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Fiche Analyse Credit

L'analyse crédit évalue le risque de crédit d'une entreprise ou d'un particulier, en se concentrant sur la probabilité de défaut de paiement et l'exposition financière en cas de défaut. Les agences de notation, telles que Standard & Poor's et Moody's, attribuent des notes qui reflètent ce risque, influençant ainsi les conditions de financement. La solvabilité, mesurée par divers ratios financiers, est essentielle pour déterminer le risque de crédit à long terme.

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Fiche Analyse Credit

L'analyse crédit évalue le risque de crédit d'une entreprise ou d'un particulier, en se concentrant sur la probabilité de défaut de paiement et l'exposition financière en cas de défaut. Les agences de notation, telles que Standard & Poor's et Moody's, attribuent des notes qui reflètent ce risque, influençant ainsi les conditions de financement. La solvabilité, mesurée par divers ratios financiers, est essentielle pour déterminer le risque de crédit à long terme.

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The Big Win

Le site des financiers et futurs financiers

Fiche
Analyse crédit
The-Big-Win.com
1. Qu’est-ce que l’analyse crédit et le risque de crédit ?

L’analyse crédit est une activité financière qui vise à étudier le risque de crédit d’une entreprise ou d’un particulier. Dans cette
fiche, vous allez découvrir ce qu’est le risque de crédit, comment faire une analyse crédit et comment suivre ce risque dans le
temps.

1- Préambule sur le risque de crédit

Définition risque de crédit : Le risque de crédit, parfois appelé risque de contrepartie dans certaines entreprises commerciales
ou industrielles, est le risque qu’une contrepartie (un client, un débiteur, un fournisseur ou un partenaire) se place en
situation de défaut de paiement et ne puisse ainsi pas honorer ses engagements contractuels. Dans le reste de cette fiche,
nous utiliserons le terme “risque de crédit” pour les entreprises financières et “risque de contrepartie” pour les entreprises
industrielles ou commerciales.
Définition contrepartie : Une contrepartie est une entité contractuellement ou commercialement liée avec une entreprise.
Cela peut-être un client, un fournisseur, un partenaire, un créancier, un débiteur, un investisseur, etc...
Définition défaut et faillite : Faire défaut (ou défaut de paiement) signifie qu’une entreprise, un Etat ou un particulier ne soit
pas en mesure d’honorer une partie ou la totalité de ses engagements envers un créancier. Le défaut est un critère pour être
déclaré en faillite. Attention cependant, lorsqu’une entreprise fait défaut ou se place en situation de faillite ne signifie pas que
l’entreprise est liquidée et disparait, mais qu’elle se met sous la protection d’un tribunal de commerce qui va l’aider à sortir de
cette situation notamment en annulant une partie de ses dettes (ce qui signifie que les créanciers ont perdu le prêt qu’ils
avaient fait à cette entreprise).
Contextes :
o En banque : C’est le premier contexte auquel on pense lorsqu’il s’agit de risque de crédit : le cas où un débiteur qui
a souscrit un emprunt serait dans l’incapacité à le rembourser. Dans ce cas, la banque peut perdre le montant prêté
(aussi appelé principal) en plus du manque à gagner des intérêts qui ne seront jamais touchés.
o En société commerciale/industrielle : Le principal risque de contrepartie pour une société commerciale est
constitué des factures impayées par les clients. Cependant, il peut aussi exister d’autres facteurs de risque de
contrepartie par exemple le risque qu’un fournisseur n’honore pas une commande qui aurait déjà été payée en
partie ou en totalité par exemple parce qu’il ferait faillite.
o Avec un partenaire : Une entreprise commerciale ou financière s’expose aussi à un risque de crédit ou de
contrepartie lorsqu’elle noue des partenariats avec d’autres acteurs de son secteur. Cela peut par exemple être le
cas lors de la création d’une joint-venture (une filiale commune entre deux grands groupes afin d’atteindre un
objectif commun). Ainsi, si l’une des deux entreprises n’honore pas ses obligations d’investissements dans la joint-
venture cela peut créer des difficultés pour la deuxième.
o En finance de marché : Enfin, le risque de crédit existe aussi en finance de marché. Par exemple, lors d’échanges de
produits structurés entre deux traders ou de ventes à découvert. C’est entre autres pour cette raison que l’on a créé
le principe des chambres de compensation et d’appels de marge qui évitent qu’un acteur du marché ait un découvert
trop important envers un autre.

2
Exemples : La crise des subprimes est le meilleur exemple de risque de crédit. En résumé, de nombreuses banques américaines
ont laissé des particuliers souscrire à des emprunts immobiliers qui dépassaient leurs capacités de remboursement en pensant
que les biens immobiliers qu’ils achetaient permettraient de couvrir les impayés. Finalement, lorsque les impayés se sont
accumulés et que la valeur des biens immobiliers a chutée, c’est tout le marché qui s’est effondré.

Dans l’industrie, un autre exemple est celui du fabricant d’éolienne allemand Senvion qui a fait faillite en 2019. Certains clients
ont perdu les acomptes de leurs commandes et d’autres les garanties fabricant auxquelles ils avaient souscrit.

Mesures : Il existe deux principales métriques pour mesurer le risque de crédit ou de contrepartie : sa probabilité d’occurrence
et l’exposition en cas de concrétisation.

2- Principe d’occurrence (ou probabilité) du risque

Définition : la probabilité d’occurrence d’un risque de crédit ou de contrepartie est la probabilité que ce risque se concrétise,
c’est-à-dire la probabilité pour que la contrepartie fasse défaut. C’est la première métrique de mesure du risque de
contrepartie. Elle s’exprime en pourcentage.

