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Guide Technique SIMR 2021

Le Guide Technique pour la Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte (SIMR) au Cameroun, élaboré en 2021, vise à actualiser les concepts de surveillance des maladies et à intégrer le Règlement Sanitaire International (RSI) de 2005. Il a été développé avec la participation d'experts et d'organisations, y compris l'OMS, pour renforcer la surveillance et la réponse aux événements sanitaires prioritaires. Le document comprend des directives sur la détection, la notification et l'analyse des données de santé publique.

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Guide Technique SIMR 2021

Le Guide Technique pour la Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte (SIMR) au Cameroun, élaboré en 2021, vise à actualiser les concepts de surveillance des maladies et à intégrer le Règlement Sanitaire International (RSI) de 2005. Il a été développé avec la participation d'experts et d'organisations, y compris l'OMS, pour renforcer la surveillance et la réponse aux événements sanitaires prioritaires. Le document comprend des directives sur la détection, la notification et l'analyse des données de santé publique.

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON

----------------- -----------------
PAIX – TRAVAIL – PATRIE PAIX – TRAVAIL – PATRIE
----------------- -----------------
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
----------------- -----------------

Guide technique pour la Surveillance Intégrée


de la Maladie et la Riposte au Cameroun

Décembre 2020

1
Cette édition 2021 du Guide Technique pour la Surveillance Intégrée de la Maladie et la
Riposte (SIMR) du Cameroun a été élaborée en plusieurs étapes avec la participation des
experts chargés de la surveillance des maladies à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Les
départements ministériels représentés dans la plateforme « Une santé », l’OMS et les
partenaires au développement y ont également pris part.

Le présent Guide est une adaptation du Guide Technique pour la SIMR dans la région
africaine élaboré par le Bureau régional de l’OMS. Ce document a pour but, d’une part
d’actualiser les concepts et la liste des maladies prioritaires et évènements sanitaires et d’autre
part, d’intégrer les aspects du Règlement Sanitaire International (RSI) 2005 qui concernent
la surveillance des maladies.

Rédigé par:
• Pr NJOCK Louis Richard, Secrétaire Général du Ministère de la Santé Publique ;
• Dr ETOUNDI MBALLA Alain Georges, Directeur de la Lutte contre la Maladie,
les Epidémies et les Pandémies ;
• Dr PHANUEL HABIMANA, Représentant de l’OMS-Cameroun.

Organisation mondiale de la Santé Centers for Disease Control and Prevention


Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique Center for Global Health
Groupe Prévention et lutte contre les maladies Division of Public Health Systems and
Brazzaville, République du Congo Workforce Development
Atlanta, Georgia, USA

2
TABLE DES MATIERES

Contents
LISTE DES ACRONYMES ET SIGLES ......................................................................................... 17
GLOSSAIRE (DEFINITIONS DES TERMES CLES) ................................................................... 19
AVANT-PROPOS ............................................................................................................................... 20
REMERCIEMENTS .......................................................................................................................... 22
PARTIE I ............................................................................................................................................. 23
SECTION 0 : INTRODUCTION ...................................................................................................... 23
0.0. Introduction ............................................................................................................................ 24
0.1. Surveillance en Santé Publique ............................................................................................. 24
0.1.1. Définition des différents types ou approches de surveillance en Santé Publique ............. 24
0.1.2. Surveillance fondée sur les évènements et surveillance fondée sur les indicateurs comme
l’ossature de la SIMR........................................................................................................................ 27
0.1.3. Quelles sont les méthodes courantes de Surveillance ? .................................................... 28
0.2. Stratégie de surveillance intégrée des maladies et la riposte .............................................. 28
0.2.1. Que se passe-t-il dans un système intégré ?.......................................................................... 29
0.2.2. Objectifs de la Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte ...................................... 30
0.3. SIMR et RSI (2005) ................................................................................................................ 31
0.3.1. Objet et portée du RSI (2005) ........................................................................................... 31
0.3.2. Suivi et évaluation des capacités essentielles de base pour l’application du RSI (2005).. 33
0.4. L’approche « Une Santé » ..................................................................................................... 34
0.5. La SIMR et la gestion des risques de catastrophes ............................................................. 35
0.6. Mise en œuvre des activités transfrontalières dans le cadre de la SIMR .......................... 35
0.7. La SIMR électronique (e-SIMR) comme plateforme pour améliorer la surveillance en
temps réel ............................................................................................................................................. 36
0.8. Description des fonctions de surveillance énoncées dans le présent Guide....................... 37
0.8.1. Niveaux de mise en œuvre de la surveillance ................................................................... 39
0.8.2. Rôles des différents niveaux dans la mise en œuvre de la surveillance ............................ 39
0.8.3. Comment les Districts de Santé peuvent-ils renforcer la surveillance et la riposte .......... 39
0.9. Efforts déployés par l’OMS dans la Région Africaine pour renforcer la SIMR .............. 41
0.10. Contenu du Guide .................................................................................................................. 41
0.10.1. Nouvelles orientations du Guide ....................................................................................... 41
0.10.2. Utilisateurs clés ................................................................................................................. 42
0.11. Maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique ................................... 43
0.12. Organisation du Guide Technique SIMR ............................................................................ 46
0.13. Annexes de la section Introduction ....................................................................................... 48
ANNEXE A : Matrice de la SIMR : fonctions et activités essentielles par niveau de système de santé
49

3
ANNEXE B : Outil d’évaluation de la surveillance et la riposte au niveau du district ........................ 56
ANNEXE C : Instrument de décision du RSI (2005) ........................................................................... 62
ANNEXE D : Situations d’urgence potentielles de portée internationale qui doivent être notifiées
conformément au Règlement Sanitaire International (2005) ................................................................ 63
ANNEXE E : Guide pour la mise en place du système de surveillance et riposte à base communautaire
65
ANNEXE F : Capacités de surveillance et de riposte essentielles décrites dans le RSI (2005) .... 73
ANNEXE G : Rôles et responsabilités des divers acteurs de la SIMR ........................................... 76
ANNEXE H : Guide pour la mise en place des systèmes de surveillance et de riposte au point d’entrée
83
ANNEXE I : Liste des acteurs intervenants dans la mise en œuvre de la SIMR par niveau au Cameroun
86
0.14. Références ............................................................................................................................... 86
PARTIE II ........................................................................................................................................... 87
SECTION 1 : DÉTECTER ET ENREGISTRER LES MALADIES, LES AFFECTIONS
PRIORITAIRES ET ÉVÈNEMENTS DE SANTÉ PUBLIQUE ................................................... 87
1.1. SFI et SFE pour détecter et enregistrer les maladies, les affections prioritaires et les
évènements de Santé Publique ........................................................................................................... 89
1.2. Utiliser les définitions standards de cas................................................................................ 90
1.2.1. L’approche « Une santé » dans la détection des évènements de Santé Publique .............. 91
1.2.2. Diffuser les définitions standards de cas et les outils de surveillance aux formations
sanitaires 91
1.2.3. Diffuser les définitions de cas au niveau communautaire en utilisant les principaux signes
et symptômes .................................................................................................................................... 92
1.3. Instaurer la SFE à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ............................................ 93
1.4. Mettre à jour les procédures de surveillance au niveau du District .................................. 93
1.4.1. Mettre à jour la cartographie de la zone géographique desservie ..................................... 94
1.4.2. Mettre à jour la liste des sites de notification et l’annuaire des points focaux de la
surveillance du DS ............................................................................................................................ 94
1.4.3. Identifier les représentants potentiels de la communauté qui peuvent être impliqués dans
la surveillance communautaire.......................................................................................................... 95
1.4.4. Diffuser les mises à jour des formulaires de recueil de données, des outils de notification
et des directives techniques ............................................................................................................... 95
1.5. Rôle du laboratoire dans la surveillance et la riposte ......................................................... 96
1.5.1. Prélèvement, conditionnement et acheminement des échantillons ................................... 96
1.5.2. Mettre à jour la liste des structures appartenant au réseau de laboratoires ....................... 97
1.5.3. Mettre à jour l’inventaire des fournitures, des réactifs et du matériel utilisés pour la
confirmation des maladies par les laboratoires effectuant les analyses ............................................ 98
1.5.4. Informer les laboratoires des procédures de confirmation des cas de maladies et affections
prioritaires ......................................................................................................................................... 99
1.5.5. Mettre en place un programme de contrôle et d’assurance qualité du laboratoire ............ 99

4
1.6. Annexes à la Section 1 .......................................................................................................... 102
ANNEXE 1A : Définitions de cas standard recommandées par le Bureau régional de l’OMS pour
l’Afrique pour la notification des cas suspects de maladies, d’affections et d’événements prioritaires par
les formations sanitaires au niveau du district .................................................................................... 103
ANNEXE 1B : Définitions de cas au niveau communautaire à l’aide des principaux signes et symptômes
Erreur ! Signet non défini.
ANNEXE 1C : Guide pour la mise en place de la surveillance fondée sur les événements aux niveaux
national, régional, district et formation sanitaire (FOSA)................................................................... 121
ANNEXE 1D : Liste des sites de notification du district.................................................................... 133
ANNEXE 1E : Fonctions des laboratoires aux différents niveaux du système de santé .................... 134
ANNEXE 1F : Responsabilités des points focaux de laboratoires à tous les niveaux ........................ 136
ANNEXE 1G : Liste des laboratoires nationaux chargés de confirmer les maladies et les affections
prioritaires ........................................................................................................................................... 138
1.7. Références ............................................................................................................................. 139
SECTION 2 : ....................................................................................................................................... 52
NOTIFIER LES MALADIES, LES AFFECTIONS PRIORITAIRES ET LES ÉVÈNEMENTS
DE SANTÉ PUBLIQUE ..................................................................................................................... 52
2.1. Maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique à déclaration immédiate
54
2.1.1. Notification des évènements de sources communautaires ................................................ 57
2.1.2. Notifier au cas par cas au niveau supérieur ....................................................................... 57
2.1.3. Notification hebdomadaire des cas de maladie ou évènement .......................................... 59
2.1.4. Notification mensuelle et trimestrielle de la synthèse des données des maladies, affections
prioritaires et évènements de Santé Publique ................................................................................... 60
2.1.5. Notification zéro ............................................................................................................... 62
2.1.1. Notification d’une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI)
conformément au RSI (2005)............................................................................................................ 63
2.2. Compiler les maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique à
notification immédiate et obligatoire................................................................................................. 63
2.3. Amélioration des pratiques de notification de routine ....................................................... 64
2.3.1. Etudier le circuit de notification........................................................................................ 64
2.3.2. Conservation des archives et procédures de gestion des fiches de notification ................ 65
2.3.3. Vérifier périodiquement la qualité des données ................................................................ 66
2.3.4. Favoriser les liens pour renforcer la surveillance à base communautaire ......................... 67
2.3.5. Renforcement des liens entre les données de laboratoire et les données de surveillance . 68
2.3.6. Promotion d’une approche multisectorielle « Une Santé » ............................................... 69
2.4. Protection des données pour préserver la vie privée des patients ..................................... 70
2.5. Annexes à la Section 2 ............................................................................................................ 71
Annexe 2C Fiche de notification des signaux communautaires ....................................................... 74
Annexe 2D Circuit de notification et vérification des signaux captés au sein de la communauté ou
FOSA ................................................................................................................................................ 75

5
Annexe 2E Fiche de notification individuelle des autres maladies à notification immédiate ........... 76
Annexe 2F Fiche de notification hebdomadaire des maladies et autres évènements de santé
publique hebdomadaire ..................................................................................................................... 77
Annexe 2G Fiche de notification mensuelle des maladies et autres évènements de santé publique
Insérer la bonne fiche mensuelle avec les entêtes ............................................................................. 79
Annexe : Liste de contrôle de la qualité des données de la SIMR au niveau du district ................. 81
Annexe 2H Fiche de déclaration des décès maternels ...................................................................... 82
Annexe 2I Fiche de déclaration des décès périnatals ........................................................................ 83
Annexe 2J Format du découpage des semaines épidémiologiques année 2021 ............................... 84
Section 3 : Analyser et interpréter les données ..................................................................................... 86
3.1. Analyser les données .............................................................................................................. 87
3.2. Recevoir, traiter et stocker les données des sites de notification........................................ 88
3.2.1. Recevoir les données ......................................................................................................... 89
3.2.2. Saisir et nettoyer les données ............................................................................................ 90
3.3. Analyser les données en fonction du temps, du lieu et de la personne (caractéristiques
individuelles)........................................................................................................................................ 91
3.3.1. Analyser les données en fonction du temps ...................................................................... 92
3.3.2. Analyser les données en fonction du lieu .......................................................................... 95
3.3.3. Analyser les données en fonction de la personne (caractéristiques individuelles)............ 98
[Link]. Elaborer un tableau pour l’analyse des données en fonction de la personne
(caractéristiques individuelles) ................................................................................................... 100
[Link]. Calculer le pourcentage de cas dans une tranche d’âge donnée .............................. 101
[Link]. Calculer les taux d’attaque ...................................................................................... 102
[Link]. Calculer le taux de létalité ....................................................................................... 102
3.4. Analyser les résultats en fonction des seuils pour décider des actions de Santé Publique
103
3.5. Tirer les conclusions des résultats de l’analyse pour générer des informations ............. 105
3.6. Synthétiser et utiliser les résultats de l’analyse pour améliorer les actions de Santé
Publique ............................................................................................................................................. 106
3.7. Annexes à la Section 3 .......................................................................................................... 108
ANNEXE 3A : Elaborer un plan pour l’analyse systématique des données de surveillance .............. 109
ANNEXE 3B Comment réaliser un graphique manuellement ........................................................... 111
PARTIE III.......................................................................................................................................... 112
Section 4 : Investiguer les suspicions d’épidémies et autres évènements de Santé Publique ............. 112
4.1. Mener une investigation et confirmer les suspicions d’épidémie ou autres évènements de
Santé Publique................................................................................................................................... 113
4.2. Décider d’investiguer une suspicion d’épidémie ou un évènement de Santé Publique
notifié 115
4.3. Enregistrer les notifications d’épidémies, d’évènements de Santé Publique et des rumeurs
116

6
4.4. Vérifier l’information notifiée ............................................................................................. 116
4.5. Mobiliser l’Equipe d’Intervention et d’Investigation Rapide (EIIR) dans les situations
d’urgence de Santé Publique ............................................................................................................ 117
4.5.1. Préciser les tâches et rôles respectifs des membres de l’EIIR ......................................... 119
4.5.2. Définir les lignes hiérarchiques et la stratégie de communication .................................. 119
4.5.3. Déterminer le lieu de l’investigation ............................................................................... 120
4.5.4. Obtenir les autorisations nécessaires............................................................................... 120
4.5.5. Mettre au point les formulaires et méthodes pour la collecte des données et le
prélèvement des échantillons (si nécessaire) .................................................................................. 121
4.5.6. Organiser les déplacements et autres aspects logistiques................................................ 121
4.5.7. Rassembler le matériel nécessaire aux prélèvements pour les examens de laboratoire .. 121
4.6. Vérifier et confirmer l’épidémie ou l’évènement de Santé Publique ............................... 122
4.6.1. Rechercher les antécédents cliniques et épidémiologiques ............................................. 122
4.6.2. Faire des prélèvements et obtenir les résultats des examens de laboratoire pour confirmer
le diagnostic .................................................................................................................................... 123
4.6.3. Définir le cas et rechercher les cas additionnels y compris leurs contacts ...................... 123
4.6.4. Définir un cas .................................................................................................................. 123
4.6.5. Définir un contact............................................................................................................ 124
4.6.6. Rechercher les cas additionnels ...................................................................................... 124
[Link]. Rechercher les cas suspects et les décès dans les registres des formations sanitaires
124
[Link]. Rechercher les personnes en contact avec les cas suspects et les décès dans la
communauté ................................................................................................................................ 124
4.6.7. Isoler et traiter les cas selon les besoins .......................................................................... 125
4.7. Établir une liste linéaire et enregistrer l’information sur d’autres cas ........................... 126
4.7.1. Etablir une liste linéaire .................................................................................................. 126
4.8. Analyser les données relatives à l’épidémie ....................................................................... 128
4.8.1. Interpréter les résultats de l’analyse ................................................................................ 128
4.9. Établissement de rapports et communication des résultats de l’investigation ............... 131
4.10. Mettre en place des mesures de prévention et de lutte contre les épidémies .................. 132
4.11. Effectuer une évaluation pour déterminer si l’évènement constitue une potentielle urgence
de Santé Publique de portée internationale (USPPI) ..................................................................... 133
4.12. Maintenir et renforcer la surveillance ................................................................................ 134
4.13. Effectuer une évaluation régulière des risques après la confirmation de l’épidémie..... 134
4.14. Annexes à la section 4 .......................................................................................................... 136
ANNEXE 4A. Registre de rumeurs du District de Santé.................................................................... 137
ANNEXE 4B. Liste de vérification des fournitures de laboratoire nécessaires aux investigations .... 138
ANNEXE 4C. Liste des équipements de protection individuelle (EPI) Recommandés ..................... 139
ANNEXE 4D. Comment réaliser la revue des registres ..................................................................... 140

7
ANNEXE 4E. Liste linéaire ................................................................................................................ 142
ANNEXE 4F. Fiche d’enregistrement/Listage des contacts ............................................................... 143
ANNEXE 4G. Formulaire de localisation des contacts (suivi) ........................................................... 144
ANNEXE 4H. Types de triple emballage des échantillons pendant une épidémie ........................... 145
ANNEXE 4I. Exemple d’une étude analytique pour vérifier l’hypothèse .......................................... 146
ANNEXE 4J. Un exemple de profil de transmission .......................................................................... 147
4.15. Références ............................................................................................................................. 149
Section 5 : Se préparer à riposter aux épidémies et autres évènements sanitaires .............................. 150
5.1. Créer un Comité de Gestion des Urgences de Santé Publique ............................................... 151
5.1.1. Identifier les fonctions du Comité de Gestion des Urgences de Santé Publique ............ 151
5.1.2. Identifier les membres du CGUSP .................................................................................. 152
5.1.3. Se réunir régulièrement avant et pendant les évènements sanitaires .............................. 153
5.2. Rendre opérationnel le Centre des Opérations d’Urgences de Santé Publique (COUSP) ..... 154
5.2.1. Qu’est qu’un COUSP ? ................................................................................................... 154
5.2.2. Qu’est-ce que le Système de Gestion de l’Incident (SGI) ? ............................................ 155
5.2.3. Quels sont les modes de fonctionnement d’un COUSP ? ............................................... 156
5.3. Constituer une Equipe d’Intervention et d’Investigation Rapide (EIIR) ............................... 157
5.3.1. Définir les rôles et responsabilités de l’Equipe d’Investigation et d’Intervention Rapide
(EIIR) 157
5.3.2. Identifier les membres de l’Equipe d’Intervention et d’Investigation Rapide ................ 158
5.4. Elaborer un plan de préparation et de réponse aux épidémies et urgences sanitaires ............ 158
5.5. Constituer des stocks de réserve de médicaments, de vaccins, d’intrants et autres fournitures
159
5.6. Gérer les stocks destinés à la réponse aux évènements de Santé Publique ............................ 160
5.7. Cartographier les risques d’évènements de Santé Publique ................................................... 161
5.8. Annexes à la Section 5 ........................................................................................................... 162
ANNEXE 5A Principales fournitures à stocker pour la riposte aux épidémies .................................. 163
ANNEXE 5B Fiche de stock .............................................................................................................. 164
ANNEXE 5C. Fiche SIMR de mouvements et d’état du stock .......................................................... 165
ANNEXE 5D. Mission du comité chargé de l’élaboration du plan de préparation et de riposte aux
épidémies ............................................................................................................................................ 166
5.9. Référence ............................................................................................................................... 167
SECTION 6 : RIPOSTE AUX ÉPIDÉMIES ET AUTRES ÉVÈNEMENTS DE SANTÉ PUBLIQUE
168
6.1. Aperçu sur la riposte aux épidémies et autres évènements de Santé Publique ...................... 169
6.2. Notifier une épidémie et activer les structures de riposte ...................................................... 170
6.2.1. Déclarer une épidémie et notifier à l’OMS ..................................................................... 170
6.2.2. Activer les structures de riposte ...................................................................................... 170

8
6.2.3. Tenir la réunion du comité de gestion des évènements d’urgence de Santé Publique au
niveau du DS ................................................................................................................................... 170
6.2.4. Mettre en œuvre la réponse du secteur santé : Activer le Système de Gestion des Incidents
(SGI) 172
6.3. Mobiliser les EIIR pour une action immédiate dans les situations d’urgence de Santé Publique
173
6.4. Identifier et mener les activités appropriées de riposte aux épidémies et autres évènements de
Santé Publique .................................................................................................................................... 173
6.4.1. Renforcer la prise en charge des cas et la Prévention et Contrôle des Infections (PCI) . 174
6.4.3. Renforcer la surveillance durant les activités de riposte ................................................. 175
6.4.4. Renforcer la surveillance avec les Districts de Santé voisins ......................................... 176
6.4.5. Faire participer la communauté aux activités de riposte ................................................. 177
6.4.6. Informer et éduquer la communauté ............................................................................... 177
6.4.7. Mener une campagne de vaccination de masse............................................................... 179
6.4.8. Améliorer l’accès à l’eau potable.................................................................................... 179
6.4.9. Assurer l’élimination des déchets potentiellement infectieux dans la communauté ....... 181
6.4.10. Améliorer les pratiques de manipulation des aliments.................................................... 181
6.4.11. Réduire l’exposition aux risques infectieux ou environnementaux ................................ 181
6.4.12. Assurer la manipulation et l’enterrement digne et sécurisée des dépouilles mortuaires . 183
6.4.13. Assurer la logistique et l’approvisionnement appropriés et adéquats ............................. 183
6.5. Documenter la riposte ............................................................................................................ 184
6.6. Annexes à la Section 6 .......................................................................................................... 185
Annexe 6A. Traiter les patients pendant l’épidémie ........................................................................... 186
Annexe 6B. Préparer des solutions désinfectantes à partir de produits ménagers usuels ................... 193
Annexe 6C. Planifier une riposte d’urgence ....................................................................................... 194
Annexe 6D Évaluer les stocks de vaccins ........................................................................................... 197
Annexe [Link] de vaccination recommandées
199
Annexe 6F. Modèles de messages essentiels à l’intention de la communauté ................................... 200
Annexe 6G. Communication en période d’épidémie .......................................................................... 205
Annexe 6H. Guide des mesures de prévention et de contrôle des infections...................................... 206
Annexe 6I. Riposte aux événements d’origine chimique et radionucléaire ........................................ 214
6.7. Références .............................................................................................................................. 221
SECTION 7 : COMMUNICATION SUR LES RISQUES ................................................................ 222
7.1. Communication sur les risques dans le cadre de la SIMR ..................................................... 223
7.1.1. Avantages de la communication sur les risques .............................................................. 224
7.1.2. Publics cibles de la communication sur les risques ........................................................ 224
7.1.3. Engagement communautaire dans la préparation et la riposte aux urgences de Santé
Publique 225

9
7.1.4. Approches en matière de communication sur les risques ............................................... 225
7.1.5. Modèle de communication intégrée sur les risques ........................................................ 226
7.2. Principes clés pour une communication efficace ................................................................... 226
7.2.1. Construire et maintenir la confiance ............................................................................... 227
7.2.2. Communication en temps réel et transparence................................................................ 228
7.2.3. Écouter, comprendre et respecter les préoccupations de la communauté ....................... 228
7.2.4. Planification préalable de la communication sur les risques........................................... 229
7.2.5. Assurer l’équité dans la communication sur les risques ................................................. 229
7.3. Créer un environnement propice pour une communication efficace avec les populations à risque
230
7.4. Communiquer avant, pendant et après l’épidémie ................................................................. 231
7.4.1. Communication sur les risques en phase pré-épidémique ou de routine ........................ 231
7.4.2. Pendant la riposte à l’épidémie ....................................................................................... 233
[Link]. Identifier et coordonner les partenaires et autres parties prenantes lors d’une
épidémie 234
[Link]. Communiquer avec la communauté affectée et les parties prenantes ..................... 235
[Link]. Distribuer les outils de communication et élaborer des fiches récapitulatives ou aide-
mémoires 236
[Link]. Élaborer et diffuser des rapports de situation sur les épidémies ou évènements de
Santé Publique ............................................................................................................................ 237
[Link]. Communiquer avec les médias ............................................................................... 237
[Link]. Communiquer avec les professionnels de santé ...................................................... 238
7.4.3. Riposte post-épidémique ................................................................................................. 239
[Link]. Préparer un rapport de riposte à l’épidémie ou à l’évènement de Santé Publique .. 239
[Link]. Évaluer les leçons apprises afin de renforcer la riposte aux éventuelles urgences de
Santé Publique similaires ............................................................................................................ 239
[Link]. Evaluation périodique du plan de communication sur les risques .......................... 239
7.5. Annexes de la Section 7 ......................................................................................................... 241
Modèle de fiche recapitulative ou aide-mémoire ................................................................................ 241
Annexe 7AModèle de fiche récapitulative ou aide-mémoire
242
Annexe 7B. Modèle pour la rédaction du rapport de district sur l’épidémie ...................................... 245
Annexe 7C. Modèle pour la rédaction du rapport de situation de l’événement de santé publique ..... 248
Annexe 7D. Modèle de rapport d’investigation d’une épidémie ........................................................ 249
Annexe 7E. Principales capacités du RSI pour le suivi de la communication sur les risques ............ 257
Annexe 7FListe des parties prenantes et des partenaires en matière de communication sur les risques
258
7.6. Références .............................................................................................................................. 259
PARTIE IV ......................................................................................................................................... 260

10
SECTION 8 ......................................................................................................................................... 260
SUPERVISER, SUIVRE, ÉVALUER ET FAIRE LA RÉTRO-INFORMATION POUR AMÉLIORER
LA SURVEILLANCE ET LA RIPOSTE ........................................................................................... 260
8.1. Suivre, évaluer et améliorer la surveillance et la riposte ........................................................ 261
8.2. Identifier les objectifs et les indicateurs de la SIMR ............................................................. 263
8.2.1. Sélectionner les données pour le calcul des indicateurs.................................................. 265
8.2.2. Vérifier la disponibilité des sources de données ............................................................. 265
8.3. Suivre les fonctions essentielles de la SIMR au niveau district ............................................. 267
8.4. Suivre la qualité des activités de la SIMR au niveau du DS .................................................. 270
8.4.1. Suivre la promptitude et la complétude des rapports mensuels ...................................... 270
[Link]. Promptitude ............................................................................................................. 270
[Link]. Complétude ............................................................................................................. 271
8.4.2. Identifier les problèmes et prendre des mesures en conséquence ................................... 272
8.4.3. Transmettre aux niveaux supérieurs des informations sur la promptitude et complétude
des notifications .............................................................................................................................. 273
8.4.4. Suivre les autres attributs permettant de mesurer la qualité du système de surveillance 273
8.5. Suivre la qualité des activités de surveillance au niveau communautaire .............................. 274
8.5.1. Suivre la mise en œuvre de la surveillance fondée sur les évènements .......................... 274
8.6. Superviser les acteurs de surveillance et riposte .................................................................... 275
8.6.1. Préparer les descriptions de postes pour le personnel de la surveillance ........................ 275
8.6.2. Préparer un plan de supervision ...................................................................................... 275
8.6.3. Préparer une check-list (grille de supervision) pour la supervision ................................ 276
8.6.4. Effectuer les visites de supervision ................................................................................. 277
8.6.5. Rédiger et partager un rapport de supervision ................................................................ 278
8.6.6. Profiter des visites de supervision pour améliorer les activités de surveillance dans le DS
278
8.7. Fournir la rétro-information ................................................................................................... 279
8.8. Evaluer la performance du système de surveillance et de riposte .......................................... 281
8.8.1. Les principales étapes de l’évaluation............................................................................. 281
[Link]. L’élaboration d’indicateurs d’évaluation ................................................................ 281
[Link]. Le développement de méthodes et d’outils d’évaluation ........................................ 281
[Link]. La désignation des personnes devant mener l’évaluation ....................................... 282
[Link]. La réalisation de l’évaluation .................................................................................. 282
8.8.2. Actualiser le plan visant à améliorer la surveillance et la riposte ................................... 284
8.8.3. Fournir une rétro-information aux formations sanitaires et leur partager une copie du
rapport sur l’évaluation ................................................................................................................... 284
Annexes à la Section 8....................................................................................................................... 285
ANNEXE 8A Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau de la formation sanitaire
286

11
ANNEXE 8B Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau district
290
ANNEXE 8C Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau régional
294
ANNEXE 8D Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau national
298
ANNEXE 8E Tableau de suivi des résultats des indicateurs de la SIMR au niveau de la formation
sanitaire ............................................................................................................................................... 302
ANNEXE 8F Tableau de suivi des indicateurs de performance de la SIMR aux niveaux district et
régional ............................................................................................................................................... 304
ANNEXE 8G Formulaire type d’enregistrement de la promptitude et la complétude des rapports
hebdomadaires des formations sanitaires vers le niveau district ........................................................ 306
ANNEXE 8H Liste de contrôle pour le suivi des activités de SIMR dans la formation sanitaire
308
ANNEXE 8IModèle de bulletin de santé publique hebdomadaire et mensuel
310
Annexe 8J : Indicateurs du suivi de la mise en œuvre des fonctions de base de la surveillance intégrée
de la maladie et de la riposte ............................................................................................................... 313
8.9. Références .............................................................................................................................. 314
SECTION 9 SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE INTÉGRÉE DE LA MALADIE ET LA RIPOSTE
(SIMR ÉLECTRONIQUE) ................................................................................................................. 315
9.1. La SIMR électronique dans le cadre du Système national d’informations sanitaires (SNIS) 316
9.2. La SIMR électronique dans le contexte de la santé numérique ou santé numérique ............. 317
9.3. Justification de la SIMR électronique .................................................................................... 318
9.4. Avantages de la SIMR électronique ....................................................................................... 320
a) Détection et alerte précoces .................................................................................................... 320
b) Promptitude de la notification ................................................................................................. 320
c) Standardisation des données ................................................................................................... 320
d) Meilleures transmission et gestion des données, incluant l’archivage .................................... 320
e) Interopérabilité et partage des données ................................................................................... 321
f) Transmission et analyse automatisée, amélioration de la qualité des données ....................... 321
g) Contribution à la qualité de la réponse et au suivi-évaluation ................................................ 321
h) Réduction des coûts ................................................................................................................ 321
9.5. Principes clés de la mise en place de la SIMR électronique .................................................. 321
9.6. Elaboration et mise en œuvre de la SIMR électronique ......................................................... 323
9.6.1. Processus de mise en place de la SIMR électronique ..................................................... 323
9.6.2. Éléments à prendre en compte pour la réussite de la mise en œuvre de la SIMR
électronique ..................................................................................................................................... 328
9.6.3. Outils pouvant servir à la SIMR électronique ................................................................. 329
9.7. Utiliser la SIMR électronique dans les fonctions essentielles de la surveillance ................... 330

12
9.8. Rôles et responsabilités à différents niveaux dans un contexte de notification en temps réel et
de gestion d’une épidémie ou d’une situation d’urgence .................................................................... 332
9.9. Supervision, suivi et évaluation ............................................................................................. 334
9.10. Références .............................................................................................................................. 336
PARTIE V........................................................................................................................................... 337
SECTION 10 : ADAPTER LA SIMR AUX SITUATIONS D’URGENCE OU AUX SYSTEMES DE
SANTE FRAGILES............................................................................................................................ 337
10.1. Système d’information sanitaire en situation d’urgence ........................................................ 338
10.2. Alerte précoce et riposte......................................................................................................... 339
10.2.1. Pourquoi est-elle nécessaire ? ......................................................................................... 339
10.2.2. Quels sont les objectifs de l’adaptation de la SIMR à une situation d’urgence ? ........... 340
10.2.3. Composantes essentielles ................................................................................................ 341
10.3. Mise en œuvre de la SIMR dans les situations d’urgence humanitaire .................................. 341
10.3.1. Évaluation rapide de la situation ..................................................................................... 341
10.3.2. Analyse des gaps ............................................................................................................. 342
10.3.3. Définition des priorités.................................................................................................... 342
10.3.4. Élaboration d’un plan d’action pour la mise en œuvre de la SIMR ................................ 343
10.3.5. Mise en place d’un mécanisme de coordination ............................................................. 343
10.4. Différents acteurs œuvrant au renforcement de la SIMR pour améliorer l’alerte précoce et la
riposte 343
10.4.1. Niveau central/national (DLMEP) .................................................................................. 343
10.4.2. Au niveau du district ....................................................................................................... 344
10.4.3. Formations sanitaires ...................................................................................................... 344
10.4.4. Communauté ................................................................................................................... 345
10.5. Structures et outils clés à mettre en place en cas de crise aigue ............................................. 345
10.5.1. Liste des maladies/affections/évènements ...................................................................... 345
10.5.2. Définitions de cas ou signaux ......................................................................................... 346
10.5.3. Appui aux laboratoires .................................................................................................... 346
10.5.4. Méthodes de collecte des données .................................................................................. 347
10.5.5. Méthodes de notification et de transmission des données............................................... 347
10.5.6. Analyse et interprétation des données ............................................................................. 348
10.5.7. Retro-information et diffusion des informations............................................................. 349
10.5.8. Fonctions d’appui à la surveillance au sein des populations touchées par une crise ...... 350
10.5.9. Préparation en cas d’épidémies ....................................................................................... 350
[Link]. Seuils d’alerte et d’épidémie ................................................................................ 351
[Link]. Vérification des signaux/alertes ........................................................................... 352
10.5.10. Investiguer les épidémies ............................................................................................ 352
10.5.11. Riposte aux épidémies ................................................................................................ 353

13
10.6. Stratégie de réhabilitation ...................................................................................................... 353
10.7. Références .............................................................................................................................. 354
PARTIE VI ......................................................................................................................................... 355
SECTION 11 : RÉSUMÉ DES DIRECTIVES RELATIVES À DES MALADIES ET AFFECTIONS
PRIORITAIRES SPÉCIFIQUES ........................................................................................................ 355
Syndrome de fièvre hémorragique aiguë ............................................................................................ 358
Hépatite virale aiguë et chronique ...................................................................................................... 363
Manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) ........................................................................... 370
Fièvre charbonneuse (Anthrax)........................................................................................................... 372
Méningite bactérienne ...................................................................................................................... 377
Ulcère de Buruli (infection à Mycobacterium ulcerans)..................................................................... 382
Chikungunya ....................................................................................................................................... 386
Choléra 391
Dengue 395
Diabète 400
Diarrhée sanglante (dysenterie à Shigella dysenteria) ........................................................................ 403
Diarrhée avec déshydratation chez les enfants de moins de cinq ans ................................................. 407
Dracunculose (maladie du ver de Guinée) .......................................................................................... 409
Maladie à virus Ebola ou Marburg ................................................................................................... 413
Épilepsie ............................................................................................................................................. 419
Maladies d’origine alimentaire ......................................................................................................... 422
Hypertension artérielle ...................................................................................................................... 425
Grippe causée par un nouveau sous-type ............................................................................................ 427
Syndrome grippal .............................................................................................................................. 433
Traumatismes (dus aux accidents de la circulation) ....................................................................... 436
Fièvres hémorragiques de Lassa et de Crimée-Congo .................................................................... 438
Lèpre 441
Filariose lymphatique ........................................................................................................................ 443
Paludisme ........................................................................................................................................... 446
Malnutrition ....................................................................................................................................... 450
Décès maternels ................................................................................................................................. 453
Rougeole ............................................................................................................................................. 455
Syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS).............................................................................. 458
Orthopoxvirose simienne (Variole du Singe) ..................................................................................... 467
Tétanos neonatal ................................................................................................................................. 471
Nouveaux cas de VIH/SIDA ............................................................................................................... 473
Noma 476
Onchocercose ...................................................................................................................................... 478
Décès périnatals (mortinaissances et décès néonatals) ....................................................................... 480

14
Poliomyélite (Paralysie Flasque Aiguë) .............................................................................................. 491
Rage humaine...................................................................................................................................... 494
Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) ....................................................................................................... 498
COVID-19 et autres Infections Respiratoires Aiguës Sévères (IRAS) ............................................... 503
Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) ..................................................................................... 504
Pneumonie grave chez les enfants de moins de 5 ans ......................................................................... 508
Infections Sexuellement Transmissibles ............................................................................................. 510
Variole 512
Variole 515
Trachome ............................................................................................................................................ 517
Trypanosomiase .................................................................................................................................. 519
Tuberculose ......................................................................................................................................... 522
Typhoïde (fièvre) ................................................................................................................................ 525
Regroupement d’évènements de Santé Publique ou de décès inexpliqués ......................................... 528
Fièvre du Nil occidental ...................................................................................................................... 533
Pian et syphilis endémique ou bejel .................................................................................................... 537
Fièvre jaune......................................................................................................................................... 542
Maladie à virus Zika ........................................................................................................................... 546
Drépanocytose..................................................................................................................................... 553
Helminthiases intestinales ................................................................................................................... 555
Schistosomiase (Bilharziose) .............................................................................................................. 558
Morsure de serpent et autres envenimations ....................................................................................... 561
Leishmaniose ...................................................................................................................................... 564
Annexes à la Section 11 ...................................................................................................................... 567
ANNEXE 11A Manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI) – Formulaire d’investigation
568
ANNEXE 11B Paralysie flasque aiguë – Formulaire individuel d’investigation ........................ 574
ANNEXE 11C Choléra – Fiche de notification individuelle ....................................................... 575
ANNEXE 11D Dracunculose – Formulaire individuel d’investigation ....................................... 579
ANNEXE 11E Décès maternel - Formulaires de notification.................................................... 581
ANNEXE 11F Décès périnatal - Formulaire de notification des synthèses hebdomadaires ........... 584
ANNEXE 11G Rougeole – Formulaire individuel d’investigation .............................................. 587
ANNEXE 11H Méningite bactérienne - formulaire individuel d’investigation et arbre décisionnel
........................................................................................................................................................ 590
ANNEXE 11I Tétanos néonatal – Formulaire individuel d’investigation ......................................... 595
ANNEXE 11 J Maladies respiratoires (y compris la grippe) - Formulaire de notification et
d’investigation de la COVID-19 au Cameroun ................................................................................ 598
No ................................................................................................................................................ 601
Nom ............................................................................................................................................. 601

15
ANNEXE 11K Tuberculose (MDR et XDR) - Formulaire individuel de notification (EN plus de TB, IST,
Hépatite, VIH).................................................................................................................................. 604
ANNEXE 11L Fièvre hémorragique virale – Formulaire individuel de notification (Version à jour)
........................................................................................................................................................ 606
ANNEXE 11M Hépatite virale aiguë ou chronique - Formulaire individuel d’investigation (Voir Dr
Mbella)............................................................................................................................................ 610
ANNEXE 11N Liste descriptive d’une épidémie pour la SIMR................................................... 614
ANNEXE 11 O Formulaires de listing des contacts .................................................................... 615
ANNEXE 11P Signaux communautaire – Carnet de bord ......................................................... 615
ANNEXE 11Q Surveillance Fondée sur les Evènements - Registre des signaux ........................ 620
ANNEXE 11R : Formulaires de notification des manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI)
........................................................................................................................................................ 624

16
LISTE DES ACRONYMES ET SIGLES

AS Aire de Santé
ASC Agent de Santé Communautaire
AVP Accident de la Voie Publique
CCOUSP Centre de Coordination des Opérations d’Urgence de Santé Publique
CERPLE Centre Régional de Prévention et de Lutte contre les Epidémies
CGUSP Comité de Gestion des Urgences de Santé Publique
CNLS Centre National de Lutte contre le Sida
COGE Comité de Gestion
COGEDI Comité de Gestion de District
COSA Comité de Santé
COSADI Comité de Santé du District
CSE Cadre de Suivi et Evaluation
CTC Centre de Traitement du Choléra
CVI Centre de Vaccination Internationale
DHIS2 District Health Information System
DLMEP Direction de la Lutte contre la Maladie, les Epidémies et les Pandémies
DRSP Délégation Régional de Santé Publique
DS District de Santé
EEC Evaluation Externe Conjointe
EHA(WASH) Eau, Hygiène et Assainissement
EIIR Equipe d’Investigation et d’Intervention Rapide
EPI Equipement de Protection Individuelle
e-SIMR Surveillance Intégrée de la Maladie et de la Riposte électronique
EWARS Early Warning Alert and Response System
FHV Fièvre Hémorragique Virale
FMO Forces de Maintien de l’Ordre
FOSA Formation Sanitaire
FVR Fièvre de la Vallée du Rift
GT Guide Technique
GTC/PEV Groupe Technique Centrale/Programme Elargi de Vaccination
ICR Information Critique Requise
IRA Infections Respiratoire Aigue
IST Infection Sexuellement Transmissible
LNSP Laboratoire National de Santé Publique
MAPE Maladie à Potentiel Epidémique
MAPI Manifestation Postvaccinale Indésirable
MEV Maladie Evitable par la Vaccination
MINAGRI Ministère de l’Agriculture
MINEPDEP Ministère de l’Environnement de la Protection de la nature et du
développement durable
MINEPIA Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales
MINFOF Ministère de la Faune et de la Flore
MST Maladie Sexuellement Transmissible
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OMS-AFRO Organisation Mondiale de la Santé pour l’Afrique

17
ONG Organisation Non Gouvernementale
ONSP Observatoire Nationale de Santé Publique
PAI Plan d’Action de l’Incident
PCI Prévention et lutte contre les infections
PCIME Programme de prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant
PEV/PNI Programme Elargi de Vaccination/Programme National d’Immunisation
PFA Paralysie Flasque Aigue
PFN Point Focal National
PFS Point Focal Surveillance
PLMI Programme de Lutte contre la Mortalité Infantile
PNDS Plan National de Developpement Sanitaire
PNLLUB Programme National de Lutte contre les Ulcères de Buréli
PNLO Programme National de Lutte contre l’Onchocercose
PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme
PNLSHI Programme National de Lutte contre la Shistosomiase
PNLT Programme National de Lutte contre la Tuberculose
PNPLZER Programme National de Prévention et de Lutte contre les Zoonoses
Emergentes et Ré-emergentes
PoE Points d’entrée (sur le territoire)
POS Procédure Opérationnelle Standardisée
PRO Points de Réhydratation Orale
RAA Revue Après Action
RESCAM Réseau des laboratoires, le réseau d’Epidémio-surveillance du Cameroun
RMA Rapport Mensuel d’Activités
RSI Règlement Sanitaire Internationale
SBC Surveillance à Base Communautaire
SCI Système de Commandement de l’Incident
SDMPR Surveillance des Déceès Maternes Périnatals et Riposte
SFE Surveillance Fondée sur les Evènements
SFI Surveillance Fondée sur les Indicateurs
SGI Système de Gestion des Incidents
SIMR Surveillance Intégrée de la Maladie et de la Riposte
SIS Système d’Information Sanitaire
SITREP Rapport de Situation
SRAS Système Respiratoire Aigue Sévère
SRO Sels de Réhydratation Orale
TIC Technologie de l’Information et de la Communication
USPPI Urgence de Santé Publique de Portée Internationale
UTC Unité de Traitement du Choléra
WASH Water Sanitation and Hygiene

18
GLOSSAIRE (DEFINITIONS DES TERMES CLES)

Avertissement précoce indirect d’un évènement considéré comme présentant un


risque pour la Santé Publique et survenant dans une communauté. Les signaux
Signal
doivent faire l’objet d’un triage et être vérifiés pour savoir s’ils représentent un
évènement avéré ou non.
Perturbation grave du fonctionnement d’une communauté ou d’une société,
causant des pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales
Catastrophe
énormes qui dépassent la capacité de la communauté ou de la société touchée à
s’en sortir avec ses propres ressources.
Qui se développe lentement ou qui est de longue durée et tend à aboutir à une
Chronique
limitation fonctionnelle et/ou à un besoin des soins médicaux permanents.
Réduction à zéro ou à un très faible taux cible défini de nouveaux cas dans une
Élimination
région géographique définie.
Maladie ou affection qui sévit régulièrement chez certaines personnes ou dans
Endémie
une certaine région.
Etude de la répartition et des déterminants des problèmes de santé et
Épidémiologie
l’application de ces informations pour la prise de décision.
Augmentation du nombre de cas d’une maladie ou d’un évènement de santé
Épidémie publique au-delà de ce qui est normalement attendu dans une population, dans
une région donnée et sur une période donnée.
Réduction de la prévalence d’une maladie spécifique jusqu’à l’absence de
Éradication
transmission dans le monde.
Étiologie Cause, série de causes, ou origine d’une maladie ou d’une affection.
Évènement Manifestation pathologique ou fait créant un risque de maladie (en se référant
particulièrement aux Urgences de Santé Publique de Portée Internationale
[USPPI]) selon le RSI (2005).

N.B : « Évènement » et « incident » sont souvent employés de manière


interchangeable.
Survenue brutale de plus de cas qu’attendu dans une région géographique ou à
Flambée
une période donnée.
Accumulation de cas ou d’affections dans une région donnée, pendant une
Cluster certaine période, sans se préoccuper de savoir si le nombre de cas est plus grand
que prévu par rapport au temps.
Evénement, naturel ou causé par l’homme, qui requiert une riposte d’urgence
Incident
pour protéger la vie, les biens ou l’environnement.

19
AVANT-PROPOS
Depuis plus de 20 ans, le Bureau régional de l’Organisation Mondiale de la Santé pour
l’Afrique (OMS AFRO) travaille avec ses partenaires techniques dans le but de concevoir et
de mettre en œuvre des systèmes intégrés de surveillance des maladies et la riposte dans les
pays de la Région africaine.

La première édition du Guide Technique pour la Surveillance Intégrée des Maladies et la


Riposte (SIMR, 2002) a été largement adoptée et adaptée aux spécificités de chaque pays par
les États Membres de la Région. La deuxième édition (2010) a été publiée pour faire face à de
nouveaux défis, à savoir la révision du Règlement sanitaire international (RSI, 2005),
l’émergence de nouvelles maladies, et événements de sante publique, et la nécessité d’élaborer
des stratégies axées sur la gestion des risques de catastrophe. En outre, il était devenu nécessaire
de s’attaquer à la charge des maladies non transmissibles, de renforcer la surveillance
communautaire, de prendre en compte l’approche Une Sante (One Health) et d’aligner les
actions sur les objectifs de renforcement du système de santé au sens large.

Les grands foyers d’épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest et en RDC en
2014 et 2019 respectivement, la pandémie en cours de la Covid-19, les différents foyers de
zoonoses émergentes et réémergentes à l’interface « Homme – Animal – Environnement » et
les autres situations d’urgence sanitaire comme les catastrophes naturelles récentes démontrent
que la sécurité sanitaire demeure une priorité pour les les systèmes de santé dont celui du
Cameroun.

Au Cameroun, la mise en place et l’opérationnalisation du système de surveillance des


maladies humaines, y compris des zoonoses et des évènements de santé est un point central
dans la stratégie sectorielle de santé 2016-2027. Celle-ci s’arrime à la Stratégie Nationale de
Développement 2020-2030 (SND30) qui vise la transformation structurelle et le
développement inclusif en son pilier 4 sur le développement du capital humain et du bien-être.

En effet, l’implémentation de systèmes de surveillance robustes est le point de départ de la


sécurité sanitaire. Cette troisième édition du Guide pour la SIMR décrit ce qui doit être fait à
chaque niveau de la pyramide sanitaire ainsi que des pyramides de la santé animale et
environnementale, pour mieux détecter et riposter promptement face aux maladies et autres
évènements de santé.
Le présent Guide devrait être utilisé par :
- les professionnels de santé à tous les niveaux (notamment les responsables de la
surveillance, les cliniciens, le personnel de laboratoire et les agents de santé
publique) ;
- les gestionnaires de données ;
- le Point Focal National RSI et les autres secteurs qui appliquent le RSI ;
- les autorités compétentes aux points d’entrée ;
- les vétérinaires et autres agents de santé de la faune ;
- les responsables de l’hygiène et de l’assainissement du milieu ;
- les écoles de formation en santé humaine et animale ;
- les responsables de la chaîne d’approvisionnement ;
- les autres experts du domaine de la santé publique.

Ce Guide peut être:


- une référence générale pour les activités de surveillance, à tous les niveaux et une
référence autonome pour découvrir les responsabilités propres à chaque niveau ;

20
- un ensemble de définitions standards pour les seuils qui déclenchent des actions de
riposte à des maladies spécifiques ;
- une ressource utile pour définir les contours de la formation, de la supervision, du
suivi et de l’évaluation des activités de surveillance ;
- une boussole pour améliorer la détection précoce et la riposte aux Maladies à
Potentiel Epidémique.

Les experts du Ministère de la santé et ceux des sectoriels « Une Santé », ainsi que de nombreux
partenaires techniques et financiers ont travaillé sur la base du Guide de la Surveillance
Intégrée de la Maladie et de Riposte pour la Région Africaine de l’OMS pour produire ce 3ème
Guide national. Il est le fruit d’une adaptation réaliste à nos besoins et priorités découlant de
notre contexte politique et socio-économique. À cet égard, j’exhorte tous les acteurs à mettre
en œuvre la stratégie développée dans cette troisième édition dans le contexte élargi du
renforcement des systèmes de santé permettant d’atteindre la couverture santé universelle, mais
également la meilleure coordination entre la surveillance de la santé humaine, animale et
environnementale. Cette démarche qui vise une meilleure sécurité sanitaire pour les
populations camerounaises se situe en droite ligne de l’objectif de la vision 2035, chère à Son
Excellence Paul BIYA, Président de la République du Cameroun.

Je tiens enfin à remercier personnellement tous ceux qui se sont impliqués et investis dans son
élaboration, à savoir toute l’équipe du Ministère de la Santé Publique, les équipes régionales et
nationales de l’Organisation Mondiale de la Santé, de CDC, les Points Focaux des sectoriels
de l’approche « Une Santé » au Cameroun ainsi que tous les autres partenaires techniques et
financiers.
J’espère que tous s’attèleront également à soutenir la diffusion et l’application des directives
contenues dans ce Guide, pour garantir la sécurité sanitaire dans notre pays.

