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Référentiel Urbanisme Durable

Le document traite du concept d'urbanisme durable, qui vise à équilibrer les dimensions environnementales, économiques et sociales dans le développement urbain. Il souligne l'engagement du Maroc envers le développement durable à travers des réformes, des stratégies nationales et la ratification de conventions internationales. Le référentiel proposé a pour objectif de fournir un cadre général et des indicateurs pour promouvoir l'urbanisme durable et répondre aux défis de l'urbanisation croissante.

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Référentiel Urbanisme Durable

Le document traite du concept d'urbanisme durable, qui vise à équilibrer les dimensions environnementales, économiques et sociales dans le développement urbain. Il souligne l'engagement du Maroc envers le développement durable à travers des réformes, des stratégies nationales et la ratification de conventions internationales. Le référentiel proposé a pour objectif de fournir un cadre général et des indicateurs pour promouvoir l'urbanisme durable et répondre aux défis de l'urbanisation croissante.

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INTRODUCTION

Le concept de l u a is e durable a vu le jour en réponse aux exigences et défis de l u a isatio croissante u a connu le monde. Il vise à atteindre un équilibre entre
les aspects environnementaux, économiques et sociaux, et ce, dans une approche intégrée qui tient compte de l e se le de ces aspects.

En effet, ce concept constitue une réelle opportunité en tant que nouvelle approche de l a age e t urbain ajustée aux spécificités territoriales. Il illustre la
contribution de l u a is e par la prise en compte des principes du développement durable dans ses différents aspects relatifs au développement économique et social
et à l uili e environnemental. De ce fait, l adoptio de nouvelles modalités d a age e t susceptibles de mettre en valeur les espaces urbains ainsi que
l a lio atio et l adaptatio des outils de la planification urbaine pour intégrer les principes de la durabilité s av e être une priorité de l a tio publique.

De ce fait, la durabilité urbaine apparaît comme une démarche et un processus qui engage tous les acteurs et décideurs et qui implique la prise de conscience et
l i t g atio des préoccupations majeures du développement durable au niveau de l u a is e.

Le Maroc, à l i sta de nombreux pays, s est engagé dans la voie du développement durable et en a fait un objectif national et un principe constitutionnel concrétisé
dans les stratégies et programmes nationaux notamment, au niveau de la Stratégie Nationale de Développement Durable.
.
L e gage e t du Royaume se manifeste également à travers la ratification de conventions, de chartes et d a o ds internationaux, tels que la Charte d'Aalborg et le
Nouvel Agenda Urbain adopté à Quito en octobre 2016 (Habitat III).

Dans ce sens, de grandes réformes ont été menées en la matière et ont permis de mettre en exergue les trois principes fondamentaux de la durabilité : l a ti ulatio du
court et du long terme, la solidarité territoriale intergénérationnelle et la responsabilité partagée entre tous les acteurs.

Ainsi, la mise en œuv e et la concrétisation des principes de durabilité requiert aujou d hui de consolider la collaboration à la fois horizontale et verticale entre acteurs, la
concertation et l adoptio de démarches intersectorielles et interinstitutionnelles. Cette mise en œuv e appelle à l i ovatio en matière d u a is e et
da age e t et au développement de bonnes pratiques urbaines.

C est dans ce contexte que le présent référentiel national, visant à accompagner les aménageurs et les décideurs dans la promotion de l u a is e durable et la
concrétisation réelle de ses « principes », souhaite contribuer à répondre aux enjeux et défis de l u a isatio à travers la mise en place d o ie tatio s, d i di ateu s et
de bonnes pratiques, ouvrant le champ à l i ovatio et à l e p i e tatio .

Il s agit, à travers ce référentiel, de doter les différentes parties prenantes dans l a te urbain d u outil pédagogique proposant un cadre général de développement de
l u a is e durable et définissant les objectifs d a age e t quantifiables (réduction de la consommation d e gie, d espa e et de ressources naturelles, limitation
des déplacements, lutte contre les pollutions et les dégradations environnementales, et amélioration de la qualité du cadre de vie et du bien-être social), les dispositifs
appropriés pour les atteindre ainsi que des indicateurs d valuatio des territoires.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 1


Rappel du contexte

Le monde connaît, d ap s le constat établi par l O ga isatio des Nations de 60% du PIB.
Unies, une très forte accélération de l u a isatio depuis le milieu du XXe Les villes offrent également de nombreuses opportunités : outre l e ploi et
siècle, qui se traduit par l'accroissement de la population et par la progression l a tivit économique, maints avantages sociaux et culturels, de centres de
de l e p ise des activités urbaines. communication, etc.
Ainsi, la Ville est, et sera, le cadre des plus importants investissements collectifs
Ce dynamisme est appelé à se poursuivre. Aujou d hui, plus de la moitié de la et le premier collecteur d i pôts. Des sommes gigantesques devraient être
population mondiale est urbaine et les prévisions annoncent une proportion de consacrées à leurs infrastructures.
deux tiers pour 2050 et près de quatre cinquième pour la fin de notre siècle. C est, dans les villes que se concentrera l esse tiel de l a tio politique à venir.

En nombre d ha ita ts des villes, notre planète serait passée en l espa e d u La Journée mondiale des villes a été instituée par l'Assemblée Générale des
siècle et demi de 1 milliard en 1950, à 6 milliards en 2050 et à près de 9 milliards Nations Unies en Décembre 2013 afin d'encourager les gouvernements à
en 2100. La plus grande partie de l u a isatio serait ainsi susceptible de appliquer des méthodes d'urbanisation planifiées à même d'assurer un
s a heve . développement durable pour les villes qui connaissent un essor rapide.

Les villes s te de t géographiquement ; les zones urbaines (aires bâties et


espaces verts inclus) occupent près de 3 % de la surface émergée de la planète
mais la population urbaine augmente plus rapidement que la population totale.
A l ho izo 2030, celles-ci devraient augmenter au niveau mondial de 75 %
environ. La superficie bâtie des villes de plus de 100 000 habitants devrait
s a oît e de 150 % dans les pays du Nord et 300% dans les pays du Sud.

Le Maroc s i s it dans ces tendances. En effet, le Recensement Général de la


Population et de l Ha itat (RGPH réalisé en 2014) révèle un effectif de la
population légale du Royaume avoisinant les 34 millions de personnes. En
comparaison avec le Recensement de 2004, l effe tif de la population du
Royaume a enregistré un accroissement absolu de près de 4 millions de
personnes, soit un taux d a oisse e t global de 13,2% et un taux
d a oisse e t annuel moyen de 1,25% durant la période intercensitaire 2004-
2014 contre 1,38% pour la période intercensitaire 1994-2004.

Selon leur milieu de résidence, près de 20,5 millions de personnes résidents en


milieu urbain et près de 13,5 millions en milieu rural, ce qui représente un taux
d u a isatio de 60,3% en 2014 contre 55,1% en 2004.
Le taux d a oisse e t démographique annuel moyen représente 2,2% au
cours de la période intercensitaire 2004-2014 contre 2,1% au cours de la période
intercensitaire 1994-2004.

L a oisse e t de la population urbaine s'explique d u e part, par


l a oisse e t démographique naturel et d aut e part, par l e ode rural, la
création de nouveaux centres urbains et l e te sio des périmètres urbains des
villes. L a oisse e t de la population urbaine a eu des effets sur la population
rurale dont l effe tif a connu une légère diminution par rapport au recensement
de 2004, ce qui représente un taux d a oisse e t annuel moyen de - 0,01%
population de 1,11 million, Tanger avec 0,95 million, Marrakech avec 0,93
million, Salé avec 0,89 million, Meknès avec 0,63 million et enfin la ville de
Rabat avec une population de 0,58 million. Les taux d a oisse e t de la
population de ces villes au cours de la période intercensitaire 2004-2014 varient
de - 0,79% pour la ville de Rabat à 3,26% pour la ville de Tanger.
La source principale de la croissance économique des pays, 80% du PIB mondial, Densité de la population par province et préfecture
(RGH 2014)
se produit dans les villes dont près de la moitié (35%) est assurée par les 100
villes les plus riches. A l ho izo 2025, 600 grandes villes devraient générer plus

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 2


Rappel du contexte

Le Programme de développement durable adopté par l O ga isatio des


Nations Unies à l'horizon 2030 préconise, notamment dans l o je tif 11 sur 17, Objectif 3. Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être
que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients de tous à tout âge.
et durables. La Conférence des Nations Unies sur le logement et le Objectif 4. Assurer l a s de tous à une éducation de qualité, sur un pied
développement urbain durable (Habitat III, Quito octobre 2016), consacre un d galit , et promouvoir les possibilités d app e tissage tout au long de la vie.
nouveau programme pour les villes (151 engagements pour un meilleur devenir Objectif 5. Parvenir à l galit des sexes et autonomiser toutes les femmes et les
urbain) mettant la planification urbaine et ses atouts au service du bien filles.
commun. Objectif 6. Garantir l a s de tous à l eau et à l assai isse e t et assurer une
gestion durable des ressources en eau.
La moitié des espaces urbanisés de 2030 e iste t pas encore. Objectif 7. Garantir l a s de tous à des services énergétiques fiables, durables
Le Maroc a, ces dernières décennies, artificialisé l uivale t de plus de 100 ans et modernes, à un coût abordable.
de son histoire urbaine moderne. L tale e t urbain y est pour beaucoup. Objectif 8. Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et
Au rythme du mouvement actuel d i vestisse e t dans l u a isatio , exprimé durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.
en termes de services essentiels, les défis de la croissance urbaine sont Objectif 9. Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation
importants. durable qui profite à tous et encourager l i ovatio .
Objectif 10. Réduire les inégalités dans les pays et d u pays à l aut e.
Objectif 11. Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient
Seule une démarche globale permettrait de garantir les performances et la
ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.
qualité de vie nécessaires à leur viabilité.
Objectif 12. Établir des modes de consommation et de production durables.
Contribuer à la mise en œuv e de l u a is e durable sur le territoire national,
Objectif 13. Prendre d u ge e des mesures pour lutter contre les changements
est se donner l oppo tu it :
climatiques et leurs répercussions.
Objectif 14. Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et
• De comprendre les phénomènes qui sont à l œuv e aux différentes
les ressources marines aux fins du développement durable.
échelles spatiales (de l îlot urbain au quartier, à la ville et au réseau de
Objectif 15. Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les
villes) et temporelles (du court terme au long terme) ;
exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la
• D lai e les choix structurants des politiques d a age e t à long
désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et
terme ;
mettre fin à l appauv isse e t de la biodiversité.
• De planifier l a age e t ou le renouvellement de zones urbaines ou
Objectif 16. Promouvoir l av e e t de sociétés pacifiques et ouvertes à tous
d i f ast u tu es ;
aux fins du développement durable, assurer l a s de tous à la justice et mettre
• De les concevoir, de les construire et de les gérer ;
en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes
• D assu e le développement économique et social de nos agglomérations.
à tous.
Objectif 17. Renforcer les moyens pour mettre en œuv e le Partenariat mondial
Dans un tel contexte marqué par les phénomènes de métropolisation et de
pour le développement durable et le revitaliser.
mondialisation, la planification, comme instrument d a tio des pouvoirs
publics, est en mesure de faire face aux enjeux associés à l'urbanisation rapide.
S’i s iva t dans les 17 objectifs tracés par le programme universel du
A défaut, l a se e ou le dysfonctionnement de la planification constituerait un
développement durable intégré pour l’ap s 2015 établi par les Nations Unies,
facteur de risque qui posera des défis d o d es social, environnemental et
le Maroc œuv e à soutenir ces objectifs, notamment celui d’ difie des villes et
sanitaire.
des établissements humains, ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.
La résilience peut être conçue comme une démarche opérationnelle qui permet
de répondre à certains enjeux du développement urbain durable. Le
développement des aires urbaines résilientes favoriserait, à travers une
démarche prospective, les échanges, l i ovatio et l a lio atio de la
qualité de vie, la qualité de l e vi o e e t, la compétitivité économique, la
justice sociale, l att a tivit des territoires, les externalités, etc.

Les 17 objectifs de développement durable :


Objectif 1. Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le
monde.
Objectif 2. Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition
et promouvoir l ag i ultu e durable.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 3


Rappel du contexte

Le Nouvel Agenda Urbain :


Le Maroc s e gage à mettre en œuv e le nouvel agenda urbain adopté à Quito • Promouvoir les interactions et la connectivité entre le milieu urbain et le
en octobre 2016, qui consiste, notamment, à: milieu rural en améliorant les transports durables et l o-mobilité, ainsi
que les réseaux et les infrastructures des technologies de l i fo atio et
• Créer des villes et des établissements humains équitables, sûrs, salubres, des communications, grâce à des instruments de planification s i s iva t
accessibles, d u coût abordable, résilients et durables, de manière à dans une démarche urbaine et territoriale intégrée ;
promouvoir la prospérité et la qualité de vie pour tous ; • Promouvoir le développement de cadres d a age e t urbain et,
• Assurer progressivement l a s pour tous, dans des conditions d galit , notamment, des instruments de planification et d a age e t urbains
aux biens publics et à des services de qualité dans des domaines tels que la qui favorisent la gestion et l utilisatio durables des ressources et des
santé, l du atio , les infrastructures, la mobilité, les transports, l e gie et terres, y compris une compacité et une densité adéquates, le polycentrisme
la qualité de l ai ; et les usages mixtes ;

• Accorder un rang de priorité élevé à la présence d espa es verts et • Orienter l e pa sio urbaine en privilégiant le renouvellement par la
d espa es publics de qualité sûrs, ouverts et accessibles à tous ; planification d i f ast u tu es et de services accessibles et bien connectés,
des densités de population viables, ainsi que la compacité et l i t g atio
• “ appu e sur l u a isatio pour promouvoir des transformations de nouveaux quartiers dans le tissu urbain, toutes choses qui permettront
structurelles, un niveau de productivité élevé, des activités à valeur ajoutée d vite l tale e t urbain.
et l effi a it énergétique, en mobilisant les économies locales ;
• Promouvoir une planification et des investissements qui tiennent compte
des questions d âge et d galit des sexes, en vue d assu e pour tous des
moyens de mobilité urbaine viables, sûrs et accessibles, ainsi que des
systèmes de transport de passagers et de fret économiques, et connecter
efficacement de la sorte les personnes, les lieux, les biens, les services et les
perspectives économiques ;
• Adopter et mettre en œuv e des mesures de réduction et de gestion des
risques de catastrophe, réduire la vulnérabilité, renforcer les capacités de
résistance et d adaptatio aux catastrophes d o igi e naturelle ou humaine
et favoriser l att uatio des changements climatiques et l adaptatio à ces
changements ;
• Protéger, préserver, restaurer et promouvoir les écosystèmes, les
ressources en eau, les habitats naturels et la biodiversité, réduire au
minimum leur impact environnemental et passer à des modes de
production et de consommation durables ;
• Promouvoir des économies urbaines inclusives ;
• Promouvoir les énergies propres et l usage durable des terres et des
ressources dans le contexte du développement urbain ;
• Repenser la planification, le financement, le développement,
l ad i ist atio et la gestion des villes et des établissements, en donnant
acte du fait que le développement urbain et territorial durable conditionne,
dans une large mesure, la réalisation du développement durable et de la
prospérité pour tous ;

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 4


Les Grandes réformes menées au Maroc: programmes et stratégies

Notre pays, conscient du caractère transversal du développement durable, a territoriales, les établissements publics et sociétés d Etat et par les autres
pris en compte les stratégies sectorielles dans le cadre de la Stratégie Nationale parties; intervenant dans les domaines de l e vi o e e t et du
de Développement Durable SNDD et ce, afin de promouvoir un développement développement durable :
équilibré des villes qui renforce leur capacité productive tout en maintenant la
cohésion sociale et en assurant un cadre de vie digne et durable. • Principe d i t g atio ;
• Principe de territorialité ;
La Constitution de 2011 : • Principe de solidarité ;
• Principe de précaution ;
La Constitution de 2011 a placé la question du développement durable en tant • Principe de prévention ;
que droit et priorité constitutionnels : • Principe de responsabilité ;
• Principe de participation.
Article 31 : L Etat, les établissements publics et les collectivités territoriales
œuv e t à la mobilisation de tous les moyens disponibles pour faciliter l gal Article 3 : Tout citoyen et citoyenne a le droit de vivre et d volue dans un
accès des citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir du environnement sain et de qualité qui favorise la préservation de la santé,
droit (…)au développement durable. l pa ouisse e t culturel et l utilisatio durable du patrimoine et des
ressources qui y sont disponibles.
Article 35 : L Etat œuv e à la réalisation d u développement humain et durable,
à même de permettre la consolidation de la justice sociale et la préservation des Article 9 : On entend par le développement durable une démarche de
ressources naturelles nationales et des droits des générations futures. développement qui s appuie dans sa mise en œuv e sur le caractère
indissociable des dimensions économique, sociale, culturelle et
Article 136 : L o ga isatio régionale et territoriale du Royaume repose sur les environnementale des activités de développement et qui vise à répondre aux
principes de libre administration, de coopération et de solidarité. Elle assure la besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures dans
participation des populations concernées à la gestion de leurs affaires et ce domaine.
favorise leur contribution au développement humain intégré et durable.
Article 13 : L Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics et les
Article 152 : Le Conseil Economique, Social et Environnemental CESE donne son sociétés d Etat veillent à intégrer les mesures inspirées du développement
avis sur les orientations générales de l o o ie nationale et du durable dans les politiques publiques globales et sectorielles u ils élaborent, en
développement durable. tenant compte des spécificités de chaque secteur.
La Charte nationale de l’e vi o e e t et du Le Département de l U a is e en charge de la conception et de la mise en
développement durable : œuv e de la politique nationale d´aménagement du territoire a initié des actions
d e ve gu e en matière de développement durable :
Les principes de base :
Le Schéma National d’A age e t du Territoire SNAT :
La consolidation de l u it nationale ; l i s iptio du citoyen comme objectif du
développement ; la conciliation entre efficacité économique et cohésion sociale Le Schéma National d A age e t du Territoire est un document de
; l i t g atio de l ho e à son environnement ; la promotion de la solidarité planification de référence, préconise dans ses orientations dans l o je tif du
entre toutes les composantes du territoire national et la consécration des développement durable :
principes de la démocratie et de la participation.
Armature urbaine
Les grandes orientations :
13 : Assurer l uili e macro-économique du système urbain.
La mise à niveau du tissu économique national ; la formation des ressources 14 : Pôles de croissance et centres structurants.
humaines ; la gestion urbaine et la politique de la ville; la protection des 15 : Traiter l Ai e Métropolitaine Centrale comme une entité.
ressources naturelles et le développement durable ; la revalorisation des 16 : Intégrer le concept de couple dans la problématique urbaine.
territoires et les espaces projets ; le développement des villes nationales et les
pôles régionaux ; la régionalisation et le développement local intégré ; le Intégration nationale
renforcement de la décentralisation et l la gisse e t des champs de la 17 : Associer les pôles de croissance aux zones rurales en difficulté.
déconcentration ; la démocratie, le partenariat et la participation. Gestion et politique urbaines
Article 1 : Intégrer le développement durable dans les politiques publiques 18 : Gérer la ville et maîtriser sa croissance.
sectorielles et adopter une stratégie nationale de développement durable. 19 : Urbanisation nouvelle.
20 : Un système cohérent de ressources locales.
Article 2 : Les principes énoncés ci-après constituent des éléments de cadrage à
respecter lors de l'élaboration et de mise en œuv e des politiques, des
stratégies, des programmes et des plans d a tio par l Etat, les collectivités

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 5


Les Grandes réformes menées au Maroc, grands programmes et stratégies

Logement urbain La loi 81-12 relative au littoral :


21 : Lutte contre l ill galit urbaine.
22 : Recentrer l a tio des organismes publics sur le logement social. La loi 81-12 relative au littoral promulguée le 16 juillet 2015, a pour objectif
Foncier urbain d assu e le développement durable et de concilier les impératifs fondamentaux
23 : Statut foncier et urbanisme. de protection du littoral et de sa mise en valeur avec les exigences du
24 : Constitution des réserves foncières. développement économique, social et culturel par :

Aménagement des métropoles • la préservation des équilibres biologiques et écologiques, du patrimoine


25 : Articuler aménagement et urbanisme pour les métropoles. naturel et culturel, des sites historiques et archéologiques, des paysages
naturels et la lutte contre l'érosion du littoral ;
La Stratégie Nationale de Développement Durable : • la prévention, la lutte et la réduction de la pollution et de la dégradation
du littoral et la réhabilitation des zones et des sites pollués ou détériorés ;
La Stratégie Nationale de Développement Durable arrête plusieurs enjeux : • la planification à travers notamment un plan national du littoral et des

• Enjeu 1 : Consolider la gouvernance du développement durable. • schémas régionaux littoraux compatibles et en parfaite harmonie avec les
• Enjeu 2 : Réussir la transition vers une économie verte. documents d a age e t du territoire ;
• Enjeu 3 : Améliorer la gestion et la valorisation des ressources naturelles • l i pli atio des associations, du secteur privé et des collectivités
et renforcer la conservation de la biodiversité. territoriales concernées dans la prise de décisions relatives à la gestion du
• Enjeu 4 : Accélérer la mise en œuv e de la politique nationale de lutte littoral ;
contre le changement climatique. • la garantie de la gratuité et du libre accès au rivage de la mer
• Enjeu 5 : Accorder une vigilance particulière aux territoires sensibles. • la promotion d u e politique de recherche et d i ovatio en vue de
• Enjeu 6 : Promouvoir le développement humain et réduire les inégalités valoriser le littoral et ses ressources.
sociales et territoriales.
• Enjeu 7 : Promouvoir une culture du développement durable.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 6


Les actions menées par le Département de l’Urbanisme

Le Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e • l'inconstructibilité de la bande littorale contiguë à la mer, en dehors des
espaces urbanisés, sauf pour les installations destinées à des services
intègre les principes de développement durable : publics ou à des activités économiques qui exigent la proximité immédiate
• La maîtrise de l tale e t urbain à travers la rationalisation de la de la mer ;
consommation foncière et l i itatio au renouvellement et à la • la protection des espaces remarquables ou caractéristiques du patrimoine
revitalisation des espaces évitant le mitage et la dispersion des et de la diversité biologique : il est interdit de construire, hors des zones
périphéries; urbanisées, dans les espaces naturels préservés ou à préserver en raison de
• La préservation des zones agricoles, des zones sensibles, des espaces la vocation des zones ou de la qualité des sites et paysages remarquables
littoraux, des sites naturels, archéologiques et culturels et des paysages et ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral et des
la sauvegarde des équilibres écologiques ; milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques ;
• La mise en place des conditions de mise en œuv e de la charte nationale • la priorité aux activités exigeant la proximité immédiate de la mer : les
de l e vi o e e t et du développement durable ; activités économiques et de loisirs ou les services publics qui exigent une
proximité immédiate de la mer doivent avoir la priorité sur les autres
• L i t g atio et la prévention des risques naturels, industriels et
activités; les réseaux routiers et les voies carrossables nouvelles parallèles
technologiques ;
au rivage sont interdits sur les dunes littorales, les cordons dunaires côtiers
• La performance énergétique et les exigences d effi a it énergétique et les parties supérieures des plages.
dans les modes d a age e t ;
• La gestion équilibrée et économe de la ressource en eau dans les modes Les nouveaux termes de références pour les documents
da age e t ; d’u a is e intègrent les principes de l’u a is e
• La maîtrise des besoins en déplacement et mobilité tout en intégrant les durable :
principes d a essi ilit et d opti isatio des systèmes existants ;
• La diversité des fonctions urbaines et la mixité sociale en prévoyant des Les nouveaux documents d u a is e ont pour objectifs de mettre en exergue
capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la les principes de l u a is e durable consistant à prendre en compte les aspects
satisfaction des besoins présents et futurs en matière d ha itat, relatifs au développement économique et social ainsi u à l uili e
d a tivit s et d uipe e ts publics ; environnemental du territoire concerné :
• La création d espa es de vie de qualité à même de satisfaire les besoins et • Assurer à la population un cadre de vie sûr, adapté et à même de satisfaire les
les attentes des citoyens en matière d uipe e ts et d espa es publics ; besoins et les attentes des citoyens dans leur diversité ;
• La cohérence des actions et des programmes sectoriels ; • Créer les conditions d u e économie dynamique, équilibrée, ouverte à tous et
équitable ;
• La compétitivité et la complémentarité des territoires.
• Considérer les terrains comme une ressource précieuse à utiliser de la façon
Le Projet de loi 99-14 intègre également des dispositions la plus efficace et appropriée en évitant ainsi le mitage et la dispersion des
relatives au littoral : zones périphériques ;
• Concilier entre les deux modes, celui du renouvellement urbain et de
• l e te sio de l u a isatio : doit se réaliser en continuité avec les
l e te sio urbaine tout en préservant l uili e entre le centre et la
agglomérations et les villages existants ou en hameau nouveau intégré à
périphérie ;
l e vi o e e t. Dans les espaces proches du rivage, l e te sio de
l u a isatio doit être limitée ; • Présenter suffisamment de densité, d i te sit , d a tivit et d utilisatio pour
• les coupures d u a isatio : entre les zones urbanisées, des espaces que les services tels que les transports publics soient viables et efficaces et
naturels suffisamment vastes doivent être prévus, présentant le caractère pour que les temps de déplacements soient optimisés ;
d u e coupure d u a isatio évitant la constitution d u front urbain • Maîtriser les besoins en déplacements et mobilités urbaines tout en intégrant
continu ; les principes d a essi ilit multimodale et leurs impacts sociaux ;
• le regroupement de l u a isatio : doit permettre d o ie te
• Comporter des infrastructures planifiées et de qualité permettant de créer de
l u a isatio vers l i t ieu des terres et d assu e l uili e du zonage
bonnes conditions d i t g atio sociale, culturelle et économique ;
et la capacité d a ueil des espaces urbanisés ou à urbaniser ;
• Promouvoir des approches modernes, économes en énergie et répondant aux
• la age e t en profondeur : les programmes d a age e t et de
principes de préservation et de protection des zones agricoles, naturelles et
développement sur les zones littorales doivent éviter la concentration des
forestières et aux impératifs écologiques du développement urbain ;
activités sur la frange littorale contiguë à la mer et promouvoir le
développement urbain en profondeur ; • Préserver les ressources naturelles, le patrimoine et le paysage ;
• le libre accès au rivage : les piétons doivent pouvoir accéder • Prôner les principes d effi a it énergétique dans les modes d a age e t;
gratuitement et sans entrave au rivage ; • Intégrer et prévenir les risques naturels, industriels et technologiques.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 7


Les actions menées par le Département de l’Urbanisme

Les 50 mesures prises pour améliorer le processus • Intégrer lesdits espaces et leurs zones d i flue e dans les périmètres
da age e t et veiller à la projection de zonages différenciés selon leur
d’ la o atio des documents d’u a is e : situation (entrée de ville, périphérie immédiate, zone périphérique
intermédiaire, espace longeant un axe autoroutier, …) et les différents
Mesure 14 : Intégrer la démarche participative à travers l o ga isatio d atelie s usages projetés ;
thématiques notamment autour des aspects suivants : économie et emploi,
infrastructures et mobilité, environnement et urbanisme, projets structurants et • Éviter au maximum l tale e t de l u a isatio le long des voies de
modèles d a age e t. communication et notamment les axes autoroutiers et privilégier la
Mesure 27 : Rationnaliser l ouve tu e à l u a isatio en veillant à la projection de corridors verts de protection le long desdits axes ;
préservation des zones agricoles et des périmètres irrigués.
Mesure 28 : Intégrer les mesures de prévention des risques naturels, industriels • Adopter le principe de la densité en îlots le long des voies de
et technologiques. communication au lieu de hauteurs figées afin de développer une diversité
Mesure 29 : Définir des seuils de densités urbaines en tant que principe de de gabarits et de permettre l e ge e de repères de verticalité ;
qualité et de compacité assurant la diversité des formes urbaines et répondant • Intégrer le principe de la valorisation en îlots et non pas par lots le long des
aux enjeux de l u a is e durable. voies de communication, et ce, en vue de promouvoir l i ovatio et la
Mesure 30 : Concilier entre les deux modes d a age e t, celui du créativité architecturales ;
renouvellement urbain et celui de l e te sio urbaine tout en veillant à
préserver l uili e entre le centre et la périphérie. • Intégrer au niveau des règlements d a age e t des dispositions
Mesure 31 : Maîtriser les besoins en déplacement et mobilité en intégrant les particulières pour les espaces périurbains et le long des voies de
principes d a essi ilit multimodale, de maillage équilibré entre les anciens communication (reculs et minimas parcellaires à respecter selon le cas,
quartiers et les nouveaux et de proximité des services et des équipements. nature des activités tolérées et celles interdites, prescriptions
Mesure 34 : Veiller à asseoir une répartition équitable des équipements architecturales, …) ;
structurants à travers le territoire.
• Initier des études architecturales, paysagères et urbanistiques spécifiques à
Mesure 37 : Veiller à mettre en application le principe d uit foncière en
des échelles adéquates pour le rehaussement et la mise en valeur de ces
assurant, notamment, une répartition équitable des plus-values urbanistiques
espaces.
et à favoriser l opti isatio du foncier.
Mesure 39 : Intégrer des mesures incitatives au profit des projets retenant le
principe de l effi a it énergétique, et ce, en application des dispositions de Les règlements généraux de construction pour un
l a ti le 6 de la loi 47-09 relative à l effi a it énergétique. développement durable des territoires :
Processus de concertation des documents d’u a is e Sont adoptés :
Dans le cadre de leur élaboration, les documents d u a is e font l o jet de • Le Règlement Général de Construction fixant les règles de performance
concertations réglementaires conformément aux dispositions de la loi 12-90 énergétique dans le bâtiment.
relative à l u a is e avec l e se le des partenaires concernés • Le Règlement Général Parasismique des constructions (Actualisation du RPS
(départements ministériels, collectivités territoriales, agences du bassin 2000).
hydraulique, etc.) et d atelie s thématiques basés sur le diagnostic territorial et • Le Règlement Général Parasismique des constructions en terre.
le diagnostic environnemental. • Le Règlement Général de Construction fixant les règles de sécurité contre
les risques d i e die et de panique dans les constructions.
Le diagnostic environnemental des études d’u a is e
Réalisé par des techniques informatiques se basant, notamment, sur un système Le Programme National de l’U a is e Durable :
informatique de matériels, de logiciels, et de processus conçus (application SIG) “ i s iva t dans les 17 objectifs tracés par le programme universel du
pour permettre la collecte, la gestion, la manipulation, l'analyse, la modélisation développement durable intégré pour l ap s-2015, le Département de
et l'affichage de données à référence spatiale afin de résoudre des problèmes l U a is e œuv e à soutenir ces objectifs notamment celui d difie des villes
complexes d'aménagement et de gestion. L e se le des données repérées et des établissements humains ouverts à tous, sûrs, résilients et durables et ce,
dans l espa e sont ainsi structurées de façon à pouvoir en extraire à travers le lancement d u programme national de l u a is e durable qui se
commodément des synthèses utiles à la décision. base sur quatre piliers opérationnels et stratégiques qui sont ceux de la
planification stratégique durable, de la résilience des territoires, de la durabilité
Les mesures de rehaussement de la qualité urbanistique, paysagère et des territoires et de la transformation numérique des territoires :
architecturale
Lettre circulaire n°6479 du 9 juin 2016 adressée aux agences urbaines
• Prévoir des coupures d u a isatio , corridors verts, voies de desserte
latérales, front bâti, etc. ;

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 8


Les actions menées par le Département de l’Urbanisme

Pilier 1 : Planification stratégique durable Pilier 4 : Transformation numérique des territoires


Une nouvelle génération de documents d u a is e mettant en exergue les En vue d asseoi un urbanisme durable et s e gage dans les orientations
principes de l u a is e durable, visant à créer des territoires qui : stratégiques du Royaume en matière numérique, ce département lance un
programme global de transformation numérique des villes. Ce programme
• Favorisent une nouvelle approche de la densité et des formes urbaines implique, dans sa première phase, d a te des schémas directeurs pour la
comme moyens de revitaliser les villes, de lutter contre l tale e t urbain, transformation numérique des villes.
et d attei d e de meilleures performances énergétiques et Ces Schémas Directeurs de Transformation Numérique permettront la
environnementales, en optant pour la mixité des fonctions, l o o ie en construction d u e vision pragmatique et opérationnelle du processus de
espace et en énergie et en optimisant l utilisatio des réseaux et des modes numérisation des territoires en cohérence avec l e se le des moyens et
doux ; ressources des différentes villes, avec pour atout et condition sine qua non, la
• Prennent en considération l o ga isatio des déplacements dans leur mutualisation et les synergies entre les acteurs tant locaux que centraux, tant
articulation avec le développement urbain, comme levier important pour publics que privés.
limiter le recours aux modes motorisés et raccourcir les distances
parcourues, facteur majeur d o o ie d e gie et de lutte contre le
changement climatique ;
• Promeuvent la maîtrise des consommations énergétiques et le recours aux
énergies renouvelables dans les choix de développement et favorisent la
performance énergétique des bâtiments.

Pilier 2 : Résilience des Territoires


Le Département de l U a is e s est résolument engagé pour le soutien et
l a o pag e e t de la stratégie nationale de prévention et de gestion
intégrée des risques des catastrophes naturelles qui vise à prendre en compte la
gestion des risques dans les politiques et stratégies nationales de
développement de manière multisectorielle en incluant les aspects de
prévention, de mitigation et préparation souvent négligés.
Ce département vise de doter, à court et moyen terme, l e se le du Territoire
National par des «Cartes d Aptitude à l U a isatio », en tant que documents
de référence permettant de prendre en considération la dimension du risque
des catastrophes naturelles lors du processus de la planification urbaine et
notamment, lors de l la o atio des différents documents d u a is e.

Pilier 3 : Durabilité des Territoires


En matière de durabilité des territoires, de nouvelles approches innovantes sont
en cours de développement au niveau des villes marocaines notamment, celles
des éco-quartiers et des éco-cités, la promotion de l ag i ultu e urbaine,
l a lio atio de la performance énergétique des villes, le développement du
potentiel de densification des villes, le recyclage du foncier, le renouvellement
urbain, la réhabilitation des carrières dans les villes, l a age e t des berges
des oueds et des rivières…, et ce, dans la perspective et l a itio de la
co-construction de la ville durable.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 9


Au niveau international

Bien que les informations sur les expériences d u a is e existantes sont Chaque projet a son propre mode de création des organismes, des entités
généralement communiquées et médiatisées par les maîtres d'ouvrages eux- institutionnelles pour sa prise en charge. Le caractère innovant et complexe des
mêmes, nous pouvons avancer que plusieurs de ces expériences sont fondées projets durables suppose aussi de s adjoi d e de nouvelles institutions, de créer
sur la base d u e approche environnementale déjà bien ancrée par, de différents organes spécifiques tels que ceux de chargés la coordination, de la
notamment, les pays européens du « Nord » (BedZed, Vauban, Hammerby). gestion, du suivi et de l valuatio . La contribution des associations, en
particulier les associations de la société civile ainsi que celle des habitants et des
La pratique urbaine rejoint et traduit ainsi la politique nationale de usagers s av e à chaque projet, décisive. Le projet BedZED, d o igi e non-
développement durable. En effet, ce sont bien les autorités centrales qui jouent gouvernementale, même s il a pas été dupliqué, a en fait, joué un grand rôle
le rôle moteur ; d u e part, par l i t g atio des lois votées très tôt (par car il a été repris dans 6 projets de lois et documents officiels du gouvernement
exemple la loi sur la protection de la nature date des années 1930 au Danemark) britannique.
et d aut e part, par le lancement de plans d a tio et de campagnes de
sensibilisation sur le développement durable ainsi que par le biais de normes et La Charte d'Aalborg
de réglementation comme par exemple « Local Investments Program for
Ecological Conversion» du gouvernement Suédois ou le « Law Plan Energy» Adoptée par les participants à la conférence européenne sur les villes durables
danois. qui s'est tenue dans la ville danoise d'Aalborg le 27 mai 1994, la Charte
d'Aalborg se présente comme une anti charte d'Athènes, prônant une densité et
Sur le plan opérationnel, la réalisation de « quartiers durables » constitue un une mixité des fonctions urbaines au service du développement durable.
manifeste qui intègre, de manière simultanée et convergente, les multiples
objectifs liés à la durabilité environnementale, socioculturelle et économique. Dans une première partie, intitulée « Déclaration », les villes européennes
signataires affirment leur rôle historique et leurs responsabilités dans les
Plusieurs subventions et aides financières publiques sont mobilisées pour problèmes environnementaux. Prenant conscience que la consommation des
encourager les projets d u a is e durable. ressources menace la nature, elles affirment, étant proches des citoyens et des
Les projets bénéficient, de la sorte, de financements importants au niveau problèmes, leur vocation à être des communautés durables : « Les villes ont
national ou bien régional (Union Européenne), et prioritairement ceux destinés donc un rôle essentiel à jouer pour faire évoluer les modes de vie, de production
à la recherche de technologies à hautes performances environnementales. D u et de consommation, et les structures environnementales. »
autre côté, les projets de renouvellement urbain inscrits dans des contextes Rappelant les principes de la durabilité en particulier en s'engageant à préserver
urbains à priori défavorables sont également poussés à de bons niveaux de la biodiversité, l'eau et l'air, dans des « plans locaux de durabilité », chacune à
qualité urbaine grâce au traitement de thématiques liées au mode de transport son niveau, mais globalement, à sa mesure et à son rythme; elles affirment que
durable, aux équipements performants, à la création d espa es communs ce processus est lié à une innovation citoyenne permettant la résolution
conviviaux, etc. créative des problèmes. Elles s'engagent à une économie investissant dans « la
A côté des innovations au niveau des outils juridiques, la mise en œuv e de conservation du capital naturel », « en réduisant notre niveau d'exploitation
chaque projet durable est aussi l o asio d appli ue de nouvelles méthodes actuel » des réserves, en «constituant de nouvelles » et « en accroissant le
spécifiques concernant la rédaction des cahiers de charge, l tude d i pa t rendement final » (bâtiments, transports). Les « populations démunies » étant
environnemental, le plan paysage, la planification énergétique, le plan de les plus touchées, les villes veulent « intégrer à la protection de l'environnement
protection de climat (Vauban), les outils d valuatio , les méthodes de suivi les exigences sociales », notamment par des emplois viables et par un
(Barcelone), le plan de biodiversité, l a al se de cycle de vie du quartier aménagement durable du territoire, tirant parti de la densité de la centralité,
(BedZED), le centre public d i fo atio environnementale (GlashusETT, limitant la mobilité motorisée l'exploitation des « ressources des zones
(Hammarby), etc. périphériques » ainsi que le réchauffement climatique et l'intoxication des
écosystèmes.
De plus, les différents aspects de la durabilité sont intégrés en amont dans les
documents cadres tels que les documents d u a is e ou les chartes de qualité. Ces objectifs seront obtenus par l'autogestion au plan local, la citoyenneté de
Cela assure que ces thématiques soient prises en compte au démarrage des coopération entre « tous les partenaires citoyens, entreprises, groupes
études, dès la phase de programmation. d'intérêt » (par l'accès à l'information, aux processus décisionnels locaux) et par
l'éducation à la durabilité (grand public élus et personnel des administrations).
La ville et sa municipalité sont, avec l aide des équipes compétentes, à Les instruments de la gestion seront orientés vers la durabilité en particulier
l i itiative de tous les projets (excepté BedZED qui est initié par des architectes dans l'évaluation. Ce mouvement «s i s i a dans une demande de durabilité
et un organisme de logement social). Elles prennent les décisions, fixent les globale » et la mise en pratique et en réseau des stratégies.
objectifs et rédigent les cahiers de charges. Cependant, elles impliquent aussi en
amont la maîtrise d ouv age privée qui se présente sous un large éventail de
profils: les entrepreneurs, les promoteurs, les bailleurs ainsi que les régies de
distributions d eau, d e gie, de télécommunications... Même s ils arrivent en
second plan, ces acteurs sont impliqués en amont de la décision.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 10


Au niveau national

Les expériences présentées au niveau national restent encore embryonnaires et l'eau, l'air, le climat, les milieux naturels et les équilibres biologiques, sur la
concernent des situations et des maîtrises d ouv age « exceptionnelles ». protection des biens et des monuments historiques, le cas échéant sur la
commodité du voisinage, l'hygiène, la salubrité publique et la sécurité tout
Encore en cours de réalisation avec des délais de développement prévus en en prenant en considération les interactions entre ces facteurs;
plusieurs phases et sur la longue durée, ces expériences contribuent aux
transferts de savoirs et à la circulation de pratiques inspirées de modèles • Supprimer, d'atténuer et de compenser les répercussions négatives du
internationaux (« projet urbain », « planification stratégique ») et agissent projet ;
comme un laboratoire national pour expérimenter un nouveau modèle de
planification urbaine. Néanmoins, la traduction sous forme d'actions concrètes • Mettre en valeur et d'améliorer les impacts positifs du projet sur
ne se fait pas sans difficulté; celles-ci étant évolutives et en constante l'environnement.
reconstruction au gré des opportunités rencontrées par les projets. Si des
dispositions législatives existent déjà, il reste en effet, aux différents projets, à
Normes marocaines ISO, des indicateurs d’ valuatio
identifier ou à produire des outils et méthodes de développement des pour les villes
interfaces manquantes.
Normes ISO
Une innovation a été initiée dans la démarche de la procédure du projet de
l o-cité Zenata, désormais, Ville Nouvelle Zenata (VNZ) : Le projet du Plan ISO publie une norme unique en son genre, qui présente les indicateurs clés
dA age e t (PAZ) intervient après l tude d i pa t mais également après pour évaluer les services urbains et la qualité de vie d'une ville.
la conception et la validation du projet urbain. La Société d A age e t (SAZ) Aujourd'hui, plus de 60% de la population marocaine vit en milieu urbain. Les
et la Maîtrise d œuv e dans toutes ses composantes, conceptuelles et villes sont des pôles culturels et économiques qui génèrent actuellement 75 %
techniques ont été partie prenante dans la finalisation du document du PIB national. Si, pour bon nombre de gouvernements, investir dans les villes
réglementaire sous la supervision de l Age e Urbaine (Maître d ouv age , de est une priorité, le faire durablement et efficacement n'est pas sans difficulté –
l e se le des partenaires de la gestion urbaine et des services techniques c'est là qu'ISO 37101-2016 et 37120-2016 interviennent.
locaux selon la réglementation en vigueur, notamment la loi 12-90 ainsi que les
A- Norme marocaine ISO 37101 - 2016 développement durable
normes et standards internationaux.
au sein des communautés territoriales
Cette démarche permet de mieux intégrer, au niveau des règlements
da age e t, des dispositions particulières ainsi que la projection de ISO 37101 - 2016 établit les exigences d'un système de management pour le
zonages différenciés des espaces et de leurs zones d i flue e selon leur développement durable au sein des communautés territoriales, y compris les
situation (entrées de ville, périphérie immédiate, zone périphérique villes, basées sur une approche holistique, en cohérence avec la politique de
intermédiaire, espace longeant un axe autoroutier, espace littoral…) développement durable des communautés territoriales.

L tude d i pa t a été d u apport décisif : elle a permis de prendre en compte La mise en œuv e réussie de la présente Norme internationale peut :
toutes les caractéristiques du site et du projet, d a ti ipe les contraintes, de
profiter des atouts et ainsi permettre l i t g atio du projet dans son • Aider à créer un consensus sur le développement durable au sein des
environnement. communautés territoriales ;
• Améliorer le caractère durable, l i tellige e et la résilience des stratégies,
Il apparaît, ainsi, que les conditions d e ge e d u nouveau modèle de programmes, projets, plans et services conduits sous la responsabilité
planification dépend étroitement des contextes dans lesquels ces principes directe des communautés territoriales ou du territoire qui les concerne ;
seront mis en œuv e. Cela confirme aussi u u e approche systémique de • Développer des approches intersectorielles, multidisciplinaires, relatives à
l u a is e nécessite le recours, en amont, aux analyses et différentes la valeur sur le cycle de vie et au coût global ;
méthodes de diagnostic concernant le territoire. • Favoriser les synergies entre plusieurs acteurs grâce à une approche
holistique ;
Par l adoptio de la loi 12-03 relative aux Etudes d I pa t sur l E vi o e e t
• Améliorer l effi a it et l att a tivit des communautés territoriales.
(Dahir N° 1.03.60 du 10 Rabii I 1424), l a tio de préservation et de promotion
de l e vi o e e t au Maroc est consolidée . La mise en œuv e réussie de la présente Norme internationale est destinée à
établir un cadre cohérent pour permettre à la communauté territoriale de
Cette loi rend obligatoire le recours aux Etudes d I pa t sur l E vi o e e t
définir ses objectifs et sa vision.
(EIE) pour tous les projets mentionnés dans la liste annexée à ladite loi. Selon
les articles 5 et 6 de la loi 12-03, l EIE a pour objet de:
À l aide d i di ateu s et de paramètres de mesure pertinents à cet égard, il est
• Evaluer de manière méthodique et préalable, les répercussions éventuelles, possible de mesurer le résultat des stratégies, des programmes, des projets, des
les effets directs et indirects, temporaires et permanents du projet sur plans et des services au sein des communautés territoriales.
l'environnement et en particulier sur l'homme, la faune, la flore, le sol,

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 11


Au niveau national

Au titre de la présente Norme internationale, l o ga is e territorial doit Il s agit d u e norme dédiée à la qualité de vie des citoyens dans les villes. Elle
identifier, examiner et documenter l e se le des finalités et des domaines mesure 100 indicateurs tels l e vi o e e t, la santé, la sécurité, la mobilité.
d a tio qui contribuent à sa mise en œuv e. Ainsi, Il doit tenir compte des six
finalités du développement durable suivantes: Ces indicateurs aideront les villes à évaluer leur performance et leur
progression, dans l'optique ultime d'améliorer la qualité de vie et le
développement durable. Grâce à son approche uniforme, la norme permettra
• Attractivité : Appartenance, culture, intérêt des citoyens et des autres aux villes de se comparer facilement les unes aux autres. Les informations
parties intéressées, investisseurs par exemple, lieu, sentiment d ide tit . ainsi obtenues pourront servir ensuite à identifier les meilleures pratiques,
• Préservation et amélioration de l’e vi o e e t : Amélioration des donnant ainsi aux villes l'opportunité d'apprendre les unes des autres.
performances environnementales, y compris la réduction des émissions
de gaz à effets de serre, protection, restauration et amélioration de la
diversité biologique et des services écosystémiques, y compris protection
des écosystèmes, de la diversité et des migrations de la faune et de la
flore ainsi que de la diversité génétique, réduction des risques sanitaires.
• Résilience : Anticipation, adaptation au changement climatique et/ou
atténuation de ses effets, préparation aux chocs et aux perturbations
économiques, évolution sociale.
• Utilisation responsable des ressources Consommation, distribution;
amélioration de la gestion du sol, réduction, réutilisation et recyclage des
matériaux, respect pour la rareté de tous les types de ressources
(naturelles, humaines, financières), production, stockage et transport
durables.
• Cohésion sociale : Accessibilité, culture, dialogue avec les parties externes
non limité par des frontières, diversité, équité, patrimoine, intégration,
réduction des inégalités, enracinement, sentiment d appa te a e et
mobilité sociale.
• Bien-être : Accès à des opportunités, créativité, éducation, bonheur,
environnement sain, prospérité, amélioration du capital humain, ville où
il fait bon vivre, prospérité, qualité de vie, sécurité, confiance, protection
sociale.
Lors de l e a e de l e se le des stratégies, programmes, projets, plans et
services pour l i t g atio dans le plan stratégique de l o ga is e, ce dernier
doit évaluer leur contribution aux six finalités du développement durable ainsi
que la manière dont les domaines d a tio de développement durable sont
pris en compte. Pour y parvenir, l o ga is e doit procéder à une analyse
croisée itérative des finalités et des domaines d a tio .

