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Contrôlabilité et stabilisation optimale

Ce document présente une synthèse des travaux de recherche de Christophe Prieur sur la théorie du contrôle, abordant la contrôlabilité et la stabilisation optimales en dimensions finie et infinie. Il explore des systèmes non-linéaires, des commandes hybrides, et des techniques de contrôle robustes, tout en discutant des résultats obtenus dans des applications pratiques. Le document est structuré en deux parties, l'une sur les systèmes de dimension finie et l'autre sur ceux de dimension infinie.

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Contrôlabilité et stabilisation optimale

Ce document présente une synthèse des travaux de recherche de Christophe Prieur sur la théorie du contrôle, abordant la contrôlabilité et la stabilisation optimales en dimensions finie et infinie. Il explore des systèmes non-linéaires, des commandes hybrides, et des techniques de contrôle robustes, tout en discutant des résultats obtenus dans des applications pratiques. Le document est structuré en deux parties, l'une sur les systèmes de dimension finie et l'autre sur ceux de dimension infinie.

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Contrôlabilité et stabilisation optimales en dimension

finie ou infinie
Christophe Prieur

To cite this version:


Christophe Prieur. Contrôlabilité et stabilisation optimales en dimension finie ou infinie. Mathéma-
tiques [math]. Université Paul Sabatier - Toulouse III, 2009. �tel-00450499�

HAL Id: tel-00450499


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UNIVERSITÉ PAUL SABATIER (TOULOUSE III)

Habilitation à diriger
des re her hes
Contrlabilité et stabilisation optimales
en dimension nie ou innie

Soutenue publiquement le 9 novembre 2009 devant le Jury omposé de

Mr Bernard BROGLIATO

Mr Jean-Mi hel CORON

Mr Laurent PRALY

Mr Jean-Pierre RAYMOND

Mr Pierre ROUCHON

Me Sophie TARBOURIECH

Rapporteurs :

Mr Bernard BROGLIATO

Mr Pierre ROUCHON

Mr Enrique ZUAZUA

Version du 16 novembre 2009


Remer iements
Je tiens i i à exprimer ma re onnaissan e envers tous eux qui m'ont a ompagné es

dernières années. Je remer ie tout d'abord Jean-Mi hel Coron qui, le premier, m'a initié au

ontrle et m'a ensuite en ouragé à poursuivre en thèse en o-dire tion ave Laurent Praly. Ces

deux ollègues et amis m'ont fait partager leur enthousiasme, leur rigueur et mille idées qui

fourmillent dans mes travaux. Cette habilitation à diriger des re her hes leur doit beau oup. A

l'issue de ma thèse, Jean-Mi hel et Laurent m'ont laissé prendre l'indépendan e indispensable

à un her heur, mais se sont toujours montrés disponibles lorsque j'ai eu besoin d'un onseil.

Je prote de e manus rit pour leur témoigner mon amitié et ma gratitude.

Je suis très tou hé de l'honneur que m'ont fait Bernard Brogliato, Pierre Rou hon et

Enrique Zuazua en a eptant de rapporter mon travail. Les diérents é hanges que j'ai eus

ave eux ont été très enri hissants.

Mer i à Sophie Tarbourie h d'avoir a epté de présenter mon dossier de re her he auprès

de l'université Paul-Sabatier. En plus de faire partie de mes amis et d'être une ollaboratri e

régulière, Sophie a beau oup inuen é mes travaux de re her he en me proposant de nouvelles

voies, de nouvelles appli ations et en m'en ourageant dans telles ou telles pistes, tout en

respe tant mes hoix. Je remer ie vivement Jean-Pierre Raymond d'avoir a epté de faire

partie du jury. Sa présen e est pour moi un grand honneur.

Puisque l'opportunité m'en est donnée, je remer ie Mi hel Sorine pour ses questions s ien-

tiques et ses onseils qu'il ne manque pas de me donner régulièrement. Je remer ie également

Hisham Abou-Kandil qui m'a proposé aussi bien des pistes de re her he fondamentale que

des appli ations. Sa onan e qu'il a bien voulu m'a order depuis longtemps est un grand

honneur pour moi. Geoges Bastin, en plus d'être un ollègue haleureux ave qui j'appré ie

travailler, n'a jamais ompté son temps pour moi. Je lui en suis trés re onnaissant.

Je voudrais exprimer ma gratitude envers mes diérents o-auteurs. J'exprime une pensée

plus parti ulière pour Emmanuelle Crépeau ave qui j'ai vraiment appré ié travailler es der-

nières années. Mer i également à Lionel Rosier, Emmanuel Trélat, Denis Matignon, Stéphane

Labbé ave qui j'ai eu des dis ussions trés enri hissantes. Nombre de mes o-auteurs sont

devenus des amis, ou étaient des amis avant d'être o-auteurs !

Je n'oublie pas mes nombreux ollègues, et bien souvent amis, du groupe de re her he

MAC. J'ai proté de nombreuses dis ussions s ientiques ave notemment Isabelle Queinne ,

Denis Arzelier, Didier Henrion, Lu ie Baudouin, et Vin ent Andrieu. Mer i pour leurs onseils

s ientiques, et ami aux. Ils ne se sont (presque) jamais montrés impatients dans les fartleks

ou lorsque je me suis permis de parler des régles de rugby ! Mer i à tout le groupe (et à quelques

autres ollégues, dont le oa h) d'avoir su réer une ambian e haleureuse et stimulante.


Je garde mes derniers remer iements pour Clémentine, qui, depuis plusieurs années déjà,

m'en ourage, et me soutient ontinuellement dans mes nombreux projets. J'arriverai un jour

peut-être à montrer à Domitille (et aussi à Gaétane et Guillem) que la profession de her heur

n'est pas seulement une sour e de stress, ou de séparations, mais peut être aussi enthousias-

mante et stimulante par les multiples satisfa tions et ren ontres qu'elle apporte. Je dédie e

manus rit à mes quatre rubgymen préférés, re onvertis ré emment au ho key sur gla e.
Table des matières

Introdu tion 3

I Contrle en dimension nie 7


1 Stabilisation de systèmes non-linéaires 9
1.1 Contrle dis ontinu et robustesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

1.2 Stabilisation par une ommande hybride . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

1.3 Feedba k hybride pour les systèmes asymptotiquement ontrlables . . . . . . 15

1.4 Robustesse intrinsèque des systèmes hybrides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

2 Contrle optimal et robuste 21


2.1 Cas parti ulier de l'intégrateur de Bro kett . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

2.2 Généralisation aux systèmes linéaires en la ommande . . . . . . . . . . . . . . 27

2.3 Eléments de démonstration du théorème 2.6 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

2.4 Cal ul numérique de la ommande optimale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

3 Performan e optimale de systèmes soumis à des non-linéarités de se teur 31


3.1 Cas des saturations emboîtées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

3.2 Analyse de la omplexité numérique des onditions . . . . . . . . . . . . . . . 35

3.3 Autres types de non-linéarités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

II Contrle en dimension innie 37


4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles 39
4.1 Contrlabilité d'une poutre exible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

4.2 Eléments de démonstration des théorèmes 4.1 et 4.2 . . . . . . . . . . . . . . . 42

4.3 Simulations numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

4.4 Stabilisation de la poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46

4.5 Eléments de démonstration du théorème 4.10 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

1
Table des matières

5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative 51


5.1 Contrlabilité d'un miroir bimorphe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

5.2 Stabilisation d'un miroir bimorphe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54

5.3 Eléments de démonstration du théorème 5.4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

5.4 Contrle robuste d'un miroir bimorphe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques 61


6.1 Equations de Saint-Venant en présen e de perturbations . . . . . . . . . . . . 62

6.2 Contrle frontière de systèmes hyperboliques quasi-linéaires non-homogènes . . 64

6.3 Validation numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67

6.4 Validation expérimentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69

Perspe tives 73
Bibliographie 78
Bibliographie personnelle 89
Revues à omité de le ture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89

A tes de onféren e à omité de le ture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91

Chapitres dans des ouvrages olle tifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94

2
Introdu tion

Ce do ument présente une synthèse de mes travaux de re her he dont le thème entral est

la théorie du ontrle. Etant donné un système dont la dynamique dépend d'un paramètre

(appelé ontrle, ou ommande), l'enjeu prin ipal de es travaux a été de prouver l'existen e

d'une loi de ommande telle que les solutions du système dynamique satisfassent ertaines

propriétés de onvergen e (vers un équilibre par exemple) ou de performan e ( omme un rejet

de perturbations). Diérentes stru tures de ontrle peuvent être envisagées : dépendant du

temps et de la ondition initiale (on parle alors de bou le ouverte), ou alors dépendant de l'état

de la solution (on parle alors de bou le fermée, ou d'un retour d'état). De même, lorsque l'état

du système dynamique est en dimension innie, diérentes propriétés de ontrle peuvent être

obtenues selon la topologie et la régularité de la ondition initiale onsidérées.

La réalisation de es travaux a demandé des développements te hniques importants. Ci-

tons quelques points- lés. Diérentes études pour les systèmes de dimension nie ont né essité

l'utilisation de ontrles dis ontinus à des ns de stabilisation asymptotique et robuste. Nous

avons également développé la synthèse de ommandes (presque) optimales et robustes pour

des systèmes non-linéaires. Parmi les résultats lés en dimension innie, nous avons donné

une des ription pré ise de la vitesse de la stabilité en fon tion de la position de l'a tionneur

de stru tures exibles. Nous avons aussi étudié le al ul de ontrle frontière dépendant uni-

quement de la sortie pour la régulation de l'é oulement de l'eau dans des anaux. Pour es

deux problèmes de dimension innie nous avons onsidéré des ommandes simples dans leur

formulation, mais dont le al ul a né essité des démonstrations sophistiquées.

Etant donné un système dynamique, suivant le nombre de modes dynamiques (en nombre

ni ou pas), nous onsidérons un modèle é rit en terme d'équations aux dérivées ordinaires

ou partielles. De même, suivant la largeur de la variation des paramètres (grande variation,

transition entre deux régimes de fon tionnement par exemple), nous devons prendre en ompte

les eets non-linéaires ou pas. Nous obtenons ainsi diérents types de modèles dynamiques.

Une onstante dans e travail a été de her her à établir la performan e optimale, et à dé-

velopper des te hniques pour al uler expli itement ou numériquement les ommandes. Par

exemple pour le ontrle de stru tures exibles par des ellules piézo-éle triques, nous avons

étudié pré isément la vitesse de la onvergen e (polynomiale ou exponentielle). Nous pensons

aussi à la performan e optimale de systèmes soumis à des non-linéarités de type se teur, et

à la synthèse de ommandes mixtes (ou hybrides, ave une dynamique dis rète et ontinue)

3
Introdu tion

optimales (en temps minimal) et robustes. Un autre exemple, pour les systèmes de dimen-

sion innie, on erne un système d'optique adaptative pour lequel nous avons al ulé une

ommande optimale (au sens de la norme H∞ ).

Nous stru turons e do ument en deux parties distin tes en distinguant la théorie de la

ommande pour les systèmes de dimension nie, de la théorie du ontrle en dimension in-

nie. Certains travaux annexes ont été omis. Nous donnons ependant une liste omplète des

publi ations à partir de la page 89.

La première partie présente l'essentiel de mes résultats et de mes appli ations en théorie

du ontrle sur les systèmes non-linéaires de dimension nie, 'est-à-dire dont les modèles sont

des équations aux dérivées ordinaires non-linéaires.

Nous allons tout d'abord étudier le problème général de la stabilisation de systèmes non-

linéaires et nous envisagerons la lasse de ommandes hybrides qui permettent de garantir une

robustesse par rapport aux petites perturbations (voir le hapitre 1). Nous introduirons en

parti ulier l'exemple de l'intégrateur de Bro kett. Ensuite, dans le hapitre 2, nous rajouterons

un ritère d'optimisation et, ave ette même lasse de feedba ks, nous résoudrons le problème

de stabilisation en temps minimal sous une ontrainte d'amplitude de la ommande, d'abord

pour l'intégrateur de Bro kett et ensuite pour tout système ontrlable non-linéaire (mais

linéaire par rapport à la ommande). Enn, dans le hapitre 3, nous analyserons la performan e

optimale d'une lasse de systèmes non-linéaires (plus pré isément soumis à des non-linéarités

de se teur) et nous privilégierons une méthode onstru tive pour le al ul de fon tions de

Lyapunov.

La se onde partie de e do ument on erne le ontrle de systèmes à paramétres répartis,

plus pré isément dé rits par des équations aux dérivées partielles.

Nous souhaitons avoir une vision globale de e type de systèmes et étudier toutes les

questions lassiques depuis la modélisation jusqu'à la simulation et l'appli ation ee tive en

passant, bien entendu, par la ommande de tels systèmes. L'originalité de notre appro he

réside dans le fait que nous souhaitons privilégier les modèles EDP qui présentent l'intérêt de

modéliser une innité de degrés de liberté. Tant que ela est possible, nous souhaitons réserver

la dis rétisation au al ul ee tif des solutions et des ommandes.

Nous allons présenter plus parti ulièrement des résultats de ontrlabilité et de stabi-

lité pour une EDP linéaire modélisant une stru ture exible mono-dimensionelle (de type

poutre), ontrlée par des a tionneurs pon tuels (voir le hapitre 4). Ensuite nous dévelop-

pons des résultats de ontrlabilité et de stabilité plus spé iques pour les stru tures exibles

bi-dimensionnelles (de type plaque) et ontrlées par des a tionneurs internes ( 'est-à-dire ré-

partis sur les domaines non-réduits à un point). L'appli ation visée sera étudiée à la n du

hapitre 5, et on erne la régulation de miroir déformable dans un système d'optique adapta-

tive. Dans le dernier hapitre de ette partie ( hapitre 6), nous étudions le ontrle frontière

des systèmes hyperboliques. Nous établirons des onditions susantes sur les onditions fron-

4
Introdu tion

tière pour avoir une stabilité exponentielle vers l'équilibre en présen e de petites perturbations.

Nous appliquerons e résultat théorique à la synthèse de ommandes aux bords régulant l'é ou-

lement de l'eau dans un anal, ave une vitesse exponentielle et ave une robustesse par rapport

à la fri tion, et à la pente notamment.

Nous on luerons e do ument par quelques perspe tives de re her he en théorie du ontrle

des systèmes de dimension nie ou innie.

Les référen es alphanumériques [R*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 27}, [C*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 51} renvoient à mes

publi ations (voir à partir de la page 89). Les autres référen es sont itées dans la bibliographie

(à partir de la page 79).

5
Introdu tion

6
Première partie
Contrle en dimension nie

7
Chapitre 1
Stabilisation de systèmes non-linéaires
Dans e hapitre nous allons étudier le problème de la stabilisation des systèmes non-

linéaires et nous rappellerons la né essité d'utiliser des ommandes dis ontinues (ou instation-

naires) pour résoudre des problèmes de stabilité et de performan e optimale. L'utilisation de

ommandes dis ontinues peut introduire une grande sensibilité par rapport aux perturbations,

et peut même réer une instabilité du système en bou le fermée en présen e de petites per-

turbations (voir le paragraphe 1.1). Nous allons ensuite introduire l'intégrateur de Bro kett

(voir le paragraphe 1.2), ainsi que la lasse de feedba ks hybrides ( 'est-à-dire ave une dyna-

mique mixte dis rète/ ontinue) que nous allons étudier à plusieurs reprises dans e do ument.

Nous verrons que, sous une hypothèse de ontrlabilité, nous pouvons stabiliser les systèmes

non-linéaires ave un ontrle hybride (voir le paragraphe 1.3). Enn nous verrons dans le

paragraphe 1.4 que la robustesse par rapport aux petites perturbations ( omme les bruits de

mesure et les erreurs de modèle) est intrinsèque à la lasse de systèmes hybrides perturbés. Les

ommandes hybrides peuvent don être utilisées pour d'autres problèmes de ontrle, omme

le ontrle optimal. Cette question de la performan e optimale fera l'objet du hapitre suivant

( hapitre 2).

1.1 Contrle dis ontinu et robustesse


Considérons un système dé rit par un modèle non-linéaire

ẋ = f (x, u) (1.1)

où f : e × U → Rn
O est une appli ation ontinue, e
O et U sont des voisinages de l'origine
n m
respe tivement dans R et R . Dans (1.1), x est appelé état du système, et u le ontrle.

Supposons que A est un équilibre de e système, 'est-à-dire que A est un ompa t in lus
dans Oe tel que f (x, 0) = 0 pour tout x ∈ A. Nous noterons O = O e \ A. Les solutions de (1.1)
1
seront à valeur dans O . Les normes eu lidiennes seront notées |.| (sans pré iser la dimension

1 On
peut ajouter A à l'espa e d'état, mais ela rend ertaines hypothèses un peu plus ompliquées à
formuler (en parti ulier la notion de rayon de perturbations admissible page 16, et l'hypothèse (A4) page 18).

9
1.1 Contrle dis ontinu et robustesse

lorsque x∈O e, nous noterons |x|A = minx̄∈A |x̄ − x|.


ela ne sera pas né essaire), et pour tout

Le problème de stabilisation par un retour d'état statique est le suivant : Trouver une

fon tion u : x 7→ u(x), appelée ontrle ou retour d'état, dénie et ontinue sur un voisinage

de 0, nulle en 0, telle que le système

ẋ = f (x, u(x)) (1.2)

soit lo alement asymptotiquement stable, 'est-à-dire qui vérie les deux propriétes suivantes :

 (stabilité) pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que, si |x0 |A < δ et x0 ∈ O alors toutes les

solutions de (1.2) maximales sur [0, T ) ave la ondition initiale

x(0) = x0 (1.3)

vérient |x(t)|A ≤ ε t ∈ [0, T ).


pour tout

 (attra tivité) il existe µ > 0 tel que si |x0 |A < µ et x0 ∈ O alors les solutions de (1.2) et

(1.3) vérient |x(t)|A → 0 lorsque t → T .

La propriété pré édente est une propriété de bou le fermée puisque l'information sur l'état

est utilisée pour al uler l'entrée du système dynamique (1.1). Nous opposons à ette pro-

priété la suivante, dite de bou le ouverte : nous disons que le système de ontrle (1.1) est

asymptotiquement ontrlable si les deux propriétés suivantes ([4, 37℄) sont satisfaites :

1. il existe µ > 0 tel que pour tout |x0 |A < µ et x0 ∈ O, il existe T >0 et une ommande

u x0 : [0, T ) → U mesurable telle que les solutions de

ẋ = f (x, ux0 (t)) ,


(1.4)
x(0) = x0 ,

maximales sur [0, T ), satisfont |x(t)|A → 0, lorsque t→T;


2. pour tout ε > 0, il existe δ tel que si |x0 |A ≤ δ et x0 ∈ O, il existe une ommande

u x0 : [0, T ) → U omme dans 1. et telle que |x(t)|A ≤ ε pour tout t ∈ [0, T ).


Remarquons que ette propriété de bou le ouverte est impliquée par l'existen e d'un bou-

lage d'état stabilisant asymptotiquement (1.1). De plus, suivant la stru ture du système

non-linéaire, il peut y avoir des onditions né essaires et/ou susantes pour établir la ontr-

labilité asymptotique (voir [121℄ pour une ara térisation de la ontrlabilité en terme des

fon tions de Lyapunov assignables (Control Lyapunov Fun tions, CLFs), ou [43℄ par exemple

pour une ondition sur l'algèbre de Lie engendrée par les hamps de ve teur). De même il

existe des onditions né essaires pour l'existen e d'un ontrle stabilisant omme la ondition

de Bro kett [23℄ (voir aussi [41℄) :

Théorème 1.1 ( ondition de Bro kett, [23℄) S'il existe un ontrle ontinu et stationnaire tel
que le système (1.2) soit lo alement asymptotiquement stable, alors la fon tion f est ouverte
en (0, 0), 'est-à-dire que l'image par f de tout voisinage de (0, 0) ∈ Rn × Rm est un voisinage
de 0 ∈ Rn .

10
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires

Un exemple important de systémes qui ne vérie pas ette ondition est l'intégrateur de

Bro kett introduit dans [23℄ :




 ẋ1 = u1
ẋ2 = u2 (1.5)

 ẋ = x u − x u
3 1 2 2 1

Cet exemple est très souvent étudié dans la litérature (par exemple [39, 43, 92, 122℄) ar il a

des appli ations importantes en robotique mobile voir [29, 101, 102, 114, 96℄ (on parle alors

d'intégrateur non-holonme). Voir d'autres types d'exemple dans [29, 92, 93, 97℄.

Il existe don de nombreux systèmes non-linéaires de dimension nie (même réguliers et

asymptotiquement ontrlables à l'origine) pour lesquels il est né essaire de onsidérer

 des ontrles instationnaires (mais périodiques en temps) ;

 ou des ommandes dis ontinues (si on se restreint à la lasse de retours d'état station-

naires)

pour stabiliser asymptotiquement lo alement l'origine du système bou lé.

Nous ne onsidérerons pas le problème de la stabilisation par des ontrles instationnaires.

Voir [40, 99, 100, 98℄ ou [43, 97℄ pour des référen es plus ré entes sur les études de ommandes

dépendant du temps, mais périodiques en temps. En revan he nous nous fo aliserons sur l'uti-

lisation de ontrles dynamiques et dis ontinus qui peuvent être utiles pour des problèmes

de stabilisation. Citons par exemple [37℄ qui propose de al uler un feedba k par un é han-

tillonnage (ave sampling solutions), ou [4, 19℄ dans lesquels l'existen e d'un retour d'état
des

onstant par mor eaux (pat hy feedba k) est établie. Notons que le système (1.1) en bou le

fermée ave une ommande dis ontinue x 7→ u(x) peut se réé rire

ẋ = F (x) (1.6)

ave F (x) = f (x, u(x)) et est une équation dymanique dis ontinue. Ce type de systèmes est

présent dans de nombreuses appli ations ( omme en mé anique [25℄). Notons que les solutions

(de Carathéodory) de (1.6) sont en général sensibles aux perturbations. Il est ru ial d'étudier

l'eet des perturbations sur la stabilité puisque 'est pour avoir de la robustesse que l'on

utilise des feedba ks de préféren e à la bou le ouverte. En se limitant à des ontrles ontinus

stabilisants, il existe une fon tion de Lyapunov pour le système bou lé (d'aprés [74℄) et don

un peu de robustesse. L'obtention de robustesse par rapport à des bruits de plus grande

amplitude est une question diérente (voir [116℄), mais peut être abordée par une appro he

Lyapunov (voir par exemple [69℄). Bien entendu introduire la possibilité de onstruire des

ommandes dis ontinues né essite d'étudier l'eet de la robustesse de façon systématique. Par

exemple pour le système de Bro kett, il existe un retour d'état (dis ontinu) tel que le système

en bou le fermée soit asymptotiquement stable (et même ave une vitesse de onvergen e

exponentielle) en l'absen e d'erreur sur la dynamique, et fasse apparaître des y les limite

(non réduits à un point) en présen e de telles perturbations (voir des simulations dans [97℄).

