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Guide Restauration Zones Humides Bénin

Le guide méthodologique de restauration des écosystèmes de zones humides du Bénin vise à harmoniser les interventions pour la sauvegarde de ces écosystèmes vitaux, en tenant compte des pressions anthropiques qui les menacent. Il fournit des outils pratiques pour identifier les zones prioritaires à restaurer et propose des étapes et préconisations pour la mise en œuvre de projets de restauration. Ce document, soutenu par des partenaires techniques, est destiné aux aménagistes, scientifiques et gestionnaires impliqués dans la conservation des zones humides.

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Guide Restauration Zones Humides Bénin

Le guide méthodologique de restauration des écosystèmes de zones humides du Bénin vise à harmoniser les interventions pour la sauvegarde de ces écosystèmes vitaux, en tenant compte des pressions anthropiques qui les menacent. Il fournit des outils pratiques pour identifier les zones prioritaires à restaurer et propose des étapes et préconisations pour la mise en œuvre de projets de restauration. Ce document, soutenu par des partenaires techniques, est destiné aux aménagistes, scientifiques et gestionnaires impliqués dans la conservation des zones humides.

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MINISTERE DU CADRE DE VIE 03 BP 4387

ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE Quartier Fidjrossè Fiyégnon


Cotonou
REPUBLIQUE DU BENIN Tél. : + 229 21 00 74 63/74 64

AGENCE BENINOISE POUR L’ENVIRONNEMENT

GUIDE METHODOLOGIQUE
DE RESTAURATION DES
ECOSYSTEMES DE ZONES
HUMIDES DU BENIN
Version Finale

Janvier 2018
Avant-propos

Les services rendus par les zones humides sont multiples tant pour la production, que la
régulation et la structuration. Elles améliorent la qualité de l’eau, piègent les sédiments, filtrent les
polluants, absorbent des nutriments, etc. Cependant, les activités humaines perturbent souvent la
structure du biotope, engendrent une pollution puis une fragmentation voire une dégradation des
zones humides. Pour y pallier durablement le Bénin a opté à la sauvegarde des zones humides. La
signature de la convention de Ramsar et sa mise en œuvre sont entre autres les signes de la
volonté politiques des dirigeants à sauvegarder les zones humides, combien importantes pour les
populations riveraines.

L’Agence Béninoise pour l’Environnement, autorité administrative de mise en œuvre de la


convention, travaille avec les partenaires techniques et financiers à ces fins. Des avancées sont
notées sur la connaissance et l’aménagement des zones humides, et plusieurs structures
gouvernementales et non gouvernementales travaillent à la sauvegarde de ces écosystèmes. C’est
aux fins d’harmoniser leurs interventions dans le cadre des projets ou activités de restauration que
ce guide est élaboré. Il constitue un outil didactique devant conduire l’utilisateur à opérer de choix
dans le processus de restauration des zones humides ou parties de zones humides. Un outil
d’hiérarchisation consensuel y est élaboré en collaboration avec les parties prenantes, outil qui
permettra d’identifier dans chaque cas de financement, les zones humides prioritaires sujettes à
un projet de restauration. Ce guide est applicable aux zones humides en milieu tropical de façon
général. Tous les pays peuvent s’en servir comme base méthodologique des interventions visant
la hiérarchisation et la restauration des zones humides.

Ce document adopté sera vulgarisé et suivi par tous les intervenants en zones humides au Bénin.
Il s’adresse aux aménagistes des zones humides, à la communauté scientifique, aux gestionnaires,
etc… La mise jour des paramètres et variables inclus dans les modèles constitueront un gage du
dynamisme et de l’adaptabilité du document aux situations réelles de terrain.

Son élaboration n’a été rendu possible que par l’appui technique et financier de l’Union
International pour la Conservation de la Nature et le Secrétariat de la Convention de Ramsar.
Nous recommandons son usage pour tous travaux de restauration de zones humides au Bénin.

François-Corneille KEDOWIDE

Directeur Général de l’ABE

2
Table des matières
Avant-propos ................................................................................................................................................ 2
Liste des tableaux.......................................................................................................................................... 5
Liste des figures ............................................................................................................................................ 5
Liste des abréviations ................................................................................................................................... 6
Introduction .................................................................................................................................................. 7
1. Généralités sur les zones humides ............................................................................................... 8
1.1. Définition, enjeux et fonctions des zones humides .......................................................... 8
1.2. Typologie des zones humides selon Ramsar...................................................................... 9
1.3. Services écosystémiques généraux des zones humides ................................................ 13
1.4. Services écologiques rendus dans le cadre des changements climatiques .............. 13
1.5. Types de pressions et niveau de dégradation des zones humides ............................. 14
2. Zones humides du Bénin .............................................................................................................. 15
2.1. Présentation et typologie des zones humides du Bénin................................................ 15
2.1.1. Présentation des zones humides du Bénin ............................................................. 15
2.1.2. Typologie et classification des zones humides du Bénin ................................... 18
2.2. Importance et fonctionnement des zones humides du Bénin ................................ 24
2.2.1. Zones humides du Sud du Benin ............................................................................... 24
2.2.2. Zones humides du Centre ............................................................................................ 27
2.2.3. Zones humides du Nord-Ouest .................................................................................. 28
2.2.4. Zones humides du Nord............................................................................................... 30
3. Cadre juridique et institutionnel de la gestion des zones humides .................................. 30
3.1. Cadre juridique de gestion des zones humides ............................................................... 31
3.1.1. Conventions et accords internationaux ......................................................................... 31
3.1.2. Lois nationales ...................................................................................................................... 32
3.2. Cadre institutionnel de gestion des zones humides .................................................. 33
4. Principales menaces pesant sur les zones humides du Bénin. .......................................... 35
5. Restauration des zones humides ................................................................................................ 36
5.1. Définition du concept de restauration ................................................................................ 36
5.2. Préconisations générales du guide ................................................................................. 37
5.3. Types d’intervention en zones humides........................................................................ 37
5.4. Principales étapes d’une restauration de zone humide ............................................ 38
6. Démarche méthodologique d’élaboration du guide ............................................................. 40
7. Mode d’utilisation du Guide méthodologique ....................................................................... 40
8. Hiérarchisation des Zones humides .......................................................................................... 41

3
8.1. Principes d’hiérarchisation des zones humides ............................................................... 41
8.2. Etapes dans la hiérarchisation des zones humides ................................................... 42
8.3. Etablissement des critères d’hiérarchisation ............................................................... 42
8.4. Particularité des zones humides artificielles ................................................................ 43
8.5. Variables et pondérations .................................................................................................. 43
8.6. Zones humides prioritaires par catégories pour la restauration ............................ 49
9. Fiches techniques pour les différentes étapes de la restauration ...................................... 51
9.1. Fiche 1 : Suis-je dans une zone humide ? .......................................................................... 51
9.2. Fiche 2 : Mieux Connaitre ma zone humide................................................................ 52
9.3. Fiche 3 : Recensement des zones dégradées ............................................................... 54
9.4. Fiche 4 : Identification des besoins en restauration .................................................. 56
9.5. Fiche 5 : Restauration du couvert végétal ..................................................................... 58
9.6. Fiche 6 : Restauration du sol et du relief ...................................................................... 59
9.7. Fiche 7 : Restauration de la qualité de l’eau ................................................................ 60
9.8. Fiche 8 : Restauration de la faune ................................................................................... 61
9.9. Fiche 9 : Directives pour la conservation du tissu social ......................................... 62
9.10. Fiche 10 : Evaluation de l’efficacité d’une action de restauration ......................... 63
10. Restaurations des zones humides prioritaires au Bénin ............................................... 64
10.1. Méthodes de restauration .................................................................................................. 64
10.2. Gestion des risques d’inondation .................................................................................... 65
10.3. Préservation de la biodiversité et des habitats ............................................................ 65
10.4. L’amélioration de la qualité de l’eau .............................................................................. 65
10.5. Restauration des lacs et barrages .................................................................................... 65
10.6. Restauration des plaines d’inondation .......................................................................... 66
11. Analyse de la connectivité entre les zones humides dégradées .................................. 66
Annexes ...................................................................................................................................................... 72

4
Liste des tableaux
Tableau 1: Typologie des zones humides .............................................................................................. 10
Tableau 2: Catégories, types et superficies des zones humides du Bénin ........................................ 18
Tableau 3: Autres accords et conventions ............................................................................................ 31
Tableau 4: Critères de fonctionnalités ................................................................................................... 44
Tableau 5: Critères des enjeux ................................................................................................................ 44
Tableau 6: Critères de pressions ............................................................................................................. 46
Tableau 8: Directives pour la restauration du sol et du relief ............................................................ 59
Tableau 10: Quelques directives pour la restauration de la faune ..................................................... 61
Tableau 11: Hiérarchisation des zones humides marines et côtière (Fonctionnalités et enjeux) .. 75
Tableau 12 : Hiérarchisation des zones humides marines et côtière (Pressions) ............................ 77
Tableau 13: Hiérarchisation des zones humides continentales (Fonctionnalités et enjeux) .......... 78
Tableau 14: Hiérarchisation des zones humides continentales (Pressions) ..................................... 80
Tableau 15: Hiérarchisation des zones humides artificielles (Fonctionnalités et enjeux) .............. 82
Tableau 16: Hiérarchisation des zones humides artificielles (Pressions) .......................................... 83
Tableau 7: Quelques directives pour la restauration du couvert végétal .......................................... 86
Tableau 9: Quelques directives pour la restauration de la qualité de l’eau ....................................... 86

Liste des figures


Figure 1 : Réseau hydrographique du Bénin ......................................................................................... 16
Figure 2: Cartes de répartition des grands ensembles des zones humides du Bénin non compris
la partie côtière ............................................................................................................................................ 17
Figure 3: Zones humides côtière du Bénin ........................................................................................... 20
Figure 4: Localisation des zones humides artificielles au Bénin ........................................................ 23
Figure 5: Types d’intervention en zones humides ............................................................................... 38
Figure 6: Principales étapes d’une intervention .................................................................................... 39
Figure 7: Principales fonctions d’une zone humide ............................................................................. 84
Figure 8: Principales valeurs d’une zone humide ................................................................................. 85

Liste des photos


Photo 1: Aperçu d’une forêt de mangrove (Rhizophora racemosa) dans le canal Totchè, site Ramsar
1018. © ACDD 2011 ................................................................................................................................ 16
Photo 2: Rive du lac Ahémé à Possotomè, zone humide côtière située dans le site Ramsar 1017.
© ACDD 2016. .......................................................................................................................................... 20
Photo 3: Vue partielle de la forêt marécageuse de Gnanhouizounmè dans la basse vallée de
l’Ouémé. Site Ramsar 1018. © ACDD 2012. ......................................................................................... 21
Photo 4: Vue partielle de la mare Tiabiga dans le Parc National de la Pendjari au Bénin .............. 22
Photo 5: Chantier d’extraction de sable fluvial dans la basse vallée de l’Ouémé, Bonou. Site
Ramsar 1018. © ACDD 2012. ................................................................................................................. 25
Photo 6: Transhumance et pacage de bœufs dans les zones humides du centre, Djaloukou
Savalou. © ACDD 2008. ........................................................................................................................... 28
Photo 7: La mare aux hippopotames jouxtant la rivière Pendjari Site Ramsar 1669. ...................... 29
Photo 8: Assèchement de la mare Bali dans la RBP, Avril 2013. Site Ramsar 1669. ...................... 29
Photo 9: Encombrement de cours d’eau par une espèce envahissante, la jacinthe d’eau (Eichornia
crassipes). ........................................................................................................................................................ 36

Crédit Photos
Page de garde : Photo d’exploitation du sable fluvial dans la basse vallée de l’Ouémé Site Ramsar 1018
(entre Avagbodji et Aguégué) © ACDD 2011.

5
Liste des abréviations

ABE Agence Béninoise pour l’Environnement


ACDD Action Conseil pour le Développement Durable
AEP Approvisionnement en Eau Potable
BEES-ONG Benin Environment and Education Society
BM Banque Mondiale
BV Bassin Versant
CENAGREF Centre National de Gestion des Réserves de Faune
CIPCRE Cercle International pour la Promotion de la Création
CREDI-ONG Centre Régional de Recherche et d’Education pour un Développement
Intégré
GIRE Gestion Intégrée des Ressources en Eau
GWP Global Water Partnership
INSAE Institut National de Statistiques et d’Analyse Economique
MAEP Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche
ONG Organisation Non Gouvernementale
OZHM Observatoire des Zones Humides Méditerranéennes
PAPE Programme d’Appui aux Parcs de l’Entente
PAZH Programme d’Aménagement des Zones Humides
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’Environnement
POP Polluants Organiques Persistants
PTF Partenaires Techniques et Financiers
RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SDAGE Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau
UICN Union Internationale pour la Conservation de la Nature
UNESCO Organisation des Nations Unies pour la Science la Culture et l’Education
ZH Zones Humides

6
Introduction

Les zones humides offrent un large éventail de services écosystémiques tels que
l’approvisionnement en eau et ressources biologiques, l’épuration de l’eau, la régulation du climat,
la maîtrise des crues, la protection des littoraux, des fibres utiles, l’inspiration culturelle et
spirituelle et le tourisme (Somda et Awaïs, 2013). Selon les mêmes auteurs, elles jouent, dans
l’activité économique, un rôle vital lié au transport, à la production alimentaire, à la gestion des
risques catastrophiques liés à l’eau, au contrôle de la pollution, à la pêche, à la chasse, aux loisirs
et à la fourniture d’une infrastructure écologique, etc.
Malgré tous ces services écosystémiques qu’elles offrent, les zones humides sont soumises à
diverses pressions, surtout d’origine anthropique.
Les principaux moteurs de la perte des zones humides en Afrique et particulièrement au Bénin
restent les pratiques de l’agriculture non durable, l’exploitation des forêts et les industries
extractives, en particulier minières, les impacts de la croissance démographique (y compris
l’urbanisation et les migrations) et les changements dans l’affectation des sols qui supplantent les
considérations environnementales. Pour limiter et atténuer les impacts, il est impératif de
s’attaquer aux moteurs qui sous-tendent ces pressions sur les zones humides et établir des lignes
directrices pour freiner voir inverser les tendances de dégradations. Ainsi au Bénin, depuis 1990
plusieurs actions d’ordre juridique, institutionnel, stratégique et programmatique pour la
conservation et la gestion rationnelle de ses ressources sensibles ont été prises. On note entre
autres, la signature de la Convention de Ramsar sur les zones humides d’importance
internationale, la création de l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE), autorité
administrative de la Convention avec pour mission entre autres de « servir d’institution d’appui à
la politique nationale en matière de protection de l’environnement » (article 1, loi n°98-030 du 12
février 1999 portant loi Cadre sur l’Environnement en République du Bénin). A ce titre, elle est
chargée de la mise en œuvre de la politique environnementale définie par le gouvernement dans le
cadre du plan général de développement" (article 12). Elle veille à l’intégration de
l’environnement dans les politiques et /ou stratégies sectorielles" (article 2). Le Bénin a ainsi pris
l’option de développer une politique de protection et de gestion durable des zones humides en
inscrivant sur la liste des zones humides d’importance internationale quatre sites que sont les sites
1017, 1018, 1668 et 1669. Malgré toutes ces dispositions, les écosystèmes des zones humides
continuent de se dégrader.
Plusieurs outils de gestion des zones humides ont été élaborés dont le « Plan d’action stratégique
pour la gestion rationnelle et communautaire des ressources biologiques et des écosystèmes des
sites et des couloirs de migration du lamantin d’Afrique de l’Ouest dans les zones humides du
Sud-Bénin » ; toutefois il est à relever l’absence d’outils méthodologiques, voire des lignes
directrices claires pour orienter les processus de restauration. Il s’agit donc ici de combler ce gap
de démarches et d’informations en produisant un standard pour faciliter des interventions
cohérentes et harmonisées sur le terrain. Dans ce contexte, l’élaboration d’un guide
méthodologique de restauration des écosystèmes de zone humides apparaît comme un impératif.
C’est dans cette optique que l’ABE met en œuvre à travers le programme Partenariat pour la
Gouvernance Environnementale en Afrique de l’Ouest (PAGE) avec l’appui technique et
financier de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et le Secrétariat de
la Convention Ramsar, l’activité relative à l’élaboration d’un guide méthodologique de
restauration des écosystèmes de zones humides. Ce document sera utilisé comme un outil capital
dans la perspective de la mise en œuvre au niveau national du but stratégique 1 du Plan
Stratégique 2016-2024 de la Convention de Ramsar : s’attaquer aux moteurs de la perte et de la
dégradation des zones humides.

7
Pour favoriser le retour aux conditions d’origine et améliorer les fonctions des zones humides
(restauration), le guide méthodologique qui est un ensemble d’outils didactiques, fournit un mode
opératoire pratique d’identification et d’hiérarchisation des zones humides. Il permet d’identifier
des besoins en restauration, d’élaborer et de mettre en œuvre des mesures de restauration qui
pourront être intégrés dans les outils pratiques de gestion et d’aménagement des zones humides.
Il obéit bien au principe de gestion par écosystème.
Ce guide présente dans un premier temps les zones humides de façon globale avec leurs
importances et leurs fonctions, puis présente les zones humides du Bénin. Dans un second
temps, le document retrace la démarche méthodologique à suivre pour restaurer une partie de
zone humide avec des fiches techniques à l’appui. Ce guide permettra de conduire le porteur de
projet de restauration vers des résultats satisfaisants.

1. Généralités sur les zones humides

1.1. Définition, enjeux et fonctions des zones humides

Les zones humides sont des « étendues de marais, fagnes, tourbières ou d’eaux, naturelles ou
artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou
salée, y compris des étendues d’eaux marines dont la profondeur ne dépasse pas six mètres à
marée basse » (Convention de Ramsar, 1982). Elles font partie des milieux les plus productifs au
monde (Pearce et Crivelli, 1994). Dans les milieux humides, l’eau est le facteur déterminant tant
pour le fonctionnement de ces zones naturelles que pour la vie animale et végétale. La
submersion des terres, la salinité de l’eau (douce, saumâtre ou salée) et la composition en matières
nutritives de ces territoires subissent des fluctuations journalières, saisonnières ou annuelles. Ces
variations dépendent à la fois des conditions climatiques, de la localisation de la zone au sein du
bassin hydrographique et du contexte géomorphologique (géographie, topographie). Ces
fluctuations sont à l’origine de la formation de sols particuliers ainsi que d’une végétation et d’une
faune spécifiques. L’abondance des algues, de poissons, d’oiseaux d’eau, et d’autres espèces
sauvages, peut ainsi varier dans un même milieu selon la période de l’année (Humbert et al. 1996).
De nombreux scientifiques et spécialistes des zones humides, reconnaissent une valeur
économique des zones humides au titre de ces services rendus par l’émergence de fonctions que
l'on peut identifier ci-dessous (Mitsch et Gosselink, 2000) :
Fonctions hydrologiques : la régulation naturelle des inondations, le soutien des cours d'eau en
période d'étiage, la diminution des forces érosives, la régulation des vidanges des aquifères,... En
retenant l’eau, elles permettent son infiltration dans le sol pour alimenter les nappes phréatiques
(souterraines) et éviter leur disparition (assèchement) lors de périodes chaudes. Elles peuvent de
la même façon, soutenir les débits des rivières en période d’étiage grâce aux grandes quantités
d’eau stockées et restituées progressivement ;
Fonctions épuratrices ou biogéochimiques : elles ont un rôle de filtre pour la qualité de l'eau
comme la rétention de matières en suspension, la transformation et la consommation des
nutriments et des toxiques et le stockage du carbone.
Les zones humides jouent un rôle important dans la dynamique de l’azote (prélèvement par les
plantes et dénitrification bactérienne), la dynamique du phosphore par piégeage du phosphore
particulaire et sa fixation sur substrat organique et la dynamique du carbone par production et
stockage (fonction de puits de carbone) ;
Fonctions écologiques : les zones humides sont de véritables puits de biodiversité et
représentent des corridors importants. Elles offrent des conditions de vie favorables à de
nombreuses espèces tout en jouant un rôle de production de biomasse. Elles regorgent de

8
ressources nutritives et forment ainsi des habitats variés de tailles diverses, des micros aux macros
habitats, voir écosystèmes.
De par ces différentes fonctions, les services écosystémiques rendus par les zones humides sont
énormes. Les zones humides sont vitales pour la survie de l’humanité. Elles sont parmi les
milieux les plus productifs de la planète ; berceaux de la diversité biologique, elles fournissent
l’eau et la productivité dont des espèces innombrables de plantes et d’animaux dépendent pour
leur survie. Les zones humides sont donc indispensables pour les avantages infinis ou « services
écosystémiques » qu’elles procurent à l’humanité, de l’apport d’eau douce à l’alimentation et aux
matériaux de construction en passant par la biodiversité, la maîtrise des crues, la recharge des
nappes souterraines et l’atténuation des changements climatiques (Somda et Awaïs, 2013).
Cependant les pressions sur les ressources en eau augmentent et les changements climatiques
sont de plus en plus menaçants sur les zones humides. La nécessité de sauvegarder et
d’augmenter le plus possible les avantages procurés par les zones humides n’a jamais été plus
grande ni plus urgente que de nos jours. Il est démontré à travers de nombreuses études que dans
la plupart des régions du monde, les zones humides subissent un déclin continu dans leur
superficie et leur qualité (Sècheresse, 2013 ; Somda et Awaïs, 2013). En conséquence, les services
écosystémiques qu’elles apportent aux populations sont compromis. De ce fait, la gestion des
zones humides devient un enjeu mondial. Cet enjeu se lit surtout à travers le nombre de pays
parties contractantes de la Convention de Ramsar (actuellement plus de 160 pays) qui
reconnaissent la valeur d’un traité international unique, consacré à un seul écosystème.
1.2. Typologie des zones humides selon Ramsar

La convention de Ramsar reconnait principalement trois grands types de zones humides : les
zones humides marines et côtières, les zones humides continentales (ou intérieures) et les zones
humides artificielles. Frazier (1999) présente la typologie des zones humides approuvée par la
Recommandation IV.7 et amendé par la Résolution VI.5 de la Conférence des Parties
contractantes. Les codes correspondent au Système de classification des «types de zones
humides». Les catégories qui figurent dans le tableau 1 sont destinées à fournir un cadre très large
pour permettre une identification rapide des principaux habitats de zones humides représentés
dans chaque site.

