Cours Complet
Cours Complet
On a trouvé des juges chargés de rendre la justice à toute époque et dans toutes sociétés.
La fonction juridictionnelle est liée à toute société, elle est source de stabilité et de paix
sociale.
Justice :
Le terme peut être entendu de différentes façons :
⁃ La justice peut être un sentiment d’équité que l’on porte au fond de soi-même.
Cette notion subjective varie en fonction de la morale de chacun.
⁃ La justice peut être une fonction de juger : celle de dire le droit lors d’une
contestation. Le juge rend la justice. C’est une prérogative souveraine qui
appartient à l’état. On a une nécessité d’avoir un juge qui intervient. Nul ne peut
se faire justice à soi-même. L’état a la responsabilité de l’ordre public et la justice
s’avère alors un devoir de l’état.
⁃ La justice peut désigner l’ensemble de ces institutions au moyen desquelles la
fonction de juger est exercée. Il s’agit des organes (c’est à dire des juridictions
comme les tribunaux, les cours...) et des hommes (c’est à dire des gens de justice
comme des magistrats, des juges, des auxiliaires de justice...).
Institutions judiciaires :
Ce sont les personnes et les organes chargées de trancher, selon une procédure et des
règles de droit, les litiges qui opposent une ou plusieurs personnes à la collectivité
publique ou les personnes entre elles.
L’ensemble des juridictions était chapeauté par deux instances : le Parlement (qui avait
un rôle de juridiction d’appel) et le Conseil des Parties (au côté du Roi).
1) Un fonctionnement inégalitaire
Le Consulat revoit le système d’élection des juges. Certains sont désormais nommés par
le Premier Consul.
1) La réalisation de l’Empire
Le principe de l’élection des juges est progressivement supprimé. Les juges sont à
nouveau nommés par le pouvoir en place. Les tribunaux d’appel deviennent les Cours
d’Appel tandis que les tribunaux de Cassation deviennent les Cours de Cassation. Le 18
mars 1806 on met en place des Conseils de prud'homme dont le rôle constitue à statuer
dans les litiges individuels entre salariés et employeurs. Le 21 avril 1810 concerne
l’organisation de l’ordre judiciaire et l’administration de la justice.
A) Q u e l q u e s e x e m p l e s d e p r i n c i p e s c o n s t i t u t i o n n e l s ,
d’organisation et de procédure
Plus souvent par un juge lorsqu’il y aura eu transgression volontaire ou non. A défaut
d’un accord entre les intéressés, toute violation d’une règle juridique ne peut trouver
solution que dans l’intervention d’une juridiction. Pourtant certains conflits peuvent
trouver d’autres modes de règlements portés par un tribunal public.
Les modes non juridictionnels (c’est à dire les modes alternatifs de règlements de
conflits).
C’est l’hypothèse où l’on a une personne qui subit les effets d’une situation dommageable
à ses intérêts et qui cherche à faire cesser cette situation mais ne peut pas se référer à une
règle précise.
Exemple : dans le domaine du droit du travail les salariés demandent une augmentation.
Pour ce faire, ils se mettent en grève.
Certains conflits juridiques peuvent être écartés du règlement par un juge en raison de la
volonté des parties de ne pas soumettre le litige à un juge. Les parties souhaitent un
autre mode de règlement de conflit.
Exemple : les litiges entre voisins, ou ceux entre les états (qui créent un facteur de paix
pour résoudre le conflit)
La loi n° 2008-561 prévoit que la tentative de conciliation ainsi que cette de la médiation
suspend le cours de la prescription.
Les maisons de justice et de droit sont des lieux où les solutions amiables sont
privilégiées. Depuis la loi du 18 décembre 1998, les maisons de justice et de droit sont
instituées à titre facultatif dans le ressort de chaque tribunal de grande instance. Elles
ont pour mission d’assurer une présence judiciaire de proximité. Elles doivent participer
à la prévention de la délinquance, à l’aide aux victimes et à l’accès aux lois. Elles ont
vocation à accueillir les mesures alternatives de traitement pénal et les actions visant à la
résolution amiable de petits ordres civils.
A) La conciliation
1) Le contenu
La conciliation est un mode de règlement des litiges par lequel les parties en présence
s’entendent directement pour mettre fin à leur litige avec si nécessaire l’aide d’un tiers.
1) Le domaine de la conciliation
a. Le droit privé
a. Le droit public
⁃ Dans le cadre du droit administratif, la conciliation existe dans les rapports entre
l’état et les établissements d’enseignement privé. Concernant les administrés et
l’administration, ce sont des règlements amiables.
⁃ Dans le droit international public, la conciliation est un mode privilégié dans les
rapports internationaux.
A) La médiation
Le médiateur a un rôle plus actif puisqu’il recherche les éléments d’une entente qu’il
propose aux parties.
En 1930, la personnalité d’Ombudsman en Suède, pouvait être saisie par les particuliers
qui reprochaient à l’administration un mauvais fonctionnement et présenter des
recommandations pour l’améliorer.
Le 3 janvier 1973, en France, le médiateur de la République a un rôle important et
étendu. Il concerne l’état et la collectivité locale et tous les organismes, il fait des
recommandations en droit et en équité.
Le médiateur de la République ne peut pas intervenir dans une procédure en cours, ni
remettre en cause le bien fondé d’une décision juridictionnelle. Cela étant, il a la faculté
de faire des recommandations à la personne publique en cause si celle-ci l’a emporté. Si
toutefois, la personne publique en question a perdu et si elle n’exécute pas la décision, le
médiateur a la possibilité de lui enjoindre de s’y conformer. On a mis en place plusieurs
solutions pour éviter l’engorgement :
⁃ Une « règle d’épuisement des voies administratives normales préalablement
saisies »
⁃ Un filtrage des réclamations manifestement infondées ou abusives a été mis en
place.
Le médiateur de la république ne peut être saisi que par un parlementaire ou par le
médiateur européen ou encore par un médiateur d’un pays étranger.
1) Le médiateur du cinéma
Il a été créé par une loi du 29 juillet 1982, modifié par une ordonnance du 13 novembre
2008. Ce médiateur du cinéma, sous certaines réserves, est chargé de mettre en œuvre
une conciliation préalable pour les litiges relatifs à la diffusion en salles des œuvres
cinématographiques et qui ont pour origine une situation de monopole qui va avoir une
incidence sur la concurrence. Ce médiateur peut être saisi par toute personne physique
ou morale concerné en la matière, également par toute organisation professionnelle ou
syndicale intéressée et enfin par le directeur du centre national de la cinématographie. Il
peut également s’autosaisir. A défaut de conciliation, le médiateur du cinéma émet dans
un délai maximum de deux moi à compter de sa saisine, une injonction qui peut être
rendu publique. Si en revanche, la conciliation a abouti, il dresse alors un procès verbal
de conciliation qui aura force exécutoire en raison de son dépôt au greffe du tribunal
d’instance. Si la conciliation n’aboutit pas, le médiateur a plusieurs possibilités :
⁃ Il peut décider de saisir l’autorité de la concurrence si le différent relève de sa
compétence.
⁃ Il peut informer le ministère public si les faits sont susceptibles d’une
qualification pénale.
Certaines formes de médiation relèvent des auxiliaires du juge car ce dernier désigne les
médiateurs, coordonne et contrôle leur activité. On peut avoir d’autres types de
médiateurs, totalement indépendant par rapport à la justice, comme le système de
médiateur institué par les sociétés et mutuelles d’assurance, aussi mis en place par la
poste ou par la SNCF.
Dans l’union européenne, un médiateur est désigné au début de chaque mandature par
le parlement européen. Ce médiateur est compétent pour recevoir les plaintes qui
émanent des citoyens de l’union européenne ainsi que de toute personne physique ou
morale résidant ou ayant son siège statutaire dans un état membre. Sa mission est de
traiter « tout cas de mauvaise administration dans l’action des institutions ou des
organes communautaires ». Pour ce faire, il a un certain nombre de pouvoirs et de
contrôles. Le pouvoir de ce médiateur n’est qu’un pouvoir de recommandation vis à vis
de l’institution ou de l’organe communautaire concerné. Le conseil de l’Europe a réalise
plusieurs instruments concernant les modes d’alternatives de règlement de litiges et
notamment la médiation.
A) La transaction
La transaction suppose que deux personnes puissent chacune faire valoir des prétentions
vis à vis de l’autre et le litige va être éteint ou prévenu au prix d’un abandon par chacune
de ces parties d’une ou plusieurs de ses prétentions. Cette transaction va être formalisée
dans un acte qui sera signé par les intéressés. L’article 2044 du Code Civil nous dit que la
transaction peut intervenir aussi bien lorsque l’affaire est déjà engagée devant un juge
soit pour éviter la naissance d’un procès. Dans ces deux hypothèses, l’article 2052 du
Code Civil confère à cette transaction et entre les signataires l’autorité de la chose jugée
en dernier ressort. Cela signifie que l’affaire est réglée définitivement et ne peut plus être
soumise à un tribunal. D’une part, la loi du 18 décembre 1998 permet d’accorder l’aide
juridique en vue de parvenir à une transaction avant l’introduction de l’instance et
également de rétribuer l’avocat, même en cas d’échec. D’autre part, le décret du 28
décembre 1998 met en place un certain nombre de mesures et permet que l’affaire soit
retirée du rôle au niveau du greffe.
1) Domaine de la transaction
Elle peut agir et intervenir aussi bien vis à vis de personnes publiques que de personnes
privées. En droit public, on trouve la transaction fréquemment en cadre fiscal, dans le
domaine des marchés publics. En droit privé, on trouve assez fréquemment des
transactions dans le domaine du droit des assurances.
1) La force exécutoire
Le décret de 1998 a introduit dans le Code de procédure civile un article 1441-4 qui
permet à l’une des parties à une transaction de demander au président du tribunal de
grande instance sur simple requête d’entériner l’accord afin de lui donner une force
exécutoire.
Ce nouveau mode de règlement des litiges a été proposé par la commission Guinchard.
L’élaboration de ce texte est en cours. Les parties à la procédure participative assistées de
leur avocat s’engagent volontairement avant toute procédure contentieuse par une
convention de participation à agir de manière conjointe et de bonne foi à la résolution
négociée de leurs litiges. Dans la convention va figurer l’objet, les modalités et les
éléments déterminant la solution du litige. Les parties s’engagent également à ne pas
saisir le juge et la prescription est suspendue durant tout le temps de cette convention.
Homologation de l’accord par le juge pour lui conférer une force exécutoire. Le fait de
remettre au greffe le procès verbal vaut saisine de la juridiction, l’affaire n’est alors pas
renvoyée.
Possibilité de régler les litiges entre une personne publique et un particulier, soit selon
les modes évoqués précédemment, soit selon un mode juridictionnel, soit enfin selon une
autre forme de règlement spécifique et interne à l’administration. Contestation sur la
légalité ou l’opportunité d’un acte administratif : possible ou obligatoire réclamation
devant l’administration. Si l’administration reconnaît le bien fondé de la contestation
possibilité soit de prononcer l’abrogation de l’acte soit le retrait.
A) Le recours hiérarchique
Il est porté devant le supérieur de l’autorité qui est l’auteur de l’acte mis en cause. On
demande à ce supérieur d’annuler l’acte en usant de son pouvoir hiérarchique.
Cela signifie qu’on conçoit le recours comme une espère ce droit de pétition reconnu des
citoyens auprès des pouvoirs publics. Ce recours n’a pas à être prévu par un texte, en
revanche il ne peut être interdit que par un texte. Il joue de manière indépendante par
rapport à l’existence de recours juridictionnels. Il a un caractère informel, il est très
souple : il n’a pas de condition de délai.
Un certain nombre de recours administratifs ont été prévu spécifiquement par des
textes. Au niveau des recours fiscaux, il n’est pas possible de saisir directement le juge
sous peine d’irrecevabilité de la demande, le contentieux de l’assiette et du recouvrement
de l’impôt doit faire préalablement l’objet d’un recours administratif.
Il existe aussi une activité non juridictionnelle dans laquelle le tribunal n’a pas pour
fonction de trancher un litige.
On va retrouver les mêmes actes que ceux concernant la gestion du tribunal. L’activité
des juridictions administrative va être importante pour des raisons historiques. Les
juridictions administratives disposent d’une très large compétence consultative au profit
de l’administration. On retrouve aussi ce rôle consultatif dans les grandes juridictions
internationales comme au niveau de la cour internationale de justice. On a également un
rôle de contrôle financier qui incombe à la cour des comptes et à la chambre régionale
des comptes.
Ils sont caractérisés par l’élément suivant : la solution des litiges est cherchée dans un
acte juridictionnel. Ils peuvent se décliner de plusieurs manières.
Section 1 : L’arbitrage
L’arbitrage est une forme de justice qui est plus rapide que la justice d’état. Cet avantage
peut être un des éléments qui penche en faveur de l’arbitrage. L’arbitrage est également
supposé être moins couteux qu’une procédure devant une juridiction. Ce sont des
notions relatives.
L’arbitrage est une justice qui est discrète. En effet, il n’y a pas de publicité. Cette
discrétion permet de régler certains litiges sans que l’information transite par rapport à
un événement donné.
En principe, l’arbitrage ne peut pas concerner les personnes publiques, sauf quelques
rares exceptions législatives. L’arbitrage va trouver son terrain de prédilection en droit
commercial et notamment en droit international. On le trouve aussi en droit du travail
dans le domaine du règlement des conflits collectifs du travail. L’arbitrage joue un rôle
important en droit international public.
Section 2 : Le recours aux tribunaux publics dans le
cadre de leur activité juridictionnelle
Les juridictions ont un travail important, elles relèvent du service public de la justice. Ces
juridictions sont imposées par l’article 6-1 de la convention européenne des droits de
l’homme. Selon cet article « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue [...]
par un tribunal établi par la loi [...]». Ce tribunal va présenter une garantie de
compétence et d’impartialité dans le raisonnement juridique. De plus, seul un organisme
investi de l’autorité de l’état peut donner force exécutoire à ses actes. Dans le règlement
d’un litige, on a deux éléments différents, classiquement pris en considération. Le
premier est le pouvoir de dire le droit, c’est à dire d’appliquer la règle de droit à une
situation donnée. Le deuxième est le pouvoir d’ordonner ce qui consiste à tirer la
conséquence du résultat auquel on a aboutit dans la décision précédente en prononçant
une décision pourvue de la force exécutoire. Les jugements rendus par un tribunal sont
toujours pourvus de cette force exécutoire. Les actes de juridiction gracieuse sont des
actes qui correspondent à des situations où le juge est saisi d’une demande dont la loi
exige qu’elle soit soumise à son contrôle mais en l’absence de tout litige.
Exemple : le juge autorise ou homologue un acte dont le contenu a été préalablement
décidé entre les intéressés eux-mêmes, par exemple une autorisation de changement du
régime matrimonial entre époux.
Le plus souvent, ces autorités sont des organismes collégiaux dont les pouvoirs sont
étendus et les compétences spécialisées. Ces autorités disposent d’une grande
indépendance par rapport à l’état, elles ont parfois des pouvoirs d’injonction voire de
sanction. L’élément commun de ces différentes autorités est que les autorités sont
appelées à recevoir des réclamations des particuliers et des entreprises de leur secteur en
vue d’assurer l’effectivité des droits et liberté dans leur domaine de compétence.
Concernant les relations des administrés avec l’administration, on peut citer la
commission d’accès aux documents administratifs. Concernant la communication, on
peut citer la commission d’informatique et liberté. Au plan économique on a l’autorité de
la concurrence, l’autorité des marchés financiers. Dans le domaine sociétal, la haute
autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité.
La cour européenne des droits de l’homme a admis leur validité de principes pour la
raison suivante : pour des infractions nombreuses et légères, un état peut avoir de bons
motifs de décharger ses juridictions du soin de les poursuivre et de les réprimer. Confier
cette tache à des autorités administratives ne se heurte pas à la convention pour autant
que l’intéressé puisse saisir de toute décision prise à son encontre offrant les garanties de
l’article 6.
II. La nature juridique de ces autorités indépendantes
Ces autorités dans certains cas, portent atteinte à la séparation des pouvoirs telle que la
concevait Montesquieu.
⁃ « elles légifèrent par les règlements qu’elles édictent dans leur domaine de
compétence »
⁃ Elles jugent sur la base de règlements qu’elles ont elles-mêmes élaboré et qu’elles
vont donc interpréter
⁃ Elles font quelque part œuvre de doctrine puisqu’elles vont rendre des avis et des
recommandations dans les rapports qu’elles établissent
Cette singularité renvois à un phénomène des USA où l’on trouve des agences de
régulation des grands secteurs économiques qui a pour effet de traduire la séparation des
pouvoirs.
La justice est un service public. On constate que pour s’exercer, cette justice va nécessiter
des moyens humains, financiers, matériels et également des règles de fonctionnement.
Le service public qu’est la justice doit assurer à la fois la protection des justiciables et
celle des juges, notamment en garantissant l’indépendance des magistrats. Concernant le
financement de ce service public, l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2006 de la Loi
organique pour les lois de finances a conduit à des bouleversements importants. Elle doit
réformer la gestion publique en l’orientant vers une culture de la performance et
renforcer la transparence et le contrôle démocratique du budget de l’état. Ce service
public dépend du ministère de la justice qu’on appelle aussi la chancellerie et qui se
trouve placé sous la responsabilité du garde des sceaux. Ce service public de la justice est
gouverné par un certain nombre de grands principes et de règles.
Cela signifie tout d’abord que le juge ne peut pas s’opposer à l’application des lois (terme
étant entendu de manière large), même si un texte lui paraît incomplet, inadapté, le juge
a obligation de l’appliquer. Si même il n’y a pas de texte, le juge ne peut pas refuser de
statuer, sinon il serait coupable d’un déni de justice. Le juge ne peut pas rendre des
arrêts de règlements (c’est une décision de justice par laquelle le juge, à l’occasion d’un
litige qui lui est soumis pose une règle générale applicable à tous). Cette interdiction est
posée à l’article 5 du code civil.
