Comment l’assurance et la protection sociale contribuent-elles à la
gestion des risques dans les sociétés développées ?
Objectifs d’apprentissage :
Connaître les principaux types de risques économiques et sociaux auxquels les individus sont
-
confrontés
(maladie, accident, perte d’emploi, vieillesse).
Comprendre que l’exposition au risque et l’attitude face au risque (perception du risque, aversion au
-
risque, conduites à risque) diffèrent selon les individus, les groupes sociaux et les sociétés, et être
capable de l’illustrer par des exemples.
Comprendre les effets positifs (bien être, incitation à l’innovation) et négatifs (aléa moral) du partage
-
des
risques tant pour les individus que pour la société.
Connaître les principes (prévention, mutualisation et diversification) qui permettent la gestion
-
collective
des risques et savoir les illustrer par des exemples.
Connaître le rôle des principales institutions qui contribuent à la gestion des risques (famille, sociétés
-
et
mutuelles d’assurance, pouvoirs publics).
Comprendre que la protection sociale, par ses logiques d’assurance et d’assistance, contribue à une
-
couverture des risques fondée sur le principe de solidarité collective.
Plan du chapitre :
I) Les sociétés développées : des sociétés à risques
A-Des risques aux formes multiples
B-Des attitudes et des expositions diverses face aux risques
II) La nécessité d’une gestion collective des risques
A-Les principes essentiels d’une gestion collective des risques
B-Les avantages d’une gestion collective des risques
C-Les inconvénients d’une gestion collective des risques
III) Quelles actions des institutions dans la gestion des risques ?
A-Des institutions diverses contribuant à la gestion des risques
B-La protection sociale : principes fondateurs
C-Comment la protection sociale contribue-t-elle à la gestion des risques ?
Phase de sensibilisation :
Activité 1 : Assurance, protection sociale : de quoi parle-t-on ?
Lorsque l’on va chez le médecin par exemple, on donne sa carte vitale pour être remboursé.
•
Comment se passe le paiement chez un médecin ?
Je paie 25 euros de consultation (tarif réglementé par l’Etat, même si possibilité de dépassement
d’honoraires).
La Sécurité sociale rembourse 16,50 € et la mutuelle rembourse 7,50 €. Il reste 1 euro à la charge du patient,
cela s’appelle le ticket modérateur.
Une mutuelle n’est pas obligatoire aujourd’hui en France, sauf dans les entreprises privées. L'employeur
doit faire bénéficier tous ses salariés qui ne disposent pas déjà d'une couverture complémentaire, quelle
que soit leur ancienneté dans l'entreprise, d'un régime de remboursement complémentaire des frais de
santé.
Problématique :
Nous allons, afin d’étudier dans sa globalité ce questionnement, répondre à l’ensemble de ces
questions. En effet, il est essentiel d’étudier la notion de risque, qui est à définir et à illustrer comme
multiple. De surcroît, il conviendra également d’étudier les différentes attitudes et expositions face
aux risques.
Face à cette risque, il conviendra d’étudier les principes et les effets d’une gestion collective
des risques, qu’elle se fasse sans les pouvoirs publics ou par la mise en place d’une gestion étatique de
ces risques avec la protection sociale.
Ainsi, il convient de se questionner ainsi : Comment l’assurance et la protection sociale
contribuent- elles à la gestion des risques dans les sociétés développées ?
I) Les sociétés développées : des sociétés à risques
Objectifs d’apprentissage :
En terme de savoirs :
- Définir les notions de risque, d’incertitude, de risque économique, de risque social.
- Savoir distinguer le risque de l’incertitude.
- Savoir identifier les différents risques économiques et sociaux.
- Comprendre que les individus ont des attitudes face au risque qui peuvent être multiples.
- Comprendre que les individus sont exposés aux risques de manière différenciée.
- Comprendre que les individus peuvent s’exposer aux risques selon des caractéristiques sociales.
En terme de savoir-faire :
- Savoir lire, analyser et interpréter un document textuel.