9
Tableau 1: Typologie des zones humides
Code Types Ramsar
A Eaux marines peu profondes et permanentes, dans la plupart des cas d’une profondeur inférieure à six mètres à marée basse; y compris baies marines et
détroits.
Lits marins aquatiques subtidaux; y compris lits de varech, herbiers marins, prairies marines tropicales.
B
Zones humides marines/ côtières

Récifs coralliens
C
Rivages marins rocheux; y compris îles rocheuses, falaises marines.
D
Rivages de sable fin, grossier ou de galets; y compris bancs et langues de sable, îlots sableux, systèmes dunaires et dépressions intradunales humides.
E
Eaux d’estuaires; eaux permanentes des estuaires et systèmes deltaïques estuariens.
F
Vasières, bancs de sable ou de terre salée intertidaux.
G
Marais intertidaux; y compris prés salés, schorres, marais salés levés, marais cotidaux saumâtres et d’eau douce.
H
Zones humides boisées intertidales; y compris marécages à mangroves, marécages à palmiers nipa et forêts marécageuses cotidales d’eau douce.
I
Lagunes côtières saumâtres/salées; y compris lagunes saumâtres à salées reliées à la mer par un chenal relativement étroit au moins.
J
Lagunes côtières d’eau douce; y compris lagunes deltaïques d’eau douce.
K
Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, marins/côtiers.
Zk(a)
Code Types Ramsar
L Deltas intérieurs permanents.
M Rivières/cours d’eau/ruisseaux permanents; y compris cascades.
N Rivières/cours d’eau/ruisseaux saisonniers/intermittents/irréguliers.
O Lacs d’eau douce permanents (plus de 8 hectares); y compris grands lacs de méandres.
P Lacs d’eau douce saisonniers/intermittents (plus de 8 hectares); y compris lacs des plaines d’inondation).
Q Lacs salés/saumâtres/alcalins permanents.
R Lacs salés et étendues/saumâtres/alcalins saisonniers/intermittents.
Sp Mares/marais salins/saumâtres/alcalins permanents.
Ss Mares/marais salins/saumâtres/alcalins saisonniers/intermittents.
Tp Mares/marais d’eau douce permanents ; étangs (moins de 8 hectares), marais et marécages sur sols inorganiques ; avec végétation émergente détrempée
durant la majeure partie de la saison de croissance au moins.
Ts Mares/marais d’eau douce saisonniers/intermittents sur sols inorganiques; y compris fondrières, marmites torrentielles, prairies inondées de manière
saisonnière, marais à laîches.
Zones humides continentales

U Tourbières non boisées; y compris tourbières ouvertes ou couvertes de buissons, marécages, fagnes.
Va Zones humides alpines; y compris prairies alpines, eaux temporaires de la fonte des neiges.
Vt Zones humides de toundra; y compris mares de la toundra, eaux temporaires de la fonte des neiges.
W Zones humides dominées par des buissons; marécages à buissons, marécages d’eau douce dominés par des buissons, saulaies, aulnaies; sur sols
inorganiques.
Xf Zones humides d’eau douce dominées par des arbres; y compris forêts marécageuses d’eau douce, forêts inondées de manière saisonnière, marais boisés;
sur sols inorganiques.
Xp Tourbières boisées; forêts marécageuses sur tourbière.
Y Sources d’eau douce; oasis.
Zg Zones humides géothermiques.
Zk(b) Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, continentaux.
Code Types Ramsar
1 Étangs d’aquaculture (par ex. poissons, crevettes).
2 Étangs; y compris étangs agricoles, étangs pour le bétail, petits réservoirs; (généralement moins de 8 hectares).
Zones humides artificielles

3 Terres irriguées; y compris canaux d’irrigation et rizières.


4 Terres agricoles inondées de manière saisonnière
5 Sites d’exploitation du sel; marais salants, salines, etc.
6 Zones de stockage de l’eau; réservoirs/barrages/retenues de barrages/retenues d’eau; (généralement plus de 8 hectares)
7 Excavations; gravières/ballastières/glaisières; sablières, puits de mine.
8 Sites de traitement des eaux usées; y compris champs d’épandage, étangs de sédimentation, bassins d’oxydation, etc.
9 Canaux et fossés de drainage, rigoles.
Zk (c) Systèmes karstiques et autres systèmes hydrologiques souterrains, artificiels.
1.3. Services écosystémiques généraux des zones humides

Ce n’est pas un hasard si, depuis plus de 6000 ans, les civilisations humaines se sont installées
dans les vallées fluviales et sur les plaines côtières où les zones humides abondaient. Ce n’est pas
non plus un hasard si ces zones humides, avec leurs riches ressources naturelles, ont joué un rôle
vital dans l’évolution et la survie de l’humanité. Et conséquemment, ce n’est pas un hasard que
ces zones soient sujettes de dégradation. Les services que procurent les écosystèmes sont les
bénéfices que les humains tirent des écosystèmes.
La résolution XI.24 adoptée à la 11ème Conférence des Parties de la Convention de Ramsar, à
Bucarest en 2012, reconnait que « les zones humides, de par leurs fonctions, offrent tout un
éventail de services écosystémiques qui contribuent au bien-être humain et que certains types de
zones humides procurent des services essentiels à l’adaptation aux changements climatiques ».
Les services rendus par les zones humides au plan mondial englobent les services
d'approvisionnement (air respirable, eau douce, sol, nourriture, fibres, molécules utiles, ressources
génétiques), les services de régulation, liés aux processus des écosystèmes (effet tampon sur les
inondations, inertie climatique), les services culturels et aménités (ex.: bénéfices spirituels,
récréatifs, culturels, esthétiques, scientifiques, pédagogiques) et les services de soutien aux
conditions favorables à la vie sur terre: cycle des éléments nutritifs, oligoéléments, métaux
toxiques, cycle du carbone. Ces derniers sont les services nécessaires à la production de tous les
autres services : production de dioxygène atmosphérique et solubilisé dans les eaux, production
de biomasse et recyclage de la nécromasse, formation et rétention des sols et des humus, habitats
naturels, etc. Certains auteurs pensent ces dernières années qu’il serait nécessaire de dissocier de
cet ensemble de bénéfices les services ontogénétiques (développement des milieux et des
organismes) ainsi que ceux liés aux puits de carbones, au regard de leur importance grandissante
(Chmura et al., 2003).
Il faut noter que les autres habitats des terres exondées offrent aussi ces services, mais la
particularité des zones humides est dans leur haute productivité et la vitesse élevée des cycles qui
s’y déroulent à cause de la présence de l’eau.
1.4. Services écologiques rendus dans le cadre des changements climatiques

Parmi les nombreux services écologiques qu’offrent les zones humides, quatre ont pu être
identifiés comme étant à l’origine du rôle d’ « amortisseur climatique ».
Le service de régulation du climat à travers le stockage du carbone : les zones humides sont les
plus importants puits naturels de carbone (Chmura et al., 2003). Les conditions anaérobies
(pauvres en oxygène) empêchent les organismes aérobies de décomposer la matière organique, y
compris le carbone organique, qui est ainsi accumulé au fur et à mesure que la tourbe se forme à
partir de végétaux morts. Le carbone est également séquestré par la végétation, via la
photosynthèse. Les tourbières, les marais, les plaines alluviales et les lacs rendent notamment ce
service (Crooks et al., 2011 ; de Groot et al., 2007).
Le service de protection contre les événements climatiques extrêmes : En ayant la capacité
d’atténuer la puissance des tempêtes, la force et la vitesse des vagues, certaines zones humides
font office de zones tampons. Protéger les zones humides peut à ce titre être une mesure
d’adaptation, car cela permet de réduire la vulnérabilité des populations à leurs impacts. Ce
service est surtout rendu par les zones humides côtières, comme les lagunes, les marais saumâtres
et salés, les mangroves (Campbell et al., 2008; Pergent et al., 2012; Secrétariat de la Convention de
Ramsar, 2010a ; Wetlands International, 2008).
Le service de maîtrise des crues : La plupart des zones humides sont à même de stocker l’eau
dans le sol ou de la retenir à la surface. Ainsi, elles permettent d’écrêter les pics de crues, d’étaler
la lame d’eau, de réduire la vitesse du courant et d’allonger la durée de l’inondation à un faible
niveau d’eau. Cette capacité dépend fortement du contexte hydrologique et écologique local. Les
plaines d’inondation, les lacs, les marais, les lagunes sont des exemples de zones humides qui
peuvent rendre ce service de contrôle des inondations (MA, 2005 ; OZHM, 2012 ; Turpie et al.,
2010; Wetlands International, 2008).
Le service de soutien d’étiage : Nombre de zones humides qui stockent l’eau en période humide
peuvent être des réserves d’eau en période sèche. Dans ce cas, l’eau n’a pas été restituée
directement mais s’est infiltrée lentement dans le sol, de manière à alimenter progressivement les
nappes phréatiques et les cours d’eau. Cela contribue à limiter les effets des sécheresses. Ce rôle
de soutien d’étiage est détenu par certains marais, lagunes, étangs, tourbières et plaines
d’inondation (OZHM, 2012).
Les interventions en zones humides surtout dans le cadre d’activités de restauration doivent
permettre, au regard de ces rôles, de continuer durablement à fournir ces services pour la
population. Il est donc nécessaire d’en tenir compte dans les processus de restauration comme
d’ailleurs recommandé dans tout processus de planification du développement.
1.5. Types de pressions et niveau de dégradation des zones humides

Malgré leur intérêt écologique, social, culturel et économique, les zones humides sont grandement
menacées : la moitié des zones humides a disparu au cours du 20ème siècle (Barbier, 1993 ; MA,
2005). Selon une estimation du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE),
64 % des zones humides auraient disparu de la surface de la planète depuis 19001. Elles souffrent
particulièrement de la conversion des terres (ex. urbanisation, agriculture), des prélèvements en
eau (ex. pour l’agriculture et l’industrie), et des mauvais usages (ex. surexploitation des ressources,
sur-fréquentation) (OZHM, 2012). La dégradation et la destruction des zones humides ne
revêtent pas les mêmes aspects ni les mêmes caractéristiques d’un point du globe à un autre.
Parmi les principales menaces sur les zones humides de par le monde, il y a :

 la pollution et l’intensification de l'agriculture : les zones humides sont les plus convoitées
pour les questions de développement agricole à cause de leur haute productivité et la
rapidité des cycles biogéochimiques internes ;
 la modification des cours d'eau : les installations de barrages constituent une des sources
principales et fréquentes de dégradation des zones humides ;
 l’extraction de granulats : sables graviers et autres minerais sont exploités dans les zones
humides les laissant souvent dans un état de dégradation avancée ;
 l’urbanisation : conséquence directe de l’explosion démographique, la demande incessante
et croissante en terre a dépassé les limites des zones sèches pour coloniser de plus en plus
les zones humides. Plusieurs villes nouvelles se sont installées sur ou au bord de l’eau ;
 les installations portuaires et industrielles : touchant principalement les zones humides
marines et côtières, les ports et les industries connexes modifient profondément la
physionomie des zones humides. Dans la plupart des cas, il s’agit notamment de
destruction de zones humides ;
 les aménagements hydroélectriques : niveau élevé des barrages de cours d’eau expliqué
précédemment ;

1
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agricole_4568806_1652692.html

14
 l’introduction d'espèces exotiques : la colonisation des milieux par les espèces exotiques et
surtout envahissantes détruit la biodiversité locale et réduit l’abondance et la diversité des
espèces autochtones.
2. Zones humides du Bénin

2.1. Présentation et typologie des zones humides du Bénin

Au Bénin, les zones humides renferment d’énormes potentialités et sont caractérisées par une
importante diversité biologique. Elles revêtent une importance vitale pour les populations locales
qui en tirent l’essentiel de leurs produits de subsistance (75 % de la production halieutique
nationale, plus de 50 % de la consommation totale des protéines du Sud du Bénin). Il en existe de
nombreuses comme les lacs, les lagunes, les plaines d’inondation, la mer côtière, etc... Malgré leur
importance socio- économique, les zones humides comptent parmi les systèmes les plus menacés,
principalement par le drainage, la mise en valeur des terres, la pollution et la surexploitation des
espèces.
2.1.1. Présentation des zones humides du Bénin
Le Bénin est doté de zones humides constituées de zones immergées en eaux courantes (rivières
et fleuves, voir réseau hydrographique figure 1), de zones humides immergées en eaux stagnantes
(mares, étangs et lacs), de zones humides engorgées après submersion (zone d’extension des eaux
à la périphérie des lacs et des mares), de zones humides engorgées par remontée des nappes
aquifères. A ces plans et cours d’eau sont associés des habitats multiformes tels que les galeries
forestières, les vasières, les prairies basses inondables, les forêts marécageuses, les mangroves
(photo 1), les savanes marécageuses et les végétations flottantes. Compte tenu de leurs étendues
et de leurs comportements hydrologiques, on rencontre également des plaines d’inondation, des
basfonds, un delta (Ouémé-Sô) et une mer côtière dans l’Atlantique (Alé et al., 2003).
Distribuées du Nord au Sud du pays, les zones humides du Bénin couvrent une superficie de près
de 6 millions d’hectare (59 900km²) soit 50% environ du territoire national. Quatre de ces zones
pour une superficie totale de 1 179 354 hectares sont classées sur la liste des zones humides
d’importance internationale à savoir :
 Site 1017 : Basse Vallée du Couffo, Lagune Côtière, Chenal Aho, Lac Ahémé, inscrit le
24/01/00 ;
 Site 1018 : Basse Vallée de l’Ouémé, Lagune de Porto-Novo, Lac Nokoué, inscrit le
24/01/00 ;
 Site 1668 : Site Ramsar du Complexe W, inscrit le 02/02/07 ;
 Site 1669 : Zone humide de la rivière Pendjari, inscrit le 02/02/07.
La figure 2 présente la distribution des zones humides au Bénin.

15
Photo 1: Aperçu d’une forêt de mangrove (Rhizophora racemosa) dans le canal
Totchè, site Ramsar 1018. © ACDD 2011

Figure 1 : Réseau hydrographique du Bénin


Figure 2: Cartes de répartition des grands ensembles des zones humides du Bénin non compris la partie côtière
2.1.2. Typologie et classification des zones humides du Bénin
Le classement des zones humides du Bénin selon la typologie de RAMSAR (Frazier, 1999,
http://wetlands.free.fr/zh/typologie/ramsar.pdf ) présente des écosystèmes humides très variés.
Toutes les trois catégories de zones humides définies par la convention sont représentées au
Bénin : il s’agit des zones humides marines et côtières, des zones humides continentales et des
zones humides artificielles. La composition et la superficie des catégories de chaque type de zones
humides réparties à travers le territoire national se présentent dans le tableau 2.
Tableau 2: Catégories, types et superficies des zones humides du Bénin

Superficie (ha)
ZH Type de ZH Code ZH du Sud ZH du Centre ZH du Nord TOTAL
Eaux marines et peu 25430,75 0 0 25430,75
profondes < 6 m de A
prof
Rivage de sable fin, 426,39 0 0 426,39
E
grossier ou galets
ZH marines et côtières

Eaux d’estuaires et 838,41 0 0 838,41


F
systèmes deltaïques
Zones humides 29868,71 0 0 29868,71
I
boisées intertidales
Lagunes côtières 2527,35 0 0 2527,35
J
saumâtres/salées
Lagunes côtières 1030,52 0 0 1030,52
d’eau douce K

Lagunes côtières 28166,13 0 0 28166,13


d’eau douce à
K
saumâtres dont la
salinité varie
Total ZH marines et côtières 88288,26
Cours d’eau 4443,20 1143,45 12474,29 18060,94
M
permanents
Marais permanents 4506,54 21781 0 26287,54
dominés par des
Tp
arbres y compris
forêts marécageuses
Zone humides continentales

Marais permanents 183 0 23863,97 24046,97


sur sols inorganiques
Ts
dominés par des
plantes herbacées
Zones humides 116276,51 0 0 116276,51
dominées par des W
buissons
Lacs d’eau douce 7717,81 420 0 8137,81
O
permanent > 8 ha
Lacs et mares 0 0 215,31 215,31
saisonniers P
/intermittents > 8 ha
Lacs et mares 0 0 53,48 53,48
saisonniers R
/intermittents < 8 ha

18
Superficie (ha)
ZH Type de ZH Code ZH du Sud ZH du Centre ZH du Nord TOTAL
Marais Saisonniers 0 0 1751,50 1751,50
/intermittents sur sols
inorganiques dominés
Ss
par des plantes
herbacées

Total ZH Continentales 194830,06


Terres agricoles 876,82 859592 4558950,39 5419419,21
artificiel

saisonnièrement 4
inondées
ZH

les

Terres irriguées rizière 3 0 0 287561,10 287561,10


Total ZH artificielles 5706980,31

Outre les éléments de zones humides listés dans le tableau 2, il faut noter que le Bénin dispose de
rivières et fleuves définissant des bassins versants répartis en deux grandes catégories : les bassins
côtiers qui déchargent leurs eaux vers le sud et les bassins méridionaux qui drainent leurs eaux
vers le nord, notamment le bassin du Niger. Ces éléments linéaires modifient considérablement
leur largeur au cours de l’année entre le lit mineur et le lit majeur, ce qui ne permet pas de
déterminer précisément des étendues les caractérisant. Principalement, on cite le Mono, le
Couffo, l’Ouémé et ses affluents que sont le Zou et l’Okpara, la Pendjari, la Sota, la Mékrou et
l’Alibori.
2.1.2.1. Zones humides marines/côtières

Selon Alé et al. (2003), on distingue la mer côtière (côte atlantique) dont la profondeur de 6
mètres à marée basse s’étend à 300 mètres du trait de côte, des fleuves, lacs, lagunes et estuaires
aux eaux saumâtres, puis des mangroves, forêts et prairies marécageuses se développant sur des
sols halomorphes. Dans les complexes Est et Ouest du Bénin méridional, on note les zones
humides marines/côtières suivant (figure 3) :
 Mer côtière Est et Ouest ;
 Basse vallée de l’Ouémé composée du lac Nokoué, de l’Ouémé-Sô, du chenal de
Cotonou, du canal Totché, de la lagune de Porto-Novo, des mangroves et des plaines
d’inondation ;
Plaine inondable du Mono composée du lac Ahémé (photo 2), du chenal Aho, de la lagune
côtière, de la basse vallée du Mono, de la basse vallée du Couffo, de la mangrove naturelle et des
vasières de Gbéhoué Ouatchi.

19
Figure 3: Zones humides côtière du Bénin

Photo 2: Rive du lac Ahémé à Possotomè, zone humide côtière située dans le site Ramsar
1017. © ACDD 2016.

Depuis l’an 2000, le Bénin a fait inscrire deux Complexes des zones humides du Sud- Bénin
comme sites Ramsar. Ces deux sites portent les références 1017 (Complexe Est composé de la
Basse Vallée de l’Ouémé, la lagune de Porto-Novo, le Lac Nokoué) et 1018 (Complexe Ouest
composé de la Basse Vallée du Couffo, le lac Ahémé, le chenal Aho et la lagune Côtière).

20
2.1.2.2. Zones humides continentales

Il s’agit des zones en amont des principaux fleuves (l’Ouémé, le Mono, le Couffo), des affluents
et défluents de ces principaux cours d’eau, des rivières permanentes et temporaires, lacs et
marécages d’eau douce. A ces cours et plans d’eau sont associés des écosystèmes tels que des
forêts galeries, des prairies marécageuses, des forêts humides semi décidues et d’autres plaines
inondables.
Dans le site Ramsar 1017 ou complexe Ouest on distingue les zones humides continentales
suivantes :
 Vallée du Mono et les chapelets de petits lacs: la vallée du Mono, la rivière Sazoué, la
Savédo et le Dévédo (défluents du Mono), les lacs du Mono (Toho, Togbadji, Doukon,
Dofé, Datchi, Wozo,…) ;
 Bassin du Couffo : la vallée du Couffo, la forêt marécageuse de Couffonou.
Le complexe Est ou site Ramsar 1018 comporte les zones humides continentales suivantes:
 Lagunes anciennes dont Toho, Todougba, Dati, Ahouangan, Bakanmè et Djonou ;
 La vallée de l’Ouémé : le complexe fluvial Ouémé-Sô, la plaine inondable, les lacs Hlan,
Sré, Azili, Tossahoué, Névi et les forêts humides adjacentes (ex. sur Photo 3);
 Les marécages d’Adjarra-Avrakou.

Photo 3: Vue partielle de la forêt marécageuse de Gnanhouizounmè dans la basse vallée


de l’Ouémé. Site Ramsar 1018. © ACDD 2012.
En dehors des bassins précités dont les organismes fluviaux coulent vers le Sud (bassins du
Mono, du Couffo, de l’Ouémé), il y a le bassin de la Pendjari avec un réseau composé de la
Koumougou et de la Kéran puis le bassin du Niger dont les organismes fluviaux (la Mékrou, le
Kompa Gourou, l’Alibori et la Sota) coulent vers le Nord. A ces rivières et cours d’eau
permanents et intermittents sont plus ou moins associées des mares dont les plus importantes se
rencontrent dans le Parc National de la Pendjari. Il s’agit des mares Bali, Yangouali, Bori, Fogou,
Sacrée, Agbossou, Lagué, Tiabiéga, Diwouni, Arly, Fogou (Agbossou et Okoundé, 2000 ;

21
CENAGREF 2016). Au niveau de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du W on peut citer
les mares Bangoutchiré, Sapiengou, Barabon et la mare 25. La photo 4 présente une vue partielle
de la mare Tiabiga dans la Pendjari en saison sèche.

Photo 4: Vue partielle de la mare Tiabiga dans le Parc National de la Pendjari au Bénin
© ACDD 2016.

