Gestion
E-santé
L’e-santé : utilisation de l’informatique pour que les soins au patient se déroulent de la manière la plus efficiente et
la plus efficace possible.
Grâce à internet, aux appareils mobiles, aux applis… les patients peuvent devenir les copilotes de leur propre santé.
Les prestataires de soins tirent également profit de ces applications digitales. Ils disposent toujours d’un dossier à
jour de leurs patients, ils peuvent mieux communiquer avec leurs collègues et ils ont de nouvelles possibilités pour
suivre leurs patients à distance.
L’e-santé n’est pas une fin en soi, mais un moyen de maintenir et, lorsque c’est possible, d’améliorer la qualité,
l’accessibilité et la pérennité des soins de santé. Il est impossible d’associer une définition statique à la notion d’« e-
santé ». L’e-santé se définit par son utilisation.
A. Enjeux et stratégies
1. Objectifs
a) Triple AIM
- Améliorer expérience du patient en matière de soins
(qualité/satisfaction)
- Améliorer la santé des populations
- Réduire le coût par habitant des soins de santé
b) Quadruple AIM
+ Bien-être du prestataire de soins
c) Quintuple AIM
+ Réduire les inégalités de santé dans l’ensemble de la population
Gestion
2. La place du numérique dans la réforme des soins de santé
Santé numérique :
Technologies mobiles, informations, ressources et services liés à la santé, télémédecine, applications,
dispositifs portables, robotiques, VR, IA et la génomique
Contribue à rendre les systèmes de santé réactifs et durables (surveillance santé à distance, montre, allège
système de santé)
Traitement prévention
Soulage les professionnels de la santé
Lutter contre inégalité (télémédecine)
Numérisation nécessite transformation des rôles des professionnels de santé compétences nécessaires pour
utiliser et outils et pour aider patients à les exploiter aussi
3. Projet Techno 2030
= Cadre pour utilisation saine de la technologie dans le secteur de la santé
8 principes directeurs centrés sur 4 thématiques :
- Promouvoir technologie humaine et gestion des données au service du citoyen
- Favoriser ancrage sociétal
- Encourager gouvernance participative
- Contrôler la qualité et la cohérence systémique
4. Portail masanté.belgique.be
= Personal Health Viewer
Portail fédéral, SPF santé publique
Suivi évolution des soins de santé
Accès à toutes les données médicales
Connexion sécurisée (lecteur eID, Itsme)
Imagerie, prescriptions, remboursement, vaccins, historique médical, dossier médical, résultats analyse…
Autoriser/interdire les professionnels de santé à accéder à nos données
B. Partage des données
1. Le traitement des données de santé
a) eHealth
= Institution publique fédérale
Mission : promouvoir et soutenir une prestation de services et un échange d’info électroniques mutuel entres tous
les acteurs de la santé
Répertoire des références = index des données personnelles relatives à la santé d’un patient (consulter, ajouter des
données), partage de documents référencés
5 règles fondamentales :
- Consentement du patient
- Consultation d’une référence nécessite l’existence d’une relation thérapeutique ou de soins
- Patient peut révoquer son consentement à l’échange de données ou à des relations de soins enregistrées
- Possibilité d’exclure un prestataire de soin l’accès à ses données
Gestion
- Le partage des données référencées ne peut se faire que sur base de la matrice d’accès
Metahub mis à disposition par plateforme eHealth
b) Metahub
Connecter les systèmes régionaux et locaux entre eux
Metahub : indique que des infos sont disponibles dans un réseau local/régional (Hub) ou dans coffre-fort de santé ou
dans série de banques de données décentralisées
Support de l’échange de données entre Hubs, alimenté par les Hubs mais n’enregistre pas les données
Permet à un Hub de savoir s’il existe des documents dans un autre Hub
c) Hubs
Répertoire de références : indique dans quel réseau d’échange est disponible une donnée de santé relative à un
patient
Permet échange de documents entre systèmes affiliés et prestataires de soins
Partage sécurisé des données de santé entre les acteurs de soins
