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Guide de la Dissertation Littéraire

La dissertation littéraire est un exercice d'analyse personnelle qui requiert une argumentation cohérente et une rédaction soignée. Elle se compose de plusieurs étapes, dont le travail préparatoire, la recherche d'idées, la rédaction de l'introduction, du développement et de la conclusion. Chaque partie doit suivre des règles spécifiques pour assurer la clarté et la cohérence de l'argumentation.

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Guide de la Dissertation Littéraire

La dissertation littéraire est un exercice d'analyse personnelle qui requiert une argumentation cohérente et une rédaction soignée. Elle se compose de plusieurs étapes, dont le travail préparatoire, la recherche d'idées, la rédaction de l'introduction, du développement et de la conclusion. Chaque partie doit suivre des règles spécifiques pour assurer la clarté et la cohérence de l'argumentation.

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79

CHAPITRE DEUXIEME

Les dissertations

La dissertation littéraire est un exercice qui en appelle à la capacité d’analyse de l’élève dans le cadre
d’une production individuelle organisée, méthodique et organisée 22. Elle est différente du compte rendu ou du
commentaire de texte. Elle demande de la part de l’élève une réflexion personnelle construite autour d’une
argumentation cohérente. Il faut donc en plus de la pertinence de l’analyse, une langue correcte, le respect des
règles de la grammaire, l’orthographe, la conjugaison…Au-delà de ces considérations formelles, il faut
élaborer une démarche cohérente constituée d’étapes et de sous étapes. Son élaboration implique un travail
préparatoire minutieux qui permet d’identifier le sujet, son domaine et son sens, avant de rechercher les
exemples et les citations qui vont dans le sens de la réflexion proposée. La dernière séquence est la rédaction,
elle vient achever toute réflexion nécessaire à la compréhension et à l’analyse adéquate d’un sujet.

I- Le travail préparatoire.
C’est la partie la plus essentielle dans le traitement du sujet de dissertation. Elle est obligatoire pour la
compréhension. Elle évite de sortie du domaine de la réflexion. Nous pouvons le scinder en deux grandes
étapes.

1- l’analyse du sujet
Généralement, un sujet de dissertation est une réflexion qui sous entend un point de vue et qui interpelle
l’élève. Les éléments de sens du sujet et de la réflexion sont glissés dans la formulation. L’élève devra à ce
niveau lire, relire relever puis chercher le sens des mots clés du sujet afin de le délimiter. Cela lui évitera de
sortir du cadre du sujet, car un sujet est affirmation dont le sens suggéré par les mots employés doit être
l’objet de la réflexion de l’élève. A ce niveau il faut soigneusement éviter la précipitation par des lectures
hâtives. Cela permettra de ne pas avoir une compréhension parcellaire ou restrictive du sujet

Au delà de la lecture d’imprégnation, l’élève doit chercher à identifier le sens ou l’opinion qui se cache
dans la pensée proposée. En effet un sujet est toujours composé du domaine et de la thèse de l’auteur ou ce
qu’il convient d’appeler l’opinion de l’auteur. Par exemple dans le sujet « Le roman est un beau mensonge »
définir l’opinion du sujet consiste à souligner qu’Aragon met l’accent sur la dimension fictive du récit
romanesque. Cette étape est importante car elle permet la compréhension du sujet

Aussi faut-il souligner qu’un sujet de réflexion porte toujours sur un domaine précis. L’identification du
domaine évite à l’élève de sortir du sujet ou de faire ce qu’il convient d’appeler communément hors sujet. Le
domaine concerné permet de délimiter le sujet ainsi que son champ afin de pouvoir l’analyser dans un devoir
pertinent et cohérent. Par exemple lorsque le sujet parle du genre romanesque, automatiquement, l’élève doit
savoir que la réflexion doit porter essentiellement sur le roman. Il est de même pour un sujet qui parle de
poésie ou encore d’un sujet qui parle de théâtre ou des autres genres littéraires. Cependant lorsque le sujet
parle généralement de la littérature ou de l’écriture, il faut parler de tous les genres littéraires en rapport avec
l’idée soulevée par le sujet.

Un des éléments les plus importants dans la formulation d’un sujet de dissertation, c’est la consigne. En
effet, l’élève doit attentivement lire la consigne, et suivre scrupuleusement l’orientation qui en découle. La
consigne permet de saisir exactement la portée du sujet ainsi que les objectifs de l’évaluation car tout sujet
proposé se fonde sur des objectifs d’évaluation précis.

Dans une suite logique, de la compréhension, une fois l’idée saisie, l’élève peut élaborer le plan en
conformité avec la consigne tout en évitant de restreindre le domaine ou d’en sortir. Le plan est dicté par la
consigne mais aussi par le type de sujet qu’on traite. Il peut comporter deux ou trois parties au besoin

22
- J. Pappe et D. Roche. La dissertation littéraire. Paris : Armand Colin.2003.
80

2-La recherche des idées

La dissertation est avant tout une argumentation, donc elle doit se construire sur des idées justifiées
par des illustrations. Si la compréhension du sujet est la première condition, dans l’évaluation d’une copie, les
idées sont capitales. En effet, elles permettent de construire l’argumentation, de raisonner d’une manière
illustrée en faisant appel à des exemples en étroite relation avec le sujet. Leur fonction première est de
justifier une opinion ou un point de vue en faisant appel à des exemples pour les illustrer.

