Art Africain Traditionnel - Wikipédia
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Cet article concerne l'art africain traditionnel. Pour l'art contemporain, voir Art
contemporain africain.
L'art africain traditionnel, ou plus exactement l'art de l'Afrique7 antérieurement à l'art moderne et
contemporain de l'Afrique, se manifeste sous une multitude d'arts, souvent associés. La musique
et la danse, la réalisation de nombreux types d'objets, sculptés, éventuellement enduits, peints ou
produits par assemblage de nombreux éléments, ainsi que les arts du corps (coiffures, parures
et peintures corporelles, scarifications, tatouages89) mais aussi des objets faits à la main, que
l'on peut estimer de stricte utilité et même s'ils ne comportent aucune décoration, peuvent
présenter un caractère artistique dans l'Afrique traditionnelle10. Mais « l'appréciation de « l'art
africain » [la sculpture, considérée en dehors de tout contexte culturel] est un phénomène du
xxe siècle associé à des artistes et des collectionneurs européens. [...] La notion de « l'art
africain » était plus ou moins étrangère aux sociétés d'origine des objets. »11 Aussi la
contextualisation culturelle de l'art africain dans son cadre historique d'origine précis reste un
objectif au xxie siècle.
Le vaste espace de l'Afrique a donné lieu, au cours de son histoire12, à des pratiques sociales et
créations artistiques générées le plus souvent par une certaine population à un moment de son
histoire. Certaines de ces créations artistiques ont pu aussi être partagées par plusieurs
populations. En raison des déplacements des uns et des autres, de nombreux traits de culture ne
sont pas nécessairement spécifiques ni immuables13. Récemment, des études précises ont pu
remettre en cause l'identité attribuée à certaines populations au xixe siècle, avec un style
artistique spécifique attribué au xxe siècle, comme celui identifié en tant que senufo14. La
répartition de ces populations est cependant variable, certaines pouvant être homogènes
localement, d'autres seront séparées par un ou plusieurs autres peuples, ou parfois dispersées
sur un très vaste territoire. Le concept d'ethnie a fait l'objet d'études critiques. Le terme d'« art
tribal », proposé par l'anthropologue William Fagg (en)15 dans les années 1950, mais est
cependant encore retenu par Babacar Mbaye Diop en 201816, ce qui lui permet d'étudier chaque
style tribal constitué par les traits communs à toutes les productions artistiques dans la tribu en
question.
Des arts de l'Afrique ancienne il ne reste que des objets pour en témoigner. La plus ancienne
céramique d'Afrique subsaharienne apparait vers 10 000 AEC17, dans l'actuel Mali, sur un site d'
Ounjougou recevant les premières moussons après la période dite du Grand Aride, au début de
l'Holocène. Ces céramiques portent un décor imprimé18. En 2012 les plus anciennes formes de
peintures et gravures africaines actuellement datées, l'art rupestre du tassili n'Ajjer ont, environ, 9
à 10 000 ans BP19. La recherche archéologique, souvent difficile, continue d'apporter de
nouvelles formes d'art ancien, dans leur contexte, ce qui permet de les dater et de les situer au
sein de leur culture d'origine pour une meilleure compréhension de l'histoire des habitants
d'Afrique.
Le premier théoricien de l'art africain, de l'Afrique (ouest et centre) Carl Einstein, écrit en
191520« Certains problèmes qui se posent à l'art moderne21 ont provoqué une approche plus
scrupuleuse de l'art des peuples africains » [...] « [on a y rarement] posé avec autant de clarté des
problèmes précis d'espace et formulé une manière propre de création artistique »22.
De nombreuses études ne cessent de se pencher sur la réception occidentale des arts africains.
Celle-ci repose largement sur le travail initial des ethnologues, puis sur les questions d'esthétique
débattues entre artistes et théoriciens, ainsi que sur le travail des marchands d'art et la diffusion
de ces formes, enfin avec la passion des collectionneurs. L'ethno-esthétique et la philosophie de
l'art se sont emparées de ces questions, en France depuis les travaux de Jacqueline Delange
(1967)3 et Jean-Louis Paudrat (1988)23.
La conservation d'œuvres d'art africain en musée était autrefois inconnue sur ce continent, les
œuvres ayant des vocations religieuses ou politiques, ou une fonction utilitaire dans la vie
quotidienne. Paradoxalement, le fait que nombre de ces œuvres aient été conservées sur
d'autres continents, notamment en Europe, a permis leur préservation. Le travail préalable à la
restitution à l'Afrique de son patrimoine est en cours.
Plusieurs questions se posent, en effet. Sachant que le concept d'art est apparu en Occident,
qu'il a donné lieu à la création, problématique, de mots nouveaux au Japon en 187324 et en Chine
au début du xxe siècle25, associés à des concepts nouveaux, car étrangers à la pensée extrême-
orientale, on est en droit de se demander si le mot, appliqué au xxe siècle en Afrique, avec
l'appréciation qu'il nécessite, a bien sa place ici26. Lucien Stéphan indique le caractère le plus
souvent religieux de l'art africain27. Dès lors, comme le dit Jean-Louis Paudrat28, dès que ces
objets sont arrachés à leur lieu d'origine, à leurs rites, aux configurations sociales, intellectuelles
et spirituelles qui justifiaient leur élaboration, « fragment résiduel d'une totalité absente, l'objet
africain peut-il encore nourrir une appréciation juste de ce qu'il fut ? » Il semble nécessaire de
savoir son lieu d'origine et tout ce qui a déterminé sa réalisation, telle qu'elle nous apparait
aujourd'hui, et de ses fonctions initiales. Mais en s'appuyant sur les données foisonnantes de
l'anthropologie ne risque-t-on pas de perdre de vue sa nature « artistique » ? La solution, en
suivant le projet de Jean-Louis Paudrat, consisterait à voir chaque objet dans son contexte
artistique, au sein des objets et des pratiques auxquelles il est apparenté et ainsi fonder notre
appréciation dans ce travail du regard.
Pour les historiens de l'Afrique, en 2018, la question se pose autrement, si l'on considère
l'ensemble du continent, comme le font les auteurs de L'Afrique ancienne, sous la direction de
François-Xavier Fauvelle et paru en 201832. Car cette méthode permet d'indiquer les échanges,
les parcours, mais aussi des espaces au climat changeant : pour exemple les populations aux
morphologies « pré-berbères » du « Sahara vert », pratiquant une céramique apparue avant 7000
AEC dans la vallée du Niger33. Le « Sahara vert », au moins entre 10000 et 4000 AEC, a en effet
fonctionné comme un véritable « melting-pot » humain. Cette histoire du continent africain
intègre une Préhistoire et une Antiquité où les arts d'Afrique sont bien présents. Ainsi les arts
d'Afrique précontemporains34, n'ignorent pas les arts d'Afrique du Nord et de l'Ouest, les arts
d'Afrique orientale tout autant que les arts de toutes les autres régions d'Afrique.
