Recueil D'exercices
Recueil D'exercices
1 Théorie de la réduction 1
1.1 Compléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
5 Fonctions vectorielles 80
5.1 Dérivation vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
5.2 Intégration vectorielle sur un segment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
ii
Chapter 1 Théorie de la réduction
1.1 Compléments
wn
dans M3,1 (R) vérifiant : ∀n ∈ N , Xn+1 = A.Xn
13 −12 −6
Avec A = 6 −5 −3 .Par une récurrence facile on a
18 −18 −8
∀n ∈ N , Xn = An .X0 , il suffit alors de calculer An .Pour cela on va essayer de diagonaliser la matrice
A .Le polynôme caractéristique de la matrice A est:
χA = −(X − 1)2 (X + 2) et les sous espaces propres de A est :
2 1 0
E−2 (A) = Vect 1 et E1 (A) = Vect 1 , 1 , la matrice A est alors diago-
3 0 −2
2 1 0 −2 0 0
nalisable et on a A = P.D.P −1 avec P = 1 1 1 et D = 0 1 0 ce qui donne
3 0 −2 0 0 1
(−2)n 0 0
An = P. 0 1 0 .P −1 .L’inverse de la matrice P est
0 0 1
−2 2 1
P −1 = 5 −4 −2 , le calcul de P −1 peut se faire par exemple par opération élémentaire .Tout
−3 3 1
calcul fait on obtient
u = (5 − (−2)n+2 )u0 + (−4 + (−2)n+2 )v0 + (−2 − (−2)n+1 )w0
n
∀n ∈ N , vn = (2 + (−2)n+1 )u0 + (−1 − (−2)n+1 )v0 + (−1 + (−2)n )w0
wn = (6 + 3(−2)n+1 )u0 + (−6 − 3(−2)n+1 )v0 + (−2 + 3(−2)n )w0
On constate que le sous espace de suites (un )n , (vn )n , (wn )n solutions est alors un espace vectoriel de
dimension 3
2. Deuxième exemple
On veut déterminer toutes les suites (un )n et (vn )n vérifiant
MP1- AGADIR-2022/2023 1.1 Compléments
!
u
n+1 = un + vn un
∀n ∈ N , .Si on pose Xn = ,alors le système est équivalent à
v = −u + 3v
n+1 n n vn
!
1 1
Xn+1 = A.Xn avec A = ce qui entraine alors par récurrence que ∀n ∈ N , Xn = An .X0
−1 3
a χA = (X − 2)2 et le sous espace propre associé à la valeur propre 2 de A est
. Tout calcul fait on!!
1
E2 (A) = Vect et par suite A n’est pas diagonalisable , mais son polynôme caractéristique est
1
−1
! est trigonalisable!, on peut alors écrire A = P.T.P avec
scindé donc elle
2 −1 1 1
T = et P = . Et par une récurrence facile ou en décomposant T sous la forme
0 2 1 0
2I + N avec N est nilpotente
!
2n −n2n−1
∀n ∈ N , T n =
0 2n
u = (−n2n−1 )u + (2 − n)2n−1 v
n 0 0
Et par suite ∀n ∈ N ,
n−1 n
n+1 = (−2 − n)2
v u0 + 2 v0
On constate alors que l’étude des systèmes des suites liées par des relations de récurrences linéaires se
ramène au calcul des puissances n-eme d’une matrice
3. Troisième exemple
Soit (a, b) ∈ C2 .L’ensemble des suite complexes (un )n vérifiant :
∀n ∈ N , un+2 = aun+1 + bun est un sous espace vectoriel complexe de dimension 2
..Si le polynôme X 2 − aX − b admet deux racines distinctes λ et µ il est engendré par la famille
((λn )n , (µn )n )
.. Si le polynôme X 2 − AX − b à une racine double µ , il est engendré par la famille ((µ n n
! )n , (nµ )n )
un
Soit (un )n une suite complexe .Si on pose pour toit entier naturel n , Xn = , alors la suite
un+1
!
0 1
(un )n vérifie la relation de la proposition si, et seulement si Xn+1 = A.Xn avec A = ce qui
b a
donne par récurrence que
∀n ∈ N , Xn = An .X0 , il faut alors calculer la puissance n-ème de la matrice A .Le polynôme
caractéristique de la matrice A est X 2 − aX − b .On distingue alors deux cas si χA à deux racines
distinctes ou une seule
..Si χA a deux racines λ et µ ,alors !la matrice A est diagonalisable , il existe alors une matrice inversible
λ 0
P d’ordre 2 telle que A = P. .P −1 et par suite
0 µ
!
λ n 0
An = P. .P −1 ce qui montre alors que Xn = u0 .Yn + u1 .Zn ou Yn et Zn sont deux
0 µn
matrices unicolonnes indépendantes de An on en déduit alors l’existence de deux scalaires α et β tels
que ∀n ∈ N , un = α.λn + β.µn .Réciproquement toute suite (un )n de nombres complexes telle que
∃(α, β) ∈ C2 , ∀n ∈ N , un = α.λn + β.µn vérifie bien la relation demandée
..Dans le cas ou χA admet une seule racine µ , alors comme A n’est pas une matrice scalaire alors
elle est n’est pas digonalisable, mais elle est trigonalisable .Alors il existe une matrice inversible P
2
MP1- AGADIR-2022/2023 1.1 Compléments
!
µ c
d’ordre 2 et une matrice de la forme T = telles que A = P.T P −1 et par une récurrence on a
0 µ
!
µ n ncµn−1
Tn = .De la relation Xn = An X0 on en déduit qu’il existe un couple (α, β) ∈ C2 tel
0 µn
que
∀n ∈ N , un = α.ν n + β.nµn
L’ensemble des solutions solutions est l’espace vectoriel de dimension 2 engendré par la famille des suites
((µn )n , (nµn ))
On peut généraliser cette étude à des suites récurrentes linéaire d’ordre p . Soit a0 , . . . , ap−1 des nombres
complexes. L’ensemble des suites complexes (un )n qui vérifient :
∀n ∈ N , un+p = ap−1 un+p−1 + ap−2 un+p−2 + . . . + a0 un
p−1
X
Est un espace vectoriel de dimension p .Si on pose P = Xp − ak X k et si on suppose que P est scindé
k=0
r
Y
sur K avec P = (X − λk )αk alors l’espace précédent est :
k=1
( r )
X
Pk (n)λnk , ∀k ∈ [[1, r]] , Pk ∈ Kαk −1 [X]
k=1
4. Sous espaces caractéristiques
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie non nulle et u un endomorphisme de E , dont le polynôme
Yr
caractéristique est scindé sur K tel que χu = (λk − X)mλk .Le sous espace ker(u − λk .idE )mλk est
k=1
appelé le sous espace caractéristique de u associé à la valeur propre λk
M r
..Le lemme de des compositions des noyaux donne : E = ker(u − λk .idE )mλk
k=1
..
(a). Le sous espace propre associé à une valeur propre λk est inclus dans le sous espace caractéristique
associé à λk
(b). Les sous espace caractéristiques sont stables par u
(c). Les sous espaces caractéristiques permettent de décomposer E en somme directe des sous espaces
stables par u , il est alors intéressant d’étudier les endomorphismes induit par u sur ses sous espaces
(d). ∀k ∈ [[1, r]] , dim ker(u − λk .idE )mλk = mλk
(e). Si pour k ∈ [[1, r]] , nk désigne la multiplicité de λk en tant que racine de πu alors on a
ker(u − λk .idE )nk = ker(u − λk .idE )mλk
(Voir les exercices 7 et 8 pour la solution)
(f). Soit i ∈ [[1, r]] , l’endomorphisme induit par u − λi .idE sur le sous espace caractéristique
ker (u − λi .idE )mλk est nilpotent d’indice l’ordre de multiplicité de λi en tant que racine de πu et
pour tout k ∈ [[1, n]] tel que k 6= i , l’endomorphisme induit par u − λk .idE sur ker (u − λi .idE )
est un automorphisme de ker (u − λi .idE )
3
MP1- AGADIR-2022/2023 1.1 Compléments
Theoreme 1.1
Soit E un K espace vectoriel de dimension finie non nulle et u un endomorphisme de E dont le polynôme
minimal ou caractéristique est scindé sur K.Alors il existe un unique couple (d, n) d’endomorphisme
vérifiant
Y u=d+n
Y d est diagonalisable
Y n est nilpotent
Y n et d commutent
Y n et d sont des polynômes en u
♥
Preuve
r
Y
1. Posons Sp(u) = {λ1 , . . . , λr } et χu = (X − λk )mλk donc d’après le lemme des noyaux on a
k=1
r
M
:E = ker(u − λk .idE )mλk .Si on note Fi le sous espace caractéristique associé à la valeur propre
k=1
λi et ui l’endomorphisme induit par u sur Fi , alors d’après la partie précédente l’endomorphisme
ui − λi .idFi de Fi est nilpotent , notons le ni .Il est clair que ∀x ∈ Fi , ui (x) = λi .x + ni (x) et
ni (x) ∈ Fi
Xn
2. Soit x un élément de E tel que x = xk avec ∀k ∈ [[1, r]] , xk ∈ Fk .Considérons les endomorphismes
k=1
d et n de E définis par :
X r X r
d(x) = λk .xk = λk .pk (x) avec (pk )k∈[[i,r]] est la famille des projecteurs associés à la décompo-
k=1 k=1
r
M r
X
sition E = Ek et n(x) = nk (xk ).Il est clair que ∀x ∈ E , u(x) = d(x) + n(x) , il reste alors
k=1 k=1
r
X
à prouver que n est nilpotent , d est diagonalisable et nod = don ..Soit x = xk , xk ∈ Fk . Par
k=1
r
X
récurrence on a ∀k ∈ N , nk (x) = nki (x) , donc si on choisi p supérieure à chacun des indices de
i=1
nilpotence des ni par exemple p = dim E , il vient np (x) = 0 ce qui prouve alors que n est nipotent
..L’écriture de d assure que cet endomorphisme est diagonalisable
X r Xr
.. Soit x = xk , xk ∈ Fk , on a d(x) = λk .xk , c’est encore une décomposition de d(x) dans
k=1 k=1
r
M
la E = Fk , alors on a
k=1
r
X r
X r
X
n(d(x)) = nk (λk .xk ) = λk .nk (xk ) et un calcul similaire justifie que d(n(x)) = λk .nk (xk )
k=1 k=1 k=1
ce qui prouve l’égalité et par suite nod = don
3. Montrons maintenant l’unicité , supposons alors l’existence d’un autre couple (d0 , n0 ) vérifiant les mêmes
conditions du théorème et montrons que
d = d0 et n = n0 .On a d − d0 = n0 − n , il suffit alors de montrer que d − d0 est à la fois diagonalisable
et nilpotent pour cela on va montrer que d et d0 commutent et on utilise le résultat de l’exercice de la
4
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
codiagonalisation .On a n0 od0 = n0 od0 donc d0 ou = d0 o(n0 + d0 ) = d0 on0 + d02 = n0 od0 + d0 od0 = uod0
X r
et comme d = λk .pk et chaque pk est un polynôme en u (voir Td ) alors d0 et d commutent et par
k=1
suite ils sont codiagonalisables donc d − d0 est diagonalisable et comme n o n0 = (u − d)o(u − d0 ) =
(u − d0 )o(u − d) alors n0 − n est nilpotent et par suite d − d0 est nilpotent et diagonalisable donc il est
nul et part suite d = d0 et donc n = n0
1.2 Exercices
Exercice 1.1 Sous espaces stables par l’opérateur de dérivation Soit D l’endomorphisme de K[X] défini par :
∀P ∈ K[X] , D(P ) = P 0 Déterminer les sous espace vectoriels stables par l’endomorphisme D
Solution Le sous espace nul et l’espace K[X] sont stables par D , cherchons les sous espaces stables non
triviaux . Soit F un sous espace stable par l’opérateur de dérivation , on va distinguer deux cas :
1. Si F est de dimension finie non nul r.
Soient (P1 , . . . , Pr ) une base de F et m = max (deg P1 , . . . , deg Pr ) .Il est clair que F ⊂ Km [X] .
(m)
Soit i0 ∈ [[1, r]] tel que deg Pi0 = m , la famille (Pi0 , Pi00 , . . . , Pi0 ) est de degré échelonnée donc elle
(m) (m)
est libre et par suite dim Vect(Pi0 , Pi00 , . . . , Pi0 = m + 1 , or Vect(Pi0 , Pi00 , . . . , Pi0 ) ⊂ Km [X] ,
(m)
alors Vect(Pi0 , Pi00 , . . . , Pi0 ) = Km [X]. comme F est stable par D , alors Vect(Pi0 , Pi00 , . . . , Pin0 ) ⊂ F
c’est à dire Km [X] ⊂ F donc F = Km [X]
2. Si F est de dimension infinie.Alors ∀n ∈ N , F 6⊂ Kn [X] ce qu’est équivalent de dire que
∀n ∈ N , ∃P ∈ F , m = deg P > n. Soit n ∈ N et P ∈ F m = deg P > n La famille
(P, P 0 , . . . , P (m) ) est une famille libre de Km [X] , comme famille de degré échelonnée de Km [X] ,
de cardinal est égale à m + 1 , alors Km [X] = Vect(P, P 0 , . . . , P (m) ) et par stabilité de F par D ,
on a Vect(P, P 0 , . . . , P (m) ) ⊂ F , c’est à dire que Km [X] ⊂ F et comme Kn [X] ⊂ Km [X] ,alors
Kn [X] ⊂ F et ceci pour tout entier naturel n donc F = K[X]
Exercice 1.2 Soit n un entier non nul et A une matrice carrée d’ordre n a coefficients réels.
1. On suppose que A2 + A + In = 0 .Montrer que n est pair
2. On suppose que A3 + A2 + A = 0 .Montrer que le rang de A est pair
Solution
1. Le polynôme X 2 + X + 1 est annulateur de A donc les valeurs propres de A sont dans j, j 2 et par
suite si n est impaire , alors χA admet au moins une racine réelle c’est à dire que A admet une valeur
propre réelle ce qu’est absurde donc n est paire
2. On a A(A2 + A + In ) = 0n donc d’après le lemme des noyaux
ker uA ⊕ ker(u2A + uA + idKn ) = Kn
Ou uA désigne l’endomorphisme canoniquement associé à A .Le sous espace
F = ker(u2A + uA + idKn ) est stable par uA , notons v l’endomorphisme induit par uA sur F .Si F est
de dimension impaire , alors χv est de degré impaire , donc admet au moins une racine réelle c’est à dire
que v aura au moins une valeur propre réelle λ , et comme le polynôme X 2 + X + 1 est un polynôme
annulateur de v , alors λ est une racine réelle de ce polynôme ce qui est absurde , donc la dimension de
F est paire .Or d’après le théorème du rang on a rg(uA ) = dim F , d’ou le résultat
Exercice 1.3 Soit A une matrice de Mn (R), telle que A3 + A2 + A = 0.
1. Démontrer que les valeurs propres complexes de A prennent au maximum trois valeurs distinctes que l’on
5
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
précisera.
2. Justifier que A est diagonalisable dans Mn (C).
3. Démontrer que si A est inversible alors det(A) = 1.
Solution
1. Le polynôme X 3 + X 2 + X = X(X 2 + X + 1) est annulateur de la marice A, admettant 0, j et j
comme racines complexes donc les valeurs propres de A sont dans 0, j, j , ce qui donne au maximum
(λ)n (λ)n
1 1
= det A − .In = χA
det A λ det A λ
Autrement
On montre facilement que Sp(A−1 ) = λ1 , λ ∈ Sp(A) , comme χA est scindé sur C , alors on a pour tout
x ∈ C∗
n n
(x)n
Y 1 1 n
Y 1 1
χA−1 (x) = x− = nQ x λk − = χA
λk k=1 kλ x det A x
k=1 k=1
Exercice 1.5 Soit A , B et P trois matrices carrés non nulles à coefficients dans C
1. Montrer que χA (B) ∈ GLn (C) ⇔ Sp(A) ∩ Sp(B) = φ
2. Montrer que si AP = P B , alors A et B ont au moins une valeur propre commune
Solution
n
Y
1. (i) : (⇒).Supposons que χA (B) ∈ Gln (C), le polynôme χA est scindé sur C, donc χA = (X − λk ) et
k=1
par suite χA (B) = (B−λ1 .In ). . . . .(B−λn .In ) ,l ’hypothèse assure que pour tout i ∈ [[1, n]] , B−λi .In
est inversible, c’est à dire λi ∈
/ Sp(B), ce qui veut dire que Sp(A) ∩ Sp(B) = φ
(ii) : (⇐) Supposons que Sp(A) ∩ Sp(B) = φ, alors ∀λ ∈ Sp(A) , λ ∈ / Sp(B) c’est à dire que
B − λ.In ∈ GLn (K).Et comme χA (B) = (B − λ1 .In ). . . . .(B − λn .In ) , alors χA (B) est inversible
comme produit de matrice inversibles
2. Supposons que AP = P B , alors par une récurrence facile on a :∀k ∈ N , Ak P = P B k .Et par
linéarité on a ∀Q ∈ K[X] , Q(A)P = P Q(B) , en particulier pour Q = χA , on a 0n = P χA (B)
, ce qui entraine alors que 0n = P.χA (B) et par suite χA (B) est non inversible et d’après la question
précédente Sp(A) ∩ Sp(B) 6= φ , d’ou le résultat
Exercice 1.6 Soit A et B deux matrices carrées à coefficients complexes .Montrer les propositions suivantes
sont équivalentes:
1. ∀C ∈ Mn (C) , ∃X ∈ Mn (C) , AX − XB = C
2. ∀X ∈ Mn (C) , AX = XB ⇒ X = 0
3. χB (A) est inversible
4. A et B n’ont pas de valeur propre commune
Solution
1. (1 ⇒ 2) En prenant C = 0n , alors d’après l’hypothèse il existe une unique matrice X dans Mn (C)
6
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
est injective et comme on est en dimension finie , alors c’est un automorphisme de Mn (C) d’ou le résultat
3. (3 ⇔ 4) est immédiate d’après l’exercice précéent
4. Pour (2 ⇒ 3) , on montre sa contraposée supposons , alors que χA (B) est non inversible , donc A et B
admettent une valeur propre commune λ , soit alors U un vecteur propre de A associé à λ et V un vecteur
propre de t B associé à λ et posons X = U t V , il est clair que X est non nul car c’est une matrice de
rang 1 et on a AX = AU t V = λ.X
et XB = U t V B = λ.X ce qui prouve que la négation de 2 est vrai
5. (3 ⇒ 2).Supposons que χA (B) est inversible et soit X une matrice d’ordre n vérifiant AX = XB , alors
par une récurrence facile on a ∀k ∈ N , Ak X = XB k et par linéairité on a χA (A)X = XχA (B) = 0n
, alors l’inversibilité de χA (B) entraine que X = 0n d’ ou le résultat
Exercice 1.7 Soit E un C-espace vectoriel de dimension n ≥ 2 et u un endomorphisme de E
1. Montrer que u admet au moins une droite et un hyperplan stable
2. Le résultat reste-il vrai si E est un R-espace vectoriel
Solution
1. Comme deg(χu ) = n ≥ 1, alors χu admet au moins une racine λ dans C, donc u admet au moins
une valeur propre λ donc toute droite engendré par un vecteur propre associé à λ est stable par u. Par
définition de λ, le sous espace Im(u − λ.idE ) est distinct de E, donc il existe un hyperplan H qui le
contient.
.On rappelle que si un sous espace de E est contenu dans le noyau d’un endomorphisme vde E ou
contient l’image de v, alors il est stable par v
L’hyperplan est alors stable par u − idE , donc il est aussi stable par u, d’ou le résultat
2. Ce résultat n’est plus valable dans un R-espace vectoriel, car on ’est pas sûr que u admet une valeur
propre
Exercice 1.8 Soit u un endomorphisme d’un R-espace vectoriel de dimension finie n ≥ 1.
1. Montrer que u admet un droite ou un plan stable
2. Montrer par un exemple qu’en dimension infinie on peut trouver un un endomorphisme d’un R-espace
de dimension infinie n’admettant ni droite stable ni plan stable
Solution
1. Première méthode
le polynôme caractéristique de u est de degré supérieur ou égale à 1 donc admet au moins une racine λ
dans C
. Si λ est réelle alors u admet λ comme valeur propre, donc toute droite engendrée par un vecteur
propre associé à λ est stable par u
. Si u n’admet pas de valeur propre, ile existe un couple (a, b) ∈ R2 , tel que le polynôme X 2 + aX + b
divise le polynôme minimal πu .
πu
On a ker(u2 + a.u + b.idE ) 6= {0}, en effet si non le polynôme 2 serait un polynôme
X + aX + b
annulateur de u ce qui contredit la définition de πu .
7
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
Soit x un vecteur non nul de ker(u2 + a.u + b.idE ) 6= {0}. On sait que x n’est pas un vecteur propre
de u donc (x, u(x) est libre, de plus on a u (u(x)) = u2 (x) = −au(x) − bx ∈ Vect (x, u(x)), ce qui
prouve que Vect (x, u(x)) est un plan stable par u
Deuxième méthode
Notons A la matrice de u dans une base B de E et soit λ une racine complexe non réelle de χu et Z un
1
élément non nul de Mn,1 (C), tel que AZ = λ.Z . Posons X = Z + Z et
2
1
Z − Z , il est clair que X et Y sont à coefficients réels. Montrons que Vect(x, y) avec
Y =
2i
(x, y) ∈ E 2 de matrices respectives dans la base B est X et Y , est un plan stable par u .
.. Soit (α, β) ∈ R2 tel que a.x + b.y = 0, donc a.X + bY = 0, et par suite aAX + bAY = 0, donc
a b λ λ
0= λ.Z + λ.Z + λ.Z − λ.Z = (a − ib)Z + (a + ib)Z
2 2i 2 2
Comme (Z, Z) est libre, car famille de vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes, alors
λ λ
(a − ib) = 0 et (a + ib) = 0, ce qui entraine alors que a = b = 0 et par suite la famille (x, y) est
2 2
une famille libre de E
1 1 1
AX = A(Z + Z) = (λ.Z + λ.Z) = λ(X + iY ) + λ(X − iY )
2 2 2
1 i
λ − λ .Y = Re(λ).X − Im(λ).Y ∈ Vect(X, Y ), donc u(x) ∈ Vect(x, y) On
= λ+λ X +
2 2
conclut alors que Vect(x, y) est un plan stable par u
2. On pose E = R[X] et soit u l’endomorphisme de E définit par ∀P ∈ E , u(P ) = XP . Supposons
l’existence d’un sous espace F de dimension 1 ou 2 stable par u et soit P un élément non nul de F
alors par stabilité de F on Vect(P, XP, X 2 P ) ⊂ F et comme la famille (P, XP, X 2 P ) est libre alors
dim Vect(P, XP, X 2 P ) = 3, ce qui contredit le fait que dim F ∈ {1, 2}. Donc u n’admet ni droite ni
plan stable
Exercice 1.9 Soit A une matrice de Mn (C) .Montrer que les propositions suivantes sont équivalentes
1. A est nilpotente
2. A est semblable à une matrice triangulaire supérieure dont les éléments diagonaux sont tous nuls
3. ∀k ∈ N∗ , tr(Ak ) = 0
Solution Remarque:Si T est une matrice triangulaire supérieure ( inférieure) de coefficients diagonaux
t1 , . . . , tn , alors pour tout entier naturel non nul k la matrice T k est triangulaire supérieure (inférieure) de
coefficients diagonaux tk1 , . . . , tkn
1. (1 ⇒ 2) La matrice A est nilpotente donc elle admet 0 comme seule valeur propres et par suite A est
trigonalisable donc semblable à une matrice triangulaire supérieure dont les éléments diagonaux sont
ses valeurs propres donc nuls
2. (2 ⇒ 3) Soit P une matrice inversible et T une matrice triangulaire supérieure stricte tels que
A = P −1 T P , alors par une récurrence facile on montre que ∀k ∈ N∗ , Ak = P −1 T k P , et par suite
∀k ∈ N∗ , tr(Ak ) = 0
3. (3 ⇒ 1).Supposons que ∀k ∈ N , tr(Ak ) = 0, montrons que A est nilpotente c’est à dire que son spectre
est réduit à {0} .Raisonnons par l’absudre et supposons que A admet au moins une valeur propre non nulle
, soit alors λ1 , . . . , λr les valeurs propres non nulles de A de multiplicité respectivement mλ1 , . . . , mλr ,
Xr
comme on travaille dans C , alors on a ∀k ∈ N∗ , tr(Ak ) = mλi λki .On va s’intéresser au r égalités
i=1
8
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
r
X
suivantes :∀k ∈ [[1, r]] , mλi λki = 0. Ce qui se traduit matriciellement par :
i=1
λ1 . . . λr mλ1 0
2 2
λ1 . . . λr mλ2 0
. ..
. .. .. = ..
. . . . .
λ1 . . . λrr
r m λr 0
| {z }
A
1 ... 1
r
! r
!
Y λ1 ... λr Y Y
Et det A = λk .. .. .. = λk . (λj − λi ) 6= 0
k=1 . . . k=1 1≤i<j≤n
λr−1 . . . λr−1
1
r
m λ1 0
mλ2 0
Ce qui entraine que
.. = .. , ce qui contredit la définition de la multiplicité d’une valeur propre,
. .
mλr 0
on conclut alors que A est nilpotent
Exercice 1.10 Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie non nulle et u un endomorphisme de
E.Pour toute valeur propre λ ∈ K de multiplicité mλ , on pose Fλ = ker (u − λ.IdE )mλ appelé sous espace
caractéristique associé à λ Montrer que pour toute valeur propre λ de u le sous espace caractéristique associé à
λ est de dimension la multiplicité de λ
Solution Soit λ une valeur propre de u de multiplicité mλ , donc
χu = (X − λ)mλ Q(X) avec Q(λ) 6= 0
D’après le théorème décomposition des noyaux on a E = Fλ ⊕ ker Q(u) .Posons dλ = dim Fλ , on a F est
Stable par u donc
∀x ∈ F , (uF − λ.idF )mλ = 0L(F )
Ce qui montre que uF − λ.idE est nilpotent et par suite χv−λ.idF = X d .Or
χv = det (X.idF − v) = det ((X − λ).idF (v − λ.idF ))
= χv−λ.idF (X − λ) = (X − λ)d
Comme F et ker Q(u) sont stables , alors χu = χv χw avec w l’endomorphisme induit par u sur ker Q(u) et
avec la convention χw = 1 si ker Q(u) = {0E }. Donc
(X − λ)mλ Q = (−1)d (X − λ)d χw : (∗)
Si λ est une racine de χw alors il existe x ∈ ker Q(u) , w(x) = u(x) = λ.x , et comme Q(u)(x) = Q(λ).x = 0
, alors Q(λ) = 0 ce qui absurde , donc χw (λ) 6= 0, et par suite
∀p ∈ N∗ , (X − λ) ∧ χw = 1
Et de l’égalité (∗) en déduit que (X − λ)mλ divise (X − λ)d χw et comme χw ∧ (x − λ)mλ , alors d’après Gaus
on a (X − λ) divise (X − λ)d ce qui entraine que mλ ≤ d .De même de l’égalité (∗) on a (X − λ)d divise
(X − λ)mλ Q et comme Q ∧ (X − λ)d = 1 , alors (X − λ)d divise (X − λ)mλ ce qui entraine que d ≤ mλ et
par suite l’égalité
Exercice 1.11 Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie non nulle , u un endomorphisme de E , λ une
9
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est une suite croissante au sens de l’inclusion (Voir les grands classiques d’algèbre linéaire),ce qui nous
permet de conclure que
ker(u − λ.idE )q = ker(u − λ.idE )nλ
1.2 Si q < nλ , alors le polynôme P = (X − λ)q .Q n’est pas divisible par πu , donc il n’est pas annulateur
de u donc d’après le lemme de décomposition des noyaux , on a ker P (u) = ker(u − λ.idE )q ⊕ ker Q(u)
et comme P (u) 6= 0L(E) , alors ker P (u) est inclus strictement dans E = ker(u − λ.idE )nλ ⊕ ker Q(u)
en passant au dimensions on a:
dim ker(u − λ.idE )q + dim ker Q(u) < dim ker(u − λ.idE )nλ + dim ker Q(u)
Ce qui entraine que dim ker(u − λ.idE )q < dim ker(u − λ.idE )nλ et par suite que ker(u − λ.idE )q est
inclus strictement dans ker(u − λ.idE )nλ .On a alors démontrer que
∀q > nλ , ker(u − λ.idE )nλ = ker(u − λ.idE )q
Et ∀q < nλ , ker(u − λ.idE )q 6= ker(u − λ.idE )nλ
10
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k=1
Exercice 1.14 Montrer que le polynôme minimal d’un endomorphisme u d’un K espace E de dimension fini
non nulle admet un nombre fini de diviseur unitaire
Solution On pose πu = rk=1 Pkαk avec P1 , . . . , Pr sont des polynômes irréductibles unitaires de K[X].Remarauons
Q
α0
que si D est un diviseur unitaire de π , alors D = rk=1 Pk k avec ∀k ∈ [[1, r]] , αk0 ∈ [[0, αk ]].On verfie
Q
11
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c’est à dire a0 x0 + a1 u(x0 ) + . . . + ar ur (x0 ) = 0E et comme (x0 , u)(x0 ), . . . , ur (x0 )) est une sous
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famille de la base (x0 , u(x0 ), . . . , un−1 (x0 )) , alors elle est libre donc ∀k ∈ [[0, r]] , ak = 0 , donc
πu = 0L(E) ce qui est absurde donc r = n et comme πu divise χu , alors πu = (−1)n χu
4. Si on pose un (x0 ) = n−1 k=0 αk .u (x0 ) , alors la matrice de u dans la base (x0 , u(x0 ), . . . , u
k n−1 (x ))
P
0
est :
0 0 . . . . . . α0
1 0 . . . . . . α 1
. ..
. .. .. ..
. . . . .
. ..
. .. .. ..
. . . . .
0 0 . . . 1 αn−1
Exercice 1.17 Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie non nulle .Montrer l’équivalence suivante :
{0E } et E sont les seuls sous espaces stables par si, et seulement si χu est irréductible dans K[X]
alors il est égale à E , et par suite l’endomorphisme u est cyclique et donc πz,u = πu = χu . Soit P un
diviseur unitaire de χu différent de 1 et distincts de χu , ce qui entraine que
χu = P.Q avec deg Q ∈ [[1, n − 1]].Soit x ∈ E \ {0}, posons y = P (u)(x).Si y 6= 0E , alors πy,u = πu
et on a Q(u)(y) = (P Q)(u)(y) = πy,u (u)(y) = 0, et par suite πu divise Q ce qui’est absurde , donc
P (u)(x) = 0E et donc πu divise P et par suite P = πu ce qui est absurde , donc P est soit 1 soit πu et
comme deg πu ≥ 1 , alors πu est irréductible
2. (⇐) .Supposons que χu est irréductible dans K[X] et soit F un sous espace non nul stable par u .Soit x
un élément non nul de F . D’après l’exercice (7) le polynôme πx,u est un diviseur de πu donc de χu et
comme il est irréductible alors πx,u = χu ce qui entraine alors que E = Vect(uk (x)) ⊂ F , car F est
stable par u
.Deuxième méthode
. Rappelons que tout endomorphisme simple est cyclique donc χu = πu
1. (⇒). Soit (P, Q) ∈ K[X]2 , tel que χu = P Q, donc χu (u) = P (u)Q(u) = 0, donc P (u) ou Q(u) n’est
pas inversible .
.. Si P (u) n’est pas inversible , alors ker(P (u) est un sous espace non nul stable par u, donc
ker(P (u) = Eet par suite P (u) = 0, ce qui entraine que πu divise P , or P divise π et par suite P est
associé à χu
.. Comme P et Q jouent un rôle symétrique alors si Q(u) est non inversible alors Q est associé à χu ,
ce qui permet de conclure que χu est irréductible dans K[X]
2. (⇐). Supposons que χu est irréductible dans K[X], et soit F un sous espace non nul stable par u donc
χ( uF ) divise χu et comme χu est irréductible dans K[X], alors χuF = 1 ou χuF = χu et comme F est
non nul donc χuF = χu , ce qui entraine alors que dim(F ) = deg(χuF = dim(E), donc F = E, donc
uest simple
Exercice 1.18 Soit A et B deux matrices carrées d’ordre n
1. Montrer que si A est inversible , alors χAB = χBA
2. Dans cette question on se propose de montrer dans le cas générale
χAB = χBA par plusieurs méthodes
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A).Première méthode
(a). Soit r ∈ N∗ , montrer que χJr B = χBJr
(b). En déduire que χAB = χBA
B).Deuxième méthode
Soit x ∈ K , on pose pour t dans K , P (t) = χ(A−t.In )B (x) − χB(A−t.In ) (x)
(a). Montrer que P est une fonction polynômiale en t
(b). Montrer que P s’annule une infinité de fois sur K
(c). En déduire que χAB (x) − χBA (x) = 0 et puis que χAB = χBA
C).Troisième méthode
Soit λ ∈ K .
(a). Etablir que:
! ! ! !
λ.In − BA B In 0 In 0 λ.In B
. = .
0 λ.In A In A In 0 λ.In − AB
(b). En déduire que χAB = χBA
D).Quatrième méthode
1. Montrer que l’ensemble des matrice inversible à coefficients dans K est un ouvert dense dans Mn (K)
2. En déduire que χAB = χBA
Solution
1. Si A est inversible , alors on a AB = A(BA)A−1 , donc AB et BA sont semblables donc elles ont même
polynôme caracéristique
2. A).Première méthode
(a). Soit r ∈ N∗ ,on a ! !
Ir 0r,n−r B1 B2
Jr = , posons B =
0n−r,r 0n−r B3 B4
avec
B1 ∈ Mr (K) , B2 ∈ Mr,n−r (K) , B3 ∈ Mn−r,r (K) et B4 ∈ Mn−r (K)
On a ! !
B1 ∗ B1 0r,n−r
Jr B = et BJr =
0n−r,r 0n−r ∗ 0n−r
ces deux matrice sont des matrices triangulaires par blocs donc on a
χJr B = χBJr = xn−r χB1
(b). Posons r = rg(A) , alors il existe deux matrices inversible P et Q telle que
A = P Jr Q , donc :
χAB = χP (Jr QB) =
|{z} χJr (QBP ) =
|{z} χQ(BP Jr ) =
|{z} χB(P Jr Q) = χBA
Question1 Question2 Question1
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Exercice 1.19 Soient A et B deux matrices coefficients dans K et p un entier non nul, alors
χ(AB)p = χ(BA)p
Solution
On a χ(AB)p = χA(B(AB)p−1 ) = χB((AB)p−1 A) = χ(AB)p−1 AB = χ(AB)p
Exercice 1.20 Soit A une matrice complexe d’ordre n . Montrer que χAA est un polynôme à coefficients réels
Solution
On rappelle que si M est une matrice complexe alors det(M ) = det(M )
χAA = det(XIn − AA) = det(XIn − AA) = χAA = χAA
Exercice 1.21 Montrer qu’une matrice de permutation à coefficients dans C est diagonalisable
Solution On note Pn l’ensemble des matrices de permutations , il est clair que (Pn , ×) est un groupe .
L’application :
S → P
n n
Σ:
σ 7−→ P
σ
Est un isomorphisme de groupe donc l’ensemble Pn est fini de cardinal n! et donc d’après le théorème de
Lagrange on a ∀σ ∈ Sn , Pσn! = In ce qui entraine que le polynôme X n! − 1 est un polynôme annulateur de
Pσ et comme il est scindé et à racine simple dans C , alors elle est diagonalisable
Exercice 1.22 Soient n un entier naturel non nul et A une matrice à coefficients réels dont le polynôme
caractéristique est scindé .Montrer que :tr A2 + A + In ≥ 3n
4
Solution Le plolynôme χA est scindé sur R , donc A est trigonalisable dans Mn (R).Il existe une matrice
inversible P et une matrice triangulaire supérieure T à coefficients réelles telles que A = P T P −1 . On a alors
A2 + A + In = P (T 2 + T + In )P −1 et par suite si on désigne par λ1 , . . . , λn les valeurs propres de A , alors
on a
Xn
2
λ2k + λk + 1
tr(A + A + In ) =
k=1
1 2
Or ∀t ∈ R , t2 + t + 1 = t + 3
≥ 43 , ce qui entraine alors que
2 + 4
n
2
X 3 3n
tr(A + A + In ) ≥ =
4 4
k=1
Exercice 1.23 Soit n un entier non nul et A une matrice carrée à coefficients réels telle que A3 = A+In .Montrer
que det A > 0
Solution La matrice A est inversible car elle annule le polynôme P = X 3 − X − 1 à coefficient constant
non nul, donc son déterminant est non nul .Le polynôme P est scindé à racines simples dans C , donc A
est diagonalisable dans Mn (C).Le polynôme P a trois racines complexe : une racine réelle α et une racine
complexe non réelle β et son conjugué β . Posons mα L multiplicité de la valeur propre α (mα = 0 si α n’est
pas valeur propre de A ) et mβ la multiplicité de la valeur propre β (mβ = 0 si β , n’est pas valeur propre de
A ).
..Remarquons que α.β.β = (−1)3 aa30 avec a0 (respan ) est le coefficient constant (dominant ) de P ce qui
entraine alors que α.|β|2 = 1 > 0 ce qui prouve alors que α > 0
..On a déterminant de A est alors égale αmα |β|2.mβ > 0
Exercice 1.24 Soit u un endomorphisme d’un K-espace vectoriel de rang r.Montrer qu’il existe un polynôme
annulateur de u de degré r + 1
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Solution Le rang de u est égale à r , alors d’après le théorème du rang la dimension du ker u est égale à n − r,
soit alors B = (e1 , . . . , !
en−r , . . . , en ) une base de E adaptée à ker u.La matrice de u dans cette
! base est de la
0n−r U 0n−r U V k−1
forme M = par une récurrence facile on a ∀k ∈ N∗ , M k = et par linéarité
0r V 0r Vk
on a !
0n−r U Q(V )
∀Q ∈ K[X] , M Q(M ) =
0r V Q(V )
1 et il est majoré par la dimension de Eu (x) , donc admet un plus grand élément noté p
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D’ou
∀k ≥ p , uk (x) ∈ Vect ul (x) , l ∈ [[1, p − 1]]
, c’est à dire que Eu (x) = Vect ul (x) , l ∈ [[1, p − 1]] ce qui est équaivalent de dire que (x, u(x), . . . , up−1 (x))
est une famille génératrice de Eu (x) et comme la famille (x, u(x), . . . , up−1 (x)) est libre , alors c’est
une base de Eu (x)
2.2 L’espace Eu (x) est stable par u , si on note v l’endomorphisme , alors Eu (x) admet une base de la forme
(x, v(x), . . . , v p−1 (x)) , donc χv (v)(x) = 0 ce qui entraine alors que χu (u)(x) = 0
3. Soit x ∈ E , si x = 0 , alors χu (u)(x) = 0 et si x 6= 0E , alors d’après la question précédente on a
χu (u)(x) = 0 , ce qui entraine alors que χu (u) = 0L(E)
Exercice 1.26 Soit f un endomorphisme diagonalisable d’un K-espace vectoriel de dimension finie n ,on note
par
C(f ) = {g ∈ L(E) , f og = gof }
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si, la matrice de g dans une base de E adaptée à la décomposition (∗) est de la forme:
AEλ1 (f ) 0... ... ... 0
0 AEλ2 (f ) 0 . . . 0
.. .. .. .. ..
. . . . .
.. .. .. .. ..
. . . . .
0 ... . . . . . . AEλr (f )
Considérons maintenant l’application :
r
Y
Cf −→
Mdim(Eλ (f )) (K)
k
ϕ: k=1
g 7−→ AE (f ) , . . . , AE (f )
λ1 λr
L’application ϕ est un isomorphisme d’espace vectoriel , donc les deux espaces ont même dimension et
Xr
par suite dim Cf = (dim (Eλk ))2
k=1
4. Si on suppose que les valeurs propres de f sont simples ,alors
∀k ∈ [[1, r]] , dim (Eλk ) = 1 ,ce qui entraine que dim Cf = n.Le degré du polynôme minimal
de l’endomorphisme f est égale à n , car il admet n racines distinctes , ce qui entraine alors que
dim K[f ] = n et qu’il admet la famille (idE , f, . . . , f n−1 ) comme base (Voir le cours de l’arithmétique
des entiers et des polynômes) .Or K[f ] ⊂ Cf , alors on a égalité et par suite (idE , f, . . . , f n−1 ) est une
base de Cf
Exercice 1.27 Soit f et g deux endomorphismes d’un espace vectoriel de dimension finie ,diagonalisables qui
commutent.Montrer que f et g admettent une base de diagonalisation commune
Solution On a f est diagonalisable , alors si on désigne par λ1 , . . . , λr les valeurs propres distinctes de f ,alors
on a E = ⊕rk=1 Eλk (f ) , et comme f et g commutent , alors pour tout entier k ∈ [[1, r]] , le sous espace Eλk (f )
est stable par g , notons alors gk l’endomorphisme induit par g sur Eλk (f ) , comme g est diagonalisable , alors
pour k ∈ [[1, r]] , l’endomorphisme gk est diagonalisable donc il existe une base Bk de l’espace Eλk (f ) formée
des vecteurs propres de gk donc de g .Si on pose B = B1 ∪ B2 ∪ . . . ∪ Br , alors B est une base de E formée à
la fois des vecteurs propres de f et de g donc c’est une base de diagonalisation commune de f et g
Exercice 1.28 Soit E un espace vectoriel de dimension finie non nulle n et (ui )1≤i≤m une famille d’endomorphisme
diagonalisables de E qui commutent deux à deux avec m ≥ 2 Montrer qu’il existe une base Bm de E de diago-
nalisation de tous les endomorphismes u1 . . . , um
Solution On va raisonner par récurrence sur m .
..Initialisation: Pour m = 2 c’est fait à l’exercice 22
..Héridité: Soit m ≥ 2 supposons le résultat à l’ordre m−1 et prouvons le à l’ordre m.Soit alors (u1 , . . . , um )
une famille d’endomorphismes diagonalisables de E qui commutent deux à deux.Soit λ une valeur propre de
u1 et Eλ (u1 ) le sous espace propre de E associé à λ , comme les endomorphisme u2 . . . , um commutent avec
u1 ,alors Eλ (u1 ) est stable par u , notons alors pour i ∈ [[2, m]] , vi l’endomorphisme induit sur Eλ (u1 ) par ui
.Il est clair que v2 , . . . , vm sont diagonalisables et commutent deux à deux donc par l’hypothèse de récurrence
il existe une base Bλ de Eλ (u1 ) de diagnalisation commune des endomorphismes v2 , . . . , vm .il est clair aussi
que cette base diagonalise l’endomorphisme v1 induit sur Eλ (u) par u1 , puisque v1 = λ.idEλ (u1 ) .Il suffit alors
de réunir les bases Bλ , pour λ décrivant le spectre de u1 , pour obtenir une base de E qui diagonalise tous les
ui .D’ou le résultat à l’ordre m
Exercice 1.29 Soit A et B deux matrices carrées d’ordre n diagonalisables ayant même spectre et telles que
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Solution
\. Supposons!qu’il existe un entier naturel r ! ≥ 2 et une matrice A d’ordre 2 à coefficients dans C tels que
0 1 0 0
Ar = .Il est clair que A2r = ce qui entraine que A est nilpotente et par suite A2 = 0 et
0 0 0 0
comme r est supérieur ou égale à 2 ,alors Ar = 02 ce qu’est absurde .D’ou le résultat
Exercice 1.34 Soit n un entier naturel non nul et A une matrice
! d’ordre n à coefficients dans C et B la matrice
A A
d’ordre 2n à coefficients dans C définie par B = .Montrer que B est diagonalisable si, et seulement
0 A
si A est nulle
Solution ..(⇒).Si A = 0n , alors la matrice B est nulle et par suite elle st diagonalisable
..(⇒).Supposons que B est diagonalisable .Par une récurrence facile on a
Ak kAk
∀k ∈ N , B k = et par linéarité on a
0 Ak
P (A) AP 0 (A)
0 P (A)
π (A) = 0n .(1)
πB (A) AπB (A)
B
πB (B) = = 02n ce qui entraine alors que .Ce qui entraine alors
0 πB (A)
Aπ 0 (A) = 0 .(2)
B
que πA divise πB et comme B est diagonalisable alors πB est à racines simples dans C et donc πA aussi .Par
définition de B on a χB = χ2A ce qui entraine alors que les matrices B et A ont le même spectre et par suite
πB et πA aussi et par suite πA = πB .
b. Comme AπB 0 (A) = 0 alors π divise Xπ
A B = XπA et comme ils ont même degré et unitaires alors
0
πA = XπA 0 . Ce qui entrâire que π = X r (Voir exercice 12 Solution fiche 0) et comme π = π n’as que des
A A B
racines simples alors πA = 0 et donc par définition de πA , on a πA (A) = A = 0 d’ou le résultat
Exercice 1.35
Soit A une matrice d’ordre d à coefficients dans C à valeurs propres réelles vérifiant : A5 + A3 + A = 3Id .
Montrer que A = Id
Solution Le polynôme P = X 5 + X 3 + X − 3 est un polynôme anulateur de A .Le polyôme dérivé P 0 =
5X 4 + 3X 2 + 1 n’a pas de racines réelles et par suite le polynôme P admet au plus une racine réelle et comme
P (1) = 0 donc 1 est la seule racine réelle de P .On a P est divisible par πA et comme πA à toutes ses racines
réelles alors πA = X − 1 ce qui entraine alors que A = Id
M (R) → M (R)
Exercice 1.36 On considère l’application ϕ :
n n
A 7−→ −A + tr(A).I
Etudier la diagonalisabilité de ϕ
n
Solution Soit λ un réel et A une matrice carrée d’ordre n à coefficients dans R .On a
ϕ(A) = λ.A ⇔ (1 + λ)A = tr(A).In
..Si tr(A) = 0 ,alors λ = −1 et par suite −1 est une valeur propre de ϕ dont le sous espace propre est
E−1 (ϕ) = ker tr qu’est un hyperplan de Mn (R) donc de dimension n2 − 1 et par suite −1 est une valeur
propre d’ordre au moins égale à n2 − 1 .
tr(A)
..Soit A une matrice de trace non nulle , alors ϕ(A) = λ.A est équivalent à : A = .In ce qui
1+λ
22
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
tr(A)
entraine alors que tr(A) = n et donc λ = n − 1 et que En−1 = Vect(In )
1+λ
En conclusion , l’endomorphisme ϕ admet deux valeurs propres à savoir −1 et n − 1 , les sous espaces propres
associés sont de dimension respectives n2 − 1 et 1 , donc de somme
n2 = dim Mn (R) ce qui prouve alors que ϕ est diagonalisable et que son polynôme caractéristique est
2 2
χϕ = (−1)n (X + 1)n −1 (X − n + 1)
Exercice 1.37 Soit A , B et C trois matrices carrées d’ordre 2 .Montrer qu’il existe un triplet (a, b, c) de réels
non tous nuls tel que aA + bB + cC possède une valeur propre double
Solution ..Si la famille (A, B, C) est liée alors il existe (a, b, c) ∈ R3 tel que (a, b, c) 6= (0, 0, 0) et
aA + bB + cC = 02 et la matrice nulle admet des valeurs propres doubles d’ou le résultat
..Si la famille (A, B, C) est libre alors le sous espace F de M2 (R) engendré par( la famille!(A, B, C) est de )
a b
dimension 3 et le sous espace G de M2 (R) engendré par E1,1 et E1,2 c’est à dire , (a, b) ∈ R 2
0 a
est de dimension 2!.L’inégalité dim F + dim G > dim M2 (R) entraine que F ∩ G contient une matrice non
a b
nulle A = cette matrice admet a comme valeur propre double , d’ou le résultat
0 a
Exercice 1.38 Existe-t-il une matrice nilpotente de Mn (R) à coefficients strictement positifs?
Solution Si une telle matrice A existe alors pour tout k ∈ N la matrice Ak est aussi à coefficients strictement
positifs ce qui est absurde
Exercice 1.39 Soient A ∈ Mn (K) et P ∈ K[X] .On suppose que χA est scindé sur K .Déterminer χP (A)
Solution Comme χA est scindé alors A est trigonalisable ,donc ilexiste une matrice inversible Q telleque
λ1 0 . . . . . . 0 P (λ1 ) 0 ... ... 0
0 λ2 0 . . . 0 0 P (λ2 ) 0 . . . 0
. .
.. .. .. . .. .. .. ..
A = Q .. . .. .Q−1 et par suite P (A) = Q ..
. . . . . . .Q−1 .
. .
. .. .. .. .. .. .. .. ..
. ..
. . . . . . . .
0 . . . . . . . . . λn 0 ... . . . . . . P (λn )
Yn
On en déduit alors que χP (A) = (X − P (λi ))
i=1
Exercice 1.40 Soit u et v deux endomorphismes d’un K- espace vectoriel E de dimension finie .On suppose
que u est diagonalisable .Montrer que uov = vou si, et seulement si tout sous espace propre de u est stable par
v
Solution ..Pour l’implication directe c’est du cours
Posons Sp(u) = {λ1 , . . . , λr }
Mr
..Supposons que les sous espaces propres de u sont stables par v . On a E = Eλi (u) alors, soit x ∈ E ,
i=1
r
X
tel que x = xλi avec xλi ∈ Eλi (u). On a
i=1
r
X r
X r
X
(vou)(x) = λi .v (xλi ) , et (uov)(x) = u (v(xλi ) = λi .v (xλi )
i=1 i=1 i=1
Car pour tout i de [[1, r]] , v(xλi ) ∈ Eλi (u), ce qui montre alors l’égalité
Exercice 1.41 Soit u un endomorphisme diagonalisable d’un espace vectoriel E de dimension finie avec
Sp(u) = {λ1 , . . . , λr } .Soit k ∈ [[1, r]] .Montrer que la projection pk de E sur le sous espace propre Eλk (u)
23
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
r
M
parallèlement à Eλi (u) est donnée par :
i=1 , i6=k
r
Y u − λi .idE
pk =
λk − λi
i=1 , i6=k
r
Y
Solution Comme u est diagonalisable alors son polynôme minimale est πu = (X − λi ) .La décomposition
i=1
r
1 1 X αi
en éléments simples de la fraction est = avec
πu πu X − λi
i=1
1
αk = r , cette décomposition permet d’obtenir l’égalité de Bezout :
Y
(λk − λi )
i=1 , i6=k
r
X r
Y r
X r
Y
αk (X − λi ) = 1, donc ∀x ∈ E , x = αk (u − λi .idE ) (x) (?)
k=1 i=1 , i6=k k=1 i=1 , i6=k
r
Y
Comme πu (u) = 0L(E) , alors de (?), on a : (u − λk .idE )o (u − λi .idE ) (x) = 0E , on déduit
i=1 , i6=k
r
Y
alors que αk . (u − λi .idE ) (x) ∈ ker(u − λk .idE ) , c’est à dire que les projecteurs pk s’écrivent
i=1 , i6=k
r
Y 1
pk = αk (u − λi .idE ) avec αk = r .