Une fois le sujet compris, notez vos réflexions en vrac sur une grande feuille, regroupez-les et
classez-les. A ce moment-là vous verrez se dessiner un plan. N'oubliez pas que l'ensemble des connaissances
acquises non seulement sur l'œuvre au programme, mais aussi sur l'auteur, le mouvement littéraire et
l'époque. Toutes les lectures complémentaires que vous aurez faites éclaireront le sujet et enrichiront votre
devoir en ouvrant des perspectives et en suggérant des prolongements.

L’idée, en soi, est un argument ou un exemple abstrait tandis que les illustrations comme les
exemples littéraires faisant référence à des ouvrages ou les citations sont concrètes car situables dans un
corpus ou un domaine bien précis. Dans ce registre, les exemples peuvent être tirés de la littérature, des
genres littéraires, de l’actualité, d’une expérience personnelle, mais en tenant toujours compte du domaine
concerné.

L’élève, au brouillon, doit répertorier toutes les idées qui vont dans le sens du sujet, les exemples et
les citations pour se donner une matière à son argumentation. Ensuite, il devra créer ce lien qui lui permettra
d’élaborer une argumentation cohérente et bien ordonnée. L’élève doit éviter de vouloir tout mettre dans son
devoir, le travail doit être sélectif, car toutes les idées ne vont pas dans le sens du sujet et le travail est
délimité dans le temps, alors il faut choisir les idées qui expriment mieux les arguments de sa réflexion pour
éviter de sombrer dans la verbosité ou des spéculations futiles.

II- La rédaction proprement dite


La dissertation littéraire est un travail de rédaction. A partir de rien, l’élève doit construire un
ensemble fruit de son analyse et sous tendu par une certaine logique dans l’argumentation et l’agencement des
idées. Elle est structurée en des parties spécifiques et chaque partie obéit à des règles internes qui permettent
son élaboration. Il y a dans une dissertation, l’introduction, le développement, la conclusion. Des parties que
l’on va analyser progressivement.

1-L’introduction de la dissertation littéraire

C’est la porte d’entrée du devoir. Elle donne la première impression sur l’élève. Elle doit donc être
soignée et bien élaborée. Dans sa structure elle se compose de trois parties obéissant chacune à des règles
spécifiques.

A] Partir d’une phrase d’appel

L’élève peut, pour cette séquence, partir de l’histoire ou d’un contexte littéraire, d’un constat. Il peut
aussi formuler l’entrée en partant d’une citation. Dans ce cas la citation doit entretenir avec le sujet un rapport
de sens. La citation doit être expliquée et mise en rapport avec le sujet. Il est possible de formuler une entrée
en partant de définitions des mots clés du sujet ou de l’actualité si le sujet est d’ordre général. De cette partie
à la problématique, il faut créer un lien pour ne pas donner dans le devoir l’impression d’une rupture.

B] La problématique.

Elle est l’étape centrale de l’introduction. Elle pose le sujet de réflexion et permet ensuite d’élaborer
l’analyse. Elle doit être claire et précise dans son élaboration et dans sa formulation. Il faut reprendre tel quel
le sens du sujet avant de l’analyser dans le développement. Si le sujet a une certaine longueur, il faut le
reformuler en gardant le sens, cependant, si le sujet n’est pas assez long il est possible de le reprendre
textuellement mais en conservant les guillemets. De cette étape, à l’annonce du plan il faut dans une sorte de
glissement lier les parties.

C] Le plan
81

Il indique les grands axes du raisonnement, il doit être donc précis et détaillé. L’élève doit éviter les
plans évasifs et vagues. Les parties doivent être annoncées avec précision soit dans une formule interrogative
soit dans une forme affirmative. Il faut aussi éviter les plans trop morcelés. L’élève aussi doit éviter dans le
plan d’employer la première personne du singulier. Le « je » est prohibé.

Dans l’ensemble la présentation de l’introduction obéit à la même règle que le paragraphe


argumentatif. Elle doit être un bloc ou un tout lié. L’élève ne doit aller à la ligne, qu’une fois son élaboration
terminée. Il faut éviter les retours abusifs à la ligne. Il faut savoir que selon les types de sujet, il existe
plusieurs types de plan.

C] 1- Les types de plans

Il existe trois types de plan en dissertation littéraire

a). Le plan descriptif

Ce plan est recommandé pour traiter les sujets reposant sur une citation longue. Il suffit d'organiser
le devoir en fonction des idées principales de la citation en suivant le même ordre que l'auteur.

b). Le plan « dialectique

Le plan dialectique en tant que tel comporte trois parties : thèse, antithèse et synthèse (facultatif).
Mais il est ambitieux et difficile. Deux parties suffiront dans la plupart des cas soit pour confronter la thèse
soutenue avec la thèse opposée soit pour examiner le bien-fondé de l'opinion de l'auteur, puis émettre des
réserves, plus ou moins importantes et pour esquisser une synthèse dans la conclusion

c). Le plan analytique

Il permet d'aller du complexe au simple et répond à deux types de questions : la définition d'une notion
(exemple: Qu'est-ce que le roman ?) ou une demande d'explication (exemple: Pourquoi les contes de le genre
romanesque n’est t-il pas fiable ?). Dans le premier cas les idées seront présentées selon un ordre progressif ;
dans le second cas, c’est une démarche logique qui s'impose : on partira d'un constat pour remonter aux
causes et, éventuellement, examiner les conséquences