Signature du ministre

Dr. MANAOUDA MALACHI


Ministre de la Sante Publique

21
REMERCIEMENTS

Nous remercions tous les secteurs et les partenaires techniques et financiers qui ont contribué
à l’adaptation du présent guide ; notre gratitude va particulièrement à l’Organisation Mondiale
de la Santé (OMS) et au Centre for Diseases Control and Prevention (CDC) Atlanta pour
l’appui multiforme au processus d’élaboration et d’adaptation de ce document.
Que tous les acteurs à tous les niveaux du système de santé qui ont participé activement à
l’élaboration de ce document, trouvent ici l’expression de notre reconnaissance.

22
PARTIE I
SECTION 0 : INTRODUCTION

Cette section décrit :

 Le concept de Surveillance Intégrée de la Maladie


et la Riposte

 Les objectifs de la SIMR

 Les fonctions essentielles de la SIMR

 L’application de la SIMR et du RSI

 L’approche « Une Santé »

 L’organisation générale du Guide Technique SIMR

23
0.0. Introduction
Cette section présente le concept de Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte (SIMR) qui
comprend la Surveillance Fondée sur les Indicateurs (SFI) et la Surveillance Fondée sur les
Evénements (SFE) comme parties intégrantes d’un système d’alerte précoce et de réponse rapide.
La section donne également des indications sur le fonctionnement de la SIMR, ses objectifs et la
façon dont elle peut aider à renforcer les capacités de base du Règlement Sanitaire International
(RSI), facilitant ainsi sa mise en œuvre. En outre, d’autres aspects tels que : l’approche « Une
Santé » ; le lien entre la gestion des risques de catastrophe et la SIMR ; les fonctions essentielles de
la surveillance ; le renforcement de la surveillance et la riposte au niveau opérationnel (Districts de
Santé) ; les rôles et responsabilités des divers acteurs à différents niveaux et les maladies, affections
prioritaires et évènements de santé publique recommandés dans la SIMR y sont intégrés.
Il est important de souligner que ce Guide a pour but d’aider à établir et à renforcer les systèmes de
surveillance qu’il s’agisse de maladies ou d’autres dangers énoncés dans le RSI. Ce Guide N’EST
PAS limité aux seules maladies connues.

0.1. Surveillance en Santé Publique


La surveillance en Santé Publique est la collecte, l’analyse et l’interprétation systématiques et
continues des données sur la survenue de la maladie et/ou des évènements de Santé Publique, et leur
diffusion, en temps opportun, pour la prise de décison. La surveillance est également essentielle pour
la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la pratique de la Santé Publique. Le
Bureau régional OMS pour l’Afrique a décidé d’atteindre ses objectifs de surveillance de la Santé
Publique par la mise en œuvre de la stratégie SIMR.

0.1.1. Définition des différents types ou approches de surveillance en Santé Publique


a) Surveillance passive : Système par lequel une structure de santé, un système de santé reçoit les
rapports de routine émanant des formations sanitaires (publiques, privées et confessionnelles), de la
communauté ou d’autres sources. Il n’y a pas de recherche active de cas. Il s’agit de la forme de
surveillance la plus courante, qui comprend la surveillance des maladies et d’autres évènements de
Santé Publique au moyen d’une surveillance de routine, d’un système de gestion et d’information
sanitaire de routine ou de tout autre système d’information sur la Santé Publique.
b) Surveillance active : Système de recherche continue de cas dans la communauté ou dans les
formations sanitaires (FOSA). Il peut s’agir de contacts réguliers avec les principales sources de
notification, en téléphonant aux personnels de santé d’une formation sanitaire ou d’un laboratoire,
ou en se rendant physiquement à la source, en procédant à une revue des registres ou des dossiers
medicaux. Par exemple, la recherche active des cas de Rougeole et de poliomyélite, y compris durant
les épidémies.
c) Surveillance spécifique à une maladie : elle comprend les activités visant à obtenir des données
sanitaires ciblées pour une maladie spécifique en vue d’une surveillance verticale. La tuberculose,
le paludisme et les systèmes de surveillance du VIH en sont des exemples.
d) Surveillance intégrée des maladies : Approche visant à recueillir des données sanitaires pour
plusieurs maladies et évènements de Santé Publique, à l’aide d’outils normalisés. Pour assurer une
alerte efficace et une riposte rapide, le système de collecte et d’analyse des données de la SIMR
s’appuie sur deux principaux canaux d’information ou de génération de signaux : la Surveillance
Fondée sur les Indicateurs (SFI) et la Surveillance Fondée sur les Evénements (SFE).

24
e) Surveillance Fondée sur les Indicateurs : Identification, collecte, suivi, analyse et interprétation
systématique (régulière) de données structurées, tels que les indicateurs produits par des sources
formelles bien identifiées, principalement axées sur la santé
f) Surveillance à Base Communautaire (SBC) : elle est définie comme la détection et la notification
systématiques d’évènements importants pour la Santé Publique dans la communauté par les
membres de la communauté. La surveillance communautaire utilise des méthodes de surveillance
fondées à la fois sur des indicateurs et sur des évènements. Dans le cadre de cette surveillance, des
personnes ressources sont désignées pour notifier les cas ou les évènements au Point Focal
surveillance de la formation sanitaire la plus proche. Les stratégies de surveillance communautaire
mettent l’accent sur deux approches pour recueillir des informations dans la communauté :
- La première repose sur l’identification et la notification d’évènements de santé publique
sur la base d’indicateurs convenus (définitions communautaires des cas). Par exemple,
des membres de la communauté, Agents de Santé Communautaires (ASC), sont formés
pour identifier des maladies telles que la Rougeole, le choléra, la poliomyélite et le ver
de Guinée, en utilisant les définitions communautaires (profanes) des cas et le système
de notification standardisé pour rendre compte à l’échelon suivant.
- La deuxième stratégie repose sur le signalement d’évènements inhabituels (signaux) qui
peuvent donner l’alerte sur les premiers stades d’une épidémie ou de toute autre menace
pour la Santé Publique dans la communauté. Par exemple, les ASC, ou tout autre
représentant de la communauté formés pour détecter les évènements, tels que les décès
inhabituels d’animaux et les signaler à l’échelon suivant. Souvent, les ASC relient le
patient identifié, par le biais d’une des stratégies, à une FOSA située à proximité et
peuvent aider à identifier des contacts.
b) Surveillance Fondée sur les Evènements : La surveillance fondée sur les évènements est la
détection organisée et rapide d’informations sur des évènements qui présentent un risque
potentiel pour la Santé Publique. L’information est d’abord détectée sous forme de signal, puis
considérée par le système d’alerte précoce et de riposte comme représentant un potentiel risque
pour la santé humaine (telle qu’une épidémie). Tous les signaux ne deviennent pas
nécessairement des évènements et, de ce fait, ils doivent être triés et vérifiés avant qu’une riposte
soit déclenchée. Les signaux qui peuvent indiquer des risques potentiels comprennent :
- la survenue de maladies chez l’homme, des clusters inexpliqués d’une maladie ou des
syndromes, des tendances de maladies inhabituelles ou des décès inattendus, détectés par
des ASC et/ou d’autres informateurs clés de la communauté ;
- des évènements liés à l’exposition potentielle des êtres humains, par exemple, à des
maladies et à des décès chez les animaux, à des produits alimentaires ou à de l’eau
contaminés et à des dangers environnementaux, y compris des évènements chimiques et
radionucléaires ;
- des alertes d’exposition potentielle des êtres humains à des risques biologiques,
chimiques, radiologiques et nucléaires, ou la survenue de catastrophes naturelles ou
causées par l’homme.

Le système de surveillance fondée sur les évènements est très sensible, et les informations reçues par
son biais doivent être synchronisées avec la surveillance fondée sur les indicateurs et rapidement
évaluées pour déterminer le risque que l’évènement pose pour la Santé Publique et pour y trouver une
riposte appropriée (voir illustration dans la figure 1).

25
Contrairement à la surveillance fondée sur les indicateurs, la surveillance fondée sur les
évènements n’est pas basée sur le suivi de routine des indicateurs et des seuils d’intervention mais
plutôt sur l’analyse de toutes les informations disponibles pour détecter tout évènement survenant
dans la communauté (maladie ou décès inhabituels chez les humains ou les animaux, et survenue
inhabituelle de clusters des cas des maladies, évènements ou affections dans la communauté
notamment des incidents environnementaux).

Figure 1: SFI et SFE dans la perspective du système d’alerte précoce et réponse (EWARS) relative
à la stratégie de SIMR

Intersection SFI et SFE : tous les évènements détectés par le système SFE qui font l’objet
d’investigation et qui satisfont à la définition standard des cas devraient être saisis dans le système
SFI et notifiés au niveau supérieur du système de santé.

26
0.1.2. Surveillance fondée sur les évènements et surveillance fondée sur les
indicateurs comme l’ossature de la SIMR
La SFE et la SFI sont des composantes de l’alerte précoce, de la riposte et de l’intelligence
épidémiologique, intégrées dans la stratégie de la SIMR. La SFE et la SFI se complètent l’une
l’autre, mais avec des rôles et des objectifs distincts. La SFE est plus susceptible de recevoir des
alertes pour détecter rapidement les petites épidémies, tandis que la SFI est plus à même de
surveiller les tendances des maladies au fil du temps et est utile pour signaler le début des
épidémies saisonnières régulières de maladies endémiques, en utilisant des seuils d’alerte ou
épidémique. La SFE est également plus à même de détecter des épidémies dans des zones où
l’accès aux soins de santé est limité.

Dans le contexte de la stratégie SIMR, le flux des informations provenant de la SFE suit les mêmes
circuits d’information que la SFI, c’est-à-dire de la communauté au District de Santé, à la région
et au niveau national. La SFE et la SFI sont appliquées à tous les niveaux de la pyramide sanitaire
(figure 2).
Niveau central: DLMEP/ ONSP
- coordonne les activités de SFE et SFI à tous les niveaux
- notifie les évènements et cas confirmés de maladie ou
toute USPPI potentielle à l'OMS

niveau régional : le PFS régional / CERPLE


- Supervise les activités de SFE et SFI des DS
- notifie les cas au niveau central
niveau DS : le Point Focal surveillance
- supervise les activités de surveillance aussi bien au niveau
de la communauté que de la FOSA
- notifie toute alerte ou cas suspect d'une maladie/évènement
au niveau régional
niveau Aire de Santé/FOSA: les ASC/PFS des FOSA et de l'AS
- assurent la mise en oeuvre des activités de SFE et SFI
- supervisent les activités de SFE et SFI au niveau de la
communauté

au niveau Communautaire : les ASC


- mettent en oeuvre la SFI et la SFE
- détectent et notifient les signaux et cas suspects à la FOSA
la plus proche ou au chef de l'AS

Figure 2: Niveaux d’application et de compte-rendu de la SFE et de la SFI dans le contexte de la SIMR

Quel que soit le type de surveillance, il est essentiel que les données sanitaires recueillies soient
utilisées pour des actions de Santé Publique.

27
0.1.3. Quelles sont les méthodes courantes de Surveillance ?
c) Surveillance dans les formations sanitaires : Tous les sites de notification, tels que les
formations sanitaires, sont tenus de transmettre un rapport hebdomadaire, mensuel, trimestriel
ou annuel au niveau supérieur, en se basant sur les catégories des maladies, des affections
prioritaires et des évènements de Santé Publique. En outre, ils sont également tenus de notifier
immédiatement au niveau supérieur toute maladie à potentiel épidémique.
d) Surveillance au cas par cas : Celle-ci comprend l’identification continue et rapide des cas
identifiables aux fins du suivi. Il s’agit du type de surveillance utilisé pour les maladies ciblées
pour l’élimination, l’éradication ou en période d’épidémies. Dans ces scénarii, chaque cas
identifié est immédiatement notifié au niveau supérieur, en utilisant un formulaire individuel.
e) Surveillance sentinelle : Ce type de surveillance est effectué pour des affections spécifiques
dans une cohorte (zone géographique ou sous-groupe de population), afin d’évaluer les
tendances dans une population plus importante. Un nombre donné de formations sanitaires ou
de sites de notification est habituellement désigné comme sites sentinelles. Le but est de
surveiller le taux de survenue d’évènements prioritaires tels que des pandémies, des épidémies
ou d’autres évènements de Santé Publique importants. Ces sites agissent comme sites d’alerte
précoce. Exemple : surveillance sentinelle de la grippe, du rotavirus, de la méningite bactérienne
pédiatrique et environnemental de la poliomyélite.
f) Surveillance syndromique : Il s’agit d’un système actif ou passif qui utilise des définitions de
cas standardisées, entièrement basées sur des caractéristiques cliniques, sans aucun diagnostic
de laboratoire. Exemples : Paralysies Flasques Aigües (PFA) comme alerte pour la
poliomyélite ; diarrhée aqueuse aigüe chez les personnes âgées de deux ans et plus comme alerte
pour le choléra ; éruption cutanée comme alerte pour la Rougeole ; fièvre hémorragique aigüe
comme alerte pour les maladies hémorragiques virales, ou infection respiratoire aigüe sévère ou
maladie grippale comme alertes pour la grippe pandémique. En raison du fait que ce système
n’est pas spécifique, les rapports doivent faire l’objet d’une investigation plus approfondie de la
part des niveaux supérieurs.
g) Surveillance en laboratoire : Il s’agit d’une surveillance effectuée dans les laboratoires pour
détecter des évènements de Santé Publique ou des tendances qui peuvent ne pas être perçus
comme un problème à d’autres endroits ou qui ne découlent pas de tests de laboratoire de routine,
ou utilisés pour la surveillance sentinelle. Les laboratoires peuvent être la source d’une alerte
initiale pour une épidémie ou un évènement de Santé Publique nécessitant des investigations
approfondies supplémentaires. Exemples : le laboratoire peut être le premier à détecter
l’émergence de souches résistantes, telle qu’une tuberculose multirésistante dans la
communauté ; la surveillance virologique de la grippe et la surveillance bactériologique dans le
cadre du système de surveillance de la résistance aux antimicrobiens.

0.2. Stratégie de surveillance intégrée des maladies et la riposte


La stratégie de Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte (SIMR) a été adoptée par les États
membres du Bureau régional OMS de l’Afrique en septembre 1998 comme approche pour
améliorer la surveillance en Santé Publique et la riposte aux maladies, affections prioritaires et
évènements de Santé Publique au niveau communautaire, FOSA, DS, régional et national. La
SIMR favorise l’utilisation rationnelle des ressources en intégrant et en canalisant les activités de
surveillance habituelles. La stratégie SIMR rend les données de surveillance et de laboratoire plus

28
utilisables et aide les gestionnaires et décideurs de la Santé Publique à améliorer la détection et la
riposte aux principales causes de maladie, de décès et d’incapacité dans les pays africains. Dans
le cadre de l’amélioration du système de santé, la stratégie SIMR a également aidé les pays à
mieux suivre et évaluer les objectifs limités dans le temps.
Les activités de surveillance des différentes maladies font appel aux mêmes fonctions (détection,
collecte d’échantillons, notification, analyse et interprétation, rétro-information et intervention) et
utilisent souvent les mêmes structures, les mêmes procédures et le même personnel. Ainsi, les
principes de surveillance sont les mêmes, qu’il s’agisse d’une ou de plusieurs maladies, affection
prioritaire, ou évènement de Santé Publique. La seule différence est la question de savoir si
l’objectif de la surveillance est l’élimination ou l’éradication, ce qui peut nécessiter des efforts
intensifs limités dans le temps visant à prouver l’absence de la maladie/évènement.

0.2.1. Que se passe-t-il dans un système intégré ?


- Toutes les activités de surveillance sont coordonnées et rationalisées. Plutôt que d’utiliser des
ressources limitées pour maintenir de multiples systèmes de surveillance avec des activités
verticales distinctes, les ressources sont combinées pour collecter, gérer et analyser les
informations par le Point Focal à chaque niveau ;
- Plusieurs activités sont regroupées en une seule activité intégrée et tirent parti de fonctions de la
surveillance, de compétences, de ressources et de populations cibles similaires. Par exemple, les
activités de surveillance de la Paralysie Flasque Aigüe (PFA) intègrent la surveillance du tétanos
néonatal, de la Rougeole et d’autres maladies évitables par la vaccination (MEV) ou de tout
évènement inhabituel. Ainsi, les Agents de Santé qui se rendent régulièrement dans les Centres de
Santé pour rechercher des cas de PFA examinent également les dossiers des hôpitaux et des
Centres de Santé pour obtenir des informations sur les autres maladies prioritaires dans la région.
Les personnes ressources communautaires interagissent régulièrement avec les membres de leur
communauté et posent des questions sur un éventail de maladies, affections prioritaires, ou
évènements de Santé Publique. Les communautés savent qu’elles peuvent porter à l’attention de
leurs interlocuteurs tout ce qui est inhabituel ;
- Le DS est la plaque tournante de l’intégration des fonctions de surveillance. C’est le niveau
opérationnel du système de santé. Il dispose d’un personnel dédié à tous les aspects de la Santé
Publique, tels que la planification, l’appui à la mise en œuvre du Plan National de Développement
Sanitaire (PNDS), le suivi des évènements sanitaires dans les FOSA et dans la communauté, la
mobilisation de l’action communautaire, la recherche d’assistance au niveau national et l’accès
aux ressources régionales en vue d’une protection au niveau du DS. Des fonctions similaires
existent également aux différents niveaux administratifs ;
- Les points focaux de la surveillance aux niveaux des DS, des régions et du niveau central
collaborent avec les comités de gestion des urgences de Santé Publique à chaque niveau pour
planifier les mesures de Santé Publique pertinentes et rechercher activement les possibilités de
combiner les ressources ;
- L’accent est mis sur la création d’un système global de surveillance de Santé Publique doté d’une
capacité suffisante pour détecter, confirmer et répondre aux maladies, affections prioritaires et
évènements de Santé Publique. La SIMR veille à ce que le flux d’informations soit bidirectionnel
(horizontal et vertical), de sorte que chaque niveau soit informé rapidement des épidémies

29
potentielles et des interventions de riposte. La circulation de l’information devrait également
atteindre les communautés et DS voisins.

L’intégration fait référence à l’utilisation efficace des ressources humaines et à l’harmonisation des
différentes méthodes, logiciels, formulaires de collecte de données, normes et définitions de cas afin
d’éviter les incohérences et de maximiser les efforts entre tous les programmes de prévention et de
contrôle des maladies et les parties prenantes. Dans la mesure du possible, les pays utilisent un
formulaire de déclaration commun, un système unique de saisie des données pour plusieurs maladies
et des canaux de communication communs. La formation et la supervision sont intégrées. Un bulletin
de rétro-information commun est utilisé et d’autres ressources, telles que les ordinateurs et les
véhicules, sont partagées. La SIMR implique une coordination à plein temps des activités de
surveillance et des actions conjointes (planification, mise en œuvre, suivi et évaluation), chaque fois
que cela est possible et utile.

Par coordination, on entend le fait de travailler ou d’agir ensemble efficacement pour l’utilisation
rationnelle et efficace des ressources disponibles, mais limitées, telles que le système d’information
sanitaire et divers programmes de santé. La coordination implique le développement des normes, le
partage de l’information, la planification conjointe, le suivi et l’évaluation afin de fournir des données
et des informations précises, cohérentes et pertinentes aux décideurs et aux acteurs des niveaux des
DS, des régions et du niveau central.

0.2.2. Objectifs de la Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte


Les objectifs de la SIMR sont les suivants :

- renforcer la capacité des pays à mener des activités de surveillance efficaces :


o former le personnel à tous les niveaux ;
o élaborer et appliquer des plans d’action ;
o rechercher et mobiliser les ressources nécessaires ;
- accroître la participation des cliniciens et autres personnels de santé aux activités de surveillance ;
- intégrer les différents systèmes de surveillance pour une meilleure efficacité dans l’usage des outils,
du personnel et des ressources ;
- améliorer la triangulation et l’utilisation de l’information pour détecter les changements de tendance
afin de :
o intervenir rapidement en cas d’épidémie suspectée ou confirmée ;
o surveiller l’impact des interventions (par exemple, diminution de l’incidence, de la
propagation et de la mortalité) ;
o faciliter une réaction fondée sur des données probantes aux évènements de Santé
Publique, à la conception de la politique de santé, à la planification et à la gestion ;
- améliorer la circulation de l’information de surveillance entre les niveaux du système de santé et à
l’intérieur de celui-ci, en utilisant des outils électroniques ;
- mettre en place de solides systèmes et réseaux de laboratoires aux niveaux national, régional et du
DS pour :
o confirmer la présence des agents pathogènes et d’autres dangers ;
o surveiller la sensibilité aux médicaments ;
o accroître l’efficacité des tests aux points de service

30
- mener des enquêtes épidémiologiques sur les problèmes de Santé Publique signalés et mettre en
œuvre des interventions de Santé Publique efficaces ;
- mettre en place une réponse efficace aux situations d’urgence de Santé Publique ;
- mettre l’accent sur la participation communautaire à la détection, à la notification et à la réponse
aux problèmes de Santé Publique, y compris la surveillance et la riposte autour des cas et des
évènements ainsi que la communication des risques conformément au RSI.

0.3. SIMR et RSI (2005)


Le Règlement Sanitaire International (2005) est un texte juridique contraignant invitant tous les États
Parties à renforcer les capacités de Santé Publique essentielles.

0.3.1. Objet et portée du RSI (2005)


L’objet du Règlement Sanitaire International (2005) « consiste à prévenir la propagation
internationale des maladies, à s’en protéger, à la maîtriser et à réagir par une action de Santé Publique
proportionnée et limitée aux risques qu’elle présente pour la Santé Publique, en évitant de créer des
entraves inutiles au trafic et au commerce internationaux ».

La portée du RSI, initialement limitée à trois maladies (le choléra, la peste et la fièvre jaune), a été
élargie à toutes les situations d’Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI). Cela
inclut les maladies infectieuses et les problèmes sanitaires liés aux agents chimiques, aux produits
radioactifs et à la contamination des aliments. Étant donné que le but de la SIMR est de renforcer
l’ensemble des systèmes nationaux de surveillance des maladies, tout particulièrement au niveau des
DS et d’assurer la transmission et l’exploitation régulière et en temps utile des informations
nécessaires aux décisions de Santé Publique, la SIMR offre pour l’application du RSI (2005) :

a) une infrastructure et des ressources dédiées à la surveillance, l’investigation, la confirmation, la


notification et la riposte ;
b) des ressources humaines compétentes ;
c) une procédure précise pour son application (sensibilisation, évaluation, plan d’action, mise en
œuvre, contrôle et supervision) ;
d) des guides génériques pour l’évaluation, des plans d’action, un guide technique, du matériel
didactique, des outils et des procédures opérationnelles standardisées qui incorporent les
composantes du RSI.

Les États Membres de la Région Africaine de l’OMS ont recommandé que le RSI (2005) soit appliqué
à travers la SIMR. Le RSI n’est pas un système de surveillance à part, mais exige que les pays mettent
en place un « système de surveillance sensible, fiable et flexible répondant à des normes
internationales ». La SIMR constitue, ainsi, une stratégie permettant d’assurer des informations
fiables au niveau national et de répondre aux exigences du RSI. Le RSI permet de faire face aux
menaces que font peser sur la Santé Publique et le commerce international, les maladies infectieuses
émergentes et ré-émergentes, en particulier les Urgences de Santé Publique de Portée Internationale
(USPPI). Il permet également de renforcer la SIMR et joue un rôle moteur puissant dans sa mise en
œuvre.

31
La SIMR et le RSI (2005) partagent des fonctions communes, décrites dans le diagramme ci-dessous
(détection, notification, élaboration des rapports, confirmation et vérification, et riposte en temps
opportun).

Figure 3: Application du RSI par la SIMR1

Le RSI a des implications pratiques pour la SIMR. Dans le RSI (2005), toutes les affections et tous
les évènements de Santé Publique doivent être détectés et évalués à temps pour une riposte rapide et
adaptée à la situation. Le RSI (2005) inclut le contrôle aux points d’entrée (aéroports, ports, et postes-
frontières terrestres) et les mesures visant à contenir à la source les évènements de Santé Publique.
Le RSI (2005) prend également en compte la détection des rumeurs de « maladie ou cluster de
maladies inexpliquées » en tant que catégorie d’évènements pour les rapports des niveaux inférieurs.
En raison du rôle majeur que joue le RSI (2005) dans la détection et la vérification en temps opportun
des urgences et des évènements présumés de Santé Publique, la surveillance des évènements fait
maintenant partie de la SIMR et du RSI.

Remarque : Le processus de notification des évènements de Santé Publique à l’OMS dans le cadre
du RSI (2005) nécessite l’utilisation de « l’instrument de décision » qui implique la mise en place
des fonctions essentielles de la SIMR : détection et confirmation des cas au laboratoire,
analyseinterprétation des données des résultats et notification (voir Annexe 2C). Un résumé des
évènements dont le RSI (2005) exige la notification figure dans l’encadré suivant.

1
Directives pour les équipes d’évaluation. Règlement sanitaire international (2005) : Protocole d’évaluation de la
surveillance nationale et les capacités de riposte pour le Règlement sanitaire international conformément à l’annexe 1A
du Règlement. Février 2009.

32
Les trois grandes catégories d’évènements de Santé Publique susceptibles d’être notifiés
dans le cadre du RSI
 Quatre affections doivent être notifiées immédiatement à l’OMS : la variole, la
poliomyélite due au virus polio sauvage, la grippe humaine causée par un nouveau sous-
type et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) (voir l’algorithme décisionnel de
l’Annexe 2 du RSI (2005)). Ce guide technique couvre ces quatre maladies
 D’autres maladies et évènements de Santé Publique peuvent nécessiter une notification
s’ils sont considérés comme des potentiels évènements sanitaires de portée
internationale. L’évaluation sera normalement conduite au niveau du District de Santé
ou à un niveau supérieur (régional, central), selon la décision des autorités nationales en
utilisant l’instrument de décision de l’Annexe 2 du RSI (Cf Annexe de la Section 2). Les
maladies classées dans cette catégorie par le RSI comprennent le choléra, la peste, la
fièvre jaune, les fièvres hémorragiques virales, fièvre à virus West Nile et d’autres
maladies ayant une ampleur nationale ou régionale comme la dengue, la fièvre de la
vallée du rift, les méningococcies. Ces pathologies sont traitées intégralement dans le
présent Guide technique
 « Tout évènement susceptible d’avoir une ampleur internationale pour la Santé Publique,
y compris ceux dont la cause ou l’origine est inconnue, et ceux impliquant des
évènements ou des maladies autres » que ceux mentionnés dans les deux paragraphes
précédents doivent faire l’objet d’une évaluation du risque en utilisant l’instrument de
décision de l’annexe 2 du RSI (Annexe de la Section 2). Une liste de ces évènements est
donnée à la Section 2. Ces évènements ne sont pas décrits en détail dans ce Guide
technique. Pour plus d’information, se référer à la littérature s’y rapportant2

0.3.2. Suivi et évaluation des capacités essentielles de base pour l’application du


RSI (2005)
À la suite de l’épidémie d’Ebola en 2015, plusieurs comités d’examen du RSI (2005) et divers
groupes d’experts ont recommandé l’utilisation d’autres outils pour surveiller et évaluer l’application
du RSI (2005), afin de compléter son suivi annuel. Par conséquent, depuis 2016, les États Membres
et les partenaires de l’OMS ont adopté l’approche combinée du processus de suivi et d’évaluation du
RSI (2005). Les quatre composantes du cadre de suivi et d’évaluation du RSI (2005) sont :

a) Les Rapports Annuels obligatoires transmis à l’Assemblée mondiale de la Santé


b) L’Evaluation Externe Conjointe (EEC)
c) La Revue Après Action (RAA)
d) Les Exercices de Simulation

2
Protocole d’évaluation des systèmes nationaux de surveillance et de riposte concernant les maladies transmissibles pour
le Règlement sanitaire international (RSI). Directives pour les équipes d’évaluation en accord avec l’Annexe 1A du
Règlement. Février 2009.

33
Les quatre composantes mettent en évidence une approche plus fonctionnelle de l’évaluation des
capacités du RSI (2005) et favorisent la transparence et la responsabilité mutuelle. Ceci est illustré
dans la figure 4 ci-dessous.

Principes d’un nouveau cadre de suivi et évaluation du RSI (CSE du RSI)

PRINCIPES
RAPPORTS ANNUELS À l'AMS
FONDAMENTAUX
CSE du RSI

Transparence
ÉVALUATION EXTERNE CONJOINTE
Responsabilité mutuelle
(EEC) 4 à 5 ans
Création d’un climat de
confiance
REVUE APRÈS ACTION (RAA)
Appréciation des avantages
Dialogue
EXERCICES DE SIMULATION
(effectués avant la riposte à un évènement de Durabilité
Santé Publique)

Figure 4: Cadre de suivi et évaluation du RSI

0.4. L’approche « Une Santé »


L’approche « Une santé » est une approche holistique de resolution des problèmes de santé à
l’interface Homme-Animal-Environnement. Cette approche recommande la collaboration, la
communication et la coordination entre toutes les parties prenantes de la gestion de cette interface.
Son but est d’obtenir les meilleurs résultats pour la santé humaine, animale et minimiser l’impact des
différentes interactions sur l’environnement. Cette approche s’applique aux niveaux local, régional,
national et mondial. Les humains et les animaux (domestiques et sauvages) partagent le même
écosystème et les possibilités de propagation des maladies augmentent avec les tendances modernes
de la mondialisation, les pressions démographiques croissantes, les changements climatiques, le
développement économique, l’urbanisation massive et la demande croissante d’aliments d’origine
animale et végétale. L’approche « Une Santé » est intrinsèque au RSI (2005), à la stratégie de la
SIMR, ainsi qu’à d’autres cadres mondiaux de santé. Elle est fortement renforcée par ceux-ci.
Elle contribue à l’amélioration de la surveillance basée sur les indicateurs et les évènements, qui est
la pierre angulaire de la fonction d’alerte rapide de la SIMR. Les agents de santé animale et humaine
ainsi que d’autres partenaires concernés devraient être impliqués à différents niveaux, en tant que
sources d’information pour la SIMR, afin de faciliter davantage le partage d’informations et les
activités communes de riposte rapide. L’approche « Une Santé » offre un cadre complet pour
l’application du RSI (2005) et aide à aborder la question des USPPI. Les principes clés de l’approche
« Une Santé » comprennent la prévention et le contrôle des maladies infectieuses émergentes et le
soutien aux services nationaux de Santé Publique en s’appuyant sur les structures existantes
(référence au RSI [2005] et les normes internationales de l’Organisation mondiale de la santé animale
[OIE]).

34
Le principe de l’approche « Une Santé » tient également compte du rôle et de l’évolution de
l’environnement en ce qui concerne les risques de maladies infectieuses et chroniques touchant les
humains et les animaux. En utilisant les données, l’expertise et les approches de gestion de
l’environnement, les professionnels de la santé environnementale peuvent aider à mieux comprendre
les causes profondes des maladies et à mieux prendre en considération la complexité des facteurs
environnementaux.
Une SIMR efficace exige donc une amélioration de la communication, de la coordination et de la
collaboration de tous les secteurs, pour la mise en œuvre d’un cadre de travail efficace pour
l’approche « Une Santé ».

0.5. La SIMR et la gestion des risques de catastrophes


Une catastrophe est définie comme une perturbation grave du fonctionnement d’une communauté ou
d’une société, causant des pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales
considérables, dépassant la capacité de la communauté ou de la société affectée à y faire face avec
ses propres ressources. À sa 62ème session, tenue en novembre 2012 à Luanda, le Comité Régional
pour l’Afrique a adopté un document intitulé « Gestion des risques de catastrophe : une stratégie pour
le secteur de la santé dans la région africaine », dans le but d’adopter une approche globale de gestion
des risques de catastrophe.
La gestion des risques de catastrophe est définie comme le processus systématique consistant à
utiliser les directives administratives et organisationnelles, les compétences et les capacités
opérationnelles pour mettre en œuvre des stratégies et des politiques et améliorer les capacités
d’adaptation, réduisant ainsi l’impact négatif des aléas et la possibilité de catastrophes. Dans le cadre
de la gestion des risques de catastrophe, une analyse des risques est effectuée, suivie d’une évaluation
du niveau de vulnérabilité et de la capacité d’adaptation disponible. L’objectif ultime de la gestion
des risques de catastrophe est de minimiser les risques en réduisant la vulnérabilité ou en améliorant
la capacité d’atténuer l’impact d’un danger. La SIMR est un outil important dans la gestion des
risques de catastrophe, car elle fournit des informations d’alerte précoce, ce qui est crucial pour
l’évaluation des risques et leur réduction. Elle contribue à l’identification des dangers, l’évaluation,
la communication et la surveillance des risques liés aux catastrophes, améliorant de ce fait la
composante d’alerte précoce.

0.6. Mise en œuvre des activités transfrontalières dans le cadre de


la SIMR
Compte tenu de la répartition écologique des maladies transmissibles et de la porosité des frontières
internationales, il est impératif que les pays de la région travaillent ensemble pour contrôler et
contenir la propagation de ces maladies. La libre circulation des personnes et des biens à travers les
frontières de la région offre des possibilités de propagation transfrontalière des maladies. En outre,
dans les centres urbains situés aux postes de santé aux frontières, une catastrophe d’un côté de la
frontière peut facilement affecter la santé d’un grand nombre de personnes des deux côtés de celle-
ci. Il est donc logique que les pays de la région coordonnent et synchronisent leurs interventions afin
de contrôler la propagation internationale des maladies transmissibles. Le Cameroun dispose d’un
cadre de gestion des activités sanitaires transfrontalières (Exemples : Directives Nationales pour la
détection, la gestion et le transfert des passagers aux points d’entrées ; Procédures Opérationnelles
Standards pour les interventions transfrontalières) pour renforcer la mise en œuvre des activités
transfrontalières prioritaires de lutte contre les maladies et qui tient compte des aspects suivants :

35
surveillance des maladies, préparation et contrôle des épidémies, ainsi qu’au renforcement des
capacités essentielles pour assurer la conformité avec le RSI (2005). La mise en œuvre des activités
de surveillance transfrontalière nécessite que :
a) les pays en collaboration avec l’OMS établissent un cadre de surveillance et d’intervention
transfrontières avec les pays voisins, en utilisant les systèmes de SIMR existants dans les pays
respectifs ;
b) les pays établissent des procédures de partage des données dans le cadre de la SIMR ;
c) lorsque des épidémies sont détectées via le système SIMR, les régions et DS transfrontaliers
voisins doivent être notifiés à l’aide des outils de notification de la SIMR. S’ils signalent une
épidémie similaire, ils doivent coordonner leurs activités de riposte avec les structures
d’intervention de la SIMR décrites aux modules 4, 5 et 6 de la 3ème édition du Guide Technique
pour la SIMR ;
d) la coordination et la collaboration transfrontalières (DS-DS) sur les questions de surveillance
soient assurées et que tout foyer épidémique dans le DS voisin soit notifié. Une notification
internationale ou transfrontalière soit faite le cas echeant;
e) des exercices de simulation soient organisés avec des équipes de DS transfrontaliers ;
f) des réunions transfrontalières soient organisées régulièrement ;
g) des initiatives transfrontalières de surveillance et d’intervention au niveau des DS soient
facilitées.

0.7. La SIMR électronique (e-SIMR) comme plateforme pour


améliorer la surveillance en temps réel
L’utilisation des outils électroniques dans le secteur de la santé a le potentiel de fournir des données
validées en temps réel pour la surveillance en Santé Publique, les investigations et la riposte rapide
aux épidémies. La SIMR électronique offre de nouvelles possibilités d’accélérer la réalisation des
capacités de base du RSI (2005). La SIMR électronique est l’application des outils électroniques aux
principes de la SIMR, pour faciliter la prévention, la prédiction, la détection, la notification et
l’intervention. Elle est basée sur :

- des systèmes d’informations standardisés, interopérables et interconnectés, administrés dans le


contexte national ;
- la collecte, l’analyse, la notification et l’utilisation rapides et en temps réel des données sur les
maladies ou évènements en vue d’une action de Santé Publique appropriée.

Si les outils sur support papier peuvent également fournir des informations en temps utile, les pays
devraient s’efforcer de disposer d’outils électroniques pour faciliter la transmission rapide des
données et la riposte aux menaces de Santé Publique. Les pays mettent en œuvre la SIMR
électronique pour :

a) donner suite aux recommandations du Comité Régional de l’OMS AFRO sur l’utilisation des
technologies de l’information, qui est essentielle pour que les pays puissent satisfaire aux
exigences du RSI (2005) ;
b) aider à la standardisation des données ;
c) contribuer à améliorer la promptitude et complétude des rapports ;
d) aider à la détection précoce, aux investigations et aux interventions en cas de survenue des
épidémies et autres évènements de Santé Publique ;

36
e) réduire la saisie manuelle des données, car elle est sujette aux erreurs ;
f) assurer un partage systématique de l’information entre les différents niveaux de la pyramide
sanitaire et les secteurs ;
g) permettre une meilleure transmission et une meilleure gestion des données, y compris leur
stockage et leur facilité d’accès ;
h) améliorer la capacité de surveillance électronique des maladies, presque en temps réel ;
i) améliorer la qualité des données ;
j) réduire les coûts du système et générer facilement des alertes automatisées.

La section 9 décrit en détail les principes fondamentaux pour l’établissement de la SIMR


électronique.

0.8. Description des fonctions de surveillance énoncées dans le


présent Guide
Tous les niveaux de la pyramide sanitaire participent aux activités de surveillance visant à détecter
les maladies, affections et évènements prioritaires et à y réagir (même si les différents niveaux n’ont
pas les mêmes fonctions). Ces activités comprennent les fonctions de base suivantes :

Étape 1 – Identifier et enregistrer les cas, les affections et les évènements : La définition des cas
standardisée est utilisée pour les points de prestation des services de santé (humaine, animale et
environnementale) ; la définition des cas simplifiée est utilisée au niveau communautaire pour
identifier les maladies, affections et alertes prioritaires qui peuvent signaler des évènements
émergents de Santé Publique. En outre, l’identification des cas peut se faire par l’intermédiaire
d’autres points de prestation de services de santé (animale et environnementale) en utilisant les
FOSA publiques, privées et les structures communautaires. Les définitions des cas et un système
d’alerte et de vérification opérationnelle sont essentiels pour détecter les cas et les épidémies. Après
identification, toutes les alertes, y compris les évènements réels, doivent être enregistrées dans un
registre y dédié (régistre de consultations, liste linéaire).

Étape 2 – Notifier les cas suspects de maladies, affections ou évènements : La notification est le
fait d’informer l’échelon supérieur des cas ou évènements détectés pour la prise de mesures
adéquates. S’il s’agit d’une maladie à potentiel épidémique, d’une maladie susceptible d’être
déclarée une USPPI ou d’une maladie devant être éliminée ou éradiquée, réagir immédiatement en
menant une investigation, en prélevant les échantillons nécessaires pour le diagnostic et en
présentant un rapport détaillé. Pour les évènements à notifier à l’OMS dans le cadre du RSI, le Point
Focal national est tenu d’utiliser l’instrument de décision (annexe 2 du RSI) pour identifier toute
USPPI éventuelle.

Étape 3 – Analyser (Temps-Lieu-Personne) et interpréter les résultats : Les données de


surveillance doivent être compilées, analysées pour déterminer les tendances, comparées aux
données des périodes précédentes et interprétées en vue de leur utilisation pour des actions de Santé
Publique.

Étape 4 – Investiguer et confirmer les cas suspects, les flambées ou les évènements : La
confirmation d’un cas ou d’une flambée comprend l’investigation des cas suspects et la capacité du
laboratoire à effectuer la confirmation. Prendre des mesures pour s’assurer que le cas et les contacts,
ainsi que l’épidémie ou l’évènement font l’objet d’une investigation et d’une confirmation en

37
laboratoire. La capacité de confirmation des cas est renforcée grâce à l’amélioration des systèmes
de référence, de réseautage et de partenariats. Recueillir des données probantes sur les causes
possibles de la flambée ou de l’évènement, en incluant les sources issues de la santé animale
(animaux domestiques et sauvages) et environnementales, et s’en servir pour choisir les stratégies
de contrôle et de prévention appropriées. Les facteurs sociaux, sexospécifiques et comportementaux
devraient également être recueillis et utilisés pour produire des réponses et une communication des
risques appropriées au niveau local.

Étape 5 – Préparer : Par préparation, on entend rendre disponible, avant la survenue de l’évènement
de sante publique, les plans de préparation et de réponse y relatifs prenant en compte l’acquisition
et la mobilisation des ressources multiformes :
- Humaines qualifiées ;
- Financières ;
- Matérielles : intrants (vaccins, médicaments et réactifs de laboratoire), équipements de
protection individuelle, infrastructures (sites d’isolement, centres de prise en charge…),
matériel roulant nécessaires pour les interventions en cas de flambée.

La mise en place d’un système basé sur la coordination des interventions pendant la préparation est
primordiale pour une réponse efficace. L’établissement d’un cadre de collaboration multisectorielle
et de mémoranda d’accord entre les Agences des Nations Unies (ONU) et les Organisations Non
Gouvernementales (ONG) ou la Société Civile accélère le processus de mise en place d’un système
de gestion logistique à tous les niveaux.

Étape 6 – Répondre : Lorsqu’une épidémie ou un évènement de Santé Publique est détecté, une
investigation doit être menée pour déterminer les causes et l’ampleur du problème ; les résultats de
l’investigation devraient guider la riposte. Une évaluation de la situation doit être faite pour cerner
les lacunes et les vulnérabilités, coordonner et mobiliser les ressources afin de mettre en œuvre les
interventions de Santé Publique appropriées.

Le Ministère de la Santé a adopté le Système de Gestion des Incidents (SGI) comme modèle de
gestion des urgences et dispose d’un Centre de Coordination des Opérations d’Urgences de Santé
Publique (CCOUSP) et des plateformes de coordination régionales de la réponse. Selon les principes
du SGI, l’analyse des risques liés à l’évènement permet de décider de l’activation ou non du SGI
sous la supervision du Ministre de la santé.

Étape 7 – Communiquer sur les risques : La communication sur les risques est un élément
essentiel de tous les systèmes de surveillance, pendant les phases de préparation et de reponse aux
évènements de Santé Publique et aux situations d’urgence. C’est l’échange en temps réel
d’informations, de conseils et d’opinions entre les experts, les dirigeants communautaires ou les
fonctionnaires et les personnes à risque. Cette communication sur les risques facilite l’engagement
futur des parties prenantes en partageant l’information à tous les niveaux, y compris la communauté.

Étape 8 – Suivre, évaluer, superviser et fournir un retour d’informations : Pour améliorer le


système de surveillance, il est nécessaire d’effectuer le suivi, l’évaluation et la supervision de toutes
les activités y afférentes, ainsi que le retour d’informations. Pour évaluer l’efficacité des systèmes
de surveillance et d’intervention, il faut apprécier sa préparation, la qualité de l’information, sa
réactivité et son rendement global. La rétro-information permet de motiver le personnel de santé et
de renforcer son implication dans le cadre de leur participation au système de surveillance. Le suivi-

38
évaluation et les supervisions permettent de prendre des mesures correctrices et des ajustements pour
les interventions. Différentes procédures d’évaluation telles que l’EEC, les Revues Intra Action
(RIA), les Revues Après Action (RAA) et les exercices de simulation peuvent être utilisées. Des
représentants de la communauté, du secteur privé et des ONG devraient être associés à ces activités
d’évaluation.

0.8.1. Niveaux de mise en œuvre de la surveillance


Les niveaux de la pyramide sanitaire sont définis comme suit :

Au niveau périphérique :
- Communauté : Elle est représentée par des acteurs communautaires de base tels que les
accoucheuses traditionnelles formées, les ASC ou les prestataires de soins similaires, les chefs
de village ou de communauté (réligieux, traditionnels ou politiques), les enseignants, les
structures de dialogue (COSA, COSADI), les volontaires de surveillance communautaires
identifiés localement, les responsables de la santé animale, les vendeurs de produits
pharmaceutiques et les guérisseurs traditionnels.
- Formation Sanitaire : elle est définie comme toute institution (publique, privée, ONG ou
organisation confessionnelle) disposant des services de soins ambulatoires ou hospitaliers.
- L’Aire de Santé : Unité géographique constituée de plusieurs quartiers et/ou villages, desservant
une population de 5 000 à 15 000 habitants.
- Le District de Santé : Unité géographique desservant généralement une population de 50 000 à
300 000 habitants.

Au niveau intermédiaire (régional) : représenté par la Délégation Régionale de la Santé Publique


(DRSP) coordonne les actions sanitaires en droite ligne avec les politiques et les stratégies définies
par le niveau central. La principale structure de dialogue au niveau intermediaire est le Fonds
Regional pour la Promotion de la Santé (FRPS).

Au niveau central (national) : le MINSANTE est responsable de l’élaboration et du suivi-


évaluation de la politique du Gouvernement en matière de Santé Publique ; il définit les stratégies et
attribue les ressources.

Dans un système intégré, chacun des niveaux décrits ci-dessus doit disposer de services de
laboratoire.

0.8.2. Rôles des différents niveaux dans la mise en œuvre de la surveillance


Chaque niveau du système de santé joue un rôle spécifique dans chacune des fonctions de la
surveillance (cf annexe A).

0.8.3. Comment les Districts de Santé peuvent-ils renforcer la surveillance et la


riposte
La plupart des pays ont évalué leur système de surveillance à l’aide du protocole standard
d’évaluation du système de surveillance mis au point par le Bureau régional OMS AFRO (Protocol
for the Assessment of National Communicable Disease Surveillance and Response Systems
WHO/CDS/CSR/ISR/2001.2.).

39
Les DS peuvent également utiliser une matrice des fonctions et compétences de la SIMR pour décrire
leur rôle dans le système de surveillance. Une telle matrice décrit un système complet dans lequel
toutes les compétences et les activités sont en place. Chaque niveau soutient les activités du niveau
inférieur et renforce la possibilité d’une prise de décision réussie aux niveaux et fonctions
correspondants. Dans le cadre de la mise en place d’un système de surveillance, la prise en compte
de la matrice (Cf Annexe A) fournit un cadre systématique pour améliorer et renforcer le système.

L’utilisation pratique de la matrice de la SIMR permet de :

a) s’assurer que toutes les fonctions et capacités nécessaires ont été identifiées ;
b) établir l’obligation de rendre des comptes pour servir de base à l’attribution des fonctions aux
niveaux appropriés et à la détermination des capacités qui devraient être présentes ;
c) organiser des activités et des formations pour le renforcement des capacités du personnel ;
d) assurer la gestion, le suivi et l’évaluation des programmes ;
e) renforcer les capacités des laboratoires de district, y compris les systèmes d’information de
laboratoire (réseau national de laboratoire);
f) planifier les ressources (humaines, matérielles, financières et logistiques).

La matrice de la SIMR illustre également plusieurs hypothèses clés qui doivent être formulées pour
les fonctions essentielles du système de surveillance. Si un ou plusieurs des éléments à chaque niveau
sont absents ou mal exécutés, le risque d’échec augmente pour la réalisation des objectifs de
surveillance et de contrôle. Pour un système de surveillance efficace, la mise en œuvre de chaque
niveau doit être soutenue par les niveaux supérieurs et inférieurs. Un système complet minimise les
délais dans la mise en œuvre des mesures de Santé Publique.

Les fonctions de détection, de notification, d’analyse, d’investigation, d’intervention, de


communication sur les risques, de suivi-évaluation et de retro-information sont interdépendantes et
devraient toujours être liées. La matrice de la SIMR (Cf Annexe A) définit les fonctions de
surveillance et la manière dont elles sont réalisées à chaque niveau du système de santé, y compris le
rôle de l’OMS par rapport aux fonctions essentielles de la SIMR.

40
0.9. Efforts déployés par l’OMS dans la Région Africaine pour
renforcer la SIMR
Le Bureau régional OMS AFRO fournit un appui technique pour la mise en œuvre de la surveillance
et de la riposte à tous les niveaux du système de santé, notamment :

a) l’élaboration de directives techniques détaillées pour chaque niveau ;


b) la mise à disposition d’un protocole d’adaptation du guide à tous les niveaux dans chaque pays ;
c) la formation des ressources humaines participant au système de surveillance et de riposte ;
d) le plaidoyer en faveur de la mobilisation des ressources ;
e) la coordination de la surveillance, de la détection et du contrôle des maladies, des affections et
des évènements, des épidémies et des situations d’Urgence de Santé Publique dans tous les
pays ;
f) le partage des informations en matière de Santé Publique et la promotion de la documentation
des meilleures pratiques.

0.10. Contenu du Guide


0.10.1. Nouvelles orientations du Guide
Cette édition du Guide a été révisée afin d’intégrer :
- les leçons apprises de la gestion des précédentes épidémies ;
- les nouveaux cadres ou stratégies (la stratégie régionale relative à la sécurité sanitaire et aux
situations d’urgence) ;
- le cadre révisé de suivi et d’évaluation du RSI ;
- les initiatives visant à améliorer la prévention, la détection et la riposte aux évènements de Santé
Publique (Programme d’Action pour la Securité Sanitaire Mondiale, « Une Santé », …) ;
- les principales stratégies de la région Afrique ;
- les menaces croissantes de maladies non transmissibles et de traumatismes liés aux Accidents de
la Voie Publique (AVP) dans le cadre du renforcement des systèmes de santé résilients.
- la mise en œuvre des exigences et des capacités de surveillance et de riposte du RSI (2005).

Ce Guide a été adapté pour refléter les priorités, les politiques et les structures de Santé Publique
nationales et doit être utilisé conjointement avec les directives et les Procédures Opérationnelles
Standards (POS) existantes, les stratégies ou les initiatives similaires. Dans l’ensemble, cette édition
du Guide SIMR contient les éléments suivants :

41
- le renforcement de la SFI en améliorant l’analyse, la communication et l’utilisation des données
de routine pour la prise de décisions ;
- le renforcement de la SFE ;
- l’amélioration de la surveillance communautaire ;
- l’amélioration de la surveillance et de la riposte transfrontalières ;
- l’intensification de la mise en œuvre de la SIMR électronique ;
- l’amélioration des plateformes de notification et de partage des informations ;
- l’amélioration du partage des données entre les secteurs ;
- l’adaptation de la SIMR aux situations d’urgence ou aux systèmes de santé fragiles.

