Épopée de Gilgamesh : résumé et histoire
Épopée de Gilgamesh : résumé et histoire
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Résumé succinct de la version « standard » de l’Épopée
Redécouverte et reconstitution
Histoire de l’œuvre
Thèmes et personnages
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi
Épopée de Gilgamesh
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L’Épopée est un récit sur la condition humaine et ses limites, la vie, la mort,
l'amitié, et plus largement un récit d'apprentissage sur l'éveil de son héros à la
sagesse. Sa première partie relate les exploits de Gilgamesh et de son compère
Enkidu, qui triomphent du géant Humbaba et du Taureau céleste, ce dernier suscité
contre eux par la déesse Ishtar dont le héros a rejeté les avances. Le récit
bascule avec la mort d’Enkidu, punition infligée par les dieux pour l’affront qui
leur a été fait. Gilgamesh se lance alors dans la quête de l’immortalité qui le
conduit jusqu’au bout du monde où réside l’immortel Uta-napishti. Celui-ci lui
apprend qu’il ne pourra jamais obtenir ce qu’il recherche mais lui enseigne
l’histoire du Déluge qu’il pourra transmettre au reste des mortels.
L’Épopée repose en partie sur plusieurs récits en sumérien composés vers la fin du
IIIe millénaire av. J.-C. et relatant plusieurs exploits de Gilgamesh. À partir de
sa première mise en forme vers le XVIIIe – XVIIe siècle av. J.-C., le texte connaît
différents remaniements et circule sous plusieurs variantes durant le IIe
millénaire av. J.-C., avant qu'une version « standard », relativement stable, soit
écrite vers 1200 av. J.-C. et se diffuse au Ier millénaire av. J.-C. Elle serait
due selon la tradition mésopotamienne à l’activité d’un scribe du nom de Sîn-leqi-
unninni. Cette version, sur douze tablettes, est connue avant tout par celles
retrouvées à Ninive et datant du VIIe siècle av. J.-C., mises au jour à partir des
années 1850 dans la collection de textes savants désignée comme la « Bibliothèque
d'Assurbanipal ». Depuis, de nouvelles tablettes exhumées dans des sites de
Mésopotamie et du Moyen-Orient ont permis d'améliorer la compréhension de l’œuvre,
bien qu'elle ne soit pas connue dans son intégralité.
Redécouverte et reconstitution
Photographie ancienne en buste d'un homme à la barbe et aux cheveux noirs.
George Smith (1840-1876), premier traducteur de la « tablette du Déluge ».
L’Épopée de Gilgamesh est retrouvée au cours du XIXe siècle dans le contexte plus
large de la redécouverte de la culture de la Mésopotamie antique par les
archéologues occidentaux et les premiers assyriologues. Les fouilles de Austen
Henry Layard et Hormuzd Rassam sur le site de l'antique Ninive (aujourd'hui le tell
de Kuyunjik, dans les faubourgs de Mossoul) ont livré des milliers de tablettes
cunéiformes, dont une grande partie sont issues de bibliothèques rassemblées au
VIIe siècle av. J.-C., connues sous la dénomination de « Bibliothèque
d'Assurbanipal », d'après le nom du roi assyrien qui a patronné la collecte et la
copie d'un grand nombre d'entre elles. Ces tablettes, ou plutôt les fragments de
tablettes mis au jour par les archéologues (la découverte de tablettes complètes
étant rare) sont expédiées au British Museum, où l'un des premiers déchiffreurs de
l'écriture cunéiforme, Henry Creswicke Rawlinson, organise leur traduction et leur
publication. Il délègue à partir de 1867 à George Smith, un jeune assyriologue
autodidacte, la tâche de publier une partie des tablettes. C'est dans les lots qui
lui ont été confiés qu'il découvre en novembre 1867 une tablette évoquant un récit
similaire à celui du Déluge biblique, qu'il publie rapidement. La découverte a un
grand retentissement car c'est la première fois qu'on découvre un parallèle aussi
évident entre la littérature mésopotamienne et la Bible, et même dans ce cas une
source d'inspiration manifeste. Cette tablette est en fait la onzième tablette de
la version standard de l’Épopée de Gilgamesh. Smith publie une présentation plus
complète du texte en 1875, dans une publication plus large sur l'état des
connaissances des textes mythologiques et épiques mésopotamiens, intitulée The
Chaldean Account of Genesis (« La description chaldéenne de la Genèse »), qui
connaît un grand succès. Cet ouvrage comprend une première description de l’Épopée
de Gilgamesh, dont le nom est alors lu « Izdubar » et qui est identifié au Nimrod
biblique ; la trame narrative de l’œuvre est encore très mal comprise en l'absence
de sources suffisantes, et aussi parce que le récit du Déluge est ce qui intéresse
surtout Smith et son lectorat1.
La mort de Smith en 1876 interrompt son travail sur l’Épopée. Cette tâche est
poursuivie par l'assyriologue allemand Paul Haupt, qui publie en 1884 Das
Babylonische Nimrodepos (« L'Épopée babylonienne de Nimrod »), une édition des
tablettes du British Museum alors connues, sans traduction. Ce travail sert de base
aux traductions de l’Épopée qui sont réalisées dans les décennies suivantes. La
première traduction de l'intégralité des tablettes connues à l'époque est publiée
en 1891 en allemand par Alfred Jeremias (Izdubar-Nimrod: Eine altbabylonische
Heldensage). La lecture correcte du nom du héros, Gilgamesh, a été établie en 1890
mais est ignorée de ce premier traducteur. La première traduction en anglais,
partielle, est publiée en 1898 par Morris Jastrow dans son The Religion of
Babylonia and Assyria, une synthèse de grande importance dans la redécouverte de la
religion mésopotamienne. Une nouvelle traduction complète en allemand, avec un
lourd appareil académique, est réalisée par Peter Jensen en 1900 (Das Gilgamíš
(Nimrod) Epos). Édouard Dhorme publie la première traduction en français, destinée
là encore à un public académique, en 1907 dans son Choix de textes religieux
assyro-babyloniens2. Après ces travaux, des traductions plus accessibles à un
public non universitaire sont publiées, notamment par l'assyriologue allemand
Arthur Ungnad en 19113.
Deux points doivent être gardés à l'esprit pour bien comprendre la connaissance de
l’Épopée de Gilgamesh et les enjeux de sa reconstitution, et qui s'appliquent d'une
manière générale aux œuvres littéraires de la Mésopotamie antique. D'abord, dans
cette civilisation les textes littéraires circulent généralement sous des variantes
différentes, bien qu'un phénomène de stabilisation et même de standardisation soit
perceptible à partir de la fin du IIe millénaire av. J.-C. pour les principaux
textes circulant dans le milieu intellectuel mésopotamien. Concernant l’Épopée, les
tablettes du IIe millénaire av. J.-C. présentent un contenu qui diverge notablement
de l'une à l'autre, ce qui témoigne de l'existence de plusieurs variantes du récit
en circulation à ce moment. En revanche les sources du Ier millénaire av. J.-C. ne
présentent que des différences mineures entre elles, et c'est pour cela que l'on
parle de « version standard ». Ensuite, la connaissance de l’Épopée de Gilgamesh
n'est pas figée. Même sa version standard, dont le nombre de tablettes qu'elle
comprenait dans l'Antiquité et les principaux passages sont connus, n'a pas été
redécouverte dans son intégralité. La publication de nouvelles tablettes est
susceptible de compléter et de faire varier ce que l'on sait du contenu de l’Épopée
et de l'histoire du texte, notamment parce que les versions anciennes sont les plus
fragmentaires (comme ce fut le cas en 2007 avec les fragments provenant
d'Ugarit14). De nouvelles tablettes sont régulièrement retrouvées et publiées à
partir de fonds qui peuvent avoir été constitués depuis longtemps et entreposés
dans des musées et autres institutions, mais n'ont pas été exploités complètement,
tandis que d'autres sont susceptibles d'être exhumées dans des chantiers de
fouilles. La perspective de proposer une « version finale » de cette œuvre est donc
lointaine18,19.
