Le droit constitutionnel ou le droit politique (littré) vit en nous et par nous.
a ce titre, il
concerne autant le juriste que le citoyen et bénéficie, assurément, de l'attrait de l'actualité.
Jean Gicquel - 2002
Ω. Introduction
- Il a pour objet d étude la norme suprême : la constitution.
- Toutes les autres règles dépendent de celle ci.
- Le droit constitutionnel est :
- Un corps de règle
- C'est le droit relatif à la constitution, aux normes constitutionnelles
- C'est une branche du droit en vigueur dans un ordre juridique comme le droit
civile, administratif, pénale, commerciale etc...
- Une discipline scientifique
- Il présente des caractères spécifiques qui le distingue des autres branches du droit. Ils
apparaissent que l’on envisage le droit constitutionnel d’un point de vu matériel ou d un point
de vu formel / de droit cardinal.
- Matériellement : par son contenu, par son objet.
- Formellement : par sa procédure d adoption. Le rang dans l’ordre juridique.
Ω.1. Corps de règles
Ω.1.1. Définition matérielle du droit constitutionnel
- Examen d’après son objet.
- Ensemble des règles constitutionnelle qui déterminent la dévolution (à qui est donné
le pouvoir politique) et l’exercice du pouvoir politique.
- Ensemble des règles qui déterminent le mode de désignation du gouvernant, leurs
compétences, leurs rapports mutuels et les droits et libertés des individus. Dans la
constitution française il y a la DDHC.
- Il est intimement liés aux phénomènes politiques.
André Hauriou Repris par J.E. Gickel
" le droit constitutionnel peut se définir comme
l’encadrement juridique des phénomènes politiques "
- La politique vient de polis → cité. C’est l’activité qui se rapporte aux affaires de la cités. A
l’exercice du pouvoir dans une société politique (plus forcément une cité aujourd'hui mais c est surtout l
état)
- Le droit constitutionnel a pour objet de réglementer cette activité politique. Il détermine
les conditions dans lesquels le pouvoir politique s’exerce, il codifie le jeu politique.
- L’existence du droit constitutionnel entraîne par conséquence que l’activité politique,
l’exercice du pouvoir dans la cité, relève de la règle de droit et non plus de la force, de
l’arbitraire des princes. Elle remplace le règne de la force.
J.J ROUSSEAU, écrivain politique, résumait l'ambition du droit constitutionnel dans une lettre
de 1767 au marquis de Mirabeau
" Trouver une forme de gouvernement qui mette la lois au dessus de l homme "
- Encadrer la conquête et l’exercice du pouvoir par le droit.
- Elle n’a été que partiellement réalisée, certes de manière générale, le droit bénéficie de
l’obéissance des membres de la société. (pourquoi ? Car c'est l’ensemble des règles juridiques édictées et
sanctionnées par l’état, il est escorte de la force car l’état jouit du monopole de la force légale, de la violence
physique légitime). Il bénéficie de la force publique, du juge et de l’état.
- N’y arrive pas totalement car c'est difficile de soumette les gouvernants au droit
puisqu'ils détiennent le pouvoir. En outre la violence est inhérente à l’activité
politique. Il est donc dur de le domestiquer (n’y arrive pas toujours totalement car les
gouvernements ont une tendance naturelle à abuser du pouvoir qu'on leur confie et donc à ne pas
respecter la règle constitutionnelle). Ils essaient de se libérer de la règle constitutionnelle.
- Par exemple coup d’état en France en 1851 par Napoléon III (Louis Bonaparte) mît fin à la
seconde république pour la remplacer par une constitution destinée à assoir son
pouvoir personnel et mît en place le second empire qui prit fin en 1870 par la défaite
française de Sedan contre Bismarck.
- Les coups d’états sont la limite extrême mais plus modestement il y a des exemples
où une des règles constitutionnelles est écartée.
