l2 Finance 2024
l2 Finance 2024
Analyse financière 1
Jean-Pierre Pichard-Stamford
Objectifs
3
Bibliographie financière indicative
Avril 1974 :
ABBA gagne
l’EURO-VISION
Septembre 1976 :
Mort de Mao
1973-1995 :
Giscard -
Mitterrand
Février 1992 :
Traité de
Maastricht
2001 : la Chine
intègre l’OMC
Janvier 2005 :
Méthodes IFRS
2007-2008 : Traité
de Lisbonne …
Crise des
subprimes
Mars 2020 :
COVID 19
6
7
Le cœur financier français à son apogée
fin 1996
8
% Salariés syndiqués dans
Productivité et rémunérations EU 1950-2005
le secteur privé EU 1929-2005
croissance du revenu familial US par quintile croissance du revenu familial US par quintile
1947-1973 1974-2004
70
taux de croissance en %
60 30
40 20
20 10
0 0
1 2 3 4 5 1 2 3 4 5
quintile quintile
• En décembre 2018, la Federal Trade Commission des États-Unis a organisé une audition sur la
propriété commune. Ont suivi plusieurs propositions aujourd’hui débattues, pour en réduire les
effets. L’une d’entre elles propose par exemple de limiter la participation des investisseurs
institutionnels à 1 % de la taille de l’industrie dans les secteurs oligopolistiques, une autre de
limiter cette participation à une entreprise par industrie. Ont suivi de vives réactions de la part
des gestionnaires d’actifs américains. Des travaux académiques ont également récemment
contesté l’existence de ces impacts négatifs de la propriété commune |2]. Mais le débat s’étend
aujourd’hui en Europe. La Commission européenne s’est emparée du sujet et a déclaré qu’elle
enquêterait sur la propriété commune et ses effets. Le Parlement européen a récemment invité
la Commission « à prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à d’éventuels effets
anticoncurrentiels engendrés par la propriété commune » et « à enquêter sur la propriété
commune et à rédiger un rapport […] notamment sur les prix et les innovations » [3].
• [1] J. Azar, M.C. Schmal et I. Tecu (2018), « Anticompetitive Effects of Common Ownership », The Journal of Finance, 73(4),
1513-1565.
• [2] P.J. Dennis, K. Gerardi et C. Schenone (2018), « Common Ownership Does not Have Anti-competitive Effects in the Airline
Industry », Working Paper.
• [3] [Link]
11
Chapitre 1. Rappel sur les documents de
synthèse
1. Rappel sur les documents de synthèse
13
Introduction : les documents de synthèse ou la liasse fiscale
Le PCG définit des modèles de présentation qui varient suivant la forme juridique et
la taille de l’entreprise. Une présentation de base des comptes annuels est définie
pour les entreprises de moyenne et grande dimension. Les entreprises plus petites
peuvent adopter une présentation simplifiée. Un système développé (facultatif) peut
être envisagé dans certains cas.
15
Les documents de synthèse résultent eux-mêmes du cycle
comptable de l’entreprise
• 1/1/n 31/12/n
Cycle
comptable
16
Introduction : Comptabilité et Analyse financière :
Un double système comptable
un double système comptable
Analyse
Comptabilité Financière
# Optique comptable # Optique économique
Juge de la fiabilité Juge de la pérennité
des données de l’entreprise
19
Introduction : Objectifs de l’analyse financière
Impératifs de l’entreprise
23
Introduction : Comprendre le fonctionnement (financier) de
l’entreprise à travers ses 3 cycles fondamentaux
Le cycle de financement
Le cycle d’investissement
Le cycle d’exploitation
24
Le circuit financier fondamental
COMPTE DE
BILAN RESULTAT
Financement Patrimoine Activité
Services Clients
ACTIONNAIRES 1 ou biens
propriétaires 3
Fonds propres
Salariés
7 Charges
2 Travail
BANQUES
créanciers Emprunts 4 ACTIFS
Fournisseurs
Intérêt Résultat Charges
d'exploitation
5
Marchandises
Impôts
ETAT
6 L’activité engendre des décalages entre
25 encaissements et décaissements (cycle
d’exploitation)
Le cycle d’exploitation décrit les besoins (ou les
ressources) à CT découlant du déroulement de l’activité
Détail du cycle
d’exploitation d’une
entreprise de production
26
NB. Impact de l’inflation sur la gestion financière d’une
entreprise
27
NB. Au niveau de la gestion financière d’une entreprise,
une inflation significative joue sur 4 niveaux :
28
1.1. Rappels sur le bilan
1.1.1. Définition du bilan
• Photographie, à un instant donné, du patrimoine de l’entreprise
29
1.1.2. Structure du bilan
31
CAPITAL INTELLECTUEL non comptabilisé au bilan
Capital humain Capital structurel Capital relationnel
• Un actif amortissable est un actif dont l’utilisation par l’entité est déterminable.
L’utilisation d’un actif est déterminable :
• en termes d’unités de temps ou d’autres unités d’œuvre lorsque ces dernières
reflètent plus correctement le rythme de consommation des avantages
économiques attendus de l’actif ;
• si l’usage attendu de l’actif par l’entreprise est limité dans le temps, c’est-à-dire si
l’un des critères suivants est applicable :
o critère physique : l’actif subit une usure physique par l’usage qu’en fait l’entité ou par le
passage du temps ;
o critère technique : l’actif devient obsolescent par l’évolution technique ;
o critère juridique : l’utilisation est limitée dans le temps par une période de protection
légale ou contractuelle, comme par exemple les brevets et les licences.
