Slides EquivDL
Slides EquivDL
C. Maugis-Rabusseau
GMM Bureau 116
[email protected]
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 1 / 73
Plan
1 Comparaison de fonctions
Négligeable
Equivalents
Premières propriétés
Opérations sur les équivalents
Equivalents des fonctions usuelles en 0
Application aux calculs de limites
2 Formules de Taylor
Formule de Taylor-Lagrange
Formule de Taylor-Young
Formule de Taylor avec reste intégral
3 Développements limités
Définitions
Opérations sur les développements limités
Développements asymptotiques
Applications
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 2 / 73
Voisinages
Soit a ∈ R = R ∪ {−∞, +∞}.
Définition
• On dit que V ⊂ R est un voisinage du point a ∈ R s’il existe ` > 0
tel que ]a − `, a + `[ ⊂ V .
L’ensemble des voisinages de a est noté V(a).
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 3 / 73
Plan
1 Comparaison de fonctions
Négligeable
Equivalents
Premières propriétés
Opérations sur les équivalents
Equivalents des fonctions usuelles en 0
Application aux calculs de limites
2 Formules de Taylor
Formule de Taylor-Lagrange
Formule de Taylor-Young
Formule de Taylor avec reste intégral
3 Développements limités
Définitions
Opérations sur les développements limités
Développements asymptotiques
Applications
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 4 / 73
Négligeable
Définition
Soit f et g deux fonctions satisfaisant (Ha ).
On suppose que g ne s’annule pas dans un voisinage de a sauf peut-
être en a.
On dit que f est négligeable devant g en a s’il existe une fonction ε
telle que
f (x) = g(x)ε(x) avec lim ε(x) = 0.
x→a
On note alors f = o(g) ou f (x) = o g(x) .
a x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 5 / 73
Négligeable
Proposition
Soit f et g deux fonctions satisfaisant (Ha ).
On suppose que g ne s’annule pas dans un voisinage de a sauf
peut-être en a.
f (x)
f (x) = o g(x) ⇔ lim = 0.
x→a x→a g(x)
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 6 / 73
Exemples
xα = x β si et seulement si α < β.
1 o
x→+∞
xα = o x β si et seulement si α > β.
2
x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 7 / 73
Propriétés
Proposition
Soit f , g, h, ϕ et ψ des fonctions satisfaisant (Ha ).
On suppose que g, h et ψ ne s’annulent pas dans un voisinage de a
sauf peut-être en a.
Soit λ ∈ R.
1 Si f = o(h) et si g = o(h) alors λf + g = o(h).
a a a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 8 / 73
Croissances comparées
Proposition
Soit α > 0, β ∈ R.
1 ln(x)β = o (x α ).
x→+∞
2 xβ = o (eαx ).
x→+∞
β 1
3 | ln(x)| = o .
x→0+ xα
Corollaire
Pour tout α > 0, β ∈ R,
1 pour tout x dans un voisinage de +∞, ln(x)β ≤ x α ,
2 pour tout x dans un voisinage de +∞, x β ≤ eαx ,
1
3 pour tout x dans un voisinage de 0+ , | ln(x)|β ≤ .
xα
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 9 / 73
Equivalents
Définition
Soit f et g deux fonctions satisfaisant (Ha ).
On dit que f est équivalente à g au voisinage de a,
noté f ∼ g ou f (x) ∼ g(x),
a x→a
s’il existe une fonction ε et V ∈ V(a) tels que
Remarque
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 10 / 73
Caractérisation
Proposition
On a la caractérisation suivante :
f (x)
f (x) ∼ g(x) ⇔ lim = 1.
x→a x→a g(x)
Exemple
Donnez un équivalent de x 3 + x au voisinage de 0 et au voisinage de
+∞.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 11 / 73
Relation d’équivalence
Proposition
Soit a ∈ R. La relation ∼ est une relation d’équivalence sur l’ensemble
a
des fonctions définies dans un voisinage de a, sauf peut-être en a, et
ne s’annulant pas dans un voisinage de a sauf peut-être en a.