Les objets, sculptures sur bois, mais aussi en métal ou avec du métal et autres matériaux, ainsi
que la céramique et la vannerie, les textiles ou le cuir et les perles ne constituent qu'une partie
des arts tels qu'ils sont ou ont été pratiqués traditionnellement en Afrique. Il faudrait, bien sûr,
aussi prendre en compte la musique et les danses traditionnelles africaines. Par ailleurs les
documents photographiques nous renseignent sur la décoration du corps en tant qu'art, ce qui
s'étend aux objets servant à orner le corps (bijoux, perles) et qui peuvent être considérés en tant
qu'art, tout autant41 ; ainsi la peinture corporelle, comme chez les Nouba, a pu être l'occasion
d'une intense créativité artistique42. Les parures de tête, les coiffures, elles aussi documentées
par la photographie, sont souvent associées à des couvre-chefs dont les qualités esthétiques ont
permis la conservation43. Ces coiffures ont pu être modifiées en suivant des modes nouvelles,
comme ce fut le cas, à l'échelle d'un groupe, celui des Mangbetu au début du xxe siècle, lorsque
la coiffure "en panier" passa de mode, après être passée d'une marque réservée à l'élite à une
pratique plus largement partagée44. À ce propos, les documents photographiques datés
s'avèrent indispensables. Par contre, en général, les scarifications relèvent plus de codes que
d'un art, tout en témoignant d'une très grande créativité d'une population à l'autre. Le vêtement,
s'il est, comme partout, un système de communication qui peut signifier le sexe, l'âge et
l'appartenance à un groupe, il offre aussi l'occasion d'une créativité toujours renouvelée, la
manifestation d'une personnalité. Enfin, l'art textile se manifeste magistralement dans certains
masques, avec broderies et appliqués somptueux. À ce premier ensemble on peut aussi
adjoindre l'architecture, au sens large, mais aussi les arts rupestres. Quant aux arts « pour
touristes », ils relèvent de pratiques modernes et contemporaines tout en faisant bien souvent
référence à des pratiques ou des formes traditionnelles45. L'art est en partie liée à la religion. Les
perles traditionnelles sont utilisées selon les types de personnalités : les prêtres
traditionnels(culte ancestral) ont leur perle spéciale, les chef traditionnels ont leur perle spéciale,
le peuple a sa perle special ect. qui détermine un ordre dans la culture et tradition en Afrique, de
même pour les vêtements selon les différentes classes sociales qui composent les peuples. Les
perles façonnées dans les règles de l'art Africain ont des noms et significations46.
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2020). [afficher]
La diversité plastique de l'Art africain traditionnel montre une prodigieuse imagination et une
intensité magique, révélant l'omniprésence du sacré — qui fascina quantité d'artistes et
collectionneurs occidentaux au xxe siècle dont André Breton47 — et des rites complexes :
cérémonies où se jouent la définition du pur et de l'impur, la perpétuation de la lignée, la
légitimation des alliances, la force et la cohésion du clan.
Parmi les objets usuels africains on peut aussi trouver des objets artisanaux tels que des
poulies, des serrures de grenier, des échelles, des calebasses pyrogravées et des armes, des
objets personnels (poupée de maternité, fétiche), mais aussi des objets comme des statues
décoratives sculptées pour les villas des blancs dans les années 1950 et 1960, ou comme
enseignes naïves des boutiques. Ces objets sont des « faux » pour les puristes et les « ethnos »
qui les méprisent, mais ces pièces, aujourd'hui patinées par le temps, révèlent souvent ce qui est
très beau et très touchant dans un art réellement populaire, témoin d'un temps aujourd'hui
révolu. Par exemple les statues dites « colons » représentent le « colon », l'homme blanc vu par
l'homme noir, et sont souvent des statues pleines d'humour et de drôlerie (casque colonial,
pistolet à la ceinture, mains dans les poches).
Cependant les faux d'aujourd'hui font des ravages, car dans de nombreux villages africains les
artisans sont passés maîtres dans l'art de patiner le neuf, d'autant plus que selon les experts il
devient impossible de retrouver aujourd'hui une œuvre majeure sur le continent. Tout est déjà en
Europe, chez les collectionneurs (comme le Bruxellois Willy Mestach), dans les familles
d'anciens colons ou en Amérique dans les musées. Trouver un objet rituel étant devenu
rarissime, il y a de nombreux vols concernant ces objets, liés à la découverte de cet art primitif.
D'autre part, de nombreux « rabatteurs » écument les villages de brousse les plus éloignés pour
inciter les villageois à leur vendre leurs objets usuels comme les statuettes, les masques ou les
poupées. Lors de la mode des échelles de grenier Dogons, à la fin des années 1980, les
antiquaires africains raflèrent toutes les échelles des villages et saturèrent le marché parisien, ils
firent la même chose pour les serrures bambaras. Dans les années 1990, des trafiquants
volèrent des centaines de waka, des stèles funéraires de bois sculpté, placées sur les tombes
des chefs de clans Konso.
Les gouvernements africains de leur côté laissent faire car ils ne manifestent pas beaucoup
d'intérêt pour le marché de l'art africain et même le boudent, alors qu'une résolution prise par
l'UNESCO interdit, depuis le début des années 1990, de faire sortir masques et statues du
continent africain. Mais dans les faits, ni l'UNESCO, ni les gouvernements africains ne disposent
des moyens d'endiguer l'hémorragie et de protéger ce patrimoine. De plus, certaines critiques se
sont élevées contre une telle mesure avec comme argument : « Rien n'interdit aux Européens,
aux Américains ou aux Japonais de vendre leurs œuvres à l'étranger ou d'en acheter. Pourquoi ce
droit serait-il interdit aux Africains ? ».
L'Afrique reste cependant un gisement artistique naturel d'importance majeure, car d'un bout à
l'autre de ce vaste continent il existe des milliers de tombes millénaires contenant encore des
dizaines de milliers d'objets à découvrir. Quelques musées africains, dont les États n'ont pas les
moyens ni la volonté d'entreprendre des fouilles, tentent de s'organiser et de proposer aux
marchands des fouilles mixtes ou conjointes avec comme but de conserver les pièces les plus
exceptionnelles et au moins de pouvoir être intéressés aux ventes des objets collectés, afin
d'avoir les moyens de mettre en œuvre une véritable politique d'acquisition.
Aujourd'hui l'art africain est une mine inépuisable d'inspiration pour les créateurs qui le
réinterprètent mais « hors de son milieu, retiré de son contexte, non seulement géographique mais
aussi social, l'objet perd son identité culturelle. (...) De la panoplie du "colonial" au mur du
"collectionneur" associé aujourd'hui à l'art contemporain, on tend à oublier la relation de l'objet
africain avec son milieu d'origine, faisant abstraction de l'évidente implication ethnologique ».
Restitution
Si la question des objets est ainsi posée, elle n'en demeure pas moins nécessairement liée à
celle des ressources, à tous les récits qui ont été collectés ou reconstruits à propos des sociétés
qui ont produit lesdits objets, afin de donner des objectifs scientifiques à ces restitutions. Et ces
ressources sont, tout autant, à envisager dans le cadre des restitutions50.
