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Techniques de négociation en GIRE

Ce manuel de formation aborde la résolution de conflits et les techniques de négociation dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau, en mettant l'accent sur l'importance de la coopération face à la crise mondiale de l'eau. Il présente des modules sur la gestion des conflits, les approches de négociation et les accords sur l'eau, tout en soulignant la nécessité d'une gouvernance efficace pour faire face aux défis liés à l'eau. L'objectif est de fournir des outils pratiques pour aider les acteurs à résoudre les conflits liés à l'eau de manière durable et équitable.

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Techniques de négociation en GIRE

Ce manuel de formation aborde la résolution de conflits et les techniques de négociation dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau, en mettant l'accent sur l'importance de la coopération face à la crise mondiale de l'eau. Il présente des modules sur la gestion des conflits, les approches de négociation et les accords sur l'eau, tout en soulignant la nécessité d'une gouvernance efficace pour faire face aux défis liés à l'eau. L'objectif est de fournir des outils pratiques pour aider les acteurs à résoudre les conflits liés à l'eau de manière durable et équitable.

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Résolution de conflits et

techniques de négociation pour


la gestion intégrée des
ressources en eau

Manuel de formation
Juillet 2008
Réseau international pour le
renforcement de capacité dans la
gestion intégrée des ressources en
eau
Remerciements

Ce manuel de formation a été élaboré par Larry A. Swatuk de WaterNet, Alemayehu


Mengiste et Kidanemariam Jembere de Nile GIRE-net qui ont été actifs dans
l’exécution de cours de formation dans diverses régions de l'Afrique et de l'Asie. Le
contenu est surtout basé sur les matériaux existants et l'expérience de l’utilisation
des outils de formation disponibles à Cap-net Bangladesh, Nile GIRE-net, WA-Net
ArgCapNet, REDICA et La-WETnet. Simone Noemdoe a fourni l'appui éditorial.

Les principales sources de documentation utilisées et adaptées comprennent:

 Prévention des Conflits et Coopération dans le domaine des Eaux


Internationales de WaterNet, UNESCO et UNESCO-IHE,
(http://www.unesco.org/water/wwap/pccp/sadc.shtml)

 Techniques de négociation et de médiation du manuel de gestion des


ressources en eau élaboré par l’Organisation Mondiale pour l’Alimentation et
l’Agriculture (FAO), (http://www.fao.org/docrep/008/a0032e/a0032e00.HTM)

Cap-Net voudrait reconnaître les diverses contributions ci-dessus mentionnées, de


même que les contributions des participants lors des différents cours de formation de
qui ont été organisés tout en assumant l’entière responsabilité pour toute omission
ou erreur qui se glisserait dans le présent document.

Ces matériaux seront rendus disponibles pour utilisation, adaptation et traduction à


souhait et pourront être téléchargés librement à partir du site Web de Cap-Net
(www.cap-net.org) ou sur demande sur support CD ainsi que tous les matériaux de
ressource et des présentations Power Point. Veuillez donner la reconnaissance
appropriée à la source en utilisant les matériaux.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau (ii)
Table des matières
Introduction ............................................................................................................................................. 4
1. La crise mondiale de l’eau .................................................................................................................. 4
2. Une crise de gouvernance .................................................................................................................... 5
3. La gouvernance des eaux transfrontalières......................................................................................... 6
4. La gestion intégrée des ressources en eau .......................................................................................... 6
Références................................................................................................................................................ 6

Module1: Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et résolution de conflits ........................ 7
1.1 Qu’est ce que la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE)? .................................................... 7
1.2 Les principes de la GIRE et les critères de base ........................................................................... 10
1.3 Points de basculement pour le conflit … la coopération ................................................................... 12
1.4 GIRE et gestion des conflits .............................................................................................................. 17
Références.............................................................................................................................................. 21

Module 2: Approches dans la gestion des conflits ............................................................................ 22


2.1. Gestion des Conflits ......................................................................................................................... 22
2.2 Méthodes de Résolution de conflits .................................................................................................. 24
2.3 Les conditions d'une résolution de conflit réussie ............................................................................. 30
2.4 Garder le fil : La carte du processus de conflit .................................................................................. 31
2.5 L'Analyse du conflit ........................................................................................................................... 32
Références.............................................................................................................................................. 48

Module 3: La négociation pour la résolution de conflits ................................................................... 50


3.1 La négociation ................................................................................................................................... 50
3.2 Approche et méthodes de négociation .............................................................................................. 55
3.3 L’approche du conflit par le médiateur .............................................................................................. 57
Références.............................................................................................................................................. 72

Module 4 : Les accords sur l’eau et les dispositions de gestion ...................................................... 73


4.1 Introduction ....................................................................................................................................... 73
4.2 Les fleuves internationaux ................................................................................................................ 73
4.3 Les accords nationaux/locaux ........................................................................................................... 79
Références.............................................................................................................................................. 92

Module 5: Implications pour la gestion intégrée des ressources en eau ........................................ 93


5.1 Introduction ....................................................................................................................................... 93
5.2 Questions clés .................................................................................................................................. 94
Références.............................................................................................................................................. 96

Annexe 1: Echantillon du programme de cours ................................................................................. 97

Annexe 2: Quelques idées pour les formateurs ............................................................................... 106

Acronymes .......................................................................................................................................... 111

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau (iii)
Aperçu – Pourquoi ce manuel?

Le conflit est le taon de la pensée. Il nous conduit à l'observation et à la


mémoire. Il incite à l'invention. Il nous choque, nous tire de notre
passivité, et nous amène à prendre note et à chercher des moyens de
sortie. Le conflit est la condition sine qua non de la réflexion et de
l'ingéniosité.
- John Dewey (1922; NOSR, 2007)

Indépendamment de ses origines, la manifestation de conflit (ou de


conflit latent) exige de nous sa résolution et la recherche d’accord.
D'une certaine manière, il peut même être défendu que la plupart,
sinon toutes les institutions sont des systèmes de gestion d’opposition
et de contradiction politique, gouvernementale, ou juridique, c’est-à-
dire des systèmes de gestion de conflits.
- Netherlands Organisation for Social Research (NOSR, 2007)

Le conflit est un aspect inévitable des systèmes sociaux humains. En effet, et


comme Dewey l’a formulé dans l'épigramme ci-dessus, beaucoup défendent l’idée
que le conflit est une réalité nécessaire de la vie, parce que c'est seulement à travers
la lutte que le changement durable et significatif peut être réalisé. NOSR (2007)
définit le conflit comme suit:

Le conflit est un processus qui commence quand un individu ou un


groupe perçoit des différences et une opposition entre soi-même et un
autre individu ou un groupe sur des intérêts, des ressources, des
croyances, des valeurs ou des pratiques qui sont importants à leurs
yeux. Cette vision du processus peut être appliquée à toutes sortes de
parties - nations, organismes, groupes, ou individus - et à toutes sortes
de conflit - des tensions latentes à la manifestation de la violence.

Etant donné l'importance centrale des ressources en eau à toutes les communautés
humaines, il est normal que des conflits naissent en ce qui concerne l'accès, la
répartition, le développement et la gestion de la ressource. Il est également clair,
cependant, que la nécessité est non seulement la mère de l'invention, mais
également la base aux activités de coopération élargies au sujet de la gestion des
ressources en eau. Ainsi, les comportements conflictuels et coopératifs - à travers le
temps et l'espace et à tous les niveaux d'organisation sociale humaine - constituent
la norme où des ressources en eau sont concernées.

Il est généralement reconnu que les ressources en eau, toutes catégories


confondues, sont soumises à une pression croissante par un certain nombre
d'acteurs, de forces et de facteurs manifestes en ce début du 21ème siècle (WWDR,

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
1
2006). Une préoccupation importante demeure la manière dont les États souverains
règleront le problème des pénuries croissantes d’eau dans les bassins fluviaux
partagés (pénurie saisonnière, absolue, normale, du fait de l’homme). On pense que
la géographie peut jouer un rôle important, de même que l'emplacement dans le
bassin (en amont/en aval) et l’environnement (écosystèmes arides/semi-arides)
comme facteurs clé dans les conflits sur l'eau à l’avenir. On pense également que le
réchauffement climatique peut créer des défis particuliers aux sociétés et aux
communautés en manque d’eau et qui devront développer des mécanismes
d’atténuation et d'adaptation afin de survivre. Au niveau national, des questions
importantes se sont posées au sujet de l'utilisation optimale des ressources limitées.
Des discussions et des conflits surviennent de plus en plus maintenant entre les
différents types d'utilisateurs (par exemple, urbain/rural ; industrie/agriculture ;
personnes/environnement, riches/pauvres), entre les lignes de partage des eaux, les
écosystèmes, les bassins, les juridictions politiques et les villes de plus en plus
peuplées.

Etant donné la diversité des besoins et des intérêts autour de l'eau, il est normal
d’enregistrer des différends et conflits sur la ressource, c'est-à-dire, qu’il faut s’y
attendre. Mais ce ne sont pas tous les différends qui mènent au conflit, et tous les
conflits ne tournent pas à la violence. Certaines s'infectent perpétuellement en
dessous et, comme avec l'accès limité à l'eau potable dans beaucoup de zones
urbaines, certains différends font partie des relations sociales arrangées. Cependant,
un changement de contexte - tel qu'une période de sécheresse ou une inondation
inattendue, ou un changement de la politique gouvernementale - peut faire resurgir
des griefs longtemps camouflés.

Que faut-il faire au sujet de tels événements et éventualités ? Ne devrions-nous pas


être préparés ? L'objectif de ce manuel est de fournir des informations générales
nécessaires et des outils spécifiques faciles à utiliser par n'importe quel acteur
impliqué dans la gestion des ressources en eau afin de pouvoir résoudre des conflits
existants ou latents de manière à contenter toutes les parties. Dans ce manuel,
l'accent est mis sur le Règlement Extrajudiciaire de Conflit (ADR), en particulier, les
négociations raisonnées - une approche qui cherche à inclure les résultats et les
processus qui serviront aux besoins sociaux durables, équitables et efficaces à long
terme.

L'ADR se situe dans le cadre plus grand de la gestion intégrée des ressources en
eau (GIRE) maintenant considérée comme un cadre important pour l’utilisation et la
gestion durable de la ressource. Dans le cadre de la GIRE, le Cap-Net, entre autres
institutions, groupes et réseaux, a facilité un certain nombre d'ateliers sur le
règlement des conflits et la négociation au profit des gestionnaires de l'eau en
prévision des conflits imminents et/ou de plus en plus récurrents sur la ressource.
Nous avons tous été impliqués - travaillant seul ou en groupe, et en tant qu'élément
d'une plus grande équipe - dans la planification et l'exécution de plusieurs de ces
ateliers au niveau national (par exemple avec le Partenariat national de l’eau de
l’Ethiopie), au niveau régional (par exemple avec SADEC, Nile-GIREnet) et au
niveau mondial (avec les régions et les pays). Nous avons distillé nos expériences à

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
2
d’autres à un niveau inférieur dans ce manuel de formation qui sera d’une ressource
facile d’utilisation dans le domaine du règlement des conflits et de la négociation
pour la GIRE.

Références

1. NOSR (Netherlands Organisation for Scientific Research), 2007. Conflict and


Security - Final Version. NOSR: The Hague
2. United Nations, 2006. Water: A shared responsibility, World Water Development
Report 2. New York and Geneva: UNESCO and Berghan Books.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
3
Introduction
1. La crise mondiale de l’eau
L'eau est cruciale pour le développement humain. La capacité de collecter des
ressources en eau pour l'usage humain a permis la montée de civilisations
complexes. Globalement, l'utilisation nationale globale de l'eau varie directement en
fonction du revenu national brut et des valeurs d'indice du développement humain.
L'eau est un produit commun et précieux. Elle existe en abondance mais n'est pas
toujours disponible au bon endroit ni au bon moment pour nous les humains. Bien
sûr, nous n’avons pas toujours contribué à faciliter les choses. Pour la plus grande
partie de l’histoire humaine, nous avons eu un impact
limité sur les ressources autour de nous. Avec le En c ad ré 1: R é al ité s de l a c r is e
changement technologique et social rapide au cours de l’ e au
des 500 dernières années, nous avons marqué
l’environnement à tel point que nous sommes  Seulement 0,4% de la quantité totale de
l’eau du monde est disponible pour les
aujourd’hui face au plus grand défi de la civilisation
humains.
humaine qui se présente sous forme de réchauffement  Aujourd’hui plus de 2 milliards de
climatique. Là où il est question de ressources en eau, personnes sont affectées par le manque
d’une situation d’utilisation limitée mais variée avec peu d’eau dans plus de 40 pays.
d’impacts, nous avons maintenant atteint un point où,  263 bassins fluviaux sont partagés par
au moins deux nations.
dans la plupart des pays du monde, des utilisations  2 millions de tonnes de déchets humains
cumulées des ressources des cours d’eau ont non sont déversés dans les cours d’eau.
seulement des impacts au niveau local, mais aussi au  La moitié de la population des pays en
niveau des bassins et au niveau régional. Le résultat développement est exposée aux sources
d’eau polluées, ce qui augmente
est que les ressources en eau dans beaucoup de l’incidence des maladies.
bassins sont entièrement ou presque engagées pour  90% des catastrophes naturelles dans
des utilisations multiples, aussi bien dans les cours les années 1990 sont liées à l’eau.
d’eau que dans les endroits les plus reculés ; la qualité  L’accroissement démographique de 6 à 9
de l’eau se dégrade; les écosystèmes qui en dépendent milliards sera très déterminant dans la
gestion des ressources en eau au cours
sont menacés ; et la demande toujours élevée entraîne des prochaines 50 années.
une concurrence intense, et parfois des tensions. Source: WWDR/2, 2006
(Svendsen, Wester and Molle, 2004: 1)

Ainsi, aujourd'hui il est généralement reconnu que nous sommes confrontés à une
crise mondiale de l'eau.

L'accès à l'eau est fondamental à la survie humaine, à la santé et à la productivité,


mais beaucoup de défis restent liés à la durabilité perpétuelle de l'accès des
personnes à l'eau pour les différents usages. Beaucoup de projets de
développement n'ont pas considéré l'eau dans l'environnement comme une
ressource épuisable et l'approche était la plupart du temps sectorielle et non
intégrée, entraînant beaucoup de pressions sur la ressource limitée. Les
conséquences de cette approche, ainsi que les facteurs externes (spécialement la
croissance démographique et le changement climatique) ont entraîné des situations
d’épuisement de la ressource ou de manque grave. En plus, cette situation a
entraîné des catastrophes telles que la pollution, la surexploitation des couches
aquifères, l’assèchement des sources, les inondations et le gaspillage de fonds dans
des projets inappropriés.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
4
2. Une crise de gouvernance
Si la compréhension des questions des ressources en eau, de leur dynamique et
limite d’exploitation est considérée essentielle pour permettre l’élaboration de
stratégies durables en matière de gestion de l'eau, il est généralement reconnu que
les problèmes d'aujourd'hui et de demain sont autant une conséquence de la
mauvaise gouvernance que de la pénurie absolue (voir, UN WWDR2, Chapitre 2
pour plus d’informations).

La gouvernance, c’est aussi bien les résultats que le processus, prenant en compte
une série d'acteurs légitimes et dotés de pouvoir de décision. Comme résultat, il
reflète les relations sociales établies. Si la gouvernance est bonne, elle suggère une
approbation sociale – voir universelle - de ses pratiques. La bonne gouvernance ne
peut jamais atteindre un point final; en tant que processus elle dépend de la
répétition des activités qui renforcent la confiance.

Encadré 2: La gouvernance de l’eau

‘La gouvernance de l’eau renvoie à la série des systèmes politique, social, économique et
administrative qui sont mis en place pour développer et gérer les ressources en eau et
l’approvisionnement des services d’eau à différents niveaux’ (Rogers and Hall, 2003).

Selon les auteurs du rapport 2 des Nations unies sur le développement des ressources en eau dans
le monde, la gouvernance de l’eau comprend quatre dimensions:
 Une dimension sociale qui s’occupe de « l’utilisation équitable »;
 Une dimension économique qui s’occupe de « l’utilisation efficiente »;
 Une dimension environnementale qui s’occupe de « l’utilisation durable »; et
 Une dimension politique qui s’occupe des « opportunités démocratiques égales».

Chacune de ces dimensions est `ancrée dans des systèmes de gouvernance à travers trois niveaux :
gouvernement, société civile et secteur privé'. Pour réaliser la gouvernance efficace, le rapport de
l'ONU propose une liste de contrôle qui prend en compte ce qui suit :
 La participation;
 La transparence;
 L’équité;
 L’effectivité et l’efficacité;
 La règle de droit;
 La responsabilité;
 La cohérence;
 La bonne réaction;
 L’intégration; et
 La considération d’ordre éthique.

L'absence de quelques ou de toutes ces pratiques a eu comme conséquence la mauvaise


gouvernance ou l’absence de gouvernance, qui se définit simplement comme l'incapacité et/ou la
réticence de changer des modèles de répartition, de gestion et d’utilisation de la ressource en dépit
de la claire évidence de dégradation des ressources, du comportement peu économique, de la
pauvreté persistante et de l’inégalité sociale (l'ONU, le 2006:49)

Source: World Water Development Report 2, 2006

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
5
3. La gouvernance des eaux
transfrontalières
Ce qui complique d’avantage la question est que la majeure partie de la population
de la planète vit sur les 300 bassins fluviaux partagés par deux états ou plus (Milich
et Varady, 1999). Ces bassins couvrent plus de 45% de la surface de la terre, et des
145 états occupant les bassins fluviaux internationaux, presque deux tiers (92) ont
au moins la moitié de leur territoire national se trouvant dans un bassin international,
et plus d'un tiers (50) ont 80 pour cent ou plus du territoire national dans un bassin
international' (Conca, 2006). Étant donné que les États souverains s’arrogent le droit
d’exploiter les ressources situées dans leur territoire, et étant donné le caractère
fugitif de l'eau – qui ne se conforme pas aux frontières politiques internationales – et
considérant l'augmentation de la demande en eau des communautés, des Etats et
des secteurs, la probabilité de conflits sur l’eau est élevée.

4. La gestion intégrée des ressources en


eau

La prévention ou l’atténuation des effets négatifs de la pénurie physique et induite


par l’homme de la ressource « exigera des innovations institutionnelles qui
permettront de se concentrer simultanément sur les buts et les options en matière de
sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, et la viabilité environnementale »
(Molden, 2007:62). Une telle perspective s'est maintenant cristallisée dans le concept
de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), dans laquelle la résolution de
conflits est considérée comme un outil important.

Références

1. Conca, K., 2006, Governing Water: Contentious Transnational Politics and


Global Institution Building. Cambridge, Mass: MIT Press.
2. Milich, L. and R.G. Varady, 1999. ‘Openness, Sustainability and Public
Participation: new designs for transboundary river basin institutions’, Journal
of Environment and Development, 8:3, 258-306.
3. Molden, D., et al, 2004, ‘Phases of River Basin Development: the Need for
Adaptive Institutions’, in M. Svendsen, ed., Irrigation and River Basin
Management: options for governance and institutions, (Cambridge, Mass:
CABI).
4. Rogers, P. and A.W. Hall, 2003. Effective Water Governance. TEC
Background Papers 7. Stockholm: Global Water Partnership.
5. Svendsen, M., P. Wester and F. Molle, 2004, ‘Managing River Basins: an
Institutional Perspective’, in M. Svendsen, ed., Irrigation and River Basin
Management: options for governance and institutions, (Cambridge, Mass:
CABI)
6. United Nations, 2006, Water: A Shared Responsibility. World Water
Development Report 2. New York and Geneva: UNESCO and
Berghahn Books.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
6
1

Module1: Gestion intégrée des


ressources en eau (GIRE) et
résolution de conflits

Objectifs spécifiques
 décrire le sens et les grands principes GIRE et démontrer sa pertinence pour la
résolution de conflits.
 décrire les différents points de basculement pour le conflit et la coopération sur
les ressources en eau.

Résultats
Le participant aura une claire compréhension de:
 La relation entre GIRE, conflit et résolution de conflits; et
 La pertinence des techniques de gestion de conflits.

Techniques
Le participant sera en mesure de:
 Identifier les éléments pertinents pour une analyse systématique de son
contexte spécifique à travers une vision GIRE; et
 Percevoir la résolution de conflits sous l’angle du Règlement Extrajudiciaire des
Conflits (ADR).

1.1 Qu’est ce que la Gestion intégrée des


ressources en eau (GIRE)?

Le fondement de la gestion intégrée des ressources en Encadré 1.1: La gestion intégrée


eau est simplement le fait que les différentes utilisations Gestion intégrée signifie que tous les
des ressources en eau sont interdépendantes. Cela est différents usages des ressources en eau
évident pour nous tous. Les fortes demandes pour sont pris en compte. Cela s’oppose à
l’irrigation et les écoulements pollués du fait de l’approche sectorielle. Dès que la
responsabilité pour l’eau à boire, l’eau pour
l'agriculture impliquent moins d'eau douce pour la l’irrigation, l’industrie et l’environnement est
boisson ou l'usage industriel ; l'eau usagée municipale et du ressort de différentes institutions, le
industrielle souillée pollue les fleuves et menace les manque de liens transversaux entraîne
écosystèmes; si l'eau doit être laissée dans un fleuve une exploitation et une gestion non
pour protéger les ressources halieutiques et les coordonnées, et par conséquent des
conflits, un gaspillage et la mise en place
écosystèmes, moins peut être détourné pour les de systèmes non durables.
cultures.

La “GIRE est un processus qui promeut le développement et la gestion coordonnés


des ressources en eau afin de maximiser le résultat économique et le bien être social

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
7
1

de manière équitable sans compromettre la durabilité des écosystèmes vitaux.”


(GWP, 2000)

Cap-Net (2005) explique la GIRE comme étant un processus systématique pour le


développement durable, la répartition et le suivi de l'utilisation de l'eau dans le cadre
des objectifs sociaux, économiques et environnementaux. Cela signifie que toutes
les différentes utilisations des ressources en eau doivent être considérées en même
temps, tenant compte de l'éventail de besoins en eau des personnes. Les décisions
concernant la répartition et la gestion de l’eau devraient considérer les effets de
chaque utilisation sur l'autre, et tenir compte des buts sociaux, économiques et
environnementaux globalement.

Encadré 1.2: Le sens de la gestion

La gestion est prise dans son sens le plus large. Elle soutient que nous mettons l’accent
pas seulement sur le développement des ressources en eau, mais que nous devons
gérer consciencieusement l’exploitation de l’eau de sorte à assurer sa disponibilité pour
une utilisation durable à long terme pour les générations futures.

Cela signifie que la GIRE prend en compte les aspects suivants:

Les liens entre l’écopaysage et le cycle hydrologique :


Le cycle hydrologique est sans interruption affecté par la modification du paysage du
fait des activités d'utilisation des terres et de l’eau. La compréhension de ces liens
entre le paysage et le cycle hydrologique est importante pour la gestion améliorée de
l'eau. La considération du cycle hydrologique tout au long de l'année est importante
puisque l'eau stockée dans les marécages et les aquifères (réservoir d'eaux
souterraines) par la recharge pendant la saison des pluies est la source
d'écoulement de base vers le fleuve pendant la saison sèche. La modification du
couvert végétal par les changements dans l'utilisation des terres (par exemple,
utilisation rurale à urbaine, utilisation pour l’agriculture à une utilisation urbaine,
l’occupation des forêts par l'agriculture, etc.), l'empiétement des zones inondables et
des marécages, et le déboisement entraînent des changements des propriétés
physiques de la surface de la terre. Ces activités d'utilisation des terres modifient le
paysage, entraînent des changements dans les processus d’infiltration et de
recharge des eaux souterraines, de ruissellement et de transport des sédiments, ce
qui entraîne des débits accrus lors des inondations et un faible débit d’écoulement
dans les fleuves pendant la saison sèche et enfin le changement du régime des
fleuves.

Fonctions du système des ressources en eau :


Le système des ressources en eau assure une multitude de fonctions qui fournissent
des biens et des services à la société et permet la survie des écosystèmes.
Certaines de ces fonctions sont :
 Fonctions environnementales: la recharge des zones humides et des eaux
souterraines, l’augmentation du débit pendant la saison sèche, l’assimilation
des déchets, etc.;
 Fonctions écologiques: fournir l'humidité des sols pour la végétation, servir
d’habitat aux poissons, les plantes et la faune aquatiques, conserver la
biodiversité, etc. ;

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
8
1

 Fonctions socio-économique: fournir l’eau pour les besoins domestiques,


l’agriculture, l’industrie et l’énergie, servir aux besoins de navigation, de loisirs
et tourisme, etc.

La GIRE prend en compte non seulement les coûts et les avantages financiers et
économiques et ceux liés aux décisions sur la gestion de l'eau, mais également les
coûts et les avantages sociaux et environnementaux. Ignorer ces fonctions dans les
décisions sur la gestion de l'eau peut avoir des impacts importants sur les
économies, l'environnement et les moyens de subsistance.

Interdépendance entre la terre, l'eau et les écosystèmes :


Beaucoup d'utilisations des terres dépendent de la disponibilité de l'eau et sont
influencées par les risques liés à l'eau alors que les utilisations des terres apportent
des modifications au régime de l'eau. La disponibilité et la qualité de l'eau et les
écosystèmes aquatiques sont affectées par le prélèvement de l'eau des fleuves, des
lacs et des aquifères pour une multitude de besoins différents tels que les besoins
domestiques, pour l'agriculture, l’industrie, etc.

Utilisateurs multiples de l'eau, besoins conflictuels et demande croissante :


Avec la croissance démographique et le développement économique, la demande en
eau augmente également entraînant une pression sur la ressource finie - l'eau. Si
des mesures appropriées ne sont pas prises pour améliorer l'efficacité de l'utilisation
de l'eau et conserver cette ressource rare, il serait difficile d’atteindre la sécurité en
matière d’eau. La concurrence des besoins en eau constitue une source de conflit,
par exemple, entre les utilisations pour l'agriculture et l'industrie, l'agriculture et les
ressources halieutiques, les zones en amont et en aval, les plaines et bas-fonds, les
zones rurales et urbaines, etc. Une préoccupation environnementale importante
demeure le conflit entre les besoins d'eau pour les humains et les besoins des cours
d’eau eux-mêmes pour assurer le transport des sédiments, maintenir la morphologie
et répondre aux exigences écologiques. La GIRE prend en compte tous les intérêts
sectoriels, de même que les décisions d'affectation des ressources en eau tenant
compte des contraintes et des objectifs appropriés de la société.

De manière générale, la GIRE promeut:


 Un changement de l’approche sectorielle à une approche plus intersectorielle
pour intégrer les objectifs écologiques, économiques et sociaux afin de
réaliser des avantages multiples et transversaux;

 La gestion coordonnée des ressources en eau, des terres et autres


ressources apparentées;

 L’intégration des aspects techniques, sociaux et politiques, y compris les


règlements de conflit sur la demande, l’utilisation et la perception, que ce soit
dans un sens économique, environnemental ou géopolitique ;

 Intégration entre secteurs, intégration de l’utilisation, de la demande,


intégration de l’environnement et aussi intégration avec les personnes;

 La participation des acteurs afin d’encourager une plus large appropriation et


responsabilisation des acteurs. La participation active de tous les groupes
affectés et intéressés dans la résolution des conflits et la promotion d’une
durabilité générale pour permettre une gestion plus efficace et socialement
responsable de la ressource en eau qui profite à toutes les couches de la

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
9
1

société nécessitera la prise de nouvelles dispositions institutionnels ; et

 Une approche qui reconnaît les différentes composantes de même que les
liens entre elles, et dont la perturbation d’un point dans le système affecte les
autres parties du système.

En résumé, la gestion des ressources en eau nécessite la considération du cycle


hydrologique dans le bassin, l'interaction de l'eau de surface et des eaux
souterraines et l'interaction de l'eau avec les autres systèmes naturels et socio-
économiques. Elle devrait tenir compte des multiples utilisateurs de l'eau, des buts
multiples et des besoins concurrents, considérer l'interdépendance de la terre, de
l'eau et des écosystèmes, et résoudre la question du rôle de l'eau dans le contexte
du développement économique et social et de la durabilité environnementale.

1.2 Les principes de la GIRE et les


critères de base
Une approche GIRE est soutenue par les principes de Dublin sur l'Eau et
l'Environnement. Ces principes usuels et pratiquement universellement reconnus
sont :

1. L’eau douce est une ressource limitée et vulnérable, indispensable à la


vie, au développement et à l’Environnement.

Seulement 3% de l'eau de la planète est eau douce tandis que 97% est eau
de mer (salée). De ces 3% d’eau douce, 87% n'est pas accessible puisque
étant constitué de glace/glacier pour la plupart du temps dans les régions
polaires. Cela signifie que les ressources d'eau douce accessibles pour
l'usage sont seulement de 0,4% de la quantité totale.

2. Le développement et la gestion de l’eau devraient être fondés sur une


approche participative impliquant usagers, planificateurs et décideurs à
tous les niveaux.

L'eau est un sujet dans lequel chacun est acteur. La vraie participation a lieu
seulement quand les acteurs sont impliqués dans le processus de prise de
décision. Le type de participation dépendra de la dimension spatiale
concernant la gestion de l'eau et les décisions d'investissement particulières.
Elle sera également affectée par la nature de l'environnement politique dans
lequel de telles décisions sont prises. L’approche participative est le meilleur
moyen pour réaliser un consensus durable et un accord commun.

3. Les femmes sont au cœur des processus d’approvisionnement, de


gestion et de préservation de l’eau ;

Le rôle central des femmes comme fournisseuses et utilisatrices de l'eau et


gardiennes de l'environnement naturel a été rarement reflété dans les
dispositions institutionnelles lors du développement et de la gestion des
ressources en eau. L'acceptation et l'application de ce principe exigent des

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
10
1

politiques positives afin de répondre aux besoins spécifiques des femmes et


de les équiper et les responsabiliser pour permettre leur participation à tous
les niveaux dans les programmes sur les ressources en eau, y compris la
prise de décision et la mise en œuvre, tel que défini par les femmes elles
mêmes.

4. Pour tous ses différents usages, souvent antagonistes ou concurrents,


l’eau a une dimension économique, c’est pourquoi, elle doit être
considérée comme un bien économique ;

L'eau doit être gérée de sorte à refléter sa valeur économique dans tous ses
usages, à commencer par adopter une tarification des services de l'eau pour
refléter le coût de sa disponibilité. Selon ce principe, il est essentiel d'identifier
d'abord le droit fondamental de tous les êtres humains à l'accès à l'eau
potable et à l'assainissement à un prix accessible. La gestion de l'eau en tant
que bien économique est un moyen important pour atteindre les objectifs
sociaux tels que l'utilisation efficace et équitable, la promotion de la
conservation et de la protection des ressources en eau.

Encadré 1.3 : La valeur et les frais sont deux choses


différentes et nous devons les distinguer clairement. La
valeur de l'eau dans les utilisations alternatives est
importante pour l'allocation raisonnable de l'eau comme
ressource rare, que ce soit par des moyens statutaires ou
économiques. Le tarification (ou non) de l'eau applique un
instrument économique pour soutenir les groupes
désavantagés, affecte les comportements pour une
conservation et une utilisation de l'eau plus efficaces, motive
la bonne gestion de la demande et assure le recouvrement
des coûts et suscite la volonté des consommateurs à payer
pour des investissements complémentaires dans les
services de l'eau.

Il est également nécessaire de reconnaître l'importance fondamentale de poursuivre


les réformes sur la gestion et l'utilisation de l'eau conformément aux critères qui
tiennent compte des conditions sociales, économiques et environnementales (GWP,
2000). Ces critères constituent ce qu’on appelle « le seuil des Trois E en anglais»:

1. Efficacité dans l'utilisation de l'eau : En raison de la pénurie croissante de


l'eau et des ressources financières, la nature limitée et vulnérable de l'eau en
tant que ressource, et les demandes croissantes sur elle, l'eau doit être
utilisée de la manière la plus efficace.
2. Equité: Le droit fondamental pour toutes les personnes d’avoir accès à l'eau
en quantité et en qualité appropriées pour maintenir le bien-être humain doit
être universellement reconnu.
3. Durabilité environnementale et écologique : L'utilisation actuelle de la
ressource devrait être contrôlée de manière à ne pas mettre en péril le
système de survie compromettant ainsi la disponibilité de la ressource pour
les générations futures.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
11
1

Figure 1: Les trois piliers de la gestion des ressources en eau

Economique Equité Durabilité


environnementale

Les instruments Un environnement


Cadre
de gestion propice
institutionnel
 Evaluation  Politiques  Central – Local
 Instruments de  Législation  Bassin fluvial
répartition
 Public-Privé

Equilibrer “l’eau pour la subsistance” et “l’eau comme ressource”

1.3 Points de basculement pour le conflit


… et la coopération
Etant donné ce qui a été dit au sujet de la situation de l'eau au niveau mondial dans
l'introduction ci-dessus, la prise d’initiative pour le changement vers la pratique du
« Triple E », bien que cela soit nécessaire, aura des répercussions politiques,
économiques et sociales. Tandis que les pratiques particulières peuvent mener à la
dégradation environnementale ou à l’allocation des ressources à certains groupes
seulement de la société, les bénéficiaires de ces politiques et pratiques seront
réticents au changement. Il est impératif, donc, que nous comprenions que la GIRE
en conseillant pour le changement peut créer un climat de conflit et de coopération.
Plusieurs points de basculement sont expliqués ci-après.

 Réussir une bonne gouvernance


En 2004 le Partenariat Mondial de l’Eau (GWP) a identifié treize (13) secteurs
clés pour le changement dans le cadre global de la gouvernance de l'eau, les
regroupant en termes d'environnement propice (politiques, cadres législatifs,
structures de financement et d'incitation), de rôle institutionnel (cadre
organisationnel, renforcement des capacités institutionnelles), et
d’instruments de gestion (évaluation des ressources en eau, planification

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
12
1

pour la GIRE, gestion de la demande, instruments de changement social,


résolution des conflits, instruments réglementaires, instruments économiques,
gestion de l'information et échange). Chacun de ces secteurs dispose du
potentiel pour contribuer à une utilisation et une gestion plus équitables, plus
efficaces et durables de l'eau. Puisque chaque secteur exige un changement
des pratiques actuelles, il contient également un potentiel de création de
conflits au sein et entre les groupes d'utilisateurs et les sociétés. Alors que le
changement s’impose, la manière d’entrer dans cet environnement - le temps,
le lieu et le rythme – est également importante.

