Introduction à l'électromagnétisme
Introduction à l'électromagnétisme
14 janvier 2025
Table des matières
2 Le champ électrostatique 16
2.1 Notions générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4 Conducteurs en équilibre 41
4.1 Conducteurs isolés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2
Électromagnétisme TABLE DES MATIÈRES
4.3 Le condensateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
5.2 Diélectriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
9.1.2 Trajectoire d'une particule chargée en présence d'un champ magnétique . . . . 113
5
Chapitre 1
a) b)
z z
z
A(M)
M
z r x y
M
y y y
x O O
x x
M’ M’
On doit bien noter la disposition relative des directions (Ox, Oy, Oz). Telles qu'elles sont placées,
elles dénissent un trièdre direct. Dans un tel trièdre, un bonhomme transpercé des pieds à la tête par
Oy , regardant la direction Oz , a la direction Ox à sa gauche. On peut noter aussi que Ox, Oy, et Oz
sont respectivement orientés selon les directions de l'index, du majeur, et du pouce de la main droite.
1.1a) :
x
→
− −−−→
r (x, y, z) = OM = xb
x + y yb + z zb = y = (x, y, z) . (1.1)
z
6
Électromagnétisme 1.1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES
dV = dxdydz . (1.3)
−→
On en déduit également la diérentielle de surface orientée dS
−→
dS = x
bdydz + ybdxdz + zbdxdy . (1.4)
de charge, ρ(→
−
r ), distribuée dans un gaz, liquide, plasma ou objet solide. La densité de charge, ρv (→
−
r ),
est analogue à la densité de masse étudiée en cours de mécanique : notamment, si l'on considère un
dq
ρv (→
−
r)≡ . (1.5)
dV
La charge totale, Qtot dans un volume V quelconque s'obtient en intégrant ρv sur ce volume,
ZZZ
Qtot = ρv (→
−
r )dV . (1.6)
Exercises résolus :
1. On considère une densité volumique de charge donnée par ρv (x, y, z) = aρ06 xy 2 z 3 à l'intérieur
d'un cube de côté, a (le cube occupe la région a > x > 0, a > y > 0, et a > z > 0 et ρ0 et
a sont des constantes). La charge totale contenue dans le cube est obtenue en intégrant sur le
volume :
ZZZ Z a Z a Z a
ρ0 2 3
Qcube = ρ (x, y, z) dV = dx dy dz xy z
0 0 0 a6
cube
a Z a Z a Z
ρ0 2
= × xdx y dy z 3 dz
a6 0 0 0
ρ0 a2 a3 a4 ρ0 3
= 6× × × = a .
a 2 3 4 24
7
Électromagnétisme CHAPITRE 1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES ET VECTEURS
la charge totale de ce rectangle. Ici, le fait que z est constant nous dicte que dz = 0 et l'éq.(1.4)
−
→
nous donne par conséquence que dS ≡ n b dS = zbdxdy comme il se doit. On ne s'intéresse ici qu'à
l'amplitude dS = dxdy de la diérentielle de surface. On obtient la charge totale du rectangle
ZZ Z a Z b
σ0
Qrect = σ (x, y) dS = 3 xdx y 3 dy
ab 0 0
rect
σ0 a2 b4 abσ0
= 3
= .
ab 2 4 8
∂Φ ∂Φ ∂Φ
dΦ = dx + dy + dz . (1.7)
∂x ∂y ∂z
Le gradient en coordonnées cartésiennes est déni telle que :
−−−→ −−−→
dΦ = grad Φ · dOM . (1.8)
En insérant les expressions de l'éq.(1.2) et (1.7) dans (1.8) on en déduit qu'en coordonnées cartésiennes
−−−→ ∂ ∂ ∂
grad = x
b + yb + zb . (1.9)
∂x ∂y ∂z
à base circulaire) dont l'axe Oz est généralement confondu avec l'axe Oz du repère cartésien.
Le point M (ou
→
−
r) est repéré par
vérier que, pour un point donné, les composantes cartésiennes et cylindriques sont liées par :
perpendiculaire au vecteur ρ b.
8
Électromagnétisme 1.1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES
z
r z
f
M
r y
O
f r
f
x
M’
r
Figure 1.2 coordonnées cylindriques.
zb (ou →
−
uz ) est parallèle à l'axe Oz .
→
− →
− −
En coordonnées cylindriques, un vecteur E (M ) (ou simplement E (→r )) attachéau point M (ρ, φ, z)
est repéré par trois composantes (Eρ , Eφ , Ez ) dans un repère orthonormé local ρ, b φ, zb : Dans ce
b
repère, le vecteur champ électrique a 3 composantes et s'écrit
Eρ
→
− →
−
E (M ) = Eρ ρb + Eφ φ
b + Ez zb ou E (M ) = Eφ .
Ez
Au point M, la relation entre les vecteurs unitaires ρ,
b φ,
b zb et les vecteurs unitaires cartésiennes
(b
x, yb, zb) s'écrivent :
−−→
∂ OM
∂ρ
ρb ≡ −−→ = cos φ x
b + sin φ yb
∂ OM
∂ρ
−−→
∂ OM
b≡ ∂φ
φ −−→ = − sin φ x
b + cos φ yb
∂ OM
∂φ
−−→
∂ OM
∂z
zb ≡ −−→ = zb , (1.11)
∂ OM
∂z
−−−→
OM = ρ cos φb
x + ρ sin φb
y + z zb , (1.12)
On peut voir les relations de l'éq.(1.11) comme une relation matricielle (tensorielle) :
ρb cos φ sin φ 0 xb xb
φ = − sin φ cos φ 0 yb = T yb .
b
zb 0 0 1 zb zb
9
Électromagnétisme CHAPITRE 1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES ET VECTEURS
Les relation inverses sont obtenues en prenant l'inverse de la matrice T. Puisque les deux bases sont
vecteurs unitaires (b
x, yb, zb) en fonction des ρ,
b φ,
b zb :
xb ρb cos φ − sin φ 0 ρb
t b
yb = T φ = sin φ cos φ 0 φ ,
b
zb zb 0 0 1 zb
c'est-à-dire :
xb = cos φ ρb − sin φ φ
b
yb = sin φ ρb + cos φ φ
b
zb = zb . (1.13)
−−−→
OM = ρρb + z zb ,
−−−→
∂ OM ∂ ρb ∂ ρb
= ρb + ρ = ρb puisque =0
∂ρ ∂ρ ∂ρ
−−−→
∂ OM ∂ ρb ∂
=ρ =ρ (cos φb
x + sin φb
y ) = ρ (− sin φb
x + cos φb
y ) = ρφ
b.
∂φ ∂φ ∂φ
Un déplacement en coordonnées cylindriques s'exprime donc
−−−→
dOM = ρdρ
b + φρdφ
b + zbdz . (1.14)
Cette formule est très utile an d'en déduire des volumes et des surfaces élémentaires. Par exemple,
volume) s'exprime :
−→
dS = ρρdφdz
b + φdρdz
b + zbdρρdφ . (1.16)
10
Électromagnétisme 1.1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES
Exemples :
1. On peut utiliser l'éq.(1.15) an de dériver la formule pour un cylindre de rayon R et de cote L:
ZZZ Z R Z 2π Z L Z R Z 2π
Volume = dV = dρ ρdφ dz = L ρdρ dφ
cylindre R,L 0 0 0 0 0
cylindre
Z R
= 2πL ρdρ = πR2 L .
0
2. On peut utiliser l'éq.(1.16) an de calculer la charge totale d'un disque de rayon a et de charge
2 −→
surfacique σ (ρ) = σ0 aρ2 . Puisqu'il s'agit d'un disque, on a
dz = 0, et dS = dS n
b = zbρdρdφ
avec n
b = zb comme le vecteur directeur de la surface. Pour cette utilisation, on n'a besoin
l'intégrale suivante :
a 2π
ρ2
ZZ Z Z
Qdisque = σ (ρ) dS = ρdρ dφ σ0
0 0 a2
disque
a a
2πσ0 ρ4 πσ0 a2
Z
2πσ0
= ρ3 dρ = = .
a2 0 a2 4 0 2
∂Φ ∂Φ ∂Φ
dΦ = dρ + dφ + dz . (1.17)
∂ρ ∂φ ∂z
−−−→ −−−→
dΦ = grad Φ · dOM . (1.18)
Une comparaison entre (1.14), (1.17) et (1.18) montre que l'expression du gradient en coordonnées
cylindriques s'écrit :
−−−→ ∂Φ 1 ∂Φ b ∂Φ
grad Φ = ρb + φ+ zb (1.19)
∂ρ ρ ∂φ ∂z
Exemple : Lorsque le potentiel électrique V (M ) est exprimé en coordonnées cylindriques (ρ, φ, z),
les composantes du champ électrique dans le repère cylindrique attaché au point M sont données par :
→
− −−−→
E (ρ, φ, z) = −gradV (ρ, φ, z)
Eρ = − ∂V
∂ρ
→
−
E = Eρ ρb + Eφ φ
b + Ez zb Eφ = − ρ1 ∂V
∂φ
.
Ez = − ∂V
∂z
Le potentiel créé par une distribution linéique de charge avec une densité par unité de longueur λ
λ
est donné par V (ρ) = − 2π0
ln (ρ) + Cte. On obtient immédiatement le champ électrique par
→
− −−−→ λ
E (ρ) = −gradV (ρ) = ρb .
2π0 ρ
11
Électromagnétisme CHAPITRE 1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES ET VECTEURS
z M ’’
f
r
M
q r q
O y
f
x
M’
Figure 1.3 Coordonnées sphériques
.
En géographie, où on est amené à repérer un point sur la sphère terrestre, l'angle θ indiquerait la
latitude par rapport au pôle nord et l'angle φ, la longitude est par rapport au méridien de référence.
→
−
E (M ) = Er rb + Eθ θb + Eφ φ
b,
avec
−−−→
rb (ou →
−
ur ) est un vecteur parallèle à OM .
b →
−
θ (ou u θ ) est parallèle au vecteur tangent en M au cercle de rayon r décrit dans le plan qui
−→ −−−→ −−−→0
contient à la fois les directions Oz , OM et OM .
φ
b (ou
→
−
uφ ) est tangent en M au cercle de centre M
00 et de rayon M 00 M = OM 0 , contenu dans
−→
le plan perpendiculaire à Oz .
12
Électromagnétisme 1.1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES
Au point M, la relation entre les vecteurs unitaires rb, θ,
bφ b et les vecteurs unitaires cartésiennes
(b
x, yb, zb) s'écrivent :
−−→
∂ OM
∂r
rb ≡ −−→ = sin θ cos φ x
b + sin θ sin φ yb + cos θ zb
∂ OM
∂r
−−→
∂ OM
∂θ
θb ≡ −−→ b + cos θ sin φ yb − sin θ zb
= cos θ cos φ x
∂ OM
∂θ
−−→
∂ OM
b≡ ∂φ
φ −−→ = − sin φ x
b + cos φ yb , (1.21)
∂ OM
∂φ
−−−→
OM = r sin θ cos φb
x + r sin θ sin φb
y + r cos θzb , (1.22)
On peut voir les relations de l'éq.(1.21) comme une relation matricielle (tensorielle)
rb sin θ cos φ sin θ sin φ cos θ xb xb
θ = cos θ cos φ cos θ sin φ − sin θ yb = T yb , (1.23)
b
φb − sin φ cos φ 0 zb zb
xb rb rb
−1 t
yb = T θb = T θb
zb φ b φb
sin θ cos φ cos θ cos φ − sin φ rb
= sin θ sin φ cos θ sin φ cos φ θb , (1.24)
cos θ − sin θ 0 φb
où nous avons encore utilisé le fait que les deux bases sont orthonormés implique que T −1 = T t .
Exemple de coordonnées sphériques : Considérons le potentiel et le champ électriques créés
par une charge ponctuelle q placée à l'origine O. En coordonnées sphériques, ceux-ci s'expriment
q 1 →
− → q rb q → −
r
V (r) = E (−
r)= 2
= (avec→
−
r = rb
r) ,
4π0 r 4π0 r 4π0 r3
ce qui est plus simple et naturel que les expressions en coordonnées cartésiennes :
q 1 →
− q xb
x + y yb + z zb
V (x, y, z) = p E (x, y, z) = .
4π0 x2 + y 2 + z 2 4π0 (x2 + y 2 + z 2 )3/2
−−−→
OM = rb
r.
13
Électromagnétisme CHAPITRE 1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES ET VECTEURS
−−−→
La diérentielle, dOM , en coordonnées sphériques s'exprime :
−−−→
∂ OM ∂ rb
= rb + r = rb
∂r ∂r
−−−→
∂ OM ∂ rb
=r = rθb
∂θ ∂θ
−−−→
∂ OM ∂ rb
=r = r sin θφb.
∂φ ∂φ
Un déplacement en coordonnées sphériques s'exprime donc
−−−→
dOM = dr rb + rdθ θb + r sin θdφ φ
b . (1.25)
Comme pour les autres systèmes de coordonnées, on peut utiliser la diérentielle de position an de
−→
dS = rbr2 sin θdθdφ + θr
b sin θdrdφ + φrdrdθ
b . (1.27)
Exemples :
1. On peut utiliser l'éq.(1.26) an de dériver la formule pour le volume d'une sphère de rayon R :
ZZZ Z R Z π Z 2π Z R Z π Z 2π
Volume = dV = dr dθ r2 sin θdφ = r2 dr sin θdθ dφ
sphère de rayon R 0 0 0 0 0 0
sphère
Z R Z 1 Z R
2 4π 3
= 2π r dr du = 4π r2 dr = R .
0 −1 0 3
où nous avons fait le changement de variable u = cos θ et la relation diérentielle associée
2. Quelle est la charge totale d'une sphère de rayon R dont la charge volumique s'exprime ρv (r) =
Attn ! : Il ne faut pas confondre la
ρ0 Rr ? ( densité de charge volumique ρv avec la coordonnée
cylindrique ρ). Cet accident de notation ne pose pas trop de dicultés ici puisque il s'agit dans
de la densité volumique :
ZZZ Z R Z π Z 2π
r 2
Qsphère = ρv (r) dV = dr dθ ρ0 r sin θdφ
0 0 0 R
sphère
R R
r3 4πρ0 r4
Z
= 4πρ0 dr = = πρ0 R3 .
0 R R 4 0
14
Électromagnétisme 1.1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES
3. Quelle est la charge totale sur une surface sphérique dénie par r = a quand la densité de
charge surfacique s'exprime σ (θ) = σ0 sin2 θ ? Puisque il s'agit d'une surface à rayon constant,
−→
on a dr = 0 ce qui donne dans l'éq.(1.27) que dS ≡ n b dS = rba2 sin θdθdφ. Ici, on ne s'intéresse
−→ 2
qu'à l'amplitude de la diérentielle de surface, dS , c.-à-d. dS = a sin θdθdφ, et on obtient la
ZZ Z π Z 2π
Qsurface = σ (θ) dS = dθ dφ a2 σ0 sin2 θ sin θ
0 0
surface
Z π Z 1
2 2 2
1 − cos2 θ d (cos θ)
= 2πa σ0 sin θ sin θdθ = 2πa σ0
0 −1
1 1
u3 8πa2 σ0
Z
2 2 2
= 2πa σ0 1−u du = 2πa σ0 u− = .
−1 3 −1 3
∂Φ ∂Φ ∂Φ −−−→ −−−→
dΦ = dr + dθ + dφ ≡ grad Φ · dOM (1.28)
∂r ∂θ ∂φ
Une comparaison entre cette équation et l'éq.(1.25) montre que l'expression du gradient en coordonnées
−−−→ ∂Φ b 1 ∂Φ b 1 ∂Φ
grad Φ = rb +θ +φ (1.29)
∂r r ∂θ r sin θ ∂φ
Exemple : Pour une charge ponctuelle située à l'origine par exemple, si on se rappelle que son po-
tentiel électrique, s'écrit V (r) = q/ (4π0 r), on obtient toute suite son champ électrique en coordonnées
sphériques :
→
− → −−−→ ∂V q ∂ 1
E (−
r ) = −gradV (r) = −b
r =− rb
∂r 4π0 ∂r r
q rb
=
4π0 r2
alors que le calcul est plus onéreux en coordonnées cartésiennes
q 1
V (x, y, z) =
4π0 (x2 + y 2 + z 2 )1/2
→
− −−−→ q ∂V ∂V ∂V
E (x, y, z) = −gradV (x, y, z) = − x
b + yb + zb
4π0 ∂x ∂y ∂z
!
q x y z
= x
b+ yb + zb
4π0 (x2 + y 2 + z 2 )3/2 (x2 + y 2 + z 2 )3/2 (x2 + y 2 + z 2 )3/2
q xb
x + y yb + z zb q → −
r
= =
4π0 (x2 + y 2 + z 2 )3/2 4π0 r3
15
Chapitre 2
Le champ électrostatique
un corps étranger connaît un eet provoqué par une charge électrostatique. Une autre manifestation
de l'électricité statique consiste en l'attraction de petits corps légers (bouts de papier par ex.) avec des
corps frottés (règles, pour continuer sur le même ex.). Ce type de phénomène est même rapporté par
Thalès de Millet, aux alentours de 600 av. J.-C. : il avait observé l'attraction de brindilles de paille par
de l'ambre jaune frotté. . . Le mot électricité, qui désigne l'ensemble de ces manifestations, provient de
L'étude des phénomènes électriques a continué jusqu'au XIXème siècle, où s'est élaborée la théorie
uniée des phénomènes électriques et magnétiques, appelée électromagnétisme. C'est à cette époque
que le mot statique est apparu pour désigner les phénomènes faisant l'objet de ce cours. Nous
verrons plus loin, lors du cours sur le champ magnétique, pourquoi il en est ainsi. On se contentera
Pour les mettre en évidence et pour apporter une interprétation cohérente, regardons deux expé-
riences simples.
Expérience 1 :
Prenons une boule (faite de sureau ou de polystyrène, par ex.) et suspendons-la par un l.
Ensuite on approche une tige, de verre ou d'ambre, après l'avoir frottée préalablement : la tige
attire la boule. Par contre, si l'on approche simultanément deux tiges (ambre et verre) côte à
- - - - - - - - --
Tout se passe donc comme si chacune des tiges était, depuis son frottement, porteuse d'élec-
tricité, mais celle-ci se manifeste en deux états contraires (car capables d'annuler les eets de
16
Électromagnétisme 2.1. NOTIONS GÉNÉRALES
l'autre). On a ainsi qualié arbitrairement de positive l'électricité contenue dans le verre (frotté
avec de la soie), et de négative celle portée par l'ambre (idem, ou encore du plastique frotté
avec de la fourrure).
Expérience 2 :
Prenons maintenant deux boules A et B, préalablement mises en contact avec une tige frottée
(elles sont électrisées ), et suspendons-les côte à côte. Si elles ont été mises en contact toutes
Par contre, si elles ont été mises en contact avec des tiges de matériau diérent (ex. A avec du verre
frotté et B avec de l'ambre frotté), alors elles s'attirent. Si, du fait de leur attraction, elles viennent à
se toucher, on observe qu'elles perdent alors toute électrisation : elles prennent une position d'équilibre
Cette expérience est assez riche. On peut tout d'abord en conclure que deux corps portant une
électricité de même nature (soit positive, soit négative) se repoussent, tandis qu'ils s'attirent s'ils
Mais cette expérience nous montre également que cette électricité est capable, non seulement d'agir
à distance (répulsion ou attraction), mais également de se déplacer d'un corps à un autre. Mais alors
qu'est-ce qui se déplace ? Si l'on suspend les boules à une balance, même très précise, nous sommes
elles sont électrisées. Pourtant, le fait qu'il soit nécessaire qu'il y ait un contact entre deux matériaux
pour que l'électricité puisse passer de l'un à l'autre, semble indiquer que cette électricité est portée par
de la matière.
On explique l'ensemble des eets d'électricité statique par l'existence, au sein de la matière, de
particules portant une charge électrique q, positive ou négative, et libres de se déplacer. C'est
Robert A. Millikan qui a vérié pour la première fois en 1909, grâce à une expérience mettant en
jeu des gouttes d'huile, le fait que toute charge électrique Q est quantiée, c'est-à-dire qu'elle existe
seulement sous forme de multiples d'une charge élémentaire e, indivisible (Q = N e). La particule
électron.
portant cette charge élémentaire est appelée l'
Dans le système d'unités international, l'unité de la charge électrique est le Coulomb (sym-
bole C ) (et A.s en unités SI de base). Des phénomènes d'électricité statique mettent en jeu
des nanocoulombs (nC) voire des microcoulombs (µC), tandis que l'on peut rencontrer des charges de
L'ensemble des expériences de la physique (et en particulier celles décrites plus haut) ne peuvent
s'expliquer que si la charge électrique élémentaire est invariante : on ne peut ni la détruire ni l'engendrer,
et ceci est valable quel que soit le référentiel. C'est ce que l'on décrit par la notion d'invariance relativiste
de la charge électrique.
17
Électromagnétisme CHAPITRE 2. LE CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
mêmes constitués d'un noyau (découvert en 1911 par Rutherford) autour duquel gravite une sorte
de nuage composé d'électrons et portant l'essentiel de la masse. Ces électrons se repoussent les uns les
autres mais restent connés autour du noyau car celui-ci possède une charge électrique positive qui
les attire. On attribue cette charge positive à des particules appelées protons. Cependant, le noyau
atomique ne pourrait rester stable s'il n'était composé que de protons : ceux-ci ont en eet tendance
à se repousser mutuellement. Il existe donc une autre sorte de particules, les neutrons (découverts en
1932 par Chadwick) portant une charge électrique nulle. Les particules constituant le noyau atomique
nombre A est appelé le nombre de masse : c'est le nombre total de nucléons (protons et neutrons).
Le nombre Z est appelé le nombre atomique et est le nombre total de protons constituant le noyau.
La charge électrique nucléaire totale est donc Q = +Ze, le cortège électronique possédant alors une
charge totale Q = −Ze, assurant ainsi la neutralité électrique d'un atome. Exemple : le Carbone 6 C
12
63
possède 12 nucléons, dont 6 protons (donc 6 électrons) et 6 neutrons, le Cuivre 29 Cu 63 nucléons dont
29 protons (donc 29 électrons) et 34 neutrons. L'atome de cuivre existe aussi sous la forme 29 Cu ,
64
tional :
Électron : q = −e = −1, 605 10−19 C : me = 9, 109 10−31 kg
Proton : q = +e = 1, 605 10
−19 C : m = 1, 672 10−27 kg
p
Neutron : q = 0 C : mn = 1, 674 10−27 kg
Comme on peut le remarquer, même une charge de l'ordre du Coulomb (ce qui est énorme), cor-
respondant à environ 10
18 électrons, ne produit qu'un accroissement de poids de l'ordre de 10−12 kg :
Si les électrons sont bien des particules quasi-ponctuelles, les neutrons et les protons en revanche
que les neutrons forment ainsi une classe de particules appelée les baryons.
A l'heure actuelle, l'univers (ou plutôt l'ensemble reconnu de ses manifestations) est descriptible à
joue un rôle primordiale dans la vaste majorité des phénomènes naturelles et technologiques qui
nous entoure.
2. La force nucléaire faible, responsable pour certains décroissances nucléaires exotiques. (mais qui
a joué un rôle important dans les premiers instants de l'univers, et à la mort des étoiles)
(protons-neutrons) ;
4. La force gravitationnelle, qui garde nos pieds sur terre et qui est responsable de la structure à
grande échelle de l'univers (cohésion des corps astrophysiques, cohésion des systèmes planétaires,
compensées (même nombre d'électrons et de protons). Aux températures usuelles, la matière est élec-
18
Électromagnétisme 2.2. FORCE ET CHAMP ÉLECTROSTATIQUES
triquement neutre. En conséquence, lorsque des eets d'électricité statique se produisent, cela signi-
e qu'il y a eu un déplacement de charges, d'un matériau vers un autre : c'est ce que l'on appelle
l' électrisation d'un corps. Ce sont ces charges, en excès ou en manque, en tout cas non compensées,
qui sont responsables des eets électriques sur ce corps (ex : baguette frottée).
Un matériau est dit conducteur parfait si, lorsqu'il devient électrisé, les porteurs de charge non
compensés peuvent se déplacer librement dans tout le volume occupé par le matériau.
Ce sera un isolant (ou diélectrique) parfait si les porteurs de charge non compensés ne peuvent
se déplacer librement et restent localisés à l'endroit où ils ont été déposés. Un matériau quelconque se
Refaisons une expérience d'électricité statique : prenons une baguette métallique par la main et
frottons-la avec un chion. Cela ne marchera pas, la baguette ne sera pas électrisée. Pourquoi ? Étant
nous-mêmes d'assez bons conducteurs, les charges électriques arrachées au chion et transférées à la
baguette sont ensuite transférées sur nous et l'on ne verra plus d'eet électrique particulier au niveau
de la baguette. Pour que cette expérience marche, il est nécessaire d'isoler électriquement la baguette
torsion) qui lui ont permis de déterminer avec un certain degré de précision les propriétés de la force
électrostatique exercée par une charge ponctuelle q1 sur une autre charge ponctuelle q2 :
1. La force est radiale, c'est-à-dire dirigée selon la droite qui joint les deux charges ;
2. Elle est proportionnelle au produit des charges : soit attractive si elles sont de signe opposé,
3. Enn, elle varie comme l'inverse du carré de la distance entre les deux charges.
est la suivante
→
− q1 q2 1 q1 q2
F 1→2 = K 2 rb12 ≡ 2 r12 ,
b (2.1)
r12 4π0 r12
avec les dénitions :
−−−→ →
−
→
− −−−→ P1 P2 r 12
r 12 ≡ P1 P2 r12 ≡ →
−
r 12 rb12 ≡ −−−→ = , (2.2)
P1 P2 r12
P2
q2
P1 r12=P1P2
r12
q1
1
≈ 9 109 SI N.m2 .C−2 (kg.m3 .s−4 .A−2 ) .
K≡ ou en unités fondamentales : (2.3)
4π0
19
Électromagnétisme CHAPITRE 2. LE CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
La constante, 0 , joue un rôle particulier et est appelée la permittivité électrique du vide (unités :
Farad/m ; et en unités de base : kg
−1 .m−3 .s4 .A2 )
Remarques :
1. Cette expression n'est valable que pour des charges immobiles (approximation de l'électrosta-
tique) et dans le vide. Cette loi est la base même de toute l'électrostatique.
2. Cette force obéit au principe d'Action et de Réaction de la mécanique classique. (c.-à-d. si un
→
−
système (dénoté a) exerce une force électrostatique, F a→b , sur un système b, le système b
→
− →
−
exerce une force, F b→a = − F a→b sur le système a.
3. A part la valeur numérique de la constante, K, ainsi que l'existence de charges positives et
négatives, cette loi a exactement les mêmes propriétés vectorielles que la force de la gravitation
(loi de Newton). Il ne sera donc pas étonnant de trouver des similitudes entre ces deux lois.
4. Le chapeau sur rb12 indique qu'il s'agit d'un vecteur unitaire (c.-à-d. |br12 | = 1).
Ordres de grandeur
Quel est le rapport entre la force d'attraction gravitationnelle et la répulsion coulombienne entre
deux électrons ?
Fe e2 1
= ≈ 4 1042 .
Fg 4π0 Gm2e
La force électrostatique apparaît donc largement dominante vis-à-vis de l'attraction gravitation-
nelle. Cela implique donc que tous les corps célestes sont exactement électriquement neutres.
Fe 1 1 1
= ≈ 103 kg .
g 4π0 (103 )2 10
autre charge q2 située en un point M. L'expression de cette force est donnée par la loi de Coulomb
ci-dessus (éq.(2.1)). Mais comme pour l'attraction gravitationnelle, on peut la mettre sous une forme
plus intéressante,
→
− →
−
F 1→2 = q2 E 1 (M ) ,
où
−−−→
→
− 1 q1 −−−→ OM
E 1 (M ) = rb r ≡ OM ≡ OM rb = .
4π0 r2 OM
L'intérêt de cette séparation vient du fait que l'on distingue clairement ce qui dépend uniquement
de la particule qui subit la force (ici, c'est sa charge q2 , pour la gravité c'est sa masse), de ce qui ne
→
−
dépend que d'une source extérieure, ici le vecteur E 1 (M ).
M
O r=OM
r
q
20
Électromagnétisme 2.2. FORCE ET CHAMP ÉLECTROSTATIQUES
Dénition 1 Une particule de charge q située en O crée en tout point M de l'espace distinct de O un
champ vectoriel :
−−−→
→
− 1 q −−−→ OM
E (M ) = rb r ≡ OM ≡ OM rb = (2.4)
4π0 r2 OM
appelé champ électrostatique. L'unité usuel du champ électrique est le Volt/mètre (symbole
V.m
−1 ). En unités SI de base, le champ électrique est : kg.m.s−3 . A−1
Cette façon de procéder découle de (ou implique) une nouvelle vision de l'espace : les particules
chargées se déplacent maintenant dans un espace où existe (se trouve déni) un champ vectoriel. Elles
subissent alors une force en fonction de la valeur du champ au lieu où elle se trouve.
P3(q3)
E3(M)
M
P4(q4) E4(M)
E2(M)
E1(M)
La réponse n'est absolument pas évidente car l'on pourrait penser que la présence du champ créé
par des particules voisines modie celui créé par une particule. En fait, il n'en est rien et l'expérience
montre que la force totale subie par une charge q située en M est simplement la superposition des
forces élémentaires,
N N N
→
− X→
− X q qi X 1 qi →
−
F (M ) = F i (M ) = 2 u
b i = q 2 u
b i = q E (M ) ,
4π0 (Pi M ) 4π0 (Pi M )
i=1 i=1 i=1
−−−→
Pi M
où bi ≡
u Pi M , et il en résulte donc que,
N N −−−→
→
− X 1 qi 1 X Pi M
E (M ) = 2
bi ≡
u qi , (2.5)
i=1
4π0 (Pi M ) 4π0
i=1
(Pi M )3
Cette propriété de superposition des eets électrostatiques est un fait d'expérience et énoncé comme
le principe de superposition (comme tout principe, il n'est pas démontré).
En pratique, cette expression est rarement utilisable puisque nous sommes la plupart du temps
amenés à considérer des matériaux comportant un nombre gigantesque de particules. C'est simplement
dû au fait que l'on ne considère que des échelles spatiales très grandes devant les distances inter-
particulaires, perdant ainsi toute possibilité de distinguer une particule de l'autre. Il est dans ce cas
21
Électromagnétisme CHAPITRE 2. LE CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
M
dE(M)
u PM
P
dV dq=rd V
Soit P un point quelconque d'une distribution de charges (solide, gaz, ou plasma) et dq(P ) la
charge élémentaire contenue en ce point. Le champ électrostatique total créé en un point M par cette
→
− →
− →
−
Z
1 dq
E (M ) = d E (M ) avec d E (M ) = u (2.6)
4π0 (P M )2
b
distribution
Mathématiquement, tout se passe donc comme une charge ponctuelle dq était située en un point
→
− −−−→
P de la distribution, créant au point M un champ électrostatique d E (M ), avec P M = P M u b . Il
s'agit évidemment d'une approximation, permettant de remplacer une somme presque innie par une
intégrale.
dq
En désignant par dV le volume innitésimal autour du point P, on peut dénir ρ (P ) ≡ dV comme
étant la densité volumique de charges (unité : Cm
−3 ). Le champ électrostatique créé par une telle
−−−→
→
−
ZZZ ZZZ
1 ρ (P ) P M 1 ρ (P )
E (M ) = 3 dV ≡ 4π u
b dV . (2.7)
4π0 (P M ) 0 (P M )2
Lorsque l'une des dimensions de la distribution de charges est beaucoup plus petite que les deux autres
(ex : un plan ou une sphère creuse), on peut généralement faire une intégration sur cette dimension.
dq −2
On dénit alors la densité surfacique de charges σ (P ) = dS (unité : Cm ) produisant un champ total
→
−
ZZ
1 σ (P )
E (M ) = u
b dS . (2.8)
4π0 (P M )2
Enn, si deux des dimensions de la distribution sont négligeables devant la troisième (ex : un l), on
dq −1
peut dénir une densité linéique de charges λ(P ) = d` (unité : Cm ) produisant un champ total
→
−
Z
1 λ (P )
E (M ) = u
b d` . (2.9)
4π0 (P M )2
coordonnées cylindriques avec l'axe z confondu avec l'axe du segment. Les bouts du segment sont
→
−
respectivement z1 et z2 . On obtient le champ E en appliquant l'expression intégrale de l'éq.(2.9) :
22
Électromagnétisme 2.2. FORCE ET CHAMP ÉLECTROSTATIQUES
P2 z2
l0
P a2
O
a M
a1
E
P1 z1
r
P2 −−−→
→
−
Z
1 PM
E (M ) = λ0 d` . (2.10)
4π0 P1
−−−→ 3
PM
−−→
Dans ce système de coordonnées cylindriques on a OP = z zb et :
−−−→
d` = dz P M = −z zb + ρρb ,
et l'intégrale s'écrit :
−−−→
z2 Z z2
→
− −z zb + ρρb
Z
λ0 PM λ0
E (M ) = 3 dz = 4π dz
4π0 z1
−
− −
→ 0 z1 (ρ2 + z 2 )
3/2
PM
λ 0 ρ z2
Z Z z2
dz λ0 z
= ρb 3/2
− zb dz . (2.11)
4π0 z1 (ρ + z )
2 2 4π0 z1 (ρ + z 2 )3/2
2
ce qui amène à :
23
Électromagnétisme CHAPITRE 2. LE CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
sin2 α
ρ
dz = ρd(tan α) = ρ 1 + 2
dα = dα . (2.16)
cos α cos2 α
z2 α2 α2
cos3 α ρ
Z Z Z
dz 1
= dα = 2 cos αdα
z1
−−−→ 3
α1
3 2
ρ cos α ρ α1
PM
!
1 1 z2 z1
= 2 (sin α2 − sin α1 ) = 2 1/2 − 1/2 . (2.17)
ρ ρ ρ2 + z22 ρ2 + z12
Utilisant les résultats des intégrations des équations (2.13) et (2.17) dans l'éq.(2.11), on obtient
→
−
enn E (M ) en fonction de ρ et des angles α1 et α2 :
→
− λ0
E (M ) = [ρb (sin α2 − sin α1 ) + zb (cos α2 − cos α1 )] , (2.18)
4π0 ρ
ou encore en fonction de ρ et les positions, z1 et z2 :
→
− λ0 z2 /ρ z1 /ρ 1 1
E (M ) = ρb − + zb − . (2.19)
4π0 ρ z22
1/2 z12
1/2
z22
1/2 z12 1/2
1 + ρ2 1 + ρ2 1 + ρ2 1 + ρ2
Les expressions (2.18 et 2.19) sont un peu compliquées, mais il convient de remarquer que si l'on
→
− λ0
E (ρ) → ρb . (2.20)
2π0 ρ
Nous verrons dans le prochain chapitre comment retrouver ce résultat avec beaucoup plus de facilité.
sur les causes qui lui ont donné origine. Ainsi, si l'on connaît les propriétés de symétrie d'une distri-
bution de charges, on pourra connaître celles du champ électrostatique associé. Ces propriétés sont
Dans un espace homogène et isotrope, si l'on fait subir une transformation géométrique à un
système physique (ex : ensemble de particules, distribution de charges) susceptible de créer certains
eets (forces, champs), alors ces eets subissent les mêmes transformations. Si un système physique
S possède un certain degré de symétrie, on pourra alors déduire les eets créés par ce système en un
24
Électromagnétisme 2.3. PROPRIÉTÉS DE SYMÉTRIE DU CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
Invariance par translation : si S est invariant dans toute translation parallèle à un axe Oz ,
le champ de vecteur associé ne dépend pas de z.
