Contrôlabilité et stabilisation optimale
Contrôlabilité et stabilisation optimale
finie ou infinie
Christophe Prieur
Habilitation à diriger
des re her hes
Contrlabilité et stabilisation optimales
en dimension nie ou innie
Mr Bernard BROGLIATO
Mr Laurent PRALY
Mr Jean-Pierre RAYMOND
Mr Pierre ROUCHON
Me Sophie TARBOURIECH
Rapporteurs :
Mr Bernard BROGLIATO
Mr Pierre ROUCHON
Mr Enrique ZUAZUA
dernières années. Je remer ie tout d'abord Jean-Mi hel Coron qui, le premier, m'a initié au
ontrle et m'a ensuite en ouragé à poursuivre en thèse en o-dire tion ave Laurent Praly. Ces
deux ollègues et amis m'ont fait partager leur enthousiasme, leur rigueur et mille idées qui
fourmillent dans mes travaux. Cette habilitation à diriger des re her hes leur doit beau oup. A
l'issue de ma thèse, Jean-Mi hel et Laurent m'ont laissé prendre l'indépendan e indispensable
à un her heur, mais se sont toujours montrés disponibles lorsque j'ai eu besoin d'un onseil.
Je suis très tou hé de l'honneur que m'ont fait Bernard Brogliato, Pierre Rou hon et
Enrique Zuazua en a eptant de rapporter mon travail. Les diérents é hanges que j'ai eus
Mer i à Sophie Tarbourie h d'avoir a epté de présenter mon dossier de re her he auprès
de l'université Paul-Sabatier. En plus de faire partie de mes amis et d'être une ollaboratri e
régulière, Sophie a beau oup inuen é mes travaux de re her he en me proposant de nouvelles
voies, de nouvelles appli ations et en m'en ourageant dans telles ou telles pistes, tout en
respe tant mes hoix. Je remer ie vivement Jean-Pierre Raymond d'avoir a epté de faire
Puisque l'opportunité m'en est donnée, je remer ie Mi hel Sorine pour ses questions s ien-
tiques et ses onseils qu'il ne manque pas de me donner régulièrement. Je remer ie également
Hisham Abou-Kandil qui m'a proposé aussi bien des pistes de re her he fondamentale que
des appli ations. Sa onan e qu'il a bien voulu m'a order depuis longtemps est un grand
honneur pour moi. Geoges Bastin, en plus d'être un ollègue haleureux ave qui j'appré ie
travailler, n'a jamais ompté son temps pour moi. Je lui en suis trés re onnaissant.
Je voudrais exprimer ma gratitude envers mes diérents o-auteurs. J'exprime une pensée
plus parti ulière pour Emmanuelle Crépeau ave qui j'ai vraiment appré ié travailler es der-
nières années. Mer i également à Lionel Rosier, Emmanuel Trélat, Denis Matignon, Stéphane
Labbé ave qui j'ai eu des dis ussions trés enri hissantes. Nombre de mes o-auteurs sont
Je n'oublie pas mes nombreux ollègues, et bien souvent amis, du groupe de re her he
MAC. J'ai proté de nombreuses dis ussions s ientiques ave notemment Isabelle Queinne ,
Denis Arzelier, Didier Henrion, Lu ie Baudouin, et Vin ent Andrieu. Mer i pour leurs onseils
s ientiques, et ami aux. Ils ne se sont (presque) jamais montrés impatients dans les fartleks
ou lorsque je me suis permis de parler des régles de rugby ! Mer i à tout le groupe (et à quelques
m'en ourage, et me soutient ontinuellement dans mes nombreux projets. J'arriverai un jour
peut-être à montrer à Domitille (et aussi à Gaétane et Guillem) que la profession de her heur
n'est pas seulement une sour e de stress, ou de séparations, mais peut être aussi enthousias-
mante et stimulante par les multiples satisfa tions et ren ontres qu'elle apporte. Je dédie e
manus rit à mes quatre rubgymen préférés, re onvertis ré emment au ho key sur gla e.
Table des matières
Introdu tion 3
1
Table des matières
Perspe tives 73
Bibliographie 78
Bibliographie personnelle 89
Revues à omité de le ture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
2
Introdu tion
Ce do ument présente une synthèse de mes travaux de re her he dont le thème entral est
la théorie du ontrle. Etant donné un système dont la dynamique dépend d'un paramètre
(appelé ontrle, ou ommande), l'enjeu prin ipal de es travaux a été de prouver l'existen e
d'une loi de ommande telle que les solutions du système dynamique satisfassent ertaines
temps et de la ondition initiale (on parle alors de bou le ouverte), ou alors dépendant de l'état
de la solution (on parle alors de bou le fermée, ou d'un retour d'état). De même, lorsque l'état
du système dynamique est en dimension innie, diérentes propriétés de ontrle peuvent être
tons quelques points- lés. Diérentes études pour les systèmes de dimension nie ont né essité
l'utilisation de ontrles dis ontinus à des ns de stabilisation asymptotique et robuste. Nous
des systèmes non-linéaires. Parmi les résultats lés en dimension innie, nous avons donné
une des ription pré ise de la vitesse de la stabilité en fon tion de la position de l'a tionneur
de stru tures exibles. Nous avons aussi étudié le al ul de ontrle frontière dépendant uni-
quement de la sortie pour la régulation de l'é oulement de l'eau dans des anaux. Pour es
deux problèmes de dimension innie nous avons onsidéré des ommandes simples dans leur
Etant donné un système dynamique, suivant le nombre de modes dynamiques (en nombre
ni ou pas), nous onsidérons un modèle é rit en terme d'équations aux dérivées ordinaires
transition entre deux régimes de fon tionnement par exemple), nous devons prendre en ompte
les eets non-linéaires ou pas. Nous obtenons ainsi diérents types de modèles dynamiques.
Une onstante dans e travail a été de her her à établir la performan e optimale, et à dé-
velopper des te hniques pour al uler expli itement ou numériquement les ommandes. Par
exemple pour le ontrle de stru tures exibles par des ellules piézo-éle triques, nous avons
à la synthèse de ommandes mixtes (ou hybrides, ave une dynamique dis rète et ontinue)
3
Introdu tion
optimales (en temps minimal) et robustes. Un autre exemple, pour les systèmes de dimen-
sion innie, on erne un système d'optique adaptative pour lequel nous avons al ulé une
Nous stru turons e do ument en deux parties distin tes en distinguant la théorie de la
ommande pour les systèmes de dimension nie, de la théorie du ontrle en dimension in-
nie. Certains travaux annexes ont été omis. Nous donnons ependant une liste omplète des
La première partie présente l'essentiel de mes résultats et de mes appli ations en théorie
du ontrle sur les systèmes non-linéaires de dimension nie, 'est-à-dire dont les modèles sont
Nous allons tout d'abord étudier le problème général de la stabilisation de systèmes non-
linéaires et nous envisagerons la lasse de ommandes hybrides qui permettent de garantir une
robustesse par rapport aux petites perturbations (voir le hapitre 1). Nous introduirons en
parti ulier l'exemple de l'intégrateur de Bro kett. Ensuite, dans le hapitre 2, nous rajouterons
un ritère d'optimisation et, ave ette même lasse de feedba ks, nous résoudrons le problème
pour l'intégrateur de Bro kett et ensuite pour tout système ontrlable non-linéaire (mais
linéaire par rapport à la ommande). Enn, dans le hapitre 3, nous analyserons la performan e
optimale d'une lasse de systèmes non-linéaires (plus pré isément soumis à des non-linéarités
de se teur) et nous privilégierons une méthode onstru tive pour le al ul de fon tions de
Lyapunov.
plus pré isément dé rits par des équations aux dérivées partielles.
Nous souhaitons avoir une vision globale de e type de systèmes et étudier toutes les
questions lassiques depuis la modélisation jusqu'à la simulation et l'appli ation ee tive en
passant, bien entendu, par la ommande de tels systèmes. L'originalité de notre appro he
réside dans le fait que nous souhaitons privilégier les modèles EDP qui présentent l'intérêt de
modéliser une innité de degrés de liberté. Tant que ela est possible, nous souhaitons réserver
Nous allons présenter plus parti ulièrement des résultats de ontrlabilité et de stabi-
lité pour une EDP linéaire modélisant une stru ture exible mono-dimensionelle (de type
poutre), ontrlée par des a tionneurs pon tuels (voir le hapitre 4). Ensuite nous dévelop-
pons des résultats de ontrlabilité et de stabilité plus spé iques pour les stru tures exibles
bi-dimensionnelles (de type plaque) et ontrlées par des a tionneurs internes ( 'est-à-dire ré-
partis sur les domaines non-réduits à un point). L'appli ation visée sera étudiée à la n du
tive. Dans le dernier hapitre de ette partie ( hapitre 6), nous étudions le ontrle frontière
des systèmes hyperboliques. Nous établirons des onditions susantes sur les onditions fron-
4
Introdu tion
tière pour avoir une stabilité exponentielle vers l'équilibre en présen e de petites perturbations.
Nous appliquerons e résultat théorique à la synthèse de ommandes aux bords régulant l'é ou-
lement de l'eau dans un anal, ave une vitesse exponentielle et ave une robustesse par rapport
Nous on luerons e do ument par quelques perspe tives de re her he en théorie du ontrle
Les référen es alphanumériques [R*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 27}, [C*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 51} renvoient à mes
publi ations (voir à partir de la page 89). Les autres référen es sont itées dans la bibliographie
5
Introdu tion
6
Première partie
Contrle en dimension nie
7
Chapitre 1
Stabilisation de systèmes non-linéaires
Dans e hapitre nous allons étudier le problème de la stabilisation des systèmes non-
linéaires et nous rappellerons la né essité d'utiliser des ommandes dis ontinues (ou instation-
ommandes dis ontinues peut introduire une grande sensibilité par rapport aux perturbations,
et peut même réer une instabilité du système en bou le fermée en présen e de petites per-
turbations (voir le paragraphe 1.1). Nous allons ensuite introduire l'intégrateur de Bro kett
(voir le paragraphe 1.2), ainsi que la lasse de feedba ks hybrides ( 'est-à-dire ave une dyna-
mique mixte dis rète/ ontinue) que nous allons étudier à plusieurs reprises dans e do ument.
Nous verrons que, sous une hypothèse de ontrlabilité, nous pouvons stabiliser les systèmes
non-linéaires ave un ontrle hybride (voir le paragraphe 1.3). Enn nous verrons dans le
paragraphe 1.4 que la robustesse par rapport aux petites perturbations ( omme les bruits de
mesure et les erreurs de modèle) est intrinsèque à la lasse de systèmes hybrides perturbés. Les
ommandes hybrides peuvent don être utilisées pour d'autres problèmes de ontrle, omme
le ontrle optimal. Cette question de la performan e optimale fera l'objet du hapitre suivant
( hapitre 2).
ẋ = f (x, u) (1.1)
où f : e × U → Rn
O est une appli ation ontinue, e
O et U sont des voisinages de l'origine
n m
respe tivement dans R et R . Dans (1.1), x est appelé état du système, et u le ontrle.
Supposons que A est un équilibre de e système, 'est-à-dire que A est un ompa t in lus
dans Oe tel que f (x, 0) = 0 pour tout x ∈ A. Nous noterons O = O e \ A. Les solutions de (1.1)
1
seront à valeur dans O . Les normes eu lidiennes seront notées |.| (sans pré iser la dimension
1 On
peut ajouter A à l'espa e d'état, mais ela rend ertaines hypothèses un peu plus ompliquées à
formuler (en parti ulier la notion de rayon de perturbations admissible page 16, et l'hypothèse (A4) page 18).
9
1.1 Contrle dis ontinu et robustesse
Le problème de stabilisation par un retour d'état statique est le suivant : Trouver une
fon tion u : x 7→ u(x), appelée ontrle ou retour d'état, dénie et ontinue sur un voisinage
soit lo alement asymptotiquement stable, 'est-à-dire qui vérie les deux propriétes suivantes :
(stabilité) pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que, si |x0 |A < δ et x0 ∈ O alors toutes les
x(0) = x0 (1.3)
(attra tivité) il existe µ > 0 tel que si |x0 |A < µ et x0 ∈ O alors les solutions de (1.2) et
La propriété pré édente est une propriété de bou le fermée puisque l'information sur l'état
est utilisée pour al uler l'entrée du système dynamique (1.1). Nous opposons à ette pro-
priété la suivante, dite de bou le ouverte : nous disons que le système de ontrle (1.1) est
asymptotiquement ontrlable si les deux propriétés suivantes ([4, 37℄) sont satisfaites :
1. il existe µ > 0 tel que pour tout |x0 |A < µ et x0 ∈ O, il existe T >0 et une ommande
lage d'état stabilisant asymptotiquement (1.1). De plus, suivant la stru ture du système
non-linéaire, il peut y avoir des onditions né essaires et/ou susantes pour établir la ontr-
labilité asymptotique (voir [121℄ pour une ara térisation de la ontrlabilité en terme des
fon tions de Lyapunov assignables (Control Lyapunov Fun tions, CLFs), ou [43℄ par exemple
pour une ondition sur l'algèbre de Lie engendrée par les hamps de ve teur). De même il
existe des onditions né essaires pour l'existen e d'un ontrle stabilisant omme la ondition
Théorème 1.1 ( ondition de Bro kett, [23℄) S'il existe un ontrle ontinu et stationnaire tel
que le système (1.2) soit lo alement asymptotiquement stable, alors la fon tion f est ouverte
en (0, 0), 'est-à-dire que l'image par f de tout voisinage de (0, 0) ∈ Rn × Rm est un voisinage
de 0 ∈ Rn .
10
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires
Un exemple important de systémes qui ne vérie pas ette ondition est l'intégrateur de
Cet exemple est très souvent étudié dans la litérature (par exemple [39, 43, 92, 122℄) ar il a
des appli ations importantes en robotique mobile voir [29, 101, 102, 114, 96℄ (on parle alors
d'intégrateur non-holonme). Voir d'autres types d'exemple dans [29, 92, 93, 97℄.
ou des ommandes dis ontinues (si on se restreint à la lasse de retours d'état station-
naires)
Voir [40, 99, 100, 98℄ ou [43, 97℄ pour des référen es plus ré entes sur les études de ommandes
dépendant du temps, mais périodiques en temps. En revan he nous nous fo aliserons sur l'uti-
lisation de ontrles dynamiques et dis ontinus qui peuvent être utiles pour des problèmes
de stabilisation. Citons par exemple [37℄ qui propose de al uler un feedba k par un é han-
tillonnage (ave sampling solutions), ou [4, 19℄ dans lesquels l'existen e d'un retour d'état
des
onstant par mor eaux (pat hy feedba k) est établie. Notons que le système (1.1) en bou le
fermée ave une ommande dis ontinue x 7→ u(x) peut se réé rire
ẋ = F (x) (1.6)
ave F (x) = f (x, u(x)) et est une équation dymanique dis ontinue. Ce type de systèmes est
présent dans de nombreuses appli ations ( omme en mé anique [25℄). Notons que les solutions
(de Carathéodory) de (1.6) sont en général sensibles aux perturbations. Il est ru ial d'étudier
l'eet des perturbations sur la stabilité puisque 'est pour avoir de la robustesse que l'on
utilise des feedba ks de préféren e à la bou le ouverte. En se limitant à des ontrles ontinus
stabilisants, il existe une fon tion de Lyapunov pour le système bou lé (d'aprés [74℄) et don
un peu de robustesse. L'obtention de robustesse par rapport à des bruits de plus grande
amplitude est une question diérente (voir [116℄), mais peut être abordée par une appro he
Lyapunov (voir par exemple [69℄). Bien entendu introduire la possibilité de onstruire des
ommandes dis ontinues né essite d'étudier l'eet de la robustesse de façon systématique. Par
exemple pour le système de Bro kett, il existe un retour d'état (dis ontinu) tel que le système
en bou le fermée soit asymptotiquement stable (et même ave une vitesse de onvergen e
exponentielle) en l'absen e d'erreur sur la dynamique, et fasse apparaître des y les limite
(non réduits à un point) en présen e de telles perturbations (voir des simulations dans [97℄).
