Chapitre 1 - Le Marché de la monnaie
Dans ce chapitre, nous allons étudier le fonctionnement du marché de la monnaie, en
passant par l'étude des formes et des fonctions de la monnaie et son rôle dans le système
économique. Le mécanisme de création monétaire et le rôle de la banque centrale en tant
qu'autorité monétaire seront également présentés et analysé.
I. Définition
La monnaie est généralement constituée par l'ensemble des moyens de payement càd par
l'ensemble des actifs acceptés partout, par tous et en tout temps pour le règlement des dettes issus
de l'échange. La monnaie est un actif ou un bien signifie que les gens l’acceptent généralement
en échange de bien et de service pour effectuer des payements ou payés leur dette. C'est un bien
particulier, en ce sens qu'il n'intervient ni dans la consommation, ni dans l'activité de production,
tout en ayant un rôle indirect sur elle (consommation et production) en facilitant les échanges.
L'utilisation de la monnaie suppose l'existence de confiance (« fiducia » qui veut dire confiance
en latin) entre les individus et au sein de la communauté.
Une monnaie doit présenter les caractéristiques suivantes pour remplir sa fonction :
Accepter par une communauté de payement
Inaltérable c’est à dire que sa qualité ne soit pas altérée par le stockage
Divisible c’est à dire qu'il est possible d'obtenir des éléments de dimensions voulus, les
biens et services sont évalués différemment
Malléable c’est à dire qu'elle peut recevoir l'empreinte d'un symbole monétaire
Simple c’est à dire détient une valeur importante pour un faible volume
II. Formes et fonctions de la monnaie
À travers le temps et suivant le contexte, la monnaie a connu diverses formes et remplie
différentes fonctions :
1. Les formes de la monnaie
Diverses formes de la monnaie peuvent être étudiées dont :
La monnaie marchandise : À l'époque la monnaie s'est présenté sous forme d'objet
divers selon les sociétés dans lesquelles elle a été utilisée en tant que moyen de
payement comme le bétail, le sel, les coquillages, les métaux, ... La forme métallique
est la plus connue de toutes ces formes comme le cuivre, le fer, l'argent et l'or. Les
deux dernières étant les formes dominantes de la monnaie métallique jusqu'à des
périodes récentes. Par rapport aux autres formes de monnaie, l'or et l'argent, en raison
de qualité particulière ont rempli le mieux leur fonction. L'utilisation du système
monétaire métallique a passé par deux phases :
o Le bimétallisme or et argent des 17è et 18è siècle : fixation des relations
entre l'unité monétaire et une quantité de métal précieux et mise en œuvre de la
frappe de la monnaie par un organisme spécialisé.
o Le monométallisme : triomphe du monométallisme or à l'issu d'une rivalité
entre les deux métaux, dépréciation de l'argent face à l'or instauré en Grande
Bretagne dès le début du 19è siècle puis en Allemagne et aux États-Unis et en
France en 1876. Le système monétaire international, dit de l'étalon or, sous
l'égide de l'Angleterre, càd règlementer par la politique monétaire et les
interventions de la banque d'Angleterre. Le dollar américain rattaché à l'étalon
or a été détaché de celui-ci en 1971 avec la fin des accords de Breton-Woods.
La monnaie papier ou billet : la monnaie papier à l'origine se présentait comme un billet
représentatif d'or ou d'argent ou de cuivre auprès de banquier pour des raisons de sécurité
et en pour effectuer des règlements. Le billet ne représentait pas toute fois de monnaie à
proprement parler. Le papier monnaie trouve son origine en Chine où il est utilisé dès le
9è Siècle. La création de billet de banque jouant le rôle de monnaie interviendra au 17è
siècle par Johan Palmstruch (1661) année à partir de laquelle le continent européen
adopte le papier monnaie. Johan Palmstruch a décidé de remettre un reçu écrit aux
personnes déposant de l'or ou tout autre métal précieux dans la Stockholm Banco, banque
qu'il a fondée. La circulation de billet de banque sous forme de monnaie repose sur la
certitude qui pourra à tout moment être converti en métal : billet de banque convertible.
L'Etat lui confiera un cours légal.
La monnaie scripturale ou la monnaie de la banque : il s'agit de passer des écritures
dans le livre de la banque sans mouvement d'espèce ni de billet de banque. À sa demande,
une banque ouvre sur ces livres un compte, au nom d'un client donné dans lequel il
effectue des dépôts pour payer ses achats, ses dettes, ... par l'intermédiaire de moyen de
payement dont chèque, virement et carte bancaire.
2. Les fonctions de la monnaie
La monnaie, unité de compte : elle permet de mesurer la valeur d'une manière standard.
Elle homogénéise les prix de l'ensemble des biens et des services en fournissant une unité
de mesure unique.
La monnaie, moyen de payement : la fonction d'intermédiaire des échanges permet de
faciliter les échanges comparés au troc par suppression des contraintes auquel les
échanges sont soumis. En effet, dans le système de troc, les biens et services s'échangent
directement contre d'autres biens et services. La réalisation des transactions est
subordonnée à la coïncidence des besoins des coéchangistes, l'utilisation de la monnaie
en tant que moyen de payement permet à l'échange de se passer de ces conditions.
La monnaie, réserve de valeur : Du fait de son caractère liquide, la monnaie en tant que
réserve de valeur permet de différer la consommation en constituant une épargne, soit
pour faire des achats ou financer des investissements . La monnaie réserve de valeur est
très importante dans une économie de marché puisqu’elle permet d’allouer des ressources
à celui qui en a besoin, à un moment précis par l’intermédiaire de mécanismes de
financement
III. La demande de monnaie
La demande de monnaie ou « demande d’argent » selon les économistes de Cambridge
représente la quantité d’argent qui est conservée par l’individu, les institutions commerciales et
le gouvernement pour répondre à leurs besoins quotidiens. Pour la théorie keynésienne, la
demande de monnaie est déterminée par trois motifs :
Le motif de transaction : Il répond aux besoins des particuliers de disposer de liquidité
pour payer leurs dépenses comme les achats, le paiement des charges du foyer, le remboursement
de dettes, …
Le motif de précaution : Les agents ont besoin de garder des liquidités supplémentaires
en plus de régler des transactions pour faire face à des imprévus ou faire des dépenses
importantes
Le motif de spéculation : Il est déterminé par le niveau des taux d’intérêts, lorsque les
taux d’intérêt sont bas, les investisseurs sont réticents à immobiliser des capitaux
d’investissement. La demande de liquidité augmente et les investisseurs préfèrent conserver des
actifs jusqu’à ce que les taux d’intérêt augmentent.
Le volume de demande de monnaie est influencé par différents facteurs comme la
période d’obtention du revenu (mensuel, trimestriel, annuel), la répartition du revenu
nationale, la vitesse de circulation de la monnaie, la démographie, le cycle commercial.
La période d’obtention du revenu n’est pas la même pour tous les agents économiques,
elle peut être quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle, …
La répartition du revenu national peut être égalitaire ou non
La vitesse de circulation de la monnaie dépend de la préférence pour la liquidité des
agents i.e. le nombre de fois où une monnaie change de main en un temps donné
La démographie qui est défini par le nombre de population. Une démographie importante
engendre une importante demande de monnaie
La conjoncture économique : La demande de monnaie fluctue selon que l’économie est
en récession, dépression ou dans la phase d’expansion.
1. Le marché de la monnaie
Le marché de la monnaie est décrit à partir d’une fonction de demande de la monnaie
émanant des agents économiques et d’une offre de monnaie du système monétaire. Dans le
modèle classique, l’offre est exogène étant considéré comme fixée par l’Etat ou par les autorités
monétaires.
2. La théorie quantitative de la monnaie :
L’étude de la monnaie, selon le modèle classique, s’appuie sur la théorie quantitative de
la monnaie. Cette théorie remontrait à Jean BODIN en 1568, qui croyait qu’il y aurait une
relation entre la quantité de métaux en circulation et le niveau général des prix supposant que la
vitesse de circulation de la monnaie est constante. Ultérieurement, d’autres économistes dont
Irving FISHER et Alfred MARSHALL l’ont développé et formulé sous forme d’équation
appelée « Equation de Fisher » qui se présente comme suit :
Où M : la masse monétaire, V : la vitesse de circulation de la monnaie, T : le volume de
transaction de BES et P : Niveau de prix moyen.
Une variation de M entraine une variation dans le niveau de prix ou une variation de
l’offre de BES, ou les deux à la fois, la théorie suppose que la vitesse est constante.
Montrez qu’une variation de M entraine une variation de P, avec V constant :
De cette équation, on tire . Si la masse monétaire M est déterminée et V est
constante, le niveau général des prix est déterminé par la valeur des deux variables, M et T,
indépendamment de ce qui se passe dans le secteur réel de l’économie.
