PLAN DE L’EXPOSE DE LA GREVE DES BATTU
INTRODUCTION
I. Présentation de l’auteur :
o Biographie
o Bibliographie
II. Présentation de l’ouvrage :
o Contexte et la Structure de l’œuvre.
o Résumé de l’œuvre.
III. Les thèmes abordés :
o La mendicité et l’exclusion
o Le pouvoir de la politique
o La solidarité et la résistance
o Tradition et la modernité
o La spiritualité
o L’hypocrisie sociale.
IV. Etudes des personnages
o Personnages primaires
o Personnages secondaires
CONCLUSION
Introduction
La littérature africaine a souvent servi de miroir aux réalités sociales et politiques du
continent, dénonçant les injustices et les dysfonctionnements des sociétés postcoloniales. La
Géve des Bàttu, roman publié en 1979 par Aminata Sow Fall, s’inscrit dans cette tradition en
mettant en lumière la marginalisation des démunis et les contradictions du pouvoir politique.
A travers une intrique originale ou les mendiants, contraints de quitter la ville, organisent une
grève qui finit par paralyser l’économie locale, l’auteure dénonce avec ironie et subtilité
l’hypocrisie des élites et la précarité des laissés-pour-compte.
Ce roman soulève ainsi une question centrale : comment Aminata Sow Fall utilise-t-elle la
fiction pour dénoncer les inégalités sociales et les contradictions du pouvoir ? Pour répondre à
cette problématique, nous analyserons dans un premier temps le contexte de l’ouvrage et son
intrigue. Ensuite, nous examinerons les thèmes majeurs abordés par l’auteur avant d’étudier
les personnages. Enfin, nous verrons en quoi cette œuvre garde toute son actualité dans les
sociétés contemporaines.
I. Présentation de l’auteur
o Biographie
Aminata Sow Fall est une écrivaine sénégalaise née en 1941 à Saint-Louis. Elle est l’une des
figures majeures de la littérature africaine francophone et la première femme africaine à avoir
remporter le Grand prix littéraire d’Afrique noire 1980 pour son roman La Grève des Bàttu
(1979).
Ses œuvres abordent des thématiques sociales, politiques et culturelles, mettant souvent en
lumière les inégalités et les contradictions des sociétés africaines postcoloniales. Son style
allie réalisme et satire, avec un regard critique sur la corruption, la pauvreté et le poids des
traditions. Elle a également joué un rôle important dans la promotion de la littérature en
Afrique, en dirigeant des institutions culturelles et en encourageant l’édition de la culture dans
le continent.
o Bibliographie
Considère comme l’une des pionnières de la littérature africaine, Aminata Sow Fall a écrit
plusieurs romans parmi lesquels :
Le Revenant : paru en 1976 conçu comme son premier roman ; elle critique la nouvelle la
nouvelle bourgeoisie sénégalaise.
La Grève des Bàttu : un roman emblématique et plus célèbre publié en 1979, qui raconte la
révolte des mendiants contre un politicien.
L’Appel des arènes : paru en 1982 : cette ouvrage explore le conflit intergénérationnel au
sein d’une famille sénégalaise aisée, mettant lumière l’attrait du fils pour les traditions de son
peuple, notamment la lutte sénégalaise.
Ex-père de la nation : publié en 1987 ; c’est un roman qui pointe une réflexion sur le pouvoir
et la tyrannie, racontant l’histoire d’un monarque bien intentionné qui devient un dictateur.
Le Jujubier du patriarche : paru en 1993 ; met l’accent sur les thèmes de la tradition et de la
modernité dans la société sénégalaise.
Douceurs du bercail : (1998) ; aborde l’histoire d’une femme confrontée aux défis de la
modernisation et la préservation des valeurs culturelles.
Un grain de vie et d’espérance : paru en 2002, ce roman réfléchi sur l’art de manger et la
nourriture au Sénégal, suivie de recettes proposées par Margo Harley.