Remarque
Puisque ∼ est une relation d’équivalence, on dira que f et g sont équi-
a
valentes au voisinage de a.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 12 / 73
Propriétés
Proposition
1 Soit ` ∈ R∗ . On a f (x) ∼ ` ⇐⇒ lim f (x) = `.
x→a x→a
Exemple
1 Déterminez un équivalent de x 2 + cos(x)2 au voisinage de 0.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 13 / 73
Propriétés
Proposition
Soit f , g vérifiant (Ha ) et telles que f (x) = o g(x) . Alors,
x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 14 / 73
Exemples
Alors,
f (x) ∼ an x n et f (x) ∼ ap x p .
x→±∞ x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 15 / 73
Opérations sur les équivalents
Voici la liste des opérations usuelles "compatibles" avec les
équivalents.
Proposition
Toutes les fonctions dans la suite vérifient (Ha ).
1 Produit : si f ∼ g et ϕ ∼ ψ alors f ϕ ∼ gψ.
a a a
f g
2 Quotient : si f ∼ g et ϕ ∼ ψ alors ∼ .
a a ϕ a ψ
3 Composition à droite :
si f ∼ g et si lim ϕ(x) = a alors f (ϕ(x)) ∼ g(ϕ(x)).
a x→x0 x→x0
Exemple
√
x−x 2
Donnez un équivalent de 1+x au voisinage de +∞.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 16 / 73
Attention !
Par contre, les opérations suivantes ne sont pas possibles en général :
• l’addition
f ∼ g et ϕ ∼ ψ =⇒
6 f + ϕ ∼ g + ψ.
a a a
• la composition à gauche :
f ∼g 6
=⇒ ϕ(f (x)) ∼ ϕ(g(x)).
a a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 17 / 73
Opérations sur les équivalents
Dans les cas particuliers suivants, la composition à gauche est
possible.
Proposition
Soit f , g vérifiant (Ha ). On suppose que f ∼ g. Alors,
a
1 Valeur absolue : |f | ∼ |g|.
a
2 Puissance : pour tout α > 0, si g est strictement
√ positive au
α α √
voisinage de a, on a f ∼ g . En particulier, f ∼ g.
a a
3 Logarithme sous conditions :
1 Si lim f (x) = ` ∈ [0, +∞] et si ` 6= 1 alors ln[f (x)] ∼ ln[g(x)].
x→a x→a
2 Si lim f (x) = 1 alors ln[f (x)] ∼ f (x) − 1.
x→a x→a
4 Exponentielle sous conditions :
si lim [f (x) − g(x)] = 0 alors ef (x) ∼ eg(x) .
x→a x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 18 / 73
Exemple
Exemple
√
Soit f : x 7→ x + x 2 + 1.
Donnez un équivalent de f et de ln f au voisinage de +∞.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 19 / 73
Etude dans V(a), a 6= 0
Remarque
Pour étudier une fonction au voisinage d’un autre point que 0, on peut,
grâce à la composition à droite se ramener à une étude en 0 par les
changements de variables suivants :
• étudier x 7→ f (x) au voisinage de x = a ∈ R∗ revient à étudier
h 7→ f (a + h) au voisinage de h = 0 (on a posé h = x − a).
• étudierx 7→
f (x) au voisinage de x = ±∞ revient à étudier
1
h 7→ f au voisinage de h = 0 (on a posé h = 1/x).
h
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 20 / 73
Equivalents des fonctions usuelles en 0
Ils se déduisent souvent de la proposition suivante.
Proposition
Soit f : I → R une fonction définie sur l’intervalle I, a ∈ I.
Si f est dérivable en a avec f 0 (a) 6= 0, alors
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 21 / 73
cos, ch
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 22 / 73
Remarque
Remarque
Il est recommandé de n’écrire qu’un seul terme dans le membre de
droite d’une équivalence.
sin(x)
En effet, on a sin(x) ∼ x mais comme lim = 1, on peut aussi
0 x→0 x + πx 2
écrire sin(x) ∼ x + πx 2 .