Symétrie axiale : si S est invariant dans toute rotation φ autour d'un axe Oz , alors un champ
de vecteur associé exprimé en coordonnées cylindriques (ρ,φ,z ) ne dépend pas de φ.
Symétrie cylindrique : si S est invariant par translation le long de l'axe Oz et rotation autour
de ce même axe, alors un champ de vecteur associé exprimé en coordonnées cylindriques (ρ,φ,z )
centre r.
Pour des systèmes possédant des plans de symétrie ou d'anti-symétrie, le principe de Curie nous
E
E E
E’
E’ E’
−
→ →
−
Soit A0 (M 0 ) le vecteur obtenu par symétrie par rapport à un plan Π à partir de A (M ). D'après
Les signes des règles ci-dessus sont inversés s'il s'agit d'un système antisymétrique.
Les deux règles de transformation combinés avec le principe de Curie nous permet d'imposer les
contraintes suivantes concernant les directions d'un champ de vecteurs aux points contenus dans le
Plan d'anti-symétrie Π0 : si, par symétrie par rapport à un plan Π0 , un système S est trans-
→
−
formé en −S , alors en tout point de ce plan, le champ électrostatique, E , lui est perpendiculaire.
Remarque importante
Nous verrons en magnétostatique qu'il convient de faire la distinction entre vrais vecteurs (ou
vecteurs axiaux) et pseudo-vecteurs (ou vecteurs polaires), ces derniers étant dénis à partir du produit
vectoriel de deux vecteurs vrais. Ainsi, le champ électrostatique est un vrai vecteur tandis que le champ
25
Électromagnétisme CHAPITRE 2. LE CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
magnétique est un pseudo-vecteur. Tout ce qui a été dit ci-dessus n'est valable que pour les vrais
vecteurs.
A (M 0 ) = A (x + dx , x , x ) ' A (x + dx , x , x ) + ∂A13 dx
3 3 1 1 2 3 3 1 1 2 3 ∂x1 1
→
− →
− −
→
∂ A(M )
c'est-à-dire, de façon plus compacte A (M 0 ) = A (M ) + ∂x1 dx1 . Si le système physique S
0 →
− 0 →
−
reste invariant lors d'un changement de M en M , alors (Principe de Curie) A (M ) = A (M ).
−
→ →
− →
−
∂ A(M )
On a donc
∂x1 = 0 en tout point M, ce qui signie que A (x2 , x3 ) ne dépend pas de x1 .
On peut suivre le même raisonnement pour chacune des autres coordonnées.
−
→ →
−
A0 (M ) = A (M ) . (2.21)
→
−
Si un vecteur A (M ) est engendré par les mêmes vecteurs de base que Π, la règle 1 entraîne
−
→0 −
→ →
−
A (M 0 ) = A0 (M ) = A (M ), ce qui est consistent avec (2.21). Par contre, si on veut considérer
→
− −
→0 0
−
→0
que A (M ) soit perpendiculaire à Π, la règle 2 ci-dessus impose que A (M ) = A (M ) =
→
− →
− →
−
− A (M ) ce qui n'est consistent avec (2.21) que si A (M ) = 0 .
−
→ →
−
A0 (M ) = − A (M ) . (2.22)
→
− 0
Si un vecteur A (M ) soit engendré par les mêmes vecteurs de base que Π , la règle 1 entraîne
−
→0 −
→ →
− →
− →
−
A (M 0 ) = A0 (M ) = A (M ) ce qui n'est consistent avec (2.22) que si A (M ) = 0 . Par contre,
26
Électromagnétisme 2.3. PROPRIÉTÉS DE SYMÉTRIE DU CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
→
− −
→ →
−
si le vecteur A (M ) est perpendiculaire à Π0 , la règle 2 ci-dessus impose que A0 (M ) = − A (M )
ce qui est consistent avec (2.22).
27
Chapitre 3
Dénition : Une ligne de champ d'un champ de vecteur quelconque est une courbe C dénie
dans l'espace telle que, en chacun de ses points le vecteur y soit tangent. Considérons un déplacement
E
E
E
→
− →
−
élémentaire d` le long d'une ligne de champ électrostatique C. Le fait que le champ E soit en tout
→
−
point de C parallèle à d` s'écrit :
− →
→ − →
−
E ∧ d` = 0 . (3.1)
Figure 3.1 Lignes de champ électrique associés avec deux charges positives et une charge négative.
Une façon de penser aux lignes de champ est la suivante : si l'on place une charge positive sur
une ligne de champ, la force sera parallèle à la ligne de champ avec l'orientation de la ligne du champ
donnée par la direction de la force. Un exemple de cette démarche se trouve en Figure 3.1.1 ci-dessus
où on a représenté les lignes de champ de deux charges positives et une charge négative.
28
Électromagnétisme 3.1. FLUX DU CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
Il est important de remarquer qu'avec la représentation par lignes du champ, nous n'avons pas
d'information directe sur l'intensité du champ. L'intensité du champ correspond à la densité des lignes
du champ (une densité de lignes champ élevée correspond à une région de forte amplitude du champ).
C'est-à-dire, le ux d'un champ vectoriel à travers une surface est la mesure du nombre de lignes du
Pour une surface, S, quelconque, il va de soit qu'il y a deux sens possibles pour le vecteur n
b , et il faut
en générale imposer un choix (souvent arbitraire) sur le sens de nb . Quand il s'agit d'une surface fermée
RR
par contre, l'intégrale est dénoté, ◦S , et la convention habituelle est d'orienter nb de l'intérieur vers
l'extérieur de la surface.
Notre notion intuitive de ux correspond au transport de quelque chose . En eet, si le vecteur,
→
−
V, représente la vitesse d'un uide de densité homogène, le ux est proportionnel à la quantité de
uide qui traverse la surface par unité de temps. Néanmoins, en physique, on peut parler de ux de
→
−
n'importe quel champ vectoriel, comme le champ électrique E, même en l'absence d'une quelconque
exemple, le cône de lumière construit par l'ensemble des rayons lumineux issus d'une lampe torche
est entièrement décrit par la donnée de deux grandeurs : la direction (une droite) et l'angle maximal
d'ouverture des rayons autour de cette droite. On appelle cette droite la génitrice du cône et l'angle
dW
O a
r dS
Dénition : l'angle solide élémentaire dΩ, délimité par un cône coupant un élément de
surface élémentaire dS située sur une sphère de rayon r centrée sur le sommet en O du
cône vaut :
dS
dΩ = . (3.3)
r2
Cet angle solide est toujours positif et indépendant de la distance r. Son unité est le stéradian
(symbole sr).
solide élémentaire s'écrit alors dΩ = sin θdθdφ. Ainsi, l'angle solide délimité par un cône de révolution,
29
Électromagnétisme CHAPITRE 3. LOIS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
Le demi-espace, engendré avec α = π/2 (radians), correspond donc à un angle solide de 2π stéradians,
D'une façon générale, le cône (ou le faisceau lumineux de l'exemple ci-dessus) peut intercepter une
surface quelconque, dont la normale n fait un angle θ avec la génératrice de vecteur directeur rb. Avec
−→
b
la surface orientée dS ≡ dS n
b, l'angle solide élémentaire est déni par :
−→
dS · rb dS n
b · rb dS cos θ dS 0
dΩ ≡ = = = , (3.5)
r2 r2 r2 r2
où dS 0 est la surface eective (qui, par exemple, serait vue par un observateur situé en O).
Par convention, on oriente le vecteur unitaire n , normal à la surface dS , vers l'extérieur, c'est-à-dire
→
−
b
dans la direction qui s'éloigne de la charge q. Ainsi, pour q > 0, le champ E est dirigé dans le même
sens que n
b et l'on obtient un ux positif.
q rb · n
b q
dΦe = dS = dΩ , (3.7)
4π0 r2 4π0
c'est-à-dire un ux dépendant directement de l'angle solide sous lequel est vue la surface et non de
sa distance r (notez bien que dΩ > 0, q pouvant être positif ou négatif ). Ce résultat est une simple
Que se passe-t-il lorsqu'on s'intéresse au ux total à travers une surface (quelconque) fermée ?
Prenons le cas illustré dans la gure 3.1.4 ci-dessus. On a une charge q située à l'intérieur de la surface
q
dΦ1 = dΩ , (3.8)
4π0
mais le rayon 2 traverse plusieurs fois la surface, avec des directions diérentes. On aura alors une
contribution au ux :
q rb · n
b1 rb · n
b2 rb · n
b3
dΦ2 = dS1 + dS2 + dS3
4π0 r12 r22 r32
q
= (dΩ − dΩ + dΩ)
4π0
q
= dΩ . (3.9)
4π0
30
Électromagnétisme 3.1. FLUX DU CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
2
n3
n2 dW
n1
dS3
dS2
dS1
q
n1
dS1
dW
Ce résultat est général, puisque pour une charge se trouvant à l'intérieur de S, un rayon dans une
direction donnée va toujours traverser S un nombre impair de fois. En intégrant alors sur toutes les
− −
→ →
ZZ
q
Φe = E · dS = . (3.10)
S 0
Théorème 1 - Théorème de Gauss : le ux du champ électrique à travers une surface fermée
quelconque est égal, dans le vide, à 1/0 fois la charge électrique contenue à l'intérieur de cette surface
(N.B. vecteur normale locale de la surface orientée vers l'extérieur) :
− −
→ → Qint
ZZ
Φe ≡ E · dS = . (3.11)
S 0
Remarques :
1. Du point de vue physique, le théorème de Gauss fournit le lien entre le ux du champ électro-
2. La démonstration précédente utilise la loi de Coulomb qui, elle, est un fait expérimental et
n'est pas démontrée. Inversement, on peut retrouver la loi de Coulomb à partir du théorème de
Gauss : c'est ce qui est fait dans l'électromagnétisme, dans lequel le théorème de Gauss constitue
une loi fondamentale, non démontrable (l'une des quatre équations de Maxwell).
ci possède des propriétés de symétrie particulières. Celles-ci doivent en eet permettre de calculer
facilement le ux Φe . Comme le théorème de Gauss est valable pour une surface quelconque, il nous
sut de trouver une surface S adaptée, c'est-à-dire respectant les propriétés de symétrie du champ,
aux plans de symétrie, il est donc perpendiculaire à Π. Si ce plan est engendré par les vecteurs
31
Électromagnétisme CHAPITRE 3. LOIS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
→
−
(b
x, yb) alors E = Ez (x, y, z) zb. Par ailleurs, l'invariance par translation selon x et y nous fournit
→
−
E (x, y, z) = Ez (z) zb. Le plan Π (c.-à-d. le plan z = 0) est lui-mème plan de symétrie, donc Ez (z) est
impaire.
n=z
S1
n=r
S n= r
P SL
S2 n= - z
Étant donné ces propriétés de symétrie, la surface de Gauss la plus adaptée est un cylindre de
sections parallèles au plan et situées à des hauteurs symétriques (dénoté par ±z ). Le ux à travers
− −
→ → − −
→ → − −
→ → − −
→ →
ZZ ZZ ZZ ZZ
Φe = E · dS = E · dS 1 + E · dS 2 + E · dS L
S S1 S2 SL
= Ez (z) S − Ez (−z) S + 0 = 2Ez S (3.12)
−→
où nous avons utilisé le fait que S1 = S2 = S et que E · dS L = 0. Mettant ce résultat pour Φe dans la
Il s'ensuit que le champ électrostatique créé par un plan inni uniformément chargé vaut :
→
− σ
E = Ez zb = zb . (3.14)
20
Ce résultat n'est valable que pour z > 0. En se rappelant que le champ Ez est impair en z, on peut
→
− σ z σ
E = sgn(z) zb ≡ zb . (3.15)
20 |z| 20
Remarques :
1. Le champ ne varie pas avec la distance. Ceci est une conséquence du fait que le plan est
supposé inni.
2. On peut encore appliquer ce résultat pour une surface quelconque chargée uniformé-
→
−
ment. Il sut alors d'interpréter E comme le champ au voisinage immédiat de la
surface : susamment près, celle-ci peut être assimilée à un plan inni.
3. Le champ subit une variation de direction brusque en traversant le plan de charge surfacique. Ce
saut du champ est caractéristique des problèmes concernant des densités de charge surfacique.
volumique homogène de charges ρ0 . Cette distribution possédant une symétrie sphérique, le champ
→
− →
E −
électrostatique qui en résulte aura la même symétrie, donc r = Er (r) rb.
32
Électromagnétisme 3.1. FLUX DU CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
La surface de Gauss adaptée à la symétrie du problème est une sphère de rayon r centrée sur
− −
→ →
ZZ ZZ
Φe = E · dS = E (r) dS = Er (r) 4πr2
S S
Qint
= . (3.16)
0
z
S2
a
r<a
O
r0 S1 y
r>a
x
Avec ce résultat en main, il nous sut à déterminer le champ dans les deux régions distinctes, r<a
et r>a :
Lorsque r < a, il n'y a qu'un partie de la charge totale de la sphère à l'intérieur de la surface
distribution de charges n'est non nulle que jusqu'en r = a. Donc on a simplement que la charge
à l'intérieur de S2 est Qint = Qtot = 43 πa3 ρ0 ce qui fournit dans l'éq.(3.16) que :
Qtot ρ0 a3
Er (r) = = r>a (3.18)
4π0 r2 30 r2
On vient ainsi de démontrer, sur un cas simple, qu'une distribution de charges à symétrie
calcul (il est plus facile d'additionner deux scalaires que deux vecteurs), l'existence d'un tel scalaire
traduit des propriétés importantes du champ électrostatique. Mais tout d'abord, est-il possible d'obtenir
Prenons un scalaire V (M ) déni en tout point M de l'espace (on dit un champ scalaire). Une
variation dV de ce champ lorsqu'on passe d'un point M à un point M0 inniment proche est alors
3
X ∂V −−−→ −−−→
dV (M ) = dxi = gradV · dOM , (3.19)
∂xi
i=1
33
Électromagnétisme CHAPITRE 3. LOIS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
−−−→
où le vecteur gradV , est le gradient du champ scalaire V et constitue un champ de vecteurs déni
partout. Ses composantes dans un système de coordonnées donné sont obtenues très simplement. Par
−−−→
exemple, en coordonnées cartésiennes, on a dOM = dxb
x + dy yb + dz zb et
∂V ∂V ∂V
dV = dx + dy + dz , (3.20)
∂x ∂y ∂z
d'où l'expression suivante pour le gradient en coordonnées cartésiennes
∂V
−−−→ ∂V ∂V ∂V ∂x
∂V
gradV = x
b+ yb + zb = . (3.21)
∂x ∂y ∂z ∂y
∂V
∂z
−−−→
En faisant de même en coordonnées cylindriques et sphériques on trouve respectivement dOM =
−−−→
dρρb + ρdφφ
b + dz zb et dOM = drb
r + rdθθb + r sin θdφφ
b ce qui amènent aux expressions respectives
Par ailleurs, plus les composantes du gradient sont élevées et plus il y a une variation rapide de V.
Or, c'est bien ce qui semble se produire, par exemple, au voisinage d'une charge électrique q : les lignes
de champ électrostatique sont des droites qui convergent (q < 0) ou divergent (q > 0) toutes vers la
→
−
charge. Il est donc tentant d'associer le champ E (vecteur) au gradient d'une fonction scalaire V.
En fait, depuis Newton (1687) et sa loi de gravitation universelle, de nombreux physiciens et ma-
thématiciens s'étaient penché sur les propriétés de cette force radiale en 1/r2 . En particulier Lagrange
avait ainsi introduit en 1777 une fonction scalaire appelée potentiel, plus fondamentale puisque la
force en dérive. C'est Poisson qui a introduit le potentiel électrostatique en 1813, par analogie avec la
loi de Newton.
→
−
Dénition : le potentiel électrostatique V est relié au champ électrostatique E par
→
− −−−→
E = −gradV . (3.23)
Remarques :
1. Le signe moins est une convention liée à celle adoptée pour l'énergie électrostatique (cf. chapitre
5).
→
− −−−→
2. La conséquence de cette dénition du potentiel est dV (M ) = − E · dOM pour un déplacement
innitésimal quelconque.
Dénition : la circulation du champ électrostatique le long d'une courbe allant de A vers B est
B B
− →
→ −
Z Z
E · d` = − dV = V (A) − V (B) . (3.24)
A A
Remarques :
34
Électromagnétisme 3.1. FLUX DU CHAMP ÉLECTROSTATIQUE
VA VB<VA
1. Cette circulation est conservative : elle ne dépend pas du chemin suivi. Du coup, on dit qu'un
champ est conservateur du moment qu'on peut l'exprimer partout comme un gradient d'un
champ scalaire.
2. La circulation du champ électrostatique sur une courbe fermée (on retourne en A) est nulle. On
verra plus loin que ceci est d'une grande importance en électrocinétique.
− →
→ −
3. D'après la relation ci-dessus, le long d'une ligne de champ, c'est-à-dire pour E · d` > 0 on a
V (A) > V (B). Les lignes de champ électrostatiques vont dans le sens des potentiels décroissants.
la notion de circulation. Mais nous n'avons pas encore prouvé que le champ électrostatique pouvait
z
E(M)
M
M’
dOM=MM ’
q r=OM
O
y
x f
M’
Considérons donc une charge ponctuelle q située en un point O pris comme l'origine d'un système
→
−
de coordonnées sphériques. En un point M de l'espace, cette charge crée un champ électrostatique E.
Le potentiel électrostatique est alors donné par :
−
→
→
− −−−→ q rb · dr q dr
dV (M ) = − E · dOM = − 2
=− , (3.25)
4π0 r 4π0 r2
c'est-à-dire, après intégration suivant r,
Z ∞ ∞
q dr q 1 q 1
V (r) − V (∞) = =− = , (3.26)
4π0 r r2 4π0 r r 4π0 r
q 1 q 1
V (r) = + V (∞) = + V0 , (3.27)
4π0 r 4π0 r
où la constante d'intégration V0 est le potentiel à l'inni.
35
Électromagnétisme CHAPITRE 3. LOIS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
Remarques :
1. La constante d'intégration V0 correspond à la valeur absolue du potentiel électrostatique à
ª'inni. Ceci est arbitraire puisque seulement des diérences de potentiel sont mesurables. C'est
3. Si l'on veut se donner une représentation du potentiel, on peut remarquer qu'il mesure le degré
d'électrication d'un conducteur (voir Chapitre 4). Il y a en fait une analogie formelle entre
N
1 X qi
V (M ) = + V0 , (3.28)
4π0 ri
i=1
−−−→
où ri = Pi M = Pi M est la distance entre la charge qi et le point M.
Lorsqu'on s'intéresse à des échelles spatiales qui sont très grandes par rapport aux distances entre
les charges qi , on peut faire un passage à la limite continue et remplacer la somme discrète par
P R
une intégrale i qi (Pi ) → dq (P ) où P est un point courant autour duquel se trouve une charge
élémentaire dq . Le potentiel électrostatique créé par une distribution de charges continue est alors
Z
1 dq
V (M ) = + V0 r ≡ PM . (3.29)
4π0 r
Remarques :
1. Pour une distribution de charges nie, V0 est simplement le potentiel à l'inni (examiner la
vement
Z ZZ ZZZ
1 λd` 1 σdS 1 ρ dV
V (M ) = , V (M ) = , V (M ) = . (3.30)
4π0 r 4π0 r 4π0 r
où r ≡ PM.
3. Noter que l'on ne peut pas évaluer le potentiel (ni le champ d'ailleurs) d'une particule en utilisant
l'expression discrète (c'est-à-dire pour ri = 0). Par contre, on peut le faire avec une distribution
continue (surfacique ou volumique) : c'est dû au fait que dq/r converge lorsque r tend vers zéro
36
3.2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET INTÉGRALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
Électromagnétisme
intégrale. Le ux à travers une surface fermée est relié à la quantité de charges intérieures à ce volume,
sans dépendre de leur distribution. Puisque cette formule marche pour n'importe quelle volume, elle
implique l'existence d'une loi locale ou diérentielle qui relie deux grandeurs en un point
→
−
r. (Comme
→
− −−−→ →
−
par exemple la relation E = −gradV qui est locale dans le sens que le champ en r est lié à la dérivée
→
−
du potentiel en ce même point r .)
Si on laisse le volume dans la forme intégrale de Gauss, l'éq.(3.11), devient innitésimal, (δV → 0)
on démontre dans 3.2.2 ci-dessous que la loi de Gauss intégrale prend la forme :
∂Ex ∂Ey ∂Ez ρ
+ + δV = δV . (3.31)
∂x ∂y ∂z 0
Elle relie, en chaque point de l'espace, la somme des trois dérivées partielles écrites ci-dessus à la
densité de charge volumique en ce même point. Les charges surfaciques, linéiques et ponctuelles sont
des idéalisations de la distribution des charges qui doivent être traitées avec précaution (La théorie des
→
− ∂Ax ∂Ay ∂Az
div A = + + . (3.33)
∂x ∂y ∂z
→
− ρ
div E = . (3.34)
0
La divergence (div) d'un vecteur est un scalaire. Cet être mathématique vient rejoindre le gradient et
37
Électromagnétisme CHAPITRE 3. LOIS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
(x0,y0,z0)
y0-b/2 S5 y0+b/2
A B z
z0+c/2
E F S2
S4 S3
y
S1 C x0-a/2
x
D
H G x +a/2
z0-c/2
0
S6
→
− → − → − → − → − → −
Les vecteurs S 1, S 2, S 3, S 4, S 5, S 6 représentant les surfaces des rectangles sont orientées vers
→
−
Le ux total de E à travers la surface parallélépipédique fermée s'écrit :
→
− → − →
− → − → − → − →
− → − → − → − →
− → −
Φe = E 1 · S 1 + E 2 · S 2 + E 3 · S 3 + E 4 · S 4 + E 5 · S 5 + E 6 · S 6
= Φ12 + Φ34 + Φ56 . (3.37)
→
−
Déterminons Φ12 , c'est-à-dire la somme des ux du champ électrique à travers les surfaces S 1 et
→
− →
− →
−
S 2 . Pour cela, faisons gurer ces deux surfaces de prol. E 1 est le champ électrique E 1 en x = x0 +a/2.
→
− →
− →
− →
−
E 1 = E (x0 + a/2, y0 , z0 ). (et E 2 = E (x0 − a/2, y0 , z0 )).
z
A,B E,F
E2 E1
S2
(x0,y0,z0) S1
x
C,D G,H
x0-a/2 x0+a/2
→
−
Puisque bc est l'aire du rectangle ABCD, et au vu de l'orientation de S 1 qui n'a de composante
→
− →
−
que suivant l'axe Ox, le ux de E à travers la surface S1 s'écrit : (bc)Ex (x0 + a/2, y0 , z0 ). Faisons de
→
−
même avec le ux travers S 2, nous avons donc :
→
− → − →
− → −
Φ12 = E 1 · S 1 + E 2 · S 2
= (bc)Ex (x0 + a/2, y0 , z0 ) + (−bc)Ex (x0 − a/2, y0 , z0 )
= (bc) [Ex (x0 + a/2, y0 , z0 ) − Ex (x0 − a/2, y0 , z0 )] . (3.38)
38
3.2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ET INTÉGRALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
Électromagnétisme
du parallélépipède, c.-à-[Link] = ρδV , et la loi de Gauss pour un volume innitésimale prend donc la
→
−
forme, Φe = δV div E = δV ρ0 .
L'application du théorème de Gauss à un volume innitésimal donne donc une forme locale (dié-
dans l'autre sens et voir que la forme intégrale du théorème de Gauss est une conséquence directe de
sa formulation diérentielle.
→
− − −
→ → Qint
ZZ
ρ
div E = ⇔ E · dS = . (3.43)
0 S 0
Autrement dit : les formes diérentielle et intégrale du théorème de Gauss sont deux expressions
partout :
→
− −−−→ −→ →− →
−
E = −gradV ⇔ rot E = 0 . (3.44)
−→ −−−→ →
−
(Voir 12.17 de l'appendice des maths pour une démonstration de rot gradf = 0 ) N.B. Un champ
−→ →−
conservateur est caractérisé par rot A = 0 dans toute l'espace.
Donc en résumé, on peut formuler toute l'électrostatique du vide avec deux équations diérentielles
de premier ordre :
→
− ρ −→ →− →
−
div E = et rot E = 0 . (3.45)
0
39
Électromagnétisme CHAPITRE 3. LOIS FONDAMENTALES DE L'ÉLECTROSTATIQUE
entraîne
∂2V ∂2V ∂2V ρ
2
+ 2
+ 2
=− ,
∂x ∂y ∂z 0
ce qui est l'équation de Poisson. Elle se synthétise en :
ρ
∆V = − (3.46)
0
où :
−−−→
∆ ≡ div grad (3.47)
dénie un opérateur d'analyse vectorielle appelé Laplacien. Nous avons démontré qu'en coordonnées
cartésiennes, elle s'exprime simplement comme
∂2 ∂2 ∂2
∆= + + . (3.48)
∂x2 ∂y 2 ∂z 2
On peut démontrer mathématiquement (mais nous ne le ferons pas ici) que la solution générale de
ρ →
−
x0
ZZZ
1
V →
− d3 x0 + V0 ,
x = →
− (3.49)
4π0 x −→
−x0
qui n'est rien d'autre que l'expression pour le potentiel trouvé en (3.29) et (3.30) (avec une notation
→
− → −−−→ 1
ZZZ →
−
x −→
−
x0
E −
x = −grad V →
− →
− 0
3 0
x = →
− ρ x d x , (3.50)
x −→
−
4π0 3
x0
qui est de nouveau l'expression intégrale de l'équation du champ électrique déduite de la force de
Coulomb dans le chapitre 2. Donc la boucle est bouclée, et on retrouve la physique de Coulomb en
prenant les équations diérentielles de l'éq.(3.45) comme point de départ. Bien qu'on puisse en déduire
une formulation de l'autre, l'histoire (et la pratique) de la physique démontrent que la formulation de
l'électromagnétisme en termes de champs est plus porteur pour les développements qui vont suivre que
40
Chapitre 4
Conducteurs en équilibre
Que se passe-t-il pour un corps conducteur dans lequel les charges sont libres de se déplacer ?
Prenons une baguette en plastique et frottons-la. On sait qu'elle devient électrisée parce qu'elle
devient alors capable d'attirer des petits bouts de papier. Si on la met en contact avec une autre
baguette, alors cette deuxième devient également électrisée, c'est-à-dire atteint un certain degré d'élec-
trisation. Au moment du contact des deux baguettes, des charges électriques passent de l'une à l'autre,
modiant ainsi le nombre de charges contenues dans chacune des baguettes, jusqu'à ce qu'un équilibre
Dénition : l'équilibre électrostatique d'un conducteur est atteint lorsqu'aucune charge électrique
ne se déplace plus à l'intérieur du conducteur.
Du point de vue des charges élémentaire, cela signie que le champ électrostatique total à
l'intérieur du conducteur est nul.
Comme le champ dérive d'un potentiel, cela implique qu' un conducteur à l'équilibre électro-
statique est équipotentiel.
Remarques :
1. Si le conducteur est chargé, le champ électrostatique total est (principe de superposition) la
somme du champ extérieur et du champ créé par la distribution de charges contenues dans le
conducteur. Cela signie que les charges s'arrangent (se déplacent) de telle sorte que le champ
en contact, acquièrent la même température nale en échangeant de la chaleur (du plus chaud vers le
plus froid).
41
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
conducteur est chargé. Puisqu'un conducteur à l'équilibre est équipotentiel, cela entraîne alors
que, sa surface étant au même potentiel, le champ électrostatique est normal à la surface d'un
conducteur. Par ailleurs, aucune ligne de champ ne peut revenir vers le conducteur. En eet,
B
− →
→ −
Z
V (A) − V (B) = E · d` .
A
Si les points A et B appartiennent au même conducteur, alors la circulation doit être nulle, ce
→
− →
−
qui est impossible le long d'une ligne de champ (où, par dénition E est parallèle à d` ).
Impossible
+ + + + +
++
+ +
+
E=0 +
+ +
V=Cst
+ +
+ + +
+ + + +
(b) Distribution des charges Si un conducteur est chargé, où se trouvent les charges non com-
pensées ? Supposons qu'elles soient distribuées avec une distribution volumique ρ. Prenons un
du théorème de Gauss, on a
− −
→ →
ZZ ZZZ
ρ
E · dS = dV = 0 ,
S V 0
→
−
puisque le champ E est nul partout. Cela signie que ρ = 0 (autant de charges + que de
charges −) et donc, qu'à l'équilibre, aucune charge non compensée ne peut se trouver dans le
autres. A l'équilibre, les charges tendent donc à se trouver aussi éloignées les unes des autres
surface S du conducteur. On peut ensuite construire une surface fermée Σ en y adjoignant une
surface rentrant à l'intérieur du conducteur Sint ainsi qu'une surface latérale SL . En appliquant
− −
→ → − −
→ → − −
→ → − −
→ →
ZZ ZZ ZZ ZZ
Φ= E · dS = E · dS L + E · dS int + E · dS ext
ZZΣ SL Sint Sext
− −
→ →
ZZ
Qint 1 σSM
= E · dS ext = ESext = = σdS = , (4.1)
Sext 0 0 SM 0
où SM est la surface dessinée par le tube de ux passant par Sext , donc SM = Sext (on peut
σSM
choisir ces surfaces aussi petites que l'on veut). Mettant ce résultat dans la relation
0 = ESext
obtenue dans l'éq.(4.1) on obtient le :
42
Électromagnétisme 4.1. CONDUCTEURS ISOLÉS
Sext
SM n
S SL
Sint
S
n
où n
b est un vecteur unitaire normal au conducteur et dirigé vers l'extérieur du conducteur.
Lorsque le champ au voisinage d'un conducteur dépasse une certaine limite, une étincelle est
l'ordre de 3 Méga V/m dans l'air, est appelé champ disruptif. Il correspond à l'ionisation des
σ, M situé à l'extérieur tandis que M0 est situé à l'intérieur. Considérons maintenant une surface
→
−
élémentaire dS située entre ces deux points. Soit E1 le champ créé en M par les charges situées sur
→
−
dS et E 2 le champ créé en M par toutes les autres charges situées à la surface du conducteur. Soient
→
−0 →
−
E 1 et E 02 les champs respectifs en M 0 .
E1 E2
M
dS
M
E1 E2
semble du conducteur est égale à celle de la charge située à proximité immédiate. Comme le champ
→
− →
− →
− σ
total vaut E = E1+E2 = 0 n
b (théorème de Coulomb), on en déduit que le champ créé par l'ensemble
→
− σ
du conducteur (à l'exclusion des charges situées en dS ) au voisinage du point M est E 2 =
20 n
b.
−−
2
→
Autrement dit, la force électrostatique d F subie par cette charge dq = σdS de la part de l'ensemble
−−→ →
− σ σ2
d2 F = dq E 2 = σdS n
b= n
b dS . (4.3)
20 20
Quel que soit le signe de σ , la force est toujours normale et dirigée vers l'extérieur du conducteur. Cette
propriété est caractéristique d'une pression, force par unité de surface. Ainsi, la pression électrostatique
43
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
σ2
P = . (4.4)
20
Cette pression est en général trop faible pour arracher les charges de la surface du conducteur. Mais
elle peut déformer ou déplacer la surface, les charges communiquant au solide la force électrostatique
qu'elles subissent.
R1 fil conducteur
S2
S1 R2
L'expression Pouvoir des pointes décrit le fait expérimental que, à proximité d'une pointe, le
champ électrostatique est toujours très intense. En vertu du théorème de Coulomb, cela signie que la
densité surfacique de charges est, au voisinage d'une pointe, très élevée. On peut aborder ce phénomène
avec deux sphères chargées de rayons diérents, reliées par un l conducteur et placées loin l'une de
l'autre. On peut donc considérer que chaque sphère est isolée mais qu'elle partage le même potentiel
ZZ ZZ
1 σ1 dS1 1 σ2 dS2 σ1 R1 σ2 R2
V1 = V2 =⇒ = =⇒ =
4π0 R1 4π0 R2 0 0
S1 S2
(4.5)
→
−
σ2 R1 Th. de Coulomb | E 2| R1
=⇒ = =⇒ − =R .
→
σ1 R2 | E 1| 2
Donc, plus le rayon de la sphère sera petit et plus sa densité de charges sera élevée et par consequence
du théorème de Coulomb de l'éq.(4.2), plus son champ électrique proche sera grand aussi. Tout se passe
comme si les charges préféraient les zones à forte courbure. A priori, cela semble en contradiction
avec l'idée naïve que les charges non compensées ont tendance à se repousser mutuellement. Le résul-
tat ci-dessus nous montre l'eet d'une pointe (accumulation de charges), mais ne nous ore aucune
Prenons une sphère chargée placée seule dans l'espace. Se repoussant mutuellement, les charges
vont produire une distribution surfacique uniforme. Maintenant, si l'on fait une pointe (zone convexe)
les charges situées en haut de la pointe voient non seulement le champ électrostatique créé par les
charges immédiatement voisines, mais également celui créé par les charges situées sur les bords de la
pointe. Quand une charge se retrouve, sous l'eet répulsif des autres charges, repoussée vers la pointe,
le champ qu'elle-même crée devient moins important (puisqu'elle est éloignée des autres charges) vis-
à-vis des charges restées sur la partie uniforme de la sphère. Cela permet ainsi à une autre charge
de prendre sa place : cette nouvelle charge se déplace donc et se retrouve elle-même repoussée sur la
pointe. Le conducteur atteint l'équilibre électrostatique lorsque le champ répulsif créé par toutes les
charges accumulées au niveau de la pointe compense celui créé par les charges restées sur le corps
du conducteur.
44
Électromagnétisme 4.1. CONDUCTEURS ISOLÉS
potentiel électrostatique. Or, pour une quantité de chaleur donnée, la température d'un corps dépend
capacité du corps à absorber les charges électriques qu'il reçoit. On peut donc suivre cette analogie
Soit un conducteur à l'équilibre électrostatique isolé dans l'espace, chargé avec une distribution
ZZ
1 σ (P ) dS
V (M ) = ,
4π0 PM
Surface
en tout point M du conducteur, le point P étant un point quelconque de sa surface. Par ailleurs, la
Si on multiplie la densité surfacique par un coecient constant a, on obtient une nouvelle charge totale
Q0 = aQ et un nouveau potentiel
0
V = aV . On a ainsi un nouvel état d'équilibre électrostatique,
parfaitement déni. On voit donc que, quoi qu'on fasse, tout état d'équilibre d'un conducteur isolé
(caractérisé par Q et V ) est tel que le rapport Q/V reste constant (cela résulte de la linéarité de Q et
V en fonction de σ ).
où Q est la charge électrique totale du conducteur porté au potentiel V . L'unité de la capacité est le
Farad (symbole F) - unité fondamentale ( A2 .s4 .m−2 .kg−1 ).