Il ne doit pas intervenir dans les affaires dites « pendantes » (c’est à dire en cours
d’instance) devant les juridictions au moyen d’une loi de circonstance. De manière
générale, cette règle est respectée.
⁃ Les lois rétroactives sont celles dont les conséquences vont remonter dans le
passé. Cela veut dire que la loi va faire renaître des droits qui n’existaient plus ou
alors qui n’existaient pas du tout. Le législateur va intervenir dans le jugement de
certaines affaires. L’article 2 du code civil pose que les lois ne sont pas
rétroactives, cela n’empêche pas le législateur de voter une loi expressément
rétroactive qui aura alors un effet sur les affaires pendantes.
⁃ Les lois interprétatives sont celles qui ont pour vocation d’interpréter une loi
antérieure afin d’en préciser le sens et la portée. Cette loi interprétative va avoir
un effet rétroactif puisqu’elle s’intègre à la loi interprétée et prend effet à la date
de cette dernière.
⁃ Les lois de validation sont des lois qui tendent à rendre valable un acte qui ne
l’était pas initialement. Lorsqu’un acte illégal a été crée par une administration,
qui va être déféré à une juridiction administrative afin d’en obtenir l’annulation,
le législateur va intervenir de façon particulière pour valider rétroactivement cet
acte, cette dernière devenant alors conforme à la loi. Cette méthode a un effet
efficace puisqu’elle supprime tout objet à la demande dont le juge a été saisi si la
demande intervient en cours d’instance. Si toutefois cette loi de validation est
promulguée après le jugement qui a déclaré l’acte nul, elle aura pour effet de
dispenser l’administration d’exécuter le jugement.
Lorsque l’on dit que la justice est indépendante, cela signifie que le juge ne doit pas faire
ingérence dans le pouvoir exécutif. Ce principe va se décliner de façon différente, selon
qu’on se trouve face à un juge judiciaire ou à un juge administratif. Le juge judiciaire ne
peut pas juger l’administration, selon la loi des 16 et 24 août 1790, les différents pour
lesquelles une personne morale de droit public est concernée ne peuvent pas être soumis
aux juridictions judiciaires. Cette situation a une conséquence discutable car elle a fait
échapper tout contrôle juridictionnel, l’administration disposait d’une inimitée contre
toute action en justice. La solution qui avait été trouvée était que ces litiges devaient être
tranchés par le conseil d’état. Ce recours hiérarchiques mettait en cause l’administration,
on pouvoir parfois douter de son impartialité dans un cas de figure où l’administration
était engagée. Le conseil d’état avait à l’origine un rôle limité : uniquement un rôle de
conseil. On parlait alors de justice retenue. Cette solution n’était pas satisfaisante et c’est
une loi du 24 mai 1972 qui a dit que c’est désormais le conseil d’état qui juge les
différents, les litiges dans lesquels l’administration est impliquée. On est passés d’une
justice retenue à une justice déléguée. Cela fait qu’on a eu une création de deux ordres de
juridictions : l’ordre judiciaire et l’ordre administratif.
Les juges judiciaires n’ont pas le pouvoir de juger lorsqu’une personne de droit public est
en cause. Les juges administratifs n’ont pas le pouvoir d’adresser des injonctions aux
personnes morales de droit public.
Exemple : le juge administratif ne pourra pas convaincre un maire à prendre un arrêté
Présents au parlement, ils participent à l’élaboration des lois qui concernent directement
les magistrats. Cette manière de faire n’enlève rien à l’indépendance du juge puisque
c’est tout le corps qui est concerné par la loi et pas un juge individuellement.
Au niveau du gouvernement, les partis politiques sont présents au via les ministres qui
sont issus de leur rangs.
La nécessité de protéger les justiciables par rapport au militantisme politique d’un juge.
Les juges se doivent de faire preuve de neutralité par rapport aux partis politiques. Si
toutefois cette neutralité n’était pas mise en œuvre, les juges pourraient se voir
poursuivre disciplinairement. Le juge a un rôle particulier par rapport aux partis
politiques.
A) Rappels historiques
Jusqu’à la révolution française, les plaideurs ont souffert. En effet, les justiciables ne
relevaient pas les juridictions en fonction de leur catégorie sociale (clergé, noblesse,
tiers-état). La loi de 1790 a supprimé les privilèges en matière de juridiction.
A) Situation actuelle
L’inégalité qui subsiste encore aujourd’hui est une inégalité de nature économique. En
effet, tout procès va entraine des frais conséquents. Or toutes les personnes ne disposent
pas des mêmes moyens financiers. Pour tenter de tempérer cette inégalité, le législateur
a mis en place un système d’aide juridictionnelle dans lequel l’état, sous certaines
conditions de ressources, prend en charge certains des frais occasionnés par le procès.
La justice est un service public. Lorsqu’on dit que la justice est gratuite, cela signifie que
les frais de fonctionnement ainsi évoqués en personnels et en matériel ne sont pas à la
charge du justiciable, mais à la charge de l’état. Ce principe a été posé pour la première
fois par la loi des 16 et 24 aout 1790. Sous l’ancien régime, les juges étaient rémunérés
par les plaideurs, rémunération qui au départ prenaient la forme de présents en nature
(c’est à dire des gourmandises appelées des épices) qui ont au fur et à mesure pris la
forme de présents en espèce. Aujourd’hui la rémunération des juges relève
exclusivement de l’état. Le délit de concussion est le fait qu’un juge accepte un paiement
pour statuer en faveur ou en défaveur d’un tel.
A) La permanence de la justice
Cela signifie que cette justice se déroule toute l’année et que toute l’année, tout plaideur
peut saisir une juridiction pour faire trancher un litige. Au Canada, la justice n’est pas
permanente.
Il est possible de saisir un juge les dimanches et jours fériés, ce qui ne veut pas dire
forcément que le juge va statuer ce jour là. En cas d’urgence on a la possibilité de saisir le
juge des référés.
La permanence de la justice intervient aussi en période de vacances puisque les juges
vont intervenir par roulement. Cela étant, il y a quand même à ce principe de
permanence certaines exceptions. En effet, certaines juridictions de l’ordre judiciaire ne
vont siéger que par sessions. Au niveau de l’ordre administratif, la permanence est de
principe puisque les tribunaux de droit commun siègent en permanence. Cela étant,
certaines juridictions ne se réunissent que lorsqu’il y a un nombre suffisant d’affaires. Il
y a une continuité dans l’existence et dans le rôle e la justice.
De façon générale, le droit de grève dans les services publics doit se concilier avec les
exigences du service continu. Dans l’ordre judiciaire, un texte express interdit aux
magistrats « toute action concertée de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement
des juridictions » (Ordonnance du 22 décembre 1958).
Dans l’ordre administratif, les juges sont des fonctionnaires de l’état soumis au statut
général des fonctionnaires sauf dispositions spécifiques dans leur statut particulier.
Aucune règle n’est venue leur interdire expressément l’usage du droit de grève. Il y a un
syndicaliste important qui s’est développé.
V. La loyauté et le service public de la justice
A) Le principe du contradictoire
« Entend l'autre partie » : nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue. Chaque
partie doit connaître les prétentions, les preuves et les moyens de droit de son adversaire
afin d’être en mesure d’organiser sa défense. Il s’agit là du principe du contradictoire, qui
constitue un principe général du droit aussi bien selon le conseil d’état que selon le
conseil constitutionnel. Ce principe s’applique et s’impose aux parties mais aussi aux
juges.
Toute partie à l’instance quelle que soit sa qualité est concernée par le contradictoire,
qu’elle soit demandeur, défendeur, appelant, intimé ou tiers en cas d’intervention forcée
ou volontaire. Ce principe assure la transparence de la procédure à toutes ces phases. La
première phase est celle de l’introduction d’instance durant laquelle le demandeur va
décliner son identité, informe son adversaire de l’objet du procès et développe ses
arguments. Le défendeur est officiellement informé de l’ouverture du procès à son
encontre : c’est ce qu’on appelle l’assignation. Il est en mesure de se défendre en
comparaissant au jour et heure fixés en se faisant assisté d’un avocat et en ayant réuni les
pièces nécessaires à sa défense. Pendant l’instance les parties échangent obligatoirement
leurs conclusions, qui développent les moyens de faits et de droits. Les parties se
communiquent leurs pièces, c’est à dire les preuves. Lors de l’audience, chaque plaideur
représenté par son avocat apporte les éclairages et les explications nécessaires.
1) Ce principe et le juge
A) Le principe de publicité
La justice étant exercée au nom du peuple français, elle doit être rendue de façon
publique et non de façon clandestine.
Les débats et les plaidoiries devant le tribunal doivent avoir lieu dans une salle où le
public est admis. Les procédures civiles et pénales respectent ce principe. Cela étant, la
procédure administrative est restée plus longtemps réservée. En revanche, dans un
certain nombre d’hypothèse, les débats et les plaidoiries pourront avoir lieu à huis clos,
qui a pour objectif de protéger les prévenus (en matière pénale), la victime (notamment
lorsqu’il s’agit de mineurs).
Si l’audience peut être secrète, le jugement est rendu publiquement. Il est rare que le
jugement soit prononcé en chambre du conseil (sans publicité).
Le principe de liberté : Toute personne doit avoir accès à la justice. Cela étant, dans les
domaines dans lesquels les parties ont la libre disposition de leurs droits, le recours à un
juge n’est pas obligatoire pour faire trancher un litige, il y a possibilité de faire appel à un
mode non juridictionnel.
Le principe de neutralité : Il peut intervenir dans les décisions du juge qu’il prend par
rapport à ses propres convictions. C’est l’impartialité du juge.
I. La hiérarchie
Le système juridictionnel français connaît une structure très hiérarchisée.
Dans chacun des ordres de juridictions, des relations hiérarchiques ont été établies pour
deux raisons. Soit pour permettre aux justiciables de bénéficier d’un second examen de
leur affaire par un tribunal (c’est ce qu’on appelle le droit de faire appel), soit
d’uniformiser la jurisprudence, de réguler les solutions éventuellement divergents
données au même problème par les tribunaux et parties sur l’ensemble du territoire
(c’est ce qu’on appelle le pourvoi en cassation). Ce ne sont pas les seules voies de recours
possibles.
Il existe dans l’ordre judiciaire comme dans l’ordre administratif deux degrés de
juridictions : es juridiction du 1er degré ou de première instance et les juridictions du
2nd degré ou de deuxième instance. Au dessus de ces degrés, on a la cour de cassation
pour l’ordre judiciaire, le conseil d’état pour l’ordre administratif qui vérifient la bonne
application de la loi et qui ne statuent qu’en droit. Il ne s’agit pas d’un 3ème degré de
juridiction.
Le justiciable peut soumettre le litige à un second juge lorsqu’il estime que le premier n’a
pas correctement statué et l’appel est rejugé en faits et en droits. Ce système a l’avantage
de limiter les erreurs judiciaires.
Le plaideur doit interjeter appel contre la décision rendue par les premiers juges. Cet
appel doit en principe être formé dans le mois qui suit la notification du jugement que
l’on souhaite contester. L’appel pour autant n’est pas toujours envisageable : un appel
n’est possible que si la décision du premier juge n’a été rendue qu’en premier ressort, en
revanche aucun appel n’est possible lorsqu’une décision a été rendue en premier et
dernier ressort. Si l’appel n’est pas possible, en revanche, le pourvoi en cassation est
possible. La loi prévoit expressément les différentes hypothèses où un appel est
envisageable ou non.
Exemple : le tribunal d’instance, le tribunal de grande instance, le tribunal de police, ou
encore la cour d’assise statuent toujours en premier ressort, c’est à dire qu’un appel est
possible en revanche le juge de proximité statue en principe en premier et dernier
ressort, enfin le conseil de prud'homme, le tribunal de commerce, le tribunal paritaire
des baux ruraux ou encore le tribunal des affaires de sécurité sociale statuent en premier
et dernier ressort quand le montant de la demande est inférieur ou égal à 4 000 € et en
premier ressort quand le montant est supérieur à 4 000 €. Ce seuil de 4 000 € est appelé
taux de ressort.
II. La diversité
A) La pluralité de juridictions
Critères de classification :
⁃ L’ordre auquel la juridiction appartient
⁃ Le degré de la juridiction
⁃ L’étendue de la mission de la juridiction. On a d’un côté les juridictions de fonds
qui jugent en faits et en droits et d’un autre côté les juridictions de cassation qui
n’interviennent qu’en droit.
⁃ L’étendue de la compétence de la juridiction. On a d’un côté les juridiction de
droit commun qui ont une compétence générale de principe à connaître tous les
litiges qui ne sont pas expressément confiés à d’autre juridictions et de l’autre les
juridictions spécialisées (ou d’exception ou d’attribution) qui ne peuvent
connaître que des litiges relevant des matières qui leur sont expressément confiés
par la loi.
Le critère principal est celui de la matière du litige, c’est à dire la nature de l’affaire.
Parfois, il est nécessaire d’y rajouter un autre critère. Parfois, il faudra prendre en
considération le critère correspondant au montant du litige. Pour certaines juridictions,
la loi prévoit un taux de compétence qui permet de déterminer quelle juridiction devra
statuer. Le taux de compétence est un seuil en € au-delà ou en-deçà duquel la juridiction
n’est plus compétente.
Exemple : concernant l’exécution d’un contrat de droit privé, trois juridictions sont
susceptibles d’être compétentes : le juge de proximité, le tribunal d’instance ou le
tribunal de grande instance. C’est le montant du litige qui va déterminer le tribunal
compétent. En matière contractuelle, si la demande porte sur un montant inférieur à
4 000€ c’est le juge de proximité qui sera compétent, si le montant est compris entre
4 000 et 10 000 € c’est le tribunal d’instance qui sera compétent, et si le montant est
supérieur à 10 000 € c’est le tribunal de grande instance qui sera compétent.
A) La pluralité de juges
A côté de ces juges, il existe des magistrats qui ont pur vocation de veiller à l’application
de la loi.
1) Les juges en charge de juger
a. Qui sont-ils ?
Ces juges sont différents selon l’ordre auquel ils appartiennent. Au sein des juridictions
de l’ordre judiciaire, ce sont les magistrats du siège qui pour la grande majorité sont des
juges professionnels, c’est à dire qu’ils ont suivi une formation à l’école de magistrature à
Bordeaux. Il y a également des juges occasionnels qui ont une autre activité
professionnelle. Ils peuvent faire l’objet d’une élection au sein du conseil de
prud'homme, du tribunal de commerce. D’autres juges sont l’objet d’une nomination par
le pouvoir exécutif, c’est le cas du juge dans le cadre de la juridiction de proximité ou
encore des accesseurs en sein du tribunal pour enfants. D’autres juges occasionnels sont
tirés au sort, il s’agit des jurés dans le cadre de la cour d’assise. Au sein de l’ordre
administratif, les magistrats du siège sont des hauts fonctionnaires issus de l’école
nationale d’administration. Il s’agit de juges qui tranchent les contestations.
La décision de justice est l’acte par lequel le juge se prononce sur les prétentions qui lui
sont soumises. Le juge va donc « dire le droit » et ordonner en conséquence l’exécution
des mesures qui en découlent.
Le tribunal rend un jugement, la cour rend un arrêt et le conseil rend une décision.
La décision de justice est écrite, elle est signée par le greffier et par le président de la
formation. La décision de justice doit être motivée, ce qui veut dire que le juge doit dans
la décision expliquer pourquoi il a statué de la sorte. La décision est prononcée en
audience publique, même si les débats sont intervenus à huis clos. La décision doit être
lue oralement lorsque de l’audience publique. Dans le cas contraire, elle n’aurait aucune
existence légale.
Cette décision produit plusieurs effets :
⁃ Un effet de dessaisissement. Lorsqu’il rend sa décision de justice, le juge épuise
son pouvoir de juridiction, ce qui veut dire que l’instance est éteinte et le juge est
dessaisi du litige. Le juge ne peut pas revenir sur la décision rendue, il ne peut pas
se rétracter même s’il constate qu’il a mal rendu la décision.
⁃ La décision de justice qui a été rendu est couverte par l’autorité de chose jugée, ce
qui veut dire qu’elle est rendue et si aucun recours n’est exercé pendant les délais
impartis, la décision passe alors en force de chose jugée. On dit alors que cette
décision est devenue définitive. En ce qui concerne l’autorité de chose jugée, la
décision de justice n’a qu’une autorité relative de chose jugée, c’est à dire qu’elle
n’a force de vérité légale que par rapport à l’affaire qui a été jugée. En matière
pénale, la décision qui est rendue sur l’action publique par une juridiction
répressive s’impose à tous. En matière administrative, lorsque le juge a été amené
à annulé un acte administratif, cet annulation est imposable à tous.
⁃ La décision de justice a de pleins droits force exécutoire. Cela veut dire que de
façon automatique, elle peut donner lieu à une exécution forcée si nécessaire en
recourant à la force publique ou à un huissier.
Ils ne jugent pas. Ils ont pour fonction de veiller à la bonne application de la loi et au
respect de l’ordre public. Pour ce faire, ils vont indiquer aux juges qui tranchent quels
devraient être selon eux la solution à apporter à ce litige. Cette proposition n’est pas
obligatoire, les juges chargés de trancher ont la liberté d’y avoir recours ou non.
! Le parquet :
Il n’existe pas de parquet devant toutes les juridictions de l’ordre judiciaire. Le parquet
permanent intervient lors de toutes les audiences, sans exception. Seules trois catégories
de juridictions sont pourvues du parquet permanent :
⁃ Au niveau des tribunaux de grande instance, le parquet est dirigé par un
procureur de la république qui est assisté de substituts. On peut également
trouver des procureurs de la république adjoints.
⁃ Au niveau des cour d’appel, le parquet est dénommé parquet général, il est dirigé
par le procureur général (un haut magistrat) qui a sous ses ordres deux catégories
de juges, d’une part les avocats généraux qui portent la parole à l’audience au
nom du procureur général et de l’autre les substituts généraux qui assurent le
service intérieur du parquet général, c’est à dire une fonction administrative. Le
procureur général est également le supérieur hiérarchique de tous les procureurs
de la république des tribunaux de grande instance du ressort de la cour d’appel,
dont il est le chef du parquet.