Le Guide est destiné à être utilisé comme :

- une référence générale pour les activités de surveillance à tous les niveaux ;
- un ensemble de définitions des seuils qui déclenchent une action pour répondre à des maladies
ou affections prioritaires ;
- une référence autonome pour les directives spécifiques à chaque niveau de la pyramide sanitaire
;
- une ressource pour développer la formation, la supervision et l’évaluation des activités de
surveillance ;
- un guide pour améliorer la détection précoce et la préparation aux interventions en cas
d’épidémie.

0.10.2. Utilisateurs clés


Ce Guide est destiné à l’usage du personnel de santé au niveau des FOSA (publiques, privées et
confessionnelles), lieux de détection par excellence de la maladie.

De plus, il doit être utilisé par :


- les responsables et agents de surveillance des maladies à tous les niveaux ;
- le Point Focal national RSI ;
- tous les responsables des Programmes de Lutte contre les Maladies (PNLP, GTC/PEV, CNLS,
PNLO/Cécité, PNLSHI, PNLLUB, PNLT, PLMI, PNPLZER etc) ;
- les autorités sanitaires aux points d’entrée du pays ;
- les Directeurs des hôpitaux ;
- les cliniciens ;
- les Pharmaciens ;
- le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) ;

42
- les agents vétérinaires et les agents de santé de la faune sauvage ;
- les agents de la santé environnementale et de l’assainissement ;
- les équipes cadre des DS ;
- les FOSA privées et confessionnelles ;
- les Chefs de Centre de Vaccination Internationales (CVI) ;
- les responsables en charge de l’épidémio-surveillance du Ministère de l’Elevage, des Pêches et
des Industries Animales (MINEPIA) ;
- le personnel de laboratoire, les leaders communautaires, les chefs de quartier, les conseillers
municipaux et responsables politiques de DS ou régionaux ;
- d’autres experts et praticiens de la Santé Publique dans des institutions spécialisées ;
- les établissements de formation en Santé Publique ;
- d’autres partenaires du secteur de la santé, y compris les ONG ;
- d’autres ministères d’exécution ;
- le responsable chargé de la surveillance au Ministère des Forêts et de la Faune ;
- les Délégués Régionaux de la Santé Publique ;
- les Coordonnateurs des Centres Régionaux pour la Prévention et la Lutte contre les Epidémies
(CERPLE) ;
- les Responsables de la santé environnementale et ingénieurs sanitaires (MINEPDED);
- les Chefs de District de Santé ;
- les Points Focaux Surveillance (PFS) des District de Santé ;
- les Chefs de Centre de Santé Intégré (CSI).

0.11. Maladies, affections prioritaires et évènements de Santé


Publique
Le Bureau régional OMS AFRO propose les maladies transmissibles et non transmissibles et les
affections ou évènements suivants comme priorités pour la SIMR dans la Région africaine (Cf le
tableau 1 pour les maladies, affections et évènements prioritaires). Les maladies ou affections sont
recommandées parce qu’elles sont :
- requises au niveau international dans le cadre du RSI (variole, poliomyélite à poliovirus sauvage,
grippe humaine causée par un nouveau sous-type, le SRAS) ;
- des maladies à fort potentiel épidémique pouvant avoir de graves répercussions sur la Santé
Publique en raison de leur capacité à se propager rapidement à l’échelle internationale (choléra,
peste, fièvre jaune, fièvre hémorragique virale…) ;

43
- des causes principales de morbidité et de mortalité dues à des maladies et affections transmissibles
dans la Région africaine (paludisme, pneumonie, maladies diarrhéiques, tuberculose, VIH/SIDA,
mortalité maternelle et traumatismes…) ;
- des maladies ou affections non transmissibles prioritaires dans la Région Afrique (hypertension
artérielle, diabète, santé mentale et malnutrition…) ;
- des interventions efficaces de contrôle et de prévention sont disponibles pour traiter les problèmes
de Santé Publique (l’onchocercose, la trypanosomiase…).

Il existe des programmes d’intervention soutenus par les Partenaires Techniques et Financiers (OMS
et autres …) pour la prévention, le contrôle, l’élimination ou l’éradication de ces maladies notamment
le Programme Elargi de Vaccination (PEV), la PLMI, Programme National de Prévention et de Lutte
contre les Zoonoses Emergentes et Ré-émergentes (PNPLZER).
L’adaptation du Guide SIMR AFRO a permis d’actualiser la liste des maladies et affections
prioritaires pour le Cameroun (Cf Tableau 1).

Tableau 1: Maladies, affections et évènements prioritaires pour la SIMR du Cameroun


Maladies, affections ou évènements à
Maladies faisant l’objet de mesures Autres maladies, affections prioritaires ou évènements
potentiel épidémique qui nécessitent
une notification immédiate
d’élimination ou d’éradication importants pour la Santé Publique

1. Chikungunya 1. Méningite bactérienne 1. Accouchement assisté

2. Choléra 2. Paludisme 2. Autres envenimations

3. COVID-19 et Infections 3. Dracunculose (maladie du ver de 3. Décès maternels


Respiratoires Aigües Sévères Guinée)
4. Décès périnatals
4. Dengue 4. Filariose lymphatique
5. Diabètes de type II (nouveaux cas)
5. Dracunculose 5. Lèpre
6. Fièvre charbonneuse (Anthrax) 6. Diarrhée avec déshydratation chez les moins de 5
6. Noma ans
7. Fièvre hémorragique aigüe*
7. Onchocercose 7. Diarrhée sanglante (Shigella)
8. Fièvre jaune
8. Pian et syphilis endémique ou Bejel 8. Drépanocytose
9. Méningite bactérienne 9. Poliomyélite de type sauvage***
9. Épilepsie
10. Rage humaine d’origine canine
10. Poliomyélite (paralysie flasque
aiguë) 10. Fièvre Typhoïde
11. Rougeole

11. Peste 11. Filariose Lymphatique


12. Tétanos néonatal

12. Rage humaine 12. Helminthiases


13. Trachome

13. Rougeole 13. Hépatites virales aigüe et chronique


14. Ulcère de Buruli

14. Tétanos néonatal 14. Hypertension (nouveaux cas)

15. Variole du Singe (Monkeypox) 15. Infections Sexuellement Transmissibles (IST)

16. Variole Humaine 16. Leishmaniose

17. Lèpre

18. Malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans

44
* Fièvres hémorragiques d’Ebola, de 19. Manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI)
Marburg, de la Vallée du Rift, de 20. Morsure de chien
Lassa, de Crimée-Congo, du Nil
occidental, la Dengue Maladie à 21. Morsure de serpent
virus Zika
22. Paludisme

23. Pian

24. Pneumonie grave chez les enfants de moins de 5


ans
25. Schistosomiases intestinales et urinaires

26. Syndrome Grippal

27. Syphilis

28. Tétanos néonatal

29. Trachome

30. Traumatismes (accidents de la circulation)

31. Trypanosomiases

32. Tuberculose

33. Ulcère de Buruli

34. VIH/SIDA (nouveaux cas)

** Maladies
dont le RSI (2005) demande la notification immédiate
Grippe humaine due à une nouvelle souche***
Poliomyélite de type sauvage***
Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)***
Variole***
Tout autre évènement sanitaire de portée internationale ou nationale (maladie infectieuse,
zoonose, infection alimentaire, contamination chimique, radioactive ou maladie d’origine inconnue)

Tableau 2: Liste des signaux pour la SFE

 Décès d’une femme âgée de 10 à 50 ans


 Décès d’un enfant âgé de moins d’un mois
 Enfant âgé de 15 ans ayant de la fièvre, une éruption cutanée, toux/nez qui coule
 Enfant âgé de 15 ans présentant une faiblesse soudaine dans un ou plusieurs membres
 Personne faisant trois selles liquides ou plus par jour, et montrant des signes de déshydratation
(peau craquelée en permanence ou yeux enfoncés) et/ou mort
 Toute personne ayant de la fièvre accompagnée de vomissements, selles liquides et
saignements inexpliqués (nez, bouche, peau ou yeux, dans les urines ou le sang) ou mort
 Toute personne mordue par un chat, chien ou singe
 Personne ayant été mordue par un serpent ou un scorpion
 Deux ou plusieurs cas de personnes présentant deux ou plusieurs signes/symptômes similaires
au sein de la même communauté, école ou sur un même lieu de travail au cours de la même
semaine
 Mort inexpliquée d’un groupe (3 ou plus) d’animaux (ex: 3 poules) en une semaine
 Tout événement présentant un risque pour la santé publique, y compris les catastrophes
naturelles ou des symptômes rarement observés

45
 Deux ou plusieurs cas de maladies respiratoires au sein de la même communauté ou du même
groupe social au cours de la même semaine
 Multiples cas de syndromes grippaux (fièvres, toux, nez qui coule) dans une
communauté/école/lieu de travail au cours de la même semaine
 Maladie respiratoire aigüe sévère chez un voyageur en provenance d’une région ou d’une zone
de transmission du COVID-19

0.12. Organisation du Guide Technique SIMR


Le Guide Technique pour la Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte présente une vision
globale d’un système de surveillance des maladies et de la riposte. Dans la SIMR, tous les niveaux
du système de santé sont impliqués dans les activités de surveillance pour répondre aux maladies,
affections et évènements prioritaires. Les sections du Guide correspondent aux fonctions essentielles
de la SIMR et décrivent ces activités de surveillance :

Section 1. Identifier/détecter et enregistrer les cas de maladies, d’affections et d’évènements

Section 2. Notifier les maladies, affections et évènements prioritaires

Section 3. Analyser et interpréter les données

Section 4. Investiguer les suspicions d’épidémies et autres évènements de Santé Publique

Section 5. Se préparer à riposter aux épidémies et autres évènements de Santé Publique

Section 6. Répondre aux épidémies et autres évènements de Santé Publique

Section 7. Communiquer sur les risques

Section 8. Superviser, Suivre et évaluer pour améliorer la surveillance et la riposte

Section 9. Système électronique de surveillance intégrée de la maladie et la riposte (e-SIMR)

Section 10. Adapter la SIMR aux situations d’urgence et systèmes de santé fragiles

Section 11. Résumé des directives relatives aux maladies, affections prioritaires et évènements de Santé
Publique

Chaque section comporte des annexes qui font référence aux fonctions principales/essentielles mises
en évidence dans le Guide. Chaque section porte sur tous les niveaux du système de santé et donne
un aperçu de la manière dont le Cameroun peut remplir chaque fonction pour atteindre le niveau
requis de surveillance et de riposte. En outre, une section sur la surveillance électronique intégrée de
la maladie et la riposte en ligne a été ajoutée pour résumer et guider la mise en place du système e-
SIMR.

46
47
0.13. Annexes de la section Introduction
Annexe A Matrice de la SIMR : fonctions et activités essentielles par niveau de système
de santé
Annexe B Outil d’évaluation de la surveillance et de la riposte au niveau du District de
Santé
Annexe C Instrument de décision du RSI (2005)
Annexe D Situations d’urgence potentielles de portée internationale qui doivent être
notifiées conformément au Règlement sanitaire international (2005)
Annexe E Guide pour la mise en place du système de surveillance et de riposte à base
communautaire
Annexe F Capacités de surveillance et de riposte essentielles décrites dans le RSI (2005)
Annexe G Rôles et responsabilités de divers acteurs dans la SIMR
Annexe H Guide pour la mise en place des systèmes de surveillance et de riposte au point
d’entrée
Annexe I Liste des acteurs intervenants dans la mise en œuvre de la SIMR par niveau au
Cameroun

48
ANNEXE A : Matrice de la SIMR : fonctions et activités essentielles par niveau de système de santé
Suivi, évaluation,
Investigation et supervision et retour
Niveaux Identification / Notification Analyse et Préparation Riposte Communication des risques
Détection Interprétation confirmation d’information pour
amélioration

Utiliser des Notifier les Faire participer les Participer aux Participer aux comités de Mettre en œuvre les Identifier les personnes qui Faire une analyse
déclencheurs d’alerte signaux aux autorités locales et activités santé communautaire et activités de riposte. peuvent prendre en main le situationnelle
pour identifier les autorités leaders d’investigation sur de préparation aux Susciter l’engagement processus communicationnel Capter la réaction de la
maladies, événements compétentes communautaires à les rumeurs ou les urgences communautaire Construire une relation pour communauté à l’action
et affections (responsables l’observation, à la événements Participer à Sensibiliser la établir les liens fonctionnels entre de santé publique
prioritaires ou d’autres communautaires, description et à la inhabituels signalés l’identification des communauté sur les la communauté et la FOSA et Donner des informations
risques au sein de la
chefs des Aires,
définition des caset par les leaders et les risques potentiels des mesures d’hygiènes et pour la mise en place de la aux membres de la
communauté des seuils membres de la maladies les bonnes pratiques coordination de l’information
PFS de la FOSA, communauté à propos des
Appuyer la épidémiques des communauté Participer aux activités
District de Santé, Participer aux sessions de Inclure la communication avec cas événements et activités
communauté dans la maladies. Assurer la liaison de prévention et de lutte
Région et Niveau Aider à la formation et aux les secteurs animal et de prévention signalés
détection et promouvoir pour le retour contre les infections de
central) exercices de simulation environnemental afin de définir Effectuer une Revue Après
l’utilisation des cartographier/localisa d’information à la base et d’isolement
déclencheurs d’alerte tion des cas. une approche « Une santé » au Action
communauté sur les social
niveau de la communauté
Communautaire

actions de suivi Mener des recherches


Participer à l’évaluation
actives en communauté
postériori
(cas suspect et cas
contact) et procéder à
l’éducation à la santé de
la communauté pour le
changement de
comportements en
utilisant des méthodes
de communication de
proximité.

49
Suivi, évaluation,
Investigation et supervision et retour
Niveaux Identification / Notification Analyse et Préparation Riposte Communication des risques
Détection Interprétation confirmation d’information pour
amélioration

Utiliser les définitions Notifier les Préparer et mettre à Prendre part à Participer aux réunions Participer aux activités S’assurer que le système de Évaluer l’engagement
de cas standardisées informations sur jour périodiquement l’investigation des des comités de de riposte comprenant communication à un lien avec la communautaire
pour détecter, les cas pour les les graphiques, les épidémies notifiées préparation aux la prise en charge des structure dirigeante de la Réaliser une auto-
confirmer en maladies à tableaux et les cartes Prélever, urgences et de riposte cas et la recherche des communauté évaluation sur les
laboratoire et notification décrivant les conditionner et Participer aux sessions contacts selon les Communiquer avec les membres activités de surveillance
enregistrer les immédiate maladies, événements transporter les de formation et aux directives standardisées de la communauté au sujet des et de riposte
maladies ou les Transmettre les et affections déclarés échantillons pour exercices de simulation Prendre les résultats des activités de
affections prioritaires en fonction du temps, Suivre et évaluer les
fiches de confirmation en Contrôler et entretenir le mesures de prévention et de riposte et garder activités de prévention
Mettre en place des lieu, personne. laboratoire, durant contrôle un contact étroit avec la
notifications et les matériel d’intervention Faire la rétro-information
déclencheurs d’alerte rapports d’activités Notifier l’investigation d’urgence et le stock supplémentaires communauté
immédiatement toute au niveau de la
Formation sanitaire

hospitaliers pour au niveau supérieur appropriées Mettre en place une cellule


d’urgence communauté
identifier les maladie, tout Participer comme d’écoute et organiser des
événements de Santé événement ou Mettre à disposition des
membre de l’équipe sessions d’écoute et des réunions
Publique dans la affection qui : FOSA les résultats du test
d’intervention rapide avec les agents/bénévoles de la
FOSA. en laboratoire
• dépasse le seuil surveillance communautaire
Prélever et transporter
d’alerte ou
les échantillons pour
survient dans des
confirmation en
laboratoire endroits
inhabituels
Vérifier les
jusqu’alors
déclencheurs d’alerte
absente
de la communauté
Veiller au stockage • présente
approprié du matériel des tendances ou des
de surveillance caractéristiques
inhabituelles

50
Suivi, évaluation,
Investigation et supervision et retour
Niveaux Identification / Notification Analyse et Préparation Riposte Communication des risques
Détection Interprétation confirmation d’information pour
amélioration

Soutenir la FOSA dans S’assurer que les Compiler les données Organiser et Mettre en place et En collaboration avec Mettre en place des systèmes et Effectuer
l’évaluation des agents/bénévoles provenant des FOSA conduire garantir le région, choisir et une structure de communication régulièrement la
risques des évènements de la FOSA et de la Utiliser et affiner les l’investigation des fonctionnement des mettre en œuvre les des risques supervision des
notifiés par la surveillance dénominateurs des maladies ou des comités de préparation mesures de riposte Garantir l’engagement des FOSA
communauté communautaire taux épidémies notifiées aux urgences et de appropriées en matière acteurs de la communication des Fournir un retour
connaissent et riposte de santé publique risques au niveau régional d’information à la FOSA
Recueillir les données utilisent les Analyser les données Tenir une liste
en temps, lieu linéaire à jour des cas Participer à la Planifier en temps Développer et construire des et à la communauté sur
de surveillance auprès définitions de cas suspects cartographie des risques opportun des activités les activités de
standardisées pour personne. réseaux d’acteurs et
de la FOSA et de la et à l’évaluation d’information et surveillance et les
communauté et la notification des Aider la FOSA à Aider les FOSA à d’organisations pertinents
d’éducation au sein de pour améliorer le flux événements prioritaires
vérifier leur qualité maladies, mettre à jour chaque prélever, Organiser, mettre en la communauté d’informations Effectuer régulièrement un
affections et semaine les conditionner et
place et assurer le Documenter les retour d’information aux
Veiller à ce que les événements graphiques, tableaux, transporter de façon fonctionnement des S’assurer que la communication
activités de riposte FOSA et aux
sites de notification prioritaires et les cartes décrivant sécurisée les des risques fait partie des
échantillons de EIIR du District En cas d’épidémies, communautés sur les
disposent d’outils Dresser et tenir à les maladies, interventions en cas d’urgence
fiables pour la jour une liste des affections et laboratoire pour les Former les FOSA à la envoyer un rapport de activités de prévention et
examens de Alerter et informer les de lutte de routine des
collecte des données sites de notification événements notifiés riposte et soutenir la la situation du district
communautés sur les épidémies
et la notification Incorporer les confirmation communauté journalier épidémies
District de santé

Notifier les ou les événements


données Recevoir les résultats Élaborer un plan de Suivre et évaluer la
Mettre à la événements à
épidémiologiques et de laboratoire de la communication des communication des
disposition des sites, risque important au
de laboratoire pour région puis les risques à jour et tester programmes
les outils nécessaires niveau de la région
une meilleure analyse transmettre aux celui-ci lors d’une complets des FOSA
pour l’identification
Comparer les données FOSA urgence réelle ou un avec le District
des données. Notifier les
et formuler des Transmettre le exercice de simulation Suivre et évaluer la
Veiller à ce que tous les données à temps au
conclusions sur les rapport communication
établissements de soins responsable de la
pendant la riposte aux
disposent du matériel surveillance au tendances et les seuils d’investigation
épidémies
pour la collecte en niveau préliminaire à la
Recueillir les informations
laboratoire et le provincial/régional région auprès des communautés
transport affectées sur leurs besoins
Organiser des réunions
d’évaluation de la
surveillance qui impliquent
toutes les parties prenantes
du District
Recueillir les informations
pour évaluer l’impact de la
riposte auprès des
communautés affectées

51
Garantir la coordination S’assurer que les Assurer l’exactitude Organiser et soutenir Convoquer des réunions Choisir la stratégie Mettre en place des systèmes et Suivre et évaluer les
des activités de Districts des dénominateurs l’investigation sur les du comité de gestion et de appropriée pour la une structure de communication objectifs et indicateurs des
détection des Districts connaissent et pour la région maladies, affections préparation aux urgences riposte des risques programmes permettant
respectifs afin de utilisent les Compiler les données et événements Élaborer et gérer des Activer le comité de Garantir l’engagement des d’apprécier la qualité du
superviser et soutenir définitions des cas provenant des notifiés plans d’urgence préparation et de acteurs de la communication des système de surveillance
les services standardisées pour rapports du Recevoir et Organiser des sessions riposte aux épidémies risques au niveau régional des Districts et des FOSA
opérationnels de la la notification et la responsable de la interpréter les de formation du Former le personnel a Faire la rétro-information
surveillance vérification des Élaborer des procédures
surveillance du District résultats de personnel et des la gestion des opérationnelles standard (POS) aux Districts sur la
maladies, affections exercices de simulation surveillance et la qualité
et événements Analyser les données laboratoire urgences portant sur l’autorisation et la
Veiller à ce que les en temps, lieu et Compiler les listes Effectuer périodiquement Planifier des activités diffusion des informations des données
prioritaires Fournir un retour
sites de notification personne linéaires en cas une évaluation des de sensibilisation d’urgence en santé publique
disposent d’outils (de d’information au District sur
Préparer chaque d’épidémie risques pour les Communiquer des S’assurer que les sources les activités de routine de
définition des cas, Donner les évènements de santé messages
semaine des confirmée au niveau sur le d’information sont mises à jour et
d’affiches fiables pour instructions aux publique prévention et de lutte contre
graphiques, des des Districts changement de accessibles aux médias pour la les épidémies
la collecte des données Districts afin
tableaux et des cartes Notifier l’épidémie Organiser et soutenir les comportement diffusion de l’information
et la notification). d’assurer la Publier tous les mois le
à jour décrivant les confirmée au niveau EIIR Envoyer des rapports Veiller à ce que le matériel
Veiller à ce que le notification des bulletin épidémiologique de
maladies, affections et national Élaborer un plan régional de situation quotidiens d’information, d’éducation et de
matériel de prélèvement maladies, affections la région
événements notifiés S’assurer que les kits de communication des pendant les épidémies communication accessible et
en laboratoire soit et événements
Calculer les taux et les de prélèvement des risques à jour et tester pertinent soit adapté aux Effectuer régulièrement une
disponible et le transport prioritaires.
seuils et comparer les échantillons destinés celui-ci lors d’une besoins de la population évaluation des besoins en
des échantillons effectif Recevoir urgence réelle ou un personnel pour mettre en
régulièrement les données actuelles aux activités Diffuser les informations œuvre la SIMR et informer
avec celles des d’investigation sont exercice de simulation
rapidement et de manière le niveau supérieur
Régional

données du
responsable de la périodes précédentes disponibles transparente
pour tirer des Effectuer régulièrement des
surveillance du Evaluer la pertinence des visites de supervision
District et examiner conclusions informations avant d’envisager la
communication des risques Suivre et évaluer la
la qualité des communication de la
données contenus Garantir l’engagement du public à riposte aux événements de
dans ce rapport faciliter la communication entre santé publique
pairs, susciter une connaissance
de la situation. Évaluer l’acceptabilité de la
riposte offerte à la
Surveiller et réagir aux rumeurs et communauté et l’améliorer
aux réactions du public afin de selon les besoins
faciliter les ripostes au niveau
local. Susciter la participation des
partenaires au suivi des
S’assurer que la communication activités de surveillance et
des risques fait partie des de riposte
systèmes d’intervention d’urgence
Organiser des réunions
S’assurer qu’un expert en
d’évaluation de la
communication des risques est
surveillance qui impliquent
présent à tous les niveaux toutes les parties prenantes
Alerter les zones, régions et de la région
districts avoisinants de l’épidémie,
y compris les zones
transfrontalières

52
Définir les actions, Former, informer et Définir les politiques S’assurer que les Mettre en place les Identifier et appuyer Mettre en place des systèmes et Suivre régulièrement les
les mettre à jour et appuyer les et élaborer les directives et les politiques, les procédures les activités de riposte une structure de communication indicateurs clés de la SIMR
s’assurer de la niveaux inférieurs procédures d’analyse procédures et la formation pour Coordonner la riposte des risques et des laboratoires
conformité avec les sur la surveillance et d’interprétation des opérationnelles chaque niveau avec les équipes de Assurer l’implication de tous les Faire régulièrement un
politiques et les et la riposte données standards pour Dresser une cartographie santé au niveau de la acteurs de la communication des feedback aux régions
directives Compiler Définir
les les l’investigation des des risques région et du risques
nationales dénominateurs et épidémies sont District Échanger des données
rapports des Préparer et disséminer Actualiser le plan de épidémiologiques et des
maladies s’assurer
et de disponibles à tous
Mettre en place des
l’exactitude les niveaux des plans de préparation Appuyer les activités communication des risques et rapports, y compris des
politiques et les événements à de réponse, tester celui-ci lors d’une urgence informations sur les ripostes
aux urgences et de riposte
procédures pour notification Analyser et interpréter Déployer l’équipe notamment le réelle ou d’un exercice de aux épidémies avec les
Élaborer un plan de
les réseaux de immédiate au les données dans une d’intervention rapide déploiement des simulation pays voisins
communication national
laboratoires de niveau des régions perspective d’action pour l’investigation équipes d’intervention
des risques comprenant Actualiser les politiques, des Élaborer et distribuer
référence, y Notifier d’autres au niveau national des épidémies et la et Investigation rapide
des messages pour procédures opérationnelles périodiquement le bulletin
compris les maladies, Calculer les taux riposte aux situations
l’éducation standards et des directives portant national d’épidémiologie et
systèmes affections et nationaux et Coordonner et d’urgence de santé
communautaire sur l’autorisation et la diffusion de santé publique
d’assurance qualité événements comparer les données collaborer avec les publique
Former et soutenir des d’informations durant une urgence Organier régulièrement des
, Faire appel si prioritaires à avec les périodes autorités équipes nationales Suivre et adapter les de santé publique
temps, aux internationales réunions portant sur
nécessaire, aux précédentes d’intervention rapide aux directives de
l’évaluation de la SIMR
programmes et pendant les S’assurer que des sources
laboratoires de Décrire les facteurs de situations d’urgence de communication des
partenaires investigations, si risques et la d’informations sont mises à jour Effectuer régulièrement
référence pour des risques pour les santé publique (RRT)
concernés besoin mobilisation sociale et accessibles aux médias pour la des visites de supervision
confirmations et des maladies, affections et Élaborer des politiques et diffusion des informations
tests spécialisés Inclure tous les événements Coordonner les Assurer l’implication des
des procédures pour la
laboratoires prioritaires investigations avec S’assurer que des éléments partenaires dans les
riposte aux épidémies,
d’information, d’éducation et de
National

concernés dans le les équipes de activités de surveillance et


Prélever et transporter affections et événements
réseau de Organier santé au niveau de communication accessibles et de riposte,
les échantillons pour prioritaires
notification régulièrement des la région et du pertinents sont adaptés aux
analyse Evaluation à postériori, y
Utiliser l’instrument réunions avec le district pendant la besoins de la population
complémentaire au compris les leçons
de décision du RSI comité technique de riposte, si besoin Organiser des exercices Diffuser l’information rapidement
centre collaborateur
(Annexe 2A) pour apprises de l’investigation
(CC) de l’OMS, si coordination pour Alerter les de simulation de manière transparente et de la riposte
déterminer les revoir les données
nécessaire laboratoires et Élaborer et mettre en Evaluer la pertinence des Soutenir les contrôles
risques des analysées et
maladies, encourager leur oeuvre des plans informations avant d’envisager la annuels des capacités
interprétées avant leur
participation d’urgence communication des risques essentielles du RSI
affections, diffusion
événements Fournir un support Mettre en place un Cibler et utiliser les réseaux de Mettre à jour le plan de
prioritaires Procéder à des logistique pour les CCOUSP partenaires et d’organisations travail et la ligne budgétaire
analyses particulières investigations sur le Établir et maintenir un potentiels pour améliorer le flux de portant sur la mise en
Informer l’OMS pour prévoir terrain centre national de l’information œuvre des activités de la
conformément au l’importance et les Échanger les commande et suivre l’état Susciter l’adhésion du public, pour SIMR
RSI tendances des
informations avec les de préparation faciliter la communication entre Fournir le document portant
(2005) événements
réseaux opérationnelle en utilisant pairs, et la sensibilisation aux sur le retour d’information
prioritaires
internationaux un outil de référence qui rumeurs et les réactions du public approprié en temps
concernant les est la checklist et y répondre afin de faciliter les opportun
épidémies confirmées ripostes au niveau local.
Traiter les S’assurer que la communication
échantillons fait partie des systèmes de riposte
provenant de aux urgences
l’investigation et
S’assurer que le personnel formé
envoyer les résultats
à la communication des risques
à temps
est disponible à tous les niveaux

53
Suivi, évaluation,
Investigation et supervision et retour
Niveaux Identification / Notification Analyse et Préparation Riposte Communication des risques
Détection Interprétation confirmation d’information pour
amélioration

Élaborer et diffuser Recueillir et Fournir des Diffuser des guides Mobiliser les ressources Coordonner et appuyer Diffuser les directives, manuels, Fournir un retour
des directives compiler les orientations pour une et des outils à jour pour la formation, la les activités de riposte modules de formation et autres d’information pour aider en
génériques relatives à rapports sur les meilleure analyse des sur des maladies logistique et la (centre stratégique formes d’éléments d’orientation matière de collaboration
la surveillance épidémies et les données et spécifiques supervision d’opérations sanitaires, relatifs à la communication des avec les équipes nationales
Encourager l’échange maladies et l’élaboration de Fournir une Constituer un réseau experts techniques, risques et régionales
de documents et des événements bulletins/produits assistance, à la d’experts pour la procédures opératoires Aider dans la coordination des Poster sur le site Internet
meilleures pratiques pouvant être d’information demande des pays, formation et la mise en standardisées, partenaires et échanger des de l’OMS et diffuser les
de SIMR notifiés au niveau Élaborer et diffuser, pour conduire des œuvre de la SIMR directives, etc.) informations avec les partenaires liens pertinents à tous les
international pour chaque maladie, évaluations ou des Mobiliser les et les parties prenantes correspondants
Fournir le soutien Élaborer, mettre à jour ou
technique au niveau Créer des profils affection et événement investigations sur réviser les directives pour ressources et faciliter individuels et tous les
national pour la régionaux annuels prioritaires, les les maladies et les la gestion des risques ou les partenariats partenaires
détection et la ou des rapports de meilleures pratiques événements des catastrophes Appuyer l’activation de Utiliser les rapports
confirmation des situation par en matière d’analyse prioritaires l’équipe de gestion des provenant des
Maintenir et mettre à jour
maladies, affections et maladie, affection Fournir un support Fournir une incidents régions/provinces pour
un panel d’experts pour
événements et événements technique au niveau assistance pour la évaluer les systèmes de la
les équipes d’intervention Activer l’équipe de
Bureau OMS pays et AFRO

prioritaires prioritaires national pour coordination de la SIMR et plaider pour leur


rapide gestion des incidents.
améliorer les participation des amélioration
capacités d’analyse laboratoires Élaborer/mettre à
Coordonner le jour/réviser la formation Élaborer, mettre à jour ou
soutien durant les réviser les directives et les
pour le
international du investigations outils pour le suivi et
réseau de Centre de mise en œuvre l’évaluation de la SIMR/du
Fournir une
laboratoires de de la SIMR et du RSI et
assistance pour RSI
référence, y l’évaluation des appuyer le système de
gestion des incidents Élaborer et diffuser le
compris les centres risques en utilisant bulletin régional de la
d’excellence l’instrument de surveillance
décision du RSI
Promouvoir, guider et
soutenir les recherches
opérationnelles
Assurer le fonctionnement
de l’équipe de travail sur la
SIMR
Suivre régulièrement les
indicateurs de
performance clés pour la
SIMR et le RSI et la norme
de performance
conformément au cadre de
riposte d’urgence révisé

54
Suivi, évaluation,
Investigation et supervision et retour
Niveaux Identification / Notification Analyse et Préparation Riposte Communication des risques
Détection Interprétation confirmation d’information pour
amélioration

Utiliser les définitions Notifier Préparer et mettre à Participer à Participer aux travaux Référer le passager Bâtir des relations, communiquer Suivre et évaluer les
des cas où les immédiatement jour périodiquement l’évaluation des des comités de malade à la formation et assurer la coordination pour activités de prévention
déclencheurs d’alertes le point focal la base de données voyageurs préparation et de sanitaire appropriée l’échange d’informations avec et les modifier au besoin
pour identifier les du RSI et en des cas/évènements potentiellement riposte aux urgences Assurer la liaison avec diverses parties prenantes (points Organiser périodiquement
passagers ou les même temps le détectés exposés/infectés au point d’entrée le comité des urgences focaux du RSI, autorités de des exercices de simulation.
événements suspects district/ le dans un centre Participer à la et de préparation dans l’aviation civile/autorités
liés au voyage et au niveau régional d’isolement préparation du plan les activités de riposte portuaires, OACI)
transport et national /traitement d’urgence du point Établir la communication avec
Point dentrée

Apporter une Organiser Aider à la recherche


Envoyer chaque d’entrée des cas et des contacts les exploitants des bateaux et de
assistance à la mois des l’investigation des l’industrie navale concernant
passagers et des Participer à la formation Mettre en œuvre les
communauté dans la rapports et aux exercices de l’autorisation et la Déclaration
recherche des cas sommaires au contacts suspects meilleures mesures de sanitaire maritime.
simulation prévention et de lutte
niveau Suivre les rumeurs Établir une relation avec les
National et en ou les événements Participer à la réunion contre les infections de
transfrontalière base. agents de surveillance à tous les
même temps inhabituels niveaux et avec le point focal
échanger avec le signalés par les national du RSI.
district et la responsables ou les
région membres de la
communauté

55
ANNEXE B : Outil d’évaluation de la surveillance et la riposte au niveau du district

La plupart des pays ont utilisé un outil d’évaluation mis au point par le bureau régional OMS
de l’Afrique pour évaluer leurs systèmes nationaux de surveillance, de préparation aux
épidémies et d’intervention en cas d’épidémie et pour déterminer les améliorations
nécessaires. D’autres ont utilisé de nouveaux outils tels que l’évaluation externe conjointe
(JEE) comme moyen d’évaluer la capacité des pays à prévenir, détecter et riposter aux
événements de santé publique. L’évaluation fournit des résultats qui peuvent être utilisés
pour résoudre des problèmes de ressources, de qualité et d’actualité des données de
surveillance et d’utilisation des informations. Le plan stratégique national pourrait
également servir de référence lors de la préparation d’un plan d’action spécifique au district
de santé. Pour d’autres pays, qui ont fait l’objet d’une évaluation externe conjointe, le Plan
d’action national pour la sécurité sanitaire peut également être utilisé.

Le Programme de surveillance intégrée des maladies et de la riposte ne propose pas


l’établissement d’un nouveau système ; il vise plutôt à fournir des conseils sur la façon de se
préparer à mener des activités de surveillance et de riposte. Toutefois, si le district de santé
dispose des ressources et des compétences nécessaires pour effectuer une évaluation
destinée à documenter la situation des activités de surveillance et de riposte dans le district,
ou s’il souhaite mettre à jour le profil du district, il peut utiliser la liste de contrôle ci-dessous
après l’avoir adaptée au contexte local. Cet outil pourrait guider les districts de santé dans
l’identification des activités visant à améliorer leur performance et leur capacité de
surveillance des maladies et de riposte.

Identification des cas et des événements

1. Evaluer la disponibilité et la connaissance des définitions de cas standards concernant


les maladies à déclaration obligatoire et affections prioritaires, y compris les événements
préoccupants pour la santé publique.

2. Définir les sources d’informations (formelles et informelles) sur les événements


sanitaires dans le district de santé, y compris les points de contact de la communauté
avec les services de santé. Par exemple, dressez la liste des sources d’informations en
fonction des sites de notification du district de santé :

a) Établissements de santé et hôpitaux


b) Laboratoires (y compris les laboratoires non publics : privés à but lucratif, militaires,
ONG, confessionnels)
c) Point d’entrée
d) Agents de santé communautaires (y compris les agents de santé animale
communautaires)

56
e) Bénévoles ou points focaux communautaires (commerçants, femmes de marché,
coiffeurs, agriculteurs, etc.)
f) Accoucheuses et guérisseurs traditionnels
g) Dirigeants des communautés rurales qui ont connaissance des événements
sanitaires dans la communauté (par exemple, les anciens du village, les guérisseurs
traditionnels, les enseignants des écoles et les dirigeants des communautés
confessionnelles)
h) Personnels de santé publique
i) Praticiens du secteur privé
j) Agents de la sécurité publique des services d’incendie, de sauvetage ou de police
k) Structures et services vétérinaires et de santé animale
l) Laboratoires de l’industrie, de la sécurité alimentaire et de la santé
environnementale
m) Médias, sites Internet et applications de recherche d’informations sur la santé
n) Autres, y compris les ONG.
Il est également important d’avoir et de tenir à jour un registre des rumeurs/signaux pour
signaler les événements et une boucle de rétroaction pour confirmer ou dissiper les rumeurs.

3. Identifier les points focaux pour chaque source d’information. Déterminer et préciser les
possibilités d’implication de la communauté à la surveillance des événements liés à la
santé.
Notification
4. Préciser les événements, maladies et affections prioritaires envisagés par la politique
nationale et à surveiller dans le district de santé. Énumérer les maladies qui sont :
a) des maladies ou événements à potentiel épidémique, tels qu’un nombre inexpliqué
de maladies ou de décès dans une localité, qui nécessitent une notification
immédiate ;
b) ciblés pour être éradiquées et éliminées ;
c) importantes pour la santé publique, y compris des maladies non transmissibles.

5. Pour chaque événement, maladie ou affection prioritaire, examiner les éléments de


données minimaux que les établissements de santé et les autres sources doivent
déclarer. Indiquer quand ils doivent être signalés, à qui et comment, en d’autres termes
établir et mettre en place un circuit de notification au sein du district de santé. Indiquer
les informations qui doivent être collectés aux niveaux des patients (hospitalisés et
externes). Par exemple, une exigence minimale serait de déclarer tous les cas et tous les
décès se rapportant aux maladies et affections sélectionnées.

a) Indiquer les maladies ou affections qui doivent être signalées immédiatement et


communiquer cette liste aux formations sanitaires du district.

57
b) Définir les moyens de communication des données au district (par téléphone,
formulaire physique ou électronique, ou de vive voix). Si la déclaration est faite
électroniquement, tous les établissements ont-ils accès à des ordinateurs et à des
modems ? Préciser comment la déclaration électronique devrait être faite et si des
formulaires papier seront utilisés pour recueillir les données, comment la
transcription se fera du formulaire papier au formulaire électronique.
c) Définir la fréquence à laquelle les données requises doivent être communiquées.
d) Définir un mécanisme de rétroaction entre les FOSA et les échelons supérieurs
(district de santé et Région)

6. Définir les outils de gestion des données disponibles dans le district de santé et comment
ils doivent être utilisés dans un système intégré. Définir la fréquence à laquelle les outils
doivent être utilisés pour signaler les maladies, les affections ou les événements. Les
outils peuvent comprendre :

a) des fiches de notification des cas ;


b) des fiches d’investigation des cas et de rapport de surveillance des échantillons de
laboratoire ;
c) des fiches de suivi des échantillons (au sein du laboratoire) et aussi des fiches de
transfert des échantillons ;
d) des listes linéaires des cas à utiliser lors des flambées épidémiques, tout en assurant
une saisie complète des variables provenant d’autres secteurs non humains ;
e) des formulaires de recherche des contacts (fiche de listage des contacts) ;
f) des tableaux de synthèse avec formules de calcul :
i) des formulaires de rapports hebdomadaires de
routine

ii) des formulaires de rapports mensuels de routine

iii) des formulaires de rapports trimestriels de routine

iv) des graphiques pour l’analyse temporelle des


données

v) des cartes pour l’analyse des données sur les lieux

vi) des graphiques pour l’analyse des données par


personne

7. S’assurer de la disponibilité des fournitures nécessaires pour la surveillance à chaque


site de déclaration. (Note : Si un site de déclaration a la capacité de produire des rapports
électroniques, il devrait y avoir un format électronique compatible avec les méthodes
utilisées au niveau du district, de la région et du pays. Dans la plupart des pays où existe
la SIMR électronique, la version 2 du système d’informations sanitaires de district a
souvent été utilisée comme système de données. S’il n’existe pas de système de

58
rapports électroniques, s’assurer que les points focaux responsables de la gestion des
données disposent d’un stock fiable de formulaires de collecte de données, de papier,
de crayons de couleur, de papier graphique et de journaux de bord.

8. S’assurer du coaching effectif et continu des FOSA par le district pour s’assurer que les
données sont recueillies dans les délais prescrits et mettre en place un mécanisme de
responsabilisation si les rapports ne sont pas soumis à temps.
Analyse des données
9. Définir les exigences en matière de gestion des données pour chaque site déclarant. Par
exemple, élaborer et diffuser les procédures, y compris les échéances, afin que les sites
de notification sachent qu’ils doivent faire rapport sur chaque période de déclaration
(par exemple, chaque mois.)

a) Calculer, compiler et communiquer les totaux récapitulatifs


b) Vérifier périodiquement la qualité des données et éventuellement les nettoyer
c) Analyser les données : produire des résumés hebdomadaires, mensuels,
trimestriels ou annuels sous forme de tableaux, graphiques ou cartes
d) Fournir une certaine interprétation à l’échelon supérieur suivant
e) Soumettre les données au niveau suivant (SMS, courrier électronique, formulaires
basés sur des fax/cas et la liste de lignes)
f) Archiver et sécuriser les copies de sauvegarde des données
g) Fournir un feedback et des recommandations aux points focaux communautaires,
à tous les sites de notification concernés et aux dirigeants de la communauté, et
faire le suivi de la mise en œuvre des recommandations.

10. Décider si les formulaires actuels prennent en compte les priorités actuelles de la
surveillance intégrée de la maladie et de la riposte. Par exemple, les formulaires actuels
fournissent-ils les informations nécessaires pour détecter les problèmes et signaler une
riposte aux maladies prioritaires ciblées pour la surveillance ?

11. Rassembler et présenter des données pertinentes sur votre district qui peuvent être
utilisées pour demander des ressources supplémentaires afin d’améliorer les activités
de surveillance et de riposte. (Par exemple : Les agents de santé sont en mesure de
documenter une augmentation des cas de paludisme ; ils savent qu’une réponse efficace
est disponible avec des moustiquaires imprégnées d’insecticide. Le point focal
surveillance du district a utilisé les données pour montrer la réduction prévue des cas de
paludisme si une partie du coût des moustiquaires de la communauté pouvait être prise
en charge par les entreprises locales.)
Investigation et confirmation de cas, d’épidémies ou d’événements présumés :

12. Décrire le réseau de laboratoire et de diagnostic de référence pour la confirmation des


maladies et affections prioritaires dans le district. Par exemple, donnez la liste :

59
a) des établissements publics, privés ou d’ONG du district disposant de services de
laboratoire fiables pour confirmer les maladies prioritaires.
b) des activités de prévention, de contrôle ou de surveillance spéciale dans le district
qui ont accès à un laboratoire (par exemple, des sites de surveillance sentinelle du
VIH dans le district.)

13. Décrire les méthodes ou le mécanisme de recherche active des cas et, le cas échéant, les
procédures de recherche de contacts.
Préparation de la riposte aux épidémies et autres événements de santé publique
14. Organiser et actualiser la liste de l’équipe d’intervention rapide (EIR) du district afin que
l’évaluation de la préparation des EIIR devienne un point courant des activités du District
de Santé. Voir la section 4 pour la composition de l’EIR en cas d’urgence de santé
publique.

15. Identifier un mécanisme de coordination qui supervisera les réunions de préparation et


d’intervention. Se reporter à la section 5 pour savoir comment formuler un mécanisme
de coordination et la composition de l’équipe, qui dirigera le processus d’intervention et
de planification pour les réunions. Préciser et diffuser les horaires pour :

a) les réunions pour évaluer régulièrement l’état de préparation aux urgences de


santé publiques et discuter des problèmes ou des activités en cours. Mettre en
place des mécanismes tels que des rappels pour s’assurer que les réunions se
tiennent comme prévu ;
b) les réunions pour discuter de la riposte à une épidémie, y compris l’examen des
principales recommandations et mesures, et de l’état d’avancement de la mise en
œuvre.

16. Pour chaque événement, maladie ou affection prioritaire choisie, indiquer l’activité
d’intervention publique à mener et élaborer un plan d’urgence pour l’événement, la
maladie ou l’affection prioritaire en question. Identifier les activités et les interventions
possibles pour lesquelles le district aurait besoin d’aide de l’extérieur. Se reporter aux
sections 4, 5, 6 et 9 pour connaître les principaux éléments standards nécessaires aux
activités de préparation et d’intervention.

17. Pour chaque maladie ou affection à laquelle le district peut répondre, préciser la cible et
le seuil d’alerte, ou analyser les résultats qui déclencheraient une action.
Communication et retour d’information

18. Définir des méthodes pour informer et soutenir les agents de santé dans la mise en
œuvre de la surveillance intégrée des maladies, en :

a) énumérant les possibilités actuelles de formation des agents de santé en matière


de surveillance, d’intervention ou de gestion des données dans le district.
b) coordonnant les possibilités de formation entre les programmes de lutte contre la
maladie qui tirent parti des compétences qui se chevauchent, telles que la

60
supervision, la rédaction de rapports, la budgétisation, l’analyse des données et
l’utilisation des données pour établir les priorités.
c) définissant des besoins de formation pour chaque catégorie d’agents de santé, sur
la base d’une supervision ou en réponse à un événement particulier. Décider s’il
s’agira d’une formation initiale sur les techniques de surveillance et de riposte ou
d’une formation de recyclage sur la façon d’intégrer les activités de surveillance.
d) établissant des indicateurs de la performance (gestion de la qualité) des agents de
santé et en évaluant régulièrement la performance de ceux-ci.

19. Décrire comment la communication sur la surveillance et la riposte se fait entre le district
et les points focaux de surveillance et autres points focaux du secteur animal et autres
secteurs-clés pertinents. Clarifier qui est responsable des rapports périodiques à chaque
niveau. Inclure des méthodes telles que les réunions mensuelles, les bulletins
d’information et les appels téléphoniques.

20. Examiner et mettre à jour les procédures et méthodes de rétroaction entre le district, les
établissements de santé et la communauté, ainsi qu’entre le district et les niveaux
supérieurs. Préciser les méthodes de rétroaction et mettre à jour au besoin :

a) Les bulletins résumant les données communiquées au district par les formations
sanitaires.
b) Les réunions périodiques pour examiner les problèmes de santé publique et les
activités récentes.
c) Les visites de supervision.

21. Décrire les mécanismes de communication disponibles, notamment les protocoles et les
lignes directrices pour la communication des risques. Identifier un porte-parole et
s’assurer qu’une formation a été donnée sur les protocoles requis. Mettre en place un
mécanisme de liaison entre la communauté et les établissements de santé et le comité
de préparation et d’intervention en cas d’épidémie, qui peut être activé pendant une
flambée épidémique et pour les activités de routine. Se reporter aux sections 6 et 7 du
guide, portant sur les éléments clés de la communication des risques avant, pendant et
après l’épidémie.
Évaluation et amélioration du système de surveillance

22. Décider si d’autres indicateurs seront évalués et planifier la façon de surveiller et


d’évaluer le caractère opportun et exhaustif des rapports.

23. Énoncer trois objectifs ou plus qu’il faudrait atteindre pour améliorer la surveillance dans
le district au cours de la prochaine année, sur la base de données probantes.

61
ANNEXE C : Instrument de décision du RSI (2005)

62
ANNEXE D : Situations d’urgence potentielles de portée internationale qui doivent être
notifiées conformément au Règlement Sanitaire International (2005)

Surveillance de risques spécifiques

L’une des meilleures façons de protéger la santé publique internationale consiste à contrôler
ou à limiter les risques sanitaires connus. Les risques connus représentent la grande majorité
des événements susceptibles de constituer des situations d’urgence de santé publique qui
relèvent du Règlement sanitaire international (2005). Il existe déjà des programmes de lutte
contre les maladies infectieuses, des programmes de sécurité sanitaire des aliments et de
l’environnement, qui contribuent de manière importante au système mondial d’alerte et
riposte de l’OMS.

Les risques environnementaux comprennent, notamment :


• Les produits chimiques
• Les aliments
• Les radiations ionisantes
• Les radiations non ionisantes

Il est possible de se procurer des informations techniques sur ces risques auprès de
différentes sources (voir les références à la fin de ce document). Les domaines d’intérêt aux
fins du renforcement des capacités de la surveillance intégrée devraient inclure des
partenariats pour traiter les questions suivantes :

1. Les situations d’urgence de santé environnementale :


a) Événements d’origine naturelle
b) Incidents technologiques
c) Urgences complexes
d) Événements résultant d’actes délibérés

2. Les risques chimiques dans les aliments : Exposition alimentaire aigüe ou chronique
(pollution environnementale ou délibérée.)

3. Les zoonoses :
a) Zoonoses émergentes
b) Zoonoses négligées

THEMES DE SURVEILLANCE DE RISQUES SPECIFIQUES

1. Dangers liés aux maladies infectieuses


Menaces posées par des maladies infectieuses connues, nouvelles ou inconnues
2. Événements de maladies zoonotiques

63
L’utilisation d’une approche « Une seule santé » est essentielle pour établir un lien
entre la santé humaine et la santé animale à l’interface entre l’homme, l’animal et
l’environnement. La coordination, la collaboration et la communication entre les
secteurs et les partenaires de l’approche « Une seule santé » nous permettent de
maximiser les ressources tout en assurant une santé optimale aux personnes et aux
animaux vivant dans un environnement commun. Il est important de détecter les
maladies qui affectent les animaux, car elles peuvent présenter un risque pour la santé
humaine, et cela pourrait sauver des vies.
3. Événements de sécurité des aliments

Les maladies diarrhéiques transmises par la nourriture ou l’eau sont les principales
causes des maladies et des décès dans les pays les plus pauvres, avec environ 1,8 million
de décès chaque année, pour la plupart chez des enfants. L’identification de la source
d’une épidémie et son confinement sont essentiels au RSI.
4. Événements liés aux produits chimiques
La détection et le contrôle des événements par les produits chimiques, toxiques ou la
pollution de l’environnement sont essentiels pour l’application du RSI.
5. Événements radiologiques et nucléaires
Une urgence radiologique ou nucléaire peut être causée par des fuites accidentelles ou
un acte délibéré. Elle peut également être détectée lors d’un examen clinique de
patients irradiés, admis dans un établissement de soins, même si la source de
l’exposition n’a pas été confirmée.

