Conseil Agricole au Mali: Bilan et Propositions
Conseil Agricole au Mali: Bilan et Propositions
Mai 2006
APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Résumé
Vulgarisation et conseil
Vu les confusions souvent enregistrées, il est important de rappeler ce que l’on attend par
vulgarisation, conseil, conseil de gestion (CdG) et conseil à l’exploitation familiale (Cef).
On a longtemps parlé (et encore aujourd’hui) de vulgarisation, terme auquel s’adjoignent
parfois les qualificatifs de « technique » ou de « masse ». « La vulgarisation en Afrique a
souvent été entendue comme le moyen de faire adopter par les producteurs des techniques
mises au point par la recherche agronomique, grâce à un dispositif d’encadrement organisé
à différentes échelles géographiques ».
Le conseil a pour fonction d’aider le producteur à atteindre ses objectifs. Il s’agit ici
d’apporter un regard extérieur au paysan concernant sa situation et ses possibilités. Ce
conseil peut prendre différentes formes : techniques, économiques…
Le Conseil de gestion peut être défini comme une aide à la décision au cours d'un processus
d'apprentissage faisant évoluer les représentations de l'agriculteur avec les étapes
suivantes : prévision, action, évaluation des conséquences de la décision, confirmation ou
modification des représentations. Kleene le définit comme suit : "Méthode de vulgarisation
qui prend en compte l’ensemble de la situation d’une exploitation et cherche, en dialogue
avec le paysan, un cheminement d’amélioration qui s’étend souvent sur plusieurs années.".
Lors de l’atelier sur le conseil à l’exploitation tenu en 2001 au Bénin, le terme conseil de
gestion (CdG), jugé trop restrictif, car connoté «comptabilité-gestion», ne reflétait pas la
diversité des expériences présentées par les participants. Il a été proposé, à l’avenir,
d’employer le terme de conseil aux exploitations familiales (Cef) qui recouvre plusieurs types
de conseil conçus et mis en œuvre dans des contextes différents et selon des approches
distinctes.
APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Le groupe de travail
L’idée de mettre en place un groupe de travail sur le conseil agricole a été soulevée le jeudi
12 janvier lors de la réunion de lancement. La création de ce groupe de travail vise à le
rendre acteur de la réflexion sur le conseil agricole. Il a été proposé que ce groupe soit :
i) présidé par un représentant (un élu) des paysans et s’implique dans l’organisation
de l’atelier de capitalisation (choix des thèmes et questions à discuter),
ii) composé des structures et organismes de l’Etat du Ministère de l’Agriculture,
mais aussi des projets, des organisations non gouvernementales, des
organisations de producteurs, des chambres d’agriculture, des organismes de
formation et des prestataires impliqués dans l’appui aux producteurs.
Les deux réunions du 12 janvier et du 23 mars entre les organismes ci-dessus n’ont pas
permis de mettre en place de façon formelle le groupe. Il est donc urgent de le faire ;
l’APCAM doit faire un courrier aux institutions impliquées en rappelant les règles ci-dessous
et en faisant des propositions à discuter par le groupe. Pour que ce groupe vive, les
institutions de divers secteurs de la production agricole (au sens large) doivent s’engager
fermement, nommer des représentants permanents. Les producteurs et leurs OP doivent
participer activement au groupe, y avoir leur place. Un animateur à plein temps ou temps
partiel basé a l’APCAM doit être en charge de ce dossier. Enfin des moyens financiers
(du PASE ?) doivent être mobilisés pour le fonctionnement du groupe, au moins pour
2 à 3 réunions en 2006. Dans un premier temps, pour démarrer rapidement ses activités, le
groupe de travail pourrait constituer un noyau de 4 à 5 personnes représentants les
structures les plus impliqués dans les activités de conseil, en zone cotonnière et en zone
Office du Niger.
Des propositions d’activités du groupe, non exhaustives, à discuter ont été émises à la fin de
l’atelier de Sikasso en avril :
i) engager une réflexion sur l’alphabétisation et la formation des producteurs ;
ii) faire circuler l’information sur le conseil : projets, outils, expériences ;
iii) initier un travail sur l’impact du conseil ;
iv) faire l’inventaire des formations existantes et les adapter pour le conseil en
prenant en compte la stratégie nationale de la formation agricole ;
v) préparer un atelier sur les démarches de conseil à l’intention des producteurs.
En appui à ce groupe, le CIRAD va contribuer à la mise en réseau des opérateurs. Pour ce
faire, il assurera une veille sur le conseil dans la sous-région. Un premier travail de veille a
été réalisé à l’occasion de cette étude par la production d’un CD ROM.
L’analyse des expériences de CEF au Mali rejoint les analyses menées en Afrique de l’Ouest
du Centre. La vulgarisation et plus globalement le conseil ont été fortement affectés par le
désengagement de l’Etat ; de plus les anciens dispositifs et démarches ne correspondant
plus aux besoins et attentes des producteurs, leurs coûts de fonctionnement sont élevés,
etc. Au Mali, les plus anciennes expériences de conseil à l’exploitation sont aussi touchées :
l’expérience CMDT vivote, la démarche et les outils ont besoin d’être renouvelés, les Centres
de Prestations de Services (PCPS) fonctionnent difficilement suite à l’arrêt des financements
de l’Agence Française de Développement (AFD) en 2004. Les expériences récentes toutes
sur projet et donc sur des zones et pour des périodes limitées, sont du conseil à l’exploitation
APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
(PASE), de la formation par la pratique, champs écoles (GIPD), ou des parcelles et essais
de démonstration (PASAOP). La mise en œuvre des expériences récentes de conseil, est
confrontée à des difficultés de gouvernance et de prise en charge et de pérennisation du
dispositif.
Que ce soit au Mali ou dans la sous-région, la difficulté majeure à la pérennisation du service
est la prise en charge financière du coût de ce service. Le coût annuel du conseil par
exploitation varie du simple au double selon les expériences ou projets (de 60 000 à 120 000
FCFA). Il est élevé si on le compare au revenu annuel moyen des exploitations agricoles
adhérents à ces groupes CEF (entre 300 000 fcfa/an et 800 000 FCFA/an en moyenne).
Pour limiter le coût du conseil, condition nécessaire à la pérennisation des dispositifs,
différentes équipes envisagent d'augmenter le nombre d'exploitations pris en charge par
conseiller. Pour un dispositif ayant plusieurs années d'expérience, un conseiller pourrait
intervenir auprès de 40 à 100 exploitations voire 200. Le coût du conseil pourrait alors
diminuer autour de 20 000 à 40 000 FCFA/an/exploitation. Dans l’ensemble des expériences
analysées, la répartition du coût du conseil entre les différentes parties prenantes
(producteur adhérent, OP, Etat, filière, projet, etc…) montre :
i) les difficultés des gestionnaires des dispositifs CEF pour récupérer les cotisations
des adhérents (de 2 000 à 12 000 FCFA/an selon les cas) même lorsque cela
avait été prévu et annoncé aux paysans ;
ii) que l’engagement financier des OP (le groupement de base, l’Union, etc… est
rare car le CEF intéresse une minorité d’agriculteurs ;
iii) que l’Etat et des sociétés publiques contribuent dans quelques cas : SOFITEX au
Burkina-Faso et SODECOTON au Cameroun.
Au Mali des expériences intéressantes de recours à des prestataires pour assurer le conseil
sont en cours, mais encore trop récentes pour en tirer des conclusions et enseignements.
Mais déjà, ces prestataires, comme les autres structures pratiquant le conseil rencontrent
des difficultés pour trouver des ressources humaines compétentes dans ce domaine.
La première chose à faire, la plus importante est d’assurer la formation des paysans
(éducation de base, alphabétisation, formation professionnelle), préalable indispensable à
toute action de développement durable, et particulièrement pour le conseil à l’exploitation
familiale ; formation insuffisamment prise en compte, voire négligée aujourd’hui, par les
structures de l’Etat et les bailleurs de fonds.
Il ressort aussi un besoin important de réflexion sur l’appui aux producteurs (formation,
vulgarisation, conseil) au Mali, qui pourrait être confié à un comité de réflexion sur la
vulgarisation, dans lequel un groupe de travail serait chargé du conseil agricole. Plusieurs
points devraient être abordés par le groupe de travail.
En matière de gouvernance et de financement, le groupe doit continuer la réflexion sur les
montages institutionnels permettant d’assurer la pérennisation de ce service de conseil pour
lequel se posent les questions de :
(i) l’implication des communes rurales et des filières pouvant dégager des ressources
régulières de façon régulières par prélèvement, fiscalité etc.
(ii) la disponibilité en ressources humaines compétentes (appuis à l’émergence de ces
compétences au sein des OP, des prestataires, etc).
Dans le but de réduire les coûts de ce conseil, il est important de mettre en place des
mécanismes de démultiplication des activités du conseiller (animateur-relais, animateur-
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paysan, etc) qui restent à construire, les expériences passées n’étant pas concluantes :
difficultés de reconnaissances des animateurs-paysans par les autres paysans, niveaux
insuffisants pour l’application de la démarche.
Sans attendre les résultats de ces réflexions, il faut privilégier, dès à présent, une option qui
a fait ses preuves et qui continue à le faire, c’est-à-dire l’ancrage du CEF au sein de filières
organisées (coton, riz, maraîchage, fruits et élevage péri-urbain) avec des opérateurs
installés dans la durée et des interprofessions, car il n’est pas envisageable aujourd’hui que
les producteurs prennent en charge la totalité de ce service. Ceci veut dire que la zone
cotonnière et la zone Office du Niger sont celles où le conseil à l’exploitation semble
indiqué, voire aussi certaines zones péri-urbaines dynamiques de production de légumes,
de fruits et d’élevage où les producteurs sont organisés, et disposent de revenus
relativement importants. Pour les autres zones, beaucoup moins intégrées au marché et où
les paysans sont peu organisés, l’accent doit être mis dans un premier temps sur
l’alphabétisation et la formation des paysans par la pratique au travers de démarches de
groupes autour de champs écoles et d’expérimentation paysanne, dont la quasi-totalité des
coûts doivent être subventionnés ; la prise en charge par les producteurs ne pouvant
concerner qu’une petite partie.
En terme de démarche, il est important de rappeler qu’il n’y a pas un seul type de conseil,
une seule méthode et des outils passe-partout. Il est important et judicieux de maintenir une
diversité de dispositifs correspondants à la diversité des situations rencontrées. Le recours
aux langues locales lorsqu’elles sont pratiquées, est à coupler avec des interventions en
matière d’alphabétisation fonctionnelle. Jusqu’à présent, les méthodes et outils de suivi et
d’évaluation ne permettent pas de mettre facilement en évidence l’intérêt de la démarche en
terme d’amélioration des performances techniques et économiques des exploitations. Il
reste à convaincre les financeurs du conseil de l’intérêt de cette démarche pour qu’ils
s’engagent dans la durée, et pour ce faire, mesurer avec eux les impacts techniques et
économiques qu’elle engendre. Ces deux points, nécessitent l’implication de la recherche
pour l’adaptation de la démarche et des outils aux situations rencontrées, mais aussi pour
alimenter le conseil en thèmes et modules à développer, pour actualiser les références sur
les exploitations agricoles, pour analyser les processus de capitalisation des connaissances,
et enfin, pour l’évaluation des impacts.
Dans le domaine des ressources humaines, il est nécessaire de mettre en place dans les
différents cursus de formation agricole (Universités, écoles d’agriculture, etc), des
enseignements sur les démarches de vulgarisation, et particulièrement sur le conseil à
l’exploitation.
Ces constructions ont par ailleurs besoin de temps et de continuité dans l’action pour aboutir
à des résultats convaincants.
Les consultants (Michel Havard, Yacouba Coulibaly, Patrick Dugué) remercient l’APCAM, le
PASE et l’AFD pour leur appui et leur disponibilité, sans lesquels cette étude n’aurait pu se
réaliser dans d’aussi bonnes conditions. Ils remercient aussi tous les paysans et leurs
organisations, ainsi que tous les responsables et agents des structures, projets et
organismes qui ont accepté de leur consacrer du temps et de leur fournir les informations et
les documents rappelés dans cette étude.
APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Sommaire
Chapitre 1. Introduction
Le PASE et l’APCAM ont sollicité le Cirad pour appuyer le Volet « conseil à l’Exploitation
familiale (CEF) durant l’année 2006 (TRD annexe 2).
L’appui apporté par le Cirad vise à améliorer les performances du dispositif de conseil
expérimenté dans le cadre du PASE et à contribuer à la réflexion sur la construction de
dispositifs de conseil originaux et novateurs avec les différents opérateurs de développement
au Mali dont l’APCAM.
Cet appui comprendra trois activités complémentaires :
1. un travail de capitalisation des expériences de conseil agricole au Mali et dans la
sous-région débouchant sur un atelier de restitution et d’échanges avec les différents
opérateurs concernés ;
2. un appui au volet « Tests de conseil à l’exploitation familiale » du PASE programmé
jusqu’en fin 2006
Cette synthèse porte sur l’activité 1 : capitalisation des expériences de conseil agricole au
Mali et dans la sous-région.
Le travail s’est déroulé comme suit :
- mission de lancement de l’étude en janvier 2006 par un consultant du CIRAD et le
consultant national (Havard et Coulibaly, 2006) ;
- Rencontre avec les opérateurs de conseil en mars par le consultant national ;
- Rédaction de la synthèse provisoire par le CIRAD ;
- mission pour l’animation d’un atelier de restitution portant sur la capitalisation des
expériences de conseil (Sikasso 4 au 6 avril 2006 : 2 experts Cirad + consultant
malien), visant à partager avec tous les acteurs concernés les informations sur les
méthodes, les outils et les orientations en matière d’appui-conseil aux exploitations ;
- Rédaction du rapport final de capitalisation prenant en compte les observations
formulées au cours de l’atelier et production d’un CD-Rom comprenant outre ce
rapport divers documents sur le conseil à l’exploitation utiles aux opérateurs de
développement et aux décideurs
A ce stade, il est important de rappeler que les discussions lors de la réunion de lancement
portant sur l’extension de l’étude à l’ensemble du Mali, et aux expériences de vulgarisation
au sens large ont abouti à des réactions de plusieurs participants allant dans le même sens.
« Cette étude ayant une durée limitée ne peut tout aborder. Elle fait le point à un moment
donné sur des expériences de conseil, mais le travail de capitalisation ne s’arrête pas là. Il
doit continuer après cette étude sur d’autres expériences de vulgarisation ». Il est donc
important que :
- l’étude en cours permette de donner un cadre méthodologique, définisse des
orientations pour de futures études afin de continuer la capitalisation sur une période
de un à deux ans
- les ministères, les offices, et sociétés concernés fournissent les informations sur les
grandes expériences ; nous ne partons pas de zéro car il existe des documents de
capitalisation sur la vulgarisation.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Avant toute chose, il est apparu important de rappeler ce que l’on attend par vulgarisation,
conseil, conseil de gestion (CdG) et conseil à l’exploitation familiale (Cef) pour faciliter les
discussions et échanges ultérieurs. En effet, comme vous le verrez dans le texte, le mot
conseil est utilisé un peu à toutes les « sauces » ; la description des démarches et des
activités montrant par la suite que tout ne relève par d’une démarche de conseil. C’est
pourquoi, ce mot est souvent mis entre guillemet dans la présentation de certaines
expériences : « conseil »
1.1.1. La vulgarisation
Le vocable associé aux différentes démarches d’appui aux producteurs ruraux n’est pas
neutre, d’autant que rares sont les définitions reconnues par tous. On a longtemps parlé (et
encore aujourd’hui) de vulgarisation, terme auquel s’adjoignent parfois les qualificatifs de
« technique » ou de « masse ». « La vulgarisation en Afrique a souvent été entendue comme
le moyen de faire adopter par les producteurs des techniques mises au point par la
recherche agronomique, grâce à un dispositif d’encadrement organisé à différentes échelles
géographiques » (Mercoiret, 1994).
Le schéma pyramidal de vulgarisation des sociétés cotonnières d’Afrique Francophone ou le
système « Training & Visit » de la Banque Mondiale répondent à cette définition. Le paysan,
premier (ou dernier) maillon de la chaîne voit son rôle réduit à l’exécution des différentes
opérations préconisées par la structure. Ces méthodes ont fortement contribué à la diffusion
d’innovations techniques, mais elles ne permettent pas d’une part de faire remonter
l’information concernant les pratiques et objectifs des agriculteurs, préalable pourtant
indispensable au diagnostic du fonctionnement de l’exploitation, donc au conseil et d’autre
part de faire évoluer la gestion de l’exploitation agricole (les décisions portant sur le choix
d’assolement, l’organisation du travail, les investissements, etc.).
Le conseil a pour fonction d’aider le producteur à atteindre ses objectifs (Chombart de Lauwe
et al, 1963). Il s’agit ici d’apporter un regard extérieur au paysan concernant sa situation et
ses possibilités. Ce conseil peut prendre différentes formes : techniques, économiques…
Dans le langage courant, la notion de gestion est souvent réduite aux aspects économiques
et financiers. L’assimilation gestion/comptabilité est d’ailleurs fréquente, position renforcée
en Afrique par le fait que la dénomination conseil de gestion renvoie souvent à des pratiques
de vérification des comptes des organisations de producteurs (OP) dans le souci de
transparence vis-à-vis des membres. En fait, la gestion renvoie à une problématique plus
générale puisqu’elle concerne le pilotage de l’exploitation. Elle peut être considérée comme
la mise en cohérence des objectifs, des moyens et des connaissances du décideur. Gérer
c’est décider, faire des choix en fonction d’objectifs, de moyens (atouts, contraintes) et de la
perception de ce "qu’il serait possible de faire" compte tenu de ces données (Goud, 1997).
Mais il y a souvent décalage entre l’optimisation du fonctionnement d’un modèle
d’exploitation envisageable par des moyens informatique et la décision a priori rationnelle et
celle du décideur qui dépends de nombreux facteurs sociaux, les aléas etc….
Le Conseil de gestion peut être défini comme une aide à la décision au cours d'un processus
d'apprentissage faisant évoluer les représentations de l'agriculteur avec les étapes
suivantes : prévision, action, évaluation des conséquences de la décision, confirmation ou
modification des représentations. Kleene (1982) le définit comme suit : "Méthode qui prend
en compte l’ensemble de la situation d’une exploitation et cherche, en dialogue avec le
paysan, un cheminement d’amélioration qui s’étend souvent sur plusieurs années.". Seul le
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dialogue avec les paysans permettra d'accéder à leurs modes de raisonnement et leurs
représentations donc d'identifier les facteurs de blocage ou les conditions de réussite de
l'action envisagée. Il permet la confrontation entre le référentiel du conseiller et celui du (ou
des) producteurs ; cette confrontation doit combiner nécessité du dialogue et de
l’opérationnalité. Le conseiller ne se comporte pas en expert face à un producteur qui
exécute, il dialogue avec lui et l'accompagne dans la réalisation de son projet. Le conseiller
ne vient donc pas avec une solution toute faite mais il analyse le système pour en faire
ressortir les points faibles (fonction de diagnostic) et trouver la solution adaptée. Ceci ne
peut se faire que progressivement, c’est-à-dire sur un pas de temps de plusieurs années.
L'impact du Conseil de gestion doit donc être appréhendé à moyen et long terme.
