Aphasie Fachzeitschrift 5
Aphasie Fachzeitschrift 5
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Marion Fossard
University of Neuchâtel
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Revues
Tableau 1: Nombre de publications listées sur les bases de données La MIT est-elle efficace?
La première recherche sur la MIT (Albert, Sparks & Helm,
PsychInfo MEDLINE Web of
Science 1973) a conclu à l’efficacité de ce programme auprès de
trois patients avec aphasie non fluente chronique, se
Nombre total 225 27 62
(les doublons sont
traduisant par une amélioration des habilités au niveau
comptabilisés) expressif (augmentation de la production de mots, produc-
tion de phrases propositionnelles et de courtes conver-
Nombre retenu 14 13 5
sations). Par la suite, de nombreuses autres études ont
confirmé l’efficacité de la technique auprès de patients
Critères d’inclusion / exclusion aphasiques (Sparks, Helm & Albert, 1974; Goldfarb &
Des critères d’inclusion et d’exclusion ont été formulés Bader, 1979; Laughlin, Naeser & Gordon, 1979; Buttet &
afin de guider plus avant la sélection des articles en fonc- Aubert, 1980; Naeser & Helm-Estabrooks, 1985; Belin et
tion des buts de la recension. Un total de 32 études ont été al., 1996; Bonakdarpour et al., 2003; Wilson, Parsons &
ainsi retenues. Reutens, 2006; Schaefer, Murrey, Magee & Wheeler, 2006;
Schlaug, Marchina & Norton, 2008; 2009; Breier, Randle,
Nous avons inclus: Maher & Papanicolaou, 2010; Hough, 2010; van de Sandt-
– les publications rapportant une recherche spécifique Koenderman, Smits, van der Meulen, Visch-Brink, van
sur la MIT, utilisant soit le protocole original ou der Lugt & Ribbers, 2010; Vines, Norton & Schlaug, 2011).
des variations et des adaptations. L’article pouvait Les progrès ont été soulignés non seulement sur le ver-
également décrire des procédures spécifiques, sant de la production du langage oral, mais également
formuler des hypothèses sur l’efficacité de la thérapie sur le versant de la compréhension orale dans certaines
et / ou sur les mécanismes cérébraux impliqués. études (Van der Lugt-van Wiechen & Visch-Brink, 1989 et
– les publications dont la population est composée Helm-Estabrooks, 1983; cités par Bonakdarpour et al.,
d’adultes avec aphasie uniquement; 2003; Naeser & Helm-Estabrooks, 1985; Belin et al., 1996;
Bonakdarpour et al., 2003; Hough, 2010). Dans une étude,
Nous avons exclu: des progrès ont été relevés également en lecture et écri-
– les publications dont la population n’est pas atteinte ture (Hough, 2010).
d’aphasie mais d’autres pathologies; Ces résultats sont cependant à prendre avec précaution
– les publications dont la population est composée car, comme nous le verrons par la suite, l’efficacité obte-
d’enfants; nue dans les différentes études ne relève pas toujours
– les publications qui traitent de musique ou de d’une méthodologie rigoureuse.
musicothérapie en général;
– les publications qui sont des résumés de colloques À qui la MIT s’adresse-t-elle?
ou de conférences Certains travaux, parmi les pionniers, (Helm, 1978; cité
par Helm-Estabrooks & Albert, 1991; Naeser & Helm-
Parmi les 314 articles sélectionnés par les bases de don- Estabrooks, 1985) ont été menés spécifiquement pour
nées, un article (Sonnette 1992) était inaccessible et n’a identifier le profil des candidats répondant au mieux à la
pas pu être pris en considération dans cette recension. MIT. Selon ces études, les meilleurs profils incluaient les
Tous les articles ont été publiés entre les années 1973 et critères suivants: lésion unilatérale dans l’hémisphère
2011 et sont rédigés en langue anglaise ou française. gauche (impliquant l’aire de Broca et / ou la substance
Le tableau 2 présenté en annexe, liste et synthétise les blanche profonde), compréhension préservée, produc-
publications retenues. tion verbale non-fluente, avec diminution dans l’agilité
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Revues: Melodic Intonation Therapy dans la prise en charge logopédique de l’aphasie chez l’adulte:
une recension systématique
articulatoire et difficulté dans l’initiation de la parole, Buttet & Aubert, 1980; Hough, 2010; Laughlin & Naeser,
répétition perturbée, bonne motivation et stabilité émo- 1979; van de Sandt-Koenderman et al., 2010; Schaefer et
tionnelle et bon niveau attentionnel. D’autres études al., 2006; Schlaug et al., 2008; 2009; Wilson et al., 2006).