 Obtenir l’eau pour les personnes


L'accès à l'eau potable suffisante et à l'assainissement sont des besoins
humains de base et sont essentiels à la santé et au bien-être. Bien que la
plupart des pays accordent la première priorité à la satisfaction des besoins
humains de base, approximativement un cinquième de la population du monde
n’a pas accès à l'eau potable et la moitié de la population n’a pas accès à un
assainissement appropriée. Ces insuffisances de service affectent
principalement les couches les plus pauvres de la population dans les pays en
voie de développement. Dans ces pays, la satisfaction des besoins
d’approvisionnement en eau et à l’assainissement des zones urbaines et
rurales représente un des défis majeurs pour les années à venir. La réduction
de moitié de la population n’ayant pas accès à l’eau potable et aux services
d'assainissement d'ici 2015 est l'un des objectifs du millénaire pour le
développement. Cela exigera une réorientation importante des priorités
d'investissement.

 Obtenir l’eau pour l’alimentation


Les projections démographiques indiquent qu’au cours des 25 prochaines
années il faudra nourrir 2 ou 3 milliards de personnes en plus. L'eau est de
plus en plus considérée comme la contrainte principale pour la production
alimentaire, aussi cruciale, sinon plus cruciale que la pénurie des terres.
L'agriculture irriguée est déjà responsable de plus de 70% de la consommation
d’eau (plus de 90% de toutes les utilisations d’eau pour la consommation).
Même avec un besoin additionnel estimé à 15-20% pour l'irrigation au cours
des 25 prochaines années - ce qui est probablement moins élevé - des conflits
graves sont susceptibles de naître entre l'eau pour l'agriculture irriguée et l'eau
pour les autres besoins des humains et des écosystèmes.

 L’eau pour les écosystèmes


La gestion des ressources de la terre et en eau doit permettre le maintien des
écosystèmes essentiels et la prise en compte des effets négatifs sur les autres
ressources naturelles, et si possible la réduction de ces effets négatifs quand
les décisions concenrnant l’exploitation et la gestion sont prises.

Les écosystèmes terrestres et aquatiques produisent une série d’avantages


économiques. Les écosystèmes dépendent des écoulements d'eau, du
caractère saisonnier et des fluctuations du niveau hydrostatique et sont
menacés par, entre autres, la mauvaise qualité de l'eau. Cela veut il dire que
les problèmes de protection environnementale sont au-dessus des besoins du
développement économique ? Là où les ressources financières, humaines et
techniques sont limitées, la gestion de l'environnement et du développement,

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
13
1

ou l’approche du développement tenant compte de l'environnement n'est pas


toujours possible. Des options seront nécessaires, mais comment décider et
qui va décider ?

 Les disparités en matière de genre


La gestion formelle de l'eau est dominée par les hommes. Bien que leurs
nombres commencent à augmenter, la représentation et l'influence des
femmes dans les institutions du secteur de l'eau demeure toujours faible. C'est
important parce que la manière dont les ressources en eau sont gérées affecte
les femmes et les hommes différemment. Dans le monde entier, et en
particulier dans les zones rurales, les femmes sont garantes de la santé et de
l'hygiène de la famille et les pourvoiyeuses d'eau et de nourriture à la famille.
Les femmes sont donc les actrices primaires dans le domaine de l’eau et de
l’hygiène des ménages. Cependant, les décisions sur les technologies
d'approvisionnement en eau et d'assainissement, les emplacements des points
d'eau et le fonctionnement et l'entretien des systèmes sont la plupart du temps
de la responsabilité des hommes. Comment changer cela efficacement? Que
veut dire exactement « l’intégration d’une démarche soucieuse d’égalité entre
les sexes » ?

 La gestion des risques


Les sécheresses, les inondations, la pollution de certains points et la pollution
générale, les actions en amont avec des impacts en aval - ce sont tous des
événements communs avec souvent des résultats peu communs et
imprévisibles. La disponibilité de systèmes d’alerte précoce et l’adoption de
réactions structurelles appropriées face aux calamités naturelles et à celles
dues à l’action de l’homme sont des activités principales pour éviter les
conflits. Des réactions initiales positives doivent être développées et elles
doivent mener à une atténuation appropriée et à des procédures d'adaptation -
c'est le plus important face à l’anticipation des effets négatifs du réchauffement
climatique sur les cycles hydrologiques locaux et mondiaux.

 L’évaluation de l’eau
L'eau n'est pas simplement un facteur des processus de production, bien
qu’elle soit trop souvent traitée de cette façon. En plus de sa valeur
économique, l'eau dans toutes ses utilisations a une valeur sociale,
environnementale et culturelle. En même temps, pendant que le monde
devient de plus en plus urbain, et à mesure que la demande en nourriture
augmente, le coût économique des systèmes d’approvisionnement – quelque
soit l’usage et quelque soit la valeur – justifie le point que même si l’eau de
pluie tombe gratuitement,les canalisations d’eau coûtent de l'argent. La
tarification de l'eau doit également refléter les questions d’équité, mais aussi
prendre en compte les besoins de l'environnement, des pauvres et des
groupes vulnérables. Des études ont montré que les consommateurs sont
disposés à payer pour les services de l'eau - mais ces prestations doivent être
accessibles et surtout, fiables. Pris ensemble, ces faits démontrent la
nécessité d’une prise de décisions sur les meilleures pratiques et une
utilisation sage, respectueuse des valeurs culturelles, sociales, économiques
et environnementales: sûrement une recette pour le conflit !

 L’eau pour les industries et les villes


Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
14
1

La richesse économique, créée en quantité suffisante pour profiter à toutes les


sociétés, dépend des provisions d’eau sécurisées. Car, comme les bassins
sont presque fermés, des décisions difficiles doivent être prises concernant la
meilleure utilisation. L'agriculture irriguée devrait-elle continuer à recevoir 70
pour cent de tous les prélèvements quand le secteur contribue seulement pour
4 pour cent au produit intérieur brut ? L'industrie tout en utilisant moins d’eau
de manière plus profitable engendre souvent des coûts écologiques. Comme
beaucoup d'états sont désireux d'attirer de nouvelles industries, mais
manquent de capacité de contrôle des activitiés et craignant parfois d'appliquer
la loi du pollueur payeur qui conduirait les industries dans un pays voisin,
beaucoup de gouvernements sont peu disposés à faire respecter leurs propres
lois sur la santé environnementale et sociale. Avec l’accroissement des villes,
la demande en eau s’accroît et les gouvernements seront confrontés aux
problèmes de construction des barrages ou du transfert d'eau d'un bassin à un
autre. Les populations rurales feront les frais de ces décisions. Quelles sont
les perspectives? et comment régler les conflits qui sûrement en résulteront?

 L’eau dans le cadre transfrontalier


Tous ces points ci-dessus deviennent beaucoup plus importants avec la prise
en compte de la souveraineté des Etats. Comme montré ci-dessous dans le
Module 4, les Etats agissent souvent unilatéralement en ce qui concerne la
gestion des eaux transfrontalières. C'est particulièrement le cas quand l'Etat en
amont est politiquement et économiquement plus puissant que l'Etat en aval.
Le droit international est notoirement faible. Comme décrit dans le Module 4 ci-
dessous, il existe de nombreux accords, déclarations et conventions
internationaux qui sont en place et également en cours d’élaboration pour
résoudre les questions des conflits actuels ou attendus. Une des conventions
est l’accord des Nations Unies (NU) sur l’utilisation des Eaux Internationales à
des fins autres que la navigation (1997). Cependant, trop souvent les Etats
agissent de manière unilatérale – c’est-à-dire dans « l'intérêt national » - quand
il s’agit de planification, de gestion et d'utilisation des ressources en eau. Quel
est le point de désaccord des Etats? Le diagramme à secteurs (page 17)
montre que le plus souvent les Etats avancent l’argument de la quantité de
l'eau et du type d'infrastructure en place qui affectent la quantité et la
fréquence des écoulements.

Les mêmes diagrammes prouvent également que les Etats coopèrent sur les
mêmes questions – créant la base pour la prévention des conflits et la
sauvegarde des avantages mutuels. L'adoption d'une approche de planification
et de gestion basée sur la GIRE et à l’échelle des bassins poura encourager la
coopération et permettra un partage des bénéfices sur un certain nombre
d'intérêts partagés :
 Partage équitable des ressources des cours d’eau pendant les
périodes de soudure;
 Partage des données et des connaissances sur la prévision des
inondations;
 Gestion des bassins versants;
 Production d’énergie hydro-électrique;
 Augmentation des débits pendant les périodes de soudure ;
 Coopération dans la gestion des inondations;
 Coopération dans les systèmes de navigation;
 Contrôle des infiltrations, de la sédimentation et des autres pertes ;

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
15
 Contrôle de la pollution transfrontalière; et
 Coopération lors des sessions de formation sur les cours d’eau.

En effet, il est évident que même s’il y a beaucoup de conflits, il y a beaucoup


plus de coopération sur l'utilisation de tous les types d’eau de surface.

Encadré 1.4: Les guerres de l’eau?

Ce qui a animé une grande partie de la recherche conduite sur les eaux transfrontalières, pendant la dernière
décennie ou à peu près, c’est le sentiment persistant que l'eau sera `le pétrole du futur' et qu’elle sera la cause
des « futures guerres». Gleick (2000) montre qu’à travers l'histoire l’eau a été utilisée dans les conflits comme :
outil politique ou militaire, cible militaire, objet de terrorisme, partie d'un conflit de développement, et objet de
contrôle.

Cependant, selon Wolf et al (2005 : 84), [N] des états sont allés en guerre spécifiquement à cause des ressources
en eau depuis que les villes-états de Lagash et d'Umma se sont combattues dans le bassin de Tigris-Euphrate en
2500 BC. En plus, selon l'Organisation des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, plus de 3 600 traités
sur l'eau ont été signés de 805 AD à 1984'.

En conclusion d’une étude empirique menée par Gleditsch et Toset (204 : 17, 22), l'auteur cite: « alors que les
conflits aigus sur les fleuves non partagés sont rares, la présence d'un grand bassin fluvial partagé engendre
beaucoup plus de conflits… Cela n’est pas justifié pour les « guerres de l’eau», mais les ressources en eau
partagées peuvent susciter des conflits inter états à un niveau inférieur. Cela n’exclut nullement la coopération, et
en effet ce type de conflit peut être une incitation importante pour plus de coopération. Cependant, cette relation
reste à être examinée'.

Selon Wolf et al, 2005:84 - 85, `l'incidence d’un conflit aigu sur les ressources en eau internationales est dominée
par le niveau de coopération' ; « en dépit de la rhétorique ardente des politiciens… la plupart des actions prises
sur l'eau sont tempérées' ; il y a plus d'exemples de coopération que de conflit' ; et `malgré l’absence de violence,
l'eau agit comme irritant et rassembleur'. En conclusion, ils disent que, `l’histoire montre que les conflits
internationaux sur l’eau sont toujours résolus, même entre des ennemis, et même si les conflits éclatent pour
d’autres questions. Certains des ennemis les plus bruyants du monde ont négocié des accords sur l'eau ou sont
en cours de le faire, et les institutions qu'ils ont créées s'avèrent souvent résistantes, même lorsque les relations
sont tendues' (Wolf et al 2005:85).

Encadré 1.5: Innovation conceptuelle:


Pour soutenir les décideurs dans la réalisation de la GIRE et éviter les conflits, de nouvelles
approches de compréhension ont été développées sur les questions liées à l’eau. Étant donné
que la plupart du droit international a été négocié sur la qualité et la quantité des ressources
d'eau douce bleue et `visible' - lacs, fleuves, rivières, marécages - les experts du monde en
matière d'eau ont eu beaucoup de mal à modifier cette compréhension étroite de l'eau, de ses
valeurs, et ses interactions avec les autres aspects des écosystèmes dans lesquels elle existe.
Ainsi, Falkenmark et Rockstrom (2004) soulignent l'importance de l'eau verte `' (c’est à dire l'eau
provenant de la transpiration des plantes) et de l'humidité du sol`' (l'eau contenue dans les
racines des plantes) dans la production alimentaire. La notion « d'eau virtuelle » de A.J. Allan -
c'est-à-dire la quantité d'eau utilisée pour fabriquer un produit - est une autre innovation qui
permet aux décideurs de prendre des décisions étant plus éclairés sur l’allocation de l'eau dans
un bassin.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
16
1

Figure 1.2: Coopération et conflits dans les basins fluviaux internationaux

Rép. de l'ensemble des évènements de Interactions couplées-pays par type de


coopération par zone de problème problème de coopération extrême (BAR
Echelle 6)
Coop.
Quest. front. Infrastructure
Technique 3% Qualité Irrigation Quest. front.
1% 1%
Infrastructure 16% 1% 1%
Qualité
10% Quantité 17%
19% Gest.
Irrigation conjointe Quantité
1% Hydroélectricit
25% 10%
é
Gest. 8%
conjointe Navigation
31% Dév. Eco. Hydroélect.
1%
8% Lutte c.
Lutte c. inond Dév. éco. Navigation
inond. 1%
2% 35%
1%

Rép. de l'ensem ble des évènem ents Interactions couplées-pays par type de
conflictuels par zone de problèm e problème de Conflit Extrême (BAR
Echelle – 6)
Questions
frontalières Qualité
Infrastructure
2% 4%
25%
Irrigation
1% Infrastructure
10%
Gest.
conjointe
4%
Lutte c.
inondation
1% Quantité Quantité
Navigation Hydroélectrici 60% 90%
1% té
2%

Source: Wolf, Stahl and Macomber, 2003

1.4 GIRE et gestion des conflits


La situation de la GIRE est capitale – beaucoup diront incontestable. Le problème de
la plupart des pays est la longue histoire de développement sectoriel basé sur une
compréhension étroite de l’eau comme facteur du développement économique.

Selon le deuxième Rapport des Nations Unies sur le Développement Mondial portant
sur l’Eau (2006: 17), ‘l’Humanité s’est embarquée dans un projet très important
d’ingénierie écologique mondial, avec peu ou aucune préconception, ou en fait,
aucune connaissance actuelle des conséquences … Dans le secteur de l’eau,
l’obtention de la fourniture fiable et sûre de l’eau pour la santé et l’alimentation, les
besoins en processus de production industrielle et énergétiques, et le
développement de marchés à succès pour les terres et l’eau ont fortement changé
l’ordre naturel de plusieurs fleuves à travers le monde’.

Nous serons maintenant en prise avec l’énormité des problèmes que nous nous

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
17
1

sommes nous même créés par la manipulation non consciente de la nature à des
fins particulières. Le besoin de changement est indéniable. Avec le changement,
vient le défi et avec le défi viennent aussi bien les menaces que les opportunités. Il y
a des menaces sur le pouvoir des gens et des menaces à leur sens, sur eux même
en tant que professionnels. La GIRE requiert que des plateformes soient
développées pour permettre à toutes les différentes parties prenantes, souvent avec
apparemment aucune différence non conciliable de travailler ensemble d’une façon
où d’une autre.

Comme le Partenariat Mondial pour l’Eau (GWP) le dit:


La GIRE est un défi pour les pratiques, attitudes et certitudes
professionnelles conventionnelles. Elle confronte des intérêts sectoriels
retranchés et requière que la ressource en eau soit gérée de façon
holistique au profit de tous. Personne ne prétend que relever le défi de la
GIRE sera facile mais il est vital qu’il y ait un début maintenant pour prévenir
la crise bourgeonnante.

La GIRE fourni un solide cadre pour penser systématiquement à un futur où


l’utilisation de l’eau est écologiquement durable, socialement équitable, et
économiquement efficiente. Aujourd’hui, plus de 154 pays à travers le monde sont
sur le point de reformer leur utilisation et pratiques de gestion de l’eau en les alignant
sur les principes de la GIRE. L’atteinte progressive des résultats du ‘Triple E’ ne sera
pas aisée. Le premier défi est de transformer les conflits inévitables qui surviendront,
en résultats productifs, gagnant-gagnant, mutuellement bénéfiques qui produiront
des gains sur le long terme.

Encadré 1.6 : Questions clés orientées vers la GIRE à se poser:


 Quelle est la preuve d’engagement pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau dans
votre pays?
 Considérant les structures de gestion de l’eau dans votre pays, quelles reformes
institutionnelles et juridiques sont nécessaires à l’application de la GIRE?
 Il y a t-il une urgence à gérer les ressources en eau de façon intégrée et comment cela se fait-il
au mieux? Quels seront les bénéfices pour les différents secteurs?
 Comment les hommes et les femmes sont-ils affectés différemment par les changements dans
la gestion des ressources en eau dans votre pays?

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
18
1

EXERCICE 3 - Dans mon Pays

Lié à la Session 2: Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et Conflits sur l’Eau et
Coopération

Les participants devraient être organisés en 4-6 groupes (selon le nombre de participants avec
le nombre optimum de participants par groupe fixé à environ 5). La façon la plus facile
d’organiser les groupes et d’éviter que ne se forment des cliques auto organisées, est de
numéroter les participants en faisant un compte répétitif de 1-2-3-4-5-1-2-3-4-5-etc et de
regrouper tous les numéros 1, les numéros 2, ainsi de suite.

Structurez la conversation autour des questions suivantes:


 Quels sont les trois principaux problèmes d’eau dans votre pays?
 Comment sont-ils traités?

Chaque groupe devrait désigner un Rapporteur.

Ayant fourni aux participants de nombreux exemples au cours de la présentation formelle, cet
exercice leur permet de comparer et de contraster leurs positions et d’échanger des idées sur
les différentes façons et les différents moyens d’aborder des problèmes communs. Cet exercice
établira aussi rapidement des rapports entre les participants car ils verront qu’ils sont
embarqués sur le même bateau’

Temps imparti: 30 minutes, suivi de 30 minutes de restitution des groupes.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
19
1
Documentation de la Session: Ci-dessous se trouve un exemplaire de documentation de Session qui
devrait être rempli avant l’atelier pour chaque activité d’une session. Celui ci-dessous est lié à la
présentation formelle par les facilitateurs de ce Module (Annexe 3)

Encadré 1.7: Exemplaire de Documentation de Session


TOT Sur la Résolution de Conflits et les techniques de négociation pour la
GIRE 19-23 juin 2006 Lusaka, Zambie
Session Comprendre les Conflits Jour 1 Lundi 19 juin 2006

Thème Introduction à la GIRE, aux Conflits et la Coopération liés à l’Eau

Justification Les conflits liés aux ressources en eau prennent plusieurs formes – du simple
désaccord aux menaces et actes de violence physique. Il est généralement admis
que de nombreuses parties du monde – dont l’Afrique Australe – font ou feront
bientôt face à une situation de rareté de l’eau. L’on pense que la rareté pourrait
conduire à différents types de conflits: causés par la fourniture; par la demande; ou
structurellement provoqués. La GIRE est un processus qui vise à gérer ces conflits,
entre autres en, changeant la façon dont la ressource est actuellement utilisée;
changeant le processus par lequel les décisions concernant l’allocation et l’usage
sont prises; et fournissant de nouvelles façons de penser sur la ressource pour
qu’une utilisation équitable, efficiente et durable soit atteinte. En bref, la GIRE est une
sorte d’outil pour la Gestion et la Résolution de conflits.

Durée Une heure

Objectifs Illustrer les différents ‘outils’ fournis par la GIRE en prévenant, gérant et résolvant les
conflits lies à l’eau; pour illustrer les probables points de basculement pour la
coopération et/ou pour le conflit sur l’eau.

Matériel de Cours N/A

Personne Larry A. Swatuk, Professeur Agrégé, Centre de Recherche Harry Oppenheimer


Ressource Okavango, Université du Botswana, Private Bag 285 Maun Botswana

Méthodes ¾ aperçus power point des problèmes; ¼ débriefing semi structuré


d’apprentissage

Littérature d’appui Mostart, E., Conflict and Cooperation in the Management of International Freshwater
Resources: a global review, (UNESCO-IHP #19) disponible sur
www.unesco.org/water/wwap/pccp)

Références Van der Zaag, P., 2005. Integrated Water Resources Management: irrelevant
buzzword or key concept? Physics and Chemistry of the Earth 30, Elsevier, 867-871

Partenariat Mondial pour l’Eau – Comité Consultatif Technique, 2000. Gestion


Intégrée des Ressources en Eau, Document Technique No.4, GWP, Gland

Moriarty, P., J. Butterworth, C. Batchelor, 2004. Integrated Water Resources


Management: and the domestic water and sanitation sub-sector. Delft: IRC
International Water and Sanitation Centre (May).

Wolf, A., M. Stahl, M. Macomber, 2003. Conflict, Cooperation and University Support
for Institutions in International River Basins’, document présenté à la rencontre
annuelle de l’ISA, à Portland, Oregon.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
20
Références
1. Cap-Net (2005), Tutorial on Basic Principles of Integrated Water Resources
Management-Version 2.
2. Cap Net tutorial: http://www.cap-net.org/iwrm_tutorial/mainmenu.htm
3. Cap-Net and GWP (2006). CD containing Cap-Net E-library Water resources
management, GWP Toolbox, and Cap-Net IWRM Tutorial.
4. Chowdhury, J.U., 2005. Basic Principles and Concept of Integrated Water
Resources Management. Training Material from Cap-Net on Conflict Resolution
and Negotiation Skills for IWRM. 1-5 August, 2005. Dhaka, Bangladesh.
5. Falkenmark, M. and J. Rockstrom, 2004. Water for Nature Water for People.
London: Earthscan.
6. Gleditsch, N.P., T. Owen, K. Furlong and Bethany Lacina, 2004. ‘Conflict over
Shared Rivers: resources wars or fuzzy boundaries’, 2004, available at:
http://www.prio.no/files/file45233_isa_proceeding_14244.pdf
7. Gleick, P., 2000. ‘Environment and Security: Water Conflict Chronology – Version
2000’, in P. Gleick, The World’s Water 2000-1, (California: Island Press).
8. Global Water Partnership (GWP) Technical papers: available at:
http://www.gwpforum.org/servlet/PSP?iNodeID=231&iFromNodeID=102olbox:.
http://gwpforum.netmasters05.netmasters.nl/en/
9. Global Water Partnership-Technical Advisory Committee, 2000. Integrated Water
Resources Management, Technical Paper No.4, GWP, Gland.
10. Homer-Dixon, T., 1994. ‘Environmental Scarcities and Violent Conflict: evidence
from cases’, International Security, 19:1 available at:
http://www.library.utoronto.ca/pcs/evidence/evid1.htm
11. Mostart, E., Conflict and Cooperation in the Management of International
Freshwater Resources: a global review, (UNESCO-IHP #19) available from
www.unesco.org/water/wwap/pccp)
12. United Nations, 2006, Water: A Shared Responsibility. World Water Development
Report 2. New York and Geneva: UNESCO and Berghahn Books.
13. Wolf, A., A. Kramer, A. Carius and G.D. Dabelko, 2005. ‘Managing water conflict
and cooperation’, World Watch Institute, State of the World.
14. Wolf, A., M. Stahl, M. Macomber, 2003. Conflict, Cooperation and University
Support for Institutions in International River Basins’, paper presented at the
annual meeting of the ISA, Portland, Oregon.

Lecture suggérée
Document d’Aperçu Thématique sur la Gestion Intégrée des Ressources en Eau et le
sous-secteur de l’eau domestique, Par: Patrick Moriarty (IRC) et John Butterworth
(NRI) et Charles Bachelor, disponible à:
http://www.irc.nl/content/download/11479/168383/file/GIRE Final.pdf

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
21
Module 2: Approches dans la gestion
2
des conflits

Objectifs spécifiques
 Mettre en lumière les différentes méthodes de Gestion de conflits.
 Souligner l’utilité des techniques de Règlement extrajudiciaire de conflits (ADR),
aussi appelées Gestion extrajudiciaire des conflits (ACM) ou Règlement
extrajudiciaire de différends (ACR).
 Elaborer la méthodologie de Règlement des Différends et de Gestion des
Conflits.

Résultats
 La connaissance de l’ADR comme composante nécessaire à une Gestion
intégrée des ressources en eau (GIRE) réussie.

Techniques
 Application d’outils particuliers pour l’analyse systématique des causes
fondamentales des conflits comme point de départ nécessaire à sa gestion.

2.1. Gestion des Conflits


Un conflit est un fait de la vie, il survient et se dissipe avec le temps. Le conflit fait
partie d’un processus pour la raison qu’il pourrait naître d’un grand nombre de
situations objectives et subjectives qui requièrent une résolution sur une base
durable.

Dans le contexte de la GIRE: Cadre 2.1: Le conflit:


 Interdépendance des gens et des responsabilités; Le conflit est présent quand deux parties
 Ambiguïtés juridictionnelles; imbrication ou plus s’aperçoivent que leurs intérêts
fonctionnelle; sont incompatibles, expriment des
 Compétition pour des ressources rares; attitudes hostiles ou … poursuivent leurs
 Différence de statuts organisationnels et influence; intérêts par des actions préjudiciables aux
autres parties. Les intérêts peuvent
 Objectifs incompatibles et méthodes; diverger sur les:
 Différences de styles de consommation;
 Distorsions dans les communications; et  Accès aux, et distribution des
 Les attentes non satisfaites font partie des ressources (ex. territoires, argent,
sources d’énergie, bois);
domaines qui génèrent les conflits.  Contrôle du pouvoir et participation
aux prises de décisions politiques;
 Identité (communautés culturelles,
Il y a deux aspects du traitement des conflits. Le premier sociales et politiques); et
est la “Gestion des Conflits” qui a émergé, avec une  Statuts, particulièrement ceux qui
approche plus large. Le second est la méthode la plus s’englobent dans les systèmes
conventionnelle de “Résolution de Conflits”. Alors que gouvernementaux, religieux, ou
idéologiques’ (Schmid, 1998).
les méthodes de “résolution des conflits” se concentrent Source: WWDR
sur l’utilisation des techniques après l’avènement d’un
conflit, la “Gestion des Conflits” suppose un rôle plus proactif dans la prévention des
conflits en encourageant la communication productive et la collaboration entre les
Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
22
intérêts divers, en abordant les causes sous-jacentes des conflits, en développant la
confiance et la compréhension et en utilisant la planification participative et
2
collaborative pour entreprendre des tâches complexes.

Avec son accent proactif, l’approche de la Gestion des Conflits utilise aussi des
méthodes qui impliquent la négociation, la médiation, la conciliation et l’atteinte de
consensus.

Le processus de Gestion des Conflits ne commence pas par l’identification d’un


conflit particulier. Il s’intègre par exemple dans l’étape d’un projet ou programme de
développement des ressources en eau, prévoyant un éventuel conflit sur les droits
d’usage des parties prenantes, définis en termes de délai, d’espace et de magnitude.

C’est donc un processus en cours dans lequel les parties prenantes travaillent
constamment à créer les conditions qui découragent le conflit dysfonctionnel et
encourage les processus de résolution de conflits qui facilitent les résultats “gagnant-
gagnant”.

Dans un sens plus technique, la Gestion des Conflits se réfère à un large


déploiement d’outils utilisés pour prévoir, prévenir et réagir aux conflits. Une stratégie
de Gestion des Conflits impliquera une combinaison de ces types d’outils. Ces outils
sont utilisés pour pousser les parties à s’ouvrir, identifier les problèmes réels
derrières les positions affichées en public et trouver des solutions “gagnant-gagnant”
qui satisfassent les parties. Cependant, il n’est pas possible d’atteindre des résultats
“gagnant-gagnant” à tout moment. Pour réussir, des options et le compromis seraient
nécessaires. Même là, dans certains cas, si une partie est convaincue que les efforts
collaboratifs ne produiront rien de mieux que ce qu’elle peut obtenir par une action
unilatérale, elle ne s’engagera dans aucune action collaborative.

Nous associons généralement la résolution des différends ou des conflits aux


résultats judiciaires: deux parties lésées ont recours à la loi pour trouver une
approche ‘une fois pour toute, la propriété de qui est-ce?’ qui trop souvent conduit à
des solutions gagnant-perdant et une résolution qui laisse une partie frustrée, déçue
et peut-être cherchant sa revanche. Dans la mesure où nous avons tous besoin
d’eau, ces approches doivent être évitées. En lieu et place des approches formelles
légales, il y a ce qui s’appelle des mécanismes de Règlement extrajudiciaire des
conflits (ADR). Ils sont basés sur une négociation raisonnée– c’est à dire, le désir de
négocier de bonne foi pour des solutions mutuellement bénéfiques, gagnant-
gagnant, pour un gain sur le long terme.

La question générale de changement à tous les niveaux d’une société constitue un


important problème de Gestion des Conflits. Le conflit est une porte d’entrée au
changement et porte en lui le potentiel de changement. Face à cela, le conflit pourrait
être hautement trompeur. Quand elles se déploient, certaines situations peuvent
provoquer des anomalies et des contradictions qui entravent le progrès dans certains
secteurs de la société. Cela pourrait amorcer la mise en place d’un agenda national
pour de vastes reformes sociétales et institutionnelles qui pourraient résulter en une
utilisation plus équitable et durable des ressources naturelles. Il est, par conséquent
douteux que tous les conflits doivent être gérés à leur première apparition. Une hâte
à faire de la conciliation pourrait provoquer des suspicions que certaines parties
ayant des droits acquis essaient de cacher quelque chose au public pour faire
avancer leurs propres intérêts.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
23
En relation avec ce qui est ci-dessus mentionné, il y a la distinction entre les
symptômes et les causes sous-jacentes d’un conflit. Dans les cas complexes, il est
difficile de faire la distinction entre les deux et les gens sont involontairement
poussés à croire qu’un certain conflit ait été efficacement résolu quand en réalité ce
ne sont que des symptômes que l’on se soit occupé sans toucher aux causes bien
enracinées. Pour une solution à long terme des conflits, il est nécessaire d’identifier
les causes à la base et de bien les aborder.

2.2 Méthodes de Résolution de conflits


Bien que le conflit puisse être un processus difficile, il n’est en aucun cas destructif.
Comme il a été déjà souligné, le conflit a un rôle positif à jouer si seulement nous
avons les aptitudes nécessaires pour créer la synergie pour le bien-être de toutes les
parties en opposition. Il n’y a pas de techniques particulières conçues sur mesure,
formelles et informelles, pour gérer les conflits bien que les techniques soient basées
sur l’intuition, la logique & les arts de la commutation. Ci-dessous, sont les méthodes
les plus connues de résolution de conflits. Les comparaisons entre les différentes
méthodes de techniques de résolution de conflits sont présentées dans le tableau ci-
dessous.

 La procédure judiciaire
En dehors de la coercition et de la violence physique, l’ultime mécanisme
formel de résolution de conflits est le recours au système juridique du pays.
Dans une action judiciaire, les parties en conflit sont entendues par un tribunal
qui prend une décision sur l’affaire, sur la base des lois existantes en vigueur
dans le pays. Dans plsusieurs cas, c’est la seule façon de résoudre un conflit
mais dans plusieurs autres cas, il ne devrait pas en être ainsi. Ceci est
particulièrement vrai dans le contexte de la GIRE où:
 Plusieurs conflits impliquent l’utilisation d’une ressource commune sur
laquelle aucune partie n’a une revendication supérieure juridiquement
claire;
 Les règles juridiques empêchent les parties de porter une affaire devant
les tribunaux si elles n’ont pas un droit qui a été directement violé;
 Les règles juridiques pourraient aussi empêcher une partie ayant une
doléance d’avoir accès au tribunal même pour plaider son cas; et
 Les questions procédurières et juridiques étroites ont la priorité sur les
questions de principe, n’arrivant donc pas à résoudre le problème réel
entre les parties en cause.

 Le règlement extrajudiciaire de différends (ADR)

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
24
2
Pour surmonter les
limites des procédures Encadré 2.2: A la recherche du juste milieu
judiciaires, les Les Etats Unis d’Amérique sont généralement perçus comme une société
techniques du hautement litigieuse, c'est-à-dire que les gens laisseraient plutôt les
règlement tribunaux décider des résultats de litiges spécifiques que d’essayer de les
extrajudiciaire des régler par eux-mêmes. Dans certains cas, cela reflète le respect de la loi
différends (ADR) ont dans une démocratie mûre. Dans d’autres cas, cependant, cela reflète
aussi une préférence culturelle pour les solutions ‘du vainqueur emporte
été développées dans tout’. Dans de nombreuses parties du monde, la loi n’est pas aussi
l’Ouest au cours du respectée. Dans plusieurs cas, c’est perçu comme un outil développé par
siècle dernier et sont de puissants acteurs pour servir leurs propres intérêts.
fréquemment
Même là où la loi est très respectée, trop souvent les pauvres en
appliquées avec particulier manquent de connaissances et de moyens financiers pour
succès dans plusieurs recourir aux tribunaux pour que leur droit soit dit sur un tort perçu – par
juridictions. Les exemple, là où une entreprise textile en amont pollue une ressource
techniques d’ADR, halieutique en aval avec un impact très négatif sur les moyens de
avec leur accent sur la subsistance des gens qui y sont. Le premier outil qu’ont les pauvres
urbains et ruraux est l’action de masse.
recherche du
consensus trouvent un A Cochibamba, en Bolivie, les gens sont sortis dans les rues pour
écho dans plusieurs manifester leur forte désapprobation du processus de privatisation des
societés traditionnelles. systèmes de fourniture d’eau. L’ADR recherche un juste milieu–entre le
‘vainqueur emporte tout’ et l’action de masse. Dans les deux cas, les
Nous ferons une revue
griefs tendent à persister et le conflit demeure latent.
rapide de ces
techniques

 La négociation
La négociation est un processus par lequel les parties en désaccord se
rencontrent pour parvenir à une solution mutuellement acceptable. Il n’y a pas
de facilitation ou de médiation par une tierce partie: chaque partie représente
ses propres intérêts. Les différends importants sur la politique publique sont de
plus en plus résolus par l’utilisation de processus basés sur la médiation et la
négociation, auquel l’on se réfère couramment comme l’établissement de
règles négociées ou négociation réglementaire. Les représentants des parties
intéressées sont invités à participer aux négociations pour s’accorder sur les
règles régissant les questions telles que les normes de sécurité industrielle et
la pollution environnementale à partir de sites produisant des déchets.

