PSI DL :espace euclidien
Soit E un espace vectoriel euclidien. Un endomorphisme symétrique u ∈ S(E) est dit positif si pour tout x
de E, (u(x), x) ≥ 0. Il est dit défini positif si pour tout x de E non nul, (u(x), x) > 0. On notera S + (E) l’en-
semble des endomorphismes symétriques positifs, et S ++ (E) l’ensemble des endomorphismes symétriques
définis positifs.
Soit A ∈ S n (R) une matrice symétrique on dit que A est positif si pour tout X ∈ M n,1 (R) , t X A X ≥ 0. Il est
dit défini positif si pour tout X ∈ M n,1 (R) non nul, t X A X > 0. On notera S + n (R) l’ensemble des matrices
++
symétriques positifs, et S (R) l’ensemble des matrices symétriques définis positifs.
1. (a) Soit u ∈ S(E). Montrer que u appartient à S + (E) si et seulement si ses valeurs propres sont
positives ou nulles.
(b) Donner une condition nécessaire et suffisante sur les valeurs propres de u ∈ S(E) pour que
u ∈ S ++ (E).
(c) En déduire que si u ∈ S ++ (E) alors u est inversible.
2. Soient u ∈ S ++ (E) et Soit A la matrice de u dans une base orthonormale.
(a) Montrer que A ∈ S ++ (R)
(b) Justifier que A les valeurs propres de A sont strictement positives et que A est inversible.
(c) Montrer que ∀ i ∈ [[1, n]] , A ii > 0
++
3. Soient u, v ∈ S (E)
(a) Montrer que u + v ∈ S ++ (E), et que si α > 0 alors α u ∈ S ++ (E).
(b) S ++ (E) est il un sous espace vectoriel ?
(c) Montrer que u−1 ∈ S ++ (E) et u p ∈ S ++ (E) pour tout p ≥ 2
4. (a) Soit u ∈ S + (E), λ1 , . . . , λ p ses valeurs propres (distinctes), et E i = ker(u − λ i I d E ). On définit v i
par v i (x) = λ i x si x ∈ E i , et v i (x) = 0 si x ∈ E ⊥
p
i . On note enfin v = v1 + · · · + v p . Justifier que
v2 = v ◦ v = u, et que v est positif.
(b) Soit w un autre élément de S + (E) tel que w2 = u.
i. Montrer que wu = uw.
ii. En déduire que w(E i ) ⊂ E i .
iii. Soit w i l’endomorphisme induit par w sur E i . Vérifier que w i est symétrique positif, puis
diagonaliser w i .
iv. En déduire que w = v.
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Correction
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1. (a) Puisque u est symétrique, il existe une base orthonormée B = (e 1 , . . . , e n ) de vecteurs propres,
n
X
correspondant aux valeurs propres λ1 , . . . , λn . Prenant x ∈ E, x = x i e i , on a
i =1
n
λ i x2i .
X
(u(x), x) =
i =1
Si toutes les valeurs propres sont positives, on en déduit que cette quantité est positive. D’autre
part, s’il existe une valeur propre strictement négative, par exemple λ1 , alors (u(e 1 ), e 1 ) = λ1 < 0,
et u n’est pas positif.
(b) Pour que u soit défini positif, il est nécessaire et suffisant que toutes les valeurs propres de u
soient strictement positives. Le raisonnement est identique.
Y
(c) det(u) = λ > 0.
λ∈S p( u)
2. Soient u ∈ S ++ (E) et Soit A la matrice de u dans une base orthonormale.
(a) A est la matrice d ’un endomorphisme symétrique dans une base orthonormale B donc A est
symétrique.D’autre part si X ∈ M n,1 (R), soit x ∈ E tq [x]B = X alors dapres l ecriture matricielle
du p.s
t
X A X = t (A X )X =< u(x), x >> 0
donc A ∈ S ++ (R).
(b) les valeurs propres de A sont sont ceux de u donc strictement positives et A est inversible car u
l’est.
0
.
..
t
(c) on a X A X > 0 pour toute matrice colonne X , en partiulier X = e i = 1 on a
.
.
.
0
t
∀ i ∈ [[1, n]] , e i Ae i = A ii > 0
3. Soient u, v ∈ S ++ (E)
(a) u + v est symétrique et < (u + v)(x), x >=< u(x), x > + < v(x), x > > 0 donc u + v ∈ S ++ (E), de même
si α > 0 alors α u ∈ S ++ (E).
(b) S ++ (E) n’est pas un sous espace vectoriel car si u ∈ S ++ (E) alors − u ∉ S ++ (E).
(c) u−1 est symétrique car si B est une base orthonormale alors Mat B (u−1 ) = Mat B (u−1 ) est symé-
1
trique et on a S p(u−1 ) = { /λ ∈ S p(u)} ⊂ R∗+ donc u−1 ∈ S ++ (E)
λ
De même, pour tout p ≥ 2, on a u p est symétrique et S p(u) = {λ p /λ ∈ S p(u)} ⊂ R∗+ donc u p ∈
S ++ (E)
4. (a) D’après le théorème spectral, p les E i sont en somme directe orthogonale. Ainsi, si x ∈ E i , on a
v j (x) = 0 si j 6= i et v i (x) = λ i x. Ainsi, v(x) = v1 (x) + · · · + vn (x) = λ i x, et v2 (x) = λ i x. Puisque
p
E 1 ⊕ · · · ⊕ E n = E, la relation est vraie sur E tout entier par recollement. D’autre part, v est
symétrique positif, car chacun des v i est symétrique positif.
(b) i. On a : w ◦ u = u2 ◦ u = u3 = u ◦ u2 = u ◦ w.
ii. Il est bien connu que si deux endomorphismes commutent, le noyau de tout polynôme en l’un
est stable par l’autre. En particulier, les sous-espaces propres de u sont stables par w.
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iii. w i est un endomorphisme symétrique positif, car c’est la restriction à un sous-espace stable
d’un endomorphisme positif. w i est donc diagonalisable dans une base orthonormale. En
outre, si µ est une de ses valeurs
p propres, associée au vecteur propre p y, on a w(y) = µ y =⇒
2 2
w (y) = µ y = λ i y. Il vient µ = λ i , puisque µ est positif. Ainsi, w i = λ i I d E i .
iv. On retrouve w comme w = w1 + · · · + wn . Ainsi, w coïncide avec v sur chaque E i , et donc w = v
(par recollement).
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