Le 4 novembre 2020, le Sénat français a adopté à l’unanimité le projet de loi de restitution des
œuvres d’art au Bénin et au Sénégal. les sénateurs ont modifié l’intitulé du projet de loi,
remplaçant le terme « restitution » par le mot « retour ». Ce qui donne « projet de loi relatif au
retour de biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal51 ».
Les 26 œuvres béninoises ne seront pas restituées avant 2021, car le musée d’Abomey qui doit
les accueillir est encore en cours de construction52. Depuis 2019, six pays du continent africain
ont formulé des demandes de retour d'œuvres traditionnelles retenues en France. Le Sénégal, la
Côte d’Ivoire et le Mali réclament plusieurs objets. Le Tchad a demandé à récupérer
10 000 pièces. L’Éthiopie en a listé 3 000 exposés au Quai Branly en février 201953.
Quelques œuvres d'art dont la restitution au Bénin est suggérée par le rapport Savoy-Sarr, qui
établit des listes de même nature pour le Sénégal, le Nigeria, l'Éthiopie, le Mali et le Cameroun.
Statues des rois d'Abomey au xixe siècle. Musée L'une des quatre Siège royal de Cana.
du Quai Branly54 portes du palais Avant 1893. Bois,
royal d'Abomey. pigment, H. 1 m.
Atelier Sossa Dede,
vers 1889. Bois
polychrome,
pigments, métal
Cette question n'est pas propre à la France. Et la relation problématique de l'art africain avec les
musées, africains et occidentaux comme le Forum Humboldt et l'AfricaMuseum, fait l'objet de
débats depuis les années 1990 et jusqu'en 202056. En avril 2024, Le British Museum, fait l'objet
d'investigation de la part du gendarme de la Communication. Le musée aurait dissimulé des
informations autour d’une dizaine de tablettes sacrées, pillées en Éthiopie, lors de la
colonisation. l'Éthiopie réclame la restitution de ces objets d'arts57.
Les artistes
Pendant longtemps, il a été admis sans discussion que l'art africain était un art anonyme, un art
dont les productions, régies par des préoccupations ethniques, religieuses et rituelles
dominaient complètement l'individualité créatrice. Il était admis comme une évidence que les
objets relevaient tous de préoccupations rituelles ou mystiques et ne concernaient guère
l'esthétique58. S'il est vrai que les objets d'art n'avaient pas de valeur marchande dans les
sociétés africaines traditionnelles et que les œuvres n'étaient bien sûr pas signées dans le
contexte de sociétés sans écriture, il n'est pas moins vrai que les artistes marquaient parfois
leurs œuvres par des signes distinctifs que les Européens ne reconnaissaient pas et ignoraient59.
L'idéologie de l'anonymat a donc participé d'une dépréciation générale des Européens vis-à-vis de
l'art africain59. Pourtant, les recherches en ethnologie de l'art commencent à déconstruire ces
préjugés. Selon l'ethnologue Patrick Bouju, « l'ethnologie de l'art, en se développant, découvre la
création individuelle et abandonne l'idéologie de l'anonymat »60. Les qualités esthétiques des
objets ne sont pas seulement soulignées, il est maintenant admis que l'artiste africain apprend
son métier, parfois dans des ateliers dont le fonctionnement a été comparé avec les ateliers
médiévaux ou de la Renaissance, selon des règles précises sur le plan esthétique et social, et
qu'il travaille le plus souvent sur commande61. Ce processus crée une émulation entre les
artistes qui sont distingués au sein de leurs sociétés respectives. Ainsi, à eux seuls, les Yoruba
du Nigeria distinguent au moins une trentaine de maîtres sculpteurs jouissant d'une
considération particulière62. Les Fân du Woleu-Ntem reconnaissent une quarantaine d'artistes
dont le nom se transmet de génération en génération63. La transmission des connaissances de
père en fils produit parfois des familles de sculpteurs. Désormais, les œuvres sont de plus en
plus souvent attribuées à des ateliers ou à des artistes64. Il apparaît donc que la persistance de
l'anonymat résulte largement de la manière dont les œuvres étaient récoltées, sans égard pour
leur créateur, particulièrement pendant la période coloniale, manifestant ainsi le désintérêt des
fonctionnaires coloniaux au moment où ils effectuaient ces prélèvements65,66.
Par ailleurs il semble nécessaire d'évoquer le contexte de l'étonnante créativité des artistes
africains traditionnels, produisant des œuvres clairement distinctes les unes des autres, même
fabriquées par le même artiste. Louis Perrois signale que « le sculpteur est libre de créer dans le
cadre de son style traditionnel »67. Mais il précise, en 2017, que « toute motivation d'inspiration
fantaisiste et individuelle des artistes était hautement improbable dans la mesure où le résultat
final d'une œuvre devait impérativement rentrer dans un système de sens compris de tous »68.
Dans le même ouvrage, cet auteur fait apparaitre plusieurs grands styles, comme ceux des Fang,
des Kota et des Kwele, tout en donnant à voir, chaque fois, ce qu'il appelle le « cœur » et la
« périphérie » de chaque style. Cette étude détaillée pour l'Afrique équatoriale atlantique indique,
à l'occasion de voisinages ou de migrations, de nombreux emprunts faits aux uns et aux autres.
Ces emprunts pouvant être causés « pour des raisons rituelles et de renforcement de la charge
spirituelle des objets ou pour des raisons de prestige social ». Ainsi chaque artiste est bien libre,
dans l'espace du système de sens compris de tous, en se jouant des effets du style de sa
communauté et en intégrant, éventuellement, des éléments empruntés dans un but précis.
Les progrès dans les techniques de datation permettent aussi de restituer la profondeur
historique de cet art. Des objets en bois que l'on croyait du xixe siècle, à cause de la fragilité du
support, peuvent remonter au xe siècle64. Des tests de thermoluminescence effectués sur les
noyaux d'argile des bronzes d'Ife, qu'on croyait soumis à des influences européennes à cause de
leur classicisme, remontent au xive siècle, avant l'arrivée des Portugais au Bénin en 148569
D'autres ethnologues portent leur recherche sur les esthétiques africaines. Suzanne Vogel70
insiste sur le classicisme et la sérénité des arts africains, établissant des liens entre les
catégories éthiques et esthétiques au sein même des sociétés africaines64. La sortie de
l'anonymat de l'art africain, son historicité et son rattachement à des valeurs esthétiques
universelles sont liés à la découverte de fortes personnalités artistiques au sein même des
sociétés traditionnelles. Si Olowe d'Ise bénéficie d'une reconnaissance internationale déjà
ancienne, d'autres, comme Bamgboye (1893-1978), Areogun (1880-1954) et son fils George
Bandele, Esubyi (mort v. 1900), Fagbite Asamu, son fils Faloda Edun (né en 1900), Osei Bonsu
(sculpteur ghanéen, 1900-1977) ou Ologunde (d'Efon Alaaye) commencent à bénéficier d'une
reconnaissance dépassant de loin leur insertion dans un contexte traditionnel. Cette
reconnaissance permet aussi de mieux comprendre la continuité qui lie l'art africain traditionnel
et l'art contemporain africain ainsi que les relations complexes que les artistes contemporains
africains ont à l'égard de leurs propres traditions.