Il existe aussi des bas-fonds dispersés un peu partout sur le territoire avec des fonds plats ou
concaves d’un axe d’écoulement temporaire qui est inondé pendant une période de l’année et
dans lesquels on rencontre des sols hydromorphes qui drainent des micro bassins versants de
moins de 75 km² de superficie en général (Alé et al., 2003).

2.1.2.3. Zones humides artificielles

Les zones humides artificielles sont assez localisées et représentées à la figure 4. Elles sont de
plusieurs ordres :
 les étangs aquacoles et les trous à poissons ;
 les terres agricoles saisonnièrement inondées (plaines d’inondation aménagées des
complexes fluviaux Ouémé-Sô, Mono-Couffo-Sazué, plaine inondable de la vallée du
Niger, etc.) ;
 les barrages et retenues d’eau pour le stockage d’eau à des fins d’usage domestique et
agricole (barrage hydropastoral des fermes d’Etat de l’Okpara, Bétécoucou, Samiondji),
 zone de mangrove transformée à des fins d’exploitation de sel de cuisine, des sablières et
gravières (tels que Djègbadji, Sè, …).
 Des canaux et rigoles de drainage d’eaux pluviales, domestiques et industrielles sont
construits dans les principales villes.

22
Figure 4: Localisation des zones humides artificielles au Bénin

23
2.2. Importance et fonctionnement des zones humides du Bénin

Les trois grands types de zones humides ainsi décrits pour le Bénin s’étalent du sud au nord avec
une différence de caractéristiques d’une zone à l’autre du point de vue écologie et
fonctionnement. Cet état de chose confère à chacune d’elle une importance particulière pour ce
qui est des services écosystémiques rendus (Somda et Awaïs, 2013 guide méthodologique
évaluation service écosystémique UICN).
2.2.1. Zones humides du Sud du Benin
Dans le Sud du Bénin, les zones humides occupent une superficie de 198 384 ha sur une
superficie totale de 933 751 ha (soit 21,2 %) mis à part la mer côtière qui occupe une superficie
totale de 17 416 ha. On y compte le complexe Est, le complexe Ouest, et les cordons littoraux et
la mer.
Le complexe Est du Sud Bénin (Site Ramsar 1018 : Basse vallée de l’Ouémé, lagune de Porto
Novo et lac Nokoué, Coordonnées géographiques : 2°25’ E et 6°40’ N) est classé Site Ramsar le
24 janvier 2000. Il est installé sur une altitude variant entre 135 m dans la région de Pobè au Nord
et 2 m dans les zones marécageuses d’Aholouyèmè au Sud. Sa superficie est de 91 600 ha. Il
existe dans l’ensemble du delta de l’Ouémé un nombre élevé de petits plans d’eau sacrés (Zindji,
Aguidi, …) ainsi que des prairies aquatiques qui font office de réserves de faune, lieux d’alevinage
et de reproduction des poissons.
Le complexe Est présente une variété d’écosystèmes humides et offre d’importantes potentialités
au point de vue écologique, socio-économique et culturel. Cette situation justifie l’ampleur de
l’emprise humaine sur le milieu naturel à travers les nombreuses activités qui s’y déroulent. Ainsi,
dans cette partie les cultures et jachères occupent, à elles seules, 67 % du paysage tandis que les
forêts ne couvrent que 0,5 % du complexe (MDGLAAT, 2010). Les principales activités des
populations dans le complexe Est sont : l’agriculture, la pêche, l’élevage, etc.
L’agriculture est l’activité prédominante du complexe. Elle se pratique sur les terres exondées
occupées par l’arboriculture et les cultures vivrières et dans les plaines d’inondation pour les
cultures de contre-saison et le maraîchage. Certaines espèces spontanées de vasière sont cultivées
à des fins variées : Cyperus articulatus pour les nattes de couchage, Thalia geniculata pour l’emballage
biologique.
La pêche demeure une activité importante avec deux domaines d’application : la pêche maritime
et la pêche continentale. Mais elle est de plus en plus confrontée à des difficultés liées surtout à
l’appauvrissement halieutique des plans d’eau suite à leur surexploitation. La production
halieutique s’élève à 24 035 t de produits avec environ 27 492 pêcheurs en 2013.
L’élevage concerne surtout les volailles, les ovins, les caprins et surtout les porcins.
En plus de la capitale politique Porto-Novo (264 320 habitants), le site abrite la ville portuaire de
Cotonou (679 012 habitants) et les cités lacustres de Ganvié, site touristique d’importance pour le
pays (RGPH4, 2013).
La diversité des habitats naturels fait de ce site un quartier divers pour de nombreuses espèces
d’oiseaux paléarctiques dont la Sterne royale (Sterna maxima). Dans ces habitats, on trouve
également le singe à ventre rouge ou « Zin kaka » (Cercopithecus e. erythrogaster) qui est une sous-
espèce endémique à la région du sud-Bénin et Togo dont l’aire est actuellement réduite aux forêts
de la dépression de la Lama, de Tchi et à celles de la vallée de l’Ouémé. La pression sur les
ressources biologiques et la pollution croissante des eaux constituent des menaces à la durabilité
de cet écosystème. Dans les zones humides du littoral, trois espèces de tortues marines
fréquentent régulièrement les plages. Il s’agit de la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), de la tortue
luth (Dermochelys coriacea) et de la tortue verte (Chelonia mydas). Outre la fonction de zone de transit

24
des tortues marines, la mer côtière abrite plusieurs espèces de poissons dont : Sphyranea guachancho,
Dentex sp, Pseudotolithus sp, Sardinella sp.
Au niveau du lac Nokoué, il a été dénombré 113 espèces appartenant à 50 familles dont 40
espèces marines en 22 familles, 14 espèces estuariennes réparties en 6 familles et 59 espèces
dulçaquicoles réparties en 22 familles. Les populations les plus importantes sont, dans l’ordre
décroissant, celles de la famille des Cichlidae (7 951 t), des Clariidae (2 191 t), des Penaeidae (2
155 t) et des Mugilidae (1 761 t). Selon Lalèyè et al. (1995), le lac Nokoué concentre ainsi
l’essentiel de l’ichtyofaune du complexe Est avec la présence de 80 % des poissons des zones
humides du Sud du Bénin.
La pêche occupe plus de 28 000 personnes pour une production halieutique annuelle de 25 000
tonnes environs de poissons et de crustacés. De nos jours, ces pêcheurs s’adonnent également à
l’extraction du sable fluvial, une activité qui prend de l’essor dans les chenaux proches des centres
urbains pour fournir du sable d’eau douce suite à l’interdiction de l’exploitation du sable marin
(Photo 5).

Photo 5: Chantier d’extraction de sable fluvial dans la basse vallée de l’Ouémé, Bonou.
Site Ramsar 1018. © ACDD 2012.

Plusieurs espèces végétales des zones humides du complexe Est sont surexploitées. Les plus
sollicitées sont des essences forestières : Manilkara multinervis, Anthocleista vogelii, Alstonia congensis,
Cleistophlis patens, Symphonia globulifera, Syzygium owariense. Les essences de plateau surexploitées sont
entre autres Ceiba pentandra et Milicia excelsa.
Les pratiques religieuses sont importantes avec des cultes traditionnels ayant érigé des plans d’eau
et forêts en lieux sacrés. La plage de Sèmè sert de lieu de pèlerinage pour l’église du christianisme
céleste.
La zone humide du complexe Ouest (Site Ramsar N° 1017 inscrit le 24 janvier 2000,
Coordonnées géographiques : 1°52’ E et 6°40’ N) s’établit à une altitude variant de 4 m au bord

25
du fleuve Mono à la latitude d’Adjaha au Sud et 208 m à Azovè au Nord. Elle couvre une
superficie de 47 500 ha. Elle couvre la basse vallée du Couffo, la lagune côtière, le chenal Aho et
le lac Ahémé. Sur le plan administratif, il s’étend sur les quatre Départements de l’Atlantique, du
Mono, du Couffo et du Zou.
Les bassins versants du complexe Ouest sont drainés par trois principaux cours d’eau : le Couffo,
le Mono et la Sazué. En dehors de ces grands cours d’eau, on retrouve d’autres plans d’eau : les
lacs Zoko, Dévé, Togbadji, Egbo, Doukon, Toho, Godogba, Wozo, Datchi et Dofè ainsi que de
vastes dépressions marécageuses au Sud d’Athiémé et à l’Ouest de Comè.
Le complexe Ouest renferme plusieurs écosystèmes et offre d’importantes potentialités. Les
principales activités des populations du complexe Ouest sont l’agriculture, la pêche et l’élevage.
Les cultures et les jachères occupent à elles seules, 74 % de l’ensemble du complexe (NT-ONG,
2006). L’agriculture se pratique sur les terres fermes occupées par les cultures vivrières que sont le
maïs, le manioc et de nombreuses légumineuses. Dans la basse vallée du Mono, les populations
exploitent, lors de la décrue, les riches limons apportés par les eaux du fleuve, pour les cultures de
contre- saison et le maraîchage. Ces cultures concernent surtout les petits oignons, le piment, la
tomate et les légumes feuilles. Pour enrichir les sols cultivés, certains ont recours à l’engrais
organique lié aux déjections animales et au curage des trous à poissons.
La pêche demeure une activité importante avec deux domaines d’application : la pêche maritime
et la pêche continentale par les populations riveraines des plans d’eau ; mais elle est de plus en
plus confrontée à des difficultés liées à l’appauvrissement des plans d’eau. Selon les mêmes
sources citées supra, la production halieutique annuelle s’élève à 20 401 t de produits, avec 26 000
pêcheurs, plus de 1 000 femmes collectrices d’huîtres et de crabes, 10 000 mareyeurs en 2014. Le
lac Ahémé concentre l’essentiel de l’ichtyofaune du complexe Ouest avec la présence de 70 % des
poissons des zones humides du Sud du Bénin. Les populations les plus importantes sont, dans
l’ordre décroissant, celles de la famille des Cichlidae (Sarotherodon melanotheron et Tilapia guineensis).
Dans l’ensemble du complexe Ouest, il a été dénombré 98 espèces de poissons appartenant à 48
familles dont 40 espèces marines réparties en 24 familles, 13 espèces estuariennes réparties en 6
familles et 45 espèces dulçaquicoles réparties en 18 familles. Les espèces économiquement les
plus importantes sont celles de la famille des Cichlidae (2 696 t) et des Mugilidae (654 t).
L’élevage concerne les volailles, les ovins, les caprins et surtout les porcins.
Dans certaines localités côtières surtout du complexe Ouest s’observe une fabrique traditionnelle
de sel. L’aire de production de ce sel s’étend du Sud de Pahou (Avlékété) jusqu’à Grand-Popo
(Avlo).
La plupart des plans d’eau intérieurs permanents sont navigables avec des embarcations simples.
Une intense activité d’extraction de graviers très recherchés pour les travaux de construction dans
les centres urbains se déroule sur le plateau de Comè (NT-ONG, 2006).
Le long des plages, se développe l’implantation de nombreux hôtels, cadres de détente et de
loisir, notamment à Grand-Popo. Ces dernières années connaissent de plus en plus la nage en
mer et le ski nautique. A Possotomè, la rive Ouest du lac Ahémé offre un cadre agréable de loisir
et de détente, pour les touristes qui vont également à la découverte de la source thermale.
La lagune côtière et bordée de mangrove depuis Grand-Popo jusqu’à Togbin et au Lac Ahémé
(en partie). Elle constitue un habitat naturel important, refuges et frayères pour la plupart des
espèces de poissons de mangrove. Les racines échasses du palétuvier rouge (Rhizophora racemosa)
constituent également un habitat pour les huîtres. Elle abrite la faune aviaire et les singes. Les
trois espèces de tortues marines qui fréquentent régulièrement les plages béninoises y sont aussi
retrouvées.

26
Il existe dans l’ensemble du complexe de petits plans d’eau sacrés comme Vodounto dans le
village de Hio dans l’Arrondissement d’Avlékété, ainsi que des prairies aquatiques qui font office
de réserves de faune, lieux d’alevinage et de reproduction des poissons.
Outre la mangrove, on y rencontre des forêts galeries, des forêts périodiquement inondées, des
forêts marécageuses, des prairies marécageuses, des prairies aquatiques flottantes. Les formations
végétales des terres fermes sont des forêts denses humides semi-décidues, des savanes arborées et
arbustives. Les formations naturelles subissent de plus en plus une pression croissante ; elles ont
été pour la plupart remplacées par les cultures et les plantations diverses ; le reste se trouve dans
un état de dégradation assez avancée. Plusieurs espèces des zones humides de ce complexe sont
surexploitées. Les plus sollicitées sont des essences forestières : Manilkara multinervis, Anthocleista
vogelii, Alstonia congensis, Cleistopholis patens, Symphonia globulifera, Syzygium owariense. Les essences de
plateau surexploitées sont Ceiba pentandra et Milicia excelsa.
L’originalité du complexe Ouest réside dans l’existence de la mangrove à l’état plus ou moins bien
conservé dans certaines localités, avec des espèces caractéristiques comme Rhizophora racemosa et
Avicennia germinans.
Les pratiques religieuses et cultuelles sont très actives avec le temple de Python et la vénération
des divinités de la mer à Ouidah. Ces cultes traditionnels ont érigé des plans d’eau et forêts en
lieux sacrés qui sont protégés.
Les zones humides du sud Bénin dans leur ensemble constituent des zones d’accueil pour les
transhumants venant de la région du Nord du pays à la recherche de l’eau et du pâturage pendant
la saison sèche. Ce phénomène occasionne la dégradation des berges des cours et plan d’eau et
des pâturages environnants mais elle est surtout source de conflits d’année en année entre les
agriculteurs et éleveurs à cause des dégâts engendrés par le bétail sur leurs parcours.
2.2.2. Zones humides du Centre
Les zones humides du centre sont dominées par les affluents du fleuve Ouémé, notamment le
bassin du Zou et le bassin de l’Okpara. C’est une zone de transition entre le climat équatorial et le
climat tropical et comprise entre les 7ème et 9ème parallèles Nord. On y rencontre des savanes
herbeuses sous inondation temporaire et des galeries forestières le long des cours d’eau. La durée
de persistance de l’eau devient courte quand on monte en latitude et les populations sont de
moins en moins spécialisées dans l’exploitation des zones humides. L’agriculture est pluviale dans
le Zou, les Collines et le Sud Borgou et la Donga. Dans les vallées de l’Ouémé et de l’Okpara, une
agriculture de contre saison est observée à l’étiage. La pêche est une activité secondaire qui
occupe durant l’intersaison. Dans ce secteur, l’élevage commence par prendre de l’ampleur et le
bétail exploite les pâturages des zones humides. Les troupeaux transhumants utilisent les couloirs
de passages et les aires de package de ces zones pour rallier les zones humides verdoyantes du sud
à l’allée et leur point de départ au retour (photo 6).
L’eau est aussi utilisée dans plusieurs localités pour l’irrigation de cultures pluviales.

27
Photo 6: Transhumance et pacage de bœufs dans les zones humides du centre, Djaloukou
Savalou. © ACDD 2008.
2.2.3. Zones humides du Nord-Ouest
Le département de l’Atacora connait des zones humides dont la plus importante est classée site
Ramsar 1669 le 02 février 2007 sous l’appellation « Zone humide de la rivière Pendjari ». Située
dans l’extrême nord – ouest du Bénin (zone soudanienne), à la frontière avec le Burkina Faso, la
plaine est fondamentalement située dans les Communes de Tanguiéta et de Matéri. La zone
humide de la Pendjari appartient à la région Afro-tropique et est classée vulnérable par Burgess et
al. (2004). Elle se situe aux coordonnées géographiques 11°37'N et 001°40'E et couvre une
superficie de 144,774 ha. Elle est établie sur des plaines alluviales entre 150 et 250 mètres
d’altitude. Elle est contenue dans le Parc national de la Pendjari, Réserve de Biosphère de
l’UNESCO et Site du Patrimoine Mondial depuis 2017. Naturellement irriguée par la rivière
Pendjari, cette zone recouvre à l’autre rive les zones humides Burkinabè du Parc national d’Arly.
Elle est l’un des écosystèmes humides les plus importants dans la zone sub-saharienne de
l’Afrique de l’Ouest caractérisée par une mosaïque de végétation. On y rencontre des forêts
galeries à Parinari congensis et Pterocarpus santalinoides, la savane marécageuse à Terminalia macroptera
localisée dans certaines parties de la plaine d’inondation et la savane marécageuse à Mitragyna
inermis et Acacia sieberiana sur les sols limono-argileux et des savanes humides, des affluents et des
mares, conditions favorisant l’existence et le développement d’une faune attractive. La faune
rencontrée est composée des lions (Panthera leo), des éléphants (Loxodonta africana), des buffles
(Syncerus cafer), du guépard (Acinonyx jubatus) et onze espèces d’antilopes de toutes les tailles
(Delvingt 1987 ; Delvingt et al., 1989 ; CENAGREF 2015). On y dénombre 378 espèces d’oiseau
dont 133 migrateurs et 62 espèces de poissons (Grell, 2002 ; Ahouansou Montcho et al., 2009).
Les zones humides sont habitées par des hippopotames (photo 7).

28
Pendant la saison sèche, les animaux sont retrouvés le long de la Pendjari et des mares associées.
Ces zones constituent une attraction touristique particulière car conserve une bonne disponibilité
de l’eau et du fourrage en saison sèche pour la faune (Kouton et al., 2017).

Photo 7: La mare aux hippopotames jouxtant la rivière Pendjari Site Ramsar 1669.
© ACDD 2016.

Les menaces qui pèsent sur les zones humides du nord-ouest en général et celles de la rivière
Pendjari en particulier sont liées d’une part à l’exploitation des ressources mais surtout aux effets
des variations climatiques qui parfois n’assurent plus l’approvisionnement dans le temps et dans
l’espace de l’eau nécessaire en quantité et en qualité suffisante pour la faune et son habitat (photo
8).

Photo 8: Assèchement de la mare Bali dans la RBP, Avril 2013. Site Ramsar 1669.
©ACDD 2013.

29
2.2.4. Zones humides du Nord.
Elles sont essentiellement dominées par les zones humides du parc W, site Ramsar du Complexe
W (Site 1668) de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du W Bénin (RBTW-Bénin) site du
patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2017. A l’intérieur de ce site, on distingue plusieurs
mares bien représentatives des zones humides du Nord du Bénin. Le Site Ramsar 1668 du
complexe Parc National du W de coordonnées géographiques 11°50’ N - 02°30’ E, a une
superficie de 895 480 ha et est localisé à l’extrême Nord du Bénin dans le Département de
l’Alibori ; l’altitude varie de 160 à 320 m. Elle est irriguée par les rivières Mékrou, Alibori, Kompa
Gorou, Kpako et Djarèka ; les mares et la plaine d’inondation du fleuve Niger présentent un
paysage diversifié (vallée, pénéplaine, chaîne montagneuse). Les pelouses, savanes herbeuses, les
forêts galeries et les savanes arborées/arbustives sont les principales formations végétales de la
région (Houéssou, 2013). Tout cet ensemble forme un milieu écologique complexe qui constitue
des habitats, des refuges, des lieux de reproduction et de migration de la faune.
La RBTW-Bénin est aujourd’hui presque exclusivement le seul refuge pour les populations
viables d’espèces de savane soudanienne : éléphant, hippopotame, buffle, lion, panthère, guépard,
hyène, hippotrague, bubale, damalisque, d’oryctérope, de pythons et plus de 350 espèces
d’oiseaux (PAPE, 2016). Cette zone abrite également des espèces telles que le lamantin (Trichechus
senegalensis), la loutre à joue blanche (Aonyx capensis), le faucon crécerellette (Falco naumanni) un
oiseau intégralement protégé. Il convient de signaler qu’on y trouve aussi près de 200 espèces de
poissons dont certaines espèces de poisson sont endémiques de la zone soudanienne. On peut
citer entre autres Heterobranchus bidorsale, Labeo senegalensis, Lates niloticus, Malapterurus electricus,
Heterotis niloticus, etc. Plusieurs espèces de poissons utilisent le milieu pour l’alimentation, la
reproduction, les frayères ou comme voie de migration.
Les zones humides de la RBTW-Bénin accueillent plusieurs touristes dans la période de mi-
décembre à mi-mai. Il s’agit du tourisme de vision et de loisirs au site des éléphants d’Alfakoara,
aux chutes de Koudou et du tourisme de chasse sportive et de loisirs dans les zones de chasse de
la Djona et de la Mékrou.
Actuellement, plusieurs facteurs défavorables aux caractéristiques écologiques du site Ramsar
1668 sont le braconnage, la transhumance, l’installation illicite de champs et l’utilisation non
contrôlée de pesticides pour la culture du coton à grande échelle, la mise des feux tardifs de la
savane par les braconniers ou les éleveurs, la pêche avec des produits toxiques (Houessou, 2013).

3. Cadre juridique et institutionnel de la gestion des zones humides


La gestion des zones humides au plan national révèle une complexité sur les plans juridique et
institutionnel au regard de la pluralité des acteurs et de la multiplicité des institutions intervenant
dans leur gestion. En effet, des zones humides ressort simultanément d’une multitude de secteurs
à savoir le Ministère en charge de l’environnement, Ministère en charge du tourisme, Ministère en
charge de la gestion de l’eau, Ministère en charge de l’agriculture, Ministère en charge des mines
et de l’énergie, pour ne citer que ceux-là. De ce fait, un grand nombre des conventions et accords
internationaux sont ratifiés par le Bénin, sur la gestion des zones humides. Une présentation
détaillée du cadre juridique, réglementaire et institutionnel de la gestion des zones humides du
Bénin a été élaborée par Akani (1999). En date, juste quelques restructurations institutionnelles
ont été opérées et surtout des décrets d’application des différentes lois prises.