Remarques :
1. La capacité C d'un conducteur est une grandeur toujours positive. Elle ne dépend que des
4. Exemple : capacité d'une sphère de rayon R, chargée avec une densité surfacique σ
ZZ ZZ ZZ
1 σ (P ) dS 1 σdS 1 Q
V = V (O) = = = σdS =
4π0 OP 4π0 R 4π0 R 4π0 R
Surface Surface Surface
Q
C= = 4π0 R . (4.7)
V
Q et son potentiel V, qui sont reliés entre eux par la capacité C du conducteur. Inversement , étant
45
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
σ1 et σ2 à l'équilibre. S'ils ne sont pas au même potentiel, des lignes de champ électrostatique relient
(A1 ) à (A2 ). Soit un petit contour fermé C1 situé sur la surface de (A1 ) tel que l'ensemble des lignes
de champ s'appuyant sur C1 rejoignent (A2 ) et y dessinent un contour fermé C2 (on en déduit par
construction que toutes les lignes de champ s'appuyant sur la surface A1 bornée par C1 se terminent
sur la surface A2 bornée par C2 ) . L'ensemble de ces lignes de champ constitue ce qu'on appelle un
E
C1 C2
S1 S2
SL
A1 A2
Eléments correspondants
surface qui s'appuie sur C1 et plonge à l'intérieur de conducteur A1 et S2 une surface analogue pour
le conducteur A2 .
− −
→ → − −
→ → − −
→ → − −
→ →
ZZ ZZ ZZ ZZ
Φ= E · dS = E · dS L + E · dS 1 + E · dS 2 = 0
S SL S1 S2
Qint q1 q2
= = + ,
0 0 0
où q1 est la charge totale contenue sur la surface de (A1 ) embrassée par C1 tandis que q2 est la charge
Théorème : les charges électriques portées par deux éléments correspondants sont op-
posées.
Cette démonstration a fait appel à un concept inportant, le tube de ux, qui relayait dans cet
exemple les deux éléments correspondants, C1 et C2 . En générale, le tube de ux est dénie comme
suit :
46
Électromagnétisme 4.2. SYSTÈMES DE CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
- Soit un contour fermé C tel que le champ électrostatique lui est perpendiculaire, c'est-à-dire tel
→
− →
− →
−
que E ⊥ d` où d` est un vecteur élémentaire de C. En chaque point de C passe donc une ligne de
champ particulière. L'ensemble de toutes les lignes de champ passant par C dessine alors une surface
dans l'espace, une sorte de tube. Par construction, le ux du champ électrostatique est nul à travers la
surface latérale du tube, de telle sorte que le ux est conservé : ce qui rentre à la base du tube ressort
t-il lorsque, par exemple, on place un conducteur neutre dans un champ électrostatique uniforme ? Etant
RR
neutre, sa charge Q= σdS doit rester nulle. Mais étant un conducteur, les charges sont libres de
→
−
se déplacer : on va donc assister à un déplacement de charges positives dans la direction de E et de
charges négatives dans la direction opposée. On obtient alors une polarisation du conducteur (création
de pôles + et −), se traduisant par une distribution surfacique σ non-uniforme (mais telle que Q = 0).
E
E
- ++
- E=0
Q=0 - - ++
Considérons maintenant le cas plus compliqué d'un conducteur (A1 ) de charge Q1 avec une densité
surfacique σ1 , placé à proximité d'un conducteur neutre (A2 ). En vertu de ce qui a été dit précédem-
ment, on voit apparaître une densité surfacique σ2 non-uniforme sur (A2 ) due au champ électrostatique
de (A1 ). Mais, en retour, la présence de charges σ2 situées à proximité de (A1 ) modie la distribution
de l'autre. On appelle cette action réciproque, l'inuence électrostatique. Dans cet exemple, l'inuence
est dite partielle, car l'ensemble des lignes de champ électrostatique issues de (A1 ) n'aboutissent pas
sur (A2 ). Soit q2 la charge portée par la région de (A2 ) reliée à (A1 ). En vertu du théorème des éléments
A2
A2 + +
Q2,ext + -
A1 -
+ + - -
+ ++
+ q2 + A1
++ Q - + - + ++
1 + + + + + Q1
-
E -
Q2=0
-Q1 -
-
-
On peut créer des conditions d'inuence électrostatique totale en plaçant (A1 ) à l'intérieur de
(A2 ). Puisque l'ensemble des lignes de champ issues de (A1 ) aboutit sur l'intérieur de (A2 ), on voit
la position de (A1 ). Cette propriété (démontrée à partir du théorème des éléments correspondants)
47
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
est connue sous le nom de théorème de Faraday. La charge électrique totale sur (A2 ) est simplement
(du point de vue électrostatique) du monde extérieur. On dénit par écran électrostatique parfait tout
celle-ci). Dans ce cas, le champ électrostatique mesuré à l'extérieur de (A2 ) est nul, malgré la présence
de (A1 ) chargé à l'intérieur de (A2 ). Ainsi, l'espace extérieur à (A2 ) est protégé de toute inuence
Prenons maintenant le cas où (A1 ) porte une charge nulle et où (A2 ) est placé à proximité d'autres
portée par la surface extérieure de (A2 ), la cavité interne possède un champ électrostatique nul. Nous
voyons donc que le champ électrostatique régnant à l'intérieur de (A2 ) est parfaitement indépendant
de celui à l'extérieur. Noter que ceci reste vrai même si (A2 ) n'est pas maintenu à potentiel constant.
Une combinaison linéaire de ces deux situations permettant de décrire tous les cas possibles, nous
venons de démontrer que tout conducteur creux maintenu à potentiel constant constitue bien un écran
électrostatique dans les deux sens. Un tel dispositif est appelé cage de Faraday.
int dépend de la position de (A ), celle des charges
Alors que la distribution des charges Q2 Qext
1 2
portées par la surface externe de (A2 ) dépend, elle, uniquement de ce qui se passe à l'extérieur.
Applications :
1. Protection contre la foudre : un paratonnerre est en général complété par un réseau de câbles
2. Tout conducteur transportant un courant faible est entouré d'une gaine métallique (appelée
blindage) reliée au sol. Cette gaine est parfois simplement le châssis de l'appareil.
une inuence électrostatique réciproque. A l'équilibre (mécanique et électrostatique), les densités surfa-
ciques de chaque conducteur dépendent des charges qu'ils portent, de leur capacité et de leurs positions
relatives. Si l'on cherche à calculer, par exemple, le potentiel pris par l'un des conducteurs, alors il nous
électrostatique. Prenons (A1 ) et appliquons la notion vue précédemment de superposition des états
48
Électromagnétisme 4.2. SYSTÈMES DE CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
PN
d'équilibre. On peut toujours décomposer la distribution surfacique sur (A1 ) de la forme σ1 = j=1 σ1j
où σ11 est la densité surfacique de charges apparaissant sur (A1 ) si tous les autres conducteurs étaient
portés au potentiel nul (mais présents) et σ1j celle apparaissant lorsque tous (y compris A1 ) sont portés
au potentiel nul, sauf (Aj ). On peut alors écrire que la charge totale sur (A1 ) est :
ZZ N ZZ
X
Q1 = σ1 dS = σ1j dS = q11 + q12 + ... + q1N
j=1
= C11 V1 + C12 V2 + ... + C1N VN . (4.8)
Un moyen de mesurer tous les coecients Ci,1 est de considérer un premier état d'équilibre, celui
où on garde le premier armature à potentiel V1 et tous les autres armatures sont mis au potentiel nul.
Utilisant un exposant
(1) pour indiquer qu'il s'agit du premier état d'équilibre, les charges, Q(1) , sur
i
chacun des armatures s'écrit :
(1)
Q1 ≡ q11 = C11 V1
(1)
Q2 ≡ q21 = C21 V1 (4.9)
. . .
. . .
. ≡ . = .
(1)
QN ≡ qN 1 = CN 1 V1 .
En eet, la charge apparaissant sur (A1 ) ne peut être due qu'à V1 , C11 étant la capacité du conducteur
-
- q21
+ -
+ V1,q11 + + - V=0
V1 ++
+ +++ +
E
-
qN1
-
-
V=0
(A1 ) en présence des autres conducteurs. Mais par inuence, une distribution σj1 apparaît sur tous les
autres conducteurs (Aj ). Celle-ci dépend du nombre de lignes de champ qui joignent (A1 ) à chaque
conducteur (Aj ). En vertu du théorème des éléments correspondants, la charge qui apparaît est de
signe opposé à celle sur (A1 ), elle-même proportionnelle à q11 donc à V1 : les coecients d'inuence
Cj1 (j 6= 1) sont donc négatifs.
Considérons maintenant le deuxième état d'équilibre, où tous les conducteurs sauf (A2 ) sont mis
(2)
Q1 ≡ q12 = C12 V2
(2)
Q2 ≡ q22 = C22 V2 (4.10)
. . .
. . .
. ≡ . = .
(2)
QN ≡ qN 2 = CN 2 V2 .
49
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
Bien évidemment, en reproduisant cette opération, on obtient que l'état d'équilibre le plus général est
décrit par :
N N N
(j)
X X X
Qi = Qi = qij = Cij Vj , (4.11)
j=1 j=1 j=1
ou sous forme matricielle :
Q1 C11 ··· C1N V1
. . .. . .
. = . . . . (4.12)
. . . . .
QN CN 1 · · · CN N VN
Les coecients Cij sont appelés coecients d'inuence. Les coecients Cii sont parfois
appelés coecients de capacité ou capacités des conducteurs en présence des autres. Il ne
faut pas les confondre avec les capacités propres Ci des conducteurs isolés, seuls dans l'espace. D'une
prenons le conducteur (A1 ) porté au potentiel V1 alors que les autres sont mis au potentiel nul. Tous
les tubes de ux partant de (A1 ) n'aboutissent pas nécessairement à un autre conducteur (ils ne le
feraient que pour une inuence totale). Donc, cela signie que la charge totale située sur (A1 ) est
(en valeur absolue) supérieure à l'ensemble des charges situées sur les autres conducteurs, c'est-à-dire
P
q11 = C11 V1 ≥ |q21 | + .. + |qN 1 | = j6=1 |Cj1 | V1 .
Exemple : Soient deux conducteurs sphériques, (A1 ) et (A2 ), de rayons R1 et R2 portant une
distance d est beaucoup plus grande que les rayons, on peut assimiler P2 O1 ' O2 O1 = d pour
Q1 Q2 Q1 Q2
V1 ' + = + ,
4π0 R1 4π0 d C1 Cd
où l'on reconnaît en C1 la capacité d'une sphère isolée et en Cd = 4π0 d, un coecient qui
dépend à la fois de la géométrie des deux conducteurs et de leur distance. En faisant de même
50
Électromagnétisme 4.3. LE CONDENSATEUR
c'est-à-dire Vi = Dij Qj où la matrice Dij est connue à partir de l'inverse des diverses capacités.
Si l'on veut se ramener au problème précédent (calcul des charges connaissant les potentiels),
C1 C2
C1 C2 Cd
C11 = C22 = C12 = C21 = − . (4.15)
1 − CC1 C2 2 1 − CC1 C2 2 1 − CC1 C2 2
d d d
On voit clairement sur cet exemple que, premièrement, les capacités en présence des autres conduc-
teurs Cii ne sont pas identiables aux capacités propres Ci des conducteurs isolés dans l'espace et
4.3 Le condensateur
4.3.1 Condensation de l'électricité
Dénition : On appelle condensateur tout système de deux conducteurs en inuence électrosta-
tique. Il y a deux sortes de condensateurs :
à inuence totale
V2
V2
V1
V1
En général, les deux armatures sont séparées par un matériau isolant (un diélectrique), ce qui a
pour eet d'accroître la capacité du condensateur. Dans ce qui suit on suppose qu'il n'y a que du vide.
Soient donc deux conducteurs (A1 ) et (A2 ) portant une charge totale Q1 et Q2 et de potentiels V1 et
Les coecients Cij étant indépendants des valeurs de Q et de V , il sut, pour les trouver, de considérer
des cas particuliers simples (formellement on a ici 2 équations à 4 inconnues).
51
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
Regardons ce qui se passe dans le cas d'un condensateur à inuence totale, c'est-à-dire un conden-
La première relation n'est vraie que si (A2 ) est à la masse, mais la seconde est générale. Par ailleurs,
on sait par l'analyse dans la section précédent que C12 = C21 . Par convention, la capacité C du
condensateur, sa charge Q et sa tension entre armatures sont alors dénies de la façon suivante,
C = C11
Q = Q1
U = V1 − V2 . (4.19)
Mettant ces relations dans l'éq.(4.16) on voit que la première ligne nous donne la relation des conden-
sateurs
Q = CU . (4.20)
Remarques :
1. Pourquoi appelle-t-on ces dispositifs des condensateurs ? Parce qu'ils permettent de mettre en
électriques dans une petite zone de l'espace. Ainsi, en construisant des condensateurs de capacité
C élevée, on obtient des charges électriques Q élevées avec des tensions U faibles.
2. La charge située sur l'armature (A2 ) est Q2 = Qext 2 − Q (pour un condensateur à inuence
totale) et, en toute rigueur, ne vaut −Q que lorsque (A2 ) est mise à la masse. En général, elle
reste cependant négligeable devant Q dans les cas considérés dans ce cours et on n'en tiendra
Pour un condensateur à armatures rapprochées, on obtient le même résultat, moyennant une sé-
paration faible (devant leur taille) des conducteurs. Dans ce type de condensateur, les charges Q1 et
Q2 correspondent à celles qui se trouvent réparties sur l'ensemble de la surface de chaque conducteur.
Mais si la distance est faible, l'inuence électrostatique va condenser les charges sur les surfaces en
Q1 = Qext S S
1 + Q1 ' Q1
Q2 = Qext S ext S S
2 + Q2 = Q2 − Q1 ' Q2 − Q1 , (4.21)
ce qui nous ramène à une expression identique à celle d'un condensateur à inuence totale.
2
− →
→ −
Z
Q
U = V1 − V2 = E · d` = . (4.22)
1 C
Autrement dit, il faut être capable de calculer la circulation du champ électrostatique entre les deux
52
Électromagnétisme 4.3. LE CONDENSATEUR
même centre O, de rayons respectifs R1 et R2 , séparées par un vide. (R2 > R1 ). D'après le
théorème de Gauss, le champ électrostatique en un point M situé à un rayon r entre les deux
armatures vaut :
→
− Q
E (r) = rb ,
4π0 r2
en coordonnées sphériques, ce qui donne une tension
R2 R2
− →
→ − Q R2 − R1
Z Z
Q dr Q 1 1
U = V1 − V2 = E · d` = 2
= − = ,
R1 4π0 R1 r 4π0 R1 R2 4π0 R1 R2
Q R1 R2
C= = 4π0 . (4.23)
U R2 − R1
O R1
R2 +Q
-Q
+l
a
z
b
-l
→
− λ
E (ρ) = ρb ,
2π0 ρ
en coordonnées cylindriques, ce qui donne une diérence de tension :
b b
− →
→ −
Z Z
λ dρ Q
U = V1 − V2 = E · d` = = (ln b − ln a) ,
a 2π0 a ρ 2π0 `
et une capacité par unité de longueur,
Q 2π0
C/` = = . (4.24)
`U ln ab
(c) Condensateur plan Soient deux armatures (A1 ) et (A2 ) planes parallèles, orthogonales à un
même axe Oz de vecteur unitaire zb, de surface S et situées à une distance d = z2 − z1 l'une
de l'autre. On utilise l'approximation de planes innies, c.-à-d. S d. L'armature (A1 ) porte
une densité surfacique de charges σ et (A2 ), en vertu du théorème des éléments correspondants,
53
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
S
-s z2
S
d = z2-z1
y
+s z1 y
x
porte une densité −σ . Entre les deux armatures, le champ électrostatique est la superposition
→
− →
− →
− σ −σ σ
E = E1 + E2 = zb + (−b
z ) = zb .
20 20 0
La diérence de potentiel entre les deux armatures est alors
z2 z2
− →
→ −
Z Z
σ σ
U = V1 − V2 = E · d` = dz = d,
z1 0 z1 0
d'où une capacité
Q σS S0
C= = = . (4.25)
U U d
Dans la pratique, cette relation s'applique à tous les condensateurs dans le vide (de façon
approximative) à condition que les dimensions de la surface S sont très grandes devant la
U Q
CN
-Q
Condensateurs en parallèlle
Condensateurs en série
même tension U = V1 −V2 . La charge électrique de chacun d'entre eux est donnée par Qi = Ci U .
La charge électrique totale est simplement :
N N
!
X X
Q= Qi = Ci U ,
i i
N
X
Ceq = Ci , (4.26)
i
54
4.4. COMPLÉMENT : RELATIONS DE CONTINUITÉ DU CHAMP ÉLECTRIQUE
Électromagnétisme
b) Condensateurs en série Soient N condensateurs de capacités Ci mis en série les uns derrière
les autres. On porte aux potentiels V0 et VN les deux extrémités de la chaîne et on apporte la
charge Q sur le premier condensateur. En supposant que tous les condensateurs sont initialement
neutres, il s'établit la charge ±Q (par inuence) sur les armatures des condensateurs adjacents.
N
1 X 1
= . (4.27)
Ceq Ci
i
de charges surfaciques d'un conducteur (théorème de Coulomb). Ici, on fait appel aux lois
fondamentales an d'exprimer les contraintes générales sur le champ à la traversée de n'importe
Soit une distribution surfacique de charge σ sur une surface Σ séparant l'espace en deux régions
1 et 2. Pour la composante tangentielle du champ, nous remarquons que puisque le champ
→
−
électrostatique E s'éxprime comme un gradient du potentiel, on a :
− →
→ −
I I
E · d` = − dV = 0 .
C C
Région 2
n12 C
D s
N
M
A t B
Région 1
− →
→ − − →
→ − − →
→ − − →
→ −
Z Z Z Z
E · d` + E · d` + E · d` + E · d` = 0 .
AB BC CD DA
55
Électromagnétisme CHAPITRE 4. CONDUCTEURS EN ÉQUILIBRE
ce qui veut dire que la composante tangentielle du champ à une surface doit être continue même
Une façon courante d'exprimer cette propriété de continuité est de remarquer qu'on peut écrire
→
− − →
→ − →
− →
−
E 1 − E 2 · d` = E 1 − E 2 · (b
n12 ∧ τb) d`
h→
− →
− i
= E1 − E2 ∧ n b 12 · τbd` ,
→
− →
− → −
b 12 ∧ E 2 − E 1 = 0 ,
n (4.28)
Considérons maintenant une surface fermée ctive en forme de cylindre fermé contenant une
dS2 Région 2
S2
s
n12 S
S1
dS1
Région 1
− −
→ → − −
→ → − −
→ →
ZZ ZZ ZZ ZZ
Qint 1
E · dS 1 + E · dS 2 + E · dS L = = σdS ,
0 0
S1 S2 SL S
où SL est la surface latérale. Lorsqu'on fait tendre cette surface vers zéro (S1 tend vers S2 ), on
obtient
− −
→ → − −
→ → →− →
−
ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ
1 1
E 2 · dS 2 + E 1 · dS 1 = σdS ⇒ E2 − E1 · n
b 12 dS = σdS ,
0 0
S2 S1 S S S
−→ −→
puisque dS 2 = −dS 1 = dS n
b 12 dans cette limite. Ce résultat étant valable quelque soit la surface
S choisie, on vient donc de démontrer que :
→
− →
− σ
b 12 · E 2 − E 1 =
n (4.29)
0
En résumé avec une densité surfacique de charge σ sur une surface Σ séparant deux milieux 1
et 2 :
56
Chapitre 5
Nous avons étudié jusqu'ici les lois de l'électrostatique valables dans le vide et dans les métaux
parfaitement conducteurs. Nous nous proposons maintenant de commencer d'étendre ces lois à des
En contraste avec les conducteurs qui ont une grande quantité de charges libres se déplaçant à
l'intérieur du matériau, la grande majorité des charges dans les diélectriques peuvent dicilement se
déplacer et sont liés aux atomes ou molécules du matériel. Ce qu'il faut comprendre est que même si
des systèmes comme des atomes ou molécules sont globalement neutres, ca ne veut pas dire qu'ils ont
un comportement électrique nul et qu'il faut en tenir en compte dans la description des matériaux.
Le modèle qui va nous permettre à comprendre le comportement des constituants des diélectriques est
p H
+
p
O
-
d H
+ Cl
-
H
+
-q +q z
+ O
- p =0
B A C
O
- + O
-
p C
Il existe dans la nature des systèmes électriquement neutres mais dont le centre de gravité des
charges négatives n'est pas confondu avec celui des charges positives. Un tel système peut souvent
être décrit (on dit modélisé) en première approximation par deux charges électriques ponctuelles, +q
et −q situées à une distance d = 2a l'une de l'autre. On appelle un tel système de charges un dipôle
électrostatique.
−−→
Dénition : Quand deux charges égales et opposées sont séparées par une distance BA , (vecteur
de position relative de la charge positive par rapport à la charge négative) on dénit le moment dipolaire
électrique,
→
−
p, tel que :
→
− −−→ −−→
p ≡ q BA = q BA rbBA ≡ qdb
rBA ≡ pb
rBA . (5.1)
57
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
Dans la nature, certains molécules sont caractérisés par un moment dipolaire permanent, tels que
l'eau, le chlorure d'hydrogène, et monoxyde de carbone ; alors que d'autres, comme le dioxyde
Les unités SI (de C.m) ne sont pas commodes pour exprimer le moment dipolaire des molécules.
Par conséquent, une unité du système CGS est toujours assez utilisé pour mesurer le moment
Connaître l'eet (la force) électrostatique que ces deux charges créent autour d'eux nécessite le
calcul du champ électrostatique. Nous aurions pu appliquer le principe de superposition aux champs
électriques et calculer ainsi la somme vectorielle des champs électriques créé par chacune des charges
(±q ). Il s'avère plus simple de calculer le potentiel créé produit par le dipole et calculer le champ
−−−→
électrique en appliquant la formule E = −gradV . C'est ce que nous allons faire avec l'aide de la gure
5.1.1 ci-dessous.
r-
r+
q
z
-q O a q
2a
Le système est invariant par rapport à des rotations autour de l'axe de symétrie, z , donc le potentiel
ne dépend pas de la coordonnée φ. D'après la gure 5.1.1 et le chapitre précédent, le potentiel, V (M ),
créé en un point M repéré par ses coordonnées sphériques (r ,θ ,φ) est simplement :
V (M ) = V+q (M ) + V−q (M )
q 1 1 q r− − r+
= − = ,
4π0 r+ r− 4π0 r+ r−
1/2
a2
→
− →
− 1/2 a a 1/2 a
r± = r ± · r ± = r 1 ∓ 2 rb · zb + 2 ' r 1 ∓ 2 rb · zb ' r 1 ∓ cos θ ,
r r r r
distance par un dipôle électrostatique est donc donné par une expression facile à retenir,
2aq cos θ →
−
p · rb
V →
−
r = V (r, θ) = 2
= . (5.2)
4π0 r 4π0 r2
où p = qd = 2aq .
58
Électromagnétisme 5.1. LE DIPÔLE ÉLECTROSTATIQUE
2p cos θ
Er = − ∂V∂r = 4π0 r3
→
− p sin θ
E (r, θ, φ) = Eθ = − 1r ∂V
∂θ = 4π0 r3 . (5.3)
1 ∂V
Eφ = − r sin θ ∂φ = 0
→
− → 1 p
E −
r = 2 cos θ r + sin θ θ
b , (5.4)
4π0 r3
b
On peut mettre ce resultat sous une forme plus facile à retenir en remarquant que nous avons dérivé le
s'écrit donc :
r − sin θθb ,
zb = cos θb
→
− →
−
→
− →
− − 1 3 p · rb rb − p
E (M ) = E →
r = . (5.5)
4π0 r3
1/2
On aurait pu aussi bien se rappeler que cos θ = z/r où r = x2 + y 2 + z 2 , an de réécrire
p cos θ p z
V (x, y, z) = 2
= ,
4π0 r 4π0 (x2 + y 2 + z 2 )3/2
→
−
ce qui nous permettrait de calculer le champ E du dipôle directement en coordonnées cartésiennes,
∂V 3zx
→
− ∂x p r5
∂V 3zy
E (x, y, z) = − = , (5.6)
∂y 4π0
r5
∂V 2z 2 −x2 −y 2
∂z r5
en se rappelant que cette formule s'applique seulement quand le dipôle est orienté sur l'axe Oz où
→
−
p = pb
z, alors que l'expression de l'éq.(5.5) s'applique à n'importe quelle orientation du dipôle.
Par construction, notre dipôle modèle possède une symétrie de révolution autour de l'axe qui le
porte (ici l'axe Oz ) : le potentiel ainsi que le champ électrostatique possèdent donc également cette
symétrie. Cela va nous aider à visualiser les lignes de champ ainsi que les équipotentiels. Par exemple,
le plan médiateur déni par θ = π/2 (z = 0) est une surface équipotentielle V = 0. Les équipotentiels
sont des surfaces (dans l'espace 3D ; dans le plan ce sont des courbes) dénies par V = Constante =
V0 , c'est-à-dire :
r
p cos θ
r(θ) = . (5.7)
4π0 V0
59
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
− →
→ − →
−
L'équation des lignes de champ est obtenue à partir de l'équation E ∧ d` = 0 et on tenant compte
du fait que la composant Eφ du champ dipolaire est nulle, on trouve :
Er dr
→ −
Eθ ∧ rdθ = 0 ⇒ dφ = 0 et
0 r sin θdφ
dr Er 2 cos θdθ
Er rdθ = Eθ dr ⇒ = dθ = . (5.8)
r Eθ sin θ
→
−
L'équation des lignes de champs, E, est ensuite obtenue par intégration :
Z Z
dr d (sin θ)
=2 ⇒ ln r = ln sin2 θ + C ⇒ r(θ) = K sin2 θ . (5.9)
r sin θ
où K est une constante d'intégration dont la valeur (arbitraire) dénie la ligne de champ.
Il ne faut pas oublier que les équations des surfaces équipotentielles, eq.(5.7) et les linges du champ,
ont été dérivées dans l'approximation (5.9). Si on veut connaître les lignes du champ près de la distri-
bution de charge, il faut se renseigner sur les détails précis sur la distribution des charges du dipôle.
Les équipotentiels et les lignes du champ du dipôle modèle sont illustré dans la gure 5.2. On peut
constater dans cette gure que, loin du dipôle, les équipotentiels et les lignes du champ correspond aux
fonctions, de r(θ), décrites respectivement dans les l'éqs.(5.7) et (5.9).
V = cte
Figure 5.2 Lignes de champ (en rouge - trait plein) et équipotentielles (en bleu - en traits pointillées) d'un
modèle de dipôle électrique à une échelle où la séparation des chrages + et − n'est pas négligeable.
créé à une grande distance par rapport aux dimensions de cette distribution, l'approximation dipolaire
peut être interprétée comme le premier terme d'une série innie de corrections possibles au champ
produit par la charge totale de la distribution (appelée ici le moment monopolaire). La précision
de ce calcul dépend directement de l'ordre de développement utilisé : plus on inclut des ordres élevés,
60
Électromagnétisme 5.1. LE DIPÔLE ÉLECTROSTATIQUE
plus l'approximation sera précise. Par exemple, l'expression du dipôle ci-dessus n'est valable que pour
r a, mais lorsque r tend vers a, il peut devenir nécessaire de prendre en compte les ordres supérieurs,
les termes dits multipolaires.
Les développements multipolaires sont importants dans la description théorique de nombreux phé-
N N
1 X qi 1 X qi
V →
−
r = →
− ≡ . (5.10)
4π0
i=1
r −→ −
ri 4π0 PM
i=1 i
avec
q 1/2
Pi M = r2 + ri2 − 2rri cos θi = r 1 − 2χi i + 2i , (5.11)
−
→
r i ·−
→
r
où an de simplier l'écriture, nous avons dénie χi ≡ ri r ≡ cos θi et i ≡ rri .
Un développement multipolaire eectue un développement (inni) de Pi M en fonction des para-
ri
mètres i = r , qui tendent vers zéro au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la distribution de charge.
Le développement de Taylor est :
z 3z 2 5z 3 35z 4
(1 − z)−1/2 = 1 + + + + + ··· . (5.12)
2 8 16 128
Posant z ≡ 2χi i − 2i , et réarrangeant les termes de l'éq.(5.12), on obtient :
P0 (x) = 1
P1 (x) = x
2 , (5.14)
P2 (x) = 3x 2−1
.
.
.
1 dn n
x2 − 1
Pn (x) = . (5.15)
2n n! dxn
Les polynômes de Legendre forment une base pour décrire une fonction arbitraire dans le domaine
x ∈ {−1, 1}, et de se fait s'avèrent parfois très utiles dans certains applications plus sophistiquée.
Pour ce cours et un vaste nombre d'autres applications, il sut de considérer seulement les deux
61
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
N
→
− qi →
−
X
p = ri . (5.17)
i=1
←
→
ainsi qu'une contribution d'ordre encore plus élevé de ce que nous avons dérivé dans section 5.1, où Q
est appelé le moment quadripolaire, que le développent d'ordre 2 du dénominateur montre que Qα,β
est un tenseur de rang 2 qui s'écrit :
N
X
2
Qα,β ≡ qi 3ri,α ri,β − δα,β ri,α . (5.18)
i=1
le développement limité à un ordre donné, dépendant du degré de précision souhaité. Dans le déve-
loppement ci-dessus, le premier terme, qtot /r (ordre zéro ou monopolaire), qui correspond à assimiler
la distribution à une charge totale, qtot placée en O. Cela peut être susant vu de très loin, si cette
charge totale, est non-nulle. Dans le cas contraire (ou si l'on souhaite plus de précision) on doit ajouter
le deuxième terme,
→
−
p · rb
.
4π0 r2
Dans certains circonstances, il faut faire appel aux contributions d'ordre plus élevés tels que l'ordre
quadripolaire, voire même octopolaire. Il s'agît quand même de circonstances plus rare, et nous n'en
−−→ −−→
ZZZ ZZ
→
−
p = ρ (P ) OP dV →
−
p = σ (P ) OP dS . (5.19)
En la dénition du moment dipolaire des équations 5.17 et 5.19, on aurait pu s'inquiéter du fait qu'il
semble que le moment dipolaire dépend du choix de l'origine, O. En réalité, le moment dipolaire ne
dépend pas du choix d'origine à condition que la charge totale soit nulle. Comme démonstration,
imaginons qu'on calcule le moment dipolaire autour d'une autre origine O0 . Le moment dipolaire dans
→
−0 −−0→ −−→ −−→
ZZZ ZZZ
p = ρ (P ) O P dV = ρ (P ) O 0 O + OP dV
−−0→ −−→
ZZZ ZZZ
=OO ρ (P ) dV + ρ (P ) OP dV
−−→
= O 0 OQT + →
−
p .
→
−0 →
Donc p =−
p à condition que la charge totale du système, QT , soit nulle.
5.2 Diélectriques
L'expérience démontre que le modèle du dipôle électrique est souvent susant pour décrire le
comportement des constituants fondamentaux des objets diélectriques. Il faut se rappeler une fois
encore que les milieux matériels ou liquides macroscopiques sont composés d'un nombre gigantesque
62
Électromagnétisme 5.2. DIÉLECTRIQUES
Certains constituants comme les molécules d'eau ont un moment dipolaire mais en absence de
champs électriques, ces dipôles sont orientés aléatoirement an que le moment dipolaire global de
l'eau soit quasi nul. D'autres constituants (comme le CO2 ) n'ont pas de moment dipolaire propre mais
→
−
peuvent acquérir un moment dipolaire sous l'eet d'un champ électrique E . Dans ces deux cas, on parle
de moment dipolaires induits (en présence de champ électriques). Quelques rares matériaux comme
les ferroélectriques, ont des moments dipolaires qui ont tendance à s'aligner les uns avec les autres. On
parle dans ces cas de moments dipolaires permanents qui peuvent persister même en absence de
champ électriques. On appel tout ces types de matériaux des diélectriques et plus précisément :
Un milieu diélectrique est, par dénition, une substance possédant l'une des propriétés sui-
vantes
−
→
tout volume dV de la substance possède un moment électrique dipolaire dp, on dit dans ce
cas que la polarisation est permanente ;
tout volume dV de la substance est susceptible d'acquérir sous l'action d'un champ électrique
→
− −→
extérieur E un moment dipolaire électrique dp : la polarisation est dite induite par le
→
−
champ E .
Puisque une petite quantité macroscopique d'un diélectrique contient un grand nombre d'atomes
→
−
vecteur polarisation, P , qui peut
et/ou molécules, on décrite généralement les diélectriques par un
−
→ → −
être interprété comme une densité volumique du moment dipolaire telle que dp = P dV (ceci
est analogue avec ce que nous avons fait pour la charge dq = ρdV ).
y a plusieurs façons (équivalentes) de procéder à calculer le champ produit par un diélectrique, mais
ils prennent des points de vu physique diérents sur le problème. La méthode que l'on choisira sera
→
−
(1) Méthode directe : Imaginons pour l'instant, qu'on connaît le vecteur polarisation, P . On
−
→ → −
peut calculer la contribution au potentiel du diélectrique en mettant dp = P dV dans l'équation
(5.2) et intégrant (comme nous avons calculé le champ électrique à partir de la loi de Coulomb).
ZZZ →
−
1 P (Q) · u
b
V (M ) = 2
dV , (5.20)
4π0 r
− −−−→ 1
→ 1→− 1 →
−
P · gradQ = divQ P − divQ P . (5.21)
r r r
63
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
(cf.12.15) , on voit que l'expression de l'éq.(5.20) est équivalente à une expression en termes d'intégrales
sation surfacique, σpol , ainsi qu'une densité volumique de charges de polarisation, ρpol , telles
que :
→
− →
−
σpol (Q) ≡ P (Q) · n
b ρpol (Q) ≡ − divQ P (Q) . (5.23)
Avec ces dénitions, la formule de l'éq.(5.22) du potentiel s'écrit en termes de charges de polarisation :
ZZ ZZZ
1 σpol 1 ρpol
V (M ) = dS + dV . (5.24)
4π0 S r 4π0 V r
Avec la formule de l'éq.(5.24), on peut calculer le potentiel V (M ) et déterminer le champ élec-
→
− −−−→
tromagnétique avec E = −gradV , comme avec la méthode directe, mais on peut également amener
→
− →
−
le gradient sous l'intégrale an d'obtenir E une formule directe pour E analogue à la formule de
Coulomb :
→
−
ZZ ZZZ
1 σpol 1 ρpol
E (M ) = u
b dS + u
b dV , (5.25)
4π0 S r2 4π0 V r2
−−→
avec r = QM , et b = QM /QM
u comme d'habitude.
Remarque : L'expression (5.25) est un exemple du théorème de compensation qui dit que l'eet
électromagnétique de tout objet matériel peut être reproduit par des charges et courants agissant dans
le vide. Enn compte, nous avons déjà rencontré un autre exemple de ce théorème avec les conducteurs
parfait quand leurs eets était traités comme des charges surfaciques. Vous pouvez également regarder
matériel,
→
− →
−
P ≡ χe 0 E , (5.26)
où 0 est mis dans la dénition an que χe puisse être un nombre sans dimension. Bien qu'en principe,
comment le problème d'auto-consistance ce manifeste dans le problème simple d'un condensateur avec
64
Électromagnétisme 5.2. DIÉLECTRIQUES
-s - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
+ + + + + + + + + + + + + + ++
spol E0 Ep P d
- - - - - - - - - - - - - - - -
+s +++++++++++++++++++++
V = Sd entre les deux armatures (de surface S) d'un condensateur (voir la gure 5.3 ci-dessous). La
→
−
charge sur l'armature A1 est Q (σ = Q/S ). E 0 le champ qui serait présent entre les
On dénote par
→
−
armatures si le diélectrique n'était pas présent, E 0 = Q/(0 S)bz . An de résoudre le problème auto-
→
−
consistant, on fait l'hypothèse que le vecteur P entre les armatures soit constant et dirigé selon la
direction z
b et voir si on trouve une solution.
