Équations aux dérivées partielles et applications
Équations aux dérivées partielles et applications
partielles et leurs
approximations.
2
Sommaire
1 Introduction générale 7
1.1 Classification des EDP scalaires linéaires d’ordre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Exemples d’EDP tirés de la physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Déformation d’un fil élastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Déformation d’une membrane élastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.3 Vibration d’une corde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.4 Diffusion de la chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.5 Évolution du trafic routier sur une autoroute . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.6 Hydrodynamique compressible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.7 Évolution du prix d’une option . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Encore quelques généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2 Équations paraboliques 15
2.1 Existence et unicité d’une solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.1.1 Une base hilbertienne de L2 (]0, 1[) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.1.2 Unicité de la solution. Stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.1.3 Existence d’une solution. Régularité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2 Principes du maximum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.1 Entropies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.2 Décroissance en temps de la norme L∞ (]0, 1[) . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.3 Résolution approchée par la méthode des différences finies . . . . . . . . . . . . . 33
2.3.1 Étude du schéma explicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.3.2 Étude du θ-schéma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3.3 Quelques résultats numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3 Équations hyperboliques 73
3.1 Introduction, définitions, exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.1.1 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.2 Méthode des caractéristiques pour l’advection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3
4 SOMMAIRE
5
6 TABLE DES FIGURES
Chapitre 1
Introduction générale
où (
u : Ω ⊂ Rd −→ Rn est la solution de l’EDP (du système d’EDP),
ϕ : Ω × Rn × Rn × · · · × Rn −→ Rs ,
Habituellement, on aura s = n (et on aura le même nombre d’équations et d’inconnues).
On dit que l’EDP est linéaire si et seulement si ϕ(x, ·) l’est pour tout x ∈ Ω. On dit que
l’EDP est homogène si et seulement si 0 en est solution. On dit que l’équation est scalaire si et
seulement si s = n = 1.
Nous n’étudierons dans ce cours que des EDP d’ordres 1 et 2.
Notons C(x) la matrice (ci,j (x))di,j=1 . À une modification (qui n’a pas d’influence sur l’EDP si
la solution en est de classe C 2 ) près, c’est une matrice symétrique ; elle est donc diagonalisable
7
8 CHAPITRE 1. INTRODUCTION GÉNÉRALE
et ses valeurs propres sont réelles. Notons-les (λi (x))di=1 , et notons d+ (x) le nombre de valeurs
propres strictement positives, d− (x) le nombre de valeurs propres strictement négatives (en
tenant compte de leur multiplicité) et d0 (x) la multiplicité de la valeur propre 0 : d = d0 (x) +
d− (x) + d+ (x) ∀x ∈ Ω.
On dit que l’EDP (1.2) est elliptique en x ∈ Ω si et seulement si
d+ (x) = d
ou d− (x) = d
P P P
(la forme (yi )di=1 7−→ di=1 bi (x)yi + di=1 dj=1 yj ci,j (x)yi définit une quadrique elliptique).
On dit que l’EDP (1.2) est hyperbolique en x ∈ Ω si et seulement si
d+ (x) = d − 1 et d− (x) = 1
ou d+ (x) = 1 et d− (x) = d − 1.
d0 (x) > 0.
Exercice
Déterminer le type de l’équation de Tchaplyguin sur R2 :
2 2
∂1,1 u(x1 , x2 ) + x1 ∂2,2 u(x1 , x2 ) = f (x1 , x2 ).
où c(x) est donné par les caractéristiques du matériau qui constitue le fil (c’est le coefficient
d’élasticité). Il s’agit d’un problème de nature elliptique. On se posera dans ce cours les questions
de l’existence d’une solution, de son unicité, et de son calcul (ou calcul approché). Cette EDP
est en fait une équation différentielle ordinaire (EDO), mais ce n’est pas un problème de Cauchy
(donc, le théorème de Cauchy-Lipschitz ne permet pas de conclure directement à l’existence
d’une solution).
1.2. EXEMPLES D’EDP TIRÉS DE LA PHYSIQUE 9
On considère cette fois une membrane élastique horizontale à l’équilibre soumise à un char-
gement vertical dans un ouvert (borné) Ω de R2 et maintenue dans une position fixe (à l’altitude
0) sur le bord de Ω. L’altitude de la membrane est alors solution de
(
−∆u(x) + c(x)u(x) = f (x) ∀x ∈ Ω,
u(x) = 0 ∀x ∈ ∂Ω.
C’est un problème elliptique. Nous nous poserons à propos de cette équation les mêmes questions
2 u + ∂ 2 u, que nous
que pour le fil élastique. La quantité ∆u est appelé laplacien de u et vaut ∂1,1 2,2
noterons dans la suite ∂x,x2 u + ∂ 2 u.
y,y
Le fil de la sous-section 1.2.1 n’est plus ici supposé à l’équilibre : on veut précisément étudier
les phénomènes instationnaires, en se donnant des conditions initiales pour le dispositif. En fai-
sant l’≪ hypothèse des petites déformations 1 ≫, l’équation mathématique associée à ce problème
est
2 u(t, x) − ∂ 2 u(t, x) = f (t, x) ∀t ∈ R∗ , ∀x ∈]0, 1[,
∂t,t
x,x +
u(t, 0) = u(t, 1) = 0 ∀t ∈ R ,
+
0
u(0, x) = u (x) ∀x ∈]0, 1[,
∂ u(0, x) = u1 (x) ∀x ∈]0, 1[
t
où t est la variable de temps (et le chargement dépend à la fois du temps et de l’espace). C’est
un problème hyperbolique. On se posera à son sujet les mêmes questions que dans les exemples
précédents, et l’on se demandera aussi si la solution mathématique est stable au cours du temps.
Ce problème admet bien entendu des généralisations en dimension 2 (vibration d’une mem-
brane) et en dimension 3, au même titre que le problème de la déformation d’un fil élastique.
On considère encore un fil sur le segment [0, 1], et l’on s’intéresse cette fois non pas à son
déplacement mais à sa température. On note u(t, x) la température du fil à l’instant t et au
point x ∈ [0, 1]. Ce problème physique est modélisé (dans un cadre simplifié, en utilisant la loi
de Fourier) par
2 ∗
∂t u(t, x) − κ∂x,x u(t, x) = f (t, x) ∀t ∈ R+ , ∀x ∈]0, 1[,
u(t, 0) = u(t, 1) = 0 ∀t ∈ R+ ,
u(0, x) = u0 (x) ∀x ∈]0, 1[.
2
1. C’est-à-dire en supposant que u, ∂x u et ∂x,x u sont petits.
10 CHAPITRE 1. INTRODUCTION GÉNÉRALE
qui est l’archétype du problème elliptique. Pour une démonstration rigoureuse de ce résultat,
voir l’examen de juin 2004 et celui de mai 2006 (et leur corrigé).
Assimilons ( !) la répartition des automobiles sur une autoroute de longueur infinie à une
densité de répartition sur R. Notons ρ(t, x) cette densité, a priori fonction du temps et de la
position. Notons encore v(t, x) la vitesse locale des automobiles. L’équation de transport des
automobiles est
∂t ρ(t, x) + ∂x (ρv)(t, x) = 0.
Supposons (pour simplifier. . .) que les conducteurs adaptent leur vitesse à la densité locale
d’automobiles : v(t, x) = V (ρ(t, x)). Il est logique de choisir une fonction V décroissante 3 .
On peut de plus modéliser l’apparition d’un bouchon lorsque la densité de voitures est trop
importante par l’hypothèse mathématique qu’il existe une densité de saturation ρs telle que
V (ρs ) = 0. Ceci conduit à un flux q = ρv = ρV (ρ) d’allure représentée sur la figure 1.1.
2. Si l’on ne suppose pas que ce coefficient est constant mais qu’il dépend de u et x, l’équation de la chaleur
s’écrit ∂t u − ∂x (κ(u, x)∂x u) = f .
3. De plus, si les distances sont mesurées en kilomètres et les temps en heures, si l’autoroute est française et
les automobilistes disciplinés (ne sont pas français), on aura limρ→0 V (ρ) = 130.
1.2. EXEMPLES D’EDP TIRÉS DE LA PHYSIQUE 11
ρs ρ
p étant la pression dans le fluide (supposé ici newtonien) : par exemple, pour un gaz parfait,
p = (γ − 1)ρ(e − u2 /2). Lorsque γp/ρ > 0 4 , ce système est hyperbolique (comme il ne s’agit pas
d’une EDP d’ordre 2, la définition de l’hyperbolicité est ici différente de celle que nous avons
introduite : voir le chapitre 3 pour plus de précisions).
avec les données initiales uj (0, x) = 0 ∀x, ∀j = 1, . . . , n. Supposons que les coefficients αji,k et
β j sont analytiques réels 5 au voisinage de (x, u1 , u2 , . . . , un ) = (0, 0, 0, . . . , 0).
Alors, le problème de Cauchy considéré a une unique solution uj (t, x) analytique réelle au voi-
sinage de (0, 0).
Il s’agit d’un résultat beaucoup plus faible que celui qui concerne les EDO que nous rappelons
pour comparaison.
Théorème 2 (Cauchy-Lipschitz)
Considérons l’EDO
x′ (t) = f (t, x(t))
posée dans I × Ω où I est un intervalle ouvert de R contenant 0 et Ω est un ouvert de Rd ,
avec la donnée initiale x(0) = x0 ∈ Ω. Supposons que f est continue et qu’elle est localement
lipschitzienne par rapport à sa seconde variable sur I × Ω. 6
Alors, il existe une unique solution maximale à l’EDO, définie sur l’intervalle maximal IM ,
intervalle ouvert tel que 0 ∈ IM ⊂ I.
5. Rappel : notations de Schwartz. Soit x = (x1 , x2 , . . . , xd ) ∈ Rd , soit n = (n1 , n2 , . . . , nd ) ∈ Nd . On note
nd
x = xn
n 1 n2 d
1 x2 . . . xd . Soit Ω un ouvert de R qui contient 0. Soit f : Ω −→ R. On dit que f est analytique réelle
au voisinage de 0 si et seulement s’il existe un voisinage O de 0 et (cn )n∈Nd tels que ∀x ∈ O,
X
f (x) = cn xn .
n∈Nd
6. On entend par ceci : f est localement en (t, x) lipschitzienne par rapport à x, c’est-à-dire que ∀(t0 , x0 ) ∈ I×Ω,
∃O(t0 , x0 ) voisinage de (t0 , x0 ) et κ(t0 , x0 ) ∈ R tels que |f (t, y) − f (t, x)| ≤ κ(t0 , x0 ) |y − x| ∀t, x, y tels que
(t, x) ∈ O(t0 , x0 ) et (t, y) ∈ O(t0 , x0 ).
1.3. ENCORE QUELQUES GÉNÉRALITÉS 13
Une étude des EDP dans toute leur généralité est impossible. Nous nous intéresserons donc à
certaines catégories d’EDP, séparément. Nous analyserons premièrement les EDP paraboliques
(en focalisant sur l’équation de la chaleur), puis les EDP hyperboliques, et enfin les EDP ellip-
tiques. Nous aborderons dans le même ordre les méthodes de différences finies, de volumes finis
et d’éléments finis.
14 CHAPITRE 1. INTRODUCTION GÉNÉRALE
Chapitre 2
Équations paraboliques
Remarque 1
A priori, le temps final T fait partie du problème : il s’agit de trouver le plus grand T ∈ R tel
qu’il existe une solution sur ]0, T ], ou ]0, T [. Nous verrons que pour cette EDP (moyennant des
hypothèses ad hoc sur les données), il existe une solution pour tout T ∈ R. Une autre remarque,
importante, concerne le domaine ]0, T ]×]0, 1[ sur lequel on cherche une solution de l’EDP. L’on
pourrait aussi chercher une solution sur [0, T ]×[0, 1] (en précisant que sur les bords de ce domaine,
les dérivées partielles seraient à comprendre ≪ à gauche ≫ ou ≪ à droite ≫), mais, nous allons le
voir, ce serait très réducteur en nous privant de toute une famille de solutions intéressantes, celles
issues de conditions initiales non régulières. Ce choix nous imposera de préciser ultérieurement
ce que nous entendons par condition limite, puisque la régularité au bord (en temps. . .) n’est
pas garantie.
15
16 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
Notons en premier lieu que l’EDP ∂t u(t, x) − κ∂x,x 2 u(t, x) = f (t, x) est une EDP scalaire
linéaire (non homogène sauf si f est identiquement nulle). En conséquence, si u vérifie ∂t u(t, x)−
2 u(t, x) = f (t, x) et si v vérifie ∂ v(t, x) − κ∂ 2 v(t, x) = 0, w = u + λv vérifie ∂ w(t, x) −
κ∂x,x t x,x t
2 2
κ∂x,x w(t, x) = f (t, x). Autrement dit, l’ensemble des solutions de ∂t u(t, x)−κ∂x,x u(t, x) = f (t, x)
est un espace affine (vectoriel si f = 0). Cette remarque servira par la suite.
Démonstration
Soit f ∈ L2 (]0, 1[) et soit f˜ le prolongement par imparité de f sur ] − 1, 1[ : f˜ ∈ L2 (] − 1, 1[). Le
√
théorème de Féjer assure que ((1/ 2)eikπ· )k∈Z est une base hilbertienne de L2 (] − 1, 1[). Donc,
b √ R1
en posant, pour tout k ∈ Z, f˜(k) = 1/ 2 −1 f˜(x)e−ikπx dx, on a
1 X b˜
f˜ = √ f (k)eikπ· dans L2 (] − 1, 1[).
2 k∈Z
D’autre part,
Z 1 Z 0 Z 1
1 1 1
fb̃(k) = √ f˜(x)e−ikπx dx = √ f˜(x)e−ikπx dx + √ f˜(x)e−ikπx dx
2 −1 2 −1 2 0
Z 0 Z 1
1 1
=√ −f (−x)e−ikπx dx + √ f (x)e−ikπx dx
2 −1 2 0
Z 1 Z 1
1 2i
=√ f (x) e−ikπx − eikπx dx = − √ f (x) sin(kπx) dx.
2 0 2 0
b b̃
Ainsi, f˜(−k) = −f (k) et
√ X
f= 2 fb(k) sin(kπ·)
k∈N∗
√ R1
dans L2 (]0, 1[) si l’on pose fb(k) = 2 0 f (x) sin(kπx) dx pour k ∈ N∗ .
2.1. EXISTENCE ET UNICITÉ D’UNE SOLUTION 17
Lemme 1
Soit g ∈ C 1 ([0, 1]) une fonction deux fois dérivable sur ]0, 1[ et à dérivée seconde dans L2 (]0, 1[)
telle que g(0) = g(1) = 0. On a
Démonstration
Soit g ∈ C 0 ([0, 1]) une fonction dérivable sur ]0, 1[ et à dérivée dans L2 (]0, 1[). Pour k ∈ N∗ , on a
√ Z 1
gb′ (k) = 2 g′ (x) sin(kπx) dx
0
√ √ Z 1
= 2 [g(x) sin(kπx)]10 − 2 g(x)kπ cos(kπx) dx
0
√ Z 1
= − 2kπ g(x) cos(kπx) dx.
0
Soit g ∈ C 1 ([0, 1]) une fonction deux fois dérivable sur ]0, 1[ et à dérivée seconde dans L2 (]0, 1[) :
√ Z 1
b′′
g (k) = − 2kπ g′ (x) cos(kπx) dx
0
√ √ Z 1
= − 2kπ [g(x) cos(kπx)]10 − 2k2 π 2 g(x) sin(kπx) dx
0
√
= − 2kπ [g(x) cos(kπx)]10 − k2 π 2 b
g(k).
L’EDP donne f = ∂t u − κ∂x,x 2 u ∈ C 0 (]0, T ] × [0, 1]), mais on demande de plus que f ∈ C 0 ([0, T ] ×
de Lebesgue (ou plutôt, sa conséquence concernant la dérivation sous un signe d’intégrale), pour
\
tout k ∈ N∗ , u(t, ·)(k) est dérivable par rapport à t si t > 0, et
√ Z 1
\
∂t u(t, ·)(k) = 2 ∂t u(t, x) sin(kπx) dx = ∂\
t u(t, ·)(k)
0
et
√ X √ X
∂t u(t, ·) = 2 ∂\
t u(t, ·)(k) sin(kπ·) = 2 \
∂t u(t, ·)(k) sin(kπ·).
k∈N∗ k∈N∗
En effet :
– pour tout t > 0, u(t, ·) sin(kπ·) est mesurable ;
– pour tout t > 0, u(t, ·) sin(kπ·) est intégrable, donc. . . Il existe t tel que u(t, ·) sin(kπ·) est
intégrable ;
– pour tout x, u(·, x) sin(kπx) est dérivable : sa dérivée vaut ∂t u(·, x) sin(kπx) ;
– pour tout t > 0, |∂t u(t, x) sin(kπx)| ≤ ||∂t u||L∞ ([t,T ]×[0,1]) pour tout x, et cette constante
est intégrable sur ]0, 1[.
Par la suite, nous noterons plutôt u \
b(k)(t) les termes u(t, ·)(k). On a donc
\
b(k)(t) = ∂t u(t,
∂t u ·)(k) = ∂\
t u(t, ·)(k),
la première égalité étant due à la nouvelle notation, la seconde étant conséquence du théorème
de Lebesgue.
Par ailleurs, puisque u(t, 0) = u(t, 1) = 0 (condition de Dirichlet homogène), on a, d’après le
lemme 1, ∂[ 2 2 2 b(k)(t) ∀k ∈ N∗ , ∀t ∈]0, T ] sous l’hypothèse
x,x u(k)(t) = −k π u
Ces propriétés sont bien assurées par les hypothèses faites en tête de cette section. L’EDP vérifiée
par u se réécrit au moyen de sa série de Fourier
Xh i X
b(k)′ (t) − κ∂[
u 2 u(k)(t) sin(kπ·) =
x,x fb(k)(t) sin(kπ·),
k∈N∗ k∈N∗
u b(k)(t) = fb(k)(t)
b(k)′ (t) + κk2 π 2 u ∀k ∈ N∗ , ∀t ∈]0, T ].
Ces équations différentielles ordinaires admettent chacune une unique solution (sous réserve que
l’on fournisse une donnée initiale) sous l’hypothèse que fb(k) ∈ C 0 ([0, T ]) ∀k ∈ N∗ . Cette condition
2.1. EXISTENCE ET UNICITÉ D’UNE SOLUTION 19
est remplie dès que f ∈ C 0 ([0, T ] × [0, 1]) : c’est ici qu’intervient cette hypothèse faite au début
de la section. On a transformé le problème aux dérivées partielles en une famille d’équations
différentielles ordinaires. Chacune de ces EDO se résout facilement, la solution, unique à la
b(k)(0) près, en est donnée par
donnée initiale u
Z t
b κk 2 π 2 s 2 2
b(k)(t) = u
u b(k)(0) + f (k)(s)e ds e−κk π t
0
b(k)(t) étant ainsi convenablement définie, bien sûr grâce à l’hypothèse de régularité
(la fonction u
sur f ). Donc, sous les hypothèses faites sur u et f , on a
√ X
u(t, ·) = 2 b(k)(t) sin(kπ·) dans L2 (]0, 1[)
u
k∈N∗
avec Z
t
b κk 2 π 2 s 2 2
b(k)(t) = u
u b(k)(0) + f (k)(s)e ds e−κk π t ,
√ Z 1
0
b
f (k)(t) = 2 f (t, x) sin(kπx) dx,
0
les coefficients u b(k)(0) étant encore à définir. Le fait que la solution u(t, ·) soit décrite dans
2
L (]0, 1[) nous incite à donner à la prescription de la condition initiale le sens (à peine plus)
faible d’égalité (forte) dans L2 (]0, 1[), exprimée sous la forme
c0 (k)
b(k)(t) = u
lim u ∀k ∈ N∗
t→0+
puisque les sin(kπ·) forment une base hilbertienne (ceci peut aussi se voir rapidement grâce au
théorème de Bessel-Parseval). On a donc c u0 (k) = u
b(k)(0) et
Z t
c 0
b(k)(t) = u (k) +
u b
f (k)(s)e κk 2 π 2 s 2 2
ds e−κk π t ∀k ∈ N∗ .
0
Or Z
t
b κk 2 π 2 s 2 2
b(k)(t) = u
u b(k)(0) + f (k)(s)e ds e−κk π t .
0
Donc
(b
u(k)(t))k∈N∗ l2
Z t
≤ c 2 2
u0 (k)e−κk π t +
2 2 2 2
fb(k)(s)eκk π s dse−κk π t
k∈N∗ l2 0 k∈N∗ 2
l
v
uX Z t Z t
c u
≤ u0 (k) +t |fb(k)(s)|2 ds e2κk2 π2 (s−t) ds
k∈N∗ l2 0 0
k∈N∗
soit v
uZ
c 1 u t X b
(b
u(k)(t))k∈N∗ ≤ u0 (k) +√ t |f (k)(s)|2 ds
l2 k∈N∗ l2 2κπ 0 k∈N∗
2 1 2
1/2
||u(t, ·)||L2 (]0,1[) ≤ u0 L2 (]0,1[)
e−κπ t + ||f ||L2 (]0,T [×]0,1[) √ 1 − e−2κπ t ∀t ∈]0, T ].
2κπ
Remarque 3
– La précédente inégalité est valable pour tout t, donc on a
√
sup ||u(t, ·)||L2 (]0,1[) ≤ u0 L2 (]0,1[)
+ 1/( 2κπ) ||f ||L2 (]0,T [×]0,1[) ,
t∈[0,T ]
u0 − u0 ≤ ε, f −f L2 (]0,T [×]0,1[)
≤ ε.
L2 (]0,1[)
22 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
Ceci signifie que u(t, ·) reste proche de u(t, ·) en norme L2 (]0, 1[) : c’est de la stabilité L2 .
Définition 1
Soit I et J des intervalles de R. On note C l,m (I, J) l’ensemble des fonctions u de I × J dans R
telles que
u(·, x) ∈ C l (I) ∀x ∈ J et
u(t, ·) ∈ C m (J) ∀t ∈ I.
On note Cbl,m (I, J) l’ensemble des fonctions u ∈ C l,m (I, J) dont les l premières dérivées partielles
par rapport à la première variable et les m premières dérivées partielles par rapport à la seconde
variable sont uniformément bornées sur I × J.
Théorème 3
Considérons le problème (2.1) où T est un réel strictement positif quelconque, avec une donnée
initiale u0 ∈ L2 (]0, 1[) et un terme source f ∈ C 2 ([0, T ] × [0, 1]) vérifiant f (t, 0) = f (t, 1) = 0
∀t ∈ [0, T ]. Il a une unique solution 2 u ∈ C 1,2 (]0, T ], [0, 1]). Cette solution vérifie la propriété de
stabilité de la proposition 3.
Démonstration
Elle consiste à vérifier que la série de Fourier dont on a calculé les coefficients précédemment est
solution de l’EDP et des conditions aux limites. Il faut vérifier que cette série définit une fonction
2. La condition initiale étant vérifiée au sens L2 (]0, 1[).
2.1. EXISTENCE ET UNICITÉ D’UNE SOLUTION 23
u(t, x) dérivable une fois par rapport à t, deux fois par rapport à x et telle que ces dérivées
partielles sont dans C 0 (]0, T ] × [0, 1]), puis que u(t, 0) = u(t, 1) = 0 et enfin que u(0, ·) = u0 (·)
(en un sens à préciser).
Commençons par montrer que cette série est sommable pour tout t > 0. On considère, comme
promis, la somme de la série
∞ Z t
√ X
2 c 0
u (k) + b
f (k)(s)eκk 2 π 2 s 2 2
ds e−κk π t sin(kπx), (2.2)
1 0
qui est candidate à être solution de (2.1). Puisque u0 ∈ L2 (]0, 1[), la suite c
u0 (k) est bornée
k∈N∗
(disons, par B ∈ R) et l’on a
X X
c0 (k)e−κk2 π2 t sin(kπx) ≤
u
2 2
Be−κk π t < +∞
k∈N∗ k∈N∗
P
si t > 0. La série k∈N∗ c
2 2
u0 (k)e−κk π t sin(kπx) est donc convergente (normalement convergente
en espace).
Rt
Occupons-nous maintenant de 0 fb(k)(s)eκk π (s−t) ds sin(kπx). Notons d’abord que ∀k ∈ N∗ ,
2 2
fb(k)(·) ∈ L2 (]0, T [) :
Z T Z T X 2
|fb(k)(s)|2 ds ≤ fb(k)(s) ds
0 0 k∈N∗
Z T Z 1
= |f (s, x)|2 dx ds = ||f ||2L2 (]0,T [×]0,1[) < +∞.
0 0
2 π 2 (·−t)
D’autre part, eκk ∈ L2 (]0, t[) ∀t ∈ R∗+ . On peut donc écrire, en utilisant l’inégalité de
Cauchy-Schwarz,
Z sZ sZ
t t t
κk 2 π 2 (s−t)
fb(k)(s)e ds sin(kπx) ≤ |fb(k)(s)|2 ds e2κk2 π2 (s−t) ds
0 0 0
De plus,
s s v
X Z T X uX Z T
1 1 u
√ |fb(k)(s)|2 ds ≤ t |fb(k)(s)|2 ds
2κkπ 0 2κk 2 π 2 ∗ 0
k∈N∗ k∈N∗ k∈N
24 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
3. Il faut aussi vérifier que la série converge en un point, ce que nous avons montré à l’étape précédente en
montrant qu’elle convergeait pour tout (t, x) ∈]0, T ] × [0, 1].
4. Car chaque terme de la série des dérivées est de classe C 0 .
2.1. EXISTENCE ET UNICITÉ D’UNE SOLUTION 25
La démonstration que nous avons faite permet aussi de voir que, sous les mêmes hypothèses, u
est deux fois dérivable par rapport à sa seconde variable et que ∂x,x 2 est de classe C 0 par rapport
cette série convergeant évidemment 5 . Comme suite, et puisque (a + b)2 ≤ 2a2 + 2b2 ∀a, b ∈ R,
Z 1 X 2 X Z t 2
2 c0 (k) 1 − e−κk2 π2 t 2 2
u0 (x) − u(t, x) dx ≤ 2 u +2 fb(k)(s)eκk π (s−t) ds .
0 k∈N∗ k∈N∗ 0
P Rt 2
Et le terme b κk 2 π 2 (s−t) ds ? Il suffit de lui appliquer les majorations déjà
k∈N∗ 0 f (k)(s)e
utilisées dans la cette démonstration : ∀k ∈ N∗ ,
Z t 2 Z t 2
2 2 2
κk 2 π 2 (s−t)
fb(k)(s)eκk π (s−t) ds ≤ sup fb(k)(t) e ds
0 t∈[0,T ] 0
2
2 1 −κk 2 π 2 t
≤ sup fb(k)(t) 1−e ,
t∈[0,T ] κk 2 π 2
d’où Z t 2
2 2 2 1
fb(k)(s)eκk π (s−t) ds ≤ sup fb(k)(t)
0 t∈[0,T ] κ2 π 4
pour tout k ∈ N∗ et finalement
X Z t
2 2
2
1 X 2
fb(k)(s)eκk π (s−t) ds ≤ sup b(k)(t) .
f
0 κ2 π 4 ∗ t∈[0,T ]
k∈N∗ k∈N
Or supt∈[0,T ] fb(k)(t) est une suite de l1 , donc une suite de l2 . Donc le membre de droite
k∈N∗
de la dernière inégalité converge : la série en question converge normalement sur [0, T ], donc sa
somme est continue sur [0, T ] et vaut 0 en t = 0.
Nous avons donc montré que limt→0+ u(t, ·) = u0 dans L2 (]0, 1[). La condition initiale est
vérifiée dans L2 (]0, 1[).
Remarque 4
On a en fait montré un résultat plus fort que l’énoncé : non seulement ∂t u(·, x) est de classe
C 0 (]0, T ]) pour tout x ∈ [0, 1], mais encore ∂t u est de classe C 0 (]0, T ] × [0, 1]). De même, ∂x,x
2 u
est de classe C 0 (]0, T ] × [0, 1]). Cette remarque est la base de la compréhension du théorème 4.
Remarque 5
Il est tout à fait naturel que la condition initiale ne soit pas vérifiée en un sens plus fort que L2
(par exemple, ponctuellement en x), puisque cette condition initiale n’est pas supposée régulière.
Ceci amène d’ailleurs à faire les deux commentaires suivants.
D’une part, remarquons que l’EDP proprement dite n’est vérifiée par la solution que sur
]0, T ] × [0, 1], et pas en t = 0. Il est hors de question de montrer qu’elle est vérifiée en t = 0
puisque, u0 n’étant pas supposée de classe C 2 , ∂x,x
2 u0 n’a pas de sens. On pourrait néanmoins
trouver une solution du problème sur le pavé fermé (i.e. [0, T ] × [0, 1]) en supposant la condition
initiale de classe C 2 . Ceci aurait masqué une propriété essentielle de l’opérateur ∂x,x
2 , évoquée
sa seconde variable et que la série des dérivées nes est normalement convergente sur [ε, T ] × [0, 1]
pour tout n ∈ N, la solution est donc dans C 1,∞ (]0, T ], [0, 1]). On montrerait de même que si
f est de classe C 2n et telle que f (2l) (t, 0) = f (2l) (t, 1) = 0 ∀t ∈ [0, T ], pour l = 0, 1, . . . , n − 1,
la solution u est dans C n,∞ (]0, T ], [0, 1]). En particulier, si f = 0 (équation sans terme source),
u ∈ C ∞,∞ (]0, T ][0, 1]). Comme de plus ∂t u(t, x) = κ∂x,x 2 u(t, x) ∀(t, x) ∈]0, T ]×[0, 1], on en déduit
que u ∈ C ∞ (]0, T ] × [0, 1]). C’est une propriété de régularisation de l’opérateur ∂x,x 2 . On peut
montrer que la solution de l’équation de la chaleur sans terme source est même analytique réelle
en espace sur [0, 1] pour tout t > 0 : voir pour ceci le sujet du partiel du 19 avril 2005 (et
son corrigé). En exercice, montrer grâce à cela une propriété de non-localité de cette EDP :
∀x ∈]0, 1[, ∀t > 0, il n’existe pas de voisinage de x V (x) ]0, 1[ tel que u(t, x) ne dépende que
de {u0 (y) t. q. y ∈ V (x)}.
Le lecteur attentif considérerait comme une arnaque d’en rester là : il nous reste à démontrer
le lemme suivant, utile à la démonstration du précédent théorème.
Lemme 2
Soit g ∈ C 2 ([0, 1]) vérifiant g(0) = g(1) = 0. Il existe C ∈ R tel que
C
|b
g (k)| ≤ ∀k ∈ N∗ .
k2
Démonstration
L’essentiel de cette démonstration a déjà été fait dans la démonstration du lemme 1. N’hésitons
cependant pas à répéter. . .
Soit k ∈ N∗ .
√ Z 1
b
g(k) = 2 g(x) sin(kπx) dx.
0
Donc
√ √ Z 1 √ Z 1
2 1 2 ′ 2
gb(k) = − [g(x) cos(kπx)]0 + g (x) cos(kπx) dx = g′ (x) cos(kπx) dx
kπ kπ 0 kπ 0
Théorème 4
Considérons le problème (2.1) où T est un réel strictement positif quelconque et avec une donnée
′′ ′′
initiale u0 ∈ C 4 ([0, 1]) vérifiant u0 (0) = u0 (1) = u0 (0) = u0 (1) = 0 et un terme source
f ∈ C 2 ([0, T ] × [0, 1]) vérifiant f (t, 0) = f (t, 1) = 0 ∀t ∈ [0, T ]. Il a une unique solution u ∈
Cb1,2 ([0, T ], [0, 1]).
Démonstration
On sait déjà qu’il existe une solution u ∈ C 1,2 (]0, T ], [0, 1]) et qu’elle est la somme de la série
∞ Z t
√ X
2 c0
u (k) + b
f (k)(s)eκk 2 π 2 s 2 2
ds e−κk π t sin(kπx).
k=1 0
c0 (k) ≤ C .
u
k4
Nous avons maintenant : −κk2 π 2 c
2 2
u0 (k)e−κk π t + fb(k)(t) sin(kπx) est le terme général d’une
série normalement convergente sur [0, T ] × [0, 1] car
c0 (k)e−κk2 π2 t sin(kπx) y est majoré par κπ 2 C2 ;
– le terme −κk2 π 2 u k
– fb(k)(t) sin(kπx) ≤ sup[0,T ] fb(k)(t) sin(kπx) ≤ sup[0,T ] fb(k)(t) qui est le terme général
d’une suite de l1 .
2.1. EXISTENCE ET UNICITÉ D’UNE SOLUTION 29
L’étude du terme Z t
2 2
−κk 2 π 2 fb(k)(s)eκk π (s−t) ds sin(kπx)
0
a été faite lors de la démonstration du théorème 3 et a permis de montrer que ce terme est
celui d’une série normalement convergente sur [0, T ] × [0, 1]. En guise de récapitulation : la série
des dérivées par rapport à t des coefficients de Fourier de u est normalement convergente sur
[0, T ] × [0, 1] ; en conséquence, u est dérivable par rapport à sa première variable et ∂t u(t, x)
est de classe C 0 par rapport à (t, x) sur [0, T ] × [0, 1]. La dérivée de u par rapport à t est donc
uniformément bornée sur [0, T ] × [0, 1].
Un raisonnement similaire pour la dérivée seconde de u par rapport à x est effectuable. . . Et
à effectuer à titre d’exercice.
Remarque 6
Il peut paraı̂tre stérile de faire une hypothèse aussi forte sur la condition initiale, vue la fai-
blesse du résultat obtenu. En fait, nous montrerons dans le chapitre concernant l’approximation
numérique la convergence des solutions approchées vers la solution exacte pourvu que cette solu-
tion exacte ait ses dérivées partielles uniformément bornées. Le théorème 4 a pour seule ambition
de montrer qu’il existe de telles solutions, et que les algorithmes discrets que nous allons étudier
convergent dans de ≪ vrais cas ≫. Remarquer par ailleurs que, comme nous l’avons déjà observé
(remarque 5), moyennant des hypothèses suffisamment fortes sur u0 et f , on est en mesure de
produire des solutions de (2.1) dans Cbl,m ([0, T ], [0, 1]) pour tout (l, m).
(on suppose ici pour simplifier que u0 ni u1 ne dépendent de t). Pour résoudre ce problème, il
suffit de remarquer que la fonction ∆(t, x) définie par ∆(t, x) = u0 + (u1 − u0 )x vérifie l’EDP
de la chaleur sans terme source ainsi que les conditions aux limites de Dirichlet non homogènes
en 0 et en 1. Soit donc v(t, x) la solution de
2 u(t, x) = f (t, x) dans ]0, T ]×]0, 1[,
∂t u(t, x) − κ∂x,x
u(t, 0) = 0 ∀t ∈]0, T ],
u(t, 1) = 0 ∀t ∈]0, T ],
u(0, x) = u0 (x) − ∆(0, x) ∀x ∈]0, 1[
(on sait que la solution de ce problème existe puisque c’est le problème de Dirichlet homogène).
Posons maintenant u(t, x) = v(t, x) + ∆(t, x) : u est la solution cherchée.
30 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
On peut pour ce problème faire la même étude, en utilisant exactement la n même technique, celle
o
√
des séries de Fourier. Il faut pour ceci faire usage de la base hilbertienne 1, 2 cos(kπx) k∈N∗
de L2 (]0, 1[). C’est en effet avec cette base-ci que u ∈ C 2 ([0, 1]) vérifiant ∂x u(0) = ∂x u(1) = 0
sera telle que
c′′ (k) = −k2 π 2 u
u b(k) ∀k ∈ N
2.2.1 Entropies
On appelle entropie pour le problème (2.1) toute fonction S de classe C 2 (R) telle que, si u
désigne la solution de (2.1),
2
∂t S(u)(t, x) − κ∂x,x S(u)(t, x) ≤ S ′ (u)(t, x)f (t, x).
Remarque 9
Le terme ≪ entropie ≫ est généralement réservé aux équations hyperboliques, mais il désigne
dans ce cadre exactement la même chose. . .
Proposition 4
Supposons que les hypothèses du théorème 3 sont vérifiées. Toute fonction de classe C 2 (R) et
convexe sur R est une entropie pour (2.1).
Dans cette proposition, les hypothèses du théorème 3 sont faites afin d’assurer l’existence
d’une solution au problème (2.1) et sa régularité.
2.2. PRINCIPES DU MAXIMUM 31
Démonstration
On a ∂t S(u) = S ′ (u)∂t u et ∂x S(u) = S ′ (u)∂x u, d’où ∂x,x
2 S(u) = S ′′ (u)(∂ u)2 + S ′ (u)∂ 2 u. Donc,
x x,x
2
∂t S(u) − κ∂x,x S(u) = S ′ (u)f (t, x) − κS ′′ (u)(∂x u)2 ≤ S ′ (u)f (t, x).
Pour simplifier, on suppose à partir d’ici et pour le reste de la section 2.2 que le
terme source est nul : f (t, x) = 0 ∀t, ∀x.
Démonstration
Toute fonction S ∈ C 2 (R) telle que S ′′ (x) ≥ 0 ∀x ∈ R est une entropie pour (2.1) et vérifie
2
∂t S(u) − κ∂x,x S(u) ≤ 0.
x
M
Or (pour t > 0) u(t, 0) = u(t, 1) = 0 ≤ M , donc ∂x S(u(t, 0)) = S ′ (u(t, 0))∂x u(t, 0) = 0 =
S ′ (u(t, 1))∂x u(t, 1) = ∂x S(u(t, 1)) grâce à la forme particulière de l’entropie choisie, donc
Z 1
∂t S(u)(t, x) dx ≤ 0.
0
R1 R1
De plus, 0 ∂t S(u)(t, x) dx = ∂t 0 S(u)(t, x) dx (à vérifier en exercice), d’où, en intégrant en
temps entre 0 et t, Z 1 Z 1
S(u)(t, x) dx − S(u)(0, x) dx ≤ 0
0 0
et, puisque S(u(0, x)) = 0 pour presque tout x,
Z 1
S(u)(t, x) dx ≤ 0.
0
Puisque S(u) ≥ 0 pour tout u ∈ R, cela implique que S(u)(t, x) = 0 pour presque tout x, pour
tout t > 0. Ceci signifie que u(t, x) ≤ M pour presque tout x, pour tout t, à nouveau grâce à la
forme particulière de l’entropie. En prenant maintenant l’entropie
(
−(u − m)3 si u ≤ m,
S̃(u) =
0 si u > m
avec m = min(0, infess u0 ), on démontre de la même manière que u(t, x) ≥ m pour presque tout
x, pour tout t. Ceci termine la démonstration du théorème.
Remarque 10
– Nous avons démontré en fait un résultat plus fort que l’énoncé (lequel ?).
– Avec des conditions de bord de Dirichlet non homogènes
u(t, 0) = u0 ,
u(t, 1) = u1 ,
on démontrerait que
R1 R1
donc 0 S(u)(t, x) dx ≤ 0 S(u)(0, x) dx = 0. Mais puisque S(u) ≥ 0 quelque soit u, on a
nécessairement S(u(t, x)) = 0 pour presque tout x, pour tout t. D’où enfin u(t, x) ≤ M
pour presque tout x, pour tout t. . .
– La méthode que nous avons utilisée est une adaptation de la méthode des troncatures de
Stampacchia pour montrer le principe du maximum pour des équations elliptiques, que
nous verrons dans le chapitre qui y sera consacré.
– Une méthode plus classique pour montrer ce principe du maximum consiste à poser
v(t, x) = u(t, x)e−λt , pour λ > 0, et à étudier v comme solution d’un problème aux li-
mites (cf. travaux dirigés).
Remarque 11
Le problème (2.1) est mal posé pour t < 0. En effet, la série de Fourier de la solution diverge
pour t < 0, sauf si u0 ne ≪ contient qu’un nombre fini de modes de Fourier ≫. La stabilité en
norme L2 (norme de l’énergie) est alors fausse. La stabilité en norme L∞ est perdue aussi (les
entropies augmentent en temps négatif). Il en est bien entendu de même pour t > 0 avec κ < 0.
Remarque 12
Les résultats que nous avons obtenus ne sont pas optimaux. Des résultats plus forts, assurant
l’existence de solutions faibles sous des hypothèses plus faibles peuvent être démontrés. Ils font
cependant appel à des techniques moins classiques que nous n’introduirons que dans la suite
(chapitres sur les équations hyperboliques et les équations elliptiques).
f (x + h/2) − f (x − h/2)
f ′ (x) = lim .
h→0 h
La méthode consiste à remplacer, dans l’EDP, ∂x u(t, x) par (u(t, x+ h/2)− u(t, x− h/2))/h pour
un h assez petit. . . C’est-à-dire des dérivées par des différences finies. Cette méthode permet un
34 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
calcul approché de la solution de (2.1) sur une grille de [0, T ] × [0, 1]. Pour simplifier, on suppose
que cette grille est régulière en temps et en espace : on note ∆t le pas de temps et ∆x le pas
d’espace. On note N le nombre de pas de temps entre 0 et T et tn = n∆t pour n ∈ {0, . . . , N },
avec t0 = 0 et tN = T , soit ∆t = T /N . On note J le nombre de points du maillage en espace
situés à l’intérieur du segment [0, 1], et xj = j∆x pour j ∈ {0, . . . , J + 1}, avec x0 = 0 et
xJ+1 = 1, soit ∆x = 1/(J + 1). Le but de la méthode des différences finies est le calcul approché
de la solution du problème (2.1) en les points du maillage temps-espace, c’est-à-dire le calcul
approché des valeurs u(tn , xj ) pour tout n ∈ {0, . . . , N } et tout j ∈ {0, . . . , J + 1}, où u est la
solution exacte. Les valeurs approchées que nous calculons sont notées unj .
Les conditions aux limites du problème ne posent a priori aucune difficulté : il est naturel
d’imposer
un0 = 0 ∀n ∈ {0, . . . , N },
unJ+1 = 0 ∀n ∈ {0, . . . , N },
u0j = u0 (xj ) ∀j ∈ {0, . . . , J + 1},
en supposant pour simplifier que la donnée initiale vérifie les conditions aux limites : u0 (0) =
u0 (1) = 0.
Il nous reste maintenant à faire le calcul des autres valeurs unj , qui doivent être proches des
u(tn , xj ). Or, ces valeurs exactes vérifient
∂t u(tn , xj ) − κ∂x,x
2
u(tn , xj ) = f (tn , xj ).
Bien entendu, la méthode que nous allons développer doit permettre un calcul approché des
2 u(tn , x ), c’est pourquoi nous allons
u(tn , xj ) sans l’aide des valeurs exactes ∂t u(tn , xj ) et ∂x,x j
remplacer ces dérivées par des différences finies.
Discrétisation de ∂x,x 2
En utilisant
u(tn , xj + ∆x/2) − u(tn , xj − ∆x/2)
∂x u(tn , xj ) ≈ ,
∆x
on écrit
2 ∂x u(tn , xj + ∆x/2) − ∂x u(tn , xj − ∆x/2)
∂x,x u(tn , xj ) ≈ ,
∆x
et en réitérant cette approximation,
u(tn ,xj +∆x)−u(tn ,xj ) u(tn ,xj )−u(tn ,xj −∆x)
2 −
∂x,x u(tn , xj ) ≈ ∆x ∆x
,
∆x
soit
2 u(tn , xj+1 ) − 2u(tn , xj ) + u(tn , xj−1 )
∂x,x u(tn , xj ) ≈ . (2.5)
∆x2
Discrétisation de ∂t
La discrétisation naturelle serait ici
u(tn + ∆t/2, xj ) − u(tn − ∆t/2, xj )
∂t u(tn , xj ) ≈ ,
∆t
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 35
mais le problème de cette discrétisation est qu’elle fait intervenir les valeurs de la solution en des
points qui ne sont pas sur la grille. Plusieurs modifications sont possibles, dont, par exemple,
u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj )
∂t u(tn , xj ) ≈ , (2.6)
∆t
u(tn , xj ) − u(tn−1 , xj )
∂t u(tn , xj ) ≈ , (2.7)
∆t
ou encore
u(tn+1 , xj ) − u(tn−1 , xj )
∂t u(tn , xj ) ≈ . (2.8)
2∆t
Ces trois choix, qui paraissent très proches, conduisent en fait à des algorithmes aux comporte-
ments extrêmement différents :
– le premier choix conduit à un algorithme convergent sous une condition sur les pas de
temps et d’espace ; cet algorithme est appelé schéma explicite ;
– le deuxième choix conduit à un algorithme inconditionnellement convergent ; cet algorithme
est appelé schéma implicite ;
– le troisième choix conduit à un algorithme non convergent ; cet algorithme porte le nom
de schéma saute-mouton.
Par convergence, on entend convergence de la solution approchée vers la solution exacte lorsque
les pas de discrétisation en temps et en espace tendent vers 0.
La suite de cette section est consacrée, entre autres, à l’étude de ces trois discrétisations.
Un exemple vaut mieux qu’un long discours : pour le schéma explicite, l’erreur de consistance
au temps tn au point xj , notée εnj (u), est donnée par
On désignera par la suite par εn (u) le vecteur des erreurs de consistance à l’instant tn ,
εn (u) = εnj (u) j∈{1,...,J} .
Remarque 13
Le terme ≪ consistance ≫ provient d’une erreur de traduction de l’anglais ≪ consistency ≫ et est
à comprendre comme ≪ cohérence ≫.
Proposition 5
Supposons que u ∈ Cb2,4 ([0, T ], [0, 1]) est solution de (2.1). Alors, il existe C ∈ R tel que
Remarque 14
– Il en résulte que
lim max ||εn (u)||∞ = 0,
∆t,∆x→0 n∈{0,...,N −1}
u(tn+1 ,x )−u(tn ,x )
Évaluons j
∆t
j
− ∂t u(tn , xj ).
On a supposé que u est de classe C 2 en temps. Donc il existe τ ∈ [tn , tn+1 ] tel que
∆t2 2
u(tn+1 , xj ) = u(tn , xj ) + ∆t∂t u(tn , xj ) + ∂ u(τ, xj ).
2 t,t
Ainsi,
u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj ) ∆t 2
− ∂t u(tn , xj ) = ∂ u(τ, xj ).
∆t 2 t,t
u(tn ,x
j+1 )−2u(tn ,x )+u(tn ,x
j j−1 )
2 u(tn , x ).
