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Transition IAS/IFRS au Maroc : enjeux clés

Cet article examine la transition vers les normes IAS/IFRS au Maroc, soulignant leur importance pour l'harmonisation comptable et la transparence financière dans un contexte de mondialisation. Les normes IAS/IFRS, reconnues internationalement, visent à réduire les disparités comptables et à faciliter la comparaison des résultats financiers des entreprises. L'étude met également en lumière les défis et les bénéfices potentiels de cette adoption pour les entreprises marocaines, en se concentrant sur les différences avec le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC).

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Transition IAS/IFRS au Maroc : enjeux clés

Cet article examine la transition vers les normes IAS/IFRS au Maroc, soulignant leur importance pour l'harmonisation comptable et la transparence financière dans un contexte de mondialisation. Les normes IAS/IFRS, reconnues internationalement, visent à réduire les disparités comptables et à faciliter la comparaison des résultats financiers des entreprises. L'étude met également en lumière les défis et les bénéfices potentiels de cette adoption pour les entreprises marocaines, en se concentrant sur les différences avec le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC).

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Dossiers De Recherches en Économie Et Management Des Organisations

ISSN : 2550-3731
Numéro 1 / Volume 9

Transition vers les normes IAS/IFRS au Maroc : Implications


théoriques, avantages et contradictions

Transition to IAS/IFRS in Morocco: Theoretical implications,


advantages and contradictions
Mohammad EL BIR
Doctorant Faculté des sciences juridiques économiques et sociales Université Mohammed 1er
Laboratoire d'Économie Sociale et Solidaire et Développement Local, Maroc.
[email protected]

Abdelkader EL OUDRI
Enseignant chercheur Faculté des sciences juridiques économiques et sociales Université
Mohammed 1er
Laboratoire d'Économie Sociale et Solidaire et Développement Local, Maroc
[email protected]

Pour citer cet article :

EL BIR. M, EL OUDRI. A., (2024), Transition vers les normes IAS/IFRS au Maroc : Implications théoriques,
avantages et contradictions, Dossiers De Recherches en Économie Et Management Des Organisations 9(1), pp.
324-340.

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Résumé
Les normes IAS-IFRS, constituant un référentiel comptable de haute qualité reconnu
internationalement et par diverses places financières, sont fortement recommandées par la
Banque Mondiale. Elles jouent un rôle crucial dans l'évolution du cadre comptable au Maroc.
À travers le globe, les pays adoptent différentes normes comptables, ce qui résulte en des
variations significatives lors de la présentation des résultats financiers des entreprises.
L'établissement d'une base d'évaluation uniforme devient essentiel pour permettre une
comparaison fiable entre entreprises internationales, minimisant ainsi les disparités comptables.

L’ère du libre-échange exige des acteurs économiques qu'ils partagent un langage commun,
particulièrement dans le domaine de l'information financière. La globalisation entraîne une
interdépendance accrue des économies, poussant les entreprises vers une harmonisation et
l’adoption de normes comptables internationales pour faciliter leur intégration et coopération.

Mots clés : normalisation comptable au Maroc, normes IAS/IFRS, contrôle de gestion, fiscalité
et comptabilité au Maroc.

Abstract

IAS-IFRS are a high-quality accounting standard recognized internationally and by various


financial markets, and are strongly recommended by the World Bank. They play a crucial role
in the evolution of the accounting framework in Morocco. Across the globe, countries adopt
different accounting standards, resulting in significant variations in the presentation of
corporate financial results. Establishing a uniform basis of valuation becomes essential to
enable reliable comparison between international companies, thus minimizing accounting
disparities.

The era of free trade requires economic players to share a common language, particularly in
the field of financial reporting. Globalization is leading to increased interdependence between
economies, pushing companies towards harmonization and the adoption of international
accounting standards to facilitate integration and cooperation.

Keywords: accounting standards in Morocco, IAS/IFRS, management control, taxation and


accounting in Morocco.

Introduction

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L'évolution des marchés financiers, couplée à la nécessité d'une transparence accrue des
informations financières et aux implications de la mondialisation, a considérablement influencé
la discipline comptable, en particulier dans sa capacité à fournir des informations financières
pertinentes. La comptabilité, véritable langue universelle, permet aux différentes parties
prenantes d'une entreprise de partager une vision commune du passé, du présent et de l'avenir
de l'entité, et de se forger une opinion sur ses performances économiques. Elle joue ainsi un
rôle clé dans la communication financière et la transmission d'une image fidèle de l'entreprise.

La globalisation des marchés exige des acteurs économiques l'adoption d'un langage commun
en matière d'information financière, un besoin d'autant plus crucial dans un contexte
d'interdépendance économique croissante. Cette dernière favorise un rapprochement des
entreprises à l'échelle mondiale, nécessitant ainsi l'établissement de normes comptables
internationales.

L'adoption généralisée des normes IAS-IFRS à travers le monde offre de multiples avantages,
notamment en facilitant la comparaison des états financiers pour les investisseurs et en réduisant
les coûts associés. Ces normes garantissent la transparence grâce à des principes tels que la
juste valeur et la notion d'actualisation, tout en reflétant plus fidèlement la réalité économique
des entreprises, en privilégiant les aspects économiques sur les aspects juridiques.

Dans le contexte de mondialisation actuel et face à la demande croissante pour des


informations financières de qualité, le Maroc, désireux de s'aligner sur les standards
internationaux et d'attirer les investisseurs étrangers, ne peut se soustraire à ce processus de
standardisation. Le passage aux normes IAS-IFRS représente donc une transformation
significative pour les groupes d'entreprises marocaines, étant donné les divergences notables
entre le référentiel comptable marocain et ces normes internationales.

