Introduction Au Genie Chimique 1
Introduction Au Genie Chimique 1
UNIVERSITE DE LUBUMBASHI
Faculté Polytechnique
Département de Chimie Industrielle
1.1 Généralités
Le génie chimique se livre à l’étude, à la construction, à la détermination de l’agencement, aux
conditions opératoires et au fonctionnement de l’appareillage, souvent très spécial et très complexe,
nécessaires à la gestion des réactions chimiques industrielles tout au long de leur déroulement. Cette
démarche relève de l’ingénierie et du bureau d’études. Elle s’appuie sur les connaissances fondamentales
ou, à défaut, sur des corrélations établies à partir de l’expérience; un aspect plus technique concerne le
choix des appareils et des matériaux avec lesquels seront réalisées les installations.
Le génie chimique fait appel à des disciplines très diverses telles que : la thermodynamique chimique,
qui permet de prévoir la possibilité et les caractéristiques énergétiques des réactions; la cinétique
physique, qui s’intéresse aux transformations de la matière, de la chaleur et de la quantité de mouvement;
la dynamique des systèmes, qui étudie le comportement transitoire et la commande automatique des
processus; l’optimisation, qui tient compte des paramètres d’ordre technique et économique pour réaliser
un objectif déterminé.
Le génie chimique n’est pas une simple combinaison de physique, de mathématiques et de chimie
appliquée, c’est aujourd’hui une discipline autonome qui a développé ses propres concepts. Il ne doit
pas non plus être confondu avec la chimie industrielle, qui s’intéresse plus spécifiquement aux
enchaînements de réactions, aux produits et aux conditions à mettre en œuvre dans le procédé
(catalyseurs, pressions, températures).
L’aspect fondamental du génie chimique concerne les méthodes générales et les principes de base
permettant de décrire les transformations et d’analyser le fonctionnement des procédés à différents
niveaux : processus physico-chimiques élémentaires mis en jeu, unités d’opérations (réacteurs,
échangeurs, séparateurs, etc.) et grands systèmes résultant d’une association complexe de plusieurs
unités d’opérations pour constituer un atelier ou une usine. Ces méthodes relèvent des sciences du génie
chimique. Enfin un ensemble de règles et des procédures permettent de concevoir, dimensionner,
construire et faire fonctionner les dispositifs dans lesquels seront conduites les opérations.
1.2 Historique
La date de naissance du génie chimique moderne peut être située entre 1915, où A. D. Little définit le
concept d’opération unitaire, et 1923, où ce concept est repris dans un ouvrage de W. H. Walker, W. K.
Lewis et W. H. Mc Adams, Principles of Chemical Engineering. Pour la première fois, des opérations
concernant le transport des fluides, les échanges de chaleur, les changements de phase, les techniques
de séparation, font l’objet d’études en soi et de théories quantitatives. La seconde révolution a lieu en
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– les opérations unitaires, grâce auxquelles on prépare les réactifs et on effectue les séparations des
constituants d’un mélange qui permettent ainsi le bon fonctionnement du réacteur chimique.
Les opérations unitaires concernent le traitement de la matière première et la séparation des produits
issus de la réaction, celle-ci n’étant en général ni totale ni sélective, ce qui implique un recyclage des
matières premières ainsi que des rejets de matière. Quant aux procédés dits «¬physiques¬», ils ne
comportent que les opérations de séparation et/ou de mélange.
Il est nécessaire de rappeler que dans les industries chimiques, métallurgiques, pharmaceutiques,
agroalimentaires, les opérations de séparation représentent bien souvent l’essentiel de l’investissement
et du coût de certains produits finis. Ces coûts sont par ailleurs d’autant plus élevés que les substances
à séparer sont moins abondantes dans les mélanges desquels elles sont extraites.
La maîtrise de ces opérations unitaires est essentielle pour optimiser les conditions technico-
économiques de la production et répondre aux exigences de la compétition industrielle (coûts de
production, qualité des produits, flexibilité, environnement, etc.). Le procédé doit donc s’adapter au
marché et aux matières premières, ce qui nécessite une souplesse technique et une bonne maîtrise des
paramètres de fonctionnement.