Y
i=1,i6=k (λk − λi )
i=1 , i6=k
En particulier ces projecteurs sont des polynômes en u
Exercice 1.42 Soit n et m deux entiers naturels non nuls .Soit G un sous groupe fini de GLn (K) tel que
∀A ∈ G , A2 = In
1. Montrer que G est commutatif
2. Soit H un sous groupe strict de G et D ∈ G tel que D ∈ / H .Montrer que H 0 = H ∪ D.H est un sous
groupe de G et de cardinal 2.card(H)
3. Montrer que( pour tout entier naturel k ∈ N )tel que 2k ≤ cardG ,alors il existe (a1 , . . . , ak ) ∈ Gk tel
k
Y j
que Hk = ai i , (j1 , . . . , jk ) ∈ {0, 1}k soit un sous groupe de G de cardinal 2k
i=1
4. En déduire que G est de cardinal une puissance de 2
5. Montrer que les groupes Gn (K) et GLm (K) sont isomorphes si, et seulement si n = m
Solution
1. Soit (A, B) ∈ G2 , on a In = (AB)2 = ABAB donc AB = (AA)BA(BB) = BA.Donc G est
commutatif
2. Il est clair que H ⊂ H 0 .Soit (A, B) ∈ H 2 , alors
-.Si (A, B) ∈ H 2 , alors AB ∈ H ⊂ H 0
-.Si (A, B) ∈ (D.G)2 alors il existe (M, N ) ∈ H 2 tel que A = D.N et B = D.M et par suite
AB = (D.N )(D.M ) = D2 .N M = N M ∈ H ⊂ H 0
-. SI A ∈ H et B ∈ D.H , alors AB ∈ D.H et par suite H 0 est stable par la multiplication matricielle
et comme tout élément de G est égal à son inverse alors H 0 est un sous groupe de G .
24
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
-.D’autre part H ∩D.H = φ donc card(H 0 ) = cardH +card(D.H) .Or l’application fD : H → D.H
qui à chaque A de H fait correspondre D.A est une bijection donc cardH 0 = 2cardH
3. On va raisonner par récurrence sur k .
-.Pour k = 0 , il suffit de poser H0 = {In } .
-.Soit(k un entier supposons l’existence)d’une famille (a1 , . . . , ak ) ∈ Gk telle que
k
aji i , (j1 , . . . , jk ) ∈ {0, 1}k soit un sous groupe de cardinal 2k et
Y
Hk =
i=1
2k+1 ≤ card G .Donc H est un sous groupe strict de G soit alors ak+1 un élément de G n ’appartenant
pas Hk .D’après la question précédente Hk+1 = Hk ∪ ak+1 .Hk est un sous groupe de G de cardinal
2.cardHk(= 2k+1 engendré par Hk .(ak+1 Hk ) c’est ) à dire de la forme
k+1
Y j
Hk+1 = ai i , (j1 , . . . , jk+1 ) ∈ {0, 1}k+1 . Puisque G est fini , le processus s’arrête forcément ,
i=1
donc le cardinal de G est une puissance de 2 c’est à dire de la forme 2p .Il reste à montrer que p ≤ n
-.Tous les éléments de G sont diagonalisable car annulés par le polynôme X 2 − 1 scindé à racines
simples dans K et comme elles commutent deux à deux alors ils sont simultanément diagonalisable , c’est
à dire qu’il existe une matrice inversible P telle que pour tout élément M de G la matrice P −1 .M.P est
diagonale et comme les valeurs propres possibles de M sont 1 ou − 1 alors D = P −1 .M.P est de la
forme D = diag (λ1 (M ), . . . , λn (M )) avec λi (M ) ∈ {−1, 1} .On en déduit que l’application
M 7−→ (λ1 (M ), . . . , λn (M )) est un morphisme injective de groupe donc elle réalise un isomorphisme
de G dans un sous groupe du groupe multiplicatif {−1, 1} et comme le cardinal d’un sous groupe divise
le cardinal du groupe et le cardinal du groupe {−1, 1} est égale à 2n alors 2p ≤ 2n et par suite p ≤ n
4. Supposons qu’il existe un isomorphisme de groupe ϕ de GLn (K) dans GLm (K) .On désigne par G le
sous groupe des matrices diagonales de GLn (K) dont les coefficients diagonaux sont dans {−1, 1} .Le
cardinal de ce sous groupe est 2n dont tous les éléments sont d’ordre inférieur ou égale à 2 et par suite
son image par φ est un sous groupe de GLm (K) dont tous les éléments sont d’ordre inférieur ou égale à
2 , donc n ≤ m .En raisonnant avec l’isomorphisme ϕ−1 on déduit qu’on a aussi m ≤ n , ce qui donne
en définitive n = m
Exercice 1.43 Soit G un sous groupe commutatif de GLn (C) dont tous les éléments sont d’ordre fini .Nous
noterons
rG = max (O(A)).Montrer que G est de cardinal fini de cardinal une un diviseur de rG n
A∈G
Solution Tous les éléments de G sont diagonalisable car ils sont annulés par le polynôme X r − 1 scindé à
racines simples dans C et comme G est commutatif alors ils sont simultanément diagonalisables , soit alors P
une matrice inversible de Mn (C) tel que pour toute matrice M élément de G , on a P −1 .M.P est diagonale
de la forme diag (λ1 (M ), . . . , λn (M )) et comme M rG = In alors les λi (M ) sont des racines r-ème de l’unité
.On en déduit alors que l’application M 7−→ (λ1 (M ), . . . , λn (M )) est un morphisme injectif de groupe et par
suite G est isomorphe à un sous groupe de Urn , il est donc fini de cardinal divisant rG
n
Exercice 1.44 Soit A une matrice carrée inversible d’ordre 6 à coefficients dans R vérifinat A3 − 3A2 + 2A = 0
et tr(A) = 8.Déterminer le polynôme caractéristique de A
Solution Comme A inversible alors A3 − 3A2 + 2A = 0 entraine que A2 − 3A + 2I6 = 0 et par suite le
polynôme P = (X − 2)(X − 1) est un polynôme annulateur de de la matrice A et comme il est scindé à racines
simples dans R alors A est diagonalisable dans M6 (R) et du spectre inclus dans {1, 2} si on désigne par p etq
les multiplicités de 1 et 2 respéctivement avec la convention p = 0( resp q = 0) si 1 (resp 2) n’est pas une
valeur propre de A , alors χA = (X − 1)p (X − 2)q .Comme le degré de χA est égale à 6 et tr(A) = 8 alors
25
MP1- AGADIR-2022/2023 1.2 Exercices
26
Chapter 2 Topologie des espaces vectoriels normés
2. Donner une condition nécessaire et suffisante sur g pour que Ng soit équivalente à la norme infinie.
Solution
1. La seule propriété qui pose problème est de prouver que si Ng (f ) = 0, alors f = 0. Si Ng n’est pas
une norme, alors il existe f ∈ C([0, 1]), f 6= 0, avec Ng (f ) = 0. Autrement, f (x)g(x) = 0 pour tout
x ∈ [0, 1]. Puisque f est continue et non-nulle, il existe un intervalle I non réduit à un point, sur lequel
f ne s’annule pas. Mais alors, on en déduit que g doit être nulle sur I. Réciproquement, si g s’annule
sur un intervalle I non-réduit à un point, alors on peut construire f continue qui s’annule hors de I et
tel qu’il existe a ∈ I avec f (a) 6= 0 (faire un dessin et construire f comme un "pic"). On a donc f 6= 0
et Ng (f ) = 0, donc Ng n’est pas une norme. Par contraposée, on en déduit que Ng est une norme si et
seulement si g ne s’annule pas sur un intervalle non réduit à un point.
2. Remarquons déjà que g, continue sur le segment [0, 1], est bornée par une constante M > 0. On a donc
Ng (f ) ≤ M kf k∞ pour tout f ∈ E. Supposons de plus que g ne s’annule pas. Alors, puisque |g| est
continue et atteint ses bornes sur [0, 1], il existe δ > 0 tel que |g(x)| ≥ δ pour tout x ∈ [0, 1]. On a
alors clairement Ng (f ) ≥ δkf k∞ et les deux normes sont équivalentes. Réciproquement, si g s’annule,
prouvons que les deux normes ne sont pas équivalentes. Soit M > 0 . On va construire f ∈ E, f 6= 0,
tel que kf k∞ ≥ M Ng (f ). Pour cela, on sait, par continuité de g, qu’il existe un intervalle I, non-réduit
à un point, et contenu dans [0, 1], tel que |g(x)| ≤ M 1
pour tout x ∈ I. Comme à la question précédente,
on peut construire f nulle en dehors de I, avec kf k∞ ≤ 1 et f (a) = 1 pour au moins un a de I. On a
alors
1
kf k∞ = 1 tandis que Ng (f ) = sup |g(x)f (x)| ≤
x∈I M
Ceci prouve bien l’inégalité annoncée, et les deux normes ne sont pas équivalentes. En conclusion, on a
démontré que les deux normes sont équivalentes si et seulement si g ne s’annule pas.
Exercice 2.4 Soit E = C 1 ([0, 1], R). Pour f ∈ E, on pose
Z 1 1/2
2 0
2
N (f ) = f (0) + f (t) dt
0
1. Démontrer que N est une norme sur E.
√
2. Démontrer que, pour tout f ∈ E, kf k∞ ≤ 2N (f ).
3. Les deux normes N et k · k∞ sont elles équivalentes?
Solution
R1
1. Posons, pour f, g ∈ E, φ(f, g) = f (0)g(0) + 0 f 0 (t)g 0 (t)dt. Il est clair que N (f ) = φ(f, f ) et donc
p
il suffit de démontrer que φ est un produit scalaire. C’est clairement une forme bilinéaire, symétrique et
R1
positive. De plus, si φ(f, f ) = 0, alors f (0) = 0 et 0 (f 0 (t))2 dt = 0. Puisque (f 0 )2 est une fonction
continue et positive sur [0, 1], et d’intégrale nulle, f 0 est identiquement nulle sur [0, 1]. Ainsi, f 0 = 0
donc f est constante, et comme f (0) = 0, f est la fonction nulle. φ est une forme bilineaire symétrique
définie positive, et donc N est une norme.
2. Soit x ∈ [0, 1]. Alors on écrit Z x
f (x) = f (0) + f 0 (t)dt
0
On en déduit que Z x
|f (x)| ≤ |f (0)| + f 0 (t) dt
0
28
MP1- AGADIR-2022/2023 2.1 Normes-Equivalence des normes
Il vient Z 1
Nb (P ) ≤ Na (P ) + P 0 (t) dt ≤ 2Na (P )
0
On a de la même façon Z 1
|P (a)| ≤ |P (b)| + P 0 (t) dt ≤ Nb (P )
0
29
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
et donc
Na (P ) ≤ 2Nb (P )
30
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
2. En déduire que la réunion de deux fermés d’intérieur vide est aussi d’intérieur vide
Solution
1. Soit x ∈ E et O un ouvert de E contenant x .Puisque U = E , alors O ∩ U 6= φ.Soit alors y un élément
dans O ∩ U , comme O ∩ U est un ouvert de E, contenant y et V = E , alors (O ∩ U ) ∩ V 6= φ , c’est
à dire O ∩ (U ∩ V ) 6= φ et ceci étant vrai pour tout ouvert de E contenant x ce qui entraine alors que
x ∈ U ∩ V et par suite U ∩ V est dense dans E
2. Rappelons que si A est une partie de E , alors CE A0 = C A
E
Soient F et G deux parties de E d’intérieures vide , donc par passage au complémentaire on a
CEF 0 = C G0 = E ce qui entraine alors que C F ∩ C G = E c’est à dire que C F ∪G = E ce qui est équivalent
E E E E
à (F ∪ G)0 = φ
Exercice 2.10
1. Montrer que si A et B sont deux compacts , il en est de même de A + B.
2. Montrer que si A est compact et B est fermé , A + B est fermé
3. Si on a simplement supposé que A et B sot deux fermés de E , la partie A + B est-elle fermée de E
Solution
1. On a A et B sont compactes de E donc A×B est compact, et comme l’application (+ : (x, y) 7−→ x + y)
est continue , alors l’image du compact A × B est un compact c’est à dire que A + B est compact de E
2. Soit (zn )n une suite d’éléments de A+B qui converge de limite z ∈ E.Posons pour n ∈ N , zn = an +bn
, avec an ∈ A et bn ∈ B , comme A est compact , alors il existe une extractrice ϕ de N telle que
aϕ(n) → a ∈ A et comme bϕ(n) = zϕ(n) − aϕ(n) , alors la suite (bϕ(n) )n est convergente de limite
z − a et comme B est fermé , alors z − a ∈ B c’est à dire qu’il existe b ∈ B tel que z − a = b , donc
z = a + b ∈ A + B ce qui prouve alors que A + B est fermée de E
3. Si A et B sont deux parties fermées de E , on a pas nécessairement A + B est un fermé , en effet pour
E = R , ||.|| = |.| , A = aZ et B = bZ avec ab ∈ / Q , alors il est clair que A et B sont deux fermés de
R et aZ + bZ est une partie dense de E (Voir TD sup), donc elle est n’est pas fermée de R
Exercice 2.11 Soit E un espace vectoriel normé et F un sous espace vectoriel de E tel que F 6= E
1. Montrer que F est un sev de E.
2. Montrer qu’un hyperplan est soit férmé ou dense dans E
3. En déduire que si E = C ([0, 1] , R) est muni d’une norme ||.|| , alors A = {f ∈ C ([0, 1], R) , f (0) = 0}
est soit fermé soit dense dans E
4. Montrer F 0 = φ
5. En déduire que si O est un ouvert non vide de E alors Vect(O) = E
6. En déduire que Mn (K) admet une base formée des matrices inversibles
7. Que peut-on dire d’un sous espace vectoriel ouvert de E
Solution
1. Il est clair que F 6= φ.
2
Soit (x, y) ∈ F et α ∈ K .D’après la caractérisation séquentielle d’un point adhérent on a
2
∃ ((xn )n , (yn )n ) ∈ F (N , xn → x et yn → y
Comme F est un sous espace vectoriel de E , alors ∀n ∈ N , α.xn + yn ∈ F et la suite (α.xn + yn )
converge de limite α.x + y, alors α.x + y ∈ F
2. Soit H un hyperplan de E , alors on a H ⊂ H ⊂ E .Supposons que H est inclus strictement dans H, il
existe alors a ∈ H etl que a ∈
/ H et par définition de H on a H ⊕ K.a = E et comme H et K.a sont
31
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
inclus dans H , alors E ⊂ H et par suite H = E , ce qui prouve alors que H est dense dans E
3. Il est clair que l’application ϕ : f 7−→ f (0) est une forme linéaire non nulle de
E = C ([0, 1], R), et par suite A est un hyperplan de E donc il est soit fermé ou dense dans E
4. Supposons que F 0 6= φ et soit a ∈ F 0 , alors par définition on a :
∃r > 0 , B(a, r) ⊂ F
.Soit x un vecteur non nul de E ,l’élément y = r
2||x|| x + a ∈ B (a, r) donc c’est un élément de F et comme
F est un sous espace vectoriel de E , alors ||x||
2r (y − a) = x ∈ F et comme 0E ∈ F , alors E ⊂ F et par
suite E = F ce qui est absurde , donc F = φ
0
5. Soit O un ouvert non vide de E .On a O ⊂ Vect(O) , donc O = O0 est inclus dans l’intérieur de
Vect(O) et par suite Vect(O) est un sous espace de E d’intérieure non vide donc d’après la question
précédente on a Vect(O) = E
6. En appliquant le résultat de la question précédente pour E = Mn (K) et
O = GLn (K) , alors on a Vect (GLn (K)) = Mn (K) ce qui entraine que GLn ()K est une famille
génératrice de Mn (K) et par suite on peut extraire de GLn (K) une base de Mn (K)
7. Si F est un sous espace vectoriel de E , alors Vect(F ) = F et comme F est un ouvert alors d’après la
question précédente on 4 on a F = Vect(F ) = E.
Exercice 2.12 On note par E l’espace des fonctions continues sur [0, 1] à valeurs dans R muni de la norme
||.||∞ Montrer que C = {f ∈ E , f > 0} est un ouvert de E
Solution Soit f un élément de C , comme f est continue sur le segment [0, 1] , alors elle est bornée et atteint
2 > 0 et g un élément de E tel
ses bornes en particulier il existe c ∈ [0, 1] , f (c) = min f (t) .Posons r = m
t∈[0,1]
que ||f − g||∞ < 2,
m
c’est à dire :
m
∀x ∈ [0, 1] , |f (x) − g(x)| <
2
ce qui entraine que : ∀x ∈ [0, 1] , 0 < f (x) − m ≤ g(x) ce qui prouve alors que B f, m
2 ⊂ C , et par suite
2
C est un ouvert de E
Exercice 2.13 On note par E l’espace des fonctions bornées sur [0, 1] à valeurs dans R muni de la norme infini
N∞ .
1. Montrer que l’ensemble F = {f ∈ E , f ≥ 0} n’est pas une partie fermée de E
2. Montrer que l’ensemble A = f ∈ E , ∀x ∈ [0, 1] , ef (x) ≥ 2 + f (x) est une partie fermé , non bornée
de E
Solution
2
1. Considérons l’application f : x 7−→ e−x , on a f ∈ F .Soit r > 0 et g : x 7−→ f (x) − 2r comme
l’application g tend vers − 2r en +∞ , alors au voisinage de +∞ l’application g est strictement négative
et comme N∞ (f − g) = 2r , alors g ∈ B(f, r) .Ceci qui entraine alors que B(f, r) n’est pas inclus dans
F ce qui prouve que F n’est pas un fermé de E
2. Nous allons montrer que A est une partie fermée de E en utilisant la caractérisation séquentielle des
parties fermées .Soit (fn )n une suite d’éléments de A qui converge vers une application f ∈ E , montrons
que f ∈ A.Soit x ∈ [0, 1] , on a
||fn (x) − f (x)|| ≤ N∞ (fn − f ) → 0
Ce qui prouve alors que fn (x) → f (x), ceci d’une part , d’autre part on a
∀x ∈ [0, 1] , ∀n ∈ N , efn (x) ≥ 2+fn (x) , donc par passage à la limite et par continuité de l’application
exponentielle , on a ef (x) ≥ 2 + f (x), ce qui entraine alors que f ∈ A et par suite A est une partie fermé
32
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
de E
Remarque: la convergence de la suite (f )n dans E vers l’application f veut dire que la suite de fonctions
(fn )n converge uniformément vers f sur [0, 1] donc converge simplement vers f sur [0, 1], donc le
raisonnement fait avant suppose que la notion des suites des fonctions n’est pas encore été abordée
Montrons
maintenant que A n’est pas bornée .Soit t ∈ [2, +∞[ , considérons l’application
[0, 1] → R
ft : , en étudiant les variations de l’application t 7−→ et − (2 + t) sur [2, +∞[ ,
x 7−→ t
on a ∀t ∈ [2, +∞[ , e2 ≥ 2 + t ce qui entraine que l’application ft est un élément de A et comme
∀t ∈ [2, +∞[ , ||ft || = |t| = t , alors la partie A n’est pas bornée
Exercice 2.14 Soit U et V deux ouverts denses d’un espace vectoriel normé E .
1. Etablir que U ∩ V est encore un ouvert dense de E
2. En déduire que la réunion de deux fermés d’intérieur vide est aussi d’intérieur vide
Solution
1. Soit x ∈ E et O un ouvert de E contenant x .Puisque U = E , alors O ∩ U 6= φ.Soit alors y un élément
dans O ∩ U , comme O ∩ U est un ouvert de E, contenant y et V = E , alors (O ∩ U ) ∩ V 6= φ , c’est
à dire O ∩ (U ∩ V ) 6= φ et ceci étant vrai pour tout ouvert de E contenant x ce qui entraine alors que
x ∈ U ∩ V et par suite U ∩ V est dense dans E
2. Rappelons que si A est une partie de E , alors CE A0 = C A
E
Soient F et G deux parties fermées de E d’intérieures vides , donc par passage au complémentaire on a
CEF 0 = C G0 = E ce qui entraine alors que C F ∩ C G = E c’est à dire que C F ∪G = E ce qui est équivalent
E E E E
à (F ∪ G) = φ
0
Exercice 2.15
1. Montrer que si A et B sont deux compacts , il en est de même de A + B.
2. Montrer que si A est compact et B est fermé , A + B est fermé
3. Si on a simplement supposé que A et B sot deux fermés de E , la partie A + B est-elle fermée de E
Solution
1. On a A et B sont compactes de E donc A×B est compact, et comme l’application (+ : (x, y) 7−→ x + y)
est continue , alors l’image du compact A × B est un compact c’est à dire que A + B est compact de E
2. Soit (zn )n une suite d’éléments de A+B qui converge de limite z ∈ E.Posons pour n ∈ N , zn = an +bn
, avec an ∈ A et bn ∈ B , comme A est compact , alors il existe une extractrice ϕ de N telle que
aϕ(n) → a ∈ A et comme bϕ(n) = zϕ(n) − aϕ(n) , alors la suite (bϕ(n) )n est convergente de limite
z − a et comme B est fermé , alors z − a ∈ B c’est à dire qu’il existe b ∈ B tel que z − a = b , donc
z = a + b ∈ A + B ce qui prouve alors que A + B est fermée de E
3. Si A et B sont deux parties fermées de E , on a pas nécessairement A + B est un fermé , en effet pour
E = R , ||.|| = |.| , A = aZ et B = bZ avec ab ∈ / Q , alors il est clair que A et B sont deux fermés de
R et aZ + bZ est une partie dense de E (Voir TD sup), donc elle est n’est pas fermée de R
Exercice 2.16 Soient A et B deux fermés d’un espace vectoriel normé (E, k · k).
1. Démontrer que A ∩ B = ∅ ⇐⇒ ∀x ∈ E, d(x, A) + d(x, B) > 0.
2. On suppose que A et B sont disjoints. Démontrer qu’il existe f : E → R continue telle que f|A = 0 et
f|B = 1
3. En déduire qu’il existe deux ouverts U et V de E tels que A ⊂ U, B ⊂ V et U ∩ V = ∅.
Solution
33
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
est un point adhérent à A. f (a) ∈ f (Ā) implique f (a) ∈ f (A) Comme f (A) = f uϕ(n) /n ∈ N , pour
le réel ε0 , Bo (f (a), ε0 ) rencontre f (A) ce qui contredit la construction de la suit On en déduit que la suite
(f (un ))n converge vers f (a). f est donc continue en a.
Exercice 2.18 Soit (E, ||.||) un espace de Banach et (Fn )n une suite décroissante pour l’inclusion de fermés
\
non vides telle que lim δ(Fn ) = 0 .Montrer que Fn est un singleton
n→∞
n∈N
Solution On a δ(Fn ) → 0 donc pour ε > 0 , il existe n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0 , δ(Fn ) ≤ ε. Choisissons
pour chaque n entier naturel xn dans Fn .Soit (n, p) ∈ N2 tel que n ≥ n0 , alors comme la suite (Fn )n
est décroissante alors on a (xn+p , xn ) ∈ Fn2 ce qui entraine que ||xn+p − xn || ≤ δn ≤ ε ce qui prouve
alors que la suite (xn )n est de Cauchy de E qu’est un espace de Banach, donc elle converge vers un élément
\
x de E.Montrons que Fn = {x}.Soit n ∈ N la suite (xp )p≥n converge de limite x car l’application
n∈N
ϕ : p 7−→ n + p est strictement croissante de N dans N et (xp )p≥n = (xϕ(p) )p .Comme la suite (Fn )n est
décroissante, alors ∀p ≥ n , xp ∈ Fn et comme Fn est un fermé de E, alors x ∈ Fn et ceci pour tout entier n
\
ce qui prouve que x ∈ Fn
\ n∈N
Soit l ∈ Fn , alors ∀n ∈ N , l ∈ Fn et comme ∀n ∈ N , x ∈ Fn , alors ∀n ≥ n0 , ||x − l|| ≤ δn ≤ ε ce qui
n∈N \
entraine que x = l , on conclut alors que Fn = {x}
n∈N
Exercice 2.19 Montrer que si (Kn )n est une suite décroissante de parties compactes d’un espace vectoriel
T
normé (E, ||.||) , alors l’intersection K = n∈N Kn est un compact de E
Solution Soit (xn )n une suite d’éléments de E telle que
∀n ∈ N , xn ∈ Kn ,comme la suite (Kn )n est décroissante alors la suite (xn )n est une suite du compact
K0 ,il existe alors une extractrice ϕ telle que (xϕ(n) )n est convergente de limite c ∈ K0 .Rappelons l’équivalence
34
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suivante:
∀A ∈ P(E) , ∀a ∈ E , d(a, A) = 0 ⇔ a ∈ A
Donc comme Kn est un fermé , alors c ∈ Kn ⇔ d(c, Kn ) = 0 .Or pour tout n ≥ p , ϕ(n) ≥ p, donc
d(c, Kp ) ≤ ||c − xϕ(n) || → 0 ce qui entraine alors que d(c, Kp ) = 0 d’ou c ∈ Kp et par suite p∈N Kp est non
T
et on a égalité si t = 2|q−p|
1
∈ [0, 1] ce qui entraine que ||fp − fq ||∞ = 2 et par suite aucune sous suite de (fn )n
ne peut être convergente
Dans (∗) on a utiliser l’égalité eiα − eiβ = 2 sin β−α 2
Exercice 2.23 Soit f une application de R dans R continue et injective , on se propose de montrer que f est
strictement monotone sur R
1. Montrer que l’ensemble C = (x, y) ∈ R2 / x < y est connexe par arcs
35
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Ce qui entraine que le support du chemin f est contenu dans C∗ ce qui prouve la conexité par arcs de C∗ .
Remarque:C∗ n’est pas étoilé
2. Supposons qu’il existe un homéomorphisme f de C dans R , alors comme C∗ est connexe par arc alors
son image par f est aussi connexe par arcs à savoir R/ {f (0)} ce qui est absurde.D’ou R et C ne sont
pas homéomorphes
[0, 1] → U
3. L’application ϕ : est continue , surjective donc U est une partie connexe par arcs de C.Il
t 7−→ e2iπt
36
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Exercice 2.25
1. Soit E un evn de dimension finie supérieur ou egale ‘a 2 et S la sphére unitée
(a). Montrer que E \ {0E } est connexe par arcs
(b). Déduire que la sphère unité S(0, 1) est connexe par arc.
2. GLn (R) est-il connexe par arcs
Solution
1. (a). On procède de la même manière que l’exercice (17)
E \ {0, } → E
(b). L’application : f : 1 est une application continue car l’application ||.|| est
x 7−→
x
||x||
continue ne s’annulant pas sur E {0} et par suite f (E/ {0}) = S(0, 1) est connexe par arcs
2. Si GLn (R) est connexe par arcs , alors son image par det est connexe par arcs (car det est continue) ,
c’est à dire que R∗ est connexe par arcs ce qu’est absurde
Exercice 2.26 Soit A une partie connexe par arcs .
1. Montrer que A n’est pas la réunion de deux ouverts non vides disjoints de E
2. Montrer que les seules parties ouvertes et fermées relatives à A est φ et A
Solution
1. Supposons qu’il existe deux ouverts θ1 et θ2 non vides relatifs à A et disjoints tels que A = θ1 ∪ θ2 .
..Considérons l’application :
A→R
f 1 si x ∈ θ
1
x 7−→
0 si x ∈ θ
2
est réunion de deux ouverts relatifs à A non vides disjoints ce qu’est absurde , donc B = A ou B = φ
Exercice 2.27 Soit A une partie connexe par arcs de E et f une application de A à valeurs dans un espace
37
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vectoriel normé (F, ||.||F ).telle que f est localement constante , c’est à dire
∀a ∈ A , ∃V ∈ VE (a) , ∀x ∈ V ∩ A , f (x) = f (a)
Montrer que f est constante
Solution Comme f est localement constante , alors f est continue sur A.
Soient a un élément de A et X = {x ∈ A , f (x) = f (a)}.Il s’agit de montrer que X = A , comme A est
connexe par arcs , alors il suffit de montrer que X est un ouvert et fermé relatif à A.
..Soit x ∈ X , comme f est localement constante , alors il existe r > 0 , tel que
∀y ∈ A ∩ B(x, r) , f (x) = f (y), et comme f (x) = f (a) , alors A ∩ B(x, r) ⊂ X ce qui veut dire que X est
un ouvert relatif à A
..Soit (xn )n une suite d’éléments de X qui converge de limite x.
On a ∀n ∈ N , f (xn ) = f (a) et par continuité de f , et par passage à la limite on a f (x) = f (a) ce qui
entraine que x ∈ X et par suite X est un fermé relatif à A .Comme A est connexe par arcs de E et X est non
vide car il contient a , alors X = A
Exercice 2.28
1. On dit qu’une matrice A de Mn (R) est orthogonale si t AA = In .L’ensemble des matrices orthogonale
est noté On (R).
Montrer que On (R) est une partie compacte de Mn (R)
2. On dit qu’une matrice M à coefficients complexes est unitaire si
t M M = I .L’ensemble des matrices unitaires est noté U (C).
n n
Montrer que Un (C) est une partie compacte de Mn (C)
Solution Comme Mn (R) est de dimension finie , alors les normes sont équivalentes , on peut alors à chaque
fois choisir une norme convenable .
1. Pour montrer que On (R) est compacte il suffit de montrer que On (R) est un fermé borné de Mn (R).Soit
M une matrice carrée d’ordre n à coefficients dans R ,alors on a
M ∈ On (R) ⇔t M M = In ⇔ M ∈ f −1 ({In })
Avec f : M 7−→t M M .L’application g : M 7−→ (t M, M ) est continue car ses composantes sont
linéaires en dimension finie .
L’application h : (A, B) 7−→ AB est continue car c’est une application bilinéaire en dimension finie ,
donc f = hog est continue et par suite On (R) est un fermé de Mn (R)
√
On muni Mn (R) de la norme ||.|| : M 7−→ tr (t M M ) .Soit M ∈ On (R) , alors ||M || = n ≤ n ,
p
ce qui montre alors que On (R) est un fermé borné donc compact de Mn (R)
2. Même raisonnement
Exercice 2.29
1. Montrer qu’un polynome P unitaire à coefficients dans R est scindé dans R si et seulement si
∀z ∈ C , |P (z)| ≥ |Im(z)|deg(P )
2. Montrer que l’ensemble des matrice diagonalisable de Mn (C) est dense dans Mn (C)
3. Soit !
0 −1
A=
1 0
Montrer que A ne peut pas être limite d’une suite de matrices diagonalisables dans Mn (R)
Solution
38
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r
Y
1. (⇒).Soit P un polynôme unitaire scindé dans R , alors on a P = (X − λk )αk avec
k=1
λk ∈ R et αk ∈ N∗ . Soit z ∈ C.On a
r
Y r
Y
|P (z)| = |z − λk |αk ≥ |Im (z − λk )|αk
k=1 k=1
Comme λk ∈ R alors |Im(z) − λk | = |Im(z)| et par suite
X r
r
Y αk
αk
|P (z)| ≥ |Im(z)| = |Im(z)| k=1 = Im(z)|deg P
k=1
(⇐).Supposons que ∀z ∈ C , |P (z)| ≥ |Im(z)|deg P .Soit α une racine complexe de P (son existence
est assurée par D’Alembert ), on a :
0 = |P (α)| ≥ |Im(α)|deg P
Ce qui entraine alors que Im(α) = 0 et par suite α ∈ R ce qui entraine que P est scindé sur R
2. Soit A une matrice carrée d’ordre n à coefficients dans C , comme χA est scindé sur C , alors il existe une
matrice triangulaire supérieure T = (ti,j )i,j et une matrice inversible P telles que A = P T P −1 .Posons
pour p ∈ N∗ , Tp = (mij )ij telle que
tii + i , si i = j
∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 , mij = p .Il est clair que si pour (i, j) ∈ [[1, n]]2 tel que
tij , si i 6= j
i j
tii = tjj , alors tii + 6= tjj + . Soit maintenant (i, j) ∈ [[1, n]]2 , tii 6= tjj
p p
i j
alors il existe p0 ∈ N , ∀p ≥ p0 , tii + 6= tjj + , en effet il suffit de choisir p0 tel que :
p p
l−k
∀p ≥ p0 , p ∈ / , tll 6= tkk
tkk − tll
Ce qui entraine la suite (Tp )p≥p0 est une suite de matrices diagonalisables dont la limite est T et comme
l’application M 7−→ P.M P −1 est continue car linéaire en dimension finie , alors P Tp P −1 p≥p0 est
39
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Solution
1. Soit (z, z 0 ) ∈
(C \ {a1 , . . . , an })2 .Si le segment d’extrémités z et z 0 ne contient aucun des ai , alors
[0, 1] → C \ {a , . . . , a }
1 n
le chemin γ : est un chemin joignant z et z 0 et de support contenu dans
t 7−→ tz + (1 − t)z
{a1 , . . . , an }
Si le segment d’extrémités z et z 0 continent au moins un élément de {a1 , . . . , an } , alors comme ce
dernier ensemble est fini alors il existe un complexe z 00 tel que les segments d’extrémités z et z 00 et le
segment d’extrémités z 0 et z 00 ne contient aucun élément de {a1 , . . . , an } donc d’après le premier cas on
peut lier z et z 00 (respectivement z 0 et z 00 ) par un chemin continue inclus dans C \ {a1 , . . . , an } ce qui
entraine alors que z et z 0 sont connectés dans C \ {a1 , . . . , an }, d’ou le résultat
2. On pose A = (aij )ij et B = (bij )ij , soit z ∈ C , alors on a
M (z) = ((1 − z)aij + zbij )i,j et par suite
X n
Y
P (z) = ε(σ) (1 − z)aiσ(i) + zbiσ(i)
σ∈Sn k=1
X n
Y
= ε(σ) aiσ(i) − z(aiσ(i) − biσ(i) )
σ∈Sn k=1
Ce qui entraine que P (z) est une fonction polynômiale en z de degré inférieure ou égale à n et comme
P (0) = det(A) 6= 0 , alors P est un polynôme non nul donc admet un nombre fini de racines
3. Comme P (0) = det(A) 6= 0 et P (1) = det(B) 6= 0 donc les réels 0 et 1 ne sont pas des racines de
P donc (0, 1) ∈ (C \ {z1 , . . . , zn })2 donc on peut relier 0 et 1 par un chemin ρ continue contenu dans
C \ {z1 , . . . , zn }
4. L’application
[0, 1] → GL (C)
n
γ:
t 7−→ (1 − ρ(t))A + ρ(t)B
set un chemin continu contenu dans GLn (C) ce qui prouve que GLn (C) est connexe par arcs
Exercice 2.31 Soit G un sous groupe de GLn (C) .
1. Montrer que si G est fini alors tous ses éléments sont diagonalisables (Utiliser le théorème de Lagrange
vue dans la Fiche 3)
2. Dans cette question ,on suppose que G est borné .
2.1 Montrer que :
∀A ∈ G , ∀λ ∈ SpC (A) , |λ| = 1
40
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41
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Ce qui veut dire que la suite (xn )n est de Cauchy et comme E est un espace de Banach , alors la
suite (xn )n est convergente de limite x ∈ E
(b). Comme l’application f est lipschitzienne , alors elle est continue et par suite d’après la caractéri-
sation séquentielle de la continuité , on a f (x) = x d’ou l’existence d’un point fixe pour f
..Supposons l’existence de deux points fixes , x et y de f , alors
||f (x) − f (y)|| ≤ k||x − y||,c’est à dire ||x − y|| ≤ k||x − y|| et comme k < 1 , alors x = y
2. Soit p un entier naturel non nul tel que f p est contractante de rapport k ∈ [0, 1[ .D’après la question
1 , toute application contractante admet un unique point fixe donc il existe un unique x ∈ E tel que
f p (x) = x.On a
||f p (f (x)) − f p (x)|| ≤ k||f (x) − x||
42
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Solution
1. Soit n ∈ N∗ et a ∈ K
..Soit x ∈ K .Puisque K est convexe e f (K) ⊂ K , alors le vecteur:
a 1
fn (x) = + 1 − f (x)
n n
est un élément de K ce qui enrtrâine alors que fn (K) ⊂ K
..Pour tout (x, y) ∈ K 2 , on a
1
||fn (x) − fn (y)|| = 1 − ||x − y||
n
Ce qui montre alors que l’application fn est contractante sur K donc d’après l’exercice (23) , elle admet
un point fixe xn dans K , on a
a 1
(∗) : xn = + 1 − f (xn )
n n
2. Comme K est compact , alors il existe une extractrice ϕ de N telle que xϕ(n) n converge vers un élément
43
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
Supposons que ∃n0 ∈ N , xn0 = α , donc par une récurrence on a pour tout entier n ≥ n0 , xn = α ce
qui entraine que (un )n est stationnaire ce qui est absurde , donc ∀n ∈ N , xn 6= α.
On a ∀n ∈ N , un+1 = ||xn+1 − α|| = ||f (xn ) − f (α)|| < ||xn − α|| = un et par suite la suite (un )n
est strictement décroissante et comme elle est minoré par 0 , alors elle converge
3. Comme K est compact , alors il existe une extraction ϕ de N telle que (xϕ(x) )n converge de limite γ , si
on suppose que γ 6= α , alors d’après (∗) , on a
||f (γ) − f (α)|| = ||f (γ) − α|| < ||γ − α||
Or uϕ(n)+1 = ||xϕ(n)+1 − α|| = ||f (xϕ(n) ) − α||, et l’application n 7−→ ϕ(n) + 1 est une extraction de
N , donc par passage à la limite et par continuité de f on a :
l = ||f (γ) − α|| < ||γ − α|| = l ce qu’est absurde donc γ = α et par suite l = 0
4. On conclut alors que (xn )n converge de limite α
Exercice 2.35 Soit A une matrice antisymétrique d’ordre n à coefficients dans R telle que la suite (Ap )p converge
.Montrer que sa limite est nulle
Solution Les sous espaces vectoriels Sn (R) et An (R) sont de sous espaces de dimension finie , donc il sont
fermés de Mn (R) .Si on note par B la limite de la suite (Ap )p .Pour p ∈ N∗ , on a
t (A2p ) = (t A)2p = (−A)2p = A2p ce qui entraine que la matrice A2p est une matrice symétrique donc sa
limite qu’est égale à B , car elle est extraite de (Ap )p , est une matrice symétrique de même B est aussi la limite
de la suite (A2p+1 )p qu’est une suite d’éléments de An (R) , donc B est une matrice antisymétrique car An (R)
est fermé .On a alors B ∈ An (R) ∩ Sn (R) ce qui entraine alors que B = 0n
1 −1 0
Exercice 2.36 Soit A = −1 2 −1.Déterminer les réels a tels que la suite (ap Ap )p converge vers une
0 −1 1
limite non nulle
Solution Le polynôme caractéristique de la matrice A est
χA = −X(X − 1)(X − 3) , il est donc scindé à racines simples , la matrice A est alors diagonalisable .Il
0 0 0
existe alors une matrice inversible P telle que P −1 AP = 0 1 0 .Ce qui entraine que
0 0 3
0 0 0
∀n ∈ N∗ , an An = P. 0 an 0 .P −1
0 0 (3a)n
0 0 0
.La suite 0 an 0 converge vers une matrice non nulle si et seulement si, la suite (an )n con-
0 0 (3a)n n
verge vers vers un réel non nul ou la suite ((3a)n )n converge vers un réel non nul , donc la seule possibil-
ité est a = 13 .L’application M 7−→ P.M.P −1 est continue car linéaire en dimension finie , donc la suite
0 0 0
0 an 0 .P −1 converge de limite non nulle si a = 13
0 0 (3a)n
n
Exercice 2.37 Soit A une matrice d’ordre n à coefficients réels .Trouver une condition nécessaire et suffisante
sur A pour qu’il existe M ∈ Mn (R) telle que la suite (M k )k converge
44
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
Solution
1. Condition nécéssaire.Si une telle matrice M existe , alors d’après la caractérisation séquentielle de la
continuité de l’application N 7−→ N 2 , on a limk→+∞ M 2k = A2 et comme la suite (M 2k )k est extraite
de la suite (M k )k , alors elle va converger vers la matrice A , donc par unicité de la limite on a A2 = A.
2. Condition suffisante. Si A2 = A, alors en posant M = A, on a bien
lim M k = A.On conclut alors que La condition nécéssaire et suffisante cherchée est que A soit une
k→+∞
matrice de projection
Exercice 2.38 Soit (E, ||.||) un espace vectoriel normé de dimension finie non nulle et soient A et B deux
parties connexes par arcs de E
1. Montrer que A × B est connexe par arcs
2. Montrer que A + B = {a + b , a ∈ A et b ∈ B} est connexe par arcs
Solution
1. Soit ((a1 , b1 ), (a2 , b2 )) ∈ (A × B)2 , comme A(respB) est connexe par arcs , alors il existe un chemin
γ1 (respγ2 ) continu sur [0, 1] à valeurs dans A(respB) tel que
γ1 (0) = a1 et γ1 (1) = a2 (resp γ2 (0) = b1 et γ2 (1) = b2 ) .L’application ρ définie sur [0, 1] par :
∀t ∈ [0, 1] , ρ(t) = (γ1 (t), γ2 (t)), est continue car ses composantes le sont .Et
ρ ([0, 1]) ⊂ A × B , ρ(0) = (a1 , b1 ) et ρ(1) = (a2 , b2 )
ce qui prouve alors que A × B est connexe par arcs
2. Soit (x, y) ∈ (A + B)2 avec x = a1 + b1 et y = a2 + b2 ,Soit γ1 (respγ2 ) un chemin continu tracé sur
A (resp sur B) joignant a1 eta2 (respb1 et b2 ) , l’application ρ définie sur [0, 1] par
∀t ∈ [0, 1] , ρ(t) = γ1 (t) + γ2 (t)
Est une application continue sur [0, 1] à valeurs dans A + B joignant x et y , ce qui montre la connexité
de A + B
Exercice 2.39 Soient A et B deux parties fermées d’un espace vectoriel normé de dimension finie telles que
A ∩ B et A ∪ B sont connexe par arcs .Montrer que A et B sont connexe par arcs
Solution Soit (a, b) ∈ A2 , on a (a, b) ∈ (A ∪ B)2 , donc par hypothèse il existe un chemin continue γ joignant
a à b et contenu dans A ∪ B tel que γ(0) = a et γ(1) = b.
..Si γ ([0, 1]) ⊂ A , alors c’est terminé
..Si non soit B = {t ∈ [0, 1] , γ(t) ∈ B} . Par hypothèse cet ensemble est non vide et borné donc admet une
borne inférieure noté t0 et une borne supérieure t1 .D’après la caractérisation séquentielle de la borne inférieure
, il existe une suite (xn )n d’éléments de B qui converge vers t0 , par continuité de γ on a lim γ(xn ) = γ(t0 )
n→+∞
et comme B est fermé de E ,alors γ(t0 ) ∈ B ceci d’une part d’autre part ∀t ∈ [0, t0 [ , γ(t) ∈ A donc par
passage à la limite quand t tens vers t0 et par continuité de γ et comme A est fermé alors on a γ(t0 ) ∈ A ,donc
γ(t0 ) ∈ A ∩ B de même on montre que γ(t1 ) ∈ A ∩ B.La partie A ∩ B est connexe par arc donc il existe
un chemin σ de l’intervalle [t0 , t1 ] à valeurs dans A ∩ B tel que σ(t0 ) = γ(t0 ) et σ(t1 ) = γ(t1 ).Considérons
l’application
[0, 1] → E
ρ: σ(t) si t ∈ [t , t ]
0 1
t −
7 →
γ(t) si non
L’application ρ est continue à valeurs dans A joignant a et b, ce qui prouve alors que A est connexe par arcs
45
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
de même pour B
Exercice 2.40 Soit E un R-espace vectoriel de dimension n.
1. Montrer que si n ≥ 1 et si H est un hyperplan de E ,alors E/H n’est pas connexe par arcs
2. Montrer que si n ≥ 2 et si F est un sous espace de E de dimension inférieure ou égale à n − 2 ,alors
E/F est connexe par arcs
Solution
1. H est un hyperplan de E donc il existe une forme linéaire non nulle de E telle que H = ker (ϕ).
Soient (a, b) ∈ E 2 tel que ϕ(a) > 0 et ϕ(b) < 0 et γ un chemin de [0, 1] dans E/H joignant
[0, 1] → R
a et b .L’application ρ : est continue sur [0, 1] comme composée
t 7−→ ϕ (γ (ta + (1 − t)b))
d’applications continues et ρ(0)ρ(1) < 0 , donc d’après T.V.I il existe t0 ∈]0, 1[ , ρ(t0 ) = 0 , c’est
à dire γ (t0 a + (1 − t0 )b) ∈ H ce qui contredit le fait que γ est à support dans E/H .On conclut alors
que E/H n’est pas connexe par arcs
2. Soit F un sous espace de E de dimension inférieur p ou égale à n − 2 et B = (e1 , . . . , en ) une base de
Xn n
X
E adaptée à F .Soit x = xi ei et y = yi ei deux éléments de E n’appartenant pas à F donc
i=1 i=1
∃(i0 , j0 ) ∈ [[p + 1, n]]2 , xi0 6= 0 et yj0 6= 0
On suppose par exemple que xi0 > 0 , l’application
[0, 1] → E
n
γ: X
t 7−→ (1 − t)xi ei + tei0
i=1
Est une application continue sur [0, 1] , γ(0) = x et γ(1) = ei0 .Soit t ∈]0, 1[ on a
Xn
γ(t) = (1 − t)xi ei + ((1 − t)xi0 + t) ei0 ∈ E/F
| {z }
i=1 , i6=i0
∈R+
∗
Donc γ est à support dans E/F .De même si yj0 > 0 on peut relier y au vecteur ej0 et comme les vecteurs
ei0 et ej0 sont dans l’espace Vect(ep+1 , . . . , en ) et comme sa dimension est supérieure ou égale à 2
,alors Vect(ep+1 , . . . , en )/ {0E } est connexe par arcs et par suite on peut relier ei0 etej0 par un chemin
continue contenu dans Vect(ep+1 , . . . , en ) \ {0E } donc dans E/F .On conclut alors que x et y sont
relier par un chemin continu et contenu dans E/F .
Si xi0 < 0 , on fait un raisonnement analogue en remplaçant ei0 par −ei0
Exercice 2.41 Soient E = C ([0, 1], R) muni de la norme ||.||∞ et
Z 1
A = f ∈ E , f (0) = 0 et f (t)dt ≥ 1
0
1. Montrer que A est une partie fermée de E
2. Vérifier que :∀f ∈ E , ||f ||∞ > 1
3. Calculer la distance de la fonction nulle à la partie A
Solution
R1
1. Soit ϕ : f 7−→ f (0) et ψ : f 7−→ 0 f (t)dt ≥ 1.Soient f et g deux éléments de E , on a :
|ϕ(f ) − ϕ(g)| = |f (0) − g(0)| ≤ ||f − g||∞
46
MP1- AGADIR-2022/2023 2.2 Topoplogie des espaces vectoriels normés
Ce qui veut dire que ϕ est lipscitzienne donc continue sur E.Ceci d’une part d’autre part on a
Z 1 Z 1
|ψ(f ) − ψ(g)| = | (f (t) − g(t)) dt| ≤ |f (t) − g(t)|dt ≤ ||f − g||∞
0 0
Donc ψ est lipschitzienne donc continue ,on en déduit alors que ϕ−1 ({0}) est un fermé de E et
ψ −1 ([1, +∞[) est un fermé de E et par suite A est fermé de E
2. Supposons que ∃f ∈ A telle que ||f ||∞ ≤ 1 ,alors
Z 1 Z 1 Z 1
1≤ f (t)dt = f (t)dt ≤ |f (t)|dt ≤ ||f ||∞ ≤ 1
0 0 0
!
1 1
Exercice 2.42 Soit A = 3
1
2 .Montrer que la série de terme général An est convergente et calculer sa
4 − 12
somme
Solution !La norme sur M2 (R) est la norme subordonnée associé à la norme infinie sur M2,1 (R).Si on pose
x
X= , alors on a
y
x y x y 5 5
||AX||∞ = max + , − ≤ max(|x|, |y|) = ||X||∞ < 1
3 2 4 2 6 6
D’ou ||A|| < 56 < 1 et par suite la série n An converge de somme
P
+∞
!
2 18 6
An = (I2 − A)−1 =
X
21 3 8
n=0
Exercice 2.43 La lettre K désigne R et C. Soit M une matrice d’ordre n à coefficients dans K.Montrer qu’il
existe un entier naturel k0 tel que
k
X 1 j
∀k ∈≥ k0 , M ∈ GLn (K)
j!
j=0
Solution Mn (K) est de dimension finie non nulle, donc ses normes sont équivalentes , donc , on choisit alors une
norme quelconque sur Mn (K) .On rappelle que GLn (K) est un ouvert de Mn (K) car GLn (K) = det−1 (K∗ )
et K∗ est un ouvert et det est continue .Puisque eM ∈ GLn (K) , alors ∃r > 0 , B eM , r ⊂ GLn (K).
1 k
Or eM = lim M ce qui entraine alors que
k→+∞ k!
k
X 1 j
M ∈ B eM , r
∃k0 ∈ N , ∀k ≥ k0 ,
j!
j=0
k
X 1 j
Et par suite ∀k ≥ k0 , M ∈ GLn (K)
j!
j=0
Exercice 2.44 Soit n un entier naturel supérieur ou égale à 2 et soit A une matrice antisymétrique réelle d’ordre
n .Montrer que , si la suite (Ap )p converge alors sa limite est nulle
Solution
Notons B la limite de la suite (Ap )p . Les suites (A2p )p et (A2p+1 )p sont deux suites extraites de (Ap )p
donc elles convergent toutes les deux vers B .Or pour tout p la matrice A2p est symétrique et Sn (R) est un fermé
de Mn (R) donc B ∈ Sn (R) ceci d’une part d’autre part pour tout entier p la matrice A2p+1 est antisymétrique
et An (R) est un fermé de Mn (R) alors B ∈ An (R) ce qui entraine alors que B = 0n
47
Chapter 3 Séries d’éléments d’un espace vectoriel normé
49
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
X an
2. Montrer que la série β
converge pour tout β > 0
n≥1Sn Sn−1
X an
3. Prouver que la série converge si α > 1 et diverge si α ≤ 1
Sα
n≥1 n
Solution
1. La suite (Sn )n est croissante positive car la suite (an )n est une suite de rèels strictement positifs . Soit
(n, p) ∈ N2 , on a
n+p
X
p
ak
X an+k k=n+1 Sn+p − Sn
≥ =
Sn+k Sn+p Sn+p
k=1
Sn+p − Sn X an
Pour n fixé on a lim = 1, donc la suite des sommes partielles de la série n’est pas
p→+∞ Sn+p Sn
n≥1
X an
une suite de Cauchy et par suite la série est alors divergente
Sn
n≥1
2. On a
an an Sn − Sn−1 1 1
∀n ∈ N∗ , 2
≤ = = −
Sn Sn Sn−1 Sn Sn−1 Sn−1 Sn
Et par suite on a
n+p n+p
X 1
X ak 1 1 1 1
2 ≤ − = − <
S Sk−1 Sk S n Sn+p S n
n+1 k k=n+1
1
Et comme la suite (Sn )n diverge vers +∞ alors la suite lim = 0 et par suite d’après le critère de
n→+∞ Sn
X an
Cauchy pour les séries la série est convergente
Sn2
n≥1
3. On a
an Sn − Sn−1
∀n ∈ N∗ , β
= β
Sn Sn−1 Sn Sn−1
On suppose que β > 0 et p un entier naturel non nul tel que p1 < β .Pour n suffisamment grand on a
l’inégalité
an an
β
< 1
Sn Sn−1 p
Sn Sn−1
X a n
Il suffit alors d’établir la convergence de la série 1
.On rappelle que
p
n≥1 Sn Sn−1
∀x ∈]0, 1] , ∀p ∈ N∗ , 1 − xp ≤ p(1 − x)
Alors on en déduit que
1
p 1
Sn−1 Sn−1 Sn−1 p
1− ≤ p 1 − 1
, pour x =
Sn Sn
Snp
ce qui est équivalent à
Sn − Sn−1 1 1
1 ≤ p 1 − 1
p p
Sn Sn−1 Sn−1 Snp
1
Et comme la suite converge alors d’après le critère de Cauchy pour les séries la série
Sn n
50
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
!