0
On peut plus généralement ajouter à x toute fonction qui est négli-
geable devant x en 0.
On voit ainsi que l’on n’apporte aucune information supplémentaire en
mettant plusieurs termes. Seul le terme dominant a un sens.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 23 / 73
Calculs de limites
Les équivalents sont un outil qui peut être utile pour calculer des
limites a priori indéterminées.
Exemple
Calculez la limite de f (x) quand x tend vers a dans les différents cas
suivants.
(1 + x 2 ) tan x
1 f (x) = , a = 0.
sin(2x)
x
2 f : x 7→ x e x 2 +1 − 1 , a = +∞.
x
ln(1+x)
3 f : x 7→ ln(x) , a = +∞.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 24 / 73
Plan
1 Comparaison de fonctions
Négligeable
Equivalents
Premières propriétés
Opérations sur les équivalents
Equivalents des fonctions usuelles en 0
Application aux calculs de limites
2 Formules de Taylor
Formule de Taylor-Lagrange
Formule de Taylor-Young
Formule de Taylor avec reste intégral
3 Développements limités
Définitions
Opérations sur les développements limités
Développements asymptotiques
Applications
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 25 / 73
On a vu précédemment que si f : I → R est dérivable en un point a de
I alors on peut écrire pour tout x ∈ I,
Les diverses formules diffèrent par la forme du reste. Mais dans tous
les cas, l’appellation "reste" a un sens car ce "reste" est négligeable
par rapport a (x − a)n au voisinage de a, c’est-à-dire qu’il tend vers 0
quand x → a et ce plus vite que (x − a)n .
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 26 / 73
Formule de Taylor-Lagrange
Théorème
Soit f : I → R de classe C n+1 sur I, n ∈ N.
Pour tout a, x ∈ I, il existe c ∈]a, x[ tel que
f (n+1) (c)
+ (x − a)n+1 .
(n + 1)!
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 27 / 73
Formule de Taylor-Young
Théorème
Soit f : I → R de classe C n sur I, n ∈ N. Soit a ∈ I.
Il existe une fonction ε telle que pour tout x ∈ I,
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 28 / 73
Application aux extrema
Théorème
Soit f : I → R de classe C 2 sur I. Soit a ∈ I tel que f 0 (a) = 0.
1 Si f 00 (a) > 0 alors f admet un mimimum local strict en a.
Remarque
La réciproque de ces propriétés est fausse.
La fonction f : x 7→ x 4 admet un miminum global en 0,
f 0 (0) = f 00 (0) = 0.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 29 / 73
Application aux extrema
f 00 (a) f ( n)(a)
f (x) = f (a)+f 0 (a)(x−a)+ (x−a)2 +. . .+ (x−a)n +(x−a)n ε(x),
2! n!
avec lim ε(x) = 0.
x→a
Le signe de f (x) − f (a) est donné par celui de ce terme.
Si n est impair, f (x) − f (a) change de signe au voisinage de a donc f
n’admet pas d’extremum en a ;
si n est pair, f (x) − f (a) est de signe constant au voisinage de a donc f
admet un extremum en a.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 30 / 73
Application aux calculs de limites et équivalents
Proposition
Soit f : I → R une fonction définie sur l’intervalle I, a ∈ I.
Supposons qu’il existe k0 ∈ N? tel que f (k0 ) (a) existe et soit non nul.
On définit s = min{k ∈ N? , f (k ) (a) 6= 0}.
Si f est de classe C s sur I, alors
f (s) (a)
f (x) − f (a) ∼ (x − a)s .
x→a s!
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 31 / 73
Application aux calculs de limites et équivalents
Exemple
On reprend l’exemple des équivalents en 0 de 1 − cos(x) et ch(x) − 1.