Source: A guide for assessment teams. International Health Regulations (2005): Protocol for assessing national
surveillance and response capacities for the International Health Regulations (IHR) in accordance with Annex
1A of the regulations. Février 2009.

64
ANNEXE E : Guide pour la mise en place du système de surveillance et riposte à base
communautaire
La surveillance communautaire est une initiative de santé publique simple, adaptable et peu
coûteuse, gérée par les communautés en coordination avec les structures de surveillance
officielles. Les communautés et les points focaux communautaires désignés sont formés et
habilités à être conscients des risques potentiels pour la santé, y compris les événements
émergents qui pourraient indiquer un nouveau risque pour la santé. Ils doivent également
assurer une surveillance étroite des maladies à déclaration obligatoire et des maladies
saisonnières ou des signes d’apparition d’une maladie existante. Un événement qui semble
« inhabituel, étrange ou inexplicable » pour la communauté pourrait être pour un
professionnel de la santé formé un signe avant-coureur d’un risque plus grave et plus
important pour la santé ou un événement de santé publique.

Deux stratégies différentes de surveillance communautaire peuvent être utilisées pour


recueillir des informations auprès de la communauté :

a) La surveillance communautaire fondé sur les événements (SCFE) repose sur la


notification d’événements inhabituels et est conçue pour identifier rapidement les
problèmes dans la communauté. L’information peut être incomplète, non confirmée ou
une simple rumeur. La définition d’un « événement inhabituel » varie d’une
communauté à l’autre et doit être définie dans chaque contexte. Il peut s’agir d’un
événement ou d’un groupe d’événements qui peuvent être inhabituels pour une
collectivité particulière ou à une certaine période de l’année. Par exemple, un
événement inhabituel pourrait être « un groupe de décès d’une cause inconnue dans le
même ménage ou dans des ménages adjacents ».
b) Surveillance communautaire fondé sur les indicateurs (SCFI). Ce type de surveillance
est utilisé pour identifier/rapporter les événements, sur la base d’indicateurs convenus
(définitions communautaires de cas). L’information émanant de la collectivité peut
provenir de personnes, y compris des bénévoles de la surveillance communautaire, qui
ont déjà reçu briefing sur les indicateurs.

La SCFI se fonde sur la déclaration d’un cas suspect ou de la tendance de maladies


particulières, à l’aide d’une définition communautaire de cas. La définition communautaire
d’un cas consiste en deux ou trois symptômes facilement identifiables associés à une maladie
spécifique. Il s’agit d’une forme plus élémentaire de déclaration syndromique (symptômes)
utilisée par les professionnels de la santé dans les systèmes de surveillance des maladies au
niveau national, de la SIMR et autres. Par exemple, la grippe, dont la définition
communautaire de cas est « maladie soudaine, fièvre, toux et difficulté à respirer », et la
paralysie flasque aigüe (PFA), définie commel’apparition soudaine d’une paralysie/d’une
faiblesse dans une partie du corps d’un enfant de moins de 15 ans.

Les deux systèmes devraient être mis en place pour s’assurer que toute l’information
provenant de la communauté est saisie et communiquée rapidement à une personne-

65
ressource désignée en matière de surveillance au niveau suivant pour un suivi. Ces deux
éléments de la surveillance devraient également être intégrés au niveau communautaire.

Étapes de la mise en place de la surveillance communautaire


Une étape cruciale dans la mise en place de la surveillance communautaire consiste à
s’assurer de l’adhésion des autorités nationales et infranationales. Cela permettra de
reconnaître officiellement le système de surveillance communautaire comme faisant partie
du Système national de surveillance, et des personnes seront alors désignées. Un responsable
d’une formation sanitaire ou un agent de surveillance désigné responsable de la coordination
des activités de la surveillance communautaire devrait donc :
a) déterminer, au sein de l’établissement, la disponibilité et la connaissance des définitions
communautaires de cas standards pour la déclaration des maladies et affections
prioritaires suspects et des événements préoccupants pour la santé publique ;
b) sensibiliser les dirigeants communautaires, les aînés et autres personnes influentes à la
nécessité de la surveillance communautaire, à l’information nécessaire, à la façon dont
l’information sera utilisée, au processus proposé, aux caractéristiques des personnes
ressources de la surveillance communautaire, au soutien financier ou en ressources
humaines offert par le district et aux avantages que la collectivité retire de leur
participation ;
c) définir les sources d’informations sur les événements liés à la santé dans la collectivité, y
compris les points de contact que la collectivité a avec les services de santé. Un
informateur clé choisi parmi ces sources peut former des réseaux communautaires qui
aident les personnes-ressources de la surveillance communautaire à détecter rapidement
les alertes (par exemple, en sensibilisant les femmes et les hommes qui fréquentent
régulièrement les lieux de mouture des grains ou de consommation de thé). Les sources
d’information comprennent :
i) des visites à domicile – au cours desquelles les personnes ressources de la
surveillance communautaire sont censées se rendre régulièrement dans tous les
foyers de leur zone d’influence pour s’enquérir des maladies prioritaires et des
décès qui ont pu survenir depuis leur dernière visite.
ii) des lieux de rassemblement – Une autre façon de recueillir de l’information sur les
événements prioritaires consistera pour la surveillance communautaire à se rendre
fréquemment aux lieux de rassemblement ou de rencontre dans les villages. Cela
ne remplacera pas les visites à domicile, mais constituera plutôt une autre façon de
s’assurer que tous les événements prioritaires sont identifiés en temps opportun.
Les lieux de rassemblement ou de rencontre dans la communauté sont des lieux où
les gens se rassemblent pour parler et partager des nouvelles par le bouche-à-
oreille. Par exemple, les puits communautaires, les pompes ou les rivières, où les
femmes se rassemblent pour aller chercher de l’eau potable ou laver leurs
vêtements. Pendant qu’elles travaillent, les femmes échangent des nouvelles de
leur famille et de leur quartier.

66
iii) des lieux de mouture ou pillage du grain – Dans certaines collectivités, les femmes
se réunissent tous les jours au même endroit pour moudre, écraser ou piler le grain
pour le transformer en farine. Elles échangent souvent des nouvelles de leur famille
et du quartier pendant qu’elles travaillent.
iv) Lieux de consommation de bière, de vin de palme ou de thé – Dans certaines
communautés, les hommes se rassemblent tous les jours dans des débits de
boissons, d’autres lieux de consommation, dans une maison ou une boutique, ou
bien à l’ombre d’un arbre spécial, pour boire et socialiser. En buvant, ils se donnent
parfois des nouvelles de leur famille, de leurs amis et de leurs voisins.
v) Au marché – Beaucoup d’informations et de nouvelles sont échangées au marché.
Les gens qui s’y rendent passent une partie de leur temps à acheter ou à vendre
des choses et le reste du temps à parler à leurs amis et voisins.
vi) Dans les églises, les mosquées ou les temples – Parfois, les chefs religieux font des
annonces avant ou après le service pour informer les gens des événements dans le
quartier. De plus, les gens qui vont à l’église ou à la mosquée parlent souvent
ensemble avant ou après le service pour échanger des nouvelles au sujet de leurs
familles, de leurs amis et de leurs voisins.
vii) Au domicile du chef de village ou à l’endroit où les anciens du village se réunissent
– Le chef de village et les anciens sont généralement tenus informés de ce qui se
passe dans leur communauté. Ils se réunissent souvent pour parler des nouvelles
de la communauté ou pour discuter des problèmes et prendre des décisions.
viii) Dans les écoles et dans les cours d’école – Les enseignants et les élèves échangent
souvent des informations et des nouvelles au sujet de leur famille et de leurs amis
lorsqu’ils se voient à l’école ou lorsqu’ils jouent dans la cour.
d) identifier des correspondants de surveillance pour chaque source d’information, en
collaboration avec la communauté. Déterminer et préciser les possibilités de
participation de la collectivité à la surveillance des événements liés à la santé et le rôle
des personnes-ressources de la surveillance communautaire. Les personnes-ressources
devraient être des personnes en qui la communauté a confiance et qui s’engagent à
signaler « zéro cas ». Elles doivent être rassurées qu’elles n’auront pas d’ennuis si elles
rapportent de mauvaises nouvelles ; elles n’ont donc pas besoin de falsifier les données ;
e) indiquer clairement les alertes, les événements, les maladies et les affections concernés
par la surveillance à l’intérieur de la zone surveillée ainsi que ceux prescrits par la
politique nationale ; préciser également les mécanismes de déclenchement ;
f) dresser une liste des maladies à potentiel épidémique, des maladies à éradiquer et à
éliminer et des autres maladies prioritaires pour la santé publique, y compris les maladies
non transmissibles ;
g) définir des méthodes d’information et d’appui aux points focaux pour la mise en œuvre
de la surveillance communautaire. Il peut s’agir de réunions mensuelles ou d’appels
téléphoniques. Dresser la liste des possibilités actuellement offertes pour la formation
des agents de liaison en matière de surveillance et riposte ;

67
h) définir les besoins de formation. Concevoir et mettre à l’essai au préalable du matériel
de formation illustré/simplifié, destiné à la surveillance et l’établissement de rapports,
pour les populations analphabètes/semi-alphabètes ; concevoir des aides
professionnelles illustrées et basées sur des jeux et des emplois du temps quotidiens ou
hebdomadaires illustrés ;
i) former les correspondants de la surveillance communautaire aux techniques de
surveillance et de riposte ainsi qu’à l’amélioration des relations interpersonnelles grâce
à une formation interactive, aux techniques d’apprentissage des adultes et aux jeux de
rôle. L’utilisation d’un téléphone cellulaire pour montrer des fichiers MP3 ou d’autres
clips vidéo peut être utile pendant la formation et dans la communauté ;
j) décrire comment se déroule la communication en matière de surveillance et de riposte
et comment elle sera suivie entre l’établissement de santé/l’agent de surveillance et les
personnes de contact de la surveillance communautaire. Pour les personnes-ressources
alphabétisées de la surveillance communautaire, concevoir des formulaires d’alerte
simples (voir l’annexe 2B) et leur montrer comment entrer les informations ; et pour ceux
qui sont analphabètes, élaborer des mécanismes pour obtenir d’eux les informations sur
les événements. Penser à des mécanismes comme l’identification d’un membre de la
famille qui peut aider à la rédaction ;
k) Inclure des méthodes telles que des réunions mensuelles et des appels téléphoniques
pour assurer le suivi des correspondants de la surveillance communautaire
l) examiner et mettre à jour les procédures et les méthodes de supervision et de retour
d’information entre l’établissement de santé et les agents de liaison communautaires.
Des formations de mise à jour régulières devraient également avoir lieu pour s’assurer
que les points focaux communautaires comprennent quels types d’alertes doivent être
signalés et de quelle manière ;
m) décrire les liens de communication entre les points focaux communautaires et les
établissements de santé et le comité de gestion de l’épidémie qui peuvent être activés
pendant une épidémie et pour les activités de routine ;
n) élaborer des documents généraux, illustrés et de mobilisation sociale pour sensibiliser la
communauté, les jeunes ou les écoles ;
o) organiser des réunions périodiques entre les coordonnateurs de la surveillance des
établissements de santé, les coordonnateurs de la surveillance communautaire et les
dirigeants communautaires, afin de discuter des progrès, des problèmes et des
préoccupations et de fournir une rétroaction réciproque ;
p) Indiquer trois objectifs ou plus que vous aimeriez atteindre pour améliorer la surveillance
dans la collectivité au cours de la prochaine année.

Cadre officiel de la surveillance communautaire

La surveillance communautaire devrait être mise en œuvre dans un cadre officiel où les
participants connaissent bien ce qui constitue un type d’événement inhabituel (une alerte) à

68
signaler (nombre inexpliquée de maladies graves similaires en une semaine, absentéisme
élevé à l’école) et comment et quand signaler (par exemple, par messages ou appels par
téléphoniques mobiles). Le cadre devrait être soutenu par un personnel formé d’un
établissement ou un personnel du district de santé dédié et être évalué régulièrement.
Représentants communautaires qui peuvent faire partie de l’équipe de la surveillance
communautaire

Les membres de la communauté qui ont la confiance de la collectivité peuvent être des
personnes-ressources de la surveillance communautaire. Ils devraient être choisis par les
communautés dans lesquelles ils vivent afin d’accroître l’habilitation et l’appropriation de la
surveillance communautaire. Les représentants pourraient provenir des services de base au
niveau du village tels que les bénévoles de la santé communautaire, les agents de santé
communautaire, les accoucheuses formées ou des prestataires de soins similaires, les chefs
de village (religieux, traditionnels ou politiques), les enseignants, les vétérinaires, les agents
sanitaires, les vendeurs de produits pharmaceutiques, les guérisseurs traditionnels, et dans
d’autres communautés, une personne respectée n’appartenant pas au secteur de la santé
comme le coiffeur, le boutiquier ou la grand-mère qui parle régulièrement aux membres de
la communauté sont tous des points focaux efficaces.

Une fois sélectionnées, les personnes-ressources de la surveillance communautaire devraient


recevoir une formation et jouer leur rôle sur la façon de reconnaître certaines maladies ou
affections dans le but de déclarer des cas suspects.

Supervision de la surveillance communautaire


L’objectif de la supervision est d’améliorer la rapidité de la transmission des rapports, de
mieux comprendre les définitions de cas et d’améliorer les compétences en communication
interpersonnelle. Il est important que la supervision se fasse avec des approches fondées sur
des données probantes afin de savoir ce qu’il faudrait améliorer dans la surveillance. Toutes
les activités de mise en œuvre de la surveillance communautaire devraient être coordonnées
par un agent de surveillance ou un responsable d’une formation sanitaire de la localité. Celui-
ci devra :
a) préparer une liste des maladies, événements ou affections prioritaires à inclure dans la
surveillance communautaire, sur la base des directives techniques adaptées de la SIMR ;
b) partager, comme il convient, une liste de définitions simplifiées des cas communautaires
afin de faciliter la détection des cas, la détection des événements et le suivi ;
c) concevoir, mettre à l’essai et fournir du matériel de formation et des aides
professionnelles illustrées ;
d) concevoir un module de formation interactif ;
e) renforcer les capacités des correspondants de la surveillance communautaire dans tous
les aspects de la surveillance et de la riposte ;

69
f) renforcer régulièrement les compétences et les pratiques des points focaux dans tous les
aspects appropriés de la surveillance et des enquêtes, en particulier le traitement et la
diffusion des données ;
g) établir des boucles de rétroaction, ce qui est une mesure essentielle pour s’assurer que
la surveillance communautaire continue de fonctionner. Veiller à ce qu’une supervision
constructive et une supervision des postes soient effectuées, là où elles sont créditées et
louées pour le bon travail accompli ; et identifier les domaines à améliorer ;
h) diffuser les définitions de cas simplifiées et les alertes, en utilisant des affiches ou toute
autre méthode d’intervention récente (banderoles, dépliants, etc.) qui s’est révélée
efficace dans ce domaine, à des endroits pertinents dans la communauté, de manière
appropriée ;
i) suivre les activités de surveillance et de riposte, notamment le caractère opportun et
exhaustif des rapports ;
j) superviser les activités des points focaux de la surveillance communautaire, notamment
la mise au point des définitions de cas. Dans le cas où les points focaux de la surveillance
communautaire sont utilisés pour retrouver les contacts, s’assurer que la personne basée
dans l’établissement dirige le processus, en collaboration avec la personne qui est basée
dans la communauté ;
k) identifier et cartographier les principaux déterminants de la santé dans la région ;
l) fournir aux équipes de la surveillance communautaire une rétroaction régulière et
opportune et assurer un processus bidirectionnel de rétroaction, afin d’établir un climat
de confiance entre la surveillance communautaire et la personne qui se trouve dans
l’établissement de santé.

N.B. Dans certains pays, les correspondants de la surveillance communautaire peuvent être assez
nombreux, et la coordination pourrait poser un problème. Un district peut alors nommer un
superviseur focal de la surveillance communautaire dans une communauté donnée (éventuellement
parmi les correspondants de la surveillance communautaire) pour superviser un nombre précis de
correspondants de la surveillance communautaire. Les superviseurs communautaires devraient avoir
des rôles clairs, afin d’éviter des situations où ce sont eux qui décident si quelque chose présente un
risque pour la santé, en se fondant uniquement sur la notification.

Sources d’informations pour la surveillance communautaire

Une surveillance communautaire fonctionnelle devrait établir des relations avec les
principales sources d’informations. Cela comprend, sans toutefois s’y limiter, les sources
suivantes :

a) Tous les agents de santé communautaires, les bénévoles communautaires, y compris les
accoucheuses traditionnelles, les enseignants, les pharmaciens, qui entretiennent des
relations de confiance avec la communauté locale. Ils sont souvent situés dans des
régions éloignées où l’accès aux soins de santé primaires est rare. Les familles partagent
souvent des informations avec un agent de santé digne de confiance et connu.

70
b) Les leaders communautaires, traditionnels, jeunes ou religieux et les membres de la
société civile : ces personnes et groupes peuvent fournir des rapports informels sur des
événements ou des risques sanitaires inhabituels dont ils sont témoins dans leur
communauté.
c) Les médias locaux, nationaux et internationaux sont d’importantes sources
d’informations pour la surveillance communautaire. Des événements tels que des
clusters de cas humains, des épidémies ou des décès inattendus et inhabituels peuvent
être couverts par les journaux locaux (imprimés ou disponibles sur Internet) ou des
reportages radio avant d’être détectés et signalés par les services de santé locaux.
d) La médecine traditionnelle, les praticiens et guérisseurs traditionnels et les gardiens de
sanctuaires. Dans certains pays africains, une grande partie de la population dépend de
la médecine traditionnelle pour les soins de santé primaires. La médecine traditionnelle
est utilisée depuis des millénaires et ces praticiens peuvent constituer une précieuse
source d’informations. Les familles dont les membres sont malades cherchent souvent
des conseils spirituels dans des sanctuaires connus pour être des lieux de guérison.
e) La médecine alternative (herboristes, par exemple), la médecine complémentaire et la
médecine non conventionnelle, y compris les pratiques de soins de santé qui ne sont pas
intégrées dans le système de soins de santé dominant.

71
N.B. Des éléments de référence supplémentaires pour la surveillance communautaire se trouvent dans la Surveillance intégrée des
maladies et la riposte dans la Région africaine : WHO Guide for establishing the Community-Based Surveillance and Response Programme
(août 2014) et La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) : Surveillance à base
communautaire : principes fondamentaux. Mars 2017

72
ANNEXE F : Capacités de surveillance et de riposte essentielles décrites dans le RSI
(2005)
Selon le RSI, les États membres utiliseront les structures et les ressources nationales
existantes pour répondre à leurs besoins de capacités essentielles. Ces besoins comprennent
la capacité de surveillance, d’établissement de rapports, de notification, de vérification, de
riposte et de collaboration. Chaque partie doit évaluer la capacité des structures et des
ressources nationales existantes à répondre aux besoins minimums. En se fondant sur les
résultats de cette évaluation, chaque État membre devra élaborer et mettre en œuvre un plan
d’action pour s’assurer que ses capacités essentielles sont présentes et fonctionnent dans
tout le pays.

L’annexe 1, partie A, du RSI (2005) définit les capacités essentielles requises en matière de
surveillance et de riposte. Le règlement reconnait les trois niveaux suivants du système de
soins de santé :

a) Niveau de riposte communautaire ou de santé publique primaire


b) Niveau de riposte de santé publique intermédiaire
c) Niveau national

Riposte au niveau de la communauté locale ou de la santé publique primaire

Au niveau de la communauté locale ou de la santé publique primaire, les capacités sont les
suivantes :

a) détecter les événements entrainant des maladies ou des décès dépassant les seuils
attendus à un moment et en un lieu donné dans toutes les régions du pays ;
b) signaler immédiatement toutes les informations essentielles disponibles au niveau
supérieur (dans les 24 heures). Au niveau de la communauté, les ASC feront rapport à la
FOSA appropriée de leurs zones de desserte respectives. Au niveau des Districts de santé,
les rapports devront être adressés au niveau régional ou national, Pour les besoins du
présent guide, les informations essentielles comprennent :
a) Les descriptions cliniques des cas.
b) Les résultats de laboratoire.
c) Les sources et types de risques.
d) Le nombre de cas humains et de décès.
e) Les conditions relatives à la propagation de la maladie, notamment les questions
environnementales telles que l’eau et l’assainissement ; les antécédents personnels de
voyage et ceux des voisins ; les questions de comportement, telles que les pratiques
d’inhumation ; la distance à parcourir pour se rendre dans une FOSA pour recevoir des
soins ; les efforts pour obtenir des soins avant la détection ; les conditions
météorologiques et l’accessibilité ; les inondations ; l’insécurité ; les migrants/déplacés

73
internes/populations de réfugiés. Les mesures de santé publique sont mises en œuvre, y
compris les règlements adoptés, et les mesures d’hygiène.

Niveau de riposte régional

Le besoin de capacités essentielles en matière de riposte de la santé publique au niveau


régional devra être adapté au contexte de chaque district. De nombreux pays ont plus d’un
niveau régional (sous-district ; district/comté et province/région/État) tandis que d’autres
pays plus petits peuvent avoir un seul niveau (district ou pays.)

Les besoins en capacités essentielles et les fonctions du système de santé peuvent varier d’un
pays à l’autre. Par exemple, alors que dans les pays ayant de grands États fédéraux, les
fonctions des niveaux intermédiaires peuvent être proches des besoins en capacités
essentielles décrits au titre du « niveau national », dans les petits États n’ayant qu’un seul
niveau, les fonctions du niveau intermédiaire peuvent être proches du niveau communautaire
ou du niveau de la riposte primaire de la santé publique.

Les besoins en capacités essentielles au niveau intermédiaire sont les suivants :

a) Confirmer la situation des événements signalés et appuyer ou mettre en œuvre des


mesures de contrôle supplémentaires ;
b) Évaluer immédiatement les événements signalés et, en cas d’urgence, communiquer
toutes les informations essentielles au niveau national dans les 24 à 48 heures. Pour les
besoins de la présente annexe, les critères applicables aux événements urgents
comprennent les effets graves sur la santé publique ou la nature inhabituelle ou
inattendue présentant un fort potentiel de propagation.

Niveau national : Évaluation et notification

La riposte au niveau national comporte deux fonctions : l’évaluation et la notification :

a) Assurer la coordination avec le coordonnateur de l’Organisation mondiale de la Santé


animale et le coordonnateur du Réseau international des autorités de sécurité sanitaire
des aliments et d’autres secteurs pour assurer la coordination de l’évaluation et de la
notification des événements.
b) Évaluer tous les rapports d’événements urgents dans les 48 heures.
c) Notifier immédiatement l’OMS par l’intermédiaire du point focal national du RSI lorsque
l’évaluation indique que l’événement doit être notifié en vertu du paragraphe 1 de
l’article 6 du RSI et de l’instrument de décision évaluant et notifiant les événements qui
peuvent constituer une USPPI à l’annexe 2 du RSI, et informer l’OMS si nécessaire,
conformément à l’article 7 et au paragraphe 2 de l’article 9 du présent Règlement.

Au niveau national, la riposte de la santé publique requiert la capacité à:

74
a) assurer la coordination en établissant un mécanisme de coordination qui peut
comprendre la création d’un centre d’opérations d’urgence en santé publique ou d’une
structure de coordination similaire et l’activation du système de gestion des incidents
(voir sections 5 et
6 pour de plus amples détails) ;
b) déterminer rapidement les mesures de lutte nécessaires pour prévenir/limiter la
propagation nationale et internationale ;
c) fournir un appui par l’intermédiaire d’un personnel spécialisé, de l’analyse en laboratoire
des échantillons (au niveau national ou par l’intermédiaire de centres collaborateurs) et
d’une assistance logistique (matériel, fournitures et transport) ;
d) fournir une assistance sur place, au besoin, pour compléter les enquêtes locales ;
e) assurer un lien opérationnel direct avec les hauts responsables de la santé et d’autres
fonctionnaires pour approbation rapide ;
f) mettre en œuvre des mesures de confinement et de contrôle ;
g) assurer une liaison directe avec les autres ministères concernés ;
h) assurer, par les moyens de communication les plus efficaces disponibles, des liaisons avec
les hôpitaux, les cliniques, les aéroports, les ports, les points de passage au sol, les
laboratoires et d’autres zones opérationnelles essentielles pour la diffusion des
informations et des recommandations reçues de l’OMS concernant des événements
survenus sur le territoire de l’État partie et sur les territoires d’autres États parties ;
i) établir, mettre en œuvre et tenir à jour un plan national de riposte aux situations
d’urgence de santé publique, y compris la création d’une équipe « Une santé » pour
intervenir en cas d’événements pouvant constituer une urgence de santé publique de
portée internationale ;
j) fournir ce qui précède 24 heures sur 24.

Au cours de plusieurs consultations au niveau mondial, les capacités essentielles ont été
résumées en huit composantes : législation, politique et coordination, surveillance,
préparation, riposte, communication des risques, laboratoire et ressources humaines. Ces
huit composantes sont également importantes pour la SIMR.

75
ANNEXE G : Rôles et responsabilités des divers acteurs de la SIMR

Rôles et responsabilités d’une personne-ressource de la surveillance communautaire


(agent de santé communautaire)

En utilisant des définitions de cas simplifiées pour identifier les maladies, événements,
affections ou autres dangers prioritaires dans la communauté, l’agent de santé
communautaire (ASC) :

a) effectue régulièrement des visites à domicile ;


b) rencontre régulièrement des informateurs clés ;
c) assiste aux cérémonies et événements locaux et fait le suivi de tout événement
inhabituel, tel qu’une personne attendue qui ne s’est pas présentée ;
d) consigne les maladies, affections ou événements inhabituels liés à la santé dans les
formulaires et les outils de déclaration (fiches de pointage) et fait immédiatement un
rapport dans les 24 heures ;
e) participe aux autopsies verbales en répondant aux questions d’entrevue préparées par le
superviseur de la FOSA ;
f) notifie rapidement la FOSA la plus proche et aux autres secteurs concernés l’apparition
de cas inattendus ou inhabituels de maladie ou de décès chez l’homme et les animaux
pour vérification et enquête immédiates conformément au
Règlement sanitaire international et à la stratégie de la SIMR (dans les 24 heures) ;
g) fait participer les dirigeants locaux à la description des événements et des tendances de
la maladie dans la communauté ;
h) sensibilise la communauté sur la nécessité de signaler les maladies, affections et
événements inhabituels prioritaires afin d’obtenir des soins pour ces maladies ;
i) soutient les agents de santé pendant l’enquête sur un cas ou une flambée épidémique et
la recherche des contacts ;
j) mobilise les autorités locales et les membres de la communauté pour soutenir les
activités de riposte ;
k) participe à la cartographie des risques potentiels et à la formation, ainsi qu’aux exercices
de simulation ;
l) participe aux activités de confinement et de riposte en coordination avec le
district ;
m) participe à des activités de riposte, qui peuvent inclure des soins à domicile, un
changement social ou comportemental des pratiques traditionnelles, la logistique pour
la distribution de médicaments, de vaccins ou d’autres fournitures. Le fait d’offrir une
éducation à la santé digne de confiance en temps de crise est une contribution utile ;

76
n) donne un feedback aux membres de la communauté au sujet des cas, événements et
activités de prévention signalés ;
o) vérifie si les interventions de santé publique ont eu lieu comme prévu, avec la
participation de la communauté. Participe aux réunions organisées par les autorités du
sous-district, du district et du niveau supérieur.

Rôles et responsabilités du personnel des formations sanitaires au point d’entrée


Le personnel de la FOSA :

a) Identifie les cas de maladies prioritaires en utilisant les définitions de cas standards ;
b) Enregistre les informations fondées sur des cas et signale au niveau supérieur les
maladies, affections et événements à notification immédiate ;
c) Assure la liaison avec le district sur la manière de mener immédiatement une enquête de
laboratoire sur les cas suspects ;
d) S’occupe du traitement/des renvois des cas ;
e) Se prépare et participe à l’enquête et à la riposte lors des épidémies et au traitement des
cas ;
f) Communique les données récapitulatives et les données fondées sur des cas (rapport
hebdomadaire) dans les délais impartis au niveau supérieur ;
g) Procède à une analyse simple des données (graphiques, tableaux, diagrammes) au point
de collecte ;
h) Communique le diagnostic des maladies à potentiel épidémique au district ou à la
communauté ;
i) Réunit l’équipe d’intervention et Investigation rapide du district ;
j) Détermine les ressources (humaines, financières, matérielles et téléphoniques) et le
calendrier de déploiement.

Rôles et responsabilités du responsable de la surveillance au niveau du district


Le rôle du responsable de la surveillance consiste à :

a) Étudier et vérifier les flambées éventuelles, prélever des échantillons, diagnostiquer,


donner des avis sur les protocoles de traitement ou de prévention ;
b) Établir et analyser des rapports de surveillance hebdomadaires et les soumettre
rapidement aux autorités supérieures ;
c) Veiller à ce que les sites de surveillance tiennent convenablement à jour les rapports de
surveillance et des registres ou journaux de bord ;
d) Tenir à jour une liste de tous les sites de notification ;

77
e) Établir et tenir à jour une base de données de tous les travailleurs de la santé formés et
enregistrés, qui peuvent servir de points de contact pour la surveillance dans les sites de
notification ainsi que d’autres points focaux de la surveillance communautaire ;
f) Veiller à ce que les sites de notification disposent d’une réserve suffisante d’outils de
collecte de données et d’établissement de rapports ;
g) Veiller à ce que les définitions de cas standardisées de la SIMR pour toutes les maladies
prioritaires soient comprises et utilisées par les travailleurs de la santé sur le site. Offrir
une formation sur place au besoin ;
h) Suivre les indicateurs de performance de la SIMR (tels que la complétude et la
promptitude) , ;
i) Mettre à jour périodiquement les graphiques, tableaux et diagrammes et comparer les
données actuelles avec les données antérieures, pendant des semestres et des
trimestres, voire des semaines ou des années (ce qui est important pour les événements
saisonniers), et formuler des recommandations pour y répondre ;
j) Fournir personnellement une rétroaction hebdomadaire ou mensuelle sur la mise en
œuvre de la SIMR aux sites de notification de la surveillance ;
k) Appeler les sites de notification pour s’assurer qu’ils communiquent à temps les données
exactes ;
l) Effectuer régulièrement des visites de soutien et de supervision sur les sites de la
surveillance, notamment aux centres de santé, aux postes-frontières et dans les
communautés, et renforcer leur capacité d’analyse et d’interprétation de leurs données,
afin d’orienter les décisions.
m) Signer et dater les livres d’inscription, les registres ou les appels téléphoniques des
patients hospitalisés et externes, afin de documenter la visite du superviseur, et aussi
écrire les recommandations d’amélioration ;
n) Aider le service sanitaire à vérifier les alertes de la communauté ;
o) Organiser et diriger des enquêtes sur les cas ou les épidémies vérifiées ;
p) Tenir à jour une liste des cas suspects ;
q) Aider la FOSA à prélever, conditionner, entreposer et transporter en toute sécurité les
échantillons de laboratoire pour les tests de confirmation ;
r) Recevoir les résultats de laboratoire de la région et les remettre à la FOSA ;
s) Organiser des formations pour les sites de surveillance qui ont un nouveau personnel ;
t) Examiner la qualité des données de surveillance de temps à autre en effectuant des audits
et proposer des mesures appropriées pour améliorer la qualité desdites données ;
u) Tenir à jour un registre des rumeurs pour consigner les événements concernant le site de
surveillance ;

78
v) Assurer la coordination et la collaboration transfrontalières (district à district) sur les
questions de surveillance et signaler toute flambée dans le district voisin. Une notification
internationale ou transfrontalière devrait également se faire si nécessaire ;
w) Documenter la valeur ajoutée de la SIMR et demander instamment à l’équipe cadre de
soutenir les activités de la SIMR ;
x) Participer aux enquêtes sur les épidémies et veiller à la mise à jour d’un registre/une liste
linéaire.

Rôles et responsabilités de l’équipe cadre du district

Le rôle de l’équipe cadre du district consiste à :

a) Assurer la liaison, par l’intermédiaire du chef de district, au sujet des activités et des plans
globaux de surveillance ;
b) Aider le responsable de la surveillance au niveau du district à mettre en œuvre les
activités prévues ;
c) Veiller à ce que les activités de surveillance soient incluses dans la planification sanitaire
du district pour l’ensemble des activités ;
d) Assurer la liaison avec les responsables du district pour mobiliser des fonds pour les
activités de surveillance ;
e) Veiller à ce que des fonds soient débloqués à temps pour les activités de surveillance ;
f) Suivre la performance et les résultats d’analyse des données à l’aide d’un outil de suivi
de la
SIMR ;
g) Participer à la cartographie des risques du district et à l’élaboration d’un plan d’action,
sur la base des résultats obtenus ;
h) Pendant les épidémies, aider le comité de gestion des situations d’urgence de santé
publique à organiser les EIIR et à en assurer le fonctionnement (voir la section 5 pour de
plus amples détails) ;
i) Transmettre les conclusions de l’enquête initiale à la région ;
j) Participer à la cartographie des risques et à l’évaluation communautaire ;
k) Participer à la mise en place des comités de préparation aux urgences et de riposte et
veiller à leur fonctionnement ;
l) Concevoir, former et mettre en place des programmes d’éducation sanitaire
communautaire ;
m) Appuyer la formation des FOSA et de la communauté en matière de riposte De concert
avec la région, identifier les actions de santé publique appropriées et mettre en œuvre la
riposte
n) Planifier à temps des activités d’information et d’éducation communautaires ;

79
o) Documenter les activités de riposte ;
p) En cas d’épidémies, envoyer un rapport quotidien sur la situation dans le district.

Rôles et responsabilités des autres dirigeants politiques au niveau du district

Les dirigeants politiques tels que les responsables au niveau du village, du quartier ou du
district sont des personnes très importantes, qui contribuent à favoriser un changement de
comportement en matière de surveillance des maladies. Ils peuvent jouer les rôles suivants :

a) Appuyer toute déclaration d’une urgence de santé publique ;


b) Dresser un inventaire et identifier le soutien humain, financier ou logistique local. Une
réponse rapide permet souvent d’éviter la propagation ;
c) Veiller à ce que les principes d’hygiène et d’assainissement soient respectés (propreté de
l’environnement, disponibilité de latrines et leur utilisation, plaidoyer en faveur de la
consommation d’eau potable, hygiène personnelle et mesures de salubrité, notamment
le lavage des mains) ;
d) Signaler des clusters de cas de maladies ou de décès à une FOSA voisine ;
e) Contraindre l’application des règlements pour renforcer les mesures d’hygiène et de
salubrité ;
f) Participer activement à la sensibilisation des membres de la communauté dans le but de
promouvoir, entretenir et soutenir une bonne santé ;
g) Faciliter la planification, la mise en œuvre et l’évaluation au niveau communautaire des
programmes de santé dans les quartiers (la SIMR est l’un de ces programmes) ;
h) Assurer le suivi des épidémies, en collaboration avec les prestataires de soins de santé et
d’autres agents de vulgarisation au niveau des quartiers ;
i) Fournir un appui administratif aux prestataires de soins de santé au niveau du quartier et
du village ;
j) Appuyer l’application de la législation pertinente afin de prévenir ou contrôler
l’apparition de maladies infectieuses ;
k) Superviser les subordonnés en veillant à ce que les principes d’hygiène et de salubrité
soient respectés ;
l) Veiller à la convocation régulière de réunions (ou à l’organisation des réunions) du comité
des soins de santé publique lors d’une flambée épidémique ;
m) Discuter des caractéristiques des maladies et de leurs implications pour l’action, dans le
cadre de réunions régulières avec le chef du district ;
n) Veiller à ce que divers comités soient créés et dotés des ressources nécessaires pour
mener à bien leurs activités ;

80
o) Solliciter des ressources auprès de diverses sources pour faire face aux catastrophes, y
compris les épidémies ;
p) Mener des activités de plaidoyer sur les questions de santé dans le cadre de différentes
campagnes menées dans le district.

Rôles et responsabilités de l’équipe régionale


a) Sous la supervision du DRSP, assurer la liaison avec le niveau national en ce qui concerne
les activités et plans généraux de surveillance ;
b) Aider le responsable régional de la surveillance et les responsables au niveau du district
à mettre en œuvre les activités prévues dans leurs districts respectifs ;
c) Veiller à ce que les activités de surveillance et les plans des districts soient inclus dans la
planification sanitaire régionale ;
d) Le DRSP assure la liaison avec les responsables régionaux afin de mobiliser des fonds pour
les activités de surveillance et veille à ce que ces fonds soient débloqués à temps ;
e) Suivre la performance et les résultats de la SIMR au niveau du district ;
f) Participer à la cartographie des risques des districts et les aider à élaborer un plan d’action
sur la base des résultats obtenus ;
g) Pendant les épidémies, aider le comité de gestion des situations d’urgence de santé
publique à organiser les équipes régionales d’intervention et investigation rapide pour
les situations d’urgence de santé publique et à en assurer le fonctionnement aussi bien
au niveau régional qu’au niveau des districts (voir la section 5 pour les détails) ;
h) Communiquer les conclusions de l’enquête initiale au niveau national ;
i) Participer à la mise en place et au fonctionnement des comités de préparation et de
riposte en cas d’urgence ;
j) Aider les districts à faire la cartographie des risques et une analyse situationnelle ;
k) Aider les districts à concevoir et à mettre en œuvre des programmes d’éducation
sanitaire communautaire ;
l) Appuyer la formation des districts en matière de riposte ;
m) Aider les districts à identifier les actions de santé publique appropriées pour la riposte et
faciliter la surveillance et la riposte transfrontalières.

Rôle du ministère de la santé publique (MSP)/niveau national

a) Mettre en place un CCOUSP (Centre de Coordination des Opérations d’Urgence de Santé


Publique) ou un mécanisme de coordination similaire pour coordonner les activités de
préparation et de riposte en cas d’événement de santé publique, Se reporter à la section
5 pour plus de détails ;

81
b) Désigner un porte-parole et présenter un plan de communication des risques, y compris
l’engagement des médias, pour partager l’information avant, pendant et après une
urgence de santé publique ;
c) Définir des normes, des politiques et des directives pour la SIMR et mettre à jour les plans
de préparation aux situations d’urgence et organisation des secours (EPR) sur la base de
simulations et d’évaluation à postériori ;
d) Évaluer la capacité du niveau national et l’améliorer en conséquence ;
e) Recenser les ressources nationales, les mobiliser et coordonner l’appui extérieur à la mise
en œuvre de la SIMR ;
f) Assurer la supervision, le suivi et l’évaluation des activités de la SIMR ;
g) Produire et diffuser des bulletins épidémiologiques ;
h) Suivre l’application des accords et protocoles internationaux, nationaux et régionaux ;
i) Appuyer les enquêtes sur les épidémies suspectées ;
j) Fournir un appui à la gestion et à l’analyse des données au niveau national.

Rôle de l’OMS et d’autres partenaires (agences des Nations Unies, CDC, USAID, PATH
Médecins sans Frontières, Croix-Rouge)

a) Contribuer à l’établissement de normes et à l’élaboration des directives ;


b) Fournir une assistance technique, matérielle et financière pour renforcer la surveillance
des maladies dans les pays et les systèmes d’information sanitaire et de laboratoire ;
c) Aider le Ministère de la santé à mobiliser des ressources pour les activités de surveillance
et d’intervention ;
d) Appuyer la supervision, le suivi et l’évaluation de la SIMR ;
e) Fournir un appui à la gestion (rédaction de propositions de financement ou requête, par
exemple) ;
f) Appuyer le renforcement des capacités, la formation, l’équipement, etc. ;
g) En cas d’urgence sanitaire, soutenir par l’envoi d’experts techniques et de personnel
d’appoint (si nécessaire pendant l’intervention) et fournir des laboratoires ambulatoires
et d’autres équipements et vaccins.

N.B. Le rôle de l’OMS consiste à faciliter la coordination avec d’autres partenaires et d’autres
agences des Nations Unies.

82
ANNEXE H : Guide pour la mise en place des systèmes de surveillance et de riposte au point
d’entrée

a) Objet
L’objet du Règlement sanitaire international (RSI 2005) consiste à prévenir la propagation
internationale des maladies, à s’en protéger, à la maîtriser et à y réagir par une action de
santé publique proportionnée et limitée aux risques qu’elle présente pour la santé publique,
en évitant de créer des entraves inutiles au trafic et au commerce internationaux. Il préconise
le renforcement des capacités nationales de surveillance et de contrôle, y compris des sites
tels que les points d’entrée, à savoir les ports, les aéroports et les points de passage terrestres
; la prévention, l’alerte et la réponse aux urgences internationales de santé publique ; les
partenariats mondiaux et la collaboration internationale. Outre le RSI, il est essentiel que les
activités de santé aux frontières soient durables et s’alignent sur les autres activités de
surveillance menées dans le cadre de la SIMR.
Un système de détection, de déclaration et d’intervention appropriée pour les voyageurs
malades est nécessaire. La stratégie à long terme consiste à faire en sorte que les points
d’entrée (Point d’entrée) officiels se conforment pleinement au RSI, tout en s’assurant que
les points d’entrée disposent également de plans d’urgence. Tous les points d’entrée désignés
doivent avoir des capacités de surveillance et d’intervention de routine.

b) Principaux partenaires
Ministère de la santé, collectivités locales, autorités aériennes et maritimes, autorités
portuaires, ministères responsables de la communication ou des infrastructures, ministère de
l’Intérieur, OMS, Organisation internationale pour les migrations, CDC et autres partenaires
clés.

c) Principaux domaines de surveillance et d’intervention aux points d’entrée


1. Des mesures de routine devraient être mises en place aux points d’entrée pour la
détection des voyageurs malades, la déclaration aux autorités sanitaires, l’évaluation
rapide de la santé publique et l’accès aux soins pour les voyageurs gravement
malades ou ceux dont les symptômes présentent un risque pour la santé publique, y
compris un transport sûr du point d’entrée à une FOSA.

2. La détection des voyageurs malades devrait comprendre au moins les éléments


suivants :

i) Signalement des voyageurs malades ou des décès à bord d’aéronefs, de navires


ou de points de passage terrestres aux frontières ;
ii) Les agents de santé maritimes ou les agents d’immigration présents à certains
points d’entrée devraient être formés pour reconnaître les voyageurs malades
qu’ils rencontrent au cours de leurs évaluations de routine ; et devraient
également effectuer une évaluation initiale afin de déterminer si la maladie
présente ou non un risque potentiel pour la santé publique.

83
3. Les dispositions relatives à l’intervention initiale auprès d’un voyageur malade, si la
maladie est détectée à un point d’entrée, devraient comprendre, au moins, les
éléments suivants :

i) La capacité d’isoler rapidement le voyageur malade des autres afin d’éviter la


propagation potentielle de la maladie.
ii) Des équipes sanitaires de réserve devraient être disponibles, en personne ou à
distance par téléphone, pour procéder à une évaluation rapide des voyageurs
malades détectés aux points d’entrée afin de déterminer si une maladie
transmissible préoccupante pour la santé publique est soupçonnée. iii) Une
FOSA située à proximité du point d’entrée devrait être désignée pour fournir
des soins médicaux, selon les besoins, aux voyageurs gravement malades ou à
ceux soupçonnés d’être atteints d’une maladie transmissible préoccupante
pour la santé publique. La FOSA désignée devrait avoir une capacité adéquate
de prévention et de contrôle des infections afin de prévenir la propagation de
la maladie au personnel ou aux autres patients, ainsi qu’une capacité de
diagnostic, y compris l’accès aux diagnostics de laboratoire.
iv) Des services d’ambulance ou d’autres moyens de transport sûrs devraient être
disponibles pour faciliter le transport des voyageurs malades du point d’entrée
à la FOSA désignée.

4. Au besoin, en cas d’urgence de santé publique déclarée affectant des voyageurs


internationaux ou présentant un risque de propagation de maladies à l’échelle
internationale, il faudrait également être à mesure de mettre en œuvre, rapidement,
le dépistage des voyageurs ou d’autres mesures sanitaires aux frontières, comme le
recommande l’OMS.
Rôle des autorités compétentes
a) Signaler immédiatement au niveau supérieur immédiat tous les événements et
maladies à potentiel épidémique détectés aux points d’entrée. La notification doit
également être faite en même temps au niveau national, avec une copie du rapport au
point focal national RSI, afin d’évaluer l’utilisation de l’algorithme de décision. En cas de
suspicion de fièvre jaune, inclure la vaccination pour les cas provenant de zones
endémiques ou à risque.
b) Si un voyageur est un cas suspect, remplir immédiatement le formulaire de localisation
du passager/formulaire de notification d’alerte. Veiller à ce que le cas du voyageur ou du
suspect soit séparé des autres, y compris des membres de sa famille, et le transférer dans
la salle d’attente la plus proche.
c) Si un voyageur présumé est reconnu et n’est peut-être pas symptomatique au moment
du voyage, s’assurer de prendre les détails appropriés et de transférer ces informations à
un centre de santé proche pour une surveillance étroite. La FOSA assurera la liaison avec
le point focal communautaire ( ASC) pour un suivi étroit.
d) Assurer la surveillance des bagages, du fret, des conteneurs, des moyens de transport,
des marchandises, des colis postaux et des restes humains au départ et à l’arrivée des

84
zones touchées, de sorte qu’ils soient maintenus dans un état tel qu’ils soient exempts de
sources d’infection ou de contamination, y compris les vecteurs et réservoirs.
e) Veiller dans la mesure du possible à ce que les installations utilisées par les voyageurs
aux points d’entrée soient maintenues dans un état ne présentant pas de risque sanitaire
et exemptes de sources d’infection ou de contamination, notamment de vecteurs et de
réservoirs.
f) Superviser la dératisation, la désinfection ou la décontamination des bagages, du fret,
des conteneurs, des moyens de transport, des marchandises, des colis postaux et des
restes humains ou des mesures sanitaires pour les personnes, le cas échéant, en vertu du
présent Règlement.
g) Informer les exploitants de moyens de transport, aussi longtemps à l’avance que
possible, de leur intention d’appliquer des mesures de contrôle à un moyen de transport
et fournir, le cas échéant, des informations écrites sur les méthodes à employer.
h) Signaler les cas suspects au centre de santé dès que possible, afin que le transport
puisse être organisé.
i) Veiller à ce que tous les formulaires remplis soient conservés en lieu sûr. Créer une
base de données pour les événements, si un ordinateur est disponible. Tenir un registre
ou un journal de tous les événements.

Lors d’une riposte à une urgence ou à une épidémie, les personnes chargées de la
coordination transfrontalière devraient suivre la démarche ci-après :

a) organiser une réunion avec des partenaires dès que l’épidémie ou l’événement est
confirmé ;
b) évaluer la nécessité de la mise en place du Comité régional ou national de préparation
et de riposte en cas d’urgence ou des équipes d’intervention et d’investigation rapide, et
si nécessaire, demander leur appui ;
c) se réunir régulièrement pour évaluer l’état du foyer ou de l’épidémie, selon la
convenance ;
d) partager régulièrement des données de surveillance, prendre en compte le nombre
de cas (y compris le nombre de cas nul, s’il y a lieu) et état de la recherche des contacts (si
cela s’avère nécessaire) ;
e) échanger des informations sur l’historique des déplacements des personnes
concernées et sur les personnes à contacter pour faciliter la coordination des
interventions de part et d’autre de la frontière ;
f) évaluer régulièrement la riposte à l’épidémie et prendre des mesures pour améliorer
de lutte contre l’épidémie comme sus indiqué ;documenter et communiquer les mesures
de riposte à l’épidémie en faisant remonter les notifications en cas de besoin.

85
ANNEXE I : Liste des acteurs intervenants dans la mise en œuvre de la SIMR par niveau au
Cameroun

Différents niveaux Acteurs

DIRECTIONS TECHNIQUES, ONSP, LABORATOIRES DE


Niveau Central
REFERENCE

Niveau Régional DRSP, POINTS FOCAUX, PF COMMUNICATION, BISI, CERPLE

CHEF DE DISTRICT, EQUIPE CADRE DE DISTRICT,


GESTIONNAIRE DES DONNEES DE DISTRICT, PF SURVEILLANCE
District de Sante
DE DISTRICT, PF COMMUNICATION DU DISTRICT, COSADI,
COGEDI

RESPONSABLE DE L’AIRE, PF SURVEILLANCE DE L’AIRE,


Aire de Sante RESPONSABLES FOSA, PF COMMUNICATION DE L’AIRE, COSA,
COGE

OBC, ASC, LEADERS COMMUAUTAIRES, GUERISSEURS ET


Niveau Communautaire ACCOUCHEUSES TRADITIONNELLES, AGENTS DE L’ETAT ET DE
LA COMMUNE

0.14. Références
Directives nationales pour la mise en œuvre de la surveillance fondée sur les évènements au
Cameroun, 2019.

86
PARTIE II
SECTION 1 : DÉTECTER ET ENREGISTRER LES
MALADIES, LES AFFECTIONS PRIORITAIRES ET
ÉVÈNEMENTS DE SANTÉ PUBLIQUE

Cette section décrit comment :


- Intégrer la Surveillance Fondée sur les Indicateurs (SFI) et la Surveillance
Fondée sur les Evènements (SFE) en vue de la détection précoce des
maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique ;
- Utiliser les définitions standards de cas en vue de la détection des cas de
maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique ;
- Orienter sur la mise en place de la SFE et l’utilisation de cette approche
pour la détection, le triage et la vérification des signaux relatifs aux
évènements de Santé Publique ;
- Décrire les procédures à suivre lors de la planification des activités de
surveillance et de riposte au niveau du DS et mettre à jour la cartographie et
les outils de notification et directives ;
Utiliser le réseau et les procédures de laboratoire en vue de l’amélioration des
capacités de surveillance et de riposte, en particulier les capacités de confirmation
des suspicions d’épidémies.

Les personnels de santé (humaine, animale et environnementale) aussi bien du secteur public
que privé, exercent des activités de surveillance à tous les niveaux du système de santé, de
façon à pouvoir détecter les problèmes de santé préoccupants pour la communauté.

87
Les membres de la communauté jouent également un rôle important dans la surveillance en
participant activement à la détection, à la notification, à la riposte et au suivi des évènements
de santé liés aux humains ou aux animaux dans leur zone de résidence.