Le festin de la détresse :(2005) ; ce roman traite des difficultés de la modernisation culturelle
et de la synthèse entre les cultures traditionnelles et contemporaines.
L’Empire du mensonge : (2007) : Une critique des mensonges et des illusions qui façonnent
la société moderne.
II. Présentation de l’ouvrage :
o Contexte et Structure
La Grève des Bàttu est un roman de type social et politique. L’histoire se déroule dans un
contexte de la lutte ou la protestation des mendiants pour revendiquer leur statut dans la
société après avoir été expulsés par les politiciens.
L’œuvre est structuré autour du projet de retrait des mendiants et l’action de la révolte par une
grève de ces derniers contre les autorités. Il est découpé en plusieurs chapitres qui suivent une
progression narrative bien définie.
Dans le premier chapitre de La Grève des Bàttu, le lecteur est introduit à l’initiative
des autorités municipales visant à débarrasser la ville de Dakar de ses mendiants,
perçus comme « des encombrements humains » nuisant l’image de la ville. Kéba Dabo
fonctionnaire zélé, est chargé de cette mission par son supérieur, Mour Ndiaye,
directeur du service de salubrité publique. Les mendiants y compris les estropés et les
enfants de rues sont alors expulsés. Cette opération vise à améliorer l’attrait touristique
de la ville en éliminant les « déchets »
Dans le deuxième chapitre, l’histoire se concentre sur les mendiants expulsés de la
ville. Epuisés par les persécutions, ils décident de se regrouper en périphérie de la
ville. Sous la direction de figures telles que Salla Niang et Nguirane Sarr, ils
organisent une grève de mendicité, refusant désormais de tendre la main pour les
aumônes. Cette décision marque le début d’une résistance collective, perturbant les
habitudes des habitants qui comptaient sur eux pour accomplir leurs devoirs religieux
et obtenir des bénédictions. Les mendiants autrefois dispersés et vulnérables,
retrouvent dans cette une nouvelle force et redéfinissent leur place au sein de la
société.
Dans le troisième chapitre, l’attention se porte sur Mour Ndiaye directeur du service
salubrité publique qui aspire à une promotion politique. Pour atteindre son objectif, il
consulte un marabout qui lui recommande d’effectuer un sacrifice rituel en distribuant
de la viande aux porteurs de bàttu conformément aux pratiques religieuses locales.
Cependant en raison de l’expulsion des récente des mendiants orchestrée par lui-
même, ces derniers ne sont plus présents en ville. Cette situation met en lumière
l’ironie de sa démarche : après les avoir chassés ; il se retrouve dans l’incapacité de
réaliser le sacrifice nécessaire pour sa promotion ; soulignant ainsi sa dépendance en
vers ceux qu’il appel considérait les « encombrements humains ».
Dans le quatrième chapitre : l’intrique continue à se développer autour du conflit entre
les mendiants expulsés de la ville et des autorités qu’ils veulent maintenir leur image
de modernité. Ce chapitre met en lumière la résistance des mendiants et l’évolution de
leurs stratégies face à l’exclusion sociale. On observe aussi l’attitude des personnages
influents de la société, notamment Mour Ndiaye ; impliqué dans la politique ce
nettoyage urbain, qui commence à ressentir les conséquences inattendues de ses
décisions. Ce chapitre illustre comment la mendicité, perçue comme un problème à
éliminer, se révèle en réalité un élément central du tissu socio-économique,
notamment par son lien avec les pratiques religieuses et les traditions de solidarités.
o Résumé de l’Ouvrage
L’histoire se déroule dans une ville sénégalaise ou les autorités, sous pression d’une élite
soucieuse d’afficher une image moderne et propre du pays, décident d’interdire la
mendicité et d’expulser les mendiants (appelés bàttu en wolof) des rues. Ces derniers,
dirigés par Salla NIANG, décident alors de faire la grève : ils refusent de mendier.
