III-DISCUSSION
Pas de tableaux dans la troisième partie
Discuter avec des biblio internationaux, africains enfin malagasy.
III-2-PROFIL SOCIO-DEMOGRAPHIQUE
III-2-1-Selon la prévalence :
Au cours des deux mois de notre étude, on a enquêté 104 individus. Nous avons trouvé
douze(13) cas potentiellement d’une insuffisance rénale chronique, soit une
prévalence de 11,53%. Notre résultat présente une similitude avec celle menée par
Olanrewaju et al, en Nigeria en 2020 qui a retrouvé 11,8%. Une autre étude réalisée
par Ranivoharisoa EM et al dans la ville d’Antananarivo en 2018 a trouvé une
prévalence de 13,8%. Ce résultat est vraisemblablement sous-sous-estimer du fait du
caractère non exhaustif de notre population d’étude ; de plus, on a eu une population
jeune par rapport aux autres études.
Eyeni Sinomono et al, au Congo Brazzaville en 2021 ; Bah Mamadou L Y et al ; Kyelem
et al ; Sempore W Y ; Ramilitiana Benja et al, en 2017 ; ont trouvé des prévalences
supérieures à celui de notre étude qui respectivement : 52,1% ; 31,97% ; 18,4% ;
81,2% ; 41,66%. Ces valeurs des différentes études hospitalières sont due au retard du
diagnostic de la maladie rénale chronique. L’insuffisance rénale chronique n’est
diagnostiqué qu’au stade avancé et d’autre par la difficulté d’accès au soin et par
défaut des plateaux techniques dans les pays africains.
III-2-1-Selon l’âge :
Dans notre série d’étude, l’age moyen était de notre échantillon a été de 53,83 ans.
Des différentes études ont trouvés parallèlement des résultats sensiblement
similaires :
Références Ages moyens
Nazzal et al en 2020 60,6 ans
Johan S et al en 2022 75 -
Bah Mamadou L Y et al en 2021 60,94 ans
Eyeni Sinimono et al en 2021 51,8 ± 15,2 ans
Olié et al en 2016 65-74 ans
Les résultats de notre étude sont en accord les données de la littérature, stipulant que
l’insuffisance rénale chronique est une maladie fréquemment observée chez les
personnes âgées. En effet, le vieillissement est un processus naturel favorisant le déclin
de la fonction rénale, rendant ces individus plus vulnérables à développer des
complications rénales. De plus, ces résultats soulignent la nécessité de poursuivre la
recherche pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette prévalence
accrue chez les personnes âgées.
Par contre, quelques études ont retrouvé un moyen plutôt inférieur à celui de notre
étude. Cela explique que l’insuffisance rénale chronique peuvent atteindre aussi les
sujets jeunes et non seulement les personnes âgées.
Tableaux :
Références Ages moyens
Ranivoharisoa et al en 2022 40 ans
Olanrewaju et al en 2020 44,3 ± 14,4 ans
Kyelem et al en 2020 40,5ans
Ramilitiana Benja et al en 2019 52,5 ans
Ces différentes études affirment que l’insuffisance rénale chronique peut survenir à
tout âge de la vie d’un individu.
III-2-2-Selon le genre :
Selon les résultats de notre étude, on a eu une légère prédominance féminine à
58,33% contre 41,66% pour le genre masculin avec un sex-ratio est à 0,71. Ce résultat
a une correspondance à des études de Bah Mamadou et al en 2021, en Guinée, et
Djellabi et al en 2023, en Algérie qui ont retrouvé respectivement une prédominance
féminine à 56,74% et 63% dans leurs études.
Cette variation pourrait s’expliquer par une plus grande prédisposition des femmes
aux maladies auto-immunes comme le lupus érythémateux disséminé (Smith J et al
2024. De plus, les hormones sexuelles féminines ont un rôle néphroprotecteur. Après
la ménopause, la baisse des œstrogènes pourrait accélérer la détérioration de la
fonction rénale.
Les pathologies observaient au cours de la grossesse comme l’hypertension artérielle
gravidique, la pré-éclampsie et l’éclampsie peuvent induire des troubles hypertensifs,
une protéinurie et des dommages endothéliaux, détériorant les reins et entraînant des
altérations chroniques de leurs fonctions.