 La facilitation
La facilitation est un processus dans lequel un individu impartial participe à la
conception et la conduite de rencontres pour la résolution de problèmes afin
d’aider les parties à faire un diagnostic conjoint, créer et appliquer des
solutions conjointes. Ce processus est souvent utlisé dans des situations
impliquant plusieurs parties, problèmes et parties prenantes, et où les
problèmes ne sont pas clairs. Les facilitateurs créent les conditions où tout le
monde est capable de parler librement mais il n’est pas attendu d’eux qu’ils
avancent leurs propres idées ou qu’ils poussent activement les parties vers un
accord. La facilitation pourrait être la première étape dans l’identification d’un
processus de résolution de conflits.

 La médiation
La médiation est un processus de résolution de conflit dans lequel une partie
Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
25
extérieure supervise la négociation entre les deux parties en conflit. Les parties
choisissent un mediateur acceptable pour les guider dans la conception d’un
processus et pour parvenir à un accord sur des solutions mutuellement
acceptables. Le médiateur essaie de créer un environnement sûr pour les
parties, pour partager les informations, aborder les problemes sousjascents et
2
évacuer leurs émotions. Elle est plus formelle que la facilitation et les parties
partagent souvent les coûts de la médiation. Elle est utile quand les parties se
retrouvent dans une impasse.

 L’arbitrage
L’arbitrage est génaralement utlisé comme une alternative moins formelle que
la procédure judiciaire. C’est un processus dans lequel une partie externe
neutre ou un panel rencontre les parties en conflit, écoute les arguments de
chaque partie et rend un jugement. Pareille décision peut ou ne pas avoir force
obligatoire en fonction des accords trouvés entre les parties avant le debut
formel des auditions. Les parties choisissent l’arbitre par consensus et peuvent
établir les règles qui régiront le processus. L’arbitrage est souvent utlisé dans
le monde des affaires et dans les situations où les parties recherchent une
solution rapide à leurs problèmes.

 Prévenir le conflit avant que le conflit n’éclate: la concertation /


l’Approche participative
Il est généralement admis par les experts de l’eau que la participation des
parties prenantes est capitale dans l’utilisation et la gestion durable des
ressources. Les techniques de résolution des conflits sont généralement
employées une fois qu’un différend est déjà apparu. Cependant, l’anticipation
des formes d’un futur conflit est un important élément de la résolution du conflit
lui-même. Dans le contexte d’un bassin fluvial, où des différends surviennent
de temps à autre, il est utile de créer un cadre pour ces questions dans lequel
les parties prenantes peuvent régulièrement se rencontrer et communiquer les
unes avec les autres sur leurs intérêts, besoins et positions. Alors qu’il n’y a
aucune méthodologie uniforme pour entreprendre le processus, l’important est
de créer un environnement favorable par lequel les parties prenantes sont
capables de participer activement aux dialogues politiques et à la planification
et à la conception subséquente du processus.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
26
Figure 2.1: Continuum des approches de la gestion de conflits

Prise de décision Prise de Prise de Prise de


2
informelle par les décision décision de décision
parties en conflit informelle de tierce partie extrajudiciaire
tierce partie autorité coercitive
publique

Evitement Négociation Médiation Arbitrage Décision Action Violence


de conflit arbitrale directive
non violente

Coercition accrue et
probabilité de résultat
gagnant-perdant

Elles peuvent comprendre les étapes suivantes entre autres:


 Définir le problème plutôt que proposer des solutions;
 Se focaliser sur les intérêts;
 Identifier les différentes alternatives;
 Séparer la génération des alternatives, de leur évaluation;
 S’accorder sur les principes ou critères d’évaluation des alternatives;
 Documenter les accords pour réduire le risque de malentendus;
 S’accorder sur le processus par lequel les accords peuvent être révisés et
le processus par lequel d’autres types de désaccords pourraient être
résolus;
 Utiliser le processus pour créer des accords; et
 Créer un engagement pour l’application en autorisant les rôles spécifiques
des parties prenantes dans l’exécution de l’action/ du programme convenu.

Encadré 2.3: Mécanismes de modélisation et d’aide à la décision (DSM)

Il n y a pas longtemps, différents outils de modélisation interactive ont été très utiles dans le
processus de concertation. Ces modèles produisent un outil de simulation que s’approprient les
parties qui est manipulé et utilisé de façon visuelle. Dans la mesure où les parties prenantes
créent le modèle, elles ont plus de volonté à s’engager dans des analyses de scénarii. Les
meilleures applications de modélisation tentent de donner aux parties, une image globale de la
situation et de mettre la situation de conflit sur l’eau dans un contexte. Une vision partagée peut
aussi être utile pour commencer à illustrer la façon dont des bénéfices peuvent être générés par
la coopération et commencer ainsi à pousser les parties à mettre l’accent sur le partage des
bénéfices, plutôt que sur le simple partage des cours d’eau. Il y a plusieurs exemples de
Forums de Bassins Fluviaux établis suite à la résolution pacifique d’un conflit ou d’un différend
qui aurait suscité des passions.

La modélisation peut aussi être assistée à travers l’utilisation de nombreux Mécanismes d’aide
à la décision (DSM) – les outils innovants tels que les photos SIG de séries chronologiques
pour montrer les changements du couvert végétal avec le temps, et les simulations des débits
de base dépendants de la consommation d’eau pour les cultures sont deux de ces DSM. Des
informations précises sont une clé pour la résolution durable des différends. Dissiper les mythes
et établir la confiance sont des aspects clés de l’ADR, chacun pouvant être souvent assisté par
l’utilisation des DSM.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
27
Tableau 2.2 Techniques de résolution de conflits
Technique Procédure judiciaire Négociation Médiation Arbitrage
Résultat recherché Jugement du tribunal Accord mutuellement acceptable Accord mutuellement acceptable Sentence arbitrale
Volontaire/Involontaire
Force obligatoire-non-
Involontaire
Force obligatoire
Volontaire
Accord applicable sous forme de
Volontaire
Accord applicable sous forme de contrat
Volontaire
Force obligatoire 2
obligatoire contrat
Privé/Public Public Privé Privé Privé
Participants Juge et parties Parties seulement Médiateur et parties Arbitre et parties
Implication d’une tierce Aucune Les parties communiquent directement Médiateur, choisi par les parties, facilite le processus Arbitre
partie de négociation
Premières étapes Une partie initie l’action en Flexible Les parties s’accordent sur la médiation et désignent  Les parties s’accordent sur l’arbitre et le
justice le médiateur désignent
Approche  Formel  Généralement informelle et non  Flexible  Moins formel
/Méthodologie
 Structuré par des règles structurée  Généralement informelle et non structurée  Règles procédurières et règles
prédéterminées  Amiable  Amiable juridiques de fond pouvant être établies
 Confrontation par les parties
Avantages L’application des règles  Plus rapide et moins chère  Plus rapide et moins chère  Plus rapide et moins cher que la
juridiques peut aider à traiter
des déséquilibres de pouvoir  Les parties gardent le contrôle sur la  Permet de trouver des solutions créatives procédure judiciaire
politique et les résultats  Peut résoudre les conflits sur les questions de  Les parties peuvent concevoir la
 Les parties travaillent ensemble à politiques et/où il y a absence de droits/devoirs procédure sur mesure en fonction de
trouver des solutions gagnant- clairs légaux leurs besoins
gagnant  Les parties gardent le contrôle sur le processus  Les parties peuvent choisir des experts
 Les décisions peuvent être conçues et les résultats en la matière comme arbitres
sur mesure en fonction des besoins  Les parties travaillent ensemble à trouver des
des parties solutions gagnant-gagnant
 Les accords sont plus susceptibles  Les questions d’importance de fond pour les
d’être appliqués et les futurs parties peuvent être abordées
problèmes résolus à l’amiable
 Les décisions peuvent être conçues sur mesure
en fonction des besoins des parties
 Les parties peuvent contribuer directement pour
des compréhensions d’expert et en expertise
 Accords plus susceptibles d’être appliqués et
les futurs problèmes résolus à l’amiable
 Peut restaurer la communication entre les
parties en rupture et surmonter les impasses

Conflict Resolution and Negotiation Skills for Integrated Water Resources Management
28
Technique Procédure judiciaire Négociation Médiation Arbitrage
Inconvénients  Lent et cher  Cette méthode pourrait ne pas être  Le déséquilibre des pouvoirs pourrait se  Les parties renoncent au contrôle sur la

 Peut conduire à une autre utile dans des affaires de grande renforcer décision finale

procédure envergure et complexes  Un accord pourrait ne pas être trouvé  Le succès dépend de la compétence des

 Décision restreinte dans  L’échec à appliquer l’accord pourrait  L’échec à appliquer l’accord pourrait nécessiter arbitres

des paramètres juridiques nécessiter son application par les son application par les tribunaux  Aucun appel de la décision
étroits tribunaux

 Les parties renoncent au


contrôle sur le processus et
les décisions

 Inapproprié pour les


différends impliquant de
plus grandes questions de
principe
Source: Modifié à partir de Barney et Monay, 1995

Conflict Resolution and Negotiation Skills for Integrated Water Resources Management
29
2.3 Les conditions d'une résolution de
conflit réussie 2

Les techniques abordées ci-dessus devront remplir certaines conditions pour


atteindre de bons résultats. Il s'agit entre autre de:

Etre disposé à la participation


Les participants doivent être libres de décider de quand participer et de quand
se retirer d'un processus de résolution de conflit si cela est nécessaire. Ils
devraient fixer l'ordre du jour et décider de la méthode à suivre dans le
processus. Il est impossible, cependant, d'accepter même de traiter une
question si l'une ou l'autre des parties campe sur une position ou sur un
système de valeurs profondément enracinées.

Les chances de gain mutuel


Les chances de gain mutuel constituent une condition à mettre en rapport
avec la précédente. La clef au succès de la résolution de conflit est la
probabilité que les protagonistes tirent le meilleur d’une action conjointe. Si
l'un ou tous les deux camps croient pouvoir réaliser de meilleurs résultats par
une action unilatérale, ils ne seront pas motivés à participer au processus.

Les Chances de participation


Pour une résolution de conflit réussie, toutes les parties impliquées devront
avoir la chance de participer au processus. L'exclusion d'un protagoniste est
non seulement injuste mais également porteur de danger dans la mesure où
ce dernier peut faire obstruction à la mise en œuvre des conclusions par des
moyens juridiques ou non-juridiques.

L'identification des intérêts


Il est important, dans la recherche du consensus, d'identifier les intérêts plutôt
que les positions. Les protagonistes s'engagent souvent dans une
négociation sur positions sans prêter attention aux intérêts des autres parties.
Ceci crée la confrontation et constitue un obstacle au consensus.

L’élaboration d’options
Un aspect important d'un processus de résolution de conflit est l'élaboration
d'options et des solutions possibles. Une troisième personne impartiale peut
être d'un grand apport pour le processus étant donné qu'elle peut proposer
des idées et des suggestions à partir d'une position impartiale.

La mise en œuvre d'un accord


La question doit non seulement se prêter à une résolution à travers un
processus participatif, mais les parties elles-mêmes doivent également être

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
30
capables de conclure et mettre en œuvre un accord.

2.4 Garder le fil : La carte du processus


de conflit

Selon Engel et Korf (2005), « L’ADR est un processus complexe et itératif qui peut
connaître des reculs ou des avancées soudaines. Le processus peut être subdivisé
en quatre principales étapes cruciales et dix étapes clé, chacune ayant ses propres
activités spécifiques. Ces étapes forment la carte du processus - conçue comme un
outil pour aider les facilitateurs et médiateurs dans l’ADR à garder le fil et à faire
avancer le processus vers de résultats satisfaisants.

Une fois qu'une situation conflictuelle surgit, et reconnaissant l'utilité de l'ADR, la


carte de processus devient un outil utile pour aider le médiateur/facilitateur dans sa
contribution à la résolution d'un conflit avec succès. Un médiateur/ facilitateur
intervient généralement dans une situation conflictuelle d'une des quatre manières
suivantes: il/elle est invité(e) à y intervenir par une ou plusieurs des parties en conflit;
il/elle propose de son propre chef son intervention; il/elle est recommandé(e) aux
parties par une deuxième partie; ou il/elle est désigné(e) par une autorité
gouvernementale.

Comme indiqué à la page 32, la Carte de Processus est constituée de dix étapes et
de quatre étapes clé (voir Engel et Korf, 2005 pour un traitement détaillé). Les quatre
premières étapes portent sur l'analyse du conflit, d'abord par le médiateur/facilitateur
et ensuite par les parties en conflit avec l'aide du médiateur/facilitateur.

Après l'étape 1 (préparatifs de l'intervention où le médiateur/facilitateur clarifie son


rôle dans le processus) et l'étape 2 (où le médiateur/facilitateur intègre le milieu du
conflit), l'étape 3 demande que le médiateur/facilitateur examine le conflit le plus
exactement et le plus profondément possible. Une analyse judicieuse du conflit est
d'une importance fondamentale pour l'atteinte de résultats durables basés sur une
négociation raisonnée. Contrairement à la décision d’un tribunal, un accord conclu
grâce aux processus consensuels a besoin d'être soutenu par la disposition de
toutes les parties afin de lui donner de la valeur. Evaluer les causes profondes du
conflit est donc vitale pour la stabilité de l'accord.

Le reste du module 2 met l'accent sur les techniques de l'analyse des conflits (Etape
3) et l'élargissement de la participation des acteurs (étape 4). Dans le module 3 nous
nous intéresserons aux étapes 5-10.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
31
Encadré 2.4 : La Carte du processus

Étape 1 : Préparation de l'Entrée : le rôle du médiateur est clairement identifié


Étape 2 : Entrée dans la scène du conflit : le médiateur rencontre les parties en conflit
Étape 3 : Analyse du Conflit : plusieurs techniques expérimentées et examinées sont utilisées pour bien
2
évaluer le conflit

ÉTAPE CLE 1 : ENTRÉE


Atteinte si et quand le médiateur décide que la situation est favorable aux processus d'ADR
Étape 4 : Elargissement de l'engagement des acteurs: le médiateur utilise une gamme variée de techniques
pour aider les parties en conflit dans leur propre analyse du conflit
Étape 5 : L'Évaluation des Options: le médiateur utilise des techniques telles que le brainstorming, la
visualisation et détermination de la meilleure solution de rechange de chaque partie (BATNA)
pour présenter le maximum d'options possibles

ÉTAPE CLE 2 : ÉLARGISSEMENT DE L'ENGAGEMENT DES ACTEURS


Atteinte quand les parties en conflit acceptent de participer aux négociations
Étape 6 : Préparation des négociations : le de médiateur "dresse la table" de négociations
Étape 7 : Diriger les négociations : généralement considéré comme la partie la plus difficile du processus,
cette étape se réalise seulement quand les parties conviennent d'une option
Étape 8 : Concevoir l'accord : l'accord est conçu et comporte les mécanismes de mise en œuvre et de suivi
appropriés

ÉTAPE CLE 3 : NÉGOCIATION


Atteint quand les parties élaborent conjointement et acceptent finalement un accord
Étape 9 : Suivi de l'accord : le médiateur aide les parties à déterminer les modes de suivi des termes de
l'accord (probablement impliquant le médiateur lui-même)
Étape 10 : Préparation de la sortie : le médiateur aide les parties à développer des mesures de confiance
mutuelle et en concevant probablement une plateforme pour traiter de futurs conflits

ÉTAPE CLE 4 : SORTIE


Atteints quand le médiateur sent que les parties à l'accord sont satisfaites du nouvel accord.

Source: Engel and Korf (2005)

2.5 L'Analyse du conflit

La résolution réussie d'un conflit dépend d'une analyse précise de celui-ci. Le


médiateur/facilitateur doit prendre en compte, entre autres:

(i) Le genre et le type de conflit dont-il est question;


(ii) Les différents modes de gestion de conflit qui s'offrent aux parties en conflit et
au médiateur/facilitateur; et
(iii) Les grandes voies de sortie du conflit - c'est à dire, une compréhension des
développements spécifiques des conflits. Les outils disponibles au
médiateur/facilitateur comprennent la cartographie du conflit, et la « méthode
de l'oignon » (voir ci-dessous) qui permet au médiateur/facilitateur de
décortiquer les positions prises des parties en conflit pour faire ressortir les
intérêts fondamentaux et les besoins réels.

Les types de conflit


Les conflits peuvent se manifester de plusieurs manières et à différents
niveaux géographiques et sociopolitiques. En général, il y a quatre types de
conflit :

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
32
 Intra-personnel (qui naît en nous-mêmes);
 Interpersonnel (qui naît entre deux ou plusieurs personnes);


Intra-groupe (qui naît au sein d'un groupe); et
Intergroupe (qui naît entre deux ou plusieurs groupes). 2
Les conflits d’eau peuvent naître à tous ces niveaux. Devrais-je prendre un
bain ou une douche, quand je sais que le bain nécessite beaucoup plus d'eau
mais c’est ce que j'aurais préféré vraiment? Un tel conflit devient
interpersonnel quand la disponibilité en eau est limitée - où l'eau est vraiment
un stock, ou en quantité limitée, de sorte que ma première utilisation réduise
la quantité disponible pour vous ou toute personne qui l'utiliserait après moi.
Un exemple si simple peut être ramené plus haut au niveau du groupe et
intergroupe où, à des cas extrême des états se menacent par l'action militaire
si des interventions particulières sur l'eau - construction de barrages; des
aménagements de transfert interbassin - ont lieu.

Les conflits deviennent plus complexes quand d’autres facteurs intervenants


sont impliqués. Tandis qu'une dispute sur l'accès au bain parmi des
membres d'une famille est peut susceptible de porter sur toute chose autre
que le droit à l'eau, mais lorsque nous le prenons à l’échelle d’une
organisation sociale, les conflits de l'eau présentent une corrélation avec une
variété d'autres questions telles que les différences de valeur, des questions
de rapports, l’absence ou la valeur inexacte des données, les questions
structurelles (telles que la distribution inégale des ressources aux acteurs du
fait de la classe, la race, l'emplacement le long de fleuve ou dans le bassin,
entre autres).

Les intérêts conflictuels sont également une source courante de conflit. Mais
les intérêts varient également selon le type.
 Ils peuvent porter sur les procédures (par exemple comment se fait-il
que vous venez prendre le contrôle de telle ressource ou décider de
l'utilisation de la ressource?);
 Ils peuvent être psychologiques (par exemple où un des acteurs croient
être victime(s) d'un traitement injuste pour des raisons de préjugés; ou
 Qu'un groupe ne croit pas aux données concernant l'approvisionnement
en eau et continue à estimer que les acteurs en amont cachent la vérité);
ou
 Ils peuvent être de fond (par exemple où un utilisateur en amont dépend
de l'écoulement courant pendant toute l'année pour l'énergie hydro-
électrique tandis que les actions des grands fermiers et des petits
propriétaires en aval occasionnent des pénuries saisonnières).

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
33
Encadré 2.5 : Types de conflit (voir également le cercle de conflit ci-dessous) :

Conflit de données ou d'information - qui implique le manque d'information et la mauvaise information


aussi bien que des désaccords sur quelles données sont correctes, l'interprétation de ces données et la
façon dont l'évaluation est faite.
Conflit de rapport - qui résulte des émotions fortes, des stéréotypes, la crise de communication et des
comportements hostiles à répétition? C'est ce type de conflit, qui souvent jette de l'huile sur le feu des
conflits et peut occasionner des conflits dévastateurs même lorsque les conditions pour résoudre les
autres sources du conflit peuvent être réunies.
Conflit de valeur qui surgit suite à des divergences idéologiques ou à des normes différentes d'évaluation
des idées ou comportements. Les différences réelles ou perçues dans les valeurs ne conduisent pas
2
nécessairement à un conflit. C’est seulement quand des valeurs sont imposées aux groupes ou des
groupes sont privés de faire valoir leurs systèmes de valeur qu'un conflit surgit.
Conflit structurel - qui est provoqué par des distributions inégales ou injustes d'énergie et de ressources.
Les contraintes de temps, manières hostiles d'interaction et les facteurs géographiques ou
environnementaux néfastes favorisent le conflit structurel.
Conflit d'intérêt - qui implique des oppositions d'intérêts réelles ou perçues, tels que des ressources, la
manière dont un conflit être résolu, ou les perceptions de la confiance et justice.

 Styles de traitement de conflits


Une fois qu'un conflit naît, les individus et les groupes de personnes ont
différentes approches pour traiter des problèmes. Certains modes de
traitement aggravent le problème. Chercher à éviter le problème en l'ignorant
peut contribuer à aggraver un conflit et à le rendre insoluble avec le temps.
Comme présenté dans le graphique ci-dessous, des méthodes de traitement
différentes produisent également des résultats différents dans des situations
où le problème est le même. Choisir de remporter coûte que coûte la victoire
peut produire des gains à court terme mais reste susceptible de conduire à
des problèmes à long terme.

Figure 2.2: Styles de traitement du conflit

Coopération faible Coopération forte


Assertivité
élevée Concurrence Coopération/Collaboration:
“A” gagne; “B” perd Lute pour un gain mutuel
Les deux parties gagnent

Compromis:
Les deux parties gagnent
et perdent quelque chose

Faible Evitement/Impasse: Ménagement


assertivité Les deux parties perdent “A” perd; “B” gagne

Satisfaction de résultat pour la partie B

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
34
Figure dérivée de Kilmann et de Thomas, "Comportement de Gestion de

Conflit Interpersonnel comme Reflets des Dimensions de Personnalité de


Jungian." (Rapports psychologiques, N° 37, 1975. pp. 971-980").

 Evolution du Conflit


Le conflit est dynamique par nature, et les conflits qui ne sont pas résolus 2
peuvent se développer et prendre de nouvelles proportions. Plusieurs conflits
naissent spontanément - un simple malentendu, s'ils ne sont pas résolus
rapidement, ils peuvent s'aggraver et prendre de l'ampleur. D'autres conflits
surgissent suite à un changement inattendu de circonstances qui est ressenti
sous forme de choc par des membres ou toute une communauté ou société.
Une fois sur mille ans le type d'inondations constitue un tel choc. La plupart
des conflits évoluent selon un schéma spécifique. Ils sont donc prévisibles.
Considérer un conflit comme « sans solution » c'est ignorer la nature du
conflit. Vous trouverez ci-dessous un cheminement typique d'évolution de
conflit.

 Le problème survient
En terme d'utilisation de l'eau, l'élément catalyseur d'un conflit peut
être quelque chose d'aussi simple comme un changement de la
politique gouvernementale, ou l'annonce par un gouvernement de son
intention de changer une pratique passée. L'introduction des fontaines
d'eau en milieux périurbains, et la décision par le conseil municipal de
céder l'approvisionnement en eau aux entreprises privées constituent
deux exemples de ces éléments catalyseurs. Trop souvent les
populations ne sont pas associées à ces prises de décisions si bien
que les « populations cibles » de ce changement de pratique
considèrent souvent la décision comme une menace pour leurs
moyens de survies.

 Formation des camps


Ceux qui jusqu'ici ne pensent pas avoir un enjeu dans la question
commencent à se ranger dans un camp ou dans l'autre. Plusieurs
personnes se font des avis précis et éprouvent la nécessité de s'allier
à d'autres personnes qui partagent leurs vues. Elles se regroupent
pour défendre les mêmes positions. Elles choisissent leurs camps.
Les médias et les Organisations Non Gouvernementales (O.N.G.)
peuvent aussi perpétuer cette mentalité du « nous contre eux ». Le
conflit prend de l'ampleur au fur et à mesure qu’augmente le nombre
de personnes qui en sont informées.

 Les positions se durcissent


On est plus disposé à dialoguer avec les personnes qui partagent nos
opinions qu'avec ceux avec qui on n'est pas d'accord, même dans des
circonstances qui ne sont pas en rapport avec un conflit. Les positions
se durcissent, et les gens deviennent inflexibles dans leurs définitions
du problème et de leurs adversaires. Souvent l'accent est mis sur
l'action ou l'intervention proposée (par exemple la fontaine d'eau), et
non sur les besoins et les intérêts des parties amenant les deux
camps à la décision et au durcissement des positions.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
35
 La rupture du dialogue
L'information est échangée n'importe comment entre les parties. En
cas de grandes disparités de force (par exemple gouvernement
central et les populations rurales), la communication est souvent
sporadique même au meilleur des périodes. Les malentendus sont
courants, et la communication prend une tournure de plus en plus
hostile. La période choisie et les méthodes utilisées par les agents
pour impliquer le public peuvent être inadaptées au regard des 2
développements du conflit. Les rencontres publiques peuvent être trop
marquées d'hostilités pour permettre d'atteindre des résultats positifs
aux premières heures du conflit. Bien que les gens aient pu dialoguer
et échanger leurs points de vue, à un moment donné du processus,
les discussions publiques se transforment en débats publics. Les
gens sont frustrés par la situation et fâchés les uns contre les autres.
Ils rejettent tout autre point de vue et ne s'intéressent à aucune autre
perspective que la leur. Le dialogue est rompu entre les parties, et
l'information devient une arme pour favoriser une position ou pour
gagner un point. L'information qui pourrait permettre la résolution du
différend ne circule plus entre les parties.

 Les Ressources sont engagées


Jusqu'ici, la plupart des membres de la communauté ont été inquiétés
par la polémique croissante. Des leaders francs ont été considérés
comme fauteurs de troubles. À partir de ce moment là, on ne
privilégiera plus la modération et les militants prendront des positions
plus radicales. Les questions d'équité, la distinction entre le bien et le
mal, n'ont plus d'importance. Les individus développent un sens de
puissance personnelle en tant que membre d'un groupe, et sont prêts
à engager des ressources, et à encourir les frais.

 Le conflit déborde le cadre de la communauté


Les gens commencent à rechercher du soutien et des forces en
dehors de la communauté. Ils font appel à l'Etat ou aux figures
politiques nationales et demandent l'aide des organismes nationaux
ou même internationaux. Ce qui était jadis un problème circonscrit -
par exemple un approvisionnement en eau dans la municipalité -
prend une nouvelle proportion plus grande. En formant des coalitions
avec les étrangers, les groupes locaux acquièrent des ressources
financières additionnelles et plus d'expertise en vue de continuer un
combat, mais leurs buts sont absorbés dans de programmes
beaucoup plus larges de l'organisation nationale ou internationale.

En terme de privatisation de l'eau, plusieurs groupes urbains


d'opposition rejoignent maintenant les grands mouvements sociaux
altermondialisation. En même temps, beaucoup d'acteurs au sein de
la communauté peuvent soutenir le changement de politique parce
qu'ils s'attendent à ce qu'il offre des opportunités de nouvel emploi.
Les Conseils municipaux sont souvent déchirés entre les besoins de
leurs citoyens, dont plusieurs sont pauvres, et leur besoin de générer
un capital pour fournir des services.

Des avocats ou d'autres professionnels "engagés" interviennent entre


les parties et empêchent les négociations personnelles. Certains
modérés cèdent le pas à de nouveaux, leaders plus militants. Les

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
36
rapports entre les parties deviennent ouvertement hostiles. Des
menaces sont échangées. Les gens n'aiment pas être menacés, de
sorte que les menaces deviennent des problèmes dans le conflit lui-
même et sont souvent interprétées comme des attaques personnelles.

 Les perceptions sont déformées


Les parties perdent l'objectivité dans leurs appréciations du caractère
et des motivations de leurs adversaires. Les positions se radicalisent:
notre camp est de bonne foi ; leur camp n'est pas de bonne foi. Les
neutres sont taxés d'être du camp de l'ennemi parce qu'ils sont « pas
avec nous ». Au fur et à mesure que le conflit évolue, les gens
rétrécissent leur vision et n'arrivent plus à élaborer de nouvelles
stratégies pour résoudre le problème de départ

 Le Sens de la crise apparaît


La communauté - peut-être même la société de façon large - est
divisée en factions. Généralement les populations sont habituées aux
affrontements qui opposent les agents et aux groupes de manifestants
en colère et s'attendent à ce que la ville résolve ses désaccords. Mais
maintenant, il semble, qu'il y peu d'espoir dans la résolution du conflit
de départ. La confiance placée depuis longtemps en la capacité de la
communauté à gérer ses problèmes faiblit et occasionne une
évolution vers une situation de crise. Les journaux se font l'écho des
positions des leaders de la communauté et ignorent des efforts positifs
vers la résolution. Les parties sont prêtes maintenant à supporter des
coûts plus élevés, des coûts qui auraient auparavant paru peu
raisonnables. Progressivement, leur but est de gagner à tout prix. Ils
peuvent user de l'intimidation et l'utilisation destructive de la force,
aggravant de ce fait les problèmes et l'intensité du conflit. Les parties
s'adonnent à des actes qui en temps de paix auraient été rejetées
comme n'en valant même pas la peine.

 Les résultats changent


La prochaine étape peut être le recours aux tribunaux. L'incertitude
quant à qui l’emportera sur l'autre est pour l'essentiel alors remplacée
par l'incertitude au sujet de la date du jugement, de l'avocat qui
gagnera, et le niveau de résolution du problème par le magistrat et le
juge. Toutes les chances d'un dialogue direct entre les parties se sont
envolées. Les coûts continuent à monter. Alternativement, le
gouvernement peut devoir intervenir, et agir en qualité d’autorité.
Inévitablement, la flexibilité dans le choix des options est perdue, et la
meilleure solution ne s'applique plus.

La violence est une autre possibilité. La vendetta et le désir de


vengeance sont parfois au cœur des conflits publics, et peuvent
occasionner des victimes ou le vandalisme où, par exemple, des
leaders politiques sont assassinés, ou des écoles sont incendiées.

 Coûts du conflit et des résultats non-négociés


Les résultats imposés, ou ceux décidés par les tribunaux, demeurent
généralement non résolus. La paix peut régner pendant un moment,
mais les revendications couvent en dessous. Les conflits partiellement
résolus ou non résolus deviennent plus graves parce que les
personnes impliquées sont impatientes, craintives et méfiantes les uns

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
37
envers les autres. Les parties à un conflit ne se rendent pas souvent
compte que leurs propres perceptions d'elles-mêmes et de leurs
adversaires changent et qu'elles supportent progressivement des
risques et des coûts qui auraient paru inadmissibles au début du
conflit. Beaucoup de conflits commencent par une question que l’on
peut résoudre et se développent au delà de l'espoir de la résolution 2
parce qu'ils ne sont pas traités dès le début, ou parce qu'ils ont été
mal traités.

Les coûts du conflit peuvent inclure: des pertes financières, des


réputations salies, la détérioration des rapports, la dislocation de la
communauté, entre autres. Parfois, des ressources sont dépensées
pour continuer le combat, plutôt que pour résoudre le problème.

Figure 2.3 : Evolution du Conflit


Positions durcissent

La communication est
Le problème éclate

Les perceptions sont


Formation des parties

Le conflit déborde la

Le sens de la crise fait


Des resources sont

communauté
engagées
interrompue

déformées

surface

La cartographie du conflit

Pour le médiateur/facilitateur, il est impératif de Encadré 2.6: Questions


dresser une cartographie précise du conflit. Un tel d’évaluation des acteurs
exercice implique une estimation des acteurs; un  Quelles sont les parties en
tracé physique de la zone du conflit; et une conflit? Quels sont les rapports
tentative de faire une représentation imagée qui les lient?
complète de la disposition physique, sociale et  Quelle est la géographie du
conflit – certains acteurs
psychologique du conflit. bénéficient t-ils d’une meilleure
situation géographique?
Une cartographie incomplète peut présenter une
image imprécise des causes profondes du conflit, des rapports entre les
parties, et ainsi de suite. Autant le défi présenté par une analyse du conflit la
plus exacte possible est grand, autant les avantages potentiels sont
importants.

Plus l'analyse est bien faite, plus il y a des chances que le médiateur soit en

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
38
mesure d'aider à trouver une méthode porteuse à la résolution durable du 2
conflit et à élaborer un plan de gestion de conflit à long terme. Plus l'analyse
du médiateur/facilitateur présente des insuffisances, cependant, plus il ou elle
contribuera à ou aggravera probablement le conflit.

Encadré 2.7 : Questions utiles à poser en analysant un conflit

 Dans quelle mesure y a-t- il conflit ?


 Combien de temps dure le conflit ?
 Comment le conflit a-t-il commencé ?
 Quelle en est la cause fondamentale?
 Quel est l'objet du conflit ?
 Qui sont les personnes qui animent le conflit ?
 Quelles sont les personnes impliquées dans le conflit ?
 A quelle étape vous trouvez-vous dans la tentative de résolution du problème ?
 Y a-t-il eu une concertation?
 Qui devrions nous impliquer dans la résolution du problème ?
 Dans quelle mesure ces problèmes devraient-ils être résolus ?
 Quelles sont les positions de l'autorité officielle ?
 Les autorités ont-elles favorisé ou ont-elles constitué un blocage au processus ?
 De quel droit disposez vous pour faire usage de ressource ?
 Y a-t-il eu d'autres conflits similaires?
 Quand il y a de tels conflits, vers qui vous tournez vous pour les résoudre ?

Encadré 2.8 : Pourquoi est-il important de faire l'analyse de conflit ?


Quelques réponses de participants d'atelier précédents :
 Pour avoir une meilleure compréhension du conflit ;
 Pour déterminer des facteurs causaux et élaborer une stratégie de
résolution/gestion ;
 Pour avoir plus de connaissance avant d'agir ;
 Pour avoir une compréhension du conflit et appliquer des stratégies pour le résoudre
;
 C’est important parce que cela permettra de savoir comment résoudre le conflit ;
 Pour savoir s’y prendre dans la résolution de différents problèmes ;
 Pour une meilleure compréhension pour appliquer la bonne technique/méthode pour
résoudre le problème ;
 Pour trouver des solutions au conflit ;
 Pour connaître les acteurs principaux impliqués ; et
 Pour prendre la mesure du problème

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
39
EXERCICE 4 -
Je sens un conflit
En rapport avec la session 3 - analyse du conflit
2
C'est un exercice personnel pratiqué avec les partenaires de classe assis autour d'une
table. Demander aux participants de prendre environ cinq minutes à réfléchir sur un
conflit de leur connaissance - ou qu'ils ont connu personnellement ou à travers les
médias. En réfléchissant ou en pansant à ce conflit ils devraient prendre des notes à
son sujet s'ils le souhaitent.

(Une autre méthode ici consisterait à présélectionner une séquence vidéo d'une ou de
plusieurs situations de conflit qui appartiennent à un ou plusieurs des catégories ci-
dessus et puis utiliser les exemples visuels pour traiter le type de conflit et le mode de
gestion. La décision d'utiliser l'une ou l'autre méthode, cependant, dépend du niveau de
contrôle de la conduite de l'exercice que les facilitateurs souhaitent exercer.)

