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Complexes 2

Ce document présente une introduction aux nombres complexes, destinée principalement aux étudiants de première année de CPGE. Il définit les nombres complexes sous la forme algébrique a + ib, explique les opérations de base comme l'addition, la multiplication et la division, et souligne l'importance de ces concepts dans d'autres disciplines. Des exemples de calculs et des propriétés des nombres complexes sont également fournis pour illustrer ces notions.

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Complexes 2

Ce document présente une introduction aux nombres complexes, destinée principalement aux étudiants de première année de CPGE. Il définit les nombres complexes sous la forme algébrique a + ib, explique les opérations de base comme l'addition, la multiplication et la division, et souligne l'importance de ces concepts dans d'autres disciplines. Des exemples de calculs et des propriétés des nombres complexes sont également fournis pour illustrer ces notions.

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NOMBRES COMPLEXES 0

Les notes suivantes s’adressent essentiellement aux futurs étudiants de première année de
CPGE n’ayant pas suivi l’enseignement de maths expertes en terminale, mais pourront
être lues avec profit par tous, y compris ceux qui sont déjà familiers des nombres complexes.

Les complexes feront de nouveau l’objet d’un chapitre en première année, mais puisqu’ils
seront dès le début d’année utilisés dans d’autres disciplines (en physique notamment),
mieux vaut avoir dès la rentrée une certaine aisance avec les calculs en complexes.

0.1 L’ENSEMBLE DES NOMBRES COMPLEXES


0.1.1 Définition, calculs sous forme algébrique
1 Ceux que vous manipulez
Les nombres réels1 présentent une certaine disymétrie : les carrés sont toujours des nombres
positifs. depuis toujours.
2 Un nombre dont le carré
En
√ particulier,
√ un réel strictement positif 𝑎 possède toujours deux racines carrées2 , à savoir
𝑎 et − 𝑎, alors qu’un réel strictement négatif ne possède aucune racine carrée. vaut 𝑎.

Pour pallier à ceci, imaginons un nombre, que nous noterons 𝑖, tel que 𝑖 2 = −1.
Un tel nombre est purement imaginaire, et ne peut pas être un nombre réel : inutile de le
chercher sur votre règle, ou de lui donner une signification géométrique quelconque, ce
n’est ni une longueur, ni une aire.
À partir de ce nombre imaginaire 𝑖, il est possible de «créer» d’autres nombres, comme
𝑖 + 𝑖 = 2𝑖, −5𝑖, 2𝑖 ou encore 1 − 2𝑖.

La définition précise de l’ensemble C des nombres complexes est hors-programme en


sup, et nous nous contenterons d’admettre qu’il existe un ensemble noté C, dont tous
les éléments s’écrivent de manière unique sous la forme 𝑎 + 𝑖𝑏, (𝑎, 𝑏) ∈ R2 , sur lequel sont
définies deux opérations + et ×, satisfaisant aux mêmes règles de calcul que dans R et
vérifiant 𝑖 2 = −1.

Ainsi, si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 et 𝑧 ′ = 𝑎 ′ + 𝑖𝑏 ′ sont deux éléments de C, on a


▶ 𝑧 + 𝑧 ′ = (𝑎 + 𝑎 ′ ) + 𝑖 (𝑏 + 𝑏 ′ )
▶ 𝑧 × 𝑧 ′ = (𝑎 + 𝑖𝑏) (𝑎 ′ + 𝑖𝑏 ′ ) = 𝑎𝑎 ′ + 𝑖 (𝑎𝑏 ′ + 𝑎 ′𝑏) + 𝑖 2 𝑏𝑏 ′ = (𝑎𝑎 ′ − 𝑏𝑏 ′ ) + 𝑖 (𝑎𝑏 ′ + 𝑎 ′𝑏).
|{z}
=−1
3 Voir plus loin pour les
Il est également possible de diviser par un nombre complexe3 , avec la même précaution
que dans R : on ne divise pas par 0. détails.
On note C∗ l’ensemble des complexes non nuls.

Exemples 0.1 Premiers calculs

▶ 1 + (−1 − 𝑖) = −𝑖 et 2 + 3(4 + 𝑖) = 2 + 12 + 3𝑖 = 14 + 3𝑖.


1 1 𝑖 𝑖
▶ 2 + (2 + 𝑖) = 2 + × 2 + = 3 + .
2 2 2 2
▶ (1 + 𝑖) × (5 − 𝑖) = 5 − 𝑖 + 5𝑖 − 𝑖 2 = 5 + 4𝑖 − (−1) = 6 + 4𝑖.
▶ (1 + 2𝑖) 2 = (1 + 2𝑖) (1 + 2𝑖) = 1 + 2𝑖 + 2𝑖 + (2𝑖) 2 = 1 + 4𝑖 + 4𝑖 2 = 1 + 4𝑖 − 4 = −3 + 4𝑖.
Notons tout de suite que les identités remarquables usuelles restent valables dans C,
si 𝑧 et 𝑧 ′ sont deux nombres complexes, alors

(𝑧 + 𝑧 ′ ) 2 = 𝑧 2 + 2𝑧𝑧 ′ + 𝑧 ′2, (𝑧 − 𝑧 ′ ) 2 = 𝑧 2 − 2𝑧𝑧 ′ + 𝑧 ′2 et (𝑧 + 𝑧 ′ ) (𝑧 − 𝑧 ′ ) = 𝑧 2 − 𝑧 ′2 .

1
2 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES

Ainsi, le calcul précédent s’écrit plus simplement

(1 + 2𝑖) 2 = 12 + 2 × 1 × (2𝑖) + (2𝑖) 2 = 1 + 4𝑖 − 4 = −3 + 4𝑖.

▶ Les puissances de 𝑖 sont aisées à calculer :

𝑖 2 = −1, 𝑖 3 = (𝑖 2 )×𝑖 = −𝑖, 𝑖 4 = 𝑖 3 ×𝑖 = −𝑖 2 = 1 puis 𝑖 5 = 𝑖 4 ×𝑖 = 1×𝑖 = 𝑖, 𝑖 6 = 𝑖 4 ×𝑖 2 = −1, . . .

▶ 𝑖 × (−𝑖) = −𝑖 2 = 1, si bien qu’en divisant par 𝑖 les deux membres de l’égalité, on


1
obtient = −𝑖.
𝑖

Remarquons tout de suite que 𝑧 + 𝑧 ′ = 𝑧 ′ + 𝑧 et 𝑧𝑧 ′ = 𝑧 ′𝑧 (on dit alors que l’addition et la


multiplication sont commutatives), ce qui découle du fait que la l’addition et la multiplica-
tion de réels sont des opérations commutatives.

L’écriture 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏, avec (𝑎, 𝑏) ∈ R2 est appelée forme algébrique du complexe 𝑧.


L’unicité de l’écriture
( sous forme algébrique signifie que 𝑎 + 𝑖𝑏 = 𝑎 ′ + 𝑖𝑏 ′ si et seulement si

𝑎=𝑎 Autrement dit
on a à la fois .
𝑏 = 𝑏′ Une égalité entre deux com-
plexes signifie qu’on a deux
égalités entre réels.
Définition 0.2 – Si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 ∈ C, avec 𝑎, 𝑏 ∈ R alors on appelle :
▶ partie réelle de 𝑧 le nombre réel 𝑎, que l’on note Re(𝑧)
▶ partie imaginaire de 𝑧 le nombre réel 𝑏, que l’on note Im(𝑧)
On a donc 𝑧 = Re(𝑧) + 𝑖 Im(𝑧).

Un nombre complexe est donc entièrement caractérisé par la donnée de sa partie réelle et
de sa partie imaginaire.
Si Im(𝑧) = 0, alors on confond le complexe 𝑧 et le réel Re(𝑧), de sorte qu’on considère que
R ⊂ C.
Un complexe 𝑧 est donc un réel si et seulement si Im(𝑧) = 0 c’est-à-dire 𝑧 = Re(𝑧). Un
complexe dont la partie réelle est nulle est appelé imaginaire pur.
On note 𝑖R l’ensemble des imaginaires purs, c’est-à-dire l’ensemble des 𝑖𝑏, 𝑏 ∈ R.

Proposition 0.3 : Si 𝑧, 𝑧 ′ sont deux nombres complexes, alors on a A Danger !


