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Cours Complet

Le document traite de l'évolution historique de la justice, en soulignant son rôle essentiel dans la société et en décrivant les différentes institutions judiciaires. Il aborde les changements majeurs survenus depuis l'Ancien Régime jusqu'à la période contemporaine, en mettant l'accent sur les réformes et les principes constitutionnels qui régissent le système judiciaire. Enfin, il évoque les modes non juridictionnels de règlement des litiges, tels que la conciliation et la médiation, qui visent à résoudre les conflits sans recourir à un juge.

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Cours Complet

Le document traite de l'évolution historique de la justice, en soulignant son rôle essentiel dans la société et en décrivant les différentes institutions judiciaires. Il aborde les changements majeurs survenus depuis l'Ancien Régime jusqu'à la période contemporaine, en mettant l'accent sur les réformes et les principes constitutionnels qui régissent le système judiciaire. Enfin, il évoque les modes non juridictionnels de règlement des litiges, tels que la conciliation et la médiation, qui visent à résoudre les conflits sans recourir à un juge.

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Introduction

On a trouvé des juges chargés de rendre la justice à toute époque et dans toutes sociétés.
La fonction juridictionnelle est liée à toute société, elle est source de stabilité et de paix
sociale.

Justice :
Le terme peut être entendu de différentes façons :
⁃ La justice peut être un sentiment d’équité que l’on porte au fond de soi-même.
Cette notion subjective varie en fonction de la morale de chacun.
⁃ La justice peut être une fonction de juger : celle de dire le droit lors d’une
contestation. Le juge rend la justice. C’est une prérogative souveraine qui
appartient à l’état. On a une nécessité d’avoir un juge qui intervient. Nul ne peut
se faire justice à soi-même. L’état a la responsabilité de l’ordre public et la justice
s’avère alors un devoir de l’état.
⁃ La justice peut désigner l’ensemble de ces institutions au moyen desquelles la
fonction de juger est exercée. Il s’agit des organes (c’est à dire des juridictions
comme les tribunaux, les cours...) et des hommes (c’est à dire des gens de justice
comme des magistrats, des juges, des auxiliaires de justice...).

La justice est alors un service public.

Institutions judiciaires :
Ce sont les personnes et les organes chargées de trancher, selon une procédure et des
règles de droit, les litiges qui opposent une ou plusieurs personnes à la collectivité
publique ou les personnes entre elles.

On a un double ordre de juridiction : l’ordre administratif et l’ordre judiciaire.

I. L’évolution historique de la justice


On observe quatre périodes distinctes.

A) La période d’avant 1789

1) Une organisation complexe

Il existait un grand nombre de juridictions : celles de droit commun et celles de droit


spécial. Celles de droit commun étaient composées des juridictions royales, des seigneurs
et des juridictions canoniques (c’est à dire les juridictions qui se limitaient aux questions
de mariage et d’état civil). Les juridictions de droit spécial, quant à elles, étaient
composées de prévôtés (qui sont les tribunaux consulaires en matière commerciale), de
tribunaux d’amirauté (du domaine maritime) et de la Chambre des Comptes.

L’ensemble des juridictions était chapeauté par deux instances : le Parlement (qui avait
un rôle de juridiction d’appel) et le Conseil des Parties (au côté du Roi).

1) Un fonctionnement inégalitaire

On souligne des difficultés :


⁃ Les procès étaient très lents, il était envisageable de former 6 appels successifs.
⁃ Les privilèges de juridiction reconnus aux personnes de la Noblesse, du Clergé.
⁃ La vénalité des charges de judicature. Les plaideurs devaient payer leurs juges.
A) La période de 1789 à 1810

Une nouvelle organisation juridictionnelle est mise en place. La Révolution française a


éradiqué le système juridictionnel de l’Ancien Régime. On a abolit les juridictions
royales, celles des seigneurs et les juridictions canoniques. La juridiction des prévôtés a
survécu car elle est composée de juges élus. Elle a été maintenue sous le nom de
tribunaux de commerce. On a mis en place des bases de la justice moderne.

1) Les réalisations de l’Assemblée Nationale constituante

La loi des 16 et 24 août 1790 comprend de nombreux principes et de règles toujours


d’actualité comme le principe de la séparation des pouvoirs, le principe de l’égalité
devant la justice, celui de la gratuité de la justice, celui du double degré de juridiction...
On a mis en place des nouvelles juridictions : les tribunaux de District sont devenus les
tribunaux de Grande Instance, le tribunal de la paix est devenu le tribunal d’instance.
En 1790, le législateur a reconnu une place importante à l’arbitrage. Il s’agit d’un mode
de juridiction particulier : les parties en conflit vont choisir une personne (pas un juge)
qui devra trancher le conflit.
La loi d’élection des juges fut incomplète et inachevée :
⁃ Un bon nombre de juridictions de figuraient pas dans ce texte. Elles ont été crées
ultérieurement. Le 27 novembre et 1er décembre 1790, deux lois créent le
tribunal de Cassation.
⁃ La loi de 1790 n’avait pas prévu de juridictions hiérarchiquement supérieures
pour faire juger une affaire une deuxième fois devant un juge plus expérimenté.
L’appel circulaire est une affaire rejugée une deuxième fois dans une autre ville mais de
même juridiction.

1) Les réalisations du Consulat

De nombreuses innovations ont été mises en place. En 1800, La Constitution du 22


Frimaire en 8 institue en l’article 52 le Conseil d’état (c’est à dire la clef de voûte de toute
notre justice administrative). Aujourd’hui, le Conseil constitutionnel a un rôle
juridictionnel et un rôle d’avis de conseil. La Constitution du 28 Pluviôse en 8 a crée des
conseils de préfecture (qui deviendront les tribunaux administratifs en 1853). La loi du
27 Ventôse en 8 met en place des juridictions hiérarchiquement supérieures qui
prennent le nom de tribunaux d’appel.

Le Consulat revoit le système d’élection des juges. Certains sont désormais nommés par
le Premier Consul.

1) La réalisation de l’Empire

Le principe de l’élection des juges est progressivement supprimé. Les juges sont à
nouveau nommés par le pouvoir en place. Les tribunaux d’appel deviennent les Cours
d’Appel tandis que les tribunaux de Cassation deviennent les Cours de Cassation. Le 18
mars 1806 on met en place des Conseils de prud'homme dont le rôle constitue à statuer
dans les litiges individuels entre salariés et employeurs. Le 21 avril 1810 concerne
l’organisation de l’ordre judiciaire et l’administration de la justice.

A) La période de 1810 à 1958


C’est une période de stabilité et de création de nouvelles juridictions plus spécialisées qui
dure jusqu’au milieu du 20ème siècle. On observe deux tendances :
⁃ La création de juridictions d’exception (c’est à dire spécialisées) car leur
compétence d’attribution sont fixées de façon limitative. Ces juridictions ne
peuvent connaître que des affaires qui leur sont confiées par un texte précis.
Exemple : les tribunaux paritaires des Baux ruraux, les tribunaux des affaires de la
sécurité sociale, les juridictions pour mineurs en matière pénale, les tribunaux des
conflits (par le décret du 25 octobre 1849, qui confirmé par la loi du 24 mai 1872)
⁃ L’apparition d’une véritable justice administrative. La loi du 24 mai 1872 a
également reconnu au conseil d’état le pouvoir de prendre des décisions
souveraines dans les litiges. C’est une multiplication des juridictions
administratives.

A) La période à partir de 1958

C’est une période de rénovation inévitable car on observe un vieillissement des


structures juridictionnelles à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

1) La réforme opérée en 1959

C’est la réorganisation de l’ensemble de la justice. La Constitution du 4 octobre 1958 est


une organisation juridictionnelle qui a été modifiée par des ordonnances (le 22 décembre
1958).
⁃ La structure même mise en place par les révolutionnaires n’a pas été modifiée
mais la terminologie a évolué.
⁃ La carte judiciaire a été revue, on a mis en place de grandes autorités judiciaires.
⁃ Le rôle des Cours d’Appel a été renforcé. C’est l’unique juridiction du second
degré, y compris vis à vis des juridictions spécialisées.
⁃ La création du Centre National d’Étude Judiciaire, devenu en 1970 l’École
Nationale de la Magistrature.

1) Les réformes suivantes

⁃ La création par la loi du 31 décembre 1987 des Cours administratives d’appel.


⁃ L’assistance judiciaire a été revue par la loi du 10 juillet 1990, elle est devenue
l’aide juridictionnelle.
⁃ La suppression des aveux de première instance par la loi du 31 septembre 1971.
⁃ La profession d’avocat a été largement réorganisée.
⁃ La création de codes de procédure. La codification mise en place le 5 juillet 1972 a
été réalisée par le décret du 16 mars 1978. La codification sur les juridictions de
l’ordre administratif date du 4 mai 2000.
Exemple : le code de l’organisation judiciaire

Le 18 janvier 2008, la Commission Guinchard, composée de professionnels du droit a


rendu son rapport exposant un certain nombre de propositions pour moderniser notre
justice.
Exemple : la création d’un guichet universel de greffe, le développement des modes
alternatifs des litiges

II. La hiérarchie des règles relatives à la justice et à ses


institutions
Ces règles relèvent du domaine de la loi. Le recours à des règlements ou décrets
n’intervenait que pour donner des précisions judiciaires. Les règles en matière
administratives relevaient du domaine législatif mais aussi du domaine complémentaire.
La Constitution du 4 octobre 1958 en redistribuant les compétences entre le Parlement et
le gouvernement a restreint dans son texte le domaine législatif au profit du domaine
complémentaire. Le conseil constitutionnel a en effet, au fil de ses décisions, dégagé tout
un corps de règles (le bloc de constitutionnalité vu en Introduction au Droit). Le Conseil
lui a attribué valeur de droit positif et force constitutionnelle.

A) La répartition des compétences entre le pouvoir législatif et le


pouvoir administratif

⁃ Dans le domaine de la création et organisation des différentes juridictions.


L’article 34 de la Constitution de 1958 a expressément maintenu que « les règles
concernant la création de nouveaux ordres de juridiction ». Cette formule semble
relativement réductrice. Cependant le conseil constitutionnel pour sa part et le
conseil d’état pour la sienne ont construit une jurisprudence audacieuse qui
entend très largement la notion d’ordre et la notion de règles concernant la
création.
⁃ Dans le domaine concernant les règles de compétences des différentes
administratives et les règles de procédure. C’est au législateur de fixer les limites
respectives entre la compétence judiciaire et la compétence administrative. La
procédure pénale relève uniquement du domaine de la loi. La procédure non
pénale, c’est la compétence réglementaire qui va trouver à s’appliquer.
⁃ Dans le domaine concernant le statut des personnels rattachés à la justice :
o Le statut des juges se décline selon qu’on est dans le cas de l’ordre
judiciaire ou de l’ordre administratif. L’ordre judiciaire relève de la loi
d’après l’article 34. L’article 64 quant à lui précise qu’il relève de la loi
organique pour les magistrats de carrière. L’ordre administratif relève du
pouvoir réglementaire sauf en ce qui concerne les règles qui établissent
leurs indépendances (c’est à dire les règles législatrices).
o Le statut des greffiers de l’ordre judiciaire est fixé par une loi. Celui de
l’ordre administratif est soumis à un régime complémentaire.
o Le statut des auxiliaires de justice relève principalement de la loi.
Concernant ceux à la disposition des parties, leur statut relève de la loi. La
police dans son activité de police judiciaire relève aussi de la loi.

A) Q u e l q u e s e x e m p l e s d e p r i n c i p e s c o n s t i t u t i o n n e l s ,
d’organisation et de procédure

Lorsque le Parlement adopte des lois d’organisation juridictionnelle. Il se doit de


respecter des principes d’organisation déclarés comme ayant valeur constitutionnelle tels
que :
⁃ L’indépendance des juridictions
⁃ La compétence de principe de la juridiction administrative lorsqu’il s’agit de
l’annulation ou de la réformation des décisions prises par les autorités publiques
lorsque ces dernières agissent dans l’exercice des prérogatives de puissance
publique.
Il se doit également de respecter le principe de procédure ayant valeur constitutionnelle
comme :
⁃ Le principe constitutionnel de la liberté individuelle dont le respect est confié à
l’autorité judiciaire (d’après l’article 66 de la Constitution).
⁃ Le droit de la défense
⁃ Le droit au juge tel qu’entendu en matière communautaire ou encore par la
Convention européenne des droits de l’homme.

III. L’application de la loi dans le temps


Les textes législatifs ou réglementaires relatifs à l’organisation des juridictions
s’appliquent dès leur promulgation pour la loi et dès leur publication pour les décrets et
ce sauf précision d’un autre texte.

Première Partie : La justice

Sous Partie 1 : Les différents types de règlements des litiges

Plus souvent par un juge lorsqu’il y aura eu transgression volontaire ou non. A défaut
d’un accord entre les intéressés, toute violation d’une règle juridique ne peut trouver
solution que dans l’intervention d’une juridiction. Pourtant certains conflits peuvent
trouver d’autres modes de règlements portés par un tribunal public.

Les modes non juridictionnels (c’est à dire les modes alternatifs de règlements de
conflits).

Chapitre 1 : Les modes non juridictionnels

L’objectif est d’étendre le conflit plutôt que de le trancher.

Section 1 : Les modes non juridictionnels généraux

I. Pourquoi de tels modes ?

A) Les différents litiges non juridiques

C’est l’hypothèse où l’on a une personne qui subit les effets d’une situation dommageable
à ses intérêts et qui cherche à faire cesser cette situation mais ne peut pas se référer à une
règle précise.
Exemple : dans le domaine du droit du travail les salariés demandent une augmentation.
Pour ce faire, ils se mettent en grève.

A) Les litiges juridiques

Certains conflits juridiques peuvent être écartés du règlement par un juge en raison de la
volonté des parties de ne pas soumettre le litige à un juge. Les parties souhaitent un
autre mode de règlement de conflit.
Exemple : les litiges entre voisins, ou ceux entre les états (qui créent un facteur de paix
pour résoudre le conflit)

II. Les principaux modes de règlements non juridictionnels


Il s’agit essentiellement de la conciliation, de la médiation, de la transaction et dans un
proche avenir, de la procédure participative de négociation assistée par un avocat. La loi
du 8 février 1995 est peu claire en la matière : le décret d’application du 28 juillet 1996
précise certains éléments :
⁃ La conciliation relève plutôt du fait du juge lui-même ou d’un conciliateur de
justice. La conciliation est gratuite
⁃ La médiation relève d’un tiers, elle est payante.

n° de la loi, votée pendant cette année

La loi n° 2008-561 prévoit que la tentative de conciliation ainsi que cette de la médiation
suspend le cours de la prescription.

Les maisons de justice et de droit sont des lieux où les solutions amiables sont
privilégiées. Depuis la loi du 18 décembre 1998, les maisons de justice et de droit sont
instituées à titre facultatif dans le ressort de chaque tribunal de grande instance. Elles
ont pour mission d’assurer une présence judiciaire de proximité. Elles doivent participer
à la prévention de la délinquance, à l’aide aux victimes et à l’accès aux lois. Elles ont
vocation à accueillir les mesures alternatives de traitement pénal et les actions visant à la
résolution amiable de petits ordres civils.

A) La conciliation

1) Le contenu

La conciliation est un mode de règlement des litiges par lequel les parties en présence
s’entendent directement pour mettre fin à leur litige avec si nécessaire l’aide d’un tiers.

1) Le domaine de la conciliation

a. Le droit privé

Peut prendre plusieurs formes :


⁃ La conciliation peut être judiciaire (du fait du juge lui-même) et le code de
procédure civile lui reconnaît cette possibilité
Exemple : en matière de procédure de divorce, on trouve une tentative de conciliation, le
juge peut aussi enjoindre les parties de rencontrer une personne qu’il désigne parmi les
conciliateurs de justice
⁃ Elle peut être parajudiciaire lorsqu’il y a un lien établi avec les autorités
judiciaires.
⁃ Les conciliateurs extrajudiciaires qui n’ont aucun lien particulier avec le juge. Si
la conciliation n’aboutit pas, il n’y a pas nécessairement un recours en justice par
après.
Exemple : conseiller du salarié crée par la loi du 18 janvier 1991, l’article L-1932-7 du
conseil du travail, la commission de règlement des litiges de la consommation

a. Le droit public
⁃ Dans le cadre du droit administratif, la conciliation existe dans les rapports entre
l’état et les établissements d’enseignement privé. Concernant les administrés et
l’administration, ce sont des règlements amiables.
⁃ Dans le droit international public, la conciliation est un mode privilégié dans les
rapports internationaux.

A) La médiation

Le médiateur a un rôle plus actif puisqu’il recherche les éléments d’une entente qu’il
propose aux parties.

1) Du médiateur de la République au défenseur des droits

En 1930, la personnalité d’Ombudsman en Suède, pouvait être saisie par les particuliers
qui reprochaient à l’administration un mauvais fonctionnement et présenter des
recommandations pour l’améliorer.
Le 3 janvier 1973, en France, le médiateur de la République a un rôle important et
étendu. Il concerne l’état et la collectivité locale et tous les organismes, il fait des
recommandations en droit et en équité.
Le médiateur de la République ne peut pas intervenir dans une procédure en cours, ni
remettre en cause le bien fondé d’une décision juridictionnelle. Cela étant, il a la faculté
de faire des recommandations à la personne publique en cause si celle-ci l’a emporté. Si
toutefois, la personne publique en question a perdu et si elle n’exécute pas la décision, le
médiateur a la possibilité de lui enjoindre de s’y conformer. On a mis en place plusieurs
solutions pour éviter l’engorgement :
⁃ Une « règle d’épuisement des voies administratives normales préalablement
saisies »
⁃ Un filtrage des réclamations manifestement infondées ou abusives a été mis en
place.
Le médiateur de la république ne peut être saisi que par un parlementaire ou par le
médiateur européen ou encore par un médiateur d’un pays étranger.

Le nombre des réclamations a augmenté grandement, ce qui a suscité la mise en place


d’autres médiateurs spécialisés dans des domaines particuliers puis ensuite la refonte
même de l’institution.

La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 relative à la modernisation des institutions de


la 5ème République a créé un défenseur des droits qui remplace le médiateur. Ce
défenseur est nommé par le président de la république pour 6 ans non renouvelables. Il
veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’état des collectivités
territoriales, des établissements publics et de tout organisme investi d’une mission de
service public. Cette loi précise également les conditions dans lesquelles il peut être saisi
par les personnes qui s’estiment lésées et il a également la faculté de s’autosaisir. Ce
défenseur va rendre compte de son action au président de la république et au parlement.

1) Le médiateur du cinéma

Il a été créé par une loi du 29 juillet 1982, modifié par une ordonnance du 13 novembre
2008. Ce médiateur du cinéma, sous certaines réserves, est chargé de mettre en œuvre
une conciliation préalable pour les litiges relatifs à la diffusion en salles des œuvres
cinématographiques et qui ont pour origine une situation de monopole qui va avoir une
incidence sur la concurrence. Ce médiateur peut être saisi par toute personne physique
ou morale concerné en la matière, également par toute organisation professionnelle ou
syndicale intéressée et enfin par le directeur du centre national de la cinématographie. Il
peut également s’autosaisir. A défaut de conciliation, le médiateur du cinéma émet dans
un délai maximum de deux moi à compter de sa saisine, une injonction qui peut être
rendu publique. Si en revanche, la conciliation a abouti, il dresse alors un procès verbal
de conciliation qui aura force exécutoire en raison de son dépôt au greffe du tribunal
d’instance. Si la conciliation n’aboutit pas, le médiateur a plusieurs possibilités :
⁃ Il peut décider de saisir l’autorité de la concurrence si le différent relève de sa
compétence.
⁃ Il peut informer le ministère public si les faits sont susceptibles d’une
qualification pénale.

1) La médiation en droit privé et en droit public

Certaines formes de médiation relèvent des auxiliaires du juge car ce dernier désigne les
médiateurs, coordonne et contrôle leur activité. On peut avoir d’autres types de
médiateurs, totalement indépendant par rapport à la justice, comme le système de
médiateur institué par les sociétés et mutuelles d’assurance, aussi mis en place par la
poste ou par la SNCF.

1) La médiation en droit européen

Dans l’union européenne, un médiateur est désigné au début de chaque mandature par
le parlement européen. Ce médiateur est compétent pour recevoir les plaintes qui
émanent des citoyens de l’union européenne ainsi que de toute personne physique ou
morale résidant ou ayant son siège statutaire dans un état membre. Sa mission est de
traiter « tout cas de mauvaise administration dans l’action des institutions ou des
organes communautaires ». Pour ce faire, il a un certain nombre de pouvoirs et de
contrôles. Le pouvoir de ce médiateur n’est qu’un pouvoir de recommandation vis à vis
de l’institution ou de l’organe communautaire concerné. Le conseil de l’Europe a réalise
plusieurs instruments concernant les modes d’alternatives de règlement de litiges et
notamment la médiation.

A) La transaction

1) Notion et mesures favorables

La transaction suppose que deux personnes puissent chacune faire valoir des prétentions
vis à vis de l’autre et le litige va être éteint ou prévenu au prix d’un abandon par chacune
de ces parties d’une ou plusieurs de ses prétentions. Cette transaction va être formalisée
dans un acte qui sera signé par les intéressés. L’article 2044 du Code Civil nous dit que la
transaction peut intervenir aussi bien lorsque l’affaire est déjà engagée devant un juge
soit pour éviter la naissance d’un procès. Dans ces deux hypothèses, l’article 2052 du
Code Civil confère à cette transaction et entre les signataires l’autorité de la chose jugée
en dernier ressort. Cela signifie que l’affaire est réglée définitivement et ne peut plus être
soumise à un tribunal. D’une part, la loi du 18 décembre 1998 permet d’accorder l’aide
juridique en vue de parvenir à une transaction avant l’introduction de l’instance et
également de rétribuer l’avocat, même en cas d’échec. D’autre part, le décret du 28
décembre 1998 met en place un certain nombre de mesures et permet que l’affaire soit
retirée du rôle au niveau du greffe.

1) Domaine de la transaction

Elle peut agir et intervenir aussi bien vis à vis de personnes publiques que de personnes
privées. En droit public, on trouve la transaction fréquemment en cadre fiscal, dans le
domaine des marchés publics. En droit privé, on trouve assez fréquemment des
transactions dans le domaine du droit des assurances.

On a des closes de transaction dans les polices d’assurances et l’offre obligatoire


d’indemnisation de la victime d’un accident de la circulation par l’assureur. En matière
de droit pénal, le principe est que la transaction n’a aucune efficacité sur l’action
publique. Cela étant, certaines administrations ont la possibilité sous le contrôle du
parquet de proposer l’abandon des poursuites en contrepartie de la reconnaissance des
faits et du paiement d’une somme d’argent. La haute autorité de lutte contre les
discriminations et pour l’égalité a également la possibilité de transiger pour les
infractions en matière de discrimination, infractions précisément énumérées.

1) La force exécutoire

Le décret de 1998 a introduit dans le Code de procédure civile un article 1441-4 qui
permet à l’une des parties à une transaction de demander au président du tribunal de
grande instance sur simple requête d’entériner l’accord afin de lui donner une force
exécutoire.

A) La procédure participative de négociation assistée par avocat

Ce nouveau mode de règlement des litiges a été proposé par la commission Guinchard.
L’élaboration de ce texte est en cours. Les parties à la procédure participative assistées de
leur avocat s’engagent volontairement avant toute procédure contentieuse par une
convention de participation à agir de manière conjointe et de bonne foi à la résolution
négociée de leurs litiges. Dans la convention va figurer l’objet, les modalités et les
éléments déterminant la solution du litige. Les parties s’engagent également à ne pas
saisir le juge et la prescription est suspendue durant tout le temps de cette convention.
Homologation de l’accord par le juge pour lui conférer une force exécutoire. Le fait de
remettre au greffe le procès verbal vaut saisine de la juridiction, l’affaire n’est alors pas
renvoyée.

Section 2 : Les modes non juridictionnels spécifiques


aux droits administratifs

Possibilité de régler les litiges entre une personne publique et un particulier, soit selon
les modes évoqués précédemment, soit selon un mode juridictionnel, soit enfin selon une
autre forme de règlement spécifique et interne à l’administration. Contestation sur la
légalité ou l’opportunité d’un acte administratif : possible ou obligatoire réclamation
devant l’administration. Si l’administration reconnaît le bien fondé de la contestation
possibilité soit de prononcer l’abrogation de l’acte soit le retrait.

I. Les différentes formes


Il y a deux formes de recours administratifs.

A) Les recours gracieux


Le recours gracieux est porté devant le comité dont émane l’acte mis en cause. On essaye
de convaincre cette autorité que l’acte présente un caractère inégal ou inopportun.

A) Le recours hiérarchique

Il est porté devant le supérieur de l’autorité qui est l’auteur de l’acte mis en cause. On
demande à ce supérieur d’annuler l’acte en usant de son pouvoir hiérarchique.

II. Mode de fonctionnement de ces recours

A) Le recours administratif ordinaire

Cela signifie qu’on conçoit le recours comme une espère ce droit de pétition reconnu des
citoyens auprès des pouvoirs publics. Ce recours n’a pas à être prévu par un texte, en
revanche il ne peut être interdit que par un texte. Il joue de manière indépendante par
rapport à l’existence de recours juridictionnels. Il a un caractère informel, il est très
souple : il n’a pas de condition de délai.

A) Le recours administratif réglementé

Un certain nombre de recours administratifs ont été prévu spécifiquement par des
textes. Au niveau des recours fiscaux, il n’est pas possible de saisir directement le juge
sous peine d’irrecevabilité de la demande, le contentieux de l’assiette et du recouvrement
de l’impôt doit faire préalablement l’objet d’un recours administratif.

Section 3 : Les activités non juridictionnelles des


tribunaux

Un acte juridictionnel se caractérise par la constatation de fait pour trancher une


contestation qu’un acte ou un fait juridique est contraire à une règle de droit et on en tire
alors les conséquences.

Il existe aussi une activité non juridictionnelle dans laquelle le tribunal n’a pas pour
fonction de trancher un litige.

I. Dans le cadre de tribunaux judiciaires


Les actes non juridictionnels sont généralement classés en deux catégories : les mesures
d’administration judiciaire qui correspondent à la gestion du tribunal et les actes non
juridictionnels qui ont traient à la solution du litige.

II. Dans le cadre des juridictions administratives et internationales

On va retrouver les mêmes actes que ceux concernant la gestion du tribunal. L’activité
des juridictions administrative va être importante pour des raisons historiques. Les
juridictions administratives disposent d’une très large compétence consultative au profit
de l’administration. On retrouve aussi ce rôle consultatif dans les grandes juridictions
internationales comme au niveau de la cour internationale de justice. On a également un
rôle de contrôle financier qui incombe à la cour des comptes et à la chambre régionale
des comptes.

Chapitre 2 : Les modes juridictionnels

Ils sont caractérisés par l’élément suivant : la solution des litiges est cherchée dans un
acte juridictionnel. Ils peuvent se décliner de plusieurs manières.

Section 1 : L’arbitrage

I. Une justice contractuelle


L’arbitre se voit confier la fonction de trancher lui-même le litige et de statuer en droit.
Cette fonction de dire le droit rapproche l’arbitrage des tribunaux. Cela étant, il est
également possible aux arbitres de statuer comme « amiables compositeurs » c’est à dire
de se prononcer en équité comme le prévoit l’alinéa 4 de l’article 12 du code de procédure
civile. L’arbitre est un véritable juge privé. Pour que cette justice arbitrale puisse être
mise en œuvre, il faut un accord préalable des parties. Cet accord se traduit par une
convention qui va déterminer le ou les arbitres susceptibles d’intervenir et qui va fixer les
règles que cet arbitre suivra. Lorsque la convention intervient alors que la contestation
est déjà née, on parle de compromis. Lorsque la convention vise un éventuel litige qui
concerne l’exécution d’un contrat, on parle d’une close compromissoire.
En cas d’inexécution de la solution, il faut alors demander à un juge de rendre cette
sentence arbitrale exécutoire en délivrant ce qu’on appelle une ordonnance d’exequatur.
Cette sentence arbitrale peut aussi faire l’objet d’une voie de recours, un appel est
possible en cas d’atteinte à l’ordre public même si les parties avaient renoncé à tout
recours.

II. Les caractères de l’arbitrage

L’arbitrage est une forme de justice qui est plus rapide que la justice d’état. Cet avantage
peut être un des éléments qui penche en faveur de l’arbitrage. L’arbitrage est également
supposé être moins couteux qu’une procédure devant une juridiction. Ce sont des
notions relatives.
L’arbitrage est une justice qui est discrète. En effet, il n’y a pas de publicité. Cette
discrétion permet de régler certains litiges sans que l’information transite par rapport à
un événement donné.

III. Les domaines de l’arbitrage

En principe, l’arbitrage ne peut pas concerner les personnes publiques, sauf quelques
rares exceptions législatives. L’arbitrage va trouver son terrain de prédilection en droit
commercial et notamment en droit international. On le trouve aussi en droit du travail
dans le domaine du règlement des conflits collectifs du travail. L’arbitrage joue un rôle
important en droit international public.
Section 2 : Le recours aux tribunaux publics dans le
cadre de leur activité juridictionnelle

Les juridictions ont un travail important, elles relèvent du service public de la justice. Ces
juridictions sont imposées par l’article 6-1 de la convention européenne des droits de
l’homme. Selon cet article « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue [...]
par un tribunal établi par la loi [...]». Ce tribunal va présenter une garantie de
compétence et d’impartialité dans le raisonnement juridique. De plus, seul un organisme
investi de l’autorité de l’état peut donner force exécutoire à ses actes. Dans le règlement
d’un litige, on a deux éléments différents, classiquement pris en considération. Le
premier est le pouvoir de dire le droit, c’est à dire d’appliquer la règle de droit à une
situation donnée. Le deuxième est le pouvoir d’ordonner ce qui consiste à tirer la
conséquence du résultat auquel on a aboutit dans la décision précédente en prononçant
une décision pourvue de la force exécutoire. Les jugements rendus par un tribunal sont
toujours pourvus de cette force exécutoire. Les actes de juridiction gracieuse sont des
actes qui correspondent à des situations où le juge est saisi d’une demande dont la loi
exige qu’elle soit soumise à son contrôle mais en l’absence de tout litige.
Exemple : le juge autorise ou homologue un acte dont le contenu a été préalablement
décidé entre les intéressés eux-mêmes, par exemple une autorisation de changement du
régime matrimonial entre époux.

Section 3 : Les autorités administratives indépendantes


exerçant une activité juridictionnelle

Le plus souvent, ces autorités sont des organismes collégiaux dont les pouvoirs sont
étendus et les compétences spécialisées. Ces autorités disposent d’une grande
indépendance par rapport à l’état, elles ont parfois des pouvoirs d’injonction voire de
sanction. L’élément commun de ces différentes autorités est que les autorités sont
appelées à recevoir des réclamations des particuliers et des entreprises de leur secteur en
vue d’assurer l’effectivité des droits et liberté dans leur domaine de compétence.
Concernant les relations des administrés avec l’administration, on peut citer la
commission d’accès aux documents administratifs. Concernant la communication, on
peut citer la commission d’informatique et liberté. Au plan économique on a l’autorité de
la concurrence, l’autorité des marchés financiers. Dans le domaine sociétal, la haute
autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité.

I. Valeur en droit européen

La cour européenne des droits de l’homme a admis leur validité de principes pour la
raison suivante : pour des infractions nombreuses et légères, un état peut avoir de bons
motifs de décharger ses juridictions du soin de les poursuivre et de les réprimer. Confier
cette tache à des autorités administratives ne se heurte pas à la convention pour autant
que l’intéressé puisse saisir de toute décision prise à son encontre offrant les garanties de
l’article 6.
II. La nature juridique de ces autorités indépendantes

Le conseil constitutionnel n’a pas voulu reconnaître ce caractère juridictionnel aux


organes eux mêmes concernant le conseil de la concurrence. A l’inverse, le conseil d’état
considère que la commission d’informatique et liberté constitue un tribunal au sens de
l’article 6-1 de la convention européenne des droits de l’homme.