Après cinq minutes, le facilitateur devrait demander à un ou tous les participants si le


conflit qui a fait l'objet de leur attention était :
Personnel (en eux-mêmes);
Interpersonnel (entre eux et une autre personne);
Intra-groupe (au sein d'un groupe auquel ils appartiennent); ou
Intergroupe (entre deux groupes ou plus).

L’animateur devrait alors se renseigner sur le type de conflit dont il s'agissait (garder à
l'esprit cette information pour les rencontres prochaines portant sur les discussions sur
« le cercle de conflit »).

L’animateur devrait alors interroger les mêmes personnes dans le groupe sur la
manière dont le conflit a été géré:
Les parties en conflit ont-elles cherché à l'éviter d’abord?
Ont-elles cherché à tout prix le règlement?
Ont-elles fait des compromis par rapport aux objectifs?
Était-ce à travers le Principe du "tout ou rien" et si oui par quel moyen?
Les parties en conflit ont-elles essayé d'atteindre le gain mutuel?

Demander aux participants en classe de prendre des notes sur de petits bouts de papier
carrés de couleur différente avant de répondre aux questions suivantes :
Comment était le conflit?
Comment a-t-il été senti?
À quoi ressemblait-t-il?
Quel en était son retentissement?
Comment a-t-il senti?

Après que chaque question ait été répondue, le facilitateur devrait rassembler les
réponses. Les cartons peuvent être rassemblées et postés sur un mur pendant
l'exercice ou pendant la prochaine pause. Le but de cet exercice est d'amener les
participants à s'imprégner des aspects sensibles du conflit. Les types de réponses qui
sont souvent donnés font ressortir des aspects tels que « goût amer », « répercutions
forte, fracassante ». Les participants choisissent souvent de se focaliser sur les pires
scénarios de cas de conflit, plutôt que sur tous les nombreux autres conflits mineurs qui
se sont résolus ou qui ont finalement abouti à un dénouement "gagnant-gagnant" avec
le temps. L'enjeu c'est de les amener à comprendre que ces sortes de conflits ne sont
qu'un aspect extrême de conflit - un extrême que nous souhaitons tous éviter - et ce
qu’on attend d’eux c'est de commencer à se rendre compte que la le règlement
extrajudiciaire de résolution de conflit est un moyen de canaliser de telles énergies
négatives vers un résultat positif.

Temps imparti: 20-30 minutes

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
40
EXERCICE 5 -
Pas dans mon arrière-cour !
En rapport avec la session 3 (analyse de conflit) et la session 4 (Eau et Conflit)

Dans la présentation formelle sur le conflit, l’animateur passera en revue :


(i) L'emplacement du conflit ; 2
(ii) Analyse des problèmes du conflit à travers la discussion du cercle de conflit ; et
(iii) Discussion sur les modes de gestion (de l'action d'éviter à la coopération).

La présentation devrait ensuite aborder :


(iv) L'Analyse des acteurs;
(v) Les étapes du conflit (à travers une discussion sur l'évolution du conflit) ; et
(vi) L'Analyse du conflit par l'utilisation d’une cartographie de conflit et la méthode de l'oignon.

Dans la présentation pratique sur Eau et Conflit, l'animateur mettra en lumière les différentes
manifestations du conflits liés à l'eau mettant l'accent sur le quoi (la question spécifique), le où
(local, national, bassin, international), le pourquoi (approvisionnement, demande, conducteurs
structuraux), le quand (soudain et inattendu ; saisonnier ; prévisible ; impliquant un horizon à court
temps) ; et le comment (menaces, manifestation, violence ouverte).

L'exercice se rapporte directement à ces deux présentations: L'analyse des causes profondes est
fondamentale pour la réussite des négociations et la résolution du conflit. Cet exercice porte
spécifiquement sur cette phase préparatoire dans la négociation et la résolution du conflit.

Il faudrait repartir les participants en 4-6 nouveaux groupes. Ces groupes devraient être différents
dans leur composition que ceux précédemment constitués. Si vous constitué des groupes de tailles
différentes que ce fut le cas du premier exercice (préciser, augmenter les groupes de 5 à 6
personnes dans chaque groupe), alors une méthode de décompte semblable peut être utilisée pour
réaliser une autre combinaison des participants.

Les animateurs peuvent choisir l'un ou l'autre des groupes pour donner à chaque groupe une étude
de cas préalablement préparée d'un conflit simple de l'eau (par exemple, un conflit local pas trop
compliqué; ou une question bien connue comme l'Accord de distribution de l'eau entre les pays du
Bassin du Nil; ou quelque chose liée aux ressources tel que les conflits liés à la pêche, ou suite à la
décision de mettre fin à la gratuité de l'eau en milieu périurbains et de déployer des bornes
fontaines) ou permettre au groupe de choisir leur propre cas au sein de leur communautés. Les
membres du groupe doivent analyser le conflit(s) donné en termes de ce qui suit :
 Zone du conflit (intra/interpersonnel ; intra/intergroupe) ;
 Analyse du problème à l’aide du cercle de conflit ;
 Mode de gestion en termes de la matrice du mode de gestion ; et
 Analyse d'acteur à l'aide de la cartographie du conflit et de la méthode de l'oignon

Chaque groupe devrait être doté de marqueurs indélébiles (différentes couleurs), et de tableau de
conférence avec plusieurs feuilles de papier. Chaque groupe devrait se choisir un modérateur pour
l'exercice d'analyse de conflit. La visualisation est une étape importante dans l'analyse des causes
profondes. Les participants devraient être encouragés à représenter graphiquement leur étude de
cas en termes de la zone physique et de l'endroit des acteurs du conflit. Les acteurs peuvent être
représentés par les signes semblables (par exemple des cercles ou des triangles), mais leur
puissance relative pourrait être reflétée graphiquement dans la taille de ces signes. Chaque groupe
devrait également présenter son analyse globale de la même méthodologie (à l'aide par exemple de
la méthode de l'oignon pour marquer des besoins, les intérêts et les positions des différents
acteurs).

Quatre-vingt-dix minutes devraient être accordées pour cet exercice, et trente minutes pour la
restitution du groupe. Pendant la phase d'organisation de l'exercice, les animateurs devraient se
déplacer de groupe en groupe et apporter une assistance en cas de besoin. Il est conseillé
d'accompagner l'exercice par une pause, de préférence après la première heure. Cette pause peut
être utilisée pour repasser en revue tous les problèmes rencontrés par les groupes. Par exemple, un
ou plusieurs groupes peuvent essayer de faire trop, par exemple, en se concentrant sur plusieurs
cas comme signe de la courtoisie parmi des membres de groupe. Les animateurs devraient rassurer
le recadrage: le cas n'est pas aussi important que le processus d'utilisation d’outils de résolution de
conflit. Après la pause, les groupes devraient bénéficiés de trente minutes additionnelles pour
conclure leur exercice d'analyse de conflit. Juste après ceci devrait intervenir la restitution des
groupes.

Temps imparti: 2 heures

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
41
Figure 2.4: Types de conflit

Le conflit peut se manifester de différentes façons ou à différents niveaux. Pensez à des


exemples des conflits suivants:

Intrapersonnel (i.e. en soi-même)

Interpersonnel (i.e. entre deux ou plus de personnes)

Intragroupe (i.e. au sein du groupe)

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
42
Figure 2.5: Le cercle du conflit

Le cercle du conflit est un outil analytique utile pour l’examen des conflits et pour dévoiler les racines
d’un comportement conflictuel. En examinant le conflit et en l’évaluant selon les cinq catégories —
Relations, données, intérêt, structure et valeur — nous pouvons commencer à déterminer: ce qui a
causé le différend et continue de l’entretenir; identifier quel secteur est primordiale; et estimer si la 2
cause est une incompatibilité réelle d’intérêts ou des problèmes de perceptions des parties impliquées.
Cette perspicacité nous aidera à concevoir une stratégie de résolution qui aura une plus grande
probabilité de réussite qu’une approche qui relèverait plus du tâtonnement. (Moore, 1986).

DIFFICULTES
RELATIONNELL
ES

PROBLEMES DE
DIFFERENCES DONNEES
DE VALEURS

PROBLEMES
STRUCTURELS
INTERETS

DE FOND

Le Cercle du conflit (Copyright © 1997 CDR Associates, Boulder. Co)

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
43
La cartographie du conflit

Donner aux participations la documentation au début de l’exercice. Cela permettra à l’animateur de se servir
de la documentation comme une aide visuelle dans l’explication de l’outil une fois que le groupe a choisi un
cas. Les participants peuvent opter d’utiliser un cas de conflit qu’ils avaient déjà identifié dans une précédente
séance ou bien d’un conflit qu’ils avaient traité dans le passé. D’une manière générale, l’outil devrait s’adapter
au cas et non l’inverse.

L’outil est utile pour la plupart des conflits interpersonnel, intragroupe, et intergroupe. Lorsqu’on analyse des
conflits au sein d’une organisation, on devrait faire attention pour ne pas dessiner la structure
organisationnelle seulement, mais aussi indiquer les rapports personnels et la structure des pouvoirs (qui a
quelle étendue de pouvoir au sein du système). D’autres enjeux tels que les rapports familiaux peuvent être
introduits comme un élément de l’outil avec un symbole supplémentaire au besoin pour la compréhension du
cas. En outre, des questions clés entre les parties devraient être indiquées dans la carte.
2
Often alliances and close relationships are difficult to distinguish. An alliance is a co-operation entered into
for strategic reasons. A close relationship is a good and personal relation between parties. The map is naturally
Cartographie du Conflit
drawn from the perspective and (Suite)
with the perceptions of the case-giver. Her/His role should be indicated as
well.
Il est souvent difficile de faire la distinction entre les alliances circonstancielles et les rapports étroits. Une
alliance
If est une coopération
the participants signéeencourage
hesitate to start, pour des theraisons stratégiques.
case-giver to start Un rapport the
visualizing étroit est uneparties
different bonneand
relation
their
personnelle entre des
relationship towards parties.
each other.La cartographie
The visualizationest naturellement
can be developed dessinée dans une perspective et avec les
step by step.
perceptions de celui qui donne le cas. Son rôle devrait être clairement indiqué.
Exploring all the involved parties can be very difficult at times, depending on how complex the situation is. To
Si les participants
further the processhésitent à commencer,
the facilitator should encourager celui rather
ask questions, qui donne
than legive
cas suggestions.
à commencerPossible
à visualiser les
special
différentes parties
relationships mightetoffer
leuropenings
rapport réciproque.
for an entryLa visualisation peut être développée point par point.
point.

Explorer
Entry toutes here
points les parties
refer toimpliquées peut être
relationships très difficile
or issues on the parfois,
map selon
wherela ‘working’
complexitéondethe
la situation. Pour
conflict more
faire avancer le
constructively processus,
might start mostl'animateur devrait
promisingly. poser
In an desresolved
already questions, plutôt
case, it isque de faire
important to des
ask suggestions. Les
what the solution
rapports spéciaux possibles pourraient offrir des ouvertures pour un point d'entrée.
was and to see whether the group comes up with further or alternative entry points. These could still be
valuable in retrospect for the case-giver.
Les points d'entrée ici se rapportent aux rapports ou questions sur la carte où « un travail » constructif sur le
conflit
In the pourrait
end it iscommencer de façon
useful to indicate prometteuse.
that conflicting Dans
partiesuncan
casalso
déjà apply
résolu,the
il est
toolimportant de demander
separately, quel
to clarify their
était la solution
different et voirItsican
perceptions. le groupe
also befait ressortirby
exercised deonly
nouveaux ou d'autres
one party from their points d'entrée.
perception Ceux-ci
adding the pourraient
assumed
encore êtreofutiles
perception dans party.
the other la rétrospection pour celui qui expose le cas.

À
At lathe
fin,very
il est
endutile
of d'indiquer que les
the sub-group partiesask
session, en how
conflit
thepeuvent également
case-giver appliquer
feels about la méthode
the process and séparément,
whether the
pour éclaircir
inputs leurs were
of the group différentes
helpful perceptions. Elle peut également
for better understanding the conflictêtre appliquée par seulement une partie à
case.
partir de sa perception ajoutant la perception supposée de l'autre partie.

À la fin de la session des sous-groupes, demander au présentateur du cas de donner ses impressions sur le
processus et si les contributions du groupe ont été utiles pour mieux comprendre le cas conflictuel.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
44
La Carte du Conflit

Description
La cartographie vise à représenter graphiquement un conflit en positionnant les parties par rapport au
problème et les uns par rapport aux autres. Elle permet d'identifier les points d'entrée possibles pour agir sur le
conflit.

But 2
Améliorer la compréhension de la situation.

Identifier les rapports entre les parties impliquées dans le conflit.

Comprendre les rapports de forces entre les parties.

Trouver des points d'entrée pour une éventuelle intervention.

Comment utiliser cet outil


Identifier les acteurs principaux impliqués dans le conflit. Utiliser un cercle pour chaque partie et choisir la taille
du cercle selon la force et l'influence de la partie sur la carte de conflit. Ne pas oublier de vous placer, vous
et/ou votre organisation sur la carte.

Relier les différents cercles en utilisant diverses lignes reflétant la qualité des rapports entre eux. Des
exemples pour chaque ligne seront donnés ci-dessous.
Porter sur la carte tout problème clé que vous pouvez identifier dans les rapports entre les acteurs.
Réfléchir sur votre position vis-à-vis des parties et essayer d'identifier les alliances, contacts proches, rapports
rompus et confrontations ouvertes.

Penser aux rapports qui permettent de travailler sur ce conflit. Projeter les premières étapes d’une intervention.

Commentaires
Il est souvent utile de répéter la cartographie d'une situation de conflit à partir de plusieurs perspectives afin de
comprendre comment les différentes parties perçoivent la même situation.

En plus de la méthode de la cartographie, on peut utiliser celle de l'oignon (page 46) pour approfondir la
compréhension des questions clés identifiées.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
45
Figure 2.6: Les exemples clés

Les cercles indiquent les parties impliquées dans la


situation conflictuelle
La taille relative des cercles reflète leur degré de pouvoir
dans la carte du conflit
Les lignes droites symbolisent des rapports assez étroits
2
La double ligne de liaison indique une alliance.

Les lignes en zigzag indiquent un conflit entre les


parties

La double line en travers de la ligne unique indique


des liens/relations interrompus.

Partie Partie
A. B.

Partie Enjeu
C. clé

La Méthode de l’oignon
La méthode de l’oignon peut être combinée avec la cartographie du conflit (page
47), également appelé TRIANGLE - ABC-. Le sous-groupe pourrait avoir identifié un
rapport important, peut-être l'élément clef du conflit. La méthode de l’oignon peut
alors aider à mieux appréhender cette relation.

L'exercice commence en demandant les différentes positions et se poursuit avec


l'intérêt et le niveau de besoin. Il est recommandé de dessiner une table sur un
tableau de conférence ou sur du papier de flipper représentant les deux parties
opposées la dessus et on matérialise les problèmes identifiés.

But de l'exercice
Le but est d'explorer un terrain d’entente derrière les positions affichées par les
parties, probablement au niveau de leurs intérêts ou besoins fondamentaux. Par
exemple, un gouvernement souhaite construire un barrage sur le cours d'eau d'un
fleuve pour les besoins de développement économique. Certains attendent avec

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
46
intérêt un approvisionnement en eau sécurisé, mais le souci des gens en aval est
qu'il y aura des pénuries d'eau qui menaceront leurs moyens de survies.

Ces derniers en aval s’opposeront à la construction du barrage. D’autres


revendiquent la construction d’un barrage. Les positions se durcissent autour de la
question du barrage. Cependant, toutes les personnes partagent un intérêt commun 2
pour un approvisionnement sécurisé en eau. En évoquant cet intérêt commun et en
explorant les différents besoins, ils pourraient régler leur conflit en acceptant peut-
être de construire un barrage ou des séries de barrages qui assurent un
approvisionnement durable en eau pour tous. Cependant, souvent il n'est pas facile
d'identifier les besoins fondamentaux, de sorte que ceux-ci peuvent s'avérer
finalement divergents, par exemple la partie en amont demande beaucoup d'eau
pour une activité minière, alors que la partie en aval en a besoin suffisamment pour
la production maraîchère.

Souvent, il est également difficile de faire la part des choses entre la position et
l'intérêt. Dans un conflit houleux, les parties peuvent oublier ce qui est à la base de
leur première prise de position, par exemple la discussion porte seulement sur
l'intervention proposée: Un Barrage ! Pas de Barrage ! L'outil peut être utilisé par
les parties en conflit pour éclaircir différentes perceptions et peut-être pour revoir
leurs positions.

Figure 10.7: Une façon d’analyser ce que les diverses parties en conflit veulent

POSITIONS:
Ce que nous disons que nous voulons

INTERETS:
Ce que nous voulons
réellement

BESOINS:
Ce que nous devons
avoir

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
47
Description
Une méthode d’analyse de ce que les parties en conflits veulent.

But
L’exercice devrait procéder comme si on épluchait de l’oignon : du fonctionnement
extérieur vers l’intérieur. Commencer par les positions, en allant vers les intérêts et
les besoins. Ceci ouvre la possibilité d'éplucher autant de couches possible afin
d’identifier les besoins réels des différentes parties.

Comment utiliser cet outil


Chaque partie en conflit devrait explorer les positions, intérêts et besoins, aussi bien
que ce qu’ils perçoivent comme étant les positions, intérêts et besoins de l’autre ou
des autres parties en conflit.

Le facilitateur devra commencer par expliquer en particulier la différence qu’il y a


entre les positions et les intérêts: La couche externe contient les positions que nous
affichons en public (les positions sont ce que nous avons décidé de faire, par
exemple de construire un barrage). En dessous il y a nos intérêts, ce que nous
voulons arriver à réaliser à partir d’une situation particulière (ce sont les intérêts qui
nous ont amené à prendre une position particulière, par exemple, le développement
économique à travers l’utilisation d’un barrage polyvalent). Au cœur de l’oignon il y a
ce dont nous avons besoin pour être satisfait (par exemple, un approvisionnement
sécurisé de l’eau pour les besoins multiples, la création de l’emploi, et la sécurité
humaine).

L’exercice devrait se dérouler comme si on épluchait un oignon: de l’extérieur vers


l’intérieur. Commencer avec les positions, passer aux intérêts pour finir avec les
besoins. Cela ouvre la possibilité d’éplucher et d’ôter autant de couches que possible
afin de révéler les besoins sous-jacents des différentes parties.

Commentaires
La différence entre les positions et les intérêts devrait être complètement explorée
parce que les parties en conflit commencent souvent à assimiler leur position à leurs
intérêts. Au-delà de la participation on oublie souvent quels intérêts et besoins ont
motivé une position prise au départ.

L'outil peut être utilisé pour comprendre la dynamique d'une situation de conflit en
vue de faciliter le dialogue, ou en tant qu'élément d'un processus de médiation. Il est
également utile pour les parties qui sont impliquées dans les négociations de clarifier
leurs propres besoins, intérêts et positions.

Références
1. Barnett, T. and J.S..Monay, 1995. ‘Enhancing Negotiation Skills and Results’.
Working Session. Conflict Management Institute, Washington D.C,
2. Cap-Net and UNDP, 2005 "Integrated Water Resources Management Plans",
Training material.
3. Engel, A. and B. Korf, 2005. Negotiation and mediation techniques for natural
resource management. Rome: Food and Agriculture Organisation of the United
Nations (FAO).

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
48
4. Fisher, R. W. Ury, B. Patton. 1991. Getting to Yes: negotiating an agreement
without giving in. Toronto: Penguin Books.
5. Kilmann, A., and H. Thomas, 1975. ‘Interpersonal conflict-handling behavior as
reflections of Jungian personality dimensions’.Psychological Reports. Vol. 37:
971-980 2
6. Moore, C.W., 2003. The Mediation Process: practical strategies for resolving
conflict. San Francisco, Calif.: Jossey Bass Wiley.
7. Mostart, E. n.d. Conflict and Cooperation in the Management of International
Freshwater Resources: a global review, (UNESCO-IHP #19) available from
www.unesco.org/water/wwap/pccp .
8. Schmid, A. 1998. Thesaurus and glossary of early warning and conflict
prevention terms (abridged version), London: Fewer. Available from
www.womenwarpeace.org/issues/prevention/docs/thes.pdf.
9. Shamsul Huda, ATM 2005 "understanding water conflicts & conflict
management” TOT on conflict Resolution & Negotiation skills, Dhaka.
10. Warner, M. 2001. Complex problems, negotiated solutions: tools to reduce
conflict in community development. London: ITDG Publishing.
11. Warner, M. 2000. Conflict management in community based natural resource
projects: experiences from Fiji and Papua New Guinea. ODI Working Paper No.
135. London: Overseas Development Institute.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
49
Module 3: La négociation pour la
résolution de conflits

Les objectifs spécifiques


 Décrire les différentes méthodes de négociation en mettant l’accent sur la
négociation raisonnée.
 Accentuer le rôle du facilitateur /médiateur dans la négociation pour la
résolution de conflit.
 Souligner le rôle des compétences en matière de communication. 3
 Souligner le processus pratique permettant de distinguer les besoins, intérêts
et positions.

Résultats
 La connaissance de la complexité des dispositions de négociation.
 Reconnaissance de la difficulté de réaliser des accords et d’atteindre une
voie de sortie négociée.

Techniques
 En sa qualité de médiateur / facilitateur, le participant devra avoir une
compréhension claire des manières d'utiliser la négociation raisonnée pour
accompagner les efforts des protagonistes vers un accord négocié
mutuellement avantageuse.
 En tant que négociateur, le participant devra avoir une compréhension claire
de la façon de déterminer la meilleure solution de rechange (BATNA) et
comment un facilitateur /médiateur peut être utile pour le processus.

3.1 La négociation
Que vous le vouliez ou non, vous êtes un négociateur. La négociation fait partie de
la vie. Tout le monde est quotidiennement engagé dans une négociation donnée. De
plus en plus de situations exigent la négociation. Chacun veut participer aux
décisions qui l’affectent. Moins ou peu de gens accepteront des décisions qui leur
sont imposées. Autant les gens sont différents, autant ils utilisent des moyens
différents pour faire face à leurs différences. Que ce soit en affaires, en politique, ou
en famille, la plupart des décisions sont prises suite à des négociations.

Les gens se retrouvent souvent dans un dilemme. Ils voient deux manières de
négocier: douce et dure. Le négociateur usant de la manière douce veut éviter le
conflit personnel et fait ainsi de grandes concessions aisément afin de trouver un
accord. Elle /Il veut une résolution amicale; pourtant il finit souvent par se rendre
compte qu’il est victime d’une exploitation sévère. Le négociateur voit toute situation
comme une opposition de volontés dans laquelle le camp qui prend les positions plus
extrêmes et plaçant haut la barre s’en sort mieux. Il / elle veut gagner ; et il finit

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
50
souvent par donner une réponse également dure, qui l’épuise lui et ses ressources et
détériore ses rapports avec l'autre camp. D'autres stratégies de négociation standard
existent entre la stratégie dure et douce, mais chacune implique un essai
d’harmonisation entre ce que l’on veut et ne pas ignorer les autres.

Il n'y a une troisième manière de négocier, ni dure ni douce, mais plutôt dur et douce.
La méthode de la négociation raisonnée élaborée par le Projet de Négociation de 3
Harvard (Fisher et autres, 1991) est de trancher les questions sur leurs mérites plutôt
que par un processus de marchandage basé sur ce que chaque partie dit vouloir
faire ou pas. (cf. illustration du tableau 3.1.)

Tableau 3.1: Illustrations des méthodes de négociation


Solution
Problème
Changer le jeu
Négociation sur positions: A quel jeu devez vous jouer ?
Négocier sur les mérites
Douce Dure Raisonnée
Les Participants sont des Les Participants sont des
Les Participants sont des amis
adversaires solutionneurs
Le but est un important
Le But est l’accord Le But est la victoire Résultat atteint efficacement et
à l’amiable
Faire des concessions Pour Demander des concessions Séparer les gens des
entretenir la relation Comme condition de relation problèmes
Être pacifiques avec les gens et Soyez dur avec les problèmes et Etre pacifique avec les gens, dur
le problème les gens avec le problème
Allez indépendamment de la
Faire confiance aux autres Se méfier des autres
confiance
Changer facilement votre Mettre l’accent sur les
Attachez vous à votre position
position intérêts, non les positions
Faire des propositions Lancer des menaces Explorer les intérêts
Faîtes savoir vos limites. Ne faîtes pas savoir vos limites Eviter d’avoir une ligne limite
Demander un avantage
Accepter des pertes Développer des options pour
unilatéral en échange de
partielles un gain mutuel
l’accord
Chercher une réponse unique: Rechercher une réponse unique : Développer plusieurs options à
celle qu’ils accepteront celle que vous allez accepter choisir: décider plus tard
Insister sur l’utilisation de
Insister sur l’accord Insister sur votre position
critères objectifs
Essayer d’atteindre un résultat
Essayer d’éviter une opposition Essayer de vaincre une opposition
basé sur des normes
de volonté de volonté
indépendamment des volontés
Raisonner et soyez ouvert à la
Céder à la pression Faire usage de la pression raison: laissez vous guider par
le principe et la non la pression
Source: Barnett et Monay (1995)

 La négociation raisonnée
Les négociations sont différentes les unes des autres, mais les éléments de
base restent invariables. On peut recourir à la négociation de raisonnée s'il y
a une ou plusieurs issues; deux ou plusieurs parties; ou en cas de
prescription d’un rituel, comme dans la négociation collective, ou une mêlée
générale impromptue, comme en parlant avec des pirates de l'air. La
méthode s'applique si l'autre camp est plus expérimenté ou moins, un
médiateur dur ou amical. La négociation raisonnée est une stratégie
polyvalente. À la différence de presque toutes autres stratégies, si l'autre
camp apprend ceci, il ne devient pas plus difficile à utiliser, il devient plus
facile.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
51
Toute méthode de négociation peut être bien jugée par trois critères :
(i) Elle devrait permettre d'atteindre un accord judicieux (si l'accord est
possible);
(ii) Elle devrait être efficace; et
(iii) Elle devrait améliorer ou ne pas au moins détériorer les rapports entre
les parties.
3
Un accord judicieux est un celui qui respecte, autant que possible, les intérêts
légitimes de chaque parties, qui concilie les intérêts divergents de façon juste,
durable, et tient compte des intérêts de la communauté (Fisher et autres,
1991).

Cette méthode, appelée négociation raisonnée ou la négociation sur les


mérites, peut être ramenée à quatre points essentiels. Ces quatre points
définissent une méthode simple de négociation qui peut être utilisée dans
presque toutes les circonstances.

Chaque point traite d'un élément de base de négociation, et suggère ce que


vous devriez faire à son sujet.
(i) Les personnes : Séparer les personnes du problème.
(ii) Intérêts : Mettre l'accent sur les intérêts, et non sur les positions.
(iii) Options : Proposer une gamme variée de possibilités avant de décider
de quoi faire.
(iv) Critères : Insister sur le fait que le résultat soit basé sur une certaine
norme objective.

De façon figurée si non littérale, les participants devront voir par eux-mêmes
en travaillant côte à côte, l'attaque du problème, et non s’attaquer entre eux.
D'où la première proposition : Séparer les gens du problème.

Une position de négociation cache souvent ce que vous voulez vraiment. Des
compromis de positions ont peu de chance d'aboutir à un accord, qui prendra
réellement en compte les besoins humains qui ont amené les gens à prendre
ces positions.

Vous pouvez faire face à ces contraintes, en choisissant une période indiquée
pour penser à une gamme variée de solutions possibles qui contribuent aux
intérêts mutuels et réconcilient les intérêts divergents. D'où le troisième point
essentiel: Avant toute tentative de signer un accord, élaborer des options
pour un gain mutuel.

Vous pouvez contrecarrer un tel négociateur en insistant sur le fait que son
simple "dire" n'est pas suffisant que l'accord doit refléter une certaine justice
de norme indépendamment de la volonté seule de l'un ou l'autre camp. Ceci
ne signifie pas insister sur le fait que les termes soient basés sur la norme
que vous avez choisie, mais seulement que certaines normes justes telles
que la valeur marchande, l'avis d'expert, la coutume, ou la loi déterminent les
résultats.

 Etapes de la négociation

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
52
Les quatre propositions de la négociation raisonnée sont appropriées à partir
du moment où vous commencez à penser à la négociation jusqu'à ce que le
temps ou un accord soit conclu ou vous décidez d'interrompre le processus.
Que la période peut être divisée en trois étapes: analyse, planification, et
discussion.

Pendant l'étape d'analyse vous essayez simplement de diagnostiquer la


situation pour recueillir des informations, pour l'organiser, et pour la penser. 3
Vous voudrez traiter des problèmes de personnes des perceptions
partisanes, des émotions hostiles, et une situation de communication
confuse, ainsi que pour identifier vos intérêts et ceux de l'autre camp. Vous
voudrez noter les options déjà sur la table et identifier tous les critères déjà
suggérés comme base d'un accord.

Pendant l'étape de planification vous traitez les mêmes quatre éléments une
deuxième fois, émettant des idées et décidant de quoi faire. Comment
proposez-vous de gérer les problèmes de personnes? De vos intérêts, que
sont les plus importants ? Et quels sont quelques objectifs réalistes ? Vous
voudrez élaborer des options additionnelles et des critères additionnels pour
choisir parmi eux.

Encore pendant l'étape de discussion, quand les parties communiquent dans


les deux sens, recherchant un accord, les mêmes quatre éléments sont les
meilleurs sujets à discuter. Des différences dans la perception, des
sentiments de frustration et de colère, et les difficultés dans la communication
peuvent être identifiés et traités. Chaque camp devrait en arriver à
comprendre les intérêts de l'autre. Tous les deux peuvent alors conjointement
élaborer des options qui sont mutuellement avantageux et rechercher un
accord sur les normes objectives pour faire face aux intérêts opposés.

Pour résumer, contrairement à la négociation sur positions, la méthode de


négociation raisonnée met l'accent sur les intérêts essentiels, les options
mutuellement satisfaisantes et les normes justes aboutissent à un accord
sage. La méthode vous permet d'atteindre efficacement un consensus
progressif sur une décision commune sans tous les coûts transactionnels liés
à l'enfoncement dans des positions où on aura à se battre pour sortir. Et la
séparation des gens du problème vous permet d'avoir affaire directement et
en premier lieu à l'autre négociateur en tant qu'être humain, ouvrant de ce fait
la voie à un accord à l’amiable.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
53
Encadré 3.1 : Outils de négociation raisonnée et éléments procéduraux : Une liste de
contrôle

Étape 1 : Analyse
I. Pré Négociation
 Problème: Symptômes/Situation actuelle
 Buts/situation souhaitée
 Diagnostique: Causes possibles; obstacles internes et externes

Étape 2 : Planification
II. Pré Négociation 3
Stratégies: Emettre une gamme variée d'idées au sujet de ce qui peut être fait;
Brainstorming sur ces approches; Les prioriser
Développer votre BATNA
Emettre des hypothèses sur les solutions de rechange et les manières d'examiner
empiriquement leur impact
Identifier et évaluer les rapports: Actuels? Souhaités?
Établir qui sont les parties concernées
Identifier les questions à traiter
Articuler les intérêts: les Nôtres? Les Leurs ? Autres ?
Identifier les options
Établir les critères pour un accord acceptable et légitime

Étape 3 : Discussion
III. Négociation
Planifier la rencontre (but, produit, processus, les gens, etc.)
Planifier le dialogue (faire recours à des compétences en matière de communication)
S'engager dans la négociation

IV. Exécution/Évaluation
Signer les accords
Évaluer et suivre l'effet des décisions conjointes

Quand est-ce que les conditions sont réunies pour une


négociation?
Dans un monde idéal, une situation est propice pour une négociation quand
toutes les conditions suivantes sont réunies. En effet, cependant, dans la
plupart des cas seulement plusieurs de ces conditions seront réunies - d'où
des difficultés dans l'atteinte de solutions à l'amiable.
 Bonne foi à négocier entre/au sein des parties identifiables
 Interdépendance
 Disposé à négocier
 Les parties ont les moyens d'influence ou la force
 Les parties ont convenu de certains aspects dans le passé
 Volonté à régler
 Imprévisibilité des conséquences de la non-négociation
 Sens d'urgence
 Pas de barrières psychologiques majeures
 Les questions doivent être négociables
 Les gens impliqués doivent avoir un pouvoir de décider
 L'accord doit être raisonnable et applicable
 Les facteurs externes sont favorables au règlement
 Il y a des ressources appropriées à négocier

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
54
3.2 Approche et méthodes de négociation

L'approche de la négociation liée au contexte de la GIRE implique inévitablement de


nombreux acteurs, directs et indirects, puissants, impuissants, marginalisés,
reconnus, etc.… Par conséquent dans une telle disposition des capacités et
puissances disproportionnées, la négociation raisonnée est un mécanisme clé vers
une solution durable. L'utilisation des stratégies de la négociation raisonnée peut être
difficile ou presqu'impossible là où les disparités de forces sont prononcées. Dans ce
cas-ci, il est plus probable que la facilitation ou la médiation puisse être utilisée avec
3
succès.

Un bon médiateur/facilitateur doit d'abord se rappeler de ne faire aucun mal. Il/elle


devrait également être sensible à la possibilité d'un obstacle dans l'accord. C'est-à-
dire, un ou plusieurs acteurs déterminés à faire obstacle à tout progrès vers des
résultats négociés. En même temps, le médiateur/facilitateur devrait rechercher des
relais - les gens et les questions qui peuvent amener les parties à avoir des griefs les
uns envers les autres et envers des résultats négociés avec succès.

 La facilitation
 Aide dans la préparation de la rencontre.
 Contribue à cadrer la rencontre
 Clarifie et accepte la communication des parties à la négociation.
 Accepte et reconnais les sentiments.
 Formule le problème d'une manière constructive.
 Suggère des procédures pour l'atteinte de l'accord.
 Récapitule et éclaire la direction.
 S'engager dans le test de consensus aux points appropriés.

Un bon facilitateur ne devra pas juger ou critiquer; avancer ses propres idées;
prendre des décisions procédurales significatives sans concertation; ou
prendre le temps du groupe avec de longs commentaires.