- Parfaire la maîtrise de la prise de note.
A-Des risques aux formes multiples
Activité 2 : Risque, incertitude : de quoi parle-t-on ?
Questions/Réponses :
1) Définir les notions de risque et d’incertitude.
Risque : Possibilité qu’un événement se produise qui est calculable.
Incertitude : Possibilité qu’un évènement se produise qui ne peut être calculée.
2) Selon vous, peux-t-on calculer les risques de chômage d’une personne ?
Risque social : possibilité que survienne un évènement affectant négativement la situation d’un individu.
Transition : Face à ces multiples risques, il convient dorénavant d’étudier les diverses attitudes
qu’adoptent les individus face aux risques.
B-Des attitudes et des expositions diverses face aux risques
Activité 3 : Des attitudes diverses face aux risques.
Questions/Réponses :
1) Pourquoi le mendiant préfère-t-il la solution qui donne le gain le plus faible ?
2) Pourquoi l’auteur de cet article suppose-t-il que le riche marchand aurait pris une autre décision
?
Activité 4 : Une exposition différenciée aux risques.
Document 1
Document 2
Document 3
Questions/Réponses :
1) A partir du document 1, montrez que l’exposition au risque d’un individu dépend de son
genre.
2) A partir du document 2, montrez que l’exposition au risque d’un individu dépend de
son âge.
3) A partir du document 3, montrez que l’exposition au risque d’un individu dépend de son milieu
social.
Bilan
La notion de risque en sociologie est relative.
-•Tout d’abord, elle dépend de l’attitude des individus face aux risques. En effet, il existe deux attitudes :
Risquophile, ou « risk-lover », soit l’idée selon laquelle les individus sont plus à même de s’exposer à
une situation risquée, celle qui est donc la plus susceptible d’obtenir un gain élevé mais également la
- plus susceptible de ne pas avoir de gain.
Risquophobe, ou averse au risque, soit l’idée selon laquelle les individus ne souhaitent pas s’exposer à
des situations risquées, celle qui est donc la plus à même de minimiser les pertes.
Ces attitudes dépendent donc de la perception des risques, en effet le risque est une représentation d’une
situation qui dépend de la connaissance du fait risqué. Il existe donc deux types d’individus qui perçoivent
les risques : les experts qui ont une connaissance des sources des risques, les individus qui ne sont pas
d’accord et en débattent (exemple des climatosceptiques ou des personnes contre le vaccin dites
« antivax »). Cette disparité montre donc des perceptions asymétriques des risques (Kanheman, 1992).
Ainsi, ces attitudes vont conduire pour les individus à avoir ou non des conduites à risque. Par exemple, une
personne risquophile va plus avoir tendance à avoir des conduites à risque qu’une personne risquophobe.
-•Ensuite, ces différentes conduites à risque dépendent de déterminants sociaux qui sont les suivants :
Le genre : les conduites à risque sont majoritairement le fruit des hommes, car l’exposition aux risques
- est associée à des valeurs genrées masculines, comme la virilité, le courage ou l’estime de soi.
Le milieu social : les conduites à risque sont davantage le fruit des individus issus des milieux sociaux
les moins aisés, ce qui les exposent à divers risques (maladie, chômage, pauvreté).
Toutefois, ce constat est à nuancer car de nombreuses conduites à risque sont effectuées par des individus
de milieux sociaux aisés afin d’éprouver ses limites afin de pouvoir les mettre à l’épreuve (ex : sports
extrêmes avec le vertige et la vitesse). Selon David Le Breton, dans l’alpinisme « plus un passage soulève de
difficultés tout en restant à la mesure de l’homme, plus les adeptes des activités à risque se sentent
renforcés et heureux de les avoir affrontées, plus elles laissent une trace de mémoire, et plus est puissant
-leur rendement symbolique » (Conduites à risque : des jeux de mort ou jeux de vivre, 2002).
