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Cours Adaptation Plancton

Le document traite des adaptations des organismes planctoniques à leur mode de vie, notamment en termes de taille, forme, flottabilité et bioluminescence. Il aborde également la production primaire, en définissant les facteurs écologiques influençant la croissance du phytoplancton, tels que la lumière, la température et les sels nutritifs. Enfin, il décrit la répartition verticale du phytoplancton et les différentes zones d'éclairement dans l'océan.

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Cours Adaptation Plancton

Le document traite des adaptations des organismes planctoniques à leur mode de vie, notamment en termes de taille, forme, flottabilité et bioluminescence. Il aborde également la production primaire, en définissant les facteurs écologiques influençant la croissance du phytoplancton, tels que la lumière, la température et les sels nutritifs. Enfin, il décrit la répartition verticale du phytoplancton et les différentes zones d'éclairement dans l'océan.

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I.

Adaptation à la vie planctonique


Malgré la très grande diversité du plancton, certains caractères généraux donnent
une physionomie particulière aux organismes planctoniques qui est liée à leur mode
de vie en pleine eau. En effet, ce mode de vie requiert des adaptations qui
permettent aux organismes d’éviter d'être vus par les prédateurs puisqu'ils sont
incapables de se déplacer volontairement sur de grandes distances : ils constituent
des proies faciles et de se maintenir dans la colonne d'eau et éviter de couler.

• Taille : Généralement réduction de la taille. Le phytoplancton mesure entre 0.02


et 2mm. Le méso et le macroplancton (essentiel de la biomasse zooplanctonique)
mesure de 0.02mm à 2cm. Exception des méduses acalèphes et des organismes
coloniaux gélatineux (Pyrosomes, Siphonophores) qui peuvent atteindre de
grandes tailles. Ces espèces présentent des densités proches de l’eau.

• Forme de la cellule : les cellules sont souvent allongées, rubanées, tordues en


hélice de façon à tomber en tournant ce qui développe une force de portance.

• Appendices et ornements : la présence de filaments, soies, becs et épines qui


tendent à augmenter la surface de frottement est très courante, notamment en
eaux chaudes. La disposition de ces appendices est souvent asymétrique de
façon à ramener automatiquement l’organisme à l’horizontale. Des membranes
en forme de parachute ou de dérive.

• Coloration: Les organismes planctoniques sont en général peu pigmentés et


tendent même à la transparence (Siphonophores, Méduses…). Chez les
organismes pigmentés, la pigmentation se limite à des organes précis et de petite
taille (ex: les plastes ou les organes de la vision).
• Exceptions : # organismes du pleuston souvent bleus (Vellele, Physalie)
# planctontes des profondeurs (bathyplancton) souvent
colorés en brun ou rouge

 Flottabilité: Les organismes planctoniques doivent se maintenir entre deux eaux


et éviter de couler de la façon la plus économique en énergie que possible.

La vitesse de chute V doit être la plus faible possible. (Loi de Stokes)

 Ils ont pour cela développé plusieurs stratégies qui leur permettent soit de réduire
leur poids soit d'augmenter leur surface de flottaison.

- Ils sont riches en eau avec un corps qui peut être constitué de substances
gélatineuses. Certains individus appartenant au mégaloplancton peuvent
avoir une teneur en eau supérieure à 95 %. À titre de comparaison, le corps
humain en contient 56 %.

- Ils possèdent très peu de formations squelettiques et les organismes qui en


possèdent ont un squelette moins lourd et résistant que les organismes
benthiques. Ex : frustules des diatomées, chitine des Crustacés

1
- Certains organismes possèdent des vacuoles ou des flotteurs remplis de
lipides ou de gaz avec une densité plus faible que l’eau.

- D’autres ont même modifié la composition ionique de leurs cellules : les ions
légers tels que le chlore (Cl) ou le potassium (K) remplacent les sulfates
(SO4) et le magnésium (Mg) de poids moléculaire plus important.

