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Objet: Doctrine Relative Aux Modalités de Mise en Œuvre Du Traitement D'antécédents Judiciaires (TAJ)

Le document présente la doctrine relative au traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) au sein de la police nationale et de la gendarmerie, en précisant les règles de fonctionnement, d'alimentation et d'utilisation des données. Il décrit les catégories d'informations enregistrées, les durées de conservation, ainsi que les modalités d'habilitation et de contrôle des agents. TAJ est un outil moderne qui centralise les informations judiciaires pour améliorer l'efficacité des enquêtes tout en respectant les libertés individuelles.

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Objet: Doctrine Relative Aux Modalités de Mise en Œuvre Du Traitement D'antécédents Judiciaires (TAJ)

Le document présente la doctrine relative au traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) au sein de la police nationale et de la gendarmerie, en précisant les règles de fonctionnement, d'alimentation et d'utilisation des données. Il décrit les catégories d'informations enregistrées, les durées de conservation, ainsi que les modalités d'habilitation et de contrôle des agents. TAJ est un outil moderne qui centralise les informations judiciaires pour améliorer l'efficacité des enquêtes tout en respectant les libertés individuelles.

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DIRECTION GÉNÉRALE

DE LA POLICE NATIONALE

DIRECTION CENTRALE
DE LA POLICE JUDICIAIRE

SOUS-DIRECTION
DE LA POLICE TECHNIQUE
ET SCIENTIFIQUE

SERVICE CENTRAL
DE DOCUMENTATION
CRIMINELLE

Objet : Doctrine relative aux modalités de mise en œuvre du traitement


d'antécédents judiciaires (TAJ).

Références :
• La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure
(LOPPSI) n° 2011-267 du 14 mars 2011
• Articles 230-6 à 230-11 du code de procédure pénale
• Décret n° 2012-652 du 4 mai 2012 relatif au traitement d'antécédents judiciaires (articles
R.40-23 à R.40-34 du code de procédure pénale)

source : site intranet DCPJ, rubrique "outils" NS2i/LRPPN 1/13

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SOMMAIRE

1. LES REGLES DE FONCTIONNEMENT DU TRAITEMENT


1.1. L’ALIMENTATION DU TRAITEMENT
1.1.1. Les catégories d’informations enregistrées
1.1.1.1. Les données à caractère personnel
1.1.1.2. Les données à caractère personnel dites « sensibles »
1.1.1.3. La prise en compte des objets dans le traitement
1.1.2. Les catégories de personnes enregistrées (art.R.40-25 CPP)
1.1.2.1. Les mis en cause
1.1.2.2. Les victimes
1.1.2.3. Les personnes faisant l'objet d'une enquête ou d'une instruction pour recherche
des causes de la mort, de blessures graves ou d'une disparition au sens des
articles 74 et 74-1 du code pénal.
1.2. LES DUREES DE CONSERVATION DES INFORMATIONS (art.R.40-27 CPP)
1.2.1. Les durées de conservation des informations relatives aux mis en cause
1.2.1.1. Le régime applicable aux majeurs
1.2.1.2. Le régime applicable aux mineurs
1.2.2. Les durées de conservation des informations relatives aux victimes
1.2.3. Les durées de conservation des personnes mentionnées au 3° de l’article R. 40-
25 du CPP

2. LES REGLES D’UTILISATION DU TRAITEMENT


2.1. L’HABILITATION DES AGENTS ET LEUR CONTRÔLE
2.1.1. L’habilitation en police judiciaire ou en police administrative
2.1.1.1 L’attribution d’un profil d’utilisateur
2.1.1.2. Le règlement de sécurité du système CHEOPS
2.1.2. La traçabilité des consultations effectuées par les agents habilités
2.1.3. Contrôle hiérarchique et sanctions disciplinaires et pénales
2.1.3.1. La responsabilité hiérarchique
2.1.3.2. Les sanctions disciplinaires
2.1.3.3. Les sanctions pénales
2.2. L’EXPLOITATION DES DONNEES
2.2.1. L’utilisation en matière de police judiciaire
2.2.1.1. Les destinataires
2.2.1.2. Les cadres juridiques de consultation
2.2.1.3. Les conditions d’utilisation des informations dans le cadre des procédures
judiciaires