2- Le développement
C’est le corps du devoir, il doit correspondre au plan annoncé dans l’introduction. Il se compose
généralement de deux ou trois parties. Il est structuré en des axes majeurs obéissant à une idée générale ou à
un thème spécifique à la partie. Chaque partie doit être introduite par un chapeau qui est la synthèse de l’idée
directrice de la partie. Une idée développée par des paragraphes liés par des connecteurs logiques qui
permettent de donner à la partie une certaine cohérence. Chaque paragraphe est une unité autonome
perceptible dans la présentation de la copie. Les paragraphes doivent être séparés par des alinéas. Dans
l’organisation des idées, il faut choisir les bonnes idées et les ordonner par ordre de pertinence. C'est-à-dire il
faut dans l’agencement des idées partir de l’idée la moins importante à l’idée la plus importante. Il faut aussi à
ce niveau éviter les répétitions et les argumentations arrêtées ou figées. Le développement doit être
progressif. A la fin de chaque partie, il faut élaborer une conclusion partielle. Elle permet de résumer l’idée
essentielle de la partie. Après cette partie, il faut élaborer une transition qui rappelle ce qu’on a déjà fait avant
d’annoncer ce qui nous reste à faire. Cette transition doit être synthétique et concise. Tout comme la première
partie, les autres parties doivent obéir aux mêmes règles de fonctionnement interne. Elles doivent être
agencées selon le même ordre. Et à la fin de chaque partie il faut une liaison pour aller à un autre paragraphe
et à la fin de la partie, il faut faire une conclusion partielle.

3- La conclusion
La conclusion apporte au devoir la dernière touche personnelle. Elle permet aussi de prendre Congé du
lecteur : de ce fait elle demande évidemment à être soignée pour lui laisser une Impression favorable. C’est la
dernière étape du devoir elle se compose de trois parties. Chaque étape obéit à des règles d’élaboration. Elle
constitue un paragraphe donc doit être un seul bloc il ne faut pas aller à la ligne au terme des étapes qui la
constitue. Nous avons le bilan, l’opinion personnelle et l’ouverture à d’autres perspectives.

A] Le bilan : On dresse à ce niveau le bilan de notre argumentation en rappelant les idées développées
dans chaque partie. C’est donc la synthèse du développement ou la somme des conclusions partielles. Elle
doit être fidèle aux parties du développement
82

B] L’opinion personnelle : A ce niveau l’élève doit exprimer son opinion personnelle, sa position ou
son jugement sur le sujet en évitant de parler à la première personne du singulier « je ». C’est la réponse
personnelle à la problématique énoncée par le sujet et posée dès l’introduction.

C] L’ouverture : C’est l’ouverture à d’autres perspectives. A ce niveau l’élève doit soulever un aspect
non qui n’est pris en compte par le sujet. Si elle est bien élaborée, elle doit aboutir à une nouvelle réflexion

4.2- Le paragraphe argumentatif

Le paragraphe est la plus petite unité de la dissertation française. Il est l’élément de base de toute
réflexion sur un sujet donné. Il doit donc être bien structuré. Remarquable par l’alinéa qui en marque le début,
il est essentiellement composé de trois parties. Dans le paragraphe il y a une idée, un argument et une
illustration23. Le début du paragraphe est marqué par une idée énoncée. Cette idée doit être expliquée. Il faut
noter qu’il ne doit y avoir qu’une seule idée, car un paragraphe égale une idée et une idée égale un seul
paragraphe. Cette idée constitue l’élément essentiel du paragraphe qu’il faut illustrer par les autres éléments
composants du paragraphe. En clair, l’idée est le noyau du paragraphe, alors elle doit être clairement énoncée.

L’idée est argumentée par des idées qui viennent se rapporter à l’idée directrice du paragraphe qu’il doit
justifier. Il est possible pour illustrer une idée d’invoquer plusieurs arguments qui viennent se rapporter à
l’idée du paragraphe. A cela s’ajoute les illustrations qui constituent des arguments concrets. Il est possible
d’illustrer par des citations. Dans ce cas, la citation évoquée doit être expliquée et mise en rapport avec l’idée
générale de la partie. A ce niveau l’élève ne doit pas aussi abuser des citations et mettre l’accent sur les
arguments. L’élève peut aussi illustrer par des exemples littéraires tirés d’ouvrages ou par des exemples tirés
de la vie ou de l’actualité. Cependant, les exemples invoqués doivent être expliqués et liés à l’idée directrice
du paragraphe. Toutes ces composantes du paragraphe doivent être liées. On ne doit pas sentir une rupture
entre les séquences car le paragraphe doit être un tout lié. Les liens permettent de créer une certaine
cohérence et une certaine logique dans l’agencement des idées. Chaque paragraphe doit aussi être rattaché
aux autres paragraphes par des connecteurs logiques pour éviter au devoir l’impression d’une rupture.

23
- Blackburn, P. Logique de l’argumentation. Ottawa : renouveau pédagogique. 1989.
83

Quelques dissertations dirigées


Sujet n° 1 :
Selon un critique littéraire : « Le vers n’est ni une larme, ni un chant, mais un cri de guerre »
Expliquez et discutez cette définition de la nature et de la vocation de la poésie.

Compréhension du sujet :

Domaine : Le sujet porte sur la poésie. Le mot « vers » renvoie au genre. Alors l’élève n’a pas le droit
de parler, dans son traitement, des autres genres littéraires.

L’idée ou la thèse du sujet : Le sens du sujet est contenu dans les termes comme :

-Larmes, suggère la tristesse, le deuil, la souffrance, le malheur, la tragédie, en somme le sentiment.

-Chant renvoie au rythme, au son, à l’exaltation, à l’apologie, aux louanges, à la musicalité

-Cri : complainte, révolte, contestation…

-Guerre : combat, lutte, révolution…..