30
3.1. Cadre juridique de gestion des zones humides

3.1.1. Conventions et accords internationaux

- Convention de Ramsar
La Convention de Ramsar sur les zones humides est la première et la plus importante
spécialement focalisée sur les zones humides depuis 1971. Ratifiée par le Bénin le 24 janvier 2000,
le pays s’engage à assurer la conservation et l’utilisation judicieuse des zones humides. Il y a inscrit
quatre zones humides d’importance internationale, deux dans le Sud et deux dans le Nord du
pays.
- Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique
Cette convention a été signée en 1992 à Rio de Janeiro. Cette convention est relative à la
conservation de la diversité des espèces, des écosystèmes et des paysages en général et en
particulier des zones humides. Le Bénin a signé cette convention en Juin 1994.
- La Convention des Nations Unies sur les cours d’eau internationaux
Elle a pour objectif d’offrir aux Etats signataires, riverains d’un même cours d’eau, une base de
négociation et de coopération pour le développement durable des cours d’eau, la réduction des
pollutions d’origines diverses et la détermination de mécanismes de gestion collective. Elle a été
ratifiée par le Bénin le 5 juillet 2012.
- Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie
(AEWA)
L’AEWA est un traité intergouvernemental soutenu par le Programme des Nations Unies pour
l’Environnement (PNUE) à travers lequel les pays collaborent pour conserver les oiseaux d’eau
migrateurs et leurs habitats. L’accord couvre 255 espèces d’oiseaux d’eau qui dépendent
écologiquement des zones humides pendant au moins une partie de leur cycle annuel. L’AEWA
s’engage à maintenir ou rétablir les espèces d’oiseaux d’eau migrateurs dans un état de
conservation favorable au long de leurs voies de migration, notamment à travers les zones
humides entières dans lesquelles les oiseaux migrent.
- Autres accords et conventions internationaux
Outres les conventions directement en rapport avec la gestion des zones humides, le Bénin a
ratifié dans le temps plusieurs conventions et accords internationaux en relation avec les zones
humides soit de par leur portée ou parfois leur objet. Ils concernent généralement la conservation
de la nature et la coopération internationale en la matière. Quelques-uns sont récapitulés dans le
tableau 3.
Tableau 3: Autres accords et conventions

N° Conventions/accord Liens avec les zones humides Date de


ratification par
le Bénin
1 Convention africaine C’est la seule Convention régionale africaine de 1968
sur la conservation de portée générale en matière de protection de la
la nature et des nature et des ressources naturelles. Elle jette les
ressources naturelles bases de la conservation des ressources naturelles
comme partie intégrante des plans d’aménagement,
l’obligation des études d’impact et de la coopération
inter africaine en matière de conservation et gestion
des ressources naturelles.

31
N° Conventions/accord Liens avec les zones humides Date de
ratification par
le Bénin
2 Convention d’Abidjan La Convention d’Abidjan pour la Coopération en 17 octobre 1997
relative à la matière de Protection et de Développement du
coopération en matière Milieu Marin et Côtier de la Région de l’Afrique de
de protection et de l’Ouest et du Centre est née de la nécessité
mise en valeur du d’adopter une approche régionale pour la
milieu marin et des prévention, la réduction et la lutte contre la
zones côtières de pollution du milieu marin, des eaux côtières et des
l’Afrique de l’ouest et eaux fluviales connexes de l’Afrique de l’Ouest et
du centre du Centre.
3 Convention La convention s’applique à la zone qui comprend 09 janvier 1969
internationale pour la toutes les eaux de l’Océan Atlantique et des mers
conservation des adjacentes (article 1)
thonidés de
l’Atlantique
4 Convention Encore appelée Convention de Washington, c’est 02 novembre
internationale sur leun accord international ayant pour but de veiller à 1973
commerce des espèces ce que le commerce international des spécimens
de faune et de flore d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la
sauvages menacées
survie des espèces auxquelles ils appartiennent.
d’extinction C’est l’un des principes de base de gestion des
zones humides.
5 Convention de Cette convention a pour objectif principal la 05 janvier 2004
Stockholm sur les protection de la santé humaine et de
polluants Organiques l’environnement des polluants organiques
Persistants (POP) persistants (POP). Des dispositions doivent être
prises pour l’utilisation de pesticides homologués
respectueux de l’environnement.

3.1.2. Lois nationales

L’application de ces conventions au niveau national a conduit à l’adoption de lois et la


désignation des structures responsables de la mise en œuvre de ces mesures de protection des
zones humides et les ressources associées. On y note les lois se rapportant à l’environnement et la
gestion des ressources naturelles (l’eau, la faune, la forêt, le foncier, etc.) et celles relatives à la
réforme de l’administration territoriale et à la création des communes. Il s’agit principalement de :
 Loi N°1987-015 du 21 septembre 1987 portant Code de l’hygiène publique de la
République du Bénin : elle légifère sur les habitations, le bruit, l’eau, la pollution du milieu
naturel, les installations industrielles, les plages, les établissements classés, la police
sanitaire. Elle a été pendant longtemps inappliquée jusqu’à l’avènement de la
décentralisation qui a favorisé la prise de textes d’application par les maires.
 Loi N°90-032 du 11 décembre 1990, portant Constitution de la République du Bénin qui
précise que chaque citoyen a droit à un environnement sain ;
 Loi N°93-009 du 2 Juillet 1993 portant régime des forêts en République du Bénin. Cette
loi a été adoptée afin de s’assurer la gestion, la protection, l’exploitation des forêts, le
commerce et l’industrie des produits forestiers et connexes. Cette loi définit les différents
types de régime forestier (domanial, privé, communautaire, classé qui couvrent bien de

32
zones humides), leur mode de gestion ainsi que des réserves de faune et des questions
relatives à la chasse.
 La loi N°1997-029 du 15 janvier 1999 portant Organisation des Communes en
République du Bénin qui détermine les compétences des communes dans les divers
domaines dont celui de l’environnement ;
 Loi N°98-030 du 12 février 1999 portant Loi-cadre sur l’environnement en République
du Bénin. C’est le principal instrument législatif qui définit les bases d’une politique en
matière de gestion intégrée de l’environnement et organise sa mise en œuvre. Elle est mise
en application par huit décrets adoptés en 2001 et traitant de :
o la protection et la mise en valeur des milieux récepteurs et naturels (sols et sous-
sols, eaux continentales, eaux maritimes et leurs ressources, et air) ;
o la protection et la mise en valeur du milieu naturel et de l’environnement humain
(faune et flore, établissements classés, substances chimiques nocives ou
dangereuses, bruit) ;
o l’étude d’impact, l’audit environnemental, l’audience publique sur
l’environnement, les plans d’urgence et les mesures d’incitation ;
o les sanctions relatives à l’inobservance de ces principes (recherche et constatation
des infractions, dispositions pénales diverses, infractions et inculpations
connexes).
 Loi N°2002-016 du 18 Octobre 2004 portant régime de la faune en République du
Bénin ; elle définit avec son décret d’application les modes de gestion des réserves de
faune qui renferment les zones humides de la rivière Pendjari et du W, sites Ramsar.
 Loi N°2010-44 portant gestion de l’eau en République du Bénin. Elle détermine les
conditions d’une gestion intégrée des ressources en eau. Elle classe les zones humides
comme domaine publique de l’eau et reconnait les modes de gestion particulière de ces
zones et des ressources hydriques associées dans les parcs nationaux et autres domaines
classés de l’Etat. Elle met l’accent sur la gestion participative et l’approche de gestion par
bassin.
 Loi N°2013-01 du 14 août 2013 portant code foncier et domanial en République du
Bénin. Elle définit les droits d’usage et de propriété ainsi que les procédures en la
matière. Les dispositions de cette loi s’appliquent aux domaines public et privé de l’Etat et
des collectivités territoriales donc les zones humides d’utilité publique, aux biens
immobiliers des personnes privées dont les zones humides, à l’organisation et au
fonctionnement du régime foncier et domanial en République du Bénin. Les principes de
cette loi régissent les transactions de zones humides entre les personnes. Ses dispositions
ont été améliorées par la Loi N° 2017-15 modifiant et complétant la loi N°2013-01 du 14
août 2013 portant code foncier et domanial en République du Bénin.
 Loi N°2014-019 du 7 août 2014 relative à la pêche et à l'aquaculture en République du
Bénin. Cette Loi-Cadre relative à la pêche et l’aquaculture traite des mesures de gestion
durable des ressources halieutiques ; de la promotion du mécanisme de cogestion ; de la
valorisation des produits de la pêche et de l’évolution du droit national et international.
Elle précise les dispositions institutionnelles, les droits de pêche, des embarcations de
pêche maritime et des navires de pêche étrangers, les conditions d'exercice de la pêche, les
mesures de conservation des ressources halieutiques et des écosystèmes aquatiques.
3.2. Cadre institutionnel de gestion des zones humides

Deux niveaux de gestion sont distingués ici, celui de la gestion des zones humides en général et
celui des sites Ramsar comme zones humides d’importance internationale.

33
Dans le premier cas, il s’agit globalement des structures intervenant dans la gestion des ressources
naturelles, du foncier et surtout de l’eau. Dans le deuxième cas, il s’agit de façon particulière de
l’organisation de l’autorité administrative de la convention de Ramsar au Bénin qui est l’Agence
Béninoise pour l’Environnement, un office sous tutelle du Ministère du Cadre de Vie et du
Développement Durable.
Sur le plan institutionnel, diverses structures interviennent dans la gestion du secteur de l’eau et
des zones humides. On peut citer les acteurs du secteur public comme :
 Le Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable à travers plusieurs directions
techniques et offices que sont : i)-l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE) pour
les aspects directement liés à l’environnement, la gestion des zones humides, la
réglementation, les études d’impacts, ii)- la Direction Générale de l’Environnement et du
Climat (DGEC) ; iii)-la Direction Générale des Eaux, Forêts et Chasse, le Centre National
de Gestion des Réserves de Faune, l’Office National du Bois pour les aspects relatifs à la
conservation de la biodiversité, la désertification et les changements climatiques. La
Délégation à l’Aménagement du Territoire (DAT) qui est une structure à caractère
transversale, élabore les instruments de planification de la politique de l’aménagement du
territoire.
 Ainsi, l’ABE est le principal acteur étatique intervenant au Bénin pour la gestion des
zones humides. Elle est l’autorité administrative de convention de Ramsar au Bénin. Sa
mission, telle que définie dans la loi n° 98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur
l’environnement en République du Bénin, est de " servir d’institution d’appui à la
politique nationale en matière de protection de l’environnement" (article 1) ; "elle est
chargée de la mise en œuvre de la politique environnementale définie par le
gouvernement dans le cadre du plan général de développement" (article 12). Le décret
n°2010-478 du 05 novembre 2010 portant création, attributions organisation, et
fonctionnement de l’Agence Béninoise précise que l’Agence est chargée de mettre en
œuvre la convention de Ramsar (article 27).
 Le Ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche et ses directions techniques
notamment la Direction de la Production Halieutique, la Direction de la Production
Végétale, la Direction de l’Elevage et la Direction du Génie Rural (DGR). La DGR
s’occupe de toutes les questions liées à la maîtrise de l’eau et des aménagements
hydroagricoles et hydro-pastoraux pour des questions relatives à la production agricole,
de l’élevage, de la pêche ainsi qu’aux infrastructures de base des communautés villageoises
au Bénin. La Direction de la Production Halieutique s’occupe de la réglementation et de
la gestion des ressources en eau (marines et eau douces).
 Le Ministère en charge de l’eau à travers la Direction Générale de l’Eau et ses directions
techniques : Direction de l’Approvisionnement en Eau Potable et la Direction de la
Planification et de la Gestion de l’Eau. Cette dernière est chargée de la conception des
modalités de la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans le secteur de l’eau ;
 Le Ministère de la Santé à travers la Direction Nationale de la Protection Sanitaire
(DNPS) qui intervient dans les zones humides avec la lutte contre plusieurs maladies
(paludisme, onchocercose) par des méthodes de sensibilisation et de pulvérisation ;
 Le Ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale (MDGL) à travers les
collectivités locales qui administrent leurs territoires et les ressources qui y sont inféodées.
En effet, les Collectivités locales (les communes) élaborent des réglementations et initie
des mesures relatives à l'usage et à l'affectation des sols. Elle est partie prenante dans les
opérations d'aménagement du territoire pour ce qui concerne son ressort territorial
(article 86 de la loi sur la décentralisation). Cette compétence de la commune est une
composante essentielle d’un schéma directeur d’aménagement du territoire et de la GIRE
en particulier. Elle veille à la protection des ressources naturelles, notamment des forêts,

34
des sols, de la faune, les ressources hydrauliques, des nappes phréatiques et contribue à
leur meilleure utilisation.
Il existe également des structures cadres qui s’occupent de la gestion des ressources en eau
comme le Partenariat National de l’Eau (PNE) et Eau Assainissement en Afrique (EAA).
Pour ce qui est des acteurs non étatiques, on peut citer :
 Le secteur privé intervenant dans le domaine des zones humides est constitué des
bureaux d’études, entreprises et à travers leurs différentes prestations de service, jouent
un rôle d’appui-conseil et d’appui à la conservation et à la gestion d’infrastructures dans
les zones humides pour l’amélioration des conditions de vie de la population.
 Les organisations de la société civile notamment plusieurs ONG travaillent aux côtés des
institutions étatiques pour la gestion durable des zones humides. On note entre autres
Nature Tropicale ONG, CIPCRE-Bénin, CREDI-ONG, BEES-ONG, Action-Plus
ONG, Eco-Ecolo ONG, Eco-Bénin ONG, etc..
 Des associations socioprofessionnelles dont les domaines d’activité sont basées en zones
humides telles que les groupements de pêcheurs sont des acteurs de la gestion des zones
humides. Par exemple il existe une association des Usagers et usagères des Ressources
naturelles du bassin du fleuve Niger (ANU) ayant des démembrements au niveau
communal (ACU). Il existe également des associations des éleveurs et d’autres groupes
d’acteurs (maraîchers, producteurs de coton…).
 Les partenaires techniques et financiers (PTF) constitués des Coopérations allemande
(GIZ), française (AFD), néerlandaise (Ambassade du Royaume des Pays-Bas, Ministère
de la Coopération Néerlandaise), de la Banque Mondiale (BM), du Programme des
Nations Unies pour le Développement (PNUD), de l’Union Européenne, du Global Water
Partnership, etc.
4. Principales menaces pesant sur les zones humides du Bénin.

Le manque de visibilité dans la politique en matière de gestion des zones humides, le non-respect
des règlementations relatives à la gestion rationnelle des zones humides et l’application
insuffisante des directives, accords et conventions relatives aux zones humides au Bénin
accentuent les menaces qui pèsent sur ces écosystèmes humides déjà très fragiles. Les contraintes
sont de plusieurs ordres : environnemental, socio-économique, institutionnel et juridique. Les
conséquences à court, moyen et long terme risquent d’être très dommageables pour les zones
humides.
Sur le plan environnemental, il est noté entre autres, l’érosion des berges et des sols ; le
comblement des plans d’eau ; l’appauvrissement des ressources biologiques consommables, la
baisse de la productivité halieutique et du rendement des pêches ; l’érosion côtière, la dégradation
du couvert végétal et des habitats de la faune aviaire et la faune terrestre; l’insuffisance des terres
et l’inexistence d’aires protégées ; l’inondation ; les pluies tardives, les chaleurs excessives ;
l’élévation du niveau de la mer ; la pollution des eaux et de l’air, l’encombrement des plans d’eau
par les espèces envahissantes (jacinthes d’eau, laitue d’eau, ex. photo 9), la prolifération des
infrastructures (routes, barrages, constructions touristiques…etc) (PNUD 2010, 4ème rapport
national sur la Biodiversité).

35
Photo 9: Encombrement de cours d’eau par une espèce envahissante, la jacinthe d’eau
(Eichornia crassipes).
© ACDD 2012.

Sur les plans socio-économique, institutionnel et juridique, les questions de transactions foncières
au profit des riches et aux détriments des pauvres ; les conflits entre les différents utilisateurs des
ressources naturelles ; l’enclavement, le manque de crédit, le faible niveau de concertation entre
les institutions intervenant dans les zones humides ; la méconnaissance des textes juridiques et
réglementaires ou l’inadéquation des textes avec les réalités sociaux culturelles, l’absence parfois,
de textes d’application de lois et/ ou leur non application lorsqu’ils existent, la faible vulgarisation
des textes juridiques, l’absence d’un ensemble de mécanismes visant à contraindre les acteurs du
secteur de l’eau quels qu’ils soient à respecter les prescriptions juridiques, l’absence de rigueur et
de sanction dans l’application des textes de loi, etc., constituent les problèmes qui minent la mise
en œuvre des textes juridiques de règlementation et de législation des zones humides;
Ajouté aux faiblesses précitées on note la pression hors norme sur les ressources naturelles. En
effet, l’analphabétisme, la démographie et la pauvreté occasionnent la surexploitation des
ressources naturelles des zones humides par les populations exposant ainsi les zones humides à
un état de vulnérabilité critique. C’est le cas par exemple de la surexploitation des ressources
halieutiques du lac Ahémé ; la surexploitation forestière et la dégradation des formations
végétales, les massacres des tortues marines sur les plages et en mer côtière, les massacres des
hippopotames de la basse vallée du fleuve Mono, le braconnage du lamantin d’Afrique des
fleuves Mono et Ouémé, etc.
Au regard de ces niveaux de dégradation avancée sur toutes les zones humides du Bénin et
principalement les quatre sites Ramsar, il s’avère impérieux de réfléchir à la restauration de ces
zones pour ralentir voire arrêter les processus de dégradation et inverser les tendances actuelles.
5. Restauration des zones humides

5.1. Définition du concept de restauration

Après l’étape de hiérarchisation, les zones humides prioritaires sont déterminées au regard de leur
importance et des pressions qu’elles subissent. Après la détermination des zones prioritaires
suivront la restauration qui devra prendre en compte à la fois : i)-le type de zone humide, ii)- le
but et les objectifs de restauration ainsi que iii)- les ressources disponibles.

36
Une restauration écologique est « le processus qui consiste à aider au rétablissement d’un
écosystème qui est dégradé, endommagé ou détruit (SER, 2004). C’est une intervention
intentionnelle qui lance ou qui accélère le rétablissement d’un écosystème dans le respect de sa
structure (ex. composition des espèces, propriétés des sols et de l’eau) et de ses propriétés
fonctionnelles (ex. productivité, flux énergétiques, cycle des nutriments), sans oublier les
échanges avec les paysages terrestres ou marins qui l’entourent (SER, 2004).
Une opération de restauration correspond à un ensemble d’interventions humaines et dont
l’objectif consiste à reconstituer l’écosystème dégradé, partiellement ou entièrement détruit par
l’homme visant un état fonctionnel de la zone humide restaurée. La reconstitution tient compte
de tous les paramètres biologiques, chimiques et physiques. Le porteur de projet doit donc
justifier que la zone humide concernée se trouve dans un état dégradé avéré.
5.2. Préconisations générales du guide

Sur la base d’études scientifiques avérées, les considérations générales préliminaires suivantes sont
très importantes :
 Toutes les zones humides n’ont pas le même rôle dans un bassin versant, n’offre pas les
mêmes services écosystémiques, ne sont pas au même niveau de dégradation, et donc ne
peuvent être objet des mêmes actions / intervention de restauration. La connaissance des
milieux et de leur fonctionnement est donc un préalable à toute intervention.
 La non intervention est une véritable option de gestion : Les milieux naturels disposent de
capacités énormes à s’auto-restaurer : dans le cas de cette option, il suffira de laisser libres
cours aux jeux de la nature et empêcher les nouvelles dégradations pendant ce temps.
 Le processus de restauration peut également être assisté. Dans ce cas, on note
l’intervention humaine dans les divers compartiments débouchant à la restauration des
zones humides concernées. Il s’agit d’un jeu d’intervention dans lequel, l’homme étudie,
planifie des actions tout au long du processus de restauration et ensuite dresse un tableau
de suivi pour juger de la réussite ou non des actions opérées ainsi que de leur efficience
Les principes juridiques nationaux et internationaux surpassent notre volonté de restauration : de
façon rigoureuse : toutes interventions dans les zones humides, d’importance internationale ou
pas, doivent respecter les lignes directrices de conservation des ressources naturelles et des
habitats sensibles éditées par le pays et conventions ratifiées par le pays. En somme l’utilité d’une
activité de restauration doit être bien recherchée avant toute intervention. Ceci s’avère si
important que la Résolution VII de la Convention de Ramsar a prévu les principales questions
d’analyse auxquelles réponses doivent être trouvées avant toute intervention. Ces analyses
prennent en compte le volet changement climatique pour que le porteur de projet en tienne
compte dans les activités de restauration. Ces questions sont résumées à la fiche technique n°5.
5.3. Types d’intervention en zones humides

La figure 5, adaptée de Aronson et al. (1995), présente les différents types d’intervention possibles
dans les zones humides dans l’objectif de la clarification des concepts entre restauration,
réhabilitation, entretien et réaffectation. La définition des concepts suit la figure.

37
Figure 5: Types d’intervention en zones humides

5.4. Principales étapes d’une restauration de zone humide

Toute intervention et principalement les activités de restauration passent par une succession
d’étapes schématisées sur la figure 6. Elle commence par un diagnostic pour mieux connaitre le
milieu et les besoins en restauration, passe par la définition d’objectifs clairs et le choix parmi les
options existantes, la réalisation de chantier de restauration puis le suivi évaluation.

38
Figure 6: Principales étapes d’une intervention

39
6. Démarche méthodologique d’élaboration du guide

L’élaboration du guide méthodologique de restauration des écosystèmes de zones humides a suivi


un processus itératif, inclusif et largement basé sur les principes de gestion des zones humides
adapté au contexte national du Bénin. Elle est basée surtout les expériences qui émanent
d’activités menées par des structures qui ont mis en œuvre ces principes de gestion et de
restauration. Il s’agit des structures étatiques dont notamment l’ABE, les Ministère en charge de
l’environnement et les structures ayant géré le Programme d’Aménagement des Zones Humides
(PAZH) ainsi que des ONG.
 Cadrage méthodologique
Une séance de cadrage méthodologique a eu lieu à l’ABE en vidéo-conférence avec le Secrétariat
de la Convention de Ramsar en Suisse. Cette séance a permis d’harmoniser les points de vue sur :
 la méthodologie de conduite des travaux sur le terrain,
 la structure à donner au document ainsi que les orientations en matière d’éléments de
restauration (voir le rapport de la séance en annexe)
 Revue et analyse documentaire
Cette phase dans le travail a eu pour objectif de réunir les connaissances sur le milieu et les
directives qui s’y appliquent et les expériences dans le domaine ainsi que de finaliser le schéma
type d’outils (fiche technique) adéquat.
La gestion des zones humides en général et des sites Ramsar en particulier répond à des principes
précis, vue leur sensibilité par rapport aux autres écosystèmes que sont les milieux exondés, les
zones arides, ….. La revue documentaire s’est intéressée aux directives UICN et RAMSAR sur la
typologie des zones humides et leurs caractérisations, la gestion et surtout la restauration des
zones humides ainsi que les expériences de restauration de zones humides en Afrique de l’ouest
et au Bénin. Les aspects de la législation nationale ont été aussi pris en compte.