Histoire de l’œuvre
La reconstitution de l’Épopée de Gilgamesh s'est accompagnée d'un travail d'analyse
de son histoire littéraire, quand il est apparu que la première version connue
n'était en fait que sa dernière, la version « standard ». Les variantes les plus
anciennes sont moins bien connues que cette dernière : elles ne sont attestées que
par quelques textes en état souvent très fragmentaire, et leur contenu n'est donc
connu que de façon trop parcellaire pour que leur trame soit clairement identifiée,
à la différence de la version standard. Il est également apparu que la littérature
en sumérien, précédant la première mise par écrit de l’Épopée de Gilgamesh,
comprenait déjà un cycle de textes épiques dédiés à ce souverain, qui a en partie
servi de base aux développements de l’Épopée en akkadien et qui repose aussi sans
doute sur une tradition orale complètement disparue.
Parmi ces récits, plusieurs relatent des événements repris dans l’Épopée de
Gilgamesh, dont la première mouture a manifestement été rédigée plus tard, ou bien
ayant un lien avec ses thématiques sur la mort. Seule la trame de Gilgamesh et Agga
ne renvoie pas à l’Épopée : ce texte raconte l'affrontement du roi d'Uruk avec
Agga, roi de la cité voisine de Kish, qui se termine par le triomphe du
premier24,25,26. Gilgamesh et le Taureau céleste27,28 et Gilgamesh et Huwawa29,30,
attesté par deux versions (dites A et B), relatent les affrontements de Gilgamesh
et de son serviteur Enkidu contre ces deux créatures, épisodes qui font partie de
l’Épopée. Gilgamesh, Enkidu et les Enfers raconte comment Enkidu est emporté aux
Enfers, et comment Gilgamesh invoque les dieux pour le délivrer, sans succès, Enki
demandant cependant au dieu-Soleil de faire revenir le fantôme d'Enkidu un matin,
celui-ci conversant alors avec Gilgamesh sur les conditions de vie des morts dans
le monde souterrain31,32,33. La Mort de Gilgamesh raconte l'agonie de Gilgamesh, à
qui les dieux décident d'offrir l'accès à la divinité, faisant de lui une divinité
secondaire des Enfers, puis expose les préparatifs des funérailles du héros à Uruk,
et fournit ainsi une description des rituels funéraires34,35.
La version paléo-babylonienne
Trois tablettes d'argile accrochées à un mur. Elles sont alignées verticalement et
recouvertes de caractères cunéiformes.
Fragments de l’Épopée de Gilgamesh de la période paléo-babylonienne. Musée de
l'Institut oriental de Chicago.
La version paléo-babylonienne (« babylonien ancien ») de l’Épopée de Gilgamesh est
la plus ancienne version de l’œuvre connue, et manifestement la première. Rédigée
en akkadien, elle est connue par plusieurs fragments datés de la période 1800-1600
av. J.-C., de provenances diverses, pour certains bien identifiée (Nippur,
Ishchali, Tell Harmal), pour d'autres non (fragments d'origine inconnue conservés
notamment à Yale, Philadelphie, et dans la collection Schøyen en Norvège), et sont
probablement pour la plupart issus d'un contexte scolaire36. Certains se recoupent,
mais aucun ne présente un contenu suffisamment long pour présenter toute l’œuvre ou
ne serait-ce qu'une partie significative de celle-ci comme c'est le cas pour la
version standard. Ils offrent cependant un aperçu de plusieurs passages similaires
à cette dernière, ce qui a permis de les identifier assez rapidement comme des
parties de la plus ancienne mouture présentant un récit « intégré » des aventures
de Gilgamesh, même si les différences entre les passages similaires indiquent qu'il
y a déjà plusieurs variantes en circulation37. Dans ce cas, la question de savoir
s'il faut y voir le travail d'un auteur unique reste sans réponse38. Par ailleurs,
il a été proposé qu'une version en akkadien de l'affrontement de Gilgamesh et
Enkidu contre Huwawa/Humbaba pourrait avoir été rédigée entre les versions en
sumérien et la première mouture de l’Épopée, mais il n'en existe pas de source
directe39.
Si cette œuvre relate au moins un des hauts faits du héros attesté dans des textes
en sumérien, à savoir la mort de Huwawa/Humbaba, il ne s'agit pas d'une adaptation
des récits en sumérien, mais bien d'une nouvelle œuvre à part entière, reposant
sans doute en partie sur une tradition orale qui échappe complètement aux
historiens. Ce trait est partagé avec les autres œuvres épiques et mythologiques en
akkadien couchées par écrit à cette période (Atrahasis, Adapa, Etana) qui font
irruption dans la documentation sous la forme de récits cohérents sans antécédents
connus40.
Tablette de l’Épopée mise au jour à Hattusa, la capitale des Hittites. XIIIe siècle
av. J.-C. Neues Museum.
Plusieurs fragments de l’Épopée de Gilgamesh sont connus pour la période médio-
babylonienne (v. 1500-1200 av. J.-C.). Un fragment isolé datant du tout début de
cette période, provenant sans doute du Pays de la Mer a été redécouvert récemment ;
il relate la domestication d'Enkidu13. Parmi les fragments de cette période plus
anciennement connus, deux proviennent de sites du sud mésopotamien (Nippur et Ur)
et sont d'époque kassite (v. 1300-1200 av. J.-C.), mais les autres proviennent de
sites extérieurs à l'espace mésopotamien : Emar (Tell Meskene) et Ugarit (Ras
Shamra) en Syrie, Megiddo en Palestine, et Hattusa (Boğazköy) en Anatolie, la
capitale du royaume des Hittites44,14. Cela renvoie au contexte culturel de cette
période, durant laquelle l'akkadien est lingua franca dans les relations
internationales sur un espace allant de l’Égypte et l'Anatolie jusqu'à l'Iran
actuel, et est donc enseigné dans des écoles scribales de ces régions, enseignement
qui s'accompagne de la diffusion de textes littéraires mésopotamiens. Le contexte
hittite est particulier en cela que l’Épopée de Gilgamesh y est adapté en deux
langues parlées en Anatolie à cette période, à savoir le hittite et le hourrite. Le
texte y est connu sous le titre de « Chant de Gilgamesh », suivant une terminologie
reprise des mythes hourrites, et cette adaptation s'est faite en y apportant
plusieurs changements, notamment dans la version hittite, qui est plus concise :
Gilgamesh est créé par les dieux, il n'est pas originaire d'Uruk mais s'y installe,
divers épisodes sont supprimés, modifiés ou ajoutés comme des rencontres du héros
avec les divinités personnifiant la Mer et la Lune45,46,47. Par ailleurs, un texte
retrouvé en Assyrie datant du IXe siècle av. J.-C. dévie de la version standard, et
constitue donc un autre témoignage de l'existence de versions intermédiaires entre
celles d'époque paléo-babylonienne et la version standard. Sur la forme, les
fragments les plus anciens de ce corpus hétéroclite sont plutôt proches de la
première, notamment ceux de Boğazköy, tandis que les plus récents, ceux d'Emar,
sont déjà proches de la seconde. Les passages qu'ils documentent sont la «
domestication » d'Enkidu, l'expédition dans la forêt de cèdres, le trépas d'Enkidu
déjà attestés à l'époque antérieure, et le combat contre le Taureau céleste et le
rêve funeste d'Enkidu, dont il s'agit des plus anciennes attestations dans
l’Épopée, sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit d'ajouts de cette période
ou simplement s'ils existaient auparavant mais n'ont pas (encore ?) été découverts
dans des tablettes paléo-babyloniennes48,49. Un des fragments provenant d'Ugarit
est le plus ancien connu à avoir le même incipit que la version standard, « Celui
qui a tout vu » (ša naqba imuru), que l'on croyait auparavant être un ajout de
celle-ci, sans pour autant avoir un prologue identique50.
