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Le document présente une série de problèmes de révision en mathématiques, abordant des thèmes tels que la décomposition polaire, le lemme de Baire, et la diagonalisation des matrices. Chaque section propose des énoncés de problèmes suivis de corrections détaillées, permettant une compréhension approfondie des concepts. Les sujets traités incluent également des applications pratiques et des théorèmes fondamentaux en analyse et algèbre.

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Table des matières

Problèmes de révision proposés par Mohamed Habibi i

I Enoncés des problèmes 1


1 Autour de la décomposition polaire 3

2 Autour du lemme de Baire 7

3 Diagonalisation des matrices de taille 2 par blocs 11

4 Autour des matrices symétriques 13

5 Autour de la décomposition de Dunford et l’exponentielle matricielle 17

6 Autour des endomorphismes cycliques 21

7 Convergence des variables aléatoires 27

8 Autour de et 31

9 Un problème de Minimisation 35

10 Algèbre général 37

11 Autour du théorème d’inversion local 41

12 Autour de l’enveloppe convexe 45

II Correction des problèmes 49


13 Autour de la décomposition polaire 51

14 Autour des matrices symétriques 57

15 Autour du lemme de Baire 63

16 Surjectivité et injectivité de l’exponentielle matricielle 69

iii
iv TABLE DES MATIÈRES

17 Diagonalisation des matrices de taille 2 par blocs 77

18 Autour des endomorphismes cycliques 79

19 Convergence des variables aléatoires 91

20 Autour de et 101

21 Autour du théorème de Tauber 111

22 Un problème de Minimisation 115

23 Algèbre générale 119

24 Autour du théorème d’inversion local 123

25 Autour de l’enveloppe convexe 129


Première partie

Enoncés des problèmes

1
Mohamed Habibi-Problème de révision 1

Autour de la décomposition polaire

Définitions et notations :
• Sn+ = {A 2 Sn (R); Sp(A) ⇢ R+ }.
• Sn++ = {A 2 Sn (R); Sp(A) ⇢ R?+ }.

1.1 Preuve du théorème de la décomposition polaire


Dans cette partie, on munit Mn (R) du produit scalaire canonique :
8(A, B) 2 Mn (R) ⇥ Mn (R), < A, B >= T r(AT B)
et on note k.k la norme associée.
Soit A 2 Mn (R), on se propose de montrer que A = U S avec U 2 On (R) et S 2 Sn (R).
1. Montrer que On (R) est un compact de Mn (R).
2. En déduire l’existence de U 2 On (R) telle que : kU Ak  k⌦ Ak, 8⌦ 2 On (R).
3. Montrer également que :kIn U 1
Ak  k⌦ U 1
Ak, 8⌦ 2 On (R).
Dans la suite, on note S = U 1
A.
4. On note ' : Mn (R) ! R : M 7! kS exp(M )k2 .
(a) Montrer que l’application exp : Mn (R) ! Mn (R) : M 7! eM est différentiable en 0 et
donner dexp(0).H où H 2 Mn (R).
(b) En déduire que l’application ' est différentiable en 0 et que :
8H 2 Mn (R), d'(0).H = 2 < In S, H > .
5. Montrer que si M 2 An (R) alors exp(M ) 2 On (R).
6. En déduire que la restriction de ' au sous espace vectoriel An (R) admet un minimum en
0 et que :
8H 2 An (R), < In S, H >= 0.
7. En déduire que S 2 Sn (R).
Ainsi, A = U S, avec U une matrice orthogonale et S une matrice symétrique.
On admet dans la suite que si A dans Mn (R) ([Link] (R)), alors A = U S avec A 2 On (R)
et S 2 Sn+ ([Link]++ ).

3
4MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 1. AUTOUR DE LA DÉCOMPOSITION POLAIRE

1.2 Applications
1.2.1 Sous groupe compact de GLn (R) contenant On (R)
Dans cette partie, on considère G un sous groupe compact de GLn (R), et on suppose que
On (R) ⇢ G.
Soit M 2 G. On considère sa décomposition polaire polaire M = OS avec O 2 On (R) et
S 2 Sn++ .

1. Vérifier que : 8k 2 N, S k 2 G.

2. En utilisant la compacité de G, montrer que S = In puis que G = On (R).

1.2.2 Une norme subordonnée


On définie sur Mn (R) la norme suivante :

8M 2 Mn (R), ||| M |||= sup{kM Xk2 , kXk2 = 1}

oú k.k2 est la norme euclidienne sur Rn .


On rappelle que si A 2 Mn (R) alors le rayon spectral de A est défini par :

⇢(A) = max{| |, 2 SpC (A)}

1. Montrer que si S 2 Sn++ alors ||| S |||= ⇢(S).

2. En déduire que :
q
8A 2 GLn (R), ||| A |||= ⇢(AT A)

1.2.3 Calcul de la distance d’une matrice a On (R)


Dans la suite, soit A 2 Mn (R), soit U 2 On (R) et S 2 Sn+ telles que A = U S. Il existe
p en plus
D diagonale et P 2 On (R) telle que S = P DP 1 . Pour A 2 Mn (R), on pose kAk = T r(AT A).

1. Montrer que : d(A, On (R)) = d(D, On (R)).

2. On note D = diag( 1 , ..., n ).

(a) Montrer que :

8⌦ 2 On (R), kD ⌦k2 = ⌃ni=1 2


i 2T r(D⌦) + n

(b) Montrer que :


8⌦ 2 On (R), T r(D⌦)  ⌃ni=1 i .

(c) En déduire d(D, On (R)) = kD In k

3. Montrer alors que : d(A, On (R)) = kA U k.


1.2. APPLICATIONS 5

1.2.4 Maximiser une forme linéaire


Soit f une forme linéaire sur Mn (R).

1. Montrer qu’il existe une unique matrice A 2 Mn (R) telle que

f (M ) = T r(AM ), 8M 2 Mn (R).

On considère la décomposition polaire de A : A = U S avec U 2 On (R) et S 2 Sn+ . Il existe


en plus D = diag( 1 , ..., n ) et P 2 On (R) telle que S = P DP 1 .
2. Justifier l’existence de Mn = sup{f (O), O 2 On (R)}
P
n
3. Montrer que Mn = i ..
i=1
Mohamed Habibi-Problème de révision 2

Autour du lemme de Baire

Soit (E, k.k) un e.v.n.


On dit qu’un espace vectoriel normé (E, k.k)) est un espace de Banach si pour toute suite
(xn )n2N d’éléments de E, si ⌃n 0 kxn k converge alors ⌃n 0 xn converge.

2.1 Question préliminaire


1. Soit (E, k.k)) un espace vectoriel normé et F un sous espace vectoriel de E.
z}|{
Montrer que si F 6= ; alors F = E.

2. Soit (E, k.k)) un espace vectoriel normé et F un sous espace vectoriel de dimension finie
E.
Montrer que :
8x 2 E, dF (x) = 0 , x 2 F,
où dF (x) = inf{kx yk, y 2 F .

2.2 Un exemple
Dans cette partie E = R[X] muni de la norme suivante :
P (k)
Si P = 2 R[X], on note N (P ) = max{| P k!(0) |, k 2 N}
k 0

1. Montrer que N est une norme sur E.

2. On considère la suite (Pn )n2N dans E définie par :

Xn
Pn (X) =
n!
P
(a) Montrer que la série Pn converge absolument.
n2N
P
(b) En utilisant la série Pn , montrer que (E, N ) n’est pas un espace de Banach.
n2N

7
8 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 2. AUTOUR DU LEMME DE BAIRE

2.3 Une généralisation


Dans cette partie, E désigne un R-espace vectoriel. On dit que E est a base dénombrable s’il
existe une suite (en )n2N dans E vérifiant :

• Pour tout n 2 N, la famille (e0 , ..., en ) est libre dans E.

• E = V ect(en , n 2 N)

Dans ce cas, on dit que (en , n 2 N) est une base dénombrable de E.


Exemple :R[X] est à base dénombrable et (X n , n 2 N) est une base dénombrable. Dans la
suite de cette partie on suppose que (E, k.k) est un espace vectoriel normé à base dénombrable.

1. Justifier l’existence d’une base dénombrable (en , n 2 N) telle que ken k = 1, pour tout
n 2 N.
On note En = V ect(e0 , .., en ) et (↵n )n2N la suite définie par la relation de récurrence
suivante :
1 1
↵0 = 1, ↵1 = , ↵n+1 = dEn 1 (↵n en ), n 2 N? .
3 3
2. Montrer que 0 < ↵n+1  ↵n
3 pour tout n 2 N.

3. En déduire que la série ⌃↵n en converge absolument.

4. Montrer que la série ⌃↵n en n’est pas convergente dans E. (On pourra raisonner par l’ab-
surde)

Ansi, si E est à base dénombrable, alors pour toutes normes k.k sur E, (E, k.k) n’est pas un
espace de Banach.

2.4 Théorème de Baire dans un espace de Banach


Dans cette partie, on se propose de montrer le théorème de Baire :
Si (E, k.k) est
T un espace de Banach, alors pour toute suite (⌦n )n2N d’ouverts, dense dans E,
l’intersection ⌦n est dense dans E.
n2N

2.4.1 Théorème de Baire


1. Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé. Montrer que les assertions sont équivalentes :
T
• Pour toute suite (⌦n )n2N d’ouverts dense dans E, l’intersection ⌦n est dense dans
n2N
E.
S
• Pour toute suite (Fn )n2N de fermés de E d’intérieurs vides, la réunion Fn est
n2N
d’intérieur vide.

2. Dans cette question, on suppose que (E, k.k) est un espace de Banach.
T
Soit (⌦n )n2N d’ouverts dense dans E, et A = ⌦n . On considère également un ouvert U
n2N
non vide de E.

(a) Justifier l’existence d’une boule fermée B(x0 , r0 ) avec r0 > 0, contenu dans U \ ⌦0 .
2.4. THÉORÈME DE BAIRE DANS UN ESPACE DE BANACH 9

(b) Montrer l’existence x1 2 E et r1 2]0, r20 [ tels que B(x1 , r1 ) ⇢ B(x0 , r0 ) \ ⌦1 .


(c) En déduire l’existence d’une suite (xn )n2N dans E et d’une suite (rn )n2N dans R?+
vérifiant rn < rn2 1 et B(xn , rn ) ⇢ B(xn 1 , rn 1 ) \ ⌦n
T
(d) Démontrer que B(xn , rn ) est réduite à un singleton.
n2N

(e) Conclure que A \ U est non vide puis que A est dense dans E.

2.4.2 Application 1
On se propose de montrer le résultat de la partie 2 en utilisant le théorème de Baire :
Si E est à base dénombrable, alors pour toutes norme k.k sur E, (E, k.k) n’est pas un espace
de Banach. Pour cela, on va raisonner par l’absurde :
Supposons que (E, k.k) est un espace de Banach, et considérant (en , n 2 N) une base dénom-
brable de E.
1. Justifier que Fn = V ect(e0 , .., en ) est un fermé d’intérieur vide de E.

2. Aboutir à une contradiction en utilisant le théorème de Baire.

2.4.3 Application 2
Soit (E, k.k) un espace de Banach et f 2 L(E) un endomorphisme continue. On suppose que :

8x 2 E, 9nx 2 N; f nx (x) = 0

avec f nx = f .. f (composition nx fois).


Montrer que f est nilpotent. (Indication : On pourra considérer Fn = ker f n )

2.4.4 Application 3
On se propose de montrer qu’il n’existe pas de fonction continue sur Q et discontinue sur
R \ Q. S
On admet que Q est dénombrable : Q = {xn } avec xn Q.
n2N
Soit f : R ! C une fonction. Pour n 2 N, on pose :
1
⌦n = {x 2 R; 9↵x > 0; 8y, z 2] ↵x , ↵x [, |f (y) f (z)| < }.
n
T
1. Montrer que ⌦n est un ouvert. On note A = ⌦n
n2N?

2. Montrer que A est exactement l’ensemble des points de continuité de f .


3. Supposons par l’absurde qu’il existe une fonction f continue sur Q et discontinue sur R \ Q.
S
(a) Justifier que R \ Q = Fn avec Fn un fermé d’intérieur vide.
n2N?

(b) Aboutir à une contradiction en écrivant R = Q [ R \ Q et en utilisant le théorème de


Baire.
Mohamed Habibi-Problème de révision 3

Diagonalisation des matrices de


taille 2 par blocs
✓ ◆
A C
Soient A, B et C dans Mn (C) et M = 2 M2n (C). On se propose d’étudier la
0 B
diagonalisation de M .

3.1 Question préliminaire


Soient A 2 Mn (C) et (P, Q) 2 k[X]2 . Montrer que si P (A) = 0 et P ^ Q = 1 alors
Q(A) 2 GLn (k).

3.2 Quelques cas simples


1. Les matrices suivantes sont-elles diagonalisables ?
✓ ◆ ✓ ◆
I I I In
M1 = n n , M2 = n
0 0 0 In

2. On suppose que A = B et que AC = CA.


(a) Montrer que si A est diagonalisable et C est nulle alors M est diagonalisable.
(b) On suppose dans cette question que M est diagonalisable
i. Calculer M k pour k 2 N? .
ii. En déduire que A est diagonalisable puis que C est nulle.

3.3 Cas général


On se propose de Montrer que M est diagonalisable si et seulement si A et B sont diagona-
lisables et C = U B AU avec U 2 Mn (C).
1. On suppose que A et B sont diagonalisables et C = U B AU avec U 2 Mn (C).
(a) Calculer P (M ) avec P 2 C[X]

11
12MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 3. DIAGONALISATION DES MATRICES DE TAILLE 2 P

(b) En déduire que M est diagonalisable.


2. On suppose que M est diagonalisable.
(a) Montrer que A et B sont diagonalisables.
✓ ◆
X
(b) Vérifier que si X 2 Mn,1 (C) est un vecteur propre de A alors X̃ = est un vecteur
0
propre de M .
(c) Montrer alors l’existence
✓ ◆ d’une
✓ ◆base de M2n,1 (C) formée par des vecteurs propres de
X1 Xn
M de la forme ( , .., , Zn+1 , .., Z2n ) avec (X1 , .., Xn ) une base de Mn,1 (C).
0 0
✓ ◆
P R
(d) En déduire qu’il existe 2 GLn (C), D1 et D2 diagonales dans Mn (C) telles
0 Q
que : ✓ ◆ ✓ 1 ◆ ✓ ◆
P R P P 1 RQ 1 D1 0
M =
0 Q 0 Q 1 0 D2

(e) Conclure l’existence de U 2 Mn (C) telle que C = U B AU


Mohamed Habibi-Problème de révision 4

Autour des matrices symétriques

Définitions et notations :
Soit (E, <, >) un espace préhilbertien et u 2 S(E) et A 2 Sn (R).
1. On identifie Mn,1 (R) et Rn .
2. On dit que u est positif si : 8x 2 E, < u(x), x > 0.
3. On dit que u est défini positif si : 8x 2 E \ {0}, < u(x), x >> 0.
4. On note S + (E) (resp. S ++ (E)) l’ensemble des endomorphismes symétriques positifs (resp.
symétrique défini positif).
5. On dit que A est positive si : 8X 2 Rn , X T AX 0.
6. On dit que A est définie positive si : 8X 2 Rn \}0}, X T AX > 0.
7. On note Sn+ (resp. Sn++ ) l’ensemble des matrices symétriques (resp. symétriques définies
positives).
8. Si B = (e1 , .., en ) une base de E et A = (< ei , ej >)1i,jn . On dit que A est la matrice
du produit scalaire <, > dans la base B.

4.1 Quelques propriétés des matrices symétriques


1. Soit A 2 Sn (R).
Montrer que :
A 2 Sn+ , SpR (A) ⇢ R+ .
Dans la suite on admet que :

A 2 Sn++ , SpR (A) ⇢ R?+ .

2. Soit A 2 Mn (R) (resp. GLn (R)). Montrer que AT A 2 Sn+ ([Link]++ ).


3. On note A = (aij ) 2 GLn (R). Montrer que :
1 X
(det A)2  ( a2i,j )n
n
1i,jn

13
14MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 4. AUTOUR DES MATRICES SYMÉTRIQUES

4. Soit A = (ai,j ) 2 Sn+ de valeurs propres 0  1  ...  n. Montrer que pour tout
i 2 {1, .., n} on a :
1  aii  n.

5. (a) Montrer que la matrice d’une produit scalaire est dans Sn++
(b) Réciproquement, montrer que toutes matrices de Sn++ est la matrice d’un produit
scalaire dans une base.
(c) On considère la matrice d’Hilbert : H = ( i+j1 1 )1i,jn+1 . Montrer que det H > 0.

4.2 Caractérisation des matrices symétriques définies posi-


tives
Pour n 2 N? , A 2 Sn (R) et i 2 {1, .., n}, on note A(i) la matrice carrée d’ordre i extraite de
A, constituée par les i premières lignes et les i premières colonnes de A.
Le but est de démontrer l’équivalence suivante :

A 2 Sn++ , 8i 2 {1, .., n}, det A(i) > 0.

Pour tout n 2 N? , on dira qu’une matrice A de Sn (R) vérifie la propriété Pn si det A(i) > 0 pour
tout i 2 {1, .., n}.
1. Montrer que A 2 Sn++ alors elle vérifie la propriété Pn .
2. Dans les cas particuliers n = 1 et n = 2, montrer directement que toute matrice A 2 Sn (R)
vérifiant la propriété Pn est définie positive.
3. Soit n 2 N? . On suppose que toute matrice de Sn (R) vérifiant la propriété Pn est définie
positive. On considère une matrice A de Sn+1 (R) vérifiant la propriété Pn+1 et on suppose
par l’absurde que A n’est pas définie positive.
(a) Montrer alors que A admet deux vecteurs propres linéairement indépendants associés
à des valeurs propres (non nécessairement distinctes) strictement négatives.
(b) En déduire qu’il existe X 2 Mn+1,1 (R) dont la dernière composante est nulle et tel
que X T AX < 0.
(c) Conclure.
4. Soit A 2 Sn (R). A-t-on :A 2 Sn+ , 8i 2 {1, .., n}, det A(i) 0.
Soit A 2 Sn (R).

4.3 Racine carrée


1. Racine dans Sn++ .
Soit S 2 Sn++ .
(a) Déterminer une matrice A 2 Sn++ telle que A2 = S. On dit que A est une racine carrée
de S.
(b) Soit B 2 Sn++ une autre racine carrée de S. Montrer qu’il existe un polynôme Q à
coefficients réels tel que A = Q(B).
4.4. THÉORÈME DE RÉDUCTION SIMULTANÉE ET APPLICATIONS 15

(c) Montrer que la somme de deux matrices symétriques définies positives est une matrice
inversible.
(d) Déduire que A = B.
2. Racine carrée dans S + (E).
Soit E un espace euclidien de dimension n 1 et u 2 S + (E).
(a) Montrer qu’il existe v 2 S + (E) tel que u = v 2 .
(b) On cherche à montrer l’unicité de cet endomorphisme v. On considère alors w 2 S + (E)
tel que u = w2 .
i. Montrer que ker w = ker w2
p
ii. Soit 2 SpR (u) \ {0}. Montrer que w + IdE est bijectif.
iii. En déduire que : p
8 2 SpR (u), wE (u) = IdE
(c) Conclure
3. Soit A = diag( 1, 1). Existe-il une matrice B 2 M2 (R) telle que B 2 = A ?

4.4 Théorème de réduction simultanée et applications


Soit A 2 Sn (R) de valeurs propres 1 , .., n et B 2 Sn++ .
1. (a) Démontrer qu’il existe R 2 GLn (R) telle que B = RT R.
(b) Montrer qu’il existe P 2 GLn (R) telle que A = P T DP et B = P T P , où D est
diagonale. (théorème de réduction simultanée)

2. On suppose de plus que A 2 Sn++ (R).


(a) Montrer que : 8↵ 2]0, 1[, det(↵A + (1 ↵)B) (det A)↵ (det B)1 ↵
.
1 1 1
(b) Montrer que : det(A + B) n (det A) + (det B)
n n
Mohamed Habibi-Problème de révision 5

Autour de la décomposition de
Dunford et l’exponentielle
matricielle
P
+1
Mk
On rappelle que, si M appartient à Mn (C) , on note exp(M ) = k! .
k=0

5.1 Questions préliminaires


1. Soient A et B deux matrices diagonalisables qui commutent.
Montrer qu’il existe P 2 GLn (C) telle que
1
A = P D1 P et B = P D2 P 1
,

avec D1 et D2 sont deux matrices diagonales. On dit alors que A et B sont co-diagonalisable.
2. Soit A 2 Mn (C).
(a) Montrer que exp(A) est un polynôme en A.
(b) On suppose que A est diagonalisable. Montrer que A est un polynôme en exp(A).
(c) Exprimer la décomposition de Dunford de exp(A) en fonction de celle de A.

5.2 La décomposition de Dunford


1. (Lemme des noyaux). Soient P1 , ..., Pm des polynômes premiers entre eux deux à deux,
u 2 L(E). On pose P = P1 ...Pm . Montrer que :
L L
(a) kerP (u) = KerP1 (u) .. KerPm (u).
(b) Les projections ⇡i : KerP (u) ! KerPi (u) relatives à cette décomposition en somme
directe sont des polynômes en u.
2. Soient E un C-espace vectoriel et u 2 L(E). Le polynôme caractéristique de u est noté
Qs
u (X) = (X i)
mi
, où 1 , ..., s sont les valeurs propres distinctes de u.
k=1

17
18MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 5. AUTOUR DE LA DÉCOMPOSITION DE DUNFORD E

L
s
(a) Justifier que E = Fi , avec Fi = ker(u i Id)
mi
k=1
(b) Montrer qu’il existe un unique couple d’endomorphismes (d, n) tels que u = d + n, d
diagonalisable, n nilpotente, d n = n d, de plus d et n sont des polynômes en u.

5.3 Une première application : Rayon spectral d’une ma-


trice
Soit A 2 Mn (C). On note le rayon spectral de A, ⇢(A) = max{| |, 2 C}.
On se donne une norme vectorielle k.k sur Cn et on lui associe la norme matricielle induite
sur Mn (C) qui est définie par :

N (A) = sup{kAXk, kXk = 1}.

1. On suppose dans cette question que A est diagonalisable.


(a) Montrer qu’il existe une constante réelle ↵ > 0 telle que :
1 1
8k 2 N⇤ , N (Ak ) k  ↵ k ⇢(A)
1
(b) En déduire que : ⇢(A) = lim N (Ak ) k
k7 !+1

2. On revient au cas général et on considère la décomposition de Dunford de A = D + N .


(a) Montrer qu’il existe une constante réelle > 0 telle que :

8k n, N (Ak )  k n N (Dk n
).
1
(b) En déduire que : ⇢(A) = lim N (Ak ) k .
k7 !+1
P
3. Montrer que Ak converge si et seulement si ⇢(A) < 1.

5.4 Une deuxième application : Surjectivité et injectivité


de l’exponentielle matricielle
5.4.1 Surjectivité de l’exponentielle matricielle
On se propose de montrer que :

8A 2 GLn (C), 9P 2 C[X], A = exp(P (A)).

1. Montrer le résultat lorsque A est diagonalisable.


2. On suppose que A = In + N , avec N une matrice nilpotente d’indice de nilpotence r. On
pose
r 1
X r 1
X
( 1)k 1 k Xk
P (X) = X , Q(X) =
k k!
k=1 k=0

(a) Montrer que Q(P (X)) = 1 + X + X T (X) où T 2 C[X].


r
5.4. UNE DEUXIÈME APPLICATION : SURJECTIVITÉ ET INJECTIVITÉ DE L’EXPONENTIELLE MATRICIELLE

(b) Calculer exp(P (N )) puis conclure.


(c) Montrer le résultat dans le cas général en utilisant la décomposition de Dunford.
3. Application : En déduire que GLn (C) est connexe par arcs
4. Montrer que l’image de Mn (R) par l’application exponentielle est

{A 2 GLn (R), 9B 2 Mn (R), A = B 2 }.


✓ ◆
1 1
5. Montrer que A = n’a pas d’antécédent dans Mn (R) par l’application exponen-
0 1
tielle.

5.4.2 Injectivité de l’exponentielle matricielle


1. Montrer que si ! est un ouvert non vide de C, l’ensemble des matrices de Mn (C) dont
toutes les valeurs propres appartiennent à ! est un ouvert non vide de Mn (C).
2. Soit U l’ensemble des matrices de Mn (C) telle que :

8 2 SpC (A), |Im | < ⇡.

(a) Justifier que U est un ouvert de Mn (C).


(b) Soit N l’ensemble des matrices nilpotentes dans Mn (C) et L = {N + In , N 2 N }.
P
n
( 1)k+1
Pour L = In + N 2 L, on pose ln(L) = ln(In + N ) = k N k.
k=1

i. Vérifier que si N 2 N alors e 2 L.N

ii. Soient N appartenant à N et f l’application de R dans Mn (C) définie par :

8t 2 R, f (t) = ln (exp(tN )).


0
Montrer que f est dérivable, que f (t) = N .
iii. En déduire que : 8N 2 N, 8t 2 R, ln (exp(tN )) = tN
0 0
(c) Montrer que si D et D appartiennent à U , sont diagonalisables et telles que eD = eD
0
, alors D = D .
(d) Montrer que l’exponentielle matricielle est injective sur U .
Mohamed Habibi-Problème de révision 6

Autour des endomorphismes


cycliques

Rappels et notations :

• k = R ou C

• Soit E un k espace vectoriel de dimension n et u 2 L(E). On dit que u est cyclique s’il
existe x 2 E tel que (x, u(x), ..., un 1 (x)) soit une base de E. Une telle base est appelée
une base cyclique de E associe à u. On note C(E) l’ensemble des endomorphismes cycliques
de E.

• Une matrice A 2 Mn (k) est cyclique si l’endomorphisme de kn canoniquement associé à


M est cyclique. On note Cn (k) l’ensemble des matrices cycliques dans Mn (k).
0 1
0 a0
.. C
B1 . . .
B
B . CC
• Pour (a0 , .., an 1 ) 2 k , on note C(a0 , .., an 1 ) = B
n
.. C. On dit que C(a0 , .., an 1)
@ . .. 0 . A
1 an 1
est une matrice compagnon.

• Pour u 2 L(E), u désigne son polynôme caractéristique et ⇡u son polynôme minimal.

• Pour u 2 L(E), on note

C(u) = {v 2 L(E); u v = v u} et k[u] = {P (u), P 2 k[X].

• Pour A 2 Mn (k), on note

C(A) = {B 2 Mn (k); AB = BA} et k[A] = {P (A), P 2 k[X].

On admet les deux théorèmes suivants :

• GLn (C) est connexe par arcs

• GL+
n (R) = {A 2 Mn (R), det A > 0} est connexe par arcs

21
22MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 6. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

6.1 Questions préliminaire


1. (a) Soient F et G deux sous espaces vectoriels de E. Montrer que F [G est un sous espace
vectoriel de E si et seulement si F ⇢ G ou G ⇢ F .
p
S
(b) Soient p 2, F1 , .., Fp des sous espaces vectoriels de E. Montrer que Fi est un sous
i=1
espace vectoriel de E si et seulement si l’un des Fi contient tout les autres.
(c) L’espace E peut être réunion des sous espaces strictes ?

2. Soit u 2 L(E). Montrer que :

u 2 C(E) , 9B une base de E ; M atB (u) 2 Cn (k).

3. (a) Soir x 2 E \ {0}. Vérifier que Ix = {P 2 k[X]; P (u)(x) = 0} est un idéal de k[X]
engendré par un polynôme unitaire ⇡u,x diviseur de ⇡u .
(b) En considérant des sous-espaces vectoriels de la forme ker ⇡u,x (u) montrer l’existence
de x 2 E tel que ⇡u,x = ⇡u .

4. Soir x 2 E \ {0} et H un sous espace vectoriel de E stable par u. On note


x
IH = {P 2 k[X], P (u)(x) 2 H}.