X a n est converge et par suite la série
X a n
1 β
est convergente
n≥1
p
Sn Sn−1 n≥1 S n S n−1
an an
4. ..Pour α > 1 .On a alors pour n ≥ 2 , α ≤ α−1 et d’après la question précédente la série
Sn Sn Sn−1
X an
est convergente
Snα
n≥1
an an
..Pour α ≤ 1 et pour n suffisamment grand on a α ≥ ce qui entraine d’après la première question
Sn Sn
X an
que la série est divergente
Snα
n≥1
Exercice 3.5 Soit (an )n une suite de réels strictement positifs et α un réel distinct de 1
1. On suppose dans cette question que
an+1 α 1
=1− +o
an n n
X
(a). Montrer que si α > 1 alors la série an est convergente
n≥1
X
(b). Montrer que si α < 1 ,alors la série an est divergente
n≥1
2. On suppose dans cette question que (an )n vérifie:
an+1 α X
∀n ∈ N∗ , = 1 − + vn , avec vn est absolument convergente
an n n
X
Montrer que la série an converge si α > 1 et diverge si α ≤ 1
n≥1
Solution
an+1 α 1
1. On suppose que la suite (an )n vérifie =1− +o
an n n
1
(a). On suppose que α > 1 .Soit γ ∈]1, α[ et (vn )n la suite définie pour n ∈ N∗ , par : vn = γ .On a
n
1 −γ
vn+1 γ 1
= 1+ =1− +o
vn n n n
Et par suite
an+1 vn+1 γ−α 1
− = +o
an vn n n
an+1 vn+1 γ−α
Donc − ∼ et par suite
an vn n
an+1 vn+1
∃n0 ∈ N∗ , ∀n ≥ n0 , ≤
an vn
X 1
et comme la série de Reimann est convergente alors d’après le critère de comparaison
nγ
n≥1
X
logarithmique la série an est convergente
n≥1
(b). Dans cette question on suppose que α < 1 .Soit γ ∈]α, 1[ et (vn )n la suite définie par
1
∀n ∈ N∗ , vn = γ
n
vn+1 an+1
Alors en faisant les mêmes calculs de la question précédente ∃n0 ∈ N∗ , ∀n ≥ n0 , ≤
vn an
X 1
et comme la série est divergente alors d’après le critère de comparaison logarithmique la
nγ
n≥1
51
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
X
série an est divergente
n≥1
2. On va étudier la suite un+1 − un avec un = ln (nα an ). Soit n ∈ N , on a
α α n+1 an+1
un+1 − un = ln ((n + 1) an ) − ln (n an ) = α. ln + ln
n an
1 α
= α ln 1 + + ln 1 − + vn
n n
X
Comme la série vn est absolument convergente alors la suite (vn )n converge vers 0 et par suite
n≥0
2
1 1 α α
un+1 − un = α +O + − + vn + O − + vn
n n2 n n
2
2
On a ∀n ∈ N∗ , − n + vn2 ≤ 2 n2 + vn2 donc O − n + vn
α α α
= O vn2 + O n12 et par suite
X 1 X
un+1 − un = vn + O vn + O n2 .Les séries
2 1 2
sont absolu-
O et v n + O v n
n2
n≥0 n≥0
X
ment convergente donc la série (un+1 − un ) est convergente et cela signifie que la suite (un )n est
n≥0
convergente vers une limite l et alors la suite (eun )n est convergente vers el , ce qui donne le résultat
Exercice 3.6 Le but de l’exercice est de déterminer un équivalent du reste de certaines séries alternées. On
considère (un )n≥0 une suite de réels positifs décroissant vers 0 , et on considère la série n≥0 (−1)n un dont
P
+∞
X
on rappelle qu’elle est convergente. On note Rn = (−1)k uk son reste. On suppose de plus que la suite
k=n+1
(un ) vérifie les deux conditions suivantes:
un+1
∀n ≥ 0, un+2 − 2un+1 + un ≥ 0 et lim =1
n→+∞ un
1. Démontrer que pour tout n ≥ 0, |Rn | + |Rn+1 | = un+1 .
2. Démontrer que la suite (|Rn |) est décroissante.
(−1)n+1 un
3. En déduire que Rn ∼+∞ .
2
Solution
1. Supposons pour fixer les idées que n est pair. Alors Rn , somme d’une série alternée dont le premier
terme est négatif, est négatif. De même, Rn+1 est positif. Il vient
+∞
X +∞
X
|Rn | = − (−1)k uk et |Rn+1 | = (−1)k uk
k=n+1 k=n+2
On en déduit que
|Rn | + |Rn+1 | = −(−1)n+1 un+1 = un+1
52
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
53
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
X X
.:Si la série (gn+1 − gn ) agn est convergente alors la série vn converge c’est à dire que la suite
n≥0 n≥0
de ses sommes partielles (Vn )n converge , donc la suite (Sgn+1 )n est convergente .Comme la suite (Sn )n
X
est une suite croissante admettent une suite extraite (Sgn+1 ) alors elle converge et par suite la série an
n≥1
est convergente
X
..Supposons que an est convergente , donc la suite (Sgn+1 )n est convergente c’est à dire que la
n≥0
X X
série vn est convergente ,donc d’après (∗) la série (gn+1 − gn ) agn+1 converge c’est à dire que
n≥1 n≥1
X 1
la série (gn − gn−1 ) agn est convergente .Or ∀n ∈ N , (gn+1 − gn ) ≤ (gn − gn−1 ) et comme les
c
n≥1
1
an sont strictement positifs alors ∀n ∈ N , (gn+1 − gn ) agn ≤ (gn − gn−1 ) agn ce qui prouve alors la
X c
convergence de la série agn+1 − gn agn
n≥0
X
2. On retrouve le critère de condensation de Cauchy , il suffit de prendre gn = 2n et pour la série 3n a3n
n≥0
prendre gn = 3n
X
Pour la série nan2 on prend gn = n2 , il est clair que (gn )n est une suite strictement croissante et que
n≥0
∀n ∈ N∗ , gn+1 − gn = 2n + 1 ≤ 3(gn − gn−1 )
X X
.Donc par application du critère précédent on a (2n + 1)an2 est de même nature que la série an
n≥0 n≥0
X X
et comme (2n + 1)an2 ∼ 2nan2 alors la série nan2 est de même nature que la série an
n≥0 n≥0
X
Pour la série n an3 il suffit de prendre gn =
2
n3 , il est clair que la suite (gn )n est une suite d’entiers
n≥0
naturels strictement croissante et on a
∀n ∈ N∗ , gn+1 − gn = 3n2 + 3n + 1 ≤ 10(gn − gn−1 )
X X
Donc les deux séries (3n2 + 3n + 1)an3 et an sont de même nature or on a
n≥0 n≥0
X X
(3n2 + 3n + 1)an3 ∼ 3n2 a n3 et par suite la série n2 an3 est de même nature que la série an
n≥0 n≥0
X
Exercice 3.8 Soient an une série de nombres complexes dont la suite des sommes partielles est bornée et
n≥1
X
(bn )n une suite de nombres complexes telle que lim bn = 0 et |bn − bn+1 | est convergente .Montrer que
n→+∞
n≥1
X
la série an bkn converge pour tout k ∈ N∗
n≥1
n
X n
X
Solution Notons pour n entier naturel Sn = ai bki et An = ai .On a
i=1 i=1
n
X
∀n ∈ N , Sn = Ai bki − bki+1 + An bkn
i=1
La suite (An )n est borneé , donc il existe M > 0 tel que ∀n ∈ N , |An | ≤ M . La suite (bn )n converge vers 0
54
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
, donc pour ε > 0 , il existe n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0 , |bi | ≤ ε.Soit (m, n) ∈ N2 tel que m > n ≥ n0 On a
m
X m−1
X m−1
X
|Sm − Sn | = ai bki = Ai bki − bki+1 − An bkn + Am bkm ≤ |Ai | bki − bki+1 + |An bkn | + |am bkm |
i=n i=n i=n
m−1 k−1
!
X X
k−1−l
|Sm − Sn | ≤ M |bi − bi+1 | bli bi+1 + |bkn | + |bkm |
i=n l=0
m−1 k−1
! !
X X
≤M |bi − bi+1 | |bli ||bk−1−l
i+1 | + |bkn | + |bkm |
i=n l=0
Et par suite on a
m−1
!
X
|Sm − Sn | ≤ M kεk−1 |bi − bi+1 | + 2εk
i=n
X
Comme la série |bn − bn+1 | est convergente , alors il existe n1 ∈ N tel que
n≥1
m−1
X
∀(n, m) ∈ N2 , m > m ≥ n1 , | |bi − bi+1 | ≤ ε et par suite pour tout couple d’entiers (n, m), tel que
i=n X
m > n ≥ N = max(n0 , n1 ) on a |Sm − Sn | ≤ (k + 2)M εk et donc la convergence de la série an bkn se
n≥1
déduit du critère de Cauchy pour les séries
P P
Exercice 3.9 Soient an et vn deux séries telles que (vn )n est une suite réelle qui décroît vers 0 et la suite
P
(An )n des sommes partielles de an est bornée .
1. Montrer que
n
X n−1
X
∀n ∈ N , a k v k = An v n + Ak (vk − vk+1 )
k=0 k=0
P
2. En déduire que la série an vn est convergente
3. Application
2-1 Montrer que , si α > 0 et θ un réel qui n’est pas un multiple de 2π, les séries
X sin nθ X cos nθ
et
nα nα
sont convergentes
2-2 Démontrer le critère de Leibnez pour les séries alternées
Solution
1. Soit n un entier naturel , on a
Xn X n X n X n n
X n−1
X
ak vk = a0 v0 + vk (Ak − Ak−1 ) = a0 v0 + vk Ak − vk Ak−1 = a0 v0 + v k Ak − vk+1 Ak
k=0 k=1 k=1 k=1 k=1 k=0
n−1
X n−1
X
= a0 v0 + Ak (vk − vk+1 ) + vn An − v1 A0 = vn An + Ak (vk − vk+1 )
k=1 k=0
55
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
La suite (An )n est bornée soit alors M > 0 tel que ∀n ∈ N , |An | ≤ M .La suite (vn An )n converge
vers 0 comme produit de suite bornée et d’une suite convergente vers 0 , ceci d’une part d’autre part on
n−1
X n−1
X
a |Ak | (vk − vk+1 ) ≤ M (vk − vk+1 ) ≤ M (v0 − vn ) et comme la suite (vn )n est convergente
k=0 k=0
n−1
!
X
alors ∃M 0 > 0 , ∀n ∈ N , 0 ≤ v0 − vn ≤ M 0 et par suite la suite |Ak | (vk − vk+1 ) est majorée
k=0 n
n
!
X
et comme elle croissante alors ell est convergente , ce qui prouve alors que la suite ak vk est
X k=0 n
convergente c’est à dire que la série an vn est convergente
n≥0
X einθ
3. Il suffit de montrer que la série est convergente .Comme α > 0 , alors la suite 1
est
nα nα n
n≥1
n
!
X
décroissante de limite 0 , il reste à montrer que la suite eikθ est bornée .Soit n ≥ 1 , on a
k=1 n≥1
n nθ i n+1 θ
einθ
X 1− sin e 1 2
eikθ = eiθ iθ
= θ
≤ 2
1−e sin 2θ
k=1
sin 2
n
!
X X einθ
ce qui montre alors que la suite e ikθ
est bornée , on conclut alors que la série est
nα
k=1 n n≥1
convergente et par suite les séries partie réelle et partie imaginaire sont convergentes
X X
Exercice 3.10 Soient an et bn deux séries non nulles convergentes dont l’une au moins converge
n≥1 n≥1
absolument .Montrer que la série produit de Cauchy de ses deux séries est convergente et que
+∞ X n +∞
! ! +∞ !
X X X
ak bn−k = an bn
n=1 k=1 n=1 n=1
X
Solution On suppose que la série an est absolument converge et on note respectivement An , Bn et Cn la
n≥0
X X X
neme somme partielle des séries an , bn et cn avec
n≥0 n≥0 n≥0
n
X Xn
cn = ak bn−k .On remarque que Cn = ak Bn−k si on pose Dn = Bn + rn avec (rn )n une suite de réels
k=0 k=0
convergente vers 0 , alors on a
∀n ∈ N , Cn = Dn An − (ao rn + a1 rn−1 + . . . + an rn )
Xn
Pour terminer ,montrons que lim ak rn−k = 0 .La suite (rn )n tend vers 0 donc elle est bornée par un
n→+∞
k=0
+∞
X
certain m > 0 , on pose M = |an | > 0
n=0
n
ε X ε
Soit ε > 0 et l ∈ N tel que ∀n ≥ l , |rn | ≤ et |ai | ≤
2M 2m
i=l+1
On a
l n
X X ε ε
|a0 rn + a1 rn−1 + . . . + an r0 | ≤ |ai rn−i | + |ai rn−i | ≤ M + m=ε
2M 2m
i=0 i=l+1
56
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
n
X
Ce qui prouve alors que la suite ak rn−k tend vers 0 donc la suite (Cn )n converge de limite AB d’ou le
k=0
résultat
X
Exercice 3.11 Soit an une série convergente dont la neme somme partielle est notée An .Prouver que la
n≥0
+∞
X !
X 1
série An xn est convergente pour |x| < 1 est que sa somme est égale à an xn
1−x
n≥0 n=0
X X
Solution Il suffit de remarquer que la série An x est la série produit de Cauchy des séries
n
xn et la
n≥0 n≥0
X X X
série an x .Donc si |x| < 1 ,alors la série
n
x est absolument convergente et comme la série
n
an xn
n≥0 n≥0 n≥0
est convergente alors d’après l’exercice (5) la série produit de Cauchy est convergente de somme
+∞ +∞
X !
X 1
An xn = . an xn
1−x
n=0 n=0
Exercice 3.12 Théorème de Toeplitz de transformation régulière suites en suites 1
Soit (cn,k )(n≥1 , ≤k≤n) une famille de nombre réels vérifiant
ceci d’une part d’autre part la suite (an )n est bornée donc il existe D > 0 tel que ∀n ∈ N , |an | ≤ D .Comme
∀k ∈ N+ , lim cn,k = 0 donc ∀k ∈ N∗ , lim |cn,k | = 0 ,ce qui entraine alors que
n→+∞ n→+∞
n−1 nX1 −1
!
X ε
lim |cn,k | = 0 et par suite il existe un entier naturel n2 tel que ∀n ≥ n2 , |cn,k | ≤
n→+∞ 2D
k=1 k=1
Soit n ≥ max(n1 , n2 ), on a
n
X n
X 1 −1
nX n
X
bn − a cn,k = cn,k (ak − a) ≤ |cn,k |.|ak − a| + |cn,k |.|ak − a|
k=1 k=1 k=1 n1
n−1 n
X ε X ε ε
≤D |cn,k | + |cn,k | ≤ D +C =ε
2C 2D 2C
k=1 k=n1
1Une transformation de suite est régulière si elle transforme toute suite convergente en une suite convergente de même limite
57
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
n n
! !
X X
Ce qui entraine alors que la suite bn − a cn,k converge vers 0 et comme la suite cn,k converge
k=1 n k=1 n
de limite 1 alors la suite (bn )n converge de limite a
dApplications
1. Le théorème de Césaro pour le cas ou a est un réel se déduit du théorème de Toeplitz en prenant pour
n ∈ N∗ et k ∈ [[1, n]] , cn,k = n1
..Si a n’est pas un réel alors quitte à remplacer (an )n par (−an )n on peut supposer que a = +∞.
Soit ε > 0 et N ∈ N tel que ∀n ≥ N , an ≥ ε .On a
n N n N
! ! ! !
1 X 1 X 1 X 1 X (n − N )ε A − Nε
ak = ak + ak ≥ ak + ≥ε+
n n n n n n
1 k=1 k=N +1 k=1
N
X A − Nε
Avec A = ak . Comme lim = 0 , alors il existe N 0 ∈ N tel que ∀n ≥ N 0 , A−N ε
n ≥ − 2ε
n→+∞ n
k=1
ce qui entraine alors que
n
!
1 X ε
∀n ≥ max(N, N 0 ) , ak ≥
n 2
1
D’ou le résultat
n.Le théorème suivant se démontre de la même manière que le cas particulier précédent .
Si (αn )n est une suite de réels strictement positifs divergente
! vers +∞ et (an )n une suite de réels ou
n−1
1 X
complexes de limite l ∈ R , alors la suite n−1 αk ak a pour limite l
αk k=0
X
k=0
2. On applique le théorème de Toeplitz dans le cas ou b 6= 0 en prenant pour n ∈ N∗ et
bn−k+1
k ∈ [[1, n]] , cn,k =
nb
Dans le cas ou b = 0 on applique le théorème de Toeplitz en prenant pou n ∈ N∗ et
1 + bn−k+1
k ∈ [[1, n]] , cn,k =
n
X X X
Exercice 3.13 Montrer que si le produit de Cauchy cn des deux séries convergentes an et bn est
n≥0 n≥0 n≥0
+∞ +∞ +∞
! !
X X X
convergent alors cn = an bn
n=0 n=0 n=0 X X X
Solution Soient An , Bn et Cn les n-èmes somme partielle respectivement des séries an , bn et cn
n≥0 n≥0 n≥0
.On vérifie que ∀n ∈ N , Cn = a0 Bn + a1 Bn−1 + . . . + an B0 , ce qui donne alors que
C0 + C1 + . . . + Cn = A0 Bn + A1 Bn−1 + . . . + An B0 . En divisant alors par n + 1 on a
C0 + C1 + . . . + Cn A0 Bn + A1 Bn−1 + . . . + An B0
=
n+1 n+1
Donc d’après l’exercice précédent on a C = AB
Exercice 3.14
1. Montrer que si parmi deux séries de réels strictement positifs , une au moins est divergente , alors leur
produit de Cauchy est divergent
2. Le produit de Cauchy de deux séries divergente est -il nécessairement divergente ?
Solution
X X X
1. Soient an et bn deux séries à termes dans R+ ∗ et cn la série produit de Cauchy .Supposons
n≥0 n≥0 n≥0
58
MP1- AGADIR-2022/2023 3.1 Séries dans un espace vectoriel normé
X
par exemple que bn est divergente .On a
n≥0
∀n ∈ N , cn = a0 bn + a1 bn−1 + . . . + an b0 > a0 bn
X X
Et comme la série bn est divergente alors la série cn est divergente .
n≥0 n≥1
X X
2. La réponse est négative ,en effet considérons les deux séries divergentes suivantes an et bn
n≥0 n≥0
définies par
a = 1 , ∀n ∈ N∗ , a = 3 n
0 n 2
b = 1 , ∀n ∈ N∗ , b = 3 n−1 1
2n +
0 n 2 2n+1
59
MP1- AGADIR-2022/2023 3.2 Dénombrabilité -Famille sommables
X X
le produit de Cauchy des séries (−1)n an et (−1)n bn converge si, et seulement si
n≥0 n=0
n n
! !
X X
lim an bk = 0 et lim bn ak =0
n→+∞ n→+∞
k=0 k=0
X X X
Solution Soit cn la série produit de Cauchy des séries (−1)n an et (−1)n bn .
n≥0 n≥0 n≥0
X
..Supposons que la série cn est convergete alors lim cn = 0 .On a
n→+∞
n≥0
∀n ≥ 0 , cn = (−1)n (a0 bn + a1 bn−1 . . . + an b1 )
Et comme les suites (an )n et (bn )n sont décroissantes alors on a
∀n ∈ N , |cn | ≥ an (b0 + . . . + bn ) et |cn | ≥ bn (a0 + . . . + an )
Ce qui entraine alors que
lim an (b0 + . . . + bn ) = lim bn (a0 + . . . + an ) = 0
n→+∞ n→+∞
.Supposons que lim an (b0 + . . . + bn ) = lim bn (a0 + . . . + an ) = 0.D’après l’exercice précédent il
n→+∞ n→+∞
suffit de montrer que
n
!
X
lim (−1)k ak (−1)n bn + (−1)n−1 bn−1 + . . . + (−1)n−k+1 bn−k+1 =0
n→+∞
k=1
Remarquons que
∀n ∈ N∗ , ∀k ∈ [[1, n]] , (−1)n bn + (−1)n−1 bn−1 + . . . + (−1)n−k+1 bn−k+1 ≤ bn−k+1
Et par conséquent on a
X n n
X
k n n−1 n−k+1
(−1) ak (−1) bn + (−1) bn−1 + . . . + (−1) bn−k+1 ≤ ak bn−k+1
k=1 k=1
n
X
Soit pour n ∈ N∗ , xn = ak bn−k+1 , alors on a
k=1
0 ≤ x2n ≤ (a1 + . . . + an ) bn + (b1 + . . . + bn ) an
Ce qui montre alors que lim x2n = 0 et on montre de même que
n→+∞
lim x2n−1 = 0 ce qui prouve alors que lim xn = 0 d’ou le résultat
n→+∞ n→+∞
3.2.1 Dénombrabilité
1. On dit qu’un ensemble non vide E est dénombrable si il est en bijection avec une partie non vide N
2. Si E est un ensemble infini alors E est dénombrable si il est en bijection avec N
3. Un ensemble E est dénombrable si et seulement si il existe une application injective de E à valeurs dans
N
4. L’ensemble E est dénombrable si, et seulement si il existe une suite croissante (Jn )n de parties finies de
E dont la réunion est égale à E
5. Toute partie dénombrable d’un ensemble dénombrable est aussi dénombrable
6. Le produit cartésien d’un nombre fini d’ensembles dénombrables est dénombrable
60
MP1- AGADIR-2022/2023 3.2 Dénombrabilité -Famille sommables
61
MP1- AGADIR-2022/2023 3.2 Dénombrabilité -Famille sommables
(n est non nul car R est non nul ) or Qn est dénombrable donc R serait dénombrable ce qui est absurde
.On conclut alors R est Q-espace de dimension infinie
Exercice 3.19 On dit qu’un nombre complexe x est algébrique sur Z si il existe un polynôme non nul P à
coefficients entiers tel que P (x) = 0 , Un nombre qui n’est pas algébrique sur Z est dit un nombre transcen-
dant.Montrer que l’ensemble des nombres complexes transcendants sur Z n’est pas dénombrable
Solution L’ensemble des polynômes non nuls s à coefficients dans Z est dénombrables , donc on peut numéroter
ses éléments par une suite (Pk )k∈N .Soit k ∈ N∗ , notons par Zk l’ensemble des racines complexes du polynômes
Pk , il est clair que Zk est fini et par suite l’ensemble des nombres complexes algébriques sur Z qui n’est autre que
[
Zk est dénombrable et comme R n’est pas dénombrable alors l’ensemble des complexes non algébriques
k∈N∗
c’est à dire transcendant sur Z n’est pas dénombrable .Comme tout complexe algébrique sur Q est algébrique
sur Z ,alors l’ensemble des nombres complexes algébriques sur Q est dénombrable
3.2.2 Sommabilité
1
Exercice 3.20 Montrer que la famille pq(p+q−1) (p,q)∈(N∗ )2 est sommable et calculer sa somme sachant que
+∞
X 1 π2
=
n2 6
n=1
Solution On a ∀(p, q) ∈ (N∗)2 , up,q > 0 , on peut alors appliquer le théorème de Fubini . Soit p ≥ 1 , on a
X
1
pq(p+q−1) ∼ 1
pq 2 ce qui entraine alors que la série up,q est convergente calculons alors sa somme notée σp
q≥1
+∞
X 1 π2
..On a pour p = 1 on a σ1 = = et pour p ≥ 2 on a
q2 6
q=1
+∞ +∞ +∞
X X 1 1 1 1 1 X 1
σp = up,q = − = 2+
p(p − 1) q p+q−1 p p q(p + q − 1)
q=1 k=1 q=2
Soit N > p , on a
N
X 1 1
N
X 1 1
1
N
X 1 X−1
p+N
1
Sp,N = = − = −
q(q + p − 1) p−1 q p+q−1 p−1 q q
q=2 q=2 q=2 q=p+1
p
1 X 1 X−1 1
p+N
= −
p−1 q q
q=2 q=N +1
+∞ p
1 X1 X 1
Donc lorsque N tend vers +∞ on trouve = , et donc
q(p + q − 1) p−1 q
q=2 q=2
+∞ +∞ p +∞ p
1 + 1 1 1 1
X X X X X
S= σp = σ1 + 2
= 2σ1 − 1 +
p p(p − 1) q p(p − 1) q
p=1 p=2 q=2 p=2 q=2
Le théorème de Fubini permet d’ intervertir les sommations , on a alors pour q ≥ 2 fixé et pour p variant de q
à +∞ , on obtient alors
+∞ p +∞ +∞
!
X 1
X 1 =
X 1 X 1
p(p − 1) q q p=q p(p − 1)
p=2 q=2 q=2
62
MP1- AGADIR-2022/2023 3.2 Dénombrabilité -Famille sommables
+∞
X 1 1
Or la somme est la somme d’une série télescopique et vaut , donc
p=q
p(p − 1) q−1
+∞ p +∞
X 1 X 1 X 1
= =1
p=q
p(p − 1) q q(q − 1)
q=2 q=2
π2
Finalement S = 2σ1 = 3
0 , si p = q
Exercice 3.21 Soit (p, q) ∈ N2 , on pose up,q =
1
, si p 6= q
p2 −q 2
+∞ X
X +∞
1. Calculer up,q
q=0 p=0
2. La famille (up,q )p,q est elle sommable ?
Solution
X 1
1. Pour q ∈ N∗ fixé on a up,q ∼ p12 et la série converge .
p2
p≥1
Soit (p, q) ∈ N × N tel que p 6= q , on a up,q = 2q
∗ 1 1
p−q − p+q .Soit N ≥ 2q , on a :
1
N q−1 q−1 N N
X 1 X 1 X 1 X 1 X 1
SN,q = up,q = − + + −
2q q−p p+q p−q p+q
p=0 p=0 p=0 p=q+1 p=q+1
1
En effectuant dans chaque somme le changement d’indice convenable pour obtenir le même terme , on
n
obtient
q 2q−1
X 1 N −q N +q
1 X1 X 1 X 1
SN,q = − + + −
2q n n=q n q n
n=1 n=1 n=2q+1
N +q
X 1
Tout calcul fait on a SN,q = − 4q12 − 2q1 et comme
n
n=N −q+1
N +q
X 1 N +q
2q X 1
0≤ ≤ , la suite converge de limite nulle .On déduit que la
n N −q+1 n
n=N −q+1 n=N −q+1
n
1
suite (SN,q )N converge de limite − 2 , c’est à dire que
4q
+∞ +∞
X 1 X 1 π2
Sq = up,q = − 2 et on a S0 = = .Finalement on a
4q p2 6
p=0 p=1
+∞ X +∞ +∞ +∞ +∞
X X 1 X 1 3 X 1 π2
up,q = − − = =
p2 4q 2 4 p2 8
q=0 p=0 p=1 q=1 p=1
63
MP1- AGADIR-2022/2023 3.2 Dénombrabilité -Famille sommables
1
Solution Notons pour tout (p, q) ∈ N × N∗ , up,q = > 0.On a pour q fixé dans
(p + q 2 )(p + q 2 + 1)
1 1
N∗ , up,q = − on en déduit , par sommation télescopique , pour
p + q2 p + q2 + 1
N
X 1 1 1
N ∈N: up,q = 2 − 2
qui converge pour N → +∞ vers 2 ceci montre alors que la série
q N +q +1 q
p=0
+∞
X X 1 X 1
up,q converge de somme up,q = 2
et comme la série est convergente alors d’après le théorème
q q2
p≥0 p=0 q≥1
de Fubini d’interversion de deux sommations , pour les suites doubles positives la famille (up,q )p≥0 , q≥1 est
sommable et on a
X
..Pour tout p ∈ N , la série up,q est convergente
q≥1
X +∞
X
..La série up,q converge
p≥0 q=21
+∞ +∞ +∞ +∞ +∞
X X X X X X 1 π2
.. up,q up,q = up,q up,q , donc up,q = =
q2 6
p=0 q=1 q=1 p=0 (p,q)∈N×N∗ q=1
Remarque.
Une autre solution de l’exercice 1 utilisant les familles sommables
X1 1
1. Comme la série est divergente alors la famille , n’est pas sommable et par suite pour toute
n n n≥1
n≥1
X 1
permutation σ de N∗ , la série est divergente
σ(n)
n≥1
X 1 1
2. Comme la série est convergente alors la famille , est sommable et par suite pour toute
n2 n2 n≥1
n≥1
X 1
permutation σ de N∗ , la série 2 est convergente
n≥1
(σ(n))
64
Chapter 4 Pobabilité-Variables aléatoirres discrètes
à chaque lancer.
2. Nous cherchons PR1 ∩R2 (R3 ). Par définition, on a
P (R1 ∩ R2 ∩ R3 )
PR1 ∩R2 (R3 ) =
P (R1 ∩ R2 )
Or, nous savons déjà que P (R1 ∩ R2 ) = 27 6
. Comme à la question précédente, on prouve 3 que
1 2 3 2 1 3
P (R1 ∩ R2 ∩ R3 ) = 3 3 + 3 3 = 81 . On en déduit que PR1 ∩R2 (R3 ) = 59 .
10
+∞ +∞
!
X 1 1 1 X 1 1
2. Soit m ∈ N , on a : Pa (Am ) =
∗ . a
= a =
ζ(a) (km) m .ζ(a) ka ma
k=1 k=1
3. Soit (i, j) ∈ (N∗ )2 . Les événements Ai et Aj sont indépendants si, et seulement si
1
P (Ai ∩ Aj ) = P (Ai ).P (Aj ) = a a
i j
Or Ai ∩ Aj est l’ensemble des multiples communs des entiers i et j et pare suite Ai ∩ Aj = Ai∨j et par
66
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
1
suite P (Ai ∩ Aj ) = , on en déduit alors v que les événements Ai et Aj sont indépendants si, et
(i ∨ j)a
seulement si i.j = i ∨ j ce qui est équivalent à i ∧ j = 1
\n
4. Soit n ∈ N∗ , il est clair que Cn = Ai , comme les pi sont premier entre eux alors d’après la question
i=1
précédente les Ai sont indépendants et donc les Ai aussi et par suite on a :
n n n
Y Y Y 1
P (Cn ) = P Ai = (1 − P (Ai )) = 1− a
pi
i=1 i=1 i=1
\
Cn est l’ensemble des entier naturel qui n’est divisible par aucun nombre premier donc c’est l’entier
n≥1
\
1 et par suite Cn = {1}.La suite (Cn )n est une suite décroissante d’événements donc d’après, le
n≥1
+∞
!
\ 1
théorème de continuité monotone on a lim P (Cn ) = P Cn = P ({1}) = , ce qui
n→+∞ ζ(a)
n=1
+∞
Y +∞
Y −1
1 1 1
entraine alors que = 1− a ce qui donne alors ζ(a) = 1− a
ζ(a) pn pn
n=1 n=1
67
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
identiques. Donc à chaque lancer, la probabilité d’avoir deux dés identiques est 36
6
= 16 . Les lancers étant
indépendants, on répète donc l’expérience jusqu’à obtention d’un premier succès 2 , et X désigne le nombre
d’essais nécessaires. On reconnaît donc une loi géométrique : X ,→ ϕ 16 . Et donc E(X) = 11 = 6 et
6
1− 16
V (X) = 2 = 30
( 16 )
Exercice 4.7 Soit X une variable aléatoire suivant la loi géométrique G (p) et soit Y =
X
1
. La variable Y
admet-elle une espérance ?
Solution On a X > 1, et donc 0 6 X1 6 1. Puisque la variable certaine égale à 1 admet une espérance, il en
est de même de X1 .
Autre solution : d’après le théorème de transfert, X1 admet une espérance si et seulement si la série de
n−1
terme général n1 P (X = n) converge. 4 Or, n1 P (X = n) = p(1−p)
n de sorte que
1
∀n > 1, 0 6 P (X = n) 6 p(1 − p)n−1 .
n
Puisque la série de terme général p(1 − p)n−1 converge, il en est de même de la série de terme général
n P (X = n). Et donc X admet une espérance.
1 1
Exercice 4.8 Soit X une variable aléatoire suivant une loi de Poisson P(λ). Montrer que E X+1 1
existe et
la calculer.
1 1
Solution Notons que 0 6 6 1, et donc Y = admet bien une espérance. De plus, par le théorème
X +1 X +1
de transfert, on a
+∞
X 1
E(Y ) = P (X = k)
k+1
k=0
+∞
X 1 −λ λk
= e
k+1 k!
k=0
+∞
e−λ X λk+1
=
λ (k + 1)!
k=0
+∞
e−λ X λi
=
λ i!
i=1
+∞
!
e−λ λi
X
= −1
λ i!
i=0
e−λ λ
= e −1
λ
1 − e−λ
=
λ
Exercice 4.9 Soient X et Y deux variables aléatoires discrètes sur(Ω, A , P ) admettant une variance. On
souhaite prouver que E(XY )2 6 E X 2 E Y 2
1 2
x + y 2 .(Indication : développer (|x| − |y|)2
1. Montrer que pour tous réels x et y, on a |xy| 6
2
2. Montrer que E X 2 et E Y 2 existent, puis que E(XY ) existe.
Solution
1. Pour tout x, y ∈ R, on a (|x| − |y|)2 > 0. Or(|x| − |y|)2 = |x|2 − 2|xy| + |y|2 = x2 − 2|xy| + y 2 . Et
68
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
donc
1 2
x2 + y 2 − 2|xy| > 0 ⇔ |xy| 6 x + y2 .
2
2. Puisque X et Y admettent une variance, elles admettent des moments d’ordre 2. Donc E X 2 et E Y 2
4. Si E X 2 = 0, alors la fonction affine t 7→ 2tE(XY )+E Y 2 est toujours positive, et donc nécessaire-
ment son coefficient directeur est nul. Soit ici E(XY ) = 0. Mais puisque E X 2 > 0 et E Y 2 > 0,
qui ne change pas de signe, puisque toujours positive. Donc son discriminant est négatif ou nul. Or ce
discriminant est ∆ = 4E(XY )2 − 4E X 2 E Y 2 . On en déduit que E(XY )2 6 E X 2 E Y 2 .
Exercice 4.10 On lance un dé équilibré jusqu’à obtenir un 6, et on note X le nombre de lancers nécessaires.
S’il a fallu lancer k fois le dé, on place une boule blanche et k boules noires dans une urne, et on effectue des
tirages avec remise jusqu’à obtenir la boule blanche. On note alors Y le nombre de tirages nécessaires.
1. Déterminer la loi de X.
2. Déterminer la loi de Y sachant [X = k].
3. Montrer que Y admet une espérance, et la déterminer.
4. Que se passe-t-il si les tirages ont lieu sans remise ?
Solution
Exercice 4.11 Soit X une variable aléatoire discrète admettant des moments jusqu’à l’ordre 4 et telle que
(
E(X) = α
E X2 = E X4 = 1
variance nulle est nécessairement une variable certaine, qui est alors égale à son espérance : X 2 = 1
presque sûrement. Ainsi, X ne prend que les valeurs 1 et −1. On a alors α = E(X) = P (X =
1) − P (X = −1) = P (X = 1) − (1 − P (X = 1)) = 2P (X = 1) − 1. Et donc P (X = 1) = 1+α 2 et
donc P (X = −1) = 2 . 1−α
Exercice 4.12 Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes à valeurs dans [[1, n]]
1. Exprimer E(X) en fonction de P (X ≥ k)
69
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
2. On suppose que les variables X et Y sont indépendantes et suit une loi uniforme .Déterminer l’espérance
de variables suivantes min(X, Y ) , max(X, Y ) et |X − Y |
Solution
1. Soit k ∈ [[1, n]], on (X ≥ k) = (X = k) ∪ (X > k) et comme les événements (X = k) et (X > k) sont
incompatibles alors P (X ≥ k) = P ([X = k]) + P ([X > k]) et par suite
P ([X = k]) = P ([X ≥ k]) − P ([X > k]) = P ([X ≥ k]) − P ([X ≥ k + 1])
On en déduit alors que
X n n
X n
X
E(X) = k (P ([X ≥ k]) − P ([X ≥ k + 1])) = kP ([X ≥ k]) + kP ([X ≥ k + 1])
k=0 k=1 k=1
n
X n+1
X n
X
= kP ([X ≥ k]) − (k − 1)P ([X ≥ k]) = P ([X ≥ 1] − nP (X ≥ n + 1) + P ([X ≥ k])
k=1 k=2 k=2
n
X
Comme X(Ω) ⊂ [[1, n]] alors P ([X ≥ n + 1]) = 0 , on conclut alors que E(X) = P ([X ≥ k])
k=1
2. -. La variable aléatoire min(X, Y ) est une variable aléatoire discrète à valeurs dans [[1, n]]. D’après le
résultat précédent on a
Xn X n Xn
(∗) : E (min(X, Y )) = P (min(X, Y ) ≥ k) = P ([X ≥ k] ∩ [Y ≥ k]) = P ([X ≥ k].P ([Y ≥ k]))
k=1 k=1 k=1
n n
X X 1
Ceci d’une part d’autre part , pour k ∈ [[1, n]], on a P ([X ≥ k]) = P ([X = i]) = et par
n
i=k i=k
n−k+1
suite P ([X ≥ k]) = .Comme les variables aléatoires X et Y suivent la même loi uniforme
n
n−k+1
alors P ([X ≥ k]) = P ([Y ≥ k]) = , en remplaçant dans l’égalité (∗) on obtient
n
n n
!
(n − k + 1)2
X 1 X 2 2
E (min(X, Y )) = = 2 (n + 1) − 2k(n + 1) + k
n2 n
k=1 k=1
(n + 1)2 (n + 1)2 (n + 1)(2n + 1) (n + 1)(2n + 1)
= − + =
n n 6n 6n
-. Il est claire que max(X, Y ) + min(X, Y ) = X + Y , donc par linéarité de l’espérance on obtient
E (max(X, Y )) = E(X) + E(Y ) − E (min(X, Y )) = 2E(X) − E (min(X, Y )) car les variables
aléatoires X et Y suivent la même loi , et par suite
(n + 1)(2n + 1) (n + 1) (4n − 1)(n + 1)
E (max(X, Y )) = n + 1 − = (6n − (2n + 1)) =
6n 6n 6n
-. Il est clair que |X − Y | = 2 max(X, Y ) − (X + Y ) et par suite
(4n − 1)(n + 1) (n + 1) (n2 − 1)
E(|X−Y |) = 2E (max(X, Y ))−2E(X) = −(n+1) = (−3n + 4n − 1) =
3n 3n 3n
Exercice 4.13 Soit (Ω, T , P ) un espace probabilisé , et X une variable aléatoire réelle prenant ses ses valeurs
dans N
Xn n−1
X
1.1 Montrer que , pour tout entier naturel non nul n : kP (X = k) = P (X > k) − nP (X > n)
k=0 k=0
70
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
1.2 On suppose que la variable aléatoire X admet une espérance E(X) .Montrer que :
+∞
X
∀n ∈ N , 0 ≤ nP (X > n) ≤ kP (X = k)
k=n+1
X +∞
X
En déduire que la série P (X > n) converge , et que P (X > n) = E(X)
nX n=0 X
1.3 On suppose que la série P (X > n) est convergente .Montrer que la série nP (X = n) est
n n
convergente Et que X admet une espérance
1.4 Enoncer le théorème qui vient d’être établit , en faisant intervenir la fonction de répartition
+∞
X
2 Montrer que si X admet une variance , alors E(X ) = 2 (2k + 1)P (X > k)
k=0
Solution
Xn n
X n
X
1.1 kP (X = k) = k (P ([X ≥ k]) − P ([X > k])) = k (P ([X > k − 1]) − P ([X > k]))
k=1 k=1 k=1
n
X n
X n−1
X n
X
= kP ([X > k − 1]) − kP ([X > k]) = (k + 1)P ([X > k]) − kP ([X > k])
k=1 k=1 k=0 k=1
n−1
X
= P ([X > k]) − nP ([X > n])
k=0 X
1.2 -.Il est clair que nP ([X > n]) ≥ 0 et comme X admet une espérance alors la série kP ([X = k])
k
+∞
X +∞
X
est convergente .On a nP (X > n) = nP ([X = k]) ≤ kP ([X = k])
k=n+1 k=n+1
X
-. Comme la limite, de la suite des restes de la série kP ([X = k]), est nulle alors par encadrement
k X
on a lim nP ([X > n]) = 0 et par suite d’après la première question la série P ([X > n]) est
n→+∞
n
convergente de somme égale à E(X)
X
1.3 -.On suppose que la série P ([X > n]) est convergente .D’après la première question on a
n
n
X n
X +∞
X
∀n ∈ N , 0 ≤ kP ([X = k]) ≤ P ([X > k]) ≤ P ([X > n]) , ce qui prouve alors que la
k=0 k=0
X n=0
suite des sommes partielles de la série nP ([X = n]) est majorée et par suite cette série convergente
. n
-. Comme X admet une espérance alors d’après la deuxième question on a lim nP ([X > n]) = 0 et
n→+∞
+∞
X
par par passage à la limite dans l’égalité de la première question , on obtient E(X) = P ([X > n])
n=0
1.4 On vient d’établir le théorème suivant : Si X est une variable aléatoire discrète telle que X(Ω) = N
X
alors X admet une espérance si, et seulement si, la série P ([X > n]) auquel cas on a
n
+∞
X +∞
X
E(X) = P ([X > n]) = (1 − FX (n))
n=0 n=0
X
2 . Supposons que X admet une variance alors X 2 admet une espérance c’est à dire la série n2 P ([X = n])
n
71
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
Exercice 4.14 Soit f la fonction définie sur R+ par : f (0) = 0 et ∀x > 0 , f (x) = −x ln(x).Soit (Ω, T , P )
un espace probabilisé et X une variable aléatoire sur Ω à valeurs dans un ensemble fini E de cardinal N .On
X
appelle entropie de X le réel noté H(X) défini par : H(X) = f (P ([X = x]))
x∈E
1. Quel est le signe de H(X)?
2. Calculer H(X) lorsque H est constante
3. Calculer H(X) lorsque X suit une loi uniforme
X
4. Montrer que f (N P ([X = x])) ≤ 0
x∈E
5. En déduire une majoration de H(X)
6. Pour quelles variables X l’entropie est -elle minimale?
7. Pour quelle variable X l’entropie est-elle maximale?
Solution
1. On note que si x ∈]0, 1[ , ln(x) < 0 donc f (x) > 0.De plus f (0) = f (1) = 0 donc f (x) ≥ 0 pour
tout x ∈ [0, 1] .Pour tout x ∈ E , P ([X = x]) ∈ [0, 1] donc f (P ([X = x])) ≥ 0 .On en déduite que
H(X) ≥ 0
2. Si X est constante alors il existe a ∈ E tel que P ([X = a]) = 1 et ∀x ∈ E , x 6= a ⇒ P ([X = x]) = 0
.On a donc H(X) = 0 puis que f (0) = f (1) = 0
1
3. Si X suit une loi uniforme , on a ∀x ∈ E , P ([X = x]) = avec N le cardinal de E et donc
N
1 1 ln N
f (P ([X = x])) = − ln = .On en déduit alors que H(X) = ln N
N N N
4. Posons pour x ≥ 0 , g(x) = f (x) + x − 1 .On a , pour x > 0 , g 0 (x) = − ln x , donc la fonction g
est strictement croissante su ]0, 1] et strictement décroisante sur [1, +∞[ .Son maximum est atteint en 1
seulement et vaut g(1) = 0 ce qui entraine alors que g ≤ 0 (Car on a aussi g(0) = −1 ≤ 0).
On a donc pour x ≥ 0 , g(x) ≤ 0 , donc f (x) ≤ 1 − x avec égalité si, et seulement si, x = 1 .
On a pour x ∈ E , f (N P ([X = x])) ≤ 1 − N P ([X = x]).En additionnant ces inégalités , on obtient :
X X
f (N P ([X = x])) ≤ (1 − N P ([X = x]))
x∈E x∈E
X X X
Et comme P ([X = x]) = 1 alors (1 − N P ([X = x])) = N −N P ([X = x]) = N −N = 0
x∈E x∈E x∈E
72
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
X
, d’ou l’on déduit : f (P ([X = x])) ≤ 0
x∈E
5. On remarque si P ([X = x]) 6= 0, on a
f (N P ([X = x])) = −N P ([X = x]) ln (N P ([X = x]))
= −N P ([X = x]) ln N − N P ([X = x]) ln (P ([X = x]))
= f (N )P ([X = x]) + N f (P ([X = x]))
.Cette égalité reste encore vrai si P ([X = x]) = 0.On en déduit alors que :
X X X
f (N P ([X = x])) = f (N ) P ([X = x]) + N f (P ([X = x]))
x∈E x∈E x∈E
= f (N ) + N H(X)
f (N )
.On en déduit alors que H(X) ≤ − , c’est à dire H(X) ≤ ln(N )
N
6. On a vu que pour toute variable aléatoire X , H(X) ≥ 0 , donc la valeur minimale est 0 .Si X n’est
pas constante alors il existe a ∈ E tel que P ([X = a]) > 0 et comme f (P ([X = x])) ≥ 0 si x 6= a
alors , on a à fortiori H(x) > 0 .On conclut : L’entropie H(X) est minimale c’est à dire est nulle si, et
seulement si X est une variable constante
7. On a vu que H(X) ≤ ln N et que H(X) = ln N si X suit une loi uniforme .Supposons réciproquement
X
que H(X) = ln N d’après la question (6) cela est équivalent à f (P ([X = x])) = 0 , c’est à dire
X X X x∈E
f (P ([X = x])) = (1 − N ) P ([X = x]), donc f (N P ([X = x])) − 1 + N P ([X = x]) = 0
.
x∈E x∈E x∈E
On a pour tout x ∈ E, f (N P ([X = x])) − 1 = N P ([X = x]) ≤ 0 , cette somme de termes négatifs
est donc nulle si chaque terme est nul .D’après la question (6) cela est équivaut à N P ([X = x]) = 1 et
1
donc P ([X = x]) = , pour tout x ∈ E : X suit alors loi uniforme
N
On conclut : L’entropie est maximale c’est à dire égale à ln N si, et seulement si X suit une loi uniforme
Exercice 4.15 On rappelle que si X est une variable aléatoire discrète , positive , possédant une espérance , alors
E(X)
∀λ > 0 , P ([X ≥ λ]) ≤ .Soit (Sn )n une variable aléatoire , qui suit une loi binomiale de paramètre
λ
(n, p) et x > 0
E eλ(Sn −np)
1. Montrer que , pour λ > 0 , on a P ([Sn − np ≥ nx]) ≤
2
enλ.x 2
2. Démontrer que ∀t ∈ R , et ≤ t + et , puis en déduire que P ([Sn − np ≥ nx]) ≤ en(λ −λ.x)
nx2
−
3. Montrer que : P ([Sn − np ≥ nx]) ≤ e 4
4. En déduire l’inégalité de Bernstein :
nx2
Sn −
P −p≥x ≤ 2e 4
n
Solution
1. La fonction exp est croissante et λ > 0 , donc on a
[Sn − np ≥ nx] = [λ (Sn − np) ≥ λ.nx] = [eλ(Sn −np) ≥ eλ.nx ]
La variable aléatoire eλ(Sn −np) possède une espérance car elle est finie .On en déduit en appliquant
73
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
2
enλ 2
P ([Sn − np ≥ nx]) ≤nλ.x
= en(λ −λ.x)
e
3. La fonction ϕ : λ 7−→ λ − λ.x admet son minimum sur R∗+ en x2 et par suite en prenant λ =
2 x
2 dans la
relation précédente , on obtient :
x2 x2
n − nx2
4 2 −
P ([Sn − np ≥ nx]) ≤ e ≤e 4
4. On remarque que :
Sn
− p ≥ x = [|Sn − np| ≥ nx] = [Sn − np ≥ nx] ∪ [Sn − np ≤ −nx]
n
On en déduit que
nx2
Sn −
P −p ≥x ≤ P ([Sn − np ≥ nx]) + P ([Sn − np ≤ −nx]) ≤ 2e 4
n
Exercice 4.16 On considère un couple de variables aléatoires à valeurs dans N , pour lesquels il existe un réel λ
tel que la loi de (X, Y ) soit définie par :
(i + j)λi+j
∀(i, j) ∈ N2 , P ([X = i] ∩ [Y = j]) =
ei!j!
1. Déterminer λ
2. Déterminer la loi de X
3. Les variables aléatoires X et Y sont-elles indépendantes?
4. Calculer E 2X+Y
Solution
(i + j)λi+j
1. La famille définie la loi conjointe du couple (X, Y ) si, et seulement si cette famille
ei!j! (i,j)∈N2
X (i + j)λi+j
est sommable de somme égale à 1 . Pour i fixé la série est convergente de somme
ei!j!
j
+∞ +∞
X (i + j)λi+j λi X X
σi = = (i + λ)e et la série
λ
σi est convergente de somme σi = 2λ.e2λ−1 ,
ei!j! ei!
j=0 i i=0
(i + j)λi+j
donc d’après le théorème de Fubini la famille est sommable de somme 2λ.e2λ−1
ei!j! (i,j)∈N 2
74
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
75
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
(b). Calculer +∞
P
k=0 P (N = k). En déduire que N suit une loi de Poisson de paramètre b. Préciser son
espérance et sa variance.
2. On suppose dans cette question que a < 0 et que b = −2a.
(a). Montrer que :
∀k > 2, P (N = k) = 0
(b). En déduire que N suit une loi de Bernoulli dont on précisera le paramètre en fonction de a.
3. On suppose dans cette question que Z suit une loi binomiale de paramètres n ∈ N∗ et p ∈] 0; 1[.
(a). Montrer que :
p n−k+1
∀k ∈ [[1, n]] , P (Z = k) = × × P (Z = k − 1)
1−p k
(b). En déduire que Z vérifie une relation de Panjer en précisant les valeurs de a et b correspondantes,
en fonction de n et p
4. On revient dans cette question au cas général : a est un réel vérifiant a < 1, b est un réel, et on suppose
que N est une variable aléatoire, à valeurs dans N, vérifiant la relation de Panjer.