- Ils possèdent des organes qui augmentent leur surface. Par exemple,
certaines diatomées possèdent des filaments. D'autres organismes se
regroupent en colonies (ex : les salpes qui constituent des chaînes pouvant
atteindre plus de 10 m de long).
Ces adaptations n’étant parfois pas suffisantes pour éviter de couler, certains
organismes les ont complétées par une activité motrice réduite par le biais de
cils, flagelles ou de contractions du corps.

 La bioluminescence

La luciférine est une substance à l'origine du phénomène de bioluminescence ou


"photogenèse", par une réaction enzymatique.
La lumière émise est le résultat de l'action d'une enzyme protéique: la luciférase, sur
la luciférine (substrat).
La réaction catalysée nécessite de l'ATP et du dioxygène O2 :

Réaction simplifiée :

(Luciférine + ATP) + (Luciférase + O²) < > Oxyluciférine + Photons

La production de lumière a lieu durant la phase d'oxydation de la luciférine. Le signal


lumineux est décroissant à mesure de la consommation progressive du substrat
(luciférine) et de l'accumulation correspondante du produit (oxyluciférine), inhibiteur
compétitif de la réaction de la luciférine avec l'enzyme (luciférase), du fait qu'une
seconde réaction se produit entre l'oxyluciférine et la luciférase.

 Les différentes formes de bioluminescence


 Production intracellulaire

Les organes responsables d'émissions lumineuses sont les "photophores". Ces


cellules sont composées d'un réflecteur, de cellules très élaborées formant des
couches pigmentaires, de cellules glandulaires et des bâtonnets qui orientent la
lumière vers une grosse cellule unique qui joue le rôle de cristallin. La réaction
enzymatique qui libère les photons se produit à partir des cellules glandulaires.
Exemple: Euphausiacés, Protozoaires, certaines Méduses...

 Production extracellulaire

Les substances responsables de la production de lumière sont émises dans l'eau de


mer. Leur mélange provoque un nuage lumineux.
Exemples: Ostracode (Cyprinida), Copépode (Metridia lucens)

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 Présence de bactéries lumineuses

L'organisme ne possède pas de photophores. Dans ce cas, ce sont des bactéries


présentes dans l'organisme qui sont responsables des émissions lumineuses.
Les Vers de feu (Odontosyllis enopla) usent de ce type d'effet au moment de la
reproduction: les émissions lumineuses des femelles signalent aux mâles l'endroit où
ils doivent se placer pour féconder les œufs libérés.

II. LA PRODUCTION PRIMAIRE

1. Définition : Production de matière vivante par des organismes élaborant leurs


propres substances à partir d’éléments minéraux (la photosynthèse).
On définit la production primaire pélagique étant c’est celle qui est dû au
phytoplancton et la production primaire benthique, celle qui est dû au phytobenthos.

2. Répartition verticale du phytoplancton

Fondamentalement, comme tous les organismes photosynthétiques, les composants


du phytoplancton ont leur croissance dépendante de leur métabolisme du carbone
(C) et de l’acquisition des nutriments (N, P, Si, ...).
Les facteurs écologiques déterminant ces processus sont donc :
- la lumière et l’éclairement
- la température
- les concentrations en nutriments assimilables (éléments nutritifs)
- l’hydrodynamisme et turbulences (couche de mélange)
- le gaz carbonique

La croissance se traduit chez les microorganismes par une augmentation du nombre


de cellules et donc de la taille des populations. Entre les populations peuvent se
produire des interactions, en particulier la compétition pour les substances nutritives
(C, N, P, Si, …), qui vont aussi déterminer leur croissance.

Les différentes observations sur le phytoplancton ont montré de grandes variations


de la surface vers le fond de la répartition du phytoplancton. Ces variations sont
étroitement liées aux facteurs écologiques :

2.1. Lumière

L’observation des différentes couches d’eau du domaine pélagique montre de


grandes variations dans la répartition verticale du phytoplancton et évidemment sa
raréfaction vers les couches profondes, raréfaction directement liée à la diminution
de la lumière. Elle est indispensable mais son excès n’est pas toujours favorable.
En région tempérée, la densité phytoplanctonique n’atteint son maximum que
quelques mètres plus bas que la valeur optimale.
Plus profondément, la lumière diminue et l’activité photosynthétique ralentit
progressivement ; à une certaine profondeur, la profondeur de compensation, ses
effets se trouvent contrebalancés par l’activité respiratoire et au-delà il n’y a plus de
survie végétale.