Remarque
La conception d’un procédé de fabrication et sa réalisation complète jusqu’à la production constituent un patrimoine
potentiel pour les sociétés : celles-ci ont alors la possibilité de construire des unités analogues sur d’autres sites et, si
l’occasion se présente, de vendre les plans ou même une installation « clés en main », c’est-à-dire prête à fonctionner.
raison de leur importance dans le bilan énergétique des installations. Il s’agit soit de la physique à la
base du génie chimique, soit de technologies non spécifiques, mais présentant un grand intérêt pour
l’industrie chimique :
– la dynamique des fluides et, à la suite, le stockage et le déplacement des fluides;
– la transmission de la chaleur, qui intervient dans presque toutes les opérations unitaires;
– les équilibres physiques entre phases, qui sont des notions fondamentales pour la compréhension de
En conclusion, pour transformer un produit à partir d’une matière disponible, on doit établir les
structures chimiques fondamentales, autrement dit le procédé, choisir le réacteur, définir la ou les
opérations unitaires et enfin envisager son contrôle et sa commande. Le parcours de toutes ces étapes
constitue la procédure de traitement d’un problème de génie chimique. Vu les exigences de la
compétition industrielle, il est évident que la tâche de chaque ingénieur de génie chimique est
d’optimiser le procédé afin de concevoir et réaliser des installations de production qui soient de plus en
plus performantes et avec un maximum de sécurité.
Toutes les installations de l’industrie chimique ne sont pas réservées à la production d’un seul produit;
les plus nombreuses sont polyvalentes afin de pouvoir s’adapter à la demande. Elles offrent donc la
possibilité de mettre en œuvre des procédés différents. Dans certains cas exceptionnels, cette
polyvalence peut être très complète (installation pilote), mais elle est coûteuse puisqu’elle complique
les appareils et leur fonctionnement, et pèse sur les coûts de production.
Avant le passage à l’échelon industriel, l’utilisation d’une installation pilote est fréquente. Cette étape
permet de vérifier la fiabilité du système et d’affiner la recherche du meilleur rendement.
Accessoirement, les substances obtenues dans l’installation pilote permettent d’anticiper la production
industrielle et d’effectuer des essais d’utilisation, et la détermination des propriétés physico-chimiques
et toxicologiques. L’installation définitive tient compte de ces études préliminaires; elle pourra être
modifiée pour remédier à des anomalies ou devenir plus performante.
Les méthodes imaginées pour industrialiser les procédés chimiques peuvent être adaptées à tous les
procédés industriels de transformation de la matière et de l’énergie. Il s’agit d’identifier les processus
physicochimiques élémentaires, de décrire l’écoulement des fluides et des solides, d’établir des modèles
mathématiques qui permettent de comprendre les processus, de choisir et de dimensionner les
équipements et finalement de conduire les installations de manière optimale, sans oublier les objectifs
économiques.
Il faut encore souligner que le génie chimique, science jeune, a rapidement évolué et provoqué la création
de toute une série de sciences parallèles telles que le génie agroalimentaire, le génie environnemental,
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le génie nucléaire, le génie biochimique, etc. On a ainsi aujourd’hui tendance à parler de génie des
procédés, c’est-à-dire l’application, à d’autres domaines, de la méthodologie propre du génie chimique.
Cette démarche générale du « génie des procédés » est très novatrice car l’industrie était organisée
historiquement par « métiers » autour des filières de produits.
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2. OPÉRATIONS UNITAIRES
2.1 Généralités
Les opérations sont dites unitaires car elles sont fondées sur des règles de nature physique à caractère
général et traduisent des transformations simples.
Le principe fondamental de toute opération unitaire est toujours le même, à savoir la préparation et la
mise en contact intime des phases en présence pour assurer le développement des réactions, les
mécanismes de transport et de transfert de masse (ou matière), de chaleur et de quantité de mouvement
qui ont lieu durant la chaîne de transformation, ainsi que la séparation des constituants du mélange
résultant.
Les opérations unitaires représentent donc un concept utilisé par les ingénieurs chimistes afin de
permettre de façon optimale la transformation des substances brutes déterminées en un ou plusieurs
produits (naturels ou artificiels) commercialisables ou en produits de base destinés à une autre usine
chimique.
Le choix d’une opération unitaire dépend de différentes considérations : – la possibilité effective de
séparation sur des bases thermodynamiques;
– la possibilité offerte par la cinétique physique d’avoir un transfert plus ou moins rapide selon la nature
des phases en présence;
– la volonté d’utiliser préférentiellement certaines sources d’énergie (par exemple l’énergie électrique);
– le souhait d’économiser de l’énergie ou de diminuer les frais de fonctionnement ainsi que celui
d’abaisser les coûts d’investissement.