III. La singularité de ces autorités

Ces autorités dans certains cas, portent atteinte à la séparation des pouvoirs telle que la
concevait Montesquieu.
⁃ « elles légifèrent par les règlements qu’elles édictent dans leur domaine de
compétence »

⁃ Elles assurent également le contrôle de leur secteur de compétence

⁃ Elles jugent sur la base de règlements qu’elles ont elles-mêmes élaboré et qu’elles
vont donc interpréter
⁃ Elles font quelque part œuvre de doctrine puisqu’elles vont rendre des avis et des
recommandations dans les rapports qu’elles établissent

Cette singularité renvois à un phénomène des USA où l’on trouve des agences de
régulation des grands secteurs économiques qui a pour effet de traduire la séparation des
pouvoirs.

Sous Partie 2 : Les grands principes régissant la fonction


juridictionnelle

Chapitre 1 : En droit interne

La justice est un service public. On constate que pour s’exercer, cette justice va nécessiter
des moyens humains, financiers, matériels et également des règles de fonctionnement.
Le service public qu’est la justice doit assurer à la fois la protection des justiciables et
celle des juges, notamment en garantissant l’indépendance des magistrats. Concernant le
financement de ce service public, l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2006 de la Loi
organique pour les lois de finances a conduit à des bouleversements importants. Elle doit
réformer la gestion publique en l’orientant vers une culture de la performance et
renforcer la transparence et le contrôle démocratique du budget de l’état. Ce service
public dépend du ministère de la justice qu’on appelle aussi la chancellerie et qui se
trouve placé sous la responsabilité du garde des sceaux. Ce service public de la justice est
gouverné par un certain nombre de grands principes et de règles.

Section 1 : Les principes qui gouvernent le service


public de la justice

I. Le principe d’indépendance lié au principe de séparation des


pouvoirs
Il se décline par rapport à trois pouvoirs.

A) Le principe d’indépendance de la justice par rapport au pouvoir


législatif

1) L’interdiction pour le juge d’intervenir dans la fonction législative

Cela signifie tout d’abord que le juge ne peut pas s’opposer à l’application des lois (terme
étant entendu de manière large), même si un texte lui paraît incomplet, inadapté, le juge
a obligation de l’appliquer. Si même il n’y a pas de texte, le juge ne peut pas refuser de
statuer, sinon il serait coupable d’un déni de justice. Le juge ne peut pas rendre des
arrêts de règlements (c’est une décision de justice par laquelle le juge, à l’occasion d’un
litige qui lui est soumis pose une règle générale applicable à tous). Cette interdiction est
posée à l’article 5 du code civil.

1) L’interdiction pour le législateur d’intervenir dans la fonction de juger

Il ne doit pas intervenir dans les affaires dites « pendantes » (c’est à dire en cours
d’instance) devant les juridictions au moyen d’une loi de circonstance. De manière
générale, cette règle est respectée.
⁃ Les lois rétroactives sont celles dont les conséquences vont remonter dans le
passé. Cela veut dire que la loi va faire renaître des droits qui n’existaient plus ou
alors qui n’existaient pas du tout. Le législateur va intervenir dans le jugement de
certaines affaires. L’article 2 du code civil pose que les lois ne sont pas
rétroactives, cela n’empêche pas le législateur de voter une loi expressément
rétroactive qui aura alors un effet sur les affaires pendantes.
⁃ Les lois interprétatives sont celles qui ont pour vocation d’interpréter une loi
antérieure afin d’en préciser le sens et la portée. Cette loi interprétative va avoir
un effet rétroactif puisqu’elle s’intègre à la loi interprétée et prend effet à la date
de cette dernière.
⁃ Les lois de validation sont des lois qui tendent à rendre valable un acte qui ne
l’était pas initialement. Lorsqu’un acte illégal a été crée par une administration,
qui va être déféré à une juridiction administrative afin d’en obtenir l’annulation,
le législateur va intervenir de façon particulière pour valider rétroactivement cet
acte, cette dernière devenant alors conforme à la loi. Cette méthode a un effet
efficace puisqu’elle supprime tout objet à la demande dont le juge a été saisi si la
demande intervient en cours d’instance. Si toutefois cette loi de validation est
promulguée après le jugement qui a déclaré l’acte nul, elle aura pour effet de
dispenser l’administration d’exécuter le jugement.

A) L’indépendance de la justice par rapport au pouvoir exécutif

1) La protection du gouvernement face au juge

Lorsque l’on dit que la justice est indépendante, cela signifie que le juge ne doit pas faire
ingérence dans le pouvoir exécutif. Ce principe va se décliner de façon différente, selon
qu’on se trouve face à un juge judiciaire ou à un juge administratif. Le juge judiciaire ne
peut pas juger l’administration, selon la loi des 16 et 24 août 1790, les différents pour
lesquelles une personne morale de droit public est concernée ne peuvent pas être soumis
aux juridictions judiciaires. Cette situation a une conséquence discutable car elle a fait
échapper tout contrôle juridictionnel, l’administration disposait d’une inimitée contre
toute action en justice. La solution qui avait été trouvée était que ces litiges devaient être
tranchés par le conseil d’état. Ce recours hiérarchiques mettait en cause l’administration,
on pouvoir parfois douter de son impartialité dans un cas de figure où l’administration
était engagée. Le conseil d’état avait à l’origine un rôle limité : uniquement un rôle de
conseil. On parlait alors de justice retenue. Cette solution n’était pas satisfaisante et c’est
une loi du 24 mai 1972 qui a dit que c’est désormais le conseil d’état qui juge les
différents, les litiges dans lesquels l’administration est impliquée. On est passés d’une
justice retenue à une justice déléguée. Cela fait qu’on a eu une création de deux ordres de
juridictions : l’ordre judiciaire et l’ordre administratif.

Les juges judiciaires n’ont pas le pouvoir de juger lorsqu’une personne de droit public est
en cause. Les juges administratifs n’ont pas le pouvoir d’adresser des injonctions aux
personnes morales de droit public.
Exemple : le juge administratif ne pourra pas convaincre un maire à prendre un arrêté

1) La protection du juge face au gouvernement

L’administration ne peut pas faire ingérence dans le pouvoir judiciaire. Le pouvoir


exécutif ne peut pas donner d’ordres au juge, que ces juges appartiennent à l’ordre
judiciaire ou administratif. Pour autant, cette interdiction doit être nuancée, en effet,
cette interdiction ne vaut que pour les magistrats du siège qui ont vocation à trancher les
litiges, cette interdiction ne vaut pas pour les magistrats du parquet qui ont pour
fonction de requérir la bonne application de la loi et de veiller à la défense de l’ordre
public.
Les magistrats du siège sont indépendants du pouvoir exécutif, indépendance qui est
assurée par la règle de l’inamovibilité. S’il y a faute disciplinaire, c’est le conseil de la
magistrature qui interviendra.
Le principe de l’indépendance à l’égard du pouvoir exécutif n’est pas applicable aux
magistrats du parquet. Tous les membres sont soumis à une autorité supérieure. Au
sommet de cette pyramide, on trouve le garde des sceaux. Qui peut à tout moment
donner des ordres et des instructions aux membres du parquet. Si le magistrat refuse,
une sanction disciplinaire est envisageable. L’indépendance de la justice est garantie.

A) L’indépendance de la justice par rapport aux partis politiques

1) Les relations du juge avec les partis politiques

Présents au parlement, ils participent à l’élaboration des lois qui concernent directement
les magistrats. Cette manière de faire n’enlève rien à l’indépendance du juge puisque
c’est tout le corps qui est concerné par la loi et pas un juge individuellement.
Au niveau du gouvernement, les partis politiques sont présents au via les ministres qui
sont issus de leur rangs.
La nécessité de protéger les justiciables par rapport au militantisme politique d’un juge.
Les juges se doivent de faire preuve de neutralité par rapport aux partis politiques. Si
toutefois cette neutralité n’était pas mise en œuvre, les juges pourraient se voir
poursuivre disciplinairement. Le juge a un rôle particulier par rapport aux partis
politiques.

1) La protection des partis politiques face aux excès du juge


Un certain nombre de dispositions diverses assurent sa protection. L’article 4 de la
constitution pose le principe de la liberté de formation et de la liberté fonctionnement
des partis et groupements politiques. Le code pénal prévoit également qu’en cas de
responsabilité pénale de la personne morale qui incarne le parti politique, le juge pénal
ne peut ni prononcer la dissolution de ceux ci, ni interdire son activité. Le juge financier
voit aussi ses prérogatives restreintes en matière de contrôle des comptes des partis
politiques. Si toutefois un juge s’immiscait dans le fonctionnement d’un parti politique,
la sanction serait la nullité de ses pouvoirs.

I- II. Le principe d’égalité


L’égalité devant la justice signifie que toute personne a une égale vocation a être jugée
par les mêmes juridictions et selon les mêmes règles de droits, qu’il s’agisse de règle de
procédure ou de règle de fond. Si discrimination il y a, elle sera sanctionnée.

A) Rappels historiques

Jusqu’à la révolution française, les plaideurs ont souffert. En effet, les justiciables ne
relevaient pas les juridictions en fonction de leur catégorie sociale (clergé, noblesse,
tiers-état). La loi de 1790 a supprimé les privilèges en matière de juridiction.

A) Situation actuelle

1) Les particularités liées à l’existence de juridictions d’exception

1) Les particularités liées à l’aspect économique

L’inégalité qui subsiste encore aujourd’hui est une inégalité de nature économique. En
effet, tout procès va entraine des frais conséquents. Or toutes les personnes ne disposent
pas des mêmes moyens financiers. Pour tenter de tempérer cette inégalité, le législateur
a mis en place un système d’aide juridictionnelle dans lequel l’état, sous certaines
conditions de ressources, prend en charge certains des frais occasionnés par le procès.

III. Le principe de gratuité


Cette gratuité n’existe pas à tous les niveaux.

A) Gratuité par rapport aux coûts de fonctionnement de la justice

La justice est un service public. Lorsqu’on dit que la justice est gratuite, cela signifie que
les frais de fonctionnement ainsi évoqués en personnels et en matériel ne sont pas à la
charge du justiciable, mais à la charge de l’état. Ce principe a été posé pour la première
fois par la loi des 16 et 24 aout 1790. Sous l’ancien régime, les juges étaient rémunérés
par les plaideurs, rémunération qui au départ prenaient la forme de présents en nature
(c’est à dire des gourmandises appelées des épices) qui ont au fur et à mesure pris la
forme de présents en espèce. Aujourd’hui la rémunération des juges relève
exclusivement de l’état. Le délit de concussion est le fait qu’un juge accepte un paiement
pour statuer en faveur ou en défaveur d’un tel.

A) L’absence de gratuité pour les autres frais

1) Les différents frais


Tous les frais autres que ceux concernant le fonctionnement de la justice restent à la
charge du plaideur. Il s’agit tout d’abord des honoraires de l’avocat qui sont fixées de
façon libre, par accord entre l’avocat et son client. Il n’y a pas de tarification. Les
honoraires restent en principe à la charge individuelle de chacun des plaideurs, peut
importe qu’il ait gagné ou non le procès. Cependant, le juge peut estimer qu’il serait plus
juste qu’une partie des honoraires doit être remboursées par le perdant à son adversaire
« lorsqu’il parait inéquitable de lui en laisser la charge ». Ce sont les articles 700 du code
de procédure civile et 475-1 du code de procédure pénale. On trouve également les
dépens qui comprennent les émoluments (c’est à dire des sommes dues à l’avocat ou à
l’huissier pour la rédaction d’actes de procédure, il y a une tarification mise en place par
l’état) et les frais divers (c’est à dire les honoraires de l’expert par exemple).

1) Les aides possibles

Le législateur, par la loi du 10 juillet 1991, a institué l’aide juridictionnelle. Sous


conditions de ressources et du bien fondé de la demande, le plaideur qui profite de cette
aide juridictionnelle n’aura pas à payer les frais de justice (qui sont normalement à sa
charge), l’état prendra en charge de façon partielle ou totale ces frais de justice. C’est la
loi du 31 décembre 1989 qui a adapté le code des assurances au recours à une assurance
de protection juridique.

I- IV. Le principe de continuité


Ce principe découle de deux éléments différents : la permanence de la justice et
l’encadrement du droit de grève par rapport aux juges et aux magistrats.

A) La permanence de la justice

Cela signifie que cette justice se déroule toute l’année et que toute l’année, tout plaideur
peut saisir une juridiction pour faire trancher un litige. Au Canada, la justice n’est pas
permanente.
Il est possible de saisir un juge les dimanches et jours fériés, ce qui ne veut pas dire
forcément que le juge va statuer ce jour là. En cas d’urgence on a la possibilité de saisir le
juge des référés.
La permanence de la justice intervient aussi en période de vacances puisque les juges
vont intervenir par roulement. Cela étant, il y a quand même à ce principe de
permanence certaines exceptions. En effet, certaines juridictions de l’ordre judiciaire ne
vont siéger que par sessions. Au niveau de l’ordre administratif, la permanence est de
principe puisque les tribunaux de droit commun siègent en permanence. Cela étant,
certaines juridictions ne se réunissent que lorsqu’il y a un nombre suffisant d’affaires. Il
y a une continuité dans l’existence et dans le rôle e la justice.

A) La question spécifique du droit de grève des magistrats et des


juges

De façon générale, le droit de grève dans les services publics doit se concilier avec les
exigences du service continu. Dans l’ordre judiciaire, un texte express interdit aux
magistrats « toute action concertée de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement
des juridictions » (Ordonnance du 22 décembre 1958).
Dans l’ordre administratif, les juges sont des fonctionnaires de l’état soumis au statut
général des fonctionnaires sauf dispositions spécifiques dans leur statut particulier.
Aucune règle n’est venue leur interdire expressément l’usage du droit de grève. Il y a un
syndicaliste important qui s’est développé.
V. La loyauté et le service public de la justice

A) Le principe du contradictoire

« Entend l'autre partie » : nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue. Chaque
partie doit connaître les prétentions, les preuves et les moyens de droit de son adversaire
afin d’être en mesure d’organiser sa défense. Il s’agit là du principe du contradictoire, qui
constitue un principe général du droit aussi bien selon le conseil d’état que selon le
conseil constitutionnel. Ce principe s’applique et s’impose aux parties mais aussi aux
juges.

1) Ce principe et les parties

Toute partie à l’instance quelle que soit sa qualité est concernée par le contradictoire,
qu’elle soit demandeur, défendeur, appelant, intimé ou tiers en cas d’intervention forcée
ou volontaire. Ce principe assure la transparence de la procédure à toutes ces phases. La
première phase est celle de l’introduction d’instance durant laquelle le demandeur va
décliner son identité, informe son adversaire de l’objet du procès et développe ses
arguments. Le défendeur est officiellement informé de l’ouverture du procès à son
encontre : c’est ce qu’on appelle l’assignation. Il est en mesure de se défendre en
comparaissant au jour et heure fixés en se faisant assisté d’un avocat et en ayant réuni les
pièces nécessaires à sa défense. Pendant l’instance les parties échangent obligatoirement
leurs conclusions, qui développent les moyens de faits et de droits. Les parties se
communiquent leurs pièces, c’est à dire les preuves. Lors de l’audience, chaque plaideur
représenté par son avocat apporte les éclairages et les explications nécessaires.

1) Ce principe et le juge

Le juge a l’obligation de faire observer et d’observer lui même le principe du


contradictoire. Cela veut dire que le juge doit vérifier que l’acte introductif d’instance a
bien été délivré à temps (c’est à dire au défendeur) et à personne. Dès lors qu’une
instance est introduite, un jugement doit être rendu, ce jugement est « réputé
contradictoire lorsque le défendeur officiellement informé ne comparait pas». Le
jugement en revanche est rendu « par défaut lorsque l’assignation n’a pas pu l’atteindre
en personne ». Dans cette hypothèse, le défendeur peut utiliser un recours en
rétractation, il s’agit de l’opposition qui permet de substituer une décision contradictoire
à une décision non contradictoire, et c’est le même juge qui rejuge l’affaire. Le juge doit
écarter toute pièce qui n’aurait pas été communiquée en temps utile à l’adversaire. Dans
sa décision, le juge ne peut pas utiliser ses connaissances ou investigations personnelles
qui n’ont pas été soumises au contradictoire. Pareillement, il ne peut soulever d’office
des moyens de purs droits qu’après avoir invité les parties à formuler leurs observations.

A) Le principe de publicité

La justice étant exercée au nom du peuple français, elle doit être rendue de façon
publique et non de façon clandestine.

1) La publicité des débats

Les débats et les plaidoiries devant le tribunal doivent avoir lieu dans une salle où le
public est admis. Les procédures civiles et pénales respectent ce principe. Cela étant, la
procédure administrative est restée plus longtemps réservée. En revanche, dans un
certain nombre d’hypothèse, les débats et les plaidoiries pourront avoir lieu à huis clos,
qui a pour objectif de protéger les prévenus (en matière pénale), la victime (notamment
lorsqu’il s’agit de mineurs).

1) La publicité des décisions

Si l’audience peut être secrète, le jugement est rendu publiquement. Il est rare que le
jugement soit prononcé en chambre du conseil (sans publicité).

Le principe de liberté : Toute personne doit avoir accès à la justice. Cela étant, dans les
domaines dans lesquels les parties ont la libre disposition de leurs droits, le recours à un
juge n’est pas obligatoire pour faire trancher un litige, il y a possibilité de faire appel à un
mode non juridictionnel.

Le principe de neutralité : Il peut intervenir dans les décisions du juge qu’il prend par
rapport à ses propres convictions. C’est l’impartialité du juge.

Section 2 : Les règles qui gouvernent l’organisation


du service public de la justice

Cette organisation va être gérée par de nombreuses règles.

I. La hiérarchie
Le système juridictionnel français connaît une structure très hiérarchisée.

A) La règle du double ordre de juridiction


On a d’une part l’ordre judiciaire qui va trancher les litiges qui opposent deux ou
plusieurs personnes privés et d’autre part l’ordre administratif est appelé à trancher les
différents lorsqu’une personne morale de droit public est partie prenante à ce litige.
L’ordre civil est compétent pour trancher les différents relatifs aux intérêts privés qui
opposent des particuliers en matière civile, en matière commerciale...
L’ordre pénal ou répressif est sollicité pour trancher les litiges concernant l’intérêt
général et a pour objet de sanctionner les auteurs d’infractions pénales.
L’avantage de cette situation est que chaque ordre va trancher des litiges dans des
domaines spécifiques et donc par des juges spécialisés. L’inconvénient est que les
justiciables ont parfois le sentiment que les juridictions administratives ne présentent
pas les mêmes qualités que les juridictions de l’ordre judiciaire. Lorsque le justiciable est
confronté à un litige, quelle juridictions doit-il saisir ? Cela pose des problèmes de
conflits de compétences. Parfois, c’est le justiciable qui ne sait pas quelle juridiction
saisir, d’autres fois c’est le juge lui-même qui hésite. La résolution de ces conflits de
compétence entre les deux ordres relève du tribunal des conflits qui a une compétence
exclusive en la matière.

A) La hiérarchie dans l’existence des voies de recours

Dans chacun des ordres de juridictions, des relations hiérarchiques ont été établies pour
deux raisons. Soit pour permettre aux justiciables de bénéficier d’un second examen de
leur affaire par un tribunal (c’est ce qu’on appelle le droit de faire appel), soit
d’uniformiser la jurisprudence, de réguler les solutions éventuellement divergents
données au même problème par les tribunaux et parties sur l’ensemble du territoire
(c’est ce qu’on appelle le pourvoi en cassation). Ce ne sont pas les seules voies de recours
possibles.

1) Les classifications de ces différentes voies

On observe deux classifications principales :


⁃ Les voies de rétractation et les voies de réformation.
Un recours est une voie de rétractation lorsqu’il ramène le procès devant la juridiction
qui avait déjà statué. La voie de réformation est toujours une juridiction
hiérarchiquement supérieure qui connaît de la réformation éventuelle d’un jugement.
(nuance, l’appel au niveau des arrêts d’assises)
⁃ Les voies ordinaires et les voies extraordinaires.
Les voies de recours ordinaires sont en principe ouvertes contre toute décision rendue
par une juridiction. Elles ne peuvent être écarté que si un texte formel le prévoit et le
plus souvent, elles souvent suspensives de l’exécution (il s’agit notamment de
l’opposition et de l’appel). Les voies de recours extraordinaires ne sont ouvertes que dans
des cas expressément prévus (il s’agit du pourvoi en cassation, de la tierce opposition et
du recours en révision).
Le plus souvent, elles ne sont pas suspensives d’exécution mais normalement, une voie
extraordinaire ne peut être exercée que si les voies ordinaires sont fermées ou si étant
ouvertes, elles ont déjà été exercées.

1) La règle du double degré de juridiction

Il existe dans l’ordre judiciaire comme dans l’ordre administratif deux degrés de
juridictions : es juridiction du 1er degré ou de première instance et les juridictions du
2nd degré ou de deuxième instance. Au dessus de ces degrés, on a la cour de cassation
pour l’ordre judiciaire, le conseil d’état pour l’ordre administratif qui vérifient la bonne
application de la loi et qui ne statuent qu’en droit. Il ne s’agit pas d’un 3ème degré de
juridiction.
Le justiciable peut soumettre le litige à un second juge lorsqu’il estime que le premier n’a
pas correctement statué et l’appel est rejugé en faits et en droits. Ce système a l’avantage
de limiter les erreurs judiciaires.
Le plaideur doit interjeter appel contre la décision rendue par les premiers juges. Cet
appel doit en principe être formé dans le mois qui suit la notification du jugement que
l’on souhaite contester. L’appel pour autant n’est pas toujours envisageable : un appel
n’est possible que si la décision du premier juge n’a été rendue qu’en premier ressort, en
revanche aucun appel n’est possible lorsqu’une décision a été rendue en premier et
dernier ressort. Si l’appel n’est pas possible, en revanche, le pourvoi en cassation est
possible. La loi prévoit expressément les différentes hypothèses où un appel est
envisageable ou non.
Exemple : le tribunal d’instance, le tribunal de grande instance, le tribunal de police, ou
encore la cour d’assise statuent toujours en premier ressort, c’est à dire qu’un appel est
possible en revanche le juge de proximité statue en principe en premier et dernier
ressort, enfin le conseil de prud'homme, le tribunal de commerce, le tribunal paritaire
des baux ruraux ou encore le tribunal des affaires de sécurité sociale statuent en premier
et dernier ressort quand le montant de la demande est inférieur ou égal à 4 000 € et en
premier ressort quand le montant est supérieur à 4 000 €. Ce seuil de 4 000 € est appelé
taux de ressort.
II. La diversité

A) La pluralité de juridictions

Critères de classification :
⁃ L’ordre auquel la juridiction appartient
⁃ Le degré de la juridiction
⁃ L’étendue de la mission de la juridiction. On a d’un côté les juridictions de fonds
qui jugent en faits et en droits et d’un autre côté les juridictions de cassation qui
n’interviennent qu’en droit.
⁃ L’étendue de la compétence de la juridiction. On a d’un côté les juridiction de
droit commun qui ont une compétence générale de principe à connaître tous les
litiges qui ne sont pas expressément confiés à d’autre juridictions et de l’autre les
juridictions spécialisées (ou d’exception ou d’attribution) qui ne peuvent
connaître que des litiges relevant des matières qui leur sont expressément confiés
par la loi.

1) La compétence matérielle des juridictions

Le critère principal est celui de la matière du litige, c’est à dire la nature de l’affaire.
Parfois, il est nécessaire d’y rajouter un autre critère. Parfois, il faudra prendre en
considération le critère correspondant au montant du litige. Pour certaines juridictions,
la loi prévoit un taux de compétence qui permet de déterminer quelle juridiction devra
statuer. Le taux de compétence est un seuil en € au-delà ou en-deçà duquel la juridiction
n’est plus compétente.
Exemple : concernant l’exécution d’un contrat de droit privé, trois juridictions sont
susceptibles d’être compétentes : le juge de proximité, le tribunal d’instance ou le
tribunal de grande instance. C’est le montant du litige qui va déterminer le tribunal
compétent. En matière contractuelle, si la demande porte sur un montant inférieur à
4 000€ c’est le juge de proximité qui sera compétent, si le montant est compris entre
4 000 et 10 000 € c’est le tribunal d’instance qui sera compétent, et si le montant est
supérieur à 10 000 € c’est le tribunal de grande instance qui sera compétent.

1) La compétence géographique des juridictions

Lorsque la juridiction est unique (comme la cour de cassation à la compétence


géographique est nationale. Pour toutes les autres juridictions, elles exercent leur
compétence à l’intérieur d’une circonscription géographique appelée ressort territorial.
La compétence géographique varie selon le type de contentieux. En ce qui concerne le
contentieux privé, la juridiction en principe compétente est celle dans le
ressort duquel le défendeur a son domicile, d’après l’article 42 du code de
procédure civile. Dans le contentieux pénal, la juridiction compétente est en
principe celle dans le ressort de laquelle l’infraction a été commise, d’après
l’article 382 du code de procédure pénal. Ces deux principes connaissent des
exceptions. Dans le contentieux administratif, la juridiction compétente est en principe
celle dans le ressort de laquelle l’autorité administrative qui a pris la décision contestée a
son siège. Ce principe a de nombreuses exceptions.

A) La pluralité de juges

A côté de ces juges, il existe des magistrats qui ont pur vocation de veiller à l’application
de la loi.
1) Les juges en charge de juger

a. Qui sont-ils ?

Ces juges sont différents selon l’ordre auquel ils appartiennent. Au sein des juridictions
de l’ordre judiciaire, ce sont les magistrats du siège qui pour la grande majorité sont des
juges professionnels, c’est à dire qu’ils ont suivi une formation à l’école de magistrature à
Bordeaux. Il y a également des juges occasionnels qui ont une autre activité
professionnelle. Ils peuvent faire l’objet d’une élection au sein du conseil de
prud'homme, du tribunal de commerce. D’autres juges sont l’objet d’une nomination par
le pouvoir exécutif, c’est le cas du juge dans le cadre de la juridiction de proximité ou
encore des accesseurs en sein du tribunal pour enfants. D’autres juges occasionnels sont
tirés au sort, il s’agit des jurés dans le cadre de la cour d’assise. Au sein de l’ordre
administratif, les magistrats du siège sont des hauts fonctionnaires issus de l’école
nationale d’administration. Il s’agit de juges qui tranchent les contestations.

a. La décision qu’ils vont rendre

La décision de justice est l’acte par lequel le juge se prononce sur les prétentions qui lui
sont soumises. Le juge va donc « dire le droit » et ordonner en conséquence l’exécution
des mesures qui en découlent.

Le tribunal rend un jugement, la cour rend un arrêt et le conseil rend une décision.

La décision de justice est écrite, elle est signée par le greffier et par le président de la
formation. La décision de justice doit être motivée, ce qui veut dire que le juge doit dans
la décision expliquer pourquoi il a statué de la sorte. La décision est prononcée en
audience publique, même si les débats sont intervenus à huis clos. La décision doit être
lue oralement lorsque de l’audience publique. Dans le cas contraire, elle n’aurait aucune
existence légale.
Cette décision produit plusieurs effets :
⁃ Un effet de dessaisissement. Lorsqu’il rend sa décision de justice, le juge épuise
son pouvoir de juridiction, ce qui veut dire que l’instance est éteinte et le juge est
dessaisi du litige. Le juge ne peut pas revenir sur la décision rendue, il ne peut pas
se rétracter même s’il constate qu’il a mal rendu la décision.
⁃ La décision de justice qui a été rendu est couverte par l’autorité de chose jugée, ce
qui veut dire qu’elle est rendue et si aucun recours n’est exercé pendant les délais
impartis, la décision passe alors en force de chose jugée. On dit alors que cette
décision est devenue définitive. En ce qui concerne l’autorité de chose jugée, la
décision de justice n’a qu’une autorité relative de chose jugée, c’est à dire qu’elle
n’a force de vérité légale que par rapport à l’affaire qui a été jugée. En matière
pénale, la décision qui est rendue sur l’action publique par une juridiction
répressive s’impose à tous. En matière administrative, lorsque le juge a été amené
à annulé un acte administratif, cet annulation est imposable à tous.
⁃ La décision de justice a de pleins droits force exécutoire. Cela veut dire que de
façon automatique, elle peut donner lieu à une exécution forcée si nécessaire en
recourant à la force publique ou à un huissier.

1) Les représentants du ministère public

Ils ne jugent pas. Ils ont pour fonction de veiller à la bonne application de la loi et au
respect de l’ordre public. Pour ce faire, ils vont indiquer aux juges qui tranchent quels
devraient être selon eux la solution à apporter à ce litige. Cette proposition n’est pas
obligatoire, les juges chargés de trancher ont la liberté d’y avoir recours ou non.

a. Le ministère public auprès des juridictions de l’ordre judiciaire

! Le parquet :

Il n’existe pas de parquet devant toutes les juridictions de l’ordre judiciaire. Le parquet
permanent intervient lors de toutes les audiences, sans exception. Seules trois catégories
de juridictions sont pourvues du parquet permanent :
⁃ Au niveau des tribunaux de grande instance, le parquet est dirigé par un
procureur de la république qui est assisté de substituts. On peut également
trouver des procureurs de la république adjoints.
⁃ Au niveau des cour d’appel, le parquet est dénommé parquet général, il est dirigé
par le procureur général (un haut magistrat) qui a sous ses ordres deux catégories
de juges, d’une part les avocats généraux qui portent la parole à l’audience au
nom du procureur général et de l’autre les substituts généraux qui assurent le
service intérieur du parquet général, c’est à dire une fonction administrative. Le
procureur général est également le supérieur hiérarchique de tous les procureurs
de la république des tribunaux de grande instance du ressort de la cour d’appel,
dont il est le chef du parquet.
⁃ Au niveau de la cour de cassation, le parquet est aussi appelé parquet général. Ce
parquet général est dirigé par un très haut magistrat qu’on dénomme procureur
général près la cour de cassation. Ce procureur général est assisté par des avocats
généraux qui prennent la parole aux audiences de chacune des chambres de la
cour de cassation. Ce procureur a également un collaborateur direct : le premier
avocat général près la cour de cassation. Il n’y a pas de substituts au niveau de la
cour de cassation. Le procureur général est le chef du parquet de la cour de
cassation mais n’a pas d’autorité directe sur les procureurs généraux près des
cours d’appel, ces derniers dépendent directement du garde des sceaux (ministre
de la justice).
⁃ Toutes les autres juridictions disposent d’un parquet occasionnel, il n’y a pas en
principe de magistrat du ministère public qui siège dans ces juridictions, cela
étant la loi a prévu que le procureur de la république peut exercer le ministère
public devant ces autres juridictions s’il estime nécessaire et opportun.

! Son organisation :

Elle est très hiérarchisée, les magistrats du ministère public sont des agents du pouvoir
exécutif, ils sont tous placés sous la direction et le contrôle du garde des sceaux, ce qui
fait que le ministre de la justice peut leur donner des ordres ou leur interdire d’agir. Les
procureurs de la république sont placés sous l’autorité des procureurs généraux.

! Ses attributions :

Lorsqu’il s’agit des juridictions civiles, commerciales et sociales, le ministère public peut
agir soit comme partie jointe, soit comme partie principale. Il est partie jointe lorsqu’il
intervient dans un procès déjà engagé par les partis afin de faire connaître son opinion et
d’indiquer au tribunal la solution qui devrait être retenue. Il prend des « réquisitions ».
Dans ce cadre, le ministère public se joint simplement à la cause qui est débattu, il n’est
ni défendeur, ni demandeur. Lorsqu’il intervient en tant que partie principale, il ne se
contente pas de se joindre à un procès déjà engagé, il intervient pour déclencher lui-
même le procès en qualité de demandeur. Cette possibilité d’agir est reconnue au
ministère public par la loi dans un certain nombre d’hypothèses bien définies.
Il s’agit notamment du domaine des actes de l’état civil (l’article 99 du code civil), en
matière d’absence (article 122 du code civil), le ministère public peut aussi intervenir en
tant que partie principale lorsque la validité d’un mariage peut être contesté pour
certaines fautes graves ou encore lorsqu’une difficulté surgit sur les modalités de
l’exercice de l’autorité parentale.

