INTRODUCTION
Les opérations financières se sont développées et multiplient avec
l’émergence de nouvelles pratiques bancaires et aussi de nouveaux produits
financiers. Alors, les entreprises et les ménages, ayants un besoins ou un surplus
financier, s’orientent vers les banques avec un seul mot d’ordre l’intérêt.
Le cours de mathématiques financières comprend des techniques pour
des opérations diverses qui tournent autour les taux d’intérêt. Ce taux représente
la rémunération du bailleur de fond.
Aujourd’hui, les intervenants n’ont plus besoin des vieilles méthodes de
calcul, au contraire, il existe des logiciels qui résoudront toutes les difficultés
rencontrées.
Les mathématiques financières exigent une double compétence,
notamment en mathématiques (les suites, les séries, les équations, les
logarithmes,…) et en finance (mode de financement, choix des investissements,
système de crédit, cashflow,…).
Ce cours comprend deux importants axes, à savoir :
Axe 1 : les opérations à court terme avec le principe de l’intérêt simple. Ce type
d’opérations regroupe des études sur le calcul de l’intérêt, l’escompte et le
compte courant.
Axe 2 : les opérations à long terme avec le principe de l’intérêt composé et qui
s’applique sur l’amortissement des emprunts et le choix des investissements.
AXE I : OPERATIONS FINANCIERES A COURT TERME
Fiche 1 : Intérêt simple
1. Définitions et justification de l’intérêt
1.1. Définition de l’intérêt
L’intérêt peut être défini comme la rémunération d’un prêt. C’est le prix à payer
par l’emprunteur au prêteur, pour rémunérer le service rendu par la mise à
disposition d’une somme d’argent pendant une période de temps.
Trois facteurs essentiels déterminent le coût de l’intérêt :
- La somme prêtée,
- La durée du prêt,
- et le taux auquel cette somme est prêtée.
Il y a deux types d’intérêt : l’intérêt simple et l’intérêt composé.
Exemple 1 :
AMINE prête à Mohammed la somme de 200.000 DA pour six mois et après
cette période, ce dernier remet à AMINE le montant prêté plus l’intérêt calculé.
Exemple 2 :
NABIL emprunte SALIM pour l’achat d’un bien. Il rembourse ce prêt en faisant
36 paiements mensuels de 7 000 DA. Donc l’intérêt versé est de I = 55 130DA.
1.2. Arguments Justificatifs sur l’existence de l’intérêt
Plusieurs raisons ont été avancées pour justifier l’existence et l’utilisation de
l’intérêt, parmi lesquelles on peut citer :
- La privation de consommation ;
- La prise en compte du risque ; à cause de :
* l’insolvabilité de l’emprunteur
* l’inflation
1.3. Les notions : Actualisation et capitalisation
A partir des éléments précédents, le taux d’intérêt apparaît comme le taux
de transformation de l’argent dans le temps. Cette relation entre temps et taux
d’intérêt signifie que deux sommes d’argent ne sont équivalentes que si elles
sont égales à la même date.
Dès lors, pour pouvoir comparer deux ou des sommes disponibles à
différentes dates, le passage par les techniques de calcul actuariel (capitalisation
et actualisation) devient nécessaire.
A. Actualisation :
L’actualisation est une technique qui consiste à faire reculer dans le
temps une valeur future pour calculer sa valeur présente appelée Valeur Actuelle.
La valeur actuelle C0 d’une somme d’argent C1 disponible dans une année et
placée au taux t. Dès lors, la valeur actuelle C0 d’une somme d’argent Cn
disponible dans n années d’intervalle et placée au taux t est égale à : la
capitalisation.
B. Capitalisation :
Contrairement à l’actualisation, la capitalisation consiste à faire avancer
dans le temps une valeur présente pour calculer sa valeur future appelée aussi
Valeur Acquise.
La valeur acquise C1 d’une somme d’argent présente C0 capitalisée au
taux t pendant une année Dès lors, la valeur future Cn d’une somme d’argent
présente C0 disponible après n années et placée au taux t est égale à capitalisation
2. Les intérêts simples : Définition et calculs
2.1. Définition de l’intérêt simple
L’intérêt simple se calcule toujours sur le principal. Il ne s’ajoute pas au
capital pour porter lui-même intérêt.
L’intérêt simple est proportionnel au capital prêté ou emprunté. Il est
d’autant plus élevé que le montant prêté ou emprunté est important et que
l’argent est prêté ou emprunté pour longtemps. Il est versé en une seule fois au
début de l’opération, c'est-à-dire lors de la remise du prêt, ou à la fin de
l’opération c’est à dire lors du remboursement.
L’intérêt simple concerne essentiellement les opérations à court terme
(inférieures à un an).
Considérons un capital C0 placé sur un compte rémunéré de la date
initiale 0 à une date future n. On doit le rembourser à cette date par le paiement
d’un montant Cn.
C0 et Cn font respectivement l’objet de diverses appellations
équivalentes :
C0 Capital ou montant investi, immobilisé, placé ou investi, Capital ou
montant emprunté ou financé, Valeur présente, Valeur initiale, Valeur actuelle
Cn Capital ou montant récupéré, Capital ou montant remboursé, Valeur
future, Valeur finale, Valeur acquise.