Toute une série d’opérations, dites opérations auxiliaires, ne figurent pas dans cet ouvrage, bien qu’elles
existent dans beaucoup de procédés et dans toutes les usines de production chimique. Il s’agit :
– du transport et du stockage de produits solides, liquides ou gazeux;
– du captage et du traitement de l’eau pour divers procédés, ainsi que del’assainissement des eaux
résiduaires;
– de la production de la vapeur, du froid et du vide;
concentrations, etc.);
– des méthodes d’analyse élémentaires destinées à l’identification et audosage des éléments présents
•ultrafiltration, osmose inverse, extraction par liquide (pour un transfert de masse entre phases fluides);
•adsorption, échange d’ions, chromatographie en phase liquide, lixiviation (pour un transfert de masse
entre phases fluides et solides); – les opérations nécessitant d’importants échanges de chaleur :
•distillation, évaporation, séchage des liquides (pour un transfert de masse entre phases fluides);
•cristallisation, lyophilisation, cryoconcentration (pour phases fluidessolides);
– les opérations mixtes qui ont lieu de manière isotherme ou non, selonles concentrations considérées et
qui intéressent surtout les épurations en présence d’une phase gazeuse inerte en excès :
•absorption, désorption (phases fluides);
•adsorption en phase vapeur, chromatographie en phase gazeuse, séchage des solides.
Remarque
Il est évident que certaines opérations mettent en œuvre des phénomènes thermiques et de matière : elles sont rangées dans le groupe
correspondant au phénomène principal mis en jeu.
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Pour plus de clarté, on envisage, dans la suite, les opérations unitaires sous l’angle d’une classification
à partir de leur fonction telle qu’elle est résumée dans le tableau 2.1.
Tableau 2.1 – Classification des opérations unitaires selon leur fonction.
Manipulation et transport des fluides Stockage et transport des fluides. Contrôle et mesure du débit de gaz, liquide et vapeur.
Homogénéisation et agitation Mise en contact des liquides, solides et gaz afin d’obtenir un mélange homogène des fluides ou un
contact intime des phases.
Filtration et clarification Séparation des particules solides à partir d’un liquide ou gaz.
Épaississement et sédimentation Concentration des solides à partir de leur mélange avec des liquides.
Classification Séparation des particules solides en groupes présentant de propriétés différentes (dimension, masse
volumique, composition chimique, etc.).
Centrifugation Séparation d’un mélange de deux phases liquides ou d’une phase solide en suspension dans
une phase liquide, par l’action de la force centrifuge.
Échange de chaleur et condensation Échauffement, refroidissement et condensation des fluides avec ou sans changement d’état.
Fours industriels Évaporation Chauffage à haute température des matériaux. Évaporation des liquides, concentration des
et ébullition solutions de solides non volatiles, récupération de l’eau distillée.
Séchage
Récupération de l’humidité ou d’autres liquides d’un solide par évaporation ou autres moyens.
Tours de refroidissement et Refroidissement de l’eau afin de la réutiliser dans les condenseurs ou installations de
réfrigération conditionnement d’air.
Lixiviation
Extraction des substances solides dissoutes dans un liquide par un solvant.
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Absorption et désorption Lavage des gaz solubles d’un mélange ayant un constituant inerte par un liquide.
Récupération des gaz dissous dans un liquide.
Adsorption Récupération sélective des substances à partir de liquides ou gaz par réaction chimique avec des
solides.
Échange d’ions Échange réversible avec les ions de même signe des différentes solutions. Adoucissement
de l’eau.
Tamisage
Triage des particules solides selon leur dimension à l’aide d’un tamis.
Stockage et déplacement des solides Transport des solides. Stockage et chargement en quantité contrôlée dans un appareil de fabrication.
Réduction des solides en particules plus petites. Compactage des solides en augmentant leur masse
Fragmentation et agglomération
volumique.
des solides
Séparation des solides d’après leur composition chimique ou des solides à partir de gaz par des
Séparation magnétique ou
méthodes électriques.
électromagnétique
Enfin, on peut également classer les opérations unitaires d’après leurs régimes de fonctionnement.
Certaines opérations sont menées en discontinu (batch), par charges successives, d’autres sont conduites
en continu. Un système fonctionne en régime permanent si toutes ses caractéristiques (pression,
concentration, température) sont constantes dans le temps. Dans le cas contraire, par exemple lors des
démarrages ou des changements de marche, l’opération est dite en régime transitoire.
réaction ou les produits séparés sortent en d’autres points. Il faut noter que le fonctionnement en continu
permet généralement une régulation automatique très poussée qui conduit à une qualité absolument
constante du produit. Dès lors le travail en continu convient pour une fabrication déterminée et, étant
donné la haute technologie et la fiabilité du matériel, implique une longévité commerciale du produit à
fabriquer ainsi que des productions journalières très élevées, afin de rentabiliser l’investissement très
important.
