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Gouvernance et Conflits en RDC

La situation sécuritaire en République Démocratique du Congo (RDC) est fragile malgré une stabilisation depuis 2006, avec des groupes armés continuant à causer des violences, notamment dans les provinces du Kivu et Orientale. Le développement économique est entravé par une mauvaise gouvernance, des violations des droits humains et un système clientéliste, malgré les ressources naturelles abondantes du pays. Le régime actuel, dirigé par Kabila, montre des tendances autoritaires, limitant les contre-pouvoirs et menaçant la démocratie, avec des réformes institutionnelles stagnantes et une absence d'autorité gouvernementale dans plusieurs régions.

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Gouvernance et Conflits en RDC

La situation sécuritaire en République Démocratique du Congo (RDC) est fragile malgré une stabilisation depuis 2006, avec des groupes armés continuant à causer des violences, notamment dans les provinces du Kivu et Orientale. Le développement économique est entravé par une mauvaise gouvernance, des violations des droits humains et un système clientéliste, malgré les ressources naturelles abondantes du pays. Le régime actuel, dirigé par Kabila, montre des tendances autoritaires, limitant les contre-pouvoirs et menaçant la démocratie, avec des réformes institutionnelles stagnantes et une absence d'autorité gouvernementale dans plusieurs régions.

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Clingendael Institute

Report Part Title: Contexte actuel en RDC


Report Title: Renforcement de la gouvernance dans un district marqué par les conflits
(Ituri) en République Démocratique du Congo
Report Author(s): Louise Anten
Clingendael Institute (2010)

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5. Contexte actuel en RDC

La situation sécuritaire

Depuis les élections de 2006, la situation sécuritaire en RDC s’est stabilisée mais reste
néanmoins fragile. Pour l’instant, l’ouest de la RDC reste relativement stable, les conditions
existantes permettant de mener des actions de développement et de construction de la paix.
Dans les provinces du Kivu et certains secteurs de la province Orientale, des groupes armés
congolais et étrangers continuent à être un facteur d’insécurité, malgré de progrès
sécuritaires importants obtenus en 2009. Dans les districts Uélé de la province Orientale, les
attaques de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) contre la population civile se
3
poursuivent. Dans la province Equateur, l’armée congolaise , avec un soutien limité de la
part de la MONUSCO, a pu riposter à une rébellion apparue à la fin d’octobre 2009. À
travers le pays, des éléments appartenant aux différentes institutions de la police et de la
sécurité nationale continuent à être responsables de sérieuses violations des droits humains,
tout comme les membres de milices locales. La réforme des forces de sécurité n’a progressé
que très lentement (UNSC 2010a), et des chaînes de commandement parallèles continuent
d’exister.

Récemment, le président Kabila a demandé aux Nations Unies d’élaborer, d’ici au 30 Juin
2010 (date du 50è anniversaire de l’indépendance du pays), un plan de retrait progressif de
la MONUC. Les réactions internationales à cette demande ont été que la situation
sécuritaire générale ne permet pas encore d’envisager un retrait de la MONUC. Le Conseil
de Sécurité de l’ONU a décidé de déployer une mission sous un nouveau nom, la
MONUSCO, jusqu’au 30 Juin 2011 et de retirer 2 000 soldats “des zones où la situation le
permet” tout en concentrant des troupes dans l’Est de la DRC (UNSC 2010b).

3
appelée formellement Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC)

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La situation en termes de développement économique

En ce qui concerne le développement économique, la RDC est un pays riche de ses


ressources naturelles, même si le produit de ses ressources est rarement investi dans le
développement du pays. Le développement humain est parmi les plus bas au monde. La
RDC se classe à la 176è position sur 182 pays répertories par le “Human Development
Index”, et descend jusqu’à la 181è position pour le revenu par habitant. Pour l’année 2007
elle se classe en 150è position (sur 155 pays) dans l’index du développement par genre. Et
pourtant, les institutions financières internationales ont une bonne opinion sur l’économie
congolaise. Le pays a été accepté dans le programme d’allègement de la dette HIPC pour
pays très pauvres (Highly Indebted Poor Countries). Afin d’être admis dans le programme
HIPC le gouvernement a du mettre en oeuvre de manière efficace une stratégie de réduction
de la pauvreté et de développement économique, maintenir la stabilité macro-économique et
améliorer la gouvernance et les services publics. Le 1er Juillet 2010, la Banque mondiale et le
4
FMI ont décidé d’apporter US$ 12,3 milliards en allègement de la dette du pays.

Situation en matière de gouvernance

Les services gouvernementaux continuent à manquer de moyens et d’incitation pour


fonctionner de manière efficace. Dans les provinces, les principaux postes gouvernementaux
sont dotés, mais les services sont gravement en sous-effectif. Les salaires sont payés de
manière irrégulière, voire pas du tout, ce qui oblige (et permet) les agents du gouvernement –
y compris les forces de sécurité armées – à tous les niveaux d’appliquer la politique du
“débrouilles vous’, c’est à dire rançonner la population en lieu et place du salaire.