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2.2.2. L’utilisation en matière de police administrative par les services de police
2.2.2.1. Les enquêtes administratives donnant lieu à une consultation
2.2.2.2. L’encadrement de la consultation à des fins de police administrative
2.2.2.2.1. Les caractéristiques du module de police administrative
2.2.2.2.2. La compétence non liée de l’autorité administrative pour la prise de
décision

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INTRODUCTION

Présentation de TAJ
L'outil TAJ, application mutualisée Police/Gendarmerie, rassemble l'ensemble des antécédents
judiciaires jusqu'alors contenus dans le STIC et JUDEX (61 millions de procédures), ainsi que les
données de signalements et les photographies des personnes mises en cause contenues jusqu’ici
dans les bases locales CANONGE pour la police nationale.

L'alimentation automatisée du fichier en données de procédures est assurée, depuis novembre 2012,
par les quatre sites pilotes de la DCSP et de la DSPAP qui utilisent de façon expérimentale le
logiciel de rédaction de procédure de la police nationale (LRPPN) ; puis progressivement, d'avril
2013 à avril 2014, cette alimentation sera assurée par l'ensemble des services de police au moyen du
logiciel de rédaction de procédure en mode connecté.
Dans l'intervalle, les données de la police nationale continueront de transiter par l'actuelle chaîne
d'alimentation du STIC (logiciel de rédaction des procédures (LRP-DOS) et STIC-FCE), qui
assurera l'alimentation de TAJ au fil et l'eau et en temps réel.
Pour la gendarmerie nationale, l'alimentation du fichier en données de procédures est assurée depuis
janvier 2013 par le LRPGN.
Cet outil est emblématique des efforts conduits ces dernières années pour améliorer l'efficience des
services et la synergie police-gendarmerie, et s'inscrit également dans un souci poussé de respecter
les libertés individuelles, notamment par l'intermédiaire des échanges futurs avec l'application
Cassiopée du ministère de la Justice.
TAJ est placé sous la responsabilité des directeurs de la police et de la gendarmerie nationales.
TAJ est géré par la sous-direction de la police technique et scientifique de la direction centrale de la
police judiciaire (service central de documentation criminelle - SCDC), situé à Ecully (69) qui en
assure l’administration fonctionnelle de niveau national au sein de la cellule d'administration
fonctionnelle unique (CAFU)1.
Durant une période transitoire, cette cellule mixte sera implantée sur les deux sites suivants :
– le site d'Ecully ;
– le service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) de la DGGN, à
Rosny-sous-Bois.
Si, en raison de son domaine de compétences, la CAFU est l'interlocuteur privilégié des directions
centrales et des services régionaux de documentation criminelle, un dispositif de soutien,
directement accessible aux utilisateurs de l'application, a été également développé.
En cas de dysfonctionnement, et pour tout autre problème non résolu localement, les utilisateurs
peuvent contacter téléphoniquement le CENTRE NATIONAL d’AIDE aux UTILISATEURS
(CNAU)2 .

1. Composée de policiers et de gendarmes, la CAFU a pour missions essentielles d'élaborer des règles communes de fonctionnement, de coordonner
et évaluer toute proposition d'évolution de l'application....

2. Numéro d’appel unique - du lundi au vendredi de 08h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 : 0 800 861 146
Également à partir du bandeau supérieur droit des écrans TAJ : à droite du logo d'aide en ligne, une icône cliquable permet d'appeler le CNAU.
L’utilisateur accède à un message du type "Si vous êtes policier, dites "Police", puis après identification par le système de reconnaissance vocale, il
accède aux numéros dédiés aux applications : "Tapez 2 pour TPJ", permettant de contacter un opérateur PN.