⁃ Au niveau de la cour de cassation, le parquet est aussi appelé parquet général. Ce
parquet général est dirigé par un très haut magistrat qu’on dénomme procureur
général près la cour de cassation. Ce procureur général est assisté par des avocats
généraux qui prennent la parole aux audiences de chacune des chambres de la
cour de cassation. Ce procureur a également un collaborateur direct : le premier
avocat général près la cour de cassation. Il n’y a pas de substituts au niveau de la
cour de cassation. Le procureur général est le chef du parquet de la cour de
cassation mais n’a pas d’autorité directe sur les procureurs généraux près des
cours d’appel, ces derniers dépendent directement du garde des sceaux (ministre
de la justice).
⁃ Toutes les autres juridictions disposent d’un parquet occasionnel, il n’y a pas en
principe de magistrat du ministère public qui siège dans ces juridictions, cela
étant la loi a prévu que le procureur de la république peut exercer le ministère
public devant ces autres juridictions s’il estime nécessaire et opportun.
! Son organisation :
Elle est très hiérarchisée, les magistrats du ministère public sont des agents du pouvoir
exécutif, ils sont tous placés sous la direction et le contrôle du garde des sceaux, ce qui
fait que le ministre de la justice peut leur donner des ordres ou leur interdire d’agir. Les
procureurs de la république sont placés sous l’autorité des procureurs généraux.
! Ses attributions :
Lorsqu’il s’agit des juridictions civiles, commerciales et sociales, le ministère public peut
agir soit comme partie jointe, soit comme partie principale. Il est partie jointe lorsqu’il
intervient dans un procès déjà engagé par les partis afin de faire connaître son opinion et
d’indiquer au tribunal la solution qui devrait être retenue. Il prend des « réquisitions ».
Dans ce cadre, le ministère public se joint simplement à la cause qui est débattu, il n’est
ni défendeur, ni demandeur. Lorsqu’il intervient en tant que partie principale, il ne se
contente pas de se joindre à un procès déjà engagé, il intervient pour déclencher lui-
même le procès en qualité de demandeur. Cette possibilité d’agir est reconnue au
ministère public par la loi dans un certain nombre d’hypothèses bien définies.
Il s’agit notamment du domaine des actes de l’état civil (l’article 99 du code civil), en
matière d’absence (article 122 du code civil), le ministère public peut aussi intervenir en
tant que partie principale lorsque la validité d’un mariage peut être contesté pour
certaines fautes graves ou encore lorsqu’une difficulté surgit sur les modalités de
l’exercice de l’autorité parentale.
Auprès des juridictions répressives, le ministère public est toujours partie principale. Le
ministère public a pour mission d’exercer l’action publique, c’est çà dire l’action qui est
exercée au nom de la société. Il est véritablement demandeur au procès, ce qui fait qu’il
dispose d’une double prérogative. D’une part, il lui appartient de mettre en mouvement
l’action publique (cela signifie déclencher les poursuites en saisissant la juridiction
pénale) et d’autre part il exerce cette action publique. Cela étant, le déclenchement des
poursuites n’est pas obligatoire puisque le ministère public a la possibilité de classer une
affaire sans suite. La victime pourra elle-même déclencher les poursuites en se
constituant partie civile. Lorsqu’il exerce cette action publique, il lui appartient
d’accomplir les actes de procédures nécessaires, de prendre des réquisitions et le jour de
l’audience, de soutenir l’accusation. La victime n’a jamais le droit d’exercer l’action
publique.
Le ministère public est exercé par un membre de la juridiction qui porte le titre de
rapporteur public. Cette appellation est relativement récente, elle date d’un décret du 7
janvier 2009, auparavant, le ministère public était exercé par un commissaire du
gouvernement. Ce rapporteur public a pour rôle exclusif de faire connaitre à la formation
e jugement ce qu’il estime être la bonne application de la loi. Il existe un tel rapporteur
public devant toutes les juridictions administratives en permanence. Devant les
tribunaux administratifs, les cours d’appel administratives, les formations contentieuses
du conseil d’état, le rapporteur public n’a pas pour fonction d’exercer un recours. Le
recours est exercé par l’administré ou par l’administration. La seule fonction du
rapporteur public est de présenter des observations à la formation de jugement, il
n’intervient jamais comme partie principale, il intervient seulement comme partie jointe.
La formation de jugement n’est pas obligée de suivre l’avis du rapporteur public.
III. La collégialité
Plusieurs juges statuent ensemble pour rendre la solution du litige qui leur est soumis.
La collégialité offre aux plaideurs la garantie d’une bonne justice. Lorsque c’est un juge
unique qui statue, peut être que ses connaissances personnelles auront une influence sur
la décision rendue, ce qui n’est pas le cas lors d’une collégialité. La collégialité garantit
l’impartialité et l’indépendance. La plus grande autorité morale reconnue à la décision
prise de manière collégiale.
D’une part, cette collégialité a un coût et d’autre part, elle va générer une certaine
lenteur.
Le plus souvent, la formation collégiale réunit trois juges. Cela n’est pas le seul cas de
figure de collégialité. Les tribunaux paritaires des baux ruraux sont composés de 5 juges.
On peut aussi trouver 7 juges dans le cadre d’une cour d’assise spécialisée pour les
militaires, 12 juges pour la cour d’assise du 1er degré, 14 lorsqu’il s’agit d’une sous
section du conseil d’état, 15 juges pour la cour de justice de la république, 19 juges
lorsque l’assemblée plénière de la cour de cassation se réunit.
La collégialité peut être homogène lorsque la juridiction est composée soit de juges
professionnels, soit uniquement de juges occasionnel, ou peut être hétérogène lorsqu’il y
a à la fois des juges professionnels et des juges occasionnels. On parle de formation
échevinale.
On trouve de plus en plus souvent des juges qui interviennent seuls, pour des raisons
budgétaires. Dans le contentieux civil, on aura un seul juge au sein de la juridiction de
proximité ou encore au niveau du tribunal d’instance.
Le tribunal de grande instance peut aussi être amené à siéger à juge unique, comme c’est
le cas du juge aux affaires familiales. Pour le contentieux répressif, on a un certain
nombre de juridictions qui siègent à juge unique, comme le juge d’instruction ou le juge
des enfants par exemple. Dans un certain nombre d’hypothèses, le tribunal correctionnel
peut être amené à siéger à juge unique, notamment en matière d’infraction au code de la
route. En ce qui concerne le contentieux administratif, on a la possibilité de siéger à juge
unique lorsqu’on a des litiges concernant des bâtiments qui menacent des ruines.
IV. La responsabilité
Lorsqu’un a un justiciable qui subi un dommage en raison du fonctionnement défectueux
de la justice, ou encore en raison d’une faute personnel commise par un magistrat, par
un juge, ce justiciable peut demander et obtenir réparation en engageant la
responsabilité de l’état.
C’est l’article L 141-1 du code de l’organisation judiciaire qui prévoit ce cas de figure et
qui prévoit deux hypothèses. La première hypothèse, celle de la faute lourde.
L’assemblée plénière de la cour de cassation, dans un arrêt rendu le 23 février 2001, a
jugé que constitue une faute lourde toute déficience caractérisée par un fait ou une série
de faits traduisant l’inaptitude du service public de la justice à remplir la mission dont il
est investi. La seconde hypothèse est celle du déni de justice, c’est lorsqu’une juridiction
refuse de juger une affaire dont elle est saisie d’après l’article 4 du code civil. La
jurisprudence y ajoute le cas suivant, lorsque la juridiction statue dans des délais
anormalement long, ce qui revient en quelque sorte à refuser de juger. Si l’état est
condamné, il devra verser des dommages et intérêts à la victime. La victime devra alors
saisir le tribunal de grande instance qui statuera en sa formation collégiale. Mais la
décision de justice qui a été rendue à la suite du fonctionnement défectueux de sera pas
remise en cause.
L’article L 141-2 du code de l’organisation judiciaire envisage cette hypothèse. Il n’y a pas
de définition de la notion de faute personnelle. Le fait de soustraire des pièces, de perdre
le dossier, est considéré comme une faute personnelle. Le plaideur devra engager la
responsabilité de l’état en cas de faute personnelle d’un juge, car c’est l’état qui garantit
les victimes des dommages causés par les fautes personnelles des juges. La victime devra
agir devant le tribunal de grande instance en formation collégiale. Si l’état est condamné
à verser des dommages et intérêts, il pourra se retourner vers le juge fautif, on parle alors
d’action récursoire à l’encontre du juge fautif pour obtenir le remboursement des
sommes versées à la victime, cette action doit être introduite devant la chambre civile de
la cour de cassation. Le juge qui a commis une faute personnelle peut aussi voir sa
responsabilité engagée au plan disciplinaire, sanction qui sera alors prononcée par le
conseil supérieur de la magistrature.
Le système juridictionnel français était un système clos, pendant très longtemps. Cette
situation a évolué dans la décennie 1950-1960 sous l’influence de deux traités
internationaux que la France a signé et ratifié : les traites des communautés européennes
et la convention européenne de sauvegarde de droit de l’homme et des libertés
fondamentales, aussi appelée la convention européenne des droits de l’homme. Pour ces
deux catégories de traités, existe une juridiction spécifique dotée de pouvoirs effectifs
visant à assurer le respect de leurs dispositions, dispositions qui ont un effet direct, qui
peuvent être invoquée devant les tribunaux par les justiciables et qui ont une force supra
législative. Ces juridictions spécifiques ont développé une jurisprudence.
Ce traité, même si son objet est essentiellement économique, emporte des effets
contraignants dans le domaine de la justice dans la mesure où le juge français est conduit
à mettre en œuvre le droit communautaire. Selon une jurisprudence constante de la cour
de justice de l’union européenne, les principes d’effectivité et d’unité s’imposent à toutes
les juridictions des états membres. Au niveau des éléments retenus, on peut souligner le
droit au juge, c’est à dire le droit à un recours juridictionnel effectif, ce qui signifie que
les justiciables puissent recourir au juge lorsque leurs droits ne sont pas respectés et que
l’organisation et le fonctionnement des tribunaux permettent ce recours effectif. En
l’absence d’une réglementation communautaire, la cour de justice a consacré le principe
de l’autonomie des états membres dans un certain nombre de matières, notamment en
ce qui concerne l’organisation du système juridictionnel, et corrélativement du système
de répartition des compétences entre les différents tribunaux. Il ne doit pas y avoir de
discrimination dans l’accès au juge entre les justiciables nationaux et justiciables d’autres
états membres. Ces points ont été soulignés par un certain nombre de disposition en la
matière. En raison de la primauté du droit communautaire sur le droit national, les deux
principes du droit au juge et de l’absence de discrimination par rapport aux justiciables
d’autres états membres, lie le législateur national. Comme les autres règles du droit
communautaire, leur sanction est double, à la fois au plan individuel et au plan des
institutions communautaires. Au plan individuel, chaque justiciable peut, devant la
juridiction qui connaît l’affaire où il est parti, mettre en œuvre la primauté du droit
communautaire en faisant écarter la règle de procédure nationale contraire à celui ci. Au
plan des institutions communautaires, la commission pourrait saisir la cour de justice
d’un recours en constatation du manquement de la France à ses obligations
communautaires. La force obligatoire de cet arrêt contraindrait les pouvoirs publics à
modifier leur législation et à mettre en conformité les règles de procédure françaises avec
le droit communautaire.
Concernant les juridictions nationales, on peut prendre comme poids d’appui un élément
particulier de classification qui est l’ordre de juridiction.
Il s’agit d’une part du tribunal des conflits et d’autre part du conseil constitutionnel
Ce tribunal siège dans les locaux du conseil d’état à Paris. L’audience ne peut se dérouler
que si un quorum de 5 membres au moins est réuni, peut importe l’origine de ces
membres. La procédure est écrite, l’audience est publique, la lecture de la décision
également, en revanche le délibéré a lieu à huis clos. Le tribunal des conflits rend des
arrêts. Aucun recours n’est possible pour la décision du tribunal des conflits, ce qui veut
dire que les juridictions de l’ordre judiciaires et de l’ordre administratif n’ont pas d’autre
choix que d’exécuter les décisions rendues.
Ce conflit a un autre objectif, celui de sauvegarder les droits ‘un plaideur, ce dernier
risquant d’être victime d’un déni de justice. Un plaideur a saisi les juges sur la même
question, il y a similitude au niveau des parties, de la cause et de l’objet. La difficulté est
que les juges judiciaires et administratives se déclarent tous deux incompétents. Cela
veut dire quel e plaideur va être privé de juge. Ce plaideur doit donc réagir :
⁃ Il doit saisir lui-même le tribunal des conflits, qui va annuler la décision de la
juridiction qui s’est déclarée incompétente à tord.
⁃ Il doit à nouveau présenter sa demande devant le juge reconnu compétent par le
tribunal des conflits.
Un décret du 25 juillet 1960 autorise la saisine du tribunal des conflits par les
juridictions elles-mêmes avec pour objectif d’éviter des incidents de compétence. C’est
une procédure préventive appelée conflit sur renvoi. Le but du renvoi est de prévenir
l’apparition ultérieure de divergences de point de vue entre les deux ordres. On soumet
auparavant à une possible difficulté de compétence.
La juridiction saisie a le sentiment qu’il pourrait y avoir une difficulté ultérieure au
niveau de sa compétence, elle saisi d’office le tribunal des conflits pour qu’il statue sur sa
compétence. Cette question du conflit sur renvoi présente une distinction. Le renvoi est
parfois obligatoire, selon le décret de 1960, quand une juridiction de l’ordre judiciaire ou
de l’ordre administratif a par une décision qui n’est plus susceptible de recours, décliné
la compétence de l’ordre juridictionnel à laquelle elle appartient au motif que le litige ne
relève pas de cet ordre. Dans cette hypothèse, toute juridiction de l’autre ordre saisie du
même litige, si elle considère que ce litige relève de l’ordre juridictionnel primitivement
saisi, doit surseoir à statuer et renvoyer la question de compétence devant le tribunal des
conflits. Parfois, le renvoi va être facultatif, la cour de cassation ou le conseil d’état ont la
possibilité, si le litige fait apparaître une question de compétence délicate, surseoir à
statuer et renvoyer au tribunal des conflits la détermination de l’ordre juridictionnel
compétent.
Dans l’affaire ROSAY, une personne avait été blessée dans une collision entre deux
véhicules (un véhicule appartenant à l’administration, l’autre à un particulier). Dans un
premier temps, le particulier a agit devant le juge judiciaire, celui-ci l’avait dégoûtée au
motif que la responsabilité incombait au conducteur de l’administration. La victime a
assigné l’administration devant le juge administratif, le juge administratif a répondu que
le conducteur privé était seul responsable. Le tribunal des conflits a donc été saisi et il a
tranché sur le fond en condamnant l’administratif à verser à la victime une
indemnisation.
I. La composition de ce conseil
La composition est prévue à l’article 56 de la constitution, selon cet article, i y a deux
catégories de membres qui composent le conseil constitutionnel : les membres nommés
et les membres de droit.
Les membres de droit, il s’agit des anciens présidents de la république qui entrent
automatiquement à la fin de leur mandat présidentiel s’ils le souhaitent et à condition
qu’ils n’occupent pas une fonction incompatible avec le mandat de membre du conseil
constitutionnel. Ils font partie du conseil constitutionnel à vie. Chirac et Giscard
d’Estaing ont accepté.
1) La procédure de l’irrecevabilité
1) La procédure de dé-légalisation
a. La procédure à suivre
Elle sera différente selon que le système qui a été mis en place ou selon qu’on est dans le
cadre de la question de constitutionnalité
Ce contrôle peut être invoqué à tout moment, à l’encontre d’une loi déjà promulguée
sachant qu’il doit intervenir que durant une instance en cours. Le conseil constitutionnel
est saisi par la cour de cassation ou le conseil d’état et doit statuer dans un délai de 3
mois.
C’est l’article 60 de la constitution qui est mis en œuvre et qui reconnaît au conseil
constitutionnel la tache de régler l’opération de référendum et d’en proclamer les
résultats. En revanche, il n’est pas compétent pour se prononcer sur la constitutionnalité
du texte soumis à référendum.
L’appellation tribunal de grande instance été introduite par la loi du 22 décembre 1958.
L’ancêtre du tribunal de grande instance est le tribunal de district, crée en 1790 par
l’assemblée constituante, qui avait été rebaptisé tribunal civil sous le consulat.
1) Le ressort territorial
1) La composition
La loi prévoit une composition minimale pour chaque tribunal de grande instance à
savoir d’une part 3 magistrats du siège, un président et deux accesseurs, qui sont des
magistrats professionnels. Selon le code de l’organisation judiciaire, s’il y a plus de 5
juges dans un tribunal de grande instance, ce dernier est diviser en chambres
spécialisées, chacune étant présidée par un magistrat dénommé vice président. Chaque
chambre peut elle-même être divisée en deux sections qui siègent de façon alternative en
début et en fin de semaine. Les magistrats du tribunal de grande instance sont répartis
entre les différentes chambres par décision du président après avis de l’assemblée
générale des magistrats du siège. En principe, ils doivent changer de chambre chaque
année, ce qui correspond à la règle du roulement.
Le tribunal de grande instance comprend également un ministère public qui comprend
un procureur de la république ainsi qu’un ou plusieurs substituts. On a également un
secrétariat greffe, tenu par un greffier en chef et par un ou plusieurs greffiers. A la tête du
tribunal de grande instance est placé un président qui participe aux débats comme les
autres magistrats, qui se voit reconnaître un certain nombre de fonctions spécifiques
mais indépendamment de ces fonctions, il assure aussi le bon fonctionnement de la
juridiction sur le plan administratif et il répartit les affaires entre les différentes
chambres.