3. Les équations de Cambridge :
Les principaux économistes représentant l’école de Cambridge sont Marshall, Pigou,
Cannen, Hartle, Roberston. Pour Marshall :
Avec M :la monnaie en circulation avec les dépôts auprès des banques ; Y : revenu monétaire
annuel total ; K : partie du revenu que les agents gardent sous forme liquide pour une utilisation
future ; K’ : la partie de la propriété qui est conservé sous forme de monnaie ; A : la valeur totale
de la propriété.
Cette équation de Marshall présente deux parties : Partie revenu et partie propriété.
Théoriquement, cette équation est correcte mais ne traduit pas la pratique étant donné que les
agents n’apportent que leurs revenus dans la consommation. Une autre équation de Marshall
traduit une demande de monnaie formulée de la manière suivante :
Où M : ordre de monnaie ; P : le niveau de prix ; Y : le revenu réel total ; K : la partie du
revenu réel que les agents veulent garder avec eux sous forme d’argent.
M/P = Pouvoir d’achat d’unité monétaire, est ce qu’on appelle encaisse monétaire réelle,
elle exprime la quantité de BES pouvant être acquise par une unité monétaire. En d’autres
termes, les encaisses monétaires réelles mesurent le pouvoir d’achat du stock de monnaie.
IV. La création monétaire
1. L’offre de monnaie :
Quelles est l’autorité publique qui définit l’offre de la monnaie ?
C’est la Banque Centrale. L’offre de monnaie est dite exogène en ce qu’elle relève des
autorités monétaires en l’occurrence, les banques centrales. Elle dépend d’un certain nombre de
facteurs dont l’activité économique des agents et la politique monétaire de la banque centrale.
Les autorités monétaires régulent l’offre de monnaie par manipulation de la masse monétaire et
du taux d’intérêt.
2. La masse monétaire :
La masse monétaire désigne l’ensemble de la monnaie en circulation c’est à dire les
pièces et les billets, les dépôts bancaires sur lesquels les chèques peuvent être tirés d’autres
instruments liquides de l’économie à la date mesurée. En effet, dans une économie, la monnaie
en circulation peut être mesurer.
Les statistiques monétaires sont publiées sous la forme d’agrégat :
La masse monétaire M1 comprend le montant total des espèces en circulation et des
dépôts à vue détenus par les ménages et les entreprises.
La masse monétaire M2 est une mesure plus large de l’offre de monnaie qui inclue,
en plus de M1, les placements qui sont disponibles à tout moment mais qui doivent être
convertis au préalable. Ces placements sont donc moins liquides que les actifs qui
composent M1.
La masse monétaire M3 est une mesure encore plus large de la monnaie qui intègre
en plus de M2, les titres négociables émis par les institutions financières monétaires .
3. Les contreparties de la masse monétaire :
La monnaie est une créance de l’agent économique qui la détient sur l’organisme
émetteur. Elle figure au passif du bilan de cet organisme, qui comporte à l’actif des
contreparties. Ces contreparties représentent trois types de créance, trois occasions de création
de monnaie, il s’agit de : créances sur l’économie, créances sur le trésor et créances sur
l’extérieur.
Créances sur l’économie ou les concours à l’économie : Ce sont les concours de toute
nature sous forme de crédits et de portefeuille distribués par le système financier aux agents non
financiers autre que l’Etat. Cette contrepartie représente la part la plus importante.
Créances sur le trésor ou les créances nettes sur l’Etat : L’Etat peut être considéré
comme un agent non financier qui a des besoins de financement. Il peut bénéficier d’un
financement monétaire en faisant recours à la banque centrale (Avances directes, bons du trésor
en portefeuille), aux banques (sous forme d’achat de bons du trésor par des banques) et les avoirs
des agents non financiers aux trésors (Comptes courants postaux, titre auprès du public, pièces de
monnaie en circulation
Créances sur l’extérieur : La Banque Centrale relève la masse monétaire quand elle
transforme en monnaie nationale les créances des exportations en devises étrangères,
inversement elle réduit la masse monétaire lorsque pour les besoins des importateurs, elle achète
des devises étrangères en monnaie nationale. De même, elle augmente la masse monétaire quand
elle accroît ses concours au trésor et elle réduit cet agrégat quand elle les diminue.
V. Le rôle de la Banque Centrale
La Banque Centrale est chargée de l’élaboration de la politique monétaire d’un pays, de
la régulation de l’offre de monnaie par le biais de la gestion de la masse monétaire. Elle est
responsable de la création et de la destruction de monnaie. La Banque Centrale crée de la
monnaie en effectuant des opérations d’Open Market (Il s'agit d'interventions de la Banque
centrale sur le marché monétaire consistant à fournir ou retirer des liquidités aux établissements
financiers via des achats ou des ventes de titres et ainsi influencer à la baisse ou à la hausse le
taux du marché monétaire)
MID : Marché Interbancaire de Devise
Le marché interbancaire est un marché réservé aux banques. Elles s'échangent entre elles
des actifs financiers de court terme, entre un jour et un an. C'est un marché de gré à gré, cela
signifie que les banques traitent et négocient librement entre elles. Le Marché Interbancaire des
Devises ou MID a été créé en 1994 dans le cadre de la libéralisation des changes à Madagascar.
Le fonctionnement du MID est régi par la Convention de Place établie entre les banques
participantes. La Banque Centrale est l'Autorité de Marché et à ce titre elle est la seule habilitée à
autoriser l’admission de nouveaux Participants, et à prononcer des sanctions pour les
manquements aux règles de la Convention de Place.
Le cours de l'Ariary est déterminé librement sur ce Marché selon la loi de l’offre et de la
demande.
Zone Euro Banque Centrale de Madagascar
M1 : Monnaie fiduciaire (Pièces et billets) et M1 : Disponibilité monétaire formée de la
dépôt à vue circulation fiduciaire hors banque et les
dépôts à vue
M2 : M1 + Dépôts à terme M2 - M1 : Quasi monnaie formée de Dépôts
d’épargne + dépôts à terme => M1 + (M2 –
M1) = M2
M3 : M2 + Pensions + Titres d’OPCVM M3 : M2 + Dépôts en devise des résidents +
monétaire + (Titres de créance ≤ 2ans) Obligations
Pour la France en juin 2020, M1 = 1 666 Milliards avec Monnaie fiduciaire, 251
Milliards et Dépôts à vue, 1 415 Milliards ; M2 = 2 603 Milliards avec Dépôts à terme : Dépôts à
3mois, 745 Milliards et Dépôts à 2ans, 192 Milliards ; M3 = 2 994 Milliards avec Pensions 60
Milliards, Titres d’OPCVM monétaires 293 Milliards et Titres de créances 38 Milliards.
1. Masse monétaire et ses composantes (Madagascar) :
En cours Variation annuelle
(En milliards d'Ariary) (En milliards d'Ariary) (En %)
RUBRIQUES 2019 2020 2021 2020 2021 2020 2021
Disponibilités monétaires 7 740,40 8 435,90 9 626,50 695,50 1 190,60 108,99 114,11
_Circulation fiduciaire hors banque 3 314,80 3 570,20 4 117,10 255,40 546,90 107,70 115,32
_Dépôts à vue 4 425,70 4 865,70 5 509,40 440,00 643,70 109,94 113,23
M1 7 740,40 8 435,90 9 626,50 695,50 1 190,60 108,99 114,11
Quasi-monnaie 3 735,30 4 196,20 4 691,20 460,90 495,00 112,34 111,80
_Dépôts à terme 908,20 1 039,90 1 280,80 131,70 240,90 114,50 123,17
_Dépôts d'épargne auprès banque 2 423,00 2 749,20 3 001,60 326,20 252,40 113,46 109,18
_Dépôts d'épargne auprès CEM 404,10 407,10 408,80 3,00 1,70 100,74 100,42
M2 11 475,70 12 632,10 14 317,70 1 156,40 1 685,60 110,08 113,34
Dépôts en devises des résidents 1 111,00 1 471,50 1 519,50 360,50 48,00 132,45 103,26
Obligations 72,60 86,80 81,90 14,20 -4,90 119,56 94,35
Masse monétaire 12 659,30 14 190,40 15 919,10 1 531,10 1 728,70 112,09 112,18
Commentaire : La masse monétaire globale a augmenté de 1531,1 Ar de 2019 à 2020 dû à
l’accroissement des facteurs/l’évolution des composantes de M : les disponibilités monétaires, la
quasi-monnaie, les dépôts en devises des résidents et les obligations.
Variation due à l’évolution des composantes => Quantification des facteurs de variation
2. L’équilibre sur le marché de la monnaie
L’équilibre est réalisé par confrontation de l’offre exogène (déterminé par les autorités
monétaires) et de la demande de monnaie. Soit : offre de monnaie ; : demande de
monnaie. Selon l’équation de la demande de monnaie, on a :
Aussi l’on tire de cette équation :
A court-terme, est fixé par les autorités monétaires et si K est connu, la fonction prend
la forme d’une parabole puisque sa dérivée par rapport à Y est négative.
