Textes de différents points vus sur les buts de l’école.
« Frédéric Lenoir n’est pas contre l’accumulation de savoir, bien au
contraire, mais il croit que dans un monde de plus en plus «complexe
et opaque», nos jeunes gagneraient à développer un esprit critique
face à toutes ces connaissances qu’on leur inculque. «Les enfants
pourraient apprendre à débattre, à écouter les autres, à faire preuve
de plus de discernement, à dépasser les apparences et les rumeurs
pour se forger leur propre opinion» » Journal de Montréal, Renée
Laurin, 12 nov. 2016
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« Selon André Comte-Sponville, éduquer c’est transformer un petit
d’homme/femme – le.la même à la naissance, à très peu près, que
son ancêtre d’il y a vingt mille ans – en être humain civilisé. Cela
suppose qu’on lui transmette, dans la mesure du possible, ce que
l’humanité a fait de meilleur ou de plus utile, ou qu’elle juge être
tel : certains savoirs et savoir-faire (à commencer par la parole),
certaines règles, certaines valeurs, certains idéaux. “On ne naît
pas vertueux, on le devient”. Si l’éducation consiste en une
transmission des valeurs, l’école laïque se retrouve bien démunie
face au pluralisme éthique contemporain, Philosophie Magazine,
Philippe Garnier 20 janvier 2016.
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« Normand Baillargeon est un oiseau rare dans le paysage
intellectuel québécois. Cet esprit libre, philosophe de l’éducation,
plaide pour la nuance dans un monde de polarisation. Il recommande
même d’écouter les gens qui ne pensent pas comme nous pour
essayer d’en tirer des idées valables. J’ai assez étudié pour voir que,
très souvent, on peut accorder des points à des gens qui ne pensent
pas comme nous. On n’est pas obligés de classer les gens entre les
bons et les méchants. Je refuse ces catégorisations », ajoute-t-il. Sa
conception de l’éducation s’inscrit dans une longue tradition, qui
remonte à Platon et qui s’incarne dans la philosophie analytique,
peu connue dans le monde francophone. « On sort de la caverne, on
accède au savoir, on voit le monde tel qu’il est. Pour moi, l’éducation
c’est l’accès à des savoirs fondamentaux : les mathématiques, les
sciences, la philosophie, la littérature, les arts », dit-il. » Le devoir,
27 février 2023.
L’école importante? Pourquoi? Tu as peut-être l’impression que ce
que tu apprends à l’école ne te servira pas plus tard. Console-toi, la
plupart du temps, ce n’est qu’une impression.
En réalité, l’école participe à ton développement global en tant
qu’individu. En ce sens, l’école n’est pas au service d’une seule et
unique mission professionnelle, elle offre plutôt une formation
diversifiée très riche. Elle t’aidera par la suite à faire des choix plus
éclairés et à mieux te connaître. Il faut ouvrir ton esprit et
comprendre l’immensité de son apport sur le plan personnel.
Site de Alloprof.qc.ca
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Et si, comme se demande Rafaële Germain, le problème n’était pas
ce que les élèves ne sont pas capables de faire, mais plutôt ce que
l’école n’est plus capable d’exiger ? Comme plusieurs de mes
collègues enseignants, je me pose régulièrement la question. À mon
avis, cette situation s’explique par trois grands facteurs.
Premièrement, la marchandisation de l’école publique a déséquilibré
le rapport de force entre l’école et la société qu’elle devrait servir.
Autrefois, il était attendu que les jeunes, ainsi que leurs parents,
s’adaptent aux exigences de l’école. De nos jours, les attentes sont
inversées. Les écoles doivent maintenant s’adapter aux besoins (et
aux caprices) de leurs clientèles. Modifier la date d’une évaluation
pour accommoder un voyage, abaisser les exigences pour réduire
l’anxiété, réviser des résultats à la hausse pour ne pas nuire aux
chances d’admission, la liste est sans fin.
Deuxièmement, certains bons penseurs ont perverti l’idée
de l’égalité des chances pour lui donner un tout autre sens et l’ont
transformée en une quête de l’égalité des résultats. L’école publique
a malheureusement pris cette tangente, celle d’abaisser les
exigences continuellement afin de faire réussir tout le monde, mais
cette réussite n’a plus la même valeur. Comme enseignant, je peux
vous témoigner que la charge de travail et les exigences que j’ai
envers mes élèves ces dernières années ne sont qu’une fraction de
ce que j’exigeais en début de carrière, il y a plus de 20 ans de cela.