→
−
Avec l'hypothèse de P constant entre les armatures on voit qu'il n y a pas de charges volumiques
→
−
dans le matériel ρpol = − divQ P (Q) = 0, il sut de calculer le champ créé par les charges de
→
−
polarisation surfaciques, σpol . On se rappel que σpol = P · n
b où nb est le vecteur normale à la surface
du diélectrique et dirigé vers l'extérieur. Il y a donc une charge surfacique de σpol = P sur la face
supérieure du diélectrique ainsi qu'une charge σpol = −P sur la face inférieur (voir la gure 5.3).
Le diélectrique doit donc avoir le même comportement qu'un condensateur dont le champ électrique
→
−
à l'intérieur est en opposition au champ électrique imposée E 0. Donc le champ de polarisation est
→
− →
− →
−
E pol = −σpol /0 zb = − P /0 = −χe E à l'intérieur du diélectrique et nul ailleurs. Le champ électrique,
→
− →
− →
−
E , réellement présent entre les armatures est alors la superposition de E 0 et de E pol
→
− →
− →
− →
− →
−
E = E 0 + E pol = E 0 − χe E
→
− 1 →
−
E= E0 .
(1 + χe )
Donc, on voit que l'eet de placer un diélectrique entre les armatures est de diminuer le champ électrique
εr = (1 + χe ) . (5.27)
Remarque : On constate que εr est un nombre sans dimension. On l'appel constante diélectrique
relatif an d'éviter confusion avec le fait que certains préfère parler de constant diélectrique (ou
permittivité) du matériel, la quantité d = εr 0 qui a évidemment les mêmes dimensions que la
permittivité du vide 0 .
→
−
Le fait d'avoir diminué E entre les armatures diminue également leur diérence de potentiel.
A2
− →
→ −
Z
d d Q Q
U = V1 − V2 = E · d` = E0 = ≡ .
A1 εr εr 0 S C
Donc on peut en conclure que la capacité d'un condensateur avec un diélectrique entre les armatures
0 εr S
C= . (5.28)
d
65
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
sation. Après tout, ces charges n'existent que grâce à un champ électrique appliqué au système. et
disparaissent aussitôt qu'on enlève le champ appliqué. Il est dicile de mesure les charges polarisation
et on ne peut pas les manipuler directement lors d'une expérience. On peut se demander donc, pourquoi
en parler de tout. Y-a-t-il un moyen de formuler l'électrostatique de façon de prendre ces charges de
polarisation en compte automatiquement an d'oublier ou presque leur existence ? La réponse et oui,
→
−
et c'est la raison pour laquelle les physiciens choisissent souvent d'utiliser un champ auxiliaire , D
→
−
qui intègre le vecteur polarisation dans sa dénition dès le départ, le déplacement diélectrique D,
dénit tel que :
→
− → →
− − →
− −
D(−
r ) ≡ 0 E (→
r ) + P (→
r) . (5.29)
→
−
L'équation diérentielle de D est :
→
− →
− →
−
div D = 0 div E + div P = ρ − ρpol ≡ ρlibre , (5.30)
où ρlibre correspond aux charges réellement manipulées dans une expérience. Avec ce champ, on ne
parle pas des charges de polarisations mais seulement des charges libres comme celles qu'on place sur
− −
→ →
ZZ
D · dS = Qlibre,int , (5.31)
ce qui est un analogue du théorème de Gauss. Cette expression nous dicte également les unités du
→
−
champ D comme C.m
−2 .
→
−
Il ne faut pas oublier, que c'est toujours le champ E qui est relié aux quantités mesurables (dif-
→
− →
−
férences de potentiel) et que le champ auxiliaire , D sert surtout comme un moyen de trouver E .
Le lien entre les deux quantités est directe pour des matériels linéaires ( dont le vecteur polarisation
→
−
satisfait l'éq.(5.26)). Mettant la relation (5.26) dans (5.29), on obtient une relation linéaire entre D et
→
−
E (appelée relation constitutive) :
→
− →
− → − →
− →
− →
−
D ≡ 0 E + P = 0 (1 + χe ) E ≡ 0 εr E ≡ E , (5.32)
En résumé, en présence de diélectriques, les lois de l'électrostatique peuvent être formulées à partir
de deux formules :
→
−
div D = ρlibre
, (5.33)
−→→− →
−
rot E = 0
→
− →
−
D = 0 εr E . (5.34)
66
Électromagnétisme 5.3. ENERGIE POTENTIELLE ÉLECTROSTATIQUE
Utilisant les mêmes techniques que dans le complément du chapitre 4, les conditions limites associés
→
− →
− → − →
− →
−
b 12 ∧ E 2 − E 1 = 0
n b 12 · D 2 − D 1 = σlibre .
n (5.35)
On verra plus tard que ces conditions limites sont toujours valables même dans le régime de champs
variables dans le temps. Dans des applications plus avancées, on exploite souvent ces conditions limites
La charge Q sur les l'armature A1 est simplement la charge libre et la densité surfacique libre est
→
−
simplement σ = Q/S . Grâce à la symétrie du problème, D est dans la direction de séparation des
→
−
armatures et on obtient D = σ zb en utilisant l'éq.(5.31) et les mêmes techniques de surfaces de Gauss
que celles employées pour le condensateur du vide (voir chapitre 4). On en déduit que le champ entre
d'une position initiale jusqu'à une position nale (on exerce donc une force) puis on le lâche sans
vitesse initiale. S'il acquiert une vitesse, c'est qu'il développe de l'énergie cinétique. Or, en vertu du
principe de conservation de l'énergie, cette énergie ne peut provenir que d'un autre réservoir énergétique,
appelé énergie potentielle. Comment s'est constituée cette énergie potentielle gravitationnelle ? Grâce
au déplacement du corps par l'opérateur. Ainsi, le travail eectué par celui-ci est une mesure directe
Dénition 2 l'énergie potentielle électrostatique d'une particule chargée placée dans un champ élec-
trostatique, Ee , est égale au travail qu'il faut fournir pour amener de façon quasi-statique cette particule
de l'inni à sa position actuelle.
→
−
Prenons une particule de charge q placée dans un champ E. Pour la déplacer de l'inni vers un
point M, un opérateur doit fournir une force qui s'oppose à la force de Coulomb. Si ce déplacement
est fait susamment lentement, la particule n'acquiert aucune énergie cinétique. Cela n'est possible
→
− →
− →
−
que si, à tout instant, F ext = − F = −q E . Le travail fourni par l'opérateur sera donc
Z M Z M Z M
→
− −
→ − −
→ →
Ee (M ) ≡ dW = F ext · dr = − q E · dr = q [V (M ) − V (∞)] .
∞ ∞ ∞
Puisqu'on peut toujours dénir le potentiel nul à l'inni, on obtient l'expression suivante pour l'énergie
Ee (M ) = qV (M ) . (5.37)
67
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
On voit donc que le potentiel électrostatique est une mesure (à un facteur q près) de l'énergie élec-
trostatique : c'est dû au fait que V est lié à la circulation du champ. Autre remarque importante :
de N charges ponctuelles qi , chacune d'entre elles va créer sur les autres un champ électrostatique
et ainsi mettre en jeu une énergie d'interaction électrostatique. Quelle sera alors l'énergie potentielle
Soit la charge ponctuelle q1 placée en P1 . On amène alors une charge q2 de l'inni jusqu'en P2 ,
c'est-à-dire que l'on fournit un travail W2 = q2 V1 (P2 ) = q1 V2 (P1 ) = W1 identique à celui qu'il aurait
fallu fournir pour amener q1 de l'inni en P1 en présence de q2 déjà située en P2 . Cela signie que ce
q1 q2 1
Ee = = W1 = W2 = (W1 + W2 ) ,
4π0 r12 2
où r12 = P1 P2 .
Remarque : Dans cette approche, nous avons considéré q2 immobile alors que l'on rapprochait
q1 . En pratique évidemment, c'est la distance entre les deux charges qui diminue du fait de l'action
→
− →
− →
− →
−
de l'opérateur extérieur à la fois sur q1 et q2 (avec F ext→1 = − F ext→2
F 1→2 = − F 2→1 ). On puisque
aurait aussi bien pu calculer le travail total fourni par l'opérateur en évaluant le déplacement de q1 et de
q2 de l'inni à la distance intermédiaire ( M/2 ). Une autre façon de comprendre cela, c'est de réaliser
que nous avons évalué le travail fourni par l'opérateur dans le référentiel lié à q2 (immobile). Celui-ci
est identique au travail évalué dans un référentiel xe (où q1 et q2 se déplacent) car le déplacement des
charges s'eectue de manière quasi-statique (aucune énergie n'a été communiquée au centre de masse).
un travail supplémentaire,
1 X qi qj
Ee = . (5.38)
4π0 rij
couples
Cette formule est assez pratique d'utilisation pour des systèmes composés de quelques charges ponc-
tuelles.
Il existe néanmoins, une forme équivalente à l'éq.(5.38) qui s'avère parfois plus pratique en présence
de symétries, et qui est surtout indispensable quand on veut généraliser l'énergie électrostatique à des
X qi qj N N N N
1 1 X X qi qj 1 X qi X qj 1X
Ee = = = = qi Vi ,
4π0 rij 4π0 rij 2 4π0 rij 2
couples i=1 j>i i=1 j6=i i=1
68
Électromagnétisme 5.3. ENERGIE POTENTIELLE ÉLECTROSTATIQUE
où le facteur 1/2 apparaît parce que chaque couple est compté deux fois. On remarque qu'ici Vi est
le potentiel créé en Pi par toutes les autres charges du système (le potentiel dû à la charge qi étant
exclu).
L'énergie électrostatique d'un ensemble de N charges ponctuelles peut donc s'écrire de façon alter-
N
1X 1 X qj
Ee = qi Vi (Pi ) avec Vi (Pi ) = . (5.39)
2 4π0 rij
i=1 j6=i
de l'énergie électrostatique. Mais où est-elle stockée ? Sous quelle forme ? Une réponse possible à cette
question est de voir l'énergie électrostatique comme étant stocké dans le champ électrique lui-même.
On peut dériver une telle formulation en se rappelant qu'au niveau fondamentale, toute distribution
ρ →
−
de charge peut être décrite comme une densité volumique du champ r :
Z Z
1 1
Ee = ρ (P ) V (P ) dVP = ρV dV , (5.40)
2 V 2 V
où nous avons supprimé la dépendance spatiale sur P an de mieux voir le contenu physique de cette
équation.
L'équation (5.40) est sans ambiguïté dans le vide, mais en présence de diélectriques, c'est la charge
→
−
libre qu'il faut lire dans cete équation. En invoquant l'équation div D = ρlibre on peut réécrire cette
équation comme :
→
− →− − −−−→
→
ZZZ ZZZ ZZZ
1 1 1
Ee = V div DdV = div V D dV − D · gradV dV ,
2 2 2
V V V
où nous avons eectué une intégration par parties tridimensionnelle en utilisant l'identité mathématique
→
− −−−→
En invoquant le théorème d'Ostrogradsky (eq.12.15), et E = −gradV on obtient
→
− →
− → −
ZZ ZZZ
1 1
Ee = V D·n
b dS + D · E dV ,
2 S 2
V
où il faut se rappeler que la surface d'intégration S dans cette équation est rejeté à l'inni an d'entourer
tout l'espace. De ce fait, l'intégrale surfacique est nul puisque à des grandes distances, V décroît comme
→
−
1/r et D décroît comme 1/r2 , tandis que la surface S augmente seulement comme r2 . Nous avons enn
une expression de l'énergie électrostatique d'une distribution de charges exprimée entièrement en termes
→
− →
−
du champ D et E :
→
− → −
ZZZ
1
Ee = D · E dV . (5.42)
2
∞
→
− →
− →
−
Pour des charges dans le vide, D = 0 E (puisque P y est nul), on peut interpréter la quantité
0 →
−2
2 E , comme une densité volumique d'énergie électrique. En présence de diélectriques par contre, une
partie de l'énergie est contenue dans les degrés de libertés du diélectrique, et même is on peut toujours
1→
− → − 0 εr →
−2
dans une certaine mesure interpréter
2D · E = 2 E comme une densité d'énergie locale, il devient
dicile à distinguer la partie de l'énergie stockée dans le champ électrique de celle qui est stockée dans
le matériel sans savoir les détails sur les propriétés microscopiques du diélectrique.
69
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
Q3, V3
Q 1, V 1
Q2, V2
r=0
Soit un conducteur isolé, de charge Q distribuée sur sa surface S. L'énergie potentielle électrosta-
1 1 1 Q2
Ee = QV = CV 2 = .
2 2 2 C
Ceci est l'énergie nécessaire pour amener un conducteur de capacité C au potentiel V . Puisque cette
énergie est toujours positive cela signie que, quel que soit V (et donc sa charge Q), cela coûte toujours
de l'énergie.
Soit un ensemble de N conducteurs chargés placés dans un volume V . A l'équilibre, ils ont une
charge Qi et un potentiel Vi . En dehors du volume occupé par chaque conducteur, il n'y a pas de
charge donc dq = 0. L'énergie électrostatique de cette distribution de charges est alors simplement,
Z N Z N Z
1 1X 1X
Ee = dqV (P ) = Vi σi (P ) dSi = Vi σi (P ) dSi ,
2 V 2 Si 2 Si
i=1 i=1
c'est-à-dire :
N
1X
Ee = Qi Vi . (5.43)
2
i=1
diate. Soit dq = ρdV la charge située autour d'un point P quelconque de la distribution. L'énergie
ZZZ ZZZ
1 1
Ee = ρ (P ) V (P ) dVP = ρV dV , (5.44)
2 2
Remarque : Nous n'avons pas spécié une limite à l'intégration puisque ρ = 0 en dehors de la
distribution des charges. Donc en principe, l'intégrale est eectué sur tout l'espace, mais en pratique
on n'eectue l'intégrale que sur les régions contenant des distributions de charges non-nulles.
70
Électromagnétisme 5.3. ENERGIE POTENTIELLE ÉLECTROSTATIQUE
Il est important de remarquer qu'en passant à une distribution continu dans l'éq.(5.44), le potentiel
à un point P,
ρ (P 0 ) dVP 0
ZZZ ZZZ
1 1 ρ dV
V (P ) = 0
= ,
4π0 PP 4π0 PP0
est maintenant le potentiel créé par toute la distribution de charge. En eet, pour un volume
3
innitésimal dV de taille caractéristique a, c'est-à-dire, dV ∝ a , le potentiel au centre de ce volume
la limite innitésimale de a → 0.
De la même manière, on obtient un résultat analogue pour une distribution surfacique :
ZZ
1
Ee = σV dS , (5.45)
2
S
où S est la surface contenant la charge. Par contre, on ne peut pas généraliser ces arguments aux ls
inniment minces en interaction. Pour de tels cas, on est obligé de procéder comme nous avons fait
pour des charges ponctuelles et exclure le potentiel créé par le l lui-même ou d'abandonner le concept
Un eet subtil mais important est que le Ee obtenu par les éqs.(5.44) ou (5.45) seront non-négatives,
c.-à-d. Ee ≥ 0. Ceci vient du passage de charges ponctuelles à la distribution continue de charge qui a
eu un eet subtil mais important. Pour une distribution volumique (ou surfacique) de charge, il n'est
pas nécessaire d'exclure explicitement la charge située en P puisque dq(P ) tend vers zéro avec l'élément
innitésimal (contribution nulle à l'intégrale, absence de divergence). Du coup, les expressions intégrales
de Ee des équations, (5.44) et (5.45) tiennent compte du travail nécessaire d'établir une distribution
de charge alors que les expressions de (5.38) et (5.39) ne tiennent pas compte de l'énergie nécessaire
d'établir les charges ponctuelles que nous avons pris comme existant ex nihilo (car l'énergie d'une
distribution de charge vraiment ponctuelle tendrait vers inni quand sa taille tend vers zéro).
1 1 1
Ee = (Q1 V1 + Q2 V2 ) = Q1 (V1 − V2 ) = QU ,
2 2 2
c'est-à-dire
1 1 1 Q2
Ee = QU = CU 2 = . (5.46)
2 2 2 C
plan est constitué de deux armatures de surfaces, S , en inuence quasi-totale et séparées d'une distance
dS (remplit eventuellement par un diélectrique). Nous avons vu également que la capacité de ce
condensateur est C = Sεr 0 /d, et donc l'énergie stockée dans le condensateur est donnée par l'éq.(5.46).
→
− →
−
On se rappelle que E et D sont parallèles entres les armatures et nul ailleurs. Entre les armatures on
→
− →
−
a E = σ/ (εr 0 ) et D = σ et on peut ainsi vérier que le résultat de l'éq.(5.46) est consistant avec
71
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
2
→
− → −
ZZZ
1 Sd σ 1 Q
Ee = D · E dV = σ = Sd
2 2 εr 0 2εr 0 S
V
1 Q2 1 Q2
= Sεr 0 = .
2 d 2 C
Exemple 2 : Le dipôle
→
−
Soit un dipôle électrostatique placé dans un champ électrostatique E ext . On s'intéresse au
potentiel d'interaction électrostatique entre ce dipôle et le champ et non pas à celle qui existe
A A
→
− −
→ →
− −−→
Z Z
Ee,ext = qVext (A) − qVext (B) = q dV = −q E ext · dr ' −q E ext · BA ,
B B
ce qui donne
→
−
Ee,ext = −→
−
p · E ext , (5.47)
→
− −−→
où p = q BA est le moment dipolaire électrique.
(voire brisé) par le champ : l'énergie d'interaction est supérieure à l'énergie interne de liaison.
Cependant, la distance AB étant en général très petite, cela ne se produit pas et le dipôle se
comporte comme un système lié, sans modication de son énergie interne (ceci n'est pas tout
à fait exact : un champ extérieur peut faire osciller les deux charges autour de leur position
dans un champ extérieur, on lui fournit une énergie potentielle d'interaction électrostatique qui
s'ajoute à son énergie électrostatique interne . Supposons (pour simplier) que le champ
→
−
extérieur E ext est constant à l'échelle du conducteur. Alors ce dernier se comporte comme une
charge ponctuelle placée dans un champ et possède donc une énergie potentielle d'interaction
V V0
Ee = QVext + Q =Q ,
2 2
c'est-à-dire V 0 = V + 2Vext
72
Électromagnétisme 5.4. ACTIONS ÉLECTROSTATIQUES SUR DES CONDUCTEURS
Un conducteur étant un solide, il faut faire appel à la mécanique du solide. Tout d'abord, on
choisit un point de référence O, des axes et un système de coordonnées respectant le plus possible
la symétrie du solide. La force et le moment de cette force par rapport au point O sont alors
→
− →
−
ZZZ
F = d3 F
solide
→
− 3→
− −−→ →
−
ZZZ ZZZ
ΓO = d ΓO = OP ∧ d3 F ,
solide solide
→
−
où d3 F est la force s'exerçant sur un élément innitésimal centré autour d'un point P quelconque
du solide et où l'intégrale porte sur tous les points du solide. Le formalisme de la mécanique
→
−
du solide considère ensuite que la force totale ou résultante F s'applique au barycentre G du
solide.
Lors d'une translation pure du solide, considéré comme indéformable, tout point P du solide
→ →
− − −
subit une translation d'une quantité xe : dr = r 0 − →
r =→
−
ε. La force totale responsable de ce
masse du solide.
Dans le cas de rotations pures, on ne s'intéresse qu'au moment des forces responsables de
ces rotations. Celles-ci sont décrites par trois angles innitésimaux dα autour de trois axes ∆i .
passant par le centre d'inertie G du solide et engendrés par les vecteurs unitaires ebi . L'expression
générale du moment d'une force (ou couple) par rapport à G est alors
3
→
− X
ΓO = Γi ebi
i=1
Lors de rotations du solide, le vecteur repérant la position d'un de ses points P quelconque varie
suivant la règle
3
−−→ X →
− −−→
d OP = dαi eb i ∧ OP .
i=1
Le travail fourni par le moment de la force est
3
!
→
− −−→ →
− −−→
ZZZ ZZZ X
dW = d3 F · dOP = d3 F · dαi ebi ∧ OP
solide solide i=1
3 3 3
−
−→ →
− →
−
X ZZZ X X
= dαi ebi · OP ∧ d3 F = dαi ebi · Γ = dαi Γi .
i=1 solide i=1 i=1
73
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
OP O
dOP G
da1
e1
Dans le cas général d'une translation accompagnée de rotations, chaque eet produit une contri-
c) Calcul des actions à partir de l'énergie potentielle (méthode des travaux virtuels)
Si l'on a cherché le lien entre travail de l'action et les composantes de celle-ci, c'est qu'il est
une force produit un mouvement de translation de l'ensemble du solide tandis que le moment
L'énergie totale Etot d'un solide en électrostatique s'écrit Etot = Ec + Ee où Ec est son énergie
est isolé, son énergie totale reste constante, c'est-à-dire dEtot = 0, et l'on obtient ainsi le théorème
de l'énergie cinétique
P3
où nous avons vu que au dessus que dW = i=1 Fi dxi . Si l'on a par ailleurs l'expression de
l'énergie électrostatique Ee , alors on peut directement exprimer la force ou son moment (exprimés
dans dW ) en fonction de dEe .
Si, lors de l'évolution du solide, celui-ci n'est pas isolé et reçoit ou perd de l'énergie, on a
dEtot 6= 0, c'est-à-dire :
On voit donc que dans ce cas, le lien entre la force (ou son moment) et l'énergie potentielle n'est
plus directe. Si l'on veut faire un tel lien, il faudra alors retrancher au travail la partie due à cet
apport (ou perte) d'énergie mécanique. Il faudra alors considérer chaque cas particulier. Nous
conducteur. Nous permettons que les conducteurs baignent éventuellement dans un milieu diélectrqiue
(liquide de préférence) caractérisé par εr . D'après ce que nous avons vu précédemment, la force totale
74
Électromagnétisme 5.4. ACTIONS ÉLECTROSTATIQUES SUR DES CONDUCTEURS
s'écrit
→
− 2→
− →
− σ2
ZZ ZZ ZZ ZZ
F = d F = σ E ext dS = Pn
b dS = n
b dS , (5.50)
2εr 0
S S S S
électrostatique s'écrit :
→
− −−→ →
− −−→ →−
ZZ ZZ
ΓO = OP ∧ d2 F = OP ∧ E ext σdS
S S
−−→ −−→ σ2
ZZ ZZ
= OP ∧ n
b P dS = OP ∧ n
b dS . (5.51)
2εr 0
S S
Mais ces expressions ne sont utilisables que si l'on peut calculer la densité surfacique σ. Lorsque ce
et on examine le changement apporté à l'énergie électrostatique. Ceci nous permettra d'en déduire
les forces (moments) associées avec ces modications. Cette méthode s'appelle méthode des travaux
virtuels. Un conducteur en équilibre électrostatique étant caractérisé par un potentiel V et une charge
F1/2 Fext
On se place à l'équilibre mécanique, ou les forces externes empêchent des déplacements des
→
− →
−
armatures (A1) et (A2) (c.-à-d. F ext = − F ). Imaginons maintenant un qu'on laisse le système
faire un déplacement élémentaire autour de cette position. Nous somme dans le cas d'un système
isolé où dEtot = 0 ce qui implique par conservation d'énergie que dW = −dEe (voir eq.(5.48)).
L'énergie de ce travail, dW est donc fournit par l'energie électrostatique de (A2) et nous pouvons
écrire :
3
X − −
→ →
dW = Fi dxi = F · dr = −dEe .
i=1
P3
∂Ee
Or, l'énergie électrostatique est une fonction de la position de (A2), donc dEe = i=1 ∂xi dxi .
Q
Autrement dit, dans le cas d'un déplacement d'un conducteur isolé on doit avoir à tout moment :
3 3
X X ∂Ee
dW = Fi dxi = −dEe = − dxi ,
∂xi Q
i=1 i=1
∂Ee
Fi = − , (5.52)
∂xi Q
75
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
exercée par (A1) sur (A2). Notez que les variables xi décrivent la distance entre (A1) et (A2).
Cette force peut aussi s'interpréter comme une force interne exercée par un conducteur sur une
partie de lui-même. Ainsi, cette expression est également valable dans le cas d'un conducteur
qui serait soumis à une déformation : ce serait la force exercée par le conducteur sur une partie
ent :
∂Ee
Γi = − . (5.53)
∂αi Q
La présence du signe moins indique que les actions électrostatiques (forces et moments) tendent
toujours à ramener le conducteur vers une position d'énergie minimale.
→
− →
−
A proximité de l'équilibre mécanique ( F ext = − F ) on eectue un petit déplacement autour de
− −
→ →
cette position. Les forces internes eectuent toujours un travail dW = F · dr , mais il existe une
deuxième source d'énergie, le générateur. Lors du déplacement, celui-ci maintient les potentiels
teur. Ainsi, le générateur fournit un travail permettant d'amener des charges dQ1 au potentiel
maintenant :
dW = dEGen − dEe
− −
→ → 1
F · dr = V1 dQ1 + V2 dQ2 − (V1 dQ1 + V2 dQ2 )
2
3 3
X 1 X ∂Ee
Fi dxi = (V1 dQ1 + V2 dQ2 ) = dEe = dxi ,
2 ∂xi V
i=1 i=1
où nous avons utilisé le fait qu'à potentiel constant, la variation d'énergie électrostatique s'écrit :
1
dEe = 2 (V1 dQ1 + V2 dQ2 ). Autrement dit, dans le cas d'un déplacement d'un conducteur relié
76
Électromagnétisme 5.4. ACTIONS ÉLECTROSTATIQUES SUR DES CONDUCTEURS
Dans le cas de rotations pures, l'énergie dépend des diérents angles et l'on obtient un moment
cement élémentaire. En fait celui-ci ne constitue qu'un artice de calcul, connu sous le nom de
méthode des travaux virtuels. Notez qu'une telle méthode s'appuie sur le principe de conserva-
tion de l'énergie et donc, nécessite l'identication de l'ensemble des sources d'énergie présentes.
Q2 U2
∂Ee ∂C ∂C
Fi = − = = .
∂xi Q 2C 2 ∂xi 2 ∂xi
Par contre, lorsque le condensateur est relié à un générateur, on a
U2
∂Ee ∂C
Fi = + = .
∂xi U 2 ∂xi
Ainsi, on vient de démontrer que, dans tous les cas, la force électrostatique existant entre les deux
armatures d'un condensateur s'écrit :
→
− U 2 −−−→
F = gradC . (5.56)
2
On obtient de même que le moment par rapport à l'axe ∆i de la force électrostatique s'écrit dans tous
les cas :
U2
∂C
Γi = . (5.57)
2 ∂αi
Remarques :
1. On aurait pu s'attendre que les forces et moments soient les mêmes dans les deux formulations
parce que peu importe qu'on soit en train de garder Q ou U contant lors d'un déplacement, les
charges et champs sont les mêmes dans les deux cas à un instant donné.
3. La force obtenue par la méthode des travaux virtuels est la même que celle donné par l'expression
→
− RR −−→ RR
F = d2 F = P n
b dS , ce qui signie que la distribution de charges σ doit s'arranger de telle
→
− U 2 −−−→ →
−
F 1→2 = grad2 C = − F 2→1
2
→
− U 2 ∂C U 2 εr 0 S
F 1→2 = zb = −bz
2 ∂z2 2 (z2 − z1 )2
→
− U 2 ∂C U 2 εr 0 S
F 2→1 = zb = zb .
2 ∂z1 2 (z2 − z1 )2
Notez que la bonne utilisation de la formule générale (portant sur le gradient de C) nécessite la
77
Électromagnétisme CHAPITRE 5. DIPÔLE ÉLECTRIQUE - ENERGIE ÉLECTROSTATIQUE
S
z2
S
z = z2-z1
y
z1 y
x
cherche dans un premier temps à calculer la force électrostatique exercée par ce champ sur le dipôle.
Celui-ci restant à charge constante, on va donc utiliser l'expression obtenue pour un système isolé. En
→
−
se rappelant que l'energie potentielle d'interaction électrique est Ee = −→
−
p · E ext , nous avons :
→− →
−
∂Ee
∂ p · E ext
Fi = − = ,
∂xi Q ∂xi
→
− −−−→ − → −
F = grad →p · E ext . (5.58)
Sous l'eet de cette force, un dipôle aura tendance à se déplacer vers les régions où le champ électro-
→
−
∂ →−
∂Ee
p · E ext
Γi = − = ,
∂αi Q ∂αi
→
− P
avec Γ = i Γi ebi . On peut cependant clarier considérablement cette expression. Il sut en eet de
remarquer que lors d'une rotation pure, le vecteur moment dipolaire varie comme
∂→
−
3 3
p
d→
− dαi ebi ∧ →
−
X X
p = p = dαi ,
∂αi
i=1 i=1
puisqu'il dépend a priori de la position du point considéré, donc des angles αi . En supposant alors que
→
−
le champ E ext est constant à l'échelle du dipôle, on obtient,
→
−
∂ →−
p · E ext ∂→
−
p → − →
− →
−
· E ext = ebi ∧ →
−
p · E ext = ebi · →−
Γi = = p ∧ E ext ,
∂αi ∂αi
c'est-à-dire l'expression vectorielle suivante :
→
− →
−
Γ =→
−
p ∧ E ext . (5.59)
Le moment des forces électrostatiques a donc tendance à aligner le dipôle dans la direction du champ
extérieur.
78
Chapitre 6
Si l'on met ensuite ce conducteur en contact avec un autre, le deuxième devient à son tour électrisé,
c'est-à-dire qu'il a acquis une certaine charge Q. Cela signie que lors du contact des charges se sont
dQ
I= , (6.1)
dt
où les unités sont les Ampères (symbole A). Dans le système international, l'Ampère est l'une des 4
La dénition de l'éq.(6.1) de I ne nous renseigne pas sur son signe, il faut choisir une convention.
Par exemple, soit Q > 0 la charge du conducteur initialement chargé (A1 ). On a aaire ici à une
décharge de (A1 ) vers (A2 ). Si l'on désire compter positivement le courant de (A1 ) vers (A2 ), alors il
conducteur de section S , dans lequel se trouvent np porteurs de charge qp par unité de volume, animés
→
−
d'une vitesse v p dans le référentiel du laboratoire. Pendant un instant dt, ces charges parcourent une
→
− →
−
distance d` = v p dt. Soit dS n
b un élément innitésimal de surface mesuré sur la section du l, orienté
dans une direction arbitraire. La quantité de charge électrique, dQ, qui traverse cette surface pendant
→
−
j = n p qp →
−
v p = ρp →
−
vp , (6.3)
79
Électromagnétisme CHAPITRE 6. COURANT ET CHAMP MAGNÉTIQUE
dl = vpdt
dV
dS
l'intégrale des charges dQ sur la section du l. Finalement donc, le courant I circulant dans le l est
→
− → −
ZZ
I= j · dS . (6.4)
section
On dit que le courant dans un circuit est le ux à travers la section du l de la densité de courant. Le
sens du courant (grandeur algébrique) est alors donné par le sens du vecteur densité de courant.
Un conducteur est un cristal (ex, cuivre) dans lequel se déplacent des particules chargées (ex,
électrons). Suivant le matériau, les porteurs de charges responsables du courant peuvent être diérents.
Dans un métal, ce sont des électrons, dits de conduction (la nature et le signe des porteurs de charge
peuvent être déterminés grâce à l'eet Hall voir chapitre 9). Dans un gaz constitué de particules
ionisées, un plasma, ou bien dans un électrolyte, il peut y avoir plusieurs espèces chargées en présence.
→
−
n α qα →
−
X
j = vα , (6.5)
α
où l'on fait une sommation sur toutes les espèces (électrons et ions) en présence. Dans le cas particulier
d'un cristal composé d'ions immobiles (dans le référentiel du laboratoire) et d'électrons en mouvement,
on a
→
−
j = −ne e→
−
ve , (6.6)
de courant (donc le sens attribuéà I ) est ainsi dans le sens contraire du déplacement réel
des électrons.
→
− →
−
j = γE , (6.7)
une conductivité γCU = 58 × 106 S/m, tandis que celle du verre (isolant) vaut γverre = 10−11 S/m.
80
Électromagnétisme 6.1. COURANT ET RÉSISTANCE ÉLECTRIQUES
Une telle loi implique que les lignes de champ quasi-électrostatique sont également des lignes de
courant, indiquant donc le chemin pris par les charges électriques. Par ailleurs, comme γ est positif,
cela implique que le courant s'écoule dans la direction des potentiels décroissants.
D'où peut provenir cette loi ? Prenons le cas simple d'une charge électrique qp soumise à la force de
Coulomb mais aussi à des collisions (modèle de Drude). Ces collisions peuvent se décrire comme une
de la dynamique s'écrit :
d→
−
vp →
−
mp = qp E − k →
−
vp , (6.8)
dt
où mp est la masse des porteurs. Cette équation montre qu'en régime permanent (stationnaire, mais
→
−
non statique), la charge qp v l = µ E où µ = qp /k est appelé la mobilité des
→
−
atteint une vitesse limite
charges. Ce régime est atteint en un temps caractéristique τ ' mp /k , appelé temps de relaxation.
→
− →
−
Insérant ces valeurs dans l'expression de la densité de courrant j = np qp v l , on obtient la loi
d'Ohm avec :
→
− np qp2 →
− →
− np qp2 np qp2
j = E ≡ γE ⇒ γ= ⇒k= . (6.9)
k k γ
Cette expression microscopique pour γ nous permet d'en déduire le temps de temps de relaxation des
porteurs de courant :
mp γmp
τ= = . (6.10)
k np qp2
Ainsi, la loi d'Ohm microscopique (ou locale) s'explique bien par ce modèle simple de collisions des
porteurs de charge. Mais collisions avec quoi ? On a longtemps cru que c'étaient des collisions avec les
ions du réseau cristallin du conducteur, mais il s'avère qu'il s'agit en fait de collisions avec les impuretés
Prenons le cas du cuivre, un métal conducteur qui présente une densité numérique d'électrons de
γCu me
conduction de l'ordre de ne ' 8 × 1028 m−3 . Le temps de relaxation est alors τ= e2 ne
≈ 2 × 10−14 s.
Il s'agit du temps typique entre deux collisions. Quelle est la distance maximale parcourue par les
électrons pendant ce laps de temps (libre parcours moyen) ? Elle dépend de leur vitesse réelle, qui est
ce qui est un ordre de grandeur supérieur à la distance inter-atomique (de l'ordre de l'Angström). Ce
ne sont donc pas les collisions avec les ions du réseau de cuivre qui sont à l'origine de la loi d'Ohm.
La discussion ci-dessus repose sur le fait que la vitesse due au courant est, dans la plupart des cas,
complètement négligeable par rapport à la très grande vitesse thermique. Par exemple, un l de cuivre
d'une section de 1 mm2 parcouru par un courant de 1 A présente une densité de courant de je = 106
Am−2 et une vitesse moyenne de ve = j/ne e ' 0, 07mm/s).