Chapitre 2 - Le modèle IS-LM
Le modèle IS-LM signifiant Investissement-Epargne (IS) et Liquidité Préférence
(Offre de monnaie), est un modèle macroéconomique keynésien qui montre comment le marché
des biens économiques (IS) interagit avec le marché des fonds prêtables (LM) ou « Marché
financier ». L’interaction entre le marché des biens et le marché de la monnaie permet de
comprendre la manière dont se fixe le produit agrégé. Elle permet de déterminer l’équilibre
macroéconomique, mais au préalable, il faudrait d’abord voir quelques définitions.
Le revenu agrégé : Soit C : la consommation de BES/Consommation privée ; G : les
dépenses du Gouvernement/Consommation publique ; I : l’investissement ; X : l’exportation et
M, l’importation avec une variation des stocks nulle. On procèdera à une économie fermée où
aucune activité/interaction ne sera effectuée avec le reste du monde tout en ajoutant la variable
T : les impôts payés au Gouvernement (Impôt synthétique : Impôts sur les revenus, impôts sur
les bénéfices, impôts sur la production, impôts sur les importations, impôts sur le patrimoine).
Le revenu agrégé Y est défini par l’équation suivante :
En économie fermée, X-M=0, donc Y=C+I+G
En introduisant T (impôt et taxe payé à l’Etat) le revenu agrégé est Yd = Y-T
La fonction de demande globale/demande agrégée : Soit Z : la demande globale, étant
fonction du revenu disponible dans le cas des ménages, du taux d’intérêt pour les entreprises et
les dépenses du Gouvernement pour le secteur public : Z= f (Y-T , i, G) La fonction de
demande globale ou de demande agrégée représente la demande de tous les agents économiques
(ménages, entreprises, administrations publiques), elle est fonction du revenu disponible Y-T et
du taux d’intérêt i dans sa composante Consommation. Cette dernière augmente avec le revenu
disponible et diminue avec le taux d’intérêt. L’investissement dépend du revenu et du taux
d’intérêt I = f (Y, i) et C = f (Y-T, i). Par conséquent, la fonction de demande globale peut être
réécrite comme suit : . A court terme, cette fonction
dépend de Y-T, de i et de G.
La consommation : La consommation est composée de tous les biens et services achetés
par le ménage. Ces produits comprennent les biens durables, les biens non durables et les
services. L’investissement est constitué par des biens acquis/achetés destinés à une utilisation
future. On distingue l’investissement fixe des entreprises, l’investissement résidentiel des
ménages et l’investissement en stock des entreprises.
Les dépenses publiques sont composées des biens et services achetés par l’Etat et ses
démembrements. On distingue les dépenses d’infrastructure, les dépenses d’équipement, les
transferts aux ménages, …
Les exportations nettes X-M : Dans une économie ouverte, les exportations nettes se
calcule en déduisant des recettes provenant de la vente de BES vendus à l’extérieur, la valeur des
biens et services achetée de l’extérieur
I. L’équilibre sur le marché des biens (IS)
La courbe IS représente, pour tout taux d’intérêt donné, le niveau de revenu qui conduit
à l’équilibre du marché des biens et services. A l’équilibre, on a : Y = Z (Y-T, i, G) et à court-
terme, l’offre agrégé Y s’ajuste à la demande agrégée Z. Sachant que dans une économie fermée,
Y = C+I+G, aussi de cette relation, on tire : I = Y-C-G avec I = S.
La notion de demande globale : La demande globale représente la demande totale de
tous les biens et services à un niveau de prix donné durant une période donnée, autrement
dit, c’est la demande correspondant à tous les biens et services offerts dans une
économie donnée. Sur le marché des biens et des services, l’équilibre est obtenu au
point de rencontre de la demande globale (Ou la demande prévue) et de l’offre globale
(Ou le PIB)
Avec autonome : Ne dépendant pas du revenu, sur la droite à 45°, l’offre globale est en tout
point égale à la demande globale (Demande effective) => L’économie est en équilibre dans le
modèle keynésien. Le point constitue un point de rencontre de l’offre globale et de la demande
globale ; ce qui signifie que tout ce que l’économie a produit est consommé, l’économie est alors
dite en équilibre (Situation idéale). Au point , en revanche, on constate un écart entre la
demande prévue et l’offre globale (D>O) qui se trouve inférieur à la première : Cela veut dire
que l’économie plus que ce qu’elle ne produit. Pour répondre à l’excès de demande, soit on puise
sur les stocks soit on baisse la demande, aussi il y a lieu d’une baisse de stocks. Le point
correspond à un écart entre la demande prévue et la production => L’économie consomme moins
que ce qu’elle produit => Accumulation des stocks. Cette accumulation non-programmée des
stocks conduit les entreprises à réduire leur production, à licencier des travailleurs ; donc on
assiste à une baisse de la production qui continue jusqu’à ce que l’économie retrouve son
équilibre i.e. PIB revenant à .
1 : Demande prévu inférieur à la production, augmentation des stocks, augmentation de
l'épargne
2 : Demande prévue supérieur à la production, diminution des stocks, diminution de l'épargne
Sur la droite à 45°, l'offre globale est en tout point égale à la demande globale (demande
effective). L'économie est en équilibre. Sur le graphique, analysons les différents points
d'équilibre et/ou de déséquilibre. Le point P1 constitut un point de rencontre de l'offre globale et
de la demande globale, ce qui signifie que tout ce que l'économie a produit est consommé.
L'économie est en équilibre. Au point P0, la demande prévue se trouve supérieure à l'offre
globale. L'économie consomme plus qu'elle ne produit et devrai de ce fait puiser sur ses réserves
(stock). On assiste donc ici à une diminution des stocks. Le point P2 correspond à un écart
négatif entre la demande globale prévue et la production. L'économie consomme moins que ce
qu'elle produit. Les stocks vont s'écoulé. Cette accumulation non programmée de stock conduit
les entreprises à réduire leur production, à licencier des travailleurs. On assiste à une baisse de la
production. Cette baisse continue jusqu'à ce que l'économie retrouve son équilibre (i.e. le PIB
revient à P1)
La notion d’investissement : Investir consiste à acheter de nouveaux biens de
production (Biens d’équipement) tels que les machines, les ordinateurs, les voitures, …
Les investissements peuvent également comprendre la construction d’immeubles,
d’ateliers, de financement d‘études destinées à l’augmentation de la production dans le
futur. L’achat de biens immobiliers neufs par les ménages est considéré comme un
investissement. Toutes ces acquisitions représentent la Formation Brute De Capital
Fixe connue sous le terme « FBCF ».
La variation des produits finis, des produits semi-finis, ainsi que la variation des matières
premières sont aussi des investissements et tout cela représente la variation des stocks. On
appelle investissement totale ou investissement brut, la somme de la formation brute de capital
fixe (FBCF) et de la variation des stocks => avec , l’investissement brut.
Elle relie la quantité d'investissement I désiré au taux d'intérêt réel R. Le niveau de
l'investissement dépend du taux d'intérêt qui est le coût de l'argent. Plus le taux d'intérêt est
élevé, moins élevé est l'investissement. r est le taux nominal corrigé de l'inflation : r = i − taux
d’inflation
Stocks 01/01/2023 31/12/2023 ϪS
Produits finis 20 40 20
Matières premières 25 28 03
La notion d’amortissement : ; on appelle investissement net,
le montant des investissements bruts déduit des amortissements. L’amortissement est
aussi appelé « Investissement de remplacement » car le matériel devient obsolète au
cours du temps : , où α est le taux de dépréciation/taux
d’amortissement. L’investissement brut est alors traduit par :
La fonction d’investissement : La fonction d’investissement relie la quantité
d’investissement I désirée au taux d’intérêt réel r. Le niveau d’investissement dépend du
cout d’intérêt qui est le coût de l’argent : Plus le taux d’intérêt est élevé, moins élevé est
l’investissement. On appelle « Taux D’intérêt Réel », le taux d’intérêt nominal corrigé
de l’inflation. Pour financer un investissement, l’entreprise dispose de deux sources
possibles : Les emprunts et les fonds propres. Dans le 1 er cas, l’entreprise doit payer les
intérêts ; tandis que dans le 2 nd cas, elle subit un coût d’opportunité qui est mesuré par les
intérêts que l’entreprise aurait pu recevoir en plaçant son capital K. L’entreprise compare
dans les deux (02) cas, le coût du projet à ce qu’il rapporte. La rentabilité du projet est
étudiée par deux (02) critères, à savoir : la valeur actuelle nette « VAN » et le taux de
rendement interne « TRI ».
