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VIH et soins au Burkina Faso : enjeux territoriaux

Le document traite de la prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso, mettant en lumière l'évolution de l'infection et l'accès aux traitements antirétroviraux. Malgré une diminution du taux d'infection, des disparités subsistent dans l'accès aux soins, entraînant des itinéraires thérapeutiques variés et des territorialités distinctes. L'analyse souligne l'importance des structures publiques et communautaires dans la lutte contre le VIH, tout en identifiant les défis persistants liés à l'accessibilité des traitements.
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VIH et soins au Burkina Faso : enjeux territoriaux

Le document traite de la prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso, mettant en lumière l'évolution de l'infection et l'accès aux traitements antirétroviraux. Malgré une diminution du taux d'infection, des disparités subsistent dans l'accès aux soins, entraînant des itinéraires thérapeutiques variés et des territorialités distinctes. L'analyse souligne l'importance des structures publiques et communautaires dans la lutte contre le VIH, tout en identifiant les défis persistants liés à l'accessibilité des traitements.
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Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec

le VIH et territorialités : exemple du Burkina Faso


Dayangnewende Edwige Nikiema

To cite this version:


Dayangnewende Edwige Nikiema. Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec
le VIH et territorialités : exemple du Burkina Faso. Sociology. Université Paris-Est, 2008.
French. <NNT : 2008PEST0064>. <tel-00462158>

HAL Id: tel-00462158


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UNIVERSITE PARIS EST – VAL DE MARNE

ECOLE DOCTORALE ECONOMIE GESTION ET ESPACE

THESE DE DOCTORAT DE GEOGRAPHIE

OPTION : GEOGRAPHIE DE LA SANTE

PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DES PERSONNES


VIVANT AVEC LE VIH ET TERRITORIALITES,
EXEMPLE DU BURKINA FASO

Présentée et soutenue publiquement par


D. Edwige NIKIEMA

devant le jury composé de :

Pr Gérard SALEM Rapporteur


Pr Michel LESOURD Rapporteur
Pr Jeanne-Marie AMAT-ROZE Directrice de thèse
Colonel-Major Joseph André Directeur de stage
TIENDREBEOGO

Décembre 2008

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités,


exemple du Burkina Faso
REMERCIEMENTS

Ce travail, fruit de plusieurs années d’efforts a pu aboutir grâce au concours de plusieurs


personnes, tout au long de notre cheminement. Nos présents remerciements leur sont adressés.

Nous exprimons nos profonds remerciements à notre directrice de thèse, le Pr. Jeanne Marie

AMAT-ROZE, pour l'aide compétente qu'elle nous a apportée, pour sa patience et son
encouragement à finir ce travail. Son œil critique nous a été très précieux pour structurer le
travail et pour l’améliorer. Comment vous exprimer ma gratitude autrement qu'en vous
promettant d'agir comme vous avec des étudiants dans ma situation, si un jour l'occasion m'en
était donnée.

Au Pr. Gérard SALEM et son équipe, avec qui nous avons fait nos premiers pas dans la
géographie de la santé à Paris 10. Merci d’avoir accepté d’être le rapporteur de cette thèse en
participant au jury.

Au Pr. Michel LESOURD qui nous fait l'honneur de participer au jury de soutenance; nous
l’en remercions.

Nos recherches ont eu pour cadre le Burkina Faso. Nous y avons bénéficié de soutiens
multiformes. C’est donc le lieu de remercier le Secrétaire Permanent du CNLS/IST du
Burkina Faso, ici présent comme membre du jury, qui nous a offert un cadre de travail en
nous accueillant dans son institution. La lutte contre l’infection du VIH que vous menez à la
tête de votre structure est un combat de longue haleine. Les résultats sont là, fruits palpables
de votre implication et de votre persévérance quotidiennes. Puissiez-vous encore inscrire le
nom du Burkina Faso aux côtés des autres pays résolument décidés à retourner le « ruban
rouge » pour le grand V de la victoire.

Merci à Mr Da du département de Géographie de l’université de Ouagadougou pour sa


disponibilité, son encadrement et ses critiques.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 2


exemple du Burkina Faso
Sincères remerciements à Mme la Coordonnatrice de l’Unité centrale de planification et de
suivi évaluation du SP/CNLS-IST et à toute la vaillante équipe qui anime l’unité : il y a eu des
passages à vide mais comme dans toute famille, les humeurs ne sont pas toujours en phase.
Merci de m’avoir supportée toutes ces années.

Mes remerciements également au Coordonnateur national du réseau africain jeunesse santé et


développement (RAJS/BF) et à travers lui tout le Secrétariat national de coordination et les
différentes coordinations provinciales et plus précisément à celles du Boulgou, du Kadiogo,
du Poni et du Yatenga. Leur collaboration et leur fraternité ont permis de mener à terme les
enquêtes de terrain. Bonne continuation dans vos activités.

Pour leurs encouragements et leur assistance aussi bien matérielle que morale qui m'ont
permis de faire cette thèse dans de bonnes conditions, je remercie chaudement mes proches et
à mes amis et à toute l’équipe de finalisation : Doc’, Youssouf, Clarisse, Yves, Isi, Assimi.

Merci et tous mes encouragements à toutes ces structures associatives communautaires qui
viennent en aide aux personnes vivant avec le VIH (Association African Solidarity,
Association pour l’appui moral, matériel et intellectuel aux enfants, Association Vie Solidaire,
Association agir tous ensemble, Association savoir faire face, Association SOS-Sida/Jeunesse
mobilisée : merci pour la collaboration et l’appui à la réalisation de mes enquêtes de terrain.

Merci à tout le personnel du SP/CNLS-IST et à tous les partenaires et collaborateurs de la


structure.

A toutes les PVVIH que j’ai rencontrées et côtoyées dans mes périples à travers le Burkina
Faso. A leur endroit, je formule le vœu de la mise au point d’un traitement curatif du mal avec
lequel elles vivent au quotidien.

Pour l’amour qu’ils me portent, leur présence dans ma vie et toute leur affection : merci à mes
parents, soeurs, frères et un clin d’œil particulier au marin qui m’a tenu la main pour passer
cette houle de la thèse.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 3


exemple du Burkina Faso
RESUME

En dépit d’une riposte planétaire développée depuis un quart de siècle, l’infection à VIH/sida
continue de toucher de plus en plus de personnes, même si par ailleurs un déclin est relevé
dans plusieurs pays. L’Afrique subsaharienne demeure son territoire privilégié avec plus des
deux tiers des contaminations et des décès.
Le Burkina Faso présente une évolution favorable avec une diminution du taux d’infection
estimé, dans la population des 15-49 ans, à 7,17 % en 1997 et à 1,6 % en 2007. Mais la
maladie aurait emporté 12 000 personnes en 2005 et 9 200 en 2006, en relation avec les
niveaux d’infection des années 1990 et les difficultés d’accès aux traitements. En effet, bien
que la thérapie antirétrovirale existe et que son accessibilité s’améliore au fil du temps, on
estime que les besoins sont loin d’être couverts : seulement 17 263 personnes sous ARV dans
76 structures de soins pour plus de 46 000 besoins de traitements estimés.
Vivre avec le VIH et accéder aux traitements est facteur de déstabilisation pour les individus.
Cette déstabilisation a plusieurs expressions : elle peut être sociale, économique et/ou spatiale.
L’analyse enseigne que, malgré les progrès et les champs d’action des structures publiques,
privées, auxquelles s’ajoutent les structures communautaires agréées, les disparités spatiales
sont encore grandes pour la prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH.
Partant de là, et en fonction des accessibilités aux traitements, on observe chez les personnes
vivant avec le VIH des itinéraires thérapeutiques différenciés, facteurs de nouvelles
territorialités. Celles-ci révèlent non seulement des logiques personnelles mais encore les
logiques spatiales et sociales des acteurs du soin, illustrant pour partie le fonctionnement du
territoire national.
Des enquêtes réalisées auprès des personnes sous traitement permettent de mettre en évidence
ces territorialités et les processus de territorialisation.

Mots clés : Infection à VIH/sida, offre de soins sida, territorialités, Burkina Faso.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 4


exemple du Burkina Faso
ABSTRACT
Despite a global response developed over the past quarter century, HIV / AIDS continues to
affect more and more people, even if further decline is observed in several countries. Sub-
Saharan Africa remains his preferred territory with more than two thirds of infections and
deaths.
The Burkina Faso has a favorable trend with a decrease in the rate of infection found in the
population of 15-49 years, to 7.17% in 1997 and 1.6% in 2007. But the disease would have
prevailed 12 000 in 2005 to 9 200 in 2006, in connection with infection levels of the 1990s
and the difficulties of access to treatment. Indeed, although antiretroviral therapy exists and
that its accessibility improves over time, it is estimated that the needs are far from being
covered only 17 263 people on ARVs in 76 care facilities for more than 46 000 needs
treatment estimated.
Living with HIV and access to treatment is destabilizing factor for individuals. This
destabilization has several expressions: it can be social, economic and / or space. The analysis
shows that, despite progress, public organizations, private, plus the structures approved does
not cover needs and that the disparities are even larger space.
From there, depending on accessibility to treatment, there is among people living with HIV
differentiated therapeutic routes, new factors territoriality. They reveal not only logical but
also personal space logic and social care players, illustrating in part the functioning of the
national territory.
Surveys conducted among people under treatment can highlight these territoriality and
regionalization processes.

Keywords: Infection with HIV / AIDS, AIDS care provision, territoriality, Burkina Faso.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 5


exemple du Burkina Faso
SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE........................................................................................ 21

PREMIERE PARTIE : L’INFECTION A VIH AU BURKINA FASO ........................... 32

CHAPITRE 1 : LE BURKINA FASO, UN ETAT AU CŒUR DE L’AFRIQUE DE L’OUEST .... 33


CHAPITRE 2 : UNE VUE D’ENSEMBLE DE L’INFECTION A VIH ........................................ 50
CHAPITRE 3 : LA REPONSE AU VIH, UNE POLITIQUE D’ENVERGURE POUR UNE
PRIORITE NATIONALE............................................................................................................. 79
Conclusion partielle ................................................................................................................ 106

DEUXIEME PARTIE: L’OFFRE NATIONALE DE SOINS LIES A L’INFECTION A

VIH.................................................................................................................................... 107

CHAPITRE 4 : LE SYSTEME DE SANTE ET L’OFFRE NATIONALE DE SOINS ................. 108


CHAPITRE 5 : L’OFFRE NATIONALE DE SOINS LIES A L’INFECTION DU VIH .............. 127
CHAPITRE 6 : L’INFECTION A VIH ET LA PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE, QUELS
APPORTS SUR L’OFFRE NATIONALE DE SOINS ................................................................ 162
Conclusion partielle ................................................................................................................ 177

TROISIEME PARTIE : PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DU SIDA :

TERRITORIALISATION ET TERRITORIALITES .................................................... 178

CHAPITRE 7 : LES SITES D’ENQUETES ET DONNEES DE TERRAIN ................................ 179


CHAPITRE 8 : PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DU VIH ET TERRITORIALITES ... 217
Section 1 : Prise en charge thérapeutique et déstabilisation ...................... 247

Section 2 : Perspectives de recherche : de nombreuses possibilités et

bien de pistes à explorer ............................................................................................... 250


BIBLIOGRAPHIE...................................................................................................................... 252
ANNEXE A: questionnaire personnes vivant avec le vih/sida (pvvih/sida) ................................. 258
ANNEXE B : SP/CNLS-IST : ATTRIBUTIONS ET RELATIONS ............................................ 263

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 6


exemple du Burkina Faso
LISTES DES CARTES

Carte 1. Présentation du Burkina Faso ................................................................................. 31

Carte 2 : Organisation administrative du Burkina Faso ........................................................ 36

Carte 3: Densité de population en 2006................................................................................ 39

Carte 4 : Les disparités de prévalence de l’épidémie du VIH dans le monde ........................ 52

Carte 5 : Prévalence du VIH (%) chez les adultes (15-49 ans) en Afrique, 2007................... 54

Carte 6 : Répartition des sites pour la surveillance sentinelle ............................................... 60

Carte 7 : Séroprévalence par région selon l’EDS-III ............................................................ 65

Carte 8 : Répartition des cas de sida par région sanitaire en 2007 ......................................... 72

Carte 9 : Carte sanitaire du Burkina Faso (découpage en 55 districts sanitaires) ................ 116

Carte 10 : Evolution de la prise en charge ARV de 2005 à 2007 ........................................ 130

Carte 11 : Situation de la prise en charge des enfants et des adultes en 2007 ...................... 133

Carte 12 : Disponibilité des services de laboratoires VIH/SIDA au Burkina Faso en 2007 . 135

Cartes 13 : Evolution par province des structures de prise en charge par les ARV de 2003 à

2007 ................................................................................................................................... 140

Carte 14 : Couverture territoriale des agences de la CAMEG ............................................. 147

Carte 15 : Situation des districts offrant des services de PTME en 2007............................. 152

Carte 16 : Localisation des centres de dépistage en 2007 ................................................... 155

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 7


exemple du Burkina Faso
Carte 17 : Localisation des centres de conseil dépistage volontaire autonome .................... 170

Carte 18 : Evolution des structures de PECC de 2004 à 2007 ............................................. 173

Carte 19 : Aire d’action des structures de prise en charge thérapeutique en 2007 .............. 175

Carte 20 : Localisation des sites d’enquêtes ....................................................................... 179

Carte 21 : Mobilités générales de l’échantillon enquêté...................................................... 191

Carte 22 : Province du Boulgou, le découpage administratif .............................................. 194

Carte 23. Découpage administratif de la province du Kadiogo ........................................... 200

Carte 24 Province du Poni en découpage administratif...................................................... 209

Carte 25. Province du Yatenga : découpage administratif .................................................. 212

Carte 26 : L’attractivité des PCR du Kadiogo .................................................................... 223

Carte 27. Flux du déplacement par année de Séguénéga à Ouahigouya .............................. 239

Carte 28. Mobilités vers Ouagadougou (depuis 1994) et vers Gaoua (2005)....................... 240

Carte 29. Mobilités liées à la prise en charge globale ......................................................... 241

Carte 30. Recompositions territoriales de Pabré et de Boussé vers Ouagadougou............... 243

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 8


exemple du Burkina Faso
LISTES DES ENCADRÉS

Encadré 1. Les principales sources de données sur le VIH/SIDA en Afrique .................. 77

Encadré 2: Les Centres de traitement ambulatoires : l'espoir en perspective ............... 165

Encadré 3 : MSF et accès aux TARV au Burkina Faso .................................................. 219

Encadré 4: PCR et diagnostic précoce de l’infection à VIH chez l’enfant ..................... 222

Encadré 5 : Témoignage sur l’accessibilité géographique des TARV ............................ 227

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 9


exemple du Burkina Faso
TABLES DES FIGURES

Figure 1. Situation de réalisation des études comportementales de 2001 à 2007 ............. 73

Figure 2. Organisation de la lutte contre le VIH/SIDA et les IST au Burkina Faso ........ 92

Figure 3 : Organisation du secteur public ....................................................................... 118

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 10


exemple du Burkina Faso
LISTES DES GRAPHIQUES

Graphique 1 : Evolution comparée des taux de croissance du PIB réel du Burkina Faso

et de quelques pays de l’UEMOA de 2003 à 2007 ............................................................ 42

Graphique 2 : Estimation du nombre de personnes vivant avec le VIH et prévalence du

VIH chez les adultes ........................................................................................................... 53

Graphique 3 : Estimation du nombre de personnes vivant avec le VIH et prévalence du

VIH chez les adultes, en Afrique subsaharienne, 1990-2007............................................. 55

Graphique 4 : Prévalence du VIH (%) chez les femmes enceintes en consultations

prénatales, 1997-2007 ......................................................................................................... 57

Graphique 5 : Evolution du taux de prévalence chez les femmes enceintes à partir des

enquêtes dans les sites sentinelles de 1997 à 2006 .............................................................. 61

Graphique 6. Evolution de la prévalence moyenne du VIH des sites sentinelles urbains

de 1997 à 2006 ..................................................................................................................... 61

Graphique 7 : Evolution de la prévalence du VIH chez les femmes de 15 à 49 ans dans

les sites sentinelles en milieu rural de 1997 à 2006 au Burkina Faso ................................ 62

Graphique 8 : Situation de la notification des cas de sida de 1986 à 2006........................ 70

Graphique 9 : Situation de la notification des cas d’IST au Burkina Faso de 2001 à 2006

............................................................................................................................................. 75

Graphique 10 : Evolution des patients (enfants, adultes) sous ARV de 2003 à 2007 ..... 129

Graphique 11 : Situation de la prise charge par les ARV pédiatriques par province ... 131

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 11


exemple du Burkina Faso
Graphique 13 : évolution des centres de dépistage communautaire de 2004 à 2007...... 169

Graphique 14. Répartition des membres de ASAFF par âge et par sexe ....................... 196

Graphique 15. Evolution annuelle des structures de PEC ARV, 2003 à 2007 ............... 218

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 12


exemple du Burkina Faso
LISTES DES PHOTOS

Photo 1 : Le SP/CNLS-IST............................................................................................... 105

Photo 2 : Un véhicule de dépistage mobile....................................................................... 154

Photo 3 : L’hôpital du jour de Ouagadougou.................................................................. 164

Photo 4. Séance de projection de film dans un village.................................................... 195

Photo 5. Séance de consultation ..................................................................................... 203

Photo 6. Des activités quotidiennes de AVS..................................................................... 210

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 13


exemple du Burkina Faso
LISTES DES TABLEAUX

Tableau 1 : Situation des indicateurs de développement humain du Burkina Faso et des pays voisins
en 2005 ............................................................................................................................................. 43

Tableau 2 : Incidence des cas d’IST selon le sexe en 2006................................................................ 46

Tableau 3 : Le point sur l’épidémie du VIH en fin 2007 ................................................................... 56

Tableau 4 : Evolution de certains indicateurs de 1997 à 2007 ........................................................... 57

Tableau 5. Situation de la prévalence du VIH dans les sites sentinelles urbains de 1997 à 2006 ........ 62

Tableau 6 : Situation de la co-infection en 2006 au Burkina Faso ..................................................... 66

Tableau 7 : Situation des indicateurs de la prévention de la transmission mère-enfant ....................... 67

Tableau 8 : Evolution des activités de dépistage par année ............................................................... 67

Tableau 9 : Evolution des données de séropositivité de la syphilis dans les sites sentinelles de 2002 à
2006 au Burkina Faso ....................................................................................................................... 75

Tableau 10. Budget prévisionnel du CSLS 2006-2010 par secteur d’intervention ............................. 86

Tableau 11. Feuille de route en matière de prévention ...................................................................... 95

Tableau 12. Feuille de route en matière de traitement ....................................................................... 97

Tableau 13 : Feuille de route en matière de prise en charge .............................................................. 99

Tableau 14 : Feuille de route en matière d’appui ............................................................................ 101

Tableau 15 : Evolution des infrastructures et des ressources humaines en santé de 2004 à 2007 ...... 119

Tableau 16 : Répartition des établissements privés de soins par région ........................................... 120

Tableau 17 : Evolution de la structure de la dépense nationale de santé par source de financement de


2003 à 2005 (en millions de F.CFA) ............................................................................................... 124

Tableau 18 : Evolution des dépenses des prestataires de 2003 à 2005 en % .................................... 124

Tableau 19 : Structures et services impliqués dans l’achat de service .............................................. 125

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 14


exemple du Burkina Faso
Tableau 20 : Situation des laboratoires équipés en compteurs pour la numération des CD4 en 2007 136

Tableau 21 : Paquet minimum d’activités (PMA) des structures pour la prise en charge médicale ... 138

Tableau 22: Evolution des structures soins publiques impliquées dans la prise en charge par les ARV
de 2003 à 2007................................................................................................................................ 143

Tableau 23 : Evolution des structures de soins privées impliquées dans la prise en charge par les ARV
de 2003 à 2007................................................................................................................................ 144

Tableau 24. Evolution du coût mensuel de vente des traitements les plus prescrits en valeur absolue
....................................................................................................................................................... 148

Tableau 25 : Etat de progrès de la transmission mère-enfant (TME) ............................................... 153

Tableau 26 : Evolution des indicateurs en matière de dépistage volontaire ...................................... 153

Tableau 27 : Evolution des cas d’IST traités de 2004 à 2006 .......................................................... 156

Tableau 28 : Evolution de la dépense par source de financement de 2005 à 2006 ............................ 157

Tableau 29 : Situation des dépenses en fonction des interventions pour les années 2005 et 2006 ..... 159

Tableau 30 : Situation des dépenses par prestataires de biens et services pour les années 2005 et 2006
en valeur relative ............................................................................................................................ 160

Tableau 31 : Situation des agents de santé formés par type de formation de 2004 à 2007 ................ 166

Tableau 32 : Evolution des acquisitions d’ARV par la CAMEG de 1999 à 2007 ............................. 167

Tableau 33 : Répartition des bénéficiaires de la PECC en fonction du sexe et de l’âge en 2007....... 174

Tableau 34 : Evolution des structures associatives impliquées dans la prise en charge de la thérapie
antirétrovirale de 2003 à 2007 ......................................................................................................... 176

Tableau 35. Caractéristiques spatiales et démographiques de l’échantillon ..................................... 183

Tableau 36 : Synthèse des données socioéconomiques recueillies lors de l’enquête terrain ............. 186

Tableau 37 : Synthèse des données de l’infection et du traitement recueillies lors de l’enquête terrain
....................................................................................................................................................... 188

Tableau 38 : Synthèse des données de mobilité recueillies lors de l’enquête ................................... 190

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 15


exemple du Burkina Faso
Tableau 39. Localité de résidence de l’échantillon de la province du Boulgou ................................ 197

Tableau 40. Distribution des enquêtés de la province du Boulgou selon le moyen de déplacement .. 199

Tableau 41 : Répartition des enquêtés de la province du Kadiogo par sexe ..................................... 205

Tableau 42 : Répartition des enquêtés de la province du Kadiogo par ethnie ................................... 205

Tableau 43 : Localités de résidence de l’échantillon d’enquête de la province du Kadiogo.............. 206

Tableau 44 : Fréquence des coûts des soins des enquêtés de la province du Kadiogo ...................... 207

Tableau 45 : Année de mise sous thérapie antirétrovirale des enquêtés de la province du Kadiogo .. 207

Tableau 46. Distribution des enquêtés de la province du Kadiogo selon le moyen de déplacement .. 207

Tableau 47 : Localités de résidence de l’échantillon d’enquête de la province du Yatenga .............. 215

Tableau 48 : Distribution des enquêtés de la province du Yatenga selon le moyen de déplacement . 216

Tableau 49: Suivi biologique d'une personne vivant avec le VIH traitée ou non par TARV............. 221

Tableau 50 : Fréquence des mobilités occasionnelles selon le motif................................................ 226

Tableau 51 : Fréquence des mobilités temporaires selon le motif .................................................... 227

Tableau 52 : Extraits des caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon ............................ 230

Tableau 53 : Répartition de l’échantillon selon l’année de prise en charge thérapeutique ................ 231

Tableau 54 : Situation des contributions financières des personnes enquêtées pour leur prise en charge
thérapeutique .................................................................................................................................. 232

Tableau 55 : Répartition des motifs explicatifs des mobilités des enquêtés ..................................... 236

Tableau 56 : Fréquentation des structures de prise en charge thérapeutique .................................... 237

Tableau 57 : Critères de choix des structures .................................................................................. 237

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 16


exemple du Burkina Faso
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES

AAS Association african solidatity


AATE Association agir tous ensemble
AES/Burkina Action pour l’enfance et la santé, Burkina
AIDSETI Aids empowerment and treatment international
AIS Agent itinérant de santé
ALAVI Association laafi la viim
AMMIE Association pour l’appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant
AN Assemblée nationale
AOF Afrique occidentale française
ARN Acide ribonucléique
ARV Antirétroviraux
ASAFF Association solidarité action faire face
ATU-JB Association trait d’union des jeunes burkinabé
AVS Association vie solidaire
AWARE/HIV Action for west african region HIV/Aids
BAD Banque africaine de développement
BSS Behavioural surveilance survey
BURCASO Burkina council on Aids services organization
CALSI Coordination des associations de lutte contre le sida et les infections
Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables
CAMEG médicaux
CAP Connaissances, attitudes et pratiques
CAS/VIH Coordination des associations de soutien aux personnes infectées par le VIH
CCC Communication pour le changement de comportement
CCDV Centre de conseil dépistage volontaire
CCLS Comités communaux de lutte contre le VIH/sida et les IST
CD4 Cluster of differentiation 4/Cellule lymphocyte type 4
CDVC Conseil dépistage volontaire et confidentiel
CELS Comités d’entreprises de lutte contre le VIH/sida et les IST
CHN Centre hospitalier national
CHR Centres hospitaliers régional
CHU Centre hospitalier universitaire
CHU-YO Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo
CHU-SS Centre hospitalier universitaire Sourou Sanon
CIC/Doc Centre d'information et de documentation sur le VIH/sida
CILS Comité d’institution de lutte contre le VIH/sida et les IST
Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement
CISMA transmissibles en Afrique
CIT Convergence intertropicale
CM Centres médicaux
CMA Centres médicaux avec antenne chirurgicale
Comité ministériel de lutte contre le VIH/sida et les IST du Ministère de la
CMLS/Santé santé

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 17


exemple du Burkina Faso
CNCLS Comité national catholique de lutte contre le sida
CNLAT Centre national de lutte anti tuberculeux
CNLS-SIDA Comité national de lutte contre le sida au Burkina Faso
Coalition des réseaux et associations de lutte contre le VIH/sida du Burkina et
CORAB la promotion de la santé
CPLS Comités provinciaux de lutte contre le VIH/sida et les IST
CRF Croix-Rouge Française
CRLAT Centre régional de lutte anti tuberculeux
CRLS Comité régional de lutte contre le VIH/SIDA et les IST
CSCLS Comités des secteurs de commune de lutte contre le sida et les IST
CSLP Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté
CSLS Cadre stratégique de lutte contre le sida
CSPS Centre de santé et de promotion sociale
CTA Centre de traitement ambulatoire
CTB Coopération technique belge
CTPS Comité technique de programmation et de suivi
CVLS Comités villageois de lutte contre le VIH/sida et les IST
DCRP Département chargé de la communication et des relations publiques
Département chargé de l’étude des dossiers soumis au fonds de solidarité
DED-FSMOS envers les malades et orphelins du sida
DEP/Santé Direction des études et de la planification du ministère de la santé
DET Département chargé des entités territoriales
DGAT Direction générale de l'administration du territoire
DHS Demographic and health survey
DLM Direction de la lutte contre la maladie
DLPJ Direction des libertés et de la protection juridique
Département chargé des institutions, des ministères autres que le ministère de
DME la santé, et des entreprises
DOTS Direct observation treatment strategic
DRS Directions régionales de la santé
DS Districts sanitaires
DSS Département chargé du secteur santé
EA/QUIBB Enquête annuelle/ Questionnaire sur les indicateurs de base de bien-être
EBCVM Enquête burkinabé sur les conditions de vie des ménages
ECD Equipe cadre de district
EDS Enquête démographique et de santé
ESTHER Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau
F.CFA Franc de la Communauté financière africaine
FIDA Fonds international de développement agricole
FIT Front intertropical
GT/ONUSIDA Groupe thématique ONUSIDA
GTE Groupe thématique ONUSIDA élargi
Deutsche Gesellschaft für technische zusammenarbeit/ Coopération technique
GTZ allemande
HDJ Hôpital du jour
IB Initiative de Bamako

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 18


exemple du Burkina Faso
IDE Infirmier d'Etat
IEC Information, éducation et communication
INSD Institut national de la statistique et de la démographie
IRSN Institut de recherche sur les substances naturelles
ISF Indice synthétique de fécondité
IST Infection sexuellement transmissible
JMS Journée mondiale de lutte contre le sida
LNR Laboratoire national de référence
MAP Multi country aids program
MASSN Ministère de l'action sociale et de la solidarité nationale
MEDEV Ministère de l'économie et du développement
MEG Médicaments essentiels génériques
MS Ministère de la santé
MSF Médecins sans frontière
MST Maladie sexuellement transmissible
NEPAD Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique
NFS Numération formule sanguine
OBC Organisations à base communautaire
OEV Orphelin et enfant vulnérable
OMD Objectifs du millénaire pour le développement
OMS Organisation mondiale de la santé
ONUSIDA Programme commun des nations unies sur le VIH/sida
OPALS Organisation panafricaine de lutte contre le sida
OST Office de santé des travailleurs
PALS Projet d’appui à la lutte contre le VIH/sida
PAMAC Programme d’appui au monde associatif et communautaire
PA-PMLS Projet d’appui au programme national multisectoriel de lutte contre le sida
PCIM/VIH Prise en charge intégrée de la maladie et du vih
PCR Polymerase chain reaction
PEC Prise en charge communautaire
PECC Prise en charge communautaire
PED Pays en développement
PIB Produit intérieur brut
PM Premier ministère
PMA Paquet minimum d'activités
PNDS Programme national de développement sanitaire
PNLS Programme national de lutte contre le sida
PNM Plan national multisectoriel
PNT Programme national de lutte contre la tuberculose
PNUD Programme des nations unies pour le développement
PPLS Projet population et lutte contre le sida
PPTE Pays pauvre très endetté
PROMACO Projet de marketing social des condoms
PRSS Projet de renforcement des services de santé
PSN Politique sanitaire nationale
PSP Poste de santé primaire

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 19


exemple du Burkina Faso
PTME Prévention de la transmission de la mère à l’enfant
PVVIH/PvVIH Personnes vivant avec le VIH
RAJS Réseau africain jeunesse santé et développement
RALIS Réseau régional des associations de lutte contre le sida et les IST
REGIPIV-BF Réseau pour une plus grande implication des personnes infectées par le VIH
REV+ Association responsabilité, espoir vie, solidarité
RGPH Recensement général de la population et de l'habitation
SIDA Syndrome de l'immunodéficience acquise
SONAPHARM Société nationale des produits pharmaceutiques
SP/CNLS-IST Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre le sida et les IST
SPSS Statistical package for the social sciences
SSP Soins de santé primaire
TAP Programme de traitement accéléré
TAR/ TARV Traitement sous ARV ou Traitement antirétroviral
TB/VIH Tuberculose/VIH
TPM+ Tuberculose pulmonaire à microscopie positive
TS Travailleuse du sexe
UEMOA Union économique et monétaire ouest africain
UGF Unité de gestion financière
UIDH Union interafricaine des droits de l’homme
UNAIDS United nations program on HIV/aids
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
UNIFEM United nations development fund for women
URCB/Sida Union des religieux et coutumiers du Burkina contre le sida
VHC Virus de l’hépatite C
VIH Virus de l’immunodéficience humaine
Analyse nationale de la situation du VIH et des IST en milieu Rural et Urbain
VIRUS et dans les Secteurs de la santé et de l’éducation

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 20


exemple du Burkina Faso
IntroductIon
INTRODUCTIONgénérale
GENERALE

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 21


exemple du Burkina Faso
Le sida, maladie résultant de l’infection à VIH : un problème planétaire car tout être humain est
synonyme de cible potentielle.
Un traitement pour lutter contre le sida : une réalité depuis la première monothérapie en 1987 ; mais
quelles accessibilités pour les pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne.

Le sida, syndrome de l’immunodéficience acquise, dont l’agent causal est le virus de


l’immunodéficience humaine (VIH), a déjà provoqué en près de deux décennies et demie
environ 25 millions de décès dans le monde dont 2 millions pour la seule année 2007
[ONUSIDA, 2008 b] Les ravages et les conséquences meurtrières de l’infection à VIH sont telles,

qu’elles ont au plan mondial, supplanté celles liées au paludisme. Sur toutes les couches
sociales, démographiques et économiques, le VIH règne sans discontinuer : femmes, hommes,
enfants, adultes, riches, pauvres subissent les affres de cette pandémie. En moins de trente
ans, le sida s’est hissé au quatrième rang des causes de morbidité et de mortalité dans le
monde, derrière les maladies cardio-vasculaires, les tumeurs malignes et les infections des
voies respiratoires. La planète doit faire face à une maladie dont l’ampleur n’a d’égale que les
moyens mis en œuvre pour la riposte. En effet, jamais une maladie n’a connu autant de
mobilisation, tant sur le plan des ressources humaines que matérielles et financières.

Rappel historique

Le 5 juin 1981, Michael Gottlieb, immunologiste à l’École de médecine de l’UCLA, décrivait,


dans un bref article du Morbidity and Mortality Weekly des Centers for Disease Control
d’Atlanta, cinq cas d’une pneumonie rare [Amat-Roze’2002]. Puis en 1983, une équipe de
l’Institut Pasteur dirigée par le Professeur Luc Montagnier isolait et identifiait l’agent
étiologique, un virus jusqu’alors inconnu de la famille des rétrovirus.

Au départ, considéré comme une curiosité médicale ne touchant que certaines minorités
(essentiellement des personnes transfusées et de jeunes individus dans la population
homosexuelle de New York, Los Angeles et San Francisco), l’infection à VIH créa une
grande vague de stupeur à la fin de 1989. En effet, à cette date tous les continents avaient
déclaré des cas de sida. Mais déjà, en 1984 naissait une forte suspicion relative à la présence
du VIH sur le continent africain [Amat-Roze’2002] Si aucun cas de sida n’a été signalé pour
cette année en Afrique, des études ont montré l’existence de certains cas en Afrique jusqu’en
1985. C’est le cas pour la Côte d’Ivoire et la Guinée [Rémy’1993].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 22


exemple du Burkina Faso
La répartition des personnes vivant avec le VIH par grandes régions témoigne de l’ampleur de
la pandémie en Afrique et surtout en Afrique subsaharienne qui reste la zone la plus touchée.
Dans son rapport 2008 sur l’épidémie mondiale de sida, l’ONUSIDA estime qu’en fin 2007,
l’Afrique subsaharienne, région ne comptant que 10% de la population mondiale, reste la
région la plus fortement touchée par le VIH, avec 67% de toutes les personnes vivant avec le
VIH dans le monde et 75% des décès dus au sida.

Ainsi, l’infection à VIH a été très vite considérée non plus comme un simple problème de
santé, mais un réel problème de développement. Dans les pays les plus durement touchés, le
VIH a réduit l’espérance de vie de plus de 20 ans, ralenti la croissance économique et aggravé
la pauvreté des ménages [ONUSIDA’2008 b].

Le sida est un obstacle au développement car, en plus des impacts de la maladie qui
constituent à eux seuls un problème, les pays en développement (PED) ont d’autres raisons de
se sentir concernés par cette infection. En effet, il s’avère que la pauvreté générale et la
répartition inégale des revenus, caractéristiques du sous-développement, favorisent la
propagation du VIH [Banque Mondiale’1998]. La pandémie est devenue le "principal facteur
de destruction" de tout progrès économique en Afrique subsaharienne. Selon le Programme
des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le VIH a infligé « le plus important
revers du développement humain » de l’histoire moderne [PNUD’2005] ; et "les politiques
publiques ne sont pas à la hauteur des défis posés" c’est-à-dire, assurer à tous ceux qui sont
infectés la possibilité de se faire soigner.

SECTION 1 : LA PROBLEMATIQUE

Bientôt trente années de révélation dans le monde et en dépit des succès enregistrés dans
certaines contrées en terme de riposte, l'épidémie du VIH continue de sévir, notamment en
Afrique subsaharienne. Dans cette partie du monde, l’apparente stabilité du taux d’infection à
VIH – à des niveaux élevés, en général – est surtout masquée par le nombre élevé de cas de
sida, traduisant en réalité les fortes prévalences du VIH des années passées. La problématique
de l’accès aux traitements y est particulièrement centrale. Plus de 67% des décès dus au sida y
surviennent, tragique illustration des besoins non assurés en matière de traitement

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 23


exemple du Burkina Faso
antirétroviral (ONUSIDA/OMS’2007). Les taux d’infection persistent et ils sont
contrebalancés par une mortalité due au sida, atteignant aujourd’hui des niveaux tout aussi
élevés du fait de la difficulté d’accès aux traitements.

Jamais les recherches et les progrès ne sont allés aussi vite dans le cas d’une épidémie
mondiale. En effet il y a moins de dix ans, il n’existait qu’une seule famille d’antirétroviraux,
incapable d’inhiber suffisamment la réplication du VIH. Aujourd’hui, grâce à l’association de
plusieurs médicaments, le sida est devenu une maladie infectieuse chronique. En attendant la
mise au point d’un vaccin dont des essais cliniques ont cours fréquemment depuis 2000, il
existe des soins, améliorant l’état de santé et augmentant l’espérance de vie. Malgré ces
progrès, l’accès aux traitements et la couverture demeurent encore inégalement répartis et
faibles.

La disponibilité des thérapies antirétrovirales a largement changé la vision de l’infection à


VIH, mais elle est progressive dans les pays en développement, surtout en Afrique
subsaharienne. Dans cette partie du monde, la disponibilité se pose en termes d’offre de soins
mais aussi d’accessibilité économique, géographique, sociale, etc.

Au Burkina Faso, pays en développement aux ressources économiques limitées, la lutte contre
le VIH est traitée comme une priorité nationale1 [Banque Mondiale’1998]. Malgré une
relative stabilité puis une baisse de l’infection comme en témoignent les chiffres officiels de
séroprévalence (7,17% en 1997 à 1,6% en 2007), le nombre de décès dus au sida demeure
élevé. L’accès aux soins liés à l’infection à VIH a beaucoup évolué depuis l’arrivée des
premières thérapies, soutenues par différentes initiatives depuis 2003. De quelques centaines
de personnes sous thérapie antirétrovirale en 2003 et dix structures de prise en charge, le
Burkina Faso comptait en fin 2007, plus de 17 263 personnes sous ARV avec 78 structures
dispensant des soins et traitements du sida. Toutefois, il convient de rappeler que pour la
même année, les besoins de traitement étaient estimés à 48 0001.

En dépit de l’augmentation des structures offrant les soins ARV et la couverture de


l’ensemble des treize régions sanitaires du Burkina Faso, il reste que les besoins sont loin

1
Projections effectuées à partir du logiciel SPECTRUM pour l’année 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 24


exemple du Burkina Faso
d’être couverts. De plus, la disparité de l’offre sur le territoire national conduit les personnes
en quête de traitement à se déplacer parfois sur de longues distances.

Vivre avec le VIH et accéder aux traitements est facteur de déstabilisation pour les individus,
dans la mesure où la disponibilité et la distribution spatiale des services de soins liés à
l’infection à VIH diffèrent d’une zone à l’autre, nonobstant l’accessibilité financière.

SECTION 2 : LES HYPOTHÈSES DE TRAVAIL

1. La recherche d’une prise en charge thérapeutique est un facteur déterminant de


déstabilisation spatiale
2. Cette déstabilisation est modulée par une somme de facteurs où interfèrent :
- le lieu de vie ;
- l’offre nationale de soins liés à l’infection à VIH ;
- les conditions socio-économiques.
3. La mobilité induite par cette quête de traitement recompose le territoire de vie des
personnes vivant avec le VIH et vient s’ajouter à la déstabilisation sociale liée à
l’infection par le VIH (stigmatisation, discrimination, etc.)

SECTION 3 : LES OBJECTIFS PRATIQUES DU TRAVAIL

Les pathologies ont toutes une géographie : leur inscription spatiale. C’est donc à travers une
approche/démarche géographique que nous avons déterminé les objectifs de notre étude, lui
conférant un intérêt nouveau dans le cadre de la prise en charge thérapeutique des personnes
vivant avec le VIH au Burkina Faso.

L’approche géographique de la santé étudie la répartition et la fréquence d’un problème de


santé des populations dans un espace donné. Elle permet de rendre compte des différents
besoins de ces populations et d’y adapter la réponse publique appropriée. L’offre de soins en
termes de thérapie antirétrovirale aux personnes vivant avec le VIH n’est pas à dissocier des
besoins des populations en matière de santé.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 25


exemple du Burkina Faso
La géographie de la santé, en utilisant des composantes spatiales et de santé, sert à expliquer
des faits et des disparités de santé sur un territoire donné. Elle est donc très importante pour
comprendre les spécificités liées à une maladie. Elle peut en donner les clés et à terme
permettre de mieux lutter contre les pathologies.

L’objectif général de ce travail est de décrire les territorialités induites par la recherche de
thérapie antirétrovirale à travers les disparités spatiales de l’offre de soins sida au Burkina
Faso.

A travers une démarche géographique se rapportant à l’infection à VIH, il s’agira de manière


plus spécifique :
 de décrire les disparités spatiales de l’infection à VIH, c'est-à-dire en quoi
l’épidémie du VIH est-il un objet géographique au Burkina Faso ;
 de décrire les territorialités induites par les mobilités liées à la prise en charge
thérapeutique des personnes vivant avec le VIH,
 d’analyser la territorialisation de l’offre de soins au regard de la disparité spatiale
nationale de cette offre.

Cette recherche, de par son caractère géographique, se basera sur des outils de cartographie et
d’analyse spatiale, ce qui permettra de la rajouter à son originalité un intérêt programmatique
pour la lutte contre le VIH au Burkina, notamment en termes de gestion de l’observance aux
traitements.

SECTION 4 : LES OBJECTIFS DE L’ETUDE

L’épidémie du VIH, est-elle un objet géographique ? Cette question est largement discutée et
étayée par AMAT-ROZE (AMAT-ROZE’03). « Comme toute épidémie, l’infection à VIH a
non seulement une histoire (son évolution temporelle) mais aussi une géographie (son
inscription spatiale et ses itinéraires de propagation. » Le géographe s’appuie sur les
informations produites par le cortège disciplinaire rassemblé au chevet de l’infection pour
recueillir des indices : génétique moléculaire, virologie, épidémiologie (…) histoire,
économie. Au géographe, la cartographie de l’infection à différentes échelles ; au géographe
de développer une problématique intégrant les variables qui personnalisent un lieu et qui font

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 26


exemple du Burkina Faso
que là, l’infection flambe, là à l’opposé un territoire est épargné ; au géographe d’éclaircir
cet enchevêtrement de réalités ; au géographe de conduire cette étiologie spatiale ». Mais
cette contribution de la géographie avec son approche et ses variables d’analyse ne
s’appliquent pas qu’à l’histoire naturelle de l’infection à VIH. Les apports du géographe
s’appliquent également à la prise en charge médicale de cette infection.

D’une manière générale, les différentes thématiques d’études et de recherches sur le VIH et le
sida, aussi bien au Burkina Faso que partout ailleurs dans le monde, ont porté et portent sur
les aspects liés aux voies d’infection, aux zones de prévalence, aux mesures de prévention
ainsi que les itinéraires des virus, et ce, dans divers domaines de recherches comme la
médecine, la sociologie et l’anthropologie. Jusque-là, très peu d’investigations ont porté sur
l’accès aux soins des personnes vivant avec le VIH. Seules existent les recherches médicales
déjà effectuées ou en cours afin de trouver des traitements adéquats. De la mise au point des
thérapies à leur disponibilité dans un territoire donné, se recoupe un ensemble de facteurs à
savoir : l’existence et la disponibilité des thérapies, la connaissance de leur existence, les
conditions d’accessibilité à ces thérapies, ces conditions étant aussi bien humaines, physiques
que financières.

Selon PICHERAL : « la répartition géographique des ressources sanitaires contribue à


l’organisation de l’espace et détermine le niveau de desserte, d’accessibilité et de recours aux
soins des populations ». L’offre de soins est développée selon le critère démographique, d’où
un impact sur la répartition géographique [Meunier’2000] Les personnes vivant avec le VIH
définissent des territorialités, de par les mobilités liées à leur séropositivité et à leurs recours
aux soins.

Le sida, problème mondial de santé publique, oblige à une analyse globale du contexte dans
lequel il se développe pour mieux comprendre ces circonstances d’évolution. Ces contextes
environnementaux (géographique, historique, politique socio-économique, politique sanitaire
d’offre de soins…) contribuent à modeler les comportements humains pour expliquer les
disparités spatiales de l’infection et de la prise en charge thérapeutique.

Au Burkina Faso, la riposte nationale à l’épidémie du VIH a abouti en 1998 à un processus


d’approche multisectorielle qui se décentralise progressivement, impliquant ainsi les
communautés locales par un engagement important de leur part. L’aspect communautaire à

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 27


exemple du Burkina Faso
travers les soutiens divers et multiformes, les clubs d’observance et les échanges avec d’autres
personnes vivant avec le VIH, joue un rôle capital dans la lutte contre l’épidémie du VIH. Cet
aspect communautaire de la prise en charge est d’ailleurs prôné par l’OMS et l’ONUSIDA
pour une meilleure efficience de la lutte. Plus d’un millier de structures communautaires ont
été recensées dans le paysage national. En plus de la prévention et des soutiens psychosocial,
économique et spirituel, les ONG/Associations qui remplissent les conditions définies par le
ministère de la santé, offrent une prise en charge médicale. Bien qu’elles ne remplacent pas
totalement les formations sanitaires publiques, ces structures communautaires de par
l’importance de leurs activités, occupent une place importante dans leurs zones d’intervention
et même parfois au-delà. C’est au regard de cette importante implication des associations que
nous avons choisi de les intégrer dans cette recherche et ce, afin d’examiner leurs
contributions dans la géographie de la prise en charge thérapeutique des personnes vivant
avec le VIH au Burkina Faso.

Si une approche géographique est un élément nécessaire pour une meilleure connaissance des
dynamiques épidémiques, les mises en valeur de ces disparités à travers des territorialités,
permettent également une réflexion sur des approches plus appropriées pour de meilleures
stratégies d’actions, de prise en charge et de lutte contre les épidémies, d’où notre recherche
sur « Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités,
exemple du Burkina Faso.»

SECTION 5 : LA METHODOLOGIE

Notre travail est une recherche appliquée à travers une approche quantitative. Elle a fait appel
à différentes modalités qui ont permis de recouper des informations en centrant la recherche
sur une analyse spatiale des déterminants relevés. Ce seront essentiellement :
- l’analyse bibliographique par l’utilisation des données de la littérature mais aussi
les rapports et la littérature grise ;
- l’analyse des données épidémiologiques de la sérosurveillance du VIH au Burkina
Faso,( les données de l’ONUSIDA, du Conseil national de lutte contre le sida et les
IST (CNLS-IST), des associations, des structures hospitalières ) ;
- les entretiens avec les responsables du ministère de la santé et du Secrétariat
permanent du Conseil national de lutte contre le sida et les IST (SP/CNLS-IST) afin

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 28


exemple du Burkina Faso
de recenser tous les centres de soins et les divers services liés aux soins du sida
dans l’ensemble des 13 régions sanitaires ;
- les enquêtes auprès des personnes vivant avec le VIH dans certaines localités du
Burkina Faso.

SECTION 6 : LA REVUE DE LA LITTERATURE

La bibliographie consultée sur le VIH en général et sur l’accès aux traitements en particulier,
se retrouve sur des liens électroniques. Ce sont les sites web des organismes à caractère
national, régional ou mondial (SP/CNLS-IST, All Africa, OMS, UNAIDS, AMADES, etc.).
Beaucoup de documents et d’articles publiés et édités proviennent du fonds documentaire du
SP/CNLS-IST et de différentes conférences sur le sida. Quelles qu’en soit leur nature ou
provenance la revue de littérature traite du problème de l’accès difficile aux traitements dans
les pays en voie de développement, surtout ceux de l’Afrique subsaharienne.

Dans certains articles ou pour certains auteurs, les ressources limitées d’un pays constituent
un obstacle à la vulgarisation du traitement et à l’accès aux ARV. Selon d’autres sources, les
ressources limitées ne sauraient à elles seules justifier la faiblesse de l’offre de soins. En effet
de nombreuses mesures et initiatives ont été prises pour que le droit au traitement des
personnes vivant avec le VIH soit respecté. Les raisons de ce faible accès au traitement sont
systémiques au secteur santé: système sanitaire inadéquat, manque de personnel, mauvaise
gestion des ressources…

Cette revue documentaire ayant fait l’objet d’exploration dans les recherches du DEA, elle a
été affinée et complétée par de nouveaux ouvrages, des articles récemment publiés et des
données de la littérature grise.

SECTION 7 : LE PLAN DE REDACTION

Le plan proposé pour présenter notre travail est structuré neuf chapitres, répartis ainsi qu’ils
suivent en trois parties.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 29


exemple du Burkina Faso
La première partie porte sur l’infection à VIH au Burkina Faso. Après une présentation du
Burkina Faso au travers de différents indicateurs sociodémographiques, économiques et de
développement dans le chapitre un, le chapitre deux s’ouvre sur une vue d’ensemble de
l’épidémie du VIH dans le monde et en Afrique subsaharienne. Il se poursuit par la situation
de l’infection au Burkina Faso à travers les différentes données de surveillance du VIH, du
sida et des infections sexuellement transmissibles. Puis la riposte nationale au VIH est traitée
dans le chapitre trois. Il rend compte du niveau de leadership et de la priorité accordée à cette
lutte pour en faire une réalité à travers une approche multisectorielle.

La deuxième partie aborde l’offre nationale de soins liés à l’infection à VIH. Le chapitre
quatre qui débute cette partie décrit la situation sanitaire nationale, en se référant aux
différentes stratégies et politique sanitaire qui ont modelé l’offre de soins, dans un contexte de
sous-développement et de dépendance vis-à-vis des partenaires au développement. Ces
partenaires ont permis à partir de 2003 la mise en œuvre de plusieurs initiatives qui ont
amélioré l’offre de soins liés à l’infection à VIH. Avec ses contraintes et ses exigences en
termes de disponibilité et d’accessibilité, l’offre de soins pour la prise en charge thérapeutique
du VIH se décline en divers services et structures de prise en charge, incluant la disponibilité
en médicaments et les différentes portes d’entrée vers les soins. C’est ce que nous abordons
dans le chapitre cinq. Enfin, la prise en charge thérapeutique, de par ses caractéristiques et ses
spécificités (infrastructures, équipements, qualification de personnel, implication des
communautés, etc.) a des effets, des apports sur le système de soins. Ces apports, qui
participent à renforcer le niveau de l’offre de soins seront traités dans le chapitre six.

La troisième partie de notre travail porte sur les recompositions territoriales à travers les
mobilités et la déstabilisation induite par la quête de soins, à travers la prise en charge
thérapeutique et territorialités. Dans cette partie, le chapitre sept présente les résultats de
l’enquête réalisée dans les quatre sites de recherche dans une déclinaison des différentes
caractéristiques : sociodémographiques, infection, traitement et mobilités y relatives. Ces
différentes données viendront étayer les analyses pour vérifier les différentes les hypothèses
dans le chapitre huit.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 30


exemple du Burkina Faso
Carte 1. Présentation du Burkina Faso

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 31


exemple du Burkina Faso
PREMIERE PARTIE

L’INFECTION
PREMIERE À VIH AU BURKINA
PARTIE : L’INFECTION FASOFASO
A VIH AU BURKINA

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 32


exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 1 : LE BURKINA FASO, UN ETAT AU CŒUR DE L’AFRIQUE DE
L’OUEST

La situation de l’infection à VIH évolue dans un contexte géographique, démographique,


socio-économique, sanitaire et culturel particulier au Burkina Faso2, le tout doublé d’une
organisation politique qui donne son assise à la lutte contre la pandémie.

Entièrement continental, le Burkina Faso est une ancienne colonie de l’Afrique occidentale
française (AOF), et jusqu’à la Révolution d’Août 1983, le pays s’appelait la Haute-Volta. Il
est limité au Nord et à l’Ouest par le Mali, à l’Est par le Niger et au Sud par la Côte-d’Ivoire,
le Ghana, le Togo et le Bénin. Par la Côte-d’Ivoire, le Togo, le Bénin ou le Ghana, sa capitale
Ouagadougou, située au centre du pays, est à environ 1000 km de la côte [Da’2004]. De par
sa position géographique, le Burkina Faso est un véritable carrefour, où se mêlent échanges de
biens et mouvements des peuples et il constitue un important pays de transit routier. Cette
situation en fait un pays d’immigration et de brassage des populations [Da’2004].

Avec une population estimée à 13 730 258 habitants en 2006 selon les statistiques de l’INSD
[INSD/BF’2006], le Burkina Faso présente un profil économique qui le place parmi les pays
les moins avancés, sur la base d’un seuil absolu de pauvreté estimé à 89 712 F.CFA en 2006
et à 91 598 F.CFA en 2007 [MEF/BF’2008]. Le Burkina Faso est marqué par des modes de
production essentiellement ruraux liés à l’agriculture et à l’élevage. Les groupes humains
partagent des traditions séculaires influençant les rapports entre hommes et femmes et les
relations entre générations, ainsi que les coutumes matrimoniales. Il existe en outre des
manifestations en rapport avec une urbanisation accélérée et des flux migratoires importants
au plan national et régional qui ont une influence sur la situation de l’épidémie du VIH.

1.1. Le Burkina Faso, décentralisation et organisation du territoire

La création des 13 régions administratives, comme espaces de planification du développement


économique et social, et d’aménagement du territoire parachève avec la communalisation
intégrale initiée par le Gouvernement depuis 2006, l’armature institutionnelle de la
décentralisation au Burkina Faso.
2
Burkina Faso signifie « Pays des Hommes intègres » dans une langue locale.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 33


exemple du Burkina Faso
L’ensemble des collectivités territoriales ont été créées dans ce cadre pour exercer avec une
claire visibilité et un esprit de suite la gouvernance locale notamment en matière
d’aménagement du territoire, de santé et de développement économique.

1.1.1. Historique de la décentralisation

L'histoire de la décentralisation au Burkina Faso remonte à la période coloniale, avec des


expériences multiples et variées [MATD/BF’2007] :
- Erection des deux principales villes du pays en communes mixtes, Bobo-Dioulasso en
1926 et Ouagadougou en 1952 ;
- En 1955 : restructuration de ces deux communes mixtes en communes de plein
exercice ;
- En 1960 : création de collectivités rurales ;
- En 1966 : remplacement des conseils des collectivités en délégations spéciales ;
- En 1974 : réorganisation de l'administration du territoire en créant des conseils
départementaux, sous-préfectoraux et d'arrondissements. Le département était une
collectivité locale devant avoir un organe délibérant élu. Malheureusement, il n'eut pas
d'élections ;
- Avec la révolution de 1983, il y eut une réorganisation du territoire avec la création
des provinces et les Comités de Défense de la Révolution comme cellule de base du
pouvoir démocratique et populaire.

Mais toutes ces expériences demeurent inachevées car les organes de gestion ont souvent été
nommés par le Gouvernement du fait des Etats d'exception, hypothéquant ainsi la libre
administration des collectivités locales. C'est dans la Constitution du 02 juin 1991 (révisée par
la loi n°002/97/ADP du 27 janvier 1997) que le renouveau actuel du processus de
décentralisation trouve son fondement, à travers l’organisation du pays en collectivités
territoriales. Ainsi, en 1996, le nombre des collectivités provinciales se renforce avec la
création de quinze (15) nouvelles provinces, induisant du même fait, la création de 14
nouvelles communes urbaines. Par ailleurs, cinquante nouveaux départements sont créés.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 34


exemple du Burkina Faso
1.1.2. Organisation territoriale

Le territoire du Burkina Faso est divisé en collectivités territoriales ou collectivités locales et


en circonscriptions administratives. Les collectivités locales sont : la région et la commune
(collectivité de base). Les circonscriptions administratives sont : la région, la province, le
département et le village.

La région constitue l'espace économique et le cadre adéquat d'aménagement, de planification


et de coordination du développement local. Son territoire comprend des provinces, des
départements, des communes et des villages.

Le découpage administratif est le suivant :


 Les régions, au nombre de 13, sont administrées par des gouverneurs nommés en
Conseil des ministres ;
 Les provinces, passent de 10 à 30 après la division du territoire entre 1984 et 1987,
puis à 45 à partir d’avril 1996. Elles sont administrées par des Hauts commissaires
nommés en Conseil des ministres ;
 Les communes, sous la responsabilité de maires, (anciennement départements), se
distinguent par les communes urbaines et les communes rurales ;
 Les villages, administrés par des conseils villageois de développement, sont au
nombre de 8228 [MATD/BF’2007].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 35


exemple du Burkina Faso
Carte 2 : Organisation administrative du Burkina Faso

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 36


exemple du Burkina Faso
1.1.3. Les compétences des collectivités locales

Les lois de décentralisation de 1998, ainsi que la loi n° 013-2001 du 02 juillet 2001 portant
modification des lois de 19983, consacrent le transfert de onze (11) domaines de compétences
aux collectivités locales parmi lesquels (i) le domaine foncier propre aux collectivités locales,
(ii) l’aménagement du territoire et la gestion du domaine foncier et de l’urbanisme, (iii) le
développement économique et la planification, (iv) la santé et l’hygiène, etc.

Ces compétences sont dévolues aux collectivités locales selon le principe de subsidiarité qui,
faut-il le rappeler, est un mode de dévolution des compétences qui veut que les niveaux
inférieurs exercent les compétences et les pouvoirs qu'ils peuvent correctement et mieux
exécuter que les niveaux supérieurs. Le niveau supérieur n'intervient dans les compétences
qu'en cas de carence constatée ou de refus manifeste du niveau inférieur d'assumer ses
responsabilités. Ainsi, les activités de base ont été dévolues à la commune à titre exclusif,
tandis que les compétences intermédiaires le sont à la province à titre exclusif ou sont
quelquefois partagées.