La version « standard »
La version dite « standard » est la forme définitive de l’Épopée de Gilgamesh,
celle par laquelle elle a été redécouverte à l'époque contemporaine à Ninive dans
des tablettes du VIIe siècle av. J.-C., qui fournissent la majeure partie du récit
(on parle aussi de version « ninivite »), contenue sur douze tablettes, même s'il
est considéré que la douzième tablette est un ajout postérieur à la rédaction de
version standard (voir plus bas), qui comprendrait donc onze tablettes. C'est de
loin la version la mieux connue du texte, certes de façon incomplète, mais
suffisamment pour qu'on puisse bien comprendre la plupart de ses épisodes et sa
trame, et donc celle qui sert de base aux traductions et autres adaptations
modernes de l’Épopée. Il s'agit d'un nouveau texte, comme le montre le fait qu'il
dispose d'un nouveau prologue. Son incipit est « Celui qui a tout vu », ou bien «
Celui qui a vu l'Abîme » (ša naqba imuru), attesté aussi dans un des fragments
d'Ugarit, une des versions « intermédiaires ». La dénomination moderne de version «
standard » ne doit certes pas être prise stricto sensu, puisqu'il y a des
divergences entre les œuvres, mais elles sont très légères et ne modifient pas le
contenu de l’œuvre51,52,53. Elle est également documentée sur d'autres sites
assyriens de cette époque (Assur, Nimroud et Sultantepe) et sur des sites de
Babylonie (Uruk d'époque séleucide et parthe, et d'autres fragments de provenance
indéterminée, peut-être Sippar, ou bien Borsippa ou Babylone). Dans son édition de
2003, A. George recensait en tout 184 fragments de la version standard qui, une
fois certains joints entre eux, constituent 116 pièces issues de 73 manuscrits54,
auxquels il convient d'ajouter un fragment de la cinquième tablette présentant des
passages jusqu'alors inconnus, retrouvé dans le musée de Sulaymaniyah et édité en
201415.
Enkidu est créé par la déesse Aruru à la demande des autres dieux, à partir d'un
lopin d'argile, dans la steppe, en plein monde sauvage. C'est donc un personnage à
l'aspect humain mais qui ne connaît rien de la civilisation, vivant au milieu des
animaux et se comportant comme eux :
Après cette première initiation au monde des humains, les animaux ne reconnaissent
plus Enkidu comme un des leurs. Il décide donc de suivre la courtisane, qui lui
apprend à se vêtir, et à boire et à manger comme le font les humains67.
Arrivé à Uruk, où il se fait à nouveau remarquer par son apparence, Enkidu apprend
d'un habitant de la ville les méfaits de Gilgamesh, apparemment le droit de
cuissage (c'est explicite dans la version paléo-babylonienne71,72), et il décide
alors de le combattre. Il lui barre la route alors qu'il se rend à la demeure de
jeunes mariés et ils s'affrontent dans un passage lacunaire de la version
standard73.
Quoi qu'il en soit, l'affrontement aboutit à un respect mutuel des deux gaillards,
qui se lient alors d'amitié. Dans la version paléo-babylonienne (tablettes de
Philadelphie et Yale), le combat s’interrompt à l'initiative de Gilgamesh, Enkidu
reconnaissant aussitôt la valeur de son adversaire ; il lui fait des reproches sur
son attitude, mais cela n'empêche pas leur amitié de naître75,76.
Gilgamesh présente alors son nouveau compagnon à sa mère Ninsun, et il semble que
Gilgamesh fasse amende honorable pour ses excès de pouvoir, et renouvelle son pacte
d'amitié avec Enkidu. Le roi d'Uruk propose alors à son ami de se rendre dans la
lointaine Forêt des Cèdres pour combattre le démon Humbaba, qui a été investi de la
charge de protéger les lieux pour le compte du roi des dieux, Enlil. Enkidu met en
garde Gilgamesh contre les dangers de cette entreprise, mais le héros s'obstine. Il
fait préparer les armes en vue du combat, et fait part de son projet à l'assemblée
des Anciens d'Uruk, qui tente également de le détourner de son entreprise
périlleuse avec l'appui d'Enkidu, une nouvelle fois en vain77.
Ninsun, inquiète du sort qui attend son fils, se retire alors dans ses
appartements, revêt ses vêtements d'apparat, et se rend sur le toit d'un édifice
afin d'adresser une supplique au dieu Shamash, protecteur de Gilgamesh. Sa
complainte commence par des lamentations sur le tempérament impétueux de son fils,
qu'elle impute aux volontés de Shamash, et elle évoque sa crainte devant les périls
auxquels Gilgamesh va faire face. Puis elle prie le dieu-soleil de protéger son
fils :
Ils arrivent en vue du domaine d’Humbaba. Gilgamesh invoque l'aide de Shamash, qui
lui répond favorablement et lui prodigue des conseils sur le combat à venir. Ils se
jettent en avant. C’est alors que le rugissement terrifiant de Humbaba retentit.
Enkidu est saisi de crainte, Gilgamesh lui fait reprendre courage :
Ils parviennent ainsi à la lisière de la forêt où ils font une dernière halte89.
La rencontre avec Humbaba est décrite dans un passage mal connu, qui semblerait
notamment indiquer que ce personnage et Enkidu se seraient déjà rencontrés par le
passé, alors que le second était encore un « sauvage ». Humbaba essaye de dissuader
les deux compères de le combattre, leur promettant une mort cruelle. Le combat
s'engage alors, avec une première passe d'armes au cours de laquelle le dieu
Shamash vient en aide à Gilgamesh, faisant s'abattre sur Humbaba les « Treize vents
», qui l'immobilisent.
Humbaba, voyant le sort du combat se retourner contre lui, implore alors Gilgamesh
de l'épargner. Mais Enkidu met en garde son ami contre les paroles de Humbaba, et
le convainc de l'achever avant que les dieux que le monstre sert, en premier lieu
Enlil, n'interviennent. Les héros se ruent à nouveau contre Humbaba, qui tente de
leur échapper, mais ils parviennent à le mettre à mort93,15.
Il lui rappelle le destin funeste qui advint à ses amoureux : Tammuz, le Lion, le
Cheval, le Pâtre, Ishullânu le Jardinier de son père Anu98,99.