Exemple : La banque fictive Banking Company signe un prêt de 10 M€ à son client, l’entreprise fictive BigWin Corp. Avant de
signer le contrat de prêt, la banque a réalisé une analyse de BigWin et estime à 2% les chances que BigWin ne parvienne pas à
rembourser son emprunt et soit donc en situation de défaut de paiement dans les 5 prochaines années et de 3% les 10
prochaines années. La probabilité d’occurrence est donc de 2% sur 5 ans et de 3% sur 10 ans.

La seule solution pour estimer la probabilité d’un risque de crédit ou de contrepartie est de réaliser une analyse financière de
ladite contrepartie. On peut alors soit réaliser soi-même cette analyse financière, soit se reposer sur une analyse réalisée par
un tiers et notamment une agence de notation.

3- Exposition à risque

Définition : l’exposition est le montant perdu ou le manque à gagner en cas de concrétisation du risque de crédit ou de
contrepartie, c’est-à-dire en cas de défaut de la contrepartie. Il se mesure donc en valeur monétaire (euros, dollars, livres,
etc...) et il existe deux formes d’exposition :
o L'exposition de perte : c’est la valeur monétaire effectivement perdue si la contrepartie fait défaut,
o L’exposition de manque à gagner : c’est le chiffre d’affaires qui aurait pu être réalisé mais qui ne le sera pas
si la contrepartie fait défaut.

Exemple : En reprenant l’exemple précédent du prêt entre Banking Company et BigWin Corp, l’exposition à risque pour la
banque correspondrait :

 au montant du prêt pour la partie « exposition de perte »,


 au montant des intérêts pour la partie « manque à gagner ».

3
2. Evaluer la probabilité d’un risque

La première métrique à évaluer pour estimer le risque de crédit est donc la probabilité d’occurrence. Pour cela, il convient de
1/ réaliser une analyse financière qui s’orientera en priorité sur les aspects de solvabilité de la contrepartie ou alors 2/ de se
reposer sur l’analyse d’une agence de notation.

1- Mesures de solvabilité

a. Définition de la solvabilité

Définition : La solvabilité est la capacité d’une entreprise à honorer toutes ses dettes et ses obligations financières auprès de
ses créanciers, ses fournisseurs, ses clients, l’Etat et toute autre contrepartie.

La notion de solvabilité est donc intimement liée au risque de crédit :

o Plus une entreprise est solvable, moins le risque de crédit qu’elle représente pour ses contreparties est grand.
o Moins une entreprise est solvable, plus le risque de crédit qu’elle représente pour ses contreparties est grand.

b. Ratios de solvabilité

La meilleure façon de juger de la solvabilité d’une entreprise est de calculer des ratios de solvabilité, qui font majoritairement
intervenir des données du bilan.
Voici les principaux ratios de solvabilité d’une entreprise :

Dettes financières totales


Gearing =
Fonds propres totaux

Le Gearing compare l’endettement aux fonds propres. Un ratio supérieur à 1 signifie que l’entreprise a tendance à se financer
avec plus de dettes que de fonds propres. Plus le ratio est élevé, plus le risque est grand. Attention à ne prendre QUE la dette
financière au numérateur (on exclut les dettes fournisseurs, fiscales ou sociales).

Dettes financières totales Dettes financières totales


Dettes sur actifs = =
Actif total Total dettes + Total fonds propres

Ce ratio permet de comparer l’endettement au total bilan. S’il est supérieur à 0,5, cela signifie que l’entreprise finance plus
de la moitié de son bilan grâce à de l’endettement. Plus le ratio est élevé, plus le risque est grand. Attention à ne prendre QUE
la dette financière au numérateur (on exclut les dettes fournisseurs, fiscales ou sociales).

Total actif
Leverage =
Fonds propres totaux

4
Le leverage permet d’estimer la valeur totale du bilan par rapport aux fonds propres de l’entreprise. Plus il est élevé, plus
l’entreprise profite de l’effet de levier de l’endettement puisque cela signifie qu’avec 1€ de fonds propres, elle crée plus de
valeur au total du bilan que cet unique euro. Plus le ratio est élevé, plus le risque est grand.

EBIT annuel
Couverture des intérêts (interest coverage) =
Intérêts annuels à payer

Le ratio de couverture des intérêts, que l’on appelle aussi “interest coverage” en anglais, permet d’estimer si l’entreprise est
largement capable de payer ses intérêts bancaires ou non. On compare donc l’EBIT (Earnings Before Interests and Tax) avec
les intérêts bancaires à payer. Attention à bien prendre des valeurs annuelles. Plus le ratio est élevé, moins le risque est grand.
En effet, un ratio élevé signifie que l’EBIT est suffisamment important pour payer largement la charge d’intérêt annuelle.

