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Ressources pour la Transition Écologique

Le polycopié aborde les enjeux de la transition écologique à travers diverses ressources et exercices pratiques pour les étudiants de 1A en 2023-2024. Il inclut des fiches méthodologiques, un glossaire de termes clés, et des exercices sur des sujets variés tels que les bilans de polluants et l'impact des émissions de CO2. Le document souligne l'importance d'une approche critique face aux discours sur la transition écologique et encourage les étudiants à explorer des perspectives alternatives.

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Ressources pour la Transition Écologique

Le polycopié aborde les enjeux de la transition écologique à travers diverses ressources et exercices pratiques pour les étudiants de 1A en 2023-2024. Il inclut des fiches méthodologiques, un glossaire de termes clés, et des exercices sur des sujets variés tels que les bilans de polluants et l'impact des émissions de CO2. Le document souligne l'importance d'une approche critique face aux discours sur la transition écologique et encourage les étudiants à explorer des perspectives alternatives.

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département FIMI

Polycopié – Enjeux de la Transition Ecologique (ETRE)

Ressources & Travaux Dirigés


1A, année 2023-2024

The Blue Marble (Equipage Apollo 17 - 1972)

Pour aller plus loin : Podcast "The Blue


Marble a 50 ans". Mercredi de
l’anthropocène, Ecole Urbaine de
Lyon, 07/12/2022.
Table des matières
Ressources complémentaires ....................................................................................................................................................... 2
A propos de « Transition » écologique : en préambule ......................................................................................................... 3
Prérequis / Rappels méthodologiques : Résolution de problème ....................................................................................... 4
Fiche Mémo : Puissance / Energie ............................................................................................................................................... 5
Glossaire : 100 mots pour mieux appréhender les enjeux du vivant .................................................................................. 6
Fiche méthodologique et définitions (à connaître !) : Réaliser un bilan ......................................................................... 10
Exercice 1 - Bilan de polluants................................................................................................................................................... 11
Exercice 2 - Bilan radiatif de la terre ........................................................................................................................................ 12
Exercice 3 - Croissance du PIB et croissance de la population .......................................................................................... 15
Exercice 4 - Autour des émissions de CO2 atmosphériques ............................................................................................... 16
Exercice 5 - Mieux comprendre et critiquer le concept de limites planétaires ............................................................. 19
Exercice 6 - Etude de cas : le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde ..................................................... 22
Exercice 7 - Pollution à l’arsenic (sujet d’IE 2023)............................................................................................................... 26
Exercice 8 - Equation de Kaya (sujet d’IE 2023) ................................................................................................................... 27

Ressources complémentaires
Vous trouverez toutes les informations concernant la discipline ETRE sur les pages Moodle associées.
En particulier, nous avons fait le choix d’imprimer ce polycopié en noir et blanc. Pour pouvoir voir les figures en
couleur (souvent nécessaire pour pouvoir les lire correctement), la version numérique du polycopié est
disponible sur la Page Moodle ETRE 1A - Toutes filières

En début de polycopié, vous trouverez des fiches méthodologiques et fiches mémo pour vous aider tout au long
du semestre.
Tout au long du polycopié et des sujets de TD, des encarts « pour aller plus loin » pointent des ressources
complémentaires à disposition sur internet et/ou sur Moodle pour davantage creuser un sujet.

Malgré tout le soin que nous y avons apporté, ce polycopié peut sûrement être amélioré. N’hésitez pas à signaler
d’éventuelles erreurs ou faire part de vos remarques à vos enseignant.e.s de ETRE pour que nous puissions
améliorer ce document. Merci !

2
A propos de « Transition » Ecologique : en préambule

Voici ci-dessous un extrait du livre Greenwashing – Manuel pour dépolluer le débat public , dirigé par Aurélien
Berlan, Guillaume Carbou et Laure Teulières, éd. du Seuil, coll. « Anthropocène », mars 2022

Chapitre : Transition – Evoluer vers un monde soutenable ou relancer les illusions du développement durable ?
par le collectif Penser les transitions – Atelier d’écologie politique de Dijon

La langue est un « paysage sonore » qui oriente la pensée de ses habitants en indiquant les chemins à
emprunter et les voies jugées sans issues. Les mots sont sans cesse pris dans des enjeux de pouvoir, ils
s’élaborent dans des luttes d’appropriation, contre des entreprises de manipulation et de confiscation.
« Transition » est de ceux-là, car il est sans cesse au centre d’une lutte sémantique sur les possibilités
de changer véritablement pour maintenir une Terre habitable. Quand mille expériences concrètes,
citoyennes, écologistes, alternatives, animées par un « esprit de transition », éclosent, les mondes de
l’entreprise et de la politique l’instrumentalisent pour voiler la réalité, minorer la situation alarmante
et maquiller la nécessité des ruptures.
(…)
Contre cette version technocratique et édulcorée, largement véhiculée par les médias, il faut s’attacher
à restituer au mot « transition » toute la richesse, la complexité et la diversité des pensées, des situations
et des expériences auxquelles il peut se rapporter.
(…)
Il convient donc d’explorer encore toutes les possibilités que recèlent les pensées et les cosmovisions
des transitions, sans se laisser imposer un cadrage technocratique, scientiste, économiciste et,
finalement, systémique, du terme (…).

Pour aller plus loin : le chapitre « Transition » complet (8 pages) est disponible sur Moodle et le livre « Greenwashing –
Manuel pour dépolluer le débat public » peut être emprunté à la Bibliothèque Marie Curie.

3
Prérequis / Rappels méthodologiques :
Les grandes étapes à suivre lors d’une résolution de problème
Dans ETRE, comme dans tout autre discipline, il est attendu que vous adoptiez la démarche explicitée dans votre
polycopié de « Démarche Scientifique » (cours de physique du S1) pour résoudre des problèmes non guidés.
Un résumé des grandes étapes est réalisé ci-dessous :
• Traduire l’énoncé / reformuler la question : quelle est la grandeur recherchée ou quelle est la propriété
que l’on veut démontrer ?
• Faire un ou des schéma(s) du problème étudié : permet une vue d’ensemble du problème ;
• Lister les différentes grandeurs qui vous semblent utiles :
- les nommer de manière précise (et éviter que deux grandeurs portent le même nom !) ;
- indiquer ces grandeurs sur le schéma (utile pour trouver d’éventuels liens entre les grandeurs par
exemple) ;
- déterminer lesquelles sont des constantes fondamentales, lesquelles sont des paramètres dont la
valeur sera fixée dans le problème et lesquelles sont des variables ;
- les estimer ou les mesurer si nécessaire.
• Énoncer clairement les hypothèses ou modélisations que vous allez faire et les justifier.
• Faire le lien entre le problème et vos enseignements (de ETRE, mais aussi des autres disciplines !) ; le cas
échéant, énoncer précisément la loi (ou les lois) qui vous semble(nt) pertinent(s) pour résoudre ce
problème.
• Mener des calculs analytiques et/ou utiliser des schémas de manière efficace pour répondre explicitement
à la question posée.
• Communiquer votre démarche : utiliser des liens logiques, nommer les différentes parties de votre
raisonnement : ce ne doit être ni une simple suite d’équations sans explication, ni un roman : simple et
concis !
• Valider la démarche :
- s’assurer que vous avez bien répondu à la question posée ;
- s’assurer que le résultat trouvé est homogène et physiquement acceptable (ordre de grandeur, signe,
- évolution, etc. ) ;
- valider/nuancer les hypothèses/modélisations que vous avez faites au départ. Éventuellement vous
pouvez proposer une ouverture, par exemple une autre méthode de résolution possible.