Vérifier que IH
x
est engendré par un polynôme ⇡u,H
x
diviseur de ⇡u

5. Soit u 2 C(E). Montrer que k[u] = C(u).

6.2 Une première Caractérisation des endomorphismes cy-


cliques
Dans cette partie on se propose de montrer que :

u 2 C(E) , ⇡u = u.

1. On suppose que u 2 C(E). Soit B une base de E telle que M atB (u) = C = C(a0 , .., an 1 ).

(a) Montrer que si P est un polynôme annulateur de C alors deg P n.


(b) En déduire que ⇡u = u.

2. Montrer que si ⇡u = u alors u est cyclique. (On pourra utiliser la partie préliminaire).

6.3 Une deuxième Caractérisation des endomorphismes cy-


cliques
Dans cette partie, on se propose de montrer qu’un endomorphisme est cyclique si et seulement
si, il admet un nombre fini de sous espace stable.
6.4. UTILISATION DES MATRICES COMPAGNON : THÉORÈME DE FROBENIUS 23

6.3.1 Cas particulier :Endomorphisme nilpotent d’indice de nilpotence


maximal
Soit u 2 L(E) un endomorphisme nilpotent d’indice de nilpotence p.

1. Justifier que p  n

2. On suppose dans cette question que p = n.

(a) Vérifier que u 2 C(E)


(b) Montrer que : 8k 2 {1, .., n}, dim ker uk = k.
(c) Montrer que pour tout entier k dans {1, .., n}, le sous espace ker uk est le seul sous
espace de E de dimension k stable par u.

6.3.2 Généralisation
Soit u 2 L(E).

1. On suppose que u possède un nombre fini de sous espaces strictes de E stable, notés
S
r
F1 , .., Fr . On note également F = Fi .
i=1

(a) Justifier l’existence d’un vecteur x 2 E \ F .


(b) En déduire que u est cyclique.

2. On suppose que u est cyclique. Soit x 2 E tel que (x, u(x), ..., un 1 (x)) soit une base de E.
On considère également H un sous espace vectoriel de E stable par u et

(a) Vérifier que V ect(ui (⇡u,H


x
(u)(x)), i 2 N) ⇢ H.
(b) Montrer V ect(ui (⇡u,H
x
(u)(x)), i 2 N) = H.
(c) Conclure.

6.4 Utilisation des matrices compagnon : Théorème de Fro-


benius
Pour x 2 E on note Cx = {P (u)(x), P 2 k[X]}.

1. Vérifier que Cx est le plus petit sous espace vectoriel de E contenant x. Quelle est sa
dimension ?

2. Soit x 2 E tel que ⇡u,x = ⇡u .


On se propose de montrer que Cx admet un supplémentaire F dans E stable par u.

(a) Que dire si Cx = E ?. Dans la suite Cx 6= E.


On considère F un sous espace vectoriel stable par u, de dimension maximal parmi
les sous L
espaces vectoriel qui sont en somme direct avec Cx et stable par u et notant
G = Cx F .
Supposons par l’absurde l’existence de z 2 E \ G.
24MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 6. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

(b) Montrer l’existence de (R, S) 2 k[X]2 et v 2 F tels que :


⇢ z
deg S < deg ⇡u , ⇡u = S.⇡u,G
z
⇡u,G (u)(z) = R(u)(x) + v

(c) Vérifier qu’il existe A 2 k[X] tel que R = A⇡u,G


z
.
On pose alors y = A(u)(x) et w = z y.
(d) Montrer que F + Cw contient strictement F et qu’il est en somme direct avec Cx , puis
conclure.
3. Montrer alors le théorème de réduction de Frobenius suivant :
Pour tout u 2 L(E), il existe une base B de E dans laquelle la matrice de u est diagonale
par blocs avec des matrices compagnons sur la diagonale.
4. Pour u 2 L(E),on note

k[u] = {P (u), P 2 k[X]} et C(u) = {v 2 L(E); u v = v o}.

(a) Montrer que :


8u 2 L(E), dim C(u) dim E.
(b) Soit u 2 L(E). Montrer alors que :

u 2 C(E) , C(u) = k[u].

6.5 Propriétés topologiques


6.6 Étude topologique de l’ensemble des endomorphismes
cycliques.
Dans la suite, on fixe B une base de E.

6.6.1 C(E) est un ouvert de L(E).


Soit v 2 C(E) et (x0 , v(x0 ), ..., v n 1
(x0 )) une base cyclique de E associe à v.
1. Justifier que l’application f : E n ! F, (x1 , ..., xn ) 7! detB (x1 , ..., xn ) est continue.
2. Montrer avec soins que l’application k : L(E) ! E, u 7! uk (x0 ) est continue.
3. En déduire que l’application : L(E) ! E, u 7! detB (x0 , u(x0 ), ..., un 1
(x0 )) est continue.
4. Montrer alors que C(E) est un ouvert de L(E).

6.6.2 Connexité par arcs de C(E)


1. Cas complexe : k = C.
(a) Montrer que Cn (k) est l’image de GLn (C) ⇥ kn par l’application

f : GLn (C) ⇥ Cn ! Mn (C) : (P, (a0 , .., an )) 7! P C(a0 , .., an )P 1


6.6. ÉTUDE TOPOLOGIQUE DE L’ENSEMBLE DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES.25

(b) En déduire que C(E) est connexe par arcs.

2. Cas réel : k = R.

(a) Montrer que l’ensemble des matrices compagnon est connexe par arcs.
(b) Soit P0 (X) = X n ( 1)n et A0 la matrice compagnon associé à P0 .
On note MP0 l’ensemble des matrices semblables à A0 . Montrer que MP est connexe
par arcs.
(c) Montre alors que Cn (R) est connexe par arcs.

6.6.3 Densité de C(E) dans L(E)


Cas complexe
On suppose que k = C.

1. Montrer que l’ensemble des matrices diagonalisables dans Mn (C) ayant n valeurs propres
distinctes est dense dans Mn (C).

2. Vérifier qu’une matrice de Mn (C) avec n valeurs propres distinctes est cyclique.

3. En déduire que l’ensemble des endomorphismes cycliques est dense dans L(E).

Peut-on appliquer la méthode précédente dans le cas réel ?


On désigne par D (resp.D1 ) l’ensemble des matrices de Mn (R) qui sont diagonalisables (resp.
ayant n valeurs propres distinctes) dans Mn (R).
On note également Un (Rn [X]) l’ensemble des polynômes unitaires de degré n à coefficients
dans R.

1. Soit P 2 Un (Rn [X]).


Montrer que P est scinde sur R si et seulement si, pour tout z 2 C, |P (z)| |Im(z)|n .

2. En déduire que ⌃ = {P 2 Un (Rn [X]), scindé sur R} est fermé dans Un (Rn [X]).

3. Montrer que T = { l’ensemble des matrices de Mn (R), trigonalisable dans Mn (R)} est
fermé dans Mn (R).

4. Montrer alors que D ⇢ T puis que D = T .

5. Montrer alors que D n’est pas dense dans Mn (R).

6. En déduire que contrairement au cas complexe, D1 n’est pas dense dans Mn (R).

Densité dans le cas réel


1. Zéros de fonctions polynomiales.
Soit p un entier naturel non nul. On munit Rp de la norme infini k.k1 .
On note p l’ensemble des fonctions polynomiales sur Rp .
Soit P 2 p. On pose Z(P ) = {(x1 , .., xp ) 2 Rp , P (x1 , .., xp ) = 0}.
Montrer que P est la fonction nulle si et seulement si, l’intérieur de Z(P ) est non vide.
26MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 6. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

2. Densité de Cn (R).
(a) Montrer que M 2 Mn (R) est cyclique si et seulement si rg(In , M, ..., M n 1 ) = n.
Soit Bc la base canonique de Mn (R). Pour I ⇢ J1, n2 K de cardinal n, on définit
l’application :
n 1
AI : Mn (R) ! R; M 7! I (M atBc (In , M, ..., M )

où I est le mineur obtenu en gardant les lignes dont l’indice est dans I.
2
(b) Dans cette question, on confondra les espaces vectoriels Mn (R) et Rn . Montrer que :

Mn (R) \ Cn (R) = {M 2 Mn (R), 8I ⇢ J1 ; n2 K, AI (M ) = 0}.

(c) Montrer que Mn (R) \ Cn (R) est d’intérieur vide.


(d) En déduire que Cn (R) est dense dans Mn (R)
Mohamed Habibi-Problème de révision 7

Convergence des variables aléatoires

Définitions :
Soient Xn , n 2 N,X, des variables aléatoires réelles définie sur un espace probabilisé (⌦, T , P).
• On dit que la suite (Xn )n2N converge en probabilité vers X si :

8✏ > 0, lim P(|Xn X| ✏) = 0.


n7!+1

• On dit que la suite (Xn )n2N converge en moyenne vers X si et seulement si, pour tout
n 2 N, la variable aléatoire |Xn X| possède une espérance et lim E(|Xn X|) = 0.
n7!+1

• On dit que la suite (Xn )n2N converge presque surement vers X si :

P({w 2 ⌦, lim Xn (w) = X(w)}) = 1


n7!+1

7.1 Questions préliminaires


1. Suite exhaustive : Soient I un ensemble au plus dénombrable et (Jn )n2N une suite
croissante de parties de I dont la réunion est égale à I. On considère (ai )i2I est une famille
sommable de nombres complexes.
P
Montrer que la suite ( ai )n2N converge et que :
i2Jn
X X
ai = lim ai
n7!+1
i2I i2Jn

2. Théorème de Césaro :Soit (un )n 1 une suite numérique convergente


Pn de limite L 2 R.
Montrer que la suite Mn des moyenne converge vers L où Mn = n1 k=1 uk .
P an
3. Lemme de Kronecker : Soit (an )n 1 une suite réelle tels que n converge. Montrer
n 1
P
n
que lim 1 ak = 0.
n7!+1 n k=1

4. Loi Zéro-Un de Borel-Cantelli : Soit (An )n2N une suite d’évènement.


P T S
(a) Montrer que si la série P(An ) converge alors P( Ak ) = 0.
n2N k n

27
28MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 7. CONVERGENCE DES VARIABLES ALÉATOIRES

P
(b) Montrer que si les An sont indépendantes et si la série P(An ) diverge alors
\ [
P( Ak ) = 1.
n2N k n

5. Montrer que :
+1 2
X x
8x 2 R, 1[ n,n] (x)  1 + |x|.
n=1
n2

6. Troncature d’une variable aléatoire : Soit X une variable aléatoire réelle telle que
E(X) = 0. Montrer que pour tout ✏ > 0 il existe une variable aléatoire bornée Y telle que
E(Y ) = 0 et E(|X Y |)  ✏.

7.2 Caractérisation de la convergence presque sure


S T
Soit k 2 N? . On pose Ck = {|Xp X|  k1 }
n2N p n
T
1. Vérifier que {w 2 ⌦, lim Xn (w) = X(w)} = Ck
n7!+1 k2N?

2. En déduire que (Xn )n2N converge presque surement vers X, si et seulement si, pour tout
k 2 N? , P(Ck ) = 1
P
3. Montrer que si, pour tout ✏ > 0 la série P(|Xn X| > ✏) converge alors la suite (Xn )nN
converge presque surement vers X.
4. On suppose de plus que les variables aléatoires (Xn )n2N sont indépendantes. Montrer que
Pn )n2N converge presque surement vers 0 si et seulement si, pour tout ✏ > 0, la série
(X
P(|Xn | > ✏) converge.
n2N

7.3 Liens entre les différents modes de convergence


0 0
1. Montrer que si la suite (Xn )n2N converge en probabilité vers X et X , alors X = X presque
surement.
2. Montrer que la convergence en moyenne entraine la convergence en probabilité.
3. Montrer que la convergence presque sure entraine la convergence en probabilité
4. Donner un exemple d’une suite de variable aléatoire qui converge en probabilité vers 0 mais
la convergence n’est pas presque sure.
5. Montrer que si Xn , n 2 N converge en probabilité, alors on peut en extraire une sous suite
qui converge presque surement.
6. Soit Xn , n 2 N des variables aléatoires telle que P(Xn = an ) = pn et P(Xn = 0) = 1 pn
où 0 < pn < 1, lim pn = 0 et an 1.
n7!+1

(a) Montrer que (Xn )n2N converge en probabilité vers 0.


(b) Montrer que (Xn )n2N converge en moyenne vers 0, si et seulement si, lim an pn = 0.
n7!+1
7.4. LOI FAIBLE DES GRANDS NOMBRES DANS L1 29

(c) P
Montrer que (Xn )n2N converge presque surement vers 0, si et seulement si, la série
pn converge.
(d) En choisissant pn et an montrer que la convergence en moyenne n’implique pas la
convergence presque sure, la convergence presque sure n’implique pas la convergence
en moyenne.

7.4 Loi faible des grands nombres dans L1


Soit Xn , n 2 N une suite de variables aléatoires réelles, indépendantes, de même loi et d’es-
pérance finie. On se propose de montrer que ( Snn )n2N? converge en probabilité vers E(X1 ), où
Pn
Sn = Xk .
k=1

1. On suppose que E(X1 ) = 0.


Soit ✏ > 0.
On considère une suite de variable aléatoire indépendantes, de même loi et bornées (Yn )n2N
0
telle que E(Yn ) = 0 et E(|Xn Yn |)  ✏. On pose également, Sn = Y1 +...+Y
n
n
.
0 0
Sn Sn
(a) Montrer que lim V( n ) = 0 puis en déduire que lim E(| n |) =0
n7!+1 n7!+1

(b) Montrer que lim E(| Snn |) = 0


n7!+1

(c) Montrer que ( Snn )n 1 converge en probabilité vers 0

2. Montrer le résultat dans le cas général.

7.5 Loi forte des grands nombres dans L1


Soit Xn , n 2 N une suite de variables aléatoires réelles, indépendantes, de même loi et d’es-
pérance finie. On se propose de montrer que ( Snn )n2N? converge presque surement vers E(X1 ),
Pn
où Sn = Xk .
k=1

7.5.1 Inégalité de Kolmogorov


Soit X1 , ..., Xn des variables aléatoires réelles discrètes,indépendantes, ayant un moment
d’ordre 2, centrées, ainsi que a 2 R? . On pose, pour tout i 2 J1, nK :

Si = X1 + .. + Xi .

1. Montrer l’inégalité de Kolmogorov suivante :

V (Sn )
P(max(|S1 |, .., |Sn |) a)  .
a2
(Indication : On pourra utiliser Bi = ({|S1 | < a} \ .. \ {|Si 1| < a} \ {|Si | a})

2. Soit P
une suite (Xn )n 1 de variables aléatoires réelles
P indépendantes et centrées. On suppose
que V(Xn ) converge. Montrer que la série Xn converge presque surement.
30MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 7. CONVERGENCE DES VARIABLES ALÉATOIRES

7.5.2 Preuve du théorème


Quitte à considérer Xn E(Xn ), dans la suite, on suppose que Xn est centrée pour tout
n 2 N.
0 0 P
n 0
1. On pose Xn = Xn 1|Xn |n et Sn = Xk .
k=1
0
Sn Sn
(a) Montrer que n converge presque surement vers 0.
0
Sn
(b) En déduire que ( Snn )n2N? converge presque surement vers 0, si et seulement si, ( n )n2N
?

converge presque surement vers 0


0
2. Montrer que lim E(Xn ) = 0
n7!+1

0 0 P
n
3. On pose X̃k = Xk E(Xk ) et S˜n = X̃k .
k=1
0
S
Montrer que converge presque surement vers 0, si et seulement si, ( S̃nn )n2N?
( nn )n2N?
converge presque surement vers 0
P ˜
4. Montrer que la série V ( Xkk ) converge.
k 1

5. Conclure
Mohamed Habibi-Problème de révision 8

Autour de et

8.1 Question préliminaire


1. Soit f : R?+ ! R une fonction convexe vérifiant :
8x > 0, f (x + 1) = f (x).
Montrer que f est une fonction constante.
2. Fonction et convexité
R +1
On note (x) = 0 tx 1
e t dt.
(a) Donner le domaine de définition de la fonction .
(b) Montrer que la fonction est de classe C 1 sur R?+ .
(c) Montrer que la fonction ln est convexe sur R?+ .

8.2 Autour de la constante d’Euler


P
n
On note = lim 1
ln n
n7!+1 k=1 k

1. Justifier l’existence de et que 0   1.


2. quelques formes intégrales de :
P
n R1 1 (1 t)n
(a) i. Montrer que 1
k = 0 t dt.
k=1
R1 1 e t +1 e tR
ii. Montrer que = 0 t dt 1 t dt.
R +1 t
(b) i. Montrer que = 0
e ln tdt.
R1
ii. En déduire que = 0 ln ( ln t)dt.
R +1 e t e nt
3. Montrer que 0 t dt = ln n.
4. Montrer (en justifiant la convergence des deux intégrales) que
Z +1 Z +1
1 1 1 1
Hn ln n = e t( t
)dt + e nt ( )dt
0 1 e t 0 t et 1

31
32 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 8. AUTOUR DE ET

5. En déduire que : Z +1
1 1
= e t( t
)dt.
0 1 e t

8.3 Autour de la fonction Gamma


8.3.1 Formule de Stirling :
R +1 t2
p
On admet que 1
e dt = ⇡.
1. Montrer que 8x > 0, (x + 1) = x (x) puis déterminer (n + 1) pour n 2 N? .
R +1
2. Montrer que 2n xn e x dx = o ( (n + 1))
n7!+1

(n+1) R pn ⇣ ⌘n p
3. Montrer que 1
n nn+ 2
⇠ p
n
1+ pu
n
e u n
du.
e n7 !+1
2
4. Montrer que 8x 2] 1, 1[, ln (1 + x)  x x6
p 1
5. Montrer que (n + 1) ⇠ 2⇡e n nn+ 2 .
n7 !+1

8.3.2 Caractérisation de la fonction


nt n!
1. (a) Montrer que 8t > 0, (t) ⇠
t(t+1)...(t+n) .
n7 !+1
(b) Soit f : R?+ ! R?+ une fonction logarithiquement convexe (c’est à dire =ln f est
convexe ), vérifiant f (1) = 1 et la relation fonctionnelle
8x 2 R?+ , f (x + 1) = f (x).

i. Montrer que ln f est convexe sur R?+ .


ii. En déduire que f = . (On pourra montrer qu’une fonction convexe et périodique
est constante)

8.3.3 La fonction
La fonction est définie par
Z 1
y 1
(x, y) = tx 1
(1 t) dt, x > 0, y > 0.
0

On se propose de démontrer la formule suivante :


(x) (y)
(x, y) = .
(x + y)
1. Montrer que la fonction est bien définie sur R?+ ⇥ R?+ et est symétrique.
2. Soit (x, y) 2 R?+ ⇥ R?+ . Montrer que (x + 1, y) = x
x+y (x, y).
On fixe alors y > 0 et on pose g(x) = (x, y) (x + y)
3. Montrer que g est log-convexe et vérifie g(x + 1) = xg(x) pour tout x > 0.
4. Montrer que g(x) = (x) (y) pour tout x > 0, puis conclure.
8.3. AUTOUR DE LA FONCTION GAMMA 33

8.3.4 La fonction Digamma


On note :]0, +1[! R l’application définie par :
0
(x)
8x > 0, (x) =
(x)

P
+1
1. Montrer que pour x > 0, (x) = x
1
+x 1
n(x+n)
n=1
0 R +1
2. En déduire que (1) = = 0
e x
ln xdx.
Mohamed Habibi-Problème de révision 9

Un problème de Minimisation

Dans tout l’énoncé, Rn sera muni de son produit scalaire usuel noté <, > et par sa norme
p
associée définie par kxk = < x, x >.

9.1 Questions préliminaires


1. Unicité de valeur d’adhérence et convergence
Soit (yn )n2N une suite bornée de points de Rn et on suppose qu’elle admet une unique
valeur d’adhérence l. Montrer que (yn )n2N converge vers l.

2. Une fonction continue et coercive atteint son minimum


Soit h : Rn ! R une application continue vérifiant lim h(x) = +1.
kxk!+1

Montrer que h admet un minimum.

9.2 Fonctions convexes


Soient f : Rn ! R une application et ↵ > 0. On dit que f est ↵-convexe sur Rn si pour tout
(x, y) 2 Rn ⇥ Rn et tout 2 [0, 1], on a

f ( x + (1 )y)  f (x) + (1 )f (y) (1 )kx yk2 .
2
Lorsque ↵ = 0, on dit que f est convexe. On suppose que f est différentiable sur Rn . Le but de
cette partie est de montrer que les trois propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) f est convexe sur Rn .
(ii)8(x, y) 2 Rn ⇥ Rn , f (y) f (x)+ < rf (x), y x >.
(iii)8(x, y) 2 Rn ⇥ Rn , < rf (y) rf (x), y x > 0.

1. En considérant l’application g : [0, 1] ! R : 7! f ( x + (1 )x) f (x) (1 )f (x)


avec x et y dans Rn , montrer que (i) ) (ii).

2. Montrer que (ii) ) (i).

3. Montrer que (ii) , (iii).

35
36MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 9. UN PROBLÈME DE MINIMISATION

9.3 Optimisation dans Rn


Soit f : Rn ! R une application différentiable. On considère le problème d’optimisation
suivant :
(?) : min{f (x), x 2 Rn }
On dit que x 2 Rn est solution de (?) si pour tout x 2 Rn , f (x) f (x) .

1. On suppose que f est convexe sur Rn . Montrer que x 2 Rn est solution de (?) si et
seulement si rf (x) = 0.
2. Soit ↵ > 0. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
(1) : f est ↵-convexe.
(2) : 8x, y 2 Rn , f (x) f (y)+ < rf (y), x y > + ↵2 kx yk2 .
(3) : 8x, y 2 Rn , < rf (x) rf (y), x y> ↵kx yk2 .
Désormais on suppose que f est de classe C 1 , ↵-convexe et qu’elle vérifie en plus l’hypothèse
suivante :
(4) : 9M > 0/8x, y 2 RN , krf (x) rf (y)k  M kx yk

3. Montrer que le problème (?) admet une solution unique. On note x cette solution.
4. Soit ⇢ un réel strictement positif qu’on fixera ultérieurement et on définie la suite (xn )n2N
par
x0 2 Rn , xn+1 = xn ⇢rf (xn ).
(a) Montrer que pour tout n 2 N, on a

M 1
f (xn+1 ) f (xn )  [ ]kxn+1 xn k2 .
2 ⇢

Désormais on choisit ⇢ 2]0, M


2
[.
(b) Montrer que la suite (f (xn ))n2N converge dans R puis que lim kxn+1 xn k2 = 0.
n!+1

(c) Montrer que la suite (xn )n2N est bornée.


(d) En déduire que la suite (xn )n2N converge vers x.
Mohamed Habibi-Problème de révision 10

Algèbre général

Rappel-Notations
Soit (G, .) un groupe d’élément neutre e et a 2 G :

• On dit que a est d’ordre fini s’il existe n 2 N? tel que an = e. Dans ce cas l’ordre de a est
défini par :
o(a) = min{k 2 N? , ak = e}.

• le sous groupe de G engendré par a noté est : < a >= ak , k 2 Z avec a0 = e.

• On dit que G est cyclique s’il est fini et s’il existe a 2 G tel que G =< a >. Dans ce cas,
on dit que a est un générateur de G.

• Pour n 2 N? , la fonction indicatrice d’euler est définie par :

'(n) = Card{d 2 J1, nK, d ^ n = 1}.

• Soit k un corps quelconque. Si P (X) = a0 + ... + an X n 2 k[X], le polynôme dérivé de P


0
est P (X) = a1 + ... + nan X n 1 .

10.1 Généralité
1. Théorème de Lagrange
Soit (G, .) un groupe fini et H un sous groupe de G.

(a) Montrer que Card(H) divise Card(G). (On pourra introduire la relation binaire sui-
vante : 8x, y 2 G, xRy , x.y 1 2 H).
(b) En déduire que l’ordre de tout élément dans G divise Card(G).

2. Donner un exemple de groupe infini tel que tous ses éléments sont d’ordre fini.

3. Soient (G, .) un groupe fini, k 2 N? et a 2 G. Montrer que :

o(a)
o(ak ) =
o(a) ^ k

37
38 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 10. ALGÈBRE GÉNÉRAL

4. On se donne deux éléments A et B de Z[X], le polynôme B étant unitaire. Soit A = BQ+R


la division euclidienne de A par B dans C[X].
Montrer que le quotient Q et le reste R sont dans Z[X].

5. Soient p un nombre premier et n 2 J1, p 1K. Vérifier que le polynômes X n 1 est à racines
simples dans Z/pZ.

10.2 La fonction indicatrice d’Euler


Dans la suite (Un , .) désigne le groupe des racines nème de l’unité.

1. Vérifier que Un est cyclique et déterminer ses générateurs. On note Rn l’ensemble des ces
générateurs.

2. Montrer que Un est l’union disjointe des Rd quand d parcourt les diviseurs de n.

3. En déduire que : X
(⇤) : 8n 1, '(n) = '(d).
d|n

où la somme est sur les diviseurs de n.

4. Retrouver la relation précédente (?) autrement. (On pourra penser à une partition de
J1, nK).

10.3 Polynômes cyclotomiques


Q
Pour tout n de N? , on pose n = (X ⇠). On dit que n est le polynôme cyclotomique
⇠2Rn
d’indice n.
pP1
1. Montrer que si p est un entier premier, alors n = Xk.
k=0
Q
2. Soit n 2 N? . Montrer que X n 1= d.
d|n

3. En déduire que pour tout n 2 N? , n 2 Z[X]. (On pourra utiliser une division euclidienne)

10.4 Théorème de la progression arithmétique de Dirichlet


version faible
On se propose de montrer le résultat suivant :
Pour tout entier n 2, il existe une infinité de nombres premiers congru à 1 modulo n.

1. Soit a 2 Z et p un nombre premier. On suppose que :



(i) p| n (a)
(ii) Si d|n et d 6= n alors p - d (a)

(a) Montrer que l’ordre a dans le groupe ((Z/pZ)? , .) est égal à n.


10.4. THÉORÈME DE LA PROGRESSION ARITHMÉTIQUE DE DIRICHLET VERSION FAIBLE39

(b) En déduire que p ⌘ 1 (mod n).


2. Soit N 2 N? , N n et a = 3N !.
(a) Vérifier que | n (a)| 2.
(b) Montrer que si p est un facteur premier de n (a), alors p vérifie les conditions (i) et
(ii).
3. Conclure.
Mohamed Habibi-Problème de révision 11

Autour du théorème d’inversion


local

• Dans tout le problème, U est un ouvert de Rn et f : U ! Rn une application de classe C 1 .

• L’espace vectoriel L(Rn ) des endomorphismes de Rn sera muni de la norme suivante :

kl(x)k
8l 2 L(Rn ), |klk| = sup{ , kxk =
6 0} = sup{kl(x)k, kxk = 1},
kxk

où k.k est une norme fixée sur Rn .


On admet que |k.k| est une norme d’algèbre sur L(Rn ) vérifiant la propriété suivante :

8(x, l) 2 Rn ⇥ L(Rn ), kl(x)k  |klk|.kxk.

• On rappelle que O(Rn ) est l’ensemble des endomorphismes de Rn qui conservent la norme
euclidienne.

• Pour a 2 Rn et R > 0, B(a, R) = {x 2 Rn ; ka xk < R}.

• On dit que f est un C 1 difféomorphisme de U sur V = f (U ) si , f est injective, V est un


ouvert et l’application réciproque f 1 : V ! E est C 1 .

Théorème d’inversion local


On suppose qu’il existe a 2 U tel que df (a) soit un isomorphisme de Rn . On se propose
alors de montrer l’existence ✏ > 0 tel que B(a, ✏) ⇢ U et la restriction de f à B(a, ✏) soit un
C 1 difféomorphisme. On dit que f réalise un C 1 difféomorphisme difféomorphisme au voisinage
de a.
L’objectif du problème est de démontrer le théorème d’inversion local et d’en donné quelques
applications

11.1 Questions préliminaires


1. Soit N une norme d’algèbre sur L(Rn ). Pour u 2 L(Rn ) et R > 0, BN (u, R) désigne la
boule ouverte de L(Rn ) pour la norme N , de centre u et de rayon R.