Ce long discours provoque la fureur d’Ishtar qui va demander à son père Anu de quoi
venger ces rebuffades. Celui-ci lui reproche d’avoir provoqué Gilgamesh mais accède
à son désir de lâcher le Taureau céleste pour frapper Uruk. Il la prévient des
terribles conséquences que provoqueront les ravages du Taureau : « Ce seront pour
le pays d’Uruk sept années de famine ! Tu devrais donc d’abord amonceler du grain
et faire abonder la verdure ! » Ishtar le rassure en lui disant avoir pris des
précautions, puis Anu lui remet les longes du Taureau100,101.
Ishtar emmène le Taureau céleste au centre d’Uruk et le lâche. Il assèche les bois
et les marais. Descendant au bord du fleuve en quelques lampées il le diminue. En
s’ébrouant, par trois fois il ébranle la ville, creusant des crevasses qui
engloutissent à chaque fois des centaines de gens, et Enkidu y tombe jusqu’à la
ceinture. Il en sort d’un bond, se saisit des cornes du Taureau et s’adresse à
Gilgamesh pour réclamer son assistance. Tandis qu’il saisit le Taureau par la
queue, Gilgamesh plonge son glaive entre la corne et la nuque. Ils le tuent et
offrent son cœur à Shamash102,103.
Suit alors la lamentation d’Ishtar, humiliée par cette déroute. Enkidu l’entendant,
arrache une patte du Taureau, la lui jette au visage et lui lance :
Ishtar rassemble alors le peuple des prostituées et courtisanes d'Uruk pour faire
une déploration face à la patte du Taureau. Gilgamesh de son côté fait travailler
les artisans d’Uruk à orner les cornes du Taureau d’un placage d’or et de lazulite
pour les offrir en culte à son père Lugalbanda. Après s’être lavé les mains dans
l’Euphrate, les deux héros paradent en triomphe dans les rues de la ville. La
journée s’achève par une fête au palais qui marque le faîte de la gloire des deux
héros. La tablette se termine sur l'évocation d'un songe qu'Enkidu fait la nuit
même, avant de le rapporter à son réveil à Gilgamesh105,106.
Devant le désespoir de son ami, Gilgamesh ému aux larmes cherche d'abord à le
réconforter, puis promet d'implorer les dieux pour le compte d'Enkidu. Mais il
reste fataliste, reconnaissant qu'Enlil ne revient jamais sur ses décrets et que le
destin qu'il fixe est irréversible108,109.
Enkidu s'adresse ensuite à Shamash et maudit ceux qui l’ont enlevé à son existence
première et l'ont conduit vers la civilisation : le chasseur et surtout la
courtisane Shamhat. Shamash lui reproche son ingratitude envers elle, qui l’a vêtu,
abreuvé et nourri, qui lui a procuré un compagnon tel que Gilgamesh. Enkidu revient
finalement sur sa malédiction et adresse une dernière louange à la
courtisane110,111.
Enkidu, encore plus troublé et déprimé, alité, fait à nouveau un rêve funeste qu’il
détaille à Gilgamesh. Ce rêve décrit la condition des morts aux Enfers où on le
conduit et où il est confronté au sort peu enviable des défunts :
Gilgamesh mobilise les artisans d'Uruk et leur fait confectionner une statue
d’Enkidu, d’or et de pierres précieuses, et sélectionne dans son Trésor les
offrandes funéraires qui lui sont destinées. Le déroulement des funérailles est
cependant mal connu en raison des nombreuses lacunes du texte : un grand banquet
funéraire est tenu, le peuple d'Uruk participant aux déplorations, des offrandes
sont faites aux divinités infernales afin d'assurer qu'Enkidu trouve un bon accueil
dans l'Au-delà, et une prière semble adressée à Shamash116,117.
Mais Gilgamesh ne peut l’entendre : s’il renonçait, ce serait pour poursuivre une
vie d’errance. Il lui demande la route qui mène à Uta-napishti. Shiduri lui répond
qu'il doit traverser la mer pour toucher à son but, mais pour cela il faut
traverser les eaux mortelles. Néanmoins, elle lui indique qu'il peut aller trouver
Ur-Shanabi, le nocher d'Uta-napishti, qui vit avec des créatures appelées « Ceux-
de-pierre ». À ces mots, Gilgamesh brandit sa hache, tire l’épée du fourreau et
fonce trouver le nocher. Ur-Shanabi à sa vue prend peur, Gilgamesh met en pièces
Ceux-de-pierre et s’assure par la force de la coopération du nocher. Ur-Shanabi lui
demande qui il est et ce qui le met dans cet état. Gilgamesh lui explique son
désespoir et sa quête. Il lui enjoint de le conduire jusqu’à Uta-napishti. « Tes
propres mains, Gilgamesh », lui répond le nocher « Ont compromis la traversée : Tu
as mis en pièce Ceux-de-pierre […]. (Mais) puisque qu’ils sont en miettes et
[leurs] attaches (?) arrachées (?), brandis (ta) hache, pénètre dans la forêt et
coupe cent vingt perches de trente mètres » (cinq fois douze coudées d'environ 50
cm, soit 30 m) « Ébranche(-les) et garnis(-les) de pointes (?) et apporte-les-moi
». Ceci fait, ils embarquent et, en trois jours, accomplissent la distance d’un
mois et demi. Ils parviennent aux eaux de mort. Ur-Shanabi s’adresse à Gilgamesh :
« Écarte-toi du bord, et prends la première perche ; tes mains ne doivent pas
toucher l’Eau-mortelle. Mais/Ou bien prends ensuite la seconde, (puis) la troisième
; (et) la quatrième perche ! », etc. À la cent vingtième, Gilgamesh en a fini avec
les perches. Il utilise alors ses vêtements ou ceux du nocher, apparemment pour
faire une voile et ainsi faire avancer le bateau sur la distance restant à
parcourir123,124.
Uta-napishti s’adresse à son nocher pour lui confier Gilgamesh. Ur-Shanabi le prend
avec lui pour l’emmener au bain. Gilgamesh « lave comme neige sa tignasse. Se
débarrasse de sa dépouille que la mer emporte. Oint son corps de bon onguent, Remet
un bandeau neuf sur sa tête, Se revêt d’une tunique digne de lui ». Puis ils
embarquent sur le bateau du retour. La femme d'Uta-napishti intervient auprès de ce
dernier pour qu’il fasse un geste en faveur de Gilgamesh, qui va rentrer
bredouille. Gilgamesh entendant ceci manœuvre la gaffe pour revenir au rivage. Uta-
napishti lui apprend l'existence d'une plante de jouvence, lui permettant de
prolonger sa vie, lot de consolation pour ne pas pouvoir obtenir la vie éternelle.
À ces mots Gilgamesh creuse à ses pieds pour trouver de lourdes pierres, dont il
s’empare et qui l’entraînent jusqu’au fond de la mer, où il trouve la plante, qui
lui pique les mains. S’étant libéré de ses pierres il remonte et la mer le repousse
au rivage. Gilgamesh décide d'emporter la plante à Uruk, pour d'abord tester ses
effets sur un vieillard avant de la prendre lui-même. Sur le chemin du retour, au
cours d'une halte, Gilgamesh, ayant aperçu un trou d’eau fraîche, s'y jette pour
s'y baigner. Un serpent, attiré par l’odeur de la plante, sort furtivement de son
terrier et s'en empare, rejetant ses écailles. Gilgamesh, devant ce nouveau revers,
ne pouvant retrouver l'endroit où il avait récupéré la plante, s'effondre en larmes
devant la vanité (apparente) du périple qu'il a accompli133,134.