Avantages :
– qualité de production constante ;
l’installation).
Inconvénients :
– investissements élevés (notamment pour contrôles et régulations) ;– nécessité d’une régularité dans la
qualité des matières premières ; – spécificité de l’appareillage.
Dans un processus discontinu, la situation du système change constamment dans le temps et plusieurs
phases de l’opération peuvent être exécutées successivement dans le même appareil; en continu, ces
diverses phases ont lieu simultanément, chacune d’entre elles dans un appareil spécialisé.
Avantages :
– appareillage polyvalent, charges faibles ;
– pas de problème de circulation de certaines matières (pâtes) ;– parfois rendements plus élevés.
Inconvénients :
– coût énergétique élevé (chauffage et refroidissement pour chaque charge) ;
– besoin élevé en personnel (manutention, surveillance…) ;– qualité de production pouvant évoluer dans
Une opération est dite en semi-continu lorsqu’il y a alimentation et/ou sortie d’au moins un réactif
pendant un temps important, mais qu’il doit y avoir interruption à intervalles réguliers (par exemple
l’envoi en continu d’un mélange de gaz dans une masse déterminée d’un liquide capable de retenir
sélectivement l’un des gaz).
des ordures ménagères au rein artificiel en passant par la distillation du pétrole. Tout procédé de
séparation consiste à obtenir dans un séparateur, à partir d’une alimentation (flux entrant)¬A, deux (ou
plusieurs) effluents B et C de composition différente (figure¬2.1).
Cette alimentation peut être discontinue (le mélange est, par exemple, introduit en une fois au début de
l’opération), comme dans l’évaporateur ou le tamis; elle peut être pratiquement continue (les flux et
compositions sont constants, en un point donné, dans le temps), comme dans le cas d’une colonne de
rectification. En sortie du séparateur se trouvent les produits, c’est-à-dire les flux de matière qui sortent
du procédé. Comme l’alimentation du mélange, la sortie des produits peut être discontinue ou continue.
Une séparation ne peut se concevoir sans l’action d’un agent séparateur et de l’énergie. L’agent
séparateur est par exemple la résine échangeuse d’ions, dans le cas d’une opération d’adoucissement¬;
son rôle est de stocker temporairement certains constituants du mélange (ici, le calcium) et de les
restituer dans une phase distincte de régénération. La régénération remet l’agent de séparation en état
de commencer un nouveau cycle¬: il est donc recyclé, comme l’évoque la figure. La thermodynamique
montre que toute séparation nécessite la dégradation d’une certaine quantité d’énergie (ou encore la
consommation d’une certaine quantité d’énergie libre). Ce «¬minimum thermodynamique¬»
est très inférieur à ce qui est réellement mis en jeu en pratique (plusieurs dizaines de fois dans une
distillation bien conçue¬; plusieurs centaines de milliers de fois lors de l’enrichissement de l’uranium).
Au-delà des différences évidentes de taille et de nature des objets à séparer, des analogies profondes
peuvent exister entre des méthodes en apparence très éloignées, ce qui permet une classification logique
des méthodes de séparation.
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Ainsi, on distinguera une première classe de méthodes où la séparation résulte d’un partage des
constituants entre deux phases (phases liquide et vapeur dans l’évaporateur¬; phases liquide et solide
dans l’adoucisseur). La sélectivité provient essentiellement de facteurs thermodynamiques. On remarque
deux sous-familles selon la façon dont est créée la deuxième phase¬: apport d’un agent de séparation
(comme la résine échangeuse d’ions) ou transformation de la phase à traiter par apport d’énergie
(création d’une phase vapeur). En fait, on peut considérer l’énergie comme un agent de séparation
particulier. Exemple¬: la distillation, l’entraînement par un gaz inerte, l’absorption extractive,
l’extraction, la cristallisation fractionnée, l’adsorption, l’échange d’ions, le lavage, l’osmose, le
moussage-essorage, la flottation, la désublimation, la lyophilisation, la filtration sur gel, la fusion de
zone.
Une deuxième classe est celle où la séparation résulte d’une migration différenciée des constituants.