Dettes financières totales


Dette sur EBITDA =
EBITDA annuel

Ce ratio est l’un des plus connu et utilisé. Il permet d’estimer en combien d’années d’EBITDA l’entreprise est capable de
rembourser sa dette financière totale. Plus le ratio est élevé, plus le risque est grand. Attention à bien prendre un EBITDA
annuel (c’est-à-dire calculé sur 12 mois) pour ne pas fausser le résultat.

c. Suivre la solvabilité et importance des covenants financiers

Maintenant que vous connaissez les ratios de solvabilité, il est important de les utiliser correctement.
L’erreur à ne pas commettre est de les calculer une fois puis d’arrêter. En effet, la force de ces ratios vient de leur suivi régulier
et sur le long terme, afin de vérifier qu’ils ne se dégradent pas.
De plus, certaines banques imposent des financial covenants (ou covenants financiers) aux entreprises auxquelles elles
accordent des prêts.
Les financial covenants sont des accords conclus entre une entreprise emprunteuse et une entreprise prêteuse lors d’un
financement. Ces accords sont de nature financière et doivent être respectés par l’entreprise prêteuse. Par exemple, un
financial covenant peut imposer à une entreprise de maintenir son ratio Dette-sur-EBITDA au-dessus d’un certain seuil.
Lorsque les clauses d’un financial covenant ne sont pas respectées, l’entreprise s’expose à certaines conséquences comme par
exemple : l’obligation de rembourser immédiatement la totalité de l’emprunt restant à la banque, une hause des taux d’intérêt
ou des pénalités financières.

d. Un mot sur la notion de liquidité

Enfin, il est nécessaire de bien distinguer la notion de solvabilité et celle de liquidité qui sont trop souvent confondues.
La solvabilité et la capacité financière d’une entreprise à honorer ses dettes tandis que la liquidité est la capacité d’une
entreprise à disposer de trésorerie ou d’actifs assimilables à de la trésorerie très rapidement (généralement en moins d’un
an).

5
Evidemment, plus la liquidité est grande, moins le risque de crédit d’une entreprise est élevé. Cependant, la notion de liquidité
ne peut pas se substituer à celle de solvabilité car elle ne concerne que le court terme.
En général, les problèmes de liquidité arrivent après les difficultés de solvabilité : une entreprise commence à être surendettée
sur le long terme, puis à moyen terme, jusqu’au jour où elle doit faire face à des remboursements trop importants qu’elle ne
sera pas en mesure d’honorer : ce sont les difficultés de liquidité, suivies de la faillite.
Ainsi, pour estimer à long-terme le risque de crédit d’une entreprise, il vaut mieux suivre ses ratios de solvabilité, puisque si
les difficultés concernent la liquidité, c’est qu’il est surement déjà trop tard !

2- Principe de rating financier

Définition : Un rating financier est une note qui représente le risque de crédit d’une entreprise pour en faciliter la lecture et la
comparaison avec d’autres.

a. Les agences de rating

Définition : Les agences de rating sont des institutions financières qui font des analyses crédits de grandes entreprises mais
aussi d’Etats et de collectivités municipales afin d’émettre une note qui caractérise le risque de crédit de l’entité analysée.

Les trois principales agences de rating sont les suivantes : Standard & Poor’s (abrégé en S&P), Moody’s et Fitch.

Attention : toutes les entreprises ne sont pas notées par les agences de rating. Pour l’être, il faut qu’elles le souhaitent et
qu’elles payent elles même l’agence de notation qui les notera. C’est d’ailleurs un conflit d’intérêt qui a souvent été reproché
à ce système : les entreprises payent les agences pour les noter et ces dernières peuvent donc être tentées d’attribuer de
meilleures notes à leurs clients pour qu’ils restent chez elles et ne partent pas dans une autre agence de notation.

b. Les échelles de ratings (ou notations)

Les notations des agences de ratings dépendent de chaque agence. S&P et Fitch ont la même échelle tandis que celle de
Moody’s est différente. Le tableau ci-dessous va de la meilleure note (AAA) à la moins bonne (D) :
Niveau de risque S&P Fitch Moody’s
AAA AAA Aaa

AA+ AA+ Aa1

AA AA Aa2

AA- AA- Aa3

A+ A+ A1
Investment grade
A A A2

A- A- A3

BBB+ BBB+ Baa1

BBB BBB Baa2

BBB- BBB- Baa3

6
BB+ BB+ Ba1

BB BB Ba2

BB- BB- Ba3


Non-investment
B+ B+ B1
grade
/ B B B2

High-yield B- B3
B-

CCC+ Caa1
CCC
CCC Caa2
CCC- CC Caa3

CC C Ca
En défaut

D (Défaut) D (Défaut) C

On distingue trois grandes catégories de risque en fonction de la note :

Investment Grade : le risque est considéré comme mesuré et les chances de défaut très faibles.
Non-Investment Grade (aussi appelé High Yield) : l’entreprise doit être suivie avec attention car sa situation financière
n’est pas sans risque.
Défaut : l’entreprise est considérée comme en défaut de paiement (elle n’est plus capable d’honorer toutes ses
obligations financières). Elle peut faire faillite à tout moment.

En plus des notes ci-dessus, les agences ajoutent généralement une opinion sur la tendance d’évolution de la note dans les
prochains mois : Positive / Neutre / Négative. Cette opinion n’est pas figée et peut évoluer dans le temps.

Enfin, la note donnée par une agence de notation a d’importants impacts sur les solutions de financement d’une entreprise.
En effet, plus la note est mauvaise (symbolisant un risque de crédit élevé), plus les banques demanderont des taux d’intérêts
élevés pour accepter de réaliser des prêts. Toute amélioration ou détérioration d’un rating peut donc augmenter ou diminuer
la montant des intérêts payés par une entreprise sur ses futurs emprunts, voire même sur ses emprunts actuels si le maintien
de son rating est un covenant financier. C’est pour cette raison qu’il est important pour une entreprise d’avoir un bon rating.
La plus grosse différence d’intérêt apparait généralement entre les catégories investment grade et high yield.