L’approche de la valeur actuelle nette ou VAN : La VAN est la différence entre les
revenus futurs nets actualisés (ramenés à leur valeur actuelle) et le coût d’investissement
que nous appelons (Le coût d’achat des équipements) :
. Les revenus futurs nets sont appelés des
« Cashflows », i étant le taux d’emprunt.
L’entreprise choisit d’investir ou non dans le projet concerné en fonction après avoir
calculé le taux de rendement interne. Le taux de rendement interne ou TRI, en se basant
sur la VAN, en tant que point de départ, KEYNES développe une notion alternative
relative au taux de rendement interne qui définit l’« efficacité marginale du capital » ou
EMC. Le prix est relatif au taux d’actualisation б qui permet d’avoir une différence nulle
entre la valeur actuelle de l’investissement et ses recettes futures. Il s’agit du taux
d’actualisation qui annule la VAN. C’est le taux d’intérêt maximum que l’entreprise peut
supporter si elle emprunte le capital K pour son projet. Le TRI d’un projet est déterminé
tel que : =0. Après la détermination du TRI,
l’entreprise va décider d’investir ou non dans le projet concerné à travers la comparaison
entre le taux identifié б et le taux d’intérêt i
Supposons, après le calcul, que le prix du projet est de 10%, si le taux d’emprunt est
inférieur à 8% => Le projet sera rentable et l’entreprise l’acceptera. Si cependant, le taux
‘intérêt est supérieur à 8%, le projet ne sera pas rentable et l’entreprise ne l’acceptera pas.
L’investissement et l’épargne : Ce sont deux grandeurs dont l’évolution du volume
dépend du taux d’intérêt. Lorsque le niveau d’investissement désiré augmente, le taux
d’intérêt r augmente et l’épargne S augmente. Inversement, lorsque l’épargne baisse, le
taux d’intérêt augmente et l’investissement diminue. Au point A, le niveau
d’investissement est I2 et le niveau de l’épargne est S2. Au point B, le niveau de
l’investissement est I1 et le niveau de l’épargne est S1 => R2>R1 => I2<I1 et S2<S1
La fonction de consommation : La fonction de consommation est définie comme la
relation entre Consommation et Revenu. Elle est fonction du revenu disponible i.e.
avec c, la propension moyenne à consommer. On appelle propension
moyenne à consommer ou PMC, le rapport entre la consommation et le revenu disponible
i.e. . Elle représente la part de revenu disponible destinée
immédiatement à la consommation, c’est la variation de la consommation correspondant
au niveau du revenu disponible. Il existe également une propension moyenne à épargner
ou PMS définie par : . Elle représente la part du revenu disponible consacrée
à l’épargne. La somme des deux propensions moyennes à consommer et à épargner est
égale à . La propension marginale à consommer ou est le
rapport entre la variation des dépenses de consommation et la variation du revenu
disponible Yd. Il est à noter que la somme de deux propensions à consommer et à
épargner est égale à 1, le fondement de la théorie keynésienne est basé sur la « Loi
psychologique » dit la Loi psychologique de KEYNES qui évoque l’idée de base relative
à la relation entre l’accroissement du revenu et l’accroissement de la consommation.
L’idée de base est que les individus sont incités à augmenter leur dépense de
consommation à mesure que leur revenu s’accroisse au cours du temps. Cependant, cette
augmentation de la consommation reste toujours inférieure à l’augmentation du revenu.
représente la pente de la fonction de consommation.
IS-LM : Equilibre du côté de la demande et le taux d’intérêt (Existence de corrélation)
Logiquement, I augmente, taux d’intérêt baisse, Savings augmente, cependant, avec le facteur
Anticipations, tout augmentera dans le même sens.
II. Le marché financier et la relation LM
La courbe LM ou Liquidity-Money met en exergue la relation entre le niveau de
revenu issu du marché des encaisses monétaires et le taux d’intérêt. Autrement dit, elle
représente l’ensemble de tous les niveaux de revenus (PIB) et le taux d’intérêt auquel la masse
monétaire est égale à la demande de monnaie (Liquidité). A titre de rappel, nous avons étudié les
trois motifs de demande de monnaie (Motif de transaction, de spéculation et de précaution), la
demande de transaction et de précaution dépend du revenu, tandis que celle relative au motif de
spéculation dépend du taux d’indivis. La demande de monnaie pour motif de transaction est
décrite par . Appelons , la demande de monnaie pour motif de spéculation. La
demande de monnaie est représentée par . Y et r sont appelés
« Variables d’ajustement du marché de la monnaie ».
3. Détermination monétaire du taux d’intérêt
En différenciant, on obtient : => Pour L donné,
on va déterminer la variation du taux d’intérêt par rapport à L =>
1. L’influence du revenu
M0 représente l’offre de la monnaie qui est une donnée. Elle est déterminée de façon autonome
par les autorités monétaires. Les fonctions LY1 et LY2 représentent les demandes de monnaie
correspondant au niveau de revenu (Production : Y1 et Y2). Si L0 et M0 sont données, toute
variation de Y entraine une variation de r et toute variation de r induit à une variation de Y.
1. Le modèle IS-LM :
Le modèle IS-LM a été formulé par John Hicks qui décrit l’équilibre macroéconomique comme
un produit de l’interaction des marchés financiers et des marchés de biens réels. Il est représenté
sous la forme d’un graphique dans lequel les courbes IS et LM se croise pour montrer l’équilibre
à CT entre les taux d’intérêts et la production. Les combinaisons de r et de Y, qui satisfont la
condition d’équilibre de la dépense, se trouve sur la courbe IS où Y est une fonction décroissante
de r. Les combinaisons de r et de Y qui satisfont la condition d’équilibre du marché de la
monnaie se trouve sur la courbe LM où Y est une fonction croissante de r.
Chapitre 3. Financement de l’économie
Qui dit financement dit ressources, soit externes soit l’épargne, pour aménager les fonctions
économiques (Consommation/Ménages Administration, production/Entreprise, transport, …). Dans le
sens où il s’agit d’épargne, on parle d’autofinancement ?
Pour assurer le financement de leurs activités et de leurs investissements, les agents économiques ont
besoin de fonds. Ceux-ci peuvent provenir de leur épargne (Fonds propres) et/ou de fonds d’emprunt.
I. Autofinancement et besoin de financement :
L’autofinancement consiste, pour un agent économique, à satisfaire lui-même ses besoins de
financement avec ses ressources propres. Ce mode de financement, à l’aide de ressources propres, évite
de recourir à des ressources externes comme l’emprunt. Il permet à l’agent d’être indépendant vis-à-vis
d’un prêteur, lui évitant ainsi de se soumettre à ses conditions moyennant le paiement du prix lié à l’octroi
du prêt i.e. l’intérêt. Ménages et entreprises peuvent autofinancer leur besoin de financement à partir de
leurs épargnes.
L’autofinancement des entreprises :
Il est constitué par la part des ressources disponibles issues de l’activité passée de l’entreprise à
travers les bénéfices réalisés épargnés, non-redistribués aux associés ou aux salariés. L’autofinancement
de l’entreprise est mesuré par son « taux d’autofinancement » qui est défini par :
. Plus ce taux est élevé, moins les entreprises ont
besoin de recourir à des financements extérieurs. Cela permet de financer les investissements des
entreprises et assurer sa croissance interne de manière indépendante.
L’autofinancement des ménages :
Pour les ménages, l’autofinancement s’appuie également sur leurs épargnes lorsque les dépenses
de consommation sont inférieures au revenu net. Cette épargne est déposée sur un livret d’épargne, un
compte en banque ou placée sur le marché financier. Elle doit pouvoir être mobilisée rapidement. En
macroéconomie, l’épargne vient du ménage et l’emprunt, de l’entreprise.
II. Comportement des agents économiques et circuit de
financement
Les comportements des agents économiques peuvent être analysés de manière schématique à
partir du circuit de financement. L’épargne est mise à la disposition des emprunteurs par l’intermédiaire
du marché financier par les agents à excédent financier. Les agents ayant un besoin de financement
s’adresse au marché financier pour se procurer des fonds dont ils auront besoin pour financer leurs
activités et leurs investissements. Les agents consommateurs financent leur achat soit par leurs revenus
monétaires soit en recourant aux emprunts sur le marché financier. Les entreprises peuvent utilisés leurs
ressources propres ou à l’aide d’emprunt pour financer leurs activités et leurs investissements.