On peut faire le calcul systématiquement. On a
f (x) = 1 − cos(x)
f 0 (x) = sin(x), f 0 (0) = 0
f 00 (x) = cos(x), f 00 (0) = 1
d’où
1 2
x + o x2
1 − cos(x) =
2 x→0
donc
1 2
1 − cos(x) ∼ x
x→0 2
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 32 / 73
Formule de Taylor avec reste intégral
Théorème
Soit f de classe C n+1 sur [a, b]. Alors,
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 33 / 73
Plan
1 Comparaison de fonctions
Négligeable
Equivalents
Premières propriétés
Opérations sur les équivalents
Equivalents des fonctions usuelles en 0
Application aux calculs de limites
2 Formules de Taylor
Formule de Taylor-Lagrange
Formule de Taylor-Young
Formule de Taylor avec reste intégral
3 Développements limités
Définitions
Opérations sur les développements limités
Développements asymptotiques
Applications
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 34 / 73
Notation
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 35 / 73
DLn en a
Définition
Soit n ∈ N. On dit que f admet un développement limité à l’ordre n
en a (DLn en a) s’il existe un polynôme à coefficients réels Pn de degré
au plus n et ε : I → R une fonction tels que pour tout x ∈ I,
c’est-à-dire
(x − a)n .
f (x) = Pn (x − a) + o
x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 36 / 73
DLn en ±∞
Définition
On définit également la notion de développement limité à l’ordre n
en ±∞. On suppose que ±∞ est une borne de I. On dit que f admet
un développement limité à l’ordre n en ±∞ s’il existe un polynôme à
coefficients réels Pn de degré au plus n et ε : I → R une fonction tels
que pour tout x ∈ I,
n
1 1
f (x) = Pn + ε(x), lim ε(x) = 0,
x x x→±∞
c’est-à-dire n
1 1
f (x) = Pn + o .
x x→±∞ x
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 37 / 73
Exemples
Exemple
x 7 est un DL7 de f en 0.
f (x) = 2x + o
x→0
En revanche f (x) = x 4 + o x 2 est un DL2 de f en 0.
x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 38 / 73
Propriétés de régularité
Proposition
Remarque
De la première propriété, on déduit
par
exemple que ln n’admet pas de
1
DL en 0, ou encore que x 7→ sin n’admet pas de DL en 0, et ce à
x
aucun ordre.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 39 / 73
Propriétés de régularité
Remarque
Ainsi, dès qu’une fonction f admet un DLn en a, on peut prolonger f par
continuité en a. Dans la suite, on supposera donc que f est définie et
continue en a. On supposera également que la fonction ε qui apparaît
dans le DL est continue en a, avec ε(a) = lim ε(x) = 0.
x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 40 / 73
Propriétés
Théorème
Si f admet un DLn en a alors le couple (Pn , ε) est unique.
Pn s’appelle la partie principale de f d’ordre n en a, on la note Pn (f ).
Proposition
Soit I un intervalle symétrique par rapport à l’origine, f : I → R. On
suppose que f admet un DLn en 0, n ≥ 0.
1 f admet un DLp en 0, pour tout entier p < n.
2 Si f est paire alors Pn (f ) n’a que des puissances paires.
3 Si f est impaire alors Pn (f ) n’a que des puissances impaires.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 41 / 73
Premiers exemples
f (x) = a0 + a1 x + . . . + ap x p , avec p ∈ N, ap 6= 0.
en 0 et
si n < p, f (x) = a0 + a1 x + . . . + an x n + o (x n )
x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 42 / 73
Premiers exemples
n
X 1 − x n+1
On a pour tout x ∈] − 1, 1[, 1 + x + x 2 + . . . + x n = xk =
1−x
k =0
x n+1
avec = o (x n ) donc
1−x x→0
1
= 1 + x + x 2 + . . . + x n + o (x n )
1−x x→0
et
1
= 1 − x + x 2 + . . . + (−1)n x n + o (x n )
1+x x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 43 / 73
Condition suffisante d’existence
x2 xn
ex = 1 + x + + ... + + o (x n )
2! n! x→0
et
x2 (−1)n x n
e−x = 1 − x + + ... + + o (x n ).