Monte, Ur-Shanabi,
Déambuler sur les remparts d’Uruk !
Considère ce soubassement,
Scrutes-en les fondations !
Tout cela n'est-il pas de la brique cuite ?
Et les Sept Sages en personne,
N'en ont-ils pas jeté les fondations ?
Trois cents hectares de ville
Autant de jardins,
Autant de terre vierge :
C'est l'apanage du temple d'Ishtar :
(Avec ces) milles hectares, tu couvres du regard
L'(entier) domaine d'Uruk.
Thèmes et personnages
Le message de l’Épopée de Gilgamesh suit la morale classique de la Mésopotamie
antique, relayée par de nombreux textes de sagesse et d'autres mythes, sur les
rapports entre les hommes et les dieux, les limites de la condition humaine et en
particulier l'inéluctabilité de la mort des humains. Ce texte épique, en
particulier dans sa version standard, met au premier plan des accomplissements de
son héros la découverte d'une plus grande sagesse : c'est un conte d'apprentissage,
dans lequel les péripéties du héros lui permettent d'accéder à une connaissance
plus vaste, dont il assure ensuite la transmission par la mise en récit. Au cours
de ses aventures, Gilgamesh accomplit son évolution en rencontrant divers
personnages, dont son ami Enkidu, divers personnages féminins lui prodiguant des
enseignements, à commencer par sa mère Ninsun, et finalement le survivant du
Déluge, Uta-napishti, qui lui prodigue le savoir sur ce cataclysme qui lui permet
de comprendre pourquoi il n'accèdera pas à l'immortalité et de saisir plus
largement la réalité de la condition humaine.
Gilgamesh, le héros
Article détaillé : Gilgamesh.
Gilgamesh est une figure importante du folklore de la Mésopotamie antique, attestée
dans plusieurs textes de diverses époques en dehors de l’Épopée. Il apparaît
d'abord dans la documentation écrite de la seconde moitié du IIIe millénaire av.
J.-C., dans des textes rédigés en sumérien, sous une forme ancienne de son nom,
Bilgamesh. Il y figure déjà sous plusieurs aspects. La plus ancienne attestation,
dans un texte du XXVIe siècle av. J.-C., le présente comme une divinité du monde
infernal, trait qu'il conserve par la suite. Sous la troisième dynastie d'Ur (ou Ur
III, v. 2112-2004 av. J.-C.), il est célébré dans des hymnes commandités par les
souverains de cette lignée, qui se présentent comme ses « frères » et se placent
sous sa protection. Il y apparaît alors comme un personnage d'essence divine,
ancien roi d'Uruk (ville dont est originaire la dynastie d'Ur III), aux actes
héroïques. La Liste royale sumérienne en fait un souverain d'Uruk (ou plus
précisément d'une partie de celle-ci, dénommée Kulab(a)) ayant exercé son hégémonie
sur la Mésopotamie dans des temps reculés139. Il figure dans d'autres œuvres
littéraires de la Mésopotamie antique, par exemple la Ballade des héros des temps
jadis, une prière datant de la première moitié du IIe millénaire av. J.-C., qui le
mentionne ainsi qu'Enkidu et Humbaba, parmi une liste de grands personnages de la
tradition mésopotamienne140.
Dans l’Épopée, Gilgamesh est présenté sous des aspects assez contrastés, comme en
témoigne le prologue, et d'une manière générale la première tablette. C'est un
personnage assurément remarquable, au-dessus du commun des mortels :
(Ce) Gilgamesh,
Dès sa naissance,
Était prestigieux !
Dieu aux deux tiers,
Pour un tiers homme,
La forme de son corps,
Mah l'avait dessinée,
Elle en avait agencé la figure.
La beauté de Gilgamesh est célébrée à plusieurs reprises dans le texte. Son corps
jeune et puissant présente tous les attributs qui le rendent agréable à regarder et
érotique, de quoi faire tomber sous son charme la déesse Ishtar : il est « (bien)
bâti » (bânu), « bon/favorable » donc beau (damqu), « vigoureux » (baštu), «
voluptueux » (kuzbu, ici une sorte de magnétisme sexuel)143. Les hauts faits du roi
d'Uruk, bien connus par la tradition mésopotamienne, sont également rappelés dans
le prologue : son règne à Uruk, la construction de ses murailles, du temple
d'Ishtar, ses qualités de meneur d'homme et de guerrier144.
Les dieux jouent un rôle plutôt secondaire dans ce texte. Le dieu-soleil Shamash,
dieu personnel et protecteur de Gilgamesh, intervient à plusieurs reprises pour
aider et guider le héros147. Les grands dieux souverains, Enlil et Anu,
interviennent également à plusieurs moments-clefs, rappelant leur toute-puissance.
La déesse Ishtar joue aussi un rôle significatif dans le déroulement de l'intrigue,
renvoyant à son aspect perturbateur148. Mais, l’Épopée n'est pas à proprement
parler un texte mythologique, mettant au centre le rôle des dieux, y compris quand
il s'agit de définir la nature humaine. Elle ne développe pas vraiment la croyance
fondamentale dans la mythologie mésopotamienne, qui est que les hommes existent
pour être des serviteurs des divinités qui les ont créés : selon A. George, ce
texte traite « plus de qu'est-ce que c'est que d'être un humain, que de servir les
dieux »149. Pour William L. Moran, c'est un « document d'humanisme antique »,
professant l'« acceptation des limites humaines » et l'« insistance sur les valeurs
humaines »150. L’Épopée questionne sur la vie, la mort, le destin de l'homme, la
gloire, la sagesse, le bonheur, l'amitié, la sexualité, etc., autant de grandes
interrogations relatives à la condition humaine151.
Le message fondamental sur la condition humaine contenu dans l’Épopée est celui de
ses limites, avec l'inéluctabilité de la mort : cela est résumé par une sentence du
discours de la cabaretière Shiduri dans la version paléo-babylonienne de l’œuvre :
« Quand les dieux ont créé les hommes, ils leur ont assigné la mort, se réservant
l’immortalité à eux-mêmes »152. Au départ avant tout mû par la gloire, Gilgamesh
devient obsédé par la mort après le décès de son ami Enkidu, et se lance dans une
quête désespérée pour ne pas mourir. Thorkild Jacobsen relève qu'au début de
l’œuvre le personnage cherche plus l'immortalité par la gloire que lui apportent
ses exploits, et ne se soucie pas de la question de la mort ; après le basculement,
il cherche l'immortalité stricto sensu153.
L’Épopée n'est donc pas seulement un récit sur la condition humaine, la mort, et
sur l'échec de son héros dans sa quête d'immortalité. C'est, en particulier après
la mort d'Enkidu, un récit d'apprentissage. Il décrit une quête initiatique au
cours de laquelle Gilgamesh gagne en maturité et en sagesse, après plusieurs
péripéties qui fonctionnent comme des rites de passage, ses succès mais encore plus
ses échecs, l'expérience avec la mort et l'acceptation de celle-ci169,170. Th.
Jacobsen a défini ce texte comme une histoire sur le fait de grandir (« a story
about growing up »)171, et à sa suite R. Harris y a vu une histoire sur le passage
de l'enfance à l'âge adulte (« coming of age »)172,173.