33
Amortissement et bilan
Charges Produits
DAP = dotations aux
amortissements …
• Perte de valeur selon un modèle linéaire : Exemple : ordinateur (durée de vie fiscale : 3 ans)
Valeur Amortisse Valeur
origine ment nette
cumulé comptable
temps
temps
35
Retour sur la notion de provision
36
Les catégories de provisions au bilan
o Les provisions pour dépréciation concernent des éléments
d’actif
› Immobilisations financières. Exemple, la valeur d’une participation peut fluctuer
dans le temps
› Les éléments de l’actifs circulant : stocks, créances, VMP
37
Provisions et compte de résultat
Charges Produits
DAP = si l’on crée une RAP = si l’on modifie une
provision provision
38
Exemple : provision pour litige
N 9 1 1
N+1 10 1 0
N+2 12
N+3 8 2 2
N+4 5 3 5
N+5 2 3 8
N+6 14 8 0
La comptabilisation des immobilisations incorporelles
41
EX : Le fonds commercial élément du fonds de commerce
Le fonds de commerce constitue l'ensemble des éléments mobiliers corporels
(matériel, marchandises...) et incorporels (droit au bail, nom, enseigne,
clientèle) qu'un commerçant ou un industriel groupe et organise en vue de la
recherche d'une clientèle et qui constitue une entité juridique distincte des
éléments qui le composent.* (séparation d’entrée)
*il est à noter que les murs n’en font pas parti
Comptes de
régularisation ?
Comptes utilisés quand la charge
ou le produit ont été enregistrés
alors que les règlements n'ont
toujours pas eu lieu.
43
Focus sur les écarts de conversion
44
ECA (écart de conversion actif)
ECP 120€
46
[Link]. Le passif du bilan
47
1.2.3. Détail du
passif du bilan
48
Les réserves et les reports
• La réserve légale. Les sociétés doivent affecter chaque année à la réserve légale
5% (du bénéfice net de l’exercice – report à nouveau débiteur). Cette obligation
cesse dès que la réserve légale atteint 10% du capital de la société.
• Les réserves statutaires sont prévues lors de la constitution de la société. Les
statuts de chaque société définissent des règles de calcul qui leur sont propres.
• Les autres réserves prennent souvent le nom de réserves facultatives. Leur
montant est laissé au libre choix des actionnaires réunis en assemblée générale.
49
La notion de bénéfice distribuable
DIVIDENDES
BENEFICE
RESERVES FACULTATIVES
DISTRIBUABLE
REPORT A NOUVEAU
50
Exemple d’affectation du résultat
• Les capitaux propres de la Société Guichard au 31/12/N sont les suivants
Solution :
• Calcul du report à nouveau (RAN)
Libellé Montant
+ Résultat 212 000
- Dotation à la réserve légale (3 000)
+ Report à nouveau 1 000
= Bénéfice distribuable 210 000
- Intérêt statutaire (3% x 1.000.000) (30 000)
- Superdividende (150 000)
- Réserve facultative (25 000)
= Report à nouveau 5 000
1.2. Le compte de résultat : définition et structure
• Le compte de résultat est un compte libellé en termes de flux et hors TVA.
• Il a pour objet d’étudier l’activité de l’entreprise lui permettant d’accroître
sa richesse durant l’exercice. Il récapitule les charges et les produits
engendrés par l’activité de l’entreprise au cours d’un exercice, sans qu’il
soit tenu compte de leur date de paiement ou d’encaissement.
54
1.2.2. Les produits et les charges financiers
55
1.2.3. Les produits et les charges exceptionnels
56
NB Présentation du compte de résultat par fonctions
On regroupe les charges par cycles indépendamment de leur nature
Charges Produits
Intérêts
Exemple de compte de résultat par fonctions
Cycle
Production
Cycle Com.
Cycle Adm.
Financier
Impôt
1.3. Liaisons entre compte de résultat et bilan
Le compte de résultat détaille les événements vécus sur une période,
Le bilan décrit l’état de l’entreprise à un instant donné,
Logiquement, le compte de résultat d’un exercice doit donc justifier l’évolution du
bilan au cours de cet exercice :
Capitaux propres :
Accroissement (ou baisse) par ajout du résultat (qui peut être négatif)
Accroissement ou baisse par modification des provisions et des subventions
Dettes :
L’entreprise a-t-elle réglé toutes les charges enregistrées ?
Si résultat positif, prise en compte de l’impôt sur les sociétés (non encore payé)
Actifs immobilisés :
Décroissance de leur valeur nette du montant des amortissements
Actif circulant :
Stocks : stocks initiaux augmentés de la variation des stocks au cours de l’exercice
(qui peut être négative)
Créances : Les produits et services vendus ont-ils tous été réglés, ou a-t-on augmenté
les créances?
59
Danger : ce que n’indique pas le compte de résultat dans
l’évolution du bilan
En revanche, un certain nombre de pièges :
Correspondent à des évolutions du bilan dont on n’a pas de trace dans le compte
de résultat.
Capitaux propres : augmentation de capital (n’est ni un enrichissement, ni un
appauvrissement)
Endettement : les emprunts de capitaux n’apparaissent pas en produits, et les
remboursements de capitaux empruntés n’apparaissent pas en charges.
Immobilisations : de la même manière, les dépenses liées à des investissements
ne sont pas des charges
Actif circulant :
Créances : des créances inscrites au bilan initial peuvent avoir été effacées au
cours de l’exercice, sans que ça apparaissent dans le compte de résultat (qui
n’est pas un compte de trésorerie)
Le niveau de trésorerie du bilan : même remarque, pour trouver le niveau final
des disponibilités, il faudra s’aider d’un compte de trésorerie.
60
Chapitre 2. L’analyse de l’activité
2. L’analyse de l’activité
• Introduction
• 2.1. Soldes intermédiaires de gestion (SIG)
• 2.2. La capacité d’autofinancement (CAF)
• 2.3. Risque de l’activité
• 2.4. Application LE CROISIC
62
Introduction. Connaître sa situation stratégique : diagnostic
mené par le schéma des 5 (6) forces concurrentielles de Porter
63
Importance du positionnement dans la filière :
exemple du secteur automobile
Chimie
Constructeurs
64
Les barrières à l’entrée
• Ticket d'entrée
… mais les innovations technologiques peuvent permettre d'abaisser les
barrières financières : ex, banque sur Internet -rentable à partir de 10 000 clients
sur une niche, gestion de patrimoine, optimisation fiscale, ...)