 Enquêtes et prospection de terrain


Des visites de terrain ont été organisées dans le but d’observer des caractéristiques de certaines
zones humides en même temps d’échanger avec les gestionnaires et autres parties prenantes sur
les activités, le contexte écologique et socioéconomique d’exploitation des zones humides, les
menaces réelles et potentielles puis les perspectives de restauration. Les processus mis en œuvre
par certaines initiatives de restauration ont été ainsi capitalisés.
Des échanges ont été faits avec l’ABE notamment par rapport au projet de Gestion
Communautaire de la Biodiversité Marine et Côtière (PGCBMC). Aussi certaines parmi les ONG
intervenant dans les zones humides ont-elles accepté nous entretenir sur la problématique de la
mise en place d’un outil d’uniformisation des interventions dans les zones humides. Un
échantillon d’exploitants des zones humides a été enquêté aussi bien dans les zones humides qui
connaissent des interventions que celles qui sont non aménagées.

7. Mode d’utilisation du Guide méthodologique

Le guide méthodologique qui suit est un ensemble de fiches techniques. Ces fiches sont
précédées d’un processus d’hiérarchisation des zones humides ou catégories de zones humides
candidates à une activité de restauration. La succession dans l’ordre d’occurrence est très

40
importante dans l’utilisation du guide. Des questions concrètes fermées figurent sur les fiches
pour permettre à l’utilisateur d’opérer le choix judicieux de l’option d’aménagement ou de
restauration à faire. Les résultats d’une fiche conditionnent le choix de la suivante. Ainsi,
l’utilisateur devra obligatoirement toujours commencer par utiliser le guide à partir de la première
fiche et suivre le processus jusqu’à la fin.
Ainsi successivement, le guide conduira l’utilisateur à répondre aux questions présentées dans
l’encadré ci-dessous :

Principales questions auxquelles répond le processus du guide


a. Suis-je en présence d’une zone humide ?
b. Quelles sont les fonctions majeures de ma zone humide ?
c. Quelles sont les spécificités de ma zone humide ?
d. Ma zone humide est-elle dégradée ?
e. Quelles sont les composantes dégradées de ma zone humide ?
f. S’avèrerait-il pertinent de procéder à la restauration de cette zone humide ?
g. Quels sont alors le but et les objectifs de la restauration ?
h. Suivant les composantes dégradées (sol, eau, air, couvert végétal, …), quels sont les
besoins en restauration ?
i. Ai-je pris en compte les contraintes socio-économiques dans le processus de
restauration de ma zone humide ?
j. Quelles sont les critères de succès (normes d’efficacité et d’efficience) ?
k. Quelle est l’interrelation (connectivité) de ma zone humide avec les autres du bassin
ou de l’espace auquel elle appartient ?
l. Quel est le niveau d’engagement des acteurs ?
m. Comment restaurer le sol / flore / faune / eau / pour atteindre le but et les objectifs
visés… ?

8. Hiérarchisation des Zones humides

8.1. Principes d’hiérarchisation des zones humides

Par nature, toutes les zones humides présentent un intérêt pour le fonctionnement des bassins
versants, la protection de la ressource en eau, le pôle de développement de la biodiversité, etc.
Cependant, les moyens par nature limités des maîtres d’ouvrage ne permettent pas d’envisager
une intervention généralisée sur toutes les zones humides identifiées et décrites plus haut. Sans
remettre en question l’intérêt de l’ensemble des zones humides et la nécessité de les préserver, il
est donc souhaitable d’identifier, dans bien des cas, des zones humides ou parties de zones
humides dont la protection et la gestion (voire la restauration) sont des priorités au regard des
enjeux prioritaires identifiés sur le bassin versant ou le territoire concerné.
La hiérarchisation des zones humides est basée sur une analyse multicritère prenant en compte :
i)- les fonctionnalités des zones humides, ii)- les enjeux de gestion de l’eau du territoire, iii)- les
pressions ou menaces exercées sur les zones humides. Ces trois catégories de critères renferment
en effet plusieurs composantes d’intérêt que sont :
 Intérêts biologique et patrimonial : présence/absence d’habitats et d’espèces
remarquables, statut de protection ou de gestion, connectivité, etc.
 Intérêt fonctionnel écologique : réservoir biologique, corridor biologique, axe de
circulation de la faune
 Intérêt fonctionnel hydrologique : Connexion au réseau hydrographique, zone
inondable, rôle dans la régulation des polluants, état des masses d’eau, etc.

41
 Intérêt paysager : élément identitaire du territoire, valeur historique/emblématique, site
structurant du paysage, caractère pittoresque, etc.
 Intérêt socio-économique / usages : Adduction d’Eau Potable (AEP) par exemple,
(périmètre de protection), agriculture, pêche, chasse, découverte de la nature, randonnée,
etc.
 Menaces-pressions actuelles et futures / actives et passives : Etat de conservation ou
dégradation, risque de réduction de la surface, perturbation de la dynamique naturelle
(pollution, proximité axe de circulation et activités polluantes, espèces invasives,
embroussaillement), etc...
 Propriété foncière : parcelles publiques/privées, volonté politique locale, etc....
 Ces critères seront intégrés à la table attributaire des zones humides dans un système
d’information géographique (SIG) afin de permettre l’analyse qualitative et la
hiérarchisation.
8.2. Etapes dans la hiérarchisation des zones humides

La hiérarchisation est réalisée en plusieurs étapes, ainsi qu’il suit :


1. Découpage du territoire en « unités d’analyse spatiale » : afin de réaliser l’analyse des
fonctionnalités, enjeux et pressions à une échelle homogène et ce, quel que soit l’origine
et l’échelle de représentation des données utilisées pour la définition des critères, le
territoire d’étude est découpé en unité d’analyse spatiale. Ces unités sont issues du
croisement des limites administratives (limites communales) et des limites « fonctionnelles
» (limites hydrographiques et bassins hydrographiques). Le maillage du territoire en «
unités d’analyse spatiale » sera ensuite renseigné par les différents critères correspondants
aux Enjeux – Pressions – Fonctionnalités.
2. Calcul des trois indices (fonctionnalités / enjeux / pressions) : Pour chacun des indices,
plusieurs critères les caractérisant sont définis pour des unités ou catégories de zones
humides bien circonscrites ; ces critères sont affectés d’un coefficient de pondération.
Chacun des trois indices est alors calculé et cartographié et correspond à la somme des
critères pondérés. L’indice hiérarchique global sera donc le croisement des fonctionnalités
et enjeux d’un côté avec les pressions de l’autre. Ainsi, est obtenue une carte des secteurs
d’intérêt faible à fort au regard des fonctionnalités des zones humides, des enjeux du
territoire et des pressions.
3. Sélection des secteurs à « fort intérêt » : Une sélection des secteurs de fort intérêt est
réalisée à partir de la carte précédente afin de cibler les zones les plus importantes en
termes de fonctionnalités, d’enjeux et de pressions. Il s’agit normalement de fixer un seuil
pour les secteurs d’intérêt faible à fort afin de localiser les zones ayant le plus fort indice
et donc le plus fort intérêt. Mais dans le cas présent, il faut prendre les zones les plus
importantes donc à indice les plus élevés.
4. Définition des communes (ou unités administratives territoriales) prioritaires pour la mise
en œuvre de processus de réhabilitation des zones humides ou parties de zones humides
dans ces territoires.

8.3. Etablissement des critères d’hiérarchisation

Sur la base des démarches précédemment décrites, les critères rangés dans les tableaux 4, 5 et 6
sont définis pour apprécier la fonctionnalité et les enjeux des zones humides d’une part, puis les
pressions qu’elles subissent d’autre part. Les coefficients affectés à chaque variable varient de
zéro à celui indiqué dans la colonne correspondante. La colonne « description » présente

42
l’explication du paramètre et la précision de son sens de variation, parfois la question à répondre
et les sources d’information.
La fonctionnalité et les enjeux permettent de tirer des conclusions hiérarchiques sur l’importance
de la zone humide afin d’élaborer un programme de restauration pour les zones les plus
importantes au regard de leur fonctionnalité et des enjeux alors que les critères de pressions
permettent de ressortir les zones humides les plus menacées. Les zones prioritairement
candidates à des programmes de restauration dans un contexte de ressources limitées sont les
zones importantes et qui subissent des plus grands niveaux de pression. Dans tous les cas les
zones humides jouant le rôle de connectivité importante entre deux ou plusieurs zones humides,
quand elles sont sous pressions, sont d’offices prioritaires pour des actions de restauration car
vont assurer les succès des opérations de restauration au niveau des zones humides individuelles.
8.4. Particularité des zones humides artificielles

Les zones humides artificielles présentent une particularité du fait que ce sont des territoires sous
contrôle de l’homme. Généralement, elles disposent de plan de gestion et sous l’autorité d’un
propriétaire (périmètre rizicole irrigué privés par exemple) ou d’une structure étatique (barrage et
fermes d’Etat tels que Samiondji, Bétécoucou et Okpara). Ainsi les enjeux sont variables et
dépendent des objectifs de production ou de recherche affectés à ces domaines. De même,
l’évaluation des pressions négatives sur ces zones est un tant soit peu délicate du moment où les
plans de gestion prévoient normalement les modes de gestion en adéquation avec les ressources
disponibles. Toutefois, les pressions exercées sur les terres par les populations riveraines, la
transhumance et autres utilisations frauduleuses des ressources constituent des formes de
pressions qui échappent au contrôle du système de gestion et de facto, doivent être pris en
compte dans une démarche de restauration. C’est ce qui explique que les paramètres d’évaluation
des fonctionnalités et enjeux ainsi que des pressions ne peuvent être identiques pour les zones
humides aménagées que pour les zones humides de façon générale.
8.5. Variables et pondérations

Les pondérations pour chaque variable dans les paramètres sont fixées au regard de l’importance
de la variable dans l’ensemble du groupe qui est évalué à 20 points. Par exemple, en matière
d’enjeux, la présence d’une ou de plusieurs espèces endémiques a plus de poids que la position de
la zone humide dans le bassin versant. Ces considérations modifiables doivent rester objectives si
l’utilisateur du guide justifie la nécessité d’intégrer d’autres paramètres (ou variables) selon les
spécificités de la zone humide qu’il veut évaluer et restaurer. Il est important de maintenir pour le
calcul des indices et le classement, les totaux par types (fonctionnalités, enjeux, pressions) au
même niveau, tels que 20 points comme adoptés dans les tableaux de hiérarchisation.

43
Tableau 4: Critères de fonctionnalités
Fonctionnalités Pondération Paramètres Description
Répartition des Densité Densité de zones humides nombre ZH par rapport au total : 0 si
zones Humides 2.5 une seule unité, 2,5 si plus de 5
(ZH) différentes unités de ZH.
Surface Surface de zones humides surface ZH / unité d'analyse : 0 si
surface moyenne est de moins de
2.5 7.5
1ha ; 2,5 si surface moyenne dépasse
25 ha.
Position dans le bassin Zones humides en tête de bassin surface ZH en tête de bassin ; 2,5 si la
2.5 zone est située complètement en
amont dans le BV.
Relation au Proximité au RH Surface ZH à proximité du RH Surface ZH à proximité du RH : 2,5
réseau 2.5 si le centre de la zone est à moins
hydrographique d’un km du cours d’eau.
5
(RH) Interception du RH Surface ZH interceptant le RH Surface ZH connectées au RH : 2,5 si
2.5 100% de la superficie de la zone est
parcourue par les cours ou plan d’eau.
Relation entre ZH Interconnexion/ Surface interconnexion entre ZH Surface d'interconnexion entre ZH :
corridor 2.5 2,5 si 100% de la zone est un
corridor.
5
Interconnexion Degré d'interconnexion entre ZH Nombre d'interconnexion entre ZH :
Eau de surface 2.5 2,5 si toutes les eaux de surface sont
interconnectées entre elles.
Probabilité de Probabilité de présence Surface de probabilité moyenne Surface de ZH en probabilité de
présence d’eau de présence de ZH présence moyenne (peut ne pas être
détecté par photo-interprétation) : 2,5
2.5 2.5 si 100% de la superficie présente de
l’eau toute l’année.
44

Tableau 5: Critères des enjeux


Enjeux Coeff. Pondération 0-1 ou 2 Paramètres Description
Conservation du bon Bon état visuel des eaux Masses/pourcentage d’eau en 1 si 100% des eaux
état des eaux bon état Physique (couleur, présentent un très bon état
pollution visuelle) visuel.
1 Données du Schéma
Directeur d’Aménagement et
de Gestion des Eaux
(SDAGE)
Quantité d’eau annuelle Masses/pourcentage d’eau en 1 si les paramètres physiques
constante 1 bon état Physique (variation de l’eau sont optimaux.
5
de la quantité)
Qualité chimique de l’eau Masses/pourcentage d’eau en 1 si les paramètres Chimiques
1
bon état Chimique de l’eau sont optimaux.
Qualité biologique de l’eau Masses/pourcentage d’eau en 1 si les paramètres
1 bon état Biologique biologiques de l’eau sont
optimaux.
Qualité bactériologique de l’eau Masses/pourcentage d’eau en 1 si les paramètres
1 bon état Bactériologique bactériologiques de l’eau sont
optimaux.
Approvisionnement Existence de point de captage Captages AEP 1 si la ZH a un point de
en Eau Potable (AEP) captage ou est dans un
1 1
périmètre de protection d’un
point de captage
Soutien d’étiage Position de le ZH 1 Tête de Bassin Versant (BV) Voir carte des BV
Assèchement de la ZH Linéaire de cours d’eau 1 si 0% du cours d’eau
2
1 régulièrement touchés par des s’assèche c’est-à-dire cours
assèchements d’eau permanent
Biodiversité Hotspot de biodiversité Réservoir biologique 2 si la zone est classée
2 particulière pour la
biodiversité
Espèces Endémiques Présence d’espèces 2 si la zone contient au moins
2 11 Endémiques une espèce endémique
(Données d’inventaires)
Espèces phares et rares Présence d’espèces phares 2 si la zone renferme des
2 espèces caractéristiques et /
ou menacées (Données
Enjeux Coeff. Pondération 0-1 ou 2 Paramètres Description
d’inventaires)
Habitat d’espèces particulières Habitats d’espèces 2 si la zone renferme un
particulières habitat pour une espèce
2
endémique, phare ou rare
(Données d’inventaires)
Prairies permanentes Présence de prairies 1 si 25% de la zone est une
permanentes prairie
1
(Couvert végétal, occupation
du sol)
Site classé ou à proximité Présence de Sites naturels 2 si la zone recouvre une aire
2 remarquables protégée ou est classée.
(Réserve, aires protégées ?
Inondations Zone inondable Proportion de zone inondable 1 si au moins 50% de la zone
s’inonde annuellement
1 1
(cartographie de zone
inondable)

Tableau 6: Critères de pressions

Pression Coeff. Pondération 0-2.5 Paramètres Description


Pression agricole et Pression sur la terre Zones de plus faible pression 1 si la densité humaine dépasse la
pastorale agricole moyenne départementale (ce
1 paramètre caractérise la surface
cultivable disponible par habitant
dans la zone)
Pression sur le couvert végétal 3 Zones de fortes pressions 1 la zone connait chaque année de
(agriculture) 1 nouvelles friches (Avancée de la
déforestation / sol nu)
Pression sur le couvert végétal Zones de transhumance 1 si la zone est traversée par un
(Elevage, transhumance) 1 (couloir de passage et couloir de transhumance ou
package de bœuf) dispose d’une zone de package.
Pression halieutique Surpêche Diminution des captures, 1 si la production halieutique est en
1 1 amélioration des techniques baisse (Données Ministère de
non recommandées l’Agriculture)
Pression Coeff. Pondération 0-2.5 Paramètres Description
Forte utilisation des Carrière de sable ou latérite Intensité de prélèvement 1 si existence d’au moins une
ressources carrière de sale ou latérite sur la
1
zone. Données Mairies ou
ministère des mines
Carrière de graviers Intensité de prélèvement 1 si le prélèvement laisse des
3 impacts perceptibles plus d’un an ;
1
Données Mairies ou ministère des
mines
Autres carrières pour autres Intensité de prélèvement 1 si existence de carrières outre que
mines 1 pour sable et gravier ; Données
Mairies ou ministère des mines
Pression liée à Projet d’infrastructures Existence de grand projet 2 si des grands projets
l'urbanisation d’infrastructure d’infrastructures sont en cours ou
2
planifiés (routes, réseau ferroviaire,
port, aéroport, port sec, …)
Zones d’installation humaine Village, ville, … 1 si la zone est effectivement
1
effective habitée
Zones d’installation humaine 6 Zones potentiellement 1 si la zone habitée à proximité est
potentielle urbanisables prévue s’étendre jusqu’à la ZH :
1
Zone tampon autour des zones
bâties,
Croît démographique / Densité Evolution de la population 2 si la zone est classée de forte
2 explosion démographique au plan
national (Données INSAE)
Pression foncière Coût au m² de terre Cherté de la terre 1 si le prix au m² est supérieure à la
moitié de coût des terres exondées)
1
proximité. La cherté est indicateur
de pression démographique
Mode de gestion / faire valoir Mode d’accès à la terre 2 si gestion traditionnelle
4 (héritage) ; 1 si existence de
2
plusieurs mode de gestion
(Traditionnel ? moderne ?)
Autorité de gestion Inexistence d’une autorité de 1 s’il n’existe pas une autorité de
1 gestion gestion
Pression Coeff. Pondération 0-2.5 Paramètres Description
Plan de gestion Plan Foncier Rural, Zones Inexistence de plan de 2 si la zone ne dispose de plan de
2
loties, etc gestion gestion, d’affectation de sol, …
Mise en œuvre d’un plan 3 Niveau de mise en œuvre 1 si un plan n’est pas mis en œuvre
1 et suivi (La gestion foncière est
planifiée ou pas)
8.6. Zones humides prioritaires par catégories pour la restauration

L’annexe 2 (tableaux 11 à 16) présente les données d’évaluation permettant de déterminer les
zones humides les plus importantes du point de vue de la fonctionnalité et des enjeux et celles qui
subissent les plus fortes pressions. Cette analyse peut être faite pour des composantes des zones
humides par bassins, par types de zones humides (voir typologie des zones humides) ou de façon
globale pour toutes les zones humides au plan national. Il est toutefois préférable pour des
options de financement et des politiques nationales et régionales, de faire l’analyse par types de
zone humide ou par bassin.
Toutes ces deux options d’analyse sur le tableau conduisent aux mêmes conclusions, que l’on soit
au niveau bassin ou que l’on soit au niveau type de zones (zones humides côtière ou zones
continentale, zones artificielles). Dans l’un ou l’autre des cas les lacs intérieurs sont les zones
humides très importantes subissant de très grandes pressions d’origines diverses.
Ainsi pour les zones humides continentales, on a :
- Pour la basse vallée de l’Ouémé : les plaines d’inondation et le lac Nokoué ;
- Pour la vallée du Mono : La lagune côtière et le lac Ahémé ;
- Pour le bassin de l’Ouémé (moyen Ouémé) : les lacs intérieurs que sont le Hlan,
Tossahoué, Névi suivis à égale partie du marécage d’Avrankou et des plaines d’inondation
du fleuve Ouémé dans le Zou et les Collines avec leurs forêts humides ;
- Pour le Mono continental (Moyen Mono) : Lacs intérieurs (Toho, Togbadji, Doukon)
sont prioritaires suivi du lit même du fleuve Mono ;
- Pour le Bassin du Couffo : les lagunes anciennes (Toho, Todougba, …) sont prioritaires
suivies du lit du fleuve Couffo ;
Pour ce qui est des zones humides du Nord-Ouest et du Nord, les zones humides des réserves de
faune (Site Ramsar 1668, 1669) se dégagent des besoins de restauration car le statut de protection
de ces réserves leur confère déjà un statut de restauration. Les plaines d’inondation vouées aux
activités agricoles dans les bassins versants de la Pendjari et fleuve Niger sont les zones humides
prioritaires à restaurer.
Quant aux zones humides marines et côtières, on remarque que la côte-Est est plus importante
au regard de ses fonctionnalités et enjeux alors que la côte Ouest subit plus de pression.
L’analyse a été faite de façon séparée pour les zones humides artificielles, les paramètres de
pressions étant différents. Etant des milieux plus ou moins contrôlés, les formes de pressions
sont supposées inexistantes, mais les conditions d’exploitation de ces zones humides artificielles
au Bénin ont permis de définir les variables d’enjeux et de pression correspondantes (voir dans
tableaux 15 et 16). Il ressort de la lecture de ces que le barrage de l’Okpara vient en tête du
classement ainsi que le périmètre irrigué de Savè, chacun dans sa catégorie de zones humides
artificielles. Un projet de restauration orienté vers les zones humides artificielles s’intéresserait à
eux prioritairement.

Les zones humides prioritaires pour un projet de restauration au Bénin


Les lacs Nokoué, Ahémé, et les lacs intérieurs (Toho, Togbadji, Doukon, Sré, Azili) sont les
zones humides prioritaires à restaurer suivi des plaines d’inondation de la basse vallée de
l’Ouémé. Dans la catégorie des zones humides artificielles, le barrage de l’Okpara est
prioritaire suivi du périmètre sucrier de Savè.