Plus d’une décennie après le début de la mise en œuvre du processus, des acquis mais aussi
des insuffisances sont à signaler dans la décentralisation administrative. Les principaux acquis
demeurent la fonctionnalité des communes urbaines ainsi que l’appui effectif des partenaires
au développement. En ce qui concerne les insuffisances nous pouvons énoncer:
 l'inadéquation des moyens des communes urbaines existantes par défaut de transfert
effectif des ressources;
 la mise en place inachevée des collectivités locales, notamment la commune rurale et
la province;
 la déconcentration qui doit accompagner le processus de décentralisation est aussi
inachevée, tant au niveau des circonscriptions administratives qu'au niveau des
structures techniques des différents départements ministériels;
 la faible capacité de gestion de certains élus locaux.

3
Ce sont les lois de décentralisation de 1998 : n°040/98/AN du 03 août 1998, n° 041/98/AN du 06 août 1998 et
n°043/98/AN du 06 août 1998.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 37


exemple du Burkina Faso
1.2. Population et peuplement, une démographie fort galopante

Selon les résultats provisoires du Recensement général de la population et de l'habitation


(RGPH) de 2006, publiés le 23 juillet 2007, la population totale du Burkina Faso s'établit à
13 730 258 habitants. Elle est composée de 6 635 318 hommes et de 7 094 940 femmes : les
femmes représentent 51,7% de la population globale contre 48,3% d'hommes [INSD’2006].
Du recensement de 1996 à celui de 2006, il en résulte un accroissement annuel moyen
d'environ 341 765 personnes. Aussi, de 5 638 203 habitants en 1975, la population est passée
à 7 964 705 habitants en 1985 puis à 10 312 609 personnes en 1996 pour atteindre 13 730 258
habitants en 2006. Depuis 1996, la population augmente de 350 000 habitants environ chaque
année [INSD/BF’2006]. Au rythme actuel de la croissance évaluée à 2,37% par an, cette
population atteindrait 14,7 millions en 2010, soit environ 2 millions d’habitants de plus en six
ans. Il s’agit d’une population qui se caractérise encore par sa forte fécondité (ISF 6,2) et par
son extrême jeunesse (55% a moins de 15 ans) [SP/CNLS-IST’2005 a].

D’emblée, on peut retenir du RGPH 2006 que la population demeure rurale et que la
répartition géographique présente des inégalités selon les régions. Ainsi, la région du Centre
renferme 11,1% de l'ensemble de la population. Elle est suivie des régions de la Boucle du
Mouhoun (10,5%) et des Hauts-Bassins (10,3%). En revanche, la région des Cascades est la
moins peuplée (3,8%), suivie dans l'ordre croissant par les régions du Sud-Ouest (4,6%) et du
Centre-Sud (4,7%) de la population du Burkina. Les résultats provisoires du RGPH 2006,
indiquent également, que 20% des habitants sont établis en milieu urbain contre 79,7% en
milieu rural. Selon le sexe, seulement 21% des hommes et 19,50% des femmes recensés
vivent en milieu urbain. Par rapport aux régions, le Centre affiche le plus fort taux
d'urbanisation (77,5%). Il est suivi par la région des Hauts-Bassins avec 34,7% de sa
population totale. Ces disparités sont illustrées par la carte suivante.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 38


exemple du Burkina Faso
Carte 3: Densité de population en 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 39


exemple du Burkina Faso
Des sources de l’INSD, la densité moyenne de la population est passée de 21 habitants/km2 en
1975, à 29 en 1985, 38,1 en 1996 et de 52,25 habitants/ km2 en 2006. Cependant de forts
contrastes existent entre les provinces. Ainsi, l’extrême Sud-Est, l’Est (Komandjari et
Kompienga) ont au plus 10 hab./km2, alors que le Centre (Kadiogo), le Centre-Est
(Kourritenga), le Centre-Ouest (Boulkiemdé) ont des densités allant de 95 à 100 hab./km2, et
le Kadiogo dépasse largement ce taux.

Le rapport densités de population sur espace vital ou conditions naturelles de développement,


la population composée à 80% de ruraux, ainsi que la forte concentration, ont provoqué une
surexploitation des ressources naturelles et une dégradation accentuée du milieu. Dans les
zones de l’Est et de l’Ouest, la faible densité des habitants attire de plus en plus d’immigrés
occasionnant des problèmes de gestion rationnelle et de dégradation des ressources naturelles
[Da’2004]. Tous ces éléments expliquent en grande partie les mouvements de population
d’ailleurs très diversifiés.

1.3. Des conditions climatiques désavantageuses

Le pays bénéficie d’un climat tropical à deux saisons très contrastées et dont la durée varie en
latitude à cause du balancement régulier du front intertropical (FIT) ou convergence
intertropicale (CIT). Durant la saison sèche, de novembre à mars, souffle l’harmattan, vent sec
du Nord-Est vers le Sud-Ouest alors qu’en saison humide, domine l’alizé maritime qui change
de direction en traversant l’équateur géographique, à la rencontre du précédent. L’amplitude
thermique annuelle varie entre 28 et 32° C et les mois les plus chauds correspondent aux
périodes transitoires entre les deux saisons : octobre-novembre et avril-mai avec des
températures pouvant atteindre 42°C à l’ombre. Les précipitations sont en moyenne de 850 à
900 mm sur 3 à 5 mois de l’année avec un maximum en juillet-août, glissant de plus en plus
en août-septembre, provoquant très souvent des inondations. Le Sud du pays est largement
plus arrosé (Niangoloko : 1200 mm/P/an) que le Nord (Dori : 500 mm/P/an). Cette variabilité
des pluies dans l’espace s’ajoute à celle temporelle, allant parfois du simple au double,
rendant la maîtrise de ce facteur naturel difficile, dans le cadre des activités agricoles et sylvo-
pastorales.

De l’hydrographie, il faut retenir que bien que relativement peu arrosé, le Burkina a un réseau
hydrographique assez important, surtout dans sa partie méridionale. Les cours d’eau se

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 40


exemple du Burkina Faso
rattachent à quatre bassins principaux d’importance inégale, caractérisant le réseau
hydrographique du Burkina. Il s’agit de ceux (i) de la Volta et de la Pendjari, (ii) de la Comoé,
(iii) du Niger et (iv) du Banifing4. Le drainage se fait par intermittence pour la quasi totalité
des cours d’eau. Le Mouhoun, fleuve le plus important dont l’affluent principal est la
Bougouriba, est rejoint par le Nakambé et le Nazinon en territoire ghanéen pour former la
Volta. Le reste du pays est drainé à l’Ouest par la Comoé-Léraba, à l’Est par le Pendjari et la
Sirba, au Nord par le Béli. La mauvaise alimentation en eau du réseau hydrographie est liée à
un climat tropical à saisons contrastées, au régime pluviométrique capricieux [Da’ 2004].

Concernant les sols, la majeure partie du pays est couverte de sols ferrugineux le plus souvent
lessivés sur matériaux d’altération kaolinite ; mais on retrouve ça et là des poches dans les
provinces du Houet, du Kénédougou et de la Comoé où se développent des sols rouges,
profonds et homogènes, du type ferrallitique. Dans l’ensemble, ces sols sont très pauvres en
matériaux fertilisants, donc non propices aux activités agricoles qui pourtant soutiennent un
pan entier de l’économie du pays.

1.4. Une économie tributaire du secteur primaire

L’économie du Burkina Faso, pays à faible revenu, repose essentiellement sur l’agriculture et
l’élevage, de type traditionnel extensif5. Ces deux activités dont 20 à 30% entrent dans le PIB,
occupent environ 80% de la population engagée dans une lutte âpre pour une autosuffisance
alimentaire [MEF/BF’2007]. C’est pourquoi l’agriculture reste largement dominée par les
cultures vivrières auxquelles s’ajoutent quelques cultures de rente. Au cours de la dernière
décennie, la production fruitière et maraîchère (mangues, oranges, papayes, mandarines,
citrons, goyaves, haricots verts, tomates, maïs, …) a connu un véritable essor grâce au
développement des périmètres, plaines et bas-fonds aménagés, de même que la petite
irrigation villageoise. Quant à l’élevage, il représente plus de 10% du revenu national et 30%
des exportations. Les produits de la cueillette (amendes de karité) et ceux de la pêche avec le
développement de la pisciculture (Comoé, Tapoa) ainsi que la construction de grands barrages
(Kompienga, Bagré) ne sont point négligeables.

4
Le Banifing est un bassin peu cité, donc très peu connu.
5
En 2001, le PNB était de 230 $US. Avec la dévaluation du FCFA en janvier 1994, le taux de croissance du PIB
est passé de 4% en 1995 à 6% en 1996 et 5,5% en 1997. L’indice des prix à la consommation, de 8,3% entre
1993-97, est passé à 2,3% en 1997.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 41


exemple du Burkina Faso
Cependant, en 2007, la croissance économique du Burkina Faso a connu un ralentissement,
comparée aux deux dernières années (7,1% en 2005 et 5,5% en 2006) à la suite d’une
mauvaise campagne agricole découlant d’une mauvaise répartition spatio-temporelle des
pluies et aux effets de la crise de la filière coton. Ainsi, le PIB en terme constant ne
progresserait que de 3,9% (pour un objectif de 6,5%). Ce taux, en recul de 1,6 point par
rapport à l’année 2006, se situe également en retrait de 1,4 point par rapport à la croissance
moyenne des pays membres de l’UEMOA (+4,3%) en 2007. La relative bonne tenue de
l’économie serait portée essentiellement par les performances des secteurs secondaire (+8,3%)
et tertiaire (+3,5%). Les effets conjugués des conditions climatiques défavorables et des
difficultés de la filière coton (baisse des prix aux cotonculteurs, hausse des prix des intrants,
etc) ont fortement contribué au recul de la croissance du secteur primaire (-0,4%) et, partant,
au ralentissement de l’évolution du PIB.

Graphique 1 : Evolution comparée des taux de croissance du PIB réel du Burkina Faso et de
quelques pays de l’UEMOA de 2003 à 2007

Taux de croissance du PIB réel

10,0
8,0
6,0
%

4,0
2,0
0,0
-2,0 2003 2004 2005 2006 2007
Année

Burkina Faso Mali Niger UEMOA

Sources : UEMOA & DGEP/MEF, Mars 2008

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 42


exemple du Burkina Faso
En dépit d’importants progrès économiques accomplis depuis plus d’une décennie, la
population burkinabé est demeurée extrêmement pauvre. Les données relatives au PIB par
habitant et celles des indicateurs de développement humain sont restées globalement
marquées par des différentiels significatifs par rapport à la plupart des pays voisins
[Grégoire’2003].

Tableau 1 : Situation des indicateurs de développement humain du Burkina Faso et des pays voisins
en 2005
Indicateur de Indicateur de Espérance de
Pays Taux
développement développement vie à la PIB / Habitant
d’alphabétisation
humain (2000) humain (2005) naissance
Bénin 0,420 0,435 55,4 34,7 1 141
Burkina Faso 0,325 0,370 51,4 23,6 1 213
Côte d’Ivoire 0,428 0,432 47,4 48,7 1 648
Ghana 0,548 0,553 59,1 57,9 2 480
Mali 0,386 0,380 53,1 24,0 1 033
Togo 0,493 0,512 57,8 53,2 1 506
Source : Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008, PNUD 2007

A ces différents facteurs démographiques et climatiques qui grèvent lourdement l’économie


du Burkina Faso, s’est ajouté le dynamisme économique de la Côte d’Ivoire des années 1970-
1980 qui contribua à favoriser l’émigration vers ce pays. Il s’en est résulté un brassage de
population qui influe sur le taux de séroprévalence du Burkina Faso.

1.5. Relations avec la Côte d’Ivoire, liens séculiers et infection à VIH

Le 1er mars 1919, la colonie du Haut - Sénégal et Niger a été disloquée et ce fut la création de
la colonie de la Haute-Volta qui rejoint la fédération de l’Afrique occidentale française
(AOF). Malheureusement à partir de 1930, des révoltes ainsi que la famine vont concourir à la
dislocation de cette nouvelle colonie qui sera effective en 1932. La Haute Volta, pays aux
ressources naturelles limitées mais riche de ses hommes est sacrifiée pendant la crise
économique des années 30 pour la mise en valeur des autres colonies françaises voisines.
Ainsi, elle est partagée en 1932 entre le Soudan français, le Niger et la Côte d’Ivoire qui hérite
de la part du lion. Ces hommes serviront de main d’œuvre pour les plantations de la Côte
d’Ivoire, l’Office du Niger (projet de culture de riz et de coton au Soudan) et aux travaux de
construction du chemin du fer Abidjan-Niger [Madiega’1995].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 43


exemple du Burkina Faso
Ainsi, depuis cette époque reculée, les Burkinabé ont contribué à ravitailler la Côte d’Ivoire
en main d’œuvre. C’est par vagues entières que les jeunes gens prendront la route du pays de
Feu le président F. H. BOIGNY, père de la nation ivoirienne ; celui-là qui a rêvé de la double
nationalité Haute-Volta et Côte d’Ivoire avec Feu Maurice YAMEOGO, premier président de
la Haute Volta indépendante en 1960. Une idée qui traduit, si cela était nécessaire
aujourd’hui, les liens de fraternité qui ont longtemps prévalu entre ces deux pays qui se sont à
un moment donné, considérés comme une seule et même entité.

Partis le plus souvent célibataires à la recherche d’un mieux-être, ce flux migratoire


augmentait ainsi le phénomène du métissage social, culturel et humain à travers les unions,
formalisées ou non, contractées dans le pays d’accueil. Selon un rapport du Conseil
économique et social de la Côte d’Ivoire, l’importance toujours grandissante du phénomène
de métissage est certes source d’enrichissement mais il constitue aussi et surtout un
déséquilibre socioculturel [CES/RCI’1998] au regard des étrangers de 2ème génération qui
représentent plus de 42% de la population ivoirienne.

De septembre 2002 à avril 2003, du fait de la crise sociale et politique qui a troublé la paix en
Côte d’Ivoire, plus de trois cent mille (300 000) ressortissants burkinabé ont été rapatriés avec
une forte concentration respectivement dans les provinces du Houet, du Boulkiemdé, du
Passoré, du Mouhoun, du Kourritenga, du Poni et du Bam. Si les rapatriés ont été confrontés à
des problèmes alimentaires et de logement à leur arrivée au Burkina Faso, beaucoup sont
arrivés dans des conditions très éprouvantes de santé. Ils seraient à l’origine de certains cas de
maladies à caractère épidémiologique (rougeole, fièvre jaune) et quelques cas d’infection à
VIH et de sida ont été signalés parmi la population rapatriée [Belem’2003].

1.6. Dimensions socio-culturelles, genre et pauvreté, impacts sur l’infection à VIH

S’il est vrai que l’épidémie du VIH est un sérieux problème de santé, elle pose également un
problème de genre. La communauté internationale reconnaît de plus en plus que les
dimensions genre du VIH ne doivent plus être passées sous silence. Un tournant important a
été opéré lors de la Session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur le VIH en
Juin 2001, à l’occasion de laquelle 189 pays ont signé une Déclaration d’Engagement
reconnaissant que « l’égalité des genres et le renforcement des capacités des femmes sont des
éléments essentiels de l’atténuation de la vulnérabilité des femmes et des filles face au VIH.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 44


exemple du Burkina Faso
Concernant le facteur pauvreté, le VIH touche autant les pauvres que les riches ou vice versa.
Mais compte tenu du fait que les pauvres sont, en chiffres absolus, plus nombreux que les
riches, le nombre de pauvres infectés est donc plus élevé que celui des riches.

1.6.1. Infection à VIH et grand péril féminin

Le Burkina Faso est un véritable carrefour, où se mêlent échanges de biens et mouvements


des peuples. La mise en place des peuples du Burkina Faso n’autorise pas une classification à
partir des entités administratives créées par la colonisation. Cosmopolite, sa population est
composée d’une soixantaine d’ethnies numériquement très inégales et difficiles à répartir pour
plusieurs raisons :
 les frontières ethniques à l’intérieur du pays ne sont pas toujours nettes
 les frontières héritées de la colonisation ne respectent pas les entités ethniques
 la grande mobilité des Moosé, des Dioula, des Peul, les uns à la recherche de terres
fertiles ou de pâturages, les autres pour le commerce [Da’ 2004].

Selon l’OMS, les normes de genre ont un impact sur la transmission du VIH (OMS’2002). Le
genre est une notion qui va bien au-delà de la notion de sexe. Il se réfère, au sein d'une société
donnée, aux attentes et normes largement partagées concernant la conduite appropriée de
l'homme et de la femme, leurs caractéristiques et leurs rôles. C’est une construction sociale et
culturelle qui différencie les femmes des hommes et définit les façons dont ils interagissent.
Dans bien des régions, par exemple, les normes de genre permettent aux hommes d'avoir plus
de partenaires sexuels que les femmes.

Aussi, par rapport à l’infection du VIH, l’on pensait seuls les hommes homosexuels étaient
affectés. Les femmes sont restées longtemps à l’ombre, car les regards de la communauté
internationale se sont portés vers les personnes droguées par voies intraveineuses et les
hémophiles. Cette prédominance dans les deux groupes a rendu invisible la problématique des
femmes comme groupe humain affecté [Obando’2003]. Cependant, l’infection a commencé à
apparaître parmi les femmes. Par la suite, en raison de l’augmentation de l’infection par voie
hétérosexuelle, on a trouvé que la grande majorité des infectées étaient des femmes mariées et
avec un partenaire stable et pratiquement monogames.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 45


exemple du Burkina Faso
Divers facteurs rendent les femmes particulièrement vulnérables au risque de contamination
par le VIH. Des facteurs physiques et biologiques, qui se traduisent par un risque de
contamination plus élevé pour la femme ; sperme plus contaminant, surface d’exposition plus
large des muqueuses de la femme, donc plus de contact et plus de risque de passage, risque
supérieur de petites lésions des muqueuses, menstruations augmentant le risque de
transmission, etc. Il existe également des vulnérabilités socioculturelles face à l’infection à
VIH : situation de précarité, situation d’isolement, de faibles ressources, l’analphabétisme, le
manque d’autonomie et la dépendance sociale et économique. Ce sont donc un ensemble de
facteurs limitant l’accès de la femme aux messages de prévention, à leur mise en pratique et
aux soins.

Au Burkina Faso, les femmes représentent 51,7% de la population générale, soit 94 hommes
pour 100 femmes [RGPH, 2006]. Selon le bilan général de la mise en œuvre du PNM 2007,
pour les cas de sida notifiés dans les formations sanitaires, 5 144 personnes ont été
enregistrées parmi lesquelles 1 835 hommes et 3 309 femmes soit respectivement 36% et 64%
des cas [SP/CNLS-IST’2007]. Le sexe ratio est de 0,55.

Toujours selon le bilan général de la mise en œuvre du PNM 2007, les statistiques sur les
infections sexuellement transmissibles qui sont une porte d’entrée de l’infection à VIH
révèlent les chiffres plus élevés chez les femmes pour 2006. L’incidence est de 12,4‰ chez
les femmes contre seulement 2,9‰ chez les hommes.

Tableau 2 : Incidence des cas d’IST selon le sexe en 2006


Sexe Effectif Population (estimation) Incidence (‰)
Masculin 19 413 6693439 2,9
Féminin 89 853 7251225 12,4
Total 109 266 13 944 664 7,8
Source : Bilan général de la mise en œuvre du PNM 2007, décembre 2007

De nombreuses études ont démontré que la dissémination et l’impact du VIH affectent de


manière disproportionnée les femmes parce qu’elles sont plus vulnérables économiquement,
socialement et culturellement. Il existe une grande variété d’études sur divers aspects du VIH
au Burkina Faso : des études de faisabilité, épidémiologiques, de connaissances, attitudes et
pratiques (CAP), d’évaluation et d’impact, etc. Malheureusement, nous n’avons pas pu
retrouver des études/recherches sur les valeurs traditionnelles et coutumières.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 46


exemple du Burkina Faso
Le Burkina Faso a une société à très large majorité patriarcale, exception faite des peuples
Lobi et Dagara (régions du Sud-Ouest du Burkina Faso) où subsiste le régime matrilinéaire6.
Même dans ce régime, les femmes ne jouissent pas des mêmes privilèges institutionnels que
les hommes dans les sociétés patriarcales. L’homme prend les décisions importantes et
l’influence de la femme si grande soit-elle, doit rester discrète. La femme est considérée
comme un être inférieur que le chef de famille peut à tout moment et au besoin par son droit
de correction ramener sur « le droit chemin ». C’est une éternelle mineure qui ne peut rien
décider d’elle-même. Elle est considérée comme un objet et elle-même et ses biens sont la
propriété de la famille.

L’égalité en matière de mariage, de divorce et de succession n’est en général pas respectée.


Malgré les principes édictés dans le Code des Personnes et de la Famille, le monde rural dans
son ensemble continue les pratiques coutumières du don de femmes, de la dot, du lévirat et les
filles n’ont pas les mêmes droits de succession que leurs frères. Même en milieu urbain, les
mariages célébrés selon le code des personnes et de la famille sont l’apanage de quelques
intellectuels et de couples chrétiens. Compte tenu des mentalités, le mari est considéré comme
le chef de famille auquel la femme et comme les enfants doivent obéissance [Dakouré’2004].

Mariées, les femmes sont « un groupe à risque » car ne pouvant pas négocier les rapports
sexuels avec l’époux à qui elles doivent entière soumission. Comme le souligne Le Palec A.,
les femmes n’ont aucun contrôle sur la vie sexuelle du mari mais elles se doivent d’exiger les
devoirs conjugaux. Les programmes de prévention recommandent la fidélité pour se protéger.
Mais les femmes savent que leur fidélité protège éventuellement le mari [Le Palec’2000],
dans un univers culturel où la polygamie est monnaie courante sans toujours être officialisée.
Cet état des faits s’aggrave avec l’influence de la religion musulmane où l’homme a le droit
de prendre jusqu’à quatre épouses. « Je préfère savoir mon époux chez une autre femme que
je connaît plutôt qu’il me trompe », ce sont les propos d’une femme, dont le mari a convolé en
secondes noces avec « son consentement ». Cette situation de polygamie que beaucoup de
femmes ont fini par accepter et à laquelle certaines souscrivent entièrement et sans pression7,

6
Se dit des sociétés où la transmission du statut social avec nom et fortune relève de la lignée maternelle. Il
n’existe pas de société humaine où le matriarcat, comme pendant symétrique du patriarcat (un système social
dominé exclusivement par les hommes), ait existé.
7
Il ressort des différents entretiens avec les femmes que cette situation est la plus facile à gérer plutôt que de se
« battre » au péril de son foyer, voire même de sa vie, avec une rivale.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 47


exemple du Burkina Faso
permet en théorie d’éviter la précarité économique et de se prémunir des maladies que
pourraient rapporter le multipartenariat sexuel du mari.

D’une manière générale, l’épidémie du VIH/sida a un impact sur le système socio-culturel


d’un pays. Ainsi, la lecture de certains témoignages d’enquêtes montre qu’il existe des
répercussions multidimensionnelles [PNUD/BF, 2001] se traduisant par :
 une désorganisation des systèmes de soutien social, dans la mesure où l’ensemble des
relations et croyances sociales qui déterminent la collecte et la distribution des
ressources, en espèces, en nature ou en travail, sont profondément perturbées,
 la modification des mécanismes traditionnels de prise en charge des orphelins,
 la modification des systèmes traditionnels de protection (soutien et soins) des
personnes âgées,
 l’effritement de la solidarité familiale,
 la perturbation des rapports sociaux et la modification des pratiques funéraires.

Comme on peut le constater, à travers ces éléments qui ont été énumérés, les dimensions
culturelles n’échappent pas aux lourdes conséquences de l’épidémie à VIH. Dans le contexte
actuel, on peut donc conclure que le VIH désorganise globalement les normes sociales
établies, ainsi que les habitudes et les pratiques culturelles ayant largement cours dans les
sociétés dites traditionnelles du Burkina Faso.

1.6.2. La pauvreté comme facteur de vulnérabilité au VIH

Le lien entre sida et pauvreté à valeur universelle s’est renforcé pendant les vingt dernières
années sous toutes les latitudes [Amat-Roze’2002]. La pauvreté et le VIH sont
interdépendants. La pauvreté est un facteur déterminant des comportements qui exposent
l’individu au risque d’infection par le VIH ; elle amplifie ainsi l’incidence du VIH. La réalité
du VIH peut facilement entraîner une intensification de la pauvreté et même pousser à la
pauvreté des individus non pauvres [African Studies Center’2003].

Avec l’appui du PNUD et du Danemark, le CNLS-IST du Burkina Faso a réalisé une analyse
sur l’impact du sida sur la pauvreté des ménages [PNUD/BF, 2001]. Il ressort de cette analyse
que le VIH aggrave la pauvreté parmi les ménages déjà pauvres. Des facteurs principaux tels
que : la diminution des revenus des ménages (parents décédés ou malades), l’augmentation

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 48


exemple du Burkina Faso
des dépenses de santé, la dislocation des ménages (à la suite de la perte d’un ou des deux
parents), l’augmentation du nombre d’orphelins et des enfants de la rue, etc., contribuent
d’une manière ou d’une autre à renforcer la pauvreté au niveau individuel et familial (niveau
micro-économique). Au regard de ce qui précède, la pandémie du VIH est un facteur
d’aggravation de la pauvreté.

Il ressort des résultats du diagnostic de la vulnérabilité de la pauvreté à l’infection à VIH que


la pauvreté rend les pauvres plus vulnérables à l’infection à VIH, à la morbidité et à la
mortalité. Cela tient des prédispositions suivantes : le mauvais état de santé des personnes,
l’analphabétisme et la faible scolarisation des jeunes en particulier des filles, la malnutrition
des ménages pauvres, les difficultés d’accès aux services de santé et aux services sociaux de
base, etc.

En somme, le Burkina Faso présente un contexte favorable à l’infection à VIH. De par sa


position de pays carrefour, le brassage des populations, son économie essentiellement agricole
caractérisant une pauvreté des populations dont la frange jeune est encline à l’émigration pour
la recherche de meilleures conditions de vie, la vulnérabilité accrue des femmes, etc., il y a un
ensemble de conditions propices à une propagation de l’infection. Cet état des lieux a fait du
Burkina Faso, le 2ème pays le plus touché par le VIH, après la Côte d’Ivoire.
Depuis 1986, date de déclaration des premiers cas de sida à l’OMS, le pays présente une
prévalence régulièrement supérieure à 1%, ce qui le place dans une situation d’épidémie
généralisée.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 49


exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 2 : UNE VUE D’ENSEMBLE DE L’INFECTION A VIH

Le sida est une maladie à déclaration obligatoire, mais, l’on constate une sous notification des
cas dans les pays en développement. En effet, on admet couramment que 10% des cas y font
l’objet d’une notification contre 75 à 94% dans les pays industrialisés [Amat-Roze’2005].
Cette sous déclaration se manifeste aussi bien selon le sexe, l’âge (enfant ou adulte) que les
lieux de résidence. Obtenir des données fiables et à jour, constitue la pierre angulaire de la
planification stratégique en matière de riposte au VIH. Selon le rapport mondial sur
l’épidémie du sida [ONUSIDA’2008], les estimations relatives de l’infection à VIH et de son
impact se sont considérablement améliorées en Afrique subsaharienne et en Asie. En effet,
aux estimations de prévalence à partir de la surveillance sentinelle, de nombreux pays
réalisent des enquêtes démographiques nationales en intégrant le test VIH ; ce qui permet
d’affiner les résultats épidémiologiques obtenus.

2.1. L’Afrique subsaharienne, premier territoire de la pandémie

Plus de vingt ans après la première mise en évidence médicale du syndrome


d'immunodéficience acquise, le sida s'est révélé être une des maladies les plus dévastatrices de
toute l'histoire de l'humanité. C’est un véritable problème mondial et de portée sans précédent
sur la santé des populations. De 1981 à 2007, plus de 60 millions de personnes ont été
infectées par le virus parmi lesquelles le sida a provoqué au moins 25 millions de décès dans
le monde.

Très vite l’épidémie a été considérée non plus comme un simple problème de santé, mais un
réel problème de développement. En effet, dans les pays les plus durement touchés, le VIH a
réduit l’espérance de vie de plus de 20 ans, ralenti la croissance économique et aggravé la
pauvreté des ménages [ONUSIDA, 2008 b]. Plusieurs pays ont connu d’importantes
modifications démographiques.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 50


exemple du Burkina Faso
2.1.1. La planète VIH/sida en fin 2007

Les données épidémiologiques internationales les plus récentes montrent une baisse du
nombre de nouvelles infections et du taux de décès dû au sida en Asie, en Afrique
Subsaharienne et en Amérique Latine. La diminution de ce taux de décès est liée au succès de
l’élargissement de l’accès aux médicaments antirétroviraux dans les zones les plus
défavorisées et plus démunies. Le rapport sur l’épidémie mondiale du sida [ONUSIDA’2008]
donne les estimations suivantes :
 33 millions [30,3 millions-36,1 millions] de personnes vivaient avec le VIH en 2007.
 Le nombre annuel des nouvelles infections à VIH a baissé de 3,0 millions [2,6
millions-3,5 millions] en 2001 à 2,7 millions [2,2 millions-3,2 millions] en 2007, soit
une régression de 10%.
 Globalement, 2,0 millions [1,8 million-2,3 millions] de personnes sont décédées à
cause du sida en 2007, par rapport à l’estimation de 1,7 million [1,5 million-2,3
millions] en 2001.
 Bien que le pourcentage de personnes vivant avec le VIH se soit stabilisé depuis 2000,
le nombre global de personnes vivant avec le VIH a régulièrement augmenté, car de
nouvelles infections se produisent chaque année, les traitements du VIH prolongent la
vie et les nouvelles infections continuent à surpasser le nombre de décès dus au sida.
 Les femmes représentent la moitié de toutes les personnes vivant avec le VIH. Au
cours des 10 dernières années, la proportion de femmes parmi les personnes vivant
avec le VIH est restée stable à l’échelle mondiale, mais a augmenté dans de
nombreuses régions.
 Les jeunes entre 15 et 24 ans représentent environ 45% des nouvelles infections à VIH
à l’échelle mondiale.
 On estime que 370 000 [330 000-410 000] enfants de moins de 15 ans ont été infectés
par le VIH en 2007 et que, le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH
est passé de 1,6 million [1,4 million-2,1 millions] en 2001 à 2,0 millions [1,9 million-
2,3 millions] en 2007.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 51


exemple du Burkina Faso
Carte 4 : Les disparités de prévalence de l’épidémie du VIH dans le monde

Source : ONUSIDA/OMS, rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 52


exemple du Burkina Faso
Le taux d’incidence du VIH (nombre annuel de nouveaux cas d’infection à VIH par rapport
au nombre de personnes supposées infectées) a atteint son point le plus élevé au cours de la
décennie 90, pour se stabiliser par la suite, même si l’incidence continue de croître dans un
certain nombre de pays.
Bien que la proportion des jeunes de 15-24 ans infectés par le VIH soit de plus en plus
importante, la prévalence du VIH d’un pays donnée est estimée sur la population adulte de
15-49 ans.

Graphique 2 : Estimation du nombre de personnes vivant avec le VIH et prévalence du VIH


chez les adultes

Source : ONUSIDA, rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008

2.1.2. Le VIH/sida en Afrique subsaharienne

L’Afrique subsaharienne demeure la région la plus gravement touchée et le sida y est toujours
la principale cause de mortalité dans plusieurs pays8. En effet, Les statistiques mondiales
montrent que parmi les personnes infectées en 2007, plus de deux adultes sur trois (68%) et
presque 90% des enfants vivent en Afrique subsaharienne. De plus, plus de trois décès dus au
sida sur quatre (76%) y surviennent, ce qui traduit les insuffisances en matière de traitement
antirétroviral dans cette région du monde.

8
Au Burkina Faso, le paludisme demeure la première cause de mortalité, DEP Ministère de la santé, 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 53


exemple du Burkina Faso
Carte 5 : Prévalence du VIH (%) chez les adultes (15-49 ans) en Afrique, 2007

Source : ONUSIDA, rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008

La lecture de la carte ci-dessus permet de déceler l’ampleur et les tendances de l’épidémie en


Afrique subsaharienne mais aussi et surtout les disparités de prévalence d’une sous région à
une autre.
 En Afrique australe, la prévalence nationale du VIH chez l’adulte était supérieure à

15% dans huit pays en 2005 (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Mozambique,
Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe [ONUSIDA/OMS’2007]. En 2007, selon le
sur l’épidémie du sida, cette sous-région compte 35% de toutes les personnes vivant
avec le VIH, presque un tiers (32%) de toutes les nouvelles infections à VIH et de
tous les décès dus au sida à l’échelle mondiale en 2007. L’Afrique du Sud connaît une
stabilisation de l’épidémie mais elle demeure la plus importante au monde avec 5,7
millions de Sud-Africains vivant avec le VIH en 2007. Le triste record de prévalence
du VIH la plus élevée et jamais enregistrée est détenu depuis 2006 par le Swaziland
(26%).
 Dans la plupart des pays d’Afrique de l’Est, la prévalence du VIH chez les adultes est
stable ou a commencé à baisser. Ce déclin est dû à des modifications de

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 54


exemple du Burkina Faso
comportements ainsi qu’à une mortalité de plus en plus persistante dans une
population infectée il y a plusieurs années.
 L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale présente des signes évidents de
changements de comportements. L’impact en est la stabilité voire même une
régression de la prévalence du VIH chez les adultes dans plusieurs pays tels que le
Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, etc. Illustration en Côte d’Ivoire où la
prévalence du VIH dans les zones urbaines parmi les femmes enceintes est passée de
10% en 2001 à 6,9% en 2005. Au Nigeria, l’épidémie demeure la plus importante en
Afrique de l’Ouest, mais elle semble se stabiliser à 3,1% à partir de 2006.

Graphique 3 : Estimation du nombre de personnes vivant avec le VIH et prévalence du VIH


chez les adultes, en Afrique subsaharienne, 1990-2007

Source : ONUSIDA, rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008

Le graphique ci-dessus montre une stabilisation de l’infection à partir des années 2000-2001
même si le nombre de personnes vivant avec le VIH demeure élevé. Cette situation est
identique à celle observée au Burkina Faso.

2.2. Le Burkina Faso, une infection stabilisée

L’infection à VIH, depuis l’apparition des premiers cas en 1986, n’a cessé de croître, laissant
dans son sillage une large traînée macabre constituée de personnes infectées. De 10 cas
notifiés en 1986, le Burkina Faso compte en 2007 environ 130 000 personnes vivant avec le
VIH. Malgré une stabilisation, voire une baisse notable ces trois dernières années, l’épidémie
draine d’année en année son funeste cortège. Depuis 1986, la révision et l’amélioration des

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 55


exemple du Burkina Faso
méthodes de calcul, l’extension de la sérosurveillance à un plus grand nombre de sites
sentinelles, la réalisation d’enquêtes démographiques, etc. sont les différents éléments qui ont
influé sur les chiffres de prévalence.

Le rapport sur l’épidémie mondiale du sida 2008 [ONUSIDA, 2008] estime la prévalence
moyenne de l’infection à VIH à 1,6% en fin 2007 dans la population adulte de 15-49 ans. De
ce rapport, il ressort le caractère plus féminin de l’épidémie, en ce sens que les femmes sont
toujours plus infectées que les hommes. La prévalence VIH en 2007 chez les jeunes femmes
de 15-24 ans est de 0,9% tandis que chez les jeunes hommes de la même tranche d’âge, la
prévalence est de 0,5%, comme le montre le tableau ci-dessus.

Tableau 3 : Le point sur l’épidémie du VIH en fin 2007


Indicateurs Valeurs
Nombre de personnes vivant avec le VIH/sida 130 000
Nombre d’adultes de + 15 ans 120 000
Nombre de femmes VIH+ de + 15 ans 61 000
Nombre d’enfants (0 à 14 ans) 10 000
Nombre de décès (adultes et enfants) 9 200
Nombre d’orphelins (0 à 17 ans) 100 000
Prévalence globale 1,6 [1,4-1,9]
Prévalence chez les jeunes filles de 15 à 24 ans 0,9 [0,5-1,3]
Prévalence chez les jeunes garçons de 15 à 24 ans 0,5 [0,2-0,8]
Prévalence chez les travailleurs de sexe 8,9% en 2005
Source : Rapport ONUSIDA, 2008

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 56


exemple du Burkina Faso
Longtemps classé comme 2ème pays le plus infecté en Afrique occidentale juste après la Côte
d’Ivoire, le Burkina Faso a vu sa prévalence décroître progressivement depuis les années 97-
98 pour atteindre une relative stabilisation à partir de 2005, toutes sources confondues.

Graphique 4 : Prévalence du VIH (%) chez les femmes enceintes en consultations prénatales,
1997-2007

Source : ONUSIDA, L’épidémie mondiale du sida 2008

L’évolution de la prévalence du VIH depuis 1997 présente un profil du Burkina Faso, qui
varie par année pour certains indicateurs clés.

Tableau 4 : Evolution de certains indicateurs de 1997 à 2007


Indicateurs 2003 2005 2006 2007
Prévalence (15-49 ans) 4,2% 2,3% 2,0% 1,6%
Nombre de personnes vivant avec le VIH/sida 300 000 180 000 150 000 130 000
Nombre d’adultes de + 15 ans 160 000 140 000 120 000
Pourcentage de femmes infectées de + 15 ans 49,9% 53,3% 46,9%
Nombre d’enfants (0 à 14 ans) 20 000 10 000 10 000
Nombre de décès (adultes et enfants) 17 000 12 000 9 200
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2003, 2004, 2005, 2006, 2007

Le système de surveillance épidémiologique de l’infection à VIH, du sida et des IST est


intégré et décentralisé au Burkina Faso. Il existe une collaboration dynamique entre le
SP/CNLS-IST et le Ministère de la santé à travers le Comité ministériel de lutte contre le sida
du secteur santé et la Direction de la lutte contre la maladie (DLM) ainsi que des partenaires
oeuvrant dans le domaine de la lutte contre ce fléau au Burkina Faso.

Plusieurs types de surveillance de l’épidémie sont préconisés par l’OMS/ONUSIDA et ces


méthodes coexistent sur un même territoire. En effet, la surveillance épidémiologique de

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 57


exemple du Burkina Faso
première génération a été mise en place dès le début des années 90 pour suivre la dynamique
de l’épidémie de VIH. Dans la dynamique de la surveillance de l’épidémie de VIH pour une
réponse nationale élargie, le Burkina Faso a adopté en 2001 la surveillance de seconde
génération qui prône la combinaison de la surveillance biologique et comportementale.
L’objectif est de permettre à terme de renforcer la surveillance épidémiologique par une
notification systématique et standardisée des cas de SIDA pour les années à venir. Quatre
composantes sont définies dans le cadre de la surveillance de seconde génération, ce sont : la
surveillance du VIH, la surveillance du SIDA, la surveillance des IST et la surveillance
comportementale.

2.2.1. La surveillance du VIH

La surveillance épidémiologique du VIH peut être définie comme « un recueil d’informations


permettant de connaître l’importance et les conséquences de la circulation des rétroviroses à
VIH » [Louis’1997]. Il s’agit d’une surveillance sélective du fait du choix des centres de
recueil des données ou des groupes spécifiques de population choisis. En effet, il n’est pas
indiqué de faire un dépistage généralisé systématique sur l’ensemble de la population pour
diverses raisons : trop coûteux, difficultés de répétitions à intervalles, possibilités de biais
difficilement contrôlables, etc.

2.2.1.1 La surveillance sentinelle

La surveillance sentinelle, recommandée par l’OMS, est censée permettre un meilleur suivi
des épidémies, surtout pour les pays qui disposent de faibles capacités financières. Elle doit
s’appliquer, de façon annuelle, sur les groupes de populations les plus à risque d’être
infectées, facilement identifiables et accessibles. La surveillance sentinelle ne nécessite pas
l’exigence statistique d’être représentative ; de plus, elle se situe résolument, a la fin des
années 1980 et au début de la décennie 90, dans une logique de santé publique et une optique
d’évaluation des activités de prévention et d’orientation des programmes de lutte contre le
VIH/SIDA [Lamarange’2007].

Ainsi au Burkina Faso, le critère d’inclusion concerne toute femme venue en consultation
prénatale et n’ayant pas subi de prélèvement sanguin auparavant pour la syphilis. La
méthodologie d’échantillonnage respecte les normes de l’OMS/ONUSIDA : il s’agit du

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 58


exemple du Burkina Faso
recrutement consécutif et la technique utilisée est celle du dépistage anonyme non corrélé,
selon la recommandation OMS.

La surveillance biologique ou sérosurveillance de première génération a démarré dans trois


sites sentinelles : Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Ouahigouya en 1997 puis à partir de 1998,
elle a été étendue à deux autres sites sentinelles qui sont Tenkodogo et Gaoua. Les
prélèvements recueillis permettent d’évaluer les prévalences du VIH et de la Syphilis.

En 2004, ce sont treize sites sentinelles repartis dans l’ensemble des treize régions sanitaires
que compte le Burkina qui ont depuis octobre, entamé la collecte des données pour la
surveillance régulière de l’épidémie. Cette collecte se fait dans 43 centres de prélèvement
(essentiellement des Centres de santé et de promotion sociale et dans les Centre médicaux,
avec ou sans Antenne chirurgicale CM/CMA) situées en zone urbaine et en zone rurale.
Chaque région sanitaire compte un nombre de sites de prélèvement, allant de deux à six sites.
Le choix des centres de prélèvement des sites répond à des critères bien précis [SP/CNLS-
IST, 2005 b]. En effet, le centre doit être capable (i) de fournir régulièrement des services de
santé maternelle et infantile, (ii) de prélever du sang chez les femmes enceintes dans le cadre
des examens de routine (dépistage de la syphilis, détermination du groupe sanguin, etc.) et
(iii) de mobiliser des ressources techniques, matérielles, financières et humaines pour
permettre et/ou encadrer les activités de surveillance de l’infection à VIH sur le site. De plus,
il doit (iv) de disposer d’un laboratoire fiable qui peut effectuer des examens courants de
laboratoire, manipuler et stocker des échantillons de sang et être géographiquement accessible
par tous les temps ainsi que (v) de regrouper une population composée de groupes
démographiques variés en termes d’ethnie, de religion, de catégorie professionnelle, de niveau
d’éducation, etc.. Il doit également (vi) avoir un taux de fréquentation élevé, susceptible de
permettre le recrutement dans les délais définis, d’un nombre suffisant de femmes enceintes et
(vii) d’un personnel, prêt à coopérer et être techniquement capable d’assurer les activités de
surveillance biologique.

Le regroupement des sites permet une distribution géographique harmonieuse (localisation


géographique, milieu urbain, milieu rural, etc.) et comprend les zones d’intérêt du programme
national de lutte contre le sida. La carte ci-dessous présente la répartition des différents sites
sentinelles selon leur typologie, à l’échelle du territoire national.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 59


exemple du Burkina Faso
Carte 6 : Répartition des sites pour la surveillance sentinelle

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 60


exemple du Burkina Faso
Les données de surveillance du VIH ont été régulièrement collectées chez les femmes
enceintes depuis 1997 dans les sites sentinelles. Les résultats montrent que la prévalence
moyenne a baissé de 62,1% de 1997 à 2003 passant ainsi de 7,1% à 2,7% ; puis s’en suit une
phase de stabilisation. Le graphique ci-dessous donne l’évolution du taux de prévalence
notifié dans les sites sentinelles.

Graphique 5 : Evolution du taux de prévalence chez les femmes enceintes à partir des
enquêtes dans les sites sentinelles de 1997 à 2006

Source : Réalisé à partir du rapport du comité technique de surveillance épidémiologique, juin 2007

La configuration des sites sentinelles donne six sites en milieu rural et sept en milieu urbain.
Des données des sites sentinelles urbains, on peut constater une baisse de la prévalence
globale de 54,9% de 1997 à 2003 puis une augmentation de 18,8% de 2003 à 2006. Le
graphique ci-dessous présente la dynamique de l’épidémie dans les sites urbains.

Graphique 6. Evolution de la prévalence moyenne du VIH des sites sentinelles urbains de


1997 à 2006

7,1% 7,1%

6,3%

5,4%

4,8%
4,4%

3,8%
3,4% 3,3%
3,2%

1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Source : Réalisé à partir du rapport du comité technique de surveillance épidémiologique, juin 2007

La dynamique de l’épidémie dans les sites urbains de 1997 à 2003 est due à la baisse générale
observée dans les sites sentinelles bien que l’on constate des hausses dans les sites de

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 61


exemple du Burkina Faso
Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Ouahigouya sur les deux premières années de la
surveillance du VIH. A partir de l’année 2003, le nombre de sites sentinelles urbains s’est
accru de cinq (5) à sept (7) et l’on constate des augmentations d’un site à l’autre. En effet, de
2003 à 2006, de très forts taux d’accroissement ont été constatés dans les sites de
Ouagadougou (47,5%), Ouahigouya (11,1%), Fada N’Gourma (107,7%) et Koudougou
(40,7%).

Tableau 5. Situation de la prévalence du VIH dans les sites sentinelles urbains de 1997 à 2006
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Bobo- 7,6%* 8,4% 5,7% 6,2% 5,7% 6,2% 4,3% 3,6% 3,8% 2,8%
Dioulasso
Ouagadougou 6,7%** 8,0% 7,7% 6,3% 4,8% 4,7% 4,0% 4,9% 5,4% 5,9%
Ouahigouya 6,5% 7,0% 6,0% 5,1% 4,2% 3,6% 3,6% 4,0%
Gaoua 4,0% 6,0% 5,4% 5,9% 4,6% 3,0% 2,4% 2,0% 2,8%
Tenkodogo 4,3% 3,8% 2,8% 2,2% 2,3% 2,6% 2,8% 1,4% 2,2%
Fada 1,3% 2,1% 1,2% 2,7%
Koudougou 2,7% 2,6% 3,8%
Source : Réalisé à partir du rapport du comité technique de surveillance épidémiologique, juin 2007
* Prévalence supérieure à la prévalence moyenne des sites urbains
** Prévalence inférieure à la prévalence moyenne des sites urbains

Au niveau des sites ruraux, on enregistre une baisse de la prévalence de 46,6% de 2003 à
2006. Toutefois, des disparités sont constatées dans les sites : d’une part des tendances
moyennes à l’augmentation pour les sites de Sindou (12,5%) et Manga (36,3%) et d’autre part
des tendances à la baisse pour les sites de Dori (14,0%), Dédougou (11,8%) et Ziniaré
(61,0%). Le graphique ci-dessous présente la dynamique de l’épidémie dans les sites ruraux.

Graphique 7 : Evolution de la prévalence du VIH chez les femmes de 15 à 49 ans dans les
sites sentinelles en milieu rural de 1997 à 2006 au Burkina Faso

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 62


exemple du Burkina Faso
4,00%

3,50%

3,00%

2,50%

2,00% 1,9%

1,5%
1,50% 1,4%

1,0%
1,00%

0,50%

0,00%
2003 2004 2005 2006
Kaya 3,60% 2,10% 1,90% 1,20%
Dori 1,6% 0,5% 1,2% 0,5%
Dédougou 1,2% 1,7% 2,0% 0,7%
Sindou 1,2% 0,3% 0,6% 0,9%
Manga 1,4% 1,6% 2,2%
Ziniaré 2,8% 1,0% 0,6%
Prévalence moyenne VIH 1,9% 1,5% 1,4% 1,0%

Source : Réalisé à partir du rapport du comité technique de surveillance épidémiologique, juin 2007

Toujours sur la surveillance du VIH, les données en population générale sont issues de
l’Enquête démographique et de santé, tandis que des enquêtes spécifiques et/ou ponctuelles
sont réalisées auprès de groupes de populations dits vulnérables ou spécifiques.

2.2.1.2 Les données de l’Enquête démographique et de santé

Il y a eu trois enquêtes démographiques et de santé (EDS) au Burkina Faso : EDSBF-I en


1993, EDSBF-II en 1998-99 et EDSBF-III en 2003 ; la prochaine est programmée pour 2008-
2009. L’EDSBF-III a été la première enquête dans le cadre du projet Demographic and Health
Survey (DHS) à effectuer le test du VIH dans la population générale. Les ministères en charge
de la santé, de l’économie et du développement, à travers l’Institut national de la statistique et
de la démographie (INSD), ont été les premiers à solliciter l’inclusion du test de VIH dans
cette troisième phase. L’objectif visé était la mesure de la séroprévalence des VIH-1&2 au
niveau national et au niveau de chacune des treize régions du Burkina Faso.
Pour l’EDSBF-III réalisée sur le terrain de juin à décembre 2003, les résultats portent sur
9 097 ménages, 12 477 femmes âgées de 15-49 ans et 3 605 hommes de 15-59 ans qui ont été

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 63


exemple du Burkina Faso
interviewés avec succès. Parmi eux, on compte 4 223 femmes (92%) et 3 418 hommes (86%)
qui ont été testés pour le VIH [INSD/BF’2004], soit 89% de la population enquêtée. Ce sont
5,4% des enquêtés qui ont refusé de participer aux tests et 3% étaient absents de leur domicile
au moment du passage pour le test.

Les résultats de l’EDSBF-III donnent pour la population active, une prévalence moyenne du
VIH qui est de 1,8% dont 1,8% pour les femmes et 1,9% pour les hommes. Il ressort de
l’enquête que la prévalence est beaucoup plus élevée en milieu urbain (3,6%) qu’en milieu
rural (1,3%). Ces résultats ont également montré des disparités régionales, illustration à
travers la carte ci-après, en matière de prévalence de l’infection à VIH où des prévalences
élevées ont été constatées dans les régions du Centre (4,2%), du Sud-Ouest (3,7%), des
Cascades (2,4%), de la Boucle du Mouhoun (2,3%) et du Centre-Ouest (2,3%).

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 64


exemple du Burkina Faso
Carte 7 : Séroprévalence par région selon l’EDS-III

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 65


exemple du Burkina Faso
2.2.1.3 Les données des enquêtes spéciales : enquêtes ponctuelles auprès de
populations spécifiques ou vulnérables

Des enquêtes ponctuelles sur des cibles spécifiques sont recommandées en vue de compléter
les données épidémiologiques sur les cas de Sida et des IST. Ces enquêtes sont réalisées
auprès : (i) des groupes vulnérables pour les risques de co-infection tuberculose/VIH, la
prévention de la transmission de la mère à l’enfant, etc, (ii) des groupes exposés au risque
comme les prostituées, les camionneurs, les militaires et (iii) des zones présentant un intérêt
épidémiologique.

 La co-infection Tuberculose/VIH (TB/VIH) : Les premières données sur la co-infection


TB/VIH résultent d’une étude de prévalence prospective réalisée de septembre 2001 à
avril 2002, ayant porté sur 216 cas de tuberculose du Centre national de lutte
antituberculeuse (CNLAT) de Ouagadougou. La prévalence du VIH était de 35,2%.
Par la suite, la notification des données de ce « couple infectieux » a été systématique,
suite à la mise à disposition de ressources par le Fonds mondial de lutte contre le VIH,
la tuberculose et le paludisme. Les données sont fournies par le Programme national
de lutte contre la tuberculose (PNT) et la prévalence relevée en 2006 est de 33,4% sur
un total de 4455 patients tuberculeux. Le tableau ci après donne les détails sur la co-
infection TB/VIH.

Tableau 6 : Situation de la co-infection en 2006 au Burkina Faso


Items Effectif Pourcentage
Cas TB enregistrés au Burkina Faso 4455 -
Statut sérologique VIH+ déjà connu 406 -
Statut sérologique VIH négatif déjà connu 68 -
Proposition test VIH au niveau national 2483/3981 62,4%
Tests VIH acceptés 1602/2483 64,5%
Tuberculeux testés au niveau du CDT 931/3981 23,4%
Test VIH + sur les tuberculeux testés 311/931 33,4%
Total patients TB/VIH 717 -
Source : SP/CNLS-IST/BF, Bilan général de la mise en œuvre du PNM 2006

 De la prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME) : Débutée en 2002


dans neuf sites répartis dans trois districts sanitaires, la mise en œuvre de ce
programme a permis de se renseigner sur la séroprévalence des femmes enceintes en
consultation prénatale.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 66


exemple du Burkina Faso
Tableau 7 : Situation des indicateurs de la prévention de la transmission mère-enfant
Année 2005 Année 2006 Année 2007
Activités
Effectifs % Effectifs % Effectifs %
Nouvelles consultations prénatales 41 168 58 954 78 362
Adhésion au conseil pré-test 24 856 60,4 37735 64,0
Adhésion au dépistage 19 661 79,1 29010 77,0 50746
Résultats rendus (post test) 16 644 84,7 24356 84,0
Femme VIH+ 832 4,2 1378 5,7 1591 3,1
Partenaires femme enceintes dépistés 1 010 5,1 1142 4,7
Partenaires VIH+ 64 6,3 95 8,3
Femmes enceintes testées positives ayant 673 80,9 1401 1640
accouché dans une formation sanitaire
Mères ayant reçu un traitement 476 70,7 1134 81,8 1426 87,0
prophylactique complet aux ARV
Enfants ayant reçu un traitement 1128 81,4 1309 79,3
prophylactique complet aux ARV
Enfants nés vivants de mères séropositives 648 96,3 1386 99,0 1651
Nombre d’enfants testés 138 21,3 293 26,0 272
Enfants testés VIH+ 14 10,1 19 6,5 25
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2005, 2006, 2007

 Le conseil dépistage volontaire : Les activités de dépistage ont connu un


développement timide et faiblement coordonné dans les années 90, pour ensuite
connaître un essor à partir de l’an 2000. En effet, de 2002 à 2007, l’adhésion au CDV
a été multipliée par cinq (5) et on constate que les données de séroprévalence ont
connu une baisse très sensible de 15,10% à 5,49%.

Tableau 8 : Evolution des activités de dépistage par année


2002 2003 2004 2005 2006 2007
Effectif 18 944 37 635 118 461 170 840 199 667 115 991
Séroprévalence 15,10% 13,30% 7,20% 6,00% 5,31% 5,49%
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2002, 2003, 2004, 2005, 2006,
2007

 Des sources de données complémentaires : études ou recherches au profit de groupes


spécifiques et /ou vulnérables9 : De nombreuses enquêtes ponctuelles ont été réalisées
depuis la déclaration des cas d’infection au Burkina Faso. Ces données permettent de
mieux comprendre la situation sociale, les déterminants ou facteurs explicatifs de la
prévalence dans certaines zones, ainsi que la situation du VIH/SIDA [ONUSIDA, 2008 a]
dans des milieux spécifiques comme le milieu carcéral, l’environnement

9
Synthèse effectuée à partir des différents bilans de mise en œuvre des PNM de 2001 à 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 67


exemple du Burkina Faso
prostitutionnel, les routiers, migrants, orpailleurs, hommes de tenue, etc. Ces enquêtes
ponctuelles et spécifiques, au regard de la mobilisation technique et financière qu’elles
nécessitent, sont souvent menées par la structure de coordination nationale de la lutte,
en collaboration avec ces partenaires techniques et financiers. En plus, d’autres
structures nationales non gouvernementales prennent l’initiative d’organiser des
recherches au sein de leur groupe cible d’intervention :
- En 1987, les premières enquêtes [MEDA’1998] conduites dans des groupes à
risque trouvent 35% de séropositivité pour les prostituées et 23% pour les
malades porteurs de MST. A la même époque, 19% des malades hospitalisés
en médecine au CHN Yalgado Ouédraogo étaient séropositifs [CDC, 1994] de
même que 12,5% des tuberculeux de Bobo-Dioulasso [Prazuck’1991].
- En 1994, une enquête chez les tuberculeux [Malkin’1997] de Bobo-Dioulasso
retrouvait 33,6 % de séroprévalence, tandis que chez les prostituées de
Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, la prévalence observée était de 58,2 %.
- Le projet SIDA 3, en collaboration avec le SP/CNLS-IST, a réalisé une enquête
de surveillance de deuxième génération auprès des travailleuses du sexe et
leurs clients en 2002. Cette étude a montré une prévalence du VIH de 20,9 %.
En comparaison avec les données de 1994 où le taux avait été estimé à environ
60%, l’on constate une baisse de la prévalence dans ce groupe cible.
- L’étude d’évaluation d’impact du Comité ministériel de lutte contre le SIDA
du secteur de la défense, en 2003 a permis de relever trois cas de sérologie à
VIH positive sur les 2 643 hommes de tenue enquêtés ;
- l’étude du projet VIRUS intitulée «Analyse nationale de la situation du VIH et
des IST en milieu Rural et Urbain et dans les Secteurs de la santé et de
l’éducation », réalisée en 2003 donnait des prévalences dans le secteur de la
santé et de l’éducation respectivement de 3,4% et de 2,8%. On notait
également quelques disparités régionales : sur 98 formations sanitaires en
milieu rural (Boulgou, Poni, Seno et Yatenga), la seroprévalence la plus élevée
a été trouvée au Boulgou (3,6%) suivie du Yatenga et du Poni (2,5%) et la plus
basse au Séno (1,3%).