81
Électromagnétisme CHAPITRE 6. COURANT ET CHAMP MAGNÉTIQUE
RB→− → −
U A E · d`
R= = RR →− → − , (6.11)
I γE · dS
S
où l'unité est l'Ohm (symbole Ω). Dans le cas simple d'un conducteur liforme de section S où, sur une
longueur L, le champ électrostatique est uniforme, on obtient le lien entre la résistance d'un conducteur
(propriété macroscopique) et sa résistivité, η (propriété microscopique) :
L L
R= =η , (6.12)
γS S
Associations de résistances
(a) Résistances en série Soient N résistances Ri mises bout à bout dans un circuit et parcourues
par un courant I. La tension aux bornes de la chaîne est simplement :
c'est-à-dire analogue à celle obtenue par une résistance unique dont la valeur est :
N
X
Req = Ri . (6.14)
i=1
(b) Résistances en parallèle Soient N résistances Ri mises en parallèle sous une tension U =
V1 − V2 et alimentées par un courant I . Le courant se sépare alors en n courants :
U
Ii = ,
Ri
N N
X X Ui U
I= Ii = = ,
Ri Req
i=1 i=1
c'est-à-dire que l'ensemble des N branches est analogue à une résistance équivalente en série :
N
1 X 1
= . (6.15)
Req Ri
i=1
82
Électromagnétisme 6.2. LE CHAMP MAGNÉTIQUE
la ville de Magnésie (Turquie). C'est de cette pierre que provient le nom actuel de champ magnétique.
Les chinois furent les premiers à utiliser les propriétés des aimants, il y a plus de 1000 ans, pour
faire des boussoles. Elles étaient constituées d'une aiguille de magnétite posée sur de la paille ottant
Au XVIIIème siècle, Franklin découvre la nature électrique de la foudre (1752). Or, il y avait déjà
à cette époque de nombreux témoignages de marins attirant l'attention sur des faits étranges :
Mais il faut attendre la n du XIXème siècle pour qu'une théorie complète apparaisse, la théorie
au dessus d'une boussole et y t passer un courant. En présence d'un courant l'aiguille de la boussole
est eectivement déviée, prouvant sans ambiguïté un lien entre le courant électrique et le champ
L'étude quantitative des interactions entre aimants et courants fut faite par les physiciens Biot et
Savart (1820). Ils mesurèrent la durée des oscillations d'une aiguille aimantée en fonction de sa distance
à un courant rectiligne. Ils trouvèrent que la force agissant sur un pôle est dirigée perpendiculairement
à la direction reliant ce pôle au conducteur et qu'elle varie en raison inverse de la distance. De ces
expériences, Laplace déduisit ce qu'on appelle aujourd'hui la loi de Biot et Savart. Une question qui
s'est ensuite immédiatement posée fut : si un courant dévie un aimant, alors est-ce qu'un aimant peut
faire dévier un courant ? Ceci fut eectivement prouvé par Davy en 1821 dans une expérience où il
montra qu'un arc électrique était dévié dans l'entrefer d'un gros aimant.
Oersted, Ampère, Arago, Faraday, Foucault, Henry, Lenz, Maxwell, Weber, Helmholtz, Hertz, Lorentz
et bien d'autres. Si elle débuta en 1820 avec Oersted, elle ne fut mise en équations par Maxwell qu'en
1873 et ne trouva d'explication satisfaisante qu'en 1905, dans le cadre de la théorie de la relativité
d'Einstein.
Dans ce cours, nous traiterons dans les chapitres 6à 10 de la question suivante : comment produire un
champ magnétique à partir de courants permanents ? Dans le chapitre 10 nous aborderons le problème
teurs (ensembles de particules) en équilibre. Que se passe-t-il lorsqu'on considère enn le mouvement
des particules ? Soient deux particules q1 q2 situées à un instant t aux points P1 et P2 . En l'absence
et
→
−
de mouvement, la particule q1 créé au point P2 un champ électrostatique E 1 (P2 ) et la particule q2
subit une force dont l'expression est donnée par la loi de Coulomb :
→
− →
−
F 1→2 = q2 E 1 (P2 ) .
83
Électromagnétisme CHAPITRE 6. COURANT ET CHAMP MAGNÉTIQUE
→
− −
→ −
→
Qui dit force, dit modication de la quantité de mouvement de q2 puisque F 1→2 = d dt
p2
' ∆∆tp2
.
→
−
Autrement dit la force électrostatique dueà q1 crée une modication ∆ p 2 pendant un temps ∆t. Une
force correspond en fait à un transfert d'information (ici de q1 vers q2 ) pendant un court laps de temps.
Or, rien ne peut se propager plus vite que la vitesse c de la lumière. Cette vitesse étant grande mais
nie, tout transfert d'information d'un point de l'espace à un autre prend nécessairement un temps
ni. Ce temps pris par la propagation de l'information introduit donc un retard, comme nous allons le
voir.
On peut considérer l'exemple ci-dessus comme se qui se passe eectivement dans le référentiel
E1(t-dt)
v2 E1(t)
q2
r P2
u12
q1
P1
v1dt c dt
électrostatique créé par q1 ) pour se propager de q1 vers q2 . Pendant ce temps, q1 parcourt une distance
v1 dt et q2 parcourt la distance v2 dt. Autrement dit, lorsque q2 ressent les eets électrostatiques dus à q1 ,
→
−
ceux-ci ne sont plus radiaux : le champ E 1 (t − dt) vu par q2 est dirigé vers l'ancienne position de q1
et dépend de la distance cdt et non pas de la distance r . On voit ici qu'il faut corriger la loi de Coulomb
→
−
qui nous aurait donné le champ E 1 (t) qui est faux (suppose propagation instantanée de l'information
i.e. une vitesse innie). Les eets électriques ne peuvent se résumer au champ électrostatique.
Cependant, l'expérience montre que la prise en compte d'une correction tenant compte de la vitesse
nie du transport d'information ne surait pas à expliquer la trajectoire de q2 : une force supplémen-
taire apparaît, plus importante d'ailleurs que celle associée avec la vitesse nie d'information ! En
→
− q1 q2
→
−v2
→−
v1
F 1→2 ' 2 u
b 12 + ∧ ∧ub 12 . (6.16)
4π0 r12 c c
Dans cette expression, on voit donc apparaître un deuxième terme qui dépend des vitesses des deux
particules ainsi que la vitesse de propagation de la lumière. Ce deuxième terme s'interprète comme la
→
−
où nous avons introduit un champ magnétique, B 1, q1 où :
créé par la charge
→
− −−−→
q1 → −
→
− q1 v1∧u b 12 v 1 ∧ P1 P2
B 1 (P2 ) = = . (6.18)
4π0 c2 2
r12 4π0 c2 −−−→ 3
P1 P2
est le Tesla. A partir de l'équation (6.17) on en déduit qu'en unités fondamentales 1T correspond à
1kg.s
−2 .A−1 .
84
Électromagnétisme 6.3. EXPRESSIONS DU CHAMP MAGNÉTIQUE
L'inspection des équations (6.16)à (6.18) montre que la force magnétique a un rapport de (v/c)2 à
la force de Coulomb (donc normalement très faible). Les expressions (6.18) et (6.17) sont le fruit de
décennies de travail par nombreux physiciens de renom. Nous renonçons donc à un développement
historique du sujet et on va utiliser ces expressions, que l'on admettra, an de dériver les lois
Nous reviendrons plus tard (chapitre 9) sur les propriétés de la force magnétique exprimée dans
l'éq.(6.17). Cette expression n'est valable que pour des particules se déplaçant à des vitesses beaucoup
plus petites que celle de la lumière (approximation de la magnétostatique). Dernière remarque : la force
magnétique dépend de la vitesse de la particule, ce qui implique que le champ magnétique dépend du
P v B(M)
q
M
−−−→
→
− µ0 q →
−
v ∧ PM
B (M ) = ,
4π −−−→ 3
PM
µ0 = 1/ 0 c2 Tesla (T) (1
où . L'unité du champ magnétique dans le système international est le
kg.s
−2 .A−1 ). Une autre unité appartenant au système CGS, le Gauss (G), est également très souvent
utilisée :
Le facteur µ0 est la perméabilité du vide : il décrit la capacité du vide à laisser passer le champ
µ0 ≡ 4π10−7 H.m
−1
(H pour Henry) (6.20)
−1 −2 2 −2 −2
( 1 Henry = 1 V.A s = 1 N.m.A = 1 m .kg.s .A ) .
Remarques :
La valeur de µ0 donné en l'éq.(6.20) est exacte, directement liée à la dénition de l'Ampère
(voir Chapitre 9). Le facteur 4π a été introduit pour simplier les équations de Maxwell.
Nous avons vus que les phénomènes électriques et magnétiques sont intimement reliés. Les
expériences de l'époque montrèrent que la vitesse de propagation était toujours la même,à savoir
c, la vitesse de la lumière. Cela signiait qu'il y avait donc un lien secret entre le magnétisme,
l'électricité et la lumière, et plongeait les physiciens dans la plus grande perplexité. On remarque
que :
µ0 0 c2 = 1 , (6.21)
85
Électromagnétisme CHAPITRE 6. COURANT ET CHAMP MAGNÉTIQUE
1 107 10−9
0 = ' = F.m−1 (F pour Farad) .
c2 µ0 4π.9.1016 36π
point M quelconque de l'espace sera la somme vectorielle des champs créés par chaque particule.
Du fait du produit vectoriel, le champ magnétique est ce qu'on appelle un pseudo-vecteur (voir
plus bas).
Si le nombre de particules est très grand dans un volume V donné et qu'on s'intéresse à des échelles spa-
tiales bien plus grandes que la distance entre ces particules, il est avantageux d'utiliser une description
continue. Il faut donc dénir des distributions continues comme nous l'avons fait en électrostatique.
Le passage à la limite continue consiste à assimiler tout volume élémentaire dV , situé autour d'un
0
point P quelconque de la distribution de charges en mouvement,à une charge dq animée d'une vitesse
moyenne
→
−
v. Le champ magnétique résultant s'écrit alors
−−−→
→
− dq →
−
v ∧ PM
Z
µ0
B (M ) = ,
4π V
−−−→ 3
PM
où l'intégrale porte sur le volume V total embrassé par ces charges. En toute généralité, considérons
α espèces diérents de particules (ex : électrons, ions) chacune animée d'une vitesse
→
−
vα de charge
dq →
− →
−
P
qα et d'une densité numérique n. On peut alors écrire v = α nα qα v α dV , où la somme porte
sur le nombre d'espèces diérentes et non sur le nombre de particules. On reconnaît ainsi l'expression
→
−
j = α n α qα →
−
P
générale du vecteur densité locale de courant v α.
L'expression du champ magnétique créé par une distribution volumique de charges quelconque est
donc :
ZZZ →
− −−−→
→
− µ0 j (P ) ∧ P M
B (M ) = dV . (6.22)
4π −−−→ 3
PM
Ce résultat est général et valable quelle que soit la forme du conducteur. On peut l'appliquer, par
86
Électromagnétisme 6.3. EXPRESSIONS DU CHAMP MAGNÉTIQUE
M
dB(M) dS
v(P’)
P dl=v dt
P C
I
dOP Section du fil
considère seulement les cas où le point M est situé à une distance telle du l qu'on peut considérer
celui-ci comme très mince. Plus précisément, le vecteur vitesse (ou densité de courant) a la même
→
− →
− −
→
orientation sur toute la section du l ( j parallèle à d` età dS ). Ainsi, on prend, dV = dSd`, et
l'éq.(6.22) s'écrit :
RR →
− 0 −−−→
ZZ → − −−−→ j (P ) dS d` ∧ P M
→
− j (P 0 ) ∧ P 0 M
I I
µ0 µ0 section
B (M ) = d` −−0−→ 3 dS =
4π 4π −−−→ 3
circuit section P M circuit PM
RR → − −→ → − −−−→
j (P ) · dS d` ∧ P M →
− −−−→
I d` ∧ P M
I I
µ0 section µ0
= = ,
4π −−−→ 3 4π −−−→ 3
circuit P M circuit P M
−−−→
où l'on a utilisé P 0M P P 0 (donc P 0 M ' P M ), P étant un point sur le l (centre de la section).
→
−
Par ailleurs, nous avons utilisé le fait que la normale à la section ainsi que d` étaient orientés dans le
Z Z
→
− − −
→ → →
− →
−
ZZ
j dS d` = j · dS d` = I d` . (6.23)
section section
Ces manipulations nous permet de retrouver la formule de Biot et Savart qui historiquement a été
87
Électromagnétisme CHAPITRE 6. COURANT ET CHAMP MAGNÉTIQUE
→
− −−−→
→
− d` ∧ P M
I
µ0 I
B (M ) = , (6.24)
4π −−−→ 3
circuit P M
→
− −−→
où P est un point quelconque le long du circuit et d` = dOP (O étant l'origine, quelconque, du
système).
La formule de Biot et Savart (1820) a été établie expérimentalement et fournit un lien explicite
entre le champ magnétique et le courant. Mais ce n'est que plus tard (1880+) que les physiciens ont
Règles mnémotechniques :
Dans l'utilisation de la formule de Biot et Savart, il faut faire attention au fait que le champ
−→
magnétique créé par un circuit est la somme vectorielle de tous les dB , engendrées par un élément de
→
− −−−→
→
− µ0 I d` ∧ P M
d B (M ) = .
4π −−−→ 3
PM
−→
Or chaque dB est déni par un produit vectoriel. Il faut donc faire extrêmement attention à
champ magnétique. Du fait que le champ soit un eet créé par un courant, il contient des informations
sur les causes qui lui ont donné origine. Cette règle se traduit par la présence de certaines symétries
et invariances si les sources de courant en possèdent également. Ainsi, si l'on connaît les propriétés de
Vecteurs et pseudo-vecteurs
Un vecteur polaire, ou vrai vecteur, est un vecteur dont la direction, le module et le sens sont
parfaitement déterminés. Exemples : vitesse d'une particule, champ électrostatique, densité de courant.
Un vecteur axial, ou pseudo-vecteur, est un vecteur dont le sens est déni à partir d'une convention
d'orientation d'espace et dépend donc de cette convention. Exemples : le vecteur rotation instantanée,
Cette diérence provient du produit vectoriel : le sens du produit vectoriel dépend de la convention
est un pseudo-vecteur (resp. vrai vecteur), tandis que celui d'un vrai vecteur par un pseudo-vecteur
est un pseudo-vecteur.
Orienter l'espace revient à associer à un axe orienté un sens de rotation dans un plan perpendiculaire
à cet axe. Le sens conventionnellement choisi est déterminé par la règle du tire-bouchon de Maxwell
ou la règle du bonhomme d'Ampère (pour le champ magnétique mais aussi pour le vecteur rotation
instantanée).
88
Électromagnétisme 6.3. EXPRESSIONS DU CHAMP MAGNÉTIQUE
a
a’
b b’
c=a b c’
Vecteurs et pseudo-vecteurs se transforment de la même manière sous une rotation ou une trans-
lation. Il n'en est pas de même dans la symétrie par rapport à un plan ou à un point. Dans ces
transformations
E B
E E B B
P P
B’
E’ B’
E’ E’ B’
−
→ →
−
Soit A0 (M 0 ) le vecteur obtenu par symétrie par rapport à un plan Πà partir de A (M ). D'après la
Ces deux règles de transformation vont nous permettre de déterminer des règles de symétrie utiles.
Dans un espace homogène et isotrope, si l'on fait subir une transformation géométrique à un
système physique (ex : ensemble de particules, distribution de charges et/ou de courants) susceptible
de créer certains eets (forces, champs), alors ces eets subissent les mêmes transformations. Si un
système physique S possède un certain degré de symétrie, on pourra alors déduire les eets créés par
Règles de symétrie
Invariance par translation : si S est invariant dans toute translation parallèle à un axe Oz ,
les eets ne dépendent pas de z.
Symétrie axiale : si S est invariant dans toute rotation φ autour d'un axe Oz , alors ses eets
exprimés en coordonnées cylindriques (ρ, φ, z ) ne dépendent pas de φ.
89
Électromagnétisme CHAPITRE 6. COURANT ET CHAMP MAGNÉTIQUE
Symétrie cylindrique : si S est invariant par translation le long de l'axe Oz et rotation autour
de ce même axe, alors ses eets exprimés en coordonnées cylindriques (ρ, φ, z ) ne dépendent
ses eets exprimés en coordonnées sphériques (r, θ, φ) ne dépendent que de la distance au centre
r.
Plan de symétrie Π : Si S admet un plan de symétrie Π, alors en tout point de ce plan,
un eet à caractère vectoriel est contenu dans le plan
Plan d'anti-symétrie Π0 : si, par symétrie par rapport à un plan Π0 , S est transformé en −S
alors en tout point de ce plan,
j
P’
P’
P2 −−−→
−→ →
−
Z
µ0 PM
δB (M ) = I d` ∧ . (6.25)
4π P1
−−−→ 3
PM
−−→
Compte tenu de la symétrie, on utilise des coordonnées cylindriques avec OP = z zb et on a :
→
− −−−→
d` = zbdz P M = −z zb + ρρb .
90
Électromagnétisme 6.4. CALCUL DU CHAMP DANS QUELQUES CAS SIMPLES
z
z2
P a2
a M
O
a1 uf
I
z1
r
→
− −−−→
d` ∧ P M = dz zb ∧ (−z zb + ρρ)
b = dzρ φ
b. (6.26)
−−−→ −−−→
Il convient dans ce problème de faire un changement de variables vers l'angle α M O, M P et on
sin2 α
ρ
dz = ρd(tan α) = ρ 1 + 2
dα = dα . (6.27)
cos α cos2 α
Mettant les relations expressions de (6.26) et (6.27) dans (6.25), on obtient :
Z z2 →
− −−−→
−→ d` ∧ P M µ0 b z2 dzρ
Z
µ0
δB (ρ) = I = Iφ
4π z1 PM3 4π z1 P M
3
Z α2
µ0 b
= Iφ cos αdα
4πρ α1
µ0 b
= I φ (sin α2 − sin α1 ) . (6.28)
4πρ
On peut également exprimer le résultat en fonction de z en utilisant sin α = z/(z 2 + ρ2 )1/2 (voir gure
6.3) :
!
−→ µ0 b z2 z1
δB (ρ) =
4πρ
Iφ 1/2 − 1/2 . (6.29)
z22 + ρ2 z12 + ρ2
→
− µ0 b
B (ρ) → Iφ . (6.30)
2πρ
91
Électromagnétisme CHAPITRE 6. COURANT ET CHAMP MAGNÉTIQUE
On constate que dans la limite du l inni, la nature toroïdale du champ aurait pu être déduite direc-
tement des symétries du problème. Nous verrons dans le chapitre 7 comment obtenir (6.30) facilement
I
R
M a
O z
a
dB
dBz
Considérons maintenant le cas d'une spire circulaire de centre O et de rayon R, parcourue par
un courant permanent I (voir la gure 6.4). La densité de courant étant toroïdale et invariante par
I → − −−−→ Z2π
d` ∧ P M µ0 I sin3 α µ0 I sin3 α
I
µ0 I
Bz = zb · = dBz = dφ = . (6.31)
4π −−−→ 3 4π R 2 R
spire P M spire 0
Quand il faut exprimer l'éq.(6.31) en fonction de la position, z, on utilise le fait que sin α = R/(z 2 +
R2 )1/2 dans l'éq.(6.31) pour écrire :
µ0 I µ0 I 1
Bz (z) = sin3 α = 3/2 . (6.32)
2R 2R z2
1+ R2
92
Électromagnétisme 6.4. CALCUL DU CHAMP DANS QUELQUES CAS SIMPLES
l
1 dz’ I 2
a2
a1
O a M
z’ z
R
Figure 6.5 Modèle d'un Solénoïde ni : Calcul de champ magnétique sur l'axe
Un solénoïde est constitué d'un enroulement d'un l conducteur autour d'un cylindre de longueur
` et de rayon R. On suppose que ce l est susamment mince pour pouvoir modéliser ce solénoïde
comme une juxtaposition de N spires coaxiales, avec n = N/` spires par unité de longueur. Chaque
spire est alors parcourue par un courant permanent I. Comme pour la spire simple vue plus haut, les
propriétés de symétrie du courant montrent que le champ magnétique du solénoïde, qui est la somme
vectorielle du champ créé par chaque spire, est suivant z uniquement. Autour d'un point P situé en
z 0 , sur une épaisseur dOP = dz 0 , il y a ndz 0 spires. Ces spires créent donc un champ en un point M
(OM = z) quelconque de l'axe,
µ0 Indz 0
dBz (z) = sin3 α ,
2R
où nous avons utilisé (6.31) et l'angle α est
0
reliée à z et z par :
z − z0
cot α = .
R
Si on prend la diérentielle de cette expression, on obtient :
cos2 α
cos α
0 R
dz = −Rd = −R −1 − 2 dα = dα .
sin α sin α sin2 α
Le champ magnétique total s'écrit donc,
2
µ0 In α2
Z Z
Bz = dBz = sin α dα
1 2 a1
µ0 In
= (cos α1 − cos α2 ) . (6.33)
2
→
−
B → µ0 Inb
z , (6.34)
où on se rappelle que n = N/` correspond au nombre de spires par unité de longueur. Avec le théorème
d'Ampère du chapitre 7, nous pourrons montrer que ceci est la valeur partout à l'intérieur du solénoïde
→
− →
−
(dans la limite de R `) et que B = 0à l'extérieur du solénoïde. On remarquera les analogies du
→
− →
−
solénoïde vis-à-vis du champ B par rapport au condensateur pour le champ E.
93
Chapitre 7
permet de calculer le champ magnétique créé par n'importe quelle distribution de courant volumique
j (voir l'éq.(6.22)). Cette loi est l'analogue de la loi de Coulomb en électrostatique qui nous a permis
→
− −→→− →
−
d'en déduire les deux lois fondamentales de l'électrostatique : div E = ρ/0 et rot E = 0 .
De façon analogue, nous verrons dans ce chapitre, que la loi de Biot et Savart nous permet d'en dé-
duire deux lois fondamentales de la magnétostatique. Pour ce faire, nous allons d'abord écrire eq.(6.22)
ZZZ " →
− →
−
#
→
− → µ0 →
− → r − r 0
B − j −
r0 ∧ → 3 0
r = − 3 d r . (7.1)
4π r −→ −
r0
→
−
r −→−
" #
→
− − µ0 →− − 0 r0
ZZZ
divr B →
r = divr j → r ∧ → − →
−
3 0
3 d r
4π r − r 0
ZZZ ( → (7.2)
− →
−
)
µ0 r − r 0 −→ → − →− 0
→
− → − 0
−→ −−−→ 1
= →
− →
− 3 · rotr j r − j r · rotr gradr → − →
− 0
d3 r0 ,
4π r − r 0 r − r
−→ −−−→ →
−
où l'indice r sur divr , rotr , et gradr nous rappelle que ces opérateurs agissent sur la variable r (et
pas sur
→
−
r 0 ). Dans la deuxième ligne, nous avons utilisé l'identité :
→
− → − −→ − → −→ →
−
div →−
a ∧ b = b · rot →
a −−
a · rot b , (7.3)
−−−→ 1 →
−r −→
−r0
−gradr →
− →
− = →
− 3 . (7.4)
r − r0 r −→−
r0
→
− → −→ →− − 0 →
−
j −
r 0 est indépendant de →
−
r , on a rotr j →
Puisque r = 0 . Insérrant cette relation et l'identité,
−→ −−−→
rot grad f ≡ 0 , (7.5)
94
Électromagnétisme 7.1. FLUX DU CHAMP MAGNÉTIQUE
→
−
div B = 0 . (7.6)
Considérons maintenant une surface fermée S quelconque, c'est-à-dire pour laquelle on peut dénir
−→
localement un élément de surface dS = dS n
b dont le vecteur normal est orienté vers l'extérieur (par
dS
dS
S
− −
→ → →
−
ZZ ZZZ
B · dS = div BdV = 0 .
S V
→
−
où dans le dernier membre de droite nous avons utilisé le fait que div B = 0.
Ceci prend donc la forme intégrale d'une loi générale appelé la conservation du ux magnétique
qui dit que le ux du champ magnétique, Φm , à travers une surface fermée est nul, c.-à-d. :
− −
→ →
ZZ
Φm = B · dS = 0 . (7.7)
S
Bien que nous avons obtenu cette loi dans le contexte du magnétostatique, on peut suivre Maxwell et
armer par at que le champ magnétique reste conservé même si les champs et les courants varient
avec le temps. Les équations (7.6) et (7.7) expriment donc deux formes d'une même loi fondamentale
La conservation du ux magnétique est une propriété très importante et montre une diérence
fondamentale entre le champ magnétique et le champ électrostatique. Nous avons vu, avec le théorème
de Gauss, que le ux du champ électrostatique dépend des charges électriques contenues à l'intérieur
de la surface :
− −
→ → Qint
ZZ
Φe = E · dS = .
S 0
Si la charge totale est positive, le ux est positif et il sort de cette surface un champ électro-
statique (source). Si la charge est négative, le ux est négatif et le champ rentre , converge vers la
surface (puits). Cette propriété reste d'ailleurs également valable en régime variable. Rien de tel n'a
jamais été observé pour le champ magnétique. On ne connaît pas de charge magnétique analogue à la
charge électrique (ce serait un monopôle magnétique ) : donc tout le champ qui rentre dans une
surface fermée doit également en ressortir. La source la plus élémentaire de champ magnétique est un
dipôle (deux polarités), comme l'aimant dont on ne peut dissocier le pôle nord du pôle sud.
A partir de l'équation (7.7), on montre que le ux à travers une surface ouverte s'appuyant sur un
contour fermé C est indépendant du choix de cette surface. Prenons deux surfaces distinctes S1 et S2
95
Électromagnétisme CHAPITRE 7. LOIS FONDAMENTALES DE LA MAGNÉTOSTATIQUE
s'appuyant sur un même contour C . La réunion de ces surfaces, S = S1 + S2 , forme une surface fermée.
En orientant la surface S de l'intérieur vers l'extérieur, la conservation du ux magnétique impose
ΦS = ΦS1 − ΦS2 = 0 ,
doncΦS1 = ΦS2 , c'est-à-dire le ux magnétique à travers n'importe quelle surface s'appuyant sur le
même contour C ( et utilisant la même convention de normale) est indépendant du choix de la surface.
d S=d S1
S1
S2 d S= - d S2
S=S1+S2
représentation spatiale d'un champ de vecteurs. Ce sont ces lignes de champ qui sont tracées par la
matière sensible au champ magnétique, telle que la limaille de fer au voisinage d'un aimant.
Dénition 3 Une ligne de champ d'un champ de vecteur quelconque est une courbe C dans l'espace
telle qu'en chacun de ses points le vecteur y soit tangent.
→
−
Considérons un déplacement élémentaire d` le long d'une ligne de champ magnétique C. Le fait
→
− →
−
que le champ magnétique B soit en tout point de C parallèle à d` s'écrit :
− →
→ − →
−
B ∧ d` = 0 .
→
−
En coordonnées cartésiennes d` = dxb
x + dyb
y + dzb
z et les lignes de champ sont calculées en résolvant :
dx dy dz
= = .
Bx By Bz
→
−
En coordonnées sphériques d` = drb
r + rdθθ
b + r sin θdφφ
b et l'équation des lignes devient
La conservation du ux magnétique implique que les lignes de champ magnétique se referment sur
elles-mêmes.
Un tube de ux est une sorte de rassemblement de lignes de champ. Soit une surface S1 s'appuyant
→
− →
− →
−
sur une courbe fermée C telle que le champ magnétique y soit tangent (c'est-à-dire B ⊥ d` où d` est
un vecteur élémentaire de C ). En chaque point de C passe donc une ligne de champ particulière. En
96
Électromagnétisme 7.2. CIRCULATION DU CHAMP MAGNÉTIQUE
dS3
S3
dS2
B
S2
dS1
S1
Tout au long de ce tube, le ux magnétique est conservé. En eet, considérons une portion de tube
Par ailleurs, le ux à travers la surface latérale est également nul, par dénition des lignes de champ (
− −
→ →
B · dS = 0 sur SL ) . Donc, le ux en S1 est le même qu'en S3 . On peut faire le même raisonnement
pour S2 . Cependant puisque S1 > S2 pour un ux identique, cela signie que le champ magnétique
est plus concentré en S2 . D'une manière générale, plus les lignes de champ sont rapprochées et plus
le champ magnétique est localement élevé. Les exemples les plus célèbres de tubes de ux rencontrés
→
− µ0 I b
B= φ.
2πρ
− →
→ −
I I
dφ
B · d` = µ0 I .
C 2π
C
O
M
f
dl
97
Électromagnétisme CHAPITRE 7. LOIS FONDAMENTALES DE LA MAGNÉTOSTATIQUE
H
Si C n'enlace pas le l, dφ = 0
H
Si C enlace le l, dφ = 2π
H
Si C enlace le l N fois, dφ = N 2π
→
−
La circulation de B sur une courbe fermée est donc directement reliée au courant qui traverse la
surface délimitée par cette courbe. C'est Ampère qui, en recherchant une explication du magnétisme
dans une théorie de la dynamique des courants, découvrit cette propriété du champ magnétique. Elle
est démontrée ici sur un cas particulier à partir de la loi de Biot et Savart mais elle traduit une loi
− →
→ −
I
B · d` = µ0 Ienl . (7.9)
C
Cette relation fondamentale est l'équivalent du théorème de Gauss pour le champ électrostatique : elle
→
− →
−
relie le champ ( B ou E) à ses sources (le courant I ou la charge Q) dans le vide ( à l'intérieur d'un
matériau il faut les corriger). Cependant, à la diérence du théorème de Gauss, elle n'est valable qu'en
I2
I3
I1
C
Ienl=-I1+I2-I2+I3=-I1+I3
Figure 7.1 Courants enlacés par un contour, C , dans le contexte du théorème d'Ampère
Remarques :
Le choix du sens de la circulation sur le contour d'Ampère choisi est purement arbitraire. Une
fois ce choix fait, la règle du bonhomme d'Ampère permet d'attribuer un signe aux courants
Comme pour le théorème de Gauss, ce qui compte c'est la somme algébrique des sources : par
exemple, si deux courants de même amplitude mais de sens diérents traversent la surface, le
Bien qu'il exprime une loi fondamentale, le théorème de d'Ampère n'est exacte qu'en présence
de courants stationnaires. C'est Maxwell qui a été le premier à comprendre qu'il fallait modier
cette loi en présence de champs et courants non-stationnaires (c.-à-d. qui varient dans le temps).
98
Électromagnétisme 7.3. LE THÉORÈME D'AMPÈRE
Comme pour la forme intégrale du théorème de Gauss, le théorème d'Ampère est une forme intégrale
d'une loi fondamentale. On peut dériver la forme diérentielle de cette loi en laissant le contour dans
−→
l'éq.(7.9) devenir le contour autour d'une diérentielle de surface, dS . Dans la limite innitésimale de
dS → 0, un calcul similaire à celui que nous avons fait pour le théorème de Gauss dans la section
−→ →− − → − −
→ →
rot B · dS = µ0 j · dS .
−→
Puisque cette relation doit tenir pour n'importe quelle position ou orientation de la surface dS , on
−→ →− →
−
rot B = µ0 j . (7.10)
De nos jours, on préfère souvent énoncer la forme diérentielle de théorème d'Ampère de l'éq.(7.10)
→
−
Théorème 3 Théorème de Stokes : La circulation d'un champ vectoriel A le long d'un contour
→
−
C quelconque est égal au ux du rotationnel de A à travers toute surface s'appuyant sur C :
− →
→ − −→ →− − →
I ZZ
A · d` = rot A · dS . (7.11)
C
S
→
−
En appliquant ce théorème au champ B et en se servant de l'équation (7.10) on obtient donc la
− →
→ − −→ →− − → − −
→ →
I ZZ ZZ
B · d` = rot B · dS = µ0 j · dS ≡ µ0 Ienl .
C
S S
coordonnées cylindriques, l'axe z étant l'axe du solénoïde. La densité de courant est toroïdal et s'écrit
→
−
j (ρ, φ, z) = jφ (ρ) φ
b puisqu'il y a invariance par rotation autour de l'axe z et translation le long de
→
−
B (ρ, φ, z) = Bz (ρ) z
b.
un solénoïde inni.)
On choisit trois contours d'Ampère, chacun en forme de rectangle de longueur arbitraire ` et aux
Contour (1) :
− →
→ − − →
→ − − →
→ − − →
→ − − →
→ −
I Z Z Z Z
B · d` = B · d` + B · d` + B · d` + B · d` = 0 ,
(1) AB BC CD DA
l 0
→
− →
−
Z Z
⇒ B (ρAB ) · z
bdz + B (ρCD ) · z
bdz = 0 ,
0 l
99
Électromagnétisme CHAPITRE 7. LOIS FONDAMENTALES DE LA MAGNÉTOSTATIQUE
D C
(2) B(r)=Bz(r) z
A B
I
R
(1) z
O
l
(3)
⇒ Bz (ρAB ) ` = Bz (ρCD ) ` .
Donc, le champ magnétique est uniforme à l'intérieur du solénoïde (inni) (pour ρ < R Bz (ρ) =
Cste ≡ Bint ).
Contour (2) : on obtient le même résultat, c'est-à-dire un champ uniforme à l'extérieur. Mais
comme ce champ doit être nul à l'inni, on en déduit qu'il est nul partout (pour ρ > R,
Bz (ρ) = Bext = 0).
Contour (3) :
− →
→ − − →
→ − − →
→ − − →
→ − − →
→ −
I Z Z Z Z
B · d` = B · d` + B · d` + B · d` + B · d` = −n`µ0 I
(3) AB BC CD DA
l
→
−
Z
⇒− B(ρCD ) · z
bdz = −n`µ0 I
0
⇒ Bz (ρCD ) = B = µ0 nI .
En résumé : le champ magnétique est faible l'extérieur d'un solénoïde et le champ à l'intérieur
→
−
B int = µ0 nIb
z, (7.12)
où n est le nombre de spires par unité de longueur et I est le courant dans chaque spire.
traversée d'une nappe de courant. Comme pour le champ électrostatique, va-t-on voir une discontinuité
dans le champ ?
→
−
Soit une distribution surfacique de courant j s séparant l'espace en deux régions 1 et 2. Considérons
une surface ctive fermée et innitésimale (illustrée en gure 7.2), traversant la nappe de courant. La
− −
→ → − −
→ → − −
→ → − −
→ →
ZZ ZZ ZZ ZZ
B · dS = B · dS 1 + B · dS 2 + B · dS L = 0 ,
S
S1 S2 SL
100
Électromagnétisme 7.3. LE THÉORÈME D'AMPÈRE
dS2 Région 2
S2
js
n12 S
S1
dS1
Région 1
où SL est la surface latérale. Lorsqu'on fait tendre le volume contenu par cette surface à zéro (c.-à-d.
→
− →
−
b 12 · B 2 − B 1 = 0 .
n (7.13)
Pour la composante tangentielle, nous allons utiliser le théorème d'Ampère. Considérons le contour
Région 2
n12 C
D
js
N
M
A t B
Région 1
− →
→ − − →
→ − − →
→ − − →
→ − − →
→ −
I Z Z Z Z
B · d` = B · d` + B · d` + B · d` + B · d` = µ0 Ienl .