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Finalités
TAJ est un système informatique qui permet le traitement d'informations à caractère personnel
issues des procédures judiciaires, pour les infractions entrant dans le périmètre des déclarations
actuelles des fichiers STIC et JUDEX, c'est à dire crimes, délits et certaines contraventions de 5 ème

classe, auxquelles la LOPPSI du 14 mars 2011 a ajouté les données relatives aux enquêtes décès et
disparitions inquiétantes (articles 74 et 74-1 du CPP), et qui intègre les fonctionnalités du
CANONGE (fichiers locaux des signalements).
Outil moderne d'aide à l'enquête utilisant des technologies innovantes de traitement (analyse
textuelle, reconnaissance faciale, ...), TAJ permet :
➢ de collecter, enregistrer et centraliser toutes les informations pertinentes figurant dans les
procédures judiciaires qui sont transmises à l’autorité judiciaire, procureur de la République ou juge
d’instruction, prenant en compte uniquement les données relatives aux personnes formellement
mises en cause au cours de l’enquête ainsi qu’aux victimes de ces infractions.
Elles sont résumées dans les comptes rendus d’enquête après identification (CREI), les comptes
rendus d’infractions (CRI) ou les rapports de synthèse.
➢ de mettre à disposition immédiate des personnes habilitées les informations évoquées
supra en vue de les consulter, les rapprocher et les analyser.

Contexte législatif et réglementaire


La loi n° 2011-267 du 14 mars 2011d’orientation et de programmation pour la performance de la
sécurité intérieure (LOPPSI) a créé dans le code de procédure pénale, sous un nouveau chapitre
intitulé « des traitements d'antécédents judiciaires », les articles 230-6 à 230-11 du code de
procédure pénale), nouveau fondement légal du fichier TAJ.
Dans un souci de cohérence avec le CPP, le conseil d’État a imposé le changement de nom de TPJ
en TAJ (traitement d'antécédents judiciaires). Toutefois, considérant que le nom n'avait pas de
portée juridique, il a autorisé la DGPN à conserver l'appellation "traitement de procédures
judiciaires" (TPJ) dans les documents internes et dans le cadre de la communication au sein de la
police nationale.
Le décret n° 2012-652 du 4 mai 2012 relatif au traitement d'antécédents judiciaires, créant les
articles R.40-23 à R.40-34 du CPP, a été publié au journal officiel le 6 mai 2012.

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1. LES REGLES DE FONCTIONNEMENT DE TAJ
1.1. L’ALIMENTATION DU TRAITEMENT
1.1.1. Les catégories d’informations enregistrées
1.1.1.1. Les données à caractère personnel
TAJ regroupe les informations recueillies dans le cadre de leur mission de police judiciaire, lors de
l’établissement des procédures par les enquêteurs de la police et de la gendarmerie nationale.
La qualité des informations enregistrées dépend donc très étroitement de l’exactitude et de la
précision des renseignements retranscrits, en particulier s’agissant de l’état civil des personnes
citées en procédure, personnes physiques ou morales, victimes ou mis en cause, ainsi que de la
qualification des infractions relevées.
S’y ajoutent les informations issues :
− des procédures établies par les agents des douanes habilités à exercer des missions de police
judiciaire, lorsqu’un service de police ou de gendarmerie est appelé à en assurer la
continuation ou la conduite commune ;
− des traitements gérés par des organismes de coopération internationale en matière de police
judiciaire (comme Interpol ou Europol) ou par des services de police étrangers, dès lors
qu’ils présentent, pour la protection des données personnelles, des garanties suffisantes à
celles du droit interne, en application des engagements internationaux régulièrement
introduits dans l’ordre juridique interne.
1.1.1.2. Les données à caractère personnel dites « sensibles »
Les données sensibles au sens de l’article 8 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 dite « informatique
et libertés » sont celles qui font apparaître directement ou indirectement, les origines raciales ou
ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou l’appartenance syndicale des
personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle.
Celles-ci peuvent faire l’objet d’une inscription dans TAJ uniquement sous les réserves suivantes :
− les informations concernées doivent résulter de la nature ou des circonstances de l’infraction
ou se rapporter à des signes physiques particuliers, objectifs et permanents en tant
qu’éléments de signalement des personnes ;
− l’inscription de ces informations doit rester subordonnée à la finalité du fichier, c’est-à-dire
strictement nécessaire à la recherche et à l’identification des auteurs des crimes, délits et
contraventions prévus par le décret.
1.1.1.3. La prise en compte des objets dans le traitement
Sont enregistrés les objets saisis, volés, découverts ou remarqués lors de la commission d’une
infraction. Certains d’entre eux (billets de banque, armes, documents d’identité) sont ensuite
transmis au Système d’Information Schengen (SIS).