Hubs = réseaux de santé Réseau Santé Bruxellois, Réseau Santé Wallon
Communiquent entre eux grâce à la plateforme eHealth partage d’info possible partout en Belgique
Réseau Santé Bruxellois
Géré par Abrumet
Permet le partage électronique sécurisé des données de santé entre prestataires de soins, établissement et patients
Nécessite consentement et lien thérapeutique
Réseau Santé Wallon
Géré par FRATEM
Permet idem
Svt données hébergées dans institutions, pas centralisées RSW les répertorie et organise l’accès
RSW peut héberger des données pour ceux qui n’ont pas de serveur (médecin généraliste) projet Inter-Med
d) CSAM
= Porte d’accès aux services de l’Etat
Différents moyens d’authentification sécurisés
e) CoBRHA
Common Base Registry for HealthCare Actor
CoBRHA : données centralisées, identification en tant que professionnel de santé
Permet de savoir si personne s’identifiant à l’E santé est bien un prestataire de soins/établissement
Composée de banques de données gérées par SPF Santé Publique, INAMI, AFMPS, Communautés et Régions
CoBRHA répond à ces 3 questions concernant un acteur des soins de santé :
- Qui est-il (prestataire individuel/établissement)
- Qu’est-il autorisé à faire (professions, spécialités)
- Quelles sont ses responsabilités
UPPAD : permet au prestataire de soins de consulter et modifier leurs données connues auprès des autorités
Gestion
f) Certificat eHealth
Pour professionnels
Permet d’identifier et d’authentifier la validité du système informatique lors de la connexion avec des applis
sécurisées
Permet de s’authentifier en tant que prestataire/institution de soins
Peut être demandé et installé sur eHealth
Durée de vie limitée à 36 mois, doit être renouvelé
Fonctionnalités :
- S’authentifier
- Chiffrer des messages (eHealthBox)
- Recevoir des messages chiffrés
2. Dossier médical
a) Personal Health record (PHR)
Pour patients :
- Accès à dossier médical
- Ajouter informations
- Demander conseil, des infos supplémentaires et s’acquitter de tâches administratives
b) Dossier médical informatisé (DMI)
Permet au médecin généraliste d’enregistrer les données d’un patient de manière électronique et structurée
Comprend des données sur le patient qui proviennent de différentes sources :
- Du patient lui-même (p.ex. données socio-administratives, description personnelle de données concernant la
maladie ou la santé.
- Du médecin traitant : actes professionnels (p.ex. anamnèse, diagnostic, hypothèses de décision, résultats
d’examens, traitements), processus de réflexion (p.ex. hypothèses, diagnostics différentiels)
- De tiers : autres professionnels de la santé qui traitent le patient, mais qui n’ont pas de dossier électronique,
non-prestataires de soins (p.ex. informations communiquées par des membres de la famille, amis ou
connaissances du patient)
c) Dossier médical global
Outil pour le médecin généraliste dans le cadre des soins d’un patient
Contient toutes les données médicales d’un patient (opérations, maladies chroniques, traitements en cours…)
Permet au médecin d’encore mieux accompagner le patient individuellement et de se concerter plus
aisément avec d’autres médecins.
Module de prévention du DMG, le médecin peut aussi veiller à la santé du patient de manière préventive.
Les patients qui ont un DMG chez un généraliste bénéficient d’un remboursement plus élevé pour une consultation
chez ce médecin ou lors d’une visite à domicile. Tout patient peut faire une demande de DMG et les généralistes
peuvent aussi le proposer à leurs patients.
DMG pas forcément électronique
d) Dossier pharmaceutique partagé
Permet aux pharmaciens de consulter, dans leur pharmacie, l’historique de médicaments du patient après
avoir obtenu son autorisation.
Favorise continuité des soins
Gestion
e) Sumehr
Sumehr acronyme de Summarized Electronic Health Record
Contient les données minimales dont un médecin a besoin pour pouvoir évaluer rapidement l’état de santé d’un
patient et offrir les meilleurs soins possibles.
Les médecins peuvent rédiger eux-mêmes ce « résumé » pour leur patient et le charger dans le système.