49
Etape 1 : ETABLISSEMENT D’UN DIAGNOSTIC

50
9. Fiches techniques pour les différentes étapes de la restauration

9.1. Fiche 1 : Suis-je dans une zone humide ?

Le domaine peut être objet d’une restauration ?

La première caractéristique d’un bassin versant, avant l’eau et son parcours dans le
versant, est sa superficie. De ce fait, un bassin versant est d’abord défini comme une
portion de terre, un domaine géographique bien localisé et donc qu’on peut cartographier.
La première question est alors : jusqu’où s’étend l’aire dont je parle ?

51
9.2. Fiche 2 : Mieux Connaitre ma zone humide

La fiche ci-dessous présente l’ensemble des questionnements auxquels il faut apporter des
réponses claires et concises pour diagnostiquer une zone humide.
Identification de l’échelle concernée par le diagnostic :
1. Echelle globale (bassin, sous bassin) et échelle particulière (parcelle, champs, …)
Description du contexte physique
2. Situation géographique : (Coordonnées, superficie, limites, bassin versant, Site Ramsar)
3. Caractéristiques générales de la Zone? (Climat, géologie, topographie, occupation du sol).
4. Fonctionnement hydrologique de la zone humide ? (Cours et plans d’eau, étiages, crues)
5. Qualité de l’eau? (Pollution ? présence de dépotoirs ? comportement des animaux
aquatiques et plantes par rapport à l’eau, empiètement, etc)
Description du contexte environnemental (voir annexe A à cette fiche)
6. Quelles sont les ressources biologiques du milieu ? (Inventaire de la faune, flore)
7. Quelles sont les pressions sur les habitats ? (Urbanisation, agriculture, élevage,
exploitation forestière, autres activités, etc.).
8. Existence d’autres actions qui influencent le milieu ?
(Site d’exploitation de sables/graviers/minerais, transport, stockage, décharge, etc.)
Description du contexte socio-économique
9. Comment la zone a-t-elle évoluée ? (Historique de l’implantation humaine et de
l’exploitation des ressources)
10. Comment a évolué le mode de faire des ressources de la zone humide ?
11. Quelles sont les principales activités? (Agriculture, sylviculture, tourisme, loisirs, etc.).
12. Existence – t-il des conflits autour de l’utilisation de la zone et ses ressources ?
(Documenter les conflits, les acteurs et les modes de gestion potentiels existants)
Description du contexte réglementaire
13. Quelles sont les prescriptions réglementaires qui s’appliquent au domaine ?
(Convention de Ramsar, Loi sur la gestion de l’eau, …)
14. Existe-t-il un plan de gestion de la zone ?
(SDAGE, SDAT, PAG, …)
15. Existe-t-il dans les environs des zones de protections spécifiques ?
(Réserve naturelle, sites classé ou inscrit, ACCB)
16. Existe-t-il des mécanismes de conservation traditionnelle liée à la zone ou partie de la
zone humide ? (Rite de sacralisation, Pratiques coutumières) qui confère une autorité
traditionnelle légitime à la zone
17. Existe-t-il dans les environs un périmètre de protection de captage d’eau potable ?
Identification et délimitation précise de la zone humide et de son site fonctionnel
18. Existe-t-il des cartes de la zone ?
(Carte de situation, carte de végétation, carte d’occupation du sol… autres cartes
thématiques). Faire une carte de la zone si elle n’existe pas encore.
Évaluation des intérêts de la zone humide ou de son site fonctionnel
19. Quelles sont les fonctions de la zone humide (voir annexe B à cette fiche):
• régulation hydraulique ? épuration ? biologiques ?,
20. Quelles sont les valeurs de la zone (Voir annexe C à cette fiche)?
• économiques ? Sociales ? Récréatives ? Culturelles et paysagères ?

52
Hydrologie - Caractéristiques hydrologiques régionales actuelles et données historiques,
inondations
- Localiser des lieux de référence dans le bassin et aux alentours
- Paramètres à mesurer dans la zone humide, fréquence de suivi et durée
- Sources primaires d’eau pour la zone humide (eaux souterraines et de surface)
- Identifier les causes des changements dans les caractéristiques hydrologiques
- Effets potentiels sur des zones en aval du fait d’agir sur l’hydrologie
- Lien entre l’élévation de la surface du sol et les sources primaires d’eau
- Comment rétablir l’hydrologie et le lien approprié entre les niveaux du sol et
l’eau
- Méthodes naturelles ou de bio-ingénierie applicables
- Facteurs qui pourraient limiter la restauration et problèmes qui pourraient
surgir
Qualité de - Indices de pollution et sources probables
l'eau - Type de pollution (ponctuelle ou diffuse), nature des polluants
- Paramètres à mesurer dans la zone humide et la zone de référence, fréquence
de suivi et durée
- Paramètres pour évaluer la qualité de l’eau
- Méthodes disponibles pur améliorer la qualité de l’eau
Sol - Information de référence sur les sols locaux (utilisations, édaphologie,
topographie, etc.)
- Caractéristiques du substrat,
- Existences de couches imperméables qui contribuent à la dynamique de la
zone humide
- Paramètres à mesurer dans la zone humide et la zone de référence, fréquence
de suivi et durée
- Présence de pollution ou de toxiques
- Méthodes naturelles ou de bio-ingénierie applicables
Végétation - Espèces dominantes et rares, végétation typique dans le type de zone humide
- Espèces un statut de protection, espèces envahissantes non natives et natives
- Perturbations naturelles typiques de ce type de zone humide
- Méthodes disponibles pour éradiquer les espèces envahissantes
- Menaces pour les plantes une fois établies (herbivores, inondation, lumière
intense, etc.)
- Paramètres de la végétation à mesurer, fréquence de suivi et durée

53
9.3. Fiche 3 : Recensement des zones dégradées

1. Quelle utilisation veut-on faire de la zone humide ?


(Rappeler ou fixer les objectifs de gestion ; zonage si grande superficie ; zonage si
plusieurs objectifs)
2. Toutes les parties répondent à cet objectif ?

3. Quel est le potentiel encore en place ?


(Décrire la partie encore intacte et ses caractéristiques ; ces caractéristiques sont celles
qu’on approchera par l’intervention, donc estimer à sa juste valeur).

Encadré 3°: zones dégradées VS zones détruites


Une zone dégradée est la partie du domaine qui ne répond plus aux objectifs de gestion par
suite d’altération. Cette altération peut être due aux activités humaines ou provenir d’autres
facteurs biotiques (présences d’animaux, …). Elle peut aussi être due aux effets et
manifestations de facteurs naturelles (Orage, ruissellements, inondations…)
La zone est dite détruite si la physionomie naturelle est carrément changée. Il y a dans ce
dernier cas plus de doute à ce que les interventions de restauration apportent satisfaction. Ces
zones nécessitent plus de ressources et de temps pour la restauration.

54
Etape 2 : CHOIX DES OBJECTIFS

55
9.4. Fiche 4 : Identification des besoins en restauration

Une fois les objectifs fixés et les zones altérées recensées, il faut déterminer les besoins en
restauration. Il s’agit à cette étape d’énoncer clairement le but du projet de restauration en
répondant aux questions suivantes :
1- Quel est l’état futur souhaité ?
(Décrire la situation finale souhaitée, il doit être techniquement réaliste et réalisable)
2- S’agit-il d’un rétablissement de l’intégrité écologique ?
3- Quelles sont les valeurs du site à toucher ?
(Lister les valeurs du site qui connaitront une modification, voir fiche 2)

4- Quelles sont les fonctions du site à influencer ?


(Lister les fonctions du site qui seront modifiées, voir fiche 2)

5- Ces modifications sont-elles en adéquation avec les principes écologiques ?


6- Ces modifications sont-elles en adéquation avec les principes juridiques ?
7- Ces modifications sont-elles en adéquation avec le contexte
socioéconomique ?
8- Les partenaires à la restauration ont-ils accordé leur point de vue ?
Liste des partenaires

PTF Voisins limitrophes Partenaires stratégiques

56
Etape 3 : DEFINITION DES OPERATIONS

57
9.5. Fiche 5 : Restauration du couvert végétal

1- Le couvert végétal est-il modifié ?


2- Quelles composantes du couvert végétal ont été modifiées ?
(La strate herbacée ? Herbeuse ? Arborée ? Arborescente ?)
3- Quelles sont les espèces candidates pour un reboisement ?
(Ecologie, caractéristiques, disponibilité, accessibilité, rendement, coût…)
4- Des espèces envahissantes sont-elles présentes ?
(Relation entre les espèces envahissantes ou présentes et celles candidates
pour un reboisement)
5- Des espèces exotiques sont-elles présentes ?
(Relation entre les espèces exotiques présentes et celles candidates pour un
reboisement)

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9.6. Fiche 6 : Restauration du sol et du relief

1- Quelles sont les caractéristiques du sol qui sont touchées par la


dégradation ?
La matière édaphique ?
(Perte de terre par ruissellement, autres raisons de pertes de terre)
Perte de la matière organique du sol ?
Modification de la structure et de la texture du sol ?
La restauration des caractéristiques physiques du sol est un processus souvent long et
complexe. L’option la plus avantageuse est souvent de laisser libre cours aux jeux de la
nature en restaurant le couvert végétal et ainsi le sol se rétabli.

Tableau 7: Directives pour la restauration du sol et du relief

Pratiques recommandées Pratiques non recommandées


Éliminer les ouvrages bâtis tels que les Éliminer ou modifier une structure ayant
édifices ou les chemins non essentiels ou une importance culturelle ou historique.
abandonnés
Rétablir les gradients topographiques (ex., Développer de nouveaux bancs d’emprunt
enlever les bancs d’emprunt abandonnés) à l’intérieur de l’aire protégée.
et les réseaux hydrographiques naturels.
Utiliser des emprunts localement sans Apporter du sol comportant de mauvaises
modifier la physionomie du domaine herbes ou des souches exotiques

59
9.7. Fiche 7 : Restauration de la qualité de l’eau

1- Les sources d’eau régissant le fonctionnement de la zone humides sont-elles


altérées ?
(Rivière, lac, lagunes, …)
2- Quel est le type de dégradation sur les ressources en eau ?
(Physique, chimique, bactériologique)
3- Quel est le lieu d’intervention adéquat sur la source d’eau pour assurer l’efficacité ?

60
9.8. Fiche 8 : Restauration de la faune

Généralement les dégradations de l’habitat conduisent systématiquement à la disparition


de la faune. La restauration du couvert végétal conduit donc dans la plupart des cas au
rétablissement des espèces faunique dans les habitats de zones humides. Toutefois, dans
des cas exceptionnels, on peut entrevoir directement des interventions pour la
restauration de la faune de la zone humide.
4- La dégradation de la zone humide a-t-elle affectée la faune ?
5- Quelles sont les espèces encore présentes ?
6- L’habitat est dans un état susceptible de conserver la faune ?
7- Y a-t-il une source légale disponible d’approvisionnement de spécimen ?
8- De nouvelles espèces (envahissantes ou non) ont-elles colonisé la zone humide ?

Tableau 8: Quelques directives pour la restauration de la faune

Pratiques recommandées Pratiques non recommandées


Laisser la faune recolonisée son habitat Introduction et réintroduction d’espèces
après la restauration du couvert végétal fauniques
Assister la dynamique in-situ Réintroduire des spécimens d’élevage

61
9.9. Fiche 9 : Directives pour la conservation du tissu social

Cette partie a rapport avec les éléments de services écosystémiques rendu par la zone
humide dans le domaine social et culturel favorisant la durabilité dans les relations qui
lient les populations riveraines à la zone et ses ressources.

1- Quelles sont les relations qui lient la population riveraine au site ?

2- Quelles sont les statuts des ressources exploitées localement par la population

riveraine ?

3- Quels sont les éléments de services écosystémiques touchés par les activités de

restauration ?

4- Quelle part de ces services a été préservée après les travaux de restauration ?

5- Quel est le plan de communication mis en œuvre pour informer les populations

riveraines sur le processus de restauration et sa gestion ?

6- Quel est le niveau d’implication de la population riveraine dans le processus de

restauration ?

62
9.10. Fiche 10 : Evaluation de l’efficacité d’une action de restauration

L’efficacité d’une action de restauration doit être étudiée de façon prédictive. Ici, les
grandes lignes sont clairement définies par le Secrétariat Ramsar.

Encadré 4 : Questions à traiter pour évaluer l’utilité et la faisabilité des projets de


restauration des zones humides (Adaptées de l’annexe à la Résolution VII.17,
Secrétariat Ramsar, 2007)
Les évaluations qui conduisent au choix de projets de restauration des zones humides
appropriées devraient comprendre les questions suivantes (adaptées de l’annexe à la
Résolution VII.17) :
a) Y aurait-il des avantages pour l’environnement (par exemple amélioration de la quantité
et de la qualité de l’eau, réduction de l’eutrophisation, protection des ressources d’eau
douce, conservation de la biodiversité, gestion améliorée des « ressources humides »,
maîtrise des crues) ?
b) Quel est le rapport coût-efficacité du projet proposé ? À plus long terme, les
investissements et les changements devraient être durables et ne pas seulement
apporter des résultats temporaires. Il faut viser un coût approprié dans la phase de
construction et des dépenses courantes appropriées, pour l’entretien futur.
c) Quels options, avantages ou inconvénients l’aire restaurée apportera-t-elle à la
population locale et à la région ? Il peut s’agir de conditions sanitaires, de ressources
alimentaires et en eau essentielles, de nouvelles possibilités de loisirs et d’écotourisme,
d’amélioration des valeurs paysagères, de possibilités pédagogiques, de conservation du
patrimoine culturel (sites historiques ou religieux), etc.
d) Quel est le potentiel écologique du projet ? Quelle est la situation actuelle de la région du
point de vue de l’habitat et des valeurs biologiques et, en particulier, certaines
caractéristiques actuelles des zones humides, importantes pour la conservation ou la
biodiversité, seront-elles perdues ou dégradées ? Comment l’aire restaurée va-t-elle
évoluer pour ce qui est de l’hydrologie, de la géomorphologie, de la qualité de l’eau,
des communautés végétales et animales, etc.
e) Quelle est la situation de l’aire du point de vue de l’occupation actuelle des sols ? La
situation variera considérablement selon qu’il s’agit de pays développés, en transition
économique ou en développement ainsi qu’au sein de ces pays, selon les circonstances
locales, pour ce qui est des objectifs de restauration et de remise en état. En particulier,
il est souvent possible d’améliorer des terres marginales peu rentables aujourd’hui.
f) Quelles sont les principales contraintes socio-économiques ? Existe-t-il un intérêt
régional et local positif pour la réalisation du projet ?
g) Quelles sont les principales contraintes techniques ?

63
10. Restaurations des zones humides prioritaires au Bénin

La restauration comprend une grande variété de mesures et de pratiques, qui peuvent varier
considérablement en taille et en complexité. Elles visent à rétablir l’état naturel et le
fonctionnement des milieux, en cas d’espèces les lacs, les plaines d’inondation et les barrages et
zones humides associées. La restauration des lacs et barrages fait donc partie intégrante de la
gestion durable de l’eau, et est également de plus en plus importante dans la gestion intégrée des
bassins hydrographiques. Ces mesures et pratiques de restauration concernent la gestion des
risques d’inondations et intègrent d’autres précautions relatives à l’adaptation aux changements
climatiques tout en maintenant un bon niveau de productivité.
10.1. Méthodes de restauration

Un projet de restauration nécessite une expertise et des compétences dans plusieurs disciplines.
Les différentes étapes peuvent se résumer comme suit : la planification, la conception, la
construction et le suivi. Ces différentes étapes passent par le remplissage minutieux et participatif
de toutes les fiches de ce guide méthodologique de restauration des zones humides.
Une planification minutieuse d’un projet de restauration, des objectifs clairs et une
communication avec tous les participants permettent d’augmenter les chances d’atteindre son but.
Il existe plusieurs raisons à cela : une définition des objectifs du projet permet par exemple
d’identifier plus facilement les spécialistes nécessaires, et fixer des objectifs clairs et mesurables
signifie que le projet peut être évalué.
La planification implique de comprendre les besoins et les points de vue des populations ; ceci est
important car la restauration des écosystèmes aquatiques requiert un large éventail d’acteurs des
secteurs public et privé, y compris les décideurs, les praticiens, les scientifiques et les
organisations non gouvernementales, ainsi que des groupes de citoyens pouvant être concernés.
Elle permet également l’efficacité et donne aux chefs de projet l’occasion d’expliquer leur action
et les coûts associés. En général, diverses règlementations s’appliquent aux projets de
restauration. Il est essentiel de faire une liste de toutes les contraintes réglementaires pour
s’assurer que le projet sera un succès.
Les travaux de conception permettent d’identifier les mesures de restauration les mieux adaptées
à la situation, et les coûts prévus de celles-ci. Cette étape peut aussi permettre de déterminer une
stratégie de surveillance, énonçant ses objectifs, son étendue dans l’espace, la période de suivi, le
protocole des mesures, et les acteurs concernés.
Un suivi avant et après l’achèvement du projet est nécessaire et commence par la mise en place
d’un cadre de gestion environnementale et sociale. Le suivi avant le projet se fonde sur les
conditions existantes. La surveillance permet de déterminer si les objectifs écologiques ont été
atteints et si les techniques de restauration ont été efficaces. Des commentaires issus de la
surveillance peuvent conduire à la mise en œuvre d’autres projets.
Plusieurs considérations doivent être prises en compte dans la mise en œuvre d’un projet de
restauration. Le projet est généralement réalisé de manière à éviter ou minimiser les impacts sur
l’environnement, la maîtrise de l’érosion et des sédiments, le contrôle du bruit, etc. Tous les
éléments existants tels que les routes, la faune, les ruisseaux ou les zones humides, doivent
également être pris en compte pendant l’exécution d’un projet. Il est important d’éviter de
déranger les sites historiques à protéger et préférable de considérer le paysage que le projet
permettra de créer. Enfin, des compétences en communication et en gestion sont essentielles
pour qu’un projet soit efficace. Le suivi après-projet peut déterminer si la restauration a été
effectuée en conformité avec les objectifs approuvés.

64
10.2. Gestion des risques d’inondation

Les plaines inondables, les lacs et les barrages remplissent des fonctions précieuses d’ordre
financier et environnemental. Elles jouent un rôle particulier dans l’écrêtement des crues, la
recharge des nappes et l’écoulement des eaux souterraines. Les mesures de restauration peuvent
augmenter la capacité naturelle de stockage, atténuer les risques d’inondations en raccordant les
ruisseaux et les rivières aux zones inondables, aux anciens méandres et autres zones naturelles de
stockage, et améliorer la qualité et la capacité de ces zones humides.
10.3. Préservation de la biodiversité et des habitats

Les lacs et les zones humides sont d’une importance majeure pour la biodiversité. Ils abritent un
grand nombre d’espèces : oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles, plantes, etc., et peuvent être
une escale pour le repos et l’alimentation des oiseaux migrateurs. Les écosystèmes aquatiques, y
compris les zones humides, fournissent des habitats à de nombreuses plantes et un espace aux
animaux pour se nourrir, se reposer et se reproduire. Les rivières et ruisseaux transportent des
sédiments qui forment les lits des lacs et barrages et contribuent à la création d’habitats.
Les travaux de restauration physique incluent le rétablissement de méandres (ramener les courbes
d’une rivière naturelle à leurs formes initiales si celles-ci sont encore identifiables ou créer un
nouveau méandre), la création de berges naturelles-végétalisées là où celles-ci étaient bétonnées,
ou le retour d’un plan d’eau dans son lit d’origine afin de le reconnecter aux nappes souterraines
d’accompagnement. Cependant, les passes à poissons permettent seulement à certaines espèces
de poissons sélectionnées de traverser des obstacles tels que des écluses ou des barrages.
De nombreuses espèces comptent sur les cycles réguliers d’inondation des zones humides pour
se reproduire. Les zones humides sont importantes pour les poissons d’eau douce, et de
nombreuses espèces ont besoin de zones humides peu profondes pour se reproduire. La
restauration des lacs et des zones humides contribue ainsi à accroître la biodiversité et à améliorer
les connections entre les habitats.
10.4. L’amélioration de la qualité de l’eau

Le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques peut aussi jouer un rôle dans le maintien ou
l’amélioration de la qualité de l’eau, par exemple grâce au processus d’auto-épuration des plans
d’eau.
Les zones humides améliorent aussi la qualité de l’eau en piégeant les sédiments, en filtrant les
polluants et en absorbant les nutriments. Les zones humides sont même parfois utilisées pour le
traitement des eaux usées. La restauration des zones humides contribue à maintenir ces services
et permet également d’obtenir un milieu sain. Pour y parvenir, les projets de restauration des lacs
et barrages doivent mettre un accent sur l’amélioration du sédiment et de la sédimentation,
l’élimination des plantes envahissantes dont les propriétés n’assurent pas la filtration de l’eau,
l’aménagement des berges (entretien et végétalisation), la mise en place de bassin de décantation
des eaux usées dans les cas où il y a des déversements.
Quant au volet biodiversité dans la restauration des plaines d’inondation, l’aménagement des
périmètres agricoles est nécessaire avec un zonage qui prévoit et maintient une couverture
d’espaces forestiers naturels et artificiels.
10.5. Restauration des lacs et barrages

Des barrages et des seuils construits pour l’irrigation, l’élevage ou l’approvisionnement en eau
potable, etc. peuvent constituer une menace sérieuse pour le fonctionnement des systèmes
fluviaux. Parmi d’autres effets, ils affectent le transport naturel des sédiments, ce qui entraîne une