1) Le fonctionnement
C’est lorsqu’il y aura un seul juge amené à intervenir. Le législateur prévoit la possibilité
pour les tribunaux de grande instance de statuer à juge unique. Le président du tribunal
de grande instance se voit investit de fonctions juridictionnelles spécifiques où il
interviendra seul.
L’hypothèse où la loi reconnaît au tribunal de grande instance la possibilité de statuer à
juge unique : n seul magistrat va trancher le litige qui donnera lieu à un jugement
susceptible d’appel ou de pourvoi en cassation. Cette situation se rencontre dans deux
cas de figures :
⁃ Le juge peut être unique en vertu de la loi. Ainsi en est-il du juge des affaires
familiales, du juge de l’expropriation, du juge des accidents de la circulation.
⁃ Ou en vertu d’une décision du président du tribunal de grande instance. Le
président du tribunal de grande instance peut attribuer une affaire à un juge
unique notamment lorsque la solution de l’affaire est simple. Cette possibilité
existe dans toutes les matières relevant de la compétence d’attribution du
tribunal de grande instance, sauf en matière disciplinaire ainsi que dans le
domaine de l’état des personnes où c’est toujours une collégialité qui s’impose.
Lorsque le président du tribunal de grande instance décide d’attribuer l’affaire à une juge
unique, les plaideurs peuvent toujours demander le renvoi à la collégialité.
Ce sont les assemblées générales qui réunissent tous les membres du tribunal de grande
instance. On a plusieurs types d’assemblées générale : l’assemblée générale des
magistrats du siège, l’assemblée générale es magistrats es siège et du parquet,
l’assemblée générale des magistrats du parquet, l’assemblée plénière des magistrats et
des fonctionnaires du tribunal de grande instance
Ces assemblées générales n’ont pas de pouvoir juridictionnel, elles prennent des
décisions concernant l’administration générale du tribunal.
1) La compétence territoriale
C’est le tribunal dans le ressort duquel est situé le domicile du défendeur dans le cadre de
l’article 42 du code de procédure civile. Ce principe connaît des exceptions qui sont
visées aux articles 45 et 46.
Exemple : en matière contractuelle, le tribunal compétent sera celui dans le ressort
duquel se trouve situé le lieu où le contrat doit être exécuté. En ce qui concerne le
domaine immobilier, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel est situé
l’immeuble. Dans le domaine des assurances, le tribunal compétent sera celui dans le
ressort duquel sera situé le domicile de l’assuré.
1) La compétence d’attribution
a. La compétence de principe
A) Le tribunal d’instance
Ils sont nés en 1958 et ont remplacé les juges de paix, créés par l’assemblée constituante.
a. Le ressort territorial
Il est fixé par décret en fonction du volume des affaires à traiter et de la situation
géographique au niveau de chaque région. Le tribunal d’instance ne correspond pas à
une juridiction administrative déterminée. Il en existe 288 le 1er janvier 2010.
a. La composition
a. Le fonctionnement
C’est une juridiction à juge unique. Il rend des jugements. En principe l’audience est
publique et le ministère d’avocat n’est pas obligatoire devant le tribunal d’instance. Le
tribunal d’instance peut également tenir des audiences foraines (dans un autre lieu) pour
se rapprocher des justiciables. Le juge d’instance a des fonctions juridictionnelles au sein
du tribunal d’instance, il préside également le tribunal paritaire des baux ruraux, il sera
également amené à jouer le rôle de juge départiteur dans le cadre du conseil de
prud'homme. Le juge d’instance a traditionnellement une mission de conciliation. Avant
de trancher le litige en droit, une tentative préalable de conciliation est en principe
menée par le juge sur le fondement de l’article 831 du code de procédure civile. Vu
l’augmentation du nombre de litige portés devant le juge d’instance, il n’est plus possible
de faire des conciliations. Le juge d’instance pourra alors faire appel à des conciliateurs
de justice (ce ne sont pas des magistrats, ils sont nommés pour une période d’un an par
ordonnance du premier président de la cour d’appel sur proposition du juge d’instance).
La conciliation devant le tribunal d’instance n’est en principe pas obligatoire, il faut qu’il
y ait une demande qui soit faite, soit verbalement, soit par lettre simple auprès du greffe.
Cela étant, par exception, la loi du 9 septembre 2002 permet au juge d’instance de faire
procéder à une telle tentative même s’il na pas obtenue l’accord des parties.
a. La compétence territoriale
a. La compétence d’attribution
A) La juridiction de proximité
C’est la plus récente des juridictions françaises car elle a été crée par la loi du 9
septembre 2002. Cette idée a été développée lors de l’élection présidentielle en avril et
mai 2002. Elle a été créée pour désengorger les tribunaux d’instance et pour gérer les
petits litiges civils. Le juge de proximité n’est pas nécessairement un professionnel du
droit.
a. Le ressort territorial
Le siège et le ressort des juridictions de proximité sont fixés par décret pris en conseil
d’état, en fonction des besoins. Il y a au moins une juridiction de proximité dans le
ressort de chaque cour d’appel. La juridiction de proximité peut tenir des audiences
foraines en tous lieux publics appropriés. Le juge d’instance désigné par le président du
tribunal de grande instance peut exercer les fonctions de juge de proximité en cas
d’absence ou d’empêchement d’un juge de proximité ou si le nombre s’avère insuffisant.
Le décret du 15 février 2008 précise que les juridictions de proximité installées auprès
des tribunaux d’instance supprimés, sont supprimées par voie de conséquence à compter
du 1er janvier 2010.
a. La composition
Ils sont recrutés par nomination, par un décret signé par le président de la république.
Les personnes susceptibles d’être ainsi nommées sont les anciens magistrats de l’ordre
judiciaire et administratif, les personnes qui justifient de 25 années au moins dans les
fonctions qui impliquent des responsabilités de direction ou d’encadrement, les
personnes âgées de 35 ans au moins, sous deux conditions : titulaires d’un Master 1
juridique, et 4 années au moins d’exercice professionnel dans le domaine juridique, et
également les anciens fonctionnaires de catégorie A, les anciens militaires et les autres
anciens agents de l’état que leur expérience qualifie pour l’exercice de telles fonctions. La
personne qui estime qu’elle est compétente pour remplir ces fonctions, dépose un dossier
qui sera transmis au ministre de la justice. C’est le président de la république qui va
décider ou non de nommer la personne, après avis du conseil de la magistrature. Ces
personnes bénéficient d’une formation théorique au sein de l’école de la magistrature et
elles effectuent un stage probatoire préalablement à leur nomination. Elle est nommée
pour 7 ans non renouvelables, elle ne peut pas exercer les fonctions au-delà de 75 ans.
Le juge de proximité est soumis au statut de la magistrature avec les mêmes droits et
obligations. Il va prêter serment, il sera inamovible, il y a une évaluation chaque année
par le président de la cour d’appel.
En revanche, le juge de proximité n’exerce ses fonctions judiciaires qu’à temps partiel,
pour autant les activités professionnelles qu’il peut exercer parallèlement sont réduites.
Le législateur a prévu un certain nombre d’incompatibilités. Le juge de proximité perçoit
des vacations et non un traitement. Ces vacations varient selon qu’on est dans le cas
d’une audience civile ou pénale. Leur nombre par an est limité.
a. Le fonctionnement
C’est une juridiction à juge unique. Le ministère d’avocat n’est pas obligatoire. En
principe les audiences se déroulent dans les locaux du tribunal d’instance mais elles
peuvent être foraines. Lorsqu’il y a audience foraine, le local doit être ouvert au public et
être aménagé à cet effet. Si un juge de proximité a été nommé, il peut être remplacé
temporairement par le juge d’instance. Le juge de proximité peut renvoyer l’affaire au
juge d’instance quand l’affaire présente une difficulté juridique sérieuse qui porte soit sur
l’interprétation du contrat qui lie les parties, soit sur l’application d’une règle de droit. Le
renvoie va intervenir soit d’office, soit à la demande d’une partie. Lorsque l’affaire est
renvoyée, le juge d’instance va statuer en tant que juge de proximité. Lorsqu’un tel juge
n’est pas encore nommé, les fonctions de juge de proximité seront alors exercer par un
juge d’instance.
a. La compétence territoriale
La juridiction de proximité est compétente dans le ressort duquel est situé le domicile du
défendeur. Ce principe connait des exceptions (déjà vues précédemment).
a. La compétence d’attribution
La juridiction de proximité est compétente en matière civile pour connaître des actions
personnelles ou mobilières portant sur un montant inférieur ou égal à 4 000 €. C’est
l’article L 241-3 du code de l’organisation judiciaire. La saisine par une personne morale
n’existe que depuis la loi du 25 janvier 2005. Le juge de proximité rend des jugements en
premier et dernier ressort. La juridiction de proximité dispose de quelques compétences
résiduelles.
Exemple : en matière d’injonction de payer et d’injonction de faire dans la limite de sa
compétence générale
A) Le tribunal de commerce
C’est une des plus anciennes juridictions qui existe. Sa création remonte au 14ème siècle.
Les articles L721-1 et suivants du code de commerce réglementent l’organisation et la
compétence de ce tribunal.
Il est déterminé par un décret à préavis du conseil d’état qui va définir le ressort et le
siège de chaque tribunal de commerce. C’est l’activité commerciale qui va déterminer le
territoire pris en considération, ce n’est pas nécessairement lié à une circonscription
administrative précise. Si toutefois une région ne dispose pas d’un tribunal de
commerce, les litiges commerciaux qui peuvent intervenir seront alors jugé par le
tribunal de grande instance, peu importe le montant de la demande.
Exemple : en Alsace Moselle, les litiges commerciaux relèvent du tribunal de grande
instance
a. La composition
Il est composé de juges non professionnels (juges consulaires) qui sont assisté d’un
greffe. Ce greffe est assuré par un officier ministériel titulaire d’une charge qui exerce
une profession libérale. Le greffier est nommé par le garde des sceaux et il a la possibilité
de présenter son successeur à ce garde des sceaux lorsqu’il arrête ses fonctions. Le
parquet est occasionnel.
Ils sont élus. Les commerçants élisent les délégués consulaires qui à leur tour élisent les
juges consulaires. Il faut répondre à un certain nombre de conditions. Ils sont élus pour
un premier mandat de deux ans qui peut être suivi d’un autre mandat de 4 ans,
renouvelable 3 fois.
Le juge consulaire doit prêter serment. En cas de faut disciplinaire, il s’expose à une
sanction disciplinaire prononcée par la commission nationale de discipline, commission
présidée par un président de chambre de la cour de cassation, qui est composée d’un
conseiller d’état, d’un conseiller à la cour d’appel et de 4 juges consulaires. Le juge
consulaire ne peut pas être juge consulaire dans plusieurs tribunaux de commerce et il
ne peut pas être juge au sein du conseil de prud'homme. Cette activité de juge consulaire
est exercée à temps partiel. Ils exercent leur activité de commerçant à côté. Ils sont juges
bénévolement, mais ils ont droit à une indemnité (pour les frais de déplacement…). Ils
bénéficient d’une formation initiale et d’une formation continue en partenariat avec
l’école nationale de la magistrature.
a. Le fonctionnement
Le tribunal est présidé par un président, élu pour 4 ans au scrutin secret par l’ensemble
des juges du tribunal réunis en assemblée générale. Il faut avoir exercé la fonction de
juge consulaire pendant au moins 6 ans pour pouvoir être élu en tant que président du
tribunal de commerce. Chaque année, le président élu va désigner un ou plusieurs vices
présidents parmi les juges consulaires qui ont exercé pendant au moins 3 ans leur
fonction.
Lorsque les tribunaux de commerce sont très importants, ils sont divisés en chambre,
chaque chambre étant composée de 8 juges consulaires avec à sa tête un président de
chambre (qui doit avoir été juge consulaire pendant au moins 3 ans). Le président de
chambre ne peut être désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce que
lorsqu’il y a un avis du tribunal de commerce. Le tribunal de commerce statue en
formation collégiale de 3 juges au moins, et toujours en nombre impair. Ce tribunal rend
des jugements. Les débats interviennent, en principe, en audience publique et le
ministère d’avocat n’est pas obligatoire.
a. La compétence territoriale
La juridiction de proximité est compétente dans le ressort duquel est situé le domicile du
défendeur. Ce principe connaît des exceptions (déjà vues précédemment).
a. La compétence d’attribution
A) Le conseil de prud'homme
Ce sont les articles L 1411-1 et R1401-1 du code de travail qui prévoient la réglementation.
Le conseil de prud'homme a pour fonction de juger les litiges individuels, issu d’un
contrat de travail ou d’un contrat d’apprentissage. Cette juridiction a son origine à Lyon.
Elle a été supprimée par la révolution et a été réinstaurée par une loi du 18 mars 1806.
Cette loi est importante dans la mesure où elle met en place une juridiction du travail
dans toutes les régions françaises qui s’applique à l’ensemble des professions en la
matière. Actuellement, il y a 208 conseils de prud’homme.
Il y a un conseil supérieur de la prud’homie créé par une loi de 1982 qui formule des avis
et des suggestions auprès du garde des sceaux et du ministre du travail.
a. Le ressort territorial
Il s’agit de juges non professionnels : les conseilleurs prud'hommes. Ils sont assistés par
un greffe, le parquet est occasionnel.
Ils sont élus pour 5 ans et leur mandat est renouvelable. Ils vont prêter serment avant
leur entrée en fonction, ils bénéficient d’une formation juridique pendant laquelle ils
sont rémunérés. Ils ont les mêmes obligations que les magistrats professionnels, à savoir
juger, garder le secret des délibéré, rendre de manière impartiale la justice, ne pas
recevoir de rémunération des plaideurs. En cas de faute, la procédure intervient devant
la cour d’appel. Plusieurs sanctions disciplinaires peuvent être prononcées à l’égard du
conseiller qui n’a pas respecter ses obligations et c’est la section disciplinaire du conseil
de prud'homme qui pourra intervenir. Pour exercer ses fonctions juridictionnelles, les
salariés sont autorisés à s’absenter de leur poste et doivent être rémunérés comme s’ils
avaient travaillé. L’état va rembourser l’employeur.
Le salarié conseiller prud'homme ne peut pas être sanctionné ou voir son contrat rompu
en raison de ses absences liées à l’exercice de ses fonctions juridictionnelles. Il est
protégé pendant tout le temps de son mandat, mais également pendant les 6 mois
suivants la cessation de ce dernier. Durant cette période, il ne pourra faire l’objet d’un
licenciement pour faute personnelle qu’avec l’autorisation de l’inspecteur du travail.
L’inspecteur du travail va vérifier que le salarié ne fait pas l’objet de mesures
discriminatoires. L’employeur qui entraverait l’exercice des fonctions judiciaires d’un
conseilleur prud'homme pourrait être sanctionnée pénalement, c’est ce qu’on appelle le
délit d’entrave (punissable d’un emprisonnement d’un an et de 3 750 € d’amende,
sachant que s’il y a récidive, les peines sont doublées).
a. Le fonctionnement
a. La compétence territoriale
Le législateur a mis en place une réglementation spécifique pour protéger les salariés qui
sont dans un état de faiblesse par rapport à l’employeur. Le conseil de prud'homme
compétent est celui dans le ressort duquel se trouve l’établissement où le travail est
réalisé. Si le travail est réalisé à domicile ou en dehors de tout établissement, le conseil
de prud'homme de domicile du salarié est compétent. Le salarié dispose d’une option de
compétence, il peut également saisir le conseil de prud'homme du lieu où le contrat a été
conclu ou encore du lieu où l’employeur est établi. L’option de compétence n’appartient
qu’au salarié. Une close contraire ne peut pas figuré dans le contrat de travail. Si une
telle close figure dans le contrat travaille, elle est réputée non écrite.
a. La compétence d’attribution
C’est une juridiction spécialisée qui a reçu compétence exclusive pour juger le
contentieux rural (entre les bailleurs et les preneurs ruraux). Elle est soumise à de règles
insérées dans le code rural. Il a été crée par le gouvernement Vichy en 1843 par une loi et
l’ordonne de 1844.
a. Le ressort territorial
Il existe un tribunal paritaire des baux ruraux au siège de chaque tribunal d’instance. Si
toutefois ce tribunal ne peut pas fonctionner, il est supprimé par décret et ses
attributions sont attribuées au juge d’instance.
a. La composition
C’est une juridiction échevinale. Il est présidé par un juge professionnel (le juge
d’instance) qui est assisté par 4 juges non professionnels (2 accesseurs bailleurs et 2
accesseurs preneurs). Les accesseurs sont recrutés par élection avec deux collèges
distincts (celui des bailleurs et celui des preneurs). L’accesseur va devoir prêter serment
avant l’entrer en fonction. Le parquet est occasionnel et le greffe du tribunal d’instance
assure le greffe du tribunal paritaire.
a. Le fonctionnement
Il peut être divisé en section : l’une compétente pour juger les baux à fermes, l’autre pour
juger les baux à métayage. Cette juridiction siège par session en audience publique. Le
ministère d’avocat n’est pas obligatoire. En principe, ce tribunal siège en collégialité (une
section entière avec le juge d’instance et 4 accesseurs) mais il peut aussi siéger à juge
unique (dans ce cas, le juge d’instance peut statuer seul et il prend l’avis des accesseurs
présents). Le président se voit reconnaître un certain nombre d’attributions
juridictionnelles. Il peut prendre des ordonnances de référé et également des
ordonnances sur requête.
a. La compétence territoriale
Le tribunal paritaire compétent est celui du lieu de situation de l’immeuble, objet du bail
rural.
a. La compétence d’attribution
Il est compétent pour régler tous les conflits qui s’élèvent entre le propriétaire d’une
terre agricole et son locataire, quelle que soit la nature juridique du bail et quel que soit
le montant du litige. Il va rendre des jugements en premier et dernier ressort lorsque le
litige porte sur un montant inférieur ou égal à 4 000 €, sinon il statue à charge d’appel.
a. L’organisation
a. La compétence
Au plan géographique, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel se situe le
domicile du bénéficiaire des prestations ou de l’employeur. Concernant la compétence
matérielle, il intervient quel que soit le litige.
a. L’organisation
Le ressort territorial est celui du ressort régional de sécurité sociale. Il a une composition
échevinale, un juge professionnel et deux juges non professionnels. Les deux juges non
professionnels sont aussi appelés accesseurs. Ils sont désignés pour un an non
renouvelable par le président de la cour d’appel.
a. La compétence
La compétence territoriale de ce tribunal est la même que celle du tribunal des affaires
de sécurité sociale. Ce tribunal est compétent pour les litiges techniques de la sécurité
sociale, à savoir les questions relatives à l’incapacité d’une personne, son invalidité, son
inaptitude, ou encore les questions relatives à la curatelle. Il y a une possibilité d’appel
devant une cour nationale spécifique appelé cour nationale de l’incapacité et de la
tarification de l’assurance des accidents du travail. Les arrêts de cette cour peuvent être
frappés d’un pourvoi en cassation.
