La responsabilité sociétale des entreprises
Ce cours est insuffisant ! En plus des points mentionnés dans ce cours, il faut :
Consulter le cours original (partie des photos et exercices, pages 73-149).
Se référer au PDF de la norme SA8000-2014 si les explications fournies sur ses chapitres ne
sont pas claires dans le cours original.
I- Enjeux de la RSE
La RSE : Les engagements que prend l’entreprise envers la société, au-delà de la création de
richesse, et au-delà du respect de ce qui est formellement prescrit par les lois. Ces engagements
concernent l’application des principes de développement durable dans l’entreprise. Ce n’est pas
une obligation légale, mais une approche volontaire. Dans ce cas on distingue 2 types
d’entreprises :
Les entreprises qui sont poussés à obtenir le label RSE seulement par obligation d’un donneur
d’ordre (Client, fournisseur…etc.) → C’est le genre qui parfois cherche à cacher leurs
problèmes et falsifier les informations fournies aux auditeurs.
Les entreprises les plus engagées et impliquées dans le processus d’audit, qui cherchent à
investir et à mettre en œuvre une démarche RSE, convaincues de ses effets positifs, tels que :
✓ Réduction des risques pris par l'entreprise
✓ Apparition de nouvelles opportunités
✓ Amélioration de l’efficacité, réduction de couts
✓ Amélioration des relations avec les parties prenantes
La RSE couvre 6 grands domaines : Environnement - Ressources humaines - Gouvernement
d’entreprise - Pratiques commerciales - Impact local – Citoyenneté
II- Les référentiels et normes de la RSE
A- La norme ISO 26000
La Norme internationale ISO 26000, Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale,
qui aident les organisations de tous types, du secteur privé et du secteur public, à intégrer les
enjeux sociaux, environnementaux, et éthiques dans leurs pratiques et à adopter une démarche
responsable vis-à-vis de leurs parties prenantes. Elle encourage les entreprises à s'engager
volontairement dans des actions favorisant le développement durable, le respect des droits de
l'homme, la gestion des ressources naturelles, ainsi que la transparence et l'éthique des pratiques
commerciales.
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ISO 26000 contient des lignes directrices et non des exigences. Elle n’est donc pas destinée
à la certification comme la SA8000
B- La norme Social Accountability 8000
La norme SA8000 est une norme certifiable qui vise :
• L’amélioration des droits de travailleurs
• L’instauration des conditions de travail éthiques et transparentes
• La mise en œuvre d’un système de management efficace.
Cette norme est universellement applicable à tous les types d’organisations, sans égard à sa
taille, son lieu géographique ou son secteur d'activité.
Elle couvre 9 domaines soulignés par l’Organisation Internationale du Travail (OIT), par la
Déclaration des Droits de l’Homme (DUDH) et d’autres conventions internationales :
Travail des enfants Le travail des enfants ne sera pas utilisé
Les personnes ont le droit de changer d’emploi et ne seront pas
Travail Forcé
forcés à travaille
Hygiène et Sécurité Les personnes ne seront pas mises en danger dans leur travail
Les gens ont le droit de s’organiser et d’être entendus au travail
Liberté d’Association
au travers d’une négociation collective
Les conditions de recrutement, de promotion et de salaire
Discrimination
devront être égales et équitables
Les personnes ne subiront pas d’abus au travail et seront libre de
Mesures Disciplinaires
toute sanction physique
Les heures supplémentaires sont limitées, volontaires et payées
Temps de Travail
avec une majoration
Les personnes doivent gagner suffisamment pour vivre au travers
Rémunération
d’un horaire du travail normal
Un système de Management est la clé pour gérer la conformité
Système de
permanente, et inclue également l’exigence des travailleurs à la
management
SA 8000
Le bon respect de ces 8 standards nécessite l’implémentation d’un système de management
efficace (Appelé aussi système de gouvernance). Un système de management comprend des
procédures, des règles et des ressources utilisées par une organisation pour atteindre ses
objectifs. Il sert comme un cadre structuré qui assure :
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1) La mise en œuvre appropriée des exigences de la SA8000 (Règles et procédures au
sein de l’organisation)
2) La surveillance continue de ces exigences au sein de l’organisation (Audits internes ou
indicateurs de performance sociales)
3) Un système qui ne se contente pas seulement à atteindre le minimum de conformité,
mais qui plutôt cherche l’amélioration continue lorsqu’elle est possible.