Nous notons que la lasse de solutions de (1.6) est protéiforme et dépend de l'ensemble des
11
1.1 Contrle dis ontinu et robustesse
solutions possibles. Etant donné T > 0, nous rappelons que X : [0, T ) → Rn est dite solution
Ẋ(t) = F (X(t))
pour presque tout t ∈ [0, T ). On parlera alors de solutions nominales. Une autre lasse de
solutions est elle des solutions d'Hermes. Ce sont les limites de solutions du système perturbé
ẋ = F (x+ξn ) lorsque la suite de perturbations (ξn ) tend vers 0. Voir [64, 60℄ pour une dénition
pré ise dans un ontexte d'équations diérentielles ave un se ond membre dis ontinu, ou [R5℄,
Deux autres notions de solutions sont elles de Krasovskii et de Filippov [50℄. Nous rappe-
n
lons que X : [0, T ) → R est une solution de Krasovskii, respe tivement de Filippov, de (1.6)
respe tivement
\ \
Ẋ(t) ∈ con F ((X(t) + B(0, δ)) \ N)
δ>0 N,λ(N )=0
tillonnage de la ommande) et les solutions d'Euler. Voir [31, 123℄ pour les systèmes non-
pré iser la robustesse et la stabilité que l'on obtient en utilisant telle ou telle lasse de solutions.
Ainsi les référen es [123, 36℄ proposent l'utilisation d'un type de ommandes dis ontinues
qui permettent de stabiliser le système pour les π -solutions et don ave un ertain type
de robustesse (une erreur de mesure uniquement aux instants d'é hantillonnage). Voir aussi
[5℄ pour l'utilisation de ontrles dénis par mor eaux (pat hy feedba ks). Nous souhaitons
onsidérer une lasse de solutions plus large, en l'o uren e les solutions de Krasovskii. Or il y
a des systèmes asymptotiquement ontrlables tels qu'il n'existe pas de ontrle instationnaire
dis ontinu x 7→ u(x) tel que le système bou lé soit asymptotiquement stable pour les solutions
de Krasovskii. Il sut de penser de nouveau à l'intégrateur de Bro kett (1.5) qui est un exemple
une variable dynamique additionnelle. La plus simple des dynamiques est une dynamique
dis rète pour ζ. On arrive don à une ommande mixte dis rète/ ontinue u 7→ u(x, ζ) où x
est l'état du système (don ave une dynamique ontinue), et ζ est une variable suivant une
dynamique dis rète. La ontrainte topologique de Bro kett dans [23℄ (généralisée dans [112℄) ne
s'applique plus. Ainsi j'ai al ulé ave Alessandro Astol, Imperial College, un ontrle hybride
12
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires
qui garantit une stabilité asymptotique pour l'intégrateur de Bro kett (à un hangement de
oordonnées près). Pour omprendre l'importan e et la portée de e résultat, pré isons la lasse
Pour une présentation de e type de feedba ks hybrides, voir [135, 55℄, [R8℄, ou [C55℄
par exemple. D'autres formalismes existent (voir par exemple [22, 130, 87, 88, 141℄ pour des
travaux ave une appro he moins systématique). Citons également [147℄ pour une synthèse de
ontrles ave ommutation pour des systèmes (de dimension nie ou innie).
Un ontrleur dynamique hybride est la donnée d'un ensemble totalement ordonné Q et,
u q : Cq → U ;
φ q : C q → Rk ;
ψq : Dq → Rk ;
Le système (1.1) en bou le fermée ave e ontrleur s'é rit
z }|
˙ {
(x, χ) = (f (x, uq (x, χ)), φq (x, χ)) si (x, χ) ∈ Cq (1.7)
q + = ψq (x, χ) si (x, q) ∈ Dq
Donnons quelques idées intuitives sur e ontrleur dynamique. L'état du ontrleur est
k
(χ, q) ∈ R × Q, et l'état du système est don (x, χ, q). Deux types de dynamiques ont lieu
pour l'état du ontrleur : 1) soit dis rète pour la variable q et dé rite par la fon tion ψq , si
le ouple (x, χ) est dans le sous-ensemble Dq des états, 2) soit ontinue pour la variable χ et
dé rite par la fon tion φq , si le ouple (x, χ) est dans le sous-ensemble Cq des états. L'état du
ontrleur soit suit un ot, soit ee tue des sauts suivant la valeur de l'état.
sentons le résultat prin ipal de [R18℄ o-é rit ave Rafal Goebel, université de Washington
et Andrew Teel, université de Californie à Santa-Barbara. Pour ela nous xons un ouvert
e ⊂ R
O n
et un attra teur ompa t A ⊂ O e. Notons O = O e \ A. Nous allons onsidérer le
système non-linéaire (1.1) déni sur e qui est asymptotiquement ontrlable à A. L'ensemble
O
O sera l'espa e d'état de la variable ontinue du système hybride que nous analysons. Dans e
systèmes non-linéaires en bou le fermée ave un feedba k hybride. Nous le noterons informel-
lement par (
ẋ ∈ Fq (x) x ∈ Cq ,
(1.8)
q + ∈ Gq (x) x ∈ Dq ,
13
1.2 Stabilisation par une ommande hybride
où Q est un ensemble totalement ordonné et pour tout q ∈ Q, Fq et Gq dont des fon tions
(éventuellement à valeurs dans les sous ensembles de Cq et Dq respe tivement) tandis que Cq
et Dq sont des sous-ensembles de O . Le système hybride dé rit par (1.8) sera noté (H).
Remarquons que pour (H), la variable ontinue x évolue uniquement de façon ontinue
et n'a pas de sauts, tandis que la variable q n'évolue que par des sauts. Les ensembles Cq ,
respe tivement Dq , dé rivent les ensembles dans lesquels la variable ontinue peut évoluer,
respe tivement l'ensemble où la variable dis rète q peut avoir des sauts. Rappelons quelques
on epts de [56℄, et [R18℄ pour donner un sens pré is à la notion de solutions que nous allons
onsidérer. La première notion est elle de domaine de temps hybride qui est naturelle si on
remarque qu'il y a une dynamique mixte dis rète/ ontinue dans le système (1.8) et que la
"bonne" notion de temps est elle de temps mixte dis ret/ ontinu.
Dénition 1.2
S
Un ensemble S ⊂ R≥0 × N est un domaine de temps hybride ompa t
J−1
si S = ([tj , tj+1 ], j) pour une ertaine suite de temps 0 = t0 ≤ t1 ≤ t2 ... ≤ tJ .
j=0
S est un domaine de temps hybride si pour tout (T, J) ∈ S , S ∩ ([0, T ] × {0, 1, ...J})
est un domaine de temps hybride ompa t ;
de façon équivalente, S est un domaine de temps hybride si S est la réunion d'une
suite nie ou innie d'intervalles [tj , tj+1 ] × {j}, ave le dernier intervale, s'il existe,
éventuellement de la forme [tj , T ) ave T ni ou T = +∞.
Dans e qui suit, nous noterons supt (S) pour le supremum par rapport à t tel que (t, j) ∈ S
pour un ertain j, et supj (S) pour le supremum par rapport à j tel que (t, j) ∈ S pour un
ertain t. Introduisons maintenant la dénition formelle d'une solution de (1.8).
hybride non vide S , une fon tion x : S → O telle que x(t, j) est lo alement absolument
ontinue en t pour tout j xé, et onstant en j pour tout t xé tel que (t, j) ∈ S , et une
fon tion q : S → Q tel que q(t, j) est onstant en t, pour tout j xé pour tout (t, j) ∈ S ,
satisfaisant les onditions : x(0, 0) ∈ Cq(0,0) ∪ Dq(0,0) et
(S1) Pour tout j ∈ N et pour presque tout t tel que (t, j) ∈ S ,
Etant donnée une solution de (1.8) nous ne onsidérerons que des solutions maximales
( 'est-à-dire dénies sur des domaines de temps hybrides maximaux), et nous ne mentionnerons
pas expli itement le domaine de temps hybride. Nous identierons la solution par (x, q), et
lorsque ela sera né essaire, nous noterons son domaine de temps hybride dom(x, q). Une
14
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires
solution de (1.8) est dite omplète si son domaine est non-borné. Une solution omplète (x, q)
peut satisfaire supt dom(x, q) < ∞, dans e as la variable dis rète doit avoir une innité de
sauts.
l'état) atteint A en temps ontinu ni ou inni (de même que nous envisagerons plus bas la as
Dénition 1.4
L'ensemble A est stable pour le système hybride (H) si pour tout ε > 0 il existe δ > 0
tel que toute solution (x, q) de (H), ave |x(0, 0)|A ≤ δ , satisfait |x(t, j)|A ≤ ε pour tout
(t, j) ∈ dom(x, q).
L'ensemble A est attra tif pour le système hybride (H) s'il existe δ > 0 tel que
pour tout (x0 , q0 ) ∈ O × Q ave |x0 |A ≤ δ , il existe une solution de (H) ave
(x, q)(0, 0) = (x0 , q0 ) ;
pour toute solution (x, q) de (H) ave |x(0, 0)|A ≤ δ nous avons |x(t, j)|A → 0 lorsque
t → supt (dom(x, q)).
L'ensemble A est asymptotiquement stable, si A est à la fois stable et attra tif. Son
bassin d'attra tion, noté BA , est l'ensemble des points x0 ∈ O tels que pour tout q0 ∈ Q,
il existe une solution de (H) ave x(0, 0) = x0 , q(0, 0) = q0 , et toutes les solutions ainsi
obtenues satisfont |x(t, j)|A → 0 lorsque t → supt (dom(x, q)).
A est (globalement) asymptotiquement stable sur O si A est asymptotiquement stable
et si BA = O.
15
1.3 Feedba k hybride pour les systèmes asymptotiquement ontrlables
→ Q.
une fon tion gq : Dq →
les sous-ensembles de Q (voir [110℄). La fon tion kq , en bou le fermée ave (1.9), détermine
disons que le ontrleur hybride rend A asymptotiquement stable sur O e pour (1.9) si A est
asymptotiquement stable sur O pour le système hybride (Hf eed ) résultant de la dénition
en j ), mais nous onsidérons aussi le as où les erreurs hangent pendant le saut. Comme
rapport à u, nous pouvons omettre la référen e expli ite aux erreurs d'a tionneur ( 'est-à-dire
en remplaçant kq par kq + ea dans (1.10) où ea est une petite erreur d'a tionneur). De plus
omme l'ensemble Q est dis ret, nous ne onsidérons pas le as d'erreurs sur la variable dis rète.
Considérer des erreurs de mesure et des perturbations extérieures nous oblige à onsidérer des
le rayon de perturbations admissible omme étant une fon tion ontinue ρ : O → R>0 telle que
16
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires
Nous pouvons maintenant énon er le résultat prin ipal de [R18℄ (voir aussi [R5℄) :
Ce résultat généralise la onstru tion faite ave Alessandro Astol du ontrle hybride
pour les systèmes haînés ave deux ommandes (voir [R2℄, et les simulations numériques dans
[C6℄).
Pour démontrer le théorème 1.7 nous onstruisons d'abord un feedba k hybride stabilisant
le système nominal (Hf eed ). Ensuite nous établissons un résultat de robustesse de la stabilité
des systèmes hybrides. Ce dernier résultat de robustesse est intéressant en lui-même puisqu'il
utilise uniquement les propriétés de la lasse de systèmes hybrides onsidérés. C'est pourquoi
Le feedba k hybride onstruit dans [R18℄ rée une hystérésis entre diérents feedba ks
lo aux. Un lien naturel entre ette onstru tion et les fon tions de Lyapunov est donné dans
[R26℄, où à partir d'une famille de fon tions de Lyapunov assignables (Control Lyapunov
Fun tions, CLF) ave une propriété d'ordre, nous onstruisons un feedba k hybride stabilisant
hybride stabilisant, nous prouvons l'existen e d'une famille ordonnée de CLF. Voir [R26℄ pour
plus de détails.
Ce résultat généralise e qui est onnu par ailleurs pour les systèmes lassiques non-linéaires
(voir [38℄ et [76℄). Ce travail est prometteur. Il permet en eet de systématiser l'utilisation
pour obtenir des résultats de performan e (par exemple pour ontrler un système en temps
minimal, omme dans le hapitre 2). Avant tout, dénissons la notion de robustesse par rapport
Dénition 1.8 L'ensemble A est asymptotiquement stable sur O pour le système (H), robus-
tement aux perturbations stationnaires, s'il existe un rayon de perturbations admissible ρ tel
que, pour le système (Hρ ) donné par
(
ẋ ∈ Fqρ (x), q̇ = 0 x ∈ Cqρ ,
(1.14)
q + ∈ Gρq (x), x+ = x x ∈ Dqρ ,
17
1.4 Robustesse intrinsèque des systèmes hybrides
En e qui on erne (H), nous supposerons que les propriétés de régularité suivantes sont
satisfaites :
Les hypothèses pré édentes sur les données du système hybride (H) sont elles suggérées
dans [55℄ et étudiées plus parti ulièrement dans [56℄. En parti ulier elles nous permettent de
prouver l'existen e de solutions (pour toute ondition initiale dans (Cq ∪ Dq ) × Q), et pour
satisfaire la onvergen e graphique des solutions (voir [56℄ pour plus de détails).
Pour le résultat de robustesse qui nous intéresse i i, nous avons besoin des hypothèses
supplémentaires suivantes :
(A4) La famille {Cq }q∈Q est une famille lo alement nie revouvrant O ;
(A5) Les fon tions Gq : O →
→ Q sont lo alement bornées en x uniformément par rapport à
q;
(A6) Pour tout q ∈ Q, Cq ∪ Dq = O.
Rappelons que la famille {Cq }q∈Q est une famille lo alement nie re ouvrant O si O =
S
q∈Q Cq et si pour tout ompa t K ⊂ O , il n'y a qu'un nombre ni d'indi es q tels que Cq a
une interse tion non vide ave K . Dire que Gq est lo alement borné uniformément par rapport
′ ′
à q signie que pour tout ompa t K ⊂ O il existe un ompa t K ⊂ Q tel que Gq (K) ⊂ K
pour tout q ∈ Q.
18
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires
Remarque 1.9 Grâ e à (Aq 1), (Aq 2), (Aq 3), pour tout q, et à (A6), on déduit que pour
toute ondition initiale dans O × Q, il existe une solution (non triviale) de (H). Et don
ave [56, Proposition 2.1℄, nous pouvons dire que toute solution maximale (x, q) de (1.8)
est soit omplète, soit |x(t, j)| → ∞ ou x(t, j) → ∂O lorsque t → supt dom(x, q) (et j →
supj dom(x, q)).
Théorème 1.10 Supposons que le système hybride (H) satisfasse (A0), (A4), (A5), (A6), et
(Aq 1), (Aq 2), (Aq 3) pour tout q dans Q. Si A est asymptotiquement stable sur O pour (1.8)
alors A est robustement asymptotiquement stable.