Évaluons ∆x2
− ∂x,x j
Comme on a supposé u de classe C 4 en espace, il existe y ∈ [xj , xj+1 ] tel que
∆x2 2
u(tn , xj+1 ) = u(tn , xj ) + ∆x∂x u(tn , xj ) + ∂ u(tn , xj )
2 x,x
∆x3 3 ∆x4 4
+ ∂x,x,x u(tn , xj ) + ∂ u(tn , y)
6 24 x,x,x,x
et il existe z ∈ [xj−1 , xj ] tel que
∆x2 2
u(tn , xj−1 ) = u(tn , xj ) − ∆x∂x u(tn , xj ) + ∂ u(tn , xj )
2 x,x
∆x3 3 ∆x4 4
− ∂x,x,x u(tn , xj ) + ∂ u(tn , z).
6 24 x,x,x,x
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 37
Ainsi,
u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj )
εnj (u) = − ∂t u(tn , xj )
∆t
u(tn , xj+1 ) − 2u(tn , xj ) + u(tn , xj−1 ) 2
−κ + κ∂x,x u(tn , xj )
∆x2
− f (tn , xj ) + f (tn , xj )
∆t 2 ∆x2 4
= ∂t,t u(τ, xj ) − κ ∂x,x,x,xu(tn , y) + ∂x,x,x,x
4
u(tn , z)
2 24
On a le résultat annoncé en posant
2 4
C = 1/2 max max ∂t,t u , κ/6 max ∂x,x,x,x u ,
[0,T ]×[0,1] [0,T ]×[0,1]
car alors
|εnj (u)| ≤ C(∆t + ∆x2 ) ∀n ∈ {0, . . . , N − 1}, ∀j ∈ {1, . . . , J}.
Théorème 6
Notons en (u) le vecteur de l’erreur au temps tn : en (u) = enj (u) avec
j∈{1,...,J
Supposons que κ∆t/∆x2 ≤ 1/2. Alors, sous les hypothèses de la proposition 5, il existe C ∈ R
tel que
||en (u)||∞ ≤ C(∆t + ∆x2 ) ∀n ∈ {0, . . . , N }.
Corollaire 1
Soit u(t, x) la fonction affine en t (à x fixé) et affine en x (à t fixé) sur chaque pavé [tn , tn+1 ] ×
[xj , xj+1 ] telle que u(tn , xj ) = unj pour tout n ∈ {0, . . . , N } et tout j ∈ {0, . . . , J + 1}. Sous les
hypothèses du théorème 6, il existe C ∈ R et D ∈ R tels que
Démonstration (du théorème 6)
Tout d’abord, en0 (u) = enJ+1 (u) = 0 ∀n. Puis, si j ∈ {1, . . . J},
en+1
j (u) = un+1
j − u(tn+1 , xj )
∆t n
= unj + κ n n n
2 (uj+1 − 2uj + uj−1 ) + ∆tf (t , xj )
∆x
− u(tn , xj ) − (u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj ))
∆t n
= enj (u) + κ n n
2 (uj+1 − 2uj + uj−1 ) + ∆tf (t , xj )
n
∆x
∆t
− ∆tεnj (u) + κ (u(t n
, x j+1 ) − 2u(t n
, x j ) + u(t n
, x j−1 )) + ∆tf (t n
, x j )
∆x2
∆t n
= enj (u) + κ (ej+1 (u) − 2enj (u) + enj−1 (u)) − ∆tεnj (u).
∆x2
Il est important de remarquer que l’erreur est solution de l’équation discrète
en+1
j (u) − enj (u) enj+1 (u) − 2enj (u) + enj−1 (u)
−κ = −εnj (u)
∆t ∆x2
qui est l’équation discrète de la chaleur avec le schéma explicite et comme second membre l’erreur
de consistance.
On a donc, pour tout n ∈ {0, . . . , N − 1} et tout j ∈ {1, . . . , J},
n+1 ∆t n ∆t n ∆t n
ej (u) = 1 − 2κ 2 ej (u) + κ 2 ej+1 (u) + κ ej−1 (u) − ∆tεnj (u).
∆x ∆x ∆x2
soit
|en+1
j (u)| ≤ ||en (u)||∞ + ∆t ||εn (u)||∞ ∀n ∈ {0, . . . , N − 1}, ∀j ∈ {0, . . . , J + 1}.
en+1 (u) ∞
≤ ||en (u)||∞ + C∆t(∆t + ∆x2 ).
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 39
Ainsi,
en+1 (u) ∞
≤ e0 (u) ∞
+ C(n + 1)∆t(∆t + ∆x2 ).
en+1 (u) ∞
≤ C(n + 1)∆t(∆t + ∆x2 ),
ceci étant vrai pour tout n ∈ {0, . . . , N − 1}. Comme n∆t ≤ T ∀n ∈ {0, . . . , N }, il en découle
que
en+1 (u) ∞ ≤ CT (∆t + ∆x2 ).
Le théorème 6 montre que la solution numérique converge vers la solution exacte lorsque
l’on fait tendre les pas de temps et d’espace vers 0, si le pas de temps est choisi suffisamment
petit pour que κ∆t/∆x2 ≤ 1/2. On dit que le schéma explicite (2.9) est (conditionnellement)
convergent dans L∞ .
Remarque 15
Par analogie avec le cas des équations de transport (voir le chapitre 3), la condition κ∆t/∆x2 ≤
1/2, qui lie le pas de temps au pas d’espace, est parfois appelée condition de Courant-Friedrichs-
Lewy. Cette condition est très contraignante car elle impose que ∆t ≤ ∆x2 /(2κ). Nous allons
tâcher d’élaborer des algorithmes ne nécessitant pas cette condition, très coûteuse en temps de
calcul sur les ordinateurs.
Remarque 16 (principe du maximum discret)
Supposons que le terme source est nul. Le schéma explicite s’écrit alors
∆t n
un+1
j = unj + κ (uj+1 − 2unj + unj−1 ),
∆x2
soit
∆t ∆t n ∆t n
un+1
j = 1 − 2κ unj + κ 2 uj+1 + κ uj−1 .
∆x2 ∆x ∆x2
La condition κ∆t/∆x2 ≤ 1/2 apparaı̂t ici naturellement comme une condition sous laquelle un+1 j
est une combinaison convexe de unj−1 , unj et unj+1 . c’est une condition de stabilité l∞ du schéma.
Si cette condition est vérifiée, on a
et donc
min u0j ≤ un+1
j ≤ max u0j ∀j ∈ {0, . . . , J + 1}.
j∈{0,...,J+1} j∈{0,...,J+1}
Nous allons maintenant étudier une classe plus générale d’algorithmes de résolution ap-
prochée de l’équation de la chaleur. Afin de gagner en généralité, commençons par observer que
le schéma explicite peut être écrit sous une forme matricielle :
U n+1 − U n κ
+ AU n = F n
∆t ∆x2
avec
2 −1 0 · · · · · · 0
−1 2 −1 0 · · · 0
0 −1 2 −1 · · · 0
A= .. .. .. .. .. ∈ MJ (R)
..
. . . . . .
0 ··· 0 −1 2 −1
0 ··· ··· 0 −1 2
et
un1 f (tn , x1 )
. ..
Un = .
. , Fn =
. .
unJ n
f (t , xJ )
Au moyen de ces notations, nous pouvons réécrire le schéma obtenu en remplaçant ∂t u(tn , xj )
u(tn ,xj )−u(tn−1 ,xj )
par ∆t (une des autres discrétisations de ∂t u proposées) sous la forme matricielle
1 κ n+1 1
I+ A U + − I U n = F n.
∆t ∆x2 ∆t
Nous regroupons maintenant ces deux schémas différents sous une même formulation, tout en
mettant au jour un grand ensemble de nouveaux algorithmes. Pour tout θ ∈ R, nous considérons
l’algorithme défini par
1 θκ n+1 1 (1 − θ)κ
I+ A U + − I+ A U n = F n+1/2 (2.10)
∆t ∆x2 ∆t ∆x2
où le second membre est donné par
f (tn + ∆t/2, x1 )
..
F n+1/2 =
. .
n
f (t + ∆t/2, xJ )
u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj )
εnj (u) =
∆t
u(tn , xj+1 ) − 2u(tn , xj ) + u(tn , xj−1 )
− κ (1 − θ)
∆x2
u(tn+1 , xj+1 ) − 2u(tn+1 , xj ) + u(tn+1 , xj−1 )
+θ
∆x2
− f (tn + ∆t/2, xj )
Proposition 6
Supposons que u ∈ Cb3,4 ([0, T ], [0, 1]) est solution de (2.1) où f ∈ C 2 ([0, T ] × [0, 1]). Alors, il existe
C ∈ R et D ∈ R tels que
Démonstration
Elle repose sur le même principe que celle de la proposition 5, en comparant cette fois les
2 u(tn + ∆t/2, x ).
différences finies à ∂t u(tn + ∆t/2, xj ) et à ∂x,x j
u(tn+1 ,x )−u(tn ,x )
Évaluons j
∆t
j
− ∂t u(tn + ∆t/2, xj ).
On a supposé que u(·, xj ) ∈ C 3 ([0, T ]), donc
∆t ∆t2 2
u(tn+1 , xj ) = u(tn + ∆t/2, xj ) + ∂t u(tn + ∆t/2, xj ) + ∂ u(tn + ∆t/2, xj ) + O(∆t3 )
2 8 t,t
et
∆t ∆t2 2
u(tn , xj ) = u(tn + ∆t/2, xj ) − ∂t u(tn + ∆t/2, xj ) + ∂ u(tn + ∆t/2, xj ) + O(∆t3 ),
2 8 t,t
ce qui donne
u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj )
= ∂t u(tn + ∆t/2, xj ) + O(∆t2 ).
∆t
u(tn ,xj+1 )−2u(tn ,xj )+u(tn ,xj−1 ) u(tn+1 ,xj+1 )−2u(tn+1 ,xj )+u(tn+1 ,xj−1 ) 2 u(tn +
Évaluons (1 − θ) ∆x2
+θ ∆x2
− ∂x,x
∆t/2, xj ).
42 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
Le θ-schéma est donc d’ordre 1 en temps et 2 en espace, sauf si θ = 1/2, auquel cas il est
d’ordre 2 en temps et en espace. Le 1/2-schéma est appelé schéma de Crank-Nicolson.
Remarque 17
Le remplacement du second membre F n par F n+1/2 a permis d’éliminer un terme d’erreur d’ordre
1 en temps qui ne s’annulerait pour aucune valeur de θ. On peut remplacer le second membre
f (tn +∆t/2, xj ) par (1−θ)f (tn , xj )+θf (tn+1 , xj ) ou par f ((1−θ)tn +θtn+1 , xj ) = f (tn +θ∆t, xj )
pour obtenir le même résultat.
Il nous faut maintenant nous pencher sur la convergence du θ-schéma. Pour ceci, nous notons,
comme pour le schéma explicite (à ceci près que nous ne prenons pas cette fois les valeurs de
l’erreur en x = 0 ni en x = 1), en (u) ∈ RJ le vecteur de l’erreur au temps tn , de composantes
La division par J sert à normaliser (en fonction du nombre de points du maillage) : ainsi, si g
est une fonction constante sur [0, 1],
1 θκ
Étude de la matrice ∆t I + ∆x2
A.
La matrice −A est appelée matrice du laplacien discret en dimension 1 sur un maillage à J
points.
Lemme 3
La matrice A, de taille J × J, a pour valeurs propres
2 jπ
αj = 4 sin pour j = 1, . . . , J,
2(J + 1)
La démonstration de ce lemme est laissée au lecteur (elle ne fait appel qu’à des formules de
trigonométrie classiques).
1 θκ
Avant de continuer l’étude de la matrice ∆t I + ∆x2 A, nous pouvons faire quelques remarques.
– Les valeurs propres de A sont toutes strictement positives.
1 θκ
– La matrice ∆t I + ∆x 2 A est symétrique réelle et donc diagonalisable sur R (ce que l’on
1 θκ
µj = + αj
∆t ∆x2
et pour vecteurs propres associés les vecteurs Vj (pour j = 1, . . . , J). Pour θ ≥ 0, les µj
étant strictement positifs, cette matrice est définie positive (on fait dorénavant l’hypothèse
que θ ≥ 0).
44 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
1 θκ
– La matrice ∆t I + ∆x2 A est diagonalisable et à valeurs propres non nulles, elle est donc
inversible (ce qui assure l’existence d’une solution à l’équation approchée donnée par le
θ-schéma).
Notons, pour tout θ ∈ R, Bθ la matrice I + θκ∆t
∆x2
A. Le vecteur de l’erreur satisfait à l’équation
Bθ est bien sûr elle-même symétrique réelle, diagonalisable, définie positive, inversible.
Posons maintenant
Lθ = Bθ −1 Bθ−1 .
en+1 (u) 2
≤ |||Lθ en (u)|||2 + ∆t Bθ −1 εn (u) 2
≤ |||Lθ |||2 |||en (u)|||2 + ∆t Bθ −1 2
|||εn (u)|||2
où la norme matricielle |||·|||2 est la norme induite par la norme vectorielle |||·|||2 :
|||M v|||2
|||M |||2 = sup .
v∈RJ ∗ |||v|||2
Bθ −1 2
= Bθ −1 2
= ρ(Bθ −1 ) ≤ 1
en+1 (u) 2
≤ |||Lθ |||2 |||en (u)|||2 + ∆t |||εn (u)|||2 .
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 45
n
X
en+1
(u) 2
≤ ∆t |||Lθ |||2 n−m ||εm (u)||∞
m=0
n
X
≤ ∆t |||Lθ |||2 n−m C |1 − 2θ| ∆t + D(∆t2 + ∆x2 ) .
m=0
Si ||Lθ ||2 ≤ 1 (et sous les hypothèses de la proposition 6), le schéma (2.10) est ≪ convergent pour
la norme |||·|||2 ≫ (bien que cela n’ait pas le sens habituel, car |||·|||2 dépend de J).
Cherchons donc des conditions (simples) sous lesquelles ||Lθ ||2 ≤ 1. Rappelons que
−1
θκ∆t (1 − θ)κ∆t
Lθ = Bθ −1 Bθ−1 = I + A I − A
∆x2 ∆x2
et que
Bθ et Bθ −1 ontles mêmes vecteurs propres et des valeurs propres inverses ;
–
– I − (1−θ)κ∆t
∆x2
A a les mêmes vecteurs propres que Bθ , les vecteurs Vj , qui sont les vecteurs
propres de A, et a pour valeurs propres les réels
∆t
σj = 1 − (1 − θ)κ αj pour j = 1, . . . , J.
∆x2
Les vecteurs propres de Lθ sont donc les vecteurs Vj . Les valeurs propres associées sont les réels
∆t 2 jπ
σj 1 − 4(1 − θ)κ ∆x2
sin 2(J+1)
λj = = ,
βj 1 + 4θκ ∆t sin2 jπ
∆x2 2(J+1)
pour j = 1, . . . , J. Or ||Lθ ||2 = ρ(Lθ ), puisque Lθ est une matrice symétrique réelle 7 . Donc
||Lθ ||2 ≤ 1 si et seulement si ρ(Lθ ) ≤ 1, c’est-à-dire si et seulement si λj ≤ 1 ∀j ∈ {1, . . . , J}.
7. Lθ est en effet le produit de deux matrices, Bθ −1 et I − (1−θ)κ∆t
∆x2
A, qui sont symétriques et qui commutent,
ayant les mêmes vecteurs propres.
46 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
Remarque 18
La condition ρ(Lθ ) ≤ 1 est appelée condition de stabilité de Von Neumann. Puisque Lθ est
symétrique réelle, cette condition de stabilité est équivalente à la condition de stabilité l2 ,
||Lθ ||2 ≤ 1, selon laquelle la norme de la matrice d’amplification du schéma est inférieure à
1 8.
Proposition 7
Si θ ≥ 1/2, ||Lθ ||2 ≤ 1.
∆t 1
Si θ ∈ [0, 1/2[, ||Lθ ||2 ≤ 1 pour tout J si et seulement si κ ∆x 2 ≤ 2(1−2θ) .
Démonstration
Étudions la fonction g définie par
∆t
1 − 4(1 − θ)κ ∆x2s
g(s) = ∆t
1 + 4θκ ∆x 2s
sur le segment [0, 1]. Elle est décroissante, donc elle atteint son maximum et son minimum en 1
et en 0 respectivement. Donc |g(s)| est maximal lorsque s = 0 ou s = 1. Or |g(0)| = 1. Étudions
|g(1)| (en fonction des valeurs de θ ≥ 0).
∆t
1 − 4(1 − θ)κ ∆x2
g(1) = ∆t
,
1 + 4θκ ∆x 2
soit (puisque θ ≥ 0, κ ≥ 0 et ∆t ≥ 0)
(
θ ≥ 1/2
∆t 1
ou κ ∆x 2 ≤ 2(1−2θ) .
∆t 1
On a démontré que si θ ≥ 1/2 ou κ ∆x 2 ≤ 2(1−2θ) , ||Lθ ||2 ≤ 1 (∀J ∈ N∗ ). Pour montrer la
réciproque, il suffit de remarquer que
2 Jπ
lim λJ = lim sin = 1,
J→∞ J→∞ 2(J + 1)
et que donc
∆t
1 − 4(1 − θ)κ ∆x 2
lim λJ = ∆t
= g(1).
J→∞ 1 + 4θκ ∆x 2
8. Voir la proposition 8 pour plus de détails.
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 47
Théorème 7
Supposons vérifiées les hypothèses de la proposition 6. Soit θ ∈ R+ . Supposons que θ ≥ 1/2 ou
κ∆t/∆x2 ≤ 1/2(1 − 2θ). Alors, le schéma (2.10) vérifie : ∃C ∈ R et D ∈ R tels que
|||en (u)|||2 ≤ T C|1 − 2θ|∆t + D(∆t2 + ∆x2 ) ∀n ∈ {0, . . . , N }.
Remarque 19
Le schéma de Crank-Nicolson, obtenu pour θ = 1/2, est à la fois d’ordre 2 et inconditionnellement
convergent.
Le corollaire qui suit (dont la démonstration est laissée au lecteur), qui est au théorème 7
ce que le corollaire 1 est au théorème 6, précise la convergence de l’interpolée de la solution
numérique vers la solution exacte.
Corollaire 2
Soit u(t, x) la fonction affine en t (à x fixé) et affine en x (à t fixé) sur chaque pavé [tn , tn+1 ] ×
[xj , xj+1 ] telle que u(tn , xj ) = unj pour tout n ∈ {0, . . . , N } et tout j ∈ {0, . . . , J + 1} (où les unj
sont donnés par le schéma (2.10)). Sous les hypothèses du théorème 7, il existe C ∈ R, D ∈ R
et E ∈ R tels que
||u(t, ·) − u(t, ·)||L2 (]0,1[) ≤ 2T C|1 − 2θ|∆t + D(∆t2 + ∆x2 ) + E(∆t2 + ∆x2 ) ∀t ∈ [0, T ].
Remarque 20
C’est en fin de compte ce corollaire qui justifie le choix de la norme |||·|||2 dépendant du nombre
de points du maillage J.
Définition 3
1) On appelle erreur de consistance du schéma (2.11) à l’itération n le vecteur εn (u) ∈ RJ défini
par
J
εn (u) = B1 u(tn+1 , xj ) j=1 + B0 (u(tn , xj ))Jj=1 − F n
4) On dit que (2.11) est stable dans U pour la norme ||·|| si et seulement si pour tout u ∈ U
∃C1 (u), C2 (u) ∈ R tels que
5) On dit que (2.11) est convergent dans U pour la norme ||·|| si et seulement si
J
sup unj − u(tn , xj ) j=1 = sup ||en || −→N,J→∞ 0
n∈{0,...,N } n∈{0,...,N }
Dans cette définition, C0 (u), C1 (u) et C2 (u) peuvent dépendre de T , et la norme ||·|| peut
dépendre de J.
Remarque 21
Ce théorème est parfois appelé ≪ théorème d’équivalence de Lax ≫ mais la réciproque demande-
rait de nombreuses hypothèses supplémentaires difficiles à vérifier dans la pratique.
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 49
Démonstration
Supposons (2.11) consistant et stable. La linéarité du schéma implique que le vecteur de l’erreur
vérifie
B1 en+1 (u) + B0 en (u) = −εn (u).
Puisque le schéma est stable pour toute donnée initiale et tout second membre, il l’est pour la
N −1
donnée initiale e0 (u) et pour le second membre − (εn (u))n=0 : ∃C1 (u) ∈ R, C2 (u) ∈ R tels que
Or e0 (u) = 0, donc
sup ||en (u)|| ≤ C2 (u) sup ||εn (u)|| .
n∈{0,...,N } n∈{0,...,N −1}
Le schéma (2.11) étant de plus consistant, supn∈{0,...,N } ||en (u)|| −→N,J→∞ 0 : le schéma est
convergent.
Remarque 22
Le fait que la norme ||·|| dépende de J ou que les vecteurs U n et en soient de taille variable avec
J ne modifie bien entendu pas la démonstration que nous venons de faire. Ce détail a été omis
afin de simplifier les définitions et la démonstration.
Remarque 23
En réalité, aucune hypothèse concernant l’EDP à résoudre n’a été nécessaire : peu importe que
ce soit (2.1). La propriété importante qui a été utilisée est la linéarité du schéma (noter qu’un
schéma linéaire ne peut pas être consistant avec une EDP non linéaire ; remarquer qu’en revanche
un schéma non linéaire peut être consistant avec une EDP linéaire).
Applications.
1) Le schéma explicite est convergent en norme ||·||∞ si κ∆t/∆x2 ≤ 1/2.
2) Le θ-schéma est convergent en norme |||·|||2 sous les conditions évoquées dans le théorème 7.
Remarque 24
Pour le θ-schéma avec θ < 1/2, nous n’avons pas montré que la condition dite de CFL était
nécessaire, nous avons seulement vu qu’elle était suffisante. Il est cependant possible de montrer
qu’elle est effectivement nécessaire en choisissant une condition initiale dont la projection sur le
vecteur propre VJ de la matrice Lθ associé à la valeur propre de plus grand module ne tend pas
vers 0 lorsque J tend vers l’infini. Le phénomène de non-convergence lorsque le pas de temps
est trop grand sera par ailleurs observé en travaux pratiques.
Une indication du mauvais comportement du schéma lorsque la condition sur le pas de temps
est violée est donnée par le fait que ce schéma n’est alors pas stable. En effet, il s’écrit sous forme
matricielle
U n+1 = Lθ U n + ∆tBθ −1 F n .
50 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
Proposition 8
Un schéma de la forme
U n+1 = BU n + ∆tDF n
sup ||B n || ≤ C.
n∈N
Démonstration
Supposons que le schéma est stable : ∀U 0 , ∀ (F n )n∈{1,...,N } ,
||B n U ||
||B n || = sup ≤ C1 ∀n ∈ {0, . . . , N },
U ∈RJ \{0} ||U ||
donc
n−1
X
||U n || ≤ ||B n || U 0 + ∆t B n−m−1 ||DF m ||
m=0
≤ C U0 + n∆tC ||D|| sup ||F m ||
m∈{0,...,n−1}
0 m
≤C U + CT ||D|| sup ||F || ,
m∈{0,...,N }
C’est une matrice symétrique réelle, donc ||B||2 = ρ(B) et ||B n ||2 = ||B||n2 . Or nous avons
montré (proposition 7) que ||B||2 > 1 si la condition sur le pas de temps n’est pas vérifiée. Cela
prouve que le schéma n’est pas stable.
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 51
Exercice
Étudier (consistance, ordre, stabilité ?) le schéma saute-mouton défini par
un+1
j − ujn−1 unj+1 − 2unj + unj−1
−κ = fjn
2∆t ∆x2
On présente ici quelques résultats numériques obtenus avec le θ-schéma, pour différentes va-
leurs de θ ∈ [0, 1], différentes conditions initiales, différentes valeurs du pas d’espace et différentes
valeurs du pas de temps. Le coefficient de diffusion est κ = 1.
Les premiers résultats numériques, figures 2.2 à 2.5, ont été obtenus pour la condition initiale
u0 (x) = sin(2πx). La solution exacte est alors donnée par u(t, x) = sin(2πx)e−4πt . Le temps final
(pour lequel les solutions approchées ont été calculées) est T = 0, 02. Le rapport ∆t/∆x2 est fixé
à 0, 5 pour le schéma explicite, ce qui conduit à effectuer 209 pas de temps. Pour les schémas de
Crank-Nicolson et implicite, on fixe le nombre de pas de temps à 50 (c’est arbitraire).
0,5
solution exacte
0,4 solution approchée avec 20 mailles
0,3
0,2
0,1
0
-0,1
-0,2
-0,3
-0,4
-0,5
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
0,5
solution exacte
0,4 solution approchée avec 50 mailles
0,3
0,2
0,1
0
-0,1
-0,2
-0,3
-0,4
-0,5
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
0,0015
erreur avec 20 mailles
erreur avec 50 mailles
0,001
0,0005
-0,0005
-0,001
-0,0015
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Figure 2.4 – Condition initiale sinusoı̈dale, comparaison des erreurs (schéma explicite).
On constate sur cette figure que l’erreur sur le maillage fin est inférieure à l’erreur sur le
maillage grossier.
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 53
0,0015
schéma explicite
0,001 schéma de Crank-Nicolson
schéma implicite
0,0005
-0,0005
-0,001
-0,0015
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Pour cette condition initiale particulière et pour ce maillage, l’erreur du schéma explicite est
inférieure à celle des schémas de Crank-Nicolson et du schéma implicite. Cependant, il faut se
rappeler que ces derniers autorisent à faire le calcul en un nombre de pas de temps beaucoup
plus petit puisqu’ils sont stables sans aucune condition sur ce pas de temps. Voici d’ailleurs le
résultat obtenu avec le schéma explicite lorsque le rapport ∆t/∆x2 vaut 1, 1.
0,6
schéma explicite, avec un trop grand pas de temps
0,4
0,2
-0,2
-0,4
-0,6
-0,8
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Ce résultat oscillant est dû à l’≪ explosion ≫ des petites erreurs numériques, les calculs n’étant
pas faits en arithmétique exacte. En effet, dans le cas précis de la condition initiale sinusoı̈dale,
54 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
la condition exhibée pour le pas de temps n’est théoriquement pas nécessaire à la stabilité du
résultat 9 . Un résultat plus convainquant est proposé pour le cas-test suivant.
Maintenant observons les résultats obtenus avec pour condition initiale la fonction de classe
C ∞ ([0, 1])
à support compact dans ]0, 1[
0 si x ≤ 0,
1
4
0 1−
u (x) = e 1−100(x−1/2)2 si 0, 4 < x ≤ 0, 6
0 si x > 0, 6.
1
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Le temps final choisi est T = 0, 01. Remarquer que pour tout temps strictement positif, la
solution n’est plus à support compact car elle est analytique réelle (cf. partiel du 19 avril 2005)
et non identiquement nulle 10 . Comme nous n’avons pas cette fois de solution explicite à notre
disposition, nous comparons les résultats obtenus pour les schémas explicite, de Crank-Nicolson
et implicite avec 50 mailles à une solution de référence calculée avec le schéma explicite et 1000
mailles.
9. Nous ne nous étendrons pas sur ce phénomène, très marginal pour notre propos. Il faut cependant savoir que
ce type de problèmes d’arithmétique non exacte peu être crucial dans certaines applications en analyse numérique.
10. La seule fonction analytique réelle et identiquement nulle sur un intervalle est la fonction nulle.
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 55
0,35
0,3
0,25
0,2
0,15
0,1
solution de référence
schéma explicite
0,05 schéma de Crank-Nicolson
schéma implicite
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Les différences entre les résultats sont plus facilement appréciables sur le zoom proposé par
la figure 2.9. On y remarque que le schéma de Crank-Nicolson, d’ordre 2 en temps et en espace,
offre avec seulement 50 mailles une solution déjà très proche de la solution de référence.
0,33
0,325
0,32
0,315
solution de référence
0,31 schéma explicite
schéma de Crank-Nicolson
schéma implicite
0,305
0,3
0,44 0,46 0,48 0,5 0,52 0,54 0,56
25
schéma explicite, avec un trop grand pas de temps
20
15
10
5
0
-5
-10
-15
-20
-25
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
clear();
stacksize(100000000);
A = lap1D(M);
B = eye(M,M) + theta*nb*A;
R = -eye(M,M) + (1. - theta)*nb*A;
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 59
xbasc();
// Boucle en temps.
for n=0:N-1,
t = t + dt; // Mise à jour du temps.
f1 = f2; // Mise à jour de f1.
f2 = source(t,x); // Mise à jour de f2.
// Mise à jour du second membre :
rhs = -R*u + dt*(theta*f2 + (1-theta)*f1);
// On tient compte des conditions de Dirichlet
// non homogènes en modifiant le terme source :
rhs(1) = rhs(1) + nb*(theta*CLg(t) + (1-theta)*CLg(t-dt));
60 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
// Fin du programme.
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 61
clear();
stacksize(100000000);
//N = 1.;
n = size(x,1);
for i=1:n,
if (x(i)-0.5)^2. < 0.1 then
u(i) = 1.;
else
u(i) = 0.;
end;
//u(i) = sin(2.*%pi*x(i)));
//u(i) = 0.;
end;
endfunction;
A = lap1D(m,tcg,tcd);
B = eye(m,m) + theta*nb*A;
R = -eye(m,m) + (1. - theta)*nb*A;
B = sparse(B); // Stockage sous forme creuse.
R = sparse(R);
[B,rk] = lufact(B); // Factorisation de B afin de résoudre
// les systèmes linéaires plus rapidement.
64 CHAPITRE 2. ÉQUATIONS PARABOLIQUES
xbasc();
// Boucle en temps.
for n=0:N-1,
t = t + dt; // Mise à jour du temps.
f1 = f2; // Mise à jour de f1.
f2 = source(t,x); // Mise à jour de f2.
// Mise à jour du second membre :
rhs = -R*u + dt*(theta*f2 + (1-theta)*f1);
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 65
si l’on utilise la numérotation ≪ lexicographique ≫ selon laquelle les valeurs u(t, i∆x, j∆y) sont
représentées par le vecteur
u(t, ∆x, ∆y)
u(t, ∆x, 2∆y)
..
.
u(t, ∆x, J∆y)
u(t, 2∆x, ∆y)
..
U (t) = . ,
u(t, ∆x, J∆y)
..
.
u(t, J∆x, ∆y)
..
.
u(t, J∆x, J∆y)
c’est-à-dire que l’on y fait varier j plus vite que i. . .
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 67
clear();
stacksize(10000000);
endfunction
A = lap2D(M);
B = eye(M*M,M*M) + theta*nb*A;
R = -eye(M*M,M*M) + (1. - theta)*nb*A;
B = sparse(B); // Stockage sous forme creuse.
R = sparse(R);
[B,rk] = lufact(B); // Factorisation de B afin de résoudre
// les systèmes linéaires plus rapidement.
for j=2:M+1
w(i,j) = v(i-1,j-1);
end; // w est la solution sur la maillage
end; // incluant les points du bord.
for i=2:M+1
w(i,1) = CLb(t,xb(i));
w(i,M+2) = CLh(t,xb(i));
end;
for j=1:M+2
w(1,j) = CLg(t,yb(j));
w(M+2,j) = CLd(t,yb(j));
end; // Fin de la mise sous forme matricielle.
xbasc();
// Boucle en temps.
for n=0:N-1,
t = t + dt; // Mise à jour du temps.
f1 = f2; // Mise à jour de f1.
f2 = source(t,x,y); // Mise à jour de f2.
// Mise à jour du second membre :
rhs = -R*u + dt*(theta*f2 + (1-theta)*f1);
for i=1:M
rhs(M*(i-1)+1) = rhs(M*(i-1)+1)...
+ nb*(theta*CLb(t,x(i)) + (1-theta)*CLb(t-dt,x(i)));
rhs(M*i) = rhs(M*i)...
+ nb*(theta*CLh(t,x(i)) + (1-theta)*CLh(t-dt,x(i)));
2.3. RÉSOLUTION APPROCHÉE PAR LA MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES 71
end;
for j=1:M
rhs(j) = rhs(j) + nb*(theta*CLg(t,y(j)) + (1-theta)*CLg(t-dt,y(j)));
rhs(M*(M-1)+j) = rhs(M*(M-1)+j)...
+ nb*(theta*CLd(t,y(j)) + (1-theta)*CLd(t-dt,y(j)));
end;
for i=2:M+1
w(i,1) = CLb(t,xb(i));
w(i,M+2) = CLh(t,xb(i));
end;
for j=1:M+2
w(1,j) = CLg(t,yb(j));
w(M+2,j) = CLd(t,yb(j));
end; // Fin de la mise sous forme matricielle.
fprintf(plouf,’%f %f %f\n’,xb(i),yb,w(i));
end;
end;
file(’close’,plouf);
// fin du programme.
Chapitre 3
Équations hyperboliques
d
X
∂t u + Aj (u)∂j u = 0. (3.2)
j=1
P
Il est dit (strictement) hyperbolique dans U si et seulement si la matrice A(u, ξ) = dj=1 ξj Aj (u)
est diagonalisable et à valeurs propres réelles (distinctes) pour tout (u, ξ) ∈ U × Rd (avec ξ =
(ξj )dj=1 ).
73
74 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Elle est hyperbolique au sens de l’hyperbolicité des EDP linéaires d’ordre 2 puisque la matrice
formée par ses coefficients situés devant les termes d’ordre 2,
!
1 0
,
0 −c2
a une valeur propre positive et une valeur propre négative (car c ∈ R∗ ). Soit u une solution
de cette EDP, posons v1 = ∂t u et v2 = ∂x u. On a alors naturellement (si u est suffisamment
régulière. . .) ∂t v2 − ∂x v1 = 0. D’autre part, l’EDP vérifiée par u donne ∂t v1 − c2 ∂x v2 = 0, de
sorte que l’EDP des ondes peut s’écrire sous forme du système du premier ordre
! !
v1 v1
∂t + A∂x =0
v2 v2
avec !
0 −c2
A= .
−1 0
Les valeurs propres de A sont c et −c, elles sont réelles si et seulement si. . . c ∈ R, et d’autre
part A n’est diagonalisable que si c 6= 0 : les deux notions d’hyperbolicité que nous avons définies
coı̈ncident dans le cas linéaire de l’équation des ondes.
Ce chapitre ne traitera pas uniquement des EDP quasi-linéaires sous la forme (3.1). Nous
serons aussi amenés à étudier des EDP sous la forme
Définition 5
Le système (3.3) est dit (strictement) hyperbolique si et seulement si sa forme quasi-linéaire
∂t u + ∇F (u)∂x u = 0 est (strictement) hyperbolique.
3.1.1 Exemples
Équation des ondes
Cette EDP linéaire d’ordre deux hyperbolique peut être ramenée à un système linéaire d’EDP
d’ordre 1 hyperbolique, comme on l’a vu dans l’introduction ci-dessus.
3.2. MÉTHODE DES CARACTÉRISTIQUES POUR L’ADVECTION 75
Équations d’Euler
déjà introduit dans la section 1.2.6, est hyperbolique sous certaines conditions sur la pression
p(ρ, u, e).
∂t u + ∂x f (u) = 0
∂t u + f ′ (u)∂x u = 0.
Nous l’effectuons ici, au moyen de la méthode des caractéristiques. Plus précisément, nous allons
étudier le problème (
∂t u + a(t, x)∂x u = 0 dans R × R,
(3.4)
u(0, x) = u0 (x) dans R
où u0 , condition initiale, est donnée, et a, vitesse de transport, est donnée.
Remarque 27 (terminologie)
Si a(t, x) = a ∈ R ∀(t, x) ∈ R2 , une solution évidente du problème est donnée par
u(t, x) = u0 (x − at).
76 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Ceci signifie en particulier que la solution u est constante sur les courbes x = at + x0 du plan
(t, x). Cela permet de comprendre les termes ≪ transport ≫ et ≪ vitesse ≫. La méthode des
caractéristiques est une généralisation de cette remarque au cas où a n’est pas une constante.
associé à la donnée initiale u(0, x) = u0 (x). A étant diagonalisable à valeurs propres réelles,
il existe une matrice P ∈ Mn (R) inversible et une matrice D ∈ Mn (R) diagonale telles que
D = P −1 AP . Une fonction u est donc solution de l’EDP si et seulement si
P −1 ∂t u + P −1 AP P −1 ∂x u = 0,
soit
∂t v + D∂x v = 0,
où v est l’expression de u dans la base qui diagonalise A : v = P −1 u. Le système vérifié par v est
diagonal, ce qui signifie que les n EDP vérifiées par les composantes de v sont indépendantes :
∂t vi + di ∂x vi = 0 i = {1, . . . , n}
où les di sont les coefficients diagonaux de D. La remarque précédente permet de voir qu’une
(la ?) solution de chacune de ces EDP est
D’autre part, on connaı̂t vi (0, ·), qui nous est donné par la condition initiale
v(0, ·) = P −1 u0 (·).
On en déduit que ∀t ∈ R, tout x ∈ R est atteint par une solution de l’EDO pour une certaine
donnée initiale, en l’occurrence X(·, 0, X(0, t, x)).
On appelle courbe caractéristique ou caractéristique toute courbe (t, X(t, t0 , X 0 )). On appelle
pied de la caractéristique (t, X(t, t0 , X 0 )) le point X(0, t0 , X 0 ). On a montré que par tout point
(t, x) ∈ R2 passe une unique caractéristique du problème 2 . Le pied d’une caractéristique est
unique (par unicité de la solution).
Revenons à notre EDP.
2. Sous l’hypothèse que a est continue, et globalement lipschitzienne par rapport à sa seconde variable.
78 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Proposition 9
On considère le problème (3.4) et l’on suppose que u0 ∈ C 1 (R) et que a ∈ C 1 (R2 ) est globalement
lipschitzienne par rapport à sa seconde variable : ∃K ∈ R tel que
Alors, le problème (3.4) admet une unique solution de classe C 1 (R2 ) : la fonction u définie par
u(t, x) = u0 (X(0, t, x)).
Démonstration
On sait (voir [9]) que X ∈ C 1 (R3 ) (grâce à l’hypothèse a ∈ C 1 (R2 )). En posant u(t, x) =
u0 (X(0, t, x)), on a
′
∂t u(t, x) = u0 (X(0, t, x))∂2 X(0, t, x)
et
′
∂x u(t, x) = u0 (X(0, t, x))∂3 X(0, t, x)
donc
∂1 g(t, x) = ∂1 X(t, 0, X(0, t, x)) + ∂3 X(t, 0, X(0, t, x))∂2 X(0, t, x)
et ainsi
∂3 X(t, 0, X(0, t, x))∂2 X(0, t, x) = −∂1 X(t, 0, X(0, t, x)).
Puisque ∂1 X(t, 0, X(0, t, x)) = a(t, X(t, 0, X(0, t, x)) = a(t, x), on a
d’où
∂3 X(t, 0, X(0, t, x))∂3 X(0, t, x) = 1.
Ainsi
a(t, x)∂3 X(t, 0, X(0, t, x))∂3 X(0, t, x) = a(t, x). (3.6)
Ainsi
′
∂t u(t, x) + a(t, x)∂x u(t, x) = u0 (X(0, t, x) (∂2 X(0, t, x) + a(t, x)∂3 X(0, t, x)) = 0.
L’unicité de la solution (régulière) résulte du fait que toute solution régulière est constante sur
les caractéristiques, et est donc donnée par u(t, x) = u0 (X(0, t, x)).
Munis de ce premier résultat, nous allons pouvoir aborder le sujet des équations scalaires
non linéaires.
où f : R −→ R est une fonction donnée, suffisamment régulière (soyons prêts à faire des conces-
sions). Cette équation est appelée conservative car si u en est une solution (bornée), pour tout
intervalle [a, b] ⊂ R, on a
Z b
∂t u(t, x) dx = f (u(t, a)) − f (u(t, b)) (3.8)
a
pour tout t ∈ R+ : l’intégrale de u est conservée. L’équation (3.8) nous apprend que l’intégrale
de u entre a et b varie en temps selon ce qui ≪ passe ≫ en b et a. Pour cette raison, la fonction
f est appelée flux.
Nous allons dans un premier temps chercher à résoudre cette équation au moyen de la
méthode des caractéristiques. Cette tentative va échouer (du moins en ce qui concerne les solu-
tions globales en temps). Nous introduirons alors la notion de solution faible (solution au sens
des distributions). Cette notion nous permettra de prendre en compte une classe beaucoup plus
grande de solutions des EDP, notamment celle des solutions discontinues. Nous étudierons en
détail le cas f (u) = u2 /2 (équation de Burgers). Nous passerons ensuite à la résolution ap-
prochée de (3.7) au moyen d’algorithmes de volumes finis, avec l’étude précise du schéma de
Lax-Friedrichs. Cette étude nous permettra de généraliser le résultat d’existence et d’unicité
précédemment obtenu dans le cas de l’équation de Burgers au cas où f est strictement convexe
générale.
80 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Nous allons montrer que les solutions régulières de (3.7) ont en général un temps de vie fini.
Proposition 10
On considère l’EDP (3.7) avec f ∈ C 2 (R) et une donnée initiale u(0, ·) = u0 (·) ∈ C 1 (R) ∩ L∞ (R)
′
telle que u0 ∈ L∞ (R). Alors
′
– si f ′′ (u0 (x))u0 (x) ≥ 0 ∀x ∈ R, le problème a une unique solution u ∈ C 1 ([0, +∞[×R) ;
−1
– sinon, le problème a une unique solution u ∈ C 1 ([0, inf f ′′ (u 0 (x))u0 ′ (x) [×R) qui ne peut
x∈R
être prolongée en temps supérieur.
Dans tous les cas, la solution est donnée par u(t, x + tf ′ (u0 (x))) = u0 (x).
Démonstration
Si u est une solution de classe C 1 , elle vérifie
(comme il n’y a plus maintenant qu’une variable de temps pour X, nous abandonnons les
notations ∂1 et ∂3 au profit de ∂t et ∂x , respectivement). Il existe en effet une telle solution
maximale, d’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, car le champ g(t, x) = f ′ (u(t, x)) est continu
par rapport à (t, x) et localement (en (t, x)) lipschitzien par rapport à x sous l’hypothèse que u
et f ′ sont de classe C 1 . Posons ũ(t, x) = u(t, X(t, x)). On a
(nous avons déjà fait ce calcul). Donc u(t, X(t, x)) ne dépend pas de t : une solution régulière
de (3.7) est constante sur les caractéristiques. Le fait que la pente de la caractéristique au point
t ne dépende que de u(t, X(t, x)) simplifie encore le problème :
Cela prouve la dernière assertion de la proposition. Mais bien entendu, tout cela n’est vrai que
tant que u est de classe C 1 . Pour simplifier la suite, notons
(
R −→ R
Xt : ∀t ∈ R.
x 7−→ x + f ′ (u0 (x))t
′
On a Xt′ (x) = 1 + f ′′ (u0 (x))u0 (x)t. Donc, en particulier, X0′ (x) = 1 > 0. Posons
′
m = inf f ′′ (u0 (x))u0 (x).
x∈R
′
On sait que m ∈ R car u0 ∈ L∞ (R) donc f ′′ (u0 (x)) est borné et u0 ∈ L∞ (R). Si m ≥ 0,
Xt′ (x) ≥ m(t − τ ) > 0 pour tout x et Xt est une bijection 3 de R dans R, pour tout t ≥ 0. Si ce
n’est pas le cas, posons
−1
τ= .
m
On a : ∀t ∈ [0, τ [, Xt′ (x) > 0 pour tout x ∈ R ; Xt est donc une bijection de R dans R pour tout
t dans [0, τ [ (voir la précédente note de bas de page). On pose maintenant, pour résumer,
(
+∞ si m ≥ 0
T =
τ si m < 0.
Si u est une solution de classe C 1 de (3.7), tant que Xt est une bijection, u vérifie u(t, x) =
u0 (Xt−1 (x)). Nous allons montrer que la fonction u définie par u(t, x) = u0 (Xt−1 (x)) est de
classe C 1 et vérifie (3.7) tant que Xt′ (x) > 0 ∀x ∈ R (donc pour t ∈ [0, T [) 4 . Xt est de classe C 1
sur R et, si Xt′ (x) > 0 ∀x ∈ R, Xt est inversible sur R, Xt−1 est de classe C 1 sur R et
′ 1
Xt−1 (x) = .
Xt′ (Xt−1 (x))
3. En effet, l’application Xt est bijective de R dans Xt (R) et Xt (R) = R car f ′ (u0 ) est borné puisque u0 ∈
∞
L (R).
4. Cette démonstration a en fait déjà été effectuée dans le paragraphe sur l’équation de transport.
82 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Donc ′ ′
u0 (X −1 (x)) u0 (Xt−1 (x))
∂x u(t, x) = ′ t−1 = . (3.9)
Xt (Xt (x)) 1 + tf ′′ (u0 (Xt−1 (x)))u0 ′ (Xt−1 (x))
D’autre part,
d’où
Xt−1 (x) = x − tf ′ (u(t, x)).
Donc la dérivée par rapport à t de Xt−1 (x) (considérée à nouveau comme fonction de (t, x)) est,
au point (t, x), −f ′ (u(t, x)) − tf ′′ (u(t, x))∂t u(t, x). On en déduit que
′
∂t u(t, x) = u0 (Xt−1 (x)) −f ′ (u(t, x)) − tf ′′ (u(t, x))∂t u(t, x)
et h i
′ ′
∂t u(t, x) 1 + tf ′′ (u(t, x))u0 (Xt−1 (x)) = −u0 (Xt−1 (x))f ′ (u(t, x)).
Or
′ ′
1 + tf ′′ (u(t, x))u0 (Xt−1 (x)) = 1 + tf ′′ (u0 (Xt−1 (x)))u0 (Xt−1 (x))
et pour tout t ∈ [0, T [, ce terme est strictement positif, donc
′
−u0 (Xt−1 (x))f ′ (u0 (Xt−1 (x)))
∂t u(t, x) = .
1 + tf ′′ (u0 (Xt−1 (x)))u0 ′ (Xt−1 (x))
On en déduit en comparant à l’expression de ∂x u(t, x) donnée par (3.9) que l’on a bien
et, bien sûr, u(0, ·) = u0 (·). Supposons que T < +∞, c’est-à-dire que
′
m = inf f ′′ (u0 (x))u0 (x) < 0.
x∈R
On va montrer qu’il ne peut exister une solution de (3.7) de classe C 1 au delà du temps T . La
seule chose à remarquer pour cela est que des caractéristiques se croisent pour les temps trop
grands, et que, puisque la valeur de la solution u est transportée le long des caractéristiques,
′
cela conduit à une solution multivaluée 5 . Soit x ∈ R tel que f ′′ (u0 (x))u0 (x) < 0. Posons
−1
t= .
f ′′ (u0 (x))u0 ′ (x)
Nous allons montrer qu’il ne peut y avoir de solution de (3.7) de classe C 1 ([0, t̃] × R) pour t̃ > t
(noter que t ≥ T ). Soit t̃ > t. Soit u ∈ C 1 ([0, t̃] × R) une solution de (3.7) associée à la donnée
initiale u0 . Nous savons qu’elle vérifie u(t, X(t, x)) = u0 (x) avec
On a
′
tf ′′ (u0 (x))u0 (x) = −1,
donc
′
t̃f ′′ (u0 (x))u0 (x) < −1
′
puisque t̃ > t. De plus, d’après les hypothèses faites sur u0 et f , f ′′ ◦ u0 (·)u0 (·) est continue,
donc ∃ε > 0 tel que pour tout x ∈ [x − ε, x],
′
t̃f ′′ (u0 (x))u0 (x) < −1.