Le principe de séparation repose:
– soit sur l’existence de vitesses de transfert différentes à travers une barrière (comme le tamis)¬: par
exemple la diffusion gazeuse, la dialyse, l’électrodialyse, la perméation gazeuse, l’électrophorèse,
l’ultracentrifugation, l’osmose inverse, l’ultrafiltration, la distillation moléculaire¬; – soit sur l’existence
de propriétés physiques différentes des constituants d’une alimentation hétérogène dans un champ de
forces¬: masses volumiques, tailles des particules, charges électriques, etc., différentes. Les procédés de
séparation correspondants sont souvent décrits comme des procédés mécaniques de séparation. On y
trouve la filtration, la sédimentation, la centrifugation, la précipitation électrostatique, etc.
On peut mentionner également une troisième classe de méthodes fondées sur la séparation mécanique
des solides divisés.
D’autres critères de classement sont fondés sur la nature des phases mises en jeu, la nature de la barrière,
la forme d’énergie apportée, le mode de mise en contact des phases, la nature des constituants séparés
(molécules, particules, etc.).
–la réaction se déroule dans un réacteur où le mélangeage est parfait, de sorte que les propriétés sont
égales en tous points du réacteur ; – la pression de la colonne à distiller est uniforme, etc.
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Quand les hypothèses de l’étude sont fixées, le génie chimique dispose alors de trois groupes de relations
fondamentales.
1. Les lois de conservation, afin d’écrire des bilans:
– exprimant la conservation de la matière¬;
2. Les équations d’état, afin de caractériser les équilibres entre les phases. Quoi qu’il en soit, un système
est ou se dirige toujours vers l’équilibre. L’équilibre du système est caractérisé par des variables d’état.
Pour les phénomènes courants du génie chimique, ce sont des variables comme la température, la
pression, les compositions qui déterminent et fixent l’état du système en équilibre. Lorsqu’une
quelconque de ces variables change, l’état du système change, l’équilibre change et s’accommode.
Puisque tous les systèmes physico-chimiques obéissent à un équilibre qui est fonction des variables
d’état, celles-ci sont reliées entre elles dans des expressions qui traduisent l’état d’équilibre et qu’on
appelle équations d’état. Les équilibres peuvent être de deux types, à savoir :
– chimique, les énergies mises en jeu sont grandes car il s’agit de modifier des matières;
– physique, les énergies mises en jeu sont moins importantes car la matière n’est pas modifiée.
3. Les lois cinétiques, afin de rendre compte des vitesses de réalisation des phénomènes lors des
transferts de matière ou de chaleur. Il est nécessaire d’acquérir les données cinétiques (le potentiel de
transfert) des mécanismes limitants, qui imposeront leur allure et entraîneront le choix des appareils et
de leurs dimensions, donc celui des temps de séjour.
Ces lois doivent être appliquées aux processus en distinguant aussi¬:
s’il s’agit de phénomènes stationnaires, permanents, ne variant pas au cours du temps ou de phénomènes
transitoires, en mouvement, variant avec le temps¬;
s’il s’agit de transferts simples ou de transferts simultanés, seulement un transfert de chaleur ou de
matière ou de quantité de mouvement ou un mélange des précédents¬;
s’il s’agit de systèmes à une ou plusieurs phases, c’est-à-dire si ce sont des systèmes homogènes ou des
systèmes hétérogènes.
Le fonctionnement réel des étages est très complexe. On l’approche cependant avec une précision
acceptable par le modèle de étage théorique ou idéal, offrant ainsi une efficacité de 100 %.
Un étage idéal assure deux fonctions essentielles :
– les phases effluentes sont en équilibre thermodynamique ;
– la séparation physique (désengagement) des deux phases effluentes est parfaite, c’est-à-dire qu’il n’y
L’intérêt fondamental de ce modèle est de donner la possibilité de dimensionner un appareil sans avoir
recours ni à des données cinétiques (équilibre thermodynamique atteint), ni à des données relatives aux
écoulements : l’absence d’entraînement ainsi que de transport de matière entre les étages permet de
donner aux relations de bilan interétage (relations opératoires) une forme particulièrement simple.
Ses inconvénients sont liés aux hypothèses ; on détermine un nombre d’étages idéaux mais, de par la
nature du modèle, on ne peut donner aucune indication sur les points suivants :
– relation entre le nombre d’étages théoriques et le nombre d’étages réels ;– dimensionnement des étages
réels.
Ces points ne peuvent être précisés qu’en recourant soit aux règles de l’art, soit à des modèles moins
simples (cas des opérations compartimentées non idéales).
Toutefois, appuyé sur l’extrapolation raisonnée des installations existantes, ce modèle permet une
estimation souvent précise du dimensionnement des appareils à compartiments séparés. Il est
universellement employé pour les études d’avant-projet.