Divers évènements ou risques de Santé Publique peuvent survenir aux points d’entrée ; ils
peuvent être détectés avant, pendant ou après le voyage parfois même lorsque les voyageurs
ont déjà quitté le Point d’Entrée (PoE). Le personnel aux points d’entrée doit rester vigilant, ce
qui permettra la détection, l’enregistrement et la notification précoces des cas, pour une riposte
prompte.

Des maladies transmissibles ou non, des affections ou des évènements de Santé Publique
particuliers peuvent constituer des priorités en matière de surveillance. Il peut s’agir de priorités
nationales ou locales, comme les épidémies, les décès maternels ou des évènements de santé
humaine ou animale susceptibles d’avoir des conséquences directes sur la santé humaine.

La veille sanitaire constitue un volet essentiel du système de surveillance. Cette dernière doit
être capable de détecter non seulement les menaces de Santé Publiques connues, pour lesquelles
il dispose de définitions standards de cas bien établies et de voies de notification officielles,
mais aussi des évènements ou des risques qui ne font pas spécifiquement partie du système de
notification officielle. Il peut s’agir de cas groupés de maladies ou de rumeurs de décès
inexpliqués. Ces derniers peuvent interpeller le système de santé de plusieurs façons.

Par exemple :
• une personne tombe malade et va se faire soigner dans une FOSA ;
• un taux élevé d’hospitalisation pour les mêmes maladies ou symptômes ;
• des membres de la communauté signalent des circonstances ou des évènements
inhabituels au niveau local ;
o un membre de la communauté signale à la FOSA une série de décès ou un
profil de maladie inhabituel ;
o une pharmacie peut également signaler une forte augmentation des achats
d’un médicament ou d’un traitement particulier ;
o une école pourra faire état d’un taux inhabituel d’absences liées aux mêmes
signes et symptômes, ceux de la grippe par exemple (syndrome grippal).
• dans le cadre de la revue de registre, le personnel de santé découvre des cas d’une
autre maladie prioritaire n’ayant pas fait l’objet d’une notification. Par exemple, un
responsable chargé d’examiner le registre d’une formation sanitaire à la recherche
de cas de Paralysie Flasque Aiguë (PFA), constate la présence d’un cas de choléra
récemment consigné dans ce registre. Dans le registre, sont également consignés
des cas d’affections non transmissibles, telles que l’hypertension artérielle et le
diabète.

88
• le personnel de santé consulte régulièrement le registre du laboratoire et observe
les cas confirmés enregistrés de maladies prioritaires telles que le paludisme et la
fièvre typhoïde.
• la radio, la télévision, les journaux ou les médias sociaux (WhatsApp, Facebook,
Twitter, …) rapportent une rumeur d’évènements inhabituels ou inexpliqués dans
la région avec risque d’exposition pour la population.

• les registres d’Etat Civil indiquent une augmentation du taux de décès maternels.
• des cas de maladies inhabituels déclarés parmi le personnel de santé.
• une formation sanitaire signale le décès d’un adulte provoqué par une diarrhée
sanglante. Lors de l’examen des notifications systématiques de toutes les
formations sanitaires du DS, le responsable du district de santé constate l’existence
d’autres cas de décès chez des adultes provoqués par des diarrhées sanglantes qui
pourrait indiquer l’existence d’un foyer de dysenterie bacillaire ou d’Escherichia
coli.
• Une ou plusieurs morts inhabituelle(s) parmi les animaux, tels que le bétail, les
oiseaux ou les rongeurs ou un nombre élevé d’animaux malades présentant les
mêmes signes.

• Les agents de l’environnement observent pendant l’évaluation des plans d’eau une
contamination qui pourrait être due à des produits chimiques tels que le plomb issu
d’activités minières, ce qui pourrait constituer un déclencheur précoce
d’interventions de Santé Publique.

1.1. SFI et SFE pour détecter et enregistrer les maladies, les


affections prioritaires et les évènements de Santé Publique
a) La stratégie de la SIMR utilise à la fois la Surveillance Fondée sur les Indicateurs (SFI) et
la Surveillance Fondée sur les Evènements (SFE) pour détecter et enregistrer les maladies,
les affections prioritaires et les évènements de Santé Publique.
b) Dans le cadre des efforts visant à accroître la sensibilité du système de surveillance, tous
les pays doivent mettre en place un système de SFE en plus de la SFI à tous les niveaux de
la pyramide sanitaire, c’est-à-dire aux niveaux national, régional, district, FOSA et
communautaire.
c) La SFI utilise les définitions standards de cas pour identifier les maladies, les affections
prioritaires et les évènements de Santé Publique, tandis que la SFE utilise la détection, le
triage et la vérification des signaux pour l’identification desdits évènements. Contrairement
aux définitions standards de cas qui sont restreintes et spécifiques à une maladie, la SFE
exige la détection et la notification immédiate des signaux, qui sont larges et indiquent la
possibilité d’un évènement de Santé Publique grave. Une fois vérifiés, les signaux sont
classés dans la catégorie des évènements.
d) La SFI et la SFE font partie des activités systématiques de SIMR menées par le personnel
en charge de la surveillance.
e) La SFI et la SFE doivent utiliser les ressources et les infrastructures existantes, prévues
pour la stratégie régulière de la SIMR.

89
1.2. Utiliser les définitions standards de cas
Une définition standard de cas s’appuie sur un ensemble de critères convenus permettant de
décider si une personne est atteinte d’une maladie ou d’une affection particulière. Cette
définition précise les critères cliniques, biologiques et les spécificités concernant le temps, le
lieu et la personne.

Pourquoi a-t-on besoin de définitions de cas ?

- Pour aider à décider si une personne est atteinte d’une maladie, d’une affection ou d’un
évènement présumé, ou pour exclure le diagnostic d’autres maladies potentielles ;
- Pour garantir que chaque cas est diagnostiqué de la même façon, indépendamment du lieu,
du moment auquel il est apparu, ou de la personne qui l’a identifié ;
- Pour prendre des mesures afin de notifier et d’investiguer rapidement si le diagnostic
biologique prend plus de temps à confirmer les cas ;
- Pour comparer le nombre de cas de maladies, d’affections prioritaires ou d’évènements de
Santé Publique survenus dans un endroit donné ou à un moment donné, avec le nombre de
cas apparus en un autre lieu ou à un autre moment.

L’utilisation d’une même définition standard de cas à l’échelle de tout le système national
permet au système de veille sanitaire de détecter les maladies prioritaires et d’utiliser des seuils
ou des signaux pour prendre les mesures nécessaires. En revanche, quand les FOSA et les DS
utilisent des définitions de cas différentes, il est difficile de repérer la tendance d’une maladie
ou d’un évènement particulier. Il est alors impossible d’intervenir d’urgence et de rechercher
les causes de ce changement de tendance. En effet, les personnels de santé qui analysent les
données sur la base d’une définition standard de cas particulière ne pourront pas savoir si les
tendances observées dans une autre région ont des causes similaires ou différentes.
L’utilisation de définitions standards de cas est également indispensable à la mise en place du
RSI (2005). C’est pourquoi il est important que les personnels de santé à tous les niveaux de la
pyramide sanitaire, y compris au niveau communautaire connaissent les définitions des cas des
maladies, affections prioritaires ou évènements de Santé Publique susceptibles d’affecter non
seulement la population locale, mais aussi de se propager au-delà des frontières géographiques.
Le processus de notification à l’OMS des évènements, dans le cadre du RSI, nécessite
l’utilisation de “l’Instrument de Décision” en s’appuyant sur les définitions standards de cas de
la SIMR, la confirmation, l’analyse de données et l’interprétation des résultats. L’instrument
de décision du RSI (2005) figure en Annexe 2C, Section 2.
En décrivant les définitions standards de cas, pour le niveau des formations sanitaires, un
système de classification à trois niveaux est normalement utilisé - suspect, probable et
confirmé :
a) Cas suspect : tableau clinique indicatif, c’est-à-dire que le patient présente des symptômes
et signes cliniques qui font penser à une maladie, affection prioritaire ou évènement de
Santé Publique ;
b) Cas probable : cas suspect ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé mais qui
n’a pas pu être prélevé pour confirmation au laboratoire (le cas peut être perdu ou décédé,
le laboratoire ne dispose pas de matériel de confirmation ou un échantillon n’était pas viable
pour un nombre suffisant de tests en laboratoire) ;

90
c) Cas confirmé : Tout cas suspect ou toute personne ayant une maladie confirmée par une
analyse de laboratoire.
La classification peut varier en fonction de l’épidémiologie des différentes maladies. Dans tous
les scénarii d’épidémie, il faut toujours utiliser une définition de cas plus sensible pour identifier
tous les cas suspects. L’identification des cas dans ces scénariis utilise l’approche de
surveillance syndromique où la détection des cas est fondée sur des caractéristiques cliniques
sans aucun diagnostic de laboratoire (voir le chapitre « Introduction » pour la description de la
surveillance syndromique). Si au milieu d’une épidémie, l’agent causal a été identifié, l’on peut
continuer à classer les cas comme suspects ou confirmés. La catégorie « cas probable » pourrait
être ajoutée si les responsables estiment qu’il n’est pas nécessaire d’effectuer des tests de
laboratoire sur chaque patient présentant un tableau clinique cohérent et des antécédents
d’exposition par exemples : la Rougeole, le choléra etc.
Au niveau communautaire, les définitions de cas sont généralement simplifiées et utilisées pour
faciliter la détection précoce de maladies, des affections prioritaires et des évènements de Santé
Publique. Les définitions communautaires de cas à ce niveau utilisent les signes et symptômes
clés pour aider la communauté à savoir quand elle doit orienter une personne présentant ces
signes et symptômes vers un ASC ou une formation sanitaire.
L’annexe 1B présente des exemples de description des principaux signes et symptômes dans
les définitions communautaires de cas.
Tous les cas (suspects, probables et confirmés) doivent toujours être consignés dans un registre
reconnu de la formation sanitaire et dans les formulaires de notification de la SIMR.

1.2.1. L’approche « Une santé » dans la détection des évènements de Santé


Publique
L’approche « Une santé » vise à appliquer une approche holistique dans la détection conjointe
et l’évaluation de risques face à d’éventuels évènements de santé publique se produisant à
l’interface entre les humains, les animaux et l’environnement. La détection des évènements
dans le cadre de l’approche « Une santé » exige donc que tous les niveaux (communautaire,
district, régional et national) renforcent la collaboration entre les secteurs et partagent la
responsabilité de détecter les évènements susceptibles d’avoir un impact sur la santé humaine,
animale et environnementale.
Parmi les exemples de l’implementation de l’approche « Une santé », on peut citer la détection
d’un animal enragé ou les notifications des cas de maladie animale par le secteur animal
pouvant entraîner les investigations des cas similaires chez les humains. De même,
l’investigation de certaines maladies humaines peut retracer leur exposition à des produits
chimiques dangereux dans l’environnement.
La détection des évènements aux PoE nécessite également l’utilisation de l’approche « Une
santé », ce qui exige la participation de tous les secteurs concernés tels que les ministères en
charge de la santé humaine, de la santé animale, de la santé environnementale, et d’autres
acteurs en charge de la sécurité des biens et des personnes. Tous les évènements détectés
doivent être notifiés aux secteurs concernés dans le cadre de l’approche « Une santé ».

1.2.2. Diffuser les définitions standards de cas et les outils de surveillance aux
formations sanitaires
91
Il faut s’assurer que le personnel des formations sanitaires y compris des PoE, connaît et dispose
des définitions standards de cas et des outils de surveillance, spécifiés au niveau national
(notamment ceux relatifs à la notification d’évènements inhabituels, d’une morbidité
particulière ou de décès inexpliqués).
Dans certains pays, les définitions standards de cas des maladies sous surveillance sont
diffusées sous forme de posters ou de brochures de poche. Ces outils renforcent l’utilisation
des définitions standards de cas pour détecter et notifier les maladies, les affections prioritaires
et les évènements représentant un risque pour la Santé Publique.
Le personnel des FOSA doit être informé du processus d’enregistrement et de notification, y
compris des sites de notification. Les formations sanitaires doivent également enregistrer les
rumeurs. Les registres qui sont normalement utilisés dans la plupart des pays sont ceux des
services de consultations externes et ceux des services d’hospitalisation. Les points focaux
surveillance doivent toujours être en contact avec le responsable de la formation sanitaire afin
d’extraire du registre les maladies prioritaires de la SIMR.
En Annexe 1A et dans la Section 11 de ce document, figurent les définitions de cas proposées
par les programmes spécifiques de lutte contre les maladies.

1.2.3. Diffuser les définitions de cas au niveau communautaire en utilisant les


principaux signes et symptômes
Il convient d’expliquer aux Agents de Santé Communautaires (ASC), aux tradithérapeutes, aux
accoucheuses traditionnelles et aux leaders communautaires, comment reconnaître et notifier
aux formations sanitaires les maladies, les affections prioritaires et les évènements de Santé
Publique. Les définitions de cas au niveau communautaire doivent être plus simples que celles
utilisées dans les formations sanitaires. Une liste d’exemples de définitions de cas à utiliser au
niveau communautaire figure à l’annexe 1B de cette section.
Dans le même temps, il faut insister sur la nécessité d’orienter vers un ASC ou vers une
formation sanitaire toute personne souffrant de la maladie ou de l’affection suspectée.
Il faut également fournir à la communauté des procédures de notification, y compris la
fréquence et le destinataire de la notification (ASC, Chef AS, Chef de quartier ou Responsable
FOSA…). Il faut aussi veiller à ce que les outils de surveillance nécessaires soient mis à leur
disposition. Il importe de concevoir des outils communautaires simples pour détecter les
maladies, les affections prioritaires et les évènements de Santé Publique, ainsi que d’autres
outils de notification (Cf l’annexe 2B) pour leur permettre d’orienter un cas suspect. Il est
important de leur montrer comment remplir ces outils et pour ceux qui ne savent ni lire, ni
écrire, il faut élaborer des mécanismes pour recueillir des informations sur les évènements
auprès d’eux. Par ailleurs, il faudrait penser à identifier un membre de la famille qui pourrait
aider à receuillir les informations sur le cas. Il faut également informer la communauté sur les
maladies, les affections prioritaires et les évènements de Santé Publique, à l’aide d’affiches, de
bulletins d’information ou d’annonces lors des réunions communautaires. Enfin, assurer la
retro-information, sachant que celle-ci encouragerait les membres de cette communauté à
participer aux activités de surveillance et de riposte.

92
1.3. Instaurer la SFE à tous les niveaux de la pyramide
sanitaire
Le pays doit veiller à ce que la SFE soit mise en place à tous les niveaux de la pyramide
sanitaire, parallèlement à la SFI. La mise en place de la SFE implique la prise en compte des
fonctions de ladite surveillance telles qu’illustrées dans la figure 5.

Evaluation des risques


Vérification (traduire un signal trié en évènement, le cas échéant)

Triage (déterminer si un signal répond à la définition de signal, si elle


a effectivement eu lieu, et éliminer les doublons)

Notification des signaux

Détection des signaux (utilisation de lignes d'assistance


téléphonique et l'analyse des médias)

Figure 5: Fonctions de la Surveillance Fondée sur les Evènements à tous les niveaux de la
pyramide sanitaire
Voici les étapes à suivre pour l’instauration et le suivi de la SFE :
 Étape 1 : Mettre en place les mécanismes pour exploiter les 4 sources de la SFE (centre
d’appel, analyse des médias, FOSA et communauté) afin de détecter les signaux ;
 Étape 2: Détecter les signaux ;
 Étape 3 : Enregistrer et notifier les signaux ;
 Étape 4 : Effectuer le triage des signaux ;
 Etape 5 : Vérifier les vrais signaux et les intégrer dans la SIMR ;
 Étape 6 : Evaluer et caractériser les risques des signaux transformés en évènements ;
Les étapes de la mise en place de la surveillance fondée sur les évènements au niveau
national, régional, des District de Santé et des FOSA sont décrites à l’annexe 1C de la
présente section.

1.4. Mettre à jour les procédures de surveillance au niveau


du District
En général chaque année, les responsables de la santé, à l’échelon national, régional, et du DS
doivent évaluer la performance du système de surveillance et de riposte. Les résultats de
l’évaluation permettront de mettre à jour les procédures de surveillance et d’adapter les plans
d’action en fonction des priorités.

93
1.4.1. Mettre à jour la cartographie de la zone géographique desservie
Les informations sur la zone desservie (formations de santé, PoE, laboratoires) doivent être
mises à jour au moins une fois par an. Cette activité doit faire partie de la planification sanitaire
aux niveaux du district, de la région et du pays. Faire une description des caractéristiques de la
population locale dans la zone desservie, des activités de surveillance et de riposte en cours,
des risques encourus, des moyens et des lacunes du système de surveillance et de riposte.
La cartographie des risques doit prendre en compte tous les risques pour la Santé Publique
(biologiques, chimiques, zoonotiques, radiologiques, nucléaires…) tels que spécifiés par le RSI
(2005). L’OMS a mis au point un outil intégré d’évaluation stratégique des risques pour évaluer
les menaces pour la Santé Publique et cet outil peut être utilisé dans le cadre élargi de la gestion
des risques de catastrophes (Outil OMS d’évaluation stratégique des risques-STAR-, juillet
2017).
On utilise ces informations pour définir les mesures à prendre, afin de diminuer ces risques et
éviter les maladies et décès associés. Exemples de risques potentiels : les sources d’eau
contaminées ; le manque de moyens de référence vers une formation sanitaire de recours pour
les femmes en couches ; des mesures de sécurité insuffisantes dans les mines ; les chantiers ou
les bidonvilles ; où les risques pour la Santé Publique sont particulièrement importants pendant
les fortes pluies ou du fait de l’absence de latrines.
Pour mettre à jour la description de la zone desservie, s’assurer que l’on dispose d’informations
actualisées concernant :
 la taille des principales populations cibles dans le District de Santé, entre autres enfants de
0 à 11 mois, de 12 à 59 mois, de 5 à 14 ans, de 15 ans et plus, femmes en âge de procréer,
femmes enceintes, personnes âgées, les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur du
pays, jeunes non scolarisés, et autres groupes vulnérables, etc.
 les principales interventions de Santé Publique dans le District de Santé, notamment les
activités de vaccination menées par des structures publiques, privées et organisations non
gouvernementales (ONG), les projets d’assainissement, les prestations de planning familial,
les prestations nutritionnelles pour enfants malnutris, les activités de santé dans les camps
de réfugiés, les campagnes d’information sur les facteurs de risque des maladies non
transmissibles, etc.
Pour mettre à jour le profil du district, vous pouvez utiliser plusieurs méthodes, parmi lesquelles
la création d’un groupe de discussion réunissant les principaux acteurs de la santé à tous les
niveaux, où l’on discutera des activités de surveillance et de riposte aux évènements de santé
prioritaires du district. Ceci peut faciliter la collecte d’informations à jour auprès des
intervenants sur les divers domaines clés de la surveillance et de la riposte dans lesquels ils sont
impliqués. Vous pouvez le faire au cours d’une réunion mensuelle ou trimestrielle. Profitez de
ces réunions pour leur apporter une rétro-information sur les données de surveillance transmises
par leurs institutions au DS. Impliquez des responsables d’autres secteurs pertinents dans le
groupe de discussion afin d’aborder les questions de santé suivant l’approche « Une santé ».

1.4.2. Mettre à jour la liste des sites de notification et l’annuaire des points
focaux de la surveillance du DS
La mise à jour de la liste des sites de notification et l’annuaire des PF de la surveillance
demande :

94
- d’identifier dans le District de Santé toutes les formations sanitaires, les Points d’Entrée et
autres sites tenus de notifier au district de santé les données de surveillance ou les
évènements inhabituels;
- d’établir des relations avec les structures privées, avec les autres acteurs impliqués dans
l’approche « Une Santé » et les ONG présents dans le district de santé pour les faire
participer aux activités de surveillance ;
- de relever (et mettre à jour si nécessaire) les coordonnées des formations sanitaires, des
laboratoires et des points d’entrée sur le territoire, ainsi que les noms des points focaux
surveillance dans ces sites.
Il convient également de mettre à jour le répertoire des points focaux communautaires, qui
peuvent comprendre des agents de santé communautaire, des accoucheuses formées, des
leaders communautaires, des responsables de la sécurité publique, etc. Leurs numéros de
téléphone et leurs adresses électroniques doivent être enregistrés.
Veillez à préciser, lors de l’enregistrement ou de la mise à jour du répertoire des points focaux,
s’ils ont été formés à la surveillance ou non, afin de planifier une nouvelle formation ou une
orientation en vue de renforcer leurs compétences. L’annexe 1C présente un modèle de
formulaire permettant de dresser la liste des sites de notification et des personnes à contacter
dans chaque site.

1.4.3. Identifier les représentants potentiels de la communauté qui peuvent


être impliqués dans la surveillance communautaire
Tous les membres de la communauté connus et acceptés par celle-ci peuvent servir de points
focaux surveillance communautaire. Ils doivent être choisis par les communautés dans
lesquelles ils vivent afin d’accroître la responsabilisation et l’appropriation de la surveillance
communautaire. La représentation peut provenir de services communautaires de base tels que
des accoucheuses formées, des agents de santé communautaire, ou des prestataires de soins,
des leaders d’opinion (religieux, traditionnels ou politiques), des enseignants, des personnels
de santé animale et de l’agriculture, des vendeurs de médicaments, des tradithérapeutes et dans
de nombreuses communautés, une personne respectée, mais n’appartenant pas au secteur de la
santé, comme le coiffeur, le commerçant, le personnel de sécurité ou une grand-mère qui parle
régulièrement aux membres des communautés. Toutes ces personnes peuvent être des points
focaux efficaces.
Un répertoire des personnes sélectionnées doit être tenu à jour, avec leurs coordonnées, y
compris la formation sanitaire (FOSA) de rattachement. Il faut s’assurer qu’ils disposent des
définitions de cas simplifiées pour faciliter la détection et la notification des cas. L’annexe 1C
présente un modèle de formulaire permettant de dresser la liste des sites de notification et des
personnes à contacter sur chaque site.

1.4.4. Diffuser les mises à jour des formulaires de recueil de données, des
outils de notification et des directives techniques
A l’occasion de la mise à jour de la description des zones desservies, il faut vérifier si les sites
de notification disposent de formulaires, de listes linéaires, de registres en quantités suffisantes
et d’autres moyens de transmission des données de surveillance (téléphones et/ou courrier
électronique). Les réunions mensuelles de coordination avec les formations sanitaires et autres
sites de notification sont des opportunités à saisir pour distribuer les versions actualisées de

95
formulaires et procédures de notification, d’investigation et de riposte aux évènements de Santé
Publique.

1.5. Rôle du laboratoire dans la surveillance et la riposte


Plusieurs maladies présentent des signes et des symptômes identiques ou similaires. Par
exemple, le diagnostic de Rougeole peut être posé chez un enfant qui a de la fièvre et présente
une éruption cutanée sur tout le corps, alors que bien d’autres causes peuvent être à l’origine
de ce tableau clinique observé (scarlatine, rubéole, etc.). La confirmation au laboratoire du
diagnostic des maladies et évènements sous surveillance est indispensable pour confirmer de
façon précise la maladie chez un patient, détermine l’origine, la cause (ou l’étiologie) et/ou la
source d’un foyer épidémique.

Les laboratoires doivent être utilisés comme mécanisme d’alerte précoce pour la détection des
agents pathogènes et d’autres risques susceptibles de se propager. Par exemple, l’émergence de
souches résistantes à l’hôpital ou dans la communauté (à l’instar de la tuberculose
multirésistante aux médicaments, les infections associées aux soins, etc.).

1.5.1. Prélèvement, conditionnement et acheminement des échantillons


Le type d’échantillon prélevé et son emballage (moyen de conservation) dépendent de la
maladie suspectée. Les échantillons doivent être prélevés en quantité suffisante dans des
contenants appropriés au niveau de la FOSA ou, si nécessaire, sur le terrain au cours d’une
investigation sur une épidémie. Le conditionnement consiste à emballer, étiqueter correctement
les echantillons et les accompagner de formulaires de laboratoire appropriés afin qu’ils arrivent
au laboratoire en bon état et fournissent des résultats fiables.

Il faut veiller à ce que les FOSA disposent d’un personnel formé et de matériel, ainsi que de
réactifs et de fournitures adéquats pour permettre le prélèvement d’échantillons. Un circuit
d’acheminement des échantillons doit être clairement défini pour permettre aux FOSA de
savoir où envoyer les échantillons selon les protocoles définis. Il faut également minimiser le
temps entre le prélèvement, l’acheminement et l’analyse au laboratoire de l’échantillon.

Plusieurs facteurs sont susceptibles d’affecter la fiabilité de l’interprétation des résultats de


laboratoire. Ainsi, il est difficile d’interpréter les résultats lorsque :

- un prélèvement n’a pas été correctement réalisé (par exemple, échantillon sanguin
hémolysé) ;

96
- un retard dans le transport ou l’analyse risque d’entraîner une contamination bactérienne
dans un prélèvement (par exemple, dans un échantillon d’urine ou de liquide
céphalorachidien) ;
- l’utilisation d’un mauvais milieu de transport ou de conservation risque de réduire la
viabilité du microorganisme suspecté ;
- des antibiotiques sont administrés à un patient avant de prélever des échantillons pour les
cultures ;
- la conservation de l’échantillon se fait à une température incorrecte.

Les tableaux de référence relatifs aux maladies spécifiques qui figurent à la section 9,
établissent la liste des analyses de laboratoires conseillées pour confirmer les maladies
prioritaires, en précisant :

- Quel test diagnostic permet de confirmer la maladie ou l’affection ? ;


- Quel échantillon prélever ? ;
- Quand prélever ? ;
- Comment prélever, conserver et transporter les échantillons ? ;
- Quel est le délai du rendu des résultats ? ;
- Quelles sont les sources d’informations complémentaires ?

Il est nécessaire de prendre des mesures de Santé Publique avant même d’avoir reçu la
confirmation du laboratoire. Il convient de noter que le patient doit être isolé en fonction des
signes et des symptômes et que la prise en charge doit être initiée immédiatement, avant même
les résultats de laboratoire, comme dans le cas des fièvres hémorragiques virales.

1.5.2. Mettre à jour la liste des structures appartenant au réseau de


laboratoires

L’Annexe 1D de cette section présente une description des fonctions des laboratoires selon le
niveau du système de santé.

Les Points Focaux surveillance (PF) et les responsables des laboratoires à chaque niveau de la
pyramide sanitaire doivent tenir à jour une liste des laboratoires qui ont la capacité d’effectuer
les analyses de laboratoire requises. L’annexe 1F présente un modèle de formulaire permettant
de dresser la liste des laboratoires nationaux chargés de confirmer les cas de maladies et
d’affections prioritaires. Il faut fournir à toutes les FOSA les procédures pour l’envoi des
prélèvements, notamment leur prélèvement, leur manipulation, leurs conditions de transport et
leur conservation. Il faut veiller à diffuser les informations sur le conditionnement et

97
l’acheminement des echantillons infectieux conformément aux directives de la politique
nationale.

Au niveau de la formation sanitaire, du DS et de la région, l’accent sera mis sur le prélèvement,


la manipulation, le transport et le traitement sécurisés des échantillons. Le Point Focal
surveillance de la zone d’intervention (Aire de santé, district de santé ou région) doit établir ou
renforcer la communication régulière avec les laboratoires identifiés qui reçoivent des
prélèvements de la formation sanitaire ou du District de Santé. Ce contact régulier vise à
améliorer les procédures entre les formations sanitaires du District de Santé qui envoient des
échantillons et les laboratoires qui les reçoivent. Il convient de s’assurer de la clarté et de la
fiabilité des procédures, à la fois pour le prélèvement et le transport des échantillons ainsi que
la confirmation des cas de maladies ou d’affections grâce à des analyses en laboratoire et la
notification des résultats.

Pour soutenir les laboratoires nationaux, régionaux et de District de Santé, à l’intérieur du


réseau, le système national de santé établira un protocole d’accord avec les laboratoires
extérieurs à la région ou au réseau, qui disposent de moyens de diagnostic particuliers,
indisponibles au plan local. Il pourra également apporter son soutien aux laboratoires en
mobilisant les niveaux supérieurs pour obtenir les fournitures nécessaires au prélèvement, à la
manipulation, au stockage et au transport sécurisé des échantillons à travers tout le réseau.

En outre, il est essentiel d’améliorer la collaboration entre les laboratoires de santé humaine et
vétérinaire et les autres laboratoires de Santé Publique concernés, conformément à l’approche
« Une Santé ».

1.5.3. Mettre à jour l’inventaire des fournitures, des réactifs et du matériel


utilisés pour la confirmation des maladies par les laboratoires
effectuant les analyses

Les activités de surveillance doivent être menées en collaboration avec les laboratoires pour ce
qui est des fournitures, des réactifs et du matériel afin d’éviter les doubles emplois. Il faut
également mettre à jour une liste de fournitures, de réactifs et du matériel disponibles dans
chaque laboratoire. Ceci doit être le cas en particulier dans les FOSA publiques, mais il faudrait
aussi obtenir un inventaire complet auprès des établissements privés. Cet inventaire doit
également comprendre les numéros de téléphone des Points Focaux surveillance des
laboratoires.

98
1.5.4. Informer les laboratoires des procédures de confirmation des cas de
maladies et affections prioritaires

Le niveau national doit veiller à ce que des protocoles et des directives de laboratoire soient
établis et connus à tous les niveaux. Un Point Focal de laboratoire doit être désigné à tous les
niveaux. Chaque Point Focal de laboratoire doit s’assurer que les protocoles, les lignes
directrices et les procédures du laboratoire sont respectés au niveau qui lui est assigné (Cf
l’annexe 1F).

Une fois désigné, le responsable du laboratoire du District de Santé doit s’assurer que les
procédures de confirmation en laboratoire établies au plan national sont connues et respectées
au niveau de son District. Le personnel désigné doit :

- assurer le pré-positionnement du matériel de prélèvement et de transport des échantillons


(disponibilité immédiate) au niveau du laboratoire du District de Santé. Les Tests
Diagnostiques Rapides (TDR) ou des tests sérologiques permettant de détecter les maladies
prioritaires et les risques (chimiques, par exemple) doivent être disponibles pour pouvoir
être utilisés en temps voulu ;
- aider la FOSA à prélever l’échantillon adéquat pour confirmer le cas suspect ;
- assurer, au besoin, la coordination avec le laboratoire pour identifier l’échantillon adéquat
à prélever et les procédures ou difficultés particulières ;
- prélever et emballer (conditionner) correctement l’échantillon ou aider la formation
sanitaire à le faire ;
- assurer la sécurité et la fiabilité du transport de l’échantillon entre la formation sanitaire et
le laboratoire désigné ;
- recevoir les résultats des analyses de laboratoire et les transmettre rapidement à la formation
sanitaire et aux instances nationales ;
- transmettre également les résultats au médecin traitant du patient ;
- prendre des mesures avec la formation sanitaire conformément aux directives nationales,
d’après les résultats de laboratoire.

1.5.5. Mettre en place un programme de contrôle et d’assurance qualité du


laboratoire

Un programme d’assurance qualité (contrôle qualité interne, biosécurité, gestion des


documents, gestion des équipements, évaluation externe de la qualité) est à la base du bon

99
fonctionnement d’un laboratoire. Les éléments de l’assurance qualité au laboratoire sont
essentiels pour renforcer la confiance dans les résultats obtenus. L’établissement ou le
renforcement des programmes d’assurance qualité au laboratoire permettra d’améliorer la
fiabilité, l'exactitude et la reproductibilité des résultats de laboratoire. Il convient d’établir une
coordination avec les autorités de laboratoire au niveau national ou régional pour mettre en
place des activités garantissant la qualité des résultats fournis.

Les procédures opérationnelles standardisées comptent parmi les documents les plus importants
dans un laboratoire de diagnostic. Il faut veiller à ce que chaque laboratoire dispose de
procédures opérationnelles standardisées écrites et à jour pour toutes les techniques appliquées
dans le laboratoire. Ces procédures opérationnelles standardisées doivent être disponibles dans
l’ensemble du réseau de laboratoires d’un pays afin que chaque laboratoire effectue les tests de
la même manière. En outre, les laboratoires doivent participer aux programmes d’évaluation
externe de la qualité. Leur performance à ces derniers permettra d'identifier des non non-
conformités auquelles des mesures correctives mises devront être apportées afin d'atteindre et
maintenir l’excellence dans le laboratoire. Les laboratoires doivent être encouragés à s’engager
dans le Processus graduel OMS d’amélioration de la qualité des laboratoires en vue de leur
accréditation (SLIPTA) s’ils ne sont pas encore accrédités. Voir le Guide du Processus graduel
OMS d’Amélioration de la Qualité des Laboratoires en vue de leur Accréditation (SLIPTA)
[Liste de contrôle des laboratoires cliniques et de Santé Publique, version 2:2015, pour savoir
comment effectuer une évaluation SLIPTA et [Link] ].

100
101
1.6. Annexes à la Section 1

ANNEXE 1A Définitions de cas standard recommandées par le Bureau régional de


l’OMS pour l’Afrique pour la notification des cas suspects de maladies,
d’affections et d’événements prioritaires par les formations sanitaires au
niveau du district

ANNEXE 1B Définitions de cas au niveau communautaire à l’aide des principaux


signes et symptômes

ANNEXE 1C Guide pour l’établissement de la surveillance fondée sur les événements


aux niveaux national, régional, de district et formation sanitaire

ANNEXE 1D Liste des sites de notification du district

ANNEXE 1E Fonctions des laboratoires aux différents niveaux du système de santé

ANNEXE 1F Responsabilités des points focaux de laboratoires à tous les niveaux

ANNEXE 1G Liste des laboratoires nationaux de santé humaine et vétérinaire chargés


de confirmer les cas de maladies, d’affections et d’événements prioritaires

102
ANNEXE 1A : Définitions de cas standard recommandées par le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique pour la notification des cas suspects
de maladies, d’affections et d’événements prioritaires par les formations sanitaires au niveau du district

Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique conseille aux Formations Sanitaires (FOSA) d’utiliser les définitions de cas standard suivantes pour notifier
au District les cas suspects de maladies, d’affections et d’événements prioritaires. Pour plus d’informations sur chacune des maladies prioritaires ciblées
pour la surveillance par le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, voir les directives spécifiques à la section 11, qui comprennent également les mesures
à prendre en cas d’alerte ou de franchissement des seuils épidémiques.
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas suspect : apparition aiguë d’une fièvre d’une durée de moins de trois semaines chez un patient gravement malade ou une personne décédée ET
deux des manifestations suivantes : éruption hémorragique ou purpurique ; épistaxis (saignement de nez) ; hématémèse (sang dans les vomissements) ;
hémoptysie (sang dans les crachats) ; sang dans les selles ; autres symptômes hémorragiques et aucun facteur prédisposant connu aux manifestations
Syndrome de fièvre hémorragiques OU suspicion clinique d’une maladie virale.
hémorragique aiguë Cas confirmé : cas suspect avec confirmation en laboratoire ou lien épidémiologique avec des cas confirmés ou une épidémie.
Remarque : lors d’une épidémie, des définitions de cas peuvent être modifiées pour les adapter à un événement local. Il est important de noter qu’au
cours des épidémies, la plupart des cas peuvent ne pas présenter de manifestation hémorragique et qu’il est crucial d’effectuer une anamnèse
appropriée
a) Hépatite virale aiguë :
Cas suspect : toute personne présentant une maladie aiguë d’apparition discrète avec les signes ou les symptômes suivants :
i) maladie infectieuse aiguë (par exemple, fièvre, malaise, fatigue),
ii) lésions hépatiques (par exemple, anorexie, nausées, jaunisse, urine foncée, sensibilité du quadrant supérieur droit du corps) OU iii) taux
d’alanine aminotransférase (ALAT) plus de dix fois supérieur à la limite supérieure de la normale ;
Cas confirmé : cas suspect confirmé en laboratoire par des biomarqueurs spécifiques au virus :
Hépatite virale aiguë • hépatite A aiguë : IgM anti-HAV positive ou positive pour l’ARN du HAV ;
et chronique
• hépatite B aiguë : antigène de surface de l’hépatite B (HBsAg) positif ET antigène IgM de base de l’hépatite B (anti-HBc) positif, ADN du HBV positif ;
• hépatite C aiguë : ARN du VHC positif (charge virale), antigène de base du VHC positif (le cas échéant) ET IgM anti-VHC positive. Les marqueurs de
l’hépatite A aiguë (IgM anti-HAV) et de l’hépatite E (IgM anti-HEV) sont négatifs ;
• hépatite D aiguë : HBsAg positif (ou IgM anti-HBc positif) plus anti-HDV positif (habituellement IgM) ET ARN du HDV (l’infection par HDV se produit
UNIQUEMENT comme co-infection ou surinfection de l’hépatite B) ;
• hépatite E aiguë : IgM anti-HEV positive.

103
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
b) Définition de cas de l’hépatite virale chronique (VHB et VHC) :
hépatite B chronique :
• l’HBsAg est le premier marqueur sérologique à apparaître. La persistance de l’HBsAg pendant au moins six mois indique une infection chronique,
• anti-HBc positif (généralement IgG) ;
hépatite C chronique :
• ARN positif au virus de l’hépatite C chez une personne présentant un anti-HCV positif (habituellement IgG),
• ARN du HCV positif OU antigène de base du HCV positif.
NB : la détection d’anticorps (à savoir VHC Ab positif) ne permet pas de faire la différence entre une infection aiguë, une infection chronique et une
infection antérieure.

Manifestations post Tout événement médical fâcheux qui survient après la vaccination et qui n’a pas nécessairement de lien de cause à effet avec l’utilisation du vaccin.
vaccinales L’événement indésirable peut être tout signe défavorable ou non intentionnel, tout résultat de laboratoire anormal, tout symptôme ou toute maladie.
indésirables (MAPI)
Cas suspect : toute personne manifestant brutalement les symptômes d’une des formes cliniques de la maladie, à savoir :
1. forme cutanée : toute personne présentant une lésion cutanée évoluant sur une période de 1 à 6 jours, passant d’une papule à une vésicule, puis
se transformant en escarre noirâtre, systématiquement accompagnée d’un œdème plus ou moins étendu ;
2. forme gastro-intestinale : toute personne souffrant de troubles abdominaux caractérisés par des nausées, des vomissements, une anorexie et
suivis de fièvre ;
3. forme respiratoire (inhalation) : toute personne présentant un bref prodrome évoquant une maladie respiratoire virale aiguë, suivi de l’apparition
rapide d’hypoxie, de dyspnée et d’une forte fièvre, avec un élargissement du médiastin visible à la radiographie ;
Fièvre charbonneuse
4. forme méningée : toute personne présentant une forte fièvre d’apparition brutale, pouvant être accompagnée de convulsions, d’une perte de
(Anthrax)
conscience, de signes et de symptômes méningés ; forme fréquemment observée dans les infections systémiques, mais qui peut ne manifester
aucun autre symptôme clinique de l’anthrax ET ayant un lien épidémiologique avec des cas suspects ou confirmés chez l’animal ou avec des
produits contaminés d’origine animale.
Cas confirmé :
cas cliniquement compatible avec les formes cutanée, respiratoire, gastro-intestinale, confirmé en laboratoire par :
1. isolement de Bacillus anthracis à partir d’un prélèvement de tissu ou du site affecté ; OU
2. mise en évidence d’une infection à B. anthracis à l’aide d’au moins deux tests diagnostiques.

104
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Remarque : Il n’est pas toujours possible de mettre en évidence la présence de B. anthracis dans des prélèvements cliniques, lorsque le malade a été traité
avec des agents antimicrobiens.
Ulcère de Buruli Cas suspect : toute personne présentant un nodule cutané, une plaque ou un ulcère indolore, qui réside ou qui s’est rendue dans une
(infection à région d’endémie pour l’ulcère de Buruli.
Mycobacterium Cas confirmé : cas suspect confirmé par au moins un test de laboratoire (présence de bacilles acido-alcoolo-résistants confirmée par coloration de Zielh-
ulcerans) Neelsen, PCR, culture ou histologie) ; confirmation de la présence de mycolactone dans les lésions cutanées.
Cas suspect : toute personne présentant une forte fièvre d’apparition soudaine >38.5 °C, accompagnée d’une grave arthralgie ou arthrite que n’expliquent
pas d’autres affections cliniques.
Chikungunya
Cas confirmé : cas suspect confirmé en laboratoire.

Cas suspect: dans les régions où une épidémie de choléra n’a pas été déclarée : tout patient âgé de deux ans et plus présentant une diarrhée aqueuse
aiguë et une déshydratation sévère OU mort d’une diarrhée aqueuse aiguë.
Dans les régions où une épidémie de choléra est déclarée : toute personne présentant ou morte de diarrhée aqueuse aiguë.
Choléra
Cas confirmé: cas suspect de Vibrio cholerae O1 ou O139 confirmé par culture ou par amplification génique (PCR) et pour lequel, dans les pays où le
choléra n’est pas présent ou a été éliminé, la souche O1 ou O139 du Vibrio cholerae s’est avérée toxicogène.

Cas suspect: toute personne présentant une maladie fébrile aiguë d’une durée comprise entre 2 et 7 jours, s’accompagnant d’au moins deux des
symptômes suivants : céphalées, douleur rétro-orbitale, myalgie, arthralgie, éruption cutanée, manifestations hémorragiques, leucopénie.
Cas confirmé: cas suspect avec confirmation en laboratoire (anticorps IgM positifs, multiplication par quatre ou plus du nombre de titres d'anticorps
IgG dans des échantillons de sérum appariés (aigu et convalescent), PCR positive ou isolement du virus de la dengue par culture cellulaire).
Dengue hémorragique : cas suspect ou confirmé de dengue présentant des tendances hémorragiques mises en évidence par au moins un des
éléments suivants : test positif du tourniquet ; pétéchies, ecchymoses ou purpura ; hémorragies des muqueuses, du tube digestif, des sites
d’injections ou d’autres localisations ; hématémèse ou méléna ; thrombocytopénie (100 000 plaquettes ou moins par mm3) et signes de fuite
Dengue plasmatique due à l’augmentation de la perméabilité vasculaire, se manifestant par au moins un des signes suivants : augmentation d’au moins 20
% au-dessus de la moyenne de l’hématocrite ajusté sur l’âge et le sexe ; baisse de l’hématocrite de 20 % par rapport à la moyenne après traitement
de compensation volumique ; signes de fuite plasmatique (épanchements pleuraux, ascites, hypoprotéinémie).
Syndrome de choc de la dengue : tous les critères ci-dessus, plus des signes de défaillance circulatoire, se manifestant par un pouls rapide et faible, une
pression artérielle différentielle pincée (≤ 20 mm Hg) ou une hypotension selon l’âge, une peau froide et moite et un état mental altéré.

105
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Nouveau cas suspect : toute personne présentant les symptômes suivants :
a) sensation de soif accrue (polydypsie);
b) augmentation de la faim (polyphagia);

Diabète c) miction fréquente.


Nouveau cas confirmé : toute personne ayant une glycémie à jeun de 6,1 mmol/L (110 mg/dl), veineuse ≥ 7 mmol/L (126 mg/dl) ou capillaire ≥
6,1mmol/L (110 mg/dl) OU toute personne présentant après les repas une glycémie veineuse ≥ 11,1 mmol/L (200 mg/dl) ou une glycémie capillaire ≥
11,1 mmol/L (200 mg/dl).

Cas suspect : personne souffrant de douleurs abdominales et de diarrhée avec du sang visible dans les selles.
Diarrhée sanglante
Cas confirmé : cas suspect dont la coproculture est positive pour Shigella dysenteriae type 1.
(dysentérie)

Cas suspect : au moins trois selles molles ou liquides au cours des dernières 24 heures, avec ou sans déshydratation ET :
Diarrhée avec déshydratation relative -- au moins deux des signes suivants : agitation, irritabilité ; yeux enfoncés ; sensation de soif ; après avoir été pincée, la
déshydratation chez peau retrouve lentement son aspect initial, OU déshydratation sévère -- au moins deux des signes suivants : léthargie ou perte de conscience ; yeux
les enfants de moins enfoncés ; incapacité ou difficulté à boire ; après avoir été pincée, la peau retrouve très lentement son aspect initial.
de cinq ans Cas confirmé : cas suspect confirmé par culture de selles pour un agent pathogène entérique connu.
Remarque : la confirmation en laboratoire de l’agent spécifique causant l’épidémie n’est pas systématiquement recommandée à des fins de surveillance.
Rumeur : Informations sur l’apparition de la maladie du ver de Guinée (dracunculose), quelle qu’en soit la source.
Cas suspect : toute personne présentant une lésion cutanée avec des démangeaisons ou des ampoules et vivant dans une zone
endémique ou à risque du ver de Guinée, avec l’émergence d’un ver.
Cas confirmé : toute personne présentant une lésion de la peau avec apparition d’un ver de Guinée, et chez laquelle ce ver est confirmé par des tests en
laboratoire comme étant un Dracunculosis medinensis. Cette personne n’est comptée comme un cas qu’une fois au cours de l’année civile, c’est-à-dire
Draconculose lorsque le premier ver apparaît chez cette personne. Tous les spécimens de vers doivent être obtenus à partir de chaque cas en attente de confirmation
par un laboratoire et envoyés aux Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique (CDC). Tous les cas doivent être contrôlés au
moins deux fois par mois pendant le reste de l’année civile pour la détection rapide de l’apparition éventuelle de nouveaux vers de Guinée.

106
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Surveillance de routine :
Cas suspect : toute personne souffrant d’une forte fièvre qui ne répond à aucun traitement des causes habituelles de fièvre dans la région, et qui
présente au moins l’un des signes suivants : diarrhée sanglante, hémorragie gingivale, hémorragies cutanées (purpura), injection des conjonctives et
présence de sang dans les urines ;
Cas confirmé : cas suspect avec confirmation en laboratoire (recherche positive d’anticorps IgM, PCR positive ou isolement viral) ou lien
épidémiologique avec des cas confirmés ou une épidémie.
En contexte épidémique, les définitions standard de cas suivantes peuvent guider la détection appropriée des cas :
Cas suspect :
• toute personne, vivante ou décédée, souffrant ou ayant souffert d’une forte fièvre soudaine et ayant été en contact avec : – un cas suspect, probable
Maladies à virus ou confirmé de maladie à virus Ébola ou de Marburg ; – un animal mort ou malade (pour la maladie à virus Ébola) ; – une mine (pour la maladie à
Ébola ou de Marburg virus de Marburg) ;
• toute personne présentant une forte fièvre soudaine et au moins trois des symptômes suivants : – céphalées – léthargie – anorexie ou perte d’appétit
– douleurs musculaires ou articulaires – douleurs abdominales – difficulté à avaler – vomissements – difficulté à respirer – diarrhée – hoquet ;
• toute personne ayant des saignements inexplicables ; OU
• toute mort soudaine et inexplicable ;
Cas probable :
• tout cas suspect évalué par un clinicien ; OU
• tout cas suspect décédé (chez qui il n’a pas été possible de prélever des échantillons pour confirmation en laboratoire) ayant un lien épidémiologique
avec un cas confirmé.
Cas suspect : toute personne faisant ou ayant fait une crise épileptique ( NB : Devant un nouveau cas suspect, notifier uniquement le premier
diagnostic).
Cas confirmé : toute personne présentant une récidive d’au moins deux crises d’épilepsie. Une réponse positive au traitement avec n’importe quel
Épilepsie médicament anti-épileptique renforce l’hypothèse d’un cas confirmé. Une crise épileptique dure 30 secondes à trois minutes. Lorsque les crises se
compliquent sans discontinuer, elles peuvent mener à l’état de mal épileptique.

107
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas suspect : toute personne présentant une maladie aiguë des voies respiratoires inférieures, inexpliquée, avec fièvre (>38 °C), toux, souffle court
OU difficulté respiratoire ET une ou plusieurs des expositions suivantes dans les sept jours précédant le début des symptômes :
(a) contact proche (à moins d’un mètre – par exemple, en prenant soin de lui, en lui parlant ou en le touchant) avec un cas suspect, probable ou confirmé
de H5N1 ;
(b) exposition (par exemple, manipulation, abattage, plumage, dépeçage, préparation à la consommation) à des volailles, des oiseaux sauvages, leurs
restes ou des environnements contaminés par leurs excréments dans une zone où des infections par le virus H5N1 chez des animaux ou des humains
Grippe humaine ont été suspectées ou confirmées au cours du dernier mois ;
provoquée par un (c) consommation de produits avicoles crus ou insuffisamment cuits dans une zone où la présence d’infections par le virus H5N1 chez des animaux ou
nouveau sous-type
des humains a été suspectée ou confirmée au cours du dernier mois ;
(d) contact proche avec un animal autre que des volailles ou des oiseaux sauvages dont l’infection par le virus H5N1 est confirmée ;
(e) manipulation d’échantillons (animaux ou humains) soupçonnés de contenir le virus H5N1 en laboratoire ou dans un autre environnement.
Cas confirmé : toute personne remplissant les critères d’un cas suspect ET présentant des résultats d’analyse positifs obtenus par un laboratoire dont
les résultats des tests H5N1 sont acceptés par l’OMS comme constituant une confirmation.
NB : Inclure une définition de cas du RSI pour la notification de l’infection humaine par un nouveau virus grippal
Nouveau cas suspect à la première visite : toute personne ayant une tension artérielle au repos (mesure réalisée sur trois lectures en moyenne) ≥140
mm Hg pour la pression systolique ou ≥90 mm Hg pour la pression diastolique.
Hypertension Cas confirmé : toute personne qui, à deux reprises au moins, présente une tension artérielle au repos (trois lectures en moyenne) ≥140 mm Hg pour la
pression systolique ou ≥90 mm Hg pour la pression diastolique.

Cas suspect : Infection aiguë des voies respiratoires chez l’enfant ou l’adulte avec : une fièvre soudaine (> 38 °C) ET une toux apparue au cours des dix
Syndrome de type derniers jours.
grippal Cas confirmé : cas répondant à la définition de cas clinique et confirmé en laboratoire (les résultats des analyses de laboratoire doivent montrer la présence
du virus de la grippe).

Traumatismes Traumatisme dû à un accident de la voie publique : toute personne souffrant d’un traumatisme suite à un accident de la voie publique, vue en
(accidents de la consultation pour la première fois.
voie publique) Décès dû à un accident de la voie publique : toute personne tuée sur le coup ou décédée dans les 30 jours, suite à un accident de la voie publique.