Les caractéristiques issues de x − ε et de x se sont croisées. Par continuité, ∃t ∈ [0, t̃] tel que
′
X(t, x − ε) = X(t, x). Or u0 (x − ε) 6= u0 (x) puisque f ′′ (u0 (x))u0 (x) < 0 sur [x − ε, x]. La
contradiction est là :
Remarque 29
Un résultat analogue est bien sûr vrai pour les temps négatifs.
Exemples.
1 Advection à vitesse constante : f (u) = au. Alors f ′′ (u) = 0 et l’on a une solution pour
tout t ∈ R, ce qui ne fait que confirmer ce que l’on a déjà remarqué, à savoir que u0 (x − at)
est solution (pour u0 ∈ C 1 (R)). Remarquer que la proposition 10 nous apprend l’unicité
de la solution régulière.
2
2 Équation de Burgers : f (u) = u2 . On a f ′′ (u) = 1. La proposition 10 donne l’existence
′
et l’unicité d’une solution régulière si et seulement si u0 (x) ≥ 0 ∀x ∈ R. Cela est très
réducteur.
Pour sortir de l’impasse soulignée par le second exemple ci-dessus, nous allons généraliser
la notion de solution à des fonctions non différentiables (et même non continues). Ce choix est
motivé par des expériences physiques montrant que des variables physiques (densité, vitesse,
pression pour ne parler que de l’hydrodynamique) peuvent être discontinues. Dans le cas de
l’advection à vitesse constante, on peut aussi remarquer qu’il est naturel de considérer u0 (x− at)
comme solution même si u0 n’est pas régulière.
84 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Donc Z ∞Z ∞
ϕ(t, x)∂t u(t, x) + ϕ(t, x)∂x f (u)(t, x) dx dt = 0.
0 −∞
En intégrant par parties, on en déduit que
Z ∞ Z ∞
[ϕ(·, x)u(·, x)] ∞
0 − u(t, x)∂t ϕ(t, x) dt dx
−∞ 0
Z ∞ Z ∞
+ [ϕ(t, ·)u(t, ·)] ∞
−∞ − f (u(t, x))∂x ϕ(t, x) dx dt = 0.
0 −∞
Cette équation a un sens sans que u soit régulière. Il suffit que u ∈ L∞ (R+ × R).
Définition 6
On appelle solution faible de (3.10) avec u0 ∈ L∞ (R) une fonction u ∈ L∞ (R+ ×R) vérifiant (3.11)
pour toute fonction ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R).
Exemples
1 On a montré que toute solution forte (régulière) est une solution faible.
2 La réciproque est fausse. Posons f (u) = au, avec a ∈ R. Soit u0 ∈ L∞ (R). Posons u(t, x) =
u0 (x − at). Nous allons vérifier que la notion de solution faible permet de définir cette
fonction comme solution du problème d’advection à vitesse constante, ce que l’intuition
nous conseillait. Soit ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R). Nous voulons nous assurer du fait que u(t, x) =
u0 (x − at) vérifie (3.11).
Z ∞Z ∞ Z ∞Z ∞
u∂t ϕ + f (u)∂x ϕ dx dt = u (∂t ϕ + a∂x ϕ) dx dt
0 −∞ 0 −∞
Z ∞Z ∞
= u0 (x − at) (∂t ϕ(t, x) + a∂x ϕ(t, x)) dx dt
0 −∞
Z ∞Z ∞
= u0 (y) (∂t ϕ(t, y + at) + a∂x ϕ(t, y + at)) dy dt.
0 −∞
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 85
Remarque 31
Il est intéressant de constater que la formulation faible de (3.10), à savoir, (3.11), est très proche
des équations de bilan de la mécanique des milieux continus. Elle consiste dans ce cadre en
un retour aux premières étapes de la modélisation physique. Nous ne développons pas cette
remarque ici, mais la lecture de [4] apportera à ce sujet de grands éclaircissements.
(le problème est à comprendre au sens faible de (3.11)). On cherche une solution (faible) u de
ce problème qui soit de la forme
u(t, x) = u0 (x − σt)
où σ ∈ R est à déterminer, c’est-à-dire que l’on cherche une solution en translation à la vitesse
σ. Lorsque f (u) = au, nous avons vu que σ = a était une possibilité. Nous voulons montrer que
c’est la seule et généraliser ce résultat au cas non linéaire.
86 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
pour tout ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R). Soit t > 0 ; notons, pour ε > 0 quelconque,
Bε = B ((t, σt), ε) ⊂ R × R,
Dε,D = {(s, x) ∈ Bε t. q. σs < x} ⊂ R × R,
Dε,G = {(s, x) ∈ Bε t. q. σs > x} ⊂ R × R
x = σt
Bε
Dε,G
t Dε,D
nD
ε
nG
σt x
et puisque u(t, x) = uG ∀(t, x) ∈ Dε,G et u(t, x) = uD ∀(t, x) ∈ Dε,D , on doit finalement trouver
σ tel que
Z Z
uG ∂t ϕ(t, x) + f (uG )∂x ϕ(t, x) dx dt + uD ∂t ϕ(t, x) + f (uD )∂x ϕ(t, x) dx dt = 0.
Dε,G Dε,D
où nG,t , nG,x , nD,t , nD,x sont les composantes suivant t et x des normales extérieures unitaires
de Dε,G et Dε,D . Or pour (t, x) ∈ ∂Dε,G et pour (t, x) ∈ ∂Dε,D on a ϕ(t, x) = 0 sauf si x = σt.
De plus, sur ce segment {x = σt}, on a, à un facteur multiplicatif (de normalisation) près,
! !
−σ σ
nG = , nD = ,
1 −1
Cette équation est une relation de compatibilité entre σ et (uG , uD ) pour que la fonction dis-
continue en translation à vitesse σ u soit solution de l’équation. Elle est appelée relation de
Rankine-Hugoniot 7 . Noter que le fait que l’EDP soit scalaire n’a pas été utilisé : les relations de
Rankine-Hugoniot sont vérifiées aussi par les solutions de systèmes d’EDP hyperboliques.
Lorsque uG 6= uD (uG = uD est un cas trivial de solution de l’EDP), la relation de Rankine-
Hugoniot donne l’expression de σ
f (uD ) − f (uG )
σ= .
uD − uG
6. L’unique formule à se rappeler, pour un ouvert suffisamment régulier Ω ∈ Rd et u, v ∈ C 1 (Ω), est
R R R
Ω
u∂i v dx = ∂Ω uvni dS − Ω v∂i u dx où ni est la ne coordonnée de la normale unitaire extérieure n à ∂Ω.
Dans cette formule, dx représente l’élément de volume dans Ω et dS l’élément de surface sur ∂Ω.
7. On laisse le soin au lecteur de vérifier qu’elle est aussi une condition suffisante pour que la fonction soit
solution.
88 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Remarque 32
1 Dans le cas f (u) = au, la formule précédente donne σ = a (nous savions déjà que c’était
convenable).
2 La relation de Rankine-Hugoniot implique que les discontinuités d’amplitude très petite
se déplacent à une vitesse proche de la vitesse caractéristique :
f (uD ) − f (uG )
σ= = f ′ (uG ) + O(uD − uG )
uD − uG
si f est de classe C 1 .
3 Dans le cas f (u) = u2 /2, cas de l’équation de Burgers, on a
uG + uD
σ= .
2
4 La relation de Rankine-Hugoniot peut se montrer de manière très simple si l’on est un peu
familier avec les distributions. On a supposé que u(t, x) = uG + (uD − uG )H(x − σt) où
H(x) = 1R+ (x) est la fonction de Heaviside. On sait que la dérivée au sens des distributions
de H est δ, masse de Dirac en 0. On a ∂t u = −σ(uD −uG )δ(x−σt). Par ailleurs, f (u(t, x)) =
f (uG )+(f (uD )−f (uG ))H(x−σt), d’où ∂x f (u)(t, x) = (f (uD )−f (uG ))δ(x−σt). L’équation
∂t u + ∂x f (u) = 0 est ainsi équivalente à −σ(uD − uG ) + f (uD ) − f (uG ) = 0.
5 Dans la démonstration, nous n’avons nulle part utilisé le fait que u était scalaire : le
résultat est vrai pour des systèmes d’ordre 1. Cependant, une différence notable est que
dans le cas scalaire, pour tout couple (uG , uD ), u(t, x) = uG + (uD − uG )H(x − σt) est
solution faible de l’équation, avec σ = (f (uD ) − f (uG ))/(uD − uG ), et que ceci est faux
dans le cas d’un système, puisque dans ce cas toutes les composantes des vecteurs uG
et uD doivent vérifier une condition de compatibilité impliquant (permettant) qu’elles se
déplacent à la même vitesse σ. Précisément, pour un système de dimension n, il faut que
(fj (uD ) − fj (uG ))(uD i − uGi ) = (fi (uD ) − fi (uG ))(uD j − uGj ) pour tous i, j ∈ {1, . . . , n},
et la vitesse de translation est alors σ = (fj (uD ) − fj (uG ))/(uD j − uGj ), indépendante de
j (pour j tel que uDj 6= uGj ).
∂t u + u∂x u = 0 :
u, solution de l’équation, est aussi la pente des courbes caractéristiques sur lesquelles elle est
constante. La vitesse σ d’une discontinuité en translation solution de cette équation est donnée
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 89
par
uG + uD
σ=
2
(si uG et uD sont les états situés à gauche et à droite de la discontinuité).
Nous avons montré dans le cas général (scalaire) l’unicité de la solution forte du problème
avec donnée initiale. Nous allons voir ici qu’il n’y a pas unicité de la solution dans le cas non
régulier. Autrement dit, la notion de solution faible, qui permet d’avoir existence de solutions
dans un cadre plus général, est hélas trop faible pour garantir l’unicité (dans le cas du moins de
l’équation non linéaire de Burgers).
Afin d’exhiber deux solutions faibles d’un même problème, nous choisissons la condition
initiale (
0 si x ≤ 0,
u0 (x) = (3.13)
1 si x > 0.
Une première solution faible de (3.12) avec la condition initiale (3.13) est alors fournie par la
section précédente : il s’agit de la solution discontinue en translation
0 si x − t ≤ 0,
u(t, x) = 2
1 si x − t > 0.
2
pour tout t ≥ 0. Cette solution est appelée ≪ détente ≫. Montrons que c’est une solution faible.
Soit ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R). D’après le théorème de Fubini,
Z Z Z Z
u2 u2
u∂t ϕ + ∂x ϕ dt dx = u∂t ϕ + ∂x ϕ dx dt,
R R+ 2 R+ R 2
donc
Z Z Z Z 0 Z Z t
u2 u2 u2
u∂t ϕ + ∂x ϕ dt dx = u∂t ϕ + ∂x ϕ dx dt + u∂t ϕ + ∂x ϕ dx dt
R R+ 2 R+ −∞ 2 R+ 0 2
Z Z ∞
u2
+ u∂t ϕ + ∂x ϕ dx dt,
R+ t 2
90 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
soit
Z Z Z Z t
u2 x x2
u∂t ϕ + ∂x ϕ dt dx = 0 + ∂t ϕ + 2 ∂x ϕ dx dt
R R+ 2 R+ 0 t 2t
Z Z ∞
1
+ ∂t ϕ + ∂x ϕ dx dt.
R+ t 2
Ainsi
Z Z Z Z
u2 x
u∂t ϕ + ∂x ϕ dt dx = ∂t ϕ1[0,t] (x) dx dt
R R+ 2 R+ R+ t
Z 2 t Z t !
x x
+ ϕ − ϕ dx dt
R+ 2t2 x=0 0 t
2
Z Z Z
1 ∞
+ ∂t ϕ1[t,+∞[ (x) dx dt + [ϕ] dt
R+ R+ R+ 2 x=t
et
Z Z
u2
u∂t ϕ + ∂x ϕ dt dx
R R+ 2
Z Z Z Z Z t
x 1 x
= ∂t ϕ1[x,+∞[ (t) dx dt + ϕ(t, t) dt − 2
ϕ dx dt
R+ R+ t R+ 2 R+ 0 t
Z Z Z
1
+ ∂t ϕ1[0,x] (t) dx dt − ϕ(t, t) dt
R+ R+ R+ 2
Z h i∞ Z ∞ Z Z t Z
x x x
= ϕ + ϕ dt dx − ϕ dx dt + [ϕ]xt=0 dx
R+ t t=x x t2 R+ 0 t
2
R+
et enfin
Z Z
u2
u∂t ϕ + ∂x ϕ dt dx
R R+ 2
Z Z Z +∞ Z Z t
x x
=− ϕ(x, x) dx + 2
ϕ dt dx − 2
ϕ dx dt
R+ R+ x t R+ 0 t
Z Z
+ ϕ(x, x) dx − ϕ(0, x) dx
R+ R+
Z Z
=− ϕ(0, x) dx = − u0 (x)ϕ(0, x) dx.
R+ R
C’est ce qu’il fallait démontrer. On en retiendra que les solutions faibles de l’équation de Burgers
ne sont pas uniques. Il existe plusieurs critères permettant de sélectionner la solution ≪ phy-
sique ≫ parmi toutes les solutions faibles possibles : critère de dissipation, critère d’entropie,
critère d’Oleinik, de Lax, de Liu. . . Nous utiliserons dans la suite le critère d’Oleinik. Il per-
met de sélectionner une unique solution dans le cas où le flux de l’équation, f , est convexe. En
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 91
d’autres termes, lorsque f est convexe, il existe une unique solution faible du problème (3.10)
vérifiant de surcroı̂t le critère d’Oleinik que nous introduirons dans la suite.
Noter cependant que la non-unicité que nous avons montrée est due à la non-linéarité du
flux f . En effet, dans le cas linéaire, on a la
Proposition 11
Soit a ∈ R, soit u0 ∈ L∞ (R). Le problème
∂t u + a∂x u = 0,
u(0, x) = u0 (x)
admet une unique solution faible. Cette solution est donnée par
u(t, x) = u0 (x − at).
Démonstration
Nous avons déjà montré que u0 (x − at) est solution faible, il faut maintenant montrer que c’est
l’unique solution. Puisque l’équation est linéaire, il suffit de montrer que l’unique solution du
problème avec condition initiale u0 = 0 est u(t, x) = 0. Soit v solution de
∂t v + a∂x v = 0,
v(0, x) = 0 presque partout.
ψ(t, x) = 0 ∀(t, x) ∈
/ [0, T ] × [−A, A].
Posons Z Z
t T
ϕ(t, x) = ψ(s, x + a(s − t)) ds − ψ(s, x + a(s − t)) ds.
0 0
On a alors :
– ϕ est de classe C ∞ ;
– ∂t ϕ + a∂x ϕ = ψ (à vérifier en exercice) ;
– ϕ(t, x) = 0 ∀(t, x) ∈/ [0, T ] × [−A, A + aT ] si a ≥ 0, ou ∀(t, x) ∈
/ [0, T ] × [−A − aT, A] si
a ≤ 0 (donc ϕ est à support compact).
92 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Rt
(Remarquer que 0 ψ(s, x + a(s − t)) ds + f (x − at) est de classe C ∞ et vérifie ∂t ϕ + a∂x ϕ =
ψ pour toute fonction f de classe C ∞ , mais n’est pas forcément à support compact). Donc
R R ∞
R R+ vψ dt dx = 0 ∀ψ ∈ Cc (R+ × R). On en déduit que v = 0 presque partout par application
du lemme 4.
Remarque 33
Le principe de la démonstration que nous venons d’effectuer est de montrer que l’application
est une bijection. C’est par un raisonnement tout à fait semblable que nous avons montré l’exis-
tence et l’unicité des solutions fortes (en temps petit) puisque nous avons utilisé le fait que les
caractéristiques recouvraient tout R+ × R.
Lemme 4
Soit Ω ∈ Rn un ouvert, soit v ∈ L1loc (Ω) 8 . Supposons que
Z
vψ dx = 0 ∀ψ ∈ Cc∞ (Ω).
Ω
Il s’agit d’un résultat classique dont la démonstration pourra être trouvée dans [1].
Il est temps maintenant de chercher un critère permettant de lever le problème de la non-
unicité des solutions dans le cas non linéaire. Nous avons déjà évoqué le mot de solution ≪ phy-
sique ≫. Bien entendu, ce terme n’a pas de sens clair lorsqu’il s’agit de l’équation de Burgers.
Cependant il est naturellement lié à une propriété mathématique bien définie : la continuité
de la solution par rapport à la donnée initiale. Nous allons voir que la solution qui propage la
discontinuité initiale de (3.13) n’est pas stable par perturbation régulière de la donnée initiale.
Pour cela, nous considérons la donnée initiale régulière (de classe C 1 )
1
0 si x < − ,
2
2(x + 1/2)2 si x ∈ [− 1 , 0[,
v(x) = 2
2 1
1 − 2(x − 1/2) si x ∈ [0, [,
2
1 si x ≥ 1
2
et proposons la suite de conditions initiales u0n n∈N∗ définie par
(voir la figure 3.2). On a limn→+∞ u0n = u0 presque partout et dans L1 (R), et u0n est de classe
C 1 (R) pour tout n ∈ N∗ .
1
u01
u02
0,8
u010
u0100
0,6
0,4
0,2
0
-1 -0,5 0 0,5 1 1,5 2
Puisque pour tout n ∈ N∗ u0n est de classe C 1 et croissante, il existe une unique solution
globale 9 , de classe C 1 , au problème initial, cette solution étant donnée par la méthode des
caractéristiques. Pour calculer cette solution pour tout n, remarquons que si u1 est la solution
avec donnée initiale u01 , un (t, x) = u1 (nt, nx) l’est pour le problème avec donnée initiale u0n
(c’est une propriété d’auto-similarité 10 ). En effet, posons un (t, x) = u1 (nt, nx). On a alors
naturellement un (0, x) = u0n (x) et
u2n
∂t un (t, x) + ∂x (t, x) = ∂t un (t, x) + un (t, x)∂x un (t, x)
2
= n∂t u1 (nt, nx) + nu1 (nt, nx)∂x u1 (nt, nx) = 0
donc un est solution. Il suffit donc de calculer la solution associée à la donnée initiale u01 = v, en
remontant les caractéristiques. Soit t > 0.
1 Pour x < −1/2, u(t, x) = 0.
2 Pour x ∈ [−1/2, t/2[, il existe y ∈ [−1/2, 0] tel que x est atteint au temps t par la
caractéristique issue de y :
!
1 2
x=y+t 2 y+
2
Calculons y. Il suffit pour cela de trouver la racine située dans [−1/2, 0] de l’équation
polynomiale
t
2ty 2 + (1 + 2t)y + − x = 0.
2
Cette racine est donnée par
q √
−1 − 2t + (1 + 2t)2 − 8t t
2 −x −1 − 2t + 1 + 4t + 8tx
y= = .
4t 4t
3 Pour x ∈ [t/2, 1/2 + t[, il existe y ∈ [0, 1/2] tel que x est atteint au temps t par la
caractéristique issue de y :
!
1 2
x=y+t 1−2 y−
2
Calculons y. Il suffit pour cela de trouver la racine située dans [0, 1/2] de l’équation poly-
nomiale
t
2ty 2 − (1 + 2t)y + x − = 0.
2
Cette racine est donnée par
q √
1 + 2t − (1 + 2t)2 + 8t t
2 −x 1 + 2t − 1 + 8t2 + 4t − 8tx
y= = .
4t 4t
4 Pour x ≥ 1/2 + t, u(t, x) = 1.
Récapitulons.
1
0 si x < − ,
2 √ 2
−1 − 2t + 1 + 4t + 8tx 1 1 t
2 + si x ∈ [− , [,
4t 2 !2 2 2
u(t, x) = √
2
1 + 2t − 1 + 8t + 4t − 8tx 1 t 1
1−2 − si x ∈ [ , + t[,
4t 2 2 2
1 si x ≥ 1 + t.
2
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 95
soit
1
0 si x < − ,
√2 2
−1 + 1 + 4t + 8tx 1 t
2 si x ∈ [− , [,
4t !2 2 2
u(t, x) = √
2
1 − 1 + 8t + 4t − 8tx t 1
1−2 si x ∈ [ , + t[,
4t 2 2
1
1 si x ≥ + t.
2
Ainsi
1
0 si x < − ,
2n !2
√
−1 + 1 + 4nt + 8n 2 tx 1 t
si x ∈ [− , [,
2
4nt 2n 2
un (t, x) = √ !2
1 − 1 + 8n2 t2 + 4nt − 8n2 tx t 1
1−2 si x ∈ [ , + t[,
4nt 2 2n
1 si x ≥ 1 + t.
2n
On vérifie très facilement que pour tout x et tout t (strictement positif), un (t, x) converge vers
u(t, x) définie par
0 si x < 0,
x si x ∈ [0, t [,
u(t, x) = t 2
t−x t
1− si x ∈ [ , t[,
t 2
1 si x ≥ t,
c’est-à-dire enfin
0x si x < 0,
u(t, x) = si x ∈ [0, t[,
t
1 si x ≥ t.
C’est la solution que nous avons nommée ≪ détente ≫ et non celle qui propage la discontinuité
initiale.
Quelques éléments de la suite de solutions au temps t = 1 sont représentés sur la figure 3.3.
La figure 3.4 présente aussi quelques uns de ces éléments ainsi que la solution détente en fonction
de t et x. Sur cette dernière, on a tracé des isolignes (en temps-espace) des solutions. On constate
que ce sont des droites : on retrouve bien les caractéristiques.
96 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
1
u1
0,8 u2
u10
u100
0,6
0,4
0,2
0
-1 -0,5 0 0,5 1 1,5 2
1 1
0,5 0,5
0 0
1 1
t 0,5 2 t 0,5 2
0 -1 0 x 1 0 -1 0 x 1
solution u1 solution u2
1 1
0,5 0,5
0 0
1 1
t 0,5 2 t 0,5 2
0 -1 0 x 1 0 -1 0 x 1
solution u100 solution détente
Remarque 34
La conclusion de ces dernières pages pourrait être obtenue avec n’importe quelle régularisation
de la donnée initiale. Celle que nous avons utilisée ici présente sur les autres l’avantage de
donner lieu à des calculs explicites aisés, notamment en ce qui concerne la position du pied des
caractéristiques.
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 97
Définition 7
Une solution discontinue (uG , uD , σ) est dite admissible au sens de Lax si et seulement si elle
vérifie
f ′ (uG ) ≥ σ ≥ f ′ (uD ).
On pourrait montrer que ce critère suffit à assurer l’unicité des solutions faibles dans le cas où
f est convexe. Nous allons pourtant nous pencher plutôt sur un autre critère de sélection. Il
est, lui, basé sur le fait que, dans notre exemple du moins, seules les discontinuités décroissantes
paraissent admissibles 13 . Une manière plus précise de formaliser ceci est d’écrire que
1
u(t, y) − u(t, x) ≤ (y − x) ∀y ≥ x.
t
On dit que u(t, ·) est lipschitzienne d’un côté 14 (en l’occurrence, lipschitzienne à droite).
Définition 8
Soit u ∈ L∞ ([0, T [×R). On dit que u satisfait à une inégalité d’Oleinik si et seulement si
∃C :]0, T [−→ R décroissante telle que
11. Nous démontrerons bientôt que dans ce cas, la solution-choc vérifiant la relation de Rankine-Hugoniot est
la seule possible.
12. Dans le cas d’une solution forte, régulière, nous savons qu’il y a unicité, donc un critère d’admissibilité n’est
nécessaire que dans le cas non régulier.
13. Il faut noter que cela est dû à la convexité de f et que ce serait le contraire avec f (u) = −u2 /2.
14. En anglais : one-sided Lipschitz continuous.
98 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Théorème 9 (Oleinik)
Soit u ∈ L∞ ([0, T [×R) solution de
(
∂t u(t, x) + ∂x (au) (t, x) = 0
u(0, x) = 0
Ce résultat d’unicité pour une équation de transport sera plus tard appliqué aux équations
non linéaires qui nous concernent.
Remarque 35
Il s’agit d’une généralisation de la partie ≪ unicité ≫ de la proposition 11.
Remarque 36
La question de l’existence d’une solution à l’équation ∂t u + ∂x (au) = 0 sous les hypothèses de
ce théorème est très délicate et ne sera pas abordée dans ce cours.
Remarque 37
Voici un contre-exemple dans le cas où la vitesse de transport ne vérifie pas de condition d’Olei-
nik. On choisit (
−1 si x ≤ 0,
a(t, x) = ∀t ∈ R.
1 si x > 0
Pour u0 = 0, u = 0 est bien sûr une solution, mais il en existe d’autres, par exemple 15 les
fonctions du type
0 si x < −t,
−α si − t ≤ x ≤ 0,
u(t, x) =
α si 0 < x ≤ t,
0 si t ≤ x,
pour tout α ∈ R.
Démonstration
Le principe en est le même que pour la proposition 11 mais il faut être ici beaucoup plus fin.
Puisque u est solution faible du problème,
Z Z
u (∂t ϕ + a∂x ϕ) dt dx = 0
R R+
Pour cela, il suffirait de montrer que pour tout ψ ∈ Cc∞ ([0, T [×R), il existe ϕ ∈ Cc∞ ([0, T [×R)
tel que
ψ = ∂t ϕ + a∂x ϕ.
Cependant, c’est hors de question puisque a n’est pas régulier. On procède par régularisation de
la vitesse a. Posons B = ||a||L∞ et soit C :]0, T [−→ R décroissante telle que
Soit (an )n∈N une suite de fonctions de C ∞ ([0, T [×R) telle que 16
∀n ∈ N, ||an ||L∞ ≤ B,
∀n ∈ N, an (t, y) − an (t, x) ≤ C(t)(y − x) ∀y ≥ x, ∀t > 0,
lim an = a presque partout.
n→∞
∂t ϕ + an ∂x ϕ = ψ
∂t ϕn + an ∂x ϕn = ψ.
16. Montrer qu’une telle suite existe !
17. Une vérification s’impose.
18. Le compact en question est d’ailleurs inclus, indépendamment de n, dans [0, T ] × [−A − BT, A + BT ] si A
est un réel tel que le support de ψ est inclus dans [0, T ] × [−A, A].
100 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Donc
Z Z Z Z
uψ dt dx = u (∂t ϕn + an ∂x ϕn ) dt dx
R R+ R R+
Z Z Z Z
= u (−a∂x ϕn ) + u (an ∂x ϕn ) dt dx = u (an − a) ∂x ϕn dt dx.
R R+ R R+
Nous voulons montrer que ce dernier terme converge vers 0 lorsque n tend vers ∞. C’est une
conséquence du lemme 5, ci-après énoncé et démontré. En appliquant ce lemme à Xn (s, t, x),
nous obtenons en effet
|∂3 Xn (s, t, x)| ≤ eC(t)(s−t) pour s ≥ t > 0
Rt
car pour s ≥ t, C(s) ≤ C(t). Or ϕn , donnée par ϕn (t, x) = T ψ(s, Xn (s, t, x)) ds, vérifie
Z t
∂x ϕn (t, x) = ∂x ψ(s, Xn (s, t, x))∂3 Xn (s, t, x) ds,
T
donc
Z T
∂x ϕn (t, x) ≤ ||∂x ψ||L∞ |∂3 Xn (s, t, x)| ds,
t
d’où ( )
1
||∂x ψ||L∞ C(t) eC(t)(T −t) − 1 si C(t) > 0
|∂x ϕn (t, x)| ≤ =C
T ||∂x ψ||L∞ sinon.
où K est un compact de R tel que [0, T ] × K englobe le support de ϕn pour tout n (par exemple
[−A − BT, A + BT ] si [0, T ] × [−A, A] englobe celuis de ψ). On a
– limn→∞ u(an − a) = 0 presque partout ;
– u(an − a) ∈ L1loc ∀n ∈ N (car ces fonctions sont dans L∞ ) ;
– u(an − a) ≤ ||u||L∞ (||an ||L∞ + ||a||L∞ ) ≤ 2B ||u||L∞ ∀n ∈ N.
Par application du théorème de convergence dominée de Lebesgue, nous en déduisons que
Z Z
lim u(an − a) dt dx = 0.
n→∞ R R+
Ainsi, Z Z
uψ dt dx = 0 ∀ψ ∈ Cc∞ ([0, T [×R)
R R+
Lemme 5
Soit t0 ∈ R. Soit X : [0, T [×[0, T [×R définie par
(
∂1 X(t, t0 , x) = a(t, X(t, t0 , x))
X(t0 , t0 , x) = x
où a est continue par rapport à ses deux variables, globalement lipschitzienne par rapport à sa
seconde variable, et vérifie : ∃C ∈ R tel que
X(t, t0 , x) vérifie
|X(t, t0 , y) − X(t, t0 , x)| ≤ eC(t−t0 ) |y − x| ∀t ≥ t0 .
Ce qui est remarquable dans ce lemme est que l’estimation ne dépend pas de la constante
de Lipschitz de a mais seulement de sa constante de Lipschitz à droite, C.
Démonstration
Soit t0 , x et y fixés. Posons
On a
1
∂t D 2 (t) = (X(t, t0 , y) − X(t, t0 , x)) ∂1 (X(t, t0 , y) − X(t, t0 , x))
2
= (X(t, t0 , y) − X(t, t0 , x)) (a(t, X(t, t0 , y)) − a(X(t, t0 , x)))
≤ C (X(t, t0 , y) − X(t, t0 , x))2 = CD 2 (t)
donc ∂t D 2 (t) ≤ 2CD 2 (t). Par application du lemme de Gronwall, si t ≥ t0 , nous avons donc
D 2 (t) ≤ D 2 (0)e2C(t−t0 ) , soit
D(t) ≤ D(0)eC(t−t0 ) .
Une conséquence immédiate et très importante du théorème 9 est qu’il existe au plus une
solution faible u ∈ L∞ ([0, T [×R) satisfaisant à une inégalité d’Oleinik au problème (3.12) avec
donnée initiale u0 ∈ L∞ (R). En effet, supposons qu’il existe 2 telles solutions distinctes avec
même donnée initiale, u et v. Alors, la fonction u − v vérifie (au sens faible) l’EDP
2
u − v2
∂t (u − v) + ∂x = 0,
2
que l’on peut écrire aussi
u+v
∂t (u − v) + ∂x (u − v) = 0.
2
102 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Puisque u et v sont dans L∞ et vérifient chacune une inégalité d’Oleinik, il en est de même de
u+v
2 qui joue ici le rôle d’une vitesse de transport. Le théorème 9 permet d’affirmer que u = v
presque partout.
Ce résultat se généralise au cas d’une équation scalaire à flux convexe.
Théorème 10
On considère le problème
(
∂t u + ∂x f (u) = 0
u(0, x) = u0 (x)
où le flux f est convexe. Il a au plus une solution u ∈ L∞ ([0, T [×R) satisfaisant à une inégalité
d’Oleinik.
Remarque 38
On peut se convaincre facilement que les deux hypothèses faites dans l’énoncé de ce théorème
(u ∈ L∞ et vérifie une inégalité d’Oleinik) sont nécessaires. Considérons en effet le problème de
Burgers avec donnée initiale nulle, dont la solution triviale (et naturelle) est u(t, x) = 0 pour
tout t et tout x. On peut facilement montrer alors que
0 si x < −t/2
−1 si x ∈ [−t/2, 0[
u(t, x) = ∀t > 0
1 si x ∈ [0, t/2]
0 si x > t/2
est une autre solution faible du problème (cette fonction est constante par morceaux et toutes
ses discontinuités vérifient la relation de Rankine-Hugoniot). Celle-ci ne vérifie aucune inégalité
d’Oleinik.
Par ailleurs, une autre solution faible du problème est donnée par
√
0 si x < − t√ √
u(t, x) = x/t si x ∈ [− t, t] ∀t > 0.
√
0 si x > t
Celle-ci vérifie une inégalité d’Oleinik (avec C(t) = 1/t) mais n’est pas dans L∞ (cf. partiel du
19 avril 2005). Les deux solutions faibles exhibées ici sont tracées pour différents temps sur la
figure 3.5.
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 103
1,5
solution au temps t = 0, 1
solution au temps t = 1
solution au temps t = 5
1
0,5
0
x
-0,5
-1
-1,5
-6 -4 -2 0 2 4 6
4
solution au temps t = 0, 1
solution au temps t = 1
3 solution au temps t = 5
courbe d’équation y = 1/x
2
0
x
-1
-2
-3
-4
-3 -2 -1 0 1 2 3
Figure 3.5 – Deux solutions non admissibles de l’équation de Burgers avec donnée initiale nulle.
Nous pouvons maintenant nous attaquer à l’existence d’une solution. Nous proposons ici une
démonstration d’existence pour le problème de Burgers. Une autre démonstration de l’existence
sera vue ensuite, dans la section concernant l’approximation numérique, pour un problème aux
dérivées partielles avec flux convexe quelconque.
Théorème 11
Soit u0 ∈ L∞ (R). Il existe une unique solution u ∈ L∞ (R+ × R) de (3.12) avec donnée initiale
u0 satisfaisant à une inégalité d’Oleinik. Cette solution est la limite presque partout, lorsque κ
104 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
u2κ 2
∂t uκ + ∂x = κ∂x,x uκ .
2
De plus, l’inégalité d’Oleinik à laquelle satisfait la solution est
1
u(t, y) − u(t, x) ≤ (y − x) y ≥ x, t > 0.
t
Démonstration
On s’intéresse donc à l’équation de Burgers visqueuse
u2κ 2
∂t uκ + ∂x = κ∂x,x uκ (3.14)
2
avec κ > 0, dont on cherche une solution forte dans R+ × R. Pour exhiber une solution de
cette équation, nous allons d’abord transformer celle-ci pour la mettre sous une forme connue :
l’équation de la chaleur. Cette transformation est due à Hopf. La solution uκ vérifie
1
∂t uκ = ∂x κ∂x uκ − u2κ .
2
Posons
1
ϕκ = e− 2κ vκ .
Or
2 ϕ −∂ ϕ ∂ ϕ
ϕκ ∂x,t
∂x ϕκ κ t κ x κ ∂t ϕκ
∂t = 2
= ∂x ,
ϕκ ϕκ ϕκ
donc !
2 ϕ
∂x,x
∂t ϕκ κ
∂x −κ = 0.
ϕκ ϕκ
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 105
Finalement,
2 ϕ
∂x,x
∂t ϕκ κ
−κ = γ(t)
ϕκ ϕκ
où γ est une constante d’intégration. Posons 19 maintenant
Rt
ψκ (t, x) = ϕκ (t, x)e− 0 γ(s) ds
.
et Rt
2
∂x,x 2
ψκ (t, x) = ∂x,x ϕκ (t, x)e− 0
γ(s) ds
.
Donc
2 ψ
∂x,x 2 ϕ
∂x,x
∂t ψκ κ ∂t ϕκ κ
−κ = − γ(t) − κ = 0.
ψκ ψκ ϕκ ϕκ
ψκ est donc solution de l’équation de la chaleur
2
∂t ψκ − κ∂x,x ψκ = 0
dans R+ ×R. La différence avec l’EDP du chapitre 2 est qu’elle est ici posée en domaine non borné
(et sans conditions aux limites en espace). Le lemme suivant donne une solution du problème.
Lemme 6
Soit ψ 0 ∈ L∞ (R). Posons
Z
1 (x−y)2
ψ(t, x) = √ e− 4κt ψ 0 (y) dy
R 4κπt
pour tout (t, x) ∈ R∗+ × R. On a
– ψ(t, x) ∈ C ∞ (]0, +∞[×R) ;
2 ψ(t, x) pour tout (t, x) ∈]0, +∞[×R ;
– ∂t ψ(t, x) = κ∂x,x
– limt→0+ ψ(t, x) = ψ 0 (x) presque partout.
2 ψ avec donnée initiale ψ 0 .
De plus, ψ est l’unique solution de ∂t ψ = κ∂x,x
Remarque 39
La fonction
1 |x−y|2
N (t, x, y) = d/2
e− 4κt
(4κπt)
est appelée noyau de la chaleur dans Rd . Ce noyau vérifie
∂t N = κ∂x,x2 N,
N (0, ·, y) = δy (·)
où δy est la masse de Dirac de masse 1 au point y. C’est la solution élémentaire de l’équation
de la chaleur.
19. Cela revient à changer la constante d’intégration dans la définition de la primitive vκ .
106 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
pour tout ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R). Ce calcul est d’ailleurs fait (dans un cadre légèrement différent) aux
pages suivantes.
Revenons à notre démoutonstration. Soit donc
Z
1 (x−y)2
ψκ (t, x) = √ ψ(0, y)e− 4κt dy.
4κπt R
Une solution de (3.14) est alors donnée par
∂x ψκ (t, x)
uκ (t, x) = −2κ .
ψκ (t, x)
Or Z
1 2(x − y) (x−y)2
∂x ψκ (t, x) = √ − ψ(0, y)e− 4κt dy,
4κπt R 4κt
donc Z
(x−y)2
(x − y)ψ(0, y)e− 4κt dy
∂x ψκ (t, x) 1 R
− 2κ = Z .
ψκ (t, x) t (x−y)2
ψ(0, y)e− 4κt dy
R
Ainsi
Z
(x−y)2 1
Ry
x−y − 04κt
+ 2κ u0 (z) dz
e dy
R t
uκ (t, x) = Z ,
(x−y)2 1
Ry 0
− 4κt
+ 2κ 0 u (z) dz
e dy
R
que l’on réécrit Z
x − y − F (t,x,y)
e 2κ dy
RZ t
uκ (t, x) = F (t,x,y)
e− 2κ dy
R
en définissant F par Z y
(x − y)2
F (t, x, y) = + u0 (z) dz.
2t 0
La fin de cette démonstration consiste à montrer que uκ a une limite 20 lorsque κ tend vers 0 et
que cette limite est solution de l’équation de Burgers non visqueuse (3.12) vérifiant une inégalité
20. Noter la similitude avec le résultat du lemme 6 concernant la donnée initiale : on fait ici tendre κ vers 0 au
lieu de t dans ce lemme.
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 107
Ces réels existent car F (t, x, y) est continue par rapport à y et lim|y|→+∞ F (t, x, y) = +∞ ∀(t, x).
Posons encore, pour tout (t, x), m(t, x) = miny∈R F (t, x, y). On a avec ces définitions
x − y+ (t, x) x − y− (t, x)
≤ lim inf uκ (t, x) ≤ lim sup uκ (t, x) ≤
t κ→0 +
κ→0+ t
pour tout (t, x) ∈ R∗+ × R.
Lemme 8
Soit t > 0. Avec les notations introduites ci-dessus, si x1 < x2 , y+ (t, x1 ) ≤ y− (t, x2 ). y− (t, ·) est
continue à gauche et y+ (t, ·) est continue à droite, ∀t ∈ R+ .
Lemme 9
Avec les notations introduites ci-dessus, pour tout t ∈ R∗+ , y− (t, x) = y+ (t, x) presque partout
et y− (t, ·) et y+ (t, ·) sont continues presque partout.
pour tout ϕ ∈ Cc∞ ([0, +∞[×R). D’après le théorème de convergence dominée de Lebesgue, u
vérifie Z Z Z
u2
u∂t ϕ + ∂x ϕ dt dx = u0 ϕ(0, ·) dx
R R+ 2 R
pour tout ϕ ∈ Cc∞ ([0, +∞[×R). C’est donc une solution faible de (3.12). Il nous reste à montrer
que u vérifie une inégalité d’Oleinik.
Soit t > 0. Soit x1 , x2 tels que x2 ≥ x1 . On a
x2 − y+ (t, x2 ) x1 − y+ (t, x1 ) x2 − x1 y+ (t, x2 ) − y+ (t, x1 )
u(t, x2 ) − u(t, x1 ) = − = − .
t t t t
Or y+ (t, ·) est croissante car si x2 > x1 , y+ (t, x1 ) ≤ y− (t, x2 ) d’après le lemme 8 et y− (t, x2 ) ≤
y+ (t, x2 ). Donc
x2 − x1
u(t, x2 ) − u(t, x1 ) ≤ ∀x2 ≥ x1 .
t
Ceci termine la démonstration.
Démonstration (lemme 7)
On a posé
Z y
(x − y)2
F (t, x, y) = + u0 (z) dz.
2t 0
Puisque u0 ∈ L∞ (R), ∃Y ∈ R tel que
(x − y)2
F (t, x, y) ≥ ∀y t. q. |y| ≥ Y.
3t
Soit ε > 0. Si y ∈/ [y− (t, x) − ε, y+ (t, x) + ε], ∃η > 0 tel que F (t, x, y) > m(t, x) + η. Soit Z
tel que Z ≥ Y , Z ≥ |x| et Z ≥ max (y− (t, x) − ε, y+ (t, x) + ε). Observons le numérateur dans
l’expression de uκ .
Z ∞ Z −Z
x − y − F (t,x,y) x − y − F (t,x,y)
e 2κ dy = e 2κ dy
−∞ t −∞ t
Z y− (t,x)−ε Z y+ (t,x)+ε
x − y − F (t,x,y) x − y − F (t,x,y)
+ e 2κ dy + e 2κ dy
−Z t y− (t,x)−ε t
Z Z Z ∞
x − y − F (t,x,y) x − y − F (t,x,y)
+ e 2κ dy + e 2κ dy
y+ (t,x)+ε t Z t
R y+ (t,x)+ε
x−y − F (t,x,y)
Nous allons montrer que le terme y− (t,x)−ε t e
2κ dy est dominant lorsque κ → 0+ .
(x−y)2
Sur l’intervalle ] − ∞, −Z], on a F (t, x, y) ≥ 3t , d’où
Z −Z Z −Z Z −Z
x − y − F (t,x,y) |x − y| − (x−y)2 x − y − (x−y)2
e 2κ dy ≤ e 6κt dy = e 6κt dy car x − y ≥ 0.
−∞ t −∞ t −∞ t
Donc Z −Z
−Z
x − y − F (t,x,y) (x−y)2 (x−y)2
e 2κ dy ≤ 3κe− 6κt = 3κe− 6κt .
−∞ t y=−∞
3.3. ÉQUATIONS SCALAIRES CONSERVATIVES 109
Sur l’intervalle ] − Z, y− (t, x) − ε], F (t, x, y) > m(t, x) + η (avec η > 0). Donc
Z y− (t,x)−ε Z y− (t,x)−ε
x − y − F (t,x,y) |x − y| − m(t,x)+η
e 2κ dy ≤ e 2κ dy
−Z t −Z t
max (|x + Z| , |x − y− (t, x) + ε|) − m(t,x) − η
≤ (y− (t, x) + Z) e 2κ e 2κ .
t
On obtient bien entendu des majorations similaires pour les termes
Z Z Z ∞
x − y − F (t,x,y) x − y − F (t,x,y)
e 2κ dy et e 2κ dy.
y+ (t,x)+ε t Z t
où δ est la longueur d’un intervalle sur lequel F (t, x, y) ≤ m(t, x) + η2 ; δ > 0 car F est continue.
Ainsi Z y+ (t,x)+ε
x − y − F (t,x,y)
e 2κ dy
y− (t,x)−ε t
uκ (t, x) ≈κ→0+ Z y (t,x)+ε + F (t,x,y)
e− 2κ dy
y− (t,x)−ε
En conclusion, on a bien
x − y+ (t, x) x − y− (t, x)
≤ lim inf uκ (t, x) ≤ lim sup uκ (t, x) ≤
t κ→0+ κ→0+ t
Démonstration (lemme 8)
Soit (t, x1 ) ∈ R+ × R. Pour simplifier les notations, posons y+ = y+ (t, x1 ). Soit y < y+ et
x2 > x1 .
F (t, x2 , y) − F (t, x2 , y+ )
(x2 − y)2 (x1 − y)2 (x1 − y+ )2 (x2 − y+ )2
≥ − + −
2t 2t 2t 2t
(y − y+ )(x1 − x2 )
= > 0.
t
110 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
est donc démontrée. Pour ε > 0, on a donc en particulier y− (t, x1 −ε) ≤ y− (t, x1 ). D’autre part, le
minimum de F , m(t, x), est une fonction continue de (t, x), donc limε→0+ m(t, x1 −ε) = m(t, x1 ),
d’où limε→0+ y− (t, x1 − ε) = y− (t, x1 ). Supposons en effet que ce soit faux : il existe une suite
réelle (εn )n∈N telle que εn > 0 ∀n et limn→+∞ εn = 0 et limn→+∞ y− (t, x1 − εn ) = y0 < y− (t, x1 ).
On a alors
F (t, x1 − εn , y− (t, x1 − εn )) = m(t, x1 − εn ).
Or limn→+∞ F (t, x1 − εn , y− (t, x1 − εn )) = F (t, x1 , y0 ) < m(t, x1 ) tandis que limn→+∞ m(t, x1 −
εn ) = m(t, x1 ). C’est une contradiction. La fonction y− (t, ·) est donc continue à gauche. On
montre de la même façon que y+ (t, ·) l’est à droite.
Démonstration (lemme 9)
Soit a et b des réels tels que b ≥ a. Puisque y+ (t, x) ≥ y− (t, x) ∀(t, x) ∈ R+ × R,
Z b
y+ (t, x) − y− (t, x) dx ≥ 0.
a
et
– limε→0 1[a−ε,b−ε](x) = 1[a,b] (x) presque partout ;
– limε→0+ y+ (t, x + ε) − y+ (t, x) = 0 d’après le lemme 8 ;
– le produit de ces deux fonctions est borné par une fonction intégrable, car y+ ∈ L∞ et ce
produit est à support compact.
Par application du théorème de convergence dominée de Lebesgue,
Z b−ε
lim y+ (t, x + ε) − y+ (t, x) dx = 0.
ε→0+ a−ε
Donc Z b
y+ (t, x) − y− (t, x) dx ≤ 0.
a
Finalement, y+ (t, x) = y− (t, x) presque partout sur [a, b] (∀[a, b]).
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 111
Le principe du maximum pour l’équation de Burgers est une conséquence directe du théorè-
me 11.