Auprès des juridictions répressives, le ministère public est toujours partie principale. Le
ministère public a pour mission d’exercer l’action publique, c’est çà dire l’action qui est
exercée au nom de la société. Il est véritablement demandeur au procès, ce qui fait qu’il
dispose d’une double prérogative. D’une part, il lui appartient de mettre en mouvement
l’action publique (cela signifie déclencher les poursuites en saisissant la juridiction
pénale) et d’autre part il exerce cette action publique. Cela étant, le déclenchement des
poursuites n’est pas obligatoire puisque le ministère public a la possibilité de classer une
affaire sans suite. La victime pourra elle-même déclencher les poursuites en se
constituant partie civile. Lorsqu’il exerce cette action publique, il lui appartient
d’accomplir les actes de procédures nécessaires, de prendre des réquisitions et le jour de
l’audience, de soutenir l’accusation. La victime n’a jamais le droit d’exercer l’action
publique.

a. Le représentant du ministère public auprès des juridictions de l’ordre


administratif

Le ministère public est exercé par un membre de la juridiction qui porte le titre de
rapporteur public. Cette appellation est relativement récente, elle date d’un décret du 7
janvier 2009, auparavant, le ministère public était exercé par un commissaire du
gouvernement. Ce rapporteur public a pour rôle exclusif de faire connaitre à la formation
e jugement ce qu’il estime être la bonne application de la loi. Il existe un tel rapporteur
public devant toutes les juridictions administratives en permanence. Devant les
tribunaux administratifs, les cours d’appel administratives, les formations contentieuses
du conseil d’état, le rapporteur public n’a pas pour fonction d’exercer un recours. Le
recours est exercé par l’administré ou par l’administration. La seule fonction du
rapporteur public est de présenter des observations à la formation de jugement, il
n’intervient jamais comme partie principale, il intervient seulement comme partie jointe.
La formation de jugement n’est pas obligée de suivre l’avis du rapporteur public.

III. La collégialité
Plusieurs juges statuent ensemble pour rendre la solution du litige qui leur est soumis.

A) Les avantages et les inconvénients de cette formule

La collégialité offre aux plaideurs la garantie d’une bonne justice. Lorsque c’est un juge
unique qui statue, peut être que ses connaissances personnelles auront une influence sur
la décision rendue, ce qui n’est pas le cas lors d’une collégialité. La collégialité garantit
l’impartialité et l’indépendance. La plus grande autorité morale reconnue à la décision
prise de manière collégiale.
D’une part, cette collégialité a un coût et d’autre part, elle va générer une certaine
lenteur.

A) Les différentes formes de collégialité

Le plus souvent, la formation collégiale réunit trois juges. Cela n’est pas le seul cas de
figure de collégialité. Les tribunaux paritaires des baux ruraux sont composés de 5 juges.
On peut aussi trouver 7 juges dans le cadre d’une cour d’assise spécialisée pour les
militaires, 12 juges pour la cour d’assise du 1er degré, 14 lorsqu’il s’agit d’une sous
section du conseil d’état, 15 juges pour la cour de justice de la république, 19 juges
lorsque l’assemblée plénière de la cour de cassation se réunit.
La collégialité peut être homogène lorsque la juridiction est composée soit de juges
professionnels, soit uniquement de juges occasionnel, ou peut être hétérogène lorsqu’il y
a à la fois des juges professionnels et des juges occasionnels. On parle de formation
échevinale.

A) Les exceptions à ce principe

On trouve de plus en plus souvent des juges qui interviennent seuls, pour des raisons
budgétaires. Dans le contentieux civil, on aura un seul juge au sein de la juridiction de
proximité ou encore au niveau du tribunal d’instance.
Le tribunal de grande instance peut aussi être amené à siéger à juge unique, comme c’est
le cas du juge aux affaires familiales. Pour le contentieux répressif, on a un certain
nombre de juridictions qui siègent à juge unique, comme le juge d’instruction ou le juge
des enfants par exemple. Dans un certain nombre d’hypothèses, le tribunal correctionnel
peut être amené à siéger à juge unique, notamment en matière d’infraction au code de la
route. En ce qui concerne le contentieux administratif, on a la possibilité de siéger à juge
unique lorsqu’on a des litiges concernant des bâtiments qui menacent des ruines.

IV. La responsabilité
Lorsqu’un a un justiciable qui subi un dommage en raison du fonctionnement défectueux
de la justice, ou encore en raison d’une faute personnel commise par un magistrat, par
un juge, ce justiciable peut demander et obtenir réparation en engageant la
responsabilité de l’état.

A) Les dommages subis lorsqu’il y a un fonctionnement défectueux


de la justice

C’est l’article L 141-1 du code de l’organisation judiciaire qui prévoit ce cas de figure et
qui prévoit deux hypothèses. La première hypothèse, celle de la faute lourde.
L’assemblée plénière de la cour de cassation, dans un arrêt rendu le 23 février 2001, a
jugé que constitue une faute lourde toute déficience caractérisée par un fait ou une série
de faits traduisant l’inaptitude du service public de la justice à remplir la mission dont il
est investi. La seconde hypothèse est celle du déni de justice, c’est lorsqu’une juridiction
refuse de juger une affaire dont elle est saisie d’après l’article 4 du code civil. La
jurisprudence y ajoute le cas suivant, lorsque la juridiction statue dans des délais
anormalement long, ce qui revient en quelque sorte à refuser de juger. Si l’état est
condamné, il devra verser des dommages et intérêts à la victime. La victime devra alors
saisir le tribunal de grande instance qui statuera en sa formation collégiale. Mais la
décision de justice qui a été rendue à la suite du fonctionnement défectueux de sera pas
remise en cause.

A) Lorsque le dommage est subi en raison d’une faute personnelle


commise par le juge

L’article L 141-2 du code de l’organisation judiciaire envisage cette hypothèse. Il n’y a pas
de définition de la notion de faute personnelle. Le fait de soustraire des pièces, de perdre
le dossier, est considéré comme une faute personnelle. Le plaideur devra engager la
responsabilité de l’état en cas de faute personnelle d’un juge, car c’est l’état qui garantit
les victimes des dommages causés par les fautes personnelles des juges. La victime devra
agir devant le tribunal de grande instance en formation collégiale. Si l’état est condamné
à verser des dommages et intérêts, il pourra se retourner vers le juge fautif, on parle alors
d’action récursoire à l’encontre du juge fautif pour obtenir le remboursement des
sommes versées à la victime, cette action doit être introduite devant la chambre civile de
la cour de cassation. Le juge qui a commis une faute personnelle peut aussi voir sa
responsabilité engagée au plan disciplinaire, sanction qui sera alors prononcée par le
conseil supérieur de la magistrature.

Chapitre 2 : L’encadrement européen

Le système juridictionnel français était un système clos, pendant très longtemps. Cette
situation a évolué dans la décennie 1950-1960 sous l’influence de deux traités
internationaux que la France a signé et ratifié : les traites des communautés européennes
et la convention européenne de sauvegarde de droit de l’homme et des libertés
fondamentales, aussi appelée la convention européenne des droits de l’homme. Pour ces
deux catégories de traités, existe une juridiction spécifique dotée de pouvoirs effectifs
visant à assurer le respect de leurs dispositions, dispositions qui ont un effet direct, qui
peuvent être invoquée devant les tribunaux par les justiciables et qui ont une force supra
législative. Ces juridictions spécifiques ont développé une jurisprudence.

Section 1 : Les effets du traité instituant la communauté


européenne,
devenue depuis l’union européenne

Ce traité, même si son objet est essentiellement économique, emporte des effets
contraignants dans le domaine de la justice dans la mesure où le juge français est conduit
à mettre en œuvre le droit communautaire. Selon une jurisprudence constante de la cour
de justice de l’union européenne, les principes d’effectivité et d’unité s’imposent à toutes
les juridictions des états membres. Au niveau des éléments retenus, on peut souligner le
droit au juge, c’est à dire le droit à un recours juridictionnel effectif, ce qui signifie que
les justiciables puissent recourir au juge lorsque leurs droits ne sont pas respectés et que
l’organisation et le fonctionnement des tribunaux permettent ce recours effectif. En
l’absence d’une réglementation communautaire, la cour de justice a consacré le principe
de l’autonomie des états membres dans un certain nombre de matières, notamment en
ce qui concerne l’organisation du système juridictionnel, et corrélativement du système
de répartition des compétences entre les différents tribunaux. Il ne doit pas y avoir de
discrimination dans l’accès au juge entre les justiciables nationaux et justiciables d’autres
états membres. Ces points ont été soulignés par un certain nombre de disposition en la
matière. En raison de la primauté du droit communautaire sur le droit national, les deux
principes du droit au juge et de l’absence de discrimination par rapport aux justiciables
d’autres états membres, lie le législateur national. Comme les autres règles du droit
communautaire, leur sanction est double, à la fois au plan individuel et au plan des
institutions communautaires. Au plan individuel, chaque justiciable peut, devant la
juridiction qui connaît l’affaire où il est parti, mettre en œuvre la primauté du droit
communautaire en faisant écarter la règle de procédure nationale contraire à celui ci. Au
plan des institutions communautaires, la commission pourrait saisir la cour de justice
d’un recours en constatation du manquement de la France à ses obligations
communautaires. La force obligatoire de cet arrêt contraindrait les pouvoirs publics à
modifier leur législation et à mettre en conformité les règles de procédure françaises avec
le droit communautaire.

Section 2 : Les effets de la charte des droits


fondamentaux de l’union européenne
Elle a été adoptée à Nice et proclamée le 18 décembre 2000. Cette charte a la même
valeur juridique que les traités, elle consacre le droit à un recours effectif et à accéder à
un tribunal impartial pour toute personne dont les droits et libertés garantis par le droit
de l’union ont été violés. Cette charte consacre également la garantie d’un procès
équitable, le droit de se faire conseiller, défendre et représenter et le droit à l’aide
juridictionnelle. Elle prévoit les garanties classiques en matière pénale comme les
présomptions d’innocence et droit de la défense, le principe de légalité et de
proportionnalité des délits et des peines et également le droit à ne pas être jugé ou puni
pénalement deux fois pour une même infraction.

Section 3 : Les effets concernant la convention


européenne des droits de l’homme
Le champ d’application des dispositions de la convention est très large, beaucoup plus
que celui des traités communautaires. Les obligations posées par la convention sont plus
nombreuses. Les possibilités pour les plaideurs de faire constater par la cour européenne
des droits de l’homme l’incompatibilité de certaines règles procédurales françaises avec
les obligations posées par la convention ont été multipliées avec la reconnaissance par la
France en octobre 1981 du droit pour les plaideurs d’engager personnellement la
procédure pouvant conduire à la saisine de la cour. Des principes d’organisation
juridictionnelle prévus aux articles 5 et 6 de la convention ont été mis en place.
L’existence d’un droit au juge signifie que tout litige doit pouvoir être porté en cas de
contestation sur des droits et obligations de caractère civil devant un tribunal
indépendant et impartial établi par la loi. On a le droit d’obtenir l’exécution de la
décision qui sera rendue. Est également prévue la disposition selon laquelle toute
personne arrêtée doit être aussitôt traduite devant un juge. Dans les principes
d’organisation juridictionnelle, on trouve également l’impartialité du tribunal qui vise à
la fois l’impartialité structurelle de la juridiction mais également l’impartialité
personnelle du juge. A côté du droit au juge et de l’impartialité du tribunal, doit être
retenu dans les principes, l’indépendance du tribunal, ce qui veut dire que le tribunal ne
doit pas être soumis à des pressions de l’administration du pouvoir politique par
exemple. Il existe des principes de fonctionnement des juridictions, ces principes
renvoient d’une part au respect du droit de la défense et d’autre part à l’obtention d’un
jugement dans des délais raisonnables. Le respect du droit de la défense lorsqu’on parle
d’accès à un tribunal pour un plaideur, cela doit permettre à ce plaideur de défendre sa
cause. La procédure doit être équitable et qui renvois notamment au principe du
contradictoire. Le jugement doit être rendu dans un délai raisonnable et l’exécution de ce
jugement doit aussi être mise en œuvre dans un délai raisonnable. Si ces différents
principes ne sont pas respectés, des sanctions pourront intervenir :
⁃ Il pourra y avoir des injonctions de la cour. L’arrêt qui constate la violation d’un
principe consacré par la convention des droits de l’homme n’a qu’une autorité
relative de chose jugée, c’est à dire que ça ne vaut que pour l’espèce. Le comité
des ministres va surveiller l’exécution de ces décisions.
⁃ Quand le droit interne ne permet qu’imparfaitement d’effacer les conséquences
de la décision contestée, la décision de la cour européenne accorde s’il y a lieu à la
partie lésée une satisfaction équitable. C’est l’article 50 de la convention. Il
pourra s’agir aussi bien d’une simple décision qui a constaté la violation, mais
aussi d’une indemnité à la charge de l’état qui n’a pas respecté la convention
européenne.
⁃ La modification des législations nationales. La plus grande efficacité des arrêts de
la cour européenne est liée à l’influence des arrêts rendus auprès du législateur et
accessoirement auprès des juges nationaux. La cour n’a pas le pouvoir d’obliger
le législateur national a changer sa législation. Pour éviter de nouvelles
condamnations, l’état, le plus souvent, va modifier sa législation interne pour la
mettre en conformité avec la convention européenne. Les juges nationaux
peuvent également adapter leur jurisprudence à celle de la cour européenne.

Deuxième Partie :Les juridictions

Sous Partie 1 :Les juridictions nationales

Concernant les juridictions nationales, on peut prendre comme poids d’appui un élément
particulier de classification qui est l’ordre de juridiction.

Chapitre 1 : Les juridictions nationales non


rattachées
aux deux ordres de juridictions

Il s’agit d’une part du tribunal des conflits et d’autre part du conseil constitutionnel

Section 1 : Le tribunal des conflits


La question qui se pose est celle de savoir si le litige qui se pose sera soumis à l’ordre
judiciaire ou à l’ordre administratif. C’est ce qu’on appelle un conflit d’attribution.
Pendant longtemps, les conflits d’attributions étaient tranchés par le chef de l’état puis
ces conflits ont été confiés à une juridiction particulière, le tribunal des conflits. Ce
tribunal a été mis en place par la constitution de 1948 et a été supprimé par un décret de
1952. Ce tribunal a été définitivement réinstallé par la loi du 24 mai 1972. Ce tribunal est
une juridiction unique.

Sous section 1 : L’organisation particulière du tribunal des


conflits

I. La composition du tribunal des conflits


Les juges émanent de l’ordre administratif et judiciaire. On a 3 conseillers d’état élus par
leurs collègues au sein du conseil d’état, 3 conseillers de la cour de cassation élus par
leurs collègues au sein de la cour de cassation. Les élections ont lieu tous les 3 ans. Les 6
membres en élisent 2 autres (un dans chaque ordre) ainsi que 2 suppléants.
Ce tribunal est présidé par le ministre de la justice, qui intervient uniquement en cas de
partage égal des voies. Il a un rôle de départiteur pour évacuer le conflit. La présidence
effective est assurée par un vice président qui émane par alternance du conseil d’état et
de la cour de cassation.
On a également un ministère public, représenté au sein de ce tribunal de façon paritaire
par deux avocats généraux auprès de la cour de cassation et deux maîtres des requêtes au
sein du conseil d’état. Le ministère public a pour mission d’assurer une étude juridique
des questions posées au tribunal.

II. Le fonctionnement de ce tribunal des conflits

Ce tribunal siège dans les locaux du conseil d’état à Paris. L’audience ne peut se dérouler
que si un quorum de 5 membres au moins est réuni, peut importe l’origine de ces
membres. La procédure est écrite, l’audience est publique, la lecture de la décision
également, en revanche le délibéré a lieu à huis clos. Le tribunal des conflits rend des
arrêts. Aucun recours n’est possible pour la décision du tribunal des conflits, ce qui veut
dire que les juridictions de l’ordre judiciaires et de l’ordre administratif n’ont pas d’autre
choix que d’exécuter les décisions rendues.

Sous section 2 : Les attributions du tribunal des conflits

I. Le règlement des conflits d’attribution


Le tribunal des conflits a pour vocation première de régler ces conflits qui interviennent
entre les deux ordres. On observe trois types de conflits d’attributions.

A) Le conflit positif d’attribution

C’est l’hypothèse où une juridiction judiciaire saisie d’une affaire et l’administration


estime que cette affaire relève de la compétence du juge administratif. Pour que
l’administration puisse soustraire à la juridiction judiciaire cette affaire, elle doit « élever
le conflit ». Le conflit ne peut être élevé que par l’administration représentée par le
préfet. Le conflit ne peut être élevé que dans les matières qui ne sont pas expressément
exclues par un texte spécial.
Exemple : le conflit ne peut pas l’être sur l’action publique en matière criminelle ou
correctionnelle ou encore dans tous les cas d’atteinte à la liberté individuelle d’après
l’article 136 du code de procédure pénale
Le conflit peut être élevé par le préfet devant toutes les juridictions judiciaires sauf
devant la cour de cassation. Cette procédure se déroule en trois temps. Le préfet va
prendre un déclinatoire de compétence transmis à la juridiction judiciaire qui est saisie
du litige, dans lequel le préfet conteste la compétence de cette juridiction. Si la
juridiction judiciaire reconnaît son incompétence, elle se dessaisi de l’affaire et la
procédure s’arrête. Si la juridiction judiciaire persiste à se reconnaître compétente et que
l’administration maintient sa position, le préfet prend alors un arrêté de conflit qui a
pour conséquence de paralyser et de dessaisir la juridiction judiciaire, celle ci doit alors
surseoir à statuer, c’est à dire qu’elle doit attendre que le tribunal des conflits tranche le
conflit de compétence. Le tribunal des conflits doit soit annuler l’arrêté, soit le confirmer.

A) Le conflit négatif d’attribution

Ce conflit a un autre objectif, celui de sauvegarder les droits ‘un plaideur, ce dernier
risquant d’être victime d’un déni de justice. Un plaideur a saisi les juges sur la même
question, il y a similitude au niveau des parties, de la cause et de l’objet. La difficulté est
que les juges judiciaires et administratives se déclarent tous deux incompétents. Cela
veut dire quel e plaideur va être privé de juge. Ce plaideur doit donc réagir :
⁃ Il doit saisir lui-même le tribunal des conflits, qui va annuler la décision de la
juridiction qui s’est déclarée incompétente à tord.
⁃ Il doit à nouveau présenter sa demande devant le juge reconnu compétent par le
tribunal des conflits.

A) Le conflit sur renvoi

Un décret du 25 juillet 1960 autorise la saisine du tribunal des conflits par les
juridictions elles-mêmes avec pour objectif d’éviter des incidents de compétence. C’est
une procédure préventive appelée conflit sur renvoi. Le but du renvoi est de prévenir
l’apparition ultérieure de divergences de point de vue entre les deux ordres. On soumet
auparavant à une possible difficulté de compétence.
La juridiction saisie a le sentiment qu’il pourrait y avoir une difficulté ultérieure au
niveau de sa compétence, elle saisi d’office le tribunal des conflits pour qu’il statue sur sa
compétence. Cette question du conflit sur renvoi présente une distinction. Le renvoi est
parfois obligatoire, selon le décret de 1960, quand une juridiction de l’ordre judiciaire ou
de l’ordre administratif a par une décision qui n’est plus susceptible de recours, décliné
la compétence de l’ordre juridictionnel à laquelle elle appartient au motif que le litige ne
relève pas de cet ordre. Dans cette hypothèse, toute juridiction de l’autre ordre saisie du
même litige, si elle considère que ce litige relève de l’ordre juridictionnel primitivement
saisi, doit surseoir à statuer et renvoyer la question de compétence devant le tribunal des
conflits. Parfois, le renvoi va être facultatif, la cour de cassation ou le conseil d’état ont la
possibilité, si le litige fait apparaître une question de compétence délicate, surseoir à
statuer et renvoyer au tribunal des conflits la détermination de l’ordre juridictionnel
compétent.

II. La contrariété de jugement


Dans cette hypothèse, on est plus dans un problème de compétence, mais dans un
problème de fond quand pour une même affaire, une juridiction judiciaire et une
juridiction administrative se sont déclarés toutes deux compétentes et ont rendu des
décisions contradictoires. La loi du 20 avril 1932 prévoit le règlement de tels conflits de
décision en reconnaissant au tribunal des conflits le pouvoir de statuer lui-même sur le
fond de l’affaire. En cas de contrariété de deux décision devenues définitives qui
émanent de juridiction qui appartiennent aux deux ordres, le requérant a la possibilité
de saisir dans un délai de deux mois, à partir du jour où la dernière décision en date est
devenue définitive, le tribunal des conflits qui va trancher l’affaire au fond, sachant que
la décision du tribunal des conflits n’est pas susceptibles de recours.

Dans l’affaire ROSAY, une personne avait été blessée dans une collision entre deux
véhicules (un véhicule appartenant à l’administration, l’autre à un particulier). Dans un
premier temps, le particulier a agit devant le juge judiciaire, celui-ci l’avait dégoûtée au
motif que la responsabilité incombait au conducteur de l’administration. La victime a
assigné l’administration devant le juge administratif, le juge administratif a répondu que
le conducteur privé était seul responsable. Le tribunal des conflits a donc été saisi et il a
tranché sur le fond en condamnant l’administratif à verser à la victime une
indemnisation.

Chapitre 2 : Le conseil constitutionnel

Pendant longtemps, la tradition politique française était hostile au contrôle de


constitutionnalité des lois, c’est à dire au contrôle du respect de la constitution par la loi
votée par le parlement. On estimait que la loi était l’expression de la volonté générale et
que donc il n’y avait pas de limite à cette expression. Après la seconde guerre mondiale,
un certain nombre de critiques sont intervenue, aussi la constitution française du 27
octobre 1946 a créé le comité constitutionnel dont le rôle et les pouvoirs sont restés
symboliques, sans aucune réelle efficacité. Un changement est intervenu lors de
l’adoption de la 5ème république, on a créé le conseil constitutionnel, qui a remplacé le
comité constitutionnel, qui lui est une juridiction nationale doté de véritables pouvoirs
de sanctions. Article 56 à 63 du la constitution
Son statut a été précisé dans une ordonnance du 7 novembre 58 et la loi constitutionnelle
du 23 juillet 2008 a modifié un certain nombre de ces dispositions.

Section 1 : L’organisation du conseil constitutionnel

I. La composition de ce conseil
La composition est prévue à l’article 56 de la constitution, selon cet article, i y a deux
catégories de membres qui composent le conseil constitutionnel : les membres nommés
et les membres de droit.

Certains membres sont nommés par le président de la république, d’autres par le


président de l’assemblée et d’autre par le président du sénat, à raison de 3 membres
chacun. Ces 9 membres vont siéger durant un mandat non renouvelable de 9 ans,
sachant que le conseil constitutionnel est renouvelé par tiers tous les 3 ans. Cette
nomination est discrétionnaire, le choix en est libre, il n’y a aucune condition de titre,
d’expérience ou de formation requise.

Les membres de droit, il s’agit des anciens présidents de la république qui entrent
automatiquement à la fin de leur mandat présidentiel s’ils le souhaitent et à condition
qu’ils n’occupent pas une fonction incompatible avec le mandat de membre du conseil
constitutionnel. Ils font partie du conseil constitutionnel à vie. Chirac et Giscard
d’Estaing ont accepté.

Ce conseil constitutionnel est présidé par un président désigné par le président de la


république. Il a voix prépondérante en cas de partage des voix. Pour que ces membres
soient indépendants, a été mis en place un statut particulier. Ils ne sont pas révocables,
leur mandat n’est pas renouvelable, ils sont soumis à un certain nombre
d’incompatibilité (un membre u conseil constitutionnel ne peut pas être responsable
d’un parti politique, membre du gouvernement...), ils sont soumis à un certain nombre
d’interdiction (un membre du conseil constitutionnel ne peut occuper aucun emploi
public avec son mandat). Quand les membres constitutionnels entrent en fonction, ils
doivent prêter serment devant le président de la république, ils jurent de respecter le
secret des délibérations et des votes, jurent de juger en toute impartialité... Ils perçoivent
une rémunération équivalente aux traitements les plus élevés des fonctionnaires de
l’état.
Est également nommé un secrétaire général pur la gestion interne de ce conseil par
décret du président de la république, sur proposition du président du conseil
constitutionnel. Le rôle de ce secrétaire est d’enregistrer les requêtes, d’élaborer les
comptes rendus, d’effectuer la publication du recueil annuel des décisions.

II. Le fonctionnement du conseil constitutionnel


Chaque requête adressée à ce conseil est dans un premier temps soumise à une section
composée de trois membres. Cette section va instruire l’affaire. Lorsque l’affaire est
instruite, elle est transmise au conseil constitutionnel siégeant en séance ordinaire. Pour
que cette séance ordinaire soit valable, il faut 7 membres au minimum. Ils vont rendre
une décision. La loi fait obligation au conseil constitutionnel de rendre sa décision dans
un délai maximal d’un mois, délai qui peut être raccourci à 8 jours en ca d’urgence. Pour
la plupart, les décisions du conseil constitutionnel sont publiées au journal officiel de la
république française, e particulier celles relatives au contrôle de constitutionnalité,
élément qui souligne bien le caractère politique de cette formation. Les décisions du
conseil constitutionnel ne peuvent faire l’objet d’aucun recours.

Section 2 : Les attributions de ce conseil

I. Les attributions juridictionnelles


Elles sont au nombre de 3.

A) La régulation des relations entre le pouvoir législatif et le


pouvoir exécutif

Le domaine de la loi et du règlement sont délimité par les articles 34 et 37 de la


constituion. Le respect de cette répartition est assuré par le conseil constitutionnel.

1) La procédure de l’irrecevabilité

Elle est prévue à l’article 41 de la constitution. Elle vise à assurer la protection du


domaine de règlement au cours de la procédure législative. Le gouvernement peut
soulever l’irrecevabilité d’un amendement ou d’une proposition de loi, qui n’est pas du
domaine de la loi, afin d’empêcher d’arrêter la discussion de ce texte par le parlement. Le
président de l’assemblée parlementaire concerné fait alors droit ou non à cette exception
d’irrecevabilité. En cas de désaccord entre le gouvernement et le président de cette
assemblée, le conseil constitutionnel, à la demande de l’un ou de l’autre, va statuer dans
un délai de 8 jours.

1) La procédure de dé-légalisation

Elle est prévue à l’article 37 alinéa 2 de la constitution, selon ce texte le gouvernement


peut demander au conseil constitutionnel de déclarer qu’une disposition figurant dans
une loi déjà entrée en vigueur est intervenue dans un domaine qui relève du pouvoir
exécutif.
Si le conseil constitutionnel constate cette situation, il va déclasser la disposition en
cause et le gouvernement pourra modifier cette disposition par décret.

A) Le contrôle de la constitutionnalité de certaines normes

Ce contrôle s’opère différemment selon le type de disposition soumis à ce contrôle.

1) La constitutionnalité des lois organiques

Suivant l’article 61 de la constitution, avant leur promulgation, les lois organiques


doivent obligatoirement être soumises au conseil constitutionnel qui se prononce sur
leur conformité à la constitution. Pour éviter que le parlement ne profite du vote d’une
telle loi pour augmenter ses prérogatives vis à vis de l’exécutif, on effectue ce contrôle
systématique. Les lois organiques, qui complètent les dispositions de la constitution,
sont soumises obligatoirement au conseil constitutionnel sous saisine du premier
ministre avant leur promulgation.

1) La constitutionnalité des règlements des Assemblées parlementaires

C’est l’article 61 du la constitution qui prévoit obligatoirement qu’avant leur application,


les règlements de l’assemblée nationale et du sénat doivent être soumis au conseil
constitutionnel qui va se prononcer sur leur conformité à la constitution. Ce contrôle
obligatoire est déclenché sur saison du résident de l’assemblée nationale ou du sénat
avant la mise en application du dit règlement.

1) La constitutionnalité des lois ordinaires

Ce contrôle est une des innovations de la constitution de 1958, c’est un contrôle


facultatif, le conseil constitutionnel ne peut l’opérer que s’il en est saisi.

a. L’étendue du contrôle opéré par le conseil constitutionnel

Le conseil constitutionnel ne vérifie pas simplement la conformité de la loi à la seule


constitution, il vérifie la conformité de la loi au bloc de constitutionnalité (ensemble de
normes). Ce bloc de constitutionnalité comprend les normes suivantes : le préambule de
la constitution de 1958, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 1789, le
préambule de la constitution de 1946, les principes fondamentaux reconnus par les lois
de la république, les principes à valeur constitutionnelle et la charte de l’environnement.
Le conseil constitutionnel refuse de contrôle la conformité d’une loi à un traité
international. Par une décision rendue le 15 janvier 1975, à propos de la loi Veil sur
l’interruption volontaire de grossesse, le conseil constitutionnel a refusé de juger de la
« conventionnalité » de la loi, le contrôle d’une telle conventionnalité relève donc de
manière implicite des juridictions judiciaires et administratives.
Dans une décision rendue le 10 juin 2004, concernant la loi pour la confiance de
l’économie numérique, le conseil constitutionnel a refusé de censurer une loi qui ne
ferait que transposer une directive européenne en droit interne. Une telle censure ne
pourrait intervenir que s’il y a violation de façon caractérisée d’une disposition
constitutionnelle.

a. La procédure à suivre

Elle sera différente selon que le système qui a été mis en place ou selon qu’on est dans le
cadre de la question de constitutionnalité

! Le système mis en place par la constitution de 1958 : un contrôle a priori


Le contrôle à priori peut être provoqué par le président de la république, par le premier
ministre, le président de l’assemblée nationale, le président du sénat, 60 députés ou 60
sénateurs. Ce contrôle ne peut intervenir que durant une période bien précise, en effet, la
saisine du conseil constitutionnel doit intervenir entre l’adoption de la loi par le
parlement et sa promulgation par le président de la république.
Lorsque le conseil constitutionnel est ainsi sais, il doit statuer dans un délai d’un mois,
sauf en cas d’urgence, où le délai est de 8 jours.

! La question prioritaire de constitutionnalité : un contrôle a posteriori

Depuis l’entrée en vigueur de la loi constitutionnelle 2008-724 du 23 juillet 2008, la


possibilité de saisir le conseil constitutionnel est donc de provoquer le contrôle de la
constitutionnalité d’une loi ordinaire a été accordé aux citoyens. Cette possibilité figure
au nouvel article 61-1 de la constitution.
Le champ d’application de ce nouveau texte a été précisé par la loi organique du 10
décembre 2009 entrée en vigueur le 1er mars 2010. Tout citoyen a la possibilité de saisir
le conseil constitutionnel, cependant cette possibilité doit être précisée :
⁃ La saisine du conseil constitutionnel par un citoyen ne se fait pas directement en
déposant une requête auprès du conseil constitutionnel, mais se fait par voie
d’exception. Le mécanisme retenu vise à permettre aux citoyens engagés devant
une juridiction administrative, d’opposer par voie d’exception procédurale
l’inconstitutionnalité de la loi qui leur est opposée, exception qui pourra alors
être portée devant le conseil constitutionnel pour être jugée.
⁃ Cette saisine du conseil constitutionnel par un citoyen ne peut être mise en œuvre
qu’à l’occasion d’une instance en cours. Lorsqu’on a une juridiction qui est saisie,
le citoyen peut provoquer un contrôle de constitutionnalité.
⁃ Cette saisine du conseil constitutionnel par un citoyen est encadrée, il s’agit d’une
saisine indirecte par le biais de la cour de cassation ou du conseil d’état.
! Première étape : lorsque le citoyen invoque devant la juridiction saisie
l’exception d’inconstitutionnalité de la loi, la juridiction qui est saisie
devra l’apprécier et se prononcer sur son bien fondé sans délai et sur
décision motivée. Cette exception ne pourra être jugée bien fondée que si
la loi critiquée porte atteinte aux droit et libertés garanties par la
constitution.
! Deuxième étape : si la juridiction juge l’exception bien fondée, elle devra
la transmettre sans délai à la cour de cassation ou au conseil d’état, qui à
son tour en examinera le bien fondé dans un délai de 3 mois.
! Troisième étape : si la cour de cassation ou le conseil d’état estime
l’exception bien fondée, cette dernière sera transmise au conseil
constitutionnel et jusqu’à la décision du conseil constitutionnel, l’instance
en cours est suspendue.
! Dernière étape : lorsque le conseil constitutionnel aura rendu sa décision,
il appartiendra alors au juge initialement saisi d’appliquer à l’instance en
cours la solution ainsi donnée.