Lors de l’atelier sur le conseil à l’exploitation tenu du 19 au 23 novembre 2001 (Dugué et
Faure 2003), le terme conseil de gestion (CdG), jugé trop restrictif, car connoté
«comptabilité-gestion», ne reflétait pas la diversité des expériences présentées par les
participants. Il a été proposé, à l’avenir, d’employer le terme de conseil aux exploitations
familiales (Cef) qui recouvre plusieurs types de conseil conçus et mis en œuvre dans des
contextes différents et selon des approches distinctes. Celui-ci s’efforce de renverser la
perspective, en vigueur depuis de nombreuses années, qui faisait du technicien, adossé aux
systèmes de recherche, le vecteur central du transfert de technologies vers les agriculteurs.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Système national de
Caractéristiques Conseil à l’exploitation familiale (CEF)
vulgarisation (T&V)
Technicien Spécialisé
Tous les agents « horizontalement »
En cascade
Agents
Une fois/mois, 1 jour Deux fois/an, 1 semaine
En salle En salle et sur le terrain
De façon participative
Formations sont essentielles
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
L’idée de mettre en place un groupe de travail sur le conseil agricole a été soulevée le jeudi
12 janvier 2006 lors de la réunion de lancement de cette étude. La création de ce groupe de
travail vise à le rendre ses membres acteurs de la réflexion sur le conseil agricole. Il doit
permettre à ces membres de dialoguer et d’échanger sur l’appui aux exploitations agricoles :
quelles méthodes et outils de conseil ? Qui pour les mettre en œuvre ? quels dispositifs ?
Comment les financer ? Quelles tâches, quels rôles, quels statuts des conseillers, etc.
Pour ce faire, il a été proposé que ce groupe soit présidé par un représentant (un élu) des
paysans et s’implique dans l’organisation de l’atelier de capitalisation (choix des thèmes et
questions à discuter), et qu’il soit composé de l’APCAM, la CMDT, l’OHVN, l’ON, l’IER, le
CRA, la DNA 1, le PASE, le PASAOP, de la CNOP, de l’AOPP, de structures de formation et
de prestataires privés.
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Il a été précisé que la représentation de la DNA prendra en compte les préoccupations de : OPV, DNP, DNGR,
DNCN, DNPIA, DNACPN, CSA/PSSA, DNSM, DNSV.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Pour le point 3, comme les représentants des institutions du groupe n’étaient pas tous les
mêmes que lors de la première réunion, il a été nécessaire de réexpliquer la raison de mise
en place de ce groupe et il n’a pas été possible de discuter du point 3. Il est important de
rappeler une proposition faite lors de la réunion du 12 janvier à l’endroit de l’APCAM, et de la
mettre en application « Préparer une lettre aux structures membres de ce groupe pour
qu’elles proposent un membre permanent, de préférence le responsable impliqué au plus
niveau en matière de vulgarisation et de conseil, et aussi de veiller à rééquilibrer la
composition du groupe majoritairement composé des sociétés et structures de l’Etat à l’issue
de la réunion de lancement, les organisations paysannes et les prestataires étant
insuffisamment représentés ».
Pour le point 4, l’APCAM, au nom du groupe, a organisé du 4 au 6 avril à Sikasso un atelier
sur l’étude de capitalisation.
Les termes de référence de cet atelier ont été élaborés à partir des conclusions de la réunion
du groupe et des premiers éléments de synthèse de l’étude. L’atelier a permis de présenter
les résultats de l’étude et de favoriser les échanges entre structures intéressées par le
conseil agricole afin de définir une stratégie pour le développement du CEF au Mali, mais
aussi pour l’organisation d’une capitalisation continue 2, du suivi des impacts et pour la
recherche de solutions de financement durable. Le souci de l’APCAM de délocaliser l’atelier
à Sikasso marque une volonté de se rapprocher des producteurs.
Cet atelier a réuni plus de 50 participants d’horizons divers : organisations paysannes,
organisations professionnelles, syndicats agricoles, APCAM, Chambres d’agricultures,
prestataires de services, projets, organisations non gouvernementales, Structures de l’Etat
(DNA, DNPIA, CMDT, IER, OHVN, CNRA, etc.). Aucun des bailleurs de fonds invités n’était
représenté. Les producteurs et les responsables d’OP se sont fortement impliqués dans les
débats et les interventions des structures publiques ont été très constructives ; voire compte-
rendu de l’atelier en Annexe 10.
Les présentations des résultats de l’étude et de structures présentes (CMDT, OHVN, Kafo
Djiginew, CNOP) montrent que le conseil agricole n’a pas disparu du paysage malien. Des
enseignements peuvent être tirés des expériences en cours ou récentes (CMDT, OHVN,
CNOP, PASE, PASAOP, ON/URDOC, …….) :
- un besoin d’échanger et de s’informer : les travaux de capitalisation antérieurs (actes
de Bohicon, rapports des projets, etc.) sont peu connus,
- un besoin d’informations accessibles aux producteurs
- la nécessité d’avoir des structures de formation en mesure d’enseigner les bases de
la gestion et du conseil (formation de base et professionnelle/continue)
- un soucis de préparer l’avenir (désengagement de l’Etat, privatisation, etc )
Face à ces reconfigurations institutionnelles une question importante est revenue
régulièrement dans les débats : Qui va prendre la relève dans le domaine du conseil ?.
Après ces présentations, l’atelier a débattu autour de 3 thèmes :
- T1 Les besoins en conseils, méthodes et outils
- T2 La gestion des dispositifs, leur gouvernance et financement
- T3 les besoins en ressources humaines (conseillers, formateurs, concepteurs,…)
2
Au minimum des personnes responsabilisées pour recueillir et faire circuler les informations relatives au conseil
agricole au Mali (nouveaux projets, démarche renouvelée) et dans la sous-région (Ceci pourrait être une tache à
confier au groupe de travail)
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Trois groupes discutaient en même temps du même thème et les différents types de
participants étaient mélangés dans chacun des groupes. Les débats très animés, en français
et en Bambara, ont permis une participation effective des paysans et de leurs représentants.
Lors de cet atelier, les producteurs ont acquis des connaissances qui leur donnent une
meilleure vision du conseil. Mais, il est important qu’ils continuent de réfléchir afin d’intervenir
efficacement dans le groupe de travail.
Sur les trois thèmes de l’atelier, les débats ont fait ressortir des éléments importants à
prendre en compte par la suite :
Suite à donner
Cet atelier n’est qu’une étape dans le travail de capitalisation. La réflexion continue. Pour ce
faire, les actions ci-après sont proposées.
L’APCAM doit donner la priorité à la confirmation du groupe de travail sur le conseil agricole
qui va assurer la suite de l’atelier et contribuer au développement du conseil agricole au
Mali. Les objectifs de ce groupe étant de :
- Développer une stratégie pour accompagner les producteurs, faire vivre le conseil à
l’exploitation, développer des synergies avec la formation et l’alphabétisation des
paysans
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Ce chapitre présente les enseignements tirés d’une analyse comparant une dizaine
d’expériences de conseil à l’exploitation familiale (CEF) menées ces dix dernières années en
Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette analyse s’appuie sur le travail de capitalisation réalisé
pour l’atelier régional de Bohicon tenu en novembre 2001 (Dugué et Faure, 2003) et sur
l’actualisation des informations relatives aux dispositifs de conseil. Ces informations
proviennent (i) d’entretiens récents des consultants avec des responsables de dispositif de
conseil au Burkina Faso et au Cameroun, avec des participants ouest-africains au module de
formation CEF de juin 2004 et Juin 2005 au CNEARC à Montpellier et de la consultation de
documents disponible sur le site de l’Inter-réseaux pages CEF [Link].
En absence d’informations fiables, les évolutions récentes de certaines expériences ne
peuvent pas être évaluées. Par ailleurs certaines expériences n’ont pas connu de suite faute
de financement. On peut, en outre, signaler le développement d’expériences de conseil a
partir de 2002 et non prises en compte dans la capitalisation de Bohicon, entre autres en
Guinée (Fouta Djallon et Guinée forestière), au Sénégal avec la Fongs et au Burkina Faso
avec l’appui de l’AFDI avec de nouvelles fédérations de groupements de producteurs.
L’objectif de ce document n’est pas de faire une évaluation précise en 2006 de l’évolution
des expériences analysées lors de l’atelier de Bohicon (2001) mais de tirer quelques
enseignements actualisés utiles pour les acteurs du développement rural au Mali.
Les expériences analysées se situent toutes en Afrique sub-saharienne mais concernent des
écologies très différentes depuis la zone sahélienne (en irrigué) jusqu'aux régions forestières
tropicales humides (Tableau 2).
Elles se situent dans des régions avec un bon potentiel de production. Les zones fortement
contraintes et marginales sont peu représentées (à l’exception du Yatenga au Burkina Faso
mais il s’agit là de systèmes maraîchers irrigués). Les zones cotonnières sont
particulièrement bien représentées (Burkina Faso, Bénin, Cameroun, Tchad, Côte d’Ivoire)
sachant par ailleurs que des projets sont en cours de lancement au Mali et au Sénégal pour
ce même type de région et de filière.
Dans tous les cas, les exploitations agricoles concernées par le CEF sont de type familial.
Elles sont bien intégrées au marché dans la mesure où :
- une partie de la production est destinée à la vente (le coton, le riz, les cultures
maraîchères, l'anacarde, l'ananas, l'huile de palme, la volaille et les porcs,…) ;
- elles ont besoin d'acquérir des intrants (engrais, aliments du bétail,….) et des
équipements (outils de culture attelée, pulvérisateur,…) et pour cela peuvent recourir
au crédit.
Bien que fortement intégrées au marché elles peuvent rencontrer des problèmes de gestion
des stocks vivriers pour l’alimentation familiales (cas fréquent au Nord Cameroun). Le niveau
de revenu peut être très variable au sein des groupes d'exploitation CEF et entre les
expériences analysées. Les petites exploitations du Nord Cameroun (2 à 3,5 ha) disposent
d'un revenu monétaire annuel compris entre 100 000 FCFA et 200 000 FCFA alors qu’un
producteur d'ananas béninois peut obtenir un revenu annuel dépassant 1 million de FCFA.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Système de production
Equipe Région Zone climatique
dominant
Zone Office du riziculture irriguée +
Mali CPS URDOC sahélienne
Niger (Niono) maraîchages
Province du
Burkina UPPM devenu coton + céréales + élevage
Mouhoun soudanienne
PANISE + sésame
(Dédougou)
Burkina FNG Naam Yatenga sahélienne maraîchage
Burkina
Zone cotonnière soudanienne coton + céréales + élevage
SOFITEX/UNPCB
soudano-
Cote d'Ivoire SCGEAN Région de Korhogo élevage + autres cultures
guinéenne
Cote d'Ivoire Région
tropicale humide élevage + autres cultures
APROCASUDE d'Abengourou
Cameroun
Zone cotonnière soudanienne coton + céréales + élevage
DPGT/PRASAC
Diamaré (Région de sahélo- sorgho repiqué
Cameroun APROSTOC
Maroua) soudanienne ("muskuwari")
Zone soudanienne coton, arachide, céréales,
Tchad PRASAC soudanienne
= zone cotonnière élevage
ananas, palmier à huile,
Bénin CAGEA * Sud et Centre Bénin guinéenne
maraîchage, vivriers
Coton, anacarde, vivrier
Nord et Centre
Bénin CADG * soudanienne (céréales et igname), et
Bénin
élevage
** l’ensemble des activités de conseil CADG et CAGEA a été repris par le PADSE
Dans presque tous les cas, le chef d'exploitation (ou un membre de sa famille, souvent un
actif principal) participant au CEF maîtrise assez bien l’écrit et le calcul (français ou langues
locales nationales) (Tableau 3). Le français est la langue officielle dans tous les pays
concernés, il est enseigné dans les écoles primaires. Les langues nationales correspondent
aux langues locales ou vernaculaires les plus courantes qui ont été transcrites et font l'objet
de programmes d'alphabétisation pour les jeunes et les adultes. Par facilité on emploiera par
la suite le terme de langue locale.
Des réflexions sont en cours dans la plupart des équipes pour adapter leurs outils à un tel
public en utilisant les langues nationales et en s'appuyant sur les structures
d'alphabétisation.
Les zones disposant d’au moins une culture de rente significative ont fait l’objet de plus
d’attention de la part des promoteurs du CEF. De plus ces projets et équipes CEF ont
privilégié les exploitations disposant d’au moins un membre actif alphabétisé.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Alphabétisés (langues
Equipe Public cible nationales) ou lettrés
(français)
En majorité sauf les
Mali CPS URDOC riziculteur et maraîchers
femmes
Burkina UPPM paysan "cotonnier" une majorité
Burkina FNGN maraîchers bien intégrés au marché une minorité
Burkina UNPC/SOFITEX paysan "cotonniers" grande majorité
Cote d'Ivoire SCGEAN jeunes voulant diversifier tous
Cote d'Ivoire
planteurs, éleveurs et diversification tous
APROCASUDE
Cameroun
Tout paysan motivé 68%
DPGT/PRASAC
producteur de sorgho intégré au
Cameroun APROSTOC minorité
marché
paysans "cotonniers" et arbo-
Tchad PRASAC grande majorité
maraîchers
Bénin CAGEA paysan "novateur" tous
Bénin CADG paysan "novateur" tous
Ces deux orientations ont amené à une sélection des types de producteurs partenaires des
équipes de conseil. :
- la taille de leur exploitation (surface, cheptel) est supérieure à la moyenne régionale,
sans toutefois être atypique ;
- ces exploitations sont mieux équipées (Tableau 4) ;
- elles ont tendance à diversifier leurs productions et leurs activités.
De ce fait, les petites exploitations plutôt tournées vers l'autoconsommation, dont les actifs
ne sont pas alphabétisés mais qui souhaiteraient aussi évoluer, sont peu représentées dans
ces groupes.
Tableau 4. Caractéristiques des exploitations en CEF en zone cotonnière du
Cameroun.
Hors CEF (Moyenne observée
Caractéristiques des exploitations En CEF
terroirs PRASAC)
Age Chef d’exploitation (CE) (années) 39 43
CE scolarisés (> CM1) 56 % 32 %
Superficies cultivées (ha) 3,1 2,2
Propriétaires Traction Animale (%) 51 35
Revenu estimé/exploitation (FCFA) 570 000 370 000
Source : PRASAC. Pôle de Recherche Appliquée au Développement des Savanes d’Afrique Centrale.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les équipes béninoises (CAGEA, CADG puis PADSE) et du Burkina Faso comme FNGN et
UPPM se sont inspirées des méthodes utilisées par les centres de gestion français dans les
années 70. Dans ce cas la collecte de données économiques de l’exploitation et leur analyse
comptable et économique constituent une étape importante pour élaborer un conseil.
D'autres équipes dépendant d'institutions de recherche (Prasac, IRAD et ITRAD au
Cameroun et Tchad, INERA au Burkina, Cirad) ou collaborant étroitement avec elles
(CPS/URDOC, Sodecoton, Sofitex) se sont plutôt appuyées sur les acquis des économistes
et des agronomes en terme d’approche globale de l’exploitation. Pour celles- ci, le conseil
technique tient une place importante dans les dispositifs.
Ainsi les différentes expériences mobilisent une gamme d’outils pour aboutir à un conseil
tenant compte des besoins et des capacités des agriculteurs :
- La caractérisation de l'exploitation en début d'intervention (inventaire des ressources
et diagnostic partagé) ;
- Le suivi et l’analyse des données de fonctionnement de l’exploitation (suivi des
activités et des flux) ;
- La prévision, l’élaboration du plan de campagne et le conseil prospectif ;
- L’amélioration des compétences et des références techniques des paysans
(formations techniques, expérimentations,…) ;
- Le développement des échanges entre paysans d'un même groupe ou avec d'autres
groupes (paysans innovateurs) ou d'autres intervenants (chercheurs, techniciens,…).
Dans ce cas le conseil s’appuie avant tout sur une collecte régulière de données permettant
d’établir les résultats économiques de l’exploitation et d’évaluer les différences ou les
convergences entre ce que le chef d’exploitation avait prévu et espéré et ce qui a été
effectivement réalisé et obtenu.
Le conseiller est chargé de former le chef d’exploitation (ou son fils) à la collecte des
données et à leur interprétation et analyse. Un dialogue rapproché s’instaure entre le
conseiller et le producteur.
Si les outils de collecte et d’analyse sont assez complexes, le conseiller joue un rôle
prépondérant dans ces activités. Il peut d’en certains cas recourir à l’informatique ce qui va
accroître la distance entre le producteur et les outils de gestion qu’il pourra utiliser. L’analyse
des données peut être faite uniquement par le conseiller comme c’est le cas en France avec
les centres de gestion. Ensuite le conseiller restitue ses analyses à l’agriculteur sous forme
de « sorties papier » et lui en explique la teneur. Ces analyses doivent permettre à
l’agriculteur de prendre les bonnes décisions pour la campagne agricole suivante.
L’accent mis sur les analyses économiques sélectionne de fait les exploitations qui
maîtrisent bien l’écrit et la collecte des informations de base (prix de vente, quantités
produites, quantités d’intrants utilisées, coût de la main d’œuvre et parfois temps de travaux).
Dans bien des cas l’enregistrement du temps de travail des différents actifs familiaux s’est
avéré trop complexe et a été abandonné ou réservé à certains ateliers ou productions.
Vu l’importance accordée à la collecte des données économiques et à leur interprétation, les
conseillers n’ont pas le temps de s’intéresser au fonctionnement technique de l’exploitation,
Ils peuvent aussi considérer que cela relève de la vulgarisation technique qui est mise en
œuvre par d’autres structures.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Le conseil s’appuie sur une approche globale de l’exploitation portant autant sur ses
résultats économiques que sur ses performances techniques. Les contraintes à la production
relatives au milieu physique sont analysées, prises en compte (parasitisme, baisse de fertilité
du sol, prolifération des adventices par exemple). Le conseiller peut alors être amené à
proposer aux agriculteurs des expérimentations, il s’appuie pour cela sur leurs
connaissances et leurs savoirs. Si besoin le conseiller va mobiliser les compétences d’un
technicien ou d’un chercheur s’il n’est pas en mesure d’organiser lui même cette
expérimentation ou d’apporter une réponse (ou une simple information) à la question
technique posée.
La collecte de données est moins poussée que dans le cas précédent. De ce fait l’écrit et le
calcul à moins d’importance et l’on peut aboutir pour certaines exploitations à une collecte
insuffisante ou erronée des données qui va compromettre une bonne analyse ensuite.
Ici, l’objectif du conseiller n’est pas de faire lui même le traitement et l’analyse des données
collectées mais de former le chef d’exploitation à l’utilisation de quelques outils de gestion
(par exemple le calcul de la marge brute par ha, la conception d’un plan de campagne, etc.).
Les principes de la gestion sont au cœur de tous les dispositifs quelles que soient leurs
orientations méthodologiques (Figure 1).
Figure 1. Le cycle de la gestion
L’objectif du conseil est bien d’amener le
chef d’exploitation à anticiper, à prévoir, à
planifier, à mettre en œuvre ce qu’il a
programmé et enfin, à évaluer les résultats
obtenus et en tenir compte pour orienter
ses décisions futures.
Ces décisions sont à la fois d’ordre
technique mais aussi économique et
organisationnel. De plus pour progresser
l’agriculteur doit innover ce qui a amené
bon nombre d’expériences de conseil à
intégrer une dimension technique en
développant des échanges entre
producteurs entre eux mais aussi avec des
techniciens, des chercheurs etc…. Le principe des visites de parcelles ou d’ateliers
d’élevage permettant à chacun de bien comprendre ce que fait son collègue est retenu par
les différents promoteurs du CEF.