4
Fiche Mémo : Puissance / Energie
Glossaire : 100 mots pour mieux appréhender les enjeux du vivant
Les parties en gris peuvent être considérées comme de la culture générale, c’est-à-dire qu’elles ne seront pas
directement évaluées cette année. En revanche, vous devez maîtriser les termes et les concepts écrits en noir.
Pour vous aider dans votre apprentissage, un questionnaire d’entraînement est disponible sur votre cours
Moodle : ETRE 1A toute filières. Ce questionnaire est volontairement plus large que la partie strictement évaluée
du document (en noir). Si vous vous trompez, des retours et corrections sont proposés pour vous expliquer les
bonnes réponses. Vous pouvez aussi le faire plusieurs fois : les questions varient d’une fois à l’autre.
Enfin, pour mieux comprendre les termes et les concepts du glossaire, un document détaillé, qui les remet dans
leurs contextes, et donne des exemples, est également disponible sur Moodle.

GLOSSAIRE
Acide nucléique : polymère biologique dont l’unité de base, ou monomère, est un nucléotide et dont les nucléotides
sont reliés entre eux par des liaisons phosphodiesters. Ils sont le support de l’information génétique des êtres vivants
dans l’ADN ou l’ARN.
ADN (acide désoxyribonucléique) : une macromolécule biologique présente dans presque toutes les cellules ainsi que
chez de nombreux virus. L'ADN contient l'information génétique (le génome) permettant le développement, le
fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. Il est formé de 4 bases azotées (A, T, G et C) associées à un
désoxyribose, il est bicaténaire (2 molécules associée complémentaire : A-T, GC).
ARN (acide ribonucléique) : acide nucléique présent chez pratiquement tous les êtres vivants, et aussi chez
certains virus, synthétisé dans les cellules à partir d'un segment d'ADN matrice dont il est une copie. Il est formé de 4
bases azotées (A, U, G et C) associées à un ribose. Il est monocaténaire.
ARN Polymérase : enzyme permettant la transcription d’un gène (ADN -> ARN).
ATP (adénosine triphosphate) : substance produite par tous les êtres vivants. Elle est nécessaire au métabolisme des
êtres vivants en fournissant l'énergie nécessaire à leurs réactions chimiques (par la rupture d’une ou deux de ses liaisons
phosphate libérant de l’ADP, adénosine diphosphate ou de l’AMP, adénosine monophosphate). L'ATP est régénérée en
permanence à partir de l’AMP et l’ADP dans la mitochondrie notamment chez les eucaryotes.
Autotrophe : organisme capable d'élaborer sa propre substance à partir des minéraux (ex. les végétaux chlorophylliens).
De nombreuses bactéries sont également autotrophes.
Biocénose : ensemble des êtres vivants d’un écosystème (complément du biotope).
Biodiversité (d’un lieu) : diversité des écosystèmes, des espèces et des individus.

Biologie moléculaire (le « dogme ») :

Biomasse : masse totale de matière vivante en un lieu donné (la nécromasse correspond aux organismes morts).
Biosphère : enveloppe théorique qui englobe toute la vie sur terre. Elle correspond à l’écosystème terrestre.
Biotope : milieu physique (inerte) d’un écosystème (complément de la biocénose).
Cellule eucaryote : cellule, autonome ou associée dans un tissu chez les multicellulaires, possédant un noyau avec une
membrane nucléaire (contenant l’ADN) et des organites (dont les mitochondries).
Chloroplaste : organite contenant de la chlorophylle et de l'ADN, assurant la photosynthèse chez les plantes.
Chromosome : molécule d’ADN empaquetée (condensée) dans un réseau de protéines. Les bactéries possèdent un
chromosome en général circulaire (mais pas toujours). Les eucaryotes possèdent souvent plusieurs chromosomes
linéaires.
Code génétique : ensemble des règles permettant de traduire les informations contenues dans le génome des cellules
vivantes afin de synthétiser les protéines. Ce code repose notamment sur la correspondance entre, d'une part, des triplets
de nucléotides, appelés codons, sur l'ARN messager et, d'autre part, les acides aminés incorporés dans les protéines
synthétisées lors de la phase de traduction de l'ARN messager par les ribosomes.
Coévolution : évolution parallèle de deux espèces en étroite interaction (par exemple, les plantes à fleurs et les insectes
qui en assurent la pollinisation). Cette coévolution peut aboutir à une cospéciation.
Communauté : ensemble des populations qui vivent en interaction dans un écosystème à un moment donné.
Compétition : relation interspécifique dans laquelle les partenaires interagissent en compétition par exemple
pour une ressource alimentaire ou pour une zone de reproduction.
Consommateurs (les animaux), qui peuvent être de premier ordre (phytophages, consommateurs primaires), de
deuxième ordre ou plus (les carnivores, consommateurs secondaires) et qui sont des hétérotrophes.
Cycles biogéochimiques : recyclage permanent de tous les éléments chimiques qui alternent entre l'état minéral et l'état
organique, au niveau des écosystèmes et de la biosphère (Carbone, Azote, Phosphate, Potassium, etc.).
Décomposeurs (notamment des bactéries et des champignons) qui dégradent la matière organique de toutes les
catégories, et restituent au milieu les éléments minéraux.
Dérive génétique : évolution (accumulation de mutations) d'une population ou d'une espèce causée par des événements
aléatoires. Du point de vue de la génétique des populations, c'est la modification de la fréquence d'un allèle, ou d'un
génotype, au sein d'une population, de la sélection naturelle et des migrations.
Écocomplexe : partie d’un territoire composée d’un ensemble ou d’une mosaïque d’écosystèmes en interaction.
Ecologie (Haeckel 1866) : science de l’économie, du mode de vie, des rapports vitaux externes des organismes. Par
écologie, nous entendons la totalité de la science des relations entre les organismes avec l’environnement, comprenant
au sens large, toutes les conditions d’existence.
Ecologue : scientifique spécialiste de l'écologie. Un écologiste est un partisan du parti des écologistes : parti politique
qui prône l’écologie comme valeur centrale d’un programme politique. Le fait que le mot français « écologue » se
traduise en anglais par « ecologist » entretient cette confusion terminologique.
Ecosystème : ensemble géographique que l’on étudie à une certaine échelle spatiale et temporelle, il est composé de
l’ensemble des êtres vivants (la biocénose) et des caractéristiques physiques de l’environnement (le biotope).
Enzyme : protéine dotée de propriétés catalytiques qui agit en abaissant l'énergie d'activation d'une réaction chimique,
ce qui accroît sa vitesse de réaction.
Espèce (Ernst Mayr en 1963) : groupement de populations naturelles interfécondes (ou potentiellement) et isolées de
tout autre groupe.
Facteur biotique : facteur écologique lié aux composantes biologiques, interactions du vivant sur le vivant,
intraspécifique (au sein de la même espèce) et interspécifique (entre deux espèces différentes ou plus).
Facteur écologique : tout élément du milieu (milieu naturel ou anthropisé) susceptible d'agir directement sur les êtres
vivants au moins pendant une phase de leur développement.
Facteurs abiotiques : facteur écologique liés aux conditions physico-chimiques du milieu (biotope).
Fitness (valeur sélective) : caractérise l’aptitude d’un individu à se reproduire, elle englobe donc les fonctions de
reproduction (fertilité, viabilité, temps de développement, capacité à assurer la survie de sa progéniture), mais aussi
toutes les fonctions favorables à un organisme pour sa propre survie et son adaptation à son environnement.
Gène : unité définie localisée sur l’ADN qui encode un élément fonctionnel comme une protéine, un ARN ribosomal
ou un petit ARN.
Génotype : patrimoine héréditaire d'un individu dépendant de l'ensemble des gènes (le génome).
Glucides : classe de composés organiques contenant un groupe carbonyle (aldéhyde ou cétone) et au moins deux groupes
hydroxyle (-OH). Les glucides sont les principaux intermédiaires biologiques de stockage et de consommation d'énergie
(p. ex., amidon et glycogène). Ce sont aussi les briques cellulaires ((p. ex., cellulose et chitine).
Habitat d’un organisme : environnement physique dans lequel un organisme est trouvé.
Hétérotrophe : organisme qui se nourrit de substances organiques, ne peut effectuer lui-même la synthèse de ses
éléments constituants (opposé à autotrophe).