Ce contrôle peut être invoqué à tout moment, à l’encontre d’une loi déjà promulguée
sachant qu’il doit intervenir que durant une instance en cours. Le conseil constitutionnel
est saisi par la cour de cassation ou le conseil d’état et doit statuer dans un délai de 3
mois.

1) La constitutionnalité des engagements internationaux

Suivant l’article 54 de la constitution, le conseil constitutionnel peut être saisi par le


président de la république, le premier ministre, les présidents de l’assemblée nationale et
du sénat, 60 députés ou 60 sénateurs pour apprécier la conformité d’un engagement
international à la constitution. Ce contrôle est facultatif. Si le conseil constitutionnel juge
que l’engagement international comporte une close contraire au bloc de
constitutionnalité, l’autorisation de le ratifier ne pourra intervenir qu’après révision de la
constitution.

A) Le conseil constitutionnel, juge électoral

Plusieurs élections relèvent du conseil constitutionnel : celles du président de la


république, celles des députés, celles des sénateurs, la régularité des opérations de
référendum.

A tout les stades de l’élection présidentielle, le conseil constitutionnel est appelé à


intervenir. Il va régler les problèmes de décès d’un candidat avant l’élection ou entre les
deux tours, il règle les problèmes d’empêchement d’un candidat avec l’élection ou entre
les deux tours, il arrête la liste des candidats, il vérifie le contrôle des votes et il tranche
les réclamations.
Il va intervenir dans la préparation du scrutin présidentielle et dans le déroulement de
l’élection. Lorsque les contrôles sont réalisés, il proclame les résultats, ou si nécessaire
invalide les élections irrégulières.

Suivant l’article 59 de la constitution, le conseil constitutionnel statue en cas de


contestation sur la régularité de l’élection des députés et des sénateurs, il peut être saisi
dans les 10 jours de la proclamation d’un candidat par tout candidat ou électeur de la
circonscription. Il contrôlé l’éligibilité et les incompatibilités des parlementaires. Il est
aussi compétent en matière de financement des campagnes électorales.

C’est l’article 60 de la constitution qui est mis en œuvre et qui reconnaît au conseil
constitutionnel la tache de régler l’opération de référendum et d’en proclamer les
résultats. En revanche, il n’est pas compétent pour se prononcer sur la constitutionnalité
du texte soumis à référendum.

II. Les attributions non juridictionnelles

Le conseil constitutionnel est saisi par le président de la république, avant la mise en


application des pouvoirs exceptionnels de l’article 16 de la constitution, le conseil doit
alors se réunir immédiatement et émettre un avis concernant la réunion des conditions
exigées par cet article. Durant l’application de cet article 16, le président de la république
doit consulter le conseil constitutionnel sur les mesures qu’il prend au titre de cet article
16.

Il relève du conseil constitutionnel saisi par le gouvernement de constater la vacance de


la présidence de la république en cas de décès ou de démission ou encore l’empêchement
du président de la république. Concernant l’empêchement, soit il est provisoire, il y a
alors ouverture de l’intérim, assuré par le président du sénat, soit il est définitif, le
constat ouvre alors les élections présidentielles.

Sous Partie 2 : Les juridictions rattachées aux


deux ordres de juridiction
Chapitre 1 : Les juridictions de l’ordre judiciaire

Sous Chapitre 1 :Les juges du fond de l’ordre judiciaire

Section 1 :Les juridictions civiles


Conformément au double degré de juridiction, certaines juridictions relèvent du premier
degré de juridictions, d’autres relèvent du second degré de juridiction

Sous Section 1 : Les juridictions civiles du 1er degré


Ces juridictions sont appelé à connaître un litige pour la première fois. Elles disposent
d’un pouvoir d’investigation et d’appréciation illimité. Il existe deux types de juridictions
civiles du 1er degré : la juridiction ordinaire ou de droit commun et les juridictions
d’exception, ou spécialisées.
Une juridiction est dite de droit commun lorsqu’elle connaît de tous les litiges sauf ceux
expressément et limitativement attribués à une autre juridiction.

I. La juridiction civile de droit commun : le tribunal de grande


instance

L’appellation tribunal de grande instance été introduite par la loi du 22 décembre 1958.
L’ancêtre du tribunal de grande instance est le tribunal de district, crée en 1790 par
l’assemblée constituante, qui avait été rebaptisé tribunal civil sous le consulat.

A) L’organisation du tribunal de grande instance

Plusieurs questions interviennent : d’une part le ressort territorial, sa composition et son


fonctionnement.

1) Le ressort territorial

Il existe en principe un tribunal de grande instance par département, le plus souvent il


s’agit du chef lieu de ce département. C’est un principe, ce qui veut dire que la règle n’est
pas absolue. Tout dépend de l’importance de l’activité judiciaire dans le département
mais aussi de la densité de la population dans le département en question, on pourra
alors ne pas avoir de tribunal de grande instance dans un département et en avoir
plusieurs dans un autre. La carte judiciaire établit une corrélation entre le nombre de
juridictions présentes sur le territoire et la population. On compte 158 tribunaux de
grande instance en France. Ce nombre a été diminué.

1) La composition

La loi prévoit une composition minimale pour chaque tribunal de grande instance à
savoir d’une part 3 magistrats du siège, un président et deux accesseurs, qui sont des
magistrats professionnels. Selon le code de l’organisation judiciaire, s’il y a plus de 5
juges dans un tribunal de grande instance, ce dernier est diviser en chambres
spécialisées, chacune étant présidée par un magistrat dénommé vice président. Chaque
chambre peut elle-même être divisée en deux sections qui siègent de façon alternative en
début et en fin de semaine. Les magistrats du tribunal de grande instance sont répartis
entre les différentes chambres par décision du président après avis de l’assemblée
générale des magistrats du siège. En principe, ils doivent changer de chambre chaque
année, ce qui correspond à la règle du roulement.
Le tribunal de grande instance comprend également un ministère public qui comprend
un procureur de la république ainsi qu’un ou plusieurs substituts. On a également un
secrétariat greffe, tenu par un greffier en chef et par un ou plusieurs greffiers. A la tête du
tribunal de grande instance est placé un président qui participe aux débats comme les
autres magistrats, qui se voit reconnaître un certain nombre de fonctions spécifiques
mais indépendamment de ces fonctions, il assure aussi le bon fonctionnement de la
juridiction sur le plan administratif et il répartit les affaires entre les différentes
chambres.

1) Le fonctionnement

a. Les formations juridictionnelles

! Le principe : trois juges

La formation juridictionnelle du tribunal de grande instance est composée de magistrats


délibérant en nombre impair. Ces magistrats sont au moins au nombre de 3. Il s’agit
dont d’une formation collégiale, et lorsque les juges tranchent une affaire, on dit qu’ils se
réunissent en « formation de jugement ». Le tribunal de grande instance rend des
jugements qui sont susceptibles d’appel et de pourvoir en cassation. La formation de
jugement siège en audience publique, hormis quelques hypothèses où elle va statuer en
huis clos, on dit qu’elle se réunit en « chambre du conseil ». L’audience interviendra
donc en dehors du public. Tel est le cas en matière gracieuse (c’est à dire la matière où il
n’y a pas par hypothèse de contestation comme pour un changement de prénoms, de
demande d’adoption...), en matière contentieuse (en ce qui concerne la filiation, les
mineurs, le divorce, sur décision du président de tribunal de grande instance qui peut
prononcer le huis clos dans trois cas de figure : quand il existe un risque d’atteinte à
l’intimité de la vie privée d’une partie, ou encore lorsqu’il existe un risque de désordre
destiné à troubler la sérénité de la justice, ou encore lorsque les parties le demande d’un
commun accord). Dans toutes les hypothèses, le ministère d’avocat est obligatoire devant
le tribunal de grande instance. Le jugement rendu par la formation de jugement donnera
lieu à une lecture en audience publique.

! Les exceptions : un seul juge

C’est lorsqu’il y aura un seul juge amené à intervenir. Le législateur prévoit la possibilité
pour les tribunaux de grande instance de statuer à juge unique. Le président du tribunal
de grande instance se voit investit de fonctions juridictionnelles spécifiques où il
interviendra seul.
L’hypothèse où la loi reconnaît au tribunal de grande instance la possibilité de statuer à
juge unique : n seul magistrat va trancher le litige qui donnera lieu à un jugement
susceptible d’appel ou de pourvoi en cassation. Cette situation se rencontre dans deux
cas de figures :
⁃ Le juge peut être unique en vertu de la loi. Ainsi en est-il du juge des affaires
familiales, du juge de l’expropriation, du juge des accidents de la circulation.
⁃ Ou en vertu d’une décision du président du tribunal de grande instance. Le
président du tribunal de grande instance peut attribuer une affaire à un juge
unique notamment lorsque la solution de l’affaire est simple. Cette possibilité
existe dans toutes les matières relevant de la compétence d’attribution du
tribunal de grande instance, sauf en matière disciplinaire ainsi que dans le
domaine de l’état des personnes où c’est toujours une collégialité qui s’impose.
Lorsque le président du tribunal de grande instance décide d’attribuer l’affaire à une juge
unique, les plaideurs peuvent toujours demander le renvoi à la collégialité.

Le président du tribunal de grande instance se voit reconnaître des attributions


juridictionnelles spécifiques. Dans les domaines fixés par la loi, le président du tribunal
de grande instance peut seul trancher les litiges au moyen d’une ordonnance rendue en
premier ressort en matière de louage d’immeuble à usage commercial, artisanal ou
industriel et uniquement pour les affaires portant sur la fixation du prix d’un bail
renouvelé ou révisé. Il va également statuer au moyen d’une ordonnance en référé. Le
référé est une procédure d’urgence qui permet au président d’ordonner immédiatement
les mesures provisoires qui s’imposent. Ce sont les articles 808 et 809 du code de
procédure civile qui le prévoit. Par cette ordonnance de référé, le président du tribunal
de grande instance pourra prendre toutes les mesures destinées soit à mettre fin à un
trouble, soit à éviter qu’un trouble imminent ne se réalise, soit donc à prévenir la
réalisation d’un trouble imminent. Il peut statuer au moyen d’une ordonnance sur
requête, il s’agit alors d’un recours commandé par la nécessité d’obtenir une décision à
l’insu de son adversaire. Certaines mesures disposent d’un effet de surprise pour être
efficaces.

a. Les formations administratives

Ce sont les assemblées générales qui réunissent tous les membres du tribunal de grande
instance. On a plusieurs types d’assemblées générale : l’assemblée générale des
magistrats du siège, l’assemblée générale es magistrats es siège et du parquet,
l’assemblée générale des magistrats du parquet, l’assemblée plénière des magistrats et
des fonctionnaires du tribunal de grande instance
Ces assemblées générales n’ont pas de pouvoir juridictionnel, elles prennent des
décisions concernant l’administration générale du tribunal.

A) La compétence du tribunal de grande instance

1) La compétence territoriale

C’est le tribunal dans le ressort duquel est situé le domicile du défendeur dans le cadre de
l’article 42 du code de procédure civile. Ce principe connaît des exceptions qui sont
visées aux articles 45 et 46.
Exemple : en matière contractuelle, le tribunal compétent sera celui dans le ressort
duquel se trouve situé le lieu où le contrat doit être exécuté. En ce qui concerne le
domaine immobilier, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel est situé
l’immeuble. Dans le domaine des assurances, le tribunal compétent sera celui dans le
ressort duquel sera situé le domicile de l’assuré.

1) La compétence d’attribution

C’est la compétence matérielle de ce tribunal.

a. La compétence de principe

Le tribunal de grande instance est la seule juridiction de droit commun de l’ordre


judiciaire. De ce fait, ce tribunal dispose d’une compétence de principe pour connaître en
première instance de tous les litiges de nature privée (les litiges de nature publique ne
sont pas de sa compétence) dont le montant de la demande est supérieur à 10 000 € et
qui n’ont pas été attribués à une autre juridiction. Ce montant répond à la notion de taux
de ressort du tribunal de grande instance. Il a été déterminé par la loi du 26 janvier
2005. En principe le montant d’une demande en justice est déterminé directement par la
partie qui saisit le tribunal de grande instance.
Si toutefois ce montant n’est pas défini lorsque le juge est saisi, la demande va porter sur
un montant déclaré indéterminé, elle relèvera alors de la compétence du tribunal de
grande instance d’après l’article 40 du code de procédure civile.

a. Les compétences exclusives

Elles vont relever du tribunal de grande instance, peu importe le montant de la


demande. Dans ces matières, il dispose d’un monopole pour statuer et juger. Ces
compétences exclusives sont nombreuses.
Exemple : les brevets d’invention et des marques, les actions possessoires, les procédures
de redressement et de liquidation judiciaire des personnes morales de droit privé qui
sont non commerçantes (associations…), l’état des personnes (question de la capacité,
divorce…), les questions concernant les droits réels immobiliers (les actions pétitoires
qui sont les actions qui portent sur l’existence d’un droit réel immobilier, notamment le
droit de propriété)

I- II. Les juridictions civiles spécialisées

A) Le tribunal d’instance

Ils sont nés en 1958 et ont remplacé les juges de paix, créés par l’assemblée constituante.

1) L’organisation du tribunal d’instance

a. Le ressort territorial

Il est fixé par décret en fonction du volume des affaires à traiter et de la situation
géographique au niveau de chaque région. Le tribunal d’instance ne correspond pas à
une juridiction administrative déterminée. Il en existe 288 le 1er janvier 2010.

a. La composition

Il va être composé de plusieurs juges, dont le nombre va varier en fonction du volume


des affaires à juger et de l’étendue du ressort territorial. Il s’agit de juges professionnels,
magistrats du tribunal de grande instance nommés pour trois ans renouvelable. Il n’y a
pas de parquet permanent, il n’est qu’occasionnel. En principe les audiences se déroulent
en l’absence de tout représentant du ministère public. Chaque tribunal comporte un
greffe, dont le nombre de greffier va dépendre de l’importance de la juridiction. Il n’y a
pas de président dans ce tribunal. C’est un des juges d’instance qui est chargé de la
gestion et de l’organisation du tribunal.

a. Le fonctionnement

C’est une juridiction à juge unique. Il rend des jugements. En principe l’audience est
publique et le ministère d’avocat n’est pas obligatoire devant le tribunal d’instance. Le
tribunal d’instance peut également tenir des audiences foraines (dans un autre lieu) pour
se rapprocher des justiciables. Le juge d’instance a des fonctions juridictionnelles au sein
du tribunal d’instance, il préside également le tribunal paritaire des baux ruraux, il sera
également amené à jouer le rôle de juge départiteur dans le cadre du conseil de
prud'homme. Le juge d’instance a traditionnellement une mission de conciliation. Avant
de trancher le litige en droit, une tentative préalable de conciliation est en principe
menée par le juge sur le fondement de l’article 831 du code de procédure civile. Vu
l’augmentation du nombre de litige portés devant le juge d’instance, il n’est plus possible
de faire des conciliations. Le juge d’instance pourra alors faire appel à des conciliateurs
de justice (ce ne sont pas des magistrats, ils sont nommés pour une période d’un an par
ordonnance du premier président de la cour d’appel sur proposition du juge d’instance).
La conciliation devant le tribunal d’instance n’est en principe pas obligatoire, il faut qu’il
y ait une demande qui soit faite, soit verbalement, soit par lettre simple auprès du greffe.
Cela étant, par exception, la loi du 9 septembre 2002 permet au juge d’instance de faire
procéder à une telle tentative même s’il na pas obtenue l’accord des parties.

1) La compétence du tribunal d’instance

a. La compétence territoriale

C’est exactement celle du tribunal de grande instance. Est compétent le tribunal


d’instance dans le ressort duquel est situé le domicile du défendeur. A ce principe, on
retrouve les mêmes exceptions qu’en ce qui concerne le tribunal de grande instance.

a. La compétence d’attribution

! La compétence générale du tribunal d’instance

Il a une compétence générale pour connaître des actions personnelles ou mobilières


portant sur un montant inclus entre 4 001€ et 10 000€. Dans le cadre de cette
compétence générale, le tribunal d’instance va rendre des jugements en premier ressort.
Un appel ou un pourvoi en cassation est toujours possible. Le juge d’instance a la faculté
d’intervenir en référé et sur requête dans le cadre de sa compétence générale, c’est
l’article 848 du code de procédure civile.

! Les compétences spéciales du tribunal d’instance

o Compétences spéciales en matière contentieuse


En matière de louage d’immeuble à usage d’habitation, le juge d’instance est
spécialement compétent. Cette compétence est exclusive, peu importe le montant du
litige. Dans ce cadre, le tribunal d’instance intervient en premier et dernier ressort
lorsque la demande est inférieure ou égale à 4 000 € et au premier ressort lorsque la
demande est supérieure à cette somme.
En matière de protection des consommateurs, la compétence du tribunal d’instance est
exclusive, peu importe le montant du litige. Dans ce cadre, le tribunal d’instance
intervient en premier et dernier ressort lorsque la demande est inférieure ou égale à
4 000 € et au premier ressort lorsque la demande est supérieure à cette somme.
On a des compétences spéciales dans les matières prévues aux articles R 321-6 à R 321-8
du code d’organisation judiciaire. Le tribunal d’instance n’est compétent que si la somme
est supérieure à 4 000 € mais il sera toujours compétent si la somme est supérieur à
10 000 €. Dans ces matières, le tribunal d’instance rend des jugements en premier
ressort.
Dans les matières prévues aux articles R 321-23 et suivant du code de l’organisation
judiciaire, le tribunal d’instance est compétent. La compétence du tribunal d’instance est
exclusive et les jugements sont rendus en dernier ressort.
En matière d’injonction de payer et d’injonction de faire, le tribunal est compétent. On va
adresser une simple requête au juge d’instance, soit le juge d’instance rejette la demande,
soit il prononce par ordonnance une injonction de faire ou de payer. Le défendeur peut
s’opposer à cette ordonnance pendant un délai d’un mois. En ce qui concerne l’injonction
de payer, le tribunal d’instance est compétent si la créance due est supérieure à 4 000 €
(sinon c’est le juge de proximité). Ici, le tribunal d’instance sera compétent même si la
somme est supérieure à 10 000 €. En ce qui concerne l’injonction de faire, on rejoint le
domaine de compétence générale du tribunal d’instance.

o Compétences spéciales en matière gracieuse


Le juge d’instance est compétent dans le domaine des tutelles et dans le domaine de la
nationalité. La tutelle c’est une mesure de protection mise en place pour un majeur qui
pour des raisons de santé physiques ou mentales n’est pas capable, ou pour un mineur
vulnérable.

A) La juridiction de proximité

C’est la plus récente des juridictions françaises car elle a été crée par la loi du 9
septembre 2002. Cette idée a été développée lors de l’élection présidentielle en avril et
mai 2002. Elle a été créée pour désengorger les tribunaux d’instance et pour gérer les
petits litiges civils. Le juge de proximité n’est pas nécessairement un professionnel du
droit.

1) L’organisation de la juridiction de proximité

a. Le ressort territorial

Le siège et le ressort des juridictions de proximité sont fixés par décret pris en conseil
d’état, en fonction des besoins. Il y a au moins une juridiction de proximité dans le
ressort de chaque cour d’appel. La juridiction de proximité peut tenir des audiences
foraines en tous lieux publics appropriés. Le juge d’instance désigné par le président du
tribunal de grande instance peut exercer les fonctions de juge de proximité en cas
d’absence ou d’empêchement d’un juge de proximité ou si le nombre s’avère insuffisant.
Le décret du 15 février 2008 précise que les juridictions de proximité installées auprès
des tribunaux d’instance supprimés, sont supprimées par voie de conséquence à compter
du 1er janvier 2010.

a. La composition

! Le recrutement des juges de proximité

Ils sont recrutés par nomination, par un décret signé par le président de la république.
Les personnes susceptibles d’être ainsi nommées sont les anciens magistrats de l’ordre
judiciaire et administratif, les personnes qui justifient de 25 années au moins dans les
fonctions qui impliquent des responsabilités de direction ou d’encadrement, les
personnes âgées de 35 ans au moins, sous deux conditions : titulaires d’un Master 1
juridique, et 4 années au moins d’exercice professionnel dans le domaine juridique, et
également les anciens fonctionnaires de catégorie A, les anciens militaires et les autres
anciens agents de l’état que leur expérience qualifie pour l’exercice de telles fonctions. La
personne qui estime qu’elle est compétente pour remplir ces fonctions, dépose un dossier
qui sera transmis au ministre de la justice. C’est le président de la république qui va
décider ou non de nommer la personne, après avis du conseil de la magistrature. Ces
personnes bénéficient d’une formation théorique au sein de l’école de la magistrature et
elles effectuent un stage probatoire préalablement à leur nomination. Elle est nommée
pour 7 ans non renouvelables, elle ne peut pas exercer les fonctions au-delà de 75 ans.

! Le statut des juges de proximité

Le juge de proximité est soumis au statut de la magistrature avec les mêmes droits et
obligations. Il va prêter serment, il sera inamovible, il y a une évaluation chaque année
par le président de la cour d’appel.
En revanche, le juge de proximité n’exerce ses fonctions judiciaires qu’à temps partiel,
pour autant les activités professionnelles qu’il peut exercer parallèlement sont réduites.
Le législateur a prévu un certain nombre d’incompatibilités. Le juge de proximité perçoit
des vacations et non un traitement. Ces vacations varient selon qu’on est dans le cas
d’une audience civile ou pénale. Leur nombre par an est limité.

a. Le fonctionnement

C’est une juridiction à juge unique. Le ministère d’avocat n’est pas obligatoire. En
principe les audiences se déroulent dans les locaux du tribunal d’instance mais elles
peuvent être foraines. Lorsqu’il y a audience foraine, le local doit être ouvert au public et
être aménagé à cet effet. Si un juge de proximité a été nommé, il peut être remplacé
temporairement par le juge d’instance. Le juge de proximité peut renvoyer l’affaire au
juge d’instance quand l’affaire présente une difficulté juridique sérieuse qui porte soit sur
l’interprétation du contrat qui lie les parties, soit sur l’application d’une règle de droit. Le
renvoie va intervenir soit d’office, soit à la demande d’une partie. Lorsque l’affaire est
renvoyée, le juge d’instance va statuer en tant que juge de proximité. Lorsqu’un tel juge
n’est pas encore nommé, les fonctions de juge de proximité seront alors exercer par un
juge d’instance.

1) La compétence de la juridiction de proximité

a. La compétence territoriale

La juridiction de proximité est compétente dans le ressort duquel est situé le domicile du
défendeur. Ce principe connait des exceptions (déjà vues précédemment).

a. La compétence d’attribution

La juridiction de proximité est compétente en matière civile pour connaître des actions
personnelles ou mobilières portant sur un montant inférieur ou égal à 4 000 €. C’est
l’article L 241-3 du code de l’organisation judiciaire. La saisine par une personne morale
n’existe que depuis la loi du 25 janvier 2005. Le juge de proximité rend des jugements en
premier et dernier ressort. La juridiction de proximité dispose de quelques compétences
résiduelles.
Exemple : en matière d’injonction de payer et d’injonction de faire dans la limite de sa
compétence générale

A) Le tribunal de commerce

C’est une des plus anciennes juridictions qui existe. Sa création remonte au 14ème siècle.
Les articles L721-1 et suivants du code de commerce réglementent l’organisation et la
compétence de ce tribunal.

1) L’organisation du tribunal de commerce


a. Le ressort territorial

Il est déterminé par un décret à préavis du conseil d’état qui va définir le ressort et le
siège de chaque tribunal de commerce. C’est l’activité commerciale qui va déterminer le
territoire pris en considération, ce n’est pas nécessairement lié à une circonscription
administrative précise. Si toutefois une région ne dispose pas d’un tribunal de
commerce, les litiges commerciaux qui peuvent intervenir seront alors jugé par le
tribunal de grande instance, peu importe le montant de la demande.
Exemple : en Alsace Moselle, les litiges commerciaux relèvent du tribunal de grande
instance

a. La composition

Il est composé de juges non professionnels (juges consulaires) qui sont assisté d’un
greffe. Ce greffe est assuré par un officier ministériel titulaire d’une charge qui exerce
une profession libérale. Le greffier est nommé par le garde des sceaux et il a la possibilité
de présenter son successeur à ce garde des sceaux lorsqu’il arrête ses fonctions. Le
parquet est occasionnel.

! Le recrutement des juges consulaires

Ils sont élus. Les commerçants élisent les délégués consulaires qui à leur tour élisent les
juges consulaires. Il faut répondre à un certain nombre de conditions. Ils sont élus pour
un premier mandat de deux ans qui peut être suivi d’un autre mandat de 4 ans,
renouvelable 3 fois.

! Le statut des juges consulaires

Le juge consulaire doit prêter serment. En cas de faut disciplinaire, il s’expose à une
sanction disciplinaire prononcée par la commission nationale de discipline, commission
présidée par un président de chambre de la cour de cassation, qui est composée d’un
conseiller d’état, d’un conseiller à la cour d’appel et de 4 juges consulaires. Le juge
consulaire ne peut pas être juge consulaire dans plusieurs tribunaux de commerce et il
ne peut pas être juge au sein du conseil de prud'homme. Cette activité de juge consulaire
est exercée à temps partiel. Ils exercent leur activité de commerçant à côté. Ils sont juges
bénévolement, mais ils ont droit à une indemnité (pour les frais de déplacement…). Ils
bénéficient d’une formation initiale et d’une formation continue en partenariat avec
l’école nationale de la magistrature.

a. Le fonctionnement

Le tribunal est présidé par un président, élu pour 4 ans au scrutin secret par l’ensemble
des juges du tribunal réunis en assemblée générale. Il faut avoir exercé la fonction de
juge consulaire pendant au moins 6 ans pour pouvoir être élu en tant que président du
tribunal de commerce. Chaque année, le président élu va désigner un ou plusieurs vices
présidents parmi les juges consulaires qui ont exercé pendant au moins 3 ans leur
fonction.
Lorsque les tribunaux de commerce sont très importants, ils sont divisés en chambre,
chaque chambre étant composée de 8 juges consulaires avec à sa tête un président de
chambre (qui doit avoir été juge consulaire pendant au moins 3 ans). Le président de
chambre ne peut être désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce que
lorsqu’il y a un avis du tribunal de commerce. Le tribunal de commerce statue en
formation collégiale de 3 juges au moins, et toujours en nombre impair. Ce tribunal rend
des jugements. Les débats interviennent, en principe, en audience publique et le
ministère d’avocat n’est pas obligatoire.

1) La compétence du tribunal de commerce

a. La compétence territoriale

La juridiction de proximité est compétente dans le ressort duquel est situé le domicile du
défendeur. Ce principe connaît des exceptions (déjà vues précédemment).

a. La compétence d’attribution

Le tribunal de commerce est compétent pour connaître en première instance de toutes


les affaires de nature commerciale, peu importe la valeur du litige. Il s’agit des affaires
relatives aux actes de commerce (à savoir lettre de change, opération de banque…), les
litiges entre commerçants (personnes physiques ou personnes morales) et également aux
affaires de liquidation judiciaire des entreprises en difficulté. Le montant du litige aura
un intérêt pour déterminer si on statue en premier et dernier ressort ou pas. Lorsque le
montant est inférieur ou égal à 4 000 e le tribunal de commerce statue en premier et
dernier ressort, au-delà il statue en charge d’appel.
Concernant les litiges opposant un commerçant et un non commerçant, il y a deux règles
qui peuvent trouver à s’appliquer : la solution sera différente selon que le demandeur est
commerçant ou non.
⁃ Si le demandeur est commerçant, le tribunal de commerce ne sera jamais
compétent, le litige relèvera en fonction de la somme en question, soit du juge de
proximité, soit du tribunal d’instance, soit du tribunal de grande instance.
⁃ Si le demandeur est non commerçant, le demandeur dispose d’une option de
juridiction, c’est-à-dire qu’il peut choisir de saisir le tribunal de commerce ou une
juridiction civile en fonction de la valeur du litige.
Le président du tribunal de commerce peut rendre des ordonnances sur requête, des
ordonnances de référé et des ordonnances d’injonction de payer en vue de recouvrement
des créances commerciales.

A) Le conseil de prud'homme

Ce sont les articles L 1411-1 et R1401-1 du code de travail qui prévoient la réglementation.
Le conseil de prud'homme a pour fonction de juger les litiges individuels, issu d’un
contrat de travail ou d’un contrat d’apprentissage. Cette juridiction a son origine à Lyon.
Elle a été supprimée par la révolution et a été réinstaurée par une loi du 18 mars 1806.
Cette loi est importante dans la mesure où elle met en place une juridiction du travail
dans toutes les régions françaises qui s’applique à l’ensemble des professions en la
matière. Actuellement, il y a 208 conseils de prud’homme.

1) L’organisation du conseil de prud'homme

Il y a un conseil supérieur de la prud’homie créé par une loi de 1982 qui formule des avis
et des suggestions auprès du garde des sceaux et du ministre du travail.

a. Le ressort territorial

Depuis la loi Boulin du 18 janvier 1979, il existe au moins un conseil de prud’homme


dans le ressort de chaque tribunal de grande instance. Le conseil de prud’homme est créé
par un décret du conseil d’état.
a. La composition

Il s’agit de juges non professionnels : les conseilleurs prud'hommes. Ils sont assistés par
un greffe, le parquet est occasionnel.

! Le mode de recrutement des conseillers prud’hommes

Ce sont des juges élus au scrutin de liste à la représentation proportionnelle suivant la


règle de la plus forte moyenne, sans panachage et au sein de deux collèges : le collège
employeur et le collège salarié. Ces deux collèges sont divisés en autant de sous collèges
qu’il y a de sections distinctes au sein du conseil de prud'homme. Pour être électeur, il
faut être soit employeur, soit salarié, être âgé de 16 ans révolu, exercer une activité
professionnelle dans le ressort territorial du conseil de prud'homme et être de bonne
moralité au sens du code électoral. La nationalité française n’est pas exigée. Pour être
éligible, la nationalité française est requise, il faut être inscrit sur les listes électorales
(remplir les conditions précédentes) et il faut avoir plus de 21 ans. Le vote se réalise
pendant le temps de travail, en général.