B- Norme marocaine ISO 37120-2016 - Développement


durable des collectivités Indicateurs pour les services urbains
et la qualité de vie.
ISO 37120-2016 aidera les professionnels – collectivités territoriales,
décideurs politiques, chercheurs, chefs d'entreprises, urbanistes, concepteurs
et bien d'autres – à se concentrer sur des enjeux critiques et à mettre en place
des politiques pour des villes plus vivables, harmonieuses, durables,
résilientes, économiquement attractives et prospères.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 12


Guides & référentiels

Guides & Référentiels Nationaux • La Pertinence : Les pratiques visent la modernisation de la gestion des
administrations locales et contribuent aux transformations institutionnelles
en cours.
A- Référentiel de Densités et de Formes Urbaines (2016) – • La Participation-inclusion : Les pratiques se sont développées de manière à
Département de l’U a is e associer les acteurs (3 paliers : Administration centrale, province-préfecture,
commune) à travers une démarche d a o pag e e t-conseil permettant de
Initiée par le Département de l U a is e, la réflexion qui a été menée tout au
responsabiliser et habiliter ces derniers et leur permettre de maîtriser et
long de l tude « Densités et formes urbaines » a été basée sur deux
d appli ue la démarche.
hypothèses liées:
• L Égalit entre les femmes et les hommes : Les pratiques ont été construites
• Une densification contextualisée permettrait de lutter contre la raréfaction dans l opti ue de lutter contre les inégalités rencontrées par les femmes et de
des terrains et de palier l tale e t urbain anarchique que connaissent nos manière à favoriser leur participation.
villes; • L I ovatio : Les pratiques favorisent la mise en place de nouvelles façons de
• La maîtrise de la densité assurerait la qualité et l ha ita ilit des différents faire avec un potentiel d effi a it renforcé.
espaces et favoriserait la mixité des populations et la diversité des • La Pérennité-durabilité : Les pratiques préservent leur impact positif dans le
territoires. temps grâce aux changements qui y sont introduits. Des mesures ou
dispositifs assurent la pérennisation des acquis.
Les premières conclusions ont permis d ta li que: • La Transférabilité : Les pratiques pourront être reproduites et bonifiées car
• Il existe une multitude de formes urbaines denses en fonction de contextes d u e part, elles sont bien documentées et se montrent adaptées au contexte
spécifiques ; marocain et d aut e part, elles ont été évaluées positivement par les
• Il y a des décalages entre densités réelles et densités perçues ; principaux acteurs concernés, même si, dans certains cas, elles o t pas
• La notion de densité peut constituer une base de réflexion sur le concept permis d attei d e tous les objectifs fixés au départ.
de l i te sit urbaine ; Le Cahier traite de plusieurs axes identifiant les bonnes pratiques et
• Pour lutter contre l tale e t urbain, la densification des territoires peut notamment :
constituer une solution ; • La Cohérence des actions de planification sur le territoire ;
• Les documents d u a is e qualifient la densité de faible, moyenne ou • L A o pag e e t du projet de la Gouvernance Locale au Maroc (GLM) ;
forte sans pour autant la définir avec précision ; quant à la forme urbaine, • L o ligatio pour tous les conseils communaux d adopte le PCD comme outil
elle est implicite aux indicateurs du COS, du CUS, de la hauteur et des règles et démarche de planification stratégique participative ;
de prospect qui définissent à la fois l o upatio au sol et la volumétrie ; • L oppo tu it de la coopération et le partenariat à travers des outils pour
• Favoriser l opti isatio de l utilisatio du foncier urbain et promouvoir un guider les Collectivités locales désireuses d e tirer parti pour réaliser leurs
meilleur rendement urbain, pose la question du seuil de densité défini objectifs.
comme dimension spatiale, «mixité et intensité urbaine ».
C- Guide d’Ela o atio de s Plans Verts Urbains au Maroc
Les Propositions de l’ tude:
(2008) – Département de l’U a is e
• Introduire des échelles intermédiaires de règlementation: réfléchir
la age e t à l helle de l îlot et non plus de la parcelle ;
• Diversifier les fonctions sur un même îlot ; Le plan vert se propose de constituer un outil de planification ayant pour finalité
• Prévoir les modalités de connexion entre les différents tissus une gestion optimale de la composante verte au sein de l espa e urbain et
(fonctionnelles, visuelles, paysagères). périurbain. Tout en ta t pas un document réglementaire, non opposable aux
tiers, il se veut réaliste et volontariste afin de jouer le rôle de document de
référence et d o ie tatio pour tous les intervenants en matière d u a is e,
B- Gestion des collectivités locales – DGCL
charges à chacun d eu de s conformer selon ses possibilités.
Cahier des bonnes pratiques (2012)
Ses objectifs recouvrent :
Etabli par la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL), le Cahier a pour
• Une vision stratégique et globale de la composante verte d u e partie ou
objectif de soutenir la généralisation de pratiques avec des approches
d u e agglomération donnée ;
innovantes et performantes.
• Des prescriptions techniques pour la mise en œuv e et la gestion des
Ces bonnes pratiques sont définies par des critères qui se déclinent comme
espaces verts ;
suit :
• Un inventaire exhaustif et actualisé du capital espace vert ;
• La Cohérence : Les pratiques s i s ive t dans les orientations politiques et • La création de valeur ajoutée, par l a lio atio du paysage urbain et de la
administratives définies par le Maroc. qualité de vie ;
• Une harmonisation avec les autres outils de planification urbaine est
impérative, pour favoriser sa mise en œuv e et ce :

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 13


Guides & référentiels

• A l helle de la ville : la définition de manière souple d u e Le traitement paysager de l espa e urbain par la végétation, et la planification
armature ou d u e trame verte sur l e se le du territoire afin de des infrastructures vertes sont ainsi appelés à devenir des outils d i te ve tio
garantir des ratios et des normes ; de grande échelle qui devront assurer aux villes une meilleure cohabitation
entre minéral et végétal, et plus généralement entre plein (bâti) et vide (non
• A l helle du quartier : le recensement, l valuatio et la promotion bâti). Un schéma d a age e t global (Plan Vert Urbain), spatialisera les
d espa es verts collectifs de proximité suffisants en fonction de différents objectifs et décrira les actions à entreprendre pour leur réalisation.
normes arrêtées, adaptés et facilement accessibles et leur mise à la
disposition des différentes catégories d ha ita ts. Ces espaces et D- Planification et Gestion environnementale des projets
terrains privés ou publics devront faire l o jet d u e réserve dans les
urbains ; un manuel des bonnes pratiques (1999) - Ministère
documents d u a is e ;
de l’U a is e, de l’Ha itat et de l’E vi o e e t
• A l helle du lotissement : l i di atio , la réglementation et les
dispositions relatives aux espaces verts publics et privatisés ; L o je tif principal du manuel est de véhiculer l i t t de prendre en
considération la fragilité de l e vi o e e t dans la planification des
• A l helle de l îlot : l i di atio et les dispositions relatives aux établissements humains. Une évaluation environnementale, une approche
espaces verts communs, arbres d alig e e t, terrains de jeu afin proactive intégrée tant verticalement u ho izo tale e t, effectuée dès le
d assu e un meilleur cadre de vie des résidents. début de la planification d u projet, est essentielle pour une meilleure
utilisation du sol et des ressources naturelles et pour accroître la rentabilité du
Le guide aborde la question des normes quantitatives, du ratio de m² d espa e
projet. Cinq critères sont mentionnés et sont en relation avec la planification de
vert par habitant pour permettre une adaptation à la diversité des contextes
projets de développement :
urbains au Maroc ainsi que la ventilation des ratios en fonction de la taille de
l agglo atio . Il présente les normes et la consistance programmatique de 1. Conservation des ressources naturelles à l helle locale et l helle
certains espaces verts tels que : Parcs publics à vocation événementielle, Parcs globale du site ;
urbains, Parcs de quartier, Petits et Grands Jardins publics, Arbres d Alig e e t,
Compositions routières et paysagères, etc. 2. Construction du projet en harmonie avec l e vi o e e t naturel du
site ;
Une autre typologie concerne d aut es espaces verts u ils soient spécialisés ou 3. Qualité environnementale en valorisation et en protection ;
non spécialisés, ouverts au public, privatifs, urbains ou périurbains. Ainsi, et
pour les non spécialisés, notamment, la ceinture verte, la forêt naturelle, la 4. Equité environnementale entre tous les citadins ;
forêt de boisement, la forêt récréative, les vallées, les liaisons vertes, la 5. Participation, concertation avec les différents acteurs.
couronne rurale, etc. Pour les spécialisés : Parc d att a tio , Jardin ou Parc
botanique, Zoo/Parc zoologique/Parc animalier/Réserve, Réserve naturelle Le manuel traite des étapes essentielles du cycle de mise en œuv e d u projet
protégée, Aire de jeu, Base nautique, Plaine de loisirs, Terrain de Golf, et donne des informations sur les meilleures pratiques à adopter pour chaque
Camping/Caravaning. acteur, à chaque étape :
Concernant la section consacrée à l a age e t des espaces verts existants, Le manuel traite des étapes essentielles du cycle de mise en œuv e d u projet
une typologie urbanistique a été élaborée en tenant compte de la morphologie et donne des informations sur les meilleures pratiques à adopter pour chaque
urbaine, de la densité, de l espa e public, de l espa e privé et de la situation acteur, à chaque étape :
géographique afin d ide tifie les problématiques spécifiques ainsi que les
réponses envisageables pour chaque type de tissu urbain : La médina, la ville • Rédaction des objectifs et du concept du projet ;
coloniale, les immeubles alignés, l ha itat résidentiel ainsi que l ha itat • Sélection du site ;
clandestin. • Evaluation du site ;
• Réponse aux conditions du site et établissement des objectifs au stade de la
Un zonage phytogéographique du Royaume est proposé comme entité conception ;
géographique et physique homogène. • Construction et gestion.
Les mesures d a o pag e e t préconisées visent à favoriser les conditions à
même de promouvoir une nouvelle approche de la composante végétale L valuatio environnementale, en pratique, est illustrée par des exemples de
urbaine et périurbaine, elles sont d o d e organisationnel, réglementaire et réalisations de projets urbains au Maroc et à l t a ge avec une synthèse des
financier. enseignements recueillis. Il a été également fait mention de la pratique de
quelques organismes nationaux en matière de prise en compte de
La trame verte, la couronne rurale, la ceinture verte, les vallées et les liaisons l e vi o e e t.
vertes constituent des éléments pour lesquels le Plan Vert peut assurer la
complémentarité avec les documents d u a is e classiques (PA, SDAU).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 14


Guides & référentiels

Guides & Référentiels Internationaux


• AEU et AEU 2 :

De manière générale, ces méthodes et outils définissent, au niveau urbain, des L app o he Environnementale de l U a is e, outil d aide à la décision mis en
cadres pour des stratégies territoriales où les questions environnementales sont place dès 1996 et renouvelé en 2013 par le département Bâtiment et Urbanisme
majoritairement prioritaires, comme la gestion de l e gie, les modes de de l Age e de l E vi o e e t et de la Maîtrise de l E e gie (ADEME), France à
transport, l utilisatio des sols et des espaces, la lutte contre le changement l i te tio des collectivités locales qui s e gage t dans des démarches de
climatique ou encore la préservation de la biodiversité. Elles peinent à penser planification stratégique ou de projets urbains, comme aux praticiens sensibles
véritablement un écosystème économique, social et environnemental aux questions environnementales ou chargés de missions d assista e à maîtrise
localement équilibré et donc durable. d ouv age.
La démarche (AEU®) a été développée pour le Projet Al Boustane à Rabat,
A- Les référentiels ou guides méthodologiques première application pilote de l App o he Environnementale de l U a is e
internationaux : (AEU) adaptée au contexte marocain.

HQE - HQE®, H&E (France), LEED® (Amérique du Nord), BREEAM (Royaume-Uni), • Ecocity :
BBC (France), SBTool, GreenStar (Autralie) CASBEE (Japon), ou HKBEAM Méthode résultant du projet ECO-City qui a pour but de mettre en avant des
(Hongkong) : Il s agit de méthodes d aide à la décision, à la conception et à concepts énergétiques intégrés innovants.
l valuatio ou d a s à la certification de la qualité environnementale des
opérations de bâtiment. Ce sont des démarches volontaires, au départ limitées
à la construction du cadre bâti, étendues progressivement aux projets • BREEAM :
da age e t. Ces référentiels contribuent à asseoir une base solide de
connaissances pour évaluer la performance environnementale d u projet « BRE Environmental Assessment Method » Méthode britannique d valuatio
durable et ont révolutionné les pratiques dans les pays où ils ont été mis en de la performance environnementale des bâtiments développée par le BRE35.
œuv e. Elle privilégie, comme la HQE®, une approche « système » basée sur un
référentiel transversal qui prend en compte le management, le transport, les
• HQE aménagement, HQE²R et Qualité environnementale : matériaux, l i pla tatio , etc.
Résultat d u projet européen, cette méthode vise à maîtriser les impacts • Eco housing :
environnementaux des opérations d a age e t, à accroître leur qualité
globale, ainsi que celle des futures constructions. Les 3 domaines d tudes sont : Programme européen sur 3 ans (2003-2005), pour développer et tester des
l i t g atio territoriale, la qualité environnementale et sanitaire, ainsi que la aides à la décision pour le développement durable des quartiers, en impliquant
vie sociale et économique. les futurs habitants dès la phase initiale.
Il associe les aspects énergétiques et l a al se de cycle de vie, aux dimensions
culturelles et développe avantageusement la dimension sociale.
Il propose également la prise en compte de la question économique.

• One planet living (OPL) :

C est une approche singulière développée par la Word Wide Fund for Nature
WWF intégrant les modes de vie, les modes de production et les infrastructures
par une modélisation des usages. Elle est basée sur 10 principes, qui permettent
de définir des stratégies, déclinées en objectifs chiffrés et en plans de mise en
œuv e.

• Grille du Meeddat :

Grille d a al se que le Ministère français de l É ologie, du Développement


durable et de l É e gie a mis au point pour encadrer les projets d écoquartiers
lors du lancement du concours national des écoquartiers initié chaque année
depuis 2009 auquel participent les collectivités territoriales engagées dans un
programme d a age e t local ambitieux, et désireuses de s i s i e dans un
mouvement national de diffusion des bonnes pratiques et de réflexion sur
la age e t opérationnel durable.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 15


Guides & référentiels

B- Les méthodes élaborées par des collectivités locales : C- Les outils de simulation et d’aide à la conception des
projets d’a age e t :
A l helle locale en France, de nombreux outils et méthodes sont apparus au
cours des dernières années, pour l aide à la décision en amont des collectivités. L aide à la décision et à la conception à travers des outils comme ceux présentés
Fruits du retour d e p ie es sous forme de témoignages de praticiens, en devient incontournable, ils sont et seront une obligation et non une exception.
particulier pour les villes ayant des projets emblématiques (lauréats du concours L op atio alit de ces démarches ou du référentiel national demande un
Ecoquartier), ces outils se présentent sous des formes variées : grilles travail parallèle tout le long de la procédure mais aussi des équipes et des
multicritères, questions, guides, grille de lecture, etc. Ayant pour objectifs l aide acteurs concernés pour comprendre et adopter ces nouveaux outils. Leur
à la décision et constituent pour les Collectivités une impulsion politique et maîtrise permettra aux équipes de prévoir et simuler des solutions pertinentes
stratégique et une manière pratique de traduire le concept (de développement pour répondre aux besoins avec une approche durable.
durable) de manière opérationnelle . Nous pouvons aussi citer: Une autre typologie d outils importante est celle des logiciels de simulation.
• Ecomaires: La modélisation 3D s est enrichie de nouveaux modèles, à l helle urbaine pour
la simulation de paramètres spécifiques et d a ia es physiques (simulateur
charte française signée par les collectivités souhaitant promouvoir le de vent, température, ensoleillement, etc.), l valuatio des consommations,
développement durable à l helle du quartier qui, par sa création ou sa flux et également la gestion urbaine.
réhabilitation, s i t g e dans une démarche volontariste.
Ces outils très complexes restent relativement lourds à mettre en place même
• R.E.S.P.E.C.T : s ils sont d u e grande pertinence pour le projet. “ agissa t le plus souvent
Le programme est un tableau de bord environnemental et une méthode d outils de simulation de phénomènes physiques, de modélisation 3D et
d valuatio pour les collectivités locales. d valuatio de la forme urbaine et de ses consommations, ils sont plus adaptés
pour une phase très en amont (phase programmation) ou très avancés
• Diagnostic territorial : (exécution).
Le diagnostic territorial de développement durable est un outil d valuatio du Exemples de logiciels :
territoire et de ses problématiques • Modélisation : 2D, 3D : Autocad Revit, Autocad map 3D, Vecteur works,
• URGE : Archicad, Google Sketch Up, 3d Studio Max, Autodesk Maya, ArcGis 3D
analyst, Site Builder 3D, Multigen Paradign- Creator, VEGA Prime.
Il s agit d u projet européen dont le but est d a lio e la capacité et l off e • Simulation des phénomènes physiques :
d espa es verts dans les villes, à la fois de façon quantitative et qualitative, pour • Ecoulement de l ai : Fluidyn, Quic-Urb Envimet (BOTWorld), Urbawind.
rendre meilleure la qualité de vie de la population des villes européennes. Un • Eclairage public : Dialux, Phanie, Ulysse (comatelec), Applibea, Logiciel
des objectifs principaux est d aug e te les connaissances disponibles sur les • Faeber, Lighting reality, Relux informatik AG.
interactions des systèmes - nature - économie - social, dans l e vi o e e t • Pollution de l ai : ADMS-Urban CadnaA, Envi-Met (BOTWorld), Sound
urbain. Plan, Quic-Urb.
Elaborés par des structures différentes, les référentiels présentés ne répondent • Acoustique : CadnaA , Lima, Mithra-SIG, SoundPlan.
pas tous aux mêmes objectifs. Certains s a ti ule t autour des dimensions du • Ensoleillement/Lumière naturelle : Ecotect, Solene TownScope.
développement durable, d aut es s o ga ise t autour de concepts transversaux.
Certains comportent des indicateurs précis, d aut es uniquement des
recommandations générales. Certains peuvent être utilisés à toutes phases du
projet, d aut es se restreignent à une seule phase (en amont, pendant, à
postériori). Certains s appli ue t à tous types d a age e t, d aut es se
focalisent uniquement sur un aspect (la réhabilitation par exemple).
Classement par finalités :
Ceux dits de « back casting » reposant sur une obligation de résultats : sans
démarche précise, ils fixent d a o d des objectifs à atteindre puis définissent les
étapes à franchir et enfin les méthodes pour y parvenir ; Fréquents dans les pays
anglo-saxons ; Démarche flexible - cahier des charges « contraignant ».
Ceux dits de « for casting », reposant souvent sur des bases très théorisées et
visant une obligation de moyens : ils définissent des méthodes à respecter et
non des objectifs à atteindre. Fréquents en France ; Démarche contraignante-
cahier des charges « faible ».

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 16


Guides & référentiels

• Evaluation et gestion :
• Eaux pluviales : Music, Hydranet, Canoe , InfoWorks ICM, Mike Urban,
PCSWMM, Storm XXL.
• Mobilité : Citilabs, Matsim Sim, walk.

D- Méthodes d’ valuatio :
• L e p ei te écologique : exprimée en hectares (ha) par personne, elle
permet de mesurer l i pa t des activités humaines sur l e vi o e e t
à partir des ressources consommées et des déchets produits (transport,
logement, alimentation, etc.)
• Le principe du Bilan Carbone : la méthode du « Bilan Carbone » permet
d value , en ordre de grandeur, les émissions de gaz à effet de serre GES
engendrées par l e se le des processus physiques qui sont nécessaires
à l e iste e d u e activité ou organisation humaine.
• Bilan Carbone : méthode développée par l ADEME et compatible avec la
norme ISO propose des utilitaires d aide pour effectuer le calcul des
émissions, ce qui permet de comparer entre elles les émissions d u e
année sur l aut e et d value le potentiel de diverses actions de
réduction.
• Dans le cadre du projet européen HQE²R, ont été développés différents
types d outils d valuatio : INDI et SAGA, ENVI, ASCOT, CIGAR, CGSP.
• Les Outils d valuatio du projet ADEQUA (France) définit des indicateurs
d i pa ts environnementaux et de qualité d a ia es des projets
da age e t urbain.
• L Outil d A al se de Cycle de Vie à l helle du quartier ACV, développé
au Centre Energétique et Procédés (CEP) de l E ole des Mines de Paris
pour les 4 phases de vie du quartier, à savoir, la construction, l utilisatio ,
la rénovation et la démolition. Les substances puisées et émises dans
l e vi o e e t sont comptabilisées, puis des indicateurs
environnementaux sont déduits pour chaque phase.

Enfin, nous tenons à signaler le site internet suisse [Link] (fil rouge pour la
construction durable), qui met gracieusement à l atte tio des acteurs urbains
un outil d valuatio et d aide à la décision permettant la planification et la
réalisation de bâtiments et de quartiers durables. Libre d a s et d utilisatio ,
transversal et évolutif, il permet aux porteurs de projets d a de à une
plateforme interactive, d introduire leurs données et d être accompagnés
tout le long de la procédure et ainsi de :

• Traiter de manière transversale l e se le des thématiques composant la


durabilité, u elles soient évaluables de manières qualitatives ou
quantitatives.
• Analyser les conséquences du projet avec une approche cycle de vie ACV
(concevoir maintenant en intégrant les implications à long terme).
• “ aide aux prises de décision en dégageant des résultats synthétiques et
non pondérés.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 17


Objectifs du référentiel

Les finalités du présent référentiel se déclinent de la manière suivante : Le référentiel s i s it dans le contexte actuel marqué par une forte volonté des
hautes instances pour la concrétisation de la régionalisation élargie et de la
• Proposer des méthodes de diagnostic et d'évaluation des différents déconcentration avancée axée sur la bonne gouvernance. Il se propose de
espaces ; définir les missions et les tâches à accomplir, pour asseoir une base commune
• Définir les principes et actions clefs pouvant appuyer l a tio publique de aux différents acteurs qui devront initier des démarches censées ouvrir
demain pour une ville plus durable, en se basant sur les expériences réussies l u a is e sur de bonnes pratiques et sur la recherche d i ovatio s.
en la matière ; Le référentiel devra, ainsi, permettre l a lio atio globale de la planification et
de la mise en œuv e des opérations d a age e t. Il s appli ue a à répondre
• Promouvoir une planification intégrée par la coordination de différentes aux besoins suivants :
disciplines et l i t g atio des aspects de durabilité dès le déclenchement du
processus de planification ; • Disposer d u schéma de référence pour intégrer les objectifs de
développement durable dans les aménagements ;
• Aider les acteurs de l a age e t et de l u a is e à respecter les • Suivre et évaluer l i t g atio du développement durable à tous les
exigences en matière de durabilité dans les pratiques d u a is e en stades, depuis la planification jus u à la réalisation et l valuatio ;
mettant à leur disposition un référentiel de bonnes pratiques en matière • Développer la transversalité entre différents services en matière de
d u a is e durable. pratiques de l U a is e ;
• Anticiper la gestion à venir.
Les expériences présentées dans le Rapport Analyse-Diagnostic, se rejoignent
toutes sur la volonté de créer des projets urbains innovants, à faible impact L o je tif est d a ive à une version du concept d u a is e durable qui soit
environnemental et qui procurent un cadre de vie de qualité pour leurs englobante, claire et facilement appropriable par les acteurs du développement
habitants. Malgré la diversité de ces expériences, leurs formes, leurs contenus urbain au Maroc. Elle devra s appu e sur un consensus moral préalable, une
et les contextes dans lesquels elles ont été crées ou appliquées, nous pouvons représentation partagée permettant d agi en commun. “ i s iva t, par
constater d u e part, la richesse des débats générés et d aut e part, la difficulté ailleurs, dans une démarche expérimentale, le référentiel devra nécessairement
de passer de la réflexion et du discours à une approche plus pragmatique et pouvoir évoluer et s ajuste en prenant en considération les observations des
pratique permettant de véritablement ancrer l u a is e durable dans les utilisateurs, les améliorations techniques, les retours d e p ie e qui
réflexes quotidiens des administrations et des acteurs privés. Ces expériences contribueront à son adaptation.
ont, à ce titre pour le « Référentiel de l u a is e durable », une valeur Le référentiel s i s e dans le cadre des textes en vigueur. Il a pas vocation à
d app e tissage par les enseignements u elles apportent et constituent en ce interférer dans leur application. Il constitue un cadre théorique dans lequel
sens une étape nécessaire pour une approche raisonnée de l u a is e doivent se référer les pratiques des acteurs de l a age e t et de
durable. En effet, l u a is e durable pose comme première hypothèse que la l u a is e.
pédagogie de l app o he contribue au moins autant que le projet lui-même à un
meilleur fonctionnement urbain du moment u elle repose sur le changement Proposition de nouvelles méthodes de diagnostic et
des comportements individuels et sur la recherche du consensus.
d’ valuatio des territoires préalables à l’ la o atio des
Le Référentiel comme outil : documents d’u a is e :
Un référentiel est avant tout un outil pédagogique proposant un cadre général
pour le développement urbain. Il permet de définir les objectifs en termes L’ helle territoriale
da age e t durable et de créer les dispositifs appropriés pour les atteindre.
Le concept « urbanisme durable » sous-tend l e ige e préalable d u e
Il est destiné à offrir des conseils et un soutien pour l a lio atio de la prise de
réflexion prospective des pouvoirs publics, concernant l ide tifi atio des
décision et d a tio sur la durabilité. Cet outil est également conçu pour être
transitions nécessaires à mener par rapport aux échelles des problématiques de
adapté et enrichi en fonction de la situation particulière du territoire concerné
développement des territoires. En conférant aux objectifs de la planification
(enjeux, objectifs et indicateurs spécifiques).
spatiale un fondement plus large et plus complexe, en évoluant vers une prise
Le référentiel correspond à une somme de cadres à l a tio , tirés de retours en compte plus rigoureuse de la définition des principes préalables, les
d e p ie es, d u e approche comparée, d u benchmarking. Il est destiné à documents de planification devront s o ie te , tout au long de leur élaboration,
fournir les éléments d a al se qui permettront d lai e le choix de la bonne vers une assimilation des trois intégrations de l u a is e durable :
pratique à même de respecter les exigences en matière de durabilité, en transversale, temporelle et spatiale.
adéquation avec le cadre juridique et réglementaire.
La promotion d’u e planification intégrée
Les villes sont les moteurs du changement, elles constituent des pôles de
production économique et de commerce, des œuds de pouvoir et des centres
de décision tout en étant des lieux de concentration de populations.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 18


Objectifs du référentiel

La planification urbaine est, dès lors, interpelée ; son opérationnalité devra Entre les concepts et les procédures d u a is e, le durable apparaît comme
relever le défi entre les visions (en général à long terme qui intègrent les une clé d e t e pour penser la ville de demain en interrogeant nos modes de
grandes mutations envisageables), les intentions (programmation à l ho izo du vie : habitat, transport, organisation, gestion de l espa e, etc. En ce sens, il
moyen terme) et les actions (plus directement dictées par des impératifs permettrait de concilier ville et environnement. C est aujou d hui
immédiats). essentiellement pour relever ce défi que l o parle de « ville durable » pour
notre pays.
L e ge e de la planification urbaine stratégique dans une perspective
prospective à long terme, marque un tournant dans la gestion des territoires. Dans cette optique, les solutions ne peuvent que tenir compte du contexte
Elle se veut plus ambitieuse (avec un projet d agglo atio comme finalité), national en pleine évolution. Dans une perspective durable de l u ai - à la fois
mais aussi plus pragmatique par une capacité à évoluer dans sa programmation sociale, économique et environnementale, mais également urbanistique,
en tenant compte des opportunités comme des contraintes et des incertitudes, technique et architecturale - la question fondamentale tend à mettre en
inclusive non seulement au plan social (tenant compte des populations cohérence ces différentes dimensions, et à établir des priorités sur des bases
marginalisées) mais également au plan économique (à travers notamment la argumentées de façon réaliste; est l o je tif central que doivent partager tous
promotion du modèle de partenariat public privé). Dans un contexte de les professionnels de l u ai .
complexité, l u a is e durable, à travers une forme d a tio plus souple,
encourage la concertation et la fédération des visions décisionnelles multiples Ces questions, toujours en vigueur, «s e i hisse t» des questions de
portées par plusieurs contributeurs. management urbain, puis de gouvernance. Le politique et le socio-économique
s i vite t dans les études techniques, pivot du rôle de décideur et de
La définition de l ave i de la Collectivité incombe, sur une base partenariale, à coordinateur de l a tio publique.
une pluralité d i te ve a ts publics et privés et repose sur un décloisonnement
sectoriel des politiques publiques et une coordination de celles-ci, autant sur le Le thème de l e vi o e e t, par ailleurs, affecte la préservation des
plan des différentes échelles spatiales que temporelles. ressources naturelles et leur usage rationnel, et par extension, l e vi o e e t
construit et le patrimoine. La dimension écologique de l u ai est désormais
Le changement dans l a tio urbaine conduit, de ce fait, à une transformation une référence admise au regard de la gravité des sujets abordés, en termes
du cadre réglementaire et juridique de l u a is e. da age e t du territoire et d u a is e, d o ga isatio sociale, de
gouvernance et de régulation.
Ce nouveau cadre aura pour effet une relance de la production d u e nouvelle
génération de documents de planification (SDAU, PA mais aussi des Plans de Dans l opti ue des quatre grands critères qui caractérisent l u a is e durable :
Développement Régionaux PDR et des Schémas Régionaux d A age e t du
Territoire SRAT) et le recours à «l a age e t numérique» dans la • Techniquement faisable ;
planification stratégique régionale. • Environnementalement compatible ;
• Économiquement viable ;
Par ailleurs, il a été démontré u il y avait également une corrélation entre les • Socialement acceptable.
logiques sectorielles et les logiques territoriales, le changement des unes
entraîne la transformation des autres notamment, dans le cadre du processus La résultante idéale de ces critères est difficilement atteignable dans le court
de changements d helles de l a tio publique. La mise en œuv e des principes terme : il s agi ait, dans un premier temps, d u urbanisme convenant au mode
de l u a is e durable à l helle des agglomérations implique dans la plupart de vie des populations à qui il s ad esse, comprenant une planification et des
des cas une redéfinition, une réarticulation voire une ré-hiérarchisation des innovations technologiques lui permettant d t e environnementalement
différentes politiques à incidences urbaines : politiques environnementales (air, responsable, engageant des moyens adéquats améliorant la qualité de vie pour
eau, sols, déchets, etc.), politique du logement, politiques sociales et de lutte que l e se le ou une très grande majorité de la population puisse y avoir
contre la précarité et la pauvreté, politique de mobilité, d du atio , politique accès.
de régulation économique, politique culturelle,..etc. La politique publique se
réoriente vers une tendance à la territorialisation. A travers la décentralisation,
une telle démarche mène à une action adaptée à chaque contexte et territoire
selon ses spécificités.
La promulgation de législations sectorielles (loi sur les déchets, sur l ai …),
l la o atio de politiques plus intégrées (circulaire habitat-énergie, mais aussi
la réflexion prospective à grande échelle sur les vallées, les côtes et
montagnes…) s a o pag e o t, dorénavant, du transfert de compétences
dans le cadre d u e démarche permanente de concertation et de promotion de
la contractualisation Etat/Collectivités territoriales, ce qui pourrait ouvrir le
champ aux conditions objectives de ces transformations.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 19


Méthodologie et approche pour l’élaboration du référentiel

Le Référentiel se présente sous forme de fiches pratiques et s a ti ule autour de Le projet de type « transformation » désigne quant à lui un projet de transition
quatre axes d u a is e durable : d u quartier ou d u secteur particulier, friches industrielles, dents creuses, etc.
Ce type de projet est l o asio de corriger des erreurs et des
• Volet Gouvernance ; disfonctionnements et d i t g e dans la conception urbaine, les principes de
• Volet Urbain ; l u a is e durable. Il comprend différentes interventions ponctuelles de
• Volet Environnement ; rénovation principalement, mais aussi, lorsque est nécessaire, de
• Volet social, culturel et économique . reconstruction ou de construction neuve, des aménagements d espa es publics
Critères en fonction de la localisation du projet : et différentes mesures d o ga isatio des réseaux et de mutualisation des
ressources. La participation des habitants et des différents acteurs concernés y
Afin d adapte les valeurs des critères en fonction du contexte dans lequel le est plus que jamais structurelle.
projet s i s e, nous avons retenu principalement trois échelles : La prise en compte de l u a is e durable dans les pratiques de planification
contribue notamment à :
• L helle territoriale, celle du projet d agglo atio et des schémas
directeurs d a age e t et d u a is e ;
• Favoriser de meilleures connaissances des impacts des activités sectorielles:
• L helle intermédiaire, où se décline des opérations d u a is e qui
plusieurs administrations connaissent mal les impacts environnementaux,
peuvent être engagées dans l a age e t d espa es publics et des
sociaux et économiques sur les projets parce u elles ne s e rendent pas
réseaux structurants au niveau d u secteur, d u e ou de plusieurs
compte ou parce u elles ne sont pas sollicitées ;
communes. C est l helle des plans d a age e t ;
• Favoriser une meilleure gestion des ressources et de l e gie : En
• L helle locale, de la trame des quartiers, de l îlot et de la rue nécessitant
considérant ces paramètres, la collectivité s outille pour mieux gérer sa
un urbanisme de proximité qui intègre des dispositifs porteurs
performance en fonction de ses stratégies à long terme ;
d a ia es urbaines, d ha itat, d espa es publics et d u cadre de vie
• Réduire les risques : les collectivités font face à certains risques, dont
dispensateur de services de proximité.
plusieurs peuvent avoir un effet néfaste sur leur image s ils ne sont pas
C est l helle où se déclinent les plans d a atu e urbaine, les dispositions et bien gérés. L e vi o e e t et le développement social en sont des
les règlements de construction, les opérations d a age e t ou de exemples probants ;
réaménagement de quartiers. • Attirer et retenir des compétences : les collectivités qui mettent en
pratique des initiatives liées à l u a is e durable sont plus susceptibles
Ce qui distingue principalement ces échelles, outre leur taille, est le niveau d atti e et de retenir plus aisément du personnel.
d uipe e ts et de services, la nature des activités économiques, la
composition de la population et le potentiel de mobilité ; est surtout leur
situation dans le territoire urbain (centre ou extension en périphérie)
susceptible de mobiliser les acteurs à partir de leur contexte spécifique.
L u a is e durable est précisément le résultat de l a ti ulatio de ces trois
échelles et de l ajuste e t réciproque des formes des tissus aux exigences de la
consolidation du lien social et de l a age e t de cadres de vie.
Critères en fonction du type de projet :
Les critères sont également adaptés en fonction de trois types de projets
possibles :
• la création ;
• la consolidation ;
• la transformation.
Le projet de type « création » se compose principalement de nouvelles
constructions qui forment ensemble une nouvelle agglomération urbaine sur un
périmètre facilement identifiable. Il s'agit d'un nouveau projet d'urbanisation
qui doit présenter une taille et une densité suffisantes pour viabiliser les
différents services de proximité et, éventuellement, de transports en commun.
Le projet de type « consolidation » part d u projet neuf de taille significative
qui représente une opportunité de levier pour renforcer et engager la
transformation d u quartier.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 20


Cible concernée par le référentiel

Le référentiel de l u a is e durable est destiné à toutes les parties La « bonne pratique » est certainement pas à considérer comme une
prenantes dans l a te urbain : les agences urbaines, les collectivités nouvelle réglementation mais devrait, au contraire, être élaborée de
locales, la maîtrise d œuv e, les services territoriaux de l Etat et tout manière consensuelle et partagée avec tous les acteurs, puis être
établissement public ou privé intervenant dans l a te de planifier, mutualisée pour permettre la mise en œuv e de démarches de progrès
da age et de bâtir. et d ha ges.
Néanmoins, les agences urbaines, en tant que principal acteur de la Le rôle moteur des acteurs du territoire dans le processus d i ovatio
planification, la programmation et la gestion urbaine constituent la de la planification et du renouvellement urbain est l l e t central
cible prioritaire du présent référentiel. Ce dernier vise de leur fournir pour tendre vers la ville durable. Il doit être soutenu et encouragé par
les éléments d a al se qui permettront d lai e le choix de « la bonne une mobilisation coordonnée des capacités d i g ie ie locales de ces
pratique» devant être mise en œuv e, à même de respecter les acteurs.
exigences en matière de durabilité, avec un maximum de sécurité
juridique, pour l ta lisse e t des documents d u a is e et la
concession de réalisation d op atio s publique d a age e t
durable.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 21


Annonce des différents enjeux et des thématiques associées

Les fiches du référentiel sont organisées selon treize grands enjeux, elles mêmes • Re o a datio d’i t g atio da s les do u e ts
articulées en plusieurs thématique. Ces fiches qui décrivent les enjeux,
d’u a is e
contiennent des indications relatives au cadre législatif et réglementaire,
explicitent la logique des textes et les objectifs des stratégies nationales mises
en place, énumèrent les leviers propres aux documents d'urbanisme ainsi que Cette partie apporte l e se le des éléments permettant d i t g e la
certaines possibilités d'actions opérationnelles. thématique dans les documents d u a is e (SDAU, PA) et à toutes les étapes
Les thématiques répondent à plusieurs contraintes : de leur élaboration. Les principes d a age e t qui conduisent à
• La pertinence : Chaque thématique doit éclairer et apporter une ou des l la o atio de ces documents peuvent inspirer ceux détaillés dans les PA.
réponses à un enjeu spécifique ;
• SDAU : ‘appo t a al se diag osti / O ie tatio s d a age e t
• La robustesse : Dans le sens où l i fo atio transmise est pas
susceptible d t e remise en cause ; • PA : ‘appo t a al se diag osti / ‘ gle e t d a age e t
• La disponibilité : Les données existent et sont librement consultables ;
• La compréhension: Le plus souvent, en formulation simple; • Orientations et déclinaisons
• L actualisation : Les données utilisées pouvant ponctuellement être revues • Illustrations
sur les périodes à venir.
Dans un souci d uili e entre les quatre piliers du développement durable, le Il s agit d illust e de façon la plus pédagogique les concepts et les bonnes
référentiel est construit afin de ne pas engendrer une perception donnant lieu à pratiques d a age e t et d u a is e au regard des exigences détaillées.
une primauté d u pilier par rapport aux autres. Le concept de développement Il est proposé de nombreux retours d e p ie es d a tio s menées aussi
durable étant une approche globale, le maintien de cet équilibre, a également bien au niveau national u i te atio al.
justifié la sélection ou non des indicateurs.
• Indicateurs
On y trouve des indicateurs considérés comme « standards » ou
Présentation des fiches « incontournables », des indicateurs relatifs à la thématique et des
indicateurs associés.
• Définition du concept
• Enjeux associés
Un point sur les thématiques associées permet de mieux prendre en compte
l aspe t glo al de toutes a tio s et i te ve tio s et de e vo e au aut es
fiches du Référentiel.
• Etat des lieux et problématique
• Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au
Maroc
On y trouve dans les exigences pour le territoire un rappel des textes
juridiques qui traitent de la thématique présentée et qui donnent le cadre
général des politiques publiques d a age e t. Ces exigences sont
complétées par les apports des réformes, actions, mesures engagées par le
Département de l U a is e ainsi que du Programme National de
l U a is e Durable.
• Objectifs
Cette partie fixe le cadre de réflexion de la thématique traitée et la
problématique d a age e t u elle induit. Elle renvoie à des définitions
ou des chiffres clés.
La fiche propose ensuite une liste d o je tifs que peuvent mettre en œuv e
les acteurs.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 22


30
1 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

Définition du concept Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc

La mobilité urbaine définit l e se le des • Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e
déplacements de personnes (y compris les personnes L i t g atio des principes de développement durable : maîtrise des besoins
à mobilité réduite) pour leurs activités quotidiennes en déplacements et mobilités tout en intégrant les principes d a essi ilit
liées au travail, aux achats et aux loisirs, dans «les et d opti isatio des systèmes existants.
territoires de la ville».
• Nouveaux termes de références pour les documents d’u a is e
Principe de l u a is e durable : maîtriser les besoins en déplacements et
mobilités urbaines tout en intégrant les principes d a essi ilit
multimodale et leurs impacts sociaux.
Enjeux associés • 50 mesures pour améliorer le processus d’ la o atio des documents
d’u a is e – mesure 31: maîtriser les besoins en déplacements et
• Accessibilité ; mobilités en intégrant les principes d a essi ilit multimodale, de
• Proximité des infrastructures et des services ; maillage équilibré entre les anciens quartiers et les nouveaux et de
• Mobilité douce ; Le transport en commun fait partie proximité des services et équipements.
• Transport ; du quotidien des habitants • Programme National de l’U a is e Durable
• Stationnement ; Pilier 1 : Planification stratégique durable
• Pollution/qualité de l ai .
Une nouvelle génération de documents d u a is e mettant en
exergue les principes de l u a is e durable, visant à créer des
territoires qui prennent en considération l o ga isatio des
déplacements dans leur articulation avec le développement urbain,
Etat des lieux et problématique comme levier important pour limiter le recours aux modes motorisés et
raccourcir les distances parcourues, facteur majeur d o o ie
Les espaces urbains au Maroc sont caractérisés d e gie et de lutte contre le changement climatique.
par une urbanisation rapide et un étalement Agadi se dote d u Pla de • Stratégie Nationale des Déplacements Urbains lancée en 2008, cette
urbain dominant entrainant une transformation o ilit u ai e à l ho izo 2020 stratégie a mis en place des outils de planification des déplacements
quasi permanente et une extension urbains PDU, un modèle de gouvernance approprié, un mécanisme de
géographique des villes, un allongement des financement pour favoriser l i vestisse e t dans des infrastructures en
distances et des temps de trajet, une site propre, etc. Ce cadre national permet aux collectivités territoriales de
motorisation accrue et une population en définir et de mettre en œuv e une politique de mobilité urbaine qui
constante augmentation. améliore l a essi ilit des populations tout en réduisant la congestion,
Face à cela une faible qualité des transports l i s u it routière, la pollution de l ai favorisant ainsi la maîtrise des
publics, une augmentation de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre.
GES, un éloignement des infrastructures et des
populations « défavorisées » u o repousse
toujours plus loin et donc des morceaux de villes Le tramway de Rabat Salé Objectifs
inaccessibles à certains type de population. est accessible aux PMR
Aujourd'hui la plupart de nos villes sont
confrontées aux problèmes fondamentaux des • L’a essi ilit pour tous: Tous les territoires doivent être accessibles,
déplacements dus à une mobilité plus grande et à est à dire u ils doivent être reliés d u e façon ou d u e autre aux autres
une motorisation plus poussée. territoires de la ville et u o puisse s rendre et en sortir facilement
La maîtrise de la mobilité urbaine est sans doute quelque soit son origine ou son niveau de motricité et en faciliter aussi
le défi du XXIème siècle. L i te a tio urbanisme l a s aux personnes vulnérables.: personnes âgées, femmes, enfants
et mobilité urbaine devient une priorité. et personnes à mobilité réduite (handicap moteur, visuel, auditif) y
compris les adolescents qui construisent leur autonomie à travers la
maîtrise de leurs déplacements dans l espa e urbain.
• L’i lusio sociale: Aujou d hui, un territoire qui est pas accessible, est
un territoire qui souffre d e lusio , avec des impacts forts en termes
économiques et sociaux.
• La diminution des besoins des déplacements motorisés: Via une
organisation urbaine favorisant la ville de proximité , une maîtrise de la
circulation et du stationnement et une mise à niveau du transport public
et le développement d u e approche de mobilité douce.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 23


1.1 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : ACCESSIBILITE

Définition du concept Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc

L a essi ilit indique le niveau d a age e t


permettant aux personnes à motricité limitée d a de • Loi 07-92 relative à la protection sociale des personnes
aux lieux et services concernés. handicapées (article 27).
• Loi 10-03 relative aux accessibilités qui définit les exigences
générales des accessibilités en matière d u a is e,
d a hite tu e, de transport et de communication.
Enjeux associés
• Décret n° 2-11-246 du 2 kaada 1432 portant application de la loi
n° 10-03 relative aux accessibilités. (B.O. n° 5988 du 20 octobre
• Renouvellement urbain ; 2011) :
• Santé et sécurité des citoyens ;
Article 2: Le sol des cheminements créés ou aménagés, ne doit pas
• Lutte contre les inégalités. être meublé, ni recouvert de revêtement non lisse, sans obstacles
pour les roues et les cannes. Ces cheminements devraient être
complétés par des allées non gravillonnées et un signalement des
Etat des lieux et problématique zones de danger par un changement de couleur ou de texture.
Article 3: Les trottoirs doivent mesurer entre 1.5 et 2 mètres, le
matériau utilisé doit être dur et le sol doit être sans aucun relief ni
• Au Maroc plus de 2 millions de personnes aucune fente
souffriraient de handicap soit environ 6.8% de la
La traversée de la voie doit s'effectuer au niveau de la chaussée en
population.
créant un bateau qui abaisse le trottoir de manière à faciliter la
• Le retard d appli atio de la loi :
circulation des personnes âgées et handicapées. Ce bateau est
⁻ les trottoirs restent non adaptés ;
constitué d'un plan incliné (inférieur à 5%) perpendiculaire à la
⁻ les places de stationnement existantes mais
chaussée et de deux surfaces inclinées (inférieures à 5%) de
non conformes aux normes d a essi ilit .
raccordement au trottoir.
⁻ les rampes dans les bâtiments administratifs
restent insuffisantes. Article 4: Le nombre de places de stationnement automobile au
⁻ les arrêts de bus et les bus non équipés, etc. niveau des parcs publics ou des garages des constructions ouvertes
au public réservés aux personnes handicapées est fixé au moins à
 Nécessité de procéder par étapes et par priorité et
une place sur vingt ( 5%).
de mettre en place l a t conjoint fixant les
spécificités techniques d a essi ilit urbanistique. Article 8: Pour les constructions ouvertes au public et les immeubles
collectifs et à usage d'habitation, les dispositions précitées sont
exigées pour l'entrée principale qui doit avoir une pente latérale
Objectifs d'une valeur de 20% au maximum et d'une largeur de 1.00 m au
minimum.
Article 10: Toute création ou aménagement d'emplacement d'arrêt
L accessibilité de « tous à tout »: permettre à chacun
d'un véhicule de transport collectif devra être conçu de manière à
de circuler dans la rue , de pratiquer l espa e public et
faciliter l'accès et l'embarquement des personnes handicapées à
les espaces de détente et d a de à l i t ieu d u
véhicules, en tenant compte de ceux à plancher bas.
bâtiment à partir de l espa e public de manière
cohérente et continue en prenant toutes les • Circulaire du Premier Ministre n°96/16 du 20 Rajeb 1417 incitant
dispositions nécessaires dans un souci d auto o ie, de à prendre les dispositions techniques et réglementaires pour
confort et de sécurité et permettre ainsi à chacun de garantir les accessibilités.
prendre part aux activités sociales, culturelles et • Constitution de 2011
économiques. Il s agit d assu e l a essi ilit à la
Article 34 : Les pouvoirs publics élaborent et mettent en œuv e des
chaine de déplacement au niveau de l espa e public.
politiques destinées aux personnes et aux catégories à besoins
spécifiques (…).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 24


1.1 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : ACCESSIBILITE

Recommandation de modification /complément de la loi 10- Illustrations


03 relative aux accessibilités

Elaborer l a t conjoint fixant les spécificités techniques d a essi ilit


urbanistique prévu au décret d appli atio de la loi 10-03 (article 5)
concernant notamment:
• Les trottoirs - définir les dimensions, les revêtements, les
aménagements (bande d veil – bande de guidage - bateau – les
pentes) ;
• les dimensions des places de stationnement réservées aux personnes
en fauteuil roulant ;
• les détails d a age e t des stations de bus et des quais de gare ;
• les rampes d a s , modifier la pente latérale prévue dans le texte de
loi à 20% maximum alors u elle est dans les faits de 6 %.

Dispositions techniques

• Le décret d appli atio de la loi 10-03 (article 3) définit la largeur des


trottoirs «entre 1.5 et 2 mètres» , et spécifie que le matériau doit être dur
et le sol sans aucun relief ni aucune fente, non glissant et sans obstacle à la
roue. Il semblerait donc opportun d utilise de l e o de couleur grise
(40% moins cher que le noir), bien plus économique que le carreau de
marbre (glissant, très salissant et dont les rainures rendent la marche
difficile pour les femmes , les mal et non voyants et les personnes en
fauteuil roulant , les poussettes …).
• On évitera aussi de nombreux changements de niveaux des trottoirs qui
rendent le cheminement particulièrement inconfortable et impraticable
pour les PMR. Idéalement, les trottoirs doivent comporter : T ave s e pi to e , ave ateau , a de d veil de vigila e et potelets de
‐ Une bande d'éveil de vigilance : dispositif destiné à avertir d'un danger protection
qui se matérialise par de petits plots arrondis en relief, au niveau des
passages piétons et implantée sur les ilots refuge lorsque la traversée
doit s effe tue en 2 temps ;
‐ Une bande de guidage : dispositif linéaire destiné à guider un déficient
visuel sur un itinéraire donné ;
‐ Une pente suffisante pour éviter la stagnation des eaux pluviales.

Dispositions SDAU/PA

• Au niveau du Schéma Directeur d A age e t Urbain (SDAU) : établir


des diagnostics d'accessibilité du territoire, (enclavement, accessibilité aux
centres et périphérie) de son bâti , des espaces publics et des transports. Feu de signalisation sonore Bande de guidage
pour les malvoyants
• Au niveau du règlement d'aménagement du Plan d A age e t (PA) :
prévoir des dispositions en terme d'accessibilité, notamment en matière
de stationnement, d'accessibilité aux équipements publics (rampes
passages, ascenseurs, installations diverses...)

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 25


1.1 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : ACCESSIBILITE

Illustrations Dispositions techniques

Un stationnement réservé aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR):

• Pour les logements et bâtiments accessibles au public, bureaux, commerces,


lieux de formation, centres sportifs et culturels, lieux proposés au culte,
stations de train ou de métro ..., l o prévoira des zones de stationnement
accessibles à des personnes en fauteuil roulant, ainsi que des
cheminements et des accès dans les zones principales de ces bâtiments qui
leur soient adaptés. L a essi ilit concerne autant les abords et les
parkings que les parties communes du bâtiment, jus u à la porte d e t e
principale du logement.

• Dans les parkings : des places adaptées sont nécessaires pour monter ou
descendre de la voiture. Les emplacements réservés sont signalés par un
pictogramme et doivent se trouver le plus proche possible des portes
d e t es. On préconisera une largeur minimum de 3.30m.

Stationnement perpendiculaire à la chaussée

Indicateurs

1. “ assu e de l a essi ilit des bâtiments, équipements administratifs et


habitations à toutes les personnes à mobilité réduite (présence et
conformité des rampes d a s, dimension des portes 0.90m, places de
stationnement réservées, ascenseur accessible à partir du garage) ;

2. “ assu e de l a essi ilit des espaces publics et naturels à toutes les


personnes à mobilité réduite (présence et conformité des rampes d a s,
trottoirs conformes, stationnement réservés) ;

3. “ assu e de l a essi ilit des transports publics à toutes les personnes à


Stationnement parallèle à la chaussée mobilité réduite (équipements existant pour accéder au bus, train-
trottoirs aménagés au niveau des stations d a t bus/tramway/train avec
bandes d veil de vigilance, bande de guidage).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 26


1.2 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : PROXIMITÉ DES INFRASTRUCTURE ET SERVICES

Définition du concept Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc

• L espa e public est le socle de la sociabilité, du Loi 12-90 relative à l’u a is e :


« vivre ensemble » et souvent l ide tit du • Article 4 : le SDAU a pour objet notamment de fixer la destination
quartier. générale des sols en déterminant la localisation des principaux
• Une vie de quartier sera dynamique et attractive espaces verts à créer, à protéger et/ou à mettre en valeur, les
si la proximité d i f ast u tu es-services (santé- principaux établissements sanitaires, sportifs et d'enseignement ;
éducation-administration-culture) et la présence • Article 19 : Le Plan d A age e t prévoit:
d espa es aménagés (places, placettes, squares,
aires de jeux d e fa t, mini-stades …) sont mises ‐ Les limites des espaces verts publics, et les autres espaces
en place. libres à conserver, à modifier ou à créer ;
• La qualité de l espa e public est le premier ‐ Les limites des espaces destinés aux activités sportives à
service public de l u a is e durable : social, créer ;
environnemental et économique. ‐ L'emplacement des équipements collectifs et installation
d'intérêt général dont la réalisation relève du secteur privé
(centres commerciaux, centres de loisirs).
Enjeux associés
Objectifs
• Mixité fonctionnelle ;
• Densité ;
• Mobilité douce. • Favoriser le développement des équipements de quartier et
parallèlement une réduction des distances donc des déplacements
motorisés et des gaz à effet de serre (GES) et développer le
sentiment du « chez soi en ville ».
Etat des lieux et problématique
• Mêler les fonctions pour rapprocher habitat, emplois, commerces ,
loisirs et services, le tout concourant à produire des espaces urbains
La problématique est double : dans lesquels un lien social plus fort crée cette conscience d'une
proximité humaine et non seulement géographique.
1- Les commerces de proximité ne manquent pas
dans les quartiers d ha itatio s en ville (excepté
dans les zones réservées aux lotissements),
toutefois il faudrait compléter l app o he par :

• Une offre en espaces publics et


aménagements de proximité (places,
squares, aires de jeux, jardins …) ;

• Une offre en infrastructures de proximité


(centre de santé, école, lycée, bureaux
administratifs, poste,…).