Pourtant, malgré tous ces assouplissements, mes taux de réussite
n’ont guère changé. Il semble que l’école cesse de prendre des
décisions en fonction de ce qui serait le meilleur pour les enfants
En tant que futurs citoyens et prend plutôt ses décisions en
fonction de cibles comptables de diplomation à atteindre.
Cela nous mène au troisième facteur en jeu. Au fil des deux
dernières décennies, nous avons assisté à un nivellement par le bas
graduel, mais constant, tant sur le plan des exigences envers les
élèves qu’envers la profession enseignante2, sans souci pour
l’impact que cela pourrait avoir sur le petit humain assis dans la
classe. Les élèves (ainsi que leurs parents et la société en général)
ne fourniront généralement que le minimum exigé d’eux. Lorsque
les exigences sont diminuées, les efforts le sont aussi. Si nous
rehaussons nos standards, je crois sincèrement que les jeunes sont
capables de les atteindre. Un récent article du New York Times,
publié dans La Presse, soulignait d’ailleurs que les écoles des bases
militaires américaines performaient mieux que les écoles publiques
des autres États, notamment parce qu’elles avaient « relevé le
niveau de rigueur attendu des élèves »3. Pourquoi l’école publique ne
pourrait-elle pas être tout aussi exigeante ? De peur de perdre
des clients ?
L’école publique québécoise, autrefois une de nos grandes fiertés
collectives, est capable d’exploits extraordinaires, mais pour cela, il
faudra savoir viser plus haut que simplement l’ordinaire. La
revalorisation de l’éducation passe par une revalorisation tant du
rôle de l’élève que de celui des enseignants.
Si nous exigeons l’excellence, nous saurons l’obtenir. Ce n’est qu’une
question de volonté. La Presse, Simon Landry, 17 octobre 2023
- Les rôles de l’école sont la socialisation, l’intégration et la
transmission des savoirs pour favoriser l’égalité des chances.
- L’école a 2 missions : instruire et socialité pour intégrer les
individus.
- La socialisation est un processus, par différentes formes, qui
conduit les personnes à intérioriser des normes et des valeurs.
- L’école a un triple objectif d’intégration : elle intègre à la
collectivité en favorisant l’apprentissage des codes de la vie
en collectivité ; elle intègre à la culture en transmettant
notamment les valeurs de la société; elle intègre
professionnellement en favorisant l’acquisition d’un statut
professionnel.
- L'égalité des chances suppose que le statut social des individus
d'une génération ne dépende plus des caractéristiques
ethniques, religieuses ou sociales des générations précédentes.
Site : Maxicours.com, un site français
L'école transmet des savoirs... scolaires :
Or ce savoir, que l'école a sacralisé comme le point fondamental de
l'enseignement, n'est pas le savoir scientifique, construit
expérimentalement, ni des savoirs d'actions issus de la pratique
professionnelle ou autre. Le savoir de l'école, c'est les disciplines
scolaires, définies selon les contraintes propres de l'institution,
selon des découpages dont les prémisses avaient été forgées pour
l'enseignement secondaire dès l'Antiquité. Ces disciplines scolaires
ont répondu historiquement à des objectifs bien différents selon les
formes d'enseignement. Comprendre la transmission scolaire n'est
pas seulement se pencher sur les contenus disciplinaires, les
contraintes institutionnelles ou autres. C'est aussi, comme tente
de le faire la sociologie de l'éducation depuis près d'un siècle,
s'interroger sur le rôle de l'école dans le processus de socialisation
et de reproduction des inégalités sociales. Destinée auparavant à
reproduire purement l'ordre social et ses inégalités, l'école tend à
devenir une institution « libératrice » pour l'individu et
économiquement profitable, car elle accroît le « capital humain ».
Le second courant sociologique, dit « conflictualiste », postule au
contraire que l'école est une institution destinée à reproduire ou à
justifier le pouvoir des dominants, soit en inculquant son idéologie
(marxisme), soit en transmettant sa culture (thèse de la
reproduction) . Publié le 01 mars 2002, scienceshumaines.com, un
site français.