3. Outils et services eHealth
a) Plateforme eHealth
eHealthBox
= Boite aux lettres électronique sécurisée (gratuite)
Pour prestataires des soins et institutions
Communication des données médicales confidentielles entre acteurs des soins de santé belges
Service web ou application
Application :
- Consultation et publication msg
- Service eHealth update info : alerte de nouveaux msg
- Consulter infos générales de la messagerie
- Service de notification
- Organiser, déplacer message dans différents dossiers
Service Web :
- Publication et consultation messages
- eHealth Addressbook : recherche prestataire/institution de soins sur base d’infos, consulter données de
contact
b) Vitalink, Intermed et Brusafe
Vitalink = plate-forme numérique des autorités flamandes pour partager en toute sécurité les données de soins et de
bien-être
Intermed = idem wallonne
Brusafe = idem Bruxelles
c) MyCareNet
CIN-NIC, créé par CIN
= Plateforme web centrale pour prestataires de soins
Permet d’échanger des infos (électroniques et sécurisées) avec les mutuelles (assurabilité, facturation tiers-payant)
Prestataire de soin a accès : soit par la plateforme directement, soit par logiciel métier
d) eAttest
Permet de produire l’attestation de soins et la communiquer à l’organisme assureur
Patient ne reçoit que le reçu et remboursement automatique (Paperless)
Conditions : avoir certificat eHealth, utiliser logiciel métier agréé MyCareNet
Deviendra obligatoire
Recip-e : système permettant de digitaliser la prescription médicale dans le secteur ambulatoire
e) Prescription électronique
Obligatoire depuis 2020
Gestion
Peut se faire à partir :
- Du DMI (dossier médical informatisé) avec un logiciel médical homologué
- Du DPI (dossier patient informatisé) de l’hôpital
- De l’application PARIS
Application PARIS
INAMI
Prescriptions de médicaments
f) CEBAM
EBP
Centre belge pour l’EBM (médecine)
= Organisme scientifique médical indépendant, interuniversitaire, pluridisciplinaire
Public cible : patients, prestataires de soins
5 piliers :
- Cours méthodologiques
- Validation de recommandations de pratique clinique, soutien méthodologique aux développeurs de
recommandation belge
- Cochrane Belgium, accompagne préparation et diffusion des revues systématiques
- CDLH (library) : accès à informations scientifiques objectives traitées par littérature
- Développement site indépendant infosanté.be, guide pratique clinique accessible aux patients
g) EBPracticeNet
EBP
Centralise des guides pratique clinique et autres ressources fiables validées par le CEBAM et adaptés au contexte de
soins belge
Guidelines, recommandations, critiques d’articles, brochures pour patients, instruments de mesure, outils
audiovisuels
h) InterRAI
Qualité des soins
Réseau collaboratif de chercheurs et praticiens internationaux visant à améliorer les soins des personnes
handicapées ou ayant besoins médicaux complexes
Propose instruments d’évaluation fondés et destinés à l’évaluation des besoins de population spécifique
BelRAI
Instruments sont adaptés culturellement et disponibles
Permet une évaluation globale des besoins physiques, cognitifs, psychologiques et sociaux d’une personne
Prestataires de soins recueillent données standardisées et structurées élaborer plan de soin de haute qualité
Données enregistrées électroniquement sur BelRAI
Algorithme calcule le fonctionnement de la personne, ses risques pour la santé
Permet de surveiller les besoins et fonctionnement des personnes vulnérables
Obtention de l’accès : ensemble logiciel propre, site web BelRAI
i) SNOMED CT
Communication interprofessionnelle
= Système international de terminologie clinique
Lexique de termes cliniques contrôlés et validés méthode standardisée
Gestion
Partage d’infos pertinente, contrôle de dossier et fourniture de conseil, surmonte barrière linguistique
4. La santé mobile (m-santé)
Mobile health ou m-health désigne l’utilisation des appareils mobiles et des applications afin de promouvoir et/ou
de suivre la santé.
Domaine de l’e-santé
Regroupe toutes les pratiques de soins possibles conjuguant technologies de la communication et de l’info
M-santé : pratiques médicales et de santé publique reposant sur des dispositifs mobiles tels que téléphones
portables, systèmes de surveillance des patients, assistants numériques personnels et autres appareils sans fil
Sous-catégories :
- Communication entre individus et services de santé et entre professionnels de santé
- Accès distant à l’info
- Monitoring et surveillance des patients (ex : tensiomètre, montre connectée)
Applications mobiles de santé et de bien-être améliorent la prévention, appuient une prise en charge médicale
Doivent aussi respecter le RGPD
C. Sécurité et e-santé
1. Le consentement éclairé
a) Définition
Le consentement éclairé est l’accord que donne le patient à ses prestataires de soins pour qu’ils partagent entre eux
ses données de santé électroniquement et de manière sécurisée. Le partage des données a lieu exclusivement dans
le cadre de la continuité et de la qualité des soins et satisfait aux règles concernant la protection de la vie privée.
Les données appartiennent au patient et sont protégées.
Les patients peuvent décider à tout moment de retirer intégralement leur consentement pour ne pas laisser
partager certaines informations et/ou priver certains prestataires de soins de l’accès à leurs données.
b) Droits
Art. 8. § 1er. Le patient a le droit de consentir librement à toute intervention du praticien
professionnel moyennant information préalable.
Ce consentement est donné expressément, sauf lorsque le praticien professionnel, après
avoir informé suffisamment le patient, peut raisonnablement inférer du comportement de
celui-ci qu'il consent à l'intervention.