 La médiation
La médiation est flexible, sans cérémonie, confidentielle et non contraignante.
Le médiateur n'a aucun intérêt direct dans le conflit ni dans son
aboutissement. Le médiateur n'a aucun pouvoir de décision. Le médiateur
recherche des solutions de rechange basées sur les faits et les mérites du
cas.

Un médiateur efficace devra avoir la plupart des caractéristiques suivantes :

 La capacité d'instaurer un climat de confiance;


 La capacité d’identifier les problèmes se trouvant au cœur du conflit ;
 La patience, l’endurance, la persévérance;
 La conscience, l’empathie, la flexibilité;
 Le bon sens, la rationalité;
 Souvent une personnalité agréable;
 Exactement perçu comme ayant une grande expérience; et
 La neutralité, impartialité, des connaissances en matière de résolution de
problèmes, la créativité, la réflexivité

Les styles de médiation/facilitation peuvent varier de la méthode active

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
55
et interventionniste à la méthode plutôt passive. Dans tous les cas,
pour être efficace un médiateur doit :
 Être prêt et disposé à recourir aux compétences d'un expert et/ou à
utiliser les instruments d'aide à la décision ;
 Rencontrer les parties offusquées en groupe et séparément; et
 Recueillir des idées des deux camps.

Le médiateur/facilitateur efficace se focalise sur le futur sans oublier le passé.


3
 La communication efficace
Sans communication il n'y a pas de négociation. La négociation est un
processus de communication dans les deux sens afin de prendre une
décision commune. Il y a trois problèmes typiques pour réaliser une
communication efficace.

D'abord, les parties à un conflit peuvent ne pas se parler, et sont peu


disposées à le faire. Ensuite, même si elles se parlent, elles peuvent ne pas
s'entendre dans leur effort de dialogue, probablement parce qu'elles ont déjà
des idées préconçues les uns sur les autres de même que sur les intentions
de chacun. Troisièmement, même en cas d'une harmonie relative entre les
parties, un conflit peut surgir et être difficile à résoudre parce qu'il y a un
malentendu général, par exemple les motifs d'une partie par rapport à une
action.

Un exemple utile vient de la politique internationale: la course aux


armements. L'Etat A achète des armes uniquement pour des buts de
défense. Son voisin, l'Etat B, voit ces armes comme un acte agressif à son
encontre, et achète également des armes pour contrer les nouvelles armes
de son voisin. L’État A interprète mal cet acte, et ainsi achète encore d'autres
armes. S'il n'y a pas de ligne de communication ouverte entre les deux Etats,
la course aux armements peut continuer jusqu'à ce qu'ils soient tous deux
fortement armés et impliqués dans une supputation publique au sujet de leurs
vraies "intentions". C'est donc impératif de nouer le fil du dialogue entre les
parties en conflit, si cela n'est pas directement possible que se soit à travers
un médiateur. Il y a des traits spécifiques et des techniques liés à une
communication efficace.

Un communicateur efficace est un auditeur actif. Elle/Il n'est pas simplement


là pour "parler", mais engagé dans ce que l'autre partie dit. Dans certaines
cultures il est difficile de démontrer - par exemple où le contact visuel est
considéré comme agressif et/ou impoli; ou là où parler franchement et/ou
contredire l'autre partie au conflit est considéré comme un comportement
grossier. Néanmoins, un communicateur efficace parle clairement et avec
précision. Il/elle fait montre aussi de sa compréhension et essaye d'obtenir
la clarté de la perception.

Un communicateur efficace reformule constamment ses positions et les


positions de l'autre partie dans un effort de maximiser les options pour arriver
à une solution « gagnant-gagnant ». Il /elle use également de questions
ouvertes qui permettent l'élaboration et la digression. Mais usera de questions
directes telles que « Pourquoi ceci est-il important pour vous? » en essayant
de découvrir les intérêts et les besoins qui sont à la base d'une position
indiquée. D'une manière primordiale, le communicateur efficace sépare la
personne du problème.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
56
Entre autre, le médiateur//facilitateur cherche à découvrir les intérêts au sein
des parties qui peuvent en fait être conciliables. Des intérêts, une fois
identifiés, peuvent être associés (les parties ont certains intérêts en commun,
mais sont fondamentalement opposées sur d’autres), mutuellement exclusifs,
ou non opposés. C'est le dernier type d'intérêt que nous souhaitons faire
ressortir et sur le quel il faut bâtir. Par exemple, où des acteurs peuvent être
engagés dans une discussion du type « un barrage/ pas de barrage», l'intérêt
fondamental partagé peut en fait être l'approvisionnement en eau prévisible
pour la production d'aliments. 3
 Rôles et responsabilités
Les communicateurs efficaces sont également conscients des divers rôles et
responsabilités en rapport avec les parties à un conflit. Par exemple, on peut
confier à un acteur l'autorité d'agir dans le sens de la meilleure protection des
intérêts du groupe; ou Il/elle peut avoir la responsabilité de poursuivre des
buts spécifiques du groupe. Un communicateur efficace ne confondra
également pas la cordialité avec le « se frayer un chemin ». Des acteurs
peuvent ne pas être personnellement investis dans les résultats, et sont ainsi
peu disposés à travailler vers des résultats mutuellement avantageux. La
cordialité peut simplement refléter le fait qu'une partie au conflit reste campée
sur sa position.

 Variables non spécifiées


Dans toute négociation il y a un certain nombre de variables non exprimées
qui communiquent certaines informations qui, à l'insu des parties, peuvent en
fait affecter les résultats des négociations. Par exemple, des parties à un
conflit peuvent être dotées des mêmes responsabilités de la part de leur
organisation (comme des Ministres des Eaux) mais dans une disposition
intergroupe, il peut y avoir des facteurs subjectifs et interpersonnels qui
servent à donner une force à un acteur sur l'autre (l'un est un homme blanc et
âgé dans un costume d'affaires cher; l'autre est un garçon de couleur, plus
jeune dans un costume en « lambeau »). Ces facteurs incluent l'âge, le sexe,
le genre, la race, l'appartenance ethnique, et même le mode vestimentaire et
l'endroit de la rencontre. Selon le milieu, certains ou l'ensemble de ces
facteurs peuvent se combiner pour communiquer la force sociale d'un acteur
sur les autres. De tels facteurs sont particulièrement répandus dans les
bassins de fleuves ou le long des cours d'eau caractérisés par des inégalités
sociales et économiques considérables. Il appartient au médiateur/facilitateur
de se rendre compte des possibilités de ces facteurs et à travailler à
neutraliser de telles forces.

3.3 L’approche du conflit par le médiateur

Une fois que les parties en conflit ont approché un facilitateur/médiateur, la tierce
partie neutre devrait se poser plusieurs questions essentielles:

Concernant le conflit :
 Est-il persistant? (par exemple concernant l'accès à l'utilisation de la
ressource)
 Est-il intermittent? (par exemple, saisonnier ; une fois tous les 5-8 ans)
 Est-il inattendu? (par exemple, par une partie seulement)
 Est-il inattendu? (par exemple, par toutes les parties)

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
57
 Est-elle hypothétique? (un acte que quelqu'un pourrait poser)

Concernant des voies pour la résolution du conflit :


 Quels sont les canaux de communication ?
 Les parties en conflit sont-elles accessibles entre elles ?
 Y a-t-il un point de contact identifiable ? (dans beaucoup de cas le conflit est
une réaction spontanée à un changement et il n'y a pas de « leader
identifiable », ou de point de contact pour ceux qui exprime le grief.)
 Quel est le cadre institutionnel ?
 Le gouvernement a-t-il un médiateur qui peut gérer cette situation ?
 Y a-t-il un tribunal de l'eau et si oui, les parties en conflit savent-elles 3
l'existence de ces entités?

 Elaboration des options : Aider les parties à développer leur


BATNA- (la meilleure solution de rechange)

Les parties en conflit cesseront seulement des hostilités si les options


disponibles satisfont leurs intérêts mutuels. Se référer à la Carte de
Processus dressée dans le Module 2 ci-dessus, les parties atteindront l'étape
importante B seulement quand elles sont disposées à s'engager dans les
pourparlers. Pour atteindre cette étape, des options satisfaisantes doivent
être élaborées. Pour le médiateur/facilitateur c'est l'Etape 5: aider les parties
à déterminer leur meilleure solution de rechange (BATNA).

Le BATNA est la norme par rapport à laquelle tout accord proposé devrait
être évalué. C'est la seule norme qui peut protéger une partie contre
l'acceptation de termes qui sont trop défavorables et de rejeter les termes
qu'il serait de leur intérêt d'accepter.

Le BATNA non seulement est une meilleure mesure mais a également


l'avantage d'être assez flexible pour permettre l'exploration de solutions
imaginatives. Au lieu d'éliminer toute solution qui n'est pas conforme avec la
ligne inférieure d'une partie, elles peuvent comparer une proposition à leur
BATNA pour voir si elle répond mieux à leurs intérêts.

Si tous les camps ont des BATNA attrayants, les meilleurs résultats de la
négociation pour toutes les parties peuvent ne pas être l'atteinte d'accord.
Dans ces cas-ci une négociation réussie est celle dans laquelle les parties
découvrent amicalement et efficacement que la meilleure manière de
défendre leurs intérêts respectifs est pour chacun de regarder ailleurs et à ne
pas essayer d'avantage de conclure un accord.

Disposer d’un BATNA peut vous aider à négocier sur les mérites. Vous
pouvez convertir de telles ressources dont vous disposez en pouvoir de
négociation efficace en développant et en améliorant votre BATNA. Investir
des compétences, du temps, de l'argent, des personnes, les relations, et des
esprits dans la conception de meilleure solution pour vous, indépendamment
du consentement de l'autre camp. Plus vous avez la possibilité de vous retirer
des négociations avec aisance et sans désagrément, plus grande est votre
capacité d'en affecter les conclusions.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
58
Encadré 3.2 : La meilleure solution de rechange (BATNA)

Le but de la négociation est de produire quelque chose de meilleur que ce qui aurait été obtenu
sans négociation. Un résultat qui a été réalisé sans négociation, ou après que la négociation ait
échoué, s'appelle la meilleure solution de rechange.

Développer un BATNA implique, notamment :


L’énumération de toutes les solutions de rechange possibles qui pourraient être envisagées si
aucune convention n'est conclue ;
i) La prise en compte les implications pratiques des solutions de rechange plus prometteuses ;
et
ii) Le choix de l’alternative qui semble être le BATNA le plus satisfaisant
Source: Engel and Korf, 2005)

Encadré 3.3 La détermination de votre BATNA

Examiner le conflit
3
Quelles sont les questions centrales dans ce conflit ?
Qui est impliqué ?
Quel genre de résultat est-ce que j'espère réaliser ?
Quelles actions m'aideraient à atteindre au mieux cet objectif ?
Que serait :
 le meilleur résultat ?
 le résultat minimal ?
 le pire résultat ?

Évaluer les solutions de rechange


Y a-t-il des questions que je suis peu disposé à négocier ?
Quelles solutions de rechange est-ce que j’ai pour satisfaire à mes intérêts si nous ne concluons pas un
accord?
Quelle serait la meilleure solution de rechange ?

Renforcer le BATNA
Que puis-je faire pour satisfaire mes intérêts ?
Y a-t-il les ressources additionnelles qui peuvent être exigées ?
Est-ce que j'aurai besoin de temps supplémentaire ou d'aide financière ?
Considérer les BATNA des autres parties
Selon moi quel serait leurs principaux intérêts?
Que pourraient-elles faire si nous ne concluons pas un accord ?

Source: Engel and Korf, 2005

Après avoir produit une série d’options aboutissant à l'articulation des BATNA
de toutes les parties en conflit, le médiateur/facilitateur aura réalisé l'étape
clé B de la carte de processus : des acteurs sont maintenant disposés à
participer à une négociation.

L’étape 6 exige une préparation adéquate pour la négociation par toutes les
parties, y compris par le facilitateur/médiateur. Les parties espérant réaliser
des résultats avantageux pour les deux parties pour les solutions durables
par la négociation devraient adhérer aux directives procédurales particulières
dans les phases de pré-négociation et de négociation :
 Recenser les intérêts de fond, procéduraux et psychologiques dont
vous espérez que ce serait satisfait par la négociation ;

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
59
 Se poser les questions pourquoi et comment concernant les besoins qui
sont importants pour vous ;
 spéculer sur les motifs d'autres négociateurs ;
 commencer les négociations instruisant les uns et les autres sur les
intérêts ;
 Prenez le problème comme étant soluble à travers les approches
« gagnant-gagnant » ;
 Recenser les critères généraux qui doivent être présents dans n'importe
quel règlement acceptable ;
 produire des options multiples ;
 utiliser les techniques de production d’options intégratrices;
 séparer la production d'option du processus d’évaluation ; et
 de vers l’accord -
 travailler à la conclusion d’accord, recenser les domaines d’accord,
reformulez-les et mette-les à l’écrit 3

La tâche du médiateur/facilitateur est d'aider les parties à établir la confiance,


à apprendre des besoins et les intérêts des uns et des autres. La facilitation
(étape 7) est la plus redoutable de chacune des dix étapes, en particulier car
le médiateur/facilitateur aura affaire à des personnes très passionnées. Pour
faciliter le processus de négociation raisonnée, le médiateur/facilitateur
devrait fixer les règles de base participatives de sorte que toutes les voix
puissent être entendues; que les options proposées sont réalistes, signifiant
principalement que n'importe quelle convention conclue peut être mis en
œuvre. La séance de réflexion réitérée et les exercices de visualisation
peuvent être utiles, tout comme elles étaient utiles pour aider chaque partie à
élaborer son BATNA. Certains médiateurs/facilitateurs trouvent l’élaboration
des modèles d'accord – séparément et pris ensemble - utile pour pousser à
la conclusion d’accord négociée durable.

 La conclusion d'accord
La tâche principale du médiateur/du facilitateur lors de l’étape 8 est d’aider
les parties à concevoir un accord acceptable pour tous. Les accords revêtent
plusieurs formes : certains sont très faibles et demandent très peu des parties
en conflit. D'autres sont très stricts et exigent des dispositions très détaillées
de suivi. Dans tous les cas, une convention satisfaisante devrait être durable.
La durabilité, ne signifie donc pas que ce devrait être une convention forte. En
effet, suivant les indications du module 4 ci-dessous, les conventions de l'eau
les plus durables conclus par des acteurs multiples avec des intérêts
multiples, tous voyant la ressource elle-même différemment, sont des accords
qui sont formulés en termes très généraux, laissant la place à davantage de
négociation et d’accord, et à la résolution à l’amiable des conflits. Il revient
aux parties elles-mêmes de décider si elles veulent des clauses d’accord
définitives, ou des clauses qui sont partielles, temporaires et contingentes.
L'étape clé C aura été atteinte quand l’accord a été formellement élaboré et
acceptée par toutes les parties.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
60
Encadré 3.4 : Caractéristiques d'un accord durable

Est-il honnête ?
Basé sur la meilleure information disponible et conjointement élaborée ?
Établi sur des considérations réalistes de la capacité et des coûts ?
Ayant l'assurance de tous les acteurs qu'ils mettront en application leur part des clauses ?
Elaboré avec la pleine participation de tous les principaux acteurs ?

Est-il acceptable ?
Solutionne-t-il les griefs qui ont provoqué le conflit ?
Reconnaît-il les problèmes passés et les traite-t-il ?
Satisfait-il aux intérêts et besoins fondamentaux des principales parties prenantes?

3
Conclu par un processus perçu comme juste par et pour tous ?

Est-il réalisable ?
Donne-t-il des avantages (stimulants) à toutes les parties le mettant en œuvre?
Ne désavantageant pas une partie exclue ?
Reconnaissant les problèmes ou changements possibles à l'avenir, et comprenant des mécanismes
pour traiter ces derniers, ou reconnaissant les besoins de renégociation ?
Etablissant des relations de travail entre des parties à travers sa mise œuvre?
Source: Godschalk et al, 1994

 Donner à la scène un meilleur endroit


Pour le facilitateur/médiateur, les étapes 9 et 10 sur la carte de processus
vers une gestion avec succès des conflit impliquent le développement
d’instruments appropriés pour le suivi de l’accord et aider les parties de
l’accord à explorer des possibilités pour davantage renforcer la confiance. Le
suivi de l’accord peut être donné à un groupe de parties prenantes comme
décidé entre eux, ou il peut faire participer le médiateur/facilitateur. Il peut
également faire participer seul le gouvernement (par exemple par une entité
désignée telle qu'un ombudsperson, ou un bureau de répartition de l'eau).
Tandis que la tâche incombe souvent au gouvernement, là où il est lui-même
une des parties en conflit, il peut y avoir de méfiance prolongée de la part de
quelques parties prenantes.

Les contextes post-conflit peuvent parfois servir de plates-formes très utiles


pour la construction de la paix. Dans le Delta d'Okavango, par exemple, un
prélèvement de l'eau proposé par le gouvernement de la Namibie a au
commencement provoqué une opposition concertée d'un mouvement social
pas très bien structuré, dont les intérêts ont été appuyés par une
organisation non gouvernementale internationale. Un plan gouvernemental de
longue date est devenu un sujet à contreverse face à une période de
sécheresse persistante. Bien que le conflit se soit résolu de lui-même suite au
retour de pluies très bonnes, les parties en conflit ont saisi l'opportunité pour
formaliser les liens entre les usagers locaux et les acteurs gouvernementaux.
La structure de création récente sert maintenant de lieu de règlement de
conflits à l'amiable.

L'étape-clé D, la dernière étape-clé de la carte de processus aura été atteinte


quand le médiateur/facilitateur est confiant que l’accord fonctionnera à la
satisfaction de toutes les parties.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
61
Encadré 3.5 : Le défi de la carte de processus

Identifier un conflit lié à l’eau dans votre propre pays. Comment est-ce qu'on l'a résolu ?
Comparer le processus à celui identifié dans la carte de processus, identifiant
soigneusement des actions entreprises de l’étape 1 à l’étape 10. Pensez-vous que la carte de
processus soit un outil utile pour un médiateur ou un facilitateur entrant dans la scène d’un
conflit ?

EXERCICE 6 -
Appel et réponse
Lié à la session 6 (instruments pour la résolution de conflits et la négociation)

Après la présentation formelle décrivant les diverses méthodes de résolution de conflit, le


facilitateur structure la discussion autour des six conditions pour une résolution de conflit
3
réussie fournissant une ample opportunité aux participants pour qu’ils posent des questions de
clarifications et fournissent des exemples appropriés à partir de leurs propres expériences

Temps imparti: 30 min

EXERCICE 7 -
Vous parlez ma langue ?
Lié à la session 7 - communication efficace

Si la base pour une négociation réussie est que nous comprenions exactement ce que l’autre vise, alors la
langue constitue un élément important de ce processus. MAIS très souvent, nous utilisons les mots qui
signifient différentes choses pour différentes personnes.

Dans cet exercice court, le facilitateur demande aux apprenants d'écrire leur définition d'un terme spécifique
sur les cartes. Notre expérience nous enseigne qu’il y a deux mots qui suscitent des discussions des plus
animées parmi les participants : ‘le développement`; et le ‘genre`' mais libre au facilitateur de choisir le mot
ou le concept.

Immédiatement ci-dessous, nous fournissons une définition idéale du genre pour servir de référence par
rapport à laquelle évaluer toutes les réponses (voir ci-dessous). Donner 5 ou 10 mn aux participants pour la
formulation de leurs définitions, puis rassembler toutes les cartes. Il n'y a aucun besoin de discussion à ce
moment. Afficher toutes les cartes y compris celle contenant la définition type idéale pendant une pause café
et laisser simplement les participants les lire et les discuter entre eux.

Temps imparti: 10 min

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
62
Encadré 3.6 : Qu’est-ce que le genre ' ? Une définition

Le sexe est biologiquement déterminé. On est mâle ou femelle.

À la différence du sexe, le genre se rapporte au comportement et aux attentes socialement instruits qui
distinguent la masculinité et la féminité. Alors que l'identité biologique du sexe est déterminée en se référant
aux caractéristiques génétiques et anatomiques, le genre socialement instruit est une identité acquise. Nous
apprenons, par la socialisation culturellement spécifique, comment être masculins et féminins et assumer les
identités d’hommes et de femmes. C'est la société qui décide ce qui est masculin et ce qui est féminin et
quelles valeurs attacher à chacune de ces catégories dans un endroit et un moment particulier. Par exemple,
les hommes ne sont pas vus comme `moins masculins' en Afrique quand ils se tiennent la main en marchant.
En Amérique du Nord, quand des hommes se tiennent la main en marchant, ils ne sont pas seulement
considérés comme non masculins mais efféminés et donc un tabou social. Les formes spécifiques de
masculinité et de féminité et l'ampleur de l'inégalité entre les hommes et les femmes varient nettement avec le
3
temps et à travers des cultures.

Tandis qu'il peut être vrai que la féminité tende à refléter quelques caractéristiques communes à la plupart
des femmes, et la masculinité à quelques hommes, les hommes et les femmes peuvent manifester une partie
de l'une ou l'autre de ces caractéristiques à divers temps et endroits. Les hommes peuvent s'inquiéter et
entourer de soins ; les femmes peuvent combattre.

Le féminisme argue du fait que des femmes ne devraient pas être réduites à un ensemble de stéréotypes -
doux, faible, vulnérable, entourant de soins, s'inquiétant - qui prédéterminent leur place dans l’ordre social. De
même, le féminisme argue du fait que les hommes ne devraient pas être sujets à un tel ‘déterminisme
biologique'. C'est une erreur donc de conclure que c’est parce que seules les femmes ont la capacité de
donner naissance qu'elles devraient rester dans la maison. De même, c'est une erreur de dire que c’est
parce que les hommes ont la force physique supérieure que c’est eux seuls qui devraient être des soldats qui
meurent sur le champ de bataille. Le fait que (la plupart) des femmes donnent naissance à un enfant
plusieurs fois au cours de leur existence n'est pas une raison de les confiner à la cuisine. La biologie n'est pas
une fatalité.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
63
EXERCICE 8 -
Amont-Aval
Lié à la session 7 – Une communication effective

Cet exercice implique un sketch préétabli à exécuter par deux des participants de l'atelier. C'est une façon très
simple pourtant extrêmement efficace de démontrer l'importance de la communication efficace dans la
négociation. Il devrait être réalisé dans un espace ouvert entre les tables qui sont disposées sous forme
rectangulaire/circulaire.

Les personnes choisies devraient être des volontaires, mais il est utile de les sélectionner sur la base de critères
spécifiques pour aider à démontrer les aspects souvent non spécifiés de la négociation. Plus spécifiquement, les
volontaires devraient être choisis pour souligner des à priori traditionnelles fondées l'âge, les rôles de genre,
même la taille physique et la manière de s’habiller.

Le sketch est une manière très utile pour penser aux sortes de disparités de pouvoir et d'accès aux ressources
existant dans la plupart des bassins fluviaux, le long de beaucoup de cours d'eau du monde, dans les bureaux
et dans les services gouvernementaux.
3
Un participant jouera l'enfant plus âgé (de préférence un grand, plus vieux, et le mâle).
Un participant jouera l'enfant plus en bas âge (de préférence un plus petit, plus jeune, et la femelle).
Si deux hommes ou deux femmes sont utilisés, la taille et l'âge devraient toujours faire transparaître l’à priori
concernant le pouvoir.

C'est un événement préétabli, sans improvisation de dialogue. Il exige également que le comité d’organisation
achète un sac de bonbons (assez gros pour être distribué suivant le sketch).

Le cadre : les « enfants » se font face. «l’enfant » plus âgé flânant vers «l’enfant » plus jeune. Il a de toute
évidence deux ou trois bonbons dans sa bouche.

Fille : Que manges-tu ?


Garçon : (En dissimulant derrière les bonbons) quelque chose.
Fille : Ce n'est pas les bonbons dont maman a donné l'argent pour acheter afin que nous nous les partagions ?
Garçon : (Pauses) peut-être.
Fille : C’est bien ça! ? Combien as-tu déjà mangé ?
Garçon : (riant en soi-même) pas beaucoup.
Fille : (Manifestement agité) combien reste-t-il de bonbons?
Garçon : Oh… beaucoup (souriant)
Fille : Donnes-moi (Saisissant le sac derrière le garçon)
Garçon : (Reculant) Attends… ici (Retire secrètement quelques bonbons du sac et les lui tend)
Fille : C'est seulement quelques uns ! Nous sommes censés partager. Combien as-tu ? !
Garçon : (souriant, mais donner de réponse)
Fille : Combien ! (manifestement agité et essaie de saisir le sac ; l'enfant plus âgé élude facilement ses
tentatives)
Garçon : (toujours calme, il tourne et commence à s’en aller)
Fille : Hé ! toi-là, viens ici!
Garçon : (ignore la fille)
Fille : Si tu ne m’ajoutes pas des bonbons, je vais dire à maman !
Garçon : (se tournant de nouveau vers elle d'une façon menaçante) si tu dis à maman, je te frappe !

Fin du sketch

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
64
EXERCICE 8 -
Processus

Le facilitateur peut signaler la fin du sketch en lançant des applaudissements. Le participant


jouant le « garçon » devrait alors passer les bonbons aux autres participants.

Le facilitateur devrait alors faire un compte rendu aux participants sur au moins ce qui suit :
1. Le conflit se rapportait à quoi ? (la ressource)
2. Qui a eu l'avantage de l’information sur la ressource ?
3. Que dire de l'accès à la ressource ?
4. Quel était le degré d’ouverture des canaux de communication entre les parties en conflit ?
5. Quelles étaient les dynamiques du pouvoir dans le conflit ?
6. Dans le premier round de négociations, y avait-il une incitation pour que le garçon partage 3
la ressource ? (appel à la moralité, à l’équité, au sens de la justice)
7. Comment la négociation s'est-elle résolue ?
8. Quels sont les résultats probables de ce conflit ?
9. Qu’est ce qui peut être fait pour assurer une issue équitable ? Qu’est-ce qui pouvait être
fait pour assurer un résultat initial juste et peut-être éviter le conflit ?

En même temps, c'est un amusement. Il implique une situation à laquelle presque chacun peut
se rapporter (dynamiques d’enfants plus âgés à leurs frères ou sœurs plus jeunes). Et cela
implique une récompense (bonbons) pour tous les participants.

Note aux facilitateurs : Au fur et à mesure que le sac est passé après le sketch, observer
comment les assistants au cours se partagent la ressource - ceci fournit habituellement une
opportunité de davantage accentuer l’idée selon laquelle un contrôle en amont de la ressource
entraîne un bénéfice disproportionné de la ressource.

Temps imparti : 30 min

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
65
EXERCICE 9 -
Jeu du bassin fluvial
Lié à la session 8 - la négociation

Cet exercice suit la présentation formelle sur les ressources en eau de négociation où le facilitateur a
discuté une synthèse de la négociation, la négociation de principes, les étapes de la négociation,
comprenant quand le moment est venu pour la négociation, les approches et les méthodes de négociation.

La toile de fond pour la simulation est le fait que le changement peut induire le conflit. Parfois le
changement est soudain et est le résultat d'un stimulus externe. Là où les conditions locales changent
également, un changement si soudain peut déclencher des conflits qui couvaient dans les rapports entre
acteurs dans le bassin.

Le bassin fluvial change à travers des dynamiques sociales. Soudain, une décision gouvernementale
ramène des griefs latents à la surface. L'autorité locale est chargée de gérer les résultats. Les participants
doivent être répartis en groupes d’acteurs et seront chargés d’élaborer leur BATNA à la lumière des
solutions de rechange proposées par le gouvernement et de participer aux séries de négociations élargies 3
menant finalement à l’accord (les participants devraient utiliser la liste de contrôle des étapes de
négociation fournie ci-dessous).

La valeur de l'exercice est de placer les participants dans un contexte modérément compliqué de prise de
décision et de vérifier les outils mis à leur disposition ces derniers jours. Le temps réparti pour l'exercice est
de 3,5 heures qui comprenant un débriefing de 30 mn.

Jeu de rôle : La négociation pour l'eau

Durée
Introduction - 15 mn
Préparer l'argumentation - 30 mn
Présenter les arguments - 30 mn
Round de négociation - 60 mn
Présentation des résultats - 30 mn
Discussion et réflexion - 30 mn

Objectifs
Exposer les participants à une situation d'intérêts conflictuels
Appliquer les techniques de négociation à un cas
Appliquer les concepts GIRE
Stimuler le travail d'équipe

Le cas
La bassin versant en question est situé dans l'intérieur. C'est un affluent d'un grand fleuve qui coule vers la
mer. Les aménagements dans le bassin ont entraîné des changements spectaculaires dans les formes
d'utilisation de l'eau et plus tard à la surexploitation des ressources en eau.

Dans un passé relativement récent, le bassin fluvial était couvert pour plus de 60% de forêt primaire, le
reste étant utilisé pour l'agriculture extensive. Maintenant interdite mais précédemment permise, la coupe
de bois a eu des impacts graves sur l'écosystème et les conditions hydrologiques de la zone. Les activités
d'exploitation minière en amont ont détérioré la qualité de l'eau. Les développements de tourisme extensif
ont exercé une pression forte sur la disponibilité de l'eau et les agences d'approvisionnement en eau de la
communauté ont des difficultés pour fournir assez d’eau tandis que des investissements lourds doivent être
réalisés pour assurer de l’eau d’une qualité fiable à des fins d'usage domestique.

Une interdiction de l’exploitation forestière, et des activités minières à fortes intensités de capital et
touristiques ont contribué à un taux de chômage élevé dans la zone. L'écoulement insuffisant d'eau de
surface a conduit les éleveurs pratiquant l’élevage extensif en aval à rechercher l'eau dans une autre partie
du bassin. Les autorités locales sont non seulement préoccupées par la qualité et la quantité de l'eau, mais
aussi par le nombre de personnes sans emploi et sous-employées- en particulier la jeunesse – en exode
vers les zones urbaines.

Note aux facilitateurs : Il est utile d'esquisser cartes actuelles les' et de `de `de passé récent' du bassin pour
faciliter la visualisation du réglage.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
66
Les problèmes

Pénurie d'eau
 L’approvisionnement en eau ne suffit pas pour faire face à des demandes croissantes en raison de la croissance
démographique et du développement du tourisme.
 La sédimentation apparaît en raison de la déforestation et par conséquent l’érosion mène à des volumes réduits.

Qualité de l'eau
 Les décharges de l'exploitation minière en amont ont détérioré la qualité de l'eau en aval.
 L’élevage des bestiaux associé à la perméabilité du sol ont fait baisser la qualité des eaux souterraines.

Usages conflictuels de l'eau


 L’approvisionnement en eau domestique est fortement affecté par l'exploitation minière en amont et l’élevage de
bétail en aval.
 Ces derniers ont des répercussions graves sur l'écosystème et donc sur le développement de l'éco-tourisme.
 Les éleveurs affectés par la mauvaise qualité de l'eau en raison des décharges de l’exploitation minière en amont
et doivent conduire leur bétail au bassin adjacent pour une eau plus sûre.

Le jeu
En raison de la disponibilité réduite et de la pollution accrue des ressources en eau, les autorités ont décidé (a) de
réduire l’allocation de l’eau de 1/3 ou (b) de doubler le prix pour réduire le prélèvement et le gaspillage de l'eau et
pour stimuler l'utilisation efficace de l'eau.

Rôles
 Les autorités locales
 Les petits éleveurs
 Les O.N.G. environnementales
 L’approvisionnement en eau de la Communauté
 Les industries/mines
 L’agence de tourisme

Comme indiqué, le groupe est divisé dans six groupes d'intérêt. On donnera à chaque groupe une description brèves
des questions pertinentes relatives à leur groupe (utilisation de l'eau, des problèmes principaux, l'interaction avec
d'autres groupes, des alliés naturels et des concurrents) et ils seront chargé d’exprimer leurs besoins, intérêts et
leurs positions aussi bien que de l’élaboration de leur BATNA. Ils défendront alors leur cas, de ce qui convient le
mieux à leur BATNA. Ils ne doivent pas voir les descriptions des autres groupes.

Les groupes préparent leur argument et réponse de départ à la proposition du gouvernement. On donne trois min à
chaque groupe pour présenter son cas.

Dans le round de négociation suivant, les groupes peuvent former des coalitions et renforcer leurs positions. Les
négociations sont informelles et peuvent être faites en public ou en privé avec des alliés. Après le round de
négociation, les groupes ou les coalitions des groupes font une restitution à la session plénière pour convaincre les
autorités des intérêts de leurs groupes. Les autorités élaborent un protocole d’accord comme base de politique
acceptable pour tous.

Discussion et réflexion - après que le jeu ait été joué, le groupe discutera en session plénière :
 Jusqu’où le cas est-il proche de la réalité ?
 Quelles sont les principales leçons de cette situation de jeu ?
 La négociation et la concertation mène-t-elles nécessairement à la meilleure décision pour une utilisation
durable des ressources en eau ?
 Le résultat aurait-il été meilleur s'il y avait eu un facilitateur désigné et acceptable pour tous, plutôt que l'action
d'autorités locales dont l’impartialité est compromise par le fait qu’ils doivent soutenir une politique du
gouvernement ?
 Qui devrait prendre la décision et comment ?

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
67
Groupe 1 : Petits éleveurs

Utilisation de l'eau :
 Eau potable pour du bétail
 Eau potable pour l’utilisation domestique

Problèmes principaux rencontrés :


 Eau de surface polluée
 Concurrence sur l'accès à l'eau avec l'industrie du tourisme

Interactions avec :
 tous les groupes excepté les O.N.G. environnementales

Alliés naturels :
 Les autorités locales

Concurrents naturels : 3
 Sociétés d'extraction
 Les agences de tourisme
 Approvisionnement en eau de la Communauté
 Les ONG environnementales

BATNA:

Groupe 2 : Organisations non gouvernementales environnementales (ONG)

Utilisation de l'eau :
 pour maintenir le fonctionnement de l'écosystème
 pour prévenir la dégradation et la destruction des écosystèmes, il est important d'avoir assez
d'eau de bonne qualité et avec la bonne variabilité saisonnière

Problèmes principaux rencontrés :


 La déforestation
 pollution d'eaux souterraines
 détérioration de la qualité de l'eau par les décharges

Interactions avec :
 Tous les groupes

Alliés naturels :
 Les agences de tourisme
 L’approvisionnement en eau de la Communauté
 Les autorités locales

Concurrents naturels :
 Les compagnies d'extraction
 Les petits éleveurs

BATNA:

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
68
Groupe 3 : Approvisionnement en eau de la Communauté

Utilisation de l'eau :
 Prélèvement de l'eau pour l'approvisionnement en eau domestique.