(Albert et al., 1973; Breier et al., 2010; Buttet & Aubert, L’intensité varie également selon les études, allant de
1980; Sparks et al., 1974; Helm, 1978, cité par Naeser & deux à quatre séances hebdomadaires (Boucher et al.,
Helm-Estabrooks, 1985; Naeser & Helm-Estabrooks, 1985) 2001; Baker, 2000; Bonakdarpour et al., 2003; Breier et al.,
ont toutefois montré que les patients n’obtenaient pas 2010; Laughlin & Naeser, 1979; Wilson et al., 2006), jusqu’à
tous des résultats positifs avec l’utilisation de la MIT. quatre à dix séances hebdomadaires (Buttet & Aubert,
Cette absence de résultats a alors été interprétée comme 1980; Goldfarb & Bader, 1979; Schlaug et al., 2008; 2009).
étant due au recrutement de candidats ‘non idéaux’, ne De même, la durée des séances montre des variations
répondant pas aux meilleurs profils identifiés (cf. Helm- allant de vingt (Buttet & Aubert, 1980) à trente ou cin-
Estabrooks & Albert, 1991). quante minutes (Breier et al., 2010; Laughlin & Naeser,
Alors que le succès de la MIT a été initialement associé 1979; Boucher et al., 2001), jusqu’à une heure ou plus
aux patients présentant une aphasie de Broca chronique, (Goldfarb & Bader, 1979; Schlaug et al., 2008; 2009). Ré-
résistante à d’autres formes de thérapie (Albert, Sparks cemment, l’importance de l’intensité et de la durée du
& Helm, 1973; Sparks & Holland, 1976; Helm, 1978; cité traitement a été mise en évidence par une étude de
par Helm-Estabrooks & Albert, 1991; Naeser & Helm- Schlaug et al. (2009) menée auprès de six patients atteints
Estabrooks, 1985), la MIT a été employée, par la suite, avec d’aphasie non fluente qui indique qu’une application
des résultats positifs auprès de patients atteints d’apha- intensive et à long terme de la MIT traditionnelle (une
sies globales (Belin et al., 1996; Bonakdarpour et al., 2003), heure et demie par jour, cinq fois par semaine, pour un
et de dysarthries (Kempler & Van Lancker, 2002, cités par total de 75 thérapies) amène à un remodelage du faisceau
Hébert, Peretz & Racette, 2008). arqué droit, expliquant ainsi les effets durables rencon-
Au-delà des divers types d’aphasies auxquelles la MIT a trés. Avant cela, Wilson et al. (2006) avaient déjà prouvé
été appliquée, le caractère chronique de l’aphasie est en l’efficacité à long terme de la MIT, avec une amélioration
revanche retrouvé dans la grande majorité des études de la production de phrases complètes, encore cinq se-
recensées. La plupart d’entre elles propose en effet la MIT maines après la thérapie.