Ce dernier résultat peut être utilisé pour diérents problèmes de ontrle, omme le al ul
de retours de sortie hybrides ( omme dans [C35℄), ou pour des obje tifs de performan e omme
la stabilisation en temps minimal. C'est justement et obje tif de performan e que nous allons
19
1.4 Robustesse intrinsèque des systèmes hybrides
20
Chapitre 2
Contrle optimal et robuste
Présentons maintenant nos résultats en ontrle optimal de systèmes non-linéaires. La
synthèse de ommande optimale est un problème où les ommandes sont naturellement dis-
ontinues même pour des systèmes linéaires (voir par exemple [24℄ pour des problèmes en
ontrle optimal ave des ontraintes sur l'état). Le problème de la synthèse de ommande
optimale est très important pour de nombreuses appli ations ( itons [125℄), et il faut tenir
ompte des ontraintes sur le ontrle ou sur l'état omme dans [27℄. Aussi leur sensibilité par
rapport aux perturbations doit être prise en ompte lors de la synthèse, pour pouvoir mesurer
la dégradation de la performan e en présen e de bruits. Nous allons voir que le adre des
ontrles hybrides (ou mixtes, ave une dynamique dis rète et ontinue) est naturel et permet
aux perturbations.
où f1 , . . . , fm sont des fon tions analytiques sur Rn , et où le ontrle u(·) = (u1 (·), . . . , um(·))
doit satisfaire la ontrainte
m
X
ui(t)2 ≤ 1. (2.2)
i=1
Notons que (2.1) est ane par rapport à la ommande et sans dérive. Soit x̄ ∈ Rn . Pour
résoudre le problème de stabilisation de (2.1) vers x̄ ave la ontrainte (2.2), nous allons
onsidérer la lasse des ommandes hybrides dé rite dans le hapitre 1 qui, omme nous l'avons
vu, permet de onsidérer une lasse de solutions plus large que elle ave les retours d'états
lassiques dis ontinus ( omme dans [5, 36, 123℄). Nous allons her her à al uler une ommande
hybride optimale ( 'est-à-dire en temps minimal ave la ontrainte (2.2) qui soit robuste aux
perturbations). L'étude des systèmes hybrides dans un ontexte de ommandes optimales est
21
L'idée de base de la synthèse de ommandes hybrides optimales est de ombiner un ontrle
optimal, qui soit régulier sur une partie de l'espa e d'état, à une autre ommande, dénie sur
ontrle quasi-optimal et robuste en dénissant une loi de ommutation entre les diérentes
omposantes de ommande. Grosso modo, ette propriété de quasi-optimalité signie que l'on
peut appro her la synthèse optimale ave une pré ision aussi grande que l'on veut ( ette
pré ision est donnée par la quantité ε dans la dénition 2.5 i-dessous). Le ontrle hybride
résoudra une propriété de temps quasi-minimal (par e que pas exa tement égal à la synthèse
optimale a priori dis ontinue, don ertainement sensible aux perturbations), mais robuste
aux (petits) bruits de mesure, aux erreurs d'a tionneur et aux perturbations extérieures.
Plus pré isément dans une première partie nous onsidérons le problème du ontrle sous la
ontrainte (2.2) du système (2.1) vers le point x̄, en temps minimal. Ce problème a une solution
sous une ondition de ontrlabilité en temps ni. Comme le système (2.1) est ane par
rapport au ontrle et sans dérive, si le rang de l'algèbre de Lie pour les ve teurs (f1 , . . . , fm )
est plein, alors on a la ontrlabilité en temps ni (voir [34, 107℄ ou [43℄ pour une référen e plus
ré ente). Bien sûr il est di ile de al uler expli itement le feedba k temps minimal. De plus
la ondition de Bro kett [23℄ implique qu'en général ette ommande optimale est dis ontinue.
La régularité de la fon tion temps minimal (et don de la ommande optimale) a été étudiée
dans [126℄. Pour les systèmes anes en la ommande omme (2.1), il est prouvé dans [1, 2℄
1
que la fon tion temps minimal est sous-analytique , pourvu qu'il n'existe pas de traje toire
singulière minimisante non triviale partant de x̄. Cette hypothèse est vraie génériquement dès
que m ≥ 3 (voir [33℄). En parti ulier ette fon tion est analytique à l'extérieur d'une sous-
n
variété stratiée S de R , de odimension supérieure ou égale à 1 (voir [127℄). Par onséquent,
analytique pour le système ave la ontrainte (2.2). En bou le fermée ave ette ommande
satisfaisant la ontrainte (2.2) qui font sortir les solutions du système (2.1) hors de S en temps
petit.
Enn, pour résoudre le problème de stabilisation robuste en temps minimal, nous réons
une hystérésis, et nous dénissons une loi de ommutation, et don une ommande hybride,
entre le retour d'état temps minimal et les autres ontrleurs dénis au voisinage de S. Le
feedba k fait onverger les solutions vers x̄ en temps minimal. Par onséquent la stabilisation
Nous voyons ainsi que nous résolvons dans [R12℄ la onje ture [17, Conj. 1, p. 101℄ dans le
1 On
dit qu'un ensemble est sous-analytique si lo alement il peut être dé rit omme une interse tion d'en-
sembles de zéros et d'ensembles de niveau de fon tions analytiques. Voir [63, 66℄ pour une dénition plus
pré ise de ette notion.
22
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste
ontexte des feedba ks ave une dynamique mixte dis rète/ ontinue (voir aussi la remarque
de perturbations. Cette onje ture a ensuite été résolue dans la lasse des feedba k onstants
Dans le paragraphe 2.1 nous étudions le as parti ulier de l'intégrateur de Bro kett et
nous expli itons un ontrle hybride quasi-optimal et robuste par rapport aux petits bruits de
mesures et erreurs de modélisation. Dans le paragraphe 2.2 nous généralisons ette appro he
à tout système linéaire par rapport à la ommande. Nous donnons quelques éléments de la
ontrle hybride a fait l'obje t de la publi ation [R7℄ o-é rite ave Emmanuel Trélat, université
d'Orléans.
Signalons que pour e as parti ulier il existe d'autres appro hes possibles pour la stabili-
Dans e as il n'existe pas de traje toire singulière non-triviale, et la variété S est exa te-
ment l'axe (0x3 ). Il faut alors dénir un ontrle qui permet de faire sortir toutes les traje toires
hors d'un voisinage de l'axe (0, x3 ) en temps ni ( 'est le ontrle que nous dénirons ave
(2.8) i-dessous).
La fon tion temps minimal T pour joindre une ondition initiale x à 0 ave un ontrle
satisfaisant la ontrainte (2.2) peut être al ulée expli itement omme indiqué dans le résultat
Proposition 2.1 La fon tion temps minimal T (x) pour atteindre 0 à partir d'une ondition
initiale x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 pour le système (1.5) ave la ontrainte (2.2) est égale à
q
θ
T (x1 , x2 , x3 ) = p x21 + x22 + 2|x3 |, (2.3)
2
θ + sin θ − sin θ cos θ
où θ = θ(x1 , x2 , x3 ) est l'unique solution dans [0, π) de
θ − sin θ cos θ 2
2 (x1 + x22 ) = 2|x3 |. (2.4)
sin θ
De plus, la fon tion T est ontinue sur R3 , et est analytique hors de l'axe (0, x3 ).
θ − sin θ cos θ
g(θ) = , (2.5)
sin2 θ
23
2.1 Cas parti ulier de l'intégrateur de Bro kett
pour θ ∈ [0, π), et par g(0) = 0. C'est une bije tion stri tement roissante de (0, π) sur (0, ∞).
p
T (0, 0, x3) = 2π|x3 |.
L'ensemble des points où la fon tion T n'est pas diérentiable est l'axe (0, x3 ).
Pour tout x3 6= 0, il existe une innité de traje toires optimales qui permettent de rejoindre
l'origine à partir de (0, 0, x3 ). Ces traje toires sont données par (voir essentiellement [13℄)
r
|x3 |
x1 (t) = (sin(2πt + ϕ) − sin ϕ),
r 2π
|x3 | (2.6)
x2 (t) = (cos(2πt + ϕ) − cos ϕ),
2π
|x3 |
x3 (t) = −x3 t − sin(2πt),
2π
pour t ∈ [0, 1] et ϕ ∈ [0, 2π].
0.5
–2 –1 0 1 2
–0.5
–1
une interse tion d'un ensemble de niveau ave un plan verti al.
Les interse tions de es ensembles de niveau ave les plans ontenant l'axe (0, x3 ) sont
En utilisant le prin ipe du maximum et la théorie d'Hamilton-Ja obi (voir par exemple
[104℄) on peut vérier que le ontrle optimal pour ramener un point x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 à
24
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste
l'origine en temps minimal est donné par la formule suivante (en notant f1 (x) = (1, 0, −x2 )′
et f2 (x) = (0, 1, x1 ))
∂T ∂T
u1 (x) = −h∇T (x), f1 (x)i = − + x2 ,
∂x1 ∂x3
(2.7)
∂T ∂T
u2 (x) = −h∇T (x), f2 (x)i = − − x1 ,
∂x2 ∂x3
pour tout x tel que T est C1 (et don à l'extérieur de l'axe (0, x3 )). Plus pré isément nous
pouvons al uler le ontrle optimal dans le as parti ulier de l'intégrateur de Bro kett. En
eet nous avons, pour tout x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 tel que x21 + x22 6= 0,
∂T xi ∂T sign(x3 )
= cos θ p , i = 1, 2, = − sin θ p ,
∂xi x21 + x22 ∂x3 x21 + x22
où θ = θ(x1 , x2 , x3 ) est la solution unique dans [0, π) de (2.4).
Par onséquent le ontrle optimal uopt pour rejoindre tout point x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 tel
2
que x1 + x22 6= 0 à l'origine en temps minimal est donné par
x1 −1 2|x3 | sign(x3 ) x2 −1 2|x3 |
uopt1 (x) = − p cos g + p sin g ,
x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22
x2 −1 2|x3 | sign(x3 ) x1 −1 2|x3 |
uopt2 (x) = − p cos g − p sin g ,
x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22
A l'extérieur de l'axe (0, x3 ), le ontrle optimal est régulier et don , à l'extérieur d'un
voisinage de l'axe (0, x3 ), nous avons une robustesse naturelle de la stabilité. Pour pré iser e
Au voisinage de l'origine, ΩM,r est un ne, et plus loin, 'est un ylindre autour de l'axe
Une propriété intéressante de ΓM,r est la suivante (voir le lemme 2 de [R7℄ pour plus de
pré isions) : pour tous M0 > 0 et r0 > 0 susamment petits, l'ensemble ΓM,r est positivement
invariant pour le ontrle optimal uopt , et en utilisant la régularité de uopt sur et ensemble,
nous avons une robustesse naturelle par rapport aux petites erreurs de mesure, et aux petites
erreurs de modélisation. C'est une ontinuité des solutions par rapport aux perturbations.
Plus pré isément le temps où les solutions perturbées arrivent à l'origine dépend de la taille
des perturbations, mais si les perturbations sont petites alors le temps pour arriver à 0 est
25
2.1 Cas parti ulier de l'intégrateur de Bro kett
x3
ΩM,r
x1
x2
Maintenant nous introduisons un autre ontrle qui sera régulier sur ΩM,r . Ce ontrle sera
noté ug ( omme ommande globale) et sera tel que toute solution sortira de ΩM,r en temps
ni et petit si ΩM,r a une taille susamment petite (voir le lemme 4 de [R7℄). Ce ontrle est
2
déni par, pour tout x∈R ,
Une stratégie de ommutation est proposée pour dénir un ontrle quasi-optimal et in-
sensible aux petites perturbations. Pour la dénir, numérotons les ontrles ainsi : ua = ug , et
ub = uopt ave l'ordre lexi ographique a < b. Introduisons les ensembles suivants :
Ca = ΩM,r , Cb = ΓM ′ ,r′ ,
Da = ΓM ′ ,r′ , Db = ΩM,r ,
où M > M′ et r > r′ sont des réels susamment petits. Nous pouvons omprendre l'idée
est intéressant est Cb ΓM ′ ,r′ , tandis que le ontrle ua est pertinent sur ΩM,r ( 'est
'est-à-dire
le plus gros voisinage de l'axe (0, x3 ) entre ΩM,r et ΩM,r ). Les ensembles Da et Db sont les
ensembles où la variable dis rète q ∈ {a, b} doit ee tuer un saut de a à b (respe tivement de
b à a). Maintenant dé rivons le ontrle hybride proprement dit (en suivant les notations de
la dénition 1.5) :
Nous pouvons démontrer que les solutions de l'intégrateur de Bro kett (1.5) en bou le
fermée ave e ontrle hybride onvergent vers l'origine en temps "presque" optimal. De plus
26
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste
grâ e aux propriétés de e feedba k hybride, nous avons une robustesse par rapport aux petites
perturbations. Plus que de dé rire exa tement ette notion de onvergen e quasi-optimale et
robuste dans le adre de l'intégrateur de Bro kett uniquement, nous préférons le faire pour
paragraphe pré édent peut être généralisée aux systèmes linéaires en la ommande. Bien sûr
ertains al uls expli ites ne sont plus valables, et nous n'avons alors qu'un résultat d'existen e.
Nous supposons que la ondition de rang de l'algèbre de Lie est satisfaite, 'est-à-dire que
l'algèbre de Lie engendrée par les hamps de ve teurs f1 , . . . , fm est égale à Rn , pour tout x
n
de R . On sait (voir [34, 107℄ ou [43℄ pour une référen e plus ré ente) que le système (2.1) est
Faisons quelques rappels de théorie de ontrle optimal. Voir [15, 71, 137℄ par exemple
pour des introdu tions à es notions. Pour tout T > 0, soit UT l'ensemble ouvert des u(·) dans
∞ m
L ([0, T ], R ) tel que la solution de (2.1), partant de x̄ ave le ontrle u(·) ∈ UT , est bien
Ex̄,T : UT −→ Rn
u(·) 7−→ x(T ),
qui à un ontrle u(·) asso ie le point nal x(T ) de la solution x(·) de (2.1) partant de x̄, est
appelée appli ation entrée/sortie pour le point x̄, en temps T . C'est une fon tion lisse.
Dénition 2.3 Une solution x(·) de (2.1), ave la ondition initiale x(0) = x̄, est dite sin-
gulière sur [0, T ] si le ontrle asso ié u(·) est un point singulier de l'appli ation entrée/sortie
Ex̄,T ( 'est-à-dire si la dérivée de Fré het de Ex̄,T en u(·) n'est pas surje tive). Le ontrle u(·)
est alors dit singulier.
ontrle hybride en temps minimal ave une robustesse par rapport aux bruits de mesure et aux
ξ,ζ
perturbations extérieures. Rappelons que nous noterons (Hf eed ), le système hybride obtenu en
rebou lant le système (2.1) ave un ontrle hybride Q, {Cq , Dq , kq , gq }q∈Q omme introduit
dans la dénition 1.5, en présen e de bruits de mesure ξ et de perturbations extérieures ζ .
stri tement roissante, et satisfaisant δ(0) = 0 et limR→+∞ δ(R) = +∞. Par extension à la
27
2.2 Généralisation aux systèmes linéaires en la ommande
dénition 1.4).
et
x(t, j) → x̄, lorsque t → T, (t, j) ∈ S.
Dénition 2.5 Le point x̄ est un équilibre robuste semi-globalement stable en temps quasi-
minimal pour le système (Hfξ,ζeed ) si, pour tout ε > 0 et pour tout ompa t K ⊂ Rn , il existe
un ontrle hybride Q, {Cq , Dq , kq , gq }q∈Q satisfaisant la ontrainte
|kq (x)| ≤ 1, ∀q ∈ Q, ∀x ∈ Cq ,
tel que
on a une onvergen e uniforme en temps ni ;
il existe un rayon de perturbations admissible ρε,K : Rn → R tel que, pour tout (x0 , q0 ) ∈
K × Q, pour tout bruit de mesure ξ et pour toute perturbation extérieure ζ satisfaisant
la régularité (1.11) et les inégalités (1.13) ave ρ = ρε,K , la solution (maximale) partant
de (x0 , q0 ) atteint x̄ en temps inférieur à Tx̄ (x0 ) + ε, où Tx̄ (x0 ) désigne le temps minimal
pour rejoindre x̄ depuis x0 pour le système (2.1) ave la ontrainte |u| ≤ 1.
Théorème 2.6 Soit x̄ ∈ Rn. Supposons qu'il n'existe pas de solution singulière minimisante
non-triviale du système (2.1), ave la ontrainte (2.2) partant de x̄. Alors il existe une om-
mande hybride telle que x̄ soit un équilibre robuste semi-globalement stable en temps quasi-
minimal pour le système (Hfξ,ζeed ).