Notre article explore cette transition des normes comptables marocaines vers les normes IAS-
IFRS chez certains groupes d'entreprises marocaines, en évaluant spécifiquement l'impact de
ce changement sur la fiscalité et la comptabilité des entreprises au Maroc.
Notre article se propose d'abord de mettre en lumière les pratiques de manipulation comptable
au sein des entreprises marocaines, indépendamment du cadre normatif appliqué, qu'il s'agisse
des normes comptables marocaines ou des normes internationales IAS/IFRS. Après avoir tenté
de révéler ces manipulations, notre étude s'efforce de les démontrer et d'identifier les
divergences entre le Code Général de Normalisation Comptable (CGNC) marocain et les
normes internationales.

L'objectif principal de ce travail est d'explorer les différences fondamentales entre le CGNC
marocain et les normes IAS/IFRS, répondant ainsi à la question centrale : « Quelles sont les
principales divergences entre le CGNC marocain et les normes IAS/IFRS ? »

Pour aborder cette problématique, l'article cherche à répondre aux questions spécifiques
suivantes :
Quels bénéfices les normes IAS-IFRS apportent-elles aux entreprises marocaines ?
Quels impacts l'adoption des normes IAS-IFRS pourrait-elle avoir sur ces entreprises ?

L'analyse se structure en trois parties principales. Le premier chapitre développe le cadre


théorique, en examinant la comptabilité à travers la théorie de l'agence et les principes de la
théorie positive, tout en prenant en compte le contexte théorique global de la comptabilité. Le

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deuxième chapitre présente les normes internationales ainsi que le cadre général de la
normalisation comptable marocaine. Les deux dernières sections se concentrent sur la
normalisation comptable internationale et sur les objectifs de mise en œuvre des normes
IAS/IFRS, notamment en termes de transparence de l'information comptable.
Le choix de cette problématique est délibéré et judicieux. En effet, la comptabilité et la fiscalité
jouent un rôle crucial dans le domaine de l'information financière. C'est pourquoi il est essentiel
d'analyser l'impact de l'adoption des normes IAS-IFRS sur ces deux aspects fondamentaux au
sein des entreprises marocaines. Cette étude vise à comprendre comment l'intégration de ces
normes internationales peut transformer la gestion comptable et fiscale, et quels bénéfices ou
défis cela pourrait représenter pour le tissu économique marocain.

1. Cadre Théorique Conceptuel

Le cadre conceptuel de la comptabilité, constitué d'un ensemble de principes, concepts et


normes, guide la pratique et l'application de cette discipline. Il fournit une base solide pour la
préparation et la présentation des états financiers, et facilite l'interprétation et l'analyse des
informations financières. Les éléments clés de ce cadre incluent la pertinence, la fiabilité, la
comparabilité, la primauté de la réalité économique sur l'apparence juridique, la prudence et la
continuité d'exploitation. Ces principes contribuent à assurer la transparence, la cohérence et la
compréhensibilité des données comptables.

Selon [Hoarau et Teller (2006) ], dans un contexte de mondialisation, il est impératif pour les
acteurs économiques de disposer de normes comptables internationales afin de permettre une
comparaison efficace des entreprises à l'échelle mondiale. Historiquement, chaque pays a
développé ses propres règles comptables, mais l'adoption d'un référentiel comptable
international commun est devenue nécessaire [Christian Hoarau, Robert Teller (2001)].

L’instauration et l'application des normes IAS/IFRS, notamment pour les groupes faisant
appel public à l'épargne, marquent une période de transition exceptionnelle, caractérisée par
une profonde transformation des pratiques comptables, y compris pour les comptes consolidés.
Ces normes proposent parfois des options, offrant aux préparateurs des comptes la possibilité
de choisir entre différentes méthodes d’enregistrement, ce qui implique un traitement de
référence et un traitement alternatif.

Dans le cadre de la théorie de l'agence, la comptabilité sert à atténuer les problèmes


d'asymétrie d'information entre les dirigeants et les actionnaires d'une entreprise. Elle vise à
aligner leurs intérêts en fournissant des informations financières transparentes et fiables,
réduisant ainsi les risques d'opportunisme et favorisant des décisions bénéfiques aux
actionnaires. La comptabilité est ainsi essentielle pour la surveillance et le contrôle des activités
des dirigeants, contribuant à l'amélioration de la gouvernance d'entreprise.

Nous explorerons ensuite la théorie positive de la comptabilité, qui se concentre exclusivement


sur le cadre comptable, tel que discuté par Hervé Jahier, Hocine Lammari, Pascal Lépine, et
Emilie Ringuez en 2019.

1.2. Les Fondements de la Théorie Positive de la Comptabilité

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La théorie positive de la comptabilité, ancrée dans une perspective néo-classique, s'appuie sur
des principes rigoureux pour améliorer la qualité et la pertinence des informations financières.
Voici les piliers fondamentaux de cette théorie:

• Objectivité: Ce principe stipule que les informations financières doivent être objectives,
c’est-à-dire fondées sur des faits vérifiables et mesurables. La théorie positive vise à
éliminer les biais et les interprétations subjectives dans la préparation des états
financiers, en s'appuyant sur des données concrètes et quantifiables pour garantir la
fiabilité des rapports.

• Pertinence: Les informations comptables doivent être significatives pour les utilisateurs,
c'est-à-dire qu'elles doivent aider à la prise de décisions éclairées. La pertinence est
évaluée selon des critères tels que la fiabilité, ainsi que la capacité des informations à
anticiper ou confirmer des attentes sur la performance économique de l'entreprise.