• Coûts de transfert" ou "coût de changement" ou "verrouillage"
Plus les coûts de changement sont élevés plus l’inertie du marché est grande
Effets de réseau et pérennité de standards peu performants
• Les barrières commerciales : difficulté d'accès aux réseaux de distribution
premières montres quartz japonaises que les horlogers européens ont refusé
de distribuer … les japonais ont développé un réseau parallèle (grands
magasins, bureaux de tabacs, drugstore, ...)
Dell ou Amazon, grâce au réseau Internet ont pu contourner les réseaux de
distribution établis
• La réputation / la marque :
… mais bière Budweiser et "marketing viral" : campagne "Whassup" et sa
parodie sur le Net
65
2.1. Les soldes intermédiaires de gestion
Principe : tirer du compte de résultat des grandeurs significatives (performances)
Chaque grandeur se déduit de la précédente
Politique
de cession
Résultat Bénéfice ou perte
net
66
SIG Signification Calcul Explications
68
Situation en France
62
60
58
56
54
52
1978 1981 1984 1987 1990 1993 1996 1999 2002 2005
Gouvernement Droite Gouvernement Gauche
70
SIG (suite) Signification Calcul
72
Source: [Link]
Commentaires ?
Commentaires ?
Commentaires ?
Exemple : Une entreprise a loué des véhicules en crédit-bail au cours des Avant Après
dernières années. Le montant des loyers pour N s’élève à 3 600 €. Ces retraitement retraitement
CB CB
véhicules ont une valeur de 17 400 € et sont amortissables sur 6 ans.
Chiffre d’affaires 33 725 33 725
Amort. CB : Achats 12 700 12 700
17400/6 Charges externes 8 900 5 300
= 2 900 Valeur ajoutée 12 125 15 725
Loyer Charges de personnel 7 690 7 690
CB Impôts, taxes 345 345
(3 600) EBE 4 090 7 690
Dotations aux amortissements 2 360 5 260
Ch. Fi. CB : Résultat d’exploitation 1 730 2 430
3600 – 2900 Charges financières 857 1 557
= 700 Résultat 873 873
79
Exemple d’analyse des SIG
• La société FROM RUSSIA WITH LOVE fondée par un célèbre acteur français
est spécialisée dans les vêtements de glisse. Pendant 10 ans, elle a
expérimenté une croissance rapide de sorte que son dirigeant a décidé de
faire construire une nouvelle usine en 2011 pour large part financée par des
emprunts bancaires locaux.
80
Le retraitement du crédit-bail dans les SIG
81
2012 2011
Production vendue 66 850 70 500
+Production stockée + 8 350 +1 250
+Production immobilisée 0 0
=PRODUCTION DE L’EXERCICE = 75 200 = 71 750
- Achats de Matières Premières - 22 300 -20 800
- Variations de stocks +1 490 -350
-Autres charges externes - 4 200 - 1 900
+redevance de crédit-bail +2 100
=VALEUR AJOUTEE = 52 290 = 48 700
-Impôts et taxes -1 120 - 1 500
-Salaires et traitements - 30 560 - 27 200
SIG -Charges sociales - 12 320 - 10 900
+subventions d’exploitation 0 0
=EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION = 8 290 = 9 100
+Reprises sur amortissement & provisions d’exploitation +1 500 +750
+Autres produits +720 +640
-Autres charges -320 -120
+Transferts de charges 0 0
-Dotations sur amortissements & provisions d’exploitation -11 550 -3 760
-Dotations fictives de crédit-bail -1 200
=RESULTAT D’EXPLOITATION = - 2 560 = 6 610
+Produits financiers +3 860 +3 930
-Charges financières -10 360 - 6 840
-Charges financières de crédit-bail -900
=RESULTAT COURANT AVANT IMPÔTS = - 9 960 = 3 700
+Produits exceptionnels +2 420 +2 160
-Charges exceptionnelles -1 890 -350
-IS -0 -1 200
-Participation des salariés -0 0
=RESULTAT NET = - 9 430 4 310
Extrait de l’actif circulant du bilan
83
84
2.2. La capacité d’autofinancement
Dividende
Dilemme
de la
CAF
Autofinancement
85
Calcul de la CAF
86
2.3. Le seuil de rentabilité ou point mort
Quel niveau d’activité doit-on atteindre pour commencer à faire un bénéfice ?
• Une entreprise doit atteindre un certain volume de ventes pour couvrir en premier
lieu ses coûts fixes puis générer, au-delà de ce point, un profit.
• Le niveau d’activité minimale Q* à atteindre pour réaliser un bénéfice :
Résultat = p x Q - vQ - CF = (p - v) Q – CF
Résultat > 0 Q > CF / (p – v) Donc Q* = CF/ (p - v)
MONTANTS
Analyse de
12 500
l’activité : Cas LE
0 POINT MORT QUANTITES
CROISIC
89
• Progression du résultat ;
• Progression de l'activité
Tableau des SIG sans retraitement
avec un booste des stocks
en N+1 non pas comme un
signal négatif d'une absence
de débouchés mais comme
un stock de précaution
(expliquant sa diminution
progressive après), la
production vendue continuant
sa course.
• Maîtrise des achats ;
progression de la VA après
retraitement plus
spectaculaire : Le Croisic
grimpe dans la VA cf.
évolution du taux de VA (VA
retraitée/Production) qui
passe de 38,4% à 44 puis
50,5 %
• Charges financières
maîtrisées après de
nouveaux emprunts (le
calcul du coût des emprunts
FF/Dettes financières
pouvant être illustratif) ;
• Le résultat exceptionnel
agit à la marge.