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Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas suspect de FHCC : toute personne présentant une fièvre d’apparition soudaine, un état de malaise, une faiblesse généralisée, une irritabilité, des
céphalées, de vives douleurs dans les membres et la région lombaire et une anorexie marquée ; une congestion précoce du visage et du thorax,
conjonctives injectées, exanthème hémorragique du voile du palais, de la luette et du pharynx, et très souvent éruption constituée de fines pétéchies
s’étendant du thorax et de l’abdomen à tout le reste du corps avec, parfois, de grandes surfaces purpuriques.
Fièvres Cas confirmé de FHCC : cas suspect confirmé en laboratoire (sérologie positive des IgM, PCR positive, isolement du virus ou séroconversion IgG par ELISA
hémorragiques de ou IFA) ou ayant un lien épidémiologique avec des cas confirmés ou une flambée épidémique.
Lassa et de Crimée
Congo (FHCC) Cas suspect de fièvre de Lassa : toute personne présentant une maladie qui s’installe progressivement avec au moins une des manifestations suivantes
: malaise, fièvre, céphalées, maux de gorge, toux, nausées, vomissements, diarrhée, myalgie, douleurs thoraciques, perte de l’audition, ET ayant des
antécédents de contact avec des excréta de rongeurs ou avec un cas de fièvre de Lassa.
Cas confirmé de fièvre de Lassa : cas suspect confirmé en laboratoire (sérologie positive des IgM, PCR positive, isolement du virus) OU ayant un lien
épidémiologique avec un cas confirmé par le laboratoire.

Cas suspect : personne présentant au moins l’un des trois signes essentiels de la lèpre : lésion cutanée hypo-pigmentée ou rougeâtre, perte ou diminution
Lèpre de la sensibilité cutanée, épaississement du nerf périphérique.
Cas confirmé : personne présentant au moins deux signes essentiels de la lèpre et qui n’a pas encore terminé la polychimiothérapie.

Cas suspect : personne présentant des signes cliniques d’hydrocèle ou de lymphœdème, et résidant dans une zone d’endémie, après exclusion de toute
Filariose lymphatique autre cause.
Cas confirmé : personne présentant un diagnostic de laboratoire positif : microfilarémie sur un frottis sanguin, antigènes filaires ou échographie positive.

Cas suspect de paludisme simple : toute personne vivant dans une zone à risque de paludisme, fébrile ou ayant eu de la fièvre au cours des dernières 24
heures, ne manifestant aucun signe de la forme grave de la maladie (dysfonctionnement des organes vitaux) est cliniquement diagnostiquée comme
paludéenne.
Cas confirmé de paludisme simple : toute personne fébrile ou ayant eu de la fièvre au cours des dernières 24 heures, avec confirmation en laboratoire
: examen microscopique d’un frottis sanguin ou autre test diagnostic pour les parasites du paludisme.
Paludisme Cas suspect de paludisme grave : patient vivant dans une zone à risque de paludisme, hospitalisé avec une forte fièvre et chez qui un diagnostic clinique
révèle un dysfonctionnement des organes vitaux.
Cas confirmé de paludisme grave : patient hospitalisé avec une parasitémie à P. falciparum (formes asexuées) confirmée en laboratoire, s’accompagnant
des signes et des symptômes de la forme grave de la maladie (dysfonctionnement des organes vitaux) diagnostiquée par un laboratoire).

109
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Insuffisance pondérale à la naissance : nouveau-né d’un poids de naissance inférieur à 2500 grammes (ou 5,5 livres).
Malnutrition chez les enfants :
a) enfants de moins de 59 mois en insuffisance pondérale (indicateur : Z-Score poids pour âge <-2) ;
b) enfants de 6 à 59 mois avec un périmètre brachial <11,5 cm (risque de mortalité élevé) ;
Malnutrition
c) œdèmes bilatéraux des extrémités.
Malnutrition chez les femmes enceintes : femmes enceintes donnant naissance à des bébés de faible poids (< 2.5 Kg). Le mauvais état nutritionnel et le
mauvais état de santé des mères permettent de prévoir quels sont les groupes de population susceptibles de tirer profit d’une amélioration des soins
prénatals de la mère et néonatals pour les nourrissons.
Décès d’une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après l’accouchement ou l’interruption de la grossesse, quelle qu’en
Décès maternels soit la durée ou la localisation, pour une cause quelconque déterminée ou aggravée par la grossesse ou sa prise en charge, mais ni accidentelle, ni
fortuite.
Cas suspect : toute personne présentant de la fièvre, une éruption généralisée maculopapulaire (non vésiculaire) et de la toux, un rhume ou une
conjonctivite (yeux rouges), ou toute personne chez qui un clinicien soupçonne une rougeole.
Rougeole
Cas confirmé : Cas suspect confirmé en laboratoire (recherche positive d’anticorps IgM) ou ayant un lien épidémiologique avec des cas confirmés ou une
épidémie.
NB : Plusieurs définitions de cas sont possibles, selon qu’une personne réside ou non au Moyen-Orient. Pour plus d’informations, voir la section 11.
Cas suspect : toute personne atteinte d’une infection respiratoire aiguë, ayant des antécédents de fièvre et de toux et des signes de maladie pulmonaire
parenchymateuse (par exemple, pneumonie ou Syndrome de Détresse Respiratoire Aigüe), sur la base de données cliniques ou radiologiques probantes,
et qui s’est rendue, dans les 14 jours précédant l’apparition de la maladie, au Moyen-Orient2 ou dans des pays où la présence du MERS-CoV est connue
pour circuler chez les dromadaires ou où des infections humaines sont survenues récemment.
Les personnes atteintes d’une maladie respiratoire aiguë, quelle qu’en soit la gravité, qui, dans les 14 jours précédant l’apparition de la maladie ont été
Coronavirus du
exposés à l’une ou l’autre des situations suivantes (Remarque : voir la section sur les recommandations sur les tests groupés associés aux FOSA) :
syndrome
a) contact physique étroit avec un cas confirmé ou probable d’infection à MERS-CoV, alors que le patient était malade ;
respiratoire du
b) un établissement de soins de santé dans un pays où des infections nosocomiales à MERS-CoV ont été signalées ;
Moyen-Orient
c) contact direct avec des dromadaires, consommation ou exposition à des produits de dromadaires (viande crue, lait non pasteurisé, urine) dans
(MERS-CoV)
des pays où le MERS-CoV circule parmi les populations de dromadaires ou où des infections humaines ont été causées par une transmission zoonotique
suspecte.

Cas confirmé : toute personne dont l’infection à MERS-CoV a été confirmée en laboratoire, indépendamment des signes et des symptômes cliniques.
maladie, ont été exposées à l’une ou l’autre des situations suivantes (remarque : voir la section sur les Recommandations pour les tests.

110
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas suspect A : toute personne qui répond aux critères cliniques ET épidémiologiques :
Critères cliniques
a) Apparition aiguë de la fièvre ET de la toux OU
b) Apparition aiguë d'au moins TROIS des signes ou symptômes suivants : fièvre, toux, troubles, faiblesse/fatigue, maux de tête, myalgie, maux de
gorge, coryza, dyspnée, anorexie/nausée/vomissements, diarrhée, altération l'état mental.
Critères épidémiologiques
a) Résider ou travailler dans une zone à haut risque de transmission du virus : par exemple, un milieu résidentiel fermé et les contextes
humanitaires, tels que les camps de personnes déplacées, à tout moment dans les 14 jours avant l'apparition des symptômes ;
OU
b) Résider ou s’être rendu dans une zone de transmission communautaire à tout moment dans les 14 jours précédant l'apparition des symptômes
; OU
Maladie à c) Ayant travaillé dans le secteur de la santé, y compris dans les formations sanitaires et au sein des ménages, dans les 14 jours précédant
Coronavirus-19 l'apparition des symptômes.
Cas suspect B : Un patient atteint d'une maladie respiratoire aiguë sévère (SARI : infection respiratoire aiguë : fièvre + toux apparue dans les 10 (dix)
derniers jours et nécessitant une hospitalisation).
Cas probable
Cas probable A : Un patient qui répond aux critères cliniques ci-dessus (Cas suspect) ET qui est contact d'un cas probable ou confirmé, ou alors est
épidémiologiquement lié à un groupe de cas au sein duquel au moins un cas confirmé a été identifié.
Cas probable B : Personne résident ou s’étant rendu dans une zone en épidémie et présentant une anosmie (perte de l'odorat) ou une agueusie (perte
du goût) récente en l'absence de toute autre cause identifiée.
Cas probable C : Décès, inexpliqué, chez un adulte ayant souffert de détresse respiratoire avant le décès ET qui était contact d'un cas confirmé ou
épidémiologiquement lié à un groupe ayant au moins un cas confirmé identifié.
Cas confirmé : Toute personne dont le test de diagnostic (TDR antigèneou PCR) a confirmé l'infection par COVID-19, quels que soient les signes et
symptômes cliniques.
Cas suspect : toute personne présentant une fièvre soudaine (>38,5 °C dans le rectum ou 38 °C aux aisselles), une raideur de la nuque ou d’autres
signes méningés, y compris une fontanelle saillante chez les nourrissons.
Cas probable : tout cas suspect d’aspect macroscopique de liquide céphalorachidien (LCR) turbide, trouble ou purulent ; ou dont la numération
Méningite
leucocytaire du LCR est supérieure à 10 cellules/mm3 ou avec des bactéries identifiées par la coloration de Gram dans le LCR ; ou de détection
bactérienne
d’antigènes (par exemple, par agglutination du latex) dans le LCR.
Chez les nourrissons : numération des leucocytes du LCR >100 cellules/mm3 ; ou numération des leucocytes du LCR de 10 à 100
cellules/mm3 et un taux de protéine élevé (>100 mg/dl) ou un taux de glucose réduit (<40 mg/dl).

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Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas confirmé: tout cas suspect ou probable confirmé en laboratoire par culture ou identification (c’est-à-dire par amplification génique) d’un agent
pathogène bactérien (Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae type b) dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) ou le
sang.
Cas suspect : maladie aiguë avec fièvre > 38,3 °C (101 F), céphalées intenses, adénopathie lymphatique, maux de dos, myalgie et asthénie intense,
suivis un à trois jours plus tard par une éruption cutanée progressive qui commence souvent sur le visage (la plus dense) et se répand ensuite ailleurs
sur le corps, y compris sur la plante des pieds et la paume des mains.
Cas probable : cas correspondant à la définition de cas clinique, non confirmé par le laboratoire, mais ayant un lien épidémiologique avec un cas
Variole du singe probable ou confirmé.
Cas confirmé : cas cliniquement compatible, confirmé par le laboratoire.
Diagnostic différentiel : d’autres causes de symptômes cliniques qui doivent être prises en considération comprennent d’autres maladies à
éruptions cutanées comme la variole, la varicelle, la rougeole, les infections bactériennes de la peau, la gale, la syphilis et les allergies
médicamenteuses.
Tétanos néonatal Cas suspect : tétanos néonatal--tout nouveau-né ayant une capacité normale de téter et de pleurer pendant les deux premiers jours de sa vie et qui,
entre le 3e et le 28e jour, ne peut téter normalement et devient raide ou a des convulsions ou les deux.
Cas confirmé : aucune confirmation de laboratoire n’est recommandée.
Tétanos non Cas suspect : toute personne âgée de plus de 28 jours présentant l’apparition aiguë de l’un des symptômes suivants : trismus, spasme soutenu des
néonatal muscles faciaux ou spasmes musculaires généralisés.
Cas confirmé : aucune confirmation de laboratoire n’est recommandée.
Un test positif ELISA confirmant l’infection à VIH, doublé d’un test rapide de confirmation du résultat positif, suffit à définir un cas épidémiologique
Nouveau cas de VIH d’infection par le VIH. (Recommandation du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique d’utiliser les définitions de cas de VIH/sida de Bangui ou
d’Abidjan).
Nouveau cas suspect : tout enfant présentant un ulcère buccal et d’autres signes d’alerte tels que : malnutrition, mauvaise hygiène, maladie récente
(rougeole, diarrhée persistante ou paludisme).
Noma
Nouveau cas confirmé : toute personne présentant une affection gangréneuse débutant par un ulcère de la muqueuse gingivale qui s’étend rapidement
de la bouche au visage, en détruisant les tissus mous et durs.
Cas suspect : toute personne présentant des nodules fibreux dans les tissus sous-cutanés (dans une zone d’endémie)
Cas confirmé : cas suspect confirmé en laboratoire par la présence d’au moins un des signes suivants : microfilaires dans des biopsies cutanées, vers
adultes dans les nodules excisés ou manifestations oculaires caractéristiques (observation sous lampe à fente de microfilaires dans la cornée, la chambre
Onchocercose antérieure de l’œil ou l’humeur vitrée).

112
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas suspect :
a) présentation clinique compatible (fièvre soudaine, frissons, céphalées, malaise important, prostration et gonflement très douloureux des ganglions
lymphatiques ou toux avec crachats teintés de sang, douleurs thoraciques et difficulté à respirer) ET

Peste b) des caractéristiques épidémiologiques cohérentes, telles que l’exposition à des animaux ou à des humains infectés ou des signes de piqûres de
puces ou la résidence ou le déplacement dans un lieu endémique connu au cours des 10 jours précédents.
Cas confirmé :
cas suspect confirmé par l’isolement de Yersinia pestis à partir de sang, l’aspiration de bubons, une séroconversion spécifique ou un test de diagnostic
rapide ayant permis de détecter l’Ag F1 dans des zones endémiques.
Poliomyélite Cas suspect : tout enfant de moins de 15 ans présentant une perte ou une baisse de la force musculaire et/ou du tonus musculaire (parésie, faiblesse
(Paralysie Flasque du membre, difficulté à la marche ou à se tenir debout, difficulté à bouger un membre, hypotonie etc…) d’installation rapide (24 à 72hours) et
Aiguë) intéressant un ou plusieurs membres y compris les traumatismes du nerf par injection OU toute personne chez qui le clinicien soupçonne la
poliomyélite.
Cas confirmé : cas suspect confirmé par l’isolement du virus dans les selles.
Un décès périnatal est défini comme le décès d’un fœtus à partir de 28 semaines de grossesse jusqu’à 7 jours de vie.
Décès périnatal Un décès néonatal est défini comme tout décès d’un nouveau-né jusqu’à 28 jours de vie.

Cas suspect : toute personne suspectée d’avoir été en contact avec un animal enragé et présentant au moins l’un des signes suivants : céphalées,
douleurs dans la nuque, nausées, fièvre, hydrophobie, anxiété, agitation, sensations de picotement anormales ou douleurs au site de la morsure.
Rage humaine
Confirmé : cas suspect confirmé en laboratoire.

Cas suspect
Stade précoce de la maladie : maladie fébrile aiguë (température axillaire >37,5 °C ou orale >38 °C) qui dure plus de 48 heures, qui ne répond pas au
traitement antibiotique ou antipaludéen, et qui est associée à :
a) un contact direct avec un animal malade ou mort ou à ses produits OU
Fièvre de la vallée du b) une résidence ou un récent voyage (au cours de la semaine précédente) dans une région où, après de fortes pluies, les taux de mortalité ou
Rift d’avortement du bétail sont élevés, et où l’activité du virus de la FVR est suspectée/confirmée OU
c) l’apparition brutale d’au moins un des signes suivants : épuisement, maux de dos, douleurs musculaires, céphalées (souvent violentes), sensibilité à
la lumière, nausées/vomissements OU
d) nausées/vomissements, diarrhée OU douleurs abdominales avec au moins un des signes suivants :
• teint pâle (ou Hb < 8 mg/dL) ;

113
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
• faible taux de plaquettes (thrombocytopénie) qui se traduit par de petites hémorragies de la peau et des muqueuses (pétéchies) (ou taux de
plaquettes < 100x109/dL) ;
• signes d’insuffisance rénale (œdème, miction réduite) (ou créatinine > 150 mmol/L) OU
• saignements cutanés, saignements aux sites de piqûre, saignements des muqueuses ou du nez, saignements gastro-intestinaux et saignement
vaginal inhabituel OU
• ictère (taux de transaminases trois fois supérieur à la normale).
Stades tardifs de la maladie ou complications (2 à 3 semaines après l’apparition des premiers symptômes) : patient ayant souffert au cours du mois
précédent d’un syndrome grippal répondant à des critères cliniques, et qui développent en plus :
a) des troubles du système nerveux central (SNC) évoquant une méningo-encéphalite OU
b) une perte inexpliquée de l’acuité visuelle OU
c) décès inexpliqué suite à l’apparition soudaine d’un syndrome grippal aigu accompagné d’hémorragies, d’une méningo-encéphalite ou d’une perte
de l’acuité visuelle dans le mois précédent.
Cas confirmé : tout patient chez qui, après dépistage clinique, le test ELISA IgM anti-FVR ou les tests de RT-PCR (réaction en chaîne par polymérase avec
transcriptase inverse) sont positifs (apparition caractéristique des anticorps entre quatre et six jours après l’apparition des symptômes).
Infections Infection respiratoire aiguë sévère: toute personne âgée de cinq ans ou plus gravement malade présentant les manifestations d’une infection aiguë des
respiratoires aiguës voies respiratoires inférieures avec :
sévères a) apparition soudaine de fièvre (>38 °C)
b) toux ou maux de gorge
c) souffle court ou difficulté à respirer
d) avec ou sans observations cliniques ou radiologiques de pneumonie
OU
toute personne décédée d’une affection respiratoire inexpliquée
Cas suspect : toute personne présentant :
a) un antécédent de poussée fébrile, ou une fièvre documentée ≥ 38 °C ET
Syndrome b) au moins un symptôme d’affection des voies respiratoires inférieures (toux, difficulté à respirer, souffle court) ;
respiratoire aigu c) présence à la radiographie thoracique d’infiltrations pulmonaires compatibles avec une pneumonie ou un syndrome de détresse respiratoire aigu
sévère (SRAS) (SDRA) ou résultats d’autopsie compatibles avec une pneumonie ou un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) sans cause identifiable
ET
d) aucun autre diagnostic ne permet d’expliquer totalement la maladie.

114
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas confirmé: toute personne ayant des résultats positifs pour l’infection par le coronavirus du SRAS à l’issue des tests recommandés par l’OMS.
Définition (PCIME) du cas clinique de pneumonie :
enfant présentant une toux ou des difficultés à respirer et :
a) une fréquence respiratoire ≥ à 50 mouvements par minute chez l’enfant de 2 mois à 1 an ;
b) une fréquence respiratoire ≥ 40 mouvements par minute chez l’enfant de 1 à 5 ans.
Pneumonie grave Remarque : Dans le cadre de la PCIME, un nourrisson de 0 à 2 mois présentant une toux et une respiration rapide est classé comme un cas d’« infection
chez les enfants de bactérienne grave » et orienté vers un examen plus poussé.
moins de cinq ans
Définition (PCIME) du cas clinique de pneumonie grave :
un enfant présentant une toux ou des difficultés à respirer et tout signe général de danger, un tirage sous-costal ou stridor chez l’enfant au repos.
Signes généraux de danger chez les enfants de 2 mois à 5 ans : incapacité à boire ou à prendre le sein, vomissements persistants, convulsions,
léthargie ou perte de connaissance.
Cas confirmé : La confirmation d’une pneumonie par radiographie ou en laboratoire n’est pas toujours possible dans la plupart des districts.
Syndrome d’ulcère génital (non-vésiculaire)
Cas suspect : tout homme présentant un ulcère de la verge, du scrotum ou du rectum, avec ou sans adénopathie inguinale, ou toute femme présentant
un ulcère des lèvres, du vagin ou du rectum, avec ou sans adénopathie inguinale.
Infections
Cas confirmé : cas suspect confirmé par un test de laboratoire.
sexuellement
Syndrome d’écoulement urétral
transmissibles
Cas suspect : tout homme présentant un écoulement urétral avec ou sans dysurie.
Cas confirmé : cas suspect confirmé par un test de laboratoire (par exemple, coloration de Gram mettant en évidence la présence de diplocoques
intracellulaires à Gram-négatifs).
Cas suspect : apparition brutale d’une forte fièvre > 38,3 °C , suivie d’une éruption caractérisée par des vésicules ou des pustules dures, au même stade
de développement, sans autre cause apparente.
Variole Cas probable : cas correspondant à la définition de cas clinique, non confirmé par le laboratoire, mais ayant un lien épidémiologique avec un cas probable
ou confirmé.
Cas confirmé : cas cliniquement compatible, confirmé par le laboratoire.
Cas suspect : tout patient ayant les yeux rouges et vitreux et se plaignant de douleurs et de démangeaisons oculaires.
Trachome Cas confirmé : cas suspect chez qui l’examen des yeux confirme un des stades de l’infection par Chlamydia trachomatis d’après le Système OMS de codage
simplifié du trachome.

Trypanosomiase Cas suspect :

115
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
stade précoce : apparition d’un chancre douloureux débutant par une papule qui évolue ensuite en nodule au site de piqûre par la mouche tsé-tsé. La
personne peut souffrir de fièvre, de céphalées intenses, d’insomnie, d’une lymphadénopathie indolore, d’anémie, d’un œdème local et d’une éruption
cutanée.
stade tardif : cachexie, somnolence et signes d’atteinte du système nerveux central.
Cas confirmé : cas suspect confirmé par test d’agglutination sur carte (CATT) ou par isolement de trypanosomes dans le sang, les ganglions lymphatiques
ou le liquide céphalorachidien.
Cas suspect : toute personne toussant depuis au moins 3 semaines.
Cas confirmé :
tuberculose pulmonaire à frottis positif :
a) malade suspect avec au moins deux frottis d’expectoration positifs pour les bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR),
b) un frottis d’expectoration positif pour la présence de BAAR à l’examen microscopique et des anomalies radiologiques évocatrices d’une tuberculose
pulmonaire active conformément au diagnostic du médecin traitant OU
c) un frottis d’expectoration positif pour la présence de BAAR à l’examen microscopique et un prélèvement d’expectoration positif pour la culture de
Tuberculose BAAR.
Tuberculose pulmonaire à frottis négatif : malade remplissant tous les critères suivants :
a) deux échantillons d’expectoration, prélevés à au moins deux semaines d’intervalle, négatifs pour la présence de BAAR à l’examen microscopique,
anomalies radiologiques évocatrices d’une tuberculose pulmonaire et absence de réponse clinique après une semaine de traitement avec des
antibiotiques à large spectre, décision prise par un médecin de donner un traitement antituberculeux complet,
b) gravement malade, au moins deux échantillons d’expectoration négatifs pour la présence de BAAR à l’examen microscopique, anomalies radiologiques
évocatrices d’une tuberculose pulmonaire étendue (interstitielle et miliaire), décision prise par un médecin de donner un traitement antituberculeux
complet OU
c) patient dont les frottis d’expectoration initiaux étaient négatifs, mais pour lequel on a tout de même fait une culture qui s’est révélée positive.
Cas suspect : apparition progressive d’une fièvre persistante s’intensifiant, accompagnée de frissons, de malaises, de céphalées, de maux de gorge, de
Fièvre typhoïde toux et, parfois, de douleurs abdominales et de constipation ou de diarrhée.
Cas confirmé : cas suspect confirmé par isolement de Salmonella typhi dans le sang, la moelle osseuse, les fluides intestinaux ou les selles.
Cas suspect : malade hospitalisé pour une encéphalite d’origine inconnue.
Fièvre à virus West
Cas confirmé : confirmation de la fièvre à virus West Nile par des tests diagnostiques de laboratoire qui identifient les IgM dirigées contre le virus West
Nile
Nile.
Cas suspect : toute personne ayant des antécédents de résidence dans une zone endémique (passée ou présente) qui présente des lésions de pian
Pian et syphilis cliniquement actives (visibles).
endémique ou béjel
Cas confirmé : cas suspect avec un test sérologique positif (test tréponémique rapide pour la syphilis confirmée par le test DPP (Dual Path Platform)).

116
Maladies et affections prioritaires
Maladie ou affection Définition standard de cas
Cas importé : personne présentant un pian cliniquement actif confirmé sérologiquement dans une région où le pian n’est pas connu pour être
endémique.
Cas index : premier cas de pian détecté dans une communauté.
Contact d’un cas : personne qui a des contacts étroits et fréquents avec la personne infectée. Un contact est un membre du ménage, un camarade de
classe ou un camarade de jeu proche identifié par le cas.
Cas Suspect : Toute personne présentant une forte fièvre (>39º C d’apparition brutale, suivie d’ictère dans les deux (2) semaines suivant les premiers
symptômes.

Fièvre jaune Cas Probable : Cas suspect avec IgM positive (confirmé par le laboratoire national de référence) en l’absence de vaccination antiamaril dans les 30 jours
précédant le début de la maladie.
Cas Confirmé : Cas probable + séroneutralisation positive (confirmé par le laboratoire de référence de la Région Africaine).

Cas suspect : toute personne présentant une éruption cutanée ou de la fièvre et au moins l’un des signes ou des symptômes suivants : arthralgie ;
arthrite ; ou conjonctivite (non purulente/hyperémique).
Cas probable : cas suspect avec présence d’anticorps IgM contre le virus Zika et d’un lien épidémiologique (sans signe d’infection par d’autres
Maladie à virus Zika flavivirus).
Cas confirmé : toute personne dont l’infection récente par le virus Zika a été confirmée en laboratoire présence d’ARN ou d’antigène du virus Zika dans
le sérum ou d’autres échantillons (par exemple, salive, urine, tissus, sang total) ; ou anticorps IgM contre le virus Zika positives (ELISA disponible dans le
commerce).

Ces définitions de cas peuvent changer en fonction de nouvelles connaissances

117
ANNEXE 1B : Définitions de cas au niveau communautaire à l’aide des principaux signes et
symptômes

Informez les chefs de communautés, agents de santé communautaires, guérisseurs


traditionnels, accoucheuses et personnels de santé travaillant sur le terrain dans les zones
reculées des maladies et des affections prioritaires sous surveillance dans votre région. Pour les
définitions de cas au niveau communautaire, utilisez les principaux signes et symptômes décrits
avec des mots simples et plus faciles à comprendre que ceux des définitions de cas de la SIMR
dans les formations sanitaires. Voici quelques exemples de définitions de cas que l’on peut
utiliser pour aider la communauté à reconnaître les cas de maladie et à orienter les personnes
présentant les signes décrits vers un traitement et à en notifier la formation sanitaire.

Comment décrire les principaux signes et symptômes dans les définitions de cas au
niveau communautaire – Quelques exemples

Tout enfant de moins de 15 ans présentant un début soudain de faiblesse ou


Paralysie flasque aiguë (PFA)
d’incapacité à utiliser ses mains ou ses jambes
Toute personne présentant trois selles liquides ou plus au cours des dernières
Diarrhée aqueuse aiguë
24 heures
Toute personne ayant une maladie inexpliquée accompagnée de fièvre et de
Fièvre hémorragique virale saignements ou toute personne décédée des suites d’une maladie grave
inexpliquée accompagnée de fièvre et d’hémorragies
Manifestation post vaccinale
Manifestation inhabituelle consécutive à la vaccination
indésirable (MAPI)
Tout enfant de moins de 5 ans présentant au moins trois selles liquides ou
Diarrhée chez les enfants de moins
aqueuses au cours des dernières 24 heures, avec ou sans signe de
de cinq ans
déshydratation
Toute personne faisant une diarrhée accompagnée de douleurs
Diarrhée sanglante (dysenterie)
abdominales, avec présence de sang visible dans les selles
Toute personne présentant une lésion cutanée et vivant dans une zone
Maladie du ver de Guinée
endémique ou à risque de la maladie du ver de Guinée, avec l’émergence d’un
(draconculose)
ver.
Toute personne atteinte de fièvre accompagnée d’un jaunissement du blanc
Hépatite
de l’œil
Morsure d’animaux (rage
Toute personne mordue par un chien ou un autre mammifère
potentielle)
Toute personne présentant une fièvre accompagnée de toux, de maux de
Syndrome de type grippal
gorge ou d’un rhume
Lèpre Toute personne présentant des lésions cutanées avec perte de sensibilité

118
Comment décrire les principaux signes et symptômes dans les définitions de cas au
niveau communautaire – Quelques exemples

[Dans un pays endémique] : toute personne ayant de la fièvre ou ayant eu


de la fièvre au cours des dernières 24 heures ou présentant une pâleur
(blancheur) de la paume des mains chez les jeunes enfants
Paludisme
[Dans un pays non endémique] : toute personne qui a été exposée à une
piqûre de moustique et qui a eu de la fièvre au cours des trois jours
précédents

Rougeole Toute personne présentant de la fièvre et des éruptions

Méningite Toute personne présentant de la fièvre et une raideur de la nuque

Décès d’une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42


Décès maternel
jours après l’accouchement
Tout décès d’un nouveau-né vivant survenu avant les 28 premiers jours
Décès néonatal
complets de sa vie

Tout nouveau-né qui est normal à la naissance, puis après 2 jours, devient
Tétanos néonatal
raide et incapable de téter, a des convulsions ou des crises

Toute personne présentant des nodules fibreux sous-cutanés dans les zones
Onchocercose
d’endémie
Toute personne présentant une tuméfaction douloureuse sous les bras ou
Peste dans la région de l’aine. Dans une région où sévit la peste, toute personne
souffrant de toux, de douleurs à la poitrine et de fièvre
Tout enfant de moins de cinq ans souffrant de toux et ayant le souffle court ou
Pneumonie
des difficultés respiratoires

Toute personne souffrant d’angoisse, de maux de tête, de fièvre, de malaises


Rage (humaine) et de sensations anormales très souvent au site d’une morsure par un animal.
L’agitation et peur de l’eau (hydrophobia) sont des symptômes fréquents.

Infections sexuellement Tout homme ou toute femme souffrant d’écoulement urétral ou vaginal
transmissibles (IST) respectivement, ou de douleur ou d’ulcère génital.

Tuberculose Toute personne toussant depuis deux semaines ou plus


Toute personne présentant une fièvre persistante depuis au moins trois
Fièvre typhoïde
semaines
Toute personne souffrant d’une fièvre et d’au moins deux autres symptômes
(céphalées, vomissements, diarrhée, asthénie, jaunissement des yeux) ou
Fièvre jaune décédée des suites d’une maladie grave s’accompagnant de fièvre ou de
saignements.

119
Comment décrire les principaux signes et symptômes dans les définitions de cas au
niveau communautaire – Quelques exemples

• Deux personnes ou plus présentant une maladie grave similaire dans le


même milieu (ménage, lieu de travail, école, rue, par exemple) en une
semaine ;
• Deux personnes ou plus qui décèdent dans la même communauté au
cours d’une semaine ;
• Augmentation du nombre de maladies ou de décès d’animaux, y compris
de volailles, en une semaine ;
• Toute maladie ou mort humaine consécutive à une exposition à des
animaux et à des produits d’origine animale, y compris de la volaille (par
Événements sanitaires inhabituels exemple, la consommation ou la manipulation) ;
• Toute personne qui a été mordue, griffée ou dont la blessure a été léchée
par un chien ou un autre animal ;
• Deux personnes ou plus qui font des selles aqueuses ou vomissent après
avoir mangé ou bu dans un lieu donné (par exemple, un mariage, des
funérailles, un festival, une cantine, des marchands de nourriture, etc.) ;
• Un nombre inattendu d’enfants absents de l’école à cause de la même
maladie ;
• Tout événement dans la communauté qui cause de l’anxiété dans la
population.

120
ANNEXE 1C : Guide pour la mise en place de la surveillance fondée sur les événements aux
niveaux national, régional, district et formation sanitaire (FOSA)

La surveillance fondée sur les événements est la collecte organisée et rapide d’informations
relatives à des événements susceptibles de constituer un risque pour la santé publique. Les
informations sont d’abord recueillies sous forme de signaux qui sont considérées par le système
d’alerte et d’intervention rapide comme des alertes représentant un risque potentiel aigu pour la
santé humaine, à l’instar d’une épidémie. Tous les signaux peuvent ne pas devenir des événements
et doivent donc tous être triés et vérifiés avant que la riposte ne soit lancée.

La surveillance fondée sur les événements permet de détecter rapidement les événements et,
ainsi, d’intervenir au moment opportun. Il est donc obligatoire que tous les pays s’efforcent
d’instaurer la surveillance fondée sur les événements en plus de la surveillance fondée sur les
indicateurs à tous les niveaux du système de santé, à savoir aux niveaux national, régional, de
district, des FOSA et des communautés.
Voici une description des étapes à suivre pour instaurer la surveillance fondée sur les événements.
NB : la surveillance fondée sur les événements au niveau communautaire est décrite dans la section
d’introduction de la troisième édition du Guide technique pour la SIMR.

I. Étapes de la mise en place de la surveillance fondée sur les événements au niveau national et
régional

Étape 1 : Mettre en place les lignes d’assistance téléphonique et un système de veille


médiatique
Cette étape comporte deux activités principales comme décrit ci-dessous :

A. Créer des lignes d’assistance téléphonique


a) Une ligne d’assistance téléphonique est une ligne téléphonique que le public peut utiliser
pour obtenir des informations auprès d’une organisation ou pour lui en fournir. Il s’agit d’un
numéro abrégé pour recevoir des appels téléphoniques directs ou des informations
provenant de réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook ou Twitter.
b) Il doit être gratuit (le coût de la notification des alertes aux autorités de santé publique doit
être nul).
c) Il est recommandé d’avoir un numéro unique pouvant être utilisé comme ligne directe
facile à retenir pour effectuer des notifications. Le même numéro peut être utilisé pour
l’assistance téléphonique, l’envoi de SMS et les réseaux sociaux afin d’éviter toute confusion.
Par exemple, si le numéro de la ligne d’assistance téléphonique est le 499, le même numéro
devrait pouvoir servir pour l’envoi de SMS ou de messages par Facebook Messenger.

121
d) Les membres de la communauté doivent être motivés à notifier eux-mêmes les
événements susceptibles d’avoir une incidence sur la santé de la population, y compris les
événements émergents de santé publique ou les flambées.
e) Diffuser le numéro de la ligne d’assistance téléphonique par des actions de plaidoyer, par
le biais des autorités sanitaires, des bénévoles en santé communautaire, des organisations
non gouvernementales, des chefs religieux et autres, ou des écoles, et faire de la publicité
dans les langues locales à la télévision, à la radio et dans les journaux.
f) Développer un partenariat avec les entreprises de communication qui peuvent diffuser le
numéro de la ligne d’assistance téléphonique par des messages de test à leurs clients. Les
messages envoyés doivent comprendre l’objet de la surveillance fondée sur les événements,
l’importance de la notification immédiate et le circuit de notification.
g) Former une équipe pour faire fonctionner la ligne d’assistance téléphonique de la
surveillance fondée sur les événements 24 heures sur 24 afin de répondre aux appels ou de
demander des informations à la communauté.
Méthodologie de l’appel

a) La personne qui répond à l’appel doit commencer par remercier son interlocuteur d’avoir pris
l’initiative de notifier des événements potentiels de santé publique préoccupants.
b) Ensuite, l’employé doit poser une série de questions préparées, sur le modèle des questions
posées dans le registre des alertes.
c) L’appel doit être conclu en remerciant l’appelant pour sa disponibilité, sa patience et son
attitude proactive.
d) L’employé doit consigner directement dans le registre approprié les alertes qui correspondent
à la liste prédéfinie des alertes.
e) Les informateurs doivent être rappelés dès que possible au cas où un appel est interrompu ou
déconnecté, ou si les appels sont effectués pendant que la personne chargée de répondre est
occupée ; cela permettra de s’assurer que toutes les alertes sont recueillies.
Méthodologie de la messagerie

a) Une fois qu’un message est reçu par SMS ou par les réseaux sociaux, un message automatique
instantané doit saluer l’expéditeur, le remercier et lui indiquer qu’un opérateur le contactera.
b) Des questions ou des répondeurs automatiques peuvent permettre de recueillir des
renseignements auprès de l’expéditeur.
c) Les données doivent être enregistrées directement dans le registre des alertes selon la liste
prédéfinie des alertes du pays.
d) Des informations sur l’expéditeur doivent être collectées pour une communication ultérieure
et des détails sur les alertes notifiées. Un appel direct à l’expéditeur peut être nécessaire si
davantage d’informations sont requises.

122
NB : Des lignes d’assistance téléphonique doivent être mises en place aux CCOUSP des niveaux
national, régional et dans les locaux du district.

B. Mettre en place un centre d’analyse des médias


a) Les médias sont des canaux de communication générale au sein d’une population et servent
d’outils de collecte utilisés pour stocker et diffuser des informations ou des données. Il s’agit
par exemple des journaux, des magazines, de la télévision, de la radio, des bulletins
d’information et d’autres formes imprimées de communication, ainsi que des sources
électroniques ou en ligne.
b) L’analyse des médias est un processus actif qui doit être réalisé en utilisant différents
moyens.
c) Il est recommandé d’effectuer l’analyse des médias au niveau national.
d) Il convient de former le personnel de santé à l’analyse régulière des médias, par exemple
analyse quotidienne.
e) Les sources d’analyse des médias peuvent être officielles et non officielles.
i) Sources médiatiques officielles :
• NB : les alertes détectées à partir de sources officielles sont fiables et ne nécessitent
de vérification supplémentaire.
Exemples de sources médiatiques officielles :
• sites Web du secteur public, y compris ceux des ministères de la Santé, de
l’Agriculture, de l’Environnement, des Affaires étrangères, etc. ;
• sites Web d’organismes officiels tels que les universités et les centres de recherche
reconnus à l’échelle internationale ;
• sites Web officiels de l’OMS pour l’alerte rapide, par exemple le site OMS
d’information sur les événements pour les points focaux nationaux du RSI, une
plateforme sécurisée accessible uniquement aux points focaux nationaux ;
• bulletin d’information sur les flambées épidémiques de l’OMS ;
• sites Web des bureaux régionaux de l’OMS, par exemple AFRO, EMRO, EURO,
SEARO, WPRO, OPS ;
• sites Web consacrés à des maladies spécifiques, par exemple le système mondial de
surveillance de la grippe et de riposte.

ii) Sources médiatiques non officielles :


• NB : les alertes détectées par ces sources ne sont pas fiables et doivent être vérifiées.
Exemples de sources médiatiques non officielles :
• journaux et magazines ;
• contenu en ligne des chaînes de télévision et de radio ;

123
• réseaux sociaux, par exemple Facebook, Twitter ;
• sites Web non officiels tels que ProMED, le Réseau mondial d’information en santé
publique, HealthMap, MEDISYS, etc.

Méthodes d’analyse des médias en ligne


L’analyse des informations en ligne peut se faire de façon manuelle et automatique.

Étapes de l’analyse manuelle


a) Dresser une liste de contrôle pour l’examen périodique (quotidien, par exemple) des sources
en ligne ;
b) Dresser une liste d’alertes prioritaires concernant les stratégies, les capacités et les ressources
du pays ;
c) Dresser une liste de mots-clés liés aux alertes prioritaires, y compris les maladies, les
syndromes ou les événements ;
d) Consulter tous les sites Web prédéterminés dans la liste de contrôle des sources en ligne pour
rechercher des mots-clés.

Analyse automatisée
a) Il existe de nombreux outils technologiques automatisés qui peuvent être utilisés pour
analyser des informations en ligne à partir de sources prédéfinies.
b) Ces outils peuvent permettre de gagner du temps et d’économiser des efforts, et favoriser la
détection précoce des menaces pour la santé publique.
c) Exemples d’analyse automatisée :
i) les flux de dépêches (ou flux RSS) sont des outils logiciels standard qui surveillent des
sites Web prédéfinis et informent l’utilisateur par des mises à jour ;
ii) les sources contributives sont basées sur le partage d’informations entre les
professionnels de la santé, dans lesquelles des individus recueillent des informations
accessibles par le biais de flux partagés, par exemple ProMed ;
iii) des flux ou des services d’information automatisés élaborés par des gouvernements ou
des organisations internationales, qui recueillent des informations sanitaires à partir de
plusieurs sources et qui peuvent ainsi réduire le temps consacré à la recherche de
sources individuelles. Ce sont des agrégateurs de données.

Étape 2 : Détection des alertes


a) La détection des alertes est le processus de collecte d’informations sur les événements de
santé publique potentiels signalés à la ligne d’assistance téléphonique.

124
b) Le grand public peut communiquer avec le service d’assistance téléphonique par téléphone,
par SMS, par messagerie instantanée sur les réseaux sociaux ou par discussion en ligne.
c) L’équipe du service d’assistance téléphonique doit filtrer les notifications reçues des appelants
afin de déterminer quelles alertes sont valides.
d) Une liste d’alertes élaborée par les autorités nationales de santé publique doit être fournie
aux opérateurs du service d’assistance téléphonique ou aux personnes chargées de répondre
au public, afin qu’ils puissent continuer à enregistrer les alertes.
e) L’opérateur doit enregistrer les alertes valides dans un registre prévu à cet effet.
f) Les alertes peuvent également être détectées par analyse manuelle ou automatisée des
médias.
Exemples d’alertes prédéterminées :
Code Alertes à notifier
01 Deux personnes ou plus souffrant d’une maladie grave similaire dans le même milieu
(ménage, lieu de travail, école, rue, par exemple) en une semaine
02 Grand nombre inexpliqué de décès de volailles, de bétail, d’autres animaux
domestiques ou d’animaux sauvages
03 Maladie grave d’un travailleur de la santé après exposition à des patients présentant des
symptômes similaires
04 Un ou plusieurs patients hospitalisés souffrant d’une maladie grave inexpliquée, y
compris l’absence de réponse au traitement standard

Étape 3 : Enregistrement des alertes


a) Les alertes qui sont recueillies à partir des médias et des lignes d’assistance téléphonique, et
qui correspondent à la liste prédéfinie des alertes doivent être enregistrées dans un registre
prévu à cet effet. Voir un échantillon de registre d’alertes pour les lignes d’assistance
téléphonique ou l’analyse des médias à la page suivante.
b) Chaque alerte recueillie doit inclure des données sur la détection, le triage et la vérification de
l’alerte, jusqu'à la riposte.
c) L’enregistrement de l’alerte doit inclure l’ensemble minimal de données pour le suivi des
alertes, par exemple :
i) source ou informateur : nom, numéro de téléphone de la personne à contacter, date et
heure de l’appel ou de la détection ;
ii) alerte : quand c’est arrivé, qui a été affecté (cas, décès) et où cela commence et se
propage ;
iii) suivi de l’alerte : triage, vérification, évaluation des risques et riposte.

125
Modèle de registre d’alertes pour les lignes d’assistance téléphonique ou l’analyse des médias

126
Étape 4 : Triage des alertes
Effectuer l’évaluation des alertes à des fins de vérification
a) Si l’alerte correspond à l’une des alertes prioritaires pour le pays, elle doit immédiatement être
vérifiée.
b) Si l’alerte est définie de façon générique, par exemple un événement inhabituel pouvant
constituer une menace pour la santé publique, un spécialiste ou un chef d’équipe qualifié en
santé publique doit l’évaluer pour décider s’il faut la rejeter ou procéder à une vérification.

Étape 5 : Vérification des alertes


a) La vérification est une étape essentielle pour confirmer la validité des alertes recueillies et doit
être effectuée par des experts en la matière, par exemple des spécialistes en santé publique.
b) La vérification doit être effectuée au niveau local le plus proche de la localisation de l’alerte.
c) Si l’alerte est détectée au niveau national, elle est notifiée au point focal de la région (équipe
sanitaire régionale) où elle a été détectée, par appel téléphonique, SMS, courrier électronique,
etc.
d) L’équipe sanitaire régionale avise ensuite l’équipe cadre du district concerné.
e) Une équipe du district de santé formée avec l’appui d’experts régionaux ou nationaux doit
effectuer la vérification des alertes.
f) Toutes les alertes doivent être vérifiées dans les 24 heures.
g) Dès lors qu’une alerte est vérifiée et nécessite une action, elle est considérée comme un
événement.
h) L’équipe du district de santé, avec l’appui d’experts régionaux ou nationaux, doit rapidement
commencer les investigations en recueillant davantage d’informations sur le terrain (examens
physiques, prélèvements d’échantillons de laboratoire, etc.) en utilisant les formulaires
d’investigation existants sur les cas ou les événements de la SIMR.
i) Les événements confirmés qui répondent à la définition standard de cas doivent être consignés
par l’équipe du district de santé concernée dans le système de surveillance fondée sur les
indicateurs et notifiés au niveau suivant du système de santé, c’est-à-dire au moyen des outils
de collecte de données existants et en suivant les procédures de notification de la SIMR (voir la
section 2 de la troisième édition du Guide technique pour la SIMR).

Étape 6 : Evaluation et caractérisation des risques

a) Une fois qu’une alerte est vérifiée et confirmée en tant qu’événement, l’évaluation des risques
commence.

127
i) L’évaluation des risques est un processus systématique et continu de collecte, d’évaluation
et de documentation de l’information qui sert de fondement aux mesures de gestion et de
réduction des conséquences négatives d’un événement aigu de santé publique.
b) La première évaluation des risques d’un événement doit avoir lieu dans les 48 heures suivant
la détection d’une ou de plusieurs alertes.
c) L’équipe nationale doit diriger l’évaluation des risques avec les équipes régionale et de district
concernées.
d) Chaque évaluation est un processus par lequel les informations disponibles sur un événement
réel sont analysées et un jugement est porté sur la question de savoir si ledit événement
présente un risque immédiat pour la santé publique. Dans ce cas, une évaluation complète des
risques est effectuée (voir la section 4 de la troisième édition du Guide technique pour la
SIMR).
i) Dans le cas des alertes dont la véracité a été démontrée, mais qui ne constituent pas une
menace immédiate pour la population, l’équipe doit suivre l’événement et entreprendre
des évaluations des risques lorsque de nouvelles informations sont disponibles.

II. Étapes de la mise en place de la surveillance fondée sur les événements au niveau du district

a) Les étapes de la mise en place de la surveillance fondée sur les événements au niveau du
district sont les mêmes qu’au niveau national et régional.
b) Cependant, les autorités sanitaires de district reçoivent principalement des informations
relatives à la surveillance fondée sur les événements sous la forme d’alertes provenant
essentiellement des FOSA et des communautés par le biais d’appels téléphoniques, de SMS et
de messages WhatsApp.
c) Recevoir et documenter les notifications d’alertes :
i) enregistrer les informations orales ou écrites des FOSA et des communautés sur les
foyers suspectés, les rumeurs, les événements ou les alertes inexpliqués dans le registre
du district consacré aux foyers suspects (voir la section 4, annexe 4A de la troisième
édition du Guide technique pour la SIMR).
d) L’équipe cadre de district doit remplir les fonctions suivantes : triage, vérification et évaluation
des risques.
e) Trier les alertes
i) Lorsque l’équipe cadre de district reçoit des informations sur une alerte notifiée, elle doit
procéder au triage en posant les questions suivantes :
• Les informations communiquées sont-elles de nature à justifier une alerte précoce ?
(En d’autres termes, cette alerte pourrait-elle constituer un véritable événement de
santé publique ?)
• Cette alerte a-t-elle déjà été notifiée ? (En clair, s’agit-il d’un doublon ?)

128
ii) Le triage peut se faire en personne sur le terrain, par SMS ou par téléphone.
iii) Après le triage :
• Si la notification n’est pas pertinente ou s’il s’agit d’un doublon, elle peut être rejetée.
Aucune autre mesure n’est nécessaire.
• Si l’alerte doit être rejetée, communiquer les informations suivantes aux points
focaux de la surveillance fondée sur les événements de santé publique qui ont notifié
l’alerte :
 qu’ils continuent de suivre la situation et informent le district si la situation change
et qu’un seuil est franchi ;
 ce n’est pas grave s’ils ont notifié une alerte qui s’est révélée fausse, qu’ils
continuent de notifier les alertes lorsqu’ils en détectent.
• Si l’alerte est pertinente et ne constitue pas un doublon, elle doit être vérifiée par
l’équipe cadre du district qui a reçu l’information.
f) Vérifier les alertes
i) L’équipe cadre du district doit vérifier toutes les alertes triées qui relèvent de la
surveillance fondée sur les événements.
ii) L’équipe cadre du district qui reçoit des alertes des formations sanitaires et des
communautés doit également vérifier ces alertes avant qu’elles ne soient considérées
comme des événements.
iii) La vérification consiste à déterminer si une alerte est valide (c’est-à-dire qu’il ne s’agit
pas d’une fausse alerte ou d’une fausse rumeur), fiable et correspond à au moins une
des alertes prédéfinies pour la mise en œuvre de la surveillance fondée sur les
événements.
iv) Les critères de vérification peuvent comprendre des questions à poser aux personnes
qui ont notifié l’alerte pour s’assurer qu’elles l’ont bien comprise, que l’alerte a été
confirmée ou non par au moins deux sources différentes, ou que l’alerte a été notifiée
par une personne ayant autorité médicale (par exemple un vétérinaire, un médecin ou
un assistant de laboratoire).
v) Pour effectuer la vérification, l’équipe cadre du district posera des questions à la
personne ayant notifié l’alerte, et éventuellement à d’autres personnes. Il peut s’agir du
patient, de sa famille et de ses amis ou d’autres membres de la communauté.
vi) La vérification peut se faire en personne, par visite sur le terrain ou par téléphone.
vii) Utiliser l’outil de vérification de la surveillance fondée sur les événements ; voir un
exemple à la page suivante.
viii) Le résultat de la vérification est la confirmation que l’alerte est vraie ou fausse. Une fois
l’alerte vérifiée, elle devient un événement.
ix) Après la vérification :

129
• Si l’alerte est considérée comme un événement de santé publique, elle est
immédiatement notifiée à la région.
• Si l’alerte n’est pas considérée comme un événement de santé publique, la
situation sera surveillée pour s’assurer qu’elle ne le devienne pas.
• Enregistrer les événements confirmés dans les outils et les plateformes de
collecte de données de la SIMR existants et les notifier au niveau suivant (voir la
section 2 de la troisième édition du Guide technique pour la SIMR).
g) Effectuer une évaluation des risques conformément aux orientations nationales.

Exemple de surveillance fondée sur les événements : outil de vérification

Lorsqu’une alerte est notifiée par un point focal de la surveillance communautaire ou une
formation sanitaire, l’équipe cadre du district doit utiliser cet outil pour vérifier si l’alerte est
VRAIE ou FAUSSE.