à des patients qui sont à plus de six mois post-AVC et qui Les pionniers, Sparks et Holland (1976), recommandent
ont déjà suivi une thérapie du langage (Albert et al., 1973; de ne pas utiliser d’autres formes de rééducation en pa-
Sparks et al., 1974; Belin et al., 1996; Bonakdarpour et al., rallèle à la MIT qui impliquerait l’usage d’une prosodie
2003; Boucher, Garcia, Fleurant & Paradis, 2001; Breier et normale et le retour à une stimulation de l’hémisphère
al., 2010; Goldfarb & Bader, 1979; Hough, 2010; Laughlin & gauche aux dépens de l’hémisphère droit. Il est admis en
Naeser, 1979; Naeser & Helm-Estabrooks, 1985; Schaefer revanche que toute autre méthode puisse prendre le relais
et al., 2006; Schlaug et al., 2008; 2009; Vines et al., 2011; une fois que les niveaux de progression de la MIT sont
Wilson et al., 2006). Notons toutefois que quelques études achevés. Cette ‘recommandation’ des pionniers est issue
menées auprès de patients en phase aïgue (Buttet & de l’hypothèse selon laquelle la production de mots dans
Aubert, 1980; van de Sandt-Koenderman et al., 2010) et les chansons – tout comme la mélodie – utiliserait da-
post-aiguë (Baker, 2000; Buttet & Aubert, 1980) rapportent vantage les ressources de l’hémisphère droit, tandis que
également des résultats positifs suite à une thérapie MIT. le traitement langagier est latéralisé à gauche (Riecker
et al., 2000 et Jeffries et al., 2003; cités par Gordon et al.,
L’intensité comme critère d’efficacité? 2006). Buttet et Aubert (1980) ont cependant présenté des
Bien que les pionniers (Sparks, Helm & Albert, 1974; cas où la MIT était efficace quand elle était utilisée en
Sparks & Holland, 1976) aient indiqué la nécessité d’un complément à la thérapie traditionnelle ou à d’autres
traitement intensif, d’un minimum de trois mois de thé- méthodes. Par ailleurs, l’efficacité de la MIT est davan-
rapie quotidienne, selon les études, la durée du traite- tage observée lorsque l’intervention comportementale
ment est très variable, allant de trois jours (Vines et al., est associée à une stimulation cérébrale (tDCS 1), par
2011) jusqu’à deux ou neuf ans d’application (Baker, 2000; rapport à la seule intervention comportementale (Vines
Belin et al., 1996). Cependant, dans la plupart des études et al., 2011). De récentes études (citées par Vines et al.,
recensées la durée moyenne d’application s’élève autour 2011) suggèrent que cette combinaison amènerait à des
d’un mois ou plus (Albert et al., 1973; Baker, 2000; Belin et effets plus importants, en suivant moins de séances de
al., 1996; Bonakdarpour et al., 2003; Boucher et al., 2001; thérapie.
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Transcranial direct current stimulation
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une recension systématique
Dans l’ensemble, les études citées ci-dessus rapportent entraînement rythmique, ou d’un couplage acoustique-
des résultats positifs quant à l’efficacité du programme moteur (encouragé par le son du battement) (Thaut et
MIT. Toutefois, tous les patients ne bénéficient pas des al., 1999 et Lahav et al., 2007; cités par Schlaug et al.,
effets positifs de la méthode, comme le montrent les 2008; 2009). Le battement de la main est aussi considéré
résultats de Albert et al. (1973), Breier et al. (2010), Buttet comme une forme de réorganisation inter-systémique
et Aubert (1980), Helm (1978, cité par Naeser & Helm- (Rosenbek & LaPointe, 1985 et Duffy, 2005, cités par
Estabrooks, 1985), Naeser et Helm-Estabrooks (1985), Hough, 2010). En effet, en accompagnant l’acte verbal
Sparks et al. (1974). (altéré), le battement fonctionne alors comme principe
Le fait que la MIT ait donné lieu à de nombreuses varia- organisateur permettant l’amélioration de la produc-
tions dans l’utilisation des différents aspects techniques tion verbale (Hough, 2010). Toutefois l’importance accor-
du programme, a amené des chercheurs à se questionner dée à cette composante (battement de la main gauche)
sur le(s) aspect(s) du programme qui serai(en)t le(s) plus a été remise en cause par des résultats montrant des
efficace(s). améliorations en production de phrases, même sans
l’inclusion de cette composante (Goldfarb & Bader, 1979;
À la recherche de critères plus spécifiques Hough, 2010).
Quel(s) serai(en)t donc l’aspect (ou les aspects) du pro- Par ailleurs, la mémoire à long terme et l’automaticité
gramme MIT le(s) plus efficace(s)? motrice apparaissent comme des médiateurs de la pro-
À l’heure actuelle des controverses existent car, pour cer- duction de la parole et aideraient à comprendre les effets
tains auteurs, la composante mélodique du programme obtenus par le chant (Stahl et al., 2011; Straube et al.,
(variations de hauteurs) serait au cœur des effets théra- 2008; Racette & Peretz, 2007, cités par Hébert et al., 2008;
peutiques de la MIT (Albert et al., 1973; Sparks et al., 1974; Gordon, Racette & Schön, 2006; Hébert et al., 2008). Une
Wilson et al., 2006; Schlaug et al., 2008; 2009), alors que des hypothèses émises est que la production de phrases
pour d’autres, la mélodie ne faciliterait pas la production fréquentes et stéréotypées dans la MIT ait été automati-
langagière (Hébert, Racette, Gagnon & Peretz, 2003; Peretz sée à un niveau moteur (Stahl et al., 2011). Comme le sug-
et al., 2004, cités par Wilson et al., 2006; Straube, Schulz, gèrent Hébert et al. (2003), étant donné que ces phrases
Geipel, Mentzel & Miltner, 2008). Les bénéfices de la MIT ont été entendues et répétées plusieurs fois, leur repré-
ne viendraient donc pas de la mélodie en soi, mais sentation mentale n’est pas uniquement reliée aux mots
d’autres aspects du programme. et à la mélodie, mais aussi à leur programme moteur.