NB : les ratings financiers sont disponibles gratuitement sur les sites des différentes agences :

S&P : cliquez ici pour accéder aux ratings (vous devez créer un compte gratuit)
Moody’s : cliquez ici pour accéder aux ratings (vous devez créer un compte gratuit et faire une recherche dans la barre
en haut de la fenêtre)
Fitch : cliquez ici pour accéder aux ratings (faites votre recherche dans l’encart en haut à droite)

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c. Faire son propre rating financier

En plus d’utiliser les ratings des grandes agences de notation, il est possible de réaliser son propre rating financier assez
facilement, et c’est d’ailleurs ce que font la plupart des entreprises et banques en plus d’utiliser les ratings d’agences.
Pour cela, la méthode la plus efficace consiste à :
1- Sélectionner différents ratios financiers.
2- Pour chaque ratio, définir un barème de notation en fonction de son résultat et une pondération.
3- Calculer la note moyenne de l’entreprise, aussi appelée scoring, en fonction de chaque note de ratio et de leurs
pondérations.
4- Créer une table de correspondance entre la note moyenne et votre échelle de rating.
Exemples : Dans cet exemple, nous allons construire notre propre modèle de rating en suivant les étapes précédentes et nous
calculerons le rating pour l’entreprise fictive BigWin Corp :
1- Nous sélectionnons 4 ratios financiers dont trois de solvabilité : Dette/EBITDA, Gearing, Interest Coverage et nous
utiliserons aussi la mage d’EBITDA (EBITDA / Chiffre d’Affaires) qui est un ratio opérationnel et non pas de solvabilité.
2- Nous définissons les échelles suivantes :

Dette / EBITDA Gearing Interest Coverage Marge d'EBITDA

10 /10 1 0 9 30%

9 /10 1,5 0,5 8 27%

8 /10 2 1 7 23%

7 /10 2,5 1,5 6 20%

6 /10 3 2 5 17%

5 /10 4 3 4 13%

4 /10 5 4 3 10%

3 /10 6 5 2 7%

2 /10 7 6 1 3%

1 /10 8 7 0,5 0%

Pondération 4 3 1 2

Exemples de lecture : une entreprise dont le ratio Dette / EBITDA est égal ou inférieur à 1, se verra attribuer une note de 10/10
dont la pondération sera de 4. Une entreprise dont la Marge d’EBITDA sera comprise entre 7% et 3% se verra attribuer une
note de 2/10 dont le coefficient de pondération sera de 2.

3- Les résultats financiers de l’entreprise BigWin Corp sont les suivants :


 Dette financière totale : 500 M€
 EBITDA : 150 M€
 Fonds propres : 200 M€
 Charge d’intérêt annuelle : 25 M€
 EBIT : 110 M€
 Chiffre d’affaires : 400 M€

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On en déduit alors les ratios et notes correspondantes ci-dessous :
Interest
Dette / EBITDA Gearing Coverage Marge d'EBITDA
Calcul 500 M€ / 150 M€ 500 M€ / 200 M€ 110 M€ / 25 M€ 150 M€ / 400 M€
Ratio 3,3 2,5 4,4 38%
Note 6 /10 5 /10 5 /10 10 /10

Etant donné les pondérations que nous avons indiquées dans le tableau précédent, on en déduit une moyenne totale de 6,4/10.
Scoring = (note Dette / EBITDA * pondération + note Gearing * pondération + note Interest Coverage * pondération + note Marge
d’EBITDA * pondération) / Somme des coefficients de pondération
Scoring = (6 * 4 + 5 * 3 + 5 * 1 + 10 * 2) / (4 + 3 + 1 + 2)
Scoring = (24 + 15 + 5 + 20) / 10
Scoring = 6,4

4- Il ne nous reste plus qu’à faire correspondre à ce scoring moyenne de 6,4/10, un rating pour plus de lisibilité. Nous
proposons la table de correspondance ci-dessous :

AAA AA+ AA AA- A+ A A-


10 9,5 9 8,5 8 7,5 7
BBB+ BBB BBB- BB+ BB BB- B+
6,5 6 5,5 5 4,5 4 3,5
B B- CCC+ CCC CCC- CC D (Défaut)
3 2,5 2 1,5 1 0,5 0

On en déduit qu’avec une note de 6,4/10, arrondie à 6,5, BigWin Corp obtient un rating de BBB+ suivant notre méthodologie.

3- Passer du rating financier à la probabilité de défaut

Enfin, une fois la solvabilité d’une entreprise analysée et un rating obtenu, il convient d’en déduire une probabilité de défaut
afin d’avoir une réelle statistique d’occurrence du risque de crédit pour une entreprise.
Pour ce faire, certaines agences de rating calculent tous les ans le pourcentage d’entreprises qui ont fait défaut en fonction de
leur rating.
Ci-dessous, un tableau statistique de S&P qui indique, dans la deuxième ligne, la probabilité de défaut (en pourcentage) sous
un an d’une entreprise en fonction de son rating. Très logiquement, les entreprises notées « AAA » n’ont quasi aucune chance
de faire défaut (0.00%) alors que 24,9% des entreprises notées CCC font défaut sous un an.

AAA AA+ AA AA- A+ A A- BBB+ BBB BBB- BB+ BB BB- B+ B B- CCC

0.00 0.00 0.01 0.02 0.04 0.05 0.07 0.1 0.2 0.2 0.5 0.7 1.2 2.1 5.7 8.7 24.9

Source et crédit : S&P Global Ratings Research and S&P Global Market Intelligence's CreditPro®.

Ces tableaux sont quasi impossibles à réaliser soi-même et sont donc généralement fournis par les agences de notation.

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4- Schémas récapitulatifs

Vision globale du risque crédit :

Etapes de calculs d’un scoring financier :

3. Evaluer les montants d’expositions

1- Estimer une exposition financière

La deuxième métrique de risque de crédit est le montant d’exposition, aussi appelé exposition à risque.