7
Lipides : molécules généralement riches en chaînes aliphatiques (-CH2-. Ils permettent la formation des cellules et
organites délimités par les membranes qu'ils constituent. Ils assurent d'autres fonctions biologiques comme la
signalisation cellulaire et le stockage d'énergie (graisses).
Métabolisme : ensemble de toutes les transformations chimiques, décomposables en réactions simples, qui se produisent
dans une cellule ou un organisme.
Mitochondrie : élément du cytoplasme de la cellule animale ou végétale dont le rôle essentiel est d'assurer la respiration
cellulaire, c’est-à-dire la mise en réserve de l'énergie par la cellule sous forme d’ATP. La mitochondrie contient de
l’ADN.
Mutation : modification anormale de l'ADN, soit spontanément lors de la division cellulaire, soit sous l'influence
d'agents extérieurs appelés mutagènes. Ce processus est aléatoire.
Mutation délétère : diminue la fitness de l’individu qui la porte.
Mutation neutre (ou silencieuse) : n’altère pas la fitness de l’individu qui la porte.
Mutation positive : augmente la fitness de l’individu qui la porte.
Mutations larges : cassures chromosomiques, insertions
Mutations ponctuelles : substitution, délétion ou insertion
Niche écologique : « place » qu’occupe une population dans toutes les dimensions de l’écosystème (biotope et
biocénose) et pas seulement l’emplacement géographique associé à son lieu de vie.
Noyau : organite de la cellule eucaryote délimité par une membrane qui participe à l'organisation de la cellule eucaryote
en séquestrant son ADN chromosomique
Nucléotide : unité constitutive de l’ADN ou l’ARN formée par la combinaison d’une base purique (adénine ou guanine)
ou pyrimidique (cytosine, thymine ou uracile), un sucre (ribose ou désoxyribose) et un acide phosphorique.
ORF (Open reading frame, Séquence de lecture ouverte) : partie codante d’un gène, commençant par le codon start
(Méthionine, ATG) et allant jusqu’à un codon stop (TAA, TAG ou TGA).
Origine de la vie : 3,7 milliards d’années
Parasitisme : relation interspécifique dans laquelle l’un des partenaires (le parasite) vit en aux dépens de l’autre
(pouvant aller jusqu’à le tuer). Lorsqu’un parasite est lui-même parasité, on parle d’hyperparasitisme.
Phénotype : ensemble des caractères apparents d'un individu (c’est l’expression du génotype).
Photosynthèse : bilan global simplifié de la réaction de photosynthèse peut s’écrire de la façon suivante :
6 CO2 + 6 H2O => C6H12O6 + 6 O2
Plasmide : fragment d’ADN circulaire à réplication autonome que l’on trouve chez les bactéries. Ils portent souvent des
gènes de résistance et de virulence.
Population : ensemble identifiable d’individus d’une même espèce.
Prédation : relation interspécifique dans laquelle l’un des partenaires (le prédateur) mange l’autre (la proie).
Procaryote : cellule sans noyau et sans organite, entourée d’une membrane plasmique et d’une paroi (bactéries et
archés).
Producteurs (planctons et algues chlorophylliens, végétaux...), qui consomment de la matière minérale et produisent
de la matière organique : ce sont des autotrophes.
Productivité (totale) d’un écosystème : biomasse par unité de surface.
Productivité nette : productivité par unité de temps (= accroissement)
Productivité primaire d’un écosystème : biomasse des végétaux par unité de surface.
Productivité secondaire d’un écosystème : biomasse produite par les consommateurs et les décomposeurs par unité de
surface.
Promoteur : séquence d’ADN en amont d’un gène permettant la fixation de l’ARN polymérase et donc l’initiation de
la transcription.
8
Protéines : molécules biologiques présentes dans toutes les cellules vivantes. Elles sont formées d'une ou de plusieurs
chaînes polypeptidiques. Chacune de ces chaînes est constituée de l'enchaînement de résidus d'acides aminés liés entre
eux par des liaisons peptidiques.
RBS (ribosome binding site) : site d’accrochage de l’ARNm messager au ribosome permettant de débuter la traduction.
Régulation de l'expression des gènes : ensemble de mécanismes mis en oeuvre pour passer de l'information génétique
incluse dans une séquence d'ADN à un produit de gène fonctionnel.
Réplication de l'ADN (ou duplication) : le processus au cours duquel l'ADN est synthétisé (copié) à partir d'une
molécule d'ADN. Les deux molécules identiques à la molécule initiale, en vue de leur distribution aux deux cellules
filles.
Résilience écologique : capacité d'un système vivant (écosystème, biome, population, biosphère) à retrouver les
structures et les fonctions de son état de référence après une perturbation.
Respiration cellulaire : l'ensemble des processus du métabolisme cellulaire convertissant l'énergie chimique contenue
dans le glucose en adénosine triphosphate (ATP).
Rétrovirus tirent leur nom du fait qu’ils n’utilisent pas le cycle normal ADN -> ARN, mais vont utiliser une enzyme
particulière la polymérase inverse (RT) pour passer de l’ADN à l’ARN au cours de leur cycle. La grippe et le SIDA sont
deux exemples de maladies à rétrovirus.
Ribosome : organite cytoplasmique formé de trois types d'acides ribonucléiques, associés à des protéines et déchiffrant
le code inscrit dans l'ARN messager.
Sélection naturelle : processus évolutif qui joue (sélectionne) sur le succès reproductif différentiel entre des individus
d'une même espèce et le succès différentiel des gènes présents dans une population.
Services écosystémiques : les services que la nature rend à l’homme au travers du fonctionnement et de la résilience
des écosystèmes naturels et anthropisés (c’est une notion anthropocentrée).
Succession écologique : processus naturel d'évolution et développement d'un écosystème en une succession de stades :
de la recolonisation initiale à un stade théorique dit climacique (climax).
Symbiose mutualiste : relation interspécifique dans laquelle les partenaires interagissent en tirant un bénéfice
réciproque.
Taxonomie : science de la classification des organismes.
Terminateur : partie terminale d’un gène encodant une boucle ou un site de fixation à une protéine de terminaison
permettant de stopper la traduction de l’ARN messager.
Traduction : étape de synthèse des protéines dans les ribosomes, à partir de l'information génétique contenue dans les
ARN messagers (ARNm). Le ribosome interprète l'information contenue dans l'ARNm sous forme de codons ou triplets
de nucléotides, qu'il traduit en acides aminés assemblés dans la protéine, selon l'ordre donné par les codons portés par
l'ARNm.
Transcription de l'ADN : première étape de l'expression génique, au cours de laquelle un segment particulier d'ADN
est « copié » en ARN par une enzyme appelée ARN polymérase. Chez les eucaryotes, la transcription se déroule dans
le noyau des cellules.
Virion : particule virale complète et en dehors de la cellule hôte constituée d’une capside entourant le matériel génétique
et parfois entourée d’une membrane.
Virus : agent (infectieux) nécessitant un hôte, souvent une cellule, dont les constituants et le métabolisme déclenchent
la réplication et la multiplication. La science des virus est la virologie.
Vivant : Il n’existe pas à proprement parler de définition du vivant. Mais on peut le caractériser par des propriétés : (1)
une structure chimique ordonnée, définie et originale, (2) une structure hiérarchisée (invariant d’échelle), (3) un système
ouvert, (4) un système communicant, irritable, (5) une croissance et un développement, (6) une reproduction et une
transmission du matériel génétique.
Voie métabolique : ensemble de réactions chimiques catalysées par une série d'enzymes qui agissent de manière
séquentielle.

9
Fiche méthodologique et définitions (à connaître !) : Réaliser un bilan
1. Pour faire un bilan, il faut avant toute chose définir la grandeur étudiée (énergie, polluant…) et un système
(avec ses limites). Pour bien définir le système il est important de faire un schéma (comme toujours en
sciences).