III. Le financement direct VS financement indirect
Lorsque l’emprunteur reçoit directement les fonds de la part du prêteur par la vente de titres sur le
marché financier, on parle de financement direct. Inversement, lorsqu’il est obligé de passer par des
intermédiaires financiers, on parle de financement indirect ou intermédié. L’intermédiation financière est
assurée par les banques (Intermédiaire financier) qui consentent des prêts aux agents a besoin de
financement avec les dépôts qu’elles reçoivent des agents à excédent. Ces relations pourront être
schématisées à l’aide du circuit financier ci-dessous :
IV. Le système financier, définitions et compositions :
Un système financier comprend un ensemble d’institutions (Banques, compagnies d’assurance et
des bourses) qui permettent l’échange de fonds. Les emprunteurs, les prêteurs et les investisseurs, à
travers un système financier, peuvent échanger des fonds courants pour financer des projets, soient de
consommation ou d’investissement productif et pour rechercher un rendement sur leur actif financier. Le
système financier comprend également des ensembles de règles et de pratiques que les emprunteurs et les
prêteurs utilisent pour décider quels projets sont financés, qui finance les projets et les conditions des
accords financiers.
1. Les marchés financiers :
Ce terme désigne au sens large tout marché où se négocient des titres y compris le marché
boursier, le marché obligataire, le marché des changes et le marché des produits dérivés.
Le marché des dettes et des fonds propres :
Pour assurer son financement, une entreprise dispose de deux options dont :
Emission de titres à revenu fixe, représentatif d’une dette comme l’obligation : une obligation
est un engagement contractuel par lequel l’emprunteur s’engage à payer au détenteur de l’obligation des
versements déterminés à des intervalles fixées (Principal et intérêt) jusqu’à une certaine date appelée
« Echéance »
Emission d’actions ou de parts sociales dont le produit entre dans les fonds propres de la société,
les actions constituant des fractions du capital de l’entreprise
Le marché boursier :
Le marché boursier est un lieu d’achat et de vente des actions où interagissent les commerçants,
les entreprises et les investisseurs. Il permet aux investisseurs d’acheter et de vendre des actions de
société cotées en bourse. Il comporte deux compartiments : Le marché primaire et le marché secondaire.
Le marché primaire est l’emploi où les nouvelles émissions d’actions appelées « Offre publique
initiale » ou IPO sont vendues. Le marché primaire de titres est peu connu du public car la vente initiale
de titre aux souscripteurs n’a pas lieu en public. Elle est organisée pour le compte de l’emprunteur-
émetteur par une banque d’affaire ou « Investment Bank » qui organise l’émission de titres et garantit le
placement de ces titres à un certain prix et le vend en public soit de gré à gré soit par une offre publique.
Le marché secondaire quant à lui, est le lieu où les investisseurs achètent et vendent des titres
qu’ils possèdent déjà. Les bourses sont des marchés secondaires sur lesquels un certain nombre de titres
sont cotés et échangés.
Fonctions :
Le marché secondaire rend plus facile et plus rapide la vente des titres par leur détenteurs (Il
les rend plus liquide). Cette liquidité accrue rend les titres plus attractifs aux yeux des
souscripteurs et rend donc plus facile l’émission des titres par l’entreprise émettrice.
Le marché secondaire détermine un cours pour chaque titre qui fournit à l’investisseur une
évaluation de son actif et indique à l’entreprise à quel prix elle peut émettre de nouveaux
titres sur le marché primaire. Plus une action a un cours en bourse élevé, plus la société qui
l’a émise peut émettre de nouvelles actions à un prix élevé sur le marché primaire et donc,
elle peut y obtenir des fonds. Les conditions du marché secondaires sont donc importantes
pour les entreprises.
Les marchés de change :
Les marchés de change sont des marchés où sont cotées les devises. L’existence d’opérateurs
spécialisés sur ces marchés est essentielle à leur bon fonctionnement :
Intermédiaire ou les « Courtiers » mettant en rapport vendeur et acheteur
Les dealers, spécialistes ou teneurs de marché : Ils achètent eux-mêmes et vendent les titres.
Marché organisé et marché de gré à gré :
Marché organisé : Des bourses organisées réunissent en un lieu unique, réel ou virtuel, acheteurs
et vendeurs de titres (directement ou via leurs agents : sociétés de bourses, agents de changes,
courtiers ou brokers). La plupart des grands marchés d’action sont organisées de cette manière.
C’est aussi le cas d’importants produits primaires (Blé, or, argent, coton, …) comme ceux de
Londres ou de Chicago.
Marché de gré à gré : un marché décentralisé i.e. il n’a pas d’emplacement physique et les
transactions sont effectuées par voie électronique dans lequel les participants au marché négocient
des titres directement entre deux parties sans courtier. Des teneurs de marché localisés à différents
endroits tiennent à jour des listes de titres pour lequel ils sont disposés à vendre ou à acheter à toute
personne prête à accepter leur prix. Ils sont en contact permanent par réseau électronique de sorte
que les prix des principaux dealers sont en permanence affichés sur les écrans connus des autres
intervenants et mises à jour en continu. Ce mode de fonctionnement rend ce type de marché très
concurrentiel et est désormais peu différent des marchés organisés. Aujourd’hui, les actions des
grandes sociétés sont en général cotées sur des marchés organisés comme New York Stock
Exchange (NYSE), Over-The-Counter (OTC) ou encore Euronext.
Marché monétaire et marché de capitaux :
Le marché monétaire est un marché financier sur lequel seuls les instruments à court-terme
(Echéance<1an) sont échangés. Le marché des capitaux est un marché sur lequel s’échangent les titres à
plus long-terme et les actions. Les instruments des marchés monétaires/financiers :
2. Les instruments du marché financiers :
Les instruments du marché monétaire :
Le marché monétaire consiste, en échange de monnaie, contre dettes à CT. Il fonctionne
largement par l’échange de titres négociables mais peut aussi comporter des prêts directs, spécialement
entre institutions monétaires.
Marché des bons du trésor : Dans tous les pays, les titres de dettes publiques à CT et à MT sont
un instrument important du marché monétaire. Ils sont considérés comme sans risque car les
gouvernements ne peuvent faire défaut dans la mesure où ils peuvent toujours augmenter les
impôts pour payer leurs dettes.
La mise en pension : La technique de la pension livrée se caractérise par un échange de titres
contre des fonds pour une durée déterminée. La mise en pension est l’opération par laquelle le
cédant vend des valeurs à une contrepartie, les deux parties s’engageant à effectuer l’opération
inverse à une date déterminée. Cet instrument permet à des investisseurs de refinancer à CT des
titres qu’ils détiennent en portefeuille. Elle permet, réciproquement, à des investisseurs, détenant
des fonds disponibles de leur assurer une rémunération après-échéance en bénéficiant d’une
garantie sur le capital. La quasi-totalité de ces opérations se traite sur les valeurs du trésor, leur
durée est inférieure ou égale à une semaine et plus souvent au jour J.
Les certificats de dépôts : ce sont des titres à CT émis par les établissements de crédit et détenus
par des agents financiers et non-financiers (Entreprises, fonds de placement monétaire, agences
gouvernementales, …). Leur durée est de 1 à 3jours.
Les bons à MT négociables (BMTN) : ce sont des titres émis par les banques portant en général
un intérêt variable dont l’échéance à l’émission est de 5 à 7ans
Billets de trésorerie ou Commercial Paper : Ils sont émis par les entreprises autre que les
établissements de crédit. Ce sont des titres à CT en général, au moins 10jours, rémunérés par un
intérêt fixe ou variable.
Les instruments des marchés de capitaux :
Les obligations : ce sont des titres qui permettent un flux de payement fixe à des dates connues et
sur une période finie.
Les obligation d’Etat : C’est un instrument financier émis par les Etats promettant de
payer des flux d’argent à des périodes déterminées délivrées par un pays dont la
probabilité de défaut est négligeable. Les investisseurs sont, en effet, prêts à acheter et
détenir l’actif que si le taux de rendement i.e. les paiements futurs comparés au prix
auquel il peut être acheté ou vendu est avantageux par rapport aux taux d’intérêt d’actif
similaire dans l’économie. Le flux de paiement promis est fixe de sorte que plus le prix
de l’actif sera faible, plus le taux d’intérêt qu’il rapportera à l’acheteur sera élevé. En
d’autres termes, le prix d’un actif sera inversement proportionnel au taux d’intérêt
rapporté par l’actif. Si d’autre taux d’intérêt dans l’économie augmente, les taux
d’intérêts sur les obligations devraient augmenter également si bien que le prix des
obligations chutera.
Les obligations privées : Ce sont assorties de risque, plus le risque de défaut est élevé,
plus le taux d’intérêt exigé par les investisseurs sera élevé. Si deux obligations
promettent exactement le même flux de paiement, le plus risqué aura un prix plus
faible. Les investisseurs toucheront un taux d’intérêt plus élevé s’ils achètent
l’obligation la plus risquée et que celle-ci ne fait pas défaut mais il court un risque plus
élevé de voir les payements promis ne pas se matérialiser.