Lors de la mise en œuvre du Système de Management, il est primordial de faire impliquer les
travailleurs et le comité de direction. Leur implication est cruciale pour 2 raisons majeurs :
➢ Leadership : La direction générale montre l’exemple en incarnant les valeurs et les
principes de la SA8000, non seulement auprès du personnel de l’entreprise, mais
également vis-à-vis des parties prenantes, telles que les fournisseurs ou les sous-
traitants.
➢ Caractère stratégique : La norme SA8000 est une décision stratégique majeure
puisqu’elle est irréversible et implique la totalité de l’organisation. Bien sur la mise en
place de toute décision stratégique nécessite l’implication de la DG.
Avant d’évaluer l’état de conformité d’une entreprise avec les chapitres de la SA8000,
l’auditeur doit d’abord examiner la conformité de l’état de l’entreprise avec la législation
locale. Donc si l’organisation ne respecte pas la loi locale, cela constitue automatiquement une
non-conformité par rapport à la SA8000, car la norme exige au minimum le respect des lois
en vigueur.
Remarque : Lorsque la législation locale d'une entreprise est respectée mais qu'elle diverge
des exigences d'une norme, l'auditeur doit privilégier la situation la plus favorable aux
travailleurs, en s'assurant qu'ils bénéficient de tous leurs droits.
Les écarts entre l’état de l’entreprise et la législation locale et les exigences de la norme SA8000
sont divisés en 2 catégories :
Les non-conformités majeures : Un écart significatif qui indique que l’entreprise ne respecte
pas une exigence clé de la SA8000 ou de la législation locale, avec des conséquences
importantes sur les droits des travailleurs ou sur le fonctionnement de l’organisation.
➔ L ’entreprise ne peut pas être certifiée avec une NC majeure.
Les non-conformités mineures : problèmes non systématiques qui n’affectent pas directement
ou immédiatement les droits des travailleurs.
➔ Les non-conformités mineures ne font pas obstacle à la certification SA8000
Les non conformités proviennent de plusieurs sources :
• Un système de management inefficace
• Manque de communication et de responsabilité
• Formations inefficaces
• Manque de ressources et/ou temps
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III- Processus d’audit de conformité RSE
La démarche méthodologique pour un audit de conformité RSE (Responsabilité Sociétale des
Entreprises) comprend généralement les étapes suivantes :
1- Diagnostic pré-audit
Collecter les informations de base sur l’entreprise à auditer (Taille, industrie…etc.).
Transmission d’une liste de documents à récupérer (rapports, politiques, contrats)
Activités sur site (pré-visite)
2- Préparer la proposition du contrat d’audit
Ensuite il faut préparer le contrat / plan d’audit qui sera proposé au client (entreprise). Il s’agit
1. Définir les critères d’audit (Par exemple la norme SA8000)
2. Désigner le responsable d’audit et les membres d’équipe
3. Définir les objectifs et le champ d’audit (Localisations physiques - Unités
organisationnelles - Activités et processus – Région)
4. Déterminer le calendrier (la durée d’audit qui dépend du nombre de salariés, le nombre
de sites, et l’activité de l’entreprise)
5. Définir les attentes spécifiques du client (ce qu’on attend de lui)
6. Préparer les outils d’audit (Les listes de contrôle (check-list), le guide d’entretien ou le
questionnaire pour les travailleurs)
Ces outils peuvent être changés selon les informations recueillies et leur analyse, en cours
d’audit. Ce ne sont que des supports pour se rappeler des points d’investigation importants.
→ Il est crucial de laisser l’entreprise bien se préparer afin de fournir un maximum
d’informations fiables et de faciliter le processus d’audit.
3- Réunion de lancement
C’est la première réunion, très déterminante, qui peut impacter le déroulement du reste du
processus d’audit. Il s’agit d’une réunion d’ouverture qui permet d’établir un cadre de confiance
avec le comité de direction de l’entité auditée. Son objectif est d’expliquer clairement les
finalités de l’audit et de faire comprendre qu’il ne s’agit pas d’une inspection à visée
sanctionnaire, mais plutôt d’un diagnostic de l’entreprise visant à l’aider à surmonter ses
problèmes. Il faut expliquer aussi que l’audit RSE est dans l’intérêt de l’entreprise, qui permet
de réduire les risques encourus et d’améliorer ses performances.
Au-delà de cela, cette réunion sert également à confirmer les horaires et les zones d’audit, à
déterminer les interlocuteurs à rencontrer, ainsi qu’à faire signer le contrat d’audit par
l’entreprise.
