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Introduction à la Santé Publique

Ce document présente une introduction à la santé publique, définissant la santé selon l'OMS et les différences avec la médecine curative. Il aborde également l'évolution de la santé publique, les grandes fonctions essentielles, et les démarches et approches en santé publique. Enfin, il souligne l'importance de la santé publique dans la protection et l'amélioration de la santé des populations à travers des actions collectives.

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Introduction à la Santé Publique

Ce document présente une introduction à la santé publique, définissant la santé selon l'OMS et les différences avec la médecine curative. Il aborde également l'évolution de la santé publique, les grandes fonctions essentielles, et les démarches et approches en santé publique. Enfin, il souligne l'importance de la santé publique dans la protection et l'amélioration de la santé des populations à travers des actions collectives.

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INTRODUCTION A LA SANTE PUBLIQUE

Pr Ag. KOUASSI DP (Maître de conférences Agrégé)


Dr YAO GNISSAN (Maître Assistant)
Service de Santé publique /UFR Sciences Médicales / UAO Bouaké/ L2/ AVRIL 2021

INTRODUCTION

De tout temps, l’homme a tenté de se protéger individuellement ou collectivement


contre les épidémies et les décès, notamment en luttant contre les épidémies et les
agressions de l’environnement.

Au terme de cette leçon, l’étudiant doit être capable de :

OBJECTIFS

1. Définir la notion de santé et la santé publique selon l’OMS


2. Citez la différence fondamentale entre la médecine curative et la santé
publique
3. Enumérez les grandes fonctions de la santé publique
4. Enumérez les démarches de santé publique
5. Citez les différentes approches de santé publique

PLAN DU COURS

INTRODUCTION
I- CONCEPT DE LA SANTE
II- CONCEPT DE LA SANTE PUBLIQUE
III- EVOLUTION DE LA SANTE PUBLIQUE : TRANSITION
EPIDEMIOLOGIQUE
IV- LES GRANDES FONCTIONS ESSENTIELLES DE LA SANTE
PUBLIQUE
V- LES DEMARCHES DE SANTE PUBLIQUE
VI- LES DIFFERENTES APPROCHES EN SANTE PUBLIQUE
VII- NOTIONS UTILISEES EN SANTE PUBLIQUE
CONLUSION

1
I- CONCEPT DE SANTE
1- Définition

Il n’est pas aisé de définir la santé.


Les définitions diffèrent selon le regard que l’on adopte.
La santé est l’état de quelqu’un dont l’organisme fonctionne normalement
(dictionnaire Larousse en cinq volumes).
Pour le Dr Leriche (chirurgien), en 1936, La santé, c’est la vie dans le silence des
organes.
Et selon Georges Canguilhem, la santé C'est la capacité de surmonter les crises.

En 1946, pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :


« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne
consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. »
La santé est un concept neutre que chacun est appelé à définir et il n’est pas
possible de définir la santé d'une seule manière, valable pour tous, en tout lieu et
en tout temps.
La définition proposée par l'OMS a le mérite de décrire les différentes
composantes d'un état de santé et d'avoir contribué à l'évolution du concept de
santé vers une représentation positive de la santé. C'est une vision dynamique de
la santé.

2- L’état de « bonne santé » et les besoins fondamentaux

L’OMS fait référence à la notion de bien-être pour définir la santé. Le bien-être,


selon l’OMS, peut être considéré comme la satisfaction des besoins et
l’accomplissement des capacités physiques, intellectuelles et spirituelles. Ainsi,
pour être en bonne santé, les besoins fondamentaux doivent être satisfaits.

Il s’agit, par exemple, des besoins :

2
1. Nutritionnels : pouvoir manger et boire en quantité suffisante
2. Sanitaires : propreté et hygiène
3. Éducatifs : instruction et éducation en lien avec notre culture
4. Sociaux : être en phase dans la société dans laquelle on vit.
5. Affectifs

Pour Abraham Maslow2, l’être humain est un tout présentant des aspects
physiologiques, psychologiques, sociologiques et spirituels. Il a ainsi déterminé
une hiérarchie des besoins, classés en cinq grandes catégories, connue sous le
nom de « Pyramide de Maslow ».