La partie réelle (resp. imagi-
Re(𝑧 + 𝑧 ′ ) = Re(𝑧) + Re(𝑧 ′ ) et Im(𝑧 + 𝑧 ′ ) = Im(𝑧) + Im(𝑧 ′ ). naire) d’un produit n’est pas
le produit des parties réelles
(resp. imaginaires).
Démonstration. Si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 et 𝑧 ′ = 𝑎 ′ + 𝑖𝑏 ′ , avec 𝑎, 𝑎 ′, 𝑏, 𝑏 ′ des nombres réels, alors
𝑧 + 𝑧 ′ = 𝑎 + 𝑖𝑏 + 𝑎 ′ + 𝑖𝑏 ′ = 𝑎 + 𝑎 ′ +𝑖 (𝑏 + 𝑏 ′ )
|{z} | {z }
∈R ∈R

et donc par unicité de la partie réelle et de la partie imaginaire,


Re(𝑧 + 𝑧 ′ ) = 𝑎 + 𝑎 ′ = Re(𝑧) + Re(𝑧 ′ ) et Im(𝑧 + 𝑧 ′ ) = 𝑏 + 𝑏 ′ = Im(𝑧) + Im(𝑧 ′ ).

4 C’est-à-dire tel que 𝑎 ≠ 0
Si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏, avec 𝑎, 𝑏 réels, est un nombre complexe non nul4 alors 𝑧 possède un inverse
𝑎 𝑏 ou 𝑏 ≠ 0.
car si on note 𝑧 −1 = 2 −𝑖 2 , alors
𝑎 + 𝑏2 𝑎 + 𝑏2
𝑎2 𝑏2
   
𝑎 𝑏 𝑎𝑏 𝑎𝑏
𝑧𝑧 −1 = (𝑎 + 𝑖𝑏) 2 − 𝑖 = + + 𝑖 − + = 1.
𝑎 + 𝑏2 𝑎2 + 𝑏 2 𝑎2 + 𝑏 2 𝑎2 + 𝑏 2 𝑎2 + 𝑏 2 𝑎2 + 𝑏 2
Autrement dit
Ceci implique notamment que, à l’instar de ce qui se passe dans R, si 𝑧 et 𝑧 ′ sont deux
Un produit de facteurs est
complexes tels que 𝑧𝑧 ′ = 0, alors 𝑧 = 0 ou 𝑧 ′ = 0. nul si et seulement si l’un des
En effet, supposons que 𝑧𝑧 ′ = 0, et que 𝑧 soit non nul. Alors en multipliant 𝑧𝑧 ′ = 0 par 𝑧 −1 , facteurs est nul.
il vient
𝑧 −1𝑧𝑧 ′ = 0 donc 1 · 𝑧 ′ = 0 et ainsi 𝑧 ′ = 0.

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COURS 3

Ceci nous permet également de définir la division de deux complexes en posant, pour
𝑧
𝑧 ′ ≠ 0, ′ = 𝑧 (𝑧 ′ ) −1 .
𝑧
1
On notera en général plutôt que 𝑧 −1 .
𝑧

Exemple 0.4

En utilisant les formules données ci-dessus, on obtient


1 1 1 1
= −𝑖 2 = (1 − 𝑖).
1 + 𝑖 12 + 12 1 + 12 2
Et en effet, on a bien
1−𝑖 1 1 1
(1 + 𝑖) = (1 − 𝑖) (1 + 𝑖) = (1 − 𝑖 2 ) = (1 + 1) = 1.
2 2 2 2
En pratique, il ne sera pas nécessaire de connaître ces formules pour calculer l’inverse
d’un nombre complexe (voir le corollaire 0.13 ci-dessous).
1 𝑧′
Comme pour les nombres réels, on a 𝑧 = , autrement dit, diviser par une fraction, c’est
𝑧′ 𝑧
multiplier par son inverse.

Exemple 0.5

1+𝑖 𝑖 𝑖 −1
= (1 + 𝑖) = .
2
𝑖
2 2

Enfin, les règles de calcul usuelles avec les fractions restent valables pour les quotients de
nombres complexes :
▶ pour multiplier deux fractions, on multiplie numérateur et dénominateur :
" Attention !
𝑧1 𝑧3 𝑧 1𝑧 3 On n’ajoute surtout pas les
× = .
𝑧2 𝑧4 𝑧 2𝑧 4 numérateurs et les dénomina-
teurs : la formule
▶ pour ajouter deux fractions, on commence par une mise au même dénominateur : 𝑎 𝑐
+ =
𝑎 +𝑐
𝑏 𝑑 𝑏 +𝑑
𝑎 𝑐 𝑎𝑑 𝑏𝑐 𝑎𝑑 + 𝑏𝑐 est aussi fausse pour les com-
+ = + = .
𝑏 𝑑 𝑏𝑑 𝑏𝑑 𝑏𝑑 plexes qu’elle l’est pour les
réels.

Exemples 0.6

6 + 3𝑖 6 − 3𝑖 (6 + 3𝑖) (6 − 3𝑖) 36 − 9𝑖 2 45
▶ × = = = .
1+𝑖 𝑖 𝑖 (1 + 𝑖) 𝑖 +𝑖 2 −1 + 𝑖
1 + 2𝑖 3 (1 + 2𝑖) (2 + 𝑖) + 3(4 − 𝑖) 2 + 4𝑖 + 𝑖 + 2𝑖 2 + 12 − 3𝑖 12 + 2𝑖
▶ + = = = .
4−𝑖 2+𝑖 (4 − 𝑖) (2 + 𝑖) 8 + 2𝑖 − 𝑖 2 9 + 2𝑖

"On n’écrira pas d’inégalités entre nombres complexes, il n’y a pas de notion naturelle
de supérieur/inférieur sur les complexes.
Donc les inégalités 2 + 𝑖 ⩽ −3 + 2𝑖 et −3 ⩽ 2 + 𝑖 ne sont ni vraies ni fausses, elles n’ont tout
simplement aucun sens.
On n’utilisera donc des inégalités que pour les nombres réels, comme vous le faisiez jusqu’à
présent.

0.1.2 Représentation géométrique des nombres complexes


Tout comme un point dans le plan, un nombre complexe est caractérisé par la donnée
de deux nombres réels : pour un point il s’agit de l’abscisse et de l’ordonnée, pour un
complexe il s’agit de la partie réelle et de la partie imaginaire.
Ceci permet de faire correspondre à chaque point du plan un unique nombre complexe.

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4 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES

Définition 0.7 – Considérons un repère orthonormé (𝑂, 𝑖®, 𝑗®) du plan. Alors tout
point 𝑀 est caractérisé de manière unique par ses coordonnées (𝑥, 𝑦).
Si 𝑀 a pour coordonnées (𝑥, 𝑦), on dit que le complexe 𝑧 = 𝑥 + 𝑖𝑦 est l’affixe de 𝑀.
On dit également que 𝑀 est l’image du complexe 𝑧 = 𝑥 + 𝑖𝑦.
De même, si → −
𝑢 = 𝑥 𝑖® + 𝑦 𝑗® est un vecteur du plan, on dit que le complexe 𝑧 = 𝑥 + 𝑖𝑦
→−
est l’affixe de 𝑢 .

Les réels sont donc les complexes dont l’image est située sur l’axe des abscisses, et les
imaginaires purs ceux dont l’image est situé sur l’axe des ordonnées.

−2 + 2𝑖

3+𝑖
𝑗® •

−3 = −3 + 0𝑖 𝑖®

𝑂

𝑖
−1 − 2

• −2𝑖

FIGURE 0.1 – L’image de quelques complexes dans le plan.

0.1.3 Conjugué d’un nombre complexe

Définition 0.8 – Si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 est un complexe, avec 𝑎, 𝑏 réels, alors le complexe


5 Ou plus simple conjugué.
𝑧 = 𝑎 − 𝑖𝑏 est appelé nombre conjugué5 de 𝑧.
Autrement dit, 𝑧 = Re(𝑧) − 𝑖 Im(𝑧).

Géométriquement, l’image de 𝑧 est le symétrique du point d’affixe 𝑧 par la symétrie par


rapport à l’axe des abscisses.

𝑧1
•𝑧 4 •

𝑧2


𝑧3 = 𝑧3

𝑧2

• 𝑧4 •
𝑧1

FIGURE 0.2 – Quelques complexes et leurs conjugués (on confond ici un complexe et son
image dans le plan).

Géométriquement
Remarques. ▶ Un complexe 𝑧 est réel si et seulement si 𝑧 = 𝑧.
Un point est invariant par la
▶ De même, 𝑧 ∈ 𝑖R ⇔ 𝑧 = −𝑧. symétrie par rapport à l’axe
▶ Notons tout de suite que pour tout 𝑧 ∈ C, 𝑧 = 𝑧. des abscisses si et seulement si
En effet, si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏, alors 𝑧 = 𝑎 − 𝑖𝑏 et donc 𝑧 = 𝑎 − 𝑖𝑏 = 𝑎 − 𝑖 (−𝑏) = 𝑎 + 𝑖𝑏. il est sur cet axe.

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COURS 5

Proposition 0.9 : Si 𝑧 et 𝑧 ′ sont deux complexes, alors

𝑧 + 𝑧 ′ = 𝑧 + 𝑧 ′ et 𝑧𝑧 ′ = 𝑧𝑧 ′ .