2- Par contre le centre ville est très pauvre en


commerces de proximité en dehors des tabacs,
des cafés et restaurants de tout genre.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 27


1.2 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : PROXIMITÉ DES INFRASTRUCTURE ET SERVICES

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et déclinaisons


d’urbanisme

• Redynamiser le commerce du centre-ville avec l la o atio de Schéma


SDAU PA Directeur des Commerces ;
Rapport analyse diagnostic Rapport analyse diagnostic • Regrouper les services autour de l ole ;
• Analyser le rapport entre • Analyser les densités d ha itat et • Privilégier la localisation des logements à proximité des infrastructures,
couverture territoriale de la d e plois (intensités urbaines), et équipements et réseaux existants et des bassins d e plois, veiller à leur
desserte en transport collectif d'équipements autour des lignes fortes accessibilité, favoriser et sécuriser les déplacements en modes doux à
(TC) et l i te sit urbaine de transports collectifs et des gares. l atte tio des PRM ;
(densité de population et • Analyser la desserte des équipements
• Favoriser l i pla tatio de bureaux au rez-de-chaussée d i eu les
d e plois ainsi que la structurants en TC.
d ha itatio s (doublement vertueux : mixité des fonctions + utilisation des
répartition des populations par • Analyser les distances entre les lieux
locaux pas assez éclairés pour logement, donner la priorité à l i pla tatio
tranches de distances-temps d'habitat et les zones commerciales et
des pôles de fonction des transports en commun, des cheminements piétons
aux polarités, aux gares … de service.
et cyclables ;
R gle e t d’a age e t • Intégrer le principe de la continuité des usages et du partage de l espa e ;
O ie tatio s d’a age e t • Réfléchir aux usages et aux fonctions ( les concilier ou les spécifier) ;
• Permettre le groupement de différents
• Favoriser l u a isatio services dans un même bâtiment • Favoriser les mixités et les rencontres possibles et spécifier les espaces pour
nouvelle à proximité (exemple d u e crèche et d u espace certaines fonctions à hauts risques de conflit d usage.
immédiate des réseaux TC, des pour les personnes âgées) ;
pôles d uipe e ts ou de
services ; • Ne pas limiter au seul rez-de-chaussée
l o upatio par les commerces, Bonnes pratiques
• Favoriser une occupation plus services, bureaux, équipements en
resserrée au voisinage des réservant les étages supérieurs aux
centralités, d uipe e ts ou habitations, mais plutôt encourager la
de services en vue de «mixité verticale » ; Les écoles fenêtres des Pays Bas, un projet de quartier et une réflexion sur la
développer la notion de ville de localisation des équipements. Les écoles fenêtres sont devenues de véritables
proximité et des espaces de • Favoriser la création de nouvelles
proximités : commerces, services, projets de quartier. Ouvertes aux élèves par le pilier central u est l ole, elles
transition. sont aussi ouvertes aux parents et aux habitants du quartier. Chaque école est
espaces de nature et de loisirs, schémas
piétonniers, etc. adaptée à son environnement et les équipements regroupés sont différents
selon les besoins du quartier: bibliothèque, écoles de musiques, associations
sportives, centres sociaux de formation pour adulte ou d aide juridique dans
certains quartiers.
Ce regroupement d uipe e ts crée une nouvelle polarité locale à l helle de
Indicateurs la ville. :
• Les déplacements sont optimisés (possibilité de faire différentes
activités autour de l ole, pour les parents comme pour les enfants) ;
Indicateurs relatifs à la thématique Indicateurs associés • L a essi ilit aux équipements est renforcée ;
• La mixité sociale (intergénérationnelle) et fonctionnelle est améliorée
• Proximité des activités sociales, • Nombre de logements proches d au (les équipements proposés s ad essa t à tout public, les rapports et lieux
moins 5 activités (le système
administratives, commerciales et de rencontres sont favorisés).
d valuatio LEED pour bâtiments HQE
des équipements à 500 m du exige 50% des habitations à distance
domicile soit 10 à 15 minutes de maximum de 800m de 10 types
marche (distance préconisée par la d i f ast u tu e .
méthode d valuatio de
performance environnementale
BREEAM).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 28


1.3 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LE TRANSPORT

Définition du concept Etat des lieux et problématique

La mobilité devenant de plus en plus présente dans la vie quotidienne des


individus, les temps et les lieux de la mobilité prennent une importance
croissante : le transport doit donc être plus commode, plus économique, plus Quelques chiffres :
accessible et plus agréable.
Le transport est d ailleu s plus seulement une fonction qui permet de se • Véhicules mis en circulation au
31/12/2014 : 3 437 948 dont 28%
rendre d u point à un autre : est un temps à part entière de la vie, qui
de véhicules utilitaires, 70% de
mérite d t e valorisé en tant que tel. Un réseau de transport collectif véhicules de tourisme et 2% de
efficace réduit d auta t la nécessité de se déplacer en voiture. moto ;
• Les taxis (45000 grands taxis et
32 000 petits taxis) occupent le
Enjeux associés tiers de la voirie dédiée à la
circulation générale ;
• En 2030, il faut compter entre 13
• Etalement urbain/densité ; Cas particulier de Marrakech où la part et 15 millions de déplacements
• Efficacité énergétique ; en 2 roues motorisés ou non est de quotidiens à Casablanca et 1.3
l o d e de 21% (voiture 15% et millions de voitures en
• Proximité/mixité transports en communs 4%) circulation.
fonctionnelle ;
• Mobilité douce/qualité des Les conditions de déplacements pour la majorité des habitants des grandes
espaces publics ; agglomérations marocaines deviennent de plus en plus difficiles. Les axes
• Protection de structurants connaissent une congestion chronique. Dans un environnement conçu
l e vi o e e t/ sa t et pour les modes motorisés, l usage de la marche et du vélo est souvent malaisé,
sécurité des citoyens. voire dangereux. Dans la plupart des agglomérations, les services de transport
collectif ne suffisent pas à répondre aux besoins des populations. De fait, des
systèmes de transport artisanal s o ga ise t de manière plus ou moins formelle.

Ce mode de développement nuit à l att a tivit et la compétitivité économiques


Objectifs
des agglomérations marocaines et donc au bien-être des citoyens. La performance
du système de mobilité, en modes collectifs comme individuels et la qualité du
Dans un contexte menacé par les changements climatiques et la crise cadre de vie sont des critères de choix déterminants pour les investisseurs
énergétique mais encore dominé par des modes de transports motorisés et nationaux et internationaux. Il devient donc vital pour les autorités marocaines de
diésélisés, les enjeux et défis sont multiples: trouver des réponses et celles-ci passent nécessairement par la restructuration de
l off e de transport collectif. Une maîtrise du développement de l auto o ile est
• Réduire les émissions de GES ; en outre possible que si le citoyen dispose d u e offre de transport alternative
• Encourager le recours aux transport en commun ; crédible.
• Développer des modes de transports alternatifs et la multimodalité ; Journées Nationales sur le Transport Urbain Durable, organisées par le Ministère de
• Favoriser la mobilité douce ; l I t ieu -2013
• Améliorer les conditions de circulation (réduire les engorgements) ;
• Améliorer la sécurité ;
• Repenser l e p ise des infrastructures « routières » ;
• Organiser le transport logistique ;
• Optimiser le lien entre urbanisation et axes de transports en commun.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 29


1.3 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LE TRANSPORT

Réglementation en vigueur / stratégie


mise en place au Maroc Stratégie mise en place au Maroc

Un des 4 axes de la Stratégie Nationale des “ i s iva t dans le cadre de la Stratégie Nationale
Déplacements Urbains concerne le renforcement des des Déplacements Urbains, plusieurs actions ont
capacités des collectivités particulièrement en matière été menées :
d o ga isatio et de gestion du service de transport
public. ➢ Pour Casablanca, le nouveau Plan de Circulation
préconise à l ho izo 2020 :
Une priorité devra être accordée au transport public,
seul mode en mesure de garantir une meilleure • La suppression des grands taxis sur les axes
accessibilité au citoyen tout en préservant la qualité empruntés par le tramway et les bus à haut
de l e vi o e e t et du cadre de vie et ce, niveau de services ;
moyennant : • L i t odu tio du stationnement à courte durée ;
• L o ie tatio du trafic poids lourds
• Le développement de l off e du transport
public, à travers des réseaux de bus structurés, • Pour le tramway, on prévoit également la
en complémentarité avec les autres modes ; réalisation d u réseau de transport en commun
de 80 km en site propre, comprenant notamment
• L a lio atio des partenariats publics privés le mode Tramway, et de 15 parkings relais où les
pour une professionnalisation de la gestion des usagers peuvent déposer leur véhicule et circuler
services ; en tram (avantage de décongestionner la ville et
de moins la polluer)
• La promotion de l i vestisse e t et la
modernisation des modes de transport. • La transformation de l a ie e autoroute
urbaine en « Eco Boulevard » pour limiter la
Pour atteindre ces objectifs, le renforcement de fracture entre l est et l ouest de Casablanca.
capacités des collectivités en maîtrise d ouv age des • La construction d u e ligne RER de 63 km qui
déplacements urbains est une condition sine quoi non devrait permettre d assu e la liaison
pour assurer une organisation et une gestion efficace Mohammedia/aéroport Mohammed V en
du service de transport public et garantir un service de traversant Casablanca.
qualité et au moindre coût.
• La mise en service de 3 nouvelles lignes
supplémentaires de tramway et d u e ligne de
métro.
Le Programme National de l’U a is e Durable
détermine pour son pilier 1 : une planification ➢ La ville d’Agadi prévoit la réalisation d u réseau
stratégique durable incluant une nouvelle génération de bus à Haut Niveau de Service (BHNS) avec
de documents d u a is e visant à créer des lancement des premières études en 2012.
territoires qui « prennent en considération Plan de Déplacement Urbain (PDU) Agadir en Le BHNS est un système de transport moderne 7
l o ga isatio des déplacements dans leur articulation faveur du « Busway et BHNS » qui allie flexibilité du transport en bus à la vitesse,
avec le développement urbain, comme levier au confort et à la fiabilité du transport ferroviaire.
important pour limiter le recours aux modes Il s agit d u e offre plus rapide, plus écologique,
motorisés, raccourcir les distances parcourues, facteur plus sur et plus efficiente u u bus ordinaire.
majeur d o o ie d e gie et de lutte contre le
changement climatique ». ➢ La ville de Marrakech a mis en place des bus
électriques.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 30


1.3 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LE TRANSPORT

Recommandations d’intégration dans les Orientations et déclinaisons


documents d’urbanisme
 Moduler l’u a isatio en fonction des
transports:
SDAU Mettre en place une offre de transport permettant
Au niveau du rapport d’a al se diagnostic: de lisser les flux de trafic et de desservir l e se le
des « fonctionnalités » urbaines en fonction des
• Traiter les questions liées à la localisation des activités, besoins des citoyens. Pour favoriser l usage de ces
leur desserte en TC ; Couloir dédié aux bus de ville modes de transport en commun, ceux-ci doivent
• Analyser le lien entre les zones résidentielles et les répondre efficacement aux attentes des usagers
déplacements ; tout en apportant une plus value par rapport aux
• Analyser la part des différents modes de déplacement moyens de transport individuels motorisés; ce qui
utilisés (TC, intermodalité, modes doux …). inciterait ces usagers à utiliser le transport en
commun non pas par obligation mais pour les
PA facilités u il présente:
• Réseau de bus avec arrêts protégés et horaires
Au niveau du rapport d’a al se diagnostic:
fixes avec des rotations de nuit : Les abribus
• Analyser la part de chaque mode, les caractéristiques quand ils existent sont souvent réduits au strict
des trames viaires, la prise en compte des dispositions minimum : une plaque de signalisation, parfois
des PDU ; un banc avec un auvent. Abriter les usagers du
• Analyser les densités autour des axes de transport en soleil et de la pluie est une nécessité ;
Bornes de recharges pour véhicules
commun ;
• Identifier les faiblesses en desserte des zones d'habitat
électriques • Couloirs dédiés à partager entre taxi, bus et
et d'activités ; véhicules prioritaires de manière à fluidifier la
• Prendre en compte les orientations du PDU ; circulation, réduire l i pa t des arrêts
10 PRINCIPES POUR UN TRANSPORT DURABLE
• Densifier la ville près des axes de transport en commun; intempestifs des taxis , des arrêts des bus au
• Restructurer l'organisation urbaine autour des voies milieu de la route et surtout de laisser la
1. Planifier des villes denses à échelle possibilité aux voitures prioritaires de circuler plus
existantes ; humaine ;
• Déterminer la vocation des zones d a tivit s en facilement en cas de nécessité ;
2. Développer les villes autour du
fonction de leur niveau d a essi ilit par les transports • Aires de stations de taxis avec abris ;
transport collectif ;
en commun et les transports routiers ; 3. Optimiser le réseau routier et son • Bus desservant le centre ville équipés pour les
• Recalibrer les voies en vue de permettre un partage de utilisation ; handicapés.
l'espace entre plusieurs modes ; 4. Encourager la marche à pied et le
• Réorganiser les espaces publics de manière à favoriser vélo ;  Faciliter la multimodalité ( usage de plusieurs
les connexions des modes de déplacement doux 5. Améliorer le transport collectif modes de transport dans la ville ) et construire
(piétons et cyclistes). 6. Réguler l utilisatio des véhicules l’i te odalit ( passage d u mode de transport à
particuliers ; un autre lors d u même déplacement ).
Au niveau du règlement d'aménagement: 7. Mieux gérer le stationnement ; Le transport de demain devra également prendre en
• Fixer des dimensions minimales pour les voies nouvelles 8. Promouvoir les véhicules propres ; compte le développement des moteurs hybrides et
permettant l i t g atio des différents modes de 9. Trouver des solutions de prévoir des espaces collectifs pour la recharge des
déplacements ; communications innovantes ; véhicules électriques, et favoriser le passage aux
• Dimensionner les voies et définir leurs caractéristiques 10. Appréhender les enjeux de façon véhicules économes en énergie, véhicules hybrides,
en fonction de l'intensité urbaine des zones ( densité de globale. électriques, BHNS, etc.
population et d'emploi) ;
 Se concerter avec les entreprises pour initier des
• Autoriser des formes urbaines plus denses dans les (Mobilise your City - Agence Française
PDE (plans de déplacements entreprises)
secteurs desservis par un mode de transport en développement-GIZ- CODATU)
permettant de limiter l usage de la voiture
commun performant et durable ( tramway, bus
individuelle (indemnité de transport, transport de
électriques...).
société, etc.)

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 31


1.3 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LE TRANSPORT SCOLAIRE

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et déclinaisons


d’urbanisme
 Mettre en place des circuits de transports desservant les écoles et les
PA lycées (prendre en compte le fait que la distance à parcourir à pied peut
être un frein à la scolarisation des enfants et des filles en particulier) ;
• Réserver une assiette foncière pour la création d ta lisse e ts scolaires et
prévoir un stationnement commun;  Réglementer et organiser les accès aux établissements scolaires ;
• Traiter l e se le du quartier en zone « abords d ole » pour « absorber » le  Inscrire au niveau des PDU, la création des Plans de Déplacements Scolaires
flux piétonnier créé par l ole. PDS :
• Assurer une desserte de transports publics avec abris bus et horaires
Au niveau du règlement d’a age e t : spécifiques correspondant aux heures d e t e et de sortie des écoles
• Exiger que les équipement scolaires (plans déposés) prévoient : et lycées ;
‐ Une zone dépose rapide ; • Gérer le stationnement des voitures dans le quartier et aux abords
immédiats de l ole ;
‐ Des emplacements de stationnement réservés aux voitures des enseignants ;
• Libérer les trottoirs de tous les obstacles (boîtiers de commande de
‐ L i stallatio de barrière en bordure du trottoir, face à la porte de l ole feux de signalisation, poteaux d lai age, horodateurs, etc.) ;
pour empêcher que les enfants ne se précipitent sur la chaussée ;  Améliorer les traversées piétonnes : les passages pour piétons doivent
‐ Des sorties vers des rues secondaires, si possible, pour désengorger la sortie impérativement être sécurisés et clairement signalés.
principale, voire supprimer la sortie donnant sur un axe à forte fonction de
circulation.
Au niveau du document graphique du plan d’a age e t : prévoir des
dégagements devant les établissements scolaires.
Illustrations

Indicateurs

• Desserte en autobus et taxis des équipements scolaires (rotations- stations


organisées- équipés) ;
• Parkings réservés aux équipements scolaires, voire mutualisés avec d'autres
équipements ;
• Nombre d e fa ts utilisant les transports publics pour se rendre à l ole.

Bonnes pratiques

Le projet REDECOLE de la ville de Grand-Couronne s i s it dans une logique de


sensibilisation des enfants au développement durable et vise à encourager les
enfants et les parents à utiliser des modes de déplacement respectueux de
l e vi o e e t. REDECOLE signifie Réduction des Déplacements pour aller à Une barrière empêche la traversée juste à côté
l ECOLE. du passage pour piétons

La politique de sensibilisation, dans l opti ue de changer les comportements a


été rendue effective également grâce à des infrastructures spéciales : pistes
cyclables, installation de garages à vélo, mise en place de Pédibus (se déplaçant
en groupe et à pieds) Vélobus, initiation à la sécurité routière, etc.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 32


1.3 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LE TRANSPORT LOGISTIQUE

Recommandations d’intégration dans les documents Enjeux


d’urbanisme

Toute ville est approvisionnée par de multiples chaines logistiques qui desservent
de nombreux secteurs d a tivit s, y compris les épiceries, les petits commerces de
détail, la restauration, les bureaux, les déchets et la collecte des ordures… Cette
Les documents d u a is e se sont attelés à organiser la logistique industrielle chaine handicape considérablement la circulation et nécessite une organisation et
et pour exemple le SDAU de Casablanca prévoit des itinéraires dédiés entre le une mise à niveau.
port et le réseau autoroutier.
SDAU

Au niveau du rapport analyse diagnostic du SDAU présenter les éléments liés à


la problématique du transport de marchandises.
Illustrations
PA

• Etablir un inventaire des zones de livraison et identifier les emplacements


des équipements destinés aux logistiques urbaines (dont les aires de
livraison) ;
• Identifier les emplacements des équipements destinés aux logistiques
urbaines ;
• Définir des parcours dédiés au camionnage ;
• Limiter les déplacements de marchandises et de produits dangereux à
travers les milieux urbanisés.

Indicateurs

• Organisation du transport logistique ;

• Parcours dédiés au camionnage ;

• Emplacements dédiés aux aires de livraison.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 33


1.4 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : STATIONNEMENT

Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au


Etat des lieux et problématique Maroc

Loi 12-90 relative à l’u a is e:


• Le stationnement fait partie des éléments
importants de l o ga isatio et l a age e t • Article 4 : le SDAU a pour objet notamment de définir les principes
d u e ville. Néanmoins, il est sujet à de d'organisation des transports.
nombreuses controverses, bien que nécessaire
compte tenu de la multiplication du nombre de • Article 19 : le PA a pour objet de définir :
voitures individuelles, il est soumis à un avenir ‐ Les limites de la voirie (voies, places, parkings) à conserver, à
« contradictoire » et peut être même parfois modifier ou à créer.
polémique. En effet, le stationnement individuel ‐ Les règles d'utilisation des sols […] notamment, les parkings
est un grand consommateur d espa e tant public couverts ou non.
que privé.
• Un emplacement de stationnement « voiture »
nécessite environ 25m2 au sol et engendre un
coût important tant à la construction, u à
Objectifs
l e t etie .
• Les autorités communales doivent garder à
l esp it que le manque et l e s du
• Mettre en place une politique de stationnement en centre-ville
stationnement automobile sont nuisibles.
qui vise trois objectifs :
• Le manque reporte le stationnement sur les rues
des quartiers voisins, cause des embouteillages de 1. Identifier les objectifs à atteindre à travers une meilleure
voitures à la recherche de places de gestion du stationnement, est-à-dire favoriser le
stationnement… stationnement de courte durée (pour des achats, des
• L e s gaspille du sol qui aurait pu être utilisé à démarches administratives par exemple) ;
d aut es affectations. 2. Favoriser les résidents: le stationnement des habitants en zone
• Le stationnement le long des voies de circulation payante doit être facilité afin de favoriser le maintien des
réduit la partie utilisable et ralentit la circulation populations en centre-ville ;
causant engorgements et bouchons.
3. Dissuader les pendulaires: l'utilisation de la voiture pour les
• A Casablanca l o upatio des places de
déplacements entre domicile et travail engendre des
stationnement est de l o d e de 90% et on compte
stationnements de moyenne ou longue durée. Ce qui participe
plus de 3000 places informelles en centre ville .
à la congestion du trafic et bloque un emplacement que
plusieurs usagers pourraient utiliser. Le stationnement payant
dissuade les utilisateurs pendulaires et encourage les
Enjeux associés transports collectifs, les deux-roues ou la marche à pieds. Les
parkings relais sont destinés à ces usagers et favorisent
l 'i te odalit (voiture + bus, voiture + métro ou
• Densité urbaine ; voiture + train).

• Mieux gérer le stationnement par:


• Transport en commun ;
‐ Un équilibre entre l off e et la demande ;
• Qualité des espaces publics.
‐ Une politique tarifaire incitative ;

‐ Une limitation de la durée de stationnement.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 34


1.4 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : STATIONNEMENT

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et déclinaisons


d’urbanisme
➢ Développer les aires de stationnement, parkings relais, les implanter à proximité
PA des fo tio s o o i ues et les ga es pou l i te odalit :
• Le statio e e t e tages, oi s o so ateu d espa e solutio hoisie
Au niveau du rapport analyse diagnostic :
par le conseil communal de Marrakech) ;
• Dimensionner au plus près les besoins de stationnement au niveau • Le statio e e t soute ai , a pou ava tage de li e l espa e pu li
des espaces publics et privés. solution choisie par Casa Développement) ;
Au niveau du règlement d'aménagement : • Le statio e e t e voie ie, à l ai li e à gle e te et a age , pa
exemple:
• Interdire le stationnement dans les marges de recul ; ‐ limité en temps comme à Genève – 2h maximum ;
• Fixer l o ligatio d i t g e un pourcentage de places de ‐ aménagé avec un traitement paysager ;
stationnement dans les constructions (en sous-sol, semi-enterrés ou ‐ alterné: en journée stationnement utilisé par les non résidents, le soir
en silo) ; réservé aux résidents (possibilité de partage contre loyer).
• Imposer une intégration paysagère des espaces réservés au ➢ P voi da s l i pla tatio des a tivit s des atios de pa ki g e fo tio du tau
stationnement ; de f ue tatio a ues, g a des su fa es, ad i ist atio s… ;
➢ Veiller à localiser et intégrer les parkings de manière à favoriser la mutualisation
• Inscrire des emplacements réservés aux parcs relais. spatiale ;
Ne pas limiter l'offre en stationnement pour les zones desservies en
TC performant ; ➢ Privilégier des solutions alternatives aux aires de stationnement extérieur et les
intégrer en amont du projet.
• Déterminer en fonction de la desserte en transports publics
réguliers et, de la destination des bâtiments (administratifs,
commerciaux …) :

‐ Les obligations minimales ou maximales de réalisation


d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés.

‐ Les obligations minimales de réalisation d'aires de Indicateurs


stationnement pour les véhicules non motorisés.
• Places disponibles pour les usagers des services administratifs ;

• Places disponibles pour les usagers du train ;

• Pla es dispo i les pou les side ts d i eu les d ha itatio ;

• Places disponibles pour les visiteurs dans les immeubles de bureaux/services.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 35


1.4 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : STATIONNEMENT / PÔLES D’ÉCHANGES INTERMODAUX

Définition du concept

Un « pôle d ha ges » est un lieu où différents


réseaux de transport sont interconnectés. Il s agit
donc d u espace urbain spécialement aménagé
pour associer les différents modes de transport de
voyageurs et favoriser la pratique de l i te
modalité. Les pôles d ha ges constituent un
élément essentiel des systèmes de déplacement
dans les villes. Leur création et leur mise en œuv e
obéissent à une démarche de planification prévue
dans les PDU (Plans de Déplacement Urbain).

Enjeux associés

• Densité urbaine ;
• Transports en commun ;
• Qualité des espaces publics ;
• Santé et sécurité. Ce t e d tudes Te h i ues de l E uipe e t – CETE Nord Picardie

Etat des lieux et problématique


Réglementation en vigueur / stratégie
mise en place au Maroc
La age e t d u pôle d ha ges est une
démarche globale. Il doit être considéré comme un
équipement
- majeur de la ville en relation avec son
environnement proche. Pour imaginer le devenir
Les PDU devraient identifier les pôles d ha ges comme des objets qui participent à l i t g atio des
d u pôle d ha ges et les services u il peut offrir
politiques de transport et d u a is e et qui seraient susceptibles d i a e le « co-développement » de la
aux usagers, il faut regarder ses caractéristiques : les
ville et ses transports. Avec l av e e t du tramway certains pôles d ha ges ont été créés de fait (par
modes de transports u il connecte, le type d usage s
exemple Place des Nations Unies à Casablanca), mais les PDU doivent être mis à jour concernant ce point.
qui le fréquente, sa taille, etc. La gare, initialement
lieu public destiné aux transports ferroviaires,
connaît aujou d hui un renouveau et un changement
d affe tatio . Elle doit pouvoir faire face à une
importante augmentation des flux, être adaptée aux Objectifs
nouvelles formes de la mobilité (vélo, covoiturage,
autopartage…) et répondre à la demande croissante
de services des voyageurs. Sur le plan du • Diminuer la circulation au centre ville et favoriser l utilisatio des transports en commun, est-à-dire opérer
développement urbain les gares sont des lieux où la un changement de comportement dans les habitudes de déplacements actifs afin d e accroitre la sécurité et
ville gagne à être densifiée, et où la mixité des le confort ;
fonctions peut être développée pour minimiser les
• Promouvoir un environnement favorable à l o mobilité ;
besoins de déplacement.
• Assurer une continuité dans les transports en commun.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 36


1.4 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : STATIONNEMENT / PÔLES D’ÉCHANGES INTERMODAUX

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et declinaisons


d’urbanisme
• Créer des pôles aux abords des gares de train ;

• Réhabiliter et réorganiser les gares routières pour en faire des pôles intermodaux.
SDAU / PA

• Organiser un pôle intermodal au niveau des gares, ce qui sous entend que Illustrations
pour les villes dans lesquelles il y a le tramway, une des lignes de tramway
arrive dans la gare ou à proximité immédiate - cette nécessité s i pose
surtout pour les gares de Tanger, Rabat et Casablanca , prochaines gares
des LGV.

• Créer des « parcs relais » à l’e t e des villes pour les résidents des
« nouvelles villes créées – (exemple Bouskoura – Dar Bouazza pour
Casablanca). Le parc relais est une forme particulière de pôle d ha ges
qui encourage l i te modalité entre la voiture particulière et les
transports collectifs. C est un espace de stationnement pour automobiles,
situé en périphérie d'une ville et destiné à inciter les automobilistes à
accéder au centre-ville en transport en commun en leur permettant de
stationner leurs véhicules dans un parking de surface ou fermé, jusqu'à
leur retour:

‐ Equiper en parkings , commerces et équipements de Nouvelle gare Casa port Place des Nations Unies à Casablanca
proximité permettant aux résidents de faire leurs courses le
soir avant de rentrer chez eux et desservis par les transports
en site propre (tramway- bus) ;
Indicateurs
‐ Prévoir un espace pour l autopartage ;

‐ Ces parcs relais peuvent être également utilisés par les


entreprises ayant un PDE.
• L utilisatio d au moins 2 modes de déplacements de manière intégrée.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 37


1.5 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LA MOBILITÉ DOUCE

Définition du concept Etat des lieux et problématique

Par « mobilité douce » ou « mobilité active » l'on


entend les modes de déplacement qui ont ➢ Pour le moment la mobilité douce ne fait pas partie des
uniquement recours à l'énergie humaine, tels que la préoccupations des gestionnaires de la ville.
marche à pied et le vélo, les déplacements au moyen • les trottoirs, quand ils existent, sont le plus souvent dans un état
d e gi s assimilés à des véhicules (patins à roulette, lamentable (trous, niveaux variables, revêtement défoncé, souvent
trottinettes, vélos d e fa ts, skate…). encombrés de divers objets et parfois transformés en parking ou
en espace de vente pour les vendeurs ambulants) et ne
permettent pas une circulation aisée ;

Enjeux associés • Quant à l utilisatio du vélo ou similaire, elle comporte plus de


danger que de confort. Les pistes cyclables, quand elles existent
sont étroites et occupées par les automobilistes. Le citoyen utilise
le vélo car il a pas les moyens de circuler autrement et non avec
• protection de l'environnement ;
une volonté de préserver l e vi o e e t.
• qualité des espaces publics ;
• lutte contre les inégalités ;
• santé et sécurité des citoyens ; ➢ 50% de la population marocaine se déplace, par nécessité
• proximités. majoritairement à pieds.

➢Tout l e jeu repose sur deux axes :


Objectifs • Pousser ces 50% à continuer à marcher et pour cela pouvoir
compter sur des liaisons piétonnes sûres et directes, ainsi que
sur une bonne accessibilité à pied des écoles, des arrêts de
• Promouvoir la marche en tant que pratique urbaine transport public, des équipements publics, des lieux de détente
d ave i , dotée de multiples vertus, en assurant un ou encore des commerces ;
confort maximal des infrastructures pour favoriser • Inciter les autres 50% à utiliser la marche comme moyen de
cette pratique et la sécuriser ; déplacement complémentaire car nous sommes tous piétons ;
usagers des transports publics, automobilistes et même
• Faire cohabiter différents modes de déplacements, cyclistes effectuant certaines étapes à pied, que ce soit avant,
mais aussi différents types d usages, mobiles non après ou entre deux trajets au moyen d u véhicule.
mobiles et différents types d usage s : homme-
femme, adultes et enfants, personnes en situation
de handicap ; ➢ Les 2 roues ne représentent que 5% des modes de déplacements et
majoritairement motorisés, le vélo ayant encore une connotation de
• Garantir une autonomie maximale pour chaque « pauvreté ».
citoyen en favorisant la continuité des
cheminements et en évitant les traversées
dangereuses.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 38


1.5 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LA MOBILITÉ DOUCE

Recommandations d’intégration Orientations et déclinaisons


dans les documents d’urbanisme
• Développer des infrastructures qui privilégient les modes doux. Les
SDAU itinéraires piétons et cyclables doivent être agréables pour faire évoluer
les pratiques de déplacements ;
• Définir les principes de liaisons permettant le
développement de la mobilité douce. • Privilégier la proximité des commerces et infrastructures de services
(courtes distances) avec des connexions faciles avec les transports en
PA commun ;

• Analyser la vulnérabilité piétonne des tissus Matérialisation des pistes • Aménager la ville pour favoriser la marche et la promenade : voies
urbains et des modes doux ; cyclables piétonnes, places aménagées, largeur des cheminements, revêtement des
cheminements sans relief et avec le moins de dénivelés possibles, zones
• Réserver les emprises nécessaires aux modes de abritées et ombragées, éclairage adéquat, mobilier urbain pour le repos ;
déplacements doux ;
• Faciliter les mouvements des piétons : itinéraires sécurisés aux abords
• Prévoir des espaces communs pouvant être des écoles et des lycées - développement des zones piétonnes ;
réalisés sous forme de cheminements
• Réduire les obstacles pour les piétons : pas d o sta le sur les trottoirs,
piétonniers ;
poubelles, panneaux d affi hage, stationnement sauvage ;
• Imposer la végétalisation des parcours doux ;
• Assurer des parcours sécurisés du vélo et prévoir les stationnements
• Délimiter les secteurs en prenant en compte (étudier la possibilité d i t odui e le système de double sens cyclable =
leur desserte par des sentiers piétons ainsi que Double sens cyclable sens unique pour les véhicules motorisés, double sens pour les vélos) ;
des parcours sécurisés pour les utilisateurs de • Faire évoluer l off e vers le vélo à assistance électrique ;
vélo.
• Proposer des systèmes de vélo partage adaptés et contextualisés au
moins dans les villes touristiques côtières ;
• Prendre en compte l usage lors des travaux et chantier de voieries ;
• Traiter les voies vertes pour favoriser les déplacements doux entre
quartiers, parcours végétalisés avec mobilier urbain adapté.

Vélo partagé

Indicateurs

• E iste e d a age e ts sp ifi ues pou les d pla e e ts pi to s ;

• E iste e d a age e ts sp ifi ues pou les d pla e e ts v lo.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 39


1.5 ENJEU : LA MOBILITE URBAINE

THÉMATIQUE : LA MOBILITÉ DOUCE

Un usage multimodal de la voirie sera recherché visant à faire circuler sur un espace mixte, des vélos et voitures sans distinction par un marquage au sol. Une signalisation verticale
sera à implanter pour signaler la présence de vélos sur la voie dite partagée.

«Les pistes et bandes cyclables sont toutes deux des aménagements exclusivement réservés aux cyclistes, ces derniers étant séparés de la chaussée routière par une délimitation
physique infranchissable (bordure de béton, barrière, aménagement paysager, fossé…) alors que les bornes cyclables ne sont délimitées que par un simple marquage au sol. Les
entrées et sorties de ces pistes cyclables seront toujours visibles, jalonnées et accessibles sans dénivellation. Une attention particulière sera réservée aux abords des établissements
scolaires et des grands pôles de déplacement (administrations, entreprises, gares et pôles d ha ges…) ». Guide Des Aménagements De Voieries - PDU Sophia Antipolis

Schéma de principe Schéma de principe


d u e piste d u e piste Les pistes cyclables intercalées Les espaces partagés
unidirectionnelle bidirectionnelle

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 40


2.1 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : DENSITÉ

Définition du concept Etat des lieux et problématique

« La notion de densité peut avoir de nombreuses significations qui


oscillent entre celle purement technique (densité urbaine), • Une réglementation basée sur des dispositifs
approches sociales voire psychosociales (densité perçue) ou limitatifs COS, CES, règles de prospect, hauteur
connotations sensibles (intensité urbaine). plafonnée et minimum parcellaire inhibant la
Pourtant, est bien sur une échelle quantitative que la densité est conception architecturale et engendrant une
qualifiée; aussi est-il nécessaire de préciser s il s agit de densité de morphologie uniforme correspondant à un même
population, de densité de logements ou de la densité du bâti. mode d ha ite .
Avant toute initiative d utilise le critère de la densité comme
indicateur en urbanisme durable, nous devons questionner son • Une standardisation du paysage urbain de nos
incidence sur la forme urbaine, même si ces notions sont villes à travers la politique de zonage conduisant
indissociables. à l u ifo isatio des typologies et morphologies
La densité globale se définit comme le rapport entre le nombre du bâti.
Tissu urbain traditionnel – ville de
d ha ita ts ou de logements rapporté à une surface donnée. Fès
La densité bâtie est calculée en excluant la voirie et les équipements • Des règlements d a age e t ne définissant
de plus de 200 m². Cette densité recèle en elle-même une dimension pas la densité avec précision et gardant la forme
qualitative, en ce sens u u seuil de densité donnée est associé à un urbaine comme résultante des dispositifs qui
niveau de qualité urbaine ressentie. » déterminent à la fois l o upatio au sol et la
Référentiel Densité et Formes Urbaines, Ministère de l A age e t du volumétrie.
Territoire, de l U a is e, de l Ha itat et de la Politique de la Ville.
• Un seuil de densité des logements sociaux défini
par le nombre de logements à l he ta e en
Enjeux associés supposant que l u it du logement est
prédéfinie et figée. Ces seuils de densité sont
• Mobilité ; • Trame verte ; Le TRY 2004 Mega-City Pyramid: la passés en moins de 20 ans de 100 logements/ha
• Mixité urbaine ; • Trame Bleue ; proposition visionnaire de Shimizu dans le programme des 200 000 logements, à 230
• Protection • Villes post carbone ; Corporation, hauteur culminant à logements/ha dans le cadre des dernières
de l e vi o e e t ; • Santé des citoyens . 2004m, un emplacement prévu au conventions au moment où la superficie unitaire
• Efficacité énergétique ; dessus des eaux de la baie de moyenne du logement social a été réduite de
Tokyo et reprend les concepts 30% ayant pour conséquence une densité de
d Arcologie. (contraction population atteignant parfois les 1000
Objectifs d A hite tu e et Ecologie) et habitants/ha, plus dense que dans les médinas.
regroupe des concepts
architecturaux décrits par • Une densification à travers la pratique de la
L e se le de la communauté prend progressivement conscience l a hite te Paolo Soleri d h pe dérogation en matière d u a is e pour la
des dégâts causés par l tale e t urbain: dégradations structures habitables avec une réalisation d op atio s de logements sociaux au
environnementales, détérioration des conditions et de la qualité de densité humaine extrême, détriment de la qualité des espaces publics. Or,
vie, fragmentation sociale, inégalités d a s aux services urbains. auto-suffisantes contenant des nous savons que l a eptatio de la densité dans
zones résidentielles et ce type d ha itat devra passer inévitablement par
La ville durable sera celle qui favorisera une forme urbaine
commerciales permettant la qualité urbaine, par la relation du logement
structurée et flexible permettant de répondre au cas par cas aux
l auta ie. avec son espace extérieur immédiat, avec les
questions d o o ie des ressources foncières, d uit , de
espaces de transition, les espaces publics et les
préservation de l e vi o e e t et de surcoûts de la
espaces verts aménagés.
périurbanisation.

On préconise, dès lors, un aménagement urbain basé sur un objectif


de densification contrôlée et mesurée du territoire. Un modèle
polycentrique en réseau avec une diversification de sous-centres
denses bien desservis par les transports publics, nous semble une
option de compromis entre la ville étalée et la ville compacte
unipolaire. Un modèle permettant de mettre en adéquation densité La tour est la forme architecturale type à
bâtie et qualité des espaces publics et formes urbaines et d assu e Hong Kong
un équilibre entre habitat, activités et services.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 41


2.1 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : DENSITÉ

Réglementation en vigueur / stratégie mise en place Orientations


au Maroc
• Privilégier la Densification des tissus existants lors des opérations de
renouvellement urbain ;
• Moduler la densité en fonction de la desserte en Transports en commun en
Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e favorisant la densité et la mixité à proximité des pôles d ha ges et des lignes
de transport en commun (TC ) ;
Intégration des principes de développement durable : « la maîtrise de • Optimiser l utilisatio du foncier en tenant compte des caractéristiques
l tale e t urbain à travers la rationalisation de la consommation intrinsèques du site ;
foncière et l i itatio au renouvellement et à la revitalisation des • Promouvoir la qualité urbaine afin que la densité soit perçue positivement ;
espaces évitant le mitage et la dispersion des périphéries ». • Introduire des formes urbaines compactes mais agréables à vivre, notamment à
travers la combinaison de formes architecturales ;
Nouveaux termes de références pour les documents d’u a is e • Préserver le sentiment d auto o ie et d i ti it .
Principes d u a is e durable :
• «Présenter suffisamment de densité, d i te sit , d a tivit et
d utilisatio pour que les services tels que les transports publics
soient viables et efficaces et pour que les temps de déplacements
soient optimisés ».
• «considérer les terrains comme une ressource précieuse à utiliser
de la façon la plus efficace et appropriée en évitant ainsi le mitage
et la dispersion des zones périphériques ».

50 mesures pour améliorer le processus d’ la o atio des documents


d’u a is e :
Mesure 29 : Définir les seuils de densités urbaines en tant que principe
de qualité et de compacité assurant la diversité des formes urbaines et
répondant aux enjeux de l u a ise durable.

Programme National d’U a is e Durable


Pilier 1 – planification stratégique durable : « les documents
d u a is e favorisent une nouvelle approche de la densité et des
formes urbaines comme moyen de revitaliser les villes, de lutter contre
l tale e t urbain et d attei d e de nouvelles performances
énergétiques et environnementales, en optant pour la mixité des
fonctions, l o o ie en espace et en énergie et en optimisant
l utilisatio des réseaux et modes doux ».
Pilier 3 – Durabilité des Territoires : En matière de durabilité des
territoires, de nouvelles approches innovantes sont en cours de
développement au niveau des villes marocaines notamment, celles des
éco-quartiers et des éco-cités, du développement du potentiel de
densification des villes, du recyclage du foncier, du renouvellement
urbain, et ce, dans la perspective et l a itio de la co-construction de la
ville durable.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 42


2.1 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : DENSITÉ

Recommandations d’intégration dans les Recommandation d’intégration dans les documents


documents d’urbanisme d’urbanisme

SDAU PA

Lors de l’ ta lisse e t du plan d’a age e t :


Rapport Analyse Diagnostic
• Dresser une simulation en 3D du plan, secteur par secteur, pour mettre en
évidence les effets des densités proposées et rendre compte des changements de
• Définir par unité territoriale homogène la capacité d a ueil
densité, le cas échéant ;
optimale en termes de densité de population et le potentiel
• Délimiter les périmètres où la base de division parcellaire sera l ilot, et fixer la
constructible des terrains vides à urbaniser ;
taille des ilots et les emprises des masses bâties, secteur par secteur,
• Planifier dans le temps la capacité d a ueil en échelonnant • Elaborer le plan d épannelage en 3D pour montrer les formes simplifiées des
l ouve tu e à l u a isatio des territoires en fonction des priorités; masses bâties ;
• Prévoir la possibilité d aug e te de la capacité d a ueil sous • Pour plus de diversité des formes urbaines, adopter des hauteurs variées selon la
conditions d optio s nouvelles d a age e t du territoire, localisation de l ilot : ilots d a gle, ilot donnant sur place publique, front bâti sur
d i pla tatio d uipe e ts structurants à rayonnement national espace paysager, bâtiments d i t t patrimonial ;
ou régional, d volutio s technologiques, de projets urbains • Délimiter les périmètres où une incitation à l a lio atio de densité peut être
innovants. accordée ;
• Appliquer un traitement spécifique pour les zones centrales: favoriser la
construction en hauteur, la volumétrie et le skyline dynamique et favoriser la
Au moment de l’ ta lisse e t du SDAU diversité des formes urbaines ;
• Regrouper les équipements d a i atio pour confirmer la polarité urbaine des
• Gérer les densités à l helle globale des secteurs en fonction de zones centrales.
paramètres qualitatifs (desserte par les transports publics,
concentration des équipements, services et activités commerciales, Au niveau du règlement d’a age e t
sensibilité environnementale) ;
• Influer sur les densités et les formes urbaines projetées en faisant varier les
• Fixer les densités minimales des secteurs, notamment dans les paramètres des règles d u a is e ;
zones centrales, à proximité des zones d a tivit , aux alentours des • Agir sur les règles d alig e e t et de continuité du bâti :
grands espaces ouverts (parcs, grandes places…) et à proximité des ‐ Sur l a ti le relatif à l i pla tatio des constructions par rapport aux voies
zones de gares, des stations de transport en commun et le long des (ex: à l alig e e t des voies ou en recul par rapport à celles-ci de 4, 5m
grands axes; ces densités ne pourront pas être revues à la baisse voire plus) ;
dans les plans d a age e t ; ‐ Sur l a ti le relatif à l i pla tatio des constructions par rapport aux
• Délimiter au niveau de la carte des secteurs, les périmètres où un limites séparatives (ex : fixation de la largeur de bande continue de 15m,
changement de zonage pour optimisation de l utilisatio du sol 20m ou autre) ;
et/ou pour servir la qualité du projet, peut être permis sous ‐ Sur l a ti le relatif à l i pla tatio des constructions les unes par rapport
conditions et que le PA à suivre devra décliner en prescriptions aux autres sur une même propriété (ex : détermination des superficies des
règlementaires ; cours et des longueurs des vues directes).
• Faire des simulations 3D et décliner des densités préconisées selon • Agir sur les règles de densité:
les deux niveaux de référence: au niveau des orientations du SDAU ‐ Sur l a ti le relatif à la constructibilité des parcelles : fixation du COS et du
et au niveau de la carte des secteurs ; CES (% d e p ise au sol des constructions),
‐ Sur l a ti le relatif à la hauteur maximale des constructions.
• Indiquer les secteurs où « l auto isatio de lotissement » devra être • Agir sur les règles d aspe t architectural :
subordonnée à « l auto isatio d u a is e». ‐ Sur l a ti le relatif à l aspe t extérieur des constructions : façades,
couleurs, saillies, toitures, etc.
‐ Sur l a ti le relatif aux aménagements des abords, espaces libres et
plantations.
Référentiel DENSITES & FORMES URBAINES, Ministère de l A age e t du
Territoire, de l U a is e, de l Ha itat et de la Politique de la Ville.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 43


2.1 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : DENSITÉ

Bonnes pratiques

Un traitement qualitatif des «vides» :

L espa e non bâti conditionne souvent l espa e bâti, est un élément essentiel du paysage urbain, est un espace à vivre, un espace qui permet de percevoir la ville . Promenade,
mail piéton, square, place ... constituent l a atu e urbaine qui assure les continuités avec l e ista t. Plus les espaces sont définis, plus il est possible d opti ise l espa e. Ces
aménagements permettent d i t g e la nature en ville et contribuent, souvent, en fonction de leur dimension, de leur diversité et de la qualité de leur aménagement, à atténuer
l i p essio de densité des quartiers d ha itat.

Apporter de la nature par le végétal:

Le végétal est un facteur déterminant dans le ressenti de la densité. La ville idéale est souvent associée à la nature ; il est donc opportun d appo te une attention particulière aux
espaces végétalisés dans la conception de projets urbains. Ils contribuent à donner un caractère aéré et permettent ainsi d att ue l i p essio de densité dans une opération.

Vincent Fouchier - Densités urbaines et développement durable - propose d e plo e la notion de COS végétal afin de chiffrer la densité végétale au même titre que la densité bâtie.
La végétalisation peut donc être utilisée comme un moyen compensatoire de la densité urbaine.

Illustrations

La forte présence du végétal conditionne la qualité de vie dans la ville


dense.

Action légère permettant d adapte cet espace


aux piétons, et d a lio e l aspe t visuel (créer
une placette à l i te se tio de deux rues.

Concours « réinventer Paris » Japon Espaces extérieurs urbains - ‘e o t e du e t e de e he he d u a is e

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 44


2.1 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : DENSITÉ

Bonnes pratiques

Une attention portée aux espaces de transition et aux prolongements des logements :

Les espaces intermédiaires/extérieurs privatifs, patios, coursives, loggias, terrasses, balcons ou encore jardins privatifs jouent un double rôle. D u e part, ils améliorent la qualité de
vie des logements en les prolongeant d u espace extérieur aux usages et pratiques variés, d aut e part, ils offrent aux habitants le moyen d ta li eux-mêmes les limites entre la
sphère privée du logement et l espa e public et d a epte la proximité du voisinage tout en préservant le désir d i ti it .

Gérer les vis-à-vis :

Les opérations denses peuvent générer des vis-à-vis u il convient de gérer. En effet, le vis-à-vis engendre une certaine sensation d i o fo t. C est en amont du projet u il est
nécessaire d tudie la question des vis-à-vis : il est plus facile de les traiter en maîtrisant le dessin de l e se le des façades qui les génèrent. Paradoxalement, en réduisant
l espa e privé, on retrouve des pans d i ti it plus importants que dans certains lotissements par le jeu des niveaux, des décrochements, des garages et par la disposition des
maisons ou des appartements. Cette gestion peut passer par un cadrage soigné des vues en limitant, dans la mesure du possible, les vues directes et frontales entre les ouvertures
des différents logements ce qui permet de minimiser le sentiment de proximité.

Illustrations

La ZAC des Défensions Quartier Vauban Fribourg Petits olle tifs d ha itat- Lyon
Centre ville – Aubagne (Allemagne)

Givors- La cité des étoiles « Les te asses de l A o etu » - Roquencourt Gérer les vis-à-vis -Lyon

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 45


2.1 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : DENSITÉ

Bonnes pratiques

Favoriser une mixité des formes et des fonctions

La mixité des formes au sein d u e même opération est également


propice à l a epta ilit de la densité. La variété des formes et des
typologies permet de concilier mixité et densité. Les densités élevées
sont mieux tolérées si elles bénéficient de la proximité des pôles
d e ploi, des services et des commerces. Il faut penser les espaces en
Quartier Square Garden – Tours terme de mixité fonctionnelle, réfléchir l a age e t à l helle de
l îlot et non de la parcelle pour pouvoir réunir plusieurs fonctions sur
un même îlot : logement, commerce, bureaux, loisirs, etc.

Favoriser une meilleure qualité urbaine

La qualité urbaine sous-entend ainsi l e se le de ce processus


qualitatif conjuguant qualité d usage, qualité paysagère, confort des
espaces, vie intime et commodités publiques.

La notion de densité est donc déterminée par la qualité architecturale,


le degré d uipe e t et la proximité des services. Ces critères
peuvent compenser l app iatio de densités moyennes ou élevées.
La qualité de vie générée par une grande densité est fortement liée au traitement des
espaces publics. Dans le quartier « t Pandreitje » à Brugge (109 logements/hectare
urbanisé), la végétation est utilisée pour définir et qualifier les espaces extérieurs. Elle
permet d ta li des limites plus ou moins franches entre des espaces de statuts et de
Indicateurs
rôles différents, en créant parfois des écrans protecteurs vis-à-vis des regards ou en
formant des limites souples entre les cheminements piétons et les voiries.

Comment rendre la densité acceptable:

a. Existe-t-il des espaces communs conviviaux?


b. Existe-t-il des espaces de transition entre les logements et
l'espace extérieur? (promenade, jardin, place)
c. Les vis-à-vis sont ils acceptables? (visuel + intimité)
d. La taille des logements est-elle suffisante?
e. Les bâtiments sont-ils différents? (non stéréotypés)
f. Existe-il au moins 3 types de logements différents?
g. La proximité fonctionnelle est-elle assurée?
h. La desserte en transports publics est-elle suffisante?
i. Le stationnement en sous sol ou éloigné des logements?
j. La végétation est elle suffisante?

Dive sit d ha itats, olle tif ou i te diai e, g oup ou ito e

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 46


2.2 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : QUALITÉ DES ESPACES PUBLICS

Définition du concept Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc


L espa e public représente l e se le des
La Loi 12-90 relative à l’U a is e, dispose par son article 19, l o jet du Plan
espaces de passage et de rassemblement qui est
dA age e t (PA). Celui-ci définit « les limites de la voirie (voies, places,
à l usage de tous, relevant du domaine public,
parkings) à conserver, à modifier ou à créer » ainsi que « les limites des espaces
d u e collectivité ou du domaine privé. L espa e
verts publics (boisements, parcs, jardins), des terrains de jeux et des espaces
public garantit la liberté de circulation et l usage
libres divers tels que les espaces destinés aux manifestations culturelles et
(gratuit) pour tous, au moins pendant une partie
folkloriques, à conserver, à modifier ou à créer ».
importante de la journée.
La loi 25-90 relative aux lotissements, groupes d’ha itatio s et morcellements,
La age e t de l espa e collectif de la ville ,
dispose par son article 18, les conditions d auto isatio des projets de
espaces libres, publics, extérieurs, est devenu un
lotissements notamment « la construction des voies de desserte intérieure et
point déterminant pour la réussite du cadre de
des parkings » et « l a age e t des espaces libres tels que les places,
vie urbain.
espaces verts, terrains de jeux.
Longtemps, cet espace collectif a existé que
La circulaire ministérielle (n°18907 du 21 Novembre 2011) soulignant la
comme « cordon » de raccordement entre les
nécessité d a e e aux dossiers de demande d auto isatio relatifs aux projets
lieux à « circuler-habiter-travailler-se recréer »
de lotissements un cahier des prescriptions architecturales et paysagères
Aujou d hui l espa e collectif est le portant sur les grands axes.
prolongement organique du logement, dernier
L’a ti le 50 de la loi portant charte communale précisant que l o ga isatio , la
espace urbain à la disposition du citadin, est
gestion, l e t etie , la maintenance et le contrôle sont la compétence du
donc un espace rare, cher, à sauvegarder.
président du conseil communal.
La métamorphose de l espa e - Atelier Zoé
Le « Guide d’a age t et d’e ploitatio de l’espa e public », mis en place par
la Direction de l U a is e en 2010.
Objectifs La « Charte des espaces publics urbains », amorcée en 2011 par le Ministère de
l I t ieu , à travers la Direction Générale des Collectivités Locales, destinée à
• Un espace public en adéquation avec la
être un outil à usage opérationnel sur l a age e t des espaces publics
densité bâtie ;
urbains à destination des acteurs locaux et de leurs services techniques.
• Un espace agréable, sécurisé, favorisant une
fréquentation continue de l espace urbain ; Le Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e prônant la création
• Un espace adapté à la situation locale, en d espa es de vie de qualité à même de satisfaire les besoins et les attentes des
cohérence avec le territoire concerné, offrant citoyens en matière d uipe e ts et d espa es publics.
le maximum d usages possibles et reliant
équitablement tous les quartiers ; Dispositions techniques
• Un espace évolutif et gérable dans le temps.