A la demande du patient ou du praticien professionnel et avec l'accord du praticien
professionnel ou du patient, le consentement est fixé par écrit et ajouté dans le dossier du
patient.
§ 2. Les informations fournies au patient, en vue de la manifestation de son consentement
visé au § 1er, concernent l'objectif, la nature, le degré d'urgence, la durée, la fréquence, les
contre-indications, effets secondaires et risques inhérents à l'intervention et pertinents pour
le patient, les soins de suivi, les alternatives possibles et les répercussions financières. Elles
concernent en outre les conséquences possibles en cas de refus ou de retrait du
consentement, et les autres précisions jugées souhaitables par le patient ou le praticien
professionnel, le cas échéant en ce compris les dispositions légales devant être respectées en
ce qui concerne une intervention.
Gestion
§ 3. Les informations visées au § 1er sont fournies préalablement et en temps opportun,
ainsi que dans les conditions et suivant les modalités prévues aux §§ 2 et 3 de l'article 7.
§ 4. Le patient a le droit de refuser ou de retirer son consentement, tel que visé au § 1er,
pour une intervention.
A la demande du patient ou du praticien professionnel, le refus ou le retrait du
consentement est fixé par écrit et ajouté dans le dossier du patient.
Le refus ou le retrait du consentement n'entraîne pas l'extinction du droit à des prestations
de qualité, tel que visé à l'article 5, à l'égard du praticien professionnel.
Si, lorsqu'il était encore à même d'exercer les droits tels que fixés dans cette loi, le patient
a fait savoir par écrit qu'il refuse son consentement à une intervention déterminée du
praticien professionnel, ce refus doit être respecté aussi longtemps que le patient ne l'a pas
révoqué à un moment où il est lui-même en mesure d'exercer ses droits lui-même.
§ 5. Lorsque, dans un cas d'urgence, il y a incertitude quant à l'existence ou non d'une
volonté exprimée au préalable par le patient ou son représentant visé au chapitre IV, toute
intervention nécessaire est pratiquée immédiatement par le praticien professionnel dans
l'intérêt du patient. Le praticien professionnel en fait mention dans le dossier du patient visé à
l'article 9 et agit, dès que possible, conformément aux dispositions des paragraphes
précédents.
c) Avantages
Permet l’échange de données médicales
Antécédents, diagnostic + rapide, éviter examens médicaux redondants
Règles de protection de la vie privée
2. RGPD
a) Définition
Vise à protéger les données personnelles des individus en régulant leur collecte, leur utilisation et leur traitement
par les organisations. Il établit des principes et des obligations pour garantir la confidentialité et la sécurité des
données personnelles.
Protège les individus lorsque leurs données sont traitées par le secteur privé et la plupart des agents du secteur
public
Système d’autorité de supervision, surveille et fait respecter la conformité
Renforce les droits existants, octroie de nouveaux droits et accorde aux personnes un meilleur contrôle sur les
données à caractère personnel les concernant
Le RGPD est le règlement général de protections des données.
Il introduit de nouvelles règles en matière de gestion et de protection des données à caractère personnel pour les
traitements des données effectuées dans le cadre des activités d’un établissement (du responsable du traitement ou
d’un sous -traitant) sur le territoire de l’Union Européenne.
Il définit la façon de traiter les données personnelles, c-à-d. toutes les données permettant d’identifier une personne
physique.
L’objectif du RGPD est :
- D’harmoniser les législations nationales en matière de protection de la vie privée au sein de l’Union
Européenne.
- D’adapter les règles à la nouvelle réalité numérique.
- De donner aux citoyens davantage de droits sur l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles.
Gestion
b) 4 étapes : se mettre en conformité
1) Informer les patients et assurer leurs droits
- Coordonnées responsable de traitement (ou délégué)
- Finalité pour laquelle sont connectées les données
- Les catégories de destinataires
- Durée de conservation
- Droits du patient
2) Tenir un registre de traitement de données (durée de conservation, coordonnées responsable)
Infos devant se retrouver dans le registre : idem + catégories de données traitées, personnes concernées,
mesures de sécurité, éventuel transfert de données hors UE
3) Renforcer votre politique de sécurité et gérer les fuites de données
- Mesures de sécurité
- Moyens permettant de garantir la confidentialité, l’intégrité, la disponibilité et la résilience constantes des
systèmes et des services de traitement
- Gestion en cas de fuite (registre)
4) Avoir un contrat avec ensemble des sous-traitants
Sous-traitant : traite données à caractère personnel sous instruction/autorité d’un responsable de traitement
Ex : fournisseur de logiciel métier, clauses obligatoires