Le rythme, plus lent, et plus accentué par rapport au L’entraînement mélodique expliquerait également l’effi-
parlé normal, fournirait une facilitation au niveau ar cacité de la technique à long terme car il facilite l’accès
ticulatoire (Sparks et al., 1976). Laughlin et al. (1979) ont aux mots entrainés avec la mélodie, suite à une ébauche
notamment montré que le prolongement de la durée mélodique (Wilson et al., 2006). L’absence d’entraînement
syllabique (à 1,5 ou 2 sec / syll.) lors de la thérapie MIT, expliquerait le manque d’efficacité de la mélodie sur le
améliorait les performances verbales chez des patients langage dans les études précédentes (voir Cohen & Ford,
non fluents en production d’énoncés, par rapport à la 1995, Hébert et al., 2003 et Peretz et al., 2004, cités par
condition de durée syllabique non prolongée (0,28 sec / Wilson et al., 2006).
syll.). Boucher et al. (2001) et Stahl, Kotz, Henseler, Tur- Overy & Molnar-Szakacs (2009) font l’hypothèse que
ner et Geyer (2011) indiquent quant à eux l’importance l’imitation, la synchronisation et l’expérience partagée
du rythme verbal (accentuations syllabiques) dans les dans cette méthode d’intervention musicale représentent
bénéfices de la thérapie, contrairement à l’intonation les éléments clés de son succès. L’étude de Racette, Bard
mélodique. et Peretz (2006) abonde en ce sens et montre que chanter
Dans le protocole original, le battement de la main gauche seul n’est pas efficace chez des patients aphasiques,
fait partie intégrante de la MIT, et il a été considéré contrairement à chanter en chœur, synchronisant les
comme l’élément clé rendant compte de l’efficacité de la performances à un modèle stable.
technique (Schlaug et al., 2008; 2009). En effet, l’articula- D’autres éléments partagés avec les thérapies non mélo-
tion pourrait être modulée par des indices rythmiques diques, comme l’intensité de l’intervention, l’interaction
auditifs ou visuels (Pilon et al., 1998 et Brendel & Ziegler, entre thérapeute-patient, ont également des effets théra-
2008, cités par Stahl et al., 2011), ou par le battement de peutiques (comme observé dans l’étude de Schlaug et al.,
la main gauche, lequel engagerait un réseau sensori- 2008). Par ailleurs, le rôle de la motivation à chanter et la
moteur de l’hémisphère droit (Schlaug et al., 2008; 2009; bonne humeur fournie par le sentiment d’être compé-
Gentilucci & Dalla Volta, 2008, cités par Stahl et al., 2011). tent à ce niveau sont aussi reconnus pour expliquer
Par ailleurs, il fournirait une impulsion à la production l’amélioration du langage spontané (Hébert et al., 2003;
verbale, en raison d’une anticipation rythmique, d’un Gordon et al., 2006).
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une recension systématique
Les mécanismes cérébraux impliqués structures préfrontales gauches, tandis que l’activation
L’explication de l’efficacité de la MIT reste controversée de l’hémisphère droit serait plutôt liée à une persistance
également au niveau des mécanismes cérébraux impli- de l’aphasie.
qués. Certains auteurs soutiennent le rôle de l’hémis- Récemment, Breier et al. (2010) ont démontré, par la tech-
phère droit dans la récupération du langage, d’autres la nique MEG (magnétoencéphalographie), qu’après la MIT,
contribution de l’hémisphère gauche. l’activation de l’hémisphère gauche augmente chez les
deux sujets examinés. Les chercheurs suggèrent que la
Rôle de l’hémisphère droit réponse positive à la MIT est associée à l’augmentation
Plusieurs auteurs (Albert et al., 1973; Sparks et al., 1974; de l’activation des aires hémisphériques gauches in-
Goldfarb & Bader, 1979; Buttet & Aubert, 1980) s’appuient tactes, et à la diminution de l’activation des aires à droite.