41
42MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 11. AUTOUR DU THÉORÈME D’INVERSION LOCAL

(a) Montrer que si u 2 L(Rn ) tel que N (u) < 1 alors


+1
X
IdRn u 2 GL(Rn ) et (IdRn u) 1
= uk .
k=0

(b) Montrer que : 8u 2 GL(R ), BN (u,


n 1
N (u 1)
n
) ⇢ GL(R ).
(c) En déduire que GL(R ) est un ouvert de L(Rn ).
n

2. Montrer que {x 2 U ; df (x) 2 GL(Rn )} est un ouvert de U .


3. Montrer que l’application : GL(Rn ) ! L(Rn ) : u 7! u 1
est continue.(Indiction : On
pourra commencer par montrer la continuité en IdRn ).
4. Montrer que si U est convexe alors
Z 1
8x, y 2 U, f (x) f (y) = df (tx + (1 t)y)(x y)dt.
0

11.2 Preuve du théorème d’inversion local


Soit a 2 U tel que df (a) 2 GL(E). Quitte à remplacer f par [df (a)] 1
f , on peut supposer
que df (a) = IdRn .
1. Justifier l’existence de r > 0 tel que B(a, r) ⇢ U et
1
8x 2 B(a, r), |kdf (x) IdRn k|  ,
2
puis que pour tout x 2 B(a, r), df (x) est inversible.
2. En déduire que :
1
(?)8x, y 2 B(a, r), kf (x) f (y) + y xk  kx yk.
2
puis que la restriction de f à B(a, r) est injective.
3. Dans cette question, on se propose de montrer que B(f (a), 2r ) ⇢ f (B(a, r)).
Soit y 2 B(f (a), 2r ).
(a) Justifier l’existence d’une suite (xn )n2N à valeurs dans B(a, r) telle que :
1
x0 = a, 8k 2 N? , xk = xk 1 +y f (xk 1) et kxk+1 xk k  kx1 x0 k.
2k
(b) Montrer que la suite (xn )n2N converge vers x 2 B(a, r) tel que y = f (x).
4. On considère l’ouvert V = B(a, r) \ f 1
(B(f (a), 2r )) et W = B(f (a), 2r ).
(a) Montrer que la restriction de f : V ! W est bijective et que g = f/V1 est lipschit-
zienne.(Indication, on pourra utiliser (?)).
5. Un théorème d’inversion global
On suppose de plus que f est injective et que pour tout x 2 U, df (x) est un isomorphisme.
En utilisant le théorème d’inversion local montrer que :
• f (U ) est un ouvert.
• f est un C 1 difféomorphisme de U sur f (U ).
11.3. APPLICATION :FONCTION STRICTEMENT MONOTONE 43

11.3 Application :Fonction strictement monotone


Dans cette partie, on munit Rn de sa structure canonique. Soit f : Rn ! Rn une application
C telle qu’il existe ↵ > 0 vérifiant :
1

8(x, h) 2 Rn ⇥ Rn , < df (x)h, h > ↵khk2 .

(On dit que f est strictement monotone)


1. (a) Soit x, y 2 Rn . En utilisant la fonction '(t) =< f (ty + (1 t)x), y x >, montrer
que :
(??) < f (y) f (x), y x > ↵ky xk2 ,
(b) En déduire que lim kf (x)k = +1.
kxk7!+1

2. Soit a 2 Rn . On considère l’application Fa : x 7! kf (x) ak2 .

(a) Montrer que Fa atteint un minimum sur Rn en x0 .


(b) Montrer que f (x0 ) = a.
3. Montrer que f réalise un C 1 difféomorphisme de Rn sur Rn .
Mohamed Habibi-Problème de révision 12

Autour de l’enveloppe convexe

Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé et A une partie non vide de E.

• Pour x 2 E, la distance de x à A est définie par :

d(x, A) = inf{kx ak, a 2 A}.

• L’enveloppe convexe de A noté Conv(A) est le plus petit convexe contenant A.

• Théorème de la décomposition polaire : Toutes matrices de Mn (R) est le produit d’une


matrice orthogonale et une matrice symétrique à valeurs propres positives.

• Une matrice A = (ai,j )1i,jn 2 Mn (R) est dite bistochastique si :


n
X n
X
8i, j 2 J1, nK2 , ai,j 0 et ai,k = ak,j = 1,
k=1 k=1

c’est à dire, la matrice A est à coefficient positifs et la somme de chaque ligne ou chaque
colonne est égal à un. On note Bn l’ensemble des matrices stochastiques de Mn (R).

• Une matrice A = (ai,j )1i,jn 2 Mn (R) est dite matrice de permutation si elle est bisto-
chastique et si tous ses coefficients sont égaux à zéro ou un. On note Pn l’ensemble des
matrices de permutation de Mn (R).

12.1 Questions préliminaire


1. On suppose que (E, <, >) est un espace euclidien et que C est un convexe fermé non vide
de E.

(a) Projection sur un convexe fermé :


i. Soit x 2 [Link] que :

9!ax 2 C; d(x, C) = kax xk,

On peut alors définir une application P : E ! C : x 7! P (x) = ax appelée


projection sur le convexe C.

45
46MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 12. AUTOUR DE L’ENVELOPPE CONVEXE

ii. Montrer que P (x) est caractériser par la condition suivante :


8y 2 C, < x P (x), y P (x) > 0.
(Indication : On pourra considérer un vecteur de la forme ty+(1(t)P (x), t 2 [0, 1]).
(b) Séparation d’un point et un convexe fermé
Soit x0 2 E \ C.
Montrer que :
9c 2 R, f 2 L(E, R); 8y 2 C, f (y) < c < f (x0 ).
2. Montrer que :
p
X p
X
Conv(A) = { k xk , p 2 N? , 8k 2 J1, pK, xk 2 K, k 2 [0, 1], k = 1}
k=1 k=1

On dit que les éléments de Conv(A) sont des combinaisons convexes d’éléments de A.
3. Caractérisation des formes linéaires sur Mn (R).
Montrer que les formes linéaires sur Mn (R) sont les applications :
Mn (R) ! R : M 7! T r(AM ) où A 2 Mn (R).

12.2 Théorème de Carathéodory


Dans cette partie, on suppose que la dimension de E est fine et on note n = dim E. on se
propose de montrer que si A est compact alors Conv(A) l’est aussi.
1. Le but de cette question est de montrer que tout éléments de Conv(A) est combinaison
convexe d’au plus n + 1 éléments de A. Pour cela raisonnant par l’absurde et considérant
Pp
x= k xk 2 Conv(A), où p n + 2 est le nombre minimal d’éléments de A intervenant
k=1
dans une écriture de x sous cette forme.
(a) Montrer l’existence de (µ1 , ..., µp ) non tous nuls tels que :
p
X p
X
µk = 0 et µk xk = 0.
k=1 k=1

(b) En considérant ✓ = min{ µii , µi > 0} et ⌫i = i ✓µi , i 2 J1, pK aboutir à une contra-
diction.
2. En déduire alors que Conv(A) est compact.

12.3 Enveloppe convexe du groupe orthogonal


Dans cette partie, on munit M 2 Mn (R) de la norme suivante :
kM Xk
8M 2 Mn (R), |kM |k = sup{ , X 2 Rn \ {0}},
kXk
où k.k est la norme euclidienne sur Rn .
On se propose de montrer que Conv(On (R)) = B, la boule unité fermé de (Mn (R), |k.k|).
12.4. POINTS EXTRÉMAUX 47

1. Montrer que :
Conv(On (R)) ⇢ B.

2. Soit M 2 B.
Supposons par l’absurde que M 62 Conv(On (R)).
(a) Montrer l’existence de A 2 Mn (R) telle que :

sup{T r(AY ), Y 2 On (R)}} < T r(AM ).

(b) Aboutir à une contradiction en utilisant la décomposition polaire de A.

3. En déduire l’existence d’une base de Mn (R) formée par des matrices orthogonales.

12.4 Points extrémaux


12.4.1 Généralité et exemples
Soit E un espace vectoriel et C une partie convexe non vide de E. On dit que x 2 C est un
point extrémal ) C si :
8y, z 2 C, (x 2 [y, z] ) x = y ou x = z),
Autrement dit, il n’existe aucun segment [y, z] ⇢ C de longueur strictement positive tel que
x 2]y, z[. On note E(C) l’ensemble des points extrémaux de C.
1. Montrer que x est un point extrémal de C si et seulement si C \ {x} est convexe.

2. Déterminer les points extrémaux de la boule unité de (R2 , k.k1 ).


3. On note c0 l’espace des suites réelles qui convergent vers 0 muni de la norme infini :

8x = (xn )n2N , kxk1 = sup{|xn |, n 2 N}.

Montrer que la boule unité de c0 ne possède aucun point extrémal.


4. On suppose de plus, que C est compact. Montrer que E(C) 6= ;
5. Montrer que E(B) = On (R). (Indication : Utiliser le théorème de la décomposition polaire)

12.4.2 Théorème de Birkhoff


Dans cette partie, on se propose de démontrer le théorème de Birkhoff : Pn = E(Bn ).
1. Montrer que Bn est compact.
2. Montrer que Pn ⇢ E(Bn ).

3. Soit B 2 Bn . On suppose que chaque ligne de B contienne deux éléments non nuls. Montrer
que B 62 E(Bn ).
4. En déduire alors que E(Bn ) ⇢ Pn . (Indication : On pourra raisonner par récurrence sur la
taille de la matrice).
Deuxième partie

Correction des problèmes

49
Mohamed Habibi-Problème de révision 13

Autour de la décomposition polaire

13.1 Preuve du théorème de la décomposition polaire


Mn (R) On (R)
p
1. • On (R) est borné car pour tout M 2 On (R), kM k = n
• On (R) est fermé car c’est l’image réciproque du fermé {In } par l’application continue,
Mn (R) ! Mn (R); M 7! M T M.
2. L’application Mn (R) ! R; M 7! kA M k est continue car 1-lipschitzienne, par suite sa
restriction sur le compact On (R) atteint son minimum :

9U 2 On (R), kA U k = min{kA M k, M 2 On (R)}.

3. On remarque que si U 2 On (R) alors pour toutes matrices M 2 Mn (R), kU M k = kM k.


Ainsi,
kIn U 1 Ak = kU Ak  kU 1 A U 1 ⌦k, 8⌦ 2 On (R).
De plus, l’application On (R) ! On (R); ⌦ 7! U 1
⌦ est une bijection. Alors
0 0
1 1
kIn U Ak  kU A ⌦ k, 8⌦ 2 On (R).

4. (a) Soit H 2 Mn (R). On a :


+1
X Hk
exp(H) exp(0) = H + .
k!
k=2

Si on munit Mn (R) d’une norme d’algèbre N , alors


+1
X +1
X
Hk N (H)k
N( ) = eN (H) N (H) 1,
k! k!
k=2 k=2

P
+1
Hk
par suite, N ( k! ) H7 = o (N (H)) et on en déduit que la fonction exp est différen-
k=2 !0
tiable en 0 et que :
8H 2 Mn (R), d exp(0).H = H.

51
52MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 13. AUTOUR DE LA DÉCOMPOSITION POLAIRE

(b) ' est la composée des applications

'1 : M 7! kM k2 et '2 : M 7! S exp M,

par suite ' est différentiable en 0 et on a :

8H 2 Mn (R), d'(0).H = d'1 ('2 (0)).d'2 (0).H = d'1 (S In ).( H) = 2 < S In , H > .

5. On a
N
X Mk
(exp M )T = ( lim )T .
N 7!+1 k!
k=1

Comme l’application Mn (R) ! Mn (R); M 7! M T


est continue alors :
N
X N
X N
X
Mk Mk (M T )k
( lim )T = lim ( )T = lim ,
N 7!+1 k! N 7!+1 k! N 7!+1 k!
k=1 k=1 k=1

et puisque la matrice M est antisymétrique, alors :


N
X ( M )k
(exp M )T = lim = exp( M ) = (exp M ) 1
,
N 7!+1 k!
k=1

d’où exp M 2 On (R).


6. • On a :
8M 2 An (R), '(M ) = kS exp M k kIn Sk = '(0),
car exp M 2 On (R), par suite la restriction de ' sur An (R) admet un minimum en 0.
• Soit H 2 An (R). On considère l’application :] 1, 1[! An (R); t 7! tH.
0
Ainsi ' admet un minimum en 0, et par suite (' ) (0) = 0. Alors,
0
d'(0).H = (' ) (0) = 0.

On conclut que,
< In S, H >= 0, 8H 2 An (R).

7. On a < In S, H >= 0, 8H 2 An (R), alors In S 2 An (R)? = Sn (R).


Par suite, S 2 Sn (R).

13.2 Applications
13.2.1 Sous groupe compact de GLn (R) contenant On (R)
1. Comme S = O 1 M, O 1 2 On (R) ⇢ G, M 2 G et G est un sous groupe de GLn (R), alors
S 2 G. Puis toutes les puissances de S reste dans G puisque G est stable par multiplication.
0 1
1 (0)
B .. C
2. D’après le théorème spectral, S = P T DP avec P 2 On (R) et D = @ . A où
(0) n
i > 0 pour i 2 J1, nK.
13.2. APPLICATIONS 53

Toujours, par le fait que G est un sous groupe de GLn (R), Dk 2 G pour tout k 2 N.
Comme de plus G est borné alors pour tout i 2 J1, nK, 0 < i  1.
1
Maintenant, en appliquant le même raisonnement à D 1
, pour tout i 2 J1, nK, 0 < i  1.
Ainsi,
8i 2 J1, nK, i = 1,

et par suite, S = In .
Finalement, toutes matrices dans G est dans On (R et on en déduit que G = On (R).

13.2.2 Une norme subordonnée


1. Soit S 2 Sn++ .

• On considère une valeur propre deA associée à un vecteur propre unitaire, X. On


alors,
| | = kAXk2 ,

et par suite | | ||| A |||. Ainsi,

⇢(A) ||| A ||| .

• On note 0 < 1  ...  n les valeurs propres de A, et (X1 , ..., Xn ) une base ortho-
normale de Rn pour le produit scalaire canonique de vecteurs propres associé respec-
tivement à 1 , ..., n .
P
n
Soit X = ↵k Xk 2 Rn tel que kXk2 = 1. On a :
k=1

n
X
kAXk22 = ↵k2 2
k,
k=1

P
n
comme pour tout k 2 J1, nK, 0 < k  n et ↵k2 = kXk22 = 1, alors :
k=1

kAXk22  2
n,

donc, pour tout X 2 Rn tel que kXk2 = 1, on a kAXk22  ⇢(A).

On conclut que ⇢(A) =||| A |||.

2. On peut écrire A = U S avec U 2 On (R) et S 2 Sn++ . Comme U 2 On (R) alors pour tout
X 2 Rn , kAXk2 = kXk2 et par suite,

||| A |||= sup{kSXk2 , kXk2 = 1} =||| S |||= ⇢(S).

Or puisque S 2 = AT A alors ⇢(AT A) = ⇢(S 2 ) = ⇢(S)2 .


p
De plus, puisque ⇢(S) > 0 alors ⇢(AT A) = ⇢(S).
54MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 13. AUTOUR DE LA DÉCOMPOSITION POLAIRE

13.2.3 Calcul de la distance d’une matrice a On (R)


1. On a :
1 1 1
d(A, On (R)) = inf{kU P DP ⌦k, ⌦ 2 On (R)} = inf{kD P U ⌦P k, ⌦ 2 On (R)},

et puisque l’application On (R) ! On (R); ⌦ 7! P 1


U 1
⌦P est une bijection, alors
0 0
1 1
inf{kD P U ⌦P k, ⌦ 2 On (R)} = inf{kD ⌦ k, ⌦ 2 On (R) = d(D, On (R)).

D’où le résultat.
2. On note D = diag( 1 , ..., n ).

(a) Soit ⌦ 2 On (R). On a :


n
X
kD ⌦k2 = kDk2 2T r(D⌦) + k⌦k2 = 2
i 2T r(D⌦) + n.
i=1

(b) Soit ⌦ = (!i,j )1i,jn 2 On (R). Comme |!i,j |  1 pour 1  i, j  n, et i 0 pour


1  i  n, alors on a :
n
X Xn
T r(D⌦) = !
i i,i  i.
i=1 i=1

(c) D’une part, comme In 2 On (R) alors d(D, On (R))  kD In k . D’autre part, d’après
la question précédente :
n
X
8⌦ 2 On (R), kD ⌦k2 kDk2 2 i + n = kD In k2 .
i=1

On en déduit que d(D, On (R)) = kD In k.


3. On a :
d(A, On (R)) = d(D, On (R)) = kD In k = kS In k = kA U k.

13.2.4 Maximiser une forme linéaire


1. On munit Mn (R) de son produit scalaire canonique. D’a près le théorème de Riesz, il existe
B 2 Mn (R) telle que f (M ) = T r(B T M ). On pose alors A = B T .
2. La forme linéaire f est continue, alors par compacité de On (R), sup{f (O), O 2 On (R)} =
max{f (O), O 2 On (R).
3. On a :
Mn = sup{T r(U SO), O 2 On (R)} = sup{T r(SOU ), O 2 On (R)},
et comme l’application On (R) ! On (R); O 7! OU est une bijection alors,

Mn = sup{T r(S⌦), ⌦ 2 On (R)}.

Par un raisonnement analogue en remplaçant S par P DP 1


, on obtient :
0 0
Mn = sup{T r(D⌦ ), ⌦ 2 On (R)}.
13.2. APPLICATIONS 55

0 0 P
n
Or, on sait déjà que si ⌦ 2 On (R) alors T r(D⌦ )  i, par suite
i=1

n
X
Mn  i.
i=1

0 P
n
Avec ⌦ = In on obtient l’égalité : Mn = i.
i=1
Mohamed Habibi-Problème de révision 14

Autour des matrices symétriques

14.1 Quelques propriétés des matrices symétriques


1. • Supposons que A 2 Sn+ :
Soit une valeur propre de A et X un vecteur propre associé. On a alors :

X T X = X T AX > 0.

Comme X T X > 0 alors > 0.


• Supposons que SpR (A) ⇢ R+ : Soit X 2 Rn \ {0}.
D’après le théorème spectral, A = P T diag( 1 , ..., n )P avec P 2 On (R) et i > 0
pour tout i 2 J1, nK, alors :
Xn
X T AX = 2
i yi ,
k=1
0 1
y1
B .. C
avec P X = @ . A Comme X 6= 0 et P est inversible alors P X 6= 0. Ainsi,
yn

8X 2 Rn \ {0}, X T AX > 0.

2. Si A 2 Mn (R) alors M T M 2 Sn (R).


Si X 2 Rn (resp Rn \ {0}) alors
n
X
XT M T M X = x2i 0( resp > 0),
k=1
0 1
x1
avec M X = @ ... A.
B C

xn

3. D’après le théorème spectral AT A = P T diag( 1 , ..., nP avec P 2 On (R) et i > 0 pour


tout i 2 J1, nK. Ainsi

57
58MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 14. AUTOUR DES MATRICES SYMÉTRIQUES

En utilisant l’inégalité arithmetico-géométrique


n
Y n
1X
(det A)2 = det(AT A) = k ( k)
n
.
n
k=1 k=1

P
n P
Or, k = T r(AT A) = a2i,j .
k=1 1i,jn
Par suite,
1 X
(det A)2  ( a2i,j )n ,
n
1i,jn

d’où le résultat.
4. Soit (V1 , ..., Vn ) une base orthonormale de Rn pour le produit scalaire canonique, formée
par des vecteurs propres de A associés à 1 , ..., n . En notant (E1 , ..., En ) la base canonique
de Rn , alors aii = EiT AEi
Pn
De plus Ei = ↵k Vk . Par suite
k=1

n
X n
X n
X
aii = ( ↵i ViT )A( ↵j VjT ) = ↵i2 i .
i=1 j=1 i=1

Ainsi,
n
X n
X
↵i2 1  aii  ↵i2 n.
i=1 i=1
P
n
Or, comme ↵i2 = EiT Ei = 1 alors
i=1

8i 2 J1, nK, 1  aii  n.

5. (a) Soit (E, <, >) un espace euclidien.


On note B = (ei )1in une base de E et A = (< ei , ej >)1i,jn .
La matrice A est clairement symétrique. De plus, Si X 2 Rn \ {0}, on a :
n X
X n n
X n
X
X T AX = < ei , ej > xi xj =< xi ei , xj ej >=< X, X >> 0,
i=1 j=1 i=1 j=1
10
x1
avec X = @ ... A.
B C

xn
(b) Soit A 2 Sn++ . On pose E = Rn et on définie la forme bilinéaire suivante :

8X, Y 2 Rn , '(X, Y ) = X T AY.

Comme A 2 Sn++ alors clairement, ' est un produit scalaire sur E, de plus on a :

A = ('(Ei , Ej ))1i,jn ,

où (E1 , ..., En ) est la base canonique de Rn .


14.2. CARACTÉRISATION DES MATRICES SYMÉTRIQUES DÉFINIES POSITIVES 59

(c) Montrons que H est la matrice d’un produit scalaire :


On note E = Rn [X] muni du produit scalaire suivant :
Z 1
8P, Q 2 E, < P, Q >= P (t)Q(t)dt.
0

Ainsi, H est la matrice du produit scalaire <, > dans la base (1, X, ..., X n ) et la
matrice H est alors dans Sn++ .
En particulier, det H > 0.

14.2 Caractérisation des matrices symétriques définies po-


sitives
1. Si A 2 Sn++ alors pour tout i 2 llbracket1, nrrbracket, A(i) 2 Si++ . En effet, si X 2 Ri \{0}
alors
X T A(i) X = X̃ T AX̃ > 0,
✓ ◆
X
où X̃ = 2 Rn \ {0}.
0
En particulier, det A(i) > 0.

2. Soit A 2 Sn (R) vérifiant Pn .

• Si n = 1 alors, A est un scalaire strictement positif.


✓ ◆
a c
• On suppose que n = 2. Notons A = .
c b
Par hypothèse, on a :
a > 0 et ab c2 > 0.

Notons et les deux valeurs propres réelle de A pas forcément distinctes. On a


alors : ⇢
+ = T r(A) = a + b
. = det A = ab c2 > 0

Ainsi, et sont non nuls et ont même signe. De plus, ab = . + c2 > 0 et par suite
a et b sont les deux positifs puisque a l’est déjà.
On déduit que et ont même signe et + > 0, d’où

> 0 et > 0.

On conclut que SpR (A) ⇢ R?+ et A 2 Sn++ .


++
3. (a) La matrice A vérifie Pn+1 , en particulier det A > 0. Comme A 2 / Sn+1 alors elle
possède des valeurs propres négatives, leurs nombres comptée avec multiplicité est
forcément paire puisque det A > 0.
Ainsi, A possède deux vecteurs propres linéairement indépendants associés à des va-
leurs propres négatives.
60MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 14. AUTOUR DES MATRICES SYMÉTRIQUES

(b) On note X et X les deux vecteurs obtenus dans la question précédente.


Si la dernière composante de X ou Y est nulle, on a terminé. Si on considère
1 1
Z= X Y.
xn+1 yn+1
où xn+1 (resp. yn+1 ) est la dernière composante de X (resp.Y ).
Ainsi, la dernière composante de Z est nulle et Z T AZ < 0.
(c) On note Zn le vecteur de Rn formé par les n première composantes de Z. Alors

ZnT A(n) Zn = Z T AZ < 0,

D’autre part, comme


8i 2 J1, nK, (A(n) )(i) = A(i) ,
alors A(i) vérifie Pn et elle est alors par hypothèse de récurrence dans Sn++ , ce qui est
absurde puisque ZnT A(n) Zn < 0.
On conclue que A 2 Sn++ .
4. La réponse est négative :
/ S2+ .
Soit A = diag(0, 1). On a alors pour i 2 J1, 2K, det A(i) = 0 mais A 2

14.3 Racine carrée


1. (a) D’après le théorème spectral S = P T diag( 1 , ..., n )P avec P 2 On (R) et i > 0 pour
tout i 2 J1, nK.
p p
On pose alors A = P T diag( 1 , ..., n )P .
p
(b) Soit R 2 R[X] tel que R( i ) = i , pour tout i 2 J1, nK.
Alors,
R(B 2 ) = R(S) = A.
On pose Q(X) = R(X 2 ) 2 R[X]. On a bien Q(B) = A.
(c) Soient A1 et A2 deux matrices dans Sn++ . Pour tout X 2 Rn \ {0} :

X T (A1 + A2 )X = X T A1 X + X T A2 X.

Par suite, A1 + A2 2 Sn++ et en particulier inversible.


(d) On a :
A2 = S = B 2 ,
De plus, comme A est est un polynôme en B alors ces deux matrices commutent et
on obtient :
(A B)(A + B) = 0
La somme A + B étant inversible, on en déduit que A = B.
2. Racine carrée dans S + (E).

(a) Soit B une base orthonormale de E. Comme u§+ (E) alors U = M atB (u) 2 Sn+ (R).
En appliquant le meme raisonnement que dans la partie précédente, on construit une
matrice V 2 Sn+ (R) telle V 2 = U .
L’endomorphisme v tel que V = M atB (v) convient.
14.4. THÉORÈME DE RÉDUCTION SIMULTANÉE ET APPLICATIONS 61

(b) i. • Il est claire que ker w ⇢ ker w2 .


• Soit x 2 ker w2 . Puisque w 2 S(E) alors on a :

kw(x)k2 =< w(x), w(x) >=< x, w2 (x) >= 0,

par suite w(x) = 0 et ker w2 ⇢ ker w


ii. L’endomorphisme
p w est symétrique positive, et par suite SpR (w) ⇢p R+ . Par
suite, n’est pas une valeur propre de w et l’endomorphisme w + IdE est
inversible.
iii. Soit x 2 E (u). On a :
p p
0 = (u IdE )(x) = (w + IdE ) (w IdE )(x),
p
de plus, w + IdE est inversible. Ainsi,
p
0(w IdE )(x).

On conclut que : p
8x 2 E (u), w(x) = x.
(c) L’endomorphisme u étant diagonalisable :
M M
E = ker u ( E (u)).
2SpR (u)\{0}

De plus, ker u = ker w2 = ker w. Ainsi :


p
8 2 SpR (u), wE (u) = IdE (u) .

Si on applique le même raisonnement à l’endomorphisme v alors on trouve que w et


v coïncident sur caque sous espace propre de u et par suite coïncident partout.

3. Supposons qu’il existe B 2 M2 (R) telle que B 2 = A. Alors, B 3 + B = 0 et X 3 + X est


alors un polynôme annulateur de B scindé à racine simple dans C. La matrice B est alors
diagonalisable dans M2 (C) et SpC (B) ⇢ {0, i, i}.
Comme B 2 = A alors i est l’unique valeur propre possible et B = iI2 , absurde.