- Une enquête de surveillance de 2ème génération chez les travailleuses du sexe


(TS) et leurs clients a été réalisée du 18 juillet au 4 août 2005 par le projet
SIDA 3 en collaboration avec le SP/CNLS-IST : la prévalence chez les TS était

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 68


exemple du Burkina Faso
de 16% montrant une tendance à la baisse par rapport à 2002 qui était de
20,9% ; le taux de prévalence du VIH chez les clients était de 1,2% lors de la
première enquête en 2002 contre 1,6% en 2005.

2.2.2. La surveillance du sida

Dans le processus de surveillance du sida, deux composantes sont distinguées : la notification


de routine et la notification sentinelle.

2.2.2.1. Notification sentinelle des cas de sida

Toujours en phase de mise en place depuis son démarrage timide en 2005, la notification
sentinelle des cas de sida devrait permettre une meilleure complétude des cas de sida.
Malheureusement, depuis une session de formation organisée en mai 2005 pour lancer le
processus, aucune donnée épidémiologique n’a pu être collectée à partir de cette source10.

2.2.2.2. Notification de routine des cas de sida

C’est la collecte systématique et routinière des cas de sida, mais aussi des cas d’IST, par les
formations sanitaires (FS) dont le taux de complétude est de 100% pour les FS publiques et de
91% pour FS du secteur privé [MS/BF’2008]. Les données sont ensuite acheminées et
centralisées à la Direction des études et de la planification du Ministère de la santé
(DEP/Santé) après une validation par niveau : depuis les CSPS jusqu’aux différents CMA et
une centralisation par district sanitaire. Après le traitement, l’analyse au niveau central ainsi
que la validation finale avec tous les acteurs concernés, les données sont ensuite
communiquées au SP/CNLS-IST via le CMLS/Santé. Cette notification de routine se fait
selon des tranches d’âge, mais les données fournies sont le plus souvent indicatives. Bien que
systématiques, les notifications portent sur les malades ayant fréquenté les formations
sanitaires. Malheureusement, le taux de fréquentation des formations sanitaires par les
populations demeure encore bas : 34,1%, 34,1%, 38,6% et 42,60% respectivement en 2004,
2005, 2006 et 2007 [MS/BF, 2008].

10
Organisée par le CMLS/Santé en collaboration avec le SP/CNLS-IST et le Centre Muraz, avec l’appui de
certains partenaires techniques et financiers (OMS, ONUSIDA) la formation devait permettre d’engager le
système de notification sentinelle des cas de sida au sein des CHU, CHR et CTA. Mais il n’en a rien été.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 69


exemple du Burkina Faso
Graphique 8 : Situation de la notification des cas de sida de 1986 à 2006

7 000 40 000
36 978
6 046
6 000 35 000

26 977 30 000
5 000

25 000
4 000
17 081 20 000
3 000
15 000
9 136 1 951
2 000
10 000
957 942
1 000 5 000
10
0 0

Nouveaux cas selon l’année Nombre de cas cumulés

Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2002, 2003, 2004,
2005, 2006, 2007

La lecture du graphique montre une augmentation régulière (malgré les dents de scie) des
nouveaux cas jusqu’en 2002 et 2003 où les cas sont pratiquement de moitié par rapport à
l’année précédente. Malgré la faible fréquentation des formations sanitaires qui demeure l’une
des causes à cette sous notification, ce résultat a mis en exergue la nécessité de fournir
davantage d’efforts pour la notification des cas dans les structures sanitaires.
Cette sous notification, au regard des nouveaux cas de 2004, semble trouver son explication
par l’arrivée de plusieurs initiatives d’accès aux soins. Cela a eu un effet de « ruée » vers les
structures de santé. Les populations qui avaient délaissé les formations sanitaires à cause de
l’accès difficile aux soins et traitements, voire l’absence de thérapie, ont accouru grâce aux
multiples campagnes d’information sur les différentes initiatives d’aide à la prise en charge
thérapeutique. Jusque là, le recours était dirigé vers la pharmacopée et la médecine
traditionnelles, qui a défaut de trouver le remède adéquat, soulageait un tant soit peu à l’aide

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 70


exemple du Burkina Faso
de tisanes, de décoctions et des différentes remèdes pour les infections opportunistes. Cela
avait d’ailleurs permis à certains tradipraticiens de déclarer pouvoir soigner le sida.

Mais la sous-notification demeure un problème réel, auquel les responsables en charge de la


santé vont s’attaquer à travers l’élaboration de nouveaux outils de rapportage et la formation
du personnel à cette activité de routine. Les résultats ont été matérialisés dès la première
année de mise en œuvre (2004) et cela a continué au fil des années ; ce qui nous permet de
dresser la carte ci-après. Elle présente le nombre de cas de sida notifié pour l’année 2007 dans
les formations sanitaires publiques [DEP/MS’2008]. Ces cas s’ajoutent à la notification des
autres structures de santé (confessionnelles, privées, associatives) pour donner le nombre total
de nouveau cas d’une année à une autre.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 71


exemple du Burkina Faso
Carte 8 : Répartition des cas de sida par région sanitaire en 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 72


exemple du Burkina Faso
2.2.3. La surveillance des comportements sexuels

La surveillance comportementale est une composante clé du système de surveillance du sida


au Burkina Faso. L’objectif général de l’enquête de surveillance comportementale ou
Behavioural Surveilance Survey (BSS) au Burkina Faso est de mesurer les tendances des
comportements des populations cibles vis-à-vis du VIH/sida et des IST afin de fournir les
informations au SP/CNLS-IST et autres intervenants dans leurs activités de prévention. En
effet, elle permet non seulement de relier les comportements aux résultats des programmes de
prévention menés mais surtout d’expliquer la dynamique de l’épidémie. Trois types de
surveillance comportementale existent : en population générale (EDS), chez les populations
desservies par les sites sentinelles (enquêtes ménages) et enfin chez les groupes spécifiques ou
population à haut risque (enquêtes CAP). Leur régularité varie de 3 à 5 ans. Les principales
enquêtes comportementales réalisées de 2001 à 2007 sont présentées dans la figure ci-après
(Figure 1).

Figure 1. Situation de réalisation des études comportementales de 2001 à 2007

2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

Travailleuses de sexe
Orpailleurs
Routiers
Jeunes de 15 à 19 ans
EDS 2003/2004
Projet Virus
Militaires
Prisonniers

Source : Réalisée à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2002, 2003, 2004, 2005, 2006,
2007

En terme de résultats de la surveillance comportementale, nous retiendrons ceux de l’EDS


2003/2004 réalisée en population générale. Les principaux domaines programmatiques
retenus se présentent comme suit [INSD/BF’2004]:
- la connaissance des moyens de prévention du VIH/SIDA: 63% des femmes
et 76% des hommes citent la limitation des rapports à un seul partenaire
fidèle et non infecté comme premier moyen de prévention de l’infection à

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 73


exemple du Burkina Faso
VIH. La région des Cascades détient le plus fort taux de réponse avec
80,9% et 89,3% respectivement pour les femmes et les hommes.
- le port du préservatif : les rapports sexuels à haut risque sont plus
fréquents en milieu urbain (28% parmi les femmes et 59% parmi les
hommes) qu’en milieu rural (respectivement 5% et 31%). A Ouagadougou
ces taux sont de 32% parmi les femmes et de 61% chez les hommes.
- l’âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels : en tant que
déterminant de l’activité sexuelle, l’âge des premiers rapports sexuels des
jeunes de 15-24 ans est plus important en matière de prévention du VIH
que les autres variables. En atteignant 15 ans, les filles ont déjà eu plus de
rapports sexuels (21%) que les garçons (13%) du même âge.
- la prévention de la transmission mère enfant : les femmes et les hommes
du milieu rural sont proportionnellement moins nombreux qu’en milieu
urbain à savoir que le virus du sida peut se transmettre par l’allaitement
(respectivement 46% et 44% contre 64% et 57%). Les plus faibles taux se
présentent comme suit : 30% chez les femmes et 20,1% chez les hommes,
respectivement pour les régions du Sahel et de l’Est.

2.2.4. La surveillance des IST

La surveillance des cas d’IST se fait de deux façons : (i) par la notification routinière au
niveau de l’ensemble des formations sanitaires des IST telles que les ulcérations génitales, les
écoulements urétraux et vaginaux, les conjonctivites purulentes du nouveau né, etc. et (ii) par
la sérosurveillance au niveau des sites sentinelles et portant essentiellement sur la syphilis.

 La surveillance des IST s’est principalement organisée autour de la notification des


cas par l’ensemble des formations sanitaires. Avant 2003, cette notification se faisait
sur une base étiologique. A partir de 2003, il a été adopté la notification syndromique
par l’ensemble des formations sanitaires de notre pays. Les données concernant les
IST proviennent des statistiques sanitaires de routine contenues dans les annuaires
statistiques sanitaires annuels et qui sont transmis au SP/CNLS-IST. L’une de ces
insuffisances réside dans la faible, voire la non prise en compte des données des
formations sanitaires privées et des prestations des acteurs communautaires. Parmi les

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 74


exemple du Burkina Faso
cas notifiés, les syndromes les plus fréquemment rencontrés sont l’écoulement
vaginal, les douleurs pelviennes, les ulcérations génitales et les écoulements urétraux.

Graphique 9 : Situation de la notification des cas d’IST au Burkina Faso de 2001 à 2006

120000 450000
414 848
400000
100000
350000

80000 305 582 300000

250000
60000 218 257
200000

40000 150000
123 927
100000
20000
60 731
50000

0 0 0
2001 2002 2003 2004 2005 2006

Nombre de cas d’IST notifiés Nombre de cas cumulés de 2001 à 2006

Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2002, 2003,
2004, 2005, 2006, 2007

 L'interaction entre la syphilis et infection à VIH a été pendant longtemps un sujet


de préoccupation. En fin de compte, de nombreuses études ont montré que 50 % des
cas des patients atteints par la syphilis sont séropositifs au VIH. De plus, la syphilis
peut favoriser l'augmentation de la charge virale sanguine et le VIH faciliterait la
progression de l'infection syphilitique. Selon le Haut conseil de la Santé au Canada,
les risques de transmission de l'infection sont plus élevés chez les syphilitiques VIH
positifs et ces cas sont plus difficiles à traiter.

Tableau 9 : Evolution des données de séropositivité de la syphilis dans les sites sentinelles de 2002 à
2006 au Burkina Faso

Sites sentinelles 2002 2003 2004 2005 2006


Bobo-Dioulasso 0,80% 1,10% 1,10% 1,50% 1,50%
Ouagadougou 2,10% 0,90% 0,90% 3,20%
Ouahigouya 1,70% 1,40% 3,60% 0,60%
Sites urbains Gaoua 0,96% 1,10% 0,20% 0,80%
Tenkodogo 1,30% 0,70% 0,70% 2,20%
Fada 1,30% 0,50% 1,20% 1,40%
Koudougou 3,50% 2,10% 2,20%

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 75


exemple du Burkina Faso
Kaya 8,00% 10,20% 9,40% 8,20%
Dori 2,30% 1,20% 1,20% 2,10%
Dédougou 0,50% 0,20% 2,60% 0,80%
Sites ruraux
Sindou 1,20% 0,30% 0,60% 0,40%
Manga 5,50% 11,40% 11,60%
Ziniaré 6,90% 8,80% 10,50%
Prévalence moyenne 1,40% 2,10% 2,60% 3,30% 3,40%
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2002, 2003, 2004, 2005, 2006,
2007

Le tableau ci-dessus montre une augmentation soutenue de la prévalence moyenne de la


séropositivité à la syphilis dans les sites sentinelles. En effet, de 2002 à 2006, cette
prévalence est passée de 1,4% à 3,4%, soit un taux d’accroissement de 143%. A l’analyse des
données des différents sites, l’on constate que les données des sites de Kaya, de Manga et de
Ziniaré sont en moyenne trois fois supérieures à la prévalence nationale.

Les nombreuses sources ont permis de disposer des données sur la dynamique de l’infection à
VIH au Burkina Faso. Ces données, quelle que soit la source, montrent une stabilisation de
l’épidémie, voire une tendance à la baisse de la prévalence (7,17% en 1997, 4,2% en 2002,
1,6% en 2007). Cette performance est la résultante d’une stratégie nationale adaptée et
appropriée mise en œuvre depuis l’apparition des premiers cas de sida.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 76


exemple du Burkina Faso
Encadré 1. Les principales sources de données sur le VIH/SIDA en Afrique

1. Estimations et modèles ONUSIDA

http://www.unaids.org

ONUSIDA publie un rapport biennal depuis 1998 comportant des estimations de la prévalence du VIH pays par pays. Ces
estimations sont réalisées par le Groupe de Travail ONUSIDA/OMS sur la Surveillance mondiale du VIH/SIDA et des
IST créé en 1996, en tenant compte des recommandations du Groupe de Référence d’ONUSIDA sur les Estimations, la
Modélisation et les Projections, et en collaboration avec les programmes nationaux de lutte contre le SIDA. Elles sont basées
sur les différentes sources de données disponibles.
Les rapports d’ONUSIDA sont disponibles sur http://www.unaids.org ainsi que les logiciels utilisés pour la réalisation des
estimations :
  EPP (Estimation and Projection Package), pour estimer et projeter les prévalences du VIH chez les adultes à
partir de données de surveillance sentinelle, pour les pays à épidémie généralisée ou concentrée ;
  Spectrum, un ensemble de modèles permettant, entre autres, de réaliser des projections démographiques (module
DemProj) ou d’estimer l’impact démographique du VIH/SIDA (module AIM) ;
  Workbook Method, sous la forme d’un classeur Excel, pour réaliser des estimations de la prévalence nationale à
partir de données de surveillance pour les pays à épidémie concentrée ou à faible prévalence ;
  Modes of Transmission (MoT), également sous la forme d’un classeur Excel, pour calculer des projections des
nouvelles infections à VIH selon le mode de transmission.

Entre deux rapports, ONUSIDA publie des Epidemic Update avec des estimations globales par grande région géographique.
Les méthodologies utilisées par ONUSIDA pour ses estimations évoluent en fonction des recommandations de son Groupe de
Référence sur les Estimations, la Modélisation et les Projections. Les rapports des différentes réunions de ce groupe sont
disponibles sur un site dédié : http://www.epidem.org.

2. HIV/AIDS Surveillance Database

http://www.census.gov/ipc/www/hivaidsn.html

Créée en 1987 par le Center for International Research (CIR) of the United States Bureau of the Census avec le support de
l’USAID, cette base rassemble l’ensemble des données de prévalence et d’incidence du VIH publiées dans des revues
internationales médicales et scientifiques ou présentées lors de conférences sur le VIH/SIDA. Pour chaque chiffre entré dans
la base de données, il est précisé l’effectif de l’échantillon, la population concernée, la tranche d’âges, la région géographique, la
date d’observation et la source de l’information. La base de données, disponible sous la forme d’une base Access, permet
d’effectuer une recherche multicritères. Il est possible d’exporter les résultats de la requête au format Excel ou texte.
Les données sont mises à jour annuellement et la dernière révision date de décembre 2006. Des tables synthétiques ainsi que des
cartes peuvent être téléchargées sur le site de la HIV/AIDS Surveillance Database. La base n’est plus téléchargeable en ligne
mais peut être commandée par courriel.

3. Epidemiological Fact Sheets (EFS)

http://www.who.int/hiv/pub/epidemiology/pubfacts/en/

Publiés par l’OMS et l’ONUSIDA depuis 1997, les EFS sont une émanation du groupe ONUSIDA/OMS sur la Surveillance
Globale du VIH/SIDA et des IST. Réactualisés régulièrement, ces Fact Sheets fournissent une image synthétique de la
situation épidémique de chaque pays dans le monde et rassemblent à la fois les estimations réalisées par ONUSIDA, une
synthèse des données disponibles dans la HIV/AIDS Surveillance Database, des informations sur les services de santé
implémentés dans le pays, 13 indicateurs démographiques, 11 indicateurs socio-économiques, 9 indicateurs d’accès aux services
de santé, 10 indicateurs sur les connaissances et les comportements et des indicateurs sur les IST.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 77


exemple du Burkina Faso
4. UNAIDS/WHO Global HIV/AIDS online database

http://www.who.int/globalatlas/default.asp

La UNAIDS/WHO Global HIV/AIDS online database est un sous projet du Global Health Atlas de l’OMS. Cette base de
données reprend essentiellement les données publiées dans les Epidemiological Fact Sheets. Il est possible de réaliser ses
propres requêtes, d’exporter les résultats, mais également de réaliser des cartes interactives.
Par ailleurs, certaines cartes et tableaux synthétiques, déjà réalisés, sont directement téléchargeables.

5. Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) & AIDS Impact Surveys (AIS)

http://www.measuredhs.com/

L’ensemble des rapports finaux de ces enquêtes en population générale est disponible en ligne Par ailleurs, les différentes
bases de données peuvent être téléchargées après en avoir fait la demande en ligne. Les principaux indicateurs calculés à partir
de ces enquêtes (un peu moins de 200) peuvent être consultés à partir d’un outil appelé STATcompiler, disponible en anglais et
en français, permettant de créer ses propres tableaux puis de les exporter au format Excel.

http://www.statcompiler.com/statcompiler/
Les données concernant le VIH/SIDA ne sont pas accessibles directement dans STATcompiler mais peuvent être consultés via
un outil équivalent, disponible via le même site : la HIV/AIDS Survey Indicators Database (voir plus bas).
Les données de STATcompiler peuvent être également cartographiées en ligne à l’aide de STATmapper :
http://statmapper.mapsherpa.com

6. HIV/AIDS Survey Indicators Database

http://www.measuredhs.com/hivdata/

Mise en ligne en mai 2002, la HIV/AIDS Survey Indicators Database a pour vocation de réunir dans une même base de
données un peu plus de 150 indicateurs comportementaux, épidémiologiques ou portant sur les connaissances relatives au
VIH/SIDA. Les indicateurs retenus ont été déterminés en fonction de guides et de besoins de l’ONUSIDA, de l’Assemblée
Générale des Nations unies réunie en session spéciale sur le VIH/SIDA (UNGASS), des Objectifs du Millénaire
(Millennium development Goals ou MDGs), du plan présidentiel américain PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS
Relief) et du Fond Mondial contre le VIH/SIDA, le Paludisme et la Tuberculose.
La base de données réunie les résultats d’environ 200 enquêtes menées dans plus de 75 pays. Il s’agit essentiellement d’EDS,
mais également de Multiple Indicator Cluster Surveys (MICS), de Reproductive Health Surveys (RHS), de Sexual
Behaviour Surveys (SBS) et de Behavioral Surveillance Surveys (BSS). La base de données est supervisée par un comité
international incluant des représentants de l’USAID (principal financeur), l’UNICEF, le CDC, l’ONUSIDA, l’OMS, le US
Bureau of the Census, FHI, MEASURE Evaluation, le Synergy Project, le US Census Bureau International Programs Center
et MEASURE DHS+.
Comme pour STATcompiler, l’utilisateur peut construire en ligne ses propres tableaux puis les exporter au format Excel.
Depuis mi-2007, des cartes au niveau national et régional des différents indicateurs peuvent être réalisées en ligne à l’aide de
HIVMapper : http://www.hivmapper.com/.

Source : In LARMARANGE J., Prévalence du VIH en Afrique : validité d’une mesure, Thèse de doctorat de l’université de Paris 5
Descartes, option démographie, Paris 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 78


exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 3 : LA REPONSE AU VIH, UNE POLITIQUE D’ENVERGURE
POUR UNE PRIORITE NATIONALE

Depuis la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en 1983 par les


professeurs Robert Gallo et Luc Montagnier, l’augmentation des cas d’infection à VIH de par
le monde et en particulier en Afrique au sud du Sahara et ses multiples conséquences ont
progressivement fait de cette infection plus un problème de développement qu’un problème
uniquement de santé publique. Au Burkina Faso, la reconnaissance officielle de l’infection à
VIH et du SIDA en 1986 à travers la notification à l’OMS des premiers cas, a conduit à une
réaction du Gouvernement avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers et de la
société civile. En effet, dès 1987, les premières mesures ont été prises par la mise en place
d’un Comité technique restreint, placé sous la responsabilité du Ministre de la santé. Les
missions assignées à ce comité ont essentiellement consisté à l’évaluation de la situation du
VIH, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan à court terme. Les activités de départ étaient
axées sur la sécurité transfusionnelle et la sensibilisation par l’information, l’éducation et la
communication (IEC). Il s’est agi notamment de la promotion des mesures de prévention en
général. Cette activité a marqué le début de la promotion du préservatif.

Dans la même dynamique, des concertations nationales et internationales ont permis de fixer
des orientations politiques en faveur d’une meilleure connaissance de l’épidémie. La réponse
nationale a connu trois principales phases couvrant respectivement les périodes 1987-1995,
1995-2001 et 2001 à nos jours.

3.1. Historique de la réponse au VIH

3.1.1. Première phase : 1987-1995

Sous l’égide de l’OMS, elle a permis l’installation du Comité technique, l’élaboration du


Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) et la mise en oeuvre d’un plan à court
terme (1987-1989) et de deux plans à moyen terme (1990-1992 et 1993-1995).
- Plan à court terme : Les actions prioritaires menées durant la période ont concerné
essentiellement des activités d'information, éducation et communication (IEC), le
développement des capacités nationales et institutionnelles en matière de prévention

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 79


exemple du Burkina Faso
contre l’infection à VIH et la réalisation d'enquêtes épidémiologiques qui a permis de
déterminer l'ampleur de la maladie du VIH/SIDA au Burkina Faso. Ce plan a été
marqué par la création, par décret pris en conseil de Ministres, le 27 février 1990, d’un
Comité national de lutte contre le Sida au Burkina Faso (CNLS-SIDA) rattaché au
Ministère de la santé. Il comprenait un Secrétaire permanent et six sous- comités que
sont le sous-comité suivi du programme, le sous-comité laboratoire, le sous-comité
surveillance épidémiologique, le sous-comité recherche, le sous-comité information,
éducation, communication et le sous-comité prise en charge des malades et
séropositifs.
- Plans à moyen terme I et II : Les actions prioritaires menées durant ces périodes ont
porté sur l’intensification des activités d'information, d’éducation et de communication
en direction du grand public et des principaux groupes vulnérables (élèves, migrants,
forces de l'ordre, prostituées), le lancement du Projet de marketing social des condoms
(PROMACO) en 1991, le renforcement des capacités nationales et des programmes de
formation et le démarrage de la séro-surveillance de l'infection à VIH sur des groupes
cibles (femmes enceintes, porteurs de MST, malades de la tuberculose). Au cours du
deuxième plan à moyen terme, le Comité a connu une réorganisation dans sa
dénomination, sa composition et son fonctionnement. Il devient alors Comité national
de lutte contre le Sida et les MST (CNLS-SIDA/MST). Ses missions essentielles ont
été d’élaborer et mettre en œuvre le programme national de lutte contre le SIDA et les
MST et d’en assurer la coordination, le suivi et l’évaluation. Il était dirigé par un
bureau composé d’un président (Ministre chargé de la santé), d’un 1er vice président
(Ministre chargé de la communication) et d’un 2ème vice président (Ministre chargé de
l’action sociale). Le nombre de sous-comités techniques est passé de six (6) à cinq (5)
(le sous-comité suivi du programme a été supprimé).

Mais les résultats ont été modestes : diagnostics incomplets, transfusion sanguine non
contrôlée, faible implication et manque de formation des agents sanitaires, absence
d’accompagnement des associations, dépistage sérologique inexistant. Les raisons de ces
résultats ont été imputées à la faible implication des politiques, à la défaillance des conseillers
techniques dépassés par l’ampleur, à la nouveauté du problème et la mauvaise appréciation du
rôle potentiel que pouvaient jouer les associations de la société civile [FONTENEAU, 2002].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 80


exemple du Burkina Faso
3.1.2. Deuxième phase : 1996-2001

Elle a été caractérisée par un raffermissement de l’engagement politique, matériel et financier


du Gouvernement et des partenaires techniques et financiers. Ce qui a permis de renforcer
l'organisation de la réponse au VIH au Burkina Faso à travers notamment le lancement du
Projet population et lutte contre le SIDA (PPLS), la consolidation de la séro-surveillance de
l'infection à VIH et la notification des cas de SIDA, la planification stratégique qui a
débouché sur l’adoption d’une approche multisectorielle, l'accentuation des activités d'IEC en
direction notamment des groupes vulnérables, la promotion d'une sexualité responsable et
sans risque à travers les médias de masse, la mise à disposition et la promotion de l'utilisation
des préservatifs, la prévention et la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles, la
formation des agents de santé et des relais communautaires, l'amélioration de la sécurité des
transfusions sanguines et la prise en charge psychologique, sociale, scolaire, alimentaire,
juridique, économique et médicale des personnes infectées et affectées par le VIH. Les
financements alloués à la lutte contre le sida sont passés de 10 millions de dollars (1987-1995)
à 34 833 500 $US (1996-2001) dont 2 706 000 $US représentant la contribution de la partie
nationale. Toutefois, malgré un effort financier certain, la politique [FONTENEAU, 2002]
nationale s’est caractérisée par le manque d’actions concrètes et d’orientations précises.
Aussi, le rattachement du Comité national de la lutte contre le SIDA et les IST, instance
d’envergure gouvernementale, à la Présidence du Faso, allait-il définitivement consacrer un
caractère hautement prioritaire à la réponse au VIH. Le comité devient alors un Conseil et
depuis 2001, les interventions en matière de lutte contre le VIH/SIDA et les IST sont régies
par des structures de coordination et d’exécution mises en place aux niveaux central, sectoriel,
déconcentré et décentralisé.

3.1.3. Début de la troisième phase : 2001-2005

La troisième phase, amorcée en 2001, est caractérisée par un renforcement de la coordination


des interventions des partenaires techniques et financiers et la formalisation de l’approche
multisectorielle de la réponse au VIH. L’approche multisectorielle, engagée par le
Gouvernement avec l’appui des partenaires techniques et financiers, répond à un besoin de
faire de la lutte contre le VIH/Sida, une préoccupation commune à l’ensemble des
composantes de la société : structures étatiques et privées, société civile, communautés
coutumières et religieuses, associations, ONG, organisations à base communautaire.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 81


exemple du Burkina Faso
L’exigence d’une telle démarche a conduit à l’adoption, le 30 mai 2001 en conseil des
ministres, d’un Cadre stratégique de lutte contre le Sida (CSLS) pour une période de cinq (5)
années (2001-2005). L’élaboration de ce document s’est inscrite en droite ligne de deux
stratégies nationales :
 la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté dans lequel le Gouvernement, lors de
sa révision en 2003, a inscrit la lutte contre le VIH/Sida comme un domaine prioritaire
au même titre que la santé et la nutrition.
 la politique sanitaire nationale (PSN) adoptée par le Gouvernement en 2000 et qui sera
suivie en 2001 du programme national de développement sanitaire nationale (PNDS).

Le CSLS 2001-2005 s’articulait autour de six objectifs regroupés en quatre axes stratégiques
définis comme suit : (1) le renforcement des mesures de préventions de la transmission des
IST et VIH ; (2) le renforcement de la surveillance de l’épidémie ; (3) l’amélioration de la
qualité de la prise en charge globale des personnes infectées et affectées ; (4) l’élargissement
de la réponse et la promotion du partenariat national international et de la coordination
multisectorielle. La mise en œuvre du CSLS a été assurée à travers une planification
opérationnelle des activités, traduite annuellement dans un Plan national multisectoriel
(PNM). Les PNM font individuellement l’objet d’un bilan annuel qui est soumis à la session
ordinaire du CNLS-IST.

Dans le souci de prendre en compte le caractère multisectoriel de la lutte, cinq (5) secteurs de
mise en œuvre ont été identifiés dans le cadre stratégique 2006 – 2010 avec des attributions
spécifiques. Il s’agit : 1) du secteur ministériel comprenant d’une part le Ministère de la Santé
et d’autre part les autres ministères et institutions ; 2) du secteur communautaire représenté
par les associations, les ONG, les communautés coutumières et religieuses ; 3) du secteur
privé (entreprises, sociétés) ; 4) du secteur décentralisé (provinces) ; 5) du secteur de la
coordination nationale.

Dans cet effort de réorganisation de la lutte contre la pandémie du VIH/Sida, le Comité


national de lutte contre le SIDA et les MST est remplacé par un Conseil national de lutte
contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles (CNLS-IST), présidé par le
Président du Faso. Créé le 19 septembre 2001 par un décret pris en conseil des ministres, le
CNLS-IST est l’organe supérieur de coordination du Programme national de lutte contre le

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 82


exemple du Burkina Faso
SIDA et les IST. Il est l’instance décisionnelle en matière de lutte contre le VIH/SIDA et les
IST à l’échelle nationale. Le conseil des ministres, à cette même séance du 19 septembre
2001, adoptait le décret portant attributions et organisation du Secrétariat permanent du
CNLS-IST qui devient l’organe technique chargé de la coordination, de l’appui technique et
du suivi de l’ensemble des activités de lutte contre le SIDA et les IST. Il est composé de sept
(7) départements au sein desquels doivent s’exécuter les programmes. Le 14 avril 2005, ce
décret a été remplacé par le décret n°2005-228/PRES/PM/MS/MEDEV/MFB portant
attributions et organisation du SP/CNLS-IST, intégrant une Unité de gestion financière.

Le budget du CSLS 2001-2005 corrigé s’élève à 70,65 milliards de F.CFA. Les actions de
plaidoyer réalisées par le SP/CNLS-IST pour la mobilisation des ressources en faveur de la
lutte contre le VIH/Sida et les IST ont permis de disposer davantage de moyens financiers
auprès des partenaires. L'engagement de ceux-ci s'est traduit par la mise en place de diverses
initiatives, de projets et programmes et autres appuis institutionnels. Il a été enregistré sur la
période un accroissement de 170% du nombre de partenaires techniques et financiers
impliqués dans la lutte contre le VIH/Sida et les IST. Quant aux ressources mobilisées, elles
sont passées de 3,6 milliards de francs CFA en 2001 à 14,8 milliards en 2003 pour atteindre
21,8 milliards en 2005. Le cumul des ressources se chiffre par contre en fin 2005 à 64,1
milliards de FCFA pour la période 2001-2005, ce qui représente un taux de mobilisation de
90,7%. Le taux d’absorption des fonds mobilisés est estimé à 83,92%.

Suite à la rédaction du bilan global de la mise en œuvre du CSLS 2001-2005, il se dégage une
appréciation positive du fait de sa contribution à la baisse de la séroprévalence et à
l’amélioration de la prise en charge des personnes infectées par le VIH ainsi que la pertinence
de son contenu (cadre avec les objectifs mondiaux dans le domaine de la réponse contre les
IST et le VIH/SIDA). Cependant, l’impact limité sur la prise en charge des PVVIH
(notamment la décentralisation effective des soins), l’absence d’un plan de communication, la
faible fonctionnalité de certaines structures mise en place (notamment les structures
décentralisées de coordination de la lutte contre les IST et le VIH/SIDA), la faible
capitalisation et systématisation de la production de données factuelles sur la réponse
nationale et l’absence de consensus sur les modalités d’allocation et de répartition des
ressources financières ont constitué les éléments limitant le succès de la mise en œuvre du
CSLS 2001-2005. Une nouvelle stratégie sera adoptée après cette période.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 83


exemple du Burkina Faso
3.2. Organisation actuelle de la réponse au VIH

3.2.1 Un cadre commun de lutte contre le VIH/SIDA et les IST

La nouvelle stratégie de lutte contre le VIH/SIDA et les IST 2006-2010, résulte d’un long
processus participatif partant de l’évaluation du précédent Cadre stratégique à la définition
des orientations stratégiques pour la période 2006-2010. Il s’est agi de :
 la prise en compte des recommandations de l’évaluation à mi-parcours du Cadre
stratégique de lutte contre le VIH/SIDA 2001-2005 (CSLS),
 la formulation de l’avant projet de Cadre stratégique de lutte contre le VIH/SIDA et
les IST 2006-2010 (CSLS) : cette étape de formulation de l’avant projet a consisté en
la mise en place d’un groupe de travail pour l’élaboration du CSLS 2006-2010
composé de six comités techniques sectoriels et trois comités de rédaction, puis
l’organisation de réunions et ateliers périodiques en vue d’assurer un meilleur cadrage
des axes stratégiques et des secteurs d’intervention conformément aux besoins de la
lutte contre le VIH/SIDA et les IST. Ainsi, les comités techniques sectoriels ont été
mis en place respectivement pour le secteur ministériel santé, le secteur des ministères
autres que celui de la santé, le secteur communautaire, le secteur privé, le secteur
décentralisé et le secteur de la coordination nationale. Chaque comité technique
sectoriel a travaillé avec l’appui des partenaires techniques et financiers et a pu ainsi
orienter les actions prioritaires pour 2006-2010. L’organisation d’un atelier de
consensus, du 12 au 13 avril 2005 a permis d’adopter les conclusions formulées par les
travaux de réflexion et d’orientation. Les rapports des travaux des comités techniques
sectoriels ont été soumis aux comités multisectoriels de rédaction qui devaient les
consolider et proposer les premiers drafts du document de cadre stratégique. Les drafs
successifs ont fait l’objet de restitutions d’étapes au groupe de travail composé des
représentants du monde associatif et communautaire, des institutions et ministères, de
la société civile, des organisations coutumières et religieuses et des partenaires
techniques et financiers
 le processus de validation de l’avant projet du Cadre stratégique de lutte contre le
VIH/SIDA et les IST 2006-2010, s’est déroulé ainsi qu’il suit :

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 84


exemple du Burkina Faso
o l’organisation d’un atelier technique de restitution du document préliminaire
afin de présenter les propositions et prendre en compte les ajustements
nécessaires le 17 mai 2005 ;
o l’organisation d’ateliers sectoriels de validation du CSLS 2006-2010
provisoires à l’attention des groupes d’acteurs sectoriels afin de recueillir les
amendements et propositions d’amélioration du document de stratégie le 23
mai 2005 ;
o l’organisation d’un atelier national de validation du CSLS 2006-2010 le 27 mai
2005 au cours duquel environ (200) personnes ont pris part, dont 15% pour la
société civile, 8,5% pour les ministères et institutions, 28,5% pour le structures
décentralisées, 14,5% pour les partenaires techniques et financiers et 33,5%
pour les services centraux et secteur privé ;
o l’organisation d’une session extraordinaire du CNLS-IST pour l’adoption du
CSLS 2006-2010 le 30 juin 2005 qui a été présidée toute la journée par le Chef
de l’Etat.

Le CSLS 2006-2010 a défini cinq (5) axes stratégiques qui constituent les grandes lignes
d’orientations des interventions de la réponse nationale pour la période considérée au Burkina
Faso. Ces axes identifiés sont (1) le renforcement des mesures de prévention de la
transmission du VIH/SIDA et des IST et promotion du conseil dépistage volontaire, (2) le
renforcement de l’accès aux soins et à la prise en charge médicale et communautaire des
PVVIH, (3) le renforcement de la protection et du soutien aux PVVIH et personnes affectées
par le VIH/SIDA et autres groupes spécifiques, (4) le renforcement du partenariat, de la
coordination et de la mobilisation des ressources et (5) le renforcement de la surveillance de
l’épidémie, du suivi évaluation et promotion de la recherche.

Le CSLS 2006-2010 s’intègre dans le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) et
ses objectifs s’inscrivent dans la perspective des objectifs du millénaire pour le
développement (OMD) et des objectifs du nouveau partenariat pour le développement de
l’Afrique (NEPAD). Il est harmonisé avec le cycle budgétaire du Gouvernement, d’autant
plus qu’environ 80% des ressources allouées à la réponse au VIH sont inscrites dans le budget
national, toutes sources confondues. Par ailleurs, le Programme national de développement
sanitaire (PNDS) 2001-2010 qui s’inscrit dans le CSLP constitue aussi un dispositif
stratégique d’appui à la lutte contre le VIH/SIDA et les IST (objectif intermédiaire 4).

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 85


exemple du Burkina Faso
Sur la base des recommandations du Conseil national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST
(CNLS-IST) formulées à la session extraordinaire relative à l’adoption du CSLS 2006-2010
tenue le 30 juin 2005, un plan d’opérationnalisation du CSLS 2006-2010 a été élaboré avec la
participation de l’ensemble des acteurs sectoriels. Ce document a mis en évidence les actions
prioritaires à développer par axe et par secteur, et présente une matrice de planification
annuelle des actions prioritaires à mettre en œuvre, assortie des ressources à mobiliser pour le
financement des actions.

Le CSLS 2006-2010 est chiffré et budgétisé et dont les ressources nécessaires pour la lutte
contre le VIH/SIDA et les IST s’élèvent à 119 848 849 692 F.CFA. La répartition du budget
par axe stratégique et par année est présentée dans le tableau ci-après :

Tableau 10. Budget prévisionnel du CSLS 2006-2010 par secteur d’intervention


Secteur/sous secteur
2006 2007 2008 2009 2010 TOTAL
d'intervention
Secteur des institutions
6,708 7,737 8,692 9,413 10,375 42,928
et des ministères
Sous secteur santé 5,279 6,147 6,870 7,519 8,498 34,315
Sous secteur action sociale 0,652 0,729 0,780 0,760 0,679 3,602
Sous secteur inst&min
autres que santé et action 0,776 0,860 1,042 1,133 1,198 5,011
sociale
Secteur privé et
0,543 0,612 0,710 0,766 829 3,463
entreprise
Secteur communautaire 7,035 7,861 8,697 9,238 9,557 42,390
Secteur des entités
4,636 5,048 4,723 5,023 5,211 24,644
territoriales
Secteur de la
0,978 1,076 1,409 1,481 1,478 6,423
coordination nationale
TOTAL GENERAL 19,902 22,336 24,233 25,923 27,453 119,849
Source : SP/CNLS-IST : Analyse de la gouvernance et VIH, mai 2008

La contribution des PTF à la mise en œuvre du CSLS 2006-2010 a été matérialisée par la
tenue de la table ronde des bailleurs de fonds le 03 juillet 2006. Lors de ces assises, les
partenaires techniques et financiers ont annoncé chacun leur contribution pour la mise en
œuvre du CSLS 2006-2010. Certains ont donné des indications sur la nature et les modalités
de leurs interventions, les conditionnalités ainsi que les domaines concernés. D’autres ont pris
l’engagement d’apporter des ressources supplémentaires pour soutenir le Gouvernement,

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 86


exemple du Burkina Faso
suivant les progrès réalisés. Ainsi, les financements acquis/annoncés se chiffraient à 89,8
milliards de FCFA à cette date.

Au 31 décembre 2007, la situation des annonces de contributions s’est située à 108,9 milliards
de FCFA soit 90,89% du coût global du Cadre stratégique de lutte contre le VIH/SIDA et les
IST

Les différents partenaires techniques et financiers impliqués dans le financement n’ont pas de
zone d’intervention spécifique, exception faite des coopérations techniques belge (CTB),
allemande (GTZ), des Bas-Pays (AES/Burkina) et de la BAD à travers le Projet d’appui à la
lutte contre le VIH/SIDA (PALS/BAD) dont les zones d’intervention sont les suivantes :
- CTB : la région du plateau central avec trois provinces
- GTZ : les régions du Sud-Ouest et de l’Est
- PALS/BAD : les régions de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins, du Sud-Ouest,
du Centre Ouest
- AES : les provinces du Samnatenga, du Bam, du Zoundwéogo et celles des Balés.

3.2.2 Un organe commun de coordination de la réponse

Le dispositif mis en place pour la période 2006-2010 connaît une constante amélioration et
une adaptation pour répondre aux besoins de l’approche multisectorielle et de la spécificité
des acteurs et de certains secteurs. En effet, le Cadre stratégique de lutte contre le sida et les
IST est passé de quatre (4) axes pour celle de 2001-2005 à cinq (5) axes pour l’actuel. On a
noté également l’apparition d’un autre sous secteur qui est celui de l’action sociale dans le
nouveau Cadre stratégique. En rappel, le Cadre stratégique 2006-2010 a été adopté le 27
juillet 2005 et s’accompagne pour la première fois d’un Plan opérationnel qui définit les
actions prioritaires et constitue le référentiel pour l’élaboration des Plans nationaux
multisectoriels dont la périodicité est annuelle. La structure centrale de coordination qui
définit la politique et les orientations nationales pour la lutte contre les IST et le VIH/SIDA
demeure le Conseil national de lutte contre le SIDA et les IST (CNLS-IST) qui a également

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 87


exemple du Burkina Faso
connu un réaménagement en février 2007 et en décembre 2007 avec une augmentation du
nombre de ses membres (de 69 à 14611 et de 146 à 14212). Sa composition est la suivante :
 le Gouvernement avec 80 représentants, soit 56,34%, (9 représentants des
Institutions, 58 représentants des Ministères et 13 représentants des Gouvernorats)
 les élus locaux (Maires et Présidents de Conseils régionaux) avec 18 représentants,
soit 12,68%,
 la société civile, ONG, associations, communautés coutumières et religieuses, avec
24 représentants, soit 16,90%,
 le secteur privé avec 10 représentants, soit 7%,
 les partenaires techniques et financiers avec 10 représentants, soit 7%.

Les interventions en matière de lutte contre les IST et le VIH/SIDA sont mises en œuvre par
des structures regroupées en trois (3) catégories que sont : (i) les structures centrales de
coordination, (ii) les structures décentralisées de coordination et (iii) les structures
d’exécution.

3.2.2.1. les structures centrales de coordination

Elles se composent du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le SIDA et les
IST (SP/CNLS-IST) et des structures de coordination des partenaires techniques et financiers.

 Le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le SIDA et les IST


(SP/CNLS-IST) : Il est l’organe technique chargé de la coordination, de l’appui technique et
du suivi de l’ensemble des activités de lutte contre le VIH/SIDA et les IST. Il est dirigé par un
Secrétaire permanent. Le SP/CNLS-IST est créé par décret N°2007-079/PRES/PM/MS du 14
février 2007 portant modification du décret N° 2005-228/PRES .PM/MS/MEDEV/MFB du
14 avril 2005. Il comprend un Bureau du Secrétaire permanent, une Unité de gestion
financière (UGF), une Unité centrale de planification et de suivi- évaluation (UC-PSE), un
Département chargé de l’administration et des finances (DAF), un Département chargé de la
communication et des relations publiques (DCRP), un Département chargé du secteur
santé (DSS), un Département chargé des institutions, des ministères autres que le Ministère de
11
Décret n°2007-078/PRES/PM/MS/MASSN portant modification du décret n°2001-510/PRES/PM/MS du 1er
octobre 2001 portant création, composition, attributions, fonctionnement du Conseil national de lutte contre le
SIDA et les IST du 14 février 2007.
12
Communiqué final de la septième session du CNLS-IST, 21 décembre 2007.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 88


exemple du Burkina Faso
la Santé, et des entreprises (DME), un Département chargé des communautés coutumières et
religieuses, des ONG et des OBC (DCCRO), un Département chargé des entités territoriales
(DET) et un Département chargé de l’étude des dossiers soumis au Fonds de solidarité envers
les malades et orphelins du SIDA (DED-FSMOS). En outre, le SP/CNLS-IST comprend 13
antennes régionales dont deux sont actuellement fonctionnelles (Hauts Bassins et Boucle du
Mouhoun). Il compte plus de 150 agents fonctionnaires et contractuels. Le SP/CNLS-IST
fonctionne sur la base d’un plan d’action élaboré chaque année qui fait l’objet de signature
d’un protocole de financement entre les bailleurs de fonds et le ministre d’Etat, Ministre de la
Santé. Il existe un mécanisme interne de coordination (rencontres hebdomadaires, rencontres
mensuelles).

 Les structures de coordination des partenaires techniques et financiers composées :


- du Groupe technique de travail (GTT) : Ce cadre regroupe toutes les agences du
système des Nations unies intervenant dans la lutte contre le VIH/SIDA et les IST,
- du Groupe thématique ONUSIDA (GT/ONUSIDA) : Il regroupe les agences co-
parainnantes de l’ONUSIDA, du Groupe thématique ONUSIDA élargi (GTE) : Il
regroupe les partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux autour de la
lutte contre le VIH/SIDA et les IST. Ce cadre permet aux partenaires de coordonner
leurs interventions relatives à la mobilisation des ressources et à l’harmonisation des
appuis,
- du groupe des Partenaires techniques et financiers (PTF-SIDA) : Ce groupe intègre les
partenaires techniques et financiers bilatéraux, multilatéraux, les projets et
programmes, les ONG internationales, les structures communautaires de coordination
impliquées dans la lutte contre le VIH/SIDA et les IST. La mise en place de ce cadre de
concertation vise à favoriser la mobilisation des ressources et à examiner les stratégies
de mise en œuvre des interventions du programme national multisectoriel.

3.2.2.2. les structures décentralisées de coordination

Outre la structure centrale, les structures décentralisées de coordination ont connu pour
certaines une opérationnalisation et pour d’autres un renforcement par l’augmentation de leur
nombre afin d’améliorer la couverture des entités territoriales. Ce sont :

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 89


exemple du Burkina Faso
 les Comités d’institutions de lutte contre le VIH/SIDA et les IST (CILS) chargés
de la coordination des actions de la lutte contre le VIH/SIDA au sein des
Institutions. Ils sont au nombre de six (6) en 2006 ;
 les Comités ministériels de lutte contre le VIH/SIDA et les IST (CMLS) chargés
de la coordination des actions de la lutte contre le VIH/SIDA au sein des
départements ministériels. Ils sont au nombre de vingt neuf (29) en 2006 ;
 les Comités d’entreprises de lutte contre le VIH/SIDA et les IST (CELS) chargés
de la coordination des actions de lutte contre le VIH/SIDA au sein du secteur
privé et des entreprises. Ils sont au nombre de trente deux (32) en 2006 ;
 les Comités régionaux de lutte contre le VIH/SIDA et les IST qui jouent le rôle
de relais du CNLS-IST au niveau régional, ils assurent la coordination des
interventions des Comités provinciaux de lutte contre le VIH/SIDA et les IST
(CPLS) et des structures régionales de lutte contre le Sida avec l’appui technique
des antennes régionales du SP/CNLS-IST. Ils sont au nombre de treize (13) en
2007 suite au décret n° 2007-078/PRES/PM/MS/MASSN du 14 février 2007 portant
modification du décret n°2001-510/PRES/PM/MS du 1er octobre 2001 portant création,
attributions, organisation et fonctionnement du Conseil national de lutte contre le SIDA
et les infections sexuellement transmissibles au Burkina Faso mais pas encore
fonctionnels à cette période ;
 les Comités provinciaux de lutte contre le VIH/SIDA et les IST (CPLS) qui
coordonnent les interventions en matière de lutte contre le VIH/SDIA et les IST
dans les provinces. Ils sont au nombre des quarante cinq (45) provinces que
compte le pays depuis 2006 ;
 les Comités communaux de lutte contre le VIH/SIDA et les IST (CCLS) qui sont
des structures de coordination au niveau des communes. Ils sont au nombre de
trois cent cinquante un (351) en 2007 suite à la prise du décret portant création
du CNLS-IST, cité plus haut, mais pas encore fonctionnel à cette période.

Au niveau des structures communautaires, la dynamique s’est également poursuivie car il


existe en constance une création de nouvelles associations, qui d’emblée inscrivent la lutte
contre le VIH dans leurs priorités tandis que les autres, qui existent déjà, développent des
interventions dans ce sens. Les structures de coordination communautaire sont :
o les réseaux d’associations : REGIPIV-BF, RAJS, BURCASO, CIC/Doc,
CAS/VIH, CALSI, AIDSETI, RALIS,

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 90


exemple du Burkina Faso
o le Comité national catholique de lutte contre le SIDA (CNCLS),
o le Comité d’associations islamiques de lutte contre le SIDA,
o le Conseil des évangéliques pour lutter contre le SIDA et le Comité national
coutumier et traditionnel de lutte contre le VIH/SIDA.
De plus, deux structures faîtières ont été mises en place ; il s’agit de la Coalition des réseaux
et associations de lutte contre le VIH/sida du Burkina et la promotion de la santé (CORAB) et
de l’Union des religieux et coutumiers du Burkina contre le Sida (URCB/Sida). Des initiatives
sont en cours pour mettre en place une structure de coordination regroupant les ONG
nationales et internationales impliquées dans la réponse au VIH. Il conviendrait de signaler
également l’existence de 116 associations spécialisées dans la prise en charge et la promotion
du conseil dépistage.

3.2.2.3. les structures d’exécution

Au niveau des structures d’exécution, une forte dynamique a été observée au niveau des
secteurs ministériels avec de plus en plus de ministères qui élaborent des plans d’actions après
un processus d’analyse de la situation et de la réponse au VIH. Les structures d’exécution sont
représentées par :
 celles du sous-secteur de la santé représentées par les Directions centrales du
Ministère de la santé, les Centres hospitaliers universitaires (CHU) et régionaux
(CHR), les Directions régionales de la santé (DRS), les Districts sanitaires (DS),
les structures sanitaires et pharmacies privées, les projets/programmes
spécifiques, les CM, les CMA, les CSPS ;
 celles du sous-secteur de l’action sociale représentée par les Directions centrales
du Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale, les Directions
régionales et provinciales de l’action sociale et de la solidarité nationale ;
 celles du sous-secteur des institutions et des ministères autres que ceux de la
santé et de l’action sociale représentées par les cellules relais;
 celles du secteur privé et des entreprises représentées par les cellules relais ;
 celles du secteur communautaire qui comprennent les associations/ ONG locales,
les communautés coutumières, les communautés religieuses et les Organisations
à Base Communautaire avec une couverture du territoire plus ou moins variable,

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 91


exemple du Burkina Faso
donnant par endroit des zones d’hyper concentration contrastant avec des zones
peu ou prou couvertes ;
 celles du secteur des entités territoriales que sont les Comités villageois de lutte
contre le VIH/SIDA et les IST (CVLS), les Comités des secteurs de commune de
lutte contre le SIDA et les IST (CSCLS) et les Organisations à base
communautaire (OBC) locales.

Figure 2. Organisation de la lutte contre le VIH/SIDA et les IST au Burkina Faso

CNLS-IST

Partenaires techniques
et financiers

Structures de coordination
SP/CNLS-IST

Coordination Développement des


sectorielle verticale stratégies et politiques
- CILS
-CMLS
-CELS CRLS,
- ONG Antennes
-structures SP/CNLS-IST
communautaires de
coordination

CPLS
Projets/Programmes

Application des
stratégies et politiques
Structures d’exécutionS

CCLS/CCRLS
Structures d’exécution

Privé/Entreprise Ministères Entités territoriales Communautaire


Cellules relais , CSCLS, CVLS,
Cellules relais ONG, associations, OBC,
Cellules d’exécution des Cellules d’exécution des communautés coutumières et
Projets/Programmes Projets/Programmes religieuses

Echanges et concertations
Coordination sectorielle
Coordination nationale
Directives et Orientations
Bilan de mise en
œuvre du PNM

Source : SP/CNLS-IST/BF, Manuel de suivi évaluation, 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 92


exemple du Burkina Faso
3.2.3. Un système commun de suivi et d’évaluation

Le pays dispose d’un organisme de coordination et d’opérationnalisation du suivi évaluation


de la lutte contre le VIH/SIDA au niveau national. Il s’agit du Secrétariat permanent du
CNLS-IST à travers son Unité centrale de planification et de suivi évaluation. De plus, un
Groupe technique de suivi évaluation, présidé par le Secrétaire permanent a été créé. Ce
groupe connaît la participation des partenaires techniques et financiers clés
(gouvernementaux, bilatéraux, multilatéraux, société civile). Cependant ce Groupe technique
de travail sur le suivi évaluation, créé en 2005, n’a véritablement pas fonctionné, en dehors
des rencontres hebdomadaires de l’Unité centrale de suivi évaluation et le partage de
l’information et de la documentation aux autres membres du groupe technique de suivi
évaluation. Aussi, il a été élaboré en 2005 un manuel de suivi évaluation, adopté par les
principales parties prenantes. Ce manuel a été révisé en 2006 suite à l’adoption du nouveau
cadre stratégique de lutte contre le VIH/SIDA et les IST 2006-2010. Pour rendre opérationnel
le manuel de suivi évaluation, des plans d’action annuels pour l’opérationnalisation du suivi
évaluation ont été élaborés, mettant l’accent sur le renforcement des capacités des acteurs à la
collecte, l’analyse et le traitement des données en vue de renseigner les indicateurs, ainsi que
la promotion de la recherche.

L’élaboration de ce manuel de suivi- évaluation a adopté une démarche participative dans la


perspective de définir un consensus sur le contenu du document et de favoriser son
appropriation.

Il existe un flux d’informations utiles et actualisées entre les partenaires. La session annuelle
du CNLS-IST, présidée par le Chef de l’Etat, offre un cadre approprié pour partager et
discuter les données du suivi évaluation. Les rapports issus des réunions hebdomadaires du
Secrétariat permanent du CNLS-IST sont disponibles au sein de l’Unité de suivi évaluation et
permettent aux partenaires de suivre régulièrement l’évolution des activités de tous les
secteurs. Le Comité technique de programmation et de suivi (CTPS), le Comité de pilotage du
Fonds commun et les structures de coordination des Partenaires techniques et financiers
(GT/ONUSIDA, GT, Groupe conjoint des Nations unies sur le VIH/SIDA…) permettent
également la circulation des informations entre les acteurs de terrain et les partenaires
techniques et financiers. Le niveau de fonctionnalité de certains de ces cadres reste cependant
à améliorer dans le sens de la régularité de leur tenue et du suivi des recommandations.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 93


exemple du Burkina Faso
3.3 Les grandes interventions de la réponse nationale au VIH

3.3.1. Renforcement des mesures de prévention de la transmission du VIH et des IST et


promotion du conseil dépistage volontaire

La mise en œuvre des mesures de prévention de la transmission du VIH se fera à travers la


prévention des comportements à risque et promotion des comportements à moindre risque par
l’IEC/CCC, la promotion de la sécurité transfusionnelle dans les structures sanitaires et
communautaires, la promotion de l’hygiène et de la sécurité dans les milieux de travail, la
prévention des accidents d’exposition aux liquides biologiques, la prévention de la
transmission du VIH de la mère à l’enfant, la promotion des préservatifs masculins et
féminins, la promotion des activités ciblées au profit des groupes vulnérables et/ou
spécifiques, la promotion de la santé de la reproduction/santé sexuelle, le renforcement de
l’enseignement de la lutte contre le VIH/SIDA et des IST dans le secteur de l’éducation et
dans les écoles de formation professionnelle, le renforcement du dépistage et du traitement
précoce des IST, le renforcement du conseil dépistage volontaire au niveau des structures
sanitaires et communautaires.

