DIAKITE Samba Moctar
GERENAD11 – ISE
Cours Gestion de la faune
Introduction
À l’heure où la préservation de l’environnement semble se définir comme l’un des défis majeurs de
l’Humanité, les Parcs Nationaux apparaissent comme des territoires clés afin de lutter contre le
changement climatique et la corruption. Souvent réduits à leur seule fonction de « conservation de la
nature », ces territoires se trouvent pourtant au carrefour de nombreux enjeux sociaux,
économiques voire même politiques et sécuritaires. En Afrique tout particulièrement, la différence
entre l’image projetée par les Parcs Nationaux au public occidental et leur rôle pourtant structurant
au sein de certaines sociétés est frappante.
Le continent africain abrite une flore et une faune d’une richesse impressionnante qui forment des
écosystèmes complexes. Les défis prioritaires portent sur la manière dont les aires protégées
peuvent aider l'Afrique à prendre en mains les questions majeures du 21e siècle, comme celles
relatives à l'économie, à la société et à l'environnement.
Résumé
La chasse, l’exploitation forestière et la destruction des forêts à d’autres fins commerciales menacent
fortement la préservation de plusieurs aires protégées en Afrique. Cette situation est due
principalement à la forte augmentation de la population dans certains pays (UICN, 1999). Les
problèmes d’instabilité politique et les conflits entraînent une destruction de ces zones qui sont
envahies par des populations fuyant la guerre ou en quête de nouvelles terres agricoles. Durant les
conflits comme la guerre au Rwanda, le parc national Virunga est devenu un refuge pour des milliers
de réfugiés qui fuyaient la guerre. Plusieurs autres menaces sont dues à l’exploitation minière, aux
feux de brousse intentionnels pour pratiquer la chasse, le développement des activités telle que la
construction des routes. On peut noter par exemple le développement trans-Kalahari du chemin de
fer au Botswana, qui a affecté de façon négative le Central Kalahari Game Reserve; la construction de
grands barrages qui ont affecté les écosystèmes dans et autour du Parc National de Kora au Kenya et
l’invasion des plantes exotiques en Mauritanie causant une sérieuse menace pour les plantes et
animaux locaux.
Le continent africain abrite une richesse floristique et faunique impressionnantes, allant des espèces
individuelles (éléphant, rhinocéros, hippopotame, girafe et gorille) à des habitats endémiques (points
chauds). L’intérêt grandissant accordé à la protection de l’environnement en général et aux
écosystèmes en particulier a amené plusieurs Etats africains à créer des aires protégées sur leur
territoire (UICN, 1994). Toutefois, dans certains cas, le choix et les modalités de zonage de ces aires
protégées ont été faits de façon ambiguë, ce qui explique les multiples conflits liés à la mise en place
des zones de conservation.
La qualité de la gestion des aires protégées est encore plus importante que leur étendue. Diverses
publications font état des menaces qui pèsent sur les aires protégées ou des problèmes concernant
leur gestion. Une enquête sur des aires protégées situées dans 10 pays conclue que seul 1 pour cent
de ces sites pouvait être considéré comme à l'abri de menaces potentiellement graves, et qu'au
moins 22 pour cent souffraient de dégradation. Ils citent une liste impressionnante de menaces et
discutent des facteurs qui compromettent fortement l'efficacité de la gestion des aires protégées
notamment : le manque de fonds, la pénurie de personnel qualifié, la faiblesse institutionnelle,
l'absence d'appui politique, la faiblesse du cadre juridique et de l'application de la réglementation,
l'insuffisance de la communication avec les résidents locaux et de leur participation à la planification
de la gestion, le manque de coordination entre les organisations participant à cette gestion, l'absence
de plans d'utilisation des sols de portée générale et la délimitation inadéquate des zones à protéger.
Malgré les nombreuses limitations mentionnées dans leur étude, ils apportent une lueur d'espoir,
notamment en constatant que seul 1 pour cent des aires protégées de ces pays était tellement
dégradé que celles-ci ne jouaient plus du tout le rôle pour lequel elles avaient été créées.
La planification et la gestion des aires protégées ont connu un changement radical au cours de la
décennie écoulée. Elles se caractérisaient autrefois par le monopole du gouvernement central en
matière de contrôle, le protectionnisme, l'exclusion des populations locales et, fréquemment,
l'interdiction des utilisations traditionnelles de la faune et de la flore. En octobre 1999, la FAO a tenu
une consultation technique internationale à Harare (Zimbabwe) sur la façon de concilier la gestion
des aires protégées et le développement rural durable. La reconnaissance de l'importance de faire en
sorte que les populations rurales vivant dans les aires protégées ou à proximité de celles-ci se
sentent directement concernées par la biodiversité s'est manifestée notamment sous deux formes:
les projets intégrés de développement et de conservation.
Conclusion
La conservation de la nature représente bien plus qu’un simple intérêt de maintien et de protection
de la biodiversité. La création d’Aires Protégées comme les Parcs Nationaux est le fait d’initiatives
régionales, nationales ou bien locales louables, mais la démarche recoupe de nombreux enjeux de
pouvoir dépassant largement la simple question écologique. Du social au religieux en passant par la
question économique, les ramifications sont multiples. La sécurité est également un enjeu dont
l’analyse met en lumière une logique d’opposition entre l’administration marchande et privatisée des
Parcs Nationaux et les attentes des populations locales. Si l’impact du phénomène djihadiste est
important dans le cas du Burkina Faso et des parcs de la région des trois frontières (Mali, Burkina
Faso et Niger), on ne saurait s’y arrêter. Les dérives associées à la militarisation de la protection des
parcs doivent être prises en considération. On a en effet vu des groupes armés (au fondement aussi
bien politique que religieux) se « reconvertir » vers le banditisme. C’est par exemple le cas dans le
Parc National des Virunga en RDC, qui fait face depuis 25 ans à une situation de guerre civile où les
groupes armés pullulent et se financent via le trafic illégal de charbon de bois23. Sortir de la logique
militaire et contrer ses effets pervers nécessite de rouvrir un dialogue permettant de réintégrer
pleinement les communautés marginalisées dans la gestion des zones de conservation.
Au niveau local, il est essentiel que chaque pays ait recours à des réformes institutionnelles qui
devraient être en adéquation avec les objectifs de développement durable. L’action des
organisations nationales et internationales doit se poursuivre à travers la sensibilisation auprès de
toutes les couches sur la nécessité de protéger les aires protégées. Par ailleurs, il est vital que les
donateurs favorisent une viabilité financière à long terme.
En quoi ces aires protégées aident à la conservation en général et celle de la faune en particulier?
Les aires protégées sont importantes la conservation de la faune, car elles offrent des services
écosystémiques, protègent des espèces et elles favorisent le déplacement de la faune au sein de
d'espaces protégés dans deux pays frontaliers ou plus, et permettent ainsi de maintenir un certain
flux de gènes entre les populations d'une espèce, et donc d'assurer la survie de ces populations.