Nous notons que la lasse de solutions de (1.6) est protéiforme et dépend de l'ensemble des

perturbations prises en ompte dans la dynamique. Donnons quelques exemples de notions de

11
1.1 Contrle dis ontinu et robustesse

solutions possibles. Etant donné T > 0, nous rappelons que X : [0, T ) → Rn est dite solution

de Carathéodory de (1.6) si X est absolument ontinue et vérie

Ẋ(t) = F (X(t))

pour presque tout t ∈ [0, T ). On parlera alors de solutions nominales. Une autre lasse de

solutions est elle des solutions d'Hermes. Ce sont les limites de solutions du système perturbé

ẋ = F (x+ξn ) lorsque la suite de perturbations (ξn ) tend vers 0. Voir [64, 60℄ pour une dénition
pré ise dans un ontexte d'équations diérentielles ave un se ond membre dis ontinu, ou [R5℄,

et [115℄ pour des généralisations aux systèmes hybrides.

Deux autres notions de solutions sont elles de Krasovskii et de Filippov [50℄. Nous rappe-
n
lons que X : [0, T ) → R est une solution de Krasovskii, respe tivement de Filippov, de (1.6)

si X est absolument ontinue et vérie, pour presque tout t ∈ [0, T ),


\
Ẋ(t) ∈ con F (X(t) + B(0, δ)) ,
δ>0

respe tivement
\ \
Ẋ(t) ∈ con F ((X(t) + B(0, δ)) \ N)
δ>0 N,λ(N )=0

où B(0, δ) est la boule fermée de Rn entrée en 0 et de rayon δ, λ est la mesure de Lebesgue


n
sur R , et con(A) désigne l'enveloppe onvexe fermée d'un ensemble A.
D'autres notions de solutions existent. Citons les π -solutions ( elles obtenues par é han-

tillonnage de la ommande) et les solutions d'Euler. Voir [31, 123℄ pour les systèmes non-

linéaires lassiques et [R5℄ pour leur généralisation aux systèmes hybrides.

Nous omprenons que, lors de la synthèse de ontrles stabilisants, il soit né essaire de

pré iser la robustesse et la stabilité que l'on obtient en utilisant telle ou telle lasse de solutions.

Ainsi les référen es [123, 36℄ proposent l'utilisation d'un type de ommandes dis ontinues

qui permettent de stabiliser le système pour les π -solutions et don ave un ertain type

de robustesse (une erreur de mesure uniquement aux instants d'é hantillonnage). Voir aussi

[5℄ pour l'utilisation de ontrles dénis par mor eaux (pat hy feedba ks). Nous souhaitons

onsidérer une lasse de solutions plus large, en l'o uren e les solutions de Krasovskii. Or il y

a des systèmes asymptotiquement ontrlables tels qu'il n'existe pas de ontrle instationnaire

dis ontinu x 7→ u(x) tel que le système bou lé soit asymptotiquement stable pour les solutions

de Krasovskii. Il sut de penser de nouveau à l'intégrateur de Bro kett (1.5) qui est un exemple

de tel système non-linéaire.

Il apparaît don naturel d'envisager des ommmandes dynamiques u 7→ u(x, ζ) où ζ est

une variable dynamique additionnelle. La plus simple des dynamiques est une dynamique

dis rète pour ζ. On arrive don à une ommande mixte dis rète/ ontinue u 7→ u(x, ζ) où x
est l'état du système (don ave une dynamique ontinue), et ζ est une variable suivant une

dynamique dis rète. La ontrainte topologique de Bro kett dans [23℄ (généralisée dans [112℄) ne

s'applique plus. Ainsi j'ai al ulé ave Alessandro Astol, Imperial College, un ontrle hybride

12
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires

qui garantit une stabilité asymptotique pour l'intégrateur de Bro kett (à un hangement de

oordonnées près). Pour omprendre l'importan e et la portée de e résultat, pré isons la lasse

de ontrleurs hybrides que l'on onsidère dans e do ument.

Pour une présentation de e type de feedba ks hybrides, voir [135, 55℄, [R8℄, ou [C55℄

par exemple. D'autres formalismes existent (voir par exemple [22, 130, 87, 88, 141℄ pour des

travaux ave une appro he moins systématique). Citons également [147℄ pour une synthèse de

ontrles ave ommutation pour des systèmes (de dimension nie ou innie).

Un ontrleur dynamique hybride est la donnée d'un ensemble totalement ordonné Q et,

pour tout q ∈ Q, de la donnée de (uq , φq , ψq , Cq , Dq ) telle que


 Cq et Dq sont deux sous-ensembles de O × Rk , pour un ertain entier k xé ;

 u q : Cq → U ;
 φ q : C q → Rk ;
 ψq : Dq → Rk ;
Le système (1.1) en bou le fermée ave e ontrleur s'é rit

 z }|
˙ {
(x, χ) = (f (x, uq (x, χ)), φq (x, χ)) si (x, χ) ∈ Cq (1.7)
 q + = ψq (x, χ) si (x, q) ∈ Dq

Donnons quelques idées intuitives sur e ontrleur dynamique. L'état du ontrleur est
k
(χ, q) ∈ R × Q, et l'état du système est don (x, χ, q). Deux types de dynamiques ont lieu

pour l'état du ontrleur : 1) soit dis rète pour la variable q et dé rite par la fon tion ψq , si
le ouple (x, χ) est dans le sous-ensemble Dq des états, 2) soit ontinue pour la variable χ et

dé rite par la fon tion φq , si le ouple (x, χ) est dans le sous-ensemble Cq des états. L'état du

ontrleur soit suit un ot, soit ee tue des sauts suivant la valeur de l'état.

1.2 Stabilisation par une ommande hybride


Donnons un sens pré is aux notions de stabilité et de solutions du système (1.7), et pré-

sentons le résultat prin ipal de [R18℄ o-é rit ave Rafal Goebel, université de Washington

et Andrew Teel, université de Californie à Santa-Barbara. Pour ela nous xons un ouvert
e ⊂ R
O n
et un attra teur ompa t A ⊂ O e. Notons O = O e \ A. Nous allons onsidérer le
système non-linéaire (1.1) déni sur e qui est asymptotiquement ontrlable à A. L'ensemble
O
O sera l'espa e d'état de la variable ontinue du système hybride que nous analysons. Dans e

paragraphe nous n'utiliserons pas de dynamique ontinue χ du ontrleur et dans le formalisme

de (1.7), la variable ontinue est x.


La lasse des systèmes hybrides qui nous intéresse dans ette partie est elle résultant des

systèmes non-linéaires en bou le fermée ave un feedba k hybride. Nous le noterons informel-

lement par (
ẋ ∈ Fq (x) x ∈ Cq ,
(1.8)
q + ∈ Gq (x) x ∈ Dq ,

13
1.2 Stabilisation par une ommande hybride

où Q est un ensemble totalement ordonné et pour tout q ∈ Q, Fq et Gq dont des fon tions
(éventuellement à valeurs dans les sous ensembles de Cq et Dq respe tivement) tandis que Cq

et Dq sont des sous-ensembles de O . Le système hybride dé rit par (1.8) sera noté (H).

Remarquons que pour (H), la variable ontinue x évolue uniquement de façon ontinue

et n'a pas de sauts, tandis que la variable q n'évolue que par des sauts. Les ensembles Cq ,

respe tivement Dq , dé rivent les ensembles dans lesquels la variable ontinue peut évoluer,

respe tivement l'ensemble où la variable dis rète q peut avoir des sauts. Rappelons quelques

on epts de [56℄, et [R18℄ pour donner un sens pré is à la notion de solutions que nous allons

onsidérer. La première notion est elle de domaine de temps hybride qui est naturelle si on

remarque qu'il y a une dynamique mixte dis rète/ ontinue dans le système (1.8) et que la

"bonne" notion de temps est elle de temps mixte dis ret/ ontinu.

Dénition 1.2
S
 Un ensemble S ⊂ R≥0 × N est un domaine de temps hybride ompa t
J−1
si S = ([tj , tj+1 ], j) pour une ertaine suite de temps 0 = t0 ≤ t1 ≤ t2 ... ≤ tJ .
j=0
 S est un domaine de temps hybride si pour tout (T, J) ∈ S , S ∩ ([0, T ] × {0, 1, ...J})
est un domaine de temps hybride ompa t ;
de façon équivalente, S est un domaine de temps hybride si S est la réunion d'une
suite nie ou innie d'intervalles [tj , tj+1 ] × {j}, ave le dernier intervale, s'il existe,
éventuellement de la forme [tj , T ) ave T ni ou T = +∞.

Dans e qui suit, nous noterons supt (S) pour le supremum par rapport à t tel que (t, j) ∈ S
pour un ertain j, et supj (S) pour le supremum par rapport à j tel que (t, j) ∈ S pour un
ertain t. Introduisons maintenant la dénition formelle d'une solution de (1.8).

Dénition 1.3 Une (1.8) onsiste en un domaine de temps


solution du système hybride

hybride non vide S , une fon tion x : S → O telle que x(t, j) est lo alement absolument
ontinue en t pour tout j xé, et onstant en j pour tout t xé tel que (t, j) ∈ S , et une
fon tion q : S → Q tel que q(t, j) est onstant en t, pour tout j xé pour tout (t, j) ∈ S ,
satisfaisant les onditions : x(0, 0) ∈ Cq(0,0) ∪ Dq(0,0) et
(S1) Pour tout j ∈ N et pour presque tout t tel que (t, j) ∈ S ,

ẋ(t, j) ∈ Fq(t,j) (x(t, j)), x(t, j) ∈ Cq(t,j) .

(S2) Pour tout (t, j) ∈ S tel que (t, j + 1) ∈ S ,

q(t, j + 1) ∈ Gq(t,j) (x(t, j)), x(t, j) ∈ Dq(t,j) .

Etant donnée une solution de (1.8) nous ne onsidérerons que des solutions maximales

( 'est-à-dire dénies sur des domaines de temps hybrides maximaux), et nous ne mentionnerons

pas expli itement le domaine de temps hybride. Nous identierons la solution par (x, q), et
lorsque ela sera né essaire, nous noterons son domaine de temps hybride dom(x, q). Une

14
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires

solution de (1.8) est dite omplète si son domaine est non-borné. Une solution omplète (x, q)
peut satisfaire supt dom(x, q) < ∞, dans e as la variable dis rète doit avoir une innité de

sauts.

Nous onsidérerons le as où la solution (ou plus pré isément la omposante ontinue de

l'état) atteint A en temps ontinu ni ou inni (de même que nous envisagerons plus bas la as

de systèmes non-linéaires ontrlables en temps ni ou inni). Dans le as présent la notion

de stabilité asymptotique est la suivante :

Dénition 1.4
 L'ensemble A est stable pour le système hybride (H) si pour tout ε > 0 il existe δ > 0
tel que toute solution (x, q) de (H), ave |x(0, 0)|A ≤ δ , satisfait |x(t, j)|A ≤ ε pour tout
(t, j) ∈ dom(x, q).
 L'ensemble A est attra tif pour le système hybride (H) s'il existe δ > 0 tel que
 pour tout (x0 , q0 ) ∈ O × Q ave |x0 |A ≤ δ , il existe une solution de (H) ave
(x, q)(0, 0) = (x0 , q0 ) ;
 pour toute solution (x, q) de (H) ave |x(0, 0)|A ≤ δ nous avons |x(t, j)|A → 0 lorsque
t → supt (dom(x, q)).
 L'ensemble A est asymptotiquement stable, si A est à la fois stable et attra tif. Son
bassin d'attra tion, noté BA , est l'ensemble des points x0 ∈ O tels que pour tout q0 ∈ Q,

il existe une solution de (H) ave x(0, 0) = x0 , q(0, 0) = q0 , et toutes les solutions ainsi
obtenues satisfont |x(t, j)|A → 0 lorsque t → supt (dom(x, q)).
 A est (globalement) asymptotiquement stable sur O si A est asymptotiquement stable
et si BA = O.

1.3 Feedba k hybride pour les systèmes asymptotiquement


ontrlables
Pour l'ouvert Oe, et le ompa t A ⊂ O e, onsidérons un ensemble ompa t de ontrles
admissibles e × U → Rn , et le système non-
U ⊂ Rm , une fon tion lo alement Lip hitz f : O
linéaire

ẋ(t) = f (x(t), u(t)), u(t) ∈ U, pour tout t ≥ 0. (1.9)

Introduisons pré isément la notion de ontrle hybride.

Dénition 1.5 Un feedba k hybride sur O onsiste en


 un ensemble totalement ordonné Q,
 pour haque q ∈ Q,
 des ensembles Cq ⊂ O et Dq ⊂ O,
 une fon tion kq : Cq → U ,

15
1.3 Feedba k hybride pour les systèmes asymptotiquement ontrlables

→ Q.
 une fon tion gq : Dq →

Dans la dénition pré édente la notation →


→ signie que gq peut prendre ses valeurs dans

les sous-ensembles de Q (voir [110℄). La fon tion kq , en bou le fermée ave (1.9), détermine

l'entrée de la dynamique gq dé rit le saut de la variable dis rète. Nous


ontinue, tandis que

disons que le ontrleur hybride rend A asymptotiquement stable sur O e pour (1.9) si A est
asymptotiquement stable sur O pour le système hybride (Hf eed ) résultant de la dénition

Fq (x) = f (x, kq (x)) et Gq (x) = gq (x), 'est-à-dire le système hybride :


(
ẋ = f (x, kq (x)) x ∈ Cq ,
(1.10)
q + ∈ gq (x) x ∈ Dq ,
Dans tout e qui suit, les erreurs de mesure admissibles et les perturbations extérieures
admissibles sont des fon tions ξ et ζ qui vérient
ξ(·, ·, ·), ζ(·, ·, ·) ∈ L∞ n
loc (O × [0, +∞) × N; R ),
(1.11)
ξ(·, t, j), ζ(·, t, j) ∈ C 0 (O, Rn ), ∀(t, j) ∈ [0, +∞) × N.
En général les erreurs que nous onsidérons dépendent uniquement de x et t (et sont onstantes

en j ), mais nous onsidérons aussi le as où les erreurs hangent pendant le saut. Comme

remarqué dans [76, Remark 1.4℄, à ause de la présen e de ζ et de la ontinuité de f par

rapport à u, nous pouvons omettre la référen e expli ite aux erreurs d'a tionneur ( 'est-à-dire

en remplaçant kq par kq + ea dans (1.10) où ea est une petite erreur d'a tionneur). De plus

omme l'ensemble Q est dis ret, nous ne onsidérons pas le as d'erreurs sur la variable dis rète.

Considérer des erreurs de mesure et des perturbations extérieures nous oblige à onsidérer des

systèmes hybrides instationnaires qui peuvent être représentés par


(
ẋ = f (x, kq (x + ξ)) + ζ x + ξ ∈ Cq ,
(1.12)
q + ∈ gq (x + ξ) x + ξ ∈ Dq .
ξ,ζ
Nous noterons e système par (Hf eed ). Les solutions de e système sont dénies de façon

analogue aux solutions du système (1.8) (voir la dénition 1.3).

Etant donnés ξ ζ , nous pouvons dénir la notion de stabilité asymptotique de A sur


et
ξ,ζ
O pour le système (Hf eed ) de manière analogue à la dénition 1.4 (mais en onsidérant les
ξ,ζ
solutions de (Hf eed ) à la pla e des solutions de (H)). Par ailleurs nous introduisons (voir [R5℄)

le rayon de perturbations admissible omme étant une fon tion ontinue ρ : O → R>0 telle que

x + ρ(x)B ⊂ O pour tout x ∈ O (B est la boule unité fermée de Rn ).


Dénition 1.6 Un feedba k hybride sur O rend A asymptotiquement stable sur Oe pour (1.9),
robustement aux bruits de mesure, aux erreurs d'a tionneur et aux perturbations extérieures
s'il existe un rayon de perturbations admissible ρ : O → R>0 tel que pour tout bruit de mesure
admissible ξ et pour toute perturbation extérieure admissible ζ satisfaisant
sup(t,j)∈R≥0 ×N |ξ(x, t, j)| ≤ ρ(x),
(1.13)
esssup(t,j)∈R≥0 ×N |ζ(x, t, j)| ≤ ρ(x),

16
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires

A est asymptotiquement stable sur O pour le système hybride (Hfξ,ζeed ).

Nous pouvons maintenant énon er le résultat prin ipal de [R18℄ (voir aussi [R5℄) :

Théorème 1.7 Si le système (1.9) est asymptotiquement ontrlable sur Oe en A, alors il


existe un feedba k hybride sur O ave Q ⊂ Z (muni de la relation d'ordre naturelle) qui rend
A asymptotiquement stable sur O pour le système (1.9), robustement aux bruits de mesure,
aux erreurs d'a tionneur et aux perturbations extérieures.

Ce résultat généralise la onstru tion faite ave Alessandro Astol du ontrle hybride

pour les systèmes haînés ave deux ommandes (voir [R2℄, et les simulations numériques dans

[C6℄).

Pour démontrer le théorème 1.7 nous onstruisons d'abord un feedba k hybride stabilisant

le système nominal (Hf eed ). Ensuite nous établissons un résultat de robustesse de la stabilité

des systèmes hybrides. Ce dernier résultat de robustesse est intéressant en lui-même puisqu'il

utilise uniquement les propriétés de la lasse de systèmes hybrides onsidérés. C'est pourquoi

nous le présentons dans le paragraphe 1.4 suivant.

Le feedba k hybride onstruit dans [R18℄ rée une hystérésis entre diérents feedba ks

lo aux. Un lien naturel entre ette onstru tion et les fon tions de Lyapunov est donné dans

[R26℄, où à partir d'une famille de fon tions de Lyapunov assignables (Control Lyapunov
Fun tions, CLF) ave une propriété d'ordre, nous onstruisons un feedba k hybride stabilisant

asymptotiquement. Dans [R26℄, nous établissons aussi la ré iproque : à partir du feedba k

hybride stabilisant, nous prouvons l'existen e d'une famille ordonnée de CLF. Voir [R26℄ pour

plus de détails.

1.4 Robustesse intrinsèque des systèmes hybrides


Nous allons maintenant énon er un résultat de robustesse pour tout système hybride (1.8)
qui est asymptotiquement stable et dont les données vérient ertaines propriétés de régularité.

Ce résultat généralise e qui est onnu par ailleurs pour les systèmes lassiques non-linéaires

(voir [38℄ et [76℄). Ce travail est prometteur. Il permet en eet de systématiser l'utilisation

de ommandes hybrides pour la stabilisation de systèmes non-linéaires, e qui peut servir

pour obtenir des résultats de performan e (par exemple pour ontrler un système en temps

minimal, omme dans le hapitre 2). Avant tout, dénissons la notion de robustesse par rapport

aux perturbations stationnaires.

Dénition 1.8 L'ensemble A est asymptotiquement stable sur O pour le système (H), robus-
tement aux perturbations stationnaires, s'il existe un rayon de perturbations admissible ρ tel
que, pour le système (Hρ ) donné par
(
ẋ ∈ Fqρ (x), q̇ = 0 x ∈ Cqρ ,
(1.14)
q + ∈ Gρq (x), x+ = x x ∈ Dqρ ,

17
1.4 Robustesse intrinsèque des systèmes hybrides

ave les dénitions


Fqρ (x) := con Fq ((x + ρ(x)B) ∩ Cq ) + ρ(x)B,
Gρq (x) := Gq ((x + ρ(x)B) ∩ Dq ),
(1.15)
Cqρ := {x ∈ O | (x + ρ(x)B) ∩ Cq 6= ∅},

Dqρ := {x ∈ O | (x + ρ(x)B) ∩ Dq 6= ∅},

l'ensemble A est asymptotiquement stable sur O.

En e qui on erne (H), nous supposerons que les propriétés de régularité suivantes sont

satisfaites :

(A0) O ⊂ Rn est ouvert, A ⊂ O est ompa t, Q ⊂ Znq ;


et pour tout q ∈ Q,
(Aq 1) Cq et Dq sont relativement fermés dans O ;
(Aq 2) Fq : O →
→ Rn est semi- ontinu extérieurement et lo alement borné, et Fq (x) est onvexe
non-vide, pour tout x ∈ Cq ;
(Aq 3) Gq : O →
→ Q est semi- ontinu extérieurement et lo alement borné, et Gq (x) est non-vide
pour tout x ∈ Dq .
Rappelons que la fon tion (à valeur ensembliste) Fq : O →
→ Rn semi- ontinue
est dite

extérieurement (outer semi ontinuous, os ) si pour toute suite onvergente xi → x ∈ O et


yi ∈ Fq (xi ) ave yi → y , on a y ∈ Fq (x). La fon tion Fq est dite lo alement bornée si pour tout
′ n ′
ompa t K ⊂ O , il existe un ompa t K ⊂ R tel que Fq (x) ⊂ K pour tout x ∈ K . Pour

plus de détails et des formulations équivalentes voir [110, Chapitre 5℄.

Les hypothèses pré édentes sur les données du système hybride (H) sont elles suggérées

dans [55℄ et étudiées plus parti ulièrement dans [56℄. En parti ulier elles nous permettent de

prouver l'existen e de solutions (pour toute ondition initiale dans (Cq ∪ Dq ) × Q), et pour

satisfaire la onvergen e graphique des solutions (voir [56℄ pour plus de détails).

Pour le résultat de robustesse qui nous intéresse i i, nous avons besoin des hypothèses

supplémentaires suivantes :

(A4) La famille {Cq }q∈Q est une famille lo alement nie revouvrant O ;
(A5) Les fon tions Gq : O →
→ Q sont lo alement bornées en x uniformément par rapport à
q;
(A6) Pour tout q ∈ Q, Cq ∪ Dq = O.

Rappelons que la famille {Cq }q∈Q est une famille lo alement nie re ouvrant O si O =
S
q∈Q Cq et si pour tout ompa t K ⊂ O , il n'y a qu'un nombre ni d'indi es q tels que Cq a
une interse tion non vide ave K . Dire que Gq est lo alement borné uniformément par rapport
′ ′
à q signie que pour tout ompa t K ⊂ O il existe un ompa t K ⊂ Q tel que Gq (K) ⊂ K

pour tout q ∈ Q.

18
Chapitre 1 Stabilisation de systèmes non-linéaires

Remarque 1.9 Grâ e à (Aq 1), (Aq 2), (Aq 3), pour tout q, et à (A6), on déduit que pour

toute ondition initiale dans O × Q, il existe une solution (non triviale) de (H). Et don

ave [56, Proposition 2.1℄, nous pouvons dire que toute solution maximale (x, q) de (1.8)
est soit omplète, soit |x(t, j)| → ∞ ou x(t, j) → ∂O lorsque t → supt dom(x, q) (et j →
supj dom(x, q)).