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4- Collecte des données et leur comparaison avec les critères
❖ L’analyse documentaire : Recenser et analyser les procédures disponibles et les
documents indispensables
❖ Conduite des entretiens : avec les interlocuteurs désignés
❖ Visite des sites : lignes de production, l’infirmerie, vestiaires, sanitaires, salle de repas,
zones de stockage des produits dangereux…etc.
L'auditeur a le droit de rechercher et/ou de vérifier des informations à l'extérieur de l'entreprise
s'il estime que les données fournies par celle-ci sont falsifiées ou s'il estime que l'entreprise
cache des informations importantes.
Les données collectées auprès de ces trois sources sont comparées aux critères d’audit définis
(loi locale, SA8000, etc.). Les écarts entre la situation réelle de l’entreprise et les exigences des
critères donnent lieu à des non-conformités.
➔ Il est essentiel de prendre garde aux tactiques de diversion (Des repas prolongés, des
interruptions fréquentes…etc.), durant un audit, car elles peuvent perturber le processus
d’évaluation et affecter le jugement de l’auditeur.
5- Rédaction de rapport
L’auditeur doit documenter ces non-conformités dans un rapport, en les décrivant de manière
précise, en les catégorisant (majeures ou mineures) et en proposant un plan d’action correctif et
préventif pour les éliminer. Il doit également fournir des preuves tangibles et objectives
(documents, entretiens, photos, etc.) pour justifier les non-conformités.
Ces preuves doivent être : Factuelles - Précises - Appropriées - Significatives
Les auditeurs doivent interpréter les situations dans leur contexte afin de déterminer le niveau
approprié de non-conformité, plusieurs éléments peuvent guider leur analyse :
• Les exigences de la norme
• Les normes et lois internationales
• Les données recueillies de sources internes et externes
• La connaissance du secteur industriel
• L’expérience acquise
• Les valeurs, la culture et l’orientation locales
• Les faits observes
6- Réunion de clôture
La 2ème réunion, aussi déterminante, où l’auditeur doit partager ses observations avec les
responsables de l’entreprise. Il doit clarifier pourquoi il s'agit d'une non-conformité et l'impact
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sur la certification SA8000 si elle n'est pas corrigée. La réunion fait aussi objet d’une discussion
entre le comité de direction et l’auditeur, sur les mesures correctives appropriées.
La continuité de l’audit dépend de la conclusion de cette réunion. Si les deux parties n’arrivent
pas à établir un plan d’action convenable pour toutes les deux, l’audit s’arrête. C’est pour cela
que l’accent est mis beaucoup sur la 1ère réunion. Une réunion de lancement réussi et bien
exécuté, crée un cadre structuré et une bonne communication tout au long du processus d’audit.
7- Suivi et vérification :
L’auditeur doit assurer l’évaluation continue du maintien et de respect des mesures
correctives mises en place par l’entreprise. L’audit de vérification des actions correctives est
mené par une entité d’audit différente de celle qui a proposé ces actions.
IV- Les types d’audits
• Audit de conformité: Permet d'identifier les non-conformités par rapport aux critères de la
norme SA8000 et de proposer des mesures correctives pour aligner l'entreprise avec ces
exigences. C’est un audit interne ou externe qui vérifie la conformité avec les standards RSE.
• Audit à blanc: Réalisé pour vérifier si le personnel de l'organisation commence à s'adapter
aux exigences. Ce type d'audit n'est pas en soi un audit RSE.
• Audit de certification: Cet audit vise à vérifier si une entreprise respecte les exigences de la
norme SA8000 et peut être certifiée. Il est mené par un organisme de certification accrédité,
indépendant de l'entité qui a effectué l'audit de conformité. L'objectif est de déterminer si
l'entreprise peut obtenir ou renouveler sa certification.
• Audit de contrôle: Ce type d’audit est réalisé chaque année pour s'assurer que l'entreprise
respecte toujours les critères de la norme SA8000 après avoir été certifiée. Il permet de vérifier
la continuité de la conformité des pratiques RSE de l'entreprise.
• Audit de maintien: Ce dernier audit est effectué avant l'échéance de la certification,
généralement après trois ans, pour vérifier que l'entreprise continue de respecter les exigences
de la norme et renouveler la certification pour une nouvelle période.
Autres remarques :
Un bon auditeur se concentre plus sur le terrain que sur les documents collectés.
Les auditeurs devront être vigilants lorsqu’ils seront amenés à évaluer la performance de
l’entreprise dans certains secteurs. Ils doivent aussi gérer de façon continue les zones à
problèmes : Durée du travail – Rémunérations - Contrôle des fournisseurs –
Discrimination
Le non implication du comité de direction dans le processus d’audit est une non-conformité
majeure !
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