Reformulation : l’élève peut reprendre tel quel le sujet en conservant les guillemets ; ou bien, il peut
reformuler en conservant le sens :

-La poésie au lieu d’être un lyrisme débordant est une arme.

-Le vers est un outil de liberté.

Orientation : dans le traitement, l’élève peut, par exemple, montrer en deux parties :

- En quoi la poésie est un moyen de lutte.


- Le vers permet l’exaltation des sentiments et de la force expressive du verbe.

Introduction
Les vocations de la poésie alimentent les débats les plus contradictoires. D’un penseur à un
autre, les postures s’opposent. Ainsi, si la poésie s’identifie au sentiment, elle est aussi conçue par la
plupart des théoriciens du genre comme un verbe contestataire. Sans doute, dans cette dernière
analyse s’inscrit ce critique littéraire qui affirme : « Le vers n’est ni une larme, ni un chant, mais un
cri de guerre.» Ainsi, il s’agira de montrer d’abord, avec l’auteur en quoi l’art poétique est avant
tout un moyen au service des causes sociales et politiques. Ensuite, nous verrons, au contraire que la
poésie est la traduction d’une vie intérieure ou l’expression d’une esthétique.

Thèse : La poésie au service des causes sociales

Chapeau : Dans la création, le poète imprime à son œuvre une tonalité contestataire qui fait de son
verbe un cri de guerre. Chanter c’est donc se trahir en tant que poète car le dessein de toute poésie est
de servir…

1 Paragraphe de la première partie :

Le poète, par sa plume, est un penseur qui met son génie au service des causes nobles.
L’inspiration est à la fois l’expression d’un génie, mais aussi d’un altruisme débordant car le poète
est porteur des luttes et des défis de son temps. Avec le mouvement de la Négritude, il s’affirme
84

l’image d’une poésie qui, plus qu’un genre littéraire se mue en outil de combat. Dans Coups de pilon,
David Diop, dénonce les malheurs du colonialisme. Cette écriture de la révolte se traduit par
l’expression des malheurs de l’homme noir, mais aussi fustige le système organisé et déshumanisant
du Blanc. Cette démarche de création renouvelle la vision sartrienne de la poésie lorsqu’il dit : « La
maitrise du langage implique l’engagement » En d’autres termes, l’engagement est une obligation
littéraire et un impératif souvent lorsque, pour le poète, ses pairs sont dominés.

Transition : S’il est vrai que la poésie se révèle un art de la révolte et de la contestation, il
faut voir en l’art poétique une expression individuelle et un art esthétique.

Antithèse : La poésie, un art lyrique et esthétique

Chapeau : La poésie est d’abord une expression artistique. Le génie puise dans les abimes de
son moi ses relents internes pour élaborer une œuvre artistique.

1 Paragraphe de la deuxième partie :

Le poète, dans ses vers, est incapable d’échapper au déterminisme de son moi personnel.
C’est précisément, l’auteur qui transparaît dans ses recueils. L’expression neutre est une vaine
abstraction car le vers est toujours l’expression d’une tonalité, d’un lyrisme et d’une vie intérieure.
Cela tient au fait que l’espace de la poésie est le lieu de traduction des troubles, des doutes ou des
drames personnels. Ovide, poète romain, sous le règne de César Auguste, illustre parfaitement cette
réalité de la poésie. En effet, exilé de Tomes à Rome, terre barbare, le poète nostalgique, pleur son
drame personnel dans son recueil Les tristes. Il affirme même comme dans une confession ce lien
étroit entre l’œuvre et son auteur : « Va mon livre ! Va voir dans la foule s’ils ne m’ont pas oublié,
dis leur que je vis ! » En clair, même le poète ne peut échapper à son lyrisme dans l’entreprise de la
création.

Conclusion
En somme, s’il faut dire que la poésie est un verbe révolutionnaire, il faut aussi admettre que
le poète est à la fois un esthète et un être au lyrisme expressif. Disons seulement que le mérité de toute
poésie est de servir aux autres. Cependant, dans ce monde où l’homme ne lit plus à quoi sert le vers ?

Sujet N° 2
Jean Paul Sartre déclare dans Qu’est ce que la littérature ? « J’écris par et pour autrui… »
Commentez et discutez cette appréciation du rôle de la littérature.

Compréhension

Domaine du sujet : « j’écris », le verbe d’action identifie l’écriture, le livre, etc. l’élève à la
possibilité de parler de tous les genres littéraires.

Idée du sujet : « j’écris » renvoie à la vocation de l’écriture, au rôle, aux motivations de l’écrivain,
etc. il y a aussi les mots comme :

-« Par » : source d’inspiration, origines, genèse, la matière à création, etc.


85

-« pour » : but, objet, dessein, rôles,

-« autrui » : société, autres, pairs, prochain, …

Problématique ou reformulation : il est possible de comprendre le sujet en disant :

-L’œuvre littéraire vient de la société pour lui servir.

-L’écrivain prend en charge les problèmes de son prochain

-La société inspire l’écrivain par ses problèmes.

Orientations ou plan du sujet : Il est possible de traiter le sujet en montrant, par exemple :

- L’écriture est une entreprise altruiste.


- La plume est par excellence égoïste.

Introduction
Si l’on s’en tient à Aimé Césaire qui proclame, « Si je ne sais que parler c’est pour vous
que je parlerai… », L’écriture est une démarche envers son prochain. Un tel aspect de la littérature
explique, sans doute l’idée de Sartre qui déclare : « J’écris par et pour autrui… ». Ainsi, il s’agira
de voir, en deux volets, en quoi l’écriture est-elle un lien entre l’homme et sa société. Ensuite, nous
montrerons, ensuite, que le penseur, dans ses textes ne fait que se raconter…

Thèse : L’écriture altruiste et engagée.