1 1
 ′
𝑧′
 
𝑧
De plus, si 𝑧 ≠ 0, alors = et plus généralement, = .
𝑧 𝑧 𝑧 𝑧

6 Donc avec 𝑎, 𝑏, 𝑎 ′ , 𝑏 ′ des


Démonstration. Notons 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 et 𝑧 ′ = 𝑎 ′ + 𝑖𝑏 ′ sous forme algébrique6 . Alors
réels.
𝑧 + 𝑧 ′ = (𝑎 + 𝑎 ′ ) + 𝑖 (𝑏 + 𝑏 ′ ) = (𝑎 + 𝑎 ′ ) − 𝑖 (𝑏 + 𝑏 ′ ) = (𝑎 − 𝑖𝑏) + (𝑎 ′ − 𝑖𝑏 ′ ) = 𝑧 + 𝑧 ′ .

De même,

𝑧𝑧 ′ = (𝑎 − 𝑖𝑏) (𝑎 ′ − 𝑖𝑏 ′ ) = (𝑎𝑎 ′ − 𝑏𝑏 ′ ) − 𝑖 (𝑎𝑏 ′ + 𝑎 ′𝑏) = (𝑎𝑎 ′ − 𝑏𝑏 ′ ) + 𝑖 (𝑎 ′𝑏 + 𝑎𝑏 ′ ) = 𝑧𝑧 ′ .

Et si 𝑧 ≠ 0, en utilisant le point précédent, on a

1 1
𝑧 = 𝑧 = 1 = 1.
𝑧 𝑧
1 1
 
Et donc = .
𝑧 𝑧
Enfin, en combinant les deux formules précédentes,

𝑧′ 1 1 1 𝑧′
   
= 𝑧′ = 𝑧′ = 𝑧′ = .
𝑧 𝑧 𝑧 𝑧 𝑧

Proposition 0.10 : Si 𝑧 ∈ C, alors 𝑧 + 𝑧 = 2 Re(𝑧) et 𝑧 − 𝑧 = 2𝑖 Im(𝑧).

Démonstration. Si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 est la forme algébrique de 𝑧, 𝑧 = 𝑎 − 𝑖𝑏 de sorte que 𝑧 + 𝑧 =


(𝑎 + 𝑖𝑏) + (𝑎 − 𝑖𝑏) = 2𝑎 = 2 Re(𝑧).
Et 𝑧 − 𝑧 = (𝑎 + 𝑖𝑏) − (𝑎 − 𝑖𝑏) = 2𝑖𝑏 = 2𝑖 Im(𝑧). □

0.1.4 Module d’un nombre complexe

Définition 0.11 – Si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 ∈ C, avec 𝑎, 𝑏 réels, on appelle module de 𝑧 le réel



positif défini par |𝑧| = 𝑎 2 + 𝑏 2 = Re(𝑧) 2 + Im(𝑧) 2 .
√︁

Géométriquement, |𝑧| n’est autre que la longueur du segment joignant l’origine 𝑂 au point
d’affixe 𝑧.

𝑧

|𝑧 |
Im(𝑧)

Re(𝑧)

FIGURE 0.3 – Le module d’un complexe. Merci Pythagore ! Remarque


Ceci justifie qu’on utilise
la même notation pour le

En particulier, si 𝑧 est un réel, alors |𝑧| = Re(𝑧) 2 = 𝑧 2 est égal à la valeur absolue de 𝑧. module et la valeur absolue,
√︁
puisque dans le cas d’un réel,
ces deux notations désignent
la même quantité.
Proposition 0.12 : Si 𝑧 ∈ C, alors 𝑧𝑧 = |𝑧| 2 .

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6 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES

Démonstration. C’est un simple calcul, si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏, alors,

𝑧𝑧 = (𝑎 + 𝑖𝑏) (𝑎 − 𝑖𝑏) = 𝑎 2 − 𝑖 2 𝑏 2 = 𝑎 2 + 𝑏 2 = |𝑧| 2 .


|{z}
=−1

1 𝑧
Corollaire 0.13 – Si 𝑧 ∈ C∗ , alors = 2.
𝑧 |𝑧|
1 1 𝑎 − 𝑖𝑏
Cette formule s’écrit encore, si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏, sous la forme = = .
𝑧 𝑎 + 𝑖𝑏 𝑎 2 + 𝑏 2

Exemples 0.14

1 1 −𝑖 −𝑖
▶ = = = −𝑖.
𝑖 𝑖 −𝑖 −𝑖 2
1 3 + 2𝑖 3 + 2𝑖 3 + 2𝑖 1
▶ = = = = (3 + 2𝑖).
3 − 2𝑖 (3 − 2𝑖) (3 + 2𝑖) 9 − (2𝑖) 2 9+4 13
▶ La forme algébrique du quotient de deux nombres complexes peut toujours se cal-
culer en multipliant numérateur et dénominateur par le conjugué du dénominateur.
Ainsi, on a
2−𝑖 (2 − 𝑖) (1 + 𝑖) 2 − 𝑖 + 2𝑖 − 𝑖 2 3 + 𝑖
= = = .
1−𝑖 (1 − 𝑖) (1 + 𝑖) 12 − 𝑖 2 2
Et de même,
 
1
(5 − 4𝑖) − 2𝑖 5 2 − 11
5 − 4𝑖 2 2 − 10𝑖 − 2𝑖 + 8𝑖 2 − 12𝑖
1
= = 1
= 17
2
2 + 2𝑖 4 − 4𝑖
   
1 1
2 + 2𝑖 2 − 2𝑖 4

11 4 −22 − 48𝑖
 
= − − 12𝑖 = .
2 17 17

Proposition 0.15 (Propriétés du module) :


1. Pour tout 𝑧 ∈ C, | Re(𝑧)| ⩽ |𝑧| et | Im(𝑧)| ⩽ |𝑧|
2. Si 𝑧 ∈ C, alors |𝑧| = |𝑧|. De plus, on a 𝑧 = 0 si et seulement si |𝑧| = 0.
𝑧 |𝑧|
3. Si 𝑧, 𝑧 ′ sont deux complexes, alors |𝑧𝑧 ′ | = |𝑧| · |𝑧 ′ | et si 𝑧 ′ ≠ 0, ′ = ′ .
𝑧 |𝑧 |
1 1
En particulier, | − 𝑧| = |𝑧| et = .
𝑧 |𝑧|

Démonstration. 1. Soit 𝑧 ∈ C, 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏, avec (𝑎, 𝑏) ∈ R2 .


Cas d’égalité
Alors | Re(𝑧)| 2 = |𝑎| 2 = 𝑎 2 ⩽ 𝑎 2 + 𝑏 2 ⩽ |𝑧| 2 .
On a alors | Re(𝑧 ) | = |𝑧 | si et
Et donc par croissance de la racine carrée, | Re(𝑧)| ⩽ |𝑧|. seulement si 𝑏 = 0, soit si et

De même, | Im(𝑧)| = |𝑏 | ⩽ 𝑎 2 + 𝑏 2 ⩽ |𝑧|. seulement si 𝑧 ∈ R.

2. Si 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏, alors 𝑧 = 𝑎 − 𝑖𝑏, de sorte que |𝑧| = 𝑎 2 + (−𝑏) 2 = 𝑎 2 + 𝑏 2 = |𝑧|.
√︁

De plus, on a |𝑧| = 0 ⇔ 𝑎 2 + 𝑏 2 = 0 ⇔ 𝑎 2 + 𝑏 2 = 0.
Or, une somme de nombres positifs est nulle si et seulement si tous ces nombres sont
nuls, donc
Géométriquement
𝑎2 = 0
( (
2 2 𝑎=0
|𝑧| = 0 ⇔ 𝑎 + 𝑏 = 0 ⇔ 2 ⇔ ⇔ 𝑧 = 0. Le seul point à distance nulle
𝑏 =0 𝑏=0 de l’origine est l’origine.

3. On a
|𝑧𝑧 ′ | 2 = 𝑧𝑧 ′𝑧𝑧 ′ = 𝑧𝑧 ′𝑧𝑧 ′ = 𝑧𝑧𝑧 ′𝑧 ′ = |𝑧| 2 |𝑧 ′ | 2 .

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COURS 7

Mais des modules sont toujours positifs, donc en passant à la racine,

|𝑧𝑧 ′ | = |𝑧| · |𝑧 ′ |.

1 1
En particulier, pour 𝑧 ≠ 0, il vient |𝑧| = 𝑧 = |1| = 1.
𝑧 𝑧
1 1
Et donc = .
|𝑧| 𝑧
On en déduit que si 𝑧 ′ ≠ 0,

𝑧 1 1 1 |𝑧|

= 𝑧 ′ = ′ |𝑧| = ′ |𝑧| = ′ .
𝑧 𝑧 𝑧 |𝑧 | |𝑧 |

En revanche, les choses se passent moins bien pour la somme, et le module d’une somme

n’est que rarement la somme des modules. Par exemple, |1 + 𝑖 | = 2| ≠ |1| + |𝑖 |.
Plus précisément, on dispose de l’inégalité suivante.