1.1.2. Les catégories de personnes enregistrées (article R.40-25 du CPP)


Seuls les mis en cause et les victimes sont enregistrés. Les témoins ne le sont en aucun cas.
1.1.2.1. Les mis en cause
Il s’agit des personnes physiques ou morales à l’encontre desquelles sont réunis, lors de l’enquête
préliminaire, de flagrance ou sur commission rogatoire, des indices graves ou concordants rendant
vraisemblable qu’elles aient pu participer, comme auteur(s) ou complice(s), à la commission d’un
crime, d’un délit ou d’une contravention de 5 classe prévue aux articles R. 625-1 à R. 625-3, R.
ème

625-7, R. 625-9, R. 635-1, R. 635-3 à R. 635-5, R. 645-1, R. 645-2 et R. 645-5 à R. 645-15 du code
pénal.

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La définition du mis en cause mentionnée ci-dessus n’implique pas que la procédure donne
nécessairement lieu à la mise en examen de celui-ci pour qu’il soit procédé à son enregistrement
dans le fichier.
Toutefois, en évoquant la pluralité, la gravité ou la concordance des indices, le droit impose à
l’enquêteur de veiller à ce que ne soient retenus que des éléments objectifs et confirmés par
l’enquête, par opposition à l’indice unique ou à la simple dénonciation, insuffisants pour qualifier la
mise en cause.
La mise en cause est à proscrire dans les cas suivants (liste indicative) :
− plainte contre personne dénommée si les faits ne sont pas avérés ;
− fait de nature civile ou commerciale alors même que le parquet a demandé de prendre la
plainte ;
− exécution d’une enquête de curriculum vitae dans le cadre d’une commission rogatoire ;
− notification d’un mandat ;
− personne placée en garde à vue mais dont la mise en cause n’est pas confirmée au terme de
la procédure.
Une mise en cause avérée doit absolument induire l’inscription de la personne physique ou morale
concernée sous la rubrique “mis en cause” du CREI dans LRPPN de manière à permettre son
inscription dans TAJ.
1.1.2.2. Les victimes
Il s’agit des personnes, physiques ou morales, victimes d’un crime, d’un délit ou de l’une des
contraventions de 5e classe mentionnées dans l'article R.40-25 du CPP.
Peuvent être enregistrées les personnes dont la qualité de victime ressort des éléments de l’enquête,
ainsi que les victimes au nom desquelles une plainte a été déposée.
1.1.2.3. Les personnes faisant l'objet d'une enquête ou d'une instruction pour recherche
des causes de la mort, de blessures graves ou d'une disparition au sens des
articles 74 et 74-1 du code pénal
Il s’agit des personnes physiques inscrites en tant que victimes dans les procédures correspondantes
dans LRPPN. L'utilisation de ces cadres d'enquêtes permet en outre d'enregistrer le signalement et
les photographies de ces personnes victimes dans TAJ.

1.2. LES DUREES DE CONSERVATION DES INFORMATIONS


(article R.40-27 du CPP)
Un système d’épurement automatique des données dans TAJ intervient à l’expiration de leur délai
de conservation.
Seules les informations à caractère personnel permettant l’identification de la personne font l’objet
d’un effacement. Les autres sont conservées pour les nécessités de la recherche criminelle.
Le point de départ du délai de conservation des informations à caractère personnel enregistrées dans
TAJ est la date de leur inscription dans le fichier. Si une nouvelle mise en cause de la même
personne intervient avant l’expiration du délai de conservation affecté aux faits initiaux, le délai de
conservation restant le plus long s’applique à l’ensemble des infractions enregistrées.

1.2.1. Les durées de conservation des informations relatives aux mis en cause
Elles varient en fonction de la gravité des faits et de l’âge du mis en cause.
1.2.1.1. Le régime applicable aux majeurs
Les données concernant la personne mise en cause majeure sont conservées 20 ans.

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Deux exceptions sont cependant prévues à cette durée de conservation :
− le délai est ramené à 5 ans quand la personne est mise en cause pour l’un des délits prévus
par le code de la route ou aux articles 221-6, 221-6-1, 222-19, 222-19-1, 222-20-1, 225-10-
1, 227-3 à 227-11, 311-3, 314-5, 314-6, 431-1, 431-4 et 434-10 du code pénal et L. 3421-1
du code de la santé publique, ainsi que pour les contraventions énumérées à l’article R. 40-
25 du CPP ;
− le délai est porté à 40 ans lorsque la personne est mise en cause pour l’une des infractions
figurant dans le tableau 1 de l'article R.40-27 du CPP.