Le sol qui joue un rôle important dans la fréquentation des espaces, il doit être à
Etat des lieux et problématique la fois plat, solide, facile à entretenir, sans gravier ni obstacle (pour l a s aux
Bien souvent, la priorité des aménagements handicapés, poussettes, vélo d e fa ts …) et bien entendu esthétique. Pour
est laissée au béton et au bitume. Les éviter les inondations, flaques, boues … le sol doit permettre à l eau de
promoteurs et concepteurs de nouvelles villes s i filt e .
et de nouveaux quartiers ont tendance à La végétation qui a un rôle essentiel dans l uili e physiologique et
réduire l espa e public aux fonctions basiques psychologique de l i dividu.
de desserte et à renvoyer au domaine privé les
L’ lai age qui assure ou facilite la pratique nocturne de la ville, il permet en
autres usages. Or, l espa e public est pas
effet au citadin de circuler en sécurité.
substituable, il est le socle de la sociabilité en
dehors de la sphère privée. La signalétique urbaine, car la ville doit être lisible, compréhensible. Le citadin a
besoin d t e guidé, informé (plans de la ville, plaques de rue, numérotation des
Les espaces publics sont ainsi souvent
immeubles, panneaux de signalisation.
morcelés alors u ils assurent la continuité des
villes et jouent des rôles fonctionnels, Le mobilier urbain, l e se le des objets utilitaires et décoratifs qui, placés
environnementaux, culturels et esthétiques, dans l espa e collectif, doivent être disponibles pour les habitants de façon
est d eu que dépend l i age de la ville permanente : bancs, jardinières, lampadaires, murets séparatifs, kiosques...
(rassurante, agressive, insécurisée, triste, La couleur, qui a sur l i dividu des effets psychologiques et physiologiques.
monotone, agréable…).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 47


2.2 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : QUALITÉ DES ESPACES PUBLICS

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et déclinaisons


d’urbanisme

SDAU Les axes d a lio atio du paysage urbain et la mise en valeur des espaces publics
• Traiter la question des espaces publics au niveau du rapport analyse concernent ces éléments :
diagnostic lors de l a al se des déplacements et des formes urbaines ;
• Agir sur les éléments de l espa e urbain qui sont les façades, les sols, les
• Définir des objectifs à atteindre en matière d espa e vert.
clôtures, les enseignes, l affi hage urbain, l lai age et le mobilier urbain ;

PA • Donner des usages aux espaces publics afin u ils soient vivants ;
• Analyser l a essi ilit des PMR aux espaces publics en précisant la nature • Opter pour la séquentialité dans l espa e public (séquences variées, par des
des revêtements, leurs dimensions (largeur, pente, hauteur), les éléments plantations , des éléments aquatiques, une topographie de terrain, afin de
relatifs au guidage des PMR, les traversées et leurs aménagements ; former des espaces de caractères différents );
• Analyser l a s aux espaces publics par les modes de déplacement doux ;
• Identifier le réseau d espa es publics y compris les espaces verts et • Concevoir des espaces qui offrent un maximum d usages possibles : flexibilité et
analyser leurs usages et leurs vocations ; polyvalence, opter pour des économies d lai ages public (cas du bord avec les
• identifier et localiser les éléments de paysage et les espaces publics, à plaques solaires), et d a o de un attention particulière au coût global de la
mettre en valeur ou à requalifier ; réalisation de l espa e public (impliquant les coûts relatifs à l i vestisse e t et
• Imposer la végétalisation des parkings et prévoir la possibilité de leur l e t etie ;
couverture par des panneaux solaires, si cela s av e pertinent et faisable ;
• Dimensionner les voiries d a age e t de manière à permettre • Faire des espaces publics des lieux de sociabilité accueillants, adaptés aux
l i t g atio des différents modes de déplacements notamment doux. besoins des habitants, et qui facilitent le dialogue et les mixités ;

• Homogénéité du mobilier urbain , abribus, bancs, éclairage urbain ;

• favoriser une harmonie des chaussées et des trottoirs dans tous les quartiers ;

• Améliorer les traitements des espaces publics, lieux privilégiés de rencontre et


Indicateurs d a i atio , places-jardins-berges ;

• Agir sur les espaces « résiduels » et en faire des espaces verts ;


Indicateurs relatifs à la thématiques Indicateurs associés
• Créer des liaisons piétonnes pour traverser la ville et desservir les principaux
points attractifs (élargissement des trottoirs, création de promenades, d aires
a. sol plat et sans obstacle permettant la Rapport entre la surface de repos ainsi que des rues piétonnes) ;
promenade ; consacrée aux espaces
b. sol permettant l'infiltration des eaux publics aménagés et la • Faire des micro-aménagements :
c. végétation dans les "vides« ; surface totale du secteur ‐ Plantations pour masquer un mur ou une vue désagréable amélioration
d. éclairage suffisant toute la nuit ; étudié. du mobilier urbain : abri-bus, jeux, signalétique, rampes d es alie s,
e. signalétique urbaine suffisante ; luminaires, bancs…;
f. présence de mobilier urbain utilitaire
‐ Amélioration de la qualité des passages piétons ;
g. présence de mobilier urbain
esthétique ; ‐ Amélioration des carrefours ;
h. places, placettes aménagées ; ‐ Couleurs des façades (entretien et réfection) ;
i. carrefours plantés et aménagés ;
‐ Amélioration des entrées de ville ;
j. existence d'espaces piétonniers .
‐ Améliorer les clôtures des zones industrielles ;
‐ Ville = pôle de lumière : éclairer les jardinières publiques, les places et
placettes, les carrefours et les passages piétonniers.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 48


2.2 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : FLEXIBILITÉ DE L’ESPACE

Définition du concept Objectifs

La ville se transforme en permanence et les nouveaux • Produire la ville durable est avant tout s i te oge sur son
quartiers conçus aujou d hui se transformeront devenir. Réfléchir aux conditions d volutio de la ville, pour
également dans les trente prochaines années, soit par l u a iste, est se placer dans une dynamique d volutio
l app op iatio des acteurs de la ville (habitants, urbaine passée et à venir.
usagers, pouvoirs publics..) soit par des adaptations
nécessaires plus radicales (desserte de nouveaux • Concevoir l espa e urbain comme le lieu d e p ie es
transports, renouvellement de l ha itat, sensibles permettant de créer l i p visi le, est
développement d a tivit s économiques, créations de indirectement redéfinir les espaces publics en «lieux de
nouveaux équipements...). Cette transformation est sociabilité et de créativité»
non seulement inévitable mais surtout souhaitable.
C est pourquoi l u a is e durable doit intégrer en
amont ces transformations futures pour les faciliter.

Bonnes pratiques
Bonnes pratiques
Enjeux associés

• Qualité des espaces publics ;


Aménagement des rues « piétonnes »
• Mobilité ;
temporaires ou saisonnières
• Mixité ; Montréal
• Renouvellement urbain permettant de donner une
nouvelle sociabilité aux espaces publics.

Scène musicale
Etat des lieux et problématique Espace Toro -
Casablanca

Avec la création de nouveaux quartiers les villes se


transforment. Les anciens quartiers ne répondant plus • Espace d e positio et de congrès utilisé comme scène
aux attentes des habitants se trouvent désertés au Paris-plages, e e ple d u espa e musicale pour le festival de Casablanca.
profit des nouveaux quartiers, sans perspective, de urbain réversible et modulable • Espace d e positio (matériel roulant de collecte des ordures
leur transformation ou réhabilitation entraînant ainsi de Casablanca - Salon de l Auto o ile .
leur paupérisation.
• Site pour les chapiteaux de cirques.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 49


2.3 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : FLEXIBILITÉ DE L’ESPACE

Recommandations d’intégration dans les Orientations et déclinaisons


documents d’urbanisme
• Prévoir la réversibilité des aménagements ;
• Permettre aux espaces publics d t e des supports d usages multiples par des espaces
PA présentant une modularité et faciliter leur évolution (densification, reconversion,
changement d affe tatio ;
• Intégrer dans la programmation des équipements publics et d i t t général
des réflexions sur des programmes évolutifs intégrant des possibilités de • Favoriser l utilisatio temporaire des friches urbaines pour des activités culturelles,
surévaluation, d e te sio ou de mutation ; sociales ou artistiques ;
• Permettre le changement d affe tatio des locaux destinés aux équipements • Introduction du principe de la flexibilité et de la mutualité des espaces ;
de service ou de proximité ( remplacement d u équipent par un autre) afin • Concevoir des bâtiments indépendants en termes de systèmes constructifs ( c'est-à-dire
u ils puissent s adapte en fonction de l espa e public (locaux polyvalents) ; dont le système de fondation et la structure primaire ne dépendent pas de leur
• « Surdimensionner » les espaces publics pour en faire des réserves foncières mitoyenneté afin de permettre toute les interventions techniques de manière
autonome ) .
• Instaurer une réglementation en matière de projets temporaires
accompagnée de mesures d e ou age e t de l usage temporaire par une
application souple de la réglementation (par exemple procédures rapides,
autorisations de travaux d'architecture urbaine temporaires ou même Bonnes pratiques
dispense des prescriptions de l'architecture urbaine).
Exemple de Bruxelles : « Certains espaces urbains peuvent être « temporairement
hors service ». Ils se trouvent alors dans une sorte de période de transition, une «
pause » en ce qui concerne la fonctionnalité », des « lieux en pause ».
Les lieux en pause peuvent être publics ou privés, étendus ou non, bâtis ou non. Ils
Indicateurs présentent la caractéristique commune de sembler n'avoir que peu ou pas de
fonction, parce qu'ils ne servent plus à leur usage précédent (ou qu'ils ont été
abandonnés par leurs utilisateurs précédents) et que :
Favo ise la fle i ilit de l’espa e
• Une fonction future doit encore leur être trouvée.
a. Existe-t-il un inventaire des espaces urbains « temporairement hors • L'exercice de la fonction future se fait attendre pour l'une ou l'autre
services »? raison, comme des processus d'organisation en cours, des complications
financières ou des difficultés techniques imprévues.
b. Existe-t-il des réserves foncières , en périmètre urbain, pour anticiper les
extensions futures?
c. Existe-t-il des espaces publics supports d'usages multiples ( marché- Comme les lieux en pause ont une existence temporaire, mais qu'ils constituent une
parking- événement ) ? donnée permanente de la ville, nous voyons dans leur utilisation temporaire la
possibilité de l'émergence d'un réseau toujours changeant d'espaces urbains (publics)
d. Les friches urbaines sont-elles utilisées temporairement ( activités
alternatifs, quasi une ville parallèle. Ce sont des parties exceptionnelles de la ville, des
ultu elles, i ue, a tivit s a tisti ues… ?
lieux de différence et de changement, qui pourraient devenir le milieu de culture de
l'innovation urbaine.

L'usage temporaire permet d'évoluer, petit à petit, dans le (re)développement, de


l'expérience à l'implémentation, du développement temporaire au développement
durable. L'usage temporaire offre donc la possibilité de chercher des solutions, de
façon expérimentale et pratique, lorsqu'il apparaît que les stratégies de
développement traditionnelles atteig e t pas leur objectif.
Aurelie DE SMET, « Le rôle de l'usage temporaire dans le (re)développement urbain :
exemples bruxellois », Brussels Studies, Numéro 72, 12 novembre 2013.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 50


2.4 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : COHÉSION ET ÉQUILIBRE URBAIN

Définition du concept Etat des lieux et problématique

La politique de cohésion urbaine vise à réduire


l a t entre les niveaux de développement des divers
• E jeu et d fis de l’u a isatio a o ai e
quartiers et le retard des moins favorisés, afin de
promouvoir un développement harmonieux de ‐ P olif atio de l ha itat i salu e;
l e se le de la Communauté.
‐ Urbanisation anarchique des zones périurbaines;
Les villes sont à la fois des pôles de prospérité et
d e elle e, et des lieux où se concentrent des ‐ Déficit en infrastructures et équipements;
phénomènes d e lusio et de pauvreté.
‐ Épuisement de la réserve foncière publique;
Bidonville
‐ Cherté du prix du foncier urbain;

Enjeux associés ‐ Dégradation du cadre bâti, du paysage urbain et de


l e vi o e e t;

• Renouvellement urbain ; ‐ I ad uatio des do u e ts d u a is e et d fi it e


• Composition urbaine ; gestion urbaine;
• Mobilité douce ; ‐ Changements climatiques et risques urbains.
• Qualité des espaces publics ;
• Le déséquilibre économique
• Mixité urbaine ;
• Mobilité Urbaine ; La concentration de 70% des activités sur l a e
Casablanca–Kénitra induit un déséquilibre du développement
• Transports. urbain de cette région qui a abouti à la coexistence de plusieurs
typologies de ville :

1. La ville utile/ La ville résiduelle/ La ville dortoir ;


Objectifs Quartiers non réglementaires
2. La ville bicéphale, celle de la médina et celle du centre ville.

Réduire les disparités sociales et considérer que chaque 3. Les villes touristiques qui ont un urbanisme spécifique :
citoyen a les mêmes droits et obligations vis-à-vis de
son environnement urbain en : ‐ Agadir et Tanger ont développé leur espace côtier ;

• Renforçant l'égalité entre les femmes et les ‐ Marrakech et Fès ont orienté leur activité autour de la
hommes et la lutte contre les discriminations médina.
dont sont victimes les habitants des quartiers
défavorisés, notamment celles liées au lieu de Projet « Wessal-Casablanca-Port » :
résidence ; e o ve sio d u e pa tie de la zo e
• Favorisant la pleine intégration des quartiers portuaire en complexe urbain
dans leur unité urbaine, par une accessibilité en
transports en commun, une mixité fonctionnelle ,
sociale et urbaine ;
• Défendant un développement équilibré des
territoires, le droit à un environnement sain et de
qualité ;
• Agissant pour l'amélioration de l'habitat.
Avenue Mohamed V - Rabat

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 51


2.4 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : COHÉSION ET ÉQUILIBRE URBAIN

Stratégie mise en place Orientations

1. Requalifier le centre urbain


• Orientations du Schéma National d’A age e t du Territoire dans
l’o je tif du Développement durable des territoires (SNAT) Un centre-ville attractif entraîne toute la ville. Le Cœu de ville doit ainsi être
conforté dans toutes ses dimensions :

Armature urbaine / 13 : Assurer l uili e macro-économique du système • Lieu emblématique de l'ensemble de la ville ;
urbain. • Le œud de transport et la porte d'entrée du territoire communal ;
Logement urbain / 21 : La lutte contre l ill galit urbaine. • La vocation économique et commerciale pour un centre actif ;

• Stratégie nationale de développement durable • Le rôle culturel ;


• La fonction résidentielle pour un centre habité.
Enjeu 5 : Accorder une vigilance particulière aux territoires sensibles.
Le renforcement de la centralité doit permettre de réaliser l'unité de la ville, sans
Enjeu 6 : Promouvoir le développement humain et réduire les inégalités pour autant occulter les centres de quartier qui verront leur identité et leurs
sociales et territoriales. spécificités reconnues et confortées. Chaque pôle de quartier, tout en offrant des
services de proximité, pourra se positionner sur des fonctions complémentaires
• Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e
vis-à-vis des autres quartiers et du centre-ville. Des actions diversifiées de
Intégration des principes de développement durable : la compétitivité et la valorisation des pôles de quartier doivent être menées conjointement, comme la
complémentarité des territoires. construction et la rénovation d'équipements publics, la requalification des espaces
publics, l'engagement d'opérations d'habitat, la restructuration du commerce.

2. Attirer les commerces ;

3. La mixité urbaine (habitat, activités, commerces et équipements) doit être


Recommandations d’intégration dans les conservée dans chaque quartier, tout en s'assurant que ces différentes fonctions
documents d’urbanisme soient compatibles entre elles. Diversifier l off e de logements pour permettre
l a s au logement à tous, en fonction des revenus, et avec l'environnement
urbain et prévoir une mixité aussi générationnelle (prendre en compte les besoins
des jeunes, des personnes âgées, des familles monoparentales...) ;
Au iveau du Pla d’A age e t :
4. Les transports en commun: Développer la desserte par les moyens de transports
• Répertorier les quartiers dégradés et élaborer un plan d a tio s, un plan de
en commun ;
financement, un plan de gestion et de mise en œuv e pour la revalorisation
économique et sociale de ces quartiers. 5. Injecter la culture – exemple de Bilbao et le musée Guggenheim, Essaouira avec
le festival Gnaoua et celui des musiques Alizée) ;
• Tenir compte des besoins évolutifs de la population et programmer les
mutations de son parc d'équipements et de services publics. 6. Injecter du savoir – exemple Université Al Akhawain à Ifrane.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 52


2.5 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATIONS

THÉMATIQUE : FINITUDE DE L’URBANISATION

Réglementation en vigueur / stratégie mise en


Définition du concept place au Maroc

Le Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e qui


La ville devrait avoir un périmètre bien défini pour assurer la protection permanente des prône aux fins d i t g atio des principes de développement
territoires agricoles, des ceintures de verdure et des corridors écologiques. Aussi, il semble durable la maîtrise de l tale e t urbain à travers la
nécessaire
. de définir et s a o de sur une limite maximale du développement urbain, définitive et rationalisation de la consommation foncière et l i itatio au
non plus pour une période donnée (nombre d a es . « Ces enjeux liés à l a age e t du renouvellement et à la revitalisation des espaces évitant le mitage
territoire imposent alors de s i te oge à la fois sur les modes de gestion plus efficaces du foncier et la dispersion des périphéries;
et sur la qualité architecturale des constructions.
Les nouveaux termes de références pour les documents
d’u a is e - Principes de l u a is e durable incitant à
considérer les terrains comme une ressource précieuse à utiliser
de la façon la plus efficace et appropriée en évitant ainsi le mitage
Enjeux associés et la dispersion des zones périphériques;

Les Orientations du Schéma National d’A age e t du


• Renouvellement urbain ; Territoire dans l’o je tif du Développement durable des
territoires (SNAT)
• Mobilité urbaine ;
Gestion et politique urbaines
• Mixité urbaine ;
18 : Gérer la ville et maîtriser sa croissance
• P ote tio de l e vi o e e t; Foncier urbain
• Efficacité énergétique/ flexibilité pour une 23 : Statut foncier et urbanisme;
recomposition de la ville sur elle même. 24 : Constitution des réserves foncières
Casablanca vue du ciel - 161 500 ha 50 mesures prises pour améliorer le processus d’ la o atio des
documents d’u a is e

Mesure 30 : Concilier entre les deux modes d a age e t, celui


du renouvellement urbain et celui de l e te sio urbaine tout en
Etat des lieux et problématique veillant à préserver l uili e entre le centre et la périphérie.

• Développement croissant de lotissements à la périphérie des villes et production en masse de


quartiers « pavillonnaires » toujours plus éloignés ; Objectifs
• Urbanisation diffuse et consommatrice d espa es ;
• Co ilie ualit u ai e et esoi d i dividualit ;
• Multiplication des déplacements, éloignement des services et des lieux de travail, éparpillement
des équipements … ; • Densifier les zones pavillonnaires ;

• Développement de grands ensembles isolés avec des formes urbaines denses, massives • Densifier tout en respectant les standards de qualité urbaine
(majoritairement d op atio s d ha itat social) aux entrées des villes, à leurs périphéries et le des espaces publics et semi privatifs ;
long des grands axes nationaux des voies ferrées.
• Réduire la consommation des terres agricoles ;

• Protéger les sites, les milieux et paysages naturels ;

• Maîtriser les déplacements sources de pollution


atmosphérique.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 53


2.5 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : FINITUDE DE L’URBANISATION

Recommandations d’intégration dans les Bonnes pratiques


documents d’urbanisme

L’ha itat de se i dividualis , u e aut e faço de fai e la ville


PA
Situé entre l i dividuel et le collectif, «l ha itat intermédiaire» appelé
• Promouvoir l ha itat intermédiaire en définissant des aussi « habitat dense individualisé », « habitat pluriel » ou « habitat
règles d u a is e adéquates et en autorisant de Ville de Jouy Le Moutier groupé », offre des alternatives variées aux modèles traditionnels.
surélever avec une deuxième entrée pour transformer Maisons jumelées, accolées, superposées, imbriquées, juxtaposées…
le logement individuel en petit collectif ou habitat Grâce à de multiples combinaisons de formes architecturales, il répond
intermédiaire dans les secteurs appropriés à la d u e part au désir de confort individuel et d auto o ie du logement,
densification (desserte en transport en commun, et d aut e part aux préoccupations collectives : rationaliser et densifier
équipements publics et de proximité…) ; un foncier, optimiser des infrastructures, limiter les déplacements en
voiture pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, etc. Cet
• Pour l ha itat intermédiaire, définir les 3 critères habitat permet de se rapprocher des pôles de vie existants, et de
obligatoires : susciter ainsi de nouvelles possibilités de « refaire la ville sur la ville ».
‐ accès individuel ;
Des lieux de quotidienneté comme support social, support d u a it ,
‐ espace extérieur privatif au moins égal au ¼ de la
l i ovatio de ce type d ha itat réside dans sa capacité à rivaliser
surface du logement ; Nantes d i g iosit pour organiser dans un espace contraint, la bonne
‐ une hauteur maximale R+3 ; distance entre l espa e privé du logement et l espa e public de la rue.
Au-delà des espaces publics de la ville, ces lieux de quotidienneté
• Introduire la notion d u a is e commercial dans les participent grandement à enrichir la qualité du cadre de vie des
documents d u a is e en planifiant l i pla tatio habitants. Espaces intermédiaires, semi-privés ou collectifs, ils
des différents types de commerce ; marquent un degré d i ti it et jouent un rôle de filtre vis-à-vis de
l espa e public. La richesse et la diversité de ces transitions, propres
• Affiner les études de prospective, les diagnostics aux opérations d ha itat groupé, permettent aussi de mieux faire
fonciers avec des mises à jour régulières des accepter la densité. Il en résulte une variété d espa es adaptés au
procédures et réviser les plans d a age e t au plus contexte, qui enrichissent la ville et participent pleinement à fabriquer
tard après 5 ans de leur approbation ; Escriba Architecte / Avignon cette complexité urbaine si appréciée. Bien insérées dans les tissus
librairie du Moniteur urbains, ces opérations se fondent naturellement dans leur
• Créer des zones « d a tivit s agricoles » (en ville ou en environnement.
frange urbaine) de manière à pérenniser les zones
agricoles en milieu urbain. L ha itat de se i dividualis , u e aut e faço de fai e la ville/ DOSSIER
Par Laure Der Madirossian Certu.

Atelier Du Pont / Pierre Antoine

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 54


2.5 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : FINITUDE DE L’URBANISATION

Bonnes pratiques

Projet BIMBY – Built In My Back Yard

Nouveau mode de développement urbain, le Bimby vise à définir une nouvelle filière de production de la ville capable d i te ve i là où les filières
« classiques » sont incapables d i te ve i : au sein des tissus pavillonnaires existants.

L h poth se centrale du projet est la suivante : est la capacité des acteurs de l u ai (habitants, techniciens, élus) à mobiliser le foncier des tissus
pavillonnaires existants qui permettra de financer le renouvellement et la densification progressive de ces quartiers. Ainsi l i t t des individus (notamment
à diviser un terrain pour mieux valoriser son bien sur le marché immobilier) peut aller dans le sens des intérêts de la collectivité (à proposer une offre
diversifiée de logements individuels sur son territoire sans engendrer d tale e t urbain).

Cette opération comporte un double avantage :

• Elle permet à son propriétaire de mieux valoriser son patrimoine et d e mobiliser tout ou partie afin de financer un projet ;

• Elle permet à la commune de créer un terrain à bâtir dans un quartier déjà desservi et équipé, ce qui constitue un changement de perception de la
croissance des villes.
Nombreuses sont les villas construites sur des terrains dont la surface est
assez généreuse pour permettre d'adjoindre un nouveau logement. Cette
solution offre plusieurs avantages :

• Le nouveau logement peut être adapté à l'usage des personnes âgées, ce


qui permet au propriétaire de rester à domicile pour ses vieux jours ;

• Le terrain peut être mis à disposition des enfants, qui de ce fait


économisent l'achat d'un terrain en périphérie et profitent des avantages de
la proximité de la ville et des parents ;

• Le terrain peut être vendu, générant ainsi un bénéfice pour le propriétaire


et offrant une solution d'habitat intéressante et avantageuse pour une jeune
famille, tout en mettant un frein à la périurbanisation ;

• Les nouvelles familles qui s'installent dans le quartier contribuent à le


rajeunir et à faire vivre les petits commerces.
Densification par segmentation de la parcelle – Projet BIMBY
[Link]

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 55


2.6 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : COMPOSITION URBAINE

Définition du concept Enjeux

• « Composer est composer avec le milieu, avec


l h itage culturel, avec l e vi o e e t existant » L o ga isatio du territoire ayant fortement évolué par l i t usio
Cahier de l IAU‘IF d u e urbanisation de plus en plus invasive sur le secteur rural,
• « Phase essentielle et incontournable de la l e t e de ville premier contact de l usage avec la ville , peut être
conception de la ville. Elle vise à relier et non pas considérée comme un espace entre deux entités que sont la « ville »
additionner au sein d u plus vaste ensemble.» et le « hors la ville », la transition entre deux mondes, deux
Pierre Riboulet
vocations et occupations du territoire.
• « Amélioration du cadre de vie et maîtrise du
. paysage urbain et de son impact visuel.» [Link], Au sein de l espa e urbain, ces entrées de ville sur les grands axes
Composition urbaine routiers ou ferroviaires constituent souvent des situations
• « Fournir une image globale de la ville et fixer les Entrée de ville Tata particulièrement critiques.
règles relatives à la localisation, l i pla tatio e
l la o atio de projets successifs de Malgré les efforts considérables consentis en matière de
construction » JP Lacaze, les méthodes de l u a is e. réhabilitation de ces espaces et de rehaussement de leur qualité
• Anticiper, prévoir pour gérer les futurs paysagère engageant des investissements importants de
aménagements en se prononçant sur les tendances réhabilitation des traversées urbaines, d e te sio des réseaux
esthétiques routiers et ferroviaires et de restructuration des entrées de villes un
certain nombre de ces paysages et de ces espaces névralgiques sont
fortement dégradés et perdent de plus en plus de leur attrait. Ainsi
Enjeux associés Travaux entrée de Casablanca on constate :

• Un développement de grandes opérations à caractère


• Qualité des espaces publics ; résidentiel et industriel le long des entrées de ville offrant un
• Transport ; paysage monotone, dense et banalisé, peu intégré dans son
• Mobilité douce pour une composition urbaine environnement ;
harmonieuse, non agressive et humaine ayant une • Des "périphéries" discontinues et indifférenciées soumises à
incidence fondamentale sur le bien être. une urbanisation désordonnée ;

Future Pont à Haubans Sidi Maarouf • Une image dégradée et obsolète du réseau routier et
Objectifs autoroutier et des voies ferrées ;

• Des traversées urbaines devenues des axes de transit


• Mobiliser l e se le des savoirs faire, générant plusieurs dysfonctionnements, nuisant ainsi à toute
compétences ( architectes-urbanistes, ingénieurs cohérence urbaine ;
paysagistes, sociologues …) et des connaissances • Des opérations résidentielles autorisées en lisière des zones
pour organiser l espa e d u projet urbain . de servitudes nuisant à la qualité paysagère et empêchant
• Fournir une image globale de la ville et mettre en tout élargissement futur des voies de communication ;
valeur le paysage urbain. Centre ville de Rabat
• Des projets de lotissement qui, en l a se e de phasage,
• Agir sur les entrées de villes les grands axes
tardent à être réalisés ce qui génère un paysage inachevé et
routiers, autoroutiers et ferroviaires afin de
renforce la discontinuité le long des entrées de villes.
rendre ces espaces vitrines et ces façades
urbaines plus attractifs.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 56


2.6 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : COMPOSITION URBAINE

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et déclinaisons


d’urbanisme

Les entrées de villes représentent un espace tampon entre ville/campagne, ville


SDAU dense/ville lâche , ville habitée/zone industrielle. Elles doivent, en conséquence,
être traitées avec la plus grande attention et avec rigueur car elles donnent la
• Analyser les grands axes pénétrants et proposer des mesures en faveur de la
première image de la ville.
mise à niveau de ces espaces notamment celles relatives au report modal, aux
déplacements doux et à l i se tio des transports collectifs en accord avec la
1. Entre campagne et ville, les entrées de villes doivent assurer une transition
nature et le dimensionnement de la voirie des entrées de villes.
douce et progressive. Conjuguées avec la trame verte, elles peuvent
abriter des espaces dédiés à l ag i ultu e urbaine, des jardins botaniques,
PA un zoo, des pépinières…
• définir pour les grands axes des entrées de villes les dispositions relatives à 2. On privilégiera de réserver ces espaces aux équipements consommateurs
l aspe t des constructions, à la réhabilitation des façades commerciales , aux d espa es (stade, hôpital, faculté… qui devront nécessairement être
espaces verts et à l i pla tatio des constructions, permettant la protection desservis par les réseaux de transports en commun (bus, tram...) express
et la mise en valeur de ces espaces et d e assurer une qualité et une et à haute fréquence ;
diversité paysagère ; 3. le passage à l u a isatio pourrait se faire alors avec de l ha itat
• Prévoir au niveau des règlements d a age e t les reculs nécessaires au intermédiaire (entre collectif et individuel) noyé dans la nature – ce que
niveau des entrées de villes et le long des axes ferroviaires et routiers ; l a hite te Portzamparc appelle « cité-jardin » – il conviendra dans ce cas
• Exiger au niveau des règlements d a age e t l i t g atio de corridors d e ige aux promoteurs un COS d espa es verts.
verts et d a s végétaux de protection le long de ces espaces ;
• Recalibrer la voirie pour donner une priorité aux transports collectifs et les Rural  ceinture verte  trame verte  équipements structurants  habitat
insérer de manière optimale. intermédiaire  ville

Les liaisons doivent assurer les continuités, sans rupture, avec une
complémentarité au niveau des équipements pour créer des synergies entre les
quartiers tout en gardant l ide tit de chacun. Cette continuité devrait être
parallèle à celle de la trame verte.
Gestion urbaine
Le centre quant à lui, relie et connecte les citoyens. C est un lien fédérateur de
• Veiller à la programmation et à la réalisation des corridors verts et des l e se le des composantes de la ville. Il faut conforter le œu de ville dans
écrans végétaux de protection le long de ces espaces à l o asio de la toutes ses dimensions, grâce aux aménagements :
délivrance des autorisations et permis d u a is e ; • Création de place, espace de rencontre ;
• Cheminements pour mobilité douce, voies complètement
• Eviter le développement de grandes opérations de lotissements inachevés piétonnes ;
le long des entrées de villes ; • Valorisation et mise en scène du patrimoine ;
• Initier des études architecturales, paysagères et urbanistiques pour le • Parcs et espaces verts ;
rehaussement et la mise en valeur de ces espaces ; • Nœud de transport.
• Etudier la possibilité d adopte des arrêtés municipaux pour l a lio atio Le renforcement de la centralité doit permettre de réaliser l'unité de la ville, sans
et le rehaussement de ces espaces ; pour autant occulter les centres de quartiers qui verront leur identité et leurs
spécificités reconnues et confortées. Chaque pôle de quartier, tout en offrant
• Assurer un contrôle continu de ces espaces afin d vite tout des services de proximité, pourra se positionner sur des fonctions
développement anarchique et toute dégradation paysagère. complémentaires vis-à-vis des autres quartiers et du centre-ville.
La composition urbaine – Argenteuil

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 57


2.6 ENJEU : LES FORMES D’URBANISATION

THÉMATIQUE : COMPOSITION URBAINE

Orientations et déclinaisons

• Prévoir des coupures d u a isatio , corridors


verts, voies de desserte latérales, front bâti, etc.

• Intégrer lesdits espaces et leurs zones


d i flue e dans les périmètres d a age e t et
veiller à la projection de zonages différenciés selon
leur situation (entrée de ville, périphérie immédiate,
zone périphérique intermédiaire, espace longeant
un axe autoroutier, …) et les différents usages
projetés ;

• Éviter au maximum l tale e t de l u a isatio


le long des voies de communication et notamment
les axes autoroutiers et privilégier la projection de
corridors verts de protection le long desdits axes ;

• Adopter le principe de la densité en îlots le long


des voies de communication au lieu de hauteurs
figées afin de développer une diversité de gabarits
et de permettre l e ge e de repères de
verticalité ;

• Intégrer le principe de la valorisation en îlots et


non pas par lots le long des voies de communication
et ce, en vue de promouvoir l i ovatio et la
créativité architecturale ;

• Intégrer au niveau des règlements


da age e t des dispositions particulières pour
les espaces périurbains et le long des voies de
communication (reculs et minimas parcellaires à
respecter selon le cas, nature des activités tolérées
et celles interdites, prescriptions architecturales, …) ;

• Initier des études architecturales, paysagères et


urbanistiques spécifiques à des échelles adéquates
pour le rehaussement et la mise en valeur de ces
espaces.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 58


3 ENJEU : LA MIXITÉ URBAINE

Définition du concept Réglementation en vigueur /


stratégie mise en place au Maroc
La mixité urbaine consiste à organiser l espa e en permettant le rééquilibrage des fonctions
dans la ville, en prenant en considération la dimension sociale et la dimension des modes
d o upatio . Elle trouve tout son sens, en termes d'équilibre habitat/emploi et en termes Projet de loi 99-14 relatif aux documents
d a essi ilit à tous aux différents équipements publics . d’u a is e, Intégrant les principes de
développement durable :
En d aut es termes, la mixité urbaine soulève la question liée à la contribution de chaque
construction à l helle du quartier en vue de favoriser les mixités fonctionnelles, sociales et
des modes d o upatio , sans réduire cette notion à la simple implantation de toutes les • La maitrise de l tale e t urbain à travers la
fonctions urbaines dans un même endroit. rationalisation de la consommation foncière et
l i itatio au renouvellement et à la revitalisation
des espaces évitant le mitage et la dispersion des
périphéries.
• La diversité des fonctions urbaines et la mixité
sociale en prévoyant des capacités de construction
Objectifs et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction
des besoins présents et futurs en matière
d ha itat, d a tivit s et d uipe e ts publics.
• Créer des lieux d i te sit urbaine qui
offrent de l a i atio dans un DIVERSITÉ DES TYPES ET
Le programme National de l’U a is e Durable
FO‘ME“ D HABITAT
quartier ;

• Favoriser la mixité générationnelle et Pilier 1: Planification stratégique durable


lutter contre le risque de constitution MIXITÉ DES FORMES
MIXITÉ
URBAINES
de ghettos urbains et favoriser une SOCIALE
• Des documents d u a is e qui favorisent une
équité sociale ; MIXITÉ nouvelle approche de la densité et des formes
URBAINE
BRASSAGE DES urbaines comme moyen de revitaliser les villes, de
• Lutter contre l tale e t urbain et DIVERSITÉS DES
CATÉGORIES SOCIO-
lutter contre l tale e t urbain et d attei d e de
PROFESSIONNELLES CIBLES
maîtriser la consommation foncière ; FONCTIONS URBAINES
MIXITÉ nouvelles performances énergétiques et
FONCTIONNELLE
environnementales, en optant pour la mixité des
• Maitriser les déplacements urbains à fonctions, l o o ie en espace et en énergie et
travers le rapprochement des en optimisant l utilisatio des réseaux et modes
fonctions ; doux.
• Limiter les consommations d e gie
liées aux déplacements ; Dynamique vertueuse des mixités urbaines Pilier 3 : Durabilité des Territoires

• Offrir un cadre de vie de qualité et


• Nouvelles approches innovantes notamment
assurer une qualité architecturale,
celles du développement du potentiel de
urbanistique et paysagère de qualité.
densification des villes, des éco-quartiers et des
éco-cités et du renouvellement urbain.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 59


3.1 ENJEU : LA MIXITÉ URBAINE

THÉMATIQUE : MIXITÉ DES FORMES URBAINES

Définition du concept Etat des lieux et problématique

Les zonages instaurés par les plans d a age e t ont


Mixité morphologique qui juxtapose différentes conduit à dissocier les fonctions urbaines favorisant la
formes architecturales, logements collectifs, fragmentation spatiale de la ville.
intermédiaires et individuels et qui impacte
directement la qualité des espaces publics, leurs
fonctionnalités et permet l opti isatio du foncier. Cela a eu pour conséquences de « sectoriser » les différentes
catégories sociales:
Logement social
• Les zones d ha itat économique pour les plus démunis,
logements sociaux en périphérie des villes créant ainsi des
espaces constituants des ghettos urbains où la mixité
Enjeux associés sociale est absente ( tous les logements sont de même
type: appartement économique/social) et où la mixité
• Mobilité urbaine (promotion de la ville à courtes fonctionnelle reste faible (commerces de proximité limités
distances) ; aux épiceries, marchés ambulants, services médicaux et
quelques petits commerces …) ;
• Energie (réduction de la consommation Les ja di s de l o a – Dar
énergétique due aux déplacements) ; Bouazza • Les zones où le parcellaire peut être de 2000 m² ou plus ;

• Formes d u a isatio ; • Des quartiers résidentiels haut standing sans mixité sociale
ni fonctionnelle ;
• Protection de l e vi o e e t (réduction de la
pollution due aux déplacements). • Des quartiers dits «populaires», plus denses, ( exemple:
Maârif ou 2 Mars à Casablanca) répondent aux exigences
de la mixité des formes urbaines, sociale et fonctionnelle et
semblent rester attractifs pour la population ;
Quartier Maarif – Casablanca
• Quant aux anciens quartiers, les médinas en particulier, ils
Objectifs répondent aux grands principes du développement durable
mais sont dans un état de délabrement important.

• Éviter la ghettoïsation des populations et remédier


aux déséquilibres sociaux et spatiaux ;

• Proposer un parc de logements diversifié pour


permettre à chacun de réaliser son parcours
résidentiel ; a Marrakech
Indicateurs

• Favoriser le développement de la mixité sociale et


générationnelle. • Nombre de chaque types de logements rapporté au
nombre total de logements.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 60


3.2 ENJEU : LA MIXITÉ URBAINE

THÉMATIQUE : MIXITÉ SOCIALE

Définition du concept Etat des lieux et problématique

p »CHARAF
Mixité sociale : Désigne le mélange des couches La mixité sociale est prônée comme solution pour diminuer les
sociales, résultant de la diversité des statuts inégalités socio-spatiales et consolider ainsi la cohésion sociale.
d o upatio et des niveaux de prix des logements.
Or, les expériences menées dans divers contextes internationaux
Elle se présente comme l e ve s de la ségrégation visant une mixité sociale, o t pas atteint leurs objectifs. L a al se des
sociale et plus particulièrement de la concentration des politiques de mixité montre que les différenciations sociales et
ménages pauvres dans l espa e urbain, avec les maux spatiales n'ont pu être freinées et que les aides publiques ont souvent
qui y sont associés (culture de la pauvreté, manqué leur cible.
reproduction des inégalités sociales et d a s aux
De plus, la cohabitation de groupes sociaux engendrée par les
ressources urbaines.
opérations de renouvellement urbain peut conduire à une montée des
conflits quant à l a age e t et au développement du quartier.
D aut es facteurs pour la mixité sont progressivement pris en compte :
la superficie et le type d ha itat.
Objectifs Les ensembles de logements uniformes attirent le même type de foyer
par tranche d âge et par catégorie sociale, tandis u u e offre de
« les po tes d Agadi »
logements diversifiés permet une meilleure répartition des générations
moyen standing
• Créer des espaces de et de rencontres, et des provenances.
d'échanges entre habitants d'origines
Dès lors, l e jeu social contraignant la mixité pourrait devenir une
culturelles et de niveaux de vie différents;
opportunité économique forte. Une répartition spatiale plus équilibrée
des populations devrait permettre de revaloriser l e se le des
• Mettre en œuv e des conditions de vie et
quartiers et donc de développer le secteur immobilier.
d ha itat favorisant la cohésion sociale limitant
les phénomènes de ségrégation. Par ailleurs, en partant d'inégalités territoriales patentes, leur
réduction doit alors non plus être recherchée par le mélange des
populations sur le territoire, mais au travers d u e action visant à
améliorer la qualité du cadre de vie de manière plus équitable au
Logement social Errahma park travers du territoire. Il s agit de réfléchir davantage en termes de
Enjeux associés justice environnementale u e termes de mixité sociale.

• Lutte contre les inégalités afin de développer


un sentiment d appa te a e à la ville ;

• Renouvellement urbain en vue d att ue la Indicateurs


concentration des populations défavorisées;

• Formes d u a isatio . Evaluation de la mixité sociale du secteur étudié selon la répartition des
types d'habitat:
a - Présence de deux statuts d'occupation
(locataire/propriétaire) ;
b- Présence d'appartements de deux standings différents ;
c- Présence de maison moderne et traditionnelle ;
d- Présence de villa de deux standings différents.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 61


3.3 ENJEU : LA MIXITÉ URBAINE

THÉMATIQUE : MIXITÉ FONCTIONNELLE

Définition du concept Problématique

On. parle de "mixité fonctionnelle" dans un quartier, un


lotissement, lorsque plusieurs fonctions (ex: habitat et Dans le débat de principe que soulève la littérature spécialisée, ce
commerce) y sont représentées. concept sous-entend le postulat ou l id e u u mélange des
fonctions conduirait à un meilleur fonctionnement du quartier, tant
La mixité fonctionnelle est considérée comme un d u point de vue social, culturel, économique et environnemental.
objectif urbanistique qui s'oppose au découpage du • D u point de vue social, il y aurait plus d'habitants ayant des
territoire en zones fonctionnellement différenciées origines sociales et des activités différentes dans le quartier.
("zoning").
• D u point de vue culturel, les gens plus nombreux et porteurs de
Elle est vue comme un élément important d'une "ville différentes cultures se rencontreraient pour créer des formes
des courtes distances« (qui favorise les transports doux) La ZAC de Metz mêle bureaux, culturelles nouvelles.
pour un développement urbain durable. logements et commerces sur un • D u point de vue économique, la mixité du quartier est plus
même ilot résistante aux aléas de la demande et certaines structures et
fonctions peuvent avoir une double utilisation.
• D u point de vue environnemental, la mixité fonctionnelle
Enjeux associés permet de réduire la distance aux services qui sont nécessaires et
donc d aug e te la circulation des piétons et des vélos, et de
réduire la circulation des véhicules et donc la consommation des
• Mobilité, énergie et protection de l e vi o e e t: ressources pour les services nécessaires et la fourniture en
la mixité fonctionnelle réduit les déplacements et énergie.
limite la consommation de carburant et donc la Quelques exemples de pôles d a tivit s spécifiques :
pollution par GES ;
• Formes d u a isatio Turning Torso, Malmö Suède
‐ Pour la finance (Casa city finance);
• Qualité des espaces publics : le mélange des symbole de la mixité morphologique
Composée de logements et de ‐ pour les services ( Casa Near shore – Technopolis
fonctions est favorisé par la qualité et le soin apporté Rabat);
àla age e t des espaces non bâtis. bureaux
‐ pour l i dust ie (Parc industriel Nouacer – projet
Settat et Melloussa à Tanger).

Objectifs

• Créer des lieux d i te sit urbaine ;


• Raccourcir les distances à parcourir ; Indicateurs
Carte des jardins partagés et familiaux
• Favoriser les modes de déplacements non motorisés ; de Marseille
• Diminuer les consommations énergétiques ; • Nombre de fonctions urbaines (administrative, transport,
culturelle et loisirs, sociale et économique) croisées avec le
• Créer des emplois dans les quartiers concernés.
nombre d a tivit s dans chaque fonction ;
• Répartition des emplois au sein d u tissu ;
• Distance moyenne à un équipement de proximité ou part de la
population située à moins de 500 mètres d u équipement de
proximité (8 min à pied) ;
• Distance domicile-travail.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 62


3 ENJEU : LA MIXITÉ URBAINE

Bonnes pratiques –la médina

Selon l a hite te et urbaniste Marc Gossé « la « Les grands principes du développement durable y sont
médina telle u la o e par la tradition présents – bien avant l adoptio de ce concept à Rio – à
arabo-musulmane peut en effet constituer un savoir : un écosystème subtil et abouti entre nature et
modèle d u a isatio contemporain, à condition urbanisation, une capacité d adaptatio étonnante de la
toutefois de la réinterpréter et de l a tualise par morphologie et des typologies architecturales, une
rapport aux conditions socio-culturelles de notre économie d e gie par la limitation de la mobilité polluante
temps ». des automobiles et la densité du bâti, un processus
participatif et une gestion conviviale des espaces urbains,
Le maître-mot caractérisant peut-être le mieux la des systèmes de solidarité et une pratique de l galit de
médina est celui de mixité: statut entre personnes et représentations symboliques
spatiales, qui tous ne demandent u à être encouragés,
• Mixité fonctionnelle (habitat, commerce, petite réactivés ou réinterprétés, contre un modèle urbain
industrie, culture, tourisme, etc.) ; «générique» porté par l ult ali alis e moderniste
mondialisé, qui génère la destruction de l e vi o e e t, du
• Mixité sociale (classes sociales pauvres ou lien social et de la diversité culturelle ». Marc Gossé
modestes, classes moyennes et désormais aussi
aisées) ; La Médina propose donc un modèle urbain qui pourrait bien
constituer le prototype avancé de la ville du futur.
• Mixité générationnelle (des plus jeunes aux plus Il faut alors tenter de relever ce que les médinas peuvent
âgés). nous apprendre en matière de développement urbain dans
la perspective des crises énergétiques, climatiques et
environnementales qui ne manqueront pas d affe te le fait
urbain:

• Une « ville » majoritairement piétonne ;


• Utilisation de transports doux (triporteurs, bicyclette) ;
• Urbanisation compacte sans grande hauteur;
• Architecture bioclimatique (matériaux et isolants
naturels – ventilation naturelle – orientation) ;
• Juxtaposition de fonctions résidentielles, économiques,
sociales et culturelles ;
• Solidarité sociale.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 63


3 ENJEU : LA MIXITÉ URBAINE

Recommandations d’intégration dans les Orientations et déclinaisons


documents d’urbanisme

• Agir au niveau des quartiers défavorisés sur la mixité fonctionnelle et sur la


SDAU qualité des aménagements urbains pour combler le manque de mixité sociale ;
• Introduire une articulation socio-culturelle et urbanistique pour que les
• Identifier les espaces monofonctionnels injustifiés, les espaces de habitants s app op ie t leur quartier, le respectent et le fassent vivre
ségrégation socio-spatiale ; autrement et mettre à niveau les infrastructures de manière à les revaloriser ;
• Ne pas créer de rupture visuelle et travailler sur les éléments de la mobilité:
• Analyser les écarts entre l off e et la demande de logement en terme de
répartition et/ou de déficit éventuel et ce, au regard des évolutions ‐ Au niveau de l a age e t urbain (même mobilier urbain –
lampadaires, trottoirs, abris de bus , éclairage);
socio-démographiques ;
‐ Au niveau de l a age e t « vert » (plantations, ronds points);
• Fixer les objectifs de mixité urbaine dans les zones à ouvrir à l u a isatio ;
‐ Au niveau de la voierie (largeur, revêtement) ;
• Identifier les objectifs à atteindre en terme de diversification de l off e en • Intégrer au niveau des pôles multimodaux quelques commerces de proximité ;
logement.
• Utiliser les friches urbaines pour installer des équipements (espace
PA d e positio , salle de sports, salle de fête, … ou pour créer des « jardins
familiaux ») ;
• Repérer les pôles de centralités et de services et analyser les besoins en • Utiliser les espaces résiduels pour implanter des espaces verts, aires de jeux ;
terme de mixité fonctionnelle et d a essi ilit ; • Instaurer le principe de la flexibilité d usage des espaces publics (places
aménagées et plantées réversibles, marché le matin et aires de jeux l ap s-
• Etablir un diagnostic des besoins en logements et agir sur la programmation
midi) ;
et la production de logements en définissant les types de logements à
favoriser selon les moyens des ménages, leurs besoins (tailles des • Diversifier les formes d ha itat individuel et innover pour contourner la
logements/tranche d âge ; contrainte foncier/coût/distance ;
• Identifier des réserves foncières nécessaires au logement social; • Renouveler les formes de l ha itat individuel (maison individuelle groupée,
maison de ville , maison sociale) et valoriser l ha itat intermédiaire ;
• Établir un état des lieux des besoins en équipements à destination des
• Lier les fonctions urbaines et les lieux de mixité en agissant sur la mobilité
différentes populations;
douce ;
• Etablir des objectifs de densités d a tivit s au même titre que de densités
• Favoriser la mixité sociale en modulant les formes urbaines;
résidentielles (prévoir une mixité fonctionnelle à hauteur de 20% de la
fonction dominante de la zone et éviter de fixer une destination exclusive • Limiter la création de zones monofonctionnelles;
Référentiel DENSITES & FORMES URBAINES - Ministère de l A age e t du Territoire, • Prévoir des formes d ha itat évolutif pour répondre à l volutio de la
de l U a is e, de l Ha itat et de la Politique de la Ville. technologie et des modes de vie;
• Créer des lieux d a i atio urbaine, grâce aux équipements, services et • Offrir une variété de logements, en termes de taille, de statut d o upatio
espaces extérieurs en définissant des servitudes pour leur réalisation; (accession, location), de forme d ha itat et de mode de financement (libre,
• Favoriser la mixité verticale est-à-dire permettre l o upatio des locaux maîtrisé, social) tout en veillant à une répartition homogène et équilibrée sur
commerciaux, des bureaux ou des équipements en Rez-de-chaussée et en tout le territoire ;
étages d i eu les (cabinets médicaux, crèche, bibliothèque …); • Assurer une cohésion urbaine entre les différents types d ha itat et formes
• Ne pas regrouper en un site spécifique une majorité des activités d u même urbaines, en faisant cohabiter l ha itat individuel, semi-collectif…tout en
type, en dehors des activités dont les besoins en foncier ou en desserte ne étudiant l i pla tatio des bâtiments pour préserver l i ti it des habitants,
permettent pas une implantation multi-sites. Dans ce sens et pour les l e soleille e t et offrir la possibilité d avoi des jardins ou terrasses
équipements commerciaux fixer un seuil ou une surface maximale pour privatives.
interdire les grandes surfaces commerciales monofonctionnelles;
• Identifier un périmètre de sauvegarde du commerce et de l a tisa at de
proximité;
• Identifier des secteurs de mixité sociale en précisant les ratios à attribuer à
chaque type de programmes de logement.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 64


4 ENJEU : LE RENOUVELLEMENT URBAIN

Définition du concept Etat des lieux et problématiques

La rénovation urbaine : Le renouvellement urbain s i s it dans une


« Opération visant à prendre soin des tissus urbains anciens et logique de structuration spatiale cohérente entre
des vieux quartiers, à préserver le patrimoine architectural et logement, activités économiques et espaces verts.
civilisationnel des villes et à valoriser les espaces urbains, soit La réutilisation des espaces bâtis permet de limiter
par des opérations de démolition et de reconstruction, des Tramway de Rabat l u a isatio de nouveaux espaces. Elle permet de
opérations de restauration et de rénovation, le développement contrecarrer les effets néfastes de la
des infrastructures, la desserte en équipements de base et la périurbanisation en termes de mobilité,
construction de nouveaux logements, soit par l a age e t d e vi o e e t, de services collectifs et de
foncier, dans le respect des conditions de protection de cohésion sociale. Cette démarche se veut une
l e vi o e e t. » Loi 94-12 relative aux bâtiments menaçant ruine réponse aux dysfonctionnements multiples
et à l o ga isatio des opérations de rénovation urbaine publiée le 27 notamment :
avril 2016. • Un contexte en évolution et des mutations
Projet Bouregreg Rabat urbaines profondes;
Le renouvellement urbain est une forme d'évolution
• Un étalement urbain démesuré et des
ambitieuse de la ville, une pratique pertinente et
dysfonctionnements diversifiés ;
incontournable de l a age e t qui s i s it dans une
• Une spécialisation fonctionnelle des territoires
appréhension globale de la Ville et une opportunité de
et une fragmentation socio- spatiale ;
repenser la ville existante en intégrant les enjeux suivants:
• Un délabrement du cadre urbain ;
• Urbanistiques : la mise en valeur des potentialités urbaines • Une dégradation et un sous-équipement des
et architecturales existantes face aux mutations quartiers ;
économiques et sociologiques ; • Une prolifération des friches urbaines ;
Casa Anfa Finance City • Un décalage entre la planification urbaine et
• Economiques : l effi ie e des villes et l'accueil de
l volutio urbaine sur terrain.
nouvelles fonctions sur fond de mondialisation et d e jeu
de métropolisation ;
• Sociaux : l i t g atio urbaine et la mixité sociale ;
Marina Agadir Objectifs
• Environnementaux : l i p atif écologique pour optimiser
les ressources naturelles, foncières et énergétiques.
• Passer du «rattrapage» et de la «réparation urbaine»
au «développement urbain » ;
• Offrir un cadre d'action évolutif et d'autorégulation,
ouvert et efficace ;
Réglementation en vigueur et stratégie mise en • Rehausser la qualité de la vie urbaine ;
place au Maroc
• Corriger les imperfections de la planification urbaine ;
Gare de Marrakech
• Revaloriser les potentialités existantes ;
• La loi 94-12 relative aux bâtiments menaçant ruine et à
• Renforcer l i t g atio urbaine à travers la mixité
l o ga isatio des opérations de rénovations urbaines publiée Enjeux associés fonctionnelle et sociale ;
le 27 avril 2016.
• Revitaliser les secteurs anciens ou dégradés ( potentiel
• La stratégie nationale de renouvellement urbain visant • Etalement urbain ; foncier: friches, terrains militaires, etc ) ;
l ide tifi atio du potentiel de renouvellement des villes • Mixité urbaine ; • Faire émerger des filières économiques dynamiques ;
(terrains militaires, friches industrielles, zones de mutation • Cohésion et équilibre urbain ; • Répondre à l i p atif écologique ;
urbaine … ) .
• Qualité des espaces publics ; • Améliorer l att a tivit et redynamiser un territoire ;
• Lutte contre les inégalités pour • Valoriser les espaces publics et créer des pôles
replacer l hu ai au œu des d att a tio ;
projets de rénovation urbaine. • Mettre à niveau et désenclaver les quartiers délaissés.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 65


4 ENJEU : LE RENOUVELLEMENT URBAIN

Orientations et déclinaisons Indicateurs

• Cadre physique et environnemental ;


• Dynamiques économiques ;
Renouveler un espace nécessite, pour réussir une opération • Densité brute minimum : cette densité doit être rapportée aux équipements
d ta li une vision globale basée notamment sur : collectifs et commerciaux et aux activités tertiaires ;
• Des structures dédiées porteuses de « Projets de • Pourcentage d i f ast u tu e publique: voies et espaces publics ;
Renouvellement Urbain » et qui sont des leviers d u e • Pourcentage d a tivit s et d e ploi.
nouvelle dynamique locale ;

• Un management opérationnel novateur et des démarches


opérationnelles concertées le long du processus de mise en
œuv e de ces projets: montage efficient, partenariat réussi et
financement garanti ;

• Une approche partenariale avec l e se le des acteurs


concernés ;

• Une démarche solidaire et équitable, participative et


transversale ;

• Une contractualisation affichée et des conventions


définissant les modes opératoires ainsi que les processus et
démarches à entreprendre pour conduire ces projets.