14.4 Théorème de réduction simultanée et applications


1. (a) On note A = QT diag( 1 , ..., n Q avec Q 2 On (R).
On pose alors R = diag( 1 , ..., n Q.
(b) Comme (R 1 )T AR 1
2 Sn++ , alors il existe O 2 On (R) telle que une matrice
diagonale telle que
1 T 1
(R ) AR = OT O.
On notant P = OR 2 GLn (R), on obtient :

A = PT P
B = PTP

2. On suppose de plus que A 2 Sn++ (R).


62MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 14. AUTOUR DES MATRICES SYMÉTRIQUES

(a) On garde les notations de la question précédente. En simplifiant par det P , on obtient :

det(↵A + (1 ↵)B) (det A)↵ (det B)1 ↵

,
det(↵ + (1 ↵)IN ) (det )↵
,
n
Y n
Y

(↵ k +1 ↵) k
k=1 k=1
,.
n
X n
X
ln (↵ k +1 ↵) ↵ ln ( k)
k=1 k=1

Cette dernière inégalité est une conséquence de la concavité de la fonction ln sur


]0, +1[.
(b) On procède de la même manière :
1 1 1
det(A + B) n det(A) n + det(B) n

,
1 1
det(In + )n det( ) n + 1
,
n
Y n
Y
1 1
(1 + k)
n
k
n
+1
k=1 k=1
, !
n n
1X Y 1
ln (1 + k) ln n
k +1
n
k=1 k=1

Cette dernière inégalité est une conséquence de la convexité de la fonction x 7!


ln (1 + ex ) sur ]0, +1[.
Mohamed Habibi-Problème de révision 15

Autour du lemme de Baire

15.1 Question préliminaire


1. Soit x0 2 F̊ et r > 0 tel que B(x0 , r) ⇢ F .
Puisque B(x0 , r) = x0 + rB(0, 1) et F est un sous espace vectoriel, alors B(0, 1) ⇢ F .
Pour x 2 E{0}, on a x
2kxk 2 B(0, 1) et par suite x
2kxk 2 F puis x 2 F .
On conclut alors que F = E.

2. • Si x 2 F alors clairement dF (x) = 0.


• Si dF (x) = 0 alors en utilisant la caractérisation séquentielle de la borne inférieure, il
existe une suite (yn )n2N d’éléments de F telle que

lim kx yn k = 0.
n7!+1

La suite (yn )n2N est bornée puisque kyn k  kyn xk+kxk et la suite (x yn )n2N étant
convergente est bornée. Par suite, comme la dimension de F est finie alors d’après le
théorème de Bolzano-Weierstrass il existe une application ' : N ! N strictement
croissante telle que (y'(n) )n2N converge vers z 2 F .
Ainsi, (
lim ky'(n) xk
n7!+1
lim y'(n) = z
n7!+1

et par unicité de la limite de la suite (y'(n) )n2N on a x = z 2 F .

15.2 Un exemple
1. Vérifions les axiomes de la normes :

• Soit P 2 R[X] tel que N (P ) = 0, alors P (k) (0) = 0, pour tout k 2 N. Ainsi, d’après
la formule de Taylor pour les polynômes,
X P (k) (0)
P (X) = Xk = 0
k!
k 0

63
64MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 15. AUTOUR DU LEMME DE BAIRE

• Soient 2 R et P 2 R[X]. On a alors,

P (k) (0)
N ( P ) = max{| |, k 2 N} = | |N (P ).
k!

• Soit (P, Q) 2 R[X]2 , comme

|(P + Q)(k) (0)| = |P (k) (0) + Q(k) (0)|  |P (k) (0)| + |Q(k) (0)|,

alors N (P + Q)  N (P ) + N (Q).
P
2. (a) Comme N (Pn ) = n! ,
1
alors d’après la règle de D’alembert la série N (Pn ) converge.
n2N
P
(b) Supposons que la série Pn converge dans (R[X], N ). Il existe alors un polynôme
n2N
P
d
P (X) = ak X k dans R[X] tel que :
k=0

n
X
lim N ( Pn P ) = 0.
n7!+1
k=0

Or, pour n > d on a :

n
X d
X n
X
1 Xk
Pn (X) P (X) = ( ak )X k + ,
k! k!
k=0 k=0 k=d+1

par suite,
X n
1
8n > d,  N( Pn P)
d+1
k=0

P
n
ce qui est absurde puisque lim N ( Pk P ) = 0.
n7!+1 k=0
On conclut que (R[X], N ) n’est pas un espace de Banach.

15.3 Une généralisation


1. Soit (✏n , n 2 N) une base dénombrable de E. On pose alors en = k✏n k .
✏n

2. Montrons le résultat demandé par récurrence sur n :

• Pour n = 0 le résultat est immédiat


• Supposons que 0 < ↵n+1  ↵3n .
On a alors ↵n+2 > 0 car sinon 0 = dEn (↵n+1 en+1 ) et comme la dimension de En est
finie alors d’après la partie préliminaire ↵n+1 en+1 2 En .Avec l’hypothèse de récurrence
0 < ↵n+1 on déduit que en+1 2 En = V ect(e0 , ..., en ) ce qui est absurde vu la liberté
de la famille (e0 , ..., en , en+1 ).
De plus, comme 0 2 En alors ↵n+2 = 13 dEn (↵n+1 en+1 )  13 k↵n+1 en+1 k = 13 ↵n+1 .
15.4. THÉORÈME DE BAIRE DANS UN ESPACE DE BANACH 65

3. D’après la question précédente,


1
k↵n en k = ↵n  ,
3n
P
et on en déduit alors la convergence absolue de la série ↵n en converge absolument.
n2N
P
4. Supposons par l’absurde que la série ↵n en converge dans (E, k.k). Il existe alors e 2 E
n2N
tel que lim k↵n en ek = 0.
n7!+1

Comme (en n 2 N) est une base de E alors il existe p 2 N tel que e 2 V ect(e0 , ..., ep )
P
+1 Pp
En notant y = ↵k ek = e ↵k ek 2 Ep on obtient
k=p+1 k=0

+1 +1
1 1 X 1 X 1 1
↵p+2  k↵p+1 ep+1 yk  k↵k ek k  ↵p+2 = ↵p+2 ,
3 3 3 3 p
k 2 2
k=p+2 k=p+2

ce qui est absurde puisque ↵p+2 > 0.

15.4 Théorème de Baire dans un espace de Banach


15.4.1 Théorème de Baire
T
1. • Supposons que Pour toute suite (⌦n )n2N d’ouverts dense dans E, l’intersection ⌦n
n2N
est dense dans E.
c c
Soit (Fn )n2N une suite de fermés de E d’intérieurs vides.
T Comme F˚n = Fnc , alors,
(Fnc )n2N une suite d’ouvert dense de E et par suite Fnc = E.
n2N
Ainsi, par passage au complémentaire :

Fn = ;.
n2N

• On applique le même raisonnement pour montrer la réciproque.


2. (a) Comme ⌦0 est dense dans E et U est non vide alors U \ ⌦0 6= ;. On considère alors
x0 dans cette intersection.
Comme ⌦0 et U sont deux ouverts de E alors il existe R0 > 0 tel que :

B(x0 , R0 ) ⇢ U \ ⌦0 .

On pose alors, r0 = 2 .
R0

(b) On applique le même raisonnement : Comme ⌦1 est dense dans E, alors on peut
choisir x1 2 ⌦1 \ B(x0 , r20 ).
Comme ⌦1 et B(x0 , r20 ) sont deux ouverts de E alors il existe R1 > 0 tel que :
r0 r0
B(x1 , R1 ) ⇢ ⌦1 \ B(x0 , ) ⇢ ⌦1 \ B(x0 , ).
2 2
On pose alors, r1 2]0, min( R21 , r20 )[.
66MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 15. AUTOUR DU LEMME DE BAIRE

(c) On procède par récurrence :


Supposons qu’on a construit x0 , ..., xn 1 et r0 , ..., rn 1 vérifiant les propriétés deman-
dées. Par densité de ⌦n , on peut choisir xn 2 ⌦n \ B(xn 1 , rn2 1 ) puis puisque ⌦n et
B(xn 1 , rn2 1 ) sont deux ouverts, on peut choisir Rn > 0 tel que
rn 1
B(xn , Rn ) ⇢ ⌦n \ B(xn 1, ).
2
On choisit alors rn 2]0, min( R2n , r2n )[.
T
(d) Vérifions d’abord que B(xn , rn ) 6= ; :
n2N

8n 2 N ? , kxn xn 1k  rn 1,
rn
et puisque 8n 2 N ? , rn  2
1
, alors
r0
8n 2 N ? , kxn xn 1k  ,
2n
P
et la série numérique kxn xn 1k est alors convergente.
n 1
P
L’espace (E, k.k) étant un espace de Banach, on déduit que la série (xn xn 1)
n 1
converge.
P
La convergence de la série (xn est équivalente à la convergence de la suite
xn 1)
n 1
T
(xn )n2N . On note alors x = lim xn et vérifions que x 2 B(xn , rn ) :
n7!+1 n2N

8n p, B(xn , rn ) ⇢ B(xp , rp ),
par suite, (
8n p, xn 2 B(xp , rp )
lim xn = x
n7!+1

ce qui permet de conclure que x 2 B(xp , rp ) pour tout p 2 N.


T
Vérifions maintenant que B(xn , rn ) est réduite à un singleton :
n2N
Supposons
T par l’absurde l’existence de deux éléments distincts de E notés a et b dans
B(xn , rn ). On a alors
n2N
8n 2 N, a, b 2 B(xn , rn ),
et par suite
8n 2 N, 0 < ka bk  ka xn k + kb xn k  2rn ,
ce qui est absurde puisque lim rn = 0.
n7!+1
Conclusion : \
B(xn , rn ) = {x} où x = lim xn .
n7!+1
n2N

(e) Comme 8n 2 N, B(xn , rn ) ⇢ U \ ⌦n alors :


\
{x} = B(xn , rn ) ⇢ U \ A.
n2N

Ainsi, A rencontre tout ouvert de E et par suite A est dense dans E.


15.4. THÉORÈME DE BAIRE DANS UN ESPACE DE BANACH 67

15.4.2 Application 1
1. • Le sous espace vectoriel Fn est fermé car sa dimension est finie
• Comme E n’est pas de dimension finie, alors Fn est un sous espace strict de E et par
suite d’après la partie préliminaire l’intérieur de Fn est vide.
2. Supposons par l’absurde que (Ek.k) est un espace de Banach.
S
Comme E = Fn et chaque Fn est d’intérieur vide, alors d’après le théorème de Baire,
S n2N
Fn = E est d’intérieur vide, ce qui est absurde.
n2N

15.4.3 Application 2
Pour tout n 2 N, Fn est fermé comme étant le noyaux d’une application linéaire continue. De
plus, [
E= Fn .
n2N
Si pour tout n 2 N, Fn est d’intérieur vide alors d’après le théorème de Baire E doit etre aussi
d’intérieur vide, ce qui est absurde.
Ainsi, il existe n0 2 N tel que l’intérieur de Fn0 n’est pas vide et par suite d’après la partie
préliminaire, E = Fn0 = kerf n0 .
On conclut alors que f n0 = 0 et que l’endomorphisme f est alors nilpotent.

15.4.4 Application 3
1. Soit x 2 ⌦n . Il existe alors ↵x > 0 tel que :
1
8y, z 2]x ↵x , x + ↵x [, |f (y) f (z)| < .
n
Montrons alors que ]x ↵x , x + ↵x [⇢ ⌦n :
0 0 0
Soit x 2]x ↵x , x+↵x [. On considère alors ↵x0 > 0 tel que ]x ↵x0 , x +↵x0 [⇢]x ↵x , x+↵x [
et on a :
0 0 1
8y, z 2]x ↵x0 , x + ↵x0 [, |f (y) f (z)| < ,
n
car dans ce cas x et y sont aussi dans ]x ↵x , x + ↵x [.
Finalement, on a montré que :
8x 2 ⌦n , 9↵x > 0; ]x ↵x , x + ↵x [⇢ ⌦n ,
d’où ⌦n est un ouvert.
2. • Soit x un point de continuité de f . Montons que x 2 A :
Soit n 2 N? . Comme f est continue en x alors :
1
9↵ > 0; 8y 2]x ↵, x + ↵[, |f (x) f (y)| < .
2n
Par suite
1
8y, z 2]x ↵, x + ↵[, |f (y) f (z)|  |f (y) f (x)| + |f (x) f (z)| < ,
n
et on conclut alors que x 2 ⌦n pour tout n 2 N? .
68MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 15. AUTOUR DU LEMME DE BAIRE

• Soit x 2 A. Montrons que f est continue en x :


Soit ✏ > 0 et n0 2 N? tel que n10 < ✏. Comme x 2 ⌦n0 , il existe ↵ > 0 tel que :

1
8y, z 2]x ↵, x + ↵[, |f (y) f (z)| < < ✏,
n0
en particulier pour z = x, on a :

8y 2]x ↵, x + ↵[, |f (x) f (y)| < ✏.

D’où f est continue en x.


S S
3. (a) Dans ca cas Q = ⌦n et par suite R \ Q = Fn avec Fn = ⌦cn .
n2N? n2N?
Comme ⌦n est un ouvert alors Fn est un fermé. De plus, puisque R \ Q est d’intérieur
vide alors chaque Fn est aussi d’intérieur vide.
(b) R s’écrit comme réunion dénombrable de fermé d’intérieur vide :
[ [
R=( {xn }) [ ( Fn ).
n2N n2N?

De plus, R est un espace de Banach, et par suite l’intérieur de R doit être vide d’après
le théorème de Baire. Ce qui est absurde.
Mohamed Habibi-Problème de révision 16

Surjectivité et injectivité de
l’exponentielle matricielle

16.1 Questions préliminaires


1. Soit u (resp.v) l’endomorphisme canoniquement associé à u (resp.v).
L
Comme u est diagonalisable alors Cn = E (A). De plus, chaque sous espace propres
2Sp(A)
de u est stable par v puisque u et v commutent.
Ainsi, l’endomorphisme induit par v sur E (u) est diagonalisable et on a alors une base B
de E (u) formé par des vecteurs propres de v.
S
On en déduit alors que B = B est une base de Cn formée à la fois par des vecteurs
2Sp(A)
propres de u et v. Par conséquence, si on note P la matrice de passage de la base canonique
de Cn à la base B alors on a :
1
A = P D1 P et B = A = P D2 P 1
,
où D1 et D2 sont deux matrices diagonales.
P
N
Ak
2. (a) Pour tout N 2 N, k! 2 k[A]. De plus, k[A] est fermé puisque c’est un sous espace
k=0
P
N
Ak
vectoriel de Mn (C) et exp(A) = lim k! 2 k[A].
n7!+1 k=0
Ainsi, exp(A) 2 k[A]. En particulier A et exp(A) commutent.
(b) On suppose que A = P diag( 1 , ..., n )P 1 . Ainsi,
1
exp(A) = P diag(e 1 , ..., e n
)P .
On considère alors Q 2 C[X] tel que Q(e i ) = i pour tout i 2 J1, nK.
Ainsi, A = Q(exp(A)).
(c) Si A = D + N est la décomposition de Dunford de A alors, en utilisant le fait que D
et N commutent, on obtient
exp(A) = exp(D) exp(N ) = exp(D) + exp(D)(exp(N ) In ),
est la décomposition de Dunford de exp(A).

69
70MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 16. SURJECTIVITÉ ET INJECTIVITÉ DE L’EXPONEN

16.2 La décomposition de Dunford


P
m
1. (a) • Montons d’abord que la somme ker Pk (u) est direct. Supposons que :
k=1

(?) : x1 + ... + xm = 0 avec xk 2 ker Pk (u), 8k 2 J1, mK.


Q
On note en outre Qk = Pi . En appliquant Qk (u) à (?) on obtient :
i6=k

Qk (u)(xk ) = 0.

D’autre part, comme les polynômes Q1 , ..., Qm sont premiers entre eux dans leurs
ensemble, alors on a :
m
X
(??) : 9U1 , ..., Um 2 R[X]; Uk Qk = 1.
k=1

En appliquant u à (??) puis en évaluant en xk , on obtient :

Uk (u) Qk (u)(xk ) = xk .

On conclut alors que xk = Uk (u)(0) = 0, 8k 2 J1, mK.


• Pour k 2 J1, mK, Pk |P et par suite ker Pk ⇢ ker P . On déduit que :
M M
KerP1 (u) .. KerPm (u) ⇢ ker P (u).

• En utilisant encore (??) on a :


m
X
8x 2 ker P (u), x = Uk (u) Qk (u)(x),
k=1

avec Uk (u) Qk (u)(x) 2 ker Pk (u).


On déduit alors que :
M M
KerP1 (u) .. KerPm (u) = ker P (u).

(b) D’après ce qui précède on a :

⇡i : ker P (u) ! ker Pi (u), x 7! Uk (u) Qk (u)(x) = (Uk Qk )(u)(x),

est bien un polynôme en u.


2. (a) D’après le théorème de Cayley-Hamilton, on a :
s
Y
mk
E = ker (u k Id) .
k=1

De plus, d’après le lemme de décomposition des noyaux on a :


s
Y s
M
mk mk
ker (u k Id) = ker(u k Id) .
k=1 k=1

D’où le résultat.
16.3. UNE PREMIÈRE APPLICATION : RAYON SPECTRAL D’UNE MATRICE 71

L
s
(b) • Existence : Comme E = Fi , il suffit de définir d et n sur chaque sous espace
k=1
Fi .
Soit i 2 J1, sK. Le sous espace Fi est clairement stable par u et on a :

uFi = i IdFi + ni ,

avec ni = uFi i IdFi 2 L(Fi ) nilpotent.


On pose alors d l’endomorphisme de E définit par :

8i 2 J1, sK, dFi = i IdFi ,

et n = u d.
S
s L
s
D’autre part, si B = Bk une base adaptée à la décomposition E = Fi ,
k=1 k=1
alors :

M atB (d) = diag( 1 Idim F1 , ..., s Idim Fs ) et M atB (n) = diag(M atB1 (n1 ), ..., M atBs (ns )),

par suite, d est diagonalisable et n est nilpotent.


Il est à noter que :
Xs
d= k ⇡k ,
k=1

L
s
où ⇡k : E ! Fk est la projection adaptée à la décomposition E = Fi .
k=1
Comme chaque projection est un polynôme en u alors d l’est également, puis
n = u d est aussi un polynôme en u. En particulier d et n commutent.
• Unicité : Supposons qu’on a un autre couple (d1 , n1 ) vérifiant les même propriétés.
Comme d1 et n1 commutent avec u alors Fi est stable par d1 et n1 . De plus, sur
chaque F1 , on a :
d1F1 + n1F1 = uFi = i IdFi + nFi ,
par suite, d1F1 i IdFi = nFi n1F1 . En outre, n et n1 commutent et sont
nilpotent alors nFi n1F1 est aussi nilpotent.
On conclut que d1F1 i IdFi est nilpotent et diagonalisable à la fois et par suite :

d1F1 = i IdFi , 8i 2 J1, sK.

L’endomorphisme d1 = d puis n1 = n

16.3 Une première application : Rayon spectral d’une ma-


trice
1. (a) Soit 1 , ...,les valeurs propres de A et (X1 , ..., Xn ) une base de Cn formée par des
n
Pn
vecteurs propres associés. Pour X = ↵i Xi 2 Cn , un vecteur normé, on a :
i=1

n
X
8k 2 N? , Ak X = ↵ i i Xi ,
i=1
72MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 16. SURJECTIVITÉ ET INJECTIVITÉ DE L’EXPONEN

par suite,
n
X
8k 2 N? , kAk Xk  ⇢(Ak ) |↵i | max{|Xi |, 1  i  n}.
i=1
P
n
Or pour X = ↵i Xi 2 Cn , on peut définir la norme suivante :
i=1

kXk1 = max{|Xi |, 1  i  n},

et par équivalence des normes en dimension finie on a alors :

9M > 0; kXk1  M kXk, 8X 2 Cn .

On conclut alors que :


n
X
8X 2 Cn , kAk Xk  ⇢(Ak )M |↵i |kXk.
i=1

P
n
On pose alors ↵ = M |↵i |, on obtient alors :
i=1

N (Ak )  ↵⇢(A)k ,

où on a utiliser le fait que ⇢(A)k = ⇢(Ak ).


(b) Si est une valeur propre de A et X un vecteur propre associé normé, alors

8k 2 N? , | |k = kAk Xk  N (Ak ),

cette inégalité combinée avec la question précédente nous donne :


1 1
⇢(A)  N (Ak ) k  ↵ ⇢(A),
k
En faisant tendre k vers +1 on obtient :
1
lim N (Ak ) k = ⇢(A),
k7!+1

2. (a) Comme D et N commutent alors pour tout k n on a :


k ✓ ◆
X n ✓ ◆
X
k k k i k i k n k
A = (D + N ) = N D =D N i Dn i .
i=0
i i=0
i

Par suite, en utilisant le fait que N est une norme d’algèbre, on obtient :
Xn ✓ ◆
n
N (Ak )  N (Dk n ) N (N i )N (Dn i ).
i=0
i

De plus, pour k n et i 2 J1, nK, ki  kn .


On déduit alors que :
N (Ak )  k n N (Dk n
),
P
n
avec = N (N i )N (Dn i ).
i=0
16.4. UNE DEUXIÈME APPLICATION : SURJECTIVITÉ ET INJECTIVITÉ DE L’EXPONENTIELLE MATRICIELL

(b) Pour tout k 2 N? , on a :


1 1 n 1
⇢(A)  N (Ak ) k  k k k N (Dn k
)k .

Comme D est diagonalisable alors :


1 1 k n
lim N (Dk n
) k = lim (N (Dk n
)k n ) k = ⇢(D) = ⇢(A).
k7!+1 k7!+1

On conclut alors que :


1
⇢(A) = lim N (Ak ) k .
k7 !+1

3. • Supposons que ⇢(A) < 1.


1
Soit l 2]⇢(A), 1[. Comme, lim N (Ak ) k = ⇢(A), alors :
k7 !+1

1
9k0 2 N tel que , 8k k0 , 0 < N (Ak ) k < l.

Ainsi,
8k k0 , 0 < N (Ak ) < lk ,
P P
et on déduit alors que la série ⇢(Ak ) converge, ce qui implique que Ak converge.
k 1 k 1
P
• Supposons que la série Ak converge.
k 1
Dans ce cas, lim N (A ) = 0. De plus, on a :
k
k7 !+1

8k 2 N, ⇢(A)k  N (Ak ),

par suite la suite géométrique (⇢(A)k )k2N converge vers 0 et ⇢(A) < 1.

16.4 Une deuxième application : Surjectivité et injectivité


de l’exponentielle matricielle
16.4.1 Surjectivité de l’exponentielle matricielle
1. On suppose que A = Qdiag( 1 , ..., n )Q
1
, Q 2 GLn (C). Comme l’exponentielle complexe
est surjective alors il existe 1 , ..., n tels que :

8i 2 J1, nK, e i
= i.

Puis, on considère un polynôme P 2 C[X] tel que :

8i 2 J1, nK, P ( i ) = i.

Ainsi, A = exp(P (A)).


2. (a) On a :
ex = Q(x) + o(xr ) et ln (1 + x) = P (x) + o(xr ).
x7!0 x7!0

Ainsi, par composition on obtient :

1 + x = eln (1+x) = Q(P (x) + o(xr )) + o((P (x) + o(xr ))r ).


x7!0
74MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 16. SURJECTIVITÉ ET INJECTIVITÉ DE L’EXPONEN

Par suite, comme le coefficient constant de P est nul alors o((P (x)+o(xr ))r ) = o(xr )
x7!0
et puisque le coefficient constant de Q est 1 alors Q(P (x)+o(xr )) = Q(P (x))+o(xr )).
x7!0
Ainsi, on a :
1 + x = Q(P (x)) + o(xr ),
x7!0
ou d’une manière équivalente, Q(P (x)) = 1 + x + o(xr ), ce qui fournit un dévelop-
x7!0
pement limité de la fonction polynomiale Q P en 0. Par unicité des coefficients du
développement limité on a :
Q(P (X)) = 1 + X + X r T (X),
avec T 2 C[X].
(b) Comme N est nilpotente d’indice de nilpotence r et le coefficient constant de P est
nul alors (P (N ))r = 0. Par suite,
exp(P (N )) = Q(P (N )) = In + N.
Finalement, A = exp(P (N )) = exp(P (A In )) = exp(P1 (A)), où P1 2 C[X].
(c) Dans le cas général, on considère la décomposition de Dunford de A :
1
A = D + N = D(In + D N ).

Puisque N D = DN alors D 1 N est nilpotente et d’après la question précédente,


In + D 1 N = exp(P1 (In + D 1 N )) avec P1 2 C[X]. De plus, d’après la première
question, D = exp(P2 (D)).
En utilisant le fait que D et N commutent, alors
1 1
A = exp(P2 (D)) exp(P1 (In + D N )) = exp(P2 (D)P1 (In + D N )) = exp(P (A)),
avec P 2 C[X].
Finalement,comme D et N sont deux polynômes en A alors,
1
A = exp(P2 (D)P1 (In + D N )) = exp(P (A)),
avec P 2 C[X].
3. GLn (C) est connexe par arcs car c’est l’image du connexe par arcs Mn (C) par l’application
continue exp.
4. • Soit M dans l’image de Mn (R) par l’application exp. Il existe alors A 2 GLn (R) tel
que :
1 1
M = exp(A) = exp( A) exp( A) = B 2 ,
2 2
avec B = exp( 2 A).
1

• Réciproquement, soit A 2 GLn (R) telle que A = B 2 .


D’après ce qui précède, B = exp(P (B)) avec P 2 C[X]. Par suite,
A = exp(P (B)) exp(P (B)).
Or, comme B 2 Mn (R) alors B = B = exp(P (B)) = exp(P (B)). Ainsi,
A = exp(P (B)) exp(P (B)) = exp((P + P )(B)) = exp(Q(B)),
avec Q = P + P 2 R[X].
16.4. UNE DEUXIÈME APPLICATION : SURJECTIVITÉ ET INJECTIVITÉ DE L’EXPONENTIELLE MATRICIELL

5. Supposons qu’il existe B 2 M2 (R) telle que A = exp(B).


Si est une valeur propre complexe de B alors e est une valeur propre complexe de A,
par suite = i⇡ + 2k⇡ avec k 2 Z.
Comme B est à coefficient réelle alors est aussi une valeur propre de B et puisque 6=
alors B est diagonalisable dans M2 (C).
Par conséquence, A est aussi diagonalisable dans M2 (C), ce qui est absurde.

16.4.2 Injectivité de l’exponentielle matricielle


1. On note ⌦ l’ensemble considéré.

• Soit 2 w et A = In .
Ainsi, A 2 ⌦.
• Montrons par l’absurde que ⌦ = ˚⌦:
˚
Supposons qu’il existe M 2 ⌦\⌦. Il existe alors une suite de matrice (Mk )k2N vérifiant :

lim Mk = M et Mk 2
/ ⌦, 8k 2 N.
n7!+1

Comme Mk 2
/ ⌦ alors on a :

9 k 2 C \ w, 9Xk 2 Cn \ {0}; kXk k = 1 et Mk Xk = k Xk .

où kk est une norme quelconque sur Cn .


D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, il existe ' : N ! N strictement croissante
telle que (X'(k) )k2N converge vers un vecteur normé X. Comme de plus,

| '(k) | = kM'(k) X'(k) k et lim M'(k) X'(k) = M X,


k7!+1

alors, la suite ( '(k) ) est bornée. On peut alors en extraire une sous suite convergente
notée ( '( (k) ) et sa limite 2 C \ w
Comme pour tout k 2 J1, nK

M'( (k)) X'( (k)) = '( (k)) X'( (k))

alors par passage à la limite :M X = X.


Par suite est une valeur propre de M qui n’est pas dans w, ce qui est absurde.

2. (a) D’après la question précédente, il suffit de vérifier que l’ensemble

w = {z 2 C; |Im(z)| < ⇡}

est un ouvert de C.
Comme l’application : C ! R; z 7! Im(z) est lipschitzienne alors elle est continue
et par suite w = 1
(] ⇡, ⇡[) est un ouvert de C.
P
n
Nk
P
n
Nk
(b) i. Si N 2 N alors exp(N ) = In + k! et la matrice k! est nilpotente.
k=1 k=1
76MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 16. SURJECTIVITÉ ET INJECTIVITÉ DE L’EXPONEN

P
n
tk N k
ii. Pour t 2 R, en notant Z(t) = k! 2 N on a :
k=1

Z 2 (t)
f (t) = Z(t) + ... + ( 1)p 1
Z p (t).
2
0
Comme Z (t) et Z(t) commutent alors :
0 0 0 0 0
8t 2 R, f (t) = Z (t) Z (t)Z(t) + ... + ( 1)p 1
Z (t)Z p 1
(t) = Z (t)[In + Z(t)] 1
.