3
La profondeur de compensation (épaisseur de la couche euphotique) varie avec
l’éclairement, lui-même étant fonction de l’heure, de la saison et la transparence de
l’eau.

Exemple : Région tempérée :la profondeur de compensation se situe vers 40 mètres


Sous les tropiques, dans les eaux claires, elle peut descendre jusqu’à 100mètres.

L'atténuation de la lumière sous l'eau est essentiellement due à l'absorption, la


diffusion ayant une moindre importance. Cette atténuation est fonction de la longueur
d'onde et des caractéristiques physiques et chimiques de l'eau de mer.
La pénétration différentielle des différentes radiations entraine chez les végétaux des
adaptations physiologiques en fonction de leurs compositions pigmentaires.

La présence de pigments adéquat tels que la chlorophylle b et c, les caroténoïdes,


les Xanthophylles permet d’utiliser de manière optimale les différentes longueurs
d’onde, l’énergie captée étant ensuite transféré à la chlorophylle a.

Ex : En milieu stratifié, par faible intensité lumineuse, le phytoplancton augmente sa


teneur en chlorophylle « a » et sa composition pigmentaire s’adapte aux longueurs
d’onde les plus pénétrantes.

A l’inverse, le phytoplancton près de la surface augmente la quantité de pigments


photoprotecteurs comme la Zéaxanthine car la photosynthèse est inhibée par
rayonnement UV.

Chaque végétal possède, en fonction de ses pigments et de son adaptation, un


éclairement limite en-deçà duquel le rendement de la photosynthèse devient négatif.

Les rayons du soleil, parce qu’ils sont diffusés et absorbés rapidement dans l’eau, ne
pénètrent pas au-delà de 200m de profondeur en moyenne. Dès quelques mètres de
profondeur, on ne voit que des tons bleutés puis au fur et à mesure que l’on pénètre
dans les océans l’obscurité prend le dessus.

C’est la raison pour laquelle les végétaux chlorophylliens, bases des chaînes
alimentaires, ne se développent qu’en zone euphotique*.
L’influence de la lumière dépend de :
- sa composition (UV ; Infra-Rouges ; rayons jaune, bleu…),
- son intensité,
- de la durée de l’éclairement sur une période de 24 h (=photopériode).

Selon l’environnement lumineux auquel il est soumis le phytoplancton va présenter


une adaptation qui se caractérise par des modifications des paramètres
photosynthétiques. Les algues adaptées aux fortes intensités lumineuses présentent
un potentiel photosynthétique accru tandis que l’efficacité photosynthétique diminue.

Les algues adaptées aux faibles intensités lumineuses présentent au contraire une
efficacité photosynthétique accrue leur permettant une meilleure utilisation de la
lumière lorsque celle-ci est rare, mais leur potentiel photosynthétique est fortement
diminué.

4
Les algues adaptées aux faibles intensités lumineuses sont par ailleurs plus
sensibles au phénomène de photo-inhibition. Il est important de remarquer qu’il s’agit
d’une adaptation physiologique, c’est-à dire qu’une communauté phytoplanctonique
pourra évoluer de l’un vers l’autre des deux types d’adaptation.

Dans le milieu, on définit 3 zones en fonction de l’éclairement :

 Zone euphotique= zone photique (~0- 50 m) : L’éclairement y est suffisant pour


permettre une photosynthèse normale. Sa limite inférieure est définit arbitrairement
par la profondeur à laquelle parvient 1% de l’intensité lumineuse de surface,
mesurée dans le spectre visible. L'éclairage naturel est suffisant pour permettre aux
végétaux chlorophylliens de pratiquer la photosynthèse et assurer ainsi leur
développement.
Epaisseur de la couche photique dépend des teneurs en MES.