III-2-2-Selon l’activité :
Dans notre série d’étude, chez les individus ayant potentiellement l’insuffisance rénale
chronique, la proportion des individus actifs sont égaux à 50% avec celui des individus
inactifs. Ce résultat a présenté une similitude avec celui de Ranivoharisoa et al, en
2021, avec une proportion de 69%. Ce résultat mettait en lumière que la population
d’étude est relativement jeune et active.
Les individus actives représentent une tranche d’âge significative pour l’économie. Ils
sont potentiellement en situation de travailler et de contribuer au revenu familial et à
la société.
Cela implique que l’atteinte de ces individus par l’insuffisance rénale chronique aurait
des impacts sur le niveau de vie l’individu lui-même et du revenu familial ainsi que
celui de la société.
III-2-3-Selon la classe sociale :
On a observé une prédominance des classes sociales défavorisées dans notre résultats
d’études. Ce résultat est en accord avec celui de Ranivoharisoa EM et al en 2021 à
Antananarivo-Madagascar ; de Kyelem et al en 2020 à Bobo-Dioulasso au Burkina
Faso ; Tia WM et al en 2022 à Bouaké au Côte d’Ivoire ; ont trouvé la prédominance de
la classe sociale défavorisée avec une proportion respective de 75%, 78,1%, 61%.
Cela pourrait être due à la suite des crises économiques après la pandémie de covid-
19, aux différents crises politiques et économiques que chaque pays traverse ;
augmentant ainsi les taux de chômages et détériorent le niveau de vie des individus.
Ces résultats soulignent que beaucoup des individus en Afrique vivent dans la pauvreté
et ceci explique la difficulté d’accès aux soins pour une majorité de la population et le
retard diagnostic de la maladie rénale chronique.
Madagascar fait partie des pays en voie de développement, où la majorité de la
population se trouve encore dans une classe sociale défavorisée selon les études.
Il est donc clair que le niveau socio-économique exerce une influence majeure sur les
choix de traitement de la population en matière de santé. Les difficultés financières
peuvent dissuader les individus de recourir à la médecine conventionnelle, les
poussant plutôt vers des solutions alternatives comme la décoction. Cette réalité
souligne l’importance de prendre en compte les facteurs socio-économiques dans la
planification et la mise en œuvre des politiques de santé, afin d’assurer un accès
équitable aux soins de santé pour tous les membres de la société.
III-2-4-Selon le niveau d’instruction :
Le taux d’alphabétisation de notre population d’étude reste élevé. La proportion des
individus ayant fréquenté le niveau universitaire a été de 51,92%. Biblio international
africain malagasy
L’insuffisance rénale chronique a été rencontré dans la majorité des cas chez les
niveaux d’instruction primaire et secondaire. Cela pourrait être due aux manque de
connaissances et aux ignorances de la maladie chez ces individus. Cette prédominance
pourrait expliquer le manque de connaissance concernant la santé rénale et la
tendance à privilégier les traitements traditionnels avant de consulter un centre de
santé approprié. En effet, il est établi que le niveau de connaissance influe sur le
comportement en matière de santé. Plus précisément, les individus ayant un niveau
d’éducation plus faible ont tendance à ne pas prioriser la consultation médicale,
préférant initialement recourir à des traitements traditionnels. Ce n’est qu’en cas de
complication ou d’échec de ces traitements qu’ils se tournent vers un médecin.
Une éducation plus poussée pourrait permettre une meilleure compréhension des
risques pour la santé et favoriser des comportements plus proactifs, notamment en
encourageant un recours précoce aux services de santé professionnels. Selon Tessema
et al, affirmaient que le niveau d’alphabétisation faisait partie des facteurs
déterminants de la santé de la population (thèse 60RI).
Ainsi, il est crucial de mettre en place des programme d’éducation et de sensibilisation
adapté, visant à améliorer la compréhension des enjeux de santé et à encourager des
pratiques médicales plus préventives et responsables, particulièrement chez les
populations moins éduquées.