Le coût du conseil (principalement le salaire et le fonctionnement du conseiller) a amené les
équipes CEF à infléchir les orientations méthodologiques de départ. Vu les ressources
financières disponibles en Afrique subsaharienne pour former et conseiller les agriculteurs, il
est apparu qu’un conseil uniquement individuel nécessitant beaucoup de temps de la part
d’un conseiller salarié n’était pas réaliste. Il a été convenu de développer :
- le travail en groupe pour former les producteurs, pour développer les échanges
etc... et peut-être à l’avenir pour confier à des groupes expérimentés le soin de
former de nouveaux paysans adhérents au CEF ;
- de mettre un accent sur la formation des chefs d’exploitation ou des gestionnaires
des exploitations agricoles
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les expériences décrites en 2001 n’ont pas toutes continué principalement pour des raisons
de financement ou par manque de pérennité des institutions qui portaient le CEF à cette
période.
a) En Afrique Centrale
Dans le cadre du Prasac (Projet de recherche) la mise au point des outils et d’une démarche
de conseil s’est terminée en 2002/03. Tout projet de recherche à une fin et la question
aujourd’hui est de savoir dans ce contexte qui pourra valoriser ces acquis :
- Au Tchad la filière coton rencontre de graves difficultés, pour le moment il n’y a pas
de suites données aux expériences de conseil initiées par l’ITRAD/PRASAC. De plus
les personnes qui ont mise au point la démarche ont été appelées à d’autres
fonctions ;
- En zone cotonnière du Cameroun, l’expérience CEF du Prasac avait été suivie et
soutenue par la Sodecoton et les projets de développement associés (DPGT puis
ESA). Ainsi le projet ESA s’est inspiré des principes du conseil à l’exploitation pour
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
amener les paysans expérimentant les SCV à réfléchir collectivement sur l’adoption
de ce type de système de culture. De plus la Sodecoton a fait le pari que la démarche
CEF pouvait être utile aux producteurs de coton déjà bien organisés. Elle
expérimente le conseil à l’exploitation dans les groupements de producteurs les
mieux organisés (les GPA ou groupements de producteurs autonomes). Dans ce cas
le groupement gère totalement l’approvisionnement et le crédit intrant, le suivi
opérationnel de la campagne agricole, etc. De ce fait le chef de zone, salarié de la
Sodecoton, dispose de temps pour former des producteurs volontaires des GPA à
l’utilisation d’outils de gestion bien ciblés. La Sodecoton met un accent sur la gestion
de la sole cotonnière. Le conseil de gestion pourra ainsi être expérimenté en 2006/07
auprès de paysans volontaires membres d’une centaine de GPA avec le personnel
permanent de la Sodecoton et l’appui d’un bureau d’études ayant une compétence
dans ce domaine. Le CEF s’inscrit donc dans les activités courantes de la Direction
de la Production Agricole de la Sodecoton (au moins pour les groupements GPA)
- Le conseil apporté par l’organisation des producteurs stockeurs de céréales
(APROSTOC) n’est plus fonctionnel du fait des difficultés rencontrées par cette jeune
OP spécialisée dans le stockage et la commercialisation du sorgho. La surproduction
céréalière en 2002/03 a entraîné une baisse du prix des céréales stockées entre mai
et août à une période où les APROSTOC vendent les stocks de céréales achetés
après la récolte.
b) En Afrique de l’Ouest
Comme au Cameroun, l’expérience de CEF se poursuit en zone cotonnière du Burkina Faso
grâce à l’engagement de la Sofitex. Cette société cotonnière fait le pari de créer en son sein
un corps de « conseillers de gestion pour les exploitations » (une vingtaine dans un premier
temps). Ce corps se distingue de celui des correspondants coton et chefs de zone qui
supervisent la mise en place de la campagne agricole, assurent le suivi opérationnel et
contribuent à l’organisation de la collecte du coton-graine et du paiement. La 3° phase du
projet d’Appui aux Organisations de Producteurs de Coton (PAOPC) donnera des moyens
supplémentaires pour le suivi de l’expérience de conseil à l’exploitation et son extension aux
deux autres bassins où interviennent des sociétés privées (Socoma et Fasocoton). L’UNPCB
maître d’ouvrage de cette 3° phase du PAOPC aura la charge d’en assurer le suivi-
évaluation.
Au Burkina Faso en dehors de la zone cotonnière, les expériences de conseil de gestion
mises en place par des Fédérations de groupements ont pu se poursuivre avec des
financements extérieurs et l’assistance technique de l’AFDI (OP PANISE ex UPPM,
Fédération Provinciale des Producteurs Agricoles de Sissili, Fédération des groupements de
producteurs du Nyala). Ces expériences restent limitées faute de financement conséquent et
à cause de la dispersion géographique des exploitations : environ 200 exploitations avec
PANISE, 61 avec FEPPASI, 34 avec FGPN (cf. site de l’Inter-Réseaux page CEF/Burkina
Faso). Un choix a été fait de confier le conseil à des animateurs villageois proches des
agriculteurs.
Au Bénin les expériences de conseil ont été portées financièrement par le Projet
d’Amélioration et de Diversification des Systèmes d’Exploitation (PADSE) qui s’est terminé
courant 2005. Ce projet a favorisé les échanges entre les différentes structures intéressées
et impliquées dans ce type de service : des bureaux d’études privés, des ONG et des OP
(qui ont pu aussi assurer la prestation de service en embauchant des conseillers), les
services techniques publics et le Ministère du développement rural. Il existe dans ce pays un
réseau dynamique d’échanges sur le conseil à l’exploitation.
Grâce à l’appui financier du PADSE, 2 700 exploitations étaient concernées début 2005
répartis dans 146 groupes dont 113 travaillant en langues locales. 12 langues locales ont été
utilisées. Suite à l’arrêt du PADSE des discussions sont en cours pour que ces activités de
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
conseil soient pilotées par l’Interprofession cotonnière. Le projet qui prendra la suite du
PADSE pourrait contribuer financièrement à la poursuite des expériences de CEF au Bénin.
De jeunes structures professionnelles comme le Réseau des Producteurs d’Ananas du
Bénin pourraient prendre le relais de projets mais pour cela il faudrait qu’elles disposent de
financements dédiés au CEF ou qu’elles génèrent plus de ressources propres.
En Guinée le conseil à l’exploitation s’est surtout focalisé sur la gestion de sous-systèmes de
production : les ateliers porcins en Guinée forestière et le maraîchage au Fouta Djallon. Ces
expériences récentes ont été initiées par les projets d’appui aux OP et le CAOPA (Centre
d’appui aux organisations professionnelles agricoles basé à N’Zérékoré). A ce stade il s’agit
d’expériences localisées qui doivent amener les agriculteurs et les éleveurs à adopter une
démarche économique et de gestionnaire pour des productions nécessitant des
investissements en intrants, en travail et en bâtiment. La pérennité du conseil reste difficile à
construire dans un contexte économique guinéen difficile. Ces expériences vont dépendre
pour encore plusieurs années de financements extérieurs. Une réflexion plus globale est
engagée par la Fédération des producteurs du Fouta Djallon sur la nature et la durabilité des
services que cette OP peut apporter à ses membres.
Au Sénégal, la société cotonnière SODEFITEX avait dans le passé développé le conseil de
gestion à l’exploitation. Cette expérience a perduré plusieurs années sur fonds propre. La
privatisation de cette société a débouché sur la création d’une structure dédiée à la
formation, à l’accompagnement et à l’organisation des producteurs. Dans tous les cas le
dispositif de conseil à l’exploitation devra être raisonné au niveau de la filière coton avec
toutes les parties prenantes. C’est bien l’accroissement de revenu attendu du CEF qui peut
justifier le financement de ce service par les acteurs de la filière coton. A une autre échelle,
la FONGS travaille depuis plusieurs années à la mise au point d’une démarche
d’accompagnement de L’Exploitation Familiale (LEFA). Cette expérience se démarque des
précédentes car elle accorde peu de place aux calculs économiques. Ses acquis
mériteraient d’être mieux connus. L’objectif de l’animateur qui relève d’une OP membre de la
FONGS est d’engager un dialogue avec la famille et non pas seulement le chef
d’exploitation. La démarche LEFA vise à promouvoir des projets familiaux et une mise en
cohérence entre projets collectifs et projets individuels (des femmes, des jeunes
dépendants). Comme pour le CEF le chef d’exploitation et les membres de sa famille sont
amenés à prévoir, à se fixer des objectifs, à imaginer des projets et ensuite à évaluer leur
mise en œuvre et leurs résultats.
Cette vision régionale est certainement partielle, des expériences localisées de conseil à
l’exploitation se sont certainement développées sans que l’on en ait connaissance.
Des expériences de conseil sectoriel et de recherche en partenariat se sont développées ça
et là en misant sur une participation plus active des agriculteurs. Par exemple la Méthode
d’apprentissage par l’action (APRA) pour la Gestion Intégrée de la Riziculture (GIR) dans les
bas-fonds pluviaux (Wopereis et al., 2004) mise au point par l’ADRAO vise à faire réfléchir
les riziculteurs sur la gestion et l’entretien des ressources naturelles mobilisées (eau, terre)
et à les amener à modifier leurs pratiques rizicoles. Cette démarche se démarque totalement
de la vulgarisation technique qui prône des normes techniques standard. Elle comprend
différentes séances de groupe de paysans volontaires afin de planifier les travaux culturaux,
d’observer les phénomènes naturels et agronomiques 3, d’expérimenter et de prendre les
décisions au cours de la campagne suite aux résultats des observations.
3
en s’inspirant de la méthode promue par la FAO Farm Field School ou champs Ecoles
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Cette analyse montre encore aujourd’hui l’importance des financements extérieurs des
services de conseil à l’exploitation. Les promoteurs du conseil ont cherché dans un premier
temps à expérimenter à petite échelle la démarche CEF en l’adaptant de plus en plus aux
capacités des producteurs (prise en compte des langues locales par exemple). Le nombre
d’exploitations concernées est souvent inférieur au millier par projet. L’expérience de plus
grande envergure est celle qui a été financée par le PADSE au Bénin. Les questions
d’extension des dispositifs et de leur financement restent posées dans la plupart des
situations. Certaines filières cotonnières semblent avoir une longueur d’avance pour
organiser et pérenniser un service de conseil à l’exploitation.
- un conseil pris en charge par une Interprofession et ancré dans une filière : Ce type
d’organisation est envisageable à moyen terme au Burkina Faso dans la mesure où
plusieurs acteurs de la filière coton (sociétés cotonnières, UNPCB) sont intéressés. C’est
aussi envisageable au Cameroun dans le cadre de la collaboration entre la Sodecoton et
l’Organisation des Producteurs de Coton du Cameroun (OPCC) et peut être aussi au Bénin.
L’avantage majeur de ce type d’organisation est la possibilité de financer en partie le CEF à
partir de prélèvements réalisés sur la filière (à différents niveaux : producteurs, groupements
de base, industriels et à l’exportation). Elle implique une interprofession fonctionnelle et une
bonne coordination entre les acteurs impliqués.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
- Un conseil mis en œuvre par des prestataires de service privés répondant aux besoins
exprimés par diverses structures (OP, Projet, Sociétés privées). Ce cas de figure rappelant
la situation du conseil à l’exploitation au Bénin. Le conseil s’inscrit alors dans une logique
commerciale. Des prestataires privés reconnus pour leurs compétences et leurs expériences
dans le CEF proposent leurs services. Ils sont en mesure de répondre rapidement à des
demandes pour mettre en place un dispositif de CEF dans la mesure où leurs clients sont
solvables. Un des avantages de ce montage est de pouvoir mettre ces prestataires en
concurrence (s’ils sont suffisamment nombreux). On peut imaginer que certains types de
producteurs ou d’OP puissent faire appel à un prestataire et le rétribuer directement mais
cela ne va concerner qu’une minorité d’agriculteurs dans le contexte ouest africain : une
association d’éleveurs de volaille en périphérie d’Abidjan avait envisagé ce montage il y a
quelques années. Ces prestataires peuvent aussi répondre aux attentes d’une
interprofession ou d’une OP dans la mesure où elles ont pu dégager un financement. Dans
ce cas le prestataire de service doit faire la preuve de son savoir-faire ; Le client
(interprofession, OP) doit être en mesure de suivre et d’évaluer le service rendu. La phase
de concertation préalable et la rédaction d’un cahier des charges précis sont essentielles à la
bonne exécution des activités et à leur pilotage.
Le tableau en Annexe 8 présente de façon plus détaillée les avantages et les inconvénients
de chaque type de dispositif institutionnel présentés ci-dessus.
Ces différents types d’organisation ne font pas référence aux structures publiques d’appui
au développement rural dans la mesure où dans les expériences passées ou en cours,
elles n’apparaissent pas directement. Toutefois dans ces montages institutionnels, il ne faut
pas oublier le rôle que peut jouer l’Etat. Ce positionnement va évidemment différer selon les
politiques agricoles des pays et les choix en matière de service à l’agriculture (maintien ou
non dans des structures publiques de vulgarisation/conseil). Certains pays disposent d’un
personnel de terrain payé par l’Etat en nombre encore important qui permet d’envisager la
mise à disposition de certains agents dans des structures gérées par des OP ou des
interprofessions. Dans bien des cas actuellement ces agents ne disposent pas de moyen de
travail suffisant voire d’un cadre d’intervention organisé.
Par ailleurs l’Etat a aussi pour objectif d’assurer la coordination entre les diverses initiatives
en faveur du monde rural et de développer les synergies entre les opérateurs de
développement.
En conclusion, les promoteurs du conseil à l’exploitation agricole ne peuvent pas faire
l’impasse d’une réflexion sur l’ancrage institutionnel du dispositif qu’ils proposent. Plusieurs
voies existent avec leurs avantages et leurs inconvénients. Il convient aux différents acteurs
du développement rural à l’échelle d’une région ou d’un bassin de production d’évaluer
objectivement les capacités des uns et des autres à d’une part contribuer au pilotage du
dispositif de conseil et d’autre part, à le mettre en œuvre concrètement sur le terrain.
L’implication des producteurs dans ces constructions institutionnelles est indispensable et
doit aller au-delà de leur participation aux grandes orientations (quels « types » de conseil ?
Pour quel public cible ?). Leurs organisations doivent être présentes dans les instances de
suivi-évaluation du conseil. Si elles le souhaitent elles peuvent mettre en place leur dispositif
en s’appuyant sur des ressources humaines disponibles (prestataires, agent de l’Etat).
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Chaque situation étant particulière il n’est pas envisageable de faire un choix a priori de
dispositif pour l’ensemble d’un pays. De même il est risqué d’opérer des transferts de
dispositif (méthodes, organisation du service) d’une région à une autre ou d’un pays à l’autre
sans réflexion collective préalable. Le service de CEF à l’échelle d’une région est bien une
construction collective.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
- un conseil pour une élite paysanne ou des entreprises agricoles. Pour certains le
conseil de gestion doit être proposé aux grandes exploitations (en surface et en revenu
agricole) qui mobilisent à la fois des intrants, du crédit, de la main d’œuvre salariée, etc.
Ces exploitations seraient plus en mesure d’une part de contribuer partiellement au coût
du conseil et d’autre part, d’appliquer la démarche « conseil de gestion » avec une
comptabilité stricte du fait de leur niveau d’alphabétisation ou du recours à un gérant.
Mais cette option qui peut intéresser des prestataires privés, ne va concerner qu’un faible
pourcentage des exploitations agricoles. Elle ne résout en rien les problèmes de gestion
et d’amélioration des performances technico-économiques de la grande majorité des
producteurs ;
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Au Bénin, le PADSE et les prestataires de service ont opté pour une extension du dispositif
de conseil en constituant des groupes d’agriculteurs alphabétisés en langue locale et non
plus seulement en français. Afin d’aider le conseiller dans ses tâches de formation (surtout
lorsqu’il ne maîtrise pas différentes langues locales) il a été proposé aux groupes d’identifier
en leur sein un animateur-relais. Cette personne est chargé de seconder le conseiller en
rendant visite aux exploitants qui ont des difficultés de compréhension des notions
présentées lors des séances de groupe, dans le recueil des données ou encore dans la
maîtrise de certains outils d’analyse (calcul du revenu, montage de projets,…). Pour former
et suivre efficacement un groupe de 20 exploitations le PADSE versait une indemnité de
20 000 FCFA/mois à ce paysan animateur-relais. Des difficultés peuvent apparaître
rapidement si ce paysan revendique un salaire, des moyens de travail plus efficient, etc. Ou
encore il peut se désengager de ses activités agricoles alors que son activité d’animateur
n’est conçue que pour une petite partie de son temps. Dans le cas du PADSE le paysan
animateur-relais a des tâches spécifiques d’appui à ses collègues mais ne fait pas le conseil
qui reste le fait du conseiller.
Au Burkina Faso, des réflexions sont en cours pour démultiplier l’action du conseiller par la
mise en place d’Animateur Paysan au sein des groupements de producteurs de coton, (GPC
ou groupement de base). Ce paysan n’est pas vu comme un relais du conseiller (ou son
remplaçant ou supplétif) mais comme un acteur de premier plan au service de ses collègues
aussi membres du même GPC que lui. Tout d’abord le GPC et son Union Départementale
devront se porter volontaire pour adhérer au dispositif CEF et être éligible pour bénéficier de
l’appui du Projet PAOPC (Figure 4). Ceci correspond à une bonne gestion de ces structures,
à l’engagement de suivre les activités que seront menées avec l’appui du Projet et à brèves
échéances, à contribuer financièrement au CEF.
La fonction d’Animateur-Paysan sera mise en place au sein du groupement comme ce qui a
été fait pour la gestion de ses activités courantes (intrants, crédit, vente du coton, etc) en
créant les fonctions de secrétaire, de trésorier et de président de GPC. Dans les
groupements de producteurs ont a pu déjà constater que le secrétaire jouer un rôle important
qui dépassait ses tâches de tenue des registres, de recensement des besoins, etc. Souvent
il informe ses collègues et dans certains cas il peut les conseiller (en particulier sur la surface
à emblaver et sur sa capacité d’endettement). Le secrétaire de GPC peut être un maillon
important dans les réseaux d’échanges mais certainement pas le seul (Annexe 9).
Ainsi le conseiller salarié, même s’il peut à certains moments s’adresser directement aux
producteurs, aura pour tâche principale de former et d’accompagner les animateurs paysans
qui apporteront conseil et formation à leurs collègues de GPC. Le conseiller pourrait
accompagner une quinzaine voire une vingtaine d’animateurs paysans qui interviennent
chacun dans leur propre GPC. Ainsi l’objectif de démultiplication est atteint.
Ce dispositif novateur implique de revoir la démarche et certainement de simplifier les outils
de gestion proposés aux producteurs. L’espoir est de toucher un grand nombre d’exploitants
mais aussi d’ancrer le conseil au sein des structures professionnelles de la filière coton. Le
CEF devrait améliorer les pratiques (techniques et gestionnaires) et donc les revenus des
producteurs et par conséquence les revenus des GPC. De ce fait il est possible d’envisager
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
La pérennité d’un service dépend d’abord de son utilité sociale et économique et plus
particulièrement de l’intérêt que les « financeurs » (Etat, bailleurs, OP, société de
développement) accordent au CEF. Il est donc important d’évaluer les activités de conseil à
l’exploitation et d’en mesurer les impacts sur les exploitations directement concernées voire
leurs OP, leurs voisins, etc. Au delà de rendre des comptes aux financeurs et de conforter
leur choix de s’intéresser au CEF (si les résultats sont positifs) l’évaluation permet aussi de :
- mieux piloter le dispositif de conseil ;
- le faire évoluer et l’adapter face aux évolutions du contexte économique, écologique ;
- mesurer ses impacts directs et indirects
En fait peu d’équipes ont pu mener à bien ce travail d’évaluation et de mesure d’impact qui
implique de mobiliser des moyens (des enquêteurs, des économistes,…) et qui pose des
problèmes méthodologiques. Le suivi-évaluation réalisé par les projets passés ou en cours
vise d’abord à suivre le programme de travail (ce qui a été programmé a-t-il était réalisé ?)
en évaluant le nombre de formations réalisées, le taux de présence des paysans aux
séances de formation, etc. A cela s’ajoute une évaluation plus globale menée par les agents
du projet à partir d’« entretiens-bilans » réalisés en fin d’année avec les acteurs concernés. Il
s’agit d’évaluations qualitatives intéressantes qui montrent que les producteurs font évoluer
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
3.5. En Conclusion
L’analyse des expériences de CEF menées en Afrique de l’Ouest du Centre montre les
difficultés de pérennisation de ce type de service. Ces difficultés ne sont pas spécifiques au
CEF mais concerne plus globalement les services de vulgarisation agricole et de formation
des ruraux. L’ancrage du CEF au sein de filières organisées avec des opérateurs installés
dans la durée et des interprofessions, est certainement la voie à privilégier lorsque ces
structures existent. Mais même dans le cas de la filière coton, les difficultés de financer les
services agricoles sont réelles du fait des contraintes économiques actuelles. Pour s’assurer
de l’engagement dans la durée des financeurs du conseil, il faut les convaincre de l’intérêt de
la démarche et mesurer avec eux les impacts techniques et économiques qu’elle engendre.