Enkidu apparaît dans les récits en sumérien relatifs aux exploits de Gilgamesh,
plutôt en tant que serviteur de ce dernier, même si la profonde amitié qui les lie
ressort de certains de ces textes, en particulier Gilgamesh, Enkidu et les Enfers
et la Mort de Gilgamesh, et qu'Enkidu prodigue souvent des conseils à Gilgamesh,
comme il le fait dans l’Épopée174. Cette dernière lui offre néanmoins une
biographie complète et cohérente à partir de ces précédents.
Malgré l'espoir que suscite la venue d'Enkidu chez le peuple d'Uruk, ce dernier ne
calme en rien les ardeurs de Gilgamesh, au contraire il l'accompagne dans sa quête
de gloire de plus en plus démesurée, et se joint finalement à lui dans les outrages
faits aux dieux, ce qui devait causer sa fin177. Les déplorations de Gilgamesh lors
du trépas d'Enkidu, et dans la quête d'immortalité que sa mort suscite révèlent la
profondeur des liens entre les deux. Dans l’Épopée, Enkidu est l'« ami » (ibru) de
Gilgamesh, celui qui promet de l'accompagner et de le protéger dans ses aventures,
et le conseille à plusieurs reprises. Sa perte est donc une épreuve terrible pour
Gilgamesh qui avait trouvé en lui un compagnon qui lui était parfaitement
complémentaire. Il a également été souligné que la relation entre les deux avait
une teneur homo-érotique et que les déplorations de Gilgamesh, et la façon dont il
décrit Enkidu, recouraient par moments à un langage érotique le présentant
quasiment comme son amant. La question de savoir s'il y a vraiment une relation
homosexuelle sous-entendue dans le texte, ou bien s'il s'agit plutôt d'emprunts
littéraires au vocabulaire de l'amour pour caractériser une relation amicale, est
discutée178.
Quoi qu'il en soit, le binôme qu'il forme avec Gilgamesh est un des éléments
marquants de la première partie de l’Épopée : il est son alter ego, né dans la
steppe et incarnant de ce fait la nature alors que le roi de la cité d'Uruk
représente la culture ; il est l'autre créé pour être son rival, le canaliser,
devenant par un retournement de situation l'ami qui le conseille et le soutient à
plusieurs reprises, lui permettant d'accomplir des exploits jusqu'alors
inimaginables, ce qui rend sa perte encore plus dramatique179.
De ce fait, le récit du Déluge est pour ainsi dire extérieur au reste de l’Épopée :
Gilgamesh n'en est pas le protagoniste, et ce passage pourrait être absent de
l’œuvre sans en changer le sens. L'important pour le propos de l’Épopée est avant
tout que Gilgamesh reçoive le savoir sur le Déluge de la personne même qui y a
survécu et est la seule (avec son épouse) à pouvoir lui délivrer. C'est donc par le
biais de la révélation au héros que l'humanité a connaissance de ce cataclysme.
C'est d'ailleurs le seul savoir qu'a acquis Gilgamesh lors de son éveil à la plus
grande sagesse qui soit explicitement mentionné dans le prologue de l’œuvre. Uta-
napishti (qui correspond au « Supersage » d'Atrahasis, et au Ziusudra de la version
sumérienne du Déluge) joue le rôle d'un personnage doué d'un savoir immense,
connaissant des choses ignorées du reste de l'humanité, et il initie Gilgamesh à
ces choses qu'il pourra ensuite transmettre au reste de l'humanité dans son action
pour le renouveau de celle-ci196,197. Cette tradition est déjà présente dans le
récit en sumérien La Mort de Gilgamesh, d'époque paléo-babylonienne, où il est dit
qu'à l'issue de ses aventures Gilgamesh a rencontré Ziusudra qui lui a enseigné la
sagesse d'avant le Déluge198. Selon F. Joannès, « la leçon véritable du Déluge »
est alors que « les dieux ont reconnu l'utilité fondamentale de l'espèce humaine
pour la pérennité de l'ordre du monde », assurant ainsi sa survie malgré sa
mortalité. Il incombe alors à Gilgamesh de lui fournir un modèle d'organisation
autour de sa cité d'Uruk168.
Aller plus loin est complexe puisqu'il est impossible d'étudier la transmission
orale de l’Épopée de Gilgamesh, ou plutôt des aventures de Gilgamesh, dans des
variantes plus ou moins proches de celles des versions écrites. De plus, ce
personnage apparaît régulièrement sur une période de près de 2 500 ans dans la
littérature cunéiforme sous ses différents aspects (roi, héros, dieu infernal), qui
ne renvoient pas forcément à l’Épopée. L'art apporte quelques éléments de réponse :
même s'il est souvent difficile de rapprocher des scènes de combat de textes
épiques ou mythologiques et que beaucoup de tentatives d'identifier des passages de
l’Épopée dans l'art sont peu convaincantes, il semble assuré que l'on trouve à
partir du début du IIe millénaire av. J.-C., sur des plaques en terre cuite et des
sceaux-cylindres, des représentations des hauts faits de Gilgamesh et d'Enkidu, en
particulier les combats contre Huwawa/Humbaba et contre le Taureau céleste
(documentés aussi bien par différentes parties de l’Épopée que par les récits sur
Gilgamesh en sumérien). Cela indique que les aventures de ces héros avaient un écho
en dehors du milieu lettré202,203,204,205,206.
Les recherches d'influences de l’Épopée sur d'autres œuvres ont également porté sur
les épopées d'Homère. M. West a ainsi proposé qu'on retrouve des traces d'une
influence littéraire sur plusieurs aspects de l’Iliade et de l’Odyssée. Dans la
première, Achille est, comme Gilgamesh, un héros beau et fort physiquement, fils
d'une déesse (Thétis), et sa relation avec Patrocle présente des similitudes avec
celle unissant le héros mésopotamien et Enkidu, connaissant elle aussi un
dénouement tragique qui s'accompagne de déplorations poignantes du héros. Dans la
seconde, Ulysse a pour point commun avec Gilgamesh d'avoir accompli de longues
pérégrinations et de disposer d'une grande sagesse ; la Nekuia du Chant XI de
l’Odyssée emprunterait à la tablette XII de la version ninivite de l’Épopée de
Gilgamesh213. A. George a objecté que ces ressemblances ne relèveraient que
d'influences plus larges de motifs folkloriques depuis le Moyen-Orient vers la
Grèce, et du fait que ces œuvres relèvent du même genre, celui de l’épopée,
présentant des thématiques et structures narratives de base communes à ce type de
récit214.
Des survivances possibles des aventures de Gilgamesh ont été relevées dans
plusieurs textes de la littérature de l'Antiquité récente, qui témoignent certes de
la continuité de la figure de Gilgamesh, mais ne présentent pas vraiment de
ressemblances avec ses aventures dans l’Épopée qui permettent d'envisager une
influence littéraire de celle-ci215. Gilgamesh (glgmyš) et Humbaba (ḥwbbš)
apparaissent ainsi dans le Livre des Géants trouvé parmi les parchemins des
Manuscrits de la mer Morte datant du Ier siècle av. J.-C.216. La déesse syrienne de
Lucien de Samosate (IIe siècle) contient un passage qui a été rapproché de
l'histoire de Gilgamesh : il raconte l'histoire d'un personnage nommé Combabos, ami
du roi Séleucos, qui, pour ne pas être accusé d'avoir fauté avec l'épouse de ce
dernier, Stratonice, qu'il doit accompagner lors d'un voyage, choisit de
s'émasculer217. Un passage du De la nature des animaux de Claude Élien (début IIIe
siècle) relate la naissance d'un personnage nommé Gilgamos, mais l'histoire ne
renvoie pas à l’Épopée, plutôt à d'autres œuvres de la Mésopotamie antique ou de
régions voisines (Etana, naissance légendaire de Sargon d'Akkad)218.