Par ailleurs, les services gouvernementaux fonctionnent généralement selon des règles
informelles basées sur le neo-patrimonialisme. La RDC peut être décrite comme étant un
système clientéliste, une “place de marché politique’ sur laquelle les loyautés politiques quelles
qu’elles soient et à tous les niveaux sont à vendre au plus offrant (Waal 2009). L’Etat actuel,
sous la Troisième République, a conservé de nombreuses caractéristiques de l’Etat sous
Mobutu – malgré la nouvelle constitution. Les membres du gouvernement de coalition ont
tout intérêt à perpétuer le gouvernement d’unité nationale et à entretenir sa faiblesse. La
perpétuation du gouvernement leur permet un accès continu aux ressources étatiques et aux
fonds des donateurs internationaux, ce qui maintient leur pouvoir politique formel (Bayart
2000 in Eriksen 2009). En même temps, la faiblesse du pouvoir étatique est utilisée comme
une ressource à part entière, car elle permet à certaines élites d’accaparer les ressources
économiques (Eriksen 2009).

La situation actuelle de la gouvernance en RDC est formellement basée sur la constitution de


2005. Après les élections de 2006, le vainqueur, Kabila, a formé une coalition assez large
avec une partie des forces qui étaient jusque là dans l’opposition. Malgré cette apparente

4
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376~thesitepk:4607,00.html consultée le 7 juillet 2010

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politique d’inclusion, les provinces de l’Ouest sont largement sous-représentées dans les
échelons supérieurs, la quasi totalité des postes clés étant détenue par des personnes
originaires de l’Est et du Sud du pays. Les forces d’opposition (notamment le Mouvement
pour la Libération du Congo/MLC de Jean-Pierre Bemba) ont été virtuellement exclues des
postes de gouverneur, malgré leur victoire dans cinq scrutins provinciaux, apparemment
parce que les délégués ont voté pour des candidats de la coalition présidentielle en échange
d’argent. Cette large coalition a eu pour conséquence la paralysie de l’action
gouvernementale sur certains dossiers cruciaux comme la réforme du secteur sécuritaire et la
décentralisation. Ceci a miné la logique de la nouvelle constitution sur laquelle s’appuyait la
légitimité du gouvernement, notamment la promesse de contrebalancer le pouvoir
présidentiel à travers la création de provinces relativement fortes et autonomes, avec des
gouverneurs élus par des assemblées provinciales et contrôlant 40% des revenus fiscaux. Dès
2007 il est devenu évident que le gouvernement préfèrerait en fait opter pour une stratégie de
domination politique et militaire et non pour la négociation et le compromis qui sont les
éléments clés d’une politique en faveur de la paix et d’une gouvernance démocratique (ICG
2007).

Cette tendance perdure à ce jour. Pour l’instant, la construction de la démocratie au Congo


est bloquée de toutes parts, le régime Congolais demeure fragile et une tendance autoritaire
est clairement observable. Les contre-pouvoirs sont quasi inexistants étant donné que
l’Administration présidentielle a limité les pouvoirs du gouvernement, du parlement et de la
justice. Les libertés civiques sont régulièrement menacées et les réformes institutionnelles
cruciales n’ont toujours pas progressé de manière significative. Le régime à sapé
l’indépendance de la justice en mettant en oeuvre un plan de lutte contre la corruption qui
avait des visées politiques. Il a utilisé l’argent et la contrainte pour éliminer toute opposition à
son autorité et pour combattre les rébellions locales qui se sont produites depuis 2006.
Kabila envisage de modifier la constitution, sous prétexte de levée d’obstacles à
l’implémentation de la décentralisation. Mais toute modification de la constitution qui aurait
pour conséquence de concentrer encore plus de pouvoir au niveau de la présidence ou qui
permettrait de réduire encore plus les voix de l’opposition menacerait gravement le système
de contre-pouvoir démocratique, déjà très affaibli. Il est très improbable que des élections
régionales puissent être organisées avant la fin du mandat parlementaire actuel, ce qui risque
de rendre impossible les élections générales de 2011(ICG 2010).

Dans les provinces à l’Est, le blocage des réformes signifie que l’autorité gouvernementale
n’est pas devenue plus efficace ou plus légitime qu’elle ne l’était en 2006. Elle n’a pas
répondu aux grandes attentes de paix et de développement qui avaient provoqué le soutien
électoral massif apporté à Kabila en 2006 par les habitants de cette région. De fait, l’autorité
gouvernementale est encore et toujours largement inexistante et il existe des “zones non-
gouvernées” très étendues, où le pouvoir est détenu par des forces locales ou régionales, voire
contrôlées jusqu’à un certain degré par la MONUC. Le gouvernement est absent, sauf pour
les dossiers qui l’intéressent de près, comme par exemple les contrats miniers qui se
négocient exclusivement au niveau national, ainsi que les chaînes de commandement directes
allant du niveau présidentiel aux administrateurs locaux ou aux commandements militaires
sur place.

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