(a). Calculer P (N = 1). En déduire que a + b > 0.
(b). Montrer que pour tout entier m > 1 :
m
X m−1
X m−1
X
kP (N = k) = a (k + 1)P (N = k) + b P (N = k)
k=1 k=0 k=0
(c). En déduire que ((1 − a) m
P
k=1 kP (N = k))m>1 est majorée, puis que N admet une espérance.
Préciser alors la valeur de E(N ) en fonction de a et b.
(d). Montrer que N admet un moment d’ordre 2 et que :
(a + b)(a + b + 1)
E N2 =
(1 − a)2
(e). En déduire que N admet une variance et préciser la valeur de V (N ) en fonction de a et b.
(f). Montrer que E(N ) = V (N ) si, et seulement si, N suit une loi de Poisson.
Solution Variables vérifiant une relation de Panjer.
1. (a). Prouvons le résultat demandé par récurrence sur k ∈ N. Il est bien évidemment vrai pour k = 0car
1 b0
P (N = 0) = P (N = 0) = P (N = 0)
1 0!
bk
Supposons donc que P (N = k) = k! P (N = 0). Alors
b b bk bk+1
P (N = k + 1) = P (N = k) = P (N = 0) = P (N = 0)
k+1 k + 1 k! (k + 1)!
Donc la propriété est vraie au rang k + 1, et donc par le principe de récurrence,
bk
∀k ∈ N, P (N = k) = P (N = 0)
k!
(b). D’une part, on a
+∞ +∞ k
X X b
P (N = k) = P (N = 0) = P (N = 0)eb
k!
k=0 k=0
P+∞
D’autre part, N étant à valeurs dans N, k=0 P (N = k) = 1, et donc P (N = 0) = e1b = e−b .
k
On en déduit que pour tout k ∈ N, P (N = k) = e−b bk! , et donc N suit une loi de Poisson de
paramètre b. En particulier, E(N ) = V (N ) = b.
76
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
déduit 4 que a + b = PP (N
(N =1)
=0) > 0
(b). Pour tout k > 1, on a
b
kP (N = k) = k a + P (N = k − 1) = akP (N = k − 1) + bP (N = k − 1)
k
Et donc pour m > 1
Xm m
X Xm
kP (N = k) = a kP (N = k − 1) + b P (N = k − 1)
k=1 k=1 k=1
m−1
X m−1
X
=a (i + 1)P (N = i) + b P (N = i)
i=0 i=0
(c). On a donc, pour tout m > 1,
m−1
X m−1
X m−1
X m−1
X
kP (N = k) − a kP (N = k) = a P (N = k) + b P (N = k) − mP (N = m)
k=1 k=0 k=0 k=0
77
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
Et donc,
m
X m
X m
X
(1 − a) kP (N = k) = kP (N = k) − a kP (N = k)
k=1 k=1 k=1
Xm Xm
=a P (N = k) + b P (N = k) − (m + 1)P (N = m + 1)
k=0 k=0
m
X
6 (a + b) P (N = k)
k=0
+∞
X
6 (a + b) P (N = k)
k=0
6a+b
m
!
X
Ainsi, la suite (1 − a) kP (N = k) est majorée. De plus, elle est croissante car
k=1 m>1
m+1
X m
X
(1 − a) kP (N = k) − (1 − a) kP (N = k) = (1 − a)(m + 1)P (N = m + 1) > 0
| {z }
k=1 >0 k=1
m
!
X
Et donc, étant croissante et majorée, elle converge. Cela signifie donc que la suite kP (N = k)
k=1 m>1
est convergente, et donc que la série de terme général kP (N = k) est une série convergente.
Puisqu’il s’agit d’une série à termes positifs, sa convergence est équivalente à sa convergence ab-
solue. Et donc la série de terme général kP (N = k) converge absolument, et donc N admet une
espérance. On a alors, pour tout m > 1,
Xm m−1
X m−1
X
kP (N = k) = a kP (N = k) + (a + b) P (N = k)
k=1 k=0 k=0
En passant à la limite lorsque m → +∞, il vient alors
+∞
X +∞
X +∞
X
kP (N = k) = a P (N = k) + (a + b) P (N = k)
k=1 k=1 k=0
Soit encore
a+b
E(N ) = aE(N ) + (a + b) × 1 ⇔ E(N ) =
1−a
(d). Pour tout k > 1, on a
k 2 P (N = k) = ak 2 P (N = k − 1) + bkP (N = k − 1)
Et donc en sommant ces relations comme à la question 4.b, pour tout m > 1
Xm m−1
X m−1
X
k 2 P (N = k) = a (k + 1)2 P (N = k) + b (k + 1)P (N = k)
k=1 k=0 k=0
m−1
X m−1
X m−1
X m−1
X m−1
X
2
=a k P (N = k)+2a kP (N = k)+a P (N = k)+b kP (N = k)+b P (N = k)
k=0 k=0 k=0 k=0 k=0
78
MP1- AGADIR-2022/2023 4.2 Variables aléatoires discrètes
6 (2a + b)E(N ) + a + b
Cette dernière inégalité n’est toutefois vraie que si 2a + b > 0. Mais on a
P (N = 2) = a + 2b P (N = 1) Et donc si P (N = 1) 6= 0, il vient 2a + b = 2P (N =2)
P (N =1) > 0
Enfin, P (N = 1) ne peut être nul, car une récurrence immédiate prouverait alors que pour tout
k > 1, P (N = k) = 0, et donc P (N = 0) = 1, ce qui est contraire aux hypothèses. Ainsi, la suite
(1 − a) m k=1 k P (N = k) m>1 est majorée, de sorte que la série de terme général k P (N = k)
2 2
P
79
Chapter 5 Fonctions vectorielles
et de manière similaire
f (−1) = (−1)n 2n n!
n
3. 1 et −1 sont racines de multiplicité n de g : x 7→ x2 − 1 , 1 et −1 sont donc racines de g, g 0 , . . . , g (n−1)
En appliquant le théorème de Rolle, on montre que g 0 , g 00 , . . . , g (n) = f admettent resp. 1, 2, . . . , n racines
dans ] − 1; 1[. Puisque f est de degré n, celles-ci sont simples et il ne peut y en avoir d’ autres.
Exercice 5.3Règle de L’Hôpital Soient f, g : [a; b] → R deux fonctions dérivables. On suppose que
∀x ∈ [a; b], g 0 (x) 6= 0
MP1- AGADIR-2022/2023 5.1 Dérivation vectorielles
où An (x) et Bn (x) sont des polynômes à préciser. (Prouver que x2 − 1 f 0 (x) = xf (x) et lui appliquer
dn
la formule de Leibniz dx n {u(x)v(x)} = . . .
4. Démontrer que Pn0 (x) = −n(n − 2)Pn−1 (x) pour tout n > 1. Calculer Pn (1).
5. De tout ce qui précède, déduire que (−1)n−1 f (n) (x) > 0 si n > 2
Solution
1. P0 (x) = 1. Supposons que, pour un entier n > 0, on ait
Pn (x)
f (n) (x) =
(x2 − 1)n−1/2
avec Pn fonction polynôme. Alors:
x2 − 1 Pn0 (x) − (2n − 1)xPn (x)
(n+1)
f (x) =
(x2 − 1)n+1/2
Posons :
Pn+1 (x) = x2 − 1 Pn0 (x) − (2n − 1)xPn (x)
81
MP1- AGADIR-2022/2023 5.1 Dérivation vectorielles
+ n2 − 2n f (n−1) (x) = 0
Pour n > 2 : An (x) = (2n − 1)x et Bn (x) = n2 − 2n x2 − 1 Vous vérifierez que la formule reste
valable pour n = 1
4. De(1) et (3), nous déduisons :
x2 − 1 Pn0 (x) + n2 − 2n x2 − 1 Pn−1 (x) = 0
82
MP1- AGADIR-2022/2023 5.1 Dérivation vectorielles
Solution Pour tout t ∈ I, on a g(t) = hf (t), f (t)i. La fonction racine carrée étant dérivable sur ]0, +∞[
p
√
(de dérivée x 7→ 1/2 x ) et la fonction t 7→ hf (t), f (t)i étant dérivable sur I, de dérivée 2 hf (t), f 0 (t)i, on en
déduit par composition la dérivabilité de g sur I. De plus, pour tout t ∈ I, on a
2 hf (t), f 0 (t)i hf (t), f 0 (t)i
g 0 (t) = p =
2 hf (t), f (t)i kf (t)k
Exercice 5.6 Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie, f : [a, b] → E et g : [a, b] → R. On suppose
que f et g sont dérivables sur [a, b] et que pour tout t ∈ [a, b], kf 0 (t)k ≤ g 0 (t). Soit ε > 0 et
Aε = {x ∈ [a, b]; ∀t ∈ [a, x], kf (t) − f (a)k ≤ g(t) − g(a) + ε(t − a)}
1. Justifier que Aε admet une borne supérieure, puis que sup (Aε ) ∈ Aε .
2. Démontrer que sup Aε = b.
3. En déduire que kf (b) − f (a)k ≤ g(b) − g(a).
Solution
1. Puisque a ∈ Aε , Aε est une partie non vide de R. Elle est majorée par b donc elle admet une borne
supérieure. De plus, par continuité de f et de g, Aε est une partie fermée de R, donc sa borne supérieure
est élément de Aε .
2. Posons c = sup Aε et supposons c < b. Alors on sait que
kf (c) − f (a)k ≤ g(c) − g(a) + ε(c − a)
De plus, puisque kf 0 (c)k ≤ g 0 (c), en revenant à la définition du nombre dérivée en terme de limite de
taux d’accroissement, on en déduit qu’il existe d ∈]c, b] tel que, pour tout t ∈]c, d]
kf (t) − f (c)k g(t) − g(c)
≤ + ε =⇒ kf (t) − f (c)k ≤ g(t) − g(c) + ε(t − c)
t−c t−c
On en conclut que
kf (t) − f (a)k ≤ kf (t) − f (c)k + kf (c) − f (a)k
≤ g(t) − g(c) + ε(t − c) + g(c) − g(a) + ε(c − a)
≤ g(t) − g(a) + ε(t − a)
Ceci est vrai pour tout t ∈]c, d] et aussi pour tout t ∈ [a, c]. Ainsi, d ∈ Aε ce qui contredit que c = sup Aε .
On en déduit que sup Aε = b 3. La question précédente nous dit que, pour tout ε > 0, on a
kf (b) − f (a)k ≤ g(b) − g(a) + ε(b − a)
Faisant tendre ε vers 0, on en déduit le résultat.
Exercice 5.7
1. Soit f une fonction dérivable sur l’intervalle I et à valeurs réelles. Écrire l’équation de la tangente et de
la normale au graphe de f au point d’abscisse x0 .
2. Soit I un intervalle de R et Γ une application de classe C 1 de I dans R2 : Γ(t) = (x(t), y(t))
Écrire l’équation de la tangente et de la normale à la courbe paramétrée par Γ en Γ (t0 ), lorsque le vecteur
vitesse en ce point n’est pas nul.
3. Écrire l’équation de la tangente au point (x0 , y0 ) du cercle de centre O et de rayon R.
Solution
1. L’équation de la tangente est:
Y = f 0 (x0 ) (X − x0 ) + f (x0 )
83
MP1- AGADIR-2022/2023 5.1 Dérivation vectorielles
Exercice 5.8 Soit (E, < ., . >) un espace euclidien, k.k la norme euclidienne associée et [a, b] un segment
d’intérieur non vide de R.
Montrer que si f est une application de [a, b] dans E, continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, alors :
kf (a) − f (b)k 6 (b − a) f 0 (c)
∃c ∈]a, b
Solution Définissons l’application Φ :
(
[a, b] → R
Φ:
t 7→ hf (b) − f (a) | f (t)i
Φ est à valeurs dans R, continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[; on peut donc lui appliquer le théorème des
accroissements finis :
|Φ(b) − Φ(a)| = (b − a) Φ0 (c)
∃c ∈]a, b
Solution L’application (t 7→ hf (t) | f (t)i) est constante sur I, donc sa dérivée est nulle:
∀t ⊂ I f (t) | f 0 (t) = 0
On vient de prouver que, si la courbe (I, f, S) de l’espace euclidien E a son support S tracé sur la sphère de
centre 0E et de rayon R, alors pour tout point t de I, les vecteurs f (t) et f 0 (t) sont orthogonaux .
Exercice 5.10 :Mouvement à accélération centrale Soit f : I ⊂ R → R3 une fonction de classe C 2 telle que
pour tout t ∈ I, f 00 (t) est colinéaire à f (t). Pour t ∈ I, on note σ(t) = f (t) ∧ f 0 (t).
1. Montrer que la fonction vectorielle σ est constante.
2. Montrer que s’il existe t0 ∈ I tel que la famille (f (t0 ) , f 0 (t0 )) soit libre, alors f (I) est inclus dans un
84
MP1- AGADIR-2022/2023 5.1 Dérivation vectorielles
plan.
Solution
1. Le produit vectoriel étant une application bilinéaire, nous avons alors
d
σ(t) = f 0 (t) ∧ f 0 (t) + f (t) ∧ f 00 (t) = 0
dt
La fonction vectorielle σ est donc constante.
2. Posons ~a = f (t0 ) ∧ f 00 (t0 ) 6= 0. On a pour tout t ∈ I, σ(t) = f (t) ∧ f 0 (t) = ~a Puisque < f (t), ~a >= 0,
on a alors f (t) ∈ ~a⊥ , et donc f (I) est inclus dans le plan vectoriel ~a⊥
Exercice 5.11 Soit f : I ⊂ R → R3 une fonction de classe C 1 telle que : pour tout t ∈ I, f (t) 6= 0 et la famille
(f (t), f 0 (t)) est liée. On pose g(t) = kf (t)k 1
f (t)
1. Montrer que g est de classe C et que g 0 (t) est orthogonal et colinéaire à g(t).
1
f 0 (t) = (ε2t, 2t) avec ε = ±1 et on vérifie facilement que f est bien de classe C 1 (il n’y a pas de
problème en 0 ). Pour tout t ∈ I, la famille (f (t), f 0 (t)) est liée mais f a deux directions.
Exercice 5.12 Soient e1 , e2 , e3 : I ⊂ R → R3 trois fonctions de classe C 1 telles que pour tout t ∈ I
Bt = (e1 (t), e2 (t), e3 (t)) soit une base orthonormale de R3 (base orthonormale mobile).
1. Soit Mt la matrice dans Bt des vecteurs dérivés e01 (t), e02 (t), e03 (t). Montrer que Mt est une matrice
antisymétrique.
2. En déduire qu’il existe un vecteur Ω(t) tel que e0i (t) = Ω(t) ∧ ei (t), pour i = 1, 2 ou 3
3. On suppose que e1 , e2 , e3 sont de classe C 2 sur I. Montrer que Ω est de classe C 1 sur I et calculer e00i en
fonction de Ω, Ω0 et ei
Solution
1. Comme pour tout t ∈ I, (e1 (t), e2(t), e3 (t)) est une base orthonormale, la matrice Mt s’écrit
Mt = (mij ) = < ei (t), e0j (t) > 2
Or pour (i, j) ∈ {1, 2, 3}2
(i,j)∈[[1,3]]
d
(t 7→< ei (t), ej (t) >) =< e0i (t), ej (t) > + < ei (t), e0j (t) >= 0
dt
car < ei (t), ej (t) >= δij est une constante. La matrice Mt est donc une matrice antisymétrique (puisque
mij = −mji ).
2. Rappelons que pour toute matrice antisymétrique réelle en dimension 3, l’endomorphisme associé
85
MP1- AGADIR-2022/2023 5.1 Dérivation vectorielles
−β α 0 γ
Appliquons cette remarque à la matrice, dans la base Bt , de l’application linéaire Mt qui à un vecteur
X de R3 associe Ω(t)
e ∧ X : pour i ∈ {1, 2, 3} ee0 (t) = Ω(t)
i
e ∧ eei (t) et ee0 (t) désigne le vecteur colonne
i
représentant e0i dans Bt Ce n’est pas tout à fait ce que nous voulions. Revenons à la base canonique.
Posons Mct = P −1 Mt P où P ∈ O3 (R) est la matrice de passage de la base canonique à la base Bt .
La matrice M ct est elle aussi une matrice antisymétrique réelle. M ct est la représentation du même
endomorphisme mais les coordonnées des vecteurs sont relatifs à une base fixe, la base canonique.) De
même, il existe un vecteur Ω(t) tel que la matrice de l’application M
ct : X 7→ Ω(t) ∧ X dans la base base
canonique), et pour i ∈ {1, 2, 3}, on ae0i (t) = Ω(t) ∧ ~ei (t)
3. On a
d
e00i = (t 7→ Ω(t) ∧ ei (t)) = Ω0 ∧ ei + Ω(t) ∧ (Ω(t) ∧ ei (t))
dt
= Ω0 ∧ ei + (Ω | ei ) Ω − kΩk2 ei
en utilisant la formule du double produit vectoriel.
Exercice 5.13 Soit A de classe C 1 de R dans Mn (C).
1. On suppose qu’il existe S de classe C 1 de R dans GLn (C) et t0 ∈ R tels que S −1 (t)A(t)S(t) = A (t0 )
pour tout t ∈ R Montrer qu’il existe B de classe C 1 de R dans Mn (C) telle que A0 = AB − BA
2. On suppose qu’il existe B de classe C 1 de R dans Mn (C) telle que A0 = AB − BA Montrer que
t 7→ tr Ak (t) est constante pour tout k ∈ N. Montrer que le spectre de A(t) est constant pour tout t ∈ R
Solution
1. Appelons A0 = A (t0 ). L’application t 7→ S −1 (t) est de classe C 1 (les coefficients sont des fractions
rationnelles en les coefficients de S car S −1 = det1 S t Com(S) et on a
0 0 0
S −1 S = 0 = S −1 S + S −1 S 0 donc S −1 = −S −1 S 0 S −1
Dérivons la fonction t 7→ A(t) = S(t)A0 S −1 (t). On a pour tout t ∈ R,
A0 (t) = S 0 (t)A0 S −1 (t) − S(t)A0 S −1 (t)S 0 (t)S −1 (t) = (AB − BA)(t)
avec B(t) = −S 0 (t)S −1 (t)
2. Bien sûr, tr(A(t))0 = tr In = n est constante. On a également
tr A0 (t) = (tr A)0 (t) = tr(AB − BA) = 0
donc t 7→ tr(A(t)) est constante. Soit k > 2.
h i0
0
tr A k
= tr Ak = tr(A0 A · · A} +AA0 · · · A + · · · + A · · · AA0 )
| ·{z
k−1 fois
Or la trace d’un produit est invariante par permutation circulaire, donc
h i0
tr Ak = k tr A0 A · · · A = k tr A0 Ak−1
Simplifions,
tr A0 Ak−1 = tr (AB − BA)Ak−1 = tr BAk − tr BAk = 0
Ainsi la fonction tr Ak est constante. La connaissance des tr Ak , k ∈ [[1, n]] permet de déterminer
le polynôme caractéristique χA , c’est un résultat assez connu mais pas très facile ; on peut le démontrer
86
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
n
X
en considérant les formules de Newton (hors-programme) qui permettent d’exprimer les sommes λki
i=1
en fonction des fonctions symétriques élémentaires des racines.
et par conséquent 1 − 2λ cos x + λ2 > 0 pour tout x ∈ R car |λ| =6 1 La fonction fλ est donc définie sur
R. Elle est de classe C , 2π-périodique et impaire. Nous limitons son étude à l’intervalle [0, π]. Le cas
∞
87
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
2. En déduire la valeur de
π
x sin2n (x)
Z
In = dx
0 sin2n (x) + cos2n (x)
Solution
1. Par le changement de variable u = π − t, on obtient
Z π Z π
I= tf (sin t)dt = (π − u)f (sin u)du
0 0
et donc Z π Z π Z π
2I = tf (sin t)dt + (π − u)f (sin u)du = π f (sin u)du
0 0 0
Or
n Z 1
X k k
sin → t sin t dt
n n2 0
k=1
88
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
donc
n
X k k
sin sin → sin 1 − cos 1
n n2
k=1
Exercice 5.17
Déterminer la limite de
n
1Y
vn = (k + n)1/n
n
k=1
Solution On va se ramener à une somme de Riemann en utilisant la fonction exponentielle. On écrit donc
n
1Y
vn = (k + n)1/n
n
k=1
n
1Y 1
= exp ln(k + n)
n n
k=1
1 1
= exp (ln(1 + n) + · · · + ln(n + n))
n n
1 1 1 n
= exp ln n 1 + + · · · + ln n 1 +
n n n n
1 1 1 n
= exp n ln n + ln 1 + + · · · + ln 1 +
n n n n
1 1 1 n
= exp(ln n) exp ln 1 + + · · · + ln 1 +
n n n n
1 1 n
= exp ln 1 + + · · · + ln 1 +
n n n
On pose f (x) = ln(x), fonction continue sur [1, 2], et on considère Sn (f ) la n-ième somme de Riemann de f
entre 1 et 2. On a
vn = exp (Sn (f ))
89
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
Par le théorème de composition des limites, on trouve finalement que (vn ) converge vers exp(2 ln 2 −!1) = 4/e
n
1 X k k
Exercice 5.18 Soit f continue sur [0, 1]. Déterminer la limite de la suite un = (−1) f .
n n
k=0
Solution Supposons pour fixer les idées que n = 2p est pair. On a alors un = vp − wp où
p
1 1X k
vp = × f
2 p p
k=0
et
p−1
1 1X k 1
wp = × f +
2 p p 2p
k=0
R1
Or, par le théorème sur les sommes de Riemann d’une fonction continue, (vp ) tend vers 21 0 f (t)dt. Pour les
R1
mêmes raisons, (wp ) tend aussi vers 21 0 f (t)dt. On en déduit que (un ) tend vers 0 (on traite le cas n impair
exactement de la même façon).
Exercice 5.19
1. Soit n ∈ N? . Montrer que
n−1
Y
kπ
X 2n − 1 = X 2 − 1 X 2 − 2X cos +1
n
k=1
2. Soit un réel a 6= ±1; déduire de a) la valeur de
Z π
ln a2 − 2a cos t + 1 dt
0
Solution
1. Les deux polynômes de l’égalité sont unitaires, de degré 2n et ont pour racines les racines 2n-ième de
l’unité car les racines du polynôme X 2 − 2X cos(kπ/n) + 1 sont les e±ikπ/2n
2. Par les sommes de Riemann,
Z π n−1
πX kπ
ln a2 − 2a cos t + 1 dt = lim ln a2 − 2a cos
+1
0 n→+∞ n n
k=1
Or
n−1
π a2n − 1
πX 2 kπ
ln a − 2a cos + 1 = ln 2
n n n a −1
k=1
1−a2n
Si|a| < 1 alors π
n ln 1−a2
→ 0 et donc
Z π
ln a2 − 2a cos t + 1 dt = 0
0
1−a2n
Si|a| > 1 alors π
n ln 1−a2
→ 2π ln |a| et donc
Z π
ln a2 − 2a cos t + 1 dt = 2π ln |a|
0
Exercice 5.20 Soient f : I → R et a ∈ I. Montrer que si f est de classe C n+1 alors
n
X f (k) (a) f (n+1) (c)
∀x ∈ I, ∃c ∈ I, f (x) = (x − a)k + (x − a)n+1
k! (n + 1)!
k=0
Solution Soit x ∈ I Cas x = a N’importe quel c convient. Cas x > a Par la formule de Taylor-Laplace
n Z x
X f (k) (a) k (x − t)n (n+1)
f (x) = (x − a) + f (t)dt
k! a n!
k=0
90
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
Posons
m = min f (n+1) et M = max f (n+1)
[a,x] [a,x]
On a
x
(x − a)n+1 (x − t)n (n+1) (x − a)n+1
Z
m 6 f (t)dt 6 M
(n + 1)! a n! (n + 1)!
En appliquant le théorème des valeurs intermédiaires à f (n+1) , il existe c ∈ I tel que
Z x
(x − t)n (n+1) (x − a)n+1
f (t)dt = f (n+1) (c)
a n! (n + 1)!
Cas x < a Semblable
Exercice 5.21 Soient (a, b) ∈ R2 tel que a < b, f : [a, b] → R continue et n ∈ N telle que
Z b
∀k ∈ {0, 1, . . . , n}, tk f (t)dt = 0
a
Montrer que la fonction f s’annule au moins n + 1 fois sur [a, b].
Solution Notons que l’hypothèse initiale donne par linéarité que pour toute fonction polynomiale P de degré
6n Z b
P (t)f (t)dt = 0
a
Par l’absurde supposons que la fonction f ne s’annule pas plus de n fois et notons x1 < . . . < xp (avec p 6 n )
les points où f s’annule tout en changeant de signe. On peut dresser le tableau de signe de la fonction continue
f et affirmer que la fonction
x 7→ (x − x1 ) . . . (x − xp ) f (x)
est de signe constant. Or cette fonction est continue et d’intégrale nulle, c’est donc la fonction nulle. Il en
découle que la fonction f est nulle sur [a, b]\ {x1 , . . . , xp } puis nulle sur [a, b] par argument de continuité.
Exercice 5.22 Pour p et q entiers naturels, on pose :
Z b
Ip,q = (t − a)p (b − t)q dt
a
1. Former une relation de récurrence liant Ip,q et Ip+1,q−1 .
2. Donner une expression de Ip,q à l’aide de factoriels.
Solution
1. Par intégration par parties, on obtient
q
Ip,q = Ip+1,q−1
p+1
2. On en déduit
q(q − 1) . . . 1
Ip,q = Ip+q,0
(p + 1)(p + 2) . . . (p + q)
or
(b − a)p+q+1
Ip+q,0 =
p+q+1
donc
p!q!
Ip,q = (b − a)p+q+1
(p + q + 1)!
Exercice 5.23 Pour n ∈ N, on pose
Z π/2
In = sinn t dt
0
91
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
R π/2
1. Montrer que In = 0 cosn t dt et In > 0
2. Montrer que pour tout n ∈ N, on a
n+1
In+2 = In
n+2
3. Donner une expression de In à l’aide de factoriels en distinguant les cas n = 2p et n = 2p + 1
4. Etablir que pour tout n ∈ N,
π
(n + 1)In+1 In = et In+2 6 In+1 6 In
2
5. Déterminer un équivalent de In .
Solution
1. En appliquant le changement de variable u = π/2 − t on obtient
Z π/2
In = cosn u du
0
t 7→ sinn t est continue, positive sans être la fonction nulle et 0 < π/2 donc In > 0
2. Par intégration par parties
Z π/2 Z π/2
n+1 n+1 π/2
cos2 t sinn t dt
In+2 = sin t sin t dt = − cos t sin t 0 + (n + 1)
0 0
donc Z π/2
1 − sin2 t sinn t dt = (n + 1)In − (n + 1)In+2
In+2 = (n + 1)
0
puis
(n + 2)In+2 = (n + 1)In
3.
2p − 1 2p − 1 2p − 3 1 (2p)! π
I2p = I2p−2 = · · · I0 = 2p
2p 2p 2p − 2 2 2 (p!)2 2
sachant I0 = π/2.
2p 2p − 2 2 22p (p!)2
I2p+1 = · · · I1 =
2p + 1 2p − 1 3 (2p + 1)!
sachant I1 = 1
4. Posons un = (n + 1)In+1 In . On
un+1 = (n + 2)In+2 In+1 = (n + 1)In In+1 = un
et u0 = I1 I0 = π/2 donc pour tout n ∈ N
(n + 1)In+1 In = π/2
Pour tout t ∈ [0, π/2],
sinn+2 t 6 sinn+1 t 6 sinn t
donc
In+2 6 In+1 6 In
5. On a
n+1
In 6 In+1 6 In
n+2
donc In+1 /In → 1. Ainsi In+1 ∼ In . Par suite
π
= (n + 1)In+1 In ∼ nIn2
2
92
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
et donc √
π
In ∼ √
2n
sachant In > 0
Exercice 5.24 Soit f : [a, b] → E de classe C 1 telle que f (a) = 0. Démontrer que
Z b
(b − a)2
f (t)dt ≤ sup f 0 (t)
a 2 t∈[a,b]
Rt
Solution Posons M = supt∈[a,b] kf (t)k et écrivons que f (t) = a f 0 (x)dx. Alors on a
0
Z b Z bZ t
f (t)dt ≤ f 0 (x) dxdt
a a a
Z bZ t
≤ M dxdt
a a
Z b
≤ M (t − a)
a
(b − a)2
≤M
2
Exercice 5.25 Soit E un espace vectoriel euclidien et f : [a, b] → E continue. On suppose que
Z b Z b
kf (t)kdt = f (t)dt
a a
On note u le vecteur unitaire de E défini par
Rb
f (t)dt
u = R ba
a kf (t)kdt
Pour tout t ∈ [a, b], on décompose f (t) dans la somme directe Ru ⊕⊥ (Ru)⊥ sous la forme f (t) = α(t)u + v(t)
1. Démontrer que α et v sont continues sur [a, b].
Z b
2. Démontrer que v(t)dt est orthogonal à u.
Za b Z b
3. Démontrer que α(t)dt = kf (t)kdt.
a a
4. Démontrer que, pour tout t ∈ [a, b], α(t) ≤ kf (t)k.
5. En déduire que, pour tout t ∈ [a, b], f (t) = kf (t)ku.
6. Le résultat subsiste-t-il si on suppose pas que E est euclidien?
Solution
1. On sait que α(t) = hf (t), ui, et donc α est continue. Par différence, v est continue.
2. Par linéarité de l’intégrale,
Z b Z b Z b
u, v(t)dt = hu, v(t)idt = 0dt = 0
a a a
3. On a d’une part
Z b Z b Z b
f (t)dt = α(t)dtu + v(t)dt
a a a
et d’autre part
Z b Z b
f (t)dt = kf (t)kdtu
a a
Rb Rb
On déduit de la question précédente que a α(t)dt = a kf (t)kdt.
4. Par le théorème de Pythagore, on sait que kf (t)k2 = α(t)2 + kv(t)k2 ce qui donne le résultat.
93
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
5. Posons g(t) = kf (t)k − α(t). Alors g est une fonction continue sur [a, b], positive et d’intégrale nulle.
On en déduit que, pour tout t ∈ [a, b], g(t) = 0 ou encore que α(t) = kf (t)k. On a donc prouvé que
f (t) = kf (t)ku + v(t), mais d’après le résultat de la question 4., on a aussi kv(t)k = 0 pour tout
t ∈ [a, b], et donc v(t) = 0. On obtient donc exactement le résultat voulu.
6. Non, un contre-exemple est donnée par E = R2 muni de k · k∞ , avec f (t) = (t, 1) pour t ∈ [0, 1]
Exercice 5.26 Soit n ≥ 1 et f ∈ C n (I, C), où I est un intervalle de R, telle que |f (t)| = 1 pour tout t ∈ I. On
souhaite prouver l’existence de α ∈ C n (I, R) telle que, pour tout t ∈ I, on ait
f (t) = eiα(t)
1. Montrer que si α1 et α2 sont deux solutions du problème, alors il existe k ∈ Z tel que, pour tout
t ∈ I, α1 (t) = α2 (t) + k2π
2. Soit t0 ∈ I et α0 un argument de f (t0 ). En considérant
1 t f 0 (x)
Z
α(t) = α0 + dx
i t0 f (x)
démontrer que le problème admet bien une solution.
Solution
1. Soit t ∈ I. Alors si eiα1 (t) = eiα2 (t) , il existe kt ∈ Z tel que α1 (t) = α2 (t) + 2kt π. Il ne faut pas oublier
de rendre ce kt indépendant de t. Mais α1 − α2 est une fonction continue à valeurs dans 2πZ. Or, elle
doit envoyer le connexe par arcs I sur un connexe par arcs de R. Les connexes par arcs de R étant les
intervalles, ceci n’est possible que s’il existe k ∈ Z tel que, pour tout t ∈ I α1 (t) = α2 (t) + 2kπ
2. Remarquons d’abord que, puisque la fonction f 0 /f est de classe C n−1 sur I, la fonction α ainsi définie
est de classe C n sur I, sa dérivée étant donnée par
1 f 0 (t)
α0 (t) =
i f (t)
Considérons maintenant la fonction g définie sur I par g(t) = f (t)e−iα(t) . Elle est dérivable sur I et sa
dérivée est
g 0 (t) = f 0 (t)eiα(t) − if (t)α0 (t)eiα(t) = 0
Ainsi, g est constante, mais g (t0 ) = 1 et donc on a bien prouvé que pour tout t ∈ I, f (t) = eiα(t) . Reste
à prouver que α est à valeurs réelles. Mais ceci se déduit du fait que
1 = |f (t)| = eRe(iα(t)) = e− Im(α(t))
Exercice 5.27 Soit f : R → E de classe C 2 . On suppose que f et f 00 sont bornées.
1. Soit x ∈ R et h > 0. Démontrer que
2kf k∞ h kf 00 k∞
f 0 (x) ≤ +
h 2
2. En déduire que q
0
f ∞ ≤ 2 kf k∞ kf 00 k∞
Solution
1. Appliquons l’inégalité de Taylor-Lagrange à f entre x et x + h à l’ordre 1 :
h2 kf 00 k∞
f (x + h) − f (x) + hf 0 (x) ≤
2
Par l’inégalité triangulaire,
h2 kf 00 k∞
hf 0 (x) ≤ f (x + h) − f (x) + hf 0 (x) + kf (x + h)k + kf (x)k ≤ 2kf k∞ +
2
94
MP1- AGADIR-2022/2023 5.2 Intégration vectorielle sur un segment
2kf k∞ h kf 00 k∞
2. Posons, pour h > 0, φ(h) = + . En calculant la dérivée de cette fonction, on voit
h p 2
qu’elle admet un minimum en h = 2 kf k∞ / kf 00 k∞ . L’inégalité de la question précédente appliquée
en cette valeur de h donne exactement ce que l’on veut.
95
Chapter 6 Suites et séries de fonctions
On a vue dans le chapitre de la dualité en dimension finie que cette famille est une base de CN [X] et que
XN XN
∀P ∈ CN [X] , P = P (ak )Lk , donc ∀n ∈ N , Pn = Pn (ak )Lk (?) et comme la suite (Pn )n converge
k=0 k=0
simplement sur I vers f , alors ∀k ∈ [[0, N ]] , (Pn (ak )n converge vers f (ak ) ce qui donne en passant à la
N
X
limite dans l’égalité (?) que f = f (ak )Lk ce qui prouve alors que f est un polynôme de degré inférieure
k=0
ou égale à N
Exercice 6.5 Démontrer que la limite d’une suite de fonctions polynomiales uniformément convergente sur R
est une fonction polynômiale
Solution
ε
Soient f la limite uniforme de la suite (Pn )n sur R, ε > 0 et N ∈ N tel que ∀n ≥ N , ||Pn − f ||∞ ≤ ,
2
donc
∀n ≥ N , ||Pn − PN ||∞ ≤ ||Pn − f ||∞ + ||PN − f ||∞ ≤ ε
Cela veut dire que pour n ≥ N le polynôme Pn − PN est bornée sur R et ceci n’a lieu que si le polynôme
Pn − PN est constant , c’est à dire que ∀n ≥ N , ∃λn ∈ R , Pn = PN + λn , donc
∀n ≥ N , λn = Pn (0) − PN (0) → f (0) − PN (0) ce qui entraine que Pn → PN + λ avec lim λn = λ et par
n→∞
unicité de la limite f = PN + λ , d’ou le résultat
Exercice 6.6 oit (fn )n une suite d’applications continues d’un segment [a, b] dans R telle que (fn )n converge
simplement sur [a, b] vers la fonction nulle.On suppose que pour tout réel x de [a, b] la suite (fn (x))n est
décroissante .Montrer que (fn )n converge uniformément sur [a, b]
Solution Rappel :Toute suite réelle monotone admettant une sous suite convergente est convergente
La suite (||fn ||∞ )n est décroissante et minorée par 0 donc elle converge .Soit n ∈ N , L’application fn est
positif car
∀x ∈ [a, b] , 0 = lim fp (x) ≤ fn (x)
p→+∞
Et comme elle est continue sur le segment [a, b] ,alors elle est bornée et atteint sa borne supérieure en un
point xn de [a, b].La suite (xn )n est bornée donc d’après Bolzano il existe une extractrice ϕ de N telle que
la suite (xϕ(n) )n converge vers un point x de [a, b] et d’après la décroissance de la suite fp (xϕ(n) p , on a
∀(n, p) ∈ N2 , n ≥ p ⇒ fϕ(n) xϕ(n) ≤ fp xϕ(n) , en fixant p et en faisant tendre n vers l’infini et par
continuité de fp on a
lim ||fϕ(n) ||∞ = lim fϕ(n) (xϕ(n) ) ≤ fp (x)
n→+∞ n→+∞
Et faisant tendre p vers +∞ on a lim fϕ(n) = 0 et comme la suite (||fn ) ||∞ est décroissante alors elle est
n→+∞
convergente
Exercice 6.7 Soit (fn )n>0 la suite de fonctions définie sur R par
sin2 nx
∀x ∈ R∗ , fn (x) = et fn (0) = 0
nx
1. Montrer que chaque fonction fn est bornée
2. Montrer que la suite fn )n>0 converge simplement
3. La convergence est-elle uniforme?
Solution
sin t
1. La fonction ϕ : t ∈ R∗ 7−→ et ϕ(0) = 1 est continue sur R de limite nulle en +∞ et − ∞ donc
t
elle est bornée de plus on a ||ϕ||∞ = 1
97
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
sin nx
On a ∀x ∈ R∗ , ∀n ∈ N∗ , |fn (x)| ≤ = |ϕ(nx)| ≤ 1 ce qui prouve alors que les fn sont
nx
bornée
1
2. Soit xinR∗ , on a |fn (x)| ≤ ce qui prouve que fn (x) converge vers 0 et la suite (fn (0))n est nulle
n|x|
donc convergente vers 0 donc la suite (fn )n converge simplement sur R vers la fonction nulle
π 2
3. La suite fn = ne converge pas vers 0 donc la suite de fonctions (fn )n ne converge pas
2n π
uniformément sur R
I → R
I par F : +∞
X ζ(n) n
x −
7 → x
n
n=2
(a). Montrer que F est continue sur [−1, 1[ et de classe C ∞ sur ] − 1, 1[
(b). Donner une expression simplifiée de F sur I
X (−1)n
6. (a). Déterminer le domaine J de convergence de la série
nx
n≥1
98
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
J → R
(b). Montrer que l’application ζa définie sur J à valeurs dans R par ζa : +∞ est de
X (−1)n
x −
7 →
nx
n=1
classe C ∞ sur J
(c). Montrer que ∀x > 1 , ζa (x) = 21−x − 1 ζ(x)
99
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
X ζ(n) X1 X (−1)n ζ(n)
et comme la série est divergente car est divergente et la série est
n n n
n≥2 n≥2 n≥2
convergente car série alternée vérifiant le critère de Leibenez , donc le domaine de convergence de
X ζ(n)
la série xn est [−1, 1[
n
n≥2
L’application F est de classe C ∞ sur ] − 1, 1[ comme somme d’une série entière de rayon de
X ζ(n)
convergence égale à 1 . Pour tout réel x ∈ [0, 1] , (−x)n est une série alternée vérifiant le
n
n≥2
X ζ(k) ζ(n+1) n+1 ζ(n+1) ζ(n+1)
critère de Leibnez donc ∀n ≥ 2 , ≤ n+1 x ≤ n+1 et comme n+1 →0
k
k=n+1
X ζ(n)
,alors le reste de la série (−x)n converge uniformément vers 0 sur [0, 1] ce qui prouve la
n
n≥2
X ζ(n)
convergence uniforme de la série (−x)n sur [0, 1] ,et par suite la convergence uniforme sur
n
n≥2
X ζ(n) ζ(n) n
[−1, 0] de la série xn et comme les applications x 7−→ n x sont continues sur [−1, 0]
n
n≥2
,alors F est continue sur [−1, 1[
+∞ +∞ +∞ n
X X X x
(b). On a ∀x ∈] − 1, 1[ , F 0 (x) = ζ(n + 1)xn = et comme pour tout réel
pn+1
n=1 n=1 p=2
xn
x ∈]−1, 1[la famille pn+1
est absolument sommable (à vérifier ) , on peut alors intervertir
n≥1,p≥2
les deux sommes donc
+∞ X +∞ n ! X+∞ x +∞ +∞
! X
0
X 1 x p2 x X 1 1
F (x) = = = = −
p p 1 − xp p(p − x) p p−x
p=2 n=1 p=2 n=1 n=1
X 1 1
Soit t > 1 , on a ∀x ∈ [0, t] , 1
p − p−x ≤ p − p−t et la série
1 1 1
− est convergente
p p−t
p≥2
X 1 1
donc la série − converge normalement donc uniformément sur [0, t] et par suite
p p−x
p≥2
d’après le théorème d’intégration sous signe somme on a
+∞
X t
∀t > 1 , F (t) = + ln(|p − t|)
p
p=1
X (−1)n
6. (a). La série est une série alternée .
nx
n≥1
X (−1)n
..Si x ≤ 0 , alors la série diverge grossièrement .
nx
n≥1
X (−1)n
..Si x > 0 la série vérifie le critère de Leibnez donc elle converge , donc le domaine de
nx
n≥1
convergence de cette série est J =]0, +∞[
n
(b). Soit n ≥ 2 , on note fn l’application définie sur J par ∀x ∈ J , fn (x) = (−1)
nx .Les applications
fn sont de classe C ∞ sur J et on a
lnp (n)
∀n ≥ 1 , ∀x ∈ J , ∀p ∈ N∗ , fn(p) (x) = (−1)n+p
nx
p p
X lnp n
Soit (a, b) ∈ J 2 , a < b , on a ∀x ∈ [a, b] , (−1)n+p lnnxn ≤ lnnan et la série
na
n≥1
100
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
X
est convergente (Voir la deuxième question), donc la série fn(p) converge normalement donc
n≥1
uniformément sur tout segment de J et le théorème de dérivation sous signe somme permet de
conclure que ζa est de classe C ∞ sur J
(c). Soit x > 1 , on a
+∞ +∞ +∞ +∞ +∞
X 1 X 1 1 X 1 X 1 X 1
ζa (x) = x
− x
= x ζ(x) − x
+ x
−
(2p) (2p + 1) 2 (2p + 1) (2p) (2p)x
p=1 p=0 p=0 p=1 p=1
1 1
= x ζ(x) − ζ(x) − x ζ(x)
2 2
Ce qui donne alors : ζa (x) = (21−x − 1)ζ(x)
ζa (x)
(d). On a ∀x > 1 , ζ(x) = 1−x et comme ζa est continue en 1 et ζa (1) = − ln(2) alors on a
2 −1
ζa (x)
lim ζ(x) = lim 1−x = +∞
x→1+ x→1+ 2 −1
Exercice 6.10
X x
1. Montrer que la série (−1)n−1 ln 1 + converge simplement sur [0, +∞[ , on note S sa somme
n
n≥1
2. Déterminer un équivalent de S au voisinage de 0+
3. Déterminer un équivalent de S au voisinage de +∞
Solution x
1. On pose pour n entier non nul fn : x 7−→ ln 1 + .Il est clair que pour x ∈ [0, +∞[ la série
X n X
(−1)n−1 fn (x) est alternée et que la suite (fn (x))n décroit vers 0 donc la série (−1)n−1 fn (x)
n≥1 n≥1
X
converge et par suite la série de fonction (−1)n−1 fn converge simplement sur [0, +∞[, notons S sa
n≥1
somme
+∞
(−1)n−1
S(x) X 1
2. Soit x > 0 , on a = ln 1 + le critère de Leibnez s’applique à la nouvelle série
x x x
n=1
X (−1)n−1 1
alternée ln 1 + qui permet alors de donner la majoration
x x
n≥1
+∞
(−1)n−1
X x 1 x 1
ln 1 + ≤ ln 1 + ≤
x n x N +1 N +1
N +1
X (−1)n−1
1
Ce qui prouve alors que la suite des restes converge uniformément vers 0 et par suite la série ln 1 +
x x
n≥1
(−1)n−1 x (−1)n−1
converge uniformément sur ]0, +∞[, et lim ln 1 + = . Les conditions du
x→0+ x n n
théorème de la double limite sont vérifiées donc on a :
+∞
S(x) X (−1)n−1
lim = = ln 2
x→0+ x n
n=1
Ce qui donne alors au voisinage de 0
+∞
X x
(−1)n−1 ln 1 + ∼ x ln 2
n
n=1
101
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
+∞
X +∞
X
3. Soit x > 0 , on a S(x) = (−1)n−1 fn (x) = f1 (x) + (−1)n fn+1 (x) ce qui entraine alors que
n=1 n=1
+∞
X +∞
X
2S(x) = (−1)n−1 fn (x) + f1 (x) + (−1)n fn+1 (x)
n=1 n=1
Et par suite
+∞
f1 (x) X
S(x) = + (−1)n−1 (fn (x) − fn+1 (x))
2
n=1
X
Il est clair que la série (−1)n−1 (fn (x) − fn+1 (x)) est une série alternée vérifiant le critère des séries
n≥1
alternée donc on a la majoration
+∞
f1 (x) X
0 ≤ S(x) − = (−1)n−1 (fn (x) − fn−1 (x)) ≤ (f1 (x) − f2 (x))
2
n=1
C’est à dire
ln(x + 1)
ln(x + 1)
x+1
S(x) − ln 2
S(x) − ≤ ln 2 ≤ ln 2 et par suite 0 ≤ 2 ≤ →0
2 x+2 ln(x) ln(x)
2 2
ln x
On conclut alors que au voisinage de +∞ on a S(x) ∼
2
Exercice 6.11
+∞
X
1. Justifier la définition et la continuité de la fonction x 7−→ arctan(n + x) − arctan(n)
n=0
2. Trouver une expression simple de f (x + 1) − f (x)
Solution
1. Soit pour n entier naturel fn : x 7−→ arctan(n + x) − arctan(x) .Chaque fonction fn est de classe C 1
sur R et d’après l’inégalité des accroissement finies on a :
Pour (a, b) ∈ R2+ , a ≤ b , 0 ≤ arctan(b) − arctan(a) ≤ 1+a b−a
2 et par suite si a > 0 on a sur
|x| a X a
[−a, a] , |fn (x)| ≤ ≤ et comme la série est convergente
1 + (n − |x|)2 (n − a)2 (n − a)2
n≥E(a)+1
X X
alors la série fn converge normalement sur tout intervalle de la forme [−a, a] .Ainsi la série fn
converge simplement sur R .La convergence de la série est aussi uniforme sur tout segment de R donc la
+∞
X
somme f de la série fn est continue sur R
n=0
2. Soit x dans R on a pour tout entier naturel N :
N
X
(arctan(n + x + 1) − arctan(n)) − (arctan(n + x) − arctan(n))
n=0
N
X
= arctan(n + 1 + x) − arctan(n + x) = arctan(N + 1 + x) − arctan(x)
n=0
π
Et par suite on a f (x + 1) − f (x) = − arctan(x)
2
Exercice 6.12
n
X
Soit (an )n une suite de réelle positive croissante , on pose An = (−1)k ak
k=0
1. Montrer que ∀n ∈ N , (−1)n An ≤ an
102
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
n
2. En déduire la convergence de la série un = (−1)n 2
n + x2
Solution
1. Montrons par récurrence que :∀n ∈ N , |An | = (−1)n An et |An | ≤ an
..Pour n = 0 , on a A0 = a0 = (−1)0 A0 car a0 ≥ 0
..Soit n un entier naturel, supposons que le résultat vrai à l’ordre n et montrons le à l’ordre n + 1. On
a:
An+1 = An + (−1)n+1 an+1 donc (−1)n+1 An+1 = an+1 − (−1)n An = an+1 − |An |
Or an+1 − |An | ≥ an − |An | ≥ 0, donc |An+1 | = (−1)
n+1 A
n+1 et |An+1 | ≤ An+1
n
2. La suite est décroissante , donc par application du critères de Leibnez la série n un
P
2
n +x 2
converge simplement sur R .Pour la convergence uniforme , montrons que la suite des restes converge
1
uniformément vers 0 sur R .Pour cela montrons que ∀N ∈ N∗ , sup |RN (x)| ≤
x∈R N
..Si |x| ≤ N , alors la suite (un (x))n≥N est décroissante , et la majoration du reste nous donne
1
|RN (x)| ≤ |UN +1 (x)| ≤ ||uN +1 ||∞ = |uN +1 (0)| =
N +1
E(x) +∞
X X
..Si N < |x| , alors on a RN (x) = n
(−1) |un (x)| + (−1)n |un (x)| On fixe x dans R∗+ et
n=N n=E(x)+1
[0, +∞[→ R
on considère la fonction gx : t2 En dressant le tableau des variations de gx on obtient
t 7−→ 2
t + x2
1
sup |gx (t)| = |gx (x)| =
t∈R 2x
Exercice 6.13
E → R
1. Montrer que l’on définit une norme par ||.|| :
f 7−→ |f (0)| + ||f 0 ||
∞
2. Montrer que l’espace E muni de cette norme est un espace de Banach
Solution
1. Je vous laisse le soins de rédiger cette question Z x
2. ..Remarque:On a ∀f ∈ E , ∀x ∈ [0, 1] , f (x) = f (0) + f 0 (t)dt , ce qui entraine alors que
0
Z 1
∀x ∈ [0, 1] , |f (x)| ≤ |f (0)| + |f 0 (t)|dt ≤ |f (0)| + x||f 0 ||∞ ≤ |f (0)|∞ + ||f 0 ||∞
0
Et par suite ||f ||∞ ≤ ||f || Soit (fn )n une suite de Cauchy d’élément de C 1 ([0, 1], R) .Soit (n, p) ∈ N2
, on a ||fn+p − fn ||∞ ≤ ||fn+p − fn || et comme ||fn+p − fn || tend vers 0 ,alors la suite (fn )n en tant
que suite d’éléments du Banach (C ([0, 1], R) , ||.||∞ ) vérifie le critère de Cauchy donc elle converge dans
C ([0, 1], R) , notons f sa limite . De même on a ||fn+p0 − fn ||∞ ≤ ||fn+p − fn || → 0 , ce qui entraine
alors que la suite (fn0 )n en tant que suite d’éléments du Banach (C ([0, 1], R) , ||.||∞ ) vérifie le critère de
Cauchy donc elle converge de limite g ∈ (C ([0, 1], R) , ||.||∞ ) , et d’après le théorème de dérivation , on
en déduit que f est de classe C 1 et que g = f 0 et que
lim ||fn − f || = lim ||fn − f ||∞ + ||fn0 − f 0 ||∞ = 0
n→+∞ n→+∞
Ce qui prouve alors que la suite (fn )n converge dans l’espace (E, ||.||) et par suite l’espace (E, ||.||) est
un espace de Banach
..Remarque: La suite (fn )n définie par ∀n ∈ N , ∀x ∈ [0, 1] , fn (x) = xn est une suite d’éléments de
103
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
E vérifiant
||fn ||
∀n ∈ N , = n → +∞
||fn ||∞
Ce qui entraine alors que les normes ||.||∞ et ||.|| ne sont pas pas équivalentes
Exercice 6.14
]0, +∞[→ R
1. Justifier la définition et la continuité de la fonction : f : +∞
X (−)n
x −
7 →
n+x
n=0
2. Trouver un équivalent de f (x) quand x tend vers 0+ et quand x tend vers +∞
Z 1 x−1
t
3. Etablir l’égalité f (x) = dt
0 1+t
4. Retrouver les équivalents précédents
Solution
1 1
1. Soit un :]0, +∞[→ R tel que ∀x ∈]0, +∞[ , un (x) = , et u0 : x 7−→ .On a pour tout
n+x x
x ∈]0, +∞[ , (un (x))n est décroissante et tend vers 0 , donc le critère de Leibnez prouve la convergence
simple et par suite la définition de f La majoration du reste donne
+∞
X (−1)n 1 1
∀n ∈ N , ≤ ≤
n+x n+x n
k=n+1
X (−1)n
Ce qui entraine alors que la série converge uniformément sur ]0, +∞[ et comme les fonctions
n+x
n≥0
un sont continues sur ]0, +∞[ donc la fonction f est continue sur ]0, +∞[
1
2. ..Comme u0 ≥ 0, alors ∀x ∈]0, +∞[ , u1 (x) + u0 (x) ≤ f (x) ≤ u0 (x) et par suite en 0 on a f (x) ∼
x
+∞ +∞
X (−1)n 1 X (−1)n
..Soit x > 0, on a f (x) = = + , et par suite
n+x x n+x+1
n=0 n=0
+∞
1 X (−1)n X (−1)n
f (x) − = et comme la série vérifie le critère de
2x 2(n + x)(n + x + 1) 2(n + x)(n + x + 1)
n=0 n≥0
Leibnez alors on a
1 1 1 1 1
∀x ∈]0, +∞[ , − ≤ f (x) − ≤
2 x(x + 1) (1 + x)(2 + x) 2x 2x(x + 1)
1
Ce qui prouve alors qu’au voisinage de +∞ on a f (x) ∼
2x
N −1
1 X (−1)N tN
3. Soit t ∈ [0, 1] , on a = (−1)k tk + donc pour tout réel x > 0 on a
1+t 1+t
k=0
N −1
tx−1 X (−1)N tN +x−1
= (−1)k tk+x−1 +
1+t 1+t
k=0
Et en intégrant entre 0 et 1 on obtient
Z 1 x−1 N −1 Z 1 Z 1 N +x−1
t X
k k+x−1 N t
dt = (−1) t dt + (−1) dt
0 1+t k=0 0 0 1+t
Ce qui entraine alors que
Z 1 x−1 N −1 Z 1 Z 1 N +x−1 Z 1 1
t X
k k+x−1 t N +x−1 1
dt − (−1) t dt = ≤ t dt = t
0 1+t k=0 0 0 1+t 0 N +x 0
104
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
1 +∞
tx−1 X (−1)n
Z
1 1
= ≤ , d’ou =
N +x N 0 1+t n+x
n=0
4. .. Soit x > 0 , on a
1 1 x−1 1
tx tx−1
Z Z Z
t (t+ 1) 1
f (x + 1) + f (x) = + dt = dt = tx dt =
0 1+t 1+t 0 1+t 0 x
1
tx−1
Z
La fonction x 7−→ dt est continue (Les conditions de continuité sous signe intégrale sont bien
0 1+t
vérifiées voir le cours d’intégration) et par suite
+∞
1 X (−1)n+1
lim f (x) − = − lim f (x + 1) = −f (1) = = ln(2)
x→0+ x x→0+ n+1
n=0
1
Ce qui prouve alors qu’au voisinage de 0 on a f (x) ∼
x
..De la forme intégrale de f on déduit que f est décroissante ce qui donne :
1
∀x > 0 , 2f (x + 1) ≤ f (x + 1) + f (x) = ≤ 2f (x)
x
1 1 1
Et par suite ∀x > 0 , ≤ f (x) ≤ d’ou au voisinage de +∞ , on f (x) ∼
2x 2(x − 1) 2x
A n
Exercice 6.15 Soit A ∈ Mp (K) , montrer que : lim Ip + = eA
n→+∞ n
Solution L’espace Mp (K) est un espace de dimension finie donc toutes ses normes sont équivalentes et par
suite on choisit une norme d’algèbre ||.|| sur Mp (K) .
n
X n 1 k 1
On a ∀n ∈ N , (Ip + A)n = k
A .Posons pour n ∈ N , uk (n) = k nk Ak
k n n
k=0
si k ≤ n et uk (n) = 0 si non.On a
n(n − 1) . . . (n − k − 1) 1 k ||A||k
∀(n, k) ∈ N2 , n ≥ k ⇒ ||uk (n)|| ≤ k
|| A || ≤
n k! k!