• Neutralité: La neutralité est cruciale dans la présentation des informations financières.


Elle assure que les états financiers ne sont pas conçus pour favoriser certains groupes
d'intérêts au détriment d'autres, mais pour refléter fidèlement la situation économique
réelle de l'entreprise, sans parti pris.
• Efficience: Selon la théorie positive, les informations comptables doivent contribuer à
l'efficience des marchés financiers. En fournissant des données fiables et pertinentes,
elles facilitent une allocation optimale des ressources et soutiennent les investisseurs
dans leurs choix stratégiques, améliorant ainsi le fonctionnement global du marché.

Ces principes fondamentaux de la théorie positive de la comptabilité soulignent son


engagement à fournir une base solide pour l'analyse financière, renforçant la transparence et
l'intégrité des informations financières. En alignant la pratique comptable sur ces standards, on
vise à résoudre les conflits d’intérêts et à minimiser les coûts liés à la surveillance et aux
opportunités, comme souligné par Jensen et Meckling (1976) et Jensen (1983) dans leurs études
sur la théorie de l’agence. Ces travaux mettent en lumière l'importance de la comptabilité dans
la coordination des activités d’entreprise et la gestion des relations contractuelles, marquant
ainsi le rôle central de la comptabilité dans la gouvernance et le contrôle d'entreprise.

1.3. Les recherches normatives en comptabilité et leurs limites

Les recherches normatives en comptabilité sont essentielles pour établir des directives et des
standards visant à optimiser la pratique comptable. Ces recherches se concentrent sur l'idéal de
ce que devrait être la comptabilité, plutôt que sur ses manifestations actuelles. Toutefois, elles
rencontrent plusieurs obstacles significatifs :

➢ Assomption de rationalité : Ces études présupposent souvent que les acteurs de la


comptabilité se comportent de manière rationnelle, utilisant les informations à leur
disposition de façon optimale. Or, la réalité montre que les décisions peuvent être
influencées par des émotions, des intérêts personnels, ou des contraintes propres à
chaque organisation, ce qui complique l'application de principes purement rationnels.

➢ Difficulté de mise en pratique : Transformer les recommandations théoriques en


pratiques concrètes est souvent un défi. Les systèmes comptables sont intrinsèquement

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complexes, et toute modification peut représenter des coûts élevés pour les entreprises.
De surcroît, ces recommandations peuvent ne pas être adaptées à toutes les situations,

➢ ignorant parfois les spécificités sectorielles ou les différences culturelles qui influencent
les pratiques comptables.

➢ Manque de consensus : Il existe fréquemment des divergences entre chercheurs,


praticiens et régulateurs sur ce que devraient être les normes comptables idéales. Ces
différences de perspectives et d'intérêts rendent difficile l'établissement d'un consensus,
ce qui peut limiter l'efficacité des normes proposées.

➢ Évolution des pratiques : Le domaine de la comptabilité est en constante évolution,


influencé par les avancées technologiques et les changements réglementaires. Les
recommandations normatives peuvent donc se retrouver rapidement dépassées,
nécessitant une révision continue pour rester pertinentes et efficaces.

En résumé, bien que les recherches normatives jouent un rôle crucial dans la formulation de
standards comptables améliorés, elles doivent constamment s'adapter et évoluer pour répondre
aux réalités dynamiques et complexes du monde des affaires.

1.4. Méthodologies liées à la gestion des données comptables

Depuis longtemps, les entreprises pratiquent une gestion des données comptables que la
littérature décrit sous divers termes : gestion des résultats, lissage des résultats, nettoyage des
comptes, habillage des comptes et comptabilité créative. Cet article vise à proposer un cadre
conceptuel pour classifier les différentes formes de gestion des données comptables à travers
une revue de littérature.

Les manipulations comptables peuvent être mises en évidence par des méthodologies basées
sur des études de cas ou des tests statistiques. Les méthodologies statistiques sont
particulièrement utiles car elles permettent de détecter des phénomènes sur des populations plus
larges. Les enquêtes, quant à elles, permettent d'interroger directement les dirigeants sur leurs
pratiques comptables de manière anonyme, comme l'ont fait Dichev et al. en 2013.

Les bases de données sont fréquemment utilisées pour étudier la gestion des résultats. Elles
aident à identifier les entreprises manipulatrices ou à mettre en lumière les techniques utilisées
par ces entreprises pour manipuler leurs résultats. Cependant, pour mener à bien ces études, il
est nécessaire de connaître de manière certaine les entreprises concernées. La SEC en identifie
certaines, permettant ainsi d'étudier des cas avérés de manipulation sur le marché américain,
comme l'ont fait Dechow et al. en 2010.

Ainsi, les études sur la gestion des résultats reposent principalement sur des méthodes
statistiques et l'utilisation de bases de données pour détecter les manipulations réalisées par les
entreprises. Ces démarches méthodologiques se fondent sur des approches par les seuils et les
accruals. Nous détaillerons ces méthodologies dans la section suivante après avoir défini plus
précisément la notion de gestion des données comptables.

2. Les Normes Internationales d’Information Financière (IAS-IFRS)

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Les Normes Internationales d’Information Financière (IAS-IFRS) constituent un ensemble de


règles comptables mondiales utilisées pour la préparation et la présentation des états financiers.
Élaborées par l'International Accounting Standards Board (IASB), ces normes sont adoptées
par de nombreux pays à travers le monde.