Tableau des SIG
avec retraitement
Ces retraitements ne concernent que N+2
Cf. énoncé
en rouge leur impact
141 265
500 000
(1) 2 500 000/5 =
• Générer une activité positive c’est bien, à condition de veiller aux équilibres
financiers à la base de la trésorerie ;
• On a vu comment fonctionne l’entreprise au jour le jour (résultat) ;
• Ce résultat est une source de financement pour investir mais les besoins
d’investissement et les décalages de paiement liés au développement ou non de
l’activité peuvent engendrer des déséquilibres financiers pesant sur la trésorerie
• Aussi, le bilan fonctionnel reconstruit à partir du bilan comptable une
photographie des différents cycles de la vie de l’entreprise (investissement,
financement, exploitation)
• Il permet d’adosser ces différents cycles en termes d’emplois et de
ressources et de vérifier leur incidence sur la trésorerie (oxygène de
l’entreprise)
Chapitre 3. L’analyse des équilibres
fonctionnels
3. L’analyse des équilibres fonctionnels
Le bilan fonctionnel :
Reconstitution de l’ensemble du
pôle de ressources
EMPLOIS RESSOURCES
Fonds de
roulement
Besoin en
Fonds de
roulement
Trésorerie
3.1. Le fonds de roulement (FR)
• Signification :
le fonds de roulement (FR) représente la marge de sécurité d’une firme
rentable lui permettant en cas de problème au niveau commercial ou au
niveau financier de conserver une certaine autonomie vis à vis de ses
créanciers
• Définition : FR = Ressources durables – Emplois stables
97
Exemple 1 Exemple 2
FR>0 FR<0
3.2. Le besoin en fonds de roulement (BFR)
• Signification : le besoin en fonds de roulement (BFR) correspond au besoin de
financement lié aux éléments du bilan qui sont soumis à un constant
renouvellement.
99
Le BFR des groupes du CAC 40
Au total, le CAC 40 a un BFR négligeable de 3,7 Md€ pour 1 067 Md€ de chiffre
d’affaires, soit l’équivalent d’un jour de chiffre d’affaires
100
Le besoin en fonds de roulement (BFR)
101
Exemple 1 Exemple 2
BFR>0 BFR<0
104
Le BFRE
- Stocks et en – cours
- Avances et acomptes reçus
- Avances et acomptes versés
- Dettes fournisseurs
- Créances clients
- Dettes fiscales et sociales
d’exploitation
- Autres créances d’exploitation
105
Le BFRE
PASSIFS
ACTIFS
ACTIFS D’EXPLOITATION
D’EXPLOITATION PASSIFS
D’EXPLOITATION
D’EXPLOITATION
BFRE>0 BFRE<0
106
Exemple
ACTIF PASSIF
Immobilisations 4 800 Capital 5 000
Stocks 2 200 Résultat 400
Clients 100 Dettes financières 100
Disponibilités 300 Dettes fournisseurs 800
Dettes fiscales et sociales 400
Dettes immobilisations 700
TOTAL ACTIF 7 400 TOTAL PASSIF 7 400
107
3.3. La trésorerie (T)
Concours
108
Exemple 1 Exemple 2
T>0 T<0
Exemple
ACTIF PASSIF
Immobilisations 4 800 Capital 5 000
Stocks 2 200 Résultat 400
Clients 100 Dettes financières 100
Disponibilités 300 Dettes fournisseurs 800
Dettes fiscales et sociales 400
Dettes immobilisations 700
TOTAL ACTIF 7 400 TOTAL PASSIF 7 400
Dont CBC et SCB = 40
FR
T
3.4. Gestion de l’équilibre FR-BFR
• Vérifier que le FR couvre le BFR structurel
Origines :
L’augmentation des ventes provoque en général une
augmentation proportionnelle ou plus que proportionnelle
du BFR.
Ex : Free, sociétés de biotechnologie, e-commerce,…
Solutions :
Renforcer le fond de roulement (FR) :
Apport en capital
Suppression des dividendes
Crédit MLT de restructuration du FR
Moyens à mettre en œuvre :
Modérer la croissance
Privilégier la marge par rapport au volume
Réduire le délai de règlement des clients
Favoriser l’autofinancement en renforçant le FR grâce
à une hausse du résultat tout en contrôlant l’évolution
du BFR
Obtenir un financement bancaire à MT/LT
Recourir à l’affacturage
B. Scénario 2 : Mauvaise gestion du BFR
Origines :
L’entreprise laisse se dégrader le délai
d’écoulement des stocks et le crédit client : le
BFR progresse plus rapidement que les ventes.
Comment l’expliquer ?
Sur-approvisionnement en matières premières : peur
de la rupture de stocks
Absence de demande d’acomptes
Absence de négociation des délais de paiement
Pas d’action de recouvrement
Délais importants dans la résolution des litiges
techniques et administratifs
Solutions :
Actions propres à chaque entreprise qui passent
par la réunion préalable des différents
responsables opérationnels.
Renégocier les délais de facturation, de paiement
et de livraison avec les fournisseurs et les clients
C. Scénario 3 : Réduction conjoncturelle de l’activité
Origines :
Face à une baisse de son carnet de commande,
l’entreprise ne réduit pas immédiatement son
programme de fabrication.
Solutions :
Si la baisse d’activité est conjoncturelle : crédit à
CT
Pour réduire le sur-stockage, il convient :
d’ajuster les achats ou le programme de
production à l’activité réelle
de vider les stocks par une politique de remise
plus agressive
D. Scénario 4 : Mauvais choix de financement
Origines :
Le dirigeant décide d’autofinancer ses
investissements.
Il décide de ne pas recourir à une augmentation de
capital ou à un emprunt à MLT.
Solutions :
L’entreprise doit s’efforcer de mettre en place un
financement à MLT a posteriori pour rééquilibrer sa
structure financière.
Techniques de financement possibles envisagées
par le banquier :
Financement court terme
Affacturage
Consolidation du découvert en prêt à moyen terme
Lease-back
E. Scénario 5 : Perte de profitabilité
Origines :
Les pertes accumulées diminuent les capitaux
propres, le fonds de roulement se dégrade.