L’âge : les conduites à risque sont davantage effectuées par les individus les plus jeunes, dans le sens
où ils risquent réellement leurs vies (ex : consommation de cannabis).
Toutefois, les adultes ont également des conduites à risques qui sont toutefois réglementées et maîtrisées
(ex : sports extrêmes) et qui sont de surcroît médiatisées (ex : utilisation de caméra Go Pro, diffusion sur
des chaînes Youtube …).
• Enfin, la question des conduites et de la perception du risque à évolué avec l’émergence des sociétés
- contemporaines. En effet, les sociétés contemporaines sont ambivalentes face aux risques car :
Elles s’alarment des risques collectifs : les risques présents dans la société sont ceux qui ont été créé
par celle-ci. En effet, selon Ulrich Beck, nous serions rentrés dans une société du risque ( La société du
risque : sur la voie d’une autre modernité, 1986). Cette société a généré des risques elle-même (ex :
risque nucléaire avec Tchernobyl), qu’il faut répartir notamment sur le plan politique, avec la prise en
compte des experts, et la valorisation (en terme de rémunération et de reconnaissance sociale) des
métiers dits « à risque » (ex : pompier, sauveteurs en mer ou en montagne, ouvriers dans la
construction de bâtiments et de travaux publics qui sont exposés à des produits dangereux comme
- l’amiante).
Elles valorisent les prises de risques individuelles. En effet, les sociétés modernes valorisent les
individus qui prennent des risques de manière délibérée et réfléchie (ex : sports extrêmes,
entreprenariat), alors qu’elles critiquent les conduites à risque qui sont coûteuses pour la société (ex :
consommation de cannabis/de tabac qui sont des conduites à risque et qui deviennent coûteuses
pour la société avec la prise en compte collective de sa maladie).
Transition : Face à cette pluralité de risques et d’attitudes face aux risques, il convient dorénavant d’étudier
la gestion de ces risques, et notamment la gestion collective de ces risques.
II) La nécessité d’une gestion collective des risques
Objectifs d’apprentissage :
En terme de savoirs :
- Définir les notions de mutualisation, diversification, prévention, bien être et incitation à l’innovation.
- Savoir mettre en évidence que la gestion collective des risques est basée sur différents principes.
- Connaître les différents avantages de la gestion collective des risques.
- Connaître les différents inconvénients de la gestion collective des risques.
En terme de savoir-faire :
- Savoir lire, analyser et interpréter un document textuel, des documents iconographiques et des tableaux
à double entrée.
- Parfaire la maîtrise de la prise de note.
A-Les principes essentiels d’une gestion collective des risques
Point de cours :
La gestion des risques peut se faire à différentes échelles :
- A l’échelle individuelle : l’individu peut de lui-même se prémunir des risques par diverses stratégies
individuelles :
En évitant le risque. En effet, en n’ayant pas des conduites à risque, l’individu se protège du
•
risque. Toutefois, il est impossible pour un individu de se protéger de tous les risques dans la
société car toute action expose à un risque (ex : risque d’accident automobile en prenant la
voiture ; risque d’avoir un problème de vue en utilisant un outil informatique ; risque de se
blesser en marchant …).
En s’auto-assurant avec la constitution d’une épargne de précaution. En effet, le fait de mettre
•
des ressources « de côté » constitue en une protection contre les risques car cela permet de
financer les coûts liés aux risques sociaux (maladie, chômage, accidents).
En transférant le risque à autrui par le biais des marchés financiers. En effet, en vendant ses
•
actions ou ses obligations sur le marché financier, les entreprises transfèrent le risque à
d’autres acteurs et se prémunissent des risques de faillite par exemple.
- A l’échelle collective : les individus vont mettre en commun les ressources (mutualiser), se protéger en
amont contre les risques (prévention) et avoir des activités multiples afin de pouvoir s’assurer des
revenus (diversification).
Principe de prévention : Stratégies visant à réduire la probabilité que le risque se matérialise.