2. Faire un bilan, c’est comparer les entrées et les sorties 1 : si ces chiffres ne sont pas égaux, il peut soit y
avoir une variation de stock et/ou une destruction ou création. On présente un bilan en général de la
manière suivante :
𝐕𝐚𝐫𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐬𝐭𝐨𝐜𝐤 = 𝐄𝐧𝐭𝐫é𝐞𝐬 − 𝐒𝐨𝐫𝐭𝐢𝐞𝐬 + 𝐂𝐫é𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 − 𝐃𝐞𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
3. En sciences, on utilise souvent des grandeurs algébriques ce qui permet de simplifier un peu l’écriture
précédente, on a alors :
∆𝑋𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 = 𝑋é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔é𝑒 + 𝑋𝑐𝑟éé𝑒
Avec les conventions :
• 𝑋é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔é𝑒 > 0 pour un transfert entrant
• 𝑋é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔é𝑒 < 0 pour un transfert sortant
• 𝑋𝑐𝑟éé𝑒 > 0 si il y a une réelle création et 𝑋𝑐𝑟éé𝑒 < 0 si il y a destruction.

4. On peut faire des bilans de matière (e.g. de polluants, de ressources, d’eau…) en nombre de moles, en
masse ou en volume ou bien des bilans d’énergie, ou encore d’argent…

5. On peut faire des bilans sur un intervalle de temps long (par exemple pour un bilan financier d’un compte
en banque pour 1 mois) ou bien des bilans instantanés c’est-à-dire ‘par unité de temps’, souvent ‘par
seconde’. Par exemple des bilans d’énergie par seconde sont alors appelés des bilans de puissance, ou des
bilans de matière par seconde qui sont alors appelés des débits molaires, massiques ou volumiques).
Dans ce cas on écrit :
𝑑𝑋𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 𝛿𝑋𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓é𝑟é𝑒 𝛿𝑋𝑐𝑟éé𝑒
= +
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝛿𝑋𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓é𝑟é𝑒
Avec : 𝑑𝑡
= 𝑑é𝑏𝑖𝑡𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑓é𝑟é
Un bilan sur un temps long est simplement l’intégrale sur le temps du bilan instantané correspondant.

6. Un bilan équilibré ou stationnaire est un bilan où le stock ne varie pas : 𝑋é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔é𝑒 + 𝑋𝑐𝑟é𝑒 = 0

7. Une grandeur conservative est une grandeur qui ne peut être ni créée ni détruite (donc 𝑋𝑐𝑟éé𝑒 = 0). C’est
le cas par exemple de l’énergie. Le nombre de moles d’atomes d’un élément chimique (e.g. carbone) est
une grandeur conservative en l’absence de réactions nucléaires, et le nombre de moles d’une espèce
chimique (ex : CO2, H20) est une grandeur conservative en l’absence de réaction chimique. On parle de
bilan conservatif quand la grandeur étudiée se conserve : ∆𝑋𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 = 𝑋é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔é𝑒

8. Un système fermé est un système où il n’y a pas d’échange (rq : dans le cas d’un bilan énergétique on
parle alors plutôt de système isolé) : ∆𝑋𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 = 𝑋𝑐𝑟é𝑒

9. Evidement toute combinaison de ces caractéristiques est possible, mais un bilan stationnaire d’une
grandeur conservative sur un système fermé n’est pas très intéressant 😉 !

Méthodologie : Pour faire un bilan, il faut avant toute chose définir la grandeur étudiée et le système
puis réfléchir si le bilan est stationnaire et/ou conservatif de manière à simplifier l’équation du bilan :
∆𝑋𝑠𝑡𝑜𝑐𝑘 = 𝑋é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔é𝑒 + 𝑋𝑐𝑟éé𝑒

1 de la grandeur étudiée à travers les limites du système défini précédemment


10
Exercice 1 - Bilan de polluants
Prérequis : Il est impératif d’avoir lu et compris la fiche méthodologique « réaliser un bilan » et de s’appuyer sur
la « démarche de résolution de problème » pour pouvoir résoudre correctement cet exercice.

La qualité de l’air intérieur est une problématique


importante, dans la mesure où nous passons en
moyenne 80 % de notre temps 2 dans des lieux
clos : habitation, lieu de travail, moyens de
transport, école (…), dans lesquels nous respirons
un air différent de l’air extérieur.
Le formaldéhyde, un gaz incolore et irritant de
l’appareil respiratoire et des muqueuses oculaires
(Figure 1), est le plus courant des composés
organiques volatils (COV). De formule chimique
CH2O, il est émis principalement par les produits
de construction, de décoration et d’ameublement
(colles, peinture, vernis, bois aggloméré, …) mais
aussi par des produits d’hygiène et d’entretien, Figure 1 : Eléments d’étiquetage d’une solution de formaldéhyde
ainsi que par le tabagisme. (Fiche INRS [Link] )

Ainsi, la loi a rendu obligatoire la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans certains établissements recevant
un public sensible. Depuis 2018, les écoles maternelles, élémentaires et les crèches sont concernées.
La valeur guide de qualité d’air intérieur (VGAI) correspond à « la concentration dans l’air d’une substance
chimique en dessous de laquelle aucun effet sanitaire n’est attendu pour la population générale »2. En 2007, des
VGAI pour des « expositions court terme » et « expositions long terme » au formaldéhyde ont été définies. Avec
la publication et l’analyse de nouvelles données scientifiques, ces valeurs ont été actualisées en 2011 puis à
nouveau en 2018 : il n’y a plus, dorénavant, qu’une valeur unique de VGAI, valable pour une exposition à court-
terme, de manière répétée et continue toute la journée (= absence de pics d'exposition dépassant 100 μg .m-3)
(Tableau 1).
Tableau 1 : valeurs guides de qualité d’air intérieur (immeubles d’habitation ou établissements recevant du
public) pour le formaldéhyde
avec application en 2015 30 µg.m-3
Selon le décret n° 2011-1727 du 2 décembre 2011 :
VGAI pour une exposition de « longue durée » (> 1an) avec application
10 µg.m-3
envisagée en 2023
Mise à jour en 2018 :
VGAI à respecter pour une exposition à court terme, de manière 100 µg.m-3
répétée et continue pour toute la journée

On cherche à étudier la concentration massique 𝑪 de formaldéhyde contenu dans une salle de classe dont le volume
est estimé à 500 𝑚3 . La quantité de formaldéhyde relargué au cours du temps (principalement par les sols, les
meubles et les plafonds) est 𝑚̇𝑐𝑟éé𝑒 = 27 mg/heure 3 . Le formaldéhyde réagit avec l’oxygène de l’air selon la
réaction suivante : CH2O + O2 ⟺ CO2 + H2O. De cette façon, on sait que 40 % du formaldéhyde présent dans la

2 HautConseil de la Santé Publique, Valeurs repères d’aide à la gestion de la qualité de l’air intérieur : le Formaldéhyde.
2019. [Link]
3En juillet 2023, un nouveau règlement de la commission européenne (avec application à partir de 2026) a limité les
émissions maximales autorisées de formaldéhyde par les meubles et les articles en bois à 0,062 mg.m-3.
11
pièce réagit (et disparait) chaque heure. Par ailleurs, si la salle est ventilée, on connait les débits de l’air entrant
et sortant (𝑄𝑒 = 𝑄𝑠 = 500 𝑚3 /ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒). On considèrera dans tout l’exercice qu’on est en régime stationnaire.
1. [NB : Cette question étant non-guidée, il sera nécessaire de mettre en œuvre la méthodologie de
résolution de problèmes pour y répondre correctement. Une fois la question résolue, et afin de critiquer
votre démarche (validation ou propositions d’améliorations), vous n’oublierez pas de discuter votre
résultat et la pertinence des hypothèses réalisées.]
Calculer la concentration massique 𝐶 (𝑒𝑛 𝑚𝑔. 𝑚−3 ) de formaldéhyde dans la salle de classe :
a. quand la salle n’est pas ventilée,
b. quand la salle est ventilée.
2. Comparer ces valeurs aux valeurs guides VGAI. Commenter.