Solutions :
Une fois la rentabilité restaurée, l’entreprise devra
sans doute reconstituer ses capitaux propres en
faisant appel aux actionnaires.
Pour accepter cette augmentation de capital, il faut
que les actionnaires aient confiance dans le retour
à la rentabilité de l’entreprise et que la dilution soit
limitée.
F. Application – Le cas B&B
La société B&B Chemicals (Bourdeau et Bourdenne) est une société de négoce de
matériel de laboratoire et de produits chimiques créée il y a trois ans par un ancien
technicien et un ancien commercial de BASF. Les deux associés vous contactent
car ils souhaitent réduire le montant des frais financiers qui sont en forte
progression depuis l’année dernière. Ils envisagent de s’équiper d’un logiciel de
gestion de trésorerie.
Ils vous transmettent les données suivantes :
En k€ N N+1 N+2 N+3
Capitaux propres 966 1 616 2 313 3 668
Dettes MLT 1 557 1 415 1 474 1 668
+ Capitaux permanents 2 523 3 031 3 787 5 336
- Immobilisations nettes 913 1 447 2 018 2 528
= Fonds de roulement (FR) 1 610 1 584 1 769 2 808
+ Actifs circulants d'exploitation 12 732 14 258 15 055 28 905
- Dettes d'exploitation 13 654 12 496 11 790 16 166
= Besoin en Fonds de roulement (BFR) (922) 1 762 3 265 12 739
+ Trésorerie actif 2 876 2 240 1 109 154
- Trésorerie passif 344 2 418 2 605 10 085
= Trésorerie (T) 2 532 (178) (1 496) (9 931)
F. Application – Le cas B&B
122
NB. Impact de l’inflation sur les flux de trésorerie disponible
• Soit une entreprise avec un CAHT de 100, un résultat d’exploitation de 12, une dotation aux
amortissements de 5, un BFR de 20 stable hors inflation et un impôt sur les sociétés de 25 %.
L’entreprise n’est ni endettée, ni en croissance.
• Dans un contexte d’inflation faible, son flux de trésorerie d’exploitation est de :
• Résultat d’exploitation : 12
• Dotation aux amortissements : 5
• - Impôts sur les sociétés à 25 % : 3
• - Variation du BFR : 0
• = Flux de trésorerie d’exploitation : 14
• Maintenant, supposons que l’inflation passe brutalement à 10 % et que notre entreprise soit
capable de la répercuter à ses clients. Dans ce cas, on a alors :
• Résultat d’exploitation : 12 x 1,1 = 13,2
• Dotation aux amortissements : 5
un besoin potentiel de financement
• - Impôts sur les sociétés à 25 % : 3,3 supplémentaire de 1,1
• - Variation du BFR : 20 x 1,1 – 20 = 2
• = Flux de trésorerie d’exploitation : 12,9
• Si le résultat d’exploitation croît bien de 12 à 13,2 dans le cas favorable où l’entreprise est
capable de répercuter la hausse de ses coûts de production sur ses prix de vente, son flux de
trésorerie généré
123
par l’exploitation est en baisse de 1,1, soit 8 %.
NB. Impact de l’inflation sur les flux de trésorerie disponible
• On pourrait penser que, si pour une entreprise avec un BFR positif, l’inflation a un effet
négatif, alors pour un groupe avec un BFR négatif, l’inflation devrait avoir un impact positif.
L’observation des faits montre que malheureusement, au moins dans un premier temps, il n’en
est rien comme l’illustre l’exemple des résultats trimestriels publiés par Walmart en mai 2022.
124
NB. Impact de l’inflation sur les flux de trésorerie disponible
• Ensuite, l’inflation va créer une distorsion entre la dotation aux amortissements calculée sur
des valeurs historiques (5) et l’investissement nécessaire pour maintenir l’outil industriel en
l’état actuel 5 × 1,1 = 5,5.
• L’entreprise ne peut en effet déduire qu’une charge (la dotation aux amortissements) de 5,
alors que le maintien en l’état de son outil de production lui coûte, inflation aidant, 5,5.
• De ce fait, le résultat de l’entreprise est optiquement surévalué puisque le jour où l’entreprise
changera de matériel, la dotation aux amortissements apparaissant au compte de résultat
bondira à 5,5, réduisant d’autant le résultat comptable publié.
Flux de trésorerie disponible hors inflation Flux de trésorerie disponible avec 10%
d’inflation
Flux de trésorerie d’exploitation : 14 Flux de trésorerie d’exploitation : 12,9
– Investissement de maintien : 5 – Investissement de maintien : 5,5
= Flux de trésorerie disponible : 9 = Flux de trésorerie disponible : 7,4
• Soit une baisse de 18 % alors que l’entreprise est parfaitement capable de répercuter
l’inflation de ses coûts sur ses prix de vente.
• En l’absence d’inflation, on peut estimer la valeur de cette entreprise à 90, sachant que nous
avons utilisé un coût du capital de 10 % et un taux de croissance nul.
• Avec une inflation à 10 %, le coût du capital passe à (1 + 10 %) × (1 + 10 %) – 1 = 21 % et la
valeur de notre entreprise passe alors à 62,7, soit 30 % de moins que précédemment sous le
double effet de flux réels plus faibles et de la hausse du coût du capital.
• Pour retrouver la valeur initiale de 90, il faudrait, à marge d’EBE constante, que le chiffre
d’affaires croisse
125 de 14,4 %, soit 4,4 % de plus que l’inflation.
NB. Impact de l’inflation sur les flux de trésorerie disponible
• Danone, qui s’attend à une inflation de ses coûts non salariaux de 15 % en 2022 et
qui table sur une croissance de 3 à 5 % de son chiffre d’affaires notamment grâce à
des hausses de prix, va réduire sa gamme pour éviter d’avoir à supporter un effet
ciseau par trop négatif, permettant des économies de coûts de fabrication, de
logistique et de publicité.