Exercice
Soit u la solution évoquée au théorème 11. Montrer qu’elle vérifie
3.4.1 Généralités
On se donne un maillage de R :
[
R= [xj−1/2 , xj+1/2 [
j∈Z
avec, pour simplifier, xj+1/2 = (j + 1/2)∆x ∀j ∈ Z, avec ∆x ∈ R∗+ (il s’agit donc d’un maillage
régulier). On se donne de même un maillage de R+ :
[
R+ = [tn , tn+1 [
n∈N
avec tn = n∆t ∀n ∈ N, avec ∆t ∈ R∗+ . Soit u une solution faible de (3.15). Elle vérifie
Z Z
u∂t ϕ + f (u)∂x ϕ dt dx = 0
R R+
pour tout n et tout j. Le principe de base d’un schéma de volumes finis est de calculer des
valeurs approchées de Z xj+1/2
1
u(tn , x) dx
∆x xj−1/2
pour tout n et tout j. Pour cela, on définit la condition initiale discrète par
Z xj+1/2
0 1
uj = u0 (x) dx ∀j ∈ Z (3.16)
∆x xj−1/2
n
R tn+1
où les flux numériques fj+1/2 sont des valeurs approchées de 1/∆t tn f (u(t, xj+1/2 )) dt. Il
existe de très nombreuses manières efficaces de définir les flux numériques. Nous n’étudierons
que celle du
un+1
j − unj f (unj+1 ) − f (unj−1 )
unj+1 − 2unj + unj−1
+ =
∆t 2∆x n 2∆t n n
∆x2 uj+1 − 2uj + uj−1
= .
2∆t ∆x2
Il est donc, au sens des différences finies, consistant à l’ordre 1 avec l’EDP considérée, et consis-
tant à l’ordre 2 en espace avec l’EDP
∆x2 2
∂t u + ∂x f (u) = ∂ u
2∆t x,x
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 113
qui est une régularisation parabolique de l’EDP avec un ≪ coefficient de conduction ≫ (ou de
diffusion, ou de viscosité) tendant vers 0 lorsque l’on raffine le maillage si par exemple ∆t et
∆x tendent vers 0 à la même vitesse 23 . C’est par ce type de régularisation que l’on a montré
l’existence d’une solution à l’équation de Burgers (par la méthode de Hopf).
Proposition 12
On considère le schéma de Lax-Friedrichs (3.18). Sous la condition, dite de Courant-Friedrichs-
Lewy 25 ,
∆t
sup f ′ (u0j ) ≤ 1,
j∈Z ∆x
il est tel que
inf u0j ≤ unj ≤ sup u0j
j∈Z j∈Z
Démonstration
Encore une fois, l’idée est de montrer que sous la condition de CFL un+1
j est une combinaison
n
convexe des uk , k ∈ Z. L’algorithme est
unj−1 + unj+1 ∆t
un+1
j = − f (unj+1 ) − f (unj−1 ) .
2 2∆x
Puisque f est de classe C 2 et est convexe, ∃v ∈ [unj−1 , unj+1 ] (ou [unj+1 , unj−1 ]) tel que
2
unj+1 − unj−1
f (unj+1 ) = f (unj−1 ) + unj+1 − unj−1 f ′ (unj−1 ) + f ′′ (v),
2
donc, puisque f est convexe, on a
f (unj+1 ) ≥ f (unj−1 ) + unj+1 − unj−1 f ′ (unj−1 ),
d’où
1 ∆t ′ n 1 ∆t ′ n
un+1
j ≤ unj−1 + n
f (uj−1 ) + uj+1 − f (uj−1 ) .
2 2∆x 2 2∆x
23. Une étude précise du comportement de la solution numérique en fonction des vitesses relatives de conver-
gence vers 0 de ∆t et ∆x est faite dans l’examen du 18 mai 2006.
24. Noter que nous ne sommes pas assurés de l’existence d’une solution, donc que l’étude de la convergence ne
peut être basée sur une estimation de l’erreur.
25. CFL dans la suite.
114 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Sous la condition supj∈Z f ′ (unj ) ∆t/∆x ≤ 1, chacun des termes multiplicatifs de unj−1 et unj+1 est
positif, et leur somme vaut 1, donc un+1
j est majoré par une combinaison convexe des unj ,
j∈Z
donc un+1
j ≤ supj∈Z unj . La minoration un+1
j ≥ inf j∈Z unj s’obtient de manière analogue. Il reste
à vérifier que la condition supj∈Z f ′ (u0j ) ∆t/∆x ≤ 1 est propagée en temps, c’est-à-dire qu’elle
assure supj∈Z f ′ (unj ) ∆t/∆x ≤ 1 pour tout n. Cela est encore une conséquence de la convexité
de f :
!
sup f ′ (un+1
j ) = max f ′ (sup un+1
j ) , f ′ (inf un+1
j )
j∈Z j∈Z j∈Z
Il nous faut montrer que la solution numérique ≪ converge ≫ vers une solution de (3.15)
lorsque ∆t et ∆x tendent vers 0. Pour cela, on définit une fonction associée à la solution
numérique :
XX
u∆t,∆x = unj 1[n∆t,(n+1)∆t[ (t)1[(j−1/2)∆x,(j+1/2)∆x[ (x) (3.20)
n∈N j∈Z
pour (t, x) ∈ R+ × R, où unj est donnée par (3.16,3.18). On veut montrer que
(n,j)∈N×Z
lim u∆t,∆x = u
∆t,∆x→0
en un certain sens, où u est solution de (3.15). Mais nous ne savons pas si ce problème a une
solution. Deux possibilités se présentent pour obtenir un tel résultat :
– soit montrer que (u∆tk ,∆xk ) est une suite de Cauchy pour une suite de pas (∆tk , ∆xk )
tendant vers 0 ;
– soit montrer que cette suite reste dans un compact.
La première solution semble plus difficile car elle implique une comparaison de solutions
numériques calculées avec des maillages différents 26 . Nous allons utiliser une méthode de com-
pacité 27 . Cela nous amène à introduire quelques définitions et résultats que nous admettrons.
26. Voir cependant l’examen du 7 mai 2007, qui propose une telle méthode dans le cas simplifié de l’équation
de transport linéaire pour le schéma upwind.
27. On peut noter que la stabilité l∞ , résultat déjà démontré, ne nous apporte pas de compacité : les bornés de
L ne sont pas des compacts de L∞ , ni de L1 , etc. Il va falloir travailler un peu plus.
∞
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 115
Définition 9
On appelle variation totale de g sur Ω et on note T VΩ (g) l’élément de R défini par
Z
T VΩ (g) = sup g divϕ dx.
ϕ∈(Cc∞ (Ω))d t. q. ||ϕ||L∞ (Ω) ≤1 Ω
Exemples
1 Si g ∈ C 1 (Ω),
Z X
d
T VΩ (g) = |∂i g| dx.
Ω i=1
Noter que mes(Ij ) ne joue aucun rôle. L’idée pour montrer ce résultat est suggérée par la
figure 3.6.
ϕ
1
−1
XX XX
T VR+ ×R (u∆t,∆x ) = ∆t unj+1 − unj + ∆x un+1
j − unj .
n∈N j∈Z n∈N j∈Z
Définition 10
On dit que g ∈ L1loc (Ω) est à variation bornée sur Ω si et seulement si T VΩ (g) < +∞ et on note
BV (Ω) l’ensemble des fonctions à variation bornée sur Ω :
BV (Ω) = g ∈ L1loc (Ω) t. q. T VΩ (g) < +∞ .
Théorème 12
L1 (Ω) ∩ BV (Ω) est un espace de Banach pour la norme définie par
Proposition 13
Soit g ∈ L1loc (R).
Z
|g(x + ∆x) − g(x)|
T VR (g) = sup dx.
∆x>0 R ∆x
Théorème 13 (Helly)
Supposons que Ω est un ouvert borné de Rd à frontière lipschitzienne. Alors l’injection de L1 ∩
BV (Ω) dans L1 (Ω) est compacte.
En conséquence, de toute suite bornée de L1 ∩ BV (Ω) 28 on peut extraire une sous-suite qui
converge dans L1 (Ω) 29 . L’utilisation que nous allons faire de ce résultat est claire : nous allons
montrer que (u∆t,∆x )∆t,∆x∈R est un borné de L1 ∩ BV (Ω) pour tout Ω ouvert borné de R+ × R.
Noter que si u∆t,∆x ∈ L1 ∩ BV (R+ × R), l’expression de la norme de u∆t,∆x est
XX XX XX
||u∆t,∆x ||L1 ∩BV (Ω) = ∆t∆x unj + ∆t unj+1 − unj + ∆x un+1
j − unj .
n∈N j∈Z n∈N j∈Z n∈N j∈Z
Soit Ω un ouvert borné de R+ × R. Il existe T, A ∈ R+ tels que Ω ⊂ [0, T ] × [−A, A]. Alors
28. Bornée : pour la norme que nous avons définie sur cet espace, norme qui le rend complet.
29. C’est d’ailleurs uniquement la compacité séquentielle que nous utiliserons.
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 117
En effet,
X X Z (j+1/2)∆x
1
u0j+1 − u0j = u0 (x + ∆x) − u0 (x) dx
∆x (j−1/2)∆x
j∈Z j∈Z
XZ (j+1/2)∆x
u0 (x + ∆x) − u0 (x)
≤ dx ≤ T VR (u0 )
(j−1/2)∆x ∆x
j∈Z
un+1
j = unj + (unj+1 − unj )Cj+1/2
n
− (unj − unj−1 )Dj−1/2 (3.21)
où
n
Cj+1/2 ≥ 0 ∀(n, j) ∈ N × Z,
n
Dj+1/2 ≥0 ∀(n, j) ∈ N × Z,
n
Cj+1/2 + n
Dj+1/2 ≤ 1 ∀(n, j) ∈ N × Z
118 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Remarque 41
La forme (3.21) est dite forme incrémentale. Un schéma à variation totale décroissante est
souvent dit TVD (pour ≪ Total Variation Diminishing ≫ en anglais).
Démonstration
un+1 n+1
j+1 − uj = unj+1 + (unj+2 − unj+1 )Cj+3/2
n
soit
un+1 n+1
j+1 − uj = (unj+1 − unj ) 1 − Cj+1/2
n n
− Dj+1/2
+(unj+2 − unj+1 )Cj+3/2
n
Donc
X X
un+1
j+1 − un+1
j ≤ unj+1 − unj n n
1 − Cj+1/2 − Dj+1/2
j∈Z j∈Z
X
+ n
unj+2 − unj+1 Cj+3/2
j∈Z
X
+ unj − unj−1 Dj−1/2
n
j∈Z
X
= un+1
j+1 − un+1
j
n
1 − Cj+1/2 n
− Dj+1/2 n
+ Cj+1/2 n
+ Dj+1/2 .
j∈Z
paraı̂t intuitivement garantir que le schéma de crée pas d’oscillation. Ceci est cependant faux
au sens strict. Considérons par exemple la donnée initiale u0j = δ0 (j) et un schéma tel que
u1j = 1/2δ−1 (j) + 1/2δ1 (j) 30 . On a alors
X X
u1j+1 − u1j = 2 = u0j+1 − u0j ,
j∈Z j∈Z
donc le schéma est TVD. Cependant, des oscillations ont été créées en 1 pas de temps. Noter
que le schéma de Lax-Friedrichs a exactement ce comportement pour cette condition initiale et
une équation d’advection à vitesse constante (f (u) = au) par exemple.
Proposition 14
Le schéma de Lax-Friedrichs peut se mettre sous la forme incrémentale (3.21) avec des coefficients
qui vérifient les hypothèses du lemme 10 sous la condition de CFL supj∈Z f ′ (u0j ) ∆t/∆x ≤ 1.
Il est TVD sous cette condition.
Démonstration
Le schéma de Lax-Friedrichs est défini par
unj−1 + unj+1 ∆t
un+1
j = − f (unj+1 ) − f (unj−1 ) ,
2 2∆x
c’est-à-dire
un −un
un+1
j = unj + j+12 j − 2∆x ∆t
f (unj+1 ) − f (unj )
un −un
∆t
− j 2 j−1 − 2∆x f (unj ) − f (unj−1 ) .
Posons Z 1
anj+1/2 = f ′ (θunj+1 + (1 − θ)unj ) dθ ∀(n, j) ∈ N × Z.
0
On a
anj+1/2 (unj+1 − unj ) = f (unj+1 ) − f (unj )
(à vérifier à titre d’exercice, voir le partiel du 6 avril 2004 pour des détails) et
un+1
j = u n +(un
j j+1 − un ) 1 − ∆t an
j
2 2∆x j+1/2
n n ∆t n
−(uj − uj−1 ) 21 + 2∆x aj−1/2 .
C’est la forme incrémentale du schéma, en posant
n
Cj+1/2 ∆t
= 21 1 − anj+1/2 ∆x ,
n
Dj+1/2 = 21 1 + anj+1/2 ∆x
∆t
un+1
j − unj ≤ Cj+1/2
n
unj+1 − unj + Dj−1/2
n
unj − unj−1
et
E(A/∆x)+1 E(T /∆t)+1
X X
∆x un+1
j − unj
j=−E(A/∆x)−1 n=0
E(T /∆t)+1
X X
n
≤ ∆x Cj+1/2 n
unj+1 − unj + Dj−1/2 unj − unj−1
n=0 j∈Z
donc finalement
E(A/∆x)+1 E(T /∆t)+1 E(T /∆t)+1
X X X X
∆x un+1
j − unj ≤ ∆x unj+1 − unj
j=−E(A/∆x)−1 n=0 n=0 j∈Z
E(T /∆t)+1
X
≤ ∆x T VR (u0 ).
n=0
On suppose dorénavant que ∆t = λ∆x où λ ∈ R∗+ (∆t et ∆x tendent vers 0 à la même
vitesse). La condition de CFL s’exprime donc λ supj∈R f ′ (u0j ) ≤ 1. Nous avons
de sorte que
0 1
u∆t,∆t/λ L1 ∩BV (Ω)
≤ (T + 2∆t) (2A + 3∆x) u L∞ (R)
+ 1+ (T + 2∆t) T VR (u0 )
λ
La question est maintenant : u est-il solution de (3.15) 31 ? La réponse, positive, est donnée par
le théorème de Lax-Wendroff.
Définition 11
On dit que le schéma (3.17) est consistant au sens des volumes finis avec f si et seulement si
∃K ∈ N et F ∈ C 0 (R2K ) tels que
n
fj+1/2 = F (unj−K+1 , unj−K+2 , . . . , unj , . . . , unj+K−1 , unj+K ),
F (u, u, . . . , u) = f (u) ∀u ∈ R
(on dit qu’il s’agit d’un flux à 2K points, ou d’un schéma à 2K + 1 points).
Théorème 14 (Lax-Wendroff )
On considère le schéma (3.16,3.17) où l’on suppose que le flux dans (3.17) est consistant avec f .
Pour tout ∆t et tout ∆x on définit une solution approchée par (3.20). Soit λ ∈ R. Supposons
qu’il existe une suite (∆tk )k∈N convergeant vers 0 telle que
31. Une autre question naturelle est encore : si oui, u vérifie-t-il une inégalité d’Oleinik ? Nous y répondrons
par la suite.
122 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Démonstration
On pose ∆x = ∆t/λ. Soit ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R). On veut montrer que
Z ∞Z ∞ Z ∞
u∂t ϕ + f (u)∂x ϕ dx dt = − u0 (x)ϕ(0, x) dx.
0 −∞ −∞
soit encore
XX XX X
∆x un+1
j ϕn+1
j − ϕn
j + ∆t f n
j+1/2 ϕn
j+1 − ϕn
j = −∆x u0j ϕ0j .
n∈N j∈Z n∈N j∈Z j∈Z
Nous allons étudier la convergence de chaque terme de cette égalité lorsque l’on remplace ∆t
par ∆tk qui converge vers 0. Bien entendu, les termes unj , ϕnj et fj+1/2
n dépendent de ∆t ; cette
dépendance n’a pas été explicitement indiquée dans les notations afin de simplifier celles-ci. On
note encore ∆xk = ∆tk /λ. Nous allons montrer que
X Z ∞
0 0
∆xk uj ϕj −→k→+∞ u0 (x)ϕ(0, x) dx,
j∈Z −∞
XX Z ∞Z ∞
n+1 n+1 n
∆xk uj ϕj − ϕj −→k→+∞ u∂t ϕ dx dt,
n∈N j∈Z 0 −∞
XX Z ∞Z ∞
n
∆tk fj+1/2 ϕnj+1 − ϕnj −→k→+∞ f (u)∂x ϕ dx dt.
n∈N j∈Z 0 −∞
Puisque ∆xk et ∆tk sont liés, u∆tk ,∆xk et ϕ∆tk ,∆xk ne dépendent que de k ; nous les notons
désormais uk et ϕk .
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 123
Le premier terme
X X Z (j+1/2)∆xk
∆xk u0j ϕ0j = ϕ0j u0 (x) dx
j∈Z j∈Z (j−1/2)∆xk
XZ (j+1/2)∆xk XZ (j+1/2)∆xk
= u0 (x)ϕ0j dx = u0 (x)ϕk (0, x) dx.
j∈Z (j−1/2)∆xk j∈Z (j−1/2)∆xk
Donc on a bien Z ∞ Z ∞
u0 (x)ϕk (0, x) dx −→k→+∞ u0 (x)ϕ(0, ·) dx.
−∞ −∞
Le deuxième terme
XX
∆xk un+1
j ϕn+1
j − ϕn
j
n∈N j∈Z
XXZ (j+1/2)∆xk
= uk ((n + 1)∆tk , x)[ϕk ((n + 1)∆tk , x) − ϕk (n∆tk , x)] dx.
n∈N j∈Z (j−1/2)∆xk
Ainsi
XX
∆xk un+1
j ϕn+1
j − ϕn
j
n∈N j∈Z
XZ ∞
= uk ((n + 1)∆tk , x)[ϕk ((n + 1)∆tk , x) − ϕk (n∆tk , x)] dx.
n∈N −∞
et
XX
∆xk un+1
j ϕn+1
j − ϕnj
n∈N j∈Z
Z ∞ X Z (n+1)∆tk
1
= uk (t, x)[ϕk (t, x) − ϕk (t − ∆tk , x)] dx.
∆tk −∞ n∈N∗ n∆tk
Donc
XX Z ∞ Z ∞
ϕk (t, x) − ϕk (t − ∆tk , x)
∆xk un+1
j
n+1 n
ϕj − ϕj = uk (t, x) dx.
−∞ ∆tk ∆tk
n∈N j∈Z
La première intégrale de cette somme tend vers 0 lorsque k tend vers +∞ car uk est borné dans
L∞ (R+ × R) et
ϕk (t, ·) − ϕk (t − ∆tk , ·)
1[∆tk ,+∞[ (·) −→k→+∞ ∂t ϕ(t, ·) uniformément
∆tk
et la seconde tend vers Z ∞ Z ∞
uk (t, x)∂t ϕ(t, x) dt dx
−∞ 0
car ϕ est à support compact et uk tend vers u dans L1loc (R+ × R).
Le troisième terme Les mêmes manipulations que précédemment donnent
XX
n
∆tk fj+1/2 ϕnj+1 − ϕnj
n∈N j∈Z
Z ∞ Z ∞
ϕk (t, x + ∆xk /2) − ϕ(t, x − ∆xk /2)
= fk (t, x) dt dx
−∞ 0 ∆xk
Comme dans l’étude du deuxième terme, on peut décomposer le troisième terme en la somme
Z ∞ Z ∞
ϕk (t, x + ∆xk /2) − ϕ(t, x − ∆xk /2)
fk (t, x) − ∂x ϕ(t, x) dt dx
−∞ 0 ∆xk
Z ∞Z ∞
+ fk (t, x)∂x ϕ(t, x) dt dx.
−∞ 0
La première intégrale de cette somme converge vers 0 lorsque k tend vers +∞ car d’une part
fk est borné dans L∞ (R+ × R) puisque uk l’est et le flux numérique est consistant (noter donc
l’importance de la continuité de la fonction F dans la définition de la consistance au sens des
volumes finis), et d’autre part
est un peu plus difficile à démontrer car fk dépend de plusieurs valeurs de uk : mettons, 2K,
comme dans la définition de la consistance. Notons, pour tout t ∈ R+ et tout x ∈ R, vk (t, x) ∈
32. Attention : fk est décalé d’une demie maille en espace par rapport à ϕk , d’où la translation de ϕk dans
l’intégrale précédente.
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 125
et
Z ∞ Z ∞ Z A Z T
fk (t, x)∂x ϕ(t, x) dt dx = f (u(t, x))∂x ϕ(t, x) dt dx
−∞ 0 −A 0
Z A Z T
+ (fk (t, x) − f (u(t, x))) ∂x ϕ(t, x) dt dx.
−A 0
Rappelons que la seule chose qu’il nous reste à montrer est que la dernière intégrale converge
vers 0. Nous nous y attelons.
Z A Z T
(fk (t, x) − f (u(t, x))) ∂x ϕ(t, x) dt dx
−A 0
Z A Z T
≤ ||∂x ϕ||L∞ (R+ ×R |fk (t, x) − f (u(t, x))| dt dx
−A 0
Z A Z T
= ||∂x ϕ||L∞ (R+ ×R |F (vk (t, x)) − f (u(t, x))| dt dx.
−A 0
donc
Z AZ T
vkj (t, x)) − u(t, x) dt dx
−A 0
Z A Z T
≤ |uk (t, x + (j − 1/2)∆xk ) − u(t, x + (j − 1/2)∆xk )| dt dx
−A 0
Z A Z T
+ |u(t, x + (j − 1/2)∆xk ) − u(t, x)| dt dx,
−A 0
126 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
d’où
Z AZ T
vkj (t, x)) − u(t, x) dt dx
−A 0
Z A+(j−1/2)∆xk Z T
≤ |uk (t, x) − u(t, x)| dt dx
−A+(j−1/2)∆xk 0
Z A Z T
+ |u(t, x + (j − 1/2)∆xk ) − u(t, x)| dt dx.
−A 0
et cette intégrale tend vers 0 lorsque k tend vers +∞ car uk tend vers u dans L1loc (R+ × R) par
hypothèse. D’autre part
Z AZ T
|u(t, x + (j − 1/2)∆xk ) − u(t, x)| dt dx −→k→+∞ 0
−A 0
pour tout j ∈ {−K, . . . , K}. Il existe donc une sous-suite de vk (notée encore vk ) telle que
De plus, uk est bornée dans L∞ , donc F ◦ vk l’est et u l’est 33 et f (u) l’est aussi. Ainsi
Z AZ T
|F (vk (t, x)) − f (u(t, x))| dt dx −→k→+∞ 0
−A 0
d’après le théorème de convergence dominée de Lebesgue. On a donc bien ce que l’on cherchait
à démontrer :
XX Z ∞Z ∞
n n n
∆tk fj+1/2 ϕj+1 − ϕj −→k→+∞ f (u(t, x))∂x ϕ(t, x) dt dx.
n∈N j∈Z −∞ 0
pour tout ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R). C’est une solution faible de (3.10).
33. En tant que limite dans L1loc d’une suite bornée dans L∞ .
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 127
On a remarqué que l’hypothèse ∆tk = λ∆xk n’est pas utile : elle permet seulement de
simplifier les notations. Le théorème de Lax-Wendroff est vrai (et démontré) pour ∆tk et ∆xk
tendant vers 0 indépendamment.
La compilation des derniers résultats prouvés montre que la solution numérique définie par le
schéma de Lax-Friedrichs converge (sous une condition de CFL et sous l’hypothèse de convexité
de f ) vers une solution faible du problème 34 . Cela montre en particulier l’existence d’une solution
faible !
Mais nous savons par expérience que la solution faible n’est pas unique. Nous allons main-
tenant préciser le résultat de convergence obtenu en montrant que la limite des approximations
donnée par le schéma de Lax-Friedrichs vérifie une inégalité d’Oleinik, en faisant l’hypothèse
supplémentaire de l’α-convexité 35 du flux f 36 .
Supposons maintenant que f , de classe C 2 , est α-convexe : ∃α ∈ R∗+ tel que f ′′ (x) ≥ α
∀x ∈ R. Nous allons montrer qu’il existe une solution de (3.10) (avec u0 ∈ L1 ∩ BV (R)) telle
que
(y − x)
u(t, y) − u(t, x) ≤ pour presque tout (x, y) tel que y ≥ x
αt
pour tout t > 0 et que cette solution est approchée par le schéma de Lax-Friedrichs. Le plus
simple serait d’arriver à montrer que pour tout ∆t et tout ∆x et pour toute condition initiale
discrète,
∆x
unj+1 − unj ≤ ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N∗ .
αn∆t
Ceci est cependant faux. En effet, avec la donnée numérique initiale
u0j = (−1)j ,
on aurait
u0j−1 + u0j+1 ∆t
u1j = − f (u0j+1 ) − f (u0j−1 ) = (−1)j+1
2 2∆x
et (raisonnement par récurrence)
unj = (−1)j+n ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N.
34. Si le rapport ∆t/∆x est fixé ! Cette hypothèse est ici nécessaire car le schéma de Lax-Friedrichs n’est pas a
priori sous la forme demandée dans le théorème de Lax-Wendroff : en effet, le flux fj+1/2 dépend non seulement
de uj et uj+1 , mais encore de ∆t/∆x (cf. (3.19)). Fixer le rapport ∆t/∆x est un moyen de lever la dépendance
du schéma en ce paramètre. Attention, le schéma de Lax-Friedrichs peut n’être pas convergent (vers la solution
du problème hyperbolique qui nous intéresse) si l’on ne fixe pas le rapport ∆t/∆x. Par exemple, si l’on choisit
∆t = ∆x2 , la solution numérique converge (lorsque ∆x tend vers 0) vers la solution d’un problème parabolique
2
du type ∂t u + ∂x f (u) = κ∂x,x u pour un certain κ non nul (voir l’examen du 18 mai 2006).
35. Uniforme convexité de module de convexité α.
36. Sans cette hypothèse supplémentaire, il n’y a pas en général de solution vérifiant l’inégalité d’Oleinik :
considérer par exemple le cas d’un flux linéaire. Mais dans ce cas la solution faible est unique, donc la limite
obtenue par le schéma de Lax-Friedrichs est l’unique solution faible du problème. On remarque de surcroı̂t que
puisque la limite est unique, toutes les sous-suites extraites de la suite des approximations convergent vers la
même limite, donc toute la suite des approximations converge vers la solution.
128 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Bien entendu, une condition initiale discrète définie ainsi pour tout maillage ne converge pas
vers une fonction de L1loc , mais les choses risquent d’être compliquées tout de même. Le plus
simple est finalement de ne prendre en considération qu’une maille du maillage (en espace) sur
deux.
Proposition 15
Sous les conditions de CFL supj∈Z f ′ (u0j ) ∆t ≤ ∆x/3 et α∆tsupj∈Z u0j+1 − u0j−1 ≤ ∆x, la
solution de (3.18) vérifie l’inégalité d’Oleinik discrète
2∆x
unj+1 − unj−1 ≤ ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N∗ .
αn∆t
Conséquence Il convient maintenant d’≪ oublier ≫ une maille sur deux en définissant la
fonction approchée par
XX
u∆t,∆x (t, x) = un2j 1[n∆t,(n+1)∆t[ (t)1[(2j−1)∆x,(2j+1)∆x[ (x).
n∈N j∈Z
On peut alors montrer relativement facilement (le faire en exercice) que, si u est une limite de
suite extraite de u∆t,∆t/λ , u vérifie
y−x
u(t, y) − u(t, x) ≤ pour presque tout (x, y) tel que y ≥ x (3.22)
αt
pour tout t > 0. Remarquer que dans le cas de l’équation de Burgers, α = 1 et on retrouve
l’inégalité d’Oleinik connue, qui est optimale : il n’existe pas de fonction C(t) < 1/t telle que
pour toute donnée initiale, cf. la donnée initiale H(x) pour laquelle la solution développe une
détente. En ce sens, l’inégalité d’Oleinik discrète que nous montrons ici est optimale. Cela permet
de conclure à l’existence d’une solution faible de (3.10) vérifiant l’inégalité d’Oleinik (3.22)
lorsque f est de classe C 2 et α-convexe et u0 ∈ L∞ ∩ BV (R) 37 . On sait par ailleurs qu’une
telle solution est unique. Ce résultat (existence et unicité) constitue le point d’orgue du chapitre
≪ hyperbolique ≫ de ce cours.
37. En fait, en dimension 1, L∞ ∩ BV = BV : toute fonction de BV (R) est dans L∞ (R). Donc l’espace dans
lequel on doit choisir u0 est BV (R) (attention : L∞ ∩ BV (Rd ) 6= BV (Rd ) pour d > 1). Ce résultat d’existence et
d’unicité n’est pas optimal. Le problème de Cauchy pour l’équation scalaire ∂t u+∂x f (u) = 0 a une unique solution
dès que la donnée initiale est dans L∞ (R) (on peut encore raffiner ce résultat en autorisant des données initiales
mesures, mais ça suffit comme ça !). Ceci est vrai dès que le flux f est localement lipschitzien (sans hypothèse de
convexité donc), mais dans ce cas le critère d’unicité à retenir n’est pas la condition d’Oleinik, mais par exemple
un critère entropique ou le critère de Lax. Pour des détails, consulter [5].
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 129
Démonstration
Elle repose sur un raisonnement par récurrence. Nous supposerons qu’à l’étape n, le résultat est
vrai :
2∆x
unj+1 − unj−1 ≤ ∀j ∈ Z.
αn∆t
À l’étape n + 1,
unj + unj+2 ∆t
un+1
j+1 = − f (unj+2 ) − f (unj ) ,
2 2∆x
unj−2 + unj ∆t
un+1
j−1 = − f (unj ) − f (unj−2 ) ,
2 2∆x
et ainsi
unj+2 − unj ∆t unj − unj−2 ∆t
un+1 n+1
j+1 − uj−1 = − f (unj+2 ) − f (unj ) + + f (unj ) − f (unj−2 ) .
2 2∆x 2 2∆x
Donc, puisque f est de classe C 2 , ∃y, z ∈ R tels que
2
unj+2 − unj ∆t n unj+2 − unj
un+1 (uj+2 − unj )f ′ (unj ) + f ′′ (y)
n+1
j+1 − uj−1 = −
2 2∆x 2
2
unj − unj−2 ∆t n unj − unj−2
+ + (uj − unj−2 )f ′ (unj ) − f ′′ (z) .
2 2∆x 2
Posons, pour tout j ∈ Z, ηj+1 n = max((unj+2 − unj ), 0). On a alors nécessairement (unj+2 − unj )2 ≥
n 2 pour tout j ∈ Z. En effet,
ηj+1
n 2;
– si unj+2 − unj ≥ 0, (unj+2 − unj )2 = ηj+1
– si unj+2 − unj < 0, (unj+2 − unj )2 > 0 et ηj+1
n = 0.
La précédente majoration permet donc d’écrire, sous la condition de CFL,
n n
ηj+1 ∆t ′ n n 2 α∆t
ηj−1 ∆t ′ n n 2 α∆t
un+1
j+1 − u n+1
j−1 ≤ 1 − f (u j ) − ηj+1 + 1 + f (u j ) − ηj−1 .
2 ∆x 4∆x 2 ∆x 4∆x
Sous la condition de CFL classique supj∈Z f ′ (u0j ) ∆t ≤ ∆x (assurée par la condition plus stricte
∆t
supposée ici), nous avons 1 ± f ′ (unj ) ∆x ≥ 0. La fonction définie par
∆t
1 ± f ′ (unj ) ∆x α∆t 2
g(x) = x− x ∀x ∈ R
2 4∆x
130 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
Ainsi
2∆x 2∆x 2∆x 1
un+1
j+1 − un+1
j−1 ≤ − 2
= 1− .
αn∆t αn ∆t αn∆t n
Or 1 − 1/n = (n − 1)/n ≤ n/(n + 1), donc
2∆x
un+1 n+1
j+1 − uj−1 ≤ ,
α(n + 1)∆t
ce qu’il fallait démontrer. Il nous reste à comprendre l’hypothèse faite en (3.23). Nous allons mon-
trer qu’elle est vérifiée automatiquement sous la condition de CFL renforcée supj∈Z f ′ (u0j ) ∆t ≤
∆x/3. L’hypothèse (3.23) est équivalente à
∆t 2
sup |f ′ (unj )| ≤1− .
j∈Z ∆x n
Pour n ≥ 3, la condition de CFL renforcée supj∈Z f ′ (u0j ) ∆t ≤ ∆x/3 le garantit. C’est rageant,
le seul problème qui reste est celui des deux premiers
pas de temps ! Pour le premier pas de
0 0
temps : supposons que ∆t vérifie aussi α∆tsupj∈Z uj+1 − uj−1 ≤ ∆x (c’est bien une condi-
tion de
type CFL, on peut choisir un tel ∆t). Alors,
puisque sous la condition de CFL classique
1 1 0 0
1 1
on a uj+1 − uj−1 ≤ supi∈Z ui+1 − ui−1 , on a uj+1 − uj−1 ≤ ∆x/(α∆t) ≤ 2∆x/(α1∆t),
donc le résultat est vrai pour n = 1, et ensuite u2j+1 − u2j−1 ≤ supi∈Z u1i+1 − u1i−1 ≤
supi∈Z u0i+1 − u0i−1 , donc u2j+1 − u2j−1 ≤ ∆x/(α∆t) = 2∆x/(α2∆t), donc le résultat est
vrai pour n = 2.
Remarque 43
La condition de CFL utilisée n’est pas classique et le résultat obtenu ici n’est sans doute pas
optimal. Dans [6], on trouvera une estimation d’Oleinik discrète montrée sous la condition clas-
sique. Mais dans cette référence, c’est la condition d’Oleinik elle-même qui n’est pas optimale. . .
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 131
D’autre part, il y a fort à parier (vérifier !) que si l’on s’autorise un pas de temps variable
∆tn = tn+1 − tn , le résultat devient
2∆x
unj+1 − unj−1 ≤ ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N∗ ,
αtn
sous la condition de stabilité
0
α∆t0 supj∈Z u0j+1 − u0j−1 ≤ ∆x et supj∈Z |f ′ (u0j )| ∆t
∆x ≤ 1,
1
α∆t1 supj∈Z u0j+1 − u0j−1 ≤ ∆x et supj∈Z |f ′ (u0j )| ∆t
∆x ≤ 1,
n−1
supj∈Z |f ′ (u0j )| ∆t∆x ≤ 1 − 2
n pour n ≥ 2
Nous observons la solution au temps final T = 0, 4. On peut montrer facilement 38 que celle-ci
vaut alors
0 si x < 0, 1
x−0,1
0,4 si 0, 1 ≤ x < 0, 5
u(0, 4, x) =
1 si 0, 6 < x ≤ 0, 8
0 si 0, 8 < x.
38. La discontinuité de droite se propage comme un choc, à vitesse 1/2, et celle de gauche forme une détente.
Ceci est valable tant que ces deux ≪ ondes ≫ n’interfèrent pas, c’est-à-dire pour des temps inférieurs à 1.
132 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
On compare sur la figure 3.7 la solution exacte et les solutions approchées obtenues avec 100 et
1000 mailles. Le nombre de Courant est ∆t/∆x = 0, 4.
0,8
0,6
0,4
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
On vérifie ( !) sur cette figure ce que l’on a démontré, à savoir que le schéma est L∞ -stable
et qu’il vérifie une inégalité d’Oleinik discrète. On remarque de plus que la discrétisation de
Lax-Friedrichs a un effet ≪ régularisant ≫. Ce phénomène est appelé diffusion numérique. Il est
rapidement étudié pour le transport dans l’examen du 3 juin 2005 ainsi que dans l’examen du
18 mai 2006 (et leur corrigé).
Voici maintenant le programme (en langage Scilab) avec lequel ont été calculées les solutions
représentées ci-dessus.
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 133
////////////////////////////////////////////////////////////////
///// Schéma de Lax-Friedrichs pour l’équation de Burgers. /////
////////////////////////////////////////////////////////////////
clear();
stacksize(100000000);
T = 0.4;
J = 1000.;
nbCourant = 0.4; // Ne pas dépasser 0.5.
J = 2*J;
134 CHAPITRE 3. ÉQUATIONS HYPERBOLIQUES
dx = 1./J;
x=(1:J+2)’*dx - dx; // Grille en x.
u = CI(x);
t = 0.;
// Boucle en temps.
while t < T
u(1) = u(J+1); // Conditions périodiques.
u(J+2) = u(2);
cmax = u(2);
for j=3:J+1
cmax = max(cmax,u(j)); // Valeur maximale de f ′ .
end;
dt = min(dx/cmax*nbCourant,T - t);
for j=2:J+1
utemp(j) = 0.5*(u(j-1) + u(j+1))...
- 0.5*dt/dx*(f(u(j+1)) - f(u(j-1)));
end;
for j=2:J+1,
u(j) = utemp(j);
end;
t = t + dt;
xset(’window’,1);
xbasc();
plot2d(x,u,leg=’solution’);
end; // Fin de la boucle en temps.
ufin = ones(J/2,1);
xfin = ones(J/2,1);
3.4. SCHÉMAS DE VOLUMES FINIS 135
for j=1:J/2,
ufin(j) = u(2*j);
xfin(j) = x(2*j);
end;
Équations elliptiques
où tous les coefficients sont réels et où la matrice C(x) = (ci,j (x))di,j=1 est symétrique et a ses
valeurs propres toutes strictement positives ou toutes strictement négatives.
4.1.1 Exemples
Déformation d’un fil élastique dans ]0, 1[
Les équations mathématiques modélisant ce problème sont (sous certaines hypothèses sur la
nature du fil) (
−u′′ (x) + c(x)u(x) = f (x) dans ]0, 1[,
u(0) = u(1) = 0
où u est l’inconnue (la déformation), c une caractéristique du matériau constituant le fil et f le
chargement auquel le fil est soumis.
137
138 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
Ω étant un ouvert de R2 .
Lorsque le fil n’est pas souple mais rigide, on parle d’un modèle de poutre. Les équations
régissant le déplacement d’un point du segment sont alors par exemple
(4)
u (x) + c(x)u(x) = f (x) dans ]0, 1[,
u(0) = u(1) = 0,
′
u (0) = u′ (1) = 1.
Cette équation n’est pas à proprement parler elliptique mais son étude peut se faire au moyen
des mêmes techniques : que nous allons détailler ci-dessous.
où Ω est un ouvert de Rd . Comme nous l’avons fait dans le chapitre sur les équation hyperbo-
liques, on peut en écrire une formulation faible :
Z Z
∇u∇ϕ + uϕ dx = f ϕ dx ∀ϕ ∈ C ∞ (Ω).
Ω Ω
Nous allons dans ce chapitre modifier un peu cette formulation faible. Les outils essentiels de
cette partie du cours sont ceux de l’analyse fonctionnelle : les distributions, les espaces de Sobolev
et le théorème de Lax-Milgram. Ils sont rappelés dans la section suivante.
∃D ∈ R t. q. |l(x)| ≤ D ||x|| ∀x ∈ H.
a(u, v) = l(v) ∀v ∈ H.
4.1. INTRODUCTION, EXEMPLES, GÉNÉRALITÉS 139
Nous effectuons ici une démonstration simple de ce résultat dans le cas où a est symétrique.
C’est d’ailleurs uniquement dans ce cas-là qu’il sera par la suite utilisé. On verra dans la suite
une démonstration générale du théorème de Lax-Milgram qui utilise le théorème de Stampacchia
(théorème 22, voir la remarque 46).
Démonstration
Supposons que a est symétrique. Alors, comme par ailleurs a(u, u) > 0 pour tout u 6= 0, a(·, ·)
définit un produit scalaire sur H, et ce produit scalaire est équivalent au produit scalaire (·, ·)
car a est continue et coercitive. Donc, (H, a(·, ·)) est un espace de Hilbert et l est continue pour
ce nouveau produit scalaire. D’après le théorème de représentation de Riesz, l, forme linéaire
continue sur (H, a(·, ·)), peut être représentée (au moyen du produit scalaire) par un unique
élément u de H :
∃!u ∈ H t. q. l(v) = a(u, v) ∀v ∈ H.
Cela démontre la première partie du théorème.
Montrons maintenant que cette solution u réalise le minimum de la fonctionnelle Φ définie par
Φ(x) = 21 a(x, x) − l(x) sur H. Soit h ∈ H.
1 1 1 1
Φ(u + h) = a(u, u) − l(u) + a(u, h) + a(h, u) + a(h, h) − l(h)
2 2 2 2
1 1
= Φ(u) + a(u, h) − l(h) + a(h, h) = Φ(u) + a(h, h).
2 2
Donc Φ(u + h) ≥ Φ(u) + α/2 ||h||2 : u réalise le minimum de Φ sur H.
Supposons maintenant que u réalise le minimum de Φ, et montrons que u vérifie a(u, v) = l(v)
pour tout v ∈ H. On a Φ(u + h) ≥ Φ(u) pour tout h ∈ H. D’après le calcul de Φ(u + h) que
nous avons fait ci-dessus, ceci se réécrit
1
Φ(u) + a(u, h) − l(h) + a(h, h) ≥ Φ(u),
2
soit
1
a(h, h) + a(u, h) − l(h) ≥ 0 ∀h ∈ H.
2
Ainsi, pour tout λ ∈ R,
1
a(λh, λh) + a(u, λh) − l(λh) ≥ 0 ∀h ∈ H,
2
soit, puisque a est bilinéaire et l est linéaire,
λ2
a(h, h) + λ (a(u, h) − l(h)) ≥ 0 ∀h ∈ H.
2
140 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
En choisissant λ assez petit en valeur absolue et du ≪ bon signe ≫, on en déduit que a(u, h) −
l(h) = 0 pour tout h ∈ H. Une autre manière de démontrer cela est de remarquer que Φ est de
classe C 1 (H) et que ∇Φ(u).v = a(u, v) − l(v). Donc la condition classique de minimalité de Φ
en u permet d’affirmer que a(u, v) = l(v) pour tout v ∈ H.
Démonstration
Posons N = l−1 (0) (noyau de l). Le noyau de l, image réciproque d’un fermé par une application
linéaire continue, est un sous-espace vectoriel fermé de H : on peut donc définir la projection
(orthogonale) sur N , notée PN .
Si N = H, il suffit de prendre u = 0 pour démontrer le théorème.
Supposons donc maintenant que N 6= H. Soit x ∈ H \N . Posons w = (x− PN (x))/||x− PN (x)||.
On a
– w ∈ H \ N , donc l(w) 6= 0 ;
– ||w|| = 1 ;
– hw, ni = 0 pour tout n ∈ N .
Soit v ∈ H. Posons
l(v)
n=v− w
l(w)
(c’est rendu possible par le fait que l(w) 6= 0). Ce vecteur vérifie l(n) = 0, c’est-à-dire n ∈ N .
Donc hw, ni = 0, ce qui se réécrit
l(v) l(v)
hw, vi = hw, wi = .
l(w) l(w)
On a donc
hl(w)w, vi = l(v),
quel que soit v ∈ H. Le vecteur u de l’énoncé est donc l(w)w. L’unicité d’un tel élément est
triviale.
Enchaı̂nons maintenant avec quelques rappels sur les distributions. Dans toute la suite, Ω
est un ouvert de Rd .
A) Distributions.
1) Sur D(Ω) = Cc∞ (Ω), on définit une pseudo-topologie : une suite (ϕn )n∈N de fonctions de
D(Ω) converge vers ϕ ∈ D(Ω) si et seulement s’il existe un compact K ⊂ Ω tel que supp(ϕn ) ⊂ K
4.1. INTRODUCTION, EXEMPLES, GÉNÉRALITÉS 141
pour tout n, supp(ϕ) ⊂ K et D α ϕn converge uniformément sur K vers D α ϕ pour tout multi-
indice α ∈ Nd .
2) D ′ (Ω), dual topologique de D(Ω), est l’ensemble des formes linéaires continues sur D(Ω)
pour la pseudo-topologie définie en 1) : soit T : D(Ω) −→ R ; T ∈ D ′ (Ω) si et seulement si
– T est linéaire (donc, en particulier, T (0) = 0) ;
– ∀ (ϕn )n∈N suite de D(Ω) convergeant vers 0 au sens donné par 1), T (ϕn ) converge vers
0 = T (0).
′
D (Ω) est appelé espace des distributions sur Ω.
3) Toute fonction f ∈ L1loc (Ω) définit une distribution, notée habituellement Tf :
Z
Tf : ϕ ∈ D(Ω) 7−→ f ϕ.
Ω
x ∈ Ω, δx :
δx : ϕ ∈ D(Ω) 7−→ ϕ(x).
5) On définit une pseudo-topologie sur D ′ (Ω) : (Tn )n∈N , suite de D ′ (Ω), converge vers T ∈
D ′ (Ω) si et seulement si Tn (ϕ) converge vers T (ϕ) pour tout ϕ ∈ D(Ω) (il s’agit d’une pseudo-
topologie faible-∗).
6) Dérivation des distributions. Lorsque f ∈ C 1 (Ω) et ϕ ∈ D(Ω), on a, si Ω est suffisamment
régulier, une formule d’intégration par parties (formule de Green) :
Z Z Z Z
ϕ∂i f dx = f ϕni dσ − f ∂i ϕ dx = − f ∂i ϕ dx
Ω ∂Ω Ω Ω
D α T : ϕ 7−→ (−1)|α| T (D α ϕ)
P
où |α| = di=1 αi . On pourra montrer en exercice que ceci définit effectivement une distribution.
On pourra aussi vérifier que la dérivée au sens des distributions de la fonction de Heaviside
H ∈ L1loc (R) définie par H(x) = 1R+ (x) est la masse de Dirac en 0 δ0 et que la dérivée seconde
de cette fonction de Heaviside est la distribution qui à ϕ ∈ D(Ω) associe −ϕ′ (0).
7) La dérivation est une application linéaire continue de D ′ (Ω) dans D ′ (Ω) pour la pseudo-
topologie définie en 5).
142 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
B) Espaces de Sobolev.
8) Soit p ≥ 1. Soit f ∈ Lp (Ω). Alors f ∈ L1loc (Ω), f définit donc une distribution Tf ∈
D ′ (Ω). On dit que f ∈ W 1,p (Ω) si et seulement si les dérivées partielles premières au sens des
distributions de f peuvent se représenter sous la forme de fonctions de Lp (Ω), c’est-à-dire si et
seulement s’il existe des fonctions g1 , . . . , gd ∈ Lp (Ω) telles que
Z Z
f ∂i ϕ = − gi ϕ ∀i = 1, . . . , d, ∀ϕ ∈ D(Ω).