1. Besoins d’accomplissement (de réalisation de soi, de dépassement)


2. Besoins d’estime (respect des autres, reconnaissance, sentiment d’être
utile, la confiance, l’estime personnelle)
3. Besoins sociaux (d’appartenance, d’amour, d’amitié, intimité)
4. Besoins de protection et de sécurité
5. Besoins physiologiques, de maintien de la vie (manger, boire, dormir,
respirer, …)

1 Besoin : d’accomplissement, de réalisation de soi, de


dépassement

2 Besoin d’estime : respect des autres, reconnaissance,


sentiment d’être utile, la confiance, l’estime
personnelle

3 Besoin : sociaux, d’appartenance, d’amour, d’amitié,


intimité

4 Besoin de : sécurité du corps de l’emploi, de la santé,


de la propriété

5 Besoin de : manger, boire, dormir, respirer

Pyramide de Maslow
3
Il considère que l’individu ne peut passer à un besoin d’ordre supérieur que quand
le besoin de niveau immédiatement inférieur est satisfait.

3- Les dimensions de la santé

L’être humain est un être :

1. Biologique (biologique, physiologique, vivant, dynamique, unique)


2. Social (en interaction constante avec d’autres individus, situé dans le temps
et dans l’espace, dépendant de son environnement et agissant sur
l’environnement),
3. D’émotions (émotions, sensations, intentions) et de connaissances
(connaissance, rationalité, réflexions)

La santé s’exprime et s’exerce donc dans chacune de ces dimensions, biologique,


sociale et psychologique. Mais la notion de santé varie également selon le
moment, la façon dont l’individu se perçoit et s’analyse (la perspective).

• OMS (1986) : « La santé est une dimension essentielle de la qualité de vie,


l´opportunité de faire des choix et d´être satisfait de vivre. »

• OMS (2001) : « Intégrité anatomique, physiologique et mentale. Capacité à


assumer ses rôles familiaux, professionnels et sociaux. Capacité à gérer le stress,
sensation de bien-être, et absence de risque de maladie ou de décès prématuré. »

UNICEF (1984) « La santé n’est pas l’absence de la maladie, c’est un sentiment


plus profond que le bien-être qui ne dépend pas seulement des services de santé,
mais du travail, du revenu, de l’éducation, de la culture des droits et des libertés.
»

4
La notion de santé dépend aussi des groupes d’appartenances, de
l’environnement, du moment, de la société et de la culture de l’individu. Par
exemple, la notion de santé n’est pas la même dans les pays en développement et
dans les pays développés.

II- CONCEPT DE SANTE PUBLIQUE


1- Définitions

Il existe de nombreuses définitions de la santé publique.

La santé publique est une discipline qui prend en charge toutes les dimensions,
administratives, sociales, politiques et économiques, de la santé.
Elle s'occupe de préserver la santé, de la protéger au niveau d'un groupe
d'individus, d'un pays ou mondial.
Il n'existe pas de définition partagée du terme « santé publique ».
La santé publique est une discipline qui aborde la santé de façon collective et dans
toutes ses dimensions, et dont la finalité est d'améliorer l'état de santé de la
population.
Elle fait appel à de nombreuses sciences : épidémiologie, démographie, ...
La santé publique est la discipline qui s'occupe de la santé globale d'une
population sous ses aspects préventifs, curatifs et éducatifs. Il s'agit de « la prise
en charge collective de la santé d'une population dans son milieu de vie, qu'il
s'agisse de soins, prévention, éducation ou hygiène sociale ».

- Pour WINSLOW (1920)

La santé publique consiste en « l’art et la science, d’améliorer l’état de santé de


la population, de prévenir la maladie et de promouvoir la santé et l’efficacité des
services de santé par la coordination des efforts de la société »

5
- Pour l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) (1952)

La santé publique est la « science et l’art de prévenir les maladies, de prolonger


la vie et d’améliorer la santé et la vitalité mentale et physique des individus, par
le moyen d’une action collective concertée visant à assainir le milieu ; à lutter
contre les maladies; à enseigner les règles d’hygiène personnelle; à organiser des
services médicaux et infirmiers en vue d’un diagnostic précoce et du traitement
préventif des maladies ; à mettre en œuvre des mesures sociales propres à assurer
à chaque membre de la collectivité, un niveau de vie compatible avec le maintien
de la santé ».
• OMS (2002)

La santé publique représente «l’ensemble des efforts par des institutions dans une
société pour améliorer, promouvoir, protéger et restaurer la vie de la population
grâce à une action collective».