Par suite 0
8t 2 R, f (t) = N exp(tN )exp( tN ) = N.
iii. D’après la question précédente,
d d
(exp(tN )) = (tN ).
dt dt
Comme ces fonctions sont égales au points t = 0, alors

8t 2 R, exp(tN ) = tN.

(c) Les valeurs propres de D et D0 ont même exponentielle et donc sont égales puisque
leurs partie imaginaires diffèrent de moins de 2⇡.
0 0
De plus, D commutent avec exp(D) et par suite avec exp(D ) et la matrice D est un
0
polynôme en exp(D ). Par suite D et D sont diagonalisables et commutent et donc
0

co-diagonalisable d’après la partie préliminaire.


Ainsi, D = D0 .
0
(d) Soient M et M deux matrice dans U . On considère leurs décompositions de Dunford :
0 0 0
M = D + N et M = D + N .
0
Comme exp(M ) = exp(M ) alors
0 0 0
exp(D) + exp(D)(exp(N ) In ) = exp(D ) + exp(D )(exp(N ) In ),

par unicité de la décomposition de Dunford :


0 0
exp(D) = exp(D ) et exp(N ) = exp(N ).

D’après ce qui précède :


0 0 0
D=D et N = ln (exp(N )) = ln (exp(N )) = N ,
0
et M = M .
Mohamed Habibi-Problème de révision 17

Diagonalisation des matrices de


taille 2 par blocs

17.1 Question préliminaire


D’après l’identité de Bezout, il existe (P1 , Q1 ) 2 k[X]2 tel que P P1 + QQ1 = 1. Alors

Q(A)Q1 (A) = P (A)P1 (A) + Q(A)Q1 (A) = In ,

et la matrice Q(A) est alors inversible.

17.2 Quelques cas simples


1. • M1 est diagonalisable car M12 = M1 et dans ce cas, X(X 1) est un polynôme
annulateur de M1 scindé à racines simples.
• M2 n’est pas diagonalisable sinon M2 doit être semblable à I2n puisque Sp(M2 ) = {1}
et par suite M2 = I2n , ce qui est absurde.
2. (a) Soit P un polynôme annulateur de A scindé à racines simples. On a alors :
✓ ◆
P (A) 0
P (M ) = = OM2n (C) ,
0 P (A)

par suite M est diagonalisable.


✓ k ◆
A kAk 1 C
(b) i. Pour k 2 N? , P (M ) = .
0 Ak
✓ 0 ◆
P (A) P (A)C
ii. D’après la question précédente, si P 2 k[X] alors P (M ) = .
0 P (A)
En particulier,si P un polynôme annulateur de M scindé à racines simples, alors :
0
P (A) = P (A)C = 0.

Par suite, A est diagonalisable. De plus, comme P est scindé à racines simples et
0
P (A) = 0 alors d’après la partie préliminaire P (A) 2 GLn (C).
0
On en déduire de P (A)C = 0 que C = 0.

77
78MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 17. DIAGONALISATION DES MATRICES DE TAILLE 2

17.3 Cas général


✓ ◆
P (A) U P (B) P (A)U
1. (a) Pour P 2 C[X], P (M ) = .
0 P (B)
(b) Comme A et B sont diagonalisables alors il existe deux polynômes scindés à racines
simples P1 et P2 tels que P1 (A) = P2 (B) = 0.
Ainsi, P = P1 _ P2 est un polynôme annulateur de M scindé à racines simples et la
matrice M est alors diagonalisable.
✓ ◆
P (A) ⇤
2. (a) Si P 2 C[X] alors P (M ) est de la forme . Par conséquence, un poly-
0 P (B)
nôme annulateur de M scindé à racines simples est aussi annulateur de A et B.
D’où, A et B sont diagonalisables.
(b) X 2 Mn,1 (C) est un vecteur propre de A associé à une valeur propre alors avec un
calculpar blocs, M X̃ = X̃.
(c) Comme A (resp. M ) est diagonalisable alors on a une base de Mn,1 (R) (resp.M2n,1 (R))
notée (X1 , ..., Xn ) (resp.(Y1 , ..., Y2n )) formée par des vecteurs propres de A (resp.M ).
La liberté de la famille (X1 , ..., Xn ) entraine la liberté de la famille (X̃1 , ..., X˜n ). En
appliquant alors le théorème de la base incomplète dans l’espace M2n,1 (R), on peut
ajouter n vecteurs de la famille génératrice (Y1 , ..., Y2n ) qu’on note Zn+1 , ..., Z2n , à la
famille libre (X̃1 , ..., X˜n ) pour former une base de M2n,1 (R).
Cette base est évidement formée par des vecteurs propres de M .
(d) La matrice de passage de la base canonique
✓ de◆ M2n,1 (R) à la base construite dans la
P1 R 1
question précédente est de la forme .
0 Q1
Comme de plus, la base construite dans la question précédente est formée par des
vecteurs propres de M , alors on a :
✓ ◆✓ ◆✓ ◆ 1
P1 R 1 D1 0 P1 R 1
M= ,
0 Q1 0 D2 0 Q1

où D1 et D2 sont deux matrices diagonales de taille n.


✓ ◆ 1 ✓ 1 ◆
P1 R 1 P1 P1 1 R 1 Q 1 1
On vérifie que = .
0 Q1 0 Q1 1
Ainsi, ✓ ◆ ✓ 1 ◆ ✓ ◆
P R P P 1 RQ 1 D1 0
M =
0 Q 0 Q 1 0 D2
avec P = P1 1 , Q = Q1 1 et R = P R1 Q.
(e) D’après la question précédente, on a
✓ ◆✓ ◆✓ 1 1 1
◆ ✓ ◆
P R A C P P RQ D1 0
1 =
0 Q 0 B 0 Q 0 D2

et par identification on a :
1 1
A=P D1 P, B = Q D2 Q etC = P 1
RQ 1
D2 Q + AP 1
R = UB AU,

où on a posé U = P 1
R.
Mohamed Habibi-Problème de révision 18

Autour des endomorphismes


cycliques

18.1 Questions préliminaire


1. (a) • Si F ⇢ G ou G ⇢ F alors le résultat est trivial.
• Supposons que F [ G est un sous-espace vectoriel de E.
Si F 6⇢ G et G 6⇢ F alors il existe x 2 F \ G et y 2 G \ F . Or x + y 2 F [ G, par
suite
x + y 2 F ou x + y 2 G.

Si x + y 2 F alors y 2 F , ce qui est absurde. De même si x + y 2 G.


(b) • Si l’un des Fi contient tout les autres alors le résultat est trivial.
• Pour la réciproque, on procède par récurrence.
Pour p 2, on note HR(p) : Si F1 , .., Fp sont des sous espaces vectoriels de E
p
S
tel que Fi est un sous espace vectoriel de E alors l’un des Fi contient tout les
i=1
autres.
– Pour p = 2, le résultat est établi à la question précédente.
– Supposons HR(k) vraie pour k 2 J1, pK. Soient F1 , .., Fp+1 des sous espaces
p+1
S
vectoriels de E tel que Fi est un sous espace vectoriel de E.
i=1
p
S
On note F = Fi .
i=1
∗ Si F ⇢ Fp+1 alors Fp+1 contient tout les autres sous espaces vectoriels et
l’hérédité est démontré.
p+1
S p
S Sp
∗ Si Fp+1 ⇢ F , alors Fi = Fi . Par suite, Fi est un sous espace
i=1 i=1 i=1
vectoriel de E et par hypothèse de récurrence il existe i0 2 J1, pK tel que
Fi ⇢ Fi0 pour tout i 2 J1, pK. Ce même sous espace contient bien évidement
Fp+1 .
∗ Si F 6⇢ Fp+1 et Fp+1 6⇢ F , alors il existe x 2 F \ Fp+1 et y 2 Fp+1 \ F .

79
80MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 18. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

p+1
S
On considère alors 2 k et z = x + y. Comme Fi est un sous-espace
i=1
vectoriel et x 62 Fp+1 alors z 2 Fi avec i 2 J1, pK.
On peut alors définir l’application k ! J1, pK, 7! i . Cette application est
injective puisque :
0
i =i 0 ) x + y, x + y 2 Fi ,
0
par suite, leur différence, ( )y 2 Fi .
p
S 0
Comme i 2 J1, pK et y 62 Fi alors forcément = 0. Ceci bien
i=1
évidement est absurde puisque k est infini.
Ainsi, ce troisième cas est impossible.
– On conclut alors que HR(p) est vraie pour tout p 2.
(c) Soit E = Z/2Z ⇥ Z/2Z considéré comme un Z/2Z espace vectoriel.
On pose F1 = {(0, 0), (0, 1)}, F2 = {(0, 0), (1, 0)}, F3 = {(0, 0), (1, 1)}.
Alors E est réunion des trois sous espaces strictes F1 , F2 et F3 .

2. • Soit u 2 C(E) et B = (x, u(x), ..., un 1


(x)) une base cyclique de E. On a alors

M atB (u) = C(a0 , .., an 1)

où a0 , .., an 1 sont les coordonnées de un (x) dans la base B.


• Supposons qu’il existe B = (e1 , ..., en ) une base de E telle que M atB (u) = C(a0 , .., an 1 ).
Alors on a :
8i 2 J1, nK, ei = ui 1 (e1 ),
et la base B est alors une base cyclique de E. Par suite u 2 C(E).

3. (a) Il est claire que (Ix , +) est un sous groupe de (k[X], +) contenant ⇡u . De plus,

8Q 2 k[X], 8P 2 k[X], (QP )(u)(x) = Q(u) P (u)(x) = Q(u)(0) = 0,

par suite QP 2 Ix .
Ainsi, il existe un unique polynôme unitaire noté ⇡u,x tel que :

Ix = {Q.⇡u,x ; Q 2 k[X]}. (18.1)

Comme ⇡u 2 Ix alors ⇡u,x | ⇡u .


(b) D’après la question précédente, pour tout x 2 E \ {0} le polynôme ⇡u,x divise ⇡u .
Par suite l’ensemble {⇡u,x , x 2 E \ {0}} est fini. puisque ⇡u admet un nombre fini de
diviseur.
Notons cet ensemble {⇡u,x1 , ..., ⇡u,xp }. Ainsi,
p
[
E= ker ⇡u,xk ,
k=1

et on déduit l’existence de k0 2 J1, pK tel que :

8x 2 E, ker ⇡u,x ⇢ ker ⇡u,xk0 ,


18.2. UNE PREMIÈRE CARACTÉRISATION DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES 81

ce qui est équivalent à dire que ⇡u,xk0 est un polynôme annulateur de u.


Par suite ona : 8
< ⇡u,x |⇡u
⇡u |⇡u,xk0
:
⇡u et ⇡u,xk0 sont unitaire
ainsi, ⇡u = ⇡u,xk0 .

4. Il est clair que {P 2 k[X], P (u)(x) 2 H} est un sous groupe de (k[X], +) contenant ⇡u .
De plus, si (P, Q) 2 k[X] ⇥ k[X] tel que P (u)(x) 2 H, alors (QP )(u)(x) = Q(u) P (u)(x) 2
H puisque P (u)(x) 2 H et H est stable par u. On conclut que {P 2 k[X], P (u)(x) 2 H}
est un idéal de k[X] contenant ⇡u .
Par suite , il est engendré par un polynôme ⇡u,H
x
diviseur de ⇡u .

5. Boit B = (e1 , ..., en ) une base de E telle que M atB (u) = C(a0 , ..., an 1 ).

D’abord, pour i 2 J1, nK, ei = u (e1 ) et B = (e1 , u(e1 ), ..., u


i 1 n 1
(e1 )). Soit v 2 C(u) et
décomposant le vecteur v(e1 ) dans la base B :

v(e1 ) = ↵1 e1 + ... + ↵n un 1
(e1 ).

Vérifions alors que v = ↵1 Id + ↵2 u + ... + ↵n un 1


. Pour cela, il suffit de vérifier cette égalité
sur la base B : 8i 2 J1, n 1K, on a
n
X n
X
↵k uk 1
(ui 1
(e1 )) = ↵k uk+i 2
(e1 ),
k=1 k=1

de plus comme u et v commutent alors


n
X n
X
v(ui 1
(e1 )) = ui 1
(v(e1 )) = ui 1
( ↵ k uk 1
(e1 )) = ↵k uk+i 2
(e1 ).
k=1 k=1

On conclut que
v = ↵1 Id + ↵2 u + ... + ↵n un 1
2 k[u].
L’inclusion réciproque étant évidente, on déduite alors que :

u 2 C(E) ) k[u] = C(u).

18.2 Une première Caractérisation des endomorphismes cy-


cliques
1. (a) On note E1 , ..., En la base canonique de kn . Considérons P = ↵0 + ... + ↵d X d un
polynôme annulateur non nul de C de degré d et supposons par l’absurde que d  n 1.
Comme
8k 2 J1, dK, C k E1 = Ek+1
alors la famille (C k E1 )1kd est libre dans kn .
P
d
Ce qui est absurde puisque ↵k C k E1 = 0 et (↵0 , ..., ↵d 1) 6= (0, ..., 0).
k=1
82MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 18. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

(b) D’après la question précédente deg ⇡u deg u . De plus d’après le théorème de Cayley
Hamilton ⇡u | u divise . Comme les deux polynômes sont unitaire alors u = .⇡u
2. Soit x0 2 E tel que ⇡u,x0 = ⇡u . En particulier deg⇡u,xk0 = n et la famille (xk0 , ..., un 1
(xk0 ))
est une base de E.
L’endomorphisme u est alors cyclique.

18.3 Une deuxième Caractérisation des endomorphismes cy-


cliques
18.3.1 Cas particulier :Endomorphisme nilpotent d’indice de nilpo-
tence maximal
1. Soit x 2 E tel que up 1 (x) 6= 0. La famille (x, u(x), ..., up 1
(x)) est libre. En effet, si
pP1
k u (x) = 0, alors en appliquant u , on obtient
k p 1
k=0
p 1
p 1u (x) = 0,
par suite p 1 = 0. De la même manière, on montrer que p 2 = ... = 0 = 0.
En particulier, p  dim E = n.
2. (a) Si x 2 E tel que un 1 (x) 6= 0 alors (x, u(x), ..., un 1 (x)) est une base de E et l’endo-
morphisme u est alors cyclique.
(b) Soit x 2 E tel que un 1 (x) 6= 0 et B = (x, u(x), ..., un 1 (x)) une base de E.
0 1
0 (0)
B 1 ...
B C
C
Notons A = M atB (u) = B B C
. . C
@ .. .. A
(0) 1 0
Ainsi, pour tout k 2 J1, n 1K, rg(u ) = rg(Ak ) avec
k

0 1
0 (0)
B .. .. C
B .
B . C
C
B0 C
B C
B C
B 1 ... ..
. C
@ A
..
(0) . 0 0
où les k premières lignes sont nulles.
Par suite, pour tout k 2 J1, n 1K, rg(uk ) = rg(Ak ) = n k,et d’après le théorème
du rang on obtient :
8k 2 J1, n 1K, dim ker uk = k, (18.2)
résultat qui reste valable aussi pour k = n puisque un = 0.
(c) Soit F un sous espace vectoriel stable par u de dimension k 2 J1, nK.
L’endomorphisme induit par u sur F , uF 2 L(F ) est aussi nilpotent, et par suite :
8x 2 F, uk (x) = ukF (x) = 0,
d’où, F ⇢ ker uk . Par égalité des dimensions on a F = ker uk .
18.4. UTILISATION DES MATRICES COMPAGNON : THÉORÈME DE FROBENIUS 83

18.3.2 Généralisation
1. (a) Si E = F , alors en particulier F est un sous espace vectoriel de E et par suite d’après
la partie préliminaire l’un des Fi contient tous les autres et sera alors égal à E. Ce qui
est absurde puisque les Fi sont des sous espaces stricte de E.
Ainsi, F ( E et on pet alors choisir x 2 F \ E.
(b) Soit d = max{k 2 N? tel que (x, u(x), ..., ud 1 (x)) est libre} et G = V ect(x, u(x), ..., ud 1
(x)).
Le sous espace G est stable par u et différent des Fi , 1  i  r, puisque x n’appartient
à aucun Fi , par suite G = E.
En particulier, d = n et (x, u(x), ..., un 1 (x)) est une base de E. L’endomorphisme u
est alors cyclique.

2. (a) Comme ⇡u,H


x
(u)(x) 2 H et H est stable par u alors pour tout i 2 N, ui (⇡u,H
x
(u)(x)) 2
H. Puis, H étant un sous espace vectoriel, on déduit que V ect(u (⇡u,H (u)(x)), i 2
i x

N) ⇢ H.
(b) Soit y 2 F . Comme (x, u(x), ..., un 1
(x)) est une base de E alors :

y = P (u)(x) avec P 2 k[X],

de plus, le polynôme P est divisible par D. Ainsi,


x x
y = (Q⇡u,H )(u)(x) = Q(u) ⇡u,H (u)(x) avec Q 2 k[X],

par suite, y 2 V ect(ui (⇡u,H


x
(u)(x)), i 2 N).
On conclut alors par double inclusion que :

F = V ect(ui (⇡u,H
x
(u)(x)), i 2 N).

(c) D’après ce qui précède, à chaque sous espace stable par u on peut associer un diviseur
de ⇡u . Ainsi, le nombre de ces sous espaces est fini.

18.4 Utilisation des matrices compagnon : Théorème de Fro-


benius
1. • Il est clair que Cx est un sous espace vectoriel de E. De plus, un sous espace de E
contenant x contient aussi les polynôme en u appliqué à x et par suite Cx .
• dim Cx = deg ⇡u,x .

2. (a) Si Cx = E, on pose F = {0}.


(b) Comme z 62 G alors deg ⇡u,G
z
1, et par suite :
z
⇡u = S.⇡u,G , deg S < deg ⇡u .

De plus, ⇡u,G
z
(z) 2 G. Donc
z
⇡u,G (z) = R(u)(x) + v,

avec v 2 F et R 2 k[X].
84MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 18. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

(c) D’après la question précédente :


z
0 = ⇡u (u)(z) = S(u) ⇡u,G (z) = S(u) R(u)(x) + S(u)(v).

Il en résulte que par stabilité de F par u que :

S(u) R(u)(x) 2 Cx \ F = {0}.

Par suite, ⇡u = ⇡u,x divise SR. Donc S.⇡u,G


z
divise SR.
On conclut que
z
R = A⇡u,G , A 2 k[X].
(d) • Si w 2 F alors w 2 G et comme y 2 Cx alors z = y + w 2 G. Absurde.
Ainsi, F + Cw contient strictement F .
• Supposons qu’il existe t 2 (F + Cw ) \ Cx . On a alors,

t = h + C(u)(w) = h + C(u)(z) C(u)(y),

avec h 2 F et C 2 k[X] Ainsi,

C(u)(z) = C(u)(y) + t h = C(u) A(u)(x) + t h 2 Cx + F = G,

par suite C = D⇡u,G


z
.
Comme ⇡u,G (u)(w) = v 2 F et F est stable par u alors
z

z
t = h + D(u) ⇡u,G (u)(w) = D(u)(v) 2 F.

Finalement t 2 F \ Cx = {0}.
Si G 6= E , on a construit un sous espace vectoriel de E de dimension supérieur à
celle de F , stable par u et en somme direct avec Cx . Ce qui contredit la définition
de F . L
Ainsi, E = Cx F et F est stable par u.
.
3. On procède par récurrence sur la dimension de E.
Si dim E = 1, le résultat est trivial. On suppose le résultat vrai lorsque 1  dim E  n.
Soit E un k espace vectoriel de dimension n + 1. Soit x1 2 E tel que ⇡u,x1 = ⇡u et F un
sous espace de E stable par u tel que :
M
E = Cx1 F.

En appliquant l’hypothèse de récurrence à l’endomorphisme uF 2 L(F ). Ainsi,


M M
9x2 , ..., xp 2 F tel que F = Cx2 ... C xp .

Par suite, M M M
E = Cx1 Cx2 ... Cxp .

4. (a) Soit u 2 L(E). D’après le théorème de réduction de Frobenius, il existe B une base
de E telle que :
A = M atB (u) = diag(C1 , ..., Cp ),
18.5. PROPRIÉTÉS TOPOLOGIQUES 85

avec C1 , ..., Cp sont des matrices compagnon.


On note C = {v 2 L(E), M atB (v) = diag(A1 , ..., Ap ), Ai 2 C(Ci )}.
Alors C ⇢ C(u). En particulier,
p
X
dim C(u) dim C(Ck ) = n
k=1

puisque dim C(Ck ) est la taille de Ck , où n = dim E.


(b) • On sait déjà que si u est cyclique alors k[u] = C(u).
• Supposons que k[u] = C(u).
Dans ce cas,

deg ⇡u = dim k[u] = dim C(u) dim E = deg u.

Par suite u 2 C(u).

18.5 Propriétés topologiques


18.6 Étude topologique de l’ensemble des endomorphismes
cycliques.
18.6.1 C(E) est un ouvert de L(E).
1. L’application est f est continue car elle est n-linéaire sur un espace de dimension finie.

2. est la composée de l’application linéaire

L(E) ! L(E)n , u 7! (u, ..., u),

et l’application n-linéaire

L(E)n ! E, (u1 , ..., un ) 7! (u1 ... un )(x0 ).

Par suite l’application est continue.

3. est la composée de l’application continue

L(E) ! E n , u 7! ( 0 (u), ..., n 1 (u)),

et l’application continue f .

4. Comme (v) 6= 0 et est continue alors il existe R > 0 tel que :

8u 2 B(v, R0 ), (u) 6= 0.

Ainsi, 8u 2 B(v, R0 ), (x0 , u(x0 ), ..., un 1


(x0 )) est une base de E et u 2 C(E).
z }| {
On conclut alors C(E) = C(E).
86MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 18. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

18.6.2 Connexité par arcs de C(E)


1. (a) Soit A 2 Cn (C) et u son endomorphisme canoniquement associé. Par suite u 2 C(E)
et il existe alors B une base de E telle que M atB (u) = C(a0 , ..., an 1 )
Ainsi,
9P 2 GLn (C); A = P C(a0 , ..., an 1 )P 1 .
Réciproquement, si A = P C(a0 , ..., an 1 )P 1 avec P 2 GLn (C) alors il existe B une
base de E telle que M atB (u) = C(a0 , ..., an 1 ) où u est l’endomorphisme canonique-
ment associé à A. Par suite, la matrice A est cyclique.
Ainsi, Cn (C) = f (GLn (C) ⇥ Cn ). De plus, l’application f est continue comme produit
des applications continue.
On conclut que Cn (C) est image d’un connexe par arcs par une application continue
et par suite connexe par arcs.
(b) C(E) est l’image de Cn (C) par l’application continue
Mn (C) ! L(E), M 7! u; M atBc (u) = A,
où Bc est la base canonique de Cn .
Par suite, C(E) est aussi connexe par arcs.
2. (a) On note 80 1 9
>
> 0 (0) a0 >
>
>
<B . . C >
=
B .. .. C n
C= B C , (a 0 , ..., a n 1 ) 2 R
>
> @ 0 A >
>
>
: >
;
(0) an 1
Alors C est un ensemble convexe et l’ensemble des matrices compagnons est l’image
de C par l’application continue
Mn (R) ! Mn (R), M 7! J + M
0 1
0 (0)
B . . C
B1
B . C
C.
où J = B C
@ . .. A
(0) 1 0
Par suite, l’ensemble des matrices compagnons est aussi connexe par arcs.
(b) Soit A, B 2 MP0 . Il existe alors P 2 GLn (R) tel que A = P BP 1 .
Comme det B = 1, quitte à remplacer P par P B, on peut supposer que det P > 0.
Or, comme GL+ n (R) est connexe par arcs, alors il existe ' : [0, 1] ! GLn (R) continue
+

telle que '(0) = P et '(1) = In . Ainsi, l’application t 7! Mn (R), t 7! '(t)B'(t) 1 est


un chemin continue joignant A et B dans l’ensemble des matrices semblables à A0 .
(c) Soit A 2 Cn (R). Il existe P 2 GLn (R) telle que
1
P AP = C,
où C est une matrice compagnon.
Comme l’ensemble des matrices compagnon est connexe par arcs, alors on peut relier C et
A0 par un chemin continue tout en restant dans l’ensemble des matrices compagnon.
En conjuguant avec P on construit alors un chemin continue joignant A et P 1
A0 P . Or,
P 1 A0 P 2 MP0 et on peut alors la relier à A0 dans MP0 .
On déduit alors, qu’on peut relier A et A0 par un chemin continue dans Cn (R).
18.6. ÉTUDE TOPOLOGIQUE DE L’ENSEMBLE DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES.87

18.6.3 Densité de C(E) dans L(E)


Cas complexe
0 1
1 (⇤)
B .. C
1. Soit A 2 Mn (C). Il existe P 2 GLn (C) et T = @ . A telle que A = P T P 1
.
(0) n
0 1
1
1 + k (⇤)
B .. C
Pour k 2 N , on pose Ak = P @
?
. A. La suite (Ak )k2N? converge vers
n
(0) n+ k
i j
A et pour k > max{| i j
|, i 6= j} la matrice Ak est à valeurs propres distinctes deux à
deux.
On conclut que l’ensemble des matrices diagonalisables à valeurs propres distinctes deux à
deux est dense dans Mn (C).
2. Il est clair qu’une matrice diagonalisable avec n valeurs propres distinctes est cyclique
puisque son polynôme caractéristique est égal à son polynôme minimal
3. D’après la question précédente Cn (C) est dense dans Mn (C) puisqu’il contient les matrice
diagonalisable à valeurs propres distincte.
On fixe une base B de E. Soit u 2 L(E) et A = M atB (u). Il existe une suite de ma-
trices cycliques Ak qui converge vers A. On note alors uk l’endomorphisme de E tel que
M atB (uk ) = Ak .
Comme l’application

Mn (C) ! L(E), M 7! v; M atB (v) = M

est continue, alors la suite des endomorphismes cycliques (uk )k2N converge vers u.
On déduit que C(E) est dense dans L(E).

Peut-on appliquer la méthode précédente dans le cas réel ?


Q
n
1. • Si P est scindé sur R alors P (X) = (X k) avec k 2 R pour tout k 2 J1, nK.
k=1
Ainsi , si z 2 C, on a :
n
Y n
Y n
Y
|P (z)| = |z k| |Im(z k )| = |Im(z)| = |Im(z)|n .
k=1 k=1 k=1

• Réciproquement, supposons que pour tout z 2 C, |P (z)| |Im(z)|n .


Si z 2 C une racine de P alors d’après l’inégalité précédente Im(z) = 0. Ainsi, toutes
les racines de P sont réelles et le polynôme P est alors scindé sur R.
2. Soit (Pk )k2N une suite dans ⌃ qui converge vers P 2 Un (Rn [X]). On alors :

8k 2 N, 8z 2 C, |Pk (z)| |Im(z)|n .

Par passage à la limite, on obtient :

8z 2 C, |P (z)| |Im(z)|n ,
88MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 18. AUTOUR DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES

et le polynôme P est alors scindé sur R.


On conclut que ⌃ est un fermé de Un (Rn [X]).
3. L’application : Mn (R) ! Un (Rn [X]), M 7! M est continue puisque les coefficients de
M sont polynomiales par rapport aux coefficients de M .
Comme T = 1
(⌃) et ⌃ est un fermé de Un (Rn [X]) alors T est un fermé de Mn (R).
4. • Comme D ⇢ T alors D ⇢ T = T . puis que D = T .
• Si A 2 T alors en suivant la même méthode élaborer dans la première question de la
partie précédente, on montrer que A est limite d’une suite de matrices diagonalisables
dans Mn (R).
Ainsi, T ⇢ D.
On conclut alors que T = D.
✓✓ ◆ ◆
0 1
5. La matrice diag , 0Mn 2 (R)
2 Mn (R) \ T puisque son polynôme caractéristique
1 0
n’est pas scindé sur R.
6. Comme D1 ⇢ D ⇢ T et T 6= Mn (R) alors D1 n’est pas dense dans Mn (R).