 Zone oligophotique (50 - 500 m) : Descend jusqu’à 500 mètres en moyenne. L’œil
humain y perçoit encore une faible sensation lumineuse et les végétaux autotrophes
ne peuvent y survivre que quelque temps sans s’y développer

 Zone aphotique (au-delà de 500 m) : Va de 500 mètres aux plus grandes


profondeurs. Zone d’obscurité totale. La photosynthèse n'est plus possible,
entraînant une absence de végétation.

La mesure de la lumière émise par l'océan (réflexion et rétrodiffusion) à certaines


longueurs d'onde donne des informations quantitatives sur la teneur en éléments
organiques et autres matériaux en suspension des couches de surface. Cependant
leurs structures étant différentes, les chlorophylles auront des longueurs d’onde
d’absorbance maximales distinctes.

Ex :Les chlorophylles a et b absorbent de la lumière de la région :

Du violet au bleu :Longueur d’asorbance entre 400 et 500nm.

De l’orange au rouge : Longueur d’asorbance entre 650 et 700nm.

L'interprétation de ces mesures apporte des résultats importants pour l'étude de la


photosynthèse et donc du cycle du carbone.

2.2. Température

Elle intervient comme facteur limitant avec des températures au- dessus et au-
dessous desquelles l’activité végétale est interrompue.

La température agit sur la croissance du phytoplancton de façon directe et indirecte.


De manière directe, elle influence le métabolisme des organismes (action sur la
vitesse des réactions enzymatiques). De façon indirecte, la température va
déterminer les conditions de milieu, en particulier l’épaisseur de la couche mélangée

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de surface par l’intermédiaire de la thermocline. Elle conditionnera ainsi partiellement
le déclenchement des blooms.
Les limites de tolérance thermique ainsi que la température optimale varient selon les
espèces.

D’une manière générale, les algues phytoplanctoniques peuvent se développer à


l’intérieur d’une vaste gamme de températures : elles sont donc généralement
eurythermes. Cependant, dans certains milieux particuliers, tels les océans polaires,
on rencontre des espèces plus sténothermes.
C’est le cas en particulier des diatomées Fragilariopsis kerguelensis qui ne peut
croître au-dessus de 7°C, et de
Nitzschia turgiduloides dont la croissance est impossible au-dessus de 10°C. A
l’opposé, la diatomée tropicale Skeletonema tropicum ne peut se développer en
dessous de 13°C.

Dans les hautes latitudes, les espèces survivent en hiver à l’état de vie ralentie ou
sous forme sporulée, pour se multiplier d’une façon spectaculaire lorsque les
conditions deviennent favorables.

Dans l’intervalle des températures nécessaires à la manifestation d’une vie active, il


existe comme pour la lumière un optimum marqué par l’épanouissement généralisé
de l’espèce ou du groupe d’espèces localement prépondérant.

2.3. Les sels nutritifs

Les sels nutritifs (ou macronutriments) sont les différentes formes minérales :
- de l’azote,
- du phosphore
et de la silice essentielles à la croissance du phytoplancton.

 Azote et nitrates

L’azote existe sous différentes formes depuis NO 3- (ion nitrate) à l’ion ammonium
(NH4+) état réduit excrété sous forme de déchet par les organismes vivants.
 L’azote moléculaire N2 le plus abondant dans l’eau, est utilisé directement par
les Cyanobactéries.
 L’azote est utilisé sous différentes formes : ion nitrate, nitrite, ammonium, ou
s/forme de composés organiques (urée, AA).
 La transition NH4+ NO2- NO3- est rapide, l’ion NO3- étant le plus
stable et le plus répandue.
 L’absorption de N implique que le nitrate soit réduit en 2 étapes avant d’être
incorporer dans les molécules organiques :
 NH4+ NO2- NO3- N org.
 Cette réduction en présence d’enzymes (nitrate réductase, nitrite réductase)
nécessite de l’énergie. Ainsi, dans le milieu, le phytoplancton épuisera en 1er
le NH4+ puis nitrites puis les nitrates.