Pour aller + loin : commencer à prendre en compte les autres impacts…


La ventilation qui a été installée dans la salle consomme une énergie électrique moyenne de 1120 kWh par an ;
or, la production d’énergie électrique émet, en France et en moyenne, 60 g de CO2 éq. par kWh produit4.
3. De quoi dépend la quantité de gaz à effet de serre émise lors de la production d’énergie ?
4. Expliquer l’unité « g de CO2 éq. » que l’on lit « gramme de CO2 équivalent ».
5. Estimer les émissions de CO2 indirectes liée à l’électricité consommée par le système de ventilation. Sont-
elles les seules à prendre en compte ?5

Exercice 2 - Bilan radiatif de la terre


L’étude du bilan radiatif de la terre est fondamentale pour la compréhension de l’évolution du climat. Kiehl et
Trenberth sont célèbres pour leurs travaux sur le « global mean energy budget », publiés pour la première fois
en 1997 et mis à jour régulièrement.

1. Comment traduire « global mean energy budget » ? Comprenez-vous tous les termes de cette figure ?
2. Tous les chiffres de cette figure sont exprimés en 𝑊/𝑚2 . Quelle est la grandeur 𝑋 étudiée ici ? Cela
correspond-t-il à un bilan instantané ou sur un temps long ? Que faut-il faire si l’on souhaite faire un bilan
énergétique ? La grandeur 𝑋 est-elle conservative ?
3. Faire le bilan de la grandeur 𝑋 pour le système (Terre), puis (Terre + atmosphère), puis (atmosphère)
seule. Ces systèmes sont-ils isolés ?
4. Ces bilans sont-ils équilibrés ?

4 RTE (gestionnaire du réseau de transport d’électricité français) fournit une estimation en continu des émissions de CO2
générées par la production d’électricité en France métropolitaine (hors Corse) : [Link]
emissions-de-co2-par-kwh-produit-en-france ainsi qu’un outil de suivi de la production d’électricité par filière :
[Link]
5 Le projet “Impacts” que vous réaliserez en fin de semestre sera l’occasion de revenir plus longuement sur cette question.
12
Figure 1 - The earth's annual global mean energy budget based study. Units are W.m-2.
Source : Kiehl et Trenberth (1997)
5. En 2009 des auteurs (Trenberth et al., 2009) ont publié une mise à jour du « global mean energy budget »
en moyennant les puissances échangées sur la période 2000 – 2004. La Figure 2 ci-après est extraite de
cette publication :

Figure 2 : The global annual mean Earth's energy budget for March 2000 to May 2004 period (W.m-2).
Source : Trenberth et al. (2009).

a. Quels chiffres ont augmenté ou diminué de plus de 1𝑊/𝑚2 ? Expliquer qualitativement ces différences.

La loi de Stefan-Boltzmann permet de calculer la puissance surfacique émise par un astre en fonction de sa
température de surface. Cette loi, accompagnée de la loi de Wien et de l'information du rayon de l'astre, permet
aux astrophysiciens de calculer la puissance du rayonnement émis par les étoiles . La loi de Stefan-Boltzmann
s'écrit sous la forme :

F =σT4 où F est la puissance surfacique en W·m−2, T la température de surface en kelvin (K) et σ la constante de
Stefan-Boltzmann (aussi appelée constante de Stefan).

b. Utiliser la loi de Stefan pour déterminer l’augmentation de température de la Terre entre les 2 figures.
Donnée : σ=5,67×10−8 W·m−2·K−4.

13
c. Refaire le bilan (Terre + atmosphère) avec les données les plus précises de la Figure 2. Commenter.
Le forçage radiatif est défini comme le bilan énergétique qui serait obtenu si la surface de la terre ne se réchauffait
pas. La définition du forçage radiatif a été précisée dans le dernier rapport du GIEC6 de la manière suivante :

The global surface air temperature (GSAT) response to perturbations that give rise to an energy imbalance is
traditionally approximated by the following linear energy budget equation, in which ΔP represents the change
in the top-of-atmosphere (TOA) net energy flux, ΔF is an effective radiative forcing (ERF) perturbation to the
TOA net energy flux, α is the net feedback parameter and ΔT is the change in GSAT: ΔP = ΔF + α ΔT
ERF is the TOA energy budget change resulting from the perturbation, excluding any radiative response
related to a change in GSAT (i.e., ΔT = 0). Climate feedbacks (α) represent those processes that change the
TOA energy budget in response to a given ΔT.

d. Evaluer la valeur du forçage radiatif en 2004 en prenant comme valeur approchée :


4
𝛼 = − 𝑊. 𝑚−2 . °𝐶 −1
3
Commenter votre résultat en vous appuyant sur la carte Forçage Radiatif de la Fresque du Climat
reproduite ci-après :

Figure 3 : Carte Forçage Radiatif (Source : Fresque du Climat).

Pour aller plus loin : la relation entre le dioxyde de carbone et le forçage radiatif est logarithmique : des concentrations
accrues ont un effet de réchauffement progressivement plus petit. Pour calculer le forçage radiatif, l’équation utilisée
dans les rapports du GIEC est la suivante : ΔF = 5.35 ln (C/Co) où ΔF correspond au forçage radiatif en Watts/m 2, C à la
concentration de CO2 atmosphérique, et Co est la concentration de CO2 de référence (année 1750). Par exemple, avec
un passage de 280 à 410 ppm, on obtient l’équation suivante : ΔF = 5.35 ln (410/280) = 2 W m -2

6Forster, P., T. Storelvmo, K. Armour, W. Collins, J.-L. Dufresne, D. Frame, D.J. Lunt, T. Mauritsen, M.D. Palmer, M. Watanabe, M. Wild, and H. Zhang, 2021: The Earth’s Energy
Budget, Climate Feedbacks, and Climate Sensitivity. In Climate Change 2021: The Physical Science Basis. Contribution of Worki ng Group I to the Sixth Assessment Report of the
Intergovernmental Panel on Climate Change [Masson-Delmotte, V., P. Zhai, A. Pirani, S.L. Connors, C. Péan, S. Berger, N. Caud, Y. Chen, L. Goldfarb, M.I. Gomis, M. Huang, K. Leitzell,
E. Lonnoy, J.B.R. Matthews, T.K. Maycock, T. Waterfield, O. Yelekçi, R. Yu, and B. Zhou (eds.)]. Cambridge University Pre ss, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA,
pp. 923–1054, doi:10.1017/9781009157896.009

14
Exercice 3 - Croissance du PIB et croissance de la population
Lecture préparatoire à l’exercice : extrait du « rapport Meadows » (Les limites à la croissance (dans un monde fini)
disponible sur Moodle.

Le produit intérieur brut (PIB) est un indicateur économique très courant qui rend compte de la production
annuelle de « richesse » sur un espace donné. Il englobe les activités de différents acteurs comme les ménages,
les entreprises ou encore les administrations publiques. En France, il est calculé par l’Institut national de la
statistique et des études économiques (INSEE) selon des méthodes normées à l’échelle internationale. Quand on
parle de « croissance économique », on parle en réalité de la croissance de cet indicateur. On se propose d’étudier
plus en détails cet indicateur.

1. Soit la fonction 𝑓(𝑡) = 𝐴 ∙ 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡), avec 𝛼 > 0. Exprimer le temps 𝑇 que met 𝑓 pour passer de la valeur
𝐵 à 2𝐵 ; 𝑇 est appelé « temps de doublement ». Commenter.
2. Si on exprime 𝑡 en années et que 𝛼 ≪ 1 𝑎𝑛−1 , montrer qu’au bout d’un an, la variation relative de la
fonction 𝑓 vaut 𝛼. On assimile alors 𝛼 au « taux de croissance ».
3. À l’aide d’une calculatrice, estimer (en fraction simple d’un siècle) le temps du doublement du PIB, pour
une croissance de 2% par an, puis de 3%. En déduire, dans les deux cas, par quel facteur le PIB est environ
multiplié en un siècle, puis en deux siècles, à ces taux de croissances considérés constants.
4. Proposer une modélisation approximative de l’évolution de la population au cours des deux derniers
siècles à l’aide de la figure ci-dessous. Commentez.