- Par exemple constitution de la 4e république article 13 du 27.10.46 : interdiction de la
délégation du pouvoir législatif. C'était une réaction ou le pouvoir législatif était délégué
mais pourtant nombreux article ont été édité par le pouvoir exécutif.
Article 13. - L'Assemblée nationale vote seule la loi. Elle ne peut déléguer ce droit.
- Les gouvernants n’aiment pas avoir des limites donc ils dépassent souvent.
- L’état détient le monopole de la force légal, c'est les gouvernants qui détiennent le
monopole, ce sont eux l’état. On comprend donc maintenant qu'ils ont la tentation de
s’affranchir de la contrainte de la règle constitutionnelle. Car souvent ils n emploient pas la
force légale contre eux même.
- En cas de désobéissance des gouvernants à la règles constitutionnel, il n’y a souvent pas de
sanctions, la seule étant celle du corps électoral, pas de réélection (ne vaut que pour les
démocratie).
- Question : est-ce que le droit constitutionnel est vraiment un droit ? Vu que le droit est une
règle dont le respect est sanctionné par le juge et le gendarme mais est ce que celle ci ou dans
la mesure elle est dépourvue de sanction pour certaines personnes restent un droit ?
- Il faut nuancer ce constat aujourd'hui car il y a un phénomène majeur que connaît et qu’a
connu le droit constitutionnel, c'est le développement de la justice constitutionnelle et d’un
conseil constitutionnel, elle est de plus en plus sanctionnée par le juge.
Ω.1.2. Définition formelle du droit constitutionnel
- Lorsqu'on envisage d’un point de vu formel, c’est l’ensemble des normes adoptées selon une
procédure spécifique, qui en raison de cette procédure spécifique d’adoption ont une valeur
supérieur à celle de toutes les autres normes.
Ω.2. Discipline scientifique
- Elle a pour objet d’étudier les règles constitutionnelles, il y a différentes conceptions sur
l’objet et les méthodes de cette science.
- Certaines controverses animent les spécialistes de droit constitutionnel, ils se divisent sur
- Le jusnaturalisme et son rapport avec le positivisme
- Les rapports entre la science politique et la science du droit constitutionnel.
Ω.2.1. Opposition jusnaturalisme / positivisme
- Les enseignants de droit constitutionnel comme les juristes se partagent entre les adeptes du
droit naturel, jus = droit en latin. Et les opposant du droit positif ( les positivistes ). Cette
division reflète l’opposition entre droit naturel et droit positif.
Ω.2.1.1. Jusnaturalisme
- Droit naturel : de manière schématique c’est le droit qui ne serait pas produit par les
autorités compétentes, mais ce sera un droit immanent a la nature humaine.
- D’où son nom de droit naturel. Ou pour certains produits par Dieu, issu de sa volonté. Ainsi
définit il existerait avant le droit positif. Et se situerait au dessus du droit positif. Il
déterminerait à quels conditions le droit positif peut-être considéré comme valide et
obligatoire. Il représenterait une sorte d’idéal juridique ce serait une exigence de justice vers
laquelle devrait tendre le droit positif.
- Par conséquent pour les jusnaturalistes le droit constitutionnel ne devrait pas se contenter de
décrire les règles constitutionnelles positives, en vigueur. La science du droit constitutionnel
devrait bien plus exposé ce que les règles constitutionnelles devraient être pour se conformer
à l’idéal de justice, pour être fidèle au droit naturel. Certains auteurs voient le droit
constitutionnel envisage comme science ainsi. Hauriou et Gickel : trace de jusnaturalisme, il
envisage le droit constitutionnel comme la conciliation entre autorité de l’état et préservation
des droits des individus.
- Il se traduit dans l’idéologie des droits de l’Homme selon laquelle les gouvernants doivent
respecter les droits de l’homme, envisagés compris comme droit inhérent à la nature
humaine. Ils doivent les respecter même s'ils ne sont pas inscrits dans la constitution (on y
voit les premières traces dans le DDHC, il est dit en préambule que sont exposés les droits naturels de l
homme afin qu'ils soient constamment présents aux yeux des gouvernants, et leur rappelle leur
devoir).