sur l’hypothèse théorique que la stimulation augmentée Ce même résultat a été obtenu auprès d’un patient au
de l’hémisphère droit pour les aspects mélodiques du stade aigu de récupération (van de Sandt-Koenderman et
langage parlé augmenterait le rôle de cet hémisphère al., 2010).
dans le contrôle inter-hémisphérique du langage, témoi-
gnant de la plasticité cérébrale dans la récupération
fonctionnelle du langage. Les hypothèses de Mazzocchi Discussion
et Vignolo (1979, cités par Naeser & Helm-Estabrooks,
1985), basées sur l’observation de CT 2 scanner, vont dans Le but de ce travail était de rapporter et synthétiser les
ce sens et suggèrent que la récupération du langage, suite résultats d’études existantes sur la Melodic Intonation
à une lésion hémisphérique gauche, serait liée à une Therapy, en vue de faire la lumière sur l’efficacité de la
compensation par l’hémisphère droit. technique et sur la pertinence de l’utiliser dans la réha-
En 2008, Schlaug et al. ont montré qu’un patient traité bilitation de l’aphasie.
avec la MIT présentait davantage d’améliorations au Une recension systématique de la littérature a fait res-
niveau du langage expressif, ainsi que des modifications sortir 32 études faisant partie des critères d’inclusion.
significatives dans le réseau de l’hémisphère droit vi- Parmi les recherches portant sur la MIT, 18 ont rapporté
sibles en IRM fonctionnelle. Une recherche ultérieure des résultats confirmant le succès de la technique auprès
des mêmes auteurs (2009) indique, par imagerie DTI 3, de patients adultes atteints d’aphasie, non seulement au
une augmentation significative du nombre de fibres du niveau de la production verbale, mais également en com-
faisceau arqué droit et de son volume, en lien avec des préhension orale et à l’écrit pour certaines. Cependant,
progrès de l’output verbal suite au traitement MIT. L’hy- tous les patients ne bénéficient pas des effets positifs de
pothèse formulée est que l’intonation mélodique et le la méthode, comme le montrent les résultats de Albert et
battement de la main gauche sont les éléments de la MIT al. (1973), Breier et al. (2010), Buttet et Aubert (1980), Helm
responsables de son efficacité thérapeutique et explique- (1978, cité par Naeser & Helm-Estabrooks, 1985), Naeser et
raient l’activation prédominante de l’hémisphère droit. Helm-Estabrooks (1985), Sparks et al. (1974). Souvent, c’est
Utilisant une technique de stimulation cérébrale non in- l’adaptation de la MIT qui s’avère être efficace, et non pas
vasive (tDCS) pendant le traitement MIT, l’étude de Vines l’utilisation telle qu’elle est décrite par les pionniers. En
et al. (2011) a montré qu’en appliquant cette stimulation effet, peu d’études suivent à la lettre le protocole tel qu’il
au gyrus frontal postérieur inférieur droit (qui inclut la a été initialement conçu, démontrant qu’autant la mé-
partie de l’hémisphère droit homologue à l’aire de Broca), thode originale que des formes modifiées produisent des
l’amélioration de la fluidité verbale est davantage observée, effets bénéfiques. Bien que les études ne rapportent pas
comparée à la condition où la MIT est utilisée seule. toujours de façon très explicite l’ensemble des modifica-
tions effectuées, la grande majorité d’entre elles semble
Rôle de l’hémisphère gauche conserver le battement de la main non-plégique. Seules
En 1996, Belin et al. ont étudié les mécanismes de récupé- les études de Goldfarb & Bader (1979) et de Hough (2010)
ration auprès de sept patients avec aphasie non fluente indiquent clairement la non utilisation de cet aspect
ayant bénéficié avec succès de thérapie MIT. En utilisant thérapeutique, tout en rapportant une amélioration des
le PET Scan (Tomographie par émission de positons) performances pour la production de phrases.
durant des tâches langagières de répétition avec et sans La plupart des études recensées font toutefois face à des
MIT, ils ont montré que la récupération induite par la biais, car elles ne sont pas suffisamment rigoureuses dans
technique de chant coïncide avec la réactivation des leur méthodologie. Plusieurs recherches ne recourent
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Computerized Tomography
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Diffusion Tensor Imaging
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une recension systématique
pas à des évaluations pré et post traitement (Belin et al., avec aphasie de Broca (Albert et al., 1973; Sparks et al.,
1996; Boucher et al., 2001; Laughlin & Naeser, 1979), ou 1974; Helm, 1978; Naeser & Helm-Estabrooks, 1985, cités
alors la pertinence des tests utilisés est réduite (Goldfarb par Helm-Estabrooks & Albert, 1991), et aphasie globale
& Bader, 1979; Laughlin & Naeser, 1979; Wilson et al., (Belin et al., 1996; Bonakdarpour et al., 2003).