2 Nous avons déni ette notion à la page 16. Dans le ontexte de e hapitre, il s'agit d'une fon tion ontinue
ρ : O → R>0 telle que ρ(x) 6= 0, pour tout x 6= x̄.
28
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste
Remarque 2.7 Le théorème 2.6 résout la onje ture [17, Conj. 1, p. 101℄ dans la lasse
des ontrles ave une dynamique mixte dis rète/ ontinue, ave en plus une estimation
que ette onje ture propose, pour tout ε > 0, et pour tout ompa t K, l'existen e d'un
retour d'état (de type pat hy, 'est-à-dire essentiellement onstant par mor eaux) tel que
les bruits de mesure peuvent s'a umuler et peuvent ralentir les solutions appro hant x̄
(voir aussi la dis ussion à e propos après [17, Conj. 1, p. 101℄).
solutions singulières minimisantes non-triviales, la fon tion temps minimal Tx̄ pour le système
(2.1), sous la ontrainte (2.2), est sous-analytique, et don analytique à l'extérieur d'une variété
stratiée S de Rn , de o-dimension plus grande que 1. Par onséquent, le ontrle optimal est
n
ontinu (et même analytique) sur R \S (voir la gure 2.3).
Nous introduisons alors un voisinage Ω de S, et une famille de ontrleurs denis sur une
partition de Ω telle que les systèmes en bou le fermée par es ontrleurs sortent de Ω en
temps petit (si la taille de Ω est petite). Le omportement pré is de es solutions est donné
Maintenant nous pouvons vérier (voir le lemme 2.14 de [R12℄) que les solutions du système
en bou le fermée ave le ontrle optimal partant de Rn \ Ω arrive en temps optimal vers
l'équilibre.
Enn nous dénissons un ontrleur hybride qui réalise le lien entre le ontrle optimal et
′
les autres retours d'états. Pour ela nous dénissons un autre voisinage Ω de S in lus dans
Ω qui nous sert à dénir une hystérésis entre le ontrle optimal et les autres ommandes.
Notre stratégie est la suivante. Pour tout ε > 0, il existe un voisinage Ω de l'ensemble des
singularités, et il existe une famille de ontrleurs qui font sortir les solutions hors du voisinage
en temps plus petit que ε. A l'extérieur de Ω′ , le ontrle optimal est ontinu et donne des
solutions qui ne roisent jamais S et qui rejoignent x̄ en temps minimal. Ave e feedba k
n
hybride, le temps né essaire pour atteindre x̄, à partir de tout point x0 de R , est plus petit
Remarque 2.8 S'il existe des solutions singulières minimisantes non-triviales alors la fon tion
T peut ne pas être sous-analytique (voir [16℄) et nous ne pouvons a priori pas démontrer
que l'ensemble S de singularités est stratié, qui est un point- lé de la onstru tion de notre
ontrle hybride. En revan he nous avons démontré dans [R11℄ que pour le as de Martinet, qui
29
2.4 Cal ul numérique de la ommande optimale
Ω′
Ω
ontrles autour de S
ommutation
ommande optimale
x̄
Fig. 2.3 Commutation entre les ontrles, dénis autour de S, et le ontrle optimal.
nous pouvons utiliser la même démar he pour al uler un ontrle hybride stabilisant. En
parti ulier nous pouvons démontrer que, dans e as, l'ensemble S des singularités est stratié.
Citons [24℄ pour des systèmes linéaires ave des ontraintes sur l'état. Voir également [124℄
pour des méthodes de tir ou [119℄. Pour une omparaison entre les diérentes méthodes nous
pouvons onsulter [137℄. Nous n'avons pas abordé e problème dans sa généralité, et le résultat
prin ipal du hapitre pré édent est un résultat d'existen e, et ne dé rit pas omment al uler
ee tivement le ontrle hybride onsidéré, sauf si nous pouvons dé rire pré isément l'ensemble
Pour l'exemple de l'intégrateur de Bro kett, nous avons réussi à appliquer la théorie
d'Hamilton-Ja obi pour expli iter la ommande hybride, robuste et quasi-optimale. Nous pou-
vons faire des al uls analogues pour d'autres problèmes de ontrle optimal et pour d'autres
Mentionnons également [R19℄, o-é rit ave Jean-Bernard Lasserre, Didier Henrion, LAAS-
minimal pour atteindre l'équilibre. Plus pré isément nous é rivons une suite d'inégalités li-
néaires matri ielles (Linear Matrix Inequalities, LMI) dont la solution donne asymptotique-
ment le temps optimal. Comme nous l'avons vu la régularité de ette fon tion est très im-
30
Chapitre 3
Performan e optimale de systèmes soumis
à des non-linéarités de se teur
Nous allons maintenant envisager une lasse de systèmes non-linéaires parti ulière, plus
pré isément les systèmes linéaires soumis à l'a tion de non-linéarités de type se teur, omme les
saturations et les ba klash. Rappelons que les saturations sont présentes lorsque un a tionneur
(ou un apteur) est limité en amplitude ou en vitesse. Les non-linéarités de type ba klash
sont aussi présentes dans des systèmes physiques, plus parti ulièrement lorsqu'il y a des jeux
mé aniques.
Dans e hapitre, nous étudions l'estimation optimale du bassin d'attra tion de systèmes
soumis à de telles non-linéarités de se teur. Plus généralement, ave une appro he similaire,
nous pouvons étudier la performan e optimale en terme de rejet de perturbations. L'a ent
sera mis sur les méthodes onstru tives et nous dé rirons des onditions numériques pour
résoudre les problèmes étudiés. Plus pré isément les onditions seront é rites en terme d'in-
égalités linéaires matri ielles (Linear Matrix Inequalities, LMI) qui peuvent être ouplées à
des méthodes d'optimisation an de al uler la solution optimale aux problèmes envisagés.
Dans le paragraphe 3.1 nous étudierons plus parti ulièrement les systèmes non-linéaires
omportant des saturations emboîtées. Dans le paragraphe 3.2 nous analyserons la omplexité
ture. Enn dans le paragraphe 3.3, nous donnerons des référen es étudiant d'autres types de
non-linéarités.
linéaires, plus pré isément les systèmes non-linéaires ave des saturations emboîtées du type :
ẋ = Ap x + Bp satp (Ap−1 x + Bp−1 satp−1 (Ap−2 x + · · · (A1 x + B1 sat1 (A0 x)) · · · ) (3.1)
31
3.1 Cas des saturations emboîtées
L'intérêt de e type de systèmes est multiple. Le premier est que e type de systèmes est
naturel lorsque l'on veut stabiliser des systèmes en as ade (voir [117℄ ou [131℄).
Une deuxième motivation pour étudier e type de systèmes est qu'il permet de modéliser
des systèmes linéaires ontrlés par des ommandes saturées en amplitude, en vitesse, ou
en a élération (ou en dérivée supérieure) [57℄. Ainsi une question naturelle est l'étude de
l'eet des non-linéarités sur la performan e du système en bou le fermée. Dans e ontexte,
Nous allons donner des onditions de type LMI pour dé rire la performan e optimale de
tels systèmes. Plus pré isément nous allons estimer le bassin d'attra tion pour la stabilité
lo ale et donner des onditions susantes pour que le système soit globalement asymptoti-
quement stable. Notons qu'ave la même méthode nous pouvons étudier le rejet optimal de
perturbations additives.
Dé rivons tout d'abord le problème étudié dans [R18℄. Pour ela dénissons les non-
linéarités suivantes :
A1 = A1 + B1 A0 ,
A2 = A2 + B2 (A1 + B1 A0 ) ,
. (3.3)
..
32
Chapitre 3 Performan e optimale de systèmes soumis à des non-linéarités de se teur
Problème 3.2 Cal uler les gains Aj , j = 0, ..., p − 1 tels que Ap soit Hurwitz et tel que la
Ces deux problèmes sont omplémentaires. Le premier problème est un problème d'analyse,
tandis que le se ond est un résultat de synthèse. Nous avons formulé es problèmes optimaux
en terme de taille de la région de stabilité. Ces problèmes sont résolus dans [R10℄ é rit en
ollaboration ave Sophie Tarbourie h, LAAS-CNRS et Joaõ Gomes da Silva Jr, Université
de Porto-Alegre. Bien sûr, on peut aussi envisager le problème optimal omme un problème
de performan e optimale (dans un ontexte plus pro he du hapitre 2 où nous her hions à
stabiliser le système en temps minimal). Par exemple nous avons étudions dans [C20℄ le rejet
optimal des perturbations, plus pré isément le al ul du gain L2 entre une entrée et l'état du
système (3.1).
Dé rivons maintenant le résultat prin ipal de [R10℄. Pour ela nous devons rappeler un
lemme te hnique qui généralise les onditions de se teur (voir [72℄ par exemple) et le as d'une
Nous avons utilisé e lemme 3.3 pour résoudre le problème d'estimation optimale omme
déni par le problème 3.1. Le bassin d'attra tion de (3.1) sera estimé par l'ellipsoïde {x ∈
n ′ −1
R ;x W x ≤ 1}, où W est une matri e symmétrique dénie positive à al uler. Pour maxi-
miser la taille du bassin d'attra tion, nous avons hoisi le ritère suivant : al uler un réel
!
µ vr′
min µ sous les ontraintes ≥ 0, r = 1, . . . , nr , (3.7)
vr W
33
3.1 Cas des saturations emboîtées
où vr sont des ve teurs xés de Rn . Bien sûr d'autres ritères sont possibles (par exemple la
1
maximisation du demi petit-axe de l'ellipsoïde dé rit par W ).
Ave e ritère d'optimisation, une appli ation ré ursive du lemme 3.3 aux non-linéarités
(3.2) permet de résoudre le problème d'estimation optimale omme déni par le problème 3.1.
Théorème 3.4 S'il existe une matri e symétrique dénie positive W , des matri es Zjj , j =
1, ..., p, Yjl , j = 2, ..., p, l = 1, ..., p − 1, j 6= l, j > l, des matri es diagonales dénies positives
Sj , j = 1, ..., p, de dimension appropriée et un réel µ positif solutions du problème optimal
suivant 2 :
min µ
sous les ontraintes
W A′p + Ap W Bp Bp−1 ...B1 S1 − Z11
′ ′
Bp Bp−1 ...B2 S2 − Z22 ′
... Bp Sp − Zpp
⋆ −2S1 −Y21′ ... −Yp1′
⋆ ⋆ −2S2 ... −Yp2′ <0,
.. .. .. .. ..
. . . . .
⋆ ⋆ ⋆ ⋆ −2Sp
(3.9)
!
W W A′0(i) − Z11(i)
′
≥ 0, i = 1, ..., m1 , (3.10)
⋆ u21(i)
..
.
′ ′ ′ ′ ′
W Z11 Z22 ... Zj−1 j−1 W Aj−1(i) − Zjj(i)
⋆ 2S1 Y21′ ... Yj−1′
S1 B1′ ...Bj−2
′ ′
Bj−1(i) ′
− Yj1(i)
1
′
⋆ ⋆ 2S2 ... Yj−12 S2 B2′ ...Bj−2
′ ′
Bj−1(i) ′
− Yj2(i)
.. .. .. .. .. .. ≥ 0, i = 1, ..., mj , j = 2, ..., p ,
. . . . . .
′ ′
⋆ ⋆ ⋆ ⋆ 2Sj−1 Sj−1Bj−1(i) − Yjj−1(i)
⋆ ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ u2j(i)
(3.11)
!
µ vr′
≥ 0, r = 1, . . . , nr , (3.12)
vr W
alors l'ensemble {x ∈ Rn ; x′ W −1 x ≤ 1} est une estimation optimale de la région de stabilité
pour le système (3.1).
1 Notons
qu'en posant β = √1µ , une solution µ du problème (3.7) donne une solution du problème d'opti-
misation suivant : al uler un réel positif β solution de
max β sous la ontrainte β Ξ0 ⊂ E(W −1 , 1) , (3.8)
où Ξ0 = con{vr , r = 1, . . . , nr } est un polyèdre de référen e. (Rappelons la notation de la page 12 : con(A)
désigne l'enveloppe onvexe fermée d'un ensemble A.)
C'est une interprétation physique du ritère d'optimisation (3.7).
2 Le symbole ⋆ désigne les termes symétriques.
34
Chapitre 3 Performan e optimale de systèmes soumis à des non-linéarités de se teur
Le théorème 3.4 est un résultat d'estimation optimale du bassin d'attra tion pour le sys-
tème (3.1). Si la matri e Ap est Hurwitz, on peut aussi établir une ondition susante pour
la stabilité globale. Pour ela il sut de spé ier les gains Zjj pour j = 1, . . . , p dans (3.9),
(3.10),. . . , (3.12) pour que les se teurs (3.5) soient globaux. Voir [C13℄ pour plus de détails.
Nous pouvons également résoudre le problème de synthèse de gains optimaux tel que dé rit
dans le problème 3.2 en utilisant des te hniques analogues. Voir [R10℄ pour plus de détails.
par rapport aux variables de dé ision. Cela résulte de la forme de notre système non-linéaire
(3.4) et de l'utilisation du lemme 3.3. L'utilisation de modèles polytopiques omme dans [12℄
donne aussi des onditions LMI. Comparons le nombre de variables de dé ision et le nombre
de lignes, dans le théorème 3.4 et dans les onditions de [12, Th. 2.1℄.
et le nombre de lignes augmentent. Voir par exemple la omplexité numérique des méthodes
par points intérieurs [52℄. Aussi la omplexité est diérente pour une méthode utilisant le
problème primal (voir par exemple le théorème 5.1 dans [48℄) ou utilisant le problème dual
( omme le théorème 5.2 de [48℄). A titre d'exemple nous pouvons omparer la omplexité
proposée par le théorème 3.4 ave elle proposée par [12, Th. 2.1℄ en utilisant l'algorithme
proposé par [52℄ de Matlab. La omplexité est propotionnelle à D3L (où D est le nombre de
variables de dé ision et L est le nombre de lignes). C'est e que nous avons dans [R10℄ où
nous avons ompté le nombre de lignes et le nombre de variables de dé ision en utilisant les
deux appro hes et où nous vérions que, pour les problèmes de relative grande dimension,
il est préférable d'utiliser le théorème 3.4 plutt que [12, Th. 2.1℄. Voir la gure 3.1 pour la
tions de onditions de se teur. Nous pensons aux systèmes soumis à un ba klash qui est une
non-linéarité ave mémoire dans la mesure où nous devons onnaître le passé du signal d'entrée
pour al uler la sortie. C'est une non-linéarité qui est présente dans de nombreux systèmes
Rappelons brièvement la dénition d'un ba klash. Nous notons l'ensemble des fon tions
ontinues et ontinûment dérivables par mor eaux w : [0, +∞) → Rm par Cpw 1
([0, +∞); Rm).
1 m
L'opérateur Φ est un ba klash s'il est déni par : pour tout w ∈ Cpw ([0, +∞); R ), pour tout
35
3.3 Autres types de non-linéarités
10 18
10 10
16
10
9
10
14
10
12
8 10
10
D3.L
D3.L
10
10
7
10 8
10
6
10
6
10
4
10
5 2
10 10
2 4 6 8 10 12 14 16 2 4 6 8 10 12 14 16
n n
Fig. 3.1 D3L pour p=2 en fon tion de n ave le théorème 3.4 (trait plein) et ave [12, Th.
2.1℄ (ligne en pointillée) : pour m=3 (à gau he) et pour m=n−1 (à droite)
z}|{
ℓ(i) ẇ(i) (t) , si ẇ(i) (t) ≥ 0 et (Φ[w](t))(i) = ℓ(i) (w(i) (t) − cr(i) ),
˙
(Φ[w](t))(i) = ℓ(i) ẇ(i) (t) , si ẇ(i) (t) ≤ 0 et (Φ[w](t))(i) = ℓ(i) (w(i) (t) − cl(i) ), (3.13)
0 sinon,
où 0 = t0 < t1 < . . . est la partition de [0, +∞) telle que w est ontinûment dérivable sur
haque intervalle (tj−1 , tj ), j ∈ N. Dans (3.13) les ve teurs ℓ(i) , i = 1, . . . , m, sont xés dans
Rm m
+ , et les ve teurs cr et cl sont dans R tels que cl 0 cr .