Densité dans le cas réel


1. Montrons par récurrence la propriété HR(p) : Si P 2 p et l’intérieur de Z(P ) est non vide
alors P est la fonction nulle.
Pour p = 1, la fonction polynomiale P d’une variable réelle admet une infinité de racines
et par suite c’est la fonction nulle.
Supposons le résultat vrai jusqu’au rang p 1. Soit P 2 p+1 tel que l’intérieur de Z(P )
est non vide. Ainsi,
9a = (a1 , ..., ap+1 ) 2 Rp+1 , 9R > 0; B1 (a, R) ⇢ Z(P ),
où B1 (a, R) est la boule ouverte de (Rp+1 , k.k1 ) de centre a et de rayon R . De plus,
B1 (a, R) = I1 ⇥ ... ⇥ Ip+1 où Ik est un intervalle ouvert de R.
Supposons par l’absurde que P 6= 0.
Il existe alors (↵1 , ..., ↵p+1 ) 2 Rp+1 tel que P (↵1 , ..., ↵p+1 ) 6= 0. Soit ↵ 2 I1 . La fonction
polynomiale (x2 , ..., xp+1 ) 7! P (↵, x2 , ..., xp+1 ) s’annule sur I2 ⇥ ... ⇥ Ip+1 et par hypothèse
de récurrence c’est la fonction nulle.
Ainsi,
8(x2 , ..., xp+1 ) 2 I2 ⇥ ... ⇥ Ip+1 , P (↵, x2 , ..., xp+1 ) = 0.
En particulier, P (↵, a2 , ..., ap+1 ) = 0, 8↵ 2 I1 .
De la même manière, la fonction polynomiale x 7! P (x, a2 , ..., ap+1 ) s’annule sur I1 et par
suite c’est la fonction nulle. En particulier, pour x = a1 , P (a1 , a2 , ..., ap+1 ) = 0. Absurdité
qui prouve que le résultat vrai à l’ordre p + 1.
Réciproquement, si P 2 p est la fonction nulle alors Z(P ) = Rp .
2. (a) On a :
rg(In , M, ..., M n 1
) = n , la famille (In , M, ..., M n 1
) est libre , deg ⇡M = n , ⇡M = M.

Ainsi, rg(In , M, ..., M n 1


) = n si et seulement si M est une matrice cyclique.
18.6. ÉTUDE TOPOLOGIQUE DE L’ENSEMBLE DES ENDOMORPHISMES CYCLIQUES.89

(b) On a :

M 2 Mn (R) \ Cn (R) , rg(In , M, ..., M n 1


) < n , rg(M atBc (In , M, ..., M n 1
)) < n.

Ce qui est équivalent à dire que les matrices extraites de taille n de M atBc (In , M, ..., M n 1
)
sont non inversible.
On conclut que :

M 2 Mn (R) \ Cn (R) , 8I ⇢ J1, n2 K, de cardinal n, AI (M ) = 0.

(c) D’après la question précédente on a :


\
M 2 Mn (R) \ Cn (R) = Z(AI ),
I⇢J1,nK,Card(I)=n

avec Z(AI ) est l’ensemble des zéros de la fonction polynomiale AI où on a identifier


2
Mn (R) et Rn .
Comme AI n’est pas nulle alors Z(AI ) est d’intérieur vide. Par suite, M 2 Mn (R) \
Cn (R) est d’intérieur vide comme intersection d’ensemble d’intérieur vide.
(d) Comme
z }| {
Mn (R) \ Cn (R) = Mn (R) \ Cn (R) = ;
alors Cn (R) = Mn (R).
Mohamed Habibi-Problème de révision 19

Convergence des variables aléatoires

19.1 Questions préliminaires


1. On pose I0 = J0 et In = Jn \ Jn 1 pour tout n 2 N? . Alors, (In )n2N est une partition de
I et (In )n2J0,nK est une partition de Jn .
Comme la famille (ai )i2I est sommable alors (ai )i2Jn l’est également, et d’après le théorème
de sommation par paquet on a :
X X n
ai = p,
i2Jn p=0
P
avec p = ai .
i2Ip
P
Toujours avec le théorème de sommation par paquet, la série n converge et on a :
X X n
X X
ai = n = lim p = lim ai .
n7!+1 n7!+1
i2I n2N p=0 i2Jn

2. Soit ✏ > 0. Il existe n0 2 N tel que :


8n n0 , |un L|  ✏.
P
n P
n0 P
n
Or, pour n > n0 , | n1 uk L|  1
n( |uk L| + |uk L|). Ainsi,
k=1 k=1 k=n0 +1

n n
1X 1X0
n n0
8n > n0 , | uk L|  |uk L| + ✏.
n n n
k=1 k=1

P
n0
Mais comme lim 1
|uk L| = 0 alors il existe n1 2 N tel que :
n7!+1 n k=1
n
1X0

8n n1 , |uk L|  ✏.
n
k=1

D’où :
n
1X
8n > max(n0 , n1 ), | uk L|  2✏.
n
k=1

91
92MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 19. CONVERGENCE DES VARIABLES ALÉATOIRES

Par conséquent,
n
1X
lim uk = L.
n7!+1 n
k=1

P
n
ak
3. on note S0 = 0 et Sn = k , pour n 1. Par hypothèse, la suite (Sn )ni nN converge vers
k=1
un réel S. De plus, on a :
ak = k(Sk Sk 1 ),

par suite,
n
X n
X n
X n
X1 n
X1
ak = k(Sk Sk 1) = kSk (k + 1)Sk = nSn Sk .
k=1 k=1 k=1 k=0 k=1

Ainsi,
n n 1 n
1X 1X 1X Sn
a k = Sn Sk = Sn Sk + .
n n n n
k=1 k=1 k=1

En utilisant le fait que la suite (Sn )n2N converge et le théorème de Césaro, on trouve que :
n
1X
lim ak = 0.
n7!+1 n
k=1

4. (a) D’après le théorème de la continuité monotone :


\ [ [
P( Ak ) = lim P( Ak ),
n7!+1
n2N k n k n

S P
+1
et d’après l’inégalité des Boole, P( Ak )  P(Ak ).
k n k=n
P
Comme par hypothèse, la série P(An ) converge, alors son reste tend vers 0, et on
n2N
en déduit que : \ [ [
P( Ak ) = lim P( Ak ) = 0.
n7!+1
n2N k n k n
S T
(b) Montrons que P( Ak ) = 0 :
n2N k n
Toujours d’après le théorème de la continuité monotone :
[ \ \
P( Ak ) = lim P( Ak ) = 0.
n7!+1
n2N k n k n

Or,
\ N
\
P( Ak ) = lim P( Ak ).
N 7!+1
k n k=n

En utilisant l’indépendance des événements (An )n2N , on obtient :


N
\ N
Y N
Y
P( Ak ) = P(Ak ) = (1 P(Ak )).
k=n k=n k=n
19.2. CARACTÉRISATION DE LA CONVERGENCE PRESQUE SURE 93

Comme la fonction exponentielle est convexe sur R, alors pour tout x 2 R, 1 + x  ex ,


P
N
T
N P(Ak )
et par suite P( Ak )  e k=n .
k=n P
Comme la série à termes positives P(An ) diverge on en déduit que
n 1

P
N
P(Ak )
lim e k=n = 0.
N 7!+1
T S T
Ainsi, P( Ak ) = 0 puis P( Ak ) = 0.
k n n2N k n

5. Par parité, il suffit de prouver le résultat pour x > 0 :


+1 2
X +1
X +1
X
x x2 x2
1
2 ]0,n]
(x) =  .
n=1
n n2 n=0
(n + x)2
n=[x]+1

Or avec une comparaison série intégrale, on a :


+1
X Z +1
1 1
2
1+ dt.
n=0
(n + x) 0 (t + x)2

Ainsi,
+1 2
X x
1
2 ]0,n]
(x)  1 + x.
n=1
n

6. Soit ✏ > 0.
Comme la famille (P(X = x)x)x2X(⌦) est sommable, alors il existe a 2 R tel que :
X ✏
P (X = x)|x|  .
2
x2X(⌦),|x|>a

On pose alors, Z = X1|X|a et Y = Z E(Z). Clairement, |Y |  2a et E(Y ) = 0.


D’autre part, comme X = Z + X1|X|>a alors

E(|X Y |) = E(|X1|X|>a + E(Z)|)  + |E(Z)|.
2
Or, |E(Z)|  |E(X)| + E(|X|1|X|>a )  2✏ .
On conclut que :
E(|X Y |)  ✏.

19.2 Caractérisation de la convergence presque sure


T
1. • Supposons que w 2 Ck .
k2N?
Soit ✏ > 0 et k0 2 N tel que k10  ✏.
Comme w 2 Ck0 , alors il existe n0 2 N tel que
1
8p n0 , |Xp (w) X(w)|   ✏.
k0
Ainsi, lim Xn (w) = X(w).
n7!+1
94MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 19. CONVERGENCE DES VARIABLES ALÉATOIRES

• Supposons que lim Xn (w) = X(w).


n7!+1
Soit k 2 N? . Il existe n0 2 N tel que
1
8p n0 , |Xp (w) X(w)|  .
k
Par suite w 2 Ck .
2. D’après
T la question précédente, (Xn )nN converge presque surement vers X si et seulement
si P( Ck ) = 1.
k2N?
Or, comme la suite (Ck )k2NT
? est décroissante pour l’inclusion, alors d’après le théorème de

la continuité monotone P( Ck ) = lim P(Ck ).


k2N? k7!+1

Par conséquence, \
P( Ck ) = 1 , 8k 2 N? , P(Ck ) = 1.
k2N?
D’où le résultat.
3. Soit k 2 N? . Pour ✏ = k1 , d’après le lemme de Borel-Cantelli :
\[ 1
P( |Xp X| > ) = 0,
k
n2N n

par suite P(Ck ) = 1, et la suite (Xn )n2N converge presque surement vers X.
P
4. S’il existe ✏ > 0 tel que la série P(|Xn | > ✏) diverge alors d’après le lemme de Borel-
n2N
Cantelli alors \[
P( |Xp | > ✏) = 1.
n2N n

Par suite, si k 2 N tel que 1


k  ✏ alors
[\ 1
P( |Xp |  ) = 0,
k
n2N n

et la suite (Xn )n2N ne converge pas presque surement vers 0.

19.3 Liens entre les différents modes de convergence


1. Soit ✏ > 0. On a :
✏ ✏
8n 2 N, (|X Y | > ✏) ⇢ (|X Y|> ) [ (|X Y|> ),
2 2
ainsi,
✏ ✏
P(|X Y | > ✏)  (|X Y|> ) + P(|X Y | > ),
2 2
et donc, par convergence en probabilité, P(|X Y | > ✏) = 0, 8✏ > 0.
S
Or, (X 6= Y ) = (|X Y | > n1 ) et par l’inégalité des Boole, on obtient
n2N?

P(X 6= Y ) = 0.
D’où, P(X = Y ) = 0.
19.3. LIENS ENTRE LES DIFFÉRENTS MODES DE CONVERGENCE 95

2. D’après l’inégalité de Markov :

E(|Xn X|)
P (|Xn X| > ✏)  .

Ce qui entraine que la convergence en moyenne entraine la convergence en probabilité.
3. Soit ✏ > 0. Montons que lim P (|Xn X| > ✏) = 0.
n7!+1

Soit > 0. On considère k0 2 N? tel que 1


k0  ✏.
Comme la suite (Xn )n2N converge presque surement vers X alors d’après la partie précé-
dente P (Ck0 ) = 1.
T
Donc, 1 = P (Ck0 ) = lim P (|Xp X|  k10 ), et on a alors,
n7!+1 p n

\ 1
9n0 2 N; 8n n0 , 1  P( P(|Xp X|  ))  1,
k0
p n

par conséquence,
\ 1 1
8n n0 , 1  P( P(|Xp X|  ))  P(|Xn X|  )  P(|Xn X|  ✏).
k0 k0
p n

Finalement,
8 > 0, 9n0 2 N; 8n n0 , 1  P(|Xn X|  ✏)  1,
ce qui est équivalent à dire que lim P (|Xn X| > ✏) = 0.
n7!+1

4. On considère une suite de variables aléatoires réelles indépendantes (Xn )n2N de loi de
Bernoulli ( n1 ). Alors pour ✏ 2]0, 1[,

1
P (|Xn | > ✏) = ,
n
et la suite (Xn )n2N converge alors en probabilité vers 0.
P
De plus, comme la série P (|Xn | > ✏) diverge alors d’après la partie préliminaire, la
n2N
suite (Xn )n2N ne converge pas presque surement vers 0.
5. Pour tout k 2 N, lim P(|Xn X| > 1
2k
) = 0. Ainsi, on peut construire une application
n7!+1
' : N ! N strictement croissante telle que :
1 1
P(|X'(k) X| > )  k.
2k 2
Par conséquent, si ✏ > 0, et k0 2 N tel que 1
k0  ✏, on a :

1 1
P(|X'(k) X| > ✏)  P(|X'(k) X| > k
)  k,
2 2
P
et la série P(|X'(k) X| > ✏) est alors convergente.
n2N

D’après la partie précédente, la suite (X'(n) )n2N converge presque surement vers X.
96MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 19. CONVERGENCE DES VARIABLES ALÉATOIRES

6. Soit Xn , n 2 N des variables aléatoires telle que P(Xn = an ) = pn et P(Xn = 0) = 1 pn


où 0 < pn < 1, lim pn = 0 et an 1.
n7!+1

(a) Soit ✏ 2]0, 1[, P(|Xn | > ✏) = pn ! 0, lorsque n 7! +1.


Si ✏0 1, P(|Xn | > ✏0 )  P(|Xn | > ✏), ce qui permet aussi de conclure.
(b) Comme E(|Xn |) = E(Xn ) = an pn alors (Xn )n2N converge en moyenne vers 0, si et
seulement si, lim an pn = 0.
n7!+1

(c) Soit w 2 ⌦. CommeXn (w) 2 {an , 0} et an 1, alors lim Xn (w) = 0 si et seulement


n7!+1
si, Xn (w) = 0 à partir d’un certain rang.
Ainsi, [ \
{w 2 ⌦; lim Xn (w) = 0} = {Xk = 0}.
n7!+1
n2N k n

Par suite, (Xn )n2N converge presque surement vers 0, si et seulement si,
[ \
P( {Xk = 0}) = 1.
n2N k n

De plus, d’après le lemme de Borel-Cantelli


[ \ X
P( {Xk = 0}) = 1 , P(Xn 6= 0) converge,
n2N k n
P
par conséquence, (Xn )n2N converge presque surement vers 0, si et seulement si, pn
converge.
(d) • On choisit pn = n1 et an = 1, Xn converge vers 0 en moyenne mais pas presque
surement.
• On choisit pn = n12 et an = n2 Xn converge vers 0 presque surement mais pas en
moyenne.

19.4 Loi faible des grands nombres dans L1


0

• V( nn ) = V(Y
S 1)
1. (a) n 7! 0 lorsque n 7! +1.
• D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz :
0 0 0 0
Sn 2 S S S
(E(| |)) = (E(| n |.1))2  E(( n )2 )E(1) = V( n ).
n n n n
0
Sn
D’où lim E(| n |) = 0.
n7!+1

(b) On a pour tout n 2 N


0 0
Sn Sn Sn S
E(| |)  E(| |) + E(| n |).
n n n n
De plus,
0 n
Sn Sn 1X
E(| |)  E(|Xk Yk |)  ✏,
n n n
k=1
19.5. LOI FORTE DES GRANDS NOMBRES DANS L1 97

0
Sn
et lim E(| n |) = 0.
n7!+1
Ainsi, à partir d’un certain rang :
Sn
E(| |)  2✏.
n
(c) D’après l’inégalité de Markov :
Sn Sn
8✏ > 0, P(| | > ✏)  E(| |).
n n
Ce qui permet de conclure.
2. Il suffit d’appliquer ce qui précède aux variables aléatoires Xn E(X1 ).

19.5 Loi forte des grands nombres dans L1


Soit Xn , n 2 N une suite de variables aléatoires réelles, indépendantes, de même loi et d’es-
pérance finie. On se propose de montrer que ( Snn )n2N? converge presque surement vers E(X1 ),
Pn
où Sn = Xk .
k=1

19.5.1 Inégalité de Kolmogorov


1. On a :
n
[
(max(|S1 |, .., |Sn | a) = Bp ,
p=1

et cette réunion est disjointe.


Ainsi,
n
X
P(max(|S1 |, .., |Sn | a) = P(Bp ).
p=1

De plus, pour p 2 J1, nK, les variables aléatoires Sn Sp et Sp 1Bp sont indépendantes,
d’espérance nulle et Sp2 1Bp a2 1Bp . De ce fait,

a2 P(Bp )  E(Sp2 1Bp )  E(Sp2 1Bp ) + E((Sp Sn )2 1Bp ) = E(Sn2 1Bp ).

D’où,
n
X
P(max(|S1 |, .., |Sn | a)  E(Sn2 1Bp ).
p=1

Or, par incompatibilité de B1 , .., Bn , on a :


n
X n
X
E(Sn2 1Bp ) = E(Sn2 1Bp ) = E(Sn2 1 S
n )  E(Sn2 ).
Bp
p=1 p=1 p=1

Finalement, P(max(|S1 |, .., |Sn | a)  E(Sn2 ).


2. Soit P
une suite (Xn )n 1 de variables aléatoires réelles
P indépendantes et centrées. On suppose
que V(Xn ) converge. Montrer que la série Xn converge presque surement.
98MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 19. CONVERGENCE DES VARIABLES ALÉATOIRES

19.5.2 Preuve du théorème


0
1. (a) On considère l’événement An = (Xn 6= Xn ). On a :
N
X N
X N
X N
X N
X
P(An ) = P(|Xn | > n) = P(|X1 | > n) = E(1|X1 |>n ) = E( 1|X1 |>n ).
n=1 n=1 n=1 n=1 n=1
P
Or, comme pour tout x 2 R?+ , 1|x|>n = [x] 1 < x, alors
n 1

N
X
P(An )  E(|X1 |),
n=1
P
et la série numérique P(An )converge.
n 1
S T 0
Ainsi, d’après le lemme de Borel-Cantelli P( {Xk = Xk }) = 1. En outre la série
n2N k n
P 0 S T 0
(Xk (w) Xk (w)) converge si w 2 {Xk = Xk }.
n 1 n2N k n
0
Donc la suite des sommes partielles Sn Sn converge presque surement et donc bornée
0
Sn Sn
presque surement. On conclut alors que n converge presque surement vers 0.
0 0
Sn Sn Sn
(b) Soit A = {w; lim n = 0}, A1 = {w; lim Sn
= 0}, A2 = {w; lim = 0}.
n7!+1 n7!+1 n n7!+1 n

• Supposons que Snn converge presque surement vers 0.


Dans ce cas P(A1 ) = P(A) = 1 et par suite
P(A \ A1 ) = 1,
et on a clairement A \ A1 ⇢ A2 . On en déduit donc que :
P(A2 ) = 1.
0
Sn
• On procède de la même manière si n converge presque surement vers 0.
2. comme les Xk ont même loi alors
0
E(Xn ) = E(Xn 1|Xn |n ) = E(X1 1|X1 |n ),
P
avec E(X1 1|X1 |n ) = P(X1 = x)x.
x2X1 (⌦)\[ n,n]

Puisque la famille (P(X1 = x)x)x2X1 (⌦) est sommable et sa somme est E(X1 ) alors d’après
la partie préliminaire
X
lim P(X1 = x)x = E(X1 ) = 0.
n7!+1
x2X1 (⌦)\[ n,n]

0 0 0
Sn (w) S˜n (w) E(X1 )+...+E(Xn )
3. Pour tout w 2 ⌦, n n = n .
Ainsi, par le théorème de Césaro, on obtient, pour tout w 2 ⌦ :
0
Sn (w) S˜n (w)
lim = 0.
n7!+1 n n
Ce qui permet de conclure.
19.5. LOI FORTE DES GRANDS NOMBRES DANS L1 99

0 0
˜ E((Xk )2 ) E(Xk )2
4. On a V ( Xkk ) = k2 k2 .

P 0
E(Xk )2 E(Xn )2
0

• la série k2 converge car n2 = = o 1


n2 .
k 1 n7 !+1

P 0
E((Xn )2 ) P P 2
• n2 = P (X1 = x) nx2 1[ n,n] (x)
n 1 n 1 x2X1 (⌦)
P 2
Comme pour x 2 X1 (⌦), 0  P (X1 = x) nx2 1[ n,n] (x)  P (X1 = x)(1 + |x|) et
P n 1
P (X1 = x)(1 + |x|) = 1 + E(X1 ) alors d’après le théorème de Fubini, la famille
x2X1 (⌦)
2
(P (X1 = x) nx2 1[ n,n] (x))(x,n)2X1 (⌦)⇥N? est sommable.
P 0
E((Xn )2 )
On conclut que la série n2 converge et que :
n 1

X E((X 0 )2 ) X x2
n
= P (X1 = x) 1[ n,n] (x)
n2 n2
n 1 (x,n)2X1 (⌦)⇥N?

P ˜ P X˜k
5. Comme la V ( Xkk ) converge, alors la série k converge presque surement et par le
lemme de Kronecker S̃n
n converge vers 0 presque surement.
Mohamed Habibi-Problème de révision 20

Autour de et

20.1 Questions préliminaires


1. Soit f : R?+ ! R une fonction convexe vérifiant : Soient 0 < x < y et n 2 N? tels que
y < x + n.D’après l’inégalité despentes appliquée à la fonction convexe f , on a :
f (y) f (x) f (x + n) f (x)
 .
y x n
Comme f (x + n) = f (x) alors f (y)  f (x) et par suite, la fonction f est décroissante sur
R?+ . Ainsi, si 0 < x < y < x + n alors f (x) = f (x + n)  f (y)  f (x).
D’où f (x) = f (y) pour tous x et y dans R?+ .
R +1
2. On note (x) = 0 tx 1 e t dt.
(a) La fonction est définie sur ]0, +1[ car :
• La fonction t 7! tx 1 e t est continue sur ]0, +1[.
• On a tx 1 e t ⇠ tx 1 , et par suite t 7! tx 1 e t est intégrable au voisinage de 0
t7!0
si et seulement si, x > 0.
• tx 1 e t = o( t12 ), et par suite t 7! tx 1
e t
est intégrable au voisinage de +1.
t7!+1

(b) • 8t > 0, x 7! tx 1
e t
est de classe C 1 sur R?+ .
• 8x > 0, t 7! tx 1
e t
est continue et intégrable sur ]0, +1[.
k
• Soit k 2 N . La fonction t 7! ln (t) tx
? 1
e t
est continue sur ]0, +1[ et pour
chaque segment [a, b] de R?+ , on a :
k k
8x 2 [a, b], 8t > 0, | ln (t) tx 1
e t |  | ln (t) |(ta 1
+ tb 1
)e t ,
k
et la fonction, t 7! | ln (t) |(ta 1 + tb 1 )e t est intégrable sur ]0, +1[ car elle est
continue sur ]0, +1[ et
8
< | ln (t)k |(ta 1 + tb 1 )e t = o( t12 )
t7!+1
: | ln (t)k |(ta 1
+ tb 1
)e t
= o(t↵ )
t7!+1

avec 1 < ↵ < min(a 1, b 1).

101
102 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 20. AUTOUR DE ET

Par conséquence, la fonction est de classe C 1 sur R?+ , et on a :


Z +1
k
8k 2 N? , 8x > 0, (k)
(x) = ln (t) tx 1
e t dt.
0

(c) Il suffit de vérifier que la dérivée seconde de la fonction ln est positive sur R?+ .
00 00 0
(x) (x) (x)2
D’une part, on a ln ( (x)) = (x)2 .
D’autre part,
Z +1 Z +1 Z +1
0 2 1 1
8x > 0, (x) = ln (t)tx 1
e t dt  ( ln (t) tx 1
e t dt) 2 ( tx 1
e t dt) 2
0 0 0

00 0
D’où, 8x > 0, (x) (x) (x)2 0 et la fonction ln est convexe sur R?+ .

20.2 Autour de la constante d’Euler


1. L’idée est d’utiliser d’abord une comparaison série-intégrale puis le lien entre la convergence
d’une suite et d’une série :
Z
k+1
1 1 1
 dt  ,
k+1 t k
k

par suite en sommant k entre 1 et n, on obtient :

Hn+1 1  ln (n + 1)  Hn ,

d’où ln (n)  ln(n + 1)  Hn  1 + ln (n). Ainsi,

(1) : 0  Hn ln (n)  1.