Nous pouvons maintenant énon er le résultat prin ipal de e paragraphe :

Théorème 1.10 Supposons que le système hybride (H) satisfasse (A0), (A4), (A5), (A6), et
(Aq 1), (Aq 2), (Aq 3) pour tout q dans Q. Si A est asymptotiquement stable sur O pour (1.8)
alors A est robustement asymptotiquement stable.

Ce dernier résultat peut être utilisé pour diérents problèmes de ontrle, omme le al ul

de retours de sortie hybrides ( omme dans [C35℄), ou pour des obje tifs de performan e omme

la stabilisation en temps minimal. C'est justement et obje tif de performan e que nous allons

onsidérer dans le hapitre suivant.

19
1.4 Robustesse intrinsèque des systèmes hybrides

20
Chapitre 2
Contrle optimal et robuste
Présentons maintenant nos résultats en ontrle optimal de systèmes non-linéaires. La

synthèse de ommande optimale est un problème où les ommandes sont naturellement dis-

ontinues même pour des systèmes linéaires (voir par exemple [24℄ pour des problèmes en

ontrle optimal ave des ontraintes sur l'état). Le problème de la synthèse de ommande

optimale est très important pour de nombreuses appli ations ( itons [125℄), et il faut tenir

ompte des ontraintes sur le ontrle ou sur l'état omme dans [27℄. Aussi leur sensibilité par

rapport aux perturbations doit être prise en ompte lors de la synthèse, pour pouvoir mesurer

la dégradation de la performan e en présen e de bruits. Nous allons voir que le adre des

ontrles hybrides (ou mixtes, ave une dynamique dis rète et ontinue) est naturel et permet

de résoudre le problème de la synthèse d'une ommande quasi-optimale ontrainte et robuste

aux perturbations.

Soient m et n deux entiers. Considérons le système de ontrle suivant sur Rn


m
X
ẋ(t) = ui(t)fi (x(t)), (2.1)
i=1

où f1 , . . . , fm sont des fon tions analytiques sur Rn , et où le ontrle u(·) = (u1 (·), . . . , um(·))
doit satisfaire la ontrainte
m
X
ui(t)2 ≤ 1. (2.2)
i=1

Notons que (2.1) est ane par rapport à la ommande et sans dérive. Soit x̄ ∈ Rn . Pour

résoudre le problème de stabilisation de (2.1) vers x̄ ave la ontrainte (2.2), nous allons

onsidérer la lasse des ommandes hybrides dé rite dans le hapitre 1 qui, omme nous l'avons

vu, permet de onsidérer une lasse de solutions plus large que elle ave les retours d'états

lassiques dis ontinus ( omme dans [5, 36, 123℄). Nous allons her her à al uler une ommande

hybride optimale ( 'est-à-dire en temps minimal ave la ontrainte (2.2) qui soit robuste aux

perturbations). L'étude des systèmes hybrides dans un ontexte de ommandes optimales est

peu ourante ( itons [20, 53℄ dans un adre diérent).

21
L'idée de base de la synthèse de ommandes hybrides optimales est de ombiner un ontrle

optimal, qui soit régulier sur une partie de l'espa e d'état, à une autre ommande, dénie sur

le omplémentaire de l'ensemble de régularité de la ommande optimale, an d'exhiber un

ontrle quasi-optimal et robuste en dénissant une loi de ommutation entre les diérentes

omposantes de ommande. Grosso modo, ette propriété de quasi-optimalité signie que l'on

peut appro her la synthèse optimale ave une pré ision aussi grande que l'on veut ( ette

pré ision est donnée par la quantité ε dans la dénition 2.5 i-dessous). Le ontrle hybride

résoudra une propriété de temps quasi-minimal (par e que pas exa tement égal à la synthèse

optimale a priori dis ontinue, don ertainement sensible aux perturbations), mais robuste

aux (petits) bruits de mesure, aux erreurs d'a tionneur et aux perturbations extérieures.

Plus pré isément dans une première partie nous onsidérons le problème du ontrle sous la

ontrainte (2.2) du système (2.1) vers le point x̄, en temps minimal. Ce problème a une solution
sous une ondition de ontrlabilité en temps ni. Comme le système (2.1) est ane par

rapport au ontrle et sans dérive, si le rang de l'algèbre de Lie pour les ve teurs (f1 , . . . , fm )
est plein, alors on a la ontrlabilité en temps ni (voir [34, 107℄ ou [43℄ pour une référen e plus

ré ente). Bien sûr il est di ile de al uler expli itement le feedba k temps minimal. De plus

la ondition de Bro kett [23℄ implique qu'en général ette ommande optimale est dis ontinue.

La régularité de la fon tion temps minimal (et don de la ommande optimale) a été étudiée

dans [126℄. Pour les systèmes anes en la ommande omme (2.1), il est prouvé dans [1, 2℄
1
que la fon tion temps minimal est sous-analytique , pourvu qu'il n'existe pas de traje toire
singulière minimisante non triviale partant de x̄. Cette hypothèse est vraie génériquement dès

que m ≥ 3 (voir [33℄). En parti ulier ette fon tion est analytique à l'extérieur d'une sous-
n
variété stratiée S de R , de odimension supérieure ou égale à 1 (voir [127℄). Par onséquent,

à l'extérieur de ette sous-variété, il est possible de al uler un ontrleur temps minimal

analytique pour le système ave la ontrainte (2.2). En bou le fermée ave ette ommande

optimale, les traje toires ne oupent jamais S.


Dans un voisinage de S, nous pouvons prouver l'existen e d'un ensemble de ontrleurs

satisfaisant la ontrainte (2.2) qui font sortir les solutions du système (2.1) hors de S en temps

petit.

Enn, pour résoudre le problème de stabilisation robuste en temps minimal, nous réons

une hystérésis, et nous dénissons une loi de ommutation, et don une ommande hybride,

entre le retour d'état temps minimal et les autres ontrleurs dénis au voisinage de S. Le

système hybride a la propriété intuitive suivante : si l'état est pro he de la sous-variété S,


alors le feedba k éloigne l'état de S, en temps petit ; si l'état n'est pas pro he de S, alors le

feedba k fait onverger les solutions vers x̄ en temps minimal. Par onséquent la stabilisation

est quasi-optimale et robuste.

Nous voyons ainsi que nous résolvons dans [R12℄ la onje ture [17, Conj. 1, p. 101℄ dans le

1 On
dit qu'un ensemble est sous-analytique si lo alement il peut être dé rit omme une interse tion d'en-
sembles de zéros et d'ensembles de niveau de fon tions analytiques. Voir [63, 66℄ pour une dénition plus
pré ise de ette notion.

22
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste

ontexte des feedba ks ave une dynamique mixte dis rète/ ontinue (voir aussi la remarque

2.7 i-dessous). De plus nous estimons la dégradation de la performan e optimale en présen e

de perturbations. Cette onje ture a ensuite été résolue dans la lasse des feedba k onstants

par mor eaux (pat hy feedba ks) dans [6℄ ré emment.

Dans le paragraphe 2.1 nous étudions le as parti ulier de l'intégrateur de Bro kett et

nous expli itons un ontrle hybride quasi-optimal et robuste par rapport aux petits bruits de

mesures et erreurs de modélisation. Dans le paragraphe 2.2 nous généralisons ette appro he

à tout système linéaire par rapport à la ommande. Nous donnons quelques éléments de la

démonstration de e résultat général dans le paragraphe 2.3. Le al ul numérique de la fon tion

temps-minimal est étudié dans le paragraphe 2.4.

2.1 Cas parti ulier de l'intégrateur de Bro kett


L'étude de la stabilisation en temps optimal de l'intégrateur de Bro kett (1.5) par un

ontrle hybride a fait l'obje t de la publi ation [R7℄ o-é rite ave Emmanuel Trélat, université

d'Orléans.

Signalons que pour e as parti ulier il existe d'autres appro hes possibles pour la stabili-

sation sous-optimale omme [3, 105℄.

Dans e as il n'existe pas de traje toire singulière non-triviale, et la variété S est exa te-

ment l'axe (0x3 ). Il faut alors dénir un ontrle qui permet de faire sortir toutes les traje toires

hors d'un voisinage de l'axe (0, x3 ) en temps ni ( 'est le ontrle que nous dénirons ave

(2.8) i-dessous).

La fon tion temps minimal T pour joindre une ondition initiale x à 0 ave un ontrle

satisfaisant la ontrainte (2.2) peut être al ulée expli itement omme indiqué dans le résultat

suivant (voir [13℄).

Proposition 2.1 La fon tion temps minimal T (x) pour atteindre 0 à partir d'une ondition
initiale x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 pour le système (1.5) ave la ontrainte (2.2) est égale à
q
θ
T (x1 , x2 , x3 ) = p x21 + x22 + 2|x3 |, (2.3)
2
θ + sin θ − sin θ cos θ
où θ = θ(x1 , x2 , x3 ) est l'unique solution dans [0, π) de
θ − sin θ cos θ 2
2 (x1 + x22 ) = 2|x3 |. (2.4)
sin θ
De plus, la fon tion T est ontinue sur R3 , et est analytique hors de l'axe (0, x3 ).

Introduisons la fon tion g : [0, ∞) → [0, ∞), dénie par

θ − sin θ cos θ
g(θ) = , (2.5)
sin2 θ
23
2.1 Cas parti ulier de l'intégrateur de Bro kett

pour θ ∈ [0, π), et par g(0) = 0. C'est une bije tion stri tement roissante de (0, π) sur (0, ∞).

Remarque 2.2 Le long de l'axe (0, x3 ), nous avons

p
T (0, 0, x3) = 2π|x3 |.

L'ensemble des points où la fon tion T n'est pas diérentiable est l'axe (0, x3 ).
Pour tout x3 6= 0, il existe une innité de traje toires optimales qui permettent de rejoindre
l'origine à partir de (0, 0, x3 ). Ces traje toires sont données par (voir essentiellement [13℄)

r
|x3 |
x1 (t) = (sin(2πt + ϕ) − sin ϕ),
r 2π
|x3 | (2.6)
x2 (t) = (cos(2πt + ϕ) − cos ϕ),

|x3 |
x3 (t) = −x3 t − sin(2πt),

pour t ∈ [0, 1] et ϕ ∈ [0, 2π].

Les ensembles de niveau de la fon tion T, 'est-à-dire l'ensemble {(x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 | T (x1 , x2 , x3 ) =


r}, pour un r > 0, ont l'allure de l'ensemble dé rit sur la gau he de la gure 2.1. C'est un

ensemble de révolution autour de l'axe (0, x3 ).

0.5

–2 –1 0 1 2

–0.5

–1

Fig. 2.1  Un ensemble de niveau {(x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 | T (x1 , x2 , x3 ) = r} à gau he, et à droite

une interse tion d'un ensemble de niveau ave un plan verti al.

Les interse tions de es ensembles de niveau ave les plans ontenant l'axe (0, x3 ) sont

dessinées sur la droite de la gure 2.1.

En utilisant le prin ipe du maximum et la théorie d'Hamilton-Ja obi (voir par exemple

[104℄) on peut vérier que le ontrle optimal pour ramener un point x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 à

24
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste

l'origine en temps minimal est donné par la formule suivante (en notant f1 (x) = (1, 0, −x2 )′
et f2 (x) = (0, 1, x1 ))
∂T ∂T
u1 (x) = −h∇T (x), f1 (x)i = − + x2 ,
∂x1 ∂x3
(2.7)
∂T ∂T
u2 (x) = −h∇T (x), f2 (x)i = − − x1 ,
∂x2 ∂x3
pour tout x tel que T est C1 (et don à l'extérieur de l'axe (0, x3 )). Plus pré isément nous

pouvons al uler le ontrle optimal dans le as parti ulier de l'intégrateur de Bro kett. En

eet nous avons, pour tout x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 tel que x21 + x22 6= 0,
∂T xi ∂T sign(x3 )
= cos θ p , i = 1, 2, = − sin θ p ,
∂xi x21 + x22 ∂x3 x21 + x22
où θ = θ(x1 , x2 , x3 ) est la solution unique dans [0, π) de (2.4).

Par onséquent le ontrle optimal uopt pour rejoindre tout point x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 tel
2
que x1 + x22 6= 0 à l'origine en temps minimal est donné par
     
x1 −1 2|x3 | sign(x3 ) x2 −1 2|x3 |
uopt1 (x) = − p cos g + p sin g ,
x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22
     
x2 −1 2|x3 | sign(x3 ) x1 −1 2|x3 |
uopt2 (x) = − p cos g − p sin g ,
x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22 x21 + x22

où la fon tion g est dénie par (2.5).

A l'extérieur de l'axe (0, x3 ), le ontrle optimal est régulier et don , à l'extérieur d'un

voisinage de l'axe (0, x3 ), nous avons une robustesse naturelle de la stabilité. Pour pré iser e

voisinage, nous introduisons, pour tout M >0 et r > 0, l'ensemble

ΩM,r = {(x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 | x21 + x22 ≤ min(r, M|x3 |)},

et nous notons le fermé de son omplémentaire dans R3 par ΓM,r :

ΓM,r = clos(R3 \ ΩM,r ) .

Au voisinage de l'origine, ΩM,r est un ne, et plus loin, 'est un ylindre autour de l'axe

(0, x3 ) (voir la gure 2.2).

Une propriété intéressante de ΓM,r est la suivante (voir le lemme 2 de [R7℄ pour plus de
pré isions) : pour tous M0 > 0 et r0 > 0 susamment petits, l'ensemble ΓM,r est positivement

invariant pour le ontrle optimal uopt , et en utilisant la régularité de uopt sur et ensemble,

nous avons une robustesse naturelle par rapport aux petites erreurs de mesure, et aux petites

erreurs de modélisation. C'est une ontinuité des solutions par rapport aux perturbations.

Plus pré isément le temps où les solutions perturbées arrivent à l'origine dépend de la taille

des perturbations, mais si les perturbations sont petites alors le temps pour arriver à 0 est

quasi-optimal (voir le lemme 3 de [R7℄ pour plus de pré isions).

25
2.1 Cas parti ulier de l'intégrateur de Bro kett

x3

ΩM,r

x1

x2

Fig. 2.2  Allure de ΩM,r .

Maintenant nous introduisons un autre ontrle qui sera régulier sur ΩM,r . Ce ontrle sera
noté ug ( omme ommande globale) et sera tel que toute solution sortira de ΩM,r en temps

ni et petit si ΩM,r a une taille susamment petite (voir le lemme 4 de [R7℄). Ce ontrle est
2
déni par, pour tout x∈R ,

ug (x) = (ug1 (x), ug2 (x)) = (1, 0) . (2.8)

Une stratégie de ommutation est proposée pour dénir un ontrle quasi-optimal et in-

sensible aux petites perturbations. Pour la dénir, numérotons les ontrles ainsi : ua = ug , et

ub = uopt ave l'ordre lexi ographique a < b. Introduisons les ensembles suivants :

Ca = ΩM,r , Cb = ΓM ′ ,r′ ,
Da = ΓM ′ ,r′ , Db = ΩM,r ,

où M > M′ et r > r′ sont des réels susamment petits. Nous pouvons omprendre l'idée

intuitive de l'introdu tion de es ensembles de la façon suivante : le lieu où le ontrle optimal

est intéressant est Cb ΓM ′ ,r′ , tandis que le ontrle ua est pertinent sur ΩM,r ( 'est
'est-à-dire

le plus gros voisinage de l'axe (0, x3 ) entre ΩM,r et ΩM,r ). Les ensembles Da et Db sont les

ensembles où la variable dis rète q ∈ {a, b} doit ee tuer un saut de a à b (respe tivement de

b à a). Maintenant dé rivons le ontrle hybride proprement dit (en suivant les notations de
la dénition 1.5) :

Q = {a, b} ; {Ca , Cb } ; {Da , Db } ; {ua , ub } ;


(2.9)
ga (x) = b , gb (x) = a .

Nous pouvons démontrer que les solutions de l'intégrateur de Bro kett (1.5) en bou le

fermée ave e ontrle hybride onvergent vers l'origine en temps "presque" optimal. De plus

26
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste

grâ e aux propriétés de e feedba k hybride, nous avons une robustesse par rapport aux petites

perturbations. Plus que de dé rire exa tement ette notion de onvergen e quasi-optimale et

robuste dans le adre de l'intégrateur de Bro kett uniquement, nous préférons le faire pour

des systèmes non-linéaires plus généraux.

2.2 Généralisation aux systèmes linéaires en la ommande


Revenons au adre du système (2.1) ave la ontrainte (2.2). L'appro he proposée dans le

paragraphe pré édent peut être généralisée aux systèmes linéaires en la ommande. Bien sûr

ertains al uls expli ites ne sont plus valables, et nous n'avons alors qu'un résultat d'existen e.

Nous supposons que la ondition de rang de l'algèbre de Lie est satisfaite, 'est-à-dire que

l'algèbre de Lie engendrée par les hamps de ve teurs f1 , . . . , fm est égale à Rn , pour tout x
n
de R . On sait (voir [34, 107℄ ou [43℄ pour une référen e plus ré ente) que le système (2.1) est

alors ontrlable en tout point et en temps ni ave la ontrainte (2.2).


n
Fixons x̄ ∈ R , et notons Tx̄ (x) le temps minimal pour relier un point x de Rn à x̄ le long

du système (2.1) ave la ontrainte (2.2).

Faisons quelques rappels de théorie de ontrle optimal. Voir [15, 71, 137℄ par exemple

pour des introdu tions à es notions. Pour tout T > 0, soit UT l'ensemble ouvert des u(·) dans
∞ m
L ([0, T ], R ) tel que la solution de (2.1), partant de x̄ ave le ontrle u(·) ∈ UT , est bien

dénie sur [0, T ]. La fon tion, dite appli ation entrée/sortie

Ex̄,T : UT −→ Rn
u(·) 7−→ x(T ),

qui à un ontrle u(·) asso ie le point nal x(T ) de la solution x(·) de (2.1) partant de x̄, est

appelée appli ation entrée/sortie pour le point x̄, en temps T . C'est une fon tion lisse.

Dénition 2.3 Une solution x(·) de (2.1), ave la ondition initiale x(0) = x̄, est dite sin-
gulière sur [0, T ] si le ontrle asso ié u(·) est un point singulier de l'appli ation entrée/sortie
Ex̄,T ( 'est-à-dire si la dérivée de Fré het de Ex̄,T en u(·) n'est pas surje tive). Le ontrle u(·)
est alors dit singulier.

Nous allons maintenant onsidérer le problème de la stabilisation du système (2.1) par un

ontrle hybride en temps minimal ave une robustesse par rapport aux bruits de mesure et aux
ξ,ζ
perturbations extérieures. Rappelons que nous noterons (Hf eed ), le système hybride obtenu en

rebou lant le système (2.1) ave un ontrle hybride Q, {Cq , Dq , kq , gq }q∈Q omme introduit
dans la dénition 1.5, en présen e de bruits de mesure ξ et de perturbations extérieures ζ .

Nous noterons également O = Rn \ {x̄}.


Rappelons une fon tion δ : [0, ∞) → [0, ∞) est dite de lasse K∞ si elle est ontinue,

stri tement roissante, et satisfaisant δ(0) = 0 et limR→+∞ δ(R) = +∞. Par extension à la

notation | · |A , nous utiliserons la notation |x|x̄ = |x̄ − x|.

27
2.2 Généralisation aux systèmes linéaires en la ommande

Dénissons maintenant la notion de onvergen e en temps ni vers x̄ (en adaptant la

dénition 1.4).

Dénition 2.4 Nous disons que nous avons une pour le


onvergen e uniforme en temps ni
2
système (Hfξ,ζeed )
vers x̄ s'il existe un rayon de perturbations admissible ρ : O → R>0 et une
fon tion δ : [0, +∞) → [0, +∞) de lasse K∞ tels que pour tout R > 0, il existe τ = τ (R) > 0,
pour tout bruit de mesure ξ et pour toute perturbation extérieure ζ satisfaisant la régularité
(1.11) et les inégalités (1.13), pour tout x0 ∈ O, |x0 |x̄ ≤ R, et pour tout q0 ∈ Q, les solutions
(x, q) de (Hfξ,ζeed ) partant de (x0 , q0 ) sont maximalement dénies sur [0, T ) ave T ≤ τ , et
satisfont
|x(t, j)|x̄ ≤ δ(R), ∀t ≥ 0, (t, j) ∈ S,

et
x(t, j) → x̄, lorsque t → T, (t, j) ∈ S.

Nous allons maintenant introduire la dénition prin ipale de e hapitre. Il s'agit de la

onvergen e en temps quasi-optimal et de la robustesse.

Dénition 2.5 Le point x̄ est un équilibre robuste semi-globalement stable en temps quasi-
minimal pour le système (Hfξ,ζeed ) si, pour tout ε > 0 et pour tout ompa t K ⊂ Rn , il existe
un ontrle hybride Q, {Cq , Dq , kq , gq }q∈Q satisfaisant la ontrainte

|kq (x)| ≤ 1, ∀q ∈ Q, ∀x ∈ Cq ,

tel que
 on a une onvergen e uniforme en temps ni ;
 il existe un rayon de perturbations admissible ρε,K : Rn → R tel que, pour tout (x0 , q0 ) ∈
K × Q, pour tout bruit de mesure ξ et pour toute perturbation extérieure ζ satisfaisant
la régularité (1.11) et les inégalités (1.13) ave ρ = ρε,K , la solution (maximale) partant
de (x0 , q0 ) atteint x̄ en temps inférieur à Tx̄ (x0 ) + ε, où Tx̄ (x0 ) désigne le temps minimal
pour rejoindre x̄ depuis x0 pour le système (2.1) ave la ontrainte |u| ≤ 1.

Le résultat prin ipal de [R12℄ est le suivant :

Théorème 2.6 Soit x̄ ∈ Rn. Supposons qu'il n'existe pas de solution singulière minimisante
non-triviale du système (2.1), ave la ontrainte (2.2) partant de x̄. Alors il existe une om-
mande hybride telle que x̄ soit un équilibre robuste semi-globalement stable en temps quasi-
minimal pour le système (Hfξ,ζeed ).
2 Nous avons déni ette notion à la page 16. Dans le ontexte de e hapitre, il s'agit d'une fon tion ontinue
ρ : O → R>0 telle que ρ(x) 6= 0, pour tout x 6= x̄.

28
Chapitre 2 Contrle optimal et robuste

Remarque 2.7  Le théorème 2.6 résout la onje ture [17, Conj. 1, p. 101℄ dans la lasse

des ontrles ave une dynamique mixte dis rète/ ontinue, ave en plus une estimation

de la dégradation de la performan e optimale en présen e de perturbations. Rappelons

que ette onje ture propose, pour tout ε > 0, et pour tout ompa t K, l'existen e d'un

retour d'état (de type pat hy, 'est-à-dire essentiellement onstant par mor eaux) tel que

toute ondition initiale dans K onverge vers 0 en temps minimal, à ε près.