Figure 1 : Evolution de la population mondiale (Source : Institut National d’Etudes Démographiques).

5. En raison de la standardisation de son mode de calcul, on peut utiliser le PIB pour comparer les pays
entre eux. La croissance du PIB est généralement perçue comme un signe de prospérité, de bonne santé
économique d’un pays.

a. Parmi la liste suivante, distinguer les activités économiques qui sont comptées dans le PIB de celles
qui ne le sont pas :
- Faire le ménage dans son propre appartement
- Engager quelqu’un pour faire le ménage dans son appartement
- Le trafic de drogues illégales
- La construction d’un meuble dans un fab-lab
- Une entreprise automobile achète des composants destinés à l’assemblage de voiture
- Acheter un ordinateur
- L’enseignement au FIMI à l’INSA
- Prêter de l’argent à un ami
- Acheter un ticket TCL
15
- Une entreprise achète une licence d’utilisation à un éditeur de logiciel
- Une entreprise emprunte de l’argent à une banque
- Faire de l’aide aux devoirs bénévolement dans une association
- Cultiver ses propres légumes
- Dégrader le mobilier urbain
- Les destructions causées par une inondation
- Emprunter un livre à la BMC en tant qu’étudiant INSA
- Un embouteillage sur le périphérique
- Réutiliser du compost pour fertiliser un espace vert
- L’aide personnalisée au logement ou APL
- La métropole de Lyon emploie une entreprise pour gérer l’enlèvement des poubelles

b. Le PIB quantifie-t-il un stock ou bien un flux ? Les services éco-systémiques font-ils partie du PIB ? Le
bien-être est-il intégré dans le PIB ?

c. Simon Kuznets, l’inventeur du PIB dans les années 30, disait que "Le bien-être d'une nation ne peut
donc guère être déduit à partir d'une mesure du revenu national tel que défini ci-dessus". De quels
autres indicateurs pourrait-on se servir pour évaluer le bien-être d’un pays ?

Pour aller plus loin : autour du PIB et de la transition écologique :


1. Article du journal du CNRS du 14/02/2023 : PIB et transition écologique sont-ils compatibles ?
2. Extrait du livre Ralentir ou périr – L’économie de la décroissance, Timothée Parrique, éd. du Seuil, 2022
disponible sur Moodle

Exercice 4 - Autour des émissions de CO2 atmosphériques


Le premier objectif de cet exercice est de vous familiariser à la lecture et l’analyse de figures issues de la
littérature scientifique, ce qui vous sera utile notamment dans le cadre de vos travaux d’arpentage de la
conférence GIEC. Le second objectif est de vous questionner sur la manière de communiquer des résultats
scientifiques, à la dimension éminemment sociale et politique, comme nous l’avons illustré dans le cours.

L’indicateur étudié dans cet exercice est la teneur en CO 2 atmosphérique. Vous avez rencontré cet indicateur
dans le cours à la fois pour illustrer la grande accélération et la perturbation du cycle géochimique du carbone
mais aussi comme variable de contrôle de la limite planétaire « réchauffement climatique global ».

1. Quelles relations quantitatives existe-t-il entre les courbes représentées sur les Figures 1 et 2 d’une part,
et 2 et 3 d’autre part ? Justifiez vos réponses par le calcul.

16
Figure 1 - Émissions de CO2 historiques et répartitions dans les puits de carbone depuis 1900 (Source : Le
Quéré et. Al, 2018).

Figure 2 - Évolution de la température depuis 1880-1900 en fonction des émissions cumulées de CO2 depuis
1876.
(Source: IPCC Special Report, Global warming of 1.5°C, 2018, Figure 2.3, Chapitre 2).

17
Figure 3 - Courbe de Keeling - évolution de la concentration de CO2 dans l'atmosphère, mesurée à l'observatoire du Mauna
Loa (Hawaï) (Source : Données de Dr. Pieter Tans, NOAA/ESRL and Dr. Ralph Keeling, Scripps Institution of
Oceanography).

2. La Figure 3 peut être complétée pour donner la Figure 4.

Figure 4 - Évolution de la concentration en CO2 dans l'atmosphère ; courbe superposée avec les « warming stripes »
(Source : @MuellerTadzio, @wiebkemarie, @MariusHasenheit, @sustentioEU ).

Quelles informations complémentaires propose cette figure ? Expliciter les émotions ressenties à la lecture de la
Figure 3 puis à la lecture de la Figure 4. Sont-elles identiques ? Différentes ? En quoi la comparaison de ces deux
figures questionne la manière de communiquer des résultats scientifiques, à la dimension éminemment sociale
et politique ?

18
Pour aller plus loin : le cycle de carbone dépend d’échanges naturels… et anthropiques.

Figure 5 : Schematic representation of the overall perturbation of the global carbon cycle caused by anthropogenic
activities averaged globally for the decade 2013–2022. See legends for the corresponding arrows and units. The
uncertainty in the atmospheric CO2 growth rate is very small (±0.02 GtC yr−1) and is neglected for the figure
(Friedlingstein et al., 2023). Détails sur flashcode.

Exercice 5 - Mieux comprendre et critiquer le concept de limites planétaires


Prérequis : Pour traiter cet exercice, vous aurez besoin de revoir le TP 3 d’OMNI du S1 consacré à l’étude d’une
population de morues en Atlantique Nord (cf. Figure 1 pour rappel) et d’apporter avec vous vos résultats et tous
les graphes que vous avez tracés lors de ce TP.

Figure 1 – Evolution de la population de morue en Atlantique Nord pour une population = 1 en 2000. Tracé réalisé dans le
cadre du TP 3 d’OMNI (pour les autres hypothèses, s’y référer).

Pour rappel, l’idée était de modéliser l’évolution d’une population animale (ici la morue) soumise à une
exploitation. Cette approche, bien que simplificatrice par certains aspects, met en évidence le phénomène de
« seuil ». En effet, nous avons montré qu’il existe une limite théorique critique au-delà de laquelle notre modèle
aboutit irrémédiablement à l’extinction complète de la population, même si l’effort de sur-prédation est diminué
19
pour contrecarrer la chute de la population. Cette valeur théorique critique, ce seuil, au-delà duquel les effets
d’emballement apparaissent, est aussi utilisée dans le concept des limites planétaires abordé en cours.
L’intention de cet exercice est de mieux comprendre cette phénoménologie de seuil pour mieux appréhender le
concept de limites planétaires. Pour cela, nous allons travailler en parallèle sur les résultats du TP d’OMNI.
La figure 2 explique le concept de frontière et de limite planétaire introduit par Rockström et Steffen :

Lorsqu’une limite planétaire (ou point de bascule) existe et peut être décrite à partir d’une variable de contrôle, elle est généralement
située dans une zone d’incertitude comprise entre une valeur haute et une valeur basse. La frontière planétaire équivaut à la valeur
basse de l’incertitude : ainsi, ne pas franchir cette frontière permet à l’humanité de rester dans une zone sûre.
Figure 2 - Le concept de frontière et de limite planétaire.
Source : Les limites Planétaires, Aurélien Boutaud et Natacha Gondran, éditions La Découverte.

1. Si on fait une analogie entre notre modélisation de population et le modèle de Rockström et Steffen pour
les limites planétaires, identifier la variable de réponse, la variable de contrôle et la valeur « limite ».

2. Quelles difficultés rencontre-t-on quand on cherche à fixer des variables de contrôle opérantes pour le
système Terre ? Vous pourrez appuyer votre réponse en vous basant sur les paramètres de contrôle
définis pour les limites planétaires par Rockström et ses collègues.