Les obligations hypothécaires : Ce sont des titres représentatifs des prêts faits aux
ménages ou aux entreprises pour acheter des biens immobiliers qui servent de garantie à
ces prêts. Par exemple, aux Etats-Unis, le marché de Mortgages est dominé par
l’immobilier résidentiel, qui est le segment le plus important du marché des instruments
des dettes. Les caisses d’épargne y jouent un rôle ancien et important mais des banques
commerciales y ont aussi fait leurs entrées plus récemment. Plusieurs agences fédérales
l’animent en émettant des obligations dont les montants sont ensuite utilisés pour acheter
des hypothèques, une activité également mise en œuvre en Europe par des institutions
spécialisées comme le crédit-foncier. Cependant, le marché hypothécaire est beaucoup
moins développé en Europe du fait de leur moindre négociabilité. La crise financière de
2008 a commencé sur ce marché aux Etats-Unis en raison sans doute à la fois d’un excès
d’octroi de crédits hypothécaires et de grave disfonctionnement dans le marché des
obligations hypothécaires et des produits dérivés qui en sont issus.
Les actions : Ils diffèrent des obligations par deux aspects importants :
D’une part, il n’y a aucun flux de paiement promis et d’autre part, la période sur
laquelle les paiements seront faits n’est pas déterminée.
Les entreprises dont les perspectives de revenus nets sont plus élevées obtiendront une
valorisation plus élevée. Si les prévisions changent, la valeur des actions changera
également mais tout comme les obligations, la valeur des actions dépendra aussi des
taux d’intérêt ailleurs dans l’économie et du risque supposé sur les revenus. Le
principal inconvénient de détenir des actions plutôt que des obligations est que
l’actionnaire est un bénéficiaire résiduel. En effet, la société doit satisfaire à ses autres
obligations contractuelles (payer ses créanciers et ses salariés avant d’effectuer un
versement à ses actionnaires). L’avantage en revanche est que l’actionnaire bénéficient
directement de toute accroissement de bénéfice de l’entreprise ou de la valeur de ses
actifs en proportion de la part qu’il détient dans le capital de celle-ci.
Les actions et obligations représentent deux instruments possibles de financement pour les
entreprises.
3. Les banques
Les banques jouent un rôle important dans la mise à disposition de fonds aux agents économiques
pour financer leurs activités et leurs investissements. Les banques collectent des fonds auprès d’agents à
excédant de financement sous forme d’emprunt ou de dépôt qu’elles mettent à la disposition des
emprunteurs sous forme de prêt ou d’acquisition de titres. Elle se dégage un profit sur le quart de taux
d’intérêt (u marge d’intérêt) qu’elles perçoivent sur les prêts accordés et sur les titres qu’elles détiennent
sur ce qu’elle paie au traiteur et/ou déposant.
a. Les opérations bancaires :
Elles comprennent les opérations avec la clientèle. La clientèle des banques comprend tous les
agents qui ne sont pas eux-mêmes des institutions financières i.e. les entreprises (Société non
financière et entrepreneur individuel), les ménages, etc. Les opérations avec la clientèle
comprennent :
Les ressources en provenance de la clientèle des banques qui comprennent les dépôts à vue, les
comptes d’épargne, les dépôts à terme, les bons de caisse et les bons d’épargne. La nature de ses
ressources traduit l’activité des banques en tant qu’institution monétaire.
Les emplois des banques à l’égard de leur clientèle comprennent des crédits et des prêts qui
mettent en relation directe les banques et leur clientèle et les avances en compte débiteur.
o Les crédits à court-terme aux entreprises comprenant l’escompte d’effets de
commerce, l’avance (ou crédit de trésorerie).
L’opération d’escompte : Le bénéficiaire d’une traite qui désir disposer dans
l’immédiat de liquidité la fera escompter par sa banque. Celle-ci alimentera le
compte de ce client et fera l’acquisition de son titre de créances par une valeur
égale à son nominal moins l’intérêt sur la période restant à courir. En effet, le
bénéficiaire d’une traite qui désire disposer immédiatement de liquidité pourra
demander à sa banque d’escompter la traite. A l’échéance de la créance, la
banque se fera rembourser par le débiteur de la traite. Et la créance disparaitra en
même temps que la monnaie précédemment créée (par l’escompte).
La technique des avances (Ou crédits de trésorerie) : consiste pour la banque
à apporter une ligne de crédit aux entreprises qui peuvent alors, dans la limite
fixée, effectuer des paiements à partir de comptes débiteurs. Il est rare que les
banques accordent des avances sans prendre des garanties comme les titres, les
suretés, des warrants ou tout simplement la caution d’un conjoint.
o Les autres formes de crédit comprennent des crédits à long-terme qui peuvent être des
crédits à l’équipement, aux entreprises et aux administrations publiques, des crédits à
l’habitat, aux particuliers.
b. Le risque de liquidité :
En recevant des dépôts et en octroyant des prêts, les banques fournissent à l’économie un service
de transformation des échéances. La pratique consistant à emprunter de l’argent à court-terme et à le
prêter à long-terme. Par exemple la banque reçoit des dépôts qu’elle promet de les rembourser sans
préavis ou avec un préavis très court et elle octroie des prêts de long-terme qui peuvent être remboursés
en plusieurs années. Lorsque les banques prêtent, elles fixent une échéance pour le remboursement du
prêt. Les déposants peuvent retirer leur argent des banques sans préavis.
En revanche, lorsque les banques prêtent, elles fixent une échéance pour le remboursement des
prêts, c’est le processus de transformation des liquidités. Il existe également une autre forme de
transformation qui est celle des échéances. Les banques ne peuvent pas exiger de l’emprunteur qu’il
rembourse plus tôt, permettant ainsi à ceux qui reçoivent les prêts bancaires de s’engager dans une
planification à long-terme. De cette manière, les banques se livrent à des emprunts à court-terme et à des
prêts à long-terme. On parle aussi de transformation de liquidité vu que les dépôts des préteurs sont
liquides à l’inverse des prêts bancaires qui ont des échéances.
Explications :
Dépôts à vue (on peut retirer notre argent à tout moment) : 100 (échéance=0). Si la
banque ne peut pas rembourser le DAV, elle fait des emprunts auprès de de la banque
centrale.
Dépôts à terme : 60
Prêt à long terme : 120 (10 ans échéances, remboursée tout au long de cette période :
payement périodique fixé : payement d’une certaine somme S mensuellement)
Commercants Clients
Bien que la transformation des échéances soit un service essentiel dans toute économie, elle
expose la banque à un nouveau risque qu’on appelle « Risque de liquidité ». Le risque de liquidité se
présente sous la forme d’un risque qu’un actif ne puisse pas être échangé assez rapidement contre du
liquide pour éviter une perte financière, outre la possibilité de non remboursement de ces prêts appelée
« Risque de défaut ». Le risque de défaut est le risque que le crédit octroyé sous forme de prêt, ne soit
pas remboursé. Le risque auquel font face les banques est que tous les déposants décident de retirer leur
argent en même temps, alors que la banque n’a pas cet argent. C’est une situation qui peut se présenter
lorsque les clients craignent que la banque fasse faillite et ne puisse plus rembourser ses dettes. Cette
situation entraine ce qu’on appelle « La ruée bancaire » qui met la banque en danger. Le risque de
liquidité est une cause possible des faillites bancaires.
Chapitre 4 - Introduction aux politiques
économiques conjoncturelles
Les politiques conjoncturelles et structurelles constituent ce qu’on appelle politique
économique. Les politiques économiques constituent l’ensemble des actions mis en place par les
pouvoir publics pour corriger des déséquilibres économiques jugées dommageables. La théorie
propose une représentation rigoureuse et cohérente de l’ensemble de la réalité économique. Elle
débouche sur des applications normatives et permet de prévoir des effets à attendre de telle ou
telle action de politique publique. La notion de politique publique fait l’objet de plusieurs
définitions qui au fil des ans rendent comptes de la complexité aussi bien de ces champs d’étude
politique que de la pratique de la politique publique elle-même. En 1985 considèrent les
politiques publiques comme étant « les interventions d’une autorité investit de puissance
publique et de légitimité gouvernemental sur un domaine spécifique de la société ou du
territoire ». Jean Turgeon et Jean François Savard en 2012, retiennent dans leur définition qu’une
politique publique peut être un document ou un processus public. Elle est un document élaboré
par les agents gouvernementaux pour présenter leur vision d’un enjeu susceptible d’une action
publiques. Cependant d’une manière secondaire, les aspects légaux, technique opérationnelle
d’une action publique peuvent être qualifier de politique publique ; elle peut également être un
processus au cours duquel les élus politiques décident d’une action publique sur un enjeu pour
lequel certains décideurs publics exigent une action. Ainsi, les politiques publiques apparaissent-
elles comme des actions spécifiques inter relié et officiel annoncé ou entreprises à un moment
donné par une autorité étatique légitime au niveau locale nationale ou internationale et orientés
vers la résolution d’un problème publique comme science, l’analyse des politiques publiques
permet de comprendre les actions de l’état en répondant comme le suggère Kaddou, Mehiriz,
Jean TURGEON, Gilbert CHARLAND en 2011 au question suivante : comment et pourquoi
l’Etat intervient-il dans la société .(Cirille, Nyeck, in dictionnaire d’action publique 2014, page
384 à 385) .