- Les règles constitutionnelles telles qu'elles devraient être si elles correspondent à celles de la
nature humaine.
Ω.2.1.2. Positivistes
- Les positivistes aspirent à construire une science du droit constitutionnel sur le modèle des
sciences de la nature. Décrire les règles constitutionnelles telles qu'elles existes, à l’exclusion
de tout jugement de valeur.
- Les doctrines de droits naturels ne sont que des jugements de valeur, des opinions
subjectives. Ils font observés que si les partisans du droit naturel veulent soumettre le droit
positif à un idéal de justice, les partisans du droit naturel différent sur le contenu de cet idéal
de justice.
- Les jusnaturalistes objectent aux positivistes que si on se défend de tout jugement de valeur on
est fondé à considérer comme étant du droit n'importe quelle système juridique, le droit nazi
serait du croit parce que c'est une règle juridique en vigueur comme le droit de la Suisse. Il
veut étudier les règles juridiques quel qu'elle soit.
- Réponse des positivistes : dire qu'une règle est juridique ne signifient pas qu'on la considère
bonne. Le positivisme n interdit pas le jugement de valeur, mais interdit qu'il soit énoncé au
nom de la science. Pour les positivistes, le système juridique nazi comme étant du droit. L
étudier et le décrire en tant que tel tout en considérant d un point de vu moral qu'il est
inacceptable. Ils veulent dissocier jugements de valeur et science.
Ω.2.2. Opposition : droit constitutionnel et science politique
- Il s’agit de deux disciplines distinctes certes comme le droit constitutionnel la science
politique à le même but, l’étude du pouvoir politique.
- Le droit constitutionnel est une science normative. Elle s’attache à la règle juridique,
qui encadre l’attribution du pouvoir politique, celle qui soumet les gouvernants au droit.
- La science politique n’est purement descriptive, elle rend compte de la vie réelle d’une
société politique, comme elle marche. Et à fin d’appréhender du réel, elle adopte une
démarche pluri disciplinaire. Et a recourt à l’ensemble des sciences sociales: philosophique,
sociologie, historique etc..
- Pourtant ces deux disciplines ont longtemps été considérer comme inséparable car
complémentaire au début du 19e elle ne formait qu'une seule et même discipline. Car à cette
époque la science politique n’avait pas encore la préoccupation purement descriptive qui est
la sienne aujourd'hui. Elle se donnait pour tâche de découvrir le meilleur système de
gouvernement. Une fois découvert on pouvait le traduire par des règles constitutionnelles,
d’ou la proximité des deux.
- Puis alors même qu'elle a acquis cette vocation descriptive / cette méthode / cette démarche
/ la science politique a longtemps été considéré comme complémentaire et c'est peut-être
même pour cela car on s est rapidement rendu compte que pour savoir comment fonctionne
réellement le pouvoir politique, on ne peut pas se limiter à l’étude des règles
constitutionnelles. Car souvent la réalité politique s écarte plus ou moins de la règle
constitutionnelle.
→ Et donc le droit constitutionnel a besoin de la science politique pour s en rendre compte.
Doyen Mirkine-Guetzévitch 1951
Pour comprendre la structure ou le fonctionnement («rendement») des institutions, nationales ou
internationales, il faut connaître leurs origines et leur devenir, et il faut y appliquer la méthode de la
science politique.
Mais tout d’abord qu’entend-on par science politique ? Ceux qui ne voient dans la vie que le jeu des
règles juridiques, ceux qui ne voient dans la politique que le juridique, mettent en doute l’existence
même de la science politique. Or si la méconnaissance des règles juridiques est dangereuse, non moins
dangereux sont les abus, les excès, la rigidité juridique, la tendance à ne pas voir dans le fonctionnement
des institutions politiques nationales et internationales que la technicité. On peut évidemment étudier les
institutions nationales et internationales en ne les abordant que du point de vue du droit: mais on ne
peut les comprendre sans philosophie politique, sans interprétation de le l’’histoire des idées, sans
science politique. Cette science du gouvernement à laquelle le monde anglo-saxon réserve une place
d’honneur.