Ω Ω
On note dans ce cas ∇f = (gi )di=1 et on définit une norme sur W 1,p (Ω) par
||f ||W 1,p (Ω) = ||f ||Lp (Ω) + ||∇f ||Lp (Ω) ,
P 1/2
d 2
où ||∇f ||p = i=1 ||∂i f ||p . On dit que f ∈ W m,p (Ω) si et seulement si toutes ses dérivées
partielles d’ordre inférieur ou égal à m peuvent se représenter sous forme de fonctions de Lp (Ω),
et on définit sur W m,p la norme
X
||f ||W m,p (Ω) = ||D α f ||Lp (Ω) .
α t. q. 0≤|α|≤m
est équivalente à la norme ||·||W m,2 (Ω) définie en 8). Pour tout m ∈ N, H m (Ω) est un espace de
Hilbert.
10) D(Ω) ⊂ H 1 (Ω) et D(Ω) n’est pas dense (en général) dans H 1 (Ω). On pose
H 1 (Ω)
H01 (Ω) = D(Ω) .
est un produit scalaire équivalent à h·, ·iH 1 (Ω) sur H01 (Ω) si Ω est borné.
12) Deux remarques :
a) H01 (Rd ) = H 1 (Rd ).
b) D(Ω) = Cc∞ (Ω) = C ∞ (Ω) est dense dans H 1 (Ω) si Ω est borné et de classe C 1 .
C) Application trace.
13) Si Ω est borné et de frontière lipschitzienne,
Donc l’application qui à v ∈ D(Ω) associe v|∂Ω est linéaire et continue de D(Ω) muni de la norme
de H 1 (Ω) dans L2 (∂Ω). On prolonge par densité cette application en une application linéaire
continue de H 1 (Ω) dans L2 (∂Ω). Cette application, l’application trace, notée tr, coı̈ncide avec
la trace usuelle pour les fonctions régulières de Ω. Noter que les fonctions de L2 (Ω) n’ont en
général pas de trace (au sens où il n’existe pas d’application linéaire continue de L2 (Ω) dans
L2 (∂Ω) qui coı̈ncide avec la trace usuelle pour les fonctions régulières).
14) Si Ω est borné et de frontière lipschitzienne,
H01 (Ω) = v ∈ H 1 (Ω) t. q. tr(v) = 0 .
On en déduit que H01 (Ω) est dans ces conditions un espace de Hilbert pour le produit scalaire de
H 1 (Ω) (en tant qu’image réciproque dans un espace de Hilbert par une application continue (la
trace) d’un fermé (le singleton {0})). Il est donc un espace de Hilbert pour le produit scalaire
h∇·, ∇·iL2 (Ω) en vertu de l’inégalité de Poincaré vue en 11).
15) Formule de Green. Si Ω est borné et de frontière lipschitzienne, on a, comme dans le cas
régulier, la formule
Z Z Z
v∂i u dx = tr(u)tr(v)ni dσ − u∂i v dx ∀u, v ∈ H 1 (Ω),
Ω ∂Ω Ω
que l’on réécrit bien vite
Z Z Z
v∂i u dx = uvni dσ − u∂i v dx ∀u, v ∈ H 1 (Ω),
Ω ∂Ω Ω
où ni est la ie composante de la normale extérieure unitaire à ∂Ω. Noter (vérifier, c’est un
exercice) que de cette formule découle, entre autres, la formule
Z Z Z
v∆u dx = v∇u · n dσ − ∇u · ∇v dx ∀u ∈ H 2 (Ω), ∀v ∈ H 1 (Ω).
Ω ∂Ω Ω
où Ω est un ouvert borné de Rd de frontière lipschitzienne. Le second membre f est une donnée
du problème (fonction dans un espace à préciser pour garantir l’existence d’une solution).
Supposons que u est une solution classique de (4.2) : u ∈ C 2 (Ω) (et f ∈ C 0 (Ω)) et soit
ϕ ∈ D(Ω). On a Z Z
(∇u · ∇ϕ + uϕ) = f ϕ.
Ω Ω
Si maintenant ϕ ∈ H01 (Ω), il existe une suite (ϕn )n∈N de D(Ω) convergeant dans H01 (Ω) vers ϕ,
c’est-à-dire telle que
d
ϕn −→n→+∞ ϕ dans L2 (Ω) et ∇ϕn −→n→+∞ ∇ϕ dans L2 (Ω) .
Or pour tout n ∈ N Z Z
(∇u · ∇ϕn + uϕn ) = f ϕn .
Ω Ω
d d
De plus, ∇u ∈ C 0 (Ω) (u est solution classique). Donc ∇u ∈ L2 (Ω) , u ∈ L2 (Ω), et f ∈
L2 (Ω), et on peut passer à la limite dans l’équation précédente (la convergence forte implique
la convergence faible), d’où Z Z
(∇u · ∇ϕ + uϕ) = f ϕ.
Ω Ω
D’autre part, puisque u ∈ C 2 (Ω) et que u vaut 0 sur ∂Ω, u ∈ H01 (Ω) (Ω étant borné). On appelle
solution faible de (4.2) un élément u ∈ H01 (Ω) vérifiant
Z Z
(∇u · ∇v + uv) = f v ∀v ∈ H01 (Ω). (4.3)
Ω Ω
Théorème 17
Si f ∈ L2 (Ω), le problème (4.3) admet une unique solution u ∈ H01 (Ω). Cette solution est
caractérisée par
Z Z Z Z
1 1
|∇u|2 + u2 − f u = min |∇v|2 + v 2 − fv .
2 Ω Ω v∈H01 (Ω) 2 Ω Ω
Remarque 44
La caractérisation de la solution comme solution du problème de minimisation porte en mécani-
que le nom de principe des travaux virtuels (le problème considéré est un problème d’élasticité
linéaire stationnaire).
Démonstration
H01 (Ω), fermé de H 1 (Ω), est un espace de Hilbert pour le produit scalaire de H 1 (Ω). Posons
Z
a(u, v) = (∇u · ∇v + uv) ∀u, v ∈ H01 (Ω)
Ω
4.2. ÉTUDE DE −∆U + U = F 145
et Z
l(v) = fv ∀v ∈ H01 (Ω)
Ω
(on vérifie que ces expressions ont bien un sens). Il est évident que l est une forme linéaire et
que a est une forme bilinéaire. De plus, l est continue. En effet,
Z
f v ≤ ||f ||L2 (Ω) ||v||L2 (Ω) ≤ ||f ||L2 (Ω) ||v||H 1 (Ω) .
Ω
Les questions que nous allons nous poser maintenant sont relatives à
– la dépendance de la solution u de (4.3) vis à vis de la donnée f ,
– la régularité de u,
– les propriétés de bornitude L∞ (Ω) de u,
– le calcul (approché) de u.
soit Z
||u||2H 1 (Ω) = f u,
Ω
d’où
||u||2H 1 (Ω) ≤ ||f ||L2 (Ω) ||u||L2 (Ω) ≤ ||f ||L2 (Ω) ||u||H 1 (Ω) ,
et finalement
||u||H 1 (Ω) ≤ ||f ||L2 (Ω) .
2) On a T = IdH 1 (Ω)→L2 (Ω) ◦ T0 . T0 est linéaire continue et le théorème de Rellich (théorème 19)
affirme que IdH 1 (Ω)→L2 (Ω) est compacte. Ainsi, T est linéaire continue et compacte.
Théorème 19 (Rellich)
Soit Ω un ouvert borné de Rd de frontière lipschitzienne. L’inclusion de H 1 (Ω) dans L2 (Ω) est
compacte.
La démonstration de ce résultat d’analyse fonctionnelle pourra être lue dans [1]. Noter la
similitude entre ce théorème et le théorème de Helly (théorème 13).
Régularité de u
Une solution forte de (4.2) est une fonction u ∈ C 2 (Ω) vérifiant (4.2). Une solution faible
de (4.2) est une fonction u ∈ H01 (Ω) vérifiant (4.3). On appelle de plus solution forte L2 (Ω) une
fonction u ∈ H01 (Ω) ∩ H 2 (Ω) vérifiant (4.3). L’équation (4.2) a donc un sens dans L2 (Ω) pour
une solution forte L2 (Ω).
La question que l’on se pose dans ce paragraphe est ≪ la solution u de (4.3) est-elle plus
régulière qu’une fonction quelconque de H01 (Ω) ? ≫. La réponse, positive sous des hypothèses de
régularité de la frontière de Ω, est encore donnée par un résultat d’analyse fonctionnelle que
nous ne démontrerons pas ici.
Théorème 20
Supposons que le second membre f de (4.3) est dans H m (Ω) et que ∂Ω est de classe C m+2 pour
m ∈ N. Alors la solution de (4.3) est dans H m+2 (Ω) (par convention, H 0 (Ω) = L2 (Ω)).
En particulier, si ∂Ω est de classe C 2 (et f ∈ L2 (Ω)), la solution du problème (4.3) est dans
H 2 (Ω) (et donc dans H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω)). C’est une solution forte L2 (Ω). Ce résultat est évident
en dimension 1. En effet, le problème s’écrit alors (au sens faible)
u′′ = u − f
4.2. ÉTUDE DE −∆U + U = F 147
et puisque u et f sont des fonctions de L2 (Ω), la distribution u′′ peut s’écrire comme une fonction
de L2 (Ω). Résumons : u ∈ L2 (Ω), u′ ∈ L2 (Ω) et u′′ ∈ L2 (Ω), c’est-à-dire que u ∈ H 2 (Ω). Ce
résultat est pourtant beaucoup moins évident en dimension supérieure, car l’EDP nous dit
seulement que
Xd
2
∂i,i u = u − f,
i=1
P
nous n’avons donc des informations que sur di=1 ∂i,i 2 u (c’est une fonction de L2 (Ω)) mais aucune
information sur chaque dérivée partielle (croisée ou pas). La démonstration de ce résultat pourra
être trouvée dans [1].
Des résultats d’inclusion de Sobolev permettent même dans certains cas d’avoir une solution
régulière. On peut démontrer par exemple que si la frontière de Ω est régulière, pour m > d2 + k
(avec k, m ∈ N), on a l’inclusion
H m (Ω) ⊂ C k (Ω).
Principe du maximum
On s’intéresse ici à des estimations de type L∞ (Ω) de la solution de (4.3) (Ω est un ouvert
borné de frontière lipschitzienne).
Théorème 21
Soit f ∈ L2 (Ω) et soit u la solution du problème (4.3) associé. Alors,
La démonstration que nous proposons ici, due à Stampacchia, est la même que celle que nous
avons donnée pour le principe du maximum concernant la solution (forte) de l’équation de la
chaleur (théorème 5).
Démonstration
Nous allons montrer que
Posons K = max (0, supessΩ f ). Si K = +∞, le résultat est évident. Supposons donc désormais
que K < +∞, et posons v(x) = G(u(x) − K). D’après le lemme 11 énoncé et démontré ci-après,
v ∈ H 1 (Ω) et ∇v(x) = G′ (u(x) − K)∇u(x). D’autre part, v = 0 sur ∂Ω car u s’y annule, donc
or K ≥ 0 et G est nulle sur ] − ∞, 0]. Donc, v ∈ H01 (Ω). On peut donc prendre cette fonction
comme fonction-test dans le problème faible (4.3) : u vérifie
Z Z
∇u · ∇v + uv = fv
Ω Ω
Soustrayons KG(u−K) (qui est bien intégrable sur Ω borné) aux deux membres de cette égalité,
sous l’intégrale. Il vient
Z Z
|∇u|2 G′ (u − K) + (u − K)G(u − K) = (f − K)G(u − K).
Ω Ω
Or f (x) − K ≤ 0 presque partout sur Ω, et G(u(x) − K) ≥ 0 pour tout x (propriété de G). Ainsi
R
Ω (f − K)G(u − K) ≤ 0 et
Z Z
(u − K)G(u − K) ≤ − |∇u|2 G′ (u − K) ≤ 0.
Ω Ω
D’autre part, c’est encore une propriété de G, on a sG(s) ≥ 0 pour tout s ∈ R, donc (u −
K)G(u − K) ≥ 0 sur Ω. On en déduit que
(u(x) − K) = 0 ou G(u(x) − K) = 0.
Démonstration
d
Il faut vérifier que G ◦ u ∈ L2 (Ω) et que ∇ (G ◦ u) ∈ L2 (Ω) . On sait que G′ (s) ≤ M ∀s ∈ R,
donc |G(s)| ≤ |G(0)| + M |s|. Donc |G(u(x))| ≤ |G(0)| + M |u(x)|, donc G ◦ u ∈ L2 (Ω). La suite
4.2. ÉTUDE DE −∆U + U = F 149
est un peu plus délicate. Puisque u ∈ H 1 (Ω), il existe une suite (un )n∈N de D(Ω) telle que un
converge vers u en norme H 1 (Ω), c’est-à-dire telle que
On peut extraire 2 de cette suite une suite (toujours notée (un )n∈N ) telle que
|G ◦ un − G ◦ u| ≤ M |un − u| ,
R
donc G ◦ un − G ◦ u tend vers 0 dans L2 (Ω). Donc An converge vers A = Ω (G ◦ u)∂i ϕ (car la
convergence forte implique la convergence faible). D’autre part,
(G′ ◦ un )∂i un − (G′ ◦ u)∂i u = (G′ ◦ un ) (∂i un − ∂i u) + G′ ◦ un − G′ ◦ u ∂i u,
La première intégrale ci-dessus, majorée par M ||∂i un − ∂i u||L2 (Ω) , converge vers 0 par hypothèse
sur la suite (un )n∈N . Quant à la seconde intégrale : on sait que
2
G′ ◦ un − G′ ◦ u ∂i u
tend vers 0 presque partout (car un tend vers u presque partout et G′ est continue) et que
2
G′ ◦ un − G′ ◦ u ∂i u ≤ (2M )2 |∂i u|2
qui est un terme intégrable. D’après le théorème de convergence dominée de Lebesgue, on a donc
G′ ◦ un − G′ ◦ u ∂i u −→n→+∞ 0 dans L2 (Ω).
2. Et on le fait.
150 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
Donc (G′ ◦ un ∂i un − G′ ◦ u∂i u) tend vers 0 dans L2 (Ω). On en déduit que Bn converge vers
R
B = Ω ϕ(G′ ◦ u)∂i u. Ainsi, on a
Z Z
(G ◦ u)∂i ϕ = − ϕ(G′ ◦ u)∂i u,
Ω Ω
ce qui signifie bien que la distribution ∂i (G ◦ u) peut être représentée par un fonction de L2 (Ω)
et que
∂i (G ◦ u) = (G′ ◦ u)∂i u.
Remarque 45
L’inégalité de Poincaré, dont une conséquence est que h∇·, ∇·i est un produit scalaire équivalent
au produit scalaire de H 1 (Ω) sur H01 (Ω), permet de montrer que le problème
(
−∆u = f dans Ω,
u = 0 sur ∂Ω
où Ω est un ouvert borné de Rd de frontière lipschitzienne. Les seconds membres f et g sont des
données du problème.
Nous allons comme dans la section précédente chercher une solution faible de ce problème,
solution dans H 1 (Ω). Il est donc naturel d’interpréter la condition de bord comme suit : la
solution u a une trace et elle vaut g. Nous supposerons donc que la fonction g est la trace d’une
fonction g̃ ∈ H 1 (Ω) (par exemple : u, lorsque l’on saura qu’il existe une solution au problème !).
De la même manière que dans la section précédente, on montre que si u est solution classique
de (4.4), elle vérifie pour tout v ∈ H01 (Ω)
Z Z
∇u · ∇v + uv = f v.
Ω Ω
L’application qui à v ∈ H01 (Ω) associe tr(v − g̃) est continue, ce qui prouve que V est un fermé
de H 1 (Ω). Mais V n’est pas un espace vectoriel (c’est un sous-espace affine de H 1 (Ω)), on ne
peut donc pas appliquer le théorème de Lax-Milgram 3 .
On fait appel ici au théorème de Stampacchia.
Théorème 22 (Stampacchia)
Soit (H, h·, ·i) un espace de Hilbert réel. Soit V 6= ∅ un sous-ensemble convexe fermé de H. Soit
a une forme bilinéaire continue coercitive sur V , et soit l une forme linéaire continue sur V .
Il existe un unique élément u ∈ V tel que
a(u, v − u) ≥ l(v − u) ∀v ∈ V.
Démonstration
H étant un espace de Hilbert, on peut utiliser le théorème de représentation de Riesz : l’appli-
cation l étant linéaire et continue, il existe un unique élément L ∈ H tel que
l(v) = hL, vi ∀v ∈ H.
Soit u ∈ H. L’application qui à v ∈ H associe a(u, v) est linéaire et continue, donc il existe un
unique A(u) ∈ H tel que
a(u, v) = hA(u), vi ∀v ∈ H.
hA(u), v − ui ≥ hL, v − ui ∀v ∈ V,
ce qui revient à
hL − A(u), v − ui ≤ 0 ∀v ∈ V,
encore équivalent à
λhL − A(u), v − ui ≤ 0 ∀v ∈ V
hλL − λA(u) + u − u, v − ui ≤ 0 ∀v ∈ V.
Cette dernière inégalité signifie que u est la projection de λL − λA(u) + u sur le convexe fermé
V , que l’on note
u = PV (λL − λA(u) + u).
Soit S l’application qui à v ∈ H associe PV (λL − λA(v) + v). Nous cherchons un point fixe de
S. Nous allons montrer que S est une contraction si λ ∈ R∗+ est correctement choisi. Comme PV
est une projection, on a
On a ainsi
||S(v1 ) − S(v2 )||2 ≤ ||v1 − v2 ||2 + λ2 ||A(v1 ) − A(v2 )||2 − 2λhA(v1 ) − A(v2 ), v1 − v2 i
et, grâce aux propriétés de l’application qui à u ∈ H associe A(u) (vues en tête de démonstra-
tion),
||S(v1 ) − S(v2 )||2 ≤ ||v1 − v2 ||2 1 + λ2 C 2 − 2αλ .
2α 2 2
Or, si λ ∈]0, C 2 [, 1 + λ C − 2αλ ∈]0, 1[. Pour un tel coefficient λ, l’application S est une
contraction stricte. Donc elle a un unique point fixe dans H (car H est un espace de Banach).
Ce point fixe, noté u, vérifie S(u) = u, soit
produit scalaire (·, ·) équivalent à h·, ·i sur H. Il existe donc un unique élément de H, noté w,
tel que
a(w, v) = l(v) ∀v ∈ H.
La solution u du problème de l’énoncé est donc solution de
a(u, v − u) ≥ a(w, v − u) ∀v ∈ V,
c’est-à-dire
a(w − u, v − u) ≤ 0 ∀v ∈ V,
u est donc la projection selon le produit scalaire a(·, ·), notée ΠV , de w sur V . La solution u réalise
donc le minimum, pour v ∈ V , de (a(w − v, w − v))1/2 , c’est-à-dire de a(v, v)−2a(w, v)+a(w, w)
et donc de
a(v, v) − 2a(w, v)
a(v, v) − 2l(v).
hL − A(u), νv − ui ≤ 0 ∀v ∈ H, ∀ν ∈ R.
Donc hL − A(u), vi = 0 ∀v ∈ H, c’est-à-dire a(u, v) = l(v) pour tout v ∈ H (il faudrait encore
montrer l’unicité d’un tel u).
Théorème 23
Le problème faible de Dirichlet non homogène (4.5) admet une unique solution.
On a bien sûr supposé que f ∈ L2 (Ω) et que g est la trace d’une fonction g̃ ∈ H 1 (Ω).
Démonstration
u est solution faible de (4.4) si et seulement si
Z Z
(∇u · (∇v − ∇u) + u(v − u)) ≥ f (v − u) ∀v ∈ V.
Ω Ω
En effet :
154 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
d’où Z Z
(∇u · ∇w + uw) = fw ∀w ∈ H01 (Ω).
Ω Ω
De plus, V est fermé, non vide et convexe (c’est un sous-espace affine de H 1 (Ω)), donc le théorème
de Stampacchia s’applique, ceci termine la démonstration.
Remarque 47
On peut démontrer (exercice) que la solution u de (4.5) ne dépend que de g, pas du relèvement
g̃ de g.
Le théorème de régularité déjà utilisé permet de montrer qu’en fait, la solution u est une
solution forte L2 (Ω) : u ∈ V ∩ H 2 (Ω).
La technique des troncatures de Stampacchia, employée dans la section 4.2.1, permet de
démontrer que si ∂Ω est de classe C 2 , u vérifie le principe du maximum
R
car ∂Ω ϕ∇u · n = 0 à cause de la condition de bord. De plus, D(Ω) est dense dans H 1 (Ω), donc
on a Z Z
(∇u · ∇v + uv) = f v ∀v ∈ H 1 (Ω).
Ω Ω
Théorème 24
Le problème (4.7) a une unique solution.
Donc on a Z
v∇u · n = 0 ∀v ∈ H 1 (Ω).
∂Ω
Or l’image de H 1 (Ω) par l’application trace est dense dans L2 (∂Ω) (théorème admis ici). On en
déduit que Z
ϕ∇u · n = 0 ∀ϕ ∈ L2 (∂Ω).
∂Ω
où V est un espace de Hilbert, a une forme bilinéaire continue coercitive sur V et l une forme
linéaire continue sur V . Le théorème de Lax-Milgram assure l’existence et l’unicité d’une solution
à ce problème.
Le principe de la méthode des éléments finis est de résoudre de manière exacte le problème
où Vh est un sous-espace vectoriel fermé de V . Là encore, le théorème de Lax-Milgram assure
l’existence d’une unique solution uh car Vh est un espace de Hilbert, a y est une forme bilinéaire
continue et coercitive, et l y est une forme linéaire continue. Pour que la résolution exacte du
problème soit possible dans Vh , on le choisit de dimension finie : ainsi, le problème linéaire à
résoudre n’est que celui de l’inversion d’une matrice. Pour que la solution uh ∈ Vh soit proche
de la solution u (inconnue), il faut garantir que Vh est ≪ proche ≫ de V en un certain sens (à
définir). On est amené à définir une suite d’approximations (Vh )h>0 de V et on cherche à définir
de manière convenable une ≪ convergence ≫ de Vh vers V lorsque h tend vers 0.
Définition 12
On dit que (Vh )h>0 est une suite d’approximations conforme de V si et seulement si
– pour tout h > 0 (assez petit), Vh est un sous-espace de dimension finie de V ;
– pour tout v ∈ V , ∀ε > 0, ∃η ∈ R tel que pour tout h ≤ η, ∃vh ∈ Vh tel que
||v − vh ||V ≤ ε.
Lemme 12 (lemme de Céa, ou encore second lemme de Strang)
Soit V un espace de Hilbert et soit Vh un sous-espace vectoriel de dimension finie de V . Soit
a une forme bilinéaire continue coercitive sur V de module de continuité C et de module de
coercitivité α, soit l une forme linéaire continue sur V de module de continuité D. Soit u ∈ V
la solution de
a(u, v) = l(v) ∀v ∈ V.
Soit uh ∈ Vh la solution de
a(uh , vh ) = l(vh ) ∀vh ∈ Vh .
Alors
C
||u − uh ||V ≤ inf ||u − vh ||V .
α vh ∈Vh
4.2. ÉTUDE DE −∆U + U = F 157
Démonstration
On a a(u, vh ) = l(vh ) pour tout vh ∈ Vh et a(uh , vh ) = l(vh ) pour tout vh ∈ Vh , donc
a(u − uh , vh ) = 0 ∀vh ∈ Vh .
Or
a(u − uh , u − vh ) ≤ C ||u − uh ||V ||u − vh ||V
par continuité de a et
a(u − uh , u − uh ) ≥ α ||u − uh ||2V
par coercitivité de a. Donc
C
||u − uh ||V ≤ ||u − vh ||V ∀vh ∈ Vh ,
α
ce qu’il fallait démontrer.
C’est un bon départ pour montrer la convergence de uh vers u lorsque h tend vers 0, mais il
reste à trouver une estimation de
inf ||u − vh ||V ,
vh ∈Vh
ce qui est en général assez difficile. Nous verrons dans la suite sur un exemple concret (pour
le problème −u′′ + u = f dans ]0, 1[) comment le faire. Pour l’instant, gardons le problème
abstrait a(u, v) = l(v) et intéressons-nous de plus près au problème discrétisé par les éléments
finis associé.
Soit nh la dimension de Vh et soit wh1 , . . . , whnh une base de Vh . Soit uh ∈ Vh la solution de
a(uh , vh ) = l(vh ) pour tout vh ∈ Vh . Notons uh1 , . . . , uhnh les composantes de uh :
nh
X
uh = uhi whi ,
i=1
et notons Uh = (uhi )ni=1
h
le vecteur de Rnh formé des composantes de uh dans la base wh1 , . . . , whnh .
Proposition 16
uh ∈ Vh est solution de
a(uh , vh ) = l(vh ) ∀vh ∈ Vh
si et seulement si
Ah Uh = Bh
où
Ahi,j = a(whj , whi ) ∀i, j ∈ {1, . . . , nh },
Bhi = l(whi ) ∀i ∈ {1, . . . , nh }.
La matrice Ah est définie positive et le système linéaire admet une unique solution.
158 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
Remarque 48
Noter que l’on a
Ahi,j = a(whj , whi ) ∀i, j ∈ {1, . . . , nh }
et non
Ahi,j = a(whi , whj ) ∀i, j ∈ {1, . . . , nh },
ce qui n’est pas la même formule si a n’est pas symétrique 4 !
Démonstration
L’équation a(uh , vh ) = l(vh ) est linéaire, elle est donc vérifiée pour tout vh ∈ Vh si et seulement si
elle l’est pour chaque élément de la base wh1 , . . . , whnh de Vh . Donc uh est solution du problème
si et seulement si
Xnh
a uhj whj , whi = l(whi ) ∀i ∈ {1, . . . , nh },
j=1
avec Z 1
a(u, v) = u′ v ′ + uv ∀u, v ∈ H01 (]0, 1[)
0
et Z 1
l(v) = fv ∀v ∈ H01 (]0, 1[).
0
Il nous faut construire la suite d’approximations conforme (Vh )h>0 , c’est-à-dire trouver des
fonctions de base de Vh (pour tout h > 0). Ces fonctions doivent être dans H01 (]0, 1[). En
dimension 1, cela impose qu’elles soient continues sur [0, 1], mais cela laisse encore un choix
très large. . . On pourrait par exemple penser à définir Vh comme l’espace des polynômes de
degré inférieur ou égal à nh − 1. Cependant, la matrice Ah serait alors constituée d’intégrales de
polynômes et (sauf cas très particulier) aucun des coefficients de Ah ne serait nul, ce qui rendrait
son inversion difficile. On écarte pour cette raison ce choix (ici) au profit de fonctions de base
qui rendront la matrice Ah creuse. Puisque
Z 1
′ ′
Ahi,j = whi whj + whi whj ,
0
cela revient à trouver des fonctions whi dont les supports soient d’intersections ≪ petites ≫. Un
tel exemple de fonctions de base est fourni par les éléments P 1 définis comme suit. On pose,
pour tout i ∈ {1, . . . , nh },
où (y)+ est la partie positive de y ∈ R : (y)+ = max(0, y). Pour nh = 9, on visualise quelques-
unes de ces fonctions de base sur la figure 4.1.
1
wh1
wh4
wh9
0,5
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
Lemme 13
Vh est l’ensemble des fonctions continues sur [0, 1], nulles en 0 et en 1 et affines sur chaque
intervalle du type [ nhi+1 , ni+1
h +1
] pour i ∈ {0, . . . , nh }. C’est un espace vectoriel de dimension nh .
Lemme 14
Les fonctions de Vh sont entièrement déterminées par les valeurs qu’elles prennent aux points
du maillage 5 nhi+1 pour i ∈ {1, . . . , nh }.
Lemme 15
Pour tout nh ∈ N∗ , Vh ⊂ V = H01 (]0, 1[).
Démonstration
Il faut montrer que Vh ⊂ L2 (]0, 1[) et que la dérivée au sens des distributions d’une fonction de
Vh peut être représentée par une fonction de L2 (]0, 1[).
Le fait que Vh ⊂ L2 (]0, 1[) est une conséquence immédiate de la continuité des fonctions de Vh .
Soit maintenant v ∈ Vh . Cette fonction est dérivable sur chaque intervalle du type ] nhi+1 , ni+1
h +1
[:
notons vi cette dérivée (constante) sur cet intervalle. Soit ϕ ∈ D(]0, 1[).
Z nh Z i+1 nh Z i+1
!
1 X nh +1 X i+1
nh +1
vϕ′ = vϕ′ = ϕv ′
nh +1
[vϕ] i −
i nh +1 i
0 i=0 nh +1 i=0 nh +1
nh
X i+1 nh Z
X i+1 Z 1 Z 1
nh +1
′
ϕv ′
nh +1
= [vϕ] i − ϕvi = v(1)ϕ(1) − v(0)ϕ(0) − ϕv = −
nh +1 i
i=0 i=0 nh +1
0 0
Cette fonction est un élément de L2 (]0, 1[), donc v est bien un élément de H 1 (]0, 1[). D’autre
part, v(0) = v(1) = 0, donc v ∈ H01 (]0, 1[).
1
5. Le maillage en question est un maillage régulier de [0, 1] de pas nh +1
... Que l’on assimilera à h puisque h
est un paramètre devant tendre vers 0.
4.2. ÉTUDE DE −∆U + U = F 161
Lemme 16
Avec les éléments P 1 définis ci-dessus, la matrice du système linéaire à résoudre est
ah bh 0 · · · ··· ··· 0
bh ah bh 0 ··· ··· 0
0 b h a h bh 0 ··· 0
.. .. .. .. ..
. 0 bh . . . .
Ah =
.. .. .. .. ..
. . 0 . . . 0
.. .. .. . . .. ..
. . . . . . bh
0 0 0 ··· 0 bh ah
1 2 2h
où l’on a posé h = nh +1 et ah = h + 3 et bh = − h1 + h6 .
Théorème 25
Soit f ∈ L2 (]0, 1[). Soit u ∈ H01 (]0, 1[) la solution faible (forte L2 (]0, 1[)) de
(
−u′′ + u = f dans ]0, 1[,
u(0) = u(1) = 0
Ah Uh = Bh
Démonstration
On sait déjà, d’après le lemme 12, que
C
||u − uh ||H 1 (]0,1[) ≤ inf ||u − vh ||H 1 (]0,1[)
α vh ∈Vh
(avec la définition de Vh utilisée ci-dessus). Nous allons maintenant trouver une majoration utile
de
inf ||u − vh ||H 1 (]0,1[) .
vh ∈Vh
162 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
Supposons d’abord que la solution u est de classe C 2 ([0, 1]). Considérons la fonction Ih u définie
sur [0, 1] comme la fonction continue sur [0, 1], affine sur tout intervalle du type [ih, (i + 1)h]
pour i ∈ {0, . . . , nh } et telle que Ih u(ih) = u(ih) pour tout i ∈ {0, . . . , nh + 1}. C’est la fonction
interpolée de u aux points du maillage. On a Ih u ∈ Vh et
nh
X
Ih u = u(ih)whi .
i=1
et Z ih
u(ih) − u(x) = (ih − x) u′ (x) + u′′ (y)(ih − y) dy,
x
d’où
Z (i+1)h Z ih
′ ′′
u((i + 1)h) − u(ih) = hu (x) + u (y)((i + 1)h − y) dy − u′′ (y)(ih − y) dy.
x x
et Z Z
2
ih
′′ |x − ih|3 ih
u (y)(ih − y) dy ≤ u′′ (y)2 dy.
x 3 x
Ainsi,
Z (i+1)h Z (i+1)h
′
2 2h2
(u − Ih u) (y) dy ≤ u′′ (y)2 dy
ih 3 ih
4.2. ÉTUDE DE −∆U + U = F 163
0,12
0,1
0,08
0,06
0,02
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Dans ce cas, où la solution est très régulière et symétrique, l’approximation donnée par les
éléments finis avec seulement 20 mailles est déjà excellente. Voici d’autres résultats, avec le
second membre
1 si x ∈ [0, 1/3[,
f (x) = 0 si x ∈ [1/3, 2/3[,
2 si x ∈ [2/3, 1].
164 CHAPITRE 4. ÉQUATIONS ELLIPTIQUES
Un calcul un peu fastidieux (et donc pas inutile) montre que la solution est alors
x −x
1 + αe + βe si x ∈ [0, 1/3[,
u(x) = γex + δe−x si x ∈ [1/3, 2/3],
2 + ǫex + ζe−x si x ∈]2/3, 1]
avec
−2 − gd e
ζ =
1 f
e − de
g − fζ
ǫ=
d
2 − ac e2/3 + ζe−2/3 + ǫe2/3
δ=
e−2/3 − ab e2/3
c − bδ
γ=
a
e 1/3 − 1 + δe−1/3 + γe1/3
β=
e−1/3 − e1/3
α = −1 − β,
−1/3 + e1/3
1/3 1/3 e
a = −e − e
e−1/3 − e1/3
−1/3 + e1/3
−1/3 −1/3 e
b = e − e
e−1/3 − e1/3
1/3 1/3 e−1/3 + e1/3
c = e + (e − 1)
e−1/3 − e1/3
2
d = −2/3 b 2/3
e − ae
2e−2/3
f = −2e−2/3 + e−2/3
e−2/3 − ab e2/3
c 2/3
−2/3 2 − a e
g = 2 − 2e
e−2/3 − ab e2/3
0,09
0,08
0,07
0,06
0,05
0,04
0,01
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
Il est clair sur ce cas-test que l’approximation est d’autant meilleure que le nombre de points
est grand. Ces résultats ont été calculés à l’aide du programme (en langage Scilab) suivant.
////////////////////////////////////////////////////////////////
////////////// Éléments finis P1 pour l’équation ////////////////
//////////////// −∆ u + u = f . /////////////
////////////////////////////////////////////////////////////////
clear();
stacksize(100000000);
pi = 3.14159;
Xmax = 1; // Longueur de l’intervalle.
M = 20; // Nombre de points du maillage
// (à l’intérieur du segment).
dx = Xmax/(M+1); // Pas en espace.
x=(1:M)’*dx; // Points de la grille en x.
a = 2./dx + 2.*dx/3.;
b = dx/6. - 1./dx;
A = zeros(M,M);
for i=2:M-1,
A(i,i) = a;
A(i,i-1) = b;
A(i,i+1) = b;
end;
A(1,1) = a;
A(1,2) = b;
A(M,M) = a;
A(M,M-1) = b;
A = sparse(A);
B = zeros(M,1);
for i=1:ceil((M+1)/3)-1,
B(i,1) = dx;
end;
B(ceil((M+1)/3),1) = dx/2.;
for i=ceil((M+1)/3)+1:ceil(2*(M+1)/3)-1,
B(i,1) = 0.;
end;
B(ceil(2*(M+1)/3),1) = dx/2.;
for i=ceil(2*(M+1)/3)+1:M,
B(i,1) = 2.*dx;
end;
//for i=1:M,
// B(i,1) = dx;
//end;
Exercice 1.
On veut ici approcher la solution du problème
2
∂t u − ∂xx u = 0 (t, x) ∈]0, T ]×]0, 1[
u(0, x) = u0 (x) x ∈ [0, 1], (5.1)
u(t, 0) = u(t, 1) = 0 t ∈ [0, T ]
où u0 ∈ C ∞ ([0, 1]) et u0 (0) = u0 (1) = 0. On se propose d’utiliser le schéma aux différences finies
suivant.
Soit J et N des entiers naturels supérieurs à 1. On pose xj = j/(J + 1) pour tout j ∈ {0, . . . , J +
1}, ∆x = 1/(J + 1), tn = nT /N pour tout n ∈ {0, . . . , N } et ∆t = T /N . On définit la condition
initiale numérique par u0j = u0 (xj ) pour tout j ∈ {0, . . . , J +1}, la solution approchée au premier
pas de temps par u1j = u0 (xj ) (pour simplifier !), et la solution approchée aux instants tn par les
relations
un0 = 0 ∀n ∈ N,
n
uJ+1 = 0 ∀n ∈ N, (5.2)
un+1 − ujn−1 unj+1 − 2unj + unj−1
j
− = 0 ∀j ∈ {1, . . . , J}, ∀n ∈ {1, . . . , N − 1}.
2∆t ∆x2
1) Rappelez la régularité de u démontrée en cours.
2) Montrez en effectuant des développements limités que le schéma (5.2) est consistant et d’ordre
2 en temps et 2 en espace.
169
170 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
unJ
V n+1 = BV n ,
où !
∆t
−2 ∆x 2A IJ ,
B= ∈ R2J×2J ,
IJ 0
où IJ est la matrice identité de RJ×J et A est une matrice que vous définirez.
b) Montrez que les valeurs propres de B sont toutes non nulles et que µ est valeur propre de
B si et seulement si µ − µ1 est valeur propre de −2 ∆x∆t
2 A. Déduisez-en que µ est valeur propre
de B si et seulement si √
λ ± λ2 + 4
µ=
2
∆t
où λ est valeur propre de −2 ∆x 2 A.
c) Rappelez l’expression des valeurs propres de A obtenue en cours, en déduire que µJ > 1
pour tout ∆t > 0 et tout ∆x > 0 (µJ étant la plus grande valeur propre, en valeur absolue, de
B).
d) Déduisez-en que ||B n ||2 n’est pas borné indépendamment de n puis, en utilisant un résultat
montré en cours, que le schéma n’est pas stable pour ||| · |||2 .
Exercice 2.
Soit f : R −→ R une fonction de classe C 1 (R). Soit ε ∈ R∗+ . On considère l’équation
2
∂t uε + ∂x f (uε ) = ε∂xx uε . (5.3)
On cherche des solutions de cette équation, appelées ondes progressives, sous la forme
x − ct
uε (t, x) = u , (5.4)
ε
où c est une constante (vitesse de l’onde progressive), et u est une fonction de classe C 2 (R) qui
vérifie
limξ→−∞ u(ξ) = uG , limξ→−∞ u′ (ξ) = 0,
limξ→+∞ u(ξ) = uD , limξ→+∞ u′ (ξ) = 0,
171
∂t u + ∂x f (u) = 0 (5.7)
où f ∈ C 2 (R) est une fonction convexe. Le but de cet exercice est de montrer l’unicité sous
condition d’Oleinik. On suppose qu’il existe deux solutions (faibles) u ∈ L∞ ([0, T [×R) et v ∈
L∞ ([0, T [×R) de (5.7) vérifiant u(0, x) = u0 (x) et v(0, x) = u0 (x) dans R. On suppose de plus
qu’il existe deux constantes réelles positives Cu et Cv telles que ∀t ∈ R∗+ ,
u(t, y) − u(t, x) ≤ Cu (y − x) ∀y ≥ x,
(5.8)
v(t, y) − v(t, x) ≤ Cv (y − x) ∀y ≥ x.
∂t w + ∂x (aw) = 0
où a(t, x) est une vitesse que vous exprimerez précisément en fonction de u(t, x) et de v(t, x).
4) En utilisant la régularité et la convexité de f , montrer que a(t, x) vérifie l’inégalité d’Oleinik
∂t u + c∂x u = u
avec la donnée initiale u(0, x) = u0 (x) ∈ C 1 (R), où c est une constante réelle.
Calculer les courbes caractéristiques associées à cette équation (sans second membre). Montrer
173
que la solution, si elle existe, vérifie sur les caractéristiques une équation différentielle ordi-
naire que vous intégrerez, déduisez-en l’expression de la solution si elle existe, vérifiez que cette
expression est bien solution du problème.
174 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Exercice 1.
1) D’après le cours, comme il n’y a pas de terme source (ce qui revient à considérer un terme
source nul donc de classe C ∞ ), la solution est dans Cb∞,∞ (R∗+ , [0, 1]).
2) Soit u la solution du problème (1). On a, par régularité C 3 de u, pour tout n ≥ 2, existence
de τ1 ∈ [tn−1 , tn ] et τ2 ∈ [tn , tn+1 ] tels que
∆t2 2 ∆t3 3
u(tn , xj ) − u(tn−1 , xj ) = ∆t∂t u(tn , xj ) − n
2 ∂tt u(t , xj ) + 6 ∂ttt u(τ1 , xj )
∆t2 2 ∆t3 3
u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj ) = ∆t∂t u(tn , xj ) + n
2 ∂tt u(t , xj ) + 6 ∂ttt u(τ2 , xj ),
d’où
u(tn+1 , xj ) − u(tn−1 , xj )
= ∂t u(tn , xj ) + O(∆t2 ).
2∆t
Un développement limité en espace, effectué en cours, donne aussi
2∆t
U n+1 = U n−1 − AU n ,
∆x2
où A est la matrice
2 −1 0 0 ··· 0
−1 2 −1 0 · · · 0
2
0 −1 2 −1 · · · 0 ∈ RJ .
.. ..
. .
0 ··· 0 0 −1 2
V n+1 = BV n ,
où !
∆t
−2 ∆x 2A IJ ,
B= ∈ R2J×2J ,
IJ 0
175
b) Supposons que 0 est une valeur propre de B, soit V un vecteur propre associé. On note
V1 et V2 les vecteurs de RJ constitués respectivement des J premières composants de V et des
J dernières ; ces vecteurs vérifient
∆t
−2 ∆x 2 AV1 + V2 = 0,
V1 = 0,
ce qui conduit à V1 = V2 = 0, donc V = 0 et V n’est pas un vecteur propre. . . Donc 0 n’est pas
valeur propre de B.
Soit maintenant µ une valeur propre de B, soit V le vecteur propre associé, que l’on décompose
de la même manière que ci-dessus : V = (V1 , V2 ). On a
∆t
−2 ∆x 2 AV1 + V2 = µV1 ,
V1 = µV2 ,
∆t 1
−2 2 AV1 = (µ − µ )V1 ,
∆x
∆t 1
c’est-à-dire que V1 (non nul) est vecteur propre de −2 ∆x 2 A avec la valeur propre µ − µ .
∆t 1
Réciproquement, si V1 est vecteur propre de −2 ∆x 2 A avec une valeur propre λ qui s’écrit µ − µ
c) On a vu en cours que les valeurs propres de A sont les (λj )Jj=1 avec
2 jπ
λj = 4 sin ∀j ∈ {1, . . . , J},
2(J + 1)
∆t
donc les valeurs propres de −2 ∆x 2 A sont les
∆t 2 jπ
−8 sin ∀j ∈ {1, . . . , J}.
∆x2 2(J + 1)
La valeur propre de B de plus grand module, notée µJ , est
q
∆t ∆t 2
−2 ∆x 2 λJ − (−2 ∆x 2 λJ ) + 4
µJ = .
2
√
Comme J ≥ 1, π2 ≥ 2(J+1)
Jπ Jπ
≥ π4 et sin 2(J+1) ≥ 22 . Donc λJ ≥ 2 et
q
∆t ∆t 2
4 ∆x 2 + (4 ∆x 2) + 4 ∆t
|µJ | ≥ > 1+2 .
2 ∆x2
176 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
d) On a ||B n ||2 = ρ(B n ) = ρ(B)n (B est diagonalisable) qui n’est pas borné indépendamment
de n (où, pour toute matrice carrée M , ρ(M ) désigne le rayon spectral de M ). D’après un
résultat démontré en cours, un schéma du type V n+1 = BV n est stable si et seulement si ||B n ||2
est borné indépendamment de n. Donc, le schéma n’est pas stable en norme ||| · |||2 .
Exercice 2.
1) On a, si uε est de la forme (3),
c ′ x − ct 1 ′ x − ct 2 1 ′ x − ct
∂t uε (t, x) = − u , ∂x f (uε )(t, x) = (f ◦ u) , ∂xx uε (t, x) = 2 u ,
ε ε ε ε ε ε
donc (3) se réécrit
−u′′ − cu′ + (f ◦ u)′ = 0
−u′ − cu + (f ◦ u) = A
On montre de la même façon, en faisant tendre ξ vers +∞, que A = −cuD + f (uD ). Et on en
déduit que
c(uD − uG ) = f (uD ) − f (uG ),
ce qui signifie que c est la vitesse de translation d’une discontinuité vérifiant la relation de
Rankine-Hugoniot.
3) L’équation différentielle (5) est une équation différentielle autonome à champ localement
lipschitzien (f étant supposée de classe C 1 ) : tout problème de Cauchy associé admet donc une
unique solution maximale, d’après le théorème de Cauchy-Lipschitz.
4) Il s’agit de trouver la solution de l’équation différentielle
(u − uG )(u − uD )
u′ = −cu + (f ◦ u) − A = .
2
Il suffirait de montrer que la fonction donnée par (6) est solution de cette équation, mais on
peut aussi facilement résoudre l’équation :
u′ 1
=
(u − uG )(u − uD ) 2
tant que le dénominateur ne s’annule pas, et cette équation se réécrit
u′ u′ uG − uD
− = ,
u − uG u − uD 2
177
d’où
u(ξ) − uG uG − uD
ln = (ξ − ξ0 ),
u(ξ) − uD 2
et
u(ξ) − uG uG − uD
= exp (ξ − ξ0 )
u(ξ) − uD 2
tant que u(ξ) ne vaut ni uG ni uD . La solution cherchée est telle que min(uG , uD ) < u(0) <
max(uG , uD ), donc, au moins pour |ξ| suffisamment petit, min(uG , uD ) < u(ξ) < max(uG , uD )
et
u(ξ) − uG u(ξ) − uG
=− .
u(ξ) − uD u(ξ) − uD
La solution u est donc
uG + uD exp( uG −u
2
D
(ξ − ξ0 ))
u(ξ) =
1 + exp( uG −u
2
D
(ξ − ξ0 ))
et on vérifie que cette solution n’atteint jamais uG ni uD : c’est une solution globale.
5) Si uG > uD , on a
∂t w + ∂x (f (u) − f (v)) = 0
178 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
(on vérifie aisément que cette équation, trivialement vérifiée si u et v sont des solutions fortes,
l’est encore dans le cas de solutions faibles).
2) En prenant la définition de a donnée dans la question, on a
Z 1
a × (u − v) = f ′ (θu + (1 − θ)v)(u − v) dθ
0
∂t w + ∂x (aw) = 0
avec Z 1
a(t, x) = f ′ (θu(t, x) + (1 − θ)v(t, x)) dθ.
0
4) Soit t > 0 et soit x, y tels que y ≥ x.
Z 1
a(t, y) − a(t, x) = f ′ (θu(t, y) + (1 − θ)v(t, y)) − f ′ (θu(t, x) + (1 − θ)v(t, x)) dθ.
0
Le flux de l’équation, f , est supposé de classe C 2 , donc, ∀(θ, t, x, y), ∃z compris entre θu(t, y) +
(1 − θ)v(t, y) et θu(t, x) + (1 − θ)v(t, x) tel que
Ainsi,
Z 1
a(t, y) − a(t, x) = [θ(u(t, y) − u(t, x)) + (1 − θ)(v(t, y) − v(t, x))]f ′′ (z) dθ
0
(bien sûr, z dépend de θ). Or f est convexe, donc f ′′ (z) ≥ 0 ∀θ et en utilisant les inégalités
d’Oleinik vérifiées par u et v on a
Z 1
a(t, y) − a(t, x) ≤ [θCu (y − x) + (1 − θ)Cv (y − x)]f ′′ (z) dθ.