Les styles
La question des styles africains, de leur historicité, de leur répartition géographique, des
échanges et des influences est complexe et ne peut être que brièvement évoquée ici.
La première observation impose de constater la multiplicité des arts africains. Il n'existe nulle
part un art monolithique et permanent, mais une multiplicité de styles et de variantes coïncidant
plus ou moins avec des ethnies et des royaumes, mobiles et au contact de leurs voisins. Pour ne
prendre qu'un exemple, le seul bassin de l'Ogooué, au Gabon, à la fin du xixe siècle, a donné lieu à
pas moins de 25 styles, tels qu'ils sont communément admis dans la littérature spécialisée et les
catalogues d'art71. Chaque style, se présente avec des formes récurrentes et des formes
atypiques. Lorsque les formes récurrentes dominent, localement, et probablement pendant une
période limitée, cela constitue comme le « cœur » du style. Les formes atypiques peuvent
représenter des aspects de transition entre plusieurs styles, voire des formes inattendues ; on
peut alors parler de « périphérie ». En aucun cas il ne peut s'agir, pour le sculpteur, de se fier à sa
seule inspiration puisqu'il doit impérativement rentrer dans un système de sens compris de tous.
Les emprunts peuvent être motivés par la volonté d'augmenter la charge spirituelle de l'objet, à
moins que la motivation ne soit liée au prestige social associé à ces formes empruntées.
La manière la plus commune d'aborder les différents styles consiste à considérer l'origine
ethnique des objets. Aux yeux du grand public, ce sont ses traditions qui incarnent le plus
immédiatement l'art africain. Elles sont, aux yeux du grand public, constituées de statuettes et de
masques dont les déformations expressives et la géométrisation ont fasciné les artistes
modernes comme Picasso. Mais il est bien évident que la réalité des pratiques artistiques en
Afrique sub-saharienne, comme il a été dit plus haut, dépasse très largement ces idées reçues et
recouvre une très grande diversité de pratiques artistiques au sein de leur culture socioreligieuse
et de ses rites. Cet art, dans la logique du travail entrepris par les ethnologues occidentaux au
cours de la période coloniale, est présenté dans les ouvrages d'art, habituellement et avec plus
ou moins de pertinence, en évoquant le contexte des pratiques religieuses pour lesquelles cet art
est conçu, très majoritairement, et qui détermine l'arrière plan culturel de chaque style.
L'art de cour, lorsqu'il qui ne relève pas de pratiques religieuses, a pour fonction principale la
célébration du pouvoir royal. Les célèbres têtes d'Ifé, véritables portraits individualisés,
correspondent à des structures sociales fondées sur des cités-états ayant, ce que nous
appelons, un roi, une cour et tout un cérémonial lié au pouvoir royal72. Les bas-relief du royaume
du Bénin (entre le xvie et le xviiie siècle) sont de véritables mémoriaux glorifiant les exploits de
leurs souverains et la vie du royaume72. Le style naturaliste que ces sociétés mettent en œuvre
se retrouve, sous d'autres formes, dans des sociétés palatiales, ailleurs dans le monde73.
On peut aussi analyser les styles des arts africains du point de vue de leur succession historique
(la succession Nok-Ifé-Bénin est souvent prise en exemple)72. L'étude du style peut aussi se
porter sur la matérialité des objets considérés, comme la terre cuite, éventuellement plusieurs
matériaux comme cuir, bois, tissu et perle, ou bois et métal, voire un support spécifique à une
tradition locale, comme la peinture sous verre du Sénégal. D'autres critères, pour autant que l'on
y étudie les styles, pourraient être retenus. Un critère par la négative est justifié, comme cela a
été le cas avec « L'Afrique sans masque »74, tourné vers les objets utilitaires et décoratifs. Enfin,
l'approche par une fonction permettrait d'aborder, par exemple, les coiffes en Afrique au sein des
arts impliquant le corps, en tant que support.
Cultures africaines
Dès 1930 le théoricien allemand Carl Einstein prévenait de la nécessité de différencier les
« styles » de leurs attributions culturelles75 : « Il nous semble que la classification en zones (sic.)
de cultures est insuffisante, étant donné que les différentes couches culturelles et ethniques de
l'Afrique se superposent et se croisent. La culture africaine n'est pas assez simple pour que ce
schéma puisse lui suffire76. » Cette grille prédéfinie, fondée sur une adéquation entre « style » /
culture et ethnie, a, cependant, marqué définitivement le champ de l'histoire occidentale des arts
de l'Afrique. Bien que de nombreux chercheurs, depuis plus de trente ans77, ont essayé de
repenser le problème, les arts africains sont encore classés, étudiés, exposés, vendus et
collectionnés selon cette approche. En 2018, l'exposition Les forêts natales : Arts d'Afrique
équatoriale atlantique78, fait usage de l'expression « groupes culturels ».
La question de l'évolution des cultures traditionnelles dans le monde actuel peut se poser aussi.
Pour ne prendre qu'un exemple, les rites d'initiation traditionnellement pratiqués dans le bassin
du Congo nécessitaient la réalisation de nombreux objets ayant une qualité artistique
reconnue79. Or la majorité de ces rituels de passage y ont aujourd'hui disparu, remplacés par des
festivités et des sorties de masques ayant un but plus touristique que social80. Ceci ne joue pas
nécessairement sur la qualité artistique de tout ce qui est produit actuellement, et sans pour
autant relever de l'art moderne non plus, mais plutôt de nouvelles variantes de l'art traditionnel.
Il ne faudrait pas considérer la liste qui suit comme une classification rigide de styles fermés et
stables, avec des peuples immobiles. Afin de répondre à la diversité des styles et de leurs
mutations, aux déplacements et immigrations, plusieurs méthodes ont été proposées. Ainsi,
récemment, Louis Perrois a élaboré le concept « de cœur et de périphérie de complexes
stylistiques » ; ces « périphéries » témoignant de probables emprunts à un ou des styles
voisins81.
La culture africaine est aujourd'hui une source intarissable de vestiges et créativité en art.
Revendre cette culture artistique est une source de revenu pour l'économie d'Afrique noire82.
Liste partielle des cultures africaines (groupes culturels et sous-groupes), par ordre
alphabétique :
Culture balumbu, baloumbou, balumbo, balumbu, loumbou, lumbo, lumbu1 (sud et sud-ouest
du Gabon), statuettes.
Culture bambara, bamana (Mali), statuettes fétiches, masques "ntomo" (multi-cornes ou multi-
tresses), figurines en fer forgé, serrures de greniers et statues.
Culture baoulé (Côte d'Ivoire), statuettes fétiches, masques, frondes, métiers à tisser, volets de
case.
Culture bobo, bobo-fing, bobo-oulé, boua, bouaba (Burkina Faso / Mali), statuettes et têtes
d'animaux, cimaises.