1.2.1.2. Le régime applicable aux mineurs


La durée de conservation de principe est de 5 ans.
Par dérogation, elle est portée à :
− 10 ans lorsque la personne est mise en cause pour l’une des infractions figurant dans le
tableau 2 de l'article R.40-27 du CPP.
− 20 ans lorsque la personne est mise en cause pour l’une des infractions figurant dans le
tableau 3 de l'article R.40-27 du CPP.

Les informations relatives aux mineurs de moins de 10 ans ne sont pas enregistrées, sauf pour des
faits particulièrement graves ou en raison de la personnalité des mineurs.

1.2.2. Les durées de conservation des informations relatives aux victimes


Les données concernant la victime, personne physique ou personne morale, sont en principe
conservées 15 ans.
Toutefois, la victime peut exercer son droit d’opposition au maintien des données la concernant, une
fois que l’auteur des faits a été définitivement condamné (article R.40-33 II du CPP).

1.2.3. Les durées de conservation des personnes mentionnées au 3° de l’article R.


40-25 du code de procédure pénale
Les données à caractère personnel, concernant les personnes faisant l'objet d'une enquête ou d'une
instruction pour recherche des causes de la mort, de blessures graves ou d'une disparition au sens
des articles 74 et 74-1 du code pénal, sont effacées lorsque l’enquête a permis de retrouver la
personne disparue ou d’écarter toute suspicion de crime ou délit.

2. LES REGLES D’UTILISATION DU TRAITEMENT


2.1. L’HABILITATION DES AGENTS ET LEUR CONTRÔLE
L’accès à TAJ s'effectue à travers le portail d’accès CHEOPS NG qui intègre les principales
applications réglementaires et judiciaires, dont les accès sont contrôlés et sécurisés.
Des instructions particulières sur le déploiement de CHEOPS-NG feront l'objet de diffusion
complémentaires par le ST(SI)², la règle fondamentale étant qu'un fonctionnaire doit se connecter
uniquement sur CHEOPS-NG.
Pour mémoire, le ST(SI)² a publié sur sa page intranet (http://cheopsng.pn.mi/ rubrique Catalogues)
les catalogues par directions d'emploi des profils acteurs CHEOPS, les dernières versions en ligne
de ces catalogues prenant en compte les ouvertures d'accès à TAJ.
Aux termes de l'article R.40-28 I du CPP, les données enregistrées dans TAJ sont, dans le cadre de
leur mission de police judiciaire, directement accessibles aux personnes individuellement désignées

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et spécialement habilitées suivantes :
− agents des services de la police nationale ;
− militaires des unités de la gendarmerie nationale ;
− agents du service national de la douane judiciaire ;
− magistrats du parquet ;
− agents des services judiciaires.

2.1.1. L’habilitation en police judiciaire ou en police administrative


2.1.1.1. L’attribution d’un profil d’utilisateur
Chaque habilitation détermine le profil de l’utilisateur de TAJ et doit correspondre à l’exercice de sa
mission : police judiciaire, police administrative, gestion ou administration de l'application.
Chaque agent doit être individuellement désigné et spécialement habilité par une autorité
hiérarchique eu égard à son service d'appartenance et aux missions à accomplir.
Ce contexte doit être très clairement identifié, notamment pour les personnels des services de police
et des unités de gendarmerie exerçant des missions de police administrative et dont les consultations
de TAJ ne doivent être effectuées qu'à travers le module de consultation administrative ad-hoc.
2.1.1.2. Le règlement de sécurité du système CHEOPS
L’habilitation, notifiée à chaque utilisateur, lui confère des droits à consulter le fichier.
Un mot de passe personnel et confidentiel, associé au matricule de l’utilisateur, lui est délivré par le
système, et automatiquement renouvelé tous les 3 mois. Toute disposition doit être prise par
l’utilisateur pour que ce code confidentiel reste connu de lui seul.
Cette habilitation devient caduque en cas de changement d’affectation ou de fonction de
l’utilisateur. Il doit faire l’objet d’une nouvelle habilitation.
Le déploiement de CHEOPS-NG courant 2013 interviendra parallèlement à la généralisation de
l'utilisation de la carte agent dont l'activation au sein d'un lecteur spécifique remplacera la saisie du
matricule. Les modalités pratiques feront l'objet de diffusion complémentaire par le ST(SI)².