1) Le ressort territorial
C’est un décret en conseil d’état qui détermine le ressort territorial de chaque cour
d’appel. Aujourd’hui on compte 35 cours d’appel. Ce ressort territorial comprend en
général un ou plusieurs départements, selon al densité de population et le nombre
d’affaires à juger. Le siège de cette cour d’appel est aussi fixé par un décret en conseil
d’état. Le plus souvent, c’est la plus grande vile qui accueille le siège de la cour d’appel.
On dénomme les cours d’appel en fonction de la ville qui les accueille.
1) La composition
Elle est définie par un décret en conseil d’état. Ce sont des magistrats professionnels qui
la composent. Ils sont dénommés conseillers. Ils ont une certaine expérience et un rang
plutôt élevé au sein de la hiérarchie judiciaire. Depuis une loi du 19 janvier 1995, le garde
des sceaux peut également nommer des personnes qui ne sont pas magistrats
professionnels pour exercer des fonctions judiciaires. Ces personnes sont dénommées
conseillers en services extraordinaires, elles sont nommées pour 10 ans non
renouvelables. Elles sont nommées en raison de leur compétence et de leur expérience
professionnelle. A la tête de la cour d’appel on trouve un premier président. Les juges de
la cour d’appel sont assistés par un greffe avec un greffier en chef et plusieurs greffiers.
Au niveau de la cour d’appel, le parquet est permanent, il est dirigé par un procureur
général de la cour d’appel, assisté par plusieurs avocats généraux et substituts généraux.
1) Le fonctionnement
La cour d’appel rend des arrêts. Les audiences sont tenues publiquement et le ministère
d’avocat est obligatoire sauf exception. La cour d’appel est subdivisée en plusieurs
chambres, placées sous la responsabilité d’un président de chambre. Ces chambres sont
elles-mêmes subdivisées en sections. Au sein de chaque chambre et de chaque section,
on trouve un président de chambre et deux conseillers accesseurs. En règle générale, au
niveau de la cour d’appel, on trouve une chambre civile, une chambre sociale, une
chambre commerciale, une chambre de l’instruction, une chambre des appels
correctionnels et une chambre des mineurs. La cour d’appel va intervenir de différentes
façons au niveau de son fonctionnement :
⁃ Elle peut intervenir en audience ordinaire. C’est la formation de jugement
classique avec trois magistrats.
⁃ Elle peut intervenir en audience solennelle. Ce sont des cas spécifiquement
prévus par la loi, notamment lorsque la cour d’appel va statuer après renvoi de la
cour de cassation. On trouve au moins 5 conseillers qui sont issus de deux
chambres différentes. C’est le premier président qui préside cette formation.
⁃ Elle peut intervenir en assemblées des chambres. C’est une formation spéciale de
la cour d’appel qui siège uniquement dans des cas spécifiques prévus par la loi.
C’est notamment le cas en matière de discipline pour les avocats ou les huissiers
de justice. Cette assemblées est formée de représentants de deux chambres de la
cour d’appel. L’audience n’est pas publique.
⁃ Elle peut se réunir en assemblée générale qui se tiendra sous la présidence du
premier président. Cela concerne les domaines de nature administrative.
1) La compétence territoriale
La cour d’appel est compétente pour statuer sur les appels portés contre les décisions
rendues en premier ressort par toutes les juridictions de première instance qui ont leur
siège dans son ressort territorial.
1) La compétence d’attribution
La cour d’appel est une juridiction de droit commun du second degré. A ce titre, cette
juridiction a compétence de principe pour connaître de tous les appels qui sont formés
contre les décisions rendues en premier ressort par les juridictions de première instance
situées dans son ressort territorial. La cour d’appel va donc complètement rejuger
l’affaire en fait et en droit. Elle statue sur le fond de l’affaire. L’appel produit un effet
dévolutif, c’est l’article 561 du code de procédure civile. Avec cependant deux limités à
cet effet dévolutif :
⁃ Les parties ne peuvent pas soumettre à la cour des demandes nouvelles (c’est-à-
dire des demandes qui n’auraient pas été formulées en première instance).
⁃ La cour ne devra juger que les questions qui ont été tranchées par la décision
contestée.
L’appel produit aussi un effet suspensif. Le jugement qui est rendu en première instance
ne peut pas être exécuté pendant le délai nécessaire pour interjeter appel et jusqu’à ce
que la cour d’appel ait rendu son arrêt.
Il se peut qu’un appel formé contre une décision de première instance aille devant une
juridiction spécialisé du 2nd degré. Les appels contre les jugements rendus par le
tribunal du contentieux de l’incapacité sont examinés par la cour nationale de
l’incapacité et de la tarification de l’assurance des accidents du travail. Les appels
interjetés contre les décisions rendues par le juge commissaire près du tribunal de
commerce sont examinés par le tribunal de grande instance et non la cour d’appel.
Pendant longtemps c’était le juge d’instruction qui s’en chargeait, et une loi de 2007 a
confié cette mission à un pôle de l’instruction.
! L’étendue de la saisine
Le pôle d’instruction est saisi in rem, il ne peut donc instruire que sur les faits qui lui ont
été soumis. Si toutefois pendant son instruction il découvre des faits nouveaux, il doit les
communiquer au parquet qui ne lui permettra de les utiliser qu’avec un réquisitoire
supplétif. Il devra rechercher tous les auteurs de l’infraction sur lequel il instruit.
Le pôle d’instruction doit procéder à tous les actes d’information qu’il estime utile à la
manifestation de la vérité. Il instruit à charge et à décharge. Pour ce faire, il dispose de
pouvoir d’investigation et des mandats.
o Les mandats
Ce sont des moyens de contrainte. Le pôle d’instruction peut délivrer 4 types de mandat :
de comparution, d’arrêt, d’amender et de recherche.
C’est une formation collégiale formée de 3 conseillers de la cour d’appel et présidé par
l’un d’eux. Le président de cette chambre de l’instruction est désigné par décret du
président de la République après avis du conseil supérieur de la magistrature. Le
président de cette chambre de l’instruction se voit confier des missions particulières,
comme le contrôle de la durée raisonnable de l’instruction. La chambre de l’instruction
se réunit au moins une fois par semaine sur demande du procureur général ou sur
convocation de son président toutes les fois où il est nécessaire.
a. L’attribution principale
Elle connaît des appels formés contre les ordonnances rendues par le pôle d’instruction
et par le juge des libertés et de la détention. Elle contrôle la régularité en droit des
ordonnances rendues. Elle va également contrôler l’opportunité en fait de ces
ordonnances.
Elle examine les demandes d’extradition émanant des États étrangers et, sans son
consentement, celles-ci ne peuvent aboutir. Elle examine également les contentieux de
l’amnistie…
a. Le juge de proximité
Le juge de proximité est compétent pour juger au 1er degré les contraventions des 4
premières classes commises par les majeurs et les mineurs sous réserve d’exceptions.
Dans cette tache le juge de proximité est assisté d’un greffier (celui du tribunal
d’instance). Le ministère public est représenté par le procureur de la République près le
tribunal de grande instance qui peut déléguer ses fonctions au commissaire de police de
la ville dans laquelle réside le tribunal de police. Le juge de proximité rend son jugement
en premier et dernier ressort et le ministère d’avocat n’est pas obligatoire.
a. Le tribunal de police
C’est le tribunal d’instance en matière pénale. Il statue à juge unique. Il est assisté d’un
greffier. Le ministère public est représenté de la même manière que devant le juge de
proximité. Le ministère d’avocat n’est pas obligatoire.
C’est le tribunal d’instance qui statue en matière pénale. C’est une juridiction collégiale (1
président et 2 assesseurs), un secrétariat greffier (du tribunal de grande instance). Le
ministère public est représenté par le procureur de la République ou l’un de ses
substituts.
! Le ressort territorial
! La composition
o Le jury populaire
Le jury, datant de l’existence de la loi des 16 et 26 septembre 1791, est composé de 9. Il
faut répondre à des conditions légales et être tiré au sort.
! Le fonctionnement
Ce n’est pas une juridiction permanente, elle fonctionne par sessions, donc de façon
intermittente. Il existe une session tous les 3 mois, sauf s’il y a besoin d’une session
supplémentaire. Chaque session dure le temps nécessaire, pour autant, la session ne doit
pas durer plus de 15 jours. La cour d’assises va être amenée à prendre un certain nombre
de décisions. S’agissant d’une décision sur la culpabilité de l’accusée, toutes décisions
défavorables nécessitent au moins une majorité des 2 tiers, donc 8 sur 12. La décision sur
la peine à infliger à celui qui est reconnu coupable nécessite une majorité simple, donc 7
sur 12, et par exception 8 sur 12 en cas de maximum de la peine prise.
Il ne pourra pas y avoir d’appel en cas des 4 premières contraventions. En 5ème classe
c’est possible, et c’est une chambre spécialisée de la cour d’appel qui le fera, appelé
chambre des appels correctionnels. Cette chambre est formée de 3 magistrats pro,
statuant de manière collégiale, le ministère public est exercé par un substitut général ou
un avocat général, et on a un greffier qui assiste le président et les conseillers. L’appel est
suspensif du jugement rendu.
1) L’appel en matière correctionnelle
Les appels sont aussi examinés par la chambre des appels correctionnels.
Pendant longtemps, il n’y avait pas de possibilité d’appel en matière criminelle. C’est la
loi du 15 juin 2000 qui fait qu’un appel est possible contre les arrêts rendues la cour
d’assise. Cet appel a un effet suspensif.
La cour d’assises chargée de statuer en appel est une autre cour d’assises désignée au
niveau national par la chambre criminelle de la cour de cassation. Ce n’est pas une
juridiction hiérarchiquement supérieure. Ce sera soit la même cour d’assises autrement
composée, ou alors à un autre endroit.
En principe, ce sont les mêmes règles que pour la cour d’assises du 1er degré, avec 2
différences pourtant : le nombre de jurés est de 12 et non pas de 9. Et, la décision sur la
culpabilité de l’accusé doit être prise selon une majorité de 10 voix sur 15.
A) L’instruction
Les contraventions de 5ème classe, les délits, et crimes commis par les mineurs doivent
obligatoirement faire l’objet d’une instruction. Concernant les crimes, l’instruction est
faite par le pôle de l’instruction, composé de 3 juges d’instructions dont un ou plusieurs
spécialisés dans les affaires de mineurs. Pour les contraventions de 5ème classe et délits,
l’instruction peut être faite soit par le juge des enfants, soit par le pôle de l’instruction. Ce
choix appartient au Procureur de la République. Très souvent le choix sera celui du pôle
d’instruction lorsque l’affaire est compliquée.
Le rôle de cette juridiction d’instruction sera de chercher les preuves à charge et à
décharge. Elle a les mêmes pouvoirs d’administrations et juridictionnels que pour le
droit commun des majeurs, avec cependant une obligation : la juridiction d’instruction
doit toujours mener une enquête de personnalité sauf ordonnance motivée. La
juridiction peut aussi saisir le juge des libertés et de la détention afin de faire placer le
mineur en détention provisoire. Les règles seront différentes selon l’âge du mineur et
selon l’infraction correctionnelle ou criminelle. L’issue de l’instruction obéit au droit
commun (ordonnance de renvoi, ordonnance de non lieu ou ordonnance de mise en
accusation). Toutes les décisions prises par la juridiction de l’instruction peuvent faire
l’objet d’appel devant une chambre de l’instruction de la cour d’appel comprenant 3
magistrats dont 1 spécialement délégué pour la protection de l’enfant.
A) Le jugement
⁃ Les mesures éducatives ont pour objet de lutter contre un état dangereux en
favorisant la rééducation et la resocialisation du mineur.
⁃ Les sanctions éducatives ont pour objet de dissuader le mineur commettre une
nouvelle infraction pénale en l’affection dans sa liberté ou son patrimoine.
⁃ Les peines pénales visent à sanctionner lourdement le mineur. Ce sont des
sanctions qui trouvent à s’appliquer avec une particularité. De manière générale
s’appliquera l’excuse de minorité qui fait encourir aux mineurs une sanction
inférieure de moitié à celle du majeur. La peine d’amende est limitée à 7 500 € et
certaines peines, de même que la période de sûreté, sont inapplicables.
Il s’agit d’un magistrat du siège du tribunal de grande instance qui est nommé par décret
du président de la république après avis du conseil supérieur de la magistrature. Il est
nommé pour 3 ans non renouvelables. Un magistrat ainsi nommé ne pourra exercer ses
fonctions de juge pour enfants dans un même tribunal que pour 10 ans maximum depuis
la loi du 25 juin 2001. La compétence matérielle est limitée puisque relèveront de sa
compétence uniquement les contraventions de la 5ème classe et les délits commis par un
mineur, sauf lorsque les délits en question ont été commis par un mineur d’au moins 16
ans et qu’ils sont punis par une peine d’emprisonnement d’au moins 7 ans. Dans cette
hypothèse, c’est le tribunal pour enfant qui sera compétent. Le juge des enfants ne peut
pas prononcer une peine pénale à l’encontre du mineur qu’il est en train de juger. Il ne
peut prononcer d’un mesure éducative ou qu’une sanction éducative. Lorsque l’affaire lui
semble nécessitait une peine pénale, la loi autorise le juge à renvoyer l’affaire devant le
tribunal pour enfant pour que ce dernier puisse statuer en prononçant une peine pénale.
Son ressort territorial est le département. En principe, il y aura un tribunal pour enfant
par département. Sa composition est échevinale. Il comprend un magistrat professionnel
qui est le juge des enfants et qui sera le président de ce tribunal, deux magistrats non
professionnels, dénommés accesseurs. Ce sont des personnes de nationalité française
d’au moins 30 ans et qui ont été choisi en raison de l’intérêt qu’elles manifestent vis-à-vis
des problèmes de l’enfance. Elles sont nommées pour 4 ans par arrêté du ministre de la
justice. Le premier président de la cour d’appel établi une liste de candidat et le choix se
fait parmi les personnes figurant sur cette liste. Les accesseurs seront indemnisés en
fonction de la participation aux audiences. Le ministère public est représenté par un
membre du parquet du tribunal de grande instance et c’est le greffe du tribunal de
grande instance qui assure le greffe du tribunal pour enfant.
Le tribunal pour enfant compétent est soit celui du lieu ou le mineur a été arrêté, soit
celui du lieu où l’infraction a été réalisée, soit celui du lieu de résidence du mineur ou de
ses représentants légaux, soit celui du lieu où le mineur a été placé. Concernant la
compétence matérielle, il va connaître d’une part les contraventions de 5ème classe et les
délits qui ont été confiées au tribunal pour enfant par renvoi du juge pour enfant. Il va
aussi connaître les délits commis par un mineur d’au moins 16 ans et qui lui fit encourir
une peine d’emprisonnement supérieure ou égale à 7 ans. Lorsqu’un mineur de moins de
16 ans a commis un crime, le tribunal pour enfant est compétent. Il peut statuer en
prononçant des mesures éducatives, des sanctions éducatives mais aussi des peines
pénales.
Elle date d’une loi du 24 mai 1951. L’organisation de cette cour d’assises et similaire à
celle des majeurs. Elle est composée de trois magistrats professionnels et de 9 jurés qui
composent le jury d’assise. Les deux accesseurs sont nécessairement des juges pour
enfants. Le ministère public est assuré par le procureur général près la cour d’appel ou
par un magistrat du parquet spécialisé dans les affaires de mineurs. Les débats
concernant les affaires soumises à la cour d’assises pour mineurs se déroulent à huis
clos. C’est la même compétence géographique que celle du tribunal pour enfant. Elle a
une compétence exclusive pour juger les crimes commis par un mineur âgé de 16 à 18
ans. Elle peut prononcer les trois types de sanctions. Elle peut juger les majeurs
coauteurs ou complices des crimes commis par des mineurs sauf si la chambre de
l’instruction a décidé la disjonction des procédures, elle renvois les majeurs devant les
juridictions pénales de droit commun.
Les décisions qui ont été rendues par une juridiction pénale de 1er degré peuvent faire
l’objet d’un appel. Les décisions rendues par le juge des enfants ou par le tribunal pour
enfants sont examinées par une chambre spéciale de la cour d’appel dénommée chambre
spéciale des mineurs. Elle est composée de trois conseillers près la cour d’appel dont le
conseiller délégué à la protection de l’enfance. Concernant les appels interjetés à
l’encontre de la décision de la cour d’assises des mineurs, c’est la cour d’assises d’appel
des mineurs qui interviendra. Cette cour est composée de 3 magistrats professionnels et
de 12 jurés.
A) La Haute Cour
1) L’instruction
A l’origine, la haute cour de justice ne pouvait intervenir qu’en cas de haute trahison du
président de la république. La loi du 19 février 2007 a modifié l’article 68 de la
constitution en supprimant cette référence à la haute trahison et désormais, le président
de la république peut être poursuivi en cas de manquement à ses devoirs manifestement
incompatibles avec l’exercice de son mandat. Pour toutes les autres infractions, il jouit,
durant son mandat, d’une immunité pénale absolue. L’article 67 le précise très
clairement. La constitution ne définit pas ce que constitue un manquement à ses devoirs
incompatibles avec l’exercice de son mandat. Pour l’heure, la jurisprudence n’a jamais
été saisie donc elle ne peut pas nous éclairer.