Les IAS-IFRS définissent des règles et des principes comptables pour divers domaines, tels
que la présentation des états financiers, la reconnaissance des revenus, la comptabilisation des
actifs et des passifs, les instruments financiers, et les contrats de location. Leur objectif est de
fournir des normes comptables cohérentes et comparables pour les entreprises opérant dans
différents pays et devant se conformer à diverses réglementations comptables. Les IAS-IFRS
sont continuellement mises à jour pour refléter les changements de l’environnement
économique et commercial et pour répondre aux besoins des utilisateurs des états financiers.

Ainsi, les IAS-IFRS visent à harmoniser les pratiques comptables à l'échelle mondiale en
offrant des directives claires et précises sur la manière de présenter les états financiers.

2.1 Le Cadre Général de Normalisation Comptable (CGNC) marocain

Le Cadre Général de Normalisation Comptable (CGNC) marocain est un ensemble de règles


et de principes comptables régissant l'établissement des états financiers des entreprises au
Maroc. Mis en place par l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) en 2008, il
vise à harmoniser les pratiques comptables et financières des entreprises marocaines. Le CGNC
marocain, basé sur les normes comptables internationales (IAS-IFRS), a pour but de renforcer
la transparence et la fiabilité de l'information financière. Il est applicable à toutes les entreprises,
quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité.

Un référentiel comptable est un ensemble de concepts, de normes, de méthodes d'évaluation


et de présentation des états financiers. La normalisation comptable minimale existe dans la
plupart des pays, et le Maroc ne fait pas exception. La normalisation comptable au Maroc a été
instaurée par le dahir du 25 décembre 1992 via la loi 9-88. Le processus d'élaboration du code
général de la normalisation comptable a débuté en 1982, marqué par plusieurs assemblées
plénières du conseil de la normalisation comptable. Ce processus se présente comme suit :

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Figure 1 : Processus de la normalisation comptable


1982 : Le ministre des finances lance un projet de
réforme du plan comptable marocain, inspiré par les
dispositions du plan comptable général français.

1986 : L’élaboration du Code Général du Plan


Comptable, comprenant la Norme Générale
Comptable (NGC) et le Plan Comptable Général
des Entreprises (PCGE)

1988 : Mise en place du Projet de loi N° 9-88


relative aux obligations comptables des
commerçants.

1992 : L'adoption de loi (obligation comptable


des commerçants), les entreprises doivent
appliquer le nouveau plan comptable du CGNC à
compter de l'exercice 1994. Autrement dit, les
premiers états de synthèse, selon la norme
comptable marocaine.

Source : Abdellatif EL KHASSIL. « Synthèse sur la normalisation comptable au Maroc ». Disponible sur :
http://www.youscribe.com/catalogue/tous/education/cours/taf-1-synthesesur-la-normalisation-comptable-au-
maroc-362991, (page consultée le 03/10/2020).

2.2.Comparaison entre les normes IAS-IFRS et les normes comptables marocaines

Les normes IAS-IFRS (International Accounting Standards - International Financial


Reporting Standards) sont des normes comptables internationales largement adoptées dans de
nombreux pays, tandis que les normes comptables marocaines sont spécifiques au Maroc pour
la préparation des états financiers. Voici quelques différences notables entre ces deux
ensembles de normes :

• Champ d'application : Les normes IAS-IFRS ont une portée internationale et sont
conçues pour être appliquées par les sociétés cotées sur les marchés internationaux. En
revanche, les normes comptables marocaines sont spécifiquement adaptées aux
entreprises opérant au Maroc.

• Structure et contenu : Les normes IAS-IFRS suivent une structure cohérente et sont
régulièrement mises à jour pour refléter les évolutions économiques et commerciales
mondiales. Les normes comptables marocaines, quant à elles, peuvent présenter des
structures et des contenus différents, adaptés aux exigences et pratiques locales.

• Adaptation locale : Les normes comptables marocaines peuvent inclure des


ajustements ou des interprétations spécifiques pour répondre aux besoins et exigences
du Maroc, tandis que les normes IAS-IFRS sont généralement appliquées sans
modification significative.

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Il est important de noter que le Maroc a entrepris des efforts pour converger vers les normes
IAS-IFRS. En conséquence, de nombreuses entreprises marocaines adoptent progressivement
ces normes pour leurs états financiers, tout en respectant les exigences locales. Pour une
compréhension détaillée des différences entre les normes IAS-IFRS et les normes comptables
marocaines, il est recommandé de consulter des experts comptables et des régulateurs locaux.

2.3. Les divergences entre les normes internationales et les cadres nationaux

Un référentiel comptable est un ensemble de concepts, de normes, de méthodes d'évaluation


et de présentation des états financiers. Dans la plupart des pays, une normalisation comptable
minimale existe. Le Maroc ne fait pas exception et a mis en place sa normalisation comptable
par le dahir du 25 décembre 1992 via la loi 9-88. Le processus d'élaboration du code général de
la normalisation comptable a débuté en 1982, marqué par plusieurs assemblées plénières du
Conseil de la Normalisation Comptable.

La normalisation comptable au Maroc est confiée au Conseil National de la Comptabilité


(CNC), qui collabore avec plusieurs organismes de contrôle et de tutelle pour garantir la qualité
de l'information financière et le respect des normes comptables.

Les principes comptables fondamentaux :

La présentation des résultats doit être fondée sur des principes comptables qui varient d'un pays
à l'autre en fonction du référentiel adopté. Au Maroc, le Cadre Général de Normalisation
Comptable (CGNC) retient sept principes comptables fondamentaux [Mohamed ZEAMARI,
2003] :

▪ Continuité d'exploitation : Les entreprises doivent établir leurs états financiers dans la
perspective d'une poursuite normale de leurs activités.
Ces principes sont essentiels pour garantir la transparence, la fiabilité et la comparabilité des
états financiers des entreprises marocaines.
Permanence des méthodes : Les états de synthèse doivent suivre les mêmes méthodes d'une
période à l'autre. Toute modification doit être décrite et justifiée dans l'état des informations
complémentaires.