 Notons également que le problème de stabilisation robuste et globale en temps quasi-


n
minimal ( 'est-à-dire en prenant K=R dans la dénition 2.5) n'a pas de solution ar

les bruits de mesure peuvent s'a umuler et peuvent ralentir les solutions appro hant x̄
(voir aussi la dis ussion à e propos après [17, Conj. 1, p. 101℄).

2.3 Eléments de démonstration du théorème 2.6


Pour démontrer le théorème 2.6, remarquons d'abord qu'ave l'hypothèse d'absen e de

solutions singulières minimisantes non-triviales, la fon tion temps minimal Tx̄ pour le système

(2.1), sous la ontrainte (2.2), est sous-analytique, et don analytique à l'extérieur d'une variété

stratiée S de Rn , de o-dimension plus grande que 1. Par onséquent, le ontrle optimal est
n
ontinu (et même analytique) sur R \S (voir la gure 2.3).

Nous introduisons alors un voisinage Ω de S, et une famille de ontrleurs denis sur une

partition de Ω telle que les systèmes en bou le fermée par es ontrleurs sortent de Ω en

temps petit (si la taille de Ω est petite). Le omportement pré is de es solutions est donné

par le lemme 2.13 de [R12℄.

Maintenant nous pouvons vérier (voir le lemme 2.14 de [R12℄) que les solutions du système

en bou le fermée ave le ontrle optimal partant de Rn \ Ω arrive en temps optimal vers

l'équilibre.

Enn nous dénissons un ontrleur hybride qui réalise le lien entre le ontrle optimal et

les autres retours d'états. Pour ela nous dénissons un autre voisinage Ω de S in lus dans

Ω qui nous sert à dénir une hystérésis entre le ontrle optimal et les autres ommandes.

Notre stratégie est la suivante. Pour tout ε > 0, il existe un voisinage Ω de l'ensemble des

singularités, et il existe une famille de ontrleurs qui font sortir les solutions hors du voisinage

en temps plus petit que ε. A l'extérieur de Ω′ , le ontrle optimal est ontinu et donne des

solutions qui ne roisent jamais S et qui rejoignent x̄ en temps minimal. Ave e feedba k
n
hybride, le temps né essaire pour atteindre x̄, à partir de tout point x0 de R , est plus petit

que Tx̄ (x0 ) + ε.

Remarque 2.8 S'il existe des solutions singulières minimisantes non-triviales alors la fon tion

T peut ne pas être sous-analytique (voir [16℄) et nous ne pouvons a priori pas démontrer

que l'ensemble S de singularités est stratié, qui est un point- lé de la onstru tion de notre

ontrle hybride. En revan he nous avons démontré dans [R11℄ que pour le as de Martinet, qui

est un système en dimension 3 où des solutions singulières minimisantes non-triviales existent,

29
2.4 Cal ul numérique de la ommande optimale

Ω′

ontrles autour de S

ommutation

ommande optimale

Fig. 2.3  Commutation entre les ontrles, dénis autour de S, et le ontrle optimal.

nous pouvons utiliser la même démar he pour al uler un ontrle hybride stabilisant. En

parti ulier nous pouvons démontrer que, dans e as, l'ensemble S des singularités est stratié.

2.4 Cal ul numérique de la ommande optimale


Le problème du al ul numérique de la ommande optimale est un problème di ile.

Citons [24℄ pour des systèmes linéaires ave des ontraintes sur l'état. Voir également [124℄

pour des méthodes de tir ou [119℄. Pour une omparaison entre les diérentes méthodes nous

pouvons onsulter [137℄. Nous n'avons pas abordé e problème dans sa généralité, et le résultat

prin ipal du hapitre pré édent est un résultat d'existen e, et ne dé rit pas omment al uler

ee tivement le ontrle hybride onsidéré, sauf si nous pouvons dé rire pré isément l'ensemble

S des singularités. Signalons tout de même les deux points suivants.

Pour l'exemple de l'intégrateur de Bro kett, nous avons réussi à appliquer la théorie

d'Hamilton-Ja obi pour expli iter la ommande hybride, robuste et quasi-optimale. Nous pou-

vons faire des al uls analogues pour d'autres problèmes de ontrle optimal et pour d'autres

systèmes (voir [125, 137℄ par exemple).

Mentionnons également [R19℄, o-é rit ave Jean-Bernard Lasserre, Didier Henrion, LAAS-

CNRS et Emmanuel Trélat, université d'Orléans, où nous al ulons numériquement le temps

minimal pour atteindre l'équilibre. Plus pré isément nous é rivons une suite d'inégalités li-

néaires matri ielles (Linear Matrix Inequalities, LMI) dont la solution donne asymptotique-

ment le temps optimal. Comme nous l'avons vu la régularité de ette fon tion est très im-

portante pour le problème de synthèse optimale et son al ul peut permettre de al uler un

ontrle optimal et un ontrle hybride stabilisant robustement quasi-optimal.

30
Chapitre 3
Performan e optimale de systèmes soumis
à des non-linéarités de se teur
Nous allons maintenant envisager une lasse de systèmes non-linéaires parti ulière, plus

pré isément les systèmes linéaires soumis à l'a tion de non-linéarités de type se teur, omme les

saturations et les ba klash. Rappelons que les saturations sont présentes lorsque un a tionneur

(ou un apteur) est limité en amplitude ou en vitesse. Les non-linéarités de type ba klash

sont aussi présentes dans des systèmes physiques, plus parti ulièrement lorsqu'il y a des jeux

mé aniques.

Dans e hapitre, nous étudions l'estimation optimale du bassin d'attra tion de systèmes

soumis à de telles non-linéarités de se teur. Plus généralement, ave une appro he similaire,

nous pouvons étudier la performan e optimale en terme de rejet de perturbations. L'a ent

sera mis sur les méthodes onstru tives et nous dé rirons des onditions numériques pour

résoudre les problèmes étudiés. Plus pré isément les onditions seront é rites en terme d'in-

égalités linéaires matri ielles (Linear Matrix Inequalities, LMI) qui peuvent être ouplées à

des méthodes d'optimisation an de al uler la solution optimale aux problèmes envisagés.

Dans le paragraphe 3.1 nous étudierons plus parti ulièrement les systèmes non-linéaires

omportant des saturations emboîtées. Dans le paragraphe 3.2 nous analyserons la omplexité

numérique de la solution proposée et nous la omparerons ave un autre résultat de la littéra-

ture. Enn dans le paragraphe 3.3, nous donnerons des référen es étudiant d'autres types de

non-linéarités.

3.1 Cas des saturations emboîtées


Dans e paragraphe nous allons nous fo aliser sur une ertaine lasse de systèmes non-

linéaires, plus pré isément les systèmes non-linéaires ave des saturations emboîtées du type :

ẋ = Ap x + Bp satp (Ap−1 x + Bp−1 satp−1 (Ap−2 x + · · · (A1 x + B1 sat1 (A0 x)) · · · ) (3.1)

31
3.1 Cas des saturations emboîtées

où x ∈ Rn est l'état du système. Les matri es A0 , Aj , et Bj , pour j ∈ {1, . . . , p}, sont de


dimension appropriée (dépendant éventuellement de l'indi e j ). De plus satj est une fon tion
mj mj
saturation omposante par omposante R →R dénie par

(satj (v))(i) = satj (v(i) ) = sign(v(i) ) min(uj(i) , |v(i) |) , ∀i = 1, ..., mj

où uj(i) désigne la borne de la j -ième saturation.

L'intérêt de e type de systèmes est multiple. Le premier est que e type de systèmes est

naturel lorsque l'on veut stabiliser des systèmes en as ade (voir [117℄ ou [131℄).

Une deuxième motivation pour étudier e type de systèmes est qu'il permet de modéliser

des systèmes linéaires ontrlés par des ommandes saturées en amplitude, en vitesse, ou

en a élération (ou en dérivée supérieure) [57℄. Ainsi une question naturelle est l'étude de

l'eet des non-linéarités sur la performan e du système en bou le fermée. Dans e ontexte,

il est important de pouvoir quantier la dégradation de la performan e en présen e de es

non-linéarités. Négliger es saturations peut entraîner une dégradation très importante de la

performan e, voire même une instabilité (voir [28℄).

Nous allons donner des onditions de type LMI pour dé rire la performan e optimale de

tels systèmes. Plus pré isément nous allons estimer le bassin d'attra tion pour la stabilité

lo ale et donner des onditions susantes pour que le système soit globalement asymptoti-

quement stable. Notons qu'ave la même méthode nous pouvons étudier le rejet optimal de

perturbations additives.

Dé rivons tout d'abord le problème étudié dans [R18℄. Pour ela dénissons les non-

linéarités suivantes :

φ1 (x) = sat1 (A0 x) − A0 x ,


φ2 (x) = sat2 ((A1 + B1 A0 )x + B1 φ1 (x)) − [(A1 + B1 A0 )x + B1 φ1 (x)] ,
φ3 (x) = sat3 ((A2 + B2 (A1 + B1 A0 )) x + B2 φ2 (x) + B2 B1 φ1 (x))
− [(A2 + B2 (A1 + B1 A0 )) x + B2 φ2 (x) + B2 B1 φ1 (x)] ,
..
. (3.2)

φp (x) = satp ((Ap−1 + Bp−1 (Ap−2 + Bp−2 (Ap−3 + · · · + B2 (A1 + B1 A0 )))) x


+Bp−1φp−1 (x) + Bp−1Bp−2 φp−2 (x) + · · · + Bp−1 Bp−2 · · · B1 φ1 (x))
− [(Ap−1 + Bp−1 (Ap−2 + Bp−2 (Ap−3 + · · · + B2 (A1 + B1 A0 )))) x
+Bp−1φp−1 (x) + Bp−1Bp−2 φp−2 (x) + · · · + Bp−1 Bp−2 · · · B1 φ1 (x)] .
Dénissons aussi les matri es :

A1 = A1 + B1 A0 ,
A2 = A2 + B2 (A1 + B1 A0 ) ,
. (3.3)
..

Ap = Ap + Bp (Ap−1 + Bp−1 (Ap−2 + · · · + B2 (A1 + B1 A0 ))) .


Le système (3.1) peut ainsi être réé rit sous la forme

ẋ = Ap x + Bp φp (x) + Bp Bp−1 φp−1(x) + · · · + Bp Bp−1 · · · B1 φ1 (x) . (3.4)

32
Chapitre 3 Performan e optimale de systèmes soumis à des non-linéarités de se teur

Nous allons onsidérer les deux problèmes suivants :

Problème 3.1 Supposons la matri e Ap Hurwitz. Trouver une estimation optimale de la

région de stabilité pour le système (3.4).

Problème 3.2 Cal uler les gains Aj , j = 0, ..., p − 1 tels que Ap soit Hurwitz et tel que la

région de stabilité pour le système (3.4) soit maximale.

Ces deux problèmes sont omplémentaires. Le premier problème est un problème d'analyse,

tandis que le se ond est un résultat de synthèse. Nous avons formulé es problèmes optimaux

en terme de taille de la région de stabilité. Ces problèmes sont résolus dans [R10℄ é rit en

ollaboration ave Sophie Tarbourie h, LAAS-CNRS et Joaõ Gomes da Silva Jr, Université

de Porto-Alegre. Bien sûr, on peut aussi envisager le problème optimal omme un problème

de performan e optimale (dans un ontexte plus pro he du hapitre 2 où nous her hions à

stabiliser le système en temps minimal). Par exemple nous avons étudions dans [C20℄ le rejet

optimal des perturbations, plus pré isément le al ul du gain L2 entre une entrée et l'état du

système (3.1).

Dé rivons maintenant le résultat prin ipal de [R10℄. Pour ela nous devons rappeler un

lemme te hnique qui généralise les onditions de se teur (voir [72℄ par exemple) et le as d'une

seule saturation étudié dans [58℄.

ϕ(v) = satv0 (v) − v , ave ϕ(v) ∈ Rm et v0(i) , i = 1, ..., m désigne la


Soit la non-linéarité
m m
borne supérieure de la saturation satv0 (v), et dénissons le sous-ensemble de R ×R suivant :

S(v0 ) = {(v, w), v ∈ Rm ; w ∈ Rm ; −v0  v − w  v0 } . (3.5)

Lemme 3.3 Si (v, w) ∈ S(v0 ) alors la non-linéarité ϕ(v) satisfait l'inégalité

ϕ(v)′ T (ϕ(v) + w) ≤ 0 (3.6)

pour toute matri e diagonale dénie positive T ∈ Rm×m .

Nous avons utilisé e lemme 3.3 pour résoudre le problème d'estimation optimale omme

déni par le problème 3.1. Le bassin d'attra tion de (3.1) sera estimé par l'ellipsoïde {x ∈
n ′ −1
R ;x W x ≤ 1}, où W est une matri e symmétrique dénie positive à al uler. Pour maxi-

miser la taille du bassin d'attra tion, nous avons hoisi le ritère suivant : al uler un réel

positif µ solution du problème optimal

!
µ vr′
min µ sous les ontraintes ≥ 0, r = 1, . . . , nr , (3.7)
vr W

33
3.1 Cas des saturations emboîtées

où vr sont des ve teurs xés de Rn . Bien sûr d'autres ritères sont possibles (par exemple la
1
maximisation du demi petit-axe de l'ellipsoïde dé rit par W ).
Ave e ritère d'optimisation, une appli ation ré ursive du lemme 3.3 aux non-linéarités

(3.2) permet de résoudre le problème d'estimation optimale omme déni par le problème 3.1.

Théorème 3.4 S'il existe une matri e symétrique dénie positive W , des matri es Zjj , j =
1, ..., p, Yjl , j = 2, ..., p, l = 1, ..., p − 1, j 6= l, j > l, des matri es diagonales dénies positives
Sj , j = 1, ..., p, de dimension appropriée et un réel µ positif solutions du problème optimal
suivant 2 :
min µ
sous les ontraintes
 
W A′p + Ap W Bp Bp−1 ...B1 S1 − Z11
′ ′
Bp Bp−1 ...B2 S2 − Z22 ′
... Bp Sp − Zpp
 
 ⋆ −2S1 −Y21′ ... −Yp1′ 
 

 ⋆ ⋆ −2S2 ... −Yp2′ <0,

 .. .. .. .. .. 
 . . . . . 
⋆ ⋆ ⋆ ⋆ −2Sp
(3.9)
!
W W A′0(i) − Z11(i)

≥ 0, i = 1, ..., m1 , (3.10)
⋆ u21(i)
..
.
 ′ ′ ′ ′ ′

W Z11 Z22 ... Zj−1 j−1 W Aj−1(i) − Zjj(i)
 ⋆ 2S1 Y21′ ... Yj−1′
S1 B1′ ...Bj−2
′ ′
Bj−1(i) ′
− Yj1(i) 
 1 
 ′ 
 ⋆ ⋆ 2S2 ... Yj−12 S2 B2′ ...Bj−2
′ ′
Bj−1(i) ′
− Yj2(i) 
 .. .. .. .. .. ..  ≥ 0, i = 1, ..., mj , j = 2, ..., p ,
 
 . . . . . . 
 ′ ′

 ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ 2Sj−1 Sj−1Bj−1(i) − Yjj−1(i) 
⋆ ⋆ ⋆ ⋆ ⋆ u2j(i)
(3.11)
!
µ vr′
≥ 0, r = 1, . . . , nr , (3.12)
vr W
alors l'ensemble {x ∈ Rn ; x′ W −1 x ≤ 1} est une estimation optimale de la région de stabilité
pour le système (3.1).
1 Notons
qu'en posant β = √1µ , une solution µ du problème (3.7) donne une solution du problème d'opti-
misation suivant : al uler un réel positif β solution de
max β sous la ontrainte β Ξ0 ⊂ E(W −1 , 1) , (3.8)
où Ξ0 = con{vr , r = 1, . . . , nr } est un polyèdre de référen e. (Rappelons la notation de la page 12 : con(A)
désigne l'enveloppe onvexe fermée d'un ensemble A.)
C'est une interprétation physique du ritère d'optimisation (3.7).
2 Le symbole ⋆ désigne les termes symétriques.

34
Chapitre 3 Performan e optimale de systèmes soumis à des non-linéarités de se teur

Le théorème 3.4 est un résultat d'estimation optimale du bassin d'attra tion pour le sys-

tème (3.1). Si la matri e Ap est Hurwitz, on peut aussi établir une ondition susante pour

la stabilité globale. Pour ela il sut de spé ier les gains Zjj pour j = 1, . . . , p dans (3.9),

(3.10),. . . , (3.12) pour que les se teurs (3.5) soient globaux. Voir [C13℄ pour plus de détails.

Nous pouvons également résoudre le problème de synthèse de gains optimaux tel que dé rit

dans le problème 3.2 en utilisant des te hniques analogues. Voir [R10℄ pour plus de détails.

3.2 Analyse de la omplexité numérique des onditions


Il est important de souligner que les onditions du théorème 3.4 sont é rites sous forme LMI

par rapport aux variables de dé ision. Cela résulte de la forme de notre système non-linéaire

(3.4) et de l'utilisation du lemme 3.3. L'utilisation de modèles polytopiques omme dans [12℄

donne aussi des onditions LMI. Comparons le nombre de variables de dé ision et le nombre

de lignes, dans le théorème 3.4 et dans les onditions de [12, Th. 2.1℄.

La omplexité des s hémas numériques augmente lorsque le nombre de variables de dé ision

et le nombre de lignes augmentent. Voir par exemple la omplexité numérique des méthodes

par points intérieurs [52℄. Aussi la omplexité est diérente pour une méthode utilisant le

problème primal (voir par exemple le théorème 5.1 dans [48℄) ou utilisant le problème dual

( omme le théorème 5.2 de [48℄). A titre d'exemple nous pouvons omparer la omplexité

proposée par le théorème 3.4 ave elle proposée par [12, Th. 2.1℄ en utilisant l'algorithme

proposé par [52℄ de Matlab. La omplexité est propotionnelle à D3L (où D est le nombre de

variables de dé ision et L est le nombre de lignes). C'est e que nous avons dans [R10℄ où

nous avons ompté le nombre de lignes et le nombre de variables de dé ision en utilisant les

deux appro hes et où nous vérions que, pour les problèmes de relative grande dimension,

il est préférable d'utiliser le théorème 3.4 plutt que [12, Th. 2.1℄. Voir la gure 3.1 pour la

variation de la quantité D3L en fon tion de n pour deux valeurs de m.

3.3 Autres types de non-linéarités


D'autres types de systèmes non-linéaires peuvent être étudiés en utilisant des généralisa-

tions de onditions de se teur. Nous pensons aux systèmes soumis à un ba klash qui est une

non-linéarité ave mémoire dans la mesure où nous devons onnaître le passé du signal d'entrée

pour al uler la sortie. C'est une non-linéarité qui est présente dans de nombreux systèmes

mé aniques voir [26, 94, 128, 89℄.

Rappelons brièvement la dénition d'un ba klash. Nous notons l'ensemble des fon tions

ontinues et ontinûment dérivables par mor eaux w : [0, +∞) → Rm par Cpw 1
([0, +∞); Rm).
1 m
L'opérateur Φ est un ba klash s'il est déni par : pour tout w ∈ Cpw ([0, +∞); R ), pour tout

35
3.3 Autres types de non-linéarités

10 18
10 10

16
10

9
10
14
10

12
8 10
10
D3.L

D3.L
10
10

7
10 8
10

6
10
6
10

4
10

5 2
10 10
2 4 6 8 10 12 14 16 2 4 6 8 10 12 14 16
n n

Fig. 3.1  D3L pour p=2 en fon tion de n ave le théorème 3.4 (trait plein) et ave [12, Th.

2.1℄ (ligne en pointillée) : pour m=3 (à gau he) et pour m=n−1 (à droite)

j ∈ N, pour tout t ∈ (tj−1 , tj ) et pour tout i ∈ {1, . . . , m} :


z}|{ 
 ℓ(i) ẇ(i) (t) , si ẇ(i) (t) ≥ 0 et (Φ[w](t))(i) = ℓ(i) (w(i) (t) − cr(i) ),
˙
(Φ[w](t))(i) = ℓ(i) ẇ(i) (t) , si ẇ(i) (t) ≤ 0 et (Φ[w](t))(i) = ℓ(i) (w(i) (t) − cl(i) ), (3.13)

 0 sinon,

où 0 = t0 < t1 < . . . est la partition de [0, +∞) telle que w est ontinûment dérivable sur
haque intervalle (tj−1 , tj ), j ∈ N. Dans (3.13) les ve teurs ℓ(i) , i = 1, . . . , m, sont xés dans

Rm m
+ , et les ve teurs cr et cl sont dans R tels que cl  0  cr .
Nous étudions dans [C30℄ l'analyse de la stabilité (ainsi que de la performan e) d'un sys-

tème ave ba klash. Nous avons également étudié les systèmes soumis à des ba klash et des

saturations emboîtées (voir [C34℄ et [C39℄). Des travaux sont en ours ave Sophie Tarbou-

rie h et Isabelle Queinne , LAAS-CNRS, et seront développés dans le futur (voir la partie

perspe tives).

36
Deuxième partie
Contrle en dimension innie

37
Chapitre 4
Contrle de stru tures exibles
mono-dimensionnelles
Les re her hes sur les matériaux intelligents et sur les problèmes d'automatique des sys-

tèmes omportant des matériaux intelligents s'intensient depuis une dizaine d'année. Le prin-

ipal avantage des matériaux intelligents est de rempla er leur masse omme mode d'a tion

par une énergie. Comme l'énergie est plus fa ile à transporter que la matière, nous ompre-

nons pourquoi les matériaux intelligents tendent à être utilisés omme a tionneurs et omme

apteurs dans de nombreux systèmes physiques ( omme les ouvrages d'art, les stru tures

subissant des ontraintes mé aniques...). Parmi les exemples les plus usuels de matériaux

intelligents, itons les alliages à mémoire de forme, les matériaux éle tro-rhéostatiques ou

magnéto-rhéostatiques, et les orps piézo-éle triques...


1
Je me suis intéressé à l'utilisation de ellules piézo-éle triques pour le ontrle de la forme

d'une stru ture mé anique (problème de ontrlabilité) ou l'atténuation de ses vibrations

(stabilisation de l'état de la stru ture mé anique).

Il y a de nombreuses modélisations possibles pour les systèmes omportant peu de el-

lules piézo-éle triques. Ces modèles sont souvent é rits en terme d'équations diérentielles

ordinaires, 'est-à-dire ave un état vivant dans un espa e de dimension nie. En revan he le

al ul d'un modèle EDP pour modéliser l'évolution d'une stru ture soumise à l'a tion d'un

grand nombre (ou d'une innité) de ellules piézo-éle triques et dont l'état est mesuré par un

grand nombre de apteurs piézo-éle triques est plus déli at.