! Le statut des conseillers prud’hommes

Ils sont élus pour 5 ans et leur mandat est renouvelable. Ils vont prêter serment avant
leur entrée en fonction, ils bénéficient d’une formation juridique pendant laquelle ils
sont rémunérés. Ils ont les mêmes obligations que les magistrats professionnels, à savoir
juger, garder le secret des délibéré, rendre de manière impartiale la justice, ne pas
recevoir de rémunération des plaideurs. En cas de faute, la procédure intervient devant
la cour d’appel. Plusieurs sanctions disciplinaires peuvent être prononcées à l’égard du
conseiller qui n’a pas respecter ses obligations et c’est la section disciplinaire du conseil
de prud'homme qui pourra intervenir. Pour exercer ses fonctions juridictionnelles, les
salariés sont autorisés à s’absenter de leur poste et doivent être rémunérés comme s’ils
avaient travaillé. L’état va rembourser l’employeur.
Le salarié conseiller prud'homme ne peut pas être sanctionné ou voir son contrat rompu
en raison de ses absences liées à l’exercice de ses fonctions juridictionnelles. Il est
protégé pendant tout le temps de son mandat, mais également pendant les 6 mois
suivants la cessation de ce dernier. Durant cette période, il ne pourra faire l’objet d’un
licenciement pour faute personnelle qu’avec l’autorisation de l’inspecteur du travail.
L’inspecteur du travail va vérifier que le salarié ne fait pas l’objet de mesures
discriminatoires. L’employeur qui entraverait l’exercice des fonctions judiciaires d’un
conseilleur prud'homme pourrait être sanctionnée pénalement, c’est ce qu’on appelle le
délit d’entrave (punissable d’un emprisonnement d’un an et de 3 750 € d’amende,
sachant que s’il y a récidive, les peines sont doublées).

a. Le fonctionnement

On a à la tête du conseil de prud'homme un président et un vice président, tous deux élus


pour un an par l’assemblée générale du conseil de prud'homme. Si le président est un
employeur, le président de l’année suivant sera un salarié (alternance chaque année).
Le conseil de prud'homme est divisé en 5 sections : encadrement, industrie, commerce et
services commerciaux, agriculture et activités diverses
Dans chaque section, on a au moins 3 conseillers prud'hommes employeurs et 3
conseillers prud'hommes salariés. En fonction du volume des affaires à juger, on peut
créer au sein de chaque section plusieurs chambres. On aura la désignation d’un
président et d’un vice président (toujours en respectant l’alternance).
Le salarié peut faire appel à un syndicat (qui doit être représentatif) pour le représenter.
Le ministère d’avocat n’est pas obligatoire.
Il y a deux temps obligatoires successifs :
⁃ L’affaire est examinée par le bureau de conciliation. Le bureau de conciliation est
une formation qui se réunit à huis clos. Il est composé d’un conseiller
prud'homme salarié et d’un conseiller prud'homme employeur. Il a pour vocation
de trouver un arrangement à l’amiable entre les parties. Ici, les parties doivent
obligatoirement être présentes, elles ne peuvent pas se faire représenter. Si la
conciliation aboutit, l’affaire est arrêtée. Si la conciliation échoue, l’affaire est
renvoyée devant le bureau de jugement. Cela étant, le bureau de conciliation peut
prendre des mesures urgentes :
! Il peut ordonner la délivrance de certificat de travail, de bulletin de salaire
ou de toute autre pièce que l’employeur est tenu de délivrer.
! Il peut allouer des provisions sur les salaires et sur les accessoires du
salaire dans la limite de 6 mois du salaire. La provision correspond à une
somme accordée par le juge en attendant le jugement définitif.
! Il peut prendre des mesures d’instruction, même d’office, afin d’assurer la
conservation des preuves.
⁃ Puis elle est examinée par le bureau de jugement. Le bureau de jugement est
composé de deux conseillers employeurs et deux conseillers salariés, avec une
présidence alternée. Le bureau de jugement va statuer sur le fond de l’affaire, il va
rendre un jugement en audience publique et la présence des parties n’est pas
nécessaire. Lorsque l’on a un partage égal des voix, l’affaire va devoir être
renvoyée à une audience ultérieure (qui sera présidée par le juge d’instance qui
jouera le rôle de juge départiteur).

1) La compétence du conseil de prud'homme

a. La compétence territoriale

Le législateur a mis en place une réglementation spécifique pour protéger les salariés qui
sont dans un état de faiblesse par rapport à l’employeur. Le conseil de prud'homme
compétent est celui dans le ressort duquel se trouve l’établissement où le travail est
réalisé. Si le travail est réalisé à domicile ou en dehors de tout établissement, le conseil
de prud'homme de domicile du salarié est compétent. Le salarié dispose d’une option de
compétence, il peut également saisir le conseil de prud'homme du lieu où le contrat a été
conclu ou encore du lieu où l’employeur est établi. L’option de compétence n’appartient
qu’au salarié. Une close contraire ne peut pas figuré dans le contrat de travail. Si une
telle close figure dans le contrat travaille, elle est réputée non écrite.

a. La compétence d’attribution

Le conseil de prud'homme est exclusivement compétent pour trancher les litiges


individuels et privés nés à l’occasion du contrat de travail (ou d’apprentissage) et ce peu
importe le montant du litige. Il ne sera pas compétent lorsqu’il s’agit d’un litige collectif.
C’est un litige qui doit être de nature privée, qui doit concerner le contrat de travail (son
existence, sa conclusion, son exécution et la rupture). Il va statuer en premier et dernier
ressort lorsque le montant est inférieur ou égal à 4 000 € et en premier ressort lorsque le
montant est supérieur à cette somme. Le délai pour faire appel est d’un mois.

A) Le tribunal paritaire des baux ruraux

C’est une juridiction spécialisée qui a reçu compétence exclusive pour juger le
contentieux rural (entre les bailleurs et les preneurs ruraux). Elle est soumise à de règles
insérées dans le code rural. Il a été crée par le gouvernement Vichy en 1843 par une loi et
l’ordonne de 1844.

1) L’organisation du tribunal paritaire des baux ruraux

a. Le ressort territorial

Il existe un tribunal paritaire des baux ruraux au siège de chaque tribunal d’instance. Si
toutefois ce tribunal ne peut pas fonctionner, il est supprimé par décret et ses
attributions sont attribuées au juge d’instance.

a. La composition

C’est une juridiction échevinale. Il est présidé par un juge professionnel (le juge
d’instance) qui est assisté par 4 juges non professionnels (2 accesseurs bailleurs et 2
accesseurs preneurs). Les accesseurs sont recrutés par élection avec deux collèges
distincts (celui des bailleurs et celui des preneurs). L’accesseur va devoir prêter serment
avant l’entrer en fonction. Le parquet est occasionnel et le greffe du tribunal d’instance
assure le greffe du tribunal paritaire.

a. Le fonctionnement

Il peut être divisé en section : l’une compétente pour juger les baux à fermes, l’autre pour
juger les baux à métayage. Cette juridiction siège par session en audience publique. Le
ministère d’avocat n’est pas obligatoire. En principe, ce tribunal siège en collégialité (une
section entière avec le juge d’instance et 4 accesseurs) mais il peut aussi siéger à juge
unique (dans ce cas, le juge d’instance peut statuer seul et il prend l’avis des accesseurs
présents). Le président se voit reconnaître un certain nombre d’attributions
juridictionnelles. Il peut prendre des ordonnances de référé et également des
ordonnances sur requête.

1) La compétence du tribunal paritaire des baux ruraux

a. La compétence territoriale

Le tribunal paritaire compétent est celui du lieu de situation de l’immeuble, objet du bail
rural.

a. La compétence d’attribution

Il est compétent pour régler tous les conflits qui s’élèvent entre le propriétaire d’une
terre agricole et son locataire, quelle que soit la nature juridique du bail et quel que soit
le montant du litige. Il va rendre des jugements en premier et dernier ressort lorsque le
litige porte sur un montant inférieur ou égal à 4 000 €, sinon il statue à charge d’appel.

A) Les juridictions de la sécurité sociale

1) Le tribunal des affaires de la sécurité sociale

a. L’organisation

En ce qui concerne le ressort territorial, il est fixé en fonction de la situation


géographique et le volume des affaires à juger. Le ressort correspond à tout parti de la
circonscription d’un organisme de la sécurité sociale ou de plusieurs organismes de la
sécurité sociale. Sa composition est échevinale : un juge professionnel (magistrat du
siège de tribunal de grande instance dans le ressort duquel le tribunal des affaires de
sécurité sociale a son siège) et deux juges non professionnels, aussi appelés accesseurs
(citoyens nommés pour 3 ans par ordonnance du premier président de la cour d’appel
après avis de premier président du tribunal des affaires de sécurité sociales sur une liste
dressée dans le ressort de chaque tribunal par les autorités compétentes de l’état en
matière de sécurité sociale). Il n’y a pas de greffe, mais un secrétariat particulier. Il n’y a
pas de parquet permanent devant ce tribunal. Le tribunal des affaires de la sécurité
sociale est une juridiction collégiale. Le ministère des avocats n’est pas obligatoire. Cette
juridiction doit d’abord essayer de concilier les parties.

a. La compétence

Au plan géographique, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel se situe le
domicile du bénéficiaire des prestations ou de l’employeur. Concernant la compétence
matérielle, il intervient quel que soit le litige.

1) Le tribunal du contentieux de l’incapacité

a. L’organisation

Le ressort territorial est celui du ressort régional de sécurité sociale. Il a une composition
échevinale, un juge professionnel et deux juges non professionnels. Les deux juges non
professionnels sont aussi appelés accesseurs. Ils sont désignés pour un an non
renouvelable par le président de la cour d’appel.

a. La compétence

La compétence territoriale de ce tribunal est la même que celle du tribunal des affaires
de sécurité sociale. Ce tribunal est compétent pour les litiges techniques de la sécurité
sociale, à savoir les questions relatives à l’incapacité d’une personne, son invalidité, son
inaptitude, ou encore les questions relatives à la curatelle. Il y a une possibilité d’appel
devant une cour nationale spécifique appelé cour nationale de l’incapacité et de la
tarification de l’assurance des accidents du travail. Les arrêts de cette cour peuvent être
frappés d’un pourvoi en cassation.

Sous Section 2 : Les juridictions civiles du 2nd degré


Possibilité de faire appel quand la décision initiale a été rendue en premier ressort.
L’affaire fait alors l’objet d’une étude de droit et de fait par la juridiction saisie. L’affaire
va donc être rejugée, on dit rejugé au 2nd degré. C’est la conséquence du principe du
double degré de juridiction.

I. La juridiction de droit commun du 2nd degré

A) L’organisation de la cour d’appel

1) Le ressort territorial

C’est un décret en conseil d’état qui détermine le ressort territorial de chaque cour
d’appel. Aujourd’hui on compte 35 cours d’appel. Ce ressort territorial comprend en
général un ou plusieurs départements, selon al densité de population et le nombre
d’affaires à juger. Le siège de cette cour d’appel est aussi fixé par un décret en conseil
d’état. Le plus souvent, c’est la plus grande vile qui accueille le siège de la cour d’appel.
On dénomme les cours d’appel en fonction de la ville qui les accueille.

1) La composition

Elle est définie par un décret en conseil d’état. Ce sont des magistrats professionnels qui
la composent. Ils sont dénommés conseillers. Ils ont une certaine expérience et un rang
plutôt élevé au sein de la hiérarchie judiciaire. Depuis une loi du 19 janvier 1995, le garde
des sceaux peut également nommer des personnes qui ne sont pas magistrats
professionnels pour exercer des fonctions judiciaires. Ces personnes sont dénommées
conseillers en services extraordinaires, elles sont nommées pour 10 ans non
renouvelables. Elles sont nommées en raison de leur compétence et de leur expérience
professionnelle. A la tête de la cour d’appel on trouve un premier président. Les juges de
la cour d’appel sont assistés par un greffe avec un greffier en chef et plusieurs greffiers.
Au niveau de la cour d’appel, le parquet est permanent, il est dirigé par un procureur
général de la cour d’appel, assisté par plusieurs avocats généraux et substituts généraux.

1) Le fonctionnement

La cour d’appel rend des arrêts. Les audiences sont tenues publiquement et le ministère
d’avocat est obligatoire sauf exception. La cour d’appel est subdivisée en plusieurs
chambres, placées sous la responsabilité d’un président de chambre. Ces chambres sont
elles-mêmes subdivisées en sections. Au sein de chaque chambre et de chaque section,
on trouve un président de chambre et deux conseillers accesseurs. En règle générale, au
niveau de la cour d’appel, on trouve une chambre civile, une chambre sociale, une
chambre commerciale, une chambre de l’instruction, une chambre des appels
correctionnels et une chambre des mineurs. La cour d’appel va intervenir de différentes
façons au niveau de son fonctionnement :
⁃ Elle peut intervenir en audience ordinaire. C’est la formation de jugement
classique avec trois magistrats.
⁃ Elle peut intervenir en audience solennelle. Ce sont des cas spécifiquement
prévus par la loi, notamment lorsque la cour d’appel va statuer après renvoi de la
cour de cassation. On trouve au moins 5 conseillers qui sont issus de deux
chambres différentes. C’est le premier président qui préside cette formation.

⁃ Elle peut intervenir en assemblées des chambres. C’est une formation spéciale de
la cour d’appel qui siège uniquement dans des cas spécifiques prévus par la loi.
C’est notamment le cas en matière de discipline pour les avocats ou les huissiers
de justice. Cette assemblées est formée de représentants de deux chambres de la
cour d’appel. L’audience n’est pas publique.
⁃ Elle peut se réunir en assemblée générale qui se tiendra sous la présidence du
premier président. Cela concerne les domaines de nature administrative.

A) La compétence de la cour d’appel

1) La compétence territoriale

La cour d’appel est compétente pour statuer sur les appels portés contre les décisions
rendues en premier ressort par toutes les juridictions de première instance qui ont leur
siège dans son ressort territorial.
1) La compétence d’attribution

a. La compétence d’attribution de la cour d’appel

La cour d’appel est une juridiction de droit commun du second degré. A ce titre, cette
juridiction a compétence de principe pour connaître de tous les appels qui sont formés
contre les décisions rendues en premier ressort par les juridictions de première instance
situées dans son ressort territorial. La cour d’appel va donc complètement rejuger
l’affaire en fait et en droit. Elle statue sur le fond de l’affaire. L’appel produit un effet
dévolutif, c’est l’article 561 du code de procédure civile. Avec cependant deux limités à
cet effet dévolutif :
⁃ Les parties ne peuvent pas soumettre à la cour des demandes nouvelles (c’est-à-
dire des demandes qui n’auraient pas été formulées en première instance).
⁃ La cour ne devra juger que les questions qui ont été tranchées par la décision
contestée.
L’appel produit aussi un effet suspensif. Le jugement qui est rendu en première instance
ne peut pas être exécuté pendant le délai nécessaire pour interjeter appel et jusqu’à ce
que la cour d’appel ait rendu son arrêt.

a. La compétence d’attribution du premier président

Ce sont des compétences d’ordre administratif mais aussi d’ordre juridictionnel.


⁃ Le premier président dispose d’un pouvoir de direction et de contrôle. C’est lui
qui est chargé de veiller à la discipline des magistrats du siège qui exercent à la
cour d’appel mais également de tous les magistrats du siège intervenant dans les
juridictions placées dans le ressort territorial de la cour d’appel. Le premier
président a pour mission de nommer les magistrats chargés de présider les cours
d’assises. Chaque année, il doit inspecter les juridictions de première instance de
son ressort et transmettre un rapport au garde des sceaux à ce sujet.
⁃ En premier lieu, le premier président va statuer seul sur les contestations des
honoraires des avocats. Depuis les lois des 15 juin et 30 décembre 2000, il se
prononce sur les demandes d’indemnisations des personnes qui ont été placées
en détention provisoire et qui bénéficient d’une demande de non lieu. Le premier
président peut rendre des ordonnances sur requête. Le premier président juge les
requêtes sollicités pendant la procédure d’appel, il n’est pas juge d’appel pour les
ordonnances sur requête rendues par un président d’une juridiction de l’ordre
judiciaire. Il peut également rendre des ordonnances en référé, il juge les mesures
urgentes sollicitées pendant la procédure d’appel.

I- II. Les juridictions spécialisées du 2nd degré

Il se peut qu’un appel formé contre une décision de première instance aille devant une
juridiction spécialisé du 2nd degré. Les appels contre les jugements rendus par le
tribunal du contentieux de l’incapacité sont examinés par la cour nationale de
l’incapacité et de la tarification de l’assurance des accidents du travail. Les appels
interjetés contre les décisions rendues par le juge commissaire près du tribunal de
commerce sont examinés par le tribunal de grande instance et non la cour d’appel.

Section 2 : Les juridictions pénales


Sous Section 1 : Les juridictions pénales de droit commun

I. Les juridictions pénales d’instruction

A) La juridiction pénale d’instruction au 1er degré

Pendant longtemps c’était le juge d’instruction qui s’en chargeait, et une loi de 2007 a
confié cette mission à un pôle de l’instruction.

1) L’organisation du pôle de l’instruction

A compter du 1er janvier 2011, il existera un pôle de l’instruction au sein de certains


tribunaux de grande instance. Du 1er janvier 2010 au 1er janvier 2011 le pôle de
l’instruction n’est composé que de 2 juges d’instruction et ne peut instruire que les
crimes les plus graves. Pour toutes les autres infractions pénales, c’est le juge de
l’instruction qui s’en charge. A compter du 1er janvier 2011 il sera composé de 3 juges
d’instruction et instruira toutes les infractions pénales. Ce sont des magistrats
professionnels, juges du tribunal de grande instance, nommés pour 3 ans par décret du
président de la république. Le renouvellement est possible.

1) Le fonctionnement du pôle de l’instruction

Ce pôle de l’instruction a compétence de principe pour instruire toutes les infractions


pénales commises sur son ressort territorial mais aussi toutes les infractions pénales
commises en dehors de son ressort territorial mais dont la personne impliquée habite,
réside dans son ressort.

a. La saisine du pôle d’instruction

! Les modes de saisine

o La saisine par le procureur de la République


Le procureur de la république saisit le pôle de l’instruction par un acte réquisitoire
introductif d’instance ou réquisitoire à fin d’informer.! Lorsque l’infraction commise est
un crime, l’instruction est obligatoire, donc le procureur doit saisir le pôle d’instruction.
Lorsque l’infraction est un délit, l’instruction est un délit et dépend de la complexité de
l’affaire. Pour les contraventions il n’y a pas d’instruction en principe.

o La saine par la victime de l’infraction


La victime saisit le pôle d’instruction par une plainte avec constitution de partie civile. La
loi du 5 mars 2007 a réformé la technique de cette plainte en mettant la condition sine
qua non d’une plainte simple précédent la plainte avec constitution de partie civile.

! L’étendue de la saisine

Le pôle d’instruction est saisi in rem, il ne peut donc instruire que sur les faits qui lui ont
été soumis. Si toutefois pendant son instruction il découvre des faits nouveaux, il doit les
communiquer au parquet qui ne lui permettra de les utiliser qu’avec un réquisitoire
supplétif. Il devra rechercher tous les auteurs de l’infraction sur lequel il instruit.

a. Les pouvoirs du pôle d’instruction

! Les pouvoirs d’information

Le pôle d’instruction doit procéder à tous les actes d’information qu’il estime utile à la
manifestation de la vérité. Il instruit à charge et à décharge. Pour ce faire, il dispose de
pouvoir d’investigation et des mandats.

o Les moyens d’investigation


Les moyens d’investigation sont la perquisition, les auditions de témoins… Il peut
déléguer ceci à un officier de police judiciaire. Il peut procéder à des commissions
rogatoires. Si le pôle d’instruction a réuni des indices graves et concordant à l’implication
d’une personne, il peut placer en détention provisoire le mis en examen. Le pôle
d’instruction peut également ordonner le contrôle judiciaire de la personne mise en
examen.

o Les mandats
Ce sont des moyens de contrainte. Le pôle d’instruction peut délivrer 4 types de mandat :
de comparution, d’arrêt, d’amender et de recherche.

! Les pouvoirs de juridiction

Au début de l’instruction, le pôle de l’instruction peut rendre une ordonnance


d’incompétence ou alors d’irrecevabilité (dans ce cas il considère que les conditions
légales de sa saisine ne sont pas remplies) et peut aussi rendre une ordonnance de refus
d’informer lorsque il considère que les faits qui lui sont soumis sont insusceptibles de
poursuites. Au terme de l’instruction, il rend une ordonnance de règlement, qui peut être
de 2 types :
⁃ soit d’une ordonnance de non lieu, donc les charges ne lui paraissent pas
suffisante, pour renvoyer la personne mise en examen devant la juridiction de
jugement et la personne ne sera pas jugée.
⁃ Si les charges lui semblent suffisantes, il pourra rendre différente ordonnances en
fonction de l’infraction commise :
! S’il s’agit d’un délit, il rendra une ordonnance de renvoi de la personne
concerné devant le tribunal correctionnel.
! S’il s’agit d’un crime, il va rendre une ordonnance de mise en accusation
et la personne poursuivie sera envoyée devant la cour d’assise.
Lorsque le juge d’instruction rend un tel ordonnance, il ne se prononce pas sur la
culpabilité de la personne poursuivie, mais estime simplement que les charges sont
suffisantes.

A) La juridiction pénale d’instruction du 2nd degré

1) L’organisation de la chambre de l’instruction

C’est une formation collégiale formée de 3 conseillers de la cour d’appel et présidé par
l’un d’eux. Le président de cette chambre de l’instruction est désigné par décret du
président de la République après avis du conseil supérieur de la magistrature. Le
président de cette chambre de l’instruction se voit confier des missions particulières,
comme le contrôle de la durée raisonnable de l’instruction. La chambre de l’instruction
se réunit au moins une fois par semaine sur demande du procureur général ou sur
convocation de son président toutes les fois où il est nécessaire.

1) Les attributions de la chambre de l’instruction

a. L’attribution principale

Elle connaît des appels formés contre les ordonnances rendues par le pôle d’instruction
et par le juge des libertés et de la détention. Elle contrôle la régularité en droit des
ordonnances rendues. Elle va également contrôler l’opportunité en fait de ces
ordonnances.

a. Les attributions spécifiques

Elle examine les demandes d’extradition émanant des États étrangers et, sans son
consentement, celles-ci ne peuvent aboutir. Elle examine également les contentieux de
l’amnistie…

I- II. Les juridictions pénales de jugement

A) Les juridictions pénales de jugement du 1er degré

1) Le jugement des contraventions : deux juridictions compétentes

Les contraventions sont réparties en 5 classes :


⁃ 1ère classe : 38 €
⁃ 5ème classe : 1500 à 3000 € en cas de récidive
Le juge de proximité est compétent pour les 4 premières classes de contravention.

a. Le juge de proximité

Le juge de proximité est compétent pour juger au 1er degré les contraventions des 4
premières classes commises par les majeurs et les mineurs sous réserve d’exceptions.
Dans cette tache le juge de proximité est assisté d’un greffier (celui du tribunal
d’instance). Le ministère public est représenté par le procureur de la République près le
tribunal de grande instance qui peut déléguer ses fonctions au commissaire de police de
la ville dans laquelle réside le tribunal de police. Le juge de proximité rend son jugement
en premier et dernier ressort et le ministère d’avocat n’est pas obligatoire.

a. Le tribunal de police

Il est compétent pour les contraventions de 5ème classe.

! L’organisation du tribunal de police

C’est le tribunal d’instance en matière pénale. Il statue à juge unique. Il est assisté d’un
greffier. Le ministère public est représenté de la même manière que devant le juge de
proximité. Le ministère d’avocat n’est pas obligatoire.

! La compétence du tribunal de police


⁃ Géographique : mêmes règles que pour le juge de proximité. La juridiction
territorialement compétente est soit celle du lieu de la commission de l’infraction,
soit celle du lieu de la résidence de l’auteur de l’infraction, ou du lieu de
constatation de l’infraction.
⁃ Matérielle : contraventions de 5e classe commises par un majeur
Il rend des jugements en premier ressort.

1) Le jugement des délits : le tribunal correctionnel

a. L’organisation du tribunal correctionnel

C’est le tribunal d’instance qui statue en matière pénale. C’est une juridiction collégiale (1
président et 2 assesseurs), un secrétariat greffier (du tribunal de grande instance). Le
ministère public est représenté par le procureur de la République ou l’un de ses
substituts.

a. La compétence du tribunal correctionnel

La juridiction territorialement compétente est soit celle du lieu de la commission de


l’infraction, soit celle du lieu de la résidence de l’auteur de l’infraction, ou du lieu de
constatation de l’infraction. Pour certains délits, en raison de leur technicité, ce sont des
formations spécialisés au sein de tribunal de grande instance qui seront compétentes.
Il rend des jugements en 1er ressort.

1) Le jugement des crimes : la cour d’assises

a. L’organisation de la cour d’assises

! Le ressort territorial

En dehors de Paris, le ressort territorial de la cour d’assises est celui du département. On


parle alors de cour d’assises du nom du département où elle siège. Le plus souvent, elle
siège au chef lieu du département.

! La composition

Sa composition est échevinale (juges professionnels et non professionnels). Le ministère


public est représenté par un membre du parquet de la cour d’appel ou du tribunal de
grande instance. Pareil pour le greffe.

o Les magistrats professionnels


3 magistrats professionnels siègent au sein de la cour d’assises. Ils constituent la cour
proprement dite et est composée de: un président désigné par le premier président de la
cour d’appel pour chaque session d’assises, et 2 assesseurs désignés de la même façon
soit de la cour d'appel, soit du TGI. Des assesseurs supplémentaires vont également
assister aux débats. Ils n'assistent pas par contre à la délibération.

o Le jury populaire
Le jury, datant de l’existence de la loi des 16 et 26 septembre 1791, est composé de 9. Il
faut répondre à des conditions légales et être tiré au sort.

! Les conditions légales : Il faut être de nationalité françaises, avoir


23 ans au moins, savoir lire et écrire en français, avoir la pleine
capacité juridique, jouir de ses droits civils et politiques, ne pas
être frappé d’une cause d’incapacité visé à l’article 256 du code
pénal, et ne pas être frappé d’une cause d’incompatibilité vis à
l’article 257 du code pénal.

! Le tirage au sort : La formation du jury suppose plusieurs tirages


au sort, suivant 3 étapes. Les 2 premières, on passe. A partir de la
liste de session va être établie la liste de jugement. Au début de la
session d’assises et en audience public, le président de la cour
d’assises tire au sort 9 noms parmi les 40 noms populaires et
plusieurs noms parmi les 12 noms suppléants. Ces noms
composent alors la liste de jugement. Il s’agira en principe des
jurés pour telle affaire considérée. En principe car le ministère
public ou l’accusé a la possibilité de récuser un juré et ce de
manière discrétionnaire. Quand les noms des 9 jurés sont
définitifs, on leur dit quels sont leurs devoirs.

! Le fonctionnement

Ce n’est pas une juridiction permanente, elle fonctionne par sessions, donc de façon
intermittente. Il existe une session tous les 3 mois, sauf s’il y a besoin d’une session
supplémentaire. Chaque session dure le temps nécessaire, pour autant, la session ne doit
pas durer plus de 15 jours. La cour d’assises va être amenée à prendre un certain nombre
de décisions. S’agissant d’une décision sur la culpabilité de l’accusée, toutes décisions
défavorables nécessitent au moins une majorité des 2 tiers, donc 8 sur 12. La décision sur
la peine à infliger à celui qui est reconnu coupable nécessite une majorité simple, donc 7
sur 12, et par exception 8 sur 12 en cas de maximum de la peine prise.

a. La compétence de la cour d’assises

Concernant la compétence géographique, est territorialement compétente la cour


d’assises dans le ressort de laquelle l’auteur du crime a été commis, ou alors celle de
laquelle où habite l’auteur du crime, ou alors celle de laquelle où habite l’auteur du
crime. Concernant la compétence d’attributions, la cour d’assises est compétente pour
les crimes, mais, particularité, en vertu de sa plénitude de juridiction, elle peut aussi
juger les contraventions et délits connexes ou indivisibles avec les crimes qui lui sont
soumis. La compétente de la cour d’assises de la cour d’assises ne cesse pour juger les
crimes que si la compétence revient à une juridiction spécialisé. Elle statue en 1er
ressort.

A) Les juridictions pénales de jugement du 2nd degré

1) L’appel en matière contraventionnelle

Il ne pourra pas y avoir d’appel en cas des 4 premières contraventions. En 5ème classe
c’est possible, et c’est une chambre spécialisée de la cour d’appel qui le fera, appelé
chambre des appels correctionnels. Cette chambre est formée de 3 magistrats pro,
statuant de manière collégiale, le ministère public est exercé par un substitut général ou
un avocat général, et on a un greffier qui assiste le président et les conseillers. L’appel est
suspensif du jugement rendu.
1) L’appel en matière correctionnelle

Les appels sont aussi examinés par la chambre des appels correctionnels.

1) L’appel en matière criminelle

Pendant longtemps, il n’y avait pas de possibilité d’appel en matière criminelle. C’est la
loi du 15 juin 2000 qui fait qu’un appel est possible contre les arrêts rendues la cour
d’assise. Cet appel a un effet suspensif.

a. La désignation de la cour d’assises d’appel

La cour d’assises chargée de statuer en appel est une autre cour d’assises désignée au
niveau national par la chambre criminelle de la cour de cassation. Ce n’est pas une
juridiction hiérarchiquement supérieure. Ce sera soit la même cour d’assises autrement
composée, ou alors à un autre endroit.

a. Le fonctionnement de la cour d’assises d’appel

En principe, ce sont les mêmes règles que pour la cour d’assises du 1er degré, avec 2
différences pourtant : le nombre de jurés est de 12 et non pas de 9. Et, la décision sur la
culpabilité de l’accusé doit être prise selon une majorité de 10 voix sur 15.

Sous Section 2 : Les juridictions pénales spécialisées

I. Les juridictions pour mineurs


Les mineurs délinquants ne sont pas soumis à l’application du droit commun, ce sont des
règles particulières déterminés par une ordonnance du 21 février 1945 plusieurs fois
modifiée. Ces spécificités existent aussi bien au niveau de l’instruction que du jugement.

A) L’instruction

Les contraventions de 5ème classe, les délits, et crimes commis par les mineurs doivent
obligatoirement faire l’objet d’une instruction. Concernant les crimes, l’instruction est
faite par le pôle de l’instruction, composé de 3 juges d’instructions dont un ou plusieurs
spécialisés dans les affaires de mineurs. Pour les contraventions de 5ème classe et délits,
l’instruction peut être faite soit par le juge des enfants, soit par le pôle de l’instruction. Ce
choix appartient au Procureur de la République. Très souvent le choix sera celui du pôle
d’instruction lorsque l’affaire est compliquée.
Le rôle de cette juridiction d’instruction sera de chercher les preuves à charge et à
décharge. Elle a les mêmes pouvoirs d’administrations et juridictionnels que pour le
droit commun des majeurs, avec cependant une obligation : la juridiction d’instruction
doit toujours mener une enquête de personnalité sauf ordonnance motivée. La
juridiction peut aussi saisir le juge des libertés et de la détention afin de faire placer le
mineur en détention provisoire. Les règles seront différentes selon l’âge du mineur et
selon l’infraction correctionnelle ou criminelle. L’issue de l’instruction obéit au droit
commun (ordonnance de renvoi, ordonnance de non lieu ou ordonnance de mise en
accusation). Toutes les décisions prises par la juridiction de l’instruction peuvent faire
l’objet d’appel devant une chambre de l’instruction de la cour d’appel comprenant 3
magistrats dont 1 spécialement délégué pour la protection de l’enfant.

A) Le jugement

1) Les différentes sanctions

⁃ Les mesures éducatives ont pour objet de lutter contre un état dangereux en
favorisant la rééducation et la resocialisation du mineur.
⁃ Les sanctions éducatives ont pour objet de dissuader le mineur commettre une
nouvelle infraction pénale en l’affection dans sa liberté ou son patrimoine.
⁃ Les peines pénales visent à sanctionner lourdement le mineur. Ce sont des
sanctions qui trouvent à s’appliquer avec une particularité. De manière générale
s’appliquera l’excuse de minorité qui fait encourir aux mineurs une sanction
inférieure de moitié à celle du majeur. La peine d’amende est limitée à 7 500 € et
certaines peines, de même que la période de sûreté, sont inapplicables.

Les sanctions vont s’appliquer différemment en fonction de l’âge du mineur. Il y a 4


catégories d’âges qui sont pris en considération : lorsque le mineur a moins de 10 ans,
lorsqu’il a entre 10 et 13 ans, entre 13 et 16 ans et entre 16 et 18 ans.

1) Les différentes juridictions

a. Les juridictions de jugement du 1er degré

! Le juge des enfants

Il s’agit d’un magistrat du siège du tribunal de grande instance qui est nommé par décret
du président de la république après avis du conseil supérieur de la magistrature. Il est
nommé pour 3 ans non renouvelables. Un magistrat ainsi nommé ne pourra exercer ses
fonctions de juge pour enfants dans un même tribunal que pour 10 ans maximum depuis
la loi du 25 juin 2001. La compétence matérielle est limitée puisque relèveront de sa
compétence uniquement les contraventions de la 5ème classe et les délits commis par un
mineur, sauf lorsque les délits en question ont été commis par un mineur d’au moins 16
ans et qu’ils sont punis par une peine d’emprisonnement d’au moins 7 ans. Dans cette
hypothèse, c’est le tribunal pour enfant qui sera compétent. Le juge des enfants ne peut
pas prononcer une peine pénale à l’encontre du mineur qu’il est en train de juger. Il ne
peut prononcer d’un mesure éducative ou qu’une sanction éducative. Lorsque l’affaire lui
semble nécessitait une peine pénale, la loi autorise le juge à renvoyer l’affaire devant le
tribunal pour enfant pour que ce dernier puisse statuer en prononçant une peine pénale.