Culture dan, geh, gio, grebo, wé, yacouba (Côte d'Ivoire, Liberia, Guinée), statuettes, cuillères,
masques dit "moqueur" (Déanglé)
Culture dogon, habbe, kado, kibisi, tombo (Mali), statuettes fétiches, tabourets, échelles de
grenier, portes.
Culture fang, mpangwe, pahouin, pamue (Gabon / Cameroum, Guinée équatoriale), byeri,
reliquaires, armes de jet.
Culture gouro, gwio, kweni, lo, lorube (Côte d'Ivoire), masques flali, gu, zamble, zauli ; masques
à sept cornes84.
Culture kota, akota, bakota (est du Gabon), statuettes, reliquaires, armes de cérémonie.
Culture lega, balega, rega, walega, warega (est de la République démocratique du Congo),
statuettes, masques simples, janiformes ou tricéphales.
Culture lele, bashileele, bashilyeel, leele, shilele, sous-groupe kouba (République démocratique
du Congo), masques.
Culture lengola, balengola, mbole, metoko, yela (République démocratique du Congo), statues.
Culture lobi (Burkina Faso / Côte d'Ivoire / Ghana), statuettes fétiches, sculptures sacrificielles
bicéphales.
Culture luluwa, bashilange, bena lulua, bena luluwa, bena moyo, luluwa, shilange (République
démocratique du Congo), statuettes, masques.
Culture lwena, aluena, lovale, lurale, wena (République démocratique du Congo / Zambie),
statuettes, masques, peignes.
Culture malinké, wangara, wasulunka (Mali / Guinée / Côte d'Ivoire / Sénégal), masques.
Culture mbuun
Culture punu (Nigeria, Gabon, Congo), masque Mukudji (cérémonie de l'Okuyi rite de passage)
Culture pygmée, pongos (pagnes d'écorces battue aux dessins compliqués, rythmés et
fantasques).
Culture sénoufo (Côte d'Ivoire, Mali), statuettes fétiches, ses sièges, masques à double visage
(N'Gambele)
Culture vili (république du Congo, Gabon, république démocratique du Congo, nord de l'Angola
(Cabinda)); Nkisi-Nkondi.
Musées et fondations
En Afrique
Musée du Sultanat de Foumban, capitale du pays bamoun (Cameroun) : plus de 3 000 objets
dont certains vieux de plus de six cents ans.
Musée de la culture Konso (sud-ouest de l'Éthiopie) : Waka, stèles funéraires de bois sculpté,
placées sur les tombes des chefs.
Mahicao, musée d'art et d'histoire des cultures de l'Afrique de l'ouest, à Djilor (Sine Saloum,
Sénégal)
Hors Afrique
France : Collections africaines dans les musées français, dont Musée du quai Branly
États-Unis : National Museum of African Art (Washington) ; Museum for African Art (New York)
Le marché
Tout ce qui venait d'Afrique a longtemps été l'objet de curiosité, de la part des occidentaux. En
sont témoins, au départ, les cabinets de curiosités, au xve siècle, puis les premiers musées
d'ethnographie, fin xixe siècle. Le premier marchand à vendre l'art africain parmi d'autres œuvres
d'art reconnues comme telles est Joseph Brummer dès 190987. Le premier musée d'art à
exposer des objets africains est le Folkwangmuseum à Hagen, à l'initiative de Karl Ernst Osthaus
en 1912, en suivant les préceptes du Gesamtkunstwerk88 et après avoir justement effectué ses
premiers achats auprès de Joseph Brummer. C'est aussi en 1912 que la Maison Brummer achète
à la plus grande société spécialisée dans le commerce des objets destinés aux amateurs de
curiosités et aux musées d'ethnologie ; le lot, identifié comme représentant de manière
satisfaisante un groupe culturel, est vendu par cette société au marchand d'art, lequel traite alors
chaque pièce isolément. Chaque objet est photographié sous son meilleur angle et vendu
séparément. Cette stratégie commerciale permet de dégager de larges bénéfices, avec un
mouvement de bascule notable : les objets jusqu'alors considérés comme purement
ethnographiques (vendus à un prix global, modeste) sont vendus comme œuvres d'art (à un prix
très nettement plus élevé)89. Par ailleurs, l'objet n'est plus considéré comme représentatif d'un
fait de société, mais sous l'angle de qualités esthétiques qui lui sont propres.
Les musées des beaux arts ayant longtemps négligé l'art africain90, la plupart des chefs-d'œuvre
sont entre les mains de collectionneurs privés et de marchands, dont certains ont réalisé depuis
les années 1980 de véritables fortunes.
La cote
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juin 2012). [afficher]
Dans les années 1950, on pouvait trouver de nombreux objets au prix de 10 francs sur les
marchés aux puces d'Europe. Les premiers objets à prendre de la valeur furent ceux du Bénin car
ils étaient en bronze, puis vint la mode des objets à patine noire de Côte d'Ivoire, et ceux des
Bakota du Gabon plaqués de cuivre et de laiton. Les grandes statues valaient plus cher que les
petites, alors que le plus souvent en Afrique, si elles sont petites c'est pour pouvoir les cacher
plus facilement car elles ont une importance particulière.
En 1983, un marchand parisien, Jean-Michel Huguenin, fait découvrir les sièges Sénoufo91. En
1985, un autre marchand parisien, Réginald Groux, découvre les échelles de greniers Dogon —
provenant de la falaise de Bandiagara — et Lobi dans la région de Mopti (Mali)91. Il acquiert un
premier lot de cinquante, leur fait ajouter un socle et les vend dans sa galerie en faisant un joli
profit. Au total il vendra plus de deux cents de ces objets bicentenaires. En 1990, un autre
marchand parisien, Maine Durieux92, fait découvrir les fers forgés des Bambaras (figurines de
10 cm). Toutefois, si certains objets atteignent depuis quelques années des cotes importantes
pour des raisons largement spéculatives, la plupart restent à un prix très abordable (quelques
dizaines ou centaines d'euros), même lorsqu'ils sont anciens.
Plusieurs raisons expliquent le coût très élevé des authentiques œuvres traditionnelles sacrées
d'Afrique : d'une part la nature de leur esthétique d'art premier unique et hors-classe au regard de
tous les autres concepts au travers de l'histoire de l'art, et d'autre part leur mode de conservation
et l’environnement parfois très hostile dans lequel elles ont survécu alors que ces conditions
n'auraient normalement pas permis aux œuvres de traverser les siècles. La destruction des
masques et autres objets entourant le rituel a contribué à l'extrême rareté de ces œuvres
traditionnelles ou sacrées de l'art africain sacré, les objets ayant très souvent été détruits par le
feu une fois utilisés. La raréfaction s'est accrue en raison des conversions au monothéisme des
peuples du continent africain, qu'il s'agisse de l’Islam ou de l’arrivée des missionnaires chrétiens
en Afrique, ces conversions allant souvent conduire à la destruction quasi totale et définitive des
fétiches rituels des temps passés. Cette extrême rareté et originalité font des œuvres rescapées
de véritables trésors miraculeux de l'histoire humaine et notamment de sa croissance spirituelle
et poétique. Un marché parallèle de faussaires a plusieurs fois vu le jour mais les acheteurs sont
de mieux en mieux renseignés contre les contrefaçons et font procéder à des expertises
préalables aux achats afin de vérifier qu'il s'agit d’œuvres authentiques, les plus rares
découvertes appartenant actuellement à des musées.
