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Cognitivisme - Wikipédia

Le cognitivisme est un courant de recherche scientifique qui considère la pensée comme un processus de traitement de l'information, en opposition au béhaviorisme. Il se caractérise par des thèses fonctionnalistes et computationnalistes, intégrant les états mentaux dans le discours scientifique. Ce paradigme a émergé dans les années 1950 avec l'informatique et a influencé les sciences cognitives et la philosophie de l'esprit.

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Le cognitivisme est un courant de recherche scientifique qui considère la pensée comme un processus de traitement de l'information, en opposition au béhaviorisme. Il se caractérise par des thèses fonctionnalistes et computationnalistes, intégrant les états mentaux dans le discours scientifique. Ce paradigme a émergé dans les années 1950 avec l'informatique et a influencé les sciences cognitives et la philosophie de l'esprit.

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Cognitivisme

courant de recherche scientifique

Le cognitivisme est le courant de recherche scientifique endossant l'hypothèse


selon laquelle la pensée est analogue à un processus de traitement de
l'information, cadre théorique qui s'est opposé, dans les années 1950, au
béhaviorisme. La notion de cognition y est centrale. Elle est définie en lien avec
l'intelligence artificielle comme une manipulation de symboles ou de
représentations symboliques effectuée selon un ensemble de règles. Elle peut être
réalisée par n'importe quel dispositif capable d'opérer ces manipulations.

Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2015).

Les symboles doivent représenter au moins un aspect du monde réel, de


façon que le traitement de l'information débouche sur une solution satisfaisante
aux problèmes posés par l'environnement.

Les partisans du cognitivisme sont souvent associés au computationnalisme.

Historique
Dans les années 1950, le programme de recherche « cognitiviste » s'est élaboré
contre l'approche behavioriste du psychisme, qui visait à n'étudier que le
comportement observable (en réaction aux impasses de la méthode
« introspective » du début du xxe siècle) en ignorant volontairement les
représentations mentales, car non observables scientifiquement. Le béhaviorisme
négligeait ainsi délibérément les activités du cerveau pour ne prendre en compte
que le comportement « manifeste » humain ou animal. On a ainsi qualifié cette
école de pensée de « physicalisme de la boite noire ».

Avec l'émergence de l'informatique, qui a permis de concevoir un comportement


intelligent sur la base d'un langage formel réglant la manipulation de symboles, le
cognitivisme s'est développé et a supplanté le béhaviorisme dans l'étude
scientifique des comportements intelligents. Il est devenu à partir des années
1970 un paradigme classique des sciences cognitives et de la philosophie de
l'esprit.

Le cognitivisme ne doit pas être confondu avec la « révolution cognitive »1 qui s'est
effectuée, entre 1956 et 1960 au sein de la psychologie scientifique, notamment
autour des travaux de Jerome Bruner2 et de George Armitage Miller3,4, à l'université
d'Harvard. Ceux-ci ont mis à jour une activité cognitive spontanée, à la base
d'apprentissages mentaux5,6. C'est en prenant ses distances vis-à-vis de l'impasse
théorique que constituait le béhaviorisme que la révolution cognitive a vu le jour au
sein de la psychologie scientifique, afin de rendre compte du fonctionnement
mental en jeu dans l'adaptation.

Les thèses
Le cognitivisme peut se définir par la conjonction de thèses fonctionnalistes et
« computo-représentationnelles ». Il se présente comme une alternative au
matérialisme éliminativiste et réductionniste en intégrant dans le discours
scientifique les états mentaux, dont il reconnait l'existence et la spécificité.

Les thèses du cognitivisme peuvent se ramener à trois propositions7 :

1. Le complexe cerveau/esprit est


susceptible d'une double
description, matérielle ou
physique d'une part,
informationnelle ou
fonctionnelle d'autre part ; ces
deux niveaux sont largement
autonomes, et le rapport qui
s'établit entre eux est à l'image
de celui qui lie le matériel au
logiciel en informatique. C'est
la thèse fonctionnaliste ;
2. Le système cognitif d'un
organisme est caractérisé par
ses états internes ou mentaux
et par les processus qui
conduisent systématiquement
d'un état à un autre. Ces états
sont reliés entre eux par des
règles formelles au niveau
informationnel et par des
relations de causalité au niveau
physique. Au niveau
informationnel, le passage d'un
état à un autre s'inscrit dans
une série limitée de
changements et est donc
parfaitement descriptible sous
forme d'algorithmes. C'est la
thèse computationnaliste ;
3. Ces états peuvent être
représentationnels : ils sont
dotés dans ce cas d'un contenu
renvoyant à des entités
externes dont ils dépendent
causalement. On dit alors qu'ils
ont une valeur sémantique car
ils réfèrent à quelque chose qui
en constitue le sens. C'est la
thèse représentationnaliste.

Cognitivisme
psychologique et
cognitivisme
philosophique
Le cognitivisme psychologique est, suivant les auteurs, associé ou non à un
physicalisme fonctionnaliste, qui établit une séparation entre le matériel biologique
constituant le système nerveux (le « hardware » de l'ordinateur) et les opérations
mentales qui sont exécutées (les « programmes », ou « software »).

Application aux sciences


de l'éducation
Certains auteurs ont cherché à appliquer les principes théoriques du cognitivisme
aux sciences de l'éducation. Parmi ceux-ci, on peut citer le professeur américain
Robert Gagné et Jacques Tardif, du Québec.

Notes et références
1. Gardner, H., Histoire de la
révolution cognitive, Paris,
Payot, 1993.

2. Bruner,J.S.,Goodnow,J.J.,Austin,
G.A., A study of thinking, NY,
Wiley, 1956.

3. (en) Miller, G.A., « The cognitive


revolution: A historical
perspective », Trends in
Cognitive Sciences, 7(3),,‎2003,
p. 141-144.

4. Miller,G.A.,Galanter,E.,Pribram,K.
H., Plans and the Structure of
behavior, NY, Holt, Rhinehart &
Winston.

5. Delacour, Une introduction aux


neurosciences cognitives,
Bruxelles, De Boeck, 1998.

6. Edelman, G.M., Biologie de la


conscience, Paris, Éditions Odile
Jacob, 1992.

7. Daniel Andler (dir.), Introduction


aux sciences cognitives,
Gallimard, Paris, coll. « Folio
essais », 2004, p. 17-18.

Voir aussi

Bibliographie

Andler, Daniel (dir.), Introduction


aux sciences cognitives, coll. Folio,
Gallimard, Paris 1992 et 2004
Élisabeth Pacherie et Joëlle
Proust (dir.), La philosophie
cognitive, coll. Cogniprisme,
Ophrys, Paris, 2004
Pinker, Steven, L'instinct du
langage (1994), Odile Jacob, Paris,
1999
Fodor, Jerry, L'esprit, ça ne marche
pas comme ça (2002), Odile
Jacob, Paris, 2003
Fodor, Jerry, La modularité de
l'esprit, essai sur la psychologie
des facultés (1983), Les Éditions
de minuit, 1986

Articles connexes

Cognition | Sciences cognitives |


Révolution cognitive
Approche computo-
représentationnelle de l'esprit |
Problème corps-esprit
Psychologie cognitive |
Linguistique cognitive |
Neurosciences cognitives

Liens externes

Portail de la psychologie
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