Dans le domaine de la prévention, plusieurs stratégies ont été développées et exécutées par les
institutions nationales, les partenaires, les ONG, les associations/ OBC à travers la mise en
œuvre d’actions spécifiques. Pour les cinq prochaines années, la principale priorité sera la
valorisation des approches positives pour le changement de comportement.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 94


exemple du Burkina Faso
Tableau 11. Feuille de route en matière de prévention
Domaines Interventions clés
d’interventions
2006 2007 2008 2009 2010
prioritaires
Diffusion d’une stratégie nationale de Formation des acteurs de tous Réalisation de campagnes de Réalisation de Réalisation de
CCC les secteurs CCC campagnes de CCC campagnes de CCC
Production et diffusion de supports de Réalisation de campagnes de Recycler les acteurs de tous
Communication CCC/SIDA/IST adaptés à chaque CCC les secteurs Les curricula sont Les curricula sont
pour le changement secteur d’activité Les modules de formation enseignés dans 6247 enseignés dans 7185
de comportement sont intégrés dans les Les curricula sont enseignés écoles (primaires, écoles (primaires,
Elaboration des modules de formation programmes d’enseignement dans 5400 écoles (primaires, secondaires et secondaires et
et des curricula de formation en CCC de l’ensemble des écoles secondaires et supérieures) supérieures) supérieures)
professionnelles
37 districts sanitaires ont mis en place 42 districts sanitaires ont mis 48 districts sanitaires ont 53 districts sanitaires 55 districts sanitaires
La prévention de la un site PTME dans 264 CSPS en place un site PTME dans mis en place un site PTME ont mis en place un site ont mis en place un
transmission mère - Il est mis en place une politique de 780 CSPS dans 913 CSPS PTME dans 1061 CSPS site PTME dans 1226
enfant substitution du lait maternel aux CSPS
femmes éligibles
Chaque CHR et CMA a
Une stratégie de suivi de la mise en
identifié de manière explicite
Sécurité œuvre des directives en matière de
son circuit
transfusionnelle transfusion sanguine est appliquée
d’approvisionnement en
pour l’ensemble des CHR et CMA
produits sanguins
L’ensemble des membres de cellules Des campagnes de
Des campagnes de Des campagnes de
Utilisation du relais et des acteurs communautaires Des campagnes de sensibilisation sont
sensibilisation sont sensibilisation sont
condom féminin et disposent d’une capacité pour sensibilisation sont effectives effectives dans
effectives dans l’ensemble effectives dans
masculin l’utilisation et la négociation du port dans l’ensemble des secteurs l’ensemble des
des secteurs l’ensemble des secteurs
de condom secteurs
Chaque CHR et CMA a défini une Le dépistage est
Le dépistage est intégré dans
stratégie explicite Le dépistage est intégré dans Le dépistage est intégré intégré dans le PMA
Conseil et dépistage le PMA de 837 formations
d’approvisionnement en réactifs le PMA de 977 formations dans le PMA de 977 de1305 formations
volontaire sanitaires
Le dépistage est intégré dans le PMA sanitaires formations sanitaires sanitaires
de 284 formations sanitaires
Source : SP/CNLS-IST/BF : document de base pour la consultation nationale de l’accès universel pour la prévention, le traitement, la prise en charge et l’appui dans le cadre
de la lutte contre le sida, janvier 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 95


exemple du Burkina Faso
3.3.2. Renforcement de l’accès aux soins et à la prise en charge médicale et
communautaire des personnes vivant avec le VIH

Au titre du traitement, il s’agira de développer les services sanitaires de base au niveau


communautaire, de renforcer l’implication du monde associatif et communautaire dans le
continuum de soins aux personnes infectées et affectées par le VIH/SIDA, de renforcer les
compétences pour la prise en charge médicale et la prise en charge intégrée de la maladie dans
le contexte VIH/SIDA, de renforcer la prophylaxie et du traitement des Infections
opportunistes (IO), de développer les services de traitement ambulatoire et des soins à
domicile, de développer la prise en charge nutritionnelle, de renforcer les services
biologiques, médico-techniques et cliniques, de renforcer l’accès au traitement par les ARV et
autres thérapies validées, de renforcer le système d’approvisionnement en médicaments, y
compris les ARV, réactifs, consommables et équipements et d’organiser l’aide à l’observance
au traitement.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 96


exemple du Burkina Faso
Tableau 12. Feuille de route en matière de traitement

Domaines d’interventions Interventions clés


prioritaires
2006 2007 2008 2009 2010
- Les modules de formation existants - Chaque CHR et CMA dispose d’un
sont adaptés à la politique nationale personnel minimum pour assurer la prise en
de prise en charge charge intégrée
- Chaque district a défini une
- Des guides et des stratégies de prise - Chaque CHR /CHN et CMA dispose d’une
en charge sont diffusés à tous le stratégie de renforcement de son plateau Chaque direction stratégie de supervision de
Renforcement des
niveaux de prise en charge technique adapté à la prise en charge régionale de la santé a
compétences et capacités la prise en charge intégrée Chaque district a défini une
- Il est défini au plan national une intégrée défini une stratégie de
nationales pour la prise en stratégie de supervision de
politique d’approvisionnement et de - Chaque direction régionale de la santé a supervision de la prise en - - Chaque DRS évalue ses
charge médicale y compris la prise en charge intégrée
gestion des équipements, réactifs et défini une stratégie d’extension de la prise charge intégrée
par les ARV capacités à atteindre les
consommables de labo en charge intégrée dans les services publics
- - Le processus d’accréditation des - - Chaque direction régionale de la santé a objectifs en 2010
structures communautaires est défini une stratégie d’accréditation des
maîtrisé par les différents acteurs structures communautaires pour la prise en
charge
Il est défini au plan national un circuit - 44 formations sanitaires publiques de - 59 formations - 74 formations sanitaires - 102 formations
de distribution ainsi que des procédures même que les structures accréditées ont sanitaires publiques publiques de même que sanitaires publiques de
de gestion et de dispensation des ARV. adapté de manière explicite sa stratégie de même que les les structures accréditées même que les structures
30 formations sanitaires publiques de d’approvisionnement en ARV sur la base structures accréditées ont adapté de manière accréditées ont adapté
même que les structures accréditées ont de la politique nationale ont adapté de manière explicite sa stratégie de manière explicite sa
adapté de manière explicite sa stratégie explicite sa stratégie d’approvisionnement en stratégie
Renforcement de l’accès au d’approvisionnement en ARV sur la - 6 régions disposent de structures d’approvisionnement ARV sur la base de la d’approvisionnement
traitement par les ARV et base de la politique nationale communautaires accréditées à la PEC en ARV sur la base politique nationale en ARV sur la base de
autres thérapies validées Il est mis en place un observatoire médicale de la politique la politique nationale
national de surveillance des résistances nationale - 13 régions disposent de
cliniques et biologiques du VIH - 9 régions disposent structures - 13 régions disposent de
3 régions disposent de structures de structures communautaires structures
communautaires accréditées à la PEC communautaires accréditées à la PEC communautaires
médicale accréditées à la PEC médicale accréditées à la PEC
médicale médicale
59 institutions de soins 74 institutions de soins 102 institutions de soins
impliquées dans la prise impliquées dans la prise en impliquées dans la prise en
Il est défini un mécanisme de 44 institutions de soins impliquées dans la
Organisation de l’observance en charge par les ARV, charge par les ARV, mettent charge par les ARV,
capitalisation et de diffusion des prise en charge par les ARV, mettent en place
du traitement mettent en place des en place des clubs mettent en place des clubs
meilleures pratiques des clubs d’observance fonctionnels
clubs d’observance d’observance fonctionnels d’observance fonctionnels
fonctionnels
Source : SP/CNLS-IST/BF : document de base pour la consultation nationale de l’accès universel pour la prévention, le traitement, la prise en charge et l’appui dans le cadre
de la lutte contre le sida, janvier 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 97


exemple du Burkina Faso
3.3.3. Renforcement de la protection et du soutien aux PVVIH et personnes affectées par le
VIH/SIDA et autres groupes spécifiques

La mise en œuvre des actions de renforcement de la protection des personnes vivant avec le
VIH se fera à travers le renforcement de la prise en charge psychosociale, économique et
spirituelle des personnes vivant avec le VIH et des personnes affectées dans les formations
sanitaires et au niveau des organisations à base communautaire, le renforcement du soutien
psychologique, spirituel, social et économique aux groupes vulnérables et spécifiques, la
promotion des activités génératrices de revenus et le renforcement de la lutte contre les
pratiques de stigmatisation et de discrimination envers les personnes infectées et affectées.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 98


exemple du Burkina Faso
Tableau 13 : Feuille de route en matière de prise en charge

Domaine d’intervention Interventions clés


prioritaire 2006 2007 2008 2009 2010
Un plan d’action 44 formations sanitaires 59 formations sanitaires ont 74 formations sanitaires 102 formations sanitaires
national de prise en ont un dispositif de suivi un dispositif de suivi ont un dispositif de suivi ont un dispositif de suivi
charge psychosociale, psychosocial fonctionnel psychosocial fonctionnel psychosocial fonctionnel psychosocial fonctionnel
Renforcement de la prise en
économique et
charge psychosociale,
spirituelle est mis à la 19 services techniques de 25 services techniques de 30 services techniques 41 services techniques de
économique et spirituelle
disposition des l’action sociale ont un l’action sociale ont un de l’action sociale ont l’action sociale ont un
des personnes vivant avec le
différents acteurs dispositif de suivi dispositif de suivi un dispositif de suivi dispositif de suivi
VIH et personnes affectées
psychosocial et psychosocial et économique psychosocial et psychosocial et économique
dans les formations
Un plan spécifique économique fonctionnel fonctionnel économique fonctionnel fonctionnel
sanitaires, les centres de
pour la prise en charge
traitement ambulatoire et par
des groupes 431 structures associatives 558 structures associatives 684 structures 911 structures associatives
les organisations à base
vulnérables et de PEC ont un dispositif de PEC ont un dispositif de associatives de PEC ont de PEC ont un dispositif de
communautaire
spécifiques est mis en de suivi psychosocial et suivi psychosocial et un dispositif de suivi suivi psychosocial et
place économique fonctionnel économique fonctionnel psychosocial et économique fonctionnel
économique fonctionnel
Source : SP/CNLS-IST/BF : document de base pour la consultation nationale de l’accès universel pour la prévention, le traitement, la prise en charge et l’appui dans le cadre
de la lutte contre le sida, janvier 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 99


exemple du Burkina Faso
3.3.4. Renforcement du partenariat, de la coordination et de la mobilisation des ressources
ainsi que le renforcement de la surveillance de l’épidémie, du suivi évaluation et promotion
de la recherche

Les actions en matière de coordination devront s’articuler autour du plaidoyer pour une plus
grande implication des partenaires techniques et financiers nationaux et internationaux, du
renforcement de la capacité organisationnelle et institutionnelle des structures impliquées
dans la lutte contre le VIH/SIDA et les IST, du renforcement de la coordination
multisectorielle des acteurs et partenaires de la lutte contre le VIH/SIDA et les IST, du
renforcement de la coopération régionale et internationale, du renforcement et capitalisation
du partenariat national, du renforcement du plaidoyer pour la mobilisation des ressources en
faveur de la lutte contre le VIH/SIDA et les IST.

Aussi, en matière de surveillance de l’épidémie et du suivi évaluation, les actions porteront


sur l’amélioration du système de collecte et de gestion des données par la notification
systématique des cas d’infection à VIH/SIDA et d’IST, le renforcement de la sérosurveillance
au niveau des sites sentinelles et sur les groupes spécifiques, l’organisation de la surveillance
des IST, l’organisation du système national de suivi-évaluation des interventions de lutte
contre le VIH/SIDA et les IST, la documentation et diffusion des meilleures pratiques en
matière de lutte contre le VIH/SIDA et les IST, la réalisation d’études épidémiologiques,
comportementales, sectorielles et d’impacts et le développement d’un système de promotion
de la recherche en matière de lutte contre le VIH/SIDA et les IST.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 100
exemple du Burkina Faso
Tableau 14 : Feuille de route en matière d’appui
Domaine d’intervention Interventions clés
prioritaire 2006 2007 2008 2009 2010
Coordination et de mobilisation des ressources financières
9% des projet et 13% des projet et 17% des projet et 21% des projet et
programmes de programmes de programmes de programmes de
développement ont développement ont développement ont développement ont
défini des stratégies défini des stratégies défini des stratégies défini des stratégies
Il est défini et mis en
d’intégration ou de d’intégration ou de d’intégration ou de d’intégration ou de
œuvre un plan national de
renforcement de la renforcement de la renforcement de la renforcement de la
sensibilisation et
composante VIH/SIDA composante VIH/SIDA composante VIH/SIDA composante VIH/SIDA
Plaidoyer pour une plus d’information des
90% des partenaires 95% des partenaires 100% des partenaires 100% des partenaires
grande implication des partenaires techniques et
financiers nationaux financiers nationaux financiers nationaux financiers nationaux
partenaires techniques et financiers, nationaux et
établissent un plan de établissent un plan de établissent un plan de établissent un plan de
financiers, nationaux et internationaux
contribution financière à contribution financière à contribution financière contribution financière
internationaux Elaboration et mise en
la lutte contre le SIDA la lutte contre le SIDA à la lutte contre le à la lutte contre le
place d’un système
90% des partenaires 95% des partenaires SIDA SIDA
harmonisé de gestion des
financiers nationaux financiers nationaux 100% des partenaires 100% des partenaires
financements
financent les aspects financent les aspects financiers nationaux financiers nationaux
décentralisés de la lutte décentralisés de la lutte financent les aspects financent les aspects
contre le SIDA contre le SIDA décentralisés de la lutte décentralisés de la lutte
contre le SIDA contre le SIDA
Chaque structure
impliquée dans la lutte
contre le VIH/SIDA a
Renforcement des défini un plan de
capacités renforcement institutionnel
499 structures 665 structures 665 structures 665 structures
organisationnelles et (formation, équipements,
bénéficient d’un bénéficient d’un bénéficient d’un bénéficient d’un
institutionnelles des ressources humaines)
renforcement renforcement renforcement renforcement
structures impliquées Un mécanisme de suivi
institutionnel institutionnel institutionnel institutionnel
dans la lutte contre le évaluation fonctionnel est
VIH/SIDA mis en place et fonctionnel
399 structures bénéficient
d’un renforcement
institutionnel ;

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 101
exemple du Burkina Faso
Domaine d’intervention Interventions clés
prioritaire 2006 2007 2008 2009 2010
Renforcement de la Il est établi un Il est établi un Il est établi un Il est établi un Il est établi un
coordination chronogramme annuel de chronogramme annuel de chronogramme annuel de chronogramme annuel chronogramme annuel
multisectorielle des concertation des différents concertation des concertation des de concertation des de concertation des
acteurs et des partenaires acteurs aux différents différents acteurs aux différents acteurs aux différents acteurs aux différents acteurs aux
de la lutte contre le niveaux de la lutte différents niveaux de la différents niveaux de la différents niveaux de la différents niveaux de la
VIH/SIDA (national, régional, lutte (national, régional, lutte (national, régional, lutte (national, lutte (national,
provincial) provincial) provincial) régional, provincial) régional, provincial)
Un plan de renforcement 5 antennes régionales du 13 antennes régionales 13 antennes régionales 13 antennes régionales
du SP /CNLS est établi SP/CNLS sont mises en du SP/CNLS sont du SP/CNLS sont du SP/CNLS sont
avec un échéancier place fonctionnelles fonctionnelles fonctionnelles
8 antennes régionales du
SP/CNLS sont mises en
place

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 102
exemple du Burkina Faso
Domaine d’intervention Interventions clés
prioritaire 2006 2007 2008 2009 2010
Développement des ressources et des infrastructures
- construire 1 CSPS dans - Construire 1 CSPS - construire 1 CSPS dans - -construire 1 CSPS - -construire 1 CSPS
un rayon de 10 km dans dans un rayon de 10 un rayon de 10 km dans dans un rayon de 10 dans un rayon de 10
les zones à fiable densité km dans les zones à les zones à faible densité km dans les zones à km dans les zones à
démographique et faible densité démographique et faible densité faible densité
étendue démographique et étendue démographique et démographique et
- construire un CSPS pour étendue -construire un CSPS étendue étendue
10000 habitants dans les - Construire un CSPS pour 10000 habitants -construire un CSPS -construire un CSPS
zones à forte densité pour 10000 habitants dans les zones à forte pour 10000 habitants pour 10000 habitants
(zone urbaine) dans les zones à forte densité (zone urbaine) dans les zones à forte dans les zones à forte
- Formation de 30 densité (zone urbaine) - Formation de 30 densité (zone urbaine) densité (zone urbaine)
médecins - Formation de 30 médecins - Formation de 30 - Formation de 30
- Formation de 800 médecins - Formation de 800 médecins médecins
infirmiers - Formation de 800 infirmiers - Formation de 800 - Formation de 800
- Formation de 15 infirmiers -Formation de 15 infirmiers infirmiers
Dans le domaine de la pharmaciens - Formation de 15 pharmaciens -Formation de 15 -Formation de 15
santé - Transformation 9 pharmaciens - Transformation de 7 pharmaciens pharmaciens
dispensaires isolés en - Transformation 8 dispensaires isolés en - Transformation 6 - Transformation de 4
CSPS dispensaires isolés en CSPS dispensaires isolés en dispensaires isolés en
- Transformation 2 CSPS - Transformation de 1 CSPS CSPS
maternités isolées en - Transformation de 2 maternité isolée en CSPS - Transformation de 1 - Transformation de 1
CSPS maternités isolées en - Construire 13 dépôts maternité isolée en maternité isolée en
- Construire 5 dépôts CSPS MEG CSPS CSPS
MEG - Construire 8 dépôts - construire 1 hôpital - Construire 17 dépôts - Construire 25 dépôts
- Construire 1 hôpital MEG - renforcer les différents MEG MEG
- Renforcer les différents - construire 2 hôpitaux niveaux du système de - renforcer les - construire 1 hôpital
niveaux du système de - renforcer les différents santé en fonction de différents niveaux du - renforcer les
santé en fonction de niveaux du système de leurs besoins spécifiques système de santé en différents niveaux du
leurs besoins spécifiques santé en fonction de fonction de leurs système de santé en
leurs besoins besoins spécifiques fonction de leurs
spécifiques besoins spécifiques

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 103
exemple du Burkina Faso
Domaine d’intervention Interventions clés
prioritaire 2006 2007 2008 2009 2010
Développement des ressources et des infrastructures
- Construction de 264 - Construction de 282 - Construction de 301 - Construction de 321 - Construction de343
écoles primaires et 88 écoles primaires et 94 écoles primaires et 100 écoles primaires et écoles primaires et
écoles secondaires écoles secondaires écoles secondaires 107 écoles 114 écoles
Dans le domaine de
- Réhabilitation de 113 - Réhabilitation de 121 - Réhabilitation de 129 secondaires secondaires
l’éducation
écoles primaires et 38 écoles primaires et 40 écoles primaires et 43 - Réhabilitation de 138 - Réhabilitation de 147
écoles secondaires écoles secondaires écoles secondaires écoles primaires et écoles primaires et
46 écoles secondaires 49 écoles secondaires
- Formation de 160 agents - Formation de 160 - Formation de 160 - Formation de 160 - Formation de 160
sociaux agents sociaux agents sociaux agents sociaux agents sociaux
- Mettre à la disposition - Rendre fonctionnels - Rendre fonctionnels - Rendre fonctionnels - Rendre fonctionnels
des régions 13 les comités de prise en les comités de prise en les comités de prise les comités de prise
psychologues charge des OEV en charge des OEV en en charge des OEV en charge des OEV
Dans le domaine de
- Mettre en place des raison de 13 pour le raison de 13 pour le en raison de 13 pour en raison de 13 pour
l’action sociale
comités de prise en niveau régional et 45 niveau régional et 45 le niveau régional et le niveau régional et
charge des OEV en au niveau provincial au niveau provincial 45 au niveau 45 au niveau
raison de 13 pour le provincial provincial
niveau régional et 45 au
niveau provincial
Source : SP/CNLS-IST/BF : document de base pour la consultation nationale de l’accès universel pour la prévention, le traitement, la prise en charge et l’appui dans le cadre
de la lutte contre le sida, janvier 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 104
exemple du Burkina Faso
Quelles que soient les sources, les données sont concordantes sur l’état de l’épidémie au
Burkina Faso : le pays est en situation d’épidémie généralisée (séroprévalence régulièrement
supérieure à 1%). Le plaidoyer pour la mobilisation des ressources et le rôle de leadership du
Burkina Faso dans la sous-région ont fortement contribué à un afflux massif des financements
à partir de 2001 pour ensuite régresser entre 2005 et 2006. En effet, il est constaté une
régression des capacités de mobilisation des ressources financières de l’ordre de 15 points
(115,1% en 2006 contre 131,3% en 2005) [ONUSIDA, 2007 a].

Néanmoins, depuis la déclaration officielle des premiers cas de VIH/SIDA, et surtout à partir
de la décennie 2000, de nombreux acteurs, sous la coordination du SP/CNLS-IST, se sont
investis pour faire de la lutte contre la pandémie, une réalité au Burkina Faso. L’aspect
médical de la prise en charge du VIH/SIDA a été couplé avec des actions communautaires
d’envergure. Les acteurs sur le terrain se sont diversifiés et la couverture géographique des
actions a été étendue à tout le pays.

Photo 1 : Le SP/CNLS-IST

Copyright SP/CNLS-IST, 2007

Une vue du siège du Secrétariat Permanent du Conseil national de


lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 105
exemple du Burkina Faso
CONCLUSION PARTIELLE

Au regard des données validées par les institutions telles que ONUSIDA ou OMS et qui sont
périodiquement diffusées, le Burkina Faso a connu pendant de longues années, une épidémie
à VIH généralisée, c’est-à-dire marquée par des prévalence régulièrement supérieures à 1%. Il
a fallu attendre la décennie 2000 et la mise en œuvre d’une riposte d’envergure au niveau
national, à travers l’approche multisectorielle et un engagement au plus haut niveau de l’Etat,
pour noter une inflexion significative de la prévalence. Ainsi, de 7,17% en 1997, la
prévalence moyenne a connu une baisse régulière jusqu’en 2003 ; elle se stabilise par la suite
(à partir de 2005) et pour 2007, la prévalence du VIH au Burkina Faso est de 1,6%.
Toutefois, « l’arbre ne doit pas cacher la forêt », car cette baisse notable de la prévalence
s’accompagne d’un nombre toujours élevé de personnes vivant avec le VIH et traduit une
mortalité due au sida en hausse. Cette situation pourrait être le reflet d’une situation peu
reluisante de la prise en charge thérapeutique, dont l’accessibilité aux thérapies antiretrovirale
reste limitée à un grand nombre de personnes vivant avec le VIH. Ces limites sont les
résultantes d’une offre nationale de soins et de traitements dont les logiques de répartition,
suivent le modèle de la décentralisation administrative. L’implication des organisations
communautaires et associatives de base a permis de rendre disponibles les soins et traitements
aux plus indigents, à travers une prise en charge globale, allant au-delà de l’aspect médical.
De plus, par rapport à la prise en charge thérapeutique du sida, la mise en œuvre de plusieurs
initiatives et aides au traitement a contribué à insuffler au système de santé en général et à
l’offre de soins en particulier, un dynamisme, un nouveau départ dont les retombées positives
ont profité à toute l’organisation du système de soins au Burkina Faso.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 106
exemple du Burkina Faso
DEUXIÈME PARTIE

L’offre nationale de soins


DEUXIEME PARTIE: L’OFFRE NATIONALE DE SOINS LIES A
Liés à L’infection
L’INFECTION A VIHà ViH

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 107
exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 4 : LE SYSTEME DE SANTE ET L’OFFRE NATIONALE DE
SOINS

Le système de santé du Burkina Faso est de type pyramidal avec une offre publique de soins à
plateau technique variable suivant le niveau et un sous secteur sanitaire privé, faiblement
développé, évoluant aux cotés d’une offre publique de soins qui se densifie au fil des années
pour répondre aux besoins.

L’initiative de Bamako (IB), les réformes macroéconomiques et les grandes réformes ont
largement contribué à modifier le système de santé et l’offre de soins. La description du
système de santé porte sur trois aspects : les réformes intervenues, la politique sanitaire et son
évolution dans le temps et enfin l’organisation du système de soins.

4.1 Les principales réformes du système de santé

Une réforme peut être définie comme un changement approprié et durable afin d’améliorer
l’efficience, l’équité et l’efficacité du secteur de la santé [Berman’1995]. Les réformes du
système de santé sont intervenues dans un contexte national marqué par une rareté structurelle
de ressources et par une paupérisation grandissante des populations. Le processus de
décentralisation du secteur de la santé évolue dans le même sens que celui de la
décentralisation administrative. De plus, ces réformes s’organisent alors que chacun
s’interroge sur la baisse continue de l’utilisation des services de santé par les populations.

A partir de 1990, le système de santé a connu de nouvelles réformes avec des options précises
en matière de décentralisation afin d’assurer une plus grande implication des communautés.
La mise en œuvre de l’Initiative de Bamako a entraîné: i) l’application du recouvrement des
coûts à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, ii) un effort de rationalisation des soins au
niveau des centres de santé et, iii) une plus grande implication des communautés dans la
gestion des soins, à travers les comités de gestion des Centres de santé et de promotion sociale
(CSPS) et les conseils de santé des districts. L’initiative de Bamako, n’ayant pas été
accompagnée de mesures adéquates pour la prise en charge des indigents ni de systèmes de
partages des risques, s’est souvent traduite par une réduction de l’accessibilité financière.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 108
exemple du Burkina Faso
Pour faire face aux difficultés d’approvisionnement du secteur public et à la faveur de la
politique de médicaments essentiels adoptée par le gouvernement, une Centrale d’achat des
médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG) a été mise en
place en 1993.

Malgré les réformes entreprises, les résultats globaux du système de santé burkinabé
demeurent modestes : 159ème dans le classement de l'OMS13. C’est pourquoi, suite aux états
généraux de la santé (1999), une Politique sanitaire nationale (PSN) a été adoptée en 2000 et
un Plan national de développement sanitaire (PNDS) en 2001. Le but de la PSN est de
contribuer au bien-être des populations sur la base des principes de la santé pour tous.

C’est à partir des années quatre-vingt dix que les réformes, initiées depuis 1978, ont connu un
renforcement autour des domaines institutionnels des soins de santé et de la pharmacie. Les
principales réformes portent sur i) la mise en place d’un système de santé de district, ii) la
réforme du secteur hospitalier, iii) la libéralisation du système, et iv) la politique
d’approvisionnement en médicaments essentiels.

4.1.1. Le système de santé de district

Depuis 1992, le Burkina Faso a décidé de la mise en place de 53 districts sanitaires puis 63 en
2007, mettant ainsi en œuvre les recommandations de la conférence de Harare en 1987. La
création des districts s’est basée sur trois types de critères relativement classiques: couverture
d’une population comprise entre 150 000 et 200 000 habitants, existence d’un réseau de CSPS
aux rayons d’action compris entre 10 et 12 km, une capacité d’appui administratif et
communautaire dans la gestion et l’assurance de la qualité des services.

Outre les aspects de décentralisation et de participation communautaire qui se dégagent des


critères ci-dessus décrits, le système de santé du district se fonde sur le principe de
l’autonomie de gestion avec recouvrement des coûts. La mise en place des districts sanitaires
a constitué une étape importante dans le processus de décentralisation. Une réelle harmonie
entre la décentralisation sanitaire et la décentralisation administrative reste à assurer afin
qu’une collaboration intersectorielle et une active participation de la société civile soient
effectives.

13
OMS, Rapport sur la santé dans le monde, 2000 (Annexe tableau 9)
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 109
exemple du Burkina Faso
Le processus de décentralisation date en fait de l’adoption des soins de santé primaire (SSP)
en 1978. La décentralisation n’est toutefois devenue effective qu’à travers la relance des SSP
en 1992 par l’intermédiaire de l’adoption de l’Initiative de Bamako [Ministère de la
santé’1992]. Le processus et les éléments de cette décentralisation sont les suivants :
 la mise en place d’infrastructures adéquates comprenant : un hôpital de district, un
réseau de CSPS, un service de laboratoire, un équipement technique approprié au
niveau de l’hôpital et des CSPS. La mise en place d’un dépôt pharmaceutique
disposant de Médicaments essentiels sous leurs noms génériques (MEG) ;
 le renforcement des compétences techniques des structures périphériques du système
de santé ;
 l’autonomie de gestion des formations sanitaires et du district en tant qu’entité
décentralisée du système de santé. Le district ainsi que chaque formation sanitaire
(CSPS, CMA, CHR, CHN) gère, chaque entité en ce qui la concerne, les ressources
financières provenant de la tarification des prestations et de la vente des MEG ;
 l’appui technique conséquent à travers les 11 régions sanitaires mises en place en
1996.

Le processus de décentralisation a connu une accélération au cours de la période 1992-1999


grâce à la formation du personnel, la construction et l’équipement des structures sanitaires de
premier niveau et de référence et surtout, à l’allocation effective de ressources financières aux
districts sanitaires par certains partenaires extérieurs (Coopérations néerlandaise, française,
allemande…). La politique de développement humain durable a reconnu la nécessité d’une
décentralisation en prônant « une véritable décentralisation des formations sanitaires
permettant de garantir la participation des populations et la responsabilisation des collectivités
locales » [MEF/BF’1995].

Pour concrétiser son engagement, l’État alloue depuis 1998 des ressources financières aux
districts sanitaires. Divers textes législatifs et réglementaires ont été produits pour faciliter la
mise en œuvre du processus. Ces textes portent sur le fonctionnement du district sanitaire,
celui de formations sanitaires et les structures et procédures de gestion. Par ailleurs, les
collectivités locales (provinces et communes) peuvent créer ou acquérir « des établissements
dans le domaine de la santé » [BF’1998] ou encore construire et gérer des CSPS.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 110
exemple du Burkina Faso
Le recouvrement des coûts par un système de vente des médicaments essentiels et de
tarification des actes est en lien avec l’autonomie de gestion accordée désormais aux
formations sanitaires. A la suite d’un processus de sensibilisation de la population de l’aire de
santé, chaque formation sanitaire met en place un comité de gestion de six à sept membres. La
population est majoritaire au sein de ce comité et le personnel de santé de la formation
sanitaire y joue un rôle de conseil technique.

4.1.2. La réforme hospitalière

Malgré l’importance des ressources utilisées, la qualité des prestations de soins en milieu
hospitalier demeure faible. Voilà pourquoi, la réforme hospitalière a été mise en œuvre. La
réforme hospitalière, engagée en 1997, avait pour objectif d’améliorer la performance des
hôpitaux nationaux (universitaires) et régionaux. La loi hospitalière n°035-2002/AN du 26
novembre 2002 leur conférait l’autonomie financière et administrative en les régissant en
Établissements publics de santé.

Il s’agissait de trouver une solution à l’inadéquation de l’architecture des bâtiments, à


l’absence de normes concernant le personnel, les équipements et les soins, à la faiblesse des
plateaux techniques et à l’inexistence d’un statut du personnel hospitalo-universitaire.

Les actions mises en place portaient sur : (1) l’amélioration du plateau technique, (2) le
renforcement du nombre des agents et de leurs compétences, (3) l’organisation des soins, (4)
l’amélioration de la qualité des prestations (accueil, propreté etc.).

La redéfinition du rôle des services de soins de base a nécessité, en outre, la révision de celui
de l’hôpital. Théoriquement, l’hôpital continue de participer à l’offre des soins de santé
primaire, mais en réalité les prestations hospitalières sont concentrées sur les cas graves
référés des autres structures. Le volet suivi et supervision des autres structures de niveau
inférieur est quasiment oublié surtout dans les centres hospitaliers régionaux et les hôpitaux
universitaires. Par ailleurs on a accordé une importance particulière à l’autonomie de gestion
des structures.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 111
exemple du Burkina Faso
4.1.3. Libéralisation du système sanitaire

La libéralisation du secteur sanitaire a connu un essor important à partir des années 1990. Le
nombre de certaines infrastructures privées comme, par exemple, les officines et dépôts
pharmaceutiques, les laboratoires et les cliniques de soins a presque triplé (entre 1980 et
1999). Cet accroissement concerne surtout les zones urbaines comme Ouagadougou et Bobo-
Dioulasso, qui regroupent près de 75% de l’ensemble des infrastructures de soins du secteur
privé, contre 25% pour les autres centres urbains et semi urbains [MS/BF, 2007].

En plus de l’accroissement en nombre des infrastructures, le personnel de santé développe de


plus en plus différentes formes de prestations privées de soins. Il s’agit par exemple de la
combinaison de la pratique dans le secteur privé et dans le secteur public sous la forme de
travail à temps partiel dans le privé.

Ce développement du secteur privé s’est réalisé sans aucun contrôle du Gouvernement. Son
essor considérable ces dernières années provient très certainement du fait de la piètre qualité
des soins offerts dans le secteur public, de l’introduction de la tarification des actes et de la
vente des médicaments dans ce même secteur et enfin, de l’extension de la pratique privée des
agents de l’État.

4.1.4. La réforme du secteur pharmaceutique

L’ensemble du secteur a été longtemps dominé par le secteur public pharmaceutique créant
ainsi, jusqu’aux années 90, un quasi-monopole des grossistes publics. Les mesures de
privatisation partielles de la Société nationale d'approvisionnement pharmaceutique
(SONAPHARM) en 1993 ont contribué à inverser la tendance. De plus, la mise en place de
la centrale d’achat des médicaments essentiels et génériques (CAMEG) en 1992 et l’adoption
de la politique des médicaments essentiels par le gouvernement en 1994, ont permis de
renforcer le secteur public.

La réforme pharmaceutique a touché à beaucoup de domaines. Parmi les plus importants on


peut citer la législation et la réglementation pharmaceutique, l’approvisionnement et
l’assurance de la qualité des médicaments.

Ces différentes réformes sous-tendent la politique sanitaire du pays.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 112
exemple du Burkina Faso
4.2 La politique sanitaire

L’évolution de la politique sanitaire du pays a été marquée par trois grandes périodes : de
l’époque coloniale aux années 1980 ; de 1980 à 1992 et, enfin, de 1992 à nos jours. Une seule
et même volonté caractérisait les différentes périodes : réduire les inégalités de santé sur le
territoire national.

De la période coloniale aux années 1980 : le premier « Plan-Cadre » voit le jour en 1960 ; il
organise les grandes lignes de la politique sanitaire [Meunier’1999]. Cette période est
caractérisée par la détermination des pouvoirs publics à lutter contre les grandes maladies
endémiques comme la variole, la lèpre, l’onchocercose, la trypanosomiase et les maladies à
potentiel épidémique tels le choléra, la méningite, la fièvre jaune, etc. [Ministère de la santé
publique’1971]. Cette politique sanitaire se fonde sur la promotion de mesures préventives et
promotionnelles. La spécificité de cette politique réside dans le fait qu’elle fait porter la
responsabilité des états de santé par l’État et ses démembrements (les collectivités locales, les
mairies et autres entités administratives définies). La politique sanitaire repose sur des
structures publiques de soins. Les services sont, de surcroît, fournis « gratuitement » à la
population.

La période qui va de 1980 à 1992 est marquée par une politique basée sur les soins de santé
primaires. Cette politique sanitaire met l’accent, tout en réduisant les coûts d’accès aux soins,
sur le rapprochement de l’offre de services de santé des populations rurales. De nombreux
investissements ont été réalisés afin d’étendre les services sanitaires curatifs et préventifs
jusqu’au niveau des villages. La priorité a été donnée à la réduction des inégalités
géographiques et sociales en matière de santé : entre populations urbaines et populations
rurales, entre « riches » et « pauvres », entre hommes et femmes.

Les maladies parasitaires comme le paludisme, les maladies diarrhéiques, les plaies et
traumatismes courants, les accouchements et les évacuations sanitaires étaient également
parties prenantes des politiques sanitaires. Cette époque a connu le début de nouvelles
prestations comme la planification familiale notamment à partir de 1984 alors qu’elle était
jusque là interdite par une loi coloniale de 1920. C’est également au cours de cette période
qu’un programme élargi de vaccination a été mis en place. Il en est de même de l’effort de
collaboration entre médecine moderne et traditionnelle, officiellement affirmée par les
décideurs au niveau national, régional et périphérique. On note également au cours de cette

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 113
exemple du Burkina Faso
période une prise de conscience élevée de la population et des divers membres de la
communauté sur les problèmes de santé. En effet les grandes campagnes sanitaires de cette
époque comme la « vaccination commando », le programme « un village = un poste de santé
primaire14 » ont été rendues possibles par la mobilisation d’importantes ressources des
partenaires nationaux et internationaux, des divers secteurs et celles de la communauté.
Cependant, aucune évaluation précise n’a encore été faite de ces campagnes très ciblées.

Depuis 1992, la politique sanitaire se caractérise par une volonté réaffirmée de rendre le soin
accessible à toute la population, riche comme pauvre, en milieu urbain et rural. Cela s’est
notamment concrétisé par l’adhésion à la politique de l’Initiative de Bamako qui fut conçue
comme une politique « de renforcement des soins de santé primaires », selon le titre du
document de référence du ministère de la santé » [Ministère de la santé’1992]. Le concept de
santé maternelle et infantile fait place à celui de santé reproductive dont le contenu est
beaucoup plus large.

Les innovations sont plus à rechercher dans les aspects organisationnels que dans le contenu
et la nature des soins à offrir. C’est à cette période que commence la mise en place des
districts sanitaires, la promotion de points de vente de médicaments essentiels au sein des
structures sanitaires, la réforme hospitalière et la collaboration avec la médecine
traditionnelle. Les priorités d’interventions restent toutefois la lutte contre les endémo-
épidémies avec une place de plus en plus grande accordée aux problèmes en émergence tels le
VIH/sida ou la persistance de pratiques néfastes comme l’excision.

4.3 L’organisation du système sanitaire

L’organisation du système public de santé s’articule autour de trois niveaux.


- Le niveau central, organisé autour du cabinet du Ministre de la santé et du Secrétariat
général, est chargé de l’élaboration des politiques, de la mobilisation des ressources, du
contrôle de gestion et de l’évaluation des performances.
- Le niveau intermédiaire comporte 13 Directions régionales de la santé chargées de la
coordination et de l’appui aux districts.

14
Un village = un poste de santé primaire (PSP), a permis la mise en place de 6932 PSP en
1987
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 114
exemple du Burkina Faso
- Le niveau périphérique est composé de 6315 districts sanitaires dont les équipes cadres
gèrent les services de santé de base.

15
Les districts sanitaires qui étaient au nombre de 55 sont passés à 63 selon le nouveau
découpage sanitaire réalisé en 2007
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 115
exemple du Burkina Faso
Carte 9 : Carte sanitaire du Burkina Faso (découpage en 55 districts sanitaires)

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 116
exemple du Burkina Faso
4.3.1 Le système sanitaire public

L’organisation du système sanitaire tient ses fondements du système sanitaire colonial dont
l’objectif principal était essentiellement de maintenir la main d’œuvre indigène en bonne
santé. Le système de santé s’appuyait sur trois principaux services : le service des troupes
coloniales, celui des établissements hospitaliers et, enfin, celui de la police sanitaire.

De 1960 à 1979, le système national de santé était organisé en dix (10) secteurs médicaux
centrés sur les départements administratifs de l’époque. Ils offraient des soins curatifs et
préventifs à travers des formations sanitaires fixes et, dans le cadre de la lutte contre les
grandes endémies, des équipes mobiles de dépistage, de traitement et de vaccination. Cette
organisation porte encore les marques du système colonial qui accorde une place aux
campagnes de masse; tout en gardant les priorités de l’approche hospitalo-centrique.

De 1980 à 1992, avec dix directions départementales, l’organisation du système de santé était
calquée sur l’organisation administrative; le souci était de rapprocher au maximum les
services de santé des populations. L’organigramme du secteur public a beaucoup varié au gré
des changements sociopolitiques que le pays a connus. Mais pour l’essentiel on note,
aujourd’hui, trois niveaux de responsabilités :
 Le niveau central, par l’entremise du Cabinet du Ministre, est chargé de l’application
de la politique nationale de santé définie par le gouvernement. Le ministre est assisté
par un secrétariat général qui assure la coordination administrative et technique des
services.
 Le niveau intermédiaire est constitué par les Directions régionales de la santé (DRS).
Elles sont au nombre de treize (13), et constituent des relais entre le niveau central et
les districts sanitaires. La Direction régionale de la santé a pour mission de mettre en
œuvre la politique du gouvernement dans les régions sanitaires en collaboration avec
les directions centrales et les équipes cadres de districts.
 Le niveau périphérique est représenté par le district sanitaire, l'entité opérationnelle la
plus décentralisée du système national de santé. Il est administré par une équipe cadre
de district (ECD) chargée de la planification des soins cliniques, de la supervision, de
la gestion et de la recherche en santé.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 117
exemple du Burkina Faso
Figure 3 : Organisation du secteur public

Ministère de la santé Centres hospitaliers universitaires (3)

Niveau
central

Niveau
Directions régionales (13) intermédiaire Centres hospitaliers régionaux (9)

Niveau CM (33) et CMA (42)


Districts sanitaires (63) périphérique CSPS (1268)
Dispensaires (101) et Maternités (21) isolés

Source : Réalisée à partir des données recueillies du document de politique sanitaire nationale

Les structures publiques de soins sont organisées en quatre niveaux : (i) les centres de santé et
de promotion sociale (CSPS), les dispensaires et maternités isolés sont les premiers contacts
entre les services et la population, (ii) les centres médicaux (CM) et les centres médicaux avec
antenne chirurgicale (CMA) sont le premier niveau de référence, (iii) les centres hospitaliers
régionaux (CHR) sont le deuxième niveau de référence, et (iv) les centres hospitaliers
universitaires (CHU) sont le troisième niveau de référence. Le Service de Santé des Forces
Armées Nationales, l’Office de santé des travailleurs et la Caisse nationale de sécurité sociale
contribuent à l’offre de soins dans leurs propres institutions.

Le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) est le niveau de soins le plus périphérique
avec une capacité de 6 lits pour l’observation de malades. Une telle structure est considérée
fonctionnelle si elle dispose d’un effectif de trois agents conforme aux normes de personnel et
offre le paquet minimum d'activités (PMA) défini pour le CSPS.

Le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) constitue le premier niveau de référence
pour les formations sanitaires périphériques. Il a une capacité d'hospitalisation de 40 à 60 lits.
En plus des activités dévolues au niveau CSPS ; le CMA doit assurer la prise en charge des
urgences médicochirurgicales comme les césariennes, les cures de hernies, les interventions
pour grossesses extra-utérines et les appendicectomies.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 118
exemple du Burkina Faso
Le Centre Hospitalier Régional (CHR) est le troisième niveau de soins. Avec une capacité
d'hospitalisation de 140 lits environ, il comprend plusieurs services et sert de référence et de
recours aux centres médicaux (CM), aux centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA)
et aux centres de santé et de promotion sociale (CSPS). Il n’existe pas de normes en personnel
pour ces structures et les plateaux techniques existants sont très inégaux à cause du déficit en
personnel spécialisé et en équipements.

Les trois Centres hospitaliers universitaires (CHU), situés à Ouagadougou et à Bobo-


Dioulasso, constituent le niveau de soins le plus élevé dans le pays. Ils servent de lieu de
référence pour les soins spécialisés et de sites de formations des différentes catégories de
personnels et de recherche.

Tableau 15 : Evolution des infrastructures et des ressources humaines en santé de 2004 à 2007
Offres de soins 2004 2005 2006 2007
Infrastructures
Effectif CHR/CHU 12 12 12 12
Effectif CMA 41 41 42 42
Effectif CM 42 35 26 33
Effectif de CSPS 1 148 1 172 1 211 1 268
Effectif Dispensaires isolés 67 83 173 164
Effectif Maternités isolées 16 23 18 21
Rayon moyen d'action théorique (kilomètre) 8 8 8 8
Proportion des CSPS respectant les normes en 76
personnel (%) 76 77 75
Ratio habitants par CSPS 11 082 10 079 9 946 9 876
Ratio habitants par CM/CMA 216 082 186 681 205 069 191 074
Ressources humaines
Effectif d'AIS 1 202 ND 1 319 1 490
Effectif IB 1 735 ND 1 575 1 934
Effectif IDE 1 984 ND 1 695 2 338
Effectif Médecins 359 ND 249 441
Effectif Chirurgiens Dentistes 30 ND 50 38
Effectif sage femme / maïeuticien d’état 504 ND 456 604
Effectif Pharmaciens 35 ND 51 58

Source : DEP/Ministère de la santé, 2007

Pour des soins plus spécialisés dépassant les capacités existantes au niveau national, certains
malades sont évacués vers d’autres pays comme Abidjan, Paris etc. A ce secteur public, il faut
ajouter le service de santé des forces armées qui offrent des soins de premiers niveaux et des
services de référence aux militaires et leurs familles.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 119
exemple du Burkina Faso
Bien que prédominante, l’action des structures publiques de santé est complétée par des
acteurs privés à tous les échelons de la pyramide sanitaire. Longtemps marginale, la place de
ces acteurs devient importante par l’arrivée sur le marché de professionnels qui n’ont plus de
destin naturel dans la fonction publique, du fait des contraintes budgétaires [Adsp’ 2000]. La
médecine traditionnelle16 présente depuis toujours côtoie des structures privées de type
infirmier à l’origine et de plus en plus médical actuellement.

4.3.2 Le secteur privé

Au regard des textes en vigueur et à l’exception des dépôts de médicaments pour lesquels une
dérogation est possible, la pratique dans le secteur sanitaire privé est réservée aux
professionnels de la santé. Cependant, il existe de plus en plus d’établissements sanitaires
gérés par des associations et des organisations non gouvernementales (ONG). Les structures
privées de soins sont beaucoup plus présentes en milieu urbain et semi-urbain. Cette pratique
privée est très répandue parmi les agents de l’État. Les rares formations existant en milieu
rural sont des centres gérés le plus souvent par des associations ou des organismes religieux.

Tableau 16 : Répartition des établissements privés de soins par région

A but non lucratif


Confessionnel Confessionnel Confessionnel
Région A but lucratif Associatif Musulman Catholique Protestant ONG Total Total
Boucle du mouhoun 5 0 0 1 0 0 1 6
Cascades 5 0 0 1 0 0 1 6
Centre 140 18 5 8 4 8 43 183
Centre Est 5 0 0 2 0 0 2 7
Centre Nord 0 0 0 5 1 1 7 7
Centre Ouest 10 2 0 3 1 0 6 16
Centre Sud 1 0 0 1 1 0 2 3
Est 3 2 0 2 3 1 8 11
Hauts Bassins 57 6 1 3 4 5 19 76
Nord 5 3 2 0 0 0 5 10
Plateau Central 0 0 0 2 0 0 2 2
Sahel 4 0 0 0 0 2 2 6
Sud Ouest 5 0 0 2 0 0 2 7
Total 240 31 8 30 14 17 100 340

Source : Ministère de la santé, 2007

16
Le Burkina Faso a reconnu l’importance de la médecine traditionnelle par la loi
n°23/94/ADP du19/05/94 portant code de la santé publique
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 120
exemple du Burkina Faso
A côté du secteur public, existe un secteur privé qui est passé de 19 structures en 1985 à 340
en 2007. Ce secteur comprend les cliniques privées à but lucratif, les institutions de soins
relevant d’associations et d’ONG à but non lucratif. Selon le rapport d’analyse des résultats
du recensement des établissements privés de soins réalisé en 2007 [Ministère de la
Santé’2007], les formations sanitaires privées emploient 1789 agents permanents toutes
catégories confondues soit une moyenne de 5,26 agents par établissement privé de soins. Le
personnel technique de santé représente 60,26% et est en majorité constitué d’infirmiers. Le
nombre de médecins spécialistes est sensiblement égal au nombre d’établissements offrant des
prestations de spécialités. Les vacataires sont au nombre de 915, avec une prédominance des
médecins spécialistes. Le nombre élevé de vacataires surtout au niveau des médecins
spécialistes (431) suppose qu’un professionnel est vacataire dans plusieurs établissements à la
fois. A l’image des établissements privés de soins, le personnel est aussi concentré dans les
régions du Centre et des Hauts Bassins. Le personnel médecin est quasiment rare dans les
autres régions. 53,82% des établissements privés de soins offrent des consultations de
médecine générale : ce sont essentiellement les polycliniques, les cliniques, les centres
médicaux et les cabinets médicaux. Cependant certains établissements privés (Cabinet de
soins infirmiers, CSPS, Cliniques d’accouchement) offrent une consultation de médecine
générale alors qu’ils ne le devraient pas conformément aux textes en vigueur.

Le secteur pharmaceutique privé compte actuellement environ 115 officines et au moins trois
grossistes. Par ailleurs, la médecine et la pharmacopée traditionnelles sont reconnues depuis
1994 dans le code de la santé publique et jouent un rôle important, notamment en zone rurale.

Le secteur souffre malheureusement de nombreux maux liés à divers facteurs : insuffisance


voir inexistence de textes juridiques organisant le secteur, les charges fiscales élevées,
l’absence de concertation entre acteurs du secteur privé et secteur public, l’insuffisance
d’organisation au sein même du secteur privé, la faible qualification du personnel et parfois
du plateau technique. La résultante de ces caractéristiques se concrétise par une offre de
qualité souvent contestable. Le personnel employé dans le secteur privé, qui était composé de
paramédicaux retraités, se diversifie progressivement et comprend autant des fonctionnaires
en activité que des jeunes diplômés.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 121
exemple du Burkina Faso
4.3.3 Le sous secteur traditionnel

L’exercice de la médecine traditionnelle et de la gestion des plantes médicinales locales est


mal organisé et mal réglementé. Toutefois, le Burkina Faso a pris conscience des enjeux de
cette médecine traditionnelle : enjeux culturels parce qu’elle fait partie de notre culture ;
enjeux scientifiques du fait de l’existence d’une expertise traditionnelle ; enjeux économiques
car cela diminue le taux d’importation de produits pharmaceutiques ; enjeux médicaux parce
que ce sont des produits qui ont des vertus thérapeutiques avérées [FASO-DEV’2008].

La couverture des besoins sanitaires des populations était assurée, avant la colonisation, par la
médecine et la pharmacopée traditionnelle. Le colonisateur n’était pas en mesure d’aller à
l’encontre des tradipraticiens. Il cherchait également à exploiter les plantes médicinales
locales. Cette logique s’est poursuivie après l’indépendance. Malgré leur popularité, la
médecine et la pharmacopée traditionnelles ont fait l’objet de mesures restrictives et elles sont
juste tolérées par le code de la santé de 1970. C’est à partir de cette date cependant, que les
organismes internationaux ont manifesté un intérêt particulier : la création en 1978 de
l’Institut de recherche sur les substances naturelles (IRSN) et certaines mesures prises sous la
révolution ont renforcé la promotion de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles.
Ainsi un service chargé de la recherche pharmaceutique a été créé à cet effet au niveau du
Ministère de la Santé, et le gouvernement a encouragé et facilité l’organisation des
tradipraticiens en associations provinciales.

Les tradipraticiens sont répertoriés et bénéficient désormais d’autorisations d’exercer


délivrées par les autorités compétentes. La politique nationale en matière de médecine et
pharmacopée adoptée en 2004 donne des orientations en la matière. Elle est basée sur la
nécessaire collaboration entre médecine traditionnelle et médecine moderne pour la
couverture des besoins sanitaires de la population. Aussi, deux décrets règlementent le secteur
de la médecine au Burkina : un décret portant condition d’exercice de la médecine et
pharmacopée traditionnelles au Burkina et un autre portant autorisation de mise sur le marché
des médicaments traditionnels. Cependant la médecine et la pharmacopée traditionnelles
demeurent un domaine non pris en compte par les programmes de santé. La gestion du secteur
est toutefois très complexe du fait de l’existence d’acteurs multiples aux intérêts parfois
contradictoires. La production locale à base de plantes médicinales ou de recettes
traditionnelles demeure au stade artisanal.
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 122
exemple du Burkina Faso
A partir de la relance de cette politique des SSP en 1992, des efforts ont été faits, tant au
niveau national que régional, pour établir des relations de collaboration entre médecine
moderne et traditionnelle. On peut noter entre autres l’organisation des tradipraticiens, l’octroi
d’un local pour les tradithérapeutes à Ouagadougou, l’association des tradipraticiens à
certaines rencontres comme la recherche nationale essentielle en santé et les rencontres sur le
sida, etc. Au niveau régional, certains pharmaciens ont établi des collaborations : certaines
plantes médicinales et produits thérapeutiques ont été mieux étudiés et transformés sous
diverses formes (sirop, décoction etc.). Cette collaboration est également bien établie au
niveau universitaire à travers le département de recherche sur les substances naturelles.

4.4. Le financement du système sanitaire

Pour soutenir le système de santé en général, le Burkina a consacré 202,1 milliards de F.CFA
en 2005 dans le domaine de la santé contre 164,1 milliards de F.CFA en 2004. Ces ressources
proviennent essentiellement du secteur public (23,9% (y compris les dépenses de sida), du
secteur privé (3,1%), des ménages (37,4%), des institutions sans but lucratif au service des
ménages (0,1%), des partenaires techniques et financiers (35,0%). Les dépenses de la santé
hors celles allouées à la réponse au sida s’élèvent à 178,0 milliards de F.CFA.

Comparativement à l’année 2004 où la dépense nationale de santé était estimée à 164,1


milliards de FCFA, celle de 2005 a connu une augmentation de 23,2%, soit une variation en
valeur absolue de 38,0 milliards de FCFA. Cette hausse s’explique non seulement par des
apports substantiels des intervenants mais aussi par l’amélioration de la couverture en terme
de collecte des données (prise en compte suffisante du secteur privé, des structures d’appuis
aux mutuelles de santé et des ONG intervenant dans le domaine de la santé, etc.).

En ce qui concerne l’évolution de la dépense nationale de la santé par source de financement,


elle est résumée dans le tableau ci-dessous.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 123
exemple du Burkina Faso
Tableau 17 : Evolution de la structure de la dépense nationale de santé par source de financement de
2003 à 2005 (en millions de F.CFA)

Source de financement 2003 2004 2005


Fonds publics 34 812 44 208 48 315
Fonds des employeurs privés 2 618 1 252 6 291
Fonds des ménages 67 824 73 753 75 615
Fonds des institutions sans but lucratif au service des ménages 139
Fonds extérieurs 27 988 43 991 70 731
Fonds non spécifié 3 028 872 977
Ensemble 136 270 164 076 202 068
Source : Ministère de la santé, Burkina Faso : Rapport sur les comptes nationaux de la santé 2005, Février 2008

L’analyse des dépenses hors celles allouées à la réponse au sida révèle qu’elles ont été
allouées principalement au profit des pharmacies pour l’achat des biens médicaux (32,2%), de
l’administration générale de la santé et de l’assurance maladie (24,7%), des hôpitaux (13,8%),
de la santé publique et des programmes de prévention (18,5%), des soins ambulatoires (7,1%),
des institutions de recherche et d’enseignement (2,2%) et des prestataires non spécifiés
(1,5%). Le tableau ci-après présente l’évolution des dépenses en pourcentage par rapport aux
prestataires de 2003 à 2005.

Tableau 18 : Evolution des dépenses des prestataires de 2003 à 2005 en %


2005
Prestataires 2003 2004 Sans VIH Avec VIH
Hôpitaux 16 15 14 13
Soins ambulatoires 9 8 7 16
Pharmacies (biens médicaux) 38 34 32 28
Santé publique et programme de prévention 10 14 19 16
Administration générale de la santé et assurance
maladie 10 14 25 23
Autres 17 15 3 4
Total 100 100 100 100
Source : Ministère de la santé, Burkina Faso : Rapport sur les comptes nationaux de la santé 2005, Février 2008

De l’étude des comptes nationaux de la santé pour les années 2003, 2004 et 2005, il ressort
que les dépenses des agents du Ministère de la santé, émargeant au budget de l’Etat ont
augmenté au fil des années. En effet, les dépenses sont passées successivement de 10,7
milliards FCFA en 2003 à 12,6 milliards en 2005 ; ce qui représente un taux d’accroissement
de 18,1%.
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 124
exemple du Burkina Faso
Plusieurs institutions assurent l’achat de services en matière de santé. Les différentes sources
sont représentées dans le tableau ci-après (Tableau 19).

Tableau 19 : Structures et services impliqués dans l’achat de service

Sources Domaines Mécanisme


Consultation, médicament/examens Paiement direct par la
Ménage
complémentaires personne ou tiers
Equipement, formation, salaire,
Paiement des salaires et
Etat médicaments, soins, examens
subvention
complémentaires
Assurance/ mutuelle de Paiement avant ou
santé Consultation, soins, examens subvention
Services non étatiques complémentaires
Subvention
(privé ou autres)
Source : Ministère de la santé : Etude sur les Comptes nationaux de la santé du Burkina Faso pour les années
2003 et 2004

Le système de santé avec sa forme pyramidale, est structuré à l’image de l’organisation


administrative. L’offre publique de soins est sous-tendue par une offre privée et traditionnelle,
mais qui, malheureusement connaît une faible voire une absence d’organisation. Malgré une
amélioration de la couverture sanitaire (en structures et en ressources humaines) et une
augmentation de la qualité des soins, il n’en demeure pas moins que le Burkina Faso doit faire
face à une très faible fréquentation des structures sanitaires par les populations. L’initiative
de Bamako qui se voulait une politique de relance de la stratégie des soins de santé primaires
tout en renforçant l’équité d’accès aux soins, ne s’est pas traduite par un meilleur accès aux
services de santé pour les plus démunis [Ridde & Girard, 2004]. La tarification des actes de
santé constitue une source de marginalisation des groupes les plus vulnérables. Entre le poids
de l’héritage colonial et les pressions des nouveaux acteurs de financements des soins, le
Burkina Faso n’a de fait pas encore connu un système de santé adapté à ses réalités socio-
économiques [Harang’2007].

C’est donc au centre d’une offre de soins en proie à (i) une faible utilisation des services, (ii)
des ressources humaines nécessitant un recyclage et meilleure répartition, (iii) des surenchères
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 125
exemple du Burkina Faso
de l’acte médical ce qui limite l’accessibilité aux plus démunis, c’est dans ce contexte
qu’interviennent les soins et traitements du sida dont la mise en œuvre nécessite la
collaboration et la mobilisation de tous les acteurs et à tous les niveaux de la pyramide.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 126
exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 5 : L’OFFRE NATIONALE DE SOINS LIES A L’INFECTION DU
VIH

La prise en charge du sida, plus particulièrement les soins médicaux aux personnes vivant
avec le VIH (PvVIH), est l’un des éléments clés de la riposte internationale à la pandémie.
Toutes les formations sanitaires, suivant le besoin de soins de la population générale ou de la
personne infectée, participent à l’offre de soins des PvVIH. On a souvent parlé d’un
continuum de la trilogie « conseil, dépistage, soins ». Dans le cadre de la réponse à l’infection
du VIH, la prévention est partie intégrante de l’offre de soins dans la prise en charge
thérapeutique. Les débats ont souvent « mis en balance » la prévention et la prise en charge,
apparaissant comme concurrentes dans l’allocation des ressources. Or comme le souligne A.
Desclaux, « cette opposition n’a pas de sens dans une stratégie de réponse au VIH »
[Desclaux’2001].

5.1. Le profil des services de soins disponibles

La gamme des soins disponibles va de la prophylaxie des infections opportunistes (IO) à la


prise en charge par les thérapies antirétrovirales (TARV) en passant par les soins palliatifs et
les soins des IO.