Théorème 0.16 (Inégalité triangulaire) : Si 𝑧 1, 𝑧 2 sont deux nombres complexes, Cas d’égalité
alors
Le cas d’égalité signifie que
|𝑧 1 + 𝑧 2 | ⩽ |𝑧 1 | + |𝑧 2 |. les vecteurs d’affixes 𝑧 1 et 𝑧 2
sont colinéaires et de même
Cette inégalité est une égalité si et seulement si 𝑧 1 = 0 ou s’il existe 𝜆 ∈ R+ tel que
sens.
𝑧 2 = 𝜆𝑧 1 .

• 𝑧1 + 𝑧2
|𝑧 2 |

𝑧1

|𝑧 1 + 𝑧 2 |

|𝑧 1 | • 𝑧2

FIGURE 0.4 – L’inégalité triangulaire : dans un triangle, la longueur d’un côté est plus
petite que la somme des longueurs des deux autres côtés.

Démonstration. On a

|𝑧 1 + 𝑧 2 | 2 = (𝑧 1 + 𝑧 2 ) (𝑧 1 + 𝑧 2 ) = (𝑧 1 + 𝑧 2 ) (𝑧 1 + 𝑧 2 )
= |𝑧 1 | 2 + 𝑧 1𝑧 2 + 𝑧 1𝑧 2 + | 2 | 2
= |𝑧 1 | 2 + 𝑧 1𝑧 2 + 𝑧 1𝑧 2 + |𝑧 2 | 2
= |𝑧 1 | 2 + 2 Re (𝑧 1𝑧 2 ) + |𝑧 2 | 2
⩽ |𝑧 1 | 2 + 2 |Re (𝑧 1𝑧 2 )| + |𝑧 2 | 2
⩽ |𝑧 1 | 2 + 2 |𝑧 1𝑧 2 | + |𝑧 2 | 2
⩽ |𝑧 1 | 2 + 2|𝑧 1 ||𝑧 2 | + |𝑧 2 | 2
⩽ (|𝑧 1 | + |𝑧 2 |) 2 .

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8 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES

Donc |𝑧 1 + 𝑧 2 | ⩽ |𝑧 1 | + |𝑧 2 |.
De plus il y a égalité si et seulement si chacune des inégalités ci-dessus est une égalité, soit
si et seulement si |Re (𝑧 1𝑧 2 )| = Re (𝑧 1𝑧 2 ) et |Re (𝑧 1𝑧 2 )| = |𝑧 1𝑧 2 |.
La première condition équivaut au fait que Re (𝑧 1𝑧 2 ) soit positif, et la seconde au fait que
𝑧 1𝑧 2 soit réel.
Donc au final, il y a égalité si et seulement si 𝑧 1𝑧 2 ∈ R+ .
Si 𝑧 1 = 0, alors il y a égalité.
Si 𝑧 1 ≠ 0, si il y a égalité dans l’inégalité triangulaire, alors il existe 𝜆 ∈ R+ tel que 𝑧 1𝑧 2 = 𝜆
1 𝜆
et donc 𝑧 2 = 𝜆 = 𝑧1 .
𝑧1 |𝑧 1 | 2
|{z}
⩾0
Et inversement, si 𝑧 2 = 𝜆𝑧 1 avec 𝜆 ∈ R+ , alors 𝑧 1 + 𝑧 2 = (1 + 𝜆)𝑧 1 et donc
|𝑧 1 + 𝑧 2 | = (1 + 𝜆)|𝑧 1 | = |𝑧 1 | + 𝜆|𝑧 1 | = |𝑧 1 | + |𝑧 2 |, donc l’inégalité triangulaire est une égalité.
Au final, il y a bien égalité si et seulement si 𝑧 1 = 0 ou s’il existe 𝜆 ∈ R+ tel que 𝑧 2 = 𝜆𝑧 1 .

Terminologie
Corollaire 0.17 – Quels que soient les complexes 𝑧 et 𝑧′, on a |𝑧| − |𝑧 ′ | ⩽ |𝑧 + 𝑧 ′ |. Cette inégalité s’appelle l’in-
égalité triangulaire renversée.

Démonstration. La preuve est la même que dans le cas réel. □

Notons qu’en utilisant à la fois l’inégalité triangulaire et l’inégalité triangulaire renversée,


et en changeant 𝑧 ′ en son opposé, on arrive à

|𝑧| − |𝑧 ′ | ⩽ |𝑧 ± 𝑧 ′ | ⩽ |𝑧| + |𝑧 ′ |.

Le corollaire suivant est une généralisation de l’inégalité triangulaire à une somme de 𝑛


nombres complexes. Sa preuve peut ∑︁ être omise en première lecture, notamment si vous
n’êtes pas à l’aise avec le symbole .

𝑛
∑︁ 𝑛
∑︁
Corollaire 0.18 – Si 𝑧 1, . . . , 𝑧𝑛 sont des complexes, alors 𝑧𝑖 ⩽ |𝑧𝑖 |.
𝑖=1 𝑖=1

Démonstration. La preuve se fait par récurrence sur 𝑛 ∈ N∗ , comme pour le cas réel. Si
𝑛 = 1 c’est évident, et si 𝑛 = 2, c’est le théorème précédent.
𝑛
∑︁ 𝑛
∑︁
Supposons donc que pour tous complexes 𝑧 1, . . . , 𝑧𝑛 , 𝑧𝑖 ⩽ |𝑧𝑖 | et soient 𝑧 1, . . . , 𝑧𝑛+1
𝑖=1 𝑖=1
𝑛 + 1 nombres complexes. Alors

𝑛+1
∑︁ 𝑛
∑︁
𝑧𝑖 = 𝑧𝑖 + 𝑧𝑛+1
𝑖=1 𝑖=1
𝑛
C’est le théorème précédent.
∑︁
⩽ 𝑧𝑖 + |𝑧𝑛+1 |
𝑖=1
𝑛
Hypothèse de récurrence.
∑︁
⩽ |𝑧𝑖 | + |𝑧𝑛+1 |
𝑖=1
𝑛+1
∑︁
⩽ |𝑧𝑖 |.
𝑖=1

Donc par le principe de récurrence, pour tout 𝑛 ∈ N∗ et pour tous complexes 𝑧 1, . . . , 𝑧𝑛 ,


𝑛
∑︁ 𝑛
∑︁
𝑧𝑖 ⩽ |𝑧𝑖 |. □
𝑖=1 𝑖=1

Donnons enfin une interprétation géométrique du module de |𝑧 1 − 𝑧 2 | où 𝑧 1 et 𝑧 2 sont


deux complexes.

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COURS 9

Notons 𝑧 1 = 𝑥 1 +𝑖𝑦1 et 𝑧 2 = 𝑥 2 +𝑖𝑦2 les formes algébriques de 𝑧 1 et 𝑧 2 , donc avec 𝑥 1, 𝑥 2, 𝑦1, 𝑦2


réels.
Soient alors 𝐴1 (𝑥 1, 𝑦1 ) et 𝐴2 (𝑥 2, 𝑦2 ) les points d’affixes respectives 𝑧 1 et 𝑧 1 .
La distance entre 𝐴1 et 𝐴2 est donc 𝐴1𝐴2 = (𝑥 1 − 𝑥 2 ) 2 + (𝑦1 − 𝑦2 ) 2 .
√︁

Or, on a également
√︃
|𝑧 1 − 𝑧 2 | = |(𝑥 1 − 𝑥 2 ) + 𝑖 (𝑦1 − 𝑦2 )| = (𝑥 1 − 𝑥 2 ) 2 + (𝑦1 − 𝑦2 ) 2 .

Donc |𝑧 1 − 𝑧 2 | est la distance entre les points d’affixes 𝑧 1 et 𝑧 2 .

0.2 FORME EXPONENTIELLE D’UN NOMBRE COMPLEXE


Souvenons-nous qu’il est possible d’identifier les nombres complexes aux points du plan.
Le plus simple pour caractériser un point du plan est de se donner son abscisse et son
ordonnée, ce qui en termes de nombres complexes, correspond à la partie réelle et la partie
imaginaire. C’est ce que nous avons appelé la forme algébrique d’un complexe. Elle est
particulièrement adaptée aux calculs de sommes, mais les calculs de produits ou de quotients
sont plus désagréables.