2.1.2. La traçabilité des consultations effectuées par les agents habilités


La traçabilité est une obligation juridique inhérente à l'utilisation des applications informatiques
modernes, ce terme désignant l'enregistrement de toutes les actions réalisées par un utilisateur.
Aux termes de l'article R.40-30 du CPP, TAJ conserve durant 5 ans les traces de toutes les
interventions (alimentation, consultation) effectuées par les fonctionnaires habilités à utiliser cette
application.
L'unité d'administration et de contentieux de la DCPJ/SDPTS/SCDC, responsable jusqu'alors des
enquêtes en traçabilité sur le STIC, assurera également les enquêtes en recherches de traces dans
TAJ pour l'ensemble des services de la DGPN.
En outre, le système CHEOPS mémorise durant trois ans la trace de toutes les interventions
effectuées dans TAJ. Une journalisation horodatée retrace nominativement aussi bien les actions
d’alimentation que de consultation.
Le message de mise en garde suivant est systématiquement délivré dès la connexion au système :
« Toute connexion à CHEOPS garde trace de vos interventions. Voulez-vous continuer ? ».

2.1.3. Contrôle hiérarchique et sanctions disciplinaires et pénales


Toute utilisation frauduleuse entraîne la mise en jeu de la responsabilité professionnelle de l’agent,
sans préjudice de la responsabilité pénale.

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2.1.3.1. La responsabilité hiérarchique
A l'instar du STIC, l'utilisation de l'application TAJ par les fonctionnaires des services doit faire
l'objet d'un contrôle hiérarchique dans le respect des dispositions du décret n° 2012-652 du 4 mai
2012, et des règles de déontologie générale relative à la consultation des fichiers. Une interrogation
n’est licite que dans les cas prévus par la loi, pour les besoins exclusifs des missions de police
administrative et judiciaire.
Le strict respect de ces règles est une condition indispensable à l’acceptation par les citoyens de
l’existence des fichiers de police. Les organes de contrôle (Parlement, autorités judiciaires, autorités
administratives indépendantes, corps d’inspection) sont particulièrement vigilants.
Aussi, les chefs de service doivent-ils prendre toutes les précautions utiles dans le choix des agents
habilités. Ils rappelleront régulièrement à leurs collaborateurs les responsabilités impliquées par
l’obtention d’une habilitation. Ils vérifieront périodiquement le respect des règles de bonne
utilisation de TAJ et veilleront au retrait effectif des habilitations devenues caduques. Ils bénéficient
à cet égard d'un accès à un module statistique qui comptabilise les interrogations effectuées par les
agents placés sous leur autorité.
2.1.3.2. Les sanctions disciplinaires
Tout usage non conforme peut être qualifié de faute professionnelle de nature à justifier une
sanction disciplinaire conformément aux dispositions prévues par le décret n° 86-592 du 18 mars
1986 portant code de déontologie de la police nationale et au nouveau règlement d’emploi de la
police nationale.
Ce règlement énonce les sanctions disciplinaires encourues par un fonctionnaire en cas de
consultation non autorisée.
2.1.3.3. Les sanctions pénales
En application de la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978, le code pénal réprime un
certain nombre d’infractions liées à une utilisation frauduleuse des données. Le fait de procéder à
une consultation dans une situation non autorisée, de faire un usage détourné des informations ou de
les divulguer à des tiers non autorisés, expose l’agent responsable à des sanctions pénales.
Les incriminations et sanctions sont prévues par les articles 226-17 et 226-20 à 226-23 du code
pénal, qui édictent des peines de 3 à 5 ans d’emprisonnement et de 100 000 à 300 000 euros
d’amende.