Chapeau : L’œuvre littéraire est un moyen par lequel, l’homme reprend et traduit les peines et les
luttes de ses pairs. Créer c’est ainsi servir aux autres.

1 paragraphe de la première partie :

La société, est pour l’écrivain une matière inépuisable pour son inspiration. Il écoute les
larmes, les cris, les joies de sa société pour les retraduire grâce à la magie de la création. Ainsi, le
génie est un être omniprésent qui viole l’intimité des foyers pour tout dévoiler. Victor Hugo, dans Les
contemplations élabore une véritable œuvre altruiste dans laquelle la plume se met au service de ceux
qui souffrent dans la société.les larmes, les malheurs, les cris du poète traduisent les soupirs du
lecteur emmuré dans le silence de l’impuissance. C’est pourquoi, il invite ses lecteurs à se retrouver
dans ses écrits. « Prenez donc ce miroir, et regardez vous y ! » dira t-il. Ainsi, le poète quand il écrit
invite son lecteur à se lire.

Transition :

Si parfois, par principe, l’écrivain est motivé par son prochain, il n’est pas moins vrai que la
création c’est d’abord une expression personnelle.

1 paragraphe de la deuxième partie :

L’ouvrage de l’auteur est souvent l’expression d’une vision personnelle du monde ou une
représentation de sa vie à travers le livre. Une telle démarche de création fait du roman, par exemple,
ou l’écrivain en général, un être solitaire, égoïste, qui par son œuvre, réalise un dialogue avec soi.
Jean Jacques Rousseau, dans Les confessions réalise un véritable traité de l’écriture individualiste à
travers un texte où l’auteur est à la fois narrateur et sujet : « Je forme une entreprise qui n’eut
jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables
un homme dans toute la vérité de la nature et cet homme ce sera moi. » Il faut dire donc que le génie
86

est toujours un être solitaire qui n’écrit que pour lui. La plume est avant tout un moyen d’expression
propre établissant comme une barrière entre l’homme et son monde.

Conclusion
Somme toute, il faut dire que l’écriture est, à la fois, un dialogue avec les autres et une
marche intimiste vers soi. Seulement, il est aussi à noter que si l’écrivain doit servir, son œuvre doit
refléter les problèmes de leurs semblables. Toutefois, face aux médias et moyens de communications
modernes, les genres littéraires ne paraissent-ils pas obsolètes ?
87

Sujet n°3
Dans Le discours de Suède Albert Camus déclare : « L’art vit de contraintes et meurt de
liberté. » Expliquez et discutez cette affirmation.

Compréhension :

Domaine : L’art a un sens large. Donc le sujet porte sur toutes les formes d’expression artistique.
(Cinéma, peinture, danse, sculpture, musique, etc.)

Idée du sujet ou thèse de l’auteur : Les sens du sujet est contenu dans les termes suivants :

-« L’art »: création, génie, inspiration, l’œuvre d’art

- « Vit » : nait de, être issu de, est entretenu par, etc.

- « Contraintes » : difficultés, conjoncture, privations, oppressions, peines, injustices, etc.

-« meurt » : disparait, s’estomper, perd de sens, etc.

-« liberté » : absence de contrainte, être affranchi, libération, etc.

Reformulation ou problématique : il est possible de voir à traves cette affirmation :

- Le génie se justifie par la conjoncture.


- L’art nait de l’oppression.
- La liberté tue l’art.
- C’est la difficulté qui inspire.
- Créer c’est lutter contre l’injustice.

Orientation ou plan possible du développement : Il est possible de traiter le sujet en montrant par
exemple :

- L’art un moyen de lutte


- L’art, un art.

Introduction
Au sujet de l’art, il y a une multitude d’approches et d’analyses. Si certains, mettent l’accent
sur l’aspect esthétique, d’autres voient, en la création un outil contre l’injustice. C’est sans doute dans
cette dernière analyse qu’il faudrait inscrire la posture de Camus qui déclare : « L’art vit de
contraintes et meurt de liberté. » Pour aborder une telle affirmation, nous allons montrer comment
l’art permet ‘il la libération. Ensuite, dans une dernière analyse, il sera question de voir si l’art n’est
pas avant tout de l’art.

Thèse : L’art un moyen de l’libération.

Chapeau : L’inspiration, pour l’artiste, est un acte réactionnaire face à la conjoncture et aux défis de
son temps.

1 paragraphe de la première partie :

Entre l’ouvrage et les réalités de son temps, il y a comme un lien inaliénable. La société
fournit la matière à la création tandis que l’auteur insuffle le ton. Ainsi, il imprime son œuvre des
lutes, des combats et des défis d’une époque et d’un temps. La conjoncture, le contexte donnent
88

naissances, dès lors à la production. C’est le cas, par exemple de la musique reggae que l’on désigne
comme un art révolutionnaire et politique. Face aux grands problèmes du siècle, l’artiste, par sa voix,
revendique et lutte pour la liberté de ses pairs. Avec le musicien ivoirien Alpha Blondy, on assiste à
un art engagé. En effet, dans son titre intitulé SOS, il appelle ses frères artiste à se battre et à
dénoncer lorsque les enjeux de leur époque les interpellent. Il dira : « Le complot du silence
persévère, la langue de bois exaspère, ce triste constat me désespère… » En d’autres termes, dans
l’oppression, le silence est une trahison vis-à-vis de son époque.