3. Dans un article rédigé pour l’ouvrage Le Grand Livre du Climat aux éditions Kero, Rockström propose la
figure 3 pour expliquer la notion de « point de bascule ». Reprendre le tracé du puit de potentiel réalisé
lors du TP d’OMNI. Expliciter à partir de ce tracé les notions suivantes : point de bascule, équilibre stable,
équilibre instable et barrière d’activation.

20
Figure 3 : Comment peut-on représenter les points de bascule ? Adapté de : Le Grand Livre du Climat aux éditions Kero

4. Les éléments qui composent un système sont reliés et interagissent entre eux. On parle de rétroaction
négative quand les interactions entre les éléments d’un système tendent vers un équilibre dynamique
(maintient dans un équilibre stable). Au contraire, les rétroactions positives amplifient les écarts avec un
état d’équilibre dynamique stable.
a) Sur la modélisation de la dynamique d’évolution des populations de morues en Atlantique Nord
soumise à exploitation, citer des exemples de boucles de rétroaction positive et négative.
b) Concernant le changement climatique, citer des boucles de rétroaction et expliciter les phénomènes
mis en jeu.

5. En 2003, devant le constat de l’effondrement de la population de morue, malgré le réajustement des taux
de capture, la pêche à la morue dans la zone Terre-Neuve-2J3KL est définitivement interdite par le
gouvernement local. Rappelons ici que l’exploitation directe des organismes (parmi laquelle la pêche en
ce qui concerne les ressources marines) constitue la 2 e cause majeure de l’extinction de la biodiversité
aujourd’hui.
a) Conclure sur la validité du modèle proposé en TP d’OMNI dans cette situation. A-t-il été utilisé à bon
escient par le gouvernement local ?
b) Au-delà de la validité du modèle, est-ce qu’assurer l’équilibre d’une population dans un écosystème
est une condition suffisante pour justifier son exploitation ? Discuter cette proposition.

6. Le concept des limites planétaires cherche notamment à définir des variables de contrôle permettant de
maintenir un écosystème sûr pour les humains et la biodiversité. Cette approche est-elle réaliste ?
Questionner ses bénéfices et identifier les angles morts auxquels on s’expose par cette approche
exclusivement mathématique.

Pour aller plus loin : Limites planétaires : on dépasse les bornes ! (La Méthode scientifique, France Inter, 25/05/2022)

21
Exercice 6 - Etude de cas : le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde

Le glyphosate est le nom courant d’une molécule de synthèse (N-(phosphonométhyl)glycine, cf. Fig. 1b),
découverte dans les années 1950 et puissant herbicide. C’est le désherbant le plus vendu au monde 7 (plus de
8 500 t vendues en France pour l’année 2016 8) pour détruire les adventices9 , c’est-à-dire les plantes qualifiées
d’ « indésirables » en agriculture conventionnelle, qu’on appelle couramment les « mauvaises herbes ». Notons
que les recherches récentes montrent que ces adventices ont un rôle fondamental dans l’équilibre des parcelles
agricoles et qu’elles peuvent être bénéfiques. Fin 2023, la Commission Européenne a reconduit l’autorisation
d’utiliser cet herbicide dans toute l’UE pour 10 ans, suite à un rapport de l’autorité européenne de sécurité des
aliments (EFSA), et à de longs débats.

Figure 1 : Structure chimique de la glycine (a), du glyphosate (b) et de son sel d’isopropylamine (c)

Figure 2 :

Etiquette du glyphosate

[référence : Fiche toxicologique n°273 de


l’INRS, sept. 2019 ;
[Link]
/[Link]?refINRS=FICHETOX_273]

Partie 1 (à préparer à la maison) : Propriétés de la molécule de glyphosate


Cette partie est à préparer chez vous en vous appuyant sur le programme de Chimie S1. Ces questions ne seront
pas évaluées dans l’EC ETRE.

6. Au regard des structures chimiques présentées dans la Figure 1, expliquer l’origine du terme
« glyphosate ».
7. Écrire la structure de Lewis du glyphosate et justifier pourquoi cette molécule est très soluble dans l’eau.
8. Quelle propriété de la molécule de glyphosate est mise en jeu dans la formation du sel d’isopropylamine ?
D’autres formes ioniques du glyphosate peuvent-elles exister ? Quel intérêt présente cette formulation ?

Partie 2 : Mécanismes d’action du glyphosate en tant qu’herbicide


9. En vous appuyant sur le site suivant : [Link] rédiger un paragraphe
de 5 à 10 lignes expliquant comment agit le glyphosate.

7 Podcast de l’émission « La méthode scientifique » du 06/02/2019, Radio France Culture, [Link]


methode-scientifique/glyphosate-un-debat-empoisonne-8113723
8 [Link] -1-fre-FR/[Link]

9 [Link]

22
Partie 3 : Toxicologie animale et humaine
10. Le glyphosate est-il toxique pour les hommes et les animaux ?

Partie 4 : Des OGM résistants au glyphosate, développés pour l’agriculture intensive


En 1996, les laboratoires de l’entreprise américaine Monsanto ont mis au point un OGM de soja résistant au
glyphosate, appelé soja Roundup Ready ® (marque déposée de semences vendues par Monsanto).

Figure 3 : Conséquences de l’expression du gène Roundup Ready ®. Cas (a) et (b) : effet du glyphosate sur des organismes
standard. Cas (c) : OGM par le gène Roundup Ready ®.
[référence : [Link]

11. D’après la figure 3, quelle est la particularité des OGM Roundup Ready ® ?

12. D’après la figure 4, quelles ont été les conséquences de la culture d’OGM Roundup Ready® ?

(a) : Evolution des quantités d’herbicides et de (b) : Évolution du nombre d'espèces de mauvaises herbes
glyphosate utilisées dans le Monde entre 1990 et résistantes au glyphosate de 1995 à 2014 11
200610
Figure 4 : Conséquences de la culture d’OGM Roundup Ready ®.

Partie 5 : Le glyphosate et l’environnement


Évaluer les effets du glyphosate (à court, moyen ou long terme) sur l’environnement, sur les écosystèmes et sur
la santé humaine est un enjeu majeur. Cependant, détecter la présence du glyphosate dans des milieux naturels,
suivre son évolution et évaluer sa toxicité sur la faune, la flore et sur l’homme n’est pas simple car le glyphosate
est généralement dégradé par les bactéries en acide aminométhylphosphonique (AMPA) et, lorsqu'il est utilisé
sur des plantes génétiquement modifiées résistantes au glyphosate, en glyoxylate.

10[Link]
11 Auteur de la figure : Spedona ; source des données : « The International Survey of Herbicide Resistant Weeds » ; Wikipedia (page consultée le
26/02/2023)
[Link]
23
Figure 5 : Formule des molécules d’acide aminométhylphosphonique (AMPA -à gauche-)
et de glyoxylate -à droite-.

13. En 2006, selon l'IFEN (Institut Français de l’Environnement), le glyphosate et l'AMPA étaient les
substances les plus retrouvées dans les eaux en France. Commenter cette observation.

Partie 6 : Glyphosate et santé globale

Figure 6 : Le glyphosate, un herbicide puissant, aux effets sur la santé controversés.


[Adaptée de : Agence France Presse, AFP, juin 2016]

14. En petits groupes, compléter le schéma de la Figure 7 selon le concept de santé globale en vous appuyant
à la fois sur les connaissances acquises pendant cette séquence (cours et TD) et sur la Figure 6, proposée par
l’AFP (médiation scientifique).

24
Figure 7 : Effets du glyphosate et Santé globale : un schéma de synthèse à compléter.
Exercices 7 et 8 pour s’entraîner : sujet d’IE du 05 mai 2023 (durée : 1h)
Exercice 7 - Pollution à l’arsenic
L’ARSENIC EST UN ELEMENT CHIMIQUE SANS GOUT ET SANS ODEUR , NATURELLEMENT PRESENT DANS LES SOLS. IL PEUT
EGALEMENT PROVENIR D’ACTIVITES INDUSTRIELLES COMME LA FABRICATION DE PESTICIDES, DE COLORANTS, DE METAUX, ETC.