Cette analyse comparative permet de retenir quelques orientations ou chantiers en cours qui
méritent d’être approfondis ou poursuivis :
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
- le recours aux langues locales lorsqu’elles sont pratiquées (à coupler avec des
interventions en matière d’alphabétisation fonctionnelle) ;
- les mécanismes de démultiplication des activités du conseiller par le développement
de la fonction d’animateur- paysan (à ce stade il faut d’abord expérimenter cette
option) ;
- la réflexion autour du montage institutionnel dès le démarrage du CEF même dans le
cas d’expérimentations localisées afin de travailler à la pérennisation du service ;
- la mesure de l’impact du conseil sur les performances des exploitations et des
régions concernées.
Ces pistes de réflexions ne visent pas à aboutir à un seul type de conseil, à une seule
démarche. Il est important de maintenir une diversité de dispositifs car les situations sont
différentes d’un pays à l’autre et même entre les régions d’un même pays, les choix
politiques diffèrent aussi. Il faut par ailleurs rappeler que « l’aide projet » reste utile pour
appuyer ces dispositifs de conseil. Mais elle a du sens lorsque les acteurs permanents du
monde agricole (société privées ou publiques, OP, prestataires de service, interprofession)
se sont entendus sur une stratégie à long terme de développement de ce service pour les
exploitations agricoles.
Ces constructions ont par ailleurs besoin de temps et de continuité dans l’action pour aboutir
à des résultats convaincants.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les expériences récentes de conseil au Mali rencontrées lors de cette étude de capitalisation
se situent essentiellement en zone cotonnière (CMDT, PASAOP, PASE, CNOP), mais aussi
en zone irriguée (PCPS, ON, GIPD). Quelques opérateurs interviennent dans d’autres
régions du Mali (CNOP), dans les régions de Mopti (GIPD) et de Kayes (GIPD).
Sur ces expériences, il est difficile de faire ressortir les coûts réels et l’impact du conseil par
manque de données et d’informations disponibles. Les impacts du conseil sont souvent
appréciés de façon qualitative par des entretiens avec les paysans conseillés et souvent en
fin de projet lors de leur évaluation. C’est aujourd’hui une limite forte à l’évaluation des
expériences de conseil qui est vécue dans tous les pays de la sous-région concernés
(Paragraphe 3.5 ; page 24).
Depuis deux ans, le CNOP mène une phase expérimentale visant à comprendre et à
conseiller l’exploitation familiale. Ces expériences de conseil/diagnostic ont été entreprises
dans plusieurs régions du Mali. Elles sont menées directement pas des membres de la
CNOP. L’objectif premier de cette expérience pour la CNOP est d’avoir une bonne vision de
l’état des exploitations familiales dans les différentes régions du Mali.
L’entretien est conduit par deux personnes pendant une demi-journée avec les membres de
l’exploitation familiale. L’entretien est conduit en 5 temps, en évitant d’entrer dans une
logique d’enquête directive : i) la famille, ii) les moyens de production de l’exploitation
familiale, iii) la terre et son utilisation, eau, équipement, cheptel, installations et bâtiments,
main d’œuvre, iv) l’analyse de la dernière campagne, iv) le calcul et la restitution des
résultats du bilan, v) les discussions avec la famille.
C’est la CNOP elle-même qui développe ce programme. Elle intervient dans ses propres
organisations. L’expérience n’est pas terminée, les documents et les outils peuvent encore
être modifiés.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Adhésion des producteurs choix encadrement Volontaire volontaire choix encadrement ? Volontaire
Activités agricoles concernées coton culture riziculture et maraîchage riziculture, coton, maraîchage Demandes producteurs cotonculture et autres
Bureaux prestataires de Bureaux prestataires
Responsable mise en œuvre CMDT Office du Niger et CPS Encadrement, GIPD
Services de Services
75 agents facilitateurs
Nombre de conseillers formés 13 ON, 8 CPS, 2 privés 14
326 producteurs facilitateurs
Responsable pilotage CMDT Office du Niger et CPS OPV communes, DRA, DNA CRA Sikasso
Source d'alimentation ESPGRN/IER URDOC, CRRA/IER, savoirs paysans et tests conjoints, savoir bureaux
Technique Sikasso Niono FAO et partenaires prestataires
AFD, Producteurs (25 %), Banque mondiale,
Source de financement CMDT, Pays-Bas Pays-Bas AFD, Producteurs
Etat (ON) communes, producteurs
3,5 millions
Coût du conseil Fcfa/conseiller/an pour 80 200 à 300 000 Fcfa/champ école
à 100 producteurs
suspendue (en attendant
Situation actuelle en cours suspendue phase 2 en préparation démarrage
résultats évaluation)
Nombre de producteurs formés 2500 environ 10.000
Amélioration rendement et revenu
des producteurs
Impacts majeurs
Réduction utilisation des pesticides
(aspects santé humaine)
Légende : EA. Exploitation agricole
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les deux principales structures qui interviennent sur des zones géographiques
complémentaires en zone cotonnière sur le conseil agricole sont la CMDT et l’OHVN.
La situation délicate dans la filière cotonnière au Mali n’a pas permis d’obtenir beaucoup
d’informations lors des premiers entretiens et visites de terrain en janvier 2006, mais la
CMDT a fourni des informations et documents lors de l’atelier d’avril à Sikasso (Annexe 7 et
document sur le CDROM : CMDT, 2006. Module de formation. Conseil de gestion à
l’exploitation agricole. Bamako, 30 p.). La crise cotonnière amène la CMDT à se recentrer
sur l’appui à la production du coton, et à abandonner ses missions de service public comme
le conseil ou le développement régional. En 2002, l’étude SOFRECO a montré que le conseil
était cher, et ne répondait plus aux besoins des producteurs. La CMDT devait se retirer en
2002 du conseil ; elle l’a fait pour toutes les cultures, sauf le coton.
Deux approches d’appui aux producteurs existent.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
L’OHVN intervient au niveau des groupements villageois. Depuis plusieurs années elle
chercher à rendre plus autonome les groupements et les exploitations agricoles en prévision
du désengagement de l’Etat. Pour cela elle utilise des animateurs villageois qui doivent
assurer une partie du conseil ou plutôt de la vulgarisation technique.
Les groupements se constituent selon les affinités sociales. Ce sont les membres du
groupement qui identifient en leur sein un animateur villageois. L’animateur dispense la
formation après l’avoir lui même reçu du chef de secteur ou des ingénieurs spécialisés de
l’OHVN.
Mais se pose aujourd’hui la question de rémunération de ces animateurs villageois par les
villages et les OP. Il n’est pas évident que ces structures puissent dégager les ressources
financières pour indemniser les animateurs villageois.
L’IER au travers du CRRA de Sikasso mène des activités de conseil avec la CMDT depuis
1979/1980. Au départ le conseil était un outil de recherche-action adapté aux besoins de la
vulgarisation par la CMDT pour les jeunes alphabétisés en langue nationale afin de leur
permettre de faire un diagnostic et un suivi de leur exploitation. La CMDT trouvait que cet
outil était trop lourd (trop complexe), ce qui l’a amené à l’adapter à son contexte et à le
simplifier. Elle trouvait aussi qu’il y avait trop de temps pour les questions, le diagnostic par
rapport à l’analyse et le conseil venant trop tard. Elle le trouvait aussi incomplet car il ne
prenait pas en compte les aspects genre, l’élevage, les bas-fonds, etc. Pour réaliser les
activités de conseil, le profil de Technicien Supérieur d’Agriculture était le plus indiqué. Les
conseillers de niveau inférieur doivent compenser par leur expérience. La CMDT a surtout
utilisé des agents techniques qui ont réalisé le conseil en plus de leurs activités habituelles,
sans reconnaissance par la hiérarchie de ce travail supplémentaire, d’où l’importance d’avoir
un statut pour le conseiller. Les paysans relais n’ont pas été utilisés dans le conseil.
En zone cotonnière la mise au point et le test des outils de conseil ont été poursuivis
jusqu’en 1987 par l’IER et la CMDT et repris dans les années 90. Environ 2500 exploitations
de cette zone ont pu participer au conseil à l’exploitation familiale souvent pendant plusieurs
années de suite. Mais, cette approche n’a jamais été généralisée en zone Mali Sud.
En 2003, les effectifs d’encadrement de la CMDT ont été réduits de 600 agents. Aujourd’hui
un chef de zone couvre 10 à 15 villages et de 300 à 350 exploitations. Parmi les départs, de
agents ont été repris par les ONG et les bureaux prestataires intervenant dans la région,
d’autres ont créé leur propre bureau.
Dans les années 90, la CMDT a mis en place le conseil de gestion (méthode participative).
Les différentes phases du conseil sont :
• Le diagnostic d’exploitations
• La stratification des exploitations en plusieurs catégories par rapport au rendement
en coton : moins de 700 kg/ha, de 700 à 1200 kg/ha, de 1200 à 1500 Kg/ha et plus
de 1500 kg/ha
• La répartition des exploitations en plusieurs types sur la base de l’équipement et du
cheptel bovin : les exploitations motorisées, celles possédant plusieurs attelages et
animaux (type A), celles possédant un attelage (type B), celles ayant un équipement
incomplet (type C) et celles en culture manuelle (type D).
• Les thèmes traités dans les séances de conseil se font par groupe d’exploitations
selon les types ;
• Les visites conseil ; le conseiller visite individuellement chaque exploitant sur son lieu
de travail (4 exploitations par jour)
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
• Chaque paysan a un cahier d’exploitation qu’il doit remplir, mais très peu de paysans
le font ;
L’expérience conseil à l’exploitation continue à la CMDT. Aujourd’hui Il y a environ 800
agents de terrain (ZAER) qui y participent, en sus de leurs autres activités. Chaque agent
suit de façon rapprochée 2 exploitations par groupement par an, par ailleurs chaque
conseiller doit rencontrer au moins une fois par an toutes les exploitations de son secteur
d’intervention. Deux approches complémentaires sont mises en œuvre :
- un conseil rapproché (conseil de gestion) qui doit concerner des exploitations en
difficulté (rendement moyen en coton faible) dans des groupements en difficulté
(rendement coton faible). L’objectif est de montrer qu’avec le conseil de gestion il est
possible d’aider les paysans à relever le niveau de leur production. Cette démarche
implique une prise de note de la part du producteur (alphabétisé), un traitement des
données, un dialogue rapproché avec le conseiller et donc des visites régulières.
Après une phase de diagnostic le producteur se fixe des objectifs, un plan de
campagne est élaboré, sa mise en œuvre est évaluée en fin de campagne agricole ;
- une « visite conseil » : Le conseiller doit être capable de comprendre la situation et le
fonctionnement de l’exploitation visitée lors d’un seul entretien de quelques heures.
En recueillant quelques informations et en recourant à des normes (surface/actif ;
surface/attelage ; % en coton, ….) il doit être en mesure en fin d’entretien de faire des
recommandations au chef d’exploitation.
En mobilisant les régions CMDT il serait possible de recenser le nombre d’exploitations en
conseil (rapproché), de les situer et par une étude complémentaire, d’évaluer l’impact du
conseil de gestion depuis 15 ans.
Chaque année, la CMDT organise des formations sur le conseil pour le personnel
d’encadrement. La CMDT ressent la nécessité d’adapter les démarches de conseil aux
évolutions du contexte. En effet, les caractéristiques des exploitations et les stratégies des
producteurs ont évolué. Les travaux récents de Dufumier (2005) sur les typologies basés sur
des critères de taille, de types d’activités, etc ont été cités (voire Annexe 6, page 71) :
- Les exploitations gérées par de «grandes familles» possédant des troupeaux bovins
de grande taille et de nombreux équipements attelés :
- Les exploitations de taille moyenne dans lesquelles les revenus proviennent encore
pour l’essentiel des cultures annuelles (cotonnier, céréales et légumineuses)
- Les exploitations de petite taille, peu équipées et ne disposant que de très peu
d’animaux, dans lesquelles les systèmes de culture sont destinés prioritairement à
l’autoconsommation familiale
- Les exploitations conduites par de grandes familles d’éleveurs Peuls transhumants
- Les quelques exploitations détenues par des propriétaires absentéistes «agriculteurs
du dimanche»
Avec l’appui de l’APCAM, le consultant national a pu rencontrer l’encadrement CMDT et les
producteurs des coopératives de producteurs de coton (CPC) du secteur de Kléla sur les
activités de « conseil » aux producteurs.
Les activités d’appuis aux producteurs de coton sont assurées par un chef de secteur, un
secrétaire technique, un chef de zone semences (coton), un conseiller polyvalent (collecte
de données statistiques), onze chef de zone de production agricole (ZPA) relayés par des
animateurs villageois (néolaphabètes) notamment pour les activités suivantes : inventaires
des superficies, répartition des intrants, le suivi de la commercialisation, la distribution des
recettes et le recouvrement des crédits.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les membres des équipes techniques villageoises, sont formés au cours de stages collectifs
et leur suivi pendant la campagne est assuré par les chefs ZPA. Chaque équipe rend compte
au chef de ZPA.
Les activités d’un chef ZPA couvrent entre 8 à 17 CPC. Le nombre moyen d’exploitations
agricoles suivi a été ramené à 300 par ZPA, depuis 2003. Ceci dans le souci d’améliorer la
capacité de suivi.
La démarche de conseil appliquée consiste à choisir quelques exploitations agricoles pour
les démonstrations de thèmes techniques et faire en sorte que tous les autres exploitants
participent aux séances.
Les principales contraintes soulignées par l’encadrement portent sur :
- Le manque de concertation (dans une moindre mesure pour la Banque Nationale de
Développement Agricole) entre le personnel de la CMDT et les structures chargées
du crédit. Ceci occasionne chez certains agriculteurs l’application de faibles doses de
fertilisants et une situation de surendettement.
- La réduction du nombre et la baisse du niveau des néo-alphabètes. L’absence de
relève chez les jeunes présente des incertitudes pour l’avenir.
- L’absence de synergie entre les intervenants dans le domaine de l’appui technique
aux producteurs. Ils sont nombreux mais ont du mal à apporter une diversité d’appui
afin de répondre aux besoins des producteurs.
Les producteurs se déclarent ouverts à toutes les innovations même s’ils sont satisfaits des
conseils techniques fournis par les agents de la CMDT. Cependant ils sont obligés
d’observer une certaine prudence face à la diversité des intervenants soit parce que leurs
interventions sont éphémères, soit parce qu’ils n’honorent pas tous leurs engagements « il y
a trop d’intervenants, on ne sait plus qui est bon et tout le monde cherche à nous enfoncer,
etc. et notre avis n’est jamais pris en compte »
Les producteurs sont marquées par les perturbations et les évolutions en cours et futures de
la filière cotonnière raisons pour laquelle, ils ne sauraient exprimer des demandes précises
de conseil avant les changements même s’ils ont des préoccupations (baisse de la fertilité
des sols) et de fortes attentes en matière de diversification (riziculture et autres
spéculations).
La CMDT essaie de répondre à de nouveaux besoins en conseil des paysans en élaborant
des fiches techniques et un programme de formation : exemple du stockage villageois des
céréales.
En zone Office du Niger, plusieurs approches d’appui aux producteurs ont existé au cours
des dernières années.
C’est une émanation de l’approche PNVA, que le service technique (Conseil rural) de l’Office
du Niger a adapté à sa spécificité. Elle s’applique à travers le diagnostic et la hiérarchisation
des contraintes, mais aussi les démonstrations de thèmes techniques chez des paysans de
contact avec la participation des paysans voisins. Si les résultats des démonstrations sont
concluants, ils sont diffusés auprès des autres producteurs. Dans le cas contraire, le
problème est remonté au niveau de la principale source d’alimentation en innovations
techniques qui est le Centre Régional de la Recherche Agronomique (CRRA/IER) de Niono
et/ou l’Unité de Recherche Développement Observatoire du Changement (URDOC) ; cette
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
En zone Office du Niger, le CEF a été introduit à partir de 1997. Il a été conçu comme un
processus de formation et d’aide à la décision visant à renforcer les capacités des
producteurs pour analyser leur situation, enregistrer leurs activités et leurs résultats (stocks
de céréales, quantité d’intrants, marges et revenus) en vue d’améliorer les performances de
leur exploitation.
Le dispositif est constitué de conseillers et animatrices des Centres de Prestation de Service
(CPS), du Service Conseil Rural (SCR) de l’Office du Niger et des services privés.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
champs ou dans les ateliers d’élevage complètent les formations (ou travaux de groupe) en
salle des participants.
La méthode d’intervention repose sur des outils mis à la disposition des conseillers pour
assurer l’animation et les formations et des paysans pour l’enregistrement et le traitement
des informations. L’élaboration de ces outils constitue un résultat majeur de l’URDOC qu’il
partage avec le PCPS. La conception, la mise au point et le test des outils ont constitué un
« chantier » important. Les travaux ont été menés en équipe (URDOC, PCPS, SCR) de
façon participative, avec les producteurs des premiers groupes, et itérative, c'est-à-dire de
manière progressive en corrigeant le prototype après chaque test auprès des bénéficiaires.
Avec cette démarche, les producteurs contribuent de manière très significative à l’élaboration
de ce qui sera en final « leurs » outils, notamment dans le choix de vocabulaire et dans la
définition des contenus et des supports pédagogiques (par exemple pour les tableaux
d’enregistrement des données). Ce processus permet de s’assurer d’une bonne
appropriation finale des outils mis en place.
La méthode d’intervention intègre une cotisation à la charge des producteurs, mais celle-ci
est nettement insuffisante pour couvrir l’ensemble des coûts. Dans le cas d’une démarche de
groupe comme celle-ci, il convient d’envisager une prise en charge financière partielle par
les producteurs qui pourrait être complétée par diverses contributions, y compris, à terme,
des prélèvements sur la ou les filières motrices du développement de la région. Le coût
financier reste une contrainte majeure à la généralisation du CEF dans la configuration
présentée ci-dessus.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
des zones. Différents supports ont été conçus pour la programmation et le suivi des groupes
et des conseillers (Tableau 6).
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
constituée avec des producteurs ou productrices des mêmes villages ne participant à aucun
groupe. Elle note des effets indiscutables sur le fonctionnement des exploitations des
participants notamment en terme de changement de pratiques, principalement des pratiques
techniques (conduite de la pépinière, respect des calendriers culturaux, etc.) et des
modalités de gestion technico-économique (réduction des charges d’exploitation, meilleure
gestion du stock céréalier, meilleure gestion de la main d’œuvre, etc.). Les actions de CEF
ont permit de provoquer une prise de conscience des producteurs sur leurs propres
pratiques et les effets qu’elles ont sur leur situation et leurs résultats.
L’ensemble des analyses faites sur cette expérience, se rejoignent pour conclure que les
paysans apprécient le CEF. Ceux qui y participent demandent souvent son élargissement à
d’autres thèmes, ceux qui n’y sont pas et qui en ont eu connaissance déclarent souvent
vouloir adhérer à un groupe.
Cependant, ce service, relativement coûteux, nécessite un financement externe durable
selon la conclusion de la mission d’évaluation de 2003. Celle-ci a estimé le coût annuel par
exploitation agricole à 50 à 60 000 Fcfa (Coûts directs par conseiller (salaire, charges, et
coût de fonctionnement) + Coûts indirects comprenant l’édition des carnets et autres
documents et l’organisation des échanges et des ateliers). La cotisation demandée, environ
25 % de ce coût, est jugée généralement trop élevée par les paysans dans un contexte où
de nombreux services et ONG proposent des formations gratuites et prennent en plus les
frais de déplacements et d’hébergement des participants.