2! n! x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 44 / 73
Condition suffisante d’existence
Exemple
• Les fonctions cosinus et sinus étant de classe C ∞ sur R, elles
admettent un DL à tout ordre en 0 et par la formule de
Taylor-Young, on a pour tout n ∈ N
x2 x 2n
cos(x) = 1 − + . . . + (−1)n + o (x 2n+1 ).
2! (2n)! x→0
x3 x 2n+1
sin(x) = x − + . . . + (−1)n + o (x 2n+2 ).
3! (2n + 1)! x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 45 / 73
Condition suffisante d’existence
Exemple
• La fonction f : x 7→ ln(1 + x) étant de classe C ∞ sur ] − 1, +∞[,
elle admet un DL à tout ordre en 0. De plus,
(−1)k −1 (k − 1)!
f (k ) (x) = pour tout x > −1, pour tout k ∈ N,
(1 + x)k
donc par la formule de Taylor-Young, on a pour tout n ∈ N
x2 x3 xn
ln(1 + x) = x − + − . . . + (−1)n−1 + o (x n ).
2 3 n x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 46 / 73
Condition suffisante d’existence
Exemple
• Soit α ∈ R. La fonction fα : x 7→ (1 + x)α étant de classe C ∞ sur
] − 1, 1[, elle admet un DL à tout ordre en 0, et par la formule de
Taylor-Young, on a , pour tout n ∈ N,
α(α−1) 2
(1 + x)α = 1 + αx + 2! x + ...
+ α(α−1)...(α−n+1)
n! x n + o (x n ).
x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 47 / 73
DL en a et DL en 0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 48 / 73
Addition et multiplication par une constante
Théorème
Soit I un intervalle tel que 0 ∈ I ou 0 extrémité de I.
Soit n ∈ N et f , g : I → R deux fonctions.
Supposons que f et g admettent un DLn en 0. Soit λ, µ deux réels.
Alors λf + µg admet un DLn en 0 et Pn (λf + µg) = λPn (f ) + µPn (g).
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 49 / 73
Addition et multiplication par une constante
Exemple
Les fonctions ch et sh étant de classe C ∞ sur R, elles admettent un DL
à tout ordre en 0 donné pour tout n ∈ N par,
ex + e−x x2 x 2n
+ o x 2n+1
ch(x) = =1+ + ... +
2 2! (2n)! x→0
ex − e−x x3 x 2n+1
+ o x 2n+2 .
sh(x) = =x+ + ... +
2 3! (2n + 1)! x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 50 / 73
Produit
Théorème
Soit f , g : I → R deux fonctions définies au voisinage de 0 et n ∈ N.
Supposons que f et g admettent un DLn en 0.
Alors le produit fg admet un DLn en 0 et Pn (fg) s’obtient en tronquant à
l’ordre n le polynôme Pn (f ) · Pn (g).
Exemple
√
1 Déterminez le DL2 en 0 de f : x 7→ ex 1 − x.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 51 / 73
Quotient
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 52 / 73
Quotient - Premier cas g(0) 6= 0
On peut alors écrire Pn (g) = g(0)(1 + Q) où Q est un polynôme de
degré ≤ n qui
vérifie Q(0) = 0. Ainsi,
n
g(x) = g(0) 1 + Q(x) + o x . Comme g ne s’annule pas en 0,
x→0
1/g est définie dans un voisinage de 0 et
1 1
=
g(x) n
g(0) 1 + Q(x) + o x
x→0
1 1
, avec u = Q(x) + o x n −→ 0
=
g(0) 1 + u x→0 x→0
1 2 n n n
= 1 − u + u + . . . + (−1) u + o u
g(0) u→0
Exemple
Déterminez le DL5 de tan en 0.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 54 / 73
Quotient - Second cas : g(0) = 0
ln(1+x)
Exemple : Déterminons le DL3 de f : x 7→ sin(x) en 0.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 55 / 73
Composition
Théorème
Soit I et J deux intervalles tels que 0 ∈ I, 0 ∈ J.