5.1.1. La prophylaxie des IO

L’infection à VIH conduit pour la grande majorité des personnes séropositives non-traitées à
une déficience immunitaire croissante. Les infections opportunistes (IO) apparaissent en
présence d’un système immunitaire affaibli et déterminent de manière essentielle la morbidité
et la mortalité des personnes souffrant d’une infection à VIH. En ce qui concerne ces
infections opportunistes, il ne s’agit pas, dans la plupart des cas, d’infections nouvelles, mais
de réactivation d’infections latentes déjà présentes. Plus l’infection à VIH progresse, et moins
le système immunitaire est en mesure de tenir en échec ces «infections latentes» [Forum Med
Suisse’2001]

Le suivi et la prévention adéquate des infections opportunistes ont un impact positif sur la
morbidité (diminution de la fréquence et de la sévérité des infections). La généralisation de
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 127
exemple du Burkina Faso
l’accès aux médicaments pour ces infections, tels que les molécules antituberculeuses et le
cotrimoxazole, est une intervention coût-efficace17 et une composante obligatoire des soins du
sida. Il faut cependant souligner que la thérapie antirétrovirale est en elle-même la meilleure
prophylaxie contre les infections opportunistes. L’élargissement des traitements
antirétroviraux réduira progressivement la nécessité du recours aux autres médicaments contre
les infections opportunistes [France diplomatie’2008].

Développée au début des années 2001 au Burkina Faso, grâce à la mise à contribution des
structures communautaires, la prophylaxie des infections opportunistes est systématique pour
toute personne sous ARV. Impulsée par les différentes initiatives à partir de 2003, elle s’est
renforcée au fil des années permettant la prise en charge successive de 9.701cas en 2004,
13.616 cas en 2005 et 30.113 cas en 2006. Pour l’année 2006, la prophylaxie a couvert toute
la file active des personnes vivant avec le VIH et bénéficiant de soins ARV.

5.1.2. La thérapie antirétrovirale

Selon l’OMS, la prise en charge thérapeutique consiste à fournir des soins de santé complets
aux personnes vivant avec le VIH. En conséquence, elle suppose l’extension de l’accès au
traitement et de proposer aux patients un diagnostic précoce, un traitement adapté incluant les
ARV pour ceux dont l’état de santé le nécessite, une prophylaxie et un traitement des
infections opportunistes, des soins infirmiers incluant l’hygiène, la nutrition, les soins
palliatifs, l’aide à l’observance au traitement et des soins à domicile. Elle s’impose comme un
droit des personnes infectées et affectées par le VIH. Elle comporte plusieurs maillons
destinés à atténuer la vulnérabilité des individus vivant avec le VIH et les communautés, et
contribue à contrôler les impacts sur les individus, les familles et les systèmes institutionnels
et sociaux. Cette prise en charge induit les implications suivantes :
- une continuité de la prise en charge entre le système de santé et la communauté
(familles, associations, OBC, secteurs traditionnel et confessionnel) ;
- un renforcement des capacités des services de santé ;
- une prise en compte des dimensions socioéconomiques de la prise en charge ;
- une décentralisation des activités et une extension de l’accès au traitement ;

17
La prise en charge des IO est une intervention coût-efficace pour la prévention du VIH en
ce sens que le traitement des IO rend la prévention du VIH plus efficace et cette dernière
réduit les coûts liés au traitement
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 128
exemple du Burkina Faso
- une approche interdisciplinaire de la prise en charge ;
- une meilleure implication des PVVIH dans la prise en charge ;
- une promotion et une dissémination des bonnes pratiques de prise en charge.

Au Burkina Faso, avant 1999, il n’existait que quelques cas isolés de personnes vivant avec le
VIH sous thérapie antirétrovirale. Les ARV étaient alors importés par des officines privées ou
arrivaient sous forme de dons des particuliers (amis, parents, etc.). En mars 1999, un atelier
national de consensus a permis de sélectionner les molécules pour la bithérapie, mais, il a
fallu attendre 2003 après l’adoption des normes et de prise en charge de l’infection à VIH,
pour constater le démarrage officiel à travers la sélection des ARV (première et deuxième
ligne) qui ont été commandés par le Comité ministériel de lutte contre le sida et les IST du
Ministère de la santé.

A partir de l’année 2006, le traitement antirétroviral connaît un essor grâce à la drastique


réduction du coût des ARV, à la disponibilité des médicaments et au renforcement des
structures en personnel qualifié.

Graphique 10 : Evolution des patients (enfants, adultes) sous ARV de 2003 à 2007

20000
18000 17263

16000

14000 12842
12000

10000
8136
8000

6000
3867
4000
1514
2000 420 534 649
0
2003 2004 2005 2006 2007

Nombre d'enfants sous ARV Nombre de patients sous ARV

Source : Synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2003, 2004, 2005, 2006, 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 129
exemple du Burkina Faso
Le graphique ci-dessus montre une progression constante du nombre de personnes sous
thérapie antirétrovirale. En effet, le nombre de personnes sous ARV a été multiplié par 11 de
2003 à 2007. Les personnes sous thérapie antirétrovirale sont prises en charge par des
structures publiques et privées de soins, disséminées sur l’ensemble du territoire.

Carte 10 : Evolution de la prise en charge ARV de 2005 à 2007

a : en 2005

b : en 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 130
exemple du Burkina Faso
c : en 2007

Le nombre de personnes bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale n’a cessé de croître sur
l’ensemble du territoire, passant d’un petit millier de personnes (1 514) en 2003
essentiellement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, à 18 000 personnes (enfants et adultes)
en 2007, inégalement réparti dans 43 provinces sur les 45 que compte le pays.
Malheureusement de 2003 et 2004, les données consolidées de prise en charge thérapeutiques
ne sont pas désagrégées par province pour permettre une spatialisation. Aussi, la répartition
spatiale du nombre de personnes sous thérapie antirétrovirale a seulement pris en compte les
données à partir de 2005 (Carte 10 a, b, c).

La qualité de plus en plus grande du rapportage des données sur la prise en charge
thérapeutique par les ARV nous permet de réaliser la carte de la situation de la TAV pour
l’année 2007 (Carte 11). Sur cette carte, on constate que si la prise en charge des adultes
concerne 43 provinces sur 45, la prise en charge par la thérapie pédiatrique n’est effective que
dans 8 provinces réparties comme suit dans les régions :

Graphique 11 : Situation de la prise charge par les ARV pédiatriques par province

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 131
exemple du Burkina Faso
363

221

40
12 5 6 1 1

t ga

rgo
u ue go ou
n lan um
èm Ho dio uh da So ten
ulki zou Ka Mo Ou Ya
n
Bo Ga

Source : SP/CNLS-IST, 2008 NIKIEMA

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 132
exemple du Burkina Faso
Carte 11 : Situation de la prise en charge des enfants et des adultes en 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 133
exemple du Burkina Faso
5.1.3. Les examens biologiques

Au niveau des examens biologiques nécessaires au suivi médical des PVVIH, l’offre est
disparate selon que l’on est dans des grandes villes comme Ouagadougou et Bobo Dioulasso
ou dans les campagnes et autres villes moyennes.

Dans les premiers cas, les Hôpitaux nationaux offrent une gamme assez large d’examens à
disponibilité variable ponctuée par les ruptures en réactifs, tandis que l’offre privée (à travers
les laboratoires) existe mais est peu accessible financièrement. Dans les villes moyennes et les
campagnes, les examens biologiques sont pratiquement peu disponibles, obligeant les PVVIH
à parcourir des distances très grandes, souvent au prix de leur santé, pour réaliser leurs
examens.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 134
exemple du Burkina Faso
Carte 12 : Disponibilité des services de laboratoires VIH/SIDA au Burkina Faso en 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 135
exemple du Burkina Faso
Pour le cas spécifique des laboratoires disposant de compteurs CD4, le nombre est passé
respectivement de 13 en 2005 à 39 en 2007.

Tableau 20 : Situation des laboratoires équipés en compteurs pour la numération des CD4 en 2007

District Année de Total


Région sanitaire Formation sanitaire Marque
sanitaire dotation

Boromo CMA Boromo Facscount 2005


Boucle du
Facscount 2
Mouhoun Nouna
CRS Nouna +Facscan
Cascades Banfora CHR Banfora Facscount 2005 1
Facscount +
CHUYO Facscalibur 2005
CMA Pissy Facscount 2005
Pissy CM CGASL Facscount 2005
CMA Clinique SUKA Facscount 2005
CTA Facscount 2005
Centre 11
OST Facscount 2006
CM ST Camille Facscount 2006
Secteur 30 CHUP/CDG Facscount 2005
CMA du Secteur 30 Facscount 2005
Kossodo CMA de Kossodo Facscount 2005
Paul VI CMA Paul VI Cyflow 2006
Tenkodogo CHR Tenkodogo Facscount 2005
Koupéla CMA Koupéla Facscount 2005
Centre Est
Ouargaye CMA Ouargaye Cyflow 2006 4
Zabré CMA Zabré Cyflow 2006
Kaya CHR Kaya Facscount 2005
Centre Nord 2
Kongoussi CMA Kongoussi Cyflow 2006
Koudougou CHR Koudougou Facscount 2006
Centre Ouest 2
Nanoro CMA Nanoro Facscount 2005
Manga CMA Manga Cyflow 2006
Centre Sud 2
CMA Pô CMA Pô Facscount 2005
Est Fada CMA Fada Facscount 2005 1
CHUSS Facscount 2005
HDJ Cyflow 2006
Secteur 22 Facscount +
Centre MURAZ
Hauts Bassins Facscalibur 6
CMA Secteur 22 Facscount 2005
Secteur 15 CMA Secteur 15 2005
Houndé CMA Houndé 2006
Nord Ouahigouya CHR Ouahigouya Facscount 2005 2

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 136
exemple du Burkina Faso
Yako CMA Yako Cyflow 2006
Ziniaré CMA Ziniaré Cyflow 2006
Plateau Central Boussé CMA Boussé Facscount 2006 3
Zorgho CMA Zorgho Facscount 2006
Dori CHR Dori Facscount 2006
Sahel 2
Djibo CMA Djibo Facscount 2006
Sud Ouest Gaoua CHR Gaoua Facscount 2005 1
Source : CMLS/Ministère de la santé, 2007

5.1.4. La pharmacopée et la médecine traditionnelle

Elle contribue grandement à la prise en charge des PVVIH aussi bien en ville qu’en campagne
et se retrouve dans le circuit de soins de la plupart des PVVIH. Bien qu’elle soit importante,
elle reste difficilement quantifiable du fait de l’inorganisation du secteur et de l’insuffisance
de collaboration avec les structures modernes de soins. Outre les pratiques non documentées
réalisées par les tradipraticiens communautaires, il existe depuis l’année 2000 une expérience
à l’unité de Phytothérapie du Centre Médical Saint Camille (CMSC) en collaboration avec la
Direction de la promotion de la médecine traditionnelle. C’est un travail scientifique qui vise
le suivi clinique et biologique des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) traitées par la
Médecine traditionnelle, dont l’objectif général est de « contribuer à l’amélioration de la prise
en charge des PVVIH par une meilleure implication de la Médecine traditionnelle ».

Dans le domaine du suivi clinique et biologique, 200 patients VIH positifs ont été enregistrés
au centre médical Saint Camille au compte de l’unité de phytothérapie parmi lesquels, six
patients ont été perdus de vue. En revanche, aucun décès n’a été enregistré et seulement
quatre patients ont été mis sous ARV portant le nombre total à 11 ayant passé à la trithérapie
(7 étaient déjà passés sous ARV en 2006). On note par ailleurs qu’entre 2006 et 2007, six
patients ont connu une chute de leur taux de CD4 au premier contrôle après trois mois de
phytothérapie avec une remontée après six mois de traitement. Treize patients sont restés
stationnaires du point de vu de l’évolution de leur taux de CD4 et 160 patients ont connu une
ascension régulière et significative du taux de leur CD4. En conclusion sur le plan clinique et
biologique la majorité des patients présente une amélioration quant à leurs paramètres
cliniques et biologiques.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 137
exemple du Burkina Faso
Dans le domaine de l’encadrement des tradipraticiens impliqués dans la lutte contre le
VIH/SIDA, au cours de cette année 18 ont été encadrés du point de vue de la formation et de
la production des recettes. Quatre autres présentant un intérêt sont en cours de sélection.

En ce qui concerne le recensement des plantes à risque d’interaction négative avec les ARV,
douze (12) plantes ont été recensées comme pouvant être à risque d’interaction négative avec
les ARV. Une brochure sur ces plantes à l’intention des cliniciens est disponible.

L’ensemble des services disponibles est offert dans le circuit traditionnel de soins ou dans le
cadre des soins à domicile ou encore en soins ambulatoires. Si les soins ambulatoires sont
presque exclusivement offerts par les structures de soins, par contre les soins à domicile sont
plus exécutés par les structures communautaires impliquées dans la prise en charge des
PVVIH.

Tableau 21 : Paquet minimum d’activités (PMA) des structures pour la prise en charge médicale
Niveau Activités
Formations sanitaires publiques
Dépistage, diagnostic clinique
Suivi des malades
1. CSPS VAD
Traitement syndromique des IST et affections opportunistes
Référence pour le diagnostic biologique et les traitements
Dépistage – diagnostic – suivi clinique – traitement des infections
opportunistes (tuberculose, candidose, zona, herpès, parasitoses,
digestives)
2. CM/CMA
Diagnostic biologique du VIH et des infections opportunistes
Surveillance clinique du traitement avec les ARV
Référence pour prise en charge spécialisée si nécessaire
Dépistage – diagnostic – suivi clinique – traitement des infections
opportunistes (salmonelloses, isosporose, cryptosporidiose,
microporidiose, traitement présomptif de la toxoplasmose + infections
citées pour le CMA)
3. CHR Diagnostic biologique du VIH et des infections opportunistes
Traitement par les ARV et suivi
Prophylaxie en cas d'exposition aux risques de transmission du VIH
Référence pour prise en charge spécialisée si nécessaire
Diagnostic – traitement des infections opportunistes – suivi clinique et
biologique
4. CHU
Diagnostic biologique du VIH et des infections opportunistes.
Traitement par les ARV et suivi
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 138
exemple du Burkina Faso
Prophylaxie en cas d'exposition aux risques de transmission du VIH
Formations sanitaires privées
Counselling
VAD (visite à domicile)
Accompagnement, soutien psychosocial
1. Communautaire
Dépistage dans les CDVC
Hygiène et alimentation
Prise en charge de la fin de vie
2. Cabinets de soins infirmiers Idem CSPS
3. Cabinets médicaux Idem CM, CMA mais prise en charge ambulatoire
4. Clinique et polyclinique
Consultation externe
Laboratoire + Idem CHR et CHU en fonction des compétences et du matériel
disponible
Hospitalisation
Plusieurs spécialités
NB. La correspondance établie entre les structures publiques et privées ne concerne que les activités.

5.2 Les structures de prise en charge médicale

Plusieurs structures publiques et privées offrent des services de prise en charge médicale.
Leur évolution spatio-temporelle est illustrée par les cartes 13 a, 13 b, 13 c, 13 d, et 13 e,
représentées ci-après.

5.2.1. Les structures publiques de soins

L’organisation de la prise en charge par les ARV a connu une importante progression aussi
bien au niveau de la qualité des soins que du nombre de structures impliquées depuis le
lancement en octobre 2003 du processus d’introduction des ARV dans le paquet thérapeutique
des formations sanitaires et la mise à disposition des outils de régulation et de standardisation
de la prise en charge médicale. Cette augmentation des structures est le fait de plusieurs
initiatives, au moins une trentaine, dont les principales ont été les suivantes : Initiative PPTE,
Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau (ESTHER), Banque
mondiale (MAP et TAP), Croix rouge française, Fonds mondial de lutte contre le sida, la
tuberculose et le paludisme, Medecins sans frontière, Société TAN ALIZ, Banque africaine de
développement (Projet de renforcement des services de santé et Projet d’appui à la lutte contre
le sida), Don Brésilien, Don Belge.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 139
exemple du Burkina Faso
Cartes 13 : Evolution par province des structures de prise en charge par les ARV de 2003 à 2007

Carte 13 a : en 2003

Carte 13 b : en 2004

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 140
exemple du Burkina Faso
Carte 13 c : en 2005

Carte 13 d : en 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 141
exemple du Burkina Faso
Carte 13 e : en 2007

La revue documentaire et les entretiens effectués auprès des responsables des services techniques font
remonter la prise en charge officielle au Burkina Faso par les ARV en 2000, avec l’ouverture du
Centre de traitement ambulatoire (CTA) par l’Organisation panafricaine de lutte contre le sida
(OPALS) en partenariat avec la Croix-Rouge française, à Ouagadougou en septembre 2000. L’effort
du Gouvernement ne sera effectif qu’en 2002 [SP/CNLS-IST’2003] à travers l’initiative des ressources
PPTE dont le Burkina est bénéficiaire. Ces ressources ont permis d’impliquer le CHU-YO, le CHU-SS
et cinq centres hospitaliers régionaux.

A partir de 2003 et avec l’impulsion des différentes initiatives, les TARV seront dispensés dans neuf
de structures de soins publiques ; en 2007, on en dénombre soixante six (66). Le tableau ci-après
illustre l’évolution de l’implication des structures publiques dans la prise en charge par les ARV de
2003 à 2007.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 142
exemple du Burkina Faso
Tableau 22: Evolution des structures soins publiques impliquées dans la prise en charge par les ARV
de 2003 à 2007

Régions sanitaires
Structures/Sites de PEC 2003 2004 2005 2006 2007
CHR Dédougou
CMA Nouna
CMA Boromo
Boucle du Mouhoun
CMA Solenzo
CMA Tougan
CMA Toma
CHR Banfora
Cascades
CMA Sindou
CHUYO Médecine C
CHU YO Dermatologie
CHUP CDG
CHU YO Pédiatrie
CHU YO Pneumologie
HDJ Ouaga
Centre CMA Kossodo
CMA Pissy
CMA sect 30
Camp S. Lamizana
Clinique OST
CNLAT
CM Présidence
CHR Tenkodogo
CMA Koupéla
Centre Est CMA Ouargaye
CMA Garango
CMA Zabré
CHR Kaya
CMA Kongoussi
Centre Nord
CMA Barsalogo
CMA Boulsa
CHR Koudougou
CMA Nanoro
Centre Ouest
CMA Léo
CMA Réo
CMA Manga
CMA Po
Centre Sud
CMA Kombissiri
CMA Saponé
CHR Fada
CMA Bogandé
Est
CMA Diapaga
CMA Pama
CHU SS HDJ
CHU SS
CMA District 15 Bobo
CMA District 22 Bobo
Hauts Bassins
CMA Houndé
CMA Dandé
CMA Orodara
Clinique OST
CHR Ouahigouya
CMA Yako
Nord CMA Gourcy
CMA Seguenega
CMA Titao
Plateau central CMA Ziniaré

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 143
exemple du Burkina Faso
CMA Zorgho
CMA Boussé
CHR Dori
Sahel CMA Djibo
CMA Gorom-Gorom
CHR Gaoua
CMA Batié
Sud Ouest
CMA Diébougou
CMA Dano
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2003, 2004, 2005, 2006, 2007

5.2.2. Les structures privées de soins

L’implication des structures privées18 de soins dans la prise en charge des personnes affectées
et infectées par le VIH a contribué à impulser une réelle dynamique dans l’offre de service et
dans la décentralisation des prestations. A travers le dépistage proposé à l’ensemble de la
population, et les services divers qu’elles offrent aux personnes vivant avec le VIH, les
structures privées de soins constituent un maillon important dans l’offre de soins, et
notamment pour la prise en charge médicale des PVVIH au Burkina Faso.

L’arrivée des premières initiatives de prise en charge qui ont subventionné les TARV ont
permis à certaines structures d’apporter un soutien aux structures étatiques d’offre de soins
liés à l’infection du VIH. Le nombre de structures privées de soins est passé de 5 en 2003 à 13
en 2007. Le tableau ci-dessous présente l’implication des structures privées dans la prise en
charge par les ARV de 2003 à 2007.

Tableau 23 : Evolution des structures de soins privées impliquées dans la prise en charge par les ARV
de 2003 à 2007

Régions sanitaires Structures/Sites de PEC 2003 2004 2005 2006 2007


CMA Paul VI
Clinique Suka
CM St Camille
CM Oasis
Centre
CANDAF
CM ALAVI
CM Bergerie
CM Vie positive
Centre Nord CM Diocesain Bam
Clinique Yèrèlon
Clinique OST
Hauts Bassins
CM REVS+
CM espoir et Vie
Nord CM AMMIE
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2003, 2004, 2005, 2006, 2007

18
Sont prises en compte les structures associatives communautaires, les structures
confessionnelles et les cliniques privées.
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 144
exemple du Burkina Faso
5.3. L’approvisionnement en médicaments

Au Burkina Faso, la réponse à l’infection à VIH s’est considérablement amplifiée de 2003 à


2007 et le nombre de malades mis sous traitement ARV a été multiplié par 12. Ces évolutions
se poursuivront et s’intensifieront ; ce qui nécessitera un accroissement proportionnel des
quantités et volumes de médicaments ARV et contre les IO ainsi que des moyens de
diagnostic. Pour ce faire, des systèmes d’approvisionnement et de distribution performants et
pérennes seront alors nécessaires si l’on veut, parallèlement à l’augmentation du nombre de
malades mis sous traitement, améliorer à la fois, la qualité de leur prise en charge et
l’efficience des financements engagés.

L’accroissement observé du nombre de malades pris en charge, résulte essentiellement de la


mise en place de nouveaux financements qui ont contribué à augmenter fortement le montant
des ressources mobilisées. Mais, cet accroissement des moyens financiers s’est fait, le plus
souvent, parallèlement aux circuits financiers pré existants, par la superposition de nouveaux
circuits de financement et d’approvisionnement, fonctionnant en quasi autarcie, sans véritable
coordination avec les budgets et les opérateurs nationaux, créant ainsi une situation de plus en
plus complexe et de moins en moins lisible.

La mise en place de ces financements additionnels n’a pas toujours été accompagnée
d’évaluations préalables permettant de révéler la complexité du cycle d’approvisionnement et
tout particulièrement de certains de ses éléments clés : estimation des besoins, capacité et
conditions de stockage, notamment dans les centres de prise en charge, logistique de
distribution, suivi des commandes fournisseurs, contrôle de qualité et rétro information de la
périphérie vers le niveau central décisionnel. Il résulte de cette situation, parfois au niveau
central mais surtout à la périphérie, dans les centres de prises en charge, des niveaux de stocks
mal corrélés aux besoins, entraînant soit des ruptures de stocks soit la péremption de surstocks
pouvant conduire à l’interruption des traitements, avec comme corollaire, le risque sous-
jacent d’apparition de pharmaco résistance [UNICEF’2008].

Deux circuits d’approvisionnement coexistent au Burkina Faso, à savoir le circuit privé tenu
par des grossistes privés (officines et pharmacies) et celui public représenté par la Centrale
d’achat des médicaments essentiels génériques (CAMEG) avec ses quatre agences. La
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 145
exemple du Burkina Faso
distribution au public se fait par l’entremise des Dépôts répartiteurs des districts, des Dépôts
MEG des formations sanitaires. En ce qui concerne les ARV, ils sont presque exclusivement
délivrés par la CAMEG qui a dû adapter son système de gestion (basé sur les grossistes) à la
vente des ARV directement au client.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 146
exemple du Burkina Faso
Carte 14 : Couverture territoriale des agences de la CAMEG

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 147
exemple du Burkina Faso
Lorsque la CAMEG a décidé en 1999 de distribuer les ARV au Burkina Faso sur demande du
Ministère de la santé, le coût moyen mensuel de la trithérapie variait entre 500 000 FCFA et
600 000 FCFA dans le secteur privé. Des négociations avec certaines firmes pharmaceutiques
ont abouti à une réduction très sensible des prix allant de 60% et 80%, depuis mai 2001. Ces
produits étaient vendus au prix coûtant aux malades sans marge bénéficiaire.

Tableau 24. Evolution du coût mensuel de vente des traitements les plus prescrits en valeur absolue

Protocole 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

Zidovudine + 250 184 82 080 40 000 40 000 32 635 27 420 25 085 20 300
Lamivudine +
Efavirenz

Zidovudine + 310 497 89 215 53 488 53 488 46 123 39 665 37 630 35 345
Lamivudine +
Indinavir

Lamivudine + 279 374 53 450 31 458 31 072 27 242 22 572 21 044 17 670
Stavudine +
Efavirenz

Triomune 19 980 12 055 7 135 5 140 4 650

Source : SP/CNLS-IST, Rapport général de la septième session du CNLS-IST, janvier 2008

A la faveur des initiatives (Initiative PPTE, ESTHER, Banque Mondiale (MAP et TAP),
Croix Rouge Française, Fonds mondial de lutte contre la tuberculose, le sida et le paludisme,
Médecins Sans Frontière, Société TAN ALIZ, Banque africaine de développement (Projet de
renforcement des services de santé et Projet d’appui à la lutte contre le sida), Don Brésilien,
Don Belge, etc.) survenues en fin octobre 2003, le prix de participation des patients à
l’acquisition des ARV a été fixé à 5000 FCFA. Depuis le 1er décembre 2007, lors de la
commémoration de la Journée mondiale sida, le prix d’achat des ARV est passé de 5000
FCFA à 1500. Cette décision a été entérinée par arrêté n°2008-034/MS/CAB du 09 avril
2008, portant fixation des prix de cession des ARV aux personnes vivant avec le VIH au
Burkina Faso pour traitement, quelque soit le protocole thérapeutique. Toutefois, les ARV
sont donnés gratuitement aux personnes qui sont déclarées indigentes, soit environ 80% des
PvVIH ayant besoin de traitement [SP/CNLS-IST’2008].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 148
exemple du Burkina Faso
5.4 Les portes d’entrée dans la prise en charge médicale

Il s’agit d’un certain nombre de maladies ou de situations qui constituent des opportunités
pour l’enrôlement des patients dans le circuit de prise en charge médicale. Ce sont :

5.4.1. La tuberculose

Au cours des dix dernières années, les cas de tuberculose ont plus que triplé dans bon nombre
de pays, notamment dans les milieux à forte prévalence du VIH. Environ 35 % des personnes
souffrant de tuberculose sont en même temps infectées par le VIH. La co-infection
tuberculose-VIH est devenue le principal facteur de propagation de l’épidémie de tuberculose
dans la région africaine. Chez les personnes vivant avec le VIH, le virus favorise l’évolution
de la tuberculose active, en cas d’infection latente ou récente due à Mycobacterium
tuberculosis. Sur le plan pathologique, la tuberculose accélère la survenue du sida chez les
personnes vivant avec le VIH et constitue une maladie révélatrice de l’infection à VIH. À ce
jour, plusieurs essais randomisés ont établi l’efficacité des interventions conjointes pour
réduire l’incidence de la tuberculose et la mortalité due à cette maladie chez les PvVIH. Le
recours au traitement prophylactique à base de cotrimoxazole et d’isoniazide et la prise en
charge des infections opportunistes ont permis de réduire la morbidité et la mortalité chez les
PvVIH. La thérapie antirétrovirale, de son côté, a permis de réduire l’incidence de la
tuberculose de plus de 80 % chez les PVVIH [OMS’2007].

Au Burkina Faso, selon les données recueillies en 1995, lors d’une étude réalisée au Centre
régional de lutte anti-tuberculeuse (CRLAT) de Bobo-Dioulasso, 35% des malades
tuberculeux étaient co-infectés TB/VIH. En 2003, une étude réalisée au CRLAT de
Ouagadougou a montré un taux de séroprévalence VIH chez les tuberculeux de 25,9%.
[SP/CNLS-IST’2004]

La stratégie « direct observation treatment » (DOTS) a démarré en 1995 et couvre à présent


100% du pays avec 81 Centres de diagnostic et de traitement de la tuberculose (CDT). Un
total de 379 CSPS, 12 infirmeries de prison et 10 dispensaires de l’Office de santé des
travailleurs participent à l’identification des patients suspects de tuberculose. De plus, 106
laboratoires pratiquent la recherche du Bacille de Koch (BK) en routine ; un contrôle externe

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 149
exemple du Burkina Faso
de la qualité de ce réseau est régulièrement réalisé par le Laboratoire national de référence
(LNR) et les examens sont jugés fiables.

Le nombre de nouveaux cas de tuberculose pulmonaire à microscopie positive (TPM+)


déclarés est passé de 1.560 en 2000 à 2.614 en 2007. De réels progrès dans le suivi des
malades sont constatés ces dernières années. En effet, le taux de perdus de vue est passé de
16,3% en 2000 à 5,1% en 2006. Cependant, le taux de succès thérapeutique pour les nouveaux
cas TPM+ n’a atteint que 72,8% en 2006 en raison d’un taux élevé de létalité (12,5%) et
d’échec (8,3%).

Le nombre de patients atteints de tuberculose bénéficiant d’un dépistage du VIH est passé de
23% en 2006 à 49% en 2007 ; 83% des tuberculeux co-infectés sont sous prophylaxie au
cotrimoxazole.

Concernant l’implication des communautés, depuis l’année 2005, onze (11) structures
associatives de coordination régionales appuient 352 associations de mise en œuvre à travers
deux composantes : prévention (171 associations d’IEC/CCC, 21 associations de
tradipraticiens et 20 associations d’anciens et de nouveaux malades) et prise en charge
communautaire (20 associations de PECC de la TB et 120 associations de PECC des PVVIH).
De 2005 à 2007, les prestataires communautaires ont sensibilisé environ 925 000 personnes,
apporté un soutien psycho-social à 3294 malades de la TB et référé 4593 cas suspects de TB
vers les CDT.

5.4.2. La Prévention de la transmission mère enfant du VIH

Sans mesure de prévention, 30 à 35% des enfants de mères séropositives contractent le virus à
la naissance [UNICEF, 2005]. Les TARV peuvent pourtant réduire le taux de transmission du
VIH de la mère à l’enfant pendant la grossesse, le travail et l’accouchement. C’est le but de la
prévention de la transmission mère-enfant (PTME) qui à travers les différentes composantes
(counselling, dépistage volontaire, thérapie antirétrovirale, etc.) qu’elle offre, permet de
sauver plusieurs milliers de vies chaque année.

Au Burkina Faso, la Direction de la santé de la famille (DSF) est la structure technique de


coordination de la prévention de la transmission mère-enfant. L’objectif général du
Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 150
exemple du Burkina Faso
programme PTME est de réduire d’au moins 50% la transmission du VIH de la mère à
l’enfant de 2006 à 2010.

Trois types d’approches ont été utilisés à savoir l’approche contractuelle (cas du Centre
médical Saint Camille), l’intégration des activités de prévention de la transmission mère-
enfant dans les formations sanitaires (cas des structures publiques) et l’implication des
associations.

Avec l’appui des partenaires techniques et financiers, les prestations de prévention de la


transmission mère-enfant sont gratuites au niveau des bénéficiaires (y compris la Névirapine®
qui est le principal ARV du programme).

Le Programme national de prévention de la transmission mère-enfant du VIH a été


officiellement lancé le 30 mai 2002 et les activités ont débuté le même mois au centre médical
St Camille de Ouagadougou. Ce centre est resté leader dans la mise en œuvre du programme
jusqu’en 2005. Les districts sanitaires de Pissy, du secteur 15 de Bobo, de Ouahigouya, de
Gaoua et de Tenkodogo ont été les cinq autres sites à entamer les activités de la PTME en
2002.

D’un point de vue évolutif, le nombre de districts offrant des services de PTME est
respectivement passé de 3, 12, 26, 38, 45 à 50 pour les années 2002, 2003, 2004, 2005, 2006
et 2007. Outre l’extension, la qualité des activités de PTME s’est progressivement améliorée
au cours de la période au regard des résultats enregistrés (Cf. tableau suivant). S’agissant du
nombre de formations sanitaires ayant intégré la PTME dans leur paquet minimum d’activités,
il est passé respectivement de 9, 14, 44, 152, 211 à 400 sites pour les années 2002, 2003,
2004, 2005, 2006 et 2007. Cette progression, bien qu’intéressante ne concerne que moins de
50% des formations sanitaires publiques du pays.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 151
exemple du Burkina Faso
Carte 15 : Situation des districts offrant des services de PTME en 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 152
exemple du Burkina Faso
Tableau 25 : Etat de progrès de la transmission mère-enfant (TME)

Activités Année 2005 Année 2006 Année 2007


Effectif % Effectif % Effectif %
Nouvelles CPN 41 168 58 954 78 362
Adhésion au conseil pré-test 24 856 60,38 37735 64
Adhésion au dépistage 19 661 79,10 29010 77 50746
Résultats rendus (post test) 16 644 84,65 24356 84
Femme VIH+ 832 4,23 1378 5,70 1591 3,14
Partenaires femmes enceintes 1 010 5,14 1142 4,70
dépistées
Partenaires VIH+ 64 6,34 95 8,30
Femmes enceintes testées positives 673 80,89 1401 1640
ayant accouché dans une formation
sanitaire
Mères ayant reçu un traitement 476 70,73 1134 81,82 1408 85,85
prophylactique complet aux ARV
Enfants testés VIH+ 14 10,14 19 6,48 25 9,2
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2005, 2006, 2007

5.4.3. Le Conseil Dépistage Volontaire (CDV)

Il constitue une importante porte d’entrée pour la prise en charge médicale en ce sens qu’en
assurant le dépistage dans un cadre formel et spécialisé, il donne l’opportunité aux personnes
dépistées positives d’être orientées vers des structures de prise en charge adéquate.

Le nombre total de centres de conseil dépistage volontaire (CCDV) a considérablement


évolué du premier Cadre stratégique de lutte contre le sida au deuxième. En effet, de 2003 à
2005, le nombre de CCDV est passé de 35 à 93 et de 93 à 121 de 2005 à 2007, répartis dans
40 districts sanitaires, soit un taux de couverture de 73%.

Tableau 26 : Evolution des indicateurs en matière de dépistage volontaire


Indicateurs 2005 2006 2007
Nombre de centre CDV 93 116 121
Nombre de personnes dépistées 170 826 169 767 115 991
Proportion de personnes ayant fait le test de dépistage
VIH parmi les personnes reçues pour le conseil-dépistage 86,48% 87,73% 88,24%
volontaire dans les structures communautaires
Proportion de structures hospitalières (CHU, CHR, CMA,
CM) offrant en routine le conseil et le dépistage volontaire 25,00% 36,47% 24,00%
du VIH
Proportion de Districts sanitaires offrant en routine le
32,73% 67,27% 100,00%
conseil et le dépistage volontaire du VIH
Proportion de structures communautaires offrant en
8,70% 10,70% 11,29%
routine le conseil et le dépistage volontaire du VIH
Taux de séropositivité 5,8% 5,3% 5,5%
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2005, 2006, 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 153
exemple du Burkina Faso
Les activités de promotion du CDV ont permis de dépister 115 991 personnes en 2007 contre
199 767 en 2006, représentant un taux de régression de 41,9% ; ceci s’explique par
l’insuffisance de ressources pour la réalisation de la campagne de dépistage en milieu scolaire
et universitaire.

Les taux de séropositivité des années 2005, 2006 et 2007 montrent une certaine stabilité de
l’évolution de l’épidémie : 5,8% en 2005 contre 5,5% en 2007.

Il existe trois types de CDV comprenant les centres intégrés aux formations sanitaires, les
centres autonomes gérés par les associations et le dépistage mobile.

Photo 2 : Un véhicule de dépistage mobile

©AAS, 2008
Une équipe de l’unité mobile (stratégie avancée)
de l’association AAS en pleine séance de dépistage.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 154
exemple du Burkina Faso
Carte 16 : Localisation des centres de dépistage en 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 155
exemple du Burkina Faso
5.4.4. La prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles

Les interventions dans ce domaine ont couvert essentiellement : la révision et la diffusion des
documents techniques, la formation/supervision des acteurs, la dotation en kits IST à des prix
subventionnés, le renforcement de la surveillance des IST et le suivi évaluation des activités.

En effet dès 2002, il a été procédé : (i) à la révision et à l’adoption des algorithmes de prise en
charge syndromique des IST, (ii) à l’adoption des normes et protocoles pour la prise en charge
syndromique des cas IST et (iii) à la formation des agents à la prise en charge syndromique
des IST.

Si l’année 2003 a été marquée par une faible exécution des activités dans ce domaine par
insuffisance de financement, par contre les années suivantes ont connu un renforcement des
interventions à travers surtout : l’extension et le renforcement des expériences réussies dans
les interventions dans le milieu des travailleuses19 du sexe, la multiplication et la diffusion de
la 3ème version des algorithmes de prise en charge des IST dont une version sous forme
d’affiche a été élaborée, la confection et la mise à disposition effective des kits de traitement
des IST à des coûts abordables (100-200 et 500 FCFA) dans les formations sanitaires y
compris celles des Ministères de la défense, de la sécurité et des maisons d’arrêt, la mise en
place d’un système de surveillance renforcée dans les sites sentinelles, la mise en place du
réseau national de surveillance de la sensibilité des germes responsables des IST et le
renforcement des compétences des agents.

Ces efforts, intensifiés en 2005 ont permis de notifier et de traiter de plus en plus de cas d’IST
dans les formations sanitaires (Cf. tableau ci-dessous). La majorité des cas traités sont
retrouvés chez les femmes et dans la tranche d’âge 20-29 ans.

Tableau 27 : Evolution des cas d’IST traités de 2004 à 2006


2004 2005 2006
Nombre de cas d’IST notifiés et traités 94 330 97 325 109 266
Pourcentage de femmes 75,4% 79,2% 82,2%
Pourcentage de jeunes de 20-29 ans 49,6% 49,9%

19
Il existe également des hommes dans ce milieu de la prostitution, mais la terminologie
internationale à laquelle nous essayons de nous coller au plus, instruit d’utiliser « travailleuses
du sexe ».

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 156
exemple du Burkina Faso
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2005, 2006, 2007

Par ailleurs, dans le cadre des interventions ciblées, il faut noter l’élargissement des
interventions envers d’autres cibles et d’autres villes :
- District sanitaire de Bogodogo (projet AWARE/HIV),
- Ouagadougou, Banfora et Pô avec ONG Médicos del mundo,
- Ouagadougou et Koudougou avec ATU-JB
- les actions du projet et de l’association Yérèlon qui s’étendent de Bobo-
Dioulasso à Niangoloko.
- le suivi des travailleuses du sexe et les routiers par le CSPS du secteur 15 de
Ouagadougou en collaboration avec l’Union des routiers du Burkina contre le
SIDA dans toutes les grandes gares du pays et dans les principales frontières.

5.5. Financement de l’offre de soins liés à l’infection à VIH

Pour soutenir l’offre de soins liés à l’infection à VIH, les acteurs de financement de la réponse
au VIH ont injecté successivement 14,10 milliards de FCFA en 2003, 17,97 milliards de
FCFA en 2004, 24,11 milliards de FCFA en 2005 et 21,28 milliards de FCFA en 2006. La
baisse des ressources en 2006 pourrait s’expliquer par le fait que le CSLS 2006-2010 était
dans sa phase transitoire (adoption du nouveau cadre stratégique et tenue de la table ronde des
bailleurs de fonds en juillet 2006). Sur la période, les partenaires extérieurs restent la
principale source de financement de la réponse au VIH avec 52,29% en 2003; 80,30% en
2004 et 82,49% en 2005, 81,77% en 2006. La diminution de la contribution des partenaires
extérieurs est due à la clôture de certains projets/programmes, tels le Projet d’appui au
Programme national multisectoriel de lutte contre le sida (PA-PMLS), le programme de
traitement accéléré (TAP). Ces clôtures n’ont pas entraîné un arrêt définitif des interventions
mais plutôt une baisse de l’apport des partenaires techniques et financiers intervenants dans
ces projets et programmes.

Tableau 28 : Evolution de la dépense par source de financement de 2005 à 2006

Source de financement 2005 2006


Gouvernement 1,15 1,86
Ménages 2,74 1,73
Entreprises privées 0,33 0,00
ONG nationales 0,00 0,29

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 157
exemple du Burkina Faso
Partenaires bilatéraux 5,82 5,98
Partenaires multilatéraux 4,33 9,72
Institutions financières internationales 8,56 0,00
ONG internationales 1,18 1,70
Total 24,11 21,28
Source : SP/CNLS-IST : Etude sur l’estimation financière des ressources et des dépenses de sida, 2005 et 2006

Ces ressources mobilisées ont servi principalement à financer les services de soins et de
traitement : 26,1% des ressources en 2003, 26,52% en 2004, 41,98% en 2005 et 35,21% en
2006. Elles ont par ailleurs été affectées aux dépenses de prévention : 34,4% des dépenses en
2003, 23,23% en 2004 et 23,40 en 2005 puis 29,48% en 2006.

Dans les services de soins et de traitement, la plupart des ressources ont été allouées à
l’approvisionnement en ARV. Ces ressources rapportées aux dépenses globales se présentent
comme suit : 7,7% en 2003, 8,55% en 2004 et 28,34% en 2005 et 16,82% en 2006.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 158
exemple du Burkina Faso
Tableau 29 : Situation des dépenses en fonction des interventions pour les années 2005 et 2006
Catégories Dépenes 2005 Dépenes 2006
PREVENTION 5 642 332 000,00 6 274 394 783,00
Masse média 1 545 000
IEC/CCC 2 175 521 000 1 295 301 844,00
Conseil et dépistage volontaire 249 970 000 539 905 904,00
Jeunes 296 386 000 284 000 000,00
Programmes axés sur les TS et leurs clients 226 665 000 93 000 000,00
Activités sur les lieux de travail 24 249 000 307 416 469,00
Programmes de prévention pour PVVIH 1 100 000 134 776 350,00
Populations spécifiques 373 368 000 177 449 707,00
Fourniture de préservatif féminin et masculin 1 144 264 000 1 711 531 944,00
Amélioration de la prise en charge des IST - 328 729 023,00
Prevention de la transmission mère enfant du VIH 808 270 000 954 976 799,00
Sécurité de sang 340 994 000 228 648 697,00
Precautions universelles - 218 658 046,00
PRISE EN CHARGE MEDICALE 10 123 228 000,00 7 494 404 018,00
Traitement Antiretroviral 6 833 850 000 3 580 413 868,00
Soutien nutritionnel associé au traitement ARV 542 333 000 807 111 377,00
Suivi en laboratoire spécifique des maladies liées au VIH 196 624 000 623 863 612,00
Soutien psychologique et services d'accompagnement - 349 041 399,00
Transport des patients et aide d'urgence - 2 786 321,00
Soins palliatifs 18 689 000 813 840 736,00
Prophylaxie des infections opportunistes 460 000 000 68 509 292,00
Traitement des infections opportunistes 2 071 732 000 1 233 837 413,00
Autres services de soins et de traitement non classés ailleurs 15 000 000,00
ORPHELINS ET ENFANTS VULNERABLES 941 934 000 868 847 400,00
MANAGEMENT DE PROGRAMME 3 788 806 000,00 4 205 066 353,00
Gestion de programme 2 178 726 000 1 990 531 457,00
Planification et coordination 24 863 000 136 189 420,00
Suivi et évaluation 645 344 000 848 630 744,00
Recherche opérationnelle 512 982 000 1 046 143 769,00
Surveillance (sero-sentinel, comportementale) 426 891 000 183 570 963,00
FORMATION 932 889 000 646 998 957,00
PROTECTION SOCIALE ET SERVICES 1 142 816 000,00 764 483 968,00
D'ACCOMPAGNEMENT
Protection sociale à travers les prestations de services sociaux 32 089 000 699 689 852,00
Projets générateurs de revenus 61 192 000 63 798 000,00
Autres services de protection sociale non classés ailleurs 1 049 535 000 996 116,00
ENVIRONNEMENT FAVORABLE 1 540 576 000,00 1 029 963 580,00
Plaidoyer et communication stratégique 14 772 000 112 259 471,00
Droit de l'Homme 199 173 000 68 500 064,00
Renforcement institutionnel spécifique au SIDA 1 326 631 000 849 204 045,00
TOTAL 24 112 581 000,00 21 284 159 059,00
Source : SP/CNLS-IST : Etude sur l’estimation financière des ressources et des dépenses de sida, 2005 et 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 159
exemple du Burkina Faso
En terme de cibles, l’analyse des comptes nationaux sida montre que la plupart des ressources
ont été dépensées au profit de la population générale et des personnes vivant avec le sida de
2003 à 2006 :
 la population générale avec : 48,1% en 2003; 52% en 2004 et 35,25% en 2005 et
42,33% en 2006
 les personnes vivant avec le VIH avec : 31,7 en 2003; 20,33% en 2004 et 44,35%
en 2005 et 39,42% en 2006.

L’analyse des dépenses en terme de prestataires de biens et services montre une amélioration
dans la répartition des ressources ; en effet, la part des dépenses affectées aux structures de
soins spécifiquement (hôpital, services de soins ambulatoires, services de laboratoire et
pharmacies) est passée de 12,82% en 2005 à 36,15% en 2006. Les dépenses des services de
promotion de santé et de prévention ont largement été revues à la baisse au profit des services
sociaux, de la coordination des actions et des centres de recherche. Le tableau suivant
présente la situation des dépenses par prestataires en valeur relative pour les années 2005 et
2006.

Tableau 30 : Situation des dépenses par prestataires de biens et services pour les années 2005 et 2006
en valeur relative

Prestataires 2005 2006


Hôpital 3,44% 24,45%
Services de soins ambulatoires 4,15% 6,42%
Services de laboratoires 5,23% 2,93%
Pharmacie 0,00% 2,35%
Services de promotion de santé et de prévention 73,61% 46,04%
Banque de sang et auxiliaires 0,00% 1,07%
Services sociaux 1,54% 2,32%
Autorité nationale de coordination 7,02% 9,25%
Mass média 0,01% 0,26%
Autres prestataires non santé 2,15% 0,00%
Centres de recherche 2,85% 4,92%
Source : SP/CNLS-IST : Etude sur l’estimation financière des ressources et des dépenses de sida, 2005 et 2006

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 160
exemple du Burkina Faso
L’introduction tardive des ARV n’aura pas permis avant 2003 une offre de soins efficiente.
Toutefois, avec l’appui de différentes initiatives d’accès aux soins et traitements du sida,
l’offre de soins liés à l’infection à VIH a été marquée par l’implication des structures de tout
ordre : publiques, privées confessionnelles, associatives, privées lucratives. L’intégration des
structures aura permis, malgré l’arrivée tardive des thérapies antiretrovirale, de constater une
couverture géographique importante (43 provinces sur 45 dispensent des TARV). A cette
couverture géographique s’allie un nombre important de personnes vivant avec le VIH
bénéficiaires de cette prise en charge thérapeutique. Leur nombre va crescendo en raison de la
réduction des coûts, certes, mais cela y va aussi de l’importance des ressources humaines et
matérielles développées ou renforcées dans ce sens. Cela nous permet de nous interroger sur
les apports de la prise en charge thérapeutique sur le système de santé et l’offre de soins au
niveau du Burkina Faso.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 161
exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 6 : L’INFECTION A VIH ET LA PRISE EN CHARGE
THERAPEUTIQUE, QUELS APPORTS SUR L’OFFRE NATIONALE DE
SOINS

L’infection du VIH a profondément éprouvé les systèmes de santé des pays en développement
qui étaient déjà en difficulté. Les systèmes de santé sont doublement touchés : à travers le
personnel infecté par le VIH et dans leur organisation. Il y a un fort afflux de patients pour les
différents aspects de prise en charge médicale : examens biologiques et médicaux, prise en
charge des infections opportunistes, TAR, co-infection tuberculose, VIH, etc. L’appréciation
des répercussions porte sur trois principaux niveaux : le personnel de santé, les structures de
soins et les dépenses publiques [PNUD’2001]. Mais, in fine, l’épidémie n’a t-elle pas fait
progresser le système sanitaire tout entier ?

Depuis la CISMA 2001 tenue à Ouagadougou, les communautés avaient marqué leur
participation à la lutte contre le VIH ; une lutte qui, d’abord axée sur la prévention, allait être
résolument orientée vers l’implication dans les soins et traitements liés au VIH à partir de la
mise en œuvre de l’initiative « three by five ».

Pour faire face à cet assaut de l’infection à VIH sur le système de santé, il a fallu développer
des initiatives telle que l’implication du communautaire dans l’offre de soins, la création de
centres spécialisés pour la prise en charge des personnes infectées, la formation du personnel
médical, paramédical et des agents communautaires de soins à la prise en charge médicale.

6.1. Traitement et soins de l’infection à VIH, quels apports à l’offre de soins

L’initiative « Three by five » constitue pour les systèmes de santé des pays où la charge
morbide du sida est particulièrement élevée un formidable défi en raison de l’ampleur des
changements à apporter d’urgence dans un contexte d’incapacités et de sous rendement
chroniques [2004]. Cette initiative a été un moteur, un levier de l’élargissement des soins et
traitements à une plus grande majorité de personnes qui en avaient besoin. Cet élargissement
s’est traduit dans les pays en développement sur le plan géographique et institutionnel. Ce qui

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 162
exemple du Burkina Faso
a permis la rénovation, voire la mise en place d’infrastructures et d’équipements sanitaires, la
formation plus accrue des professionnels de santé, etc., d’où l’apport au système de santé.

6.1.1. Au niveau de la couverture géographique


Graphique 12: couverture géographique des provinces
Sur le plan géographique, la disposant d’au moins un centre de soins et traitement du sida
couverture nationale de l’offre de
soins s’est accrue, passant de 5 42

provinces en 2003 à 42 provinces


en 2007. Seules les provinces du
29

Yagha (Sahel), du Ziro (Centre


Ouest) et de la Komondjari (Est) ne
17

disposent toujours pas de structures


11
de soins et traitement du sida.
5

2003 2004 2005 2006 2007

NIKIEMA D.E 2008

Ces trois provinces étaient auparavant rattachées au district sanitaire de Dori pour le Yagha, le
district sanitaire de Léo pour le Ziro et au district sanitaire de Fada pour la Komondjari. Leur
autonomie n’étant pas encore effective, ces provinces ne disposent pas des compétences
humaines et matérielles nécessaires à la prise en charge thérapeutique de l’infection à VIH.

6.1.2. Au niveau institutionnel

Pour améliorer la qualité de la prise en charge des patients sous thérapie antirétrovirale, l’on
constatera une modification institutionnelle du système de santé au Burkina Faso. Cette
modification devrait permettre de soutenir le système traditionnel de soins. En effet, le
Gouvernement du Burkina Faso avec l’appui technique et financier de la Croix rouge
française, a, en 2000, procédé à la mise en place d’un Centre de traitement ambulatoire en vue
de la prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le sida : c’est un hôpital de jour
spécialisé dans la prise en charge du sida. Il est intégré à l’hôpital public en tant que service
ou unité de soins, et géré par une équipe de soignants professionnels nationaux.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 163
exemple du Burkina Faso
Le concept du Centre de traitements ambulatoires a été défini et mis en place dès 1994 par
l’Organisation panafricaine de lutte contre le sida (OPALS). Il a naturellement évolué depuis,
notamment avec la disponibilité des traitements antirétroviraux et des financements
extérieurs. Ainsi, le rôle précurseur et initiateur, l’appui technique proposé par l’OPALS et
poursuivi à partir de 1998 par la Croix-Rouge française, ont permis de faire des CTA les
premières structures de prise en charge des malades en Afrique [CRF’2007]. Le 16 novembre
1998, la Croix-Rouge française (CRF) et l'Organisation panafricaine de la lutte contre le
SIDA (OPALS) ont signé une Convention-Cadre en vertu de laquelle les deux organisations
officialisent un rapprochement afin d'optimiser leurs interventions sur le sida en Afrique, à
partir d'un instrument commun20.

C’est ainsi qu’en septembre 2000, le CTA de Ouagadougou est ouvert et celui de Bobo-
Dioulasso a été inauguré en novembre 2002 mais sa fonctionnalité n’a été effective qu’à partir
du 25 Janvier 2005.. Malgré les réserves, les craintes et les difficultés rencontrées, le CTA
s’est imposé comme l’une des réponses les mieux adaptées pour la prise en charge de
personnes atteintes du sida dans les pays du Sud, et notamment en Afrique subsaharienne.

D’une capacité d’accueil de 300 patients, le CTA de Ouagadougou sera très vite submergé par
l’arrivée de patients de diverses et très lointaines origines21. La CRF a restitué aux autorités le
centre de Bobo-Dioulasso en 2004 et celui de Ouagadougou en avril 2007. Les CTA sont
passés sous la tutelle du Ministère de la santé et ils ont pris la dénomination de « Hôpital du
jour » (HDJ), rattachés au centre hospitalier universitaire Sanon Sourou (CHU-SS) pour celui
de Bobo-Dioulasso et au centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) pour
celui de Ouagadougou.
Photo 3 : L’hôpital du jour de
Ouagadougou

20
http://www.croix-rouge.fr/goto/actualites/durban/carte.asp
21
Entretiens réalisés au CTA en 2004

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 164
exemple du Burkina Faso
Construit au sein du CHU-YO (Ouagadougou), cette infrastructure est le signe révélateur de
l’importance accordée à la prise en charge thérapeutique des PvVIH

Encadré 2: Les Centres de traitement ambulatoires : l'espoir en perspective

Le Centre de Traitement Ambulatoire (CTA) a été élaboré à partir d'une connaissance des réalités sanitaires et sociales africaines. Il s'agit d'une structure légère,
souple, adaptée à son environnement culturel, insérée dans le système de santé du pays et associée aux programmes nationaux de lutte contre le sida.
Le personnel est entièrement composé de professionnels locaux, dont certains sont mis à disposition par le ministère de la Santé des pays concernés.
Principes
- S'inscrire en cohérence avec les dispositifs de santé en fonctionnement.
- Allier la modernité (hôpital de jour) à la tradition africaine (soins à domicile).
- Veiller à l'intégration et à la non-discrimination du malade au sein de la société.
- Devenir le support d'une recherche clinique effective
Objectifs
Centre de soins spécialisé sur le VIH, le CTA assiste les structures existantes dans la prise en charge des personnes atteintes. Ses objectifs se déclinent sur trois
domaines complémentaires.
- En termes de santé, le CTA a pour mission d'assurer l'accueil, le dépistage et une prise en charge médicale des patients par la mise à disposition de
traitements appropriés, y compris, dans la mesure du possible, les traitements antirétroviraux.
- En termes de formation, le CTA veille à affiner et compléter les connaissances et techniques acquises par le personnel, afin d'accroître son efficacité et
son autonomie.
- En termes de prévention, la mobilisation des acteurs communautaires, des associations et des patients eux-mêmes favorise la diffusion de l'information
sur le VIH dans l'environnement du CTA
Fonctionnement
Le CTA assure le dépistage du VIH/Sida, le suivi médical, le traitement des infections opportunistes, la dispensation de médicaments et le soutien social.
Généralement articulé avec une structure hospitalière, il est animé par des spécialistes de la santé (médecins, infirmiers) et du social (assistant social,
psychologue) et dispose d'un technicien de laboratoire et de personnels de soutien (secrétariat, accueil, administration, entretien). Ces programmes associent
progressivement les Sociétés Nationales de Croix-Rouge/Croissant Rouge et ont vocation, à terme, à être intégrés à leurs activités.

6.1.3. La nécessité d’un renforcement des capacités des structures publiques de prise en
charge

L’introduction officielle de la thérapie antirétrovirale en 2003 a eu pour conséquence la prise


de certaines mesures facilitant l’administration des ARV. En effet, dès 2003, des réflexions
ont été engagées par le Gouvernement avec l’appui technique du programme ESTHER et de
l’OMS en vue de l’élaboration des normes et protocoles de prise en charge qui ont été adopté
en 2004. Ce document de normes et protocoles a été révisé en 2005 selon le principe de la
prise en charge intégrée de la maladie dans le contexte du VIH/sida (PCIM/VIH). En 2006, un
plan de passage à l’échelle du traitement antirétrovirale a été adopté et les modules de
formation sur la PCIM/VIH ont été adaptés à la politique de prise en charge nationale. Ce plan
de passage devrait permettre (i) de renforcer et soutenir les services de prise en charge
médicale, (ii) de renforcer l’approvisionnement et la gestion des réactifs, médicaments,
consommables médicaux, nutriments et équipements, (iii) de renforcer la participation
communautaire à la prise en charge médicale et (iv) de renforcer la coordination le contrôle de
qualité.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 165
exemple du Burkina Faso
Après l’introduction officielle de la thérapie antirétrovirale en 2003, les besoins en traitement
n’ont pas cessé de croître. En effet, la file active ARV est passée de 9 701 en 2004, à 13 616
en 2005 et à 30 113 en 2006, pourtant le nombre de patients sous traitement antirétroviral n’a
pas suivi la même évolution que les besoins. C’est ainsi qu’une vaste campagne de formation
a été organisée à partir de 2004 et a permis de disposer d’environ 4172 professionnels de
santé impliqués dans la prise en charge. Le tableau suivant donne la situation des agents de
santé formés par type de formation.