III-2-5-Selon l’ethnie :
III-3-PROFIL CLINICO-BIOLOGIQUE
III-3-1-PROFIL CLINIQUE
III-3-1-SELON LES ANTECEDENTS FAMILIAUX
[Link] FAMILIAUX D’HYPERTENSION ARTERIELLE
Dans notre série d’étude, chez les individus ayant présenté de l’insuffisance rénale
chronique, plus de la moitié ont eu un antécédent familial d’hypertension artérielle
avec une proportion de 58,33%. Biblio international africain malagasy
Notre étude est en accord avec la littérature. Djellabi et al, en 2021 ; Khedidja et al, en
2021 ; Sempore et al, en 2015, ont trouvé une proportion élevé d’antécédent familial
d’hypertension artérielle qui respectivement 67,16%, 43,38%, 55,1%. Raiso tsirairay
Cela explique l’importance des facteurs génétiques et environnementaux partagés
dans les familles dans l’apparition de l’hypertension artérielle dans les générations
ultérieures. Ces données mettent en lumière la nécessité d’une surveillance et
dépistage, éducation de la population d’adopter une mode de vie saine.
[Link] FAMILIAUX DE DIABETE
Parmi les individus avec insuffisance rénale chronique, on a observé que 25% ont eu un
antécédent familial de diabète. Cela souligne l’influence considérable des facteurs
génétiques et familiaux dans ces deux pathologies. Le diabète, en raison de ses effets
néfastes sur les vaisseaux sanguins, peut accélérer la détérioration des reins. Ce qui
rendent les personnes ayant des antécédents familiaux de diabètes vulnérables à la
survenue de l’insuffisance rénale chronique et ses complications.
Ranivoharisoa et al, en 2021 ; Djellabi et al, en 2021, ont rapporté dans leurs études, la
présence d’une proportion élevée de ses antécédents familiaux chez les individus
vivant avec de l’insuffisance rénale chronique qui sont respectivement 41,3% et
52,24%. Cela affirmaient l’existence d’un lien entre les deux pathologies.
Il est donc important de mettre en place des stratégies de dépistage et de prévention
pour les individus ayant des antécédents familiaux de diabète, afin de prévenir
l’apparition ou la progression de l’insuffisance rénale chronique.
III-3-2-SELON LES FACTEURS DE RISQUES
III-3-2-1- L’HYPERTENSION ARTERIELLE
L’hypertension artérielle constitue un des facteurs de risques majeurs dans la survenue
de la maladie rénale chronique. Il s’agit du couple maudit de l’insuffisance rénale
chronique.
Dans notre étude, l’HTA a été retrouvé dans 41,66% des insuffisants rénaux chroniques
dépistés. Notre est en accord avec la littérature affirmant que cette pathologie est l’un
des principaux facteurs de survenue et/ou de progression voire cause de l’insuffisance
rénale chronique.
REFERENCES PROPORTION HTA
Tia WM et al, en 2022 36,2%
Ranivoharisoa et al, en 2021 41,3%
Bah Mamadou et al en 2021 51,77%
Kyelem et al, en 2020 69,6%
Olanrewaju et al, en 2020 23,7%
Tableaux :
Le débit sanguin rénale représente 25% de celui du cœur. Lors d’une HTA, on observe
une diminution de ce débit sanguins rénale par augmentation des résistances au
niveaux des vaisseaux sanguins rénaux. Ce dernier va activer le système rénine
angiotensine aldostérone (SRAA) et ce système augmenterait ainsi la pression
artérielle. Cette augmentation de la pression artérielle, à son tour, aggraverait les
lésions rénales, créant ainsi un cycle auto-entretenu.
III-3-2-1- LE DIABETE
Le diabète, une maladie métabolique, touche de nombreuses organes et systèmes du
corps humain. C’est une cause majeure de l’insuffisance rénale chronique.
L’hyperglycémie persistante abîme les petits et gros vaisseaux sanguins des reins, à
l’origine des néphropathies diabétique.
Dans notre série d’étude, le diabète a été retrouvé dans 8,33% des sujets dépistés
comme insuffisants rénaux chronique. Ce résultat est relativement bas et sensiblement
similaire à celui de Masimongo et al ; Olanrewaju et al, en 2020 qui ont trouvé
respectivement une prévalence de 3,8% et 4%.
Cette faible proportion du diabète observé dans ces différentes études pourrait être
due à des facteurs spécifiques comme des particularités génétiques, des habitudes
alimentaires ou des facteurs environnementaux.
D’autres études ont trouvé que le diabète, en majeur partie, a été rencontré en
association avec l’insuffisance rénale chronique.
Tableaux :
REFERENCES PROPORTION DU DIABETE
Johan S et al, en 2020 38-39%
Ranivoharisoa et al, en 2021 17,2%
Tia WM et al, en 2022 12,3%
Eyeni Sinomono et al, en 2021 23,3%
Bah Mamadou et al, en 2021 27,66%
Ces différentes études affirmaient que le diabète est l’un des principaux facteurs de
risques de survenue et surtout de progression rapide de l’insuffisance rénale chronique
vers le stade terminal de la maladie.