Pour mettre en accusation le président de la république, il faut un vote similaire au sein
de l’assemblée nationale et du sénat. La décision est prise par chaque assemblée à la
majorité des 2/3 des membres présents. Quand la mise en accusation a été votée par les
deux assemblées, l’instruction est alors confiée à une commission d’instruction, c’est une
loi organique qui doit définir le fonctionnement et la composition de cette commission
d’instruction.
1) Le jugement
La haute cour devant laquelle le président de la république est renvoyé sur décision de la
commission d’instruction est composée de l’ensemble des députés et sénateurs réunis en
congrès. Elle est présidée par le président de l’assemblée nationale. Le greffier est de
droit le greffier en chef de la cour de cassation. Le ministère public est assuré par le
procureur général près la cour de cassation, assisté du premier avocat général et de deux
avocats généraux qu’il désigne. A compter de sa saisine, la haute cour dispose d’un délai
d’un mois pour rendre sa décision, décision qui n’est pas susceptible de recours. La seule
sanction que la haute cour puisse prononcer est la destitution du président de la
république. Pour que cette condamnation soit prononcée, la haute cour doit réunir la
majorité des 2/3 des membres présents. Le vote se réalise par bulletin secret, toute
délégation de vote est interdite et ne sont recensés que les votes favorables à la
destitution. Cette formation n’a jamais siégé.
Elle est compétente pour juger les délits et crimes commis par les membres du
gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.
1) L’instruction
L’action publique peut être mise en mouvement soit par le procureur général près la cour
de cassation soi t par la victime elle-même. La victime peut déposer une plainte, plainte
qui sera examinée par une commission des requêtes. Cette commission est composée de
3 conseillers à la cour de cassation, 2 conseillers d’état et 2 conseillers maîtres à la cour
des comptes. Ces magistrats sont élus pour 5 ans par la juridiction à laquelle ils
appartiennent. Cette commission va effectuer un filtrage et va écarter les plaintes qui
sont abusives. Quand la plainte est déclarée recevable, la commission la transmet au
procureur général près la cour de cassation. La décision de cette commission est
insusceptible de recours. Dans tous les cas, le procureur général près la cour de cassation
saisira la commission d’instruction, composée de 3 magistrats du siège de la cour de
cassation. Cette commission va réaliser l’instruction. Au terme de cette instruction, elle
peut rendre deux décisions : soit une décision de non-lieu lorsque les charges lui
semblent insuffisantes soit une décision de renvoi quand les charges lui semblent
suffisantes. Les décisions rendues par la commission d’instruction peuvent faire l’objet
d’un pourvoi en cassation.
1) Le jugement
La cour de cassation ne se prononce que sur la légalité en droit de la décision qui a été
rendue par le juge du fond. Elle ne va contrôler que les questions de droit qui ont été
traitées par les juridictions de fond. Pour vérifier la légalité de la décision rendue par les
juges du fond, la cour de cassation doit trouver dans la décision de ces derniers tous les
éléments de faits qui lui sont nécessaires pour réaliser son contrôle de la légalité de la
décision qui lui est soumise. Pour que la cour de cassation puisse contrôler la légalité de
la décision, elle a besoin de connaître la motivation des juges du fond. Le contrôle des
faits est quantitatif et qualitatif. La cour de cassation va être conduite à contrôler la
légalité de toutes les décisions rendues en dernier ressort par toutes les juridictions de
l’ordre judiciaire. Pour que la cour de cassation intervienne, elle doit être saisie par un
pourvoi en cassation, qui est une voie de recours extraordinaire qui peut être formée par
la partie qui estime que la décision prononcée en dernier ressort par les juges du fond ne
respecte pas une règle de droit. Le ministère public peut aussi former un pourvoi en
cassation. Au niveau du délai pour former un tel pourvoi, sauf disposition contraire, il est
de deux mois en matière civile et de 5 jours en matière pénale. Pour qu’un pourvoi soit
recevable, le demandeur doit invoquer un cas d’ouverture à cassation, c’est l’article 604
du code de procédure civile et les articles 567, 592, 593 et 597 du code de procédure
pénale. On observe plusieurs cas d’ouverture à cassation :
⁃ Manque de base légale
⁃ Dépôt de motif
⁃ Violation de la loi
⁃ Incompétence
⁃ Excès de pouvoir
⁃ La contrariété de jugement rendue entre les mêmes parties
⁃ L’inobservation des formes prescrites
⁃ La perte de fondement juridique
C’est une hypothèse spécifique qui intervient en matière pénale concernant les recours
en révision. Le recours en révision a pour objet de réparer une erreur judiciaire commise
lors d’une condamnation correctionnelle ou criminelle. Dans cette hypothèse, une
question de fait est alors exceptionnellement soumise à l’examen de la cour de cassation
qui devra donc statuer sur le fond.
Lorsque la cour de cassation considère que les juges du fond n’ont commis aucune erreur
de droit, qu’ils ont interprété et applique correctement la loi, elle rejette le pourvoi. La
décision attaquée devient alors irrévocable et l’affaire est terminée.
A) La décision de cassation
Ce cas de figure se réalise lorsque l’affaire est simple et qu’il n’y a plus rien à juger,
lorsque la cour de cassation dispose d’un certain nombre d’éléments de faits.
Cette solution est retenue lorsque l’affaire doit être rejugée en faits. Cette situation
s’explique lorsque la cour de cassation ne peut pas elle-même appliquer sa propre
décision aux faits de l’espère, elle confie alors à une juridiction du fond le soin de mettre
en œuvre la décision de droit qu’elle vient de rendre et donc de l’appliquer aux faits de
l’espèce. La juridiction de renvoi doit être une juridiction de même nature et de même
degré que celle qui a initialement jugé. La juridiction de renvoi réexamine l’affaire dans
sa totalité en faits et en droit. La juridiction de renvoi n’est pas tenue de mettre en œuvre
l’interprétation de la règle de droit établie par la cour de cassation dans son arrêt de
cassation. Deux options sont possibles :
⁃ La juridiction de renvoi statue dans le même sens que la cour de cassation,
l’affaire est alors terminée.
⁃ La juridiction de renvoi ne statue pas dans le même sens, elle refuse de s’incliner.
Le plaideur a la faculté de former un deuxième renvoi, qui s’il est fondé sur les
mêmes moyens sera examiné par l’assemblée plénière de la cour de cassation.
L’assemblée plénière peut statuer de deux façons :
! Soit l’assemblée plénière ne donne pas raison à la juridiction de renvoi,
elle casse la décision rendue par la juridiction de renvoi et renvois l’affaire
devant une deuxième juridiction de renvoi. La deuxième juridiction de
renvoi pourra analyser les faits en toute liberté en revanche elle devra
adopter l’interprétation juridique retenue par l’assemblée plénière.
L’affaire sera terminée.
! Si l’assemblée plénière donne raison à la juridiction de renvoi, la décision
qui a été contestée devient alors irrévocable. L’affaire est terminée. On est
face à un revirement de jurisprudence.
Les juridictions de l’ordre judiciaire peuvent saisir la cour de cassation à l’occasion des
litiges dont elles sont saisies afin d’obtenir un avis sur une question de droit qui leur est
posée. Les juridictions pénales peuvent également, depuis une loi du 25 juin 2001, saisir
la cour de cassation pour avis. Trois conditions doivent être réunies pour que ce recours
puisse être engagé :
⁃ Il faut une question de droit nouvelle, c’est-à-dire une question qui n’a pas encore
été traitée et résolue par la cour de cassation.
⁃ Cette question doit présenter une difficulté sérieuses, c’est-à-dire qu’elle peut
faire l’objet d’interprétation différentes par les juridictions du fond.
⁃ Cette question doit se poser dans de nombreux litiges.
Lorsqu’elle est saisie pour avis, la cour de cassation dispose d’un délai de trois mois pour
rendre son avis et pendant ce temps, le juge qui a sollicité son avis doit surseoir à statuer.
L’affaire n’est pas jugée pendant cette période. L’avis donné par la cour de cassation n’a
pas d’autorité de chose jugée. Le juge demandeur est tout à fait libre de suivre ou non
l’avis qui a été donné. Lorsque la cour de cassation est saisie pour avis, elle est composée
du premier président, des présidents de chambres et de deux conseillers de chaque
chambre spécialement concernés.
I. Les magistrats
A) Les magistrats du siège
Le parquet est permanent et est placé sous l’autorité du procureur général près la cour de
cassation, assisté par 4 premiers avocats généraux et 28 avocats généraux. Ces différents
magistrats sont répartis dans les différentes chambres de la cour de cassation. C’est le
procureur général qui préside la formation disciplinaire du conseil supérieur de la
magistrature quand il se réunit en formation disciplinaire pour les membres du parquet.
II. Le greffe
Il est placé sous l’autorité d’un greffier en chef, chaque chambre dispose aussi d’un
greffier de chambre. Ce greffe a le même rôle que pour les juridictions du fond.
1) Le principe
Elle est composée de trois magistrats. Cette chambre a un rôle de filtre. Elle peut
déclarer non admis les pourvois lorsqu’ils sont irrecevables ou encore les pourvois qui
sont mal fondés. Si elle déclare non admis le pourvoi, l’affaire est terminée. Si à l’inverse,
la chambre en formation restreinte déclare le pourvoi admis, elle peut, lorsque la
solution du pourvoi s’impose, le juger elle-même. Elle peut également le renvoyer devant
la chambre en formation ordinaire si la solution ne s’impose pas. Même si la solution au
pourvoi s’impose, elle peut le pourvoi peut toujours être renvoyé devant la chambre en
formation ordinaire par une ordonnance du premier président ou de la chambre
concerné par une ordonnance de ce dernier d’office ou a la demande du procureur
général, ou à la demande de l’une des parties.
Il n’y a pas de filtrage des pourvois. Le pourvoi est directement confié à la chambre en
formation ordinaire. De façon exceptionnelle, le premier président ou le président de la
chambre criminelle peut décider de faire juger le pourvoi par une chambre en formation
restreinte lorsque la solution de l’affaire lui parait s’imposer mais dans un tel cas, le
pourvoi pourra être renvoyé devant la chambre en formation ordinaire soit à la demande
de l’une des parties, soit à la demande de l’un des magistrats qui compose la formation
restreinte.
1) Les exceptions
a. La Chambre mixte
C’est un instrument de régulation interne de la jurisprudence des différentes chambres
de la cour de cassation. Elle ne siège pas très souvent. Le pourvoi en cassation peut être
confié à la chambre mixte dans deux cas de figure.
⁃ Le renvoi est facultatif devant cette chambre lorsque l’affaire pose une question
relevant normalement des attributions de plusieurs chambres ou lorsque la
question est susceptible de recevoir ou a reçu devant les chambres concernées des
solutions divergentes. Le renvoi intervient avant l’ouverture des débats par le
premier président d’office ou sur proposition du président de la chambre
normalement compétente. Après l’ouverture des débats, le renvoi peut être
décidé par un arrêt non motivé de la chambre saisie. Là c’est l’hypothèse ou le
renvoi est facultatif.
⁃ Le renvoi peut être obligatoire en cas de partage égal des voix devant une
formation de la cour de cassation ou lorsque le procureur général le demande
avant l’ouverture des débats. Le renvoi devant la chambre mixte se fera alors
automatiquement par le premier président.
La chambre mixte doit réunir au moins trois chambres différentes de la cour, elle
comprend le premier président (qui va la présider), les présidents et doyens des
chambres qui la composent ainsi que deux conseilleurs de chacune de ces chambres.
a. L’assemblée plénière
Il existe au sein de la Cour de Cassation qui elles aussi exercent des fonctions
juridictionnelles:
⁃ La commission nationale de réparation des détentions composée du premier
président de la Cour de cassation et de deux magistrats du siège de la Cour. Cette
commission est compétente concernant les décision prises par le premier
président de la Cour d'appel en matière de réparation soit du préjudice résultant
d'une détention provisoire injustifiée, soit du préjudice subi par une personne
jugée condamnée puis reconnue innocente (art 149 et 626 du Code pénal);
⁃ La commission juridictionnelle concernant les officiers de police judiciaire
formée de trois magistrats du siège de la Cour de cassation, a pour compétence de
statuer sur les recours faits par des officiers de police judiciaire ayant fait l'objet
d'une suspension ou d'un retrait d'habilitation;
⁃ La commission de réexamen de décisions pénales intervenues en violation de la
convention européenne des droits de l’homme, créée par une loi du 15 juin 2000,
a pour objectif d'effacer les effets de violation par une juridiction pénale française
des décisions de la convention des droits de l'homme.
Quand la France a été condamnée par la cour européenne, pour une violation de la
convention qui a entraîné des conséquences dommageables, le réexamen de la décision
pénale peut être réclamé dans un délai d’un an à compter de la décision de la cour
européenne par le ministre de la justice, par le procureur général près la cour de
cassation ou encore par le condamné ou ses ayants droits.
Cette commission de réexamen est composée de 7 magistrats de la cour de cassation
désignés par l’assemblée générale de la cour de cassation, 1 représentant de chaque
chambre civile et deux représentants de la chambre criminelle. C’est le parquet général
de la cour de cassation qui assure la commission.
I. Le mécanisme classique
⁃ En matière civile tout d’abord, le pourvoi est portée devant l’une des 5 chambres
civiles de la cour de cassation qui va d’abord statuer en formation restreinte pour
filtrer (se prononce sur l’admission du pourvoi). S’il est admis, elle peut statuer
tout de suite si la solution s’impose. Sinon, elle le renvoi devant la chambre en
formation ordinaire. Cette chambre pourra soit rejeter le pourvoi, soit casser sans
renvoi, soit casser avec renvoi devant une juridiction de même ordre, de même
nature, de même degré que celle qui a rendu la décision cassée.
⁃ En matière pénale, le pourvoi est nécessairement porté devant la chambre
criminelle de la cour de cassation en formation ordinaire. De façon
exceptionnelle, le premier président peut permettre de faire juger le pourvoi en
chambre en formation restreinte. Que la formation soit restreinte ou ordinaire,
on aura les mêmes décisions possibles.
En cas de cassation avec renvoi, la juridiction de renvoi rejuge l’affaire en fait et en droit.
Soit elle s’incline, soit elle ne s’incline pas. Dans la deuxième hypothèse, l’assemblée
plénière se réunit et décide si elle casse ou non. Si l’assemblée plénière casse, l’affaire est
renvoyée. À la suite du second pourvoi fondé sur les mêmes moyens, la seconde
juridiction doit adopter la solution retenue par l’assemblée plénière qui dispose de trois
solutions: rejet du pourvoi (fin), cassation sans renvoi (fin) et cassation avec renvoi vers
une seconde juridiction de renvoi qui devra à nouveau statuer sur l'affaire, mais elle n'est
pas libre, elle doit statuer dans le sens de l'assemblée plénière, en s'inclinant. Un
nouveau pourvoi sur les mêmes moyens est impossible. En revanche, un nouveau
pourvoi sur des autres moyens est envisageable.
Elles vont intervenir lorsqu’une personne morale de droit public est impliquée dans un
litige.
Exemple : litige vis-à-vis de l’administration fiscale
Sous Chapitre 1 : Les juges du fond de l’ordre administratif
I. Le tribunal administratif
Il a été mis en place en septembre 1953 par un décret. Il remplace les conseils de
préfecture.
1) Le ressort territorial
Le tribunal administratif est une juridiction dont le ressort géographique s’étend sur
plusieurs départements (entre 2 et 5 départements). C’est donc une juridiction
interdépartementale. Pour l’heure on compte 42 tribunaux administratifs.
1) La composition
Il est composé de juges dénommés conseillers. Le nombre des conseillers varie selon
l’importance du tribunal.
Exemple : 8 conseillers à Besançon, 40 à Marseille
Ils sont recrutés parmi les élèves de l’école nationale d’administration, sachant qu’il
existe aussi d’autres filières de recrutement dans la mesure où il y a un besoin important
de ces juges. Les conseillers sont nommés par décret du président de la république. Ils
sont répartis en chambres de trois juges. Les chambres peuvent se subdiviser en sections.
Concernant le nombre de chambre de chaque tribunal administratif, c’est depuis un
décret du 22 février 2010 le vice président du conseil d’état qui détermine ce nombre. Le
nombre de chambre varie entre 1 à 10. C’est un arrêté du 17 mars 2010 qui a fixé cette
numérotation avec une exception : le tribunal administratif de Paris comprend 18
chambres. Chaque tribunal administratif est placé sous l’autorité d’un président qui va
gérer l’organisation interne de la juridiction, qui va affecter le personnel dans les
différentes chambres, qui va attribuer les affaires aux différentes chambres. Le président
du tribunal administratif a à charge de noter les conseillers de formuler un avis
concernant leur avancement. Chaque année, il doit dresser un rapport annuel d’activité,
rapport qui va faire état des affaires jugées pendant l’année et des affaires encore en
instance. Le président est secondé par un ou plusieurs vices présidents. Ce tribunal
administratif comporte également un ministère public permanent représenté par un
rapporteur public qui est affecté à chaque chambre du tribunal administratif.
1) Le fonctionnement
C’est une juridiction de premier degré qui rend des jugements. Le tribunal administratif
statue en principe en formation collégiale, dont la formation ordinaire est composée de
trois membres cependant il existe des exceptions :
⁃ Le tribunal administratif peut statuer à juge unique dans un certain nombre de
litiges dont la liste est limitativement énumérée à l’article R 222-13 du code de la
justice administrative.
Exemple : en ce qui concerne les impôts locaux et taxes syndicales
Le juge unique a la faculté à tout moment de renvoyer l’affaire devant la formation
collégiale.
⁃ Le président du tribunal administratif dispose de certains pouvoirs
juridictionnels. Il est juge des référés, il peut statuer par voie d’ordonnance sur
des questions relatives au déroulement de la procédure.
⁃ Le tribunal administratif peut également se réunir en formation plénière qui
comprend alors la chambre à laquelle appartient le rapporteur de l’affaire, et les
vices présidents du tribunal.