Casa Anfa Finance City

Recommandations d’intégration dans les documents d’urbanisme

SDAU

• Définir les secteurs urbanisés destinés à faire l o jet d op atio s de rénovation, réhabilitation, etc.

PA

• Définir les périmètres des secteurs à restructurer et des secteurs à rénover ;


• Indiquer les différentes actions d i te ve tio telles que la réhabilitation, la reconversion, la restructuration et la régularisation à mener selon les spécificités du territoire ;
• Identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les quartiers, îlots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à
requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique, architectural ou écologique ;
• Indiquer les activités interdites pour incompatibilité avec les exigences des tissus objet desdites interventions ;
• Edicter pour chacun des secteurs les règles, restrictions et servitudes particulières d utilisatio du sol ;
• Fixer les emplacements réservés aux équipements publics, aux installations d'intérêt général ainsi qu'aux espaces verts et aux espaces libres ;
• Déterminer des règles concernant l'aspect extérieur des constructions neuves, rénovées ou réhabilitées, leurs dimensions, leurs conditions d'alignement sur la voirie et de
distance minimale par rapport à la limite séparative et l'aménagement de leurs abords ;
• Préciser le tracé et les caractéristiques des voies de circulation à conserver, à modifier ou à créer, y compris les rues ou sentiers piétonniers et les itinéraires cyclables, les
voies et les espaces réservés au transport public.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 66


4.1 ENJEU : LE RENOUVELLEMENT URBAIN

THÉMATIQUE : LE DROIT A LA VILLE

Définition du concept

A l au e d u millénaire résolument urbain, les


établissements humains que sont les villes, Orientations et déclinaisons
deviennent l o ga isatio dominante du monde et
parallèlement à leur rôle civilisationnel en tant que
carrefour de l o o ie, de la culture, de la solidarité Le droit à la ville peut se décliner comme suit :
et du progrès elles sont également le réceptacle de
 Droit au respect de la propreté par :
problématiques multiples, aussi bien économiques et
sociales, que culturelles et écologiques, qui • Une collecte d o du es ménagères régulière ;
bouleversent la capacité intégratrice de ces villes. • Des façades d i eu les propres et repeintes tous
Mais les gestionnaires semblent avoir oublié u u e les 5 ans (comme prévu dans les arrêtés municipaux
ville, au-delà de son potentiel économique et permanents) ;
industriel, constitue un formidable potentiel humain, • Des chantiers respectueux des riverains c'est-à-dire,
u il convient de protéger, de soigner et de respecter sécurisés et protégés ;
en lui assurant les meilleures conditions de vie dans • Des routes et des trottoirs en bon état ;
un environnement favorable où esthétique et
fonctionnalité s allie t. Ainsi, en échange d u e • Des espaces verts entretenus.
organisation, de services quotidiennement offerts et  Droit à un urbanisme « préventif et réactif »
pour que ces services puissent être efficacement • Traiter le problème des bâtiments totalement ou
rendus à tous, la ville exige de chacun des égards pour partiellement inoccupés, les bâtiments mal entretenus,
le voisinage, une urbanité, et elle implique que chacun fortement dégradés ou en ruine ; les « dents creuses »,
s i li e devant un minimum de devoirs collectifs. les espaces publics mal entretenus ou dégradés, les
C est ce que nous pourrions appeler « le droit de la lieux abandonnés par leurs utilisateurs précédents et
ville » inadaptés aux souhaits actuels de la société. Tous ces
« lieux en transition » ou « temporairement hors
services » échappent à l'attention des acteurs urbains
Enjeux associés habituels et restent inutilisés ou sous-utilisés et ont en
conséquences une influence négative sur leur
• Qualité des espaces ; • mobilité ; environnement ;
publics ; • cohésion sociale.
• Lister les bâtiments abandonnés pouvant faire l o jet
• Sécurité ;
d u e nouvelle affectation ;
Indicateurs
Objectifs • “ assu e de l li i atio des pollutions dans le but de
rétablir une qualité sanitaire et écologique compatible
Inventaire des : avec la réutilisation des lieux (exemple : dépollution des
• Rendre à la ville son rôle de ville esthétique, sols contaminés par les hydrocarbures d u e ancienne
éducatrice … ; • Bâtiments "abandonnés" station services).
• Assurer à tous les habitants des villes des pouvant faire l'objet d'une
 Droit à une législation spécifique
conditions de vie et d'habitat favorisant la nouvelle affectation ;
• Bâtiments habités menaçant • Création d u statut juridique des trottoirs et espaces
cohésion sociale, la justice et l uit .
ruine ; publics (à l i age du « droit de la rue » en France) ;
• Friches urbaines pouvant faire • Introduction d u e loi sur la préemption urbaine pour
l'objet d u renouvellement permettre à la collectivité d a u i en priorité les
Etat des lieux et problématiques urbain ; terrains et lieux abandonnés au nom de l i t t
• Sites devant faire l'objet de général pour les équiper en parcs et en jardins.
La ville marocaine se trouve aujourd'hui dans une dépollution
profonde mutation, superposant des logiques
différentes et accumulant des dynamiques équivoques.
Le droit à la ville est un principe qui implique de
réinventer les relations sociales et la structure spatiale
de la ville.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 67


5 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

Etat des lieux et problématique

Que peut faire une ville pour le bien- être de ses habitants ?

• Les transformations des espaces sous l effet des activités humaines ont une incidence sur la santé, que cela concerne la qualité du logement (matériaux de
construction, qualité de l ai intérieur), les activités économiques (exposition aux polluants et fumées industrielles…) ou la configuration spatiale des villes. Ainsi,
outre ses impacts sur le réchauffement climatique, l tale e t urbain qui favorise les déplacements en automobile est aujou d hui accusé de favoriser la
sédentarité des individus et, en conséquence, d a oît e le risque d o sit (Garden, 2009).
• L e vi o e e t naturel a, lui aussi, des impacts sur l tat de santé d u individu et, aujou d hui, les craintes des effets du réchauffement climatique sur la santé
illustrent bien la reconnaissance de l i pa t de l os st e global sur la santé des populations.

La présence sur le territoire de risques (naturels, technologiques, sanitaires, réseaux, vie courante,…), de pollutions (air, eau, sols et sites,…) de nuisances (bruits, odeurs,
poussières,…) et aussi d u e démographie importante et d u développement économique dynamique ont pour corollaire l'augmentation de la vulnérabilité du territoire
et des habitants .
c

Ce constat impose de maîtriser la problématique des risques, nuisances et pollutions dans sa globalité, d'autant plus que les citoyens expriment une demande sociale et
sociétale de plus en plus forte pour vivre dans « un environnement sain et sans risque ».

Déterminants de la santé en lien avec l’u a is e

1. Qualité des milieux et des ressources: qualité de l ai , de l eau, de l e vi o e e t sonore, gestion d aut es agents physiques (nuisance
lumineuse), nature en ville (faune, flore, paysage), qualité et usage des sols, gestion des déchets et maîtrise de l e gie ;

2. Structures sociales et économiques: cohésion sociale et équité, accès aux équipements, services et activités (culture, sport et loisirs,
commerces et services publics, emploi) ;

3. Cadre de vie, construction et aménagement : qualité du bâti, qualité des aménagements, sécurité et tranquillité.

Facteur influençant la santé en milieu urbain

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 68


5.1 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

THÉMATIQUE : VILLE SANTE

Définition du concept Enjeux

Un type d u a is e favorable à la santé


implique des aménagements qui tendent à Certaines catégories de population nécessitent une attention
promouvoir la santé et le bien être des particulière, et doivent être prises en compte lors de
populations, tout en respectant les trois la age e t de nouveau projet car elles présentent des
piliers du développement durable. Il porte problèmes de santé ou des besoins spécifiques dans un
également les valeurs d galit , de environnement urbain :
coopération intersectorielle et de
participation, valeurs clés de la politique de • Les enfants, premières victimes de la pollution urbaine, soumis
l OM“. aux dangers de la pollution et de la circulation ;
«Santé pour tous » Barton et Tsourou 2000
• Les personnes âgées sensibles à la chaleur et à la pollution,
trouvent des difficultés à se déplacer et à traverser de manière
sécurisée .

Enjeux associés Cadre de référence d’u urbanisme favorable à la santé (de Roué-
Le Gall 2014)

• Densité • Qualité des espaces publics Agir pour un urbanisme favorable à la santé, correspond à
promouvoir des choix d a age e t et d u a is e qui
• Mobilité : privilégier les quartiers de • Protection de l e vi o e e t: pour permettent de :
courtes distances , avec réseau de diminuer le stress, favoriser les relations
cheminements piétons sûrs et continus sociales répondre aux besoins et 1. Réduire les polluants, nuisances et autres agents
permettant de satisfaire les besoins attentes. délétères (émissions & expositions) ;
quotidiens sans être dépendants de la 2. Promouvoir des comportements favorables à la santé
voiture. • Lutte contre les inégalités.
des individus (activité physique & alimentation) ;
3. Contribuer à changer l e vi o e e t social pour
favoriser la cohésion sociale et le bien-être des
Objectifs habitants (espaces publics) ;
4. Corriger les inégalités de santé entre les différents
groupes socio-économiques et personnes vulnérables à
Améliorer les conditions de vie en ville pour préserver la santé des citoyens : l helle d u territoire (éviter le cumul d e positio s à
des facteurs de risques, encourager l e positio à des
1. Agir sur l’e vi o e e t bâti pour assurer au citoyen des conditions de vie agréables facteurs de protection) ;
et sûres. 5. Soulever et gérer, autant que possible, les antagonismes
et les synergies entre les différentes politiques
2. Lutter contre les causes de pathologies «urbaines» : publiques (environnementales, espaces verts,
déplacements, habitat, etc.) ;
• Politiques publiques en matière d h gi e, d ha itat et de préservation de la
6. Mettre en place des stratégies favorisant
qualité de l eau (maladies infectieuses) ;
l intersectorialité et l i pli atio de l e se le des
• Pollution, principalement celle liée à la circulation ( maladies respiratoires) ; parties prenantes, y compris le citoyen ;
• Formes de déplacements et modes d ali e tatio (maladies de « civilisation » : 7. Penser un projet adaptable qui tienne compte de
hypertension, diabète, stress et maladies de la ville (accidents ) . l volutio des modes de vie et des comportements.
3. créer un environnement physique qui évite ou minimise les facteurs de risques tels que
la pollution de l ai , le bruit, la ségrégation sociale, la solitude, le stress et l e lusio de
tout groupe, quel u il soit (personnes handicapées, âgées, démunies, enfants).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 69


5.1 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

THÉMATIQUE : VILLE SANTE

Bonnes pratiques

Déplacements actifs vers l’ ole : Une des façons d e ou age


les déplacements actifs des enfants est l i pla tatio de trajets
entre leur maison et l ole. Cette sélection de trajets vise deux
objectifs principaux : offrir à l e fa t un cheminement plus
sécuritaire et lui permettre de se déplacer à pied ou à vélo.
Forêt de Bouskoura Programme OMS .

Aménagements en faveur des personnes âgées (programme


OMS « villes amies des ainés » :

• Qualité des espaces verts ;


• Accessibilité aux commerces ;
Promenade Corniche Agadir Boulevard Mohamed VI - Marrakech • Aménagements urbains (bancs, toilettes publiques).

Stratégie mise en place Orientations

• Favoriser les déplacements et modes de vie actifs ;


• La Charte nationale de l’e vi o e e t et du développement durable :
• Inciter aux pratiques de sport et de détente ;
Article 3 : Tout citoyen a le droit de vivre et d volue dans un environnement sain et de qualité
qui favorise la préservation de la santé, l pa ouisse e t culturel et l utilisatio durable du • Favoriser la mixité sociale, générationnelle, fonctionnelle ;
patrimoine et des ressources qui y sont disponibles. • Construire des espaces de rencontre, d a ueil et d aide aux
personnes vulnérables ;
• Loi 11-03 relative à la protection et à la mise en valeur de l’e vi o e e t;
• Favoriser l a essi ilit aux services et équipements;
• Loi 12-03 relative aux études d’i pa t sur l’e vi o e e t;
• Assurer les conditions d att a tivit du territoire ;
• Loi 13-03 relative à la lutte contre la pollution de l’ai ;
• Aménager des espaces urbains de qualité ;
• Loi 22-07 sur les aires protégées.
• Préserver la biodiversité et le paysage existant ;
• Favoriser l adaptatio aux évènements climatiques extrêmes ;
Par ailleurs, le Maroc fait partie du réseau S2D (Santé et Développement Durable) 'Association
• Améliorer la qualité de l ai extérieur ;
Internationale pour la promotion de la Santé et le Développement Durable S2D qui a pour objectif
d'apporter un soutien technique et méthodologique à des actions menées dans ces domaines par • Améliorer la qualité et la gestion des eaux ;
des collectivités territoriales (communes, groupement de communes, Régions) en particulier par • Améliorer la qualité sonore de l e vi o e e t et gérer les
celles qui sont engagées dans les réseaux des Villes-Santé de l'OMS. risques liés aux champs électromagnétiques.

Indicateurs

• Surface relative des espaces verts dans la ville ;


• Accès public aux espaces verts (surface des espaces verts ouverts au public/Nombre d ha ita ts ;
• Sites industriels en friche ;
• Nombre d uipe e ts sportifs pour 1000 habitants ;
• Longueur totale des rues piétonnes/surface Annuelle de la ville (km/km2) ;
• Longueur totale des pistes cyclables/surface Annuelle dans la ville (km/km2) ;
• Nombre de places dans les transports publics (Nb de places moyen par jour/population totale) Annuelle pour 1000 habitants ;
• Nombre de kms desservis par les transports publics comparé au nombre total de kms des rues dans la ville.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 70


5.2 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

THÉMATIQUE : SÉCURITÉ

Définition du concept Problématique

«Un urbanisme durable est un urbanisme qui tient compte, dans


l o ga isatio du milieu de vie, des particularités qui peuvent porter • Les risques liés à l’ha itat : le droit à un logement sain est un droit universel
atteinte à la sécurité des personnes. Les principaux champs de compétence
des municipalités, tels u ils sont définis par le cadre juridique qui les régit, • Ne pas avoir de logement est à l o igi e de pathologies physiques,
sont : la protection des biens et des personnes, le transport, l ha itatio , psychiques et sociales ;
l u a is e et la mise en valeur du territoire, les loisirs et la culture, • Habitat clandestin ou « bidonville » ;
l h gi e du milieu, la santé et le bien-être, l e vi o e e t et le soutien • Habitat insalubre ou habitat à risque ;
aux organismes communautaires. Ces champs de compétence constituent
pour les municipalités des leviers qui leur permettent de promouvoir la • Habitat « surpeuplé » qui altère les chances de développement social,
sécurité sur leur territoire , Levaque, 1999 . » scolaire et l uili e familial.
Selon l e u te nationale sur le logement, 554.203 logements, soit 12% du parc urbain,
Guide de l U a is e Durable – Québec sont touchés par l u des niveaux d i salu it extrême nécessitant que ces habitations
soient rasées ou reconstruites. C est la maison marocaine moderne qui est la plus
concernée par les différentes formes de cette insalubrité (63%), suivie par
l appa te e t en immeuble (15%), la construction sommaire (12%) et la maison
Enjeux associés marocaine traditionnelle (9%).

• Inclusion sociale ;
• Qualité des espaces publics ; • L’i s u it liée à la violence urbaine: « Le sentiment de non appartenance à la ville,
• Préservation de l e vi o e e t; sentiment d e lusio causé souvent par un manque d a s aux infrastructures et
aménagement de sports, loisirs, éducation … entraine un déni de citoyenneté et la
• Trame verte et trame bleue pour assurer une maitrise de la pollution. violence urbaine. La crainte de la violence contraint les pauvres à rester chez eux et
les riches à ne pas quitter leurs quartiers fermés. La peur et l i s u it sont
omniprésentes dans la vie de tous, et ont des conséquences graves sur la confiance
Objectifs et le bien-être. »
La face cachée des villes, mettre au jour et vaincre les inégalités en santé en milieu
Assurer aux populations un usage de la ville sécurisé, un habitat réglementaire urbain – OMS, ONU-HABITAT
et un environnement sain. • Les pollutions: Il est important de traiter les pollutions (atmosphérique, des sols) et
nuisances en termes d e positio de la population à toutes ces nuisances.

L o je tif est de minimiser les points noirs sur différents paramètres: l ai , le bruit, la
Stratégie mise en place sécurité des déplacements, les sols pollués.

• Programmes de réhabilitation de construction menaçant ruine lancés en • Problématique liée aux terres agricoles : fragilisation (morcellement) du foncier
2014 au profit de 15000 familles dans différentes villes du Maroc ; ag i ole pa l u a isatio tale e t et itage u ai s , valo isatio pa le âti de
parcelles réservées à l'agriculture urbaine.
• Projet de loi n° 94-12 relatif aux édifices menaçant ruine ;

• Le programme « Villes sans bidonvilles » visant à éradiquer les bidonvilles en


milieu urbain. Il concerne l'ensemble des villes chef-lieu (de région ou de
province) et des centres urbains du Maroc, soit 67 villes et communes.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 71


5.3 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

THÉMATIQUE : GESTION DES RISQUES NATURELS ET TECHNOLOGIQUES

Définition du concept

« La croissance des risques naturels et technologiques est un phénomène mondial préoccupant qui résulte de la densité d o upatio des zones à risque, sujettes à des aléas
ou évènements dangereux, conduisant à des catastrophes. Les risques posent donc un défi mondial pour l ave i et constituent l u des problèmes majeurs du
développement durable. Le risque majeur se définit comme la menace d'un événement à faible occurrence et de grande gravité car touchant des enjeux importants. Un
risque majeur peut se définir aussi comme la survenue soudaine et souvent imprévisible, d'une agression d'origine naturelle ou technologique dont les conséquences pour la
population et l e vi o e e t sont graves en raison du déséquilibre entre besoins et moyens de secours disponibles. »
Ministère délégué auprès du ministre de l e gie, des mines, de l eau et de l e vi o e e t chargé de l e vi o e e t.

Deux catégories principales de risques majeurs sont prévisibles sur le territoire national :

• les risques naturels : avalanche, feu de forêt, inondation, mouvement de terrain, cyclone, tempête, séisme et éruption volcanique ;

• les risques technologiques : risques industriels, nucléaires, rupture de barrage, transports de matières dangereuses.

Enjeux associés Problématique

• Protection de l e vi o e e t « Le Maroc a connu ces dernières années plusieurs catastrophes naturelles (séismes,
• Qualité des matériaux de construction inondations, crues torrentielles, invasions acridiennes, désertification, sécheresse, glissement
de terrains …) et certains accidents technologiques. Ces catastrophes ont été à l o igi e de
• Aménagement des berges des oueds et du littoral pertes de vies humaines considérables, d i po ta ts dégâts matériels et des déficits
Protection du patrimoine pour minimiser et maitriser incalculables sur les plans économique et environnemental. Ainsi, la prévention des risques est
les conséquences des catastrophes naturelles. devenue, peu à peu, une préoccupation majeure pour les différents acteurs dont notamment,
les Départements Ministériels, le secteur privé et les compagnies d assu a e.

Les inondations de ces dernières années, et surtout le séisme d Al Hoceima du 24 février 2004,
ont mis à découvert plusieurs faiblesses intrinsèquement liées à la vulnérabilité du tissu socio-
Objectifs économique et des infrastructures de base, ainsi u au insuffisances sur le plan institutionnel,
technique, et organisationnel, pour faire face à des catastrophes d u e telle ampleur.
Mise en place de mesures préventives pour: C est ainsi que le Maroc, conscient que la connaissance des risques est indispensable à une
meilleure réduction des impacts des catastrophes, œuv e d u e part, pour en faire une
• Contenir l a pleu de l al a ; responsabilité partagée entre l'Etat et les citoyens, et d aut e part, pour prendre en compte la
prévention des risques dans les politiques et stratégies nationales de développement. »
• Maîtriser ses effets ; Ministère délégué auprès du ministre de l e gie, des mines, de l eau et de l e vi o e e t chargé de
l e vi o e e t.
• Réduire l e positio des biens et des personnes.
Face à cette problématique qui aura tendance à s a plifie avec les changements climatiques
qui s op e t, plusieurs règlements ont été adoptés : le Règlement Général Parasismique des
constructions (Actualisation du RPS 2000), le Règlement Général Parasismique des
constructions en terre, le Règlement Général de Construction fixant les règles de sécurité
contre les risques d i e die et de panique dans les constructions.

De même les cartes d aptitude à l u a isatio sont en cours de généralisation sur le territoire
national et des plans de prévention des risques technologiques seront lancés.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 72


5.3 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

THÉMATIQUE : GESTION DES RISQUES NATURELS ET TECHNOLOGIQUES

Stratégie mise en place

Au cours de ces deux dernières décennies, le Maroc a adopté plusieurs textes relatifs à la création, à l o ga isatio et aux attributions de Ministères, Secrétariat d Etat et
Départements dans le domaine de l'Environnement et des catastrophes naturelles et technologiques, et a mis en place un nombre important de textes législatifs et un cadre
institutionnel plus adapté (bien que perfectible). Ainsi, chaque Ministère a intégré (en fonction de ses attributions) dans son action quotidienne, le souci de prévenir les
conséquences destructrices des catastrophes naturelles ou technologiques à travers certaines actions dont on peut citer notamment :

• La préparation de plusieurs plans d a tio s pour la réduction des catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre, invasion acridienne, désertification,
sécheresse, incendies de forêt, etc.) et technologiques (pollution marine, incendies d u it s industrielles, transport de produits dangereux etc.) ;

• La mise en place de plusieurs réseaux de mesures, de surveillance et d'alerte précoce qui ne cessent d t e améliorés et étendus à l e se le du Royaume (les réseaux
sismologique, météorologique, d a o e de crues, d a o e d i vasio s acridiennes et récemment le CRTS pour les technologies spatiales) ;

• L la o atio de plans d i te ve tio , d u ge e et d o ga isatio des secours ; des mesures d a o pag e e t pour la réussite de ces plans ( bien que jugées encore
insuffisantes) sont menées dans les domaines de l i fo atio , la communication, l du atio , la formation, la sensibilisation et la recherche scientifique pour une
meilleure prévention et gestion des risques ;

• La mise en place de plusieurs incitations financières et économiques pour accompagner la réalisation de ces plans. Des progrès notables ont certes été enregistrés;
néanmoins, l'économie marocaine, encore aux prises avec des problèmes de développement et de lutte contre la pauvreté, ne peut supporter le coût de réalisation de
tels projets sans sacrifier des composantes essentielles de son programme de développement socio-économique (éducation, santé, infrastructures de base,
développement rural, etc.).

C est ainsi que le Maroc, conscient que la connaissance des risques est indispensable à une meilleure réduction des impacts des catastrophes, œuv e d u e part, pour en
faire une responsabilité partagée entre l'Etat et les citoyens, et d aut e part, pour prendre en compte la prévention des risques dans les politiques et stratégies de
développement. Rapport national sur la prévention des désastres – synthèse de la conférence de Kobe-Hyogo, Ministère de l A age e t du Territoire, de l Eau et de l E vi o e e t.

1. Le renforcement de la résilience du Maroc à travers l’adoptio de la Stratégie Nationale de Prévention et de Gestion des Risques qui a pour objectifs de:

• Bâtir une gestion intégrée des risques fondée sur une action interministérielle coordonnée au plus haut niveau du gouvernement, et déclinée au niveau local
en partenariat avec les acteurs locaux ;

• Doter le gouvernement d'une stratégie d'intervention en matière des risques, basée sur des mesures de prévention et d'atténuation des risques, en vue de
renforcer la résilience sociale et économique du pays.

Il s agit à travers cette stratégie d assu e :

• La mis en place de systèmes d'alerte rapide pour les inondations, les séismes et les tsunamis ;

• La cartographie des risques de catastrophes ;

• La mise en conformité des constructions aux normes parasismiques ;

• L i t g atio de la gestion des risques dans les plans d'actions communaux et dans les outils d'aménagement des territoires ;

• La réalisation des infrastructures résilientes aux risques de catastrophes.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 73


5.3 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

THÉMATIQUE : GESTION DES RISQUES NATURELS ET TECHNOLOGIQUES

Stratégie mise en place

2. Le Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e - Intégration des principes de développement durable - L i t g atio et la prévention des risques naturels,
industriels et technologiques.

3. Les nouveaux termes de références pour les documents d’u a is e - Principes de l’ur a is e durable - intégrer et prévenir les risques naturels, industriels et
technologiques.

4. Les 50 mesures prises pour améliorer le processus d’ la o atio des documents d’u a is e, on peut retenir : Mesure 28 : Intégrer les mesures de prévention des
risques naturels, industriels et technologiques.

5. Le Règlement Général Parasismique des constructions (Actualisation du RPS 2000).

6. Le Règlement Général Parasismique des constructions en terre.

7. Programme National de l’U a is e Durable - Pilier 2 : Résilience des Territoires

Le Département de l U a is e s est résolument engagé pour le soutien et l a o pag e e t de la stratégie nationale de prévention et de gestion intégrée des risques des
catastrophes naturelles qui vise à prendre en compte la gestion des risques dans les politiques et stratégies nationales de développement de manières multisectorielle en
incluant les aspects de prévention, de mitigation et préparation souvent négligés. Il s agit de doter, à court et moyen terme, l e se le du Territoire National par des «Cartes
d Aptitude à l U a isatio », en tant que documents de référence permettant de prendre en considération la dimension du risque des catastrophes naturelles lors du
processus de la planification urbaine et notamment, en phase d la o atio des différents documents d u a is e.

Exemple de Casablanca – Evaluation des risques dans le SDAU

Les risques naturels


• Inondation, le principal risque naturel pour la région de Casablanca(construction sur les cours d eau
• Erosion littorale (extraction massive de sables dunaires) ;
• Le risque de glissement des terrains sur les versants à forte pente (Nfifikh et Oued El Maleh) ;
• Les incendies de forêt (Bouskoura et Nfifikh).
Les risques sismiques et tsunami
• Le risque d i te sit de Référence est de 5 à 6 sur l helle de Richter (sols des Oueds et des Dayas)
• La mise en œuv e du règlement des constructions parasismique.
• Le tsunami de 1755 après un tremblement de terre de magnitude 9 et qui a détruit la ville de Lisbonne s est produit à
Casablanca (le développement du système de surveillance et d ale te et la mise en œuv e des procédures
d va uatio .
Les risques industriels
• Des secteurs industriels générateurs des risques majeurs, surtout ceux insérés dans le tissu urbain
• La concentration des enjeux entre les ports de Casablanca et Mohammedia.
• Enjeux de vulnérabilité aux bords des établissements à risque l i pla tatio de plusieurs bidonvilles, golf royal de
Mohammedia, présence des dépôts de liquides inflammables à quelques dizaines de mètres des zones d ha itat
collectif à proximité du port de Casablanca.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 74


5 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

Recommandations d’intégration dans les documents Recommandations d’intégration dans les documents
d’urbanisme d’urbanisme

SDAU PA
1. Préserver la ressource en Eau :
• Maitriser l tale e t urbain : en fixant les densités minimales de
• Protection des zones de captage d eau potable sous forme de servitude publique ;
logements différentes selon le territoire et renforcer l i te sit urbaine
• Prendre en considération la capacité des réseaux au regard des constructions
(habitat et activité) dans les centralités pour limiter les obligations et les
envisagées (densité du tissu urbain) ;
temps et distances de déplacements et contribuer activement à
• Interdire toute nouvelle habitation au niveau des Zones humides et limiter
l volutio des pratiques de mobilité ;
l e te sio des habitations existantes ainsi que l i pla tatio d uipe e ts publics
• Inciter à développer un maillage de cheminements doux piétons et
à ceux liés à la valorisation du caractère naturel de la zone ou à sa gestion ;
cycles à l helle de l e se le de la commune;
• Définir des secteurs de mise en valeur des paysages pour des motifs écologiques et
• Optimiser la multifonctionnalité des espaces urbains, périurbains et
imposer un retrait par rapport aux berges des cours d eau en zones urbanisées ou
ruraux ;
urbanisables (à faire figurer sur les documents graphiques) ;
• Maitriser la dispersion des aires d a tivit et des zones commerciales en
• Localiser, en zone urbaine, les espaces non bâtis nécessaires au maintien des
Fixant un cadre au développement et à la création de zones d a tivit
continuités écologiques et les rendre inconstructibles ;
économiques et en définissant des localisations préférentielles des
• Repérer les emplacements prévus pour la captage, schéma des réseaux d eau potable
commerces, en laissant une large place aux centralités ;
• Repérer, délimiter et caractériser l e se le des zones humides et cours d eau et les
• Réorienter les mobilités de manière à favoriser l a s au dispositif de
hiérarchiser selon leur intérêt et leur importance fonctionnelle.
sante de proximité et privilégier les modes de transport à moindre
impact négatif en termes de santé permettant le développement des 2. Assainissement des eaux usées et gestion des eaux pluviales :
mobilités actives favorables à la santé; • Diagnostic : évaluer les besoins en dispositifs d assai isse e t (réseau, STEP),
• Définir les implantations des équipements de santé pluri identifier les secteurs où les phénomènes de ruissellement sont importants et
professionnelles et optimiser les dessertes des établissements génèrent un risque pour la sécurité des habitants et des usagers ;
hospitaliers, centres de santé … : transports publics, …; • Règlement : imposer une part minimale de surfaces non imperméabilisées ou éco-
• Etablir un diagnostic de la qualité de l ai ; aménageables, éventuellement pondérées en fonction de leur nature, afin de
• Etablir un diagnostic identifiant les secteurs et axes exposés aux bruits; contribuer au maintien de la biodiversité et de la nature en ville, imposer un
• Proscrire les extensions urbaines le long des axes routiers les plus pourcentage de surface en pleine terre à la parcelle, imposer ou recommander
bruyants sauf pour les aménagements urbains permettant d e l i stallatio de noues plantées, haies bocagères ou autres plantations susceptibles de
atténuer les nuisances (forme urbaines, orientation, conception, recevoir et infiltrer les eaux pluviales, et ce, en fonction de la topographie de la
végétalisation). parcelle, concernant les aires de stationnement, des modalités d i pla tatio et
d i pe a ilisatio peuvent être recommandées ou imposées, par exemple un taux
d i pe a ilisatio faible de manière à laisser s i filt e les eaux pluviales.
3. Minimiser l’i pa t des Sols pollués :
Indicateurs • Diagnostic : Identifier les sites et sols pollués, interdire ou soumettre à conditions
particulières la création et/ou l e te sio d a tivit s artisanales, industrielles,
Da s la zo e de l tude: commerciales ou agricoles et prescrire des mesures de recul pour implanter les
constructions nouvelles ou les extensions des bâtiments de ces catégories en cas de
a. Existe-t-il des entreprises situées en zone inondable ou en zone propice proximité de zones d ha itat, proscrire l i pla tatio de certaines occupations du sol
aux mouvements de terrain ; si celles-ci présentent des dangers ou des nuisances incompatibles avec son
environnement habité, éloigner les constructions futures (habitations ou immeubles
b. Existe-t-il des habitations situées en zone inondable ou en zone propice
habituellement occupés par des tiers) des installations classées existantes, frapper de
aux mouvements de terrain ;
servitudes spécifiques les sites et sols pollués, imposer l o ligatio s d la o e une
c. Existe-t-il des entreprises situées a proximité d'industries à risque étude des sols préalablement à la construction au niveau d u site pollué.
(pollution, incendie)/réservoirs de carburant ;
4. Minimiser l’i pa t du bruit :
d. Existe-t-il des habitations situées a proximité d'industries à risque
• Diagnostic : dresser un état des lieux des secteurs exposés aux bruits et établir un
(pollution, incendie)/ réservoirs de carburant ;
inventaire des sources de bruit, identifier graphiquement les secteurs où les nuisances
e. Existe-t-il des entreprises ou des habitations situées a proximité de sonores sont le problème dominant ;
décharges ; • Règlement : adapter la hauteur des bâtiments aux conditions de propagation du bruit
f. Existe-t-il des habitations situées a proximité de voies de forte – Bâtiments écran.
circulation, voies ferrées, aéroports ; • Graduer les secteurs en fonction de leur niveau d e positio et de leur sensibilité au
bruit : problématique « entrées de ville », maîtriser l u a isatio à la périphérie
g. Existe-t-il des habitations situées a proximité de lignes de haute
d u e installation bruyante à travers la mise en place d u e zone « tampon » entre
tension.
sources de bruit et les secteurs exposés.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 75


5 ENJEU : SANTÉ ET SÉCURITÉ DES CITOYENS

Recommandations d’intégration dans les documents Dispositions techniques


d’urbanisme
➢ Mieux construire pour préserver la santé :
PA
• Cahier des charges incluant le choix de matériaux et produits
non polluants (interdire le benzène dans les peintures, les
5/Préserver la qualité de l’Ai : produits allergisants contenus dans les colles – les mousses et
• Favoriser l utilisatio des modes doux de déplacement au niveau de l a age e t de l espa e les peintures, les phtalates émanant des plastiques..) ;
public en imposant des normes spécifiques pour le stationnement des vélos : lors de la réalisation • Identifier les exigences en termes d isolatio thermique et
de logements collectifs et d uipe e ts publics, une surface minimale peut être réservée pour la d isolatio phonique, on privilégiera les solutions spatiales
réalisation de locaux « aménagés pour le stationnement vélos »; simples basées sur l loig e e t et l isole e t des sources de
• Favoriser le développement des modes de transport doux en réservant des emplacements pour bruit plutôt que les dispositifs onéreux de correction ;
permettre la réalisation, à termes, des itinéraires de circulations douces ; • Eviter de placer les locaux et équipements bruyants
• Eviter d u a ise ou de densifier fortement les zones d ha itat à proximité des infrastructures les (circulations communes, garages, cages d as e seu s,
plus émettrices de polluants; chaufferie, ventilation) en contact direct avec les pièces
• -imposer un retrait des constructions par rapport aux voies les plus émettrices de polluants; calmes (chambres, etc.) ;
• Prévoir ou renforcer les écrans végétalisés situés à proximité des principales infrastructures • Chercher à juxtaposer les différentes pièces humides de telle
émettrices de polluants; sorte que les gaines de ventilation, descentes d eau et
• Positionner les activités industrielles polluantes de telle sorte que les vents dominants ne alimentations ne soient pas en contact direct avec les pièces
rabattent pas les polluants sur les secteurs résidentiels; calmes de l appa te e t ou d u autre ;
• Restreindre le choix d esse es et de végétaux sur les espaces libres en fonction de leurs capacités • Se servir de l a hite tu e comme écran sonore.
de captation et de rétention des polluants et en évitant les plantes allergènes; • Chercher à concilier confort visuel et confort acoustique en
6/ Améliorer l’a essi ilit par le système de transports publics par l ide tifi atio de sites à enjeu limitant l e positio des pièces et locaux aux bruits par une
fort de valorisation des axes lourds de transports en commun. implantation et une orientation qui tiennent compte du
paysage sonore environnant.
7/ Lutter contre les changements climatiques : Info Fiches Eco Construction - Guide pratique pour la construction et la
• utiliser le végétal dans et aux abords des villes pour la régulation locale du climat : en rénovation durables de petits bâtiments
préservant les emprises naturelles et agricoles insérées dans l u ai , en définissant un
coefficient d espa es en pleine terre à la parcelle, assorti de prescriptions pour les plantations, ➢ Etablir un schéma directeur de santé
identifiant les éléments de paysages à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des • Création de pôles de santé en fonction de la densité de
motifs d o d e écologique, en définissant un coefficient de végétalisation ; population dans les différents quartiers tenant compte des
• privilégier les formes urbaines permettant des ouvertures latérales depuis l espa e public, en standards internationaux.
règlementant l i pla tatio des constructions par rapport aux limites séparatives ; ➢ Prendre en compte les risques liés aux champs magnétiques
8/ Prendre en compte l’i pa t des champs électromagnétiques : Tout fil électrique sous tension produit un champ électrique dans
• Diagnostic : dresser un inventaire des lignes électriques ; son voisinage. Contrairement aux champs électriques, les champs
• Règlement : traduction par une zone non aedificandi des espaces soumis aux risques électriques magnétiques appa aisse t que lors du passage d u courant
et électromagnétiques (ou au risque de rupture de canalisation), éloignement des zones électrique dans un conducteur.
habitées nouvelles par rapport aux lignes (ou réseaux) existantes ou à créer. Ces champs sont d'origines diverses :
• Réseaux électriques (lignes à haute tension);
9/ Favoriser l’a s à une alimentation saine : • Réseaux de communication sans fil (Wifi, WiMax, BLR,
• Diagnostic : un descriptif et une cartographie de l o upatio agricole des sols, distinguant les antennes relais de téléphonie mobile, antennes de
différents types d ag i ultu e sur le territoire, une analyse de la dynamique des terres agricoles ( radiodiffusion (FM), antennes de télédiffusion (TV, TNT...),
pression foncière…), une analyse des besoins en terres agricoles, une analyse des enjeux antennes de réseaux privés (PMR Pompiers, Polices,
environnementaux en lien avec l a tivit agricole (besoins en eau, risques inondation…). Ambulances, Transports Urbains (Tramway, bus…).
• Règlement : préserver les parcelles en milieu urbain et destinées à recevoir une activité agricole Les champs électromagnétiques, générés par ces installations sont
en tant que « terrains cultivés à protéger et inconstructibles ». désormais identifiés comme des risques émergents, et interpellent
la population quant à l ve tualit de risques pour la santé. Même
10/ Promouvoir l’A tivit physique:
si à ce jour, aucune preuve scientifique ne confirme des effets à
• Diagnostic : analyser l a s de la population aux espaces verts, analyser le niveau long terme, concernant une exposition faible mais régulière, le 31
d uipe e t du territoire en équipements sportifs, cartographier le réseau de pistes cyclables. mai 2011, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC)
• Règlement : Fixer un zonage spécifique aux espaces naturels accueillant des équipements relevant de l O ga isatio Mondiale de la Santé a classé les champs
collectifs en précisant les règles permettant de concilier la réalisation des équipements et la électromagnétiques de radiofréquences comme pouvant être
préservation des qualités naturelles du site, par exemple en définissant un pourcentage cancérogènes pour l ho e sur la base d u risque accru de
maximal d i pe a ilisatio de la zone. gliome, un type de cancer malin du cerveau, associé à l utilisatio
du téléphone sans fil.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 76


6 ENJEU : LUTTE CONTRE LES INNEGALITES

Etat des lieux et problématique

L e pa sio urbaine des villes durant les dernières décennies a encouragé la ségrégation
sociale au détriment de la mixité sociale et a conduit à l late e t de la ville et à une fracture
urbaine source d e lusio socio-économique et de fragmentation du territoire.

Le principe d i lusio sociale est multidimensionnel. Il couvre aussi bien les sphères sociale,
économique, politique, civile, culturelle, relationnelle, numérique que générationnelle et de
genre. Il s est imposé comme un objectif des politiques sociales à tous les niveaux à mesure
que les inégalités s a oissaie t au niveau mondial et au sein des États.

L i galit de genre représente, parmi les inégalités sociales, un enjeu persistant et universel.
Le droit international et aussi les objectifs de développement en font une priorité de l age da
politique aux niveaux international, régional, national et local.

Les politiques publiques locales constituent un niveau d a tio essentiel pour prévenir,
diagnostiquer et lutter contre les problèmes de cohésion sociale sur le territoire.

Objectifs Enjeux associés

• Favoriser l’i t g atio et la cohésion sociales par l a age e t de l espa e et des • Renouvellement urbaine ;
démarches d u a is e et de configuration urbaine spécifiques ;
• Mobilité urbaine ;
• Donner accès à tous aux biens et ressources nécessaires pour vivre dignement (emploi, • Mixité urbaine ;
logement, éducation, santé, culture…) ;
• Fo es d u a isatio ;
• Simplifier la pratique de la ville pour les femmes et les enfants, les personnes âgées, les • Santé et sécurité des citoyens.
PMR …

• Prévenir les situations sources d’e lusio : dépendance, isolement, pauvreté, échec
scolaire…

10
RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 77
4
6 ENJEU : LUTTE CONTRE LES INNEGALITES

Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc

➢ La Constitution de 2011 :

Article 31 : L Etat, les établissements publics et les collectivités territoriales œuv e t à la mobilisation de tous les moyens disponibles pour faciliter l gal accès des
citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir du droit au développement durable.

Article 35 : L Etat œuv e à la réalisation d u développement humain et durable, à même de permettre la consolidation de la justice sociale et la préservation des ressources
naturelles nationales et des droits des générations futures.

Article 136 : L o ga isatio territoriale du Royaume (…) assure la participation des populations concernées à la gestion de leurs affaires et favorise leur contribution au
développement humain intégré et durable.

➢ La Charte nationale de l’e vi o e e t et du développement durable :

Les grands principes : La consolidation de l u it nationale ; l i s iptio du citoyen comme objectif du développement ; la conciliation entre efficacité économique et
cohésion sociale ; l i t g atio de l ho e à son environnement ; la promotion de la solidarité entre toutes les composantes du territoire national …

➢ La Stratégie Nationale de Développement Durable SNDD :

Enjeu 6 : Promouvoir le développement humain et réduire les inégalités sociales et territoriales.

➢ L’I itiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) basée sur les axes stratégiques suivants:

• Lutte contre la pauvreté en milieu rural ;

• Lutte contre l e lusio sociale en milieu urbain ;

• Lutte contre la précarité ;

• Mise à niveau territoriale.

➢ Le Plan Gouvernemental pour l’Egalit (PGE) 2012-2016 «ICRAM» qui constitue le cadre de convergence des différentes initiatives visant la promotion de l galit entre
les femmes et les hommes et l i t g atio des droits des femmes au niveau des politiques publiques et programmes de développement. C est également un outil
permettant la déclinaison des engagements formulés au niveau du programme gouvernemental 2012-2016.

➢ Les nouveaux termes de références pour les documents d’u a is e: Principes de l’u a is e durable qui vise à assurer à la population un cadre de vie sûr, adapté et
à même de satisfaire les besoins et les attentes des citoyens dans leur diversité ; créer les conditions d u e économie dynamique, équilibrée, ouverte à tous et
équitable.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 78


6.1 ENJEU : LUTTE CONTRE LES INNEGALITES

THÉMATIQUE : INCLUSION SOCIALE

Définition du concept Problématique

«L’i lusio sociale» suppose l a s du citoyen aux infrastructures et aux


services sociaux, culturels et économiques. Les populations et individus sont Les villes constituent, aujou d hui, l espa e de vie de la majorité de la
« inclus » s ils sont en mesure de participer à l la o atio et la mise en œuv e population marocaine, le cadre territorial de son enracinement, le lieu
d u projet de société, par opposition à l e lusio sociale qui s e p i e à travers d a age de la plupart des activités, des richesses et de la production
la pauvreté, le chômage ou la précarité dans le travail, les déficits éducatifs, le nationale.
handicap, la dépendance.
Les villes sont aussi des territoires où s e p i e t les contrastes de la
L'inclusion sociale urbaine, définie par la capacité d'une ville à assurer le bien société marocaine : des groupements d ha itat insalubre, lieux de
être de sa population en réduisant les disparités et la marginalisation. concentration de la pauvreté et de l e lusio sociale, côtoient les
grands ensembles résidentiels de haut standing et les secteurs de villas
et dessinent les contours d u espace urbain fragmenté qui constitue
un immense chantier pour l a tio publique.
Objectifs
Ces constats soulignent la nécessité de promouvoir un développement
équilibré des villes qui renforce leur capacité potentielle productive
tout en maintenant la cohésion sociale et en assurant un cadre de vie
L’ uit permettant aux quartiers défavorisés de profiter d effo ts accrus et digne et durable.
soutenus en vue de réduire les écarts socio-économiques avec les quartiers
favorisés.

L’a essi ilit à tous les services de base: en vue de permettre aux citoyens Enjeux associés
confrontés à des limites dans leur capacité de participer à la vie collective de
profiter des outils leur permettant d a de le plus possible aux occasions offertes
à tous et à toutes, dont la proximité des services et l adaptatio de l i fo atio .
• Renouvellement urbain ;
La participation citoyenne: tous les citoyens devraient jouer un rôle actif dans la • Mobilité urbaine ;
vie collective selon leurs capacités ou leurs intérêts dans leurs réseaux • Mixité urbaine ;
d appa te a e, leur quartier, le village urbain et la ville.
• Fo es d u a isatio ;
Lutte contre l’e lusio dans ses différentes dimensions: sociale, économique, • Santé et sécurité des citoyens.
politique, civile, culturelle, relationnelle, numérique, générationnelle et de genre.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 79


6.1 ENJEU : LUTTE CONTRE LES INNEGALITES

THÉMATIQUE : UTILISATION DE L’ESPACE GENRE

Définition du concept Problématique

L usage de l espa e public répond à des codes différents


La question du genre se pose dans (homme/femme). Les hommes et les femmes ne se
tous les domaines de la vie d u déplacent pas de la même façon dans la ville, utilise t pas
individu : marché du travail, famille, les mêmes lieux, ont pas les mêmes rôles, ne sont pas
citoyenneté, loisirs, pratique de exposés aux mêmes difficultés, les questions sécuritaires ne
l espa e … Elle fait partie de la se posent pas de la même façon pour les femmes et pour les
construction identitaire de tout hommes, de jour et de nuit. Les deux abordent l espa e
individu et traverse l e se le des urbain de façon différente.
classes sociales et des
problématiques humaines. Les mécanismes sociaux, culturels, environnementaux et
urbanistiques qui « font la ville» d aujou d hui contribuent à
L e jeu est de savoir comment exclure les femmes et les jeunes filles, non seulement de
s app op ie l espa e public à l espa e public, mais aussi des décisions concernant
égalité, comment le neutraliser pour l u a is e et l o ga isatio de la Ville ainsi que de la
éviter de le qualifier sous l a gle des citoyenneté. Les femmes ne sont pas actrices à part entière
pratiques sexuées stéréotypées. de la ville, elles ne contribuent pas suffisamment aux
décisions en matière d a age e t de l espa e public ou
Ainsi, l app o he genre vise une plus d a i atio de cet espace.
grande égalité dans les rapports
sociaux et l empowerment ou
autonomisation des femmes, en
l o u e e, dans ses pratiques de Objectifs
l espa e de la ville.

• Le renforcement de l a s équitable et égalitaire aux


services de proximité ;

• Le développement des infrastructures de base pour


Enjeux associés améliorer les conditions de vie des femmes et des jeunes
filles ;

• Mobilité urbaine ; • La construction de nouveaux rapports sociaux entre les


• Sécurité ; femmes et les hommes, garantissant la participation
• Proximité ; équitable et égalitaire dans la conception de leur espace
• Transport ; partagé.