Voir aussi
Notes et références
1. Les reproductions des peintures ont été réalisées en 1956 et 1957 par Henri Lhote et son
équipe. Elles sont conservées au Musée de l'Homme. Massif d'Aouanrhet, à proximité de l'
Oasis de Djanet et du plateau de Jabbaren, sud de l'Algérie. Henri Lhote À la découverte des
fresques du Tassili, Arthaud 1958, p. 88 et 252. Référence : Algérie : Mémoire de pierre. Site
du Musée de l'Homme ([Link]
sili-algerie-memoires-pierre) [archive]
4. « Depuis des décennies les femmes, à Tombouctou fabriquent des bijoux en paille et en cire
d'abeille. Ces objets ressemblent à des bijoux précieux en or. La forme ressemble à celle
d'un bracelet à fermeture répandu au Moyen-Orient entre le XIe et le xiiie siècle. On la
retrouve dans la gamme de bijoux des Peuls - une société de bergers d'Afrique occidentale -
sous la forme de rubans en or portés très près du cou. Ceux-ci devinrent si populaires dans
la région de Tombouctou que les femmes songhaï s'approprièrent ce type de bijou et le
réalisèrent en paille. » : Citation du petit guide de l'exposition Strohgold : kulturelle
Transformationen sichtbach gemacht ("Paille d'or : Transformations culturelles rendues
visibles") Museum der Kulturen Basel, 2014.
5. Collier mporro. population Rendille ou Samburu. Ce collier est offert à la femme lors de son
mariage. Au premier enfant, elle le complète par une coiffure imposante faite de boue, de
graisse et d'ocre. : notice du musée des Confluences. Les Rendille qui vivent dans la partie
sud et moins aride de leur région entretiennent depuis toujours de bonnes relations avec
leurs voisins les Samburu. En fait, leurs relations ont été si étroites qu’ils ont adopté de
nombreuses coutumes et pratiques des Samburu. Les mariages mixtes avec les Samburu
ont conduit à l’émergence d’une culture hybride.
6. Collier entente, population Maasaï. La jeune femme Maasaï porte ce collier lors de son
mariage. Il est important qu'il soit neuf et très brillant. : notice du musée. Musée des
Confluences, Lyon
7. Vansina, 1984, p. 1.
8. Boyer, 2007.
11. Peter Mark, « Est-ce que l'art africain existe ? », Outre-Mers. Revue d'histoire, no 318,1998,
p. 3-19 (lire en ligne ([Link] [archive],
consulté le 2021).
12. Voir aussi l'article détaillé : Histoire de l'Afrique. La grotte de Blombos, Afrique du Sud, a
livré des pierres taillées de 75 000 ans, selon la technique de «retouche par pression», à
partir de laquelle on date la naissance de l'art, suivant la conception d'objets raffinés non
indispensables à la survie du groupe. Catherine Coquery-Vidrovitch, Petite histoire de
l'Afrique : L'Afrique au sud du Sahara, de la Préhistoire à nos jours, 2011-2016, p. 31.
13. Kasfir, One Tribe, One Art ? : Paradigms in the Historiography of African Art. History of Africa,
vol 11, 1984, p. 163-193. Repris dans Bamana, Jean Paul Colleyn, 5 Continents 2009, p. 11
14. Susan Elizabeth Gagliardi et Cleveland Museum of Art (trad. de l'anglais, préf. Constantin
Petridis), Senufo sans frontières : La dynamique des arts et des identités en Afrique de l'ouest,
Cleveland/Milan/Paris, The Cleveland Museum of Art, et 5 Continents éditions, 2015, 287 p.,
30 cm (ISBN 978-88-7439-713-6, BNF 44409115 ([Link]
p. 61 et suivantes : L'identité senufo et ses fondements au xixe siècle . Cette question
concerne aussi le terme « Bambara », qui provient de la transcription française d'un nom
donné « de l'extérieur », par les populations de la boucle du Niger (...) : citation tirée de Jean-
Paul Colleyn, Bamana, 5 Continents éditions, 2009, 137 p., 23 cm (ISBN 978-88-7439-347-3),
p. 7. L'auteur développe précisément les implications de ce court extrait dans les pages
suivantes.
15. William Fagg, Science and Tribal Art (1951: Nature, Vol.168(4287), p. 1099)
17. Les plus anciennes céramiques en Afrique subsaharienne sont, en 2009, datées de 9400
AEC : (en) Eric Huysecom, Michel Rasse, Laurent Lespez, Katharina Neumann, A. Fahmy,
Aziz Ballouche, Sylvain Ozainne, M. Magetti, Chantal Tribolo et S. Soriano, « The emergence
of pottery in Africa durant the 10th millenium calBC: new evidence from Ounjougou (Mali) »,
Antiquity, no 83,2009, p. 1-13 (lire en ligne ([Link] [archive]),
voire plus encore : quelques tessons fragmentaires, datés en 2012 de 12000 av. J.-C. ayant
été découverts en Afrique de l'Ouest (Mali), Éric Huysecom, « Un néolithique très ancien en
Afrique de l'Ouest ? », Pour la science « dossier n. 76 »,juillet/septembre 2012, p. 88 (lire en
ligne ([Link]
Ouest) [archive])
20. Carl Einstein (trad. de l'allemand par Liliane Meffre), La sculpture nègre [« Negerplastik »],
Paris/Montréal (Québec), l'Harmattan, coll. « L'art en bref », 1988, 123 p., 21 cm
(ISBN 978-2-7384-7156-7, BNF 37321195 ([Link] p. 18.
Sur le fait que Negerplastik soit considéré comme le premier ouvrage théorique sur
l'esthétique des arts de l'Afrique : Yaëlle Biro, 2018, p. 109
21. Les premiers artistes modernes concernés ont été certains peintre fauves, André Derain,
Maurice de Vlaminck, Henri Matisse puis les jeunes cubistes d'alors, Pablo Picasso et
Georges Braque.
22. « Une manière propre de création artistique » : dans le vocabulaire de l'époque Carl Einstein
voulait évoquer une manière personnelle de création artistique, qui était propre à l'art
africain et à lui seul.
24. Voir au Japon : Art japonais : L' « Art » ou l' « art » au Japon et l'introduction du terme bijutsu
en 1873.
25. Voir Art chinois : La notion d'art et les mutations de la culture chinoise
26. Peter Mark, 1998, Est-ce que l'art africain existe ? [1] ([Link]
9513_1998_num_85_318_3599) [archive].
27. Kerchache, Paudrat, Stéphan, 2008, p. 81. Il existe, en effet, au moins, un art de cour,
comme au Bénin, dont l'aspect religieux nous est inconnu.