Ces deux définitions, sont très proches, elles insistent sur le fait que la santé
publique se présente comme une approche collective des actions, elles abordent
l’organisation de la santé à l’échelle de populations entières en mettant l’accent
sur la prévention et la promotion de la santé. Ceci inclut toutes les approches
organisées, tous les systèmes de promotion de la santé, de prévention des
maladies, de lutte contre la maladie, de réadaptation ou de soins orientés dans ce
sens.

La santé publique se démarque ainsi de la médecine clinique sur deux plans. Elle
met l’accent sur la prévention que les traitements curatifs, et développe une
approche de population, plutôt que de s’intéresser individuellement aux
problèmes de santé des personnes.

La santé publique prend en compte les dimensions d’organisation administrative,


politique et économique. La santé publique aborde l’organisation de la santé pour
une collectivité, une population à un niveau individuel et à un niveau collectif.

6
La santé publique est aujourd’hui une discipline autonome qui s’occupe de l’état
sanitaire d’une collectivité, de la santé globale des populations sous tous ces
aspects : curatif, préventif, éducatif et social. La santé publique peut être aussi
considérée comme une institution sociale, une discipline et une pratique. Son
champ d’action est vaste couvre tous les efforts sociaux, politiques,
organisationnels qui sont destinés à améliorer la santé de groupes ou de
populations entières. Ceci inclut toutes les approches organisées, tous les
systèmes de promotion de la santé, de prévention des maladies, de lutte contre la
maladie, de réadaptation ou de soins orientés en ce sens.

III- EVOLUTION DE LA SANTE PUBLIQUE : TRANSITION


EPIDEMIOLOGIQUE

Si la définition de la santé publique a peu varié dans le temps, elle a cependant,


intégré de nouvelles fonctions au fur et à mesure de l’évolution de l’humanité, de
la répartition des types de maladies dans les populations et des moyens
technologiques disponibles.

La notion de transition épidémiologique permet de comprendre comment les


fonctions de la santé ont évolué dans le temps. Schématiquement, on distingue
trois grandes périodes dans l’histoire de l’humanité. La période des famines et
des épidémies (avant le 20ème siècle), la période de transition (première moitié du
20ème siècle) et la période d’installation des maladies liées au vieillissement ou
maladies chroniques (seconde moitié du 20ème siècle à nos jours).

a. La période des famines et des épidémies (avant le XXème siècle)

Cette période était dominée par les maladies infectieuses et les maladies liées aux
carences alimentaires. L’espérance de vie était peu élevée. La santé publique
avait essentiellement pour fonction de surveiller et de protéger la population en
organisant la lutte contre les foyers de contagion (Protection et surveillance).

7
b. La période de transition (première moitié du XXème siècle)

Cette période était marquée par la régression des maladies infectieuses grâce aux
progrès de la médecine (vaccination, traitements antibiotiques, etc…) et à
l’amélioration des conditions de vie. L’espérance de vie augmente. La protection
de la santé de tous devient un devoir de l’Etat. La charte de l’hygiène santé
publique instaure une règlementation et une organisation sanitaire au niveau
départemental et communal (Obligation de vaccination contre la variole,
déclaration des maladies infectieuses, désinfection des locaux, surveillance des
sources d’eaux…, fonctions de prévention, surveillance, protection).

c. La période d’installation des maladies chroniques (seconde moitié du


20ème siècle à nos jours).

Cette période est marquée par une régression des mortalités liées aux maladies
infectieuses et une installation et augmentation des maladies chroniques.
L’espérance de vie continue d’augmenter. Avec l’augmentation de l’espérance de
vie, les maladies liées au vieillissement augmentent. (HTA, maladie d’Alzheimer,
diabète…). La santé publique développe une meilleure compréhension de la
façon dont les styles de vie, les conditions de vie (dont les facteurs sociologiques
et environnement) déterminent la santé.

En 1986, la publication de la charte d’Ottawa ajoute une nouvelle dimension à la


santé publique en introduisant la notion de promotion de la santé. Selon la charte
d’Ottawa, la promotion de la santé signifie « élaborer une politique publique
saine, créer des milieux favorables, renforcer l’action communautaire, acquérir
des aptitudes individuelles et réorienter les services de santé ». La santé publique
assure dès lors, des fonctions de promotion de la santé, de prévention, de
surveillance et de protection.