Le processus de vérification des alertes doit répondre à trois questions principales :

a) La notification est-elle exacte (c’est-à-dire vraie) ?


b) L’information a-t-elle été communiquée par une ou plusieurs sources fiables ?
c) La notification répond-elle aux critères d’une ou de plusieurs alertes ?

130
III. Étapes à suivre pour la surveillance fondée sur les événements au niveau FOSA

Les étapes consistent à prendre en compte les éléments importants suivants :

a) La surveillance fondée sur les indicateurs dans les formations sanitaires englobe la
notification immédiate, hebdomadaire ou mensuelle d’une liste prédéterminée de
maladies sur la base des définitions de cas.
b) La surveillance fondée sur les événements dans les formations sanitaires forme les
cliniciens, les infirmières et les autres professionnels de la santé concernés à notifier des
alertes de tableaux de morbidité, tels qu’un groupe de maladies et n’est pas spécifique à
une maladie.
c) La surveillance fondée sur les événements peut permettre la détection de menaces
émergentes ou réémergentes pour la santé publique parce qu’elle n’est pas spécifique à
une maladie, qu’elle nécessite une notification immédiate et qu’elle est très sensible et
très large.
d) De plus, étant donné que la notification n’exige pas de résultat de laboratoire et repose
sur l’expérience des cliniciens, la surveillance fondée sur les événements est plus pratique
et relativement simple à mettre en place et à maintenir.
e) Les formations sanitaires doivent participer à la fois à la surveillance fondée sur les
indicateurs et à la surveillance fondée sur les événements puisque les deux se complètent
et permettent la détection précoce des maladies, des affections et des événements.

Étapes à suivre pour la surveillance fondée sur les événements dans les formations
sanitaires

Étape 1 : Détection des alertes


a) Sélectionner et former les points focaux de la surveillance fondée sur les événements
dans les formations sanitaires : les points focaux de la surveillance présents dans les
formations sanitaires peuvent être formés pour jouer ce rôle.
b) Les points focaux de la surveillance fondée sur les événements dans les formations
sanitaires doivent demander aux autres membres du personnel de les informer
immédiatement lorsqu’ils voient ou entendent parler d’une alerte dans leur lieu de
travail.
c) Les professionnels de santé, y compris les cliniciens, les infirmières et les agents de lutte
contre les infections, doivent être sensibilisés pour reconnaître les alertes et les notifier
immédiatement.
d) Détecter une alerte signifie identifier ou suspecter la présence d’une alerte
prédéterminée par les autorités nationales de santé publique.
Exemples d’alertes de la surveillance fondée sur les événements dans les formations
sanitaires :

131
Alertes de la surveillance fondée sur les événements dans les formations
Code sanitaires devant être notifiées
01 Toute maladie grave observée chez le personnel de santé après qu’il a soigné un
patient atteint d’une maladie similaire
02 Augmentation importante et soudaine du nombre d’hospitalisations pour toute
maladie grave du même type
03 Toute maladie grave, inhabituelle et inexplicable, y compris l’absence de réponse
au traitement standard
04 Usage accru d’un médicament en particulier

Étape 2 : Notification des alertes


a) La notification des alertes implique de communiquer avec un ou plusieurs points focaux
de la surveillance fondée sur les événements dans les formations sanitaires qui entendent
notifier immédiatement l’équipe de district.
b) Cette notification peut se faire par téléphone, par SMS ou en personne, mais elle doit se
faire immédiatement : le jour même et le plus tôt possible.

Étape 3 : Triage et vérification


a) L’équipe cadre du district, dès réception de la notification des alertes, doit toutes les trier
et les vérifier dans les 24 heures suivant leur détection à l’aide de l’outil de vérification.
b) En cas d’événement réel, des investigations et des mesures de riposte sont
immédiatement mises en œuvre en fonction des structures existantes de la SIMR.
c) L’équipe cadre du district doit tenir régulièrement informés de la situation les formations
sanitaires effectuant des notifications.

132
ANNEXE 1D : Liste des sites de notification du district
Notez les informations permettant de contacter les personnels de santé, les agents de santé
communautaires ou les agents aux points d’entrée qui transmettent au district les données sur
la surveillance et la détection des épidémies et des événements. Veuillez indiquer, par exemple,
les noms et les coordonnées des agents de santé communautaires, des accoucheuses qualifiées,
des leaders communautaires et des responsables de la sécurité publique. Cette liste doit être
mise à jour régulièrement, en y ajoutant les nouveaux sites et en retirant ceux qui ne sont plus
en service ou qui ne participent pas.

Exemple :
Nom de la formation Adresse ou Nom du point focal
emplacement de Téléphone ou adresse
sanitaire ou du point de désigné pour la électronique (ou autres
contact du patient avec le l’établissement ou du surveillance et la
point de contact coordonnées)
service de santé riposte
Centre de santé de Lima BP 123 Dr Moyo Tél. : 123-458 ou
Zone de Mlima envoyer un message
grâce au contact
quotidien par le
chemin de fer avec la
gare de Mlima

133
ANNEXE 1E : Fonctions des laboratoires aux différents niveaux du système de santé
Fonctions des laboratoires aux différents niveaux du système de santé

Niveau Prélever Confirmer Notifier

Utiliser les définitions de cas


standard pour déterminer à
quel moment prélever des
échantillons ; Utiliser les définitions de
cas standard pour
Aider le laboratoire de première démarrer ou demander
FORMATION SANITAIRE

ligne à prélever les échantillons des analyses appropriées


conformément aux directives pour la confirmation des Consigner les données relatives au prélèvement et
agréées ; maladies ; au transport des échantillons ;
Documenter les prélèvements
avec les antécédents cliniques ; Manipuler les Recevoir les résultats des analyses et fournir un
prélèvements retour d’information.
Transporter les prélèvements au conformément aux
laboratoire de première ligne ou modes opératoires
au laboratoire de recours, normalisés et aux
conformément aux directives directives approuvées.
agréées, accompagnés du
formulaire SIMR de notification
de cas par le laboratoire.

Communiquer aux prestataires


les principes et procédures de
prélèvement ; Enregistrer, stocker et sauvegarder les résultats de
Effectuer des analyses laboratoire et les détails des tests de laboratoire, y
de laboratoire pour un compris tous les tests effectués et l’opportunité
Demander du matériel de
diagnostic présomptif, des analyses ;
prélèvement supplémentaire,
s’il y a lieu ;
selon les besoins ; Communiquer les résultats au personnel clinique
Conserver les et aux patients ;
Conserver les échantillons dans Veiller à recevoir régulièrement les résultats de
échantillons
les conditions appropriées, en laboratoire du niveau national ;
représentatifs pour les
DISTRICT OU REGION

attendant leur transport ou des


transporter Mettre à jour les listes avec les résultats de
analyses complémentaires ;
conformément aux laboratoire et faire le suivi de tout résultat
directives ; manquant auprès du laboratoire effectuant les
Ordonner des prélèvements
supplémentaires, le cas analyses ;
Effectuer une analyse
échéant, en fonction de Notifier les résultats et les informations sur les
systématique des
l’enquête sur l’épidémie ; délais au niveau suivant ;
résultats de laboratoire ;
Organiser le transport des Signaler les changements de tendance observés
Observer les lors de l’analyse systématique des résultats de
prélèvements au laboratoire de
changements de laboratoire au niveau national ;
première ligne et au laboratoire
tendance lors de
de recours, conformément aux Utiliser les synthèses d’information pour enquêter
l’analyse systématique
directives agréées, sur les épidémies.
des résultats de
accompagnés du formulaire
laboratoire.
SIMR de notification de cas par
le laboratoire.
de recours

de
nt à la fois

ligne et de
fonctionne

Établir les directives, politiques Établir les principes et Enregistrer, stocker et sauvegarder les résultats de
Laboratoir

nationaux

laboratoir

laboratoir

première
(certains

recours)

et procédures de prélèvement procédures de laboratoire et les détails des tests de laboratoire, y


comme

avec les autorités nationales ; confirmation avec les compris tous les tests effectués et l’opportunité
des
es

es

es

autorités nationales ; des analyses ;

134
Fonctions des laboratoires aux différents niveaux du système de santé

Niveau Prélever Confirmer Notifier


Distribuer des kits de
prélèvement et de transport Réaliser les analyses de Notifier les résultats aux équipes sanitaires
d’échantillons appropriés pour laboratoire appropriées régionales ou de district et à toutes les parties
les maladies à potentiel pour confirmation : prenantes concernées aux niveaux national et
épidémique ; • microscopie, régional ou du district pour transmission ultérieure
culture, à l’établissement de santé ou au laboratoire
Demander au laboratoire ou antibiogramme, demandeur ;
aux prestataires des
sérotypage, test
prélèvements supplémentaires Notifier les données des cas et les données
en fonction des besoins ; sérologique, sommaires conformément au protocole convenu ;
détections et
Conserver les échantillons dans identification Notifier les résultats de laboratoire du dépistage
des conditions agréées, en moléculaire, des populations sentinelles vivant sur les sites
attendant leur transport ou des séquençage cibles ;
analyses complémentaires. génomique.
Effectuer un examen systématique des analyses,
Conserver les isolats des données et des résultats de laboratoire et
représentatifs de scruter les changements de tendances.
l’épidémie, le cas
échéant.
Établir les directives, politiques
Enregistrer, stocker et sauvegarder les résultats de
et procédures de prélèvement
Référence mondiale

laboratoire et les détails des tests de laboratoire, y


des échantillons et les Effectuer des analyses
compris tous les tests effectués et l’opportunité
transmettre aux autorités supplémentaires sur les
des analyses ;
prélèvements ou les
nationales ;
isolats transmis, le cas
Notifier les résultats du laboratoire au laboratoire
échéant.
Demander le prélèvement national de référence ou au laboratoire national ;
d’échantillons supplémentaires,
Équipe de coordination de la diffusion à venir.
le cas échéant.

135
ANNEXE 1F : Responsabilités des points focaux de laboratoires à tous les niveaux

Point focal de laboratoire au niveau national


a) Coordonner toutes les activités de laboratoire à l’appui de la préparation, de la
surveillance et de la riposte aux maladies ;
b) Établir et soutenir la collaboration avec les épidémiologistes ou les agents de surveillance
;
c) Définir les capacités d’analyse des laboratoires dans le pays et ceux qui servent de recours
au niveau international et partager ces informations avec toutes les parties prenantes ;
d) Tenir à jour une liste des laboratoires qui effectuent les analyses requises ;
e) Tenir et mettre à jour la liste des stocks de fournitures, de réactifs et de matériel de tous
les laboratoires ;
f) Conclure des accords avec des laboratoires internationaux pour la fourniture de
diagnostics ou de confirmations de maladies prioritaires qui ne sont pas encore
disponibles dans le pays et en assurer la coordination ;
g) Soutenir le laboratoire par des activités de plaidoyer auprès des échelons supérieurs pour
qu’il ait accès aux infrastructures, au matériel et aux fournitures nécessaires pour
prélever, manipuler, tester, stocker et expédier les échantillons en toute sécurité ;
h) S’assurer qu’il existe un cadre de transport des échantillons à l’intérieur et à l’extérieur
du pays pour faciliter le transport des échantillons ;
i) Veiller à ce que les résultats de laboratoire soient communiqués en temps opportun à
tous les intervenants pertinents et utilisés de façon appropriée pour éclairer les mesures
de santé publique et la prise en charge clinique des patients ;
j) S’assurer que les résultats de laboratoire sont enregistrés comme il convient ;
k) Veiller à ce que les laboratoires disposent d’un programme d’assurance de la qualité pour
améliorer la fiabilité et la reproductibilité des résultats de laboratoire.
Point focal de laboratoire régional
a) Tenir à jour la liste des laboratoires qui effectueront les analyses requises ;
b) Fournir des informations à toutes les formations sanitaires pour le transport approprié
des échantillons ;
c) Tenir et mettre à jour la liste des stocks de fournitures, de réactifs et de matériel de tous
les laboratoires de la région ;
d) S’assurer que les procédures de confirmation en laboratoire établies au niveau national
sont connues et suivies dans la région et les districts ;
e) Veiller à ce que le prélèvement des échantillons, le matériel de transport et les tests de
diagnostic en laboratoire soient disponibles pour permettre la détection rapide des
maladies prioritaires ;
f) Coordonner avec les formations sanitaires et le laboratoire le prélèvement, l’emballage
en toute sécurité et le transport fiable de l’échantillon approprié pour la confirmation du
cas suspect ;

136
g) Réceptionner les résultats du laboratoire et les communiquer rapidement,
conformément aux procédures nationales, à tous ceux qui en ont besoin pour l’action de
santé publique et les soins cliniques aux patients ;
h) S’assurer que les résultats du laboratoire sont enregistrés comme il convient ;
i) Communiquer avec les points focaux des laboratoires de référence et des laboratoires
nationaux selon les besoins ;
j) Veiller à ce que les laboratoires disposent d’un programme d’assurance de la qualité pour
améliorer la fiabilité et la reproductibilité de leurs résultats.
Point focal de laboratoire de district
a) Établir ou renforcer la communication systématique avec les laboratoires identifiés qui
reçoivent des prélèvements et les formations sanitaires ou les districts de santé qui les
envoient ;
b) Tenir et mettre à jour la liste des stocks de fournitures, de réactifs et de matériel de tous
les formations sanitaires et laboratoires du district ;
c) S’assurer de la clarté et de la fiabilité des procédures, à la fois pour le prélèvement et
l’expédition des échantillons, la confirmation des cas de maladie ou d’affection et la
notification des résultats ;
d) Communiquer avec le point focal du laboratoire régional ;
e) Communiquer avec le laboratoire national de référence, le cas échéant ;
f) S’assurer que les résultats du laboratoire sont enregistrés comme il convient ;
g) Veiller à ce que les laboratoires disposent d’un programme d’assurance de la qualité pour
améliorer la fiabilité et la reproductibilité de leurs résultats.
Point focal de laboratoire de la formation sanitaire
a) Tenir et mettre à jour la liste des stocks de fournitures, de réactifs et de matériel de la
formation sanitaire ;
b) S’assurer de la disponibilité et du respect des modes opératoires normalisés, à la fois
pour le prélèvement et l’expédition des échantillons, la confirmation des cas de maladie
ou d’affection et la notification des résultats ;
c) Communiquer avec les points focaux des laboratoires du district et de la région, le cas
échéant ;
d) S’assurer que les résultats du laboratoire sont enregistrés comme il convient ;
e) S’assurer que le laboratoire dispose d’un programme d’assurance de la qualité
(contrôle de qualité interne et externe) pour améliorer la fiabilité et la reproductibilité de
ses résultats.

137
ANNEXE 1G : Liste des laboratoires nationaux chargés de confirmer les maladies et les
affections prioritaires

Mettez à jour périodiquement la liste des laboratoires de votre district ou de ceux désignés
au niveau national pour confirmer les maladies et les affections prioritaires. Précisez sur cette
liste la personne à contacter pour obtenir une assistance. La liste ci-dessous n’est qu’un
exemple.

Exemple :
Maladies, affections et événements Point focal, nom du laboratoire, adresse, numéro de téléphone,
prioritaires adresse électronique

Exemple : John Zimbe, Laboratoire national, 145 Kenyatta Road,


Poliomyélite
Pretoria, Afrique du Sud, 234-70134252555

Choléra

VIH

Tuberculose
Rougeole
Peste

Grippe humaine causée par un nouveau


sous-type

Fièvre de la vallée du Rift


Dengue

Événements de santé publique de


portée nationale ou
internationale
Anthrax

Chikungunya

Fièvre typhoïde

138
1.7. Références
1. Gestion des risques de catastrophe : Une stratégie pour le secteur de la santé dans la
Région africaine. AFR/RC62/6 (2012-2022)
2. Rapport de la réunion technique et ministérielle de l’OMS sur l’approche « Une seule
santé » pour faire face aux zoonoses et aux menaces pour la santé publique – Dakar,
novembre 2016.
3. Community-Based Surveillance guiding principles March 2017(IFRC)
4. WHE-IDSR Key Performance Indicators (KPI results). June 2017
5. Ministry of Health Liberia, National Technical Guidelines for Integrated Disease
Surveillance and Response, June 2016
6. Government of Sierra Leone. Ministry of Health and Sanitation. Community based
surveillance training manual 2016
7. « Détection précoce, évaluation et réponse lors d’une urgence de santé publique :
Mise en œuvre de l’alerte précoce et réponse notamment la surveillance fondée sur les
événements ». WHO/HSE/GCR/LYO/2014.4.
8. « Coordination de la surveillance épidémiologique entre points d’entrée et systèmes
nationaux de surveillance – Principes et propositions pour la renforcer ».
WHO/HSE/GCR/LYO/2014.12
[Link]
9. A guide for establishing community-based surveillance disease surveillance and
response programme. WHO, Disease Prevention and Control Cluster, 2014.
10. World Health Organization. Trachoma epidemiologic survey protocol. Geneva: World
Health Organization, 1993
[Link]
11. CDC Trachoma.[Link]
12. The Carter Center. [Link]
13. Ali Ahmed Yahaya, Jean Bosco Ndihokubwayo, Sheick Oumar Coulibaly, Bartholomew
Akanmori, Jason Mwenda, Annick Dosseh, Charles Rutebarika Byabamazima, Philip
Chukwuka Onyebujoh, Samuel Kariuki and Francis Chisaka Kasolo Laboratory capacity in
2012 for diagnosis of epidemic prone diseases in the context of Integrated Disease
Surveillance and Response in the WHO African Region. WHO Regional Office for Africa,
Brazzaville, Congo
14. Laboratory Quality Management System Handbook (WHO, 2011)
15. WHO Stepwise Laboratory Quality Improvement Process towards Accreditation
(SLIPTA) for Clinical and Public Health Laboratories. Checklist Version 2:2015
[Link]
16. Global Task Force on Cholera Control (Ending Cholera, A Global Road Map to 2030)

139
SECTION 2 :
NOTIFIER LES MALADIES, LES AFFECTIONS
PRIORITAIRES ET LES ÉVÈNEMENTS DE SANTÉ
PUBLIQUE

Cette section décrit comment :

• notifier les maladies, les affections prioritaires et évènements à


déclaration immédiate ;
• transmettre hebdomadairement et mensuellement les données
récapitulatives sur les maladies, les affections prioritaires et
évènements de Santé Publique ;
• améliorer les pratiques de notification régulière.
La Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte (SIMR) est un système capable d’assurer la
fourniture d’informations épidémiologiques fiables au niveau national pour répondre aux exigences
du RSI (2005). Il est important d’assurer la transmission fiable des données de surveillance dans
l’ensemble du système de sorte que les chargés de programme, les responsables de la surveillance, le
Point Focal national RSI, le point contact OMS, les autorités compétentes aux PoE sur le territoire et
autres personnels de santé disposent des informations pertinentes pour :

- identifier les problèmes émergents et planifier les interventions appropriées ;


- prendre des mesures à temps ;
- suivre les tendances des cas de maladies dans la région ;
- évaluer l’efficacité de la riposte.

La présente section décrit comment notifier les cas de maladies, affections prioritaires et évènements
de Santé Publique dans les délais prescrits. En matière de SIMR, la collecte et la notification des
données doivent respecter des délais et objectifs différents :

a) La notification immédiate des informations sur les cas permet la détection précoce des évènements
de Santé Publique hautement pathogènes ou mortels. Toutes les maladies et affections à
notification immédiate doivent également être notifiées de manière hebdomadaire, en utilisant la
fiche de notification prévue à cet effet dans le GT SIMR.
b) La notification hebdomadaire fournit des données sur les cas de maladies, affections prioritaires
ou évènements de Santé Publique pour la surveillance des tendances et la détection précoce des
épidémies.
c) La notification mensuelle fournit des données de surveillance sur l’état de santé de la population,
l’incidence de programmes spécifiques de lutte contre les maladies afin de mieux planifier la
mobilisation et l’affectation des ressources.

La politique nationale en matière de surveillance détermine si les données provenant des Districts de
Santé et des formations sanitaires doivent être notifiées immédiatement ou à intervalles
hebdomadaires ou mensuels. La fréquence recommandée dépendra des activités de lutte contre les
maladies spécifiques dans le pays. Les maladies ciblées par la SIMR sont des priorités de Santé
Publique nécessitant une intervention rapide. Les Districts de Santé doivent également détecter et
notifier les évènements inhabituels susceptibles d’affecter la santé humaine.

Les outils sur papier sont les plus communément utilisés pour la notification des maladies, affections
prioritaires et évènements de Santé Publique. Certes, ces outils peuvent fournir des informations en
53
temps voulu, mais le pays doit se doter d’outils électroniques afin de faciliter une transmission rapide
des données pour permettre une riposte rapide aux menaces de Santé Publique (SIMR électronique).
Les avantages potentiels de l’utilisation d’outils électroniques pour la SIMR sont notamment : la
notification, l’investigation et la riposte en temps réel sur les épidémies et autres évènements de Santé
Publique. La notification électronique pourrait aussi améliorer la qualité des données ; renforcer la
surveillance virtuelle des maladies et évènements ; réduire les coûts du système et générer plus
facilement des alertes automatiques. Par ailleurs, les informations peuvent être plus facilement
stockées et consultées. Voir le Guide du Système de SIMR électronique (e-SIMR) pour les pays à la
section 9.

Le personnel de Santé Publique ciblé par la SIMR est principalement constitué du personnel du
système de santé (humaine et animale) à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Il comprend les
gestionnaires de données qui supervisent le volet Technologie de l’Information et de la
Communication (TIC) du système, les chargés de supervision et ceux dédiés aux programmes de santé
prioritaires, autrement dit le District, la Région et les décideurs au niveau national. Il est important
que le pays adopte une approche interopérable du renforcement de la SIMR électronique en
établissant des liens systématiques et des plateformes de partage de l’information. Cela peut se faire
à travers la formalisation des accords entre les services des Ministères de la Santé Publique
(MINSANTE), de l’agriculture (MINAGRI), de l’élevage (MINEPIA), de la faune (MINFOF) et de
l’environnement (MINEPDED) tels que : le Système d’Information Sanitaire (SIS), la SIMR, la
Surveillance des Décès Maternels, Périnatals et Riposte (SDMPR), le réseau des laboratoires, le
réseau d’Epidémio-Surveillance du Cameroun (RESCAM).

2.1. Maladies, affections prioritaires et évènements de Santé


Publique à déclaration immédiate
La notification immédiate est recommandée lorsqu’une maladie à potentiel épidémique ou une autre
urgence de Santé Publique de portée internationale (USPPI) est suspectée ou exigée par le RSI (2005).
Les maladies et évènements jugés prioritaires au niveau national qui ne seraient pas nécessairement
des maladies et des USPPI doivent être notifiés immédiatement. Ces cas de maladies, affections
prioritaires et évènements de Santé Publique qui nécessitent une notification immédiate au niveau
supérieur figurent dans le Tableau 2. La notification immédiate permet de prendre des mesures en
temps opportun afin de prévenir la résurgence de la transmission rapide des maladies ou évènements

54
à potentiel épidémique dans leur propagation, surtout ceux dus aux agents infectieux virulents,
chimiques, biologiques, ou radionucléaires.

La notification immédiate d’une information, comme les cas uniques ou des groupes d’évènements à
notification obligatoire, générera une alerte et lancera un système de notification des cas. Cela signifie
que des informations spécifiques sur le cas présumé, ou s’il s’agit d’un groupe de cas, des
informations spécifiques sur chaque cas identifié, seront collectées intégralement et transmises au
niveau supérieur. En même temps, une investigation préliminaire sera lancée. Pour les évènements
notifiés aux PoE, l’information est communiquée simultanément au niveau supérieur (District dans
lequel le PoE est situé) et au Coordonnateur National du RSI. Les services de notification qui ne
disposent pas de capacités de diagnostic utiliseront la définition de cas (suspect ou probable) pour
identifier et notifier les cas de maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique. Par
ailleurs, les informations sur les contacts doivent être collectées. La section 4 décrit comment mener
la recherche des contacts et les notifier.

Pour les affections telles que les décès maternels et périnatals, les circonstances ayant entraîné le
décès doivent être identifiées et analysées, et les prestataires de soins doivent utiliser la Surveillance
Nationale des Décès Maternels et Périnatals et Riposte (SDMPR) en collaboration avec les
responsables nationaux compétents.

Dans la SIMR, deux types de seuils sont utilisés pour lancer la riposte : un seuil d’alerte et un seuil
épidémique/seuil d’action. Ces seuils sont normalement exprimés en nombre (ou proportion) de cas
d’une maladie au-delà duquel il faut prendre des mesures. Le personnel de santé qualifié doit pouvoir
détecter le seuil d’alerte et le seuil épidémique. Les seuils d’alerte et épidémique des maladies,
affections prioritaires et évènements de Santé Publique figurent dans la Section 11.

Consulter la Section 11 pour des informations spécifiques à chaque maladie, notamment les
définitions de cas ou évènements suspects.

Tableau 2 : Maladies, affections prioritaires ou évènements de Santé Publique à notification


immédiate (source : Guide technique SIMR 3ème édition OMS AFRO p 56)
55
Exemples de groupes :

• Tout cas groupé de maladies ou décès survenus chez des personnes vivant dans une même
communauté au cours d’une période précise (par exemple, une semaine) ;
• Décès d’un groupe d’animaux/oiseaux survenus au cours d’une période précise (par exemple,
une semaine) ;
• Maladies ou décès survenus chez des personnes après le contact avec des animaux ;
• Agents de santé malades après exposition à des patients souffrant des mêmes maladies ;
• Hausse inattendue du nombre d’hospitalisations dans les formations sanitaires (FOSA) de
personnes présentant les mêmes symptômes graves ;
• Maladie apparue soudainement chez une personne qui a effectué un voyage hors du pays au
cours des 14 derniers jours ;
• Toute maladie inhabituelle ou soudaine dans la communauté au cours d’une période précise
(par exemple, une semaine) ;
• Absence inattendue d’un nombre élevé d’enfants à l’école à cause de la même maladie au
cours d’une même période de 7 jours ;
• Nombre élevé d’achats inattendus dans les pharmacies de médicament traitant la même
maladie.

NB : S’assurer que la bonne information est collectée sur les maladies, affections prioritaires et
évènements de Santé Publique notifiés. Certains de ces évènements pourraient avoir un lien avec les

56
secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la faune, de l’alimentation, voire d’autres secteurs. D’où la
nécessité de collecter des informations auprès de ces secteurs.

2.1.1. Notification des évènements de sources communautaires

Tout évènement présumé survenu dans la communauté, y compris les évènements liés à la santé
maternelle et néonatale, devrait être immédiatement notifié. Les mécanismes de déclenchement de la
notification sont clairement définis ; l’ASC doit immediatement contacter le PF surveillance de l’Aire
de Santé de la FOSA et ou le responsable de la FOSA. Les informations notifiées devraient au
minimum comprendre :
a) La date de survenue de l’évènement et la date de la notification ;
b) La maladie, l’affection ou l’évènement prioritaire présumé ;
c) Le Contexte de survenue
d) Quand cela s’est-il produit ? (jour, mois, année)
e) Où cela s’est-il produit ? (lieu exact, village, district, région)
f) Qui est affecté ? (âge, sexe, profession, etc.)
g) Combien de personnes ont été touchées ?
h) Y a-t-il eu des décès ? Si oui, combien ?
i) L’évènement est-il en cours ?
j) Y a-t-il eu des décès d’animaux/exposition à des animaux ?
k) Antécédents immédiats de voyage dans une région touchée ;
l) Nom et numéro de téléphone de la personne qui effectue la notification ;
m) Éventuelles mesures prises ;
n) Autres informations dont vous disposez.
Voir l’annexe 2C pour le format de notification lorsqu’un évènement est identifié, et l’annexe 2D
pour la structure de notification des alertes communautaires et la vérification des évènements de
sources communautaires.

2.1.2. Notifier au cas par cas au niveau supérieur

Si une maladie, affection, ou toute autre Urgence de Santé Publique dont la notification est obligatoire
est suspectée, la FOSA doit communiquer les informations sur les cas au niveau supérieur dans un
délai de 24 heures. L’information obtenue à travers une investigation préliminaire sur un cas (suspect
ou probable) comprend :

57
- le lieu où se trouve le patient ;
- la FOSA ayant pris en charge ou référé le patient ;
- l’identité du patient et les informations sociodémographiques le concernant ;
- les informations sur les signes et symptômes, notamment la date d’apparition, les antécédents de
vaccination (le cas échéant) et les informations sur tous les facteurs de risque pertinents ;
- les résultats de laboratoire (le cas échéant) ;
- les antécédents de voyage ;
- les contacts (humains ou animaux).

Dans le cadre de la Surveillance des Décès Maternels, Périnatals et Riposte (SDMPR), tout décès
maternel ou périnatal doit être notifié immédiatement. Un exemplaire de fiche de notification pour
les deux types de décès est présenté à l’annexe K.

En cas de suspicion de maladie ou autre évènement de Santé Publique à déclaration immédiate :

- Effectuer la notification initiale le plus rapidement possible (par appel ou message téléphonique
(SMS…), courrier électronique, talkie walkie ou support papier). La formation sanitaire devra
contacter immédiatement le District de Santé et fournir des informations sur le patient ;
- Compléter la notification initiale effectuée oralement par une notification écrite à l’aide du
formulaire individuel de notification. On trouvera un modèle de ce formulaire en Annexe 2A à la
fin de cette section. Si un ordinateur ou autre système électronique est disponible pour la
surveillance ou la gestion des cas, remplir et transmettre le formulaire sous forme électronique au
niveau supérieur ;
- S’assurer que, l’identification du patient correspond bien aux informations figurant sur le
formulaire individuel de notification si un prélèvement pour le laboratoire est requis à ce stade.
Bien emballer l’échantillon pour garantir la fiabilité des résultats ;
- S’assurer qu’un formulaire de notification des cas accompagne la fiche de laboratoire. Un
exemplaire du formulaire de laboratoire est inclus en Annexe 2B ;
- Utiliser des formulaires pour commencer à rassembler les informations initiales en vue d’une
investigation des cas. Des exemples de ces formulaires pour des maladies et évènements de santé
prioritaires particuliers (choléra, fièvres hémorragiques d’origine virale, décès maternels et
tuberculose multi résistante) figurent en annexe, à la fin de la Section 9.

58
Remarque : Certaines maladies à potentiel épidémique peuvent nécessiter une notification
particulière en fonction des politiques nationales ou régionales. Consulter les exigences particulières
dans la Section 11 de ce Guide.

- S’assurer que des informations suffisantes sont disponibles sur les évènements notifiés, étant
donné que certains évènements peuvent avoir des liens avec les secteurs de l’agriculture, de
l’élevage, de la faune, de l’alimentation, de l’environnement, y compris la communauté. Ce
partage d’informations est crucial et doit commencer au niveau de la communauté, de la FOSA,
du District et de la Région. Au niveau national, le PF RSI (2005) doit notifier l’OMS de tout
évènement qui peut devenir une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale en utilisant
l’Instrument de Décision qui figure dans le RSI (2005) (Cf annexe 2A) ;
- Pour tous les évènements de Santé Publique, etablir une liste linéaire des cas initialement
rapportés et s’assurer qu’elle est constamment actualisée au cours de l’investigation ; tout en
maintenant le lien avec les parties prenantes (les secteurs concernés) en fonction de la spécificité
de la maladie ou de l’évènement. Une liste linéaire doit être établie en cas d’épidémie suspecte au
niveau des unités de prise en charge/isolement et consolidée par les differents niveaux superieurs
(AS, DS, Regions, Central). Voir l’exemple de liste linéaire présenté à l’annexe 4E ;
- Pour les évènements et les maladies à potentiel épidémique détectés aux PoE, informer
immédiatement le niveau supérieur, transmettre une copie de la notification au niveau central pour
que le PF RSI national l’évalue à l’aide de l’algorithme de décision. Pour les cas originaire des
zones d’endémie ou à risque pour la fièvre jaune, inclure des informations sur le statut vaccinal.
2.1.3. Notification hebdomadaire des cas de maladie ou évènement

La notification hebdomadaire fournit des données permettant de suivre les tendances des maladies
ou affections prioritaires pour détecter les épidémies à un stade précoce. Afin de faciliter la
comparaison au sein des FOSA et des DS, il est nécessaire de s’assurer qu’un format de notification
hebdomadaire identique est utilisé par chacune de ces structures.

Immédiatement après la notification des cas de maladies, affections prioritaires ou évènements à


notification obligatoire au niveau supérieur, il faut collecter et notifier les informations récapitulatives
hebdomadaires, qui figurent dans le tableau 2. Voir Annexe 2F pour le format d’élaboration d’une
fiche de synthèse hebdomadaire qui est un condensé de la fiche de notification des cas.

Au niveau du District de Santé, l’analyse hebdomadaire des données inclut la vérification de la qualité
des données provenant des sites de notification, la complétude et la promptitude de ces notifications.

59
L’incidence et les taux de létalité sont évalués par rapport à des seuils prédéfinis. Les courbes
épidémiques sont mises à jour et permettent de réaliser une analyse approfondie des données relatives
aux cas individuels reçues des sites de notification. Les données de laboratoires sont analysées de la
même façon que celles des cas individuels : pour l’analyse orientée vers l’action, on s’intéressera
surtout à la qualité des échantillons, aux pathogènes détectés, leur résistance aux médicaments
recommandés, au lieu et aux caractéristiques individuelles (données sociodémographiques) des cas
prélevés.

Les DS disposant d’ordinateurs ou d’autres supports électroniques sont incités à compiler les données
de surveillance sous forme électronique et à les envoyer au niveau régional en attendant
l’acheminement des copies physiques dûment signées par le personnel compétent en la matière.

Avec la SIMR électronique (voir Section 9), la mise à jour dans la base de données sera automatique,
alors que dans les pays qui font de la notification sur papier, elle sera d’abord faite manuellement et
sera ensuite enregistrée dans un ordinateur. Cette aggrégation est importante pour comprendre les
tendances des maladies à notification immédiate et la planification d’une intervention efficace. Pour
une détection précoce des épidémies à travers la notification hebdomadaire, il est recommandé de
conserver au moins les variables et dans l’idéal, communiquer uniquement le nombre de cas et de
décès, pour éviter d’augmenter inutilement la pression sur les FOSA et optimiser l’efficacité de la
notification.

Sur la base des données épidémiologiques, le pays peut décider d’ajouter d’autres maladies, affections
et évènements à la notification hebdomadaire, par exemple, le paludisme, la tuberculose
multirésistante, la diarrhée avec déshydratation sévère chez les enfants de moins de cinq ans, la
malnutrition sévère, et les décès néonatals. Seules les maladies, affections prioritaires ou évènements
susceptibles de declencher des mesures de Santé Publique devraient être enregistrés dans la liste de
notification hebdomadaire. Certains évènements de Santé Publique rares mais à haut potentiel
épidémique doivent être retirés de la notification de routine pour être notifiés immédiatement.

2.1.4. Notification mensuelle et trimestrielle de la synthèse des données des


maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique

Certaines maladies prioritaires sont à notification mensuelle ou trimestrielle. La synthèse des données
de ces maladies doit être transmise au niveau supérieur en tenant compte de la frequence de leur
notification. Ces données sont cruciales pour les programmes de santé prioritaires et peuvent être

60
utilisées dans le suivi des progrès des activités de prévention, de lutte et la détection de tous les
évènements émergents, inexpliqués ou inhabituels et les tendances de ces maladies.

Il faut notifier le nombre total de cas et de décès enregistrés pendant une période précise (par ex., tous
les mois) pour les maladies d’importance de Santé Publique. Toutes les FOSA publiques et privées,
y compris les hôpitaux de référence, les hôpitaux régionaux et les hôpitaux universitaires doivent
notifier l’ensemble des cas et de décès des maladies à notification mensuelle au District de Santé dont
ils relèvent/dépendent. Les DS compileront les informations en provenance de tous les sites de
notification et transmettront les synthèses au niveau régional et de ce dernier vers le niveau central.
Chaque niveau de la pyramide sanitaire pourra ainsi détecter l’augmentation ou la survenue
d’évènements de santé inhabituels, lors de l’analyse de ces synthèses mensuelles. Les résultats de
cette analyse permettront de suivre la progression vers les objectifs de lutte contre les maladies, de
mesurer les progrès en matière d’activités de prévention dans le District de Santé et d’identifier les
épidémies ou les autres évènements de Santé Publique qui n’auraient pas été décelés, de façon à
pouvoir prendre précocement des mesures de riposte.

Tableau 3:Maladies, affections et évènement de santé prioritaires à notification mensuelle

1. Affections neurologiques (épilepsie) 14. Noma


2. Décès maternels 15. Onchocercose
3. Diabète 16. Paludisme
4. Diarrhée avec déshydratations sévère chez 17. Pneumonie grave chez les enfants de
les enfants de moins de 5 ans moins de 5 ans

5. Drépanocytose 18. Schistosomiase intestinale


6. Filariose lymphatique 19. Schistosomiase urinaire
7. Helminthiases intestinales 20. Sida (nouveaux cas)
8. Hépatite virale aiguë 21. Syndrome pseudo-grippal
9. Hypertension artérielle 22. Trachome
10. Infections sexuellement transmissibles 23. Traumatismes (accidents de la voie
11. Insuffisance pondérale chez les nouveau- publique
nés (poids de naissance inférieur à 2 500 24. Trypanosomiase
g) 25. Tuberculose
12. Lèpre 26. Ulcère de Buruli
27. VIH (nouveaux cas d’infection)
13. Malnutrition chez les enfants de moins de
5 ans

Tous les mois, chaque FOSA calcule le nombre total de cas et de décès dus aux maladies et
évènements de santé prioritaire qu’elle a enregistré. Des totaux sont calculés séparément pour les cas
vus en consultation externe et ceux hospitalisés. Une fiche de synthèse consignant les totaux des

61
données agrégées (voir Annexe 2) est envoyée au niveau du District de Santé. Ce dernier réalise une
synthèse des données agrégées de tous les sites de notification provenant des Aires de Santé qu’il
transmet ensuite au niveau régional qui à son tour la transmet au niveau central.

Tout doit être mis en œuvre pour obtenir du Système d’Information Sanitaire, le nombre total de
patients vus en consultation externe et le nombre total de patients hospitalisés pour différents
problèmes de santé (y compris ceux qui ne figurent pas dans la liste SIMR), durant la période
considérée.

Si on dispose d’un ordinateur pour la surveillance ou la gestion des données, l’analyse des dossiers
médicaux permettra de produire des comptes-rendus de notification hebdomadaires ou mensuels.
Cette information est importante pour produire les rapports de situation (SITREP) aux niveaux
périphérique, régional et central. Il convient de partager l’ensemble des données avec les autorités
sanitaires, en gardant une copie pour le programme de prévention et de lutte correspondant. C’est
important non seulement pour la coordination au niveau central, mais aussi pour créer ou enrichir une
base de données nationale SIMR.

En fonction du niveau des services de laboratoire, les données de laboratoire devraient être consignées
dans un registre afin de calculer des cumuls du nombre de cas mensuels de maladies sous surveillance.
Lors des épidémies, les évènements sur les types de prélèvements traités doivent également figurer
dans les synthèses hebdomadaires ; leurs résultats devraient contribuer à compléter les variables qui
figurent dans le registre descriptif. Des efforts devraient être faits pour mettre à jour le volet
laboratoire des données de la SIMR et établir des liens entre ces données et les données
épidémiologiques/cliniques. Les synthèses mensuelles peuvent inclure des tests de base effectués
pour lesquels le pays a sélectionné des pathogènes comme indicateur sur la base des principales
USPPI, ce qui est important étant donné que l’analyse peut produire des tendances susceptibles de
justifier des investigations approfondies.

2.1.5. Notification zéro

Si aucun cas de maladie, affection prioritaire ou évènement de Santé Publique n’a été diagnostiqué
durant la semaine épidémiologique ou le mois en cours, mentionner zéro (0) sur le formulaire de
notification pour cette maladie. Si cet espace est laissé vide, l’équipe qui reçoit le rapport ne sera pas
en mesure d’interpréter sa signification. Le fait d’enregistrer zéro quand aucun cas de maladie à
déclaration obligatoire n’a été détecté durant la semaine ou le mois permet à l’équipe du niveau
supérieur de savoir que la fiche a été remplie de manière complète.
62
2.1.1. Notification d’une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale
(USPPI) conformément au RSI (2005)

Si une possible USPPI telle que définie dans l’annexe 2 du RSI (2005) est suspectée, le PF
surveillance de District de Santé doit immédiatement notifier le Point Focal RSI (2005) en utilisant
le moyen de communication le plus rapide, sans oublier le Point Focal surveillance régional. Si une
USPPI est détectée au PoE, il faut aussi immédiatement notifier le district et la région (voir le cadre
de notification qui est présenté à l’annexe 2B).

Le processus de notification des évènements à l’OMS conformément au RSI (2005)


prévoit le recours à l’Instrument de Décision contenu dans le RSI. Il s’agit d’une
fonction du niveau national coordonnée par le Point Focal du RSI (2005) avec l’appui
des experts compétents, en fonction du degré d’urgence.

2.2. Compiler les maladies, affections prioritaires et évènements


de Santé Publique à notification immédiate et obligatoire
Après la détection d’un premier cas, d’une épidémie présumée ou confirmée, les données
récapitulatives sont importantes pour l’analyse et le suivi. Par exemple, au niveau de la FOSA ou du
district, le PF surveillance doit tracer une courbe épidémique pour vérifier si et quand les seuils
épidémiques des maladies sous surveillance ont été franchis. Par ailleurs, les données issues des
investigations de l’épidémie peuvent être utilisées pour vérifier si le taux de létalité est inférieur, égal
ou supérieur à l’objectif visé. L’analyse des données d’une épidémie suspecte ou confirmée (Temps,
Lieu, Personne) permet de mettre en évidence les possibles groupes à risque tel que l’âge, le sexe, le
lieu de résidence, l’exposition durant les évènements sociaux par exemple, des funérailles, les risques
professionnels, la consommation de viande de brousse, la consommation de nourriture ou de boisson
contaminée.

Au niveau du district, l’analyse des données hebdomadaires comprend la vérification de la qualité des
données provenant des sites de notification, la complétude et la promptitude de la transmission de ces
rapports. Pour la surveillance intégrée des maladies et riposte en ligne (SIMR électronique) une
personne doit être chargée de garantir que la vérification des données est effectuée et approuvée avant

63
transmission à un niveau supérieur. Par ailleurs, une analyse approfondie des fiches individuelles des
cas reçus des sites de notification sera aussi effectuée, en plus des données récapitulatives
hebdomadaires. Les taux d’incidence et de létalité doivent être calculés et comparés avec le seuil
d’alerte et le seuil épidémique afin d’apprécier la tendance de l’épidémie. Les courbes épidémiques
doivent être actualisées régulièrement afin de surveiller les tendances et l’évolution d’une épidémie
qui se déclare dans le district. Les districts qui disposent d’outils numériques (ordinateurs, tablette
numérique, smartphone) sont encouragés à stocker des informations en format électronique et à
transmettre l’ensemble des données de surveillance au niveau supérieur dans ce format.

2.3. Amélioration des pratiques de notification de routine


Dans certaines formations sanitaires, il existe parfois plusieurs personnes chargées d’enregistrer les
informations sur les patients reçus en consultation. Par exemple, le clinicien consigne le nom du
patient et son diagnostic dans un registre clinique. Plus tard dans la journée, un(e) infirmier(e) compte
le nombre de cas et de décès de maladie vus dans le service de consultations externes. L’infirmier(e)
du service d’hospitalisation compte le nombre de cas hospitalisés.
Toutes les semaines ou tous les mois un employé chargé des registres ou un statisticien calcule le total
des cas de maladies et les enregistre sur un formulaire standardisé. Si la formation sanitaire est équipée
d’ordinateurs, on pourra saisir les données individuelles des patients, à partir desquelles on extraira
les données de surveillance qui seront analysées pour préparer les synthèses hebdomadaires ou
mensuelles requises.
En situation d’épidémie, les services d’isolement qui sont différents des FOSA peuvent être ouverts
et ils utiliseront un registre distinct pour enregistrer les maladies ou les évènements de santé
prioritaires liés à cette épidémie. Ces données doivent être saisies dans des fiches synthèses
hebdomadaires ou mensuelles s’intégrant dans des modèles préexistants.

2.3.1. Etudier le circuit de notification


A l’occasion des visites de supervision des sites de notification, il faut s’assurer que :
• le Point Focal surveillance est identifié et actif ;
• tous les sites de notification notamment les CSI, CMA et hôpitaux de la zone couverte par
votre district sont visités ;
• les cliniciens consignent les informations dans les registres des patients en utilisant les
définitions de cas recommandées, afin que le personnel de santé chargé de répertorier les cas
en fin de journée, puisse enregistrer de façon fiable les diagnostics sur la fiche de synthèse;
• les cliniciens, les cadres infirmiers ou autres responsables remplissent les formulaires
individuels de notification des cas, de préférence en présence du patient ;

64
• les cliniciens enregistrent les résultats de laboratoire dans les registres de consultation des
patients ;
• le personnel chargé du remplissage des registres ou les statisticiens disposent de fiches de
synthèse avec des cases pour noter les cas et les décès dus aux maladies prioritaires d’après
les définitions standards de cas;
• le personnel de santé revoit les totaux hebdomadaires et mensuels et inscrit sur les formulaires
ses commentaires à propos des résultats de l’analyse des données (voir Section 3) ;
• le personnel de santé consigne les totaux récapitulatifs sur un formulaire de notification
hebdomadaire ou mensuelle.

2.3.2. Conservation des archives et procédures de gestion des fiches de


notification
Il est recommandé de garder une copie des formulaires SIMR et des notifications reçus. Cette copie
constitue une source de données essentielle au calcul des indicateurs de notification SIMR du pays et
au suivi de leur performance. Un exemplaire de registre des notifications et des données échangées
dans le cadre de la SIMR figure en Annexe 2D.

Vérifier périodiquement avec les sites de notification supervisés (communauté, formation sanitaire et
District de Santé) que le personnel dispose de bons formulaires et des indications exactes en matière
de procédures, pour pouvoir enregistrer et notifier correctement les cas de maladies et affections
prioritaires :
• Veiller à ce que tous les membres du personnel de santé connaissent les définitions de cas
standardisées recommandées par la politique nationale de surveillance. On tâchera d’établir des
procédures ou de modifier celles en vigueur afin que tout le personnel en charge soit en mesure
d’appliquer ces définitions standards pour la détection et la notification des cas, épidémies ou
évènements de Santé Publique prioritaires.
• Mettre en évidence, avec le personnel, les maladies ou affections devant faire l’objet d’une
notification immédiate pour la surveillance au cas par cas, notamment en ce qui concerne les
USPPI et les autres maladies ou évènements de portée nationale ou régionale. Par exemple,
l’ensemble du personnel de santé devra savoir quelles sont les Maladies à Potentiel Epidémique
(MAPE) pour lesquelles un cas unique représente un risque d’épidémie nécessitant une
intervention immédiate et les évènements inhabituels ou inexpliqués pouvant affecter la santé
humaine.

65
• Revoir avec le personnel de santé l’importance des informations individuelles dans
l’identification des facteurs de risque et des modes de transmission de la maladie. S’assurer de la
disponibilité des formulaires recommandés pour la notification individuelle des cas.
• S’assurer de la disponibilité des moyens de communication rapides (appels et messages
téléphoniques, téléphone, SMS, talkie walkie, messages personnels, ou autres). Indiquer au
District de Santé comment communiquer les données au niveau régional/central et la personne à
contacter à chacun de ces niveaux.

2.3.3. Vérifier périodiquement la qualité des données


Il est vrai que chaque gestionnaire de données a ses méthodes préférées de remplissage des fiches, de
description des maladies ou d’abréviation des termes, mais il est essentiel que chaque niveau de
notification (FOSA, district, région et niveau national) utilise une méthode standardisée pour
enregistrer et notifier les données ; puisque les données de mauvaise qualité pourraient conduire à la
prise de décisions inappropriées.

Les facteurs susceptibles d’affecter la qualité de données qui doit être vérifiée régulièrement sont,
entre autres :

a) fiches mal remplies (valeurs manquantes, etc.) ;


b) fiches incomplètes (par exemple, présence de vides) ;
c) sous-notification ou sur-notification de cas ;
d) double comptage ;
e) collecte et communication non systématiques de données ;
f) notification trompeuse, (par exemple, enregistrer un zéro, alors qu’une épidémie de maladies
à potentiel épidémique est en cours).
g) formats de notification discordants (fiches) ;
h) communication ou notification tardive ;
i) périodes de notification discordantes ;
j) erreurs de calcul dans les rapports récapitulatifs ;
k) absence de documents et perte de sources de données ou de dossiers.

Pendant la supervision, il faut mettre l’accent sur l’importance de la qualité des données et de la
surveillance ; des données fiables permettent l’analyse, l’interprétation et les informations qui
transmises déboucheront sur l’action et l’évaluation. Il est recommandé que le pays procède

66
régulièrement à des contrôles de la qualité des données sur les sites de notification. (Voir l’annexe
2H pour la liste de vérification des éléments essentiels à vérifier les contrôles de la qualité des
données).

2.3.4. Favoriser les liens pour renforcer la surveillance à base communautaire


Un système de surveillance à base communautaire s’appuie sur la capacité des membres de la
communauté à identifier et à notifier les problèmes de Santé Publique à la formation sanitaire la plus
proche ou au Service de santé de district. Dans ce système, des ASC formés à la surveillance
identifient et rapportent les évènements survenant dans la communauté et qui présentent un risque
pour la Santé Publique. Ces sources d’information communautaires transmettent les renseignements
à la formation sanitaire ou, en cas d’évènement sérieux, directement aux autorités du District de Santé.

Tout membre de la communauté qui peut être accepté par la communauté peut être une source
communautaire. Il peut faire partie de ceux qui fournissent des services essentiels au village,
notamment les accoucheuses, les agents de santé communautaire (ASC), ou des prestataires de soins
similaires, professionnels ou volontaires de la santé communautaire, des leaders communautaires
(religieux, traditionnels ou associatifs) ou des enseignants, des vétérinaires, des pharmaciens et des
tradipraticiens de santé. Une fois sélectionnées, les ASC doivent être formés pour assurer la
supervision formative sur la reconnaissance de certaines maladies ou affections pour pouvoir notifier
les cas suspects.