Transition :

Même s’il faut voir en tout art une lutte contre une situation injuste, il ne faut pas nier cependant que
l’art doit avant tout être de l’art.

Antithèse : Art comme art.

Chapeau : L’art n’est ni politique, ni morale, il doit avant tout rester un œuvre artistique.

1 paragraphe pour la deuxième partie :

Créer est un acte gratuit. C’est une activité qui demeure artistique tant qu’il garde son
caractère désintéressé. C’est donc trahir sa nature première lorsque l’œuvre cherche à jouer un rôle
dans la société par rapport aux grandes questions de son temps. Cette perception artistique est
défendue par les auteurs parnasses du 19ème siècle. Les thèmes, les questions politiques sont du ressort
des autres formes d’approches du réel, selon ces auteurs. Le devoir du créateur c’est de rester un
esthète et un puriste. Il doit privilégier le beau au détriment du contenu intelligible. Ainsi, il se
dénature dès l’instant qu’il réalise un œuvre utile. D’ailleurs, leur crédo « l’art pour l’art », est une
invitation à un culte de la forme et de l’esthétique.

Conclusion
Somme toute, si l’art est par principe un outil de liberté, il faut aussi reconnaitre que l’art doit
avant tout demeurer une production de l’esthétique. L’on peut, cependant, affirmer que la valeur
d’une œuvre réside dans sa capacité à susciter un plaisir visuel. Toutefois, la question que l’on doit se
poser à son sujet, c’est dans un monde qui souffre à quoi sert de créer ?
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Sujet n°4
Un auteur contemporain disait : « Le théâtre ne sert à rien car à la fin, le lecteur ne retient
que le rire. » Expliquez et discutez ce jugement.

Compréhension du sujet :

Domaine du sujet : Le sujet porte sur le théâtre. L’élève peut parler de comédie, de tragédie, de
drame, etc. il n’ pas cependant le droit d’évoquer les autres genres littéraires.

Idée du sujet : les termes comme « théâtre », « rire » portent le sens du sujet :

-« Théâtre » : imitation, représentation,

- « Rire » : Le terme renvoie à l’expression de la joie, du plaisir. Cela renvoie au ludique, au loisir,
etc.

Reformulation ou problématique : L’élève peut reformuler le sujet en disant :

-Le théâtre ne sert qu’à faire rire.

-Le rire c’est la seule chose qui reste à la fin de la pièce.

-Le théâtre ne sert qu’à distraire.

Plan ou Orientation du sujet : Il est possible d’aborder l’idée selon deux axes :

-Le théâtre comme genre de la distraction

-Le dramaturge a plusieurs vocations dans la société.

Introduction
Le théâtre est un art de la représentation. Sa particularité est sa capacité à captiver en alliant
le rire et l’engagement. Souvent, c’est la distraction qui motive le créateur notamment dans la
comédie. Un tel état de fait explique sans doute l’affirmation qui suppose que le théâtre ne sert qu’à
distraire. Réfléchir sur un tel regard suppose d’abord montrer en quoi la dramaturgie est un culte du
rire. Il s’agit ensuite de voir si le théâtre n’est pas avant tout un genre utile aux hommes

Thèse : Le théâtre comme culte du rire.

Chapeau : Si la dramaturgie a plusieurs vocations, les analyses les plus partagées semblent assimiler
d’abord le théâtre à la distraction.

1 paragraphe de la première partie :

Le théâtre est un genre dont le principal rôle est de susciter le rire. Le sens, les thèmes, sont
moins importants que sa capacité à distraire. La création est donc motivée par un souci de réconforter
le lecteur, de l’inviter à s’évader l’instant de la représentation ou de la lecture. Cet aspect de la
dramaturgie est le propre de la comédie. Molière, dans sa pièce intitulée Les fourberies du Scapin
traduit le ridicule de la gérontocratie en raillant les propensions au pédantisme pour exalter la ruse
de Scapin. Cette façon d’écrire est une rupture d’avec le sérieux de la tragédie comme le défend bien
Molière lorsqu’il déclare : « Je me demande bien si la première des règles n’est telle pas de
plaire ? » En clair, le théâtre est considéré comme abouti si à la fin le lecteur y trouve un espace
d’évasion.
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Transition : En dépit de son caractère distractif, il faut aussi reconnaitre que le genre théâtral à
des vocations plurielles dans la société.

Antithèse : Les différents rôles du théâtre dans la société.

1 paragraphe de la deuxième partie :

Le regard du dramaturge est souvent une vision inquisitrice qui investit l’espace social pour
recenser les maladies qui le gangrène pour les dénoncer et pousser les hommes vers le progrès. Au
20ème siècle la dramaturgie apparait comme un genre qui met en texte les alaises de la civilisation des
années folles. L’art théâtral est à la fois un art du ludique ; mais aussi un diagnostique constructif de
la société et des mœurs. Dans Les mains sales, Jean Paul Sartre élabore un plaidoyer magistral en
faveur de la révolte contre toute forme d’injustice. Cette pièce met en évidence le drame de la
condition humaine à travers une tonalité révoltée. D’ailleurs, le penseur existentialiste affirme : « Il
faut plonger ses mains jusqu’aux coudes dans la merde et dans le sang. » Cette invitation traduit une
vocation du théâtre qui va au-delà de la distraction.