2.2. L’EXPLOITATION DES DONNEES


L’exploitation de ces données dans les procédures doit être assortie de certaines précautions
relatives au cadre juridique de la consultation et à l’usage des informations recueillies.
2.2.1. L’utilisation en matière de police judiciaire
2.2.1.1. Les destinataires
Le décret n° 2012-652 du 4 mai 2012 relatif au traitement d'antécédents judiciaires désigne les
catégories de destinataires des informations contenues dans TAJ pour les besoins des enquêtes
judiciaires :
− les personnels de la police et de la gendarmerie nationales et des services des douanes qui
exercent des missions de police judiciaire individuellement désignés et spécialement
habilités pour les recherches relatives aux infractions dont ils ont à connaître ;
− les personnels de l’État investis par la loi de missions de police judiciaire ;
− les magistrats du Parquet ;

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− les magistrats instructeurs, pour les recherches relatives aux infractions dont ils sont saisis ;
− les organismes de coopération internationale en matière de police judiciaire et les services
de police étrangers.
En outre, les services qui consultent TAJ pour le compte de destinataires non connectés doivent
tenir un registre de ces consultations, dans lequel sont systématiquement consignés le nom et la
qualité de la personne sollicitant la consultation (autres services de police ou de gendarmerie,
procureur de la République, juge d’instruction…) et le cadre juridique dans lequel elle intervient.
2.2.1.2. Les cadres juridiques de consultation
La consultation de TAJ est autorisée dans tous les cadres d’enquête judiciaire, quelle que soit la
nature de l’infraction : crime, délit ou contravention.
L’utilisation de TAJ est exclue lors d’une opération de contrôle d’identité prévue à l’article 78- 2 du
code de procédure pénale.
En revanche, elle est autorisée pour une vérification d’identité conduite en application de l’article
78-3 du même code pour trouver un élément d’identification (par recoupement par exemple).
Ce dernier devra toutefois être conforté par des vérifications complémentaires, TAJ ne pouvant à lui
seul suffire à établir directement l’identité d’une personne, même si sa photographie apparaît dans
la fiche d'antécédents (un rapprochement IJ demeure la norme en la matière).
2.2.1.3. Les conditions d’utilisation des informations dans le cadre des procédures
judiciaires
Le décret n° 2012-652 du 4 mai 2012 relatif au traitement d'antécédents judiciaires énonce que
seules les informations enregistrées dans TAJ et relatives à la procédure judiciaire en cours peuvent
être jointes au dossier.
Il en résulte qu’il est en principe interdit de faire figurer dans celui-ci l’ensemble des antécédents de
la personne mise en cause.
En effet, comportant d’autres renseignements, la jonction d’une édition du TAJ doit être
proscrite.
Toutefois, sur réquisition expresse, le magistrat du parquet ou de l’instruction peut solliciter à partir
du TAJ l’édition « antécédent de la personne physique » et demander qu’elle soit jointe à la
procédure.

Obligation est faite par ailleurs à l’enquêteur de vérifier l’exactitude des éléments de réponse issus
de TAJ avant de les adresser au parquet ou au juge mandant.
A cet égard, la qualité des données enregistrées dans TAJ dépend de celle apportée à la rédaction du
CREI dans LRPPN. Ainsi, il est formellement proscrit de saisir en texte libre, dans la zone
consacrée au résumé de procédure :
− toute donnée à caractère personnel relative à une personne citée dans une procédure, et ce
quel que soit son statut.
En effet, l'insertion de telles données dans cette zone pourrait faire échec aux règles
régissant l'application (statut de la personne citée, effacement des données..).
− tout terme discriminant, qu'il soit relatif à une victime ou à un mis en cause.

Enfin, l'enquêteur doit s'entourer de précautions particulières lorsqu’il utilise la fonctionnalité


« exporter », laquelle permet d'enregistrer sur un support quelconque (disque dur, clef USB...) des
données extraites de l'application.
Si cette fonctionnalité peut présenter un intérêt opérationnel dans le cadre d'une enquête, elle permet
un accès aux données de TAJ en-dehors de toutes les règles de sécurité mises en œuvre.

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L'auteur des actes d'exportation doit s'assurer que :
− les données exportées sont sécurisées et leur confidentialité préservée ;
− les données ne seront pas conservées au-delà du temps nécessaire à leur exploitation, soit la
durée de l'enquête ou le temps nécessaire à la rédaction de la procédure concernée.
Exporter des données équivaut à constituer un « fichier », qui demeure soumis aux règles de
la loi Informatique et Libertés.