•
Elles comprennent les mesures prises dans les domaines de la santé publique, de
l’environnement, de l’éducation et de la formation.
Principe de diversification : Stratégies visant à diversifier les activités économiques, les
•
investissements et donc les sources de revenus afin de ne pas dépendre que d’une seule
activité ou d’un seul placement. Par exemple, une entreprise agricole a intérêt à cultiver
différents produits (polyculture) pour différents marchés afin de diversifier sa production. Cela
est également observable pour les entreprises qui vont diversifier leurs investissements entre
des investissements considérés comme « sûrs » (immobilier par exemple) et des
investissements risqués (fonds spéculatifs …).
Principe de mutualisation : Idée selon laquelle chacun paie une petite somme (cotisation,
•
prime d’assurance) finançant les dommages de ceux, minoritaires, pour qui le risque se réalise.
Par exemple, souscrire une assurance habitation pour se prémunir en cas de risque
(inondation, incendie, cambriolage …).
Activité 5 : Les différents principes de gestion collective des risques : prévention, mutualisation et
diversification.
Prévention Mutualisati Diversificati
on on
1. Pour éviter de trop dépendre de
l’évolution du cours du riz (fluctuation des
prix), un riziculteur transforme une de ses
parcelles pour faire pousser des
manguiers.
2. La Sécurité routière diffuse des spots
télévisés pour convaincre du danger de
l’alcool au volant
3. Une société d’assurance propose
des contrats d’assurance auto pour
les conducteurs
4. L’assurance maladie offre un
dépistage gratuit du cancer du sein
pour les femmes entre 50 et 74 ans
5. Les salariés et employeurs cotisent
auprès de la Sécurité sociale pour la
retraite, la maladie et le chômage.
6. Un fonds de pension américain décide
d’investir dans des sociétés agricoles,
industrielles et de service, aussi bien aux
Etats Unis qu’en Europe et en Asie.
Transition : Il convient dorénavant d’étudier les avantages de la gestion collective des risques.B-Les avantages
d’une gestion collective des risques
B) Les avantages d’une gestion collective des risques
Activité 7 : Les avantages d’une gestion collective des risques.
Document 1
Document 2
Questions/Réponses :
1) A partir du document 1, pourquoi l’innovation est-elle plus difficile sans l’assurance ?
2) A partir du document 2, comment la protection sociale peut-elle avoir un impact sur la productivité
des travailleurs ?
3) A partir du document 2, quels autres effets positifs la protection sociale peut-elle avoir sur la société
?
AEI FACULTATIF : A partir des documents, montrer que la gestion collective des risques possède
différents avantages.
Bilan
Transition : Il convient enfin d’étudier les effets négatifs de la gestion collective des risques.
C-Les inconvénients d’une gestion collective des risques
Activité 8 : Les inconvénients d’une gestion collective des risques.
Document 1
Document 2
Jorge Bernstein, Dorothée de Monfreid, Denis Clerc, « L’aléa moral », Alternatives
Economiques, juillet 2017.
Questions/Réponses :
1) A partir de vos connaissances, définir les notions d’aléa moral et de sélection adverse.
2) A partir du document 1, montrer que les compagnies d’assurances étasuniennes conduisent à des
situations de sélection adverse.
3) A partir du document 2, montrer que cette situation relève de l’aléa moral.
4) A partir du document 2, illustrer la façon dont l’assurance automobile peut créer un aléa moral pour les
conducteurs.
5) En quoi ces situations limitent-elles donc la gestion collective des risques ?
Bilan
III) Quelles actions des instituions dans la gestion collective des risques ?
Objectifs d’apprentissage :
En terme de savoirs :
- Savoir définir la protection sociale, les mutuelles et les compagnies d’assurance, assistance et assurance.
- Comprendre que les institutions gérant collectivement les risques sont plurielles.
- Comprendre que la famille a un rôle dans la gestion collective des risques.
- Comprendre que les compagnies d’assurances ont un rôle dans la gestion collective des risques.