X ||A||k X
Comme la série converge , alors la convergence normale de la série uk (n) en résulte et par suite
k!
k≥0 k
1
la convergence uniforme et comme lim uk (n) = Ak et Mp (K) est un espace de Banach alors d’après le
n→+∞ k!
théorème de la double limite on a :
+∞
! +∞ +∞
X X X 1 k
lim uk (n) = lim uk (n) = A = eA
n→+∞ n→+∞ k!
k=0 k=0 k=0
Exercice 6.16
X rn cos(nx)
1. Soit r ∈] − 1, 1[.Montrer que la série de fonctions converge simplement sur R et que sa
n
n≥1
somme est continue sur R
∞
X rn cos(nx)
2. Soit x ∈ R .On pose pour r ∈] − 1, 1[ , g(r) = .Montrer que g est de classe C 1 sur
n
n=1
] − 1, 1[ , déterminer une expression simple de g 0 (r) et calculer g(r) pour r ∈] − 1, 1[
Z π +∞ Z π n
2
X r cos(nx)
3. En déduire ln 1 − 2r cos x + r dx = −2 dx ainsi que la valeur de l’intégrale
−π −π n
n=1
Solution
rn cos(nx)
1. On note pour n ∈ N+ et x ∈ R , un (x) = .Les applications un sont continues sur R et
n
n
r X
||un ||∞ = ≤ |r|n est la série |r|n est une série géométrique convergente car |r| < 1 ce qui
n
105
MP1- AGADIR-2022/2023 6.2 Séries de fonctions
X
entraine alors que la série un converge normalement donc uniformément sur R et par suite la série
X n
un converge simplement et que sa somme est continue sur R
n
rn cos(nx)
2. On pose pour r ∈] − 1, 1[ , n entier et x réel vn (r) = .Comme
X n
∀n ∈ N∗ , |vn (r)| ≤ |rn | , alors la série vn converge simplement sur ] − 1, 1[.Il est clair que pour
n≥1
tout n dans N∗ , vn est de classe C 1 sur ] − 1, 1[ et pour tout réel r ∈] − 1, 1[ , on a vn0 (r) = rn−1 cos(nx)
X
.Soit b ∈]0, 1[ ,alors ∀r ∈ [−b, b] , |vn0 (r)| ≤ bn−1 ce qui entraine alors que la série vn0 converge
n≥1
normalement donc uniformément sur tout intervalle de la forme [−b, b] avec b ∈ [0, 1[ ce qui donne alors
la convergence uniforme sur tout segment de ] − 1, 1[ et par suite g est de classe C 1 sur ] − 1, 1[
106
Chapter 7 Séries entière
et finalement R = 1.
Exercice 7.2 Soit α un réel irrationnel fixé. On note Rα le rayon de convergence de la série entière
X xn
sin(nπα)
n>1
1. Démontrer que Rα 6 1.
2. On considère la suite (un )n>1 définie par
u1 = 2 et ∀n > 1, un+1 = (un )un
Démontrer que pour tout entier n > 1
un 1
6
un+1 (n + 1)n
En déduire que la série de terme général 1/un converge. Dans la suite, on pose
+∞
X 1
α=
un
n=1
et on admet que α est irrationnel.
3. Démontrer qu’il existe une constante C strictement positive telle que, pour tout entier n > 1 :
+∞
X 1 C
πun 6 un −1
uk un
k=n+1
4. Démontrer que Rα = 0.
5. Question subsidiaire : démontrer que α est effectivement irrationnel.
Solution Soulignons que les termes sommés pour définir la série entière ont un sens car l’irrationalité de α
donne
∀n ∈ N? , sin(nπα) 6= 0
1. Puisque
1
>1
| sin(nπα)|
X xn
la série entière diverge grossièrement en 1 et donc Rα 6 1.
sin(nπα)
n>1
2. Par une récurrence facile, on montre un > n + 1 pour tout n ∈ N? . On a alors
un 1 1
= un −1 6
un+1 un (n + 1)n
3. On a
+∞ +∞ +∞
X 1 1 X 1 1 X 1 1
= + 6 +
uk un+1 uk+1 un+1 (k + 1)k uk
k=n+1 k=n+1 k=n+1
MP1- AGADIR-2022/2023 7.1 Rayon de convergence et fonction somme
On en déduit
+∞
X 1 Kπun Kπ
πun 6 = un −1
uk un+1 un
k=n+1
Or
n n n−1
X 1 X un X un un−1 uk+1
un = =1+ ··· ∈ 1 + 2N
uk uk un−1 un−2 uk
k=1 k=1 k=1
et donc
+∞
" #
X 1
− sin(mπα) = sin πun
uk
k=n+1
d’où
C
0 6 − sin(mπα) 6
uunn −1
puis
xm (xun )un
− >C → +∞
sin(mπα) un
X xn
On en déduit que diverge pour tout x > 0 et donc Rα = 0.
sin(nπα)
n>1
5. Par l’absurde, supposons α ∈ Q. Il existe alors un entier q ∈ N? tel que qα ∈ N Pour tout n ∈ N, on a
alors qun α ∈ N or
n +∞
X 1 X 1
qun α = qun + qun
uk uk
k=1 k=n+1
avec comme vu ci-dessus
n
X 1
un ∈N
uk
k=1
On en déduit
+∞
X 1
qun ∈N
uk
k=n+1
Or
+∞
X 1 qKun
0 < qun < →0
uk un+1
k=n+1
108
MP1- AGADIR-2022/2023 7.1 Rayon de convergence et fonction somme
C’est absurde.
X
Exercice 7.3 Soit une série entière an z n de rayon de convergence non nul.
1. Montrer qu’il existe un réel r > 0 tel que |an | 6 1/rn à partir d’un certain rang.
X an
2. Quel est le rayon de convergence de la série entière zn?
n!
X n X Sn
3. On note Sn = ak . Quel est le rayon de convergence de la série entière zn?
n!
k=0
Solution
X
1. Pour r ∈]0, R [ , la série numérique an rn converge donc an rn → 0 et à partir d’un certain rang N ,
on a
|an | rn 6 1
2. On a alors
an z n zn
=O
n! rn n!
Posons
zn
un (z) =
rn n!
Pour z 6= 0, on a
un+1 (z)
−→ 0
un (z) n→+∞
Par la règle de d’Alembert, la série numérique un (z) converge absolument. Par comparaison, la série
P
numérique an z n /n! converge aussi absolument. On peut donc la série entière an z n /n! est de rayon
P P
de convergence +∞.
3. On a
n N
X X n−N
|Sn | 6 |ak | 6 |ak | +
rn
k=0 k=0
109
MP1- AGADIR-2022/2023 7.1 Rayon de convergence et fonction somme
entières ci-dessous
X X 1
an z n et zn
an
Solution Notons R et R0 les deux rayons de convergence de séries entières introduites. Soit z ∈ C? . Si|z| < R
alors la série numérique an z n converge et donc an z n → 0. On en déduit que
P
1
→ +∞
an z n
et donc |1/z| > R0 d’où |z| < 1/R0 . On en déduit R 6 1/R0 puis
RR0 6 1
On ne peut affirmer mieux puisque, pour
2n si n est pair
an =
1 sinon
on obtient RR0 = 1/2.
X
Exercice 7.6 Soit an z n une série entière de rayon de convergence R > 0 et de somme f .
+∞
X
1. Exprimer a2n z 2n en fonction de f pour |z| < R.
n=0
+∞
X
2. Même question avec a3n z 3n .
n=0
Solution
+∞ +∞
1 1X X
1. (f (z) + f (−z)) = an (z n + (−1)n z n ) = a2p z 2p .
2 2
n=0 p=0
+∞ +∞
1 1 X X
2. f (z) + f (jz) + f j 2 z = an 1 + j n + j 2n z n = a3p z 3p .
3 3
n=0 p=0
n
X
Exercice 7.7 Soit (an ) une suite de réels strictement positifs. On pose Sn = ak et on suppose
k=0
Sn → +∞ et an /Sn → 0
X X
Déterminer le rayon de convergence des séries entières an xn et Sn xn puis former une relation entre
n>0 n>0
leur somme.
Solution Puisque Sn → +∞, on a Ra 6 1 Comme an 6 Sn , on a aussi Ra > Rs . Enfin
Sn /Sn+1 = 1 − an+1 /Sn+1 → 1 permet par la règle de d’Alembert d’obtenir Rs = 1 On conclut Ra = Rs = 1
Pour |x| < 1
+∞ +∞ Xn +∞ +∞ +∞
X
n
X
k n−k
X
n
X
n 1 X
Sn x = ak x x = an x x = an xn
1−x
n=0 n=0 k=0 n=0 n=0 n=0
X
Exercice 7.8 Soit une série entière an z n de rayon de convergence R > 0 et de somme f (z).
n
1. Montrer que pour 0 < r < R
∞ Z 2π
X 2 2n 1 2
|an | r = f reiθ dθ
2π 0
n=0
2. Que dire de f si |f | admet un maximum local en 0 ?
3. On suppose maintenant que R = +∞ et qu’il existe P ∈ RN [X] tel que |f (z)| 6 P (|z|) pour tout z
complexe. Montrer que f ∈ CN [X]
110
MP1- AGADIR-2022/2023 7.1 Rayon de convergence et fonction somme
Solution
1. Pour 0 < r < R, il y a absolument convergence de an rn . On a
P
2 X +∞ +∞
X
f reiθ = an rn einθ an rn e−inθ
n=0 n=0
Par produit de Cauchy de séries absolument convergentes, on obtient
2 X +∞ X n
f reiθ = ak an−k ei(2k−n)θ rn
n=0 k=0
Puisque et |an ! sont absolument convergentes, par produit de Cauchy, on peut affirmer
rn | rn |
P P
|an
X X n
que |ak | |an−k | rn converge. On en déduit que la série des fonctions continues
k=0
n
X
θ 7→ ak an−k ei(2k−n)θ rn est normalement convergente et donc on peut permuter somme et intégration
k=0
:
Z 2π +∞ Z n
2π X
2 X
f reiθ dθ = ak an−k ei(2k−n)θ rn dθ
0 n=0 0 k=0
R 2π
Or 0 eipθ dθ = 0 pour tout p ∈ Z? donc, après simplification des termes nuls,
Z 2π +∞
1 2 X
f re iθ
dθ = |am |2 r2m
2π 0
m=0
2. Pour 0 < r < R suffisamment petit
+∞ ∞ Z 2π
X 2 2n
X
2n 2 1 2
|an | r = |an | r − |a0 | = f reiθ − |f (0)|2 dθ
2π 0
n=1 n=0
+∞
X
Par intégration, d’une fonction négative, on obtient |an |2 r2n 6 0. Or il s’agit d’une somme de termes
n=1
positifs, ils sont donc tous nuls et on en déduit
∀n ∈ N? , an = 0
La fonction f est alors constante.
3. Posons
N
X
fN (z) = an z n
n=0
111
MP1- AGADIR-2022/2023 7.1 Rayon de convergence et fonction somme
Pour p = N + 1
+∞ +∞
X 2 r2n 2
X
|an | 2p = |aN +1 | + |an |2 r2(n−N −1)
r
n=N +1 n=N +2
avec
+∞ +∞
X 1 X
06 |an |2 r2(n−N −1) 6 |an |2 −→ 0
r2 r→+∞
n=N +2 n=N +2
segment [−1, 1]. Par suite, la fonction g converge en 1− et puisque le terme ln(1 − x) diverge quand
x → 1− , on obtient
ln(1 − x)
f (x) ∼ −
x→1− 1−x
5. Puisque
g(x) − ln(1 − x)
f (x) =
1−x
on obtient quand x → −1+ ,
g(−1) − ln(2)
f (x) →
2
112
MP1- AGADIR-2022/2023 7.1 Rayon de convergence et fonction somme
113
MP1- AGADIR-2022/2023 7.2 Développement en série entière
donc pour x ∈] − 1, 1[
+∞ +∞
X 1 X 1 1
g(x) = − xn − +o xn
n 2n2 n2
n=2 n=2
et donc
+∞
X 1 1
g(x) = ln(1 − x) + 1 − + o xn
2n2 n2
n=2
Le terme sommatoire définit une fonction continue sur [−1, 1] (par convergence normale) et donc
g(x) ∼ ln(1 − x)
x→1−
puis
ln(1 − x)
f (x) ∼ −
x→1− 1−x
Exercice 7.11 Soit f :] − R, R [→ R( avec R > 0) de classe C ∞ vérifiant
h h
∀n ∈ N, ∀x ∈ 0, R , f (n) (x) > 0
Montrer la convergence de la série
X 1
f (n) (0)xn
n!
pour tout x ∈] − R, R[
Solution Pour x ∈ [0, R [ , la série (0)xn est une série à termes positifs. Par la formule de Taylor
P 1 (n)
n! f
reste intégrale
n Z x
X f (k) (0) k (x − t)n (n+1)
f (x) = x + f (t)dt
k! 0 n!
k=0
et la série 1 (n)
(0)xn est absolument convergente donc convergente.
P
n! f
114
MP1- AGADIR-2022/2023 7.2 Développement en série entière
Solution
1. Par la formule de Taylor avec reste intégrale
n Z x
X f (k) (0) k (x − t)n (n+1)
f (x) − x = f (t)dt
k! 0 n!
k=0
Par le changement de variable t = xu, on obtient
n
f (k) (0) k xn+1 1
X Z
f (x) − x = (1 − u)n f (n+1) (xu)du
k! n! 0
k=0
Puisque x 6 |x| 6 r, on a xu 6 ru puis f (n+1) (xu) 6 f (n+1) (ru) car f (n+1) est croissante puisque de
dérivée f (n+2) > 0. On en déduit
n n
X f (k) (0) k |x|n+1 X f (k) (0) k
f (x) − x 6 n+1 f (r) − r
k! r k!
k=0 k=0
Pn f (k) (0) k
Or la somme k=0 k! r est à termes positifs et est majorée par f (r) en vertu de la formule de Taylor
initiale. On a donc
n
X f (k) (0) k x n+1
f (x) − x 6 f (r)
k! r
k=0
On en déduit alors que f (n) (x) > 0 pour tout x ∈ [0, π/2[. En reprenant l’étude qui précède, on obtient
f (n) (0) n
f (x) = +∞ n! x pour tout x ∈ [0, π/2[. Par imparité de f, f
(2p) (0) = 0 et par imparité de f , on
P
n=0
a la relation
+∞ (2p+1)
X f (0) 2p+1
f (x) = x
(2p + 1)!
p=0
115
MP1- AGADIR-2022/2023 7.2 Développement en série entière
Pour x 6 0
x Z 0
(x − t)n (n+1) (t − x)n (n+1) (−x)n+1 (n+1)
Z
f (t)dt 6 f (0)dt = f (0) −→ 0
0 n! x n! (n + 1)! n∞
en exploitant la remarque initiale avec 0 et −x pour a et x. Pour x > 0
Z x
(x − t)n (n+1) xn+1 (n+1)
f (t)dt 6 f (x) → 0
0 n! (n + 1)!
en exploitant la remarque initiale avec x et 2x pour a et x. Finalement f est égale à la somme de sa série de
Taylor en 0 sur R.
Exercice 7.14 Former le développement en série entière en 0 de la fonction
x 7→ ln x2 + x + 1
est développable en série entière au voisinage de 0 et donner son rayon de convergence. Calculer cette série
entière.
Solution La fonction f est dérivable et
1 1
f 0 (x) = 2
= 2
1 + (1 + x) x + 2x + 2
est une fraction rationnelle dont 0 n’est pas pôle. La fonction f 0 puis f sont développables en série entière et
116
MP1- AGADIR-2022/2023 7.2 Développement en série entière
+∞
X
3. Puisque f est impaire, le développement en série entière de f est de la forme f (x) = an x2n+1 . On
n=0
+∞
X
a f 0 (x) = (2n + 1)an x2n puis
n=0
+∞
X +∞
X +∞
X
2 0 2n 2n+2
an x2n+2
1−x f (x) − xf (x) = (2n + 1)an x − (2n + 1)an x −
n=0 n=0 n=0
donc
+∞
X
2 0
((2n + 3)an+1 − (2n + 2)an ) x2n+2 = 1
1−x f (x) − xf (x) = a0 +
n=0
117
MP1- AGADIR-2022/2023 7.2 Développement en série entière
Puisque pour x 6= 0
an+1 x2n+3 4(n + 1)2 x2
= → x2
an x2n+1 (2n + 3)(2n + 2)
on obtient R = 1
Exercice 7.17
1. Etudier la parité de Z x
x2 /2 2 /2
f : x 7→ e e−t dt
0
118
MP1- AGADIR-2022/2023 7.2 Développement en série entière
sur ] − 1, 1[.
3.
(−1)n n 1 1
∀x ∈ [−1, 1], x 6 ∼ 2
n(n − 1) n(n − 1) n
donc la série de fonctions définissant f converge normalement sur [−1, 1] et par suite f est continue.
f (1) = lim f (x) = lim ((1 + x) ln(1 + x) − x) = 2 ln 2 − 1
x→1− x→1−
et
f (−1) = lim f (x) = lim ((1 + x) ln(1 + x) − x) = 1
x→−1+ x→−1+
119
Chapter 8 Calcul différentiel
8.1 Défferentiabilité
Exercice 8.1 On définit f : R2 \{(0, 0)} → R par
x2
f (x, y) =
(x2 + y 2 )3/4
Justifier que l’on peut prolonger f en une fonction continue sur R2 . Étudier l’existence de dérivées partielles en
(0, 0) pour ce prolongement.
Solution D’une part, la fonction f est continue sur R2 \{(0, 0)}. D’autre part, on a
1/4
|f (x, y)| ≤ x2 + y 2
Ainsi, f se prolonge par continuité en (0, 0) en posant f (0, 0) = 0. Du fait que f (0, t) = 0 pour tout réel t, f
∂f
admet une dérivée partielle par rapport à la seconde variable en (0, 0) qui vaut (0, 0) = 0. D’autre part,
∂y
pour t 6= 0, on a
f (t, 0) − f (0, 0)
= |t|−1/2
t
Ceci tend vers +∞ si t tend vers 0 , et donc f n’admet pas de dérivée partielle par rapport à la première
variable en (0, 0).
Exercice 8.2 Pour les fonctions suivantes, démontrer qu’elles admettent une dérivée suivant tout vecteur en
(0, 0) sar pour autant
y être continue.
y 2 ln |x| si x 6= 0
1. f (x, y) =
0 sinon.
2
x y
si (x, y) 6= (0, 0)
2. g(x, y) = x4 + y 2
0
sinon.
Solution
1. Prouvons d’abord que f n’est pas continue en (0, 0). En effet, on a
2
f e−n , 1/n = −1
qui ne tend pas vers 0 si n tend vers l’infini. Fixons maintenant (a, b) ∈ R2 avec (a, b) 6= (0, 0),
démontrons que f admet une dérivée suivant (a, b) en (0, 0). Soit t 6= 0. On a
f (ta, tb) − f (0, 0) tb2 (ln |t| + ln |a|) si a 6= 0
=
t 0 sinon
Lorsque t tend vers 0, ceci tend vers 0 (en particulier, parce que t ln |t| tend vers 0 en 0 ). Ainsi, f admet
en (0, 0) une dérivée suivant le vecteur (a, b) qui est nulle.
2. De même, démontrons que g n’est pas continue en observant que
1 1 1
g , 2 = 6= 0 = f (0, 0)
n n 2
D’autre part, fixons (a, b) ∈ R2 \{(0, 0)} et prouvons que g admet une dérivée suivant (a, b) en (0, 0).
On a, pour t 6= 0
g(ta, tb) − g(0, 0) t3 a2 b a2 b
= =
t t × (t4 a4 + t2 b2 ) t2 a4 + b2
MP1- AGADIR-2022/2023 8.1 Défferentiabilité
(x, y) 6= (0, 0), où p et q sont des entiers naturels non nuls. Pour quelles valeurs de p et q cette fonction
est-elle continue?
3. Montrer que si p + q = 2, alors f n’est pas différentiable.
4. On suppose que p + q = 3, et que f est différentiable en (0, 0). Justifier qu’alors il existe deux constantes
a et b telles que f (x, y) = ax + by + o(k(x, y)k). En étudiant les applications partielles x 7→ f (x, 0) et
y 7→ f (0, y), justifier que a = b = 0. Conclure, à l’aide de x 7→ f (x, x), que f n’est pas différentiable
en (0, 0).
Solution
1. On a (|x| − |y|)2 = |x|2 − 2|xy| + y 2 ≥ 0, ce qui donne l’inégalité demandé!
2. Seule la continuité en (0, 0) pose problème. On a donc
|f (x, y)| ≤ |xy| xp−1 y q−1 / x2 − xy + y 2 ≤ |x|p−1 |y|q−1
121
MP1- AGADIR-2022/2023 8.1 Défferentiabilité
Solution
1. f admet des dérivées partielles
∂f
(x, y) = (y(x + y) + 1)exy
∂x
et
∂f
(x, y) = (x(x + y) + 1)exy
∂y
Ces fonctions sont continues sur R2 , la fonction f est différentiable, et on a :
df(x,y) (h, k) = (h(y(x + y) + 1) + k(x(x + y) + 1))exy
Avec la notation différentielle, on a (ce qu’on peut obtenir aussi en différentiant directement f ), on a
aussi
df = (y(x + y) + 1)exy dx + (x(x + y) + 1)exy dy
Exercice 8.6 Soit f : Mn (R) → Mn (R) définie par f (M ) = M 2 . Justifer que f est de classe C 1 et déterminer
la différentielle de f en tout M ∈ Mn (R).
Solution Remarquons déjà que f est de classe C 1 puisque f est polynômiale. Soient M, H ∈ Mn (R). Alors
on a
f (M + H) − f (M ) = (M + H)2 − M 2 = HM + M H + H 2
122
MP1- AGADIR-2022/2023 8.1 Défferentiabilité
On a
+∞
X 1
kψ(H)k ≤ kHkk = ≤2
1 − kHk
k=0
pourvu que M −1 H < 1. Il vient, par un raisonnement identique à celui de la première question,
φ(M + H) = φ(M ) − M −1 HM −1 + o(kHk)
Ainsi, φ est différentiable en M et dφM (H) = −M −1 HM −1 .
1
Z
Exercice 8.8 On munit E = Rn [X] de la norme kP k = sup |P (t)|. Soit φ : E → R, P 7→ (P (t))3 dt.
t∈[0,1] 0
Démontrer que φ est différentiable sur E et calculer sa différentielle.
Solution Soient P, H ∈ E. On a
Z 1 Z 1 Z 1
φ(P + H) = (P (t) + H(t))3 dt = (P (t))3 + 3 (P (t))2 H(t)dt + ψ(H)
0 0 0
où Z 1 Z 1
ψ(H) = 3 P (t)(H(t))2 dt + (H(t))3 dt
0 0
Or, Z 1
|ψ(H)| ≤ 3 |P (t)|dt × kHk2 + kHk3
0
R1
Ainsi, ψ(H) = o(kHk). Puisque H 7→ 3 0 (P (t))2 H(t)dt est linéaire, on a prouvé que φ est différentiable en
Z 1
P et que dφP (H) = 3 (P (t))2 H(t)dt.
0
Exercice 8.9 Pour (x, y) 6= (0, 0), on pose
x2 − y 2
f (x, y) = xy
x2 + y 2
1. f admet-elle un prolongement continu à R2 ?
2. f admet-elle un prolongement C 1 à R2 ?
3. f admet-elle un prolongement C 2 à R2 ?
Solution
1. Utilisant 2|xy| ≤ x2 + y 2 , il est facile de voir que f (x, y) → 0 lorsque (x, y) → (0, 0). Ainsi, f admet
une limite en (0, 0) et on peut la prolonger par continuité en posant f (0, 0) = 0.
123
MP1- AGADIR-2022/2023 8.1 Défferentiabilité
2. Il est clair que f est de classe C ∞ sur R2 \{(0, 0)}. De plus, pour (x, y) 6= (0, 0), on a
∂f x4 + 4x2 y 2 − y 4
(x, y) = y
∂x (x2 + y 2 )2
∂f ∂f
De plus, f (x, 0) − f (0, 0) = 0, ce qui prouve que existe et vaut
∂x (0, 0) ∂x (0, 0) = 0. De
2
x4 + 4x2 y 2 − y 4
≤ 4 x2 + y 2
on tire la continuité de ∂f ∂f
∂x en (0, 0). L’étude de la dérivée partielle ∂y est totalement similaire, puisque
f (x, y) = −f (y, x). On en déduit que f est de classe C 1 sur R2 .
3. On va prouver que f ne peut pas être de classe C 2 en niant le théorème de Schwarz. En effet, on a
∂f ∂f
∂x (0, y) − ∂x (0, 0)
= −1
y
2
∂ f ∂ f 2
ce qui prouve que ∂y∂x (0, 0) existe et vaut −1. Mais on prouve de la même façon que ∂x∂y (0, 0) existe
et vaut 1 . Les deux dérivées partielles croisées n’étant pas égales, la fonction ne peut pas être de classe
C 2 sur R2 .
Exercice 8.10 Soit f une application de classe C 1 de R2 dans R et r ∈ R. On dit que f est homogène de degré
r si
∀(x, y) ∈ R2 , ∀t > 0, f (tx, ty) = tr f (x, y)
1. Montrer que si f est homogène de degré r, alors ses dérivées partielles sont homogènes de degré r − 1.
2. Montrer que f est homogène de degré r si et seulement si :
∂f ∂f
∀(x, y) ∈ R2 , x (x, y) + y (x, y) = rf (x, y)
∂x ∂y
2
3. On suppose que f est de classe C . Montrer que :
∂2f ∂2f ∂2f
x2 2 (x, y) + 2xy + y 2 2 = r(r − 1)f (x, y)
∂x ∂x∂y ∂y
Solution
1. On pose g(x, y) = f (tx, ty). On a d’une part :
∂g ∂f
(x, y) = t (tx, ty)
∂x ∂x
D’autre part, en utilisant la relation g(x, y) = tr f (x, y), on a :
∂g ∂f
(x, y) = tr (x, y)
∂x ∂x
On en déduit
∂f ∂f
(tx, ty) = tr−1 (x, y)
∂x ∂x
On fait de même avec la dérivée partielle suivant y.
2. Supposons d’abord que f est homogène de degré r. On a donc :
f (tx, ty) = tr f (x, y)
On dérive cette relation par rapport à t. On trouve :
∂f ∂f
x (tx, ty) + y (tx, ty) = rtr−1 f (x, y)
∂x ∂y
Le résultat vient en appliquant le résultat de la première question, qui dit que les dérivées partielles de
f sont homogènes de degré r − 1. Pour la réciproque, posons ϕ(t) = f (tx, ty), définie et dérivable sur
R∗+ . En utilisant la relation vérifiée par f (qu’on appelle relation d’Euler), on a :
∂f ∂f r r
ϕ0 (t) = x (tx, ty) + y (tx, ty) = f (tx, ty) = ϕ(t)
∂x ∂y t t
124
MP1- AGADIR-2022/2023 8.1 Défferentiabilité
La dérivée de l’application t−r ϕ(t) est nulle sur R∗+ , elle est donc constante sur cet intervalle, et comme
en outre ϕ(1) = f (x, y), on démontre que f est bien homogène de degré r.
3. En écrivant la relation d’Euler pour ∂f ∂f
∂x et ∂y (qui sont homogènes de degré r − 1 ), on obtient
∂2f ∂2 ∂f
x 2
(x, y) + y (x, y) = (r − 1) (x, y)
∂x ∂x∂y ∂x
et
∂2f ∂2 ∂f
x (x, y) + y 2 (x, y) = (r − 1) (x, y)
∂x∂y ∂y ∂y
On ajoute alors x fois la première relation, et y fois la deuxième, puis on utilise la relation d’Euler pour
f pour obtenir le résultat.
Exercice 8.11 Etant données deux fonctions g0 et g1 d’une variable réelle, de classe C 2 sur R, on définit la
fonction f sur R∗+ × R par y y
f (x, y) = g0 + xg1
x x
Justifier que f est de classe C 2 , puis prouver que
∂2f ∂2f ∂2f
x2 2 (x, y) + 2xy (x, y) + y 2 2 (x, y) = 0
∂x ∂x∂y ∂y
Solution La fonction f est de classe C comme composée de fonctions toutes de classe C 2 . On a ensuite, en
2
notant t = y/x :
∂f y y
(x, y) = − 2 g00 (t) + g1 (t) − g10 (t)
∂x x x
∂2f 2y 0 y 2 00 y 2 00
(x, y) = g 0 (t) + g 0 (t) + g (t)
∂x2 x3 x4 x3 1
∂f 1
(x, y) = g00 (t) + g10 (t)
∂y x
∂2f 1 y y
= − 2 g00 (t) − 3 g000 (t) − 2 g100 (t)
∂x∂y x x x
2
∂ f 1 1
= 2 g000 (t) + g100 (t)
∂y 2 x x
Il suffit ensuite de faire la somme demandée pour obtenir le résultat.
2
Exercice 8.12 Soit f : R2 → R telle que, pour tout (x, y) ∈ R2 , on a
|f (x) − f (y)| ≤ kx − yk2 .
Démontrer que f est constante.
Solution Fixons x ∈ R2 . Alors, pour h ∈ R2 , on a
|f (x + h) − f (x)| ≤ khk2 =⇒ f (x + h) = f (x) + o(khk)
Ceci signifie que f est différentiable en x et que dfx = 0. En particulier, f est donc de classe C 1 sur R2 .
Comme R2 est convexe (donc connexe par arcs), ceci implique que f est constante.
Exercice 8.13 Soit f : U → V une fonction définie sur un ouvert U de Rp à valeurs dans un ouvert V de Rq . On
suppose que f est différentiable en a et que f admet une fonction réciproque g, différentiable au point b = f (a).
Démontrer que p = q.
Solution Les fonctions f et g étant réciproques l’une de l’autre, on a les relations
g ◦ f = IdU et f ◦ g = IdV
125
MP1- AGADIR-2022/2023 8.2 Equations aux dérivées partielles
126
MP1- AGADIR-2022/2023 8.2 Equations aux dérivées partielles
Solution
1. Par composition, on a :
∂f ∂g u + v v − u 1 ∂g u + v v − u −1
= , × + , ×
∂u ∂x 2 2 2 ∂y 2 2 2
a
=
2
2. On intègre cette équation. Pour tout v, il existe une constante h(v) telle que
au
f (u, v) = + h(v)
2
Puisque la fonction (u, v) 7→ f (u, v) est de classe C 1 , il en est de même de v 7→ h(v).
3. Si g est solution de l’équation alors il existe une fonction h de R dans R de classe C 1 telle que, pour tout
u, v, on a :
u+v v−u au
g , = + h(v)
2 2 2
Pour revenir à x et y, il faut procéder au changement de variables inverse, en posant x = u+v
2 et y = v−u
2 :
on a donc
a(x − y)
g(x, y) = + h(x + y)
2
Réciproquement, une telle fonction est solution de l’équation aux dérivées partielles.
Exercice 8.17 Soit f : R2 → R une application de classe C 1 .
1. On définit, pour (x, y) ∈ R2 fixé, g : R → R, t 7→ g(t) = f (tx, ty). Montrer que g est dérivable sur R,
et calculer sa dérivée.
2. On suppose désormais que f (tx, ty) = tf (x, y) pour tous x, y, t ∈ R.
(a). Montrer que pour tous x, y, t ∈ R, on a
∂f ∂f
f (x, y) = (tx, ty)x + (tx, ty)y
∂x ∂y
(b). En déduire qu’il existe des réels α et β que l’on déterminera tels que, pour tous (x, y) ∈ R2 , on a
f (x, y) = αx + βy
Solution
1. La fonction g est C 1 comme composée de fonctions de classe C 1 . On a :
∂f ∂f
g 0 (t) = x (tx, ty) + y (tx, ty)
∂x ∂y
2. (a). On peut alors écrire g(t) = tf (x, y), et le calcul de la dérivée de g donne g 0 (t) = f (x, y). La
comparaison avec l’expression obtenue à la question précédente donne le résultat.
(b). Il suffit d’appliquer la relation précédente pour t = 0. On a f (x, y) = αx + βy avec α = ∂f ∂x (0, 0)
∂f
et β = ∂y (0, 0). Réciproquement, on vérifie facilement qu’une fonction vérifiant f (x, y) = αx + βy
vérifie également f (tx, ty) = tf (x, y).
Exercice 8.18 Une fonction f : U → R de classe C 2 , définie sur un ouvert U de R2 , est dite harmonique si son
laplacien est nul, ie si
∂2f ∂2f
+ =0
∂x2 ∂y 2
Dans toute la suite, on fixe f une fonction harmonique.
1. On suppose que f est de classe C 3 .Démontrer que ∂f ∂f ∂f ∂f
∂x , ∂y et x ∂x + y ∂y sont harmoniques.
2. On suppose désormais que f est définie sur R2 \{(0, 0)} est radiale, c’est-à-dire qu’il existe ϕ : R∗ → R
de classe C 2 telle que f (x, y) = ϕ x2 + y 2 . Démontrer que ϕ0 est solution d’une équation différentielle
127
MP1- AGADIR-2022/2023 8.2 Equations aux dérivées partielles
128
MP1- AGADIR-2022/2023 8.2 Equations aux dérivées partielles
129
Chapter 9 Espace préhilbertien réel
Solution
1. Il est très facile de vérifie que h., .i définit une forme bilinéaire symétrique. Reste à démontrer qu’elle est
définie positive. Soit A ∈ Mn (R) et notons (bi,j ) =t AA. Alors
n
X
bi,i = a2k,i ≥ 0
k=1
Ainsi,
n X
n
X
tr t AA = a2k,i ≥ 0
i=1 k=1
On a bien affaire à une forme positive. De plus, si hA, Ai = 0, alors pour tout i = 1, . . . , n et tout
k = 1, . . . , n, on a ak,i = 0, et donc A = 0 : la forme est définie.
2. On va appliquer l’inégalité de Cauchy-Schwarz. Pour A, B symétriques, on a en effet
hA, Bi = tr(AB)
et donc
(tr(AB))2 ≤ tr A2 tr B 2
Exercice 9.2 Démontrer que les formules suivantes définissent des produits scalaires sur l’espace vectoriel
associé
R1
1. hf, gi = f (0)g(0) + 0 f 0 (t)g 0 (t)dt sur E = C 1 ([0, 1], R);
Z b
2. hf, gi = f (t)g(t)w(t)dt sur E = C([a, b], R) où w ∈ E satisfait w > 0 sur ]a, b[.
a
Solution Dans les deux exemples, la difficulté est de démontrer qu’on a affaire à une forme définie.
1. Sihf, f i = 0, alors on a à la fois (f (0))2 = 0, donc f (0) = 0, et
Z 1
2
f 0 (t) dt = 0.
0
Or, (f 0 )2est continue et positive sur [0, 1]. Puisque son intégrale est nulle, c’est que f 0 est nulle sur
[0, 1]. On en déduit que f est constante sur [0, 1], puis, comme f (0) = 0, que f est identiquement nulle
sur [0, 1].
2. Si f ∈ E est tel que hf, f i = 0, le même raisonnement donne que f 2 w = 0 sur [a, b], donc, puisque w
ne s’annule pas sur ]a, b[, que f = 0 sur ]a, b[. Par continuité, on en déduit que f = 0 sur [a, b] et donc
que f ≡ 0. La forme est bien définie positive.
Exercice 9.3 Soient E un espace préhilbertien réel, a ∈ E un vecteur unitaire et k ∈ R. On définit φ : E×E → R
MP1- AGADIR-2022/2023 9.2 Orthogonalité
par
φ(x, y) = hx, yi + khx, aihy, ai
Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur k pour que φ soit un produit scalaire.
Solution φ définit clairement une forme bilinéaire symétrique. Reste à trouver une condition nécessaire et
suffisante sur k pour qu’elle soit définie positive. On commence par calculer φ(a, a) = kak2 + kkak4 = 1 + k
puisque a est un vecteur unitaire. Pour que ceci soit strictement positif, il est nécessaire que 1 + k > 0. La
condition k > −1 est donc nécessaire pour que φ soit un produit scalaire. Réciproquement, on suppose que
k > −1 et on va prouver que φ définit bien un produit scalaire. Pour cela, on distingue deux cas. D’une part,
si k ≥ 0, alors pour tout x ∈ E, x 6= 0, on a
φ(x, x) ≥ kxk2 > 0
D’autre part, si k ∈] − 1, 0[, alors k = −α avec α ∈]0, 1[. On a alors, pour x ∈ E\{0},
φ(x, x) = kxk2 − αhx, ai2
Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz, et puisque a est un vecteur unitaire,
hx, ai2 ≤ kxk2
et donc
φ(x, x) ≥ (1 − α)kxk2 > 0
Dans tous les cas, on a prouvé que φ est définie positive, donc qu’il s’agit d’un produit scalaire sur E.
Exercice 9.4 Soit E = C([0, 1]) l’ensemble des fonctions continues de [0, 1] dans R, et soit a = (an ) une suite
de [0, 1]. On pose, pour f, g ∈ E,
+∞
X 1
φ(f, g) = f (an ) g (an )
2n
n=0
Donner une condition nécessaire et suffisante sur a pour que φ définisse un produit scalaire sur E.
Solution Remarquons d’abord que φ est bien définie. En effet, les fonctions f et g étant continues sur le
segment [0, 1], elles y sont bornées par une constante M > 0, et donc on a
1 M2
f (an ) g (an ) ≤
2n 2n
et la série qui définit φ(f, g) converge absolument. De plus, il est très facile de vérifier que φ est une forme
bilinéaire, symétrique et positive. On doit donc trouver une condition nécessaire et suffisante sur a pour que ce
soit une forme définie. D’abord, si a est dense dans [0, 1], alors φ est définie. En effet, si
+∞ 2
X f (an )
φ(f, f ) = =0
2n
n=0
alors on a
∀n ≥ 0, f 2 (an ) = 0 =⇒ f (an ) = 0
Si a est dense dans [0, 1], ceci entraine que f = 0 et donc que φ est définie. Réciproquement, on suppose que
a n’est pas dense dans [0, 1], et on prouve que φ n’est pas définie. Mais si a n’est pas dense dans R, on peut
trouver un intervalle I ⊂ [0, 1], non réduit à un point, et qui ne comprend aucun terme de la suite (an ) . Soit
alors f ∈ E une fonction (continue) nulle sur [0, 1]\I et valant 1 au milieu de I (pensez à une fonction f dont
la courbe représentative est une dent). Alors, f (an ) = 0 pour tout entier n puisque an n’est jamais élément de
I, et donc φ(f, f ) = 0, alors que f 6= 0.
131
MP1- AGADIR-2022/2023 9.2 Orthogonalité
9.2 Orthogonalité
Exercice 9.5 Soient E un espace préhilbertien réel de dimension finie et (v1 , . . . , vn ) une base de E. Montrer
que, pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , il existe un unique vecteur v ∈ E tel que (v | vi ) = xi pour tout i ∈ [[1, n]].
Solution Soient E un espace préhilbertien réel de dimension finie et (v1 , . . . , vn ) une base de E. Montrer que,
pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , il existe un unique vecteur v ∈ E tel que (v | vi ) = xi pour tout i ∈ [[1, n]]
Soit f : E −→ Rn . On observe que f est linéaire. Monx 7−→ ((x | v1 ) , . . . , (x | vn )) trons qu’elle est
injective. Soit x ∈ E tel que f (x) = 0. Comme (v1 , . . . , vn ) est une base, il existe (a1 , . . . , an ) ∈ Rn tel que
X n X n
x= ai vi , donc (x | x) = ai (x | vi ) Comme f (x) = 0, on a (x | vi ) = 0 pour tout i, donc (x | x) = 0,
i=1 i=1
c’est-à-dire x = 0. Comme f est injective et dim E = dim Rn = n, on conclut que f est bijective. En
conséquence, pour tout (x1 , . . . , xn ) ∈ Rn , il existe un unique v ∈ E tel que f (v) = (x1 , . . . , xn ) c’est-à-dire
pour tout i ∈ [[1, n]] , (v | vi ) = xi .
Exercice 9.6 Soit E un espace vectoriel euclidien et x, y deux éléments de E. Montrer que x et y sont
orthogonaux si et seulement si kx + λyk ≥ kxk pour tout λ ∈ R.
Solution Remarquons que, puisque tout est positif, l’inégalité est équivalente à kx + λyk2 ≥ kxk2 . Or,
kx + λyk2 = kxk2 + 2λhx, yi + λ2 kyk2
et donc l’inégalité est équivalente à
2λhx, yi + λ2 kyk2 ≥ 0
Supposons d’abord que x est orthogonal à y, et donc que hx, yi = 0. Alors l’inégalité précédente est bien
vérifiée pour tout λ ∈ R.
Réciproquement, supposons que, pour tout λ ∈ R,
2λhx, yi + λ2 kyk2 ≥ 0
Le discriminant de ce polynôme (en λ ) du second degré doit donc être négatif ou nul, ce qui signifie que
4hx, yi2 ≤ 0. Ceci n’est possible que si hx, yi = 0, c’est-à-dire si x et y sont orthogonaux.
Exercice 9.7 Soit E un espace préhilbertien, et A et B deux parties de E. Démontrer les relations suivantes :
1. . A ⊂ B =⇒ B ⊥ ⊂ A⊥ .
2. . (A ∪ B)⊥ = A⊥ ∩ B ⊥ .
3. . A⊥ = vect(A)⊥ ;
4. . vect(A) ⊂ A⊥⊥ .
5. . On suppose de plus que E est de dimension finie. Démontrer que vect (A) = A⊥⊥ .
Solution
1. . Soit y ∈ B ⊥ . Alors, pour tout x ∈ A, on a x ∈ B et donc hx, yi = 0, ce qui prouve que y ∈ A⊥
2. . On commence par prendre x ∈ (A ∪ B)⊥ , et prouvons que x ∈ A⊥ . En effet, si y ∈ A, on a y ∈ A ∪ B,
et donc hx, yi = 0. Ceci montre la première inclusion. Réciproquement, si x ∈ A⊥ ∩ B ⊥ , prenons
y ∈ (A ∪ B). Alors si y ∈ A, on a bien hx, yi = 0 puisque x ∈ A⊥ , et le cas où y ∈ B se résoud de la
même façon.
3. D’après la première question, puisque A ⊂ vect(A), on a
vect(A)⊥ ⊂ A⊥
Réciproquement, si y ∈ A⊥ , prenons x ∈ vect(A). Alors on peut trouver des éléments a1 , . . . , aη de A
132
MP1- AGADIR-2022/2023 9.2 Orthogonalité
133
MP1- AGADIR-2022/2023 9.2 Orthogonalité
Z 1
que (g, h) = 0, ce qui donne xg 2 (x) = 0. Or, la fonction x 7→ xg 2 (x) est positive et continue sur [0, 1].
0
Puisque son intégrale est nulle, c’est qu’il s’agit de la fonction identiquement nulle. Ainsi, pour tout x > 0 , on
a g(x) = 0. Maintenant, g est continue, et donc on obtient que g est identiquement nulle. Ainsi, F ⊥ = {0}.
D’autre part, si F admettait un supplémentaire orthogonal, on aurait F ⊕ F ⊥ = E. lci, F ⊕ F ⊥ = F 6= E.
Donc F n’admet pas de supplémentaire orthogonal!
Exercice 9.10 On pose E = C([−1, 1], R). On pose, pour f et g dans E,
Z 1
hf, gi = f (t)g(t)dt
−1
1. Montrer que l’on définit ainsi un produit scalaire sur E.
2. On pose F = {f ∈ E | ∀x ∈ [0, 1], f (x) = 0}. Déterminer F ⊥ .
3. Déterminer F + F ⊥ .
4. Déterminer l’orthogonal de l’ensemble des fonctions polynomiales.
Solution
1. Il est évident que h., .i est une forme bilinéaire symétrique, et on a, pour tout f ∈ E
Z 1
hf, gi = f (t)2 dt > 0, donc h., .i est positive. Enfin, si hf, f i = 0, alors f 2 est une fonction continue
−1
positive sur [−1, 1] d’intégrale nulle, donc c’est la fonction nulle, d’où f = 0. On conclut que h., .i est
un produit scalaire sur E.
2. Posons G = {f ∈ E | ∀x ∈ [−1, 0], f (x) = 0}. On remarque que si f ∈ F et g ∈ G, alors le produit
f g est nul donc hf, gi = 0, d’où G ⊂ F ⊥ . Soit g ∈/ G, quitte à changer g en −g, il existe a ∈ [−1, 0] tel
que g(a) > 0. Comme g est continue, il existe un intervalle [b, c] ⊂ [−1, 0] tel que b < c et g > 0 sur
[b, c]. On définit alors f ∈ E continue affine par morceaux par
b+c b+c b+c
∀x ∈ [−1, 1]\[b, c], f (x) = 0, f = 1, f affine sur b, et sur ,c
2 2 2
On observe que f ∈ F et que le produit f g est nul sur [−1, 1]\[b, c] et strictement positif sur ]b, c[, donc
hf, gi > 0, d’où g ∈ / F ⊥ . Finalement, on a montré que F ⊥ = G.
3. Soit f ∈ E telle que f (0) = 0. On construit deux fonctions g et h en posant
∀x ∈ [−1, 0], g(x) = f (x), h(x) = 0
∀x ∈ [0, 1], g(x) = 0, h(x) = f (x)
Les fonctions g et h sont continues sur [−1, 1] car f est continue et f (0) = 0, donc g ∈ F et h ∈ G = F ⊥
Inversement si f ∈ F et g ∈ F ⊥ , alors f (0) = 0 et g(0) = 0 donc (f + g)(0) = 0 Il en résulte que
F + F ⊥ = {f ∈ E | f (0) = 0}. On observe que F + F ⊥ 6= E ce qui n’est pas en contradiction avec le
cours car F est de dimension infinie.
4. Soit P l’ensemble des fonctions polynomiales, et f ∈ P ⊥ . Par théorème de Weierstrass, il existe une suite
(Pn ) de fonctions polynomiales qui converge uniformément vers f sur [−1, 1]. Or
Pn f − f 2 ∞
6 kf k∞ kPn − f k∞
Z 1
donc Pn (x)f (x) − f (x)2 dx 6 2kf k∞ kPn − f k∞ −→ 0
−1 n→+∞
R1 R1
Or −1 Pn (x)f (x)dx = 0, d’où en faisant tendre n vers l’infini, on obtient que −1 f (x)2 dx = 0 d’où
f = 0 par continuité de f. On en déduit que P ⊥ = {0}
Exercice 9.11 Soit E un espace euclidien.