0
D’autre part, puisque z est compris entre θu(t, y) + (1 − θ)v(t, y) et θu(t, x) + (1 − θ)v(t, x), il est,
pour tout (θ, t, x, y), dans l’intervalle [−A, A] défini dans la question. En utilisant maintenant la
positivité de Cu , Cv et (y − x), on en déduit que
a(t, y) − a(t, x)
Z 1
≤ [θ max(Cu , Cv )(y − x) + (1 − θ) max(Cu , Cv )(y − x)] max f ′′ (u) dθ = C(y − x)
0 u∈[−A,A]
179
! ! !
τ 0 −1 τ
∂t + ∂x =0
u − τ12 0 u
lorsque τ 6= 0. Les valeurs propres de la matrice jacobienne ci-dessus sont τ1 et − τ1 , elles sont donc
différentes et la matrice jacobienne est finalement diagonalisable et à valeurs propres réelles :
le système d’Euler en régime isotherme est hyperbolique sur R∗ × R (il y est même strictement
hyperbolique puisque les valeurs propres sont distinctes). Le domaine physique d’hyperbolicité
est R∗+ × R.
2) Les relations de Rankine-Hugoniot sont
−σ[τ ] − [u] = 0,
−σ[u] + [ τ1 ] = 0.
r
1
σ=± .
τG τD
τG − τD
uD = uG ± √ .
τG τD
1 − τD
uD = √
τD
-1
-2
-3
0 2 4 6 8 10
Exercice 5.
Les caractéristiques de l’équation sont des courbes sur lesquelles les solutions de ∂t u + c∂x u = 0
(équation sans second membre) sont constantes. Ce sont les droites
X(t, x) = x + ct.
Soit u une solution de ∂t u + c∂x u = u. Posons u(t) = u(t, X(t, x)) (c’est la solution sur une
caractéristique). Alors u vérifie
∂t u(t) = ∂t u(t, X(t, x)) + c∂x u(t, X(t, x)) = u(t, X(t, x)) = u(t),
donc u(t) = u(0)et . On a montré que s’il existait une solution (forte) u(t, x) de l’équation
considérée, elle vérifiait
u(t, x + ct) = u(0, x)et .
Il reste à vérifier que cette fonction est bien solution de l’équation aux dérivées partielles. Il
suffit pour cela de dériver cette expression par rapport au temps, par rapport à l’espace...
181
On suppose que f, u0 ∈ C 2 ([0, 1]). On sait alors qu’il existe une solution u ∈ Cb1,2 (]0, +∞[×[0, 1]).
Partie 1
√
1) Développer la solution u en série de Fourier sur la base hilbertienne ( 2 sin(kπx))k∈N∗ de
L2 (]0, 1[) (pour tout t ∈ R+ ) et écrire l’équation différentielle vérifiée par chaque coefficient de
Fourier u b(k)(t).
2) Résoudre chacune de ces équations différentielles et calculer, pour tout k ∈ N∗ , la limite U b (k)
du coefficient de Fourier u b(k)(t) lorsque t tend vers +∞.
3) Montrer que (U b (k))k∈N∗ ∈ l2 . Notons U la somme de la série de Fourier définie par cette
suite. Montrer que
lim u(t, x) = U (x) ∀x ∈ [0, 1].
t→+∞
et que U vérifie (
2 U (x) = f (x) ∀x ∈]0, 1[,
−∂x,x
U (0) = U (1) = 0.
Partie 2 : on se propose ici de démontrer le même résultat d’une manière différente, plus
élégante 2 .
2
1) Supposons dans cette question que f (x) = 0 ∀x ∈ [0, 1]. Montrer que ∂t u2 − u∂x,x 2 u = 0. En
déduire que Z 1 2 Z 1
u
∂t (t, x) dx + (∂x u)2 (t, x) dx = 0
0 2 0
R1 2 R1 2
puis que ∂t 0 u (t, x) dx ≤ −2 0 u (t, x) dx (on pourra pour cela utiliser l’inégalité de Poincaré
R1 R
2 (t, x) dx ≥ 1 u2 (t, x) dx). En conclure que u(t, ·) converge dans L2 (]0, 1[) vers 0 lorsque
0 (∂x u) 0
t tend vers +∞.
2) On ne suppose plus ici que le terme source f est nul. Montrer que le problème
(
−∂x,x2 U =f dans ]0, 1[,
U (0) = U (1) = 0
admet une unique solution faible dans H 1 (]0, 1[). En utilisant cette solution, montrer que si u
est solution de (5.10), u(t, ·) converge dans L2 (]0, 1[) vers U lorsque t tend vers +∞.
3) Quel est le comportement asymptotique en temps de la solution de
2 ∗
∂t v(t, x) − ∂x,x v(t, x) = f (x) ∀(t, x) ∈ R+ ×]0, 1[,
v(t, 0) = α ∈ R, v(t, 1) = β ∈ R ∀t ∈ R+ , ? (5.11)
v(0, x) = v 0 (x) ∀x ∈ [0, 1]
où l’on suppose que u0 est une fonction strictement positive de L1 ∩ L∞ (R). On cherche à
approcher la solution de (5.12) par le schéma numérique
2
n n 2
un+1 = un − ∆t uj − uj−1 , n ∈ N, ∀j ∈ Z,
j j ∆x 2 2
R (j+1/2)∆x
u0 = 1
u0 (x) dx ∀j ∈ Z.
j ∆x (j−1/2)∆x
P P R
1) Montrer que le schéma est conservatif : ∆x j∈Z un+1 j = ∆x j∈Z unj = R u0 (x) dx.
2) Montrer que, sous une condition de Courant-Friedrichs-Lewy que l’on exprimera, le schéma
est stable dans l∞ : inf j (u0j ) ≤ unj ≤ supj (u0j ) ∀n ∈ N, ∀j ∈ Z.
3) Montrer que, sous la même condition de CFL, le schéma est à variation totale décroissante :
P n n
P 0 0
j |uj+1 − uj | ≤ j |uj+1 − uj | ∀n ∈ N (on pourra utiliser un résultat de Harten. . . Si l’on
justifie son utilisation).
4) Montrer que, sous la condition de CFL, le schéma vérifie une inégalité d’Oleinik discrète :
2∆x
unj+1 − unj ≤ ∀n ∈ N, ∀j ∈ Z.
n∆t
Exercice 3.
Soit Ω =]0, 1[ et (α, β) ∈ R2 tels que α ≥ 0, β ≥ 0. On s’intéresse au problème
1
Trouver u ∈ H (Ω) tel que
−(pu′ )′ + qu + bu′ = f dans D ′ (Ω),
(5.13)
(pu′ )(1) + αu(1) = 0,
−(pu′ )(0) + βu(0) = 0,
où p, q et b sont donnés dans L∞ (Ω) et vérifient p(x) ≥ pmin > 0 et q(x) ≥ qmin > 0 presque
partout dans Ω, et f ∈ L2 (Ω).
183
Exercice 1.
Partie 1
√ R1
b(k)(t) = 2 0 u(t, c) sin(kπx) dx. On a alors u
1) On note u b(k)′ (t) = fb(k)−k2 π 2 u
b(k)(t) ∀k ∈ N∗ .
2) La solution de chacune de ces équations différentielles est donnée par
Rt
b(k)(0) + 0 fb(k)ek π s ds e−k π t
2 2 2 2
b(k)(t) = u
u
= 21 2 fb(k) + c
2 2
k π u0 (k) − fb(k) e−k π t .
u∂t u = ∂t (u2 /2). En intégrant sur le segment [0, 1] et en utilisant une formule d’intégration par
R1 2 R1
parties, on en déduit que ∂t 0 u2 (t, x) dx + 0 (∂x u)2 (t, x) dx = 0. L’inégalité de Poincaré dans
R1 R1 R1
[0, 1] donne 0 (∂x u)2 (t, x) dx ≥ 0 u2 (t, x) dx (car u(t, 0) = u(t, 1) = 0), d’où ∂t 0 u2 (t, x) dx ≤
R1 R1 2
−2 0 u2 (t, x) dx. On en déduit facilement que limt→+∞ 0 u2 (t, x) dx = 0 :
R1 2
– 0 u2 (t, x) dx est une fonction décroissante de t et minorée par 0, donc convergente vers
une limite l ≥ 0 ;
R1 2 R1 2 R1 2
– supposons que l > 0, alors ∂t 0 u2 (t, x) dx ≤ −2l et 0 u2 (t, x) dx ≤ 0 u2 (0, x) dx − 2lt
et n’est donc pas minorée. . .
Donc, limt→+∞ u(t, ·) = 0 dans L2 (]0, 1[).
2) Le théorème de Lax-Milgram et l’inégalité de Poincaré assurent l’existence et l’unicité d’une
solution faible U ∈ H01 (]0, 1[) au problème considéré dans cette question. Posons, pour tout
t ∈ R+ , ũ(t, x) = u(t, x) − U (x). Cette nouvelle fonction ũ vérifie l’équation de la chaleur sans
terme source avec conditions de Dirichlet homogènes : on peut donc lui appliquer le résultat de
la question 1). Ainsi, limt→+∞ ũ(t, ·) = 0 dans L2 (]0, 1[) et en conclusion, limt→+∞ u(t, ·) = U
dans L2 (]0, 1[).
185
3) On montre facilement que si v est la solution du problème considéré ici, limt→+∞ v(t, ·) = V
dans L2 (]0, 1[), où V est l’unique solution faible de
2
−∂x,x V = f dans ]0, 1[,
V (0) = α,
V (1) = β.
Il suffit pour cela de remarquer que V (x) = U (x) + α + (β − α)x et que v(t, x) = u(t, x) + α +
(β − α)x si v 0 (x) = u0 (x) + α + (β − α)x.
Exercice 2
P n+1 P ∆t uj
n2 un 2 P
1) j uj = j unj − ∆x ( 2 − j−1 2 ) = j unj .
2) On a
un+1
j = unj − ∆t/(2∆x)(unj + unj−1 )(unj − unj−1 )
= unj (1 − ∆t/(2∆x)(unj + unj−1 )) + unj−1 ∆t/(2∆x)(unj + unj−1 )
]−∞, ∆x/∆t]. On suppose toujours que la condition de CFL est vérifiée. Alors, puisque la donnée
initiale est strictement positive, unj > 0 ∀n ∈ N, ∀j ∈ Z et ainsi (unj+1 −unj )∆t/∆x ≤ 1. Supposons
que l’inégalité d’Oleinik discrète est vérifiée à l’étape en temps n : unj+1 − unj ≤ 2∆x/(n∆t)
∀j ∈ Z ; alors δjn ≤ 2∆x/(n∆t) ∀j ∈ Z et, d’après la croissance de la fonction f ,
2
2∆x ∆t ∆x 2∆x n − 1 2∆x
un+1
j+1 − un+1
j ≤ − 2 = 2
≤ .
n∆t 2∆x n∆t ∆t n (n + 1)∆t
Il reste maintenant à vérifier que l’inégalité d’Oleinik discrète est vraie pour n = 1. C’est le cas
car
∆t ∆x ∆t 2∆x
u1j+1 − u1j ≤ u1j+1 ≤ sup u1j = sup u1j ≤ sup u1j ,
j ∆x j ∆t ∆x j ∆t
ce qui permet de conclure de manière positive, à nouveau en invoquant la condition de CFL.
Exercice 3
1) Si u ∈ H 1 (Ω) vérifie −(pu′ )′ + qu + bu′ = f au sens des distributions, d’une part pu′ ∈ L2 (Ω)
car u′ ∈ L2 (Ω) et p ∈ L∞ (Ω), et d’autre part (pu′ )′ = qu + bu′ − f ∈ L2 (Ω) comme somme de
fonctions de L2 (Ω), de sorte que pu′ ∈ H 1 (Ω). En définissant les valeurs en 0 et 1 des fonctions
u et pu′ par l’intermédiaire de leur représentant continu (on rappelle qu’en dimension 1 d’espace
toute fonction de H 1 (Ω) est égale presque partout sur Ω à une fonction continue sur Ω), les
conditions aux limites de (5.13) trouvent donc un sens naturel.
2) Soit u ∈ H 1 (Ω) une solution du problème (5.13) et v une fonction quelconque de H 1 (Ω). En
multipliant l’équation de (5.13) par v et en intégrant sur Ω, on obtient l’égalité
Z Z Z Z
− (pu′ )′ v + quv + bu′ v = f v. (5.17)
Ω Ω Ω Ω
Les fonctions pu′ et v étant dans H 1 (Ω) (voir raisonnement ci-dessus pour pu′ ), on peut appliquer
la formule de Green au premier terme de (5.17) pour obtenir
Z Z Z Z
′ ′ ′ ′ ′
(pu )v − (pu )(1)v(1) + (pu )(0)v(0) + quv + bu v = f v,
Ω Ω Ω Ω
ou encore Z Z Z Z
′ ′ ′
(pu )v + quv + bu v + αu(1)v(1) + βu(0)v(0) = fv
Ω Ω Ω Ω
en utilisant les conditions aux limites de (5.13) vérifiées par u. La solution du problème (5.13)
est donc solution du problème variationnel
(
u ∈ H 1 (Ω),
(5.18)
a(u, v) = l(v), ∀v ∈ H 1 (Ω),
R R R R
avec a(u, v) = Ω (pu′ )v ′ + Ω quv + Ω bu′ v + αu(1)v(1) + βu(0)v(0), et l(v) = Ω f v.
Réciproquement, soit u une solution de (5.18). Montrons que u est aussi solution de (5.13). La
fonction u étant dans H 1 (Ω), les fonctions pu′ , qu, bu et f sont dans L2 (Ω) (rappelons que p,
187
q et b sont dans L∞ (Ω)) et définissent donc des distributions. Dans un premier temps, montrer
l’égalité −(pu′ )′ + qu + bu′ = f au sens des distributions revient à montrer que pour toute
fonction ϕ ∈ D(Ω) on a l’égalité
c’est-à-dire Z Z Z Z
′ ′ ′
(pu )ϕ + quϕ + bu ϕ = fϕ (5.19)
Ω Ω Ω Ω
puisque h(pu′ )′ , ϕi = −h(pu ), ϕ′ i
′ par définition de la dérivée au sens des distributions. La validité
de (5.19) se déduit immédiatement de l’égalité a(u, ϕ) = l(ϕ) puisque toute fonction ϕ ∈ D(Ω) ⊂
H 1 (Ω) est telle que ϕ(1) = ϕ(0) = 0. La fonction pu′ est donc dans H 1 (Ω) et (pu′ )′ = qu+bu′ −f
au sens L2 (Ω). Il reste à montrer que la solution u de (5.18) vérifie les conditions aux limites de
(5.13). L’égalité a(u, v) = l(v) avec v ∈ H 1 (Ω) s’écrit
Z Z Z Z
′ ′ ′
(pu )v + quv + bu v + αu(1)v(1) + βu(0)v(0) = f v,
Ω Ω Ω Ω
de sorte qu’une intégration par parties sur le premier terme (v et pu′ sont dans H 1 (Ω)) donne
Z Z Z Z
′ ′ ′ ′ ′
− (pu ) v + quv + bu v + v(1){αu(1) + (pu )(1)} + v(0){βu(0) − (pu )(0)} = f v,
Ω Ω Ω Ω
c’est-à-dire
v(1){αu(1) + (pu′ )(1)} + v(0){βu(0) − (pu′ )(0)} = 0
puisque les fonctions (pu′ )′ et qu + bu′ − f coı̈ncident dans L2 (Ω). Pour obtenir la première
(respectivement deuxième) condition aux limites de (5.13), il suffit donc de choisir v ∈ H 1 (Ω)
telle que v(0) = 0 et v(1) 6= 0 (respectivement v(1) = 0 et v(0) 6= 0).
3) Il est évident que l’application a est bilinéaire. Montrons sa continuité.
R R R
|a(u, v)| = | Ω pu′ v ′ + Ω quv + Ω bu′ v + αu(1)v(1) + βu(0)v(0)|
R R R
≤ Ω |pu′ v ′ | + Ω |quv| + Ω |bu′ v| + α|u(1)|v(1)| + β|u(0)||v(0)|
≤ kpk∞ ku′ kL2 kv ′ kL2 + kqk∞ kukL2 kvkL2 + kbk∞ ku′ kL2 kvkL2 (inégalité de Hölder)
+ C 2 (α + β)kukH 1 kvkH 1 (continuité de H 1 (]0, 1[) ⊂ C 0 ([0, 1]))
≤ max(kpk ′ ′
n L2 kv kL2 + kukL2 kvkL2 )
∞ , kqk∞ )(ku ko
+ kbk∞ + C 2 (α + β) kukH 1 kvkH 1 (définition de la norme H 1 )
n o
≤ max(kpk∞ , kqk∞ ) + kbk∞ + C 2 (α + β) kukH 1 kvkH 1
(inégalité de Cauchy-Schwarz)
4) L’application l est linéaire. Elle est continue car
R
|l(v)| = | Ω f v|
R
≤ Ω |f v|
≤ kf kL2 kvkL2 (inégalité de Cauchy-Schwarz)
≤ kf kL2 kvkH 1 (définition de la norme H 1 )
188 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
6) Montrons que la forme bilinéaire a est coercitive sur H 1 (Ω). Pour toute fonction u ∈ H 1 (Ω),
on a par définition de a :
R R R
a(u, u) = Ω p(u′ )2 + Ω qu2 + Ω bu′ u + αu2 (1) + βu2 (0)
R R R
≥ Ω pmin (u′ )2 + Ω qmin u2 + Ω bu′ u
R
≥ Ω Q(u′ , u).
Notons
α0 = 4pmin qmin − kbk2∞ ;
Exercice 1.
On considère le problème aux dérivées partielles
2 ∗
∂t u − ∂x,x u = 0 pour (t, x) ∈ R+ ×]0, 1[,
u(t, 0) = u(t, 1) = 0 pour t ∈ R∗+ ,
u(0, x) = u0 (x) ∈ L2 (]0, 1[).
Rappeler que ce problème admet une unique solution. Quelle est, selon le cours, sa régularité ?
Nous allons montrer que la solution u(t, x) est pour tout t > 0 analytique en x ∈ [0, 1].
1) Rappeler l’expression de la solution u faisant intervenir les coefficients de Fourier (sur la base
√
2 sin(kπx) k∈N∗ ) et exprimer aussi sa dérivée ne par rapport à sa seconde variable, u(n) , pour
tout n ∈ N.
2) Montrer qu’il existe C ∈ R tel que
+∞
X 2 π2 t
u(n) (t, ·) ≤C (kπ)n e−k .
L∞ (]0,1[)
k=1
3) En écrivant que
+∞
X k2 π 2 t k2 π 2 t
u(n) (t, ·) ≤C (kπ)n e− 2 e− 2
L∞ (]0,1[)
k=1
2
et en étudiant le maximum de la fonction qui à x associe xn e−αx (pour α = t/2 > 0), montrer
que pour t > 0 il existe D(t) ∈ R tel que
n n/2
u(n) (t, ·) ≤ D(t) .
L∞ (]0,1[) t
4) En déduire que u(t, ·) est analytique réelle (développable en série entière) dans [0, 1] pour
tout t > 0. On pourra pour cela effectuer un développement de Taylor de u(t, ·) au voisinage de
0 et utiliser la formule de Stirling :
√ n n
n! ≈ 2πn .
e
Exercice 2.
Soit a ∈ R, soit κ ∈ R+ . Montrer que le problème
(
2 u pour (t, x) ∈ R∗ × R
∂t u + a∂x u = κ∂x,x +
u(0, x) = u0 (x) ∈ L∞ (R)
190 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
a une unique solution, que l’on exprimera. On pourra pour cela utiliser l’expression du noyau
de la chaleur sur R.
Exercice 3.
On considère le schéma aux différences finies pour le problème de l’exercice 1 défini, avec des
notations classiques, par
u0j = u0 (j∆x) ∀j ∈ {1, . . . , J},
n
u0 = unJ+1 = 0 ∀n ∈ {0, . . . , N },
un+1 − unj unj+1 − 2un+1 + unj−1
j j
− = 0 ∀n ∈ {0, . . . , N − 1}, ∀j ∈ {1, . . . , J}.
∆t ∆x2
1) Montrer que ce schéma est explicite et inconditionnellement stable en norme l∞ .
2) Analyser la consistance de ce schéma. Sous quelle condition liant ∆t et ∆x ce schéma est-il
convergent lorsque ∆t et ∆x tendent vers 0 ? Ce schéma est-il en définitive plus intéressant que
le schéma explicite classique ?
Exercice 4.
On considère le problème aux dérivées partielles
(
∂t u + ∂x f (u) = 0 (t, x) ∈ R∗+ × R,
u(0, x) = u0 (x).
1) Rappeler les conditions vues en cours sous lesquelles il existe une unique solution classique
u(t, x) pour t < T (avec T > 0 et éventuellement T < +∞). Ces conditions seront dans la suite
supposées vérifiées.
2) On suppose que f et u0 sont tels que
1
∂x u(t, x) ≤ ∀x ∈ R.
αt
On pourra pour cela exprimer la solution grâce aux caractéristiques.
Exercice 5.
On considère l’équation de Burgers sur R avec donnée initiale nulle sur R.
En donner une solution vérifiant une inégalité d’Oleinik.
On se demande s’il existe d’autres solutions de ce problème vérifiant une inégalité d’Oleinik.
Pour cela, on considère, pour tout t > 0,
√
0 si x < − √t, √
u(t, x) = x
t si x ∈ √
[− t, t],
0 si x > t.
191
Exercice 1.
D’après le cours, le problème de la chaleur avec conditions de bord de Dirichlet homogènes sans
terme source possède, pour toute donnée initiale dans L2 (]0, 1[), une unique solution forte, de
classe C ∞ (R∗+ × [0, 1]).
1) Un développement en série de Fourier en espace de u(t, ·) permet d’obtenir l’expression
suivante de la solution.
√ X −k2 π2 t
u(t, x) = 2 e c
u0 (k) sin(kπx)
k∈N∗
avec
√ Z 1
c
u0 (k) = 2 u0 (x) sin(kπx) dx ∀k ∈ N∗ .
0
L’égalité a lieu dans L2 (]0, 1[)
pour tout t ≥ 0 et puisque les deux membres de cette égalité sont
∞
de classe C ([0, 1]) pour tout t > 0, cette égalité a lieu point par point (pour t > 0). Chaque
terme de la série est de classe C ∞ ([0, 1]) et (grâce à des arguments de convergence normale
utilisés en cours), la dérivée ne de u(t, ·) coı̈ncide avec la série des dérivées nes des termes de la
série définissant u(t, ·). . . Une petite formule vaut mieux qu’un long discours :
( √ P
(−1)n/2 2 k∈N∗ (kπ)n e−k π t u
2 2
c0 (k) sin(kπx) si n est pair,
(n)
u (t, x) = √ P 2 2
c0 (k) cos(kπx) si n est impair.
(−1)(n−1)/2 2 k∈N∗ (kπ)n e−k π t u
2) Ainsi, trivialement,
√ X
2 sup c
2 π2 t
u(n) (t, ·) ≤ u0 (k) (kπ)n e−k .
L∞ (]0,1[) k k∈N∗
2
3) Posons, pour n ∈ N et α > 0, f (x) = xn e−αx . Cette fonction est de classe C ∞ (R) et
2 2 2
f ′ (x) = nxn−1 e−αx − 2αxxn e−αx = n − 2αx2 xn−1 e−αx .
p
La dérivée de f ne s’annule sur R+ qu’en x = n/(2α). Or f est nulle en 0 et tend vers 0
p
lorsque x tend vers +∞. Donc f atteint son (unique) maximum sur R+ en x = n/(2α). Ainsi,
r r n r n
n n −α√ n 2 n −n
f (x) ≤ f = e 2α = e 2 ∀x ≥ 0.
2α 2α 2α
k2 π 2 t
On en déduit en remarquant que (kπ)n e− 2 = f (kπ) pour α = t/2 que
k2 π 2 t
n n/2
(kπ)n e− 2 ≤ e−n/2
t
et que
√ n n/2 −n/2 X − k2 π2 t √ n n/2 X − k2 π2 t
u(n) (t, ·) ≤ 2 e e 2 ≤ 2 e 2 .
L∞ (]0,1[) t ∗
t ∗
k∈N k∈N
193
√ P k2 π 2 t
Pour tout t > 0, la série du membre de droite converge, et en posant D(t) = 2 k∈N∗ e− 2 ,
on a le résultat demandé.
4) Un développement de Taylor de u(t, ·) en 0 à l’ordre (n − 1) ∈ N donne (pour x ∈ [0, 1])
n−1
X u(k) (t, 0) k u(n) (t, y) n
u(t, x) = x + x
k! n!
k=0
D(t) n n/2
n−1
X u(k) (t, 0) k
u(t, ·) − (·) ≤ .
k! n! t
k=0 L∞ (]0,1[)
tend vers 0 lorsque n tend vers +∞. Cela montre que la solution du problème considéré est
analytique réelle en espace pour tout t > 0.
Exercice 2.
Dans ce problème, l’astuce consiste à remarquer que si v est solution de l’EDP de la chaleur sur
R, à savoir
2
∂t v = κ∂x,x v
et que l’on pose u(t, x) = v(t, x − at), u vérifie
2
∂t u(t, x) = ∂t v(t, x − at) − a∂x v(t, x − at) = κ∂x,x v(t, x − at) − a∂x v(t, x − at)
et
∂x u(t, x) = ∂x v(t, x − at)
et enfin
2 2
∂x,x u(t, x) = ∂x,x v(t, x − at),
d’où
2
∂t u(t, x) + a∂x u(t, x) = ∂x,x u(t, x).
Noter aussi que u(0, x) = v(0, x). Soit donc v solution de l’équation de la chaleur sur R avec
donnée initiale u0 (x) : d’après le cours,
Z
1 (x−y)2
v(t, x) = √ e− 4κt u0 (y) dy.
R 4κπt
194 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
La fonction u(t, x) définie par u(t, x) = v(t, x − at) est solution du problème. Son expression est
Z
1 (x−at−y)2
u(t, x) = √ e− 4κt u0 (y) dy.
4κπt R
Pour montrer l’unicité, on considère deux solutions, u et v, du même problème, avec même
donnée initiale. On pose w = u − v. Alors, w est solution de L’EDP ∂t w + a∂x w = κ∂x,x2 w et
w(0, x) = 0. Posons z(t, x) = w(t, x + at). Cette nouvelle fonction est solution de l’EDP de la
chaleur :
2
∂t z = κ∂x,x z.
∆x2 ∆t ∆t
un+1
j = unj n
2 + uj+1
n
2 + uj−1 .
2∆t + ∆x 2∆t + ∆x 2∆t + ∆x2
∆x2 ∆t
Les coefficients 2∆t+∆x2
et 2∆t+∆x2
sont positifs (si ∆t et ∆x sont strictement positifs) et
∆x2 ∆t ∆t
2 + 2 + 2∆t + ∆t = 1.
2∆t + ∆x 2∆t + ∆x
Donc un+1
j est une combinaison convexe des unj , ce qui prouve la stabilité au sens l∞
j∈{1,...,J}
du schéma.
2) Soit u(t, x) une solution de l’EDP de la chaleur. L’erreur de consistance du schéma est définie
pour cette solution u par
u(tn+1 , xj ) − u(tn , xj ) u(tn , xj+1 ) − 2u(tn+1 , xj ) + u(tn , xj−1 )
− .
∆t ∆x2
On peut effectuer des développements limités comme dans le cours, ou remarquer que le présent
schéma s’écrit aussi
un+1
j − unj unj+1 − 2unj + unj−1 un+1
j − unj
− +2 =0
∆t ∆x2 ∆x2
195
où l’on retrouve le schéma explicite pour lequel on connaı̂t l’erreur de consistance, O(∆t) +
un+1 −un un+1 −un
O(∆x2 ). D’autre part, on peut remplacer 2 j ∆x2 j par 2 ∆x ∆t j
2 ∆t
j
. Ainsi, l’erreur de consis-
∆t n
tance due à cette partie du schéma est 2 ∆x2 (∂t u(t , xj ) + O(∆t)). Donc, l’erreur de consistance
du schéma tend vers 0 lorsque ∆t et ∆x tendent vers 0 si de plus le rapport ∆t/∆x2 tend
vers 0. C’est une condition plus forte que la condition de convergence du schéma explicite. Le
présent schéma paraı̂t donc moins intéressant que le schéma explicite bien qu’il soit incondition-
nellement stable.
Exercice 4.
1) On sait que le problème ici considéré admet une unique solution classique sur [0, T [×R avec
( ′
−1
inf x∈R f ′′ (u0 (x))u0 ′ (x)
si ∃x ∈ R t. q. f ′′ (u0 (x))u0 (x) < 0,
T =
+∞ sinon
′
sous les hypothèses que f ∈ C 2 (R) et que u0 ∈ C 1 (R) ∩ L∞ (R) avec u0 ∈ L∞ (R).
2) On sait aussi que cette solution est constante sur les caractéristiques, dont la pente est elle-
même constante. Cette solution vérifie donc, comme noté en cours,
ou encore
u(t, x) = u(0, x − tf ′ (u(t, x))) = u0 (x − tf ′ (u(t, x))).
Cette dernière expression va nous permettre d’obtenir une estimation de ∂x u(t, x). En effet,
′ ′
∂x u(t, x) = u0 (x − tf ′ (u(t, x))) − tu0 (x − tf ′ (u(t, x)))f ′′ (u(t, x))∂x u(t, x).
On en déduit que
′ ′
∂x u(t, x) 1 + tu0 (x − tf ′ (u(t, x)))f ′′ (u(t, x)) = u0 (x − tf ′ (u(t, x))).
′
Pour t ∈ [0, T [, 1 + tu0 (x − tf ′ (u(t, x)))f ′′ (u(t, x)) > 0 et
′
u0 (x − tf ′ (u(t, x)))
∂x u(t, x) = .
1 + tu0 ′ (x − tf ′ (u(t, x)))f ′′ (u(t, x))
′
Si u0 (x − tf ′ (u(t, x))) ≤ 0, l’inégalité demandée dans la question est triviale. Sinon, on a
′ ′
u0 (x − tf ′ (u(t, x)))f ′′ (u(t, x)) ≥ αu0 (x − tf ′ (u(t, x)))
et ′
u0 (x − tf ′ (u(t, x)))
∂x u(t, x) ≤ ,
1 + αtu0 ′ (x − tf ′ (u(t, x)))
d’où
1
∂x u(t, x) ≤ 1 ,
u0 ′ (x−tf ′ (u(t,x)))
+ αt
196 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
soit enfin
1
∂x u(t, x) ≤ .
αt
Exercice 5.
Le problème considéré admet comme solution triviale (et vérifiant une inégalité d’Oleinik)
u(t, x) = 0.
1) On doit montrer que u défini par
√
0 si x < − √t, √
u(t, x) = x
t si x ∈ √
[− t, t],
0 si x > t
pour t > 0 est solution du problème. Cela revient à montrer que pour tout ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R)
Z Z Z
u2
u∂t ϕ + ∂x ϕ dx dt = − 0 × ϕ(0, x) dx = 0.
R+ R 2 R
soit Z Z
x x2
∂t ϕ(t, x) + 2 ∂x ϕ(t, x) 1[−√t,√t] (x) dx dt,
R+ R t 2t
qui s’écrit aussi
Z Z
x x2
∂t ϕ(t, x)1[x2 ,+∞[ (t) + 2 ∂x ϕ(t, x)1[−√t,√t] (x) dx dt.
R+ R t 2t
Or
Z Z +∞ Z h it=+∞ Z +∞ x
x x
∂t ϕ(t, x) dt dx = ϕ(t, x) − − 2 ϕ(t, x) dt dx
R x2 t R t t=x2 x2 t
Z Z Z +∞
1 2 x
= − ϕ(x , x) dx + ϕ(t, x) dt dx
R x R x2 t2
et
Z Z √ Z 2 x=√t Z √t !
t
x2 x x
√ ∂x ϕ(t, x) dx dt = ϕ(t, x) √
− √ 2 ϕ(t, x) dx dt
R+ − t 2t2 R+ 2t2 x=− t − t t
Z Z Z √
1 √ √ t
x
= ϕ(t, t) − ϕ(t, − t) dt − √ 2 ϕ(t, x) dx dt
R+ 2t R+ − t t
Z √ Z √ Z Z +∞
1 1 x
= ϕ(t, t) dt − ϕ(t, − t) dt − ϕ(t, x) dt dx.
R+ 2t R+ 2t R x2 t2
197
De plus, Z Z Z
1 √ 1 1
ϕ(t, t) dt = ϕ(x2 , x)2x dx = ϕ(x2 , x) dx
R+ 2t R+ 2x2 R+ x
et Z Z Z
1 √ 1 1
ϕ(t, − t) dt = − ϕ(x2 , x)2x dx = − ϕ(x2 , x) dx,
R+ 2t R− 2x2 R− x
de sorte que Z Z Z
1 √ 1 √ 1
ϕ(t, t) dt − ϕ(t, − t) dt = ϕ(x2 , x) dx.
R+ 2t R+ 2t R x
Ainsi u est bien une solution faible de l’équation de Burgers.
2) Soit t > 0.
√
Si x < − t :
√
– si y < − t, u(t, y) − u(t, x) = 0 et l’inégalité est vérifiée ;
√
– si y ∈ [− t, 0[, u(t, y) − u(t, x) < 0 et l’inégalité est vérifiée ;
√ √ √ √
– si y ∈ [0, t], u(t, y) ≤ 1/ t et y − x > 2 t donc (y − x)/t > 2/ t, donc l’inégalité est
vérifiée ;
√
– si y > t, u(t, y) − u(t, x) = 0 et. . .
√ √
Maintenant, si x ∈ [− t, t] :
√
– si y ∈ [x, t], u(t, y) − u(t, x) = (y − x)/t et l’inégalité est vérifiée ;
√ √
– si y > t, u(t, y) − u(t, x) = −u(t, x) = −x/t et (y − x)/t > t/t − x/t, donc l’inégalité
est vérifiée ;
√
Pour x > t et y ∈ [x, +∞[, l’inégalité est trivialement vérifiée. Nous avons donc trouvé deux
solutions vérifiant une inégalité d’Oleinik pour le problème considéré. Ceci n’est pas en contra-
diction avec le théorème d’unicité du cours, car la seconde solution n’est dans L∞ ([0, T [×R)
pour aucun T > 0.
198 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Exercice 1.
Soit Ω un ouvert borné de Rd de frontière lipschitzienne. On cherche à résoudre le problème
suivant.
1
Trouver u ∈ H (Ω) tel que
−div (p∇u) + qu = f, (5.20)
u = 0 sur ∂Ω
où p et q sont données dans L∞ (Ω) vérifiant p(x) ≥ α > 0, q(x) ≥ 0 presque partout sur Ω, et
f est donnée dans L2 (Ω).
1) Mettre (5.20) sous la forme d’un problème variationnel :
(
Trouver u ∈ V tel que
(5.21)
a(u, v) = l(v) ∀ v ∈ V,
où V est un sous-espace de H 1 (Ω), a une forme bilinéaire de H 1 (Ω) et l une forme linéaire de
H 1 (Ω).
2) Montrer que le problème variationnel admet une solution unique.
3) Montrer que ce problème est équivalent à minimiser une fonctionnelle que l’on explicitera.
Exercice 2.
On considère le problème, dit problème de Riemann,
( R+ × R,
∂t u + ∂x f (u) = 0 dans (3.1)
0 uG ∈ R si x ≤ 0, (5.22)
u(0, x) = u (x) = (3.2)
uD ∈ R si x > 0.
Conclure.
On se propose maintenant de faire une analyse plus fine de l’erreur en étudiant le phénomène
de diffusion numérique de deux manières différentes.
3) Montrer que (5.24), qui est consistant d’ordre 1 avec (5.23), est consistant d’ordre 2 avec
l’équation de transport-diffusion
2
∂t u + ∂x u = κ∂x,x u (5.25)
où le coefficient de diffusion est donné par κ = (∆x − ∆t)/2 (d’où le nom de diffusion numé-
rique porté par le terme dominant de l’erreur). On pourra pour cela noter que la solution u
2 u = ∂ 2 u. Des remarques concernant les valeurs relatives de ∆t et ∆x seront
de (5.23) vérifie ∂x,x t,t
appréciées.
4) Nous allons mettre en évidence de manière différente ce phénomène.
a) On considère la condition initiale discrète
(
1 si j = 0,
u0j = δ0 (j) = (5.26)
0 sinon.
où l’on a posé ν = ∆t/∆x (on rappelle que les coefficients binomiaux sont donnés par Cnj =
n!
j!(n−j)! pour tout n ∈ N et tout j ∈ {0, . . . , n}).
On suppose dorénavant que ν ∈]0, 1[.
b) On admet 3 la formule (de Moivre, d’approximation d’une loi binomiale par une loi nor-
male, c’est l’ancêtre du théorème-limite central)
1 (j−nν)2 1
j j n−j − 2nν(1−ν)
Cn ν (1 − ν) = p e 1+O
2πnν(1 − ν) n1/2
pour tout n ∈ N (destiné à être grand) et tout j ∈ {0, . . . , n}. Montrer que cela conduit à
2
∆x − (j∆x−n∆t) 1
unj = p e 2n∆t(∆x−∆t) 1 + O ∀n ∈ N, ∀j ∈ Z.
2πn∆t(∆x − ∆t) n1/2
c) Montrer que pour une donnée initiale (u0j )j∈Z la solution du schéma vérifie
X 2
∆x − ((j−k)∆x−n∆t) 1
unj = p e 2n∆t(∆x−∆t) 1+O ∀n ∈ N, ∀j ∈ Z.
k∈Z
2πn∆t(∆x − ∆t) n1/2
√
3. Cette formule est en fait vraie pour j de l’ordre de x n, pour x ∈ R
201
d) Montrer que pour une donnée initiale u0 ∈ C 2 (R) ∩ L∞ (R) avec u0j = u0 (j∆x) pour tout
j ∈ Z on a
Z ∞
n u0 (y) (j∆x−n∆t−y)2
− 2n∆t(∆x−∆t) 1
uj = p e dy 1 + O + O(∆x2 )
−∞ 2πn∆t(∆x − ∆t) n1/2
202 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Exercice 1.
1) Si u est une solution forte du problème et si ϕ ∈ Cc∞ (Ω), on a (par une formule d’intégration
par parties) Z Z
p∇u∇ϕ + quϕ = fϕ
Ω Ω
(on vérifie facilement que toutes les intégrales ont un sens grâce aux hypothèses faites sur p et
q). On en déduit, par densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω), que cette équation est toujours vraie pour
ϕ ∈ H01 (Ω). La formulation variationnelle de ce problème est donc
(
Trouver u ∈ H01 (Ω) tel que
R R 1
Ω p∇u∇v + quv = Ω f v ∀v ∈ H0 (Ω).
R R
Cela répond à la question si l’on pose V = H01 (Ω), a(u, v) = Ω p∇u∇v + quv et l(v) = Ω f v
2
pour tout (u, v) ∈ H01 (Ω) .
2) Nous munissons V du produit scalaire (u, v)H 1 (Ω) = h∇u, ∇vi(L2 (Ω))d : H01 (Ω) est complet
0
pour ce produit scalaire d’après l’inégalité de Poincaré. On note ||·|| la norme associée.
Montrons que l, forme linéaire, est continue. D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
Z Z 1/2 Z 1/2
2 2
fv ≤ f v ≤ ||f ||L2 (Ω) ||v||H 1 (Ω) ≤ C ||f ||L2 (Ω) ||v||H 1 (Ω)
0
Ω Ω Ω
car p ≥ α presque partout. Comme α > 0, a est bien coercitive (de module de coercitivité α).
C’est ici que l’on voit l’intérêt d’avoir choisi pour produit scalaire sur H01 (Ω) le produit scalaire
L2 (Ω) des gradients et non le produit scalaire de H 1 (Ω).
D’après le théorème de Lax-Milgram, il existe donc une unique solution au problème variationnel.
203
D’autre part, on a a(u, v) = a(v, u) pour tout u ∈ H01 (Ω) et tout v ∈ H01 (Ω), donc le théorème
de Lax-Milgram affirme encore que la solution u du problème variationnel est caractérisée par
devient donc
x x 1 x
− 2 + f ′ (v( )) v ′ ( ) = 0,
t t t t
soit x x x
− + f ′ (v( )) v ′ ( ) = 0.
t t t
Si v ′ 6= 0, v doit donc vérifier
f ′ (v(ξ)) = ξ
pour tout ξ ∈ R. Or on a supposé f α-convexe, donc strictement convexe, donc f ′ est strictement
croissante et f ′ est inversible. La fonction v est donc donnée par
−1
v(ξ) = f ′ (ξ) ∀ξ ∈ R.
De plus, l’α-convexité de f implique que f ′ est une bijection de R dans R, donc il en est de
même de (f ′ )−1 et on en déduit que
d’où les limites de v demandées dans la question. Et il existe a et b réels tels que v(a) = uG et
v(b) = uD .
b) Montrons d’abord que la solution définie ici vérifie une inégalité d’Oleinik. Cette fonction
est continue, presque partout dérivable par rapport à x et sa dérivée vaut 0 si x/t < a, 0 si
x/t > b. Si a < x/t < b, on a
1 ′ x 1 ′ −1 ′ x 1 1
∂x u(t, x) = v ( ) = f ( )= .
t t t t t f ′′ (f ′ )−1 ( x )
t
1
∂x u(t, x) ≤
αt
si x/t ∈]a, b[. Donc la solution autosimilaire vérifie une inégalité d’Oleinik (cf. le partiel du 19
avril 2005 concernant le majorant de ∂x u(t, x)).
Montrons que u est solution faible. Cela revient à montrer que pour tout ϕ ∈ Cc∞ (R+ × R)
Z Z Z
u∂t ϕ + f (u)∂x ϕ dx dt = − u0 (x)ϕ(0, x) dx
R+ R R
Z 0 Z +∞
=− uG ϕ(0, x) dx − uD ϕ(0, x) dx. (5.27)
−∞ 0
Or
Z Z at Z Z
uG ∂t ϕ dx dt = uG ∂t ϕ1]−∞,at] (x) dx dt
R+ −∞ R+ R
Z 0 Z Z +∞ Z
= uG ∂t ϕ1[0,+∞] (t) dt dx + uG ∂t ϕ1[x/a,+∞] (t) dt dx
−∞ R+ 0 R+
Z 0 Z +∞
=− uG ϕ(0, x) dx − uG ϕ(x/a, x) dx
−∞ 0
D’autre part, a est tel que (f ′ )−1 (a) = uG et b tel que (f ′ )−1 (b) = uD . Donc
Z +∞ Z x/a −1 x
f′ ( )∂t ϕ(t, x) dt dx
0 x/b t
Z Z +∞ Z x/a
+∞
x ′ −1 ′ x
= uG ϕ(x/a, x) − uD ϕ(x/b, x) dx + f ( )ϕ(t, x) dt dx.
0 0 x/b t2 t
De plus,
Z Z
−1 x
bt
f f′
( ) ∂x ϕ(t, x) dx dt
R+ at t
Z h ix=bt Z bt 1 ′ x
′ −1 x ′ ′ −1 x ′ −1
= f f ( ) ϕ(t, x) − f f ( ) f ( )ϕ(t, x) dx dt
R+ t x=at at t t t
Z Z Z bt
x ′ x
′ −1
= f (uD )ϕ(t, bt) − f (uG )ϕ(t, at) dt − 2
f ( )ϕ(t, x) dx dt.
R+ R+ at t t
Ainsi, le membre de gauche de l’équation (5.27) est égal à
Z 0 Z +∞ Z +∞ Z +∞
− uG ϕ(0, x) dx − uG ϕ(x/a, x) dx + uD ϕ(x/b, x) dx − uD ϕ(0, x) dx
−∞ 0 0 0
Z Z Z
+∞
x ′ −1 ′ x
x/a
+ uG ϕ(x/a, x) − uD ϕ(x/b, x) dx + 2
f ( )ϕ(t, x) dt dx
0 R+ x/b t t
Z Z bt
x ′ x
′ −1
− 2
f ( )ϕ(t, x) dx dt,
R+ at t t
206 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
ou encore
Z 0 Z +∞
− uG ϕ(0, x) dx − uD ϕ(0, x) dx
−∞ 0
Z Z x/a
x ′ −1 ′ x x ′ −1 ′ x
+ f ( )ϕ(t, x) − f ( )ϕ(t, x) dt dx.
R+ x/b t2 t t2 t
Ainsi u est bien une solution faible de l’équation de Burgers. Ce résultat est bien sûr encore vrai
pour a < 0.
c) L’équation de Burgers (f (u) = u2 /2) est 1-convexe, elle est bien dans le cadre de cet
exercice. Elle est telle que f ′ (u) = u, donc (f ′ )−1 (u) = u et l’équation de la solution autosimilaire
est
v(ξ) = ξ.
Pour uG = 0 et uD = 1, on a donc
0 si x < 0,
u(t, x) = x ∀t > 0.
t si 0 ≤ x ≤ t,
1 si x > t,
C’est la solution que nous avons appelée ≪ détente ≫ dans le cours. De manière générale, une
telle solution autosimilaire s’appelle détente pour des équations scalaires quelconques.
Exercice 3.
L’unique solution faible de cette équation est donnée par
u(t, x) = u0 (x − t).
Le schéma utilisé ici porte le nom de schéma décentré amont (upwind en anglais).
1) On écrit
n+1 n ∆t ∆t n
uj = uj 1 − + u .
∆x ∆x j−1
Sous la condition (de Courant-Friedrichs-Lewy) 0 ≤ ∆t/∆x ≤ 1, un+1
j est donc une combinaison
n
convexe des uj et on a
inf unj ≤ un+1
j ≤ sup unj .
j∈Z j∈Z
2) a) Comme on l’a fait en cours pour l’équation de la chaleur discrétisée par des méthodes de
différences finies, en faisant des développements limités de la solution u(t, x) (qui est de classe
Cb3 (R+ × R) puisque la condition initiale est aussi régulière), on trouve
Puisque u ∈ Cb3 (R+ × R), le schéma est consistant d’ordre 1 en temps et en espace. Il existe
C ∈ R tel que
εnj (u) ≤ C(∆t + ∆x)
pour ∆t et ∆x assez petits.
b) On a
∆t ∆t n
en+1 = u n
j 1 − + u − u(n∆t, j∆x) − (u((n + 1)∆t, j∆x) − u(n∆t, j∆x))
j
∆x ∆x j−1
n ∆t ∆t n ∆t
= uj 1 − + uj−1 − u(n∆t, j∆x) − ∆tεnj (u) + (u(n∆t, j∆x) − u(n∆t, (j − 1)∆x))
∆x ∆x ∆x
n ∆t ∆t n
= ej 1 − + e − ∆tεnj (u).