Nous étudions dans [C30℄ l'analyse de la stabilité (ainsi que de la performan e) d'un sys-
tème ave ba klash. Nous avons également étudié les systèmes soumis à des ba klash et des
saturations emboîtées (voir [C34℄ et [C39℄). Des travaux sont en ours ave Sophie Tarbou-
rie h et Isabelle Queinne , LAAS-CNRS, et seront développés dans le futur (voir la partie
perspe tives).
36
Deuxième partie
Contrle en dimension innie
37
Chapitre 4
Contrle de stru tures exibles
mono-dimensionnelles
Les re her hes sur les matériaux intelligents et sur les problèmes d'automatique des sys-
tèmes omportant des matériaux intelligents s'intensient depuis une dizaine d'année. Le prin-
ipal avantage des matériaux intelligents est de rempla er leur masse omme mode d'a tion
par une énergie. Comme l'énergie est plus fa ile à transporter que la matière, nous ompre-
nons pourquoi les matériaux intelligents tendent à être utilisés omme a tionneurs et omme
apteurs dans de nombreux systèmes physiques ( omme les ouvrages d'art, les stru tures
subissant des ontraintes mé aniques...). Parmi les exemples les plus usuels de matériaux
intelligents, itons les alliages à mémoire de forme, les matériaux éle tro-rhéostatiques ou
lules piézo-éle triques. Ces modèles sont souvent é rits en terme d'équations diérentielles
ordinaires, 'est-à-dire ave un état vivant dans un espa e de dimension nie. En revan he le
al ul d'un modèle EDP pour modéliser l'évolution d'une stru ture soumise à l'a tion d'un
grand nombre (ou d'une innité) de ellules piézo-éle triques et dont l'état est mesuré par un
Nous allons nous intéresser au ontrle d'une poutre exible dans le paragraphe 4.1 en
pré isant l'ensemble des positions de l'a tionneur piézo-éle trique pour que nous ayons une
ontrlabilité. Nous donnerons quelques éléments de la démonstration des résultats prin ipaux
dans le paragraphe 4.2 (en insistant sur eux qui nous seront utiles pour l'étude de la stabilisa-
tion étudiée dans le paragraphe 4.4). Des simulations numériques illustreront la ontrlabilité
1 une ellule piézo-éle trique est un orps qui délivre une quantité de harges lorsqu'elle est déformée et
ré iproquement.
39
4.1 Contrlabilité d'une poutre exible
de onvergen e seront détaillées dans le paragraphe 4.4. Enn des éléments de la démonstration
Pour une introdu tion sur les ontrles d'équations aux dérivées partielles et des liens ave
des systèmes de dimension nie nous pouvons étudier [146℄ pour les systèmes linéaires, ou [43℄
Nous souhaitons étudier le problème du ontrle de la forme de la poutre sous l'a tion de la
ellule piézo-éle trique. Il existe une grande variété de modèles pour de tels systèmes. Citons
les modèles é rits en terme d'éléments nis ( omme dans [10℄), d'approximations en dimension
nie (voir [120, 61, 136℄). Les modèles qui nous intéressent dans e hapitre on ernent eux
Les résultats qui on ernent plus parti ulièrement les propriétés de ontrlabilité sont [109,
51℄. Citons également [138℄ qui utilise une appro he pro he de elle utilisée i i mais ave des
onditions aux bords diérentes ( elles d'une poutre simplement posée aux deux extrémités).
2
Comme nous avons en tête les appli ations on ernant le ontrle a tif des vibrations ou le
ontrle de stru tures exibles, il est né essaire d'utiliser les onditions aux bords suivantes :
elles d'une poutre libre à une extrémité et en astrée à une autre extrémité.
Pour étudier la ontrlabité exa te de l'EDP modèlisant une poutre a tionnée par une el-
lule piézo-éle trique, nous utilisons la méthode HUM (Hilbert Uniqueness Method) introduite
dans [80, 81℄ qui permet de démontrer des résultats de ontrlabilité. Cette méthode n'est
pas uniquement un résultat d'existen e : elle permet aussi de al uler le ontrle qui résout le
problème de ontrlabilité exa te. Notons omme dans [43℄ que ette méthode peut être vue
omme un résultat de ontrle optimal puisque le ontrle donné par la méthode HUM est le
2
ontrle minimal pour la norme L .
dans [R9℄ que pour tout T >0 nous avons une ontrlabilité exa te de la poutre si la position
de l'a tionneur piézo-éle trique est susamment bien hoisie, pour une ertaine régularité des
onditions initiales (voir les théorèmes 4.1 et 4.2 i-dessous pour une formulation pré ise).
YI 4 1
∂t2 w(x, t) + ∂ w(x, t)
ρAb x
= ∂ 2 m(x, t)
ρAb x
, x ∈ (0, L) (4.1)
2
omme pour le dispositif expérimental disponible au laboratoire de mé anique de l'université de Campinas,
Brésil.
40
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles
η
ξ x
L
w(x,t)
Fig. 4.1 Poutre exible munie d'un a tionneur piézo-éle trique entre x=η et x = ξ.
D'autres modèles peuvent être onsidèrés (voir par exemple [7℄). Les onditions initiales de
(4.1) sont
Le moment exer é par la ellule piézo-éle trique est fon tion de la tension :
où Ka est une onstante physique dépendant des ara téristiques de la ellule piézo-éle trique,
Va (t) est le ontrle, 'est-à-dire la tension à appliquer, x 7→ H(x) est la fon tion d'Heaviside :
Dans le modèle pré édent, l'état est w, tandis que le ontrle estVa .
2
En suivant les notations de [138℄, nous introduisons les ensembles Y0 = L (0, π), pour tout
α ∈ R>0 ,
H α (0,L)
Yα = {y ∈ C ∞ (0, π); w (4n) (0) = w (4n+1) (0) = w (4n+2) (π) = w (4n+3) (π) = 0} ,
Théorème 4.1 Soit ε > 0. Il existe un ensemble A ⊂ (0, L)2 ave une mesure de Lebesgue
égale à L2 tel que, pour tout (ξ, η) ∈ A, toute ondition initiale dans Y3+ε × Y1+ε du système
(4.1)-(4.3) est exa tement L2 (0, T )- ontrlable en temps T > 0, pour tout T > 0.
41
4.2 Eléments de démonstration des théorèmes 4.1 et 4.2
Théorème 4.2 Il existe un ensemble B ⊂ (0, L)2 non dénombrable mais de mesure de Le-
besgue égale à 0 tel que, pour tout (ξ, η) ∈ B, toute ondition initiale dans Y3 × Y1 du système
(4.1)-(4.3) est exa tement L2 (0, T )- ontrlable en temps T > 0, pour tout T > 0.
De plus nous al ulons expli itement la tension qu'il faut appliquer à l'a tionneur pour
avoir la ontrlabilité exa te. Nous illustrerons es résultats par des simulations numériques
en hoisissant omme paramètres physiques eux lassiquement utilisés en rédu tion a tive de
vibrations.
Notons que la méthode utilisée repose sur un résultat d'approximation diophantienne, issu
de la théorie des nombres, que nous avons établi dans [R9℄. Il est important de noter que e
résultat en lui-même est nouveau et a été utilisé dans [R17℄ (en ollaboration ave Lionel Rosier
4.4). Nous présentons i i les élements prin ipaux de la démonstration de [R9℄ puisqu'ils nous
4.2 et 4.12. Pour une démonstration plus omplète voir [R9℄. Ces élèments de démonstration
Faisons quelques rappels sur la méthode HUM (voir [80℄), dans un ontexte d'équations
du se ond ordre en temps ( omme dans [139℄). Soit A : D(A) → X , un opérateur autoadjoint
1/2 ⋆
oer if, où X est un espa e de Hilbert. Soit B ∈ L(U, D(A ) ), où D(A1/2 ) est le omplété
p
de D(A) ave la norme x 7→ hAx, xi, et D(A1/2 )⋆ est le dual de D(A1/2 ) par rapport à X .
Etudions le système suivant
Supposons que nous ayons, pour tout u ∈ L2 (0, T ; U), un résultat d'existen e et d'uni ité
1/2
d'une solution w ∈ C(0, T ; D(A )) ∩ C 1 (0, T ; X) de (4.6) qui dépende ontinûment de u ∈
L2 (0, T ; U), autrement dit l'opérateur LT u := (w(t), ẇ(T )) satisfait LT ∈ L(L2 (0, T ; U); D(A1/2 )×
X).
Dans e ontexte la notion de ontrlabilité est la suivante :
Dénition 4.3 Le système (4.6) est exa tement ontrlable en temps T > 0 si LT est surje -
tif.
La thèorie de HUM permet de prouver une ontrlabilité à l'aide d'une inégalité d'obser-
42
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles
Théorème 4.4 (voir [80℄ et [139℄) Le système (4.6) est exa tement ontrlable en temps
T > 0, si et seulement si la solution φ du problème homogène
Compte tenu des onditions aux bords (4.3), son domaine de dénition est D(A) = {w ∈
H (0, π); w(0) = w ′ (0) = w ′′ (π) = w (3) (π) = 0}. D'aprés (4.1) et (4.5), l'opérateur d'entrée
4
+∞
X
0 2 φ1k 2
φ(x, t) = φk cos(αk t) + 2 sin(αk t) ψk (x)
k=1
αk
RL RL 1
ave φ0k = 0
φ 0
(x)ψk (x)dx 1
, φk =
0
φ (x)ψk (x)dx et ψk est le k ème ve teur propre normalisé
de A, pour la valeur propre αk4 .
RT ⋆ 2
RT
Nous al ulons
0
kB φk U = 0
|∂x φ(ξ, t) − ∂x φ(η, t)|2 dt. Pour minorer ette dernière
quantité nous aurons besoin de
Lemme 4.5 (Inégalité d'Ingham [9℄) Soit (νk )k∈Z ∈ RZ une suite de réels deux à deux distin ts
tels que :
lim (νk+1 − νk ) = +∞
|k|→∞
Soit T > 0. Alors il existe deux onstantes C1 > 0 et C2 > 0 telles que pour toute suite (xk )k∈Z
P
dans l2 (Z), la série f (t) = +∞
−∞ xk e
iνk t
onverge dans L2 (0, T ) et satisfait
+∞
X Z T +∞
X +∞
X
2 iνk t 2
C1 |xk | ≥ | xk e | dt ≥ C2 |xk |2
−∞ 0 −∞ −∞
En appliquant e lemme, nous en déduisons l'existen e d'une onstante C >0 telle que,
0 1
pour tout (φ , φ ) ∈ Y1 × Y−1 ,
Z T X∞ 2
2 0 2 φ1k
|∂x φ(ξ, t) − ∂x φ(η, t)| dt ≥ C |φk | + 2 |ψk′ (ξ) − ψk′ (η)|2
0 k=1
α k
43
4.3 Simulations numériques
1
ψk (x) = √ (cos(αk x) − cosh(αk x) + µk (sinh(αk x) − sin(αk x))) ,
π
La question d'approximation diophantienne naturelle est don la suivante : quelle est la dépen-
ξ−η
dan e par rapport à k de la distan e de la suite {αk } aux entiers relatifs ? Autrement
2π k∈N>0
ξ−η
dit, peut-on estimer d(αk , Z).
2π
En utilisant [30℄ et [75℄, Emmanuelle Crépeau et moi-même obtenons les deux résultats
Proposition 4.6 Pour tout ε > 0, il existe un ensemble A ⊂ (0, 1) ave une mesure de
Lebesgue égale à 1, et il existe C > 0, tels que pour tout a ∈ A, et pour tout k ∈ N>0 ,
C
d(αk a, Z) ≥ .
k 1+ε
Proposition 4.7 Il existe un ensemble B ⊂ (0, 1) non dénombrable mais de mesure nulle et
il existe C > 0, tels que pour tout b ∈ B , et pour tout k ∈ N>0 ,
C
d(αk b, Z) ≥ .
k
Nous hoisissons les onstantes physiques suivantes du dispositif expérimental de [61℄ dé-
44
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles
−3 t=0s −3 t=3s
x 10 x 10
10 10
5 5
w [m]
w [m]
0 0
−5 −5
0 0.1 0.2 0.3 0 0.1 0.2 0.3
x [m] x [m]
−3 t=6s −3 t=12s
x 10 x 10
10 10
5 5
w [m]
w [m]
0 0
−5 −5
0 0.1 0.2 0.3 0 0.1 0.2 0.3
x [m] x [m]
On onsidère l'appli ation Λ : (φ0 , φ1) ∈ Y−1−ǫ × Y−3−ǫ 7→ (∂t w(., 0), w(., 0)) ∈ Y1+ǫ × Y3+ǫ
dénie par les solutions aux deux problèmes suivants.
YI 4
∂t2 φ + ρA ∂ φ = 0,
b x
φ(0, .) = 0, ∂x φ(0, .) = 0,
(4.10)
∂x2 φ(L, .) = 0, ∂x3 φ(L, .) = 0,
φ(., 0) = φ0 , ∂t φ(., 0) = φ1 .
YI 4
∂t2 w + ρA ∂ w = ρA1 b Ka Va (t)∂x2 [H(x − ξ) − H(x − η)],
b x
w(0, .) = 0, ∂x w(0, .) = 0,
(4.11)
∂x2 w(L, .) = 0, ∂x3 w(L, .) = 0,
w(., T ) = 0, ∂t w(., T ) = 0,
ave le ontrle donné par la méthode HUM : Va (t) = ∂x φ(ξ, t) − ∂x φ(η, t).
D'après notre résultat Λ est inversible (sauf pour un ensemble de mesure nulle de (ξ, η)).
D'après le théorème 4.1 nous avons un résultat de ontrlabilité pour tous les temps de
ontrle T. Nous avons ainsi simulé le système (4.1) ave le ontrle donné par la méthode
HUM (et représenté à la gure 4.3) pour T = 12s. Nous avons hoisi un s héma d'Euler pour
la dis rétisation des équations (4.10) et (4.11). Nous vérions à la gure 4.2 que nous avons
bien une ontrlabilité à zéro pour T = 12s. Le lien entre la ontrlabilité (ou l'observabilité)
45
4.4 Stabilisation de la poutre
300
200
100
0
V
−100
−200
−300
−400
0 2 4 6 8 10 12
t
et le s héma de dis rétisation est un sujet de re her he di ile (voir [142, 143, 144, 145℄ pour
Comme on peut s'y attendre, plus le temps de ontrle est petit, plus il sera né essaire
d'appliquer des tensions grandes. Nous pouvons vérier (voir [R9℄) que si le temps de ontrle
est trop petit, alors les tensions à appliquer sont trop grandes pour pouvoir être physiquement
appliquées.