Les questions posées en fin de projet concernaient plus l’élargissement et la diversification
du CEF (croissance du dispositif, prise en compte des producteurs et productrices non
alphabétisés, diversification des types de conseil selon des types de bénéficiaires qui
pourraient aller des petits paysans aux entreprises agricoles, etc.) que sur sa pertinence.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
4.1.5. PASE
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les premières informations fournies par les conseillers et celles recueillies au cours de nos
missions indiquent que le faible niveau des néo-alphabètes et même leur absence dans
certaines exploitations, est un handicap pour la réalisation correcte du test.
BEACIL, est un des prestataires chargé de la mise en œuvre de tests du conseil. Il intervient
sur Bougouni avec un superviseur (Ingénieur Agronome de Katibougou) et deux conseillers,
soit 4 groupes (100 exploitations) par conseiller. Ces deux conseillers ont suivi la première
formation organisée par le PASE du 26 au 30 décembre à Sikasso. Les deux conseillers
retenus sont des Techniciens Supérieurs d’Agriculture, dont un est un ex-agent CMDT. La
démarche à mettre en œuvre commence par des réunions de sensibilisation dans les
villages qui participeront aux tests. A ces réunions participent la mairie, les syndicats, le
suivi/évaluation de la CMDT. Après ces réunions, seront constitués les groupes de conseil
composés de volontaires, et les informations sur les exploitations participantes seront
collectées (une fiche est prévue à cet effet). Les activités de conseil débuteront en mai 2006
après l’atelier de formation.
4.1.6. PASAOP
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les aspects techniques portent sur des formations sur les thèmes retenus par les
communes, avec des parcelles de démonstration : 30 personnes par site. Le coût des
formations et démonstrations se décompose en intrants, prise en charge des conseillers
(salaire, déplacements, etc). Il est demandé aux communes de participer à 20 % des coûts,
soit en nature, soit en espèces, et de verser ce montant directement aux prestataires. Les
80% restant sont versés aux prestataires comme suit : 30% au démarrage, 40 % au rapport
d’étape trois mois après environ, et 30 % à la remise du rapport provisoire.
Chaque thème est répété trois fois afin d’avoir des groupes de paysans d’au maximum 10
personnes pour faciliter la formation et le suivi. Les agents des prestataires chargés de ces
formations et démonstrations ne sont pas souvent bien qualifié : ce sont en majorité de
jeunes diplômés sans expérience, les anciens agents de vulgarisation (CMDT et autres) ont
des difficultés à s’adapter aux méthodes et démarches mises en œuvre par les prestataire.
Les diagnostics réalisés ne sont pas toujours bien formulés. Les prestataires sont alors
obligés de rediscuter avec les paysans le programme de travail. Les paysans qui participent
aux tests sont choisis en assemblée générale du village. Les premiers résultats montrent
que les paysans participent aux formations mais peu mettent en œuvre les techniques
enseignées. Dans certains cas, des paysans ont refusé les semences proposées (arrivées
trop tard). Les thèmes sur la fabrication des aliments du bétail et la lutte contre le striga
semblent moins intéressés les paysans. Des hypothèses pouvant expliquer cela peuvent
être formulées mais elles restent à vérifier :
• Sur les 30 paysans de chaque groupe, une bonne partie n’est pas réellement
intéressée par les thèmes ;
• Les paysans ne prennent pas suffisamment au sérieux le programme : retard dans la
mise en œuvre, pas de continuité dans les agents et prestataires intervenants ;
Ces premières expériences montrent que les mesures d’accompagnement de ces opérations
sont nécessaires. En effet, il est difficile pour de nombreux maires de donner 20 % du
montant des interventions (5%, voire 10% seraient mieux adaptés dans un premier temps).
De plus, les élus sur le budget de leur commune préfèrent financer des infrastructures
(école, dispensaire, pistes, etc) qui se voient mieux que des formations et qui peuvent servir
à un plus grand nombre de personnes. Dans le contexte actuel, les mairies sont-elles
vraiment un lieu approprié pour le conseil agricole ?.
Dans la zone de Sikasso, les tests de « conseil » avec le PASAOP ont mis en évidence le
retrait de l’encadrement, une forte demande des paysans d’appui-conseil en dehors du
coton, les dynamiques de diversification étant importantes dans la région. Il est trop encore
pour juger des résultats de ces tests.
Dans la région, le retrait de la CMDT de la formation, de l’alphabétisation laisse un grand
vide ; les paysans formés laissent progressivement la place à des jeunes non formés, peu
alphabétisés ; il s’en suit de nouveaux besoins d’appui technique et même de formation de
base des producteurs, même sur le coton ce que confirme les projets d’appui aux OP du
PASE orientés sur les techniques de production du coton, la lutte anti-érosive. De plus, il y a
eu beaucoup de scission d’OP et il est difficile de trouver suffisamment de paysans formés
pour assurer les fonctions au sein des OP.
La mise en place prévue de l’interprofession coton et de l’Union des Producteurs de Coton
repose la question du conseil appuyé par ces structures (coton plus céréales sèches ?).
Dans tous les cas, il sera difficile pour ces structures de justifier du conseil pour des
exploitations ne faisant pas de coton. Comment se fera alors le conseil pour les autres
activités des exploitations : riz, arboriculture fruitière, élevage, etc
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Plusieurs types de démarches, méthodes et outils ont été utilisés dans les expériences
présentées.
En zone Office du Niger, le CEF est réalisé auprès de groupes de paysans alphabétisés. Il
comprend plusieurs étapes :
• le diagnostic d’exploitations
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
• Les thèmes traités dans les séances de conseil se font par groupe d’exploitations
selon les besoins exprimés par les paysans ;
• Les visites conseil ; le conseiller visite individuellement chaque exploitant
régulièrement ;
• Chaque paysan a un cahier d’exploitation qu’il doit remplir.
Ce conseil est réalisé par les conseillers d’un prestataires de service, le PCPS, et les
paysans prennent en charge 25 % du coût du conseiller, estimé aux environ de 60 000
Fcfa/exploitation et par an.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
% exploitations
Exploitations
Ensemble en conseil
exploitations
S A CR
Sécurité Autosuffisance et Capitalisation et revenu
alimentaire revenu monétaire monétaire élevé
Dans le cas de la zone cotonnière au Mali, plusieurs travaux et enquêtes ont été menés en
zone cotonnière (MRSC 2002) pour identifier les besoins en conseil. Ils montrent que les
producteurs aspirent à d’autres types de formation et de conseil que des conseils techniques
sur les cultures. Il s’agit de conseil sur la restauration de la fertilité des sols, la promotion de
la filière céréale, etc. Les problèmes de la filière coton ont fait surgir de nouveaux besoins
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les expériences antérieures de conseil étaient placées, sous tutelle de l’état ; leur mise en
œuvre dépendait des sociétés de développement (CMDT), des offices (ON), etc. Par contre,
les expériences récentes et en cours voient des évolutions importantes dans les dispositifs
visant une prise en charge par les producteurs, une implication de prestataires privés et un
suivi par des organisations professionnelles. Ces évolutions posent des questions d’ancrage
institutionnel, de coordination des activités, de ressources humaines et de financement qui
méritent une attention particulière.
Les expériences en cours et récentes ont mis l’accent sur le transfert du pilotage des
activités de l’Etat vers les institutions représentatives des producteurs, et celui de la mise en
œuvre des services d’encadrement de l’Etat vers des prestataires privés.
L’expérience CEF menée dans la zone de l’ON de 1997 à 2004 était rattachée à l’ON, mise
œuvre par les conseillers des Centres de Prestations de Services avec l’appui de l’URDOC
sur financement AFD. L’arrêt du financement s’est traduit par l’arrêt de l’expérience.
Le PASAOP, financement Banque Mondiale, dont le maître d’ouvrage est la DNA met aussi
en œuvre des test de conseil agricole, essentiellement des formations théoriques et
pratiques sur des thèmes techniques (multiplication de semences, alimentation des animaux,
etc). Ces tests sont placés sous la supervision des chambres d’agriculture régionale et mis
en œuvre par les conseillers de prestataires (bureaux d’études locaux). Les communautés
villageoises participent à 20 % du coût des tests. Comme à l’ON la poursuite de ces tests
dépend de financements extérieurs.
Le PASE, financement AFD, met en œuvre en 2005 des tests de conseil à l’exploitation
familiale en zone cotonnière. Ces tests sont placés sous la supervision des chambres
d’agricultures régionales et mis en œuvre par les conseillers de prestataires formés au
préalable. L’arrêt du financement du PASE fin 2005 pose la question de la continuité de ces
tests.
La DPV, sur financement des Pays-Bas au-travers de la FAO a piloté entre 1999 et 2005 un
conseil technique à la production agricole en s’appuyant sur la démarche des champs
écoles. Ces champs écoles sur la Gestion Intégrée des Productions et des Déprédateurs sur
le riz, le coton et les cultures maraîchères sont mis en œuvre par les agents des sociétés de
développement et des offices. Une seconde phase sur financement de la FAO est prévue à
partir de 2006. Les coûts lors de cette première phase étaient supportés par la FAO
Sur ce point, le choix des acteurs institutionnels pour le pilotage des actions apparaît
fondamental afin que les expériences de conseil ne s’arrêtent pas à la fin des projets.
L’appropriation institutionnelle par les acteurs est l’enjeu le plus important pour la
pérennisation. Ceux qui financent les dispositifs décident du contenu et de la méthode, donc
orientent le choix des outils appropriés. Ce lien fort entre la gouvernance, les méthodes et
les outils nécessite que la démarche soit suffisamment souple pour s’adapter aux différentes
situations rencontrées. Ce que confirme la MRSC (2002) dans l’étude sur l’organisation
future du conseil agricole au Mali : « Le conseil agricole doit être réorienté dans sa forme
(implication plus grande des bénéficiaires dans la gestion du dispositif) et dans le fonds
(meilleure adéquation des thèmes aux besoins réels). Cette réorientation devra cependant
être progressive et surtout tenir compte des situation spécifiques à certaines zones
géographiques ».
Se pose aussi la question de la capacité des organisations de producteurs existantes à
prendre en charge tout ou partie des activités de conseil ou du moins leur pilotage et leur
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Mettre en œuvre à grande échelle le CEF demande d’ici 4 à 5 ans de disposer de conseillers
aux profils appropriés : capacité d’animation et connaissances des démarches d’appui-
conseil, connaissances sur les exploitations de la zone d’intervention, connaissances
techniques sur l’agriculture et l’élevage, capacité de synthèses et d’initiative, etc. Les agents
d’encadrement et de vulgarisation des Directions Régionales d’Agriculture, et des Sociétés
de Développement n’ont pas forcément ces profils, et beaucoup sont âgés. Des exceptions
existent néanmoins en zone CMDT avec les agents ayant pratiqué le conseil, et dans la
zone ON (conseillers CPCS et ON), mais leur nombre est insuffisant. De plus, les diplômés
sortant des écoles d’agriculture et de l’IPR/IFRA auxquels font appel de nombreux
prestataires ne sont pas formés à ces approches.
Il est urgent et prioritaire d’adapter les programmes d’enseignements en vulgarisation
agricole de l’IPR/IFRA afin de mieux préparer les ingénieurs aux différents métiers de
conseillers agricoles. Il est aussi important de prévoir des cycles de formation continue
permettant le recyclage des agents et des conseillers en exercice. Car comme le disait déjà
Chombart de Lauwe en 1963 à propos des conseillers de gestion : « que de qualités sont
nécessaires (…) Où trouver des hommes possédant toutes ces aptitudes ? La plus grande
difficulté sera du côté des hommes, non pas des agriculteurs (…) mais des vulgarisateurs ».
Ceci se confirme en zone cotonnière (MRSC 2002 ; p.8). « D’autre part, les méthodes
appliquées sur le terrain restent très traditionnelles (vulgarisation descendante) et sont en
décalage par rapport aux instructions de la direction (CMDT) qui des difficultés à contrôler le
dispositif ; le diagnostic participatif est rarement mis en application par les agents de terrain
qui imposent régulièrement les mêmes thèmes chaque année et qui se comportent plus
comme des chefs de culture que comme des conseillers avec lesquels devrait s’engager un
véritable dialogue ».
Le problème de ressources humaines constitue le facteur limitant non seulement en terme
de qualification mais également de coût. Pour réunir les aptitudes nécessaires, les projets
PCPS et PGR ont du investir des montants non négligeables dans la formation des
conseillers.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Les pistes d’action proposées ci-après sont tirées de l’analyse des expériences de conseil au
Mali et dans la sous-région, mais aussi de l’atelier tenu à Sikasso du 4 au 6 avril 2006.
L’APCAM doit d’abord donner la priorité à la mise en place effective du groupe de travail sur
le conseil agricole qui va poursuivre la réflexion initiée lors de l’atelier et ainsi contribuer au
développement du conseil agricole au Mali.
Les conclusions de l’analyse des expériences de CEF au Mali rejoignent celles des analyses
menées en Afrique de l’Ouest du Centre (page 24).
La première chose à faire, la plus importante nous semble-t-il, est d’assurer la formation des
paysans (éducation de base, alphabétisation, formation professionnelle), préalable
indispensable à toute action de développement durable ; formation insuffisamment prise en
compte, voire négligée aujourd’hui, par les structures de l’Etat et les bailleurs de fonds.
Vouloir faire du CEF sans formation des paysans, c’est comme mettre une carrosserie de
Mercedes sur un moteur de 2 ch ; quoiqu’on fasse, il ne sera pas possible de dépasser la
vitesse permise par le moteur de la 2 ch.
Au-delà, cette analyse met en évidence plusieurs points sur lesquels le groupe de travail
devrait s’appesantir :
• les difficultés de pérennisation de ce service, et donc la nécessité de réfléchir au
montage institutionnel ; « l’aide projet » reste utile pour appuyer les dispositifs de
conseil, mais elle a du sens lorsque les acteurs permanents du monde agricole
(société privées ou publiques, OP, prestataires de service, interprofession) se sont
entendus sur une stratégie à long terme de développement de ce service pour les
exploitations agricoles ;
• qu’il faut privilégier l’ancrage du CEF au sein de filières organisées (coton et riz) avec
des opérateurs installés dans la durée et des interprofessions ;
• qu’il faut encore convaincre les financeurs du conseil de l’intérêt de la démarche pour
qu’ils s’engagent dans la durée, et pour ce faire, mesurer avec eux les impacts
techniques et économiques qu’elle engendre ;
• qu’il n’y a pas un seul type de conseil, une seule démarche, et donc qu’il est
important de maintenir une diversité de dispositifs correspondants à la diversité des
situations rencontrées et des attentes des producteurs ;
• sur les mécanismes de démultiplication des activités du conseiller : animateur-relais,
anmateur-paysan, etc, mais il est nécessaire de continuer à expérimenter ces options
qui ne sont pas encore validées aujourd’hui ;
• le recours aux langues locales lorsqu’elles sont pratiquées, à coupler avec des
interventions en matière d’alphabétisation fonctionnelle.
Ces constructions ont par ailleurs besoin de temps et de continuité dans l’action pour aboutir
à des résultats convaincants, ce que ne permettent pas aujourd’hui la plupart des projets
dont la durée d’une phase est généralement comprise entre 3 et 5 ans. Même si un projet
comprend plusieurs phases, donc une durée de vie pouvant aller jusqu’à 10 ans et plus, il y
a régulièrement des ruptures de 1 an voire plus entre deux phases. Ces ruptures sont
incompatibles avec la mise en œuvre d’une démarche de CEF qui nécessite de maintenir un
contact régulier avec les paysans pour gagner leur confiance, condition nécessaire pour
maintenir un intérêt durable des paysans.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Rapidement, pour mettre en place le groupe, l’APCAM doit faire un courrier aux institutions
impliquées en rappelant les règles ci-dessous et en faisant des propositions à discuter par le
groupe.
Pour que ce groupe de travail vive, les institutions de divers secteurs de la production
agricole (au sens large) doivent s’engager fermement, nommer des représentants
permanents. Les producteurs et leurs OP doivent participer activement au groupe, y avoir
leur place. Un animateur à plein temps ou temps partiel basé a l’APCAM doit être en charge
de ce dossier (financement à rechercher ?). Enfin des moyens financiers doivent être
mobilisés pour le fonctionnement du groupe, au moins pour 2 à 3 réunions en 2006
(financement du PASE ?). Dans un premier temps, pour démarrer rapidement ses activités,
un groupe restreint (comité exécutif) pourrait être constituer de 4 à 5 personnes
représentants les structures les plus impliquées dans les activités de conseil.
Des propositions d’activités du groupe, non exhaustives, à discuter ont été émises à la fin de
l’atelier de Sikasso (paragraphe 2.2 page 6).
En appui à ce groupe, le CIRAD va contribuer à la mise en réseau des opérateurs. Pour ce
faire, il assurera une veille sur le conseil dans la sous-région.
Quelque soient les structures rencontrées sur le terrain, toutes ont mentionné des problèmes
dans la mise en œuvre de leurs activités liés à un faible niveau d’alphabétisation des
paysans qui serait même en recul dans certaines zones.
En zone CMDT, l’alphabétisation par la CMDT a continué jusqu’en 2001, date de la tenue
des états généraux du coton. Mais depuis plusieurs années déjà l’alphabétisation était moins
intense. Après l’abandon de cette activité par la CMDT, certaines ONG ont repris
l’alphabétisation mais à plus petites échelles. La mise en œuvre de la lutte étagée ciblée
(LEC) pour le contrôle des insectes du cotonnier nécessite des paysans néo-alphabètes. La
CMDT constate une baisse de niveau des producteurs et rencontre des difficultés de tenue
des documents dans certaines OP.
Il est donc très important de relancer des programmes d’alphabétisation des producteurs si
l’on veut étendre le conseil. Se pose, comme pour les autres appuis aux agriculteurs, la
question du financement et de mise en œuvre de ces programmes. En zone cotonnière, les
AV pourraient prévoir un budget pour l’alphabétisation à confier à des prestataires (ONG,
bureaux d’études, etc) ? Certains bailleurs et Institutions publics pourraient se positionner
sur ce type d’intervention ? La réflexion est ouverte sur cette importante question.
Au Mali comme dans la plupart des pays de la sous-région, l’appui aux producteurs
(vulgarisation, formation, conseil) est en crise avec la libéralisation et le désengagement de
l’Etat. Cette crise a des répercussions à plusieurs niveaux :
- Le retrait progressif de l’Etat au-travers de ses services de l’agriculture et de l’élevage
et des sociétés de développement (CMDT, ON, OHVN, etc) de l’appui aux
producteurs ;
- Des difficultés pour financer durablement l’appui aux producteurs : les finances
publiques ne le permettant plus, ces fonctions sont assurés sur des périodes courtes,
sur des zones limitées par des projets ;
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
- Des méthodes et outils de vulgarisation qui sont remis en cause car les besoins et les
attentes des producteurs évoluent rapidement avec les changements de leur
environnement socio-économiques ;
- Des expériences de renouvellement des approches d’appui aux producteurs sont
mises en œuvre sur de courtes périodes, sur des zones limités le plus souvent sur
financement extérieur, et ne sont pas coordonnées entre elles.
Il apparaît donc important de continuer et d’accentuer les réflexions sur l’appui aux
producteurs au sens large et coordonner les activités dans ce domaine. Le PASAOP a
pensé à un schéma comme celui de la recherche agricole avec le CNRA, en l’occurrence un
comité national de vulgarisation agricole qui ne soit pas lié à une institution de l’Etat. Ce type
de réflexion sur la vulgarisation agricole est inscrit dans l’agenda du PASAOP. Qui pour
présider ce comité : les représentants des paysans ?.