Définition : Comme nous l’avons vu précédemment, il s’agit des sommes perdues ou du manque à gagner en cas de défaut
de la contrepartie.

Bien que cette définition semble plus simple à cerner que celle d’occurrence de risque, elle peut comprendre de multiples
subtilités qui peuvent rendre l’exposition à risque difficile à évaluer. Tout d’abord, il est nécessaire de différencier l’exposition
à perte et l’exposition de manque à gagner. Ce travail nécessite de cerner tous les aspects d’un contrat, généralement des plus
élémentaires pour l’exposition à perte, jusqu’aux plus lointains pour l’exposition de manque à gagner.

10
Voici deux exemples pour illustrer ces aspects :

Exemple 1 : Reprenons notre exemple précédent. La Banking Company a prêté 10 M€ à BigWin Corp au taux de 2% par an
pendant 10 ans. L’emprunt est structuré de manière à ce que BigWin paye donc les intérêts annuels de 0,2 M€ en fin de chaque
année et rembourse le principal de 10 M€ à la fin de la dixième et dernière année.

Après 4 ans, BigWin fait malheureusement faillite. Ainsi, au début de la 4ème année, l’exposition à risque est composée de :

 10 M€ en risque de perte, qui est le risque que BigWin ne rembourse jamais le principal à la fin de la 10ème année.
 1,2 M€ de risque de manque à gagner qui correspond aux intérêts des années 4 à 10 qui ne seront jamais payés si BigWin
faisait faillite tout de suite (0,2M€ d’intérêts annuels * 6 ans).

Exemple 2 : Imaginons l’entreprise Wind Corp qui construit et gère des parcs éoliens pour produire et vendre de l’électricité.
Wind Corp a développé un projet de parc dans le sud de la France qui nécessite l’achat de 5 éoliennes au prix unitaire de 1 M€.
La direction financière de Wind Corp estime la VAN (ou NPV en anglais) à 3 M€ si le projet devait se réaliser. Wind Corp passe
donc une commande de 5 éoliennes à un fabricant qui demande 30% d’acompte soit 1,5 M€. D’ici la livraison des éoliennes,
l’exposition à risque de Wind Corp est la suivante :

 1,5 M€ d’exposition de perte correspondant à l’acompte perdu si le fournisseur fait faillite avant la livraison des éoliennes.
 3 M€ d’exposition de manque à gagner si le projet est finalement annulé suite à la faillite du fournisseur.

Enfin, il faut noter que bien souvent l’exposition à risque décroit dans le temps. Ainsi, dans le cas d’un emprunt, l’exposition
à risque de crédit va diminuer au fur et à mesure des remboursements annuels de l’emprunteur. Il vaut donc mieux pour une
banque qu’un emprunteur fasse faillite lors des dernières années de l’emprunt que lors des premières.

Cette règle n’est cependant pas une vérité générale et il peut arriver que l’exposition augmente dans le temps (même si c’est
plus rare), par exemple en finance de marché, lorsque la position d'une vente à découvert se creuse. Dans le cas de contrats
commerciaux, cela peut aussi se produire si un fournisseur accepte d’accumuler les ventes sans acompte à un même client qui
finalement fait faillite.

2- Comprendre les aspects économiques, contractuels et juridiques pour estimer une exposition

Pour cerner le mieux possible l’exposition à risque, il est souvent nécessaire de faire un lien entre aspects financiers,
économiques et juridiques.

Généralement, un contrat comporte des dispositions permettant de limiter l’exposition de chaque partie envers l’autre.

De plus, le contexte économique général peut fortement influer sur l’exposition de perte maximale.

Les principaux points contractuels à vérifier sont les suivants :

Dans quelles mesures les deux entreprises restent liées malgré le défaut de l’une des deux.
o Exemple : Suivant les statuts d’une entreprise, un contrat d’emprunt bancaire peut prévoir que même en cas de
faillite d’une entreprise, les actionnaires restent débiteurs de la banque et devront donc rembourser cette dernière
du montant de l’emprunt. Au contraire, si c’est la banque qui fait faillite, l’entreprise débiteur doit continuer de
rembourser son emprunt auprès d’un établissement de recouvrement.
Est-ce qu’une des deux parties peut chercher un remplaçant à l’autre en cas de défaut.

11
o Exemple : Dans le cas d’un contrat de vente avec exclusivité, le vendeur peut se voir interdire de vendre le produit
en question à une quelconque autre entreprise que l’acheteur initial. Ce type d’exclusivité peut exister dans de
nombreux domaines industriels : armement, énergie, industrie lourde, développement informatique, production
artistique, propriété intellectuelle, etc... Le contrat peut alors prévoir que la clause d’exclusivité disparaisse en cas
de défaut de l’acheteur, pour que le vendeur puisse trouver un autre client, ou au contraire qu’elle perdure et dans
ce cas, le vendeur perd la totalité du développement et de la fabrication dudit produit car il ne pourra jamais le
vendre à une autre entreprise que celle qui a fait défaut.