Mais il existe un autre moyen de repérer un point 𝑀 du plan : il suffit de se donner sa


−−→
distance à l’origine, ainsi que l’angle (𝑖®, 𝑂𝑀).
En effet, si 𝑂𝑀 = 𝑟 , alors 𝑀 est sur le cercle C𝑟 de centre 𝑂 et de rayon 𝑟 , et si on note
−−→ −−→
𝜃 = (𝑖®, 𝑂𝑀), alors 𝑀 est le seul point de C𝑟 pour lequel (𝑖®, 𝑂𝑀) = 𝜃 .

𝑀

𝑟 𝑗®
𝜃

𝑂 𝑖®

FIGURE 0.5 – Un point du plan est repéré par un rayon et un angle.

Puisque dans cette partie nous allons être amenés à manipuler des angles, profitons-en
pour introduire une notation que vous avez peut-être déjà manipulée au lycée.
Vous savez qu’un angle est bien défini «à 2𝜋 près», au sens où 𝜃, 𝜃 + 2𝜋 et 𝜃 − 4𝜋 définissent
les mêmes angles.
Si 𝜃 1 et 𝜃 2 sont deux réels, on notera alors 𝜃 1 ≡ 𝜃 2 [2𝜋] s’il existe un entier relatif 𝑘 ∈ Z tel Terminologie
que 𝜃 1 = 𝜃 2 + 2𝑘𝜋. Autrement dit, si 𝜃 1 et 𝜃 2 définissent les mêmes angles. On dit que 𝑧 1 et 𝑧 2 sont
congrus modulo 2𝜋 .
𝜋 5𝜋 2𝜋 10𝜋
Par exemple, ≡ [2𝜋] et − ≡ [2𝜋].
2 2 3 3
0.2.1 L’ensemble des nombres complexes de module 1

Définition 0.19 – On note U l’ensemble des nombres complexes de module 1 : Autrement dit
U est l’ensemble des affixes
U = {𝑧 ∈ C, |𝑧| = 1} . des points du cercle trigono-
métrique.
𝑧
Remarque. Si 𝑧 est un complexe non nul, alors ∈ U.
|𝑧|
𝑧 1
En effet, = |𝑧| = 1.
|𝑧| |𝑧|

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10 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES

Exemples 0.20

▶ 1, 𝑖, −𝑖 et −1 sont dans U.
√ 1
Puisque |1 + 𝑖 | = 2, 1 + 𝑖 ∉ U mais √ (1 + 𝑖) ∈ U.
2
𝑧+1
▶ Soit 𝑧 ∈ C \ {1}. Alors ∈ 𝑖R si et seulement si 𝑧 ∈ U.
𝑧−1
𝑧 + 1 (𝑧 + 1) (𝑧 − 1) |𝑧| 2 − 𝑧 + 𝑧 − 1 |𝑧| 2 − 1 2 Im(𝑧)
En effet, on a = = = −𝑖 .
𝑧−1 |𝑧 − 1| 2 |𝑧 − 1| 2 |𝑧 − 1| 2 |𝑧 − 1| 2
Et donc ce nombre est imaginaire pur si et seulement si |𝑧| 2 − 1 = 0, soit si et
seulement si |𝑧| = 1 c’est-à-dire lorsque 𝑧 ∈ U.

1
Proposition 0.21 : 1 ∈ U et pour tous 𝑧 1, 𝑧 2 ∈ U, 𝑧 1𝑧 2 ∈ U et ∈ U.
𝑧1

Démonstration. Cela découle directement des propriétés du module. □

En particulier
1 L’inverse de 𝑖 est son conju-
Proposition 0.22 : Si 𝑧 ∈ C est non nul, alors 𝑧 ∈ U si et seulement si = 𝑧.
𝑧 gué :−𝑖.

1 𝑧 1
Démonstration. Nous savons que = 2 et donc = 𝑧 ⇔ |𝑧| 2 = 1 ⇔ 𝑧 ∈ U. □
𝑧 |𝑧| 𝑧

0.2.2 Notation 𝑒 𝑖𝜃
Terminologie
Proposition 0.23 : Soit 𝑧 ∈ U. Alors il existe 𝜃 ∈ R tel que 𝑧 = cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 . Il existe une infinité de tels
Un tel réel 𝜃 est appelé un argument de 𝑧. réels 𝜃 , donc on veillera bien
à dire un argument, et pas
l’argument.

Démonstration. Soit 𝑧 = 𝑎 + 𝑖𝑏 un élément de U. Alors |𝑧| 2 = 1 ⇔ 𝑎 2 + 𝑏 2 = 1.


Autrement dit, (𝑎, 𝑏) appartient au cercle trigonométrique C.
Mais alors il existe 𝜃 ∈ R, unique modulo 2𝜋, tel que (𝑎, 𝑏) = (cos 𝜃, sin 𝜃 ).
Et donc 𝑧 = cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 . □

Définition 0.24 – Pour 𝜃 ∈ R, on note 𝑒 𝑖𝜃 le nombre complexe défini par

𝑒 𝑖𝜃 = cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 .

Remarques. ▶ Notons qu’en particulier, 𝑒 𝑖0 = 1. Et plus généralement, pour tout 𝑘 ∈ Z,


𝑒 2𝑖𝑘𝜋 = 1.
𝜋
On a également 𝑖 = 𝑒 𝑖 2 et −1 = 𝑒 𝑖𝜋 .
Cette dernière formule s’écrit
 encore 𝑒 + 1 = 0.
𝑖𝜋

▶ Avec cette notation, U = 𝑒 𝑖𝜃 , 𝜃 ∈ R .


Graphiquement,
 −−−→ le point 𝑀𝜃 d’affixe 𝑒 𝑖𝜃 est le point du cercle trigonométrique tel que
𝑖®, 𝑂𝑀𝜃 = 𝜃 .

"Pour l’instant il ne s’agit que d’une notation, et a priori, rien ne justifie qu’il existe
un quelconque rapport avec la fonction exponentielle que nous utilisons en analyse.
Il y a bien un lien entre les deux, mais il ne sera clarifié qu’en seconde année de prépa.
En particulier, vous noterez bien que je n’ai à aucun moment défini ce que serait le
logarithme d’un nombre complexe,
Pour l’instant, contentons-nous de constater que 𝑒 𝑖𝜃 partage bien des propriétés avec
l’exponentielle réelle dont nous avons l’habitude :

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COURS 11

𝜋
𝑒𝑖 2 = 𝑖

11𝑖𝜋 𝜋
𝑒 13 𝑒𝑖 6
• •

• •
𝑒 𝑖𝜋 = −1 𝑒 𝑖0 = 1

𝜋

𝑒 −3𝑖 4
• 𝜋
𝑒 −𝑖 2 = −𝑖

Proposition 0.25 : Soient 𝜃, 𝜃 1, 𝜃 2 des réels. Alors


1. 𝑒 𝑖𝜃 = 1. Et donc, 𝑒 𝑖𝜃 ∈ U
2. ∀𝑘 ∈ Z, 𝑒 𝑖 (𝜃 +2𝑘𝜋 ) = 𝑒 𝑖𝜃
3. 𝑒 𝑖𝜃 1 = 𝑒 𝑖𝜃 2 si et seulement si 𝜃 1 ≡ 𝜃 2 [2𝜋]
4. 𝑒 𝑖𝜃 1 𝑒 𝑖𝜃 2 = 𝑒 𝑖 (𝜃 1 +𝜃 2 )
1 7 𝑒 𝑖𝜃 ∈ U, donc son inverse
5. 𝑖𝜃 = 𝑒 −𝑖𝜃 , donc7 𝑒 𝑖𝜃 = 𝑒 −𝑖𝜃 .
𝑒 est égal à son conjugué.
𝑒 𝑖𝜃 1
6. 𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖 (𝜃 1 −𝜃 2 ) .
𝑒 2

Démonstration. 1. On a √︁ √
𝑒 𝑖𝜃 = cos2 𝜃 + sin2 𝜃 = 1 = 1.

2. Pour 𝑘 ∈ Z, on a, par 2𝜋-périodicité des fonctions cos et sin

𝑒 𝑖 (𝜃 +2𝑘𝜋 ) = cos(𝜃 + 2𝑘𝜋) + 𝑖 sin(𝜃 + 2𝑘𝜋) = cos(𝜃 ) + 𝑖 sin(𝜃 ) = 𝑒 𝑖𝜃 .