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En Méditerranée, le maxima se distingue entre 800 et 1000m, par un déficit en
éléments nutritifs dû aux échanges avec Atlantique via Gibraltar car les eaux plus
riches en sels nutritifs que les eaux superficielles reçues sont exportées vers
l’Atlantique.

Chez le phytoplancton, la limitation en azote (N) peut affecter un certain nombre de


processus cellulaires comme la photosynthèse et la synthèse des protéines. La
photosynthèse peut être affectée par une réduction de l'efficacité de collecte de
l'énergie lumineuse en raison d'une réduction de la quantité de chlorophylle a qui
contient de l'azote.
En raison de la chute gravitationnelle de la matière particulaire (comme le plancton,
les matières fécales ou les organismes morts), les éléments nutritifs quittent
constamment la zone photique, et ne la réalimentent que par le mélange des eaux et
la remontée des eaux plus profondes.
Cette situation s'aggrave en été en raison du réchauffement des eaux de surface et
de la réduction des vents qui augmentent la stratification verticale et conduisent à
une forte thermocline, car cela rend plus difficile le mélange des eaux et la remontée
des eaux plus profondes riches en éléments nutritifs.

Tout comme la lumière, la température ou la stabilité verticale de la colonne d’eau,


les sels nutritifs jouent un rôle déterminant dans la dynamique du phytoplancton.
Leurs concentrations relatives influencent la quantité de phytoplancton pouvant se
développer (biomasse) et la composition spécifique des communautés.

Le mélange des eaux joue également un rôle important dans la limitation de la


production primaire par les éléments nutritifs. Les nutriments inorganiques, comme
les nitrates, les nitrites, les phosphates et les silicates sont nécessaires au
phytoplancton qui les utilise pour sa croissance.
La turbulence des eaux va quant à elle induire des mouvements verticaux qui
affecteront les algues phytoplanctoniques ainsi que la redistribution des éléments
nutritifs. Selon l’échelle de temps des variations physiques auxquelles il est soumis le
phytoplancton s’adaptera par des modifications des communautés ou diverses
adaptations physiologiques des individus. Aussi, les composants de l’appareil
photosynthétique, les enzymes et les protéines sont, en effet, riches en azote (N) et
en fer (Fe).
Le phosphore (P) (issu des phosphates) est essentiel à la croissance du
phytoplancton et à sa division cellulaire, il est l'un des principaux constituants de
diverses biomolécules (tels que les acides nucléiques et les lipides qui sont
notamment des composants essentiels des membranes cellulaires). Les formes
minérales du phophore directement assimilables par le phytoplancton sont les
orthophosphates (PO43-,HPO42,H2PO4-).

La répartition verticale du Phosphore dans l’océan est similaire à celle des nitrates
avec des teneurs beaucoup plus faibles. Les eaux de surface quasiment
dépourvues, le maxima se situe en eaux intermédiaires.

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Le silicium et silice

Les silicates sont utilisés par certaines diatomées pour la construction de leur
squelette externe siliceux sous la forme d’acide orthosilicique (H4SiO4).
Les cellules phytoplanctoniques sont incapables de synthétiser ces éléments et
doivent se les procurer dans leur milieu de vie sous la forme de nutriments
inorganiques. Ainsi la limitation de la disponibilité de l’un de ces éléments peut
conduire à une diminution de la photosynthèse et par voie de conséquence de la
productivité primaire.
Les diatomées jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des réseaux
trophiques et sont aussi de bons indicateurs de la qualité de l’eau. Les teneurs
augmentent lentement avec la profondeur, et les valeurs maximales se rencontrent
dans les eaux profondes souvent vers le fond. Les concentrations en silice
s’expriment en mg Si/L.

2.4. Turbulence

La turbulence est un des paramètres particulièrement importants dans le


déterminisme des successions phytoplanctoniques. Selon certains auteurs, la
succession des espèces phytoplanctoniques est ainsi principalement contrôlée par
les effets conjoints de turbulence et de la disponibilité en sels nutritifs.