Est-ce que des réflexions spécifiques sur le conseil initiées par le groupe de travail ne
pourraient-elles pas être menées dans le cadre de comité ? Le groupe de travail proposé
dans le cadre de cette étude de capitalisation ne pourra pas être absent de ce comité. Il
devra y apporter sa contribution et ces premières conclusions et propositions. En décidant
de créer un groupe travail chargé d’animer la réflexion sur les différents aspects du conseil
agricole au Mali, l’APCAM se donne les moyens de mieux répondre aux aspirations des
producteurs, notamment ceux évoluant dans les grandes filières de manière à rendre les
exploitations agricoles plus viables et sécuriser leur viabilité voir favoriser leur
reproductibilité.
Avec le désengagement de l’Etat, le conseil doit s’orienter vers le renforcement de la
capacité des producteurs. Le désengagement se faisant progressivement avec une phase
intermédiaire de co-gestion. L’Etat se désengage complètement de la production, de la
commercialisation et de l’approvisionnement en intrants. Des fonctions seront partagées
avec les producteurs : éducation, formation, conseil. Il est important de fixer le contenu du
conseil avec les producteurs ; les rendre responsables.
Le conseil n’est plus seulement l’affaire de l’Etat et des services publics. Les OP, les
Chambres d’Agriculture ont un rôle à jouer (facilitateur, voir maître d’œuvre) en contribuant à
la conception, la mise en œuvre et au suivi-évaluation du conseil. Les producteurs et les OP
conçoivent bien qu’il leur faut contribuer au financement du conseil. Mais dans la pratique il
est difficile de récupérer les contributions financières des « producteurs conseillés ». Il y a
donc lieu d’envisager des co-financements : Etat, filières (taxes), OP, producteurs…. La
réduction du coût du conseil par exploitation implique de réfléchir à la fonction d’animateur-
paysan afin de favoriser la démultiplication de l’intervention du conseiller.
Sans attendre les résultats de ces réflexions, il faut privilégier, dès à présent, une option qui
a fait ses preuves et qui continue à le faire, c’est-à-dire l’ancrage du CEF au sein de filières
organisées (coton, riz, maraîchage, fruits et élevage péri-urbain) avec des opérateurs
installés dans la durée et des interprofessions, car il n’est pas envisageable aujourd’hui que
les producteurs prennent en charge la totalité de ce service.
Ceci veut dire que la zone cotonnière et la zone Office du Niger sont celles où le conseil à
l’exploitation semble indiqué, voire aussi certaines zones péri-urbaines dynamiques de
production de légumes, de fruits et d’élevage où les producteurs sont organisés, et disposent
de revenus relativement importants.
Pour les autres zones, où de nouvelles démarches de vulgarisation ont été peu, voire pas du
tout, expérimentées, et où les exploitations agricoles sont moins intégrées au marché et où
les paysans sont peu organisés, l’accent doit être mis dans un premier temps sur
l’alphabétisation et la formation des paysans par la pratique au travers de démarches de
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
groupes (moindre coût de mise en œuvre et nombre important de paysans touchés) autour
de champs écoles et d’expérimentation paysanne, dont la quasi-totalité des coûts doivent
être subventionnés. La prise en charge par les producteurs ne pouvant, dans ce cas, ne
concerner qu’une petite partie du coût, même faible.
Des interprofessions, quand elles existent pourraient prendre en charge le conseil agricole,
mais à quelles conditions ?
L’interprofession du coton (faîtière des sociétés cotonnières, faîtière des OP et des
producteurs, UPC) qui se met en place devrait assurer plusieurs fonctions : appuyer la
recherche, la politique semencière, l’approvisionnement en intrants, le conseil agricole, la
réfection des routes, etc. A l’avenir, les transporteurs, les huileries, les fournisseurs pourront
peut-être se rattacher à l’interprofession.
Avec le processus de structuration des organisations de producteurs en cours, une des
questions de fonds est la capacité des organisations de producteurs existantes à prendre en
charge tout ou partie des activités de conseil assurées jusqu’à maintenant par des structures
publiques. D’une manière générale, les OP sont encore fragiles et insuffisamment
structurées. Malgré leurs difficultés les Associations Villageoises (AV) et groupements de
producteurs à la base apparaissent comme l’élément de base incontournable de la
structuration du monde rural en zone cotonnière. Selon le rapport de la SOFRECO (2002),
ces OP constituent, en tous cas, le type d’organisation le plus habilité à prendre en charge la
responsabilité future du conseil agricole. Il est important ici de préciser que les AV
peuvent être le lieu où se mènent les activités de conseil (éventuellement avec des
facilitateurs paysans), mais ce n’est pas suffisant. En effet, il faudra aussi, à un niveau
au-dessus (au niveau de la faîtières ou des centres de prestations de service, etc) des
conseillers, des formateurs, des cadres chargés de la conception, du suivi, de
l’évaluation du dispositif de conseil. Mais, le mouvement paysan doit bien faire la
différence entre les fonctions économiques, sociales et techniques. Cette différenciation doit
se traduire par la création d’organisations spécialisées ou, par la mise en place de
commissions spécialisées au sein d’organisations poursuivant des objectifs plus larges.
En zone cotonnière, le rapport (SOFRECO 2002) précise que pour que les AV, voire les
APC, prennent le futur conseil agricole, un important effort va devoir être accompli pour
qu’elles soient en mesure d’assurer cette tâche. Parmi les actions prioritaires il faut citer :
- leur reconnaissance juridique, soit par l’ordonnance de 1959 qui leur confèrerait le
statut d’association, soit par la loi récente sur les coopératives,
- leur organisation en faîtières reconnues, au niveau régional puis national (sous-
entendu niveau ou pourrait se situer le staff de conseillers et cadres).
Ces expériences de transfert des activités de conseil aux organisations de producteurs ne
seront pas la solution à tous les problèmes. Il est important de les continuer mais avec une
assistance extérieure pendant encore quelques années, les producteurs ne pouvant prendre
en charge la totalité des coûts de ce conseil.
Il est important aussi sur ces questions de discuter du rôle de l’Etat dans la mise en œuvre
d’activités de conseil ?
Avec la décentralisation, les communautés peuvent avoir accès aux fonds publics, donc les
producteurs pourraient y trouver une possibilité de financer le conseil. L’expérience du
PASAOP sur l’implication des collectivités territoriales dans le conseil est à suivre sur ce
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
sujet. Il semble toutefois que les communes rurales mettent en avant les projets
d’infrastructures sociales et se sentent peu préparées à appuyer la production agricole.
Les besoins en conseil sont diversifiés. Ils nécessitent un conseil (global) pour la gestion de
l’exploitation combiné à des besoins spécifiques (technique, économique, marketing,
juridique). Afin de répondre aux attentes des producteurs, le conseil mis en œuvre doit les
intéresser, avec des outils accessibles, ce qui exige de les associer à la conception de la
démarche et des outils. Il est aussi important de distinguer différents niveaux : un conseil
pour le plus grand nombre d’agriculteurs ; un conseil plus ciblé pour certains agriculteurs sur
des questions ou des situations spécifiques.
Pour répondre à ces diverses préoccupations, la mise en place du CEF doit être progressive
selon plusieurs étapes, et nécessite dans certains cas des préalables. Selon les étapes, le
CEF peut-être mis en œuvre au travers de l’animation de groupes de paysans, ou
individuellement.
La proposition ci-après a été adaptée de l’évaluation du PCPS. Elle peut servir de cadre aux
différentes expériences, sachant que les préalables et les premières étapes peuvent être
allégées, voire sautées, pour les cas où elles ne sont pas nécessaires. Ceci veut dire que le
conseil peut être initié directement aux étapes 2 et 3 si les conditions locales (niveau et
connaissances des paysans, caractéristiques et performances des exploitations agricoles) le
permettent.
5.5.1. Préalables
Les préalables visent à expliquer aux producteurs ce qu’est le CEF et à donner aux paysans,
par l’alphabétisation et la formation les bases nécessaires pour entrer dans un processus de
CEF et être capable de comprendre et utiliser les outils indispensables. Ces préalables
comprennent deux étapes menées en animation de groupes de paysans :
• Sensibilisation des producteurs à la démarche de CEF au-travers d’un auto-
diagnostic de l’exploitation
• Alphabétisation et formation des producteurs ; la majorité des intervenants constatent
un recul de l’alphabétisation des producteurs car la plupart des jeunes chefs
d’exploitation qui s’installent n’ont pas suivi de programmes d’alphabétisation (des
difficultés sont notées par les structures rencontrées pour la gestion des OP), alors
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que ceux qui ont été formés sont de moins en moins nombreux (décès, trop âgés,
etc) ;
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Pour les préalables et l’étape 1, les conseillers doivent avoir au moins le BEPC (trois ans
avant le Bac), des compétences en animation de groupes, et des connaissances générales
en agriculture et élevage.
Pour l’étape 2, les conseillers doivent avoir au moins le Bac, voire le niveau technicien
supérieur, des compétences en animation de groupes, et des connaissances approfondies
dans plusieurs domaines de l’agriculture et de l’élevage ; sur des domaines qu’ils maîtrisent
moins bien, ils doivent pouvoir faire appel à des collègues compétents.
L’étape 3 n’a pas été expérimentée mais elle exige des conseillers ayant au moins le niveau
de Technicien Supérieur, voire Ingénieur Agronome. Ces conseillers doivent être capables
de synthétiser les données des exploitations, d’en tirer des indicateurs, et de formuler des
conseils appropriés. Ce dernier stade apparaît difficilement envisageable aujourd’hui pour la
majorité des exploitations au Mali pour des questions de coûts.
Ceci montre que suivant les étapes et activités de conseil, les profils des conseillers sont
différents. On passe de généralistes, animateurs de groupes de paysans, à des conseillers
très compétents dans quelques domaines pour conseiller plutôt individuellement des
agriculteurs (surtout des entreprises agricoles ou de grandes exploitations).
Le conseiller doit être proche des producteurs, engagé, suivi, évalué et recyclé
régulièrement, et donc bénéficier de formations continues. Les futurs conseillers doivent
recevoir des formations adaptées, proches du milieu rural, et intégrant le conseil, la
vulgarisation …, ce qui demandent des concepteurs et des conseillers jeunes, dynamiques.
Le conseil doit impliquer ingénieur, technicien supérieur, agent technique, animateur paysan.
Se posent alors les questions suivantes : comment et où trouver et comment et où former
ces différents types de conseillers ? Si les moyens sont disponibles pour étendre rapidement
(dans les cinq ans) les expériences de conseil à l’exploitation, où trouver les ressources
humaines pour le faire. A l’IPR où une filière vulgarisation a été ouverte avec l’appui du
PASAOP ?. Il est important de continuer la réflexion sur une politique de formation rurale afin
d’adapter les cursus aux besoins actuels. La PASAOP peut appuyer l’alphabétisation
(équipements, prise en charge des formateurs, etc).
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Bibliographie
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Introduction
Le PASE et l’APCAM ont sollicité 4 le Cirad pour appuyer le Volet « conseil à l’Exploitation
familiale (CEF) durant les 18 prochains mois. Ils souhaitent mobiliser le savoir-faire du Cirad
dans les domaines de la capitalisation, de l’appui méthodologique au dispositif CEF et de la
mise en œuvre du suivi-évaluation de ce type de dispositif. Le Cirad et plus particulièrement
son département Tera (Territoires, Environnement, Acteurs) a acquis une expérience dans
ces différents domaines soit en intervenant directement dans des dispositif CEF (en zone
cotonnière au Cameroun et au Burkina Faso en collaboration avec les sociétés cotonnières
et les OP, expériences URDOC/PCPS en zone irriguée), soit en apportant des appuis
ponctuels à différents projets (Sénégal, Guinée). De plus le Cirad a animé ces dernières
années différents travaux de capitalisation sur les expériences CEF menées en Afrique de
l’Ouest et du Centre (Atelier de Bohicon, synthèse en zone Prasac, participation au Groupe
de Neufchâtel, rencontre à la Banque Mondiale,…) qui se sont concrétisés par des
publications et ouvrages. Une réflexion est en cours avec l’Inter-Réseaux pour faciliter
l’accès à ces travaux et aux publications récentes aux équipes intéressées par ces
approches de CEF. Enfin, le Cirad en partenariat avec le Cnearc organise un module de 4
semaines sur l’aide à la décision et le conseil aux exploitations agricoles. Ce module est
réalisé jusqu’à maintenant à Montpellier mais pourrait être délocalisé dans un pays de la
zone sous-région en fonction des demandes.
1. Contexte
Les expériences passées
Au Mali, la vulgarisation agricole a été longtemps le domaine réservé des offices, des
sociétés et des projets de développement rural. Elle a été vue comme un moyen de faire
adopter par les producteurs les techniques mises au point par la recherche agronomique à
travers un dispositif d’encadrement organisé à différentes échelles géographiques. Au cours
des années 80, des systèmes nationaux de vulgarisation ont vu le jour avec l’appui de la
Banque Mondiale à travers le Programme National de Vulgarisation Agricole qui cherchait à
toucher le plus grand nombre d’agriculteurs à travers des séances de formation et des
parcelles de démonstration. Ce modèle de vulgarisation centré sur les services techniques
de l’Etat, très descendant et valorisant peu les savoirs paysans a été progressivement
abandonné. En zone cotonnière, la CMDT a maintenu pendant longtemps un dispositif
important de vulgarisateurs visant à améliorer les systèmes techniques de production et plus
particulièrement la production cotonnière. Ce travail a bénéficié des acquis obtenus par la
recherche malienne et internationale.
Durant cette même période (1984 – 2004) des expériences de Conseil de Gestion (CdG) à
l’exploitation agricole ont été développées en zone cotonnière (Mali Sud) dans le cadre d’un
partenariat entre l’IER et la CMDT et en zone Office du Niger dans le cadre d’un programme
collaboratif entre le PCPS et l’URDOC avec un financement de l’Agence Française de
Développement :
- En zone cotonnière la mise au point et le test des outils de conseil ont été poursuivis
jusqu’en 1987 par l’IER et la CMDT et repris dans les années 90. Environ 2500
exploitations de cette zone ont pu participer au CdG, souvent pendant plusieurs années
de suite. Toutefois cette approche n’a jamais été généralisée en zone Mali Sud, malgré
l’intérêt que les producteurs y ont portée.
4
Cette proposition a été rédigée suite à différents échanges entre le PASE, l’APCAM et le Cirad en particulier
une réunion de concertation tenue le 14 juillet à Bamako.
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- En zone Office du Niger, le CdG a été introduit à partir de 1997. Il a été conçu comme
un processus de formation et d’aide à la décision visant à renforcer les capacités des
producteurs pour analyser leur situation, enregistrer leurs activités et leurs résultats
(stocks de céréales, quantité d’intrants, marges et revenus) en vue d’améliorer les
performances de leur exploitation.
Dans les deux cas la démarche repose sur une approche globale de l’exploitation. Elle
privilégie des formations technico-économiques en groupes couplées avec des suivis et du
conseil individuels réalisés par des conseillers. Elle comprend également des visites inter-
paysannes et des démonstrations ou expérimentations d’innovations techniques. Elle
valorise autant que possible les savoirs paysans. La finalité recherchée par ce type de
conseil est d’aider les agriculteurs à prendre des décisions pour améliorer leurs
performances en tenant compte de leurs objectifs, moyens, connaissances et de leur
environnement. De ce fait les méthodes et principes du CdG se distinguent de ceux de la
vulgarisation agricole qui s’est surtout focalisée sur le conseil technique et le transfert de
technologies.
Quelques enseignements 5 des expériences de conseil menées dans la sous-région
L’atelier de capitalisation sur les expériences CdG d’Afrique francophone (Bohicon 2001)
auquel ont participé des représentants de l’URDOC, CPCS, CMDT, IER et des agriculteurs
maliens a été l’occasion de montrer la diversité des méthodes de conseil agricole. Les
participants à cet atelier ont précisé les principes de base du conseil dénommé CEF (Conseil
à l’exploitation familiale) dont les principes de base sont :
- Le renforcement des capacités des producteurs à décider, à négocier et à mieux gérer
leur exploitation ; pour cela le CEF combine conseil technique, économique et financier ;
- Les familles rurales sont placées au centre de la fonction de conseil : le CEF a l’ambition
d’englober leurs différentes activités (production agricole, transformation,
commercialisation, autres activités génératrices de revenus), l’organisation du travail et la
gestion des flux monétaires afin de faciliter l’atteinte des objectifs familiaux.
- Le CEF cherche à renforcer l’autonomie des producteurs et de leurs organisations par
rapport aux autres acteurs.
L’atelier a aussi permis de constater que dans de nombreux pays, les expériences de CEF
se développent dans le cadre de projets financés par l’aide extérieure. Ces structures
temporaires sont appelées à disparaître et devront donc à terme mettre en œuvre des
dispositifs qui seront gérés et contrôlés par les producteurs et leurs organisations. La
question du financement durable et de la gouvernance des dispositifs de conseil reste donc
posée. A ce jour les expériences de CEF ont concerné un très faible pourcentage des
exploitations des régions touchées par ces projets. Les prochaines expériences devront
s’atteler à la réduction du coût du conseil par exploitation et par ce biais à accroître l’impact
du conseil (évalué en nombre de producteurs directement ou indirectement touchés).
Tout en étant convaincu de la nécessité de mettre en place des dispositifs pilotés par les
producteurs, l’atelier a noté qu’une prise en charge totale du financement par les producteurs
n’est pas envisageable à moyen terme. Une pluralité de sources d’appui et de financement
est donc nécessaire (filière, Etat, bailleurs, OP, etc.).
5
On pourra se référer aux ouvrages suivants : 1/ Dugué P., Faure G. (ed), [Link] conseil aux exploitations
familiales. Atelier de Bohicon. Bénin. Collection Colloques. Cirad-Iram-Inter-Réseaux, 84p + Cd-Rom
2/Djamen P., Djonnéwa A., Havard M., Legile A., 2003. Former et conseiller les agriculteurs du Nord-Cameroun
pour renforcer leurs capacités de prise de décision. Cahiers Agricultures, 12 : 241-5. (cet article est sur le CD
Rom)
3/ Faure G., Dugué P., Beauval V., 2004. Conseil à l’exploitation familiale, expériences en Afrique de l’Ouest et
du Centre, Manuel pratique. Coll. Agridoc GRET, CIRAD, France, 127 p
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Pour cela le Cirad mobilisera un expert qui a une bonne expérience dans le domaine du CEF
et de la vulgarisation et qui connaît bien les zones cotonnières et le Mali. Cet expert du Cirad
sera associé à un consultant malien qui a une expérience dans le conseil agricole et de
bonnes capacités rédactionnelles. Le programme de travail comprendra les phases
suivantes :
- mission de lancement de l’étude (10 jours : expert Cirad + consultant malien) : contact
avec les différents partenaires de l’étude, mise au point de la méthodologie, inventaire
des expériences, analyse de quelques expériences de conseil/vulgarisation
- poursuite de l’analyse des expériences (15 jours : consultant malien)
- rédaction de la synthèse (expert Cirad, à partir de son lieu de travail habituel)
- mission pour l’animation d’un atelier de restitution portant sur la capitalisation des
expériences de conseil (5 jours fin 2005 : 2 experts Cirad + consultant malien). Cet
atelier vise à partager avec tous les acteurs concernés les informations sur les
méthodes, les outils et les orientations en matière d’appui-conseil aux exploitations.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Cirad soit appuyé par un autre expert Cirad qui dispose d’une bonne capacité d’animation et
qui connaisse bien le sujet de l’atelier.
Le Cirad s’engage à fournir un rapport de capitalisation sur la base duquel se tiendra l’atelier
de restitution. Il produira ensuite un rapport définitif qui prendra en compte les observations
formulées au cours de l’atelier un mois au plus tard après la fin de l’atelier en cinq
exemplaires (5) et en version électronique sur CD.