Le système que nous étudions est composé de deux rivières qui se rejoignent (en un point appelé la confluence, cf.
Figure 1). La concentration en arsenic de la rivière A augmente lorsqu’elle passe à proximité d’une ancienne mine et la
rivière B traverse un village. Dans tout l’exercice, les concentrations massiques de polluants sont notées C et les débits
volumiques des rivières sont notés Q.
Juste avant d’arriver à la confluence :
• la rivière A a un débit QA = 10 m3/s et une concentration en arsenic CA = 480 µg/L.
• la rivière B a un débit QB = 30 m3/s et une concentration en arsenic CB = 8 µg/L.
La quantité d’eau liquide est considérée comme une grandeur conservative (pas d’évaporation notable) et le régime est
considéré stationnaire.

Figure 2 : Représentation schématique du territoire considéré dans l’exercice 1

1 Après avoir écrit le bilan de l’arsenic à la confluence en considérant la conservation des polluants et le régime
stationnaire, donner les expressions littérales de QD et de CD : le débit volumique et la concentration en
arsenic en aval de la confluence (dans la rivière D), puis montrer en justifiant que QD = 40 m3/s et que CD =
126 µg/L.

Le débit QD et la concentration CD calculés précédemment sont donc ceux de l’effluent (= rivière D, cf. Figure 1) qui
arrive dans le lac. Dans ce lac, dont le volume constant est égal à VL = 105 m3, se déversent également des eaux usées
prétraitées venant d’une industrie. Malgré le prétraitement, la concentration CEU d’arsenic qui arrive dans le lac à partir
de ces eaux industrielles est de CEU = 80 µg/L avec un débit QEU de 5 m3/s. On sait aussi que 1 % de la quantité de polluant
contenue dans le lac se dépose au fond chaque heure sous forme de sédiments (k = 0,01 h-1). On nomme CL la
concentration d’arsenic dans le lac.

2 Ecrire le bilan du système « Lac » pour l’arsenic, en considérant la non conservation des polluants et un
régime stationnaire.
Exprimer puis calculer le débit QS en m3/s et la concentration CS = CL en µg/L en arsenic de l’effluent en sortie
du lac.
La concentration maximale admissible de l’arsenic dans l’eau potable été fixée à 10 µg/L depuis 2003 en France. Au-
delà de cette valeur, il est considéré que le risque associé n’est pas acceptable. Bien que faiblement mutagène, cet
élément est connu comme étant un polluant cancérogène. Il peut en effet être à l’origine de divers cancers chez
l’Homme (peau, poumons et vessie).
3 Dans la situation décrite, donner un vecteur possible de contamination (directe ou indirecte) des êtres
humains par l’arsenic.
4 Donner les définitions des 2 termes biologiques suivants : mutation et ADN.
5 Sur les enjeux liés à l’anthropocène, les limites planétaires sont aujourd’hui largement mises en avant.
a). Comment définiriez-vous la notion de limite planétaire ?
b). Quelle est, selon vous, la principale limite planétaire impactée sur cette problématique de présence
d’arsenic dans les milieux aqueux de type rivières et lacs ?
c). Indirectement, quelle(s) autre(s) limite(s) planétaire(s) serai(en)t concernée(s) ?
6 En tant que futur·e ingénieur·e en charge de gérer cette problématique, proposer en quelques lignes une
idée de solution pour remédier au problème (on considèrera que la rivière A n’est pas polluée à la source).

Exercice 8 - Equation de Kaya


Pour rappel, l’équation de Kaya (cf. équation 1) permet de distinguer plusieurs leviers d’actions afin de réduire les
émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) anthropiques.

avec :
𝐶𝑂2 𝐸 𝑃𝐼𝐵
𝐶𝑂2 = (⏟ ) ⋅ (⏟ ) ⋅ (⏟ ) ⋅ 𝑃𝑂𝑃
⏟ 𝐶𝑂2 = émissions anthropiques annuelles de dioxyde de carbone
𝐸 𝑃𝐼𝐵 𝑃𝑂𝑃
𝑑 𝑐 𝑏
𝑎 (en tCO2 / an)
E = consommation mondiale d’énergie annuelle
(équation 1) (en TWh / an, avec 1 GW = 8,76 TWh / an)
𝑃𝐼𝐵 = produit intérieur brut annuel (en $ ou en €)
𝑃𝑂𝑃 = population mondiale (nombre de personnes)

1 Justifier que 1 GW correspond à 8,76 TWh / an.


2 Le PIB quantifie-t-il un flux ou un stock ? Expliquer en une phrase.
3 Expliquer en quelques mots ce que représentent chacun des facteurs b, c et d de l’équation de Kaya (cf.
équation 1).

A l’aide des Tableaux 1 et 2 et de la Figure 2 :

4 Dans le Tableau 1, expliquer l’unité tCO2eq que l’on lit « tonnes équivalent CO2 ».
5 Donner la valeur de MParis , masse de CO2 que l’on pouvait encore émettre à partir de 2020 tout en
respectant les accords de Paris.
6 Dans cette question, nous allons considérer différentes trajectoires, à partir des émissions mondiales de
CO2 en 2020 :
- trajectoire a). Si on suppose que les émissions totales de CO2 étaient restées stables depuis 2020 (même quantité émise
chaque année), en quelle année le budget carbone MParis serait-il atteint ?
- trajectoire b). En justifiant votre réponse à l’aide d’un schéma, en quelle année le budget carbone MParis serait-il atteint
si on supposait qu’à partir de 2020, les émissions totales de CO 2 décroissent linéairement jusqu’à atteindre zéro ?
Comparer les deux scénarios a) et b).
c). Dans le scénario b, de combien (en pourcentage des émissions totales) les émissions mondiales de CO2 auraient baissé
la première année (entre 2020 et 2021) ? Et la dernière ? Commenter.
A titre de comparaison, la pandémie de Covid-19 aurait réduit les émissions mondiales de CO2 d’environ 7 % en 2020
[source : rapport du GIEC, IPCC, AR6 - Working Group I (2021)].

QUESTION BONUS : Sur quels leviers agir ?


7 a). Supposons qu’il faille atteindre un taux de décroissance de 5 % des émissions de GES en un an pour
respecter un budget carbone fixé. Proposer une combinaison de pourcentage (%) à appliquer à chaque
facteur a, b, c et d de l’équation de Kaya, en explicitant vos choix. Une distinction par région du monde pourra
être faite.
b). Discuter de l’intérêt et la pertinence de l’équation de Kaya.

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Cible de Budget carbone*
Emissions
réchauffement (GtCO2)
anthropiques en 2010
+ 1,5°C 400
mondiales de
+ 1,9°C 1 000
CO2*
33,4 + 2,3°C 1 550
(en Gt CO2)
(* pour une probabilité de 67 % de ne
GES
50,3 pas dépasser la cible indiquée)
(en Gt CO2 eq)
Tableau 2 : Estimation du budget carbone restant à
Tableau 1 : Emissions anthropiques annuelles de GES (Gaz
émettre à partir de début 2020 pour avoir une
à Effet de Serre) en 2010.
probabilité de 67 % de ne pas dépasser une certaine
(* changement d’usage des sols non inclus)
cible de réchauffement.
Source : Our World in Data based on the Global Carbon
D’après Tableau 5.8, chap. 5 IPCC, AR6 - Working
Project (2023) • CC BY
Group I (2021)

Figure 2 : Emissions annuelles de CO2 par région du monde. L’axe des ordonnées est en GtCO2 /an (« yr » est utilisé en
anglais pour « year »). Source: Our World in Data based on the Global Carbon Project (2023) • CC BY

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