Concernant les points économiques, les bonnes questions à se poser sont les suivantes :

Existe-t-il d’autres clients ou fournisseurs pour ce produit.


o Exemple : En dehors des aspects contractuels il convient de vérifier si en cas de défaut d’une contrepartie,
fournisseur ou client, il est possible de trouver un autre client ou fournisseur pour le remplacer. En effet, si un
fournisseur fait faillite, l’exposition à perte sera l’acompte déjà versé. En revanche, s’il est possible de trouver un
autre fournisseur, alors le projet peut ne pas tomber à l’eau et l’exposition de manque à gagner pourra être nulle.
Idem si un client fait faillite, il convient de se demander s’il est possible de trouver d’autres clients afin de limiter la
perte de chiffre d’affaires.
Existe-t-il des obstacles à la poursuite de l’activité commerciale en cas de défaut d’une contrepartie
o Exemple : Dans certains cas, il peut exister des obstacles à la poursuite d’une activité en cas de défaut d’un
partenaire, d’un client ou d’un fournisseur. Par exemple, si deux entreprises décident de créer une joint-venture
pour mener un projet commun et que l’une des deux fait défaut, voire faillite, il peut exister des obstacles qui
mettent définitivement un terme au projet : l’entreprise partenaire était la seule à disposer d’un savoir-faire
particulier, avait un agrément légal unique et difficile à obtenir, etc...

4. Analyse statistique du risque de crédit

Maintenant que nous avons estimé la probabilité d’occurrence de risque (en pourcentage) et l’exposition de perte (en valeur
monétaire), il convient de mettre en place une analyse statistique du risque de crédit.

1- L’espérance de perte

a. Définition et concept

L’espérance mathématique d’une variable est la valeur moyenne qu’on s’attend à trouver en répétant un grand nombre de
fois une expérience aléatoire.

Définition : Dans le contexte du risque de crédit ou de contrepartie, il s’agit donc du montant moyen que l’on s’attend
statistiquement à perdre sur le long terme avec une contrepartie donnée.

b. Formule et calcul

L’espérance de perte est une mesure statistique qui rassemble les deux métriques que nous avons vu précédemment : la
probabilité d’occurrence (en pourcentage) du risque et l’exposition à perte (en valeur monétaire).

12
La formule de l’espérance de perte E(P) est la suivante :

𝐸(𝑃) = 𝑃𝑟𝑜𝑏𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é 𝑑 ′ 𝑜𝑐𝑐𝑢𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒 (%) × 𝐸𝑥𝑝𝑜𝑠𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 à 𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒(€)

L’espérance de perte s’exprime donc en unité monétaire, comme l’exposition à perte.

Plus l’espérance de perte est grande, plus le risque est grand.

Avantage de l’espérance de perte :

Cette mesure permet de classer les contreparties les unes par rapport aux autres en fonction du risque qu’elle
représente.
C’est une mesure facile à calculer et à suivre dans le temps pour vérifier son évolution.
Elle prend aussi bien en compte la probabilité du risque que son ampleur (l’exposition à perte).

Inconvénient de l’espérance de perte :

C’est une mesure statistique et très théorique puisque dans la réalité, soit la contrepartie fait défaut et la totalité de
l’exposition est perdue, soit elle ne fait pas défaut et il n’y a aucune perte.
L’augmentation de l’espérance de perte totale peut augmenter mécaniquement du fait de l’augmentation de l’activité
de l’entreprise car plus elle a de clients, de fournisseurs, de partenaires, de créanciers, etc... plus l’exposition à perte
totale sera grande.

c. Suivi et contrôle

Pour être efficace, l’espérance de perte vis-à-vis d’une contrepartie doit être suivie dans le temps et mise à jour
fréquemment.

Les règles d’un suivi efficace de l’espérance de perte sont les suivantes :

Mise à jour régulière du calcul d’espérance de perte grâce à l’actualisation de :


o l’exposition à perte totale qui peut augmenter ou diminuer avec de nouveaux contrats,
o la probabilité d’occurrence de risque de la contrepartie qui peut aussi évoluer avec son rating.
Définir un plafond à l’espérance de perte vis-à-vis de chaque contrepartie et une politique de gestion du risque en cas
de dépassement de cette limite. Cette politique peut ainsi prévoir de :
o cesser toute nouvelle exposition vis-à-vis de cette contrepartie ou,
o continuer mais avec des règles contractuelles plus protectrices afin de limiter l’exposition à perte.
L’espérance de perte doit être suivie, contrepartie par contrepartie, afin d’estimer le risque que représente chaque
contrepartie pour l’entreprise.
Pour chaque nouveau contrat avec une contrepartie existante, il convient d’évaluer de quel montant augmentera
l’espérance de perte totale vis-à-vis de cette contrepartie suite à ce contrat additionnel, et vérifier si le plafond qu’on
s’est fixé risque ainsi d’être dépassé.

Enfin, il est aussi possible de suivre la somme totale de l’espérance de perte en sommant l’espérance de perte de toutes les
contreparties de l’entreprise. Attention cependant, une telle métrique n’est qu’indicative puisque comme nous l’avons vu dans
la liste des inconvénients, ce total augmentera mécaniquement avec la croissance de l’entreprise.

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2- Distribution de pertes

a. Définition et concept

Définition : la distribution de perte d'un portefeuille de crédit, à un horizon de temps donné, est une courbe reliant la
fréquence de perte de crédit à l'intensité du niveau de perte. Dans le cas du risque de crédit ou de contrepartie, on peut
utiliser un graphe reliant les ratings des contreparties à l’exposition à perte totale pour chaque rating.

La distribution de perte ressemble donc en théorie à une distribution statistique.

Avantage de la distribution de pertes :

La distribution de pertes indique le montant maximal réel qui peut être perdu, contrairement à l’espérance de perte
qui n’est qu’une espérance de probabilité théorique.
La distribution de pertes permet de donner un excellent aperçu du profil des contreparties de l’entreprise.
La distribution de pertes fait apparaitre tous les risques sur un seul graphe et est très facile à lire.
La distribution de pertes ne demande aucun calcul et reste donc facile à mettre à jour.

Inconvénient de la distribution de pertes :

La distribution de pertes ne permet pas d’analyser l’exposition contrepartie par contrepartie.