Dans ce chapitre nous allons étudier les politiques conjoncturelles, une des composantes
de la politiques économiques. Avant d’aborder le thème d’étude, nous allons définir quelques
concepts : L’économie est une science humaine et sociale ; les interactions entre les agents
économiques, les déterminismes, les anticipations, la confiance jouent un rôle important dans la
dynamique économique. La politique publique est un programme d’actions propre à une ou
plusieurs autorités publiques ou gouvernementales (Jean-Claude THOENIG). Les politiques
publiques sont donc les moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics pour atteindre un objectif
dans un domaine particulier.
I. Le rôle de l’Etat :
Robert MUSGRAVE (économiste américain) a défini le rôle de l’Etat à travers trois
fonctions : La fonction d’allocation, la fonction de redistribution et la fonction de régulation.
La fonction d’allocation couvre les investissements publics qui présentent une
dimension stratégique en termes de croissance économique sur le long-terme.
La fonction de redistribution concerne la dimension sociale de la politique
économique ; au moyen de prélèvements obligatoires, l’Etat modifie la répartition
primaire des revenus pour assurer une justice sociale.
La fonction de régulation couvre les politiques économiques conjoncturelles
visant à assurer la croissance et le plein-emploi via une action par la monnaie ou
le budget.
Avant la crise de 1929, les finances publiques n’avaient que pour but d’assurer les
activités régulières de l’Etat, ce qui limitait les possibilités de mises en œuvre d’une telle
politique. On pensait à ce moment-là que le budget ne pouvait pas avoir une fonction régulatrice
de l’activité économique. Ce n’est qu’avec la mise en application des théories keynésiennes que
la relance économique a pu avoir eu lieu par l’augmentation des dépenses publiques. La mise en
œuvre de cette politique a fonctionné un temps avant d’être vivement remise en cause dans les
années 60 à un moment où elle révélait ses limites.
II. Le rôle de l’Etat Keynésien
En période normale, la stabilité des dépenses publiques leur confère un rôle de
stabilisateur automatique. En effet, les recettes de l’Etat sont étroitement liées à l’activité
économique. C’est le cas de la TVA est liée à la consommation des ménages, l’impôt sur le
revenu est lié à l’activité des agents, les cotisations sociales sont liées aux rémunérations, …
Ainsi, lorsque l’activité fléchit, les recettes de l’Etat baissent, ce qui se traduit par un déficit
public lorsque l’Etat décide de maintenir le niveau de ses dépenses.
Inversement, en cas de croissance de l’activité, les recettes de l’Etat augmentent et il
apparait un excédent budgétaire si les dépenses publiques ne croissent pas parallèlement. Ce
phénomène est renforcé par les dépenses sociales qui sont elles aussi liées à l’activité. Par
exemple l’indemnisation du chômage augmente lorsque l’activité ralentie. Ainsi, en période
normale, une baisse d’activité a pour conséquence de creuser le déficit public (ou de réduire
l’excédent), ce qui relance l’activité.
Inversement, une hausse d’activité se traduit par un excédent budgétaire (ou une
réduction du déficit) qui a tendance à ralentir l’activité économique. Puisque le déficit public a
un impact positif sur la demande et l’excédent un effet négatif, la stabilité des dépenses
publiques a un effet stabilisateur sur l’activité économique. Pour KEYNES, le déficit n’est pas
mauvais (Utilisé pour relancer l’activité).
III. Les composantes de la politique économique :
Rappelons-le, la politique économique comprend deux composantes suivant la nature des
objectifs qui sont soit à cours ou à moyen terme. Les deux composantes sont : Les politiques
conjoncturelles et les politiques structurelles. Les politiques conjoncturelles cherchent à contrôler
la demande globale en agissant à court-terme sur une ou plusieurs de ses composantes. La
situation la plus probables est celles d l’insuffisance de la demande qui dès lors doit être soutenu.
Les politiques structurelles, en revanche, agissent sur les structures de l’économie visant des
objectifs à moyen et long terme.
1. La politique conjoncturelle :
Les politiques conjoncturelles sont dites d’aspiration keynésienne en raison, notamment,
de leur horizon temporel et de manière liée, de la justification analytique de leurs efficacités.
KEYNES a beaucoup contribué à démontrer l’efficacité des politiques budgétaires et monétaire
sur la courte période (Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, 1936).
La politique économique conjoncturelle a quatre (04) grands objectifs, à savoir : La
croissance, l’emploi, la stabilité des prix et l’équilibre externe. Les 4 objectifs ne peuvent pas
être placés rigoureusement sur le même plan contrairement à ce que suggère la notion de carrée
magique de KALDOR. Les deux premiers recherchés en priorité par les politiques économiques,
sont la croissance économique et l’emploi, que l’on peut définir d’objectif d’activités. Les deux
autres objectifs, à savoir la stabilité des prix et l’équilibre externe, sont plus relatifs et sont
définis comme les objectifs de stabilité.
Quatre (04) outils de politique économique conjoncturelle peuvent être identifiées, à
savoir, la politique budgétaire, la politique salariale et des revenus, la politique monétaire et la
politique de change.
Chacun de ces instruments peut être associé à une composante de la demande qui
constitue son canal de transmission privilégié mais non exclusif (respectivement les dépenses
publiques, la consommation, l’investissement) et la composante externe (Exportation –
Importation). L’efficacité des outils conjoncturels est très liée aux caractéristiques structurelles
de l’économie dont : son degré d’ouverture commerciale et financière, sa composition
sectorielle, le degré de rigidité des prix, etc.
La politique budgétaire a pour rôle la stabilisation de la conjoncture. La politique
économique conjoncturelle vise à réguler l’activité à court-terme pour garantir une croissance
forte sans déséquilibre (Chômage, inflation, déficit budgétaire, etc). Une politique budgétaire
peut être procyclique ou contracyclique. La politique conjoncturelle est procyclique lorsque
l’Etat agit dans le sens de la conjoncture pour l’amplifier (Ex : L’Etat peut prendre des mesures
de relance pour stimuler la demande et la croissance économique en période de récession.) La
politique conjoncturelle est contracyclique lorsque l’Etat intervient pour contrer une évolution
conjoncturelle indésirable (en période d’inflation, la banque centrale peut prendre des mesures
d’augmentation de taux d’intérêt pour diminuer les tensions inflationnistes. Une politique
conjoncturelle peut être dite de relace ou de rigueur. Ex : Politique de grands travaux
o La politique conjoncturelle dite de relance : D’inspiration keynésienne, la politique
économique conjoncturelle dite « de relance » privilégie les objectifs de stimulation de la
croissance économique et de lutte contre le chômage. En cas de croissance faible et de chômage
élevé, l’Etat peut être en œuvre une politique conjoncturelle qui vise à accroitre la demande
globale i.e. la consommation des ménages et investissements des entreprises, pour stimuler
l’activité économique. Cette politique est mise en œuvre à l’aide d’une politique budgétaire et
monétaire expansionniste.
Une politique budgétaire expansionniste se traduit par une hausse des dépenses
publiques, une baisse des impôts et un creusement du déficit budgétaire. Celui-ci
est considéré favorable car il stimule la demande globale. Le mécanisme
économique qui justifie cette politique est le suivant : L’augmentation des
dépenses publiques et la diminution des impôts déclenchent une hausse du revenu
disponible des ménages, d’où une hausse de la consommation. Ce qui engendre
une hausse de la production des entreprises et donc une hausse de l’emploi.
Une politique monétaire expansionniste se traduit par une baisse de taux
d’intérêts, une progression des crédits et de la masse monétaire. Le mécanisme
économique qui justifie cette politique est le suivant : Une baisse des taux
d’intérêts génère des sources de financement moins coûteuses pour les agents
économiques, ménages et entreprises vont donc recourir à plus de crédits et vont
effectuer plus d’échanges donc plus d’activités économiques et plus d’emplois.
Les politiques de relance ont des effets positifs sur l’activité économique sur le
revenu des ménages et sur l’emploi. Cependant, ces politiques peuvent favoriser
l’inflation et dégrader l’équilibre extérieur en raison de l’augmentation des
importations.
o La politique conjoncturelle dite de rigueur : La politique économique conjoncturelle
de rigueur ou de stabilisation privilégie la lutte contre l’inflation et la réduction des déficits. Elle
implique le plus souvent le freinage de la croissance économique. Elle est mise en œuvre à l’aide
de politique monétaire et/ou budgétaire restrictive :
Une politique budgétaire restrictive recherche l’équilibre ou l’excédent du budget
afin de limiter le poids de la dette publique. Elle peut se traduire par une baisse
des dépenses publiques et/ou une augmentation des impôts.