Le ministère d’avocat est en principe obligatoire mais cette règle connaît bon nombre
d’exceptions.
1) La compétence territoriale
Cette compétence est particulière. On n’a pas retenu le critère du domicile du défendeur.
L’article R 312-1 du code de justice administrative pose le principe selon lequel le
tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège
l’autorité qui soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision
attaquée ou a signé le contrat litigieux. Ce principe connaît des exceptions nombreuses.
Exemple : pour les litiges individuels concernant des agents publics, le tribunal
compétent est celui du lieu d’affectation de l’agent
1) La compétence d’attribution
Le tribunal administratif est compétent pour tout litige administratif qui n’est pas
spécialement attribué à une autre juridiction. En principe, il va être compétent dans tous
les domaines, sauf lorsque le litige relève d’une juridiction spécialisée.
Le tribunal administratif rend en principe des jugements en premier ressort, un appel est
alors possible. Les jugements ne sont pas suspensifs. Par exception, le jugement pourra
être rendu en premier et dernier ressort dans des cas de figure limitativement prévu à
l’article R 222-13 du code de justice administrative.
1) Le ressort territorial
A l’origine, les cours administrative d’appel étaient peu nombreuses. Leur compétence
territoriale était très étendue. L’idée était de ne pas démultiplier ces cours d’appel.
Aujourd’hui il en existe 8. Ce sont des juridictions inter régionales.
1) La composition
Elle est composée de conseillers, dont le nombre varie selon la taille de la cour. Ils sont le
plus souvent recrutés par les tribunaux administratifs. La cour administrative d’appel est
subdivisée en chambre, dont le nombre est fixé par le conseil d’état depuis le décret du
22 février 2010 et ce nombre varie entre 1 et 10 chambres. Chaque chambre est dirigée
par un président. Il y a un président de cour administrative qui est nécessairement un
conseiller d’état en service ordinaire. Il va assurer l’organisation générale de la cour, il va
définir la composition des chambres sont l’effectif minimum est de trois membres. Le
président est secondé par des vices présidents. Un rapporteur public est affecté à chaque
chambre.
1) Le fonctionnement
C’est une juridiction de droit commun du second degré. Elle rend des arrêts. Les
audiences sont en principe publiques. Le ministère d’avocat est en principe obligatoire,
sauf exception. La cour administrative d’appel est une juridiction collégiale, elle va
intervenir dans des formations qui comprennent plusieurs membres. Soit elle sera
composée de trois membres (formation ordinaire) soit elle sera plus étendue lorsque la
nature ou la difficulté de l’affaire le nécessite, elle comprendre alors 5 membres : le
président de la chambre concernée, deux conseillers appartenant à la chambre, un
conseiller d’une autre chambre et le magistrat rapporteur. Si elle intervient en formation
plénière, comprenant le président de la cour, les présidents de chambre, le conseiller
rapporteur et le cas échant un autre magistrat. Parfois elle statue à juge unique, et ce sera
alors le président de la cour administrative d’appel qui dispose d’un certain nombre
d’attributions juridictionnelles, notamment en matière de référé.
1) La compétence territoriale
La cour administrative d’appel va connaître des appels formés contre des jugements
rendus par un tribunal administratif lorsque celui est placé son ressort territorial.
1) La compétence d’attribution
Elle donne des avis sur des questions d’ordre juridiques, question soumises par les
préfets de régions.
Ce sont les juridictions de droit commun du second degré pour l’ordre administratif.
Compétente pour connaître des appels formés contre les jugements rendus par les
tribunaux administratifs placés dans son ressort territorial sous réserve que cet appel ne
soit pas affecté à une autre juridiction.
La cour administrative d’appel n’est pas compétente dans les cas suivant :
⁃ Le contentieux de la légalité judiciaire. Les appels formés dans le contentieux
d’excès d’actes réglementaires.
⁃ Le contentieux des élections municipales ou cantonales qui relevé de la
compétence du conseil d’État.
Sont aussi exclus de sa compétence les appels formés contre les décisions rendus par les
juridictions administratives spécialisées, c’est à dire une juridiction qui n’est pas le
tribunal administratif. Les arrêts rendus par la cour administrative d’appel peuvent faire
l’objet d’un pourvoi devant le conseil d’État.
C’est une juridiction très ancienne. Elle est unique, siège à Paris. C’est une juridiction
administration qui a une compétence spéciale placé sous le contrôle du conseil d’État.
Elle se doit de contrôler les comptes des comptables publics, ce qu’elle fait de manière
indépendant par rapport au pouvoir.
Elle est composée de 7 chambres. Ces chambres sont elles mêmes divisés en sections.
Chaque chambre a des compétences précises. Plusieurs formations peuvent délibérer :
⁃ Soit la chambre. Le président de chambre réparti les affaires en son sein, les
conseillers référendaires et les auditeurs sont rapporteurs. Leur travail se fait
sous le contrôle des conseillers maîtres qui eux même rapporte pour les affaires
plus importantes. Il faut un quorum de 6 membres au moins.
⁃ La chambre des conseils est composée de tous les conseillers maîtres et de tous
les présidents de chambre. Elle est placée sous l’autorité du premier président.
Elle réalise le rapport public annuel adressé au président de la République et au
parlement, rapport qui fait état de l’ensemble des comptes examinés aussi bien
par la chambre des comptes que la cour national des comptes.
⁃ Les chambres réunies. C’est une formation qui a une compétence spécifique car
elle est amenée à juger des affaires renvoyées après cassation après le conseil
d’état ou bien celles qui sont affectés sur renvoi du premier président ou celle du
président du conseiller général.
⁃ Le premier président, les présidents de chambres, et deux conseillers maîtres en
service ordinaires élus dans leur chambre respective par leurs pairs.
Historiquement, elle a une mission de juges des comptables publics, mais petit à petit
elle s’est vue reconnaître un certain nombre de missions supplémentaires cariées. Elles
sont définies par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 à l’article 47-2 al 1er de
la constitution. Le code des juridictions financières précise ces missions aux articles
L111-1 aux articles L111-10 :
Elle est chargée de se prononcer sur la régularité des comptes des comptables publics,
c’est à dire les fonctionnaires qui sont habilités à payer les dépenses et à assurer le
recouvrement des recettes de l’Etat et des autres organismes publics. Ces fonctionnaires
sont responsables de leur gestion sur leur argent.
⁃ Lorsque les comptes sont réguliers, la cour rend un arrêt de décharge c’est à dire
qu’elle donne quitus au comptable de sa gestion, et reconnaît donc la régularité
des comptes.
⁃ Lorsque la cour constate des irrégularités, elle rend alors un arrêt de débet, c’est à
dire qu’elle déclare le comptable public débiteur de l’organisme public dont il
relève. Il est alors redevable du montant du débet.
La cour, dans le cadre de son contrôle juridictionnel, peut rendre des amendes contre les
notables soit pour des retards, soit pour gestion de fait dans la mesure où c’est un
comptable public.
! La cour des comptes, juge d’appel
La cour des comptes statue sur les appels formés contre les décisions juridictionnelles
rendues par les chambres régionales des comptes. Particularité, cette compétence
d’appel de la cour des comptes ne concerne que les décisions juridictionnelles en matière
de contrôle des comptes des comptables publics locaux, des chambres régionales, ces
dernières peuvent aussi rendre des décisions administratives susceptibles de recours
devant la juridiction administrative générale. (Donc le droit commun)
Elle a été instituée par une loi du 25 décembre 1945. C’est une juridiction administrative
spécialisée à part entière. Elle rend des décisions de natures juridictionnelles en premier
et dernier ressort. Un recours en cassation est possible devant le conseil d’État. C’est une
juridiction qui a une compétence d’attribution bien définie puisque c’est la seule
juridiction de nature répressive compétente vis à vis des ordonnateurs. Les ordonnateurs
sont des administrateurs qui le pouvoir de procéder à des ordonnancements, c’est à dire
de donner l’ordre au comptable public de payer une dette ou de recouvrer une créance.
La mission de cette cour est la suivante : chargée de réprimer les atteintes aux règles
régissant les finances publics. Elle sanctionne par des amendes l’inobservation par les
ordonnateurs des règles relatives à l’exécution des dépenses ou des recettes. L’amende en
question n’est pas une sanction pénale, ni disciplinaire, ni professionnelle, c’est une
sanction de faute de gestion prononcée par une juridiction administrative. La cour de
établie chaque année un rapport qu’elle présente au président de la République, annexée
au rapport public de la cour des comptes et est publié au journal officiel. Elle est
composée du premier président de la cour des comptes, du président de la section de la
finance du conseil d’État qui a pour fonction vice-président, et d’un nombre égal de
conseillers maîtres et de conseillers d’État à la cour des comptes. C’est le procureur
général près la cour des comptes qui exercent les fonctions de ministère public auprès de
cette cour. Cour divisée en 2 sections et qui siège dans les locaux de la cour des comptes.
Il a été créé par un décret du 9 toua 1946 et était un service placé auprès du premier
ministre. La mission de ce service est de rechercher et de proposer des mesures visant à
réduire le coût et à améliorer le coût et la qualité du service public. Le lien avec la cour
des comptes est purement organique car c’est le premier président de la cour des
comptes qui préside ce comité.
Il a été créé par la loi du 20 avril 2005 et s’est substitué au conseil des impôts. Il est placé
auprès de la cour des comptes et doit apprécier l’évolution et l’impact social économique
et budgétaire de l’augmentation des prélèvements ainsi de formuler des
recommandations sur toutes questions relatives à ces prélèvements. Il est composé de 8
magistrats haut fonctionnaires choisi pour leur compétence en matière de prélèvement
obligatoire et aussi de 8 personnalités qualifiés en raison de leur expérience
professionnelle.
Il existe aujourd’hui 26 chambres régionales des comptes. Cette chambre est composée
au minium d’un président et de deux assesseurs. Le président doit être un conseilleur
maître ou un conseiller référendaire de la cour des comptes. Recrutement à la sortie de
l’ENA ou extérieure. Le président assure la présidence générale de la juridiction. Quant à
l’organisation, ce sont des magistrats inamovibles. Les fonctions de ministère public sont
réalisées par un ou plusieurs commissaires du gouvernement choisi par l’un des
magistrats de la chambre. Les commissaires du gouvernement sont les correspondants
du procureur général près la cour des comptes.
Les chambres, dans leur ressort, vont juger l’ensemble des comptes de comptables
publics des établissements publics. Elle juge en premier ressort, et rend un jugement de
décharge ou de quitus si les comptes sont réguliers. Si les comptes sont irréguliers, elle
rend un jugement de débet. Le jugement peut faire l’objet d’un appel devant la cour des
comptes, appel qui sera interjeté soit par le procureur public soit par le procureur
général de la cour des comptes.
On observe une similitude avec la cour des comptes. Elle exerce un contrôle de gestion
des départements et des coutumes, des établissements publics et elle vérifie aussi
l’affectation des fonds publics. Elle doit aussi faire un contrôle budgétaire des régions
département et communes relatif à l’élaboration du budget et à l’équilibre.
Elle porte sur la contestation des décisions de la qualité de réfugié. Elle statue sur les
recours qui sont formés contre les décisions de l’OFRA accordant ou refusant le bénéfice
de l’asile, ou retirant ou mettant fin au bénéfice de l’asile. La cour intervient aussi en cas
de contestation. La cour ne peut pas se prononcer sur les décisions d'apatride de l'OFRA.
L'article 53-1 de la Constitution protège les personnes persécutées par leurs actions en
faveur de la paix.
Quand une personne ne remplit pas les conditions de la convention de Genève ou de
l’asile institutionnel elle peut le cas échéant se voit accorder le bénéfice de la protection
subsidiaire. Cette protection peut être accordée si la personne est exposée dans son pays
à la peine de mort, à la torture, à des peines et des traitements inhumains et dégradants
ou à une menace grave contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence généralisée
résultant d'un conflit interne ou international (article L712-1 du CESEDA). Cette
juridiction statue en qualité de plein contentieux. Elle dispose d'une plénitude de
compétences. La cour nationale du droit d’asile peut aussi y substituer sa propre
décision. Elle statue en premier et dernier ressort. Ces décisions peuvent seulement faire
l’objet d’un pourvoi en cassation devant le conseil d’État.
Il existe une diversité des ordres professionnels et des conseils de l’ordre, ainsi chaque
profession de santé médicale et paramédicale est organisée sur un modèle similaire avec
un ordre professionnel chargé d’inscrire ses membres sur un tableau de l’ordre et de leur
faire la déontologie (article 521-1 du Code de la santé publique). Chaque ordre va veiller à
l'observation par tous les membres de l'exercice prévu par le code de déontologie et
chaque ordre assure également la défense de l'honneur et de l'indépendance de la
profession. Pour assurer ces missions, chaque ordre est organisé en conseil département,
inter régionaux et au niveau national. Dans le domaine de la santé, le code de la sécurité
sociale et celui de la santé public organisent les juridictions de ces ordres professionnels
en matière de santé. Chaque ordre comprend ainsi une juridiction chargée de la
discipline de ses membres et aussi une juridiction technique chargée du contrôle de la
sécurité social. On retrouve cela également dans le conseil supérieur des géomètres
experts, la chambre nationale des disciplines des experts comptables …
Le conseil d’état est la plus haute juridiction de l’ordre administratif. Cela étant, il y a
une différence fondamentale entre le conseil d’état et la cour de cassation. La mission
principale du conseil d’état est de conseiller le gouvernement. Il s’est vu aussi attribué un
rôle de juridiction.
Il y a environ 200 membres qui composent le conseil d’état. Ce conseil est très
hiérarchisé. Cette hiérarchie correspond au déroulement d’une carrière au sein du
conseil d’état.
⁃ A la base de cette hiérarchie, on trouve les auditeurs, au nombre de 18, qui sont
issus de l’école nationale d’administration et qui ont pour fonction de procéder à
l’étude approfondie d’une affaire afin de pouvoir la présenter à la formation
collégiale qui va statuer.
⁃ Ensuite, on trouve les maîtres des requêtes, au nombre de 119, qui sont pour une
part composés des auditeurs promus en raison de leur ancienneté et d’autre part
des fonctionnaires âgés d’au moins 30 ans et qui ont 10 ans de service public
derrière eux. Ils sont recrutés au tour extérieur et ils exercent les mêmes
fonctions que celles des auditeurs.
⁃ Puis, figurent les conseillers d’état, qui sont les juges qui vont être amené à
trancher. Ces conseillers sont divisés en deux catégories : d’un côté les conseillers
d’état en service ordinaire et de l’autre côté les conseillers d’état en service
extraordinaire. Les conseillers d’état en service ordinaire sont au nombre de 151
et sont recrutés, soit parmi les maîtres des requêtes (ils doivent avoir 45 ans et 8
ans d’expérience), soit parmi les personnalités définies au tour extérieur (les
préfets, les ambassadeurs…). Ces conseilleurs d’état en service ordinaire ont deux
missions : ils participent à l’élaboration des avis du conseil d’état quand ce
dernier intervient en tant qu’organe consultatif et ils délibèrent et décident sur
l’issue à donner au pourvoi (ils interviennent en tant que juges). Les conseillers
d’état en service extraordinaire sont des personnalités extérieures qui ne siègent
que de manière temporaire au conseil d’état pour une durée de 4 ans. Ce sont des
hauts fonctionnaires ou des dirigeants d’entreprises qui sont nommés au conseil
d’état par le pouvoir exécutif. Ils sont en nombre relativement limité.
⁃ Au dessus figurent les présidents de sections (le conseil d’état étant lui-même
divisé en section, chaque section ayant un président).
⁃ Au sommet du conseil d’état, se trouve le vice-président du conseil d’état, c’est lui
qui assure la présidence effective de la juridiction et qui est aidé par un secrétaire
général choisi parmi les maîtres des requêtes. Le président du conseil d’état est
soit le premier ministre, soit le garde des sceaux. C’est une présidence
symbolique qui n’est pourtant pas négligeable.
Le conseil d’état est également composé d’un rapporteur public, choisi parmi les maîtres
des requêtes ou parmi les auditeurs. Il a pour tâche de rédiger des conclusions dans
lesquelles il doit présenter l’affaire, les arguments des parties, et son avis concernant la
solution juridique à retenir. Cette activité se déroule en toute indépendance. Ces
conclusions sont présentées publiquement. Ce rapporteur public joue le rôle de ministère
public. Il y en a une vingtaine au niveau du conseil d’état. Le rapporteur public ne va pas
exercer un recours, il va seulement présenter ses observations concernant l’affaire dont il
est saisi. Il n’intervient pas comme partie principale, il n’intervient que comme partie
adjointe. La formation de jugement n’a pas l’obligation de suivre les conclusions du
rapporteur public.
Si la cour de cassation est divisée en chambres, le conseil d’état est divisé en sections. On
a d’une part les formations administratives et des formations contentieuses.
a. L’auteur de l’avis
En principe, l’avis est donné par la section compétente qui peut intervenir sous deux
formes. La section compétente sera réunie soit en formation plénière (tous les membres
de la section), soit en formation ordinaire (au mois 7 membres de la section). Ce principe
donne lui aussi lieu à plusieurs exceptions :
⁃ L’hypothèse où l’affaire concerne plusieurs sections. Dans ce cas, l’avis peut être
donné par des sections réunies ou par une commission commune qui regroupe
des membres de chacune des sections concernées.
⁃ Il arrive que, vu l’importance de l’avis sollicité au conseil d’état, l’affaire soit
portée devant une formation plus solennelle dénommée assemblée générale du
conseil d’état. Cette assemblée comprend elle-même deux formations.
o L’assemblée générale en formation ordinaire comprend 35 membres
réunis sous la présidence du vice président du conseil d’état. Cette
formation va devoir donner un avis sur les projets de lois, les projets
d’ordonnances qui lui sont transmis soit par le ministre intéressé, soit par
le vice président du conseil d’état, soit par le président de section ou
encore par une des sections elle-même.
o L’assemblée générale en formation plénière est formée du vice président,
des présidents de sections et de l’ensemble des conseillers d’état. Cette
formation intervient pour examiner les affaires qui lui sont renvoyées par
l’assemblée générale en formation ordinaire.
