Présentation du cours
1. Introduction / Rappels
2. L’analyse économique à court terme en économie fermée
a. Le marché des biens et services [A : chp.3]
b. Le marché de la monnaie [B : chp.5]
c. Le modèle IS-LM [A : chp.10, 11; B : chp.6]
3. L’analyse à moyen terme en économie fermée
a. Le marché du travail [B : chp.7]
b. La synthèse : le modèle OA-DA [B : chp.8]
1
Plan du chapitre
1. Intro
2. L’équilibre à court terme en économie fermée
3. Politiques de stabilisation à court terme :
◦ Efficacité de la politique budgétaire sans intervention
de la Banque centrale
◦ Efficacité de la politique monétaire sans intervention
de l’Etat
◦ Le policy-mix
◦ Efficacité de la politique budgétaire versus politique
monétaire
2
Intro
Le modèle IS-LM montre l’interaction entre le secteur réel (IS)
et le secteur financier (LM) de l’économie [IS: Y=Y(i) ; LM:
i=i(Y)]
Il montre les déterminants des fluctuations du PIB à CT lorsque
les prix sont rigides.
Cette intersection entre la droite IS et la droite LM nous donne
l’unique combinaison du taux d’intérêt nominal et du revenu
(Y*,i*) qui assure l’équilibre sur les deux marchés.
Les deux marchés ensemble
IS: Y = C + I + G
i
LM • C= C(Ydisp)
• I= I (Y,i)
LM: Md/P = Ms/P
i* E • Md/P = YL(i)
IS
• (M/P)s=M/P
• P≡1
Y* Y
L'ajustement vers l‘équilibre
demande excédentaire de offre excédentaire de biens;
biens; offre excédentaire de offre excédentaire de
monnaie monnaie
i A’’ LM
LM
offre excédentaire de biens;
demande excédentaire de
monnaie
i* E
IS
Y* Y
demande excédentaire de
biens; demande excédentaire
de monnaie
L'ajustement vers l‘équilibre: Offre excédentaire
de monnaie
LM
i’ A’’
i’>i
E
i
Y Y
L'ajustement vers l‘équilibre: 3. Offre
excédentaire de monnaie
i
A’’
i’’
E
i
Md
Md (i’’) Ms Masse monétaire, M
11
L'ajustement vers l‘équilibre : Offre excédentaire
de biens
Y’’>Z=Y
i
E A’’
i’
IS
Y=Z Y’’ Y
L'ajustement vers l‘équilibre: Offre excédentaire
de biens
A’’
Y’’
ZZ
Demande, Z
Z
E
𝑍𝑍 = 𝐶 𝑌 − 𝑇 + 𝐼 𝑌, 𝑖 ҧ + 𝐺
YE Y’’ Production, Revenu Y
13
Politiques de stabilisation à court terme
Les politiques monétaires et budgétaires sont utilisées
comme politiques de stabilisation à court terme :
◦ ralentir l’économie en cas de surchauffe
◦ ou relancer l’économie en cas de récession
La politique budgétaire déplace la courbe IS
La politique monétaire déplace la courbe LM
Impact d’une politique budgétaire
Les deux composantes de la politique budgétaire sont :
1. les dépenses publiques : dépenses sociales (niveau des minima
sociaux), aides aux entreprises, investissements en
infrastructures publiques, aides à la recherche, exonérations
fiscales, hausse des salaires des fonctionnaires, hausse de
l'emploi public, emplois aidés, etc.
2. les recettes : niveau des taux d'imposition et des bases fiscales
des différents impôts, niveau global de l'imposition dans le
PIB, emprunts, recettes exceptionnelles (gisements miniers,
portefeuille d'actifs publics, etc ...)
Impact d’une politique budgétaire
Une variation des dépenses publiques ΔG engendre un
déplacement parallèle de la courbe IS.
On a vu que, à taux d’intérêt constant, cette variation des
dépenses publiques engendrait une variation plus que
proportionnelle du revenu : ΔY=m ΔG (avec m>1).
Mais considérer le taux d’intérêt comme constant revenait à
négliger l’équilibre sur le marché monétaire: si Y↑ alors →i↑ et
sur le marché de biens et services si i↑→I↓→Y↓
Impact d’une politique budgétaire
expansionniste (ex : hausse de G)
LM
IS’
i
IS
C
Le point B n’est pas un équilibre
de court terme car il correspond
iA B
A à une demande excédentaire de
monnaie
Y
Impact d’une politique budgétaire
expansionniste (ex : hausse de G)
LM
IS’
i
IS
L'effet d'éviction traduit la baisse de
C l'investissement et de la consommation privée
engendrée par la hausse des dépenses publiques.