29. Pour exemple : Claire Bosc-Tiessé, « Cultures chrétienne et islamique du livre manuscrit en
Éthiopie : reconsidérer irréductibilités et croisements », Afriques [Online], no 8,2017 (lire en
ligne ([Link] [archive], consulté le 2021).
31. Jean-Sébastien Josset, « « L’Afrique est un pays de race noire » : la géographie raciste à
l’usage des nuls, par Gilbert Collard », Jeune Afrique,28 septembre 2015 (lire en ligne ([Link]
[Link]/268178/politique/lafrique-pays-de-race-noire-geographie-racialiste-a-lusage-nuls-gilbert-c
ollard/) [archive])
32. François-Xavier Fauvelle (dir.) et al., L'Afrique ancienne : de l'Acacus au Zimbabwe : 20 000
avant notre ère-XVIIe siècle, Paris, Belin, coll. « Mondes anciens », 2018, 678 p., 24 cm
(ISBN 978-2-7011-9836-1 et - 2-7011-9836-4,
BNF 45613885 ([Link]
34. Pour la notion d'art africain précontemporain : Claire Bosc-Tiessé et Peter Mark, « En quête
d’une histoire des arts d’Afrique précontemporains. Réflexions préliminaires pour un état
des lieux », Afriques [Online], no 10,2019 (lire en ligne ([Link]
1) [archive], consulté le 2021).
38. Jan Vansina, 1984, Art History in Africa: an introduction to method, (ISBN 0-582-64368-6),
(ISBN 0-582-64367-8).
39. Sidney Littlefield Kasfir, 1984, One Tribe, One Style? Paradigms in the Historiography of
African Art. [2] ([Link] [archive]
40. Christopher B. Steiner (Natural History Museum of Los Angeles County), 1994, African Art in
Transit. (ISBN 9780521457521)
41. Denise Paulme, Parures africaines, Hachette, 1956. Angela Fisher, Fastueuse Afrique, Sté.
Nlle. des éditions du Chêne, 1984, (ISBN 285-108-3538), p. 13 sq. « L'Afrique orientale : le corps
objet d'art ».
42. Leni Riefenstahl, Les nouba de Kau, éditions du Chêne, 2001 (première éd. 1976),
(ISBN 2-84277-038-2), p. 219: la peinture du visage et du corps atteint chez eux un très haut
degré de « perfection artistique ». « La signification rituelle de ces peintures n'est pas
essentielle ». « Le sens profond de ces peintures c'est exaltation d'une belle apparence »,
« se choisissant, chaque jour, de nouveaux « masques », en changeant parfois deux fois par
jour ».
43. Iris Hahner dans Christiane Falgayrettes-Leveau, Parures de tête, musée Dapper, 2003,
(ISBN 2-906067-94-6) et (ISBN 2-906067-95-4), p. 63 « le grand art de concevoir des arrangements
capillaires revenait surtout aux parents » [...] « ces coiffeurs occasionnels créaient, avec
adresse et imagination, les coiffures les plus insolites et les plus étonnantes». Voir aussi
Julien Bondaz et al., Le monde en tête : la donation Antoine de Galbert, Seuil, 2019;
(ISBN 978-2021414394), 312 pages.
45. John Middelton (dir.), New Encyclopedia of Africa, 2008, Gale ed., vol. 1,
(ISBN 978-0-684-31455-6), p. 136 « Art, genres and periods » (Tourist...), p. « Arts » ( basketry
and mat making, beads, sculpture), p. 242 « Body, adornment and cloting ».
47. Jean-Claude Blachere, Les totems d'André Breton: Surréalisme et primitivisme littéraire,
Editions L'Harmattan, 1er janvier 1996 (ISBN 978-2-296-30599-1)
2020.
54. De gauche à droite : Statue royale mi-homme mi-lion du roi Glèlè. Attribué à Sossa Dede.
Population fon. Bénin, Abomey. Entre 1858 et 1889. Bois, pigments, cuir. Inv : 71.1893.45.2.
- Statue royale mi-homme mi-oiseau du roi Ghézo. attribuée à Donvide ou à Sossa Dede,
atelier Akati. Population fon. Bénin, Abomey. Deuxième moitié du 19e siècle. Bois, pigments,
fer. Inv : 71.1893.45.1. - Statue royale mi-homme mi-requin du roi Béhanzin. attribué à Sossa
Dede ou à la famille Houeglo. Population fon. Bénin, Abomey. entre 1890 et 1892. Bois,
pigments, métal. Inv : 71.1893.45.3
56. Mamadou Diawara, 1994, Le cimetière des autels, le temple aux trésors : réflexions sur les
musées d'art africain, in Wissenschaftskolleg zu Berlin Jahrbuch 1994-95, p. 226-252 [7] (htt
ps://[Link]/fileadmin/Dateien_Redakteure/pdf/Jahrbuecher/Wiko-JB-1994-95.
pdf) [archive]. Ainsi que: Mamadou Diawara, 2009, Pourquoi des musées ? Mémoires locales
et objets dans les musées africains dans Images, Mémoires et Savoirs, 2009, p. 231-245 sur
[8] ([Link]
m) [archive]
57. « Royaume-Uni: le British Museum visé par une enquête autour d’objets sacrés éthiopiens (h
ttps://[Link]/fr/afrique/20240402-royaume-uni-le-british-museum-vis%C3%A9-par-une-e
nqu%C3%AAte-autour-d-objets-sacr%C3%A9s-%C3%A9thiopiens) [archive] », sur [Link],
2 avril 2024 (consulté le 2 avril 2024)
58. L'importance esthétique de l'art africain n'est reconnue qu'au début du xxe siècle, via le
cubisme notamment.
59. DAHOMEY 1930 : MISSION CATHOLIQUE ET CULTE VODOUN: L'œuvre de Francis Aupiais
(1877-1945) missionnaire et ethnographe, p. 114, de Martine Balard, Editions L'Harmattan,
1999 ([Link]
ymat&hl=fr&sa=X&ei=tZ1-Ue6cC8S6hAfIhYGoBw&ved=0CJEBEOgBMA8#v=onepage&q=ar
t%20africain%20anonymat&f=false) [archive] (ISBN 2296399789)
60. L'Afrique Noire et la différence culturelle de Roland Louvel, Editions L'Harmattan, 1996, p. 41
([Link]
=fr&sa=X&ei=tZ1-Ue6cC8S6hAfIhYGoBw&ved=0CEoQ6AEwAg#v=onepage&q=art%20africai
n%20anonymat&f=false) [archive] (ISBN 2296326862)
61. Philosophie de l'art et pragmatique: l'exemple de l'art africain de Christine Galaverna, Éditeur
L'Harmattan, 2002, p. 58 (ISBN 2747528383).