• Effet contrebalançant bénéfique d’un taux d’intérêt réel négatif depuis 2016 environ.
126
3.6. Les retraitements du bilan fonctionnel (1)
3.6. Les retraitements du bilan fonctionnel (2)
ACTIF N N-1 PASSIF N N-1
Total immobilisations 9 840 000 11 841 500 13 923 000 Total capitaux propres 4 273 000 6 450 000 7 844 000
- CBC et SCB 0 0 0
+ ou – écarts de - - -
conversion sur emprunts
- Intérêts courus sur - - -
emprunts
- Primes de remb. des (50 000) (45 000) (40 000)
obligations
Dette fin. de CB - - 2 000 000
Emplois stables 9 840 000 11 841 500 16 468 000 Ressources durables 10 433 110 12 138 800 17 853 000
Bas du bilan fonctionnel : BFRE
N N+1 N+2 N N+1 N+2
Stocks 362 872 1 366 612 1 279 222 Avances et acomptes 440 000 550 000 500 000
reçus
Avances et acomptes 0 0 0 Dettes fournisseurs 945 600 1 063 604 1 247 500
versés
Créances clients 2 165 718 1 401 512 1 137 374 + ou – écarts de - (100 000) (110 000)
conversion sur dettes
Autres créances 155 000 170 000 180 000 Dettes fiscales et 911 000 1 136 100 1 448 800
d’exploitation sociales hors dette d’IS (226 000) (117 000) (125 000)
Effets escomptés non - - - Produits constatés 125 000 130 000 140 000
échus d’avance d’exploit.
+ ou – écarts de - (80 000) (90 000)
conversion sur créances
Charges constatées 89 950 118 176 101 004
d’avance d’expl.
Actif circulant 2 773 540 2 976 300 2 607 600 Passif circulant 2 195 600 2 662 704 3 101 300
d’exploitation d’exploitation
Bas du bilan fonctionnel : BFRHE et T
N N+1 N+2 N N+1 N+2
Autres créances hors - - - Dettes d’IS 226 000 117 000 125 000
exploitation
Capital souscrit appelé 500 000 500 000 Dettes sur immo. et 0 350 000 310 400
non versé comptes rattachés
Valeurs mobilières de 250 000 300 000 625 000 Autres dettes 100 000 45 000 0
placement*
Charges constatées - - - - Intérêts courus sur - - -
d’avance hors exploit. emprunts
Produits constatés - - -
d’avance hors exploit.
Actif circulant hors 250 000 800 000 1 125 000 Passif circulant hors 326 000 512 000 435 400
exploitation exploitation
TOTAL ACTIF 12 954 910 15 313 504 21 389 700 TOTAL PASSIF 12 954 910 15 313 504 21 389 700
Calcul des équilibres fonctionnels
Tableau récapitulatif
Synthèse des équilibres fonctionnels (1)
• Pour les éléments composants le BFRE, les ratios d'écoulement des stocks
et de délais clients traduisent une situation plus profitable tandis que les
délais fournisseurs restent stables : au total, c'est près de 900 000 € que
l'entreprise n'a pas eu à investir pour financer les stocks de matières
premières et les créances clients*. Cela évite des crédits de trésorerie,
abaisse les charges financières (relativement stable malgré la progression de
l'activité) et permet à "Le Croisic" de disposer d'une trésorerie de 1 189 100 à
la fin de l'année N + 2 (à laquelle on peut ajouter 625 000 de valeurs
mobilières de placement).
• Globalement, l'exploitation qui nécessitait un besoin de financement de
577740 € en N, dégage 493 700 € de ressources en N + 2 (absorbées, il est
vrai, par un BFRHE de 689 600 € qui cependant aurait été bien moins élevé
une fois considéré les VMP au sein de la trésorerie). On parvient aux mêmes
conclusions en constatant le doublement, ou presque, de l'excédent sur
opérations et de l'excédent de trésorerie d'exploitation.
• * Non seulement les créances clients diminuent mais aussi les provisions sur ces créances.
Synthèse des équilibres fonctionnels (2)
138
Introduction : l’actif économique et les ressources financières
Le bilan classique
ACTIF PASSIF
Actif Capitaux
Immobilisé Propres
(Actifs non courants)
A partir du Bilan
COMPTABLE : Mettre en
évidence le capital productif
avec le financement dédié
Capitaux
Actif Propres
Actif économique immobilisé
(l’opérationnel) et Actif
Capitaux
économique
financement (A.E.)
investis
correspondant (CP Endettement Endettement net = dettes
BFR net
et endettement net) financières – cash de
trésorerie à l’actif du bilan
ActifL’opérationnel Le financier
économique = Capitaux investis
140
4.1. La rentabilité commerciale
EBE/CAHT
OU
Résultat d’exploitation/CAHT
141
[Link] rentabilité économique et la rentabilité financière
• Le résultat d’exploitation résulte de la mobilisation de l’actif économique. Le
concept de rentabilité économique (Return On Capital Employed, ROCE) permet
de confronter le résultat d’exploitation après impôt et l’actif économique qui a été
mobilisé pour l’obtenir. Lorsque l’endettement est nul, le taux de rentabilité
économique est égal au taux de rentabilité des capitaux propres.
• Le résultat net rémunère les capitaux propres. La rentabilité des capitaux
propres (Return On Equity, ROE) se définit comme le rapport entre le résultat net
et les capitaux propres.
Capitaux Résultat
propres net
Actif Rentabilité
Résultat
des
d’exploitation économique
capitaux
propres
Rentabilité (ROE)
économique
(ROCE)
142
Décomposition de la Rentabilité économique
REX · (1-IS)
• Le ROCE se calcule de la façon suivante : ROCE=
Actif éco.
• Il n’y a pas de création de valeur sans une rentabilité économique existante
ou anticipée suffisante pour couvrir le coût de financement exigé par les
créanciers et les actionnaires de l’entreprise. La rentabilité économique
constitue donc un concept central dans le diagnostic financier d’une entreprise.