∆x ∆x j−1
On en déduit que sous la condition de CFL,
n
X
en+1
j ≤ sup e0j + ∆tεkj (u) ≤ n∆tC(∆t + ∆x)
j∈Z k=0
où C est la constante introduite dans la réponse précédente. Le schéma est donc convergent
(pour des données initiales dans Cb3 (R)) et d’ordre 1 en temps et en espace.
3) En reprenant l’expression de l’erreur de consistance (5.28) (où l’on avait pris soin de garder
explicitement les termes d’ordre 1), et en remarquant que ∂t u = −∂x u entraı̂ne ∂t,t2 u = −∂ 2 u
t,x
2 u = −∂ 2 u, et donc que ∂ 2 u = ∂ 2 u, on a
et ∂x,x x,t t,t x,x
∆t − ∆x 2
εnj (u) = ∂x,x u(n∆t, j∆x) + O(∆t2 + ∆x2 ).
2
On en déduit facilement que l’erreur de consistance du schéma vis à vis de l’équation de
transport-diffusion ∂t u + ∂x u = (∆x − ∆t)/2∂x,x 2 u est O 2 (∆t2 + ∆x2 ) : le schéma est donc
consistant à l’ordre 2 avec une équation de transport-diffusion dont le coefficient de diffusion est
κ = (∆x − ∆t)/2.
On peut noter que sous la condition de CFL, le coefficient de diffusion est positif (d’où la stabi-
lité de la solution, cf. l’équation de la chaleur en temps positif), alors que s’il est négatif, il tend
à faire ≪ exploser ≫ la solution en temps fini (équation de la chaleur avec coefficient négatif, ou
équation de la chaleur rétrograde en temps). Une autre remarque possible est que si ∆t = ∆x
(autorisé par la condition de CFL, le terme de diffusion est nul. D’ailleurs, lorsque l’on remplace
dans le schéma ∆t par ∆x, il devient
un+1
j = unj
208 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Or, puisque justement ∆t = ∆x, la solution exacte vérifie elle aussi u(n∆t, j∆x) = u0 ((j−n)∆x).
Ainsi, l’erreur est nulle, le schéma est exact. Cette propriété n’est pas intéressante dans la pra-
tique car les équations de transport de la physique que l’on cherche à résoudre de manière ap-
prochée ne sont pas à vitesse constante ! Il ne faut pas perdre de vue que la résolution numérique
de l’équation de transport à vitesse constante est purement académique puisque l’on en connaı̂t
la solution exacte. Cependant, on peut noter que le coefficient de diffusion est d’autant plus
grand que ∆t est petit devant ∆x (et ceci est le cas même pour des équations de transport
plus compliquées). Pour avoir une bonne solution numérique, il faut en général choisir un pas
de temps le plus grand possible. . . Sous les contraintes de stabilité de CFL.
4) a) On démontre la formule par récurrence sur n. Pour n = 0, elle est vraie. Supposons qu’elle
est vraie pour l’entier n et calculons les un+1
j .
n+1
– Pour j < 0, on a uj = 0 − ∆t/∆x(0 − 0) = 0.
– Pour 0 ≤ j ≤ n, on a
un+1
j = Cnj ν j (1 − ν)n−j − ν Cnj ν j (1 − ν)n−j − Cnj−1 ν j−1 (1 − ν)n−j+1
n! j n−j n!
= ν (1 − ν) −ν ν j (1 − ν)n−j
j!(n − j)! j!(n − j)!
n! j−1 n−j+1
− ν (1 − ν)
(j − 1)!(n − j + 1)!
n! j n−j j
= ν (1 − ν) 1 − ν + (1 − ν)
j!(n − j)! n−j+1
n! n−j +1+j
= ν j (1 − ν)n−j (1 − ν)
j!(n − j)! n−j +1
(n + 1)! j
= ν j (1 − ν)n+1−j = Cn+1 ν j (1 − ν)n+1−j .
j!(n + 1 − j)!
j
– Si j = n + 1, un+1
j = 0 − ν(0 − ν n ) = ν j = Cn+1 ν j (1 − ν)n+1−j .
– Si j > n + 1, un+1
j = 0.
Le résultat est démontré.
b) On remarque que puisque ν = ∆t/∆x, on a
1 (j−nν)2 ∆x (j∆x−n∆t)2
− 2nν(1−ν) − 2n∆t(∆x−∆t)
p e =p e ,
2πnν(1 − ν) 2πn∆t(∆x − ∆t)
cela prouve le résultat pour tout n ∈ N et j ∈ {0, . . . , n}. Il reste à le montrer pour j < 0 et
j > n.
Si j < 0, unj = 0 et
2
1 − (j−nν) − νn
p e 2nν(1−ν) ≤ e 2(1−ν)
2πnν(1 − ν)
209
si n est assez grand, donc le résultat est trivial car ν > 0 et 1 − ν > 0.
Si j > n,
2
1 − (j−nν) (1−ν)n
p e 2nν(1−ν) ≤ e− 2ν
2πnν(1 − ν)
si n est assez grand, donc le résultat est trivial car 1 − ν > 0 et ν > 0.
c) Par translation, on a, pour une donnée initiale discrète u0j = δk (j),
0 si j < k,
n
uj = Cnj−k ν j−k (1 − ν)n−j+k si 0 ≤ j − k ≤ n,
0 si j > n + k.
P
Donc, pour u0j = k u0k δk (j), par linéarité du schéma, on a
X
unj = u0k Cnj−k ν j−k (1 − ν)n−j+k 10≤j−k≤n
k∈Z
X 2
∆x − ((j−k)∆x−n∆t) 1
= p e 2n∆t(∆x−∆t) 1+O ∀n ∈ N, ∀j ∈ Z.
k∈Z
2πn∆t(∆x − ∆t) n1/2
Avec les mêmes notations que dans le cours, on définit une approximation discrète
n∈{0,...,N }
unj j∈{0,...,J+1}
et les vecteurs
uk1
.
Uk = .
.
ukJ
pour k = n − 1, n, n + 1.
b) En posant !
Un
Vn = ,
U n−1
211
2) On considère le problème
( 2
∂t u(t, x) + ∂x u2 (t, x) = 0 pour (t, x) ∈ R+ × R,
u(0, ·) = u0 ∈ C 1 (R) ∩ L∞ (R)
′
avec u0 ∈ L∞ (R).
a) Rappeler la valeur du ≪ temps d’existence ≫ T > 0 de la solution régulière de cette EDP.
b) Pour x0 ∈ R, soit Y (t) = x0 + tu0 (x0 ). Posons, pour t < T , w(t) = ∂x u(t, Y (t)). Montrer
que
w′ (t) = −w2 (t) ∀t < T.
Trouver l’expression de w(t) et montrer que w(t) ≤ 1/t pour tout t ∈]0, T [. En déduire que
1
∂x u(t, x) ≤ ∀x, ∀t ∈]0, T [.
t
3) On considère le problème
(
∂t u(t, x) + ∂x f (u)(t, x) = 0 pour (t, x) ∈ R+ × R,
u(0, ·) = u0 ∈ C 1 (R) ∩ L∞ (R)
212 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
′
avec u0 ∈ L∞ (R) et f ∈ C 2 (R). Rappeler la valeur du ≪ temps d’existence ≫ T > 0 de la solution
régulière de cette EDP. Montrer que
1
∂x f ′ (u)(t, x) ≤ ∀x, ∀t ∈]0, T [.
t
On pourra pour cela multiplier ∂t u et ∂x f (u) par une fonction de u ad hoc.
Exercice 3.
Soit λ ∈ R. On considère le problème aux dérivées partielles
2 ∗
∂t u − ∂x,x u = λu pour (t, x) ∈ R+ ×]0, 1[,
u(t, 0) = u(t, 1) = 0 pour t ∈ R∗+ ,
u(0, ·) = u0 ∈ L2 (]0, 1[).
Montrer que ce problème admet une unique solution. On pourra pour cela se ramener à un
problème connu via un changement d’inconnue.
213
Exercice 1.
1) On veut évaluer
où chacune des sous-matrices de M exprimées ci-dessus est une matrice de MJ (R). On pose
−1
2∆t
B = 3I + ∆x 2A .
c) On cherche V ∈ R2J et µ ∈ R tels que M V = µV . Posons V = (V1 , V2 )T avec V1 , V2 ∈ RJ .
L’équation devient (
4BV1 − BV2 = µV1 ,
V1 = µV2 .
Cela est équivalent à (
(4µ − 1)BV2 = µ2 V2 ,
V1 = µV2 .
V2 est donc un vecteur propre de B. Soit β ∈ R la valeur propre associée. Le problème à résoudre
est équivalent à :
BV2 = βV2 ,
(4µ − 1)βV2 = µ2 V2 ,
V1 = µV2 .
µ est une valeur propre de M si et seulement s’il existe une valeur propre β de B telle que
µ2 − 4βµ + β = 0.
d) Le discriminant ∆ de l’équation du second degré µ2 − 4βµ + β = 0 vaut 4β(4β − 1). Les
racines (complexes a priori) de cette équation sont donc
p
2β + β(4β − 1)
p
et 2β − β(4β − 1).
On veut montrer que toutes ces racines sont de module strictement inférieur à 1. On remarque
que toutes les valeurs propres de A sont strictement positives. Les valeurs propres de B sont les
1
βj = 2∆t
, j = 1, . . . , J.
3+ α
∆x2 j
1
Elles sont donc de la forme 3+a avec a ∈ R∗+ puisque ∆t > 0 et ∆x > 0. Les valeurs propres de
M s’écrivent donc s
2 1 4
µ= ± −1 ,
3+a 3+a 3+a
soit √
2 1−a
µ= ± , avec a > 0.
3+a 3+a
Donc √
2 + | 1 − a|
|µ| ≤ .
3+a
215
√ p √
Or 1 − a = |1 − a| < 1 + a < 1 + a pour a > 0, donc le résultat est démontré. Le
schéma de Gear est stable au sens de Von Neumann.
Remarque 49
On est tenté d’en déduire la convergence du schéma (par application du théorème de Lax,
puisqu’il est consistant et stable). Ceci serait un peu trop rapide, car, la matrice M n’étant
pas symétrique, ||M ||2 6= ρ(M ). Le raisonnement correct est le suivant. Puisque ρ(M ) < 1,
(M n )n∈N est une suite de matrices convergeant vers 0 ∈ M2J (R). Donc, il existe C ∈ R tel que
||M n ||2 ≤ C pour tout n ∈ N. Avec l’aide du cours, on en déduit la stabilité du schéma. Le
théorème de Lax permet de conclure.
Exercice 2.
1) a) D’après le cours, l’unique solution régulière de ce problème d’EDP est
et finalement
v ′ (t) = −∂x a(t, X(t))v(t).
Remarque 50
On a implicitement supposé la régularité de v, c’est-à-dire de ∂x u. Cette régularité est constaté
a posteriori pour la solution de l’EDO ci-dessus.
2) a) D’après le cours, il existe une unique solution régulière pour t ∈ [0, T [ avec
0′
+ ∞ si inf u (x) ≥ 0,
x∈R
T = −1
sinon.
inf x∈R u0 ′ (x)
b) Les solutions régulières de l’équation de Burgers vérifient
∂t u + u∂x u = 0.
216 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Elles sont donc transportées à (leur propre) vitesse u. En appliquant la formule rappelée à la
question 1), on a
u(t, x) = u0 (Z(0, t, x))
où Z vérifie (
∂1 Z(s, t, x) = u(s, Z(s, t, x)),
Z(t, t, x) = x.
De plus, comme u(s, Z(s, t, x)) ne dépend pas du temps s, u(s, Z(s, t, x)) = u0 (Z(0, t, x)) et la
pente des caractéristiques est constante (tout ceci a été vu en détails en cours). La fonction
Y (t) = x0 + tu0 (x0 ) est la caractéristique issue de x0 à t = 0. D’après la question précédente
(avec a(t, x) = u(t, x)) on a
(qui est bien défini si t < T ). On en déduit que w(t) ≤ 1/t (pour t < T ) car
– si w(0) ≤ 0, w(t) ≤ 0 ≤ 1/t ;
– si w(0) > 0, w(t) ≤ 1/t.
C’est une inégalité de type Oleinik.
3) a) D’après le cours, il existe une unique solution régulière pour t ∈ [0, T [ avec
′′ 0 0′
+ ∞ si inf f (u (x))u (x) ≥ 0,
x∈R
T = −1
sinon.
inf x∈R f ′′ (u0 (x))u0 ′ (x)
Tant que la solution est régulière (i.e. tant que t < T ), elle vérifie
∂t u + f ′ (u)∂x u = 0.
Donc
f ′′ (u)∂t u + f ′ (u)f ′′ (u)∂x u = 0.
′ (u)2
Or f ′′ (u)∂t u = ∂t f ′ (u) et f ′ (u)f ′′ (u)∂x u = f ′ (u)∂x f ′ (u) = ∂x f 2 . La nouvelle inconnue
v(t, x) = f ′ (u)(t, x) vérifie donc le problème de Burgers
v2
∂t v + ∂x = 0,
2
v(0, ·) = f ′ ◦ u0 .
217
D’après la question précédente, il existe une unique solution régulière au problème pour t ∈ [0, T [
où
0′
+ ∞ si inf v (x) ≥ 0,
x∈R
T = −1
sinon,
inf x∈R v 0 ′ (x)
c’est-à-dire
′′ 0 0′
+ ∞ si inf f (u (x))u (x) ≥ 0,
x∈R
T = −1 = T.
sinon.
inf x∈R f ′′ (u0 (x))u0 ′ (x)
En appliquant le résultat obtenu à la question 2)b) on a bien
1
∂x f ′ ◦ u (t, x) ≤ ∀t ∈ [0, T [.
t
Exercice 3.
Soit u une solution du problème considéré. Posons v(t, x) = u(t, x)e−λt . Cette fonction vérifie
2 ∗
∂t v − ∂x,x v = 0 pour (t, x) ∈ R+ ×]0, 1[,
v(t, 0) = v(t, 1) = 0 pour t ∈ R∗+ ,
v(0, ·) = u0 ∈ L2 (]0, 1[).
Ce problème (équation de la chaleur) admet une unique solution, donc le problème de l’exercice
admet au plus une solution. Pour l’existence, on suit le chemin inverse. On considère v solution
de l’équation de la chaleur ci-dessus (il existe une telle fonction). On pose u(t, x) = v(t, x)eλt .
On vérifie aisément que u est solution du problème de l’énoncé.
218 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Exercice 1.
On rappelle que H02 (]0, 1[), fermeture de D(]0, 1[) dans H 2 (]0, 1[), est égal à l’espace
où f est une fonction donnée dans L2 (]0, 1[) et c est une fonction donnée dans C 0 ([0, 1]).
1) Montrer que ce problème est équivalent à un problème variationnel possédant une unique
solution. On sera pour cela amené à faire des hypothèses sur c. Qu’elles soient le plus faibles
possible !
2) Exprimer le problème comme un problème de minimisation.
3) Montrer que cette solution u est dans H 4 (]0, 1[). Pour cela, on pourra procéder comme suit.
– Montrer que u, u′ , u′′ , u′′′′ ∈ L2 (]0, 1[) ;
– montrer que u′′′ est une fonction de L2 (]0, 1[) que l’on définira. On rappelle qu’une distri-
bution dont la dérivée est la distribution nulle est identifiable à une fonction constante.
Exercice 2.
1) On considère la solution de l’équation de la chaleur avec des conditions de Dirichlet homogènes
sur [0, 1] :
2
∂t uκ = κ∂x,x uκ ∀(t, x) ∈ R+ ×]0, 1[,
uκ (0, ·) = u0 ,
uκ (t, 0) = uκ (t, 1) = 0
puis que
lim uκ (t, ·) = 0 dans L2 (]0, 1[) et que lim uκ (t, ·) = 0 dans L2 (]0, 1[) pour tout t ∈ R∗+ .
t→+∞ κ→+∞
Exercice 3.
On considère le schéma de Lax-Friedrichs pour l’équation d’advection à vitesse constante dans
R ∂t u + a∂x u = 0 avec une donnée initiale u0 ∈ Cb4 (R) :
n n
n+1 uj−1 + uj+1 a∆t n
uj = − uj+1 − unj−1 , ∀j ∈ Z, n ∈ N,
2 2∆x
u0 = u0 (j∆x) ∀j ∈ Z,
j
avec les notations habituelles. Dans cet exercice, la notion de convergence est à comprendre au
sens de la norme || · ||∞ discrète.
1) a) Donner α ∈ R tel que le schéma est consistant au sens des différences finies avec l’équation
d’advection si et seulement si le rapport ∆xα /∆t tend vers 0 lorsque ∆x tend vers 0.
b) Montrer que ce schéma est convergent sous cette condition et une condition habituelle.
Quel est l’ordre de convergence si ∆t = ∆xβ pour β ∈]0, α[ ?
2) On s’intéresse maintenant au comportement de la solution discrète lorsque la condition ci-
dessus n’est pas vérifiée. On suppose que ∆t = λ∆xα avec λ ∈ R∗+ .
a) Montrer que le schéma est consistant avec
1 2
∂t u + a∂x u = ∂ u.
2λ x,x
Quel est l’ordre de consistance ?
b) Montrer que la solution discrète converge vers la solution de
1 2
∂t u + a∂x u = ∂ u,
2λ x,x
en admettant l’existence d’une solution (régulière) à cette équation.
3) (Question subsidiaire) À quoi peut-on s’attendre lorsque ∆t = λ∆xβ avec λ ∈ R∗+ et β > α ?
220 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Exercice 4.
Calculer la solution (vérifiant une inégalité d’Oleinik) de
u2
∂t u + ∂x = 0 ∀(t, x) ∈ R+ × R,
2
3 si x ≤ 0,
u(0, x) = 1 si 0 < x ≤ 1,
0 si 1 < x.
221
Exercice 1.
Pour tout ϕ ∈ D(]0, 1[), la solution u ∈ D ′ (]0, 1[) du problème vérifie
Z 1 Z 1
′′ ′′
u ϕ + cuϕ = fϕ
0 0
et, par densité de D dans H02 , cette inégalité est vérifiée pour tout ϕ ∈ H02 (]0, 1[). Ceci nous
conduit à réécrire le problème sous la forme
u ∈ H02 (]0, 1[) et a(u, v) = l(v) pour tout v ∈ H02 (]0, 1[), (5.30)
R1 R1
en posant a(u, v) = 0 u′′ v ′′ + cuv et l(v) = 0 f v.
Montrons que ce problème admet une unique solution.
R 1/2
1
– H02 (]0, 1[) est un espace de Hilbert pour la norme |v|H02 = 0 v ′′ 2 qui est une norme
équivalente à la norme de H 2 (]0, 1[) en vertu de l’inégalité de Poincaré.
– l est une forme linéaire continue :
|a(u, v)| ≤ ||u′′ ||L2 ||v ′′ ||L2 + ||c||L∞ ||u||L2 ||v||L2 ≤ (1 + ||c||L∞ )||u||H 2 ||v||H 2
a(u, u) ≥ |u|2H 2
0
3) Comme u ∈ H 2 (]0, 1[), on a u, u′ , u′′ ∈ L2 (]0, 1[). D’autre part, on a, au sens des distributions,
u′′′′ = f − cu, donc u′′′′ ∈ L2 (]0, 1[). Il reste à montrer que u′′′ ∈ L2 (]0, 1[) pour être sûr que
u ∈ H 4 (]0, 1[). Posons Z x
w(x) = u′′′′ (x) dx
0
(w est un candidat à la représentation de u′′′ , à une constante près). Montrons que w ∈ L2 (]0, 1[).
On a
Z 1 Z 1 Z x 2 Z 1 Z x
′′′′ 2
2
w = u (y) dy dx ≤ x u′′′′ (y) dy dx
0 0 0 0 0
Z 1Z 1 Z 1
′′′′ 2 2
≤ u (y) dy dx = u′′′′ (y) dy < +∞.
0 0 0
Donc w ∈ L2 (]0, 1[). Montrons maintenant que u′′′ = w à une constante près. Pour cela, on
considère la distribution u′′′ − w, dont on va montrer que la dérivée est la distribution nulle. Soit
ϕ ∈ D(]0, 1[).
En utilisant le résultat rappelé dans l’énoncé, on en déduit que la distribution u′′′ − w est
identifiable à une fonction constante. Donc il existe une constante C telle que u′′′ peut être
représentée par la fonction C + w ∈ L2 (]0, 1[). Donc u ∈ H 4 (]0, 1[) : c’est une solution forte L2
du problème.
Exercice 2.
1) a) On sait d’après le cours que pour tout t > 0, uκ (t, ·) ∈ Cb∞ ([0, 1]). Donc uκ (t, ·) ∈ H 1 (]0, 1[).
b) En multipliant l’EDP par uκ et en intégrant entre 0 et 1, il vient
Z 1 Z 1
2 2
∂t uκ (t, x) dx = 2κ uκ (t, x)∂x,x uκ (t, x) dx
0 0
pour une certaine constante C (en fait, C = 1 ici !). Ceci donne directement l’inégalité demandée.
Le lemme de Gronwall permet alors de conclure que
2κ
||uκ (t, ·)||2L2 (]0,1[) ≤ ||uκ (0, ·)||2L2 (]0,1[) e− C t ,
223
lim ∂x uκ (t, ·) = 0 dans L2 (]0, 1[) et lim ∂x uκ (t, ·) = 0 dans L2 (]0, 1[) pour tout t ∈ R∗+ ,
t→+∞ κ→+∞
d’où l’idée que uκ (t, ·) converge vers une constante. D’autre part, puisque uκ vérifie des conditions
aux limites de Neumann homogènes, on a, en intégrant l’EDP entre 0 et 1,
Z 1
∂t uκ (t, x) dx = 0
0
(le problème est conservatif). La constante en question doit donc être la moyenne de u0 . Montrons
R1
cela rigoureusement. Posons m = 0 u0 (x) dx. On a
Z 1 Z 1
2
∂t (uκ (t, x) − m) dx = 2 (uκ (t, x) − m)∂t (uκ (t, x) − m) dx
0 0
Z 1 Z 1 Z 1
=2 (uκ (t, x) − m)∂t uκ (t, x) dx = 2 uκ (t, x)∂t uκ (t, x) dx − m ∂t uκ (t, x) dx
0 0 0
Z 1 Z 1
=2 uκ (t, x)∂t uκ (t, x) dx = −2 (∂x uκ (t, x))2 dx.
0 0
Cependant, uκ (t, ·) ∈/ H01 (]0, 1[), donc on ne peut pas invoquer ici l’inégalité de Poincaré pour
terminer. En fait, il existe une inégalité plus générale que celle de Poincaré, l’inégalité de Poin-
caré-Wirtinger : il existe une constante C telle que pour toute fonction u ∈ H 1 (]0, 1[),
où u désigne la moyenne de u. Cette inégalité est vraie en dimension quelconque sur un ouvert
R
connexe de classe C 1 , avec u = 1/mes(Ω) Ω u. En appliquant cette inégalité, on obtient
Z 1 Z 1
2 2
∂t (uκ (t, x) − m) dx ≤ − 2 (uκ (t, x) − m)2 dx,
0 C 0
et ainsi Z 1 Z 1 Z x 2
2
(uκ (t, x) − uκ (t, x(t)) dx = ∂x uκ (t, y) dy dx,
0 0 0
et on en déduit par des majorations identiques à celles de l’exercice 1, question 3), que
Z 1 Z 1
(uκ (t, x) − uκ (t, x(t))2 dx ≤ (∂x uκ (t, x))2 dx.
0 0
un+1
j − unj unj+1 − unj−1 1
+a = unj+1 − 2unj + unj−1 .
∆t 2∆x 2∆t
Or, la solution étant régulière, on a
u((n + 1)∆t, j∆x) − u(n∆t, j∆x)
= ∂t u(n∆t, j∆x) + O(∆t),
∆t
u(n∆t, (j + 1)∆x) − u(n∆t, (j − 1)∆x)
= ∂x u(n∆t, j∆x) + O(∆x2 ),
2∆x
et
c’est-à-dire que α = 2.
b) Le schéma étant linéaire, l’erreur vérifie
enj−1 + enj+1 a∆t n
en+1
j = − ej+1 − enj−1 − ∆tǫnj
2 2∆x
où ǫnj est l’erreur de consistance. Donc
en+1
j = enj−1 (1/2 + a∆t/(2∆x)) + enj+1 (1/2 − a∆t/(2∆x)) − ∆tǫnj ,
225
pour la norme || · ||∞ . Donc, si ∆x2 /∆t tend vers 0 lorsque ∆x tend vers 0, le schéma est
convergent sur [0, T ] × R pour tout T ∈ R∗+ . On a plus précisément
∆x2 ∆x2−β
||en+1 || ≤ O(∆t + ∆x2 ) + C = O(∆xβ + ∆x2 ) + C
2∆t 2λ
où C est une constante majorant les dérivées secondes en espace de la solution u. Le schéma est
donc d’ordre min(β, 2 − β).
2) On suppose maintenant que ∆t = λ∆x2 .
a) Le calcul de l’erreur de consistance fait à la question 1) a) montre que le schéma est ici
consistant à l’ordre 1 en temps et 2 en espace avec l’équation
∆x2 2 1 2
∂t u + a∂x u = ∂x,x u = ∂ u.
2λ∆x 2 2λ x,x
b) Par linéarité, l’erreur vérifie
en+1
j = enj−1 (1/2 + a∆t/(2∆x)) + enj+1 (1/2 − a∆t/(2∆x)) − ∆tǫnj .
La condition de stabilité de Courant-Friedrichs-Lewy (assurant que en+1 j + ǫnj est une combinai-
son convexe des enj ) est automatiquement vérifiée pour ∆x suffisamment petit. On en déduit la
convergence du schéma, vers l’équation avec laquelle il est consistant.
3) Si ∆t est de l’ordre de ∆xβ avec β > 2, le ≪ coefficient de diffusion équivalent ≫ de l’équation
tend vers +∞ lorsque ∆x tend vers 0. On peut donc s’attendre 5 à ce que la solution numérique
ait le même comportement que la solution d’une équation de transport-diffusion dont le co-
efficient de diffusion tendrait vers +∞. On pourrait montrer que, pour une donnée initiale
intégrable, cette solution tend vers 0 (cf. l’exercice 2 pour le cas d’un domaine borné).
Exercice 4.
Cette condition initiale est composée de 2 discontinuités décroissantes, des solutions-choc sont
donc admissibles (au sens d’Oleinik). Le choc entre 3 et 1 se déplace à vitesse 2 et celui entre 1
et 0 à vitesse 1/2, d’après les relations de Rankine-Hugoniot appliquées à l’équation de Burgers.
La position du choc de gauche au temps t est donc 2t, et celle du choc de droite 1 + t/2. Le choc
de gauche, plus rapide, va ≪ rattraper ≫ celui de droite lorsque 1 + t/2 = 2t, c’est-à-dire t = 2/3.
Leur position sera alors 4/3. La solution sera à cet instant composée d’une discontinuité passant
5. Et l’on a raison de s’attendre à cela ! Ce résultat est cependant un peu délicat à montrer.
226 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
de 3 à 0 en x = 4/3 et devra développer un choc se déplaçant à vitesse 3/2 (d’après les relations
de Rankine-Hugoniot). Cela raisonnement nous conduit à proposer pour solution
3 si x ≤ 2t,
1 si 2t < x ≤ 1 + t/2, si t ≤ 2/3,
u(t, x) = 0 si 1 + t/2 ≤ x,
(
3 si x ≤ 4/3 + 3(t − 2/3)/2,
si 2/3 < t.
0 si 4/3 + 3(t − 2/3)/2 < x,
On vérifie sans peine que c’est bien une solution faible. Soit ϕ ∈ Cc∞ ([0, +∞[×R). On veut
montrer que
Z Z Z Z Z 1
2
u∂t ϕ + u /2∂x ϕ = − u(0, ·)ϕ(0, ·) = −3 ϕ(0, x) dx − ϕ(0, x) dx.
R+ R R R− 0
Or
Z Z Z 2/3 Z 2t
2
u∂t ϕ + u /2∂x ϕ = 3∂t ϕ(t, x) + 9/2∂x ϕ(t, x) dx dt
R+ R 0 −∞
Z 2/3 Z 1+t/2
+ ∂t ϕ(t, x) + 1/2∂x ϕ(t, x) dx dt
0 2t
Z +∞ Z 1/3+3t/2
+ 3∂t ϕ(t, x) + 9/2∂x ϕ(t, x) dx dt.
2/3 −∞
Or, on a
1[0,2/3] (t)1]−∞,2t] (x) = 1]−∞,4/3] (x)1[max(0,x/2),2/3] (t),
1[0,2/3] (t)1]2t,1+t/2] (x) = 1]0,4/3] (x)1[max(0,2(x−1)),x/2] (t),
1[2/3,+∞[ (t)1]−∞,1/3+3t/2] (x) = 1[max(2/3,2(x−1/3)/3),+∞[ (t).
donc
Z Z Z 4/3 Z 0 Z 4/3
2
u∂t ϕ + u /2∂x ϕ = 3 ϕ(2/3, x) dx − 3 ϕ(0, x) dx − 3 ϕ(x/2, x) dx
R+ R −∞ −∞ 0
Z 2/3
+ 9/2 ϕ(t, 2t) dt
0
Z 4/3 Z 1 Z 4/3 Z 2/3
+ ϕ(x/2, x) dx − ϕ(0, x) dx − ϕ(2(x − 1), x) dx + 1/2 ϕ(t, 1 + t/2) − ϕ(t, 2t) dt
0 0 1 0
Z 4/3 Z +∞ Z +∞
−3 ϕ(2/3, x) dx − 3 ϕ(2/3(x − 1/3), x) dx + 9/2 ϕ(t, 1/3 + 3t/2) dt.
−∞ 4/3 2/3
On a ainsi
Z Z Z 0 Z 4/3 Z 2/3
2
u∂t ϕ + u /2∂x ϕ = −3 ϕ(0, x) dx − 3 ϕ(x/2, x) dx + 9/2 ϕ(t, 2t) dt
R+ R −∞ 0 0
Z 4/3 Z 1 Z 4/3 Z 2/3
+ ϕ(x/2, x) dx − ϕ(0, x) dx − ϕ(2(x − 1), x) dx + 1/2 ϕ(t, 1 + t/2) − ϕ(t, 2t) dt
0 0 1 0
Z +∞ Z +∞
−3 ϕ(2/3(x − 1/3), x) dx + 9/2 ϕ(t, 1/3 + 3t/2) dt,
4/3 2/3
soit
Z Z Z 0 Z 4/3 Z 4/3
2
u∂t ϕ + u /2∂x ϕ = −3 ϕ(0, x) dx − 3 ϕ(x/2, x) dx + 9/4 ϕ(x/2, x) dx
R+ R −∞ 0 0
Z 4/3 Z 1 Z 4/3 Z 4/3
+ ϕ(x/2, x) dx − ϕ(0, x) dx − ϕ(2(x − 1), x) dx + ϕ(2(x − 1), x) dx
0 0 1 1
Z 4/3 Z +∞ Z +∞
− 1/4 ϕ(x/2, x) dx − 3 ϕ(2/3(x − 1/3), x) dx + 3 ϕ(2(x − 1/2)/3, x) dx,
0 4/3 4/3
d’où, enfin, Z Z Z Z
0 1
2
u∂t ϕ + u /2∂x ϕ = −3 ϕ(0, x) dx − ϕ(0, x) dx,
R+ R −∞ 0
où u0 ∈ C 4 ([0, 1]) est une fonction donnée telle que u0 (x) ≥ 0 ∀x ∈ [0, 1] et u0 (0) = u0 (1) =
′′ ′′
u0 (0) = u0 (1) = 0.
1) Montrer que le problème (5.31) admet une unique solution u ∈ Cb1,2 ([0, T ], [0, 1]) (on pourra
s’aider de la fonction v(t, x) = u(t, x)eλt ).
2) On se propose de montrer que u vérifie un principe du maximum. On considère
max u(t, x) = U.
(t,x)∈[0,T ]×[0,1]
où v 0 ∈ C 4 ([0, 1]) est une fonction donnée telle que v 0 (x) ≥ 0 ∀x ∈ [0, 1] et v 0 (0) = v 0 (1) =
′′ ′′
v 0 (0) = v 0 (1) = 0. Déduire de ce qui précède que
pour tout n ∈ {0, . . . , N − 1} et tout j ∈ {1, . . . , J}, avec condition de bord un0 = unJ+1 = 0
J
∀n et donnée initiale u0j ∈ RJ . Le but de cet exercice est de démontrer que ce schéma est
j=1
convergent pour la norme || · ||∞ .
1) On considère ici le cas θ = 0 (schéma explicite). Soit S ∈ C 2 (R) une fonction convexe. Montrer
(par exemple en faisant un développement limité de S au point un+1 j ) que la solution numérique
vérifie
S(un+1
j ) − S(unj ) S(unj+1 ) − 2S(unj ) + S(unj−1 )
−κ ≤0
∆t ∆x2
sous une condition liant le pas de temps et le pas d’espace. On dit que le schéma explicite est
entropique.
2) On considère ici le cas θ = 1 (schéma implicite). Soit S ∈ C 2 (R) une fonction convexe. Montrer
que la solution numérique vérifie
S(un+1
j ) − S(unj ) S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 )
−κ ≤ 0,
∆t ∆x2
c’est-à-dire que le schéma implicite est entropique.
3) Soit S ∈ C 2 (R) une fonction convexe. Pour θ ∈ [0, 1], montrer que la solution du θ-schéma
vérifie
S(un+1
j ) − S(unj ) S(unj+1 ) − 2S(unj ) + S(unj−1 ) S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 )
−(1−θ)κ −θκ ≤0
∆t ∆x2 ∆x2
sous la condition κ(1 − θ)∆t/∆x2 ≤ 1/2.
4) Montrer, en choisissant des entropies S appropriées, que la solution du θ-schéma vérifie
un+1
j ≥ min unj
j∈{0,...,J+1}
et
un+1
j ≤ max unj
j∈{0,...,J+1}
(principe du maximum discret). 5) En déduire que le θ-schéma est stable pour la norme || · ||∞ .
6) En utilisant un résultat du cours, en déduire que le θ-schéma est convergent pour la norme
|| · ||∞ .
Exercice 3, équation de Burgers avec terme source.
On considère le problème
( 2
∂t u + ∂x u2 = −αu, (t, x) ∈ R+ × R,
(5.32)
u(0, x) = u0 (x).
est solution faible. Faire une remarque concernant la vitesse de propagation σ(t) de la discon-
tinuité de cette solution. Faire une remarque concernant la position de cette discontinuité en
fonction du temps, suivant les valeurs de α.
231
Exercice 1.
1) D’après un résultat démontré en cours, le problème
2
∂t v = κ∂x,x v, (t, x) ∈]0, T ] × [0, 1],
v(0, x) = v 0 (x), x ∈]0, 1[, (5.33)
v(t, 0) = v(t, 1) = 0, t ∈]0, T ],
′′ ′′
où v 0 ∈ C 4 ([0, 1]) est une fonction donnée telle que v 0 (0) = v 0 (1) = v 0 (0) = v 0 (1) = 0, admet
une unique solution v ∈ Cb1,2 ([0, T ], [0, 1]). Posons u(t, x) = v(t, x)e−λt . On vérifie facilement que
u ∈ Cb1,2 ([0, T ], [0, 1]) et est solution du problème
2
∂t u = κ∂x,x u − λu, (t, x) ∈]0, T ] × [0, 1],
u(0, x) = u0 (x), x ∈]0, 1[,
u(t, 0) = u(t, 1) = 0, t ∈]0, T ],
avec u0 = v 0 . Donc ce dernier problème admet une solution. D’autre part, s’il en admettait
deux, u1 et u2 , v1 = u1 eλt et v2 = u2 eλt seraient deux solutions distinctes du problème (5.33),
ce qui est impossible.
2) La fonction u étant continue, elle admet un maximum sur le compact [0, T ] × [0, 1].
a) On suppose ici que ce maximum, U , est atteint en (t, x) ∈]0, T [×[0, 1]. Supposons que ce
maximum soit atteint en un point tel que x = 0 ou x = 1. Alors, U = 0, donc on a bien U ≤ 0.
Sinon, il est atteint en (t, x) ∈]0, T [×]0, 1[ et une condition nécessaire de maximalité en x est
alors
∂t u(t, x) = 0,
2 u(t, x) ≤ 0.
∂x,x
2 u(t, x) ≥ 0, d’où −λu(t, x) ≥ 0 et finalement U ≤ 0. Noter que l’on a
Ainsi, ∂t u(t, x) − κ∂x,x
démontré à ce stade que U = 0.
b) On suppose ici que le maximum U est atteint en (t, x) ∈ {T } × [0, 1]. Si ce maximum est
atteint en un point tel que x = 0 ou x = 1, on a cette fois encore U = 0, donc U ≤ 0. Sinon, une
condition de maximalité est
∂t u(t, x) ≥ 0,
2 u(t, x) ≤ 0
∂x,x
2 u(t, x) ≥ 0, soit, grâce au même argument que ci-dessus,
et on a à nouveau ∂t u(t, x) − κ∂x,x
U ≤ 0.
232 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
c) On a
!
0
max u(t, x) ≤ max u(t, x) = max max u (x), sup u(t, x)
x∈[0,1] (t,x)∈[0,T ]×[0,1] x∈[0,1] (t,x)∈]0,T ]×[0,1]
≤ max max u (x), 0 = max u0 (x)
0
x∈[0,1] x∈[0,1]
Exercice 2.
1) La convexité de S implique
S(unj ) ≥ S(un+1
j ) + (unj − un+1
j )S ′ (un+1
j ),
S(unj+1 ) ≥ S(uj ) + (unj+1 − uj )S ′ (un+1
n+1 n+1
j ),
n n+1 n n+1 ′ n+1
S(uj−1 ) ≥ S(uj ) + (uj−1 − uj )S (uj ).
Donc
S(un+1
j ) − S(unj ) S(unj+1 ) − 2S(unj ) + S(unj−1 )
−κ
∆t ∆x2
S(un+1
j ) − S(unj ) ∆t S(unj+1 ) − 2S(un+1
j ) + S(unj−1 )
= 1 − 2κ − κ
∆t ∆x2 ∆x2
!
′ n+1
un+1
j − unj ∆t unj+1 − 2un+1
j + unj−1
≤ S (uj ) 1 − 2κ −κ
∆t ∆x2 ∆x2
∆t
sous la condition (classique) 2κ ∆x 2 ≤ 1, d’où le résultat.
2) La convexité de S implique
S(unj ) ≥ S(un+1
j ) + (unj − un+1
j )S ′ (un+1
j ),
S(uj+1 ) ≥ S(uj ) + (uj+1 − uj )S (un+1
n+1 n+1 n+1 n+1 ′
j ),
n+1 n+1 n+1 n+1 ′ n+1
S(uj−1 ) ≥ S(uj ) + (uj−1 − uj )S (uj ).
233
Ces inégalités de convexité donnent directement (sans condition liant les pas de temps et d’es-
pace)
S(un+1
j ) − S(unj ) S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 )
−κ ≤
∆t ∆x2 !
′
un+1
j − unj un+1 n+1
j+1 − 2uj + un+1
j−1
S (un+1
j ) −κ = 0.
∆t ∆x2
S est de classe C 2 et convexe. On a S(unj ) = 0 pour tout j ∈ {0, . . . , J + 1}, donc, en particulier,
S(0) = 0 car un0 = 0. D’autre part, S vérifie (d’après ce qui précède)
S(un+1
j ) − S(unj )
∆t
S(unj+1 ) − 2S(unj ) + S(unj−1 ) S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 )
− (1 − θ)κ − θκ ≤ 0,
∆x2 ∆x2
d’où
S(un+1
j ) S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 )
− θκ ≤ 0 ∀j ∈ {1, . . . , J}.
∆t ∆x2
On en déduit que
∆t X
J
X J
S(un+1
j ) − θκ S(un+1
j+1 ) − 2S(u n+1
j ) + S(u n+1
j−1 ) ≤ 0,
j=1
∆x2 j=1
soit
J
X ∆t
S(un+1
j ) + θκ S(u n+1
1 ) + S(un+1
J ) ≤0
j=1
∆x2
234 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
car S(un+1
0 ) = S(un+1
J+1 ) = S(0) = 0. En conséquence, puisque S est positive ou nulle,
J
X
S(un+1
j ) ≤ 0,
j=1
et comme chacun des termes de cette somme est positif ou nul, chacun de ces termes est en fait
nul, donc un+1
j ≥ v, ce qu’il fallait démontrer. L’inégalité
un+1
j ≤ max unj
j∈{0,...,J+1}
ũ′ (t) = ∂t u(t, X(t, 0, x)) + ∂1 X(t, 0, x)∂x u(t, X(t, 0, x))
= ∂t u(t, X(t, 0, x)) + u(t, X(t, 0, x))∂x u(t, X(t, 0, x))
= ∂t u(t, X(t, 0, x)) + ∂x u2 /2(t, X(t, 0, x)) = −αu(t, X(t, 0, x)).
b) On déduit de ce dernier résultat que l’EDO vérifiée par les caractéristiques est
u(0, x)
X(t, 0, x) = x + 1 − e−αt si α 6= 0,
α
X(t, 0, x) = x + u(0, x)t si α 6= 0.
235
u0 (x)
X(t, 0, x) = x + 1 − e−αt .
α
0′ ′
On a ∂3 X(t, 0, x) = 1 + u α(x) 1 − e−αt et donc ∂3 X(t, 0, x) > 0 si u0 (x) ≥ 0 pour tout x ∈ R,
′
pour tout t ≥ 0. De plus, comme u0 est borné, l’application qui à x ∈ R associe X(t, 0, x) est,
pour tout t ∈ R+ , une bijection de R dans R, dont nous notons, comme dans le cours, X(0, t, x)
l’inverse. Si u ∈ C 1 (R+ × R), on a nécessairement
(c’est ce que nous avons montré ci-dessus), ce qui exprime l’unicité de la solution régulière.
Montrons maintenant que u(t, x) = u0 (X(0, t, x))e−αt est bien solution du problème. Nous allons
calculer X(0, t, x). Posons y = X(0, t, x). On a (par définition de X(0, t, x) comme l’inverse
de la fonction qui à x associe X(t, 0, x)) X(t, 0, y) = x = y + u(0,y)
α 1 − e−αt . Or u(t, x) =
u(0, X(0, t, x))e−αt donc u(0, y) = u(t, x)eαt . Ainsi,
u(0, y) u(t, x)
X(0, t, x) = y = x − (1 − e−αt ) = x + 1 − eαt .
α α
D’autre part,
′
∂t u(t, x) = u0 (X(0, t, x))∂2 X(0, t, x)e−αt − αu(t, x)
et
′
∂x u(t, x) = u0 (X(0, t, x))∂3 X(0, t, x)e−αt ,
donc
′
∂t u(t, x) + u(t, x)∂x u(t, x) = u0 (X(0, t, x))e−αt (∂2 X(0, t, x) + u(t, x)∂3 X(0, t, x)) − αu(t, x).
∂t u(t, x)
∂2 X(0, t, x) = 1 − eαt − u(t, x)eαt
α
et
∂x u(t, x)
∂3 X(0, t, x) = 1 + 1 − eαt .
α
Donc
′
!
u0 (X(0, t, x)) −αt
(∂t u(t, x) + u(t, x)∂x u(t, x)) 1 − e 1 − eαt
α
′
!
u0 (X(0, t, x)) −αt
= −αu(t, x) 1 − e 1 − eαt ,
α
soit encore à
′
!
u0 (X(0, t, x))
(∂t u(t, x) + u(t, x)∂x u(t, x)) 1 + 1 − e−αt
α
′
!
u0 (X(0, t, x)) −αt
= −αu(t, x) 1 + 1−e ,
α
′
u0 (X(0,t,x))
et enfin, puisque 1 + α 1 − e−αt =6 0, à
On a donc
Z Z Z Z 0 Z +∞
0
u(t, x)∂t ϕ(t, x) dt dx = − u (x)ϕ(0, x) dx + αe−αt ϕ(t, x) dt dx
R R+ R −∞ 0
Z Z !
1/(2α) ∞ +∞
−αt
+ e ϕ(t, x) t=− ln(1−2αx)/α + αe−αt ϕ(t, x) dt dx
0 − ln(1−2αx)/α
Z Z 0 Z ∞
=− u0 (x)ϕ(0, x) dx + αe−αt ϕ(t, x) dt dx
R −∞ 0
Z 1/(2α) Z ∞ Z (1−e−αt )/(2α)
− (1 − 2αx)ϕ(− ln(1 − 2αx), x) dx + αe−αt ϕ(t, x) dx dt
0 0 0
Z Z +∞ Z (1−e−αt )/(2α)
=− u0 (x)ϕ(0, x) dx + αe−αt ϕ(t, x) dx dt
R 0 −∞
Z 1/(2α)
− (1 − 2αx)ϕ(− ln(1 − 2αx), x) dx.
0
Donc finalement
Z Z
u(t, x)∂t ϕ(t, x) dt dx
R R+
Z Z Z Z 1/(2α)
0
=− u (x)ϕ(0, x) dx + αu(t, x)ϕ(t, x) dx dt − (1 − 2αx)ϕ(− ln(1 − 2αx), x) dx
R R+ R 0
D’autre part,
Z Z
u2
∂x ϕ dt dx
R R+ 2
Z Z (1−e−αt )/(2α) −2αt Z
e e−2αt
= ∂x ϕ(t, x) dx dt = ϕ(t, (1 − e−αt )/(2α)) dt
R+ −∞ 2 R+ 2
Z 1/(2α)
= (1 − 2αx)ϕ(− ln(1 − 2αx), x) dx
0
(faire le changement de variable t 7→ x(t) = (1 − e−αt )/(2α)). Ceci permet de vérifier que u est
solution de l’équation faible.
d
On remarque que la vitesse de transport de la discontinuité, σ(t) = dt (1 − e−αt )/2α = e−αt /2,
vérifie la relation de Rankine-Hugoniot à tout instant t :
uL (t) + uR (t) e−αt + 0
= σ(t) =
2 2
où uL (t) et uR (t) sont les valeurs de la solution à gauche et à droite de la discontinuité.