Autrement dit, il y a effet d'éviction lorsque
l'activité économique du secteur public
commence à supplanter graduellement l'activité
économique du secteur privé.
iA B
A
Y
YC YB
Réduction du déficit
Supposons que le gouvernement décide de réduire le déficit
public (G - T) en augmentant les impôts (T), avec G
constant. Quel est l’effet sur Y?
3 étapes pour répondre à cette question :
1. Se demander si le changement concerne le marché des B&S
ou celui de la monnaie: il y a déplacement de IS et/ou de
LM?
2. Caractériser les effets de ces déplacements sur l’équilibre.
3. Expliquer les mécanismes économiques sous-jacents aux
fluctuations.
Réduction du déficit
1. Marché des B&S
◦ T apparaît dans l’équation de IS, donc les impôts affectent le marché des
Bien et services: déplacement de IS .
◦ Pour un taux d’intérêt donné, l’augmentation de T baisse le revenu
disponible, ce qui réduit la consommation, et par le biais du
multiplicateur réduit le revenu national :
IS se déplace vers la gauche.
◦ La courbe LM ne se déplace pas.
LM
i
IS
IS’ Y
Réduction du déficit
2. Détermination de l’équilibre
◦ Suite au déplacement de IS, le nouvel équilibre s’établit en A’:
◦ Le revenu national baisse de Y à Y’
◦ Le taux d’intérêt baisse de i à i’
◦ Autrement dit, la courbe IS s’est déplacée le long de LM, de A vers
A’.
LM
i A
i’ A’
IS
IS’
Y
Réduction du déficit
3. Mécanismes sous-jacents : impact de la politique budgétaire
restrictive
◦ L’augmentation des impôts entraîne une baisse du revenu national : de A à
B
◦ Ceci conduit à une baisse du taux d’intérêt (de i à i’) sur le marché de la
monnaie (car offre de monnaie>demande de monnaie): i↓
◦ Au même temps…B→A’: un augmentation du revenu (investissement) sur
le marché BES (i↓ → I↑ → Y↑).
LM
B A
i
i’ IS
A’
IS’
Y
Politique monétaire
Une hausse de l’offre de monnaie M est appelée une expansion
monétaire. Una baisse de l’offre de monnaie M est appelée une
contraction monétaire.
Politique monétaire
La Banque de France, en tant que membre du Système
Européen de Banques Centrales (SEBC), participe à
l'accomplissement des missions et au respect des objectifs qui
lui sont assignés.
Ses objectifs sont définis dans un texte de référence unique, le
Traité sur l'Union Européenne ou Traité de Maastricht,
complété par des déclarations successives mettant en place une
stratégie de politique monétaire.
Politique monétaire (EU)
Dans les pays de l’Eurosystème, l’adoption de l’euro a conduit à mettre
en place une politique monétaire commune qui se caractérise par :
- un objectif principal : le maintien de la stabilité des prix,
- une autorité monétaire unique : la Banque Centrale Européenne,
- un refinancement des banques par les banques centrales, à travers un
système de règlement interbancaire.
- Depuis M. Draghi : solvabilité des Etats?
Pour atteindre ses objectifs, l'Eurosystème dispose d'une série
d'instruments de politique monétaire : il effectue des opérations d'open
market, offre des facilités permanentes et impose aux établissements de
crédit la constitution de réserves obligatoires rémunérées sur des comptes
ouverts sur les livres des banques centrales nationales.