• La rentabilité économique peut se décomposer en deux ratios qui caractérisent le
mode de fonctionnement de l’entreprise :
o Le taux de marge d’exploitation (après impôt) dégagé par l’activité ;
o Le montant des capitaux engagés (actif économique) pour un chiffre d’affaires donné.
• Ces deux ratios sont très liés au type d’activité industrielle de l’entreprise.
Un ROCE élevé peut résulter :
144
Rentabilité des capitaux propres et effet de levier
• Exemple : Soit une entreprise disposant d’un actif économique de 100, dont la rentabilité
économique est de 10% après impôt, et qui est entièrement financé par capitaux propres.
La rentabilité économique et la rentabilité des capitaux propres sont donc égales à 10%.
• Si maintenant l’entreprise finance son actif économique par 30 de dettes à un taux de 4%
après impôt et le solde par capitaux propres, la rentabilité des capitaux propres devient :
Résultat d’exploitation après impôt : 10% x 100 = 10
- charges financières après impôt : 4% x 30 = 1,2
= Résultat net après impôt : = 8,8
o Rapporté à des capitaux propres de 70, cela donne un ROE de 8,8/(100-30) =12,6%
alors que le ROCE est de 10%.
o L’endettement peut donc permettre d’augmenter la rentabilité des capitaux
propres de l’entreprise sans modifier, par définition, la rentabilité économique,
à condition que la rentabilité économique soit supérieure au coût de
l’endettement (ROCE > Kd).
145
L’effet de levier (suite)
• Une étude superficielle pourrait laisser croire que le groupe C est véritable star par
l’exceptionnelle rentabilité de ses capitaux propres (40%), que A s’améliore alors que B est
bien décevant en comparaison. Or, :
o B n’a aucune dette et est le moins risqué de tous avec la meilleure rentabilité économique ;
o C n’obtient son très haut niveau de ROE que grâce à un effet de levier massif qui le fragilise
alors que son ROCE est moyen ;
o A fait totalement illusion car la progression de son ROE est totalement dû à un effet de levier
croissant, alors même que sa rentabilité économique ne cesse de se dégrader et en fait le
plus risqué des trois.
147
Effet de levier et création de valeur
A lire
• Il existe néanmoins deux cas très particuliers où une stratégie d’endettement peut être créatrice de
valeur en soi :
o Le cas d’une économie inflationniste. Cela a été la stratégie des années 1960 : Cette
stratégie avait une double caractéristique : forts investissements pour augmenter la taille de
l'outil industriel et faibles marges pour conquérir des parts de marché. Bien évidemment, la
rentabilité économique est faible (faibles marges et forts investissements), mais le recours
inévitable à l'endettement (faibles marges, donc cashflow opérationnel insuffisant pour un
autofinancement total) permet de gonfler la rentabilité des capitaux propres par le mécanisme
de l'effet de levier. Ce d’autant plus que le coût réel de la dette est faible ou négatif en raison
de l’inflation, les créanciers sont remboursés pour partie en monnaie de singe. Ce fut
typiquement la stratégie de Moulinex, qui lui a permis de s'imposer sur son marché. Avec le
début des années 1980 et le retour à un coût de l'argent réel positif après prise en compte de
l'inflation, la plupart des entreprises ont essayé, avec succès, d'améliorer leur rentabilité des
capitaux propres tout en réduisant l'endettement, et donc l'effet de levier. Ceci ne fut possible
que grâce à une forte amélioration de la rentabilité économique : amélioration de la rotation de
l’actif économique (par exemple par réduction du niveau des stocks) et amélioration des
marges.
o Le cas d’un endettement très lourd et en particulier pour les sociétés ayant fait l’objet d’un
LBO. En effet, le niveau important de dette pousse les dirigeants a être particulièrement
performants pour que l’entreprise soit à même, par ses flux de trésorerie, de faire face au poids
de son endettement qui a alors, à peu près, le rôle du fouet dans les galères romaines ! Ainsi,
148 c’est l’amélioration de la rentabilité économique qui est créatrice de valeur.
Exercice sur l’effet de levier (suite)
149
Solution
150
Analyse des rentabilités commerciale,
économique et financière de l’entreprise LE
CROISIC
• 5.1. La solvabilité
• 5.2. La contrainte liée au service de la dette
• 5.3. L’autonomie financière
154
5.1. La solvabilité
• Solvabilité : être capable de faire face à ses engagements
155
5.2. La contrainte liée au service de la dette
156
5.3. L’autonomie financière
Ratio d’endettement global = Total des dettes / Total Passif < 2/3
Ratio d’endettement financier, également appelé GEARING :
Total des Dettes financières MLT/ Capitaux propres < 1
Analyse du
financement :
Cas LE
CROISIC
157
Analyse de la politique de financement
100%)
"cash is king"
Principe de l’analyse par les flux
Il s’agit de reconstituer les mouvements financiers sur un ou plusieurs exercices
Le tableau de financement PCG
• Définition :
- Le tableau de financement est un tableau emplois-ressources qui explique les
variations du patrimoine de l’entreprise au cours de la période de référence.
• Conditions du tableau de financement :
– Fait apparaître mouvement, flux monétaires ou variations d’emplois et de
ressources survenus pendant un exercice
– Document obligatoire CA > 18 M€ / > 300 salariés
• Objectif :
– Analyse dynamique de la situation financière et de l’équilibre financier d’une
entreprise
– Expliquer l’origine de la variation du FRNG
– Analyser l’utilisation de cette variation
• Il permet de connaître :
– Les opérations qui ont contribué à l’évolution du patrimoine au cours de l’exercice
– Les réalisations d’investissement et de désinvestissement
– Les moyens de financement utilisés
– Les dividendes distribués
– L’évolution des éléments du cycle d’exploitation
Le tableau de financement (suite)
Le tableau de financement
Tableau Tableau
Emplois / Ressources Variation FRNG
• Comparaison des
• Utilisation de la
ressources durables et des
variation du FRNG
emplois stables
1. La CAF (Rappel)
Autres 50 0 20 30
• Exemple
• Une Société anonyme (S.A.) dispose de 450 000 euros de fonds propres, inclus un capital social de
150 000 euros divisé en 500 actions. La valeur nominale de l'action s'élève donc à 300 euros (150
000 / 500), tandis que la valeur comptable de notre entreprise élèverait le prix de l'action à 900
euros (450 000 / 500).