Cependant, cette absence des mendiants crée un problème inattendu pour les élites et les
hommes politiques, car dans la culture locale, donner aux mendiants est un acte religieux
qui permet d’attirer la bénédiction et le succès. Ainsi, les riches et les politiciens, qui
comptaient sur ces dons pour obtenir chance et prospérité, commence à rencontrer des
échecs. Le protagoniste, Mour Ndiaye, un haut fonctionnaire ambitieux, devient la
principale victime de cette situation. Aspirant à un poste élevé, il se retrouve confronté à
des blocages inexplicables et voit ses projets échouer. Finalement, il est contraint de
négocier avec les mendiants pour qu’ils reprennent leur activité, prouvant ainsi leur
importance dans le fonctionnement de la société.
III. Les thèmes abordés :
La Grève des Bàttu aborde plusieurs thématiques importantes notamment : politiques,
économiques et culturelles.
La mendicité et l’exclusion sociale : Le roman met en lumière la condition des
mendiants, leur marginalisation et leur lutte pour la dignité.
Le pouvoir de la dignité : Dans cette partie, le roman critique l’hypocrisie des
dirigeants qui prennent les mesures sans tirer compte des réalités sociales, notamment
en interdisant la mendicité sans proposer d’alternatives viables.
Solidarité et résistance : Les mendiants organisent une grève pour revendiquer leurs
droits, illustrant l’importance de l’unité et de la lutte collective à l’injustice.
La tradition et la modernité : Le roman oppose les valeurs traditionnelles africaines
de solidarités et d’entraides à une modernisation aveugle qui exclut les plus faibles.
La spiritualité et le destin : Il met en avant la croyance entre la destinée et la force
des prières, que cherchent même ceux qui rejettent les mendiants.
L’hypocrisie sociale : Il dénonce le fait que les élites et les politiciens méprisent les
mendiants tout en ayant besoin d’eux pour obtenir bénédictions et succès.
A travers ces thématiques, La Grève des Bàttu propose une réflexion critique sur la société
et l’humanité, tout en mettant en avant la voix des plus démunis.
IV. Etudes des personnages :
Personnages principales : Dans La Grève des Bàttu, plusieurs personnages
principaux structurent le récit
Mour Ndiaye : haut fonctionnaire ambitieux et influent, il veut débarrasser la ville
des mendiants pour des raisons d’image et de prestige.
Kéba Dabo : Adjoins de Mour Ndiaye qui était chargé de celle opération de
désencombrement.
LOlli : L’épouse de Mour, une femme influente dans la société, soucieuse de son
statut social.
Serigne Birama : un marabout respecté qui joue un rôle clé dans l’évolution des
événements, mettant en avant la dimension spirituelle du récit.
Ngirane Sarr : L’aveugle et l’un des figures de résistances contre les lois interdisant
la mendicité
Mame Ngor : Le chef des bàttu
Salla Niang : Ancienne bonne qui accueillit les mendiants et devienne la figure
emblématique de la résistance des mendiants
Sagar Diouf : La confidente de Keba Dado.
Madiabel : l’un des mendiants et boiteux.
Raabi : la fille de Lolli et Mour
Sine : Seconde épouse de MOUR
Galaye : Le mari Salla Niang, syndicat des travailleurs
Kifiboukoul : Le phénomène, deuxième marabout de Mour qui lui a recommandé
d’effectuer 70 tas de viandes donnés par les porteurs des Bàttu.
Personnages Secondaires :
Le président
Les ministres
Les autres mendiants
Madame la femme du patron
Sanou Cissé la mère de Lolli
Bougouma le directeur de l’école
CONCLUSION
En définitive, La Grève des Bàttu fonctionne comme une satire sociale, mettant en
lumière l’hypocrisie de la société et renversant les rapports de force traditionnelle.
Ainsi, Aminata Sow Fall démontre que les exclus peuvent exercer un pouvoir
insoupçonné et influencer le cours des évènements.