10
7

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 80


6.1 ENJEU : LUTTE CONTRE LES INNEGALITES

THÉMATIQUE : UTILISATION DE L’ESPACE GENRE

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et déclinaisons


d’urbanisme

SDAU L'aménagement et la forme des villes à différentes échelles peuvent favoriser


l'inclusion ou l'exclusion par l'affectation des terrains, le transport en commun,
▪ Limiter la création de zones monofonctionnelles ; les espaces publics et la mixité sociale :
▪ Identifier les quartiers défavorisés en matière d uipe e ts de base et
• L'affectation des terrains
d i f ast u tu es nécessitant de faire l o jet de projets de
L'utilisation mixte des terrains est l'un des aspects essentiels de la forme urbaine
restructuration et de requalification urbaine ;
qui favorise un environnement inclusif.
▪ Favoriser une occupation plus resserrée au voisinage des centralités,
d uipe e ts ou de services en vue de développer la notion de ville de • Espaces publics
proximité et des espaces de transition. L'aménagement et la prise en compte du rôle majeur des espaces publics qui
PA représentent un élément essentiel de la forme urbaine de la vie urbaine et de
l'identité de la ville. Leur centralité accessible à tout public favorise le
• Etablir un diagnostic des besoins en logements pour agir sur la regroupement des personnes d'origines diverses.
programmation et la production de logements et définir sur quels types
de logements concentrer les efforts de production afin de permettre à • Transport
chacun l a s à un logement digne, compatible avec ses moyens Le transport aide à favoriser l'accessibilité à l'intérieur de la ville et élimine
financiers; l'isolation. Il constitue un élément clé de la porosité urbaine.
• Développer les villes autour du transport collectif ;
• Les équipements
• Optimiser le réseau routier et son utilisation ; Une meilleure implantation des services et des fonctions et une connectivité
• Faire cohabiter l ha itat individuel et semi-collectif en vue d assurer une accrue constituent des facteurs déterminants de l i lusio sociale.
cohésion urbaine entre les différents types d ha itat et formes urbaines ;
• Opter pour une diversité des typologies de l ha itat : Cette diversité • Accès à l'emploi
permet d off i une variété de logements, en termes de taille, de statut Résider en milieu urbain favorise l'accès à l'emploi. De manière générale, il est
d o upatio (accession, location), de forme d ha itat et de mode de aujourd'hui communément admis que la ville compacte favorise le concept de la
financement (libre, maîtrisé, social) tout en veillant à une répartition ville des courtes distances qui permet de rapprocher le domicile et le lieu de
homogène et équilibrée sur tout le territoire ; travail et d'avoir accès à un plus grand nombre de biens et de services dans un
périmètre donné.
• Définir des orientations d a age e t des espaces publics permettant
d a lio e leurs traitements comme lieux privilégiés de rencontre et • La compacité des tissus
d a i atio ; Des trames foncières plus compactes, mieux reliées et mieux intégrées
• Créer des espaces de convivialité en définissant des servitudes pour la permettent une plus grande cohésion sociale.
réalisation d uipe e ts publics accessibles à tous ( personnes âgées,
personnes à mobilité réduite, femmes…).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 81


7 ENJEU : TRAME VERTE

Définition du concept Réglementation en vigueur / stratégie mise en


place au Maroc

La Stratégie Nationale de Développement Durable, notamment, à


La trame verte se définit comme l e se le des travers l e jeu 3 : Améliorer la gestion et la valorisation des
espaces supportant le végétal sous toutes ses formes : ressources naturelles et renforcer la conservation de la
arbres d alig e e t, bandes arbustives ou herbacées, biodiversité.
prairies, parcs, squares, ouvrages hydrauliques de
surface. Elle constitue le corollaire indispensable à la Le Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e stipule
densité bâtie recherchée, en étant vecteur de qualité aux fins d’i t g atio des principes de développement durable
paysagère, d att uatio des vis à vis, de production qui prône la préservation des zones agricoles, des zones sensibles,
d espa es récréatifs, de respiration du tissu bâti, de des espaces littoraux, des sites naturels, archéologiques et
régulation thermique et de rafraîchissement local. culturels et des paysages et la sauvegarde des équilibres
écologiques ;
Elle permet également de restaurer un taux Ceinture verte de Rabat
d a so ptio de CO2 en ville. Les nouveaux termes de référence des documents d’u a is e
qui ont pour objectifs de :
Elle constitue enfin l a i de la plupart des espèces
animales et, lo s u elle est correctement connectée • Mettre en exergue les principes de l u a is e durable,
au territoire, participe à la constitution de corridors notamment par la promotion des approches modernes,
écologiques indispensables au développement de la économes en énergie et répondant aux principes de
biodiversité. préservation et de protection des zones agricoles, naturelles
et forestières et aux impératifs écologiques du
Améliorer l U a is e par un Référentiel Forêt de la Maamora développement urbain ;
dA age e t , AURA- Montpellier
• Préserver les ressources naturelles, le patrimoine et le
paysage ;

Le Programme National de l’U a is e Durable et notamment :


Enjeux associés
Pilier 1 : Planification stratégique durable : Une nouvelle
génération de documents d u a is e mettant en exergue les
principes de l u a is e durable;
• Mobilité urbaine/Mobilité douce : pouvoir Fo t d Ifrane
Pilier 3 : Durabilité des Territoires ;
marcher le long d u itinéraire vert «mi-promenade
urbaine, mi-jardin public » ; Mise en place de nouvelles approches innovantes traitant,
notamment, de la promotion de l ag i ultu e urbaine.
• Formes d’u a isatio : les espaces de nature dans
les environnements urbains participent à
l a eptatio de la densité ; Objectifs
• trame bleue : mise en place avec la trame verte
pour enrayer le déclin de la biodiversité au travers
Ja di d essais ota i ues - Rabat • Rétablir les « connexions vertes » ;
de la préservation et de la restauration des
continuités écologiques (Grenelle de • Préserver les espaces verts, les paysages et les zones naturelles
l E vi o e e t ; sensibles ;
• Protection de l’e vi o e e t : participe à la • Éviter de mettre en péril espèces, habitats naturels et terres
constitution de corridors écologiques agricoles ;
indispensables au développement de la
biodiversité ; • Favoriser la libre circulation des animaux et des plantes.

• Efficacité énergétique : les espaces de nature


peuvent créer des effets microclimat.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 82


7.1
7 ENJEU : TRAME VERTE

THÉMATIQUE : PRESERVER LA BIODIVERSITE

Recommandations d’intégration dans les documents d’urbanisme

SDAU
Initier la notion de « périphérique vert » qui consacrerait une partie des surfaces linéaires longeant les autoroutes à être plantée d a es et plus particulièrement les « terrains
vagues » entre les 2 voies d auto outes.

PA
• Planifier les espaces verts de manière à ce que chaque habitant dispose d u espace vert à environ 15 minutes de marche de son domicile ;
• Encadrer l i pla tatio des bâtiments afin u elle soit plus respectueuse du site, de la végétation et de la topographie (avec prise en compte du ruissellement si nécessaire)
et définir des procédures de compensation systématiques lors de l a a hage ou de l a attage d a es ;
• Intégrer des espaces verts dans les cours intérieures et les œu s d ilots ;
• Créer des parcs naturels, des espaces verts, des lacs, des plans d eau non accessibles (ou partiellement accessibles) pour garantir les biotopes naturels ;
• Insérer un COS végétal à respecter pour les lotissements et groupes d ha itatio s en périphérie ( les normes internationales prévoient entre 12 et 15m2 d espa es verts par
habitant ).

Indicateurs Bonnes pratiques

A chaque nouveau projet dans le secteur de l'étude


En France :
a. Y a-t-il eu au préalable une analyse environnementale et une
étude de la biodiversité ? • Les Schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE), l outil régional
b. Les choix architecturaux respectent-ils les écosystèmes pour identifier les trames vertes et bleues régionales et agir dans les
présents, le paysage , les espaces naturels ? territoires pour les préserver ;
c. Le chantier est il respectueux de l'hygiène et de la sécurité et • L o ligatio réglementaire pour les élus de prendre en compte les
des plantations existantes ? continuités écologiques dans leur document d u a is e, que ce soit une
d. Les matériaux utilisés n'ont aucun d'impact sur la santé et sur carte communale, un PLU, PLUI ou SCOT. [Link]é-biodiversité.com
l'environnement.

Dispositions techniques

• Combiner avec les entrées de villes : jardin botanique, pépinières, jardin aromatique, parcs, agriculture urbaine…etc. Ce qui aurait un double avantage,
permettre une transition douce entre le rural et la ville et offrir aux citoyens un espace de détente, découverte, sensibilisation et parcours ville santé;
• Assurer la continuité de la trame verte en ville. Elle est constituée des espaces verts publics et aussi des parcelles privées ;
• Obliger les promoteurs à compenser les « barres » de logements sociaux qui détruisent le paysage périurbain par un pourcentage minimal d espa es verts
(COS végétal). Exemple de l'opération "Riad " [Commune rurale Sidi Hajjaj Oued Hassar, Province Mediouna, Casablanca] qui porte sur une superficie totale de
175 ha, pour le recasement de 8.386 ménages bidonvillois, devrait comporter 30 ha d espa es verts selon les normes internationale et en comptant seulement
3 personnes par ménage ;
• Proposer au niveau des entrées de villes des « cités-jardins » : « Avec l a hipel littéral, on peut imaginer des îlots d ha itat au milieu de la nature. Il s agit
d i ve te une qualité d ha itat que l o ne peut trouver en centre-ville : ni la ville, ni la campagne, mais des îles bâties au œu d u e nature préservée pour
un nouveau mode d ha ite . » Christian de Portzamparc, Faire archipel

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 83


7.1 ENJEU: TRAME VERTE

THÉMATIQUE : PRESERVER LA BIODIVERSITE

Définition du concept Problématique

Le terme « biodiversité » désigne « toutes espèces


vivantes animales et végétales vivant dans les « La biodiversité et les écosystèmes au sein desquels elle s e p i e,
Définition terrestres,
différents écosystèmes du concept marins et fournissent un grand nombre des biens et services qui soutiennent la vie
aquatiques » . humaine : la fourniture des aliments, les combustibles et les matériaux de
construction ; la purification de l ai et de l eau ; la stabilisation et la
Loi n° 11-03 relative à la protection et à la mise en valeur de modération du climat de la planète ; la modération des inondations, des
l'environnement sécheresses, des températures extrêmes et des forces éoliennes ; la
génération et le renouvellement de la fertilité des sols ; le maintien des
ressources génétiques qui contribuent à la variété des cultures et à la
Enjeux associés Famille des Euphorbes endémique sélection des animaux, des médicaments et d aut es produits et des
au Maroc avantages culturels, récréatifs et esthétiques. « Ces services procurent
ainsi d i o a les fonctionnalités aux humains qui sont aussi un des
maillons de ce tissu vivant de la planète et ne vivent pas détachés de lui » .
• Ville santé : Plus la présence de la nature est
importante en ville, plus cette dernière devient
vivable, supportable voire agréable. Son
intégration dans la ville peut agir de façon positive Les diverses pressions qui s e e e t sur la biodiversité résultent pour
et durable sur la qualité de vie de ses habitants. Ses l esse tiel de la manière dont notre société, dans ses choix
nombreuses fonctions (paysagère, biologique, da age e t du territoire, de productions et d e ploitatio , utilise
bioclimatique, assainissement, etc.) ont des l espa e et les ressources naturelles. Les causes sous-jacentes de l osio
répercussions directes sur la santé et le bien-être ; de la biodiversité sont ainsi largement de nature socio-
Exemple de jardin sec économique :
• Protection de l’e vi o e e t : participe à la
constitution de corridors écologiques • La transformation de l usage des terres par les activités humaines :
indispensables au développement de la impact des activités agricoles (culture, élevage et plantations de
biodiversité ; bois), des industries d e t a tio (mines, pêcheries, coupes
• Trame bleue: participe au développement de la forestières et cueillettes) et du développement humain, des
biodiversité ; transports et de l u a isatio ;
• Finitude de l’u a isatio : l a oisse e t des • La pollution des sols, de l eau et de l at osph e accentue la
surfaces urbanisées participe au recul et au dégradation des milieux naturels et affecte directement certaines
morcellement des milieux naturels et à Flamands roses - oued Massa espèces ;
l effa e e t progressif des paysages ruraux à la
périphérie des villes. • L aug e tatio de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone,
méthane, etc.) due aux activités humaines est responsable de la
disparition d u quart des espèces animales et végétales d i i 2050
en raison du réchauffement climatique.
Objectifs Plan Bâtiment Durable (France) – Rapport Bâtiment et Biodiversité, 2015

• Préserver l uili e écologique, les espaces verts,


les paysages et les zones naturelles sensibles, et les Localisation du singe Magot (en
mettre en valeur; voie de disparition)

• Éviter de mettre en péril espèces, habitats naturels


et terres agricoles;

• Offrir un cadre de vie favorable à la santé.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 84


7.1 ENJEU : TRAME VERTE

THÉMATIQUE : PRESERVER LA BIODIVERSITE

Recommandations d’intégration dans les documents d’urbanisme Orientations et déclinaisons

SDAU • Encadrer l i pla tatio des bâtiments afin u elle soit plus
Rapport analyse diagnostic : respectueuse du site, de la végétation et de la topographie
(avec prise en compte du ruissellement si nécessaire) et
• Etablir un état des lieux précis des différents écosystèmes et un diagnostic objectif définir des procédures de compensation systématiques lors
permettant d'adopter les mesures adéquates au-delà des protections existantes ; de l e l ve e t ou de l a atage d a es ;
• Préciser les espaces à protéger dans un schéma de continuités écologiques (éléments • Encourager la réalisation de toitures végétalisées ;
constitutifs de la trame verte et bleue) ; • Encourager la réalisation de façades vertes qui permettent
• Démontrer l'intérêt de "voies vertes" de préférence cyclistes ou piétonnes . d aug e te les surfaces vertes et la biodiversité en revêtant
Orientation d’a age e t : de végétaux les façades des bâtiments, en tout ou en partie ;
• Fixer les orientations générales et veiller au respect des équilibres entre développement • Maintenir la biodiversité par la protection des milieux les plus
économique, social et qualité de l'environnement. Pour cela, Il est possible de fixer des
riches ;
objectifs chiffrés de protection ;
• Préserver l i te o e io des milieux riches en biodiversité,
• Définir les objectifs de protection des espaces naturels, en complément de ceux déjà
via des milieux plus ordinaires, pour en assurer la pérennité
existants ;
• Délimiter dans les espaces urbains ou agricoles des espaces spécialement réservés à la sur tout le territoire ;
nature et à la biodiversité, sous forme de « réservoirs de biodiversité » mis en réseau ; • Maintenir l uili e de paysages par la continuité des
• Définir les grands enjeux d uili e, de développement et de protection ; corridors biologiques qui doivent être confortés, y compris
• Délimiter des « voies vertes » ou infrastructures écologiques offrant une circulation dans le tissu urbain, où leur continuité peut servir de trame
douce, avec plantations d'espèces locales et régionales, dont le tracé ferait l'objet d'un verte et bleue à des fins de détente et de loisirs ;
emplacement réservé dans les PA . • Mettre en avant un principe de compensation lors de toute
atteinte aux milieux.
PA

Rapport analyse diagnostic :


• Etablir la cartographie des espaces naturels remarquables à préserver, localisation et Indicateurs
délimitation ;
• Répertorier, localiser et identifier les espèces endémiques et les continuités écologiques ; • Dans le secteur de l'étude :
• Présenter une analyse de la consommation d espa es naturels, agricoles et forestiers ; a. Existe-t-il un zonage de protection de la nature ?
• Prendre en compte les espaces et milieux naturels identifiés et localisés par le SDAU ;
• Répertorier, localiser et identifier les espaces non classés mais qui ont un intérêt b. Y a-t-il un espace classé " naturel sensible" ( zone de chasse,
écologique, notamment dans le cadre une continuité écologique ; zone naturelle d'intérêt écologique…)dans le secteur étudié
• Identifier les points de conflits, les espaces soumis à pression. et une gestion appropriée?
Orientation d’a age e t : c. Y a-t-il une action menée pour la préservation du littoral ?
• Préciser les espaces à protéger dans un schéma de continuités écologiques (éléments d. Y a-t-il un plan d'actions pour la préservation de la
constitutifs de la trame verte et bleue) ; biodiversité?
• Définir une « trame verte et bleue » qui relie entre les espaces naturels en utilisant
notamment les cours d eau et leurs abords et des coulées vertes, si possible ouvertes au e. Y a-t-il un plan d'actions pour rapprocher les usagers de la
public ; biodiversité (végétalisation des cours d'école, création de
• Délimiter dans les espaces urbains ou agricoles, des espaces spécialement réservés à la jardins partagés, observation d'oiseaux… ?
nature et à la biodiversité, sous forme de « réservoirs de biodiversité » mis en réseau ; • Nombre d'arbres plantés annuellement en zone urbanisée, axe
• Identifier les opérations d'aménagement concernées par des mesures de compensation routier, zone agricole, rapporté au nombre total d'arbre du
ou subordonnées à la réalisation d u site naturel ; secteur étudié ;
• Instaurer un zonage spécifique pour définir les zones de corridor écologique ; • Surface d'espaces verts (publics, privés, trame verte ou bleue)
• Délimiter des zones naturelles générales ou spécifiques. Celles-ci peuvent être étendues en continuité avec les espaces naturels rapportée à la surface
le plus largement possible aux abords des cours d eau. totale.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 85


7.1 ENJEU : TRAME VERTE

THÉMATIQUE : PRESERVER LA BIODIVERSITE

Bonnes pratiques

Toitures végétalisées
Les toitures végétalisées consiste à recouvrir d'un substrat et de
végétation un toit plat ou en pente. Outre l aspe t esthétique,
différentes études menées en Europe depuis les années 80 ont
confirmé l i t t des toitures végétales dans une perspective de
restauration ou de protection de la biodiversité et de l'Environnement
en milieu urbain et plus particulièrement en ce qui concerne la qualité
de l'air et l'atténuation des îlots de chaleur urbaine. Avec des coûts
d e t etie et des surcoûts de construction faibles, cette technique
totalement éprouvée et relativement facile à mettre en place, ne
cause aucune altération au bâtiment et se révèle même plus stable et
plus étanche que des systèmes plus classiques de toitures plates.
[Link]

Façades vertes

Les façades vertes apportent des bienfaits non négligeables à la vie


faunistique et contribuent ainsi grandement à la biodiversité. Les végétaux
grimpants hébergent en effet une grande variété d i ve t s, base d u e
plus vaste palette d aut es manifestations de la vie animale.

De même la végétalisation des façades offre de nombreux avantages pour la


ville dans le sens où elle participe à la rétention des eaux pluviales, améliore
l isolatio et l i e tie thermique des bâtiments, ainsi que l isolatio
phonique, participe à la régulation de la température et contribue à lutter
contre le phénomène d îlots de chaleur, améliore aussi la qualité de l ai ainsi
que le paysage urbain car elle constitue le moyen par excellence permettant
de renforcer la présence de la nature dans la ville (Maillage vert et couloirs
biologiques).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 86


7.2 ENJEU : TRAME VERTE

THÉMATIQUE : AGRICULTURE URBAINE

Définition du concept Stratégie mise en place


Selon la FAO , l ag i ultu e urbaine se réfère à des
petites surfaces (par exemple, terrains vagues, • Programme National de l’U a is e Durable
jardins, vergers, balcons, toits, terrasses, récipients
divers) utilisées en ville pour cultiver quelques Pilier 3 : Durabilité des Territoires
plantes et élever des petits animaux et des vaches
laitières en vue de la consommation du ménage ou En matière de durabilité des territoires, de nouvelles approches
des ventes de proximité. innovantes sont en cours de développement au niveau des villes
marocaines, notamment, celles relatives à la promotion de
Elle comprend aussi bien les agricultures l’ag i ultu e urbaine.
professionnelles des agriculteurs (horticulteurs,
pépiniéristes, arboriculteurs, serristes, éleveurs, • Quatre projets pilotes ont été mis en place dans la région du
céréaliculteurs, etc.) que les jardinages et élevages Grand Casablanca:
amateurs (jardins familiaux, associatifs,
1. le premier est implanté au niveau du Technopole de
pédagogiques, partagés, etc.).
Nouacer réutilisant les eaux usées déversées par les sites
industriels à des fins agricoles ;
Enjeux associés 2. le 2ème a été développé dans le douar Oulad Ahmed avec
pour objectif la mise en place de pôle d ag i ultu e
urbaine pour contribuer au développement de la zone ;
• Forme de l u a isatio / finitude d u a isatio 3. le 3ème a pour cadre Oued El Maleh et a pour objectif de
composition urbaine/Entrée de ville, pour préserver le patrimoine de la vallée ;
permettre la continuité des couloirs verts favorisant 4. le dernier est déployé dans la localité de Dar Bouazza pour
la préservation de la biodiversité, la mobilité douce développer une production biologique sur le site de la
et la lutte contre l tale e t urbain ; ferme agro-écologique pédagogique de la zone.
• Protection de l e vi o e e t : contribue à la lutte
contre la pollution de l ai ;
• Ville post carbone: réduction de l i pa t des gaz à Etat des lieux et problématique
effet de serre ;
• Santé et sécurité des citoyens/ ville santé. Les villes véritables locomotives de croissance produisent au
Maroc 75% du PIB et drainent 70% des investissements et sont
appelées à jouer un rôle essentiel dans la dynamique de
Objectifs
l o o ie régionale et nationale. Elles sont ainsi confrontées à de
nouveaux défis économiques, sociaux et environnementaux afin
• Contribuer au rayonnement économique de la de consolider leur image et renforcer leur capacité d att a tivit et
ville et créer les conditions d u développement de compétitivité sur les plans économique, social et urbanistique.
Le jardin-école Ibn al-Awam
économique local dynamique, équilibré, solidaire, La question d adopte un modèle de villes durable se trouve
ouvert à tous et équitable ; aujou d hui au œu de la politique urbaine nationale. En effet, il
• Maitriser l tale e t urbain et rééquilibrer le lien s agit de concevoir un cadrage des conditions et des modes
entre la ville et sa périphérie rurale ; d o ga isatio , d a age e t et de développement de
• Mettre en valeur la ressource foncière comme l u a isatio future tout en structurant l utilisatio de l espa e en
une ressource précieuse u il convient d utilise le vue d i s i e le territoire dans un processus de développement
plus efficacement possible ; durable.
• Favoriser la préservation des terres agricoles et
L ag i ultu e urbaine représente aujou d hui un enjeu de
des richesses naturelles ;
planification urbaine et se trouve valorisée dans ses dimensions
• Réduire les empreintes environnementales dues à
économique, environnementale et sociopolitique. Outre sa
l u a isatio ;
capacité d assu e la sécurité alimentaire, d a lio e le PIB
• Permettre la création d u cadre de vie viable
agricole et d aug e te la croissance des villes, l ag i ultu e
favorisant les solidarités et la mixité ;
urbaine permet aussi de concevoir de nouvelles manières
• Rehausser la qualité paysagère ;
d o upe les territoires et de vivre la ville et de pallier aux
• Renforcer la résilience des villes face au
déséquilibres entre les villes et les campagnes, ou entre les villes
changement climatique.
elles-mêmes.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 87


7.2 ENJEU : TRAME VERTE

THÉMATIQUE : AGRICULTURE URBAINE

Bonnes pratiques Orientations

Proposition : toitures vertes • Maintenir et développer les zones agricoles avec une
reconquête des espaces potentiellement cultivables ;
Les toitures sont des lieux sous-exploités, des espaces ouverts au ciel et au soleil situés
au œu de la ville. • Encourager les activités liées à l ag i ultu e biologique ;
• Favoriser l i stallatio de maraîchers "bio": règlement
Les toitures vertes ont de nombreux avantages : spécifique permettant notamment l auto isatio d i pla te
• Biodiversité accrue ; des serres ;

• Continuité et diversité des habitats (oiseaux et insectes) ; • Exiger des pratiques agricoles respectueuses de
l e vi o e e t (jardinage écologique, agriculture
• Plaisir de la nature à proximité ; biologique) et compatibles avec le mode de vie urbain dans
• Lieu p ot g s du uit et de l a tivit de la ue ; toutes dans toutes ses composantes.
• Lieux privés et intimes à proximité ;
• A so ptio des eau de pluie flu d eau od s ;
• F aî heu pa l effet de l vapo atio et de la t a spi atio des pla tes ;
• Isolation améliorée des toits ; Recommandations d’intégration dans les
• Possibilité de faire pousser des légumes, des fruits ou simplement des herbes documents d’urbanisme
(micro-agriculture urbaine).

SDAU

• Mettre en place une réglementation de zone permettant une


mixité d a tivit s à l helle de la ville ou du quartier, et
donc certaines catégories d a tivit s agricoles, comme les
jardins communautaires, l api ultu e ou l levage d a i au
de basse cour ;
• Combiner cette activité avec les entrées de ville pour une
transition douce entre la zone agricole permanente et le
Les toits des immeubles du grand Montréal L ag i ultu e u ai e - New York périmètre d u a isatio .

PA

• Autoriser et réglementer les jardins communautaires,


notamment, dans les espaces libres des lotissements, les
dents creuses, au pied des immeubles collectifs, avec prise
de précautions relatives au terrain (pollué ou non) ;
• Autoriser et réglementer l ag i ultu e urbaine en
toit/terrasses (étudier préalablement la charge
d e ploitatio ;
• Intégrer les espaces dédiés à l ag i ultu e urbaine pour les
opérations de plus d u nombre de logements à définir, tels
que les potagers collectifs, jardins ( en toiture dans un tissu
urbain dense, dans les espaces verts en tissu urbain aéré).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 88


7.3 ENJEU : TRAME VERTE

THÉMATIQUE : COMPOSITION PAYSAGERE

Définition du concept Enjeux

La convention européenne du Paysage définit • Valoriser les paysages urbains en protégeant:


le paysage comme « une partie de territoire
‐ les espaces naturels et forestiers ( ensembles boisés existants
telle que perçue par les populations dont le
les plus significatifs) parcs jardins caractéristiques, les espaces
caractère résulte de l'action de facteurs
agricoles, les fleuves et rivières, les espaces paysagers
naturels et/ou humains et de leurs
sensibles, les centres anciens, les sommets et cols, le cordon
interrelations ».
littoral ;
‐ Les espèces spécifiques (arganiers, cèdres- les villages perchés,
les seuils de villages, le front bâti du littoral, les styles
Enjeux associés architecturaux, les jardins et les parcs ; Les lieux de prière;- les
enduits colorés et les tuiles vernissées, la construction en terre
Déplacements : les infrastructures ont de traditionnelle, le zellige, les sculptures sur plâtre, bois , les
forts impacts sur les paysages et provoquent grands hôtels et palais, les souks, les ksours …
des effets de coupures. • Prendre en considération les liens entre paysage, continuités
Densités et formes urbaines: la composition écologiques et support de biodiversité ;
paysagère participe à l a eptatio de la
densité. • Préserver les paysages littoraux :
Trames verte et bleue : pour améliorer la Patrimoine bâti, cultures agricoles et maritimes tirent leur diversité
qualité et la diversité des paysages. de la façon dont ils se sont référés à la mer et à la géographie pour
s'organiser. La spécificité littorale vient du fait que toutes ces
structures paysagères ont, dans leur diversité, une référence
Objectifs commune majeure : la présence de la mer.
Les zones littorales au Maroc sont d u grand intérêt écologique. Ces
• Préserver et valoriser le grand paysage et les zones sont composées de plusieurs types d ha itats (estuaires, plages
entités paysagères, les identités locales dans et falaises) et lagunes qui hébergent une flore et une faune
les espaces bâtis, naturels et agricoles extrêmement diversifiées (lagune de Moulay Bousselham, réserve de
résiduels ; Sidi Moussa, attractives pour les ornithologues internationaux)
comme elles disposent de paysages à fort potentiel récréatif et
• Préserver et améliorer les sites remarquables ; touristique.

• Identifier, préserver et améliorer les éléments


structurants du paysage ;
Etat des lieux et problématique
• Préserver et entretenir la diversité des
paysages.
L tale e t urbain et les infrastructures transforment les paysages à
des rythmes rapides et sur des espaces étendus. La distinction
historique entre espace rural et urbain, naturel et artificiel est
désormais plus difficile à trancher. Les paysages du quotidien ont
tendance à perdre de leur diversité.
La composition paysagère devient ainsi un élément important du
cadre de vie des populations : dans les milieux urbains et dans les
campagnes, dans les territoires dégradés comme dans ceux de
grande qualité, dans les espaces remarquables comme dans ceux du
quotidien... Sa dimension transversale (urbanisme, architecture,
infrastructures, nature, etc.) impose une vision d e se le et un
traitement global pour sa bonne prise en compte dans les différentes
politiques sectorielles de l Etat, des collectivités, des établissements
publics et privés. Il s av e aujou d hui nécessaire de protéger et
mettre en valeur les paysages, u ils soient remarquables ou
quotidiens.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 89


7.3 ENJEU: TRAME VERTE

THÉMATIQUE : COMPOSITION PAYSAGERE

Recommandations d’intégration dans les documents


d’urbanisme

SDAU

Rapport analyse diagnostic :


• Etablir un état des lieux précis des différents éléments paysagers tant dans une optique de
Dispositions techniques protection que de constitution d l e ts de projets ;
• La définition de la structure primaire des paysages : vides et creux, transition espace
public/espace privé ;
Orientation d’a age e t :
Intégrer le projet dans son contexte : • Prévoir des emplacements réservés pour créer de nouveaux éléments de paysage ;
• Mettre en place une continuité écologique ;
• Etat des lieux initial du patrimoine naturel, paysager et
historique, afin d e déterminer les enjeux et d i t g e PA
au mieux le projet ; Rapport analyse diagnostic :
• Prendre en compte les spécificités de la parcelle : les • Identifier les points et axes de vue, secteurs sensibles, perspectives visuelles à enjeux paysager ;
éléments bâtis, espaces libres, végétaux et perspectives • Identifier des secteurs dits « paysagers » à l i t ieu d u secteur agricole, naturel ou urbain et
immédiates, constituent un cadre de vie. L i t g atio définir une réglementation particulière au niveau de ces espaces ;
de ces données participe à un aménagement de qualité ; Règlement d’a age e t:
Définir les hauteurs , la volumétrie, l i pla tatio des constructions les caractéristiques des clôtures
• Préserver l e soleille e t ; en fonction des caractères morphologiques de l u it du paysage concernée.

• Favoriser des perspectives et des vues sur les éléments


qui composent le site ;

• Préserver, réutiliser ou récréer les masses végétales et Bonnes pratiques


les plantations déjà présentes comme les vergers et la
végétation de qualité ; Exemple du Plan Paysage de la Ville de Nice :
• Les plantations et trames paysagères figurant par une Le Plan Paysage de la Ville de Nice répond aux 5 finalités fixées pour un Agenda 21 Local et prolonge,
trame paysagère à valoriser ou à créer devront être dans le cadre paysager, la Charte pour l E vi o e e t, signée en partenariat avec l Etat en Janvier
prises en compte dans l a age e t ; 2001. Il a été approuvé par un comité de pilotage en mars 2006 et par le Conseil Municipal en
Septembre 2006.
• Les espaces libres devront être aménagés et/ou
Le Plan Paysage est une démarche conçue pour permettre à tous de mieux connaître les potentialités
végétalisés (cours intérieures, œu d îlots, marges de
du paysage niçois, pour guider les choix et les orientations souvent décisives en termes
recul, aires de stationnement etc.) ;
da age e t. L o je tif est la prise en compte forte des aspects paysagers lors des nouvelles
• Exiger un aménagement paysager des voies en constructions, des aménagements ou réaménagements sur le territoire communal.
harmonie avec l e se le de l u it du paysage ; Le programme d a tio s a débouché sur des principes reconnus et appliqués par tous concernant la
protection, la réhabilitation et la valorisation du paysage (services municipaux, entreprises, corps
• Prévoir des coupures d u a isatio , corridors verts, consulaires, services de l Etat, particuliers).
voies de desserte latérales, front bâti ;
Ce programme s a ti ule, pour la première fois, et autant que possible, au Plan Local d U a is e
• Initier des études architecturales, paysagères et (PLU). La prise en compte des orientations du Plan Paysage dans le PLU concerne le paysage de
urbanistiques spécifiques à des échelles adéquates pour proximité, rural ou urbain, mais également les grands traits de l e vi o e e t.
le rehaussement et la mise en valeur des espaces. Les 4 grands axes de ce Plan Paysage sont :
• Préserver le grand paysage niçois ;
• Affirmer la place du végétal dans la ville ;
• Améliorer la qualité des espaces publics ;
• Communiquer et sensibiliser le public au paysage.
Ces axes directeurs sont déclinés en 18 enjeux et 50 actions. Le Plan Paysage intègre un volet
information important pour une meilleure prise en compte de la préservation et la valorisation des
paysages.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 90


8 ENJEU : TRAME BLEUE

Réglementation en vigueur / stratégie


Définition du concept mise en place au Maroc

La Trame bleue est un outil d a age e t du


la Constitution marocaine (2011) :
territoire qui vise à (re)constituer un réseau
écologique aquatique cohérent, à l helle du L a ti le 31 de la constitution confirme le droit de tous les citoyens
territoire pour permettre aux espèces animales d a de à l eau, à un environnement sain et à un développement
d assu e leur survie, et par conséquent préserver durable .
ces écosystèmes.
La Stratégie Nationale de Développement Durable :
Elle est composée de cours d eau, parties de cours
d eau ou canaux et de zones humides. Enjeu 3 : Améliorer la gestion et la valorisation des ressources
Lac Aguelmame - Khénifra naturelles et renforcer la conservation de la biodiversité.

Le Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e stipule


Enjeux associés aux fins d i t g atio des principes de développement durable :
• La préservation des zones agricoles, des zones sensibles, des
• Trame verte ; espaces littoraux, des sites naturels, archéologiques et
• Protection de l e vi o e e t; culturels et des paysages et la sauvegarde des équilibres
écologiques ;
• Santé et sécurité des citoyens ;
• Ville post-carbone ; • La gestion équilibrée et économe de la ressource en eau dans
les modes d a age e t ;
• Efficacité énergétique ;
• Formes d u a isatio . • Les nouveaux termes de références pour les documents
Lac Wiwane - Khénifra
d u a is e intégrant les principes de l u a is e durable, la
préservation des ressources naturelles, le patrimoine et le
paysage .

Le P og a e Natio al de l’U a is e Du a le :
Objectifs
Pilier 3 : Durabilité des Territoires
Mise en place de nouvelles approches innovantes notamment
• Contribuer à l'état de conservation favorable
la age e t des berges des oueds et des rivières…, et ce, dans la
des habitats naturels et des espèces et au bon
perspective et l a itio de la co-construction de la ville durable.
état écologique des masses d'eau ; Lac Zizi - Errachidia
Projet de loi N°36.15 sur l’eau, renforce le cadre juridique relatif à
• Permettre aux espèces animales et végétales la valorisation de l'eau de pluie et des eaux usées, et met en place
dont la préservation ou la remise en bon état un cadre juridique relatif au dessalement de l'eau de mer. Il met
constitue un enjeu national ou régional de se aussi sur pied des mécanismes de protection et de préservation des
déplacer pour assurer leur cycle de vie ; ressources en eau, et comporte des dispositions visant à améliorer
les conditions de protection contre les phénomènes extrêmes liés
• Permettre d a o pag e les évolutions du aux changements climatiques.
climat en permettant à une majorité d esp es
et d ha itats de s adapte aux variations Le projet du Plan National de Réutilisation des Eaux Usées (PNREU)
Sebkhat Imlil
climatiques ; se fixe comme objectifs l adi atio de l utilisatio non contrôlée
des eaux usées d i i 2020 et la réutilisation d u e manière directe
• Identifier, préserver et relier les espaces ou indirecte de la totalité du potentiel en eau utilisable d i i 2030,
importants pour la préservation de la soit 325 m³/an.
biodiversité par des corridors écologiques.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 91


8.1 ENJEU : TRAME BLEUE

THÉMATIQUE : PRÉSERVER ET VALORISER LA RESSOURCE EAU

Objectifs Problématique

• Maîtriser la consommation en eau,


enjeu majeur de l adaptatio au Situé sur une zone qui, d'ici l'horizon 2020, risque d'être touchée par
réchauffement climatique ; une pénurie structurelle, le Royaume a connu de nombreuses vagues
de sécheresse; la plus dévastatrice étant celle de 1980 qui dura cinq
• Maintenir ou améliorer la qualité de ans. En constituant quelque 16% de notre PIB et en employant plus
la ressource en eau ; de 40% de la population, l'agriculture, secteur déterminant de notre
économie, est extrêmement demandeur en eau induite; il s'agit de
• Protéger les nappes phréatiques ; l'eau cachée mais néanmoins nécessaire dans les processus de
production économique.
• Diminuer les sources de pollutions.
L'eau qui, originellement, est une ressource naturelle abondante,
n'est pourtant pas à la portée de tous. Aujourd'hui, en Afrique,
essentiellement, plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à
l'eau potable; plus de 3.000 d'entre elles meurent chaque jour d'avoir
consommé de l'eau polluée. Mais paradoxalement, notre "planète
bleue", composée à 70% d'eau ne nous offre qu'une très faible
proportion d'eau potable. En effet, seule 2,5 % de cette eau est dite
Indicateurs "douce", donc consommable (contrairement à l'eau salée) et
seulement 0,7 % est accessible en surface; ce qui représente, en
moyenne, 40.000 km³ par an.
• Mètres linéaires de trame bleue en « L i po ta e des systèmes hydrologiques pour l e vi o e e t
surface ; est avérée. Les développements urbains perturbants ces systèmes
affe te t pas seulement la quantité mais aussi la qualité de l eau.
• Superficie en m² des surfaces Un aménagement urbain durable exige une très bonne
aménagées et perméables. compréhension des phénomènes hydrologiques. Les professionnels
de l a age e t urbain doivent se préoccuper d vite toute
réduction inutile des propriétés et qualités de l eau, par
l ass he e t de certaines zones ou la diminution du niveau des
nappes. Try it this way - Guide du Conseil Européen des Urbanistes

Le stress hydrique, récurrent en été, doit être une donnée intégrée


dès la conception du paysage, car la maîtrise de la consommation en
eau est un enjeu majeur de l adaptatio au réchauffement
climatique.
C est pourquoi les gestionnaires de la Ville doivent rester vigilants
sur les consommations d eau pour l a osage des espaces de nature
qui doivent rester le plus faibles possible.
Aussi, le recours à une palette la plus large possible d esp es
endémiques adaptées aux contraintes de sol et de pluviométrie et
restreinte en entretien doit être privilégié.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 92


8.2 ENJEU : TRAME BLEUE

THÉMATIQUE : AMÉNAGER LES BERGES DES OUEDS

Définition du concept Problématique et état des lieux

La plupart des oueds qui traversent les agglomérations


Les berges des oueds et des rivières bien
marocaines sont fortement dégradés et perdent de plus en
aménagées contribuent à la qualité du cadre de vie
plus de leur attrait. Ils sont laissés à l a a do et sont
et à l'affirmation d'une identité culturelle et
parfois même considérés comme des contraintes naturelles
territoriale et constituent également une base
ou des entraves au développement urbain de la ville.
potentielle de développement économique.
Les lits des oueds et leurs berges, sont très mal occupés :
L e t e le e t des expressions architecturales,
l i pla tatio des constructions sur des terrains
urbanistiques et environnementales dans ces
inondables amplifient les risques naturels et causent des
paysages urbains exprime, non seulement, le
dysfonctionnements urbains, des sites délaissés, mal
caractère de leur identité, mais témoigne de la
entretenus et marginalisés, des réceptacles de déchets
force de leur vitalité, de leur résilience, de leur
Oued Laou accumulés produisant un paysage urbain défiguré qui
aptitude à évoluer pour affronter les défis du futur,
tourne le dos à la ville, alors u il est censé être attractif et
et à leur capacité de devenir plus attractif et plus
pittoresque pour cette ville.
compétitif. Ceci étant, la prise de conscience de
l'importance de traitement et d a age e t de Par ailleurs ces espaces fragiles sont exposés à une
ces espaces, comme révélateurs des pratiques pollution provenant des rejets d eau usées non traitées,
urbaines, constitue la première vitrine du de la surexploitation par les carrières, de la pollution de
marketing urbain de chaque ville. l'air, à cela s'ajoute laObjectifs
pollution due aux déchets industriels
rejetés sans traitements préalables, aux pesticides et
L e jeu est donc, de favoriser le retour de la ville
engrais utilisés dans l ag i ultu e et des prélèvements
vers son Oued en réaménageant ses berges et en
excessifs en période d tiage.
revalorisant le paysages urbain. Oued Draa

Objectifs
Enjeux associés
• Sauvegarder et mettre en valeur les potentialités et les
• Renouvellement urbain ; valeurs des berges pour faire face aux effets éventuels
d u e forte pression urbaine ;
• La préservation de la biodiversité redonnent un
rôle structurant aux corridors écologiques. • Faire de ces berges des atouts et non des contraintes à
Berges du Bouregreg
l u a isatio en mettant en valeur les caractéristiques
urbaines, naturelles, écologiques, patrimoniales et
paysagères des oueds ;

• Consolider et valoriser le potentiel touristique et paysager


des berges de ces oueds.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 93


8.3 ENJEU : TRAME BLEUE

THÉMATIQUE : RECYCLAGE DES EAUX PLUVIALES ET GESTION DES EAUX DE RUISSELLEMENT

Définition du concept Problématique

L i pe a ilisatio croissante des sols, inhérente aux infrastructures et aux La poursuite de l a tifi ialisatio au rythme actuel est guère
constructions et la mise à l gout systématique des eaux de ruissellement perturbent compatible avec les capacités des réseaux enterrés des centres-
l oule e t naturel des eaux de pluie, leur infiltration in situ et leur évaporation villes, qui ont tendance à saturer et à déborder en cas de fortes
naturelle. Les eaux non-infiltrées contribuent à l aug e tatio des risques pluies. Le dessèchement des sols et la baisse du niveau des
d i o datio s des milieux urbanisés et réduisent les performances des unités de nappes pénalisent la végétation urbaine et induisent des
traitement des eaux usées. tassements différentiels des sols, générateurs de dégâts pour les
immeubles et les infrastructures urbaines. La ressource précieuse
que constitue l eau de pluie est perdue et transformée en
menace, les rejets urbains par temps de pluie constituent
vraisemblablement l u e des sources majeures d appo t au milieu
aquatique de micropolluants toxiques minéraux (plomb, zinc,
cuivre, chrome) ou organiques (ammonium, pesticides...), ce qui
peut provoquer une accumulation toxique dans la chaîne
Enjeux associés alimentaire.

Les quartiers durables doivent être conçus de manière à


maintenir une perméabilité suffisante des sols et intégrer un
• P ote tio de l e vi o e e t.
réseau séparatif des eaux (séparation des eaux issues de l usage
domestique et des eaux pluviales) si un exutoire naturel (cours
d eau, mare) peut être utilisé. Si aucun exutoire naturel est
disponible, le développement de dispositifs de rétention, de
stockage et d i filt atio des eaux de pluie (plans d eau
permanents, bassins secs, noues, fossés, citernes) est encouragé.

Vue aérienne sur Vastra - malmo D u autre côté, la diminution des ressources en eau douce nous
Objectifs
incite à nous interroger sur la possibilité de recours à des eaux de
qualité moindre pour les usages ne nécessitant pas une qualité
dite pota le. C est pourquoi la récupération-réutilisation des
• Agir préventivement contre eaux pluviales présente un double intérêt : économiser l eau
la pollution par la réduction potable et limiter les apports d eau pluviales dans les stations
du ruissellement ; d pu atio .
• Rechercher une meilleure Dans le domaine de l eau, la construction HQE se traduit par des
gestion des eaux et des mesures concrètes et notamment par : l utilisatio des eaux
polluants en milieu urbain pluviales, l e t etie et l a osage; la gestion des eaux d o age
pour une diminution des (végétalisation des toitures, des parkings).
rejets urbains par temps de
pluie et de leurs impacts.

Noues de gestion des eaux pluviales ruisselant


de voiries et des trottoirs - Portland

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 94


8.3 ENJEU : TRAME BLEUE

THÉMATIQUE : RECYCLAGE DES EAUX PLUVIALES ET GESTION DES EAUX DE RUISSELLEMENT

Dispositions techniques Illustrations

L’i pe a ilisatio peut être compensée à l’ helle de la


parcelle et du bâtiment:

A l oppos de la banalisation de « l eau de ville » et du « tout à l gout »,


une meilleure inscription du projet dans le cycle de l eau demande une
gestion à l helle de la parcelle, plus consciente et attentive, qui prenne
également en compte la question de l e t etie . Elle se décline en quatre
actions principales interconnectées:

1. La gestion des eaux pluviales sur la parcelle


Contrairement à l assai isse e t traditionnel visant à les évacuer au plus
vite vers l aval dans le réseau d gouts, les dispositifs de gestion des eaux
pluviales sur la parcelle visent à les restituer au milieu naturel le plus en
amont possible. On privilégiera par ordre de priorité :

• Leur évaporation, évapotranspiration, et infiltration directe dans le


sol ;
• Leur rétention suivie de leur infiltration forcée ou de leur dérivation A Malmö en Suède les eaux de pluie
pour un usage se satisfaisant d eau de pluie ; sont recueillies par un réseau
• Leur rétention suivi e d u écoulement à débit régulé. séparatif à ciel ouvert. Ce type de
dispositif permet à la fois
2. L’ o o ie d’eau d aug e te la qualité des
Les dispositifs d o o ie d eau ne requièrent u u faible surcoût cheminements piétons tout en
d i vestisse e t, préservent le confort d usage et réduisent la facture. favorisant le retour de l eau à son
cycle naturel.
3. La récupération de l’eau de pluie
L utilisatio d eau de pluie pour des usages ne requérant pas de l eau
potable peut s av e une solution écologiquement intéressante. Selon les
conditions locales du projet, elle peut également dégager des économies.

4. L’ pu atio des eaux usées


Dans certains cas spécifiques, voire expérimentaux ou didactiques,
l pu atio décentralisée des eaux usées, voire la non pollution des eaux,
sera envisagée.

Ces dispositifs jouent également un rôle de « zone tampon » en cas


d o age. Dans tous les cas, une concertation avec les autorités locales et
l o ga is e chargé de la gestion et de l assai isse e t des eaux est
encouragée afin d a ti ipe , par exemple, une évolution prévue de la
gestion des eaux.

L e se le de ces actiosn permettraient de réduire les risques Une réseau séparatif distingue les eaux de pluie. Selon les cas, celles-ci se
d i o datio s, de désengorger les réseaux d gouttage, de reconstituer les dispersent dans le sol via des drains dispersants ou alimentent un dispositif de
réserves souterraines par infiltration et de valoriser l eau de pluie en la stockage (citernes). Les eaux de pluie peuvent ensuite être réutilisées pour
réutilisant pour des usages domestiques comme l a osage, ou le l ali e tatio des WC ou l i igatio .
nettoyage.
Référentiel quartier durable - Wallonie

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 95


8.3 ENJEU : TRAME BLEUE

THÉMATIQUE : RECYCLAGE DES EAUX PLUVIALES ET GESTION DES EAUX DE RUISSELLEMENT

Bonnes pratiques

Les racines des arbres permettent de filtrer l'eau et ainsi obtenir une meilleure qualité de l'eau. Les végétaux contribuent à absorber l'eau de pluie par la percolation au
niveau du sol et par les racines des arbres. La présence d'arbre réduit le volume des eaux de ruissellement, protège les sources d'eau et prévient ou du moins réduit les
dommages causés par les inondations.

Les végétaux limitent la pollution des eaux de surface qui autrement, s'écouleraient sur des espaces pavés contenant des polluants tels que le plomb ou déchets de toutes
sortes et qui seraient drainés vers les cours d'eaux ou encore captés par les égouts fluviaux.

Une bande de végétation près d'un cours d'eau peut absorber une bonne partie des eaux de ruissellement qui peuvent être chargées d'éléments fertilisants. Ces éléments,
retenus par le système racinaire des végétaux, diminuent ainsi la sur-fertilisation des plans d'eau et limitent le développement des algues et autres plantes aquatiques.

Dispositions techniques

La végétalisation des toitures devrait être envisagée pour toute toiture plate non accessible de plus de 50 m². Les toitures vertes permettent, grâce à leur composition, de
retarder le ruissellement des eaux de pluie.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 96


8 ENJEU : TRAME BLEUE

THÉMATIQUE : RECYCLAGE DES EAUX PLUVIALES ET GESTION DES EAUX DE RUISSELLEMENT

Orientations

Maîtriser l u a isatio et l i pla tatio des infrastructures et améliorer la perméabilité des infrastructures existantes:

• En évitant que l a age e t du territoire, les projets d i f ast u tu es linéaires et l u a isatio ne conduisent à la destruction, la dégradation ou la fragmentation des
milieux aquatiques ;

• En cherchant à améliorer la perméabilité des infrastructures existantes et en évitant de porter atteinte à des continuités écologiques, notamment la trame bleue, par
l la gisse e t de voies de communication existantes et la densification du réseau de transport par la construction de nouveaux tronçons ;

• En favorisant une organisation intelligente et économe de l espa e, impliquant de lutter contre l tale e t urbain et la consommation d espa e .

Recommandations d’intégration au niveau des


documents d’urbanisme

PA
SDAU
• Identifier les espaces ou secteurs contribuant aux continuités
• Définir une « trame bleue » qui relie entre les espaces naturels en
écologiques et prévoir les règles particulières liées à ces enjeux ;
utilisant, notamment, les cours d eau et leurs abords ;
• Interdire les changements d affe tatio ou une urbanisation conduisant
• Préciser les espaces à protéger dans un schéma de continuité
à une fragmentation des milieux proches des rivages ;
écologique de la trame bleue ;
• Instituer un recul des constructions à la limite des cours d eau ;
• Localiser et définir les principes de mise en valeur des axes bleus ;
• Identifier les secteurs soumis aux risques d i o datio ;
• Localiser et définir des principes de mise en valeur des espaces
urbanisés sensibles proches du rivage ; • Identifier les zones de capacités supérieures d a so ptio des eaux
pluviales par les sols et les valoriser en espaces naturels plantés ;
• Localiser et préciser les orientations paysagères des espaces proches
du rivage ; • Autoriser les toiture-terrasse, y compris végétalisées, permettant de
limiter l i pe a ilisatio des sols ;
• Déterminer des objectifs de protection des milieux naturels et
aquatiques des pollutions issues du lessivage des sols ; • Imposer un coefficient minimal d espa e libre en pleine terre ou
l utilisatio de matériaux poreux ou de dispositifs favorisant l i filt atio
• Identifier les secteurs où il est nécessaire de prévoir des installations
pour l a age e t des aires de stationnement, des voiries et des
de collecte, stockage voire traitement des eaux pluviales et de
accès.
ruissellement.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 97


9 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

Définition du concept Enjeux associés

• Trame verte et bleue ;


Loi n° 12-03 relative aux études d'impact sur l'environnement -
• mobilité urbaine ;
Article premier
• Santé et sécurité des citoyens pour une prise
" L Environnement " est l e se le des éléments naturels et des en compte des enjeux environnementaux et
établissements humains, ainsi que des facteurs économiques, un comportement citoyen et responsable.
sociaux et culturels qui favorisent l'existence, la transformation et
le développement du milieu naturel, des organismes vivants et des
activités humaines.
Objectifs

Loi-cadre n° 99-12 portant charte nationale de l’e vi o e e t et • Préserver les ressources naturelles (la
du développement durable biodiversité terrestre et marine, les
énergies fossiles) ;
Article 6 :
• Prévenir et limiter les pollutions (eau , sols,
air) et les nuisances ;
Les ressources naturelles, les écosystèmes et le patrimoine
historique et culturel sont un bien commun de la nation. Ils font • Renforcer les mesures d att uatio et
l o jet d u e protection, d u e mise en valeur et d u e valorisation d adaptatio aux changements climatiques.
fondées sur une gestion intégrée et durable, à travers l adoptio
de mesures législatives, institutionnelles, économiques et
financières ou autres et ce, conformément aux objectifs et
principes de la présente loi-cadre. Etat des lieux et problématique
Article 7:
• Une grande pression sur des ressources
Les mesures mentionnées à l a ti le 6 ci-dessus visent à : naturelles (eau, énergie et forêts…) ;

• Promouvoir le recours aux modes d utilisatio durable et • Une consommation de plus en plus importante
économe des ressources en eau ; d e gie (bâtiments, transports et usages
• Assurer l uili e écologique de la forêt et des domestiques) ;
écosystèmes forestiers et de la biodiversité ; • Forte pression sur les infrastructures et
• Promouvoir l utilisatio des énergies renouvelables et des équipements urbains sous l effet combiné de la
technologies de l effi a it énergétique ; croissance démographique, de la répartition
• Adopter un régime juridique particulier visant la protection spatiale des équipements et du poids des
du sol contre toutes les formes de dégradation et de déficits accumulés ;
pollution ; • Pollution et dégradation du cadre de vie et
• Renforcer les moyens alloués à la lutte contre la diminution des espaces récréatifs ;
désertification et à la préservation de la biodiversité ;
• Plus grande exposition aux risques majeurs que
• Renforcer les moyens de lutte contre la pollution de l ai et
l a tifi ialisatio des sols et leurs modes
d adaptatio aux changements climatiques ;
d o upatio amplifient ;
• Promouvoir la protection des écosystèmes marins et
littoraux et des zones humides ; • Dégradation du cadre de vie liée aux rejets et
• Préserver et mettre en valeur les écosystèmes des zones de pollutions (hydriques et atmosphériques) ;
montagne ; • Etalement urbain, au dépend des espaces
• Préserver et mettre en valeur les sites d i t t biologique naturels, des espaces récréatifs et des terres
et écologique terrestres, littoraux et marins. agricoles à haute valeur ajoutée.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 98


9 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc

La question de l e vi o e e t est actuellement au œu des stratégies de développement à l helle mondiale. Face à une crise énergétique internationale et à
l aug e tatio exponentielle des gaz à effet de serre, les réflexions des scientifiques et les décisions politiques intègrent pleinement la dimension environnementale. Le
Maroc ne fait pas exception à la règle. La problématique est d a tualit dans tous les secteurs et notamment au niveau de l a age e t du territoire. Si la prise en
considération de l e vi o e e t dans les politiques stratégiques de l a age e t du territoire et l u a is e font partie des préoccupations prioritaires des
pouvoirs publics, est parce u il s i s it dans les engagements de l Etat face aux protocoles et conventions internationaux .
A ce titre, le Maroc a adopté plusieurs textes traitant de la question de la protection de l e vi o e e t, notamment :
• Constitution de 2011 - Article 35: L Etat œuv e à la réalisation d u développement humain et durable, à même de permettre la consolidation de la justice sociale et
la préservation des ressources naturelles nationales et des droits des générations futures.
• Loi-cadre n° 99-12 portant Charte Nationale de l’E vi o e e t et du Développement Durable comportant sept principes: Principe d i t g atio , Principe de
territorialité, Principe de solidarité, Principe de précaution, Principe de prévention, Principe de responsabilité et Principe de participation.
• Décret 2-14-782 du 19 Mai 2015 relatif à l’o ga isatio et aux modalités de fonctionnement de la police de l’e vi o e e t.
• Dahir n° 1-10-123 du 3 Chaabane 1431 portant promulgation de la loi n° 22-07 relative aux aires protégées.
• Dahir n° 1-95-154 du 16 Août 1995 portant promulgation de la loi n° 10-95 sur l'eau.
• Dahir n° 1-03-60 du 12 Mai 2003 portant promulgation de la loi n° 12-03 relative aux études d'impact sur l'environnement.
• Dahir n° 1-03-61 du 12 Mai 2003 portant promulgation de la loi n°13-03 relative à la lutte contre la pollution de l’ai .
• Dahir n° 1-03-59 du 12 Mai 2003 portant promulgation de la loi n° 11-03 relative à la protection et à la mise en valeur de l'environnement.
• Dahir n° 1-06-153 du 22 Novembre 2006 portant promulgation de la loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination.
• Dahir du 10 Octobre 1917 sur la conservation et l'exploitation des forêts.
• Dahir n° 1-02-130 du 13 Juin 2002 portant promulgation de la loi n° 08-01 relative à l'exploitation des carrières.
• Dahir n° 1-10-16 du 11 Février 2010 portant promulgation de la loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables.
• Dahir n° 1-15-87 du 29 ramadan 1436 (16 juillet 2015) portant promulgation de la loi n° 81-12 relative au littoral.
• Stratégie Nationale de Développement Durable
‐ Enjeu 2 : Réussir la transition vers une économie verte.
‐ Enjeu 3 : Améliorer la gestion et la valorisation des ressources naturelles et renforcer la conservation de la biodiversité.
‐ Enjeu 4 : Accélérer la mise en œuv e de la politique nationale de lutte contre le changement climatique.
‐ Enjeu 7 : Promouvoir une culture du développement durable.
• Charte Nationale d’A age e t du Territoire et du Développement Durable.
• Schéma National d’A age e t du Territoire.
• Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e - principes de l’u a is e durable:
‐ La préservation des zones agricoles, des zones sensibles, des espaces littoraux, des sites naturels, archéologiques et culturels et des paysages et la
sauvegarde des équilibres écologiques ;
‐ La mise en place des conditions de mise en œuv e de la charte nationale de l e vi o e e t et du développement durable ;
‐ L i t g atio et la prévention des risques naturels, industriels et technologiques ;
‐ La performance énergétique et les exigences d effi a it énergétique dans les modes d a age e t ;
‐ La gestion équilibrée et économe de la ressource en eau dans les modes d a age e t.