De plus, si on pose un = Hn ln (n), on a :

1 1
un+1 un = ln (1 + ).
n+1 n
Ainsi,
1 1
(2) : un+1 un = + o( 2 ).
n7 !+1 2n2 n
P
Finalement, d’après (2) la série numérique (un+1 un ) et par suite la suite un converge,
et d’après (1) sa limite 2 [0, 1].
R1 n
1 (1 t)n
2. (a) i. D’abord l’intégrale 0 1 (1t t) dt converge car la fonction t 7! t est conti-
n
nue par morceaux sur ]0, 1] et lim 1 (1t t) = n.
t7 !0
De plus, le un changement de variable affine, u = 1 t, on a :
Z 1 Z 1 Z 1n
X1 X1 Z 1
n
1 (1 t)n 1 un
dt = du = uk du = uk du = Hn .
0 t 0 1 u 0 k=0 0
k=0
20.2. AUTOUR DE LA CONSTANTE D’EULER 103

ii. Pour obtenir e t , l’idée est de faire apparaitre le terme (1 t n


n) puisque lim (1
n7 !+1

n) = e .
t n t

On a : Z Z
1 n
1 (1 t)n 1
Hn ln (n) = dt dt,
0 t 1 t
R1 1 (1 t)n Rn 1 (1 u n
n)
or par le changement de variable affine u = nt, 0 t dt = 0 u du.
Par suite,
Z 1 Z
1 (1 nu )n n
(1 u n
n)
Hn ln (n) = du .
0 u 1 u
Maintenant, reste à appliquer le théorème de convergence dominé :
u n
(1 )
• Pour la deuxième intégrale : On pose fn (u) = u
n
1[1,n] (u). Cette fonction
est continue par morceaux sur [1, +1[ et converge simplement sur cet inter-
u
valle vers la fonction u 7! e u qui est également continue par morceaux sur
[1, +1[. De plus,
u
en ln (1 n) e u
8u 2 [1, n], |fn (u)| = 
u u
Cette dernière inégalité reste valable sur [1, +1[ tout entier car si u > n, fn (u) =
0. Ainsi,
e u
8u 2 [1, +1[, |fn (u)|  ,
u
u
et la fonction u 7! e
u est intégrable sur [1, +1[.
D’où Z Z
n u n +1 u
(1 n) e
lim = du.
n7 !+1 1 u 1 u
• Pour la première intégrale, on ne peut pas tout simplement considérer la
u n
1 (1 n )
fonction u 7! u car dans ce cas la domination n’est pas simple. On
applique d’abord une intégration par partie afin de simplifier l’intégrale, prin-
cipalement le terme u1 qui pose un problème au voisinage de 0, puis on applique
le théorème de la convergence dominé.
Comme lim (1 (1 nu )n ) ln (u) = 0, alors
u7 !0

Z 1 u n Z 1
1 (1 n) u n
du = (1 ) ln (u)du.
0 u 0 n

On pose alors fn (u) = (1 ln (u). On a alors, (fn )n 1 est une suite de


u n
n)
fonctions continues par morceaux sur ]0, 1] et converge simplement sur ]0, 1]
vers la fonction u 7! e u ln (u) qui est continue par morceaux sur ]0, 1]. De
plus,
8u 2]0, 1], |fn (u)|  e u ln (u)
et la fonction u 7! e u
ln (u) est intégrable sur ]0, 1] car e u
ln (u) = o( p1u ).
t7 !0
Ainsi,
Z 1 u n Z 1 Z 1 u
1 (1 n) u 1 e
lim du = e ln (u)du = du
n7 !+1 0 u 0 0 u
104 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 20. AUTOUR DE ET

Cette dernière égalité est obtenue après une intégration par partie et en uti-
lisant le fait que lim (1 e u ) ln (u) = 0.
u7 !0
Finalement,
Z 1 u Z +1 u
1 e e
= lim Hn ln (n) = du du.
n7 !+1 0 u 1 u
R +1
(b) i. D’abord l’intégrale 0 e t ln tdt converge car la fonction t 7! e t
ln t est continue
sur ]0, +1[, e t ln t = o( p1t ) et e t ln t = o( t12 ). Ainsi,
t7 !0 t7 !+1
Z +1 Z 1 Z +1
t t t
e ln tdt = e ln (t)dt + e ln tdt
0 0 1
R1 R1 1 t R +1
Or en intégrant par partie, 0 e t ln (t)dt = 0
e
t dt et 1
e t
ln tdt =
R +1 e t
1 t dt. D’où le résultat.
ii. Il suffit d’utiliser le changement de variable u = e t .
R +1 e t e nt t nt
3. L’intégrale 0 t dt = converge car la fonction t 7! e
t
e
est continue sur
e t e nt t nt
]0, +1[, t = o( t12 ) et lim e te = n 1.
t7 !+1 t7 !0
L’idée consiste à écrire l’intégrale comme différence de deux intégrale, mais comme la
t
fonction t 7! e t n’est pas intégrable au voisinage de 0 alors on considère l’intégrale sur
[✏, +1[ puis on va faire tendre ✏ vers 0. Ainsi,
Z +1 t Z +1 t Z +1 t Z +1 nt
e e nt e e nt e e
dt = lim dt = lim ( dt dt)
0 t ✏7 !0 ✏ t ✏7 !0 ✏ t ✏ t
R +1 e nt R +1 e u
Or en considérant le changement de variable u = nt on a ✏ t dt = n✏ u dt. Par
suite, Z +1 t Z +1 t Z +1 u Z n✏ t
e e nt e e e
dt = dt dt = dt
0 t ✏ t n✏ u ✏ t
Ainsi, Z Z Z Z
n✏ t n✏ t n✏ n✏ t
e e 1 1 e 1
dt = dt + dt = dt + ln (n).
✏ t ✏ t ✏ t ✏ t
t
Finalement, comme la fonction t 7! e t
1
est intégrable sur ]0, 1] car elle est prolongeable
R n✏ t
par continuité en 0, alors lim ✏ e t 1
dt = 0, et on alors :
t7 !0
Z +1 t nt Z +1 t nt
e e e e
dt = lim dt = ln (n).
0 t ✏7 !0 ✏ t
R +1
4. L’intégrale 0 e t ( 1 1
e t
1
converge car la fonction t 7! e t ( 1 1e t 1t ) est continue
t )dt
sur ]0, +1[, e t ( 1 1e t 1
t ) t7 !+1 = o( t12 ) et lim e t ( 1 1e t 1t ) = 12 . De la même manière,
t7 !0
R +1
on montre que l’intégrale 0 e nt ( 1t 1
et t )dt converge.
R1 n R +1 t nt
De plus, Hn ln (n) = 0 1 (1t t) dt 0
e
dt. Or, t
e

Z 1 Z 1 Z +1
1 (1 t)n 1 un 1 e nv
dt = dt = dv
0 t 0 1 u 0 ev 1
20.3. AUTOUR DE LA FONCTION GAMMA 105

où on a utilisé le changement de variable u = e v


.
Ainsi,
Z +1 nt Z +1 t nt Z +1
1 e e e nt 1 1 1 1
Hn ln (n) = dt dt = [e ( )+e t ( )]dt
0 et 1 0 t 0 t et 1 1 e t t
Comme on a la convergence de deux derniers intégrales, alors :
Z +1 Z +1
t 1 1 1 1
Hn ln n = e ( t
)dt + e nt ( )dt.
0 1 e t 0 t et 1
R +1
5. Il s’agit de montrer que lim e nt 1
(t 1
et 1 )dt = 0 en utilisant le théorème de
n7!+1 0
convergence dominé :
Soit fn (t) = e nt ( 1t et1 1 ). Chaque fonctionfn est continue par morceaux sur ]0, +1[, la
suite de fonction (fn ) converge simplement sur ]0, +1[ vers la fonction nulle. De plus,
1 1
8n 1, 8t > 0, |fn (u)|  e t | |
t et 1
et la fonction t 7! e t | 1t 1
et 1 |est intégrable sur ]0, +1[ d’après la question précédente.
D’où Z +1
1 1
lim e nt ( t
)dt = 0
n7!+1 0 t e 1
et par suite Z Z
+1 1
1 1 1
= e t( t
= + dt,
0 1 e 0 1 t ln (t)
où on a utilisé le changement de variable u = e pour trouver la dernière intégrale. t

Z +1
1 1
= e t( t
)dt.
0 1 e t

20.3 Autour de la fonction Gamma


20.3.1 Formule de Stirling :
1. Par intégration par partie, (x + 1) = x (x). Comme (1) = 1, alors par itération, (n +
1) = n !.
2. En utilisant une intégration par parties, on obtient :
Z +1 Z +1 Z +1
⇥ ⇤+1
xn e x dx = xn e x 2n + n xn 1 e x dx = (2n)n e 2n
+n xn 1
e x
dx.
2n 2n 2n

En réitérant la même opération, on trouve :


Z +1 Z +1
xn e x dx = (2n)n e 2n + n(2n)n e 2n
+ ... + n ! e x
dx.
2n 2n

Par suite,
Z +1
xn e x
dx = e 2n
((2n)n + n(2n)n + ... + n !) = o(n !).
2n n7 !+1
106 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 20. AUTOUR DE ET

p
3. En utilisant le changement de variable t = nu, on a
Z pn Z n
u n pu 1 t n t
p
(1 + p ) e du = p (1 + ) e dt.
n nu n n n
Puis, avec le changement de variable x = t + n, on a :
Z n Z 2n
1 t en
p (1 + )n et dt = n p xn e x
dx.
n n n n n 0
Or d’après la question précédente
Z 2n Z +1
xn e x dx = (n + 1) xn e x
dx ⇠ (n + 1).
0 2n n7!+1

D’où Z p
n
u p en
p
(1 + p )n e u
du ⇠ n
p (n + 1).
n nu n7!+1 n n
2
4. Il suffit d’étudier les variations de la fonction x 7! ln (1 + x) x + x6 .
R pn p p
5. D’après ce qui précède, il faut montrer que lim p (1 + pu )n e
n n
nu
du = ⇡. Pour
n7!+1
p
cela, on pose fn (u) = (1 + pu )n e
n
nu
1[ p p (u)
n, n] qui est continue par morceaux sur R,
2
de plus la suite de fonctions (fn )n 1 converge simplement sur R vers la fonction u 7! e u
qui est continue sur R et on a :
p p p
n( pu ( pun )2 ) u n 2 2
8u 2 [ n, n], |fn (u)|  e n = e nu  e u
p p 2
Cette majoration reste valable en dehors de [ n, n]. Comme la fonction u 7! e u est
intégrable sur R alors, on peut applique le théorème de convergence dominé :
Z pn Z 1
u n pnu 2 p
lim p
(1 + p ) e du = e u = ⇡.
n7!+1 n n 1

20.3.2 Caractérisation de la fonction


Rn
1. (a) D’une part, 8t > 0, (t) = lim ut 1
(1 u n
n ) du. En effet, en posant fn (u) =
n7!+1 0
t 1
u (1 u n
on a alors une suite de fonctions (fn )n 1 continues par morceaux
n ) 1]0,n] (u),
sur, converge simplement R?+ vers la fonction continue par morceaux u 7! ut 1 e u et
|fn (u)|  ut 1 e u pour tout u > 0 et la fonction u 7! ut 1 e u est bien intégrable
sur R?+ . Ainsi,Ron peut applique le théorème deconvergence dominé pour conclure que
n
(t) = lim 0 ut 1 (1 nu )n du.
n7!+1
D’autre part, en intégrant par partie plusieurs fois, on obtient :
Z n Z Z
u n 1 n t u n 1 n 1 1 n
ut 1 (1 ) du = u (1 ) du = ... = ⇥...⇥ ut+n 1
du.
0 n t 0 n tn(t + 1) n(t + n 1) 0

Ainsi, Z n
u n n !nt
ut 1
(1 ) du = .
0 n t(t + 1)...(t + n)
Finalement,
n !nt
8t > 0, (t) = lim .
n7!+1 t(t + 1)...(t + n)
20.3. AUTOUR DE LA FONCTION GAMMA 107

f
(b) i. Montrer que ln est convexe sur R?+ est équivalent à montrer que :

f ( x + (1 )y) f (x) f (y) 1


8 2 [0, 1], 8(x, y) 2 (R?+ ⇥ R?+ ), ( ) ( ) .
( x + (1 )y) (x) (y)

L’idée est de remplacer par son équivalent trouvé précédemment :


8
>
>
> ( f (x) ⇠ (f (x + n)) n x n!
(x) ) n7 !+1
<
( f (y)
(y) )
1
⇠ (f (y + n))1 n(1 )y n!1
>
> n7 !+1
> f ( x+(1 )y)
: ⇠ f ( x + (1 )y + n)n x+(1 )y n!
( x+(1 )y) n7 !+1

Comme la fonction ln f est convexe, alors

f ( x + (1 )y + n) = f ( (x + n) + (1 )(y + n))  (f (x + n)) (f (y + n))1

Par suite,
x+(1 )y
f ( x + (1 )y + n)n n !  (f (x + n)) n x (f (y + n))1 n(1 )y
n !.

Or, en remplaçant n ! par n ! n !1 , on obtient :


x+(1 )y
f ( x+(1 )y +n)n n !  (f (x+n)) n x n ! (f (y +n))1 n(1 )y
n !1 .

En faisant tendre n vers +1,

f ( x + (1 )y) f (x) f (y) 1


8 2 [0, 1], 8(x, y) 2 (R?+ ⇥ R?+ ), ( ) ( ) .
( x + (1 )y) (x) (y)

ii. La fonction ln f est convexe sur R?+ et 1 priodique, par suite elle est constante
sur R?+ . Comme de plus, f (1) = (1) = 1 alors, ln ( f (1)
(1) ) = 0, et par suite
ln ( f (x)
(x) ) = 0, pour tout x > 0. Par conséquence, 8x > 0, f (x) = (x).

20.3.3 La fonction
1. Soit (x, y) 2 R?+ ⇥ R?+ . La fonction t 7! tx 1 (1 t)y 1 est continue sur ]0, 1[ et on a :
8
< tx 1 (1 t)y 1 ⇠ tx 1
t7 !0
y 1 y 1
: tx 1
(1 t) ⇠ (1 t)
t7 !1

Ainsi,la fonction t 7! tx 1 (1 t)y 1 est intégrable sur ]0, 1[. De plus le changement de
variable u = 1 t permet de vérifier que (x, y) = (y, x).
R1 y 1 R1 x x+y 1
2. On a (x + 1, y) = 0 tx (1 t) dt = 0 (1 t t)x (1 t) dt, et en intégrant par partie
on obtient :
x
(x + 1, y) = (x, y)
x+y

3. Comme ln (g(x)) = ln ( (x, y)) + ln ( (x + y)) et la fonction x 7! ln ( (x + y)) est convexe


sur R?+ , alors il suffit de montrer que la fonction x 7! ln ( (x, y)) est convexe sur R⇥ +.
R1 x 1 y 1
Notons f (x) = (x, y) = 0 t (1 t) dt et montrons qu’elle est de classe C sur R+ :
2 ?
108 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 20. AUTOUR DE ET

• 8t > 0, x 7! tx 1
(1 t)y 1
est de classe C 2 sur R?+ .
• 8x > 0, t 7! tx 1
(1 t)y 1
est intégrable sur ]0, 1[ d’après ce qui précède.
• 8x > 0, t 7! ln (t)tx 1 (1 t)y 1
est intégrable sur ]0, 1[ car :
8
< Pour ↵ 2]1 y 1
x, 1[, ln(t)tx 1
(1 t) = o( t1↵ )
t7!0
y 1
: Pour ↵ 2]1 y, 1[, ln(t)tx 1
(1 t) = o( (1 1
t)↵ )
t7!1

• Domination : Soit a > 0,


2 2
8x a, 8t 2]0, 1[, | ln (t) tx 1
(1 t)y 1
|  ln (t) ta 1
(1 t)y 1

2
et la fonction t 7! ln (t) ta 1 (1 t)y 1 est intégrable sur ]0, 1[ d’après l’étape précé-
dente.
Ainsi, la fonction f est de classe C 2 et on a :
( 0 R1 y 1
f (x) = 0 ln(t)tx 1 (1 t) dt
00 R 1 y 1
f (x) = 0 ln(t)2 tx 1 (1 t) dt

Par suite, en utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz


0 00
f (x)2  f (x)f (x),
00 0
00 f (x)f (x) f (x)2
d’où, (ln (f (x))) = f (x)2 0.

Finalement, la fonction x 7! ln ( (x, y)) est convexe sur R?+ et par suite la fonction g est
logarithmiquement convexe sur R?+ .

4. On pose h(x) = g(x)


g(1) . La fonction ln h est convexe sur R+ , h(x + 1) = xh(x) et h(1) = 1,
?

et par suite, h(x) = (x), pour tout x > 0.


Ainsi, (x, y) (x + y) = g(x) = g(1) (x) = y (1, y) (y) (x). Or (1, y) = y1 , ainsi

(x) (y)
(x, y) = .
(x + y)

20.3.4 La fonction Digamma


1. On a :
P
n P
n
nx n! x ln n
ln k ln(x+k)
(x) = lim = lim e e k=1 k=1
n7 !+1 Q
n n7 !+1
(x + k)
k=0
P
n

x
( xk +ln k ln(x+k)) ln x
= lim e e k=1
n7 !+1

P
n
1
x k
car ex ln n ⇠ e k=1 .
n7!+1
20.3. AUTOUR DE LA FONCTION GAMMA 109

P
Or la série de fonction x
n + ln n + ln (x + n) converge simplement sur R?+ , puisque
n 1
x2
2n . Ainsi,
x
n + ln n ln (x + n) ⇠
n7!+1

P
+1
x
1 x n +ln n ln (x+n)
8x > 0, (x) = e en=1 .
x
0 P
Maintenant, pour exprimer , il faut vérifier que la somme de la série de fonctions x
n +
n 1
ln n + ln (x + n) est dérivable sur R?+ :

• 8n 1, x 7! x
n + ln n ln (x + n) est de classe C 1 sur R?+ .
P
+1
• La série de fonction x
n + ln n ln (x + n) converge simplement sur R?+ d’après ce
n=1
qui précède.
• Soit [a, b] un segment dans ]0, +1[. On a

1 1 b
8x 2 [a, b], | | .
n x+n n(n + a)
P
Ainsi, la série de fonctions ( n1 1
x+n ) converge normalement et doncuniformement
n 1
sur tout segment de R?+ .
P
+1
Par conséquence, la fonction x 7! x
n + ln n + ln (x + n) est de classe C 1 sur R?+ ,
n=1
P
+1
et sa dérivée est la fonction x 7! ( n1 1
x+n ).
n=1

Par suite
P
+1
+1 P
+1
0 1 x
n +ln n+ ln (x+n) 1 X 1 1 x
n +ln n+ ln (x+n)
x x
(x) = e (1+ x)e n=1 + e ( )en=1
x2 x n x+n
n 1

Finalement,
0 +1
X
(x) 1 1 1
= + ( )
(x) x n=1
n x+n
0
2. On (1) = (1) (1) = (1). Par suite
+1
X
0 1 1
(1) = 1 + ( )= .
n=1
n 1+n
Mohamed Habibi-Problème de révision 21

Autour du théorème de Tauber

21.1 Questions préliminaires


1. Soit une fonction continue par morceaux sur [0, 1]. Montrer que pour tout ✏ > 0 il existe
R1
deux fonctions continues ' et '2 telle que '1   '2 et 0 ('2 (x) '1 (x)) dx  ✏ .
P
n
2. Montrer que si (un ) est une suite réelle convergeant vers l 2 R, alors 1
n+1 uk 7! l.
k=0

21.2 Un cas simple-Théorème d’Abel


1. On pose fn :] 1, 1[! R; x 7! an xn .
P
• La série de fonction fn converge simplement sur ] 1, 1[.
• 8n 2 N, lim fn (x) = an
x7 !1
P P
• 8x 2] 1, 1[, |fn (x)|  |an | et la série |an |. Ainsi, la série de fonctions fn converge
normalement et par suite uniformément sur ] 1, 1[.
En appliquant alors le théorème de la double limite, on obtient :
+1
X +1
X +1
X
lim f (x) = lim an xn = lim an xn = an .
x7 !1 x7 !1 x7 !1
n=0 n=0 n=0

n
( 1)
2. On pose an = n(n 1) . D’après la règle de D’Alembert, le rayon de convergence de la série
P
entière an x est égal à 1.
n
n 2
P
Comme la série numérique an converge absolument, alors d’après la question précé-
n 2
dente, on a :
+1
X +1
X
( 1)n ( 1)n n
= lim x .
n=2
n(n 1) x7 !1 n=2 n(n 1)
D’autre part,
+1
X +1 +1
( 1)n n X ( 1)n n X ( 1)n n
8x 2] 1, 1[, x = x x =
n=2
n(n 1) n=2
n 1 n=2
n

111
112MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 21. AUTOUR DU THÉORÈME DE TAUBER

????
P
+1
3. (a) Montrer que :8x 2 [0, 1], Rn (x) = rn xn+1 + xn+1 (x 1) rn+k xk 1
k=1
P
(b) En déduire que la série de fonction an xn converge uniformement sur [0, 1] puis que
P
+1
lim f (x) = an .
x7 !1 n=0
(c) Montrer avec un exemple que la réciproque du théorème d’Abel est fausse en général.

21.3 Réciproque du théorème d’Abel.


21.3.1 Théorème Tauberien faible
P
On se propose de montrer que si an = o( n1 ) et si f possède une limite finie en 1 alors an
P
+1
converge et lim f (x) = an .
x7 !1 n=0
On suppose alors que an = o( n1 ) et que lim f (x) existe et est finie.
x7 !1

1. On pose Mn = sup{|kak |, k > n}. Montrer que (Mn )n2N converge vers 0.
P
n P
n P
+1
2. Montrer que : 8x 2 [0, 1[, | ak f (x)|  (1 x) k|ak | + Mn
n xk .
k=0 k=0 k=n+1

3. Conclure.
P
4. L’implication an = o( n1 ) ) an converge est-elle correcte ?

21.3.2 Théorème Tauberien fort.


P
On se propose de montrer que si an = O( n1 ) et si f possède une limite finie en 1 alors an
P
+1
converge et lim f (x) = an .
x7 !1 n=0
Quitte à remplacer f par f lim f (x), on peut supposer que lim f (x) = 0.
x7 !1 x7 !1
Dans la suite, an = O( n1 ), lim f (x) = 0 et g la fonction définie sur [0, 1] par :
x7 !1

0 si x 2 [0, 12 [
g (x) =
1 si x 2 [ 12 , 1]
.
On note également E l’espace vectoriel des fonctions : [0, 1] ! R vérifiant
8 P
< (i) 8x 2 [0, 1[, an (xn ) converge
P
+1
: (ii) lim an (xn ) = 0
x7 !1 n=0

1. On se propose de montrer que g 2 E.

(a) Vérifier que g satisfait la condition (i) ci-dessus.


(b) Montrer que les fonctions polynômiales sur [0, 1] qui s’annulent en 0 sont dans E.
21.3. RÉCIPROQUE DU THÉORÈME D’ABEL. 113

(c) Soit P 2 R[X]. Montrer que :


+1
X Z 1
lim (1 x) xn P (xn ) = P (t) dt.
x7 !1 0
n=0
8 g(x) x
< si x 2]0, 1[
x(1 x)
Soit h (x) =
: 1 si x = 1
1 si x = 0
(d) Soit ✏ > 0
i. Montrer qu’il existe deux fonctions polynômiales sur [0, 1], u1 et u2 tels que :

u1 (x)  h (x)  u2 (x) , 8x 2 [0, 1]
R1
0
(u2 (x) u1 (x)) dx  ✏
p2 (x) p1 (x)
Soit p1 (x) = x + x(1 x)u1 (x), p2 (x) = x + x(1 x)u2 (x) et q(x) = x(1 x) .
ii. On pose M = sup{|nan |, n 2 N}. Montrer que :
+1
X +1
X +1
X
n n
| an g(x ) an p1 (x )|  M (1 x) xn q(xn ).
n=0 n=0 n=1

iii. En déduire que g 2 E.


2. Preuve du théorème Tauberien fort
(a) Montrer que pour tout n 2 N, il existe ↵ 2]0, 1[ tel que : ‘
1
8x 2]1 ↵, 1[, 8k 2 {0, .., n}, xk 2 [ , 1].
2

(b) Conclure.
Mohamed Habibi-Problème de révision 22

Un problème de Minimisation

22.1 Questions préliminaires


1. Supposons par l’absurde que la suite (yn )n2N ne converge pas vers l :
9✏ > 0, 8n N, 9n0 n; |yn l| > ✏.
On peut construire une application ' : N ! N strictement croissante telle que :
8n 2 N, |y'(n) l| > ✏.
La suite (y'(n) ) étant bornée, c’est une sous suite d’une suite bornée, par conséquent d’après
le théorème de Bolzano-Weierstrass il existe une application : N ! N strictement crois-
sante telle que la suite (y' (n) ) converge vers l puisque c’est l’unique valeurs d’adhérence
de (yn )n2N . Ce qui est absurde car 8n 2 N, |y' (n) l| > ✏.
2. Comme lim h(x) = +1, alors
kxk!+1

9A > 0, 8x 2 Rn , (kxk A ) h(x) |h(0)|).


De plus, h est continue alors elle atteint sa borne inférieure sur le compact B(0, A) :
9x0 2 B(0, A); 8x 2 B(0, A), h(x) h(x0 ),
où B(0, A) = {x 2 R ; kxk  A}.
n

En particulier, h(0) h(x0 ).


Ainsi, 8x 2 R , h(x)
n
h(x0 ) et la fonction h atteint son minimum sur Rn en x0 .

22.2 Fonctions convexes


1. L’application g est dérivable sur [0, 1] et on a :
0
8 2 [0, 1], g ( ) = df ( x + (1 )y).(x y) =< rf ( x + (1 )y), x y> f (x) + f (y),
0
en particulier, g (1) =< rf (x), x y > f (x) + f (y). Or, par convexité de la fonction f ,
0
pour tout 2 [0, 1], g( )  0 et par suite gd (1) = lim g( ) g(1)
1  0.
7!1
D’où
< rf (x), x y> f (x) + f (y)  0.

115
116MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 22. UN PROBLÈME DE MINIMISATION

2. D’après (ii) on a :

(1) : f (x) f (x + (y x)) < rf (x + (y x)), y x >,

et
(2) : f (y) f (x + (y x)) + (1 ) < rf (x + (y x)), y x>.
En considérant ⇥ (2) + (1 ) ⇥ (1), on obtient :

f (y) + (1 )f (x) f (x + (y x)).

D’où (i).

3. • (ii) ) (iii) :
D’après (ii) on a les deux inégalités suivantes :

(3) : f (y) f (x)+ < rf (x), y x >,

et
(4) : f (x) f (y)+ < rf (y), x y >,
et en sommant (3) et (4), on obtient

< rf (x) rf (y), y x > 0.

D’où (iii).
• (iii) ) (ii) :
R1
On sait que f (y) f (x) = 0
< rf ( y + (1 )x), y x>d .
Or d’après (iii), on a

< rf ( y + (1 )x), y x > < rf (x), y x>.

Ainsi,
Z 1
f (y) f (x) < rf (x), y x > d =< rf (x), y x>.
0

D’où (ii).

22.3 La méthode du gradient


1. • Supposons que x 2 Rn est solution de (1). Pour tout h 2 Rn , on a :

f (x + th) f (x)
df (x).h = lim .
t7!0 t
Comme 8t 2 R, f (x + th) f (x) 0 puisque x est solution de (1), alors :

f (x + th) f (x) f (x + th) f (x)


lim 0 et lim  0.
t7!0+ t t7!0 t

Ainsi, 8h 2 Rn , df (x).h = 0 et par suite rf (x) = 0.


22.3. LA MÉTHODE DU GRADIENT 117

• Réciproquement, si rf (x) = 0, alors d’après (ii) on a :

8y 2 Rn , f (y) f (x),

et x est une solution de (1).

2. • (1) ) (2) :
Soit (x, y) 2 R2 ⇥ R2 et 2]0, 1], on a :

f (y + (x y)) f (y) ↵
 f (x) f (y) (1 )kx yk2 ,
2
on fait tendre vers 0 pour obtenir (2).
• (2) ) (1) :
En appliquant (2) pour le couple (x, y+(1 )x) puis pour le couple (y, y+(1 )x),
on a :
↵ 2
f (x) f ( y + (1 )x) + < rf ( y + (1 )x), x y>+ kx yk2 .
2
et

f (y) f ( y + (1 )x) (1 ) < rf ( y + (1 )x), x y > + (1 )2 kx yk2 .
2
En multipliant la première inégalité par 1 et la deuxième par puis en additionnant,
on a :

f (y) + (1 )f (x) f ( y + (1 )x) + (1 )kx yk2 .
2
D’où f est ↵-convexe.
• (2) ) (3) :
En écrivant l’inégalité (1) pour le couple (x, y), pour le couple (y, x), puis en addi-
tionnant, on obtient (2).
• (3) ) (2) :
On a : Z 1
f (x) f (y) = < rf (tx + (1 t)y), x y > dt,
0

or, d’après (2), t < rf (tx + (1 t)y) rf (y), x y > ↵t2 kx yk2 . Il vient alors
que
Z 1
f (x) f (y) = (< rf (y), x y > +↵tkx yk2 )dt,
0

et on conclut que

f (x) f (y)+ < rf (y), x y > + kx yk2 dt.
2

3. • Existence : Montrons que lim f (x) = +[Link] utilisant la condition (3) et l’inéga-
kxk!+1
lité de Cauchy-Schwarz, on obtient :
↵ ↵
f (x) f (0)+ < rf (0), x > + kxk2 dt f (0) krf (0)kkxk + kxk2 .
2 2
118MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 22. UN PROBLÈME DE MINIMISATION

Pour x 6= 0,
rf (0) ↵
f (x) f (0) + kxk2 ( ) + ).
kxk 2
Ceci permet de conclure que lim f (x) = +1, et d’après la partie préliminaire, f
kxk!+1
admet un minimum sur Rn .
• Unicité : Comme la fonction f vérifie (3) alors < rf (x) rf (y), x y > 0, et la
fonction est alors convexe sur Rn .
Si x1 et x2 sont deux points de Rn où le minimum de f est atteint alors rf (x1 ) =
rf (x2 ) = 0. Par suite, d’après (3), x1 = x2 .
4. (a) On a :
Z 1
f (xn+1 ) f (xn ) = < rf (txn+1 + (1 t)xn ) , xn+1 xn > dt
0
Z 1
= < rf (xn ), xn+1 xn > + < rf (txn+1 + (1 t)xn ) rf (xn ), xn+1 xn >
0

de plus,
⇢ 1
< rf (xn ), xn+1 xn >= ⇢ (xn+1 xn ) 2
< rf (txn+1 + (1 t)xn ) rf (xn ), xn+1 xn > M t(xn+1 xn ) 2
où, on a utilisé l’inégalité de Cauchy-Schwarz et l’hypothèse (4) pour obtenir la
deuxième inégalité.
Ainsi, Z 1
1
f (xn+1 ) f (xn )  kxn+1 xn k2 + M tkxn+1 xn k2 dt
⇢ 0
Finalement,
M 1
f (xn+1 ) f (xn )  ( )kxn+1 xn k2 .
2 ⇢
(b) • La suite (f (xn ))n2N converge car elle est décroissante et minoré par f (x).
• Comme
M 1
kxn+1 xn k2  ( + ) 1
(f (xn+1 f (xn )),
2 ⇢
et (f (xn ))n2N converge, alors (kxn+1 xn k2 )n2N converge vers 0.
(c) Si la suite (xn )n2N n’est pas bornée, alors elle admet une sous suite (x'(n) )n2N telle
que lim kx'(n) k = +1. Par conséquence, lim f (x'(n) ) = +1, ce qui est absurde
n7!+1 n7!+1
puisque la suite (f (xn ))n2N converge.
(d) D’après la partie préliminaire, il suffit de montrer que la suite (xn )n2N admet une seule
valeur d’adhérence. Soit alors l une telle valeur : Il existe une sous suite (x (n) )n2N
convergente vers l et on on alors :
8
> rf (x (n) ) = ⇢1 x (n) x n)+1
<
lim x (n) x (n+1) = 0
n7!+1
>
: lim rf (x (n) ) = rf (l)
n7!+1

d’où, rf (l) = 0 et par suite l = x.