AB BC CD DA
Le courant Ienl est celui qui circule sur la nappe, autrement dit, il est déni par la densité de courant
surfacique :
− −
→ → →
−
ZZ Z
Ienl = j · dS = j s · τb d` ,
MN
ABCD
−−−→
où MN, nb 12 , τb est un trièdre direct. Dans la limite DA → 0, la loi d'Ampère fournit :
→
− − →
→ − →
−
Z Z
B 1 − B 2 · d` = µ0 j s · τb d` .
MN MN
101
Électromagnétisme CHAPITRE 7. LOIS FONDAMENTALES DE LA MAGNÉTOSTATIQUE
mais
→
− − →
→ − →
− →
−
B 1 − B 2 · d` = B 1 − B 2 · (b
τ ∧ −b n12 ) d`
h→
− →
− i
= B1 − B2 ∧ n b 12 · τb d` ,
→
− →
− →
−
b 12 ∧ B 2 − B 1 = µ0 j s .
n (7.14)
potentiel.
→
−
De plus est, le champ A n'est pas bien dénie puisqu'on peut toujours ajouter le gradient d'un
→
−
champ scalaire f à A sans changer sa rotationnelle
→
−0 → − −−−→
A = A + gradf
−→→− −→→− −→−−−→ −→→− →
−
rot A 0 = rot A + rotgradf = rot A = B ,
−→−−−→ →
−
puisque rotgradf = 0 pour n'importe quelle fonction scalaire, f comme démontré dans l'éq.(12.17)
−→ −→→ − −−−→ → − →
− →
−
rot rot A ≡ graddiv A − ∆ A = µ0 j
(Notation Anglo-Saxonne)
(7.15)
↓
→
− →
− →
− →
−
∇ × ∇ × A ≡ ∇ ∇ · A − ∆ A = µ0 j ,
où nous avons utilisé encore une autre identité mathématique (voir la démonstration (12.20) de l'Annexe
−→ −→ −−−→
des mathématiques) rot rot ≡ grad div − ∆. On peut enlever une partie de la liberté dans la dénition
→
−
de A en imposant la contrainte de la jauge de Coulomb , c.-à.-d. on impose la condition :
→
−
div A = 0 . (7.16)
→
− →
−
∆ A = −µ0 j . (7.17)
On remarque qu'en dehors de sa nature vectoriel cette équation à la même forme que l'équation de
102
Électromagnétisme 7.5. QUATRE FAÇONS DE CALCULER LE CHAMP MAGNÉTIQUE
→
−
La solution pour A de l'éq.(7.17) se trouve par analogie directe avec celle de V en électrostatique :
ZZZ →
−
→
− µ0 j (P ) dV
A (M ) = −−−→ . (7.18)
4π PM
→
−
On obtient la formule pour A produit par un circuit liforme, en suivant la même logique qui nous
→
− →
−
a permis de passer de l'éq.(6.22) pour le champ B en termes de j à la loi de Biot et Savart (l'éq.(6.24))
dans le chapitre 6 (spéciquement on emploi la relation donné par l'éq.(6.23)). On obtient ainsi :
→
−
→
−
I
µ0 I d`P
A (M ) = −−−→ . (7.19)
4π PM
circuit
Même si les équations (7.18) et (7.19) sont analogues à l'expression intégrale d'un potentiel scalaire
(d'où le nom potentiel vecteur), elles sont moins pratiques à l'utilisation, puisque qu'il s'agit d'eectuer
Les physiciens se méaient au départ du potentiel vecteur à cause de la liberté du choix de jauge et
→
− → −
du fait qu'il ne s'agit pas d'une quantité directement mesurable (en contraste avec les champs E , B,
etV ). Ce point de vue était radicalement modié à l'arrivé de la mécanique quantique dans laquelle la
→
−
force joue un rôle moins important que l'énergie et par conséquent les champs A et V se sont trouvés
→
− →
−
dans le rôle de vedette tandis que les champs E et B ont été relégués à des rôles secondaires.
tique.
La formule de Biot et Savart : elle n'est pratique que lorsqu'on sait calculer l'addition
−→
vectorielle des champs dB créés par tous les éléments du circuit (souvent des circuits liformes).
Le théorème d'Ampère : il faut être capable de calculer la circulation du champ sur un
contour choisi. Cela nécessite donc une symétrie relativement simple des courants.
La conservation du ux : à n'utiliser que si l'on connaît déjà son expression dans une autre
région de l'espace.
→
−
Le potentiel vecteur : On calcul le potentiel vecteur A par une méthode qui ressemble
à celle du calcul du potentiel scalaire en électrostatique. Néanmoins, il faut calculer ses trois
−→→− →
−
composantes dans une région donnée et ensuite pouvoir calculer rot A an d'obtenir B.
Dans tous les cas, il faut prendre en compte les propriétés de symétrie de la densité de courant.
manent I. Nous allons calculer le champ magnétique créé par cette spire en tout point M de l'espace,
situé à grande distance de la spire (précisément, à des distances grandes comparées à la taille de la
103
Électromagnétisme CHAPITRE 7. LOIS FONDAMENTALES DE LA MAGNÉTOSTATIQUE
z
M
q
r
r’
n r
O
dOP
I P
Bien qu'on pourrait trouver le champ magnétique créé par le circuit directement à partie de la
→
−
formule de Biot et Savart, il est instructif d'arriver à ce résultat en employant le potentiel vecteur A.
Le potentiel vecteur associé avec la spire de courant s'écrit :
→
− −
→
→
−
I I
µ0 I d` µ0 I dρ
A (M ) = =
4π spire P M 4π spire r0
0 −−−→ −−→
2 2 −−→ −−−→1/2
avec r = P M = OM − OP = r + ρ − 2OP · OM .
→
− −−→ − →
où nous avons utilisé le fait que d` ≡ dOP = dρ dans le plan de la spire. On se rappelle qu'on emploie
la limite r ρ, pour tout point P appartenant à la spire, donc :
−−→ → !−1/2
ρ2 OP · − 1 → −
r ·→ − 2
1 1 r ρ ρ
0
= 1+ 2 −2 2
= + 3
+O . (7.20)
r r r r r r r2
et l'on obtient :
−
→
→
− →
− − µ0 I −
→ −
→ − →
I I I
dρ µ0 I µ0 I
A (M ) = A → dρ →
r ·−
r = 0
' dρ + 3
ρ . (7.21)
4π spire r 4πr spire 4πr spire
La première intégrale de l'éq.(7.21) se fait rapidement. Si on décompose le vecteur
→
−
ρ dans une base
(b
e1 , b
e2 ) engendrant le plan de la spire, on a :
−
→ →
I I I
− →
−
dρ = 0 = b
e1 dρ1 + b
e2 dρ2 = 0 .
spire spire spire
−
→ − →
I I
dρ →
ρ ·−
r = {dρ1 (ρ1 r1 + ρ2 r2 ) b e2 } = 0 .
e1 + dρ2 (ρ1 r1 + ρ2 r2 ) b (7.22)
spire spire
104
Électromagnétisme 7.6. LE DIPÔLE MAGNÉTIQUE
et on a donc l'égalité :
I I
ρ2 dρ1 = − ρ1 dρ2 . (7.24)
spire spire
−
→ − →
I I I
dρ →
ρ ·−
r = r2 ρ2 dρ1 be1 + r1 e2
ρ1 dρ2 b
spire spire spire
I
1
= (−r2 b e2 )
e1 + r1 b (ρ1 dρ2 − ρ2 dρ1 )
2 spire
b ∧→− I
n r
= (ρ1 dρ2 − ρ2 dρ1 )
2 spire
b ∧→
= Sn −r , (7.25)
où n
b=b
e3 est le vecteur normal au plan de la spire (vecteur de base de l'axe 3) et S sa surface. Dans
I
−
→
I
1 →
− 1
ρ ∧ dρ = n
b (ρ1 dρ2 − ρ2 dρ1 ) = S n
b. (7.26)
2 spire 2 spire
Ce calcul est général, valable quelle que soit la surface. En eet, une surface élémentaire dS , telle que :
1→− −
→
ρ ∧ dρ = dS n
b , (7.27)
2
dS
O
r dr = dOP
P
−
→∧r
→
− → µ0 I µ0 m
A −
r ' Sn
b ∧r
b
2
b= , (7.28)
4πr 4π r2
où on voit apparaître une grandeur importante car décrivant complètement la spire vue depuis une
→
− −→ →
−
Le champ magnétique se déduit de B = rot A :
µ0 −→ −
→
µ0 −→ −
→ →
m∧−
→
− →
− m∧r b r
B r = rot = rot . (7.30)
4π r2 4π r3
105
Électromagnétisme CHAPITRE 7. LOIS FONDAMENTALES DE LA MAGNÉTOSTATIQUE
On invoque maintenant une relation d'analyse vectorielle (cf. l'éq.(12.21) de l'annexe des mathéma-
tiques) :
où nous avons utilisé la formulation déterminant an de calculer le rotationnelle. Mettant tout
→
−
ceci dans l'Eq.(7.31), on obtient le champ, B, du dipôle magnétique :
→
− → µ0 −
B − → − 3b
r∧ −
→∧r
r ' 3
2m m b . (7.32)
4πr
→
−
On obtient une expression équivalente (et un peu plus simple) pour B en faisant appel à l'égalité
b∧ −
→∧r
b =−
→ (b b·−
→
r m m r·r
b) − r
b r m :
→
− → µ0
B − r −
→·r
b −−
→
r = 3
3b m m , (7.33)
4πr
µ0 −−−→ −
→
→
− →
− m·r
B r = − grad
b
2
. (7.34)
4π r
µ0 µ0
Br = 2m cos θ Bθ = m sin θ .
4πr3 4πr3
→
− →
−
Remarque : On constate que le champ B d'un dipôle magnétique est analogue au champ E produit
1 −−−→ →
−
→
− →
− p ·r
E r →−
b
grad .
4π0 r2
(mais bien courant), d'un moment dipolaire créé par un circuit conné dans un plan. Pour situations
plus générales, une analyse plus approfondie montre que le moment dipolaire d'une distribution de
→
−
courant volumique, j est donné par :
→
−
ZZZ
→= 1
−
m →
−
r ∧ j dV . (7.35)
2
A partir de cette dénition, on peut dériver une expression pour un circuit liforme de géométrie
RRR →
− R →−
arbitraire en eectuant la même substitution, j (P ) dV → I d`, que nous avons utilisé pour
106
Électromagnétisme 7.6. LE DIPÔLE MAGNÉTIQUE
dérivé la loi de Biot et Savart en équation (6.23) et pour formuler le potentiel vecteur, (6.30) produit
→
−
I
→ = 1I
−
m →
−
r ∧ d` . (7.36)
2 circuit
Si le circuit est contenu dans un plan, on peut placer le circuit dans un plan de z =Cte et adopter des
→
− →
− −
→
coordonnées cylindriques avec r →→
−
ρ, d` → dρ ce qui nous réduit
et de nouveau à :
−→
I
−
→=I
m →
−
ρ ∧ dρ = IS nb,
circuit
Il est intéressant de remarquer les analogies (et les diérences) entre l'expression de l'éq.(7.35) pour
−
→
m et l'expression pour le moment dipolaire électrique,
ZZZ
→
−
p = ρ→
−
r dV . (7.37)
→
− → − →
− dr rdθ dr cos θdθ
d` ∧ B = 0 ⇒ dφ = 0 et µ0 = µ0 ⇒ = ,
4πr3
2m cos θ 4πr3
2m sin θ r sin θ
donc les lignes de champ magnétique sont obtenues en intégrant les deux côtés :
Z Z
dr cos θdθ
= ⇒ ln r = 2 ln (sin θ) + C ⇒ r (θ) = K sin2 θ ,
r sin θ
où K est une constante.
Figure 7.6 Lignes de champ magnétiques produites par des dipôles magnétiques. Exemples : (a)
une spire de courant, (b) le champ magnétique terrestre.
107
Chapitre 8
matière
à celles du champ électrostatique généré par un système de deux charges opposées (dipôle électrique
→
− →
−
p =qd )
r −
→·r b −−
→
µ0 −−−→ −
→
→
− →
− m · rb µ0 3b m m
B r → − grad 2
= 3
4π r 4π r
r →
−
p · rb − →
−
1 −−−→ →
−
→
− →
− p · rb 1 3b p
E r →− grad 2
= 3
.
4π0 r 4π0 r
Cependant, dans le cas du champ magnétique, il est impossible de séparer le dipôle en une charge
C'est pourquoi il occupe une place centrale dans la modélisation des eets magnétiques observés à la
L'origine du champ magnétique d'un matériau quelconque (par exemple, un aimant) est nécessai-
rement de nature microscopique. En utilisant le modèle atomique de Bohr, on peut démontrer que
certains atomes possèdent un moment magnétique dipolaire intrinsèque. Dans le modèle de Bohr de
l'atome d'hydrogène, un électron de charge qe = −e, décrit un mouvement circulaire uniforme autour
d'un noyau central (un proton). La distance moyenne entre l'électron et le proton est appelée le rayon
de Bohr, noté a0 . La position de l'électron est donnée par (
→
−
r e = a0 r
b) autour d'un noyau central
celui produit par une spire circulaire de courant de rayon a0 . Le moment magnétique intrinsèque de
−
→ = I Sn q e ωe 2 qe
me ωe a20 n
m e b = a0 n
b= b , (8.1)
2 2me
108
Électromagnétisme 8.1. LE MODÈLE DU DIPÔLE EN PHYSIQUE
Le=me re ve=mea2 we
0
Ie Ie
qp=+e
S re=a0
ve= we re
qe=-e
Ie
m
→ = qe →
−
m
− −
→
L e ≡ γ Le , (8.2)
2me
−
→
où Le est le moment cinétique orbital de l'électron, déni comme :
−
→
Le = m e →
−
re ∧ −
→ = m a2 r →
− be = me ωe a20 n
v e e 0 be ∧ ω e ∧ r b, (8.3)
γ ≡ q/2m , (8.4)
interne. Notre vision moderne de l'électron est bien que l'électron est une particule sans structure
cinétique intrinsèque
de charges en rotation autour d'un axe produit un moment magnétique proportionnel au moment
cinétique total. Cela se produit même si la charge totale est nulle (matériau ou atome neutre) : ce qui
compte c'est l'existence d'un courant. Il sut donc d'avoir un décalage, même léger, entre les vitesses
Du coup, on peut expliquer qualitativement les propriétés magnétiques des matériaux en fonction
109
Électromagnétisme CHAPITRE 8. CHAMP MAGNÉTIQUE EN PRÉSENCE DE LA MATIÈRE
Matériaux ferromagnétiques : ceux dont les moments sont déjà orientés dans une direction
particulière, de façon permanente (aimants naturels).
La Terre est connue pour avoir un champ magnétique dipolaire, où le pôle Nord magnétique cor-
l'existence du champ magnétique observé sur les planètes et sur les étoiles est encore aujourd'hui loin
d'être satisfaisante. La théorie de l'eet dynamo essaye de rendre compte des champs observés par la
Les cycles magnétiques : le Soleil a un champ magnétique à grande échelle qui ressemble
tous les 11 ans. Pour la Terre, les inversions sont beacoup plus irregulieres et espacés dans le
). Bien que nous ne soyons pas actuellement dans une phase d'inversion, le champ magnétique
s'est aaibli au cours des derniers siècles, ce qui incite les scientiques à étudier si de tels
Non-alignement avec le moment cinétique de l'astre : s'il est de l'ordre d'une dizaine de degrés
pour la Terre (avec une modication de la direction de l'axe magnétique d'environ 15' par an),
8.2 La magnétisation
On vient de voir dans la section précédente que les constituants atomiques de la matière peuvent
agir comme de petites boucles de courants et donnent naissance à des champs magnétiques dipolaires.
au champ magnétique incident sur l'atome. Donc, par analogie avec le traitement des diélectriques,
−→
on dénit une densité volumique de moment dipolaire M (appelé magnétisation) tel que le moment
→ −
− →
magnétique d'un volume innitésimal dV est donné par dm = M dV .
−
→
On dénit également une susceptibilité magnétique χm qui donne la proportionnalité entre M
→
−
et B , caractéristique du matériau en question :
−
→ χm →−
M= B, (8.5)
µ0
où χm est un nombre sans dimension qui est typiquement de l'ordre de χm ∼ −10−5 pour les matériaux
Les matériaux ferromagnétiques font une grande exception à la règle ci-dessus. Pour ces matériaux,
les moments dipolaires s'agissant entre eux fortement et tendent à tous s'aligner dans le même sens
relation :
→
− −→−→
j m = rotM . (8.6)
−→→− →
− →
−
rot B = µ0 j m + j libre , (8.7)
110
Électromagnétisme 8.3. LE CHAMP H
→
−
où j libre sont des courants manipuléùs dans une expérience (usuellement dans des ls électriques)
8.3 Le champ H
→
−
Puisque nous n'avons pas de contrôle direct de jm (et ses moments dipolaires magnétiques mi-
−
→
croscopiques associés), il s'avère pratique en présence de la matière de dénir un champ auxiliaire H
→
− −
→
de façon analogue avec le champ auxiliaire D en électrostatique (voir le section 5.2 ). Le champ H
−
→ →
−
regroupe le M avec le champ B de la façon suivante :
→
−
−
→ B − →
H≡ −M . (8.8)
µ0
−
→
On obtient l'équation diérentielle de H en prenant la rotationnelle de l'éq.(8.8) et utilisant ensuite les
−
→
équations (8.7) et (8.6). On obtient ainsi L'équation diérentielle de H en magnétostatique :
−→−→ → −
rotH = j libre . (8.9)
−
→ →
−
Pour des matériaux diamagnétiques et paramagnétiques, M est proportionnelle à B , et on peut écrire
→
− →
− →
−
−
→ B χm B 1 →
− B
H= − = (1 − χm ) B ≡
µ0 µ0 µ0 µr µ0
(8.10)
1
⇒ µr = .
(1 − χm )
−
→
On appelle µr = 1/ (1 − χm ) la perméabilité magnétique relative du matériel. La relation entre H
→
−
et B pour les milieux linéaires est :
→
−
−
→ B
H= . (8.11)
µ0 µr
−
→
Si la symétrie du problème est susamment élevée, on peut obtenir H en faisant appel à la forme
intégrale de l'éq.(8.9) :
→ →
− −
I
H · d` = Ienl,libre . (8.12)
C
−
→
Cette expression nous dicte les unités du champ H comme étant A.m
−1 .
−
→ →
−
Remarque : Si on compare attentivement les dénitions des champs auxiliaires H et D, ainsi que
(de signe etc.). Ces diérences regrettables ne viennent pas de la physique elle-même mais plutôt d'un
−
→
accident de parcours historique. Elles proviennent du fait qu'au début, les physiciens pensaient que H
→
−
était le champ fondamental et B le champ auxiliaire. Ainsi, autrefois (et parfois encore), on appelait
−
→ →
−
H le champ magnétique et B le champ d'induction magnétique . De nos jours, on préfère appeler
→
− −
→
le champ fondamentale B le champ magnétique, et le champ H simplement le champ H .
111
Chapitre 9
par exemple, le champ magnétique mesurable créé par un circuit électrique. Or, le courant circulant
dans un circuit est dû au déplacement de particules chargées à une échelle microscopique. Nous pren-
drons donc le parti ici de poser l'expression de la force magnétique s'exerçant sur une particule (sans
la démontrer) puis de remontrer à une expression décrivant la force macroscopique sur un circuit. His-
toriquement bien sûr, c'est la force de Laplace (macroscopique) qui a été mise en évidence la première,
charge q et de vitesse
→
−
v mesurée dans un référentiel galiléen est l'équation de Lorentz :
→
− →
− − → −
F =q E +→
v ∧B . (9.1)
( →
− →
−
→
− →
− →
− F e = qE
F = Fe+Fm où →
− →
− ,
F m = q→
−v ∧B
→
− →
−
où Fe est la composante électrique
la composante magnétique, parfois appelée la force de
et Fm
Lorentz. La composante magnétique de la force de Lorentz (parfois appelée force magnétique) possède
un ensemble de propriétés remarquables :
→
− →
− d→
−v
F m = q→
−
v ∧B =m ,
dt
donc
d 1 d 1 → d− →
−
m−
v ·→
− = m→
−
v · → v = q→
−
v · →−
mv 2 = v v ∧B =0.
dt 2 dt 2 dt
L'énergie cinétique de la particule est donc bien conservée.
112
Électromagnétisme 9.1. FORCE MAGNÉTIQUE SUR UNE PARTICULE CHARGÉE
la vitesse de la lumière. Ceci se voit en regardant la force d'interaction entre deux particules
chargées :
→
− q1 q2
→
−
v2
→
−
v1
F 1→2 ' 2 u
b 12 + ∧ ∧u
b 12 . (9.2)
4π0 r12 c c
3. Violation du principe d'action et de réaction. On peut aisément vérier sur un cas par-
ticulier simple que la force magnétique ne satisfait pas le 3
ème principe de Newton. Pour cela,
il sut de prendre une particule 1 se dirigeant vers une particule 2. Le champ magnétique créé
→
− µ 0 q1 →
−
B1 = v1∧u
b 12 = 0 ,
4πr2
→
−
et donc la force F 1→2 sera nulle. Mais si la deuxième particule ne se dirige pas vers la première,
→
−
son champ magnétique sera non nul en 1 et il y aura une force F 2→1 non nulle. . . (N.B. Il
ne faut pas penser pour autant que l'électromagnétisme viole la conservation de la quantité de
mouvement. La théorie est incomplète à ce stade puisque on ne parle que de courants station-
naires. La conservation de la quantité de mouvement sera restaurée une fois que nous aurons
d→ − q →
− →
−
v = v ∧B . (9.3)
dt m
Puisque la force magnétique est nulle dans la direction du champ, cette direction est privilégiée. On
va donc tirer parti de cette information et décomposer la vitesse en deux composantes, l'une parallèle
( d→− →
−
dt v k = 0
d→
− →
− .
v = q →
dt ⊥ m
−v ∧B ⊥
La trajectoire reste donc rectiligne uniforme dans la direction du champ. Prenons un repère cartésien
→
−
dont l'axe z B = B zb. Dans ce repère,
est orienté dans la direction du champ, l'éq.(9.3) s'écrit,
vx vx 0 vy
d q qB
vy = vy ∧ 0 = −vx ,
dt m m
vk vk B 0
et l'équation portant sur la composante perpendiculaire pour une charge, qe , négative se décompose
d2 vi
Ce système se ramène à deux équations de la forme
dt2
= −ω 2 vi (pour i = x, y ) et on a donc pour
solution,
dx
= vx = v⊥0 cos ωt
dt
dy
= vy = v⊥0 sin ωt ,
dt
113
Électromagnétisme CHAPITRE 9. ACTIONS ET ÉNERGIE MAGNÉTIQUES
z
B
R1 y
e- v0=v 0 x
O
Figure 9.1 Cas particulier d'une particule de charge négative (rotation dans le sens direct)
on obtient :
v⊥0
x(t) =
ω sin ωt
,
y(t) = − v⊥0 cos ωt
ω
où les constantes d'intégration ont été choisies nulles (choix arbitraire). La trajectoire est donc un
cercle de rayon,
v⊥0 mv⊥0
RL = = , (9.4)
ω qB
Le rayon de Larmor correspond à la distance la plus grande que peut parcourir une particule
dans la direction transverse avant d'être déviée de sa trajectoire. Cela correspond donc à une sorte de
distance de piégeage. A moins de recevoir de l'énergie cinétique supplémentaire, une particule chargée
Il est intéressant de noter que plus l'énergie cinétique transverse d'une particule est élevée (grande
masse ou grande vitesse transverse) et plus le rayon de Larmor est grand. Inversement, plus le champ
Remarque :Nous avons vu au chapitre 7 qu'une charge en mouvement créé un champ magnétique
qui doit superposé au champ magnétique extérieur. Donc, la particule mise en rotation par l'eet d'un
champ magnétique extérieur va créer son propre champ magnétique. Il n'en a pas été tenu compte
3
ème principe. Mais il y a pire. Pour pouvoir appliquer la relation fondamentale de la dynamique, il
faut se choisir un référentiel galiléen. Ce choix étant arbitraire, les lois de la physique doivent être
114
Électromagnétisme 9.1. FORCE MAGNÉTIQUE SUR UNE PARTICULE CHARGÉE
indépendantes de ce choix (invariance galiléenne). Autrement dit, les véritables forces doivent être
→
−
indépendantes du référentiel. Il est clair que ce n'est pas le cas de la force magnétique F m. En eet,
considérons une particule q se déplaçant dans un champ magnétique avec une vitesse constante dans
le référentiel du laboratoire. Dans ce référentiel, elle va subir une force magnétique qui va dévier sa
trajectoire. Mais si on se place dans le référentiel propre de la particule (en translation uniforme par
rapport au laboratoire, donc galiléen), sa vitesse est nulle. Il n'y a donc pas de force et elle ne devrait
pas être déviée ! Comment résoudre ce paradoxe ? C'est Lorentz qui a donné une solution formelle à ce
problème, mais c'est Einstein qui lui a donné un sens grâce à la théorie de la relativité. La véritable
→
− →
− − → −
F =q E +→
v ∧B .
→
−
Supposons que cette particule soit soumise à un champ électrostatique E et un champ magnétique
→
−
B, mesurés dans le référentiel R du laboratoire. Dans un référentiel R0 où la particule est au repos, le
terme magnétique sera nul. Si on exige alors l'invariance de la force, on doit écrire :
→
−0 →
−0 →− →
− →
− →
−
F = qE = F = q Es + v ∧ B .
→
−0 →
−
Le champ E vu dans le référentiel R0 est donc la somme du champ électrostatique E s et d'un
→
− − →
→ −
autre champ, appelé champ électromoteur E m = v ∧ B . Ainsi, on a bien conservé l'invariance de la
force lors d'un changement de référentiel, mais au prix d'une complexication du champ électrique qui
électromoteur (d'où son nom d'ailleurs) : celui-ci peut donc créer une diérence de potentiel qui
va engendrer un courant, ce qui n'est pas possible avec un champ purement électrostatique.
mais une autre, plus complexe (transformation de Lorentz). Champs électrique et magnétique
Ceci dit, nous utiliserons tout de même l'expression de la force magnétique ou de Lorentz pour
calculer, par exemple, des trajectoires de particules dans le formalisme de la mécanique classique. On
ne devrait pas obtenir des résultats trop aberrants tant que leurs vitesses restent très inférieures
à celle de la lumière.
Une dernière remarque : nous avons implicitement supposé que la charge q de la particule était la
même dans les deux référentiels. Cela n'est a priori pas une évidence. Nous pouvons en eet imposer que
toute propriété fondamentale de la matière soit eectivement invariante par changement de référentiel.
Le concept de masse, par exemple, nécessite une attention particulière. En eet, tout corps massif
divisée par sa vitesse) sera d'autant plus élevée que ce corps aura une vitesse s'approchant de celle
de la lumière. Nous admettrons donc que la charge électrique est bien un invariant (dit
relativiste).
115
Électromagnétisme CHAPITRE 9. ACTIONS ET ÉNERGIE MAGNÉTIQUES
diérentes de particules chargées, chaque espèce ayant une densité volumique nα , et une vitesse
→
−
v α.
Ces divers porteurs de charges sont donc responsables d'une densité locale de courant
→
−
n α qα →
−
X
j = vα .
α
Par ailleurs, chaque particule étant soumise à la force de Lorentz, la force s'exerçant sur un élément
dV
P →
−
de volume comportant α nα vα particules s'écrit,
−−→ X →
− − →
−
d3 F = n α qα E + →
v α ∧ B dV .
α
On voit donc apparaître une force due au champ électrique. Cependant, si le volume élémentaire
que l'on considère est susamment grand pour que s'y trouve un grand nombre de particules et si le
X
n α qα = 0 ,
α
−−→ → − → −
d3 F = j ∧ B dV . (9.6)
Nous avons donc ci-dessus l'expression générale de la force créée par un champ magnétique extérieur sur
une densité de courant quelconque circulant dans un conducteur neutre (la résultante est évidemment
dS
dl
S : Section du fil
→
−
le champ B d` du l s'écrit
est constant), la force qui s'exerce sur une longueur
−→ →− → − −
→ → − − −
→ → →
− → −
ZZ Z Z
dF L = j ∧ B dS · d` = j · dS d` ∧ B
→
− → −
= I d` ∧ B .
116
Électromagnétisme 9.2. ACTIONS MAGNÉTIQUES SUR UN CIRCUIT FERMÉ
La force qui s'exerce sur un conducteur fermé, parcouru par un courant permanent I, appelée force
de Laplace, vaut
−→ →
− → −
I I
FL = dF L = I d` ∧ B . (9.7)
circuit circuit
Cette force s'applique sur un circuit qui est un solide. Dans ce cours, on ne considérera que
des circuits pour lesquels on pourra appliquer le principe fondamental de la mécanique, en assimilant
ceux-ci à des points matériels (leur centre d'inertie). Aucun élément de longueur ne sera privilégié : la
−→ →
− → − →
−
force dF L = I d` ∧ B s'applique au milieu de chaque portion d`.
Remarques :
1. Ayant été établie à partir d'équations valables uniquement en régime permanent, cette expression
n'est vraie que pour un courant permanent. Il faut en particulier faire attention à intégrer la
individuelles et qui ne travaille pas, nous avons obtenu une force macroscopique agissant sur
un solide. Cette force est capable de déplacer le solide et donc d'exercer un travail non nul.
de l'action des particules sur le réseau cristallin du conducteur. C'est donc une sorte de réaction
du support à la force de Lorentz agissant sur ses constituants chargés. Au niveau microscopique
cela se traduit par la présence d'un champ électrostatique, le champ de Hall ( voir TD ).
4. Bien que la force de Lorentz ne satisfasse pas le principe d'Action et de Réaction, la
force de Laplace entre deux circuits, elle, le satisfait ! (voir complément 9.4) La raison
profonde réside dans l'hypothèse du courant permanent parcourant les circuits (I le même,
partout dans chaque circuit) : en régime permanent, il n'y a plus de problème de délai lié à la
I1 I2
B1
u12
B1
117
Électromagnétisme CHAPITRE 9. ACTIONS ET ÉNERGIE MAGNÉTIQUES
→
−
par chaque l. La force par unité de longueur subie par le l 2 à cause du champ B1 vaut
−→ →
− →
−
dF 1→2 I2 d`2 ∧ B 1 µ0 I 1 I 2
= =− u
b 12
d`2 d`2 2πd
→
− →
− −→
I1 d`1 ∧ B 2 dF 2→1
=− =− .
d`1 d`1
Cette force est attractive si les deux courants sont dans le même sens, répulsive sinon. Puisqu'il y a
une force magnétique agissant sur des circuits parcourus par un courant, on peut mesurer l'intensité
de celui-ci. C'est par la mesure de cette force qu'a été établie la dénition légale de l'Ampère (A) :
L'Ampère est l'intensité de courant passant dans deux ls parallèles, situés à 1 mètre
l'un de l'autre, et produisant une attraction réciproque de 2.10 −7 Newtons par unité de
longueur de l.
C'est cette dénition qui nous a donnée la valeur par dénition de la perméabilité magnétique du
−→
dF 1→2 µ0 4π10−7
= = = 2.10−7 N.m−1 (9.8)
d`2 2π 2π
ce circuit. Si ce circuit est parcouru par un courant permanent I et plongé dans un champ magnétique
→
− →
− −−−→
B , alors chaque élément de circuit d` = dOP , situé autour de P , subit une force de Laplace
−→ →
− → −
dF L = I d` ∧ B . Le moment par rapport à O de la force de Laplace sur l'ensemble du circuit est alors
→
− −−→ −→
I
Γ ≡ OP ∧ dF L . (9.9)
circuit
Soient trois axes∆i , passant par le centre d'inertie O du circuit et engendrés par les vecteurs unitaires
→
− P
ebi . Le moment des forces s'écrit alors Γ = i Γi ebi . L'existence d'un moment non nul se traduit par
la mise en rotation du circuit autour d'un ou plusieurs axes ∆i . Autrement dit, par une modication
circuit
−−−→ →
−
où dm est la masse élémentaire située sur l'élément dOP , et v sa vitesse. Dans tous les cas de gure
étudiés dans ce cours, on admettra qu'on peut choisir les axes ∆i tel que le moment cinétique d'un
axes ∆i ([I ] est la matrice d'inertie, ici diagonale). Le moment d'inertie par rapport à l'axe ∆i est
déni par, I
Ii = dmri2 ,
circuit
118
Électromagnétisme 9.2. ACTIONS MAGNÉTIQUES SUR UN CIRCUIT FERMÉ
où ri est la distance d'un point P quelconque du circuit à l'axe ∆i . La dynamique d'un circuit soumis
à plusieurs moments de forces extérieures est donnée par le théorème du moment cinétique (pour un
solide)
→
−
dL →
−
= Γ ext . (9.11)
dt
→
− •
Dans le cas d'un circuit tournant autour d'un seul axe Oz , avec une vitesse angulaire Ω = Ωb
z = θzb
et un moment d'inertie I constant, on obtient l'équation simpliée suivante :
••
Iz θ = Γz . (9.12)
B
m
q
O
G I
Considérons le cas simple d'un dipôle magnétique, c'est-à-dire d'une spire parcourue par un courant
→
−
I permanent, plongé dans un champ magnétique extérieur B constant (soit dans tout l'espace, soit
ayant une variation spatiale sur une échelle bien plus grande que la taille de la spire). La force de
spire spire
→
− −−−→
(puisque dans le plan xOy du circuit, le déplacement vectoriel s'écrit : d` = dOP = dxb
x + dy yb comme
on peut voir dans la gure 9.2 ci-dessous.)
En se servant de la relation, BAC -CAB donné en éq.(12.23) le moment de la force de Laplace par
119
Électromagnétisme CHAPITRE 9. ACTIONS ET ÉNERGIE MAGNÉTIQUES
→
− −−→ −→ −−→ −−−→ → − −−−→ −−→ →
− →
− −−→ −−−→
I I I I
Γ = OP ∧ dF L = OP ∧ I dOP ∧ B = I dOP OP · B − I B OP · dOP
spire spire spire spire
→
− I
−−−→ −−→ → − IB −−→ −−→ −−−→ −−→ →
−
I I
=I dOP OP · B − d OP · OP = I dOP OP · B − 0
2
spire spire spire
I I I
=I x + dy yb) (xBx + yBy ) = IBy x
(dxb b ydx + IBx yb xdy
spire spire spire
I I
1
b + IBx yb)
= (−IBy x xdy = (IBx yb − IBy xb) (xdy − ydx) = (IBx yb − IBy x
b) S
2
spire spire
I
→
−
I I
b∧B
= IS n on a fait appel à : xdy + ydx = d(xy) = 0 ,
où n
b = zb, (x
b et yb sont dans le plan du dipôle magnétique : voir la gure 9.2). En se rappelant que
−
→
m = IS n
b , on a :
→
− →∧→
−
Γ =−
m B . (9.13)
Malgré une résultante des forces nulle, le champ magnétique exerce un moment qui va avoir tendance
à faire tourner la spire sur elle-même, de telle sorte que son moment magnétique dipolaire
−
→
m s'aligne
→
−
dans la direction de B.