3. Nous savons qu’à tout point du cercle trigonométrique correspond un unique


𝜃 ∈] − 𝜋, 𝜋]. Autrement dit, pour 𝜃 1, 𝜃 2 ∈] − 𝜋, 𝜋], on a 𝑒 𝑖𝜃 1 = 𝑒 𝑖𝜃 2 si et seulement si
𝜃1 = 𝜃2.
Mais il existe un (unique) entier 𝑘 1 tel que 𝜃 1 + 2𝑘 1 𝜋 ∈] − 𝜋, 𝜋] et de même il existe
un unique entier 𝑘 2 tel que 𝜃 2 + 2𝑘 2 𝜋 ∈] − 𝜋, 𝜋].
Si 𝑒 𝑖𝜃 1 = 𝑒 𝑖𝜃 2 , alors 𝑒 𝑖𝜃 1 = 𝑒 𝑖 (𝜃 1 +2𝑘1 𝜋 ) = 𝑒 𝑖 (𝜃 2 +2𝑘2 𝜋 ) de sorte que
𝜃 1 + 2𝑘 1 𝜋 = 𝜃 2 + 2𝑘 2 𝜋 et donc 𝜃 1 ≡ 𝜃 2 [2𝜋].
La réciproque est évidente d’après le point précédent.
4. Il s’agit d’utiliser les formules de trigonométrie :

𝑒 𝑖𝜃 1 𝑒 𝑖𝜃 2 = (cos 𝜃 1 + 𝑖 sin 𝜃 1 ) (cos 𝜃 2 + 𝑖 sin 𝜃 2 ) Astuce


Si on utilise ici les formules
= (cos 𝜃 1 cos 𝜃 2 − sin 𝜃 1 sin 𝜃 2 ) + 𝑖 (sin 𝜃 1 cos 𝜃 2 + cos 𝜃 1 sin 𝜃 2 )
d’addition pour prouver le
= cos(𝜃 1 + 𝜃 2 ) + 𝑖 sin(𝜃 1 + 𝜃 2 ) = 𝑒 𝑖 (𝜃 1 +𝜃 2 ) . résultat, c’est un bon moyen
de les retrouver si on les
oublie : cos(𝜃 1 + 𝜃 2 ) est la
1
5. On a 𝑒 𝑖𝜃 𝑒 −𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖 (𝜃 −𝜃 ) = 1. Et donc 𝑒 −𝑖𝜃 = . partie réelle de 𝑒 𝑖𝜃 1 𝑒 𝑖𝜃 2 .
𝑒 𝑖𝜃
Et puisque 𝑒 𝑖𝜃 est de module 1, son inverse est égal à son conjugué, de sorte que
1
𝑒 𝑖𝜃 = 𝑖𝜃 = 𝑒 −𝑖𝜃 .
𝑒
𝑒 𝑖𝜃 1 1
6. 𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖𝜃 1 𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖𝜃 1 𝑒 −𝑖𝜃 2 = 𝑒 𝑖 (𝜃 1 −𝜃 2 ) .
𝑒 2 𝑒 2

0.2.3 Forme exponentielle d’un nombre complexe, argument(s)

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12 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES

Proposition 0.26 : Soit 𝑧 ∈ C. Alors il existe (𝑟, 𝜃 ) ∈ R+ × R tel que

𝑧 = 𝑟 (cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 ) = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 .

On a alors 𝑟 = |𝑧|, et si 𝑧 ≠ 0, alors 𝜃 est unique modulo 2𝜋, autrement dit si 𝑟 1, 𝑟 2 sont
deux réels strictement positifs, et si 𝜃 1, 𝜃 2 sont deux réels tels que 𝑧 = 𝑟 1𝑒 𝑖𝜃 1 = 𝑟 2𝑒 𝑖𝜃 2 , alors
𝑟 1 = 𝑟 2 = |𝑧| et 𝜃 1 ≡ 𝜃 2 [2𝜋].

Démonstration. Si 𝑧 = 0, alors pour tout 𝜃 ∈ R, 𝑧 = 0𝑒 𝑖𝜃 .


𝑧
Et si 𝑧 ≠ 0, alors est de module 1, donc dans U.
|𝑧|
𝑧
Par conséquent, il existe 𝜃 tel que = 𝑒 𝑖𝜃 donc 𝑧 = |𝑧| 𝑒 𝑖𝜃 .
|𝑧| |{z}
∈R+

Si 𝑧 ∈ C s’écrit 𝑧 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 , avec 𝑟 > 0 et 𝜃 ∈ R, alors |𝑧| = |𝑟 | 𝑒 𝑖𝜃 = 𝑟 .


|{z}
=1
Et donc pour 𝑧 ≠ 0, si 𝑧 = 𝑟 1𝑒 𝑖𝜃 1 = 𝑟 2𝑒 𝑖𝜃 2 , alors 𝑟 1 = 𝑟 2 = |𝑧| ≠ 0, de sorte que 𝑒 𝑖𝜃 1 = 𝑒 𝑖𝜃 2 et
donc 𝜃 1 ≡ 𝜃 2 [2𝜋]. □
Méthode
L’écriture 𝑧 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 , avec 𝑟 ∈ R+ est appelée forme exponentielle de 𝑧. Bien qu’il soit possible de cal-
Notons que cette écriture est particulièrement bien adaptée au calcul de produits, puisque culer des produits/quotients
si 𝑧 1 = 𝑟 1𝑒 𝑖𝜃 1 et 𝑧 2 = 𝑟 2𝑒 𝑖𝜃 2 , alors 𝑧 1𝑧 2 = 𝑟 1𝑟 2𝑒 𝑖 (𝜃 1 +𝜃 2 ) . de complexes sous forme
algébrique, on privilégiera
"Méfions tout de même d’une chose : 𝑟 doit être positif, et pas seulement réel ! autant que possible la forme
exponentielle.
Par exemple, 𝑧 = −2𝑒 𝑖𝜋 /6 n’est pas une forme exponentielle, car son module ne peut valoir
−2.
En revanche, en notant que −1 = 𝑒 𝑖𝜋 , alors 𝑧 = 2𝑒 7𝑖𝜋 /6 , qui est bien une écriture sous forme
exponentielle, avec 2 pour module.
Remarque. Notons que si 𝑧 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 , alors 𝑧 = 𝑟 (cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 ), cette écriture étant parfois
appelée forme trigonométrique du complexe 𝑧.
On lui préférera toutefois la forme exponentielle, qui lui est équivalente et est plus facile à
manipuler.

Définition 0.27 – Soit 𝑧 ∈ C. On appelle argument de 𝑧 tout réel 𝜃 tel que


𝑧 = |𝑧|𝑒 𝑖𝜃 .
Si 𝑧 est non nul, et possède 𝜃 comme argument, alors les arguments de 𝑧 sont Autrement dit
exactement les éléments de 𝜃 + 2𝜋Z = {𝜃 + 2𝑘𝜋, 𝑘 ∈ Z}. Deux arguments de 𝑧 sont
congrus modulo 2𝜋 .
En revanche, 𝑧 ∈ C∗ possède un unique argument dans ] − 𝜋, 𝜋], qu’on appelle
argument principal de 𝑧, et qu’on note arg(𝑧).

Remarques.
 −−→ ▶ Géométriquement, si 𝑀 est le point d’affixe 𝑧 ≠ 0, alors arg(𝑧) est l’angle
®𝑖 , 𝑂𝑀 .

•𝑧
|𝑧|

arg(𝑧)

FIGURE 0.6 – Interprétation graphique de la forme exponentielle d’un complexe.

Puisque |𝑧| est la distance 𝑂𝑀, définir un complexe


 −−→par sa forme exponentielle 𝑟𝑒 , c’est
𝑖𝜃

définir 𝑀 par sa distance à l’origine et l’angle 𝑖®, 𝑂𝑀 .

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COURS 13
 
Et de même, si 𝑢® a pour affixe 𝑧 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 , alors 𝑟 = ∥𝑢® ∥ et 𝜃 ≡ 𝑖®, 𝑢® [2𝜋].

▶ Un complexe non nul 𝑧 est un réel positif si et seulement si arg(𝑧) = 0 et c’est un réel
négatif si et seulement si arg(𝑧) = 𝜋.
𝜋
Enfin, 𝑧 ∈ 𝑖R si et seulement si arg(𝑧) = ± [𝜋]. Méthode
2
Déterminer un argument
d’un complexe non nul 𝑧,
Exemples 0.28 c’est déterminer un 𝜃 ∈ R tel
que 𝑧 = |𝑧 |𝑒 𝑖𝜃 , soit encore
𝑧
𝜋 = 𝑒 𝑖𝜃 .
▶ −𝑖 = 0 − 𝑖 = cos − 𝜋2 + 𝑖 sin − 𝜋2 = 𝑒 −𝑖 2 .
 
|𝑧 |
1 1 𝜋 𝜋 On commencera donc systé-
Ceci est cohérent avec le fait que −𝑖 = = 𝑖 𝜋 = 𝑒 𝑖 2 = 𝑒 −𝑖 2 . matiquement par calculer |𝑧 |,
√ √𝑖 𝑒 2 puis par factoriser 𝑧 par ce
▶ Soit 𝑧 = 1 + 𝑖. Alors |𝑧| = 12 + 12 = 2. module de manière à obtenir
Et alors un complexe de module 1,
√ √ ! qui est donc de la forme 𝑒 𝑖𝜃 ,
√ 1 1 √ 2 2 √  𝜋  √ 𝑖𝜋 la valeur de 𝜃 restant à déter-
 