! Le tribunal pour enfants

Son ressort territorial est le département. En principe, il y aura un tribunal pour enfant
par département. Sa composition est échevinale. Il comprend un magistrat professionnel
qui est le juge des enfants et qui sera le président de ce tribunal, deux magistrats non
professionnels, dénommés accesseurs. Ce sont des personnes de nationalité française
d’au moins 30 ans et qui ont été choisi en raison de l’intérêt qu’elles manifestent vis-à-vis
des problèmes de l’enfance. Elles sont nommées pour 4 ans par arrêté du ministre de la
justice. Le premier président de la cour d’appel établi une liste de candidat et le choix se
fait parmi les personnes figurant sur cette liste. Les accesseurs seront indemnisés en
fonction de la participation aux audiences. Le ministère public est représenté par un
membre du parquet du tribunal de grande instance et c’est le greffe du tribunal de
grande instance qui assure le greffe du tribunal pour enfant.
Le tribunal pour enfant compétent est soit celui du lieu ou le mineur a été arrêté, soit
celui du lieu où l’infraction a été réalisée, soit celui du lieu de résidence du mineur ou de
ses représentants légaux, soit celui du lieu où le mineur a été placé. Concernant la
compétence matérielle, il va connaître d’une part les contraventions de 5ème classe et les
délits qui ont été confiées au tribunal pour enfant par renvoi du juge pour enfant. Il va
aussi connaître les délits commis par un mineur d’au moins 16 ans et qui lui fit encourir
une peine d’emprisonnement supérieure ou égale à 7 ans. Lorsqu’un mineur de moins de
16 ans a commis un crime, le tribunal pour enfant est compétent. Il peut statuer en
prononçant des mesures éducatives, des sanctions éducatives mais aussi des peines
pénales.

! La cour d’assises pour mineurs

Elle date d’une loi du 24 mai 1951. L’organisation de cette cour d’assises et similaire à
celle des majeurs. Elle est composée de trois magistrats professionnels et de 9 jurés qui
composent le jury d’assise. Les deux accesseurs sont nécessairement des juges pour
enfants. Le ministère public est assuré par le procureur général près la cour d’appel ou
par un magistrat du parquet spécialisé dans les affaires de mineurs. Les débats
concernant les affaires soumises à la cour d’assises pour mineurs se déroulent à huis
clos. C’est la même compétence géographique que celle du tribunal pour enfant. Elle a
une compétence exclusive pour juger les crimes commis par un mineur âgé de 16 à 18
ans. Elle peut prononcer les trois types de sanctions. Elle peut juger les majeurs
coauteurs ou complices des crimes commis par des mineurs sauf si la chambre de
l’instruction a décidé la disjonction des procédures, elle renvois les majeurs devant les
juridictions pénales de droit commun.

a. Les juridictions de jugement du 2nd degré

Les décisions qui ont été rendues par une juridiction pénale de 1er degré peuvent faire
l’objet d’un appel. Les décisions rendues par le juge des enfants ou par le tribunal pour
enfants sont examinées par une chambre spéciale de la cour d’appel dénommée chambre
spéciale des mineurs. Elle est composée de trois conseillers près la cour d’appel dont le
conseiller délégué à la protection de l’enfance. Concernant les appels interjetés à
l’encontre de la décision de la cour d’assises des mineurs, c’est la cour d’assises d’appel
des mineurs qui interviendra. Cette cour est composée de 3 magistrats professionnels et
de 12 jurés.

I- II. Les juridictions politiques

Les hommes politiques sont également soumis à des juridictions spécifiques.


La haute cour de justice a été crée par l’article 67. La haute cour de justice avait pour
compétence de juger aussi bien le président de la république que les membres du
gouvernement. Au fil du temps on s’est rendu compte que cette solution n’était pas
satisfaisante. Dès 1993, la loi constitutionnelle du 27 juillet a réformé de la manière
suivante : elle a créé une nouvelle juridiction politique : la cour de justice de la
république pour les membres du gouvernement laissant en place la haute cour de justice
(devenue la haute cour) avec compétence exclusive concernant le président de la
république.

A) La Haute Cour

1) L’instruction
A l’origine, la haute cour de justice ne pouvait intervenir qu’en cas de haute trahison du
président de la république. La loi du 19 février 2007 a modifié l’article 68 de la
constitution en supprimant cette référence à la haute trahison et désormais, le président
de la république peut être poursuivi en cas de manquement à ses devoirs manifestement
incompatibles avec l’exercice de son mandat. Pour toutes les autres infractions, il jouit,
durant son mandat, d’une immunité pénale absolue. L’article 67 le précise très
clairement. La constitution ne définit pas ce que constitue un manquement à ses devoirs
incompatibles avec l’exercice de son mandat. Pour l’heure, la jurisprudence n’a jamais
été saisie donc elle ne peut pas nous éclairer.
Pour mettre en accusation le président de la république, il faut un vote similaire au sein
de l’assemblée nationale et du sénat. La décision est prise par chaque assemblée à la
majorité des 2/3 des membres présents. Quand la mise en accusation a été votée par les
deux assemblées, l’instruction est alors confiée à une commission d’instruction, c’est une
loi organique qui doit définir le fonctionnement et la composition de cette commission
d’instruction.

1) Le jugement

La haute cour devant laquelle le président de la république est renvoyé sur décision de la
commission d’instruction est composée de l’ensemble des députés et sénateurs réunis en
congrès. Elle est présidée par le président de l’assemblée nationale. Le greffier est de
droit le greffier en chef de la cour de cassation. Le ministère public est assuré par le
procureur général près la cour de cassation, assisté du premier avocat général et de deux
avocats généraux qu’il désigne. A compter de sa saisine, la haute cour dispose d’un délai
d’un mois pour rendre sa décision, décision qui n’est pas susceptible de recours. La seule
sanction que la haute cour puisse prononcer est la destitution du président de la
république. Pour que cette condamnation soit prononcée, la haute cour doit réunir la
majorité des 2/3 des membres présents. Le vote se réalise par bulletin secret, toute
délégation de vote est interdite et ne sont recensés que les votes favorables à la
destitution. Cette formation n’a jamais siégé.

A) La Cour de justice de la République

Elle est compétente pour juger les délits et crimes commis par les membres du
gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

1) L’instruction

L’action publique peut être mise en mouvement soit par le procureur général près la cour
de cassation soi t par la victime elle-même. La victime peut déposer une plainte, plainte
qui sera examinée par une commission des requêtes. Cette commission est composée de
3 conseillers à la cour de cassation, 2 conseillers d’état et 2 conseillers maîtres à la cour
des comptes. Ces magistrats sont élus pour 5 ans par la juridiction à laquelle ils
appartiennent. Cette commission va effectuer un filtrage et va écarter les plaintes qui
sont abusives. Quand la plainte est déclarée recevable, la commission la transmet au
procureur général près la cour de cassation. La décision de cette commission est
insusceptible de recours. Dans tous les cas, le procureur général près la cour de cassation
saisira la commission d’instruction, composée de 3 magistrats du siège de la cour de
cassation. Cette commission va réaliser l’instruction. Au terme de cette instruction, elle
peut rendre deux décisions : soit une décision de non-lieu lorsque les charges lui
semblent insuffisantes soit une décision de renvoi quand les charges lui semblent
suffisantes. Les décisions rendues par la commission d’instruction peuvent faire l’objet
d’un pourvoi en cassation.
1) Le jugement

La cour de justice de la république est une juridiction échevinale, composée de 15 juges


(6 députés, 6 sénateurs et 3 magistrats du siège de la cour de cassation). Les députés et
sénateurs sont élus par leurs chambres, les 3 magistrats du siège de la cour de cassation
sont élus par le collège de magistrats de la cour de cassation. Ils occupent leurs fonctions
pour 3 ans. Un des magistrats du siège se verra attribuer les fonctions de président de
cette cour. Le ministère public est représenté par le procureur général près la cour de
cassation, le premier avocat général et deux avocats généraux de la cour de cassation.
L’arrêt de la cour de justice de la république peut faire l’objet d’un recours devant
l’assemblée plénière de la cour de cassation. Si l’arrêt est cassé, la cour de justice de la
république, entièrement recomposée, juge à nouveau l’affaire.

Sous Chapitre 2 : Les juges de cassation de l’ordre judiciaire

La cour de cassation se voit reconnaître un rôle particulier puisqu’elle conduit à une


bonne harmonisation de la règle de droit sur tout le territoire. C’est une juridiction
unique. En 1804, la cour de cassation était composée d’une chambre civile, d’une
chambre criminelle et d’une chambre des requêtes.

Section 1 : Le rôle de la cour de cassation

Sous Section 1 : Le rôle juridictionnel de la cour de cassation


La vocation d’origine de la cour de cassation c’est d’être une cour régulatrice afin que la
règle de droit soit appliquée de même manière devant toutes les juridictions française.
Elle a toujours assumé ce rôle.

I. La cour de cassation, juge de droit


La cour de cassation ne juge pas les faits, elle juge uniquement le droit. C’est un principe
qui comprend une exception.

A) Le principe : la cour de cassation ne juge que le droit

La cour de cassation ne se prononce que sur la légalité en droit de la décision qui a été
rendue par le juge du fond. Elle ne va contrôler que les questions de droit qui ont été
traitées par les juridictions de fond. Pour vérifier la légalité de la décision rendue par les
juges du fond, la cour de cassation doit trouver dans la décision de ces derniers tous les
éléments de faits qui lui sont nécessaires pour réaliser son contrôle de la légalité de la
décision qui lui est soumise. Pour que la cour de cassation puisse contrôler la légalité de
la décision, elle a besoin de connaître la motivation des juges du fond. Le contrôle des
faits est quantitatif et qualitatif. La cour de cassation va être conduite à contrôler la
légalité de toutes les décisions rendues en dernier ressort par toutes les juridictions de
l’ordre judiciaire. Pour que la cour de cassation intervienne, elle doit être saisie par un
pourvoi en cassation, qui est une voie de recours extraordinaire qui peut être formée par
la partie qui estime que la décision prononcée en dernier ressort par les juges du fond ne
respecte pas une règle de droit. Le ministère public peut aussi former un pourvoi en
cassation. Au niveau du délai pour former un tel pourvoi, sauf disposition contraire, il est
de deux mois en matière civile et de 5 jours en matière pénale. Pour qu’un pourvoi soit
recevable, le demandeur doit invoquer un cas d’ouverture à cassation, c’est l’article 604
du code de procédure civile et les articles 567, 592, 593 et 597 du code de procédure
pénale. On observe plusieurs cas d’ouverture à cassation :
⁃ Manque de base légale
⁃ Dépôt de motif
⁃ Violation de la loi
⁃ Incompétence
⁃ Excès de pouvoir
⁃ La contrariété de jugement rendue entre les mêmes parties
⁃ L’inobservation des formes prescrites
⁃ La perte de fondement juridique

A) L’exception : la cour de cassation juge également les faits

C’est une hypothèse spécifique qui intervient en matière pénale concernant les recours
en révision. Le recours en révision a pour objet de réparer une erreur judiciaire commise
lors d’une condamnation correctionnelle ou criminelle. Dans cette hypothèse, une
question de fait est alors exceptionnellement soumise à l’examen de la cour de cassation
qui devra donc statuer sur le fond.

II. La cour de cassation, juge de cassation


A) La décision de rejet

Lorsque la cour de cassation considère que les juges du fond n’ont commis aucune erreur
de droit, qu’ils ont interprété et applique correctement la loi, elle rejette le pourvoi. La
décision attaquée devient alors irrévocable et l’affaire est terminée.

A) La décision de cassation

La cour de cassation constate qu’il y a erreur d’interprétation ou d’application de la loi.


Elle casse alors la décision contestée, elle l’annule. En annulant cette décision, soit elle
l’annule sans renvoi, soit avec renvoi.

1) La cassation sans renvoi

Ce cas de figure se réalise lorsque l’affaire est simple et qu’il n’y a plus rien à juger,
lorsque la cour de cassation dispose d’un certain nombre d’éléments de faits.

1) La cassation avec renvoi

Cette solution est retenue lorsque l’affaire doit être rejugée en faits. Cette situation
s’explique lorsque la cour de cassation ne peut pas elle-même appliquer sa propre
décision aux faits de l’espère, elle confie alors à une juridiction du fond le soin de mettre
en œuvre la décision de droit qu’elle vient de rendre et donc de l’appliquer aux faits de
l’espèce. La juridiction de renvoi doit être une juridiction de même nature et de même
degré que celle qui a initialement jugé. La juridiction de renvoi réexamine l’affaire dans
sa totalité en faits et en droit. La juridiction de renvoi n’est pas tenue de mettre en œuvre
l’interprétation de la règle de droit établie par la cour de cassation dans son arrêt de
cassation. Deux options sont possibles :
⁃ La juridiction de renvoi statue dans le même sens que la cour de cassation,
l’affaire est alors terminée.
⁃ La juridiction de renvoi ne statue pas dans le même sens, elle refuse de s’incliner.
Le plaideur a la faculté de former un deuxième renvoi, qui s’il est fondé sur les
mêmes moyens sera examiné par l’assemblée plénière de la cour de cassation.
L’assemblée plénière peut statuer de deux façons :
! Soit l’assemblée plénière ne donne pas raison à la juridiction de renvoi,
elle casse la décision rendue par la juridiction de renvoi et renvois l’affaire
devant une deuxième juridiction de renvoi. La deuxième juridiction de
renvoi pourra analyser les faits en toute liberté en revanche elle devra
adopter l’interprétation juridique retenue par l’assemblée plénière.
L’affaire sera terminée.
! Si l’assemblée plénière donne raison à la juridiction de renvoi, la décision
qui a été contestée devient alors irrévocable. L’affaire est terminée. On est
face à un revirement de jurisprudence.

Sous Section 2 : Le rôle non juridictionnel de la cour de


cassation

Les juridictions de l’ordre judiciaire peuvent saisir la cour de cassation à l’occasion des
litiges dont elles sont saisies afin d’obtenir un avis sur une question de droit qui leur est
posée. Les juridictions pénales peuvent également, depuis une loi du 25 juin 2001, saisir
la cour de cassation pour avis. Trois conditions doivent être réunies pour que ce recours
puisse être engagé :
⁃ Il faut une question de droit nouvelle, c’est-à-dire une question qui n’a pas encore
été traitée et résolue par la cour de cassation.
⁃ Cette question doit présenter une difficulté sérieuses, c’est-à-dire qu’elle peut
faire l’objet d’interprétation différentes par les juridictions du fond.
⁃ Cette question doit se poser dans de nombreux litiges.
Lorsqu’elle est saisie pour avis, la cour de cassation dispose d’un délai de trois mois pour
rendre son avis et pendant ce temps, le juge qui a sollicité son avis doit surseoir à statuer.
L’affaire n’est pas jugée pendant cette période. L’avis donné par la cour de cassation n’a
pas d’autorité de chose jugée. Le juge demandeur est tout à fait libre de suivre ou non
l’avis qui a été donné. Lorsque la cour de cassation est saisie pour avis, elle est composée
du premier président, des présidents de chambres et de deux conseillers de chaque
chambre spécialement concernés.

Section 2 : L’organisation de la cour de cassation

Sa formation et sa composition a évolué au fil du temps.


Sous Section 1 : La composition de la cour de cassation

I. Les magistrats
A) Les magistrats du siège

La cour de cassation comporte 167 magistrats du siège ainsi répartis :


⁃ Le premier président préside la cour de cassation. Il n’a pas de pouvoir
juridictionnel spécifique mais qui exerce des fonctions administratives
conséquentes, d’une part il décide du renvoi en chambre mixte ou en assemblée
plénière, d’autre part il préside la chambre mixte, l’assemblée plénière la
formation spéciale pour avis et le conseil supérieur de la magistrature lorsqu’il se
réunit en formation disciplinaire contre les magistrats du siège. Ce premier
président veille au bon fonctionnement de la cour. Il répartit les conseillers entre
les différentes chambres, il fixe les attributions de chacune de ces chambres, il
peut aussi décider de retirer l’affaire du rôle de la cour de cassation si le
demandeur au pourvoi n’a pas exécuté en totalité la décision attaquée.
⁃ 6 présidents de chambre
⁃ 90 conseillers qu’on dénomme hauts conseillers. Ce sont des magistrats de
carrière confirmés qui ont pour vocation principale de juger les pourvois.
⁃ 54 conseillers référendaires. Ce sont des jeunes magistrats momentanément
affectés à la cour de cassation pour une durée non renouvelable de 10 ans. Ils
assistent les hauts conseillers et ils ont pour fonction principale de présenter
synthétiquement les affaires aux hauts conseillers, c’est ce qu’on appelle
rapporter les affaires.

A) Les magistrats du parquet

Le parquet est permanent et est placé sous l’autorité du procureur général près la cour de
cassation, assisté par 4 premiers avocats généraux et 28 avocats généraux. Ces différents
magistrats sont répartis dans les différentes chambres de la cour de cassation. C’est le
procureur général qui préside la formation disciplinaire du conseil supérieur de la
magistrature quand il se réunit en formation disciplinaire pour les membres du parquet.

II. Le greffe
Il est placé sous l’autorité d’un greffier en chef, chaque chambre dispose aussi d’un
greffier de chambre. Ce greffe a le même rôle que pour les juridictions du fond.

Sous Section 2 : Les différentes formations de la cour de


cassation

I. Les formations juridictionnelles de la cour de cassation


A) Les formations en Chambres
Il y a logiquement 6 chambres qui vont donc juger les pourvois qui leur sont soumis et
rendre des arrêts. Généralement, c’est le président de la chambre qui va présider la
chambre mais parfois ça sera le premier président. Chaque chambre dispose
d’attributions spécifiques. La première chambre civile traite du contrat, des assurances,
du droit international et du droit de la famille. La deuxième chambre civile intervient
pour ce qui concerne la procédure civile et les responsabilités. La troisième chambre
civile concerne les droits réels, la propriété et l’urbanisme. La quatrième chambre civile,
aussi appelée chambre commerciale et financière, examine les pourvois en matière de
droit de affaire, droit commercial et droit boursier. La chambre sociale intervient dans le
droit du travail et de la sécurité sociale. La chambre criminelle intervient en ce qui
concerne les pourvois en matière pénale.

1) Le principe

a. Devant l’une des cinq Chambres civiles

Le pourvoi en cassation est en principe jugé par la chambre en formation restreinte,


laquelle peut renvoyer ce pourvoir à la chambre en formation ordinaire. Les pourvois qui
sont déposes au près du greffe de la cour de cassation sont transmis tout d’abord à la
chambre en formation restreinte qui est intéressée par le domaine visé.

! La Chambre en formation restreinte

Elle est composée de trois magistrats. Cette chambre a un rôle de filtre. Elle peut
déclarer non admis les pourvois lorsqu’ils sont irrecevables ou encore les pourvois qui
sont mal fondés. Si elle déclare non admis le pourvoi, l’affaire est terminée. Si à l’inverse,
la chambre en formation restreinte déclare le pourvoi admis, elle peut, lorsque la
solution du pourvoi s’impose, le juger elle-même. Elle peut également le renvoyer devant
la chambre en formation ordinaire si la solution ne s’impose pas. Même si la solution au
pourvoi s’impose, elle peut le pourvoi peut toujours être renvoyé devant la chambre en
formation ordinaire par une ordonnance du premier président ou de la chambre
concerné par une ordonnance de ce dernier d’office ou a la demande du procureur
général, ou à la demande de l’une des parties.

! La Chambre en formation ordinaire

La chambre en formation ordinaire est composée de 5 magistrats et ne peut intervenir


que sur renvoi de la chambre en formation restreinte. Elle, c’est à dire la chambre en
formation ordinaire, peut rendre un arrêt de rejet, ou alors elle casse avec ou sans renvoi.

a. Devant la Chambre criminelle

Il n’y a pas de filtrage des pourvois. Le pourvoi est directement confié à la chambre en
formation ordinaire. De façon exceptionnelle, le premier président ou le président de la
chambre criminelle peut décider de faire juger le pourvoi par une chambre en formation
restreinte lorsque la solution de l’affaire lui parait s’imposer mais dans un tel cas, le
pourvoi pourra être renvoyé devant la chambre en formation ordinaire soit à la demande
de l’une des parties, soit à la demande de l’un des magistrats qui compose la formation
restreinte.

1) Les exceptions

a. La Chambre mixte
C’est un instrument de régulation interne de la jurisprudence des différentes chambres
de la cour de cassation. Elle ne siège pas très souvent. Le pourvoi en cassation peut être
confié à la chambre mixte dans deux cas de figure.
⁃ Le renvoi est facultatif devant cette chambre lorsque l’affaire pose une question
relevant normalement des attributions de plusieurs chambres ou lorsque la
question est susceptible de recevoir ou a reçu devant les chambres concernées des
solutions divergentes. Le renvoi intervient avant l’ouverture des débats par le
premier président d’office ou sur proposition du président de la chambre
normalement compétente. Après l’ouverture des débats, le renvoi peut être
décidé par un arrêt non motivé de la chambre saisie. Là c’est l’hypothèse ou le
renvoi est facultatif.
⁃ Le renvoi peut être obligatoire en cas de partage égal des voix devant une
formation de la cour de cassation ou lorsque le procureur général le demande
avant l’ouverture des débats. Le renvoi devant la chambre mixte se fera alors
automatiquement par le premier président.
La chambre mixte doit réunir au moins trois chambres différentes de la cour, elle
comprend le premier président (qui va la présider), les présidents et doyens des
chambres qui la composent ainsi que deux conseilleurs de chacune de ces chambres.

a. L’assemblée plénière

C’est la formation la plus solennelle de la cour de cassation. Si la chambre mixte est un


instrument de régulation interne, l’assemblée plénière est un instrument de régulation
externe de la jurisprudence de la cour de cassation. Elle intervient quand il existe un
conflit entre la cour de cassation et les juges du fond. On a deux hypothèses de renvoi
devant l’assemblée plénière :
⁃ Le renvoi est obligatoire après une cassation d’une première décision. La décision
rendue par la juridiction de renvoi est attaquée par les mêmes moyens que ceux
qui avaient formé le pourvoi. Il se fera obligatoirement par ordonnance du
premier président.
⁃ Le renvoi est facultatif quand il existe des solutions divergentes soit entre des
juges du fond, soit entre les juges du fond et la cour de cassation. Le renvoi est
alors réalisé avant l’ouverture des débats par le premier président, d’office ou sur
proposition du président de la chambre compétente.
Cf renvoi facultatif pour la chambre mixte
Elle est composée de 19 personnes : le premier président, les présidents et doyens des
chambres et un conseiller de chaque chambre.

A) Les formations en Commissions

Il existe au sein de la Cour de Cassation qui elles aussi exercent des fonctions
juridictionnelles:
⁃ La commission nationale de réparation des détentions composée du premier
président de la Cour de cassation et de deux magistrats du siège de la Cour. Cette
commission est compétente concernant les décision prises par le premier
président de la Cour d'appel en matière de réparation soit du préjudice résultant
d'une détention provisoire injustifiée, soit du préjudice subi par une personne
jugée condamnée puis reconnue innocente (art 149 et 626 du Code pénal);
⁃ La commission juridictionnelle concernant les officiers de police judiciaire
formée de trois magistrats du siège de la Cour de cassation, a pour compétence de
statuer sur les recours faits par des officiers de police judiciaire ayant fait l'objet
d'une suspension ou d'un retrait d'habilitation;
⁃ La commission de réexamen de décisions pénales intervenues en violation de la
convention européenne des droits de l’homme, créée par une loi du 15 juin 2000,
a pour objectif d'effacer les effets de violation par une juridiction pénale française
des décisions de la convention des droits de l'homme.
Quand la France a été condamnée par la cour européenne, pour une violation de la
convention qui a entraîné des conséquences dommageables, le réexamen de la décision
pénale peut être réclamé dans un délai d’un an à compter de la décision de la cour
européenne par le ministre de la justice, par le procureur général près la cour de
cassation ou encore par le condamné ou ses ayants droits.
Cette commission de réexamen est composée de 7 magistrats de la cour de cassation
désignés par l’assemblée générale de la cour de cassation, 1 représentant de chaque
chambre civile et deux représentants de la chambre criminelle. C’est le parquet général
de la cour de cassation qui assure la commission.

La commission va traiter la demande de la manière suivante :


! Si la commission accepte la demande, elle dispose de deux options:
! Si elle estime que le
réexamen du pourvoi
est de nature à
remédier à la
violation constatée
par la cour
européenne, elle
renvoie l’affaire
devant la cour de
cassation qui statue
en assemblée
plénière.
! Dans le cas contraire, elle renvois l’affaire devant une juridiction du même
ordre et de même degré que celle qui a rendu la décision litigieuse afin
qu’elle procède à un nouvel examen.
! Dans l’hypothèse où le condamné serait reconnu innocent, il pourra obtenir
réparation intégrale de son préjudice, selon l’article 626 du code de procédure
pénale.

I. Les formations non juridictionnelles de la cour de


cassation
⁃ C’est la formation saisine pour avis. Lorsque la cour de cassation est saisie pour
donner un avis sur une question de droit.
⁃ L’assemblée générale de la cour de cassation qui est constituée par l’ensemble des
magistrats de la cour et présidée par le premier président, qui a un rôle purement
administratif, compétente dans le fonctionnement interne de la Cour de cassation
et se réunissant à huis clos.
⁃ Le bureau de la cour de cassation est formé du premier président, des présidents
de chambre, le procureur général, le greffier en chef et le premier avocat général.
Ce bureau l’aide dans les taches de réflexion. Il va déterminer les conseillers
appelés à siéger dans la commission nationale de détention et va déterminer
quels sont les magistrats qui doivent siéger dans le cadre de la haute cour. Il
assiste le premier président. Il fixe le nombre et la durée des audiences.
⁃ Le services de documentation et d’étude de cette juridiction est assuré par les
auditeurs et est placé sous la responsabilité du premier président. Il a deux
fonctions essentielles. D’une part il réalise le rapport annuel de la cour de
cassation et d’autre part il réalise deux bulletins mensuels (le bulletin civil et le
bulletin criminel). Tous les arrêts rendus par les chambres ne figurent pas dans
ces bulletins. Il n'y figure que les arrêts dont la publication est proposée par le
président de la chambre qui a rendu cet arrêt.

La première lettre renseigne sur la formation qui a rendu l’arrêt


F : formation restreinte
FP : formation plénière
FS : formation ordinaire

La seconde estampille informe où est publiée la lettre


P : publié au bulletin
D : non publié au bulletin
P+D : publié au bulletin et au bulletin d’information de la cour de cassation
I : publié sur le site internet de la cour de cassation
R : publié au rapport annuel

Le rapport annuel concerne l'état d'avancement et le délai d'exécution des arrêts. Le


rapport fait le point sur l'ensemble des décisions rendues dans l'année écoulée et cite les
défectuosités administratives et réglementaires, des propositions que le législateur
devrait entreprendre et également une analyse complète sur un sujet juridique complet.

Sous-Section 3 : Le fonctionnement de la cour de cassation

I. Le mécanisme classique

⁃ En matière civile tout d’abord, le pourvoi est portée devant l’une des 5 chambres
civiles de la cour de cassation qui va d’abord statuer en formation restreinte pour
filtrer (se prononce sur l’admission du pourvoi). S’il est admis, elle peut statuer
tout de suite si la solution s’impose. Sinon, elle le renvoi devant la chambre en
formation ordinaire. Cette chambre pourra soit rejeter le pourvoi, soit casser sans
renvoi, soit casser avec renvoi devant une juridiction de même ordre, de même
nature, de même degré que celle qui a rendu la décision cassée.
⁃ En matière pénale, le pourvoi est nécessairement porté devant la chambre
criminelle de la cour de cassation en formation ordinaire. De façon
exceptionnelle, le premier président peut permettre de faire juger le pourvoi en
chambre en formation restreinte. Que la formation soit restreinte ou ordinaire,
on aura les mêmes décisions possibles.

En cas de cassation avec renvoi, la juridiction de renvoi rejuge l’affaire en fait et en droit.
Soit elle s’incline, soit elle ne s’incline pas. Dans la deuxième hypothèse, l’assemblée
plénière se réunit et décide si elle casse ou non. Si l’assemblée plénière casse, l’affaire est
renvoyée. À la suite du second pourvoi fondé sur les mêmes moyens, la seconde
juridiction doit adopter la solution retenue par l’assemblée plénière qui dispose de trois
solutions: rejet du pourvoi (fin), cassation sans renvoi (fin) et cassation avec renvoi vers
une seconde juridiction de renvoi qui devra à nouveau statuer sur l'affaire, mais elle n'est
pas libre, elle doit statuer dans le sens de l'assemblée plénière, en s'inclinant. Un
nouveau pourvoi sur les mêmes moyens est impossible. En revanche, un nouveau
pourvoi sur des autres moyens est envisageable.

I. Les mécanismes spéciaux


! Le pourvoi est porté devant la chambre compétente de la cour de cassation mais
cette dernière ne statue pas et ce, pour deux raisons possibles :
! Avant l’ouverture des débats le premier président ou le procureur général
a finalement décidé de confier l’affaire à la chambre mixte.
! Après l’ouverture des débats, la chambre saisie refuse de statuer et saisit
par un arrêt non motivé la chambre mixte.
Lorsqu’elle est saisie, la chambre mixte a trois options :
! Rejet du pourvoi
! Cassation sans renvoi
! Cassation avec renvoi

! Le pourvoi est porté devant la chambre compétente de la cour de cassation mais


cette dernière ne statue pas pour deux raisons :
! Avant l’ouverture des débats, le premier président ou le proc général
confie l’affaire à l’assemblée plénière.
! Après l’ouverture des débats, la chambre refuse de statuer et saisit par un
arrêt non motivé l’assemblée plénière.
Lorsqu’elle est saisie, l’assemblée plénière a trois options :
! Rejet du pourvoi
! Cassation sans renvoi
! Cassation avec renvoi
La solution de l’assemblée plénière s’impose à la juridiction de renvoi.

! Le pourvoi est porté devant la chambre compétente de la cour de cassation, cette


dernière ne statue pas et ce pour deux raisons possibles :
! Avant l’ouverture des débats le premier président ou le procureur général
a finalement décidé de confier l’affaire à la chambre mixte.
! Après l’ouverture des débats, la chambre saisie refuse de statuer et saisit
par un arrêt non motivé la chambre mixte.
Lorsqu’elle est saisie, la chambre mixte décide de ne pas statuer et de saisir l’assemblée
plénière. L’assemblée plénière pourra alors :
! Rejet du pourvoi
! Cassation sans renvoi
! Cassation avec renvoi

! Le pourvoi est devant la chambre compétente de la cour de cassation. La chambre


compétente statue mais il y a partage égal des voix. Dans cette hypothèse, la
chambre mixte sera obligatoirement saisie dans une ordonnance du premier
président, elle pourra alors :
! Rejet du pourvoi
! Cassation sans renvoi
! Cassation avec renvoi

Chapitre 2 : Les juridictions de l’ordre administratif

Elles vont intervenir lorsqu’une personne morale de droit public est impliquée dans un
litige.
Exemple : litige vis-à-vis de l’administration fiscale
Sous Chapitre 1 : Les juges du fond de l’ordre administratif

Section 1 : Les juridictions administratives de droit


commun

I. Le tribunal administratif
Il a été mis en place en septembre 1953 par un décret. Il remplace les conseils de
préfecture.

A. L’organisation du tribunal administratif

1) Le ressort territorial

Le tribunal administratif est une juridiction dont le ressort géographique s’étend sur
plusieurs départements (entre 2 et 5 départements). C’est donc une juridiction
interdépartementale. Pour l’heure on compte 42 tribunaux administratifs.