- Comprendre que l’Etat intervient dans la gestion collective des risques afin d’assurer les individus.
- Savoir distinguer la logique d’assurance à la logique d’assistance.
- Comprendre que la protection sociale est basée à la fois sur une logique d’assurance mais également une
logique d’assistance.
- Comprendre que la protection sociale est basée sur un principe de solidarité collective.
En terme de savoir-faire :
- Savoir lire, analyser et interpréter un document textuel, une vidéo, un tableau à double entrée.
- Parfaire la maîtrise de la prise de note.
A-Des institutions diverses contribuant à la gestion des risques
Point de cours (pris en note par les élèves) :
Les divers principes sont mis en place par plusieurs acteurs privés :
- La famille
La solidarité au sein de la famille contribue à la gestion collective des risques. En effet, la solidarité
mécanique existant au sein de la famille permet de gérer collectivement les risques. De ce fait, si une risque
arrive à un membre de la famille, le reste de la famille va venir aider les autres membres notamment par
une aide financière, en mutualisant les ressources financières notamment.
De plus, cette gestion collective des risques au sein de la famille peut également s’effectuer dans le principe
de prévention (ex : parler aux plus jeunes sur la contraception ; protéger les plus âgés en les accueillant
dans son domicile pour leur fin de vie ; protéger les plus jeunes des risques sociaux liés à la précarité
étudiante en les aidant financièrement) et de diversification (ex : autrefois, faire en sorte que des familles
d’agriculteurs se marient entre elles afin de se protéger du risque de mauvaises récoltes).
- Les sociétés d’assurances et les mutuelles d’assurances
Ces sociétés sont les exemples types de la mutualisation des risques.
Les sociétés d’assurances (ex : Axa, AIG, Allianz …) sont des sociétés privées qui ont pour objectif de
•
réaliser un bénéfice.
Les mutuelles et les sociétés d’assurances mutuelles (ex : MAAF, MGEN …) sont des sociétés de
•
personnes à but non lucratif qui prônent généralement des valeurs de solidarité.
Ces sociétés proposent une prise en charge partielle ou totale du préjudice subi, en échange du versement
d’une cotisation ou d’une prime d’assurance. Par exemple, vous versez une cotisation à votre assurance
automobile afin qu’elle puisse prendre en charge une partie ou la totalité du préjudice (en fonction de
l’existence ou non d’une franchise) subi lors de la survenance d’un accident automobile.
Pour que cela fonctionne, il faut remplir plusieurs conditions :
Il faut que l’assurance possède une grande population d’assurés qui permet de répartir le coût des
•
sinistres survenus et une probabilité de réalisation du sinistre assez faible, afin de pouvoir dédommager
les souscripteurs au moment où le risque surgit.
Il faut que les risques auxquels les individus sont exposés sont des risques aux lourdes conséquences
•
individuelles, sinon ils seraient tentés d’y faire face seul (auto-assurance).
Il faut que la probabilité de réalisation du risque soit approximativement la même pour tous les assurés,
•
ou que cette probabilité de réalisation du risque ne soit pas connue pas par les individus sinon les
individus les moins exposés demanderaient une modification de leur contrat d’assurance.
La recherche d’une information précise est souhaitée par ces sociétés afin de différencier le prix de
•
l’assurance pour les assurés, en séparant les « bons assurés » (ceux qui s’exposent peu aux risques) des «
mauvais assurés » (ceux qui s’exposent davantage aux risques). Afin de différencier les bons des mauvais,
ces sociétés usent du progrès technique (utilisation de datas afin de connaître les modes de vie des
individus) ou du progrès médical (détection plus aisée de cancers). Cette différenciation
permettra aux sociétés d’assurance d’effectuer un « écrémage » (ne pas assurer les mauvais produits)
ou à segmenter les assurés (ex : différencier les jeunes conducteurs des plus âgés). Toutefois, cette
recherche d’information ne doit pas être trop poussée (Paradoxe d’Hirschleifer) sinon les sociétés
d’assurance et de mutuelle n’assureraient aucun individu car tous les individus s’exposent à des
risques, même en cherchant à l’éviter au maximum.