• La S.A. souhaite augmenter son capital social de 450 000 euros par l’intermédiaire d'un associé
supplémentaire spécialisé dans le capital risque. Les fonds propres de l'entreprise s'élèveraient
donc à 900 000 euros.
• Afin de ne pas se trouver lésée par l'arrivée du nouvel actionnaire, la S.A. tiendra compte de
la valeur comptable de l'entreprise pour l'émission de ses nouveaux titres, soit 900 euros par action.
L'entreprise émettra alors 500 nouvelles actions (450 000/900).
• Les valeurs des 1000 titres (500+500) multipliée par les 900 euros de valeur unitaire est bien égale
aux nouveaux fonds propres de 900 000 euros.
• La différence constatée entre la 'valeur d'émission' (900,00) et la ''valeur nominale" (300,00)
correspond à 'la prime d'émission', soit 600 euros par action et donc 300 000 euros (600 x 500) dans
le cadre de cette augmentation de capital.
6.1. 1ère partie du tableau de financement (PCG)
4. Augmentations des dettes financières :
• Doivent figurer les nouveaux emprunts contractés au cours de l’exercice (à
l’exception des CBC)
• L’information est disponible dans « l’état des échéances des créances et
des dettes » en tenant compte du fait qu’elle inclut les concours bancaires
courants qui sont des ressources de trésorerie et les intérêts courus non
échus finals qui correspondent à des ressources hors exploitation.
• L’on peut également déterminer ce poste en rapprochant le montant des
dettes financières figurant aux bilans successifs.
Distributions mises en 112 000 80 000 CAF de l’exercice N 1 495 360 2 193 035
paiement
Acquisition d’éléments Cessions ou
de l’actif immobilisé : réductions d’éléments
- Immo incorporelles 0 0 de l’actif immobilisé :
- Immo corporelles 2 020 270 2 726 635 - Immo incorporelles 0 0
- Immo financières 0 10 000 - Immo corporelles 110 000 250 000
- Immo financières 30 000 75 000
Cessions ou
réductions d’éléments
de l’actif immobilisé :
- Immo incorporelles 0 0
- Immo corporelles 110 000 250 000
- Immo financières 30 000 75 000
Augmentation des capitaux propres
• On ne prend en compte que les apports de capital en intégrant la prime
d’émission (ce sont des flux de ressources) ;
• Attention : Le capital souscrit non appelé et les augmentations de capital par
incorporation de réserves ne sont pas des flux de ressources
ACTIF N N+1 N+2
Capital souscrit non appelé 0 500 000 0
• *Le résultat en N = 653 000. Avec un dividende distribué de 112 000 (information) et une
augmentation de 341 000 du report à nouveau, les autres postes de réserves restant inchangés,
la différence (653 000 – 453 000) représente une incorporation de réserves de 200 000. Pour
l’année suivante, pas d’incorporation de réserves, les réserves augmentent de 755 000 et le
reliquat (835 000 – 755 000) part en dividendes.
Augmentation des dettes financières
ΔN/N+1 ΔN+1/N+2
Emprunts obligataires convertibles aucun aucun
Autres emprunts obligataires 1 854 900 - 2 085 000 = - 230 100 1 734 600 -1 854 900 = - 120 300
Emprunts et dettes. étab. Crédits* 212 000 - 421 000 = - 209 000 903 600 – 212 000 = 691 600
Total des Δ N/N+1/N+2 - 439 100 + 571 300
Total correspondant au 439 100 405 400
remboursement des dettes (bas du bilan N, cette somme (bas du bilan N+1, cette somme
financières correspond aux dettes à - d’1 an) correspond aux dettes à - d’1 an)
Total Δ dettes financières 0 571 300 + 405 400 = 976 700
*pas de CBC et SCB
On a donc complété les éléments suivants :
Distributions mises en 112 000 80 000 CAF de l’exercice N 1 495 360 2 193 035
paiement
Acquisition d’éléments Cessions ou
de l’actif immobilisé : réductions d’éléments
- Immo incorporelles 0 0 de l’actif immobilisé :
- Immo corporelles 2 020 270 2 726 635 - Immo incorporelles 0 0
- Immo financières 0 10 000 - Immo corporelles 110 000 250 000
- Immo financières 30 000 75 000
Augmentation des immos. corporelles en N+1 Augmentation des immos. fin. en N+2
Augmentation des immos. corporelles en N+2 = 2 726 635
EXPLICATION TABLEAU DES EMPLOIS STABLES (suite)
Distributions mises en 112 000 80 000 CAF de l’exercice N 1 495 360 2 193 035
paiement
Acquisition d’éléments Cessions ou
de l’actif immobilisé : réductions d’éléments
- Immo incorporelles 0 0 de l’actif immobilisé :
- Immo corporelles 2 020 270 2 726 635 - Immo incorporelles 0 0
- Immo financières 0 10 000 - Immo corporelles 110 000 250 000
- Immo financières 30 000 75 000
• On vérifie :
• La création d’un dégagement en fonds de roulement d’exploitation respectivement
pour N+1 et N+2 de 264 344 et 807 296
• La création d’un besoin en fonds de roulement hors exploitation respectivement
pour N+1 et N+2 de 364 000 et 401 500
• Le BFR total évolue donc de la façon suivante :
• N+1 : 264 344 – 364 000 = 99 656
• N+2 : 807 296 – 401 500 = - 405 796
• La trésorerie évolue respectivement pour N+1 et N+2 de la façon suivante
• N+1 : - 35 665 :
• N+2 : + 1 133 396