à-dire le al ul d'une bou le fermée, autrement dit d'un ontrle dépendant d'une partie de
l'état (appelée sortie) tel que le système en bou le fermée onverge vers l'équilibre. Comme
nous allons le voir, la prin ipale di ulté réside dans l'estimation de la vitesse de onvergen e,
et il faudra spé ier quelles positions des ellules piézo-éle triques donnent une vitesse de
Dans toute la suite de ette étude, prenons le as d'un a tionneur piézo-éle trique ollé
à gau he ( e qui orrespond à η = 0). Le modèle (4.1)-(4.4) devient le suivant (aprés avoir
46
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles
normalisé toutes les onstantes à 1 sauf la longueur qui est hoisie égale à π)
dδ
∂t2 w(x, t) + ∂x4 w(x, t) = −u(t) dxξ (x), (4.12)
Supposons que l'on ait pla é un apteur piézo-éle trique o-lo alisé ave l'a tionneur qui
nous permettra de mesurer (une partie) des vibrations, plus pré isément la sortie sera donnée
par
Le dispositif expérimental que nous onsidérons est don donné par la gure 4.4.
w
Actionneur
ξ
π
Capteur Poutre
Rπ
En notant E(w, ∂t w) = 0
(|∂x2 w|2 + |∂t w|2), un al ul informel le long des solutions de
(4.12)-(4.14) donne
Z T
0 1
E(w(t), ∂t w(t)) − E(w , w ) = 2 u(t)∂x ∂t w(ξ, t)dt. (4.15)
0
d
∂t2 w + ∂x4 w = K∂x ∂t w δξ (x). (4.17)
dx
47
4.4 Stabilisation de la poutre
Le but de e paragraphe est de trouver l'ensemble des ξ tel que nous avons un résultat de
w(ξ + ) − w(ξ −). Nous obtenons (voir [R17℄, o-é rit ave Lionel Rosier et Pierre Le Gall,
université de Nan y I)
D(A) = z = (w, v) | (w, v) ∈ H 2 (0, π)2 , w ∈ H 4 (0, ξ) ∩ H 4 (ξ, π),
w(0) = ∂x w(0) = ∂x2 w(π) = ∂x3 w(π) = 0,
v(0) = ∂x v(0) = 0, K∂x v(ξ) = ∂x2 w ξ , ∂x3 w ξ = 0 .
nulle en 0. Nous pouvons vérier que A : D(A) → H génère un semi-groupe de ontra tion.
Etudions la stabilité forte de (4.17) avant de pré iser les vitesses de onvergen es. Pour ela
nous rappelons que le système (4.17) est dit fortement stable si kw(t), wt (t)kH →t→+∞ 0.
′
D'après (4.15), si ξ est tel que ψk (ξ) = 0 pour un ertain k alors (0, ψk ) est une ondition
initiale telle que l'énergie est onstante, don la solution ne onverge pas vers 0. C'est pourquoi
[
Sk = {ξ, ψk′ (ξ) = 0} , S = Sk .
k
Nous obtenons don que si ξ ∈S alors nous n'avons pas de onvergen e. La ré iproque est
peut utiliser aussi le théorème d'Arendt-Batty [8℄ ( omme [R6℄ pour un autre problème de
stabilisation).
Et don d'aprés [67℄ ou [106℄, A génère un semi-groupe exponentiellement stable i.e., il existe
C > 0 et δ > 0 telles que
||etAz0 ||H ≤ Ce−δt ||z0 ||H
48
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles
Bien sûr e résultat est théorique puisque la ondition sur ξ n'est pas vériable sur une
installation physique. En revan he nous avons une onvergen e polynomiale pour presque tout
ξ :
Théorème 4.10 Pour presque tout ξ ∈ (0, π), pour tout l > 1
sup |β|−l ||(iβ − A)−1 || < ∞. (4.18)
|β|≥1
nous établirons un autre résultat de stabilisation exponentielle, voir le théorème 5.4 page 55
établit la onvergen e polynomiale de (4.17) pour presque tout ξ. Comme nous allons le voir,
la méthode est elle des multiplieurs et utilise la proposition 4.6 (issue de l'arti le [R9℄ o-é rit
ave Emmanuelle Crépeau). Pour une démonstration omplète du théorème 4.10, voir [R17℄.
Soit l ∈ (1, +∞) ∩ Q, et ξ ∈ (0, π) que nous pré iserons plus bas. Nous allons faire un
raisonnement par l'absurde. Si (4.18) est faux, alors il existe une suite {βn }n∈N>0 de réels
stri tement positifs et une suite {(wn , vn )}n∈N>0 de points dans D(A) telles que
lorsque n → +∞. En dénissant {wn } = wn −[wn ]ξ , nous avons iβn wn −vn = fn → 0 dans V , et
(4)
iβn vn + {wn } = gn → 0 dans H , lorsque n → +∞. Par onséquent iβn kwn k2V − (vn , wn )V → 0
2 4
et iβn kvn kH − ({wn }, vn )H → 0 lorsque n → +∞. D'où
1 1 1
kwn k2V → , kvn k2H → , kβn wn k2H → , (4.21)
2 2 2
lorsque n → +∞. On peut en déduire
Z π Z π
′′ 2
3 |wn | dx + βn2 |wn |2 = O(|βn wn (π)|2 ) + o(1) (4.22)
0 0
49
4.5 Eléments de démonstration du théorème 4.10
A la lumière de (4.21) et (4.22), pour avoir une ontradi tion, il sut de prouver βn wn (π) → 0.
C'est le but du reste de la démonstration.
√
|N| ≤ Cβn−1 e βn π (kfn kV + kgn kH ) ,
√ √ √ (4.23)
D = e βn π sin π βn πξ + 41 × sin π βn (1 − πξ ) + 41 .
D'après la proposition 4.6, nous avons pour tout ε > 0, et pour presque tout α ∈ (0, 1),
l'existen e d'un nombre ni de solutions q ∈ N>0 de l'inégalité
1 1 1
d((q + )αn + , Z) < 1+ε .
2 4 q
quand n → +∞. Ce qui donne une ontradi tion et on lut la démonstration du théorème
4.10.
50
Chapitre 5
Nous allons maintenant étudier le as de stru tures exibles soumis à l'a tion de matériaux
piézo-éle triques. Plus pré isément nous allons onsidérer le as d'un miroir bimorphe dans
les déformations du front d'onde in ident sur un télés ope. Ces déformations sont dues à la
traversée de l'atmosphère par la lumière. Pour les orriger, diérentes te hniques sont utilisées,
omme la orre tion numérique des observations. Nous allons nous intéresser à la déformation
du miroir se ondaire par le ontrle de ellules piézo-éle triques. Cette orre tion est al ulée à
partir des mesures fournies par un analyseur de front d'onde : l'analyseur de Sha k-Hartmann
qui analyse la phase résultante après rée tion sur le miroir déformable (voir le s héma 5.1).
Diérents types de miroirs déformables existent [108, 111℄. Nous nous intéresserons plus par-
ti ulièrement aux miroirs bimorphes qui sont onstitués de diérentes épaisseurs : d'abord
une ou he rée hissante, ensuite une ou he de apteurs piézo-éle triques, enn une ou he
d'a tionneurs piézo-éle triques. Le système omporte un grand nombre d'entrées (par exemple
une quarantaine sur le miroir déformable du ban expérimental SESAME [118℄ de l'Observa-
toire de Paris). De plus la tendan e pour les télés opes est d'augmenter la taille des miroirs et
d'augmenter leur nombre de degrés de liberté. C'est pourquoi nous souhaitons privilégier une
appro he dimension innie et que nous onsidérons un modèle EDP pour e miroir bimorphe.
Nous étudions tout d'abord la ontrlabilité d'un miroir bimorphe dans le paragraphe 5.1,
puis la stabilisation du miroir dans le paragraphe 5.2. Le paragraphe 5.3 ontient des éléments
51
5.1 Contrlabilité d'un miroir bimorphe
la ontrlabilité du modèle EDP. Nous rappelons qu'un miroir bimorphe peut être omposé
de trois ou hes, une ou he purement exible, une autre ou he munie d'une distribution de
1
apteurs piézo-éle triques, enn une ou he munie d'a tionneurs piézo-éle triques.
Le modèle que nous onsidérons i i a été al ulé en ollaboration ave Mi hel Len zner,
te hniques de limite à deux é helles, présentées par exemple dans [32℄, pour al uler un modèle
EDP. Pour ela nous utilisons des outils de mé anique et d'analyse, et nous obtenons un
modèle ma ros opique dé rivant la stru ture mé anique et le système entrée-sortie dans son
ensemble et un modèle mi ros opique pour dé rire la répartition périodique des a tionneurs
1 En
réalité, pour que la bre neutre soit au entre du dispositif expérimental, il est important de symétriser
les ou hes et don d'utiliser six ou hes au total.
52
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative
Nous allons prouver d'abord la ontrlabilité pour un miroir bimorphe 1D (de type poutre),
puis la ontrlabilité pour le modèle 2D (de type plaque). La stabilisation exponentielle par
Cas 1D Le modèle 1D al ulé dans [R13℄ par des te hniques d'homogénéisation est le sui-
vant :
−∂x2 u = −s∂x ϕ + a∂x2 ϕ,
∂ 2 w + ∂ 4 w + w = ∂ 2 ϕ,
t x x
(5.1)
w(0, t) = w(L, t) = ∂ x w(0, t) = ∂x w(L, t) = 0,
u(0, t) = u(L, t) = 0.
où
a > 0, L > 0 et s sont des réels onstants (les autres onstantes ont été xées à 1).
2 1 2 2
Considérons les espa es V = H (0, L) ∩ H0 (0, L), Ṽ = H0 (0, L), H = L (0, L)
(4)
et l'opérateur A(w, v) = (v, −w − w) déni sur le domaine D(A) = (H 4 (0, L) ∩ H02 (0, L)) ×
H02 (0, L) ⊂ Ṽ × H .
En ontrlant d'abord le terme en u dans la première équation de (5.1), puis le reste de
l'équation nous avons le résultat de ontrlabilité suivant (voir [R22℄ o-é rit ave Pierre Le
Théorème 5.1 Toute paire ((w0 , w1), u0 ), ((w0,T , w1,T ), uT ) de triplets dans D(A) × V peut
être onne tée par une solution de (5.1) ave un ontrle ϕ ∈ C([0, T ]; H 2(0, L)).
2
ave les notations suivantes :
53
5.2 Stabilisation d'un miroir bimorphe
A = (aγδ ), B = (bγδ ), et G = (gαβ ) sont des matri es dans R2×2 dénies positives, tandis
que t1 , t2 , s1 , et s2 sont des réels.
2
−sβ ∂β ϕ + aγδ ∂γδ ϕ = f1 , (5.3)
2
−tβ ∂β ϕ + bγδ ∂γδ ϕ = f2 , (5.4)
2 2
(−tβ ∂β + bγδ ∂γδ )f1 = (−sβ ∂β + aγδ ∂γδ )f2 . (5.5)
3
C'est une ondition né essaire pour l'existen e d'une fon tion ϕ. Nous introduisons la déni-
Dénition 5.2 Un quadruplet (w0, w1 , u1 , u2) ∈ (H 4 (Ω)∩H02 (Ω))×H02 (Ω)×(H 2 (Ω)∩H01 (Ω))2
est ompatible si le système (5.3)-(5.4) a une solution ϕ ∈ H 2 (Ω), les fon tions f1 , f2 étant
dénies par fi := −(λ + µ)∂i div (u1 , u2) − µ∆ui pour i = 1, 2.
Dès que ette ondition de ompatibilité est satisfaite, nous pouvons établir la ontrlabilité
Théorème 5.3 Chaque paire (w0, w1 , u1 , u2), (w0,T , w1,T , uT1 , uT2 ) de quadruplets ompatibles
peut être onne tée par une solution de (5.2) ave un ontrle ϕ ∈ C([0, T ]; H 2(Ω)).
Maintenant que nous avons démontré ette ontrlabilité, étudions la stabilisation expo-
fermée est exponentiellement stable. Nous allons nous on entrer sur le modèle 1D du miroir
sa hant que ette appro he est généralisable au as 2D. Revenons au as du modèle (5.1) ave
une sortie I :
∂t2 w
+ ∂x4 w
+w = , ∂x2 ϕ (5.7)
∂w
w= = 0 sur ∂Ω , (5.8)
∂n
u1 = u2 = 0 sur ∂Ω , (5.9)
3 C'est une ondition qui est aussi susante pour un re tangle (voir [R22℄).
54
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative
Dans l'équation pré édente, I est le hamp de ourant mesuré par la ou he- apteurs piézo-
Pour tout (w 0 , w 1 ) ∈ (H 4(0, L) ∩ H02 (0, L)) × H02 (0, L), il existe une unique solution (u, w)
de (5.6)-(5.9) telle que u ∈ C(R+ ; H 2 (0, L) ∩ H01 (0, L)), w ∈ C(R+ ; H 4 (0, L) ∩ H02 (0, L)) ∩
C 1 (R+ ; H02(0, L)).
De plus, il existe C > 0, µ > 0 tels que pour tout (w 0 , w 1 ) ∈ (H 4 (0, L) ∩ H02 (0, L)) × H02 (0, L)
||u(t)||H 2(0,L) + ||w(t)||H 4(0,L) + ||∂t w(t)||H 2(0,L) ≤ C ||w 0||H 4 (0,L) + ||w 1||H 2 (0,L) e−µt ∀t ≥ 0.
k −1 ∂x2 ϕ + c∂t ∂x Kϕ = I ,
ϕ(0) = ϕ(L) , [ϕ] = 0 .
de Huang-Prüss ([67℄ ou [106℄) que nous avons déjà utilisé pour démontrer le théorème 4.9,
page 48. Nous ne donnerons que les éléments prin ipaux de la démonstration (voir [R22℄
H = L2 (0, L), et l'opérateur A(w, v) = (v, −w (4) −w +kv ′′ ) sur le domaine D(A) = (H 4 (0, L)∩
H02 (0, L)) × H02 (0, L) ⊂ V × H , ainsi que le produit hermitien
Z L Z L
′′
h(w, v), (w̃, ṽ)iV ×H = (w w̃ ′′ + w w̃) dx + vṽ dx.
0 0
55
5.3 Eléments de démonstration du théorème 5.4
Z L
hA(w, v), (w, v)iV ×H = −k |v ′ |2 dx ≤ 0 . (5.11)
0
iR ⊂ ρ(A) , (5.12)
L'équation (5.12) n'est pas di ile à établir. Con entrons-nous sur la démonstration de
Si (5.13) est fausse, alors il existe une suite {βn }n∈N>0 de réels, et une suite {(wn , vn )}n∈N>0
d'éléments de D(A) telles que, pour tout n ∈ N>0 ,
'est-à-dire
Z L
k |vn′ |2 dx = ℜh(iβn − A)(wn , vn ), (wn , vn )iV ×H → 0 lorsque n→∞, (5.18)
0
dont la partie imaginaire est βn (||wn ||2V − ||vn ||2H ) → 0. Par onséquent ave (5.14) on trouve
limn→∞ ||wn ||2V = limn→∞ ||vn ||2H = 12 qui, ombiné ave (5.18), donne une ontradi tion. Ce i
56
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative
Nous allons onsidérer le as du modèle (5.2) du miroir bimorphe en nous fo alisant sur le
dépla ement transverse qui est le terme dominant. En renotant e dépla ement transverse par
e ( ar la lettre w de l'équation (5.2) sera utilisée pour les perturbations dans e paragraphe),
La variable spatiale x appartient à un disque Ω de rayon a. Les onditions aux bords pour le
miroir sont elles des onditions libres. Elles s'é rivent en oordonnées polaires :
2 1 1 2
∂r e + ν ∂r e + 2 ∂θ e = 0,
r r r=a
1 1
∂r ∆e + (1 − ν)∂r ∂θ e = 0.
r r r=a
La théorie de Kolmogorov donne la modélisation de la turbulen e atmosphérique φtur . Son
modèle est généré par un phénomène aléatoire. Plus pré isément en notant wtur un bruit blan
pour des matri es F et G. Voir la publi ation [R21℄ o-é rite ave Lu ie Baudouin, Fabien
Guignard, et Denis Arzelier, LAAS-CNRS, et les référen es itées. Nous avons des approxima-
tions en dimension nie de ette turbulen e en utilisant une famille de polynmes parti ulière :
les modes de Zernike. Les premiers modes de Zernike sont donnés par le tableau 5.4 et nous
NZ
X
φtur (r, θ, t) ≈ φi (t)Zi (r, θ) ,
i=3
en omettant les trois premiers modes (qui sont orrigés par le miroir primaire).
ave
57
5.4 Contrle robuste d'un miroir bimorphe
i Zi (r, θ) Nom
0 1 Piston
r
1 2
a
cos θ in linaison selon y
r
2 2 sin θ in linaison selon x
√ a
r 2
3 3(2( ) − 1) fo us
√ r a2
4 6( ) cos 2θ astigmatisme
√ ar 2
5 6( a ) sin 2θ astigmatisme
√
6 8(3( ar )3 − 2 ar ) cos θ oma selon x
√
7 8(3( ar )3 − 2 ar ) sin θ oma selon y
√
8 5(6( ar )4 − 6( ar )2 + 1) sphéri ité
petit que γ :kw 7→ zk < γ . Le ontrleur robuste K est donnée par une EDP de la forme :
(
p′ (t) = Mp(t) + Ny(t), p(0) = p0
(5.24)
u(t) = Lp(t) + Ry(t), t ≥ 0,
ave M , N , L, et R des opérateurs à al uler. En notant le rayon spe tral ρ, nous avons le
Théorème 5.5 Il existe un ontrleur K tel que le système (5.23) ave le ontrle (5.24)
satisfait kw 7→ zk < γ , si et seulement s'il existe deux opérateurs dénis positifs P et Q ∈ L(X)
vériant
58
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative
Nous pouvons vérier fa ilement que le théorème 5.5 s'applique à notre situation, en in-
2 2 2 4
troduisant les espa es fon tionnels suivants : X = Hbc (Ω) × L (Ω), W = (L (Ω)) , U =
2
H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω), et Y = Z = (L2 (Ω)) .