Mohamed Habibi-Problème de révision 23

Algèbre générale

23.1 Généralité
1. (a) On introduit sur G la relation binaire suivante :
1
8x, y 2 G, xRy , x.y 2 H,

La relation R est une relation d’équivalence :


• Réflexive :xRx car x.x 1 = e 2 H.
• Symétrique :xRy ) x.y 1 2 H ) y.x 1
= (x.y 1
) 1 2 H ) yRx.
• Transitive : Si xRy et yRz alors x.z 1
= x.y 1
.y.z 1 2 H car x.y 1
2 H et
y.z 1 2 H.
L’objectif de cette relation d’équivalence est de créer une partition de G en utilisant
les différentes classes d’équivalence associées à cette relation. Pour g 2 G, on note
cl(g) la classe d’équivalence de g :

cl(g) = {g.h, h 2 H}.

Comme l’application g : H ! cl(g) : h 7! g.h est une bijection de réciproque g 1 ,


alors Card(cl(g)) = Card(H).
Ainsi, les différentes classes d’équivalences ont même cardinal, celui de H. Par suite,

Card(G) = [Link](H),

avec n représente le nombre de classe d’équivalence.


(b) Soit g 2 G un élément d’ordre n0 . On considère alors le sous groupe de G engendré
par g :
< g >= {g k , k 2 Z} = {e, g, ..., g n0 1 }.
Ainsi, d’après la question précédente n0 divise Card(G).

2. On considère G l’ensemble des suites à coefficients dans Z/2Z muni de l’addition de deux
suites.
Ainsi, G est un groupe infinie dans lequel tout élément est d’ordre 2.

119
120 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 23. ALGÈBRE GÉNÉRALE

3. On a :
o(a) k
(ak ) o(a)^k = (ao(a) ) o(a)^k = e,
o(a)
par suite, o(ak ) divise o(a)^k . D’autre part, si (ak )n = e alors o(a) divise kn et en écrivant
8
< o(a) = n1 (o(a) ^ k)
k = n2 (o(a) ^ k)
:
n1 ^ n2 = 1

o(a)
alors d’après le lemme de Gauss, n1 divise n c’est à dire o(a)^k divise n.
Finalement,
o(a)
o(ak ) = .
o(a) ^ k

4. On note n = deg(B). On va raisonner par récurrence sur le degré de A :

• Initialisation : Si deg(A) < deg(B), alors Q = 0 et R = A.


• Hérédité : Supposons le résultat vrai lorsque deg(A) < deg(B).
Soit A = a0 + ..am X m 2 Z[X] tel que n  m. Soit A1 = A am X m n
B 2 Z[X] et
deg(A1 ) < deg(A), par hypothèse de récurrence

A1 = Q1 B + R1 , (Q1 , R1 ) 2 Z[X] ⇥ Z[X],

par suite A = (Q1 + am X m n )B + R1 .


Par unicité de la division euclidienne dans C[X], le quotient de la division euclidienne
de A par B est Q1 + am X m n 2 Z[X] et le reste est R1 2 Z[X].
0
5. Si P (X) = X n 1 alors P (X) = nX n 1
. Comme n 6= 0 alors
0
1
P (X) + n XP (X) = 1,
0
et cette identité de Bezout permet de conclure que P et P sont premiers entre eux et par
suite P est à racines simples.

23.2 La fonction indicatrice d’Euler


2i⇡
1. Le groupeUn est cyclique car l’élément e n est dans Un et est d’ordre n.
2ik⇡
Comme Un = {e n , k 2 J0, n 1K, alors d’après ce qui précède, pour k 2 J0, n 1K,
o( 2ik⇡
n ) = n
n^k et par suite :
2ik⇡
Rn = {e n , k 2 J0, n 1K, k ^ n = 1}.

2. • Clairement, lorsque d divise n alors Rn ⇢ Un .


2ik⇡ 2ik1 ⇡
• Si k 2 J0, n 1K, alors e n = e n1
où k = dk1 , n = dn1 et k1 ^ n1 = 1. Par suite
2ik⇡
e n 2 Rn1 avec n1 divise n.
• Comme les éléments de Rd sont d’ordre d, alors lorsque d1 et d2 sont deux diviseurs
distincts de n, alors Rd1 \ Rd2 = ; .
23.3. POLYNÔMES CYCLOTOMIQUES 121

S
3. Comme Un = Rd et que cette réunion est disjointe,alors :
d|n
X X
n= Card(Rd ) = '(d).
d|n d|n

4. On considère une partition de J1, nK selon le p.g.c.d avec n. On pose :


Ad = {k 2 J1, nK, k ^ n = d}.
S
On a alors J1, nK = Ad et que cette réunion est disjointe.
d|n

Par conséquence, X
n= Card(Ad ).
d|n

Or, k 2 Ad , k = k1 d, n = n1 d et n1 ^ k1 = 1 et l’application
Ad ! {i 2 J1, n1 K, i ^ n1 = 1} : k 7! k1
est une bijection.
Ainsi, Card(Ad ) = Card{i 2 J1, n1 K, i ^ n1 = 1} = '( nd ). D’où
X n
n= '( ).
d
d|n
P P
Comme l’application D(n) ! D(n) : d 7! n
d est bijective alors '( nd ) = '(d), où D(n)
d|n d|n
désigne les diviseurs de n.
Finalement, X
n= '(d).
d|n

23.3 Polynômes cyclotomiques


1. si p est un entier premier, alors Rp = Up et par suite
pY1 p 1
X
2ik⇡
n = (X e p )= Xk.
k=0 k=0
Q S Q Q Q
2. On a X n 1= (X ⇠). Or comme Un = Rd alors (X ⇠) = (X ⇠).
⇠2Un d|n ⇠2Un d|n ⇠2Rd

Ainsi, Y
Xn 1= d.
d|n

3. On procède par récurrence :


• 1 = X 1 2 Z[X]
• Supposons que k 2 Z[X] pour k 2 J1, n 1K.
Q Q
Comme X n 1 = n d, d 2 Z[X] unitaire puisque chaque d l’est,
d|n,d6=n d|n,d6=n
alors d’après la première partie le quotient n 2 Z[X].
122 MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 23. ALGÈBRE GÉNÉRALE

23.4 Théorème de la progression arithmétique de Dirichlet


version faible
1. (a) Notons w l’ordre de a dans le groupe ((Z/pZ)? , .) D’une part, w divise n car
Y
an 1 = n (a) d (a),
d|n,d6=n

et p| n (a). Alors an 1 ⌘ 0 (mod p).


D’autre part, Y
aw 1= d (a),
d|w
Q
et par suite 0 = d (a). Ainsi, forcément p divise l’un des d (a) avec d un diviseur
d|w
de w, ce qui n’est passible, d’après (ii), que lorsque d = w = n.
(b) Comme n est l’ordre de a dans le groupe ((Z/pZ)? , .) qui est de cardinal p 1, alors
d’après la première partie n divise p 1, soit p ⌘ 1 (mod n).
Q Q
2. (a) On a | n (a)| = |a ⇠| (a 1) 2.
⇠2Rn ⇠2Rn

(b) • Par construction p| n (a).


• si p  N alors p|a et par suite p divise le polynôme n (a) n (0) puisque ce
dernier est sans coefficient constant.
En particulier p divise n (0) = ±1 ce qui est absurde. Ainsi, p > N n.
• D’après la première partie, le polynôme X n 1 est à racine simple dans Z/pZ,
par suite p ne peut pas diviser un autre d (a) pour d|n, d 6= n sinon a soit racine
double de X n 1.
3. D’après la question précédente si p est un facteur premier de n (a) alors p ⌘ 1 (mod n).
Conclusion :
8N 2 N? , il existe un entier premier p tel que p > N et p ⌘ 1 (mod n). Ce qui permet de
conclure l’existence d’une infinité de nombre premier congrus à 1 modulo n.
Mohamed Habibi-Problème de révision 24

Autour du théorème d’inversion


local

24.1 Questions préliminaires


P
1. (a) D’abord comme N (u) < 1 alors la série numérique N (u)k converge. De plus,
k 0
comme N est une norme d’algèbre, alors
8k 2 N, N (uk )  N (u)k ,
P
ainsi, N (uk ) converge. La convergence de cette série entraine la convergence de la
k 0
P
série uk . En particulier, lim uN = 0.
k 0 N 7!+1

D’autre part, on a :
N
X N
X N
X
(IdRn u) uk = uk uk+1 = IdRn uN +1 .
k=0 k=0 k=0

Grâce à la continuité de l’application L(R ) ! L(Rn ); v 7! (IdRn


n
u) v, en faisant
tendre N 7! 1, on obtient :
+1
X
(Id Rn u) uk = IdRn .
k=0

P
+1
On conclut alors que, IdRn u est inversible et que (IdRn u) 1
= uk .
k=0
(b) Soit v 2 BN (u, N (u1 1) ). Donc,
1
v = u + h avec N (h) < 1)
.
N (u
Par suite, v = u(IdRn + u 1 h) avec N (u 1
h)  N (u 1
)N (h) < 1. La question
précédente implique alors que
+1
X
1
IdRn + u h 2 GL(Rn ) et (IdRn + u 1
h) 1
= ( 1)k (u 1
h)k .
k=0

123
124MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 24. AUTOUR DU THÉORÈME D’INVERSION LOCAL

Par conséquence, v est composé de deux isomorphisme. Donc, v 2 GL(Rn ).


(c) D’après la question précédente, GL(Rn ) est voisinage de tout ses points. Par suite
GL(Rn ) est un ouvert de L(Rn ).

2. Par hypothèse, l’application f est de classe C 1 . Ainsi, {x 2 U ; df (x) 2 GL(Rn )} est l’image
réciproque de l’ouvert GL(Rn ) par l’application continue df : U ! L(Rn ); x 7! df (x).
On conclut alors que {x 2 U ; df (x) 2 GL(Rn )} est un ouvert de U .

3. • Montrons d’abord que est continue en IdRn :


Soit h 2 L(R ) tel que IdRn + h 2 GL(Rn ) et montrons que lim (IdRn + h)
n 1
= IdRn .
h7!0
P
+1
Si |khk| < 1, alors IdRn + h) 1
= ( 1)k hk .
k=0
Par suite, pour trouver lim (IdRn + h) 1
on va appliquer le théorème de la double
h7!0
limite :

k IdRn si k = 0
– lim ( 1) h = k
h7!0 0 sinon
P
– 8h 2 B|k.k| (0, 12 ), |k( 1)k hk k|  1
2k
et la série ( 1)k hk converge alors norma-
k 0
lement sur B|k.k| (0, 12 ).
On conclut que

+1
X +1
X
1
lim IdRn + h) = lim ( 1)k hk = lim ( 1)k hk = IdRn .
h7!0 h7!0 h7!0
k=0 k=0

• Soit u 2 GL(Rn ) et h 2 L(Rn ) tel que u + h 2 GL(Rn )

1 1
(u + h) = (IdRn + u h)u .

Comme les applications v 7! u 1


v et v 7! vu 1
sont continue et est continue en
IdRn alors
1 1
lim (u + h) = (IdRn )u =u .
h7!0

Par suite, est continue en u.

4. Soit x et y dans U . Puisque U est convexe alors pour tout t 2 [0, 1], tx + (1 t)y 2 U . On
note alors l’arc : [0, 1] ! U ; t 7! tx + (1 t)y. On a alors
Z 1
d
f (x) f (y) = f ( (1)) f ( (0)) = [f ( (t))]dt.
0 dt

La relation
d 0
[f ( (t))] = df ( (t))( (t)) = df (tx + (1 t)y)(x y)
dt
permet alors de conclure.
24.2. PREUVE DU THÉORÈME D’INVERSION LOCAL 125

24.2 Preuve du théorème d’inversion local


1. Par hypothèse l’application f est de classe C 1 . Ainsi, l’application
df : U ! L(Rn ); x 7! df (x)
est continue. En particulier, lim df (x) = df (a) = IdRn .
x7!a

Par suite, il existe r > 0 tel pour tout x 2 B(a, r), |kdf (x) IdRn k|  12 .
Ainsi, pour tout x 2 B(a, r), on a :
1 1
df (x) 2 B|k.k| (IdRn , ) ⇢ B|k.k| (IdRn , ) ⇢ GL(Rn ),
2 |kIdRn k|
où on a utiliser le fait que |k.k| est une norme d’algèbre sur L(Rn ) et que |kIdRn k| = 1.
2. On pose h = f IdRn . Comme B(a, r) est convexe alors pour tout x, y 2 B(a, r), on a :
Z 1
h(x) h(y) = dh(tx + (1 t)y)(x y)dt,
0

par suite, pour tout 8x, y 2 B(a, r), on a :


Z 1 Z 1
kh(x) h(y)k  kdh(tx + (1 t)y)(x y)kdt  |kdh(tx + (1 t)y)k|.k(x y)kdt.
0 0

On conclut alors que pour tout 8x, y 2 B(a, r), on a :


1
kh(x) h(y)k  k(x y)k.
2
ou encore
1
(?) : 8x, y 2 B(a, r), kf (x) f (y) + yk(x y)k. xk 
2
Cette dernière inégalité entraine l’injectivité de f dans B(a, r). En effet, si x, y 2 B(a, r)
sont tel que f (x) = f (y) alors d’après (?) on obtient
1
kx yk  k(x y)k,
2
ce qui entraine que x = y.
3. (a) On construit la suite (xn )n2N par récurrence :
On a bien kx1 x0 k = ky bk < 2r et x1 2 B(a, r). Supposons qu’on a construit
x0 , ..., xp vérifiant les propriétés demandées.
On pose xp+1 = xp + y f (xp ). Pour tout k 2 J1, pK, on a :
1 1
kxk+1 xk k = kf (xk ) f (xk 1) (xk xk 1 )k = kh(xk ) h(xk 1 )k  kxk xk 1k  ...  kx1 x0 k.
2 2k+1
Par suite,
p
X p
X p
X 1 1
k|xp+1 x1 k = k (xk+1 xk )k  kxk+1 xk k  kx1 x0 k  kx1 x0 k.
2k+1 2
k=1 k=1 k=1

On conclut alors que :


kxp+1 ak  kxp+1 x1 k + kx1 x0 k  r.
126MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 24. AUTOUR DU THÉORÈME D’INVERSION LOCAL

P
(b) • Comme kxk+1 xx k  2P 1
k kx1 x0 k, alors la série numérique kxk+1 xx k et
par conséquence la série (xk+1 xx ). La convergence de cette dernière série est
équivalente à la convergence de la suite (xk )k2N . Notons x sa limite.
• Comme les termes de la suite (xk )k2N sont dans le fermé B(a, r) alors x 2 B(a, r).
Par continuité de f , en passant à la limite dans la relation xk = xk 1 +y f (xk 1 ),
on obtient que y = f (x)
• Vérifions que x 2 B(a, r) :
On a :
kx ak  kx a y + f (a)k + ky f (a)k.
D’une part, d’après (?),
1 r
kx a y + f (a)k = kx a f (x) + f (a)k kx ak  .
2 2
D’autre part, ky f (a)k < 2r . On conclut que kx ak < r.
4. (a) • En utilisant le fait que la restriction de f sur B(a, r) est injective et la question
précédente, on obtient :
8y 2 W, 9!x 2 B(a, r); y = f (x).
Par suite, la restriction de f à B(a, r) \ f 1 (W ) est bijective.
• Soit y1 , y2 2 W et x1 , x2 2 V tels que f (x1 ) = y1 et f (x2 ) = y2 . On a donc,
x1 x2 = x1 f (x1 ) + y1 (x2 f (x2 ) + y2 )
par suite,
kx1 x2 k = kx1 f (x1 ) x2 + f (x2 k + ky1 y2 k.
En utilisant (?), on obtient
1
kx1 x2 k  kx1 x2 k + ky1 y2 k.
2
On conclut que :
kg(y1 ) g(y2 )k  2ky1 y2 k.
L’application g est alors lipschitzienne et par suite continue.
(b) Montrons que g est de classe C 1 :
• Montrons d’abord que g est différentiable. Soit y, y0 2 W et x, x0 2 V tels que
f (x) = y et f (x0 ) = y0 .
Comme f est différentiable en x0 , alors on a :
df (x0 )(x x0 ) = y y0 + o(kx x0 k)
Or, d’après la question précédente, kx x0 k  2ky y0 k, par suite,
o(kx x0 k) = o(ky y0 k).
On conclut que
df (x0 )(x x0 ) = y y0 + o(ky y0 k)
Comme df (x0 ) 2 GL(Rn ), alors
1
g(y) g(y0 ) = x x0 ) = [df (x0 )] (y y0 ) + o(ky y0 k).
Par conséquence, g est différentiable en x0 et dg(x0 ) = [df (x0 )] 1
24.3. APPLICATION 127

• Montrons que g est C 1 . On a :

dg : W ! L(Rn ); y 7! [df (g(y))] 1


,

ainsi dg = df g, avec : GL(Rn ) ! L(Rn ) : u 7! u 1 .


Par conséquent, dg est continue comme composé de trois applications continue et
l’application g est alors C 1 .
5. • D’après le théorème d’inversion local, pour tout x 2 U , il existe rx > 0 tel que
B(x, rx ) ⇢ U et f/B(x,rx ) un C 1 difféomorphisme. En particulier, f (B(x, r)) est un
ouvert de Rn .
S
Ainsi, f (U ) = f (B(x, rx )) est un ouvert comme étant une réunion quelconque
x2U
d’ouvert.
• – Par hypothèse f est injective.
– D’après la question précédente f (U ) est un ouvert
– Soit y 2 f (U ) et x 2 U tel que y = f (x). D’après le théorème d’inversion local, il
existe V un voisinage de x et W un voisinage de y tel que (f/V ) 1 soit de classe
C 1 . Or, (f 1 )/W = (f/V ) 1 , par suite, f 1 est de classe C 1 au voisinage de tout
point de f (U ). Donc f 1 est de classe C 1 sur f (U ).

24.3 Application
1. (a) L’application ' est dérivable et on a :
0
8t 2 R, ' (t) =< df (ty + (1 t)x)(y x), y x> ↵kx yk2 .

Par suite, en intégrant de 0 à 1, on obtient :


Z 1
< f (y) f (x), y x >= '(1) '(0) = < df (ty+(1 t)x)(y x), y x > dt ↵kx yk2 .
0

(b) D’après la question précédente, on a :

8x 2 Rn , < f (x) f (0), x > ↵kxk2 .

Avec l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on obtient

8x 2 Rn \{0}, kf (x)[Link] < f (x), x > < f (0), x > +↵kxk2 kf (0)[Link]+↵kxk2 .

Ou encore,
8x 2 Rn \ {0}, kf (x)k kf (0)k + ↵kxk.
D’où, lim kf (x)k = +1.
kxk7!+1

2. (a) D’abord, on a :

8x 2 Rn , Fa (x) = kf (x)k2 2 < f (x), a > +kak2 kf (x)k2 2kf (x)[Link] + kak2 ,

d’où lim Fa (x) = +1.


kxk7!+1
Ensuite, on note K = {x 2 Rn ; Fa (x) Fa (0)}. L’ensemble K est une partie compacte
de Rn :
128MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 24. AUTOUR DU THÉORÈME D’INVERSION LOCAL

• L’ensemble K est fermé par continuité de l’application Fa .


• L’ensemble K est borné : Sinon il existe une suite (xk )k2N dans K telle que
lim kxk k = +1.
k7!+1
Comme lim Fa (x) = +1, alors lim kFa (xk )k = +1. Ce qui est absurde
kxk7!+1 k7!+1
puisque, Fa (xk )  Fa (0) pour tout k 2 N.
Ainsi, la fonction continue Fa admet un minimum en x0 sur le compact K. Donc,

8x 2 K, Fa (x) Fa (x0 ).

De plus, comme 0 2 K alors si x 62 K alors Fa (x) > Fa (0) Fa (x0 ).


On conclut que Fa admet un minimum sur Rn en x0 .
(b) La fonction Fa est de classe C 1 et admet un minimum global en x0 , donc dFa (x0 ) = 0.
Or, pour tout h 2 Rn , dFa (x0 )(h) = 2 < f (x0 ) a, df (x0 )(h) >. Par suite,

8h 2 Rn , < f (x0 ) a, df (x0 )(h) >= 0.

De plus, l’hypothèse,

8h 2 Rn , < df (x0 )(h), h > ↵khk2 ,

implique clairement que df (x0 ) est injective par suite c’est un isomorphisme de Rn .
Par conséquence,
9h 2 Rn ; f (x0 ) a = df (x0 )(h).
On déduit alors que < f (x0 ) a, f (x0 ) a >= 0 puis que f (x0 ) = a.
3. • D’après (??) l’application f est injective.
• Pour tout x 2 Rn , df (x) 2 GL(Rn ).
D’après le théorème d’inversion global, f réalise un C 1 difféomorphisme de Rn sur f (Rn ).
D’après la question précédente, f est surjective. On conclut alors que, f réalise un C 1 difféomorphisme
de Rn sur Rn .
Mohamed Habibi-Problème de révision 25

Autour de l’enveloppe convexe

Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé et A une partie non vide de E.

• Pour x 2 E, la distance de x à A est définie par :

d(x, A) = inf{kx ak, a 2 A}.

• L’enveloppe convexe de A noté Conv(A) est le plus petit convexe contenant A.

• Théorème de la décomposition polaire : Toutes matrices de Mn (R) est le produit d’une


matrice orthogonale et une matrice symétrique à valeurs propres positives.

• Une matrice A = (ai,j )1i,jn 2 Mn (R) est dite bistochastique si :


n
X n
X
8i, j 2 J1, nK2 , ai,j 0 et ai,k = ak,j = 1,
k=1 k=1

c’est à dire, la matrice A est à coefficient positifs et la somme de chaque ligne ou chaque
colonne est égal à un. On note Bn l’ensemble des matrices stochastiques de Mn (R).

• Une matrice A = (ai,j )1i,jn 2 Mn (R) est dite matrice de permutation si elle est bisto-
chastique et si tous ses coefficients sont égaux à zéro ou un. On note Pn l’ensemble des
matrices de permutation de Mn (R).

25.1 Questions préliminaire


1. On suppose que (E, <, >) est un espace euclidien et que C est un convexe fermé non vide
de E.

(a) Projection sur un convexe fermé :


i. Soit x 2 [Link] que :

9!ax 2 C; d(x, C) = kax xk,

On peut alors définir une application P : E ! C : x 7! P (x) = ax appelée


projection sur le convexe C.

129
130MOHAMED HABIBI-PROBLÈME DE RÉVISION 25. AUTOUR DE L’ENVELOPPE CONVEXE

ii. Montrer que P (x) est caractériser par la condition suivante :


8y 2 C, < x P (x), y P (x) > 0.
(Indication : On pourra considérer un vecteur de la forme ty+(1(t)P (x), t 2 [0, 1]).
(b) Séparation d’un point et un convexe fermé
Soit x0 2 E \ C.
Montrer que :
9c 2 R, f 2 L(E, R); 8y 2 C, f (y) < c < f (x0 ).
2. Montrer que :
p
X p
X
Conv(A) = { k xk , p 2 N? , 8k 2 J1, pK, xk 2 K, k 2 [0, 1], k = 1}
k=1 k=1

On dit que les éléments de Conv(A) sont des combinaisons convexes d’éléments de A.
3. Caractérisation des formes linéaires sur Mn (R).
Montrer que les formes linéaires sur Mn (R) sont les applications :
Mn (R) ! R : M 7! T r(AM ) où A 2 Mn (R).

25.2 Théorème de Carathéodory


Dans cette partie, on suppose que la dimension de E est fine et on note n = dim E. on se
propose de montrer que si A est compact alors Conv(A) l’est aussi.
1. Le but de cette question est de montrer que tout éléments de Conv(A) est combinaison
convexe d’au plus n + 1 éléments de A. Pour cela raisonnant par l’absurde et considérant
Pp
x= k xk 2 Conv(A), où p n + 2 est le nombre minimal d’éléments de A intervenant
k=1
dans une écriture de x sous cette forme.
(a) Montrer l’existence de (µ1 , ..., µp ) non tous nuls tels que :
p
X p
X
µk = 0 et µk xk = 0.
k=1 k=1

(b) En considérant ✓ = min{ µii , µi > 0} et ⌫i = i ✓µi , i 2 J1, pK aboutir à une contra-
diction.
2. En déduire alors que Conv(A) est compact.

25.3 Enveloppe convexe du groupe orthogonal


Dans cette partie, on munit M 2 Mn (R) de la norme suivante :
kM Xk
8M 2 Mn (R), |kM |k = sup{ , X 2 Rn \ {0}},
kXk
où k.k est la norme euclidienne sur Rn .
On se propose de montrer que Conv(On (R)) = B, la boule unité fermé de (Mn (R), |k.k|).
25.4. POINTS EXTRÉMAUX 131

1. Montrer que :
Conv(On (R)) ⇢ B.

2. Soit M 2 B.
Supposons par l’absurde que M 62 Conv(On (R)).
(a) Montrer l’existence de A 2 Mn (R) telle que :

sup{T r(AY ), Y 2 On (R)}} < T r(AM ).

(b) Aboutir à une contradiction en utilisant la décomposition polaire de A.

3. En déduire l’existence d’une base de Mn (R) formée par des matrices orthogonales.

25.4 Points extrémaux


25.4.1 Généralité et exemples
Soit E un espace vectoriel et C une partie convexe non vide de E. On dit que x 2 C est un
point extrémal ) C si :
8y, z 2 C, (x 2 [y, z] ) x = y ou x = z),
Autrement dit, il n’existe aucun segment [y, z] ⇢ C de longueur strictement positive tel que
x 2]y, z[. On note E(C) l’ensemble des points extrémaux de C.
1. Montrer que x est un point extrémal de C si et seulement si C \ {x} est convexe.

2. Déterminer les points extrémaux de la boule unité de (R2 , k.k1 ).


3. On note c0 l’espace des suites réelles qui convergent vers 0 muni de la norme infini :

8x = (xn )n2N , kxk1 = sup{|xn |, n 2 N}.

Montrer que la boule unité de c0 ne possède aucun point extrémal.


4. On suppose de plus, que C est compact. Montrer que E(C) 6= ;
5. Montrer que E(B) = On (R). (Indication : Utiliser le théorème de la décomposition polaire)

25.4.2 Théorème de Birkhoff


Dans cette partie, on se propose de démontrer le théorème de Birkhoff : Pn = E(Bn ).
1. Montrer que Bn est compact.
2. Montrer que Pn ⇢ E(Bn ).

3. Soit B 2 Bn . On suppose que chaque ligne de B contienne deux éléments non nuls. Montrer
que B 62 E(Bn ).
4. En déduire alors que E(Bn ) ⇢ Pn . (Indication : On pourra raisonner par récurrence sur la
taille de la matrice).

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