Un étage, même parfait, assure rarement à lui seul l’enrichissement désiré. Pour cette raison,
habituellement, une série d’étages est employée, la variation de concentration étant d’autant plus
importante que le nombre d’étages est plus élevé.
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L’efficacité d’une unité de séparation se caractérise par la notion de nombre équivalent d’étages
théoriques NUT (nombre d’unités de transfert), grandeur «statique» adimensionnelle qui traduit la
difficulté de séparation du mélange considéré, et par celle de HUT (hauteur d’unité de transfert),
grandeur «¬dynamique¬» qui dépend de l’appareil utilisé et qui peut être évaluée expérimentalement
ou calculée au moyen de bilans différentiels. La longueur ou la hauteur totale du séparateur s’écrit:
HT=NUT*HUT.
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Un transfert thermique, appelé plus communément chaleur1, est l'un des modes d'échange d'énergie
interne entre deux systèmes, l'autre étant le travail : c'est un transfert d'énergie thermique qui s'effectue
hors de l'équilibre thermodynamique. On distingue trois types de transfert thermique, qui peuvent
coexister :
La quantité de chaleur Q est la quantité d'énergie échangée2 par ces trois types de transferts, elle
s'exprime en joules (J). Par convention, Q > 0 si le système reçoit de l'énergie. La thermodynamique
s’appuie sur le concept de chaleur pour ériger le premier et le deuxième principe de la thermodynamique.
La signification du mot « chaleur » dans le langage courant entretient souvent des ambiguïtés et des
confusions, notamment avec la température. S'il est vrai que les transferts thermiques spontanés se font
depuis les régions de température plus élevée vers les régions de température plus basse, il est néanmoins
possible de réaliser un transfert thermique d'un corps froid vers le corps chaud, à l'aide d'une machine
thermique comme un réfrigérateur. Par ailleurs, lors d'un changement d'état, par exemple lors de
l'ébullition, un corps pur ne change pas de température alors qu'il échange de l'énergie sous forme de
chaleur.
L'exemple le plus simple de situation mettant en jeu un transfert thermique est celui de deux corps en
contact ayant des températures différentes. Le corps le plus chaud cède de l'énergie au corps le plus
froid par conduction ; sa température diminue, le désordre, l'agitation thermique, diminue. En
contrepartie, la température du corps froid augmente, l'agitation thermique augmente en son sein.
La chaleur, dans le langage courant, est souvent confondue avec la notion de température. Bien que très
différentes d'un point de vue scientifique, les deux notions sont tout de même reliées et la genèse de la
thermodynamique a parfois induit cette confusion. Les expressions comme « l'eau est chaude » pourrait
faire croire, à tort, que la chaleur est une propriété du système alors qu'il s'agit d'un transfert d'énergie
(de l'eau, chaude, vers l'environnement environnant, plus froid). Aussi, il est incorrect de dire « l'eau
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perd de la chaleur » lorsqu'elle refroidit. L'expression « transfert de chaleur » est un pléonasme pourtant
très répandu2.
Jusqu'au XVIIIe siècle, les scientifiques pensaient que la chaleur était constituée d'un fluide que l'on avait
nommé le phlogistique (théorie du phlogistique).
Au XIXe siècle, la chaleur est assimilée à un fluide : le calorique. Les progrès et les succès de la
calorimétrie imposent cette théorie jusqu'au milieu du XIXe siècle. Cette conception est par exemple
reprise par Sadi Carnot : un moteur thermique ne peut fonctionner que si la chaleur circule d'un corps
dont la température est plus élevée vers un corps dont la température est plus faible ; raisonnement
correspondant à une analogie avec une machine hydraulique qui tire son énergie du passage de l'eau
d'un réservoir d'altitude élevée vers un réservoir d'altitude inférieure.
Ce n'est qu'avec l'avènement de la thermodynamique statistique que la chaleur sera définie comme un
transfert de l'agitation thermique des particules au niveau microscopique. Un système dont les particules
sont statistiquement plus agitées présentera une température d'équilibre, définie à l'échelle
macroscopique, plus élevée. La température est donc une grandeur macroscopique qui est le reflet
statistique des énergies cinétiques des particules à l'échelle microscopique. Au cours de chocs aléatoires,
les particules les plus agitées transmettent leurs énergies cinétiques aux particules les moins agitées. Le
bilan de ces transferts d'énergies cinétiques microscopiques correspond à la chaleur échangée entre des
systèmes constitués de particules dont l'agitation thermique moyenne est différente.