Impact d’une politique monétaire
expansionniste (hausse de M)
LM
i
LM’
A
iA
iC C
iB B
IS
Y
AB:Hausse de M baisse de i
BC: baisse de i hausse de I(Y,i) hausse de Y
hausse de Md hausse de i
Impact d’une politique monétaire
restrictive (baisse de M)
LM’
i
LM
iB B
iC C
iA A
IS
Y
AB: Baisse de M hausse de i
BC: hausse de i baisse de I(Y,i) baisse de Y
baisse de Md baisse de i
Le policy-mix
La combinaison des politiques monétaire et budgétaire est appelée le
policy-mix.
o Parfois, les politiques monétaire et budgétaire sont utilisées dans le
même but. Aux États-Unis, dans les années 1990, les politiques
monétaire et budgétaire ont permis de soutenir à la fois une
réduction des déficits et une hausse du revenu/PIB (policy-mix
Clinton-Greenspan).
o Le policy-mix peut aussi résulter d’un désaccord entre le
gouvernement et la Banque centrale. Si la Banque centrale
désapprouve une expansion budgétaire, elle peut opérer une
contraction monétaire pour annuler certains effets de la politique
budgétaire sur l’activité du pays.
Le policy-mix: Clinton-Greenspan
• Lorsque Clinton a été élu président des États-Unis en 1992, le déficit budgétaire
était élevé (>3 % du PIB), et de nombreux économistes pensaient que la récession
de 1990-1991 n’était pas terminée (croissance PIB : -0.9%).
•Il faudrait: réduire le déficit, mais sans pénaliser la croissance du PIB!
•Par un accord implicite avec le président de la Fed, Greenspan, Clinton a proposé
un plan de réduction du déficit, et la Fed a réduit ses taux d’intérêt pour soutenir
l’économie.
(T-G)/PIB
Le policy-mix: Clinton-Greenspan
La courbe IS s’est déplacée vers la gauche, et la courbe LM, vers le
bas. Il en a résulté une réduction du déficit sans pénaliser la
croissance de la production.
Réduction des déficits et expansion monétaire
Le policy-mix: Clinton-Greenspan
Variables macroéconomiques pour les États-Unis, 1991-1998
NB.
D’autres facteurs peuvent également expliquer la forte croissance de la
production aux États-Unis entre 1992 et 1998 : à partir de 1995 notamment, la
confiance des consommateurs et des entreprises et un marché financier
euphorique ont conduit à des déplacements favorables de la courbe IS.
Pour résumer :
On doit se souvenir de la méthode utilisée pour étudier les effets d’un
changement de politique économique sur l’activité et le taux d’intérêt.
Le tableau ci-dessous résume les effets étudiés.
Efficacité de la politique budgétaire versus
politique monétaire
Graphiquement, l’efficacité de la politique budgétaire dépend
des pentes de la droite LM et de la droite IS :
[a] La politique budgétaire est plus efficace si
l’investissement réagit peu au taux d’intérêt (IS verticale) et
que la demande de monnaie réagit fort au taux d’intérêt
(LM horizontale).
[b] A l’opposé (IS horizontale, LM verticale), la politique
monétaire est efficace alors et la politique budgétaire est
inefficace.
1.1
IS VERTICALE :
PB YES
PM NO
1.1 Efficacité de la politique budgétaire : IS verticale
Z
ZZ(i1)
A1
Z1 Une hausse de taux d’intérêt entraine
ZZ(i2) une baisse de l’investissement, puis
A2
Z2 de la production, et encore de la
consommation et de l’investissement.
La courbe IS se déduit des équilibres
Y du marché des biens.
Y2 Y1
i En effet, le long de la courbe IS on a
Courbe IS toutes les combinaisons de Y et de i
donnant les équilibres du marché des
A2
i2 biens.
La courbe IS est décroissante. Plus le
A1
i1 taux d’intérêt est élevé, plus le niveau
de production est faible.
Y
Y2 Y1 47
1.1 Efficacité de la politique budgétaire : IS verticale
Z
A2 = A1 ZZ(i1)=ZZ(i2)
Z1
Si I ≠ I(i)
Y=C(Y-T)+I(Y)+G
Une hausse de taux d’intérêt
n’entraine pas une baisse de
Y1=Y2 Y l’investissement!
i
Y≠Y(i)
Courbe IS
i2 A2
i1 A1
Y
Y1=Y2 48
1.1 Efficacité de la politique budgétaire : IS
verticale
𝐶 = 𝑐0 + 𝑐1 𝑌 − 𝑇
𝐼 = 𝐼0 + 𝑏1 𝑌 − 𝑏2 𝑖
𝐺, 𝑇 𝑒𝑥𝑜𝑔.