Soit f : I → J, g : J → R deux fonctions et n ∈ N.
Supposons que f (0) = 0 et que f et g admettent un DLn en 0.
Alors la composée g ◦ f admet un DLn en 0 et Pn (g ◦ f ) s’obtient en
tronquant à l’ordre n le polynôme Pn (g) ◦ Pn (f ).
Remarque
Si f (0) = a alors pour obtenir le DLn en 0 de g ◦ f , il faut composer le
DLn de g en a avec le DLn de f en 0.
Exemple
1 Déterminez le DL4 en 0 de x 7→ esin x .
2 Déterminez le DL4 en 0 de x 7→ ecos x .
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 56 / 73
Intégration
Théorème
Soit I un intervalle tel que 0 ∈ I.
Soit f : I → R une fonction continue, n ∈ N.
Supposons que f admet un DLn en 0 du type
f (x) = a0 + a1 x + . . . + an x n + o xn .
x→0
x2 x n+1
+ o x n+1 .
F (x) = F (0) + a0 x + a1 + . . . + an
2 n + 1 x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 57 / 73
Intégration
Exemple
La fonction F : x 7→ ln(1 + x) étant de classe C ∞ sur ] − 1, +∞[,
elle admet un DL à tout ordre en 0. De plus, pour tout
x ∈] − 1, +∞[ et tout n ∈ N,
1
F 0 (x) = = 1 − x + x 2 + . . . + (−1)n x n + o (x n ).
(1 + x) x→0
x2 x3 (−1)n x n+1
ln(1 + x) = ln(1) + x − + − ... + + o (x n+1 )
2 3 n+1 x→0
x2 x3 x n+1
ln(1 + x) = x − + − . . . + (−1)n + o (x n+1 ).
2 3 n + 1 x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 58 / 73
Intégration
Exemple
i π πh
La fonction Arctan est de classe C ∞ sur − , , donc elle admet
2 2i
π πh
un DL à tout ordre en 0. De plus, pour tout x ∈ − , , pour tout
2 2
n ∈ N,
1
Arctan0 (x) = = 1 − x 2 + x 4 − . . . + (−1)n x 2n + o (x 2n+1 ).
1 + x2 x→0
x3 x 2n+1
Arctan(x) = Arctan(0) + x − + . . . + (−1)n + o (x 2n+2 )
3 2n + 1 x→0
x3 x 2n+1
Arctan(x) = x − + . . . + (−1)n + o (x 2n+2 ).
3 2n + 1 x→0
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 59 / 73
Dérivation
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 60 / 73
Dérivation
(f 0 )(n−1) (a)
f 0 (x) = f 0 (a) + f 00 (a)(x − a) + . . . + (x − a)n−1
(n − 1)!
+ o (x − a)n−1
x→a
0
f n (a)
0 n
= f (a) + f (a)(x − a) + . . . + (x − a) + o (x − a)n−1
n! x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 61 / 73
Développements asymptotiques
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 62 / 73
Développements limités généralisés
Définition
Soit n ∈ N. On dit que f admet un développement limité généralisé à
l’ordre n en a (DLGn en a) s’il existe p ∈ N∗ tel que x 7→ (x − a)p f (x)
admette un DLn+p en a :
et
a0 a1
f (x) = + + ...
(x − a)p (x − a)p−1
+ap + ap+1 (x − a) + . . . + an+p (x − a)n + o (x − a)n
x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 63 / 73
Développements limités généralisés
Définition
On définit également la notion de développement limité généralisé à
l’ordre n en ±∞. On dit que f admet un DLGn en ±∞ s’il existe p ∈ N∗
f (x)
tel que la fonction x 7→ p admette un DLn+p en ±∞. On obtient alors
x
n
p p−1 ap+1 an+p 1
f (x) = a0 x + a1 x + . . . + ap + +...+ n + o .
x x x→±∞ x
Exemple
2x
Soit f : x 7→ xe x 2 −1 . Donnez un DLG2 en ±∞ de f .