1. Soit (v1 , . . . , vp ) une famille de vecteurs de E. On note G (v1 , . . . , vp ) la matrice carrée d’ordre p de terme
134
MP1- AGADIR-2022/2023 9.3 Familles normales
général (vi | vj ) . Montrer que : − si (v1 , . . . , vp ) est liée, alors det G (v1 , . . . , vp ) = 0 - si (v1 , . . . , vp )
est libre, alors det G (v1 , . . . , vp ) > 0
2. On suppose que la famille s (v1 , . . . , vp ) est libre et on pose F = Vect (v1 , . . . , vp ) Montrer que, pour tout
det G (v1 , . . . , vp , x)
x ∈ E, on a d(x, F ) =
det G (v1 , . . . , vp )
Solution
p
X
1. On suppose (v1 , . . . , vp ) liée. Il existe un p-uplet (a1 , . . . , ap ) ∈ Rp non nul tel que aj vj = 0.
j=1
p
X
En faisant le produit scalaire par vi , on obtient que, pour tout i ∈ [[1, p]] , aj (vi | vj ) = 0, ce
j=1
p
X
qui signifie que les colonnes Cj de la matrice de Gram vérifient la relation de liaison aj Cj = 0,
j=1
donc que son déterminant est nul. - On suppose (v1 , . . . , vp ) libre et on note F le sous-espace (de
dimension p ) engendré par ces vecteurs. Soient v10 , . . . , vp0 une base orthonormale de F et P = (pij )
X p
2
la matrice de passage de la base v à v. On a pour tout (i, j) ∈ [[1, p]] , vi =
0 pki vk0 . Comme v 0
k=1
p
X
est orthonormale, on en déduit que (vi | vj ) = pki pkj , donc G (v1 , . . . , vp ) = t P P. Par conséquent
k=1
det G (v1 , . . . , vp ) = (det P )2 > 0 car P est inversible.
2. Soit x ∈ E et soit p(x) le projeté orthogonal de x sur F. Comme (v1 , . . . , vp ) est une base de F ,
Xp
il existe (a1 , . . . , ap ) ∈ Rp tel que p(x) = ai vi . Soient (Cj )16j6p+1 les colonnes de la matrice
i=1
p
X
M = G (v1 , . . . , vp , x) . On effectue l’opération élémentaire Cp+1 ← Cp+1 − aj Cj . Pour i ∈ [[1, p]],
j=1
le nouveau coefficient de la ligne i de Cp+1 est égal à :
p
X
(x | vi ) − aj (vj | vi ) = (x − p(x) | vi ) = 0
j=1
Démontrer que E est de dimension n et que (e1 , . . . , en ) est une base orthonormale de E.
135
MP1- AGADIR-2022/2023 9.3 Familles normales
Solution On va prouver que la famille est libre et génératrice. D’une part, si on applique l’égalité avec ej , on
obtient :
X
1=1+ hek , ej i2
k6=j
Ainsi, pour tout k 6= j, on a hek , ej i = 0, et la famille est orthogonale. Ainsi, c’est une famille libre. De plus,
elle est génératrice. Prenons en effet x ∈ E, et posons
Xn
y= hx, ek i ek
k=1
On va prouver que x = y. Pour cela, on remarque que, puisque la famille est orthogonale, on a hx, ek i = hy, ek i .
Or,
Xn
kx − yk2 = hx − y, ek i2 = 0
k=1
Donc x = y. (e1 , . . . , en ) est donc une base orthonormale de E, qui est de dimension n (ceci n’était pas
précisé au début de l’énoncé). Une autre façon de prouver que la famille est génératrice est de considérer F le
sous-espace de E engendré par (e1 , . . . , en ) . Il s’agit d’un sous-espace de dimension finie de E. On peut donc
considérer p la projection orthogonale sur F . Pour tout x ∈ E, d’après le théorème de Pythagore, on a
kxk2 = kp(x)k2 + kx − p(x)k2
Or,
n
X n
X
p(x) = hx, ei i ei =⇒ kp(x)k2 = hx, ei i2 = kxk2
i=1 i=1
On en déduit que kx − p(x)k = 0, ou encore que p(x) = x, ou encore que x ∈ F , ce qui achève la preuve de
F = E.
Exercice 9.13 Soient E un espace préhilbertien réel et (ei )16i6n une famille de vecteurs non nuls de E telle
Xn
que : ∀x ∈ E, hek , xi2 = kxk2
k=1
1. Montrer que la famille (ei )16i6n est génératrice, puis que :
n
X
∀x ∈ E, hek , xi ek = x
k=1
2. On suppose E euclidien de dimension n. Montrer que (ei )16i6n est une base orthonormale de E.
3. Montrer que la conclusion précédente est fausse si E n’est pas de dimension n.
Solution
1. On pose F = Vect (e1 , . . . , en ) . Comme F est un sous-espace de dimension finie de E, on a E = F ⊕F ⊥ .
Si x ∈ F ⊥ , alors ∀k ∈ [[1, n]] , hek , xi = 0 donc kxk2 = 0, d’où x = 0. On en déduit que F = E, donc
E est de dimension finie, et la famille (e1 , . . . , en ) engendre E. Notons u l’endomorphisme de E défini
par
Xn
∀x ∈ E , u(x) = x − hek , xi ek
k=1
n
X
On remarque que ∀(x, y) ∈ E 2 , hu(x), yi = hx, yi − hek , xi hek , yi = hx, u(y)i donc u est autoad-
k=1
n
X 2
joint. Par ailleurs, hu(x), xi = kxk2 − hek , xi = 0, ce qui entraîne que u∗ = −u. Il en résulte que
k=1
136
MP1- AGADIR-2022/2023 9.3 Familles normales
La famille (e1 , e2 , e3 ) est liée dans E, donc a fortiori n’est pas orthogonale.
Exercice 9.14 Soit f une fonction continue sur [0, 1], non nulle à valeurs réelles positives. Pour P et Q
Z 1
polynômes donnés, on pose Φ(P, Q) = f (t)P (t)Q(t)dt
0
1. Montrer que Φ est un produit scalaire sur R[X].
2. Montrer qu’il existe une base orthonormale (Pn )n∈N pour Φ telle que, pour tout entier naturel n
deg (Pn ) = n
3. Soit (Pn )n∈N une telle base. Montrer que chaque polynôme Pn , n ∈ N∗ , a n racines réelles simples.
Solution
1. L’existence, la bilinéarité, la symétrie et la positivité sont immédiates. Soit P ∈ R[X].
Z 1
Φ(P, P ) = 0 ⇒ f (t)P 2 (t)dt = 0
0
⇒ ∀t ∈ [0, 1], f (t)P 2 (t) = 0 (fonction continue positive d’intégrale nulle)
Maintenant, la fonction f est continue, positive sur [0, 1] et n’est pas nulle. Donc la fonction f est
strictement positive sur un intervalle ouvert non vide inclus dans le segment [0, 1]. Par suite, le polynôme
P a une infinité de racines et finalement P = 0. L’application Φ est un produit scalaire sur R[X].
2. L’orthonormalisée de la base canonique de R[X] répond à la question.
3. Soit n un entier naturel non nul. Le polynôme Pn ∈ (P0 , . . . , Pn−1 )⊥ = (Rn−1 [X])⊥ . Soit p le nombre
de racines réelles d’ ordre impair du polynôme Pn . Soient a1 , . . . , ap ces racines (deux à deux distinctes,
réelles et d’ordre impair) dans le cas où p > 1. Si p > 1, on pose Q = (X − a1 ) . . . (X − ap ) et si p = 0,
on pose Q = 1. Si p < n, le polynôme Q est orthogonal à Pn car de degré strictement plus petit que le
de gré de Pn . D’autre part, au vu de la définition de Q, la fonction t 7→ f (t)Pn (t)Q(t) est continue sur
[0, 1], de signe constant sur [0, 1], d(intégrale nulle sur [0, 1]. La fonction t 7→ f (t)Pn (t)Q(t) est donc
nulle. On en déduit que le polynôme Pn est le polynôme nul ce qui n’est pas. Donc p = n ce qui signifie
que le polynôme Pn a n racines réelles simples.
Exercice 9.15 On considère l’espace vectoriel préhilbertien réel E = R[X], et l’application ϕ : E × E → R
donnée par : Z 1
ϕ(P, Q) = P (t)Q(t)dt
−1
137
MP1- AGADIR-2022/2023 9.3 Familles normales
Solution
1. Vérifions que ϕ est bien un produit scalaire : - ϕ est symétrique :
Z 1 Z 1
ϕ(P, Q) = P (t)Q(t)dt = Q(t)P (t)dt = ϕ(Q, P )
−1 −1
- ϕ est linéaire à gauche (donc bilinéaire par symétrie) :
∀P1 , P2 , Q ∈ E et λ, µ ∈ R :
Z 1 Z 1
ϕ (λP1 + µP2 , Q) = (λP1 + µP2 ) (t)Q(t)dt = (λP1 (t)Q(t) + µP2 (t)Q(t)) dt
−1 −1
Z 1 Z 1
=λ P1 (t)Q(t)dt + µ P2 (t)Q(t)dt = λϕ (P1 , Q) + µϕ (P2 , Q)
−1 −1
- ϕ est définie: Z 1
ϕ(P, P ) = P 2 (t)dt > 0
−1
- ϕ est positive :
Z 1
ϕ(P, P ) = 0 =⇒ P 2 (t)dt = 0
−1
=⇒ ∀t ∈ [−1, 1], P 2 (t) = 0 car t 7→ P 2 (t) est continue et positive sur [−1, 1]
Toutes les conditions sont vérifiées et en conclusion: ϕ définit un produit scalaire sur E.
2. On commence tout d’abord par construire une famille orthogonale (Q0 , Q1 , Q2 , Q3 ), avec :
Q0 = 1
Q1 = X + αQ0
Q2 = X 2 + β1 Q1 + β0 Q0
Q3 = X 3 + γ2 Q2 + γ1 Q1 + γ0 Q0
Il reste à déterminer les coefficients α, β0 , β1 , γ0 , γ1 , γ2 ∈ R, à l’aide des produits scalaires :
0 = (Q0 | Q1 ) = (Q0 | X) + α (Q0 | Q0 )
Ce qui donne:
Z 1
t dt
(Q0 | X)
α=− = − −1 = 0, ( intégrale d’une fonction impaire entre − 1 et 1.)
(Q0 | Q0 ) (Q0 | Q0 )
D’où Q1 = X. Ensuite :
0 = (Q2 | Q0 ) = X 2 | Q0 + β1 (Q1 | Q0 ) +β0 (Q0 | Q0 )
| {z }
=0
2
0 = (Q2 | Q1 ) = X | Q1 + β1 (Q1 | Q1 ) + β0 (Q0 | Q1 )
| {z }
=0
Ce qui donne:
Z 1 Z 1
2
t dt t3 dt
X 2 | Q0 X 2 | Q1
1
β0 = − = − Z−11 =− et β1 = − = − −1 =0
(Q0 | Q0 ) 3 (Q1 | Q1 ) (Q1 | Q1 )
dt
−1
138
MP1- AGADIR-2022/2023 9.4 Projections orthogonales
D’où Q2 = X 2 − 31 . Enfin :
0 = (Q3 | Q0 ) = X 3 | Q0 + γ2 (Q2 | Q0 ) +γ1 (Q1 | Q0 ) +γ0 (Q0 | Q0 )
| {z } | {z }
=0 =0
3
0 = (Q3 | Q1 ) = X | Q1 + γ2 (Q2 | Q1 ) +γ1 (Q1 | Q1 ) + γ0 (Q0 | Q1 )
| {z } | {z }
=0 =0
3
0 = (Q3 | Q2 ) = X | Q2 + γ2 (Q2 | Q2 ) + γ1 (Q1 | Q2 ) +γ0 (Q0 | Q2 )
| {z } | {z }
=0 =0
Ce qui donne: Z 1
t4 dt
X 3 | Q1
3
γ2 = γ0 = 0 et γ1 = − = − Z−1
1 =−
(Q1 | Q1 ) 5
t2 dt
−1
Q0 Q1 Q2 Q3
D’où Q3 = X 3 − 53 X. On en déduit une base orthonormale (P0 , P1 , P2 , P3 ) = kQ0 k , kQ1 k , kQ2 k , kQ3 k ,
avec (Q0 | Q0 ) = 2, (Q1 | Q1 ) =
et :3,
2
Z 1
2 2 2 2 8
t4 − 1/3t2 dt = −
(Q2 | Q2 ) = Q2 | X − 1/3Q0 = Q2 | X = =
−1 5 9 45
Z 1
2 6 8
(Q3 | Q3 ) = Q3 | X 3 − 3/5Q1 = Q3 | X 3
t6 − 3/5t4 dt = −
= =
−1 7 25 175
L’orthonormalisée de Schmidt de la famille est la famille :
1, X, X 2 , X 3
r r r !
1 3 3 5 2 1 5 7 3 3
(P0 , P1 , P2 , P3 ) = √ , X, X − , X − X
2 2 2 2 3 2 2 5
139
MP1- AGADIR-2022/2023 9.4 Projections orthogonales
puis
∀λ ∈ R, λhy, xi + λ2 hy, yi > 0
140
MP1- AGADIR-2022/2023 9.4 Projections orthogonales
Calculer Z 1
f (t)2 + f 0 (t)2 dt
inf
f ∈Eα,β 0
Solution
1. Vérification sans peine.
2. Soit (f, g) ∈ V × W . On a
Z 1 1
f (t)g 00 (t) + f 0 (t)g 0 (t)dt = f (t)g 0 (t) 0 = 0
hf, gi =
0
et les espaces V et W sont donc en somme directe. Soit f ∈ E. Posons
f (1) − f (0) ch(1)
λ = f (0) et µ =
sh(1)
On a f = g + h avec h = λ ch +µ sh ∈ W et g = f − h ∈ V par construction. Les espaces V et W
sont donc supplémentaires orthogonaux et l’on peut introduire la projection orthogonale p sur W . Par
ce qui précède
f (1) − f (0) ch(1)
p(f ) = f (0) ch + sh
sh(1)
3. Soit g la fonction de Eα,β définie par
β − α ch(1)
g = α ch +
sh
sh(1)
Les fonctions de Eα,β sont alors de la forme f = g + h avec h parcourant V et par orthogonalité de g et
h Z 1
f (t)2 + f 0 (t)2 dt = kf k2 = kgk2 + khk2
0
On en déduit
a2 + b2 ch(1) − 2ab
Z 1
2 0 2 2
inf f (t) + f (t) dt = kgk =
f ∈Eα,β 0 sh(1)
Exercice 9.20 On définit une application ϕ : R[X] × R[X] → R par
Z +∞
ϕ(P, Q) = P (t)Q(t)e−t dt
0
1. Montrer que ϕ définit un produit scalaire sur R[X].
2. Calculer ϕ (X p , X q ).
3. Déterminer Z +∞ 2
inf e−t t2 − (at + b) dt
(a,b)∈R2 0
Solution Z +∞
1. symétrie, bilinéarité et positivité : ok Si ϕ(P, P ) = 0 alors P 2 (t)e−t dt = 0 donc (fonction
0
continue positive d’intégrale nulle)
∀t ∈ R+ , P (t) = 0
141
MP1- AGADIR-2022/2023 9.5 Familles totales-Bases hilbertiennes
Solution Pour N ≥ 1, notons pN la projection orthogonale sur l’espace vectoriel vect (e1 , . . . , eN ) . Alors
puisque la famille (en )n≥1 est totale, on sait que kx − pN (x)k → 0 lorsque N → +∞. Mais par le théorème
de Pythagore,
XN
kxk2 = kx − pN (x)k2 + kpN (x)k2 = kx − pN (x)k2 + hx, en i2
n=1
142
MP1- AGADIR-2022/2023 9.6 Polynômes orthogonaux
ex dn −x n
Pour n ∈ N, soit Ln la fonction x 7→ (e x ) définie sur R+ .
n! dxn
1. Justifier que E contient les fonctions polynomiales et que Ln est une fonction polynomiale de degré n
dont on indiquera le coefficient dominant et le terme constant.
2. Montrer que (Ln )n∈N est une famille orthonormale de E.
3. Soit n ∈ N∗ . Montrer qu’il existe (an , bn , cn ) ∈ R3 tels que : XLn = an Ln+1 + bn Ln + cn Ln−1 .
Déterminer an .
4. Pour a ∈ R, soit fa : x 7→ e−ax . A quelle condition a-t-on fa ∈ E ? Cette condition étant supposée
+∞
X
réalisée, calculer hfa , Ln i2 − hfa , fa i. Que peuton en conclure?
n=0
Solution
1. Si P ∈ R[X], alors lim x2 P (x)2 e−x = 0, donc x 7→ P 2 (x)e−x est intégrable sur R+ . En utilisant la
x→+∞
formule de Leibniz, on obtient :
n n
!
ex X n X n!
Ln (x) = (−1)k e−x n(n − 1) · · · (k + 1)xk = (−1)k 2 (n − k)!
xk
n! k (k!)
k=0 k=0
On en déduit que Ln est une fonction polynomiale de degré n, de coefficient dominant (−1)n /n! et de
terme constant égal à 1 .
1 +∞ p dn
Z
2. On remarque que pour p 6 n, hLn , X p i = e−x xn dx. Posons pour k et j entiers
x n
Z +∞ n! 0 dx
dk
naturels tels que j 6 k 6 n, Ik,j = xj k e−x xn dx.
0 dx
k−1 +∞
d
En intégrant par parties, on obtient pour j > 1, Ik,j = −x n
(e x ) x j − jIk−1,j−1 . Le crochet
dxk−1 0
a pour limite 0 en +∞ et est nul en 0 car il reste une puissance de x quand on dérive k − 1 fois e−x xn .
On en déduit que Z +∞ n−p
d −x n
Ik,j = −jIk−1,j−1 , donc par récurrence, In,p = (−1) p!In−p,0 = (−1) p!
p p dx Si
e x
0 dxn−p
p < n, alors In,p = 0 car la dérivée (n − p − 1)ème de e−x xn s’annule en 0 et tend vers 0 en +∞. Si
Z +∞
p = n, alors In,n = (−1) n!Jn , où Jn =
n e−x xn dx.
0 Z +∞
+∞
En intégrant par parties, on obtient Jn = [−e x ]0 +n
−x n e−x xn−1 dx = nJn−1 . On en déduit par
0
récurrence Jn = n!J0 = n!, d’où In,n = (−1)n (n!)2 . Cela entraîne que pour tout p < n, hLn , X p i = 0,
donc par linéarité, Ln est orthogonal à Rn−1 [X], et en particulier à Lp pour tout p < n. Comme le
(−1)n (−1)n (−1)n
coefficient dominant de Ln est , on a hLn , Ln i = hLn , X n i = In,n = 1. On a bien
n! n! (n!)2
montré que (Ln )n∈N est une famille orthonormale de E
3. Comme XLn est de degré n + 1 et que (Lk )06k6n+1 est une base orthonormale de Rn+1 [X], on a
n+1
X
XLn = hXLn , Lk i Lk . On remarque que hXLn , Lk i = hLn , XLk i donc si k 6 n − 2, alors
k=0
XLk ∈ Rn−1 [X] d’où hXLn , Lk i = 0. En remplaçant, on obtient :
XLn = an Ln+1 + bn Ln + cn Ln
avec an = hXLn , Ln+1 i , bn = hXLn , Ln i et cn = hXLn , Ln−1 i . Comme le coefficient dominant de
Ln est égal à (−1)n /n!, le polynôme n!XLn + (n + 1)!Ln+1 est de degré inférieur ou égal à n, donc
son produit scalaire par Ln+1 est nul, d’où n!an + (n + 1)! = 0, d’où an = −(n + 1)
4. La fonction fa appartient à E si et seulement si x 7→ e−(2a+1)x est intégrable sur R+ , c’est-à-dire
143
MP1- AGADIR-2022/2023 9.6 Polynômes orthogonaux
Z +∞
1
a > −1/2 On a d’une part hfa , fa i = e−(2a+1)x dx = et d’autre part :
0 2a +1
Z +∞
dn
e−ax n xn e−x dx
n! hfa , Ln i =
0 dx
+∞
Z +∞
dn−1 dn−1
= e−ax n−1 xn e−x e−ax n−1 xn e−x dx
+a
dx 0 0 dx
en intégrant par parties. Le premier crochet est nul. En poursuivant les intégrations par parties, de la
même façon qu’à la question 2), on obtient :
Z +∞
n! hfa , Ln i = an
e−ax xn e−x dx
0
Après le changement de variables t = (a + 1)x, on aboutit à :
Z +∞
an
tn e−t dt
(a + 1)n+1 0
Cette dernière intégrale a été calculée plus haut et vaut n!, d’où
an
hfa , Ln i =
(a + 1)n+1
On en déduit que
+∞ ∞ 2n
X 2 1 X a 1
hfa , Ln i − hfa , fa i = 2
−
(a + 1) a+1 2a + 1
n=0 n=0
1 1 1
= − =0
(a + 1)2 a2 2a + 1
1−
(a + 1)2
Par conséquent, d (fa , Rn [X]) −→ 0, autrement dit fa appartient à l’adhérence de R[X] dans E muni
n→∞
de la norme préhilbertienne étudiée.
Exercice 9.24 On désigne par I =]a, b[ un intervalle de R - éventuellement, a = −∞ ou b = +∞, et par p
Z b
une fonction continue strictement positive, p :]a, b [→ R , telle que, pour tout n ∈ N, tn p(t)dt converge. On
a
note µ la mesure sur I admettant p pour densité par rapport à la mesure de Lebesgue et H = L2 (µ).H est donc
l’ensemble des (classes de) fonctions de I dans R telles que :
Z b
2
kf k2 := |f (t)|2 p(t)dt < +∞
a
H est muni du produit scalaire
Z b
< f, g >= f (t)g(t)p(t)dt
a
144
MP1- AGADIR-2022/2023 9.6 Polynômes orthogonaux
D’autre part, d’après le théorème de Weierstrass, il existe un polynôme P tel que kg −P k∞ ≤ ε. Utilisant
l’inégalité triangulaire et le fait que kg − P k2 ≤ kg − P k∞ , on obtient que
kf − P k2 ≤ 2ε
ce qui prouve la densité des polynômes dans L2 ([0, 1]).
3. Puisque Pn+2 et XPn+1 sont tous deux unitaires de degré n + 2, Pn+2 − XPn+1 est un polynôme de
degré n + 1. On peut donc écrire :
n−1
X
Pn+2 − XPn+1 = λn Pn+1 + µn Pn + β i Pi
i=0
On calcule alors le produit scalaire de Pn+2 − XPn+1 avec Pi , pour i ≤ n − 1. On a :
< Pn+2 , Pi >= 0
d’après les relations d’orthogonalité sur la suite. D’autre part, il est clair d’après la définition que
< xf, g >=< f, xg >. On a donc:
< XPn+1 , Pi >=< Pn+1 , XPi >= 0
car XPi est de degré inférieur ou égal à n. De l’autre côté de l’inégalité, on trouve exactement βi kPi k22 ,
ce qui entraîne que βi = 0. Pour obtenir le signe de µn , on calcule le produit scalaire avec Pn , et on
trouve :
< XPn+1 , Pn >
µn = −
kPn k2
En outre, hXPn+1 , Pn i =< Pn+1 , XPn > et XPn = Pn+1 + Qn , où le degré de Qn est inférieur ou
égal à n. On obtient donc :
kPn+1 k2
µn = −
kPn k2
145
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
µn est négatif.
4. . C’est très classique, mais difficile la première fois! Supposons que Pn n’admet pas n racines simples
dans ]a, b [. On note α1 , . . . , αp les racines de multiplicité impaire de Pn dans ]a, b[, avec nécessairement
p < n. On note 2mi + 1 leur multiplicité respective. Pn se factorise en
Pn (X) = (X − α1 )2m1 +1 . . . (X − αp )2mp +1 R(X)
Où le polynôme R garde un signe constant sur ]a, b[. On a donc :
Pn Q(X) = (X − α1 )2m1 +2 . . . (X − αp )2mp +2 R(X)
et cette fonction garde un signe constant sur ]a, b[. Il en est de même de la fonction continue Pn Qp(x).
Comme cette fonction continue n’est pas identiquement nulle sur ]a, b[, on en déduit que
< Pn , Q >6= 0
Mais Q est un polynôme de degré inférieur strict à n, et ceci contredit le fait que Pn est orthogonal à tous
ces polynômes.
Puisque 1 ∈/ Sp A, Up → 0.
2. Par l’absurde si Ap converge vers B alors pour tout X ∈ Mn,1 (R), Ap+1 X = AAp X donne à la
limite BX = ABX. Or 1 ∈ / Sp A donc BX = 0 et puisque ceci vaut pour tout X, B = 0. Or
√
kA k = n 9 0. Absurde. La suite (Ap )p∈N est divergente.
p
Exercice 9.26
1. Si A est une matrice antisymétrique réelle, que peut-on dire des valeurs propres complexes de A ?
2. Soit
ϕ : A ∈ An (R) 7→ (In − A) (In + A)−1
146
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
Solution
1. Soit λ une valeur propre complexe de A et X ∈ Mn,1 (C) une colonne propre associée. D’une part
t X̄AX = λt X̄X, d’autre part t X̄AX = t AXX = −λ̄t X̄X. Puisque t X̄X ∈ R∗ , on obtient λ̄ = −λ
+
donc λ ∈ iR.
2. Pour tout A ∈ An (R), Ω = ϕ(A) est bien définie car −1 ∈ / Sp A. t ΩΩ = (In − A)−1 (In + A) (In − A) (In + A)−1
or In + A et In − A commutent donc t ΩΩ = In . De plus, si ΩX = −X
alors (In − A) X = − (In + A) X (car In − A et (In + A)−1 commutent ) et donc X = 0. Ainsi
l’application ϕ : An (R) → {Ω ∈ On (R) | −1 ∈ / Sp(Ω)} est bien définie. Si ϕ(A) = ϕ(B) alors
(In − A) (In + B) = (In + A) (In − B). En développant et en simplifiant on obtient A = B et donc
/ Sp(Ω) Posons A = (Ω + In )−1 (In − Ω)
l’application ϕ est injective. Enfin soit Ω ∈ On (R) tel que −1 ∈
qui est bien définie car −1 ∈ / Sp Ω. On a
−1
t
A = In − Ω−1 Ω−1 + In = (Ω − In ) Ω−1 Ω (In + Ω)−1 = (Ω − In ) (In + Ω)−1 = −A
2. Établir
∀x ∈ E, f (−x) = −f (x)
3. Établir que
∀x, y ∈ E, (f (x) | f (y)) = (x | y)
avec kf (x)k = kxk, kf (−x)k = k − xk = kxk et kf (x) − f (−x)k = kx − (−x)k = 2kxk donc
kf (x) + f (−x)k2 = 0
puis f (−x) = −f (x).
147
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
3. Par polarisation
1
kf (x) + f (y)k2 + kf (x) − f (y)k2
(f (x) | f (y)) =
4
Or kf (x) − f (y)k = kx − yk et kf (x) + f (y)k = kf (x) − f (−y)k = kx − (−y)k = kx + yk donc
1
kx + yk2 + kx − yk2 = (x | y)
(f (x) | f (y)) =
4
4. Par conservation du produit scalaire, on peut affirmer que la famille (f (e1 ) , . . . , f (en )) est une base
orthonormée de E. Par suite, pour tout x ∈ E
Xn n
X
f (x) = (f (ek ) | f (x)) f (ek ) = (ek | x) f (ek )
k=1 k=1
5. L’expression ci-dessus assure la linéarité de f et puisqu’on sait déjà que f conserve le produit scalaire,
on peut affirmer que f est un automorphisme orthogonal.
Exercice 9.29 Dans un espace euclidien E, soit f ∈ L(E). Montrer que deux des trois propriétés suivantes
entraînent la troisième :
1. f est une isométrie vectorielle;
2. f 2 = −Id;
3. f (x) est orthogonal à x pour tout x.
Solution Supposons (1) et (2).
Pour x ∈ E, on a
(f (x) | x) = − f (x) | f 2 (x) = −(x | f (x))
et donc
(f (x) | x) = 0
Or
(f (x + y) | x + y) = (f (x) | y) + (f (y) | x) = 0
donc
f 2 (x) + x | f (y) = 0
148
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
Montrer
N −1
1 X k 1
uN (y) − y
u (x) = x1 +
N N
k=0
b b a
149
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
2. En déduire que toute rotation f peut s’écrire comme produit de deux symétries axiales.
Solution
1. (u | v) = (f (u) | f (v)) = (u | −v) = −(u | v) = 0 donc v ⊥ u et f est une symétrie d’axe D.
2. Soit g une symétrie d’axe D0 orthogonal à D et h = g ◦ f . h est une rotation et
h(u) = (g ◦ f )(u) = g(u) = −u
Donc h est une symétrie d’axe orthogonal à D. Enfin,
f = g −1 ◦ h = g ◦ h
Exercice 9.33 Soit E un espace euclidien de dimension 3, r dans SO(E) et s une symétrie orthogonale.
Caractériser l’application s ◦ r ◦ s
Solution r est une rotation, définissons D son axe (droite vectorielle orientée par un vecteur unitaire u ) et θ
son angle. Dans une base orthonormée directe (u, v, w) de E, la matrice de r est
1 0 0
0 cos θ − sin θ
0 sin θ cos θ
Pour x ∈ E
(s ◦ r ◦ s)(s(x)) = s(r(x))
Dans la base orthonormée (s(u), s(v), s(w)) de E, un calcul direct donne que la matrice de s ◦ r ◦ s est
1 0 0
0 cos θ − sin θ
0 sin θ cos θ
Si det s = 1, la famille (s(u), s(v), s(w)) est directe et s ◦ r ◦ s est la rotation d’axe dirigé et orienté par s(u)
et d’angle θ. Si det s = −1, la famille (s(u), s(v), s(w)) est indirecte et s ◦ r ◦ s est la rotation d’axe dirigé et
orienté par s(u) et d’angle −θ.
Exercice 9.34
1. Trouver les matrices de On (R) diagonalisables sur R.
2. Montrer qu’une matrice de On (R) est diagonalisable sur C.
Solution
1. Les valeurs propres d’une matrice U de On (R) ne peuvent être que 1 et −1. Si celle-ci est diagonalisable
alors X 2 − 1 = (X − 1)(X + 1) l’annule et donc elle vérifie U 2 = In . Les matrices de On (R)
diagonalisables sur R sont les matrices des symétries orthogonales.
2. Soit U ∈ On (R). La matrice U est semblable sur R à une matrice diagonale par blocs de blocs diagonaux
!
cos θ − sin θ
(1), (−1) ou
sin θ cos θ
Or cette dernière est diagonalisable sur C semblable à
!
eiθ 0
0 e −iθ
150
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
3. Montrer que les colonnes X et Y ont alors même norme et sont orthogonales. Quelle est la nature de
l’endomorphisme induit par la matrice A sur l’espace Vect(X, Y )?
Solution
1. Soit λ une valeur propre complexe de A et Z un vecteur propre associé. On a AZ = λZ et AZ̄ = λ̄Z̄
donc
t
(ĀZ̄)AZ = |λ|2t Z̄Z
On a aussi
t
(ĀZ̄)AZ = t Z̄ t ĀAZ = t Z̄Z
t
ZZ = e2iθt ZZ
Or e2iθ 6= 1 (car λ non réelle) donc t ZZ = 0 puis
t
XX = t Y Y et t XY = 0
Quitte à multiplier les colonnes X et Y par un même scalaire unitaire, on peut affirmer que la
famille (X, Y ) est une base orthonormée du plan Vect(X, Y ). En orientant ce plan par cette base,
l’endomorphisme induit apparaît comme étant une rotation d’angle θ.
Ainsi
f ◦ g est symétrique ⇐⇒ f ◦ g = g ◦ f
151
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
Solution
1. En décomposant x et y on observe
(p(x) | y) = (p(x) | p(y)) = (x | p(y))
2. Pour x, y ∈ E,
((p(q(p(x))) | y) = ((q(p(x)) | p(y)) = . . . = (x | p(q(p(x))))
152
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
et donc A = 0
Exercice 9.41 Soit A une matrice réelle carrée d’ordre n.
1. Montrer que
χt AA = χAt A
et la dimension des espaces propres correspondent à la multiplicité des racines respectives de χt AA.
Puisqu’on a la même affirmation pour At A, on peut affirmer que t AA et At A sont semblables car toutes
deux semblables à une même matrice diagonale.
Exercice 9.42 Si M ∈ Sn (R) vérifie M p = In avec p ∈ N∗ , que vaut M 2 ?
Solution M est diagonalisable et ses valeurs propres sont racines de X p − 1, elles ne peuvent donc qu’être 1
ou −1. Par suite M 2 = In .
Exercice 9.43 Montrer que le rang de A ∈ Mn (R) est égal au nombre de valeurs propres non nulles (comptées
avec leur ordre de multiplicité) de t AA.
Solution Par comparaison de noyau, il est facile d’obtenir : rg A = rgt AA. La matrice t AA étant symétrique
réelle, elle est diagonalisable et donc son rang est égal au nombre de ses valeurs propres non nulles comptées
avec multiplicité.
Exercice 9.44 Soit A ∈ Mn (R). Montrer que les matrices t AA et At A sont orthogonalement semblable i.e.
∃P ∈ On (R), t Ω t AA Ω = At A
Solution Puisqu’il est connu que χAB = χBA , les matrices t AA et At A possèdent le même polynôme
153
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
caractéristique. Ces deux matrices ont donc les mêmes valeurs propres et ces dernières ont même multiplicité.
Puisque ces matrices sont symétriques réelles, elles sont toutes deux orthogonalement diagonalisables et donc
orthogonalement semblables à une même matrice diagonale ce qui permet de conclure.
Exercice 9.45
1. Soit M ∈ Mn (R) telle que M + t M soit nilpotente. Montrer que M est antisymétrique.
2. Montrer que tout matrice antisymétrique réelle est de rang pair.
3. Montrer que le déterminant d’une matrice antisymétrique réelle est positif ou nul.
Solution
1. A = M + t M est diagonalisable car symétrique et ses valeurs propres sont nulles car racines de X n .
On en déduit que A est semblable à la matrice nulle et donc égale à la matrice nulle. Ainsi M est
antisymétrique.
2. Soit A ∈ Mn (R) antisymétrique. Si A est inversible alors det A 6= 0 et la relation t A = −A donne
det A = (−1)n det A et donc n est pair. Si A n’est pas inversible, en considérant une base orthonormée
de Rn adaptée à ! ker A, on peut écrire A = t P A0 P avec P ∈ On (R) et A0 antisymétrique de la forme
0 0
A0 = avec A00 antisymétrique inversible. Puisque rg A = rg A0 = rg A00 , A est de rang
0 A00
pair.
3. Soit A une matrice antisymétrique réelle. Le déterminant de A est le produit des valeurs propres complexes
de A comptées avec multiplicité. Puisque la matrice A est réelle, ses valeurs propres complexes non
réelles sont deux à deux conjuguées et forment donc un produit positif. Il reste à étudier les valeurs
propres réelles de A. Soient λ une valeur propre réelle de A et X est une colonne propre associée. D’une
part
t
XAX = λt XX
D’autre part
t
XAX = −t (AX)X = −λt XX
En déduire que la matrice A dans une base orthonormée d’un endomorphisme antisymétrique est elle-
même antisymétrique.
3. Soient A une matrice antisymétrique réelle, λ une valeur propre complexe de la matrice A et X un vecteur
propre associé. En étudiant t X̄AX, établir que λ ∈ iR.
Solution
1. Si λ est valeur propre de u de vecteur propre x 6= 0 alors la relation (u(x) | x) = 0 donne λkxk2 = 0
qui entraîne λ = 0 Seule 0 peut être valeur propre de u. Par suite un endomorphisme antisymétrique est
diagonalisable si, et seulement si, il est nul.
154
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
D’autre part
t
X̄AX = −t X̄ t ĀX = −t AXX = −λ̄t X̄X
1. L’espace solution est Sn (R). En effet, les espaces Sn (R) et An (R) sont orthogonaux car pour
(A, B) ∈ Sn (R) × An (R) on a (A | B) = tr t AB = tr(AB) = tr(BA)
et
(A | B) = (B | A) = tr t BA = − tr(BA)
donc(A | B) = 0 Les espaces étant orthogonaux, ils sont donc en somme directe. Puisque de plus on
peut écrire n’importe quelle matrice M ∈ Mn (R) sous la forme M = A + B avec
M + tM M − tM
A= ∈ Sn (R) et B = ∈ An (R)
2 2
les espaces Sn (R) et An (R) sont supplémentaires orthogonaux et donc chacun est l’orthogonale de
l’autre. car ces espaces sont évidemment orthogonaux et supplémentaires.
155
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
2. On a
t
exp(xB) exp(xB) = exp t (xB) exp(xB) = exp(−xB) exp(xB)
et
tr(A) = λ1 + · · · + λn
La propriété tr(AU ) ≤ tr A entraîne λi ≥ 0 pour tout i. La matrice A est alors symétrique positive.
4. Supposons A ∈ Sn+ (R). On peut écrire A = t P DP avec D = diag (λ1 , . . . , λn ) λi ≥ 0 et P ∈ On (R).
Pour tout U ∈ On (R), tr(AU ) = tr(DV ) avec V = (vi,j ) = t P U P ∈ On (R) On a alors
Xn Xn
tr(DV ) = λi vi,i ≤ λi = tr(A)
i=1 i=1
car vi,i ≤ 1
5. L’application réelle f : V → tr(M V ) est continue sur le compact On (R), elle y admet donc un maximum
en un certain U ∈ On (R). On a alors pour tout V ∈ On (R)
tr(M V ) ≤ tr(M U )
Posons alors A = M U. Pour tout W ∈ On (R)
tr(AW ) ≤ tr A
donc A ∈ Sn+ (R) et ainsi M = AU −1 avec A ∈ Sn+ (R) et U −1 ∈ On (R)
Exercice 9.49 Soient A ∈ Sn (R) avec Sp A ⊂ R+ et B ∈ Mn (R). On suppose
AB + BA = 0
Montrer AB = BA = 0,
Solution Cas A diagonale : On écrit A = diag (λ1 , . . . , λn ) avec λ1 , . . . , λn ∈ R+ .On a
AB + BA = ((λi + λj ) bi,j )1≤i,j≤n
et donc
∀1 ≤ i, j ≤ n, (λi + λj ) bi,j = 0
Si λi 6= 0 alors λi + λj > 0 et donc bi,j = 0 puis λi bi,j = 0 Sinon, on a encore λi bi,j = 0 Ainsi AB = 0
puis aussi BA = 0 Cas général : Par le théorème spectral, on peut écrire A = P DP −1 avec D diagonale à
coefficients diagonaux positifs et P ∈ On (R). La relation AB + BA = 0 donne alors DM + M D = 0 avec
M = P −1 BP . Comme au dessus, on obtient DM = 0 puis
AB = P DP −1 P M P −1 = 0
Exercice 9.50 : Décomposition de Cartan
On note Sn++ (R) le sous-ensemble de Sn (R) constitué des matrices de valeurs propres strictement positives.
156
MP1- AGADIR-2022/2023 9.7 Espace euclidien
et
t
X t AAX = λt XX = λkXk2
Ainsi
kAXk2
λ= >0
kXk2
car A est inversible.
2. Par le théorème spectral, il existe P ∈ On (R) tel que t P t AAP = diag (λ1 , . . . , λn ) avec λi > 0 La
matrice p p
S = t P diag λ1 , . . . , λn P
car λ > 0. Or √
ker S + λIn = {0}
157
MP1- AGADIR-2022/2023 9.8 Adjoint d’un endomorphisme
4. Démontrer que l’application A 7→ exp A est une bijection de Sn (R) dans Sn++ .
Solution
1. Comme t A = −A, on a t (exp A) exp A = exp t A exp A = exp(−A) exp A. Comme A et −A
commutent, on en déduit que t (exp A) exp A = exp(−A + A) = In d’où exp A ∈ On (R). De plus,
det(exp A) = etr A , or tr A = 0, d’où det(exp A) = 1 d’où A ∈ SOn (R).
2. Par le théorème spectral, il existe P ∈ On (R) et des réels λ1 , . . . , λn tels que
P −1 AP = D = diag (λ1 , . . . , λn )
Or exp P −1 AP = P −1 (exp A)P , d’où P −1 (exp A)P = diag eλ1 , . . . , eλn . Or eλk > 0 pour tout
k, donc la matrice exp A est diagonalisable en base orthonormale à valeurs propres strictement positives,
d’où exp A ∈ Sn++ .
3. On raisonne sur les endomorphismes en procédant comme pour la racine carrée dans S + (E) (voir exer-
cice 9.41 page 271) : - Soient u autoadjoint et λ un réel. Alors Ker (u − λ IdE ) = Ker exp u − eλ IdE .
- Soient u et v autoadjoints tels que exp u = exp v. Pour toute valeur propre λ de u, on a :
Ker (u − λ IdE ) = Ker exp u − eλ IdE = Ker exp v − eλ IdE = Ker (u − λ IdE )
donc u et v coïncident sur chaque espace propre de u. Comme u est diagonalisable, on en déduit que
u = v.
4. D’après les deux questions précédentes, l’ application exponentielle est injective de Sn (R) à valeurs dans
Sn++ Si B ∈ Sn++ , il existe P ∈ On (R) et λ1 , . . . , λn strictement positifs tels que
P −1 BP = diag (λ1 , . . . , λn )
On pose alors A = P diag (ln λ1 , . . . , ln λn ) P −1 et on vérifie facilement que A ∈ Sn (R) et exp A = B.
Solution Il existe un unique endomorphisme v de E tel que v (ei ) = fi pour tout i ∈ [[1, n]]. Comme ces deux
bases sont orthonormales, v est orthogonal. Posons
X
S= (u (ei ) | fj )2
16i,j6n
X X
On a S = 2
(u (ei ) | v (ej )) = ((v ∗ ◦ u) (ei ) | ej )2 . Notons M = (mi,j )16i,j6n la matrice de
16i,j6n 16i,j6n
◦ u dans la base (e1 , . . . , en ). Pour tout couple (i, j) ∈ [[1, n]]2 , on a mj,i = ((v ∗ ◦ u) (ei ) | ej ), donc
v∗
m2j,i = tr t M M = tr ((v ∗ ◦ u)∗ ◦ v ∗ ◦ u) = tr (u∗ ◦ v ◦ v ∗ ◦ u) = tr (u∗ ◦ u)
X
S=
16i,j6n
car v ◦ v ∗ = IdE . Cela montre que la somme S ne dépend que de u.
Exercice 9.54 Soit u ∈ L(E) tel que u3 = IdE , u 6= IdE et u ◦ u∗ = u∗ ◦ u.
1. Montrer que u est orthogonal.
2. Décrire u sidim E = 3.
Solution
1. Comme u3 = IdE , on obtient en prenant l’adjoint (u∗ )3 = IdE . L’endomorphisme u∗ ◦ u est autoadjoint
et (u∗ ◦ u)3 = (u∗ )3 ◦ u3 = IdE . En se plaçant dans une base de vecteurs propres de u∗ ◦ u, on en déduit
que pour toute valeur propre λ de u∗ ◦ u, on a λ3 = 1 d ’ où λ = 1, donc u∗ ◦ u = IdE , c’est-à-dire que
158
MP1- AGADIR-2022/2023 9.8 Adjoint d’un endomorphisme
u est orthogonal.
2. On a (det u)3 = det u3 = 1, d’où det u = 1, donc u est une rotation. Comme u3 = IdE , son angle est
égal à ± 2π3
Exercice 9.55 Soit f ∈ L(E) telle que ∀x ∈ E, kf (x)k > kf ∗ (x)k. Montrer que f ◦ f ∗ = f ∗ ◦ f , puis que
∀x ∈ E, kf (x)k = kf ∗ (x)k.
Solution Considèrons l’endomorphisme g = f ∗ ◦ f − f ◦ f ∗ . On remarque d’une part que g ∗ = g, et d’autre
part que pour tout x, (g(x) | x) = kf (x)k2 − kf ∗ (x)k2 > 0, donc g est autoadjoint positif, ce qui entraîne
que ses valeurs propres sont positives. Or tr (f ∗ ◦ f ) = tr (f ◦ f ∗ ), d’où tr g = 0, donc la somme des valeurs
propres de g est nulle, donc elles sont toutes nulles. Comme g est diagonalisable, il en résulte que g = 0, d’où
(g(x) | x) = 0 pour tout x ∈ E, c’est-à-dire kf (x)k = kf ∗ (x)k.
Exercice 9.56 Soit A = {u ∈ L(E) | u ◦ u∗ ◦ u = u} Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) u ∈ A.
(ii) u ◦ u∗ est un projecteur orthogonal.
(iii) u∗ ◦ u est un projecteur orthogonal.
(iv) (Ker u)⊥ = {x ∈ E | ku(x)k = kxk}.
Solution (i) ⇒ (ii) On a (u ◦ u∗ )2 = u ◦ u∗ ◦ u ◦ u∗ = u ◦ u∗ , donc u ◦ u∗ est un projecteur. D’autre part, u ◦ u∗
est autoadjoint, donc c’est un projecteur orthogonal. (ii) ⇒ (iii) L’endomorphisme v = u∗ ◦ u est autoadjoint
et on a :
v 3 = u∗ ◦ (u ◦ u∗ )2 ◦ u = u∗ ◦ u ◦ u∗ ◦ u = v 2
Les valeurs propres de v vérifient λ3 = λ2 , donc sont égales à 0 ou 1, or v est diagonalisable, donc v 2 = v,
c’est-à-dire que v est aussi un projecteur orthogonal. (iii) ⇒ (iv) On sait que
Ker (u∗ ◦ u) = Ker u et; Im (u∗ ◦ u) = (Ker u)⊥ = Im u∗
Si x ∈ (Ker u)⊥ , alors (u∗ ◦ u) (x) = x d ’où ku(x)k2 = (x | u∗ (u(x))) = kxk2 o Supposons ku(x)k = kxk.
On pose y = kx − u∗ (u(x))k2 . On a :
y = (x | x) − 2 (x | u∗ (u(x))) + (u∗ (u(x)) | u∗ (u(x)))
= −(x | x) + (u∗ ◦ u)2 (x) | x = −(x | x) + ((u∗ (u(x)) | x) = 0
On en déduit que x = u∗ (u(x)), d’où x ∈ Im (u∗ ◦ u) = (Ker u)⊥ . (iv) ⇒ (i) Démontrons que u ◦ u∗ ◦ u et
u coïncident sur Ker u et (Ker u)⊥ . ◦ Si x ∈ Ker u, alors u(x) = 0 et (u ◦ u∗ ◦ u) (x) = 0 Démontrons que
u∗ ◦ u|(Ker u)⊥ = Id . Soit x ∈ (Ker u)⊥ . Par hypothèse, ku(x)k = kxk. Posons de nouveau
y = kx − u∗ (u(x))k2 . En développant, on a :
y = (x | x) − 2(u(x) | u(x)) + (u∗ (u(x)) | u∗ (u(x)))
159
Chapter 10 Intégrales à paramètres
161
MP1- AGADIR-2022/2023 10.1 Intégrales impropres
Solution
1. On a Z x
f 0 (x) = f 0 (0) + f 00 (t)dt
0
donc admet une limite finie ` quand x → +∞. Si ` > 0 alors pour x assez grand f 0 (x) ≥ `/2
f 0 (x)
R +∞
puis f (x) ≥ `x/2 + m ce qui empêche la convergence de 0 f (t)dt. Si ` < 0 on obtient aussi une
absurdité. Il reste donc ` = 0.
2. Puisque la fonction f 0 est continue et converge en +∞, cette fonction est ≤ 1 bornée et donc t 7→ f (t)f 0 (t)
est intégrable sur [0; +∞[
Exercice 10.5
1. Justifier l’existence de Z +∞
sin3 t
I= dt
0 t2
Pour x > 0, on pose
+∞
sin3 t
Z
I(x) = dt
x t2
3
2. On rappelle sin 3a = 3 sin a − 4 sin a. Établir que
3 3x sin t
Z
I(x) = dt
4 x t2
3. En déduire la valeur de I.
Solution
sin3 t
1. f : t 7→ est définie et continue par morceaux sur ]0; +∞[. Quand t → 0, f (t) → 0 et quand
t2
t → +∞, f (t) = O 1/t2 . On en déduit que f est intégrable sur I ce qui assure l’existence de I.
162
MP1- AGADIR-2022/2023 10.1 Intégrales impropres
Exercice 10.6
1. Soit f : [1; +∞[→ R continue. Montrer
Z +∞ Z +∞
f (t)
f (t)dt converge =⇒ dt converge.
1 1 t
2. Soit f : [0; +∞[→ R continue et α > 0. Montrer
Z +∞ Z +∞
f (t)
f (t)dt converge =⇒ dt converge.
0 0 1 + tα
Solution
1. Supposons la convergence de l’intégrale de f sur [1; +∞[. Puisque f est continue, on peut introduire
une primitive F de f et celle-ci admet donc une limite finie en +∞. Par intégration par parties
F (t) A
Z A Z A
f (t) F (t)
dt = + dt
1 t t 1 1 t2
Or F (A)/A −→ 0 et t 7→ F (t)/t2 est intégrable sur [1; +∞[ car F est bornée au voisinage de +∞.
A→+∞
On en déduit donc par opérations la convergence de l’intégrale de t 7→ f (t)/t sur [1; +∞[
2. Soit F une primitive de la fonction continue f sur [0; +∞[. Formellement
F (t) +∞
Z +∞ Z +∞
F (t)tα−1
f (t)
dt = + α dt
0 tα + 1 tα + 1 0 0 (tα + 1)2
Z +∞
Supposons la convergence de f (t)dt. La primitive F est alors convergente en +∞ et donc dans
0
l’intégration par parties précédente, le crochet est convergent en +∞ De plus, la fonction F est bornée
car continue sur [0; +∞[ et convergente en +∞. Par suite, quand t → +∞
F (t)tα−1
1
= O
(tα + 1)2 tα+1
et puisque α > 0, on a la convergence de la deuxième intégrale dans la formule d’intégration par parties
Z +∞
f (t)
précédente. Par le théorème d’intégration par parties, on peut affirmer que dt converge.