• Les nouveaux termes de références pour les documents d’u a is e - Principes de l’u a is e durable:
‐ préserver les ressources naturelles, le patrimoine et le paysage ;
‐ prôner les principes d effi a it énergétique dans les modes d a age e t ;
‐ promouvoir des approches modernes, économes en énergie et répondant aux principes de préservation et de protection des zones agricoles,
naturelles et forestières et aux impératifs écologiques du développement urbain.

• Diagnostic environnemental des études d’u a is e.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 99


9.1 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : GESTION DES DÉCHETS

Définition du concept Problématique

Le problème des déchets (environ 6 millions de tonnes par an au


« Déchets: tous résidus résultant d'un processus
Maroc) se pose pour les déchets des ménages, des unités industrielles,
d'extraction, exploitation, transformation,
des hôpitaux et des activités de soins. Il concerne la collecte des
production, consommation, utilisation, contrôle
déchets (qui varie de 75 % à 100 % selon les communes), la présence de
ou filtration, et d'une manière générale, tout
décharges en zones urbaines et des décharges sauvages dans chaque
objet et matière abandonnés ou que le détenteur
quartier. Les déchets hospitaliers représentent 38325 tonnes par an,
doit éliminer pour ne pas porter atteinte à la
dont 5 à 10 % sont des déchets à risque et environ 12000 tonnes de
santé, à la salubrité publique et à
déchets médicaux spécifiques. Les déchets industriels représentent
l'environnement.
environ 975000 tonnes, dont 120000 considérés comme dangereux
On compte plusieurs types de déchets : Déchets (présence de métaux lourds éliminés au niveau des décharges
ménagers, Déchets assimilés aux déchets publiques ou des cours d eau, sans neutralisation ni traitement
ménagers, Déchets industriels, Déchets médicaux approprié).
et pharmaceutiques, Déchets dangereux, La mauvaise gestion des déchets est responsable d u e pollution de
Déchets inertes. » l at osph e, d u e pollution chimique et biologique des ressources en
eau, d u e dégradation de la qualité de la vie dans les zones urbaines,
Loi n° 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur d u e contamination des sols par les produits dangereux (pesticides,
élimination – article 3
métaux lourds), une pollution du littoral et du milieu marin…
Le coût de la dégradation de l e vi o e e t a été évalué par le
Secrétariat d Etat à l E vi o e e t à 8,2 % du P.I.B. du Maroc.
Enjeux associés

Le non traitement dans les règles des déchets


industriels, dangereux et autres impacte : Stratégie mise en place au Maroc
• La Santé et sécurité des citoyens ;
• La trame verte et bleue ; Le Maroc a entrepris une série d a tio s stratégiques afin de réformer
• L E vi o e e t ; le secteur de la gestion des déchets, à travers :
• Les formes d u a isatio .
• <le renforcement du cadre juridique:
• Loi 28-00 sur la gestion des déchets et à leur élimination
et son décret d appli atio ;
• Accords internationaux et bilatéraux concernant les
Objectifs déchets et l e vi o e e t, comme le Protocole de
Montréal, celui de Kyoto, et le Protocole sur la Prévention
de la Pollution en Méditerranée, etc.
Réduction des menaces qui pèsent sur la nature,
• La mise en œuv e de programmes de gestion des déchets solides ;
l e vi o e e t et la santé publique par une
mauvaise gestion des déchets. • L appui du programme national de gestion des déchets ménagers
et assimilé (PNDM) 2008-2022 ;
• Le développement d u programme directeur pour la gestion des
déchets dangereux, (PDNGDD) ;
• La législation nationale sur le recyclage.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 100


9.1 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : GESTION DES DÉCHETS

Quelques chiffres

• Nombre de décharges publiques : 220 • seulement 10% des déchets de carburants sont collectés. Le système de collecte
• Nombre de décharges contrôlées: 15 et de tri est géré par le secteur informel.
• Nombre de décharges sanitaires opérationnelles : 11  Les huiles usées servent de carburants pour le bains publics et les fours
• Seulement 8% des déchets solides sont recyclés et moins de 1% compostés . communaux et sont illégalement déversés dans la nature

1. La collecte des déchets solides couvre environ 74% des déchets générés mais  Ces déchets hautement toxiques représentent une menace pour la santé
seulement 35% sont déposés dans les décharges sanitaires (contre 10% en 2008). environnementale et les réserves d eau si la récupération, le traitement et
l li i atio sont mal gérés.
2. Près de 25% des déchets industriels sont des déchets classés dangereux et seuls
8% de déchets dangereux sont collectés annuellement, le reste est déposé dans • Absence de secteur formel spécialisé dans le gestion des E-déchets à l e eptio
des dépotoirs non contrôlés et des décharges municipales sans traitement des opérations de démontage et quelques initiatives industrielles de recyclage
préalable, sur des terres environnantes, dans des carrières abandonnées, le long
des rivières… Rapport sur la gestion des déchets solides au Maroc – GIZ, ANGED, SweepNet, 2014
 Conséquences importantes pour la santé publique et l e vi o e e t.

3. Déchets spéciaux: À l'échelle du Maroc, les rejets en milieu naturel se font pour 58% dans les cours
d eau, 31% en mer et 11% dans le sol et le sous-sol. Mais c'est la mer qui constitue
• Pénurie nationale en installations d li i atio de déchets de construction/ au final le principal réceptacle des pollutions (MATEE/DAT, 2006). Le milieu marin
démolition (prévisions de recyclage : 20% d i i 2020). reçoit directement 98% des rejets liquides industriels et agricoles et 52% des rejets
domestiques urbains émanant des agglomérations côtières.
 Déversements illégaux dans des zones non contrôlées
L a e Kenitra-Safi concentrerait plus de 60% des rejets urbains et plus de 80% des
• Pas de système structuré pour la collecte des déchets de pneumatiques . rejets industriels du Maroc (SOFA, 2005). Or, la quasi-totalité des industries
rejettent leurs effluents en pleine mer sans aucun traitement, tandis que 5% des
 Pneus usés servent comme matière première pour produire des biens
villes seulement sont dotées d u e station d pu atio .
manufacturés (chaussures-seaux…) ou comme combustible fournissant de la
vapeur pour des fours de poterie non équipés de filtres pour les émissions
atmosphériques

Recommandations d’intégration dans les documents


d’urbanisme

SDAU PA

• Dresser un état des lieux des décharges existantes contrôlées et incontrôlées ; • Prévoir au niveau des documents relatifs aux lotissements, des
• Identifier les emplacements à réserver au prétraitement et à la collecte des emplacements pour la collecte, le traitement (tri) et le compostage de
déchets au niveau des zones industrielles ; proximité des déchets y compris des déchets verts ;
• Établir une cartographie pour localiser les futures zones productrices de déchets • Interdire les décharges sauvages et les dépôts de matériaux ;
(y compris déchets industriels, déchets du bâtiment et déchets relatifs à • Dimensionner les voies afin de permettre la circulation des véhicules de
l a tivit touristique) et donc les futures emplacements de décharges, de collecte.
cellules de compostage de proximité et de structures de traitement des déchets.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 101


9.2 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : LUTTE CONTRE LA POLLUTION DE L’AIR

Définition du concept Etats des lieux/ Problématique

La pollution de l'air en milieu urbain est Au Maroc, la pollution atmosphérique en milieu urbain a été étudiée dans
générée par les transports, les industries et certaines agglomérations. Elle est liée en partie au trafic routier, le reste à
la production énergétique. Elle se l i pla tatio industrielle périurbaine. Les mesures des taux d ozo e, de
manifeste par la présence de particules monoxyde de carbone, de dioxyde de soufre et de dioxyde d azote sont
fines (les aérosols, et notamment de supérieures aux normes tolérées. Cette pollution est responsable d u e
carbone) et de smog urbain (dont l'ozone augmentation significative des infections respiratoires, des crises d asth e,
troposphérique) bien visible. La pollution des bronchites de même que l aug e tatio de l i ide e des conjonctivites.
atmosphérique cause en moyenne chaque Les trois grandes villes marocaines que sont Casablanca, Tanger et Marrakech
année la mort prématurée de 7 millions de affichent des taux trois fois supérieurs à la normale pour les petites particules
personnes dans le monde, selon et de deux fois environ pour les particules fines, ce qui pourrait occasionner
l'Organisation Mondiale de la Santé. plus d e positio de leurs populations aux troubles respiratoires.

Enjeux associés

• Ville et santé ;
• Mobilité urbaine ; Règlementation / Stratégie mise en place au
• Efficacité énergétique ; Maroc
• Fo es d u a isatio .
• Loi 11-03 : protection et mise en valeur de l e vi o e e t;
• Loi 12-03 : étude d i pa ts sur l e vi o e e t;
Objectifs • Loi 13-03 : lutte contre la pollution de l ai ;
• Loi 28-00 : gestion des déchets et leur élimination ;
• P se ve la ualit de l ai ; • Décret nº 2-09-286 fixant les normes de qualité de l'air et les modalités de
surveillance de l'air ;
• Offrir un cadre de vie sain ;
• Décret fixant les valeurs limites des émissions polluantes dans l ai émanant
• Lutte o t e l i pa t de la
de sources de pollution fixes et les modalités de contrôle de ces émissions ;
pollution sur la santé des individus.
• Arrêté relatif aux seuils de vigilance, d i fo atio , d ale tes et les mesures
d u ge e ;
• Signature de deux conventions visant à réduire les émissions de gaz à effets
de serre:
‐ Une convention mobilisant 7 acteurs : le ministère de la Santé, les
ministères délégués chargés de l E vi o e e t et de l Eau, la Direction
des Collectivités locales et celle de la Météorologie Nationale, la région
du Grand Casablanca, et bien entendu la Fondation Mohamed VI pour la
protection de l e vi o e e t, dont l o je tif est de préserver la qualité
de l ai . Cette convention doit mettre en place une veille sanitaire
épidémiologique dans la région Casablanca-Settat ;
‐ Le pacte Qualit Ai qui lie la Fondation Mohammed VI pour la protection
de l e vi o e e t, la CGEM et huit entreprises qui s e gage t dans la
réduction des émissions de gaz à effet de serre.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 102


9.2 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : LUTTE CONTRE LA POLLUTION DE L’AIR

Recommandations d’intégration dans les documents d’urbanisme

SDAU PA

• Maîtriser l tale e t urbain en fixant les densités minimales de • Améliorer l a essi ilit par le système de transports publics par
logements différentes selon le territoire et renforcer l i te sit urbaine l ide tifi atio de sites à enjeu fort de valorisation des axes lourds de
(habitat et activité) dans les centralités pour limiter les obligations de transports en commun ;
déplacements ;
• Favoriser l a age e t de l espa e public pour l utilisatio des modes
• Réorienter les mobilités de manière à privilégier les modes de transport à doux de déplacement en imposant des normes spécifiques pour le
moindre impact négatif en termes de santé permettant le développement stationnement des vélos : lors de la réalisation de logements collectifs et
des mobilités actives favorables à la santé ; d uipe e ts publics, une surface minimale réservée pour la réalisation
de locaux « aménagés pour le stationnement vélos » ;
• Etablir un diagnostic de la qualité de l ai ;
• Réserver des emplacements pour permettre la réalisation, à termes, des
• Proscrire les extensions urbaines le long des axes routiers les plus pollués itinéraires de circulations douces ;
sauf pour les aménagements urbains permettant d e atténuer les
nuisances (forme urbaines, orientation, conception, végétalisation). • Éviter d u a ise ou de densifier fortement les zones d ha itat à
proximité des infrastructures les plus émettrices de polluants ;

• Imposer un retrait des constructions par rapport aux voies les plus
émettrices de polluants ;

• Prévoir ou renforcer les écrans végétalisés situés à proximité des


principales infrastructures émettrices de polluants ;

• Positionner les activités industrielles polluantes de telle sorte que les


vents dominants ne rabattent pas les polluants sur les secteurs
résidentiels ;

• Restreindre le choix d esse es et de végétaux sur les espaces libres en


fonction de leurs capacités de captation et de rétention des polluants et
en évitant les plantes allergènes.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 103


9.2 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : LUTTE CONTRE LA POLLUTION DE L’AIR

Bonnes pratiques

5 villes, 5 mesures intelligentes pour lutter contre la pollution urbaine


Si la circulation automobile est l u e des principales causes de pollution urbaine, elle e est pas la seule responsable : industrialisation, chauffage, incinérateurs contribuent
aussi à rendre l at osph e irrespirable, créant un smog récurrent et entrainant des pathologies parfois graves, voire mortelles. Tous ces paramètres varient en fonction de la
ville concernée. A travers l e e ple de cinq grandes agglomérations, tour d ho izo des mesures, parfois radicalement opposées, prises pour lutter contre ce fléau.

Berlin, ou la restriction de la circulation des véhicules polluants


La mise en place d u e zone de faible émission (LEZ pour Low Emission Zone), en 2008, dans la capitale allemande a entrainé une baisse de 58% des microparticules. Couvrant
une superficie de 88 km², cette zone est accessible u au détenteurs d u véhicule peu polluant, affichant une vignette verte sur leur pare-brise. Une obligation surveillée de
très près par les forces de l o d e, puisque le contrevenant s e pose à une amende de 40 euros.
Le transport de marchandises est, lui aussi, concerné, les poids lourds devant décharger leurs marchandises en dehors de la ville. Ces dernières y sont alors acheminées par des
véhicules moins polluants. Si l i pa t sur les particules en suspension a pas été flagrant, la mise en place de cette zone a par contre contribué à une diminution des
concentrations de dioxyde d azote de 6 à 10%. Ce système de zone de faible émission existe dans une dizaine de pays européens.
Los Angeles, des arbres pour mieux respirer
Elle aussi confrontée à l appa itio fréquente d u nuage de pollution, la ville de Los Angeles a créée dès la fin des années 1940 une agence publique chargée de ce problème.
En dehors de mesures ponctuelles limitant les rejets industriels et les déplacements en voiture lors de pics de pollution, une politique volontariste de la part de la municipalité
commence à porter ses fruits. En encourageant le développement des transports en commun, du covoiturage et de l usage du vélo, en mettant en place des mesures fiscales
favorisant l e gie solaire, la ville espère atteindre, voire même dépasser les objectifs fixés par le protocole de Kyoto.
Mais l o igi alit majeure du plan de réduction de la pollution se situe dans le programme Trees for a Green LA. Le maire Antonio Villaraigosa a annoncé la plantation d u
million d a es dans sa ville, tout en incitant les habitants à reboiser leurs jardins. Une initiative partagée par de nombreuses autres localités étasuniennes, la multiplication
des espaces verts étant une solution éprouvée pour absorber les particules de CO2. La généralisation des toitures végétales complète cette initiative rendue plus que
nécessaire. En effet, un quart des ménages de Los Angeles ont trois voitures ou plus, et la qualité de l ai en Californie du sud est la pire de tous les États-Unis.
Tokyo, le diesel hors la loi
Dangereux pour la santé en raison des particules u il émet, le diesel ne bénéficie pas à l t a ge de la même faveur u e France. Pour la municipalité de Tokyo, la solution a
été pour le moins radicale, puisque les véhicules fonctionnant grâce à ce carburant et ne répondant pas à des normes très strictes ont été bannis de la ville pendant plusieurs
années. Avec la mise au point de moteurs moins polluants, quelques véhicules diesels ont regagné l agglo atio , mais la popularité de ce type de motorisation reste en
berne dans ce pays.
En parallèle, la ville a décidé de favoriser un tri sélectif devenu le plus stricte et le plus efficace des pays modernes. La plantation massive d a es, comme à Los Angeles, est
prévue, et, plus anecdotique, mais témoignant de la volonté des pouvoirs publics, le macadam des cours de récréation a été remplacé par de la pelouse. A rajouter au palmarès
des mesures destinées à lutter contre la pollution : des règlementations très strictes limitant les émissions de gaz toxiques, des incitations fiscales afin que les foyers se dotent
de panneaux à cellules photovoltaïques, et, depuis 2004, l o ligatio de créer des jardins sur les toits des immeubles privés de plus de 1000 m² et publics d au moins 250m².
Copenhague, la multiplication des vélos
Pour les villes dont la pollution est liée principalement à la circulation automobile, la mise en place d u moyen de transport alternatif demeure la solution la plus sûre pour
parvenir à faire baisser la pollution aux microparticules. La ville de Copenhague a ainsi décidé de favoriser la circulation en vélo, mettant en place de nombreux espaces
réservés à ce moyen de transport propre. D ap s des statistiques datant de 2009, la ville disposait de 35 000 places de stationnement pour vélo (pour 2 millions d ha ita ts ,
et de 360 kilomètres de pistes cyclables. Bénéficiant d u système favorisant le partage de bicyclettes, les usagers du deux-roues peuvent aussi, en dehors des heures de
pointe, emprunter trains et métros avec leur monture. Les résultats sont au rendez-vous et depuis 2006, la part des usagers de transports en commun a augmenté tandis que le
trafic automobile s est réduit.
Hongkong, ou la qualité de l’esse e
La qualité des carburants peut-elle aussi influer sur la qualité de l ai respiré ? A Hongkong, où la pollution de l ai est l u e des premières cause de mortalité, les autorités ont
décidé, à partir des années 1990, de lutter contre les rejets de dioxyde de souffre en imposant une norme sur les carburants. Leur limitation en teneur en soufre, fixée à 0,5%, a
permis de réduire de 53% les taux moyens de dioxyde (SO2) dans l e se le de la ville. Cette mesure, pourtant concluante, a malheureusement pas été suivie par des
reformes plus poussées permettant d pa g e à la ville de nombreux pics de pollution. Mais cet exemple a inspiré l adoptio d u e directive européenne reprenant les mêmes
principes, réduisant la teneur en soufre des hydrocarbures et permettant ainsi de diminuer sensiblement la pollution de l ai .

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 104


9.3 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : LUTTE CONTRE LA POLLUTION LUMINEUSE

Définition du concept Problématique

La pollution lumineuse se • Un bon éclairage nocturne permet de bien voir et d t e bien vu, assurant ainsi la sécurité
réfère à la présence, dans le de tous ceux qui vivent et travaillent la nuit. Cependant, il est erroné et dommageable
ciel nocturne, de lumière d asso ie un éclairage intense à la sécurité et un éclairage plus faible au danger. Ainsi,
d o igi e artificielle (halo l lai age abusif découle souvent de cette croyance malheureusement très répandue.
lumineux diffus) qui masque • L'éblouissement est l'une des conséquences fâcheuses d'un éclairage intense, non
la voûte céleste. Les uniforme ou mal dirigé.
conséquences de la
surenchère lumineuse sont • Santé et horloge biologique : il est maintenant reconnu scientifiquement par
importantes : consommation l'Organisation Mondiale de la Santé que le dérèglement de l'horloge biologique peut
excessive d e gie, causer de nombreux problèmes de santé, allant de l'insomnie au cancer en passant par la
déséquilibre des écosystèmes, dépression, le diabète et l'obésité.
voilement des étoiles, • Esthétisme: Un éclairage mal conçu aura de grandes répercussions sur l'esthétisme d'une
incohérence du paysage œuv e architecturale ou patrimoniale. Que ce soit par un éblouissement causé par des
nocturne. Boucher, 2006 sources de lumières intenses visibles, une mauvaise gestion des contrastes ou le choix de
couleurs, la beauté d'un lieu ou d'un bâtiment est grandement affectée par son éclairage.

Enjeux associés

Santé et Sécurité, Protection de


l e vi o e e t , économies REDUIRE L’INTENSITE AJUSTER L’ORIENTATION
d e gie, patrimoine sont les Choisissez des luminaires produisant un Optez pour des luminaires dont le flux
enjeux d u éclairage plus éclairage sobre et uniforme dont lumineux est orienté vers la surface à
économe et plus soucieux de l i te sit lumineuse est pas excessive. éclairer. Rappelez-vous que la lumière
l e vi o e e t. Cela permet à l œil de s adapte à la émise vers le ciel aide pas à mieux voir
luminosité ambiante tout en assurant la et que la lumière émise vers l ho izo
visibilité requise et une sécurité des lieux. contribue à l louisse e t.

Objectifs

Lutter contre la pollution


lumineuse, ce est pas
cesser d lai e mais de CONTROLER LA PERIODE LIMITER LA LUMIERE BLEUE
mieux éclairer. La période et la durée d utilisatio des Privilégiez l utilisatio de sources
éclairages est aussi un facteur à lumineuses de couleur ambrée à celles
considérer. Installer une minuterie, un de couleur blanche. Ces dernières sont
détecteur de mouvement, ou le simple les plus dommageables pour le
geste d'éteindre les lumières en allant se voilement des étoiles et la santé en
coucher, l'idée est d'utiliser l'éclairage raison de leur grande proportion de
selon les besoins. lumière bleue.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 105


9.4 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

Définition du concept Etats des lieux/ Problématique

Bien que les normes et réglementations soient de plus en plus strictes


Le choix des matériaux et des techniques en la matière, il subsiste sur le marché des produits et matériaux de
constructives est souvent guidé par le construction qui peuvent se révéler néfastes que ce soit lors de leur
caractère esthétique escompté, par des fabrication, leur mise en œuv e, l e ploitatio ou la démolition du
contraintes techniques liées à la bâtiment.
typologie de mise en œuv e et plus
encore par l aspe t économique lié aux • La santé, (benzène, phtalates, amiante, produits allergisants…) ;
coûts de la construction.
• L e vi o e e t (les produits de traitement du bois et les
Le choix « durable » des matériaux de peintures qui peuvent contenir des COV (composés organiques
construction doit impérativement volatiles) néfastes pour la santé et se révéler non recyclables ;
Brique en terre cuite
intégrer les préoccupations liées à la • Consommation d e gie (matériaux intégrant les énergies grises)
santé, l e vi o e e t et l e gie. énergie grise = quantité d e gie nécessaire au cycle de vie des
matériaux.

Enjeux associés
Dispositions techniques

Santé et sécurité des citoyens, Outres les préoccupations générales liées à la santé et à
économies d e gie, protection de Isolant chanvre l e vi o e e t, le choix des matériaux devrait idéalement intégrer
l e vi o e e t sont directement les critères suivants :
impactés par le choix des matériaux de • Type et origine de la matière première
construction.
‐ La matière première est-elle renouvelable ou issue
de filières de recyclage ?
‐ La matière première peut-elle être une source
d issio de substances ou de particules nocives
Objectifs (exemple sable de mer/sable de carrière) ?
• Type de mise en œuv e
selon le cas, une mise en oeuvre nécessitera plus ou moins d eau,
Réduire l i pa t des matériaux de
Liège aggloméré d le t i it et génèrera plus ou moins de déchets.
construction sur l e vi o e e t.
• Durée de vie
• Nécessité d’e t etie et de maintenance
Lors du choix des matériaux, on s i te oge a sur la fréquence et le
type d e t etie nécessaire pour chaque type de matériau de finition
(Intérieur : revêtements de sol, revêtements de mur, menuiseries…-
Extérieur : revêtements de façade, revêtements de toiture,
menuiseries…).
Pigments Tadelakt

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 106


9.5 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : H.S.E. SUR LES CHANTIERS

Définition du concept Etats des lieux/ Problématique

La réduction des accidents (2000 décès par an) et


Inventaire des entraves à la bonne conduite des chantiers ?
des risques sur les chantiers de construction passe
par le respect des lois en vigueur mais aussi par la
1 – les contraintes inhérentes à la conception urbaine :
mise en place de système Hygiène Sécurité
• Les embarras de la circulation ;
Environnement.
• Les fortes densités urbaines ;
• L e igüit des terrains à bâtir.

2 – les problèmes d o d e conjoncturel :


• Le manque de qualification des ouvriers ;
• Le retard des paiements aux entreprises ;
Enjeux associés • Le mécanisme d adjudi atio qui attribue le marché au moins
disant ;
• Les entreprises non structurées.
• Droit de la ville ;
• Sécurité et santé des citoyens ; 3 – les problèmes d o d e technique :
• Les études incomplètes des projets ;
• Protection de l e vi o e e t pour un respect de
• L a se e fréquente de documents contractuels ;
la « rue » et des citoyens dans la gestion des
• Les changements de programmes en cours de réalisation ;
chantiers.
• La rédaction des cahiers des charges (prescriptions
administratives trop générales et le plus souvent floues en ce qui
concerne l o ga isatio , la signalisation et la sécurité du
Objectifs chantier);
• Le manque de rigueur dans l appli atio des règlements de
voirie.
• “ assu e de la fiabilité des installations de
chantier , des consignes de sécurité et de la Les chantiers font souvent l’o jet de vives critiques concernant les
conformité des conditions de travail; points suivants :
• Les installations de chantiers ;
• Respecter l e vi o e e t; • Les diverses nuisances qui résultent du transport, du stockage et
de la mise en œuv e des matériaux de construction ;
• Adopter des mesures de préventions des
• La pollution de l ai par les démolitions et les excavations;
accidents , des maladies professionnelles et des
• La mauvaise gestion des gravois qui ne sont pas toujours évacués
risques inhérents à l a tivit .
en totalité à la décharge publique ;
• La dégradation des réseaux d assai isse e t par l i filt atio de
sable, de ciment et de laitage de béton dans les égouts ;
• Le o e e t des chaussées utilisées souvent comme
« atelier » à ciel ouvert pour le ferraillage ou le stockage ;
• Les mauvaises conditions de confort et de sécurité offertes aux
piétons et aux riverains ;
• L aspe t inesthétique du paysage urbain ;
• Les délais d e utio des travaux qui ne sont presque jamais
respectés.
Etat des lieux dressé par Charaf-Eddine Berrada – Initiateur et Signataire de la
charte « Chantiers Propres »

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 107


9.5 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : H.S.E SUR LES CHANTIERS

Bonnes pratiques

LES SIGNATAIRES DE LA CHARTE : COBATY – Cobaty International


AMQAURP- (ONG INITIATRICE DE LA Maroc RAME- Réseau des Associations
CHARTE) CROAC- Conseil Régional de l O d e Marocaines pour l E vi o e e t
Association Marocaine pour la des Architectes du Centre LPEE- Laboratoire Public d Etudes et
qualité de l A hite tu e, l U a is e FNBPT- Fédération Nationale du d Essais
et l E vi o e e t. Bâtiment et des Travaux Publics LES ADHERENTS A LA CHARTE :
ALPIM- Association des Lotisseurs et LYDEC- Lyonnaise des eaux de Conseil Régional de l O d e des
Promoteurs Immobiliers Casablanca Architectes du Tensift
ISB (OFPPT)- Institut Supérieur du Association Espace Architecture
Bâtiment Association Tamesloht 2010
FNBTP Tensift

PREAMBULE

La charte « Chantiers Propres » est un engagement d i te ve a ts du cadre bâti ARTICLE TROISIEME


et de représentants de la Société Civile, dans un esprit de partenariat et de
partage de responsabilité, en vue de réaliser une avancée réelle dans la Nous, Entrepreneurs de bâtiment et de travaux publics, nous nous engageons à :
protection de l e vi o e e t en matière de construction. • Veiller à la bonne tenue de nos chantiers, tant en ce qui concerne la propreté,
La charte vise à mettre en place des solutions durables, en accord avec les la sécurité et la conduite des travaux.
réalités économiques de notre pays, permettant une amélioration rapide et • Eliminer ou réduire les nuisances dues au transport, à la décharge et à la mise
profonde de l i age de l e t ep ise marocaine de construction et de travaux en œuv e des différents matériaux.
publics, et donnant leur plein sens en termes de « propreté » et « sécurité » dans • Améliorer la qualification de nos ouvriers et les sensibiliser au respect de
les chantiers. l e vi o e e t.
ARTICLE PREMIER ARTICLE QUATRIEME

Nous, Ensemble des signataires de cette charte, nous nous engageons à : Nous, Institut Supérieur de Bâtiment, appartenant à l Offi e de la Formation
• Respecter les textes de loi et arrêtés municipaux permanents concernant : Professionnelle et de la Promotion du Travail, nous nous engageons à :
• L o ga isatio • Apporter toute l aide nécessaire aux entreprises de bâtiment et de travaux
• La signalisation publics désireuses d a lio e la qualification de leurs ouvriers
• La propreté • Sensibiliser à la protection de l e vi o e e t dans nos cycles de formation
• La sécurité des ouvriers, piétons et riverains professionnelle.
• La lutte contre le bruit dans les chantiers, aussi bien à l i t ieu u à ARTCLE CINQUIEME
l e t ieu .
• Respecter cette charte au début de chaque chantier et à en assurer la Nous, Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes, nous nous engageons à :
diffusion et la pérennité. • Mettre à la disposition de l e se le des intervenants du cadre bâti, les
ARTICLE SECOND moyens de mesures et de contrôles en vue de réduire et/ou éliminer les
nuisances produites par les installations de chantier et les travaux de
Nous, Prescripteurs, Architectes et Ingénieurs, nous nous engageons à : construction.
• Etablir tous les documents écrits et tous les plans de détails nécessaires à la • Encourager et réaliser des études et des recherches pour l utilisatio de
bonne exécution des travaux. techniques et de matériaux soucieux de l e vi o e e t en collaboration
• Introduire dans les marchés d appel d off e, un chapitre « sensibilisation » à avec les opérateurs, les écoles d i g ieu s et les instituts de formation.
la protection de l e vi o e e t, en vue de : ARTICLE SIXIEME
• Respecter les ressources naturelles
• Protéger l i t g it de l espa e végétal et des arbres Nous, ONG représentants de la Société Civile et Initiateurs de cette charte, nous
• Inciter à l utilisatio des matériaux de construction non polluants nous engageons à veiller à la sensibilisation de tous (avec tous les moyens dont
• Gérer les déchets et les produits toxiques nous pourrons disposer, notamment audiovisuels) sur la bonne tenue des
• Veiller à la bonne image des chantiers chantiers et de la nécessité de la propreté et de la sécurité dans les chantiers;

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 108


9.6 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : PROTECTION DU LITTORAL

Définition du concept Etats des lieux/ Problématique

Le littoral est une zone côtière constituée de: « Long de 3500 kilomètres, le littoral marocain recèle, sur sa
• Côté mer : des eaux territoriales telles que double façade méditerranéenne et atlantique, un potentiel
définies par les dispositions du dahir portant important de richesses halieutiques et biologiques, de sites
loi n° 1-73-211 du 26 moharrem 1393 (2 mars naturels et de paysages écologiques. C est un véritable patrimoine
1973) fixant la limite des eaux territoriales ; qui demeure, cependant, fragile et vulnérable faisant l o jet
• Côté terre : du domaine public tel que fixé au d u e intense dégradation due en particulier à la concentration de
a) de l'article premier du dahir du 7 Chaabane l u a isatio (60%), aux différents rejets directs domestiques et
1332 (1er juillet 1914) sur le domaine public industriels (70% des unités hôtelières et 90% des unités
ainsi que des estuaires, des baies, des étangs, Essaouira industrielles) et à la prolifération des opérations de destruction
des sebkhas, des lagunes, des marais salants, systématique du cordon dunaire, à l o ga isatio linéaire de
des zones humides communiquant avec la l espa e littoral parfois anarchique » .
mer et des cordons dunaires côtiers.
Ministère délégué auprès du Ministre de l e gie, des mines, de l eau et de
Loi n° 81-12 relative au littoral l e vi o e e t, chargé de l E vi o e e t

Les risques sur les espaces côtiers sont nombreux et variés mais
les plus significatifs sont :

Enjeux associés • La destruction des dunes côtières ;


Agadir
• L osio côtière ;
• Trame verte et bleue ;
• La submersion des basses terres du rivage ;
• Protection du patrimoine ;
• Composition paysagère ; • La pollution des eaux marines et du rivage par les rejets
liquides municipaux et industriels ;
• Renouvellement urbain ;
• fo es d u a isatio . • La menace d appauv isse e t halieutique ;

• La perte en biodiversité du milieu littoral.


Dakhla

Objectifs

• Préserver les enjeux environnementaux et la


biodiversité ;
• Préserver les paysages et conforter l'agriculture ;
• Elaborer les mesures de prévention pour préparer Tanger
le littoral aux effets du changement climatique ;
• Instaurer un équilibre entre les impératifs du
développement économique et les nécessités de
protection du littoral pour préserver ses richesses
pour les générations présentes et futures.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 109


9.6 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : PROTECTION DU LITTORAL

Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc


Recommandations d’intégration dans les documents
d’urbanisme
➢ Pour assurer le développement durable du littoral, la loi n°81-12
relative au littoral a adopté les principes et règles de base d u e gestion
SDAU
intégrée des zones côtières issue de préconisations internationales :
conférences des Nations Unies sur l e vi o e e t et le développement
• L e te sio de l u a isatio : doit se réaliser en continuité avec les
de Rio 1992, de Rio+20, du Sommet mondial sur le développement
agglomérations et les villages existants ou en hameau nouveau intégré à
durable de Johannesburg de 2002 et régionales et du protocole relatif à la
l e vi o e e t. Dans les espaces proches du rivage, l e te sio de
gestion intégrée des zones côtières (GIZC) de la Méditerranée, ratifié par
l u a isatio doit être limitée ;
notre pays le 21 Septembre 2012 et entré en vigueur le 21 octobre 2012.
Par ailleurs, cette loi fixe les principes fondamentaux de gestion intégrée • Les coupures d u a isatio : entre les zones urbanisées, des espaces
du littoral. naturels suffisamment vastes doivent être prévues, présentant le caractère
Ainsi, elle vise la réalisation des objectifs ci-après : d u e coupure d u a isatio évitant la constitution d u front urbain
• la préservation des équilibres biologiques et écologiques, du continu ;
patrimoine naturel et culturel, des sites historiques et archéologiques, • Le regroupement de l u a isatio : doit permettre d o ie te l u a isatio
des paysages naturels et la lutte contre l'érosion du littoral ; vers l i t ieu des terres et d assu e l uili e du zonage et la capacité
• la prévention, la lutte et la réduction de la pollution et de la d a ueil des espaces urbanisés ou à urbaniser ;
dégradation du littoral et la réhabilitation des zones et des sites
• La age e t en profondeur : les programmes d a age e t et de
pollués ou détériorés ;
développement sur les zones littorales doivent éviter la concentration des
• la planification à travers notamment un plan national du littoral et
activités sur la frange littorale contiguë à la mer et promouvoir le
des schémas régionaux littoraux compatibles et en parfaite harmonie
développement urbain en profondeur ;
avec les documents d a age e t du territoire ;
• l i pli atio des associations, du secteur privé et des collectivités • L'inconstructibilité de la bande littorale contiguë à la mer, en dehors des
territoriales concernées dans la prise de décisions relatives à la espaces urbanisés.
gestion du littoral ;
• la garantie de la gratuité et du libre accès au rivage de la mer ; PA
• la promotion d u e politique de recherche et d i ovatio en vue de
valoriser le littoral et ses ressources. • Le libre accès au rivage : les piétons doivent pouvoir accéder gratuitement et
En ce qui concerne les mesures de protection et de conservation, la loi sans entrave au rivage;
pose le principe d I te di tio de porter atteinte à l'état naturel du rivage
de la mer. Par ailleurs, la loi institue une zone non constructible, adjacente • l'inconstructibilité de la bande littorale contiguë à la mer, en dehors des
au littoral d u e largeur de 100m, calculée à partir de la limite terrestre de espaces urbanisés, sauf pour les installations destinées à des services publics
ce littoral, ainsi u u e zone de retrait des infrastructures de transport ou à des activités économiques qui exigent la proximité immédiate de la
d u e largeur de 2000 m. mer;
En matière de lutte contre la pollution, la loi sur le littoral interdit tout • L'inconstructibilité de la bande littorale contiguë à la mer, en dehors des
rejet causant une pollution du littoral et soumet à autorisation le espaces urbanisés : il est interdit de construire, hors des zones urbanisées,
déversement de rejets liquides qui ne dépassent pas les valeurs limites dans les espaces naturels préservés ou à préserver en raison de la vocation
moyennant le paiement d u e redevance. des zones ou de la qualité des sites et paysages remarquables ou
De même, la loi garantit le droit d a s du public au rivage de la mer et le caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral et des milieux
droit de passage tout au long de ce rivage » nécessaires au maintien des équilibres biologiques ;
Ministère délégué auprès du Ministre de l e gie, des mines, de l eau et de • La priorité aux activités exigeant la proximité immédiate de la mer : les
l e vi o e e t, chargé de l E vi o e e t activités économiques et de loisirs ou les services publics qui exigent une
proximité immédiate de la mer doivent avoir la priorité sur les autres
activités; les réseaux routiers et les voies carrossables nouvelles parallèles
➢ Le Projet de loi 99-14 relatif aux documents d’u a is e qui définit les
au rivage sont interdits sur les dunes littorales, les cordons dunaires côtiers
dispositions pour la mise en valeur du littoral.
et les parties supérieures des plages.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 110


9.7 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : PROMOTION DES ENERGIES RENOUVELABLES


Définition du concept Objectifs

« Sources d e gies renouvelables : toutes


• Réduire la consommation d e gies ou en promouvoir une utilisation
les sources d e gies qui se renouvellent
plus rationnelle pour en garantir un accès à long terme ;
naturellement ou par l i te ve tio d u e
action humaine, à l e eptio de l e gie • limiter les impacts sur l e vi o e e t;
hydraulique dont la puissance installée est • le renforcement de la sécurité d app ovisio e e t en énergie.
supérieure à 12 mégawatts, notamment les
énergies solaires, éolienne, géothermale,
houlomotrice et marémotrice, ainsi que
l e gie issue de la biomasse, du gaz de Etats des lieux/ Problématique
décharges, du gaz des stations d pu atio
d eau usées et du biogaz. » L e gie constitue, de toute évidence, un facteur stratégique pour le
développement économique et social. Souligner son impact sur l effi ie e
Loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables économique, l uit sociale et l uili e écologique, est relever la
centralité de la place u elle occupe dans le concept de développement
durable par lequel la communauté internationale exprime les exigences du
Enjeux associés souhaitable sociétal de la modernité.

Il s agit de savoir si l o peut diviser par 4 nos émissions de GES d i i 2050,


• La protection de l e vi o e e t; est-à-dire dans moins de deux générations. Un tel objectif a des
conséquences dans tous les domaines. Il implique de repenser
• La promotion de la ville post carbone ; l u a is e, de revoir nos modes de déplacement et la façon dont on bâtit
et l o rénove nos bâtiments. Il appelle en somme une transformation
• La lutte contre les inégalités.
radicale mais progressive de la société.

Réglementation en vigueur et stratégie mise en place

• Loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables, promulguée par Dahir n° 1-10-16
du 26 Safar 1431 (11 février 2010) publiée au Bulletin officiel n° 5822 du 1er rabii • Le projet de loi n° 38-16 modifiant et complétant la loi n° 16-09 relative à l'Agence
II 1431 (18 mars 2010). Nationale pour le Développement des Energies Renouvelables et de l'Efficacité
Le développement des sources d e gies renouvelables nationales constitue l u e des Energétique ADEREE.
priorités de la politique énergétique nationale, dont les grands axes visent :
‐ le renforcement de la sécurité d app ovisio e e t en énergie à travers la • La stratégie nationale énergétique horizon 2030 dont les orientations
diversification des sources et ressources, l opti isatio du bilan énergétique et stratégiques sont basées notamment sur la montée de la part des énergies
la maîtrise de la planification des capacités ; renouvelables de 42% à 50% par :
‐ l a s généralisé à l e gie, par la disponibilité d u e énergie moderne pour ‐ Le développement de l olie : la puissance électrique cumulée à partir de
toutes les couches de la population et à des prix compétitifs ; l olie atteindra 1554 MW en 2012, 2280 MW en 2020, et 5520 MW en2030;
‐ le développement durable par la promotion des énergies renouvelables, pour le
renforcement de la compétitivité des secteurs productifs du pays, la ‐ La croissance de l e gie solaire avec la réalisation d i i à 2030 de 740 MW
préservation de l e vi o e e t par le recours aux technologies énergétiques en solaire à concentration, 400 MW en photovoltaïque et 3 000 000 m2 en
propres, en vue de la limitation des émissions des gaz à effet de serre et la solaire thermique ;
réduction de la forte pression exercée sur le couvert forestier ; ‐ L e ge e de la biomasse avec400 MW de puissance installée d i i 2030 ;
‐ le droit, pour un exploitant, de produire de l le t i it à partir de sources ‐ La mobilisation du potentiel hydroélectrique.
d e gies renouvelables.
• Le Programme National de l’U a is e Durable
• Dahir n° 1-10-18 du 26 Safar 1431 (11 Février 2010) portant promulgation de la loi
Pilier 1 : Planification stratégique durable
n° 57-09 portant création de la société « Moroccan Agency For Solar Energy »
Promouvoir la maîtrise des consommations énergétiques et le recours aux énergies
(MASEN).
renouvelables dans les choix de développement et favoriser la performance
énergétique des bâtiments.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 111


9.7 ENJEU : PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

THÉMATIQUE : PROMOTION DES ENERGIES RENOUVELABLES

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations


d’urbanisme

• Développer des sites de production d e gie (centrale photovoltaïque,


SDAU éolien, géothermie, exploitation sylvicole...) ;
Rapport analyse diagnostic : • Permettre à une ville d'utiliser l'ensemble de ses outils réglementaires et
• Réaliser un diagnostic énergétique (opportunités énergétiques locales); contractuels à la fois dans une perspective d'adaptation offre-demande
les potentiels en termes d olie , de solaire et de géothermie ; d'énergie mais aussi afin de prendre en compte la diversité
• Délimiter les secteurs ou sites de production d e gies renouvelables les d'approvisionnement énergétique possible, la priorité donnée aux transports
plus appropriés (hors espaces à valeur agricole, forestière ou paysagère) collectif ;
Orientation d’a age e t : • Les productions en énergies renouvelables peuvent être assurées de façon
individuelles (solaire, géothermie) ou assurées par la collectivité (biomasse,
• Proposer une stratégie qui vise à renforcer le recours aux ressources
parc éolien, fermes solaires). L utilisatio du mobilier urbain ou de certains
énergétiques locales ;
équipements publics peuvent également servir comme support de
• Identifier des scénarios énergétiques et favoriser le recours aux énergies production d e gie renouvelable ;
renouvelables.
• Améliorer l effi a it énergétique comme préalable à la mise en place des
PA installations en énergie renouvelables.
Rapport analyse diagnostic :
• Analyse du climat (soleil, vent), de la géologie (sous-sol) et de la forêt au
regard du potentiel de production d e gie ;
• Estimation comparée de la capacité de production d e gie solaire des
toitures et des besoins en chauffage des constructions.
R gle e t d’a age e t
• Prévoir l e pla e e t des installations et des dispositifs de production
sur ou aux abords des constructions.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 112


10 ENJEU : EFFICACITE ENERGETIQUE

Définition du concept Réglementation en vigueur /


stratégie mise en place au Maroc
Efficacité énergétique : toute action agissant positivement sur la
consommation de l e gie, quelle que soit l a tivit du secteur
considéré, tendant à :
• La gestion optimale des ressources énergétiques ; • Loi n° 47-09 relative à l’effi a it énergétique
• La maîtrise de la demande d e gie ;
• L augmentation de la compétitivité de l a tivit économique ; Article 3 : instaurant l i t g atio des règles de
• La maîtrise des choix technologiques d ave i viables ; performance énergétique des constructions dans les
• L utilisatio rationnelle de l e gie ; règlements généraux de construction.
Et ce, en maintenant à un niveau équivalent les résultats, le service, le Article 8: instaurant l tude d i pa t énergétique.
produit ou la qualité d e gie obtenue. Article 11: qui par complément à la législation relative à
Loi 47-09 relative à l effi a it énergétique l u a is e, instaure que tout plan d a age e t
définit les zones dans lesquelles seront implantés des
projets qui nécessitent, selon leur taille ou leur nature,
Enjeux associés la réalisation d u e étude d i pa t énergétique
préalable.
• Décret n°2.13.874 du 14 octobre 2014 approuvant le
• Mobilité urbaine ; • Préservation de
Règlement Général de Construction fixant les règles
• Fo es d u a isatio ; l e vi o e e t ;
de performance énergétique dans le bâtiment et
• Mixité urbaine ; • Ville post carbone.
instituant le comité national de performance
énergétique dans le bâtiment ;
• Projet de loi 99-14 relatif aux documents
Etat des lieux / Problématique
d’u a is e intégrant les principes de développement
durable notamment la performance énergétique et les
« L effi a it énergétique est considérée aujou d hui comme une exigences d effi a it énergétique dans les modes
quatrième énergie après les énergies fossiles, les énergies da age e t ;
renouvelables et l e gie nucléaire. L a itio du Royaume du • Les nouveaux termes de références pour les
Maroc est d assu e une meilleure utilisation de l e gie dans tous documents d’u a is e intégrant les principes de
les domaines d a tivit s économiques et sociales, considérant la l u a is e durable et prônant notamment les
nécessité de rationaliser et d a lio e la consommation de l e gie principes d effi a it énergétique dans les modes
pour répondre aux besoins énergétiques croissants de notre pays ». da age e t ;
Loi 47-09 relative à l effi a it énergétique - Préambule
• Les 50 mesures prises pour améliorer le processus
Au Maroc la consommation annuelle en énergie (toutes sources
d’ la o atio des documents d’u a is e, dont
confondues) est de 0,5 tonnes équivalent pétrole par habitant, elle
notamment la Mesure 39 qui vise à Intégrer des
augmente de 4,3% chaque année.
mesures incitatives au profit des projets retenant le
En ce qui concerne l'électricité, la consommation est de l o d e de
principe de l effi a it énergétique, et ce, en
781KWh annuellement/personne, et augmentera de 7,8%
application des dispositions de l a ti le 6 de la loi 47-09
annuellement.
relative à l effi a it énergétique ;
La politique d’Effi a it Energétique visant la réduction de la
consommation énergétique de 12 % à l ho izo 2020 notamment • Le Programme National de l’U a is e Durable
dans les secteurs clés de développement à savoir le bâtiment, ‐ Pilier 1 : Planification stratégique durable
l i dust ie et le transport, s est concrétisée par l adoptio de la loi Une nouvelle génération de documents d u a is e
47-09 en 2009. mettant en exergue les principes de l u a is e
durable, visant à créer des territoires qui promeuvent
Objectifs la maîtrise des consommations énergétiques et le
recours aux énergies renouvelables dans les choix de
• Augmenter l effi a it énergétique dans l utilisatio des sources développement et favorisent la performance
d e gie; énergétique des bâtiments.
• Eviter le gaspillage, atténuer le fardeau du coût de l e gie sur ‐ Pilier 3 : Durabilité des Territoires
l o o ie nationale et contribuer au développement durable; Le développement de nouvelles approches innovantes
• Intégrer de manière durable les techniques d effi a it énergétique au en matière de durabilité des territoires celles des éco-
niveau de tous les programmes de développement sectoriels; quartiers et des éco-cités et le renouvellement urbain.
• Réduire la pollution atmosphérique et les GES responsables du
réchauffement climatique.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 113


10.1 ENJEU: EFFICACITE ENERGETIQUE

THÉMATIQUE : EFFICACITE ENERGETIQUE DANS L’AMENAGEMENT URBAIN

Définition du concept Etat des lieux / Problématique

Ce sont les pratiques d a age e t du territoire et


d u a is e qui façonnent la forme de nos milieux de vie et Le mode de développement urbain peut agir directement sur le coût
leur organisation. énergétique d u territoire, de ses équipements collectifs et influencer
L u a is e et l e gie sont étroitement liés puisque toute les habitudes de vie permettant ainsi de réduire à la source les
implantation d uipe e ts ou aménagement d u e zone émissions de GES.
agissent sur la consommation énergétique globale d u La consommation énergétique d u territoire dépend pour une part
territoire. importante des formes urbaines et de mobilité qui y ont été
La planification énergétique dans l a age e t du développées :
territoire nécessite donc une démarche transversale qui
• Structure de l u a isatio : compacité, densité, mixité, etc ;
devra être accompagnée d i itatio s aux changements des
comportements. • Performances énergétiques des bâtiments : orientation,
isolation, matériaux, équipements… (les bâtiments utilisent 75%
de la consommation communale) ;
Enjeux associés
• Répartition (distance) et liaison des zones d ha itat, de travail,
de service et de consommation ;
• Les formes d u a isatio ;
• La mixité urbaine ; • Qualité de l off e de transports en commun, cheminements
• La mobilité urbaine ; piétons et vélos… ;
• Les énergies renouvelables se conjuguent pour faire que • Equipement et mobilier urbain (20% de la consommation
les consommations en énergie puissent être réduites de communale concerne l lai age .
façon conséquente.