Il apparaît donc que l'histoire de l’Épopée a sans doute été oubliée après la fin
de la civilisation mésopotamienne aux débuts de notre ère et la perte de la majeure
partie de ses accomplissements littéraires, même si certains de ses récits ont pu
avoir une influence dans des œuvres postérieures. Mais la faible connaissance de la
littérature en langue araméenne de ces époques empêche d'en savoir plus sur les
modalités et les réalités de ces survivances. En tout cas c'est plutôt la figure de
Gilgamesh qui a survécu quelque temps, dans des récits ayant au mieux une vague
ressemblance avec l’Épopée225.
À la différence des épopées grecques auxquelles elle est souvent comparée, l’Épopée
de Gilgamesh doit conquérir un nouveau public après sa redécouverte moderne. Elle
rencontre connaît rapidement un certain écho, pour plusieurs raisons. Dès le début
un vif intérêt est porté sur ses similitudes avec les récits bibliques (notamment
dans le contexte de la controverse allemande « Babel und Bibel » au début du XXe
siècle, questionnant la nature et l'ampleur de la dette biblique envers l'héritage
babylonien227). On s'intéresse également à son aspect épique, qui fait qu'on l'a
tantôt présentée comme une « Iliade de Babylonie »228 ou comme une « épopée
nationale » babylonienne229. Ses thématiques liées à la condition humaine,
notamment ses questionnements sur la quête de gloire et la mort, ont rencontré un
écho chez les lecteurs modernes, ouvrant la voie à des analyses psychologiques230.
L’Épopée est rapidement devenue dans le public cultivé le texte caractéristique de
la civilisation mésopotamienne. De ce fait, elle a servi de source d'inspiration à
des œuvres de fiction, de poésie, de théâtre, de peinture, de musique, etc., qui
lui ont donné une nouvelle vie avec des interprétations modernisées, surtout après
1945231.
Littérature
La réception de l’Épopée de Gilgamesh pendant les quarante premières années après
sa découverte est dominée par la théologie et l'histoire des religions : l’Épopée
intéresse essentiellement pour les parallèles qu'elle rend possibles avec la Bible,
en particulier l'histoire du Déluge. Pendant et après la Première Guerre mondiale,
la publication de plusieurs traductions fiables éveille l'intérêt d'une poignée
d'écrivains et d'artistes, principalement en Allemagne. L’Épopée est mentionnée et
commentée avec enthousiasme par Rainer Maria Rilke, Hermann Hesse et Thomas Mann
ainsi que par le psychanalyste Carl Gustav Jung232.
Le Héros aux mille et un visages de Joseph Campbell (1949) intègre l’Épopée dans
son analyse du « voyage du héros », qui a eu une grande influence littéraire, la
seconde partie du récit étant présentée comme un exemple de quête héroïque d'un
élixir. Cet auteur semble aussi avoir joué un rôle important dans l'intégration de
Gilgamesh dans les études psychologiques et les réflexions sur l'identité. L’Épopée
a suscité l'intérêt de divers auteurs de science fiction, qui sont de manière
générale très bien informés sur les mythes anciens, et certains d'entre eux
considèrent ce récit comme la plus ancienne œuvre de science-fiction. Ces analyses
participent d'une tendance répandue à considérer Gilgamesh comme un des premiers
héros littéraires ou une sorte de « proto-héros » ayant fortement influencé les
figures héroïques postérieures, jusqu'aux super-héros modernes233.
L'ancien président irakien Saddam Hussein, qui éprouvait une fascination pour la
figure de Gilgamesh et reprenait souvent le passé mésopotamien antique pour
conforter sa légitimité, a écrit (ou du moins participé à la rédaction de) Zabiba
et le Roi, un roman inspiré des Mille et une nuits mais reprenant aussi des
éléments de l’Épopée de Gilgamesh, puisque le personnage principal est un roi
tyrannique qui devient plus juste après avoir rencontré une femme du peuple nommée
Zabiba237.
Musique
Photo en couleurs du visage d'un homme.
Abed Azrié en 2013.
En 1958, le compositeur Bohuslav Martinů crée à Bâle un oratorio, L'Épopée de
Gilgamesh (Epos o Gilgamešovi), inspiré de l’Épopée et considéré généralement comme
son chef-d'œuvre226.
Les aventures de Gilgamesh ont également trouvé un écho dans d'autres styles
musicaux, par exemple le premier album du groupe australien Gypsy & The Cat
(Gilgamesh, 2010), une chanson du rappeur Baba Brinkman (album Rapconteur, chanson
Gilgamesh, 2010) ou encore un album du groupe de heavy métal irakien Acrassicauda
(Gilgamesh, 2015)239.
Théâtre
En Irak, l’Épopée de Gilgamesh a fait l'objet de plusieurs adaptations théâtrales
dans les années 1970, souvent marquées par les idées nationalistes et
révolutionnaires du parti Baas alors au pouvoir ; l'une d'elles fut jouée dans le
théâtre de Babylone240.
Danse
En 2019, Outwitting The Devil242 est une adaptation britannique de l'Épopée
réalisée par Akram Khan reprenant à travers musiques et danses l'histoire de
Gilgamesh avec une adaptation plus moderne.
Arts plastiques
En 1981, l'artiste allemand Anselm Kiefer publie trois séries de photomontages
intitulées Gilgamesh und Enkidu im Zedernwald (« Gilgamesh et Enkidu dans la Forêt
des Cèdres »), suivant une histoire très librement inspirée par un passage de
l'Épopée243.
Cinéma et télévision
Photo en couleurs du visage d'un homme.
Where Is Gilgamesh? (2024)
En 1985, les frères Quay, cinéastes américains, réalisent This Unnameable Little
Broom (or the Epic of Gilgamesh), un court-métrage d'animation fantastique
utilisant l'animation en volume et dont le scénario s'inspire librement de
l'épisode de l’Épopée où Gilgamesh envoie la courtisane à Enkidu pour
l'apprivoiser244,245.
Bande dessinée
Photo en couleurs du visage d'un homme.
Pierre Taranzano (2019)
Plusieurs adaptations de l'Épopée en bande dessinée sont publiées au tournant du
XXIe siècle248. En 2004-2006, la bande dessinée Gilgamesh de Gwen de Bonneval et
Frantz Duchazeau, parue chez Dargaud (en deux tomes puis en intégrale), constitue
une adaptation proche du texte antique qui se base sur la traduction française de
Jean Bottéro pour relater l'épopée antique248. En 2012, un extrait de l'épopée
(l’épisode du Taureau céleste), adapté par Kevin et Kent Dixon, a été publié dans
l'anthologie Le Canon graphique. En 2017, l'auteur de bande dessinée allemand Jens
Harder publie Gilgamesh, dont le scénario est très proche du texte antique et dont
les dessins s'inspirent de l'iconographie assyrienne. En 2018, les Dixon ont fait
paraître leur version complète de l’œuvre249.