Exactement comme l’espérance de perte, la distribution de pertes augmente mécaniquement du fait de
l’augmentation de l’activité de l’entreprise : plus elle a de clients, de fournisseurs, de partenaires, de créanciers, etc...
plus les expositions à pertes seront grandes.

b. Formule et calcul

La distribution de pertes demande plus un travail de présentation que de calcul (les chiffres d’expositions à pertes dans le
graphique ci-dessous sont fictifs afin de simplement faire la démonstration de ce qu’est une distribution de pertes) :

14
12000

10000

8000
Somme des expositions
à pertes pour toutes les
contreparties CCC
6000

4000

2000

0,00% 0,00% 0,01% 0,02% 0,04% 0,05% 0,07% 0,10% 0,20% 0,20% 0,50% 0,70% 1,20% 2,10% 5,70% 8,70% 24,90%
AAA AA+ AA AA- A+ A A- BBB+ BBB BBB- BB+ BB BB- B+ B B- CCC

Rating

Probabilité de défaut
correspondant au rating

La probabilité de défaut se trouve en fonction de la table statistique fournie par une agence de notation comme indiqué au
chapitre 2.3 « Passer du rating financier à la probabilité de défaut ».

5. Solutions de contrôle (ou mitigation) du risque de crédit

1- Les dépôts de garanties et systèmes de colaterals

Définition : Un colateral en anglais, ou dépôt de garantie ou collatéral en français, est l'ensemble des actifs, titres ou
liquidités, remis en garantie par la contrepartie débitrice à la contrepartie créditrice afin de couvrir le risque de crédit
résultant d’une transaction financière, d’un emprunt ou d’un contrat commercial. Si l’emprunteur ne peut pas honorer ses
engagements financiers alors le créancier peut saisir le collatéral.
Prix : Le fonctionnement d’un collatéral ne coûte généralement rien sauf s’il s’agit de mettre les actifs en dépôt auprès
d’une institution officielle (banque, notaire, Caisse des Dépôts, etc...) qui peuvent demander un paiement comme « droit
de garde », mais cela est plutôt rare.
Contexte d’utilisation : Un collatéral peut être constitué de n’importe quel actif et reste la méthode la plus connue de
mitigation de risque de crédit. Attention, c’est une méthode assez peu utilisée pour ce qui est du risque de contrepartie
commercial ou industriel. En revanche, c’est beaucoup plus courant s’agissant du risque de crédit, c’est-à-dire lorsqu’une
entreprise souscrit un emprunt auprès d’une banque.
Pour un particulier : C’est aussi utilisé par les banques dans le cas d’emprunts par des particuliers, mais dans ce cas, le terme
utilisée est « hypothèque ».

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Exemple : Dans le milieu du champagne, c’est une pratique très courante de mettre les stocks de la célèbre boisson en collatéral
d’emprunt lorsqu’une maison de champagne décide de souscrire un emprunt. Les banques considèrent en effet que c’est un
type d’actif intéressant comme collatéral car sa valeur reste élevée dans le temps, certaines cuvées peuvent valoir des millions
d’euros et il est très facile à vendre.

C’est aussi une pratique courante dans le secteur de l’industrie d’infrastructure (énergie, aéroports, autoroutes, etc...). Par
exemple, une banque peut bien souvent saisir une infrastructure si l’entreprise qui l’exploite ne rembourse pas la dette qui a
servi à sa construction.

2- Les garanties maisons mère (PCG)

Définition : Une garantie maison mère, appelée en anglais parent company guarantee (abrégée PCG), est une garantie
donnée par une maison-mère à un créancier d’une de ses filiales, et qui oblige la maison-mère à se substituer à sa filiale si
cette dernière n’est pas capable d’honorer ses engagements financiers. Une PCG peut-être sans limite ou au contraire
limitée dans le temps ou en terme de montant monétaire.
Prix : Elle ne coute généralement rien ni à la filiale ni à sa maison-mère.
Contexte d’utilisation : Cette garantie est très répandue aussi bien dans le milieu bancaire lorsqu’une banque accorde un
prêt à une filiale d’un plus grand groupe, que lors de contrats purement commerciaux. En effet, c’est assez fréquent qu’un
fournisseur ou un client qui traite avec la filiale d’un grand groupe demande une PCG qui lui assure que si la filiale avec
laquelle un contrat a été signé n’honore pas son paiement (si elle est le client) ou la commande (si elle est le fournisseur),
alors la maison mère couvrira entièrement les engagements de sa filiale à sa place.
C’est aussi une pratique particulièrement répandue dans le contexte de groupes internationaux. En effet, lorsqu’une filiale
à l’étranger signe des contrats importants, ses partenaires commerciaux demandent bien souvent une PCG de la maison
mère.
Limite d’utilisation : Attention, une PCG n’a de valeur que si la maison mère a une meilleure situation financière que sa
filiale. Si la maison mère est au bord de la faillite, une telle garantie ne diminue pas beaucoup le risque de crédit.

Exemple : Imaginons que l’énergéticien français EDF décide de construire une nouvelle centrale nucléaire. Pour cela,
l’entreprise compte acheter des turbines à l’entreprise américaine General Electric (GE). Le contrat est donc signé entre EDF
et GE France, filiale française de GE dont la maison-mère est basée aux USA, pour la fourniture de quatre turbines électriques
pour plusieurs millions d’euros. EDF paye donc un acompte à GE France sur la commande et les turbines doivent être livrées
deux ans plus tard. Afin de limiter son risque de contrepartie, EDF va demander une PCG de la part de la maison-mère de GE
aux Etats-Unis à la filiale GE France de manière à ce que si GE France n’est pas capable de livrer les turbines dans les temps, ce
soit la maison-mère aux USA qui s’engage à livrer les turbines à sa place ou à rembourser son acompte à EDF.