8
IV- LES GRANDES FONCTIONS ESSENTIELLES DE LA SANTE
PUBLIQUE

En 2002, l’OMS a identifié neuf fonctions essentielles.

a. Fonction 1 : Contrôle de la situation sanitaire

Il s’agit d’évaluer l’état de santé d’un pays en continu pour suivre l’évolution de
la mortalité et de la morbidité, d’identifier les menaces existantes et potentielles
pour la santé et de faire des évaluations périodiques des besoins des services de
santé

b. Fonction 2 : Surveillance épidémiologique

Il s’agit d’être en mesure de réagir rapidement pour maîtriser les flambées de


maladies et combattre les problèmes, menaces spécifiques qui apparaissent :
maladies transmissibles, maladies non transmissibles, traumatismes, expositions
aux agents de l’environnement. Et de mettre en œuvre des dispositifs pour
améliorer les systèmes de surveillance.

c. Fonction 3 : Elaboration de politique et de planification en matière de


santé publique

Il s’agit d’élaborer des politiques et une législation pour encadrer l’exercice de la


santé publique pour : améliorer l’état de vie et la qualité de vie, réduire les
inégalités vis-à-vis de la santé, sauvegarder la santé de la population, alléger la
charge des maladies. Elaborer et évaluer des plans pour promouvoir et protéger
la santé publique.

9
d. Fonction 4 : gestion stratégique des systèmes et services de santé pour
améliorer la santé de la population

Il s’agit de promouvoir l’accès effectif à tous les citoyens aux prestations dont ils
ont besoin, de rechercher des solutions pour réduire les inégalités dans
l’utilisation des services de santé.

e. Fonction 5 : Règlementation et mesures coercitives pour la protection


de la santé publique

Il s’agit de promulguer et mettre en application des lois et des règlements dans le


domaine de la santé publique, d’assurer le respect de la réglementation par des
mesures coercitives

f. Fonction 6 : Développement et planification des ressources humaines


dans le domaine de la santé publique.

Il s’agit d’assurer un effectif en ressources humaines qui répond aux besoins des
activités de la santé publique. D’assurer que le personnel sanitaire bénéficie d’un
enseignement et d’une formation professionnelle adéquats.

g. Fonction 7 : Promotion de la santé, participation et droit de regard


des citoyens

Il s’agit de contribuer à améliorer la capacité et les aptitudes des populations en


matière de santé, de créer des environnements qui privilégient des choix de
comportements propices à la santé, de donner aux citoyens les moyens de changer
les modes de vie et de participer activement dans le changement des normes
sociales pour certains comportements.

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h. Fonction 8 : Assurance de la qualité des services de santé destinés aux
personnes et à la population générale

Il s’agit de définir des critères de qualité appropriés pour les services de santé
destinés aux personnes comme pour ceux destinés à la population générale,
d’élaborer des modèles d’évaluation de la qualité.

i- Fonction 9 : Recherche, développement et mise en œuvre de


solutions innovatrices en matière de santé publique

Il s’agit d’élaborer un programme de recherche en matière de santé publique,


d’identifier des sources de financement adéquat pour la recherche

V- LES DEMARCHES DE SANTE PUBLIQUE

Elles se situent à différents niveaux. On distingue ainsi, une politique, un plan,


un programme, une action de santé publique et le développement et la
mobilisation des communautés.

a. La politique de santé publique

C’est l’ensemble des choix stratégiques des pouvoirs publics pour choisir les
champs d’intervention, les objectifs généraux à atteindre et les moyens qui seront
engagés pour améliorer l’état de santé d’une population.

b. Le plan de santé publique

C’est un ensemble de dispositions arrêtées en vue de l’exécution d’un projet. Il


comporte une série de programme d’action. Il opère des choix stratégiques en
retenant certains types d’intervention plutôt que d’autres et fixe les priorités de
son action en les hiérarchisant.

c. Le programme de santé publique

C’est un ensemble cohérent d’actions pour atteindre des objectifs précis.

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d. Une action de santé publique

C’est la composante opérationnelle d’un programme, elle s’inscrit dans les


objectifs du programme en définissant un mode d’intervention particulier.