1 + tα
0
Exercice 10.7 (Fonction Γ d’Euler) Pour x > 0 on note
Z +∞
Γ(x) = tx−1 e−t dt
0
1. Montrer que cette dernière intégrale est bien définie pour tout x > 0.
2. Justifier
∀x > 1, Γ(x) = (x − 1)Γ(x − 1)
163
MP1- AGADIR-2022/2023 10.2 Convergence dominée
Sachant Z +∞
e−t dt = −e−t = 1
Γ(1) =
0
164
MP1- AGADIR-2022/2023 10.2 Convergence dominée
Solution
n
1. On appelle fn la fonction définie sur [1, +∞ [ par fn (x) = e−x . On étudie la convergence simple de
cette suite de fonctions : (
0 si x > 1
lim fn (x) = f (x) =
n→+∞ 1/e si x = 1
La suite de fonctions (fn ) converge simplement sur [1, +∞[ vers f , fonction continue par morceaux sur
[1, +∞[. De plus, pour tout x > 1 et pour tout n > 1, on a xn > x et 0 6 fn (x) 6 e−x . Donc, pour tout
x ∈ [1, +∞[ et pour tout n ∈ N∗ , |fn (x)| 6 e−x . Comme la fonction x 7→ e−xZ est continue et intégrable
+∞
sur [1, +∞[, le théorème de convergence dominée implique limn→+∞ In = f (t)dt = 0
1
2. D’après ce qui vient d’être montré, la fonction fn est continue et intégrable sur [1, +∞ [. L’application
ϕ : u 7→ u1/n est une bijection de [1, +∞[sur[1, +∞[, de classe C 1 , donc
e−u e−u
Z +∞ Z +∞
1 −u 1/n−1 1
In = e u du = u1/n du On pose pour u > 1, gn (u) = u1/n . Puisque
1 n n 1 u u
e−u
u1/n = e(ln u)/n , on a, pour tout u > 1, lim gn (u) = . De plus, pour tout u > 1 et tout n ∈ N∗ , on
n→+∞ u
−u
a |gn (u)| 6 u e u = e−u et u 7→ e−u est intégrable sur [1, +∞[. Le théorème de convergence dominée
Z +∞ Z +∞ −u
e
entraîne lim gn (u)du = du. Cette dernière intégrale est non nulle (intégrale d’une
n→+∞ 1 1 u Z +∞ −u
e
fonction continue, positive, non identiquement nulle sur [1, +∞[), d ’ où In ∼ n 1
du
n→+∞ u
1
Exercice 10.11
2t
1. Montrer que pour tout t ∈ [0, π/2], on a 6 sin t.
π
2. On pose, pour n > 1, ( n
1 − sin nx si x ∈ 0, nπ
2
fn (x) = nπ
0 si x >
2
Z +∞
Déterminer la limite des suites (fn (x)) et fn (x)dx .
0
Solution
1. La fonction sinus est concave sur [0, π/2]. La corde qui passe par les points (0, 0) et (π/2, 1) d’équation
y = π2 x est sous la courbe représentative de sinus (sur [0, π/2]) et pour tout t ∈ [0, π/2], on a sin t > 2t
π
2x
2. Soit x ∈ R et n ∈ N . Si n 6 π alors fn (x) = 0. Si n >
+ ∗ 2x
, on a x/n ∈ [0, π/2[ donc 1−sin(x/n) > 0,
π
d’où x n x
fn (x) = 1 − sin = exp n ln 1 − sin
n n
x
Puisque lim sin = 0, on a lorsque n tend vers +∞,
n→+∞ n
x x x
n ln 1 − sin ∼ −n sin ∼ −n = −x (même si x = 0 ).
n n n
La continuité de la fonction exponentielle sur R entraîne lim fn (x) = e−x = f (x). La suite
n→+∞
(fn ) converge simplement vers une fonction continue f sur R+ . Déterminons une fonction intégrable
2 [, x/n ∈ [0, π/2[ et
sur R+ et indépendante de n qui domine la suite de fonctions (fn ) : ∀x ∈ 0, nπ
165
MP1- AGADIR-2022/2023 10.3 Intégration terme à terme
2x h nπ i
On note alors ϕ(x) = exp − pour x > 0. On a 0 6 fn (x) 6 ϕ(x) si x ∈ 0, d’après ce
π 2
nπ
qu’on vient de montrer, mais également si x > puisqu’alors fn (x) = 0. Ainsi
2
∀x ∈ R+ , ∀n ∈ N∗ , |fn (x)| 6 ϕ(x)
Comme la fonction ϕ est continue et intégrable sur R+ , le théorème de convergence dominée implique
Z +∞ Z nπ/2 Z +∞
x n
lim fn (x)dx = lim 1 − sin dx = e−x dx = 1
n→+∞ 0 n→+∞ 0 n 0
2. Prouver l’égalité
1 +∞
(ln x)2 X (−1)n
Z
dx = 2
0 1 + x2 (2n + 1)3
n=0
3. Existence et calcul de Z 1
ln t
dt
0 1 − t2
Le résultat est à exprimer à l’aide de ζ(2).
Solution
1. Pour tout t > 0, on a
+∞
1 e−t X
= = e−nt
et − 1 1 − e−t
n=1
donc
+∞ +∞
t X
−nt
X
= te = fn (t)
et − 1
n=1 n=1
Les fonctions fn sont continues par morceaux sur ]0; +∞[ et, en vertu de l’étude qui précède, la série
X
fn converge simplement et sa somme est continue par morceaux sur ]0; +∞[ Les fonctions fn sont
intégrables sur ]0; +∞[ et Z +∞ Z +∞
1
|fn (t)| dt = te−nt dt = 2
0 0 n
2. Pour x ∈ [0; 1[, on peut écrire
+∞
1 X
= (−1)n x2n
1 + x2
n=0
166
MP1- AGADIR-2022/2023 10.3 Intégration terme à terme
Par convergence des séries précédentes, la série des fonctions un converge simplement vers la fonction
x 7→ (ln x)2 / 1 + x2 . Les fonctions un et la fonction somme sont continues par morceaux. Chaque
Or
1
−1
Z
t2n ln t dt =
0 (2n + 1)2
Sachant que la série des intégrales des valeurs absolues converge, le théorème d’intégration terme à
terme de Fubini donne
Z 1 +∞
ln t X 1 3ζ(2)
2
dt = − 2
=−
0 1−t (2n + 1)
n=0
4
2n
1
kfn k∞ ≤ =o
n! n2
On peut donc intégrer terme à terme pour obtenir
Z 2π +∞ n Z 2π
2 cos x
X 2
e dx = (cos x)n dx
0 n! 0
n=0
Par intégration par parties (cf. intégrale de Wallis)
Z 2π
n − 1 2π
Z
(cos x)n dx = (cos x)n−2 dx
0 n 0
Sachant Z 2π Z 2π
(cos x)0 dx = 2π et (cos x)1 dx = 0
0 0
167
MP1- AGADIR-2022/2023 10.3 Intégration terme à terme
on obtient Z 2π Z 2π
(2p)!
(cos x) 2p
dx = 2π 2p et (cos x)2p+1 dx = 0
0 2 (p!)2 0
et donc
2π +∞ +∞
22p (2p)!
Z
2 cos x
X X 2π
e dx = 2p 2
2π =
0 (2p)! 2 (p!) (p!)2
p=0 p=0
168
MP1- AGADIR-2022/2023 10.3 Intégration terme à terme
2. Calculer
+∞
X (−1)n
3n + 1
n=0
Solution
1. Pour t ∈]0; 1[, on peut écrire
+∞
ta−1 X
b
= (−1)n ta+nb−1
1+t
n=0
Posons
n
X 1 − (−1)n+1 t(n+1)b
Sn : t 7→ (−1)k ta+kb−1 = ta−1
1 + tb
k=0
Les fonctions Sn sont continues par morceaux et la suite (Sn ) converge simplement sur ]0; 1[ vers la
fonction
ta−1
S : t 7→
1 + tb
elle-même continue par morceaux. De plus
2ta−1
|Sn (t)| ≤ = ϕ(t)
1 + tb
avec ϕ intégrable sur ]0; 1[. Par convergence dominée, on obtient
Z 1 Z 1 a−1
t
Sn (t)dt → dt
0 0 1 + tb
avec convergence de l’intégrale introduite. Or
Z 1 n Z 1 n
X X (−1)k
Sn (t)dt = (−1)k ta+kb−1 =
0 0 a + kb
k=0 k=0
donc
+∞ Z 1 a−1
X (−1)n t
= dt
a + nb 0 1 + tb
n=0
169
MP1- AGADIR-2022/2023 10.3 Intégration terme à terme
Exercice 10.17 Pour tout n ∈ N∗ , on définit la fonction fn sur R par fn (x) = e−nx − 2e−2nx .
X
1. Montrer que fn converge simplement sur R∗+ et déterminer sa somme f .
∗
Z pour tout n ∈ZN , fn est intégrable sur ]0, +∞[ et que f l’est également.
2. Montrer que
+∞ +∞
3. Calculer fn (t)dt et |fn (t)| dt
0 0
Z +∞ +∞ Z +∞
X
4. Comparer f (t)dt et fn (t)dt.
0 n=1 0
5. Que peut-on conclure?
Solution
1. On voit apparaître deux séries géométriques de raisons e−x et e−2x . Pour x > 0, ces raisons sont dans
]0, 1[, et les deux séries convergent. On obtient alors
+∞ +∞ +∞
X X
−nx
X e−x e−2x
fn (x) = e −2 e−2nx = − 2
1 − e−x 1 − e−2x
n=1 n=1 n=1
1 2 (ex + 1) − 2 1
= x − 2x = x x
=
e −1 e −1 (e − 1) (e + 1) 1 + ex
2. La fonction x 7→ e−ax est intégrable sur R+ pour a > 0. Donc fn est intégrable sur R+ si n ∈ N∗ . La
fonction f est continue sur R+ et f (x) ∼ e−x donc f est intégrable sur R+ .
x→+∞
3. Soit n ∈ N∗ . On a d’une part,
−nx A
2e−2nx
Z +∞
e 1 2
fn (t)dt = lim − + = − =0
0 A→+∞ n 2n 0 n 2n
ln 2
d’autre part, on vérifie que fn (x) > 0 si et seulement si x > . Ainsi
n
Z +∞ Z ln 2/n Z +∞
2e−2nx − e−nx dx + e−nx − 2e−2nx dx
|fn (t)| dt =
0 0 ln 2/n
1 −nx ln 2/n 1 −2nx +∞
= e − e−2nx 0 + e − e−nx ln 2/n
n n
2 − ln 2 −2 ln 2
1
= e −e =
n 2n
+∞
X Z +∞
4. On déduit de la question précédente que fn (t)dt = 0. Par ailleurs, on a pour A > 0, on a
n=1 0
A A
e−x
Z Z Z +∞
dx −x A
où
x
= −x
dx = − ln 1 + e 0
, d f (x)dx = ln 2
0 1+e 0 1+e 0
5. Cela montre d’une part que le théorème d’intégration terme à terme ne doit pas s’appliquer ici mais
XZ
surtout que l’hypothèse de convergence de |fn (t)| dt ne peut pas être remplacée par la convergence
Z I
X
de fn (t)dt.
I
Z 1 +
1
X
Exercice 10.18 Prouver l’égalité x−x dx = .
0 nn
n=1
+∞
X (−x ln x)n (−x ln x)n
Solution Pour tout x ∈]0, 1], x−x = exp(−x ln x) = . On note alors fn (x) =
n! n!
n=0
pour n ∈ N et x ∈] 0, 1], fonction qui se prolonge par continuité en 0, par la valeur 0 si n 6= 0 et par la valeur 1
si n = 0. Donc pour tout n ∈ N, fn est intégrable sur ]0, 1]. De plus, fn est positive. On évalue In , l’intégrale
de fn sur ]0, 1] Pour n et p dans N, on définit sur ]0, 1] la fonction fn,p par fn,p (x) = xn (− ln x)p . Elle est
continue sur ]0, 1] et se prolonge par continuité par 0 en 0 lorsque n ∈ N∗ . Si n = 0, la fonction x 7→ (− ln x)p
170
MP1- AGADIR-2022/2023 10.3 Intégration terme à terme
Z 1
est négligeable devant x 7→ x−1/2 lorsque x tend vers 0. Cela justifie l’existence de In,p = xn (− ln x)p dx
0
si n et p sont des entiers naturels. Soient n ∈ N, p ∈ N∗ et ε ∈] 0, 1[. Alors
Z 1 n+1 1 Z 1
n p x p p (− ln x)p−1
x (− ln x) dx = (− ln x) + xn+1 dx
ε n+1 ε n+1 ε x
p
ce qui, donne lorsque ε tend vers 0, In,p = In,p−1 . Une récurrence simple donne alors, pour n ∈ N
n+1
n! n!
In = n
In,0 =
(n + 1) (n + 1)n+1
Z 1 Z 1
1 X 1
Par conséquent fn (t)dt = |fn (t)| dt = n+1
. Puisque la série converge (on
0 0 (n + 1) (n + 1)n+1
1 1 X
a06 n+1
6 si n > 1 ) et que fn converge simplement vers la fonction continue sur
(n + 1) (n + 1)2
]0, 1], x 7→ x−x , on peut appliquer le théorème d’intégration terme à terme, ce qui donne
Z 1 +∞ +∞
−x
X 1 X 1
x dx = n+1
=
0 (n + 1) nn
n=0 n=1
Exercice 10.19 Soit (an )n∈N une suite croissante de réels strictement positifs, de limite infinie. Montrer
Z +∞ X +∞ +∞
X (−1)n
(−1)n e−an x dx =
0 an
n=0 n=0
Z +∞
1
Solution On voit très bien apparaître le théorème d’intégration terme à terme car, si α > 0, e−αt dt = .
X 0 α
On note alors un (x) = (−1) e n −an x pour n ∈ N - la série un est une série de fonctions continues et
X
intégrables sur R (puisque an > 0) - la série numérique
+ un (0) diverge. Pour x > 0, la suite (e−an x )
X
est décroissante vers 0, donc d’après le critère spécial pour les séries alternées, la série numérique un (x)
X
converge. Ainsi un converge simplement sur R∗+ . On note S sa somme. - On doit prouver que S est continue
sur R∗+ . Pour n ∈ N, kun k∞,R∗ = 1 et, si A > 0, kun k∞,[A,+∞[ = e−an A . On n’a donc pas, en général,
+
convergence normale, ni sur R∗+ , ni sur les intervalles [A, +∞ [. On note Rn le reste d’ordre n de la série de
fonctions. On sait que, pour tout x > 0, |Rn (x)| 6 e−an+1 x . Ainsi, pour tout x > 0, on obtient |Rn (x)| 6 1, ce
qui ne donne pas la convergence uniforme sur R∗+ . En revanche, si A > 0, pour tout x > A, |Rn (x)| 6 e−an+1 A
et kRn k∞,[A,+∞[ 6 e−an+1 A , de limite nulle lorsque n tend vers +∞. La série un étant une série de fonctions
P
continues sur R∗+ qui converge uniformément sur tout intervalle [A, +∞[ où A > 0, on en déduit que S est
Z +∞
1
continue sur tout intervalle [A, +∞ [ où A > 0 donc sur R∗+ Pour n ∈ N, |un (x)| dx = et rien
0 an
X 1
indique que converge. Le théorème d’intégration terme à terme ne s’applique pas. Notons alors
an
Xn
Sn (x) = uk (x). On applique les deux méthodes décrites précédemment. - Par le théorème de convergence
k=0
dominée : la suite de fonctions (Sn ) converge simplement vers S sur R∗+ . La fonction S est continue et Sn l’est
également pour tout n ∈ N. D’après le critère spécial pour les séries alternées, on peut majorer |Sn (x)| par
son premier terme, c’est-à-dire, pour tout n ∈ N, pour tout x > 0 |Sn (x)| 6 e−a0 x et x 7→ e−a0 x est intégrable
sur R∗+ . On peut donc appliquer le théorème de convergence dominée à la suite de fonctions (Sn ), si bien que
Z +∞ Z +∞ n Z +∞ +∞
X X (−1)k
S(t)dt = lim Sn (x)dx = lim uk (x)dx =
0 n→+∞ 0 n→+∞ 0 ak
k=0 k=0
- Par majoration du reste : pour n ∈ N, on note Rn = S − Sn . Par différence, la fonction Rn est continue sur
171
MP1- AGADIR-2022/2023 10.3 Intégration terme à terme
R∗+ . Le critère spécial permet de majorer |Rn (x)| par |un+1 (x)|, ce qui donne alors
Z +∞ Z +∞ Z +∞
1
Rn (x)dx 6 |Rn (x)| dx 6 e−an+1 x dx =
0 0 0 a n+1
Z +∞ Z +∞ Z +∞ Z +∞ Z +∞
Puisque S(x)dx− Sn (x)dx = Rn (x)dx, on obtient lim Sn (x)dx = S(x)dx
0 0 0 n→+∞ 0 0
et de nouveau le résultat.
Exercice 10.20
1. Pour p ∈ N et n ∈ N∗ , calculer l’intégrale
n
t p
Z
x−1
In,p (x) = t 1− dt
0 n
2. Justifier alors que pour x > 0,
+∞
nx n!
Z
lim = tx−1 e−t dt
n→+∞ x(x + 1) . . . (x + n) 0
Solution
1. On pourrait être tenté de développer par la formule du binôme, mais cela donnerait l’intégrale sous forme
d’une somme et cela ne semble pas correspondre à ce qui est attendu dans la seconde question. On va
p
donc plutôt intégrer par parties afin de faire apparaitre des produits. La fonction f : t 7→ tx−1 1 − nt
est continue sur ]0, n], et puisque f (t) ∼ tx−1 , la fonction fn est intégrable sur ]0, n] si et seulement
t→0
si x > 0. On se donne alors x > 0 ainsi que ε > 0 avec ε < n (le théorème d’intégration par parties
nécessite d’avoir des fonctions de classe C 1 sur un segment, ce qui n’est pas forcément le cas si x ∈]0, 1]
p
). Alors les deux fonctions t 7→ tx et t 7→ 1 − nt sont de classe C 1 sur [ε, n] et donc
t p
Z n
nx n p εx
x−1 ε p
t 1− dt = 1− − 1−
ε n x n x n
Z n p−1
p t
+ tx 1 − dt
n·x ε n
Puisque toutes les intégrales sont convergentes, on peut faire tendre ε vers 0, ce qui donne la relation de
p
récurrence In,p (x) = nx In,p−1 (x + 1). On applique cette relation plusieurs fois, afin d’ obtenir
p p−1 1
In,p (x) = ··· In,0 (x + p)
nx n(x + 1) x+p−1
Z n
nx+p
avec In,0 (x + p) = tx+p−1 dt = . Finalement, on trouve
0 p+x
p! p!nx
In,p (x) = p nx+p =
n x(x + 1) · · · (x + p) x(x + 1) · · · (x + p)
2. On doit étudier la limite lorsque n tend vers +∞ de
t n
Z n
x−1
In,n (x) = t 1− dt
0 n
On aimerait utiliser le théorème de convergence dominée mais l’intégration ne se fait pas sur un intervalle
fixe. On utilise alors la méthode qui consiste à prolonger chaque fonction par 0 pour avoir un intervalle
commun. Plus précisément, on note fn la fonction définie sur R∗+ par
( n
tx−1 1 − nt si t ∈]0, n]
fn (t) =
0 si t>n
Cette fonction est continue sur ]0, +∞ [ (limite nulle en n ). Soit t > 0. Pour n < t, on a fn (t) = 0,
172
MP1- AGADIR-2022/2023 10.4 Intégrales dépendant d’un paramètre
173
MP1- AGADIR-2022/2023 10.4 Intégrales dépendant d’un paramètre
174
MP1- AGADIR-2022/2023 10.4 Intégrales dépendant d’un paramètre
∂f 1 1
Pour tout t ∈ R∗+ et tout x ∈ R+ , on a (x, t) 6 L’application t 7→ est intégrable sur
∂x 1 + t2 1 + t2
R+ .Le théorème
Z +∞ de dérivation entraîne que F est de classe C sur R et également, pour tout x ∈ R
1 +
1
F 0 (x) = 2 x2 ) (1 + t2 )
dt. Pour tout x ∈ [0, +∞[ et x 6= 1, en utilisant l’identité donnée
0 (1 + t
ainsi que l’intégrabilité sur R+ des fonctions qui apparaissent dans cette identité,
0 1 A π 1−x π 1
F (x) = 2
lim [Arctan t − x Arctan(xt)]0 = 2
=
1 − x A→+∞ 21−x 21+x
π
Par ailleurs, F 0 est continue sur [0, +∞[, donc pour tout x ∈ [0, +∞[, on a F 0 (x) = . Sachant
2(1 + x)
π
que F (0) = 0, on a alors pour tout x ∈ [0, +∞[ F (x) = ln(1 + x). Puisque F est impaire, on a
2
π
F (x) = −F (−x) = − ln(1 − x) lorsque x < 0. Pour tout x ∈ R, on a alors
2
π
F (x) = signe(x) ln(1 + |x|)
2
3. En intégrant par parties, on trouve, si A > 0,
Z A A Z A
(Arctan t)2 (Arctan t)2
Arctan t
2 2
dt = + dt
0 t (1 + t ) t 0 0 t2
Arctan t 2
Z +∞
Lorsque A tend vers +∞, on obtient dt = 2F (1) = π ln 2
0 t
Z x 2 Z 1 −x2 (1+t2 )
Exercice 10.24 Soient f (x) =
2
e−t dt et g(x) =
e
1 + t2
dt
0 0
1. Montrer que f et g sont de classe C 1 sur R+ et déterminer leur dérivée.
2. Montrer que pour tout x > 0, on a f (x) + g(x) = π4 .
Z +∞
2
3. En déduire I = e−t dt.
0
Solution Z x
2 2
1. On pose f = F 2 où F : x 7→ e−t dt est la primitive s’annulant en 0 de x 7→ e−x . La fonction F est
0
de classe C 1 sur R+ .Donc f l’est également, avec pour tout x > 0
Z x
0 0 −x2 2
f (x) = 2F (x)F (x) = 2e e−t dt
0
−x2 (1+t2 )
e
Posons h : (x, t) 7→ pour (x, t) ∈ R+ × [0, 1]. Pour tout x > 0 t 7→ h(x, t) est continue
1 + t2
sur [0, 1] et donc intégrable sur [0, 1]. Pour tout t ∈ [0, 1], x 7→ h(x, t) est de classe C 1 sur R+ avec
∂h 2 2 ∂h
(x, t) = −2xe−(1+t )x Pour (x, t) ∈ R+ × [0, 1], (x, t) 6 1 et t 7→ 1 est continue et intégrable
∂x ∂x
sur [0, 1]. Donc g est de classe C 1 sur R+ ,
Z 1 Z 1
0 −x2 (1+t2 ) −x2 2 2
∀x > 0, (x) = −2x e dt = −2e e−x t xdt
0
Z x 0
2 2
Le changement linéaire u = xt donne ∀x ∈ R+ , g 0 (x) = −2e−x e−u du
0
2. D’après les calculs précédents, f + g est
Z de classe C 1 sur R+ , de dérivée nulle. La fonction f + g est
1
dt π
donc constante. Or f (0) = 0 et g(0) = 2
= Arctan 1 = Pour tout x > 0, f (x) + g(x) = π4
0 1+t 4
2
3. La fonction ϕ : t 7→ e −t est intégrable sur R car ϕ est continue sur R+ et ϕ(t) = o
+ e−t .
t→+∞
175
MP1- AGADIR-2022/2023 10.4 Intégrales dépendant d’un paramètre
176
MP1- AGADIR-2022/2023 10.4 Intégrales dépendant d’un paramètre
Puisque x > 0, εx e−ε tend vers 0 lorsque ε tend vers 0 etZAx e−A vers 0 en +∞ On obtient, lorsque ε
+∞
tend vers 0 et A vers +∞, Γ(x + 1) = xΓ(x) 6) Γ(1) = e−t dt = 1 et Γ(n + 1) = n! se montre
0
Γ(x + 1)
par récurrence, à l’aide de la relation de la question précédente. 7) Pour x > 0, on a Γ(x) = .
x
1
Puisque Γ est continue sur R∗+ et que Γ(1) 6= 0 on a Γ(1 + x) ∼ Γ(1) = 1. Donc Γ(x) ∼ 8)
x→0 x→0 x
La fonction Γ étant convexe, elle admet une limite en +∞. Or Γ(n + 1) = n! pour n entier. Donc
Γ(x) x−1
lim Γ(x) = +∞. Pour x > 1, = Γ(x − 1), de limite +∞ lorsque x tend vers +∞. Donc
x→+∞ x x
Γ(x)
lim = +∞
x→+∞ x
Exercice 10.26 Soit Z +∞ −xt
e
g : x 7→ dt
0 1+t
Montrons que g est solution sur Rd+ de I’équation différentielle.
1
−y 0 + y =
x
e−xt
Solution Considérons f : (x, t) 7→ définie sur ]0; +∞[×[0; +∞[ Pour t ∈ [0; +∞[, la fonction
1+t
x 7→ f (x, t) est fois dérivable sur ]0; +∞[f admet une dérivée partielle
∂f e−xt
(x, t) = −t
∂x 1+t
Pour tout x ∈]0; +∞[, t 7→ f (x, t) est continue par morceaux et intégrable sur [0; +∞[ car
t2 f (x, t) −→ 0
t→+∞
∂f ∂f
De plus ∀x ∈]0; +∞ , t 7→ (x, t) est continue par morceaux. ∀t ∈ 0; +∞ , x 7→ (x, t) est continue.
∂x ∂x
Enfin, pour [a; b] ⊂ [0; +∞[. On a
∂f
∀(x, t) ∈ [a; b] × 0; +∞ , (x, t) ≤ e−at
∂x
avec ϕ : t 7→ e−at continue par morceaux et intégrable sur [0; +∞[. Par domination sur tout segment, la
fonction g est de classe C 1 sur R∗+ et
Z +∞ −xt Z +∞ −xt Z +∞
0 e e 1
−g (x) + g(x) = t dt + dt = e−xt dt =
0 1+t 0 1+t 0 x
On peut aussi constater le résultat plus directement en procédant aux changements de variable u = 1 + t puis
v = ux ce qui ramène l’expression étudiée à une primitive
Z +∞ −v
x e
g(x) = e dv
x v
177
MP1- AGADIR-2022/2023 10.4 Intégrales dépendant d’un paramètre
178
MP1- AGADIR-2022/2023 10.4 Intégrales dépendant d’un paramètre
et aussi s
1− √ 1
arctan x 1+x2
sin = signe(x)
2 2
Exercice 10.28 Pour tout x ∈ R, on pose
+∞
x2
Z
2
F (x) = exp − t + 2 dt
0 t
1. Montrer que F est définie et continue sur R.
2. Montrer que F est de classe C 1 sur ]0; +∞[.
3. Former une équation différentielle vérifiée par F sur ]0; +∞[.
4. En déduire une expression simple de F sur R.
Solution
1. Posons f : R×]0; +∞[→ R définie par
x2
2
f (x, t) = exp − t + 2
t
La fonction f est continue sur R×]0; +∞[ et
2
|f (x, t)| ≤ e−t = ϕ(t)
avec ϕ intégrable sur ]0; +∞[. On peut donc affirmer que F est définie et continue sur R.
2. x 7→ f (x, t) est dérivable et
x2
∂f 2x 2
(x, t) = − 2 exp − t + 2
∂x t t
∂f
La fonction est continue sur R×] 0; +∞[ et pour x ∈ [a; b] ⊂]0; +∞[
∂x
2
∂f 2b a
(x, t) ≤ 2 exp − 2 exp −t2 = ϕa,b (t)
∂x t t
La fonction ϕa,b est intégrable sur ]0; +∞[ (notamment car de limite nulle en 0+ )donc on peut affirmer
que F est de classe C 1 sur ]0; +∞[ et
Z +∞
x2
0 1 2
F (x) = −2x exp − t + 2 dt
0 t2 t
3. Procédons au changement de variable u = x/t (bijection de classe C 1 )
Z +∞ 2
0 x 2
F (x) = −2 exp − +u du = −2F (x)
0 u2
4. On en déduit qu’il existe λ ∈ R vérifiant
∀x > 0, F (x) = λe−2x
Puisque F est paire et continue en 0 , on obtient
∀x ∈ R, F (x) = F (0)e−2|x|
179
Chapter 11 Equations différentielles
Or pour tout t ≥ 0, Z t Z +∞
|A(t)| ≤ |a(u)|du ≤ |a(u)|du
0 0
Il est immédiat que λe−αx → 0 quand x → +∞ car Re α > 0. Étudions maintenant la limite du terme intégral.
Soit ε > 0. Puisque la fonction g tend vers 0 en +∞, il existe A ≥ 0 tel que
∀t ≥ A, |g(t)| ≤ ε
On a alors pour tout x ≥ A
Z x Z A Z x
g(t)eα(t−x) dt = g(t)eα(t−x) dt + g(t)eα(t−x) dt
0 0 A
avec Z x Z x
ε h ix ε
g(t)eα(t−x) dt ≤ εeRe(α)(t−x) dt ≤ eRe(α)(t−x) ≤
A A Re(α) A Re(α)
et Z A Z A
g(t)e α(t−x)
dt = g(t)eαt dt e− Re(α)x = C te e− Re(α)x −→ 0
0 0 x→+∞
181
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
1. Montrer que si y est solution sur R de l’équation (E) alors la fonction t 7→ y(t + T ) l’est aussi.
2. En déduire qu’une solution y de (E) est T -périodique si, et seulement si, y(0) = y(T ).
3. Montrer que l’équation (E) admet une unique solution T -périodique, sauf pour des valeurs exceptionnelles
de α que l’on précisera.
Solution
1. Posons z(t) = y(t + T ). La fonction z est dérivable sur R et
∀t ∈ R, z 0 (t) + αz(t) = y 0 (t + T ) + αy(t + T ) = ϕ(t + T ) = ϕ(t)
La fonction z est donc solution de (E).
2. Si y est T -périodique, on a évidemment y(0) = y(T ). Inversement, si y(0) = y(T ) alors y et z sont
solutions d’un même problème de Cauchy posé en 0. Par unicité de ces solutions, on peut conclure y = z.
3. On peut exprimer la solution générale de l’équation (E)
Z t
y(t) = λ + ϕ(u)e du e−αt
αu
0
L’équation y(0) = y(T ) équivaut alors l’équation
Z T
λ= λ+ ϕ(u)e du e−αT
αu
0
Si 6= 1, cette équation précédente possède une unique solution en l’inconnue λ ce qui détermine y.
eαT
La condition eαT = 1 est uniquement vérifiée pour les valeurs
2ikπ
α= avec k ∈ Z
T
Exercice 11.6 Résoudre sur tout intervalle de R l’équation différentielle
x x2 − 1 y 0 + 2y = x2
Solution Soit I =] − ∞; −1[, ] − 1; 0[, ]0; 1[, ou ]1; +∞[. Sur I, l’équation différentielle devient
2 x
y0 + 2
y= 2
x (x − 1) x −1
x2 (ln |x| + C)
La solution générale sur I est avec C ∈ R. Après recollement en 1,0 et −1 on conclut, pour
x2 − 1
182
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
x2 (ln |x| + C)
tout intervalle I : Si 1, 0, −1 ∈
/ I, y(x) = avec C ∈ R Si 1, −1 ∈ / I et 0 ∈ I,
x2 − 1
2
x ln |x| + C + x2
si x > 0
x2 − 1
y(x) = 0 si x = 0 avec C + , C − ∈ R.
2 − 2
x ln |x| + C x si x < 0
x2 − 1
x2 ln |x|
Si 1 ∈ I ou −1 ∈ I, y(x) = 2 .
x −1
Exercice 11.7 Déterminer les solutions, s’il en existe, du problème de Cauchy suivant :
(tan x)y 0 − y = 0 et y(0) = 0
Solution Soit I =] − π/2; π/2 [ le plus grand intervalle contenant 0 où l’équation différentielle a un sens.
Posons I + =] 0; π/2 [ et I − =] − π/2; 0[. Solution générale sur I + : y(x) = C + sin x. Solution générale sur
I − : y(x) = C − sin x. Cherchons les solutions définies sur I. Analyse : Soit y une solution sur I, s’il en existe.
y est a fortiori solution sur I + et I − donc : ∃C + , C − ∈ R tel que y(x) = C + sin x sur I + et y(x) = C − sin x
sur I − . Comme y doit être continue en 0, lim y(x) = lim y(x) = y(0) = 0. Pas d’informations sur C + ni
x→0+ x→0−
y(x) − y(0) y(x) − y(0)
C − . Comme y doit être dérivable en 0 , lim = C + = y 0 (0) = lim = C − . Donc
x→0+ x x→0− x
C+ = C−
Finalement y(x) = C + sin x sur I entier. Synthèse : y(x) = C sin(x) avec C ∈ R est bien solution sur I. On
aura y(0) = 0 ⇐⇒ C · sin(0) = 0 ce qui est toujours vraie. Il y a ici une infinité de solutions au problème de
Cauchv.
Exercice 11.8
Résoudre l’équation différentielle
e−2t
y 00 + 4y 0 + 4y =
1 + t2
Les fonctions λ(t) = arctan t et µ(t) = − 12 ln 1 + t2 conviennent. Finalement, la solution générale des
183
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
conviennent car Z Z
1 cos t 1 1 + sin t
dt = 2 dt = 2 ln 1 − sin t
cos t 1 − sin t
Finalement, la solution générale de l’équation étudiée est:
1 1 + sin t
y(t) = − cos t ln + λ cos t + µ sin t
2 1 − sin t
π π
sur Ik =] − + kπ; + kπ[.
2 2
Exercice 11.10 Soit f ∈ C ∞ (R, C)2π-périodique. Existe-t-il y ∈ C ∞ (R, C)2π-périodique et solution de
y 00 + y = f ?
Solution Les solutions de l’équation différentielle y 00 + y = f sont de classe C ∞ car f l’est. Par application
de la méthode de variation des constantes, la solution générale de l’équation y 00 + y = f est
Z x
y(x) = λ cos x + µ sin x + f (t) sin(x − t)dt
0
Cette solution est 2π-périodique si, et seulement si,
Z x Z x+2π
f (t) sin(x − t)dt = f (t) sin(x − t)dt
0 0
R x+2π
i.e. x f (t) sin(x − t)dt = 0 pour tout x ∈ R. En développant le sinus et en exploitant la liberté de la
famille (sin, cos) ainsi que la 2π-périodicité de f , cela équivaut à la condition
Z 2π Z 2π
f (t) sin t dt = f (t) cos t dt = 0
0 0
Exercice 11.11 Soit f ∈ C 1 (R+ , R) monotone ayant une limite finie en +∞. Montrer que les solutions de
l’équation y 00 + y = f sont bornées.
Solution Par application de la méthode de variation des constantes, la solution générale de l’équation
y 00 + y = f est Z x
y(x) = λ cos x + µ sin x + f (t) sin(x − t)dt
0
Z x
Pour conclure, il suffit de justifier que x 7→ f (t) sin(x − t)dt est bornée. Par intégration par parties,
0
Z x Z x
f (t) sin(x − t)dt = f (x) − f (0) cos x − f 0 (t) cos(x − t)dt
0 0
184
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
Quitte à passer à l’opposé, on peut supposer f croissante et donc f 0 (t) ≥ 0. Puisque −1 ≤ cos(x − t) ≤ 1
Z x
f (0) − f (x) ≤ f 0 (t) cos(x − t)dt ≤ f (x) − f (0)
0
puis Z x
f (0)(1 − cos x) ≤ f (t) sin(x − t)dt ≤ 2f (x) − f (0)(1 + cos x)
0
Rx
La fonction f étant bornée (car convergente en +∞ ), il en est de même de x 7→ 0 f (t) sin(x − t)dt
Exercice 11.12
1. Résoudre sur R∗+ par variation des constantes l’équation différentielle
y 00 + y = 1/x
2. En déduire une expression de Z +∞
dt
f (x) = e−tx
0 1 + t2
valable pour x > 0.
3. Calculer Z +∞
sin t
dt
0 t
Solution
1. C’est une équation différentielle linéaire d’ordre à 2 à coefficients constants de solution homogène
y = A cos x + B sin x
La méthode de variation des constantes propose une solution particulière de la forme
y(x) = A(x) cos x + B(x) sin x
avec A et B fonctions dérivables solutions du système
(
A0 (x) cos x + B 0 (x) sin x = 0
−A0 (x) sin x + B 0 (x) cos x = 1/x
En faisant cos(x) × (1) − sin(x) × (2), on détermine A0 (x) et B 0 (x) s’obtient de façon analogue
(
A0 (x) = − sin x/x
B 0 (x) = cos x/x
On peut alors proposer
Z +∞ Z +∞
sin t cos t
A(x) = dt et B(x) = − dt
x t x t
où les intégrales introduites ont le bon goût de converger... La solution générale de l’équation différentielle
est alors Z +∞ Z +∞
sin t cos t
y(x) = A cos x + B sin x + cos x dt − sin x dt
x t x t
2. Posons u(x, t) = e−tx / 1 + t2 définie sur R+ × [0; +∞[. x 7→ u(x, t) est continue sur R+ pour chaque
t ∈ [0; +∞[ t 7→ u(x, t) est continue par morceaux sur ]0; +∞ [ pour chaque x ∈ R+ et
1
|u(x, t)| ≤ = ϕ(t)
1 + t2
avec ϕ intégrable sur [0; +∞[. Par domination f est définie et continue sur [0; +∞[ De plus, x 7→ u(x, t)
est deux fois dérivable sur R+ pour chaque t ∈ [0; +∞[ avec
∂u −te−tx ∂ 2 u t2 e−tx
(x, t) = et (x, t) =
∂x 1 + t2 ∂x2 1 + t2
185
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
∂u ∂2u
La dérivée partielle est continue par morceaux et intégrable sur [0; +∞[. La dérivée partielle
∂x ∂x2
est continue en x et continue par morceaux en t. Soit [a; b] ⊂]0; +∞[. On a
t2 e−at
2
∂ u
∀(x, t) ∈ [a; b] × 0; +∞ , (x, t) ≤ ≤ e−at = ϕ(t)
∂x2 1 + t2
avec ϕ intégrable. Par domination sur tout segment, f est de classe C 2 sur ] 0; +∞[ et
Z +∞
00 t2
f (x) = e−tx dt
0 1 + t2
On vérifie alors Z +∞
00 1
f (x) + f (x) = e−tx dt =
0 x
de sorte que f est solution sur R∗+ de l’équation différentielle
1
y 00 + y =
x
Ainsi, il existe A, B ∈ R tels que
Z +∞ Z +∞
sin t cos t
f (x) = A cos x + B sin x + cos x dt − sin x dt
x t x t
On observe Z +∞
1
0 ≤ f (x) ≤ e−tx dt =
0 x
donc par encadrement f −→ 0 ce qui entraîne A = B = 0. Ainsi
+∞
Z +∞ Z +∞
sin t cos t
∀x > 0, f (x) = cos x dt − sin x dt
x t x t
Séparément, on calcule f (0)
Z +∞
dt π
f (0) = 2
= [arctan t]+∞ 0 =
0 1 + t 2
3. Par convergence de l’intégrale, quand x → 0 +
Z +∞ Z +∞
sin t sin t
dt → dt
x t 0 t
De plus Z +∞ Z +∞ Z 1 Z 1
cos t cos t cos t te cos t
dt = dt + dt = C + dt
x t 1 t x t x t
avec Z 1 Z 1
cos t dt
dt ≤ = − ln x
x t x t
donc Z +∞
cos t
sin x dt → 0
x t
Ainsi en passant à la limite en 0 l’expression précédente de f (x), on obtient
Z +∞
sin t π
dt = f (0) =
0 t 2
Exercice 11.13
1. Déterminer les séries entières solutions au voisinage de 0 de l’équation différentielle
y 00 + 2xy 0 + 2y = 0
2. Exprimer parmi celles-ci, celles dont la somme est une fonction paire.
186
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
Solution
1. Analyse : Soit an xn une série entière de rayon de convergence R > 0 et de somme S. La fonction S
P
telle série entière est de rayon de convergence R = +∞ car a2p = O(1/p!) et a2p+1 = O (4p /p!) . De
plus par les calculs ci-dessus elle est solution de l’équation différentielle proposée sur R.
2. Les solutions paires sont obtenue pour a2p+1 = 0. Cela donne
2
∀x ∈ R, S(x) = a0 e−x
Exercice 11.14
1. Montrer qu’il existe une solution h de l’équation
xy 00 + y 0 + y = 0
développable en série entière et vérifiant h(0) = 1.
2. Montrer que h s’annule sur ]0; 2[.
3. Montrer que h ne s’annule qu’une seule fois sur ]0; 2[.
Solution
Solution
1. Par analyse synthèse, on obtient
+∞
X (−1)n n
h(x) = x
(n!)2
n=0
de rayon de convergence R = +∞
2. h(0) = 1 et h est continue sur [0; 2]. Il suffit d’établir h(2) < 0 pour pouvoir conclure. On peut appliquer
le critère spécial des séries alternées à la série
X (−1)n
2n
(n!)2
n≥1
(on commence au rang 1 pour avoir la décroissance). On obtient alors
+∞
X (−1)n n
−2 < 2 < −1
(n!)2
n=1
car la somme peut être encadrée par des sommes partielles consécutives. On en déduit h(2) < 0.
3. La fonction h est dérivable et
+∞
X (−1)n
h0 (x) = xn−1
n!(n − 1)!
n=1
187
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
On peut à nouveau appliquer le critère spécial des séries alternées à cette série pour tout x ∈]0; 2 [ et on
en déduit h0 (x) < 0.
Exercice 11.15 Soient a, b : I → C continues et (f1 , f2 ) un système fondamental de solutions de l’équation
E : y 00 + a(t)y 0 (t) + b(t)y = 0
Former une équation différentielle linéaire d’ordre 1 vérifiée par le wronskien
f1 (t) f2 (t)
w : t 7→
f10 (t) f20 (t)
Le couple (ϕ, ψ) constituant un système fondamental de solutions, on peut exprimer la solution générale
y(t) = (λ ln(t) + µ)et avec λ, µ ∈ R
Exercice 11.16 Trouver les fonctions f : R → R continues telles que
Z x
∀x ∈ R, f (x) = 2 f (t) cos(x − t)dt + 1
0
188
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
189
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
c’est-à-dire
et ψ 0 − et ψ = w(t)
Le couple (ϕ, ψ) constituant un système fondamental de solutions, on peut exprimer la solution générale
y(t) = (λ ln(t) + µ)et avec λ, µ ∈ R.
Exercice 11.18 Soient q une fonction continue, intégrable sur [0; +∞[ et (E) l’équation différentielle
y 00 + q(x)y = 0
1. Si f est une solution bornée de (E) sur [0; +∞ [ , montrer que sa dérivée f 0 admet une limite finie en
+∞. Quelle est la valeur de sa limite?
2. Soient f et g deux solutions bornées. Étudier le wronskien de f et de g
w = f 0g − f g0
En déduire que f et g sont liées. Que peut-on en conclure?
Solution
1. La fonction f est de classe C 2 et
Z x Z x
0 0 00 0
f (x) = f (0) + f (t)dt = f (0) − q(t)f (t)dt.
0 0
Puisque la fonction q est intégrable sur [0; +∞[ et puisque f est bornée, on peut affirmer que la fonction
qf est intégrable sur [0; +∞[. Par suite l’intégrale de l’expression précédente de f 0 (x) converge quand
x → +∞. On en déduit que f 0 converge en +∞. Posons ` sa limite. Si ` > 0 alors il existe A assez
grand tel que pour tout x ≥ A on a f 0 (x) ≥ `/2. On a alors
Z x
`
f (x) = f (A) + f 0 (t)dt ≥ f (A) + (x − A) −→ +∞
A 2 x→+∞
ce qui contredit l’hypothèse f bornée. De même, ` < 0 est absurde et il reste donc ` = 0.
2. En dérivant
w0 = f 00 g + f 0 g 0 − f 0 g 0 − f 00 g = 0
car f et g sont solutions de (E). On en déduit que le wronskien w est constant et puisque les fonctions f
et g sont bornées, leurs dérivées f 0 et g 0 convergent vers 0 en +∞ et donc w −→ 0 Ainsi le wronskien w
+∞
est constant égal à 0 et donc les fonctions f et g sont liées. On en déduit que l’équation différentielle E
possède une solution non bornée.
Exercice 11.19 Soient q une fonction continue sur [a; b] à valeurs réelles et f une solution non nulle sur [a; b]
de l’équation différentielle
(E) : y 00 (x) + q(x)y(x) = 0
190
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
y 00 = 0 puis q(x)y(x) = 0 implique que y est constante égale à 0. Absurde. Si y est négative, le même
raisonnement permet de conclure.
2. Par l’absurde, si f admet une infinité de zéros, on peut construire une suite (xn ) formée de zéros de f deux
à deux distincts. Puisque [a; b] est compact, on peut extraire de cette suite (xn ), une suite convergente
que nous noterons encore (xn ). Soit c la limite de (xn ) . Par continuité, on a f (c) = 0. En appliquant le
théorème de Rolle à f entre xn et xn+1 , on détermine cn compris entre xn et xn+1 tel que f 0 (cn ) = 0. Par
encadrement, cn → c et par continuité f 0 (c) = 0 Le problème de Cauchy linéaire formé par l’équation
(E) et les conditions initiales
y(c) = 0 et y 0 (c) = 0
possède une unique solution qui est la fonction nulle. La fonction f est donc nulle : c’est absurde.
Exercice 11.20 Soit une équation différentielle (E) : y 00 + a(t)y 0 + b(t)y = 0, avec a et b réelles continues sur
l’intervalle I.
1. Montrer qu’ aucune solution non nulle n’a de zéro commun avec sa dérivée.
2. Soit (f, g) une famille libre de solutions de (E). Montrer qu’entre deux zéros de f se trouve un zéro de g.
3. On suppose a = 0 et b 6 0. Montrer que toute solution non nulle s’annule au plus une fois.
4. Soient b1 6 b2 deux fonctions réelles continues sur l’intervalle I, f1 et f2 non nulles vérifiant respec-
tivement f100 + b1 f1 = 0 et f200 + b2 f2 = 0. Montrer qu’entre deux zéros de f1 se trouve un zéro de
f2 .
Solution
1. Soit f une solution de E, et x0 ∈ R. Si f (x0 ) = f 0 (x0 ) = 0, alors f est la fonction nulle d’après le
théorème de Cauchy.
2. Rappelons que si (f, g) est un système libre de solutions de (E), alors leur Wronskien W = f g 0 − f 0 g
ne s’annule pas sur I. (En particulier cela montre que f et g n’ont pas de zéro commun). Comme W est
continue sur I, elle y est de signe constant, et quitte à remplacer f par −f , on peut supposer W > 0.
Soient alors a et b deux zéros de f, avec a < b. Si g ne s’annule pas dans l’intervalle ouvert ]a, b [ , alors
0
f
g est de classe C 1 sur [a, b] et fg = −W g2
< 0 La fonction h = fg est donc strictement décroissante sur
[a, b], ce qui est absurde puisque h(a) = h(b) = 0.
3. Soit f une solution non nulle de (E). La fonction h = f f 0 est de classe C 1 sur I, et h0 = f 02 + f f 00 , et
donc h0 = f 02 − bf 2 > 0; h est donc croissante sur I. Si f admet deux zéros a et b avec a < b, alors h
est constante sur [a, b], et on a h0 (x) = 0 pour tout x ∈ [a, b]. Comme h0 > f 02 , on a aussi f 0 (x) = 0
pour tout x ∈ [a, b], et en particulier f 0 (a) = 0, ce qui contredit le résultat de la question 1 .
4. Soient a et b deux zéros de f1 , avec a < b. Commençons par prouver l’existence de c ∈]a, b] tel que
f1 (c) = 0 et f1 (x) 6= 0 pour tout x ∈] a, c[. Cela revient à démontrer que C = {x ∈]a, b] | f (x) = 0}
possède un plus petit élément. Dans le cas contraire, on construit aisément (par récurrence sur n ∈ N ) une
suite (xn ) strictement décroissante d’éléments de C. Cette suite est minorée, et elle est donc convergente.
Notons ` sa limite. Par continuité, on a f1 (`) = 0. Grâce au théorème de Rolle on peut choisir, pour tout
n ∈ N, un réel yn ∈ [xn+1 , xn ] tel que f10 (yn ) = 0. La suite (yn ) est elle aussi convergente de limite `,
et on a donc f10 (`) = 0, ce qui contredit le résultat de la question 1 . La fonction f1 est de signe constant
sur ]a, c [ , et quitte à remplacer f1 par −f1 , on peut supposer f1 > 0. Si f2 ne s’annule pas dans [a, c],
alors elle est de signe constant, et quitte à remplacer f2 par −f2 on peut supposer f2 > 0. Considérons
alors h = f10 f2 − f1 f20 . Elle est de classe C 1 sur [a, c], et h0 = f100 f2 − f1 f200 = (b2 − b1 ) f1 f2 est positive
sur [a, c].h est donc croissante sur[a, c] et on a h(a) = f10 (a)f2 (a) et h(b) = f10 (b)f2 (b). On sait par
191
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
la question 1, que f10 (a) 6= 0. Si f10 (a) était strictement négatif, alors, par continuité, f10 est strictement
négative sur un intervalle de la forme [a, a + h], avec h > 0, et f1 serait strictement décroissante sur cet
intervalle. On aurait donc f1 (x) < 0 pour tout x ∈] a, a + h], contrairement aux hypothèses. On a donc
f10 (a) > 0 et donc h(a) > 0. Par un argument analogue, on montre que f10 (c) < 0, et donc h(c) < 0, ce
qui est absurde puisque h est croissance. f2 s’annule donc au moins une fois dans l’intervalle [a, c].
Exercice 11.21 Résoudre sur R l’équation
(t + 1)y 00 − (t + 2)y 0 + y = 0
Solution On remarque
0
(t + 1)y 00 − (t + 2)y 0 + y = 0 ⇐⇒ (t + 1) y 0 − y − y 0 − y = 0
Les fonctions y(t) = et et y(t) = t + 2 sont solutions sur R et elles sont indépendantes. Par suite, sur
I =] − ∞; −1[ ou ] − 1; +∞[, la solution générale est
y(t) = λet + µ(t + 2)
car on sait que l’espace des solutions est de dimension 2. Après recollement en −1, la solution générale sur R
est
y(t) = λet + µ(t + 2) avec λ, µ ∈ R
Cela donne
x2 x2
y(x) = λe 2 + µe− 2
3. Soit y une solution sur R de l’équation proposée. Puisque y est solution sur R∗+ et R∗− on peut écrire :
x2 x2 x2 x2
∀x > 0, y(x) = λ1 e 2 + µ1 e− 2 et ∀x < 0, y(x) = λ2 e 2 + µ2 e− 2
192
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
Solution Soit y : R → R une fonction deux fois dérivable. Posons z = y 0 , z est dérivable. y est solution de
l’équation différentielle si, et seulement si, z solution de
1 + x2 z 0 + 2xz = 0
On obtient
C
z(x) =
1 + x2
puis
y(x) = C arctan x + D
2
en introduisant la fonction z(x) = ex y(x).
2
Solution Soit y : R → R une fonction deux fois dérivable. Posons z : x 7→ ex y(x), z est deux fois dérivable.
y est solution de l’équation différentielle si, et seulement si, z solution de z 00 + z = 0 On obtient
z(x) = C1 cos x + C2 sin x
et on en déduit
2
y(x) = (C1 cos x + C2 sin x) e−x
en posant z = x2 y.