▪ Coût historique : Ce principe retient la valeur nominale de la monnaie sans tenir compte
des variations du pouvoir d'achat.

▪ Spécialisation des exercices : Les charges et les produits sont comptabilisés au fur et à
mesure de leur avènement, indépendamment de leur date de paiement ou
d'encaissement.

▪ Prudence : Les produits ne sont pris en compte que s’ils sont certains et définitivement
acquis à l’entreprise, tandis que les charges doivent être comptabilisées dès qu'elles sont
probables.

▪ Clarté : Les opérations et les informations doivent être enregistrées dans les comptes et
sous la rubrique adéquate de manière à garantir leur lisibilité et compréhension.

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▪ Importance significative : Les états de synthèse doivent révéler tous les éléments dont
l’importance peut affecter les évaluations et les décisions des utilisateurs.

Ces principes sont indispensables pour assurer la cohérence et la comparabilité des états
financiers, tout en répondant aux exigences spécifiques du cadre comptable marocain.

3. Les principales divergences entre le CGNC marocain et les normes IAS/IFRS

Il existe plusieurs divergences entre les normes comptables marocaines édictées par le CGNC
et les normes IAS/IFRS. On peut citer :

- Détail et précision : Les normes IAS/IFRS sont plus détaillées et précises que les normes
marocaines.
- Présentation des états financiers : Les normes IAS/IFRS exigent une présentation plus
détaillée des états financiers, notamment en termes de notes annexes.
- Évaluation des actifs et passifs : Les normes marocaines permettent une plus grande
souplesse dans l'évaluation et la présentation des actifs et des passifs, tandis que les
normes IAS/IFRS sont plus rigoureuses à cet égard.
- Évaluation de la valeur de marché des actifs : Les normes IAS/IFRS exigent une
évaluation régulière de la valeur de marché des actifs, tandis que les normes marocaines
permettent une approche plus prudente.
- Portée des normes : Les normes IAS/IFRS ont une portée internationale, tandis que les
normes marocaines sont spécifiques au contexte national.
Ces différences peuvent avoir des implications pour les entreprises qui opèrent dans des
contextes internationaux ou qui cherchent à se conformer aux normes internationales.

3.1. Les conséquences de ces divergences sur la gestion fiscale et comptable des
entreprises marocaines

Les divergences entre les normes comptables marocaines et les normes IAS/IFRS peuvent avoir
plusieurs conséquences sur la gestion fiscale et comptable des entreprises marocaines, telles
que :

• Conformité internationale : Les entreprises marocaines opérant dans des contextes


internationaux peuvent rencontrer des difficultés pour se conformer aux normes
internationales et pour préparer des états financiers compréhensibles pour les
investisseurs internationaux.
• Comparabilité des états financiers : Les entreprises marocaines peuvent avoir des
difficultés à comparer leurs états financiers avec ceux des entreprises étrangères qui se
conforment aux normes IAS/IFRS.
• Exigences de reporting : Les entreprises marocaines peuvent être confrontées à des
exigences différentes en matière de reporting financier selon les pays où elles opèrent,
compliquant ainsi la gestion fiscale et comptable.
• Coûts supplémentaires : La conformité aux normes IAS/IFRS peut entraîner des coûts
supplémentaires pour les entreprises marocaines, notamment en termes de formation et
de mise en place d'outils de reporting financier.
En somme, les divergences entre les normes comptables marocaines et les normes IAS/IFRS
peuvent avoir des implications significatives pour la gestion fiscale et comptable des entreprises
marocaines, en particulier pour celles opérant dans des contextes internationaux.

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3.2. Les défis spécifiques posés par les divergences pour les entreprises marocaines

Les divergences peuvent poser plusieurs défis pour les entreprises marocaines, notamment :
Communication avec les partenaires étrangers : Les barrières linguistiques et culturelles
peuvent rendre difficile la communication avec les partenaires commerciaux ou les clients
étrangers.
Compréhension des normes commerciales étrangères : La nécessité de comprendre les cultures
et les normes commerciales des pays étrangers.
Gestion des différences de temps et de distance : Les différences de temps et de distance peuvent
rendre la coordination à distance plus difficile.
Adaptation réglementaire et juridique : La nécessité de s'adapter aux différences réglementaires
et juridiques dans les différents pays où elles opèrent.
Risques économiques et politiques : Les différences économiques et politiques peuvent
entraîner des risques et des incertitudes dans les décisions d'investissement et les opérations
commerciales.
Ces défis peuvent compliquer les opérations des entreprises marocaines à l’international,
nécessitant des efforts supplémentaires pour s’adapter aux divers contextes économiques et
réglementaires.