Remarques :
1. L'expression (9.13) ci-dessus n'est valable que dans le cas d'un dipôle.
2. On utilise souvent le terme couple magnétique pour décrire le moment des forces
magnétiques sur un circuit, ceci pour éviter de confondre avec le moment magnétique dipolaire.
3. Les matériaux ferromagnétiques sont ceux pour lesquels on peut assimiler leurs atomes à des
dipôles alignés dans le même sens. Mis en présence d'un champ magnétique externe, ils auront
pique d'ensemble.
de Laplace sur un deuxième circuit, si celui-ci est lui-même parcouru par un courant. Chaque circuit
agit sur l'autre, ce qui signie qu'il y a une énergie d'origine magnétique mise en jeu lors de cette
interaction. D'une façon générale, un circuit parcouru par un courant permanent placé dans un champ
Pour la calculer, il sut d'évaluer le travail de la force de Laplace lors d'un déplacement virtuel de
120
Électromagnétisme 9.3. ÉNERGIE POTENTIELLE D'INTERACTION MAGNÉTIQUE
où dSc n
b est la surface élémentaire décrite lors du déplacement de l'élément de circuit (les trois vecteurs
forment un trièdre direct). On reconnaît alors l'expression du ux magnétique à travers cette surface
−
→
balayée, appelé ux coupé. Pour l'ensemble du circuit, le travail dû à un déplacement élémentaire dr
est I I
dWL = d2 WL = Id2 Φc = IdΦc .
circuit circuit
Théorème de Maxwell :
Le déplacement d'un circuit électrique fermé dans un champ magnétique extérieur
engendre un travail des forces magnétiques égal au produit du courant traversant le circuit
par le ux coupé par celui-ci lors de son déplacement.
Commentaires sur la notion de Flux coupé
Le nom de ux coupé provient de notre représentation du champ magnétique sous forme de lignes
de champ. Lors du déplacement du circuit, celui-ci va en eet passer à travers ces lignes, donc les
couper . La notion de ux coupé est très importante car elle permet parfois de simplier les calculs
considérablement. Par ailleurs, dans le cas d'un champ magnétique constant dans le temps,
nous allons démontrer que le ux coupé par le circuit Φc lors de son déplacement est exactement égal
dSc aaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaPosition final
aaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaa du circuit
aaaaaaaaaaaaaaaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaa
dSf
Position initial
du circuit
dSi
Soit un circuit C orienté, parcouru par un courant I et déplacé dans un champ magnétique extérieur
(voir gure 9.3.1 ci-dessus). Ce circuit dénit à tout instant une surface S s'appuyant sur C . Lors du
déplacement de sa position initiale vers sa position nale, une surface fermée Σ = Si + Sf + Sc est ainsi
décrite, où Sc est la surface balayée lors du déplacement. On choisit d'orienter les normales à chaque
ΦΣ = ΦSi − ΦSf + Φc = 0 ,
121
Électromagnétisme CHAPITRE 9. ACTIONS ET ÉNERGIE MAGNÉTIQUES
c'est-à-dire
Φc = ΦSf − ΦSi .
On a donc bien Φc = ∆Φ et le travail fait par la force de Laplace est :
WL = I∆Φ , (9.14)
magnétique statique. Le circuit est donc soumis à la force de Laplace : cela signie qu'il est susceptible
de se déplacer et donc de développer une vitesse. On pourra calculer cette vitesse en appliquant, par
exemple, le théorème de l'énergie cinétique ∆Ec = WL = I∆Φ . Mais d'où provient cette énergie ?
Si l'on en croit le principe de conservation de l'énergie, cela signie que le circuit possède un réservoir
La valeur de la constante, comme pour toute énergie potentielle d'interaction, est souvent choisie
arbitrairement nulle.
3 3
X ∂Um →
− −
→ X
dUm = dxi = −dWL = − F L · dr = − Fi dxi ,
∂xi
i=1 i=1
où les dxi mesurent les déplacements (translations) dans les trois directions de l'espace par rapport au
centre d'inertie du circuit (là où s'applique la force magnétique). On obtient ainsi l'expression générale
de la force de Laplace agissant sur un circuit parcouru par un courant permanent, c'est-à-dire,
∂Um
Fi = − ,
∂xi
ou sous forme vectorielle,
→
− −−−→ −−−→
F L = −grad Um = I grad Φ . (9.16)
Remarques :
1. La force totale (s'exerçant donc sur le centre d'inertie du circuit) a tendance à pousser le circuit
2. Cette expression est valable uniquement pour des courants permanents. Noter qu'elle s'applique
néanmoins pour des circuits déformés et donc pour lesquels il y aura aussi une modication du
122
Électromagnétisme 9.3. ÉNERGIE POTENTIELLE D'INTERACTION MAGNÉTIQUE
I ei
O
r da
dr
Di
On peut faire le même raisonnement dans le cas d'un mouvement de rotation pure du circuit.
Prenons le cas général de rotations d'angles innitésimaux dαi autour de trois axes ∆i . passant par le
d→
−r dr →
− −
= rb + Ω ∧ →
r ,
dt dt
où le premier terme correspond à une translation pure et le second à une rotation pure, décrite par le
→
− P3
L'expression générale du moment de la force magnétique par rapport à O est Γ = i=1 Γi e
bi . Le
3
!
−→ − → −→
I I
dαi ebi ∧ →
−
X
dWL = dF L · dr = dF L · r
circuit circuit i=1
3 3 3
−→ →
−
I
→
−
X X X
= dαi ebi · r ∧ dF L = dαi ebi · Γ L = dαi Γi
i=1 circuit i=1 i=1
3
X ∂Φ
= IdΦ = I dαi ,
∂αi
i=1
d'où
∂Φ
Γi = I .
∂αi
Autrement dit, le moment de la force magnétique par rapport à un axe ∆i passant par le centre d'inertie
O du circuit, dépend de la variation de ux lors d'une rotation du circuit autour de cet axe.
Exemple : Le dipôle : En supposant que le champ magnétique extérieur est constant à l'échelle
−
→ = IS n →
−
d'un dipôle de moment magnétique dipolaire m b, on obtient un ux Φ = B · Sn
b.
La force magnétique totale s'écrit alors,
→
− −−−→ −−−→ →
−
b·B ,
F L = I gradΦ = grad IS n
123
Électromagnétisme CHAPITRE 9. ACTIONS ET ÉNERGIE MAGNÉTIQUES
c'est-à-dire
→
− −−−→ → →
−
F L = grad −m·B . (9.17)
∂Φ ∂ →
− → − ∂−
b) →
− ∂ (IS n →
m
Γi = I =I B · Sn
b =B· =B· . (9.18)
∂αi ∂αi ∂αi ∂αi
Or le moment magnétique dipolaire varie de la façon suivante lors d'une rotation,
∂−
→ ∂−
→
3 3
m m
d−
→= dαi ebi ∧ −
→= = ebi ∧ −
→,
X X
m m dαi =⇒ m
∂αi ∂αi
i=1 i=1
→
− →∧→
−
→ = eb · −
Γi = B · ebi ∧ −
m i m B ,
Remarquer que ce calcul est bien plus facile que le calcul direct eectué à la section 9.2.4.
tendent à le ramener vers cette position s'il en est écarté. D'après le théorème de Maxwell on a
→
− −
→
dWL = IdΦ = I (Φf − Φi ) = F L · dr .
Si la position est stable, cela signie que l'opérateur doit fournir un travail, autrement dit un déplace-
−
→
ment dr dans le sens contraire de la force (qui sera une force de rappel), donc dW < 0 ou Φf < Φi .
Un circuit tend toujours à se placer dans des conditions d'équilibre stable, où le ux
du champ est maximum.
Cette règle est très utile pour se forger une intuition des actions magnétiques.
s'exerçant entre deux circuits C1 et C2 quelconques, parcourus par des courant permanents I1 et I2 .
La force exercée par C1 sur C2 s'écrit
−−→ −−→
→
− −−→ −→ −−→ µ0 I1 dP1 ∧ u −−→ dP1 ∧ u
I I I I I
b 12 µ0 I1 I2 b 12
F 1→2 = I2 dP2 ∧ B1 = I2 dP2 ∧ 2 = dP 2 ∧ ,
4π (P1 P2 ) 4π (P1 P2 )2
C2 C2 C1 C2 C1
−−−→
où P1 (resp. P2 ) est un point quelconque de C1 (resp. C2 ) et P1 P2 =P1 P2 u
b 12 . La force exercée par C2
sur C1 vaut
−−→ −−→ −
→
− −−→ −→ −−→ µ0 I2 dP2 ∧ u −−→ dP2 ∧ →
I I I I I
b 21 µ0 I1 I2 u 12
F 2→1 = I1 dP1 ∧ B2 = I1 dP1 ∧ 2 =− dP1 ∧ ,
4π (P2 P1 ) 4π (P1 P2 )2
C1 C1 C1 C2 C1
124
Électromagnétisme 9.4. LAPLACE ET LE PRINCIPE D'ACTION ET DE RÉACTION
puisque b 21 = −b
u u12 . Par ailleurs, on a :
Il nous sut donc de calculer le premier terme puisque le second est identique dans les deux expressions
sont eectivement équivalentes si ce qui se trouve dans le crochet (la fonction à intégrer) est symétrique
par rapport aux variables de chacune des deux intégrales. Mais dans celle de gauche, le point P1 reste
d'abord constant lors de l'intégrale portant sur C2 , tandis que dans celle de droite, c'est le point P2
qui est maintenu constant lors de l'intégration sur C1 . Ainsi, on peut écrire
I − −→ −−→
dP1 dP2 · u I −−→
b 12 −−→ dP2 · u b 12
2 = dP1
(P1 P2 ) (P1 P2 )2
C2 C2
I − −→ −−→
dP2 dP1 · u I −−→
b 12 −−→ dP1 · u b 12
2 = dP 2 .
(P1 P2 ) (P1 P2 )2
C1 C2
→
− −−−→ −−→ −−−→ −−→ −−−→ −−−→ −−→ −−→
Posant r = P1 P2 et remarquant que dP2 = dP1 P2 +dP1 = dP1 P2 ( puisque dP1 P2 = d P2 O − P1 O =
−−→ −−→ −−→
dP2 − dP1 et dP1 = 0 pendant l'intégration sur C2 ), on obtient :
I −
−→
I −
→ −
dP2 · u dr · → d r2 u→r2 1
b 12 I I I
r du −1/2
= = = = − d u =0.
(P1 P2 )2 r3 2r3 2 u3/2
C2 C2 C2 C2 C2
puisque l'on fait un tour complet sur C2 et l'on revient donc au point de départ. Le résultat est
−−→ −−→
−−→ I I u · dP2 · dP1
→
− −−→ dP1 ∧ u
I I 12
µ0 I1 I2 b 12 µ0 I1 I2 b
F 1→2 = dP2 ∧ = −
4π (P1 P2 )2 4π (P1 P2 )2
C2 C1 C2 C1
−−→ −−→
µ0 I1 I2
I I ub 12 · dP1 · dP2 →
−
=− 2 = − F 2→1 ,
4π (P1 P2 )
C2 C1
125
Chapitre 10
Induction électromagnétique
tique à partir d'un courant permanent. Ceci fut motivé par l'expérience de Oersted. A la même époque,
le physicien anglais Faraday était préoccupé par la question inverse : puisque ces deux phénomènes
sont liés, comment produire un courant à partir d'un champ magnétique ? Il t un certain nombre
d'expériences qui échouèrent car il essayait de produire un courant permanent. En fait, il s'aperçut
Exemple d'expérience : on enroule sur un même cylindre deux ls électriques. L'un est relié à
une pile et possède un interrupteur, l'autre est seulement relié à un galvanomètre, permettant ainsi de
mesurer tout courant qui serait engendré dans ce second circuit. En eet, Faraday savait que lorsqu'un
courant permanent circule dans le premier circuit, un champ magnétique serait engendré et il s'attendait
donc à voir apparaître un courant dans le deuxième circuit. En fait rien de tel n'était observé : lorsque
l'interrupteur était fermé ou ouvert, rien ne se passait. Par contre, lors de son ouverture ou de sa
fermeture, une déviation fugace de l'aiguille du galvanomètre pouvait être observée (cela n'a pas été
perçu immédiatement). Une telle déviation pouvait également s'observer lorsque, un courant circulant
Autre expérience : prenons un aimant permanent et plaçons le à proximité d'une boucle consti-
tuée d'un l conducteur relié à un galvanomètre. Lorsque l'aimant est immobile, il n'y a pas de courant
mesurable dans le l. Par contre, lorsqu'on déplace l'aimant, on voit apparaître un courant dont le signe
varie selon qu'on approche ou qu'on éloigne l'aimant. De plus, ce courant est d'autant plus important
est également modié, de telle sorte que e = RI reste constant. Tous les faits expérimentaux mis en
cadre de la magnétostatique (étude des phénomènes magnétiques stationnaires). Nous allons l'étudier
126
Électromagnétisme 10.1. LES LOIS DE L'INDUCTION
dans un premier temps dans le contexte d'une approximation dite quasi-stationnaire (voir section
10.3.1). L'importance de l'induction provient du fait qu'il s'agit d'un phénomène magnétique produisant
un eet électrique.
cement de charges dans un matériau conducteur. Ces charges sont mises en mouvement grâce une
diérence de potentiel (ddp) qui est maintenue par une force électromotrice ou fém (elle s'exprime
donc en Volts). Une pile, en convertissant son énergie chimique pendant un instant dt, fournit donc
une puissance P (travail W par unité de temps) modiant l'énergie cinétique des dQ porteurs de charge
et produisant ainsi un courant I.
Soit Pp la puissance communiquée à une particule de charge qp se déplaçant à une vitesse
−
→
v .
p
Sachant que dans un conducteur il y a np porteurs de charge par unité de volume, la puissance totale
→
− −
ZZZ I ZZ I ZZ
P ≡ np Pp dV = d` np Pp dS = dl np F p · →
v p dS
V circuit section circuit section
− →
→ − − →
→ − ZZ
−→ F p · d` F p · d` →− − →
I ZZ I
= →
−
np qp v p · dS = j · dS
qp qp
circuit section circuit section
− →
→ −
F p · d`
I
=I = Ie .
qp
circuit
− →
→ −
F p · d`
I
P
e≡ = , (10.2)
I qp
circuit
→
−
où Fp est la force qui s'exerce sur les charges mobiles qp (c.-à-d. les porteurs du courant). Or la force de
Coulomb est incapable de produire une fém, puisque la circulation du champ électrostatique (donc
le travail) est nulle sur un circuit fermé,
− →
→ −
I
e= E s · d` = V (A) − V (A) = 0 . (10.3)
circuit
Il faut quand même se rappeler que l'induction est toujours associée avec une variation des paramètres
→
−
physique dans le temps,(soit une variation temporelle du champ B, soit le déplacement d'un circuit)
et rien n'empêche que la circulation du champ électrique dans de telles circonstances ne soit pas nulle.
→
−
La force Fp responsable de l'apparition d'une fém sur les porteurs n'est rien d'autre que la force
de Lorentz, c'est-à-dire
→
− → − →
→ −
I
e= E +−
v fil ∧ B · d` ( expression 2 ) , (10.4)
circuit
où v fil est la vitesse du l électrique qui contient les porteurs du courant. N.B. Ce n'était pas nécessaire
→
−
de tenir compte de la vitesse des porteurs du courant par rapport au l électrique dans l'expression 2,
→
−
puisque ce composant de leur vitesse est toujours parallèle à d`.
127
Électromagnétisme CHAPITRE 10. INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
dl dSc
dr
nc
dr = v fil dt
Reprenons maintenant l'expérience qui consiste à déplacer un circuit fermé avec une vitesse
→
−
v
→
− −
→
dans un champ magnétique Bs et un champ électrique Es statiques. Que se passe-t-il pendant un
instant dt ? La force de Lorentz (due à ce mouvement d'ensemble) agissant sur chaque particule q du
→
− →
− →
−
conducteur s'écrit F = q Es + →
−
v fil ∧ B s , fournissant ainsi une f.é.m.,
→
− − →
→ − →
− → −
I I
→
− 1 →
−
e= E s + v fil ∧ B s · d` = − v fil dt ∧ d` · B s
dt
circuit circuit
−→
I
1
=− b · Bs ,
dSc n
dt
circuit
où dSc n
cc est la surface orientée élémentaire, décrite lors du déplacement du circuit. On reconnaît alors
I
1 dΦc dΦ
e=− d2 Φc = − =− ,
dt dt dt
circuit
puisque la variation du ux coupé est égale à celle du ux total à travers le circuit (conservation du ux
→
−
magnétique, cf. théorème de Maxwell). Attention au sens de d` : il doit être cohérent avec dΦc = dΦ.
Nous venons de démontrer la loi de Faraday dans le cas d'un circuit rigide, déplacé dans un champ
fait, la seule chose qui compte, c'est l'existence d'un mouvement d'ensemble du tout ou d'une partie
du circuit (revoir démonstration pour s'en convaincre). Ainsi, l'expression de la fém induite
dΦc
e=− ( expression 3 ) , (10.5)
dt
reste valable pour un circuit déformé et/ou déplacé dans un champ magnétique statique.
Première diculté
Prenons l'expérience de la roue de Barlow. L'appareil consiste en un disque métallique mobile
autour d'un axe xe, plongeant dans un champ magnétique et touchant par son bord extérieur une
cuve de mercure. Un circuit électrique est ainsi établi entre la cuve et l'axe et on ferme ce circuit sur
un galvanomètre permettant de mesurer tout courant. Lorsqu'on fait tourner le disque, un courant
électrique est bien détecté, en cohérence avec la formule de l'expression 2. Cependant, il n'y a pas
de variation du ux total à travers la roue ! Ce résultat expérimental semble donc contradictoire avec
e = − dΦ
dt
c
!
Comment comprendre cela ? Même si, globalement, il n'y a pas de variation du ux total, il n'en
reste pas moins que les charges du disque conducteur se déplacent dans un champ magnétique. On
pourrait donc faire de l'égalité dΦc = dΦ et calculer ainsi une f.é.m. non nulle. Cependant, la cause
128
Électromagnétisme 10.1. LES LOIS DE L'INDUCTION
physique fondamentale de l'induction réside dans l'expression 2. Il faut donc utiliser les
expressions 1 et 3 uniquement comme des moyens parfois habiles de calculer la fém.
Deuxième diculté
Si on se place maintenant dans le référentiel du circuit rigide, on verra un champ magnétique
variable (c'est le cas, par ex, lorsqu'on approche un aimant d'un circuit immobile). Dans ce cas, le ux
coupé est nul et on devrait donc avoir une fém nulle, ce qui n'est pas le cas d'après l'expérience de
Résolution de ce paradoxe
Puisque, dans ce dernier cas, le champ magnétique dépend du temps, il n'y a plus de lien direct
entre le ux coupé et le ux total à travers le circuit. Si on revient à l'expression 2, on voit que dans le
référentiel du circuit la force magnétique est nulle et il ne reste plus que le terme électrique . Or,
lorsque nous avons considéré les changements de repère dans section III.1.3, nous avons vu que le champ
électrique dépend du champ magnétique (de rotation non nul) dans un autre repère. An d'être en
accord avec l'expérience de Faraday, on doit en conclure que la variation d'un champ magnétique doit
→
−
produire un champ électrique de rotationnel non nul Em (dit champ électromoteur) qui va s'ajouter
→
−
au champ électrostatique, E s. Avec cette supposition, on obtient :
dΦ
e=− ( expérience de Faraday)
I dt
→
− →
− − →
→ −
I
= E m · d` = E · d` ( circulation du champ électromoteur) ,
circuit circuit
→
− →
− →
−
où nous avons utilisé E = Es + Em et l'équation 10.3 dans la dernière égalité. En se rappelant de la
→
−
− −
→ → ∂B − → − →
→ −
ZZ ZZ I
dΦ d
= B · dS = · dS = − E · d` .
dt dt ∂t circuit
circuit circuit
Cette équation intégrale décrit ainsi un nouvel eet physique, totalement indépendant de tout ce que
nous avons vu jusqu'à présent : l'induction. Comme, les champs sont présents même en absence d'un
circuit, on en déduit la validité de cette relation pour un contour arbitraire C et elle devient ainsi une
des quatre équations fondamentales du champ électromagnétique :
ZZ →
−
− →
→ − ∂B − →
I
E · d` = − · dS . (10.6)
C ∂t
S
Comme les autres lois fondamentales, on peut exprimer l'éq.(10.6) sous forme diérentielle. Le
− →
→ − −→ →− − →
I ZZ
E · d` = rot E · dS , (10.7)
C
S
pour n'importe quelle champ vectoriel et puisque le contour C est arbitraire, une comparaison entre
→
−
l'éq.(10.7) et l'éq.(10.6), nous dicte l'expression diérentielle du rotationnel de E :
→
−
−→ →− ∂B
rot E = − . (10.8)
∂t
129
Électromagnétisme CHAPITRE 10. INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
Résumé/Bilan
Que se passe-t-il si on déplace un circuit (rigide ou non) dans un champ magnétique
variable ? Quelle expression faut-il utiliser ? En fait, il faut revenir à la force de Lorentz dans le cas
→
− → − →
→ − − →
→ −
I I
− dΦc
e= E + v fil ∧ B · d` = E · d` −
circuit circuit dt
ZZ →
− .
∂B − → dΦc dΦ
=− · dS − =− [V] (10.9)
∂t dt dt
S
Le premier terme décrit la circulation non nulle d'un champ électromoteur, associé à la variation
temporelle du champ magnétique, tandis que le deuxième terme décrit la présence d'un ux coupé dû
Note Bene : La convention est d'appeler e la force électromotrice (f.é.m.) du circuit même si
du circuit. De ce fait e a les unités de Volts même si l'idée de potentiel électrique n'est
plus applicable en présence d'induction. Puisque e est mesuré en Volts on dit parfois diérence de
Quelques subtilités :
1. Puisque les porteurs de courant subissent une f.é.m., on aurait pu se demander pourquoi cette
force n'entraîne pas une force mécanique sur le l. Il faut se rappeler que le l est neutre et qu'il
y a autant de charges immobiles (de charge opposée) qu'il y a de charges porteurs de courant.
Les forces sur ces charges sont égales et opposées aux forces sur les porteurs, et par conséquence,
2. On pouvait également se demander pourquoi nous avons invoqué seulement la vitesse du l,
→
−
v fil ,
→
−
et pas la vitesse moyenne des porteurs de courant, v p , qui est responsable pour le courant (I =
Sqp np →−
v p ). La véritable vitesse moyenne des charges de conduction est ainsi →
−
v =→ −v fil + →
−
v p ).
Les raisons pour cet apparent oubli sont les suivantes :
→
− →
−
(a) La vitesse v p associé avec le courant est dirigé selon la direction d` du l. La force électro-
→
− →
−
motrice, v ∧ B qu'elle génère sera donc perpendiculaire au l. Cette force va rapidement
p
redistribuer les porteurs de courant an d'établir un champ de Hall qui produira une
force qui lui est égale et opposée (voir TD). Donc, la plupart du temps on se soucie gère de
cette force et elle ne contribue pas dans le calcul de la f.é.m. du circuit (parce qu'elle est
→
−
perpendiculaire à d`).
(b) D'autre part, le fait que les charges sont en mouvement avec une vitesse
→
−
vp par rapport au
→
− →
−
l, ils subissent une force mécanique vp ∧B que les charges immobiles ne subissent pas.
Cette force mécanique est précisément la force de Laplace que nous avons déjà étudié dans
le chapitre 9. Nous constatons donc, que la force de Lorentz est à la fois responsable
→
−
de la force de Laplace et au terme →
−
v fil ∧ B dans la force électromotrice.
rien de plus, hormis une intuition des phénomènes physiques. En l'occurrence, la loi de Lenz n'est
130
Électromagnétisme 10.2. INDUCTION MUTUELLE ET AUTO-INDUCTION
Exemple : si on approche un circuit du pôle nord d'un aimant, le ux augmente et donc la fém
induite est négative. Le courant induit sera alors négatif et produira lui-même un champ magnétique
Le signe dans la loi de Faraday (la loi de Lenz) décrit le fait que dans des conditions normales,
3. Le signe du ux est alors déterminé en faisant le produit scalaire du champ magnétique par
cette normale.
5. Enn, le courant est obtenu à partir de la loi d'Ohm (son signe peut aussi être directement
dS1 dS2
I1
C1 I2
C2
→
−
Le premier crée un champ magnétique B1 dont on peut calculer le ux Φ12 à travers le deuxième
circuit,
ZZ I →− −−−→
− −
→ → d`1 ∧ P M − →
ZZ
µ0
Φ12 = B 1 · dS 2 = · dS 2 I1 , (10.10)
4π −−−→ 3
S2 S2 C1 PM
→
− −−→
où P C1 ( l'élément de longueur valant d`1 = dOP ) et M un point
est un point quelconque du circuit
quelconque de la surface délimitée par C2 , à travers laquelle le ux est calculé. De même, on a pour le
où P est cette fois-ci un point du circuit C2 et M un point de la surface délimitée par C1 , à travers
laquelle le ux est calculé. Les termes entre crochets dépendent de la distance entre les deux circuits
131
Électromagnétisme CHAPITRE 10. INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
et de facteurs uniquement géométriques liés à la forme de chaque circuit. Comme, dans le cas général,
Φ12 = M12 I1
Φ21 = M21 I2 .
Le signe des coecients dépend de l'orientation respective des circuits et suit la même logique que
pour le courant induit. D'après les choix pris pour le sens de circulation le long de chaque circuit (voir
gure), les ux sont négatifs pour des courants I1 et I2 positifs. Donc les coecients sont négatifs dans
cet exemple.
Il met en jeu une énergie potentielle d'interaction magnétique entre les deux circuits
Um = −M I1 I2 + Constante .
Il nous faut démontrer que les inductances sont bien les mêmes pour chaque circuit. La raison
profonde réside dans le fait qu'ils sont en interaction, donc possèdent chacun la même énergie potentielle
N.B. Quand nous disons ci-dessus que les deux circuits possède le même potentiel d'interaction, ça
revient à dire que le principe d'action et réaction est satisfait pour les circuits. Nous avons démontré
dans la section 9.4 que ceci est bien vérié pour de circuits avec courants stationnaires.
10.2.2 Auto-induction
Si on considère un circuit isolé, parcouru par un courant I, on s'aperçoit qu'on peut produire le
même raisonnement que ci-dessus. En eet, le courant I engendre un champ magnétique dans tout
Φ = LI , (10.13)
où L est le coecient d'auto-induction ou auto-inductance (ou self ), exprimé en Henry. Il ne dépend que
des propriétés géométriques du circuit et est nécessairement positif (alors que le signe de l'inductance
132
Électromagnétisme 10.3. RÉGIMES VARIABLES
régimes variables. En eet, tous les raisonnements basés sur la notion d'un champ (électrique ou
magnétique) constant au cours du temps peuvent aisément être appliqués à des systèmes physiques
variables (champs dépendant du temps), pourvu que cette variabilité s'eectue sur des échelles de
temps longues par rapport au temps caractéristique d'ajustement du champ. Voici tout de suite un
exemple concret.
dans le tout le circuit. Lorsqu'on ferme un interrupteur, un signal électromagnétique se propage dans
tout le circuit et c'est ainsi que peut s'établir un courant permanent : cela prend un temps de l'ordre
de tension sinusoïdale de période T, alors on pourra malgré tout utiliser les relations déduites de la
magnétostatique si
T `/c . (10.14)
Ainsi, bien que le courant soit variable, la création d'un champ magnétique obéira à la loi de Biot
et Savart tant que le critère ci-dessus reste satisfait. Ce type de régime variable est également appelé
régime quasi-stationnaire.
fém induite apparaissait dès lors que le ux variait. D'après la loi de Faraday et l'expression Φ = LI ,
cette fém vaudra :
dI
e = −L , (10.15)
dt
(L étant constant pour un circuit rigide). En régime variable, si le courant diminue, on verra donc
apparaître une fém positive engendrant un courant induit qui va s'opposer à la décroissance du courant
dans le circuit. La self d'un circuit tend donc à atténuer les variations de courant.
Dans les schémas électriques la self est symbolisée par une bobine. C'est en eet la façon la plus
commode de produire une self : plus le nombre de spires est élevé et plus grande sera l'auto-inductance
L (le cylindre sur lequel on fait l'enroulement est d'ailleurs souvent constitué de fer doux, matériau
ferromagnétique, pour amplier le champ, donc L). Puisque le même ux magnétique traverse les N
spires de la bobine le ux à travers la bobine s'écrit,
− −
→ → − −
→ →
ZZ ZZ
Φbobine ≡ B · dS ' N B · dS ,
bobine spire
Exemple : On peut appliquer cette règle an de trouver l'auto induction d'une bobine circulaire
avec un coeur vide (pas de fer doux) avec N spires circulaires de rayon R, distribués uniformément sur
une longueur ` dans l'approximation d'une bobine inni, c'est-à-dire R `.
133
Électromagnétisme CHAPITRE 10. INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
Bz,ext=0
l
I
R
z
Bz,int=m0nI
→
−
On se rappelle qu'en chapitre 7, que nous avons montré que le champ B est constant (dirigé selon
→
−
l'axe de la bobine) et que B = µ0 nI = (µ0 N I) /`. Le ux magnétique à travers une spire circulaire
s'écrit donc :
− −
→ →
ZZ
Φspire = B · dS = πR2 (µ0 N I) /` .
spire
L de l'éq.(10.13) on obtient :
µ0 πR2 N 2
Lself,vide ' , (10.17)
`
comme coecient d'auto-induction de la bobine. Une considération détaillé des formules magnétosta-
tiques, comme a loi d'Ampère et la loi Biot et Savart, nous dictent que pour une bobine de section
général Sspire , Lself,vide ' µ0 N 2 Sspire /` ( les bobines circulaire sont le plus
son auto-inductance est
commun simplement parce qu'elles maximisent Sspire pour une longueur de l donné).
Si l'on considère maintenant deux bobines couplées C1 et C2 , alors l'expression des ux totaux à
On aura donc en régime variable des fém induites dans chaque circuit :
dI1 dI2
e1 = −L1 −M (10.18a)
dt dt
dI1 dI2
e2 = −M − L2 . (10.18b)
dt dt
Ce couplage entre deux circuits électriquement indépendants peut avoir des conséquences importantes
(parfois désastreuses), comme l'apparition soudaine d'un courant dans un circuit fermé non alimenté.
En eet, supposons que I2 soit nul à un instant et qu'il y ait à ce moment là une variation de courant
I1 . L'induction mutuelle va alors engendrer un courant I2 induit, qui va à son tour modier I1 .
On utiliser le système de deux équations couplées dans l'éq.(10.18) an d'éliminer certains variables.
Par exemple, s'intéresse souvent aux forces électromotrices dans les deux circuits. On peut donc utiliser
dI2 e2 M dI1
=− − . (10.19)
dt L2 L2 dt
dI2
Mettant ceci dans l'éq.(10.18a) , on élimine la variation
dt an d'obtenir une équation reliant e1 , e2 ,
dI1
et
dt :
L1 L2 − M 2
M dI1
e1 = e2 − . (10.20)
L2 L2 dt
134
Électromagnétisme 10.3. RÉGIMES VARIABLES
Dans le cas générale, il nous faudrait d'autres informations reliant dI1 /dt à e1 et e2 an d'établir
complètement la relation entre e1 et e2 , mais cette relation sut pour traiter le cas d'un transformateur
en couplage quasi-parfait comme nous verrons dans la section 10.3.3 ci-dessous.
mutuelle entre deux bobines est quasi-nulle sauf si une bobine est à l'intérieur de l'autre, ou s'il
y a un guide du ux magnétique d'une bobine vers l'autre comme c'est-le cas dans la plupart des
Considérons d'abord le cas simple d'une bobine de longueur `2 avec N2 spires de rayon R2 à
faire un angle θ avec l'axe de la bobine à l'extérieur comme illustré dans la gure 10.1(a) ).
a) l1 b) l1
R1 q R1 R2
z z
R2
l2
l2
le ux magnétique produit par I1 et traversant la bobine 2 comme Φ12 = µ0 n1 N2 πR22 cos θI1 ≡ M12 I1 ,
donc l'inuence mutuelle est :
Le calcul de Φ21 = M21 I1 serait moins évident, mais il n'est pas nécessaire car on sait que les inductions
mutuelles sont égaux, M21 = M12 = M . Il est pratique à dénir un facteur de couplage magnétique,
M
k≡ . (10.22)
(L1 L2 )1/2
Dans le cas d'un transformateur, on cherche à maximiser l'induction mutuelle et on prend géné-
ralement l'axe de bobine 2 comme étant orientée selon le même axe que la bobine 1, donc θ =0 et
1/2
R2 `2
M= µ0 N1 N2 πR22 /`1 ⇒ k= . (10.23)
R1 `1
Dans le calcul de k ci-dessus, nous avons utilisé les formules de bobines innies pour les auto-inductances,
2 2 2 2
c.-à-d. L1 = µ0 N1 πR1 /`1 et L2 = µ0 N2 πR2 /`2 . Puisque `1 > `2 et R1 > R2 , on constate par inspec-
tion de l'expression pour k dans l'éq.(10.23) que k ≤ 1, mais que k → 1 dans la limite où les dimensions
135
Électromagnétisme CHAPITRE 10. INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
Dans cette limite de dimensions égales, l'inductance mutuelle devient M ' µ0 N1 N2 πR2 /` '
N2 N1
N1 L1 ' N2 L2 , ce qui amène à un facteur de couplage quasi-parfait de k ' 1. La condition de facteur de
2
couplage parfait, k ' 1 correspond donc à M = L1 L2 et si l'on injecte cette condition dans l'expression
reliant les forces électromotrices e2 à e1 des deux circuits donné dans l'éq.(10.20) on obtient :
M N1
e1 = e2 = e2 , (10.24)
L2 N2
ce qui nous donne le principe de base des transformateurs où la rapport des forces électromotrices
de deux bobines en couplage quasi-parfait ne dépend que du rapport du nombre de spires dans les
Dans la pratique, les deux bobines sont rarement l'une à l'intérieur de l'autre, mais plutôt chacune
enroulé séparément autour d'un même noyau de fer doux comme illustré dans la gure 10.2.
Ce noyau à un double emploi. D'abord et principalement, il guide le ux magnétique entre les deux
bobines an d'assurer que le même ux magnétique traverse chacun des deux bobines, assurant ainsi un
couplage magnétique optimal de k≈1 entre les deux bobines. Deuxièmement, les moments dipolaires
des atomes de fer doux s'alignent avec le champ magnétique produit par les bobines et renforcent ce
champ magnétique de façon à augmenter l'inductance mutuelle et les auto-inductances des bobines,
tout en gardant un couplage optimal de M 2 ' L1 L2 . Ces commentaires sont déstinés à une simple
ébauche de principe et nous référons le lecteur intéressé à la vaste littérature sur ce sujet d'importance
produit un ux Φ = LI à travers lui-même, ce qui semblerait impliquer une énergie magnétique. . . né-
gative ? Etrange. D'autant plus que nous avions interprété cette énergie comme une énergie potentielle
An de comprendre ce résultat, il faut se rappeler que ce qu'on appelle l'énergie magnétique po-
tentielle n'est pas l'énergie totale du système. L'énergie magnétique potentielle était dérivée sous la
136
Électromagnétisme 10.4. RETOUR SUR L'ÉNERGIE MAGNÉTIQUE
condition qu'un générateur de courant fournissait du travail an de garder le courant constant dans
les circuits. Nous avons déjà rencontré une situation analogue en électrostatique quand il s'agissait de
calculer la force sur les armatures d'un condensateur quand ceux-ci sont tenues à potentiel électrique
Il nous faut de nouveau raisonner par la méthode des travaux virtuels. Tout eet a nécessité un
travail et est donc porteur d'énergie. Un conducteur portant une charge électrique Q (et potentiel V)
possède une énergie électrostatique :
Q2 1 1
Ee = = CV 2 = QV ,
2C 2 2
où C est la capacité du conducteur. Cette énergie est stockée dans (portée par) le champ électrostatique.