Nous allons nous intéresser au ontrle d'une poutre exible dans le paragraphe 4.1 en

pré isant l'ensemble des positions de l'a tionneur piézo-éle trique pour que nous ayons une

ontrlabilité. Nous donnerons quelques éléments de la démonstration des résultats prin ipaux

dans le paragraphe 4.2 (en insistant sur eux qui nous seront utiles pour l'étude de la stabilisa-

tion étudiée dans le paragraphe 4.4). Des simulations numériques illustreront la ontrlabilité

1 une ellule piézo-éle trique est un orps qui délivre une quantité de harges lorsqu'elle est déformée et
ré iproquement.

39
4.1 Contrlabilité d'une poutre exible

et le al ul de la ommande dans le paragraphe 4.3. Les résultats de stabilisation et les vitesses

de onvergen e seront détaillées dans le paragraphe 4.4. Enn des éléments de la démonstration

de la stabilisation seront exposés dans le paragraphe 4.5.

Pour une introdu tion sur les ontrles d'équations aux dérivées partielles et des liens ave

des systèmes de dimension nie nous pouvons étudier [146℄ pour les systèmes linéaires, ou [43℄

pour les systèmes non-linéaires.

4.1 Contrlabilité d'une poutre exible


Considérons une stru ture exible de type poutre munie d'un a tionneur piézo-éle trique.

Nous souhaitons étudier le problème du ontrle de la forme de la poutre sous l'a tion de la

ellule piézo-éle trique. Il existe une grande variété de modèles pour de tels systèmes. Citons

les modèles é rits en terme d'éléments nis ( omme dans [10℄), d'approximations en dimension

nie (voir [120, 61, 136℄). Les modèles qui nous intéressent dans e hapitre on ernent eux

é rits en terme d'équations aux dérivées partielles ( omme dans [49℄).

Les résultats qui on ernent plus parti ulièrement les propriétés de ontrlabilité sont [109,

51℄. Citons également [138℄ qui utilise une appro he pro he de elle utilisée i i mais ave des

onditions aux bords diérentes ( elles d'une poutre simplement posée aux deux extrémités).
2
Comme nous avons en tête les appli ations on ernant le ontrle a tif des vibrations ou le

ontrle de stru tures exibles, il est né essaire d'utiliser les onditions aux bords suivantes :

elles d'une poutre libre à une extrémité et en astrée à une autre extrémité.

Pour étudier la ontrlabité exa te de l'EDP modèlisant une poutre a tionnée par une el-

lule piézo-éle trique, nous utilisons la méthode HUM (Hilbert Uniqueness Method) introduite

dans [80, 81℄ qui permet de démontrer des résultats de ontrlabilité. Cette méthode n'est

pas uniquement un résultat d'existen e : elle permet aussi de al uler le ontrle qui résout le

problème de ontrlabilité exa te. Notons omme dans [43℄ que ette méthode peut être vue

omme un résultat de ontrle optimal puisque le ontrle donné par la méthode HUM est le
2
ontrle minimal pour la norme L .

En ollaboration ave Emmanuelle Crépeau, université de Versailles, nous avons prouvé

dans [R9℄ que pour tout T >0 nous avons une ontrlabilité exa te de la poutre si la position

de l'a tionneur piézo-éle trique est susamment bien hoisie, pour une ertaine régularité des

onditions initiales (voir les théorèmes 4.1 et 4.2 i-dessous pour une formulation pré ise).

Le modèle que nous onsidérons est l'équation d'Euler-Bernoulli :

YI 4 1
∂t2 w(x, t) + ∂ w(x, t)
ρAb x
= ∂ 2 m(x, t)
ρAb x
, x ∈ (0, L) (4.1)

w(0, t) = 0, ∂x w(0, t) = 0 , (4.2)

∂x2 wxx (L, t) = 0, ∂x3 w(L, t) =0, (4.3)

2
omme pour le dispositif expérimental disponible au laboratoire de mé anique de l'université de Campinas,
Brésil.

40
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles

ave les notations (voir la gure 4.1)

 w(x, t) est la déformation au temps t et au point x ∈ [0, L] ;


 ρ est la densité (linéique et uniforme) de la poutre ;
 Ab est l'aire de la se tion ;
 Y est le module de Young ;
 I est le moment d'inertie ;
 m est le moment exer é par la ellule piézo-éle trique.

η
ξ x
L
w(x,t)

Fig. 4.1  Poutre exible munie d'un a tionneur piézo-éle trique entre x=η et x = ξ.

D'autres modèles peuvent être onsidèrés (voir par exemple [7℄). Les onditions initiales de

(4.1) sont

w(., 0) = w 0, ∂t w(., 0) = w 1 . (4.4)

Le moment exer é par la ellule piézo-éle trique est fon tion de la tension :

m(x, t) = Ka Va (t)[H(x − ξ) − H(x − η)], (4.5)

où Ka est une onstante physique dépendant des ara téristiques de la ellule piézo-éle trique,
Va (t) est le ontrle, 'est-à-dire la tension à appliquer, x 7→ H(x) est la fon tion d'Heaviside :

H(x) = 0 si x < 0 , H(x) = 1 si x≥0,

tandis que ξ et η sont les extrémités de la ellule piézo-éle trique.

Dans le modèle pré édent, l'état est w, tandis que le ontrle estVa .
2
En suivant les notations de [138℄, nous introduisons les ensembles Y0 = L (0, π), pour tout

α ∈ R>0 ,
H α (0,L)
Yα = {y ∈ C ∞ (0, π); w (4n) (0) = w (4n+1) (0) = w (4n+2) (π) = w (4n+3) (π) = 0} ,

et, pour tout α ∈ R<0 , Yα = (Y−α)⋆ ave Y0 omme espa e pivot.

Nous établissons dans [R9℄ les résultats de ontrlabilité à zéro suivants :

Théorème 4.1 Soit ε > 0. Il existe un ensemble A ⊂ (0, L)2 ave une mesure de Lebesgue
égale à L2 tel que, pour tout (ξ, η) ∈ A, toute ondition initiale dans Y3+ε × Y1+ε du système
(4.1)-(4.3) est exa tement L2 (0, T )- ontrlable en temps T > 0, pour tout T > 0.

41
4.2 Eléments de démonstration des théorèmes 4.1 et 4.2

Théorème 4.2 Il existe un ensemble B ⊂ (0, L)2 non dénombrable mais de mesure de Le-
besgue égale à 0 tel que, pour tout (ξ, η) ∈ B, toute ondition initiale dans Y3 × Y1 du système
(4.1)-(4.3) est exa tement L2 (0, T )- ontrlable en temps T > 0, pour tout T > 0.

De plus nous al ulons expli itement la tension qu'il faut appliquer à l'a tionneur pour

avoir la ontrlabilité exa te. Nous illustrerons es résultats par des simulations numériques

en hoisissant omme paramètres physiques eux lassiquement utilisés en rédu tion a tive de

vibrations.

Notons que la méthode utilisée repose sur un résultat d'approximation diophantienne, issu

de la théorie des nombres, que nous avons établi dans [R9℄. Il est important de noter que e

résultat en lui-même est nouveau et a été utilisé dans [R17℄ (en ollaboration ave Lionel Rosier

et Pierre Le Gall, université de Nan y I) pour la stabilisation de la poutre (voir le paragraphe

4.4). Nous présentons i i les élements prin ipaux de la démonstration de [R9℄ puisqu'ils nous

permettront de omprendre la démar he utilisée dans [R17℄.

4.2 Eléments de démonstration des théorèmes 4.1 et 4.2


Dans e paragraphe nous donnons quelques éléments de la démonstration des théorèmes

4.2 et 4.12. Pour une démonstration plus omplète voir [R9℄. Ces élèments de démonstration

de la ontrlabilité de (4.1)-(4.3) nous permettront d'étudier la stabilisation du même modèle

omme étudié dans [R17℄.

Faisons quelques rappels sur la méthode HUM (voir [80℄), dans un ontexte d'équations

du se ond ordre en temps ( omme dans [139℄). Soit A : D(A) → X , un opérateur autoadjoint
1/2 ⋆
oer if, où X est un espa e de Hilbert. Soit B ∈ L(U, D(A ) ), où D(A1/2 ) est le omplété
p
de D(A) ave la norme x 7→ hAx, xi, et D(A1/2 )⋆ est le dual de D(A1/2 ) par rapport à X .
Etudions le système suivant

ẅ(t) + Aw(t) = Bu(t) , ∀t ∈ [0, T ]


(4.6)
w(0) = ẇ(0) = 0

Supposons que nous ayons, pour tout u ∈ L2 (0, T ; U), un résultat d'existen e et d'uni ité
1/2
d'une solution w ∈ C(0, T ; D(A )) ∩ C 1 (0, T ; X) de (4.6) qui dépende ontinûment de u ∈
L2 (0, T ; U), autrement dit l'opérateur LT u := (w(t), ẇ(T )) satisfait LT ∈ L(L2 (0, T ; U); D(A1/2 )×
X).
Dans e ontexte la notion de ontrlabilité est la suivante :

Dénition 4.3 Le système (4.6) est exa tement ontrlable en temps T > 0 si LT est surje -
tif.

La thèorie de HUM permet de prouver une ontrlabilité à l'aide d'une inégalité d'obser-

vabilité du problème adjoint.

42
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles

Théorème 4.4 (voir [80℄ et [139℄) Le système (4.6) est exa tement ontrlable en temps
T > 0, si et seulement si la solution φ du problème homogène

φ̈ + Aφ = 0 sur [0, T ] (4.7)

φ(0) = φ0 ∈ D(A) , φ̇(0) = φ1 ∈ D(A1/2 ) (4.8)

satisfait l'inégalité d'observabilité :


Z T
kB ⋆ φ(s)k2U ds ≥ MT (kφ0 k2X + kφ1 kD(A1/2 )⋆ ) , (4.9)
0

pour tout (φ0 , φ1 ) ∈ D(A) × D(A1/2 ), ave MT indépendant de (φ0 , φ1 ).

Appliquons e résultat à notre problème. En normalisant la longueur de la poutre à L = π,


4 2
on introduit l'operateur A : H (0, π) → L (0, π) déni par, ∀w ∈ H (0, π), Aw = ∂x4 w .
4

Compte tenu des onditions aux bords (4.3), son domaine de dénition est D(A) = {w ∈

H (0, π); w(0) = w ′ (0) = w ′′ (π) = w (3) (π) = 0}. D'aprés (4.1) et (4.5), l'opérateur d'entrée
4

est déni par Bu = ∂x (δξ − δη ) u en normalisant la onstante piézo-éle trique à 1 et en notant

δξ et δη les mesures de Dira en ξ et en η respe tivement. Ave es dénitions, le système (4.1)


se réé rit sous la forme de (4.6). Etudions l'inégalité d'observabilité (4.9).

Soit (φ0 , φ1 ) ∈ Y1 × Y−1 . La solution du problème homogène (4.7)-(4.8) s'é rit :

+∞ 
X 
0 2 φ1k 2
φ(x, t) = φk cos(αk t) + 2 sin(αk t) ψk (x)
k=1
αk
RL RL 1
ave φ0k = 0
φ 0
(x)ψk (x)dx 1
, φk =
0
φ (x)ψk (x)dx et ψk est le k ème ve teur propre normalisé
de A, pour la valeur propre αk4 .
RT ⋆ 2
RT
Nous al ulons
0
kB φk U = 0
|∂x φ(ξ, t) − ∂x φ(η, t)|2 dt. Pour minorer ette dernière
quantité nous aurons besoin de

Lemme 4.5 (Inégalité d'Ingham [9℄) Soit (νk )k∈Z ∈ RZ une suite de réels deux à deux distin ts
tels que :
lim (νk+1 − νk ) = +∞
|k|→∞

Soit T > 0. Alors il existe deux onstantes C1 > 0 et C2 > 0 telles que pour toute suite (xk )k∈Z
P
dans l2 (Z), la série f (t) = +∞
−∞ xk e
iνk t
onverge dans L2 (0, T ) et satisfait
+∞
X Z T +∞
X +∞
X
2 iνk t 2
C1 |xk | ≥ | xk e | dt ≥ C2 |xk |2
−∞ 0 −∞ −∞

En appliquant e lemme, nous en déduisons l'existen e d'une onstante C >0 telle que,
0 1
pour tout (φ , φ ) ∈ Y1 × Y−1 ,
Z T X∞  2
2 0 2 φ1k
|∂x φ(ξ, t) − ∂x φ(η, t)| dt ≥ C |φk | + 2 |ψk′ (ξ) − ψk′ (η)|2
0 k=1
α k

43
4.3 Simulations numériques

Nous al ulons, pour tout x ∈ (0, π) et pour tout k ∈ N>0 ,

1
ψk (x) = √ (cos(αk x) − cosh(αk x) + µk (sinh(αk x) − sin(αk x))) ,
π

ave αk la k ème 1 + cos(αk π) cosh(αk π) = 0, et µk = cos(α


ra ine positive de
k π)+cosh(αk π)
sin(αk π)+sinh(αk π)
.
′′
Ave les onditions aux bords w = w = 0 en x = 0, π , on al ule (voir [138℄) ψk (x) =

sin(kx), pour tout x ∈ (0, π).


Ave les onditions aux bords (4.2)-(4.3) nous avons une équation trans endante à onsi-

dérer et aussi des approximations diophantiennes à établir. En eet un al ul permet de voir



ψk′ (ξ) − ψk′ (η) ∼ αk sin αk ξ−η
2
en négligeant ertains termes (voir [R9℄ pour plus de détails).

La question d'approximation diophantienne naturelle est don la suivante : quelle est la dépen-
ξ−η
dan e par rapport à k de la distan e de la suite {αk } aux entiers relatifs ? Autrement
2π k∈N>0
ξ−η
dit, peut-on estimer d(αk , Z).

En utilisant [30℄ et [75℄, Emmanuelle Crépeau et moi-même obtenons les deux résultats

suivants (voir [R9℄)

Proposition 4.6 Pour tout ε > 0, il existe un ensemble A ⊂ (0, 1) ave une mesure de
Lebesgue égale à 1, et il existe C > 0, tels que pour tout a ∈ A, et pour tout k ∈ N>0 ,

C
d(αk a, Z) ≥ .
k 1+ε

Proposition 4.7 Il existe un ensemble B ⊂ (0, 1) non dénombrable mais de mesure nulle et
il existe C > 0, tels que pour tout b ∈ B , et pour tout k ∈ N>0 ,

C
d(αk b, Z) ≥ .
k

Nous arrivons ainsi à minorer sin(αk ξ−η


2
), et à é rire une inégalité d'observabilité : pour

tout ε>0 , il existe e ⊂ (0, π)2


A tel que pour tout e,
(ξ, η) ∈ A
Z T k=∞
X 2 2
φ0k φ1k
|∂x φ(ξ, t) − ∂x φ(η, t)|2 ≥ C +
0 k=1
αk1+ε αk3+ε

et nous en déduisons les théorèmes 4.1 et 4.2.

4.3 Simulations numériques


Illustrons le théorème 4.1. Nous allons vérier que e résultat est plus qu'un résultat d'exis-

ten e puisque nous al ulerons numériquement le ontrle.

Nous hoisissons les onstantes physiques suivantes du dispositif expérimental de [61℄ dé-

rits dans [R9℄.

44
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles

−3 t=0s −3 t=3s
x 10 x 10
10 10

5 5
w [m]

w [m]
0 0

−5 −5
0 0.1 0.2 0.3 0 0.1 0.2 0.3
x [m] x [m]

−3 t=6s −3 t=12s
x 10 x 10
10 10

5 5
w [m]

w [m]

0 0

−5 −5
0 0.1 0.2 0.3 0 0.1 0.2 0.3
x [m] x [m]

Fig. 4.2  Prol de la poutre à t ∈ [0, T ] pour T = 12.

On onsidère l'appli ation Λ : (φ0 , φ1) ∈ Y−1−ǫ × Y−3−ǫ 7→ (∂t w(., 0), w(., 0)) ∈ Y1+ǫ × Y3+ǫ
dénie par les solutions aux deux problèmes suivants.

Soit φ la solution du problème homogène


YI 4

 ∂t2 φ + ρA ∂ φ = 0,
b x


φ(0, .) = 0, ∂x φ(0, .) = 0,
(4.10)

 ∂x2 φ(L, .) = 0, ∂x3 φ(L, .) = 0,


φ(., 0) = φ0 , ∂t φ(., 0) = φ1 .

Soit w la solution du problème en temps rétrograde


YI 4

 ∂t2 w + ρA ∂ w = ρA1 b Ka Va (t)∂x2 [H(x − ξ) − H(x − η)],
b x


w(0, .) = 0, ∂x w(0, .) = 0,
(4.11)

 ∂x2 w(L, .) = 0, ∂x3 w(L, .) = 0,


w(., T ) = 0, ∂t w(., T ) = 0,

ave le ontrle donné par la méthode HUM : Va (t) = ∂x φ(ξ, t) − ∂x φ(η, t).
D'après notre résultat Λ est inversible (sauf pour un ensemble de mesure nulle de (ξ, η)).
D'après le théorème 4.1 nous avons un résultat de ontrlabilité pour tous les temps de

ontrle T. Nous avons ainsi simulé le système (4.1) ave le ontrle donné par la méthode

HUM (et représenté à la gure 4.3) pour T = 12s. Nous avons hoisi un s héma d'Euler pour

la dis rétisation des équations (4.10) et (4.11). Nous vérions à la gure 4.2 que nous avons

bien une ontrlabilité à zéro pour T = 12s. Le lien entre la ontrlabilité (ou l'observabilité)

45
4.4 Stabilisation de la poutre

Voltage on the actuator for T=12


400

300

200

100

0
V

−100

−200

−300

−400
0 2 4 6 8 10 12
t

Fig. 4.3  Tension à appliquer pour T = 12s.

et le s héma de dis rétisation est un sujet de re her he di ile (voir [142, 143, 144, 145℄ pour

diérentes lasses d'équations).

Comme on peut s'y attendre, plus le temps de ontrle est petit, plus il sera né essaire

d'appliquer des tensions grandes. Nous pouvons vérier (voir [R9℄) que si le temps de ontrle

est trop petit, alors les tensions à appliquer sont trop grandes pour pouvoir être physiquement

appliquées.

4.4 Stabilisation de la poutre


Dans e paragraphe nous allons étudier le problème de la stabilisation de la poutre, 'est-

à-dire le al ul d'une bou le fermée, autrement dit d'un ontrle dépendant d'une partie de

l'état (appelée sortie) tel que le système en bou le fermée onverge vers l'équilibre. Comme

nous allons le voir, la prin ipale di ulté réside dans l'estimation de la vitesse de onvergen e,

et il faudra spé ier quelles positions des ellules piézo-éle triques donnent une vitesse de

onvergen e exponentielle ou polynomiale.

Dans toute la suite de ette étude, prenons le as d'un a tionneur piézo-éle trique ollé

à gau he ( e qui orrespond à η = 0). Le modèle (4.1)-(4.4) devient le suivant (aprés avoir

46
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles

normalisé toutes les onstantes à 1 sauf la longueur qui est hoisie égale à π)

∂t2 w(x, t) + ∂x4 w(x, t) = −u(t) dxξ (x), (4.12)

w(0, t) = ∂x w(0, t) = ∂x2 w(π, t) = ∂x3 w(π, t) = 0, (4.13)

w(x, 0) = w 0 (x), ∂t w(x, 0) = w 1 (x). (4.14)

Supposons que l'on ait pla é un apteur piézo-éle trique o-lo alisé ave l'a tionneur qui

nous permettra de mesurer (une partie) des vibrations, plus pré isément la sortie sera donnée

par

y(t) := ∂x w(0, t) − ∂x w(ξ, t) = −∂x w(ξ, t) .

Le dispositif expérimental que nous onsidérons est don donné par la gure 4.4.

w
Actionneur

ξ
π

Capteur Poutre

Fig. 4.4  Position des a tionneurs et des apteurs sur la poutre.


En notant E(w, ∂t w) = 0
(|∂x2 w|2 + |∂t w|2), un al ul informel le long des solutions de

(4.12)-(4.14) donne

Z T
0 1
E(w(t), ∂t w(t)) − E(w , w ) = 2 u(t)∂x ∂t w(ξ, t)dt. (4.15)
0

Don un ontrle andidat est, pour K > 0,

u(t) = −K∂x ∂t w(ξ, t) . (4.16)

En bou le fermée ave e ontrle, nous avons E → 0, lorsque t → +∞.


C'est pourquoi dans la suite nous étudions l'équation

d
∂t2 w + ∂x4 w = K∂x ∂t w δξ (x). (4.17)
dx
47
4.4 Stabilisation de la poutre

Le but de e paragraphe est de trouver l'ensemble des ξ tel que nous avons un résultat de

stabilité pour (4.17), et de pré iser la vitesse de onvergen e (exponentielle ou polynomiale).


4 d
Soit l'opérateur en bou le fermée Az := (v, −∂x w+K∂x v(ξ) δξ ). Pour donner son domaine
dx
1 1
de dénition notons, pour tout w dans H (0, ξ) ∩ H (ξ, π), le saut en ξ par [w]ξ , i.e. [w]ξ =

w(ξ + ) − w(ξ −). Nous obtenons (voir [R17℄, o-é rit ave Lionel Rosier et Pierre Le Gall,
université de Nan y I)


D(A) = z = (w, v) | (w, v) ∈ H 2 (0, π)2 , w ∈ H 4 (0, ξ) ∩ H 4 (ξ, π),
w(0) = ∂x w(0) = ∂x2 w(π) = ∂x3 w(π) = 0,
   
v(0) = ∂x v(0) = 0, K∂x v(ξ) = ∂x2 w ξ , ∂x3 w ξ = 0 .

Soit H = V × L2 , où V est l'ensemble des fon tions de H2 nulles en 0, et de dérivée

nulle en 0. Nous pouvons vérier que A : D(A) → H génère un semi-groupe de ontra tion.

Etudions la stabilité forte de (4.17) avant de pré iser les vitesses de onvergen es. Pour ela

nous rappelons que le système (4.17) est dit fortement stable si kw(t), wt (t)kH →t→+∞ 0.

D'après (4.15), si ξ est tel que ψk (ξ) = 0 pour un ertain k alors (0, ψk ) est une ondition
initiale telle que l'énergie est onstante, don la solution ne onverge pas vers 0. C'est pourquoi

nous introduisons les ensembles

[
Sk = {ξ, ψk′ (ξ) = 0} , S = Sk .
k

Nous obtenons don que si ξ ∈S alors nous n'avons pas de onvergen e. La ré iproque est

vraie omme démontrée dans [R17℄ :

Théorème 4.8 Le système (4.17) est fortement stable si et seulement si K > 0 et ξ 6∈ S .