4.5 Développement et mobilisation des communautés

Il s’agit d’un processus de coopération volontaire d’entraide et de construction de


liens sociaux entre les résidents, les institutions d’un milieu local visant
l’amélioration des conditions de vie sur les plans physique, social et économique.

VI- LES DIFFERENTES APPROCHES EN SANTE PUBLIQUE

On définit classiquement trois grands axes d’intervention pour mettre en œuvre


des actions de santé publique.

a. Approche par les problèmes

Elle se base essentiellement sur les études épidémiologiques qui étudient les
facteurs de risque associés à des problèmes de santé. Par exemple, des études
épidémiologiques ont montré l’hypertension artérielle augmente le risque de
développer des maladies cardiovasculaires, de même l’obésité augmente le risque
de développer un jour le diabète. Si on réduit ces facteurs de risque par des actions
de prévention, on doit pouvoir diminuer la morbidité et la mortalité. Ainsi, inciter
les personnes à avoir une activité physique permet de diminuer le risque
d’hypertension artérielle. Adopter le plan de nutrition santé permet de diminuer
le risque de devenir obèse. D’où l’élaboration de programme visant
essentiellement des modifications de comportements par des actions d’éducation
pour la santé, par des interventions à l’échelon individuel.

b. Approche par les populations à risque

Cette approche cible des populations ayant des caractéristiques qui les
prédisposent à des risques d’avoir une santé sous optimale. Par exemple, les

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personnes âgées, les migrants, etc… Elle associe certains types de
comportements à des populations spécifiques. Elle établit un lien entre ces
comportements et les conditions d’existence de ces populations.

c. Approche par les déterminants de santé

Cette approche est liée à la prise de conscience que le changement de


comportement doit être soutenu par des conditions environnementales qui
favorisent le mieux possible son émergence et son maintien. Par exemple – inciter
les personnes à faire de l’activité physique implique qu’il existe des espaces pour
pratiquer cette activité ; - de même promouvoir une alimentation saine nécessite
de permettre aux personnes d’avoir accès à ces produits sains (menus des
restaurants scolaires adaptés). L’avantage de l’approche par les déterminants de
la santé est qu’elle permet d’établir des programmes et des interventions en
amont.

VII- NOTIONS UTILISEES EN SANTE PUBLIQUE

A. La notion de soins de santé primaire (SSP)

L’OMS via la Conférence internationale sur les soins de santé primaires réunie
à Alma Ata en 1978 a souligné la nécessité d'une action urgente de tous les
gouvernements, de tous les personnels des secteurs de la santé et du
développement ainsi que de la communauté internationale pour protéger et
promouvoir la santé de tous les peuples du monde.

1- Définition des soins de santé primaire

• Les SSP sont des soins essentiels (curatifs, préventifs et promotionnels)


reposant sur des méthodes, des techniques et des pratiques scientifiquement
valables et socialement acceptables, rendus universellement accessibles à tous
avec la pleine participation de la communauté et à coût supportable par le pays.

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• Les SSP représentent le premier contact des individus avec le système national
de santé.

• Les SSP font intervenir le secteur de santé et les secteurs connexes de


développement national et communautaire (agriculture, élevage, production
alimentaire, industrie, éducation, logement, travaux publics et
communications) et font appel aux personnels de santé.

• Les SSP sont des actions de santé indispensables à la continuité de la vie


quotidienne.

2- Promotion des soins de santé primaire

Les SSP comprennent au minimum une éducation concernant les problèmes de


santé qui se posent, ainsi que des méthodes de détection, de prévention et de lutte
qui leur sont applicables :

• La promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles ;

• Un approvisionnement suffisant en eau saine ;

• La protection maternelle et infantile et la planification familiale ;

• La vaccination contre les maladies infectieuses ;

• La prévention et le contrôle des endémies locales ;

• Le traitement des maladies et lésions courantes ;

• La promotion de la santé mentale ;

• La fourniture des médicaments essentiels.

3- Bases des soins de santé primaire

Tout être humain a le droit et le devoir de participer individuellement et


collectivement à la planification et à la mise en œuvre des soins de santé qui lui
sont destinés.

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Chronologie des soins de santé primaires :

• La famille : il incombe au chef de famille de prendre en charge la santé de la


famille.

• Ensuite toute la communauté intervient.

• Les services de santé mettent en place des démarches de soins.