Nous avons calculé cette énergie en évaluant le travail fourni pour constituer ce réservoir de charges.
Il nous faut faire un raisonnement similaire pour le cas magnétique ici. S'il existe un courant I,
c'est qu'un générateur a fourni une puissance P (t) = ei(t) pendant un certain temps. Cela signie que
Li2
di d
Pm (t) = −ei(t) = Li = ,
dt dt 2
puisque celui-ci crée un champ magnétique (on néglige ici toute dissipation). Partant d'un courant nul
Z ∆t
1
Em = Pm dt = LI 2 . (10.25)
0 2
Cette énergie est stockée dans le champ magnétique qui est créé par un courant d'amplitude I , circulant
dans un circuit de self L. Le facteur 1/2 provient de l'action du circuit sur lui-même. Si l'on prend en
compte la dissipation (voir plus bas), on obtient que l'énergie nécessaire à la création d'un courant I
→
−
(ou la génération du champ B associé) doit être supérieure.
Prenons maintenant le cas de deux circuits en interaction. Chacun est parcouru par un courant
permanent et engendre ainsi un champ magnétique. L'énergie magnétique totale emmagasinée est alors
Z t Z t
Em = − e1 I1 dt − e2 I2 dt
0 0
Z t Z t
dI1 dI2 dI2 dI1
= L1 I1 + M I1 dt + L2 I2 + M I2 dt
0 dt dt 0 dt dt
1
L1 I12 + L2 I22 + M I1 I2 .
=
2
On voit donc que Em 6= Em,1 + Em,2 : il y a un troisième terme, correspondant à l'interaction entre les
deux circuits.
→
− → − →
−
ZZZ ZZZ
1 0
Ee = D · E dV = εr E 2 dV .
2 2
137
Électromagnétisme CHAPITRE 10. INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
Notre objectif dans cette section est d'obtenir des expressions analogues pour l'énergie magnétique.
1 1
Em = LI 2 = IΦcirc .
2 2
où Φcirc est le ux magnétique à travers le circuit. Il s'avère utile dans ce contexte de faire appel au
→
−
potentiel vecteur A dans l'expression du ux magnétique à travers une surface S s'appuyant sur le
circuit :
− −
→ → −→→− − → − →
→ − →
− −−−→
ZZ ZZ I I
Φcirc ≡ B · dS = rot A · dS = A · d` = A(M ) · dOM ,
S S circ circ
où dans la dernière expression, nous avons choisi de dénoter par M le point d'intégration sur le circuit.
1
Mettant ce résultat dans l'expression Em = 2 IΦ et en utilisant l'expression intégrale de l'éq.(7.18) pour
→
−
le potentiel vecteur A(M ), on obtient :
→
− −−−→
−−−→ 1 µ0 I dOM → −
I ZZZ ZZZ I
1 1 µ0 j (P )
Em = IΦcirc = I dVP · dOM = · j (P )dVP
2 2 4π P M 2 4π P M
circ circ
→
− →
−
ZZZ
1
= A(P ) · j (P )dVP ,
2
→
−
où nous avons aussi fait appel à l'expression de l'éq.(7.19) pour le champ A généré par un circuit
liforme. Ces manipulations nous indiquent donc, que l'énergie magnétique emmagasinée, Em , peut
− →
→ −
ZZZ
1
Em = A · j dV , (10.26)
2
→
− −→ − → →
− − → −
→ −→ → −
ZZZ ZZZ ZZZ
A · rot H dV = A ∧ H dV +
div H · rot A dV
→
− −→ −
→ → −
ZZ ZZZ
= A∧H ·n b dS + H · BdV (10.27)
∞
−
→ → −
ZZZ
= H · BdV .
→
− −
→
où dans la dernière ligne nous avons utilisé le fait que l'intégrale surfacique du terme A∧H ·n
b dS ,
→
− −
→
évaluée à l'inni soit nulle (puisque pour grand r, | A| ∝ 1/r et |H| ∝ 1/r2 ). Finalement, en se
−
→ −
→
B
rappelant que pour un milieu linéaire H = µ0 µr , on obtient une expression locale pour Wm écrite
ZZZ →
−2
−
→ → −
ZZZ
1 1 B
Em = H · BdV = dV . (10.28)
2 2µ0 µr
Un exemple de l'utilité de cette formule se trouve avec l'énergie emmagasinée dans une bobine.
→
−
En prenant les mêmes conditions que pour la bobine évalué dans la section précédente on a B int =
138
Électromagnétisme 10.4. RETOUR SUR L'ÉNERGIE MAGNÉTIQUE
µ0 N I/` à l'intérieur du cylindre de la bobine (de rayon R et de longueur `), et nul partout ailleurs. La
→
− 2 ZZZ
µ20 N 2 I 2 /`2
→
−2 →
ZZZ
1 − B int
πR2 l
Em = B ( r )dV = dV =
2µ0 2µ0 cylindre 2µ0
1 µ0 πR2 N 2 2
= I .
2 `
en accord avec ce que nous avons trouvé dans l'éq.(10.17) ci-dessus en faisant appel à des considérations
de ux magnétique.
où egen (t) A et B , produit en plaçant aux moins une partie de ce circuit dans
est la fém située entre
→
−
un champ magnétique extérieur B ext (t) qui varie dans le temps. Une schématique typique de cette
situation est illustré en g.(10.3). On obtient un circuit fermé complet en mettant les extrémités B et
Figure 10.3 Branche de circuit avec une résistance R en série avec une force électromotrice, egen (t).
A en contact avec VA − VB = 0. De cette manière, on obtient une formule pour le courant I(t) circulant
dans un circuit fermé :
La formule I = egen /R pour un circuit fermé avec une f.é.m. egen (t) dans le circuit n'est qu'une
approximation, car tout circuit fermé possède une auto-inductance propre L, qui est souvent (mais
pas toujours) négligeable par rapport à l'inuence de R. Dans certains circuits courants, une forte
auto-inductance est un eet recherché, et l'on ajoute un solénoïde dans le circuit an d'augmenter
l'inuence de l'énergie magnétique dans le circuit. Dans les deux cas, une description plus précise d'un
dI
UAB ≡ VA − VB = RI + L − egen (t) ,
dt
comme illustré dans la g.(10.4)
139
Électromagnétisme CHAPITRE 10. INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE
En fait, même l'inclusion des eets d'auto-inductance n'est pas toujours susante pour modéliser
un circuit réel, car des eets de capacité y sont également présents. Cependant, comme pour l'auto-
induction, ces eets peuvent être négligés sous certaines conditions. Par ailleurs, il est courant d'ajouter
un condensateur dans un circuit an d'amplier les eets liés à l'énergie électrique. La grande majorité
des circuits passifs peuvent ainsi être modélisés comme des circuits RLC , où une capacité C est ajoutée
dI Q
UAB ≡ VA − VB = RI + L + − egen (t) , (10.29)
dt C
Figure 10.5 Branche de circuit, RLC en série avec une force électromotrice, egen (t).
On obtient donc qu'un circuit fermé complet, en mettant les extrémités B et A en contact (avec
dI Q dΦext dI
VA − VB = 0 = RI + L + + = RI + L − egen (t) ,
dt C dt dt
où egen = − dΦdtext est la force électromotrice associée à un champ magnétique produit à l'extérieur du
circuit (toute autre source de force électromotrice, comme des piles, peut en principe être incluse dans
egen (t) : Cependant, les sources de force électromotrice alternatives sont, dans la majorité des cas, de
type induction).
Ainsi, le courant I(t) dans un circuit fermé RLC , composé d'un générateur délivrant une tension
egen (t) associée à une résistance R, une auto-inductance (également appelée self ) L, et une capacité
C , est décrit par une équation diérentielle 1 :
dI Q
egen (t) = RI + L + , (10.30)
dt C
1. Plus précisément, une équation intégro-diérentielle, car Q(t) = I(t)dt, mais on peut la transformer en une
R
équation entièrement diérentielle en prenant la dérivée de chaque membre par rapport à t, ce qui donne : dedtgen =
+ CI .
2
R dI
dt
+ L dI
dt2
140
Électromagnétisme 10.4. RETOUR SUR L'ÉNERGIE MAGNÉTIQUE
dQ
où I = dt représente le courant circulant dans le circuit et Q la charge sur l'une des armatures du
condensateur. La conguration schématique habituelle de ce circuit, illustrée en g. 10.6, devrait vous
être familière.
Figure 10.6 Circuit complet RLC en série avec générateur de fèm, egen (t).
La puissance fournie par le générateur se transmet au circuit qui l'utilise alors de la façon suivante :
c'est-à-dire :
d
P (t) = PJ + (Em + Ee ) . (10.31)
dt
Une partie de la puissance disponible est donc convertie en chaleur (dissipation par eet Joule, PJ ≡
RI 2 ), tandis que le reste sert à produire des variations de l'énergie électromagnétique totale du circuit.
Dans un circuit libre (où egen = 0), on voit que cette énergie totale diminue au cours du temps,
141
Chapitre 11
Maxwell
Vous avez désormais abordé l'essentiel des mathématiques de base nécessaires à la compréhension de
l'électromagnétisme. Aller plus loin nécessitera non seulement l'utilisation de simulations et le dévelop-
pement d'une intuition physique plus approfondie, mais aussi la maîtrise de techniques mathématiques
plus sophistiquées telles que l'analyse complexe, les transformées de Fourier, les fonctions spéciales, et
bien d'autres.
De plus, vous serez de plus en plus confrontés aux notations anglo-saxonnes utilisées en analyse
vectorielle. Pour commencer à vous familiariser avec ces conventions, nous adopterons dans ce chapitre
une transition vers une notation anglo-saxonne. Nous abandonnerons ainsi l'habitude, utilisée jusqu'ici,
de représenter simultanément les vecteurs avec des èches et une police, gras. À partir de maintenant,
les vecteurs seront indiqués uniquement par une police gras an d'alléger l'apparence des formules.
forme intégrale :
ZZ
dQint
b dS = −
j· n (11.1)
S dt
ce qui signie que la variation temporelle de la charge à l'intérieur d'un volume, dQint /dt est égale à
l'opposé du ux du vecteur densité de courant, j à travers la surface qui délimite ce volume.
On se rappel que la charge totale dans la région V par dénition est l'intégrale volumique de
dQint
la densité de charge, donc la . On donc en conclure que l'expression de comme une intégrale
dt
volumique de ρ (r, t) du second membre l'éq.(11.1) :
ZZZ
dQint ∂ρ (r, t)
= dV . (11.2)
dt V ∂t
ZZ ZZZ
j· n
b dS = ∇·jdV . (11.3)
S V
142
Électromagnétisme 11.2. ÉQUATIONS DE MAXWELL DANS LE VIDE
Comme les expressions intégrales de l'éq.(11.2) et de (11.1) sont égales pour n'importe quel volume V,
on peut en conclure que la conservation de charge s'opère comme une loi locale de conservation :
∂ρ
∇·j (r, t) + =0 . (11.4)
∂t
Les lois de conservation constitue des pilliers des théories physique, et la conservation de charge est une
propriété clé de l'électromagnétisme. Pourtant, la conservation de charge n'était pas cohérente avec les
tiques découverts jusqu'alors pouvait être décrite en forme d'équation diérentielles locales (avec une
méthodologie et notation qui diérent de celui qui nous est familier). Il a postulé que trois lois d'élec-
tromagnétisme connus a son époque pouvaient être généralisé directement à des expression valables a
chaque instant t. Il obtenait donc trois équations électromagnétique valables même quand les champs
ρ (r, t) ρ (r, t)
div E (r, t) = → ∇·E (r, t) = (Maxwell-Gauss)
0 0
div B (r, t) = 0 → ∇·B (r, t) = 0 (Conservation du ux magnétique)
∂B (r, t) ∂B (r, t)
rotE (r, t) = − → ∇×E (r, t) = − (Maxwell-Faraday)
∂t ∂t
Par contre, Maxwell n'était pas satisfait par la généralisation directe de la loi d'Ampère qui se lirait
avec ce même généralisation, ∇×B (r, t) = µ0 j (r, t). De nos jours, on comprend que le point clé est
que la loi d'Ampère n'est pas cohérente avec la conservation de charge (Le raisonnement de Maxwell
Dans la vision moderne, on remarque que si l'on prend la divergence de chaque côté de la loi
d'Ampère, on obtient :
On se rappel que, rotB (r, t) = µ0 j (r, t), a été établie dans le cadre des régimes quasi-statiques (où
E et B sont constants dans le temps). On peut donc ajouter une dérivée temporelle du champ, sous
la forme 0 µ0 ∂E/∂t à la loi d'Ampère sans modier ses prédictions en régime quasi-statique :
∂E
rotB (r, t) = µ0 0 (r, t) + j (r, t) Équation de Maxwell-Ampère
∂t
Puisque le terme 0 ∂E
∂t , a les mêmes dimensions que la densité de courant j, on la appelé souvent un
courant" de déplacement même si ce champ se trouve souvent en dehors du l qui porte le courant de
charges.
On remarque maintenant que si on prend la divergence des deux cotés de l'équation de Maxwell-
Ampère que le résultat est cohérente avec la loi de conservation de charge, de l'éq.(11.5). Maxwell
143
Électromagnétisme CHAPITRE 11. LOIS DE CONSERVATION ET ÉQUATIONS DE MAXWELL
a donc formulé quatre équations diérentielles locales qui gouverne l'évolution spatio-temporelle des
ρ
∇·E = 0 , ∇·B = 0
(11.6)
∇×E = − ∂B
∂t , ∇×B = 0 µ0 ∂E
∂t + µ0 j
densité de charge, ρ et densité de courant, j, mais an d'écrire l'évolution temporal d'un système
complet, il faut compléter ceci par la réponse temporal de ces charges et courants induit par les
champs. Cette de On oublie parfois de mentionner que l'électromagnétisme moderne n'est pas complet
sans l'équation de Lorentz qui gouverne l'interaction des champs avec les particules chargés :
F = q (E + v ∧ B) . (11.7)
été établit en premier instance sous forme intégrale, et il existe bien des situations où la forme intégrale
est plus facile d'application que la forme diérentielle. On donne donc ici les équations de Maxwell
dt ? Selon l'équation de Lorentz force, le travail eectué sur une charge dq est :
Avec dq = ρdV et ρv = j , donc le taux de travail, d3 W , eectué sur les charges ρdV dans un volume,
dV est :
d 3 ∂umech
d W = E · jdV ≡ dV , (11.9)
dt ∂t
où :
∂umech
=E·j , (11.10)
∂t
144
Électromagnétisme 11.4. CONSERVATION D'ÉNERGIE
De toute évidence, E·j représente le travail mécanique eectué par unité de temps et par unité de
volume, c'est-à-dire la puissance fournie par unité de volume. Nous pouvons utiliser la loi d'Ampère-
obtient :
E · (∇×B) 1 ∂B 1
= − B· − ∇· (E×B) . (11.13)
µ0 µ0 ∂t µ0
Insérant cette expression dans l'éq.(11.11), on obtient :
∂umech ∂E 1 ∂B 1
= E · j = −0 E· − B· − ∇· (E × B) . (11.14)
∂t ∂t µ0 ∂t µ0
Comme nous avons argumenté en domaine quasi-statique, on peut dénir une densité d'énergie volu-
1
Π≡ (E × B) , (11.16)
µ0
∂
(umech + uem ) + ∇ · Π = 0 , (11.17)
∂t
En intégrant cette équation sur un volume, V, elle devient :
ZZ
dU
+ Π·dS = 0 , (11.18)
dt S
où le deuxième terme est l'intégrale sur la surface fermée, S dénie par le volume, et V et que nous
Avec la forme intégrale de la loi de conservation d'énergie, de l'éq.(11.18) on identie que le vecteur
de Poynting correspond à un ux de énergie par unité de temps par unité de surface (unité N.m
−1 .s−1 ).
On observe une analogie étroite avec les expressions (11.18) et (11.17) avec celles de (11.1) et (11.3)
la somme du travail eectué sur les charges et de l'énergie stockée par la force électromagnétique dans
une région V correspond à au ux d'énergie (c'est-à-dire le ux de Π ) à travers la surface fermée S
entourant ce volume.
145
Électromagnétisme CHAPITRE 11. LOIS DE CONSERVATION ET ÉQUATIONS DE MAXWELL
Ampère, que les variations temporelles de champ électrique peuvent produire un champ magnétique,
et on savait déjà avec l'équation de Faraday que les variations temporelles de champ magnétique
pouvait créé des champs électriques. Ce n'est qu'un pas de réaliser que tout ceci permet une onde
∇·E = 0 (11.20a)
∇·B = 0 (11.20b)
∂B
∇×E = − (11.20c)
∂t
∂E
∇×B = 0 µ0 (11.20d)
∂t
∂
∇× ∇× E (r, t) = − ∇× B (11.21)
∂t
∂2E
−∆E + ∇ (∇·E) = −0 µ0 (11.22)
∂t2
mais puisqu'on est dans le vide, la première équation nous donne ∇·E = 0, l'équation devient :
1 ∂2E
∆E (r, t) − =0 (11.23)
c2 ∂t2
1
0 µ0 ≡ , (11.24)
c2
où c est la célérité de la lumière. Autrefois, 0 était un paramètre mesuré par l'expérience, et cette
équation permettais de prédire que la célérité des ondes électromagnétique était c ' 3 × 108 m.s−1 . De
nos jours, la célérité de la lumière est acceptée comme une constant fondamentale de la physique et le
def
c = 299792458m.s−1 (11.25)
été établit en premier instance sous forme intégrale, et il existe bien des situations où la forme intégrale
est plus facile d'application que la forme intégrale. On donne donc ici les équations de Maxwell sous
146
11.6. FORME INTÉGRALE DES ÉQUATIONS DE MAXWELL DANS LA MATIÈRE
Électromagnétisme
ZZ
∇·D = ρlibre ⇔ D· dS = Qint,libre Maxwell-Gauss
S
ZZ
∇·B = 0 ⇔ B· dS = 0 Conservation du ux magnétique
S
(11.26)
I ZZ
∂B ∂B
∇×E = − ⇔ E· d` = − · dS Maxwell-Faraday
∂t S ∂t
C
I ZZ
∂D ∂D
∇·H = + j libre ⇔ H· d` = + j libre · dS Maxwell-Ampère
∂t S ∂t
C
147
Chapitre 12
−−−→ →
− ∂ ∂ ∂
gradf = ∇f = x b f +y b f +z b f (12.1)
∂x ∂y ∂z
→
− →
− → − ∂Ax ∂Ay ∂Az
div A = ∇ · A = + + (12.2)
∂x ∂y ∂z
x
b y b z ax bx
→
−
b
→
−
a ∧ b = ax ay az = ay ∧ by
bx by bz az bz
b (ay bz − az by ) + y
=x b (az bx − ax bz ) + z
b (ax by − ay bx ) (12.3)
x y z
−→→− →
− → −
b b b
∂ ∂ ∂
rot A = ∇ ∧ A = ∂x ∂y ∂z
Ax Ay Az
∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax
=xb − +y b − +z
b − (12.4)
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
−−−→ →
− →− 2
∂ f 2
∂ f 2
∂ f
∆f ≡ divgradf = ∇ · ∇f = 2
+ 2 + 2 (12.5)
∂x ∂y ∂z
telles que ux et reux de l'eau. Cela s'explique également par le fait que, en physique, les ux étudiés
sont fréquemment associés à des champs vectoriels représentant des déplacements d'objets ou de uides.
Dans les faits, le ux est une notion mathématique applicable à n'importe quel champ vectoriel et
→
−
ne suppose aucun mouvement a priori. Pour un champ vectoriel A(r) et un élément de surface orienté
−→ →
− →
− →
− −→
dS situé en r, n élément de ux dΦ est déni par : dΦ = A( r ) · dS
Le ux total à travers une surface S est égal à la somme de ces éléments de ux. L'expression
→
− → −→
Z ZZ
ΦS = dΦ = A(−
r ) · dS .
S
Le champ électrique est un champ de vecteur et,en tant que tel, des éléments de ux lui sont associés.
148
Électromagnétisme 12.2. ANALYSE VECTORIELLE
→
− dΦf
div A ≡ lim .
dV→0 dV
→
− ∂Ax ∂Ay ∂Az
div A = + + . (12.6)
∂x ∂y ∂z
Un théorème important pour l'électrostatique est le théorème de de Green-Ostrogradsky qui
→
−
nous apprend que le ux d'un champ A à travers une surface fermée S est égale à l'intégrale du
→
−
divergence du champ A sur le volume, V , délimitée par la surface :
− −
→ → →
−
ZZ ZZZ
A · dS = div AdV . (12.7)
S V
x y z
−→→−
b b b
∂ ∂ ∂
rot A = ∂x ∂y ∂z
Ax Ay Az
∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax
=x
b − +y
b − +z
b − .
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
Un théorème important pour le magnétostatique est le théorèmes de Stokes qui nous apprend
→
− →
−
que la circulation de champ A le long d'un contour fermée C est égale au ux du rotationnel de A à
− →
→ − −→→− − →
I ZZ
A · d` = rot A · dS . (12.8)
C S
→
− ∂ ∂ ∂
∇=→
−
x +→
−
y +→
−
z , (12.9)
∂x ∂y ∂z
donc en coordonnées cartésiennes, ses composantes sont :
∂
→
− ∂x
∂
∇= . (12.10)
∂y
∂
∂z
149
Électromagnétisme CHAPITRE 12. ANNEXE DES MATHÉMATIQUES
Avec cette notation, le gradient d'un champ scalaire V s'écrit (en coordonnées cartésiennes)
−−−→ →
−
gradV ≡ ∇V . (12.11)
→
−
La divergence d'un champ vecteur A s'écrit,
→
− →
− → −
div A ≡ ∇ · A , (12.12)
→
−
et nalement le rotationnel d'un champ vecteur A s'écrit
−→→− →
− → −
rot A ≡ ∇ ∧ A . (12.13)
Notamment,
∂Ay
∂Az
∂ −
∂x Ax ∂y ∂z
−→→− ∂ ∂Ax ∂Az
rot A = ∧ Ay = − . (12.14)
∂y ∂z ∂x
∂ ∂Ay ∂Ax
∂z
Az ∂x − ∂y
−−−→
Attention : Cette notation peut servir comme aide-mémoire aux expressions de div, grad, et
−→
de rot en coordonnées cartésiennes, mais il ne faut pas oublier qu'elle ne marche qu'en coordonnées
dS
S
dS
dS
On a de façon générale :
− −
→ → →
−
ZZ ZZZ
A · dS = div AdV . (12.15)
S V
Avec ce théorème, on peut remonter au théorème intégrale de Gauss, (l'éq.(3.11)) à partir de sa forme
→
− →
− →
− ρ
local : On remplace A par E et on invoque la forme locale du théorème de Gauss, div E = 0 dans le
second membre du théorème. Ensuite, puisque,
ZZZ
ρ dV = Qint
V
150
Électromagnétisme 12.4. THÉORÈME DE STOKES
ce qui donne,
− −
→ → Qint
Z
E · dS = ,
S 0
où l'on retrouve l'expression intégrale du théorème de Gauss.
est très vite compliquée. Nous nous contenterons de le vérier sur un champ radial de composante :
x y z
Ax = Ay = Az = ,
a a a
→
−
et pour un volume délimité par une sphère de rayon R centrée à l'origine. A =→
−
r /a est un vecteur
→
−
radial de norme r. Le ux de A à travers une sphére de rayon R est donc,
− −
→ → R 4πR3
ZZ
A · dS = × 4πR2 = .
S a a
→
−
On obtient directement que div A = 3/a en tout point de l'espace, et l'intégrale de la divergence de
→
−
A sur le volume de la sphére est :
→
− 4πR3
ZZZ
3 4
div AdV = × πR3 = ,
V a 3 a
ce qui est en accord avec le théorème de Green-Ostrogradsky.
12.4.2 Exemple
→
−
E = z 3 , 2x, y 2
Vérier le théorème de Stokes pour et pour un disque dans un plan z = Cte de
Réponse : En général
x y z
−→→−
b b b
∂ ∂ ∂ ∂Ez ∂Ey ∂Ex ∂Ez ∂Ey ∂Ex
rot E = ∂x ∂y ∂z =x
b − +y
b − +z
b − .
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
Ex Ey Ez
Pour ce probléme,
x y z
∂y 2 ∂z 3
−→→−
b b b
∂ ∂ ∂ ∂x
rot E = ∂x ∂y ∂z =x
b +y
b +z
b
∂y ∂z ∂x
z3 2x y2
x + 3z 2 y
= 2yb b + 2b
z.
151
Électromagnétisme CHAPITRE 12. ANNEXE DES MATHÉMATIQUES
−→ −→→−
Dans le plan z = 1, dS = dSb
z = dxdyb
z = dρρdφb
z et x + 3z 2 y
rot E = 2yb b y + 2b
z. On obtient donc :
−→→− − →
ZZ ZZ
rot E · dS = 2 dS = 2πR2 .
disque disque
Pour calculer la circulation sur le périmètre du disque, il est pratique de paramétrer l'intégrale en
termes de l'angle φ :
→
− y x
d` = φRdφ
b = Rdφ − xb+ yb x = R cos φ y = R sin φ ,
R R
→
−
et la circulation de E sur le périmètre du disque s'exprime donc :
2π
− →
→ −
I Z y x
z3x y + y2z
E · d` = b + 2xb b · Rdφ − x b+ y b
0 R R
Z 2π
z3x y + R2 sin2 φb
=R b + 2R cos φb z · (− sin φb
x + cos φb
y ) dφ
0
Z 2π Z 2π
−z 3 sin φ + 2R cos2 φ dφ = 2R2 cos2 φdφ
=R
0 0
2
= 2πR ,
1 + cos (2α)
cos (2α) = cos2 α − sin2 α ⇒ cos2 α = .
2
Donc nous avons montré dans notre exemple que :
− →
→ − −→→− − →
I ZZ
E · d` = rot E · dS = 2πR2 .
cercle disque
Démonstration :
−−−→ ∂ ∂ ∂
gradf = x
b f +y
b f +z
b f
∂x ∂y ∂z
x y z
∂2f ∂2f ∂2f ∂2f ∂2f ∂2f
b b b
−→−−−→ ∂ ∂ ∂
rotgradf = ∂x ∂y ∂z =x
b − +y
b − +z
b −
∂f ∂f ∂f ∂y∂z ∂z∂y ∂z∂x ∂x∂z ∂x∂y ∂y∂x
∂x ∂y ∂z
→
−
= 0
152
Électromagnétisme 12.5. IDENTITÉS D'ANALYSE VECTORIELLE
2. Montrer que
−→→−
div rot A ≡ 0. (12.18)
Démonstration :
−→→
− ∂ ∂Az ∂Ay ∂ ∂Ax ∂Az ∂ ∂Ay ∂Ax
div rot A = − + − + −
∂x ∂y ∂z ∂y ∂z ∂x ∂z ∂x ∂y
2 2
∂ Ay
2 2
∂Ay 2
∂ Az ∂ Ax ∂ Az ∂ Ax
= − + − + −
∂x∂y ∂x∂z ∂y∂z ∂y∂x ∂z∂x ∂z∂y
=0
3. Montrer que
→
− −−−→ →
− →
−
div(f A) = gradf ) · A + f div A . (12.19)
Démonstration :
∂ ∂ ∂
f Ax + f Ay + f Az
∂x ∂y ∂z
∂ ∂ ∂f ∂Ay ∂ ∂
= Ax f +f Ax + Ay +f + Az f +f Az
∂x ∂x ∂y ∂y ∂z ∂z
∂ ∂Ay ∂ ∂ ∂f ∂
=f Ax + + Az + Ax f + Ay + Az f
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
→
− −−−→ →
−
= f div A + (gradf ) · A
4. Montrer que
−→−→ →− −−−→ →
−
rotrot A = graddiv − ∆ A , (12.20)
où ∆ est le Laplacien.
Démonstration :
x y z
−→→−
b b b
∂ ∂ ∂ ∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax
rot A = ∂x ∂y ∂z =x
b − +y
b − +z
b −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
Ax Ay Az
x
b y
b z
b
−→−→→ − ∂ ∂ ∂
rotrot A = ∂x ∂y ∂z
∂Az ∂A ∂Ax ∂Az
∂Ay ∂Ax
− ∂zy
∂y ∂z − ∂x ∂x − ∂y
∂ ∂Ay ∂Ax ∂ ∂Ax ∂Az
=xb − − −
∂y ∂x ∂y ∂z ∂z ∂x
∂ ∂Az ∂Ay ∂ ∂Ay ∂Ax
+yb − − −
∂z ∂y ∂z ∂x ∂x ∂y
∂ ∂Ax ∂Az ∂ ∂Az ∂Ay
+zb − − −
∂x ∂z ∂x ∂y ∂y ∂z
2 2
2 2 2
∂ 2 Az
∂ Ax ∂ Ax ∂ Ay ∂ Ay ∂ Az
= −bx + − y + − z +
∂y 2 ∂z 2 ∂x2 ∂z 2 ∂x2 ∂y 2
b b
∂ ∂Ay ∂Az ∂ ∂Az ∂Ax ∂ ∂Ax ∂Ay
+xb + +yb + +zb +
∂x ∂y ∂z ∂y ∂z ∂x ∂z ∂x ∂y
153
Électromagnétisme CHAPITRE 12. ANNEXE DES MATHÉMATIQUES
2
∂ 2 Ax ∂ 2 Ax ∂ 2 Ax ∂ 2 Ay ∂ 2 Ay
2
∂ 2 Az ∂ 2 Az
∂ Ay ∂ Az
= −bx + + −y + + −z + +
∂x2 ∂y 2 ∂z 2 ∂x2 ∂y 2 ∂z 2 ∂x2 ∂y 2 ∂z 2
b b
∂ ∂Ax ∂Ay ∂Az ∂ ∂Ax ∂Ay ∂Az ∂ ∂Ax ∂Ay ∂Az
+xb + + +yb + + +zb + + ,
∂x ∂x ∂y ∂z ∂y ∂x ∂y ∂z ∂z ∂x ∂y ∂z
ce qui s'écrit : −→−→ → −−−→
− →
−
rotrot A = graddiv − ∆ A .
5. Montrer que
−→ →− −−−→ →
− −→→−
rot f A = gradf ∧ A + f rot A (12.21)
Démonstration :
−→ →− ∂ (f Az ) ∂ (f Ay ) ∂ (f Ax ) ∂ (f Az ) ∂ (f Ay ) ∂ (f Ax )
rot f A = x
b − +y b − +zb −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
∂f ∂f ∂f ∂f ∂f ∂f
=x
b Az − Ay +y b Ax − Az +zb Ay − Ax
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax
+x
bf − +ybf − +zbf −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
x
b y
b z
b
∂f ∂f ∂f −→→−
= ∂x ∂y ∂z + f rot A
Ax Ay Az
−−−→ →− −→→−
= gradf ∧ A + f rot A .
6. Montrer que
→
− → − →− −→→ − → − −→→ −
div A ∧ B = B · rot A − A · rot B (12.22)
Démonstration :
→
− → −
A∧B =x b (Ay Bz − Az By ) + y
b (Az Bx − Ax Bz ) + zb (Ax By − Ay Bx )
→
− → − ∂ ∂ ∂
div A ∧ B = (Ay Bz − Az By ) + (Az Bx − Ax Bz ) + (Ax By − Ay Bx )
∂x ∂y ∂z
∂Ay ∂Bz ∂Az ∂By
= Bz + Ay − By − Az
∂x ∂x ∂x ∂x
∂Az ∂Bx ∂Ax ∂Bz
+ Bx + Az − Bz − Ax
∂y ∂y ∂y ∂y
∂Ax ∂By ∂Ay ∂Bx
+ By + Ax − Bx − Ay
∂z ∂z ∂z
∂z
∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax
= Bx − + By − + Bz −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
∂Bz ∂By ∂Bx ∂Bz ∂By ∂Bx
− Ax − − Ay − − Az −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
→
− −→→ − → − −→→ −
= B · rot A − A · rot B .
règle BAC - CAB (que vous pouvez vérier par un calcul direct). Il s'écrit :
→
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
− →
−
A∧ B∧C =B A·C −C A·B . (12.23)
154
Électromagnétisme 12.7. EXERCICES D'ANALYSE VECTORIELLE
x y z
−→ →
− b b b
−→ r
b r ∂ ∂ ∂
rot 2 = rot 3 = ∂x ∂y ∂z
r r x y z
r3 r3 r3
∂ z ∂ y ∂ x ∂ z ∂ y ∂ x
=x − +y − +z −
∂y r3 ∂z r3 ∂z r3 ∂x r3 ∂x r3 ∂y r3
b b b
3 3 3 →
−
= −bx 5 (zy − yz) − y
b 5 (xz − zx) + z
b 5 (yx − xy) = 0 .
r r r
→
− 2 2
2. Considérer le champ de vecteurs E = (−y, x, 0) / x + y . Calculer son rotationnel et sa
→
−
circulation sur un cercle de rayon R dans le plan xy centré à l'origine. E dérive-t-il d'un
potentiel ?
→
−
Réponse : Le rotationnel de E
x
b y
b z
b
−→→− ∂ ∂ ∂
rot E = ∂x ∂y ∂z
y x
− (x2 +y 2) (x2 +y 2 )
0
∂ x ∂ y
= + z
∂x (x2 + y 2 ) ∂y (x2 + y 2 )
b
2x2 2y 2
2
= − − z
(x2 + y 2 ) (x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
b
→
−
= 0 ,
sauf sur l'axe z (x → y → 0) où il est mal déni. A cause de problème sur l'axe, on a pas le droit
→
− −→→− →
−
d'armer que E dérive d'un potentiel, parce que pour cela il faut démontrer que rot E = 0
partout.
On calcul maintenant sa circulation sur un cercle de rayon R dans le plan xy centré à l'origine.
→
− b = Rdφ − y x
x
d` = Rdφφ b+ yb ,
R R
avec la contrainte
x2 + y 2 = R 2 .
La circulation sur ce cercle est donc :
2π
− →
→ − −yb
I Z
x + xb
y y x
E · d` = · − x + y
b Rdφ
R2
b
0 R R
cercle
Z 2π
1
= 2 (−ybx + xb y ) · (−ybx + xby ) dφ
R 0
Z 2π Z 2π
1
x2 + y 2 dφ =
= 2 dφ
R 0 0
= 2π .
155
Électromagnétisme CHAPITRE 12. ANNEXE DES MATHÉMATIQUES
−→→− − → − →
→ −
ZZ I
rot E · dS = E · d` ,
S cercle
pour n'importe quelle surface S qui s'appuie sur le cercle. On peut en conclure que le rotationnel
→
− →
−
de E n'est pas nul sur l'axe z . et par conséquence le champ E ne dérive pas d'un potentiel.
156