Concernant la position de la discontinuité, (1 − e−αt )/2α, on remarque que
– si α > 0, elle converge en temps infini vers 1/(2α) : ceci est lié au fait que l’amplitude de
cette discontinuité tend vers 0 ;
– si α < 0, elle tend vers +∞ lorsque t tend vers +∞, à vitesse exponentielle : l’amplitude
de la discontinuité croı̂t elle-même exponentiellement.
238 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Exercice 1
Soit d ∈ N∗ . Soit Ω ⊂ Rd se décomposant sous la forme
Ω = Ω− ∪ Γ ∪ Ω+
avec (
1 si x ∈]0, 1/2[,
h(x) =
2 si x ∈]1/2, 1[.
1) Montrer que le système avec λ = 0 (sans second membre) est strictement hyperbolique.
2) Désormais, λ > 0. On s’intéresse à des solutions particulières du système, dites ondes pro-
gressives. Ce sont des solutions en translation à vitesse σ, c’est-à-dire des solutions de la forme
a) Montrer que (u, v) est solution onde progressive si et seulement si le couple (ũ, ṽ) corres-
pondant est solution (globale sur R) du système d’équations différentielles
− σũ′ + ṽ ′ = 0,
′ 2 ′ ũ2
− σṽ + c ũ = − ṽ
2
et vérifie
lim ũ(ξ) = uG , lim ũ′ (ξ) = 0, lim ũ(ξ) = uD , lim ũ′ (ξ) = 0,
ξ→−∞ ξ→−∞ ξ→+∞ ξ→+∞
(5.36)
lim ṽ(ξ) = vG , lim ṽ ′ (ξ) = 0, lim ṽ(ξ) = vD , lim ṽ ′ (ξ) = 0.
ξ→−∞ ξ→−∞ ξ→+∞ ξ→+∞
b) Montrer que s’il existe une solution onde progressive, on a nécessairement vG = u2G /2 et
vD = u2D /2.
c) En déduire que (ũ, ṽ) définit une solution onde progressive si et seulement si ce couple
vérifie (5.36) et
′
ṽ = σũ′ ,
2
ũ2 uG
(c2 − σ 2 )ũ′ = − σũ − − σuG
2 2
uG +uD
d) Montrer que s’il existe une solution onde progressive, on a nécessairement σ = 2 . En
déduire qu’une solution onde progressive est une solution de
ṽ ′ = σũ′ ,
(5.37)
(c2 − σ 2 )ũ′ = (ũ − uG )(ũ − uD )
2
240 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
vérifiant (5.36).
e) On suppose que σ 2 6= c2 . Montrer que tout problème de Cauchy associé au système
différentiel (5.37) admet une unique solution maximale. En déduire qu’une solution onde pro-
gressive vérifie
min(uG , uD ) ≤ ũ(ξ) ≤ max(uG , uD ) ∀ξ ∈ R.
f) On suppose maintenant (et dans toute la suite) que σ 2 < c2 . Montrer que s’il existe une
solution onde progressive, on a uG ≥ uD (il n’existe donc pas de solution onde progressive pour
uG < uD ).
g) Montrer que les solutions ondes progressives sont de la forme
uG − uD
uG + uD exp (ξ − ξ0 )
2(c2 − σ 2 )
ũ(ξ) = (5.38)
uG − uD
1 + exp (ξ − ξ0 )
2(c2 − σ 2 )
Soient h > 0, λ > 0 et k = λh. On définit le schéma upwind pour le problème (5.39) par
n+1 n
uj − uj unj − unj−1
+a = 0 ∀(n, j) ∈ N × Z, (5.40)
0 k0 h
uj = u (jh) ∀j ∈ Z
upwind.
3) Convergence ≪ à la différences finies ≫
a) Montrer que le schéma upwind est consistant et d’ordre 1, c’est-à-dire qu’il existe A ∈ R
tel que
u((n + 1)k, jh) − u(nk, jh) u(nk, jh) − u(nk, (j − 1)h)
+a ≤ Ah ∀(n, j) ∈ N × Z.
k h
b) Montrer que sous la condition de la question 2)
et en déduire la convergence du schéma pour la norme || · ||L∞ ([0,T ]×R) , pour tout T ∈ R+ .
4) Convergence ≪ à la volumes finis ≫ par critère de Cauchy
a) Montrer que sous la condition mise en évidence à la question 2)
et que
n+2
v2j+1 − um+1
i
n
= (v2j+1 − um n m n n n
i )(1 − λa) + (v2(j−1)+1 − ui−1 )λa − λa(1 − λa)(v2j+1 − 2v2j + v2j−1 )
Montrer que par ailleurs il existe C ∈ R tel que supj∈Z vjn+1 − vjn ≤ Ch ∀(n, j) ∈ N × Z.
d) Montrer qu’il existe D ∈ R et E ∈ R tels que
u h − uh ≤ Dh + ET h.
2 L∞ ([0,T ]×R)
242 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
u h − uh ≤ 2(Dh + ET h).
2l L∞ ([0,T ]×R)
f) En déduire que pour tout T ∈ R, la suite u h est de Cauchy dans L∞ ([0, T ] × R) et
2l l∈N
qu’elle converge vers une limite u.
g) Montrer, en utilisant un théorème du cours, que la limite u est solution de (5.39).
5) Question subsidiaire : convergence ≪ à la volumes finis ≫ par compacité
a) Montrer que sous la condition exhibée à la question 2), le schéma upwind est à variation
totale décroissante.
b) Rappeler brièvement les étapes qui permettent de montrer l’existence d’une sous-suite de
(uh )h∈R∗+ convergente dans L1loc lorsque h tend vers 0.
c) En utilisant un théorème vu en cours, montrer que la limite de la suite extraite de la
question précédente est solution du problème. En déduire que toute la suite (uh )h∈R∗+ converge
vers la solution du problème (5.39).
243
Exercice 1
1) H01 (Ω) est un espace de Hilbert pour le produit scalaire hu, vi = h∇u, ∇viL2 (c’est une
conséquence de l’inégalité de Poincaré). Nous allons appliquer le théorème de Lax-Milgram au
problème (
Trouver u ∈ H01 (Ω) tel que
a(u, v) = l(v) ∀v ∈ H01 (Ω)
R R
avec l(v) = Ω f v et a(u, v) = Ω h∇u∇v et le produit scalaire évoqué ci-dessus.
Tout d’abord, il est évident que l est linéaire et a est bilinéaire. D’autre part, l est une forme
linéaire continue car
|l(v)| ≤ ||f ||L2 ||v||L2 ≤ P ||f ||L2 ||v||H 1
1/2
où P est la constante de Poincaré pour Ω (la norme choisie étant ||v||H 1 = h∇v ·∇viL2 ). Ensuite,
a est continue car
|a(u, v)| ≤ ||h||L∞ ||u||H 1 ||v||H 1
et a est coercitive car
a(u, u) ≥ α||u||2H 1 .
D’après le théorème de Lax-Milgram, le problème a donc une unique solution.
2) Puisque D(Ω− ) ⊂ H01 (Ω) on a 6 pour tout v ∈ D(Ω− )
Z Z
h∇u∇v = f v.
Ω Ω
d
Or, si u ∈ H 2 (Ω− ), h∇u ∈ H 1 (Ω− ) et l’on a par une formule de Green
Z Z
h∇u∇v = − div (h∇u) v,
Ω− Ω−
d’où Z Z
− div (h∇u) v = fv
Ω− Ω−
pour tout v ∈ D(Ω− ). Or D(Ω− ) est dense dans L2 (Ω− ), donc finalement
div (h∇u) = −f
dans L2 (Ω− ). On peut faire le même raisonnement dans Ω+ pour arriver à la conclusion de-
mandée.
3) On écrit la formulation variationnelle pour v ∈ D(Ω) :
Z Z
h∇u∇v = f v.
Ω Ω
6. On prolonge toute fonction de D(Ω− ) par 0 sur Ω \ Ω− pour en faire une fonction de D(Ω) et donc de
H01 (Ω) !
244 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Or
Z Z Z
h∇u∇v = h∇u∇v + h∇u∇v
Ω Ω− Ω+
Z Z Z Z
= hv∇un − div (h∇u) v + hv∇un − div (h∇u) v
∂Ω− Ω− ∂Ω+ Ω+
Z Z
= fv + f v,
Ω− Ω+
où n est la normale unitaire extérieure au domaine considéré. Puisque div (h∇u) = −f sur Ω−
et sur Ω+ , on a donc Z Z
hv∇un + hv∇un = 0.
∂Ω− ∂Ω+
Et puisque les normales n sont orientées différemment selon que l’on considère ∂Ω− ou ∂Ω+ ,
cela donne Z
v (h− (∇u)− − h+ (∇u)+ ) n = 0
Γ
pour tout v ∈ D(Ω), où n est la normale unitaire extérieure à l’un des ensembles Ω− ou Ω+ ,
c’est-à-dire une normale à Γ unitaire. On admet que l’on peut approcher toute fonction de L2 (Γ)
par la trace d’une fonction de D(Ω) pour en déduire que
Donc, on a
u′ (x) = x + u′ (0) si x ∈]0, 1/2[,
u′ = (x − 1)/2 + u′ (1) si x ∈]1/2, 1[
et, en tenant compte des conditions aux limites,
On sait de plus, d’après la question 3), que u′ (1/2− ) = 2u′ (1/2+ ), donc u′ (0)+1/2 = 2u′ (1)−1/2,
soit
u′ (0) + 1
u′ (1) = .
2
D’autre part, u, fonction de H 1 (]0, 1[), est continue, donc u(1/2− ) = u(1/2+ ), ce qui donne
u′ (0)/2 + 1/8 = −u′ (1)/2 + 1/16, soit
et
∂t u + c2 ∂x u = −λσṽ ′ + λc2 ũ′ ,
donc le système est équivalent à
(
−λσ ũ′ + λṽ ′ = 0,
−λσṽ ′ + λc2 ũ′ = λ(ũ2 /2 − ṽ)
et l’on obtient le système différentiel demandé en divisant par λ > 0 (les conditions aux limites
en +∞ et −∞ sont trivialement équivalentes).
b) On a
lim −σṽ ′ + c2 ũ′ = 0 = lim ũ2 /2 − ṽ = u2G /2 − vG ,
ξ→−∞ ξ→−∞
dont on déduit
u2D /2 − u2G /2
σ=
uD − uG
qui est le résultat demandé si uG 6= uD . En remplaçant σ par cette valeur dans le système, on
trouve
ṽ ′ = σũ′ ,
(c2 − σ 2 )ũ′ = (ũ − uG )(ũ − uD ) .
2
2 2
e) Si σ 6= c , le système est
ṽ ′ = σũ′ ,
(ũ − uG )(ũ − uD )
ũ′ = .
2(c2 − σ 2 )
C’est un système différentiel à champ localement lipschitzien, donc tout problème de Cauchy
associé admet une unique solution. Supposons qu’il existe ξ ∈ R tel que ũ(ξ) > max(uG , uD )
par exemple. Comme limξ→−∞ ũ = uG et limξ→+∞ ũ = uD , d’après le théorème des valeurs
intermédiaires il existe ζ ∈ R tel que ũ(ζ) = max(uG , uD ) (on a encore supposé ici que uG 6= uD ).
Mais l’unique solution du problème de Cauchy associé à la donnée ũ(ζ) = max(uG , uD ) est ũ(ξ) =
max(uG , uD ) pour tout ξ, ce qui contredit l’hypothèse. On peut faire le même raisonnement en
supposant qu’il existe ξ ∈ R tel que ũ(ξ) < min(uG , uD ).
f) Si c2 > σ 2 , comme d’après la question précédente (ũ−uG )(ũ−uD ) ≤ 0, le système différentiel
nous informe du fait que ũ′ ≤ 0, d’où uD ≤ uG .
g) D’après le théorème des valeurs intermédiaires, pour toute solution onde progressive il existe
ξ0 tel que ũ(ξ0 ) = (uG + uD )/2 = σ. On vérifie aisément que la solution donnée dans l’énoncé
vérifie ũ(ξ0 ) = σ et le système différentiel, ce qui démontre le résultat demandé. Pour une
démonstration constructive, voir le corrigé du partiel du 6 avril 2004. Noter d’ailleurs l’étonnante
similitude entre l’approche visqueuse et l’approche relaxée utilisée ici !
h) On a donc
uG − uD
uG + uD exp (λ(x − σt) − ξ0 )
2(c2 − σ 2 )
u(t, x) = ũ(λ(x − σt)) = ,
uG − uD
1 + exp (λ(x − σt) − ξ0 )
2(c2 − σ 2 )
dont la limite lorsque λ tend vers +∞ est
(
uG si x < σt,
u(t, x) =
uD si x > σt.
Il s’agit d’une solution choc de l’équation de Burgers puisque l’on a déjà remarqué que σ =
(uG + uD )/2 (la relation de Rankine-Hugoniot est vérifiée) !
3) Dans le système d’EDP, le second membre de l’équation impliquant ∂t v tend à ≪ rappro-
cher ≫ v de u2 /2 : c’est un phénomène de relaxation. Ce phénomène est d’autant plus marqué
247
que λ est grand. Si v est proche de u2 /2, ∂x v est proche de ∂x u2 /2 et la première équation du
système ≪ tend ≫, lorsque λ tend vers +∞, vers l’équation de Burgers ∂t u + ∂x u2 /2 = 0. Il n’est
pas facile de rendre ce raisonnement rigoureux : sauf pour des solutions particulières, comme
nous l’avons fait ci-dessus.
Exercice 3, convergence du schéma ≪ upwind ≫
1) L’unique solution faible du problème est
un+1
j = unj (1 − λa) + unj−1 λa ∀(n, j) ∈ N × Z.
et, par récurrence, le résultat demandé. La condition λa ≤ 1 est appelée condition de Courant-
Friedrichs-Lewy.
3) a) Puisque u0 est de classe Cb2 (R), la solution u est de classe Cb2,2 (R, R) et des développements
limités permettent d’obtenir, quels que soient n ∈ N et j ∈ Z,
u((n + 1)k, jh) − u(nk, jh) k 2 k
= ∂t u(nk, jh) + ∂t,t u(τ, jh) = ∂t u(nk, jh) + a2 ∂x,x
2
u(τ, jh)
k 2 2
pour un certain τ ∈ [nk, (n + 1)k], ainsi que
u(nk, jh) − u(nk, (j − 1)h) h 2
= ∂x u(nk, jh) + ∂x,x u(nk, χ)
h 2
pour un certain χ ∈ [(j − 1)h, jh]. On obtient donc le résultat demandé avec
k 2 h 2 a + λa2 ′′
Ah = a +a sup |∂x,x u| = sup |u0 |h,
2 2 R+ ×R 2 R
2 ′′
soit A = a+λa
2 supR |u0 |.
b) Posons, pour tout (n, j) ∈ N × Z, enj = u(nk, jh) − unj . On a (petit calcul classique)
en+1
j = enj (1 − λa) + enj−1 λa + kεnj ∀(n, j) ∈ N × Z
où εnj est l’erreur de consistance du schéma, c’est-à-dire le terme que nous avons majoré à la
question précédente. Donc, sous la condition de Courant-Friedrichs-Lewy λa ≤ 1,
en+1
j ≤ sup |eni | + Akh ∀(n, j) ∈ N × Z,
i
un+1 n+1
j+1 − 2uj + un+1 n n n n n n
j−1 = (uj+1 − 2uj + uj−1 )(1 − λa) + (uj − 2uj−1 + uj−2 )λa ∀(n, j) ∈ N × Z.
Ceci montre le résultat demandé pourvu que λa ≤ 1. D’autre part, puisque u0 est de classe Cb2 ,
on a, pour tout (n, j) ∈ N × Z,
′′
u0 ((j + 1)h) − 2u0 (jh) + u0 ((j − 1)h) = h2 u0 (χ)
′′
pour un certain χ ∈ [(j − 1)h, (j + 1)h]. On a donc le résultat demandé en posant B = supR |u0 |.
b) On a um+1
i = um m
i (1 − λa) + ui−1 λa pour tous i et m, et
2n−2
2n
v2j − unj ≤ sup v2i 2n−2
− uin−1 + λa(1 − λa) sup v2i+1 2n−2
− 2v2i 2n−2
+ v2i−1
i∈Z i∈Z
2n−2 1
≤ sup v2i − uin−1 2n−2
+ sup v2i+1 2n−2
− 2v2i 2n−2
+ v2i−1
i∈Z 4 i∈Z
2n−2 n−1 B h2
≤ sup v2i − ui + ∀(n, j) ∈ N × Z
i∈Z 4 2
car le pas d’espace pour vjn est h/2. Par récurrence sur n, on a donc
(n,j)∈N×Z
2
2n B h
sup |v2j − unj | ≤ 0
sup |v2j − u0j | +n ...
j∈Z j∈Z 4 2
2n −un |
Ce qui est un peu mieux que le résultat demandé ! On obtient la majoration de supj∈Z |v2j+1 j
de la même façon.
D’autre part, on note que
′
avec C = supR |u0 |/2.
d) On a
2n
u h − uh = sup |v2j 2n
− unj |, |v2j+1 2n+1
− unj |, |v2j 2n+1
− unj |, |v2j+1 − unj |
2 L∞ ([0,T ]×R) n≤E(T /k)+1,j∈Z
un+1
j − un+1 n n n n
j−1 = (uj − uj−1 )(1 − λa) + (uj−1 − uj−2 )λa ∀(n, j) ∈ N × Z
R ∞ −y2 √
On rappelle que −∞ e r dy = rπ, quel que soit r ∈ R∗+ .
b) Exprimer la solution u(t, x) associée (pour t > 0). Calculer limt→0+ u(t, x) pour presque
tout x ∈ R. On note H(x) cette limite. Montrer que
Z ∞
1 −(y−x)2
u(t, x) = √ H(y)e 4κt dy, (t, x) ∈ R∗+ × R.
4κπt −∞
3) Soient a, b ∈ R. Soit u0 (x) = 1[a,b] (x). Montrer que la fonction définie par
Z ∞
1 −(y−x)2
u(t, x) = √ u0 (y)e 4κt dy, (t, x) ∈ R∗+ × R,
4κπt −∞
est solution de (5.41) et vérifie limt→0+ u(t, x) = u0 (x) pour presque tout x ∈ R.
P
4) Soit u0 une fonction étagée, de la forme u0 (x) = ni=1 ui 1Ii (x) où Ii est un intervalle de R
pour tout i ∈ {1, . . . , n} et ui ∈ R pour tout i ∈ {1, . . . , n}. Montrer que la fonction définie par
Z ∞
1 −(y−x)2
u(t, x) = √ u0 (y)e 4κt dy, (t, x) ∈ R∗+ × R, (5.42)
4κπt −∞
est solution de (5.41) et vérifie limt→0+ u(t, x) = u0 (x) pour presque tout x ∈ R.
5) Montrer l’unicité de la solution régulière de (5.41) avec donnée initiale u0 ∈ C 2 (R). On pourra
R∞
pour cela étudier l’évolution en fonction de t de −∞ v 2 (t, x) dx où v vérifie (5.41) et v(0, x) = 0
pour tout x ∈ R.
252 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
Exercice 2
2 ϕ pour tout (t, x) ∈ R∗ ×R.
Soit κ > 0 et soit ϕ une fonction régulière bornée vérifiant ∂t ϕ = κ∂x,x +
On suppose que ϕ(t, x) > 0 pour tout (t, x) ∈ R+ × R.
1) On pose, pour tout (t, x) ∈ R∗+ × R,
−2κ∂x ϕ(t, x)
u(t, x) = .
ϕ(t, x)
t ϕ(0, y)e dy
4κt
−∞
u(t, x) = R∞ −(y−x)2
, (t, x) ∈ R∗+ × R.
−∞ ϕ(0, y)e dy
4κt
On admettra que le résultat de la question 4) de l’exercice 1 est encore vrai pour une donnée
initiale quelconque dans L∞ (R).
3) Montrer qu’une solution du problème
(
∂t u + ∂x u2 /2 = κ∂x,x
2 u, (t, x) ∈ R∗+ × R,
u(0, x) = u0 (x), x ∈ R,
t ϕ(0, y)e dy
4κt
−∞
u(t, x) = R∞ −(y−x)2
, (t, x) ∈ R∗+ × R,
−∞ ϕ(0, y)e dy
4κt
1
Rx 0
avec ϕ(0, x) = Ce− 2κ 0 u (y) dy où C ∈ R∗+ .
Exercice 3, Équation de la chaleur avec un terme source non linéaire.
Soit T > 0. On considère le problème
u
2
∂t u − κ∂x,x u + σ 1 + u = 0, (t, x) ∈]0, T ]×]0, 1[,
u(0, x) = u0 (x), x ∈]0, 1[, (5.43)
u(t, 0) = u(t, 1) = 0, t ∈]0, T ],
A) Principe du maximum
1) Montrer qu’il existe τ > 0 tel que u(t, x) ≥ −1 pour tout (t, x) ∈ [0, τ ] × [0, 1].
2) Montrer que pour toute fonction S : R −→ R de classe C 2 (R) convexe on a ∂t S(u) −
2 S(u) ≤ −σS ′ (u) u . En choisissant convenablement la fonction S, en déduire que u(t, x) ≥
κ∂x,x 1+u
0 pour tout (t, x) ∈ [0, τ ] × [0, 1].
3) Montrer que u(t, x) ≥ 0 pour tout (t, x) ∈ [0, T ] × [0, 1].
B) Schéma semi-implicite
On cherche à approcher cette solution au moyen d’un algorithme semi-implicite qui, avec les
notations du cours, s’écrit
n+1
uj − unj un+1
j+1 − 2uj
n+1
+ un+1 un+1
−κ
j−1
+σ
j
= 0, (n, j) ∈ {0, . . . , N − 1} × {1, . . . , J},
∆t ∆x 2 1 + unj
u0j = u0 (j∆x), j ∈ {1, . . . , J},
n
u0 = unJ+1 = 0, n ∈ {0, . . . , N }.
S(un+1
j ) − S(unj ) S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 ) un+1
j
−κ + σS ′ (un+1
j ) ≤ 0,
∆t ∆x2 1 + unj
(n, j) ∈ {0, . . . , N − 1} × {1, . . . , J}.
Remarque Voici un moyen de ne pas faire l’hypothèse que ∂x,x 2 v(t, ·) est de carré intégrable. On
suppose toujours que v(t, ·) l’est et on considère v ε (t, ·) = ρε ∗ v(t, ·), où (ρε )ε>0 est un noyau
régularisant. Alors : v ε (t, ·) est de carré intégrable, de même que toutes ses dérivées partielles
spatiales, et l’on a ∂t v ε = κ∂x,x2 v ε . On en déduit par le raisonnement ci-dessus que v ε (t, x) = 0
pour tout t et tout x, et l’on utilise le fait que limε→0+ v ε (t, ·) = v(t, ·) presque partout pour
conclure qu’il en est de même de v(t, ·).
Exercice 2
1) Avec u défini comme dans l’énoncé, on a
2 ϕ
∂t,x ∂3 ϕ ∂ 2 ϕ∂x ϕ
∂t ϕ∂x ϕ 2 x,x,x 2 x,x
∂t u = −2κ + 2κ = −2κ + 2κ .
ϕ ϕ2 ϕ ϕ2
D’autre part,
2 ϕ 2
∂x,x ∂x ϕ
∂x u = −2κ + 2κ ,
ϕ ϕ
d’où
3
∂x,x,x ϕ 2 ϕ
∂x ϕ∂x,x
2 1
∂x,x u = −2κ + 2κ 2
+ ∂x u2 /2.
ϕ ϕ κ
On en déduit bien que
∂t u + ∂x u2 /2 = κ∂x,x
2
u.
−2κ∂x ϕ(t, x)
u(t, x) = .
ϕ(t, x)
soit Z Z
1 1
u(t, x)
∂t S(u(t, x)) dx ≤ −σ S ′ (u(t, x)) dx.
0 0 1 + u(t, x)
Pour t ∈ [0, τ ], 1 + u(t, x) ≥ 0. D’autre part, on constate que uS ′ (u) ≥ 0 pour tout u ∈ R. On
en déduit que Z 1
∂t S(u(t, x)) dx ≤ 0, t ∈ [0, τ ].
0
R1 R1
Comme 0 S(u0 (x)) dx = 0, on a finalement 0 S(u(t, x)) dx = 0 pour t ∈ [0, τ ] et, en conséquence,
u(t, x) ≥ 0 pour tout (t, x) ∈ [0, τ ] × [0, 1].
3) On a montré que u(t, x) ≥ 0 pour tout (t, x) ∈ [0, τ ] × [0, 1]. En particulier, u(τ, x) ≥ 0 pour
tout x ∈ [0, 1]. On peut alors refaire le raisonnement de la question 1) pour en déduire que
u(t, x) ≥ −1 pour tout (t, x) ∈ [0, 2τ ] × [0, 1] et ensuite le raisonnement de la question 2) pour en
conclure que u(t, x) ≥ 0 pour tout (t, x) ∈ [0, 2τ ] × [0, 1]. Par récurrence, on a ainsi u(t, x) ≥ 0
pour tout (t, x) ∈ [0, kτ ] × [0, 1], pour tout k ∈ N tel que kτ ≤ T .
B) Schéma semi-implicite
J
κ∆t
1) La forme matricielle du schéma est An U n+1 = U n où U n = unj et An = I + ∆x 2A+D ,
n
j=1
A étant la matrice du laplacien en dimension 1 (matrice comportant des 2 sur la diagonale, des
−1 sur la sur-diagonale et la sous-diagonale, et des 0 partout ailleurs), et D n étant la matrice
diagonale dont l’élément sur la j e ligne et la j e colonne est σ∆t/(1 + unj ).
2) L’erreur de consistance est
En faisant les mêmes développements limités qu’en cours, on obtient. . . Les mêmes résultats ! À
savoir,
Donc
u(tn+1 , xj ) u(tn+1 , xj )
εnj (u) = −σ n+1
+σ + O(∆t + ∆x2 ) = O(∆t + ∆x2 )
1 + u(t , xj ) 1 + u(tn , xj )
car 1 + u(tn , xj ) ≥ 1 pour tout n et tout j, d’après la partie A) de l’exercice.
3) La régularité et la convexité de S permettent d’avoir les 3 inégalités suivantes.
S(unj ) ≥ S(un+1
j ) + (unj − un+1
j )S ′ (un+1
j ),
S(uj+1 ) ≥ S(uj ) + (uj+1 − uj )S (un+1
n n+1 n n+1 ′
j ),
n n+1 n n+1 ′ n+1
S(uj−1 ) ≥ S(uj ) + (uj−1 − uj )S (uj ).
On en déduit
S(un+1
j ) − S(unj ) S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 )
−κ
∆t ∆x2 !
un+1
j − unj un+1 n+1
j+1 − 2uj + un+1
j−1 un+1
j
≤ S ′ (un+1
j ) −κ = −σS ′ (un+1
j ) .
∆t ∆x2 1 + unj
4) Supposons que unj ≥ 0 pour tout j ∈ {1, . . . , J}. Nous allons montrer que un+1 j ≥ 0 pour
tout j ∈ {1, . . . , J}. Pour cela, nous allons utiliser les résultats obtenus à la question précédente,
−
en prenant S(u) = u3 . On a alors S(unj ) = 0 pour tout j ∈ {0, . . . , J + 1} et les inégalités
d’entropie deviennent
′
un+1
j S(un+1 n+1
j+1 ) − 2S(uj ) + S(un+1
j−1 )
S(un+1
j ) ≤ −σ∆tS (un+1
j ) + κ∆t .
1 + unj ∆x2
Sommons-les sur j :
κ∆t X
J J
X X
′
un+1
j
J
S(un+1
j ) ≤ −σ∆t S (un+1
j ) + S(u n+1
j+1 ) − 2S(u n+1
j ) + S(un+1
j−1 )
1 + unj ∆x2
j=1 j=1 j=1
J
X
′ n+1
un+1
j κ∆t n+1 n+1 n+1 n+1
= −σ∆t S (uj ) + S(u0 ) − S(u 1 ) − S(u J ) + S(u J+1 ) .
1 + unj ∆x2
j=1
Or un+1
0 = un+1 n+1
J+1 = 0, de sorte que S(u0 ) = S(un+1
J+1 ) = 0. L’inégalité devient
Enfin, on remarque que par hypothèse unj ≥ 0 donc 1 + unj ≥ 0, et que S ′ (un+1
j )un+1
j ≥ 0, donc
J
κ∆t n+1 n+1
X
S(u1 ) + S(uJ ) + S(un+1
j ) ≤ 0.
∆x2
j=1
Comme chacun des termes du membre de gauche est positif ou nul, on en déduit que chacun est
nul, et on obtient bien un+1
j ≥ 0 pour tout j ∈ {1, . . . , J}. Le schéma est positif.
258 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
où i désigne le nombre complexe tel que i2 = −1. On suppose que ψ 0 ∈ C 2 ([0, 1]) et que
′ ′
ψ 0 (0) = ψ 0 (1) et ψ 0 (0) = ψ 0 (1).
Partie A : existence et unicité de solution
On rappelle que e2ikπx k∈Z est une base hilbertienne de L2 ([0, 1], C) : pour tout f ∈ L2 ([0, 1])
P
(à valeurs dans C), f = k∈Z fb(k)e2iπk· dans L2 avec
Z 1
fb(k) = f (x)e−2iπkx dx, k ∈ Z.
0
1) Montrer que pour une fonction f ∈ C 2 ([0, 1]) vérifiant f (0) = f (1) et f ′ (0) = f ′ (1) on a
2) Montrer que l’équation aux dérivées partielles de (5.44) s’écrit (avec les mêmes notations que
2 ψ(t, ·) sont développables en série de
dans le cours, et en supposant que ψ(t, ·), ∂t ψ(t, ·) et ∂x,x
Fourier)
b ′ (t) = −4iπ 2 k2 ψ(k)(t),
ψ(k) b t ∈ R∗+ , k ∈ Z.
3) Montrer que la solution de (5.44), si elle existe et est régulière, est donnée par
X
ψ(t, ·) = c0 (k)e2iπk(·−2πkt) , t ∈ R+ , dans L2 ([0, 1]).
ψ
k∈Z
4) On suppose, pour simplifier, que ψ 0 ∈ C 4 ([0, 1]) et vérifie, en plus des hypothèses faites
′′ ′′ ′′′ ′′′
ci-dessus, ψ 0 (0) = ψ 0 (1) et ψ 0 (0) = ψ 0 (1). Montrer que la fonction définie par
X
ψ(t, x) = c0 (k)e2iπk(x−2πkt) , (t, x) ∈ R+ × [0, 1],
ψ
k∈Z
est de classe C 1,2 (R+ , [0, 1]) et vérifie (5.44). On pourra pour cela s’aider du résultat de la question
1) et montrer qu’il existe C ∈ R tel que ψ c0 (k) ≤ C/k 4 pour tout k ∈ Z∗ .
Partie B : équation ≪ hydrodynamique ≫ associée
Dans cette partie Ψ est une solution régulière de (5.44).
259
1) Soit a(t, x) et b(t, x) les parties réelle et imaginaire de ψ(t, x) : ψ(t, x) = a(t, x) + ib(t, x).
Montrer que
∂t (a2 + b2 ) = 2(b∂x,x
2 2
a − a∂x,x b) = 2∂x (b∂x a − a∂x b), (t, x) ∈ R∗+ × ]0, 1[.
Dans toute la suite on suppose que a2 (t, x) + b2 (t, x) 6= 0, quel que soit (t, x) ∈ R+ × ]0, 1[.
p p
2) Soit ρ(t, x) et ϕ(t, x) le module et la phase de ψ(t, x) : ψ(t, x) = ρ(t, x)eiϕ(t,x) . Montrer
que
b∂x a − a∂x b = −ρ∂x ϕ, (t, x) ∈ R∗+ ×]0, 1[,
Exercice 2.
Soit ε un nombre réel strictement positif donné. On considère le problème (Pε ) :
2
− ε∂x,x uε + ∂x uε = 0, x ∈ ]0, 1[,
(Pε ) uε (0) = 1,
uε (1) = 0.
uj = a + br j , j ∈ {0, . . . , J + 1},
260 CHAPITRE 5. ÉNONCÉS ET CORRIGÉS
où Ω = ]0, 1[2 et Γ = {(x, y) ∈ R2 t. q. x = 0 et y ∈ [0, 1]} et f est une fonction donnée de carré
intégrable dans Ω. Montrer, au besoin en choisissant un second membre f , que ce problème n’est
pas bien posé, admettant une infinité de solutions.
2) On considère le problème
−∆u + u = f dans Ω,
u = 0 sur Γ, (5.45)
∇u · n = 0 sur ∂Ω \ Γ,
avec les mêmes définitions qu’à la question 1).
a) Mettre ce problème sous la forme
et
DΓ (Ω) = {ϕ ∈ D(Ω) t. q. ϕ(x, y) = 0 ∀x < ε, pour un certain ε > 0} .
On admet que
1 H 1 (Ω)
HΓ,0 (Ω) = DΓ .
k∈Z k∈Z
dans L2 (]0, 1[), pour tout t ∈ R∗+ . Puisque e2iπkx k∈Z est une base hilbertienne, ceci est
équivalent à
b ′ (t) = −4iπ 2 k2 ψ(k)(t),
ψ(k) b t ∈ R∗+ , k ∈ Z.
3) Sous les hypothèses de régularité : ψ(t, x) est dérivable par rapport à sa première variable et
deux fois dérivable par rapport à sa seconde variable, et ces dérivées sont continues sur R∗+ ×[0, 1],
la solution s’écrit donc
X
ψ(t, ·) = b
ψ(k)(0)e 2iπk(·−2πkt)
, t ∈ R+ , dans L2 ([0, 1]).
k∈Z
b
Pour que la condition initiale soit vérifiée, il est nécessaire que ψ(k)(0) =ψ c0 (k) pour tout k.
4) Il reste à montrer que cette somme est bien solution du problème d’EDP, c’est-à-dire qu’elle
définit bien une fonction, qui est de classe C 1,2 (R+ , [0, 1]), et que cette fonction est solution du
problème. Cela se fait avec des arguments de convergence normale de la série et des séries des
dérivées première par rapport à t et seconde par rapport à x, comme pour l’équation de la
chaleur. Les convergences normales de ces séries sont assurées par l’hypothèse ψ 0 ∈ C 4 ([0, 1]) et
′′ ′′′
la périodicité de ψ 0 et ψ 0 .
Partie B : équation ≪ hydrodynamique ≫ associée
1) ψ = a + ib donc ∂t a + i∂t b = i∂x,x2 a − ∂ 2 b, soit ∂ a = −∂ 2 b et ∂ b = ∂ 2 a. Donc (sous
x,x t x,x t x,x
hypothèse de régularité)
∂t a2 + b2 = 2 (a∂t a + b∂t b) = 2 −a∂x,x
2 2
b + b∂x,x a
= 2 (−∂x (a∂x b) + ∂x a∂x b + ∂x (b∂x a) − ∂x a∂x b) = 2∂x (b∂x a − a∂x b) .
√ iϕ √ √ √ √
2) ψ = ρe = ρ cos ϕ + i ρ sin ϕ, donc a = ρ cos ϕ et b = ρ sin ϕ. On a
√ √
b∂x a − a∂x b = −ρ sin2 ϕ∂x ϕ + ρ sin ϕ cos ϕ∂x ρ
√ √
−ρ cos2 ϕ∂x ϕ − ρ sin ϕ cos ϕ∂x ρ
= −ρ∂x ϕ.
263
3) ∂t ρ = ∂t a2 + b2 = −2∂x (ρ∂x ϕ) = −∂x (ρu) si l’on a posé u = 2∂x ϕ.
√ iϕ
4) ∂t ψ = ∂t ρe , donc
√ √
∂t ψ = eiϕ ∂t ρ + i ρeiϕ ∂t ϕ
2 √ iϕ √ √
= i∂x,x ρe = i∂x eiϕ ∂x ρ + i ρeiϕ ∂x ϕ
2 √ √ √ √ √
= i eiϕ ∂x,x ρ + i∂x ρeiϕ ∂x ϕ + i ρeiϕ ∂x,x
2
ϕ + ieiϕ ∂x ρ∂x ϕ − ρeiϕ (∂x ϕ)2 .
Donc
√ √ 2 √ √ √ 2 √
∂t ρ + i ρ∂t ϕ = i ∂x,x ρ + 2i∂x ρ∂x ϕ + i ρ∂x,x ϕ − ρ (∂x ϕ)2 ,
c’est-à-dire
√ √ √ 2
∂t ρ = −2∂x ρ∂x ϕ − ρ∂x,x ϕ
et
√ 2 √ √
ρ∂t ϕ = ∂x,x ρ − ρ (∂x ϕ)2 ,
soit
2 √ρ
∂x,x
∂t ϕ = √ − (∂x ϕ)2 .
ρ
5) On écrit
∂t (ρu) = 2∂t (ρ∂x ϕ) = 2∂t ρ∂x ϕ + 2ρ∂t,x2 ϕ
2 √
∂x,x ρ 2
= −u∂x (ρu) + 2ρ∂x √ − (∂ x ϕ)
2 ρ√
∂ ρ 2 ϕ
= −u∂x (ρu) + 2ρ∂x x,x √
ρ − 4ρ∂x ϕ∂x,x
2 √
∂ ρ
= −u∂x (ρu) − ρ (2∂x ϕ) ∂x (2∂x ϕ) + 2ρ∂x x,x √
ρ
2 √
∂ ρ
= −u∂x (ρu) − ρu∂x u + 2ρ∂x x,x √
ρ
√
∂2 ρ
= −∂x ρu2 + 2ρ∂x x,x √
ρ
√
avec u = 2∂x ϕ, en posant ψ = ρeiϕ/ε . La limite formelle de cette équation, lorsque ε tend vers
0, est (
∂t ρ + ∂x (ρu) = 0,
∂t (ρu) + ∂x ρu2 = 0.
Exercice 2.
1) a) Par intégration de l’EDO on obtient
ex/ε − e1/ε
uε (x) = .
1 − e1/ε
b) La limite simple de uε est
(
1 si x ∈ [0, 1[,
ũ(x) =
0 si x = 1.
(ces expressions explicites ne sont d’aucun intérêt pour la résolution de l’exercice). Donc, pour
j ∈ {1, . . . , J},
! ! !
uj+1 u 1
1 0 u 1
=A j
=P j P −1
.
uj u0 h+2ε 1
0 − h−2ε
265
Calculons (si c’est possible) γ et δ pour que les conditions aux limites soient vérifiées. Tout
d’abord, pour j = J, l’identification ci-dessus doit donner
J
h + 2ε
0 = uJ+1 =γ+ − δ,
h − 2ε
donc γ = −(−(h + 2ε)/(h − 2ε))J δ. Si l’on veut de plus (comme c’est spécifié dans l’énoncé) que
la formule soit vérifiée pour j = 0, il faut que
h + 2ε −1
1 = u0 = γ + − δ.
h − 2ε
La solution est (
r J +1
γ = − 1−r J +1 ,
r
δ= 1−r J +1
où r = −(h + 2ε)/(h − 2ε). En définitive, on a l’identité demandée dans l’énoncé avec
h+2ε
r = − h−2ε ,
r J +1
a = − 1−r J +1 ,
1
b = 1−rJ +1 .
d) La suite est monotone si et seulement si h ≤ 2ε. Sinon, elle oscille autour de a par exemple,
mais on peut trouver une valeur ne dépendant pas de h ni ε autour de laquelle la suite oscille :
1 − rj
uj = 1 −
1 − r J+1
retenons est : trouver u ∈ V tel que a(u, v) = l(v) pour tout v ∈ V , avec V = HΓ,0 1 , a(u, v) =
R R
Ω ∇u · ∇v + uv et l(v) = Ω f v.
b) HΓ,01 , fermé de H 1 , est un espace de Hilbert pour le produite scalaire de H 1 . La forme
bilinéaire a est le produit scalaire de H 1 , elle est donc continue coercitive. L’inégalité de Cauchy-
Schwarz montre que l est une forme linéaire continue sur HΓ,0 1 . Donc, d’après le théorème de
pour tout ϕ ∈ D(Ω). Donc on a l’égalité −∆u + u = f dans L2 (Ω). Il reste à montrer que les
conditions aux limites sont satisfaites. Elles ont un sens puisque u est supposé dans H 2 : u a
une trace, ainsi que ∇u. Puisque u ∈ HΓ,01 , la trace de u est nulle sur Γ. D’autre part, u vérifie
Z Z
∇u · ∇ϕ + uϕ = fϕ
Ω Ω
269
Index
270
INDEX 271
H
E
Harten . . . . . . . . . . . . . . voir théorème de Harten
EDP homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Helly . . . . . . . . . . . . . . . . . . voir théorème de Helly
EDP linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Hopf
EDP scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
méthode de. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
élastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 9, 137, 144
transformation de . . . . . . . . . . . 104, 252, 255
éléments finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156–158
hydrodynamique. . . . . . . . . . . . . .11, 83, 258, 263
elliptique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8, 8, 9, 10, 137
hyperbolique . . . 8, 9, 11, 39, 73, 73, 74–76, 85,
entropie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30–33, 90, 253, 257 172, 179
inégalité d’ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
inégalité discrète d’ . . . . . . . . . 229, 232, 233 I
équation conservative. . . . . . . . . . . . . .79, 79–111 inégalité de Poincaré . . 142, 143, 150, 163, 181,
équation d’advection . . . . . . 75, 83–85, 219, 224 184, 202, 222
équation de Burgers . . . 79, 83, 88, 88, 88–111, inégalité de Poincaré-Wirtinger . . . . . . . . . . . 223
113, 182, 190, 197, 199, 206, 211, 215, intégration par parties . . voir formule de Green
220, 225, 229, 234–236, 240, 246
L
équation de Burgers visqueuse. . .104, 252, 255
Lax
équation de la chaleur 9, 9–33, 38, 40, 42, 104, condition d’admissibilité de . . . . . . . . . . . . 97
105, 147, 169, 181, 182, 184, 192–194, théorème de . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47, 48
206, 207, 210, 212, 217–255 Lax-Friedrichs . . voir schéma de Lax-Friedrichs
en dimension 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 Lax-Milgram . . voir théorème de Lax-Milgram
équation de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . 258, 262 Lax-Wendroff . . . . . . . . . . . 249, voir théorème de
équation des ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Lax-Wendroff
équations d’Euler. . . . . . . . . . . . . . . . . .11, 75, 172 Le Roux . . . . . . . . . . . voir théorème de Le Roux
espace de Sobolev . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142 lemme
espace des fonctions à variation bornée . . . 115, de Céa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
116 de Strang. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .156
Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . voir équations d’Euler lipschitzien d’un côté. . . voir Oleinik, critère d’
272 INDEX
M S
matrice d’amplification . . . . . . . . . . . . . . . . . 44, 46 schéma
matrice du laplacien discret . . . . . . . . . . . . . . . . 43 aux différences finies
valeurs et vecteurs propres . . . . . . . . . . . . . 43 θ- . . . 40–42, 44, 45, 47, 49, 50, 228, 229,
multi-indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141 232, 233
de Crank-Nicolson . . . . . . . . . . 42, 47, 233
N
de Gear . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210, 215
Neumann
explicite. . . . . . . . . . . . . . .35, 36, 38–40, 49
homogène. . . . . . . . . . . . .30, 32, 61, 154, 219
implicite. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
saute-mouton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35, 51
O
semi-implicite . . . . . . . . . . . . . . . . . 253, 256
Oleinik
d’éléments finis P1 . . . . . . . . . . . . . . . 159–163
critère d’ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90, 91, 171
de volumes finis
inégalité d’ 97, 98, 101–104, 107, 108, 111,
de Godunov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182, 185
121, 127, 128, 172, 177, 178, 190, 191,
de Lax-Friedrichs . . . . 112, 113, 119, 127,
196–199, 203, 204, 211, 216, 220, 225
219, 224
discrète . . . . . . . . . . . . . . 128, 130, 182, 186
upwind . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206, 240, 247
théorème d’ . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98, 102, 179
schéma convergent. . . 29, 35, 39, 42, 45, 47–49,
onde progressive . . . . . . . 170, 171, 177, 239, 245
113, 114, 127, 157, 161, 190, 195, 207
OSLC. . . . . . . . . . . . . . . . . .voir Oleinik, critère d’
Schrödinger . . . . . voir équation de Schrödinger
P Sobolev . . . . . . . . . . . . . . . . voir espace de Sobolev
parabolique. . . . . . . . . . . . . . . .8, 10, 15, 105, 113 solution au sens des distributions voir solution
Poincaré . . . . . . . . . . . . voir inégalité de Poincaré faible
principe du maximum . . . . 30, 33, 39, 111, 147, solution faible . . 79, 84–86, 89–91, 98, 101–103,
154, 228, 231, 232, 253, 255 108, 111, 150, 153–155, 182, 184, 185,
principe du maximum discret . . . . 39, 113, 228, 191, 197–199, 203, 204, 206
229, 234 solution forte L2 . . . . . . . 146, 154, 155, 218, 222
problème de Cauchy . . . . . . . 8, 12, 77, 171, 176 solution multivaluée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
pseudo-topologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140, 141 Stampacchia . voir théorème, et troncatures de
Stampacchia
R Strang . . . . . . . . . . . . . . . . . . voir lemme de Strang
Rankine-Hugoniot. . . . . . . . . . . .voir relations de strictement hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Rankine-Hugoniot
relèvement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154 T
relations de Rankine-Hugoniot . 85, 87, 88, 97, terme source . . 22, 27–29, 31, 39, 47, 174, 181,
171, 172, 176, 177, 179, 203, 225 184, 192, 228, 229, 231, 234–237, 252,
relaxation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239, 245 255
INDEX 273
théorème
de Cauchy-Kowalewskaya . . . . . . . . . . . . . . 12
de Cauchy-Lipschitz . . . . . . . 12, 77, 80, 176
de Harten . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
de Helly . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
de Lax-Milgram . . 138, 139, 145, 153, 155,
156, 158, 184, 188, 202, 203, 221, 243,
266
de Lax-Wendroff. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .121
de Le Roux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
de Rellich . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
de représentation de Riesz . . . . . . . . . . . . 140
de Stampacchia . . . . . . . . 139, 151, 153, 154
trace. . . . . . . . .143, 150, 153, 155, 238, 244, 267
trafic routier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
transport . 10, 75, 76, 78, 81, 98, 199, 208, 211,
215, 240, 247
transport-diffusion . . . voir diffusion, transport-
troncatures de Stampacchia . . . . . . 33, 147, 154
TVD . . . . . . . . voir variation totale décroissante
V
variation totale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115, 117
décroissante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118, 182
vibration d’une corde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
vibration d’une membrane . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
volumes finis . . . . . . . . . . 111, 112, 121, 241, 249
Von Neumann . . . voir condition de stabilité de
Von Neumann