Tableau 31 : Situation des agents de santé formés par type de formation de 2004 à 2007
Type de formation 2004 2005 2006 2007
formation spécifique en matière de 394 médecins, pharmaciens, 40 pharmaciens
prescription techniciens de laboratoire, 75 médecins
infirmiers 50 paramédicaux (dont agents
CDT tuberculose)
formation au diplôme interuniversitaire 20 prestataires 10 prestataires 10 prestataires
formation en suivi biologique 105 techniciens de laboratoire

formation sur le counselling, dépistage et la 20 chirurgiens dentistes


prise en charge psychosociale des PVVIH
formation en législation sanitaire et droits des 18 médecins hospitaliers
Introduction des modules de formation en Existence de documents de étudiants formés
IST/VIH/SIDA à l’école nationale de santé référence
publique 20 enseignants permanents
formés
formation sur la PCIM/VIH 682 agents de santés 2728 agents de santé
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2004, 2005, 2006, 2007

De plus, d’autres formations non quantifiées ont été réalisées au profit (i) des préparateurs en
pharmacie sur la gestion et la dispensation des ARV, (ii) des agents de santé au cours Fournier
en France sur la prise en charge du VIH/SIDA et des IST, (iii) des agents des services de la
lutte contre la maladie sur l’organisation de la prise en charge médicale des PVVIH, (iv) d’un
pool de formateurs sur la prévention des infections, la prise en charge des IST et le CDV dans
toutes les régions sanitaires.

Toujours dans le sens des mesures prises par le Gouvernement et comme présenté au 5.3, des
initiatives de prises en charge ont été négociées et ont permis au pays de rendre disponibles de
façon permanente les ARV pour la prise en charge thérapeutique des patients. Ainsi, les
premiers stocks d’ARV ont acquis sur fonds propre de la CAMEG en 1999, puis ont suivi les
dotations des initiatives qui se présentent comme suit :

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 166
exemple du Burkina Faso
- mars 2002 : Approvisionnement du CTA sur financement de la Croix Rouge
Française ;
- octobre 2002: Introduction des ARV en génériques sur financement de l’entreprise
TAN ALIZ ;
- 2003: Protocole d’accord avec ESTHER, MSF et la Banque Mondiale à travers le
MAP ;
- 2004: Protocole d’accord avec le PNUD (Bénéficiaire principal du Fonds Mondial
de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour une durée de deux ans
prorogé en 2006 et avec la Banque africaine de développement à travers le projet
de renforcement des services de santé (PRSS) ;
- 2005 : Protocole d’accord avec la Banque mondiale à travers le TAP et la Banque
africaine de développement à travers le projet d’appui à la lutte contre le VIH/sida
(PALS) ;
- 2007: Renouvellement du protocole d’accord avec le SP/CNLS-IST (nouveau
bénéficiaire principal du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le
paludisme) ;
- 2007: Protocole d’accord avec la Fondation CLINTON (UNITAID) et le Royaume
de Belgique à travers le projet d’appui au Plan national multisectoriel de lutte
contre le VIH/sida et les IST.

Le tableau suivant présente l’évolution des acquisitions d’ARV par la CAMEG de 1999 à
2007.

Tableau 32 : Evolution des acquisitions d’ARV par la CAMEG de 1999 à 2007


Année Montant en F CFA
1999 160 525 000
2000 225 712 776
2001 397 813 894
2002 925 508 875
2003 794 846 654
2004 1 021 349 267
2005 2 465 485 627
2006 1 720 139 540
2007 2 108 247 561
Source : SP/CNLS-IST, Rapport général des travaux de la septième session du CNLS-IST, janvier 2008

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 167
exemple du Burkina Faso
6.2. Implication du monde associatif à l’offre de soins sida, quelle contribution ?

L’action de sensibilisation menée par la société civile a été utile pour ouvrir la voie au
traitement d’un plus grand nombre de personnes vivant avec le sida. Dès 1978 à la conférence
sur les soins de santé primaires de Alma Ata, la pleine participation de la communauté aux
activités multiformes menées en vue d’améliorer la santé est devenue l’un des piliers du
mouvement en faveur de la santé pour tous [OMS’2004]. La Charte d’Ottawa, signée en 1986
à l’occasion de la Première Conférence internationale pour la promotion de la santé, considère
que le renforcement de l’action communautaire constitue l’une des cinq priorités essentielles
en vue d’une action sanitaire fondée sur la prévention22. Pour atteindre l’objectif des « 3
millions d’ici 2005 », il va falloir établir des partenariats entre les gouvernements nationaux,
les organisations internationales, la société civile et les communautés et tirer parti des
ressources propres à chacun pour obtenir des résultats sur le terrain. Il est indispensable que
l’action soit conduite par les gouvernements car la société civile ne peut pas se substituer au
secteur public. Toutefois, certaines instances gouvernementales pourront constituer des
partenariats avec des groupes de la société civile et mettre en place des dispositifs permettant
d’utiliser les compétences existant au sein des diverses communautés.

Au Burkina Faso, le dispositif associatif de la réponse au sida soutenu par les pouvoirs publics
et les partenaires au développement est particulièrement dense, diversifié et constitue depuis
le début de l’épidémie un des leviers essentiel de la politique de lutte contre la maladie.
L’implication du monde communautaire dans la prise en charge des personnes affectées et
infectées par le VIH, c’est-à-dire la population générale dans toutes ses déclinaisons, a
contribué à impulser une réelle dynamique dans l’offre de service et dans la décentralisation
des prestations. A travers le dépistage proposé à l’ensemble de la population, et les services
divers qu’elles offrent aux personnes vivant avec le VIH, les structures associatives
constituent un maillon important de l’offre de soins, et notamment pour la prise en charge
thérapeutique au Burkina Faso.

22
Charte d’Ottawa. Première Conférence internationale pour la Promotion de la Santé : Vers une nouvelle santé
publique, Ottawa, Canada, 17–21 novembre 1986. Genève, Organisation mondiale de la Santé, 1986
(WHO/HPR/HEP/95.1; http://whqlibdoc.who.int/hq/1995/ WHO_HPR_HEP_95.1.pdf, consulté le 12 mars 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 168
exemple du Burkina Faso
Longtemps impliquées et confinées dans la prévention de l’infection à travers les actions de
sensibilisation, les communautés ont véritablement intégré l’offre de soins de sida à partir de
2003, avec les premières initiatives de prise en charge ARV au Burkina Faso.

6.2.1. Les centres communautaires de dépistage

A la fin du 3ème trimestre 2007, le nombre des centres de dépistage sur le territoire national
était de 121 repartis dans 40 districts sanitaires, soit un taux de couverture de 73%. Quatre-
vingt huit (88) centres sont intégrés dans les formations sanitaires contre 33 centres de
dépistage, gérés par des structures communautaires [SP/CNLS-IST’2007]. Au nombre des
centres des structures associatives, on compte les centres autonomes, fixes et les équipes
mobiles, appelées « dépistage en stratégie avancée ».
La répartition détaillée des centres autonomes suivant les 45 provinces du Burkina Faso donne
une disparité d’implantation et un faible niveau, voire une absence totale de couverture de
certaines provinces. Ainsi, seul un tiers (15 provinces) dispose de centres de dépistage
communautaires, le Kadiogo disposant de 50% des centres, suivi du Houet (9%), du
Boulkiemdé (6%). Les douze autres provinces disposent chacune d’un centre de dépistage.

Les centres communautaires de dépistage ont véritablement été répertoriés à partir de 2004 (16
centres). Au cours de l’année 2005, le nombre est passé du simple au double (31 centres) avant
de se stabiliser au cours des deux dernières années. Cette augmentation des centres autonomes
caractérise bien la place de choix qu’occupent les activités de dépistage au niveau du monde
associatif. Les principales actions menées sont (i) le dépistage de routine, (ii) les campagnes
nationales de dépistage, et (iii) le dépistage mobile, en stratégie avancée.

Graphique 13 : évolution des centres de dépistage communautaire de 2004 à 2007

33
33
31

16

5 6

2004 2005 2006 2007

Centres autonomes Centres mobiles

Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2004, 2005, 2006, 2007

NB/ A partir de 2005, il existe plus de données sur les stratégies mobiles

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 169
exemple du Burkina Faso
Carte 17 : Localisation des centres de conseil dépistage volontaire autonome

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 170
exemple du Burkina Faso
A l’échelle des 13 régions du Burkina Faso, les disparités d’implantation révèlent un faible
niveau de couverture avec des régions où aucun site communautaire n’est mis en place :
Centre Nord (Sanmatenga), du Sud Ouest (Poni). Par contre, les régions de la Boucle du
Mouhoun (Mouhoun), des Cascades (Comoé), du Centre Est (Boulgou), du Centre Sud
(Zoundwéogo), de l’Est (Gourma), Plateau Central (Oubritenga) et du Sahel (Séno) disposent
d’un centre par région.

Tout comme les structures associatives concentrées dans les zones urbaines, les centres de
dépistage autonomes se déclinent dans la même logique. Ainsi, la province du Kadiogo
compte à elle seule 44 centres de dépistage dont 27 centres intégrés et 17 centres autonomes
soit 39% du total des structures. Un seul centre est situé hors des limites communales de
Ouagadougou : c’est le centre ALAVI, situé dans le département de Tanghin Dassouri. Les
autres structures autonomes se répartissent indifféremment dans les cinq arrondissements de
la capitale, la forte concentration se retrouvant dans l’arrondissement de Boulmiougou.

En dehors de la ville de Ouagadougou où deux unités mobiles sont utilisées dans les bars et
sites de prostitution, les autres unités mobiles se déploient dans les localités qui ne disposent
pas de centre de dépistage.

6.2.2. La prise en charge communautaire (PECC)

La prise en charge communautaire de l’infection à VIH a véritablement connu un


élargissement et une intensification en 2004 avec l’appui apporté par le programme d’appui
au monde associatif et communautaire (PAMAC) et ses partenaires sous l’égide du SP/CNLS-
IST. Elle fait suite au concept de « dépistage volontaire », pour accompagner les personnes
dépistées positives au VIH.

Le concept de prise en charge communautaire du sida est l'ensemble des services


(psychologique, social, spirituel, nutritionnel, matériel, médical, économique et juridique)
offerts aux personnes vivant avec le VIH dans la famille ou dans la communauté par une
organisation à base communautaire [PAMAC’2005]. Au Burkina Faso, la prise en charge
trouve son fondement de l’élaboration du «Guide pour la prise en charge des personnes vivant
avec le VIH au niveau communautaire» par la GTZ (août 1997) et son actualisation

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 171
exemple du Burkina Faso
intervenue en septembre 2000. La PECC repose sur des normes élaborées en juin 2000, et
intitulées «Normes et protocoles de prise en charge des personnes vivant avec le VIH ».

La prise en charge nécessite donc une continuité entre le système de santé et la communauté
(familles, associations, secteurs traditionnel et confessionnel); une prise en compte des
dimensions socioéconomiques et une meilleure implication des PVVIH dans la prise en
charge.

Le tissu associatif de la PECC de l’infection à VIH est composé d’associations et de réseaux


d’associations. Pour l’année 2004, le PAMAC a appuyé et suivi 48 structures réparties
essentiellement dans le Kadiogo (17 structures) et le Houet (8). Les 23 autres structures se
répartissent dans 15 autres provinces. Pour l’année 2005, ce sont 84 associations dont 5
réseaux d’associations qui sont impliquées dans la PECC. Ces structures sont réparties dans
l’ensemble des 13 régions du pays, mais seulement 27 provinces abritent au moins une
association de PECC. Il faut noter que 55% des associations sont concentrées dans 3 régions
(Centre, Hauts bassins et Centre Nord). Ces régions détiennent les nombres les plus élevés de
personnes vivant avec le VIH, ainsi que les plus forts taux de prévalence.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 172
exemple du Burkina Faso
Carte 18 : Evolution des structures de PECC de 2004 à 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 173
exemple du Burkina Faso
A partir de 2006, le nombre croissant des personnes sous ARV a nécessité une plus grande
implication du communautaire pour la PECC. C’est ainsi qu’avec l’appui de ses partenaires,
le PAMAC a permis la réalisation d’activités par 108 structures associatives en 2006 ; leur
nombre est passé à 120 en 2007.

Tableau 33 : Répartition des bénéficiaires de la PECC en fonction du sexe et de l’âge en 2007


Personnes sous ARV
Bénéficiaires de la PECC
Tranches d’âges Total Total
Hommes Femmes Hommes Femmes
Adultes de 25 ans et plus 7 971 16 417 24 388 2 417 5 945 8 362
Jeunes de 15 à 24 ans 1 116 1 586 2 702 401 425 826
Enfants de 0 à 14 ans 878 828 1 706 253 356 609
Total 9 965 18831 28 796 30 71 6 726 9 797
Source : PAMAC

6.2.3. Structures communautaires et thérapie antirétrovirale

L’arrivée des premières initiatives de prise en charge qui ont subventionné les TARV ont
permis à certaines structures associatives d’apporter un soutien aux structures étatiques
d’offre de soins du sida. Impliquées en 2004 dans le continuum de soins, à travers le projet
«Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme », plus d’une
soixantaine de structures associatives bénéficieront à partir de 2005 d’une convention de
collaboration avec le Ministère chargé de la santé. Elles sont au total 69 associations et parmi
elles, six recevront une accréditation pour la prise en charge médicale des PVVIH : trois
structures de la province du Kadiogo, dans la région du Centre (AAS, ALAVI et Bergerie),
deux structures du Houet, à l’Ouest (REV+, Espoir et vie) et une structure communautaire du
Yatenga au Nord (AMMIE) [SPS/CNLS-IST’2004].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 174
exemple du Burkina Faso
Carte 19 : Aire d’action des structures de prise en charge thérapeutique en 2007

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 175
exemple du Burkina Faso
Des six structures en 2005, le nombre d’associations impliquées dans la prise en charge
médicale a augmenté, avec une file active sans cesse croissante atteignant cinq mille (5000)
personnes, adultes et enfants y compris. Le tableau ci-après présente l’évolution des structures
associatives impliquées dans la prise en charge de la thérapie antirétrovirale.

Tableau 34 : Evolution des structures associatives impliquées dans la prise en charge de la thérapie
antirétrovirale de 2003 à 2007

REGIONS
Structures/Sites de PEC 2003 2004 2005 2006 2007
SANITAIRES
CM Oasis
CM ALAVI
Centre
CM Bergerie
CM Vie positive
Clinique yerelon
Hauts Bassins CM REVS+
CM espoir et Vie
Nord CM AMMIE
Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2003, 2004, 2005, 2006, 2007

L’offre de soins liés à l’infection à VIH au Burkina Faso s’est traduite par une implication
concrète des structures associatives communautaires dans la prévention et la prise en charge
thérapeutique.
Des actions de prévention, il ressort que la couverture territoriale en centre de dépistage s’est
améliorée, permettant aux populations d’accéder aux dépistages de routine pour connaître leur
statut sérologique.
Par rapport à la prise en charge thérapeutique, il s’est agit de renforcer les capacités des agents
communautaires de soins, pour appuyer le personnel des structures publiques. Cela a été
nécessaire pour étendre la couverture géographique de l’accès aux thérapies et permettre ainsi
à un plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH d’avoir accès aux soins et
traitements pour améliorer leurs conditions de vie et augmenter l’espérance de vie.
La construction d’infrastructures comme les hôpitaux de jour, qui s’intègrent dans le paysage
sanitaire, facilite et permet une meilleure accessibilité des soins aux personnes qui en ont
besoin.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités,


exemple du Burkina Faso
CONCLUSION PARTIELLE

L’offre nationale de soins a été gravement éprouvée par l’infection à VIH au Burkina Faso, à
l’instar des autres pas en voie de développement avec des ressources limitées. En effet, mes
systèmes de soins souvent inadaptés ou inaccessibles pour diverses raisons, ont été mis en mal
par la prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH. Des exigences en
termes d’équipements, d’infrastructures, de disponibilité en médicaments et de personnel
médical et soignant qualifié, ont dans un premier temps limité l’accessibilité et la disponibilité
des soins et traitements liés à l’infection à VIH. Il a fallu la mise en œuvre de nombreuses
initiatives en faveur de l’accès aux traitements du sida pour toutes les PvVIH pour élargir
l’accessibilité à un grand nombre de personnes vivant avec le VIH, aux conditions
économiques souvent mauvaises.
Cette disponibilité des soins liés à l’infection à VIH a été accompagnée par des effets positifs
sur l’offre nationale de soins. En termes d’acquis sur le plan institutionnel (infrastructure,
formation de personnel, meilleur équipement du plateau technique des laboratoire…) ou de
renforcements de la couverture géographique de l’offre, la prise en charge thérapeutique a
véritablement connu in essor à partir de 2004, suite à l’initiative « Thre by five » puis grâce à
la contribution du Fonds mondial de lutte contre le paludisme, le sida et la tuberculose.
Ces initiatives ont permis de réduire le coût de la thérapie et de permettre des prestations au
niveau des structures de base de l’offre de soins. A l’échelle de la province considérée comme
collectivité locale de base, les différents CM et CMA ont été progressivement et entièrement
impliqués.
Aussi, à l’intérieur d’une province, ou au niveau national, les nouvelles territorialités induites
par les mobilités des personnes vivant avec le VIH seraient à rechercher ailleurs que dans la
quête d’une prise en charge thérapeutique suivant la distribution spatiale de l’offre de soins.
Des notions telles que « rejet par la famille du défunt époux », « déménagement », « regard
des autres », « divorce » qui appellent des aspects de stigmatisation et de discrimination sont à
considérer.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 177
exemple du Burkina Faso
TROISIÈME PARTIE

PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DU SIDA :


TROISIEME PARTIE : PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DU
TERRITORIALISATION ETET
SIDA : TERRITORIALISATION TERRITORIALITES
TERRITORIALITES

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 178
exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 7 : LES SITES D’ENQUETES ET DONNEES DE TERRAIN

Dans le cadre de notre recherche, le Burkina Faso est la zone d’étude sur laquelle nous avons
choisi d’appliquer les différentes hypothèses présentées dans la partie introductive de notre
travail. Mais nous avons circonscrit les enquêtes relatives aux personnes vivant avec le VIH
sous thérapie antirétrovirale et territorialités sur quatre sites. Ce sont les provinces suivantes :
- La province du Boulgou dans la région sanitaire du Centre-Sud,
- La province du Kadiogo dans la région sanitaire du Centre,
- La province du Poni dans la région sanitaire du Sud-Ouest.
- La province du Yatenga dans la région sanitaire du Nord,

La carte ci-après localise les sites d’enquêtes.

Carte 20 : Localisation des sites d’enquêtes

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 179
exemple du Burkina Faso
7.1. Méthodologie

Les structures associatives et communautaires, habilitées à la prise en charge communautaire


ainsi que celles accréditées par le ministère de la santé pour la prise en charge médicale, ont
été le cadre de rencontre des personnes soumises aux questionnaires. La raison d’un tel choix
est double :
- les structures de soins du public ou du privé sont surtout focalisées sur la dispensation des
traitements. L’aspect du suivi communautaire, qui inclut l’observance au traitement et le
suivi psychologique, relève du monde associatif et communautaire. L’adhésion des
personnes sous thérapie antiretrovirale pour l’administration du questionnaire a été
négociée lors de séances de suivi appelées « clubs d’observance au traitement ». Et c’est à
travers ces séances que la majorité des questionnaires a été administrée soit avant la
séance ou sur invitation de l’équipe de conseillers, quand la personne répondait aux
critères de choix.
- mon appartenance au monde communautaire qui avec ses réseaux d’entraide, facilite le
contact et les entretiens avec les personnes vivant avec le VIH. Ceci a permis la mise à
contribution des relations personnelles pour faciliter la réalisation de l’enquête et des
entretiens. Membre d’un réseau d’envergure nationale, et en stage au Secrétariat
permanent du Conseil national de lutte contre le VIH/sida et les IST (SP/CNLS-IST), j’ai
pu participer à de nombreuses missions de terrain qui m’ont permis de visiter les centres
de prise en charge et de rencontrer les personnes sous traitement antirétroviral.

7.1.1 Considération éthique

Etymologiquement le mot "éthique" est un synonyme d'origine grecque de "morale". Il a


cependant, de nos jours, une connotation moins péjorative que "morale" car plus théorique ou
philosophique. Pendant que la morale est un ensemble de règles ou de lois ayant un caractère
universel, irréductible voire éternel, l'éthique s'attache aux valeurs et se détermine de manière
relative dans le temps et dans l'espace, en fonction de la communauté humaine à laquelle elle
s'intéresse23.

23
http://www.toupie.org/Dictionnaire/Ethique.htm

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 180
exemple du Burkina Faso
L'apparition du VIH dans les années 1980 a engendré énormément de réflexions et de
politiques éthiques, au delà des réponses cliniques et scientifiques que l'épidémie nécessitait.
En l'absence de tout traitement efficace, l'éthique a commencé par se pencher sur la
responsabilité des professionnels de santé auxquels il était demandé de soigner les patients
quel que soit leur état ou l'origine de la maladie. Il s'agissait en fait de combattre les
préjudices liés à l'homosexualité et à la toxicomanie et de faire face aux craintes de
transmission du virus. Au cours des années 90 et suivantes, la controverse sur le devoir de
soins des médecins et des autres prestataires vis-à-vis des patients vivant avec le VIH s'est
atténuée car le risque de transmission s'était entre-temps avéré très faible ou tout au moins
maitrisable. Par contre, la polémique s'est déportée sur la question de la confidentialité du
statut du patient vis-à-vis du VIH.

Il convient également de tenir compte du «terrain». En effet, lorsque l'on s'intéresse, par
exemple, à des publics déjà fortement sollicités, des populations «surenquêtées», il se pose de
manière évidente les questions liées à la gestion de leur lassitude et les réticences motivées
par les multiples sollicitudes, parfois sans feed- back ou de promesses non tenues. Ici encore,
la réflexion sur les «terrains surinvestis» par de nombreux acteurs et chercheurs, notamment
en Afrique, engage les doctorants à étudier de près une méthodologie de recherche qui soit à
la fois rigoureuse et respectueuse de l’éthique.

Dans ce cas-ci de notre travail, pour mener à bien ces enquêtes de terrain, il a été considéré
prioritairement deux éléments que sont le consentement éclairé des personnes retenues et la
confidentialité des informations collectées. Selon E. Hirsch, en ce qui concerne le VIH et le
sida, l’accès à un protocole de recherche équivaut dans certains pays à la seule possibilité de
bénéficier d’un traitement [Hirsch’2003]. Aussi, bien que surexploitée, les personnes vivant
avec le VIH acceptent assez aisément de participer aux recherches, avec le secret espoir de
bénéficier d’une prise en charge médicale. La thématique de cette recherche de thèse ne
portant pas sur des essais cliniques, il a fallu vraiment cette solidarité entre structures
communautaires pour avoir une grande adhésion des sujets.

Dans les démarches, une première étape a porté sur les échanges avec les responsables des
structures retenues pour leur expliquer les objectifs de notre travail et demander leur adhésion
à l’enquête. Ensuite, nous avons organisé une rencontre regroupant la file active sous ARV en
présence des responsables des structures. Il s’est agi au cours de ces rencontres de leur

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 181
exemple du Burkina Faso
expliquer de façon très claire les objectifs et les résultats poursuivis, notamment la manière
dont leur participation pouvait permettre de décrire la territorialité des personnes sous ARV.

Le consentement acquis, il a fallu leur garantir la confidentialité des informations collectées,


surtout quand on sait que « la confidentialité est la chose la moins bien partagée en Afrique »
[Sakho’2007]. D’où le recours aux conseillers ou aux chargés de soins dans chaque structure
pour mener les questionnaires. Ces derniers de part leur connaissance et leur proximité avec
les sujets ont su créer le climat de confiance qui a permis de collecter les informations
recherchées.

7.1.2 Critères de sélection des sujets

Il existe au sein des structures faisant de la prise en charge par les ARV, au moins deux files
actives dans le cadre de l’offre de soins du sida : (i) la file active des personnes sous ARV et
(ii) la file active des personnes en attente de traitement. Dans le cadre de notre travail, l’intérêt
a porté sur les personnes vivant avec le VIH bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale.

7.1.3 L’échantillonnage spatial et démographique

D’une manière générale, l’échantillonnage porte sur deux caractéristiques : spatiale et


démographique.
- sur le plan spatial, des 45 provinces que compte le Burkina Faso, 6 provinces ont été
retenues suivant les caractéristiques de déconcentration de l’offre de soins. Ce choix
fait également suite à notre travail exploratoire en DEA. Ce sont les provinces
suivantes : Kadiogo, Houet, Poni, Yatenga, Boulgou, Gourma. Mais nous avons eu
l’adhésion de 4 d’entre elles, le Gourma et le Houet24 n’ayant pas collaboré pour la
réalisation des enquêtes auprès des personnes vivant avec le VIH.
- au niveau démographique, l’échantillonnage a porté sur la file active sous ARV en
2007 des structures retenues.

24
Malgré les rencontres et les échanges multipliés avec les structures de ces localités, et
également la mise à leur disposition des différentes fiches pour le questionnaire, nous n’avons
pas pu entrer en possession des fiches et ce, jusqu’à la finalisation de notre travail. Au regard
de la convivialité et de la collaboration avec ces structures, nous estimons que les raisons sont
liées à une grande sollicitation pour de nombreuses contributions.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 182
exemple du Burkina Faso
Le tableau ci-après présente la répartition de l’échantillon par site d’enquête.

Tableau 35. Caractéristiques spatiales et démographiques de l’échantillon

File active sous Echantillon à Echantillon


Sites d’enquête
ARV (en 2006) enquêter (≥10%) enquêté
Boulgou 397 40 61
Kadiogo (structures communautaires) 2900 290 295
Poni 187 19 10
Yatenga (AMMIE) 459 46 40
Total 3943 395 406
NIKIEMA, 2008

7.1.4. Les variables de l’enquête de terrain

Le questionnaire structuré et utilisé pour cette enquête comporte quatre parties :


- Section 1 : Identification et localisation de la personne enquêtée
- Section 2 : Etat sérologique de l'enquêté et traitement
- Section 3 : Aspects de mobilité de la personne vivant avec le VIH
- Section 4 : Sérologie de la famille

Les différentes variables étudiées sont les suivantes :


 Caractéristiques sociodémographiques : c’est l’expression souvent employée pour
décrire les traits d'une population ou d'un groupe. Ces caractéristiques prennent en
compte des données sur l'âge, le sexe, l'occupation et l'origine ethnique. Les
caractéristiques démographiques n'incluent pas le comportement individuel.
 Caractéristiques de l’infection : ce sont les données relatives au type de VIH, le lieu, la
date et les raisons du dépistage, la connaissance de la sérologie par les membres de la
famille, etc.
 Caractéristiques du traitement : Elles portent sur les données de traitement ARV, les
examens biologiques (CD4), les conditions d’accès au traitement, le choix du centre,
etc.
 Mobilités de la personne sous ARV : concernent les modalités de mobilité à travers les
moyens, la durée et les lieux de déplacement, ainsi que les motifs qui les sous-tendent.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 183
exemple du Burkina Faso
7.1.5. Outils et procédure de la collecte de données

La collecte des données s’est basée sur l’administration de questionnaire auprès des personnes
vivant avec le VIH sous ARV et la réalisation d’entretiens auprès de responsables de
structures. Elles se sont toutes menées de manière individuelle.

Les entretiens auprès des responsables de structures ont permis de collecter les données
générales sur l’épidémiologie du VIH, l’offre de soins, la riposte nationale au sida, … Les
questionnaires ont été administrés par des enquêteurs qui ont reçu une formation ad’ hoc à la
compréhension des questions. Ces enquêteurs, conformément aux aspects d’éthique liés au
VIH ont été proposés par les responsables des structures parmi leurs conseillers ou le
personnel de soins infirmiers.

7.1.6 Le traitement et l’analyse des données

La saisie des données a été faite avec Epidata par la méthode de simple saisie : un masque de
saisie suivant le schéma de pré-codification des questionnaires a été élaboré avec le logiciel.
Les différents items du questionnaire ont été pris en compte au niveau du masque. Après le
pré-test de l’outil, les ajustements nécessaires ont été apportés au masque de saisie. Les
balises pour l’entrée systématique et obligatoire au niveau de tous les champs ont été retenues
afin d’éviter la perte d’information. Les valeurs minimales, maximales et légales ont été
définies pour minimiser les erreurs au moment de la saisie.

Une équipe d’agents expérimentés a été affectée à cette tâche de saisie de données. Les
données saisies ont ensuite fait l’objet de vérification et d’épuration par le biais des
tabulations partielles en vue de corriger les incorrections et les incohérences en se référant au
contenu exact des questionnaires. Ainsi, sur cette base, un contrôle de qualité sur un
échantillon des fiches saisies a été effectué. L’apurement des données a été fait. A l’issue,
certains questionnaires ont été éliminés et les données présentées ici proviennent d’une base
de 402 fiches. Les données ont été ensuite transférées sous SPSS 11.5 pour analyse. Ces
données ont été complétées et enrichies par les données de bases des localités et des structures

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 184
exemple du Burkina Faso
d’enquêtes. C’est le cas par exemple pour le lieu d’habitation où les secteurs ont été pris en
compte plutôt que les noms de quartier.
7.2. Résultats globaux

Les résultats de l’enquête de terrain portent sur un échantillon final de 402 personnes vivant
avec le VIH dont 366 femmes (91%) et 36 hommes (9%), reparti dans les sites des provinces
du Boulgou, du Kadiogo, du Poni et du Yatenga. Les personnes enquêtées sont
essentiellement des Burkinabé à 95,5% et des nationalités des pays voisins (4 Maliens, 2
Nigériens, 6 Togolais et 6 Ghanéens).

L’âge moyen de l’échantillon est de 36,4 ans avec un écart type de 7,55 ans ; les âges
extrêmes sont de 16 ans (individu de sexe féminin) et de 60 ans (individu de sexe masculin).
L’âge moyen chez les femmes est de 36,2 ans avec un écart type de 7,67 ans. Chez les
hommes, l’âge moyen est de 38,97 ans avec un écart type de 5,7 ans.

Tout sexe confondu, 333 personnes de l’échantillon ont au moins un enfant, le plus grand
nombre d’enfants déclarés étant de 9 (déclarés par deux individus). Sur un effectif de 256
personnes ayant déclaré connaître le statut sérologique des enfants, seulement 35 d’entre eux
ont au moins un enfant vivant avec le VIH.

Il ressort que 34,57% enquêtés ont déclaré vivre en union (marié, concubinage) tandis que
65,43% vivent seul (divorcé, veuf, célibataire). Néanmoins, il convient de noter que les
enquêtés ayant déclaré vivre seuls, 84% ont déjà vécu en union (divorcé, veuf).

La répartition des enquêtés par catégorie socioprofessionnelle montre que 16% ont un salaire
rémunéré (employé, cadre), 14% travaillent pour leur compte (employeur, artisan, paysan,
travailleur indépendant) et 70% n’avaient d’activités rémunérées (étudiant, sans emploi).

En terme de niveau d’instruction, il ressort que 52% des enquêtés ont au moins participé à un
programme de formation formelle (primaire, secondaire, supérieur) et 48% d’entre eux n’ont
aucun niveau d’instruction.

Enfin, de l’analyse de l’échantillon, 74% des enquêtés vivent dans la province du Kadiogo.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 185
exemple du Burkina Faso
Tableau 36 : Synthèse des données socioéconomiques recueillies lors de l’enquête terrain

Variables Effectif total Pourcentage


Sexe
Hommes 36 8,96%
Femmes 366 91,04%
Nationalité
Burkinabé 384 95,52%
Autres (Ghanéenne, Malienne, Nigérienne, Togolaise) 18 4,48%
Age
Moyenne 36,47
Ecart-type 7,556
Minimum 16
Maximum 60
Statut matrimonial
Marié 78 19,40%
Concubinage 61 15,17%
Divorcé 51 12,69%
Veuf 170 42,29%
Célibataire 42 10,45%
Profession
Employé 44 10,95%
Employeur 1 0,25%
Cadre 21 5,22%
Artisan 13 3,23%
Paysan 7 1,74%
Travailleur indépendant 35 8,71%
Elève/Etudiant 8 1,99%
Sans emploi (ménagère, chômeur, etc.) 273 67,91%
Résidence
Boulgou 56 13,93%
Kadiogo 297 73,88%
Kourittenga 1 0,25%
Kourwéogo 3 0,75%
Loroum 1 0,25%
Passoré 1 0,25%
Poni 4 1,00%
Yatenga 39 9,70%
Niveau d'instruction
Primaire 138 34,33%
Secondaire 70 17,41%
Supérieur 2 0,50%
Aucun 192 47,76%

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 186
exemple du Burkina Faso
Des caractéristiques de l’infection, on retient que 238 individus (59,2%) sont porteurs du
VIH1 et 8,2% vivent avec le VIH 2. Les personnes qui ignorent de quelle souche de virus ils
sont porteurs dont 128, tandis que la forme combinée (VIH1+VIH2) est très rare (seulement 3
personnes). Trois motifs ont été évoqués pour le dépistage et la plupart des enquêtés ont
réalisé leur dépistage dans le cadre d’une suspicion clinique (63%) ; ce qui caractérise un
stade avancé de l’infection.

Si les premiers dépistages relevés pendant l’enquête ont commencé en 1996, à partir de
l’année 2004, on constate un réel engouement. En effet, 52% des enquêtés ont réalisé leur
dépistage de 1996 à 2004. Par rapport au lieu et au mode de contamination, 52% des enquêtés
ne savent pas où ils ont pu contracter le virus et 59% ignorent comment ils ont été infectés.

Majoritairement sans aucun emploi rémunéré, soit 70% de l’échantillon, la majorité des
personnes enquêtées bénéficient de la thérapie sida grâce aux diverses initiatives ayant
souscrit à la politique de l’accès universel pour le traitement. C’est ainsi que pour 83% de
l’échantillon, ils ne déboursent aucune somme pour leur thérapie.

Par rapport au traitement, 79% des enquêtés ont connu l’existence de la thérapie
antirétrovirale par leur médecin. Aussi, 52% des enquêtés ont été mis sous thérapie
antirétrovirale de 2000 à 2005, correspondant à la proportion des enquêtés dépistés de 1996 à
2004 ; ce qui confirme que la plupart des enquêtés ont réalisé leur dépistage par des
suspicions cliniques (63%).

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 187
exemple du Burkina Faso
Tableau 37 : Synthèse des données de l’infection et du traitement recueillies lors de l’enquête terrain

Variables Effectif total Pourcentage

Motif du dépistage
Dépistage volontaire 142 35,32%
Examens médicaux 252 62,69%
Emploi 8 1,99%
Années de dépistage
1996 2 0,25%
1997 1 0,25%
1998 1 0,25%
1999 7 1,74%
2000 13 3,23%
2001 32 7,96%
2002 43 10,70%
2003 31 7,71%
2004 82 20,40%
2005 72 17,91%
2006 99 24,63%
2007 19 4,73%
2008 1 0,25%
Type de VIH
VIH 1 238 59,20%
VIH 2 33 8,21%
VIH 1+2 3 0,75%
Ignore 128 31,84%

Lieu de contamination
Ouagadougou 77 19,15%
Hors Ouagadougou 63 15,67%
Côte d’Ivoire 19 4,73%
Autre pays 5 1,24%
Ignore 238 59,20%

Mode de contamination
Voie sexuelle 155 38,56%
Transfusion sanguine 9 2,24%
Objets souillés 7 1,74%
Ne sait pas 231 57,46%

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 188
exemple du Burkina Faso
Variables Effectif total Pourcentage

Connaissance du traitement
Médecin ou docteur 319 79,35%
Les conseillers 52 12,94%
La famille 13 3,23%
Autre personnes 16 3,98%
Médias 2 0,50%

Années de mise sous ARV


2000 11 2,74%
2001 10 2,49%
2002 20 4,98%
2003 32 7,96%
2004 59 14,68%
2005 79 19,65%
2006 115 28,61%
2007 72 17,91%

2008 4 1,00%

De données de terrain, il ressort que 44,3% des enquêtés ont changé de résidence depuis leur
infection et pendant leur traitement. Les motifs fréquemment évoqués sont soient liés à la
discrimination (Chassé, rejoindre ma famille, répudié, divorce, retrouvé mes enfants) à 74%
des cas de changement, soient liés à la recherche d’emploi à 14%. Le motif lié à la santé vient
en dernière position. En effet, seul 3% des enquêtés ont changé de résidence à la recherche de
soins ; ce qui est négligeable. De plus, l’enquête a révélé que les déplacements temporaires ou
occasionnels pour des raisons de santé sont également négligeable (6%).

En terme de déplacement du lieu de résidence au centre de soins, il ressort que 30,3% des
enquêtés le font à vélo, par 26,4% d’entre eux, le font à pieds et 22,4% à mobylette.

Pour ce qui est des éléments d’amélioration des conditions de vie des patients, les enquêtés, à
50% souhaitent un appui financier pour exercer des activités génératrices de revenus (AGR), à
35% militent pour une continuité dans la disponibilité des traitements et à 15% pour une
amélioration des conditions d’accueil dans les services de santé.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 189
exemple du Burkina Faso
Tableau 38 : Synthèse des données de mobilité recueillies lors de l’enquête

Varibles Effectif Pourcentage


Motifs changements de résidence
Chassé, rejoindre ma famille, répudié, divorce, retrouver mes enfants 131 73,6%
Décès conjoint 17 9,6%
Raison de santé 5 2,8%
Recherche de travail 25 14,0%
Motifs des déplacements temporaire/occasionnel
Funérailles 14 8,9%
Soins 9 5,7%
Travail 10 6,4%
Visite/ Vacances 107 68,2%
Raisons Familiales 10 6,4%
Autres 7 4,5%
Type d'amélioration des conditions de vie souhaité
Disponibilité des médicaments 142 35,3%
Appui financier pour AGR 199 49,5%
Meilleur traitement dans les formations sanitaires 61 15,2%
Moyen de déplacement
Pieds 106 26,4%
Vélo 122 30,3%
Mobylette 90 22,4%
Taxis/Voiture/Bus 71 17,7%
Se fait déposer 13 3,2%

Si les médicaments et les structures de prise en charge thérapeutique existent dans la plupart
des provinces (cartes n° 10, 11 et 12), il ressort de l’analyse des flux de la carte n°21 relative
aux mobilités générales de l’échantillon enquêté, que certaines personnes vivant avec le VIH
se déplacent ou se déplaçaient à la recherche de soins. Cela pourrait être dû à la prise en
charge globale fournie par les structures communautaires. Cette idée est confortée par le
nombre élevé d’enquêtés (50%) qui souhaitent un appui financier pour réaliser des AGR.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 190
exemple du Burkina Faso
Carte 21 : Mobilités générales de l’échantillon enquêté

Carte 21 a : Mobilités partant des sites d’enquêtes (sauf le Kadiogo) vers Ouagadougou et les autres localités du Burkina Faso

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 191
exemple du Burkina Faso
Carte 21 b : Mobilités sortant du Kadiogo vers d’autres localités et pays

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 192
exemple du Burkina Faso
Bien que chaque province ait ses spécificités, les formes d’accès à la file active sous thérapie
antirétrovirale sont presque identiques pour toutes les provinces enquêtées et ne différent donc
guère l’une de l’autre. Cependant, pour une meilleure visualisation du paquet d’activités au
sein de chaque province, nous avons choisi de proposer une petite monographie de chacune
d’entre elle, tout en restituant les données d’enquêtes de terrain y relatives.

7.3. La province du Boulgou

7.3.1. Présentation synthétique de la province du Boulgou

D’une superficie de 6 852 km², la province du Boulgou est située au Centre-est du Burkina
Faso, dans la région administrative du même nom. Le chef-lieu de la province est Tenkodogo.
Le Boulgou est limité au Nord par les provinces du Kourittenga et du Ganzourgou ; au Sud
par les républiques du Ghana et du Togo ; à l’Est par les provinces du Gourma et du
Koulpélogo ; et à l’Ouest par les provinces du Zoundwéogo et du Nahouri. Situé à la frontière
du Togo et du Ghana, et traversé par une route nationale bitumée, le Boulgou connait un
important trafic routier et sert d’ouverture sur la côte pour le Burkina. La province compte 3
communes urbaines et 10 communes rurales et plus de 250 villages.

Selon les statistiques de l’INSD, la population du Boulgou est estimée à 542 286 habitants
dont 252 418 hommes et 289 868 femmes au recensement de 2006. En attendant les résultats
définitifs du RGPH 2006, on retient que selon le recensement général de la population de
1996, la densité moyenne était de 61 habitants/km2. L’ethnie ou langue majoritaire est le bissa
qui représente 66,62%, suivi du mooré (21,18%), du fulfuldé (8,2% et du koussassé 2,88%.
(RGPH 1996). Les autres langues ou ethnies sont très minoritaires.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 193
exemple du Burkina Faso
Carte 22 : Province du Boulgou, le découpage administratif

Sur le plan sanitaire, la province compte deux districts sanitaires, Tenkodogo et Zabré. Les
infrastructures sanitaires sont les suivantes par district sanitaire [DEP/MS’2008] :
- Tenkodogo : 1 centre hospitalier régional (CHR), 2 CM (Garango et Bittou) 41 CSPS,
une formation sanitaire (FS) militaire, une FS privée et une FS parapublique, 3
officines et 29 dépôts privés. Le rayon moyen d’action théorique est de 6,22 km.
- Zabré : 1 Centre Médical avec Antenne chirurgicale (CMA), 15 CSPS dont le rayon
moyen d’action théorique (RMAT) est de 6,01 km. Il existe également 4 dépôts privés
pour les médicaments

La prévalence du VIH pour l’ensemble de la région du Centre-Est était de 1,4 en 2005 et 2,2
en 2006. Elle est fournie à partir de la surveillance du site sentinelle de Tenkodogo. On ne

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 194
exemple du Burkina Faso
dispose pas des données exactes sur la prescription des ARV au niveau de la province du
Boulgou ; néanmoins la thérapie antirétrovirale est effective au CHR de Tenkodogo depuis
2004 avec la mise à disposition de 50 traitements, à l’initiative du programme MAP.

En appui à l’offre de soins public de province, il existe des structures communautaires


dispensatrices de soins et de la prise en charge communautaire. Parmi lesquelles, on peut citer
l’Association Agir Tous Ensemble (AATE) et Association Solidarité Action Faire Face
(ASAFF).

AATE : l’Association Agir Tous Ensemble (AATE) a été créée le 13 avril 2002 à l’issue
d’une assemblée de toutes les associations oeuvrant dans la lutte contre le VIH. Son aire
d’action couvre les communes de Tenkodogo et de Garango. Elle a démarré ses activités par
la prévention du VIH à travers les activités de sensibilisation (projection de film, théâtre suivi
de débats), de conseil dépistage, en stratégie fixe et en stratégie avancée. Mais les années
passant, l’association a élargi ses activités à la prise en charge communautaire des personnes
vivant avec le VIH à travers les clubs d’observance, les groupes de paroles, des repas
communautaires… De 2002 à 2007, AATE comptabilise une file active de 255 personnes
vivant avec la VIH.

Photo 4. Séance de projection de film dans un village

Une séance de sensibilisation à travers une projection de film dans un village

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 195
exemple du Burkina Faso
ASAFF : l’Association Solidarité Action Faire Face (ASAFF) est une association de
personnes vivant avec le VIH, incluant les personnes porteuses du virus et celles affectées par
l’infection à VIH. Elle a été reconnue officiellement en 2003 et elle intervient essentiellement
dans la prise en charge communautaire et la prévention. Son credo : devenir une référence
dans le soutien et l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH dans la région du
Centre Est, un idéal pour l’amélioration de leur condition de vie. Un des objectifs majeurs de
cette association est de lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont sont victimes
les personnes vivant avec le VIH mais aussi les Orphelins et enfants vulnérables.
En terme d’appui, ASAFF couvre toute la région du Centre Est et au-delà et la structure de ses
membres se présente comme suit.

Graphique 14. Répartition des membres de ASAFF par âge et par sexe

340

194

118

63

21

Jeunes (13-25 ans) Femmes (> 25 ans) Hommes (>25 ans) Veuves Veufs

7.3.2. Résultats de l’enquête dans la province du Boulgou

7.3.2.1. Profil sociodémographique

L’enquête de terrain réalisée dans la province du Boulgou était constituée d’un échantillon de
57 personnes vivant avec le VIH parmi lesquelles, 95% de femmes. Sur le plan ethnique, les
deux principales ethnies présentes dans la localité se détachent bien : 49% de bissa et 40% de
mossi. Ces données viennent confirmer la nationalité des personnes enquêtées, avec 96% de

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 196
exemple du Burkina Faso
Burkinabé. Seules 2 personnes sont originaires de pays limitrophes, mais elles résident depuis
de longue date dans le Boulgou.

Les lieux de résidence concernent essentiellement la commune de Tenkodogo (88%), celle de


Garango (7%). Deux enquêtées viennent l’une de la commune de Bittou et l’autre de Bagré,
tandis qu’une troisième personne réside dans la province voisine, le Kourittenga (voir tableau
ci-après).

Tableau 39. Localité de résidence de l’échantillon de la province du Boulgou


Boulgou Kourittenga
Localités Bagré Bittou Tenkodogo Garango Koupèla
Echantillon 1 1 50 4 1
Pourcentage 1,7544% 1,7544% 87,7193% 7,0175% 1,7544%

Par rapport à la situation matrimoniale, les enquêtées, essentiellement des femmes, sont
veuves (60%). Les personnes mariées représentent 23% de l’échantillon, suivi par les
célibataires (11%). Seulement 3 personnes vivant avec le VIH et bénéficiant de prise en
charge thérapeutique, sont divorcées et une seule personne vit en concubinage.

De l’instruction de l’échantillon, on relève que plus de 77% (soit 44 personnes) n’ont aucun
niveau scolaire. Le niveau le plus élevé s’arrête au secondaire (4 personnes), tandis que 9
personnes vivant avec le VIH ont déclaré avoir fréquenté jusqu’au primaire.

Le caractère dominant de la gent féminine dans l’échantillon (représentées à plus de 90%)


pourrait conforter la typologie dans les occupations professionnelles. La grande majorité de
l’échantillon est répertoriée sous la rubrique « sans emploi », à hauteur de 95%. Ce sont donc
les tâches domestiques qui sont la principale activité des femmes du site d’enquêtes. Trois
personnes sont logées au registre « Agriculteurs ».

7.3.2.2. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique

Parmi les personnes enquêtées, 70% d’entre elles sont porteuses du VIH 1, la souche la plus
répandue au Burkina Faso et 5% porteuses du VIH 2 ; tandis que 25% ignore le type de VIH
avec lequel elles vivent. Le recours au dépistage, porte d’entrée pour la prise en charge
thérapeutique est réalisé dans 63% des cas pour des raisons médicales (dépistage

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 197
exemple du Burkina Faso
proposé/suggéré au cours d’une consultation médicale). Le dépistage volontaire est effectué
par 37% de l’échantillon, soit pour des raisons de curiosité, soit au cours de campagne de
dépistage. La suspicion d’être porteur du VIH est aussi une des raisons qui motive le
dépistage volontaire, au regard de comportements à risques. Pour ce qui est des modes de
contamination, il apparaît que 72% des enquêtés aient été infectés par voie sexuelle, 2% par
voie sanguine, 4% par objet souillé tandis que 23% ne connaissent pas l’origine de leur
contamination.

La forte proportion de dépistage recommandé au cours de soins médicaux influe sur la


proportion de l’échantillon informée du traitement du sida par le personnel de soins (médecin
ou infirmier). Ainsi, 61% des personnes enquêtées ont été renseigné sur l’existence du
traitement par l’équipe médicale, les conseillers du dépistage en ont parlé à 32% au cours du
post test (counselling pour la remise des résultats) et 2% par les médias.

Pour la thérapie antirétrovirale qui a débuté dans le Boulgou en 2003, grâce aux initiatives,
l’analyse des données montre que 18% des enquêtés ont mis sous thérapie antirétrovirale
entre 2002 et 2004. En 2005, la prise en charge thérapeutique a concerné 44% de l’échantillon
cumulé, 79% en 2006 et 98% en 2007. Une personne a rejoint la file active de traitement sida
en 2008.

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida (JMS) 2007, le coût de la prise en
charge thérapeutique a été fixé à 1500 FCFA (un peu moins de 2 euros et 50 centimes). De
plus, les initiatives pour l’accès aux soins sida contribuent à fournir les soins. La résultante est
que pour 74% des personnes enquêtées dans la province, la prise en charge thérapeutique est
gratuite ; tandis qu’une minorité de l’échantillon (21%), contribue pour leurs soins à hauteur
de 1500 FCFA. Deux personnes ont déclaré débourser 8000 FCFA pour leur thérapie : cette
somme concerne surtout le coût des examens biologiques, telle que la numération des CD4.

7.3.2.3. Facteurs de mobilités de l’échantillon

Le déplacement du lieu de résidence au centre de soins est effectué à pieds par 54% de
l’échantillon d’enquête de la province, surtout les personnes vivant avec le VIH résidant dans
la commune de Tenkodogo qui sont majoritaires dans l’échantillon. Les personnes vivant
avec le VIH venant de communes éloignées autres que Tenkodogo, utilisent les transports en

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 198
exemple du Burkina Faso
commun (12%). La bicyclette est utilisée par 28% et la motocyclette par une minorité de 5%.

Le temps mis pour accéder aux structures de prise en charge thérapeutique est compris entre
10 et 120 minutes. En effet, il ressort que 37% des enquêtés cumulés mettent 20 minutes pour
arriver au centre de prise en charge. 92% des enquêtés mettent entre 10 et 60 minutes pour
arriver au centre de prise en charge. Seuls 3 personnes des enquêtés ont besoin de 95 à 120
minutes pour avoir accès au centre de prise en charge thérapeutique.

Tableau 40. Distribution des enquêtés de la province du Boulgou selon le moyen de déplacement
Moyens de déplacement Pieds Vélo Motocyclette Car/Bus Total
Echantillon 31 16 3 7 57
Pourcentage 54,39% 28,07% 5,26% 12,28% 100%
Source : données d’enquête, 2008 NIKIEMA

Des mobilités générales de l’échantillon, il ressort que l’infection à VIH n’a pas influé sur les
mobilités de l’échantillon. Les principales destinations sont Ouagadougou, Fada, Koupèla, le
Ghana (frontière commune), la Côte d’Ivoire. (Voir carte 20a)

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 199
exemple du Burkina Faso
7.4. La province du Kadiogo

7.4.1. Présentation synthétique du Kadiogo

Le Kadiogo est situé au coeur du Burkina Faso. Il est limité au Nord par les provinces du
Kourwéogo et d'Oubritenga, au Sud par la province du Bazéga, à l'Ouest par les provinces du
Boulkiemdé et du Kourwéogo, et à l'Est par les provinces d'Oubritenga et du Ganzourgou.

La province couvre une superficie de 2 826,28 km² pour une population estimée à 1 523 980
habitants selon le rapport préliminaire du RGPH 2006. Située sur la plaine centrale, au cœur
de ce qui a toujours été considéré comme le plateau Mossi, elle a l'avantage d'abriter la
capitale politique Ouagadougou qui demeure également le siège de la puissante chefferie
traditionnelle ayant donné le glorieux royaume Mossi de Ouagadougou. La superficie de la
province épouse les mêmes limites territoriales que la région du Centre ; on y dénombre 152
villages et 7 communes dont la capitale Ouagadougou qui est divisée en cinq arrondissements.

Carte 23. Découpage administratif de la province du Kadiogo

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 200
exemple du Burkina Faso
Le Kadiogo est essentiellement une province d'immigration. En effet, en 1996 la province a
enregistré un solde migratoire positif de 793 personnes par rapport à l'étranger. Par rapport
aux autres provinces (migration interne), le Kadiogo a connu un solde migratoire positif de
200 732 personnes. Par rapport à la migration durée de vie (au moins un déplacement depuis
la naissance), les hommes sont plus nombreux surtout en milieu urbain. Le rapport de
masculinité (nombre d'hommes sur nombre de femmes) y est de 115% ; c'est-à-dire pour 100
migrantes on a 115 migrants. Par contre, en milieu rural, ce sont les femmes qui migrent le
plus : 55 hommes pour 100 femmes (RGPH, 1996).

Sur le plan sanitaire, la province est divisée en quatre districts sanitaires : Kossodo, Paul VI,
Pissy et Secteur 30. Les infrastructures sanitaires de la province connaissent des évolutions

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 201
exemple du Burkina Faso
significatives, aussi bien dans la qualité que dans la quantité. Ainsi pour 2007, la typologie
des infrastructures est la suivante [DEP/MS’2008]:
- 2 hôpitaux universitaires dont un consacré uniquement à la prise en charge
pédiatrique, le centre hospitalier universitaire Charles de Gaulle (CHUP-CDG) ;
- 16 CM/CMA (avec un ratio de 97 503 habitants /CM/CMA)
- 70 CSPS dont 68 remplissent les normes en personnel (1 infirmier, 1 accoucheuse
auxiliaire ou 1 matrone et 1 agent itinérant de santé ou 1 manœuvre)
- le Rayon moyen d’action théorique (RMAT) pour la province est de 2,40 km et il
varie du simple ou double, voir même du triple, d’un district sanitaire à un autre. Ainsi
le RMAT est de 1,56 km (Kossodo), 3,30 km (Paul VI), 0,99 km (Pissy) et 3,68
(secteur 30).

La surveillance du VIH dans la province est faite à partir du site sentinelle de Ouagadougou
qui a été l’un des trois sites du Burkina Faso à commencer la surveillance sentinelle en 1998.
Depuis cette date, la prévalence a toujours été régulièrement supérieure à la moyenne
nationale. Pour 2005 et 2006, la prévalence a été respectivement de 5,4% et 5,9%.

La riposte à l’épidémie au VIH à travers la prise en charge médicale a pendant longtemps été
le domaine des structures publiques de soins. Elles étaient appuyées par les organisations à
base communautaire, qui traitaient essentiellement des aspects psychologique, social,
économique. Mais par la suite, avec l’appui des initiatives d’accès au traitement et le soutien
de divers partenaires locaux et internationaux, certaines structures associatives ont intégré la
prise en charge thérapeutique dans leur paquet d’activités. Parmi ces structures, nous nous
sommes intéressés à deux d’entre elles : l’Association african solidarity (AAS) et
l’association SOS-Sida/jeunesse mobilisée.

7.4.1.1. L’Association African Solidatity (AAS) et son centre de prise en charge,


Oasis

L’Association African Solidarity (AAS) a été créée en novembre 1991 à Ouagadougou.


Intervenant dans un premier temps dans la sensibilisation et la prévention, AAS a lancé le
projet « African Oasis », projet visant la prise en charge médicale et psychosociale des

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 202
exemple du Burkina Faso
personnes séropositives. Le nombre des bénéficiaires de l`association étant sans cesse en
croissance, l’association initie plusieurs autres projets qu’elle greffe au centre Oasis.

Le centre communautaire et sanitaire Oasis de l’Association african solidarity est


fonctionnel depuis 1998 à travers un projet expérimental pour la période 1998-2000. Situé
dans la ville de Ouagadougou, AAS à travers son centre Oasis, a été l’une des associations
pionnière dans le cadre de la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH. Les
premières prises en charge ont commencé par les traitements des infections opportunistes en
1998 pour se poursuivre par les traitements ARV en 2002. Aujourd’hui le centre Oasis est
fortement impliqué dans la PEC médicale des orphelins du sida. AAS est également actif
dans la province du Ganzourgou (située à 100 km à l’Est de la capitale), où elle réalise des
activités de sensibilisation, de dépistage de prise en charge des personnes vivant avec le VIH
(adultes) et des activités d’appui aux orphelins et autres enfants vulnérables. L’association a
également en projet d’intervenir dans les provinces du Séno, du Kourittenga, du Namentenga
et du Bazèga.

Photo 5. Séance de consultation

© AAS, 2007

Ces séances ont lieu avant la mise sous traitement et tout au long du traitement ; elles sont
confidentielles et se résument au médecin et à son patient

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 203
exemple du Burkina Faso
De l’entretien réalisé avec un responsable du centre Oasis, il ressort que la file active est
constituée de personnes vivant avec le VIH venant de diverses et multiples origines
géographiques (de tout le pays) pour bénéficier d’une prise en charge : Kaya, Koudougou,
Kombissiri, Pô, Bittou, etc. Aussi, on enregistre des personnes de toutes nationalités et des
rapatriés de la Côte d’Ivoire (qui viennent dans l’espoir de poursuivre un traitement débuté en
Côte d’Ivoire) et également des ressortissant des pays limitrophes résidants à Ouagadougou.

La prise en charge étant essentiellement subventionnée par des partenaires de l’association,


les critères d’insertion d’une personne infectée dans une file active ARV sont entre autres :
l’ordre d’arrivée dans le centre, l’état de santé, le résultat du dosage des CD4, la contribution
à la vie de l’association……

7.4.1.2. L’Association SOS-sida/Jeunesse Mobilisée et son centre Espoir

L’association SOS-sida/Jeunesse Mobilisée, est une initiative de jeunes (élèves, étudiants,


sans emplois etc.) résidant dans un même quartier (Kologh Naaba) de Ouagadougou, la
capitale du Burkina Faso. Cette initiative fait suite à des conséquences/affections (vécues
différemment en fonction des individus) liées à l’iinfection à VIH. Créée en 1991,
l’association obtient la reconnaissance officielle le 12 janvier 1992 sous l’arrêté ministériel
n°017-92-MAT/SG/DE/PAJ. Le siège de l’association est dans la province du Kadiogo mais
elle intervient aussi dans les provinces du Boulkiemdé, du Nahouri (région du centre ouest) et
du Soum (région de Sahel).