2006), car ils ne sont ni validés ni standardisés. Quelques La majorité des études a inclus des patients victimes
résultats sont également basés sur des observations es- d’AVC et en phase chronique, mais des bénéfices thérapeu-
sentiellement cliniques, sans présenter de méthodologie tiques ont également été observés pour des patients trau-
objective (Albert et al., 1973; Baker, 2000; Buttet & Aubert, matisés crâniens (Schaefer et al., 2006; Baker, 2000) et des
1980; Schaefer et al., 2006). Par ailleurs, peu d’études patients aphasiques en phase aiguë (Baker, 2000; Buttet
(Bonakdarpour et al., 2003; Schlaug et al., 2009; Wilson et & Aubert, 1980; van de Sandt-Koenderman et al., 2010).
al., 2006) examinent l’efficacité de la MIT à long terme, et Finalement, concernant la question des mécanismes
pratiquement aucune étude n’examine la généralisation cérébraux impliqués dans la récupération langagière
des compétences améliorées à d’autres contextes de vie suite à la MIT, nous avons vu que les résultats des études
des patients, plus naturels et spontanés. Seule l’étude de divergeaient. Certains travaux appuient le rôle de l’hé-
Hough (2010) a utilisé des questionnaires qui mesurent misphère droit dans la récupération langagière (Albert et
la perception, par les participants et les aides-soignants, al., 1973; Sparks et al., 1974; Goldfarb & Bader, 1979; Buttet
de l’efficacité et l’indépendance communicative, avant et & Aubert, 1980; Naeser & Helm-Estabrooks, 1985; Helm-
après l’intervention. Même si quelques observations de Estabrooks & Albert, 2004; Carlomango et al., 1997, cités par
généralisation aux phrases non entrainées avec la MIT Rau & Fox, 2009; Schlaug et al., 2008; 2009; Norton et al.,
sont faites, elles ne s’étendent pas à d’autres contextes 2009; Kaplan et al., 2010, cités par Hamilton, Chrysikou
plus naturels. & Coslett, 2011; Vines et al., 2011), d’autres supportent
La question de savoir quels aspects du programme dans l’implication de l’hémisphère gauche (Belin et al., 1996;
la MIT sont efficaces a fait l’objet de nombreux travaux. van de Sandt-Koenderman et al., 2010; Breier et al., 2010),
Les réponses apportées ne font toutefois pas l’unanimité. d’autres encore, l’implication des deux hémisphères
En particulier, la contribution du rythme et de la mélodie (Schlaug et al., 2008).
dans l’efficacité de la méthode est encore une question
irrésolue, bien que les résultats récents de Stahl et al. En somme, et malgré de nombreux biais méthodologiques,
(2011) indiquent plutôt un effet du rythme sur la produc- les articles recensés dans cette étude tendent à démon-
tion verbale de patients aphasiques et l’absence d’effets trer que la MIT est bénéfique pour certains patients
de l’intonation mélodique. Plusieurs auteurs ont souligné aphasiques. Mais pourquoi a-t-elle le potentiel de facili-
le rôle positif de l’imitation, de la synchronisation et de ter la production verbale et quels sont les mécanismes
l’expérience partagée, de la mémoire à long terme et de cérébraux impliqués demeurent des questions qui font, à
l’automaticité motrice, de l’entrainement mélodique, de l’heure actuelle, l’objet de controverses. Plus de 40 ans
l’interaction et de la motivation sur les résultats obtenus. après la création de la MIT, la question de son efficacité
reste ouverte et d’autres recherches sont attendues en
Cette recension a également montré que la MIT a été vue de favoriser la pertinence de l’utiliser dans la réhabi-
appliquée avec des résultats positifs auprès de patients litation de l’aphasie auprès d’une population adulte.