62. Le Metropolitan Museum of Art de New-York a exposé en 1998, une cinquantaine de leurs
œuvres dans une exposition intitulée : Master Hand: Individuality and Creativity Among
Yoruba Sculptors ([Link]
[Link]) [archive] (Main de Maître, Individualité et Créativité parmi les Sculpteurs
Yoruba) (article en ligne du New York Times, 26-09-1997). Le nom de l'artiste accompagnait
le descriptif et le titre de chaque œuvre. Voir L'empreinte noire: où il apparaît que l'art primitif
n'est pas une mince affaire, p. 197 de Raoul Lehuard, Éditeur L'Harmattan, 2007
(ISBN 978-2-296-03190-6).
64. La réception des arts dits premiers ou archaïques en France: Les arts de l'Afrique, p. 48-49, de
Nadine Martinez, Éditions L'Harmattan, 2010 ([Link]
MC&pg=PA48&dq=art+africain+anonymat&hl=fr&sa=X&ei=tZ1-Ue6cC8S6hAfIhYGoBw&ved
=0CHQQ6AEwCg#v=onepage&q=art%20africain%20anonymat&f=false) [archive]
(ISBN 2296254918)
65. La construction du discours colonial: l'empire français aux xixe et xxe siècles, p. 86, de Oissila
Saaïdia et Laurick Zerbini, KARTHALA Editions, 2009 ([Link]
ecwZqC5UC&pg=PA86&dq=art+africain+anonymat&hl=fr&sa=X&ei=tZ1-Ue6cC8S6hAfIhYGo
Bw&ved=0CIYBEOgBMA0#v=onepage&q=art%20africain%20anonymat&f=false) [archive]
(ISBN 281110092X)
66. Dans The Death of Authentic Primitive Art and Other Tales of Progress (p. 155-158, Éditeur
University of California Press, 1998 (ISBN 0520212118)), Shelly Errington (en) soumet l'idée
que la sculpture traditionnelle africaine serait originellement anonyme et que la tentative
pour restituer les œuvres à des auteurs aurait une motivation commerciale. Cependant, si
les marchands d'art ont pu s'emparer du phénomène pour faire monter les prix, le
mouvement de restitution est issu de la recherche ethnologique.
67. Dans « Aspects de la sculpture traditionnelle du Gabon », in Anthropos no 63-64, 1968-1969,
p. 869-888, [lire en ligne ([Link]
-13/[Link]) [archive]]
69. Ifè, article de Frank Willett, p. 171 de Grandes civilisations disparues, Selection du Reader's
Digest, 1990 (ISBN 2-7098-0304-6)
70. Suzanne Mullin Vogel, auteur de African Aesthetics, the Carlo Monzino collection, Center for
African Art, 1986 (ISBN 0961458720).
72. Les royaumes africains, p. 144-147 de Basil Davidson, TIME-LIFE International, 1966
74. Lauricq Zerbini, L'Afrique sans masque, Lyon, Lyon : Muséum d'Histoire naturelle, 2002,
223 p., 32 cm (ISBN 978-2-913323-15-5,
BNF 38813339 ([Link]
76. Carl Einstein, À propos de l'exposition de la galerie Pigalle, dans la revue Documents, vol. II,
no 2, 1930, Paris. : Jean-Michel Place, rééd. 1991, p. 104.
77. Entre autres : Jean-Pierre Chrétien et Gérard Prunier, Les ethnies ont une histoire, Paris,
Karthala, 2003, 435 p. (ISBN 978-2-84586-389-7) ; Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo, Au
cœur de l'ethnie : ethnies, tribalisme et État en Afrique, Paris, La Découverte, 1985, 225 p.
(ISBN 978-2-7071-1524-9, BNF 36607822 ([Link] Dans
le domaine de l'art africain, Lucien Stéphan a trouvé une solution, le concept de « famille »,
dans son analyse comparative telle qu'elle est présentée par Jean-Louis Paudrat dans le
même ouvrage : Kerchache, Paudrat, Stéphan, 2008, p. 30-33.
79. Christiane Falgayrettes-Leveau, Initiés : bassin du Congo, Paris, Paris : Dapper, 2013, 268 p.,
30 cm (ISBN 978-2-915258-36-3, 978-2-915258-35-6 et 2-915258-36-8,
BNF 43692174 ([Link]
82. ayoko mensah, « les cultures africaine sont-elles à vendre ([Link] [archive] », sur
[Link]
86. Pour la discussion sur les sous-groupes Basongye : Kantu, Keetu, Boosso. Association des
Songye de Belgique ([Link] [archive]
88. Yaëlle Biro, 2018, p. 147-148. L’Œuvre d’art totale à la naissance des avant-gardes (1908-
1914) ([Link]
rt-l-essai-1/[Link]) [archive], présentation sur le site de l'INHA.
89. Yaëlle Biro, 2018, p. 128. Sur ces premières ventes Yaëlle Biro signale cet exemple parmi
d'autres (p. 130) qu'en 1913, un masque est vendu 680 F après avoir été acheté, moins d'un
mois auparavant, dans un lot de quatorze objets, pour la somme totale de 1100 F.
90. Selon un article trouvé dans un très ancien numéro de la revue "Le Particulier" des années
1980
91. « Cotes - Galerie d'art paris premier Expert galerie Art Africain Tribal galeries Primitif
masque expertise statue dogon galerie d'art Paris African Art Gallery ([Link]
[Link]/[Link]) [archive] », sur [Link] (consulté le 5 décembre 2023)
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septembre 2018 / sous la dir. de Eva Barois de Caevel, Koyo Kouoh, Mika Hayashi Ebbesen, et
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Raoul Lehuard (dir.), De l'art nègre à l'art africain : l'évolution de la connaissance de l'art africain
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Filmographie
En 1953, Alain Resnais a réalisé le documentaire de 29 minutes Les statues meurent aussi, prix
Jean-Vigo 1954, sur un texte de Chris Marker, dit par Jean Négroni. Ce documentaire défend la
thèse d’une liquidation de l’art africain par le colonialisme, explique une mise à nu des
mécanismes d’oppression et d’acculturation, le développement d’un art de bazar parce que le
Blanc est acheteur, montre qu’il n’y a pas de rupture entre la civilisation africaine et la
civilisation occidentale.
Articles connexes
Art premier
Anthropologie de l'art
Cultures :
Sao, Bura
Nok
mines d'or en Afrique, Côte de l'Or : orfèvrerie ashanti (poids à peser l'or), bronzes du Bénin,
afena, armes traditionnelles africaines
Masque traditionnel africain, dont masque ivoirien, masque dogon, masque gabonais,
masques kuba, masques semainiers, masques woyo (en), société de masques, masque-
pendentif du Bénin, masques dan (en)
Statuaire africaine (en) : statuaire byeri, statuaire fang, statuaire ifé, statues kota, statuaire
téké, sculpture dan
Musée royal de l'Afrique centrale (Bruxelles, 1908), Musée Barbier-Mueller (Genève, 1977)
Musée Dapper (Paris, 1986), Musée africain de Lyon (1861-2017), Musée des arts
d'Afrique et d'Asie (Vichy, 1923)
Musée des Arts africains, océaniens et amérindiens (Marseille, 1992), Musée des
civilisations de Saint-Just-Saint-Rambert (1965), Musée du Quai Branly - Jacques-Chirac
(2006)
Liens externes