7.4.2. Résultats de l’enquête de la province du Kadiogo

7.4.2.1. Profil sociodémographique

Les résultats de l’enquête de terrain effectuée dans la province du Kadiogo ont porté sur un
échantillon de 300 personnes. La répartition par sexe indique que les femmes représentent
92% de l’échantillon contre 8% d’hommes.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 204
exemple du Burkina Faso
Tableau 41 : Répartition des enquêtés de la province du Kadiogo par sexe
Sexe
Structures Total
Masculin Féminin
Echantillon (Effectif) 25 275 300
Pourcentage 8% 92% 100%

Majoritairement constitué de Burkinabé (95%), la répartition ethnique de l’échantillon se


présente comme suit :

Tableau 42 : Répartition des enquêtés de la province du Kadiogo par ethnie


Ethnie
Echantillon
Bissa Dioula Gourounsi Lobi Mossi Peul Autres nationalités
Effectif
26 29 9 7 194 10 25
%
9% 10% 3% 2% 65% 3% 8%

Les données relatives au statut matrimonial indiquent une prédominance des veufs (39%).
Suivent dans l’ordre décroissant les personnes vivant en concubinage (20%), les mariés
(15%), les divorcés (14%) et les célibataires (12%).

Le niveau d’instruction de l’échantillon enquêté dans le Kadiogo vont du primaire au


supérieur, avec respectivement 40% pour le primaire et 21% pour le secondaire. Deux
enquêtés ont fréquenté jusqu’au supérieur. Néanmoins 39% de l’échantillon (117 personnes)
sont sans niveau d’instruction formelle.

La majorité des personnes enquêtées, 61% sont sans emploi rémunéré et ces données
concernent surtout les femmes, majoritaires dans l’échantillon. Les emplois rémunérés
concernent les cadres de la fonction publique, des travailleurs indépendants et des employés
du secteur privé. La représentativité de ce groupe est de 32%. L’échantillon est aussi constitué
de 8 élèves/étudiants, de 10 artisans, de 2 paysans et d’un employeur du secteur privé.

La répartition des enquêtés selon leur localité de résidence est la suivante :

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 205
exemple du Burkina Faso
Tableau 43 : Localités de résidence de l’échantillon d’enquête de la province du Kadiogo

Boussé (Kourwéogo) Ouagadougou Pabré Saaba Total


Effectif enquêté 3 288 7 2 300
Pourcentage 1,0% 96,0% 2,3% 0,7%

7.4.2.2. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique

La répartition de l’échantillon par type de VIH montre que 55% des enquêtés sont porteurs du
VIH 1, le type le plus répandu au Burkina Faso. Le VIH 2 est représenté à 9% et 2 personnes
ont la combinaison VIH 1 et 2 tandis que 35% des personnes enquêtés ignorent de quel VIH
ils sont porteurs.
Des motifs du dépistage, il ressort que 34% des enquêtés ont connu leur sérologie par un
dépistage volontaire. Et pour 64% des enquêtés, le recours au dépistage a été fait pour des
raisons médicales (dépistage proposé/suggéré au cours d’une consultation médicale en raison
de suspicion). De plus en plus d’employeurs exigent le dépistage au VIH comme complément
de dossier d’embauche : ce fut le cas pour 8 personnes de l’échantillon du Kadiogo.

Pour ce qui est des modes de contamination, 33% des enquêtés ont été infectés par voie
sexuelle, 8 personnes par la transfusion sanguine et 3 personnes par un objet souillé.
Toutefois, 64% des enquêtés ignorent comment ils ont pu contracter le virus.

La connaissance de la prise en charge thérapeutique liée à l’infection à VIH a été expliquée à


87% des personnes enquêtées par le personnel soignant (médecin ou infirmier). Pour les
autres personnes vivant avec le VIH de l’échantillon, elles ont eu connaissance du traitement
par l’intermédiaire des conseillers, qui pendant le counselling de post-test, en ont fait cas à
5% ; par des amis, des collègues ou des membres de la famille (8%). Une personne en a
entendu parler à travers les médias.

Depuis les premières mises sous traitement (1999-2000), les prix des soins ont bien varié,
évoluant vers une quasi gratuité grâce à l’appui de différentes et multiples initiatives. C’est
ainsi que 84% des enquêtés déclarent ne rien dépenser en coût pour se soigner et 15% d’entre
eux déclarent débourser moins de 1.500 FCFA pour leurs soins dans la province du Kadiogo.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 206
exemple du Burkina Faso
Tableau 44 : Fréquence des coûts des soins des enquêtés de la province du Kadiogo
Coût des soins (FCFA) 0 500 800 1000 1500 2500 5000
Effectif échantillon 251 42 1 1 1 3 1
Pourcentage 83,7% 14,0% 0,3% 0,3% 0,3% 1,0% 0,3%

Pour les soins sida, les résultats montrent que le traitement a démarré en 2000 et que 38% des
enquêtés cumulés ont été mis sous traitement avant 2004 et 100% en 2007, comme le montre
le tableau ci-après.

Tableau 45 : Année de mise sous thérapie antirétrovirale des enquêtés de la province du Kadiogo
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Total
Effectif 10 10 16 31 46 48 87 52 0 300
Fréquence
3,3% 3,3% 5,3% 10,3% 15,3% 16% 29% 17,3% 0%

7.4.2.3. Facteurs de mobilité de l’échantillon

Les déplacements vers les centres de soins se font aussi bien à pieds qu’avec divers moyens
de locomotion.

Tableau 46. Distribution des enquêtés de la province du Kadiogo selon le moyen de déplacement

Pieds Vélo Taxis Mobylette Voiture/Bus Se fait déposer Total


Effectif d’enquête 41 101 50 82 13 13 300
Pourcentage (%) 14% 34% 17% 27% 4% 4% 100%

En terme de temps mis pour aller au centre de prise en charge, il ressort que 8% des enquêtés
mettent moins de 20 minutes pour s’y rendre, 83% des enquêtés mettent mois de 60 minutes
et 10% mettent entre 75 et 180 minutes.

L’infection à VIH et la prise en charge thérapeutique n’a pas eu d’impact sur les mobilités de
l’échantillon du Kadiogo, qui a continué les déplacements aussi bien à l’intérieur du Burkina
Faso que vers les pays voisins et même vers d’autre continent (Chine). La carte 21b illustre
ces différentes mobilités des personnes vivant avec le VIH qui ont été enquêté au Kadiogo.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 207
exemple du Burkina Faso
7.5. La province du Poni

7.5.1 Profil de la province du Poni

Située dans la région administrative du Sud-Ouest du Burkina Faso, la province du Poni, dont
la commune de Gaoua est son chef-lieu, est comprise entre 9°50 et 10°46 de latitude Nord, et
entre 2°45 et 4°00 de longitude Ouest. D’une superficie totale de 7 514 km², la province du
Poni représente 2,7 % de la superficie totale du pays et 45,4 % de celle de la région. Elle est
limitée :
- au Nord par les provinces de la Bougouriba et du loba,
- au Sud par la province du Noumbiel et la république de Côte d'Ivoire,
- à l'Ouest par la province de la Comoé,
- à l'Est par la république du Ghana avec laquelle elle partage le fleuve
Mouhoun comme frontière naturelle.

De part sa position géographique, la commune de Gaoua est un carrefour. Elle est située à
environ 70 km de la frontière avec la Côte d’Ivoire (axe bitumé, Gaoua-Kampti-Frontière) et à
124 km des frontières Ghanéenne et Ivoirienne (axe non bitumé Gaoua-Batié-Kpéré).

De la situation administrative du Poni, on retient que la province compte une commune


urbaine (Gaoua) et 9 communes rurales : Boroum-Boroum, Boussera, Djigoué, Gbomblora,
Kampti, Loropéni, Malba, Nako, Périgban. Gaoua est le chef-lieu de province et de région.

Selon les résultats préliminaires du RGPH en 2006, le Poni compte 254 371 habitants dont
121 114 hommes et 133 257 femmes.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 208
exemple du Burkina Faso
Carte 24 Province du Poni en découpage administratif

Sur le plan sanitaire, la province présente des indicateurs relativement bas : on y dénombre un
CHR situé dans le district sanitaire de Gaoua, 2 CM/CMA, 32 CSPS, 5 dispensaires et une
maternité isolés. Toujours dans la province, on y trouve une structure de soins des forces
armées, 3 formations sanitaires privées, une officine et 8 dépôts privés pour satisfaire les
besoins de la population en médicaments. Le rayon moyen d’action théorique est de 7,76 km
pour les CSPS. Sur le plan des ressources humaines, le district sanitaire de Gaoua dispose
d’un médecin, 47 infirmiers d’Etat et 45 infirmiers brevetés [DEP/MS’2008].

Concernant le VIH, Gaoua constitue un site sentinelle rural et pour la prévalence, elle se situe
à 2,0% pour 2005 et 2,8% pour 2006. Les premières prises en charge thérapeutiques du sida
remontent à 2004, avec 55 traitements au CHR de Gaoua (50 sur le MAP et 5 sur le PRSS).
L’appui à la prise en charge thérapeutique (prise en charge communautaire) des personnes
vivant avec le VIH est du ressort des structures communautaires. C’est le cas de l’Association

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 209
exemple du Burkina Faso
Vie Solidaire (AVS), agréée pour les activités de lutte contre l’infection à VIH et surtout pour
la prise en charge communautaire des personnes vivant avec le VIH bénéficiant de la thérapie
antirétrovirale.

7.5.1.1. Association Vie Solidaire

L’Association Vie Solidaire (AVS) a été créée en 1999 suite aux événements néfastes du
sida ressentis au sein de la communauté des personnes vivant avec le VIH à Gaoua
(stigmatisation, rejet, abandon, discrimination). Elle a été officiellement reconnu le 21
décembre 2001 et regroupe en son sein des membres affectés et des membres infectés par
le VIH. Son objectif principal est de « Contribuer à l’amélioration des conditions de vie
des personnes infectées et affectées par l’infection à VIH ». En terme d’approche,
l’association utilise les stratégies suivantes :
- Mise en place et animation des groupes de parole.
- Organisation des causeries éducatives dans les secteurs.
- Organisation des visites à domicile et à l’hôpital.

Photo 6. Des activités quotidiennes de AVS


(a) Visite à domicile (VAD) (b) Animation de groupe de parole

2 conseillères de AVS rendent visite à un malade à Ici suivi de repas communautaire, le groupe de
domicile pour lui apporter un soutien moral, s’enquérir parole est l’occasion d’échanges sur le
de son état de santé, faire le suivi du traitement et lui traitement suivi, le vécu quotidien et des
remettre un kit d’hygiène (savon, eau de javel, etc.) conseils sont prodigués aux uns et aux autres

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 210
exemple du Burkina Faso
7.5.2. Les résultats de l’enquête de la province du Poni

L’enquête de terrain dans la province du Poni a porté sur un échantillon de 12 personnes.


Après le traitement des données, 5 fiches seulement ont été retenues. La totalité de
l’échantillon sont des femmes, Lobi par leur ethnie, donc toutes des burkinabé. Trois d’entre
elles sont divorcées tandis que les deux autres sont veuves.

Elles sont toutes sans emploi et leur niveau d’instruction est le suivant : secondaire (1
personne), primaire (1 personne) et trois femmes n’ont pas été à l’école. Au regard des
données collectées, les localités de résidence sont les suivantes : quatre femmes résident dans
la commune de Gaoua (Poni) et la dernière est dans la commune de Kampti. Elles sont toutes
des ménagères.

7.5.2.1. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique

Des caractéristiques de l’infection, il ressort que la totalité de l’échantillon du Poni a effectué


le dépistage suite à la recommandation/suggestion du personnel soignant au cours de la
consultation médicale pour raison de santé. Le VIH 1 concerne toutes les cinq personnes.
La province ne disposant pas de centre de dépistage intégré à une formation sanitaire, le
dépistage au VIH a été effectué dans un centre de conseil dépistage autonome pour 4 d’entre
elles. Ce sont les conseillers, qui après le counselling de post-test, ont expliqué l’existence et
la nécessité d’un traitement, au regard du caractère immuno-déficient du virus. La 5ème
personne a été dépistée alors qu’elle résidait à Ouagadougou. Ainsi, la mise sous traitement
ARV est faite comme suit : une personne pour l’année 2000, trois personnes en 2004 et une
personne en 2005.

Pour tout l’échantillon, la prise en charge thérapeutique est entièrement gratuite, grâce à
l’appui des subventions d’accès aux soins sida dont bénéficie la province.

7.5.2.2. Facteurs de mobilité de l’échantillon

Pour se rendre au centre de soins, les personnes enquêtées y vont à pieds, avec un temps
moyen de marche d’environ 45 à 60 minutes. Mais en terme de mobilités, depuis l’infection,
seule une personne y est soumise, se rendant principalement à Ouagadougou pour des soins
quand son état de santé l’exige. (Carte 21a).

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 211
exemple du Burkina Faso
7.6. La province du Yatenga

7.6.1. Profil de la province du Yatenga

La province du Yatenga est située dans la région sanitaire et administrative du Nord. Elle
couvre une superficie de 7103 km² et est limitée à l'Est par la province du Bam, au nord-est
par la province du Lorum, à l'Ouest par la province du Sourou, au nord par la République du
Mali et au Sud par la Province du Zondoma. Avec ses 13 communes dont 12 rurales, le
Yatenga représente en terme de superficie 2,6% le Burkina Faso et sa population est de
547 952 habitants, soit 257 672 hommes et 290 280 femmes, selon le rapport préliminaire du
RGPH 2006 et de l’INSD de la même année. La ville de Ouahigouya, est le chef-lieu de
région et de province.

Carte 25. Province du Yatenga : découpage administratif

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 212
exemple du Burkina Faso
Sur le plan sanitaire, la province dispose de deux districts sanitaires, Ouahigouya et
Séguénéga avec respectivement 1 CHR, 26 CSPS répartis sur une superficie de 5 343 km² et
57 CSPS couvrant un territoire de 1 856 km². Le rayon moyen d’action théorique est de 8,09
km pour Ouahigouya et de 3,22 km pour Séguénéga. Les maternités isolées sont prises en
compte dans les CSPS, du fait du paquet minimum d’activités.

La morbidité et la mortalité élevées qui caractérisent la situation sanitaire au Yatenga sont


dues en grande partie aux maladies infectieuses et parasitaires. L'insécurité alimentaire, le
manque d'eau potable, l'insalubrité du milieu et de l'insuffisance du système sanitaire
contribuent à entretenir cette situation. Les femmes et les enfants de par leur dépendance
socio-culturelle et leur vulnérabilité constituent les couches sociales particulièrement
exposées. De plus, il ressort que les consultations du guérisseur ou du marabout sont
prioritaires aux consultations médicales des formations sanitaires [Charmillot’2002].

Le centre hospitalier régional (CHR), localisé dans la ville de Ouahigouya, est le niveau
supérieur et le pôle de référence de toute la région sanitaire du Nord ; il couvre théoriquement
la superficie totale de la région Nord soit environ 1400 km2 et 3 médecins exercent au CHR.
La province dispose également d’une formation sanitaire parapublique, une formation
sanitaire des forces armées et 9 formations sanitaires du privé. Un seul médecin en théorie est
formé pour la prescription des ARV au sein du CHR.

On ne dispose pas de la prévalence du VIH pour la province du Yatenga, mais la prévalence


relevée au niveau du site sentinelle de Ouahigouya est la suivante : 3,6% en 2005 et 4% en
2006. Cette prévalence est appliquée à l’ensemble de la région du Nord.

A Ouahigouya, la prise en charge thérapeutique du sida au CHR n’est intervenue que


seulement en fin décembre 2003 avec l’initiative ESTHER grâce à une disponibilité de 45
thérapies antirétrovirales. A l’initiative ESTHER, s’est ajouté le programme MAP avec 50
traitements ARV.

A cette offre de soins publique, s’ajoute les services et soins offerts par les structures
communautaires agréées. Le rapport du CMLS/santé pour le bilan général de la mise en
œuvre du PNM 2004, fait état d’une formation sanitaire associative à Ouahigouya qui assure
la prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH. Il s’agit de l’Association

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 213
exemple du Burkina Faso
pour l’appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant (AMMIE), leader dans la lutte contre le
VIH et la prise en charge des personnes. Elle dispose d’un centre de dépistage volontaire
anonyme et d’un centre médical de prise en charge.

7.6.1.1. L’association pour l’appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant (AMMIE)

Créée en 1996, AMMIE intervient dans toute la région du Nord à travers une offre multiforme
de soins. Cette association a véritablement intégré les aspects de prise en charge thérapeutique
du sida depuis 2003. Elle dispose d’une unité de soins, fonctionnant comme une formation
sanitaire de jour, avec des lits d’hospitalisation et un médecin formé pour la prise en charge
médicale. Bien que non formalisé, un système de référence et de contre-référence des malades
est pratiqué avec le CHR de Ouahigouya. En partenariat avec des réseaux d’association
nationales, internationales et avec des hôpitaux et bien d’autres fondations, initiatives et
programmes de lutte de contre le VIH et les IST, AMMIE compte une file active de 827
personnes dont 327 sont sous traitements ARV en 2006. Pour 2007, le nombre de personnes
sous ARV est de 459 personnes dont 4 enfants.

La file active a été constituée depuis 1997 et le premier malade a bénéficié d’un traitement
ARV en 2000. Les principaux partenaires subventionnant les traitements antirétroviraux sont :
ESTHER, le programme TAP, le Fonds mondial, etc.

7.6.2. Résultats de l’enquête de la province du Yatenga

7.6.2.1. Profil sociodémographique

L’enquête réalisée dans le site du Yatenga au sein de l’association AMMIE, a concerné un


échantillon de 40 personnes sous ARV dont 80% de femmes et 20% d’hommes. La répartition
de l’échantillon en fonction de l’ethnie montre que la totalité des personnes enquêtées sont
des burkinabé, avec 85% de mossi. Les autres ethnies étant les peulh et dioula.

Le tableau-ci après présente les localités de résidence des personnes enquêtées.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 214
exemple du Burkina Faso
Tableau 47 : Localités de résidence de l’échantillon d’enquête de la province du Yatenga

Province
Province du Yatenga
Localités du Lorum Total
Namissiguima Ouahigouya Séguènega Tangaye Titao
Echantillon 1 36 1 1 1 40
Pourcentage 2,5% 90% 2,5% 2,5% 2,5% 100%

De l’analyse du statut matrimonial, 50% des enquêtés sont mariés et 40% d’entre eux sont
veufs. Les 10% restants sont déclarés divorcés.

En ce qui concerne le niveau d’instruction, plus de la moitié de l’échantillon (70%) n’ont


aucun niveau scolaire, tandis que 23% ont un niveau scolaire du primaire et 8% un niveau
scolaire du secondaire.

Par rapport à l’occupation professionnelle, la grande majorité des personnes enquêtées, 78%
sont sans emploi rémunéré : ce sont essentiellement les activités domestiques (pour les
femmes) et les activités agricoles. Les emplois rémunérés concernent les cadres de la fonction
publique et des employés du secteur privé (3 personnes). De plus, il ressort que 5 enquêtés
sont du secteur agricole.

7.6.2.2. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique

Des caractéristiques de l’infection de l’échantillon du Yatenga, même si 23% des personnes


ignorent le type de VIH dont elles sont porteuses, il ressort la prédominance de la souche 1 de
l’infection (VIH 1), caractérisant 70% des personnes sous ARV ; suit le VIH 2 pour 2
enquêtés et la combinaison VIH 1 et 2 pour une personne. Le recours au dépistage, porte
d’entrée pour la prise en charge thérapeutique est motivé à 50% par des raisons médicales
(suspicion au cours d’une consultation médicale) et à 50%, il s’est agi de dépistage volontaire.
Des modes de contamination, les enquêtés ont déclaré à 63%, ne pas savoir comment ils ont
été infecté tandis que 33% d’entre eux ont soupçonné la voie sexuelle. Deux personnes ont
déclaré avoir été contaminées par un objet souillé.

La connaissance de la prise en charge thérapeutique liée à l’infection à VIH a été expliquée à


60% des personnes enquêtées par le personnel de soins (médecin ou infirmier). Et ce sont les

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 215
exemple du Burkina Faso
conseillers, qui après le counselling de post-test, ont expliqué à 35%, des personnes vivant
avec le VIH, l’existence et la nécessité d’un traitement, au regard du caractère immuno-
déficient du virus. Deux personnes parmi l’échantillon enquêté ont appris l’existence du
traitement par des membres de la famille et par des collègues. Pour la thérapie antirétrovirale,
50% de l’échantillon ont commencé à en bénéficier entre 2002 et 2005 et 43% en 2006 et
2007. La quasi gratuité des ARV déclarée en décembre 2007 et le caractère communautaire de
la structure site d’enquête, influent sur le coût du traitement : il est gratuit pour 93% des
personnes et seulement 3 personnes vivant avec le VIH paient leurs thérapie à 1500 FCFA
(soit 2,287 euros).

7.6.2.3. Facteurs de mobilité de l’échantillon

Pour se rendre au centre de soins, la majorité des personnes enquêtées y vont à pieds, avec un
temps moyen de marche d’environ 30 à 45 minutes. Seules les personnes vivant avec le VIH
qui résident hors de la commune de Ouahigouya mettent au plus deux heures pour se rendre
au centre, en utilisant soit des motocyclettes ou les cars des transports en commun.

Tableau 48 : Distribution des enquêtés de la province du Yatenga selon le moyen de déplacement

Moyens de déplacement Pieds Vélo Motocyclette Car/bus Total


Echantillon 29 5 5 1 40
Pourcentage 72,5% 12,5% 12,5% 2,5% 100%

La lecture de la carte 21a retrace les mobilités propres aux enquêtés de la province. Le fait
d’être infecté n’entame en rien leur déplacement et les principales destinations sont
Ouagadougou, Kaya, Gourcy et dans une certaine mesure Bobo-Dioulasso et Solenzo.

Après ce chapitre dont l’objet était de restituer les données collectées sur le terrain, le chapitre
suivant va être le lieu d’analyse des différentes variables. En faisant appel à des études
spécifiques, en rappelant les différents indicateurs socio-économiques et de développement du
Burkina Faso ; en examinant l’offre de soins liés à l’infection à VIH dans sa répartition
spatiale ; nous allons rechercher les liens éventuels entre les mobilités induites par la
territorialisation de l’offre de soins et les nouvelles territorialités qui s’en dégageraient pour
les personnes vivant avec le VIH.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 216
exemple du Burkina Faso
CHAPITRE 8 : PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DU VIH ET
TERRITORIALITES

De l’offre de soins aux conditions socio-économiques des personnes vivant avec le VIH, et
prenant en compte le lieu de vie, ce sont des facteurs contribuant à induire des mobilités pour
les personnes vivant avec le VIH en quête de prise en charge thérapeutique. Mais quelles
relations peut-on établir entre ces mobilités et la prise en charge thérapeutique ? La
déstabilisation vécue par les personnes vivant avec le VIH est-elle une résultante de mobilités
induites par la quête de soins liés à l’infection à VIH ?

8.1. VIH et déstabilisation, de l’infection à la prise en charge thérapeutique

8.1.1. Offre de soins sida et territorialisation

8.1.1.1. Offre de soins et territorialisation, la prise en charge par la thérapie ARV

La Déclaration d’engagement sur le VIH/sida, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée


générale des Nations Unies en 2001, a inclus l’accès équitable aux soins et au traitement en
tant que partie intégrante d’une riposte mondiale complète et efficace au VIH [UN’2001].
Depuis lors, de nombreux pays, grâce à l’appui des organisations intergouvernementales et
des donateurs, ont clairement démontré la faisabilité d’administrer le traitement contre le sida
même dans les contextes où les ressources sont les plus limitées. L’accès au traitement a
contribué à mobiliser les communautés dans l’action contre le VIH, préservé la santé et la
viabilité des foyers vulnérables au VIH, et renforcé les efforts de prévention du VIH dans de
nombreuses parties du monde. L’équité ou l’impartialité de l’accès au traitement et aux soins
liés au VIH ainsi qu’aux autres services sociaux et de santé constitue depuis toujours une
préoccupation de l’OMS et de l’ONUSIDA [ONUSIDA/OMS’2005].

L’amélioration de l’accès aux soins liés au VIH nécessite que de nombreux services soient
offerts partout et à toutes les personnes vivant avec le VIH qui en ont besoin. Cela impliquent
que les nombreux services uniquement offerts au niveau central ou district, soient
progressivement et rapidement étendus au niveau des centres de soins et des milieux

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 217
exemple du Burkina Faso
communautaires (ONUSIDA/OMS’2005) où une expertise existe déjà et peut-être renforcée
grâce à des formations adéquates.
La thérapie antirétrovirale peut donc être ajoutée au paquet minimum d’activités de toutes les
structures de santé remplissant un minimum de conditions telles que l’approvisionnement
régulier et ininterrompu des médicaments, un personnel formé à la prescription et au suivi
médical des soins sida, des services de conseil et de dépistage, etc.

L’offre de soins sida et précisément la thérapie antirétrovirale a officiellement démarrée dans


les centres hospitaliers universitaires. Cela a été rendu possible par la mise en place de
diverses initiatives (Cf. chapitre 5). Ainsi l’offre en matière de prise en charge antirétrovirale
qui a débuté officiellement en 2003 a connu l’évolution suivante par année.

Graphique 15. Evolution annuelle des structures de PEC ARV, 2003 à 2007

78
80

70 59

60

50 39

40
24
30
14
20

10

0
2003 2004 2005 2006 2007

Source : synthèse faite à partir des bilans généraux de la mise en œuvre des PNM 2003, 2004, 2005, 2006, 2007

A la lecture du graphique, une évolution régulière du nombre de structures se dégage au


niveau national. Mais qu’en est-il des disparités à l’intérieur d’une même région ?

Suivant la politique de décentralisation/déconcentration des services de santé, l’implantation


de l’offre de soins répond à la logique de la décentralisation administrative. Les premiers
centres de prise en charge médicale, de part la spécificité du traitement répondaient à un
minimum de normes, tout au moins en terme de personnel qualifié, formé pour la prescription
des ARV. C’est ainsi qu’en 2003, parmi les 14 centres existants, 9 (62%) étaient situés dans la
région du Centre ; 2 centres dans les Hauts Bassins et 1 centre au Nord et à l’Est. Le

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 218
exemple du Burkina Faso
quadrillage du territoire était donc effectif en terme de localisation géographique (Voir Carte
évolution des structures, 2003). Mais à l’intérieur d’une même région sanitaire, suivant
toujours le critère de normes, les centres de référence furent les premiers à la dispensation des
traitements ARV, au regard de la qualité requis pour ce service. Ainsi, pour la même année
2003, sur les 14 structures de prise en charge thérapeutique, toutes sont des Centres
hospitaliers universitaires et régionaux en dehors des structures de la province du Kadiogo
parmi lesquelles on retrouve des structures telles que le CMA de Pissy, le camp militaire, le
CNLAT, etc. L’implication de ces structures se justifie amplement au regard de leurs
spécificités :
- le CMA de Pissy est sous la tutelle de l’ONG Médecins sans frontière (MSF), qui a
fait des soins et traitement du VIH, son cheval de bataille au Burkina Faso.

Encadré 3 : MSF et accès aux TARV au Burkina Faso

En mars 2002, MSF décidait de s'engager auprès des malades du Sida à Ouagadougou, dans

le district sanitaire de Pissy. Le Burkina Faso est un de ces nombreux pays frappés de plein

fouet par la pandémie du SIDA. Néanmoins, la majorité des malades n'a pas accès aux

soins. Le projet est intégré dans le système de santé national et l'offre de soins inclut le

conseil et le dépistage gratuit, le traitement ARV, la prévention de la transmission du virus

de la mère à l'enfant et le traitement des maladies opportunistes. Au total, plus de 5.000

personnes bénéficient de ces services.

Source : Médecins sans frontières, http://www.msf.lu/sur-le-terrain/nos-missions/burkina-faso/sida.html

- Le centre médical du camp militaire : c’est le centre de référence pour les services
militaires ; en ce sens, il dispose d’infrastructures et d’équipements de 1ère ligne, ainsi
que de personnel qualifié. Il couvre la prise en charge thérapeutique du personnel
militaire, de leurs familles et aussi de la population générale.
- Le centre national de lutte antituberculeux (CNLAT) : dans les pays en
développement, la tuberculose est la complication infectieuse et la cause de décès la
plus fréquente de l’infection VIH et le VIH est l’infection la plus souvent associée à la
tuberculose. La reconnaissance de l’interaction étroite entre les deux maladies a
conduit progressivement à une collaboration entre les programmes, voire à leur
intégration. Les programmes de lutte contre le SIDA sont incités à dépister rapidement
la tuberculose chez les sujets séropositifs présentant des symptômes suspects, voire à

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 219
exemple du Burkina Faso
rechercher chez eux une infection tuberculeuse latente, si les moyens techniques et
financiers le permettent. A l’inverse, les programmes de lutte antituberculeuse sont
incités à vérifier le statut VIH de tous les malades tuberculeux, afin d’offrir à ceux des
malades co-infectés qui sont éligibles un traitement antirétroviral simultané ou
séquentiel [Zellweger’2007]. De ce fait, la prise en charge thérapeutique du sida était
confiée au CNLAT, qui a intégré au fur et à mesure les soins par les ARV dans ses
activités en plus de la prophylaxie et du traitement de la tuberculose.

En somme, à la disparité nationale de l’offre thérapeutique du sida, s’ajoute une disparité


infrarégionale qui se traduit par une implication des structures de soins selon leur niveau dans
la pyramide sanitaire. La prise en charge thérapeutique va du chef-lieu de région vers les
autres provinces ; et des structures de référence vers les autres centres de niveau inférieur.
Depuis la mise en œuvre de l’initiative « Three by Five», les CMA et les CM ont intégré la
prise en charge thérapeutique dans leur PMA. Cela s’est traduit par l’augmentation du nombre
de structures qui est passé de 24 en 2004 à 59 en 2006.

8.1.1.2. Prise en charge thérapeutique et services biologiques, une territorialisation de


l’offre

Pendant longtemps, le seul examen biologique de suivi de l'évolution de l'infection était la


numération des lymphocytes CD4. Aujourd'hui, dans les pays où l'infrastructure médicale le
permet, on mesure la charge virale du patient, devenue indispensable pour évaluer l'efficacité
d'un traitement antirétroviral et l'adapter si le virus développe des résistances aux molécules
utilisées25.

Le suivi biologique joue un rôle essentiel dans la prise en charge de l’infection à VIH. Il
permet de déterminer le moment où il devient nécessaire de débuter un traitement
antirétroviral (CD4 et charge virale), et de suivre son efficacité et sa tolérance. Il est
maintenant possible de réaliser des dosages d'antirétroviraux (recherche de sous-dosage dans
les cas d'échec de traitement, ou de surdosage s'il existe des effets indésirables), mais
également d'analyser les échecs éventuels, en recherchant des résistances par analyse
génotypique (de pratique courante), ou phénotypique [Chaplain’2006] (encore au stade de la
recherche). Les différents types de suivi sont :

25
http://www.ch-pau.fr/informations/sida.htm, observance traitement

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 220
exemple du Burkina Faso
 Bilan initial (la confirmation de la séropositivité par un 2ème prélèvement, Elisa et
Western- Blot.
 Surveillance biologique des personnes non traitées (avec plus de 500 lymphocytes
CD4/mm3 et une charge virale peu élevée : une surveillance tous les 3 à 6 mois des
lymphocytes CD4 et de la charge virale).
 Surveillance biologique des personnes traitées (surveillance et efficacité de la
thérapie, dosage des lymphocytes CD4 et de la charge virale).
 Surveillance des personnes ayant moins de 200 lymphocytes CD4/mm3 (personnes à
forte immunodépression ou insuccès de thérapie, pour surveiller la survenue des IO).

Tableau 49: Suivi biologique d'une personne vivant avec le VIH traitée ou non par TARV

Patients Patients traités


Bilan Patients non
traités (tous avec CD4<200(*)
initial traités
les 3 mois) (tous les 3 mois)

Sérologie VIH + - - -
NFS, plaquettes + +} + +
CD4-CD8 + +} 3 à 6 + +
ARN-VIH + mois + +
Transaminases + +} + +
+}

Sérologie syphilis +
Sérologie CMV + Tous les ans si recherche négative au bilan initial
Sérologie toxoplasmose +
Sérologie VHB +
Sérologie VHC +

IDR 10u + - - -
Examen gynécologique + Tous les ans Tous les ans Tous les 6 mois
Radio du thorax + - - -

Fond d'œil - - - +
CMV (antigénémie ou PCR) - - - +
Hémoculture (recherche de MAC) - - - +

Dépistage biologique des effets


secondaires des antirétroviraux : - - + +
CPK, amylase, glycémie,
triglycérides, cholestérol,
créatinine
Source : Santé Tropicale, 2006
(*)La recherche d'infection par le CMV ou les mycobactéries atypiques est justifiée essentiellement chez les personnes dont
le nombre de lymphocytes CD4 est inférieur à 100/mm3.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 221
exemple du Burkina Faso
De la disponibilité des compteurs de CD4, on en dénombre 39 sur tout le territoire (Cf. carte
de la disponibilité des services de laboratoires). Leur répartition suit celle des CMA au sein
desquels ils sont installés. Au regard de leur nombre et de leur localisation, ils restent
accessibles à la population ; et la manipulation d’un compteur CD4 ne requiert certainement
pas une grande technicité qui nécessiterait des formations pour le personnel médical et
soignant. Mais qu’en est-il pour d’autres services biologiques, comme la Polymerase chain
reaction (PCR) ?

L’analyse de la carte relative à la distribution des services biologiques, montre que seulement
cinq structures sont équipées pour la technique PCR, Polymerase Chain Reaction, réparties
ainsi qu’il suit dans les régions selon le nombre : Boucle du Mouhoun (1), Centre (3), Hauts-
Bassins (1). Cette répartition des PCR, de par la technicité de l’équipement répond à une
territorialité gravitant autour des centres de recherche :
- Le centre Muraz (Hauts-Bassins), participe à l’identification de thématiques et à la
réalisation des études et des recherches ;
- Le centre de recherche de Nouna (Boucle du Mouhoun) ;
- Le CMA de Pissy, sous la tutelle de MSF, comme relevé plus haut, étant que centre de
référence pour les traitements et les soins sida, dispose d’un personnel qualifié à la
manipulation de la PCR. De plus, au regard de la file active de cette structure, un
équipement de soins comme la PCR se justifie amplement pour motiver l’adhésion des
bailleurs de fonds pour une telle acquisition.
- Le centre médical Saint Camille est la structure pilote de programme PTME, ce qui
justifie également la PCR.

Encadré 4: PCR et diagnostic précoce de l’infection à VIH chez l’enfant

Quelles sont les solutions pour l'enfant si la transmission de la mère à l'enfant n'a pas été prévenue?
La solution est un diagnostic précoce avec la méthode de réaction de polymérisation en chaîne (PCR). Une fois
dépisté, l'enfant pourra suivre un traitement avant que son système immunitaire ne se détériore ou qu'il ne
développe des maladies opportunistes, la plupart du temps irréversibles comme l'encéphalopathie, ou pire, qu'il ne
meure avant son deuxième anniversaire, comme c'est le cas de 60 % des enfants qui naissent porteurs du HIV.
Elena Alonso, référente médicale de Médecins Sans Frontières (MSF) pour les programmes de lutte contre le
VIH/sida, 11 août 2008.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 222
exemple du Burkina Faso
Carte 26 : L’attractivité des PCR du Kadiogo

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 223
exemple du Burkina Faso
Les données utilisées pour la réalisation de cette carte sont celles de la file active des
différentes structures de soins et de traitement sida en 2006, par province. En effet, la
technique de la PCR intervient aussi bien pour les patients traités par les TARV que ceux non
traités. L’attractivité des unités de Ouagadougou s’étend jusqu’aux provinces de l’Oudalan
(région du Sahel), Yatenga (région du Nord), Tapoa (région de l’Est). Les points représentent
le nombre de personnes vivant avec le VIH dans la province qui utilisent les services de la
PCR. Le dosage de la charge virale s’effectue deux fois l’année.

8.1.2. Prise en charge thérapeutique et mobilités, quels liens en 2007 ?

En plus d’un quart de siècle d’existence, le sida a bien changé de visage; au passage il a livré
quelques uns de ses secrets, passant d’un pronostic de mort à courte échéance à une maladie
qui se traite. Bien que le nombre de personnes bénéficiant d’une thérapie du sida ait
pratiquement doublé dans les pays en développement depuis les initiatives en 2003 ; bien que
le coût des soins et traitements du sida ait considérablement baissé, il reste que les mobilités,
qu’elles soient temporaires ou occasionnelles, pourraient à terme, constituer un frein pour
l’accès universel aux soins et traitements du sida. Surtout si ces mobilités sont liées à la prise
en charge thérapeutique et partant à un suivi régulier de la thérapie. En effet, l’éloignement
géographique des centres de santé constitue un facteur de mobilités et pourrait à terme
constituer un frein à l’accès universel aux soins.

Très souvent oubliée, la question de la distance matérielle est primordiale dans l’accès aux
soins. L’offre de soins répond à des politiques, des logiques institutionnelles qui ne peuvent
intégrer tous les besoins « individualisés ou différenciés » des populations. De nombreux pays
en développement sont confrontés à ce problème d’accessibilité aux soins sida, comme en
témoigne le cas du Laos. « Au Laos, se faire soigner quand on est affecté par le virus du sida
reste un challenge. Les malades n'ont le choix qu'entre deux centres de soins ouverts par une
ONG ; l'un en province, l'autre ouvert l'année dernière seulement dans la capitale Vientiane.
Monsieur B. avoue son soulagement. Fini pour lui les éprouvants allers-retours entre
Vientiane, où il vit, et l'hôpital de Savannakhet, dans le centre du Laos. Pendant un an, il a dû
parcourir, tous les deux mois environ, les 490 kilomètres séparant les deux villes. Au Laos,
pas de ligne de chemin de fer; c'est donc en bus qu'il faisait le voyage. Deux jours de trajet,
particulièrement pénibles lorsque l'on est affaibli par le VIH » [Donnars’2008].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités,


exemple du Burkina Faso
Au Burkina Faso, avant la mise en œuvre des principales initiatives et l’implication des
communautés pour déconcentrer et décentraliser l’offre de soins, les personnes vivant avec le
VIH étaient limitées dans leur recours aux soins. Des disparités d’offres thérapeutiques
existent à l’échelle du pays et au niveau d’une même région ou d’une même province ; nous
en avons déjà fait cas, plus haut. La distance géographique et le coût du trajet placent les soins
hors de portée de la majorité des personnes vivant avec le VIH en quête de thérapie et
constituent une barrière au suivi des traitements [MSF’2006]. En réalité, les disparités
subsistent aussi bien en matière d’accès aux soins qu’au niveau des professionnels de santé,
surtout dans le cas des soins sida où il faut de la rigueur dans la prescription et la mise sous
thérapie. C’est ainsi qu’avant les formations sur la prise en charge intégrée de la maladie et du
VIH (PCIM/VIH), il existait la notion de « prescripteurs d’ARV » pour bien désigner le
personnel médical qualifié car ayant reçu une formation idoine pour la dispensation des
TARV. Les personnes vivant avec le VIH « dans des collectivités démunies et éloignées
éprouvent des difficultés d'accès à des soins de santé primaires et à retenir des professionnels
de la santé, sans compter l'accès aux services de diagnostic et aux traitements les plus
spécialisés. Ces habitants, faut-il le rappeler, doivent également assumer les frais de
déplacement élevés pour avoir accès aux soins dont ils ont besoin [Santé tropicale’2003] ».

Au Burkina Faso, suivant la politique sanitaire et l’organisation administrative du territoire,


l’offre de thérapie sida a d’abord été disponible dans les centres de référence à l’échelle
nationale, les CHU/CHR et quelques centres spécialisés, jusqu’en fin 2003. Puis, à la faveur
de l’approche globale de la lutte contre l’infection, qui consiste à associer la prévention, le
traitement et les soins, ainsi que le soutien à long terme [OMS’2004], il a fallu réagir face à la
situation négligée de la composante « traitement » surtout dans les PED. Il était donc urgent
de simplifier la prise en charge du sida et d’intégrer dépistage et traitements dans la pratique
médicale courante : la démarche de décentralisation permet ainsi d’intégrer dépistage et
traitement dans le paquet minimum de soins proposés par tous les centres de santé de base.
Cela a été l’un des piliers de l’initiative « three by five », plus précisément le 3ème pilier26,

26
Outils simplifiés et standardisés pour dispenser le traitement antirétroviral : Pour renforcer
sans délai l’application du traitement antirétroviral, il faut élaborer des principes directeurs
conviviaux qui aident les agents de santé à identifier et mobiliser les personnes vivant avec le
VIH/SIDA, à dispenser le traitement et à en contrôler les résultats, y compris l’émergence
éventuelle d’une pharmaco résistance. L’OMS met au point de tels outils.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 225
exemple du Burkina Faso
exposé à travers la stratégie d’intervention de l’OMS pour atteindre les objectifs de
l’initiative.

L’initiative « 3 x 5 », l’OMS et ses partenaires vont élaborer des principes et des mécanismes
afin de promouvoir et d’offrir un accès équitable aux services de traitement antirétroviral et de
soins pour les femmes, les filles et les enfants, et notamment les groupes marginalisés de
personnes vivant avec le VIH et le sida [UNIFEM’2003]. Les principes de l’initiative sont
sont focalisés sur la nécessité d'améliorer les parties prenantes à tous les niveaux de la chaîne
d'approvisionnement et de la demande. La coopération entre les décideurs politiques de
transport et de santé, communautés locales, les personnels de santé et PvVIH est cruciale en
vue de développer une approche holistique pour l'accès aux services de santé.

Prenant le cas des femmes enceintes en consultation prénatale, cette consultation se fait dans
les formations sanitaires de base, en l’occurrence les CSPS au Burkina Faso.
Malheureusement, la thérapie des soins et traitements liés au VIH n’est pas disponible dans
ces formations sanitaires de base, sauf celles qui sont intégrées dans le programme national de
prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Le dépistage du VIH doit être
proposé pendant les consultations de soins de santé primaire, au même titre que celui de la
malaria ou de la malnutrition. Ensuite, « décentraliser les activités est la meilleure solution
pour garantir l’accessibilité des traitements aux populations les plus reculées et
décongestionner les hôpitaux surchargés et souffrant d’une grave pénurie de personnel
soignant », telle sera l’implication et l’apport des communautés à la réalisation de l’initiative.

L’analyse de la mobilité de l’échantillon d’étude montre que sur l’ensemble des mobilités
occasionnelles ou temporaires, très peu sont concernées par des motifs de santé ou de
recherche de thérapie sida. L’ensemble des mobilités considérées, soit un total de 157, seules
9 ont concerné un motif de soins, soit 6%. L’étude ayant retracé les mobilités depuis 1986, les
résultats viennent confirmer que l’effet de mobilités liées à prise en charge thérapeutique n’a
plus cours, du fait des initiatives d’accès aux soins et traitement sida.

Tableau 50 : Fréquence des mobilités occasionnelles selon le motif

Raisons de
Motifs Funérailles Soins famille Travail Visite Autres Total
Fréquence 7 3 5 7 70 3 95
% 7% 3% 5% 7% 74% 3% 100%

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 226
exemple du Burkina Faso
Tableau 51 : Fréquence des mobilités temporaires selon le motif

Visite/ Raisons
Motifs Funérailles Décès Mari Travail Vacances Soins Familiales Autres Total
Fréquence 6 1 3 37 6 5 4 62
% 10% 2% 5% 60% 10% 8% 6% 100%

Dans tous les cas, l’offre thérapeutique en terme d’accès aux ARV est suffisante en quantité et
en qualité. Aussi, les mobilités liées à la quête thérapeutique ne doivent pas être encouragées.
Dans les cas retrouvés parmi l’échantillon d’enquête, les mobilités concernent des personnes
vivant avec le VIH, en quête d’une prise en charge globale, au regard de leurs conditions
socio-économiques. La prise en charge globale, qui va au-delà des soins et traitements, offre
un soutien alimentaire, vestimentaire, psychosocial et le développement d’activités
génératrices de revenus pour permettre aux bénéficiaires de créer des conditions meilleures de
vie à travers la chronicité du sida qu’offre la prise en charge thérapeutique.

Encadré 5 : Témoignage sur l’accessibilité géographique des TARV

Premiers niveaux de soins, les centres de santé primaires sont aujourd’hui en mesure de
proposer des activités de prévention, de dépistage et de traitements anti-rétroviraux.
« Avant je devais parcourir 40 kms, aujourd’hui je peux aller dans un centre de santé
qui n’est qu’à 3 ou 4 kms » témoigne une patiente.

8.1.3. L’influence des conditions socio-économiques et culturelles sur la déstabilisation

En plus d’un quart de siècle d’existence, le sida est devenu la première cause de mortalité
dans de nombreux pays, surtout en Afrique subsaharienne. Pourtant, la chronicité de la
maladie est une réalité avec les multiples thérapies pour les soins et traitements du sida. De
nombreux traitements permettent de prolonger la vie et d’améliorer les conditions générales
de vie de plusieurs milliers de personnes vivant avec le VIH. Si au Nord comme au Sud,
l’épidémie constitue un drame humain, social et économique, force est de constater
malheureusement que l’infection à VIH demeure un dilemme des pauvres qui peinent à
survivre pour pouvoir se prendre en charge, face à une maladie dont les soins et traitements
semblent être l’apanage des personnes aisées.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 227
exemple du Burkina Faso
8.1.3.1. Infection à VIH et conditions socio économiques

Selon l’ONUSIDA, les personnes à faible revenu risquent plus de contracter le virus, et celles
qui sont infectées ont du mal à gagner leur vie à cause de la maladie et de la stigmatisation
[ONUSIDA’2002]. Il nous semble important de revenir sur les liens de causalité
entre infection à VIH et conditions socio-économiques au Burkina Faso. Bien que très peu ou
pas d’études aient clairement croisé variables épidémiologiques et données socio-
économiques27, il existe quelques études pertinentes qui ont fait des analyses des liens entre
infection à VIH et pauvreté. Parmi elles, l’ « Etude multi-sites et sur les jeunes de Bobo-
Dioulasso » [Baya’2000] est l’une des rares qui ai traité du statut sérologique des enquêtés en
lien avec leurs conditions socio-économiques. De cette étude, on retient que la population
adulte est la plus touchée au Burkina Faso, avec une forte proportion de femmes.
Il ressort de l’étude VIH/sida et pauvreté au Burkina Faso, que « le VIH touche un nombre
plus élevé de pauvres que de riches, compte tenu tout simplement de la taille démographique
de chacune de ces catégories socio-économiques » [PNUD’2001].

Dans « Epidémie du VIH/sida : diagnostics et réponses opérationnelles [Grégoire’2000], le


Burkina Faso est présenté comme très vulnérable à l’épidémie, du fait de l’extrême pauvreté
de sa population : un seuil de pauvreté pour 45,3% de la population qui est analphabète à
80% ; des migrations internes et externes très importantes ; des services hospitaliers engorgés
dont les lits sont occupés à 50% par les malades du sida. Cette étude révèle également que la
tranche d’âge la plus touchée est 25-49 ans et les jeunes filles de 13 à 25 ans qui présentent
une infection 5 à 8 fois supérieure à celle des garçons de la même tranche d’âge.

D’après « l’épidémie du VIH/sida à Bobo-Dioulasso : analyse du contexte de vulnérabilités et


des possibilités de réponses [HUYGENS & al, 2000], les jeunes et les femmes sont les plus
touchés par l’épidémie et ce contexte de vulnérabilité serait dû aux changements majeurs liés
à l’urbanisation se traduisant par (i) la situation de domination que vivent les cadets et les
femmes, (ii) la précarité économique que vivent les jeunes (ils n’ont pas les moyens
d’entretenir une femme) et les femmes (elles ne disposent pas des moyens ni du pouvoir de

27
Pendant plusieurs années, les contraintes éthiques n’ont pas permis aux tests sérologiques
de constituer des données exhaustives permettant d’établir la carte d’identité socio-
économique des personnes vivant avec le VIH, à cause de leur caractère anonymes et
volontaires.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 228
exemple du Burkina Faso
refuser l’acte sexuel) les expose à avoir davantage de partenaires sexuels multiples et ainsi,
aux risques d’infection à VIH.

Enfin la dernière étude sur laquelle nous nous sommes rapportés est le rapport humain du
PNUD sur le Burkina Faso, en 2001. Tout le chapitre 4 du document relatif à VIH/sida et
pauvreté, montre que l’épidémie du VIH aggrave la pauvreté des ménages qui sont déjà
pauvres, [PNUD’2001]. Le rapport souligne par ailleurs que la pauvreté est un facteur de
vulnérabilité au VIH/sida. La pauvreté rend, en effet, les pauvres vulnérables à l’infection à
VIH, à la morbidité et à la mortalité.

8.1.3.2. Soins de santé et conditions socio-économiques des populations

De façon plus générale sur toute la population et à l’échelle du pays, l’Institut National de la
Statistique et de la Démographie (INSD), a conduit pour le compte du gouvernement
burkinabé deux Enquêtes Prioritaires (EP I et II) d’envergure nationale sur les conditions de
vie des ménages en 1994 et en 1998. Plus récemment en 2003, l’Enquête Annuelle du Burkina
sur les Conditions de Vie des Ménages [EA/QUIBB’2003] a été menée. Selon le rapport sur
les conditions des ménages publié en 2003, la proportion de la population burkinabé vivant en
dessous du seuil de pauvreté est de 46,6% en 2003, contre 45,3% en 1998 et 44, 5% en 1994 ;
l’espérance de vie à la naissance est estimée à 45,7 ans, le taux d’alphabétisation des adultes à
27% et le taux de scolarisation à 21,8%, dont 15,4% pour les femmes [INSD/EBCVM’2003].

L’étude soutient que « sans aucun doute l’épidémie entraîne de graves conséquences au
niveau social et économiques des personnes vivant avec le VIH et leurs familles : les ménages
pauvres sont affectés par la réduction des revenus, par la hausse considérable des dépenses
médicales et malheureusement par les dépenses funéraires lors du décès des personnes vivant
avec le VIH. »

Au regard des différentes analyses ci-dessus, nous reportons notre regard sur les
caractéristiques sociodémographiques de notre échantillon d’enquête, telles que synthétisées
dans le tableau ci-après.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 229
exemple du Burkina Faso
Tableau 52 : Extraits des caractéristiques sociodémographiques de l’échantillon
Variables femmes Analphabètes Niveau primaire Sans Veufs Infection par voie
emploi sexuelle
Pourcentage 91% 47,8% 34,3% 68% 42,3% 39%

Ces caractéristiques sociodémographiques reflètent bien celles de populations à fort risque


d’exposition au VIH au Burkina Faso. De plus, l’enquête s’est déroulée dans des sites des
régions les plus pauvres du pays. En effet, les résultats des enquêtes prioritaires nationales,
effectuées en 2003, indiquent que les régions les plus pauvres sont celles du Nord (68.8%), de
la Boucle du Mouhoun (60%), du Centre Sud (66.1%) et du Sud Ouest (56,6%) [PNUD &
FIDA, 2007].

La paupérisation des ménages s’est accrue dans un contexte de crise mondiale : une enquête
qualitative a été faite dans les secteurs les plus vulnérables des deux principales villes du
pays, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Les résultats montrent que l’évolution des prix a
détérioré rapidement les conditions de vie [PNUD’2007]. Aussi, pour les ménages pauvres, la
structure des dépenses a été ajustée en faveur des dépenses alimentaires (entre 60 et 80 pour
cent de leurs revenues) au détriment des dépenses de santé et d’éducation. L´enquête a
également relevé une dégradation sensible de l’état de santé des groupes vulnérables due à
une plus grande vulnérabilité aux maladies, à une réduction de l’hygiène alimentaire,
vestimentaire, corporelle et du foyer.

8.1.3.3. Prise en charge thérapeutique du sida et conditions socio-économiques, un


lien vers une déstabilisation des personnes vivant avec le VIH

D’une manière générale, les soins et traitements du sida ont connu un essor à partir de 2004,
par l’entremise de diverses initiatives d’accès au traitement, dont le « three by five » dont la
mise en œuvre, débutée en 2003, aura permis de constater jusqu’en 2006, des progrès
remarquables sur les plans géographique et institutionnel.

Les caractéristiques de l’échantillon d’enquête par rapport à la date de mise sous traitement
montrent une prépondérance des années 2005 à 2006 : elles concentrent le plus grand nombre
d’inclusion à la file de prise en charge thérapeutique.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 230
exemple du Burkina Faso
Tableau 53 : Répartition de l’échantillon selon l’année de prise en charge thérapeutique
Année de mise sous ARV Fréquence % % cumulé
2000 11 2,74 2,74
2001 10 2,49 5,22
2002 20 4,98 10,2
2003 32 7,96 18,16
2004 59 14,68 32,84
2005 79 19,65 52,49
2006 115 28,61 81,09
2007 72 17,91 99
2008 4 1 100
Total 402 100
Source : NIKIEMA, 2008 : Résultats de l’enquête de terrain

Jusqu’en 2004, seules 24 structures réparties dans 11 provinces dispensaient des soins et
traitements du sida. Au niveau institutionnel, la déconcentration de l’offre de soins n’était pas
effective : seuls les CHR des chefs-lieux de région, ainsi que quelques structures spécifiques
(CMA Pissy, Centre médical Saint Camille, centre médical du camp militaire, etc.). Pour
bénéficier d’une consultation, les personnes vivant avec le VIH étaient soumises à des
conditions éprouvantes, surtout quand on sait l’état avancé d’infection dans lequel elles se
rendaient au centre médical28 :
- des longues heures de marche (pour les plus chanceux qui résidaient dans une localité
proche du chef-lieu) ou de voyage (pour souvent dormir sur le pas de l’hôpital et
attendre le lendemain) ;
- les coûts du transport d’un lieu à un autre ;
- le mauvais état des voies de communication ;
- les pesanteurs sociales sont entre autres des freins pour des personnes vivant avec le
VIH en quête de prise en charge thérapeutique.

28
Enquêtes de terrain du DEA

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 231
exemple du Burkina Faso
8.1.3.4. Initiatives d’accès à la prise en charge thérapeutique et coût des soins

Le principal effet majeur de la mise en œuvre des différentes initiatives d’accès aux
traitements et soins du sida, a été la prise en compte du niveau de revenus des populations
les plus concernées par l’infection et ayant besoin de traitement. Ainsi, la quête de prise en
charge thérapeutique, longtemps modulée par les coûts de l’offre, devenait accessible à
une frange de la population aux caractéristiques socio-économiques défavorables. Si le
nombre de personnes vivant avec le VIH sous thérapie a augmenté de 2004 à 2006, c’est
que dans le même temps les coûts de la prise en charge thérapeutique étaient divisés par 5,
voire par 10 (Cf. tableau suivant) .

Cette situation est confirmée par l’enquête terrain en ce sens que la plupart des enquêtés
(83%) ont accès aux ARV gratuitement et 15% à moins de 1500 F.CFA.

Tableau 54 : Situation des contributions financières des personnes enquêtées pour leur prise en charge
thérapeutique
Somme déboursée
pour ARV (FCFA) Fréquence %
0 335 83,3
500 42 10,4
800 1 0,2
1000 1 0,2
1500 16 4
2500 3 0,7
5000 2 0,5
8000 2 0,5
Total 402 100

Au regard des données d’enquêtes, et en se reportant à la littérature, les conditions socio-


économiques ne sauraient encore constituer un facteur de déstabilisation pour la prise en
charge thérapeutique. Les données du suivi des traitements [CMLS/Santé’2007] témoignent
d’une offre de soins suffisante pour tous les besoins exprimés. Les structures offrant les
thérapies de soins et traitement du sida ne sont plus sujettes à des ruptures de stocks de

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 232
exemple du Burkina Faso
médicaments. Aussi, au regard de la disparité nationale de l’offre de soins, et en prenant en
compte que les mobilités géographiques ne sont plus liées à la quête de thérapies, il reste à
poser la question sur les éléments qui pourraient constituer des facteurs de déstabilisation et
partant, de territorialités, pour les personnes vivant avec le VIH.

8.2. Prise en charge thérapeutique et territorialités

8.2.1. Stigmatisation et discrimination, dans un contexte d’infection à VIH : de l’infection


à la prise en charge thérapeutique

L’analyse des différentes données (la lecture des cartes en tant qu’outil de recherche mais
aussi en tant que résultat de recherche), fait appel à des aspects qui dépassent le cadre de
l’analyse ou de la prospection du géographe. Ajoutée aux informations que livrent les cartes,
l’analyse des différentes variables et le traitement des entretiens individuels nous amène vers
des concepts de stigmatisation et de discrimination. Loin de nous, la prétention de nous
attarder dans un domaine aux circonvolutions bien profondes. Mais nous allons transcrire les
informations y relatives que nous avons pu collecter au cours de notre études.