2.2. Calcul de l’intérêt simple
Si t désigne le taux de placement sur une période, l’intérêt à l’issue de n
périodes est I, la valeur acquise à l’issue de n périodes est Cn, C0 étant le capital
initial.
𝐼 = 𝐶𝑡𝑛/100
L’intérêt est fonction de :
t : le taux d'intérêt ;
n : la durée du placement ;
C : le capital.
Exemple :
Soit un capital de 100 000 DA placé durant 1 an au taux annuel de t =
3%, le montant des intérêts perçus par l’investisseur au terme de l’année est de :
I = 100000 x 3 x 1/ 100 = 3 000 DA
Les éléments de l’intérêt simple
La valeur initiale : C0 C est le la somme du capital emprunté.
Le montant de l’intérêt varie selon l’importance du capital.
Le taux d’intérêt : t Le taux d’intérêt est l’intérêt payé (ou rapporté) par
période de prêt (ou le placement) d’un capital. Dans la pratique, ce taux est
généralement exprimé en pourcentage (t = ….%) et pour une période annuelle.
La durée : n Cette donnée obéit à des conventions précises mais
évolutives en fonction du type de prêt ou de placement. Il est donc nécessaire de
toujours se faire préciser quelles sont les conventions adoptées si l’on veut avoir
une idée précise de ce que représente véritablement le taux d’intérêt d’une
opération.
2.3. Les Intérêts précomptés et le taux effectif
Les intérêts étant calculés par la formule précédente, deux modes de
versement ou de paiement des intérêts sont possibles :
Les intérêts post-comptés (ou terme échu)
Les intérêts sont dits post-comptés, quand ils sont comptés en fin de
période. L’emprunteur dispose de C0 en début d’emprunt et rembourse Cn en fin
d’emprunt.
Cn=C0 (1+t n/100) Quant à la valeur actuelle C0=Cn/ (1+t n/100)
Exemple 1:
A- Monsieur Karim place pour neuf mois un montant de 25000 DA, au
taux de 5%.
La valeur acquise de cette opération à l’échéance est :
25000(1+5 9/1200)=25937, 5DA
Exemple 2
B- la somme qu’il peut emprunter aujourd’hui au taux de 7%
S’il ne peut rembourser que 112000 DA après onze mois :
La valeur actuelle de 112000 DA / 112000/ (1+7 11/1200)=105246,6 DA
Les intérêts précomptés sont dits précomptés quand ils sont comptés en
début de période.
C’est le cas notamment pour les agios et commission d’escompte qui sont
décomptés au moment même de la remise de l’effet. La valeur actuelle sera : La
valeur acquise est :
C0 = Cn (1- t* n/100) Cn= C0/ (1- t* n/100) 10
L’intérêt simple est versé soit par avance, au moment du versement du
capital, soit lors du remboursement du prêt. Ces deux modalités ne sont pas
équivalentes du point de vue financier.
On appelle taux effectif d’intérêt simple, le taux d’intérêt simple avec
règlement des intérêts lors du remboursement du prêt. Le taux effectif (vu
comme une opération à intérêt post compté) d’une opération à intérêt précompté
est donc supérieur au taux d’intérêt annoncé. t = t* / (1- n t*/100)
Démonstration :
On a : C n C0 = C0 t n/100
Et : Cn C0 = Cn t* n/100
On déduit :
Cn t* n/100 = C 0 t n/100 = C n (1- t* n/100) t n/100 D
où : t = t* /(1 t*n/100)
Exemple :
Une personne place à intérêts précomptés la somme de 10000 DA pour
une durée de 6 mois au taux de 10 %. Quel est le taux effectif de ce placement ?
t = t* /(1 t*n/1200) = 10/(1-10.6/1200) = 10,526%
2.4. Les taux proportionnels
Deux taux sont proportionnels s’ils donnent la même valeur acquise à
partir du même capital initial, au bout de la même durée de placement à intérêts
simples.
On dit que deux taux t et t p sont proportionnels s ils représentent le même
système intérêt simple exprimé dans deux unités de temps différentes (par
exemple, t/12 est le taux mensuel proportionnel au taux annuel t). Envisageons
deux opérations financières :
1) dans la première, le capital C0 est placé pendant 1 an au taux d’intérêt
annuel t1. Au bout de 1 an, la valeur acquise est : C0 (1 + t1).
2) dans la seconde, le capital C0 est placé pendant 12 mois au taux
d’intérêt mensuel t12. Au bout de 1 an, la valeur acquise est : C0 (t12).
Les 2 valeurs seront égales si : t12 = 1 + t1
Par conséquent, le taux d’intérêt annuel t1 proportionnel au taux d’intérêt
mensuel t12 est égal à 12 t12.
Plus généralement, le taux d’intérêt annuel t (on pose t 1 = t) proportionnel au
taux d’intérêt t p par période 1/m d’année est égal à m t p. 1 + p t p = 1 + t
Les taux les plus utilisés : t semestriel =1/2 t annuel t trimestriel =1/4 t annuel t
mensuel =1/12t annuel t journalier =1/360 t annuel (année financière) t journalier
=1/365 t annuel ou t journalier =1/366t annuel (année civile)
2.6. Intérêt global de plusieurs capitaux
L’intérêt global fourni par plusieurs capitaux tous placés au même taux
est donné par la formule : D étant le diviseur fixe attaché à t
I global = ∑Ci ni /D