1) La composition

Il est composé de juges dénommés conseillers. Le nombre des conseillers varie selon
l’importance du tribunal.
Exemple : 8 conseillers à Besançon, 40 à Marseille
Ils sont recrutés parmi les élèves de l’école nationale d’administration, sachant qu’il
existe aussi d’autres filières de recrutement dans la mesure où il y a un besoin important
de ces juges. Les conseillers sont nommés par décret du président de la république. Ils
sont répartis en chambres de trois juges. Les chambres peuvent se subdiviser en sections.
Concernant le nombre de chambre de chaque tribunal administratif, c’est depuis un
décret du 22 février 2010 le vice président du conseil d’état qui détermine ce nombre. Le
nombre de chambre varie entre 1 à 10. C’est un arrêté du 17 mars 2010 qui a fixé cette
numérotation avec une exception : le tribunal administratif de Paris comprend 18
chambres. Chaque tribunal administratif est placé sous l’autorité d’un président qui va
gérer l’organisation interne de la juridiction, qui va affecter le personnel dans les
différentes chambres, qui va attribuer les affaires aux différentes chambres. Le président
du tribunal administratif a à charge de noter les conseillers de formuler un avis
concernant leur avancement. Chaque année, il doit dresser un rapport annuel d’activité,
rapport qui va faire état des affaires jugées pendant l’année et des affaires encore en
instance. Le président est secondé par un ou plusieurs vices présidents. Ce tribunal
administratif comporte également un ministère public permanent représenté par un
rapporteur public qui est affecté à chaque chambre du tribunal administratif.

1) Le fonctionnement

C’est une juridiction de premier degré qui rend des jugements. Le tribunal administratif
statue en principe en formation collégiale, dont la formation ordinaire est composée de
trois membres cependant il existe des exceptions :
⁃ Le tribunal administratif peut statuer à juge unique dans un certain nombre de
litiges dont la liste est limitativement énumérée à l’article R 222-13 du code de la
justice administrative.
Exemple : en ce qui concerne les impôts locaux et taxes syndicales
Le juge unique a la faculté à tout moment de renvoyer l’affaire devant la formation
collégiale.
⁃ Le président du tribunal administratif dispose de certains pouvoirs
juridictionnels. Il est juge des référés, il peut statuer par voie d’ordonnance sur
des questions relatives au déroulement de la procédure.
⁃ Le tribunal administratif peut également se réunir en formation plénière qui
comprend alors la chambre à laquelle appartient le rapporteur de l’affaire, et les
vices présidents du tribunal.

Le ministère d’avocat est en principe obligatoire mais cette règle connaît bon nombre
d’exceptions.

A. La compétence du tribunal administratif

1) La compétence territoriale

Cette compétence est particulière. On n’a pas retenu le critère du domicile du défendeur.
L’article R 312-1 du code de justice administrative pose le principe selon lequel le
tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège
l’autorité qui soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision
attaquée ou a signé le contrat litigieux. Ce principe connaît des exceptions nombreuses.
Exemple : pour les litiges individuels concernant des agents publics, le tribunal
compétent est celui du lieu d’affectation de l’agent

1) La compétence d’attribution

a) Les attributions consultatives

Le tribunal administratif exerce une mission de conseil au profit du préfet du


département. Ce dernier peut donc donner des avis concernant des questions d’ordre
juridique.

a) Les attributions juridictionnelles

Le tribunal administratif est compétent pour tout litige administratif qui n’est pas
spécialement attribué à une autre juridiction. En principe, il va être compétent dans tous
les domaines, sauf lorsque le litige relève d’une juridiction spécialisée.
Le tribunal administratif rend en principe des jugements en premier ressort, un appel est
alors possible. Les jugements ne sont pas suspensifs. Par exception, le jugement pourra
être rendu en premier et dernier ressort dans des cas de figure limitativement prévu à
l’article R 222-13 du code de justice administrative.

I. La cour administrative d’appel


A. L’organisation de la cour administrative d’appel

1) Le ressort territorial

A l’origine, les cours administrative d’appel étaient peu nombreuses. Leur compétence
territoriale était très étendue. L’idée était de ne pas démultiplier ces cours d’appel.
Aujourd’hui il en existe 8. Ce sont des juridictions inter régionales.
1) La composition

Elle est composée de conseillers, dont le nombre varie selon la taille de la cour. Ils sont le
plus souvent recrutés par les tribunaux administratifs. La cour administrative d’appel est
subdivisée en chambre, dont le nombre est fixé par le conseil d’état depuis le décret du
22 février 2010 et ce nombre varie entre 1 et 10 chambres. Chaque chambre est dirigée
par un président. Il y a un président de cour administrative qui est nécessairement un
conseiller d’état en service ordinaire. Il va assurer l’organisation générale de la cour, il va
définir la composition des chambres sont l’effectif minimum est de trois membres. Le
président est secondé par des vices présidents. Un rapporteur public est affecté à chaque
chambre.

1) Le fonctionnement

C’est une juridiction de droit commun du second degré. Elle rend des arrêts. Les
audiences sont en principe publiques. Le ministère d’avocat est en principe obligatoire,
sauf exception. La cour administrative d’appel est une juridiction collégiale, elle va
intervenir dans des formations qui comprennent plusieurs membres. Soit elle sera
composée de trois membres (formation ordinaire) soit elle sera plus étendue lorsque la
nature ou la difficulté de l’affaire le nécessite, elle comprendre alors 5 membres : le
président de la chambre concernée, deux conseillers appartenant à la chambre, un
conseiller d’une autre chambre et le magistrat rapporteur. Si elle intervient en formation
plénière, comprenant le président de la cour, les présidents de chambre, le conseiller
rapporteur et le cas échant un autre magistrat. Parfois elle statue à juge unique, et ce sera
alors le président de la cour administrative d’appel qui dispose d’un certain nombre
d’attributions juridictionnelles, notamment en matière de référé.

A. La compétence de la cour administrative d’appel

1) La compétence territoriale

La cour administrative d’appel va connaître des appels formés contre des jugements
rendus par un tribunal administratif lorsque celui est placé son ressort territorial.

1) La compétence d’attribution

a. Les attributions consultatives

Elle donne des avis sur des questions d’ordre juridiques, question soumises par les
préfets de régions.

a. Les attributions juridictionnelles

Ce sont les juridictions de droit commun du second degré pour l’ordre administratif.
Compétente pour connaître des appels formés contre les jugements rendus par les
tribunaux administratifs placés dans son ressort territorial sous réserve que cet appel ne
soit pas affecté à une autre juridiction.
La cour administrative d’appel n’est pas compétente dans les cas suivant :
⁃ Le contentieux de la légalité judiciaire. Les appels formés dans le contentieux
d’excès d’actes réglementaires.
⁃ Le contentieux des élections municipales ou cantonales qui relevé de la
compétence du conseil d’État.
Sont aussi exclus de sa compétence les appels formés contre les décisions rendus par les
juridictions administratives spécialisées, c’est à dire une juridiction qui n’est pas le
tribunal administratif. Les arrêts rendus par la cour administrative d’appel peuvent faire
l’objet d’un pourvoi devant le conseil d’État.

Section 2 : Les juridictions administratives spécialisées

I. Les juridictions financières


A. La cour des comptes

C’est une juridiction très ancienne. Elle est unique, siège à Paris. C’est une juridiction
administration qui a une compétence spéciale placé sous le contrôle du conseil d’État.
Elle se doit de contrôler les comptes des comptables publics, ce qu’elle fait de manière
indépendant par rapport au pouvoir.

1) L’organisation de la cour des comptes

a. Le personnel de la cour des comptes

Ce sont soit des magistrats professionnels qui résultent du concours national de


l’administration soit des personnes extérieures. Ils sont nommés par décret du président
de la République. Il y a des présidents de chambre, des conseillers maîtres, des
conseillers référendaires et aussi des auditeurs de 1ère et 2ème classe. Le ministère
public est exercé par un procureur général assisté.

a. Les structures de la cour des comptes

Elle est composée de 7 chambres. Ces chambres sont elles mêmes divisés en sections.
Chaque chambre a des compétences précises. Plusieurs formations peuvent délibérer :
⁃ Soit la chambre. Le président de chambre réparti les affaires en son sein, les
conseillers référendaires et les auditeurs sont rapporteurs. Leur travail se fait
sous le contrôle des conseillers maîtres qui eux même rapporte pour les affaires
plus importantes. Il faut un quorum de 6 membres au moins.
⁃ La chambre des conseils est composée de tous les conseillers maîtres et de tous
les présidents de chambre. Elle est placée sous l’autorité du premier président.
Elle réalise le rapport public annuel adressé au président de la République et au
parlement, rapport qui fait état de l’ensemble des comptes examinés aussi bien
par la chambre des comptes que la cour national des comptes.
⁃ Les chambres réunies. C’est une formation qui a une compétence spécifique car
elle est amenée à juger des affaires renvoyées après cassation après le conseil
d’état ou bien celles qui sont affectés sur renvoi du premier président ou celle du
président du conseiller général.
⁃ Le premier président, les présidents de chambres, et deux conseillers maîtres en
service ordinaires élus dans leur chambre respective par leurs pairs.

1) Les attributions de la cour des comptes

a. La diversité des missions de la cour des comptes

Historiquement, elle a une mission de juges des comptables publics, mais petit à petit
elle s’est vue reconnaître un certain nombre de missions supplémentaires cariées. Elles
sont définies par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 à l’article 47-2 al 1er de
la constitution. Le code des juridictions financières précise ces missions aux articles
L111-1 aux articles L111-10 :

⁃ Une mission de juges des comptes des comptables publics.


Cette mission a pour objectif de vérifier la régularité des comptes des comptables
publics.
⁃ Une mission de contrôle de gestion de tous les organismes de fond publics.
Il s’agit de la gestion de toutes les administrations et aussi de tous les organismes privés
qui disposent de manière directe ou indirecte de ressources publiques. Le contrôle fait
forte sur la régularité et la portée de la gestion et aussi sur l’efficacité des actions qui sont
menés au regard des objectifs fixés. Ce contrôle n’est pas de nature juridictionnel. Donc,
la cour des comptes ne rend pas d’arrêt formule juste des recommandations, des
critiques.
⁃ Une mission d’assistance au gouvernement et au parlement.
Elle l’assiste dans le contrôle de l’exécution des lois de finance. Mission qui date de la
constitution de 1958 mais mis en œuvre depuis 2001. Quelle est la mission ? Elle s’assure
du respect par les ministres de l’autorisation budgétaire qui a été donné par les
assemblées parlementaires dans la loi de finance. Elle vérifie aussi les résultats en
dépense et en recette.
⁃ Une mission de certification des comptes de l’État et de la sécurité sociale.
Certifier les comptes veut dire que la cour est chargée de donné son opinion sur la
régularité, la insécurité, et la fidélité de l’État et des comptes des organismes nationaux
du régime de la sécurité sociale. Le rapport est remis au parlement et au gouvernement ;
la première certification a été faite sur les comptes de l’année 2006.
⁃ La mission d’information des citoyens et les rapports publics.
Par ces rapports publics, la cour des comptes contribue à l’information des citoyens.
Comment ? En remettant au président de la République et au parlement un rapport
public annuel ainsi que des rapports publics thématiques dans lesquelles elles proposent
un certain nombre d’information. Ces rapports sont ensuite mis en ligne sur le site
internet de la cour.
⁃ Une mission de contrôle non juridictionnel des organismes qui font appel à la
générosité publics.
Articles 111-8 du code des juridictions financières. La cour des comptes a pour tache de
contrôler l’usage des fonds issus de la générosité du public après des compagnes
nationales d’appel au don.

a. Les compétences juridictionnelles de la cour des comptes

! La cour des comptes, juge de premier ressort

Elle est chargée de se prononcer sur la régularité des comptes des comptables publics,
c’est à dire les fonctionnaires qui sont habilités à payer les dépenses et à assurer le
recouvrement des recettes de l’Etat et des autres organismes publics. Ces fonctionnaires
sont responsables de leur gestion sur leur argent.
⁃ Lorsque les comptes sont réguliers, la cour rend un arrêt de décharge c’est à dire
qu’elle donne quitus au comptable de sa gestion, et reconnaît donc la régularité
des comptes.
⁃ Lorsque la cour constate des irrégularités, elle rend alors un arrêt de débet, c’est à
dire qu’elle déclare le comptable public débiteur de l’organisme public dont il
relève. Il est alors redevable du montant du débet.
La cour, dans le cadre de son contrôle juridictionnel, peut rendre des amendes contre les
notables soit pour des retards, soit pour gestion de fait dans la mesure où c’est un
comptable public.
! La cour des comptes, juge d’appel

La cour des comptes statue sur les appels formés contre les décisions juridictionnelles
rendues par les chambres régionales des comptes. Particularité, cette compétence
d’appel de la cour des comptes ne concerne que les décisions juridictionnelles en matière
de contrôle des comptes des comptables publics locaux, des chambres régionales, ces
dernières peuvent aussi rendre des décisions administratives susceptibles de recours
devant la juridiction administrative générale. (Donc le droit commun)

1) Les « institutions associées » à la cour des comptes

a. La cour de discipline budgétaire et financière

Elle a été instituée par une loi du 25 décembre 1945. C’est une juridiction administrative
spécialisée à part entière. Elle rend des décisions de natures juridictionnelles en premier
et dernier ressort. Un recours en cassation est possible devant le conseil d’État. C’est une
juridiction qui a une compétence d’attribution bien définie puisque c’est la seule
juridiction de nature répressive compétente vis à vis des ordonnateurs. Les ordonnateurs
sont des administrateurs qui le pouvoir de procéder à des ordonnancements, c’est à dire
de donner l’ordre au comptable public de payer une dette ou de recouvrer une créance.
La mission de cette cour est la suivante : chargée de réprimer les atteintes aux règles
régissant les finances publics. Elle sanctionne par des amendes l’inobservation par les
ordonnateurs des règles relatives à l’exécution des dépenses ou des recettes. L’amende en
question n’est pas une sanction pénale, ni disciplinaire, ni professionnelle, c’est une
sanction de faute de gestion prononcée par une juridiction administrative. La cour de
établie chaque année un rapport qu’elle présente au président de la République, annexée
au rapport public de la cour des comptes et est publié au journal officiel. Elle est
composée du premier président de la cour des comptes, du président de la section de la
finance du conseil d’État qui a pour fonction vice-président, et d’un nombre égal de
conseillers maîtres et de conseillers d’État à la cour des comptes. C’est le procureur
général près la cour des comptes qui exercent les fonctions de ministère public auprès de
cette cour. Cour divisée en 2 sections et qui siège dans les locaux de la cour des comptes.

a. Le comité central d’enquête sur le coût et le rendement des services


publics

Il a été créé par un décret du 9 toua 1946 et était un service placé auprès du premier
ministre. La mission de ce service est de rechercher et de proposer des mesures visant à
réduire le coût et à améliorer le coût et la qualité du service public. Le lien avec la cour
des comptes est purement organique car c’est le premier président de la cour des
comptes qui préside ce comité.

a. Le conseil des prélèvements obligatoires

Il a été créé par la loi du 20 avril 2005 et s’est substitué au conseil des impôts. Il est placé
auprès de la cour des comptes et doit apprécier l’évolution et l’impact social économique
et budgétaire de l’augmentation des prélèvements ainsi de formuler des
recommandations sur toutes questions relatives à ces prélèvements. Il est composé de 8
magistrats haut fonctionnaires choisi pour leur compétence en matière de prélèvement
obligatoire et aussi de 8 personnalités qualifiés en raison de leur expérience
professionnelle.

A. La Chambre régionale des comptes


Elle a été créée par la loi du 2 mars 1982 en raison de l’impossibilité matérielle de la cour
des comptes de contrôler tous les comptables publics, et aussi en raison d’une volonté
politique de décentralisation du gouvernement. Mise en place d’une régionalisation du
contrôle par cette loi et donc institution en tant qu’organe de contrôle indépendant.

1) L’organisation de la chambre régionale des comptes

Il existe aujourd’hui 26 chambres régionales des comptes. Cette chambre est composée
au minium d’un président et de deux assesseurs. Le président doit être un conseilleur
maître ou un conseiller référendaire de la cour des comptes. Recrutement à la sortie de
l’ENA ou extérieure. Le président assure la présidence générale de la juridiction. Quant à
l’organisation, ce sont des magistrats inamovibles. Les fonctions de ministère public sont
réalisées par un ou plusieurs commissaires du gouvernement choisi par l’un des
magistrats de la chambre. Les commissaires du gouvernement sont les correspondants
du procureur général près la cour des comptes.

1) Les attributions de la chambre régionale des comptes

a. Les attributions juridictionnelles

Les chambres, dans leur ressort, vont juger l’ensemble des comptes de comptables
publics des établissements publics. Elle juge en premier ressort, et rend un jugement de
décharge ou de quitus si les comptes sont réguliers. Si les comptes sont irréguliers, elle
rend un jugement de débet. Le jugement peut faire l’objet d’un appel devant la cour des
comptes, appel qui sera interjeté soit par le procureur public soit par le procureur
général de la cour des comptes.

a. Les attributions non juridictionnelles

On observe une similitude avec la cour des comptes. Elle exerce un contrôle de gestion
des départements et des coutumes, des établissements publics et elle vérifie aussi
l’affectation des fonds publics. Elle doit aussi faire un contrôle budgétaire des régions
département et communes relatif à l’élaboration du budget et à l’équilibre.

I. La cour nationale du droit d’asile


Autrefois dénommée "commission nationale des réfugiés", la cour nationale du droit
d'asile est une des plus anciennes juridictions. Elle est soumise à un contentieux très
abondant. La convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés prévoit
qu’une personne qui fuit son pays en raison de persécutions liées à sa nationalité, sa
race, ses opinions religieuses ou politiques ou son appartenance à un groupe social peut
se voit attribuer l’asile dans un autre pays et en conséquence reconnaître la qualité de
réfugié. Pour que la convention soit mise en œuvre, la France a créé par une loi du 25
juillet 1952 un établissement public chargé d’examiner les demandes d’asiles. On parle
de « l’office français pour la protection des réfugiés et apatride (pas de
nationalité) » (l'OFRA). On parle depuis une loi du 20 novembre 2007 de cours
nationales du droit d’asile.

A. L’organisation de la cour internationale du droit d’asile

L’organisation, le fonctionnement et les attributions sont définit par le CESEDA (Code


d'Entrée et de Séjour des Étrangers et du Droit d'Asile). Si on se réfère à l‘article L731-1
de ce code, c’est explicitement une juridiction administrative. Elle est placée sous
l’autorité d’un président membre du conseil d’État qui est désigné par le vice-président
du conseil d’État pour 5 ans et est responsable de l’organisation du fonctionnement de la
juridiction. Il désigne chaque année pour l’aider dans sa tâche des vices présidents parmi
les présidents de sections. Cette cour est composée de magistrats administratifs,
judiciaires ou des juridictions financières et de personnalités dite qualifiées dont les
profils sont divers. Ces personnalités qualifiés sont nommées d’une part par le vice-
président du conseil d’État sur proposition d’un des ministres et d’autre part par le haut-
commissaire des nations unis pour les réfugiés sur avis conforme du vice-président du
conseil d’État. Elle est divisée en 80 formations de jugements appelés sections chacune
étant composée de 3 membres. Ces 3 membres sont un magistrat en qualité de président,
une personnalité qualifiée, nommée en qualité d’assesseur par le vice-président du
conseil d’État, et une autre personnalité qualifiée, nommée en qualité d’assesseur
nommé par le haut-commissaire des nations unis. Les présidents de sections ne sont pas
des magistrats permanents pour la majorité, ils viennent de façon ponctuelle. Une loi du
12 mai 2009 a nommé des magistrats désormais à plein temps.
Au sein de chaque section, chaque dossier est confié pour inspection à un rapporteur. Ce
dernier rédige un rapport, avec une proposition motivée de rejet ou d'annulation de la
requête. Il présente ce rapport à l'audience. Durant cette audience publique, les parties
ont le droit de présenter leurs observations au public. Ils peuvent se faire assister par un
avocat et un interprète. Les sessions peuvent soit statuer seule ou réunie, qui est
composée de la section de la saisie du recours et de deux autres. Les rapporteurs n'ont
pas voix délibérative.

A. Les attributions de cette cour

Elle porte sur la contestation des décisions de la qualité de réfugié. Elle statue sur les
recours qui sont formés contre les décisions de l’OFRA accordant ou refusant le bénéfice
de l’asile, ou retirant ou mettant fin au bénéfice de l’asile. La cour intervient aussi en cas
de contestation. La cour ne peut pas se prononcer sur les décisions d'apatride de l'OFRA.
L'article 53-1 de la Constitution protège les personnes persécutées par leurs actions en
faveur de la paix.
Quand une personne ne remplit pas les conditions de la convention de Genève ou de
l’asile institutionnel elle peut le cas échéant se voit accorder le bénéfice de la protection
subsidiaire. Cette protection peut être accordée si la personne est exposée dans son pays
à la peine de mort, à la torture, à des peines et des traitements inhumains et dégradants
ou à une menace grave contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence généralisée
résultant d'un conflit interne ou international (article L712-1 du CESEDA). Cette
juridiction statue en qualité de plein contentieux. Elle dispose d'une plénitude de
compétences. La cour nationale du droit d’asile peut aussi y substituer sa propre
décision. Elle statue en premier et dernier ressort. Ces décisions peuvent seulement faire
l’objet d’un pourvoi en cassation devant le conseil d’État.

I. Les autres juridictions administratives spécialisées

A. Les juridictions ordinales professionnelles

Il existe une diversité des ordres professionnels et des conseils de l’ordre, ainsi chaque
profession de santé médicale et paramédicale est organisée sur un modèle similaire avec
un ordre professionnel chargé d’inscrire ses membres sur un tableau de l’ordre et de leur
faire la déontologie (article 521-1 du Code de la santé publique). Chaque ordre va veiller à
l'observation par tous les membres de l'exercice prévu par le code de déontologie et
chaque ordre assure également la défense de l'honneur et de l'indépendance de la
profession. Pour assurer ces missions, chaque ordre est organisé en conseil département,
inter régionaux et au niveau national. Dans le domaine de la santé, le code de la sécurité
sociale et celui de la santé public organisent les juridictions de ces ordres professionnels
en matière de santé. Chaque ordre comprend ainsi une juridiction chargée de la
discipline de ses membres et aussi une juridiction technique chargée du contrôle de la
sécurité social. On retrouve cela également dans le conseil supérieur des géomètres
experts, la chambre nationale des disciplines des experts comptables …

A. Les juridictions disciplinaires

Lorsqu'il y a manquement déontologique ou faute professionnelles, elles peuvent


prononcer des sanctions disciplinaires énoncées au code de la santé public. On y trouve
avertissement, blâme, interdiction temporaire d’exercer la profession avec ou sans sursis
ou encore la radiation du tableau de l’ordre. Ces chambres disciplinaires sont présidées
par un membre du conseil d’État pour la chambre nationale ou par un membre soit du
tribunal administratif ou de la cour administrative d’appel pour les chambres de 1ère
instance. Elles sont composées ensuite de membres de la profession et sont élus pour
assesseurs. Ces décisions sont rendues en formations collégiales et sont motivés. Le
conseil national de la magistrature est chargé d’exercer le pouvoir disciplinaire à l’égard
des magistrats judiciaires.
⁃ Dans la mesure où les organismes de la sécurité sociale remboursent des
prestations médicales, alors ils ont un droit de regard sur l’activité des
professions concernées. C’est ce qu’on appelle le contentieux du contrôle
technique de la sécurité sociale. Au sein de chaque conseil de l’ordre, pour chaque
ordre, est créée une section des assurances sociales qui est chargée de ce contrôle
technique. Cette section comprend un nombre égal d’assesseurs membres de
l’ordre concernés et d’assesseurs représentant des organismes de la sécurité
sociale nommé par les autorités compétentes de l’État.

A. Les juridictions spécialisées en matière sociale

Au niveau de ces juridictions, on a deux types de juridictions :


⁃ Les commissions d’aide sociale sont visées dans le code de l’action sociale et de la
famille. Ces commissions sont des juridictions administratives spécialisées dans
le contentieux des prestations d’aide sociale. Ces commissions vont se prononcer
sur les décisions de refus, refus d’attribution de différentes prestations (la
couverture maladie universelle, l’aide sociale aux personnes handicapées).
Certains domaines ne relèvent pas de cette juridiction (par exemple, l'aide sociale
à l'enfance). Ces décisions de refus interviennent du fait d’autorités
administratives. Elles sont organisées en deux degrés : en premier ressort les
commissions départementales et en appel la commission centrale d’aide sociale.
Au niveau de la cour de cassation, c’est le conseil d’état qui sera la juridiction
compétente.
⁃ Les juridictions de la tarification sanitaire et sociale sont compétentes concernant
les décisions par lesquelles les autorités publiques allouent des ressources aux
établissements de santé et aux établissements et services sociaux ou médico-
sociaux publics ou privés. C’est une organisation en deux degrés : la cour
nationale de la tarification sanitaire et sociale statue en appel sur les affaires qui
ont été jugées en première instance par un des cinq tribunaux inter-régionaux de
la tarification sanitaire et sociale et c’est le conseil d’état qui intervient en
cassation.

A. Les juridictions spécialisées en matière militaire

Il s’agit des juridictions des pensions militaires d’invalidité et également de la


commission des soins gratuits.
A. Les juridictions spécialisées en matière d’enseignement public

Elles sont organisées et prévues par le code de l’éducation. En premier ressort, on a le


conseil académique de l’éducation nationale qui statue en matière contentieuse et
disciplinaire, le conseil départemental de la formation professionnelle et de l’emploi
statuant dans le même domaine, le conseil d’administration d’un établissement public
d’enseignement supérieur à caractère scientifique, culturel et professionnel (comme les
universités) constitué en section disciplinaire. En appel, le conseil supérieur de
l’éducation statue en matière contentieuse et disciplinaire et le conseil national de
l’enseignement supérieur et de la recherche. Concernant le conseil supérieur de
l’éducation : c’est un organisme qui a une double mission, c’est un organisme de conseil
du gouvernement en matière d’éducation et c’est également une juridiction compétente
pour l’enseignement primaire, secondaire et professionnel. Le conseil national de
l’enseignement supérieur et de la recherche a aussi cette double mission consultative et
juridictionnelle mais ici, au niveau de l’enseignement supérieur.

A. La variété des autres juridictions administratives spécialisées

Les autorités administratives indépendantes, le plus souvent dénommées autorités de


régulation, ont des attributions très variées ainsi que des pouvoirs de sanction. Le conseil
d’état, dans un rapport public en 2001, a indiqué que les autorités administratives
indépendantes ne sont pas, au regard du droit interne, des juridictions comme le conseil
constitutionnel l’a rappelé à plusieurs reprises. Pour autant, certaines de ces autorités
sont réellement des juridictions lorsqu’elles prononcent des sanctions. En effet, elles
prononcent des décisions juridictionnelles qui relèvent en cassation du conseil d’état.
Exemple : la commission supérieure de la carte d’identité des journalistes professionnels
peut retirer cette carte par une décision juridictionnelle

Sous Chapitre 2 : Les juges de cassation de l’ordre


administratif

Le conseil d’état est la plus haute juridiction de l’ordre administratif. Cela étant, il y a
une différence fondamentale entre le conseil d’état et la cour de cassation. La mission
principale du conseil d’état est de conseiller le gouvernement. Il s’est vu aussi attribué un
rôle de juridiction.

Section 1 : L’organisation du conseil d’état

I. La composition du conseil d’état

Il y a environ 200 membres qui composent le conseil d’état. Ce conseil est très
hiérarchisé. Cette hiérarchie correspond au déroulement d’une carrière au sein du
conseil d’état.
⁃ A la base de cette hiérarchie, on trouve les auditeurs, au nombre de 18, qui sont
issus de l’école nationale d’administration et qui ont pour fonction de procéder à
l’étude approfondie d’une affaire afin de pouvoir la présenter à la formation
collégiale qui va statuer.
⁃ Ensuite, on trouve les maîtres des requêtes, au nombre de 119, qui sont pour une
part composés des auditeurs promus en raison de leur ancienneté et d’autre part
des fonctionnaires âgés d’au moins 30 ans et qui ont 10 ans de service public
derrière eux. Ils sont recrutés au tour extérieur et ils exercent les mêmes
fonctions que celles des auditeurs.
⁃ Puis, figurent les conseillers d’état, qui sont les juges qui vont être amené à
trancher. Ces conseillers sont divisés en deux catégories : d’un côté les conseillers
d’état en service ordinaire et de l’autre côté les conseillers d’état en service
extraordinaire. Les conseillers d’état en service ordinaire sont au nombre de 151
et sont recrutés, soit parmi les maîtres des requêtes (ils doivent avoir 45 ans et 8
ans d’expérience), soit parmi les personnalités définies au tour extérieur (les
préfets, les ambassadeurs…). Ces conseilleurs d’état en service ordinaire ont deux
missions : ils participent à l’élaboration des avis du conseil d’état quand ce
dernier intervient en tant qu’organe consultatif et ils délibèrent et décident sur
l’issue à donner au pourvoi (ils interviennent en tant que juges). Les conseillers
d’état en service extraordinaire sont des personnalités extérieures qui ne siègent
que de manière temporaire au conseil d’état pour une durée de 4 ans. Ce sont des
hauts fonctionnaires ou des dirigeants d’entreprises qui sont nommés au conseil
d’état par le pouvoir exécutif. Ils sont en nombre relativement limité.
⁃ Au dessus figurent les présidents de sections (le conseil d’état étant lui-même
divisé en section, chaque section ayant un président).
⁃ Au sommet du conseil d’état, se trouve le vice-président du conseil d’état, c’est lui
qui assure la présidence effective de la juridiction et qui est aidé par un secrétaire
général choisi parmi les maîtres des requêtes. Le président du conseil d’état est
soit le premier ministre, soit le garde des sceaux. C’est une présidence
symbolique qui n’est pourtant pas négligeable.
Le conseil d’état est également composé d’un rapporteur public, choisi parmi les maîtres
des requêtes ou parmi les auditeurs. Il a pour tâche de rédiger des conclusions dans
lesquelles il doit présenter l’affaire, les arguments des parties, et son avis concernant la
solution juridique à retenir. Cette activité se déroule en toute indépendance. Ces
conclusions sont présentées publiquement. Ce rapporteur public joue le rôle de ministère
public. Il y en a une vingtaine au niveau du conseil d’état. Le rapporteur public ne va pas
exercer un recours, il va seulement présenter ses observations concernant l’affaire dont il
est saisi. Il n’intervient pas comme partie principale, il n’intervient que comme partie
adjointe. La formation de jugement n’a pas l’obligation de suivre les conclusions du
rapporteur public.

II. Les formations du conseil d’état

Si la cour de cassation est divisée en chambres, le conseil d’état est divisé en sections. On
a d’une part les formations administratives et des formations contentieuses.

A) Les formations administratives

1) L’organisation des formations administratives

Le conseil d’état est amené à donner un certain nombre de conseils au gouvernement.


Pour mener à bien cette tâche, il dispose de 6 sections administratives qui rendent des
avis, chaque section ayant une spécialisation propre correspondant à plusieurs
ministères. Ces sections sont : celle des finances, celle de l’intérieur, celle des travaux
publics, la section sociale, la section du rapport et des études et la section de
l’administration. C’est un arrêté du premier ministre qui définit les attributions de
chaque section. Chacune de ces sections est composée des personnels de tous les grades
du conseil d’état.

1) Le fonctionnement des formations administratives

a. Le moment où l’avis doit être sollicité

⁃ La consultation obligatoire : le gouvernement, par l’intermédiaire de son premier


ministre ou d’un ministre, doit demander l’avis au conseil d’état. Cette
soumission à l’avis du conseil d’état doit intervenir avant que le gouvernement
rédiger définitivement le texte qui sera soumis au parlement. Cernant les projets
de décrets, en principe, il n’y a pas d’examens pour avis devant le conseil d’état.
Cette consultation obligatoire intervient au niveau du principe pour les projets de
loi et pour les projets d’ordonnance.