3. Mécanisme de la production

Une masse d’eau reçoit en abondance des sels nutritifs et se trouve soumises à des
conditions favorables de température et d’éclairement. Dans cette masse, le
phytoplancton (les phytoplanctontes) va se multiplier très vite et on assistera à un
développement excessif de la biomasse ;
c’est le phénomène de la « floraison » ou bloom phytoplanctonique

Il semblerait que la stratification et la stabilité des couches d’eau sont des facteurs
importants ; lorsque les eaux sont brassées et homogénéisées en permanence, la
production est plus faible.

Selon l’espèce qui va se développer, il est courant d’assister à des phénomènes


d’eaux colorées ou de mousses. On assiste alors à une eutrophisation des eaux.

L’eutrophisation est définie comme suit :


« Enrichissement des cours d'eau et des plans d'eau en éléments nutritifs,
essentiellement le phosphore et l'azote qui constituent un véritable engrais pour les
plantes aquatiques. L'eutrophisation se manifeste par la prolifération excessive des
végétaux dont la décomposition provoque une diminution notable de la teneur en
oxygène. Il s'en suit, entre autres, une diversité animale et végétale amoindrie et des
usages perturbés. »

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Conséquences de l’eutrophisation des eaux de surface

 Le développement intense d’une espèce de microalgue à la surface empêche


la lumière d’atteindre le fond et perturbe la croissance des espèces qui sont
en profondeur et réduit la diversité biologique.
 La quantité de phytoplancton peut être telle qu’à sa mort, il est dégradé par
des bactéries qui utilisent pour se faire la quasi-totalité de l’oxygène disponible
au fond. Les poissons s’éloignent, tandis que les espèces qui vivent sur le
fond (les espèces benthiques) meurent de ce manque d’oxygène.

 Certaines espèces de phytoplancton produisent des toxines. Si


l’enrichissement de l’eau en nutriments est favorable au développement de
ces microalgues, les toxines peuvent engendrer la mort de certains poissons.
Les mollusques (huîtres, moules) qui se nourrissent de phytoplancton,
accumulent ces toxines. Elles peuvent alors être transmises aux humains qui
les consomment.

Conséquences pour la faune marine

Ces proliférations provoquent généralement une forte turbidité en surface empêchant


toute photosynthèse près du fond et une intense respiration puis une dégradation
aérobie du phytoplancton. Si le réapprovisionnement en oxygène de l’air est mal
réalisé, il peut en résulter une anoxie du milieu et par conséquent la mort de certains
animaux marins par asphyxie. Lorsque l’efflorescence est due à une espèce toxique,
il peut y avoir mort direct d’espèces marines en contact avec la toxine excrétée par la
microalgue.

Bloom phytoplanctonique :
Prolifération à un moment donné, en un lieu donné d’un certain nombre d’espèces
phytoplanctoniques pour laquelle les conditions du milieu sont tout à fait favorables à
leurs développements.

4. Production de substances antibiotiques


Les algues planctoniques produisent naturellement des molécules utilisées pour
des cosmétiques (anti-rides, soin des cheveux, etc.). Il existe encore des milliers
d’espèces d’algues à découvrir, certaines produiront les médicaments de demain. Il a
été démontré que certaines diatomées étaient capables de produire des substances
antibiotiques et bactéricides, concernant directement les activités humaines. Par
exemple, la présence des « bonnes diatomées » dans les milieux de production peut
assurer la prévention des maladies virales et bactériologiques chez les huîtres et les
palourdes d’élevage.
La qualité sanitaire des eaux marines est fonction de la qualité et de la diversité
du phytoplancton.

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5. Variations saisonnières

Des observations régulières en un même lieu montrent des variations d’abondance


de grande amplitude au cours de l’année et qui se répètent suivant un même cycle
d’une année à l’autre.