65
rétention des sédiments en amont des barrages et par conséquent une perte de sédiments en aval.
Des ouvrages de type barrage ont un effet important sur la continuité écologique en empêchant la
migration des poissons vers les frayères en amont et vers l’aval. Les taux de mortalité des
poissons peuvent être élevés quand ceux-ci traversent des turbines hydrauliques lors de leur
migration vers l’aval.
Une modification de l’écoulement, des changements dans la qualité de l’eau des lacs ainsi créés, et
la température peuvent aussi détériorer les habitats et impacter les espèces. Plusieurs options sont
possibles pour réduire l’impact des barrages. La création de passes ou d’échelles à poissons peut
faciliter la circulation d’un ensemble d’espèces de poissons ciblées.
La mise en œuvre de bonnes pratiques dans la gestion des infrastructures peut également limiter
l’impact sur l’environnement et sur les espèces. Certains exemples sont : la chasse ou
l’enlèvement des sédiments par des procédures mécaniques de gestion des barrages ; l’installation
d’écrans aux entrées et de passes à poissons et la mise en place d’un flux environnemental
minimal pour soutenir les écosystèmes d’eau douce en aval.
Des règles spécifiques sur le fonctionnement des barrages peuvent également être mises en place,
telles que les inondations artificielles, qui peuvent aussi aider à préserver les zones humides en
aval, ou des techniques de chasse des sédiments qui peuvent limiter les taux d’envasement dans
les barrages et les déficits en sédiments en aval.
10.6. Restauration des plaines d’inondation

Les différentes formes d’utilisation des sols, comme l’agriculture ou la sylviculture, peuvent
altérer le fonctionnement des écosystèmes aquatiques et la qualité des eaux.
L’épandage d’engrais à proximité de cours d’eau, de lacs ou de zones humides peut polluer
directement l’eau par exemple par ruissellement ou projection. Les petits ruisseaux agricoles sont
importants car ils s’unissent pour former des rivières, et fournissent également des habitats pour
des espèces végétales et animales avant de se jeter dans les lacs ou les barrages. Leur pollution a
donc un impact sur tout le système. La pollution des lacs et des zones humides peut aussi
conduire à une perte de biodiversité. Les activités agricoles peuvent engendrer des problèmes de
sédimentation : le vent et l’eau déplacent les sols exposés sans végétation, du bassin versant vers
le plan d’eau. Ces sédiments réduisent la quantité d’ensoleillement disponible pour les plantes
aquatiques, recouvrent les frayères des poissons, et des particules nutritives interfèrent avec les
organismes suspensivores.
Pour pallier à ces effets dans les plaines d’inondation de la vallée de l’Ouémé, zones prioritaires
pour les activités de restauration, il est nécessaire dans un premier plan d’établir un plan
participatif d’aménagement de l’espace et affecter à chaque « sol » une utilisation précise selon ses
propriétés et ses vocations. Les spéculations pour les zones indiqueront les types d’aménagement
spécifiques nécessaires. Ainsi la restauration des plaines d’inondation prévoit l’aménagement
hydroagricole, la réhabilitation des forêts naturelles, l’installation des plantations. L’aménagement
hydroagricole est fait dans l’optique d’atténuer les risques liés aux inondations à la saison
hivernale en même temps que de favoriser les cultures de décrue et de contre saison. La
combinaison de ces trois modalités exploite au mieux les potentialités de ces milieux hautement
productifs par une agriculture de préférence biologique.
11. Analyse de la connectivité entre les zones humides dégradées
Le but stratégique 2 du plan stratégique 2016 – 2024 de la Convention de Ramsar se veut de
« Conserver et gérer efficacement le réseau de Sites Ramsar ». Sa déclinaison met l’accent sur
l’accroissement du réseau de Sites Ramsar en termes de superficie, de nombre de sites inscrits et

66
de façon très importante de la connectivité écologique entre les sites ou de façon globale, entre
les zones humides.
La connectivité écologique désigne la connexion fonctionnelle et effective nécessaire au
fonctionnement, à la stabilité et à la résilience des écosystèmes sur le long terme.
On distingue deux types de connectivité écologique :
 Une connectivité spatiale (structurelle, physique) qui fait que deux taches de même type
soient adjacentes, jointes, dans l’espace, et
 Une connectivité fonctionnelle qui lie ou relie des éléments éco-paysagers physiquement
connectés ou non (habitats naturels ou semi-naturels, zones-tampon, corridors
biologiques). Elle les relie entre eux, du point de vue d'un individu, d'une espèce, d'une
population ou d'une association de ces entités, pour tout ou partie de leur stade de
développement, à un moment donné ou pour une période donnée.
La connectivité écologique diminue notamment quand la fragmentation écologique augmente
(Burel et Baudry, 1999). Selon les mêmes auteurs, elle permet l’effet tunnel dans le
fonctionnement des zones humides, ce qui justifie pleinement leur importance et l’attention
qu’elle requiert dans les processus de restauration.
En effet, elle contrôle les taux de migration (ou de dispersion) des espèces dans la mosaïque éco-
paysagère et est un des facteurs de résilience écologique d'un milieu pour son rôle de corridor.
La mise en œuvre des projets de restauration écologique doit obligatoirement tenir compte de la
connectivité entre les zones humides adjacentes ou proches sous les aspects suivants :
 La connectivité en amont : dans le bassin versant mis sous aménagement, la zone humide
ou le territoire partie de zone humide sous traitement dispose-t-elle en amonts de facteurs
de connectivités ? la réponse à cette question est l’affirmative dans la plupart des cas s’il
ne s’agit pas de lac isolé. Dans ce cas, les activités mener doivent préserver voire
améliorer la connectivité entre les territoires adjacents pour favoriser la circulation de
l’eau dans des conditions qui améliorent l’habitat naturel et permettre que le flux des jeux
écologiques continuent entre les zones humides ou parties de zones humides.
 La connectivité en aval : dans le bassin versant, des territoires, parties de zones humides
sont-elles disposées en aval par rapport à la zone sous traitement ? la réponse est dans la
plupart des cas affirmative. Ainsi, toute intervention sur une partie de zone humide doit
obligatoirement sauvegarder le transfert de l’eau par écoulement (naturelle au mieux des
cas) vers les zones en aval pour permettre que ces parties en aval continuent leur
fonctionnement normal de zone humide. Dans cette optique, il est obligatoire de bien
analyser la réalisation de barrage agricole et le suivi se focalise sur la connectivité
écologique entre zones humides du bassin.
 Restauration d’un corridor : il peut arriver que la zone humide sous intervention soit
directement un territoire servant de connectivité entre deux zones humides. Dans ce cas
sa forme est souvent allongée : c’est les corridors biologiques de rivières ou fleuves
alimentant des plaines d’inondation dans un même bassin ou dans des bassins voisins. La
restauration des corridors doit considérer les propriétés des zones connectées par le
corridor pour conserver leurs caractéristiques pendant et après le projet de restauration.
Les débits hydrologiques doivent être conservés.

67
Conclusion
Dans un pays comme le Bénin connaissant une phase d’accroissement socioéconomique avec une
forte poussée démographique, il est impérieux de réconcilier développement et environnement
grâce à une approche par services d’écosystèmes. Les processus de restauration des zones
humides afin de conserver leur contribution au développement doit respecter un minimum de
précaution pour que, dans un contexte de développement durable, les objectifs
socioéconomiques ne prennent le dessus à la prise en compte de l’environnement.
Trop souvent, les politiques de développement ont, sans le vouloir, diminué la capacité de la
nature à fournir les biens et services dont dépendent les populations. Comme l’Évaluation des
écosystèmes pour le millénaire le souligne, les besoins en denrées alimentaires et en eau et en
termes de santé d’une population en constante augmentation ont dégradé de nombreux services
d’écosystèmes au cours des 50 dernières années. Pour rattraper le rythme rapide de la
détérioration des services d’écosystèmes, nous devons améliorer nos processus de prise de
décisions en rapport avec le développement, des processus qui tiennent compte explicitement des
services d’écosystèmes et qui minimisent les compromis entre les différents services. En tenant
compte des dépendances et des impacts du développement sur les services d’écosystèmes, les
décideurs peuvent concilier leurs objectifs de développement et la nature.
La restauration des zones humides et par conséquent la restauration des services écosystémiques
de ces zones passe par le respect rigoureux des étapes décrites dans le présent document. La
vulgarisation de ce guide et le suivi de sa mise en œuvre sera un gage de sauvegarde des zones
humides, écosystèmes très importants, reins et poumons de la terre.
Après validation consensuelle avec tous les acteurs impliqués dans la gestion des zones humides
au Bénin, il serait judicieux qu’un dispositif administratif et même juridique soit mis en place pour
contraindre les acteurs à l’usage des outils de ce guide pour une harmonisation des interventions
dans les zones humides. Cette harmonisation conduira sans nul doute à de nouvelles formes de
partenariat dans la conservation et une meilleure application de l’approche écosystémique dans les
projets et programmes de restauration des zones humides.

68
Références bibliographiques
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71
Annexes

72
Annexe 1 : Le rôle des zones humides dans l’atténuation et l’adaptation au changement
climatique est reconnu par la communauté internationale :
La résolution XI.24 adoptée à la 11ème Conférence des Parties de la Convention de Ramsar, à Bucarest en 2012,
déclare :
« CONSIDÉRANT que les zones humides, de par leurs fonctions, offrent tout un éventail de
services écosystémiques qui contribuent au bien-être humain et que certains types de zones humides
procurent des services essentiels à l’adaptation aux changements climatiques tout en faisant office
d’infrastructures naturelles capables de réduire les risques de graves phénomènes liés à l’eau comme
les tempêtes, les inondations, les sécheresses, l’érosion côtière ou l’intrusion d’eau salée dans les
systèmes d’eau douce (…) ENCOURAGE les Parties contractantes et les organisations pertinentes à
entreprendre des études sur le rôle de la conservation et/ou de la restauration des zones humides
boisées et non boisées en rapport avec i) l’atténuation des changements climatiques, y compris le
rôle des zones humides dans le piégeage et le stockage du carbone, les émissions de gaz à effet de
serre provenant de zones humides dégradées, la prévention des émissions de gaz à effet de serre
issues de l’élimination des puits de carbone des zones humides et ii) l’adaptation aux changements
climatiques, y compris la régulation de l’eau aux niveaux local et régional, comme par exemple la
réduction des risques d’inondation, l’approvisionnement en eau et le stockage de l’eau, et la
réduction des effets de l’élévation du niveau de la mer et des phénomènes météorologiques
extrêmes, y compris les précipitations extrêmes; et à coopérer, au sein des Initiatives régionales ou
d’autres forums régionaux de coopération en vue d’élaborer et de diffuser des connaissances sur les
résultats. » (Ramsar COP11, 2012) • A l’issue de leur deuxième réunion, à Helsinki en 2009, le
groupe spécial d’experts techniques de la CDB, écrit : “The conservation and sustainable use of
biodiversity can act as a buffer against hazards such as floods and droughts. Examples include the
following: a/ the conservation and restoration of wetlands, for example, has already been identified
as an important hazard management strategy in the face of climate change. Not only can such
actions be more cost effective than traditional engineering responses but also provide substantial
benefits in terms of the provision of goods, increased resilience and an improved aesthetic and
cultural environment; b/ In Samoa, the replanting of mangroves is an integral part of a large
restoration project to enhance food security and protect local communities from storm surges which
are expected to increase as a result of climate change; c/ The conservation and sustainable use of
biodiversity also feature drought-management strategies including through actions such as
maintaining the genetic diversity of indigenous livestock and crops and through the conservation of
forests which act as micro-climates.” (CDB AHTEG, 2009) • La Déclaration de Manado, issue de la
Conférence mondiale sur les océans de 2009, émet un appel global à l’adaptation fondée sur les
écosystèmes côtiers et marins : “We stress the need for national strategies for sustainable
management of coastal and marine ecosystems, in particular mangrove, wetland, seagrass, estuary
and coral reef, as protective and productive buffer zones that deliver valuable ecosystem goods and
services that have significant potential for addressing the adverse effects of climate change” (World
Ocean Conference, 2009) • La déclaration de Changwon, sur le bien-être et les zones humides,
adoptée à la COP10 de Ramsar en 2008, déclare : « Les zones humides sont des éléments vitaux de
l’infrastructure naturelle dont nous avons besoin pour lutter contre les changements climatiques (…)
Les gouvernements doivent intégrer la gestion de l’eau et des zones humides dans des stratégies
efficaces de lutte contre les changements climatiques au niveau national. Les décideurs doivent
considérer que l’infrastructure naturelle des zones humides constitue un atout majeur dans la lutte
contre les changements climatiques et l’adaptation à ces changements. L’eau et des zones humides
en bon état de fonctionnement jouent un rôle crucial dans la réaction aux changements climatiques
et la régulation des processus climatiques naturels (par l’intermédiaire du cycle de l’eau, du maintien
de la biodiversité, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de l’atténuation de leurs

73
impacts). La conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides contribuent à réduire les
effets économiques, sociaux et écologiques négatifs. » (Ramsar COP10, 2008)

74
Tableau 9: Hiérarchisation des zones humides marines et côtière (Fonctionnalités et enjeux)

ZONES HUMIDES COTIERES

Mer côtière Basse vallée de l’Ouémé Vallée du Mono


Coeff.
0-2.5 Est Ouest Lac Ouémé Chenal Canal Lagune Mangrove Plaine Lac Chenal Lagune Basse Mangroves Le Le Plaines Plaines
PARAMETRES
Nokoué Sô Cotonou totchè Porto Aguégués inondable Ahémé Aho côtière vallée côtière Mono Couffo inondable inondable
Novo ouémé Mono (Gbéhoué Mono Couffo
Ouatchi)

FONCTIONNALITES

Densité 2,5 0,5 0,5 0 1 0 0 0 1 2,5 0 0,5 2,5 2 2 0,5 0,5 2 2

Surface 2,5 1,5 1 1 0,5 2 1 1,5 1,5 2,5 1 0,5 2 2 1 0,5 0 2,5 2
Répartition ZH
Position en tête de
2,5 2,5 2,5 1 2 1 1,5 1 1 1,5 1 0,5 0,5 1 0,5 1,5 1,5 1,5 1,5
bassin

Relation au Proximité du RH 2,5 2,5 2,5 2,5 2 2 2 2,5 2,5 2 2,5 2 2,5 2 1 2 2 2 2
réseau hydro Interception du RH 2,5 2,5 2,5 1 0 1 0 1 1 1 2 0,5 2,5 2 1 0 0 0 0

Interconnexion
2,5 0 0 1,5 2 2 2 2 0 0 2 2,5 1,5 1,5 1,5
Corridor
Relation entre
ZH Interconnexion eaux
2,5 2,5 2,5 2,5 2 2,5 2,5 2,5 1,5 1 2,5 2,5 2,5 1 1,5 2 1,5 1 1
de surface

Probabilité de
Présence d'eau 2,5 2,5 2,5 2,5 1 2,5 2 2 1,5 1 2 2,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1,5 1 1
présence

SOUS TOTAL Fonctionalités 20 14,5 14 12 10,5 13 11 12,5 10 11,5 13 11,5 15,5 11,5 8,5 8 7 11,5 11

ENJEUX

Bon état visuel des


1
eaux 0,25 0,25 0,25 0,75 0,25 0,75 0,5 0,75 0,25 0,5 0,5 0,75 0,75 0,75 1 1 0,75 0,75

Quantité d’eau
1
constante 1 1 0,75 0,5 0,75 0,75 0,75 0,5 0,25 0,25 0,5 0,5 0,5 0,5 0,75 0,75 0,25 0,25
Conservation du
Qualité chimique de
bon état des eaux 1
l’eau 0,75 0,5 0,5 0,75 0,25 0,75 0,5 0,5 0,5 0,5 0,75 0,5 0,75 0,75 0,75 0,75 0,5 0,5

Qualité biologique 1 1 1 0,5 0,75 0,5 0,5 0,5 0,5 0,25 0,25 0,5 0,75 0,75 0,75 1 1 0,75 0,75

Qualité
1
bactériologique 1 1 0,5 0,5 0,25 0,5 0,5 0,75 0,25 0,5 0,5 0,5 0,75 0,75 1 1 0,75 0,75

AEP Point de captage 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1 1 0 0 0 1 1

Position de le ZH 1 2,5 2,5 0,25 0,5 0,5 0,25 0,25 0,25 0,75 0,25 0,25 0,25 0,5 0,25 1 1 0,75 0,75
Soutien d’étiage
Assèchement de la
1
ZH 0 0 0,5 0,75 0,25 0,5 0,25 0,5 0,75 0,5 0,25 0,25 0,25 0,5 0,25 0,25 0,75 0,75
ZONES HUMIDES COTIERES

Mer côtière Basse vallée de l’Ouémé Vallée du Mono


Coeff.
0-2.5 Est Ouest Lac Ouémé Chenal Canal Lagune Mangrove Plaine Lac Chenal Lagune Basse Mangroves Le Le Plaines Plaines
PARAMETRES
Nokoué Sô Cotonou totchè Porto Aguégués inondable Ahémé Aho côtière vallée côtière Mono Couffo inondable inondable
Novo ouémé Mono (Gbéhoué Mono Couffo
Ouatchi)

Hotspot de
2
biodiversité 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0,5 0 0,5 0 0 0 0 1 1

Espèces Endémiques 2 0 0 0 0 0 0 0 0 2 0 0 0 1 0 0 0 1 0

Espèces phares et
2
rares 1 1 1 1 1 1 1 1 2 1 0 1 0 0 0 0 1 1
Biodiversité
Habitat d’espèces
2
particulières 1 1 0,25 0,5 0 0 0,25 0 2 0,25 0 0,25 0,25 0 0 0 2 2

Prairies permanentes 1 0 0 1 0 0 0 1 1 1 1 0 1 1 1 0 0 1 1

Site classée ou
2
proximité 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 1 1 0 2 0 2 0

Inondations Zone inondable 1 0 0 0,5 1 0 0 0 1 1 0 0 1 1 0 1 1 1 1

SOUS TOTAL enjeux 20 8,5 8,25 6 7 3,75 5 5,5 6,75 14 5,5 3,25 9,25 9,5 5,25 8,75 6,75 14,5 11,5

Total Fonctionnalité enjeux 23 22,25 18 17,5 16,75 16 18 16,75 25,5 18,5 14,75 24,75 21 13,75 16,75 13,75 26 22,5

Rang échelle bassin 1 2 2 4 5 7 2 5 1 5 7 2 4 8 6 8 1 3


Tableau 10 : Hiérarchisation des zones humides marines et côtière (Pressions)
ZONES HUMIDES COTIERES

Mer côtière Basse vallée de l’Ouémé Vallée du Mono


Coeff. 1-
PARAMETRES : Pressions
2 Est Ouest Lac Ouémé Chenal Canal Lagune Mangrove Plaine Lac Chenal Lagune Basse Mangroves Le Le Plaines Plaines
Nokoué Sô Cotonou totchè Porto Aguégués inondable Ahémé Aho côtière vallée côtière Mono Couffo inondable inondable
Novo ouémé Mono (Gbéhoué Mono Couffo
Ouatchi)

Pression sur la terre 1 0 0 1 1 1 0,5 0,5

Pression sur le couvert végétal


1
Pression agricole (agriculture) 0,25 1 1 1 1 1 1 1 1

Pression sur le couvert végétal


1
(Elevage, transhumance) 0,5 1 1 1 1 1 1 1 1

Pression
Surpêche 1 1
halieutique 1 1 0,5 0,75 0,75 1 0,25 0,25 1 1 1 0,5 0,5 0,5 0,25 0,25

Carrière de sable ou latérite 1 0 0 1 0,5 1 1 1 1 1

Forte utilisation Carrière de graviers 1 0,5 1 1


des ressources
Autres carrières pour autres mines 1

Projet d’infrastructures 2 1,5 1,5 1 1 1,5 1

Zones d’installation humaine effective 1 1 1 0,5 1 0,5 0,5


1 1 1 1 1 1
Pression liée à
l'urbanisation Zones d’installation humaine
1 1
potentielle 1 1 1 1 1 1 1 1

Crois démographique / Densité 2 2 2 2 1,5 2


2 2 1,5 2 2 1 1,5 1

Coût au m² de terre 1 0,5 1 0,5 0,5 0,5 0,25


Pression
Mode de gestion / faire valoir 2 1 1 2 2 2 2 2 2 1,5 2 2 2 2 2 2 2 2 2
foncière
Absence d'Autorité de gestion 1 0 0 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2

Absence de plan de gestion 2 0 0 0 1 0 2 0 2 1 1,5 0 1 1 1 0 0 1 1


Plan de gestion
Mise en œuvre d’un plan 1 0,5 0,5 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1

SOUS TOTAL Pression 20 8 8,75 12 10 8,25 8,75 11 10,25 15,25 14,5 6 16,5 13 7 6,5 7,5 13,75 12

Rang échelle bassin 2 1 2 5 7 6 3 4 1 2 9 1 4 7 8 6 3 5


Tableau 11: Hiérarchisation des zones humides continentales (Fonctionnalités et enjeux)

ZONES HUMIDES CONTINENTALES

Bassin de l'Ouémé Bassin du Mono Bassin du Couffo Zones humides du Zones humides du
nord Ouest Nord

Coeff. Complexe Plaines Lacs Marécages Vallée du Mono Lacs Plaines Vallée forêt lagunes Rivières Plaines Fleuve Plaines
Paramètres
0-2.5 fluvial d'inondation intérieurs d’Adjarra- (Mono et ses intérieurs inondable du marécageuse anciennes pendjari inondable Niger et inondable
ouémé - Sô (et forêts (Hlan, Avrakou affluents (Toho, Couffo Couffonou (Toho, et plaines Atacora affluents Alibori
humides) Tossahoué, Sazoué, Savèdo, Togbadji, Todougba,
Névi…) …) Doukon) Ahouangan,
Djonou)…

FONCTIONNALITES

Densité 2,5 1 2,5 1 1 0,5 1 2 0,5 1 1 2 0,5 2 0,5

Répartition ZH Surface 2,5 0,5 2 2,5 1 0,5 2 1 0,5 1 1,5 2 2 2 2

Position en tête de bassin 2,5 2 2 1,5 1 2 1 1,5 2 1,5 1,5 1 1 1 1

Proximité du RH 2,5 2 1,5 2 3 1,5 2 2 1 3 2 1,5 1,5 1,5 1,5


Relation au réseau hydro
Interception du RH 2,5 0 0 2,5 0,5 0 2 0 0 0,5 1,5 0 2 0 2