La démonstration repose sur l'utilisation du prin ipe d'invarian e de LaSalle (voir [86℄). On

peut utiliser aussi le théorème d'Arendt-Batty [8℄ ( omme [R6℄ pour un autre problème de

stabilisation).

L'ensemble S est de mesure de Lebesgue égale à π et dense dans (0, π).


Nous pouvons pré iser la vitesse de onvergen e pour ertaines positions de l'a tionneur :

Théorème 4.9 Soit ξ 6∈ S tel que ξ/π ∈ Q et tel que πξ =


6 4k ′ +3
4k+2
, pour tout k , k ′ dans Z. Alors

sup ||(iβ − A)−1 || < ∞.


|β|≥1

Et don d'aprés [67℄ ou [106℄, A génère un semi-groupe exponentiellement stable i.e., il existe
C > 0 et δ > 0 telles que
||etAz0 ||H ≤ Ce−δt ||z0 ||H

pour tout z0 = (w0 , v0 ) ∈ H et pour tout t ≥ 0.

48
Chapitre 4 Contrle de stru tures exibles mono-dimensionnelles

Bien sûr e résultat est théorique puisque la ondition sur ξ n'est pas vériable sur une

installation physique. En revan he nous avons une onvergen e polynomiale pour presque tout

ξ :

Théorème 4.10 Pour presque tout ξ ∈ (0, π), pour tout l > 1
sup |β|−l ||(iβ − A)−1 || < ∞. (4.18)
|β|≥1

Et don d'aprés [85℄, pour tout k ∈ N, il existe Ck > 0 tel que


  kl
tA ln t
||e z0 ||H ≤ Ck (ln t)||z0 ||D(Ak ) ∀z0 ∈ D(Ak ).
t
Ce dernier résultat est le plus intéressant puisqu'il permet de dire ave quelle vitesse le

retour de sortie (4.16) stabilise le système (4.12)-(4.14).

4.5 Eléments de démonstration du théorème 4.10


Nous ne donnerons pas les éléments de la démonstration du théorème 4.9 (en revan he

nous établirons un autre résultat de stabilisation exponentielle, voir le théorème 5.4 page 55

i-dessous). Donnons ependant quelques éléments de la démonstration du théorème 4.10 qui

établit la onvergen e polynomiale de (4.17) pour presque tout ξ. Comme nous allons le voir,

la méthode est elle des multiplieurs et utilise la proposition 4.6 (issue de l'arti le [R9℄ o-é rit

ave Emmanuelle Crépeau). Pour une démonstration omplète du théorème 4.10, voir [R17℄.

Soit l ∈ (1, +∞) ∩ Q, et ξ ∈ (0, π) que nous pré iserons plus bas. Nous allons faire un

raisonnement par l'absurde. Si (4.18) est faux, alors il existe une suite {βn }n∈N>0 de réels

stri tement positifs et une suite {(wn , vn )}n∈N>0 de points dans D(A) telles que

||(wn, vn )||V ×H = 1, βn → +∞, (4.19)

et telles qu'en notant (fn , gn ) := (iβn − A)(wn , vn ), nous ayons

βnl (fn , gn ) → (0, 0) dans V ×H (4.20)

lorsque n → +∞. En dénissant {wn } = wn −[wn ]ξ , nous avons iβn wn −vn = fn → 0 dans V , et
(4)
iβn vn + {wn } = gn → 0 dans H , lorsque n → +∞. Par onséquent iβn kwn k2V − (vn , wn )V → 0
2 4
et iβn kvn kH − ({wn }, vn )H → 0 lorsque n → +∞. D'où

1 1 1
kwn k2V → , kvn k2H → , kβn wn k2H → , (4.21)
2 2 2
lorsque n → +∞. On peut en déduire
Z π Z π
′′ 2
3 |wn | dx + βn2 |wn |2 = O(|βn wn (π)|2 ) + o(1) (4.22)
0 0

49
4.5 Eléments de démonstration du théorème 4.10

A la lumière de (4.21) et (4.22), pour avoir une ontradi tion, il sut de prouver βn wn (π) → 0.
C'est le but du reste de la démonstration.

La fon tion wn peut être al ulée expli itement en résolvant l'équation

−βn2 wn + {wn4 } = gn + iβn fn ,


′′ ′′′
wn (0) = wn′ (0) = wn (π) = wn (π) = 0 .

On al ule wn (π) = N/D, ave


|N| ≤ Cβn−1 e βn π (kfn kV + kgn kH ) ,
√ √  √  (4.23)
D = e βn π sin π βn πξ + 41 × sin π βn (1 − πξ ) + 41 .

D'après la proposition 4.6, nous avons pour tout ε > 0, et pour presque tout α ∈ (0, 1),
l'existen e d'un nombre ni de solutions q ∈ N>0 de l'inégalité

1 1 1
d((q + )αn + , Z) < 1+ε .
2 4 q

On en déduit ave (4.23) et (4.20), et en hoisissant ε = l − 1.



|βn wn (π)| ≤ Cβn1+ε ||fn ||V + ||gn ||H → 0

quand n → +∞. Ce qui donne une ontradi tion et on lut la démonstration du théorème

4.10.

50
Chapitre 5

Contrle d'une plaque, appli ation à


l'optique adaptative

Nous allons maintenant étudier le as de stru tures exibles soumis à l'a tion de matériaux

piézo-éle triques. Plus pré isément nous allons onsidérer le as d'un miroir bimorphe dans

un système d'optique adaptative. Les systèmes d'optique adpatative permettent de orriger

les déformations du front d'onde in ident sur un télés ope. Ces déformations sont dues à la

traversée de l'atmosphère par la lumière. Pour les orriger, diérentes te hniques sont utilisées,

omme la orre tion numérique des observations. Nous allons nous intéresser à la déformation

du miroir se ondaire par le ontrle de ellules piézo-éle triques. Cette orre tion est al ulée à

partir des mesures fournies par un analyseur de front d'onde : l'analyseur de Sha k-Hartmann

qui analyse la phase résultante après rée tion sur le miroir déformable (voir le s héma 5.1).

Diérents types de miroirs déformables existent [108, 111℄. Nous nous intéresserons plus par-

ti ulièrement aux miroirs bimorphes qui sont onstitués de diérentes épaisseurs : d'abord

une ou he rée hissante, ensuite une ou he de apteurs piézo-éle triques, enn une ou he

d'a tionneurs piézo-éle triques. Le système omporte un grand nombre d'entrées (par exemple

une quarantaine sur le miroir déformable du ban expérimental SESAME [118℄ de l'Observa-

toire de Paris). De plus la tendan e pour les télés opes est d'augmenter la taille des miroirs et

d'augmenter leur nombre de degrés de liberté. C'est pourquoi nous souhaitons privilégier une

appro he dimension innie et que nous onsidérons un modèle EDP pour e miroir bimorphe.

Nous étudions tout d'abord la ontrlabilité d'un miroir bimorphe dans le paragraphe 5.1,

puis la stabilisation du miroir dans le paragraphe 5.2. Le paragraphe 5.3 ontient des éléments

de la démonstration de e résultat de stabilisation. Enn nous étudierons plus parti ulièrement

le système d'optique adaptative dans le paragraphe 5.4.

Commençons par établir la ontrlabilité du modèle du miroir bimorphe onsidéré.

51
5.1 Contrlabilité d'un miroir bimorphe

Fig. 5.1  Diérentes omposantes du système d'optique adaptative.

5.1 Contrlabilité d'un miroir bimorphe


Dans e paragraphe nous étudions plus parti ulièrement le modèle du miroir bimorphe et

la ontrlabilité du modèle EDP. Nous rappelons qu'un miroir bimorphe peut être omposé

de trois ou hes, une ou he purement exible, une autre ou he munie d'une distribution de
1
apteurs piézo-éle triques, enn une ou he munie d'a tionneurs piézo-éle triques.

Le modèle que nous onsidérons i i a été al ulé en ollaboration ave Mi hel Len zner,

professeur de mé anique à l'université de Belfort-Montbéliard [R13℄. Nous avons utilisé des

te hniques de limite à deux é helles, présentées par exemple dans [32℄, pour al uler un modèle

EDP. Pour ela nous utilisons des outils de mé anique et d'analyse, et nous obtenons un

modèle ma ros opique dé rivant la stru ture mé anique et le système entrée-sortie dans son

ensemble et un modèle mi ros opique pour dé rire la répartition périodique des a tionneurs

et des apteurs piézo-éle triques.

1 En
réalité, pour que la bre neutre soit au entre du dispositif expérimental, il est important de symétriser
les ou hes et don d'utiliser six ou hes au total.

52
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative

Nous allons prouver d'abord la ontrlabilité pour un miroir bimorphe 1D (de type poutre),

puis la ontrlabilité pour le modèle 2D (de type plaque). La stabilisation exponentielle par

retour de sortie sera étudiée dans le paragraphe 5.2.

Cas 1D Le modèle 1D al ulé dans [R13℄ par des te hniques d'homogénéisation est le sui-

vant : 

 −∂x2 u = −s∂x ϕ + a∂x2 ϕ,

 ∂ 2 w + ∂ 4 w + w = ∂ 2 ϕ,
t x x
(5.1)

 w(0, t) = w(L, t) = ∂ x w(0, t) = ∂x w(L, t) = 0,


u(0, t) = u(L, t) = 0.

w est la déformation transverse ;


 u est le dépla ement longitudinal ;

 ϕ est la tension appliquée à la ou he-a tionneur ;

 a > 0, L > 0 et s sont des réels onstants (les autres onstantes ont été xées à 1).
2 1 2 2
Considérons les espa es V = H (0, L) ∩ H0 (0, L), Ṽ = H0 (0, L), H = L (0, L)
(4)
et l'opérateur A(w, v) = (v, −w − w) déni sur le domaine D(A) = (H 4 (0, L) ∩ H02 (0, L)) ×
H02 (0, L) ⊂ Ṽ × H .
En ontrlant d'abord le terme en u dans la première équation de (5.1), puis le reste de

l'équation nous avons le résultat de ontrlabilité suivant (voir [R22℄ o-é rit ave Pierre Le

Gall et Lionel Rosier, Université de Nan y I) :

Théorème 5.1 Toute paire ((w0 , w1), u0 ), ((w0,T , w1,T ), uT ) de triplets dans D(A) × V peut
être onne tée par une solution de (5.1) ave un ontrle ϕ ∈ C([0, T ]; H 2(0, L)).

Cas 2D Nous avons maintenant à étudier le modèle 2D suivant :


 2

 −(λ + µ)∂1 div U − µ∆u1 = −sβ ∂β ϕ + aγδ ∂γδ ϕ,

 2

 −(λ + µ)∂2 div U − µ∆u2 = −tβ ∂β ϕ + bγδ ∂γδ ϕ,
∂t2 w + ∆2 w + w = gαβ ∂αβ
2
ϕ, (5.2)

 ∂w

 w = ∂n = 0 sur ∂Ω,


u1 = u2 = 0 sur ∂Ω.

2
ave les notations suivantes :

 x = (x1 , x2 ) ∈ Ω, où Ω ⊂ R2 est Lips hitzien et borné ;


 w est le dépla ement transverse ;
 U = (u1 , u2 ) est le dépla ement longitudinal ;
 ∂1 ϕ = ∂ϕ/∂x1 , ∂2 ϕ = ∂ϕ/∂x2 , div U = ∂1 u1 + ∂2 u2 ;
 λ > 0 et µ > 0 sont les oe ients de Lamé ;
2 Nous avons utilisé la onvention d'Einstein pour la sommation des indi es répétés.

53
5.2 Stabilisation d'un miroir bimorphe

 A = (aγδ ), B = (bγδ ), et G = (gαβ ) sont des matri es dans R2×2 dénies positives, tandis
que t1 , t2 , s1 , et s2 sont des réels.

Le ontrle ϕ doit né essairement être solution du modèle elliptique

2
−sβ ∂β ϕ + aγδ ∂γδ ϕ = f1 , (5.3)
2
−tβ ∂β ϕ + bγδ ∂γδ ϕ = f2 , (5.4)

où fi := −(λ + µ)∂i div U − µ∆ui pour i = 1, 2.


Nous obtenons don que f1 et f2 doivent satisfaire la ondition de ompatibilité :

2 2
(−tβ ∂β + bγδ ∂γδ )f1 = (−sβ ∂β + aγδ ∂γδ )f2 . (5.5)

3
C'est une ondition né essaire pour l'existen e d'une fon tion ϕ. Nous introduisons la déni-

tion suivante pour l'existen e d'un ouple (f1 , f2 ) :

Dénition 5.2 Un quadruplet (w0, w1 , u1 , u2) ∈ (H 4 (Ω)∩H02 (Ω))×H02 (Ω)×(H 2 (Ω)∩H01 (Ω))2
est ompatible si le système (5.3)-(5.4) a une solution ϕ ∈ H 2 (Ω), les fon tions f1 , f2 étant
dénies par fi := −(λ + µ)∂i div (u1 , u2) − µ∆ui pour i = 1, 2.

Dès que ette ondition de ompatibilité est satisfaite, nous pouvons établir la ontrlabilité

du système (5.2). En eet nous avons

Théorème 5.3 Chaque paire (w0, w1 , u1 , u2), (w0,T , w1,T , uT1 , uT2 ) de quadruplets ompatibles
peut être onne tée par une solution de (5.2) ave un ontrle ϕ ∈ C([0, T ]; H 2(Ω)).

Maintenant que nous avons démontré ette ontrlabilité, étudions la stabilisation expo-

nentielle par un retour de sortie.

5.2 Stabilisation d'un miroir bimorphe


Dans e paragraphe nous allons al uler un retour de sortie tel que le système en bou le

fermée est exponentiellement stable. Nous allons nous on entrer sur le modèle 1D du miroir

sa hant que ette appro he est généralisable au as 2D. Revenons au as du modèle (5.1) ave

une sortie I :

−∂x2 u = −s∂x ϕ + a∂x2 ϕ , (5.6)

∂t2 w
+ ∂x4 w
+w = , ∂x2 ϕ (5.7)
∂w
w= = 0 sur ∂Ω , (5.8)
∂n
u1 = u2 = 0 sur ∂Ω , (5.9)

I= ∂t (∂x2 w + c∂x u) . (5.10)

3 C'est une ondition qui est aussi susante pour un re tangle (voir [R22℄).

54
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative

Dans l'équation pré édente, I est le hamp de ourant mesuré par la ou he- apteurs piézo-

éle triques. Les onditions initiales sont

w(x, 0) = w 0 (x), ∂t w(x, 0) = w 1 (x).

On souhaite imposer la ondition suivante sur le ontrle

∂x2 ϕ = k∂t ∂x2 w,


RL
où k est un réel. Pour tout f ∈ L1 (0, L), on note [f ] := L−1 0
f (x) dx.
Il est possible de stabiliser exponentiellement vite le miroir bimorphe ave un retour de

sortie. En eet nous avons

Théorème 5.4 Soit k > 0 et ϕ l'unique solution de


∂x2 ϕ = k∂t ∂x2 w dans (0, L)
ϕ(0) = ϕ(L), [ϕ] = 0 .

Pour tout (w 0 , w 1 ) ∈ (H 4(0, L) ∩ H02 (0, L)) × H02 (0, L), il existe une unique solution (u, w)
de (5.6)-(5.9) telle que u ∈ C(R+ ; H 2 (0, L) ∩ H01 (0, L)), w ∈ C(R+ ; H 4 (0, L) ∩ H02 (0, L)) ∩
C 1 (R+ ; H02(0, L)).
De plus, il existe C > 0, µ > 0 tels que pour tout (w 0 , w 1 ) ∈ (H 4 (0, L) ∩ H02 (0, L)) × H02 (0, L)

||u(t)||H 2(0,L) + ||w(t)||H 4(0,L) + ||∂t w(t)||H 2(0,L) ≤ C ||w 0||H 4 (0,L) + ||w 1||H 2 (0,L) e−µt ∀t ≥ 0.

Enn ϕ est un retour de sortie, 'est l'unique solution de

k −1 ∂x2 ϕ + c∂t ∂x Kϕ = I ,
ϕ(0) = ϕ(L) , [ϕ] = 0 .

Présentons les éléments prin ipaux de la démonstration de e résultat.

5.3 Eléments de démonstration du théorème 5.4


La démonstration du théorème 5.4 utilise la te hnique des multiplieurs et le théorème

de Huang-Prüss ([67℄ ou [106℄) que nous avons déjà utilisé pour démontrer le théorème 4.9,

page 48. Nous ne donnerons que les éléments prin ipaux de la démonstration (voir [R22℄

pour une démonstration plus omplète). Nous V = H02 (0, L),


onsidérons les espa es suivants

H = L2 (0, L), et l'opérateur A(w, v) = (v, −w (4) −w +kv ′′ ) sur le domaine D(A) = (H 4 (0, L)∩
H02 (0, L)) × H02 (0, L) ⊂ V × H , ainsi que le produit hermitien
Z L Z L
′′
h(w, v), (w̃, ṽ)iV ×H = (w w̃ ′′ + w w̃) dx + vṽ dx.
0 0

55
5.3 Eléments de démonstration du théorème 5.4

L'opérateur A est dissipatif, en eet nous avons

Z L
hA(w, v), (w, v)iV ×H = −k |v ′ |2 dx ≤ 0 . (5.11)
0

D'après le théorème d'Huang-Prüss ([67℄ ou [106℄), la stabilisation exponentielle dans V ×H


est équivalente à

iR ⊂ ρ(A) , (5.12)

supβ∈R ||(iβ − A)−1 || < ∞. (5.13)

L'équation (5.12) n'est pas di ile à établir. Con entrons-nous sur la démonstration de

(5.13) que nous allons établir par l'absurde.

Si (5.13) est fausse, alors il existe une suite {βn }n∈N>0 de réels, et une suite {(wn , vn )}n∈N>0
d'éléments de D(A) telles que, pour tout n ∈ N>0 ,

||(wn , vn )||V ×H = 1, |βn | → +∞ lorsque n → ∞, (5.14)

et telles qu'en dénissant (fn , gn ) := (iβn − A)(wn , vn ) nous ayons

(fn , gn ) → (0, 0) dans V × H, (5.15)

'est-à-dire

iβn wn − vn = fn → 0 dans V (5.16)

iβn vn + wn(4) + wn − kvn′′ = gn → 0 dans H. (5.17)

D'après la dissipativité, (5.14) et (5.15), nous avons

Z L
k |vn′ |2 dx = ℜh(iβn − A)(wn , vn ), (wn , vn )iV ×H → 0 lorsque n→∞, (5.18)
0

où ℜ désigne la partie réelle. D'autre part, (5.16) et (5.17) donnent, quand n → ∞,

iβn ||wn ||2V − (vn , wn )V → 0, (5.19)

iβn ||vn ||2H + (wn(4) + wn − kvn′′ , vn )H → 0. (5.20)

En prenant la diéren e de (5.19)-(5.20), nous pouvons al uler

iβn (||wn ||2V − ||vn ||2H ) − 2ℜ(vn , wn )V − k||vn′ ||2H → 0 ,

dont la partie imaginaire est βn (||wn ||2V − ||vn ||2H ) → 0. Par onséquent ave (5.14) on trouve

limn→∞ ||wn ||2V = limn→∞ ||vn ||2H = 12 qui, ombiné ave (5.18), donne une ontradi tion. Ce i

on lut la démonstration du théorème 5.4.

56
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative

5.4 Contrle robuste d'un miroir bimorphe


Revenons au problème de la régulation du miroir déformable dans un système d'optique

adaptative. Le dispositif est dé rit par la gure 5.1, page 52.

Nous allons onsidérer le as du modèle (5.2) du miroir bimorphe en nous fo alisant sur le

dépla ement transverse qui est le terme dominant. En renotant e dépla ement transverse par

e ( ar la lettre w de l'équation (5.2) sera utilisée pour les perturbations dans e paragraphe),

nous é rivons la dynamique du miroir bimorphe :

ρ∂t2 e + Q1 ∆2 e + Q2 e = de31 ∆u (5.21)

ave les notations suivantes :

 e est le dépla ement transverse ;


 ρ est la densité surfa ique ;

 Q1 est la rigidité exionnelle, et Q2 est un terme orre tif.

La variable spatiale x appartient à un disque Ω de rayon a. Les onditions aux bords pour le

miroir sont elles des onditions libres. Elles s'é rivent en oordonnées polaires :
 
2 1 1 2
∂r e + ν ∂r e + 2 ∂θ e = 0,
r r r=a
 
1 1
∂r ∆e + (1 − ν)∂r ∂θ e = 0.
r r r=a
La théorie de Kolmogorov donne la modélisation de la turbulen e atmosphérique φtur . Son
modèle est généré par un phénomène aléatoire. Plus pré isément en notant wtur un bruit blan

gaussien de moyenne nulle, le modèle dynamique de la turbulen e atmosphérique est

∂t φtur = F φtur + Gωtur , (5.22)

pour des matri es F et G. Voir la publi ation [R21℄ o-é rite ave Lu ie Baudouin, Fabien

Guignard, et Denis Arzelier, LAAS-CNRS, et les référen es itées. Nous avons des approxima-

tions en dimension nie de ette turbulen e en utilisant une famille de polynmes parti ulière :

les modes de Zernike. Les premiers modes de Zernike sont donnés par le tableau 5.4 et nous

avons don en oordonnées polaires :

NZ
X
φtur (r, θ, t) ≈ φi (t)Zi (r, θ) ,
i=3

en omettant les trois premiers modes (qui sont orrigés par le miroir primaire).

En ombinant (5.21) et (5.22) et en rajoutant la sortie donnée par l'analyseur de Sha k-

Hartmann et les perturbations, nous obtenons le modèle EDP suivant



 ′
 x = Ax + B1 w + B2 u
z = C1 x + D12 u

 y =C x+D w
2 21

ave

57
5.4 Contrle robuste d'un miroir bimorphe

i Zi (r, θ) Nom

0 1 Piston
r
1 2
a
cos θ in linaison selon y
r
2 2 sin θ in linaison selon x
√ a
r 2
3 3(2( ) − 1) fo us
√ r a2
4 6( ) cos 2θ astigmatisme
√ ar 2
5 6( a ) sin 2θ astigmatisme

6 8(3( ar )3 − 2 ar ) cos θ oma selon x

7 8(3( ar )3 − 2 ar ) sin θ oma selon y

8 5(6( ar )4 − 6( ar )2 + 1) sphéri ité

Tab. 5.1  Premiers modes de Zernike.

 l'étatx est (e, ∂t e, φtur ) ;


 w = (wmod , wSH , wtur , wpiezo) réunit les perturbations (respe tivement du modèle, de

l'analyseur, de la turbulen e atmosphérique, des apteurs piézo-éle triques) ;

 u est la tension. C'est notre ontrle ;


 z = (φres , u) est la sortie à ontrler ;
 y = (ype , ySH ) réunit la sortie piézo-éle trique et la sortie de l'analyseur ;
 A, B1 , B2 ... sont des opérateurs (voir [R21℄ pour une expression).
Considérons un adre général de synthèse de ommande robuste (voir [46℄) et supposons

que X , U , W , Z et Y sont des Hilberts séparables, A générateur innitésimal d'un C0 -semi-


groupe sur X , et que B1 , B2 ... sont des opérateurs linéaires bornés sur leur espa e. Le système

ave une sortie à ontrler est le suivant :



 ′
 x (t) = Ax(t) + B1 w(t) + B2 u(t), x(0) = x0 ,
z(t) = C1 x(t) + D12 u(t), (5.23)

 y(t) = C x(t) + D w(t),
2 21 t ≥ 0.