Appui au volet « Tests de conseil à l’exploitation familiale » du PASE
L’expert Cirad chargé de l’animation de l’étude de capitalisation présentée ci-dessus
disposera d’une bonne connaissance du contexte institutionnel et des projets travaillant dans
le domaine du conseil aux producteurs au Mali. Il sera tout indiqué pour apporter un appui au
démarrage des tests de CEF du PASE. Pour cela il poursuivra sa 2° mission au Mali pendant
10 jours supplémentaires pour un travail d’appui à l’assemblier, l’IER ESPGRN et les
prestataires chargés de mettre place le dispositif de conseil du PASE. L’objectif de cette
première mission d’appui sera d’aider à la programmation des activités des conseillers en
fonction des attentes des groupes de producteurs formés d’ici là. L’appui apporté portera à la
fois (1) sur la méthodologie et les outils de conseil, (2) l’analyse, l’exploitation et la restitution
des données individuelles, (3) l’animation d’analyses de groupe ainsi que sur la définition
d’indicateurs de suivi et de changement de l’exploitation et de ses membres.
Une attention particulière sera apportée au développement de synergies entre ces tests CEF
et les autres activités du PASE : l’expérimentation participative de SCV, la caractérisation
des dynamiques agraires et le Système d’information régional
Une deuxième mission est proposée pour le 4° trimestre 2006 (15 jours) dont l’objectif sera
d’évaluer les activités menées durant la première année d’expérimentation du CEF. Cette
évaluation se fera de façon participative en s’appuyant sur les Groupes de producteurs, les
conseillers de terrain, l’assemblier et les chercheurs de L’IER. Elle permettra au consultant
du Cirad de contribuer avec l’UA du PASE et l’APCAM à la conception d’une suite des
expériences CEF à plus grande échelle dans le cadre de la continuation de l’appui de l’AFD
aux producteurs de la zone cotonnière. Ces travaux focalisés sur le volet CEF du PASE
prendront en compte les avis des responsables de la CRA, la CMDT, la DRAMR, des
Centres de gestion rurale, etc.
Pour mener à bien cette étude d’évaluation et de prospective sur le CEF en zone cotonnière,
le Cirad proposera des termes de référence pour un binôme d’étudiants (IPR Katibougou +
Ecole/Université française) qui pourraient être chargés d’étudier les pratiques de gestion des
producteurs de quelques groupes et la façon dont ils ont commencé à adopter les nouveaux
outils de gestion (voire certaines innovations techniques) proposés par les conseillers. Le
contenu précis et la période du stage seront validés ultérieurement.
Le Cirad s’engage à fournir un rapport pour chacune de ces missions en cinq exemplaires
(5) et en version électronique sur CD.
Contribution à une capitalisation et à une concertation sous-régionales
Cet appui dépasse le cadre du PASE et de la zone cotonnière malienne. Il vise à élargir à la
sous-région la capitalisation des expériences de conseil agricole puis à poursuivre le
dialogue et les réflexions avec les institutions maliennes chargées du conseil aux
producteurs après l’atelier de fin 2005. Il consistera à assurer une veille sur les avancées
méthodologiques et opérationnelles relatives au CEF dans la sous-région et transmettre
régulièrement de l’information aux groupes de personnes et d’institutions mobilisés sur les
questions de conseil aux producteurs au Mali et dans les autres pays de la sous-région, en
vue de contribuer à la mise en réseau des opérateurs et de permettre des échanges directs
qui se prolongeront au delà de la prestation du CIRAD.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Déroulement de la réunion
La réunion de lancement de l’étude capitalisation a été ouverte par le Secrétaire Général du
Ministère de l’Agriculture et présidée par Monsieur Mamadou Baba Koné, président de la
chambre d’agriculture de Ségou.
Les partenaires invités étaient les structures techniques, les organisations professionnelles
et les partenaires financiers. Etaient absents la Direction de l’Office du Niger, les
coordinations du PASAOP et du PNIR, la coordination nationale des organisations
paysannes, l’association des organisations professionnelles agricoles, la représentation de la
Banque Mondiale au Mali, l’Ambassade des Pays-Bas (voire liste des partenaires invités et
liste des participants en annexe).
1. Présentations
Le président a rappelé les objectifs de l’ensemble de l’étude comprenant cette étude de
capitalisation qui en constitue la première partie, puis un suivi des tests de l’expérience de
CEF mise en place par le PASE en 2006. Il a insisté sur l’importance d’aboutir au terme de
cette étude à la construction de dispositifs novateurs de conseil.
Les objectifs de cette réunion de lancement étaient :
• la présentation des objectifs, résultats attendus, méthodologie et calendrier de l’étude
capitalisation par le CIRAD
• identification des membres du groupe de travail composé des principaux intervenants
dans le domaine du conseil agricole de manière à les placer en position d’acteurs de
cette capitalisation.
La présentation des TDR de l’étude capitalisation par le consultant CIRAD (voir diapos en
annexe) s’est terminée par les questions suivantes comme support des débats :
• Etude Capitalisation
o Commentaires sur le programme de l’étude : quels cas étudiés ? Quels autres
cas non cités dans les TDR intéressants à analyser ?
o Comment les différents intervenants vont-ils contribuer à cette étude ?
o Comment faire fonctionner le groupe de travail des intervenants pour les
placer en position d’acteurs ? Comment coordonner leurs actions ?
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• Evolution du conseil
o Quelle évolution institutionnelle de la vulgarisation et du conseil (place des
chambres d’agriculture) ?
o Quels besoins d’informations, de connaissances sur la vulgarisation, le
conseil pour les intervenants ?. Quelles ressources humaines réellement
disponibles pour développer le conseil ?
2 Débats et discussions
Les débats et discussions qui ont suivi la présentation sont résumés ci-dessous :
- le contenu de l’étude
Bino Témé (IER). Attention de ne pas opposer le CEF à la vulgarisation. Ces deux
démarches sont complémentaires. Dans la mise en œuvre de l’étude, bien faire ressortir qu’il
existe des types et contenus de conseils différents. Le conseil peut porter sur l’élevage, la
fertilité, etc. Les besoins en conseil n’existent pas qu’au niveau des exploitations, mais aussi
des associations villageoises.
Quelles sont les relations entre les deux parties de l’étude ?. L’étude capitalisation est-elle
un préalable à la mise en œuvre des tests de conseil par le PASE ?.
Réponse : La méthodologie, les outils et le dispositif pour les tests PASE ont été définis lors
d’une mission d’un consultant en 2005 6. La formation des conseillers a commencé en
décembre 2005. Les résultats de l’étude capitalisation serviront lors du suivi des tests PASE
réalisé par le CIRAD jusqu’en fin 2006.
Van’t Riet (FAO/GIPD). Un programme de Gestion Intégrée de la Production et des
Déprédateurs est mis en œuvre depuis 1999 avec la FAO (financement Pays-Bas) par
l’approche « champs écoles (Farmer Field School)». Ce programme sera pris en compte
dans l’étude.
Humbert (AFD). Dans cette étude, il est important de
1. mieux clarifier les différents types de conseil, et d’identifier les acteurs qui ont intérêt
à développer le conseil.
2. Faire le point dans le cas du PASAOP des expériences conduites par les collectivités
territoriales ; le conseil agricole a-t-il été concerné ?
3. D’essayer de tirer les enseignements de l’expérience CMDT quand elle avait plus de
moyens, en terme de coût, d’impacts, de difficultés, etc…
Réponse. Les points 1 et 2 ci-dessus font partie des TDR seront traités. Pour le point 3,
selon les TDR l’accent est mis sur les expériences de la CMDT et de l’ON sur le conseil
agricole. L’analyse détaillée des différentes expériences de vulgarisation de ces structures
demanderait plus de temps que prévu dans l’étude. Néanmoins, cette suggestion est
intéressante, et un premier dégrossissage peut être réalisé afin d’élaborer, si nécessaire,
des TDR pour des analyses plus approfondies de ces expériences.
Renou (CIRAD). Quels indicateurs seront utilisés dans ce travail d’analyse des expériences
de conseil ?
Réponse : Cette capitalisation n’est pas une évaluation. Il s’agit de tirer les enseignements
des différentes expériences pour les propositions futures sur les dispositifs de conseil.
6
VIOLAS Dominique, 2005. Test de conseil à l’exploitation familiale. Echanges d’expériences et appui à la mise
en œuvre. Rapport de Mission. APCAM, PASE, GEDUR, BDPA, 42 p.
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• Coordination du PASE
• Coordination PASAOP
• Coordination PNIR
2. Organisations Professionnelles
• Chambre régionale d’agriculture du District
• Coordination National des organisations paysannes (CNOP)
• Association des Organisations Professionnelles Paysannes (AOPP)
• Groupement des Syndicats de Coton et Vivriers du Mali (GSCVM)
3. Partenaires financiers
• Agence Française de Développement (AFD)
• Représentation Banque Mondiale au Mali
• Ambassade des Pays-Bas
Noms et
Fonction Service Adresse
Prénoms
Chargé de
Dramé Hamadou Programme Conseil DNA hadrae@[Link] ; 222 28 77 / 648 90 93
Agricole
Diarranatha diarranatha@[Link] ;674 97 02 / 601 54
Conseiller technique GSCVM
Diarra 61
Keita Madi madikeita13@[Link] ;222 20 67 / 672
Directeur Adjoint DNP
Maténé 63 07
Responsable secteur
Humbert Lucien AFD humbertl@[Link] ; 221 28 42
rural
Noel Naomi Secteur rural AFD noeln@[Link] ; 221 28 42
Demay Chargé d’étude
AFD demays@[Link] ; 221 28 42
Sébastien (dossier ON)
Dieraert Patrick Conseiller Technique PASE pdieraert@[Link] ; 603 68 03
Responsable
Traoré Adama CMDT BP 487 Bamako ; 221 95 25
formation
Conseiller Economie pbabin@[Link] ; 223 33 47 / 48 BP
Babin Pascal SNV
Coton 2220
svantriet@[Link] ; 222 65 76 BP
Susan Van’t Riet Expert Associé FAO/GIPD
1820
Renou Alain Correspondant CIRAD [Link]@[Link]
Diakité
CAI GC OHVN 222 40 64
Noumoutié
Mme Sow Rokia rokiadrabo@[Link]
Directeur National
Tran-Thi-Co DNPIA
Adjoint 223 12 17 / 602 19 05
Drabo
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Objet
L’idée de mettre en place un groupe de travail sur le conseil agricole a été soulevée le jeudi
12 janvier lors de la réunion de lancement. La création de ce groupe de travail vise à le
rendre acteur de la réflexion sur le conseil agricole.
Initialement prévue pour fin février, la première réunion du groupe de travail s’est finalement
tenu le jeudi 23 mars 2006, à l’initiative de l’APCAM
Pour ce faire, l’APCAM a organisé le 23 mars avec l’appui du consultant national une
réunion du groupe de travail dont l’ordre du jour comprenait plusieurs points :
5. présenter l’aide-mémoire rédigée à la suite de la première phase de l’étude ,
6. faire une première restitution des tournées de terrain du consultant national,
7. de réfléchir aux modalités pour rendre opérationnel le groupe (choix du président et
du secrétaire)
8. discuter des thèmes qui seront débattus en groupes lors de l’atelier de capitalisation,
et permettre de préciser la liste des participants à l’atelier de capitalisation.
Présentation
La présentation de l’aide mémoire a été structurée autour des points clés abordés dans ce
document à savoir :
- Notion de vulgarisation et de Conseil
- Création du groupe de travail (tâches APCAM)
- Démarches, méthodes et outil de conseil à l’EA
- Les ressources humaines
- Test CEF/PASE
- Suite étude
La restitution des travaux de terrain a porté sur les différentes expériences identifiées dans
les zones CMDT, Office du Niger et OHVN.
La situation délicate de la filière cotonnière, et les perspectives de privatisation n’ont pas
facilité la collecte des informations avec la CMDT à cause de l’inquiétude des agents de
cette structure sur l’avenir ; ce malgré une lettre de l’APCAM envoyée à la Direction
Générale de la CMDT. D’où la nécessité que les structures et institutions concernés par le
conseil s’implique concrètement dans le groupe, et le reconnaisse comme un outil pour
animer la réflexion.
Ainsi, il reste des données chiffrées à collecter, et aussi les notes et documents sur les
outils. Les différentes structures présentes concernées notamment CMDT et ON se sont
engagés à fournir toutes les informations souhaitées (l’APCAM doit faire une dernière
correspondance dans ce sens). Un tableau a été envoyé aux institutions concernées pour
recueillir des informations manquantes après la réunion.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Discussions
Pour les points 1 et 2, les observations suivantes ont été formulées
- Approfondir l'analyse des différentes expériences en faisant ressortir : les outils
utilisés, les éléments de coûts, les forces et faiblesse, les impacts.
- Elargir le champ de la capitalisation à d'autres structures comme CARE MALI, le
FODESA et d'autres projets ayant initié des actions de conseil agricole ???
- Bien valoriser l'aspect connaissance sous régionale
- la présentation s’intéresse aux zones irriguées et à la zone cotonnière ; comment
prendre en compte l’ensemble des zones agricoles du Mali ;
A cette question récurrente, il a été répondu que pour l’instant les expériences de conseil en
cours n’ont pas concerné ces zones, mais il est important de les prendre en compte dans les
réflexions ultérieures du groupe visant l’extension du conseil agricole.
Le représentant de la CMDT a relevé que les exploitations de type A et de type D sont
inversés dans l’Aide mémoire. Il a aussi ajouté que le conseil de gestion est toujours en
cours à la CMDT. Mais l’approche est basée essentiellement sur la formation en cascade à
partir des résultats de recherche.
La représentante du CNRA a posé la question du fil conducteur de l’étude, et à quoi elle doit
aboutir. Cette étude vise une réflexion sur les modalités d’extension du conseil agricole au
niveau national, en complément de la vulgarisation existante.
Il est aussi ressorti des discussions que les grandes expériences sont connues, et qu’il faut
se focaliser sur les projets et petites expériences nouvelles et faire un inventaire des outils
disponibles.
Pour le point 3, comme les représentants des institutions du groupe n’étaient pas tous les
mêmes que lors de la première réunion, il a été nécessaire de ré-expliquer la raison de mise
en place de ce groupe et il n’a pas été possible de discuter du point 3. Il n’y a donc pas eu
de mise en place de président et secrétaire du groupe. Il est important de rappeler une
proposition faite dans l’aide-mémoire à l’APCAM « Préparer une lettre aux structures
membres de ce groupe pour qu’elles proposent un membre permanent, de préférence le
responsable impliqué au plus niveau en matière de vulgarisation et de conseil, et aussi de
veiller à rééquilibrer la composition du groupe majoritairement composé des sociétés et
structures de l’Etat à l’issue de la réunion de lancement, les organisations paysannes et les
prestataires étant insuffisamment représentés ». Il est donc nécessaire que les membres de
ce groupe désigne chacun un représentant le plus rapidement possible. Il a aussi été
souligné que les frais liés au fonctionnement de ce groupe n’ont pas été prévus. Le
représentant de l’Inter-Réseaux a proposé plusieurs possibilités d’intervention du groupe
pour animer les réflexions en fonction des besoins et des attentes, pour se rendre sur le
terrain pour discuter les expériences en cours et rendre compte :
- des consultations à la demande ;
- un travail collectif avec l’ensemble des membres du groupe ;
- une équipe restreinte composée des membres du groupe.
Pour le point 4, l’APCAM, au nom du groupe, organise du 4 au 6 avril un atelier sur l’étude
de capitalisation. Les termes de référence de cet atelier ont été élaborés à partir des
conclusions de la réunion du groupe et des premiers éléments de synthèse de l’étude.
L’atelier vise à présenter les résultats de l’étude et animer les échanges entre structures
intéressées par le conseil agricole afin de définir une stratégie pour le développement du
CEF au Mali, mais aussi pour l’organisation de la capitalisation continue, du suivi des
impacts et pour la recherche de solutions de financement durable.
Le programme de l’atelier prévoie la présentation et des discussions de la synthèse, des
travaux en ateliers permettant aux acteurs intéressés, impliqués dans le conseil à
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Modules Thèmes
01. Connaissance de Caractérisation des exploitations familiales et des participants
l'exploitation Structure de la famille ; Animaux de trait ; Matériel agricole
Identification et caractéristiques des champs ; Conduite de la
02. Conduite de la pépinière ;Conduite de la riziculture en plein champ ; Calcul de la marge
riziculture brute du riz paddy ; Conduite des cultures pluviales ; Plan prévisionnel de
la campagne
Calcul des besoins et du disponible en céréales ; Gestion prévisionnelle du
03. Gestion production stock céréalier ; Commercialisation et autoconsommation du riz et de ses
sous produits
04. Gestion trésorerie Les entrées d'argent ; Les sorties d'argent
05 Compte
Le compte d'exploitation partiel (riziculture)
d’exploitation
Détermination de l'âge des bovins ; Choix d'un bon bœuf de labour ;
06. Entretien des bœufs Habitation des bœufs ; Complémentation alimentaire ; Estimation et
de labour gestion des besoins alimentaires des bœufs ; Soins sanitaires des bœufs ;
Stratégie d'entretien des bœufs ; Embouche des bœufs de réforme
Structure et composition du troupeau ; Dynamique du troupeau ; Analyse
07. Gestion du troupeau
sur l'exploitation économique du troupeau ; Production et utilisation de la
bovin
fumure organique
Critères de choix d'une vache ; Technique de rationnement des vaches
08. Production laitière laitières ; Soins sanitaires des vaches laitières ; Logements des vaches
laitières
09. Embouche Facteurs à maîtriser pour la réussite d’un atelier d’embouche ; Conduite
bovin/ovin d’une opération d’embouche
10. Entretien des ânes Choix et habitat ; Alimentation ; Suivi sanitaire ; Harnachement
Principales caractéristiques de la sous exploitation maraîchère ; Pratiques
11. Cultures culturales : intrants, dépenses, conseils ; Récolte, transport,
maraîchères (pour transformation, conservation
alphabétisés)
Calcul marge brute ; Ventes ; Planning et prévision p/campagne prochaine
La conduite de la pépinière ; La conduite en plein champ ; Récolte,
12. Culture d'échalote
séchage, triage ; La conservation de l'échalote ; La transformation de
pour groupes de
l'échalote ; La commercialisation de l'échalote (à la récolte) ; Calcul de la
femmes (non
marge brute ; Calcul de la plus value conservation ; Calcul de la plus value
alphabétisées)
transformation
13. Culture de la pomme
Techniques culturales de la pomme de terre
de terre
14. Culture de la tomate Techniques culturales de la tomate d'hivernage
15. Gestion d'une Le carnet de trésorerie du conducteur ; Le carnet de trésorerie du
P.M.E. de décorticage propriétaire ; Valeur des stocks, amortissement, situation des crédits, solde
de riz en caisse et en banque ; Le bilan et le compte d’exploitation
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Service CEF géré directement Service CEF au sein CEF mis en œuvre par
par une OP d'une interprofession un prestataire privé
Le prestataire crée un
centre de gestion
Les paysans ont le pouvoir de Financement du spécialisé et
décision service facilité par le financièrement
(embauche/licenciement du prélèvement sur la autonome ;
personnel, orientation du vente du produit Le prestataire développe
programme) Le CEF permet de plusieurs produits et
Impact positif probable sur la développer une s'adapte à la demande
Avantages
gestion de l'OP vision commune des (souplesse
Références technico- acteurs de la filière d'intervention)
économiques disponibles au sur le La mise en concurrence
niveau de l'OP pour négocier développement des prestataires
avec les partenaires, l'Etat, agricole de leur bénéficie aux
etc région producteurs (rapport
qualité de la
prestation/coût)
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
L'analyse des expériences montre que les producteurs accordent beaucoup d'importance
aux connaissances qu'ils détiennent collectivement. Dans bien des cas la mise au point, le
transfert ou la diffusion d'innovations ne sont pas seulement le fait des interventions des
services de vulgarisation et de recherche mais bien liés aux dynamismes des exploitants
agricoles.