𝑌 = 𝑐0 + 𝑐1 𝑌 − 𝑇 + 𝐼0 + 𝑏1 𝑌 − 𝑏2 𝑖 + 𝐺
𝑐0 + 𝐼0 − 𝑐1 𝑇 + 𝐺 1 − 𝑐1 − 𝑏1
𝑖= − 𝑌
𝑏2 𝑏2
IS verticale : b2→ 0
intercepte pente
1.1 Efficacité de la politique budgétaire : IS
verticale
i Y est totalement déterminé par le
LM marché des biens et services.
effet d’eviction = 0
A3
A1 A2
i1
IS IS’
Y Y’ Y
1.1 Efficacité de la politique budgétaire : IS
verticale
i IS Politique monétaire n’a aucun effet :
Le baisse de i (à travers une hausse de
LM l’offre de monnaie) ne signifie pas une
augmentation des investissements.
LM’
A1
A3= A2
Y Y
1.2
LM HORIZONTALE :
PB YES
PM NO
1.2 Efficacité de la politique budgétaire : LM
horizontale
La demande de monnaie dans la réalité n’est pas linéaire:
• Quand le taux d’intérêt en vigueur est bas, les agents
économiques savent que le taux d’intérêt ne pourra pas
baisser beaucoup plus et que la probabilité que ce taux
remonte est élevée.
• Par conséquent, ils préfèreront détenir de la monnaie
plutôt que des titres: l'agent anticipe une augmentation
des taux d’intérêt et une baisse de la valeur du cours des
obligations.
1.2 Efficacité de la politique budgétaire : LM
horizontale
La trappe à liquidité est la situation où l’élasticité de la demande de
monnaie est très grande : une petite variation du taux d’intérêt est
associée à une forte variation de la demande de monnaie.
Cette situation est susceptible d’apparaître quand le taux d’intérêt est
bas (entre 0% et 1%), quand la demande de monnaie est presque
infinie. Faible
Md élasticité
B
Di’
A Grande
Di
élasticité
C
Di’’
DM’ DM DM’’ Masse monétaire, M
54
1.2 Efficacité de la politique budgétaire : LM
horizontale
Pourquoi la politique monétaire est-elle inefficace? Quel est l’effet d’une augmentation de l’offre de
monnaie par la Banque Centrale?
Dans une situation
de trappe à liquidité,
une hausse de la Md’
masse i
monétaire n'entraîne
pas de diminution du
taux nominal; la i A
courbe de demande
de monnaie étant A’ A’’
i’’=i’
parfaitement
élastique (M/P) (M/P)’ (M/P)’’ Masse monétaire, M
(=horizontale).
57
1.2 Efficacité de la politique budgétaire : LM
horizontale
𝑀𝑑 𝑀𝑠 𝑀
𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒: = 𝑑1 𝑌 − 𝑑2 𝑖 𝑜𝑓𝑓𝑟𝑒: =
𝑃 𝑃 𝑃
i
𝑀
𝐸𝑞𝑢𝑖𝑙𝑖𝑏𝑟𝑒: 𝑑1 𝑌 − 𝑑2 𝑖 =
𝑃
IS IS’
A1 A3 =A2
LM
1 𝑀 𝑑
LM: 𝑖 = − 𝑑 + 𝑑1 𝑌
2 𝑃 2
Y
LM horizontale : d2 → ∞ ↔ élasticité très forte
2.1
IS HORIZONTALE :
PB NO
PM YES
2.1 Efficacité de la politique monétaire : IS
horizontale
𝐶 = 𝑐0 + 𝑐1 𝑌 − 𝑇
𝐼 = 𝐼0 + 𝑏1 𝑌 − 𝑏2 𝑖
𝐺, 𝑇 𝑒𝑥𝑜𝑔.
𝑌 = 𝑐0 + 𝑐1 𝑌 − 𝑇 + 𝐼0 + 𝑏1 𝑌 − 𝑏2 𝑖 + 𝐺
𝑐0 + 𝐼0 − 𝑐1 𝑇 + 𝐺 1 − 𝑐1 − 𝑏1
𝑖= − 𝑌
𝑏2 𝑏2
Investissements très sensibles au taux d’interet: L’effet d’éviction est très élevé et la politique
budgétaire n’est pas efficace
IS horizontale: b2→ ∞
intercepte pente
2.1 Efficacité de la politique monétaire : IS
horizontale
Y=C(Y-T)+I(Y,i)+G
i
Politique budgétaire n’est pas efficace!