𝜋
𝑧 = 2 √ +𝑖√ = 2 +𝑖 = 2 cos + 𝑖 sin = 2𝑒 4 . miner.
2 2 2 2 4 4

𝜋 Terminologie
Donc est un argument de 𝑧, et même l’argument principal de 𝑧.
4 Avez-vous bien saisi la sub-
√ √︃ √ √ √ tilité ? Un argument et pas
▶ Soit 𝑧 = 3 − 3𝑖. Alors |𝑧| = ( 3) 2 + (−3) 2 = 12 = 2 3. l’argument, mais si on parle
Et donc d’argument principal, alors il
√ ! y en a un seul, qu’on appelle
√ 1 3 √   𝜋  𝜋  √ 𝜋 donc l’argument principal.
𝑧=2 3 −𝑖 = 2 3 cos − + 𝑖 sin − = 2 3𝑒 −𝑖 3 .
2 2 3 3

𝜋
Donc − est l’argument principal de 𝑧.
3
5𝜋 𝜋
Notons que = − + 2𝜋 est également un argument de 𝑧.
3 3

Proposition 0.29 : Soient 𝑧, 𝑧 ′ deux complexes non nuls. Alors


1. arg(𝑧𝑧 ′ ) ≡ arg(𝑧) + arg(𝑧 ′ ) [2𝜋]
1
 
2. arg = arg (𝑧) ≡ − arg(𝑧) [2𝜋]
𝑧
3. ∀𝑛 ∈ Z, arg (𝑧𝑛 ) ≡ 𝑛 arg(𝑧) [2𝜋]
Égal ou congru ?
Démonstration.
′ ′
1. Si 𝑧 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 et 𝑧 ′ = 𝑟 ′𝑒 𝑖𝜃 , alors 𝑧𝑧 ′ = 𝑟𝑟 ′𝑒 𝑖 (𝜃 +𝜃 ) , de sorte que Si
𝜃 + 𝜃 ′ = arg(𝑧) + arg(𝑧 ′ ) est un argument de 𝑧𝑧 ′ . Et donc est congru à arg(𝑧𝑧 ′ ) arg(𝑧 ) + arg(𝑧 ′ ) ∈ ] − 𝜋, 𝜋 ]
modulo 2𝜋. alors c’est l’argument princi-
2. Si 𝑧 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 , alors 𝑧 = 𝑟𝑒 −𝑖𝜃 . Et donc −𝜃 est un argument de 𝑧. Notons que sauf si pal de 𝑧𝑧 ′ , mais sinon il faut
ajouter ±2𝜋 à 𝜃 +𝜃 ′ pour tom-
𝜃 = 𝜋, −arg(𝑧) est dans ] − 𝜋, 𝜋] et donc est égal à arg (𝑧).
ber dans l’intervalle ] − 𝜋, 𝜋 ].
3. Si 𝑛 ⩾ 0, la preuve se fait par récurrence
 en utilisant le point 1.
−𝑛
1
Et si 𝑛 < 0, il suffit de noter que 𝑧𝑛 = , avec −𝑛 ⩾ 0. Et donc
𝑧

1
arg(𝑧𝑛 ) ≡ −𝑛 arg ≡ 𝑛 arg(𝑧) [2𝜋].
𝑧

Revenons sur le cas d’égalité dans l’inégalité triangulaire : si 𝑧 1 ≠ 0 alors nous avons prouvé
que |𝑧 1 + 𝑧 2 | = |𝑧 1 | + |𝑧 2 | si et seulement si il existe 𝜆 ∈ R+ tel que 𝑧 2 = 𝜆𝑧 1 .
Mais alors, si 𝑧 1 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃 , il vient donc 𝑧 2 = 𝜆𝑟 𝑒 𝑖𝜃 1 .
|{z}
∈R+
Et donc 𝑧 1 et 𝑧 2 ont même argument 𝜃 1 .
Et inversement, si 𝑧 1 et 𝑧 2 ont même argument 𝜃 , 𝑧 1 = |𝑧 1 |𝑒 𝑖𝜃 , 𝑧 2 = |𝑧 2 |𝑒 𝑖𝜃 et donc en

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14 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES

|𝑧 2 |
posant 𝜆 = ∈ R+ , on a 𝑧 2 = 𝜆𝑧 1 , et donc il y a égalité dans l’inégalité triangulaire.
|𝑧 1 |
On retiendra donc que |𝑧 1 + 𝑧 2 | = |𝑧 1 | + |𝑧 2 | si et seulement si 𝑧 1𝑧 2 = 0, ou si arg(𝑧 1 ) =
arg(𝑧 2 ).

0.2.4 Formules de Moivre et d’Euler

Proposition 0.30 (Formules d’Euler) : Soit 𝜃 ∈ R. Alors

𝑒 𝑖𝜃 + 𝑒 −𝑖𝜃 𝑒 𝑖𝜃 − 𝑒 −𝑖𝜃
cos 𝜃 = et sin 𝜃 = .
2 2𝑖

Démonstration. C’est un simple calcul : 𝑒 𝑖𝜃 + 𝑒 −𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖𝜃 + 𝑒 𝑖𝜃 = 2 Re 𝑒 𝑖𝜃 = 2 cos 𝜃 et de



même
 
𝑒 𝑖𝜃 − 𝑒 −𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖𝜃 − 𝑒 𝑖𝜃 = 2𝑖 Im 𝑒 𝑖𝜃 = 2𝑖 sin 𝜃 .

Exemples 0.31 Factorisation par l’angle moitié

Il est souvent judicieux de factoriser 𝑒 𝑖𝑎 ± 𝑒 𝑖𝑏 par 𝑒 𝑖 (𝑎+𝑏 )/2 .


Par exemple, on a

𝑎 − 𝑏 𝑖 (𝑎+𝑏 )/2
     
𝑖 (𝑎+𝑏 )/2 𝑖 (𝑎−𝑏 )/2 𝑖 (𝑏 −𝑎)/2 𝑖 (𝑎+𝑏 )/2 𝑖 (𝑎−𝑏 )/2 −𝑖 (𝑎−𝑏 )/2
𝑖𝑎
𝑒 −𝑒 𝑖𝑏
=𝑒 𝑒 −𝑒 =𝑒 𝑒 −𝑒 = 2𝑖 sin 𝑒 .
2

Ceci permet notamment d’obtenir à peu de frais le module et un argument de


𝑒 𝑖𝑎 ± 𝑒 𝑖𝑏 .
Par exemple
1 𝜋 𝜋
 1 𝜋 𝜋 1 𝜋 𝜋
 𝜋  5𝜋
𝑒 𝑖 6 + 𝑒 𝑖 4 = 𝑒 𝑖 2 ( 6 + 4 ) 𝑒 𝑖 2 ( 6 − 4 ) + 𝑒 𝑖 2 ( 4 − 6 ) = 2 cos
𝜋 𝜋

𝑒 𝑖 24 .
24
𝜋 
Puisque 2 cos > 0, c’est bien un module, et on a donc
24  𝜋  5𝜋
𝜋 𝜋 𝜋
𝑒 𝑖 6 + 𝑒 𝑖 4 = 2 cos 24 𝜋
et arg 𝑒 𝑖 6 + 𝑒 𝑖 4 = .

24
De même, on a
𝜋 𝜋 𝜋
 𝜋 𝜋
 𝜋  𝜋
1 − 𝑒 𝑖 6 = 𝑒 𝑖0 − 𝑒 𝑖 6 = 𝑒 𝑖 12 𝑒 −𝑖 12 − 𝑒 𝑖 12 = −2𝑖 sin 𝑒 𝑖 12
12
𝜋  𝜋 𝜋
𝜋  5𝜋
Détails
= 2 sin 𝑒 −𝑖 2 𝑒 𝑖 12 = 2 sin 𝑒 −𝑖 12 𝜋
−𝑖 = 𝑒 −𝑖 2 .
12 12
𝜋
 𝜋
 5𝜋
si bien que 1 − 𝑒 𝑖 6 = 2 sin 12 𝜋
et arg 1 − 𝑒 𝑖 6 = − .