2.2.2. L’utilisation en matière de police administrative par les services de police


Autorisée par l’article L.234-1 du code de la sécurité intérieure et régie par l’article R.40-29 du
CPP, la consultation en police administrative est strictement encadrée afin de concilier la
sauvegarde de l’ordre public d’une part, et le respect de la vie privée et des droits et libertés
constitutionnellement protégés d’autre part.
2.2.2.1. Les enquêtes administratives donnant lieu à une consultation
Trois catégories d’enquêtes sont à distinguer :
− les décisions administratives de recrutement, d’affectation, d’autorisation, d’agrément ou
d’habilitation ;
− les demandes relevant du droit des étrangers ou relatives aux ordres nationaux ;
− les risques d’atteinte à l’ordre public et à la sécurité des installations privées.

Aucune autre enquête administrative n’autorise la consultation de TAJ en dehors des


dispositions législatives prévoyant expressément la consultation de ce fichier, ou l’obligation
de communiquer des renseignements qui en sont extraits à une autre administration. Par
exemple, les services fiscaux peuvent recevoir communication d’informations en qualité de tiers
autorisés dans le cadre d’une réquisition prévue par les articles L81 et L83 du livre des procédures
fiscales.
2.2.2.2. L’encadrement de la consultation à des fins de police administrative
Seul le module spécifique de consultation administrative de TAJ doit être utilisé pour conduire une
enquête administrative.
2.2.2.2.1. Les caractéristiques du module de police administrative
L’accès aux informations par les personnels de police ou de gendarmerie habilités à consulter TAJ
dans le cadre de leurs missions de police administrative est plus étroit qu’en police judiciaire.
En effet, certaines informations sont occultées par rapport au module de police judiciaire :
− les informations relatives aux infractions ayant donné lieu à des suites judiciaires
favorables au mis en cause, que sont les décisions d’acquittement, de relaxe, de non-lieu
ou de classement sans suite ;
− toutes les informations nominatives relatives aux victimes.
2.2.2.2.2. La compétence non liée de l’autorité administrative pour la prise de
décision
La consultation de TAJ à des fins administratives est de surcroît encadrée par les exigences de
l’article 10 de la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 selon laquelle « aucune [autre]
décision produisant des effets juridiques à l’égard d’une personne ne peut être prise sur le seul
fondement d’un traitement automatisé de données destinées à établir le profil de l’intéressé ou à
évaluer certains aspects de sa personnalité. » Une grande attention doit être portée à cet impératif
rappelé solennellement par le Conseil constitutionnel en 2003.
Aussi, les éléments d’information communiqués par les services de police aux autorités
administratives ne doivent pas se limiter à la simple transmission des éléments issus de TAJ. Ils

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doivent comprendre une analyse et une appréciation critique issue de la consultation.
En cas d’inscription, il incombe aux services de police de vérifier la pertinence des informations
recueillies en fonction de la nature de l’enquête sollicitée. Il y a lieu de s’appuyer sur le ou les
dossiers de procédure judiciaire, en s’attachant notamment à la réalité des faits imputés au
requérant, à leur gravité, à leur répétition éventuelle et à l’âge du mis en cause au moment de leur
commission. Cette vérification doit intervenir même s’il s’agit d’une personne ayant déjà fait l’objet
d’une enquête administrative (renouvellement d’agrément par exemple).
La qualification pénale des faits telle qu’elle apparaît sur la fiche, et qui confère à ces derniers leur
caractère délictueux, ne doit pas être transmise en l’état à l’autorité administrative. Les faits étant
susceptibles d’être amnistiés et de perdre en conséquence leur caractère infractionnel, il incombe de
les rapporter sans les qualifier pénalement.
Il est par conséquent interdit de joindre la copie de l’édition tirée de TAJ à un rapport rédigé dans le
cadre d’une mission de police administrative.

Outil très performant de lutte contre la délinquance grâce à ses fonctions de recherche
criminelle, TAJ doit être mis en œuvre en garantissant son efficacité dans le parfait respect
des libertés individuelles et des règles de droit. Chaque chef de service doit donc veiller
scrupuleusement à la diffusion et à l’application de ses modalités d’exploitation. Enfin, son
utilisation encadrée à des fins de police administrative, nécessite aussi la plus grande rigueur
afin de préserver la légitimité des enquêtes qui sont menées en le consultant.

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