3.3.Défis de l’adoption des normes IAS/IFRS pour les entreprises marocaines

L'adoption des normes IAS/IFRS (International Accounting Standards/International Financial


Reporting Standards) au Maroc présente plusieurs enjeux importants. Voici quelques-uns des
principaux enjeux :

o Convergence internationale : L'adoption des normes IAS/IFRS permet au Maroc de se


conformer aux standards internationaux de comptabilité et de présentation des états
financiers. Cela favorise la comparabilité des informations financières avec les
entreprises internationales, facilite les investissements étrangers et renforce l'intégration
économique au niveau mondial.
o Transparence et fiabilité : Les normes IAS/IFRS mettent l'accent sur la transparence et
la fourniture d'informations financières fiables et de haute qualité. Leur adoption au
Maroc améliore la confiance des investisseurs et des parties prenantes dans les états
financiers des entreprises, renforçant ainsi la crédibilité du marché financier marocain.
o Accès aux marchés internationaux : L'adoption des normes IAS/IFRS facilite l'accès des
entreprises marocaines aux marchés internationaux des capitaux. En se conformant aux
normes internationales, les entreprises peuvent attirer plus facilement des investisseurs
étrangers, émettre des titres sur les marchés internationaux et accroître leur visibilité et
leur rayonnement à l'échelle mondiale.
o Amélioration de la gouvernance d'entreprise : Les normes IAS/IFRS encouragent la
transparence, la responsabilité et la bonne gouvernance d'entreprise. Leur adoption au
Maroc favorise l'amélioration des pratiques de gouvernance d'entreprise, ce qui peut
contribuer à accroître l'efficacité et la compétitivité des entreprises marocaines.
o Formation et expertise comptable : L'adoption des normes IAS/IFRS nécessite une
formation et une expertise comptable appropriées. Cela crée des opportunités pour le
développement des compétences en comptabilité et en audit au Maroc, renforçant ainsi
le secteur de la profession comptable et contribuant à l'amélioration des pratiques
comptables dans le pays.

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Il est important de noter que l'adoption des normes IAS/IFRS peut également présenter des
défis, notamment en termes de coûts de mise en œuvre, de complexité des normes et
d'adaptation aux spécificités du contexte marocain. Cependant, les avantages potentiels associés
à l'adoption l'emportent généralement sur ces défis à long terme.

4. Analyse comparative entre le CGNC marocain et les normes IAS/IFRS


Le CGNC marocain (Comptes Généraux des Entreprises) est basé sur les normes comptables
françaises, tandis que les normes IAS/IFRS (International Accounting Standards/International
Financial Reporting Standards) sont des normes comptables internationales. Voici quelques
différences clés entre les deux :

▪ Champ d'application : Le CGNC marocain s'applique uniquement aux entreprises


marocaines, tandis que les normes IAS/IFRS sont utilisées dans le monde entier.
▪ Principes comptables : Le CGNC marocain est basé sur une approche de prudence, qui
encourage les entreprises à être conservatrices dans leur comptabilité. Les normes
IAS/IFRS, quant à elles, sont basées sur une approche plus juste valeur, qui encourage
les entreprises à évaluer les actifs et les dettes à leur juste valeur.
▪ Traitement des immobilisations : Le CGNC marocain autorise la capitalisation des
intérêts sur les emprunts liés à la construction d'actifs immobilisés, tandis que les
normes IAS/IFRS interdisent cette pratique.
▪ Traitement des charges : Le CGNC marocain autorise la capitalisation des frais de
recherche et développement, tandis que les normes IAS/IFRS exigent que ces frais
soient immédiatement comptabilisés en charges.
▪ Évaluation des stocks : Le CGNC marocain permet à l'entreprise d'utiliser soit la
méthode du coût, soit la méthode du coût ou du marché net le plus bas, tandis que les
normes IAS/IFRS exigent l'utilisation de la méthode du coût ou de la juste valeur.
Globalement, les normes IAS/IFRS sont plus orientées vers une présentation fidèle de la
situation financière d'une entreprise, tandis que le CGNC marocain est plus conservateur dans
son approche. Les entreprises marocaines peuvent choisir de se conformer aux normes
IAS/IFRS si elles souhaitent se conformer aux normes internationales ou si elles souhaitent être
plus transparentes dans leur présentation financière.

4.1. Les entreprises marocaines et leurs pratiques comptables et fiscales

En général, les entreprises marocaines cotées en bourse sont soumises aux mêmes normes
comptables et fiscales que les autres entreprises. Elles sont tenues de produire des états
financiers conformes aux normes internationales d'information financière (IAS/IFRS) et de se
conformer aux lois fiscales en vigueur au Maroc.

Les entreprises cotées sont également régulièrement auditées par des cabinets d'audit
indépendants pour s'assurer que leurs états financiers reflètent fidèlement leur performance
financière et respectent les normes comptables et fiscales en vigueur.

Cependant, en raison de la complexité de la réglementation comptable et fiscale, certaines


entreprises peuvent avoir des pratiques qui diffèrent de leurs pairs. Dans ce cas, il est important
de mener une enquête plus approfondie pour comprendre les pratiques spécifiques de chaque
entreprise.

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4.2. Impact des divergences sur la gestion fiscale et comptable des entreprises
marocaines

Les divergences en matière de gestion fiscale et comptable peuvent avoir un impact significatif
sur les entreprises marocaines, notamment celles cotées en bourse.

➢ Fiabilité des états financiers : Ces divergences peuvent entraîner des erreurs dans la
préparation des états financiers, compromettant leur fiabilité et leur exactitude. Cela
peut avoir un impact négatif sur la confiance des actionnaires, des investisseurs et des
autres parties prenantes dans l'entreprise.
➢ Coûts et efforts de conformité : Les divergences peuvent également entraîner une
augmentation des coûts et des efforts nécessaires pour se conformer aux normes fiscales
et comptables. Les entreprises peuvent avoir besoin de recourir à des experts pour les
aider à comprendre et à appliquer les règles fiscales et comptables complexes, ce qui
peut être coûteux.
➢ Conséquences fiscales : Les divergences peuvent également avoir des conséquences
fiscales négatives, notamment des amendes et des pénalités pour non-conformité ou des
litiges avec les autorités fiscales.
En conclusion, bien que l'adoption des normes IAS/IFRS présente des défis, les avantages
potentiels en termes de transparence, de comparabilité et de gouvernance peuvent largement
compenser les efforts nécessaires pour s'y conformer, permettant ainsi aux entreprises
marocaines d'être mieux intégrées au marché financier international.
4.3.Actions à entreprendre pour réduire les divergences entre le CGNC et les normes
IAS/IFRS
Pour réduire les divergences entre le Code Général de la Normalisation Comptable (CGNC)
et les normes IAS/IFRS, les entreprises marocaines peuvent entreprendre les actions suivantes
:

- Formation et sensibilisation : Organiser des formations pour le personnel sur les normes
IAS/IFRS et sur la manière de les appliquer dans leur environnement de travail. Une
sensibilisation plus large auprès des parties prenantes peut également être effectuée pour
les informer sur les différences entre le CGNC et les normes IAS/IFRS.