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 64 / 73
Développements asymptotiques
Exemple
1
Déterminez le développement asymptotique de f : x 7→ (1 + x) x 2 selon
la famille (x 7→ x α | ln x|β )(α,β)∈R2 à la précision 1/x 4 en +∞.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 65 / 73
En passant à l’écriture
exponentielle,
on a
1 1
(1 + x) x 2 = exp ln(1 + x) . Tout d’abord,
x2
1 1 1 1
ln(1 + x) = ln(x) + ln 1 + = ln(x) + − 2 + o ,
x x 2x x→+∞ x 2
1
car −→ 0. D’où
x x→+∞
1 ln x 1 1 1 ln x
ln(1 + x) = + − + o ∼ −→ 0
x2 x2 x 3 2x 4 x→+∞ x 4 +∞ x 2 x→+∞
par croissances comparées. On peut donc utiliser le DL2 d’exp en 0.
1 2
1 ln x 1 1 1 ln x 1
(1 + x) x 2 = 1 + + − + + −
x2 x 3 2x 4 2 x2 x 3 2x 4
1
+ o
x→+∞ x 4
ln2 x
ln x 1 1 1
= 1+ 2 + 3 + 4
− 4+ o .
x x 2x 2x x→+∞ x 4
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 66 / 73
Calcul de limites
x3 x3 x3
3
sin x−tan x = x − + o (x ) − x + + o (x ) = − + o (x 3 )
3
6 x→0 3 x→0 2 x→0
x3 x2
et ln(1 + sin x) = ln 1 + x − + o (x 3 ) =x− + o (x 2 ), donc
6 x→0 2 x→0
x2
ln(1 + sin x) − tan x ∼ − .
x→0 2
Ainsi,
ln(1 + sin x) − tan x −x 2 /2 1
∼ 3
= .
sin x − tan x x→0 −x /2 x
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 67 / 73
Calcul de limites
Remarque
Comme on ne peut en général pas additionner les équivalents, pour
obtenir l’équivalent d’une somme, il suffit d’écrire le DL.
Un équivalent de la somme est alors le premier terme non nul du
DL.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 68 / 73
Etude des branches infinies de fonctions
Cf = {(x, f (x)) | x ∈ Df }.
Définition
On dit que Cf admet une branche infinie lorsque l’une des deux coor-
données x ou y = f (x) tend vers ±∞.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 69 / 73
Etude des branches infinies de fonctions
Définition
Soit f et g deux fonctions définies au voisinage de a fini ou ±∞.
On dit que Cf et Cg sont asymptotes (ou que Cf admet Cg pour asymp-
tote) au voisinage de a si lim (f (x) − g(x)) = 0.
x→a
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 70 / 73
Etude des branches infinies de fonctions
Définition
1 Si f (x) − g(x) ≥ 0 au voisinage de a, alors Cf est au-dessus de
Cg en a.
2 Si f (x) − g(x) ≤ 0 au voisinage de a, alors Cf est au-dessous de
Cg en a.
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 71 / 73
Etude des branches infinies de fonctions
Remarque
1 Si lim f (x) = ±∞ alors la droite d’équation x = a est asymptote à
x→a
la courbe de f au voisinage de a.
2 Si lim f (x) = b ∈ R alors la droite d’équation y = b est
x→±∞
asymptote à la courbe de f au voisinage de ±∞.
3 Si lim f (x) = ±∞ et si f admet une DLG en ±∞ alors
x→±∞
n
ap+1 an+p 1
f (x) = a0 x p +a1 x p−1 +. . .+ap + +. . .+ n + o
x x x→±∞ x
Exemple
Déterminez, si elles existent, l’équation des courbes asymptotes de
2x
f : x 7→ xe x 2 −1
C. Maugis-Rabusseau (INSA) 73 / 73