Problèmes principaux rencontrés :


 Eau polluée à partir des décharges en amont
 Eaux souterraines polluées

Interactions avec :
 Les petits éleveurs
 Les autorités locales
 Les agences de tourisme 3
Alliés naturels :
 O.N.G. environnementales
 agences de tourisme
 autorités locales

Concurrents naturels :
 petits éleveurs
 compagnies d'extractions

BATNA

Groupe 4 : Les autorités locales

Utilisation de l'eau :
 L’autorité locale dans ce jeu n'est pas un utilisateur de l'eau en tant que tel mais de facto un
médiateur du fait qu’il est en charge de l’élaboration de politiques saines en matière d'eau et
d’assurer leur bonne mise en œuvre.

Problèmes principaux rencontrés :


 Médiation entre usagers concurrents de l'eau
 L’exode de la jeunesse rurale due au chômage
 Une croissance économique lente

Interactions avec :
 tous les groupes

Alliés naturels :
 potentiellement tous les groupes

Concurrents naturels :
 potentiellement tous les groupes

BATNA :

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
69
Groupe 5 : Compagnies d'extraction

Utilisation de l'eau :
 Grande utilisation pour l’exploitation de la mine.

Problèmes principaux rencontrés :


 Le lobbying environnemental
 Le tourisme se développe plus rapidement que l’industrie

Interactions avec :


Les autorités locales
Les O.N.G. environnementales 3
Alliés naturels :
 Les autorités locales
 Les petits éleveurs

Concurrents naturels :
 Les O.N.G. environnementales
 L’approvisionnement en eau de la Communauté
 Les agences de tourisme

BATNA:

Groupe 6 : Les entreprises de tourisme

Utilisation de l'eau :
 Casino/hôtel
 Activités récréatives liées à l’eau
 Eau potable
 Terrains de golfe

Problèmes principaux rencontrés :


 La pénurie d’eau menace le fonctionnement de l'entreprise de tourisme
 La qualité de l'eau limite son utilisation pour la récréation et la boisson
 Les terrains et les jardins de golfe peuvent utiliser l'eau grise partiellement
traitée

Interactions avec :
 L’approvisionnement en eau de la Communauté
 Les ONG environnementales
 Les autorités locales

Alliés naturels :
 Les ONG environnementales
 L’approvisionnement en eau de la Communauté
 Les autorités locales

Concurrents naturels :
 Les industries/les mines
 Les petits éleveurs

BATNA:

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
70
Encadré 3.7 : Les étapes de la négociation

Une liste de contrôle à être utilisée comme guide pour des participants dans le jeu du
bassin fluvial
 Evaluer et sélectionner une stratégie pour guider la résolution de problèmes
 Etablir le contact
 Rassembler et analyser les données historiques
 Concevoir un plan détaillé pour la négociation
 Etablir la confiance et la coopération
 Ouvrir les négociations
 Définir les enjeux et fixer l'ordre du jour
 Dévoiler les intérêts cachés
 Produire des options pour le règlement

EXERCICE 10 -
Alors, quel est le problème ?
Lié à la session 9 (sortie de terrain - étude de cas locale) et
Session 10 (suivant la carte de processus) :

Le but de la sortie de terrain est de ramener tout cela à la réalité : un problème réel nécessitant une
réponse réelle en temps réel. Etant donné la série illimitée de conflits liés à l’eau, les organisateurs
devraient arranger la sortie sur un cas qui n'est pas trop compliqué (par exemple le profil
d'utilisateur est limité), dans un contexte physique gérable (par exemple le long d'un petit affluent ;
ou dans un contexte urbain ou périurbain voisin), où les organisateurs estiment qu'avec l'aide de la
facilitation ou de la médiation la situation pourrait être améliorée. 3
Une brochure de terrain devrait être préparée avec les cartes et les photos adéquates. On devrait
respecter la limite de sept heures de terrain (de 0800 à 1500 heures) si vous désirez disposer de
temps pour un débriefing et des exercices en classe à la fin. Quelque soit la situation, les
organisateurs devraient prévoir retourner dans la salle de classe à partir de 1600 heures pour un
exercice de 60-90 min.

Tout au long de la journée, on devra encourager les participants au cours à utiliser la méthode de
l’oignon et la carte de conflit afin de prendre en main l'étude de cas. Quelles sont les positions qui
sont prises ? Par qui ? Quels sont leurs intérêts ? Leurs besoins ? Quels rapports y a-t-il entre et
parmi les acteurs ? Des réponses à ces questions peuvent être glanées par les sessions de
questions et réponses avec les diverses parties prenantes sur le terrain. Les participants savent
maintenant que la résolution du conflit réussie dépend d’une saine analyse du conflit.

Ils devraient également se rendre compte du fait que les médiateurs ou les facilitateurs peuvent
parfois involontairement

(i) aggraver les tensions ; (ii) donner de la légitimité aux gens qui peuvent détériorer le processus ;
(iii) saper des valeurs de paix ; (iv) favoriser l'intolérance ; et/ou (v) renforcer l'influence d’acteurs
plus puissants. Ils devraient alors être encouragés à être sensibles au contexte, à poser des
questions ouvertes, et à s'abstenir de faire des jugements ou des suggestions. Un
médiateur/facilitateur est impartial et neutre : il manage le procédé, mais n'est pas impliqué dans la
teneur des négociations. Ce qu'ils doivent faire est de s'engager en tant qu'auditeurs actifs. De
retour dans la salle de classe, le facilitateur devrait diriger un débriefing autour de ces questions.

Temps imparti: 60-90 min.

EXERCICE 11 -
Session 10 : Suivant la carte de processus
Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
Lié à session 9 Sortie de terrain--étude de cas locale 71
Pendant la sortie sur le terrain et son débriefing des participants auront été sensibilisés aux questions clés et
suivi la carte de processus de l’étape 1 (préparation de l'entrée) à l’étape 2 (l’entrée dans la scène de conflit) et
s’arrêtant à l’étape 3 : (analyse du conflit). Ils auront beaucoup d'idées concernant la façon de résoudre les
EXERCICE 11 -
Session 10 : Suivant la carte de processus
Lié à session 9 Sortie de terrain--étude de cas locale

Pendant la sortie sur le terrain et son débriefing des participants auront été sensibilisés aux questions
clés et suivi la carte de processus de l’étape 1 (préparation de l'entrée) à l’étape 2 (l’entrée dans la
scène de conflit) et s’arrêtant à l’étape 3 : (analyse du conflit). Ils auront beaucoup d'idées concernant
la façon de résoudre les conflits principaux dans l'étude de cas et sont peut-être un peu déçus du fait
qu'ils n'ont pas eu la chance d'aller plus loin. Dans cet exercice ils peuvent faire juste cela : suivre la
carte de processus jusqu’à la sortie.

Le facilitateur devrait disposer le groupe selon les parties prenantes identifiées dans l'étude de cas.
Les participants doivent se comporter selon les rôles qu’on leur a attribués. Deux ou trois personnes
devraient également être nommées comme facilitateurs/médiateurs au conflit. Chaque groupe
d’acteurs devrait préparer son BATNA avec l'aide des facilitateurs (étape 4). Les options devraient être
évaluées (étape 5). Les préparations pour la négociation (étape 6) devraient alors être engagées, suivi
d'une négociation facilitée parmi tous les parties prenantes (étape 7). Un accord devrait être conçu
(étape 8) à la satisfaction de toutes les parties prenantes, et des dispositions de suivi devraient être
3
articulées (étape 9). L’étape finale 10 prépare à la sortie: Toutes les parties sont-elles satisfaites? Cet
accord durera-t-il ? Comment pouvons-nous être sûrs que tous les acteurs respecteront l’accord ?

Temps imparti: 2 heures

Références

1. Engel, A. et B. Korf, 2005. Techniques de négociation et de médiation pour le


management de ressource naturelle. Rome : L'Organisation pour l'alimentation et
l'agriculture des Nations Unies (la FAO).
2. Fisher, R.W. Ury, B. Patton. 1991. Obtention à oui : négociation d'une convention
sans donner dedans. Toronto : Livres de pingouin.
3. Godschalk, D.R. et autres, 1994. Rassemblement : un manuel consensuel de
planification et de développement. Washington, C.C : Institut de terre urbaine.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
72
Module 4 : Les accords sur l’eau et
les dispositions de gestion

Les objectifs spécifiques


 Décrire les tendances dans les accords sur l’eau sur les dispositions de
gestion au niveau mondial, régional, national et local.
 Mettre en évidence des résultats différentiels et identifier le progrès vers des
dispositions de gestions coopératives et durables.

Les résultats
 le participant acquerra des connaissances des tendances générales dans
des conventions de l'eau et des dispositions de gestion dans le monde.

Techniques 4
 Avoir la capacité de trouver des points d'entrée pour la coopération.
 Montrer les résultats de la négociation sur les questions clés sur l’eau à
différents niveaux sur le plan spatial.
 Identifier exactement les goulots d'étranglement de la mise en œuvre des
politiques.
 Avoir la capacité de traduire les tendances en travers des cas afin de
poursuivre les pratiques chez soi.

4.1 Introduction
Dans beaucoup de bassins fluviaux l’utilisation de l'eau pour des besoins humains
par des investissements dans des infrastructures de l'eau pour le développement
urbain, industriel, et agricole approchent ou dépasse la quantité d'eau renouvelable
disponible' (Molle et autres, 2006:585). La GIRE met un grand accent sur la création
d'un environnement propice pour traiter de ces questions. En particulier, il y a un
accent important mis sur les cadres juridiques, institutionnels et de politique à
l'échelle du bassin pour l’utilisation et la gestion durables des ressources en eau. Ce
n'est pas pour dire que la durabilité dépend des institutions et des processus au de
niveau seulement. En effet, beaucoup de ces problèmes aussi bien que les solutions
des questions d’eau se trouvent au delà et au-dessus du niveau du bassin.

4.2 Les fleuves internationaux


Selon Conca (2006), `un des points d'entrée pour l’établissement d'institutions en
défense des bassins versants du monde est le fait que presque tous les plus grands
fleuves du monde traversent des frontières nationales. On estime qu'il y a au moins
263 bassins fluviaux internationaux, quelques évaluations donnant même plus de
300.

Le territoire couvert par ces bassins est estimé à 45% de la surface terrestre

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
73
comprenant 145 pays dont environ la moitié ont 80% ou plus de leur territoire et
deux-tiers ont plus de 50% de leur territoire dans des bassins fluviaux internationaux.
Les eaux partagées ont amené beaucoup d’états à signer des accords les uns avec
les autres.

L’’organisation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture’ (FAO) a identifié plus


de 2000 accords traitant de certains aspects des questions d'eau transfrontalières (la
plupart d'entre eux étant des accords bilatéraux avec accent sur la navigation)' (dans
Conca, 2006). Wolf et ses collègues ont recensé 145 traités internationaux depuis
1814 qui traitent un certain aspect des eaux internationales.non relatif à la navigation

Tableau 4.1 : Les bassins fluviaux internationaux du monde


Nombre d’états dont
Nombre de fleuves % de superficie dans
le territoire se trouve
Région
internationaux les bfi dans un ou plusieurs
bfi
L'Afrique 59 62 47
L'Asie 57 39 34
L'Europe 69 54 42
L'Amérique du Nord 40 35 12
L'Amérique du Sud 38 60 13
Total mondial 263 45 145
Source : www.transboundary waters.orst.edu/publications/register/tables/IRB_table_4.html 4
Tableau 4.2 : Pourcentage de territoire national dans les bassins fluviaux internationaux
% de territoire national dans BFI Nombre de pays
90-100% 39
80-90 11
70-80 14
60-70 11
50-60 17
40-50 10
30-40 10
20-30 13
10-20 9
Moins de 10% 11
Total 154
Source : Wolf et autres, 1999

 Accords et dispositions de gestion dans les fleuves internationaux

Diverses approches dans l’utilisation des cours d'eau partagés ont évolué
avec le temps, par exemple :
(i) La souveraineté territoriale absolue (la doctrine de Harmon)
La souveraineté territoriale absolue : Un état a droit à la pleine
utilisation de toute l'eau dans ses frontières légales (favorise le riverain
en amont).
(ii) Intégrité nationale absolue (ou théorie des droits des riverains)
Intégrité nationale absolue : Un état a le droit à l'écoulement sans
entrave et naturel d'un fleuve (favorise le riverain en aval).
(iii) La souveraineté/intégrité territoriales limitées
La souveraineté/intégrité territoriales limitées : Un état a le droit à
l'utilisation des eaux d'un fleuve partagé à condition que son utilisation
ne compromette pas la capacité d’un co-riverain à utiliser également
l'eau.
(iv) La Communauté d'intérêts

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
74
La Communauté d'intérêts : Les frontières des états' devraient être
ignorées et le bassin drainant devrait être considéré comme une entité
économique et physique. Là où une intervention est prévue, elle devrait
être faite en consultation avec tous les acteurs du bassin.

(v) Utilisation équitable (Finger, Tamiotti, Allouche, 2006)


Utilisation équitable : Chaque état du bassin a le droit d'utiliser les eaux
d'un bassin fluvial, et en tant que tel, il a droit à une part raisonnable et
équitable.

À mesure que la pression augmente sur une ressource limitée, les états se
démarquent graduellement de l'une ou l'autre des deux premières positions,
et suivent maintenant la plupart du temps (formellement ou officieusement) la
doctrine de la souveraineté/d'intégrité territoriales limitées. En attendant, il 4
continue d’y avoir beaucoup de débats autour des positions de la
communauté d'intérêts et d’utilisation équitable.

En 1997 l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Convention


des Nations Unies sur des utilisations des cours d'eau internationalement
partagés à des fins autres que la navigation. Cette convention donne des
principes généraux pour le contenu des accords spécifiques au bassin, dont
certains se présentent comme suit :

 Article 2 : Définit un cours d’eau comme ‘un système d’eau souterraine


et de surface qui, en vertu de leur relation physiques constitue une
entité unitaire coulant normalement vers un terminus commun.’
 Article 4: Tous les états du cours d'eau ont le droit de participer aux
négociations impliquant le cours d'eau entier, et de consulter sur tout
moindre accord affectant cet état.
 Article 5: Invite les états à adhérer aux principes d'utilisation équitable
et raisonnable' des cours d'eau internationaux présents dans leurs
territoires.
 Article 7: Oblige les états à `ne causer aucun dommage significatif' à
d'autres états du cours d'eau.
 Article 8: Oblige les états à coopérer à la base de l'égalité souveraine
de l’intégrité nationale, des avantages mutuels, et de la bonne foi.
 Article 9: En appelle à un échange régulier d'informations et de
données.
 Article 11: Exige des états qu’ils s’échangent des informations et
consultent d’autres états sur n'importe quelle activité prévue.
 Article 12: Exige l'avis préalable sur n'importe quelle mesure `prévue
qui pourrait avoir un effet nuisible significatif' sur d'autres états du
cours d'eau.
 Articles 20-23: Traite des soucis environnementaux tels que la
conservation de l'écosystème, la lutte contre la pollution, le contrôle
des espèces étrangères, et la protection et la conservation de
l'environnement marin.
 Article 33: Présente des procédures de résolution de conflit, y
compris une obligation à régler `paisiblement' les conflits ; approuver
l'utilisation d’un arbitrage et d’une médiation et élaborer les procédures
pour la création des missions d’établissement des faits.

La convention de l’ONU de 1997 était basée sur deux documents

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
75
significatifs :
(i) La Résolution de 1961 de Salzbourg qui s'est focalisée l’utilisation de
`des eaux maritimes internationales' ; et
(ii) Helsinki 1966 stipule que la plupart ont notamment établi le principe
du droit de ‘état’ de disposer d’une part raisonnable et équitable de
`dans l'utilisation avantageuse des eaux d'un bassin de drainage
international'.

En définissant un cours d'eau en termes de ‘réalité hydrologique de ' - par


opposition aux eaux de surface simplement - et en incluant le principe de `ne
causer aucun dommage significatif', cette convention de l'ONU a fait un pas
en avant vers la gestion de l'eau dans son cadre naturel, holistique (bien
qu'elle ait continué de souligner le droit des états à la détermination des
activités, et à mettre l’accent sur le cours d'eau lui-même plutôt que sur le
cadre plus élargi du bassin).

L’accord de l'ONU a suscité beaucoup de débats dans le monde de l'eau et,


dans certains cas, a même eu un impact significatif (par exemple, en éclairant
le contenu protocole révisé de la Communauté de Développement de
l’Afrique Australe (SADC) sur les cours d'eau partagés). Cependant, aux
niveaux des états, et du point de vue de sa transformation en vrai droit
international, il va encore très mal. Il a été approuvé à l'Assemblée générale 4
par un vote de 103 voix pour, 3 voix contre, et de 27 abstentions.

D’importants états riverains en amont (La Chine sur le Mekong ; La Turquie


sur le Tigre-Euphrate ; Le Burundi sur le Nil) ont voté contre. Parmi les 27
abstentions il y a de principaux états tels que l'Egypte, l'Ethiopie et le Rwanda
(qui partagent les eaux du Nil), la France, et l'Inde et le Pakistan (qui
partagent un certain nombre de fleuves comprenant l'Indus). Tandis que la
modeste condition pour l'entrée en vigueur était que 35 signataires déposent
des instruments de ratification auprès du secrétaire général de l'ONU à la
date du 20 mai 2000, à la dite date seulement six états avaient ratifié et sept
pays additionnels avaient signé l’accord. En date de janvier 2008, l’accord de
l'ONU continuait de sommeiller dans une impasse juridique, avec seulement
16 ratifications.

 Accords spécifiques au bassin

Les données indiquent qu’entre 1874 et 1996, 150 Accords ont été conclus
au sujet de 52 fleuves. Il y a eu 111 conventions depuis seulement 1980,
avec 33 signées dans la période entre le Sommet de terre de 1992 à Rio et le
sommet mondial pour le développement durable (WSSD) de 2002 à
Johannesburg. De ces conventions, 88% sont bilatéraux.

Les questions de fond touchent la plupart du temps à l’énergie l'hydro-


électrique (39%) et à l'approvisionnement en eau (37%) les questions
relatives à la pollution représentant seulement quatre pour cent de
conventions. Quarante-trois pour cent touchent des questions non liées à
l’eau (mais 2/3 desdits accords étaient au sujet d'argent) ; seulement 4%
faisait mention de la terre. En ce qui concerne le suivi, l'application et la
résolution de conflits, 66% mentionne le partage d'informations; 54% le suivi ;
80% n'ont aucun mécanisme d'application du tout ; et 54% n'ont aucun
mécanisme de résolution de conflit. Comme cela est indiqué dans le
diagramme à secteurs dans le module 2 (page 14), les états coopèrent et

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
76
sont en conflit sur les questions similaires : projets d'approvisionnement en
eau et d'infrastructure d'approvisionnement en eau.

Étude de cas : L'initiative du bassin du Nil

Le fleuve du Nil, à 6.700 kilomètres, est le plus long fleuve au monde. Avec
une superficie de bassin de 3 millions de km2, il draine dix pour cent de
l'Afrique ; il embrasse dix pays et environ 160 millions de personnes. A n’en
pas douter, le Nil constitue un atout naturel et environnemental riche, dont le
capital naturel a formé le fondement d’un riche patrimoine culturel.
Aujourd'hui, cependant, la gestion des eaux du Nil connaît d’importantes
difficultés :
 La pauvreté généralisée : Beaucoup de pays de bassin du Nil sont
parmi les plus pauvres du monde
 Une histoire d'instabilité
 Une croissance démographique rapide : devra doubler en 25 ans
 La dégradation environnementale ; et
 La variabilité climatique augmentant donc la pénurie physique,
temporelle et sociale de l'eau

Cependant, malgré les défis il y a des opportunités. Par exemple :


 La production alimentaire ; 4
 La disponibilité d'énergie ;
 La conservation de l’environnement;
 Le transport ;
 Le développement industriel ;
 Le commerce ; et
 La paix et l’intégration régionale.

L'utilisation de la ressource en eau dans le Nil est dominée par deux


conventions conclues par des pouvoirs coloniaux en 1929 et 1959 qui ont
attribué la part du lion à l’Egypte, une moindre part au Soudan et ont dénié
aux autres états du bassin une utilisation significative de l’eau.

L'initiative de bassin du Nil (NBI) a été lancée en 1999 par les états riverains
avec l'aide de la communauté internationale des bailleurs afin de renverser
les tendances négatives dans l’utilisation de la ressource et le potentiel de
conflit de l’hégémonie hydraulique de l’Egypte. Il est régi par le Conseil des
Ministres en charge de l'eau du bassin du Nil et a son secrétariat à Entebbe,
Ouganda. Le NBI poursuit une stratégie à voie multiple avec un accent sur le
développement.

En plus de développer une vision partagée pour le bassin, quatre projets


thématiques sont entrepris :
 Une action environnementale transfrontalière ;
 Le commerce régional de l’énergie ;
 Une utilisation efficiente de l'eau pour la production agricole ;
 Et la planification et la gestion des ressources en eau.

Les acteurs en dehors du bassin facilitent également un certain nombre


d'activités d’établissement de la confiance et de renforcement de capacité.
Dans le Nil oriental, des pays sont engagés dans un certain nombre de
projets à mise en œuvre rapide afin de réaliser des bénéfices mutuels. Il se
focalise sur :

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
77
 La préparation aux inondations ;
 L’interconnection pour le transport d'énergie entre l'Ethiopie et le
Soudan ;
 L’irrigation et le drainage ; la planification de sous-bassin ; et
 La gestion des bassins versants.

Étude de Cas : Protocole de la SADC relatif aux cours d’eau partagés


En Afrique australe, il existe de nombreux accords entre les états de cette
région, états membres de la Communauté de Développement de l’Afrique
Australe qui est focalisée sur l’intégration régionale (SADC). Concernant les
cours d’eau partagés de la région, certains de ces accords remontent au
traité de 1891 entre les gouvernements coloniaux de la Grande-Bretagne et
du Portugal sur l'utilisation des eaux du fleuve Zambèze. D'autres résultent de
la politique coloniale interne (par exemple entre la Rhodésie du Nord et celle
du Sud), ou entre les états coloniaux et le gouvernement d’apartheid d'Afrique
du Sud (par exemple entre le Portugal et l'Afrique du Sud sur le projet de
construction du barrage hydro-électrique de Cahora Bassa).

La plupart de ces accords concernent un projet spécifique impliquant le


développement et la gestion de l'infrastructure hydraulique (par exemple le
Lesotho Highlands Water Project, l'Autorité du Fleuve Zambèze).

Dans la région, il y a de nombreuses Commissions Techniques Permanentes


Mixtes relatives aux eaux transfrontières. Il y a également un certain nombre
de Commissions relatives aux Cours d'eau concentrées sur un fleuve
particulier (par exemple la Commission du Bassin du Fleuve Okavango, la
Commission du cours d’eau d’Orange-Senqu).

Un certain nombre de commissions techniques permanentes conjointes


chargées de l'eau existent également, commissions parmi lesquelles seule la
Commission Mixte Afrique du Sud -Swaziland chargée de l'eau inclut dispose
de mécanismes détaillés de résolution de conflit. Bien que plusieurs de ces
accords historiques ne soient pas ` satisfaisants ' par rapport aux besoins et
aux normes d'aujourd'hui, ils constituent néanmoins une base de discussion
quant à la façon d’aller de l’avant dans le sens du partage mutuel des
avantages.

Le Protocole (SADC) révisé relatif aux cours d’eaux partagés constitue le


fondement de ces activités. Étant donné qu'une grande partie des terres de la
région fait partie d'un bassin fluvial international, et étant donné la centralité
de l'eau dans le développement économique, l'accord de la SADC sur les
cours d'eau partagés est un document qui fait école dans la coopération
internationale en matière d'eau. Il est inclus dans le Protocole des aspects
aussi important que:
 Le Tribunal de la SADC : ` Un Tribunal sera constitué pour assurer
l'adhésion et la bonne interprétation des dispositions de ce Traité et
actes instrumentaires dérivés et pour se prononcer sur des conflits tels
que mentionnés. Les décisions de ce Tribunal seront finales et ont force
obligatoire.'
 Article 2b : Faire avancer l'utilisation durable, équitable et raisonnable
des cours d'eau transfrontières
 Promouvoir le développement et la gestion coordonnés, intégrés et
écologiquement rationnels des eaux partagées.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
78
L'article 4 décrit un certain nombre de Dispositions spécifiques:
 4.1a et b se focalise sur la nécessité de fournir des informations et de
donner un avis préalable à propos de toutes mesures prévues.
 4.1g. (ii) Les consultations et les négociations seront conduites sur la
base que chaque Etat doit de bonne foi accorder une considération
raisonnable aux droits et intérêts légitimes des autres Etats.
 4.2. concerne la protection et la conservation de l'environnement et met
l’accent sur les écosystèmes, la pollution, les espèces étrangères, et les
environnements aquatiques, pour n’en citer que ceux-ci.
 3. discute de la gestion d’aspects tels que l’écoulement, la construction
d’ouvrages de régulation, décrit le besoin de prévention et de réduction
des conditions néfastes dues aux causes naturelles ou humaines. Il
décrit également le besoin de gestion coordonnée des déchets.

Évidemment, l'accord n'est pas parfait. Par exemple, l'Article 6.1 mentionne
spécialement que les activités antérieures ne sont pas soumises à l'accord,
écartant ainsi tous les travaux hydrauliques controversés du dispositif de la
Division des Eaux de la SADC. Il est important de noter que le Protocole
fournit une base solide pour les acteurs régionaux afin qu’ils traitent l’eau
comme bien public régional dont la gestion devrait être fait pour le bien de
tous.
4
Inévitablement, des conflits vont surgir. L'Article 7 porte sur le Règlement des
Conflits et stipule que les Etats de la SADC doivent s’efforcer de résoudre les
conflits à l’amiable (7.1). Tout conflit non réglé à l’amiable sera renvoyé
devant le Tribunal (7.2) ; et là où la SADC décide d'agir contre un Etat
membre, cet état peut demander ` un avis consultatif ' (7.3).

En outre, la gestion de l'eau est ancrée dans les processus de


développement économique régional plus larges de la SADC, tel que cela a
été souligné dans les documents de 2005, le Programme de Développement
Stratégique Indicatif Régional de la SADC et la Stratégie Régionale pour le
Développement et la Gestion des Ressources en Eau de la SADC (SADC,
2005). Pour finir, toutes ces activités sont renseignées de façon globale par
les accords relatifs à l'eau, les déclarations de principes et les pratiques en
matière d'aide.

4.3 Les accords nationaux/locaux

Au niveau national, l'eau est en général gérée selon un ensemble de politiques et de


lois déterminées par un niveau particulier de gouvernement. Peut-être, au cours des
150 dernières années, l'eau a été intégrée dans les objectifs de développement
économique national.

Les barrages polyvalents, les canalisations, les puits tubés, les systèmes d'irrigation,
l'eau potable et les systèmes d'assainissement à flot ont conduit à des avantages
innombrables pour plusieurs personnes dans la population mondiale. Cependant,
tous ces exemples qui consiste à ` régenter les fleuves' (Conca, 2006) ont provoqué
d’innombrables externalités négatives : sociale, économique, écologique et
intergénérationnelle aussi bien que tous les usages nombreux et variables `
dépendant du même cycle hydrologique '(Molle et al, 2007 : 607). Par ailleurs, les
conséquences de ces actions et tentatives récentes visant à les surmonter – par une

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
79
seule ou une série d'augmentation de l'approvisionnement, une conservation de
ressources, ou une réallocation d'utilisation – ont provoqué de nombreux conflits
parmi les utilisateurs.

Quand les bassins sont proches de la fermeture, par exemple, les acteurs
s'engagent dans ce que Molle et al appellent ` une course à l'appropriation 'où les
plus grands perdants ` dans ce jeu à somme nulle sont le milieu naturel et les
pauvres. La GIRE est une initiative qui cherche, en partie, à donner une structure
institutionnelle à ces contestations de sorte qu'elles deviennent des situations dans
les quelles un meilleur usage conduit à des résultats gagnant-gagnant. Le bassin
fluvial est réputé être l'unité appropriée pour la gestion des ressources
interdépendantes ayant trait à la terre et à l'eau.
4
Tableau 4.3 Fonctions essentielles pour la Gestion du Bassin Fluvial
Fonction* Définition
Planifier Formulation de plans à moyen et à long terme pour la gestion et le
développement des ressources en eau dans le bassin
Construire des Activités menées pour la conception et la construction de l'infrastructure
infrastructures hydraulique
Maintenir les Activités menées pour maintenir l'état de fonctionnement de l'infrastructure
infrastructures hydraulique dans le bassin
Répartir l'eau Mécanismes et critères par lesquels l'eau est répartie entre différents
secteurs d'utilisation, y compris l'environnement
Distribuer l'eau Activités menées pour s'assurer que l'eau répartie atteigne son point
d'utilisation
Suivre et renforcer la Activités menées pour suivre les niveaux de pollution et de salinité de l'eau
qualité de l'eau et pour s'assurer qu'ils restent au niveau ou au dessous des normes
admises
Préparation aux Alertes aux inondations et à la sécheresse, prévention des inondations, et
catastrophes liées à développement des travaux d’urgence, préparation contre la sécheresse, et
l'eau les mécanismes d’adaptation
Résoudre les Conflits Fourniture d'espace ou de mécanismes pour la négociation et les
procédures
Protéger les Priorités et actions pour protéger les écosystèmes, y compris les
écosystèmes campagnes de sensibilisation
Coordonner Harmonisation des politiques et actions entreprises dans le bassin par les
acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux en matière de gestion
des terres et de l'eau
* Les fonctions énumérées ici englobent les fonctions telles que la collecte de données et la
mobilisation de ressources, qui ne sont pas des fins en elles-mêmes, mais elles facilitent plutôt
les fonctions de niveau plus élevé qui sont énumérées
Source: Molle et al, 2007: 608

Les réformes relatives à l'eau qui sont entreprises au niveau national dans le monde
en voie de développement incluent principalement:
(i) Le développement d'une vision nationale sur l'eau;
(ii) La création ou la mise à jour d'une stratégie nationale sur l'eau;
(iii) La création et/ou la révision de la loi nationale sur l'eau;
(iv) La révision des structures institutionnelles existantes et/ou la création de
nouvelles structures institutionnelles avec le bassin fluvial comme unité
primaire de gestion.

Les concepts de subsidiarité et de la participation des parties prenantes sont des


éléments clés pour ces nouvelles institutions. Les exemples d’institutions qui ont
réussi en matière de gestion de bassin fluvial sont cependant rares à travers le
monde. En vérité, la gestion durable de l'eau dépend de beaucoup plus que tout
simplement des institutions au niveau des bassins. Selon les propos d'Engel et de
Korf (2005 : 154), ‘ la question est de savoir si le cadre stratégique et le milieu

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
80
institutionnel fournissent la base juridique/administrative et des stimulants pour créer
un environnement favorable à la gestion participative '.

La collaboration est définie comme étant le processus qui ` amène des personnes
qui ont des intérêts divers à travailler ensemble pour atteindre des résultats
mutuellement satisfaisants… Des résultats destructifs ont comme conséquence le
dommage et engendrent l'exploitation et la coercition. Un résultat constructif stimule
la communication, la résolution des problèmes et des rapports améliorés (Engel et
Korf, 2005: 8).

Dans une grande partie du monde, quoique l'environnement soit favorable à la


gestion participative, les résultats gagnant-gagnant sont absents ou seulement
formés de façon partielle. Des groupes sociaux particuliers dominent les cadres de
prise de décision et participent à ce que Homer-Dixon (1999) appelle ‘capture de
ressources `, alors que les pauvres et d'autres groupes plus faibles souffrent de la ‘
marginalisation écologique '. Dans un tel cadre, l'exploitation et la gestion des
ressources peuvent être économiquement efficaces pour certains, mais
écologiquement insoutenables et socialement inéquitables, créant ainsi un climat
d'hostilité, de violence diffuse et persistante, et de conflits futurs ou latents.

Engel et Korf (2005: 154ff) fournissent une liste de contrôle courte mais importante
sur certaines des conditions préalables qui doivent être en place pour que la gestion 4
participative des ressources naturelles fonctionne.
(i) Les besoins essentiels : Là où les conditions de vie de base font défaut aux
populations (par exemple la nourriture, l’abri, la santé), la nécessité de
satisfaire ces besoins de base dépassera toute autre considération. Dans une
grande partie du monde, les populations rurales vivent avec seulement une
petite barrière contre les résultats désastreux, ainsi tout effort visant à
collaborer avec eux au niveau de la ressource va être entravée par une
capacité limitée.
(ii) Le soutien politique et juridique d'un gouvernement compétent : Des
politiques cohérentes et intégrées traduites en programmes et en législation
où les droits d'accès sont clairs et confirmés et la responsabilité du
gouvernement de poursuivre des avantages économiques et sociaux à
grande échelle fondant ces actions est un produit de base politique à la fois
nécessaire et rare en particulier dans le monde en voie de développement.
(iii) Des marchés qui créent des opportunités et la confiance : Les circonstances
économiques et financières peuvent créer ou encourager la concurrence et
révéler des conflits nouveaux ou cachés à propos des ressources. En Afrique
Sub-saharienne, par exemple, où les lois coutumières et modernes se
chevauchent, les choses telles que les ‘permis d’eau ` modernes créent des
difficultés dans les zones rurales où les dispositions traditionnelles de gestion
sont basées sur des pratiques coutumières. Etant donné le lien étroit entre
l'eau et le développement économique, la plupart des décisions concernant
son utilisation ont eu tendance à favoriser des activités susceptibles de
générer le plus de capital au détriment de leurs impacts environnementaux et
sociaux.
(iv) Ajustement culturel : Dans plusieurs régions du monde, des acteurs sont
dépourvus de pouvoir pour des raisons culturelles particulières. Les
structures de prise de décision sont fortement sujettes à la question du genre,
elles favorisent souvent des classes et des groupes ethniques particuliers, et
sont hiérarchisées, limitant ainsi les points d'accès des citoyens aux
décideurs.