Objectifs
Orientations
Organiser le développement des territoires de manière à les
rendre économes en énergie. Deux objectifs doivent toujours • Favoriser le principe de mixité de quartier entre l a tivit et l'habitat afin de favoriser, en particulier, la
guider les conceptions et les réalisations: réduction des déplacements domicile-travail ;
1) Réduire les besoins; • Limiter l tale e t urbain et développer des formes urbaines plus compactes et économes en énergie ;
2) Assurer l app ovisio e e t en énergie. • Rechercher un équilibre entre les extensions urbaines et le renouvellement urbain ;
• Réinvestir les friches et densifier le tissu existant ;
• Renforcer la trame verte par la végétalisation des toitures terrasses et des œu s d îlot en pleine terre ;
Indicateurs
• Réaliser une conception de l lai age public économe ;
• Articuler transports collectifs et territoires urbanisés ;
• Production d e gie par rapport à la consommation • Optimiser les densités des constructions et étudier leur volumétrie et orientation en prenant en
finale moyenne ; considération les caractéristiques climatiques ;
• Estimation des besoins ; • Prévoir des mesures incitatives pour les constructions énergétiquement performantes ;
• Mode d e ploitatio et de consommation des ressources • Offrir une desserte optimale en transports publics, et privilégier la multimodalité et les réseaux de
énergétiques. mobilité douce ;
• Eclairer les décideurs sur les données énergétiques du territoire, les potentialités en matière de
développement des énergies renouvelables et de maîtrise de l e gie ;
• Utiliser l'ensemble des outils réglementaires et contractuels à la fois dans une perspective d'adaptation
offre-demande d'énergie et aussi afin de prendre en compte la diversité d'approvisionnement
énergétique possible, en donnant la priorité aux transports collectifs.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 114


10.1 ENJEU: EFFICACITE ENERGETIQUE

THÉMATIQUE : EFFICACITE ENERGETIQUE DANS L’AMENAGEMENT URBAIN

Recommandations d’intégration au niveau des Bonnes pratiques


documents d’urbanisme

Prise en compte de la problématique énergétique et environnementale au travers d u


SDAU projet de développement urbain Chalon sur Saône ZAC DE SAINT JEAN DES JARDINS .

• Etablir un diagnostic énergétique (état des ressources locales et des 1. Contexte


consommations); La ville de Chalon sur Saône et le maitre d ouv age « SEM Val de Bourgogne »
• Proposer une stratégie qui vise à renforcer le recours aux ressources souhaitent réaliser une zone d a age e t concertée à vocation d ha itats
énergétiques locales ; individuels, intermédiaires et collectifs. Son aménagement devra en faire un
endroit agréable à vivre, intégré dans son environnement urbain et paysager et
• Préserver les milieux naturels et semi-naturels pour contribuer à d u e conception élaborée. Il conservera l ide tit et le charme des jardins
l a lio atio de la performance énergétique, en limitant le familiaux au œu de cette zone. Ainsi, cet aménagement d e ve gu e permettra de
réchauffement et en offrant un microclimat tempéré ; profiter de la nature en pleine ville.
• Rechercher l'équilibre entre les extensions urbaines et le
renouvellement urbain ; 2. Eléments-clés et points forts du projet :
• Préserver les espaces dédiés aux activités agricoles et forestières; • Une typologie d ha itat :individuel dense, l i te diai e et le petit collectif ;
• Réduire la consommation d'espaces par des équilibres de densités à • Une articulation équilibrée entre l espa e public et les espaces extérieurs privatifs ;
l'inverse de l'étalement urbain ; • Une démarche de Haute Qualité Environnementale.
• Conditionner l ouve tu e à l u a isatio à l'existence de dessertes
par les transports en communs et à la préservation des continuités 3. L’ la o atio d’u cahier des charges
écologiques telles les trames vertes et bleues. Les déplacements
• Marche : des mails piétons ont été dessinés à travers les jardins et entre les
habitations ;
PA
• Transports en commun : Chaque habitation est située à moins de 300 m d u arrêt ;
• Analyser les conditions climatiques (ensoleillement, vent) en tant • Mobilité douce: des pistes cyclables ont été prévues dans l e p ise des voies. Des
ue pa a t es pou l a hite tu e io li ati ue ; stationnements vélos accessibles, sécurisés et ouverts sont créés.
• Prévoir des formes urbaines économes en énergie, compactes et La forme de l ha itat et le bâti
denses ; • Une nouvelle typologie de l ha itat intermédiaire dense ;
• Améliorer les critères de performances énergétiques pour les • La qualité des espaces publics et notamment des jardins familiaux permet de
nouvelles constructions ; concevoir des parcelles plus réduites que dans l ha itat pavillonnaire ;
• Tracer un réseau viaire optimisé dans un souci de réduction des • L o ie tatio des bâtiments a été étudiée de façon à privilégier les façades
déplacements ; orientées au sud s ouv a t sur les jardins ;
• Développer un réseau de circulations douces : piétons, vélos ; • Des matériaux respectueux de l e vi o e e t;
• Autoriser un dépassement de la densité et de la hauteur autorisées • Des chantiers sans nuisances.
pour les constructions énergétiquement performantes ;
• Implanter les bâtiments et prévoir des rapports entre hauteur/recul
du bâti de manière à prendre en considération les vents dominants,
les ombres portées et les apports solaires.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 115


10.2 ENJEU : EFFICACITE ENERGETIQUE

THÉMATIQUE : BÂTIMENTS ÉCONOMES EN ÉNERGIES

Définition du concept Réglementation en vigueur

Un bâtiment économe en énergie ou Basse


Co so atio (BBC) qualifie un ouvrage Réglementation thermique dans le bâtiment.
énergétiquement performant sans atteindre le niveau
des constructions dites passives , est-à-dire conçues Ce règlement, qui s appli ue aux bâtiments
pour ne plus avoir besoin de chauffage. La conception de résidentiels et tertiaires à édifier, à l e eptio de
ce type de bâtiment repose sur des techniques l ha itat individuel rural, vise essentiellement à
éprouvées, des matériaux et des équipements. améliorer les performances thermiques des
constructions afin d attei d e les résultats suivants :

Enjeux associés • réduire les besoins de chauffage et de


climatisation des bâtiments ;

• améliorer le confort thermique au sein des


• P ote tio de l e vi o e e t; bâtiments ;
• Santé et sécurité des citoyens ;
• participer à la baisse de la facture énergétique
• Ville post carbone.
nationale ;

• réduire les émissions de gaz à effet de serre.


Objectifs
Il fixe les caractéristiques thermiques que doit
respecter chaque type de bâtiment (résidentiel ou
• Optimiser la conception des bâtiments pour stabiliser la tertiaire) par zone climatique, selon deux approches :
consommation des énergies fossiles ;
• Augmenter la part des énergies renouvelables ; • une approche performantielle consistant à fixer
les spécifications techniques minimales en
• Réduire l e p ei te carbone d u territoire. termes de performances thermiques du bâtiment
qui sont évaluées selon les besoins énergétiques
annuels du bâtiment liés au confort thermique et
Etat des lieux calculés par des logiciels de simulation
énergétique de bâtiments ou par des outils
informatiques simplifiés (logiciel Binayate de
Le potentiel d o o ie d e gie dans le secteur du vérification) ;
bâtiment est estimé à 20% à l ho izo 2030, avec la mise • une approche prescriptive fixant les
en place d u plan d effi a it énergétique. Le bâtiment spécifications techniques limites acceptables en
est le troisième secteur consommateur d e gie avec termes de caractéristiques thermiques des parois
25% de la consommation énergétique finale du pays, de l e veloppe du âti e t.
dont 17% réservés au résidentiel et 8% au tertiaire. Cette
consommation énergétique est appelée à augmenter
rapidement dans les années futures.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 116


10.2 ENJEU : EFFICACITE ENERGETIQUE

THÉMATIQUE : BÂTIMENTS ÉCONOMES EN ÉNERGIES

Dispositions techniques Recommandations d’intégration dans


les documents d’urbanisme
Isolation des parois en construction neuve
• Isoler l e se le de l e veloppe extérieure des bâtiments y
compris la toiture afin de réduire les coûts de chauffage et
de climatisation ; PA
• Isoler les fondations en blocs par l e t ieu ;
• Profiter des avantages de la mitoyenneté, de la compacité • Analyser les performances bioclimatiques du
des immeubles pour optimiser les isolations et limiter la territoire ;
consommation énergétique des constructions neuves. • Identifier le potentiel d o o ies d e gie
(rénovation du parc bâti existant, constructions
Conception adéquate des ouvertures neuves,…) ;
Optimiser la surface des fenêtres selon l o ie tatio afin de
contrecarrer les risques de déperditions énergétiques et de • Identifier les secteurs à traiter à l helle de l ilot
bénéficier de leurs avantages en tant que capteurs de la ou par catégories de bâtiments dans le cadre du
chaleur du soleil. renouvellement urbain ;
• Etudier l e pla e e t des fenêtres de manière à permettre
une ventilation intense nocturne et éviter le recours à la • Imposer dans les secteurs à ouvrir à
climatisation. l u a isatio aux constructions, de respecter,
notamment des performances énergétiques et
Conception bioclimatique environnementales renforcées à définir ;
Les dispositions bioclimatiques constituent un ensemble de
• Imposer aux constructions non contiguës d t e
pratiques dont l o je tif est de permettre au bâtiment
implantées de telle manière que les fenêtres ne
d assu e par son implantation, son orientation, sa
soient masquées par aucune partie de la
morphologie ou son enveloppe, l esse tiel des conforts
construction ;
thermiques (hiver/été), lumineux, voire acoustique, sans
apport d e gie « active ». Il s agi a d agi sur: • Tolérer, pour les constructions satisfaisant à des
critères de performance énergétique élevée, un
• L o ga isatio spatiale des immeubles pour développer des dépassement des règles relatives au gabarit et à la
logements traversant, (disposant d ouve tu e sur deux faces densité d'occupation des sols dans une limite à
opposées ou adjacentes) indispensables au confort d t ; définir et dans le respect des autres règles établies
• L o ie tatio de prédilection Nord/Sud qui constitue le par le plan d a age e t ;
meilleur compromis apports solaires/auto protection solaire
hiver/été ; • Autoriser la réalisation de l isolatio pour des
• Le rapport des pleins et des vides qui conditionne vues et constructions existantes en dépassant
lumière naturelle et aussi surchauffes estivales. l alig e e t sur la voie publique.

Améliorer l Urbanisme par un Référentiel d Aménagement – AURA


Montpellier

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 117


11 ENJEU : PROTECTION DU PATRIMOINE ET MÉMOIRE DES LIEUX

Définition du concept Etat des lieux / Problématique

Loi 22-80 relative relatif à la protection, à la conservation Le Maroc a hérité un patrimoine pluriculturel dont l o igi alit , la
et à la mise en valeur du patrimoine culturel – article 2 : valeur et la richesse sont universellement reconnues. Facteur
• Patrimoine culturel national s te d à tous les biens d ide tit , il constitue aujou d hui un élément fondamental de
culturels mobiliers, immobiliers et immatériels, par notre conscience nationale et une richesse transmissible qui porte
nature ou par destination et mobiliers existants sur et nos valeurs et principes communs aux générations futures.
dans le sol des immeubles du domaine public ou privé de Historiquement, le Maroc est un des pays à avoir apporté une
l Etat, ou appartenant à des collectivités ethniques sous attention forte à son patrimoine au nom de l i t t général et ce,
tutelle de l Etat, à des personnes physiques ou morales depuis longtemps. Cette prise de compte a comme point de départ
de droit privé, ainsi que dans le sous‐sol et espaces le Dahir chérifien du 29 novembre 1912 relatif à la conservation
subaquatiques des eaux intérieures et des eaux des monuments historiques et des inscriptions historiques. Depuis
territoriales maritimes nationales, légués par les lors, la législation marocaine a connu, une évolution notable
générations passées, de la préhistoire à nos jours et matérialisée par les différentes modifications du texte de loi dont
représentant un intérêt pour la civilisation nationale ou les principaux sont :
universelle ; • Le Dahir du 13 février 1914 relatif à la conservation des
• Patrimoine naturel national s te d à tout site ou monuments historiques, des inscriptions et des objets d a t et
monument, généré par la nature, ou zone ou formation antiquités de l E pi e Chérifien, à la protection des lieux
naturelle ainsi que toute composante de la nature et du entourant ces monuments, des sites et des monuments
paysage qui revêt un caractère exceptionnel ; naturels ;
• Le Dahir du 21 juillet 1945 relatif à la conservation des
• Patrimoine mixte s e te d du patrimoine culturel et
monuments historiques et des sites, des inscriptions, des
patrimoine naturel dans leur interdépendance.
objets d a t et d a ti uit et à la protection des villes
anciennes et des architectures régionales ;
• Le Dahir du 25 décembre 1980 relatif à la conservation des
Enjeux associés monuments historiques et des sites, des Inscriptions, des
objets d a t et antiquités.
• Renouvellement urbain ; Note de présentation du projet de loi relatif à la protection, à la
• P ote tio de l e vi o e e t ; conservation et à la mise en valeur du patrimoine culturel – Ministère de la
• Trame verte et bleue ; culture
• Lutte contre les inégalités. Toutefois, le Patrimoine marocain dans toutes ses composantes
est aujou d hui, insuffisamment préservé et valorisé.
Objectifs Depuis les cinq dernières décennies, les tissus patrimoniaux ont
connu une dégradation et une dévalorisation. Ils sont devenus des
espaces d i salu it qui posent des problèmes aux deux niveaux
• Protéger, sauvegarder et conserver les monuments de l u a is e et de l ha itat.
historiques, des édifices remarquables, des espaces La problématique d i te ve tio sur les tissus anciens est
publics significatifs, des points de vue et des sites accentuée par leur caractère patrimonial et historique. Souvent,
marquants, l e se le des parcs et des jardins, et leur les actions d a age e t urbain effectuées sur les tissus
assurer, dans le temps long, une gestion adaptée. existants se limitent à l aspe t extérieur de l espa e urbain ou à la
• Protéger l ide tit culturelle, la diversité du paysage restauration ponctuelle de monuments.
naturel, le patrimoine bâti et non bâti comme une Les documents d u a is e tels u ils sont élaborés se
ressource précieuse et un levier du développement préoccupent principalement de l aspe t protectionniste des tissus
territorial durable. anciens u ils ont tendance à délimiter par un graphisme
• Reconnaitre la valeur du patrimoine dans sa dimension approprié sans pour autant expliquer en quoi consistent les
historique, architecturale et aussi sociale : actions de sauvegarde qui s imposent.
‐ Améliorer les conditions de vie et d ha ita ilit Les tissus anciens voient leurs activités diminuer en l a se e
dans ces tissus ; d u e redynamisation comme solution durable du phénomène de
‐ Les revaloriser et les redynamiser en prenant en vieillissement du patrimoine.
considération leurs spécificités et leurs La mise en œuv e d u développement durable relève aujou d hui
potentialités ; d u e responsabilité publique tout autant que d u e prise de
‐ Les intégrer au sein de l a atu e urbaine ; conscience individuelle. L o je tif est d illust e le rôle du
‐ Préserver leur identité architecturale. patrimoine comme moteur de développement d u e société plus
• Transmettre aux générations futures des éléments de démocratique. Sa multi dimensionnalité nécessite de plus en plus
valeur culturelle et patrimoniale qui participent de une gestion partagée avec l e se le de la société, processus
manière décisive à la définition de leur identité. reconnu comme favorable à l e ge e d u développement
durable (transversalité, participation).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 118


11 ENJEU : PROTECTION DU PATRIMOINE ET MÉMOIRE DES LIEUX

Réglementation en vigueur / stratégie mise en place au Maroc

• La Loi 22-80 relative à la protection, à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine culturel.

• La Charte Nationale de protection et de mise en valeur du Patrimoine Culturel qui a pour objectifs de:

‐ Encourager toute action consistant à préserver un bien culturel, matériel ou immatériel, dans l tat actuel pour en garantir la pérennité et la
transmission aux générations futures ;
‐ Faciliter l adoptio de structures de coopération et de partenariats entre les acteurs publics et/ou privés dans un cadre conventionnel consensuel à
des fins de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel et mixte ;
‐ Appeler à mobiliser tous les moyens de lutte appropriés contre toutes les menaces qui pèsent sur le patrimoine national culturel ;
‐ Appeler les différents intervenants à mobiliser les moyens humains et financiers nécessaires pour la préservation du patrimoine national culturel ;
‐ Appeler les différents organismes publics concernés et leurs services centraux et déconcentrés à adhérer aux efforts visant la préservation du
patrimoine national culturel, et sensibiliser les élus, les groupes, les communautés et le public à l i po ta e du patrimoine national culturel et
l u ge e de la finalité de sa préservation ;
‐ Définir les engagements de l'Etat, des collectivités territoriales, des différents organismes publics, des entreprises privées, des associations de la
société civile et des citoyens en matière de protection du patrimoine national culturel ;
‐ Inciter les différents services de l Etat concernés à établir des réformes d'ordre institutionnel, économique et financier dans le domaine de la
gestion du patrimoine national culturel en faisant valoir la bonne gouvernance ;
‐ Appeler à renforcer le cadre juridique visant la préservation, la protection et la mise en valeur du patrimoine national culturel et à l adapte avec
les dispositions contenues dans les conventions internationales ratifiées par le Royaume du Maroc ;
‐ Œuv e pour une meilleure accessibilité des groupes et des communautés d a ueil ainsi u à l e se le des citoyens au patrimoine national
culturel.

• Les nouveaux termes de références pour les documents d’u a is e - Principes de l’u a is e durable .

• Les chartes architecturales, urbanistiques et paysagères.

• L’assista e architecturale en milieu rural.

16
RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 4119
11 ENJEU: PROTECTION DU PATRIMOINE ET MÉMOIRE DES LIEUX

Recommandations d’intégration dans les documents Orientations et déclinaisons


d’urbanisme

• Considérer le patrimoine comme levier du développement


durable. Pour ce faire, sa sauvegarde et sa mise en valeur
doivent s'accompagner d'une intensification de l a tivit en
SDAU
maintenant la totalité des fonctions urbaines existantes et en
développant de nouvelles activités autour de la culture, du
• Identifier et localiser les éléments de paysage , monuments, quartiers, sites, à
tourisme et des loisirs ;
protéger, requalifier ou mettre en valeur ;
• Déterminer les grands projets à réaliser pour permettre la mise à niveau du • Renforcer l i t t des citoyens et des porteurs d a tivit s
patrimoine sa valorisation durable et sa mise en tourisme ; installés dans les tissus à intérêt patrimonial. Développer les
• Déterminer les périmètres à intérêt patrimonial devant faire l o jet de manifestations visant à éveiller ou à asseoir cet intérêt :
mesures de sauvegarde à prévoir dans les PA. conférence, visites guidées, manifestations artistiques de rue ;

• Adopter une stratégie nationale visant à assigner une fonction


PA au patrimoine dans la vie collective ;
• Indiquer les différentes actions d i te ve tio telles que la réhabilitation, la
• Ne pas limiter les actions de sauvegarde et de mise en valeur
reconversion, la restructuration et la régularisation à mener selon les
effectuées sur les tissus existants à l aspe t extérieur de
spécificités du territoire ;
l espa e urbain ou à la restauration ponctuelle du monument ;
• Identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les quartiers, îlots,
• Favoriser la création ou le développement de centres
immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à
nationaux ou régionaux de formation dans le domaine de la
mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique,
protection, de la conservation et de la mise en valeur du
architectural ou écologique ;
patrimoine et d e ou age la recherche scientifique dans ces
domaines.
• Indiquer les activités interdites pour incompatibilité avec les exigences des
tissus objet desdites interventions ;

• Edicter pour chacun des secteurs les règles, restrictions et servitudes


particulières d utilisatio du sol ;

• Fixer les emplacements réservés aux équipements publics, aux installations


d'intérêt général ainsi qu'aux espaces verts et aux espaces libres ;

• Déterminer des règles concernant l'aspect extérieur des constructions neuves,


rénovées ou réhabilitées, leurs dimensions, leurs conditions d'alignement sur
la voirie et de distance minimale par rapport à la limite séparative et
l'aménagement de leurs abords ;

• Préciser le tracé et les caractéristiques des voies de circulation à conserver, à


modifier ou à créer, y compris les rues ou sentiers piétonniers et les itinéraires
cyclables, les voies et espaces réservés au transport public.

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RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 4120
11 ENJEU: PROTECTION DU PATRIMOINE ET MÉMOIRE DE S LIEUX

Bonnes pratiques
La région Doukkala-Abda

Programmes « Pôles d’E o o ie du Patrimoine » (PEP), Maroc L tude recense l o e richesse patrimoniale de la région
Doukkala-Abda pouvant être à l o igi e de plusieurs filières de
A l i sta des pays du Nord, le Maroc, conscient du fait que par le biais d u e développement :
valorisation patrimoniale contribuerait à une cohésion territoriale et de là, à consolider • Des paysages et des ressources environnementales ;
l ide tit nationale, a initié des programmes dits « les Pôles d E o o ie du • Un patrimoine architectural et culturel ;
Patrimoine » (PEP). Le Schéma National d A age e t du Territoire SNAT précise, • Des traditions et un savoir faire ancestral ; des ressources
dans la proposition 33 intitulée « considérer le patrimoine comme outil de agricoles et des produits de terroir ;
développement », que la notion de protection du patrimoine doit être intégrée « dans • Un patrimoine monumental classique et un patrimoine
une approche globale de mise en valeur qui ne soit pas focalisée uniquement sur le vernaculaire ;
tourisme, mais sur les activités traditionnelles de l espa e considéré et sur leur mise à • Un artisanat ;
niveau. Il ne s agit pas de gérer le patrimoine en tant que tel, mais de l i t g e (et • Un art culinaire, des chants, des musiques et des moussems.
parfois de le réintégrer) dans sa logique sociale, car la véritable menace qui pèse sur lui,
est la perte de ce qui a fait sa raison sociale ». L a itio de ces programmes PEP est Deux PEP sont identifiés et considérés porteurs d e elle tes
de faire émerger des projets d a age e t enracinés dans un territoire cohérent et dynamiques de développement local. Le PEP « Diversité du
clairement identifié, s appu a t sur des activités relevant de thématiques pertinentes patrimoine architectural paysager et culturel » et le PEP « Artisanat
en associant de très près les populations et le tissu économique du territoire : le et faune rare ». Ils ont fait l o jet d a al ses approfondies, sur le
secteur privé, en particulier les PME-PMI, les opérateurs touristiques, etc. La volonté plan des composantes, opportunités, acteurs et modalités de mise
partagée des acteurs (élus, autorités, acteurs socioprofessionnels, associations, etc.) en œuv e.
pour développer leur territoire et agir ensemble dans un cadre concerté s av e comme
condition primordiale.
Soucieuse de maintenir une équité spatiale à l helle territoriale et de là à l helle
nationale, la politique engagée souhaite que la mise en place de PEP au Maroc entérine
le fait que le patrimoine soit projeté comme ressource pour l a tio . Sa valorisation doit
servir une double logique : l a o çage d u développement endogène et la La région Tadla-Azilal
sensibilisation à la mise en valeur du patrimoine sous toutes ses formes.

L e p ie e marocaine concerne deux régions spécifiques du Maroc : Doukkala-Abda La région a connu un long isolement, ce qui a permis le maintien
et Tadla-Azilal. Nous présentons un aperçu des deux études menées par une équipe des richesses naturelles et culturelles relativement à l a t des
marroco-française ASRDLF 2013 (Patrimoine et développement au Maroc, INAU, Rachid courants de modernisation et la sauvegarde d u e identité
Ansari). originale à la région.
L tude a mis en évidence plusieurs entités susceptibles d t e
Les études réalisées dans les deux régions permettent de défricher des perspectives
érigées en pôles d o o ie du patrimoine. Les plus porteurs sont
pour le développement de PEP. Ces perspectives permettent la programmation
ceux de « la Haute montagne » (Aït Bouguemaz, Aït Bou Oulli,
d a tio s publiques et privées dans le sens d u e vision globale de valorisation des
Zaouiate-Ahansal) et du « Dir et Montagnes bordières »
ressources naturelles et culturelles. Les projets inscrits dans chaque PEP ouvrent le
(Demnate, Bzou et les Montagnes bordières).
champ à l ta lisse e t de contrats de développement, à établir des coopérations
concertées et à servir de support dans la recherche de soutiens financiers.
En définitive, il reste que les acteurs devront faire face à de nombreux obstacles, celui
du financement ta t pas des moindres ; néanmoins, ils devront, à leur niveau, faire
preuve d auda e et d i ovatio tant sur le plan de la gouvernance que sur celui de la
recherche d ouve tu e nationale et internationale de leurs territoires.

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RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 4121
11 ENJEU: PROTECTION DU PATRIMOINE ET MÉMOIRE DES LIEUX

THÉMATIQUE : PROTECTION DU PATRIMOINE HISTORIQUE BATI ET NON BATI

Définition du concept Bonnes pratiques

C it es de lasse e t d’u âti e t

On appelle patrimoine 1. L authe ti it est le critère le plus important. Les objets qui méritent le plus d t e conservés
bâti toutes les sont ceux qui ont subi le moins de modifications et dont la substance historique est intacte.
constructions humaines. Plus un objet est ancien, plus il est digne d t e conservé, même si la substance originale est
Le patrimoine non bâti conservée que partiellement.
est constitué des 2. Architecture et histoire de l a t. Un objet est signifiant d u point de vue architectural ou de
collections des musées, l'histoire de l'art s il représente le style ou l po ue de façon exemplaire, ou bien s il
des archives, ainsi que constitue le paroxysme ou l e eptio de la période artistique en question. Ce sont des objets
des patrimoines écrits, qui représentent un progrès particulier pour leur époque ou des idées novatrices de leur
documentaires, période de construction.
cinématographiques et 3. Rareté. Il est important de conserver un exemplaire représentatif d u genre ou d u type de
linguistiques. construction qui se fait rare dans nos régions.
4. Écoles, gares, hôpitaux, cinémas, laiteries, églises, presbytères... Même si l'affectation de ces
immeubles peut avoir changé entretemps, ces objets d u genre précis sont aujou d hui des
mémoires vivantes du temps de leur réalisation.
5. Période de construction. Les objets qui sont caractéristiques de leur période de construction
sont ceux qui ont repris et transposé le style de l po ue. Même s ils o t pas tous une
grande valeur du point de vue histoire de l a t, ils constituent un témoin d u e époque
déterminée.
6. Histoire technique et industrielle. Les objets qui témoignent de l histoi e technique et
Enjeux associés
industrielle sont importants non seulement en tant que témoin de l volutio de la technique
ou de l i dust ie, mais également pour le développement du lieu voire de toute une région.
Renouvellement urbain. Ils peuvent être dépourvus de tout cachet esthétique.
7. Lieu de mémoire ou objet représentatif de l histoi e politique. Les objets qui constituent un
lieu de mémoire ou qui sont représentatifs pour l histoi e politique, rappellent des
personnalités à la notoriété suprarégionale ou des événements qui sont considérés comme
historiquement importants.
8. Histoire sociale. Les objets qui illustrent la vie et le travail d po ues passées sont des
témoins de l histoi e sociale.
9. Œuv e d a hite te. On appelle œuv e d a hite te des bâtisses qui ont été conçues par un
architecte à la notoriété suprarégionale et qui se sont imposées par leur qualité artistique.
Objectifs 10. Typicité du lieu ou du paysage. Du fait de leur matérialité et de leur empreinte, certains
objets sont des « enfants de leur région ». Sous cette forme, ils e iste t que dans une
région géographique déterminée et sont par conséquent typiques du lieu ou du paysage.
11. Histoire locale et histoire du pays d o igi e. Ce sont des immeubles qui représentent la
Mise en valeur et particularité d u lieu précis qui le différencie des autres lieux de la région.
préservation de l ide tit 12. Histoire de la cité. Certains objets, voire ensembles d'objets, témoignent du développement
du patrimoine bâti. d u e ville, d u village ou d u site et marquent de leur empreinte le développement de la
cité
13. Type du bâti. Au vu de constructions particulières, comme par exemple dans le secteur rural,
une ferme en longueur, une ferme en « L » et une ferme en « U », le type spécifique du bâti
peut être défini. Dans le contexte urbain, le type varie en fonction du rang social du maître
d ouv age (simple maison d ha itatio , maison bourgeoise, villa, bâtiment de commerce).
Ces différents types de bâti ont contribués à assurer la diversité dans le tissu urbain.

La protection du patrimoine architectural par les plans d a age e t généraux des sites et monuments
nationaux- Luxembourg
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RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 4122
11 ENJEU: PROTECTION DU PATRIMOINE ET MÉMOIRE DES LIEUX

THÉMATIQUE : PROMOTION DES SAVOIR-FAIRE LOCAUX

Définition du concept Problématique

Les savoirs locaux comprennent les


connaissances, savoir-faire développés par Intégrer les savoirs locaux dans la planification
des sociétés ayant une longue histoire constitue un premier pas décisif vers un
d i te a tio avec leur environnement développement véritable.
naturel. Ces modes de connaissance Le lien entre les savoirs locaux et la préservation
uniques sont des éléments importants de de la biodiversité est mettre l a e t sur les
la diversité culturelle mondiale et sont à la besoins et les ressources humaines plutôt que sur
base d u développement durable les aspects purement matériels ; est rendre
localement adapté. possible l adaptatio de la technologie aux besoins
locaux ; est la voie la plus efficiente pour utiliser
la recherche et le développement et impulser le
développement de filières locales en favorisant la
reconnaissance de démarches exemplaires; est
préserver un précieux savoir local, encourager les
citadins à dresser leur propre diagnostic, élever le
Objectifs degré de conscience et conduire à une légitime
fierté locale ; impliquer les bénéficiaires permet
l utilisatio de compétences locales dans un
• Valorisation des traditions ; système de gestion et de suivi et de prévention.

• Conservation et valorisation de la La promotion des savoir-faire locaux devra, dès


diversité artisanale et culturelle ; lors, s appu e sur leur enseignement afin de
permettre aux générations montantes de mieux
• Sauvegarde des spécificités les assimiler et de mieux s i s e dans la société.
régionales.

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RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 4123
12 ENJEU : VILLE POST CARBONE

Réglementation en vigueur / stratégie


Définition du concept
mise en place au Maroc

La notion de « ville post carbone » exprime l id e d u territoire urbain qui a réussi à


rompre sa dépendance par rapport à l utilisatio massive de ressources fossiles • Loi-cadre n° 99-12 portant Charte Nationale de l’E vi o e e t et du
- pétrole, gaz, charbon - considérées comme potentiellement de plus en plus rares ou Développement Durable:
coûteuses et comme sources de risques majeurs pour l e vi o e e t et le climat.
article premier: « …renforcer les mesures d att uatio et d adaptatio
aux changements climatiques et de lutte contre la désertification » .
Article 7: «…renforcer les moyens de lutte contre la pollution de l ai et
d adaptatio aux changements climatiques ».
Enjeux associés • Le Plan National de Lutte contre le Changement Climatique: constitue
un outil fort de mobilisation des ressources nécessaires aux
investissements programmés. Les mesures d att uatio concernent
• Mobilité ; • Trame verte et bleue ; principalement les secteurs de l e gie, des transports, de l i dust ie,
• Fo es d u a isatio ; • P ote tio de l e vi o e e t; des déchets, de l ag i ultu e, de la forêt et de la construction.
• Efficacité énergétique ; • Gestion des risques . • Les plans territoriaux de lutte contre le réchauffement climatique
• Santé et sécurité des citoyens ; (PTRC).
• Loi 13-03 relative à la lutte contre la pollution de l ai et ses textes
d appli atio qui fixent les normes de la qualité de l ai et les valeurs
limites des émissions des unités industrielles.
Etat des lieux et problématique
• Loi 12-03 relative aux études d’i pa t sur l’e vi o e e t.
• Loi 11-03 relative à la protection et à la mise en valeur de
Les villes concentrent plus des 2/3 des consommations énergétiques et des l’e vi o e e t.
émissions de gaz à effet de serre et sont vulnérables aux changements climatiques
(Ilots de chaleur et événements extérieurs). La raréfaction et la hausse des coûts
de l e gie fossile attendue pourraient aussi exposer les villes à des préjudices
économiques, sociaux et environnementaux.
Orientations et déclinaisons
A ce titre, les villes doivent être pionnières dans la transition vers une société post
carbone.
Les leviers de l a tio urbaine pour réaliser un développement urbain
durable et la transition vers une société post carbone se déclinent au
Objectifs niveau des axes suivants:
• Mobilité urbaine : Transport en commun, limitation de la
circulation automobile, développement des modes doux de
• Réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre ; transport ( enjeu 1) ;
• Favoriser l auto o ie par rapport aux énergies fossiles ; • Formes d u a isatio s: Villes courtes distances, densification
• “ adapte à un réchauffement climatique. autour des réseaux de transport en commun, des espaces publics
de qualité (enjeu 2) ;
• Promotion des Energies renouvelable et de l effi a it
énergétique ( enjeu 9 et 10) ;
• Gestion des déchets ( enjeu 9) ;
• Bâtiments durables.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 124


12 ENJEU : VILLE POST CARBONE

Recommandations d’intégration dans les Bonnes pratiques


documents d’urbanisme

SDAU
• Maîtriser l tale e t urbain : en fixant les densités minimales de Copenhague s est fixée comme objectif ambitieux d t e la première métropole
logements différentes selon le territoire et renforcer l i te sit neutre en carbone dès 2025 . Cela implique d i stalle de nouvelles éoliennes, de
urbaine (habitat et activité) dans les centralités pour limiter les poursuivre les travaux de rénovation énergétique des bâtiments publics et de se
obligations et les temps et distances de déplacements et contribuer convertir à la biomasse. Cet esprit se traduit également sur le plan de la mobilité
activement à l volutio des pratiques de mobilité ; notamment la mobilité douce avec 400km de pistes cyclables.
• Définir des localisations préférentielles des zones d a tivit s en C est donc en respectant et pour respecter l e vi o e e t que la Ville a intégré
laissant une large place aux centralités ; une technologie de pointe dans ses rues notamment le Street Lab.
• Prendre en considération les liens entre la localisation des activités, Ce concept est conçu pour tester au niveau de certaines zones des solutions
leur desserte en transport en commun ; numériques aux défis urbains dans un cadre de vie réelle. Copenhague Street Lab va
• Favoriser l u a isatio nouvelle à proximité immédiate des utiliser la technologie et des capteurs réseau afin de réduire la pollution de l'air, le
réseaux de transport en commun TC des pôles d uipe e ts ou bruit, d opti ise la collecte des déchets, et de fournir une offre en stationnement
de services ; intelligent et des solutions Wi-Fi.
• Favoriser une occupation plus resserrée au voisinage des
centralités, d uipe e ts ou de services, en vue de développer la
notion de ville de proximité ;
• Subordonner l ouve tu e à l u a isatio au respect de
performances énergétiques strictes ;
• Identifier des espaces favorables à la production d e gies
renouvelables.
PA
• Permettre le développement de modes de transport doux en
réservant des emplacements pour permettre la réalisation, à
termes, des itinéraires de circulations douces ; Cope hague, u e volo t politi ue à l o igi e de la S a t Cit
• Favoriser la création de nouvelles proximités : commerces, services, Publié sur L'Atelier : Accelerating Innovation
espaces de nature et de loisirs, schémas piétonniers ;
• Utiliser le végétal dans et aux abords des villes pour la régulation
locale du climat en:
‐ préservant les emprises naturelles et agricoles insérées
dans l u ai ;
‐ définissant un coefficient d espa es en pleine terre à la
parcelle, assorti de prescriptions pour les plantations ;
‐ identifiant les éléments de paysages à protéger, à mettre
en valeur ou à requalifier pour des motifs d o d e
écologique ;
‐ définissant un coefficient de végétalisation.
• Privilégier les formes urbaines permettant des ouvertures latérales
depuis l espa e public, en règlementant l i pla tatio des
constructions par rapport aux limites séparatives ;
• Délimiter des zones ou emplacements réservés permettant
l i pla tatio d uipe e ts d e gies renouvelables.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 125


13 ENJEU : TERRITOIRES NUMERIQUES

Réglementation en vigueur / stratégie


Définition du concept mise en place au Maroc

• La age e t et la transformation numérique


Programme National de l’U a is e Durable
des territoires sont des instruments innovants et un
Pilier 4 : Transformation numérique des territoires
processus par lequel les acteurs publics sont de plus
En vue d asseoi un urbanisme durable et s e gage dans les
en plus appelés à limiter les déséquilibres entre les
orientations stratégiques du Royaume en matière numérique,
territoires sur le plan de leur accessibilité et de leur
le Département de l U a is e a lancé un programme global
compétitivité.
de transformation numérique des villes. Ce programme
implique, dans sa première phase, d a te des schémas
• Le terme de ville intelligente est une traduction de
directeurs pour la transformation numérique des villes.
l e p essio « Smart City », ce qui désigne un mode
Ces Schémas Directeurs de Transformation Numérique
de développement urbain capable de répondre à
permettront la construction d u e vision, pragmatique et
l volutio et à l e ge e des besoins de toutes
opérationnelle du processus de numérisation des territoires
personnes physiques ou morales dans une ville.
en cohérence avec l e se le des moyens et ressources des
différentes villes, avec pour atout et condition sine qua non, la
mutualisation et les synergies entre les acteurs tant locaux
Enjeux associés que centraux, tant publics que privés.

La loi N°61-16 institue l Age e de Développement


Numérique qui se chargera de la mise en œuv e de la
• P ote tio de l e vi o e e t lutte o t e la Stratégie de l Etat dans le domaine de l o o ie numérique,
pollutio de l ai et gestio des d hets ; Inde : Smart City de l e ou age e t de la diffusion des outils numériques et
• Les fo es d u a isatio ; de la programmation de leur utilisation auprès de la
• Mobilité urbaine. population.

Le plan numérique 2020 qui s'articule autour de trois piliers à


savoir l'accélération de la transformation numérique du
Etat des lieux et problématique Maroc, le renforcement de la place du Royaume comme hub
numérique régional ainsi que le relèvement des freins
écosystémiques.

Face à une dynamique urbaine soutenue et tenant


compte des changements économiques, sociaux et
environnementaux ainsi que des réformes engagées,
les territoires de demain sont appelés à développer Objectifs
une capacité de résilience et de durabilité à même de
relever les défis majeurs auxquels ils sont confrontés.

C est ainsi que la mise en place d u nouveau modèle Adapter les territoires urbains à la nouvelle ère de l i te et qui leur permet de s i s i e dans la dimension
da age e t et d u a is e répondant aux dite ville intelligente ou ville connectée afin de :
nombreux défis de compétitivité, de cohésion sociale,
de préservation des ressources et de développement • Renforcer l att a tivit économique des territoires par la disponibilité d u e offre de connectivité
durable et de l i ovatio , requiert le développement numérique haut débit et très haut débit concurrentielle;
de nouvelles approches et concepts en matière • Conforter la compétitivité des entreprises;
da age e t et une meilleure intégration des
• Favoriser la cohésion sociale et le désenclavement par l a s aisé de la population (particuliers et
opportunités offertes par les nouvelles technologies
entreprises) aux différents services en ligne (commerce, démarches administratives, informations
de l i fo atio et de la communication.
culturelles géolocalisées, informations de transports en temps réel, éducation, travail, formation, …).

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 126


13 ENJEU : TERRITOIRES NUMERIQUES

Orientations

Mobilité intelligente

Ville connectée : transport et mobilité intelligente

Dans ce secteur, l u des défis consiste à intégrer en un seul système


différents modes de transport. Le système en question doit répondre à
plusieurs caractéristiques : efficacité, accessibilité, coût réduit, sûreté et
écologie. Cette incorporation permet une empreinte environnementale
restreinte, améliore l usage de l espa e urbain et permet aux citadins de
profiter d u e gamme variée de solutions de mobilité satisfaisant
l e se le de leurs besoins. Par ailleurs, la ville du futur devra mettre en
œuv e les dernières technologies de transport en commun et de mobilité
électrique.

Efficience énergétique Gestion des déchets


Les villes devront affirmer leur action en matière d effi a it énergétique en Les agglomérations de demain auront pour mission de diminuer leur production de
développant de l lai age public à faible consommation. Elles ont aussi déchets. En parallèle, elles doivent installer des systèmes efficaces qui permettront
comme mission de mettre en place des systèmes de production locale de récupérer et de valoriser les déchets (procédé par lequel on effectue un
d e gie (recyclage des déchets pour produire de l e gie ou les panneaux recyclage d u déchet matériel ou d u produit inutile en un nouveau matériau ou
solaires sur les toits des édifices et bien d aut es encore). Les fuites d eau et produit de qualité réutilisable). Des capteurs pourraient permettre de mettre en
tous autres problèmes de la vie courante pourraient être détectés plus place une alarme quand les poubelles sont pleines
rapidement grâce à des capteurs qui renverraient toutes les infos sur les
Smartphones par exemple.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 127


13.1 ENJEU : TERRITOIRES NUMERIQUES

THÉMATIQUE : MOBILITE URBAINE

Orientations

La gouvernance, pilier essentiel de la ville connectée

La ville numérique est avant tout une cité mieux dirigée et gérée grâce aux nouvelles
technologies de l i fo atio et de la communication NTIC. Pour fonder une
agglomération qui concorde aux besoins des citoyens sur le long terme, les produits
de la nouvelle technologie doivent être déployés en vue de mettre à leur disposition
et à la disposition des architectes, des urbanistes et des collectivités territoriales une
information urbanistique complète, actualisée et facilement accessible, et ce à
travers :
• La délivrance des Notes de Renseignement Urbanistique à travers une
plateforme électronique offrant des services de :
‐ Recherche et consultation interactive de données cartographiques ;
‐ Demande et paiement en ligne des demandes de notes de renseignement
urbanistique ;
‐ Instruction semi-automatiques des notes de renseignement urbanistique
(croisement automatiques avec les couches du plan d a age e t PA) ;
‐ Edition automatique des notes de renseignement avec signature
électronique et envoi via e-mail.
• La délivrance de notes indicatives contenant une synthèse des dispositions
urbanistiques d u terrain avec des possibilités de recherches multicritères par Connectivité des espaces publics
référence foncière, coordonnées Lambert ou par dessin à main levée sur une
carte interactive.
Les technologies de l’i for atio et de la communication : une solution
• La dématérialisation de l e se le des processus de planification et gestion
pour prendre des décisions efficaces
urbaine à travers les :
‐ e-Services Planification Urbaine : Gestion du cycle d ho ologatio des Pour faire fonctionner correctement la ville de demain, celle-ci doit mettre
documents d u a is e (CTL, Enquête publique, Commission centrale), en exergue les nouvelles technologies de la communication et de
Gestion des projets d tudes générales et thématiques, Gestion, suivi et l i fo atio (NTIC domotique, supports numériques, dispositifs
évaluation des documents d u a is e, Espace de travail privé réservé aux d i fo atio s, capteurs et compteurs intelligents, etc.). Le
professionnels de l u a is e, … développement des NTIC facilitera la gestion urbaine grâce à l a uisitio
‐ e-Services Gestion Urbaine (application mobile) : Instruction des dossiers de et à l e a e des diverses données clés au travers d u système
demandes d auto isatio s urbanistiques, Gestion spatiale et attributaire d e ploitatio urbain et d u e nouvelle infrastructure d ad i ist atio des
des projets, Contrôle et suivi des infractions urbanistiques, Gestion des connaissances en temps réel .
réclamations et des requêtes, Réception des chantiers, Consultation du
fond documentaire de la GED,…. Pour cela, il s agit de:
‐ e-Services collaboratif : pré-instruction en ligne des projets, intégration des
données vectorielles dans la plateforme,… • Mettre en place les nouveaux services destinés à l usage collectif
• Une démarche de dématérialisation axée sur : (vidéosurveillance, sécurité, traitement des déchets, gestion de bornes
• L i stau atio de la signature numérique pour l e se le des actes de recharge de véhicules électriques, réduction des consommations
d app o atio des différents intervenants en urbanisme ; d e gie et d eau, éclairage public intelligent, facilitation des
• L ouve tu e des Agences Urbaines vers les administrations partenaires et déplacements urbains, gestion des péages urbains, stationnement
intégration (B2B) entre les systèmes d i fo atio des Agences Urbaines intelligent, alertes civiles, gestion intelligente des déchets, etc.).
et ceux des organismes partenaires (Communes, ANCFCC, Ministères, …). • Promouvoir les Espaces Publics Numériques (EPN) afin de permettre
d a de , de découvrir, de s i fo e , d ha ge , de créer et de
s i itie aux outils, aux services et aux innovations liés au numérique.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 128


13
13.1 ENJEU : TERRITOIRES NUMERIQUES

Recommandations d’intégration Bonnes Pratiques


dans les documents d’urbanisme
Ville de Barcelone :
Au niveau du SDAU: • Instauration d u système d ope data permettant
aux particuliers et aux entreprises de consulter les
• Établir au niveau du rapport analyse diagnostic données publiques ;
une cartographie des infrastructures
numériques ; • Mise en place de :
• Qualifier le niveau d uipe e t des zones
d a tivit s en la matière ; • Capteurs permettant de repérer les places de
• Fixer des objectifs de développement des parkings vides ;
communications électroniques dans les • Système de feux rouges intelligents repérant
nouveaux espaces ouverts à l u a isatio ; le passage des v hi ules d u ge e ;
• Identifier les zones de développement • Lampadaires intelligents adaptant la
prioritaire des infrastructures numériques ; luminosité au nombre de personnes aux
• Subordonner les nouvelles ouvertures à alentours ;
l u a isatio à des critères de qualité renforcés • Poubelles intelligentes transmettant le niveau
en matière d i f ast u tu es et de réseaux de de remplissage aux services concernés ;
communications électroniques ou à l a s aux • Murs connectés dans le métro.
infrastructures numériques.
Ville de Copenhague:
Au niveau du plan d’a age e t:
• Mise en place de :
• Établir l tat des lieux du niveau d uipe e t
numérique et dresser une cartographie des • Capteurs connectés permettant de mesurer la
infrastructures numériques et le niveau de qualité de l ai , les particules virales, la
couverture ou d uipe e t des quartiers ; quantité de NO et NO2;
• Identifier des secteurs objets de • Poubelles intelligentes dotées de capteurs de
développement des infrastructures numériques niveau de remplissage ;
et les décliner sous forme d o ie tatio s • Smart parkings capables de trouver une place
da age e t ; de parking, d ide tifie les automobilistes et
• Intégrer au niveau du règlement de faciliter le paiement.
da age e t l o ligatio du déploiement • La communication, en conditions réelles,
des infrastructures numériques dans les autour des initiatives permettant d ide tifie ,
règlements de lotissement . de développer et de faire la démonstration de
nouvelles solutions en utilisant des
technologies de pointe.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 129


CONCLUSION

La volo t ui a i e le p se t f e tiel est elle de s i s i e da s u e • Des conditions de vie en ville permettant de préserver la santé des
d a he ui p e d e o sid atio l u a is e du a le da s ses di e sio s citoyens en agissant sur l e vi o e e t bâti pour assurer au citoyen
analytique, descriptive, évaluative mais aussi prescriptive et opérante. des conditions de vie agréables et sûres, en luttant contre les causes de
pathologies «urbaines», en créant un environnement physique qui évite
En effet, la mise en œuv e d u urbanisme durable offre l oppo tu it pour la ou minimise les facteurs de risques.
planification urbaine de réhabiliter l u a is e dans ses véritables dimensions • Des espaces urbains favorisant l uit , l a essi ilit à tous les services
en consolidant les acquis d u siècle de législations successives et en mettant de base, la participation citoyenne et la lutte contre l e lusio dans ses
en place une nouvelle approche et un cadre de référence pour un différentes dimensions : sociale, économique, politique, civile, culturelle,
développement durable des territoires conciliant mise en valeur des spécificités relationnelle, numérique, générationnelle et de genre.
et identités régionales et locales et économie des ressources. • La planification et l a age e t de trames vertes permettant de
rétablir les « connexions vertes » et de préserver la biodiversité, les
La démarche proposée se veut être une démarche systémique et intégrée des espaces verts, les paysages et les zones naturelles sensibles et générant
principes du développement durable sans se départir d u seul en répondant à des effets de micro climat ;
la question des compromis possibles entre les intérêts, parfois divergents, de • La planification de la trame bleue et la préservation et la valorisation de la
l o o i ue, du social et de l ologi ue et en traitant de façon concomitante ressource en eau et la gestion des eaux pluviales en favorisant
les questions de transport et de mobilité, de services urbains, d ha itat, l i filt atio naturelle et limitant l i pe a ilisatio des sols.
d e gie, de ressources et d o ga isatio urbaine en vue de soutenir la • La préservation des ressources naturelles (biodiversité terrestre et
croissance et l att a tivit des villes. marine, énergie fossiles) et la lutte contre les pollutions des milieux (eau,
sols, air) et les nuisances dues à une mauvaise gestion des déchets
L o je tif attendu à travers ce référentiel est de favoriser l'émergence d'une notamment ceux des chantiers ainsi u à la pollution lumineuse ;
nouvelle façon de concevoir, construire et gérer les villes, et de promouvoir des • Une maîtrise des consommations énergétiques en agissant sur les choix
espaces urbains soutenables, responsables, équitables, concertés, sécurisés, de développement des territoires notamment à travers la maîtrise des
plus ouverts sur la ville, économes en espace et sobres d'un point de vue déplacements, la mixité urbaine, la densification des tissus et le recours
énergétique et répondant aux préoccupations économiques, sociales et aux énergies renouvelables.
environnementale et culturelles. • La protection du patrimoine, de l ide tit culturelle, de la diversité du
paysage naturel comme ressources précieuses et leviers du
“ i s iva t dans le cadre de la mise en œuv e des 17 objectifs de développement territorial durable.
développement durable et du nouvel agenda urbain adopté à Quito en octobre • La réduction des émissions de gaz à effet de serre et l adaptatio aux
2016, ce référentiel permet de promouvoir de nouveaux modèles de changements climatiques en agissant sur la mobilité urbaine (transport en
planification, d a age e t et de gestion à travers : commun, limitation de la circulation automobile, développement des
modes doux de transport), les formes d u a isatio s (villes courtes
distances, densification autour des réseaux de transport en commun, des
• Une organisation des déplacements en articulation avec le espaces publics de qualité), la promotion des énergies renouvelables et
développement et la planification urbaine des territoires favorisant la ville de l effi a it énergétique.
de proximité, la maitrise de la circulation et du stationnement, le
développement d u e approche de mobilité douce, comme leviers • L adaptatio des territoires urbains à la nouvelle ère de l i te et qui leur
important pour contribuer à une économie d e gie et à la lutte contre permet de s i s i e dans la dimension dite ville intelligente ou ville
le changement climatique. connectée afin de renforcer l att a tivit économique des territoires, de
conforter leur compétitivité et de favoriser la cohésion sociale et le
• Une nouvelle approche de la densité et des formes comme moyen de désenclavement par l a s aisé de la population (particuliers et
revitaliser les villes, de lutter contre l tale e t urbain, et d attei d e de entreprises) aux différents services en ligne.
meilleures performances énergétiques et environnementales, en
favorisant la densité et la mixité à proximité des pôles d ha ges et des
lignes de transports en commun et en privilégiant les formes urbaines
compactes et promouvant la qualité urbaine afin que la densité soit
perçue positivement.
• Une mixité urbaine permettant d off i un cadre de vie de qualité, de
maitriser les déplacements urbains et de réduire les consommations
d e gie, à travers des stratégies de mixité des fonctions urbaines,
sociale et fonctionnelle, à travers la diversification des formes d ha itat,
le brassage des fonctions urbaines et des catégories socio-
professionnelles.

RÉFÉRENTIEL DE L'URBANISME DURABLE 130

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