Conclusion
Au total, il faut remarquer que le théâtre est un genre à la fois utile et distractif. Toutefois, il
faut dire que le but du dramaturge est d’enseigner, même s’il comporte une certaine part de
distraction. La vraie question qu’il faut se poser c’est peut-être dans un univers qui a faim et qui a
soif, à quoi peut bien servir une pièce de théâtre ?
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CHAPITRE TROISIEME
Le résumé suivi de discussion
Définition : Résumer un texte c’est le condenser en employant un vocabulaire plus ou moins
personnel. Cette contraction doit retraduire l’essentiel du texte proposé. Pour cela, l’élève doit
chercher à comprendre le texte ensuite rédiger le résumé proprement dit.

I- Le travail préliminaire

Ce travail consiste à une lecture active du texte qui doit mener à sa compréhension globale. C’est
une démarche qui consiste à d’abord faire un travail de compréhension.

1-Idées générales : Il importe de déterminer les thèmes du texte qui sont des orientations intérieures à
la thèse générale défendue ou elle rejetée. Ces idées constituent les idées principales.

2-Les mots clés : ce sont les mots ou expressions les plus importantes qui sont porteurs des idées.

3-Les connecteurs logiques : Ils assurent les articulations logiques qui soulignent les liens qui
unissent les idées opposées, causes, conséquences, déductions, additions. Il faut les encadrer dans le
texte.

4-Le plan : Il s’agit de dégager la structure logique du texte.

II- La rédaction proprement dite : Elle repose sur trois principes

1-La réduction : Il est possible de proposer de résumer un texte au 1/3, au ¼, au1/5, de sa longueur
initiale. Une marge de plus ou moins 10% est généralement tolérée.

Remarque : on appelle mot tout ensemble de lettre ayant un sens et n’étant séparé ni par un tiret ni par
un espace, ni par un apostrophe. Exemple : c’est-à-dire (4 mots)

2-La sélection : Il s’agit d’éliminer les répétitions d’idées, les exemples illustratifs, et non les
exemples argumentatifs, les exclamations, les interjections.

3-La fidélité : Le résumé doit être objectif, c’est-à-dire l’élève ne doit émettre aucun avis personnel.
Ainsi, nous ne devons jamais utiliser des formules comme « l’auteur montre…. l’auteur dit…. etc. »

En revanche, l’élève doit reprendre le système pronominal (les pronoms, comme, je, tu, il, etc.) et
verbal. Enfin, l’élève doit veiller à la correction de la langue et éviter de faire un montage de citations.
L’élève doit conserver les vocabulaires de base ainsi que les mots savants et techniques. Les phrases
doivent être reliées par des connecteurs logiques : Par exemples :

- Opposition : « mais, cependant, par contre, en revanche, néanmoins, seulement, toutefois,


quoique, etc. »
- Le classement : « d’abord, ensuite, enfin, premièrement, etc. »
- L’addition : « en outre, en plus, puis, ensuite, etc.
- La conséquence : « par conséquent, en somme, au total, somme toute, tout compte fait,
ainsi, alors, dès lors, d’où, etc. »

La discussion : c’est une petite dissertation qui aux mêmes règles que la dissertation mais dont la
thèse est déjà proposée par l’orientation du texte……
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Applications sur le résumé

Texte n° 1

Les dynamiques sociales

Aujourd’hui, le débat sur la place des minorités noires et de toutes les minorités visibles en
France bat son plein. Les uns et les autres, nous participons à ce débat. Les uns et les autres, nous
utilisons les moyens qui sont les nôtres. Nous sommes bien loin d’une quelconque unanimité. Il y a les
descendants d’esclaves. Il y a les descendants de colonisés. Il y a les descendants de négriers
occidentaux et orientaux et de colons occidentaux. Il y a les métis, les quarterons, les octavions, qui ne
sont pas noirs mais sont pris et finissent par se prendre pour des Noirs.
Il y a ceux qui sont des mosaïques de tout - peau- rouge, peau noire, peau jaune, visage pâle -,
ceux-là dont la composition n’a pas encore trouvé place dans les dictionnaires. Il y a de ces Noirs qui
ne sont ni descendants d’esclaves, ni descendants de colonisés, mais revendiquent comme une gloire,
un honneur immense d’être l’un et l’autre parce qu’ils sont noirs et que tous les hommes noirs auraient
la même histoire, la même culture, le même destin. Tout ce monde anime un débat qui va dans tous les
sens, sur tous les tons et parfois dans une cacophonie indigeste, où des positions éminemment
pertinentes côtoient des délires purement psychédéliques. Il n’est donc pas exceptionnel d’entendre
une personne d’origine camerounaise proclamer qu’il est descendant d’esclave et un antillais se
baptiser africain. Je parle bien de baptême car généralement tout cela s’arrête à un ostentatoire
changement de nom… de plume et à la psalmodie d’un crédo afro centriste incantatoire, le vécu réel
restant bien évidemment occidental, même s’il se revêt de tenues dites africaines parce qu’appartenant
à une supposé mode vestimentaire dogon ; même si le tissu vient en droite ligne d’une manufacture
batave et d’une factorerie chinoise.
Même si le col Mao, symbole vestimentaire de l’authenticité de Mobutu, est emprunté à Pékin.
Les uns concentrent leurs demandes sur un objet unique : davantage de représentativité des Noirs à la
télévision. Si c’était l’indispensable sésame pour accéder à plus de respectabilité, cela se saurait. Le
rapport des Asiatiques avec ces deux facteurs - représentativité cathodique et respectabilité sociale –
nous permet d’en douter. Certes, les choses sont plus complexes. Certes, on nous l’a toujours dit, ce
n’est pas pareil. Nous y reviendrons souvent. D’autres enfourchent le cheval économique. Cette
revendication est certainement plus objective, plus légitime. Elle va plus loin que la simple
symbolique télévisuelle, pour réclamer le même anonymat positif pour tous les habitants de ce pays,
cet anonymat qui permettra la fin des discriminations en tous genres.
Gaston kelman Je suis noir et n’aime pas le manioc.
Vous résumerez ce texte en 100mots (tolérance 10%plus ou moins)