La répartition saisonnière du phytoplancton présente des cycles marqués par des


différences considérables de densité au cours de l’année. Il peut exister deux
maxima égaux ou nettement différents ou un seul maximum.
Ex : En général, on observe 1 pic annuel en Méditerranée (poussée hivernale, ou
à cheval fin hiver, début printemps et certaine année on observe une poussée
automnale.
On observe 2 pics en Manche…ou dans les mers tempérées froides (une poussée
importante au printemps et une poussée moins importante en automne)
Dans les eaux tropicales, les fluctuations ne sont pas importantes, pas de poussée
phytoplanctonique et pas de cycle qui se répète d’une année à l’autre.

Ex : De mars à mai, développement considérable culminant en mai. En juillet et août


la densité redevient très faible mais en septembre-octobre se produit une nouvelle
poussée suivie par 4 mois à un niveau très bas.
Dans cette région, on observe l’existence de 2 poussées, une printanière et une
automnale ; (Voir Figure).

Ces cycles sont liés aux variations saisonnières des facteurs physico-chimiques dans
les eaux tempérées ou froides. En région tropicale, on a aussi mis en évidence
l’existence de cycles liés, au moins dans les zones côtières, à des variations
cycliques des conditions hydrologiques ou climatiques générales : upwellings,
courants, etc.

6. Variations spatiales

On distingue trois échelles de variations : variation à l’échelle locale, variation à


l’échelle régionale, variation au niveau des grandes unités géographiques.

Si on observe la distribution spatiale du phytoplancton, on note également une


répartition homogène en aires successivement riches et pauvres c’est en dire en
« patches ». Par ailleurs, il a été noté que les pics de densité totale correspondent à
des diminutions de la diversité spécifique.

Les distributions du phytoplancton observées à moyenne ou à très grandes échelles


ont permis de mettre en évidence des régions différentes par rapport à leurs
composition qualitative ou quantitative.
Ex : Région tropicale, région océanique tempérée…(Voir Graphes)

7. Observation du phytoplancton

Détermination « taxonomique » par télédétection spatiale

L'observation des interactions du rayonnement solaire avec les particules marines


permet d'obtenir des informations sur le phytoplancton. Elle est couramment

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effectuée à partir de satellites car cela permet de cartographier l'océan mondial en
concentration en phytoplancton, une méthode appelée "télédétection de la couleur
de l'océan".

Des moyennes hebdomadaires, mensuelles et annuelles de cette concentration sont


calculées de façon à mieux visualiser la variabilité des zones observées. La zone la
plus pauvre en phytoplancton de l'océan mondial a ainsi pu être localisée (Pacifique
Sud) et fait désormais l'objet d'études approfondies.

Ces capteurs spatiaux de « couleur de l’océan » permettent depuis longtemps le


suivi temporel de la concentration en phytoplancton (en fait de la chlorophylle a)
dans les eaux de surface. Alvain et al. (2006, 2008) ont développé une approche
empirique qui permet de relier les mesures spectrales effectuées par les capteur
satellitaires (SeaWiFS, MODIS, …) et la présence de groupes dominantsde
phytoplancton. Cette méthode de classification, appelée PHYSAT, permet d’apporter
une information sur la distribution spatio-temporelle des principaux groupes de
phytoplancton à l’échelle du globe.

Cette méthode indique que les nanoflagellés représentent de 45 à 70% de la


biomasse alors que la contribution des diatomées et de Phaeocystis montre une
variabilité saisonnière plus importante compte tenu des blooms de grande ampleur
qui se produisent notamment dans l’Océan Austral.

 La chimiotaxinomie

La chimiotaxinomie est une méthode exhaustive basée sur l’identification des


pigments caractéristiques des grands groupes phytoplanctoniques. La technique
utilisée est celle de la HPLC (High Performance Liquid Chromatography) qui permet
de séparer et de quantifier les différents pigments phytoplanctoniques, en particulier
les chlorophylles et les caroténoïdes. Des relations existent entre les types de
production (nouvelle et de régénération) et la taille des organismes. Or les pigments
peuvent caractériser d’une certaine façon les différentes classes de taille.

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