- Révision des politiques comptables : Réviser les politiques comptables pour s'assurer
qu'elles sont conformes aux normes IAS/IFRS et identifier les divergences existantes.
Les politiques comptables doivent être mises à jour pour aligner les pratiques sur les
normes IAS/IFRS.

- Établissement d'un plan d'action : Élaborer un plan d'action pour identifier les
divergences et les résoudre. Ce plan doit inclure des étapes concrètes pour mettre en
œuvre les changements nécessaires et des délais pour les atteindre.

- Collaboration avec les experts comptables : Collaborer avec des experts comptables
pour comprendre les normes IAS/IFRS et les appliquer dans l'entreprise. Les experts
peuvent également aider à identifier les divergences et à élaborer un plan d'action pour
les résoudre.

- Communication avec les parties prenantes : Communiquer avec les parties prenantes, y
compris les investisseurs, les analystes financiers et les autorités fiscales, pour les

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informer des efforts entrepris pour se conformer aux normes IAS/IFRS et pour leur
donner confiance dans la fiabilité des états financiers.

En adoptant ces mesures, les entreprises marocaines peuvent réduire les divergences entre le
CGNC et les normes IAS/IFRS et s'assurer que leurs états financiers sont fiables et conformes
aux normes internationales.

5. Enjeux de l’adoption des normes IAS/IFRS au Maroc

L'adoption des normes IAS/IFRS au Maroc présente plusieurs enjeux :

➢ Harmonisation internationale : Cela permet d'harmoniser les pratiques comptables avec


les normes internationales, facilitant ainsi la comparabilité des informations financières
entre les entreprises marocaines et celles à l'étranger.

➢ Transparence et qualité de l'information financière : L'adoption des normes IAS/IFRS


améliore la transparence et la qualité de l'information financière, renforçant la confiance
des investisseurs et des parties prenantes. Cela peut également faciliter l'accès au
financement international et attirer des investissements étrangers.

➢ Transition et coûts : La transition vers les normes IAS/IFRS nécessite une formation du
personnel, la mise en place de systèmes d'information adaptés et la modification des
politiques comptables existantes, ce qui peut entraîner des coûts et des efforts
supplémentaires pour les entreprises.

➢ Adaptation au contexte local : Il est important de prendre en compte les spécificités du


contexte marocain, notamment en termes de réglementation fiscale et de pratiques
commerciales, pour garantir une mise en œuvre adéquate des normes IAS/IFRS.

En résumé, l'adoption des normes IAS/IFRS au Maroc présente des avantages en termes
d'harmonisation, de transparence et d'attractivité pour les investisseurs, mais nécessite une
préparation et une adaptation adéquates de la part des entreprises.

5.1. Du coût historique à l’émergence de la juste valeur

Le passage du coût historique à l'émergence de la juste valeur dans les normes comptables
reflète un changement majeur dans la manière dont les actifs et les passifs sont évalués et
présentés dans les états financiers.

o Coût historique : Traditionnellement, les actifs étaient évalués à leur coût d'acquisition
initial, ajustés pour l'amortissement ou la dépréciation, sans refléter nécessairement leur
valeur actuelle sur le marché.

o Juste valeur : Cette approche vise à évaluer les actifs et les passifs en fonction de leur
valeur de marché actuelle ou de la valeur attendue dans des conditions normales de

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marché. Cela permet de mieux refléter la valeur économique réelle des actifs et des
passifs à un moment donné.

L'émergence de la juste valeur dans les normes comptables est due à plusieurs facteurs, tels que
la complexité croissante des instruments financiers, la mondialisation des marchés et la
nécessité d'une transparence accrue. La juste valeur fournit aux investisseurs et aux parties
prenantes des informations plus pertinentes et en temps réel sur la performance financière et la
situation économique des entreprises.

Cependant, l'utilisation de la juste valeur présente également des défis :

▪ Volatilité des valorisations : Les valeurs de marché peuvent fluctuer, entraînant une
volatilité dans les états financiers.
▪ Subjectivité des estimations : L'estimation des valeurs de marché peut être subjective et
complexe pour certains actifs illiquides.
▪ Évaluation fiable et transparente : Il est essentiel de mettre en place des mécanismes
appropriés pour évaluer la juste valeur de manière fiable et transparente.
En résumé, le passage du coût historique à la juste valeur dans les normes comptables reflète
une évolution vers une évaluation basée sur la valeur de marché actuelle des actifs et des passifs,
offrant ainsi une meilleure transparence et une meilleure compréhension de la situation
financière des entreprises.
5.2.Complexité de l’application de certaines normes

L'application des normes IAS/IFRS peut présenter des complexités spécifiques au contexte
marocain. Voici quelques exemples :

- Normes spécifiques à certaines industries : Certaines normes IAS/IFRS sont conçues


pour des industries spécifiques, telles que les normes IFRS 9 pour les institutions
financières. Il peut être nécessaire d'adapter ces normes pour tenir compte des
particularités du secteur marocain.