Pour tronquer le système et al uler numériquement la ommande robuste du théorème 5.5,
Φtur séparément. Pour la variable e nous pouvons onsidérer les fon tions de Bessel qui nous
1 λkj r λkj r
zkj (r, θ) = akj Jk + ckj Ik cos kθ
a a
2 λkj r λkj r
zkj (r, θ) = akj Jk + ckj Ik sin kθ
a a
ave
table 5.4).
Ces simulations on luent notre étude sur les systèmes d'optique adaptative. Beau oup de
questions restent et nous proposons des pistes de re her he dans les perspe tives (voir à partir
de la page 73).
59
5.4 Contrle robuste d'un miroir bimorphe
60
Chapitre 6
Contrle frontière de systèmes
hyperboliques
Dans ette partie nous allons revoir nos résultats en e qui on erne le ontrle frontière de
systèmes quasi-linéaires hyperboliques. Une proprièté très importante pour nous est l'existen e
de oordonnées de Riemann qui sont un outil pour l'analyse et la ommande de tels systèmes
(voir [18, 78℄ par exemple). Nous étudions l'eet de perturbations sur la stabilité. Ces dernières
sont vues omme des termes non homogènes dans le système hyperbolique et sont supposés
être petits au sens de la norme C 1 (voir le paragraphe 6.2 i-dessous pour plus de détails). Nous
allons étudier une ondition susante en terme de onditions aux bords pour la stabilisation
Ce résultat est ensuite appliqué à la régulation de l'é oulement de l'eau dans un anal, en
présen e de petites perturbations. Les ouvertures des portes aux extrémités des biefs sont nos
ommandes. Le modèle onsidéré n'est pas stri tement hyperbolique à ause de la fri tion, de
stabilité exponentielle nous permet de al uler un ontrle frontière (don des ommandes de
portes de vannes) pour que le niveau et le débit de l'eau dans le anal onvergent vers l'équilibre
hoisi. Ce ontrle est une fon tion des paramètres physiques des vannes et uniquement des
hauteurs d'eau aux extrémités du anal. C'est don un retour de sortie simple à utiliser sur
Nous illustrons e résultat par des simulations numériques en utilisant les valeurs numé-
riques d'une rivière (en l'o uren e la Sambre en Belgique), et par des expérimentations sur un
mi ro- anal ( elui de l'E ole d'ingénieurs en systèmes avan és et réseaux (ESISAR), membre
modéliser un anal ave une petite pente, de la fri tion et éventuellement des fuites (ou de
l'apport) d'eau le long du anal. Nous énonçons la ondition susante de stabilité sur les
systèmes quasi-linéaires non-homogènes dans le paragraphe 6.2. Dans le paragraphe 6.3 nous
61
6.1 Equations de Saint-Venant en présen e de perturbations
appliquons e résultat au modèle introduit dans le paragraphe 6.1 et nous illustrons la onver-
gen e par des simulations numériques. Nous on luons e hapitre par le paragraphe 6.4 ave
niveau de l'eau dans un bief. Voir la gure 6.1 où nous avons noté H(x, t) la hauteur de l'eau
dans un anal, et Q(x, t) son débit. Le ontrle est donné par les deux portes aux extrémités
du bief. Diérentes expressions pour les onditions aux bords sont possibles en fon tion de
l'installation hydraulique.
Q 0 ( t )
Q L ( t )
u 0
H 0
( t )
H(x, t) H
L ( t )
u L
Q(x, t) x
0 L
Nous supposerons que le anal est horizontal, que le bief est re tangulaire (ave une se tion
onstante), et que le anal a des pertes (ou des apports) en eau (ave une invarian e par rapport
Dans e ontexte les équations de Saint-Venant (ou shallow water equations) s'e rivent
62
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques
I est la pente ;
n2 Q 2
J(Q, H) = S(H)2MR(H)4/3 , est la fri tion ;
k = 0 si q est positif, et k = 1 sinon.
Les onditions frontières dépendent de la onguration physique. Voir [R23℄, ou [47℄ pour
diérentes possibilités. Le hoix que nous allons faire i i est elui d'une porte laissant passer
l'eau par en-dessous en x = 0 et d'une porte laissant passer l'eau par au-dessus en x = L
( omme sur la gure 6.2) :
q
Q(0, t) = U0 Bµ0 2g(zup − H(0, t)), (6.3)
Q2 (L, t) 1/3
H(L, t) = ( ) + hs + UL , (6.4)
2gB 2µ2L
où hs est la hauteur xe de la porte aval. Les quantités µ0 et µL sont des oe ients hydrau-
liques.
Fig. 6.2 Bief muni de deux portes dé rites par (6.3) et (6.4).
Le problème que nous allons étudier est elui de la régulation des portes aux extrémités
pour que
le ontrle ne dépende que des sorties, 'est-à-dire des variables H(0, t) et H(L, t)
il existe une solution de notre modèle EDP ;
perturbations a déjà été étudié, voir par exemple [91℄ pour un ré ent état de l'art. Souvent
des approximations en dimension nie des équations pré édentes sont introduites omme dans
[54, 90℄. Des ommandes H∞ ont été al ulées dans [83, 84℄ et plus ré emment dans [82℄.
63
6.2 Contrle frontière de systèmes hyperboliques quasi-linéaires non-homogènes
Une appro he Lyapunov est possible pour aborder e problème, voir [44, 47℄ pour le as sans
perturbation dans (6.1)-(6.2). Cette méthode a été utilisée pour les systèmes quasi-linéaires
hyperboliques homogènes généraux dans [45℄. Nous reviendrons plus bas sur e dernier résultat
Notons aussi que l'appro he utilisée i i est l'étude de l'inuen e des termes non-homogènes
de (6.1)-(6.2) sur l'évolution des oordonnées de Riemann. Cette appro he peut être aussi
utilisée pour la déte tion de fuites dans des anaux d'irrigation ou la déte tion de pannes
de apteurs ou d'a tionneurs. Voir par exemple [14, 35℄. Pour e type de problèmes on peut
tons quelques idées de la démonstration sur les équations de Saint-Venant (6.1)-(6.2). Pour
! ! !
H H q(x)
∂t + A(H, Q)∂x = Q
Q Q gBH(I − J) + kq BH
!
0 1/B
ave la dénition A(H, Q) = . Les valeurs propres de A(H, Q)
gBH − (Q2 /BH 2 ) 2Q/BH
√ √
sont λ1 (H, V ) = (Q/H) − gH , et λ2 (H, V ) = (Q/H) + gH et sont appelées vitesses ara -
téristiques [18℄. On dira que l'é oulement est uvial si λ1 (H, Q) < 0 < λ2 (H, Q). Cal ulons les
équilibres du système. Ave des onditions aux bords onstantes, Q(0, t) = Q̄0 et H(L, t) = H̄L
pour tout t, il existe un équilibre H(x, t) = H̄(x), et Q(x, t) = Q̄(x), pour tout x ∈ [0, L], et
64
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques
ave des fon tions h1 et h2 qui sont données dans [R23℄. Nous hoisirons notre ontrle pour
que les onditions aux bords soient équivalentes à ξ1 (L, t) = kL ξ2 (L, t), et ξ2 (0, t) = k0 ξ1 (0, t).
Sans perturbation, nous avons h1 = h2 = 0, et don le long des ara téristiques
les oordonnées de Riemann sont invariantes. D'après les onditions aux bords, la ondition
k0 kL < 1 est une ondition susante pour la stabilité asymptotique lo ale. Ce as sans pertur-
bation est étudié dans [R3℄ (voir aussi [78℄). En présen e de perturbations, le long des solutions
Z t
ξi (xi (t), t) = ξi(xi (0), 0) + hi (ξ1 (xi (s), s), ξ1(xi (s), s))ds ,
0
et don les oordonnées de Riemann ne sont plus invariantes le long des ara téristiques.
En revan he nous pouvons démontrer que si k0 kL < 1 et si les termes non-homogènes sont
susamment petits (par rapport à ξ ) alors nous avons la stabilité asymptotique lo ale. C'est le
résultat prin ipal de [R20℄. Un autre type de termes non-homogènes a été onsidéré dans [R27℄.
Enonçons le résultat prin ipal de [R20℄ dans le as parti ulier d'un système de deux lois de
onservation ave des termes non-homogènes. Pour ela onsidérons ξ : [0, L] × [0, +∞) → R2
tel que :
où Λ : B(0, ε0) → R2×2 est une fon tion C 1 telle que Λ = diag(λ1 , λ2 ), B(0, ε0 ) est la boule
2
fermée de R entrée en 0 et de rayon ε0 , ave
h(0) = 0 . (6.9)
! !
ξ1 (L, t) ξ 1 (0, t)
=g , (6.10)
ξ2 (0, t) ξ 2 (L, t)
où g : B(0, ε0) → R2 est une fon tion C1 satisfaisant g(0) = 0. Nous avons la dénition
suivante de ompatibilité des onditions initiales ave les onditions aux bords :
65
6.2 Contrle frontière de systèmes hyperboliques quasi-linéaires non-homogènes
et
! ! !
λ1 (ξ # (L))∂x ξ # #
1 (L) − h1 (ξ (L)) ξ#
1 (0) λ1 (ξ # (0))∂x ξ # #
1 (0) − h1 (ξ (0))
= ∇g .
λ2 (ξ# (0))∂x ξ # #
2 (0) − h2 (ξ (0))
#
ξ2 (L) λ2 (ξ # (L))∂x ξ # #
2 (L) − h2 (ξ (L))
Nous notons BC (ε0 ) l'ensemble des fon tions ontinûment diérentiables ξ # : [0, L] → B(0, ε0 )
satisfaisant la ondition de ompatibilité C .
Nous introduisons aussi les notations lassiques suivantes. Pour toute fon tion Φ ontinue
sur [0, L] et Ψ ontinûment diérentiable sur [0, L], nous noterons |Φ|C 0 (0,L) = maxx∈[0,L] |Φ(x)|,
′ 2×2
et |Ψ|C 1 (0,L) = |Ψ|C 0 (0,L) + |Ψ |C 0 (0,L) . Pour toute matri e K ∈ R , le rayon spe tral sera noté
ρ(K).
En ollaboration ave Joseph Winkin, université de Namur, Georges Bastin, université de
Louvain-la-Neuve, nous avons alors le résultat suivant (voir [R20℄ pour la démonstration) :
Théorème 6.2 Si ρ(∇g(0)) < 1, alors il existe ε > 0, H > 0, µ > 0, et C > 0 tels que pour
toute fon tion ontinûment diérentiable h : B(0, ε) → R2 telle que h(0) = 0 et |∇h(0)| ≤ H ,
pour toute fon tion ξ# ∈ BC (ε), il existe une et une seule fon tion ξ ∈ C 1 ([0, L]×[0, +∞) ; R2 )
satisfaisant l'équation (6.7), les onditions aux bords (6.10) et la ondition intiale
d'Andréa-Novel, Mines de Paris qui étudie plus parti ulièrement le as des systèmes de lois de
onservation homogènes.
Une autre ondition d'amortissement a été ré emment établie dans [45℄ pour les systèmes
le résultat suivant :
Théorème 6.3 ([45℄). Si ρ1 (∇g(0)) < 1 alors le système hyperbolique quasi-linéaire homogène
∂t ξ + Λ(ξ)∂x ξ = 0
66
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques
omme dans [21, 44, 47℄. La fon tion de Lyapunov al ulée dans [45℄ utilise un terme
−µx
exponentiel e omme dans [42℄ pour la stabilité de l'équation d'Euler. Elle utilise
aussi les dérivées spatiales de ξ d'ordre 2. C'est pourquoi le résultat de [45℄ est valable
2
pour la norme H .
Comme le al ul de [45℄ donne une fon tion de Lyapunov ave une dé roissan e stri te,
une piste de re her he naturelle est d'utiliser l'inégalité de Lyapunov pour al uler une
Notons aussi que la ondition de stabilité du théorème 6.3 est moins forte que elle de
[78℄ (qui est la même que elle du théorème 6.2) : ρ(∇g(0)) < 1. En eet dans [45℄ il est
montré que pour toute matri e K , nous avons ρ1 (K) ≤ ρ(K) et qu'il existe une matri e
K d'ordre 2 telle que ρ1 (K) < ρ(K).
Les théorèmes 6.2 et 6.3 posent les questions ouvertes suivantes : est e qu'il existe des
onditions aux bords telles que nous ayons la stabilité exponentielle pour la norme C 1,
mais pas pour la norme H2 ? Et ré iproquement est e qu'il existe des onditions aux
2
bords telles que nous ayons la stabilité exponentielle pour la norme H , mais pas pour
1
la norme C ?
implémentées dans le adre d'un ontrat industriel liant le CESAME (Université Catholique de
Dans [R23℄ o-é rit ave Valérie Dos Santos, Université Lyon 1, nous appliquons le résultat
pré édent aux équations de Saint-Venant (6.1)-(6.2) en présen e de perturbations pour tenir
ompte de la fri tion, de la pente et d'éventuels fuites ou apports d'eau le long du anal.
Plus pré isément, dans le as des onditions frontière (6.3)-(6.4), nous pouvons démontrer
Q̄0 √ “√ √ ”
−2 gα0 H0 − H̄0
U0 = H0 B H̄0
√ ,
µ0 2g(zup −H(0,t))
"“ h “√ √ ”i”2 #1/3
Q̄ √
HL BH̄L +2 gαL HL − H̄L
UL = HL − hs − L
2gµ2L
,
1−k0 1−kL
ave α0 = 1+k0
, αL = 1+kL
, H0 = H(0, t) HL = H(L, t), rendent le système en bou le fer-
et
1
mée lo alement asymptotiquement stable pour la norme C . Notons que e sont des ontrles
67
6.3 Validation numérique
frontière qui ne dépendent que de la sortie (si on dénit la sortie omme étant uniquement la
hauteur d'eau aux deux extrémités du bief ). Cette ommande est don fa ilement implémen-
Nous avons ee tué des simulations numériques en prenant les valeurs numériques de la
Sambre qui est une rivière entre Namur et Charleroi. Les ara téristiques physiques du bief
de la Sambre que nous avons onsidéré sont données dans le tableau 6.1. Nous avons utilisé le
paramètres B L I µ0 nM
(m) (m) = µL (s.m−1/3 )
valeurs 40 11239 7.92e−5 0.4 0.30
Trois simulations numériques ont été ee tuées (voir la gure 6.3) :
(S1) k0 = −0.25, et kL = −0.16, nous observons que nous avons une stabilité asymptotique ;
(S2) k0 = −0.92, et kL = −0.59, nous observons que nous avons une stabilité asymptotique ;
Upstream gate
Water flow at upstream
1.5
30
1.4
20
)
−1
1.3
(m)
(m .s
10
3
1.2
0
1.1
−10 equilibrium
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000 1 (S1)
(S1) 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000
t (s) t (s)
(S2) (S2)
Water level at downstream Downstream gate
(S3) 1.8 (S3)
4.75
1.7
4.7 1.6
(m)
(m)
1.5
4.65
1.4
4.6 1.3
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000
t (s) t (s)
Fig. 6.3 Simulations numériques : à gau he, du haut vers le bas : débit et niveau de l'eau en
amont ; à droite, du haut vers le bas : ouverture de la porte amont et aval pour S1 (en trait
plein), pour S2 (en trait dis ontinu) et pour S3 (en pointillés). L'équilibre à atteindre est en
trait mixte.