La diffusion des techniques et des savoirs paysans se fait par le biais de réseaux d'échanges
que les techniciens et chercheurs ont du mal à identifier. Ces réseaux qui dépassent l'échelle
du village mobilisent certaines personnes qui se déplacent fréquemment, qui sont
certainement fort curieuses et ont la confiance des autres paysans. La diffusion des
innovations endogènes ou de celles proposées par les services techniques repose en
grande partie sur ces réseaux.
Les exploitations dans les groupements de producteurs ou dans les groupes CEF ne sont
pas coupées du monde extérieur et en particulier de ces réseaux d'échange paysans.
(Figure 6). Une identification et une meilleure connaissance de ces réseaux sont nécessaires
avant de les associer aux expériences CEF : Quels sont les leaders ou les animateurs de
ces réseaux, Quels sont les types d'informations véhiculées ? Comment ces réseaux sont ils
connectés aux groupes CEF ?
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Déroulement de l’atelier
L’atelier a été organisé à Sikasso du 4 au 6 avril 2006 par l’APCAM, et animé par les
consultants : Patrick Dugué et Michel Havard du CIRAD et Yacouba Coulibaly, consultant
national. Il a regroupé plus de 50 participants d’horizons divers (liste des participants en
annexe) : organisations paysannes, organisations professionnelles, syndicats agricoles,
APCAM, Chambres d’agricultures, Structures de l’Etat (DNA, DNPIA, Offices, etc), CMDT,
IER,
Le programme des journées de l’atelier a été le suivant.
Les exposés réalisés en français ont été traduits en bambara, les rapports des groupes de
travail ont été fait en français mais leur présentation en plénière a été réalisée en Bambara.
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Les groupes de paysans en conseil devraient être de bons interlocuteurs pour la recherche.
Ils peuvent identifier des questions à poser à la recherche, car ils ont l’habitude de discuter
avec les techniciens.
A. Traoré CMDT/Bamako
L’expérience conseil à l’exploitation continue à la CMDT. Il y a environ 800 conseillers qui y
participent Chaque conseiller suit de façon rapprochée 2 exploitations par groupement par
an, par ailleurs chaque conseiller doit rencontrer au moins une fois par an toutes les
exploitations de son secteur d’intervention. Deux approches complémentaires sont mises en
œuvre :
- un conseil rapproché (conseil de gestion) qui doit concerné des exploitations en
difficulté (rendement moyen en coton faible) dans des groupements en difficulté
(rendement coton faible). L’objectif est de montrer que le conseil de gestion aide les
paysans à relever le niveau de leur production. Cette démarche implique une prise de
note de la part du producteur (alphabétisé), un traitement des données, un dialogue
rapproché avec le conseiller et donc des visites régulières. Après une phase de
diagnostic le producteur se fixe des objectifs, un plan de campagne est élaboré, sa
mise en œuvre est évaluée en fin de campagne agricole ;
- une visite conseil : Le conseiller doit être capable de comprendre la situation et le
fonctionnement de l’exploitation visitée. En recueillant quelques informations et en
recourant à des normes (surface/actif ; surface/attelage ; % en coton, ….) il doit être
en mesure en fin d’entretien de faire des recommandations au chef d’exploitation.
En mobilisant les régions CMDT il serait possible de recenser le nombre d’exploitations en
conseil (rapproché), de les situer et par une étude complémentaire, d’évaluer l’impact du
conseil de gestion depuis 15 ans.
A Traoré rappelle qu’il est membre du groupe de travail sur le conseil et qu’il pourra apporter
les éléments d’informations complémentaires.
OHVN. Mr Cissé, Responsable formation/vulgarisation
L’OHVN intervient au niveau des groupements villageois. Depuis plusieurs années elle
chercher à rendre plus autonome les groupements et les exploitations agricoles en prévision
du désengagement de l’Etat. Pour cela elle utilise des animateurs villageois qui doivent
assurer une partie du conseil ou plutôt de la vulgarisation technique.
Les groupements se constituent selon les affinités sociales. Ce sont les membres du
groupement qui identifient en leur sein un animateur villageois. L’animateur dispense la
formation après l’avoir lui m^me reçu du chef de secteur ou des ingénieurs spécialisés de
l’OHVN.
Mais se pose aujourd’hui la question de rémunération de ces animateurs villageois par les
villages et les OP. Il n’est pas évident que ces structures puissent dégager les ressources
financières pour indemniser les animateurs villageois.
Kafo Jiginew (Hamidou Coulibaly, Délégué Régional Sikasso)
Kafo Djiginew est une Institution de Microfinance créé en 1987. Elle intervient sur les zones
de Sikasso, de Koulikoro, de Ségou et de Bamako. Kafo Djiginew est financé entièrement
par l’épargne des membres.
En 1987, cinq caisses ont collecté 5 millions d’épargne, octroyé 2 millions de crédits. En
2005, il y a 130 caisses qui ont environ 12 milliards de Fcfa de dépôts et qui octroient 12
milliards de Fcfa de crédits.
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Dès 1993, Kafo Djiginew a adopté une politique de promotion interne où les anciens gérants
des caisses sont devenus animateurs paysans. Ces animateurs jouaient le rôle de conseiller
d’animation et de sensibilisation. Les caisses sont gérées par les paysans qui les ont créées.
Avec l’autonomie financière, les charges sont réparties entre les caisses de façon rationnelle
pour le maintien de l’équilibre financier du système. Kafo Jiginew étant à plus de 80% rurale,
il existe plus de 165 000 exploitants agricoles sur les 207 000 sociétaires. Progressivement
les animateurs rémunérés sont devenus des animateurs contrôleurs : contrôle et suivi des
prévisions.
Kafo Djiginew a du trouver un compromis entre le nombre d’exploitations suivies par les
animateurs paysans qui gèrent les caisses et le coût de transaction. Un animateur villageois
gère 2 à 3 caisses.
Le représentant de Kafo Jiginew considère que pour toutes nouvelles actions, une
subvention de démarrage est nécessaire. La subvention doit être ensuite dégressive. Les
organisations et exploitations agricoles doivent préparer la relève, c’est-à-dire la prise en
charge progressive de l’activité initialement subventionnée. C’est cette stratégie qui pourra
aboutir à une pérennisation du métier de conseiller agricole.
CNOP. Coordination Nationale des OP
La CNOP comprend l’ensemble des Organisations Nationales (11). Elle a été créée en 2000.
L’exploitation familiale agricole est notre entité de base. Elle doit être prise en compte
pleinement dans la loi d’orientation agricole. La CNOP contribue à l’élaboration de cette loi.
Depuis deux ans le CNOP s’intéresse à comprendre l’exploitation familiale et la conseiller.
Des expériences de conseil/diagnostic, entreprises dans plusieurs régions du Mali, sont
menées directement pas des membres de la CNOP.
Il s’agit de s’entretenir pendant une demi-journée avec les membres de l’exploitation
familiale. L’entretien doit être conduit avec deux personnes. Sur le terrain, on va discuter
avec le chef de famille dans sa famille.
L’entretien est conduit en 5 temps, en évitant d’entrer dans une logique d’enquête directive :
- La famille : composition, statuts, etc
- Les moyens de production de l’exploitation familiale : terre et son utilisation, eau,
équipement, cheptel, installations et bâtiments, main d’œuvre.
- Analyse de la dernière campagne : estimation de la valeur brute de la production
(cultures pluviales, maraîchage, arboriculture, cueillette, production animale, autres
produits), évaluation des charges de production, calcul de la valeur nette de la
production, évaluation de la consommation annuelle de la famille
- Le calcul et la restitution des résultats du bilan : taux de couverture, dépense
quotidienne par jour et par personne ;
- Discussion avec la famille : comment s’est-elle débrouillée pour faire face, quelles
sont les conclusions de la famille, accepte-t-elle de les présenter à la restitution
villageoise.
C’est la CNOP elle-même qui développe ce programme de diagnostic des exploitations. Elle
intervient dans ses propres organisations. L’expérience n’est pas terminée, les documents et
les outils peuvent encore être modifiés. De plus ce travail sur l’exploitation agricole familiale
(EAF) a un double objectif pour la CNOP :
- mieux connaître les EAF pour assurer leur défense au travers de discussions avec
l’Etat et ses structures ;
- apporter un conseil à la famille ou du moins dans un premier temps nous forger une
méthode de conseil pour comprendre ce que veut dire « conseiller » ; avec ces
acquis il nous sera possible de discuter avec nos partenaires.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Remarques suite à la présentation des expériences CMDT, OHVN, CNOP, KAJO KAFO
JIGINEW
Ces différentes présentations ont montré une insuffisance de circulation de l’information et
d’échanges entre les différents opérateurs qui interviennent sur une même zone. Certains
utilisent même des outils proches. Il est donc important rapidement que les différents
opérateurs intervenant se rencontrent pour échanger et discuter des approches et des outils
qu’ils utilisent, mais aussi des thèmes qu’ils développent.
Elles montrent, au travers de la présentation de Kafo Djiginew la nécessité de réfléchir aux
liens entre le financement et le conseil. Elles font aussi ressortir, la nécessité d’évaluer les
impacts des expériences.
Huit paysans de la région de Sikasso étaient présents ce jour à l’atelier. Quatre participent à
l’expérience « conseil d’exploitation » du PASE qui a débuté en fin 2005, et quatre à
l’expérience PASAOP « conseil technique et formation ». Deux ont pris la parole pour
exposer leur vision du conseil et expliquer ce qu’ils font dans ces programmes. Ils
bénéficient de l’appui de l’IFAC (prestataire de service).
Kassim Ouatara (paysan du test conseil du PASE)
Le conseil de gestion intéresse des exploitations volontaires qui disposent d’au moins un
actif alphabétisé.
Il est difficile d’établir un bilan car le travail avec le conseiller vient de démarrer. Une des
difficultés rencontrée à ce jour est le paiement des 5000 FCFA demandés à chaque paysan
pour participer au conseil. Comme on ne voit pas encore bien ce que peut apporter le
conseil, alors il est difficile de payer quelque chose.
Avec le PASE, nous faisons des choses que nous ne faisions pas avec la CMDT, comme les
calculs sur ce que l’on gagne. Souvent avec la CMDT le cahier d’exploitation est géré par le
secrétaire du groupement mais pas par le chef d’exploitation.
Paysan de l’expérience PASAOP
« Le PASAOP nous a permis de nous former à différentes techniques comme la fabrication
de la fumure organique (fumier, compost). On nous a expliqué les techniques et leur impact
sur les sols et les rendements. Avant je faisais 5 ha de coton avec un faible rendement
maintenant j’essaye d’en faire moins mais avec de la fumure organique. Mais il nous
manque des équipements de transport. Nous n’avons pas de brouette. On transporte la
paille avec les vélos. De ce fait il nous a été proposé de fabriquer le compost au champ pour
éviter les transports. On a aussi travaillé sur le maraîchage et l’arboriculture. Plusieurs
d’entre nous avons planté une centaine d’arbres fruitiers avec de bons taux de reprise. Pour
cela nous avons visité des champs déjà en production. Le conseiller doit être curieux et
débrouillard. Il faut qu’il nous trouve l’information ou les personnes qui peuvent nous aider »
Q : Racine Ly se demande ce qu’on a demandé aux paysans avant de venir à l’atelier. Leur
intervention n’est pas assez centrée sur le conseil.
R : Les paysans répondent qu’ils parlent avec leurs mots et qu’ils n’ont fait qu’expliquer ce
qu’ils font avec ces deux projets.
R. Traoré (CMDT) voit beaucoup de choses communes entre ce que fait la CMDT en
matière de conseil avec le PASE. Mais dans le conseil PASE le conseiller ne fait que le
conseil, il n’a pas de tâches d’organisation de la production cotonnière.
R : les paysans insistent sur le besoin d’équipement, la CMDT apporte un appui dans ce
domaine. Mais pour eux le conseil CMDT ne traite pas de toutes les questions qu’ils se
posent.
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Q. Patrick Dieraert. Comment développer des synergies entre les expériences de conseil ?.
Le travail de capitalisation devrait intégrer la comparaison des outils de conseil.
A. Kelly. Le PASE travaille sur la base de 100 exploitations par conseiller. Pour aboutir à
des résultats il faut travailler dans la durée sur au moins 3 ans. Comment se fera la relève
après ces deux projets ?
Rapport du Groupe I.
1. Besoins en conseil
Les besoins en conseils sont les suivants :
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4. Le Conseil actuellement
Nombre insuffisant d’encadreurs selon les producteurs
Non maîtrise du travail des encadreurs par les paysans
5. Le Conseil dans le futur
Nombre de conseillers suffisants
Implication des producteurs dans la prise en charge des conseillers
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
sélectionnées
financier
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APCAM, Synthèse étude capitalisation des expériences de conseil au Mali
Après avoir identifier les besoins en conseil, les groupes vont réfléchir aux dispositifs à
mettre en place et aux financements à mobiliser
1/ Quelles sont les structures qui pourraient mettre en œuvre les différentes formes de
conseil agricoles ?
2/ Quels rôles peuvent jouer les organisations de producteurs ?
3/ Comment l’Etat et ses services techniques peuvent ils se mobiliser ?
4/ Comment assurer un financement durable des dispositifs de conseil ?
Rapport du Groupe I
1. Structures de conseil
Etat et ses démembrements
DNA. Direction Nationale de l’Agriculture
DNPIA. Direction Nationale de la Pêche et des Industries animales
DNSV. Direction Nationale des Services Vétérinaires
OPV. Office de la Protection des Végétaux
IER. Institut d’Economie Rurale
CMDT, Offices (OHVN, ON, etc), Projets et Programmes
APCAM et chambres régionales d’agriculture
Privés et autres
ONG, GIE, Bureaux d’études, Prestataires
OP
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2. Rôle des OP
Identification des besoins en conseil
Information, sensibilisation, Organisation, Mobilisation
Suivi et évaluation
Dans le cadre de mise en œuvre du conseil par l’Etat et ses démembrements, les OP ont
aussi un rôle de relais entre les paysans et les structures chargées de la mise en œuvre.
Quand les OP ont leur propre dispositif de conseil, elles sont aussi chargées de la mise en
œuvre et de la gestion du dispositif.
3. Mobilisation de l’Etat et de ses services techniques
Mise à disposition de personnel des services aux OP pour les activités de conseil
Formation continue de ses agents sur le conseil agricole
Rôle régalien (contrôle, arbitrage, alphabétisation)
Recherche d’accompagnement
4. Financement durable des dispositifs de conseil
Sensibilisation des producteurs et de leurs organisations à la prise en charge du dispositif.
L’exemple de Projet de Gestion Rurale (PGR) dont les conseillers sont pris en charge par les
OP a été présenté. Les OP prennent en charge 5 400 Fcfa/T, la CMDT 500 Fcfa/T. Si
l’argent manque, les OP peuvent ajouter 100 Fcfa/T. La pris en charge du dispositif régional
pose problème. Elle est assurée par la CMDT pour 400 Fcfa/T. L’adhésion à un centre de
gestion est volontaire ; il y a aujourd’hui environ 2000 OP adhérentes.
Financement par l’Etat, la Filière, les OP et les producteurs.
Nécessité d’une phase transitoire permettant aux organisations paysannes de s’engager
progressivement dans la prise en charge du dispositif, c’est-à-dire réduction progressive des
subventions.
Rapport du Groupe II
1. Structures de conseil
Toutes les structures impliquées dans la vulgarisation peuvent faire du conseil si elles
arrivent à mobiliser les moyens.
Les structures étatiques, les inter-professions, les filières organisées, les prestataires, les
chambres d’agriculture, les ONG, les OP.
Pour les OP, il y a une divergence de points de vue entre les membres du groupe (les uns
considèrent que les OP ne sont pas en mesure de mettre en place et de gérer elles-mêmes
un dispositif de conseil à l’exploitation, « ce n’est pas leur vocation » ; les autres considèrent
que c’est envisageable au moins à l’avenir).
2. Rôle des OP
Participer à la conception, à la mise en œuvre, au suivi-évaluation. Elles peuvent mettre en
place leur dispositif de conseil ; tout le monde dans le groupe n’était pas d’accord que les OP
s’impliquent dans le conseil.
3. Rôle de l’Etat
L’Etat doit définir sa politique de conseil, mettre à la disposition ses ressources humaines
déjà existantes, contribuer au financement de l’activité, coordonner les activités, participer à
la capitalisation des expériences, alimenter le conseil en technologies et méthodologies et
réaliser les formations.
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que le conseil est une affaire de spécialistes (des développeurs de structures publiques, des
prestataires privés,…) et ceux qui voit le conseil s’intégrer aussi au sein des OP
L’IPR forme des ingénieurs en vulgarisation (Master). La première promotion sortira en 2006.
Cette formation se fait en relation avec le Ministère de l’Agriculture. Mais, cette première
promotion est composée de professionnels dont la moyenne d’âge est supérieure à 40 ans.
Il est peu probable que ces agents aspirent à revenir à la base pour conseiller les
producteurs.
Il y a un besoin d’intégrer un enseignement sur le conseil agricole à différents endroits du
cursus de formation des ingénieurs et techniciens supérieurs.
Il faudrait au moins une journée de conférence à l’IPR sur le conseil.
Le SG de l’APCAM rappelle que les chambres d’agriculture sont dirigées par des élus. Le
président de l’APCAM n’est pas nommé par l’Etat. Il est élu par la base. Les chambres
d’agriculture ont une autonomie à caractère technique et financier. L’APCAM doit trouver des
ressources pérennes ; elle travaille à la recherche de ces ressources. En attendant, l’Etat
donne une subvention à l’APCAM mais cela n’en fait pas une structure étatique.
Après avoir identifier les besoins en conseil, et les structures susceptibles de la mettre en
œuvre en mobilisant différentes sources de financements, les groupes vont s’intéresser aux
ressources humaines nécessaires au conseil.
1/ Quel est le profil idéal du conseiller et les qualités requises pour mener à bien ce travail
proche des producteurs ?
2/ Comment former les conseillers ? Quels rôles peuvent jouer les institutions de formation
et de recherche ?
3/ Quels sont les besoins de renforcement des capacités des producteurs et des OP pour
que le conseil soit plus efficaces (alphabétisation, formation, …).
Rapport Groupe I
1. Profil idéal du conseiller
Cadres moyens et supérieurs en agronomie, élevage, protection des végétaux, pêche,
pisciculture, santé, économie, finance, gestion, juridique, etc
Paysan ayant le niveau requis.
2. Qualités requises
Être jeune, courageux, avoir l’amour de son travail, communiquer facilement, être sociable,
accepter de vivre en campagne, être alphabétisé
3. Comment former les conseillers
Formation des cadres déjà identifiés pour le conseil à travers les stages théoriques et
pratiques, recyclage
Rôle des institutions de formation et de recherche.
Initiation de cycle de formation en conseil de gestion
Elaboration des thèmes de formation
Appui conseil
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Rapport groupe II
1. Le profil idéal du conseiller
Ingénieur pour la conception, l’analyse et la formation
Technicien supérieur, technicien et agents techniques pour la mise en œuvre du conseil.
2. Qualités requises
Etre du développement rural
Qualités : homme de terrain, communicatif, patient, disponible, savoir écouter
3. Comment former les conseillers
Formation académique et formation continue à travers les structures techniques ayant une
expérience en la matière : exemple recherche, structure de développement rural.
Institutions de formation et de recherche doivent assurer les formations académiques. La
recherche propose des innovations en matière de conseil et assure la formation en la
matière.
4. Besoins de renforcement des capacités des producteurs
Formation continue en alphabétisation fonctionnelle des producteurs et des OP (au moins un
néoalphabète par exploitation)
Formation technique de base adaptée aux besoins des exploitations et des OP.
Formation en techniques de communication pour faciliter les échanges
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