12
Cette astuce permet notamment de retrouver certaines formules de trigonométrie :

si 𝜃, 𝜃 ′ sont deux réels, alors cos 𝜃 + cos 𝜃 ′ est la partie réelle de 𝑒 𝑖𝜃 + 𝑒 𝑖𝜃 . Mais

′ 𝜃 +𝜃 ′
 𝑖𝜃 −𝜃 ′ 𝜃 −𝜃 ′
 𝜃 +𝜃 ′ 𝜃 − 𝜃′
𝑒 𝑖𝜃 + 𝑒 𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖 2 𝑒 2 + 𝑒 −𝑖 2 = 2𝑒 𝑖 2 cos .
2
𝜃 + 𝜃′ 𝜃 − 𝜃′
Mais la partie réelle du membre de droite est 2 cos cos et donc
2 2
𝜃 + 𝜃′ 𝜃 − 𝜃′
cos 𝜃 + cos 𝜃 ′ = 2 cos cos .
2 2

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COURS 15

Exemple 0.32 Application à la trigonométrie : linéarisation

Linéarisons sin3 (𝜃 ), c’est-à-dire essayons de l’écrire comme somme de fonctions de


la forme 𝜃 ↦→ cos(𝑘𝜃 ) ou 𝜃 ↦→ sin(𝑘𝜃 ). On a
3
𝑒 𝑖𝜃 − 𝑒 −𝑖𝜃

3
sin 𝜃 =
2𝑖
1  𝑖𝜃 −𝑖𝜃
2 
𝑖𝜃 −𝑖𝜃

= 𝑒 − 𝑒 𝑒 − 𝑒
(2𝑖) 3

1© 2𝑖𝜃 ª
­𝑒 − 2 𝑒 𝑖𝜃 𝑒 −𝑖𝜃 +𝑒 −2𝑖𝜃 ® 𝑒 𝑖𝜃 − 𝑒 −𝑖𝜃

=
−8𝑖
­ | {z } ®
« =1 ¬
1  3𝑖𝜃 
= 𝑒 − 3𝑒 𝑖𝜃 + 3𝑒 −𝑖𝜃 − 𝑒 −3𝑖𝜃
−8𝑖
1
= (2𝑖 sin(3𝜃 ) − 6𝑖 sin(𝜃 ))
−8𝑖
3 1
= sin(𝜃 ) − sin(3𝜃 ).
4 4
Cette écriture est particulièrement intéressante lorsqu’on cherche à déterminer une
primitive de 𝜃 ↦→ sin3 𝜃 . Une telle primitive est par exemple

3 1
𝜃 ↦→ − cos(𝜃 ) + cos(3𝜃 ).
4 12

Proposition 0.33 (Formule de Moivre) : Soit 𝜃 ∈ R. Alors

(cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 )𝑛 = cos(𝑛𝜃 ) + 𝑖 sin(𝑛𝜃 ).

Démonstration.
 𝑛
(cos 𝜃 + 𝑖 sin 𝜃 )𝑛 = 𝑒 𝑖𝜃 = 𝑒 𝑖𝑛𝜃 = cos(𝑛𝜃 ) + 𝑖 sin(𝑛𝜃 ).

Notation
0.3 ÉQUATIONS DU SECOND DEGRÉ À COEFFICIENTS RÉELS Même si on √ a très envie de
noter 𝑖 = −1, nous ne le
Nous savons déjà que 𝑖 est un nombre dont le carré vaut −1, autrement dit, une racine ferons pas, et continuerons de
carrée de −1. Mais alors (2𝑖) 2 = 4𝑖 2 = −4, si bien que 2𝑖 est une racine carrée de −4. √
réserver les notations 𝑥 ou
Et de même, (−2𝑖) 2 = −4, donc −2𝑖 est également une racine carrée de −4. 𝑥 1/2 au seul cas où nous les
connaissons déjà : le cas où 𝑥
est un réel positif.
Plus généralement, si 𝑎 est un réel strictement négatif, alors il existe deux racines carrés de
𝑎 dans C, c’est-à-dire
√ √deux nombres complexes qui élevés au carré valent 𝑎.
Il s’agit de 𝑖 −𝑎 et −𝑖 −𝑎.
Ce sont même les seuls, puisque si 𝑧 ∈ C, alors
√ √ √ √ √ √
𝑧 2 = 𝑎 ⇔ 𝑧 2 = (𝑖 −𝑎) 2 ⇔ 𝑧 2 −(𝑖 −𝑎) 2 = 0 ⇔ (𝑧−𝑖 −𝑎) (𝑧+𝑖 −𝑎) = 0 ⇔ 𝑧 = 𝑖 −𝑎 ou 𝑧 = −𝑖 −𝑎.

Ainsi, tout nombre réel possède au moins une racine carrée complexe.
Ceci nous autorise alors à chercher également les solutions complexes à des équations
polynomiales du second degré de la forme 𝑎𝑥 2 + 𝑏𝑥 + 𝑐 = 0, avec 𝑎, 𝑏, 𝑐 ∈ R.
Si la méthode ne va pas du tout changer par rapport à ce que vous avec appris en première,
la principale différence va venir du fait que même si le discriminant Δ est négatif, l’équation
possédera toujours des solutions complexes.

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16 CHAPITRE 0 : NOMBRES COMPLEXES
Terminologie
Théorème 0.34 : Soient 𝑎, 𝑏, 𝑐 trois réels avec 𝑎 ≠ 0 et soit Δ = 𝑏2 − 4𝑎𝑐. Δ est appelé le discriminant
de l’équation.
1. Si Δ = 0, alors l’équation 𝑎𝑧 2 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = 0, d’inconnue 𝑧 possède une unique solution
𝑏
dans C qui est 𝑧 = − .
2𝑎

2. Si Δ > 0, alors l’équation 𝑎𝑧 2 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = 0 possède deux solutions réelles qui sont


√ √
−𝑏 + Δ −𝑏 − Δ
𝑧1 = et 𝑧 2 = . Remarque
2𝑎 2𝑎
3. Si Δ < 0, alors l’équation 𝑎𝑧 2 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = 0 possède deux solutions complexes qui Ces solutions ont deux com-
√ √ plexes conjugués, de partie
−𝑏 + 𝑖 −Δ −𝑏 − 𝑖 −Δ
sont 𝑧 1 = et 𝑧 2 = . imaginaire non nulle, et
2𝑎 2𝑎 donc ne sont pas des réels.
L’équation ne possède donc
√ √ toujours pas de racine réelle.
Démonstration. Si Δ ⩾ 0, notons 𝛿 = Δ, et si Δ < 0, notons 𝛿 = 𝑖 −Δ, de sorte qu’on a
toujours 𝛿 2 = Δ. Méthode
On a alors, pour tout 𝑧 ∈ C Cette étape est la mise sous
  forme canonique d’un po-
2 2 𝑏 𝑐 lynôme de degré 2, qu’il est
𝑎𝑧 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = 𝑎 𝑧 + 𝑧 + bon de savoir refaire. Rap-
𝑎 𝑎
2 pelons que la méthode est
𝑏2
" #
𝑏 𝑐 simple : il s’agit de «trou-
=𝑎 𝑧+ − 2+ ver» le bon 𝜆 de sorte que les
2𝑎 4𝑎 𝑎
termes en 𝑧 2 et en 𝑧 soient
2 ceux qui apparaissent en dé-
" #
𝑏 Δ
=𝑎 𝑧+ − 2 veloppant (𝑧 + 𝜆) 2 .
2𝑎 4𝑎
" 2  2#
𝑏 𝛿
=𝑎 𝑧+ −
2𝑎 2𝑎
  
𝑏 𝛿 𝑏 𝛿 Identité remarquable.
=𝑎 𝑧+ + 𝑧+ − . (★)
2𝑎 2𝑎 2𝑎 2𝑎

Et donc
  
2 𝑏 𝛿 𝑏 𝛿
𝑎𝑧 + 𝑏𝑧 + 𝑐 = 0 ⇔ 𝑎 𝑧 + + 𝑧+ − =0
2𝑎 2𝑎 2𝑎 2𝑎
𝑏 𝛿 𝑏 𝛿
⇔𝑧+ + = 0 ou 𝑧 = 𝑧 + −
2𝑎 2𝑎 2𝑎 2𝑎
−𝑏 + 𝛿 −𝑏 − 𝛿
⇔𝑧 = ou 𝑧 = .
2𝑎 2𝑎
Si Δ = 0, alors ces deux nombres sont confondus, et sinon, ils sont distincts.
Dans les deux cas, les factorisations annoncées découlent directement de (★). □

Exemple 0.35

Résolvons l’équation 𝑧 2 − 4𝑧 + 13 = 0.
Son discriminant est Δ = (−4) 2 − 4 × 13 = −36 < 0.
Donc l’équation n’admet pas de solution réelle, mais possède deux solutions com-
plexes conjuguées, qui sont Astuce
√ √ Lorsque Δ < 0, une fois que
4 + 𝑖 −Δ 4 + 𝑖 36 l’on a calculé une des racines,
𝑧1 = = = 2 + 3𝑖 et 𝑧 2 = 2 − 3𝑖.
2 2 l’autre est le conjugué de la
première.
Notons en particulier que l’équation 𝑧 2 + 1 = 0, dont le discriminant vaut Δ = −1 < 0
possède 𝑖 et −𝑖 comme uniques racines.
Donc 𝑖 et −𝑖 sont les seuls nombres complexes dont le carré vaut −1.

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