Chercher à savoir si la GIRE peut même aborder ces questions, encore moins de

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
81
façon simultanée, est une question à remettre pour un autre jour. Ce qui est
cependant clair, c’est que les modèles historiques d’accès à l'eau, la répartition,
l'utilisation et la gestion ont eu comme conséquence des résultats non durables,
inéquitables et inefficaces. Néanmoins, ces résultats ont leurs bénéficiaires. Changer
ces modèles d'utilisation et de gestion aura inévitablement comme conséquence des
litiges et finalement un conflit social. Pour cette raison, le développement des
mécanismes de résolution de conflit et de règlement de différends dans le processus
de réforme de l'eau est primordial.

 Approches Pratiques: Trouver des points d’entrée appropriés pour


une coopération et un accord

Pour que les accords relatifs aux bassins versants, au niveau national/local
fonctionnent à l'avantage de tout individu qui dépend de la ressource, il est
impératif que ces acteurs qui exercent une autorité légitime soient à
impliqués. Sans leur appui, il est peu probable que le moindre accord soit mis
en application ou confirmé pendant longtemps. Il reste certainement
vulnérable à une annulation par les plus hautes autorités. Ceci étant dit, on
doit également reconnaître que les petits accords sur des questions
particulières peuvent servir de composantes nécessaires à des décisions et
accords plus larges et plus substantiels. En termes de gestion de l'eau, une
chose aussi simple qu’un accord général pour se rencontrer et discuter des 4
préoccupations de tous les utilisateurs d'une ressource en eau particulière
peut constituer un pas important en avant, dans le sens d’un plus large
partage des avantages liés à la ressource.

Cependant, se réunir pour mettre sur le tapis les griefs, les préoccupations,
les besoins et les intérêts n’est simplement qu’une première étape et parfois
peut empirer les relations entre les acteurs. Il est ainsi impératif de s’engager
dans une petite activité donnée où le profit est presque immédiat afin
d’amoindrir la méfiance parmi les acteurs.

Une de ces activités pourrait être la mise en place d'un comité d’écoulement
fluvial soutenu par le gouvernement. Ce comité pourrait réunir les
représentants des parties prenantes au niveau du bassin pour aider à la
construction et au suivi des stations de jaugeage simples afin de mesurer le
débit du cours d’eau. Là où les fleuves sont éphémères, des projets de
réhabilitation des berges et des lits de rivières conjointement entrepris
peuvent établir la confiance. Là où les petits et grands fermiers dépendent de
l'eau de surface pour l'irrigation, la réparation collective des canaux
d'irrigation peut servir d'exercice important dans l’établissement de la
confiance et la formation du capital social.

Là où des accords de gestion positifs et durables sur l'eau ont été conclus, on
peut dire qu'un certain nombre de principes généraux les sous-tendent.
(i) Les acteurs partagent une ressource commune pour laquelle il n'y a
aucune alternative prête.
(ii) Les comportements des acteurs sont interdépendants et ceux-ci vivent
en conséquence des actions de chacun d’entre eux.
(iii) Là où un problème surgit, les différentes solutions ne fonctionnent
pas, ou sont de courte durée, ou conduisent à des résultats gagnant-
perdant, semant ainsi des griefs et les germes d’un conflit latent.
(iv) Les acteurs font face à un problème commun dont les impacts
peuvent être inégalement ressentis mais considérés comme
problématiques par toutes les parties.
Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
82
(v) Les acteurs partagent un intérêt commun.
(vi) Les acteurs ont des besoins à la fois partagés et différents mais dont
la satisfaction dépend d'une ressource commune.
(vii) Les conditions (physiques, sociales, économiques, politiques) qui sont
en mutation sont généralement reconnues comme présentant un
besoin de réponse, dont le caractère présentera à la fois des menaces
et des opportunités.
(viii) Les mécanismes en place visant à traiter des variations dans la
ressource en eau ont perdu leur capacité adaptative et conduisent à
des comportements sociaux problématiques.
(ix) Les nouveaux défis ont une dimension spatio-temporelle qui crée une
conjoncture favorable pour une adaptation réussie.
(x) Là où les défis sont prévisibles mais accablants, l'aide d’un tiers peut
faciliter une adaptation réussie.

Historiquement, la gestion de l'utilisation des ressources s’est développée au


niveau du ruisseau ou du bord du lac et était plus durable à ce niveau parce
que les interventions étaient limitées par une technologie rudimentaire et des
besoins minimes. Ces formes sociales existaient dans l'ensemble des
paramètres généraux établis par le milieu naturel. A travers les zones rurales
dans le monde, plusieurs de ces institutions au niveau local sont encore en
activité. La complexité de la civilisation, cependant, a graduellement déplacé 4
plusieurs de ces formes traditionnelles de gouvernance avec les mécanismes
d'autorité centralisés. L'augmentation de la demande en eau de la part
d’utilisateurs particuliers – villes, industries, agriculture commerciale--signifiait
une dépendance croissante de l'innovation technologique basée sur la
science moderne pour l’approvisionnement en ressources en eau. La Science
et la technologie nous permettent de vivre au delà de l'ensemble de
paramètres fixés par le milieu naturel.

Dans certaines sociétés, des formes traditionnelles et modernes d'autorité


coexistent, souvent avec difficulté, puisque la science moderne permet que
les ressources en eau soient exploitées selon de nouvelles manières et
qu’elles soient destinées à de nouvelles utilisations, souvent bien à l'extérieur
du bassin fluvial lui-même. La GIRE reconnaît la nécessité d'intégrer les
systèmes de connaissances indigènes et les pratiques traditionnelles de
gestion en eau dans les systèmes modernes d’approvisionnement qui
répondent à plusieurs besoins complexes et souvent des besoins
concurrents. Tandis qu'il n'y a jusqu'ici aucune voie claire et qui ait fait ses
preuves pour élargir les structures au niveau des rives des cours d’eau à
l’échelle du bassin entier, ou en réconciliant leurs méthodes avec des
méthodes modernes plus centralisées, l’incorporation des modes de
participation sont un moyen indispensable pour arriver à des accords
durables portant sur l’eau et à des dispositions de gestion durables.

Etude de Cas: Meilleures pratiques – Gestion de bassin en Namibie


La Namibie est un pays africain aride avec une population croissante qui
dépend des ressources en eau qui sont limitées géographiquement et de
façon saisonnière. Les seuls fleuves pérennes du pays sont partagés avec
les pays voisins. Ses fleuves totalement nationaux sont éphémères et coulent
pendant quelques jours ou semaines seulement suivant les pluies
saisonnières intenses. Après l'indépendance en 1990, le pays s’est engagé
dans un programme complet de réforme de l'eau comprenant, entre autres,
une nouvelle loi sur l’eau et une acceptation formelle du bassin fluvial comme

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
83
unité d’aménagement. A l’intérieur de la Namibie, le fleuve Kuiseb coule des
hautes terres orientales à la mer, à l'ouest.

Une diversité limitée d'acteurs dépendent de l'écoulement du Kuiseb,


particulièrement en termes de ses eaux souterraines accessibles. En amont,
les fermiers des hautes terres ont capturé une partie de l’écoulement à
travers un réseau de barrages. En aval, la ville portuaire de Walvis Bay
exploite les eaux souterraines pour les usages urbains. Les utilisateurs au
milieu du cours d’eau sont un nombre limité de peuples autochtones dont les
demandes sont limitées mais dont les besoins sont facilement compromis par
les variations du cycle hydrologique. A l’intérieur du bassin, il y a également
un parc national et une petite station de recherches qui appartient à la
Fondation Namibienne de Recherche sur la Désertification (DRFN). Pendant
un période particulièrement sèche, les utilisateurs se trouvant au milieu du
cours d’eau accusent les utilisateurs en amont de détourner l’écoulement de
l’eau.

Pour éviter un éventuel conflit, la DRFN a offert de s'engager dans un


exercice d’établissement des faits pour sensibiliser les utilisateurs sur les
besoins et les conditions de chacun d’eux. Ce qui s’est passé par la suite était
un processus qui visait à faciliter une structure de gestion le long du bassin,
structure gérée par les utilisateurs eux-mêmes. Aujourd'hui cette structure, le 4
Comité de Gestion du Bassin du fleuve Kuiseb fonctionne. La Namibie a
depuis lors essayé de dupliquer ce processus sur d'autres bassins fluviaux
nationaux avec des fortunes diverses. Qu'est ce qui a fait de l’expérience du
Kuiseb une réussite ? D'abord, il y avait un solide soutien gouvernemental
derrière le processus. La loi n’a pas conduit seulement à la conclusion d’un
accord de gestion au niveau du bassin, mais le gouvernement a également
fourni des informations hydrologiques nécessaires et d'autres types de
soutien technique. En second lieu, un acteur hautement respecté dans le
bassin – la DRFN – a agi en tant que facilitateur de consensus, au début,
dans les échanges factuels et récemment dans la mise en place d'un forum
du bassin fluvial et finalement d'un comité de gestion. Troisièmement, parmi
les utilisateurs il y avait un certain nombre de faits partagés : la ressource
était essentielle au bien-être de tous les acteurs et il n'y avait aucune autre
alternative à cela. Le bassin est si petit que toutes les interventions
unilatérales en amont, visant à assurer la sécurité de l'eau affecteraient
négativement les parties prenantes dans les biefs avals et provoqueraient
finalement des griefs et peut-être une action hostile. Les solutions
individuelles n'étaient donc pas durables.

Le défi– la pénurie de l'eau – était à la fois prévisible et non encore


accablante. Ainsi il y avait une grande conjoncture favorable pour explorer les
mécanismes de résultats gagnant-gagnant. Alors que les besoins spécifiques
des acteurs diffèrent, tous dépendent de la ressource et font tous face à un
problème commun, quoiqu'à différents degrés. Quatrièmement, le nombre
d’intervenants et les utilisations auxquelles l'eau a été soumise étaient limités,
minimisant ainsi la complexité et facilitant la formation du capital social.
Cinquièmement, le cadre hydrologique - les saisons sèches-et-humides
distinctes avec un débit saisonnier intense mais de courte durée et la
recharge substantielle des nappes souterraines – limitent la série d’activités
possibles dans le bassin. Ainsi, d’une certaine façon, le bassin était déjà `
‘fermé' et ce fait est reconnu par toutes les parties prenantes.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
84
Étude de Cas : Une gestion de facto sans établissement de confiance –
le Bassin-versant de Chalimbana, Zambie

La rivière Chalimbana s’étend de l’Est/Sud-est de la ville de Lusaka. Un petit


bassin versant de seulement 520 kilomètres 2, son principal affluent coule sur
37 kilomètres avant de se verser dans le fleuve Chongwe. Cette partie de la
Zambie est caractérisée par des saisons humides-sèches distinctes, avec des
précipitations annuelles qui peuvent varier de 0 à 900 millimètres. La
sécheresse dans les cours inférieures de la rivière peut être persistante. La
rivière elle-même peut devenir sèche peu de temps après la saison des
pluies. Les intervenants dans le bassin versant incluent en amont,
principalement les fermiers commerciaux à grande échelle et ceux du milieu
du cours d’eau, et en aval les fermiers à petite échelle et les communautés
démunies. Il y a d'autres acteurs dans le bassin secondaire: par exemple, des
exploitations de carrière en amont, dans la forêt primitive, l’élevage de bétail.
4
Il y a également un certain nombre d'activités prévues dans le bassin versant,
activités telles qu'un terrain de golf pour faire face aux intérêts des résidents
des alentours de Lusaka. Les communautés vivant en aval s'engagent
également dans des activités de fabrication de charbon de bois et des
pratiques agricoles au niveau des berges, choses qui détruisent
l'environnement. La rivière Chalimbana subit la pression croissante des
demandes croissantes. Les utilisateurs vivant en aval sont particulièrement
vulnérables et ont concentré leurs plaintes sur le barrage moderne, le plus
proche des fermes situées en amont. Le gouvernement a entrepris des
programmes de réforme de l'eau, y compris la gestion des bassins fluviaux.

Les lois, les politiques et les institutions sont cependant à diverses étapes de
développement. Les processus de gestion de l'eau sont également limités par
des contraintes humaines, financières et techniques. Bien qu'il y ait un
Conseil de Développement de l'Eau, chargé de la répartition de l'eau, il n'y a
aucun mécanisme de règlement de différend en place pour traiter les conflits
imminents et récurrents. Plusieurs intervenants dans le bassin versant ont été
réunis dans une opposition mutuelle au terrain de golf proposé pour être
construit sur une partie de l'emplacement de la forêt primaire, en particulier
ses probables impacts négatifs sur l'environnement. Il y a eu des tentatives
dans le sens de réunir leurs préoccupations avec les préoccupations et les
besoins des communautés des petites exploitations situées en aval. En
l'absence de mécanismes fonctionnels de règlement de différend, les
intervenants en aval ont développé leur propre structure ‘de gestion’ avec le
propriétaire du barrage immédiatement en amont : face à un manque d'eau
prolongé, les villageois se réunissent chez le fermier et menacent dans la
violence jusqu'à ce qu'il approuve et libère l'eau de sa retenue vers ceux qui
se trouvent en aval. Les villageois veillent au processus jusqu'à ce qu'ils
soient satisfaits des résultats et retournent alors à la maison. Après qu'ils
soient partis, le fermier ferme les vannes. C'est un processus itératif qui
fonctionne à la satisfaction de toutes les parties. Cependant, un tel processus
ne réussit jamais à établir la confiance parmi les intervenants, ce qui est
nécessaire pour un investissement à long terme et le développement du
capital social qui est, après tout, la base pour une gestion durable, équitable
et efficace des ressources. Qu’est-ce qui pourrait changer cette situation de
gagnant-perdant à celle de gagnant-gagnant?

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
85
Étude de cas : Le développement d’un cas de conflit dans un cadre
urbain- Pollution dans le bassin versant d’Akaki -Ethiopie

Le petit fleuve Akaki prend sa source aux alentours de Gullele, dans le côté
Nord-Ouest d’Addis-Abeba (la capital de l'Ethiopie), dérivant de petits
affluents en aval des pentes de la montagne de Wechacha traversant la
partie occidentale de la ville d’Addis-Abeba et à travers la ville d'Akaki
jusqu’au lac Aba Samuel.

La principal Grand fleuve Akaki prend sa source à partir de la montagne


d'Entoto au Nord d’Addis-Abeba, traverse la partie orientale de la ville et
rencontre d'autres affluents sur son chemin et devient le Grand Akaki autour
du Pont de Bole (près de l'Aéroport) et continue à couler vers Aba Samuel où
il rencontre le Petit Akaki. Le cas de la pollution des fleuves d'Akaki et de
leurs affluents est une question très infâme autour d'Addis -Abeba. En dépit
de cette conscience et de toute la couverture médiatique qu’elle reçoit, cette
question demeure un problème, particulièrement pour ces communautés
démunies en aval de ces fleuves quand le fleuve rejoint le réservoir d'Aba
Samuel et continue pour se joindre au fleuve Awash. 4

Il y a beaucoup d'utilisateurs/d’intérêts : les eaux fluviales sont utilisées pour :


 Les évacuations des déchets par les usines, les communautés
 Les utilisations à des fins ménagères (boire, abreuver les animaux, se
laver, faire le nettoyage, etc.…)
 Les maraîchers
 Une zone humide de l’écosystème

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
86
La cause et l'effet du niveau croissant de la pollution des fleuves d'Akaki est
une préoccupation majeure à l’intérieur et autour de la ville d'Addis-Abeba et
d'Akaki. Ce problème s’étend également en aval aux communautés de bassin
d’Aba Samuel et d’Awash.

Les causes de la pollution


 Les déchets liquides non traités provenant des usines (déchets
chimiques dangereux), des municipalités (les eaux domestiques usées,
les eaux qui débordent des latrines, des fosses septiques, les
défécations et urines en plein air), les cliniques (les objets et
médicaments infectieux, pathologiques et tranchants), les stations-
service/garages (les batteries usées, les effluents de lavage de voiture et
les huiles usées), etc..... coulent directement dans les fleuves d'Akaki.

Dans une ville dont on dit qu’elle fournit actuellement un abri à 4


millions de personnes, 30% de la population n'a aucun accès aux
équipements sanitaires. Environ 12% seraient reliés au réseau d'égouts
par raccordement direct ou par l'intermédiaire d’une fosse septique (là
où seulement moins de 3.000 personnes dans la ville d'Addis-Abeba
seraient directement reliées au réseau d'égouts existant). Environ 57%
de la population utilisent des latrines à fosse à la fois communales et 4
privées, 40% seraient en mauvais état et débordent (il n’y a aucun
accès à ces installations par les camions de vidange ou elles doivent
attendre trop longtemps pour pouvoir vider les fosses à temps), ce qui
contribue à l’évacuation des eaux d'égout en plein air.

Les industries constituent l'un des pires pollueurs en termes de déchets


chimiques/dangereux dans leur évacuation de déchets liquides. Plus de
la moitié des industries en Ethiopie sont à l’intérieur et autour d'Addis-
Abeba, la plus part étant située le long de Petit fleuve d’Akaki River. On
estime que 4,88 millions de m 3 / année des eaux d’égouts sont
déversées par les industries à Addis-Abeba, parmi lesquelles plus de
95% sont non traités. Les industries sont régies par un faible
mécanisme d'application et donc elles ne voient pas la nécessité de
corriger leurs actes. Le type d’industries pollueuses le plus fréquent est
l’Industrie Alimentaire et les Brasseries, l’Industrie Textile, les
Tanneries, les Industries Chimiques, l’Industrie du Caoutchouc et du
Plastique, l’Industrie du Papier et des Produits dérivés, l’Industrie des
Métaux et des produits minéraux non métalliques, et le traitement du
bois. Les déchets agricoles résultant de l'utilisation des pesticides est
un acteur important dans l'infestation des plantes adventices, des
algues et de la forte Demande Biologique en Oxygène (DBO) à Aba
Samuel.

Les centres de santé déversent également des déchets tels que les
objets et les médicaments infectieux, pathologiques et pointus. Sur les
24 hôpitaux d’Addis-Abeba, la plupart est située le long du Grand Akaki.
En outre, les produits agrochimiques (les pesticides et les engrais
provenant des champs agricoles) et les stations-services/garages (les
batteries usées, les effluents de lavage de voiture et les huiles usées)
déversent également des déchets dans les fleuves d'Akaki.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
87
 Les déchets solides non traités provenant de tous les secteurs et qui
réussissent à se déverser dans les cours d’eau à cause du
déversement direct et par le ruissellement sont les principaux
responsables de ce problème. On estime que 765 tonnes/jour de
déchets solides sont produits dans la ville (avec une population estimée
à 3,035 millions) où plus des ¾ des déchets proviennent des ménages.
De ces déchets solides produits dans la ville, 25% sont déversés en
plein air, dans les canaux et les fleuves. 54 à 65% des déchets solides
seraient collectés mais il est très fréquent que les poubelles débordent,
faisant ainsi qu’on déverse les déchets dans les cours d’eau s’il n y a
pas de collecte à temps. La ville d'Addis-Abeba manque de services
adéquats de collecte de déchets solides même avec une tendance
récente à la privatisation de ce service. Une forme de déchets solides
choisie comme ayant des dommages significatifs dans les 4
communautés vivant en aval constitue les sachets en plastique.
Puisqu'ils ne se dégradent pas facilement, ils causent des dommages
tels que l'ingestion par les animaux, causant ainsi le blocage de leurs
tubes digestifs. Ils causent également le blocage des infrastructures de
canalisation, entrave l'infiltration des eaux de pluie et l'aération du sol
affectant principalement les horticulteurs.

Questions conflictuelles dans le bassin versant d'Akaki


 Utilisations concurrentes de l'eau par beaucoup.
 Boire, se baigner, faire la lessive et l’horticulture par les
communautés vivant en aval.
 Déversement d’ordures par les industries situées en amont, les
habitants des villes, d'autres établissements.
 Problèmes liés à la qualité de l'eau /pollution.
 Déchets industriels non traités.
 Déchets non traités, provenant des hôpitaux et d'autres
établissements.
 Déchets solides qui sont déversés à partir de la ville.
 Impact des utilisateurs situés en amont sur les utilisateurs situés
en aval.

 Les maraîchers et les consommateurs de leurs produits à cause du


niveau élevé de la concentration en métal lourd.

 Impact de la pollution sur l'environnement.


 La contamination du sol par des produits chimiques.
 Pollution des nappes souterraines peu profondes.
 Déversement des déchets organiques dans le lac Aba Samuel,
causant des perturbations à la faune aquatique.

 Gestion sectorielle et non coordonnée des ressources du bassin


versant.
 Conflits institutionnels entre l’EPA et la Municipalité ; entre les
gouvernements régionaux d'Addis-Abeba et de l'Oromia ; les
organismes de règlementation pour le développement industriel et
l'environnement.

 Absence d’un forum de dialogue des intervenants pour leur


participation.
 Manque d'informations appropriées sur les ressources du bassin-
versant et leur qualité.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
88
 L'hésitation à accepter les principes environnementaux comme le
principe pollueur- payeur.
 Manque d'application des lois, des normes, des règlementations
formulées etc...
 Impacts sociaux dus aux problèmes de santé des humains et des
animaux, impact sur l'éducation et la participation au travail.
 Impacts économiques liés aux effets sur la santé des hommes et des
animaux.
 Impacts environnementaux, particulièrement sur le lac Aba Samuel et
les nappes souterraines peu profondes.

L'ampleur de la pauvreté a accentué l’exode rural, et la croissance de la


population urbaine n’est pas proportionnelle à l'infrastructure disponible qui
fournit l'eau et des services d’assainissement. Les habitants démunis des
villes et les communautés rurales qui vivent en aval sont les cibles principales
des manquements et sont directement affectées par l'utilisation de l'eau
polluée pour boire, se baigner, faire la lessive et utiliser l'eau pour les
développements horticoles.

L'eau du fleuve qui est utilisée pour l'irrigation qui va faire pousser la
végétation à Addis-Abeba et les communautés vivant en aval affectent à la
fois les communautés rurales et urbaines avec une forte concentration de 4
métal lourd dans les légumes vendus dans les villes. Le sol est également
contaminé avec des produits chimiques alors que les eaux souterraines peu
profondes d'Addis-Abeba et celles aux alentours ne sont pas bonnes pour la
boisson.

Les pertes socio-économiques (les pertes de travail dues à la maladie, les


pertes de revenu dues aux problèmes et aux maladies de bétail
mort/reproduction, les dépenses de santé) et la perte de végétation due à la
toxicité de l'eau font partie des principaux effets.

La dégradation de l’environnement affecte l'écosystème, à cause de la


pollution organique et inorganique, conduisant à un changement dans la
biodiversité. Une évidence fortement visible d'un de ces phénomènes est
l'infestation par la Jacinthe d’eau à Aba Samuel. L'étang est rempli de
mauvaise herbe en décomposition et d'autres déchets que l'eau usée
entraîne dans l'étang sans un temps de conservation pour le traitement et la
lixiviation de la matière décomposée se trouvant au niveau supérieur aussi
bien, minant la capacité de l'étang en tant qu’étang d'oxydation.

Les causes du problème et des conflits peuvent être récapitulées comme suit:
 Infrastructure faible (système d'égouts) ;
 Absence d’infrastructures de traitement ;
 Bas niveau de prise de conscience sur la gestion des déchets ;
 Mécanisme d'application faible quant à la prévention et au contrôle de
la pollution ;
 Utilisations de technologies désuètes ; et
 Faible niveau de revenu des habitants de la ville

Il y a des initiatives et un environnement favorable qui existe dans le pays


pour gérer les ressources en eau du bassin versant d'Akaki et pour traiter
également de la question de la résolution des conflits.

Initiatives Récentes

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
89
a) Vision partagée pour les ressources du bassin versant d'Akaki
 Les parties prenantes apprécient le problème et ont exprimé leur
bonne volonté à collaborer.
 Une approche holistique de gestion des ressources naturelles du
bassin-versant basé sur une approche de la GIRE.
 Les consultations des acteurs ont été tenues et les acteurs ont
accepté de mettre en place le Comité du Bassins Versant d'Akaki.
b) Approches participatives
 Les principaux organes gouvernementaux de régulation (l’Autorité
Fédérale de Protection de l'Environnement (APE), l’APE d’Addis-
Abeba et l’APE d’Oromia) ont la première responsabilité
 Les parties prenantes ont été identifiées et une analyse fai

Encadré 4.1: Les parties prenantes


Les Pollueurs:
 Établissements industriels
 Ménages
 Établissements (comme les hôpitaux, les garages, les hôtels et les restaurants,
les Abattoirs, etc..).
Les Communautés affectées :
 Les Riverains (en particulier les résidants en aval)
 Les horticulteurs (le long des bassins versants de fleuve) 4
 D'autres
Organismes de régulation:
 L’Autorité Fédérale de Protection de l'Environnement
 L’Autorité de Protection de l'Environnement d'Addis Abeba
 Bureau de Protection de l'Environnement de l'Oromia
 Le Ministère chargé des ressources en eau
 Le Ministère de la santé
 Le Ministère du Commerce et de l'Industrie
 La Commission Éthiopienne chargée de l'Investissement
D'autres:
Les Agences Gouvernementales (AG), les O.N.G.,les Agences des NU, etc..

Les environnements propices comprennent également:


a) Les Politiques et stratégies de soutien:
 La politique Environnementale de l'Ethiopie ;
 La politique Sanitaire de l'Ethiopie ;
 La politique éthiopienne de gestion des ressources en eau ;
 La Stratégie de Conservation de l'Ethiopie ; et
 Les stratégies de conservation des états de la région.

b) Les Proclamations et règlementations de soutien:


 Proclamation d'Etude d'Impact sur l'Environnement (No. 299/2002) ;
 Proclamation de Lutte contre la Pollution de l'Environnement (No.
300/2002) ;
 Proclamation de Santé Publique (200/2000) ;
 Proclamation de Gestion des Ressources en Eau No. 197/2000 ;
 Politique de Gestion des Déchets Solides de l'Administration de la
Ville d’Addis-Abeba;
 L'Assainissement et l'Hygiène Environnementale (Règlement No.1) ;
et
 La Collecte des déchets solides, Règlementation sur le Transport et
l’évacuation.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
90
Certains aspects qui sont considérés pour une gestion durable des
ressources en eau et de la résolution des conflits par les acteurs :
 Approche de gestion de la ressource englobant tout le bassin ;

 Établissement d’un forum multipartite pour la participation ;

 Application des lois;


 développement industriel basé sur le Plan d’Aménagement Urbain.
 Des systèmes de production plus propres de la part des industries
pour réduire la production de déchets.
 Infrastructures de traitement des déchets par les industries.

 Extension des services de base;


 Approvisionner les communautés en aval, en eau potable et en
infrastructures sanitaires appropriés.
 Améliorer le service de traitement des eaux usées de la ville.
 Améliorer la gestion des déchets solides de la ville

 Établissement d’un système de contrôle de la qualité de l'eau et création


d’un système de base de données sur l'eau des rivières d'Akaki;

 Promotion l’éducation environnementale et la participation du public ; et 4


 Renforcer la recherche sur la pollution de l'eau et ses effets.

Encadré 4.1 : Questions pour la réflexion :


Pouvez-vous penser à un accord de meilleures pratiques conclues au
niveau d’un bassin fluvial, accord dans lequel votre pays a été impliqué ?
À quelle échelle géographique et quel niveau politique cela a-t-il eu lieu ? Quelles
étaient les modalités de la disposition?

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
91
EXERCICE 12 –
Question et Réponse
Lié à la Session 11 – Accords relatifs à l'eau et aux dispositions de gestion

La session 11 comprend une série d’exposés formels. Un premier exposé fait par le
facilitateur devrait donner une vue d'ensemble des problèmes décrits dans le Module 4 où
plusieurs études de cas ont été assemblées.

Le facilitateur peut soit utiliser ces cas, ou travailler la présentation pour qu’elle convienne à
ses besoins et aux besoins des participants au cours. 15-20 minutes devraient être réservées
pour les questions et réponses.

Après cette session, il y aura plusieurs exposés faits par des personnes ressources, au
niveau local, abordant tant les questions locales et nationales, régionales et mondiales à
partir des perspectives locales. Chacune de ces sessions d'une heure devrait donner du
temps suffisant pour le feedback des participants

Temps imparti : 4 heures

Références

1. Conca, K., 2006, Governing Water: Contentious Transnational Politics and


Global Institution Building. Cambridge, Mass: MIT Press.
2. Engel, A. and B. Korf, 2005. Negotiation and mediation techniques for natural
resource management. Rome: FAO.
3. Finger, M., L. Tamiotti, and J. Allouche, eds, 2006, The Multi-Governance of
Water: four case studies, New York: SUNY Press.
4. Homer-Dixon, T., 1999. The Environment, Scarcity and Violence. Princeton:
Princeton University Press.
5. Molle, F. et al, 2007. River Basin Management. In: D. Molden, ed., Water for
Food: Comprehensive Assessment of Water in Agriculture. London: Earthscan.
6. Wolf, A., J. Natharius, J. Danielson, B. Ward, and J. Pender, 1999. ‘International
River Basins of the World’, International Journal of Water Resources
Development. 15:4 (December): pp. 387-427.
7. SADC. 2005. Regional Strategic Action Plan on Integrated Water Resources
Development and Management. Gaborone: SADC.

Lecture suggérée

Mostart, E., n.d. Conflict and Cooperation in the Management of International


Freshwater Resources: a global review, (UNESCO-IHP #19) available from
www.unesco.org/water/wwap/pccp)

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
92
Module 5: Implications pour la
gestion intégrée des ressources en
eau
Objectifs spécifiques
 Identifier les conditions préalables nécessaires pour une résolution de conflit
et un règlement de différends durables à tous les niveaux de gestion de l'eau.
 Lier les mécanismes de résolution de conflits aux voies et moyens de réaliser
un changement positif pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau
(GIRE).

Résultats
 Le participant va prendre connaissance des meilleures pratiques et avoir des
idées sur les pratiques de gestion appropriées, y compris les points d'entrée
pour la coopération et la résolution de conflits.

Techniques
 La capacité d'analyser avec succès la propre situation du participant,
d’identifier des solutions alternatives aux pratiques non durables. 5
 Pou identifier les indicateurs de troubles et les points de basculement
pour le conflit/coopération et pour poursuivre des politiques
appropriées qui mènent vers un gain mutuel et s’écartant des conflits
persistants.

5.1 Introduction

Ce module met l’accent sur le lien entre la GIRE et la résolution de conflits et la


pertinence du Règlement extrajudiciaire des conflits (ADR) liés à l'eau. Les
responsables chargés de la question de l'eau sont sensibles aux changements
rapides des environnements sociaux, économiques, politiques et naturels. Les
demandes croissantes des populations en croissance dans le contexte d'une
ressource épuisée ou dégradée soulèvent la question des enjeux de la gestion des
ressources.

LA GIRE s’efforce à travailler dans le sens des résultats en Trois E. Douze- Treize
domaines de changement ont été identifiés. Beaucoup de conflits liés à l'eau sont le
résultat de politiques et de pratiques économiquement inefficaces, socialement
inéquitables et non durable du point de vue de l’environnement – beaucoup,
résultant de structures de prise de décision non démocratiques. Comment alors aller
de l’avant ? Ce module met l’accent sur une douzaine de questions clés que les
responsables chargés de l'eau doivent considérer en traitant à la fois la question des
différends liés à l'utilisation des ressources et les plans de gestion des ressources.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
93
5.2 Questions clés
 Le conflit
 Ubiquité -- Les conflits se trouvent partout et c’est un fait inévitable de
la vie.
 Prévisibilité -- Les conflits voyagent le long des voies prévisibles,
fournissant ainsi la possibilité pour l'action et la préparation.
 Procédure judiciaire -- Le recours à la loi pour régler les différends et
les conflits doit être le dernier recours et doit être évité à tout prix.
 Paix -- L'absence de conflit ouvert n'est pas synonyme d’un contexte
paisible. Les griefs, différends et les conflits peuvent bouillonner juste
au-dessous de la surface.
 Points d'Entrée -- La GIRE ne peut pas être réalisée dans l’immédiat ;
les conflits non plus ne peuvent être résolus en une seule tentative. Il
est donc impératif que le responsable chargé de l'eau sonde
continuellement des points d'entrée appropriés qui sont les plus
susceptibles de produire des avantages immédiats.

 Implications pour les personnes


 Facilitation de facto
Des responsables se trouveront souvent en position de facilitateur ou
de médiateur de fait dans une négociation au sein de leur propre
organisation ou entre divers groupes.

 Négociation
Des individus se trouveront souvent en position de partie lors d’une
négociation.
5
 Flexibilité
Le dogmatisme et l’obstination, souvent déguisé en ‘principe'. Le
gestionnaire doit être flexible et ouvert dans son approche quant aux
décisions de gestion et d'utilisation des ressources.

 Implications des structures institutionnelles


Systèmes d’alerte précoce : La gestion durable des ressources dépend
souvent du fait de voir venir un conflit.

Capacité : Il y a un besoin impératif en personnel suffisamment qualifié.

Lieux de réunion : L’eau est un bien public. Par conséquent, le règlement de


différends et la résolution de conflits réussis exigent des plateformes et des
structures publiques qui fournissent (i) des points d'accès aux intervenants et
aux décideurs ; et (ii) des points d'accès aux intervenants entre eux.

Structure : Les conflits éclatent pour des raisons très différentes. Ils peuvent
être en réponse à la demande accrue d'une ressource limitée ; ou un
approvisionnement réduit en cette même ressource ; ou ils peuvent être le
résultat d’inégalités structurelles dans l'accès à la ressource. Ces questions
structurelles viennent sous différentes formes et ampleurs, et peuvent refléter
des inégalités liées à la classe, la race, l'appartenance ethnique, le genre, ou
l’emplacement géographique dans un bassin. Les conflits résultant des
questions structurelles ne sont pas facilement résolus et exigent ainsi de bons
plans à court, moyen et long terme.

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
94
Adaptation : Des institutions émergent en réponse aux besoins perçus dans
le temps et une fois établies, elles changement seulement très lentement.
Peu importe la façon dont un responsable et son équipe sont flexibles et
adaptables, si la structure institutionnelle est rigide il ne pourra pas répondre
avec succès aux nouvelles situations. Il est impératif que de nouvelles
institutions chargées de la gestion de l'eau et les plateformes développées
pour la participation des participants soient formées avec un besoin de
changement à l'esprit.