Les SSP sont des services proches de la population. La promotion et protection


de la santé en sont les orientations prioritaires. La prévention est donc essentielle
et doit l’emporter sur le curatif.

B- La notion de santé communautaire

La priorité de la santé communautaire est la promotion de la santé.

1- La communauté

Une communauté est une collectivité, un groupe d’individus qui vivent ensemble
dans des conditions spécifiques d’organisation et de cohésion sociale. Les
membres du groupe ont des intérêts communs et partagent des principes, ce qui
suppose des liens étroits ; ces principes sont acceptés par chacun et reconnus
comme tels par tous. La communauté se définit par rapport à un lien social, de
travail ou de lieu.

2- La santé communautaire

Processus par lequel les membres d’une collectivité, géographique ou sociale,


conscients de leur appartenance à un même groupe,
–réfléchissent sur leurs problèmes de santé,
–expriment leurs besoins prioritaires
–participent activement à la mise en place, au déroulement et à l’évaluation des
activités les plus aptes à répondre à ces priorités.

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La santé communautaire nécessite la participation des membres de la
communauté à la gestion de leur santé individuelle et collective. Il y a une notion
d’engagement de chaque individu. La participation de la communauté est
recherchée à tous les niveaux de l’action, c’est à dire :

• Analyser la situation sanitaire de la communauté,

• Identifier le problème, choisir les priorités,

• Définir les objectifs et activités, mobiliser les ressources pour améliorer la


situation,

• Organiser et conduire l’action,

• Évaluer l’action.

Les usagers, les acteurs, les politiques, les différents partenaires etc. doivent être
associés dans une action de santé communautaire. Les phases de concertation et
de diagnostic partagé sont essentielles car elles impliquent des rencontres d’où
découlent l’analyse et la mise en évidence des priorités.

La démarche participative est importante en santé communautaire. Les savoirs


des destinataires de l’action sont primordiaux. L’action communautaire se
construit dans l’échange et implique un transfert de compétences du professionnel
vers le profane (le destinataire de l’action) mais aussi du profane vers le
professionnel de santé. Les professionnels sont des personnes ressources et
mettent leurs compétences au service de la communauté.

C- La notion de Prévention

La prévention comprend des mesures qui visent à :

– Empêcher l’apparition de la maladie (lutte contre les facteurs de risque) :


vaccinations
– En arrêter la progression ou retarder l’évolution ou les effets : dépistage
– En réduire les conséquences, le risque de rechute et de chronicité

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• Prévention primaire : diminuer l’incidence d’une maladie (réduire le risque
d’apparition de nouveaux cas)

• Prévention secondaire : diminuer sa prévalence (réduire la durée d’évolution)

• Prévention tertiaire : diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des


récidives, les incapacités fonctionnelles qui en résultent

• Prévention quaternaire : actions d’accompagnement de situation d’invalidité


ou processus de mort sans visée d’amélioration de l’état de santé.

D- La Notion d’épidémiologie

• Selon le glossaire de l’OMS, c’est :

• L’étude de la distribution et des déterminants des états de santé ou des


évènements de santé dans des populations déterminées et l’application de
cette étude à la lutte contre les problèmes de santé.

• Donc : l’étude de la fréquence et de la répartition dans le temps et l’espace


des problèmes de santé humains en tenant compte des déterminants.

• Elle peut être :

– Descriptive (Quand ? Où ? Qui ?)


– Analytique ou à visée étiologique (recherche de la causalité)
– Évaluative (mesure de l’efficacité des interventions sanitaires)

• Produit des connaissances utiles dans 5 axes

–Surveillance sanitaire

–Mesure de l’impact/importance/ gravité des problèmes de santé

–Identification des groupes à risques et facteurs de risques

–Recherche étiologique

–Évaluation de la politique de santé et de la santé

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E- Not indicateurs en santé publique

• Ce sont des outils de mesure établis pour apprécier certains phénomènes et

• Les comparer dans l’espace et le temps.

• Ils doivent être :

–exacts et précis, fiables

–simples à recueillir et à calculer

–facile à comprendre

• Démographie

• Natalité

• Fécondité

• Mortalité

• Morbidité

• Létalité

• Espérance de vie

• Incidence

• Prévalence

Conclusion

La santé publique, discipline qui permet de mesurer l’état sanitaire d’une


population.

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