On her he un ontrleur K qui stabilise e système et garantisse un gain L2 entre w et z plus

petit que γ :kw 7→ zk < γ . Le ontrleur robuste K est donnée par une EDP de la forme :

(
p′ (t) = Mp(t) + Ny(t), p(0) = p0
(5.24)
u(t) = Lp(t) + Ry(t), t ≥ 0,

ave M , N , L, et R des opérateurs à al uler. En notant le rayon spe tral ρ, nous avons le

résultat suivant (voir [140℄) :

Théorème 5.5 Il existe un ontrleur K tel que le système (5.23) ave le ontrle (5.24)
satisfait kw 7→ zk < γ , si et seulement s'il existe deux opérateurs dénis positifs P et Q ∈ L(X)
vériant

58
Chapitre 5 Contrle d'une plaque, appli ation à l'optique adaptative

 A⋆ P + P A + P (γ −2 B1 B1⋆ − B2 B2⋆ )P + C1⋆ C1 = 0 et A + (γ −2 B1 B1⋆ − B2 B2⋆ )P génère un


semi-groupe stable,
 AQ + QA⋆ + Q(γ −2 C1⋆ C1 − C2⋆ C2 )Q + B1 B1⋆ = 0 et A⋆ + (γ −2 C1⋆ C1 − C2⋆ C2 )Q génère
un semi-groupe stable,
 ρ(P Q) < γ 2 .
Dans e as, le ontrleur K est donné par

M = A + (γ −2 B1 B1⋆ − B2 B2⋆ )P − Q(I − γ −2 P Q)−1 C2⋆ C2 ,


N = −Q(I − γ −2 P Q)−1 C2⋆ ,
L = B2⋆ P,
R = 0.

Nous pouvons vérier fa ilement que le théorème 5.5 s'applique à notre situation, en in-
2 2 2 4
troduisant les espa es fon tionnels suivants : X = Hbc (Ω) × L (Ω), W = (L (Ω)) , U =
2
H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω), et Y = Z = (L2 (Ω)) .
Pour tronquer le système et al uler numériquement la ommande robuste du théorème 5.5,

il faut une base de la déformation du miroir e et une base de la perturbation atmosphérique

Φtur séparément. Pour la variable e nous pouvons onsidérer les fon tions de Bessel qui nous

permettent de onstruire les fon tions propres de ∆2 (ave bord libre) :

    
1 λkj r λkj r
zkj (r, θ) = akj Jk + ckj Ik cos kθ
a a
    
2 λkj r λkj r
zkj (r, θ) = akj Jk + ckj Ik sin kθ
a a
ave

 Jk (resp. Ik ) : fon tion de Bessel (resp. modiée) de 1ere espè e et d'ordre k;


 λkj et ckj : oe ients liés aux onditions de bord du miroir ;
 akj : oe ients de normalisation ;
 4
λkj
 sont les valeurs propres asso iées.
a
Pour la variable Φtur nous pouvons utiliser les modes de Zernike (voir les premiers dans la

table 5.4).

Dans [R21℄ nous avons al ulé numériquement la ommande robuste en minimisant le


kφres kL2
rapport : . Ce ritère orrespond justement au ritère de performan e de [77℄ par
kφtur kL2
exemple. Nous avons ensuite ee tué des simulations de Monte-Carlo et noté une atténuation

omparable à [103℄. Cette omparaison prouve l'intérêt de la méthode.

Ces simulations on luent notre étude sur les systèmes d'optique adaptative. Beau oup de

questions restent et nous proposons des pistes de re her he dans les perspe tives (voir à partir

de la page 73).

59
5.4 Contrle robuste d'un miroir bimorphe

60
Chapitre 6
Contrle frontière de systèmes
hyperboliques

Dans ette partie nous allons revoir nos résultats en e qui on erne le ontrle frontière de

systèmes quasi-linéaires hyperboliques. Une proprièté très importante pour nous est l'existen e

de oordonnées de Riemann qui sont un outil pour l'analyse et la ommande de tels systèmes

(voir [18, 78℄ par exemple). Nous étudions l'eet de perturbations sur la stabilité. Ces dernières

sont vues omme des termes non homogènes dans le système hyperbolique et sont supposés

être petits au sens de la norme C 1 (voir le paragraphe 6.2 i-dessous pour plus de détails). Nous

allons étudier une ondition susante en terme de onditions aux bords pour la stabilisation

exponentielle des solutions.

Ce résultat est ensuite appliqué à la régulation de l'é oulement de l'eau dans un anal, en

présen e de petites perturbations. Les ouvertures des portes aux extrémités des biefs sont nos

ommandes. Le modèle onsidéré n'est pas stri tement hyperbolique à ause de la fri tion, de

la pente et de l'apport ou de la perte d'eau le long du anal. Notre ondition susante de

stabilité exponentielle nous permet de al uler un ontrle frontière (don des ommandes de

portes de vannes) pour que le niveau et le débit de l'eau dans le anal onvergent vers l'équilibre

hoisi. Ce ontrle est une fon tion des paramètres physiques des vannes et uniquement des

hauteurs d'eau aux extrémités du anal. C'est don un retour de sortie simple à utiliser sur

des appli ations réelles.

Nous illustrons e résultat par des simulations numériques en utilisant les valeurs numé-

riques d'une rivière (en l'o uren e la Sambre en Belgique), et par des expérimentations sur un

mi ro- anal ( elui de l'E ole d'ingénieurs en systèmes avan és et réseaux (ESISAR), membre

de l'INP Grenoble, située à Valen e).

Dans le paragraphe 6.1, nous introduisons les équations de Saint-Venant permettant de

modéliser un anal ave une petite pente, de la fri tion et éventuellement des fuites (ou de

l'apport) d'eau le long du anal. Nous énonçons la ondition susante de stabilité sur les

systèmes quasi-linéaires non-homogènes dans le paragraphe 6.2. Dans le paragraphe 6.3 nous

61
6.1 Equations de Saint-Venant en présen e de perturbations

appliquons e résultat au modèle introduit dans le paragraphe 6.1 et nous illustrons la onver-

gen e par des simulations numériques. Nous on luons e hapitre par le paragraphe 6.4 ave

des résultats d'expérimentation sur un mi ro- anal.

6.1 Equations de Saint-Venant en présen e de perturba-


tions
Comme motivation de ette étude, étudions le problème de la régulation du débit et du

niveau de l'eau dans un bief. Voir la gure 6.1 où nous avons noté H(x, t) la hauteur de l'eau

dans un anal, et Q(x, t) son débit. Le ontrle est donné par les deux portes aux extrémités

du bief. Diérentes expressions pour les onditions aux bords sont possibles en fon tion de

l'installation hydraulique.

Q 0 ( t )

Q L ( t )

u 0

H 0
( t )
H(x, t) H
L ( t )

u L

Q(x, t) x

0 L

Fig. 6.1  Contrle frontière de l'eau dans un bief.

Nous supposerons que le anal est horizontal, que le bief est re tangulaire (ave une se tion

onstante), et que le anal a des pertes (ou des apports) en eau (ave une invarian e par rapport

au temps) qui ne modie pas l'équation de onservation du moment.

Dans e ontexte les équations de Saint-Venant (ou shallow water equations) s'e rivent

(voir le livre [59℄, et l'arti le historique [113℄), pour tout x ∈ (0, L) et t ≥ 0,


Q(x, t)
∂t H(x, t) + ∂x ( ) = q(x) , (6.1)
B
Q2 (x, t) gBH 2(x, t) Q
∂t Q(x, t) + ∂x ( + ) = gBH(I − J) + kq . (6.2)
BH(x, t) 2 BH
La première équation dé rit une onservation de la masse, tandis que la deuxième une onser-

vation du moment. Dans es équations nous utilisons les notations suivantes :

 g est la onstante de gravitation ;


 q(x) l'apport (ou la perte) d'eau le long du anal ;

 B est la largeur du bief ;

62
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques

 I est la pente ;
n2 Q 2
 J(Q, H) = S(H)2MR(H)4/3 , est la fri tion ;
 k = 0 si q est positif, et k = 1 sinon.
Les onditions frontières dépendent de la onguration physique. Voir [R23℄, ou [47℄ pour

diérentes possibilités. Le hoix que nous allons faire i i est elui d'une porte laissant passer

l'eau par en-dessous en x = 0 et d'une porte laissant passer l'eau par au-dessus en x = L
( omme sur la gure 6.2) :

q
Q(0, t) = U0 Bµ0 2g(zup − H(0, t)), (6.3)

où zup est le niveau d'eau en amont du bief, et

Q2 (L, t) 1/3
H(L, t) = ( ) + hs + UL , (6.4)
2gB 2µ2L

où hs est la hauteur xe de la porte aval. Les quantités µ0 et µL sont des oe ients hydrau-

liques.

Fig. 6.2  Bief muni de deux portes dé rites par (6.3) et (6.4).

Le problème que nous allons étudier est elui de la régulation des portes aux extrémités

pour que

 le ontrle ne dépende que des sorties, 'est-à-dire des variables H(0, t) et H(L, t)
 il existe une solution de notre modèle EDP ;

 l'état (H, Q) onverge vers l'équilibre (propriété d'attra tivité) ;

 la solution reste pro he de l'équilibre (propriété de stabilité).

Le problème de la stabilisation de l'é oulement de l'eau dans un anal en présen e de

perturbations a déjà été étudié, voir par exemple [91℄ pour un ré ent état de l'art. Souvent

des approximations en dimension nie des équations pré édentes sont introduites omme dans

[54, 90℄. Des ommandes H∞ ont été al ulées dans [83, 84℄ et plus ré emment dans [82℄.

63
6.2 Contrle frontière de systèmes hyperboliques quasi-linéaires non-homogènes

Une appro he Lyapunov est possible pour aborder e problème, voir [44, 47℄ pour le as sans

perturbation dans (6.1)-(6.2). Cette méthode a été utilisée pour les systèmes quasi-linéaires

hyperboliques homogènes généraux dans [45℄. Nous reviendrons plus bas sur e dernier résultat

(voir le paragraphe 6.2 plus bas).

Notons aussi que l'appro he utilisée i i est l'étude de l'inuen e des termes non-homogènes

de (6.1)-(6.2) sur l'évolution des oordonnées de Riemann. Cette appro he peut être aussi

utilisée pour la déte tion de fuites dans des anaux d'irrigation ou la déte tion de pannes

de apteurs ou d'a tionneurs. Voir par exemple [14, 35℄. Pour e type de problèmes on peut

al uler un observateur du système et stabiliser le système en erreur.

6.2 Contrle frontière de systèmes hyperboliques quasi-


linéaires non-homogènes
Avant de donner la formulation générale de notre résultat [R20℄ ( o-é rit ave Joseph

Winkin, université de Namur, et Georges Bastin, université de Louvain-la-Neuve) on er-

nant le ontrle frontière de systèmes hyperboliques quasi-linéaires non-homogènes, présen-

tons quelques idées de la démonstration sur les équations de Saint-Venant (6.1)-(6.2). Pour

ela réé rivons notre système sous forme matri ielle :

! ! !
H H q(x)
∂t + A(H, Q)∂x = Q
Q Q gBH(I − J) + kq BH
!
0 1/B
ave la dénition A(H, Q) = . Les valeurs propres de A(H, Q)
gBH − (Q2 /BH 2 ) 2Q/BH
√ √
sont λ1 (H, V ) = (Q/H) − gH , et λ2 (H, V ) = (Q/H) + gH et sont appelées vitesses ara -
téristiques [18℄. On dira que l'é oulement est uvial si λ1 (H, Q) < 0 < λ2 (H, Q). Cal ulons les

équilibres du système. Ave des onditions aux bords onstantes, Q(0, t) = Q̄0 et H(L, t) = H̄L

pour tout t, il existe un équilibre H(x, t) = H̄(x), et Q(x, t) = Q̄(x), pour tout x ∈ [0, L], et

pour tout t, donné par les équations diérentielles :

Q̄′ (x) = Bq(x)


I − J¯ Q̄ (k − 2B)
H̄ ′ (x) = −g H̄ −q 2 ,
λ̄1 λ̄2 B H̄ λ̄1 λ̄2

Le problème de ontrle est de rendre es équilibres lo alement asymptotiquement stables.


√ p
Dans les oordonnées de Riemann
p ξ1 = (Q/H)−2 gH −(Q̄/H̄)+2 g H̄ , et ξ2 = (Q/H)+

2 gH − (Q̄/H̄) − 2 g H̄ , le système (6.1)-(6.2) peut se réé rire

∂t ξ1 + λ1 (ξ1 , ξ2)∂x ξ1 = h1 (ξ1 , ξ2)


(6.5)
∂t ξ2 + λ2 (ξ1 , ξ2)∂x ξ2 = h2 (ξ1 , ξ2)

64
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques

ave des fon tions h1 et h2 qui sont données dans [R23℄. Nous hoisirons notre ontrle pour

que les onditions aux bords soient équivalentes à ξ1 (L, t) = kL ξ2 (L, t), et ξ2 (0, t) = k0 ξ1 (0, t).
Sans perturbation, nous avons h1 = h2 = 0, et don le long des ara téristiques

ẋi (t) = λi (xi , t) , (6.6)

les oordonnées de Riemann sont invariantes. D'après les onditions aux bords, la ondition

k0 kL < 1 est une ondition susante pour la stabilité asymptotique lo ale. Ce as sans pertur-

bation est étudié dans [R3℄ (voir aussi [78℄). En présen e de perturbations, le long des solutions

de (6.6), nous avons

Z t
ξi (xi (t), t) = ξi(xi (0), 0) + hi (ξ1 (xi (s), s), ξ1(xi (s), s))ds ,
0

et don les oordonnées de Riemann ne sont plus invariantes le long des ara téristiques.

En revan he nous pouvons démontrer que si k0 kL < 1 et si les termes non-homogènes sont

susamment petits (par rapport à ξ ) alors nous avons la stabilité asymptotique lo ale. C'est le

résultat prin ipal de [R20℄. Un autre type de termes non-homogènes a été onsidéré dans [R27℄.

Enonçons le résultat prin ipal de [R20℄ dans le as parti ulier d'un système de deux lois de

onservation ave des termes non-homogènes. Pour ela onsidérons ξ : [0, L] × [0, +∞) → R2
tel que :

∂t ξ + Λ(ξ)∂x ξ = h(ξ) (6.7)

où Λ : B(0, ε0) → R2×2 est une fon tion C 1 telle que Λ = diag(λ1 , λ2 ), B(0, ε0 ) est la boule
2
fermée de R entrée en 0 et de rayon ε0 , ave

λ1 (0) < 0 < λ2 (0), (6.8)

et h = (h1 , h2 ) : B(ε0 ) → R2 est une fon tion C1 telle que

h(0) = 0 . (6.9)

Les onditions aux bords de (6.7) seront

! !
ξ1 (L, t) ξ 1 (0, t)
=g , (6.10)
ξ2 (0, t) ξ 2 (L, t)

où g : B(0, ε0) → R2 est une fon tion C1 satisfaisant g(0) = 0. Nous avons la dénition

suivante de ompatibilité des onditions initiales ave les onditions aux bords :

Dénition 6.1 Une fon tion ξ# ∈ C 1 (0, L; R2 ) satisfait la ondition de ompatibilité C si


! !
ξ#
1 (L) ξ#1 (0)
=g ,
ξ#
2 (0)
#
ξ 2 (L)

65
6.2 Contrle frontière de systèmes hyperboliques quasi-linéaires non-homogènes

et
! ! !
λ1 (ξ # (L))∂x ξ # #
1 (L) − h1 (ξ (L)) ξ#
1 (0) λ1 (ξ # (0))∂x ξ # #
1 (0) − h1 (ξ (0))
= ∇g .
λ2 (ξ# (0))∂x ξ # #
2 (0) − h2 (ξ (0))
#
ξ2 (L) λ2 (ξ # (L))∂x ξ # #
2 (L) − h2 (ξ (L))

Nous notons BC (ε0 ) l'ensemble des fon tions ontinûment diérentiables ξ # : [0, L] → B(0, ε0 )
satisfaisant la ondition de ompatibilité C .

Nous introduisons aussi les notations lassiques suivantes. Pour toute fon tion Φ ontinue

sur [0, L] et Ψ ontinûment diérentiable sur [0, L], nous noterons |Φ|C 0 (0,L) = maxx∈[0,L] |Φ(x)|,
′ 2×2
et |Ψ|C 1 (0,L) = |Ψ|C 0 (0,L) + |Ψ |C 0 (0,L) . Pour toute matri e K ∈ R , le rayon spe tral sera noté

ρ(K).
En ollaboration ave Joseph Winkin, université de Namur, Georges Bastin, université de

Louvain-la-Neuve, nous avons alors le résultat suivant (voir [R20℄ pour la démonstration) :

Théorème 6.2 Si ρ(∇g(0)) < 1, alors il existe ε > 0, H > 0, µ > 0, et C > 0 tels que pour
toute fon tion ontinûment diérentiable h : B(0, ε) → R2 telle que h(0) = 0 et |∇h(0)| ≤ H ,
pour toute fon tion ξ# ∈ BC (ε), il existe une et une seule fon tion ξ ∈ C 1 ([0, L]×[0, +∞) ; R2 )
satisfaisant l'équation (6.7), les onditions aux bords (6.10) et la ondition intiale

ξ(x, 0) = ξ # (x) , ∀x ∈ [0, L]. (6.11)

De plus, le système est lo alement exponentiellement stable pour la norme C 1 :

|ξ(., t)|C 1 (0,L) ≤ Ce−µt |ξ # |C 1 (0,L) , ∀t ≥ 0. (6.12)

Ce résultat généralise [R3℄ obtenu en ollaboration ave Jonathan de Halleux, Georges

Bastin, université de Louvain-la-Neuve, Jean-Mi hel Coron, université Paris-Sud, et Brigitte

d'Andréa-Novel, Mines de Paris qui étudie plus parti ulièrement le as des systèmes de lois de

onservation homogènes.

Une autre ondition d'amortissement a été ré emment établie dans [45℄ pour les systèmes

quasi-linéaires de dimension n. Pour énon er e dernier résultat (dans le n=


as parti ulier
2×2
2), nous avons besoin des notations : Pour toute matri e K ∈ R , nous noterons kKk =
max{|Kx|, x ∈ Rn , |x| = 1}, et ρ1 (K) = inf{k∆K∆−1 k, ∆ ∈ D2,+ } où D2,+ désigne
l'ensemble des matri es diagonales de taille 2×2 dénies positives. Nous pouvons alors énon er

le résultat suivant :

Théorème 6.3 ([45℄). Si ρ1 (∇g(0)) < 1 alors le système hyperbolique quasi-linéaire homogène
∂t ξ + Λ(ξ)∂x ξ = 0

est lo alement exponentiellement stable pour la norme H 2 .

Faisons quelques remarques sur e dernier résultat :

66
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques

Remarque 6.4  La démonstration repose sur le al ul d'une fon tion de Lyapunov

omme dans [21, 44, 47℄. La fon tion de Lyapunov al ulée dans [45℄ utilise un terme
−µx
exponentiel e omme dans [42℄ pour la stabilité de l'équation d'Euler. Elle utilise

aussi les dérivées spatiales de ξ d'ordre 2. C'est pourquoi le résultat de [45℄ est valable
2
pour la norme H .

 Comme le al ul de [45℄ donne une fon tion de Lyapunov ave une dé roissan e stri te,

une piste de re her he naturelle est d'utiliser l'inégalité de Lyapunov pour al uler une

marge de stabilité pour les termes non-homogènes, et peut-être démontrer un résultat

de stabilité pour le système hyperbolique quasi-linéaire non-homogène (6.7). Cette dé-

monstration pourrait permettre de al uler la valeur H dans le théorème 6.2.

 Notons aussi que la ondition de stabilité du théorème 6.3 est moins forte que elle de

[78℄ (qui est la même que elle du théorème 6.2) : ρ(∇g(0)) < 1. En eet dans [45℄ il est
montré que pour toute matri e K , nous avons ρ1 (K) ≤ ρ(K) et qu'il existe une matri e
K d'ordre 2 telle que ρ1 (K) < ρ(K).
 Les théorèmes 6.2 et 6.3 posent les questions ouvertes suivantes : est e qu'il existe des

onditions aux bords telles que nous ayons la stabilité exponentielle pour la norme C 1,
mais pas pour la norme H2 ? Et ré iproquement est e qu'il existe des onditions aux
2
bords telles que nous ayons la stabilité exponentielle pour la norme H , mais pas pour
1
la norme C ?

6.3 Validation numérique


Les lois de ommande al ulées dans [R3℄ (en ollaboration ave J. de Halleux, J.-M. Coron,

B. d'Andréa-Novel, et G. Bastin) par une appro he invariants de Riemann sont utilisées et

implémentées dans le adre d'un ontrat industriel liant le CESAME (Université Catholique de

Louvain-la-Neuve) et le servi e d'Etudes Hydrologiques du Ministère Wallon de l'Equipement

et des Transports (Belgique), en harge de l'exploitation des anaux de la Basse Sambre.

Dans [R23℄ o-é rit ave Valérie Dos Santos, Université Lyon 1, nous appliquons le résultat

pré édent aux équations de Saint-Venant (6.1)-(6.2) en présen e de perturbations pour tenir

ompte de la fri tion, de la pente et d'éventuels fuites ou apports d'eau le long du anal.

Plus pré isément, dans le as des onditions frontière (6.3)-(6.4), nous pouvons démontrer

que les ontrles suivants :

Q̄0 √ “√ √ ”
−2 gα0 H0 − H̄0
U0 = H0 B H̄0
√ ,
µ0 2g(zup −H(0,t))
"“ h “√ √ ”i”2 #1/3
Q̄ √
HL BH̄L +2 gαL HL − H̄L
UL = HL − hs − L
2gµ2L
,

1−k0 1−kL
ave α0 = 1+k0
, αL = 1+kL
, H0 = H(0, t) HL = H(L, t), rendent le système en bou le fer-
et
1
mée lo alement asymptotiquement stable pour la norme C . Notons que e sont des ontrles

67
6.3 Validation numérique

frontière qui ne dépendent que de la sortie (si on dénit la sortie omme étant uniquement la

hauteur d'eau aux deux extrémités du bief ). Cette ommande est don fa ilement implémen-

table pour des appli ations.