Une politique monétaire restrictive se traduit par une limitation du crédit et une
hausse des taux d’intérêts. Les politiques conjoncturelles de rigueur ont en
principe des effets bénéfiques sur le prix, sur les équilibres extérieurs et sur les
résultats des entreprises. Cependant, elles peuvent avoir des effets dépressifs sur
l’emploi, sur le pouvoir d’achat des ménages et sur la production.
2. Les politiques structurelles :
Les politiques structurelles se préoccupent à plus long-terme de la soutenabilité
environnementale et sociale du développement de son pays, de sa croissance potentielle mais
aussi des conditions de fonctionnalités du marché (L’évolution de la structure du marché et
modification du comportement des agents notamment). Cette définition laisse entrevoir le
caractère extrêmement large des politiques structurelles et les difficultés d’une approche
exhaustive dans ce domaine ; Parmi les politiques structurelles existantes, citons les politiques
industrielles de la recherche, les actions en faveur des services, les politiques démographiques,
les politiques de santé, les politiques de l’emploi, les politiques sociales, le choix d’un régime de
change, la politique commerciale … Les politiques structurelles mises en œuvre dans un grand
nombre de pays entre le début des années 1980 et 2007 sont d’inspiration libérale. Elle se
caractérise par la recherche de plus de concurrences et de flexibilité sur les marchés des
« Inputs » avec comme point de repère théorique, le principe de la concurrence pure et parfaite.
Depuis la crise financière de 2008-2009, des politiques plus interventionnistes sont à l’œuvre à
travers d’un resserrement de la régulation financière et une nette montée du protectionnisme. En
2020, la gestion de la crise du Covid-19 a conduit nombres de gouvernements à mettre en œuvre
des mesures d’exceptions en rupture avec l’économie du marché (Ex : L’Etat octroie des aides
directes aux entreprises et décrète le confinement de la population).
3. Les outils de contrôle des politiques économiques :
Il existe un outil de contrôle assigné à chaque objectif :
OBJECTIFS OUTILS DE CONTROLE
Croissance économique Taux de croissance du PIB
Création d’emplois Taux de chômage en % de la population
active
Equilibre du commerce extérieur Solde de la balance des transactions
courantes (Exportation – Importation) /PIB
en %
Stabilité des prix Taux d’inflation
a. Le Carré magique de Kaldor
L’outil théorique qui va représenter les objectifs de courte durée de la politique
économique est ce qu’on appelle « Carré magique de Kaldor ». Cet outil proposé par
l’économiste britannique Nicolas KALDOR (1908-1986) en 1971 représente le « plein-emploi,
la stabilité des prix, l’équilibre de la balance extérieure et la croissance ». Ces quatre (04)
objectifs paraissent difficiles à atteindre simultanément, d’où l’expression de « CARRE
MAGIQUE ».
Commentaire :
A partir de ce carré, on distingue deux relations importantes en macroéconomie : la
relation entre l’inflation et le chômage et la relation entre la croissance et le chômage. La relation
entre l’inflation et le chômage est aussi connue sous le nom de courbe de Phillips. Cette courbe
est révélatrice du dilemme des politiques économiques Keynésienne. La hausse de l’inflation
permet de réduire le chômage mais la lutte contre l’inflation entraine une hausse du chômage ;
La relation entre la croissance et le chômage s’exprime ainsi : plus la croissance est forte et plus
le chômage baisse. L’interventionnisme publique est un événement assez récent dans l’histoire
économique.
Ce carré est qualifié de magique car l’expérience et l’effet économique prouve qu’il est
très difficile d’atteindre simultanément les 4 objectifs ; Certains objectifs s’opposent comme
l’inflation et le chômage puisqu’une baisse de l’inflation provoque une hausse du chômage et
inversement. La politique de relance d’aspiration Keynésienne privilégie les objectifs de lutte
contre le chômage et de stimulation de la croissance grâce à une politique budgétaire visant à
soutenir la demande au prix d’un déficit budgétaire ; Cependant en voulant atteindre ces deux
objectifs, cette politique déforme le carré car elle favorise l’inflation et détériore le commerce
extérieur. La politique de rigueur quant à elle privilégie la lutte contre l’inflation, l’équilibre
budgétaire et la réduction du déficit de la balance commerciale. En voulant atteindre ces deux
objectifs, cette politique freine la croissance ainsi que les emplois durables et donc modifie le
carré.
b. La loi d’Okun
Arthur OKUN, Un professeur de Yale et un économiste qui à étudier la relation entre le
chômage et la production (Okun :1928-1980). En tant qu’économiste keynésien, Okun a plaidé
pour l’utilisation de la politique budgétaire pour contrôler l’inflation et stimuler l’emploi ; Il a
d’abord proposé la relation entre le chômage et le PIB d’un pays dans les années 1960. En
général, les conclusions d’Okun ont démontré que lorsque le chômage baisse, la production d’un
pays augmente. La logique qui sous-tend cette loi est : la quantité de production produite par
une économie dépend de la quantité de travail (ou du nombre de personne employé) dans le
processus de production. Lorsqu’il y a plus de main d’œuvre impliqué dans le processus de
production, il y a plus de production et vice versa.
Dans l’énoncé original d’Okun de sa loi : « une économie connait une augmentation d’1
point de pourcentage du chômage pour chaque baisse de 3 points de pourcentage du PIB par
rapport à son niveau à long terme appelé PIB potentiel ; De même, une augmentation de 3
points du pourcentage du PIB par rapport à son niveau à long terme est associée à une
diminution d’1 point de pourcentage du chômage » PIB 3%=Chômage1%
Définition : le PIB potentiel est le niveau de la production qui peut être atteint lorsque toute les
ressources (terre, travail, capital et capacité entrepreneuriale) sont pleinement employées.
Prédiction de la loi d’Okun :
Elle pourrait être mieux caractériser comme une règle empirique car elle est basée sur
l’observation empirique des données plutôt que sur une conclusion dérivée d’une prédiction
théorique. La loi d’Okun est une approximation car d’autre facteurs ont i=un impact sur la
production tel que l’utilisation des capacités et les heures travaillés. La relation entre le chômage
et le PIB (ou PNB) varie selon les pays dans les pays industrialisés dont les marchés du travail
sont moins flexibles que ceux des Etats-Unis comme la France et l’Allemagne, la même
variation en pourcentage du PNB a un effet moindre sur le taux de chômage des Etats-Unis.
Lacune de la loi d’Okun :
Alors que les économistes acceptent largement qu’il existe une relation entre la
productivité et l’emploi tel qu’énoncé dans la loi d’Okun, il n’y a pas d’accord sur l’ampleur
exacte de cette relation. De plus de nombreuses autres variables peuvent également avoir un
impact sur la productivité ou les taux d’emploi ce qui rend difficile l’établissement de prévision
précise en utilisant uniquement la loi d’Okun. Pour cette raison, certain économiste dise que la
loi d’Okun a une valeur limitée en tant qu’outil de prévision même s’il acceptent la relation sous-
jacente.
L’équation de la loi d’Okun :
Il existe plusieurs versions de la loi d’Okun et l’équation est légèrement différente pour
chacune. Une des formes les plus simples utilisent la formule suivante
𝑈= 𝑎 + 𝑏.𝐺
Avec U : variation du taux de chômage entre un trimestre et le suivant ; G : croissance du PIB
réel pour ceux qui restent ; b= coefficient d’Okun ou la pente de la relation entre la croissance du
PIB et le chômage
Ex : Soit deux économies, a et b caractériser par les équations suivantes :
A : ut-ut-1=-0,5(gt-1,5)
B : ut-ut-1=-0,3(gt-3)
Sachant que ut est le taux de chômage et gt le taux de croissance de l’économie, donnez la
signification économique de ces équations. A quel concept économique connu se rattachent-
elle ?
Questions de réflexion :
Sur le marché du travail, quels sont les origines de la rigidité des salaires ?
Ce sont les syndicats, salaire minimum par l’Etat, niveau de salaire fixé par le contrat
Expliquer quelle est la différence entre un chômage classique et un chômage Keynésien ?
Quelles sont les différentes mesures à prendre dans le cas d’un chômage keynésien et
dans le chômage classique, pourquoi ?
Dans une économie où les causes de ralentissement des activités sont l’insuffisance du
pouvoir d’achat de la population et l’insuffisance de la production. A votre avis quels
sont les politiques à mettre en place pour relancer l’économie de ce pays ?