- Mais depuis une vingtaine d’années en France, une école de pensée a cherché à voir la
science du droit constitutionnel comme distincte et séparée de la science politique. Parce
qu'elle attirait des conséquences exagérées, des transformations qu’a connu le droit
constitutionnel et notamment celui de la justice constitutionnelle.
- En effet depuis la fin de la seconde guerre mondiale, de nombreuses cours constitutionnelle
ont été créés. Ce n’est qu'avec la Ve république que le conseil a été créé. Et a été considérer
qu’à partir de 1970.
- Ces juges constitutionnels ont été invité à statuer sur le respect des règles et imposer le
respect des règles constitutionnelles aux acteurs politiques, et ont donc développé tout une
jurisprudence (de décision de justice) d’une grande richesse.
- Le droit constitutionnel doit étudier les décisions des juges constitutionnelle. On voit
l’évolution de cette école de pensée, l'école d’Aix. Juridicisation du droit constitutionnel et
concevoir le droit constitutionnel comme une discipline purement juridique avec le
développement de la justice constitutionnelle. Il se concentre sur les interprétations
jurisprudentielles, par le juge.
- Cette école de pensée à eu des opposants, pour certains on ne peut s’abstraire, méconnaître,
la nature essentiellement politique du droit constitutionnel. Le droit constitutionnel ce n’est
pas seulement le droit du texte constitutionnel c’est encore moins le droit du texte tel
qu’interprété par le juge constitutionnel.
- Malgré le développement de la justice constitutionnelle le juge ne peut pas prétendre au
monopole de l’interprétation du texte constitutionnel.
- Les gouvernants lorsqu'ils appliquent la constitution qui leur est destinée en donne
également une interprétation. C’est ainsi que l on assiste au développement de pratique
constitutionnelle qui se développe en marge du texte constitutionnel. Il n y donc pas que les
juges qui interprètent et ces pratiques échappent au contrôle des juges. Le droit
constitutionnel ne se réduit pas aux règles contrôles par le juge, car beaucoup échappent aux
contrôles, donc si on étudie que les décisions on méconnaît toute cette réalité
constitutionnelle.
- Exemple : en 1986 en France pour la première fois la majorité parlementaire n’était pas la
même que la présidentielle. Mitterand président et parlement à droite.
- Comment appliquer ? Qui va dominer ? Un juge constitutionnel ne pouvait trancher les
querelles. ( pour aller plus vite, au lieu de voter, ordonnance pour aller plus vite, article 38
constitution française) il est dit dans la constitution française que le président doit signer les
ordonnances, le gouvernement voulant aller plus vite ne pouvait pas forcer Mitterand. Il refuse
de signer du coup retour au parlement pour faire voter, ça passe, Mitterand devra signer plus
tard.
- Dans la constitution on dit que " le président signe les ordonnances'" est il oblige ?
Interprétations.
On ne peut donc faire abstraction de la science politique pour appréhender ce droit
constitutionnel.
Comment étudier : prendre l habitude d étudier par groupe, bibliothèque
Vlad Constantinesco Pierre Ecaps " droit constitutionnel "
Louis favoureu édition Dalloz
( partie théorique ) Elisabeth Zolay presse universitaire de France drôit fondamental
Jean Éric Jickel drôit constitutionnelle et institution politique
Pierre pactet drôit constitutionnelle aux éditions litec
Michel Troper amond liourdau ? Positiviste
Il y a des revues principalement consacré au droit constitutionnel
Revues française de droit constitutionnel depuis 1990 trimestrielle.
Revues du droit publique et de science politique 1890 trimestrielle.
Bibliothèque unistra
Revues pouvoir PUF
Legifrance
Site du conseil constitutionnel