La température est une fonction d'état intensive servant à décrire l'état d'équilibre d'un système alors que
la chaleur est un transfert d'agitation thermique assimilable à une quantité d'énergie, associé à l'évolution
d'un système entre deux états distincts ou identiques si la transformation est cyclique.
Imaginons un système solide dont trois faces sont soumises à conditions très différentes.
• Une première face est en contact avec un autre solide extérieur au système. L'échange d'énergie
thermique se fait par conduction.
• Une deuxième face est baignée par un fluide. Le transfert thermique se produit par convection.
• Une troisième face est en vis-à-vis avec un système à température élevée, mais sans contact entre
les deux. Le mode de transfert thermique à distance entre les deux systèmes séparés par un milieu
transparent est appelé rayonnement.
Les paragraphes suivants proposent une brève introduction de ces trois modes de transfert.
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Pour les quantifier, il est pratique d'utiliser le flux thermique , qui est la puissance
échangée, en watts (W),
ou encore mieux, la densité de flux thermique (ou flux thermique surfacique) en watts par
mètre carré (W m−2).
3.3. Conduction
Le transfert par conduction est un échange d'énergie se réalisant sans déplacement de matière : il
concerne donc les solides et les fluides immobilisés. Ce transfert peut se réaliser au sein d'un seul corps
ou par contact entre deux corps. L'énergie thermique, ou vibration des atomes autour de leur position
d'équilibre dans le solide, se transmet de proche en proche par un phénomène de diffusion. Les cristaux
disposent d'un mode de transfert thermique supplémentaire particulier associé aux vibrations du réseau
(voir phonon).
Dans le cas le plus simple d'une paroi d'épaisseur e solide dont les deux surfaces d'aire S présentent une
différence de température homogène T1 – T2, le flux thermique dépend de la conductivité thermique λ
du matériau (W m−1 K−1) :
C'est une loi de diffusion similaire à la loi de Fick qui décrit la diffusion de la matière.
3.4. Convection
Le transfert thermique par convection est dû au déplacement de molécules qui induit un déplacement
macroscopique de l'énergie thermique : il se produit dans les fluides (liquides ou gaz) et à l'interface
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entre un solide et un fluide. Ces molécules se déplaçant, elles transfèrent leur énergie thermique à une
autre partie du système. On peut distinguer deux types de convection.
• La convection naturelle (ou libre) est due à la différence de masse volumique entre les particules
composant le fluide. Les particules des zones chaudes, de masse volumique plus faible, montent et
laissent leur place à des particules plus froides ; elles cèdent une partie de l'énergie thermique et leur
température diminue, ce qui les pousse à rejoindre une partie plus chaude.
• La convection forcée est due à la mise en mouvement du fluide par une action extérieure comme un
l'effet d'un ventilateur. Le mouvement accélère le transfert thermique.
Dans le cas le plus simple d'une paroi solide de surface S et de température homogène T1 en contact avec
un fluide à la température T2 à grande distance de la paroi, le flux thermique dépend du coefficient de
convection thermique h du matériau (W m−2 K−1) :
3.5. Rayonnement
Le flux thermique surfacique, qui équivaut à une exitance énergétique, s'exprime par rapport à l'émission
du corps noir dans la loi de Stefan-Boltzmann :
avec
Si le corps récepteur réfléchit certaines longueurs d'onde ou est transparent à d'autres, seules les
longueurs d'onde absorbées contribuent à son équilibre thermique. Si par contre le corps récepteur
est un corps noir, c'est-à-dire qu'il absorbe tous les rayonnements électromagnétiques, alors tous les
rayonnements contribuent à son équilibre thermique.
Le transfert d'énergie par chaleur se réalise généralement par une combinaison de plusieurs modes de
transfert. Par exemple, un chauffage central, combine successivement la convection (en général forcée)
pour chauffer le circuit du fluide caloporteur à partir de la chaudière, puis la conduction pour chauffer
les parois du radiateur qui à leur tour réchauffent l'air en contact, et enfin la convection (en général
naturelle) de l'air associée au rayonnement de la masse du radiateur (d'où le nom de ce dernier).
Parfois le transfert thermique s'accompagne d'un transfert de matière. Par exemple, dans le cas de
l'ébullition d'un liquide, une partie du liquide subit un changement d'état physique et le gaz ainsi créé se
sépare du liquide.
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Figure 1.1. Diffusion du milieu le plus concentré vers le milieu le moins concentré.
l'int
erf
ace
∞
Dis t2 > t1
tan
ce
de
L'indice A désigne l'espèce chimique qui se diffuse alors que y indique la direction dans laquelle le
transport prend place. Dans ce cas, JAy est définit comme le flux molaire de l'espèce A par rapport à la
vitesse moyenne, DAB ; le coefficient de diffusion, C; la concentration totale, xA ; la fraction molaire de
l'espèce A, CA ; la concentration molaire de A.