LM
IS’ A3
A2
IS
A1
Y
A1 A2: effet de la politique budgetaire sans considerer les effest sur le taux d’interet.
A2 A3: effet d’eviction (hausse de i forte baisse de l’investissement)
2.1 Efficacité de la politique monétaire : IS
horizontale
Y=C(Y-T)+I(Y,i)+G
i
↑ 𝑀 →↓ 𝑖 →↑↑ 𝐼 → 𝑌
LM
LM’
A1
A2
IS Les monétaristes défendent l’idée
d’une grande sensibilité de
l’investissement au taux d’intérêt
Y
Par contre, il est suffisant une petite variation du taux d’interet pour avoir un grand effet sur
l’investissement: la politique monétaire est très efficace!
2.2
LM VERTICALE :
PB NO
PM YES
2.2 Efficacité de la politique monétaire : LM
verticale
La demande de monnaie est insensible au taux
d’intérêt : elle ne dépend que du revenu
Faible
Md élasticité
B
Di’
A Grande
Di
élasticité
C
Di’’
DM’ DM DM’’ Masse monétaire, M
64
2.2 Efficacité de la politique monétaire : LM
verticale
𝑀
= 𝑑1 𝑌 − 𝑑2 𝑖
i
LM LM’ 𝑃
A1
Politique monétaire est très efficace!
A2
IS 1 𝑀 𝑑1
𝑖=− + 𝑌
𝑑2 𝑃 𝑑2
𝑑2 → 0
Y
2.2 Efficacité de la politique monétaire : LM
verticale
𝑀
= 𝑑1 𝑌 − 𝑑2 𝑖
i 𝑃
A2
A1 Politique budgetaire n’est pas efficace!
IS’
1 𝑀 𝑑1
LM IS 𝑖=− + 𝑌
𝑑2 𝑃 𝑑2
𝑑2 → 0
Y
IS-LM: Approfondissement (1)
Le modèle IS/LM décrit-il vraiment
ce qui se passe dans l’économie ?
Courte et moyen terme
Toute théorie doit passer deux tests :
Les hypothèses et simplifications doivent être
« raisonnables ».
Les implications majeures de la théorie doivent être
compatibles avec ce que l’on observe réellement dans le
monde.
À l’aide de l’économétrie, on peut mesurer les effets des
changements dans les politiques monétaire et budgétaire.
La prise en compte de l’évolution des prix,
que l’on pouvait ignorer dans le court terme,
devient essentielle à long terme. Comprendre
les enchaînements produits par l’évolution
des prix sera l’objet des prochains semaines.
Courte et moyen terme
Les effets empiriques d’une hausse
du Federal Funds Rate (i) [1%]
À court terme, la hausse du
taux d’intérêt entraîne une
baisse de la production et une
hausse du taux de chômage,
mais elle a peu d’effets sur
le niveau des prix.
IS-LM: Approfondissement (2)
Trappe à la liquidité et Japon : PIB,
Inflation, Taux d’interet et dette publique.
Approfondissement (2)
Investissement et taux d’interet réel.
Dehors le modèle il y a inflation (changement des prix) et par conséquent 𝑖 ≠ 𝑟.
Dans ce cas les investisseurs sont plutôt intéressés au taux d’interet réel (𝑟).
𝑟 = 𝑖 − 𝜋𝑎
I=I r
𝜋 𝑎 : inflation anticipée
Rappel: À court terme 𝜋 𝑎 =0
Approfondissement (2)
déficit budgétaire ≠ dette publique.
Le déficit budgétaire est la situation dans laquelle les recettes du budget de l’Etat sont
inférieur aux dépenses. Il est un flux, c’est-à-dire une grandeur économique mesurée
au cours d’une période donnée (ex : un an).
Alors que la dette est un stock, à savoir une grandeur économique mesurée à un
moment donné. Le flux du déficit budgétaire vient alimenter l’encours de dette, qui
en retour agit sur le niveau de déficit par l’augmentation des intérêts versés.
Approfondissement (2)
Japon : d'où vient
cette dette
publique
gigantesque ?
Approfondissement (2)
Boom énorme des prix à la fois des actions et des biens immobiliers à la fin des années 1980 (85-90).
Eclatement des bulles : période prolongée de stagnation économique, appelée la décennie perdue.