Nous avons ee tué des simulations numériques en prenant les valeurs numériques de la

Sambre qui est une rivière entre Namur et Charleroi. Les ara téristiques physiques du bief

de la Sambre que nous avons onsidéré sont données dans le tableau 6.1. Nous avons utilisé le

paramètres B L I µ0 nM
(m) (m) = µL (s.m−1/3 )
valeurs 40 11239 7.92e−5 0.4 0.30

Tab. 6.1  Données physiques de la Sambre.

s héma de Preismann pour dis rétiser les équations.

Trois simulations numériques ont été ee tuées (voir la gure 6.3) :

(S1) k0 = −0.25, et kL = −0.16, nous observons que nous avons une stabilité asymptotique ;

(S2) k0 = −0.92, et kL = −0.59, nous observons que nous avons une stabilité asymptotique ;

(S3) k0 = −1.05, et kL = −0.68, nous observons que le système est instable.

Upstream gate
Water flow at upstream
1.5
30
1.4
20
)
−1

1.3
(m)
(m .s

10
3

1.2
0
1.1

−10 equilibrium
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000 1 (S1)
(S1) 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000
t (s) t (s)
(S2) (S2)
Water level at downstream Downstream gate
(S3) 1.8 (S3)
4.75
1.7

4.7 1.6
(m)
(m)

1.5
4.65
1.4

4.6 1.3
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000
t (s) t (s)

Fig. 6.3  Simulations numériques : à gau he, du haut vers le bas : débit et niveau de l'eau en

amont ; à droite, du haut vers le bas : ouverture de la porte amont et aval pour S1 (en trait

plein), pour S2 (en trait dis ontinu) et pour S3 (en pointillés). L'équilibre à atteindre est en

trait mixte.

Nous pouvons vérier que la vitesse de onvergen e augmente ave le produit |k0 kL |. Cette
observation est logique en étudiant la démonstration du théorème 6.2, et le al ul de µ dans

l'inégalité (6.12).

68
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques

L'équilibre qui est représenté sur les graphiques de la gure 6.3 est elui sans perturbation

( 'est le seul al ulable en pratique). Pour éliminer l'é art entre l'équilibre perturbé et l'équi-

libre sans perturbation, il sut de rajouter un petit terme intégral. C'est e que nous avons

fait pour la simulation SI1 (voir la gure 6.4).

Water flow at upstream Water flow at upstream


20 16

14
15
(m3.s−1)

(m3.s−1)
12
10
10

5 8
0 2000 4000 6000 equilibrium
8000 10000 12000 14000 16000 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000equilibrium
16000
t (s) (S1) t (s)
(S2)
Water level at downstream (SI1) Water level at downstream (SI2)
4.75 4.8

4.75
4.7
(m)

(m)

4.7
4.65
4.65

4.6 4.6
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000
t (s) t (s)

Fig. 6.4  Simulations numériques : à gau he, du haut vers le bas : débit et niveau de l'eau en

amont ; à droite, du haut vers le bas : ouverture de la porte amont et aval pour S1 (en trait

plein), pour SI1 (en traits dis ontinus) ave un petit terme intégral. L'équilibre à atteindre est

en trait mixte.

La stabilité asymptotique ave un ontrle frontière proportionnel intégral n'a jamais été

étudié pour des équations hyperboliques quasi-linéaires. En revan he elle a été étudiée dans

[47℄ pour des équations hyperboliques linéaires.

6.4 Validation expérimentale


Nous présentons dans [R23℄ des expérimentations ee tuées sur le mi ro- anal du Labo-

ratoire de Con eption et d'Intégration des Systèmes, dirigé par Eduardo Mendes. C'est un

laboratoire de l'ESISAR, l'é ole nationale supérieure des systèmes avan és et réseaux, située

à Valen e. Cette é ole fait partie du groupe INP Grenoble.

Les ara téristiques physiques du mi ro- anal sont données par le tableau 6.4.

paramètres B(m) L (m) nM (s.m−1/3 ) µ0 µL I

valeurs 0.1 7 1.03 0.6 0.73 1.6e−3

Tab. 6.2  Données physiques du mi ro- anal de Valen e.

69
6.4 Validation expérimentale

Nous avons onsidéré les trois jeux de paramètres suivants :

(E1) k0 = −0.0853, kL = −0.463 ;


(E2) k0 = −0.2134, kL = −1.1575 ;
(E3) k0 = −0.3414, kL = −1.852.
Dans haque as nous avons observé la stabilité asymptotique (voir les graphiques de la gure

6.5).

Upstream water flow Upstream gate


3
(E1)
(E2)
0.55
(E3)
equilibrium
0.5

2.5
0.45
(dm3.s−1)

(dm)

0.4

0.35
2

0.3

0.25

1.5 0.2
50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
t (s) t (s)

Downstream water level Downstream gate


1.65 0.4
(E1)
(E2)
1.6
(E3)
0.35
1.55

1.5
0.3
(dm)

(dm)

1.45

0.25
1.4

1.35
0.2
1.3

1.25
50 100 150 200 250 300 350 400 450 500 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
t (s) t (s)

Fig. 6.5  Expérimentations : à gau he, du haut vers le bas, débit de l'eau en amont, et niveau

de l'eau en aval ; à droite, du haut vers le bas, ouverture de la porte amont, et de la porte aval

pour E1 (en trait plein), pour E2 (en trait dis ontinu) et pour E3 (en pointillés). L'équilibre

à atteindre est en trait mixte.

De nouveau nous pouvons éliminer l'é art entre l'équilibre désiré et elui perturbé en

rajoutant un petit terme intégral dans le al ul du ontrle. C'est e que nous avons fait pour

la se onde expérimentation. Voir les graphiques de la gure 6.6 où l'expérimentation (EI1=E2)

orrespond à (E2) de la gure 6.5. Dans l'expérimentation (EI3), nous avons utilisé un terme

intégral un peu plus grand et nous observons un grand transitoire.

70
Chapitre 6 Contrle frontière de systèmes hyperboliques

Upstream water flow Downstream water level


2.8 1.65
equilibrium
2.6 1.6 (EI1)
(EI2)
1.55 (EI3)
2.4

1.5
2.2
1.45
(dm3.s−1)

2
(dm)

1.4
1.8
1.35
1.6
1.3
(EI1)
1.4
(EI2) 1.25

1.2 (EI3)
1.2
equilibrium
1 1.15
50 100 150 200 250 300 50 100 150 200 250 300
t(s) t (s)

Fig. 6.6  Expérimentations : à gau he, débit de l'eau en amont ; et à droite, niveau de l'eau

en aval pour EI1 (en trait plein), pour EI2 (en trait dis ontinu) et pour EI3 (en pointillés).

71
6.4 Validation expérimentale

72
Perspe tives
Dé rivons les pistes de re her he qui mériteraient d'être étudiées à la le ture de e do u-

ment.

Commande de systèmes de dimension nie


Commandes hybrides Dans le ontexte de la stabilisation de systèmes non-linéaires, je

suis a tuellement deux dire tions de re her he. La première est elle on ernant la synthèse de

retours de sortie hybrides. Dans le as d'informations partielles sur l'état du système, réer une

hystérésis sur la sortie peut ne pas être susant pour dénir un ontrle hybride stabilisant.

Une solution peut être de oupler ette onstru tion ave un observateur (ou au moins un

observateur de la norme). Un premier résultat a été obtenu dans [C35℄, en ollaboration ave

Andrew Teel, université de Santa-Barbara, pour le problème de re ollement de deux retours

de sortie. Nous utilisons une propriété de déte tabilité qui nous permet d'établir l'existen e

d'un estimateur asymptotique de la norme de l'état.

Toujours en ollaboration ave Andrew Teel nous allons fo aliser notre étude sur le as d'un

système soumis à une saturation en entrée. Pour e type de système, nous supposons que nous

pouvons al uler un retour de sortie lo al linéaire et une ommande non-linéaire globale. Nous

essayons de al uler des onditions onstru tibles pour re oller la ommande linéaire lo ale et

la ommande non-linéaire globale en fon tion de la sortie uniquement. Nous envisageons de

al uler des onditions é rites en terme d'inégalités linéaires matri ielles. L'optimisation du

domaine, où la ommande linéaire lo ale est utilisée, est très importante puisqu'elle permet

d'optimiser la vitesse de onvergen e du système bou lé. Ce dernier résultat peut être vu

omme un résultat d'anti-windup puisqu'il permettra d'agrandir le domaine de stabilité d'une

ommande linéaire lo ale.

Fon tions de Lyapunov assignables Une autre piste de re her he est elle de la synthèse

de fon tions de Lyapunov assignables (Control Lyapunov Fun tions, CLF) à partir d'une

propriété de ontrlabilité lo ale (ou de la donnée d'une CLF lo ale) et d'une propriété de

ontrlabilité pratique ( ontrlabilité à un ensemble). Nous avons vu au hapitre 1 qu'il n'était

pas toujours possible de al uler un retour ontinu et stabilisant à partir d'une propriété de

ontrlabilité, et don à partir d'une CLF. En ollaboration ave Vin ent Andrieu, LAAS-

73
Perspe tives

CNRS, je souhaite étudier des onditions susantes pour que l'on puisse al uler une CLF

globale à partir de es deux propriétés de ontrlabilité. La di ulté prin ipale vient du fait

que l'interpolation de deux CLF n'est pas né essairement une CLF.

En ollaboration ave Vin ent Andrieu, Denis Arzelier, et Sophie Tarbourie h, LAAS-

CNRS, j'envisage d'étudier le as d'un système soumis à une non-linéarité de se teur qui

dépend de la taille de l'état, autrement dit qui satisfait une ertaine ondition sur un om-

pa t ontenant l'origine et qui vérie une autre ondition de se teur à l'extérieur d'un autre

ompa t. Sous une propriété de re ouvrement de l'espa e d'état, nous envisageons d'étudier

sous quelles onditions nous pouvons al uler une ommande globale. Nous avons trouvé un

exemple pour lequel il ne sut pas d'envelopper les deux onditions de se teur dans une seule

ondition de se teur pour stabiliser le système non-linéaire. Au ontraire, ave et exemple,

nous espérons démontrer qu'il est né essaire de onserver les onditions de se teur lo ale et

non-lo ale (à l'extérieur d'un ensemble) pour stabiliser e type de systèmes non-linéaires.

Systèmes soumis à d'autres types de non-linéarité Je souhaite poursuivre mes tra-

vaux de re her he pour la synthèse de ommandes stabilisantes optimales pour des systèmes

omportant des non-linéarités de se teur parti ulières. Plusieurs pistes méritent d'être étu-

diées. En ollaboration ave Sophie Tarbourie h et Isabelle Queinne , LAAS-CNRS, j'étudie

diérents problèmes ( omme la stabilité, ou la performan e optimale) de systèmes omportant

un ba klash et une saturation en as ade. Ce type de non-linéarité est une première approxi-

mation des hystérésis présents dans de nombreux systèmes mé aniques et dans les systèmes

bou lés onsidérés au hapitre 1.

Le problème de la synthèse de ommandes omportant un ba klash ou une hystérésis nous

semble aussi intéressant. Pour l'instant nous avons étudié des problèmes d'analyse. Plus géné-

ralement, pour ontre arrer ou au moins limiter l'eet du ba klash, je ompte aussi étudier le

problème de la synthèse de bou le anti-windup. De telles bou les anti-windup existent pour les
systèmes omportant des saturations en amplitude ou en vitesse [129℄. Il est tout à fait naturel

d'étudier la synthèse de gains anti-windup pour des systèmes omportant es autres types de

non-linéarités. Nous envisageons dans un premier temps de al uler des gains statiques, puis

des gains dynamiques (ave un ordre égal à l'ordre du système, ou ave un ordre réduit).

L'anti-windup peut être en entrée ou en sortie du ontrleur.

Systèmes ave réinitialisation En ollaboration ave Thomas Loquen et Sophie Tarbou-

rie h, LAAS-CNRS, nous nous intéressons à l'analyse de systèmes ave réinitialisation. Ce

type de système est présent lorsque l'on utilise une ommande de type First Order Element
(FORE), où l'état de la ommande est remis à zéro sous ertaines onditions de la sortie et

de l'erreur (par rapport à une référen e) du système. Cette lasse de ommandes est parti-

ulièrement intéressante lorsque l'on souhaite faire du rejet de perturbations, pour améliorer

la performan e du système bou lé. On peut même obtenir des performan es qui ne peuvent

pas être atteintes ave des ommandes linéaires lassiques. Le prix à payer est le suivant : la

74
Perspe tives

ommande d'un ontrleur ave réinitialisation a des grandes amplitudes. On omprend alors

qu'il faille étudier l'eet des saturations en entrée du système pour voir si la performan e est

vraiment améliorée. C'est e que nous sommes en train d'étudier. Nous estimons la perfor-

man e (en terme de rejet de perturbation) ainsi que le bassin d'attra tion d'un système soumis

à une saturation et ontrlé par un ontrleur à réinitialisation. Nous souhaitons également

voir l'eet d'une limitation en vitesse de l'entrée du système. Une question ouverte on erne

le as d'un système ave une réinitialisation et une saturation en sortie. Cette dernière modie

la ondition de remise à zéro de l'état du ontrleur.

Equation d'Euler-Bernoulli ontrlée ave des ommandes saturantes Dans le pro-

longement de es travaux, et à l'interfa e des hapitres 3 et 4, je souhaite étudier l'équation

d'Euler-Bernoulli ave des ontrles limités en amplitude. A ma onnaissan e, l'estimation du

bassin d'attra tion de tels systèmes non-linéaires est un sujet en ore peu exploré. Plus généra-

lement la prise en ompte des limitations en amplitude et en vitesse dans le ontrle des EDP

linéaires est une question méritant d'être étudiée à long terme.

Contrle en dimension innie


Prise en ompte d'autres positions de l'a tionneur et du apteur Dans le hapitre

4, nous avons al ulé un ensemble des positions de l'a tionneur et du apteur piézo-éle triques

pour que notre retour de sortie donne une stabilité polynomiale ou exponentielle d'une stru -

ture exible. L'étude a été faite pour le as d'un a tionneur et d'un apteur o-lo alisés et ollés

à l'en astrement. Nous avons hoisi ette onguration physique pour l'a tionneur par e que

'est elle qui est ommunément utilisée pour beau oup d'appli ations de ontrle a tif de vi-

brations [95℄. Il est en eet naturel de penser que la vitesse de onvergen e est plus grande pour

un a tionneur lo alisé près de l'en astrement plutt que du oté libre de la stru ture exible.

Il serait intéressant de reprendre notre étude pour toutes les positions de l'a tionneur/ apteur

(ayant une longueur xe) et de vérier qu'ee tivement la vitesse de onvergen e est la plus

grande lorsque l'a tionneur et le apteur sont du té de l'en astrement. Il serait également

intéressant de voir le as d'un a tionneur et d'un apteur non- olo alisé.

Contrle a tif de vibrations d'un système uide-stru ture En ollaboration ave Lu-

ie Baudouin et Bogdan Robu, LAAS-CNRS, nous nous intéressons à la rédu tion a tive de

vibrations dans un système uide-stru ture de type aile d'avion remplie de arburant. Nous

étudions plus parti ulièrement le ontrle de ellules piézo-éle triques pour réduire les vibra-

tions de la stru ture exible. Nous avons al ulé un modèle EDP pour la stru ture exible (de

type plaque) ouplée à une autre EDP modélisant le mouvement du uide. Nous envisageons

maintenant de al uler une ommande H∞ pour réduire les vibrations et rejeter les perturba-

tions extérieures (telles que l'a élération du bord en astré). Nous souhaitons illustrer notre

75
Perspe tives

appro he et nos résultats sur des simulations numériques. Nous omptons aussi illustrer es

résultats par des expérimentations sur un dispositif réel dont les premiers modes de vibrations

ont les mêmes ara téristiques qu'une aile d'avion remplie de arburant. Ce dispositif expé-

rimental est présent à l'Institut Supérieur de l'Aéronautique et de l'Espa e (ISAE), site de

l'ENSICA.

Contrle d'un miroir déformable dans un système d'optique adaptative Mes tra-

vaux sur les systèmes d'optique adaptative ouvrent de nombreuses perspe tives. La première

serait le al ul de la matri e d'intera tion dont les termes ontiennent l'eet de haque entrée

du miroir déformable sur haque sortie de l'analyseur de front d'onde de Sha k Hartmann.

Cette matri e d'intera tion est mesurée expérimentalement régulièrement. Une piste naturelle

serait d'utiliser le modèle EDP que nous avons développé pour al uler ette matri e d'intera -

tion. Dans un ontexte de ommande robuste, omme elui qui a été onsidéré dans le hapitre

5, al uler la matri e d'intera tion ave le modèle physique du miroir et de l'analyseur de front

d'onde permet de répartir et de quantier les in ertitudes dans la matri e d'intera tion. Par

exemple la température modie les propriétés physiques du miroir bimorphe et on pourrait

envisager de quantier les variations de ertains termes de la matri e d'intera tion en fon tion

de e paramètre. De plus la synthèse de la ommande du miroir adaptatif peut tenir ompte

de es in ertitudes.

Une autre piste de re her he serait de onsidérer les eets non-linéaires dans le système

d'optique adaptative. La première des non-linéarités qui peut être a tive est la limitation

en amplitude des a tionneurs piézo-éle triques. Dans un se ond temps il faudrait étudier les

limitations en vitesse des a tionneurs ainsi que l'eet mémoire des matériaux piezo-éle triques

(qui pourrait être modélisé par une hystérésis). Un autre travail de re her he important à

étudier est l'eet du retard dans la dynamique du système d'optique adaptative. Il existe

plusieurs sour es de retard dans e système. Par exemple l'analyseur de Sha k Hartmann

intègre le front d'onde sur un ertain intervalle de temps et don fournit une information

sur le front d'onde ave un ertain retard. Par ailleurs al uler la ommande à appliquer sur

haque a tionneur peut introduire un retard qu'il faudrait également prendre en ompte.

Contrle frontière de systèmes hyperboliques Dans le prolongement de nos études sur

le ontrle frontière de systèmes hyperboliques, nous proposons de al uler des termes inté-

graux qui, ombinés au terme proportionnel, permettent de stabiliser le système. Nous avons

vu l'intérêt de tels termes sur des simulations numériques ainsi que sur des expérimentations.

Nous proposons de prolonger les résultats théoriques sur les systèmes hyperboliques linéaires

de [47℄ pour étudier les systèmes hyperboliques quasi-linéaires. Une fois en ore, une appro he

utilisant les invariants de Riemann pourrait être utile. En e qui on erne les appli ations

des systèmes hyperboliques, nous pouvons envisager d'utiliser nos résultats ou nos te hniques

pour le tra routier [62℄, ou pour le transport de gaz dans des pipelines [11℄.

76
Perspe tives

A plus long terme, je souhaite aussi étudier les problèmes de ontrle et de stabilisation

en utilisant la lasse de solutions non-régulières. Nous pouvons en eet étudier les solutions

ave ho s qui se propagent le long des solutions. Les résultats de ontrlabilité et de stabilité

peuvent être diérents ave ette lasse de solutions. Les appli ations on ernent aussi les

systèmes autoroutiers, et les réseaux de pipelines. Nous savons en eet qu'en périphérie des

villes, le ux de voitures peut présenter des dis ontinuités qui se propagent et qui peuvent

diminuer le ux moyen d'automobiles ir ulant.

Contrle appro hé d'une EDP ouplée à une EDO Un travail a débuté ave Emma-

nuelle Crépeau, université de VersaillesSaint-Quentin, sur le ontrle appro hé d'une équation

de la haleur ouplée à une équation aux dérivées ordinaires (EDO). Ce type d'équations ou-

plées peut modéliser de nombreux systèmes physiques omme les pots atalytiques où les gaz

no ifs sont aptés dans des sites a tifs le long du pot d'é happement et don ne diusent pas

autant que les gaz inoensifs (ou moins toxiques). On peut aussi utiliser e type de modèles

ouplés pour l'épuration de boues dans des analisations. Nous pouvons vérier que e type

de système n'est pas exa tement ontrlable, il est don intéressant d'étudier la ontrlabilité

appro hée plus spé iquement. Dans [R24℄, nous utilisons une paramétrisation de la solution

du système bou lé pour démontrer une propriété de ontrlabilité appro hée. Ce résultat peut

permettre de faire du suivi de traje toires. Toujours en ollaboration ave Emmanuelle Cré-

peau, je souhaite étudier le as d'une matri e de diusion non-triviale ( 'est-à-dire diérente

de l'identité). La prin ipale di ulté vient du fait que les al uls de paramétrisation de la

solution ne peuvent plus être ee tués expli itement. Il faut alors envisager des estimations

des solutions.

77
Bibliographie

78
Bibliographie
Les référen es alphanumériques [R*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 27}, et [C*℄, ∗ ∈ {1, . . . , 51} renvoient

à mes publi ations (voir à partir de la page 89). Les référen es numériques sont les autres

référen es itées.

[1℄ A. Agra hev, Compa tness for SR minimizers and subanalyti ity, Rend. Sem. Mat. Pol.
Univ. Torino, 56 (4), pp. 1-12, 1998.

[2℄ A. Agra hev, et J. P. Gauthier, On subanalyti ity of Carnot-Carathéodory distan es,

Ann. Inst. H. Poin aré Anal. Non Linéaire, 18 (3), pp. 359-382, 2001.

[3℄ M. Alamir, et N. Mar hand, Constrained minimum-time-oriented feedba k ontrol for

the stabilization of nonholonomi systems in hained form, J. Optimization Theory Appl.,


118 (2), pp. 229-244, 2003.

[4℄ F. An ona, et A. Bressan, Pat hy ve tor elds and asymptoti stabilization, ESAIM :
Control, Optimisation and Cal ulus of Variations, 4, pp. 445-471, 1999.

[5℄ F. An ona, et A. Bressan, Flow stability of pat hy ve tor elds and robust feedba k

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[6℄ F. An ona, et A. Bressan, Nearly time optimal stabilizing pat hy feedba ks, Ann. Inst.
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[7℄ F. Araruna, et E. Zuazua, Controllability of the Kir hho system for beams as limit of

the Mindlin-Timoshenko one, SIAM J. Cont. Optim., 47 (4), pp. 1909-1938, 2008.

[8℄ W. Arendt, et C.J.K. Batty, Tauberian theorems and stability of one-parameter semi-

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dans e mémoire. Ainsi la référen e [R1℄ peut être télé hargée à l'aide du lien :

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Cette liste est arrêtée au 10 juillet 2009.

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