- Cadre juridique et fiscal : Le cadre juridique et fiscal du Maroc peut différer des
exigences des normes IAS/IFRS. Des ajustements ou des interprétations spécifiques
peuvent être nécessaires pour assurer la conformité tout en respectant les
réglementations locales.

- Évaluation de certains actifs spécifiques : L'évaluation de certains actifs, tels que les
actifs immobiliers ou les actifs intangibles, peut être complexe. Les normes IAS/IFRS
fournissent des directives générales, mais une expertise locale peut être nécessaire pour
appliquer ces normes de manière appropriée.

- Formation et sensibilisation : L'adoption des normes IAS/IFRS nécessite une formation


adéquate du personnel comptable et financier. Il peut être nécessaire de renforcer les
compétences et la compréhension des normes IAS/IFRS au sein des entreprises
marocaines.

- Systèmes d'information : Les entreprises doivent disposer de systèmes d'information


adaptés pour collecter, enregistrer et présenter les informations financières

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conformément aux normes IAS/IFRS. La mise en place de tels systèmes peut être
complexe et nécessiter des investissements supplémentaires.

Il est crucial que les entreprises marocaines soient conscientes de ces complexités et travaillent
en étroite collaboration avec des experts comptables et financiers pour assurer une application
adéquate des normes IAS/IFRS tout en respectant les spécificités du contexte marocain.

5.3.Études antérieures sur les normes IAS et IFRS et leur adoption au Maroc

Les études antérieures sur les normes IAS et IFRS et leur adoption au Maroc ont abordé
plusieurs aspects :

o Contexte réglementaire : Les chercheurs ont examiné les cadres réglementaires et les
politiques comptables existantes au Maroc, ainsi que les efforts déployés pour aligner
ces normes sur les IAS/IFRS. Ils ont étudié les facteurs influençant l'adoption de ces
normes, tels que les pressions internationales, les avantages perçus et les contraintes
locales.

o Impact sur la qualité de l'information financière : Les études ont évalué les effets de
l'adoption des normes IAS/IFRS sur la qualité de l'information financière au Maroc.
Cela comprend l'examen des changements dans la transparence, la comparabilité et la
pertinence des états financiers, ainsi que l'amélioration de la communication financière.

o Coûts et avantages : Les chercheurs ont analysé les coûts et les avantages associés à
l'adoption des normes IAS/IFRS au Maroc. Cela inclut les coûts de mise en conformité,
les changements dans les pratiques comptables, les avantages perçus tels que l'accès aux
marchés internationaux et l'amélioration de la crédibilité financière.

o Mise en œuvre pratique : Les études ont examiné la manière dont les entreprises
marocaines ont mis en œuvre les normes IAS/IFRS, en se concentrant sur les défis
rencontrés, les adaptations nécessaires et les pratiques spécifiques adoptées.

Ces travaux ont permis de mieux comprendre l'adoption des normes IAS/IFRS au Maroc et
leurs impacts sur la pratique comptable et l'information financière.

6. Conclusion : Un processus pas encore intégralement maîtrisé

Pour réduire les divergences entre le Code Général de la Normalisation Comptable (CGNC)
et les normes IAS/IFRS, les entreprises marocaines peuvent entreprendre plusieurs actions
telles que la formation et la sensibilisation, la révision des politiques comptables,
l'établissement d'un plan d'action, la collaboration avec des experts comptables, et la
communication avec les parties prenantes. En adoptant ces mesures, les entreprises peuvent
s'assurer que leurs états financiers sont conformes aux normes internationales et inspirer
confiance à leurs parties prenantes.

L'adoption des normes IAS/IFRS permet au Maroc de se conformer aux standards comptables
internationaux, favorisant ainsi la transparence et la comparabilité des états financiers avec les
entreprises internationales. L'harmonisation avec les normes IAS/IFRS facilite l'accès des
entreprises marocaines aux marchés internationaux, en améliorant leur crédibilité et en

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renforçant la confiance des investisseurs étrangers. Les normes IAS/IFRS fournissent des
directives plus détaillées et précises pour la présentation des états financiers, ce qui peut aider
les entreprises marocaines à améliorer leur gestion financière et leur prise de décision.

Cependant, l'adoption des normes IAS/IFRS nécessite une adaptation des systèmes
comptables existants, ce qui peut engendrer des coûts significatifs pour les entreprises
marocaines, notamment en termes de formation, de logiciels et de ressources humaines
qualifiées. Les normes IAS/IFRS sont souvent complexes et demandent une expertise
comptable approfondie pour leur application correcte. Cela peut représenter un défi pour les
petites et moyennes entreprises (PME) marocaines qui ont des ressources limitées. Les normes
IAS/IFRS sont développées en tenant compte du contexte économique et culturel des pays
développés. Le Maroc, en tant que pays en développement, peut rencontrer des difficultés à
appliquer ces normes de manière appropriée, compte tenu de ses particularités économiques et
réglementaires.

En conclusion, l'adoption des normes internationales par le Maroc est un processus qui n'est
pas encore intégralement maîtrisé. Bien que le Maroc se soit engagé à aligner ses normes sur
les standards internationaux dans de nombreux domaines, il peut y avoir des défis liés à la mise
en œuvre et à l'harmonisation complète avec ces normes. Cela peut être dû à divers facteurs tels
que des contraintes institutionnelles, des ressources limitées, des différences culturelles ou des
obstacles techniques. Cependant, le Maroc travaille continuellement pour renforcer sa capacité
à adopter et à mettre en œuvre ces normes internationales afin de favoriser l'échange
commercial et la coopération avec d'autres pays.

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