Cette équation peut être exprimée soit en utilisant la fraction molaire ou la fraction massique comme
suit :
jAy est définit comme étant le flux massique relatif à la vitesse moyenne, ρ ; la concentration
massique totale, ωA et ρA ; la fraction massique et la concentration massique de l'espèce A,
respectivement.
C'est la première loi de Fick de diffusion (1855) à une seule dimension. Elle est valide pour n'importe
quel mélange solide, liquide ou gazeux.
2.2. Définition de la diffusion moléculaire
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La diffusion moléculaire est ainsi appelée car elle résulte de l’agitation thermique des molécules et se
réalise à l’échelle moléculaire. La cinétique du phénomène est quantifiée par la diffusivité qu'on appelle
également le coefficient de diffusion D.
Considérons une plaque de verre assez fine de superficie S et d'épaisseur Y. Supposons qu'initialement
(pour t<0), les deux faces horizontales de la plaque soient en contact avec l'air, qu'on suppose totalement
insoluble dans le verre. Au temps (t = 0), l'air en dessous de la plaque est soudainement remplacé par de
l'hélium pur, qui par contre est très soluble dans le verre. L'hélium pénètre doucement dans le verre en
vertu de son mouvement moléculaire et en définitive apparait de l'autre côté au dessus de la plaque de
verre. Ce transport d'une molécule par rapport à une autre substance est la diffusion moléculaire. Etant
donné que l'air du dessus est rapidement remplacé, il n'y aura pas d'accumulation de molécules d'hélium
sur cette face, Figure 1.3.
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Dans ce système, l'hélium sera appelé espèce A et le verre espèce B. Les concentrations seront données
par les fractions massiques ωA et ωB.
On dit qu'il existe un gradient de concentration de l'hélium dans la direction y.
Pour un temps t > 0, au niveau de la face inférieure, y = 0, la fraction massique de l'hélium est
égale à ωA0.
A mesure que le temps avance, le profil de la fraction massique se développe avec ωA0 au niveau inférieur
de la plaque et ωA = 0 au niveau supérieur de celle-ci.
Comme indiqué sur la figure 1.3, le profil de concentration tend vers une ligne droite lorsque le temps
devient grand.
ρv est le débit de masse qui passe à travers une unité de surface placée perpendiculairement à la vitesse
v.
v*=∑(civi )/∑ci
i i (1.5)
cv est le débit des moles qui passent à travers une unité de surface perpendiculairement à la vitesse v*.
Pour un système multicomposant, les relations du tableau ci-dessous sont valables.
v* =∑(xi vi ) i
c) Les flux
Le flux massique (molaire) de l’élément i représente la masse (nombre de moles) de l’élément i qui passe
pendant une unité de temps à travers une surface perpendiculaire à la direction de diffusion).
Ji = ci (vi −v)
Par rapport à la vitesse massique moyenne v [mole/(m² s)]
Ji*= ci (vi − v*)
Le débit molaire est le nombre de moles par unité de temps; [mol s-1].
Le débit massique est le nombre de grammes par unité de temps; [kg s-1].
Transfert convectif
En plus du transport par mouvement moléculaire, la matière peut également être transportée par le
mouvement de masse du fluide.
Un exemple typique de la contribution de la convection dans le transfert de matière en génie des procédés
est le cas de la distillation. Dans l'opération de distillation binaire, par exemple, la condensation des
mélanges de vapeurs et l'évaporation des solutions volatiles s'accompagne toujours d'une vitesse
interfaciale, due à la condensation des vapeurs ou à l'évaporation des liquides. Bien que le transfert de
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matière dans de tels cas soit considérablement affecté par le flux de masse convectif, cet effet a
longtemps été négligé par les ingénieurs.
NA = cA vA NB = cB vB (1.6)
C = c A+ c B (1.8)
On sait que si une solution dont la concentration de ses constituant est partout uniforme, aucun
changement ne prend place, mais tant qu’il n’y pas d’uniformité, la solution est spontanément ramenée
à l’uniformité par la diffusion.
Ainsi le débit de déplacement du soluté d’un point à un autre doit dépendre du gradient de concentration
sur cette distance.
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4.7. Conclusion
La loi de Fick est la principale équation qui est en rapport avec le transport de la matière d'un milieu à
un autre. Elle peut s'écrire sous plusieurs formes.
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5. PROJETS