3- Les garanties bancaires

Définition : Une garantie bancaire est similaire à une PCG, mais plutôt qu’être donnée par la maison-mère d’une entreprise
elle est donnée par sa banque. La banque qui fournit la garantie s’engage à assurer les engagements financiers de
l’entreprise qui souscrit à la garantie si celle-ci n’est pas en mesure de le faire. La garantie bancaire la plus couramment
utilisée est la « lettre de crédit ».
Prix : Contrairement à une PCG, une garantie bancaire n’est pas gratuite et il faut donc payer la banque pour souscrire à un
tel produit. Le prix de cette garantie bancaire dépendra non seulement du montant à garantir mais aussi du niveau de

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risque, c’est-à-dire de la solvabilité de l’entreprise à couvrir. Couvrir une entreprise notée AAA sera toujours moins cher
que couvrir une entreprise B+.
Contexte d’utilisation : Cette garantie est principalement utilisée pour couvrir des engagements commerciaux, rarement
pour couvrir le risque de non-remboursement d’un crédit (une banque ne va pas couvrir le non remboursement d’un
emprunt à une autre banque). La garantie bancaire permet notamment de couvrir le risque de contrepartie lorsqu’une
maison-mère n’est pas suffisamment solvable pour qu’une PCG soit intéressante ou lorsque c’est la maison-mère elle-
même qui est signataire du contrat. Le choix entre une garantie bancaire et une PCG se fait aussi en fonction du coût de la
garantie bancaire qui peut être très élevé si le montant à couvrir est important.
Limite d’utilisation : Une garantie bancaire est forcément limitée dans le temps, en terme de montant et dans le cadre le
contexte d’application puisqu’elle ne peut pas couvrir un risque qui n’a pas été prévu dans la politique de garantie.

Exemple : Si nous reprenons l’exemple précédent du contrat entre EDF et GE France pour la fourniture de turbines électriques,
plutôt qu’une PCG de la part de GE USA, EDF peut demander une garantie bancaire. Dans ce cas EDF pourra demander
directement à la banque qui fournie la garantie un dédommagement si GE France n’assume pas sa part du contrat. En revanche,
GE peut refuser en arguant que la garantie bancaire lui couterait trop cher. C’est donc ici une affaire de négociation entre les
deux entreprises.

4- Les covenants financiers

Définition : Il s’agit de l'ensemble des contraintes qu’une entreprise doit respecter dans le cadre d’un emprunt ou d’un
contrat commercial. Il s'agit généralement de respecter certains ratios financiers (par exemple, un ratio de dettes sur fonds
propres inférieur à 1 ou une dette sur EBITDA inférieur à 3) sous peine de déclencher le remboursement anticipé obligatoire
du prêt.
Prix : Un covenant financier ne coûte rien.
Contexte d’utilisation : Les covenants financiers sont majoritairement utilisés dans le cadre de solutions de financement
comme la souscription d’emprunts auprès d’une banque. Cela permet à la banque de s’assurer que l’entreprise à laquelle
elle accorde un prêt, conserve le même profil de risque pendant toute la durée du prêt. Cela est d’autant plus important
qu’en vertu du principe financier fondamental « risque-rentabilité », plus un investissement est risqué, plus il doit être
rentable. Pour la banque, il n’est donc pas intéressant de garder un prêt au même taux pour une entreprise qui devient de
plus en plus risquée car sa solvabilité se dégrade. Par conséquent, si une banque fournit un prêt à taux fixe pour plusieurs
années à une entreprise et que le profil de risque de cette dernière se dégrade au point où les covenants financiers ne sont
plus respectés, même si le risque de défaut reste lointain, la banque peut demander le remboursement immédiat de
l’emprunt. Cela lui évitera d’avoir un prêt en cours avec un taux défini sur un profil de risque initialement faible mais pour
une entreprise dont le profil de risque est maintenant plus élevé.
Dans le cadre de contrats commerciaux, le non-respect d’un covenant financier peut prévoir la caducité du contrat et alors
chaque signataire se voit libéré de ses obligations envers l’autre.
Limite d’utilisation : Bien qu’un covenant financier non respecté puisse prévoir le remboursement immédiat d’un emprunt
en cas de détérioration d’un ratio, cela s’avère parfois impossible dans la pratique. En effet, si l’entreprise n’a pas la
trésorerie pour rembourser son emprunt, la situation peut être inextricable. De plus, ce n’est pas forcément dans l’intérêt
de la banque que de mettre la tête sous l’eau à un client si celui-ci a d’autre dettes en cours. Il n’est donc pas rare que la
situation aboutisse simplement à une renégociation de l’emprunt et de son taux plutôt qu’à un remboursement anticipé
total.

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Exemple : L’entreprise BigWin Corp souscrit un emprunt de 10M€ sur 10 ans auprès de Banking Inc. Le contrat de financement
prévoit que BigWin Corp affiche un ratio dette sur EBITDA de maximum 4 pendant toute la durée de l’emprunt sous peine de
devoir procéder à un remboursement anticipé total de l’emprunt. Concrètement, chaque année BigWin Corp partage ses
résultats financiers avec la banque qui calcul le ratio dette sur EBITDA. A la fin de la quatrième année le ratio atteint 4,5. La
banque demande donc le remboursement anticipé de l’emprunt. Cependant, après négociations, BigWin Corp obtient
simplement de devoir raccourcir le remboursement restant de 6 à 3 ans.

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