Encadré 5.1: Questions Concernant les Principaux Problèmes liés à la Résolution et à la


Gestion des Conflits
 Comment et par qui l'eau est-elle gérée dans votre pays ?
 Quels sont leurs intérêts majeurs concernant les ressources en eau dans le développement et la
gestion des ressources en eau ? Sont-ils guidés par un bon plan ?
 Y a-t-il des pratiques conventionnelles/traditionnelles pour développer et gérer les ressources en
eau dans votre pays ? Comment sont-elles liées aux procédures de gestion formelles, gérées par
l’état? Quelle est la rigidité de l'environnement de prise de décision ? Votre organisation a-t-elle
pu répondre efficacement à un changement soudain ? Y a-t-il des systèmes d’alerte précoce en
place ? Avez-vous assez de personnels suffisamment qualifiés pour traiter ces questions ?
Comment l'adaptabilité pourrait-elle être incorporée dans le cadre d'organisation ?
 Quels domaines de changement les responsables de l'eau doivent-ils aborder si le conflit doit être
évité et les objectifs de la GIRE atteints ?
 Y a-t-il des conflits latents bouillonnant justes en bas dans votre pays ? Comment sont-ils liés à la
gestion des ressources en eau ?
 Y a-t-il des conflits manifestes ou des différends datant de longtemps sur les ressources en eau
5
dans votre pays ? A quelle échelle ont-ils lieu ? Qui est impliqué ? Y a-t-il des aspects structuraux
à ces conflits ? Quels sont les points d'entrée appropriés pour la résolution réussie et pacifique de
ces conflits ? Y a-t-il des plateformes publiques disponibles pour faire connaître et aborder les
griefs dans votre pays ? Les gens sont-ils au fait de ces options ?

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
95
EXERCICE 1 3 –
Session de brainstorming
Lié à la session 12 : Implications pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau

Le monde de l'eau est en mutation :


 Le changement de climat transforme les cycles hydrologiques de base ;
 Les nouvelles technologies créent des menaces et des opportunités ;
 La croissance et les mouvements de population créent de nouvelles demandes ;
 Les pratiques de gestion du passé ne s'adaptent pas au nouveau contexte de l'eau ;
 Des différends surgissent ; des conflits bouillonnent ; des guerres de l'eau sont prévues ; et
 Plus d'un milliard de personnes restent sans accès à l’eau.

Les experts du monde en matière d'eau se réunissent régulièrement pour réfléchir sur ce nouvel ordre du
monde de l'eau et pour réfléchir sur des réponses positives et des moyens durables. Tous conviennent
que beaucoup de conflits peuvent être tout à fait évités avec une bonne planification et une bonne gestion.
Bien que le règlement de différends, la résolution de conflits et la négociation soient des techniques
importantes, ceux/celles qui prennent part au cours savent que la chose la plus importante c’est un
environnement propice.

Comment le cadre peut-il être changé de sorte que les résultats gagnant-gagnant soient plus probables
que ceux d’un seul gagnant ? Puisqu’on ne peut pas tout faire à la fois, où peut-on faire maintenant des
interventions progressives qui vont mener à des résultats positifs maintenant?

Le but de cette session est d'amener ceux/celles qui prennent part au cours à mener une réflexion autour
des priorités pour une gestion durable, équitable et efficace des ressources en eau. Alors que nous
croyons tous à la GIRE, qu’est-ce qui peut être fait pour en faire une réalité ?

Le facilitateur devrait structurer la session autour des 12 points sur lesquels l’accent a été mis dans le
module 5 (page 82) et en termes de liste de questions concernant les questions clés pour la GIRE et la
gestion des conflits 5
Temps imparti: 2 heures

Références

1. GWP (2000), Integrated Water Resources Management, Background Paper


No. 4, Stockholm, Sweden.
2. GWP Technical papers:
http://www.gwpforum.org/servlet/PSP?iNodeID=231&iFromNodeID=102olbox:.
http://gwpforum.netmasters05.netmasters.nl/en/
3. Cap-Net and GWP (2006). CD containing Cap-Net E-library Water resources
management, GWP Toolbox, and Cap-Net IWRM Tutorial
4. Maria Amakali (2005). Intra-state conflict resolution between local communities
and central governments-Namibia Case. Ministry of Agriculture, Water and
Rural Development, Department of Water Affairs. Water Windhoek, Namibia

Lectures suggérées:

Mostart, E., n.d. Conflict and Cooperation in the Management of International


Freshwater Resources: a global review, (UNESCO-IHP #19) available from
www.unesco.org/water/wwap/pccp)

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
96
Annexe 1: Echantillon du programme
de cours
Temps Sujet Contenu/Objectif

JOUR 1: 0839 - 1700


Session 1 Ouverture et Introduction Dans cette session, il est important de ‘briser la
(1 heure) glace’, c.-à-d. amener les gens a avoir des
interactions. Il est également important de leur
permettre de faire savoir pourquoi ils sont là et ce
qu'ils attendent du cours. Il est également important
pour les facilitateurs de se présenter clairement et
sommairement et de parler de leurs propres intentions
et attentes – établissant ainsi la confiance entre les
facilitateurs et les participants.

0830-0840 Ouverture Formelle:


10 minutes

0845-0850 Exercice 1 Entreprendre cet exercice juste après les


(Pourquoi suis-je ici): introductions formelles. S'assurer que des marqueurs
5 minutes: permanents et/ou des stylos feutres et des petits
papiers carrés colorés sont distribués sur la table (et
être disponible tout au long des cinq journées).
Demander à chaque participant (e) de prendre 5
minutes pour noter en deux ou trois phrases ce
qu'il/elle attend du cours et ce qu’il/elle ignore
maintenant et espère savoir à la fin du cours.
Ramasser les cartes et les garder.

0850-920 Exercice 2 La plupart des gens ne vont pas se connaître. Pour


(Se faire connaître): toute la durée du cours, un cercle serait le modèle
30 minutes: optimum d’installation. Former les participants en
groupes de 2 et leur donner dix minutes pour se
présenter entre eux. Chaque participant devrait
prendre des notes sommaires au sujet de la personne
avec laquelle il/elle parle. Après 10 minutes, amener
chaque personne à présenter l’autre – ils ne doivent
pas se présenter eux-mêmes! Ceci peut être rapide,
pas plus de 2 minutes par paire.

0920-0930 Présentation des


Facilitateurs:
10-15 minutes

0930-01130 : Introduction à Pendant cette semaine, vous ne fournirez pas


Session 2 : la Gestion Intégrée des seulement des techniques de résolution et de
Ressources en Eau négociation sur les conflits aux gens; vous leur
(GIRE) et aux conflits et à fournirez également un contexte utile dans lequel on
la Coopération sur l'eau peut comprendre les nombreux cas particuliers de
(90 minutes) conflits lié à l'eau et aux ressources qui y sont liées,
exemples avec lesquels ils repartiront à la maison.
Sommes-nous vraiment confrontés à une crise
mondiale liée à l'eau? Quelle preuve pouvez-vous
nous donner pour nous le confirmer? Est-ce une crise
qui a lieu partout dans le monde à tout moment ?
Nous affecte-t-elle tous de la même façon ? Quelles
sont ses causes ? Que pourrions-nous faire à ce
sujet ? Tout ce qui puisse être dit quant à son

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
97
Temps Sujet Contenu/Objectif

application, les principes de base de la GIRE


fournissent une façon systématique de penser à ces
questions et fournissent des idées quant aux voies et
moyens nécessaires d’aller au delà de la crise vers
une utilisation et une gestion durables des ressources
en eau.

Cette session est, donc, importante en ce sens qu’elle


fournit des informations spécifiques aux gens quant à
pourquoi un changement est nécessaire, et pourquoi
les décisions concernant le changement doivent être
prises collectivement. Elle leur fournit également une
liste sur ‘les points de basculement’ les plus
probables pour à la fois, les conflits et la coopération
en matière d'eau. Et, elle leur donne l'occasion
d'échanger des exemples dans un cadre de groupe et
de commencer à explorer les différences et les
similitudes avec leurs cas.

0930-1000 Présentation formelle :


LA GIRE et les conflits
liés à l'eau : 30 minutes

1000-1030 Exercice 3
(Dans mon pays) :
30 minutes

1030-1100 Pause Café: 30 minutes : Pendant la pause café, les facilitateurs doivent passer en
revue et afficher tous les commentaires faits dans
l'exercice 1 et encourager les participants à les regarder.

1100-1130 Restitution de
l’exercice 3 : 30 minutes

0920-0930 Introduction des


Facilitateurs
:
10-15 minutes

1130-1230 L’analyse du conflit Les conflits constituent un fait normal de la vie. Nous
Session 3 (Durée : 1 heure) avons tous une expérience des conflits : en nous-mêmes ;
avec d’autres ; ou en tant que membre d'un groupe. La
plupart de ces conflits sont mineurs et se résolvent
généralement à l’amiable. Parfois, cependant, les choses
sont hors de contrôle, pour des raisons pas toujours
évidentes. Le point central de cette session est de fournir
à ceux/celles qui prennent part au cours une
compréhension structurée des conflits, de sorte qu'ils/elles
puissent mieux être disposés à ` savoir les causes
profondes’ de tels problèmes si et quand ils surgissent
dans leurs propres cadres personnels et professionnels.

1130-1200 Exercice 4
(Je sens un conflit) :
20-30 minutes

1200-1230 Présentation formelle : Dans cette partie de la session, le facilitateur donne une
Sur les conflits (par les structure formelle à la discussion via l'utilisation des aides
facilitateurs) : 30 visuelles comme représentée dans la Partie A, Section 3
minutes : ci-dessus. Ici, le facilitateur passera en revue : (i) le lieu du
conflit ; (ii) l’analyse du problème de conflit par une
discussion du Cercle de conflit ; (iii) discussion des styles
de traitement (du fait d'éviter à la coopération). L’exposé
passera alors à la discussion: (iv) analyse des

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
98
Temps Sujet Contenu/Objectif

intervenants; (v) les étapes du conflit (par une discussion


sur la progression des conflits) ; et (vi) l’analyse des
conflits par l'utilisation de la Cartographie du conflit et la
Méthode de l’oignon.

Pause déjeuner

1330-1630 L'eau et les conflits Les conflits liés à l'eau apparaissent sous différentes
Session 4 (durée : 2.5 heures) formes et ampleurs. Le point central de cette session et de
commencer à amener ceux/celles qui prennent part au
cours à réfléchir sur les conflits auxquels ils sont familiers
(peut-être mais pas nécessairement d'une expérience
personnelle) d'une manière systématique de sorte que
certains des outils des sessions précédentes puissent être
déployés de manière analytique sur un exemple spécifique
d'utilisation et de gestion des ressources en eau. Comme
dans les sessions antérieures, l'accent est mis ici est sur
le partage d'une expérience personnelle et le déploiement
d’outils analytiques de résolution de conflit, de manière
structurée. A la fin de cette session, ceux/celles qui
prennent part au cours pourront utiliser les outils
traditionnels d'analyse de conflit à des fins constructives.

1330-14:00 Présentation formelle :


L'Eau et les conflits
30 minutes

1400-1500 Exercice 5 (Pas dans


(début) : mon arrière-cour !) (2
heures avec une pause
dans l’intervalle) :

1500-1530 Pause café: 30 minutes :

1530-1630 Conclusion de
l’Exercice 5 et
Restitution des groupes :
30 minutes

1630-1700 Récapitulatif de la
Session 5 journée 1
(30 minutes)

A partir de 1900-: DÎNER DE GROUPE

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
99
Heure Sujet Contenu/Objectif

Jour 2
0830-0930 Instruments pour la La plus grande partie de la journée 1 est consacrée à
Session 6 résolution de conflit et la l’analyse du conflit. Au 2ème jour nous passons aux
négociation méthodes de résolutions de tels conflits en se focalisant
(Durée: 1 heure): particulièrement sur les techniques de Règlement
extrajudiciaire de différends (ADR) et la négociation
raisonnée.

0830-0900 Présentation Formelle:


Méthodes de résolution de
conflit et les conditions
pour une négociation
réussie
(30 minutes)
0900-0930 (Appel et réponse)
Exercice 6 (30 minutes)

0930-1030: Communication Sans une communication effective il ne peut y avoir


Session 7 efficace d’accords durable; ni de révisions réussies d’accords dont
(Durée: 1 heure): l’utilité est devenu un sujet de préoccupation. Il y’ a plusieurs
problèmes communs liés à la communication
particulièrement entre les adversaires apparents. Cette
session utilise deux exercices simples et une présentation
formelle pour illustrer les diverses façons dont on peut se
méprendre, et discuter ce qu’on pourrait faire pour
surmonter ces problèmes.

1030-1040 Exercice 7
Parles – tu ma langue?:
10 minutes
Pause Café
1100-1130 Présentation formelle
(30 minutes)
1130-1200 Exercice 8
(Amont- aval):
30 minutes
Pause déjeuner
1300-1730 La négociation: La plupart des gens savent qu’on n’arrache pas quelque
Session 8: (Durée: 4.5 heures) chose à une négociation en tapant du point sur la table.
Cependant certaines formes de négociations reviennent à
taper du point sur la table. Cette session introduit en détail la
négociation raisonnée. Elle met en contraste différentes
formes de négociations et met l’accent sur le rôle central du
facilitateur (le plus utile où il y a plusieurs acteurs avec des
pouvoirs inégaux) et du médiateur (le plus utile où il y a
plusieurs acteurs dotés de pouvoir relativement égaux) dans
l’ADR. Elle détermine les étapes à suivre dans une
négociation et les stratégies de négociations utiles que les
parties devraient utiliser, y compris la préparation du BATNA

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
100
– i.e. la meilleure solution de rechange. Les participants
auront alors l’opportunité d’éprouver ces de négociations
dans une négociation simulée.

1300-1400 Présentation formelle


(Négociation des
ressources en eau: 1 heure
1400-1730 (Jeu de bassin fluvial):
Exercice 9 3.5 heures
1730-1800 Débriefing et préparation
de la sortie sur le terrain

(30-60 minutes)

A partir de 1900: SOIREE LIBRE

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
101
Heure Sujet Contenu/Objectif

Jour 3
0800-1500 Sortie sur le terrain: La Règlement extrajudiciaire de différends (ADR) fondée sur la
Session 9 Etude du cas local négociation raisonnée décourage l’empressement à faire recours à
la procédure judiciaire. Il dit aussi que le processus de négociation
est aussi important que les objectifs. Si l’utilisation de l’eau doit
passer à des pratiques plus durables, plus efficaces et efficientes,
elle doit aussi s’efforcer d’appliquer des processus similaires. Ceci
signifie réutiliser des approches de gestion adaptatives centrées
sur les acteurs, encourageant la concertation pour la prise de
décision. Pendant les deux premières journées du cours, on a
remis aux participants les outils de l’ADR, on leur a donné des
exemples de comment, où, quand, et pourquoi ils peuvent être
utilisés, et ils ont entrepris eux-mêmes des négociations simulées.
Le but de cette sortie sur le terrain est de redonner vie à tout ceci :
un problème réel exigeant une réponse réelle en temps réel. Etant
donné les nombre illimité des disputes liées à l’eau, les
organisateurs devront préparer la sortie autour d’un cas qui n’est
pas très compliqué (ex : le profil de l’utilisateur est limité), dans un
cadre physique gérable (ex : le long d’un petit affluent ; ou dans un
contexte urbain ou péri- urbain proche), où les organisateurs
pensent qu’avec l’aide de la facilitation et de la médiation la
situation pourrait s’améliorer. Une brochure de terrain devrait être
préparée avec les cartes et les photos appropriées.
Pause Café
1530-1700 Ainsi quel est le
Exercice 10 problème?
60-90 minutes
A partir de 1900: DINER DE GROUPE

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
102
Heure Sujet Contenu/Objectif

Jour 4
0830-1030 Suivre la carte de Avec la sortie sur le terrain, les participants auront été
Session 10 processus: sensibilisés sur les problèmes majeurs et auront suivi la
(Durée: 2 heures ou plus): carte de processus depuis l’étape 1 (préparation de
l’entrée) à l’étape 2 (l’entrée dans la scène du conflit) et
s’arrêtant à l’étape 3: (l’analyse du conflit). Ils auront
beaucoup d’idées sur la manière de résoudre les conflits
majeurs dans l’étude de cas et sont peut être un peu déçus
qu’ils n’aient pas eu la chance d’aller plus loin. Dans cet
exercice ils ne peuvent juste faire cela: suivre la carte de
processus jusqu’à la sortie.

PAUSE CAFE

1100-1600 Accords sur l’eau les La gestion durable des ressources d’eaux exigent une base
Session 11 dispositions de gestion ferme de règles et procédures établies largement
(Durée: 4 heures) acceptées, comprenant les moyens de règlement de
différends et de négociation opérationnels. Les droits et les
devoirs doivent être clairement articulés et doivent avoir le
soutien de la loi – fut-elle coutumière ou moderne,
devraient être appliquées. Là où il y a incertitude, il y’aura
un conflit, dont la résolution est imprévisible. Tout au long
de l’histoire, on n’est parvenu à des accords sur l’eau et à
des dispositions de gestion entre une grande variété
d’acteurs pour un grand variété d’objectifs sur un grande
variété de ressources en eau.

L’objectif de cette session est de présenter aux


participants les données de base sur où, pourquoi, quand
et comment les accords sur l’eau et les dispositions de
gestion ont été signés dans le monde entier à différents
niveaux : mondial, régional, national, local. Le but de cette
session est de fournir aussi l’opportunité aux participants
d’apprendre des experts locaux de l’eau et de travailler
avec eux.
1100-1200 Présentation formelle
(Le partage de l’eau): 1
heure
PAUSE DEJEUNER
1300-1400 Présentation Officielle Une personne ressource locale devrait être invitée pour
(Le droit international de parler de ce sujet, laissant du temps pour l’interaction avec
l’eau) les participants
(1 heure)
1400-1500 Présentation formelle Une personne ressource locale devrait être invitée pour
parler de ce sujet, laissant du temps pour l’interaction avec
(La coopération régionale) les participants
(1 heure)
PAUSE CAFE

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
103
1530-1630 Présentation Une personne ressource locale pourrait être invitée pour parler de
formelle ce sujet, laissant du temps pour l’interaction avec les participants
(La coopération
nationale/locale)
(1 heure)
1630-1700 Débriefing formel
(30 minutes)

A partir de 1900: SORTIE DU GROUPE POUR LE DINER ET SOIREE CULTURELLE

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
104
HEURE Sujet Contenu/Objectif

Jour 5
0800-1200 MATINEE LIBRE
PAUSE DEJEUNER
1300-1500 Session 12: Implications Le monde de l’eau est en mutation. Les demandes sont en
pour la Gestion Intégrée augmentation. L’offre se dégrade. Les conflits doivent être
des Ressources en Eau gérés. L’objectif de cette session est de mener une
(Durée: 2 heures) réflexion autour de questions majeures concernant les
voies et moyens de réaliser la GIRE et de gérer avec
succès l’eau et les conflits liés à l’utilisation de la ressource.
PAUSE CAFE
1530-1730 Les perspectives L’objectif de cette session est d’amener la réunion à une fin
Session 13 (Durée: 2 heures): concluante en laissant le temps aux organisateurs locaux
pour faire des présentations, de discuter des moyens d’aller
de l’avant avec cette formation et avec d’autres exercices
formation, d’évaluer le cours et de célébrer une semaine
de dur travail.
1530-1550 Présentation par les
Comités d’organisation et
autres: 20 minutes
1550-1620 Discussion sur les
perspectives: 30 minutes
1620-1650 Evaluation: 30 minutes
1650-1730 Remise des Attestation set
Clôture officielle:
40 minutes
A partir de 1730: RECEPTION

Résolution de conflits et techniques de négociation pour la gestion intégrée des ressources en eau
105
Annexe 2: Quelques idées pour les
formateurs
Avoir un départ lancé
Vous devriez vous rappeler que dans la gestion de vos propre cours, vous utilisez
quelques techniques de négociations et de résolution de conflit traitées dans le
programme. Par exemple, en regroupant 25-35 personnes de professions
différentes, de différents départements du gouvernement, de différents pays, vous
rencontrez le défi de créer un climat de confiance et d’obtention d’un engagement
pour un cours réussi avec tous les participants – facilitateurs comme participants.
Pour faire cela, les gens doivent être activement engagés dès le début.

Processus général de l'atelier


 La Participation
Les participants sont des adultes avec une grande expérience dans la vie. Ils ne
doivent pas seulement s'asseoir et écouter. Après tout, même l'orateur le plus
fascinant commence à être un peu ennuyant après un cours intensif de cinq
jours.

 Circulation à double sens


Le flux des informations ne devrait pas être à sens unique, des facilitateurs aux
participants du cours. Trop de têtes parlantes, parlant aux présentations
PowerPoint est la manière sure et rapide de perdre l'attention de son auditoire.

 Eviter les cliques


Dans des endroits où plusieurs personnes du même lieu peuvent être entrain
d’assister à une réunion, il est important de briser la tendance naturelle pour les
gens qui se connaissent, ou qui sont familiers entre eux, de se mettre ensemble.
La diversité d’expérience enrichit l’expérience de l’atelier.

 La gestion du temps
Les facilitateurs ne doivent pas être esclave de la montre; ni ignorer
complètement l’heure, par exemple, laisser les gens continuer ‘encore et encore’
tout simplement parce qu’il semble poli de les laisser faire ainsi. Cependant, il est
extrêmement important de respecter l’heure tout le long de la sortie sur le terrain
et pendant les évènements prévus en dehors du site de formation.

 Le goût local
Les études de cas locaux, les experts invités, les invités, la nourriture, les
évènements hors-site sont des moyens importants de rendre l’apprentissage
intéressant et d’enrichir l’expérience de tout un chacun à l’atelier.

 Les ressources adéquates et appropriées


S’assurer que vous avez assez de papiers de tableau de conférence, de tableaux
de conférence, bâton de colle et de matériaux adhésifs, des cartes colorées 4 x
6, les marqueurs permanents et les marqueurs pour tableau blanc, des crayons
feutres, les carnets de notes, des stylos et des crayons. S’assurer que tous vos

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supports audio-visuels sont en bon état, sont disponible à temps; et qu’il y’a le
personnel technique à portée de main au cas où quelque chose irait mal.

 Pompe et cérémonie
Quoiqu’inévitable, ces genres d’activités devraient être gardées au minimum et
réservées en particulier pour la fin, quand il faudra délivrer des attestations de
participation et de le compléter avec des CD-ROM élaborés pendant le
déroulement de la réunion.

 La session d’ouverture
L’intérêt des gens doit être engagé dès le début. Tout en restant sensible aux
spécificités culturelles, le nombre de discours formels doit être limités et très bref.
Vous disposez seulement d’un temps très court pour obtenir des informations
importantes de manière efficace- ne perdez pas du temps dans le cérémoniel.

 Introduction – Cours et Participants


De préférence au moyen de PowerPoint, vous devriez avec concision et clarté
articuler vos objectifs pour le cours. Brièvement faite ressortir dans les grandes
lignes comment le programme entier se déroulera, et le déroulement de la
journée 1 en particulier. Soulignez que ceci est un exercice d’apprentissage
conjoint, étant donné que les personnes qui assistent au cours apportent une
expérience enrichissante à la table de laquelle chacun- y compris les facilitateurs
et les organisateurs – peuvent apprendre beaucoup. C’est votre chance de faire
une première bonne impression et mettre le cours sur le bon chemin.

 Concernant la pause café initiale


Notre expérience a révélé que les gens seront motivés à propos de l’exercice
passé et continueront de discuter de ces questions pendant la pause. Les
facilitateurs devraient guider les rapporteurs et s’assurer qu’ils ont des résumés
succincts des questions majeures qui ont été soulevées dans leurs groupes
respectifs. Ceux-ci peuvent être téléchargés sur l’ordinateur portable pour être
présentés, mais nous recommanderont que cela soit évité.

L’obsession de la technologie est déplacée à ce niveau. Le point de la session


était d’échanger les informations et de faciliter la participation. Etant donné que
nous souhaitons encourager l’écoute active parmi les participants, le PowerPoint
doit être considéré comme une distraction dans le travail de groupe. Ceci dit, le
comité d’organisation devrait avoir quelqu’un de disponible pendant tout le cours
pour transmettre les notes écrites dans un dossier d’un ordinateur central, cela
fera partie du CD-Rom que les participants vont emporter de la réunion.

Les organisateurs devraient prendre un bon nombre de photos et avoir nommé quelqu'un pour
charger ces derniers dans un dossier d'images pour être distribué après à tous les participants.
C'est également une bonne idée de faire défiler ces photos en diaporama pendant les pauses.
En outre, les facilitateurs devraient rassembler tout le travail écrit du travail de groupe et
l’afficher dans à une place centrale autour de laquelle les gens peuvent se réunir pour discuter
ce qu'ils ont écrit.

 Le déjeuner du premier jour et la gestion du temps


A ce moment là, si tout s’est passé au mieux possible, il est probable que vous

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ayez accusé un retard de trente minutes à une heure dans le programme. Mais
ne vous inquiétez pas, on a incorporé du temps pour une telle éventualité.

La gestion du temps est cruciale pour une réunion réussie et ceci comprend le
reconnaître et se préparer pour les pertes de minutes ici et là. Les éléments
organisationnels (mettre les participants en groupes; les faire mettre par écrit
leurs idées d’une manière succincte; faire arrêter les éléments du groupe de
travail) boufferont le temps, ainsi au lieu d’être esclave du programme, nous
pouvons utiliser le temps prévu comme un rappel constant pour garder tout le
monde à peu près à l’heure.

Il est aussi important de ne pas surcharger le programme, essayer d’en faire trop,
particulièrement au premier jour quand tout le monde est entièrement motivé. La
grande partie de ce programme sera nouveau, et il y’a beaucoup à assimiler pour
les participants, ainsi le mieux serait de procéder à un rythme mesuré.

On peut profiter des déjeuners et des pauses-café pour récupérer 5- 10 minutes


ici et là si c’est nécessaire. Il est aussi probable, toutefois que les organisateurs
aient besoin des pauses entières du thé et du déjeuner pour rester et accélérer la
documentation de ce qui vient de se dérouler et pour préparer ce qui doit suivre.

 Sessions journalières de synthèse


Chaque jour doit se terminer par une séance de revue similaire où les
facilitateurs se réunissent pour faire des observations cohérentes et concises un
résumé des activités journalières et un rappel de ce qui doit suivre. On devrait
donner la parole aux organisateurs pour la communication de certaines
informations pratiques.

 Session de préparation pour la sortie sur le terrain


Pour que la sortie sur le terrain doit contribue à l’atteinte des objectifs du
programme, les organisateurs doivent convenablement planter le décor pour la
sortie de terrain pour toute la journée. Il est préférable d’avoir une brochure
compilée pour la sortie sur le terrain. Cette brochure devra comporter des textes,
des cartes et des photographies. Elle devra décrire brièvement le cadre et
souligner les problèmes majeurs et décrire brièvement les acteurs impliqués dans
l’étude de cas. Elle devra inclure la méthode de l’oignon et de un espace vierge
pour l’élaboration d’une carte de conflit.

 Gérer votre sortie sur le terrain avec succès


La gestion du temps est importante dans la sortie sur le terrain. Pendant que
(près de) 30- 40 personnes seraient entrain de se déplacer en groupe pour une
journée entière, il est important de prévoir un moyen de transport convenable et
confortable (ceci contribuera aussi à éviter une révolte des participants
mécontents obligés de partager des espaces étroits).

Des boîtes à lunch et des casse-croûtes devraient être aussi prévus – tout en
s’assurant qu’il y’a assez de boissons et de fruits pour une journée entière.
N’oubliez pas d’incorporer suffisamment de pauses santés bien situées. Une
journée longue et chaude sur le terrain qui pourrait inclure quelques participants
avec des limites physiques est une recette pour un conflit qui peut être
partiellement géré par une bonne planification et une bonne exécution. A moins
que vous ne souhaitiez utiliser la sortie sur le terrain comme une leçon dans la
résolution de conflit et dans la négociation (ce qui n’est pas du tout une mauvaise
idée), vous devriez vous assurer ensuite que les points ci-dessus sont réglés.
Sept heures sur le terrain (de 0800 à 1500 heures) constituent la durée maximale

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si vous voulez avoir toujours du temps pour un débriefing et pour les exercices
dans la classe à la fin. Quelque soit ce qui va se décider, les organisateurs
devraient se fixer pour objectif d’être de retour en classe avant 16:00 heures pour
un exercice de 60-90 minutes.

 La sagesse de prévoir une soirée libre


A la fin de la 2ème journée, certains se sentiront épuisés et peut-être submergés
par trop d’informations. Ils peuvent souhaiter se retirer du groupe, peut être en de
plus petits groupes. D’autres souhaiteront se retirer plus tôt dans leurs chambres
pour faire un autre travail ou pour simplement se reposer. Bref, une soirée libre
est un grand remède pour le cerveau.

Si vous incorporer une soirée libre, il est conseillé que vous considérez comment les participants
choisissent de dîner, où ils le font et qui payera la facture. Certains employés de l'État participent et
bénéficie de per diem qu’ils pourront utiliser pour couvrir ces dépenses. D’autres, les fonctionnaires
moyens et d’autres qui participent à leur premier atelier/courte formation auront prévu que les
organisateurs prendront tout en charge. Les organisateurs devraient alors prendre une décision sur
la meilleure façon de procéder. Une manière utile de résoudre le problème est de faire une
annonce avec le choix suivant. Si vous choisissez de prendre votre repas au lieu de la formation
(Centre de conférences/hôtel) les organisateurs pourront couvrir les frais (si c'était la procédure).
Au cas où les participants choisiraient de prendre leur repas ailleurs, ce sera à leurs propres frais.

 Gérer le temps de votre dîner en groupe


Quelque soit l’activité choisie, s’assurer de poser les règles de base concernant
ce que le comité d’organisation prendra en charge, et ce que chaque participant
doit prendre en charge (au cas échéant). La ponctualité ici est aussi importante.
Etablir des temps fixes pour quitter et revenir à l’hôtel. Il n’y a pas de variations,
pas d’exception. Les règles communes doivent s’appliquer.

 A propos des rapporteurs


Certains ateliers et courtes formations aiment designer un ou deux participants
pour jouer le rôle de rapporteurs pendant toute la journée et ensuite rapporter la
matinée suivante. Eviter cette pratique à tout prix! A moins que vous ne
souhaitiez endormir vos participants et/ ou risquiez de perdre inutilement du
temps, vous devriez abandonner cette pratique facteur de perte de temps. Les
facilitateurs devraient être capables de faire un résumé – si nécessaire – en 3- 5
minutes maximum.

 Restitutions précises des travaux de groupe


Les facilitateurs donnent à chaque groupe assez de temps mais clairement défini
et à respecter pour résumer leurs discussions. La contribution du facilitateur doit
être limitée au minimum, mais la prise de note est encouragée puisque ce dont
les gens ont discutés constituera les bases de débriefings plus tard à la réunion.

 La sagesse de prévoir un vendredi matin libre


Avec l’expérience nous avons constaté que beaucoup de gens voudront visiter
quelques sites et faire des emplettes. Si la masse critique a été réalisée (des
gens peuvent être sollicités au début de la semaine pour une activité de groupe),
et si les fonds sont disponibles, alors un bus loué avec des arrêts indiqués (avec

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une gestion minutieuse du temps) est une bonne variation de l’idée d’une ‘
matinée libre’

 Des observations sur la séance de clôture


Le but de cette séance est d’amener la réunion à une fin concluante. Ceci est
mieux réalisé en prévoyant de la place pour un nombre limité de groupes
appropriés (ex: le Partenariat mondial de l’eau) pour faire de l’auto- promotion et
pour que tout participant impliqué dans un groupe approprié de dire quelques
mots. On devrait également prévoir du temps pour ‘les perspectives’ et un temps
substantiel pour une évaluation formelle de la réunion par les participants. Cela
donnera un feedback précieux pour un meilleur réglage de ce programme et pour
d’autres programmes y relatifs. Après l’évaluation, il devrait aussi y avoir du
temps pour un ou plus de discours par les officiels locaux appropriés et pour la
remise des attestations et les sources de renseignement et documentation aux
participants. Si le temps et le budget le permettent, cette séance pourra se
conclure par une réception de clôture.

Au cours d'une réunion de cinq jours il devrait y avoir un temps pour que les personnes sortent de
l'hôtel pour visiter des sites locaux. On doit également prévoir du temps pour un dîner formel
embelli avec une activité culturelle donnant ainsi ‘une saveur locale’ à la réunion.

Notre expérience a montré qu’un un dîner de groupe hors de l'hôtel la deuxième nuit, une soirée
libre la troisième nuit (suivant la longue sortie sur terrain), et un matin libre le dernier jour semble
fonctionner mieux. Ceux-ci naturellement sont entremêlés de repas de groupe au site de la
réunion. Une telle variété imprime l'expérience de l’atelier dans la mémoire des participants et
d’une façon indirecte imprime aussi (une partie de) l'information échangée pendant toute la
semaine.

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Acronymes
ACM Gestion extrajudiciaire de conflit
ACR Règlement extrajudiciaire de différends
ADR Règlement extrajudiciaire de conflits
ArgCapNet Le Réseau de renforcement de capacité d’Argentine
BATNA La meilleure solution de rechange
DOB Demande en Oxygène Biologique
DRFN Fondation de recherche sur la désertification de Namibie
DSMs Mécanismes d’aide à la décision
EPA l’Autorité fédérale pour la protection de l’environnement
(Ethiopie)
FAO Organisation pour l’alimentaire et l’agriculture des Nations
unies
GNI Revenu National Brut
GWP Partenariat mondial de l’eau
OG Organisations gouvernementales
IDH Indice du développement humain
GIRE Gestion intégrée des ressources en eau
LA-WETnet Réseau de renforcement de capacité en matière d’eau et
d’éducation d’Amérique latine
NBI Initiative du bassin du Nil
Nile IWRM-net Réseau de renforcement de capacité du bassin du Nil pour
la GIRE
NOSR Organisation néerlandaises pour la recherche sociale
OMD Objectifs du millénaire pour le développement
ONG Organisation Non Gouvernementale
REDICA Réseau de renforcement de capacité de l’Amérique
centrale
SADC Communauté de développement de l’Afrique australe
UN Les Nations Unies
UNESCO Organisations des Nations Unies pour l’Education, la
Science et la Culture
UNESCO-IHE L’institut pour l’éducation en matière d’eau
WSSD Sommet mondial pour le développement durable
WA-Net Réseau de renforcement de capacité de l’Afrique de l’Ouest
WWDR Rapport mondial sur le développement de l’eau

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