DISCUSSION
« Il y a de ces Noirs qui ne sont ni descendants d’esclaves, ni descendants de colonisés, mais
revendiquent comme une gloire, un honneur immense d’être l’un et l’autre parce qu’ils sont noirs et
que tous les hommes noirs auraient la même histoire, la même culture, le même destin »
Expliquez et discutez

Impressions générales : il est important pour résumer ce texte, pour l’élève de suivre la consigne car
il lui est demandé de le résumer en 100 mots avec une marge de 10% c’est-à-dire, soit 110, soit 90
mots.

Résumé (proposition)

Nous alimentons tous les débats sur le faciès en France. L’identification à la « blackitude »
est un reflexe chez toutes les minorités. Le mot race est éclaté. Il n y a pas qu’une seule race noire.
C’est la cacophonie autour de la couleur. Quelle réalité étrange lorsqu’un Camerounais se dit
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descendant d’esclave tout comme le fils d’ancien esclave réclamer une africanité.la race est ainsi
ostentatoire. Plus que la réalité, le symbole prime. L’appel à l’émancipation dicte les conduites quand
la quête de la représentativité visible cherche à effacer toutes les différences.
Résumé en 100 mots

Texte N° 2
Bien des gens ne lisent que pour éloigner l’ennui, comme ils écoutent la radio, regardent la «
télé », les images, ou feuillettent les journaux. L’imprimé pullule, et on pourrait dire après tout, que les
gens n’ont jamais tant lu. Mais il y a lire et lire. La vraie lecture commence quand on ne lit plus
seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver. Il y a un jour où tout inconsciemment on
passe de l’un à l’autre. Ce peut n’être pas volontaire, mais l’effet du plaisir même, d’une sorte
d’envoûtement dont un livre, qu’on tient dans ses mains et qu’on ne peut plus quitter est la cause. Ce
n’est pas non plus encore lire que de lire pour apprendre, pour savoir, pour s’informer, et pour des
raisons professionnelles. Joubert* disait que « notre sort est d’admirer et non pas de savoir ».

La vraie lecture est la chose la plus intime et la plus désintéressée, encore qu’il ne s’y agisse
que de nous-mêmes. C’est un temps qu’on se donne pour ne plus vivre par influence, par contagion,
mais pour reconnaître, choisir son propre chemin et devenir soi-même. Un livre est un outil de liberté.
C’est un objet devant soi, quelque chose sur quoi on peut réfléchir, à quoi on peut revenir, qu’on peut
corriger contredire, discuter, quelque chose qu’on juge. Les images, les sons passent aussi vite que les
moments successifs de la vie. Un écrit, un livre reste. Il faut devant lui dire oui ou non. Un livre est
une conversation et tout ensemble cependant un exercice de solitude. Je veux ici écarter l’anecdote
toute personnelle, mais je repense souvent à ces nuits de mon adolescence, durant lesquelles je me
battais avec le destin et découvrais dans les livres ce que pouvait être une vie libre par opposition à
celle que je subissais. Lit-on un grand roman? On s’identifie à son héros. On y vit par procuration. Et
cela devient plus conscient, et vient le moment où on ne lit plus pour aucun intérêt, pour aucun profit,
rien que « admirer », en toute gratuité dans une joie indéfinissable, au-delà de soi-même. Mais un vrai
livre est devenu la chose la plus précieuse. Un homme vous parle et il vous semble qu’il dise
précisément ce que vous attendiez, ce que vous vouliez dire mais n’auriez jamais su dire. C’est tout
simple et merveilleusement étrange.

Ces mots, qui sont aussi vos mots, comme par l’effet d’un charme, sont doués soudain d’un
nouveau pouvoir et vous êtes curieusement débarrassé de vous-même et devenu un autre, plus fin, plus
délicat, plus profond que vous-même. Vous êtes dans le monde où vous aimeriez vivre, mais vous
n’aviez jamais imaginé qu’il pût être si beau.

Jean GUEHENNO, Carnets du vieil écrivain, Editions Grasset, 1971.

* Joubert : moraliste français (1754-1824).

Vous résumerez ce texte de 454 mots au quart de sa longueur (avec une tolérance de plus ou moins
10%).

DISCUSSION : Pensez-vous, comme Jean Guéhenno, que « la vraie lecture commence quand on ne
lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver » ?
Impressions générales : le texte ne présente pas, à la différence de compréhension, le sujet est clair et
l’expression accessible. Dans la consigne, il est demandé à l’élève de résumer le texte en 113 ou 114
mots avec une tolérance de 10% plus ou moins.

Proposition de résumé :

L’instant de la lecture est pour les hommes un moment d’évasion. C’est différent de la vraie
lecture, car lire c’est aller vers soi-même. Il ne s’agit pas de cette lecture instructive, mais celle qui
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consiste à se lire. Le livre véritable est celui qui nous fait visiter les voix intimes de notre moi. Le texte
est une réalité figée sur laquelle on peut appliquer notre réflexion. Tout le contraire de l’image qui
défile rapidement. Par la lecture, on embrasse un personnage qui est, à la fois lui et nous-mêmes, qui
traduit nos soupirs à notre place. Lire est un exercice fascinant et étrange. La lecture vous transporte
dans le monde de vos rêves.
Résumé en 121 mots

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