Nous pouvons vérier que la vitesse de onvergen e augmente ave le produit |k0 kL |. Cette
observation est logique en étudiant la démonstration du théorème 6.2, et le al ul de µ dans
l'inégalité (6.12).
68
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques
L'équilibre qui est représenté sur les graphiques de la gure 6.3 est elui sans perturbation
( 'est le seul al ulable en pratique). Pour éliminer l'é art entre l'équilibre perturbé et l'équi-
libre sans perturbation, il sut de rajouter un petit terme intégral. C'est e que nous avons
14
15
(m3.s−1)
(m3.s−1)
12
10
10
5 8
0 2000 4000 6000 equilibrium
8000 10000 12000 14000 16000 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000equilibrium
16000
t (s) (S1) t (s)
(S2)
Water level at downstream (SI1) Water level at downstream (SI2)
4.75 4.8
4.75
4.7
(m)
(m)
4.7
4.65
4.65
4.6 4.6
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000
t (s) t (s)
Fig. 6.4 Simulations numériques : à gau he, du haut vers le bas : débit et niveau de l'eau en
amont ; à droite, du haut vers le bas : ouverture de la porte amont et aval pour S1 (en trait
plein), pour SI1 (en traits dis ontinus) ave un petit terme intégral. L'équilibre à atteindre est
en trait mixte.
La stabilité asymptotique ave un ontrle frontière proportionnel intégral n'a jamais été
étudié pour des équations hyperboliques quasi-linéaires. En revan he elle a été étudiée dans
ratoire de Con eption et d'Intégration des Systèmes, dirigé par Eduardo Mendes. C'est un
laboratoire de l'ESISAR, l'é ole nationale supérieure des systèmes avan és et réseaux, située
Les ara téristiques physiques du mi ro- anal sont données par le tableau 6.4.
69
6.4 Validation expérimentale
6.5).
2.5
0.45
(dm3.s−1)
(dm)
0.4
0.35
2
0.3
0.25
1.5 0.2
50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
t (s) t (s)
1.5
0.3
(dm)
(dm)
1.45
0.25
1.4
1.35
0.2
1.3
1.25
50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
t (s) t (s)
Fig. 6.5 Expérimentations : à gau he, du haut vers le bas, débit de l'eau en amont, et niveau
de l'eau en aval ; à droite, du haut vers le bas, ouverture de la porte amont, et de la porte aval
pour E1 (en trait plein), pour E2 (en trait dis ontinu) et pour E3 (en pointillés). L'équilibre
De nouveau nous pouvons éliminer l'é art entre l'équilibre désiré et elui perturbé en
rajoutant un petit terme intégral dans le al ul du ontrle. C'est e que nous avons fait pour
orrespond à (E2) de la gure 6.5. Dans l'expérimentation (EI3), nous avons utilisé un terme
70
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques
1.5
2.2
1.45
(dm3.s−1)
2
(dm)
1.4
1.8
1.35
1.6
1.3
(EI1)
1.4
(EI2) 1.25
1.2 (EI3)
1.2
equilibrium
1 1.15
50 100 150 200 250 300 50 100 150 200 250 300
t(s) t (s)
Fig. 6.6 Expérimentations : à gau he, débit de l'eau en amont ; et à droite, niveau de l'eau
en aval pour EI1 (en trait plein), pour EI2 (en trait dis ontinu) et pour EI3 (en pointillés).
71
6.4 Validation expérimentale
72
Perspe tives
Dé rivons les pistes de re her he qui mériteraient d'être étudiées à la le ture de e do u-
ment.
suis a tuellement deux dire tions de re her he. La première est elle on ernant la synthèse de
retours de sortie hybrides. Dans le as d'informations partielles sur l'état du système, réer une
hystérésis sur la sortie peut ne pas être susant pour dénir un ontrle hybride stabilisant.
Une solution peut être de oupler ette onstru tion ave un observateur (ou au moins un
observateur de la norme). Un premier résultat a été obtenu dans [C35℄, en ollaboration ave
de sortie. Nous utilisons une propriété de déte tabilité qui nous permet d'établir l'existen e
Toujours en ollaboration ave Andrew Teel nous allons fo aliser notre étude sur le as d'un
système soumis à une saturation en entrée. Pour e type de système, nous supposons que nous
pouvons al uler un retour de sortie lo al linéaire et une ommande non-linéaire globale. Nous
essayons de al uler des onditions onstru tibles pour re oller la ommande linéaire lo ale et
al uler des onditions é rites en terme d'inégalités linéaires matri ielles. L'optimisation du
domaine, où la ommande linéaire lo ale est utilisée, est très importante puisqu'elle permet
d'optimiser la vitesse de onvergen e du système bou lé. Ce dernier résultat peut être vu
Fon tions de Lyapunov assignables Une autre piste de re her he est elle de la synthèse
de fon tions de Lyapunov assignables (Control Lyapunov Fun tions, CLF) à partir d'une
propriété de ontrlabilité lo ale (ou de la donnée d'une CLF lo ale) et d'une propriété de
pas toujours possible de al uler un retour ontinu et stabilisant à partir d'une propriété de
ontrlabilité, et don à partir d'une CLF. En ollaboration ave Vin ent Andrieu, LAAS-
73
Perspe tives
CNRS, je souhaite étudier des onditions susantes pour que l'on puisse al uler une CLF
globale à partir de es deux propriétés de ontrlabilité. La di ulté prin ipale vient du fait
En ollaboration ave Vin ent Andrieu, Denis Arzelier, et Sophie Tarbourie h, LAAS-
CNRS, j'envisage d'étudier le as d'un système soumis à une non-linéarité de se teur qui
dépend de la taille de l'état, autrement dit qui satisfait une ertaine ondition sur un om-
pa t ontenant l'origine et qui vérie une autre ondition de se teur à l'extérieur d'un autre
ompa t. Sous une propriété de re ouvrement de l'espa e d'état, nous envisageons d'étudier
sous quelles onditions nous pouvons al uler une ommande globale. Nous avons trouvé un
exemple pour lequel il ne sut pas d'envelopper les deux onditions de se teur dans une seule
nous espérons démontrer qu'il est né essaire de onserver les onditions de se teur lo ale et
non-lo ale (à l'extérieur d'un ensemble) pour stabiliser e type de systèmes non-linéaires.
vaux de re her he pour la synthèse de ommandes stabilisantes optimales pour des systèmes
omportant des non-linéarités de se teur parti ulières. Plusieurs pistes méritent d'être étu-
un ba klash et une saturation en as ade. Ce type de non-linéarité est une première approxi-
mation des hystérésis présents dans de nombreux systèmes mé aniques et dans les systèmes
semble aussi intéressant. Pour l'instant nous avons étudié des problèmes d'analyse. Plus géné-
ralement, pour ontre arrer ou au moins limiter l'eet du ba klash, je ompte aussi étudier le
problème de la synthèse de bou le anti-windup. De telles bou les anti-windup existent pour les
systèmes omportant des saturations en amplitude ou en vitesse [129℄. Il est tout à fait naturel
d'étudier la synthèse de gains anti-windup pour des systèmes omportant es autres types de
non-linéarités. Nous envisageons dans un premier temps de al uler des gains statiques, puis
des gains dynamiques (ave un ordre égal à l'ordre du système, ou ave un ordre réduit).
type de système est présent lorsque l'on utilise une ommande de type First Order Element
(FORE), où l'état de la ommande est remis à zéro sous ertaines onditions de la sortie et
de l'erreur (par rapport à une référen e) du système. Cette lasse de ommandes est parti-
ulièrement intéressante lorsque l'on souhaite faire du rejet de perturbations, pour améliorer
la performan e du système bou lé. On peut même obtenir des performan es qui ne peuvent
pas être atteintes ave des ommandes linéaires lassiques. Le prix à payer est le suivant : la
74
Perspe tives
ommande d'un ontrleur ave réinitialisation a des grandes amplitudes. On omprend alors
qu'il faille étudier l'eet des saturations en entrée du système pour voir si la performan e est
vraiment améliorée. C'est e que nous sommes en train d'étudier. Nous estimons la perfor-
man e (en terme de rejet de perturbation) ainsi que le bassin d'attra tion d'un système soumis
voir l'eet d'une limitation en vitesse de l'entrée du système. Une question ouverte on erne
le as d'un système ave une réinitialisation et une saturation en sortie. Cette dernière modie
bassin d'attra tion de tels systèmes non-linéaires est un sujet en ore peu exploré. Plus généra-
lement la prise en ompte des limitations en amplitude et en vitesse dans le ontrle des EDP
4, nous avons al ulé un ensemble des positions de l'a tionneur et du apteur piézo-éle triques
pour que notre retour de sortie donne une stabilité polynomiale ou exponentielle d'une stru -
ture exible. L'étude a été faite pour le as d'un a tionneur et d'un apteur o-lo alisés et ollés
à l'en astrement. Nous avons hoisi ette onguration physique pour l'a tionneur par e que
'est elle qui est ommunément utilisée pour beau oup d'appli ations de ontrle a tif de vi-
brations [95℄. Il est en eet naturel de penser que la vitesse de onvergen e est plus grande pour
un a tionneur lo alisé près de l'en astrement plutt que du oté libre de la stru ture exible.
Il serait intéressant de reprendre notre étude pour toutes les positions de l'a tionneur/ apteur
(ayant une longueur xe) et de vérier qu'ee tivement la vitesse de onvergen e est la plus
grande lorsque l'a tionneur et le apteur sont du té de l'en astrement. Il serait également
Contrle a tif de vibrations d'un système uide-stru ture En ollaboration ave Lu-
ie Baudouin et Bogdan Robu, LAAS-CNRS, nous nous intéressons à la rédu tion a tive de
vibrations dans un système uide-stru ture de type aile d'avion remplie de arburant. Nous
étudions plus parti ulièrement le ontrle de ellules piézo-éle triques pour réduire les vibra-
tions de la stru ture exible. Nous avons al ulé un modèle EDP pour la stru ture exible (de
type plaque) ouplée à une autre EDP modélisant le mouvement du uide. Nous envisageons
maintenant de al uler une ommande H∞ pour réduire les vibrations et rejeter les perturba-
tions extérieures (telles que l'a élération du bord en astré). Nous souhaitons illustrer notre
75
Perspe tives
appro he et nos résultats sur des simulations numériques. Nous omptons aussi illustrer es
résultats par des expérimentations sur un dispositif réel dont les premiers modes de vibrations
ont les mêmes ara téristiques qu'une aile d'avion remplie de arburant. Ce dispositif expé-
l'ENSICA.
Contrle d'un miroir déformable dans un système d'optique adaptative Mes tra-
vaux sur les systèmes d'optique adaptative ouvrent de nombreuses perspe tives. La première
serait le al ul de la matri e d'intera tion dont les termes ontiennent l'eet de haque entrée
du miroir déformable sur haque sortie de l'analyseur de front d'onde de Sha k Hartmann.
Cette matri e d'intera tion est mesurée expérimentalement régulièrement. Une piste naturelle
serait d'utiliser le modèle EDP que nous avons développé pour al uler ette matri e d'intera -
tion. Dans un ontexte de ommande robuste, omme elui qui a été onsidéré dans le hapitre
5, al uler la matri e d'intera tion ave le modèle physique du miroir et de l'analyseur de front
d'onde permet de répartir et de quantier les in ertitudes dans la matri e d'intera tion. Par
envisager de quantier les variations de ertains termes de la matri e d'intera tion en fon tion
de es in ertitudes.
Une autre piste de re her he serait de onsidérer les eets non-linéaires dans le système
d'optique adaptative. La première des non-linéarités qui peut être a tive est la limitation
en amplitude des a tionneurs piézo-éle triques. Dans un se ond temps il faudrait étudier les
limitations en vitesse des a tionneurs ainsi que l'eet mémoire des matériaux piezo-éle triques
(qui pourrait être modélisé par une hystérésis). Un autre travail de re her he important à
étudier est l'eet du retard dans la dynamique du système d'optique adaptative. Il existe
plusieurs sour es de retard dans e système. Par exemple l'analyseur de Sha k Hartmann
intègre le front d'onde sur un ertain intervalle de temps et don fournit une information
sur le front d'onde ave un ertain retard. Par ailleurs al uler la ommande à appliquer sur
haque a tionneur peut introduire un retard qu'il faudrait également prendre en ompte.
le ontrle frontière de systèmes hyperboliques, nous proposons de al uler des termes inté-
graux qui, ombinés au terme proportionnel, permettent de stabiliser le système. Nous avons
vu l'intérêt de tels termes sur des simulations numériques ainsi que sur des expérimentations.
Nous proposons de prolonger les résultats théoriques sur les systèmes hyperboliques linéaires
de [47℄ pour étudier les systèmes hyperboliques quasi-linéaires. Une fois en ore, une appro he
utilisant les invariants de Riemann pourrait être utile. En e qui on erne les appli ations
des systèmes hyperboliques, nous pouvons envisager d'utiliser nos résultats ou nos te hniques
pour le tra routier [62℄, ou pour le transport de gaz dans des pipelines [11℄.
76
Perspe tives
A plus long terme, je souhaite aussi étudier les problèmes de ontrle et de stabilisation
en utilisant la lasse de solutions non-régulières. Nous pouvons en eet étudier les solutions
ave ho s qui se propagent le long des solutions. Les résultats de ontrlabilité et de stabilité
peuvent être diérents ave ette lasse de solutions. Les appli ations on ernent aussi les
systèmes autoroutiers, et les réseaux de pipelines. Nous savons en eet qu'en périphérie des
villes, le ux de voitures peut présenter des dis ontinuités qui se propagent et qui peuvent
Contrle appro hé d'une EDP ouplée à une EDO Un travail a débuté ave Emma-
de la haleur ouplée à une équation aux dérivées ordinaires (EDO). Ce type d'équations ou-
plées peut modéliser de nombreux systèmes physiques omme les pots atalytiques où les gaz
no ifs sont aptés dans des sites a tifs le long du pot d'é happement et don ne diusent pas
autant que les gaz inoensifs (ou moins toxiques). On peut aussi utiliser e type de modèles
ouplés pour l'épuration de boues dans des analisations. Nous pouvons vérier que e type
de système n'est pas exa tement ontrlable, il est don intéressant d'étudier la ontrlabilité
appro hée plus spé iquement. Dans [R24℄, nous utilisons une paramétrisation de la solution
du système bou lé pour démontrer une propriété de ontrlabilité appro hée. Ce résultat peut
permettre de faire du suivi de traje toires. Toujours en ollaboration ave Emmanuelle Cré-
de l'identité). La prin ipale di ulté vient du fait que les al uls de paramétrisation de la
solution ne peuvent plus être ee tués expli itement. Il faut alors envisager des estimations
des solutions.
77
Bibliographie
78
Bibliographie
Les référen es alphanumériques [R*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 27}, et [C*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 51} renvoient
à mes publi ations (voir à partir de la page 89). Les référen es numériques sont les autres
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