Solution Soit y : R∗+ → R une fonction deux fois dérivable, et z : R∗+ → R la fonction définie par
z(x) = x2 y(x).z est deux fois dérivable. z 0 (x) = x2 y 0 (x) + 2xy(x), z 00 (x) = x2 y 00 (x) + 4xy 0 (x) + 2y(x)
193
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
λex + µe−x
z(x) = λex + µe−x . La solution générale de l’équation initiale est donc y(x) = .
x2
Exercice 11.27 Résoudre sur ]0; +∞ [ l’équation différentielle
xy 00 (x) + 2y 0 (x) − xy(x) = 0
en posant y(x) = xα z(x) avec α ∈ R bien choisi.
Solution Soit y :]0; +∞[→ R une fonction deux fois dérivable et z :]0; +∞[→ R donnée par
z(x) = x−α y(x)
La fonction z est deux fois dérivable et
y 0 (x) = xα z 0 (x) + αxα−1 z(x), y 00 (x) = xα z 00 (x) + 2αxα−1 z 0 (x) + α(α − 1)xα−2 z(x)
donc
xy 00 (x) + 2y 0 (x) − xy(x) = xα+1 z 00 (x) + 2(α + 1)xα z 0 (x) + α(α + 1)xα−1 − xα+1 z(x)
1. Déterminer une solution polynomiale non nulle ϕ(t) de l’équation homogène associée.
2. Résoudre l’équation homogène en procédant au changement de fonction inconnue y(t) = ϕ(t)z(t).
3. Exprimer la solution générale de l’équation étudiée.
Solution
1. L’équation homogène associée est
t2 + 1 y 00 − 2y = 0
qui donne
λ
z 0 (t) =
(t2 + 1)2
Sachant Z
dt 1 1 t
2 = arctan t + 2
(t2 + 1) 2 2t +1
on obtient
λ t
z(t) = arctan t + 2
+µ
2 t +1
194
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
d’où a = c et b = 0 Finalement ϕ(t) = t2 + 1 est solution particulière. (b) Par le changement de fonction
inconnue y(t) = ϕ(t)z(t), on parvient à l’équation
3 2
1 + t2 z 00 (t) + 2t 1 + t2 z 0 (t) = 1 + t2
tout x ∈] − R; R[, on a
+∞
X
xy 00 (x) + 3y 0 (x) − 4x3 y(x) = 3a1 + 8a2 x + 21a3 x2 + ((n + 1)(n + 3)an+1 − 4an−3 ) x0
n=3
Par unicité des coefficients d’un développement en série entière, on peut affirmer que y est solution de E sur
] − R; R[ si, et seulement si, (
a1 = a2 = a3 = 0
4
∀n ≥ 3, an+1 = (n+1)(n+3) an−3
195
MP1- AGADIR-2022/2023 11.2 Equation différentielles de second ordre
x ∈] − R; R[, on a
+∞
X
00 0
2
x (1 − x)y − x(1 + x)y + y = a0 + n2 (an+1 − an ) xn .
n=1
La fonction y est donc solution de l’équation différentielle étudiée si, et seulement si,
a0 = 0 et ∀n ∈ N∗ , an+1 = an
Inversement, en considérant la fonction ϕ : x 7→ 1−x
x
, on obtient une fonction développable en série
entière avec un rayon de convergence R = 1 et les calculs qui précèdent assure que y est solution sur
] − 1; 1[ de l’équation étudiée.
2. On pose
xz(x)
y(x) =
1−x
Après calculs, la fonction y est solution de l’équation étudiée si, et seulement si,
xz 00 (x) + z 0 (x) = 0
196
MP1- AGADIR-2022/2023 11.3 Systèmes différentiels
Soit y une fonction deux fois dérivable définie sur ] − 1; 1[. Posons z la fonction définie sur ]0; π[ par
z(t) = y(x) = y(cos t). z est deux fois dérivable. Après calculs : y est solution de l’équation différentielle
proposée si, et seulement si, z est solution de l’équation différentielle z 00 + 4z = t i.e.
1
z(t) = λ cos 2t + µ sin 2t + t avec λ, µ ∈ R
4
On en déduit p 1
y(x) = λ 2x2 − 1 + 2µx 1 − x2 + arccos x avec λ, µ ∈ R
4
Exercice 11.33 Résoudre sur R l’équation
2
1 + x2 y 00 + 2(x − 1) 1 + x2 y 0 + y = 0
197
MP1- AGADIR-2022/2023 11.3 Systèmes différentiels
Supposons réciproquement que les solutions de (E) sont de norme constante. Soit x ∈ Rn . D’après le
théorème de Cauchy, il existe une solution X de l’équation (E) telle que X(0) = x. Comme X est de norme
constante, fX est constante et fX 0 = 0. On a en particulier hAx, xi = hAX(0), X(0)i = f 0 (0) = 0. Il en
X
résulte que A est antisymétrique.
Exercice 11.35
1. Soient k ∈ R∗+ , t0 ∈ R, et soient f et g deux applications continues de R dans R telles que
Z t
∀t ∈ [t0 , +∞[ , f (t) 6 g(t) + k f (u)du
t0
Z t
Montrer que ∀t ∈ t0 , +∞ , f (t) 6 g(t) + k ek(t−u) g(u)du
t0
2. Soit A une application continue de R dans Mn (R). Montrer qu’il existe une unique application M de
classe C 1 de R dans Mn (R) solution de l’équation différentielle M 0 = AM et vérifiant M (t0 ) = In
Dans la suite on munit Mn (R) d’une norme X 7→ kXk, d’algèbre c’est à dire telle que
kIn k = 1 , et ∀(X, Y ) ∈ Mn (R)2 , kXY k 6 kXk · kY k
3. On suppose qu’il existe k ∈ R∗+ tel que ∀t ∈ [t0 , +∞[, kA(t)k 6 k . Démontrer que
∀t ∈ [t0 , +∞[ , kM (t)k 6 ek(t−t0 )
4. Soit B une application continue de R dans R. On suppose que
∃η ∈ R∗+ , ∀t ∈ [t0 , +∞[ , kA(t) − B(t)k 6 η
Et on note N l’unique solution de l’équation différentielle N 0 = BN telle que N (t0 ) = In . Montrer que
∀t ∈ [t0 , +∞[ , kM (t) − N (t)k 6 ek(t−t0 ) eη(t−t0 ) − 1
Solution
Rt
1. Posons F (t) = t0 f (u)du. On définit ainsi une fonction de classe C 1 sur R et on a F 0 (t) − kF (t) 6 g(t)
0
pour tout t ∈ R. On a donc F (t)e−kt 6 e−kt g(t), d’où
Z t 0 Z t
−kt −ku
∀t ∈ t0 , +∞ , F (t)e = F (u)e du 6 e−ku g(u)du
t0 t0
Rt
Il en résulte que F (t) 6 t0 ek(t−u) g(u)du, et donc
Z t
f (t) − g(t) 6 kF (t) 6 k ek(t−u) g(u)du
t0
2. Le théorème de Cauchy montre que l’équation différentielle linéaire M 0 = A(t)M possède une unique
solution vérifiant la condition initiale M (t0 ) = In .
Rt Rt
3. On a pour tout t > t0 , M (t) = In + t0 M 0 (u)du = t0 A(u)M (u)du, d’où :
Z t Z t
kM (t)k 6 1 + kA(u)M (u)kdu 6 1 + k kM (u)kdu
t0 t0
En appliquant le résultat de la question 1 à f (t) = kM (t)k et g(t) = 1, on obtient
Z t h it
kM (t)k 6 1 + k ek(t−u) du = 1 − ek(t−u) = ek(t−t0 )
t0 t0
198
MP1- AGADIR-2022/2023 11.3 Systèmes différentiels
obtient :
Z t
η (k+η)(t−t0 ) kη
kM (t) − N (t)k 6 e −1 + ek(t−u) e(k+η)(u−t0 ) − 1 du
k+η k + η t0
η (k+η)(t−t0 )
6 e −1
k+η
1 k(t−t0 ) η(t−t0 )
+ ke e − 1 + η 1 − ek(t−t0 )
k+η
6e(k+η)(t−t0 ) − ek(t−t0 ) = ek(t−t0 ) eη(t−t0 ) − 1
Exercice 11.36 Soient B : t ∈ R 7→ B(t) ∈ Mn (C) une application continue, et A0 ∈ Mn (C).
1. Montrer qu’il existe A : t ∈ R 7→ A(t) ∈ Mn (C) dérivable telle que
∀t ∈ R, A0 (t) = A(t)B(t) − B(t)A(t)
et telle que A(0) = A0 . Dans la suite on se propose de démontrer que A(t) est semblable à A0 .
2. Montrer que l’ensemble S des solutions de (E) est une sous-algèbre de l’algèbre des applications de R
dans Mn (C), et montrer que pour tout t ∈ R, l’application qui à A ∈ S associe A(t) est un isomorphisme
de l’algèbre S sur l’algèbre Mn (C).
3. En déduire qu’il existe une matrice P (t) ∈ GLn (C), indépendante de A0 , telle que A(t) = P (t)A0 P (t)−1 .
Indication : on pourra utiliser un résultat vu dans le tome d’algèbre : si σ est un automorphisme de l’algèbre
Mn (C) ), alors il existe une matrice inversible P telle que ∀M ∈ Mn (C), σ(M ) = P M P −1
Solution
1. Pour tout t ∈ R, l’application X 7→ XB(t) − B(t)X est un endomorphisme de l’espace vectoriel
Mn (C). L’équation (E) est donc une équation différentielle linéaire du premier ordre, et le théorème
de Cauchy montre qu’elle admet une unique solution A ∈ C 1 (R, Mn (C)) vérifiant la condition initiale
A(0) = A0 .
2. On sait que l’ensemble S des solutions de (E) est un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel des
applications de R dans Mn (C). Soient A1 et A2 deux solutions. L’application A1 A2 est définie par
199
MP1- AGADIR-2022/2023 11.4 Equations différentielles non linéaires
(A1 A2 ) (t) = A1 (t)A2 (t) pour tout t ∈ R; c’est encore une solution car
(A1 A2 )0 = A01 A2 + A1 A02
= (A1 B − BA1 ) A2 + A1 (A2 B − BA2 )
= A1 BA2 − BA1 A2 + A1 A2 B − A1 BA2
= A1 A2 B − BA1 A2
Comme S contient aussi l’application constante égale à In , S est une sous-algèbre de l’algèbre des
applications de R dans Mn (C). Pour tout t ∈ R, désignons par ft l’application de S dans Mn (C)
définie par ft (A) = A(t). C’est de façon évidente un morphisme de l’algèbre S dans l’algèbre Mn (C),
et le théorème de Cauchy montre que c’est un isomorphisme.
3. Il en résulte que l’application ϕt = ft ◦ f0−1 qui à A0 = A(0) associe A(t) est un automorphisme de
l’algèbre Mn (C). Suivant l’indication, il existe une matrice P (t) ∈ GLn (C) telle que ∀A0 ∈ Mn (C),
ϕt (A0 ) = A(t) = P (t)A0 P (t)−1
200
MP1- AGADIR-2022/2023 11.4 Equations différentielles non linéaires
y 0 (x)
f (y0 ) = 0, ce qui est absurde. On peut donc diviser par f (y(x)), ce qui donne ∀x ∈ I, = 1.
f (y(x))
Z x 0 Z y(x)
y (s) du
On intègre cette relation entre x0 et x, d’où ∀x ∈ I, x − x0 = ds = en faisant
x0 f (y(s)) y0 f (u)
le changement de variable u = y(s).
Exercice 11.40 On considère l’équation différentielle y 0 = y(y + 1).
1. Que peut-on dire d’une solution (I, y) pour laquelle il existe x0 ∈ I tel que y (x0 ) = 0 ? Même question
si y (x0 ) = −1.
2. Trouver les solutions maximales (I, y) de l’équation différentielle.
Solution
1. On peut appliquer l’exercice précédent en prenant f (y) = y(y + 1). La fonction f est de classe C 1 et
f (0) = f (−1) = 0, donc s’il existe x0 ∈ I tel que y (x0 ) = 0 y est la fonction nulle (sur R ), et de même
si y (x0 ) = −1, y est constante égale à −1
2. On suppose y (x0 ) distincte de 0 et −1. D’après l’exercice précédent, y ne prend ni la valeur 0 ni la
Z y(x)
du y(x) y0 + 1
valeur −1, et ∀x ∈ I, x − x0 = . On en déduit que x − x0 = ln ,
y0 u(u + 1) y(x) + 1 y0
d’où après calculs :
y0 x−x0
e
y0 + 1 y0 ex−x0
y(x) = y0 x−x0 =
1− e y0 + 1 − y0 ex−x0
y0 + 1
y0 + 1
L’intervalle maximal I est le plus grand intervalle ouvert contenant x0 sur lequel ex−x0 6=
y0
1
Si y0 > 0, alors I =] − ∞, x0 + ln 1 + [ Si −1 < y0 < 0, alors I = R Si y0 < −1, alors
y0
1
I =] x0 + ln 1 + , +∞[
y0
Exercice 11.41 On note f la solution maximale de y 0 = e−xy telle que f (0) = 0.
1. Montrer que f est impaire.
2. Montrer que f est définie sur R et possède une limite finie ` en +∞.
3. Montrer que ` > 1.
Solution
1. D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz 1, f est définie sur un intervalle ouvert ]a, b[, avec a < 0 < b.
La fonction g : x 7→ −f (−x) vérifie g(0) = 0 et g 0 (x) = f 0 (−x) = exf (−x) = e−xg(x) , donc est solution
du même problème de Cauchy sur ] − b, −a[. Par unicité, on en déduit que ] − b, −a[⊂]a, b[, or les deux
intervalles ont la même longueur, donc a = −b et g = f , donc f est impaire.
2. Puisque f 0 > 0, la fonction f est croissante donc possède une limite en b, finie ou +∞. Supposons la
limite infinie. Dans ce cas, il existe c ∈]0, b[
Z tel que ∀x > c, f (x) > 1, donc 0 6 f (x) 6 e , d’où, en
0 −x
x
intégrant entre c et x, on a f (x) 6 f (c) + e−t dt 6 f (c) + e−c , donc f est majorée, ce qui contredit
c
l’hypothèse. Par conséquent f a une limite finie ` en b. Si b est fini, alors f 0 (x) → e−b` quand x → b,
donc f est prolongeable en une solution sur ]a, b], ce qui contredit la maximalité de ]a, b[. On en déduit
que b = Z+∞ et puisque Zf est impaire, elle est définie sur R. 3) Si ` < 1, alors ∀x > 0, f (x) < 1, donc
x x
f (x) = e−tf (t) dt > e−t dt = 1 − e−x . En passant à la limite pour x tendant vers +∞, on obtient
0 0
` > 1, ce qui est contraire à l’hypothèse. On conclut que ` > 1.
Exercice 11.42 Soit (E) l’équation différentielle xy 0 = x + y 2 .
201
MP1- AGADIR-2022/2023 11.4 Equations différentielles non linéaires
1. Démontrer qu’il existe au plus une solution développable en série entière au voisinage de 0 .
2. Démontrer que cette solution existe et que son rayon de convergence appartient à [1, 2].
Solution
+∞
X
1. Soit x 7→ y(x) = an xn une solution somme de série entière sur ] − R, R[ avec R > 0. On a y(0) = 0,
n=0
+∞
X
donc a0 = 0. Par dérivation d’une série entière, on a y 0 (x) = nan xn−1 et par produit de Cauchy,
n=1
+∞ n−1
!
X X
y(x)2 = ak an−k xn pour tout x ∈] − R, R[. Par unicité du développement en série entière,
n=2 k=1
les coefficients des séries entières de somme xy 0 (x) et x + y(x)2 sont égaux, ce qui donne a1 = 1 et
n−1
1X
∀n > 2, an = ak an−k . Cette relation permet de déterminer par récurrence les coefficients an de
n
k=1
manière unique.
2. Soit (an ) la suite déterminée à la question précédente. On montre d’abord par récurrence que
∀n > 1, |an | 6 1. C’est vrai pour n = 1. Soit n ≥ 2, supposons que c’est vrai jusqu’au rang n − 1,
n−1
1X n−1
alors |an | 6 1= 6 1. Cela prouve que R > 1 Montrons enfin par récurrence que
n n
k=1
1
∀n > 1, an > n−1 . C’est vrai pour n = 1. Si c’est vrai jusqu’au rang n − 1, alors
2
n−1
1X 1 1 n−1 1
an > k−1 n−k−1
= n−2 > n−1
n 2 2 n2 n 2
k=1 n>2
On en déduit R 6 2
202
Chapter 12 Variables aléatoires à densité
3. Puisque f est nulle en dehors de [0; 1], la va X prend presque sûrement ses valeurs dans [0; 1], c’est-à-dire
: On en déduit que X admet une espérance et une variance. Et l’on a :
Z 1 Z 1
2t
E(X) = tf (t)dt = 2
dt
0 0 (1 + t)
Z 1 Z 1
2(1 + t) − 2 2 2
= dt = − dt
0 (1 + t)2 0 1 + t (1 + t)2
2 1
= 2 ln |1 + t| + = 2 ln 2 + 1 − 2 = 2 ln 2 − 1
1+t 0
Z 1 Z 1
2
2 2t2
E X = t f (t)dt = 2
dt
0 0 (1 + t)
Z 1
2(t + 1)2 − 4(t + 1) + 2
= dt
0 (1 + t)2
Z 1
4 2
= 2− + dt
0 1 + t (1 + t)2
2 1
= 2t − 4 ln |1 + t| − = 3 − 4 ln 2
1+t 0
MP1- AGADIR-2022/2023
donc:
V (X) =E X 2 − E(X)2
x 0 1 +∞
f 0 (x) + 0 −
D’où les variations de f sur R+ suivantes :
f (x) % e−1/2
0 0
2. Notons FX la fonction de répartition de X. Alors :
Z x Z x
∀x < 0, FX (x) = f (t)dt = 0 dt = 0
−∞ −∞
Z x Z x
- ∀x > 0, FX (x) = f (t)dt = f (t)dt
−∞ 0
h 2
ix 2
= −e−t /2 = 1 − e−x /2
0
(
0 si x < 0
Ainsi : ∀x ∈ R, FX (x) = 2 .
1 − e−x /2 si x > 0
Remarque : La fonction FX est bien continue sur R, de classe C 1 sur R privé éventuellement de {0}.
R +∞ R +∞
3. - La va X admet une espérance si et seulement si l’intégrale −∞ tf (t)dt = 0 tf (t)dt converge. Il
204
MP1- AGADIR-2022/2023
√
u = t2 /2 ⇐⇒ t = 2u
Z A Z A2 /2
2 /2 du
on obtient : e−t dt = e−u √
0 0 2u
Z A2 /2 r
1 −1/2 −u 1 1 π
=√ u e du −→ √ Γ =
2 0 A→+∞ 2 2 2
On en déduit que X admet une espérance et E(X) = 2 . La va X admet une variance si et seulement
pπ
Z +∞ Z +∞
si X admet in moment d’ordre 2 , et donc si et seulement si l’intégrale 2
t f (t)dt = t2 f (t)dt
−∞ 0
converge. Il s’agit d’une intégrale généralisée en +∞. On a :
Z A Z A
2
∀A > 0, 2
t f (t)dt = t2 × te−t /2 dt
0 0
u(t) = t2 u0 (t) = 2t
Par une intégration par partie en posant , donc , on obtient,
v 0 (t) = te−t2 /2 v(t) = −e−t2 /2
Z A h iA Z A
2 −t2 /2 2 2
2
2te−t /2 dt = 2 − A2 + 2 e−A /2 −→ 2
t f (t)dt = −t e +
0 0 0 A→∞
d’après les croissances comparées. Ainsi, X admet un moment d’ordre 2 et E X 2 = 2. On en déduit
question c ).
Exercice 12.3 On considère une va X admettant une fonction paire f pour densité.
1. Calculer P (X 6 0) et P (X > 0).
2. Montrer que la fonction de répartition F de X vérifie : ∀x ∈ R, F (x) = 1 − F (−x).
R +∞
3. Montrer : X admet une espérance ⇐⇒ 0 tf (t)dt converge, et dans ce cas : E(X) = 0
Solution a) D’une part :
P (X 6 0) + P (X > 0) = P (X 6 0) + P (X > 0) = 1
205
MP1- AGADIR-2022/2023
Z 0
D’autre part : P (X 6 0) = f (t)dt
−∞
Z 0 Z +∞
= f (−u)(−du) = f (u)du = P (X > 0).
u=−t | {z } 0
=f (u)
On en déduit : Z +∞
X admet une espérance ⇐⇒ tf (t)dt converge.
0
Dans ce cas: Z +∞ Z 0 Z +∞
E(X) = tf (t)dt = tf (t)dt + tf (t)dt = 0
−∞ −∞ 0
206
MP1- AGADIR-2022/2023
2. Les va X et Y étant des va à densité, les fonctions FX et FY sont continues sur R, de classe C 1 sur R
privé éventuellement d’un ensemble fini de points.
On en déduit, par opérations, que les fonctions FZ et FT sont elles aussi continues sur R, de classe C 1
sur R privé éventuellement d’un ensemble fini de points.
Donc les va Z et T sont des va à densité. Les densités fZ et fT s’obtiennent en dérivant FZ et FT sauf
en un nombre fini de points où le choix est arbitraire. On a alors (par exemple) : ∀x ∈ R
fZ (x) = fX (x)FY (x) + FX (x)fY (x)
fT (x) = fX (x) + fY (x) − fX (x)FY (x) − FX (x)fY (x)
= fX (x) (1 − FY (x)) + fY (x) (1 − FX (x))
207
MP1- AGADIR-2022/2023
- La va X étant une va à densité, sa fonction de répartition F est continue sur R, de classe C 1 sur R privé
éventuellement d’un ensemble fini de points. Par opérations sur les fonctions, il en est de même pour FY .
On en déduit que Y est une va à densité. Une densité de Y s’obtient en dérivant FY sauf en un nombre
fini de points où le choix est arbitraire. Une densité fY de Y est alors (par exemple) définie par :
1 y−b
? si a > 0 : ∀y ∈ R, fY (y) = f
a a
1 y−b
? si a < 0 : ∀y ∈ R, fY (y) = − f
a a
Ce qui peut s’écrire, pour tout a 6= 0 :
1 y−b
∀y ∈ R, fY (y) = f
|a| a
2. • La va Z prend ses valeurs dans R+ . - Notons FZ la fonction de répartition de Z. Alors :
∀z < 0, FZ (z) = P X 2 6 z = 0,
√ √
et ∀z > 0, FZ (z) = P X 2 6 z = P (− z 6 X 6 z).
(
0 si z < 0
Ainsi : ∀z ∈ R, FZ (z) = √ √ La fonction FZ est alors continue sur R∗−
F ( z) − F (− z) si z > 0
de plus, puisque F est continue sur R, FZ est continue sur R+ enfin lim FZ = 0 et
0−
FZ (0) = F (0) − F (0) = 0 = lim FZ , donc FZ est continue en 0; ainsi FZ est continue sur R.
0+
De plus, FZ est C 1 sur R∗− , C 1 sur R+ privé éventuellement d’un ensemble fini de points (car F l’est sur
R ); donc FZ est C 1 sur R privé éventuellement d’un ensemble fini de points. On en déduit que Z est une
va à densité. Une densité fZ de Z est (par exemple) définie par :
(
0 si z 6 0
∀z ∈ R, fZ (z) = √ √
1
√ (f ( z) + f (− z))
2 z
si z > 0
R1
Exercice 12.7 Pour tous réels a et b, on note, sous réserve d’existence : I(a, b) = 0 ta−1 (1 − t)b−1 dt
1. Montrer : I(a, b) existe ⇐⇒ (a > 0 et b > 0).
2
2. Soit (a, b) ∈ R∗+ . Montrer :
bI(a + 1, b) = aI(a, b + 1) et I(a, b + 1) + I(a + 1, b) = I(a, b)
a
En déduire: I(a + 1, b) = a+b I(a, b).
2
3. Soit (a, b) ∈ R∗+ . On définit la fonction f sur R par :
(
1 a−1 (1 − t)b−1
I(a,b) t si t ∈]0; 1[
∀t ∈ R, f (t) =
0 sinon.
(a). Montrer que f est une densité d’une va réelle X.
(b). Montrer que X admet une espérance et une variance et les calculer.
Solution
1. La fonction g : t 7−→ ta−1 (1 − t)b−1 est continue sur ]0; 1[, donc I(a, b) est une intégrale généralisée en
0 et en 1 . Z 1/2 Z 1
Ainsi par la relation de Chasles, I(a, b) converge si et seulement si g et g convergent. - On
0 1/2
a : g(t) ∼ ta−1 > 0. D’après le théorème d’équivalence pour des fonctions positives, les intégrales
Z 1/2 t→0 Z 1/2
g et ta−1 dt sont de même nature.
0 0
208
MP1- AGADIR-2022/2023
Z 1/2
D’après l’exemple de Riemann en 0, l’intégrale ta−1 dt converge si et seulement si a − 1 > −1,
Z 1/2 0
209
MP1- AGADIR-2022/2023
210
MP1- AGADIR-2022/2023
1 1
On en déduit que Y admet une espérance et E(Y ) = . - La va Y = admet un moment d’ordre
2a Z +∞ X
1 1
2 ⇐⇒ la va Y 2 = 2 admet une espérance ⇐⇒ l’intégrale 2
f (t)dt converge absolument
X −∞ t
Z +∞
1
⇐⇒ l’intégrale 2
f (t)dt converge.
a t
Z A Z A
1 a h a iA
Or: ∀A > a, 2
f (t)dt = 4
dt = − 3
a t a t 3t a
1 a 1
= 2− −→
3a 3A3 A→+∞ 3a2
1
Ainsi Y admet un moment d’ordre 2 et E Y 2 = 2 . On en déduit que Y admet une variance et
3a
1 1 1
V (Y ) = E Y 2 − E(Y )2 = 2 − 2 =
3a 4a 12a2
Remarque: On a bien V (Y ) > 0.
(b). - Puisque f est nulle en dehors de [a; +∞[, X prend presque sûrement ses valeurs dans [a, +∞[.
1
Donc Y prend presque sûrement ses valeurs dans ]0; . - Soit y ∈ R.
a
1er cas : Si y 6 0, alors P (Y 6 y) = 0
1
2e cas : Si y > , alors P (Y 6 y) = 1.
a
1 1
3 cas : Si 0 < y 6 , alors P (Y 6 y) = P
e 6y
a X
Z +∞
1 h a iA
=P X> = f (t)dt = lim − = ay
y 1/y A→+∞ t 1/y
Ainsi, la fonction de répartition FY de Y vérifie :
0 si y 6 0
1
∀y ∈ R, FY (y) = ay si 0 < y 6
a
1 si y > 1
a
1 1
On reconnaît la fonction de répartition de la loi uniforme sur ] 0; . Ainsi : Y ,→ U (]0; .
a a
- D’après le cours, on sait que :
2
1 1
0+ −0
a 1 a 1
E(Y ) = = et V (Y ) = =
2 2a 12 12a2
Exercice 12.9 Dans cet exercice, on pourra utiliser une table numérique de la fonction de répartition de la loi
normale centrée réduite.
√
1
1. En utilisant la loi normale centrée réduite, montrer: Γ = π.
2
2. En utilisant
Z +∞ une loi normale bien choisie, calculer les intégrales suivantes :
−2x2 −4x−2
(a). e dx
Z−∞+∞
2
(b). xe−2x −4x−2 dx
Z−∞+∞
2
(c). x2 e−2x −4x−2 dx
Z−∞+∞
2
(d). e−ax +bx+c dx, avec a > 0 et (b, c) ∈ R2 .
−∞
211
MP1- AGADIR-2022/2023
3. Exprimer les intégrales suivantes à l’aide de la fonction de répartition Φ de la loi normale centrée réduite,
−4
Z calculer des valeurs approchées à 10 près :
puis en
1
2 /2
(a). e−x dx
Z0 2
2 +4x−2
(b). e−2x dx
Z0 1/2
2 −4x
(c). e−4x dx.
0
Solution
1. On a : Z +∞
1 1
Γ = √ e−t dt
2 0 t
Z +∞ √ √ Z +∞ −u2 /2
2 −u2 /2
= e u du = 2 e du
t=u2 /2 u 0
Considérons une va X de loi normale centrée réduite. D’après le cours, une densité de X est définie sur
R par :
1 2
f (x) = √ e−x /2
2π
Z +∞
√
1 1 2
Ainsi : Γ =2 π √ e−u /2 du
2 0 2π
Z +∞ Z +∞
√ √
=2 π f (u)du = π f (u)du car f est paire
0 −∞
√
= π car f est une densité.
2. (a). On a, pour tout x ∈ R,
2 −4x−2 (x + 1)2
e−2x = exp −2(x + 1)2 = exp −
1
2
4
1
Considérons une va X de loi normale d’espérance −1 et de variance . D’après le cours, une
4
densité de X est définie sur R par:
r
1 (x + 1)2 2 −2x2 −4x−2
f (x) = r exp − = e
1 1 π
2π 2
4 4
Ainsi : Z +∞ r Z +∞
−2x2 −4x−2 π
I= e dx = f (x)dx
−∞ 2 −∞
r
π
= , car f est une densité.
2
(b). En conservant les mêmes notations que précédemment,
Z +∞ r Z +∞
−2x2 −4x−2 π
J= xe dx = xf (x)dx
−∞ 2 −∞
r r
π π
= E(X) = −
2 2
212
MP1- AGADIR-2022/2023
213
MP1- AGADIR-2022/2023
d’espérance nulle et de variance n. - Une densité de Xn et de Yn est alors la fonction fn définie par :
1 x2
∀x ∈ R, fn (x) = √ e− 2n
2nπ
2. - Soit n ∈ N . Puisque les va A1 , . . . , An , B1 , . . . , Bn sont mutuellement indépendantes, les va Xn et Yn
∗
214
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et Yn2 étant indépendantes, par stabilité de la loi Γ, la va Dn suit la loi Γ 2n, 12 + 12 , c’est-à-dire la loi
215
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X +∞
X
limite est inférieure ou égale à E(X). Donc nP (Y = n) converge et nP (Y = n) 6 E(X). On
n>0 n=0
conclut que Y admet une espérance et que E(Y ) 6 E(X). - Supposons que Y admette une espérance.
Z x
Alors : ∀x ∈ R+ , G(x) = tf (t)dt
0
Z Ent(x)+1 Ent(x) Z n+1
X
6 tf (t)dt = t f (t)dt
|{z}
0 n=0 n
6n+1
Ent(x) Z n+1 Ent(x)
X X
6 (n + 1) f (t)dt = (n + 1)P (Y = n)
n=0 n n=0
+∞
X
6 (n + 1)P (Y = n)
n=0
+∞
X +∞
X
= nP (Y = n) + P (Y = n) = E(Y ) + 1
n=0 n=0
Ainsi, la fonction G est majorée par E(Y ) + 1. De plus, cette fonction est croissante car :
∀x ∈ R+ , G0 (x) = xf (x) > 0 ). Donc Z la fonction G admet une Z limité finie en +∞ et cette limite est
+∞ +∞
inférieure ou égale à E(Y ) + 1. Donc tf (t)dt converge et tf (t)dt 6 E(Y ) + 1. On conclut
0 0
que X admet une espérance et:
E(X) 6 E(Y ) + 1
On obtient alors l’équivalence suivante : X admet une espérance ⇐⇒ Y admet une espérance, et dans
ce cas: E(Y ) 6 E(X) 6 E(Y ) + 1.
216
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217
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densité fZ est :
λe−λz
si 0 6 z < 1
∀z ∈ R, fZ (z) = 1 − e−λ
0 sinon
- Puisque Z est une va bornée (car Z prend ses valeurs dans [0; 1[), la va Z admet une espérance
et l’on a :
λe−λz
Z +∞ Z 1
E(Z) = zfZ (z)dz = z dz
−∞ 0 1 − e−λ
Z 1
λ
= ze−λz dz
1 − e−λ 0
1 !
ze−λz 1 1 −λz
Z
λ
= − + e dz par IPP
1 − e−λ λ 0 λ 0
1
ze−λz e−λz
λ
= − −
1 − e−λ λ λ2 0
−λ
e−λ
λ e 1
= − − +
1 − e−λ λ λ2 λ2
−λe−λ − e−λ + 1 e−λ 1
= −λ
= − −λ
+
λ (1 − e ) 1−e λ
On remarque alors que E(Z) = E(X) − E(Y ). Remarque: On a bien Z = X − Y , mais on
ne peut pas utiliser ici la linéarité de l’espérance puisque X est une va à densité et Y est une va
discrète.
Exercice 12.12 On considère une suite (Xn )n>1 de va mutuellement indépendantes et telle que, pour tout n > 1
Xn
Xn suit la loi exponentielle de paramètre n. On définit, pour tout n > 1, Yn = Xk . a) Montrer que Y2 est
k=1
une va à densité et déterminer une densité de Y2 . b) Plus généralement,
( montrer que, pour tout n > 1, Yn admet
0 si x < 0
pour densité la fonction gn définie par : ∀x ∈ R, gn (x) = n−1 . c) Montrer que,
ne−x (1 − e−x ) si x > 0
pour tout n > 1, Yn admet une espérance et une variance et exprimer E (Yn ) et V (Yn ) à l’aide d’une somme.
Solution Pour tout n > 1, notons fn une densité de Xn . Alors :
(
0
∀x ∈ R, fn (x) =
ne −nx si x > 0
1. On a Y2 = X1 + X2 et les va X1 et X2 sont indépendantes. On sait alors, d’après le cours, que Y2 est
une va à densité, dont une densité g2 est donnée par un produit de convolution :
Z +∞
∀x ∈ R, g2 (x) = f1 (t)f2 (x − t)dt
−∞
(
t>0
Or f1 (t)f2 (x − t) 6= 0 ⇐⇒ ⇐⇒ 0 6 t 6 x
x−t>0
Z +∞
1er cas : si x < 0, alors g2 (x) = 0 dt = 0.
−∞
2e cas : si x > 0, alors
Z x Z x
e−t × 2e−2(x−t) dt = 2e−2x et dt = 2e−2x (ex − 1) = 2e−x 1 − e−x
g2 (x) =
0 0
218
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On conclut : (
0 si x < 0
∀x ∈ R, g2 (x) =
2e−x (1 − e−x ) si x > 0
2. Raisonnons par récurrence simple sur n. Notons, pour tout n > 1, P(n) la propriété : « une densité de
Yn est donnée par:
(
0 si x < 0
∀x ∈ R, gn (x) = n−1 ".
−x
ne (1 − e ) −x si x > 0
- Initialisation : Puisque Y1 = X1 ,→ E (1), une densité de Y1 est la fonction g1 = f1 . D’où P(1). -
Hérédité : Soit n > 1. Supposons P(n) et montrons P(n + 1). On a : Yn+1 = Yn + Xn+1 . Puisque
Yn = X1 + · · · + Xn et que les va X1 , . . . , Xn , Xn+1 sont indépendantes, d’après le cours, les va Yn et
Xn+1 sont indépendantes.
Une densité gn+1 de Yn+1 est alors donnée par un produit de convolution :
Z +∞
∀x ∈ R, gn+1 (x) = gn (t)fn+1 (x − t)dt
−∞
On a: (
t>0
gn (t)fn+1 (x − t) 6= 0 ⇐⇒ ⇐⇒ 0 6 t 6 x
x−t>0
Z +∞
1er cas : si x < 0, alors gn+1 (x) = 0 dt = 0
−∞
219
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220
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- En particulier, on a :
E Z 2 = E X 2 = V (X) + (E(X))2 = 1 + 02 = 1
1 π−1
On en déduit : V (Z) = E Z 2 − (E(Z))2 = 1 − = .
π π
Exercice 12.14 Soit X une va admettant une densité f telle que f est nulle sur R ∗
Z − et continue sur R+ .On note
x
F la fonction de répartition de X. On définit la fonction ϕ : R+ −→ R, x 7−→ tf (t)dt.
Z x 0
221
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222
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Z X
Puis, pour tout X > 0, (1 − F (t))dt
0
n
!
Z X X n
= (−1)k+1 e−λkt dt
0 k=1
k
n
! Z X
n
X
= (−1)k+1
e−λkt dt
k=1
k 0
n
!
e−λkx
X n k+1 1
= (−1) −
k λk λk
k=1
n
!
1X n (−1)k+1
−→ .
x→+∞ λ k k
k=1
On conclut :
n
!
+∞
(−1)k+1
Z
1X n
E (Mn ) = (1 − F (t))dt =
0 λ k k
k=1
Exercice 12.15 On considère une suite de va mutuellement indépendantes (Xn )n>1 définies sur un même espace
probabilisé (Ω, A , P ), et qui suivent la loi exponentielle de même paramètre λ > 0. Pour tout n ∈ N∗ , on pose
: Sn = nk=1 Xk et Un = min (X1 , . . . , Xn )
P
1. Soit n ∈ N∗ . Montrer que la va Un suit une loi exponentielle et préciser son paramètre.
2. Soit n ∈ N∗ . Donner une densité de Sn , puis montrer:
n−1
X (λx)k
∀x ∈ R+ , P (Sn > x) = e−λx
k!
k=0
3. On considère une va N définie sur (Ω, A , P ), indépendante des va Xn pour tout n ∈ N∗ , et qui suit la
loi géométrique de paramètre p, avec p ∈]0; 1[. On définit les va : S = SN et U = UN c’est-à-dire :
∀ω ∈ Ω, S(ω) = SN (ω) (ω) et U (ω) = UN (ω) (ω)
(a). Calculer, pour tout x ∈ R+ , P (U > x). En déduire que U est une va à densité et préciser une
densité.
(b). Calculer, pour tout x ∈ R+ , P (S > x). Reconnaître la loi de S.
Solution
1. • La va Un prend ses valeurs dans R+ . - Soit x ∈ R. I er cas : si x < 0, alors P (Un 6 x) = 0.
2e cas : si x > 0, alors P (Un > x) = P (X1 > x, . . . , Xn > x) = P (X1 > x) · · · P (Xn > x) par
n
indépendance des va = e−λx = e−λnx . On obtient la fonction de répartition FUn de Un :
(
0 si x < 0
∀x ∈ R, FUn (x) = .
1−e −λnx si x > 0
On reconnait la fonction de répartition de la loi exponentielle de paramètre nλ. On en déduit que Un
suit la loi E (nλ).
2. La va Sn est la somme de n va indépendantes de loi exponentielle de paramètre λ. D’après le cours, on
sait alors que Sn suit la loi T λ1 , n . Une densité fn de Sn est alors définie par:
(
0 si t < 0
∀t ∈ R, fn (t) = λn .
(n−1)! t
n−1 e−λt si t > 0
- On a alors: ∀n > 1, ∀t ∈ R+ ,
0 λn+1 n−1 −λt λn+1 n
fn+1 (t) = nt e + t (−λ)e−λt = λfn (t) − λfn+1 (t),
n! n!
223
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et donc : 0
fn+1 (t) = fn (t) − λ1 fn+1 (t). Ainsi, en notons Fn la fonction de répartition de Sn , on a :
Z x
∀x ∈ R+ , Fn+1 (x) = fn+1 (t)dt
0
Z x Z x
1 0
= fn (t)dt − fn+1 (t)dt
0 0 λ
fn+1 (x) − fn+1 (0) λn n −λx
= Fn (x) − = Fn (x) − x e .
λ n!
On obtient alors: ∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ R+ ,
P (Sn+1 > x) = 1 − Fn+1 (x)
λn n −λx (λx)n
= 1 − Fn (x) + x e = P (Sn > x) + e−λx .
n! n!
Par une récurrence simple sur n, on montre alors :
n−1
X (λx)k
∗ −λx
∀n ∈ N , P (Sn > x) = e .
k!
k=0
3. (a). • Soit x ∈ R+ . L’événement (U > x) s’écrit :
+∞
[ +∞
[
(U > x) = (N = n, U > x) = (N = n, Un > x) .
n=1 n=1
Par incompatibilité des événements :
+∞
X
P (U > x) = P (N = n, Un > x) .
n=1
Les va N et Un sont indépendantes puisque Un dépend des va X1 , . . . , Xn et que les va X1 , . . . , Xn , N
sont indépendantes.
+∞
X
P (U > x) = P (N = n)P (Un > x)
n=1
+∞
X
= (1 − p)n−1 p × e−λnx
Donc: n=1
+∞
X n−1
=pe−λx (1 − p)e−λx
n=1
pe−λx
= .
1 − (1 − p)e−λx
D’où la fonction de répartition FU de U :
(
0 si x < 0
∀x ∈ R, FU (x) = 1−e−λx .
1−(1−p)e−λx
si x > 0
La fonction FU est de classe C 1 sur R privé de {0}. De plus: lim0− FU = 0 = FU (0) = lim0+ FU .
Ainsi FU est continue en 0 donc sur R. On en déduit que U est une va à densité, dont une densité
fU est donnée par exemple par :
∀x ∈ R, fU (x) = 0 si x < 0 et fU (x) = FU0 (x)
λe−λx 1 − (1 − p)e−λx − (1 − p)λe−λx 1 − e−λx
= 2
(1 − (1 − p)e−λx )
λpe−λx
= 2 si x > 0.
(1 − (1 − p)e−λx )
224
MP1- AGADIR-2022/2023
225
Chapter 13 Fonctions holomorphes
Exercice 13.1 Soit f = u+iv une fonction holomorphe dans un ouvert Ω. Montrer que u et v sont harmoniques,
c’est-àdire que
∂2u ∂2u
+ 2 =0
∂x2 ∂y
Solution Puisque f est holomorphe, les équations de Cauchy-Riemann nous disent que :
∂u ∂v
=
∂x ∂y
∂u ∂v
=− .
∂y ∂x
Remarquons aussi que les fonctions u et v sont C , puisque être holomorphe entraîne être de classe C ∞ . On a
2
donc
∂2u ∂2u ∂2v ∂2v
+ = − =0
∂x2 ∂y 2 ∂x∂y ∂y∂x
où la dernière égalité provient du théorème de Schwarz (on rappelle que v est C 2 ). La preuve pour v est tout à
fait similaire.
Exercice 13.2 Soit U un ouvert de C et f une fonction holomorphe sur U . Soit V = {z ∈ C; z̄ ∈ U }. On pose,
pour z ∈ V, g(z) = f (z̄). Montrer que g est holomorphe sur V .
Solution On va vérifier que g satisfait les équations de Cauchy-Riemann en tout point de V . Si on pose
z = x + iy et f (z) = P (x, y) + iQ(x, y), alors on a
g(z) = f (x − iy) = P (x, −y) − iQ(x, −y) := u(x, y) + iv(x, y)
où u(x, y) = P (x, −y) et v(x, y) = −Q(x, −y). Alors on a
∂u ∂P ∂Q
(x, y) = (x, −y) = (x, −y)
∂x ∂x ∂y
tandis que
∂v ∂Q ∂Q
(x, y) = − − (x, −y) = (x, −y)
∂y ∂y ∂y
∂u ∂v ∂u ∂v
On a donc bien = . On vérifie de la même façon que = − , ce qui achève la preuve du fait que g
∂x ∂y ∂y ∂x
est holomorphe.
Exercice 13.3 Soit Ω un ouvert connexe et f une fonction holomorphe dans Ω. On écrit f = u + iv, où u et v
sont à valeurs réelles. Montrer que les propositions suivantes sont équivalentes:
1. f est constante;
2. u est constante;
3. v est constante;
4. f¯ est holomorphe;
5. |f | est constante.
Solution On écrit f = u + iv où u, v sont de classe C 1 . Puisque f est holomorphe, les équations de
CauchyRiemann donnent
∂u ∂v
=
∂x ∂y
∂u ∂v
=−
∂y ∂x
Ainsi, on a du = 0 ⇐⇒ dv = 0. Puisque Ω est connexe, ceci entraîne que (2) est équivalente à (3). Maintenant,
MP1- AGADIR-2022/2023
clairement (1) implique (2), et si on a (2), on a aussi (3) et bien sûr f est constante. On vient donc de démontrer
que les trois premières conditions sont équivalentes. Si f est constante, f¯ l’est aussi et est donc holomorphe.
Réciproquement, si f¯ est holomorphe, alors 2u = f + f¯ l’est aussi. Mais puisque u est à valeurs réelles,
Im(u) est constante, et c’est la partie imaginaire d’une fonction holomorphe. D’après ce qu’on vient de
démontrer (plus précisément (3) =⇒ (1)), u est constante, donc f aussi. Enfin, si f est constant, |f | l’est aussi.
Réciproquement, si |f | est constant, alors il existe c tel que, pour tout z ∈ Ω,
u2 (z) + v 2 (z) = c2 .
Si c = 0, alors f = 0 et c’est terminé. Sinon, supposons c 6= 0. La différentielle de la fonction constante
z 7→ u2 (z) + v 2 (z) est donc nulle. D’où, en dérivant par rapport à x, puis par rapport à y :
∂u ∂v ∂u ∂v
u(z) (z) + v(z) (z) = 0 = u(z) (z) + v(z) (z)
∂x ∂x ∂y ∂y
∂u
En tenant compte des conditions de Cauchy-Riemann, on obtient le système suivant, où les inconnues sont
∂x
∂u
et :
∂y
∂u ∂u
u(z) (z) − v(z) (z) = 0
∂x ∂y
∂u ∂u
v(z) (z) + u(z) (z) = 0
∂x ∂y
Le déterminant de ce système est u2 (z) + v 2 (z) = c2 > 0, et donc les dérivées partielles de u sont nulles. On
en déduit que u est constante, puis que f l’est aussi.
Exercice 13.4 Soient a, b, c ∈ R. Pour z = x + iy, on pose
P (z) = ax2 + 2bxy + cy 2 .
Donner une condition nécessaire et suffisante sur a, b, c pour qu’il existe une fonction holomorphe f sur C
vérifiant <e(f ) = P . Lorsque cette condition est remplie, déterminer toutes les fonctions f solution.
Solution Supposons qu’il existe f vérifiant ces conditions. Posons Q = Im(f ). Alors
∂Q ∂P ∂Q ∂P
= = 2ax + 2by et =− = −2bx − 2cy
∂y ∂x ∂x ∂y
Par le théorème de Schwarz, on a
∂2Q ∂2Q
= =⇒ 2a = −2c
∂x∂y ∂y∂x
∂Q
c’est-à-dire a = −c. Réciproquement, si a = −c, alors en intégrant la relation portant sur , on trouve
∂y
Q(x, y) = 2axy + by 2 + h(x)
où h est C 1 . Reportant cette formule dans le calcul de la dérivée partielle de Q par rapport à x, on trouve
2ay + h0 (x) = −2bx + 2ay =⇒ h(x) = −bx2 + C,
avec C ∈ R. Alors, si f est telle que <e(f ) = P, f est nécessairement égal à
f (z) = a x2 − y 2 + 2bxy + i b y 2 − x2 + 2axy + C .
Réciproquement, il est facile de voir qu’une telle fonction vérifie les équations de Cauchy-Riemann. On a donc
trouvé toutes les solutions à <e(f ) = P . Il est très facile de trouver une expression de f en fonction de z. On a
en effet f (z) = (a − ib)z 2 + iC. Remarquons ici l’analogie avec un exercice classique concernant les formes
différentielles : trouver une primitive! L’utilisation du théorème de Schwarz ici correspond au fait qu’une forme
227
MP1- AGADIR-2022/2023
On va déterminer les fonctions Q de classe C 1 sur R2 \{(0, 0)} vérifiant ces équations. On commence par
intégrer la deuxième équation, qui est, à y fixé, de la forme yu0 (x)/u(x)2 , avec u(x, y) = x2 + y 2 . Il
228
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229
MP1- AGADIR-2022/2023
4. On a
∂2f
∂ ∂f ∂f
4 =2 +i
∂z∂ z̄ ∂z ∂x ∂y
∂ ∂f ∂f ∂ ∂f ∂f
= +i −i +i
∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y
2
∂ f 2
∂ f 2
∂ f 2
∂ f
= 2
+i −i + 2
∂x ∂x∂y ∂y∂x ∂y
∂2f ∂2f
= + = ∆f
∂x2 ∂y 2
où on a utilisé le théorème de Schwarz.
5. On a
∂2
∆ |f |2 = 4 (f f¯)
∂z∂z̄
∂ f¯
∂
=4 f
∂z ∂ z̄
∂f
où on a dérivé le produit en utilisant que = 0 car f est holomorphe. On dérive le deuxième produit
∂ z̄
∂z
∂f
en utilisant cette fois le fait que est antiholomorphe. On en déduit
∂z
2
∂ ∂f
∆ |f | = 4 f
∂z ∂z
∂f ∂f
=4
∂z ∂z
2
= 4 f 0 (z)
6. Supposons que |f1 |2 + · · · + |fp |2 = C. On applique le laplacien à cette équation (le laplacien est
évidemment un opérateur linéaire) et on trouve, d’après la question précédente
2 2
f10 (z) + · · · + fp0 (z) = 0.
Chaque dérivée fj0 (z) est donc nulle sur Ω ouvert connexe. On en déduit que fj est constante sur Ω.
Exercice 13.7 Soient f, g deux fonctions holomorphes sur l’ouvert connexe Ω. On suppose que f g = 0.
Démontrer que f = 0 ou g = 0.
Solution Supposons que f n’est pas identiquement nulle. Alors il existe z0 ∈ Ω tel que f (z0 ) 6= 0. Puisque
les zéros de f sont isolés, il existe r > 0 tel que f ne s’annule pas dans D (z0 , r). Puisque f g = 0, g est
identiquement nulle dans D (z0 , r) qui est un ouvert non-vide. Par le principe du prolongement analytique, g
est identiquement nulle.
eiz − e−iz
Exercice 13.8 On considère la fonction sin définie sur C par la formule sin z =
2i
.
1. Justifier que sin est une fonction holomorphe sur C.
2. Pour quelles valeurs de z ∈ Ca-t-on sin(z) = 0 ?
π
3. Montrer que la fonction f définie par f (z) = sin est holomorphe sur le disque ouvert D(0, 1).
1−z
Quels sont les zéros de f sur ce disque? Est-ce contradictoire avec le principe des zéros isolés?
Solution
1. La fonction sin est holomorphe sur C comme somme et composée de fonctions holomorphes sur C.
2. L’équation sin(z) = 0 est équivalente à
eiz = e−iz ⇐⇒ e2iz = 1 = ei0 .
230
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Ses solutions sont donc les complexes z ∈ C tels que 2iz = 0 + 2ikπ, k ∈ Z, c’est-à-dire ceux qui
s’écrivent z = kπ, k ∈ Z (les zéros que l’on connait depuis très longtemps!).
3. Comme précédemment, f est holomorphe comme composée de fonctions holomorphes. De plus, ses zéros
sont les points z ∈ D(0, 1) pour lesquels il existe k ∈ Z tel que
π 1
= kπ ⇐⇒ z = 1 −
1−z k
et dans ce cas k ∈ N∗ pour que le point soit réellement dans D(0, 1). On a donc "accumulation" de zéros
en 1. Ceci ne contredit pas le principe des zéros isolés, car la fonction f n’est pas holomorphe dans un
ouvert contenant 1 .
Exercice 13.9 Soient f, g deux fonctions holomorphes sur un ouvert connexe U et qui ne s’annulent pas dans
U . On suppose qu’il existe une suite (an ) d’élements de U , deux à deux distincts, qui converge vers a ∈ U , et
telle que
f (an ) g 0 (an ) = f 0 (an ) g (an ) pour tout entier n.
231