Crise économique 1997
Indice Nillei 225 de 1970 à nos jours
La période correspondant à l'explosion de la bulle (
崩壊, hōkai?) est appelée « la décennie perdue » ou
« la fin du siècle » (失われた十年, ushinawareta
jūnen?) au Japon. Elle est marquée par une
augmentation du taux de chômage. À cette
correction se sont également ajoutées les
conséquences de la crise économique asiatique en
1997.
Approfondissement (2)
1999 2000 2001 2002 2003
Il était une tentative
pour sortir de la Deficit 7.5% 7.5% 8% 8% 8%
crise économique budgetaire
(% PIB)
Japonaise 1997 :
1) politique
budgétaire
expansionniste
(accumulation des
déficits publique)
Approfondissement (2)
Il était une tentative
pour sortir de la
crise économique
Japonaise 1997 :
2) politique
monétaire
expansionniste
(augmentation offre
de monnaie)
Approfondissement (2)
Approfondissement (2)
Ces mesures
n'avaient pas été
suffisantes:
Approfondissement (2)
2 raisons :
1. À partir de 1998, la faible inflation s’en transformée en déflation. À partir de cette data
l’inflation japonaise a été négative jusqu’à 2005.
Déflation (𝜋 < 0) implique un taux d’interet réel positive ...
𝑟 = 𝑖 − 𝜋𝑎
2. Trappe à la liquidité (LM horizontale). Taux d’interet nominal à niveau nul: la politique
monétaire ne peut pas faire mieux.
Solutions??
Politique de ciblage d'inflation: Le ciblage de l'inflation est un cadre de politique monétaire
qui contraint la banque centrale à assurer une faible inflation.
Approfondissement (3)
La Banque centrale doit-elle être gérée
par le gouvernement et contrôlée
démocratiquement ou bien doit-elle être
une agence indépendante ?
Approfondissement (3):
Indépendance de la banque centrale et efficacité de la politique économique (NDJANA et ALIA, 2009)
Les partisans de l’indépendance se basent sur les travaux de Kydland et Prescott (prix Nobel
d’Economie en 2004) et de Barro et Gordon. Leur raisonnement, simplifié, est le suivant :
Si le gouvernement gère la politique monétaire, il aura tendance à annoncer un objectif en
matière d’inflation plus faible que ce qu’il van réaliser en pratique. Il y a deux raisons à cela.
◦ D’une part, le gouvernement a intérêt à augmenter le niveau d’inflation (par exemple, en
augmentant la masse monétaire) car cela réduit la valeur réelle des intérêts qu’il doit
rembourser aux détenteurs de la dette publique.
◦ D’autre part, en créant de l’inflation «surprise» / liquidité, le gouvernement stimule
l’activité économique et réduit le chômage, ce qui augmente ses chances d’être réélu lors
de la prochaine législature
81
Approfondissement (3):
Le problème est que les agents économiques le savent.
Le gouvernement pourra les tromper une fois, voire deux, mais pas à chaque fois.
Dans ce cas, (1) les travailleurs anticiperont que le gouvernement va « tricher » et
ils revendiqueront des augmentations salariales qui correspondent davantage au
«vrai» taux d’inflation anticipé de la période; (2) les banques vont demander de
taux d’interet plus elevés.
Salaires plus élevés (à productivité constante) & taux d’interet plus eleveés
Baisse du PIB
Sans crédibilité, la politique économique n’est pas efficace.
82
Approfondissement (3):
Les auteurs font une série de recommandations pour rendre crédible une politique
monétaire :
◦ la politique monétaire doit être confiée à une Banque centrale indépendante ; la tentation
du gouvernement de générer une inflation supérieure à celle annoncée provient en
grande partie du fait qu’il désire être réélu. Il est donc préconisé que les gouverneurs des
Banques centrales ne fassent pas partie du gouvernement et ne soient pas élus
démocratiquement ;
◦ la Banque centrale doit se fixer un objectif prioritaire en terme d’inflation afin d’éviter
de s’occuper d’autres aspects, comme le chômage ;
◦ le gouverneur de la Banque centrale doit être «conservateur», c’est-à-dire qu’il doit «haïr»
l’inflation.
83
Approfondissement (3):
BCE:
1. l’inflation ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point la moyenne de l’inflation
dans les trois pays les plus performants en termes de stabilité des prix
2. le déficit des administrations publiques ne doit pas excéder 3% du PIB
3. la dette publique ne doit pas dépasser 60% du PIB
84