Dès 1987, Jonathan Mann, fondateur du Programme mondial sida de l’Organisation mondiale
de la santé mettait la communauté internationale en garde contre le risque d’accroissement des
exclusions sociales et de la stigmatisation consécutif à l’épidémie. Jonathan Mann prévoyait
une lutte contre l’épidémie en trois phases et soulignait que la dernière porterait
essentiellement sur les réponses sociales, culturelles, économiques et politiques au VIH. Cette
« troisième épidémie », marquée par la discrimination et la stigmatisation, constituerait, selon
Jonathan Mann, un défi aussi central que la maladie elle-même.

Le phénomène de la stigmatisation n’est pas spécifique à l’Afrique ou au Burkina Faso. Le


cas du Canada en est un exemple illustratif. Ainsi, au Québec, les Haïtiens ont été montrés du
doigt comme étant responsable de l’émergence du sida dans la province : sur 26 cas de sida en
octobre 1983, la majorité des cas, soit 17 est dénombrée dans la population d’origine
haïtienne. La Croix-Rouge provoque une crise homophobe et raciste en publiant un dépliant
dans lequel elle enjoint aux Haïtiens, hémophiles, homosexuels et héroïnomanes de ne plus
donner leur sang [Archives de radio-Canada’1983].

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 233
exemple du Burkina Faso
Ce phénomène est bien connu et régulièrement combattu au niveau international. En
témoignent certaines initiatives telles que celle de Denver (Colorado, Etats-Unis) qui est créée
depuis 1983 lors du deuxième Forum national sur le SIDA et rassemble des personnes vivant
avec le VIH autour de la lutte contre la stigmatisation. Les 'Principes de Denver' adoptés lors
de ce Forum recommandent en effet que toute l'aide possible soit apportée aux personnes
vivant avec le VIH dans leur lutte contre la stigmatisation et la discrimination associées au
VIH et au sida29.

Selon le rapport ONUSIDA 2004, la stigmatisation a des répercussions concrètes sur la vie
des personnes vivant avec le VIH. En outre, elle est perçue comme engendrant parfois la
honte ou la peur de l'ostracisme. De ce fait, elle contribue à dissuader les malades dans leur
démarche de demande d’aide aux autres membres de leur famille ou de leur communauté,
mais aussi dans leur quête d’une prise en charge thérapeutique. L’acuité de ce problème a
justifié la tenue d’une table ronde sur "VIH/SIDA, stigmatisation et discrimination : une
approche anthropologique, en novembre 2002 à l’UNESCO et qui a rassemblé des chercheurs
en sciences sociales travaillant sur cette thématique dans différentes régions du monde
[UNESCO’2002].

Selon l’UIDH [UIDH’2006], les formes de stigmatisation et de discrimination rencontrées par


les PVVIH sont multiples et complexes. Des recherches récentes parrainées par l’ONUSIDA
en Afrique de l’Ouest et du Centre avec la participation active des PVVIH ont documenté des
cas de discrimination rencontrés dans les domaines du travail, de l’accès aux soins médicaux,
de l’éducation, de la vie familiale et sociale, de l’accès au crédit bancaire, de la libre
circulation des personnes et autres [SP/CNLS-IST’2007].

8.2.1.1. De l’infection à VIH à la stigmatisation et la discrimination

Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne et dans le
monde, la notion de stigmatisation précède celle de discrimination. La stigmatisation se
définit comme une marque, une empreinte qu’on « colle » à une personne pour la différencier
du groupe social auquel elle appartient. Et cette tache n’est pas des moindres car c’est un
stigmate de maladie, le sida, qui demeure encore méconnu des populations dans ses diverses

29
Définition des principes de Denver extraite du livre d’Act Up-Paris, Le sida, combien de
divisions ?, éditions Dagorno, 1994

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 234
exemple du Burkina Faso
manifestations : depuis l’infection jusqu’à la prise en charge.

La manifestation d’une différence entre les personnes vivant avec le VIH et le groupe de
population affectée peut venir des individus infectés eux-mêmes. Dans ce cas, on parle d’une
auto-stigmatisation.

De stigmatisation à auto-stigmatisation, la finalité concourt à une marginalisation, voire une


exclusion des personnes vivant avec le VIH. Nous sommes donc en présence d’une
discrimination.

Selon le rapport du PNUD sur le développement humain au Burkina Faso, cette


discrimination s’est souvent focalisée sur des groupes spécifiques : les femmes, les
professionnelles du sexe, les routiers, présentés comme des « groupes à risque ». Le jeu de
mots qui a consisté à désigner par la suite les mêmes groupes comme « groupes vulnérables »
n’atténuera pas fondamentalement la méfiance manifestée vis-à-vis de ces personnes
[PNUD’2001].

Le vécu de la maladie (plus d’un quart de siècle de vie) a fortement modifié la perception de
la société. C’est une maladie qui faisait peur, une peur qui conduisait à des comportements de
stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH. L’analyse des données collectées lors
de l’enquête de terrain ne permet pas une lecture sociale de cette discrimination. Nous allons
donc nous référer à diverses études30 menées au Burkina Faso pour étayer nos propos.

Ainsi :
« Avant quand je voyais un séropositif, moi-même j’éprouvais une peur intérieure par rapport
à cette personne. On avait mal compris la maladie. Avant quand on voyait un PVVIH, on le
fuyait, c’est comme si le toucher de la personne te contaminait le VIH. » (Homme, 30 ans,
célibataire, sérologie non définie, Ouagadougou).

« Avant que je ne contracte la maladie, quand je voyais une PVVIH je la fuyais. » (Femme,
38 ans, séropositive, mariée, Ouagadougou).

« J’avais peur des séropositifs. Je n’osais pas les approcher. » (Femme, 30 ans, séropositive,
mariée, Yako).

30
Ce sont des témoignages issus de diverses études : ANRS 1281, IRD/Centre Muraz,
SP/CNLS-IST & le KIT d’Amsterdam…

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 235
exemple du Burkina Faso
« Je prenais les gens qui ont le VIH/SIDA comme des gens qui n’ont pas été sérieux dans
leurs comportements dans la vie ; c’est ce que je pensais des autres PVVIH » (Homme de
34 ans, sérologie non définie, célibataire, Ouagadougou).

Des données de l’étude, on retrouve des facteurs explicatifs de mobilités, en rapport avec la
stigmatisation et la discrimination. A la question « avez-vous toujours habité là, si non
pourquoi ? », il ressort que 44% de l’échantillon a au moins une fois changé de lieu de
résidence. Et parmi les différentes raisons évoquées, celles liées à stigmatisation et
discrimination sont prépondérantes.

Tableau 55 : Répartition des motifs explicatifs des mobilités des enquêtés


Motifs Fréquences Pourcentages

1 131 73,60
2 17 9,55
3 5 2,81
4 25 14,04
Total 178 100

Les motifs « 1 » : renvoie à toutes les réponses ayant un lien avec la situation familiale ; et les
réponses codifiées par « 2 », traduisent le changement de résidence suite « au décès du
conjoint ». Les choix 3 et 4 portent respectivement sur « raisons de santé » et « recherche de
travail »

Cette discrimination mérite certainement une recherche plus fouillée, car elle a des facteurs
aggravants au regard de la catégorie sociodémographique concernée : femmes, veuves pour la
plupart, divorcées (répudiées) et sans ressources financières. Si on considère le statut
sérologique des enfants et du conjoint, les cas infectés qui ressortent sont synonymes de
déstabilisation pour ce groupe.

8.2.1.2. Stigmatisation, discrimination et quête de prise en charge thérapeutique

L’offre de soins et traitements du sida est structurée autour de 4 types de structures de prise en
charge thérapeutique : les structures publiques, privées, communautaires et confessionnelles.
Selon l’étude sur « stigmatisation et fréquentation des structures de prise en charge du VIH :
cas des hommes au Burkina Faso » [SP/CNLS-IST’2007], la majorité des personnes vivant
avec le VIH en quête de traitement utilisent les formations sanitaires associatives et
confessionnelles à 64,1% contre 31,7% pour les formations sanitaires publiques.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 236
exemple du Burkina Faso
Tableau 56 : Fréquentation des structures de prise en charge thérapeutique
Type de structure utilisée pour la prise en Effectif %
charge thérapeutique
Centre médical public 45 31,7%
Centre médical privé 5 3,5%
Centre médical confessionnel 15 10,6%
Associations/ONG 76 53,5%
Autre 1 0,7%
Total 142 100,0%

Selon la même étude, le choix d’une structure pour la prise en charge thérapeutique est
fonction de plusieurs éléments, allant de l’accueil du personnel à la disponibilité et à la qualité
des services offerts. Le coût des prestations est aussi un facteur important ; il motive le choix
de la structure, au regard des conditions socio-économiques de la population d’enquête en
particulier et des populations les plus vulnérables face à l’infection en général. Le tableau ci-
après présente les fréquences des différentes motivations pour le choix de la structure de prise
en charge thérapeutique.

Tableau 57 : Critères de choix des structures

Motif fréquentation Fréquence Pourcentage


Soins 143 35,57
Discrétion (confidentialité) 109 27,11
Soutien moral 86 21,39
Accueil du personnel 77 19,15
Proximité 63 15,67
Recommandation 57 14,18
Absence de centre de proximité 41 10,20

La place de choix revient aux soins, ce qui reste bien évidemment le premier motif qui
conduit les personnes vivant avec le VIH au centre de soins. L’importance du deuxième
critère, c’est-à-dire la discrétion (confidentialité) est assez révélatrice du besoin des PVVIH
de garder leur statut secret dans le souci d’éviter la stigmatisation.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 237
exemple du Burkina Faso
8.2.2. Personnes vivant avec le VIH, mobilités et recomposition territoriale : les
territorialités induites par la prise en charge thérapeutique

La prise en charge thérapeutique entraîne pour les personnes vivant avec le VIH, des
transformations de leur vécu quotidien et, partant une recomposition territoriale. Cette
recomposition territoriale trouve ses fondements dans la disparité de l’offre de soins et de
traitement du sida, d’une part ; et d’autre part, dans la perception de la stigmatisation ou de la
discrimination de la part de la société dans laquelle évoluent les personnes vivant avec le
VIH. Ces nouvelles territorialités, induites par la quête d’une prise en charge thérapeutique,
s’affranchissent des frontières, de multiples manières. Leur mise en place, leur « tracé »
résulte de croisement de plusieurs facteurs allant du social (le vécu quotidien, les stigmates, le
regard de la société, etc.) au spatial (localisation du lieu de vie, la distribution de différents
offres et services nécessaires aux personnes vivant avec le VIH…).

8.2.2.1. Territorialités induites par mobilités liées à la prise en charge thérapeutique

1- Femme de 42 ans, Burkinabé (mossi), mariée avec 5 enfants. Résidant dans une commune
ne disposant pas de structure de prise en charge thérapeutique. Ménagère sans aucun
niveau d’instruction, elle vit à Séguénéga avec son époux depuis plus de 25 ans, donc bien
avant la déclaration des premiers cas de sida. Elle n’a effectué qu’un seul voyage hors de
sa commune de résidence : en 2004, elle a passé 3 semaines à Bobo-Dioulasso. Motif,
rendre visite à des parents. Dépistée en 2005, elle a bénéficié d’une prise en charge
thérapeutique depuis mai 2006 à Ouahigouya.

Sa mobilité s’est crue, à travers les déplacements périodiques et fréquents pour renouveler
son ordonnance médicale, participer au club d’observance pour le suivi de la prescription
médicale.
Pour les examens biologiques, elle a inclus la province du Kadiogo dans sa recomposition
territoriale. Son territoire de vie s’en trouve ainsi modifié, et ses mobilités sont accrues.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 238
exemple du Burkina Faso
Carte 27. Flux du déplacement par année de Séguénéga à Ouahigouya

2- Femme de 34 ans, Burkinabé, résident dans la commune de Kampti. Divorcée, mère


d’un enfant, elle a été dépistée en 1996 à Ouagadougou, sur suspicion médicale. Elle
est sous traitement antirétrovirale depuis 2000. Alors que de manière officielle, les
premières mises sous thérapie. Son parcours de soins peut se résumer comme suit :

Résidence
depuis début
Résidence actuelle Lieu de soins ARV 2004 2005 2006 2007

Kampti (Poni) Ouaga de 1994 à 2004 1 2 2 0

Gaoua depuis 2004 1 3 2

Depuis le début de son traitement, elle va toujours à Ouagadougou malgré l’arrivée des
thérapies à Gaoua. Ainsi pour 2006, elle s’est déplacée 2 fois à Ouagadougou pour ses soins
et dans le même période, elle a fait trois séjours médicaux à Gaoua.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 239
exemple du Burkina Faso
Carte 28. Mobilités vers Ouagadougou (depuis 1994) et vers Gaoua (2005)

8.2.2.2. La territorialité, dans un contexte autre que la prise en charge thérapeutique

3- Veuve de 47 ans, avec 5 enfants. Son dépistage, effectué en 2005 après une suspicion
médicale, a permis de bénéficier d’une thérapie antiretrovirale dans la même année.
Malgré la distance qu’elle parcourt régulièrement (45 km), elle n’a pas l’intention de
changer de centre pour sa prise en charge thérapeutique. Cette conviction tient du fait
que le CHR de Koupèla a connu des situations de ruptures de stock en ARV, surtout
en 2005.
Son cas illustre les ruptures de stocks qui ont été signalés entre 2004 et 2005. Dans un
premier temps, sas mobilités étaient justifiées par les soins. Mais depuis 2006, aucun
district ne signale encore des ruptures de stocks en ARV.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 240
exemple du Burkina Faso
Carte 29. Mobilités liées à la prise en charge globale

4- Femme de 31 ans, burkinabé, divorcée. Sous thérapie antiretrovirale depuis 2003,


après un dépistage effectué en 2001 (année de divorce avec son époux). Depuis 2003,
elle suit son traitement à Ouagadougou. Malgré le fait qu’elle trouve très éloignée la
distance séparant son lieu d’habitation et le centre Oasis, elle y vient pourtant
régulièrement. Sa motivation est tient surtout la prise en charge globale dont elle
bénéficie au centre Oasis (Alimentaire, vestimentaire, appui pour des activités
génératrices des revenus, etc.). Elle est prête à changer de lieu de soins à condition
qu’une structure associative mène des activités chez elle, à Boussé.

5- Jeune mère burkinabé de 26 ans, mariée avec un enfant. Elle a effectué un dépistage
volontaire en 2006 et depuis 2007, elle bénéficie d’une prise en charge thérapeutique.
Bien que la distance qu’elle parcourt soit très éloignée, elle continuera à venir dans ce
centre à Ouagadougou, tant qu’il n’y aurait pas un centre identique que Oasis dans sa
localité. NB/ Epoux est infecté.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 241
exemple du Burkina Faso
6- Jeune femme de 27 ans. Dépistage au VIH réalisé après suspicion médicale en 2006.
La distance entre sa résidence et le centre est très éloignée mais elle y va parce qu’il
n’y a pas d’autre centre proche de chez elle. En 2007, pendant trois semaines, elle n’a
pas pu rejoindre son club d’observance pour raisons financières.

Ces cas sont des typiques de mobilités non liées aux soins prioritairement car le CM de
Boussé dispense les soins et traitements du sida depuis 2006. Ces femmes ne devraient
plus être dans la file active de Oasis, s’il n’y avait que les soins qui motivaient leurs
périodiques déplacements, de Boussé vers Ouagadougou. De plus, il y a le centre médical
Paul VI qui, en terme de distance, est encore plus proche pour elles que le centre Oasis.
Les raisons de leur présence à Oasis sont liées à une prise en charge globale, que ne
dispense pas les structures publiques d’offres de soins.

7- Mère de 42 ans divorcée avec 4 enfants. C’est par suite d’une suspicion médicale
qu’elle a effectué son dépistage en 2003, année de sa mise sous thérapie
antiretrovirale. Elle a débuté sa thérapie dans un autre lieu, centre médical Paul VI.
Elle a changé par la suite à cause de la distance et pour bénéficier des soins. NB/ elle a
été contaminée en 2003 par son époux, alors qu’ils étaient à Divo (en Côte d’Ivoire)
où son mari est planteur.

8- Femme de 29 ans, vivant en concubinage, avec deux enfants dont elle ignore la
sérologie. La suspicion médicale a été à l’origine du test de dépistage effectué en
2006. Sa prise en charge thérapeutique a commencé en 2007 et bien qu’elle connaisse
d’autres centres de prise en charge, elle fréquente le centre Oasis pour l’aide globale
dont elle bénéficie, notamment les dons de vivres.

9- Femme mariée de 32 ans, mère de 4 enfants. C’est à la suite d’une hospitalisation en


2003 qu’elle a effectué son test du VIH qui s’es révélé positif. Mais c’est en 2005,
qu’elle débuté une thérapie antiretrovirale, dans ce centre où elle compte poursuivre
son traitement tant qu’il n’y a pas un centre proche de chez elle. NB/ conjoint infecté
ainsi que le dernier enfant.

10- Femme de 39 ans, veuve, trois enfants dont aucun n’est vivant avec le VIH. Elle
bénéficie d’une prise en charge thérapeutique depuis 2004 après un dépistage effectué

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 242
exemple du Burkina Faso
en 2005, des suites d’une suspicion médicale. Le centre est assez éloigné pour elle
mais elle dit ne pas vouloir changer de lieu car elle s’est habituée à s’y rendre pour ses
soins.

11- Femme de 24 ans, vivant en concubinage, mère d’un enfant. Elle a été dépistée
positive en 2003 suite à des examens médicaux. Elle trouve le centre éloigné de sa
maison mais depuis 2003 qu’elle est sous thérapie ARV, elle a fini par s’habituer et ne
compte pas changer de centre.

12- Une veuve de 27 ans, avec 2 enfants non infectés ; dépistée positive au VIH en 2006
suite à une suspicion médicale, elle a été mise sous thérapie antiretrovirale en 2007. La
distance qui la sépare du centre de soins est assez éloignée, mais elle a choisi d’aller à
cause de la prise en charge alimentaire dont elle bénéficie en plus des soins gratuits.

13- Femme mossi, 30 ans, vivant en concubinage, 1 enfant ; a été dépistée en 2006 et est
sous thérapie antiretrovirale depuis cette date. Malgré la distance très éloignée qui la
sépare du centre Oasis, elle a choisi d’y aller sur les recommandations de son
médecin ; elle s’y finalement habituée à parcourir. NB/ Son conjoint est infecté mais
leur enfant ne l’est pas. Les relations du couple ont été resserrés depuis qu’ils ont tous
les deux connu leur sérologie vis-à-vis du VIH.

Carte 30. Recompositions territoriales de Pabré et de Boussé vers Ouagadougou

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 243
exemple du Burkina Faso
Conclusion partielle

Les résultats de l’enquête de terrain ont confirmé dans une large majorité les données relatives
à l’infection à VIH au Burkina Faso. Les caractéristiques sociodémographiques, économiques,
les indicateurs relatifs à l’infection elle-même ou à l’accessibilité aux soins et traitements liés
au VIH, sont les identiques aux caractéristiques qui ressortent des données ONUSIDA/OMS.
Les personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso, pour la plus grande majorité, à la faveur
de l’accès aux traitements au traitement pour tous, prôné par diverses initiatives, ont vu leurs
conditions de vie s’améliorer (augmentation de l’espérance de vie, amélioration de niveau de
vie car pouvant encore travailler, pas de dépendance vis-à-vis de la communauté, etc.).
De grands efforts ont été consentis par le Gouvernement avec l’appui de ses différents
partenaires pour faciliter l’accès et la disponibilité aux soins, à l’échelle de la collectivité
locale de base, à savoir la province. Cela devait soulager une population caractérisée par une
forte paupérisation. Néanmoins, on constate encore ça et là des mobilités de personnes vivant
avec le VIH. Ces mobilités, qui à priori, semblent induites par la prise en charge
thérapeutique, n’en est rien quand on y regarde de près. Si quelques personnes vivant avec le
VIH assistent à une recomposition territoriale du fait des soins liés à l’infection à VIH, cela
est dû à une exigence de leur état de santé qui nécessite un recours de référence. Mais pour
bon nombre de mobilités, elles sont le fait d’un besoin de soutien autre médical : une prise en
charge globale avec un accent sur l’appui financier, les ressources alimentaires et la prise en
charge scolaire des enfants pour ceux qui en ont. Cette recomposition territoriale permet
également aux personnes vivant avec le VIH, d’échapper au phénomène de stigmatisation et
de discrimination en se fondant dans une grande localité. C’est le cas de Ouagadougou avec
ses structures communautaires associatives dont le rôle premier est l’assistance et l’aide aux
personnes vivant avec le VIH, sous diverses formes.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 244
exemple du Burkina Faso
ConClusion générale

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 245
exemple du Burkina Faso
Depuis les premiers cas de sida dont mention a été faite en 1981 par l’immunologiste Michael
Gottlieb dans la revue scientifique Morbidity and Mortality Weekly des Centers for Disease
Control d’Atlanta, le visage de ce mal a beaucoup changé. D’une simple infection, le VIH est
devenu très vite une épidémie, puis une pandémie de par son aspect globalisant et généralisé,
présent sur tous les continents. En un quart de siècle la « Planète sida » a connu de profonds
bouleversements et de grands changements démographiques, socio-économiques, sanitaires ;
mais le plus grand reste, sans conteste, l’arrivée en 1996 des associations puissantes
d’antiretroviraux communément appelées multithérapies31 (Pillonel et Laporte, 2002). Les
progrès thérapeutiques ont transformé l’infection à VIH de maladie progressive, dont la
finalité est la mort, en une maladie chronique. La mobilisation des chercheurs (biologistes,
épidémiologistes, virologues, etc.) a permis de rendre disponible des médicaments liés aux
soins et aux traitements du sida. L’implication aux plus hauts niveaux institutionnels et
communautaires a permis d’assurer des prises en charge thérapeutiques à des personnes
vivant avec le VIH dans les pays à ressources économiques et financières limitées. Des vies
humaines ont été sauvées, et les effets dévastateurs de l’infection sur les individus, les
familles, les communautés, les systèmes de santé, l’éducation, l’agriculture, la production, la
sécurité et le développement en sont largement atténués (ONUSIDA, 2006).
Toutefois, la lecture des données laisse percevoir un déséquilibre mondial des soins et des
traitements du sida : il reflète le tableau général des inégalités en matière de santé et donne à
la communauté internationale l’occasion de prouver qu’elle est véritablement décidée à y
mettre fin (OMS 2004). C’est ainsi que plusieurs initiatives sont mises en œuvre, que
plusieurs slogans sont lancés pour améliorer l’accès aux soins et aux traitements d’un plus
grand nombre. Cet élan permit de réduire la fracture entre Nord et Sud de la riposte au VIH.

Au Burkina Faso, la prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH a
timidement démarré en 1999 ; elle concernait des prescriptions particulières sur un échantillon
très petit de privilégiés. La principale raison était surtout l’accessibilité à la thérapie ; une
accessibilité qui se décline à travers la disponibilité, le coût, l’accessibilité géographique, et
les pesanteurs sociales qui constituent des freins à cet objectif.

31
Pillonel J., Laporte A. « d’une maladie mortelle à une maladie chronique », In Adsp, « Le sida 20 ans après »,
n°40, septembre 2002.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 246
exemple du Burkina Faso
Il faut attendre pratiquement une décennie plus tard pour que la prise en charge thérapeutique
connaisse son tournant décisif en 2004, avec l’appui des différentes initiatives qui ont permis
de faire face à une forte demande croissante. Cela a conféré une double importance à l’offre
de soins à travers une couverture géographique plus grande et un niveau institutionnel
renforcé.

SECTION 1 : PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE ET DESTABILISATION

Des facteurs de vulnérabilité et des facteurs aggravants face à une infection généralisée

Pays aux potentialités naturelles bien limitées, avec une économie fortement agricole, le
Burkina Faso connaît un phénomène d’urbanisation peu maîtrisé et une forte croissance
démographie avec une proportion élevée des jeunes de 15-49 ans et de femmes (52%). La
pauvreté et la précarité socio-économique sont responsables (i) de la migration de jeunes
ruraux vers le milieu semi urbain et encore plus vers le milieu urbain économiquement plus
avancé ; (ii) de l’exode vers la Côte d’Ivoire dans la perspective d’améliorer les conditions
économiques. La difficulté de survie, l’appât du gain facile mènent à des comportements à
risques, la mendicité, la drogue pour les garçons et la prostitution pour les filles, augmentant
ainsi leur vulnérabilité à l’infection à VIH32 (SP/CNLS-IST, 2007).
Dans un contexte marqué par l’emprise des hommes sur les décisions sociales et familiales,
les conditions de vie et d’existence des femmes sont rythmées par une précarité d’ensemble :
- machine à produire mais qui ne peut prétendre en utiliser les retombées financières,
- épouse soumise et fidèle, sans aucune possibilité de négocier les rapports sexuels
(utilisation de préservatifs, moment du rapport, conditions du rapport…),
- sans droit à l’information ou sous-informée sur les points relatifs à sa santé, du fait de
la non ou faible scolarisation des filles, prédisposées à des mariages précoces.
La couche socio-économique la plus à risque est finalement celle la plus touchée par
l’infection, ce qui se traduit dans les vécus au quotidien par une stigmatisation menant
inévitablement vers une discrimination. Cet ensemble de facteurs prédispose ou a contribué à
entretenir une généralisation de l’infection à VIH. En effet, selon les sources officielles de
l’OMS, la séroprévalence a atteint un chiffre record 7,17 % en 1997. Mais au regard de la
mobilisation nationale depuis les premières heures de la riposte, les différents efforts
consentis et les grands domaines programmatiques mis en œuvre, ont permis une baisse voir
32
Présidence du Faso/CNLS-IST, Etude sur les facteurs explicatifs des disparités spatiales de la prévalence du
VIH/SIDA au Burkina Faso, Burkina Faso, 2007, 84p et annexes

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 247
exemple du Burkina Faso
une stabilisation de la séroprévalence depuis 2006. Toutefois le nombre de personnes vivant
avec le VIH reste élevé, ainsi que le nombre de décès annuel dû au sida.

De la prise en charge thérapeutique pour les personnes vivant avec le VIH

La disponibilité des soins et traitements liés au sida est une réalité, à l’échelle des districts
sanitaires considérés comme unités d’analyse spatiale. Sur les 55 districts sanitaires que
compte le Burkina Faso répartis dans les 45 provinces, seuls trois districts n’offrent pas la
prise en charge thérapeutique aux personnes vivant avec le VIH. Depuis les dernières ruptures
de stocks constatés en 2005 (SP/CNLS-IST, 2005), tous les besoins réels exprimés pour une
thérapie du sida sont supposés être couverts. Les besoins de thérapie tels que présentés par les
rapports de l’ONUSIDA et de l’OMS sont avant tout des calculs résultant d’estimations à
partir du taux de prévalence annuel. Malheureusement, cette estimation est faite sur la base
que « toute personne vivant avec le VIH et ayant besoin de traitement, se présenterait à une
structure sanitaire pour en bénéficier ». Cette logique n’est pas systématique au Burkina Faso,
où l’on constate déjà une sous-utilisation des services de santé par les populations ; les raisons
vont du manque de moyens financiers à une plus grande crédibilité accordée à la
pharmacopée et à la médecine traditionnelles. Les soins et traitements du sida intègrent
d’autres paramètres qui jouent sur la fréquentation des structures de soins.
Selon le lieu de vie, la prise en charge thérapeutique varie en fonction du besoin des
personnes vivant avec le VIH. Ainsi, pour la thérapie antiretrovirale, le lieu de vie des
personnes vivant avec le VIH n’est pas un frein, terme de distance à parcourir, pour bénéficier
d’une prise en charge. C’est là qu’intervient le rôle majeur joué par les structures associatives
à travers les mobilités qu’elles confèrent à leurs actions.
En effet, à travers le dépistage en stratégie avancée, les visites et les soins à domicile, les
organisations de la société civile se déplacent vers les populations dont l’accessibilité
géographique est rendue difficile par manque de voies de communications. Toutefois, il se
pose avec acuité le problème des laboratoires équipés aux normes pour les différents et
réguliers examens biologiques. La compétence et la technicité qu’ils requièrent, ainsi que le
coût d’achat de certains équipements sont toujours un point d’achoppement de cette offre de
soins et de traitements du sida.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 248
exemple du Burkina Faso
Et l’accessibilité financière

« La santé pour tous » se matérialise par des soins accessibles à tous et gratuits à l’exception
des médicaments de première ligne. Aussi, le meilleur moyen pour évaluer l’accessibilité
financière ou économique est de comparer le prix du médicament avec le salaire journalier le
plus bas ou moyen du pays [ZIO, 2005]. En rapportant cette assertion à la prise en charge
thérapeutique du sida, on retrouve les dispositions nationales pour les soins aux personnes
indigentes, l’appui des différents partenaires qui font bénéficier de soins gratuits à travers les
structures associatives et communautaires. Et plus proche de nous, le 1er décembre 2007, un
décret ministériel a fixé à 1 500 FCFA (environ 2€ et 30 centimes), le coût des soins et
traitements trimestriels liés au sida, pour toutes les thérapies considérées. Les enquêtes de
terrain ont montré que plus de 80% des enquêtés déclarent bénéficier gratuitement des soins
liés à l’infection du VIH.

Infection à VIH et thérapie liée au sida : un contexte de stigmatisation et discrimination

Sans avoir poussé la réflexion sur la discrimination liée à l’infection à VIH et aux soins sida,
nous avons pu constater à la lumière des résultats de terrain et de la revue de littérature, que
les personnes vivant avec le VIH portent bien les stigmates de l’infection, des étiquettes
placées ça et là par la société, par leur entourage conduisant inexorablement vers une
discrimination sociale. Cette discrimination explique le déplacement d’un lieu à un autre pour
la quête de soins, dans le souci de ne pas se faire remarquer par son entourage. Elle est la
principale raison des arrivées tardives à la prise en charge : selon l’enquête, la majorité des
dépistages sont liées à une suspicion médicale, le plus souvent lors de consultations médicales
ou d’hospitalisations pour ce qui va se révéler être des infections opportunistes.
Considérée encore comme une maladie, les soins et traitements du VIH/sida débutent souvent
par la médecine et la pharmacopée traditionnelles dont les limites se sont révélées très vite
face à la complexité du virus. Les thérapeutes traditionnels viennent à bout de certaines
infections opportunistes, d’où l’organisation de ce sous-secteur par le Ministère en charge de
la santé, afin de faciliter la référence des cas à forte suspicion de VIH vers les centres de
dépistages ou directement vers les structures sanitaires.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 249
exemple du Burkina Faso
D’une façon générale, les mobilités des personnes vivant avec le VIH sont liées à la quête
d’une prise en charge globale, l’aspect thérapeutique n’étant pas négligé mais il n’est pas le
critère décisif du choix de centre de prise en charge. Ces déplacements sont aussi liés au
stigmate et à la discrimination dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH. Les
centres de prise en charge thérapeutique relevant des associations et des ONG ont très vite été
marqués d’un sceau particulier ; et à travers le centre, ce sont toutes personnes qui fréquentent
le centre qui sont « pointées du doigt accusateur et discriminant ». Mais la forte fréquentation
de ces centres relève de leur appui aux personnes vivant avec le VIH pour une prise en charge
globale.

SECTION 2: PERSPECTIVES DE RECHERCHE : DE NOMBREUSES

POSSIBILITES ET BIEN DE PISTES A EXPLORER

L’infection à VIH au Burkina Faso, un vaste champ à explorer

Sur la base de nos enquêtes de terrain et au regard des différentes données liées à l’infection à
VIH et aux soins et traitements du sida, nous pouvons affirmer sans hésiter qu’il y a matière à
recherche. Notre travail nous l’espérons, sera un précurseur vers d’autres champs et même en
géographie, pourquoi pas ? Nous en voulons pour preuve, notre thème de recherche : prise en
charge thérapeutique et territorialités. En choisissant ce thème, nous étions convaincus que
beaucoup de travaux avaient été réalisés sur l’infection et sa prise en charge. Cela reste vrai,
mais pas pour le Burkina Faso, surtout dans le champ de la géographie. Par exemple, dans le
champ de la prévention, il serait opportun d’approfondir les impacts des centres d’écoutes
pour la cible « jeunes ». Les centres d’écoutes semblent décrire une territorialisation dont on
pourrait analyser les retombées des actions en lien avec la prise en charge thérapeutique et
plus précisément la fréquentation des centres de santé.

Plus spécifique à l’impétrant

Ce travail, nous l’avons voulu exploratoire dans un domaine encore sous les pesanteurs
socioculturelles propres à l’Afrique subsaharienne. Les différentes pistes qu’offre l’infection à
VIH nous permettront, à terme, de mieux documenter les nombreux angles de recherche
possibles : il y a encore matière à faire dans le champ de la prise en charge thérapeutique, et

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 250
exemple du Burkina Faso
les facteurs liés à l’infection doivent être mieux appréhendés. Il serait souhaitable de pouvoir
accompagner la riposte nationale avec des outils de la géographie tels que les Systèmes
d’Informations Géographiques (SIG). Les SIG offrent l’opportunité de disposer d’un
panorama de l’organisation spatio-temporelle de l’offre de soins au travers de tous ses acteurs,
et d’entreprendre une modélisation. Les cartes produites et le suivi en temps réel sont un outil
d’aide à la décision pour les acteurs chargés de la coordination de la lutte.
La riposte nationale au VIH doit s’intégrer dans la politique sanitaire globale pour une
meilleure complémentarité des actions. Le ministère en charge de la santé utilise de plus en
plus Health Mapper, avec l’appui de l’OMS, pour des actions de planification et un meilleur
suivi de sa politique de décentralisation.

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 251
exemple du Burkina Faso
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Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 257
exemple du Burkina Faso
ANNEXE A: QUESTIONNAIRE POUR LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH

Date …………………

A/ Identification du centre d'administration du questionnaire : nom et adresse complète


……………………………………………….………………………………………………

B/ Identification et localisation de la personne enquêtée


1. Sexe : Masculin ( ) Féminin ( )
2. Age …………ans
3. Statut matrimonial : marié (e) ( ) célibataire ( ) divorcé (e) ( )
Veuf (ve) ( ) concubinage ( )
4. Enfants : ► OUI ( ) Nombre …………
Age de l’aîné et du benjamin (plus jeune) ……….ans et ……ans
► NON ( )
5. Nationalité…………………………………..
6. Ethnie ………………………………………
7. Secteur ou lieu d'habitation ………………………………………….
8. Depuis quand habitez-vous dans ce quartier ? …………………………
9. Avez-vous toujours habité là ? oui ( ) non ( )
Si non, quelle est la raison de votre changement d’adresse ?..........................................
………………………………………………………………………………………………………

C/ Etat sérologique de l'enquêté et traitement:


1- Comment avez-vous appris votre sérologie ?
a. Dépistage volontaire ? ( )
b. Examens effectués au cours de soins médicaux ? ( )
c. Pour raison administrative ou d’emploi ( )
2- De quel type de VIH êtes-vous porteur ? VIH 1 ( ) VIH 2 ( ) VIH 1+2 ( ) Ne
sait pas ( )
3- Où et quand avez-vous fait votre
dépistage ?…………………………………………………………………..……..
4- Pourquoi avez-vous fait le test à cet endroit ?
………………………………………......................................
5- Depuis quand êtes-vous sous
traitement ARV?……………………………………………………………………

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 258
exemple du Burkina Faso
6- Quelle somme payez-vous pour votre traitement ARV aujourd’hui ?..........................................
7- Si le prix a changé depuis que vous avez commencez les ARV, dites les dates et
montants…………………..
Année…………… Prix…………… Année…………… Prix…………… Année……………
Prix……………
8- Comment avez-vous eu connaissance du traitement?
………………………………..…………………………………………………………………
………………………………………………………..………
9- Avez-vous interrompu votre traitement à un moment donné ? Oui ( ) Non ( )
Si oui, précisez la période et les
raisons…………………………………………………………………………………
………….….………………………………………………………………………………................
10- Avez-vous toujours été suivi dans ce centre de traitement ?
i. ►OUI ( )
ii. ►NON ( )
Si non où avez-vous commencez le
traitement ?………………………………………………………………………………
11- Pourquoi avez-vous changé de centre de traitement ? ...............................................
……………………………..
12- Comment qualifierez-vous la distance qui sépare votre domicile du centre de traitement :
Pas éloignée ( ) Eloignée ( ) Très éloignée ( )
13- Pourquoi allez vous dans ce centre ?
Pour sa proximité ( ) Pour l'accueil du personnel ( )
Pour la discrétion ( ) Pour le soutien moral ( )
Pour les soins ( ) Sur recommandations de mon médecin ( )
Absence de centre à proximité de mon lieu d’habitation ( )
Autres,
précisez………………………………………………………………………………………………
….……
14- Avez-vous l’intention d’en changer ?
►OUI ( )
pourquoi……………………………………………………………………………………………
…………..
►NON ( )
pourquoi……………………………………………………………………………………………
15- Dans quelle structure sont effectués les différents examens biologiques ?
a. Ici même (structure de prise en charge ARV) ? ( )

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 259
exemple du Burkina Faso
b. Dans une structure ? Donnez le
nom…………………………………………..……………
16- Etes-vous suivis ou avez-vous été suivis par des médecins ou des structures de prise en charge
hors du Burkina Faso ?
►OUI ( ) Dans lequel de ces pays ?
Côte d’Ivoire ( ) Belgique ( ) Sénégal ( ) Ghana ( ) Mali ( )
France ( ) Bénin ( ) Togo ( ) Autres,
précisez………….....................................................
Pourquoi ?
a. Pour la discrétion ( )
b. Espoir de meilleurs soins ( )
c. J’ai une assurance maladie qui me le permet ( )
d. Manque de confiance dans les centres du BF ( )
e. Autres raisons,
précisez………………………………………………………………
…….………………………
►NON ( ) Pourquoi
a. Par manque de moyens ( )
b. Bonne prise en charge au BF ( )
c. Autres raisons,
précisez…………………………………………………….……………………………
…………………………………………………………..……………………………..

D/ Aspects de mobilité de la personne vivant avec le VIH/sida


1- Quel est votre niveau d’études ? Primaire ( ) Secondaire ( ) Supérieur ( ) Aucun ( )
2- Quelle est votre profession ?……………………
Si travail, continuez question 3 ; sinon passez à la question 7
3- Combien de fois vous rendez-vous à votre lieu de travail par jour ?…………………
4- Combien de temps mettez-vous pour aller travailler ?…………………………………
5- Avez-vous changez de lieu de travail depuis que vous connaissez votre sérologie ?
► Oui ( ) Lieu avant……………… Lieu après……………………
Pourquoi ?....................................................................................................................
► Non ( )
6- Quel moyen de déplacement utilisez-vous ? Pieds ( ) Vélo ( ) Taxis ( )
Mobylette ( ) Voiture ( ) Bus ( ) Autre, précisez…………………….…
7- Comment vous rendez-vous au centre de santé ? Pieds ( ) Vélo ( ) Taxis ( )
Mobylette ( ) Voiture ( ) Bus ( ) Autre, précisez…………………

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 260
exemple du Burkina Faso
8- Votre état de santé nécessite-t-elle qu’une autre personne vous conduise au centre de santé ?
Oui ( ) Non ( )
9- Combien de temps mettez-vous pour vous rendre au centre de
soins ?........................................................
10- Vous arrive-t-il de voyager ? Oui ( ) Non ( )
11- Si oui, citez 3 destinations
fréquentes………………………………………………………………………………………
12- Quelle est votre dernière
destination ?…………………………………………………………………………………….
13- A quand remonte ce déplacement ? (la
date)..........................................................................................................

Résidence (depuis le 1er janvier 1986 jusqu’à ce jour)


Date : de …….à …… Durée (mois ou année) Lieu Motif

Mobilités temporaires (depuis le 1er janvier 1986 jusqu’à ce jour) durée supérieure ou égale à 15
jours
Date : de …….à …… Durée (mois ou année) Lieu Motif

Mobilités occasionnelles (depuis le 1er janvier 1986 jusqu’à ce jour) durée inférieure à 15 jours
Date : de …….à …… Durée (mois ou année) Lieu Motif

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 261
exemple du Burkina Faso
D- Sérologie de la famille

1. Connaissez-vous la sérologie de votre conjoint(e) ? oui ( ) non ( )


Si oui, quelle est-elle ? –Non infectée ( ) - Infectée ( ) - Sida déclarée ( )
2. Quelle est la sérologie des
enfants ?……………………………………………………………………
Vérifier que des membres de la famille sont infectés avant de poser question 4
3. Les membres infectés de la famille sont-ils suivis médicalement? Oui ( ) Non ( )
►OUI, dans quel
centre ?……………………………………………………………………………..…….
►NON,
pourquoi ?………………………………………………………………………………………….…
4. Votre conjoint a-t-il un
travail ?……………………………………………………………………………
5. Votre sérologie ou celle de conjoint (e) a t-elle modifié votre vie quotidienne, vos espaces ou
territoires quotidiens ? Oui ( ) Non ( )
6. En quoi consiste cette modification ? qu’est-ce qui a changé ? (description précise et concise)
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
7. Quelles suggestions faites-vous pour l’amélioration et de meilleures conditions de la prise en
charge de la Personne vivant avec le
VIH/Sida ?.................................................................................................................................
………………………………………………………………
8. Où et en quelle année avez-vous été infecté (pays, ville, village et
année) ?..........................................................
9. Comment avez-vous été infecté par le
VIH ?..........................................................................................................…………………………
……………………………………………………………………………………………………

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 262
exemple du Burkina Faso
ANNEXE B : SP/CNLS-IST : ATTRIBUTIONS ET RELATIONS

1. Attributions du SP/CNLS-IST (1/2)

 Coordonner le Programme national de lutte contre le sida


et l’élaboration des plans d’actions sectoriels de lutte
contre le VIH et les IST

 Développer les mécanismes de leur mise en œuvre

 Assurer le suivi de la mise en œuvre des activités au


niveau national (revues, suivi, rapports périodiques,
évaluation..)

 Apporter l’appui technique nécessaire aux intervenants


Copyright@SP/CNLS-IST, 2008 3

1. Attributions du SP/CNLS-IST (2/2)

 Évaluer les besoins du programme national et de faciliter


les démarches d’harmonisation de l’exécution des
interventions

 Assurer la coordination de l’appui des bilatéraux et


multilatéraux

 Assurer le secrétariat du Conseil national de lutte contre le


sida et les IST

 Préparer les différentes réunions de concertation


Copyright@SP/CNLS-IST, 2008 4

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 263
exemple du Burkina Faso
3. Couverture opérationnelle des secteurs

Structures transversales Secteurs Structures non transversales

Secteur Coordination
-structures centrales
-structures décentralisées

DCCRO
Secteur Communautaire
DED-FSMOS
Bureau SP
UC-PSE
UGF Secteur des Entités territoriales DET
DAF Antennes Rég.
DCRP
DME
Secteur des Institutions et
DSS
Ministères
DED-FSMOS
DME
Secteur Privé et entreprises

Copyright@SP/CNLS-IST, 2008 11

6. Rapports avec le Ministre de la santé


(1/2)

Ministre de la santé = 1er Vice- Président du CNLS-IST. A ce titre,

 il préside au nom du Président du CNLS-IST :

 la journée mondiale du sida (JMS)

 les réunions du Bureau du CNLS-IST

 Il assure avec le Secrétaire permanent le débriefing pré-session du


Président du CNLS-IST

 Il assiste à la session du CNLS-IST en tant que membre du


présidium
Copyright@SP/CNLS-IST, 2008 15

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 264
exemple du Burkina Faso
6. Rapports avec le Ministre de la santé
(2/2)

Par rapport au Secrétaire permanent du CNLS-IST,


 Il entretien des relations quotidiennes de travail
 Il donne son avis sur les dossiers techniques en lien avec la
politique sanitaire nationale
 Il reçoit au plan international l’appui du Secrétaire permanent
du CNLS-IST pour
 Œuvrer au maintien du leadership du Burkina Faso
 Participer aux rencontres du Fonds Mondial en tant que
membre titulaire du conseil
 Participer aux rencontres internationales relatives au VIH
(UNGASS, CISMA, Conférence internationale sur le
sida…)
Copyright@SP/CNLS-IST, 2008 16

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 265
exemple du Burkina Faso
TABLE DES MATIERES

Remerciements ...............................................................................................................................2
Résumé ..........................................................................................................................................4
Abstract ..........................................................................................................................................5
Sommaire .......................................................................................................................................6
Listes des cartes ..............................................................................................................................7
Listes des encadrés .........................................................................................................................9
Tables des figures ......................................................................................................................... 10
Listes des graphiques .................................................................................................................... 11
Listes des photos .......................................................................................................................... 13
Listes des tableaux ........................................................................................................................ 14
Liste des sigles et acronymes ........................................................................................................ 17

INTRODUCTION GENERALE........................................................................................ 21

Section 1 : La problématique......................................................................................... 23

Section 2 : Les hypothèses de travail........................................................................ 25

Section 3 : Les objectifs pratiques du travail ........................................................ 25

Section 4 : Les objectifs de l’étude ............................................................................ 26

Section 5 : La méthodologie .......................................................................................... 28

Section 6 : La revue de la littérature ......................................................................... 29

Section 7 : Le plan de rédaction .................................................................................. 29

PREMIERE PARTIE : L’INFECTION A VIH AU BURKINA FASO ........................... 32

CHAPITRE 1 : LE BURKINA FASO, UN ETAT AU CŒUR DE L’AFRIQUE DE L’OUEST .... 33

1.1. Le Burkina Faso, décentralisation et organisation du territoire................................ 33

1.1.1. Historique de la décentralisation ..................................................................... 34


1.1.2. Organisation territoriale ................................................................................. 35
1.1.3. Les compétences des collectivités locales ........................................................ 37

1.2. Population et peuplement, une démographie fort galopante .................................... 38

1.3. Des conditions climatiques désavantageuses .......................................................... 40

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 266
exemple du Burkina Faso
1.4. Une économie tributaire du secteur primaire .......................................................... 41

1.5. Relations avec la Côte d’Ivoire, liens séculiers et infection à VIH .......................... 43

1.6. Dimensions socio-culturelles, genre et pauvreté, impacts sur l’infection à VIH ...... 44

1.6.1. Infection à VIH et grand péril féminin ............................................................. 45


1.6.2. La pauvreté comme facteur de vulnérabilité au VIH ........................................ 48
CHAPITRE 2 : UNE VUE D’ENSEMBLE DE L’INFECTION A VIH ........................................ 50

2.1. L’Afrique subsaharienne, premier territoire de la pandémie.................................... 50

2.1.1. La planète VIH/sida en fin 2007 ...................................................................... 51


2.1.2. Le VIH/sida en Afrique subsaharienne............................................................. 53

2.2. Le Burkina Faso, une infection stabilisée ............................................................... 55

2.2.1. La surveillance du VIH .................................................................................... 58

2.2.1.1 La surveillance sentinelle ........................................................................ 58


2.2.1.2 Les données de l’Enquête démographique et de santé ............................. 63
2.2.1.3 Les données des enquêtes spéciales : enquêtes ponctuelles auprès de
populations spécifiques ou vulnérables .................................................................. 66
2.2.2. La surveillance du sida .................................................................................... 69
2.2.2.1. Notification sentinelle des cas de sida .................................................... 69
2.2.2.2. Notification de routine des cas de sida ................................................... 69
2.2.3. La surveillance des comportements sexuels ..................................................... 73
2.2.4. La surveillance des IST ................................................................................... 74
CHAPITRE 3 : LA REPONSE AU VIH, UNE POLITIQUE D’ENVERGURE POUR UNE
PRIORITE NATIONALE............................................................................................................. 79

3.1. Historique de la réponse au VIH............................................................................. 79

3.1.1. Première phase : 1987-1995............................................................................ 79


3.1.2. Deuxième phase : 1996-2001........................................................................... 81
3.1.3. Début de la troisième phase : 2001-2005......................................................... 81

3.2. Organisation actuelle de la réponse au VIH ............................................................ 84

3.2.1 Un cadre commun de lutte contre le VIH/SIDA et les IST ................................. 84


3.2.2 Un organe commun de coordination de la réponse ........................................... 87

3.2.2.1. les structures centrales de coordination .................................................. 88


3.2.2.2. les structures décentralisées de coordination .......................................... 89
3.2.2.3. les structures d’exécution ....................................................................... 91

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 267
exemple du Burkina Faso
3.3 Les grandes interventions de la réponse nationale au VIH ....................................... 94

3.3.1. Renforcement des mesures de prévention de la transmission du VIH et des IST et


promotion du conseil dépistage volontaire ................................................................ 94
3.3.2. Renforcement de l’accès aux soins et à la prise en charge médicale et
communautaire des personnes vivant avec le VIH ..................................................... 96
3.3.3. Renforcement de la protection et du soutien aux PVVIH et personnes affectées
par le VIH/SIDA et autres groupes spécifiques .......................................................... 98
3.3.4. Renforcement du partenariat, de la coordination et de la mobilisation des
ressources ainsi que le renforcement de la surveillance de l’épidémie, du suivi
évaluation et promotion de la recherche ................................................................. 100

Conclusion partielle ................................................................................................................ 106

DEUXIEME PARTIE: L’OFFRE NATIONALE DE SOINS LIES A L’INFECTION A

VIH.................................................................................................................................... 107

CHAPITRE 4 : LE SYSTEME DE SANTE ET L’OFFRE NATIONALE DE SOINS ................. 108

4.1 Les principales réformes du système de santé ........................................................ 108

4.1.1. Le système de santé de district ....................................................................... 109


4.1.2. La réforme hospitalière ................................................................................. 111
4.1.3. Libéralisation du système sanitaire................................................................ 112
4.1.4. La réforme du secteur pharmaceutique.......................................................... 112

4.2 La politique sanitaire ............................................................................................. 113

4.3 L’organisation du système sanitaire....................................................................... 114

4.3.1 Le système sanitaire public............................................................................. 117


4.3.2 Le secteur privé .............................................................................................. 120
4.3.3 Le sous secteur traditionnel ............................................................................ 122

4.4. Le financement du système sanitaire .................................................................... 123

CHAPITRE 5 : L’OFFRE NATIONALE DE SOINS LIES A L’INFECTION DU VIH .............. 127

5.1. Le profil des services de soins disponibles ........................................................... 127

5.1.1. La prophylaxie des IO ................................................................................... 127

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 268
exemple du Burkina Faso
5.1.2. La thérapie antirétrovirale ............................................................................ 128
5.1.3. Les examens biologiques ............................................................................... 134
5.1.4. La pharmacopée et la médecine traditionnelle............................................... 137

5.2 Les structures de prise en charge médicale ............................................................ 139

5.2.1. Les structures publiques de soins................................................................... 139


5.2.2. Les structures privées de soins ...................................................................... 144

5.3. L’approvisionnement en médicaments ................................................................. 145

5.4 Les portes d’entrée dans la prise en charge médicale ............................................. 149

5.4.1. La tuberculose ............................................................................................... 149


5.4.2. La Prévention de la transmission mère enfant du VIH ................................... 150
5.4.3. Le Conseil Dépistage Volontaire (CDV) ........................................................ 153
5.4.4. La prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles ...... 156

5.5. Financement de l’offre de soins liés à l’infection à VIH ....................................... 157

CHAPITRE 6 : L’INFECTION A VIH ET LA PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE, QUELS


APPORTS SUR L’OFFRE NATIONALE DE SOINS ................................................................ 162

6.1. Traitement et soins de l’infection à VIH, quels apports à l’offre de soins.............. 162

6.1.1. Au niveau de la couverture géographique ...................................................... 163


6.1.2. Au niveau institutionnel ................................................................................. 163
6.1.3. La nécessité d’un renforcement des capacités des structures publiques de prise
en charge ................................................................................................................ 165

6.2. Implication du monde associatif à l’offre de soins sida, quelle contribution ? ....... 168

6.2.1. Les centres communautaires de dépistage ..................................................... 169


6.2.2. La prise en charge communautaire (PECC) .................................................. 171
6.2.3. Structures communautaires et thérapie antirétrovirale .................................. 174

Conclusion partielle ................................................................................................................ 177

TROISIEME PARTIE : PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DU SIDA :

TERRITORIALISATION ET TERRITORIALITES .................................................... 178

CHAPITRE 7 : LES SITES D’ENQUETES ET DONNEES DE TERRAIN ................................ 179

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 269
exemple du Burkina Faso
7.1. Méthodologie ....................................................................................................... 180

7.1.1 Considération éthique .................................................................................... 180


7.1.2 Critères de sélection des sujets ....................................................................... 182
7.1.3 L’échantillonnage spatial et démographique .................................................. 182
7.1.4. Les variables de l’enquête de terrain ............................................................. 183
7.1.5. Outils et procédure de la collecte de données ................................................ 184
7.1.6 Le traitement et l’analyse des données............................................................ 184

7.2. Résultats globaux ................................................................................................. 185

7.3. La province du Boulgou ....................................................................................... 193

7.3.1. Présentation synthétique de la province du Boulgou ...................................... 193


7.3.2. Résultats de l’enquête dans la province du Boulgou ...................................... 196
7.3.2.1. Profil sociodémographique .................................................................. 196
7.3.2.2. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique.... 197
7.3.2.3. Facteurs de mobilités de l’échantillon .................................................. 198
7.4. La province du Kadiogo ....................................................................................... 200

7.4.1. Présentation synthétique du Kadiogo............................................................. 200

7.4.1.1. L’Association African Solidatity (AAS) et son centre de prise en charge,


Oasis 202
7.4.1.2. L’Association SOS-sida/Jeunesse Mobilisée et son centre Espoir......... 204
7.4.2. Résultats de l’enquête de la province du Kadiogo .......................................... 204

7.4.2.1. Profil sociodémographique .................................................................. 204


7.4.2.2. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique.... 206
7.4.2.3. Facteurs de mobilité de l’échantillon.................................................... 207
7.5. La province du Poni ............................................................................................. 208

7.5.1 Profil de la province du Poni.......................................................................... 208

7.5.1.1. Association Vie Solidaire..................................................................... 210


7.5.2. Les résultats de l’enquête de la province du Poni ......................................... 210
7.5.2. Les résultats de l’enquête de la province du Poni ......................................... 211

7.5.2.1. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique.... 211


7.5.2.2. Facteurs de mobilité de l’échantillon .................................................... 211
7.6. La province du Yatenga ....................................................................................... 212

7.6.1. Profil de la province du Yatenga ................................................................... 212

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 270
exemple du Burkina Faso
7.6.1.1. L’association pour l’appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant
(AMMIE)............................................................................................................ 214
7.6.2. Résultats de l’enquête de la province du Yatenga .......................................... 214
7.6.2.1. Profil sociodémographique .................................................................. 214
7.6.2.2. Caractéristiques de l’infection et de la prise en charge thérapeutique.... 215
7.6.2.3. Facteurs de mobilité de l’échantillon.................................................... 216
CHAPITRE 8 : PRISE EN CHARGE THERAPEUTIQUE DU VIH ET TERRITORIALITES ... 217

8.1. VIH et déstabilisation, de l’infection à la prise en charge thérapeutique................ 217

8.1.1. Offre de soins sida et territorialisation .......................................................... 217

8.1.1.1. Offre de soins et territorialisation, la prise en charge par la thérapie ARV


217
8.1.1.2. Prise en charge thérapeutique et services biologiques, une territorialisation
de l’offre 220
8.1.2. Prise en charge thérapeutique et mobilités, quels liens en 2007 ? .................. 224
8.1.3. L’influence des conditions socio-économiques et culturelles sur la
déstabilisation ......................................................................................................... 227

8.1.3.1. Infection à VIH et conditions socio économiques ................................. 228


8.1.3.2. Soins de santé et conditions socio-économiques des populations .......... 229
8.1.3.3. Prise en charge thérapeutique du sida et conditions socio-économiques, un
lien vers une déstabilisation des personnes vivant avec le VIH ............................ 230
8.1.3.4. Initiatives d’accès à la prise en charge thérapeutique et coût des soins . 232
8.2. Prise en charge thérapeutique et territorialités ...................................................... 233

8.2.1. Stigmatisation et discrimination, dans un contexte d’infection à VIH : de


l’infection à la prise en charge thérapeutique ......................................................... 233

8.2.1.1. De l’infection à VIH à la stigmatisation et la discrimination................. 234


8.2.1.2. Stigmatisation, discrimination et quête de prise en charge thérapeutique ...
............................................................................................................ 236
8.2.2. Personnes vivant avec le VIH, mobilités et recomposition territoriale : les
territorialités induites par la prise en charge thérapeutique .................................... 238

8.2.2.1. Territorialités induites par mobilités liées à la prise en charge


thérapeutique....................................................................................................... 238
8.2.2.2. La territorialité, dans un contexte autre que la prise en charge
thérapeutique....................................................................................................... 240
Section 1 : Prise en charge thérapeutique et déstabilisation ...................... 247

Section 2 : Perspectives de recherche : de nombreuses possibilités et

bien de pistes à explorer ............................................................................................... 250


BIBLIOGRAPHIE...................................................................................................................... 252
ANNEXE A: QUESTIONNAIRE POUR LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH ............. 258

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 271
exemple du Burkina Faso
ANNEXE B : SP/CNLS-IST : ATTRIBUTIONS ET RELATIONS ............................................ 263

Prise en charge thérapeutique des personnes vivant avec le VIH et territorialités, 272
exemple du Burkina Faso

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