À partir de 2019, la série « La sagesse des mythes » de Luc Ferry, Clotilde Bruneau
et Pierre Taranzano relate l'épopée de Gilgamesh, suivant au plus près le texte
original250. Trois tomes sont prévus, édités par Glénat.
D'autres bandes dessinées ne cherchent pas à relater l'épopée elle-même, mais s'en
inspirent ou y font référence dans des intrigues originales. Gilgamesh, bande
dessinée fantastique de Jean-Yves Mitton et Franck Zimmerman parue chez Soleil en
1996, implique le héros dans une intrigue de science-fiction ayant pour cadre la
première guerre du Golfe. L'Épopée de Gilgamesh, premier tome d'une série inachevée
par Julien Blondel et Alain Brion parue chez Soleil en 2010, est une adaptation
très libre relevant davantage de la fantasy248.
Notes et références
Ziolkowski 2011, p. 9-15.
Ziolkowski 2011, p. 15-19.
Ziolkowski 2011, p. 28-29.
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Notes, Oxford, Clarendon Press, 1930
Ziolkowski 2011, p. 44.
Tigay 1982, p. 19-20
(en) A. R. George et F. N. H. Al-Rawi, « Gilgamesh dreams of Enkidu: An Old
Babylonian tablet of Gilgamesh in the Sulaymaniyah Museum », Revue d'assyriologie
et d'archéologie orientale, vol. 113, no 1, 2019, p. 131-138.
Tigay 1982
Par exemple, en français, Bottéro 1992 avec une approche vulgarisatrice, et Tournay
et Shaffer 1994 avec une approche plus « universitaire ».
Ziolkowski 2011, p. 155-157.
George 2003
(en) A. R. George, « The Civilizing of Ea-Enkidu: An Unusual Tablet of the
Babylonian Gilgameš Epic », Revue d’Assyriologie, vol. 101, 2007, p. 59–80.
La version d'Ugarit a été éditée dans D. Arnaud, Corpus des textes de bibliothèque
de Ras Shamra-Ougarit (1936-2000) en sumérien, babylonien et assyrien, Sabadell-
Barcelone, Editorial Ausa, 2007, p. 130-134 et (en) A. R. George, « The Gilgameš
epic at Ugarit », Aula Orientalis, vol. 25, 2007, p. 237-254.
(en) F. Al-Rawi et A. R. George, « Back to the Cedar Forest: The beginning and end
of Tablet V of the Standard Babylonian Epic of Gilgameš », Journal of Cuneiform
Studies, vol. 66, 2014, p. 69-90.
(en) A. R. George, « Enkidu and the Harlot: Another Fragment of Old Babylonian
Gilgameš », Zeitschrift für Assyriologie, vol. 108, no 1, 2018, p. 10–21.
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(en) A. R. George, « What’s new in the Gilgamesh Epic? [archive] » (consulté le 16
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(en) I. Vanwesenbeeck, « Translating Gilgamesh: A Conversation with Benjamin Foster
[archive] », sur World Literature Today, 10 janvier 2017 (consulté le 16 septembre
2018).
(en) Erik Ofgang, « Piecing Together an Ancient Epic Was Slow Work. Until A.I. Got
Involved [archive] », sur The New York Times, 12 août 2024 (consulté le 13 août
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Tigay 1982, p. 23-24 (et p. 35-37 pour une tentative d'identification des fonctions
de ces textes) ; George 2003, p. 7-8.
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Tournay et Shaffer 1994, p. 282-291.
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George 2003, p. 17. Édition et traduction dans George 2003, p. 159-286. Traductions
en français dans Bottéro 1992, p. 219-261.
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George 2003, p. 20-22
George 2003, p. 275
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George 2003, p. 22-24.
Édition et traduction des textes en akkadien dans George 2003, p. 287-347.
Traductions en français dans Bottéro 1992, p. 263-289.
(en) G. Beckman, « The Hittite Gilgamesh », dans Foster 2001, p. 157-165
(en) G. Beckman, « Gilgamesh in Ḫatti », dans G. Beckman, R. Beal et G. McMahon
(dir.), Hittite Studies in Honor of Harry A. Hoffner Jr. on the Occasion of his
65th Birthday, Winona Lake, Eisenbrauns, 2003, p. 37-57
(en) G. Beckman, The Hittite Gilgamesh, Atlanta, Lockwood Press, 2019.
Tigay 1982, p. 110-129
George 2003, p. 24-27
(en) A. R. George, « The Gilgameš epic at Ugarit », Aula Orientalis, vol. 25, 2007,
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Bottéro 1992, p. 49-51.
George 2003, p. 30-31 (et 419-431 pour une étude détaillée des variations).
George 2003, p. 379-381
Tigay 1982, p. 238-240
(en) P.-A. Beaulieu, « The descendants of Sîn-leqe-uninnī », dans J. Marzahn et H.
Neumann (dir.), Assyriologia et Semitica, Festschrift für Joachim Oelsner, Münster,
Ugarit-Verlag, 2000, p. 1-16.
Par exemple : Bottéro 1992, p. 51-53 ; Harris 2000, p. 32-35 ; George 2003, p. 28-
33.
George 2003, p. 33.
Bottéro 1992, p. 53-55 ; George 2003, p. 47-54.
George 2003, p. 418-419
Bottéro 1992, p. 63-67.
George 1999, p. xlvi-xlvii
George 2003, p. 448-449.
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George 1999, p. 106
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Bottéro 1992, p. 84-86.
Bottéro 1992, p. 227-231, 232.
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George 1999, p. 97-99.
Bottéro 1992, p. 204-205
Il s'agit du Pukku et du Mekku. La nature exacte de ces deux objets n'est pas
encore connue : il s'agit soit d'un tambour et de sa baguette, soit d'un cercle et
de sa baguette faisant partie d'un jeu de cerceau ou encore d'une balle et d'un
maillet utilisés dans le cadre d'un jeu de criquet. Il pourrait tout aussi s'agir
d'instruments de rituels liés au mariage ou ils pourraient représenter l’appétit
sexuel insatiable de Gilgamesh. Au-delà de leur fonction précise, ils peuvent aussi
symboliser les objets de pouvoir à l'aide desquels Gilgamesh opprime le peuple. V.
Van der Steede, « Le monde des morts en Mésopotamie », dans L. Denooz, X. Luffin
(dir.), Autour de la géographie Orientale, et au-delà : en l'honneur de J. Thiry,
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Sur la figure de Gilgamesh : Tournay et Shaffer 1994, p. 7-10 ; George 2003, p. 91-
137 ; Sallaberger 2008, p. 40-59.
Tournay et Shaffer 1994, p. 19-27
Jacobsen 1976, p. 209-211 et Tigay 1982, p. 34-35 et 241 par exemple sont
favorables à l'idée de l'historicité du personnage. Sur cette question, voir la
mise au point de (en) W. G. Lambert, « Gilgameš in Religious, Historical and Omen
Texts and the Historicity of Gilgameš », dans P. Garelli (dir.), Gilgameš et sa
légende : études recueillies par Paul Garelli à l'occasion de la VIIe rencontre
assyriologique internationale (Paris, 1958), Paris, Klincksieck, 1960, p. 48-52.
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to be a man than what it is to serve the gods » - A. R. George (« en effet, même
pour les anciens, l'histoire de Gilgamesh porte plus sur la définition de ce qu'est
un homme que sur le thème de la servitude des humains envers les dieux » en
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Voir aussi
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