Références
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Aphasie und verwandte Gebiete | Aphasie et domaines associés N° 1/2014 ISSN 1664-8595 37
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Revues: Melodic Intonation Therapy dans la prise en charge logopédique de l’aphasie chez l’adulte:
une recension systématique
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Revues: Melodic Intonation Therapy dans la prise en charge logopédique de l’aphasie chez l’adulte:
une recension systématique
Bonakdarpour; Case series Aphasies non fluentes Pré-tests (2 fois avant MIT) et post-tests
Eftekharzadeh; Ashayeri (7 participants) (après MIT et 1 mois après).
(2003) FAT (Farsi Aphasia Test):
– Langage expressif
– C
– Répétition
Boucher; Garcia; Fleurant; Case series Aphasies non fluentes – Nombre syllabes dans les phrases cibles
Paradis (2001) (2 participants) répétées, suite à 4 conditions de traitement
(contour tonal; stimulation verbale;
tapement main; intonation mélodique).
– Comparaison entre performances des
phrases non exercées et exercées
(après les 4 conditions de traitement).
Breier; Randle; Maher; Case series Aphasies mixtes Avant et après sessions MIT:
Papanicolaou (2010) et neuroimagerie (expression et C) – MEG + Action naming test,
(2 participants) – Pour mesurer le changement: production
phrases (CIUs)
Hébert; Racette; Gagnon; Case Aphasie non fluente MIT non administrée mais chansons familières
Peretz (2003) (1 participant) (mots originaux + mélodie originale ou mots
fam. + mélodie non originale) et non familières
Hough (2010) Case Aphasie non fluente Tests pré-post traitement MIT:
(1 participant) (+ apraxie) – WAB-R (Western Aphasia Battery-Revised);
– Aphasia Quotient; Cortical Quotient;
American Speech-Language Hearing
Association (ASHA) Functional Assessment
of Communication Skills;
– ASHA Quality of Communication Life Scale;
– Communicative Effectiveness Index (CETI).
Laughlin; Naeser (1979) Case series Aphasies non fluentes Ligne base: pré-test de répétition de phrases
(5 participants) – 2 aphasies globales (nombre syllabes mesuré).
– 2 aphasies mixtes Puis mesure production correcte de phrases
– 1 Broca dans 3 conditions (stimuli présenté
sans intonation, avec MIT à 1,5 sec / syll,
à 2 sec / syll.)
Naeser; Helm-Estabrooks Retrospective Aphasies non fluentes BDAE (test pré + post MIT):
(1985) study Aphasies globales – Langage spontané
(8 participants) – C
CT scan
Racette; Bard; Peretz (2006) Case series 3 aphasies Broca; MIT non administrée mais chansons
(8 participants) 4 aphasies mixtes et familières, nouvelles et à l’unisson (tâches de
1 anomie (+ dysarthrie répétition et rappel de mots et mélodies).
et apraxie) Condition chantée vs parlée.
Schlaug; Marchina; Norton Case series Aphasies non fluentes Pré + post test
(2009) et neuroimagerie (C préservée) (avant, après la MIT et après 1 mois)
(6 participants) DTI (diffusion tensor imaging)
– Production spontanée, description images,
description de procédures habituelles
(CIU’s / minute)
– Test de dénomination images
(items correctes)
– Syllabes par phrase
Sparks; Helm; Albert (1974) Case series Aphasie Test pré + post MIT
(8 participants) en production, – BDAE
C préservée – Test répétition
– Parlé à l’unisson
Stahl; Kotz; Henseler et al. Case series Aphasies non MIT non administrée mais 3 modalités
(2011) (17 participants) fluentes: (intonation mélodique, parlé rythmique, parlé
Broca ou Globale arythmique) et 3 types de mots (originaux,
phrases stéréotypées, phrases peu fréquentes).
Straube; Schulz; Case Aphasie non fluente MIT non administrée mais chansons
Geipel et al. (2008) (1 participant) familières, non fam. et production phrases
(de chansons non fam.) + nouvelle mélodie
(similaire à la MIT).
Condition chantée vs parlée.
Vines; Norton; Schlaug (2011) Case series Aphasies non fluentes tDCS (transcranial direct current stimulation)
(6 participants) (Broca) + MIT
– Test fluence verbale avant et après la
stimulation tDCS: production automatique,
description images, dénomination
(Snodgrass-Vanderwart + BDAE)
Légende: MIT = Melodic Intonation Therapy; C = compréhension; TCC; BDAE = Boston Diagnostic Examination;
fMRI = functional magnetic resonance imaging; CIUs = Correct Information Units; MEG = magnétoencéphalographie;
PET = Tomographie par émission de positons; CT scan = Computerized Tomography.