⁃ La consultation facultative : le gouvernement a la possibilité de solliciter le


conseil d’état pour avis dans toutes les autres matières, y compris pour les projets
de décret. Les cours administratives d’appel disposent également de cette faculté,
elles peuvent saisir pour avis le conseil d’état lorsqu’elles se trouvent confrontées
à une question de droit nouvelle présentant une difficulté sérieuse et se posant
dans de nombreux litiges. La cour administrative d’appel sursoit à statuer, elle
transmet le dossier à la section du contentieux du conseil d’état qui dispose d’un
délai de trois mois pour donner un avis. Cet avis ne lie pas la cour administrative
d’appel.

a. L’auteur de l’avis

En principe, l’avis est donné par la section compétente qui peut intervenir sous deux
formes. La section compétente sera réunie soit en formation plénière (tous les membres
de la section), soit en formation ordinaire (au mois 7 membres de la section). Ce principe
donne lui aussi lieu à plusieurs exceptions :
⁃ L’hypothèse où l’affaire concerne plusieurs sections. Dans ce cas, l’avis peut être
donné par des sections réunies ou par une commission commune qui regroupe
des membres de chacune des sections concernées.
⁃ Il arrive que, vu l’importance de l’avis sollicité au conseil d’état, l’affaire soit
portée devant une formation plus solennelle dénommée assemblée générale du
conseil d’état. Cette assemblée comprend elle-même deux formations.
o L’assemblée générale en formation ordinaire comprend 35 membres
réunis sous la présidence du vice président du conseil d’état. Cette
formation va devoir donner un avis sur les projets de lois, les projets
d’ordonnances qui lui sont transmis soit par le ministre intéressé, soit par
le vice président du conseil d’état, soit par le président de section ou
encore par une des sections elle-même.
o L’assemblée générale en formation plénière est formée du vice président,
des présidents de sections et de l’ensemble des conseillers d’état. Cette
formation intervient pour examiner les affaires qui lui sont renvoyées par
l’assemblée générale en formation ordinaire.
⁃ Dans tous les cas d’urgence, l’avis peut également être donné par une commission
permanente, émanation de l’assemblée générale du conseil d’état qui va se
prononcer exceptionnellement et rapidement sur les projets de lois ou
d’ordonnances.

A) Les formations contentieuses

1) L’organisation des formations contentieuses


C’est la section du contentieux qui rend des arrêts, qui ont autorité de chose jugée. La
section du contentieux va statuer sur les recours contentieux qui relèvent de la
compétence du conseil d’état.
La section du contentieux comprend environ 140 membres. A sa tête figure un président
de section, assisté par trois présidents adjoints. Cette section comprend des conseillers
d’état en service ordinaire, des maîtres des requêtes et des auditeurs. Il n’y a pas de
conseillers d’état en service extraordinaire au niveau de la section du contentieux. En
raison du nombre de plus en plus important de recours, il a été nécessaire de subdiviser
cette section en plusieurs sous-sections. On en dénombre 10 actuellement, chacune étant
spécialisée dans un domaine particulier, comprenant trois conseillers d’état en service
ordinaire (l’un d’entre eux faisant fonction de président). Les maîtres des requêtes et des
auditeurs sont chargés des fonctions de magistrats rapporteurs ou de rapporteur public
au sein de ces sous-sections.

1) Le fonctionnement des formations contentieuses

Dès qu’une requête est présentée au conseil d’état, elle est transmise à la sous-section
compétente pour instruction. Quand l’instruction est close, la décision finale peut être
rendue par 4 formations distinctes :
⁃ La sous-section qui instruit l’affaire. C’est généralement la solution qui est mise
en œuvre lorsque la solution est simple.
⁃ Les sous-sections réunies. Dans certaines hypothèses, il semble nécessaire et utile
d’étoffer la formation qui rendra la décision. L’affaire est alors portée devant
deux ou trois sous-sections qui se réunissent en commun.
⁃ La section du contentieux en formation de jugement. Cette section va intervenir
lorsque la décision qui doit être prisé nécessite une formation suffisamment
importante pour qu’il n’y ait pas de discussion, de remise en cause par rapport à
la décision qui sera prise.
⁃ L’assemblée du contentieux. Elle ne se réunit que de façon exceptionnelle lorsque
l’affaire est très importante ou lorsqu’il y a des questions de principe assez graves
qui sont posées. Elle est composée du vice président du conseil d’état, le
président de la section du contentieux et les trois présidents adjoints, le président
de la sous-section qui a instruit l’affaire, les 4 présidents de sous-section les plus
anciens dans leur fonction, le rapporteur de cette affaire et le président de
chacune des 5 sections administratives.

Le président de la section du contentieux dispose également d’attributions


juridictionnelles propres, il a d’abord un rôle au niveau du règlement des compétences et
il est juge du référé administratif lorsque la procédure est engagée devant le conseil
d’état. Le règlement des compétences est un système mis en place par une loi du 22
février 1972 modifiée par la loi du 19 avril 2002 qui permet aux présidents des tribunaux
administratifs et aux présidents des cours administratives d’appel de transmettre
directement les dossiers à la juridiction qu’ils estiment compétente.

Section 2 : La compétence du conseil d’état

I. Le conseil d’état, juge de première instance


Jusqu’en 1953, il connaissait en première instance de tous les litiges administratifs. Le
décret du 30 septembre 1953 a créé les tribunaux administratifs. Par exception, certains
litiges administratifs demeurent de la compétence du conseil d’état en première instance.
L’arrêt rendu par le conseil d’état en la matière est insusceptible de recours. Ce sont
normalement des cas exceptionnels.
Le conseil d’état est saisi en premier et dernier ressort dans les hypothèses visées à
l’article R 311-1 du code de justice administrative. Il est compétent en premier et dernier
ressort lorsqu’il s’agit de mettre en cause un acte administratif de portée nationale ou
quand le recours que le justiciable souhaite intenter présente un enjeu national. Un acte
administratif de portée nationale recouvre plusieurs hypothèses :
⁃ Ça peut être un acte administratif émanant d’une autorité nationale.
⁃ Ça peut être un acte administratif intéressant un agent public exerçant une
responsabilité importante sur le plan national.
Le recours présente un enjeu national. Cela correspond uniquement aux actions en
responsabilité dirigées contre l’état pour une durée excessive de la procédure devant une
juridiction nationale.

II. Le conseil d’état, juge d’appel


Avec le décret du 30 septembre 1953, le conseil d’état est devenu juge d’appel de droit
commun.
Depuis la loi du 31 décembre 1987, ce sont les cours administratives d’appel qui ont
vocation à statuer sur les appels formés contre les jugements rendus par les tribunaux
administratifs et non plus le conseil d’état. A titre exceptionnel, le conseil d’état conserve
pourtant sa vocation de juge d’appel dans certains domaines :
⁃ Il est juge d’appel pour trancher le contentieux aux élections municipales et
cantonales.
⁃ Il est également juge d’appel pour connaître des recours pour excès de pouvoir
formés contre les actes réglementaires.
⁃ Il est également juge d’appel pour connaître des recours en appréciation de la
légalité des actes réglementaires résultant des renvois préjudiciels opérés par les
juridictions judiciaires.
⁃ Il est également juge d’appel pour connaître des appels formés contre une
décision rendue en première instance par une juridiction autre que le tribunal
administratif. Dans cette hypothèse, l’appel est porté devant le conseil d’état, sauf
exception.

III. Le conseil d’état, juge de cassation

Le conseil d’état est juge de cassation des décisions rendues en dernier ressort par les
juridictions du fond. Le conseil d’état va veiller à la bonne application et à la bonne
interprétation de la règle de droit. Ce n’est pas un troisième degré de juridiction. Pour
intervenir, il doit être saisi d’un pourvoi en cassation.

A) Le filtrage des pourvois en cassation

Devant le conseil d’état, tous les pourvois font l’objet d’un filtrage préalable. Ce filtrage
est exercé par la commission d’admission des pourvois en cassation. Cette commission
comprend 3 membres du conseil d’état. L’objectif de cette commission est d’écarter les
pourvois abusifs ou dilatoires. Elle va rendre deux types de décisions :
⁃ Lorsque le pourvoi lui semble irrecevable ou lorsqu’il n’est pas fondé sur un
moyen sérieux, la commission prend une décision de refus d’admission qui
rejette le recours et l’affaire est alors terminée.
⁃ Si le pourvoi lui semble recevable, elle transmet ce pourvoi à la sous-section
compétente qui va alors procéder à son instruction et l’affaire sera alors jugée.
A) L’examen des pourvois en cassation

Ce pourvoi est examiné par la formation compétente du conseil d’état. Cette formation
ne peut connaitre que des moyens de droits, en principe. Le conseil d’état, en tant que
juge de cassation va rendre de sortes de décisions.

1) La décision de rejet

Lorsque le pourvoi ne semble pas convaincant à la formation du conseil d’état chargé de


son examen, cette formation rend un arrêt de rejet et l’affaire est définitivement
terminée.

1) La décision de cassation

Le conseil d’état peut rendre un arrêt de cassation s’il considère que la décision qui lui
est soumise n’est pas conforme à la loi. Cet arrêt de cassation peut être avec ou sans
renvoi. En principe, la cassation intervient avec renvoi puisqu’il est impossible pour le
conseil d’état d’appliquer lui-même aux faits de l’espèce la solution juridique qu’il vient
de retenir. Le renvoi va s’opérer devant une juridiction de même nature et de même
degré que celle dont provient la décision contestée ou devant la même juridiction qui a
rendu la décision contestée, mais autrement composée.
Par exception, la cassation intervient sans renvoi dans trois cas de figure :
⁃ Lorsque l’annulation de la décision contestée met un terme au contentieux et
qu’il n’y a plus rien à juger.
⁃ Lorsque le conseil d’état décide de statuer lui-même dans l’intérêt d’une bonne
administration de la justice.
⁃ Lorsque le conseil d’état a été saisi par un second pourvoi fondé sur les mêmes
moyens. Il lui appartient alors de trancher lui-même l’affaire au fond.

Sous Partie 2 :Les juridictions supranationales

Au fil du temps, la justice a cessé d’être le monopole de l’état français et cela pour deux
raisons :
⁃ Les juridictions des états étrangers rendent elles aussi des décisions de justice.
Parfois elles doivent être exécutées sur le territoire français. Pour ce faire, la
décision étrangère doit obtenir l’exequatur (la décision par laquelle un tribunal
de grande instance autorise l’exécution en France d’un jugement ou d’un arrêt
rendu par une juridiction étrangère).
⁃ Il y a de plus en plus de juridictions qui ne sont rattachées à aucune souveraineté
étatique, on parle alors de juridictions supranationales. Ces juridictions vont
avoir pour mission de s’assurer que les traités internationaux signés et ratifiés par
les états sont respectés. Ces juridictions supranationales peuvent être
rassemblées de plusieurs façons : on a d’une part les juridictions qui
interviennent au niveau européen et d’autre part celles qui interviennent au
niveau international.

Chapitre 1 : Les juridictions au plan européen


Section 1 : La cour européenne des droits de l’homme

C’est une juridiction supranationale qui veille au respect par les états de la convention de
sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, aussi appelée
convention européenne des droits de l’homme. Cette convention a été signée à Rome le 4
novembre 1950 et est entrée en vigueur le 3 septembre 1953. Cette convention garantit le
droit à la vie, le droit à la vie privée et familiale, la liberté de religion, la liberté
d’expression, la liberté d’association. Elle interdit aussi un certain nombre de
comportements, comme la torture, l’esclavage ou toute discrimination fondée sur le sexe,
la race, la couleur, la langue ou la religion. Ces dispositions sont d’application directe
dans chacun des pays signataires. C’est un moyen efficace pour faire de la convention
une réalité. L’efficacité de la convention est surtout garantie par l’existence de la cour
européenne des droits de l’homme, qui a pour fonction de constater les éventuelles
atteintes portées par un état aux droits et libertés prévus par la convention. Le cas
échéant, s’il y a violation d’une disposition de la convention, on peut attribuer à la
victime une réparation adéquate. Concernant la cour, les dispositions qui prévoient son
organisation sont visées aux articles 19 à 51 et le protocole 14, entré en vigueur en juin
2006 a modifié un certain nombre de ces dispositions.

I. La composition de la cour européenne des droits de l’homme


Elle est située à Strasbourg. Cette cour comprend autant de juge que d’état signataire de
la convention, soit 47 juges (au 1er janvier 2010). Ces juges sont élus par l’assemblée
parlementaire du conseil de l’Europe sur des listes de trois candidats présentées par
chaque état, d’après l’article 22 de la convention. Ces personnes doivent jouir de la plus
haute considération morale et réunir les conditions requises pour ‘exercice de hautes
fonctions judiciaires ou être des jurisconsultes possédant une compétence notoire,
d’après l’article 21. Ces juges siègent à la cour à titre individuel, ils ne représentent aucun
état. Ils sont élus pour 9 ans et ne sont pas rééligibles. Leur mandat cesse dès qu’ils
atteignent 70 ans. Pendant leur mandat, ils ne peuvent exercer aucune activité
incompatible avec les exigences d’indépendance, d’impartialité ou de disponibilité liées à
leur activité juridictionnelle exercée à plein temps. Durant l’exercice de leur fonction, ils
jouissent de privilèges et de l’immunité prévus à l’article 40 du conseil de l’Europe. La
cour dispose d’un greffe. La cour, réunie en assemblée plénière, élit pour trois ans son
président et un ou deux vices présidents. Ils sont rééligibles. Elle élit également le
greffier et un ou plusieurs greffiers adjoints. Cette cour ne dispose pas de ministère
public. Elle peut siéger en différentes formations : en formation de juge unique, en
comité de trois juges, en chambre de 7 juges (voire de 5 juges par décision unanime du
comité des ministres et pour une période déterminée sur demande de l’assemblée
plénière) et en une grande chambre de 17 juges.

II. Le fonctionnement de la cour européenne des droits de


l’homme
La cour européenne peut également être conduite à donner des avis, d’après les articles
47 et suivants de la convention. A la demande du comité des ministres, la cour peut
donner des avis consultatifs sur des questions juridiques concernant l’interprétation de
la convention et de ses protocoles. Les conditions sont très strictes pour ces demandes
d’avis.
Ces avis ne peuvent porter ni sur des questions ayant traits au contenu ou à l’étendue des
droits et libertés, ni sur les autres questions dont la cour ou le comité des ministres
pourrait avoir à connaitre par la suite de l’introduction d’un recours prévu par la
convention.

A) La saisine de la cour

⁃ Elle peut être saisie par un état signataire de la convention européenne. Cet état
dépose une requête à l’encontre d’un autre état signataire auquel il reproche un
manquement aux dispositions de la convention. C’est l’article 33 de la
convention. Ces requêtes sont dénommées requêtes interétatiques et ne sont
soumises à aucun filtrage.
⁃ Elle peut être saisie par toute personne physique ou morale, toute organisation
non gouvernementale ou tout groupe de particuliers qui se prétend victime d’une
violation par l’un des états signataires de la convention des droits reconnus par la
convention ou par ses protocoles. C’est l’article 34. Cette requête est dénommée
requête individuelle et pour être recevable, elle doit répondre à un certain
nombre de conditions, qui ont évolué depuis le protocole n°14 et qui sont visées à
l’article 35 de la convention :
o Le requérant doit avoir épuisé préalablement l’ensemble des voies de
recours internes.
o La requête doit être déposée devant la cour dans un délai de 6 mois à
compter de la décision définitive rendue par le juge national.
o La requête ne doit pas être anonyme, elle ne doit pas non plus être
essentiellement la même qu’une requête précédemment examinée par la
cour ou déjà soumise à une autre instance internationale d’enquête ou de
règlement.
o La requête ne doit pas être manifestement mal-fondée ou abusive.
o Le requérant a subit un préjudice important. En effet, la requête va être
irrecevable si le requérant n’a subit aucun préjudice important sauf si le
respect des droits de l’homme garantit par la convention nécessite un
examen.
La cour a la possibilité de rejeter toute requête individuelle qu’elle estime irrecevable à
tout stade de la procédure.

A) Les différentes formations de la cour

⁃ Le juge unique, d’après l’article 27 de la convention. Depuis l’entrée en vigueur du


protocole 14, la requête est examinée par un juge unique et non plus par un
comité de la cour composé de 3 juges. Ce juge unique doit se prononcer sur la
recevabilité des requêtes individuelles, il joue un rôle de filtrage. S’il déclare la
requête irrecevable, sa décision est définitive. Sinon le juge unique transmet la
requête à un comité ou à une chambre pour un examen complémentaire. Le juge
unique ne peut jamais examiner une requête introduite contre l’état signataire au
titre duquel ce juge a été élu.
⁃ Le comité composé de 3 juges, d’après l’article 28.
On trouvera le président de la cour, les vices présidents, les présidents des chambres (qui
sont élus par l’assemblée plénière de la cour et qui sont rééligibles) et d’autres juges
désignés selon le règlement de la cour.
o La grande chambre peut tout d’abord être saisie par la chambre de 7
juges. Si l’affaire soulève une question grave relative à l’interprétation de
la convention ou si la solution d’une question peut aboutir à une
contradiction avec un arrêt rendu précédemment par la cour, la chambre
a la possibilité de se dessaisir et de renvoyer l’affaire devant la grande
chambre sous réserve qu’aucune des parties au litige ne s’y oppose.
o L’une des parties peut également saisir la grande chambre dans un délai
de trois mois commençant à courir à compter de l’arrêt rendu par la
chambre de 7 juges. La grande chambre va réexaminer l’ensemble de
l’affaire. Dans cette hypothèse de renvoi, aucune juge de la chambre qui a
rendu l’arrêt ne peut siéger, sauf les présidents de la chambre et les juges
qui a siégé au titre de l’état signataire partie au litige. Cette saisine fait
l’objet d’un nouveau filtrage, filtrage de la part d’un collège de la cour
européenne. Ce collège est composé de 5 juges et n’admettra le recours
devant la grande chambre que si l’affaire soulève une question grave
relative à l’interprétation ou à l’application de la convention ou encore
une question grave de caractère général. L’arrêt rendu par la grande
chambre est définitif.

⁃ Le règlement amiable est prévu par l’article 39 de la convention. A tout moment


de la procédure, la cour peut se mettre à la disposition des intéressés en vue de
parvenir à un règlement amiable de l’affaire, s’inspirant du respect des droits de
l’homme reconnus par la convention.

A) La portée des arrêts rendus par la cour

La cour rend des arrêts motivés dans lesquels chaque juge pourra faire valoir une
opinion dissidente. Les pouvoirs de cette cour sont cependant limités. En effet, en cas de
violation des dispositions de la convention ou de ses protocoles, la cour ne peut que
constater cette violation et condamner un état à verser « une satisfaction équitable à la
victime ». C’est donc une indemnisation financière dont la cour déterminer
souverainement le montant. Il n’y a pas d’autres moyens de coercition à l’égard de l’état
condamné. La cour ne peut pas abroger, modifier ou compléter une norme juridique
interne. La cour ne peut pas non plus annuler une décision de justice interne qui serait
en contradiction avec les droits et libertés garantis par la convention. En droit français, la
loi du 15 juin 2000 prévoit une procédure de réexamen d’une décision pénale définitive
qui a donné lieu à un constat de violation par la cour. C’est l’article 626-1 et les articles
suivants du code de procédure pénale. L’arrêt définitif rendu par la cour européenne a
autorité de chose jugée. L’article 46 prévoit la force obligatoire et l’exécution de ces
arrêts. Dans cet article, il est mentionné que les états signataires s’engagent à se
conformer aux décisions de la cour dans les litiges auxquels ils sont partis. Pour s’assure
que l’arrêt est bien appliqué, il est transmis au comité des ministres du conseil de
l’Europe qui en surveille l’exécution.

Section 2 : La cour de justice de l’union européenne

Cette cour de justice de l’union européenne qui été anciennement dénommée cour de
justice des communautés européennes a été créée en 1952. Elle est établie à Luxembourg
et constitue l’institution juridictionnelle de l’union ainsi que celle de la communauté
européenne de l’énergie atomique. La cour de justice européenne est composée de trois
juridictions : la cour de justice, le tribunal (créé en 1988) et le tribunal de la fonction
publique (créé en 2004). La fonction de la cour est d’examiner la légalité des actes de
l’union et assurer, en collaboration avec les juridictions des états membres, une
interprétation et une application uniforme du droit de celle-ci. Depuis le 1er janvier
2007, l’union européenne compte 27 états membres. Cette entité dispose de ses propres
institutions : le conseil de l’union européenne qui est formé des représentants des états
membres, la commission européenne qui est l’exécutif de l’union et qui siège à Bruxelles,
et le parlement européen qui est composé de députés européens et qui est implanté à
Strasbourg.
Les traités constitutifs de l’union sont :
⁃ Le traité de Rome qui a institué la communauté économique européenne.
⁃ L’acte unique européen qui date de 1986.
⁃ Le traité de Maastricht qui institue l’union européenne en 1992.
⁃ Le traité d’Amsterdam en 1997
⁃ Le traité de Nice en 2001
⁃ La charte des droits fondamentaux de l’union en 2000
⁃ Le traité de Lisbonne en 2009 a permis que l’union européenne se soit dotée
d’une personnalité juridique. La compétence de la cour s’étend aux droits de
l’union à moins que les traités n’en disposent autrement.
Ces textes forment le droit communautaire originaire. A ce droit s’ajoute le droit
communautaire dérivé, qui correspond à l’ensemble des actes édictés par la commission
européenne (règlements, directives, décisions…) et également l’ensemble de la
jurisprudence des juridictions de l’union.

I. La cour de justice
A) La composition de la cour

La cour de justice est composée d’autant de juges que d’état membres, à savoir 27. Ces
juges sont désignés d’un commun accord pour 6 ans par les états membres après
consultation d’un comité chargé de donner un avis sur l’adéquation des candidats
proposés à l’exercice des fonctions en cause. On trouve également 8 avocats généraux qui
sont nommés de la même manière. Ces avocats généraux exercent le ministère public, ils
sont chargés de présenter, en toute impartialité et en toute indépendance, un avis
juridique, qu’on appelle conclusion, dans les affaires dont ils sont saisis.
Ces juges et ces avocats généraux sont soumis au même statut. Les juges et les avocats
sont renouvelés tous les trois ans et ils bénéficient, pour assure leur indépendance, des
privilèges et immunité de l’union européenne. Ils ne peuvent pas exercer d’autres
activités professionnelles, rémunérées ou non, sauf dérogation exceptionnelle. Cette cour
est dirigée par un président, désigné par les juges eux-mêmes et qui dispose d’un mandat
de trois ans renouvelable. Ce président va présider les audiences et les plus grandes
formations de jugement, il va diriger les travaux de la cour de justice. La cour peut être
réunie sous des formations différentes, selon l’importance de l’affaire. Elle peut siéger en
séance plénière lorsque l’affaire est très importante, en grande chambre qui comprendra
13 juges, ou en chambre de 3 ou 5 juges.
L’assemblée plénière est saisie des cas particuliers prévus par le statut de la cour et
également lorsqu’elle estime qu’une affaire revêt une importance exceptionnelle.
Lorsque l’assemblée plénière se prononce, les décisions sont prises à la majorité des voix
et il n’y a pas de possibilité d’exprimer une dissidence. La cour de justice siège en grande
chambre lorsqu’un état membre ou une institution qui est partie à l’instance le demande
ainsi que pour les affaires qui sont particulièrement complexes ou importantes. Les
autres affaires sont examinées par des chambres de 3 ou 5 juges. Les présidents des
chambres à 5 juges sont élus pour 3 ans, ceux des chambres à 3 juges le sont pour une
année. Un avocat général et un juge rapporteur sont chargés d’examiner les affaires qui
sont soumises à la cour. L’avocat général va présenter ses conclusions sur la façon dont
l’affaire devrait être réglée selon lui puis les juges délibèrent sur la base du projet d’arrêt
établi par le juge rapporteur. Chacun des juges a la possibilité de proposer des
modifications et caque juge est aidé par des juristes de son cabinet, appelés des
référendaires. L’arrêt définitif est prononcé en audience publique et il est publié dans un
recueil, celui des arrêts de la cour de justice et du tribunal. Cet arrêt s’impose à
l’ensemble des états membres et sur la totalité du territoire de l’union européenne. Le
greffier est le secrétaire général de l’institution, il dirige les services sous l’autorité du
président de la cour et il est désigné pour 6 ans.

A) Les attributions de la cour

1) Les attributions consultatives de la cour

Sur demande su conseil de l’union de la commission européenne, du parlement


européen, ou encore d’un état membre, la cour peut être appelée à rendre un avis sur la
compatibilité avec le droit de l’union de tout projet d’accord entre l’union et un état ou
une organisation internationale. En cas d’avis négatif, l’accord ne peut entrer en vigueur
qu’après modification du traité de l’union.

1) Les attributions juridictionnelles de la cour

a. La$cour$juge$en$premier$et$dernier$ressort

! Le renvoi préjudiciel

Pour assurer une application effective et homogène de la législation de l’union, et éviter


toute interprétation divergente, les juges nationaux peuvent, et parfois doivent, se
tourner vers la cour de justice pour lui demander de préciser son interprétation
concernant le droit de l’union. Lorsque le juge national doit appliquer le droit de l’union
durant un procès, il peut surseoir à statuer et poser une question préjudicielle. Les arrêts
rendus par la cour sur ces demandes ont force obligatoire et, sauf exception, une portée
rétroactive. Cela veut dire que la juridiction nationale est liée par l’interprétation qui a
été donnée par la cour de même que seront liées toutes les autres juridictions nationales
saisies d’un même problème.

! Les recours directs

⁃ Le recours en manquement permet à la cour de justice de contrôler le respect par


les états membres des obligations qui leur incombe en vertu du droit de l’union.
La saisine de la cour de justice est précédée d’une procédure préalable engagée
par la commission qui consiste à donner à l’état membre concerné l’occasion de
répondre aux griefs qui lui sont adressés. Si l’état en question ne met pas fin au
manquement, un recours pour violation du droit de l’union peut alors être
introduit devant le cour de justice. Ce recours peut être engagé soit par la
commission, soit par un état membre. Si après une nouvelle saisine par la
commission, la cour de justice constate que l’état membre ne s’est pas conformé à
son arrêt, elle peut lui infliger le paiement d’une somme forfaitaire et/ou d’une
astreinte.
⁃ Par le recours en annulation, le requérant demande l’annulation d’un acte de
l’institution d’un organe ou d’un organisme de l’union. A la cour de justice sont
réservés les recours formés par un état membre contre le parlement européen et/
ou contre le conseil avec deux restrictions : sauf pour les actes de ce dernier en
matière d’aide d’état et de dumping (mesure de défense commerciale). A la cour
sont réservés les recours introduit par une institution de l’union contre une autre
institution. Le tribunal est compétent pour connaitre en première instance de
tous les autres recours de ce type, et notamment des recours formés par les
particuliers.
⁃ Le recours en carence permet de contrôler la légalité de l’inaction des institutions
d’un organe ou d’un organisme de l’union. Ce recours ne peut être introduit
qu’après que l’institution concernée ait été invitée à réagir. On a un partage de
compétence entre la cour de justice et le tribunal (le même que précédemment).

a. La cour, juge de réformation

! Le pourvoi

La cour de justice peut être saisie de pourvois, limités aux questions de droit contre les
arrêts et ordonnances du tribunal. Si le pourvoi est recevable et fondé, la cour annule la
décision du tribunal. Dans l’hypothèse ou l’affaire est en état d’être jugée, la cour peut
trancher elle-même le litige. Dans l’hypothèse inverse, elle renvois l’affaire au tribunal
qui est lié par la décision rendue par la cour dans le cadre du pourvoi.

! Le réexamen

Les décisions du tribunal statuant sur des recours formés contre les décisions du tribunal
de la fonction publique peuvent exceptionnellement faire l’objet d’un réexamen par la
cour de justice.

II. Le tribunal de l’union européenne


Il existe des tribunaux spécialisés. En effet, le traité de Lisbonne prévoit dans son article
257 que des tribunaux spéciaux peuvent être crées par un règlement du parlement
européen et du conseil après avis de la cour de justice ou de la commission. Ces
tribunaux, adjoints au tribunal peuvent connaître de recours formés dans des matières
spécifiques.

A) La composition du tribunal

Ce tribunal est composé d’au moins un juge par état membre au niveau de la mise en
place, il est nommé par PAREIL QUE LA COUR DE JUSTICE
Il désigner le président pour trois ans parmi eux. En revanche, il n’y a pas d’avocats
généraux au tribunal. Cela étant, s’il le juge utile, le tribunal peut être assisté d’avocats
généraux, depuis le traité de Lisbonne. Au niveau des exigences d’indépendances et
d’impartialité, CE SONT LES MEMES. Les juges nomment un greffier pour 6 ans. Ces
juges siègent en chambre de 3 ou 5 juges, dans certaines hypothèses en formation à juge
unique et il est également possible que ce tribunal siège en grande chambre ou en
formation plénière, selon l’importance de l’affaire qui lui est soumise.

A) Les attributions du tribunal

Le traité de Nice prévoyait qu’il était juge de première instance pour l’ensemble des
recours directs. Le traité de Lisbonne prévoit qu’il sera de plus juge de première
instance, notamment pour le contrôle de légalité des actes des institutions de l’union
destiné à produire un effet juridique à l’égard des tiers et également des recours formés
par les états membres contre le conseil, concernant les actes pris dans le domaine des
aides de l’état et des mesures de défense commerciale.

III. Le tribunal de la fonction publique

Ce tribunal fait parti des tribunaux spéciaux prévus par le traité de Lisbonne. Il est
composé de 7 juges nommés par le conseil pour un période de 6 ans renouvelable. Le
conseil veille à une composition équilibrée du tribunal sur une base géographique aussi
large que possible. Les juges désignent leur président parmi eux pour trois ans
renouvelable et ils nomment aussi leur greffier pour un mandat de 6 ans. Le tribunal
siège en chambre composée de 3 juges. Cela étant, au vu de la difficulté de l’affaire, elle
peut être renvoyée devant l’assemblée plénière.

Ce tribunal est la juridiction spécialisée dans le domaine du contentieux de la fonction


publique de l’union européenne. Lorsqu’il y aura des difficultés entre l’union européenne
et les agents, c’est ce tribunal qui sera amené à trancher. En revanche, ce tribunal ne
peut connaître des litiges.
Les décisions rendues par ce tribunal peuvent faire l’objet d’un pourvoi dans un délai de
2 mois limité aux questions de droit devant le tribunal.

Chapitre 2 : Les juridictions internationales

Section 1 : Les juridictions internationales relevant de


l’organisation des nations unies (ONU)

I. La cour internationale de justice (CIJ)

Cette cour a été instaurée par l’ONU après la seconde guerre mondiale. Elle vise à
trancher les différents juridiques entre les états membres de l’ONU autrement que par la
force et les armes. Son fonctionnement est définit par la charte des nations unies et le
statut de la cour internationale de justice.

A) L’organisation de la cour internationale de justice

Elle est composée de 15 juges. Ces juges sont élus pour 9 ans renouvelables. Ils sont élus
à la majorité absolue par l’assemblé générale et le conseil de sécurité de l’ONU sur des
listes présentées par chaque état. Pour qu’il y ait une certaine continuité d’assurée, la
cour est renouvelée par tiers tous les trois ans. Le choix des juges a pour objectif
d’assurer la représentation des grandes formes de civilisation et des principes systèmes
juridiques du monde. Ces juges sont indépendants, inamovibles et bénéficient de
l’immunité diplomatique.

A) La compétence de la cour internationale de justice

1) La compétence contentieuse

Elle rend des arrêts.

a. La compétence matérielle

Cette cour a pour mission de régler, conformément au droit international, les différends
qui lui sont soumis. Elle veille à l’application et au respect du droit international public.
Si les parties au différend sont d’accord, elle peut statuer en équité.

a. La compétence personnelle

Elle peut être saisie par l’ONU ou encore par l’un de ces états membres. La requête est
dirigée contre un état membre de l’ONU. La compétence de la cour internationale de
justice doit avoir été acceptée par les états concernés par le litige, sinon elle ne pourra
pas statuer valablement. Les arrêts rendus par cette cour ne sont pas exécutoire de plain
droit. Un état peut refuser l’exécution de la décision. L’autre partie peut alors saisir le
conseil de sécurité de l’ONU, qui, s’il le juge utile, peut faire des recommandations ou
décider des mesures à prendre pour faire exécuter l’arrêt.

1) La compétence consultative

L’assemblée générale ou le conseil de sécurité de l’ONU peuvent poser des questions


juridiques à la cour, laquelle rend un avis qui ne lie pas le demandeur.

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