Bien que le diabète ne soit pas la cause principale d’insuffisance rénale chronique dans
notre étude, sa présence nécessite une attention particulière.
Les personnes diabétiques ont un risque accru à la survenue et/ou à la progression
rapide d’une insuffisance rénale chronique préexistant vers la phase terminale.
III-3-3-SELON LA STADE DE L’INSUFFISANCE RENALE CHRONIQUE
La maladie rénale chronique est une maladie d’évolution progressive et insidieuse. Il
existait cinq différents stades de l’insuffisance rénale chronique.
Dans notre étude, on a diagnostiqué l’insuffisance rénale au stade III dans la majorité
des cas soit une proportion de 75%. Notre résultat est en accord avec celui de
Ranivoharisoa et al, en 2021 et Bah Mamadou et al, en 2021 qui ont aussi découvert
l’insuffisance rénale au stade III avec une proportion respective de 26,5% et 60,99%.
Ce résultat pourrait être attribué à une méconnaissance généralisée de la maladie ainsi
qu’à un manque d’information parmi la population. Beaucoup de personnes ne sont
pas suffisamment éduquées sur les symptômes et les risques associés à la maladie
rénale chronique, ce qui contribue à une ignorance généralisée. Cette lacune de
connaissance entraîne souvent un manque de dépistage précoce et de prévention,
augmentant ainsi les risques de complication à long terme. Par ailleurs, l’insuffisance
rénale chronique ne manifeste des symptômes que dans des stades avancés. Cela
signifie que de multitudes individus peuvent être atteints de la maladie rénale
chronique sans en être conscients pendant plusieurs années jusqu’à ce que des
dommages important soient déjà survenus.
Cette absence de symptômes précoces rend la détection et le traitement proactif
difficiles. Cela aggrave de plus le problème de la méconnaissance et de l’ignorance.
En plus de l’éducation et de la sensibilisation de la population ciblé sur la maladie
rénale chronique, la mise en place de stratégies de dépistage systématique est
nécessaire pour l’identifier et la traiter dès les premiers stades d’évolution.
L’insuffisance rénale chronique constitue un enjeu crucial pour la santé publique à
l’échelle mondiale en raison de son taux de mortalité élevé, des coûts importants des
traitements nécessaires et de la dégradation significative de la qualité de vie des
patients. Le profil épidémiologique et clinique de l’insuffisance rénale chronique
diffère selon les régions du monde. Dans les pays occidentaux, cette condition est
largement documentée, tandis que dans les pays d’Afrique, les données sont limitées.
De plus, les statistiques africains ne reflètent souvent pas fidèlement la situation de
l’IRC au sein de la population générale, car une minorité des patients accèdes aux
centres hospitalo-universitaire principalement situé dans les grandes villes.
III-1-Choix et limite de l’étude
III-1-1-Choix de l’étude
Il s’agit de la première étude pilote faite dans la région Nord de Madagascar utilisant
l’appareil X-NOVA Sensor (analyseur de créatinine) pour la lecture de la bandelette
réactive de créatinine dans le dépistage de l’insuffisance rénale chronique. L’appareil
est facile à manipuler et le résultat est obtenu immédiatement.
Nous avons réalisé une étude prospective transversale monocentrique descriptive sur
la prévalence de l’insuffisance rénale chronique dans la ville d’Antsiranana. Notre
étude s’est déroulé sur une période de deux mois allant du 01 juillet au 31 Août 2022.
Grâce à cette étude, nous avons pu observer le profil épidémio-clinique d’Antsiranana.
III-1-2-Limite de l’étude :
La sincérité des réponses des enquêtés est primordiale pour notre étude.
Nous avons eu un stock limité des bandelettes, ce qui limite aussi le nombre des
individus à dépister. Nous avons été contraints de restreindre notre enquête sur une
partie du district d’Antsiranana I, au niveau de quatorze différents quartiers repartie
dans la ville d’Antsiranana I. les patients hospitalisés étaient non inclus dans cette
étude.
Des examens biologiques (rénales comme ionogramme sanguin, urémie, calcémie et
phosphorémie, albuminurie, créatininurie) et imagerie (échographie rénale) auraient
certainement édifier les résultats de notre étude.