⁃ Dans tous les cas d’urgence, l’avis peut également être donné par une commission
permanente, émanation de l’assemblée générale du conseil d’état qui va se
prononcer exceptionnellement et rapidement sur les projets de lois ou
d’ordonnances.
Dès qu’une requête est présentée au conseil d’état, elle est transmise à la sous-section
compétente pour instruction. Quand l’instruction est close, la décision finale peut être
rendue par 4 formations distinctes :
⁃ La sous-section qui instruit l’affaire. C’est généralement la solution qui est mise
en œuvre lorsque la solution est simple.
⁃ Les sous-sections réunies. Dans certaines hypothèses, il semble nécessaire et utile
d’étoffer la formation qui rendra la décision. L’affaire est alors portée devant
deux ou trois sous-sections qui se réunissent en commun.
⁃ La section du contentieux en formation de jugement. Cette section va intervenir
lorsque la décision qui doit être prisé nécessite une formation suffisamment
importante pour qu’il n’y ait pas de discussion, de remise en cause par rapport à
la décision qui sera prise.
⁃ L’assemblée du contentieux. Elle ne se réunit que de façon exceptionnelle lorsque
l’affaire est très importante ou lorsqu’il y a des questions de principe assez graves
qui sont posées. Elle est composée du vice président du conseil d’état, le
président de la section du contentieux et les trois présidents adjoints, le président
de la sous-section qui a instruit l’affaire, les 4 présidents de sous-section les plus
anciens dans leur fonction, le rapporteur de cette affaire et le président de
chacune des 5 sections administratives.
Le conseil d’état est juge de cassation des décisions rendues en dernier ressort par les
juridictions du fond. Le conseil d’état va veiller à la bonne application et à la bonne
interprétation de la règle de droit. Ce n’est pas un troisième degré de juridiction. Pour
intervenir, il doit être saisi d’un pourvoi en cassation.
Devant le conseil d’état, tous les pourvois font l’objet d’un filtrage préalable. Ce filtrage
est exercé par la commission d’admission des pourvois en cassation. Cette commission
comprend 3 membres du conseil d’état. L’objectif de cette commission est d’écarter les
pourvois abusifs ou dilatoires. Elle va rendre deux types de décisions :
⁃ Lorsque le pourvoi lui semble irrecevable ou lorsqu’il n’est pas fondé sur un
moyen sérieux, la commission prend une décision de refus d’admission qui
rejette le recours et l’affaire est alors terminée.
⁃ Si le pourvoi lui semble recevable, elle transmet ce pourvoi à la sous-section
compétente qui va alors procéder à son instruction et l’affaire sera alors jugée.
A) L’examen des pourvois en cassation
Ce pourvoi est examiné par la formation compétente du conseil d’état. Cette formation
ne peut connaitre que des moyens de droits, en principe. Le conseil d’état, en tant que
juge de cassation va rendre de sortes de décisions.
1) La décision de rejet
1) La décision de cassation
Le conseil d’état peut rendre un arrêt de cassation s’il considère que la décision qui lui
est soumise n’est pas conforme à la loi. Cet arrêt de cassation peut être avec ou sans
renvoi. En principe, la cassation intervient avec renvoi puisqu’il est impossible pour le
conseil d’état d’appliquer lui-même aux faits de l’espèce la solution juridique qu’il vient
de retenir. Le renvoi va s’opérer devant une juridiction de même nature et de même
degré que celle dont provient la décision contestée ou devant la même juridiction qui a
rendu la décision contestée, mais autrement composée.
Par exception, la cassation intervient sans renvoi dans trois cas de figure :
⁃ Lorsque l’annulation de la décision contestée met un terme au contentieux et
qu’il n’y a plus rien à juger.
⁃ Lorsque le conseil d’état décide de statuer lui-même dans l’intérêt d’une bonne
administration de la justice.
⁃ Lorsque le conseil d’état a été saisi par un second pourvoi fondé sur les mêmes
moyens. Il lui appartient alors de trancher lui-même l’affaire au fond.
Au fil du temps, la justice a cessé d’être le monopole de l’état français et cela pour deux
raisons :
⁃ Les juridictions des états étrangers rendent elles aussi des décisions de justice.
Parfois elles doivent être exécutées sur le territoire français. Pour ce faire, la
décision étrangère doit obtenir l’exequatur (la décision par laquelle un tribunal
de grande instance autorise l’exécution en France d’un jugement ou d’un arrêt
rendu par une juridiction étrangère).
⁃ Il y a de plus en plus de juridictions qui ne sont rattachées à aucune souveraineté
étatique, on parle alors de juridictions supranationales. Ces juridictions vont
avoir pour mission de s’assurer que les traités internationaux signés et ratifiés par
les états sont respectés. Ces juridictions supranationales peuvent être
rassemblées de plusieurs façons : on a d’une part les juridictions qui
interviennent au niveau européen et d’autre part celles qui interviennent au
niveau international.
C’est une juridiction supranationale qui veille au respect par les états de la convention de
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, aussi appelée
convention européenne des droits de l’homme. Cette convention a été signée à Rome le 4
novembre 1950 et est entrée en vigueur le 3 septembre 1953. Cette convention garantit le
droit à la vie, le droit à la vie privée et familiale, la liberté de religion, la liberté
d’expression, la liberté d’association. Elle interdit aussi un certain nombre de
comportements, comme la torture, l’esclavage ou toute discrimination fondée sur le sexe,
la race, la couleur, la langue ou la religion. Ces dispositions sont d’application directe
dans chacun des pays signataires. C’est un moyen efficace pour faire de la convention
une réalité. L’efficacité de la convention est surtout garantie par l’existence de la cour
européenne des droits de l’homme, qui a pour fonction de constater les éventuelles
atteintes portées par un état aux droits et libertés prévus par la convention. Le cas
échéant, s’il y a violation d’une disposition de la convention, on peut attribuer à la
victime une réparation adéquate. Concernant la cour, les dispositions qui prévoient son
organisation sont visées aux articles 19 à 51 et le protocole 14, entré en vigueur en juin
2006 a modifié un certain nombre de ces dispositions.
A) La saisine de la cour
⁃ Elle peut être saisie par un état signataire de la convention européenne. Cet état
dépose une requête à l’encontre d’un autre état signataire auquel il reproche un
manquement aux dispositions de la convention. C’est l’article 33 de la
convention. Ces requêtes sont dénommées requêtes interétatiques et ne sont
soumises à aucun filtrage.
⁃ Elle peut être saisie par toute personne physique ou morale, toute organisation
non gouvernementale ou tout groupe de particuliers qui se prétend victime d’une
violation par l’un des états signataires de la convention des droits reconnus par la
convention ou par ses protocoles. C’est l’article 34. Cette requête est dénommée
requête individuelle et pour être recevable, elle doit répondre à un certain
nombre de conditions, qui ont évolué depuis le protocole n°14 et qui sont visées à
l’article 35 de la convention :
o Le requérant doit avoir épuisé préalablement l’ensemble des voies de
recours internes.
o La requête doit être déposée devant la cour dans un délai de 6 mois à
compter de la décision définitive rendue par le juge national.
o La requête ne doit pas être anonyme, elle ne doit pas non plus être
essentiellement la même qu’une requête précédemment examinée par la
cour ou déjà soumise à une autre instance internationale d’enquête ou de
règlement.
o La requête ne doit pas être manifestement mal-fondée ou abusive.
o Le requérant a subit un préjudice important. En effet, la requête va être
irrecevable si le requérant n’a subit aucun préjudice important sauf si le
respect des droits de l’homme garantit par la convention nécessite un
examen.
La cour a la possibilité de rejeter toute requête individuelle qu’elle estime irrecevable à
tout stade de la procédure.
La cour rend des arrêts motivés dans lesquels chaque juge pourra faire valoir une
opinion dissidente. Les pouvoirs de cette cour sont cependant limités. En effet, en cas de
violation des dispositions de la convention ou de ses protocoles, la cour ne peut que
constater cette violation et condamner un état à verser « une satisfaction équitable à la
victime ». C’est donc une indemnisation financière dont la cour déterminer
souverainement le montant. Il n’y a pas d’autres moyens de coercition à l’égard de l’état
condamné. La cour ne peut pas abroger, modifier ou compléter une norme juridique
interne. La cour ne peut pas non plus annuler une décision de justice interne qui serait
en contradiction avec les droits et libertés garantis par la convention. En droit français, la
loi du 15 juin 2000 prévoit une procédure de réexamen d’une décision pénale définitive
qui a donné lieu à un constat de violation par la cour. C’est l’article 626-1 et les articles
suivants du code de procédure pénale. L’arrêt définitif rendu par la cour européenne a
autorité de chose jugée. L’article 46 prévoit la force obligatoire et l’exécution de ces
arrêts. Dans cet article, il est mentionné que les états signataires s’engagent à se
conformer aux décisions de la cour dans les litiges auxquels ils sont partis. Pour s’assure
que l’arrêt est bien appliqué, il est transmis au comité des ministres du conseil de
l’Europe qui en surveille l’exécution.
Cette cour de justice de l’union européenne qui été anciennement dénommée cour de
justice des communautés européennes a été créée en 1952. Elle est établie à Luxembourg
et constitue l’institution juridictionnelle de l’union ainsi que celle de la communauté
européenne de l’énergie atomique. La cour de justice européenne est composée de trois
juridictions : la cour de justice, le tribunal (créé en 1988) et le tribunal de la fonction
publique (créé en 2004). La fonction de la cour est d’examiner la légalité des actes de
l’union et assurer, en collaboration avec les juridictions des états membres, une
interprétation et une application uniforme du droit de celle-ci. Depuis le 1er janvier
2007, l’union européenne compte 27 états membres. Cette entité dispose de ses propres
institutions : le conseil de l’union européenne qui est formé des représentants des états
membres, la commission européenne qui est l’exécutif de l’union et qui siège à Bruxelles,
et le parlement européen qui est composé de députés européens et qui est implanté à
Strasbourg.
Les traités constitutifs de l’union sont :
⁃ Le traité de Rome qui a institué la communauté économique européenne.
⁃ L’acte unique européen qui date de 1986.
⁃ Le traité de Maastricht qui institue l’union européenne en 1992.
⁃ Le traité d’Amsterdam en 1997
⁃ Le traité de Nice en 2001
⁃ La charte des droits fondamentaux de l’union en 2000
⁃ Le traité de Lisbonne en 2009 a permis que l’union européenne se soit dotée
d’une personnalité juridique. La compétence de la cour s’étend aux droits de
l’union à moins que les traités n’en disposent autrement.
Ces textes forment le droit communautaire originaire. A ce droit s’ajoute le droit
communautaire dérivé, qui correspond à l’ensemble des actes édictés par la commission
européenne (règlements, directives, décisions…) et également l’ensemble de la
jurisprudence des juridictions de l’union.
I. La cour de justice
A) La composition de la cour
La cour de justice est composée d’autant de juges que d’état membres, à savoir 27. Ces
juges sont désignés d’un commun accord pour 6 ans par les états membres après
consultation d’un comité chargé de donner un avis sur l’adéquation des candidats
proposés à l’exercice des fonctions en cause. On trouve également 8 avocats généraux qui
sont nommés de la même manière. Ces avocats généraux exercent le ministère public, ils
sont chargés de présenter, en toute impartialité et en toute indépendance, un avis
juridique, qu’on appelle conclusion, dans les affaires dont ils sont saisis.
Ces juges et ces avocats généraux sont soumis au même statut. Les juges et les avocats
sont renouvelés tous les trois ans et ils bénéficient, pour assure leur indépendance, des
privilèges et immunité de l’union européenne. Ils ne peuvent pas exercer d’autres
activités professionnelles, rémunérées ou non, sauf dérogation exceptionnelle. Cette cour
est dirigée par un président, désigné par les juges eux-mêmes et qui dispose d’un mandat
de trois ans renouvelable. Ce président va présider les audiences et les plus grandes
formations de jugement, il va diriger les travaux de la cour de justice. La cour peut être
réunie sous des formations différentes, selon l’importance de l’affaire. Elle peut siéger en
séance plénière lorsque l’affaire est très importante, en grande chambre qui comprendra
13 juges, ou en chambre de 3 ou 5 juges.
L’assemblée plénière est saisie des cas particuliers prévus par le statut de la cour et
également lorsqu’elle estime qu’une affaire revêt une importance exceptionnelle.
Lorsque l’assemblée plénière se prononce, les décisions sont prises à la majorité des voix
et il n’y a pas de possibilité d’exprimer une dissidence. La cour de justice siège en grande
chambre lorsqu’un état membre ou une institution qui est partie à l’instance le demande
ainsi que pour les affaires qui sont particulièrement complexes ou importantes. Les
autres affaires sont examinées par des chambres de 3 ou 5 juges. Les présidents des
chambres à 5 juges sont élus pour 3 ans, ceux des chambres à 3 juges le sont pour une
année. Un avocat général et un juge rapporteur sont chargés d’examiner les affaires qui
sont soumises à la cour. L’avocat général va présenter ses conclusions sur la façon dont
l’affaire devrait être réglée selon lui puis les juges délibèrent sur la base du projet d’arrêt
établi par le juge rapporteur. Chacun des juges a la possibilité de proposer des
modifications et caque juge est aidé par des juristes de son cabinet, appelés des
référendaires. L’arrêt définitif est prononcé en audience publique et il est publié dans un
recueil, celui des arrêts de la cour de justice et du tribunal. Cet arrêt s’impose à
l’ensemble des états membres et sur la totalité du territoire de l’union européenne. Le
greffier est le secrétaire général de l’institution, il dirige les services sous l’autorité du
président de la cour et il est désigné pour 6 ans.
a. La$cour$juge$en$premier$et$dernier$ressort
! Le renvoi préjudiciel
! Le pourvoi
La cour de justice peut être saisie de pourvois, limités aux questions de droit contre les
arrêts et ordonnances du tribunal. Si le pourvoi est recevable et fondé, la cour annule la
décision du tribunal. Dans l’hypothèse ou l’affaire est en état d’être jugée, la cour peut
trancher elle-même le litige. Dans l’hypothèse inverse, elle renvois l’affaire au tribunal
qui est lié par la décision rendue par la cour dans le cadre du pourvoi.
! Le réexamen
Les décisions du tribunal statuant sur des recours formés contre les décisions du tribunal
de la fonction publique peuvent exceptionnellement faire l’objet d’un réexamen par la
cour de justice.
A) La composition du tribunal
Ce tribunal est composé d’au moins un juge par état membre au niveau de la mise en
place, il est nommé par PAREIL QUE LA COUR DE JUSTICE
Il désigner le président pour trois ans parmi eux. En revanche, il n’y a pas d’avocats
généraux au tribunal. Cela étant, s’il le juge utile, le tribunal peut être assisté d’avocats
généraux, depuis le traité de Lisbonne. Au niveau des exigences d’indépendances et
d’impartialité, CE SONT LES MEMES. Les juges nomment un greffier pour 6 ans. Ces
juges siègent en chambre de 3 ou 5 juges, dans certaines hypothèses en formation à juge
unique et il est également possible que ce tribunal siège en grande chambre ou en
formation plénière, selon l’importance de l’affaire qui lui est soumise.
Le traité de Nice prévoyait qu’il était juge de première instance pour l’ensemble des
recours directs. Le traité de Lisbonne prévoit qu’il sera de plus juge de première
instance, notamment pour le contrôle de légalité des actes des institutions de l’union
destiné à produire un effet juridique à l’égard des tiers et également des recours formés
par les états membres contre le conseil, concernant les actes pris dans le domaine des
aides de l’état et des mesures de défense commerciale.
Ce tribunal fait parti des tribunaux spéciaux prévus par le traité de Lisbonne. Il est
composé de 7 juges nommés par le conseil pour un période de 6 ans renouvelable. Le
conseil veille à une composition équilibrée du tribunal sur une base géographique aussi
large que possible. Les juges désignent leur président parmi eux pour trois ans
renouvelable et ils nomment aussi leur greffier pour un mandat de 6 ans. Le tribunal
siège en chambre composée de 3 juges. Cela étant, au vu de la difficulté de l’affaire, elle
peut être renvoyée devant l’assemblée plénière.
Cette cour a été instaurée par l’ONU après la seconde guerre mondiale. Elle vise à
trancher les différents juridiques entre les états membres de l’ONU autrement que par la
force et les armes. Son fonctionnement est définit par la charte des nations unies et le
statut de la cour internationale de justice.
Elle est composée de 15 juges. Ces juges sont élus pour 9 ans renouvelables. Ils sont élus
à la majorité absolue par l’assemblé générale et le conseil de sécurité de l’ONU sur des
listes présentées par chaque état. Pour qu’il y ait une certaine continuité d’assurée, la
cour est renouvelée par tiers tous les trois ans. Le choix des juges a pour objectif
d’assurer la représentation des grandes formes de civilisation et des principes systèmes
juridiques du monde. Ces juges sont indépendants, inamovibles et bénéficient de
l’immunité diplomatique.
1) La compétence contentieuse
a. La compétence matérielle
Cette cour a pour mission de régler, conformément au droit international, les différends
qui lui sont soumis. Elle veille à l’application et au respect du droit international public.
Si les parties au différend sont d’accord, elle peut statuer en équité.
a. La compétence personnelle
Elle peut être saisie par l’ONU ou encore par l’un de ces états membres. La requête est
dirigée contre un état membre de l’ONU. La compétence de la cour internationale de
justice doit avoir été acceptée par les états concernés par le litige, sinon elle ne pourra
pas statuer valablement. Les arrêts rendus par cette cour ne sont pas exécutoire de plain
droit. Un état peut refuser l’exécution de la décision. L’autre partie peut alors saisir le
conseil de sécurité de l’ONU, qui, s’il le juge utile, peut faire des recommandations ou
décider des mesures à prendre pour faire exécuter l’arrêt.
1) La compétence consultative