- Les pouvoirs publics.
Ce sont les seuls acteurs qui peuvent garantir des principes d’équité (principe impliquant le respect absolue
de ce qui est dû à chacun, ici une assurance contre les risques sociaux) et une véritable solidarité collective
pour tous, notamment pour ceux qui ne peuvent pas bénéficier des mutuelles et des entreprises
d’assurance pour des raisons financières (mise en place de la Couverture Mutuelle Universelle).
Afin de lutter contre les situations de sélection adverse liée à une asymétrie d’information, en France il est
obligatoire de cotiser à la Sécurité Sociale.
Transition : Il convient dorénavant d’étudier l’acteur public qui gère collectivement les risques : la
protection sociale.
B-La protection sociale : principes fondateurs
Activité 9 : Qu’est-ce que la protection sociale et sur quels principes repose-elle
? Vidéo : https://urlz.fr/7z6t
Questions/Réponses :
1) A quoi correspond la protection sociale ?
2) Contre quels risques la protection sociale protège-t-elle ?
3) Quels sont les mécanismes de la protection sociale ?
4) Sur quelles logiques reposent la protection sociale ? Définir chacune d’entre elles.
5) Donner un exemple pour chaque logique de la protection sociale.
6) Sur quels organismes reposent la protection sociale ?
7) Quels sont les objectifs des organismes sur lesquels reposent la protection sociale ?
Bilan :
Assurance Assistance
(modèle (modèle
bismarckien) beveridgien)
Définitions
Financement Cotisations sociales sur Impôts (CSG)
les salaires, payéespar
les salariés + les
employeurs.
Exemples
La protection sociale permet une redistribution des richesses double :
- Une redistribution horizontale : Opérée par la logique d’assistance, elle réalise un transfert entre des
catégories de populations qui connaissent des risques différents. Exemple : des non- malades vers les
malades, des ménages sans enfants aux ménages avec enfants, des actifs vers les retraités etc. On réduit
ainsi les inégalités de niveau de vie entre les biens portants et les malades, les actifs occupés et les
chômeurs, entre les célibataires et les familles
- Une redistribution verticale : Opérée par la logique d’assurance, elle réalise un transfert entre des
catégories de populations qui ont des revenus différents, des plus riches vers les ménages modestes.
Transition : Il convient dorénavant d’étudier comment la protection sociale contribue à la gestion collective
des risques.
C-Comment la protection sociale contribue-t-elle à la gestion des risques ?
Activité 10 : Comment les logiques de la protection sociale sont-elles conciliées ?
Questions/Réponses :
1) Quelle était la logique de la protection sociale française à sa construction ?
2) Comment a évolué le financement de la protection sociale française ? Illustrer par des chiffres
pertinents.
3) Quels types de dépenses ont justifié l’accroissement de la part de l’impôt dans le financement de
la protection sociale ?
Bilan
Le système de protection sociale français estime en place en 1945 avec l’institution qu’est la
Sécurité sociale. La protection sociale est historiquement basée sur la logique d’assurance, mais elle n’est
pas adaptée au développement récent de la pauvreté chez les populations qui, dans un contexte
de chômage de masse depuis les années 1980 (pas un taux de chômage en-deçà de 7% de la population
active depuis 1983), n’ont pas accès aux droits liés à cette logique et donc à cette forme de solidarité.
Ainsi, la protection sociale contribue à la gestion des risques avec un développement accru de la
logique d’assistance. Ce renversement de logique de protection sociale conduit donc à une part plus
importante de la fiscalité dans le financement de la protection sociale. Toutefois, contrairement à l’idée
reçue selon laquelle la fiscalité finance majoritairement la protection sociale, les cotisations sociales et
patronales représentaient plus de 60% du financement de la protection sociale en 2015.