Interconnexion Corridor 2,5 0 0 0 2 0 0 0 0 2 1 2 0 2 0


Relation entre ZH
Interconnexion eaux de
2,5 1 0,5 0 2 1 0 0 0 2 1 2 0 2 0
surface

Présence d'eau Probabilité de présence 2,5 1,5 0,5 2 2 1,5 2,5 1 1 2 2,5 1,5 0,5 1,5 0,5

SOUS TOTAL Fonctionalités 20 8 9 11,5 12,5 7 10,5 7,5 5 13 12 12 7,5 12 7,5

ENJEUX

Bon état visuel des eaux 1 1 1 0,75 0,5 1 0,75 0,75 1 0,75 0,75 1 1 1 1

Quantité d’eau annuelle


1
constante 0,25 0,25 0,75 0,5 0,25 0,75 0,25 0,5 0,5 0,75 0,25 0 0,5 0
Conservation du bon état des
eaux Qualité chimique de l’eau 1 0,75 0,5 0,5 0,75 0,75 0,5 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75

Qualité biologique de l’eau 1 0,75 0,5 0,5 0,75 0,75 0,5 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75

Qualité bactériologique de
1
l’eau 0,75 0,5 0,75 0,5 0,75 0,5 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75

AEP Existence de point de captage 1 1 1 1 1

Position de le ZH 1 0,75 0,5 0,5 0 0,75 0,5 0,5 0,5 0,25 0,25 0,75 0,5 0,5 0,5
Soutien d’étiage
Assèchement de la ZH 1 0 0,5 0,25 0,25 0,25 0,25 0,75 0,25 0,25 0,5 0,5 1 0,5 1
ZONES HUMIDES CONTINENTALES

Bassin de l'Ouémé Bassin du Mono Bassin du Couffo Zones humides du Zones humides du
nord Ouest Nord

Coeff. Complexe Plaines Lacs Marécages Vallée du Mono Lacs Plaines Vallée forêt lagunes Rivières Plaines Fleuve Plaines
Paramètres
0-2.5 fluvial d'inondation intérieurs d’Adjarra- (Mono et ses intérieurs inondable du marécageuse anciennes pendjari inondable Niger et inondable
ouémé - Sô (et forêts (Hlan, Avrakou affluents (Toho, Couffo Couffonou (Toho, et plaines Atacora affluents Alibori
humides) Tossahoué, Sazoué, Savèdo, Togbadji, Todougba,
Névi…) …) Doukon) Ahouangan,
Djonou)…

Hotspot de biodiversité 2 2 2 2 2

Espèces Endémiques 2 2 2

Espèces phares et rares 2 2 2 2 2 2 2


Biodiversité
Habitat d’espèces particulières 2 1 1 2 2 2 2

Prairies permanentes 1 1 1 1 1 1 1 1 1

Site classée ou à proximité 2 2 2 2 2

Inondations Zone inondable 1 0,25 1 0,25 0,5 0,25 1 0,5 0,5 1 1 1 1

SOUS TOTAL enjeux 20 8,5 5,75 8,25 6,25 8 5 7,5 5 4 6 16,75 14,75 13,75 12,75

Total Fonctionnalité et
16,5 14,75 19,75 18,75 15 15,5 15 10 17 18 28,75 22,25 25,75 20,25
enjeux

Rang échelle bassin 3 4 1 2 2 1 2 3 2 1 1 2 1 2


Tableau 12: Hiérarchisation des zones humides continentales (Pressions)
ZONES HUMIDES CONTINENTALES

Bassin de l'Ouémé Bassin du Mono Bassin du Couffo Zones humides du Zones humides du
nord Ouest Nord

Coeff. Complexe Plaines Lacs Marécages Vallée du Mono Lacs Plaines Vallée forêt lagunes Rivières Plaines Fleuve Plaines
PRESSIONS fluvial d'inondation intérieurs d’Adjarra- (Mono et ses intérieurs inondable du marécageuse anciennes pendjari inondable Niger et inondable
1-2
ouémé - (et forêts (Hlan, Avrakou affluents (Toho, Couffo Couffonou (Toho, et plaines Atacora affluents Alibori
Sô humides) Tossahoué, Sazoué, Savèdo, Togbadji, Todougba,
Névi…) …) Doukon) Ahouangan,
Djonou)…

Pression sur la terre 1 0,5 1 1 1 1 0,5 0,5

Pression sur le couvert


1
végétal (agriculture) 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Pression agricole
Pression sur le couvert
végétal (Elevage, 1
transhumance) 1 1 1 1 1 0,5 1 1 1

Pression
Surpêche 1
halieutique 1 0,5 1 0,5 1 1 0,5 0,5 1 1 1

Carrière de sable ou latérite 1 1 1 1 1 1 1

Forte utilisation Carrière de graviers 1 1


des ressources
Autres carrières pour autres
1
mines 1 1

Projet d’infrastructures 2 2 3 2 1

Zones d’installation
1
humaine effective 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Pression liée à
l'urbanisation Zones d’installation
1
humaine potentielle 1 1 1 1 1 1

Crois démographique /
2
Densité 1 2 1 2 1 1 1 2 2

Coût au m² de terre 1 0,5 0,5 1 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,25 0,25

Mode de gestion / faire


2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2
Pression foncière valoir

Absence d'Autorité de
1 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 0 2 0 2
gestion

Absence de plan de gestion 2 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0 1 0 1


Plan de gestion
Mise en œuvre d’un plan 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0 1 0 1
ZONES HUMIDES CONTINENTALES

Bassin de l'Ouémé Bassin du Mono Bassin du Couffo Zones humides du Zones humides du
nord Ouest Nord

Coeff. Complexe Plaines Lacs Marécages Vallée du Mono Lacs Plaines Vallée forêt lagunes Rivières Plaines Fleuve Plaines
PRESSIONS fluvial d'inondation intérieurs d’Adjarra- (Mono et ses intérieurs inondable du marécageuse anciennes pendjari inondable Niger et inondable
1-2
ouémé - (et forêts (Hlan, Avrakou affluents (Toho, Couffo Couffonou (Toho, et plaines Atacora affluents Alibori
Sô humides) Tossahoué, Sazoué, Savèdo, Togbadji, Todougba,
Névi…) …) Doukon) Ahouangan,
Djonou)…

SOUS TOTAL Pression 20 10 12,5 13,5 12,5 12,5 14,5 12 9 7,5 12,5 6,5 12,75 8 12,75

Rang échelle bassin 4 2 1 2 2 1 3 2 3 1 2 1 2 1


Tableau 13: Hiérarchisation des zones humides artificielles (Fonctionnalités et enjeux)
ZONES HUMIDES ARTIFICIELLES
Paramètres Coeff. Barrage et retenues d’eau Étangs piscicoles Bas-fond et périmètres irrigués
Samiondji Okpara Bétécoucou Dévé Koussin lélé Savè
FONCTIONNALITES
Répartition ZH Surface 4 2 2 1,5 0,5 2 2,5 2
Proximité du RH 4 2 4 2 1,5 3 3 4
Relation au réseau hydro
Interception du RH 4 2 4 2 1 1 1 2
Interconnexion Corridor 4 0 0 0 0 0 0 0
Relation entre ZH
Interconnexion eaux de surface 4 4 4 4 4 4 4 4
SOUS TOTAL Fonctionnalités 20 10 14 9,5 7 10 10,5 12
Enjeux
Bon état visuel des eaux 1 1 1 1 0,5 0,5 0,5 0,5
Quantité d’eau annuelle constante 1 0,5 0,75 0,5 1 1 1 1
Conservation du bon Qualité chimique de l’eau 1 0,75 0,5 0,5 0,25 0,5 0,5 0,5
état des eaux
Qualité biologique de l’eau 1 0,75 0,5 0,5 0,75 0,75 0,75 0,75
Qualité bactériologique de l’eau 1 0,75 0,5 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75
Soutien d’étiage Assechement de la ZH 1 0 0,5 0,25 0,25 0,25 0,25 0,5
Prairies permanentes 2 1 1 1 0 0 0 0
Ecologie Site classée ou à proximité 2 0 0 0 0,5 0 0 0
Zone inondable 1 1 1 1 1 1 1 1
AEP 3 0 3 0 0 0 0 2
Pastoralisme 2 2 2 2 0 0 0 0
Agriculture 2 1 1 1 2 2 2 2
Objectifs de gestion
Recherches scientifiques 2 2 2 2 1 0,5 0,5 0,5

SOUS TOTAL enjeux 20 10,75 13,75 10,5 8 7,25 7,25 9,5


Total Fonctionnalité et enjeux 20,75 27,75 20 15 17,25 17,75 21,5
Rang échelle bassin 2 1 3 1 3 2 1
Tableau 14: Hiérarchisation des zones humides artificielles (Pressions)

ZONES HUMIDES ARTIFICIELLES


Barrage et retenues d’eau Étangs piscicoles Bas-fond et périmètres irrigués
PRESSIONS Coeff.

Samiondji Okpara Bétécoucou Dévé Koussin lélé Savè


Pression sur la terre 2 1 0,5 1 0 1 1 1
Pression sur le couvert végétal
1
Pression agricole (agriculture) 1 1 1 0 1 1 1
Pression sur le couvert végétal
1
(Elevage, transhumance) 1 1 1 0 0 0 0

Pression halieutique Surpêche 1


0,5 0,5 0,5 1 0,5 1 1

Carrière de sable ou latérite 1


0 0,5 0 0 0 0 0
Forte utilisation des
Carrière de graviers 1 0 0,5 0 0 1 0 0
ressources
Autres carrières pour autres mines 1

Projet d’infrastructures 2

Zones d’installation humaine effective 1


1 0,5 0,5 0 0,5 1
Pression liée à
l'urbanisation Zones d’installation humaine
1
potentielle 0,5 1 1 1

Crois démographique / Densité 2


1 2 2 1

Absence d'Autorité de gestion 1 0 0 0 0 0 0 0

Absence de plan de gestion 2 1 1 1 1 1 1 1


Plan de gestion
Mise en œuvre d’un plan 3 1 2,5 1 0 0 0 0
SOUS TOTAL Pression 20 7 10 9 4 5,5 4,5 6
Rang échelle bassin 3 1 2 1 2 3 1
Fiche 2 Annexe A

Faune - Espèces natives habituelles, espèces dominantes et rares


- Espèces ayant un statut de protection, espèces envahissantes non natives et natives
- Perturbations naturelles qui affectent les espèces animales
- Conditions de l’habitat qui attirent les espèces des animaux typiques
- Méthodes disponibles pour éliminer les espèces non natives
- Comment favoriser une colonisation rapide de la part d’espèces natives
- Menaces pour les populations animales récemment établies (prédateurs, inondation,
pollution, impacts humains, etc.) et comment les combattre
- Paramètres à mesurer, fréquence de suivi et durée

Fiche 2 Annexe B : les grandes fonctions d’une zone humide


Figure 7: Principales fonctions d’une zone humide

84
Fiche 2 Annexe C : les principales valeurs d’une zone humide
Figure 8: Principales valeurs d’une zone humide

Fiche 5 Annexe :

85
Tableau 15: Quelques directives pour la restauration du couvert végétal

Pratiques recommandées Pratiques non recommandées


Un plan de restauration du couvert végétal doit être conforme à la stratégie nationale de
reboisement (en cours d’élaboration)
Éviter d’introduire des espèces ou variétés Supposer qu’une espèce exotique ne deviendra
envahissantes au cours de la restauration. pas envahissante.
Élaborer, pour les espèces ciblées, des plans qui Éliminer des espèces exotiques qui se sont
comprennent le remplacement par des espèces naturalisées et qui remplissent une fonction
indigènes non envahissantes afin de limiter le écologique importante.
risque d’une nouvelle invasion.
Laisser l’aire protégée se rétablir naturellement Ensemencer ou planter des végétaux dans des
lorsque la dégradation est récente, qu’elle est emplacements qui n’ont pas fait l’objet d’une
relativement bénigne et qu’elle se trouve dans stabilisation ou d’une préparation adéquate.
une zone peu susceptible d’être envahie par des
espèces exotiques.

Fiche 7 Annexe :

Tableau 16: Quelques directives pour la restauration de la qualité de l’eau

Pratiques recommandées Pratiques non recommandées

Restaurer les régimes d’écoulement


hydrologiques naturels dans les écosystèmes
de l’aire protégée.
Travailler si possible à l’échelle des bassins de
drainage.
Réduire la sédimentation par l’amélioration du
régime hydrologique de l’aire protégée plutôt
que par le dragage, si possible.
Utiliser des techniques de restauration Provoquer des variations subites du niveau de
progressive du niveau de l’eau et du régime l’eau et du régime d’écoulement.
d’écoulement.
Enlever les structures telles que les barrages et Installer des structures artificielles
les fascines, ainsi que les canaux artificiels, permanentes pour contrôler les inondations et
afin de rétablir les processus naturels, l’érosion. Omettre d’effectuer une évaluation
notamment l’inondation, la migration des approfondie et multidisciplinaire, en
ruisseaux (c.-à-d. la variabilité naturelle de collaboration avec des spécialistes clés en
l’emplacement de leur lit) et l’érosion et les gestion des ressources du patrimoine culturel,
dépôts qui y sont associés. avant de procéder à l’enlèvement de ces
structures.

86
Annexe 2 projet d’arrêté
REPUBLIQUE DU BENIN
MINISTERE DU CADRE DE VIE
ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE
CABINET
ARRETE ANNEE 2017 N° /MCVDD/DC/SGM/ABE/SA
Portant vulgarisation et mise en œuvre des directives à suivre pour la restauration des
zones humides au Bénin
Vu la loi n°90-032 du 11 décembre 1990 pourtant constitution de la République du
Bénin ;
Vu la proclamation du 30 mars 2016 par la Cour Constitutionnelle, des résultats
définitifs de l'élection présidentielle du 20 mars 2016 ;
Vu la loi 87-016 du 21 septembre 1987 portant code de l’eau.
Vu Loi N°93-009 du 2 Juillet 1993 portant régime des forêts en République du
Bénin
Vu la loi 98-030 du 12 février 1999 pourtant loi-cadre sur l’environnement en
République du Bénin.
Vu la loi 2002-018 du 18 octobre 2004 portant Régime de la faune en République du
Bénin.
Vu le décret n° 86-516 du 15 décembre 1986 portant définition des responsabilités
en matière de gestion du littoral.
Vu le décret n° 2010-478 du 05 novembre 2010 portant création, attributions,
organisation et fonctionnement de l'Agence Béninoise pour l'Environnement.
Vu le décret n° 2017-332 du 06 juillet 2017, portant organisation des procédures de
l’évaluation environnementale en République du Bénin.
Vu le décret n° 2001-095 du 20 Février 2001 portant création, attributions,
organisation et fonctionnement des cellules environnementales en République
du Bénin.
Vu le décret n° 2001-094 du 20 février 2001 fixant les normes de qualité de l'eau
potable en République du Bénin.
Vu le décret n° 2001-109 du 4 avril 2001 fixant les normes de qualité des eaux
résiduaires en République du Bénin
Vu le décret n° 2001-110 du 4 avril 2001 fixant les normes de qualité de l'air en
République du Bénin.
Vu le décret n° 2001-190 du 19 juin 2001 portant organisation de la procédure
d’Audience Publique en République du Bénin
Vu le décret n° 2001-294 du 08 août 2001 portant réglementation du bruit en
République du Bénin.
Vu le décret n° 2016-501 du 11 août 2016 portant attributions, organisation et
fonctionnement du Ministère du Cadre de vie et du Développement Durable

87
Sur proposition du Directeur Général de l’Agence Béninoise pour l’Environnement et
considérant les nécessités de service,

ARRETE
Article 1er : Il est adopté au Bénin le guide méthodologique de restauration des zones
humides tel que annexé au présent arrêté
Article 2 : le guide méthodologique est vulgarisé auprès de toutes les structures
gouvernementales, Organisations non gouvernementales, entreprises privées ou
structures qui travaillent dans la restauration des zones humides.
Article 3 : Toute structure mettant en œuvre une activité ou projet de restauration des
zones humides doit se conformer aux processus décrits dans le guide
méthodologique de restauration des zones humides tel que annexé au présent
arrêté.
Article 4 : Toute structure mettant en œuvre une activité ou projet de restauration des
zones humides a l’obligation de les faire suivre par les services compétents du
Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable, en l’occurrence
l’autorité administrative de la Convention de Ramsar sur les Zones humides
d’importance internationale qu’est l’Agence béninoise pour l’Environnement.
Article 5 : L’Agence Béninoise pour l’Environnement est chargée de la diffusion et du suivi
de la mise en œuvre du guide méthodologique de restauration des zones humide
du Bénin
Article 6 : le présent arrêté qui prend effet à compter de la date de sa signature est publié au
Journal Officiel de la République du Bénin.

Fait à Cotonou, le ……………………….…..

NOM et Prénom du MCVDD

88
Annexe 4 : Rapport de cadrage méthodologique

République du Bénin
==========
Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable
==========
Agence Béninoise pour l’Environnement

Rapport de la séance de cadrage pour l’élaboration d’un guide méthodologique de


restauration des écosystèmes de zones humides

Consultants
Cabinet ACCD

Juin 2017

89
L’an deux mil dix-sept et le mercredi sept juin s’est tenue à l’Agence Béninoise pour
l’Environnement (ABE) la séance de cadrage méthodologique par vidéoconférence pour
l’élaboration d’un guide méthodologique de restauration des écosystèmes de zones humides. La
séance a débuté aux environs de 9 heures 30 minutes sous la direction du Directeur Général
Adjoint de l’ABE, M. Ismaïl HOTO, du Directeur de l’Information et du Suivi de
l’Environnement, M Salami Abdou AMADOU et du Dr Paul OUEDRAOGO de la Convention
de Ramsar (en vidéo-conférence depuis gland en suisse).
Au cours de la séance, le consultant Dr LOUGBEGNON Toussaint a exposé et clarifier la
méthodologie à adopter pour l’atteinte des différents résultats attendus au terme de la mission.
Cet exposé se résume en quatre points à savoir :
1. l’harmonisation du point de vue des résultats attendus du cadrage méthodologique ;
2. la recherche et l’analyse documentaire ;
3. l’élaboration des outils de collecte des données ;
4. l’exécution de la mission qui comporte trois grands axes. il s’agira de :
 Identifier et répertorier les outils et approches permettant le développement de la
méthode pratique pour la restauration des écosystèmes des zones humides ;
 Proposer une structuration cohérente des outils de collectes de données sous
forme de modules ;
 Assister l’ABE dans le processus de validation du guide.
Par ailleurs, un planning détaillé de déroulement de la mission a été également exposé par le
consultant.
Au terme de l’exposé du guide méthodologique, des remarques et recommandations ont été
formulées à l’endroit de la méthode proposée pour la conduite de la mission par le Dr
OUEDRAOGO. Elles étaient essentiellement tournées vers deux grands aspects à savoir :
1er aspect
Il est demandé au consultant
 de réorienter le contexte du guide méthodologique en l’accrochant au cadre légal de
l’institution qu’est l’ABE ou aux documents légaux du Bénin (cadre législatif) c’est-à-dire
au cadre de cohérence avec l’existant au niveau national ;
 de voir par exemple parmi les types de zones humides défini par Ramsar, le plus
représentatif en termes de superficie au niveau du Bénin et qui sont dégradées et les
privilégier.
 voir la possibilité de proposer un guide méthodologique qui couvre les plus grands types
d’écosystèmes humides ;
 voir dans le guide à élaborer, la stratégie pour faire comprendre que dans son élaboration,
il a été pris en compte les zones humides considérées comme critiquement dégradées
c’est-à-dire par exemple celles ayant 25 ou 50% de leur biodiversité diminuée depuis à peu
près un siècle.

90
En somme, il est demandé au consultant de ne pas considérer l’ensemble des zones humides
du Bénin dans l’élaboration du guide de restauration mais de considérer les grands types
d’écosystèmes ou les plus représentatives dans chaque catégorie de zone humide selon la
convention RAMSAR et de proposer un guide à chaque zone retenue. Le consultant devra
aussi mettre en exergue des critères clairs ayant permis de retenir les zones humides
prioritaires pour lesquelles il élaborera le guide méthodologique.
2e aspect
A ce niveau, il est recommandé aux consultants de :
 télécharger les rapports des COP 8, 9, 10, 11 et 12 et voir les indicateurs relatifs à la
restauration des zones humides et les problèmes auxquels le Bénin se trouvent confrontés
pour avoir une idée des indicateurs à sélectionner sur la base de documents de référence
connus;
 adjoindre un plan de restauration aux zones humides qui ont déjà un plan de gestion ;
 proposer un contenu de plan de restauration aux zones humides qui n’ont pas un plan de
gestion afin que le plan de gestion qui sera élaboré puisse intégrer ce plan de restauration,
 élaborer une note technique (sous forme d’un arrêté ou notification par exemple) sous la
direction de l’ABE avec l’appui de RAMSAR pour dire à tous les projets qui se chargent
de restauration d’écosystèmes qui peuvent impacter les zones humides ou les projets de
restauration d’écosystèmes dont les zones humides impactent, il faudra avoir un plan de
restauration.
 énoncer pour chaque écosystème au niveau du guide méthodologique, le but l’objectif et
les normes d’efficacité (critères de succès) et les indicateurs qui pour une valeur ou seuil
donné peuvent indiquer l’atteinte d’une certaine valeur d’efficacité ;
 retenir qu’une restauration doit nécessairement contribuer à l’adaptation et aux
changements climatiques tout en fournissant des services écosystémiques (ce point est
important pour l’IUCN) ;
 faire une analyse de la connectivité entre les zones humides dégradées ;
 prendre en compte les trois aspects de la restauration dans l’élaboration du guide
(efficacité, efficience et niveau d’engagement).
 déterminer les besoins spatiaux de restauration et d’évaluer la viabilité des actions de
restauration à engager (par exemple mise en place de plantation à côté d’un zone
d’élevage pourrait ne pas s’avérer efficace ni efficient)
Suite à ces diverses remarques et recommandations, la séance a pris fin à 11h 15 minutes environ.
Ont participé à la séance (voir liste des participants).

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