Exemple : L’ASC est informé de la survenue de plusieurs cas de diarrhée aqueuse aiguë avec
vomissements dans la communauté. Il pense qu’il peut s’agir de cas de choléra et rapporte cette
rumeur par SMS à la FOSA local et au Chef de District de Santé. Les membres de l’équipe de réponse
rapide se rendent auprès de la communauté pour vérifier et enquêter sur l’épidémie suspectée et,
selon les résultats de l’investigation, mettre en place des mesures de contrôle et de prévention.
L’épidémie est rapidement maîtrisée grâce à l’alerte précoce par le système de surveillance de la
communauté.

Le personnel de DS peut identifier, au sein de la communauté, des ASC qui pourront donner des
indications sur l’état de santé de la population locale. On peut citer comme exemples :

• les pharmaciens ;
• les instituteurs ;
• les chefs de village ;

67
• les chefs religieux ;
• les guérisseurs traditionnels ;
• les accoucheuses traditionnelles;
• les organisations à base communautaires ;
• les autres leaders associatifs ;
• les agents de santé vétérinaires ;
• toute personne impliquée dans la surveillance du voisinage ou d’autres méthodes de
surveillance et
• les autres personnes ressources au sein de la communauté.

En fonction de l’évènement, de la disponibilité des ressources et du contexte, le pays peut choisir ses
sources d’information. Le district peut organiser la surveillance au sein de la communauté en :

• collaborant avec les leaders communautaires pour identifier les ASC qui pourront bénéficier d’un
renforcement de capacités adapté ;
• fournissant à ces ASC l’information nécessaire pour l’identification des maladies, les affections
prioritaires ou évènements de Santé Publique. Il convient de donner suffisamment d’informations
sur les maladies à surveiller pour que ces personnes puissent orienter les cas vers la formation
sanitaire, ou la prévenir des évènements sanitaires inhabituels ou inexpliqués ;
• impliquant les ASC dans la cartographie des risques, les exercices de simulation, des situations
d’urgence sanitaire et la communication sur les risques pendant les épidémies ;
• assurant que la surveillance communautaire est faite régulièrement et que la rétroinformation pour
le niveau communautaire est assurée. Les Districts de Santé doivent s’assurer de l’engagement
continu des acteurs communautaires et par conséquent collaborer régulierement avec eux ;
• diffusant l’information sur les seuils d’alerte et les seuils d’intervention.

Se référer à la liste de l’Annexe 1B concernant les principaux signes et symptômes à utiliser dans les
définitions de cas pour la surveillance au niveau de la communauté.

2.3.5. Renforcement des liens entre les données de laboratoire et les données de
surveillance
Le réseau de laboratoire complète la surveillance syndromique des maladies.

a) En cas d’évènement de Santé Publique, le laboratoire ayant confirmé les cas doit transmettre les
résultats à la FOSA d’où provient le prélèvement et au niveau central (DLMEP). Le Point Focal
surveillance de la FOSA doit en notifier le Chef de l’AS qui notifie au DS (PF surveillance ou
68
Chef de DS) pour action et transmission concommitante de l’information au niveau Régional qui
transmettra à son tour au niveau Central.
b) Afin de renforcer les liens entre les données épidémiologiques et les données de laboratoire, le
cas notifié et les échantillons de laboratoire doivent avoir le même identifiant unique.
c) La transmission des récapitulatifs hebdomadaires des échantillons traités et les types
d’échantillons reçus, ainsi que les résultats, doit être faite chaque fois qu’il y’a une épidémie, afin
de contribuer à compléter les listes linéaires.
d) Lors de la supervision sur les sites de notification, vérifier que le personnel des laboratoires saisi
correctement les données sur les maladies sous surveillance et qu’un registre existe.
e) S’assurer que les résultats de tests sont pris en compte dans les données de la SIMR à tous les
niveaux.
f) Les laboratoires doivent faire une synthèse hebdomadaire et mensuelle des résultats de laboratoire
des echantillons reçus.
g) Assurer la liaison avec le secteur de la santé animale, afin de disposer aussi d’un rapport complet
provenant du laboratoire vétérinaire, surtout s’il a consigné des données sur les animaux
susceptibles de poser des risques pour la Santé Publique.

2.3.6. Promotion d’une approche multisectorielle « Une Santé »


Il faut mettre en œuvre l’approche « Une Santé » afin d’améliorer la notification des risques pour la
Santé Publique à tous les niveaux, avec un accent au niveau communautaire. Le renforcement des
capacités techniques du personnel de santé est prioritaire notamment en matière de surveillance
communautaire dans tous les secteurs pertinents (les médecins ou personnels infirmiers, les
vétérinaires et les inspecteurs de l’environnement).

Des plateformes interopérables et interconnectées avec un accent sur le renforcement des systèmes
d’information entre les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de la santé
environnementale seraient l’idéal pour renforcer l’échange d’informations en temps réel. Des efforts
devraient être faits pour formaliser le système d’échange d’informations avec d’autres secteurs. Les
autres acteurs clés de la collaboration multisectorielle dans la notification et l’évaluation des risques
pour la Santé Publique incluent : le secteur privé, la société civile, les organisations confessionnelles,
les forces de défense et de sécurité, le secteur pénitenciaire, les déplacés internes et les camps de
réfugiés, les partenaires techniques et financiers, les institutions universitaires et les organismes de
recherche. Il faut s’assurer qu’ils sont aussi impliqués afin de renforcer la notification systématique
et l’analyse des risques et évènements de Santé Publique.
69
2.4. Protection des données pour préserver la vie privée des
patients
La communauté de la Santé Publique reconnaît que l’usage des noms dans la notification des données
pourrait poser des risques pour la préservation de la vie privée des individus et des communautés.

Dans le but d’assurer la confidentialité et la protection des données sur la vie privée des patients lors
de la notification, il faut utiliser les identifiants uniques tels que les nombres au lieu des noms ce qui
permet d’éviter la divulgation malencontreuse des identités. Les données susceptibles de permettre
d’identifier les patients devraient toutefois être conservées là où les interventions de Santé Publique
sont mises en œuvre telles que les FOSA. Les DS doivent disposer de directives sur la vie privée et
la confidentialité des données sanitaires, qui devraient être inspirées des directives nationales.

Remarque : L’utilisation des noms peut être nécessaire lors d’une épidémie de maladies infectieuses
afin de rechercher les contacts. Voir la section 4 sur la recherche et l’enregistrement des cas

70
2.5. Annexes à la Section 2

Annexe 2A Instrument de décision du RSI 2005


Annexe 2B Algorithme de notification des maladies, affections ou événements à notification
immédiate
Annexe 2C Fiche de notification des signaux communautaires
Annexe 2D Circuit de notification et vérification des signaux captés au sein de la communauté ou
FOSA
Annexe 2E Fiche de notification individuelle des autres maladies à notification immédiate
Annexe 2F Fiche de notification hebdomadaire des maladies et autres évènements de santé publique
hebdomadaire
Annexe 2G Fiche de notification mensuelle des maladies et autres évènements de santé publique
Annexe 2H Fiche de déclaration des décès maternels
Annexe 2I Fiche de déclaration des décès périnatals
Annexe 2J Format du découpage des semaines épidémiologiques année 2021

71
Annexe 2A Instrument de décision du
RSI (2005)

72
Annexe 2B Algorithme de notification des maladies, affections prioritaires et
événements de santé publique

73
Annexe 2C Fiche de notification des signaux communautaires
[Envoyer immédiatement cette fiche à votre superviseur ou à la FOSA la plus proche]

Instructions : Cette fiche est remplie par les Agents de Santé Communautaire au sein de la communauté
et transmise immédiatement au point focal surveillance de la Formation Sanitaire la plus proche, chaque
fois qu’il ou elle identifie une maladie ou un événement de santé publique conforme à la définition de cas
pour la surveillance communautaire. Elle est également remplie pour les événements/alertes inhabituels
qui ne cadrent pas avec cette définition de cas.

FICHE DE NOTIFICATION DES SIGNAUX COMMUNAUTAIRES

Date du début du signal :______________________________________________________________

Date et heure de détection du signal :____________________________________________________

Localisation du signal :________________________________________________________________

Description du signal :________________________________________________________________

__________________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________________

Nom et Signature de l’ASC

74
Annexe 2D Circuit de notification et vérification des signaux captés au sein de la
communauté ou FOSA

 Coordonner les activités de la SFE


 Appuyer l’évaluation rapide des risques
Niveau Central  Appuyer la riposte
 Communiquer sur les activités SFE
 Superviser les acteurs
 Effectuer la retro-information
 rapide des risques

 Appuyer la riposte
 Réceptionner des données de la SIMR du DS

Niveau Régional  Communiquer sur les activités
Réceptionner tous les rapports du DS
 Appui à l’évaluation des risques
 SFEau DS
Fournir une assistance d’enquête
 Notifier le niveau national
 Superviserles DSSuperviser les acteurs
 rapide des risques
Niveau District  Fournir la retro-information
de santé  Appuyer la riposte
  ordonner
Réceptionner les activités de la SFE
les évènements

 Communiquer sur les activités
Mener des évaluations des risques
  Notifier les
Mener les investigations/riposte initiale
USPPI
 Superviser les PFS de l’AS SFE
 Transmettre les informations à la DRSP
 Appuyer Superviserl’évaluation rapide
les acteurs
Niveau Aire de  rapide des risques
des risques
Santé  Trier et vérifier
Fournir la retro-information
 Appuyer
les signaux la riposte
 Notifier les  Appuyer
évènements laduriposte
au PFS District de Santé
  ordonner
Participer à l’enquête/évaluation
Communiquer les sur
de risques
activités
les de la SFE
activités
  les
Intégrer Communiquer
évènements dans le sur les activités
DHIS2
 NotifierSFE SFE
les USPPI
 Détecter les signaux
 Superviser
 immédiatement les acteurs
Niveau FOSA  Notifier  Superviser
Appuyer l’évaluation
au PFSles rapide
acteurs
de l’AS des
 Participer aux enquêtes de terrain
risques
 Fournir la retro-information
  rapide
Fournir deslarisques
retro-information
 ordonner Appuyer la riposte
les activités de la SFE
 Appuyer la riposte

 Communiquer
 Notifier les surUSPPI
les activités

 Communiquerdesur
Détecter les signaux
Notifier les signaux au PFS SFE
les activités
la FOSA
Niveau
  Appuyer
Sensibiliser la communauté SFE
l’évaluation rapide des
et ses informateurs clés
communautaire  Participeraux enquêtes
Superviser les
de terrain acteurs
risques
 Superviser les acteurs
Notification  Fournir
 Appuyerla retro-information
la riposte
 Fournir la retro-information
Retro-information
 Communiquer sur les activités
 ordonner les activités de la SFE
SFE
 Notifier les USPPI
 Superviser les acteurs
 Appuyer l’évaluation rapide
 Fournir la retro-information
des risques

 Appuyer la riposte

 Communiquer sur les activités


75 SFE

 Superviser les acteurs


Annexe 2E Fiche de notification individuelle des autres maladies à notification
immédiate

Fiche de notification individuelle des autres maladies à notification immédiate

Variables ou questions Réponse – N° de cas


X Identifiant unique pour le registre (ANNÉE-SEMAINE-CMR-Région-DS-Cas n°)
1 Pays
2 Région
3 District Santé
4 Site de notification (FOSA, Communauté)

5 Maladie ou événement (diagnostic): *

6 Patient vu en consultation externe ou hospitalisé ?

7 Date de consultation dans la FOSA (jour/mois/année) \___\___\___\

8 Nom (s) du (des) patient(s)

9 Date de naissance (jour/mois/année) \___\___\___\

10 Âge (...ans/...mois/...jours).

11 Sexe : M =Masculin F=Féminin

12 Lieu de résidence du patient : Village/ quartier

13 Nom de l’AS

14 Nom du DS

15 Profession
Numéro de téléphone (cas échéant, nom de la mère et du père s’il s’agit d’un nouveau-né ou d’un
16 enfant)
17 Date début symptômes (jour/mois/année) \___\___\___\

18 Antécédents de voyage (Oui ou Non), si oui, indiquer la destination

19 Nombre de doses de vaccin reçues antérieurement contre la maladie notifiée**


20 Date de la dernière vaccination \___\___\___\

21 Date de prélèvement de l’échantillon


22 Date de l’échantillon envoyé au laboratoire

23 Résultats de laboratoire

24 Issue de la maladie : (Vivant, Décédé, Transféré, Perdu de vue ou Inconnu)


25 Classification finale : Confirmé, Probable, Compatible, Infirmé

26 Date de notification (jour/mois/année) \___\___\___\


27 Date à laquelle le formulaire a été envoyé au DS (Jour/mois/année) \___\___\___\

28 Personne ayant rempli le formulaire : nom, fonction, signature

* Autres maladies/évènement : Toute maladie n’ayant pas de fiche de notification spécifique y compris les évènements d’origine inconnue.

76
Annexe 2F Fiche de notification hebdomadaire des maladies et autres évènements de santé
publique hebdomadaire

REPUBLIQUE DU CAMEROUN
Paix - Travail - Patrie

Fiche de notification hebdomadaire des maladies et autres évènements de santé publique


(Synthèse niveau Formation Sanitaire)
REGION

District de Santé Aire de Santé

Nombre de formations Nombre de FS ayant


sanitaires notifié

Nombre de FS ayant notifié à


temps

Semaine
Du Au Année
épidémiologique

NOMBRE
N° MALADIES / EVENEMENTS
CAS DECES
1 Chikungunya*
2 Choléra*
3 Dengue*
4 Diarrhée avec déshydration chez les moins de cinq ans
5 Diarrhée sanglante (Shigellose)
6 Dracunculose (Ver de Guinée)*
7 Fièvre Charbonose (Antthrax)*
Fièvre hémorragique virale*
8
(Ebola, Marburg, Rift valley, Lassa, Congo crimée)
9 Fièvre Jaune*
10 Fièvre Typhoïde
11 Méningite
12 Morsure de chien
13 Morsure de serpent
14 Paludisme
15 Paralysie Flasque Aïgue (PFA)*
16 Peste*
17 Rage *
18 Rougeole*
19 SRAS (COVID-19, MERS, SARS Cov1)*

77
20 Syndrome grippal
21 Tétanos Néo-Natal (TNN)*
22 Variole du Singe (Monkey Pox)*
23 Variole*
24 Accouchement assisté
25 Décès maternel
26 Décès néonatal
27 Autre envenimation
28 Autres évènements (spécifier):
INDICATEURS DE NUTRITION
29 Malnutrition aigüe sévère chez les enfants admis
Malnutrition aigüe sévère avec complications médicales chez les
30
enfants admis
Nombre d'enfants malnutris aigues sévères ayant bénéficié d'un
31
kit minimum WASH
Quantité RUTF-plumpy nut consommée dans la semaine (en
32
sachets)

Quantité RUTF-plumpy nut restante dans la semaine (en


33
sachets)
* Maladies à notification immédiate
Nombre de FS avec disponibilité d'un point d'eau potable
fonctionnel

Nombre de FS avec disponibilité des produits de potabilisation de


l'eau de boisson

Date de réception:
Date d'envoi : ……………………..
………………..……….
Nom, Signature et
cachet

78
Annexe 2G Fiche de notification mensuelle des maladies et autres évènements de santé
publique Insérer la bonne fiche mensuelle avec les entêtes

Fiche de notification mensuelle des maladies et autres évènements de santé publique

Nouveaux Nouveaux
Décès / Maladies / Diseases Décès/
Maladies / Diseases Cas / New Cas / New
Deaths Deaths
Cases Cases

1. ANTHRAX 2. 349. CHIKUNGUNYA

3. CHOLERA 4. 351. DENGUE

6. 353. GASTROENTERITE AIGUE


5. DIARRHEE
SEVERE ACUTE SEVERE
SANGLANTE
GASTROENTERITIS

8. 355. FIEVRE HEMORRAGIQUE


7. FIEVRE TYPHOIDE AIGUE
9. VIRAL HAEMORRHAGIC FEVER*

11. 357. MENINGITE


10. FIEVRE JAUNE
12. MENINGITIS

14. 359. ROUGEOLE


13. PESTE
15. MEASLES

16. DRACUNCULOSE 17. 361. PFA


18. AFP

19. TETANOS 20. 363. DECES MATERNELS


NEONATAL 21. MATERNAL DEATHS

22. MALNUTRITION 23. 365. MAPI


24. EPD

25. PALUDISME 26. 367. MORSURE DE CHIEN


27. DOG BITE

79
28. RAGE 29. 369. ENVENIMATION
30. ENVENOMIZATION

31. MORSURE DE 32. 371. VARIOLE


SERPENT 33. SMALLPOX

373. DIARRHEE+DESHYDRATATION
372. VARICELLE CHEZ LES MOINS DE 5 ANS
CHICKEN POX DIARRHOEA WITH DEHYDRATION IN
CHILDREN UNDER 5

374. HELMINTHIASE
375. INFECTION RESPIRATOIRE
INTESTINALE
AIGUE
INTESTINAL
ACUTE RESPIRATORY INFECTION
HELMINTHIASIS

376. FIEVRE ERUPTIVE 377. FILARIOSE LYMPHATIQUE


ERUPTIVE FEVER LYMPHATIC FILARIASIS

378. ULCERE DE
379. EPILEPSIE
BURULI
EPILEPSY
BURULI ULCER

380. INSUFFISANCE
381. AVC
RENALE
CVA
KIDNEY FAILURE

383. NOUVEAU CAS HEPATITE


382. DREPANOCYTOSE
VIRALE B
SICKLE-CELL ANAEMIA
NEW CASES OF VIRAL HEPATITIS B

384. NOUVEAU
CAS HEPATITE
385. NOUVEAU CAS HTA
VIRALE C
NEW CASES OF HBP
NEW CASES OF VIRAL
HEPATITIS C

386. IST 387. SCHISTOSOMIASE


STI SCHISTOSOMIASIS

388. TRACHOME
389. AVP
TRACHOMA

390. TUBERCULOSE 391. NOUVEAU CAS VIH


RESISTANTE NEW HIV CASES

80
RESISTANT
TUBERCULOSIS

392. 393. RESISTANCE ANTI


TRYPANOSOMIASE MICROBIENNE
TRYPANOSOMIASIS ANTI-MICROBIAL RESISTANCE

394. TABAGISME 395. ALCOOLISME


SMOKING ALCOHOLISM

396. TOXICOMANIE
397. DESORDRE PSYCHIQUE
SUBSTANCE
PSYCHOTIC DISORDER
ADDICTION

398. TOXI INFECTION


ALIMENTAIRE 399. SYNDROME GRIPPAL
FOODBORNE FLU SYNDROME
EPIDEMIC

400. RHUMATISME
401. COVID-19
RHEUMATISM

Annexe : Liste de contrôle de la qualité des données de la SIMR au niveau du district


A intégrer dans la fiche de la grille de supervision (module suivi-évaluation).

81
Annexe 2H Fiche de déclaration des décès maternels

FICHE DE NOTIFICATION DES DECES MATERNELS

Région___________ District___________ Aire de Santé______________

Numéro d’Identification Unique du Cas : ---/--- ---/---/ ---/---/

1 .1 Lieu de survenue de décès :

Si en FOSA, Nom de l’établissement ------------------------------------------------

Sinon, préciser le lieu:--------------------------------------------------------------------

1.2 Date de survenue du décès : --------/------------/----------------

1.3 Cause de Décès


Saignement
Pré éclampsie/ Eclampsie
Avortement
Paludisme
VIH / SIDA
Anémies sévères
Autre circonstance

Cocher la case correspondante à la cause probable du décès

Nom et signature
Personne qui a notifié ---------------------------------------------------------------------
Responsable de la FOSA -----------------------------------------------------------------
Responsable de l'A.S ----------------------------------------------------------------------
Chef du District de Santé ------------------------------------------------------------------

DATE--------------------------------------------

82
Annexe 2I Fiche de déclaration des décès périnatals

FICHE DE NOTIFICATION DES MORTINAISSANCE ET DE DECES PERINATALS


Région___________ District___________ Aire de Santé______________

Numéro d’Identification Unique du Cas : ---/--- ---/---/ ---/---/

1 .1 Lieu de survenue de décès :

Si en FOSA, Nom de l’établissement ------------------------------------------------

Sinon, préciser le lieu:--------------------------------------------------------------------

1.2 Date de survenue du décès : --------/------------/----------------

1.3 Cause de Décès


Complications de la prématurité Diarrhée
Affection congénitale paludisme
Infections : Tétanos Asphyxie
Septicémie Complications ante-partum
Pneumonie Complications per-partum
Méningite Autres
Syphilis

Cocher la case correspondante à la cause probable du décès

Nom et signature
Personne qui a notifié ---------------------------------------------------------------------

Responsable de la FOSA -----------------------------------------------------------------

Responsable de l'A.S ----------------------------------------------------------------------

Chef du District de Santé ------------------------------------------------------------------

DATE--------------------------------------------

83
Annexe 2J Format du découpage des semaines épidémiologiques année 2021

Semaine n° Du… Au Mois Semaine n° Du… Au Mois

1 4-janv.-21 10-janv.-21 26 28-juin-21 4-juil.-21

2 11-janv.-21 17-janv.-21 27 5-juil.-21 11-juil.-21


Janvier
3 18-janv.-21 24-janv.-21 28 12-juil.-21 18-juil.-21 Juillet

4 25-janv.-21 31-janv.-21 29 19-juil.-21 25-juil.-21

5 1-févr.-21 7-févr.-21 30 26-juil.-21 1-août-21

6 8-févr.-21 14-févr.-21 31 2-août-21 8-août-21


Février
7 15-févr.-21 21-févr.-21 32 9-août-21 15-août-21
Août
8 22-févr.-21 28-févr.-21 33 16-août-21 22-août-21

9 1-mars-21 7-mars-21 34 23-août-21 29-août-21

10 8-mars-21 14-mars-21 35 30-août-21 5-sept.-21


Mars
11 15-mars-21 21-mars-21 36 6-sept.-21 12-sept.-21
Septembre
12 22-mars-21 28-mars-21 37 13-sept.-21 19-sept.-21

13 29-mars-21 4-avr.-21 38 20-sept.-21 26-sept.-21

14 5-avr.-21 11-avr.-21 39 27-sept.-21 3-oct.-21

15 12-avr.-21 18-avr.-21 Avril 40 4-oct.-21 10-oct.-21

16 19-avr.-21 25-avr.-21 41 11-oct.-21 17-oct.-21 Octobre

17 26-avr.-21 2-mai-21 42 18-oct.-21 24-oct.-21

18 3-mai-21 9-mai-21 43 25-oct.-21 31-oct.-21

19 10-mai-21 16-mai-21 44 1-nov.-21 7-nov.-21


Mai
20 17-mai-21 23-mai-21 45 8-nov.-21 14-nov.-21
Novembre
21 24-mai-21 30-mai-21 46 15-nov.-21 21-nov.-21

22 31-mai-21 6-juin-21 47 22-nov.-21 28-nov.-21

23 7-juin-21 13-juin-21 48 29-nov.-21 5-déc.-21


Juin
24 14-juin-21 20-juin-21 49 6-déc.-21 12-déc.-21

25 21-juin-21 27-juin-21 50 13-déc.-21 19-déc.-21 Décembre

51 20-déc.-21 26-déc.-21

52 27-déc.-21 2-janv.-22

84
1. eIDSR in the context of Integrated Disease Surveillance and Response in the WHO African
Region: An essential platform for priority diseases, conditions and events surveillance and
response. WHO technical report. World Health Organization Regional Office for Africa, 2015
2. Community-Based Surveillance guiding principles March 2017(IFRC)
3. Ministry of Health Liberia, National Technical Guidelines for Integrated Disease Surveillance and
Response, June 2016
4. « Détection précoce, évaluation et réponse lors d’une urgence de santé publique : Mise en œuvre
de l’alerte précoce et réponse notamment la surveillance fondée sur les événements ».
WHO/HSE/GCR/LYO/2014.4.
5. Government of Sierra Leone. Ministry of Health and Sanitation. Community based surveillance
training manual 2016
6. A guide for establishing community-based surveillance disease surveillance and response
programme. WHO, Disease Prevention and Control Cluster, 2014.
7. IHR (2005) Monitoring and Evaluation framework. Joint External Evaluation tool (JEE tool).
Authors: Global Capacities Alert and Response (GCR).
[Link]/ihr/publications/WHO_HSE_GCR_2016_2/en/ (accessed June 2017)
8. The United Republic of Tanzania, Ministry of Health and Social Welfare, National DSR
guidelines, 2nd edition 2011
9. Amy B. Bernstein, Marie Haring Sweeney. Public Health Surveillance Data: Legal, Policy, Ethical,
Regulatory, and Practical Issues. National Center for Health Statistics, CDC, Division of
Surveillance, Hazard Evaluations & Field Studies, National Institute for Occupational Safety and
Health, CD. MMWR. Supplements July 27, 2012 / 61(03);30-34. 10. Basic course curriculum for
Tanzania FELTP, 2017
11. ICD 10:
[Link]
d=862B3C6054CED65E30EDE6605FFAEDF4?sequence=1
ICD10: [Link]

85
Section 3 : Analyser et interpréter les données

Cette section décrit comment :

 Recevoir, traiter et stocker les données des sites de


notification ;

 Analyser les données en fonction du temps, du lieu


et de la personne ;

 Analyser les données en fonction des seuils pour


décider des actions de Santé Publique ;

 Interpréter les résultats de l’analyse ;

 Synthétiser et utiliser les résultats de l’analyse pour


améliorer les actions de Santé Publique ;

86
3.1. Analyser les données
La préparation et l’analyse des données constituent un important volet de la surveillance. Il ne
suffit pas de collecter, d’enregistrer et de rapporter les données sur la maladie, les décès et les
handicaps dans la zone desservie. Il faut aussi les analyser à chaque niveau depuis le point de
collecte. La structuration et l’analyse des données sont importantes pour la surveillance. C’est
cette analyse qui apporte l’information dont on se servira pour prendre des mesures de Santé
Publique pertinentes, appropriées et en temps utile. Ainsi, l’analyse des données de la
surveillance permet :

- d’observer les tendances dans le temps et d’alerter le personnel de santé et les acteurs de la
surveillance sur les évènements émergents ou inhabituels ;
- d’identifier les zones à risque ;
- de déterminer les variables individuelles, telles que l’âge, le sexe ou la profession, qui
permettent d’identifier les personnes à risque pour une maladie ou un évènement de Santé
Publique ;
- de suivre et d’évaluer les interventions de Santé Publique.

En général, l’analyse des données de la surveillance de routine (temps, lieu, personne) doit se
focaliser sur les questions suivantes :

a) des maladies, affections prioritaires ou évènements de Santé Publique ont-ils été


détectés pendant la période de notification (cette semaine, par exemple) ? Une épidémie
ou un évènement de Santé Publique inhabituel est-il suspecté ?
b) parmi les cas, les décès ou les évènements de Santé Publique détectés, combien ont été
confirmés ? où sont-ils survenus ?
c) quelle est la situation actuelle comparée à la même période de l’année précédente ou
aux périodes antérieures de l’année en cours ? par exemple, comparé au début de la
période de notification, le problème s’est-il aggravé ?
d) les tendances sont-elles stables, s’améliorent ou bien s’aggravent?
e) les données de surveillance rapportées sont-elles suffisamment représentatives de la
zone desservie par le site de notification ? parmi tous les sites censés notifier, quelle
proportion a réellement notifié ?
f) quelle est la promptitude de notification des sites ?
g) à quelle période (saisonnalité) l’évènement survient-il ?
h) quelles sont les personnes touchées ? quels sont les groupes les plus à risque ?

87
Chaque site qui reçoit ou recueille les données doit élaborer et suivre un plan d’analyse de
données de surveillance de routine (voir Annexe 3A de cette section).
Cette analyse peut être réalisée manuellement ou au moyen d’un système informatisé. Cette
section décrit les différentes méthodes utilisées pour l’analyse, ainsi que les étapes
d’interprétation et de synthèse des résultats. Les informations contenues dans cette section
doivent s’appliquer à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.

3.2. Recevoir, traiter et stocker les données des sites de


notification
Les données de surveillance circulent habituellement des sites de notification (formations
sanitaires, points d’entrée, etc) vers le niveau supérieur, jusqu’au niveau central. Un site de
notification est un site qui communique les données au niveau supérieur. Cette définition inclut
toutes les formations sanitaires (publiques, privées, parapubliques et confessionnelles), les
laboratoires d’analyses médicales et les points d’entrée. Certains sites de notification disposent
aussi des rapports sur les signaux/évènements provenant de la surveillance à base
communautaire.
Au niveau de la formation sanitaire, les services de consultation externe et d’hospitalisation
constituent des sites de surveillance. Les informations qui y sont recueillies sont enregistrées
dans des formulaires standardisés, traitées et transmises ensuite au District de Santé. Dans les
zones où la surveillance électronique existe déjà, les données sont saisies à l’aide d’un
téléphone portable ou d’un ordinateur, et l’équipe cadre du district de santé peut accéder aux
informations compilées à partir d’un ordinateur (cf section 9 sur la SIMR électronique)., Une
équipe de l’Aire de Santé collecte les données auprès des communautés et des formations
sanitaires de sa zone de compétence, les compile et les transmet à l’équipe cadre du district. A
ce niveau, les données sont compilées, analysées puis transmises à la Délégation Régionale de
la Santé Publique correspondante, qui à son tour les compile, les analyse et les transmet au
niveau central.
Il faut s’assurer d’une protection et d’une sécurité adéquates des données. Il ne faut pas laisser
les documents contenant des informations à caractère personnel (relatives à la santé et
concernant des affections à notification obligatoire) sur son bureau ou à un autre endroit où
elles seraient accessibles à des personnes non autorisées. Les copies physiques (sur papier) des
formulaires contenant des informations à caractère personnel doivent être conservées dans des
armoires fermant à clef et en lieu sûr. Les données stockées sur un ordinateur doivent être
protégées par un mot de passe et avec accès restreint. Les infrastructures de réseau et toutes les

88
copies de sauvegarde de données sur les affections à notification obligatoire doivent être
protégées par un mot de passe ou stockées dans un endroit sûr.
Le schéma ci-dessous illustre le circuit des données de surveillance de routine :

Figure 6 : Circuit des données dans le cadre de la SIMR


Dans des situations particulières d’urgence (évènements représentant un risque important pour
la Santé Publique), il convient d’établir un système d’échange rapide des données en conformité
avec le RSI (2005). En cas de situation d’urgence, le rapport de situation doit être envoyé à
l’échelon suivant avec copie aux niveaux supérieurs. Dans tous les cas, le Ministère de la Santé
Publique s’est engagé à partager ce rapport de situation et les informations avec l’OMS
conformément à l’Article 7 du RSI (2005). Cet article déclare : "Si un Etat Partie dispose
d’éléments indiquant la survenue d’un évènement de Santé Publique inattendu ou inhabituel
sur son territoire, indépendamment de son origine ou de sa source, qui peut constituer une
Urgence de Santé Publique de Portée Internationale, il devra fournir à l’OMS toutes les
informations de Santé Publique pertinentes".

3.2.1. Recevoir les données


Il faut enregistrer soigneusement toutes les données reçues. L’équipe de surveillance de chaque
niveau de la pyramide sanitaire ou du site qui reçoit les données doit :

a) accuser réception des données ou rapports reçus ;


b) consigner dans le registre approprié la date et l’heure auxquelles les données ont été reçues,
leur objet et l’expéditeur ;

89
c) consigner dans un registre approprié les données ou rapports de surveillance reçus des sites
de notification;
d) vérifier la complétude et la promptitude des données ou des rapports ;
e) examiner la qualité des données :
f) vérifier si le formulaire (papier ou fichier informatique) est rempli de façon précise et
correcte ;
g) s’assurer que le formulaire est entièrement rempli (par exemple pas de vide) ;
h) vérifier que le formulaire ne comporte pas de données discordantes. Vérifier ces données
auprès du site de notification (par appel ou message téléphonique, courriel…) et corriger
toute discordance ;
i) compiler les données et les stocker dans une base de données.

Pour les aspects liés à la surveillance électronique, voir la section 9.

3.2.2. Saisir et nettoyer les données


A chaque niveau de la pyramide sanitaire, l’équipe de surveillance doit s’assurer, en liaison
avec le Point Focal surveillance, que les données des différents sites de notification sur les
maladies, affections prioritaires et évènements de Santé Publique dans le cadre de la SIMR ont
été extraites des registres et correctement saisies dans un formulaire adéquat. Il est important
de repérer les problèmes et de nettoyer les données avant d’en débuter l’analyse. C’est une
partie essentielle du traitement des données. En effet, les tendances et la cartographie des
maladies seront imprécises, si on ne dispose pas d’informations exactes concernant le nombre
de cas, le moment de leur apparition ou leur localisation géographique. Chaque visite de
supervision doit donc être l’occasion de sensibiliser les personnels de santé sur l’importance de
bien consigner tous les renseignements concernant les patients dans les registres ou les
formulaires de notification. Bien insister sur le fait que les registres de patients sont des sources
de données pour la notification d’informations de Santé Publique et qu’ils sont donc
susceptibles de jouer un rôle important dans la détection d’un évènement inhabituel ou d’un
problème de Santé Publique.

Il faut s’assurer que le personnel de la formation sanitaire maîtrise le circuit de notification. Il


faut aussi s’assurer de la disponibilité des registres, y compris les registres de rumeurs. Les
registres fréquemment utilisés dans la plupart des pays sont les registres de consultation externe
et les registres d’hospitalisation. Le responsable de la surveillance doit toujours travailler avec
le Point Focal surveillance pour extraire les données sur les maladies, affections prioritaires et
évènements de Santé Publique des registres.

90
Les données de surveillance peuvent être saisies et compilées manuellement ou
électroniquement. Indépendamment de la méthode utilisée, il faut procéder comme suit :

a) mettre à jour les totaux récapitulatifs de chaque semaine ou de chaque mois, en s’assurant
qu’ils englobent uniquement les cas ou les décès effectivement notifiés cette semaine-là ou
ce mois-là. Les notifications tardives des semaines ou des mois précédents doivent être
saisies dans la semaine ou le mois correspondant et les totaux recalculés ;
b) écrire « zéro » quand aucun cas n’a été notifié. Si un espace qui aurait dû être rempli est
laissé vide ou rempli par un tiret ou par « Néant », le niveau supérieur risque de se faire une
idée fausse de la situation, dans la mesure où il ne pourra pas savoir s’il s’agit d’une donnée
manquante ou si aucun cas n’a été notifié. Un « zéro » permet au niveau supérieur de savoir
que la surveillance n’a pas détecté de cas de maladie, affection prioritaire et évènements de
Santé Publique ;
c) éviter les doublons en utilisant l’identifiant unique inscrit sur le dossier ou le formulaire de
notification du cas. Cet identifiant permet de vérifier et d’éviter que les mêmes données
soient entrées plusieurs fois ;
d) établir des contacts fréquents avec les sites de notification, afin de résoudre les problèmes
d’informations manquantes ou d’erreurs, et discuter des éventuelles incohérences détectées
dans la notification ;
e) assurer la cohérence et l’harmonisation des données ;
f) assurer la mise à jour de l’information sur les résultats de laboratoire en la liant à
l’identifiant unique du cas correspondant.

Une fois que les données de surveillance ont été reçues et saisies dans les formulaires
récapitulatifs, vérifier soigneusement qu’il n’y a pas eu d’erreur de saisie. En effet, dans la
mesure où ces données influent sur les décisions relatives aux actions de prévention et de lutte
contre la maladie, toute erreur ou tout retard dans leur saisie et leur traitement peut avoir des
répercussions importantes du point de vue éthique, social et économique.

Lors d’une épidémie, s’assurer que les données sont collectées à l’aide d’une liste linéaire.

3.3. Analyser les données en fonction du temps, du lieu et de


la personne (caractéristiques individuelles)
Les résultats de l’analyse des données peuvent déclencher une investigation et une riposte à
une épidémie, une affection prioritaire ou un évènement de Santé Publique. Les données
doivent donc être analysées en fonction du temps, du lieu et de la personne (voir tableau 4 ci
après).

91
Tableau 4. Types d’analyse, objectifs, outils et méthodes
Type d’analyse Objectifs Méthodes d’analyse Présentation des résultats

Détecter des changements Comparer le nombre de cas Présenter les résultats sous forme
brusques ou progressifs dans notifiés pendant la période en de tableau, de graphique
la survenue d’une maladie cours avec le nombre de cas linéaire, d’histogramme ou de
ou d’un évènement notifiés sur une période carte séquentielle.
Temps inhabituel ; déterminer sa antérieure (semaine, mois, saison
fréquence, sa saisonnalité et ou année).
le délai entre l’exposition et
l’apparition des symptômes.

Déterminer le lieu où Représenter les cas sur une carte Représenter les cas sur une carte
surviennent les cas et repérer des groupes de cas ou détaillée du District de Santé ou
(identifier par exemple un des liens géographiques entre le de la région affectée par une
District de Santé ou des lieu où les cas ont été détectés et épidémie.
populations à risque pour la l’évènement de Santé Publique
maladie, l’affection faisant l’objet d’une L’analyse de la densité des points
prioritaire ou l’évènement investigation. peut aussi servir à représenter le
de Santé Publique). nombre de cas selon le lieu.
Lieu
NB : l’information peut aussi être
présentée sous forme de tableau
ou de diagramme, mais situer les
cas sur une carte permettra une
évaluation rapide et une prompte
intervention.

Décrire les raisons des Selon la maladie, l’affection Extraire les données spécifiques
changements dans la prioritaire ou l’évènement de concernant les populations
survenue de la maladie, Santé Publique, caractériser les affectées et les résumer dans un
l’affection prioritaire ou cas d’après les données notifiées tableau, un diagramme à
Personne l’évènement de Santé pour la surveillance au cas par barres ou un camembert
Publique ainsi que la façon cas : âge, sexe, lieu de travail,
(caractéristiques
dont ils se sont produits, les statut vaccinal, scolarisation et
individuelles)
profils des personnes les autres facteurs de risque connus
plus à risque et les facteurs pour la maladie, l’affection
de risque potentiels. prioritaire ou l’évènement de
Santé Publique.

3.3.1. Analyser les données en fonction du temps


Les résultats de ce type d’analyse sont généralement présentés sous forme de graphique. Le
nombre ou la proportion de cas ou de décès est placé sur l’axe vertical ou axe des ordonnées
(y). La période de temps étudiée est placée sur l’axe horizontal ou axe des abscisses (x). Les
évènements susceptibles d’affecter la maladie étudiée peuvent également être indiqués sur le
graphique.

92
Les graphiques permettent de représenter le nombre de cas et de décès survenus sur une période
donnée. Il est plus facile d’observer des variations du nombre de cas et de décès sur un
graphique, surtout quand ce nombre est élevé ou pour observer leur évolution dans le temps.

Le nombre de cas est mesuré en fonction du temps en réalisant des graphiques soit sous forme
de courbes (courbe de tendance), soit sous forme de barres (diagramme en barres ou
histogramme). Ci-dessous quelques exemples de graphiques (l’annexe 3B de cette section
explique comment tracer un graphique).

700

628
600

500
453
Nombre de cas

400
376

300
265
200
165
140
100 108
72
54 41
34
0 7 15 19 19 12 17 12 23 23

Semaines épidémiologiques

Figure 7 : Cas de méningite cérébrospinale notifiés au Cameroun, semaines épidémiologiques


1 à 20, 2011

20000
17505
18000
16000 15177
Nombre de cas

14000
12000
10000
8000
6000
4000 2503 3066
2000 1027
105 63
0
Choléra Méningite Rougeole PFA Fièvre Jaune TNN Grippe
humaine C
Maladies

Figure 8 : Répartition des cas de maladies notifiés au Cameroun, semaines épidémiologiques


1 à 31, 2011

93
900
800
700
Nombre de cas

600
500
400
300
200
100
0

S14
S5
S1
S2
S3
S4

S6
S7
S8
S9
S10
S11
S12
S13

S15
S16
S17
S18
S19
S20
S21
S22
S23
S24
S25
S26
S27
S28
S29
S30
S31
Semaine épidemiologique

Figure 9: Distribution des cas de choléra détectés au Cameroun en 2011, semaines épidémiologiques
1 à 31, 2011

NB : Quel que soit le type de graphique, les éléments essentiels suivants doivent y figurer à
savoir : le titre du graphique, les titres des différents axes (vertical et horizontal) et la légende.

Réalisation d'un histogramme

Un histogramme peut être obtenu avec les données des formulaires de notification ou des listes
linéaires. A l’aide de symboles, représenter chaque cas sur l’histogramme en fonction de sa
date de survenue. Une courbe épidémique apparaît progressivement. Le titre de l’histogramme
doit comprendre la zone géographique représentée par cette courbe qui peut être le District de
Santé tout entier ou seulement le périmètre desservi par la formation sanitaire où sont survenus
les cas.

Indiquer par des flèches les évènements importants sur l’histogramme. Par exemple, à partir du
registre des épidémies notifiées, repérer les dates suivantes :

a) l’apparition du premier cas (ou cas index) ;


b) la notification au District de Santé par la formation sanitaire ;
c) le premier cas vu à la formation sanitaire ;
d) le début de l’investigation des cas au niveau du District de Santé ;
e) la confirmation de l’épidémie par le laboratoire ;
f) le début de la riposte ;
g) la notification au niveau supérieur par le District de Santé.

Les résultats de cette analyse en fonction du temps permettent aux utilisateurs de ces données
de jeter un regard rétrospectif sur l’épidémie et de répondre à des questions concernant les
patients qui ont été exposés à la maladie et la durée de la période d’incubation, la source, le

94
temps écoulé entre la détection et la confirmation de l’épidémie, le mode de transmission de la
maladie et le moment probable d’exposition à l’agent étiologique.

Figure 10 : Cas d’aflatoxicoses selon la date d’apparition des symptômes, régions de Nyama
et de Ngémé, Cameroun, 2016

3.3.2. Analyser les données en fonction du lieu


L’analyse des données en fonction du lieu apporte des informations sur l’endroit où survient
une maladie, l’affection prioritaire ou l’évènement de Santé Publique. L’élaboration d’une carte
détaillée des cas pour certaines maladies, l’affection prioritaire ou l’évènement de Santé
Publique et sa mise à jour régulière permettent d’avoir une idée des réponses à apporter aux
questions suivantes : où, comment et pourquoi la maladie se propage-t-elle ?

Utiliser les informations sur le lieu de résidence inscrites sur les formulaires de notification ou
dans la liste linéaire, pour représenter et décrire :

- les groupes de cas survenant dans une région particulière ;


- les profils de déplacement (schémas de voyage) en rapport avec le mode de transmission
de la maladie ;
- les sources d’infection communes à tous les cas.

Utiliser des méthodes manuelles ou des logiciels cartographiques pour réaliser une carte dont
on se servira dans le cadre de l’analyse systématique des données de surveillance de la maladie.
Sur une carte de la région où sont survenus les cas, indiquer :

- les routes, les points d’eau, la localisation des populations particulières et autres facteurs
associés à la transmission du risque de maladie, l’affection prioritaire ou l’évènement de
Santé Publique en cours d’investigation. Ainsi, pour le tétanos néonatal par exemple,

95
indiquer sur la carte les lieux où exercent des accoucheuses traditionnelles, ainsi que les
structures de soins où les mères viennent accoucher ;
- les lieux de résidence des patients ou caractéristiques géographiques les plus pertinentes
pour cette maladie, affection prioritaire ou évènement de Santé Publique. A titre d’exemple,
dans le cas d’une épidémie de méningite chez de jeunes patients, penser à indiquer sur la
carte l’école où les patients sont scolarisés ;
- les autres lieux pertinents selon la maladie ou l’affection en cours d’investigation. Consulter
les directives spécifiques aux maladies, affections prioritaires ou évènement de Santé
Publique à propos des recommandations particulières pour l’analyse des données en
fonction du lieu.

Figure 11: distribution des cas suspects et confirmés d’une maladie Y dans un District de Santé
X à un temps T (Carte manuelle)

96
Figure 11: distribution des cas confirmés d’Ebola en Sierra Leone et au Libéria ; 7 août (Carte
générée à l’aide d’un logiciel SIG)

97
3.3.3. Analyser les données en fonction de la personne (caractéristiques
individuelles)
L’analyse en fonction des caractéristiques individuelles décrit à la fois la population affectée
et/ou à risque de contracter la maladie, ou d’être exposée aux facteurs qui lui sont associés. Ces
facteurs peuvent fournir des indications pour la compréhension de la maladie, la cause de son
apparition et la stratégie pour la combattre, empêchant ainsi qu’elle se propage davantage.

Il faut répartir les cas en fonction de chaque variable individuelle inscrite dans le formulaire de
notification. Par exemple, comparer le nombre total et la proportion de cas suspects et
confirmés en fonction de :

- la tranche d’âge ;
- le sexe ;
- le métier ou la profession ;
- le lieu de résidence urbain ou rural ;
- le statut vaccinal ;
- les manifestations cliniques ;
- les facteurs de risque ;
- l’issue de la maladie ;
- la classification finale.

Utiliser l’information spécifique à la maladie pour choisir les variables à comparer. Par
exemple, si on a recueilli des données sur une épidémie de paludisme, préciser les cibles du
Programme National de Lutte contre le Paludisme, comparer le nombre de cas détectés par
cible (enfants de moins de 5 ans, personnes de 5ans et plus et femmes enceintes).

Cette analyse des données en fonction des caractéristiques individuelles est généralement
conseillée pour décrire une population à risque. Elle est plus facile à réaliser quand on dispose
de données au cas par cas. Dans cette analyse, il est important :

a) d’identifier les numérateurs et les dénominateurs

Dénombrer les cas ne suffit pas à apporter toute l’information nécessaire pour comprendre
l’impact d’une maladie au niveau de la communauté, de la FOSA ou du DS. Il faut pour cela
calculer les pourcentages et les taux qui permettent de comparer l’information notifiée au DS.

Lors de l’analyse des données individuelles, la première étape consistera donc à identifier le
numérateur et le dénominateur, afin de calculer les pourcentages et les taux.

98
• le numérateur correspond au nombre d’évènements spécifiques mesurés, tel que le nombre
de cas ou de décès imputables à une maladie particulière (par exemple : nombre de cas de
Rougeole survenus pendant l’année, dans la population) ;
• le dénominateur correspond au nombre total d’évènements mesurés ou à la taille de la
population auquel il se rapporte tels que le nombre de personnes au sein de la population
qui ont été victimes des cas ou des décès dus à une maladie particulière, ou la population à
risque.
b) D’utiliser des pourcentages simples

Le calcul des pourcentages simples permet de comparer les informations relatives à des
populations de tailles différentes. Quelques exemples ci-dessous :

Tableau 4 : Cas confirmés de Rougeole dans les régions septentrionales du Cameroun, Année
2010

Régions Cas confirmés

Adamaoua 34
Extrême-Nord 38
Nord 10
TOTAL 82

Si on se contente de regarder le nombre de cas notifiés, il semble que la Région de l’Extrême-


Nord soit la plus affectée par la Rougeole. Mais si on rapporte le nombre de cas notifiés par
chaque région à la population totale, la situation est différente.

Tableau 5 : Population totale des régions septentrionales du Cameroun, Année 2010

Régions Population totale

Adamaoua 1 015 622


Extrême-Nord 3 480 414
Nord 2 050 229
TOTAL 6 546 265

En calculant le pourcentage de cas de Rougeole au cours des 12 derniers mois dans la


population, on peut comparer l’incidence de la maladie au niveau de chaque région. Le
numérateur correspond au nombre de nouveaux cas de Rougeole survenus dans la population,
et le dénominateur correspond à la population totale. Dans cet exemple, le taux d’incidence de
la maladie est finalement plus élevé dans la Région de l’Adamaoua.
99
Tableau 6 : Taux d’incidence de la Rougeole dans les trois régions septentrionales du
Cameroun, Année 2010

Taux d’incidence (pour


Régions
100 000 habitants)

Adamaoua 3,35
Extrême-Nord 1,09
Nord 0,49
TOTAL 1,25

[Link]. Elaborer un tableau pour l’analyse des données en fonction de


la personne (caractéristiques individuelles)
Pour chaque maladie ou affection prioritaire faisant l’objet d’une surveillance, il faut élaborer
un tableau afin d’étudier les caractéristiques des patients qui contractent la maladie ou
l’affection. Un tableau correspond à un ensemble de données présentées de façon simplifiée
sous forme de colonnes et de lignes. On utilise cette représentation dans le cadre de la
surveillance des maladies pour indiquer le nombre de cas et de décès imputables à une maladie
donnée, sur une période de temps donnée et à un lieu précis.

Pour réaliser un tableau, il faut :

a) choisir le type d’information à présenter. Prenons l’exemple de l’analyse par tranche d’âge
des cas de Rougeole et des décès associés ;
b) déterminer le nombre de colonnes et de lignes nécessaires. Il faut prévoir une ligne
supplémentaire au bas du tableau et une colonne supplémentaire sur la droite pour y
indiquer les totaux. Dans l’exemple choisi, on aura besoin d’une ligne par tranche d’âge et
d’une colonne pour chaque variable (tranche d’âge, nombre de cas, nombre de décès) ;
c) mettre un titre sur chaque ligne et chaque colonne, y compris les estimations du temps;
d) reporter le nombre total de cas et de décès, en vérifiant bien que chaque chiffre correspond
à la bonne ligne et à la bonne colonne ;
e) donner un titre au tableau.

100
Exemple de tableau : Répartition des cas de Rougeole par tranche d’âge dans un District X à
une période T

Tranche d’âge Nombre de cas notifiés Nombre de décès Total

0 - 4 ans 40 4 44

5-14 ans 9 1 10

Plus de 15 ans 1 0 1

Age inconnu 28 0 28

Total 78 5 83

[Link]. Calculer le pourcentage de cas dans une tranche d’âge donnée


Après avoir fait le total pour chaque tranche d’âge, on peut calculer le pourcentage de cas
survenus dans une tranche d’âge donnée. Pour cela, il faut :

- identifier le nombre total de cas notifiés dans chaque tranche d’âge à partir des données
récapitulatives pour lesquelles on dispose de caractéristiques temporelles et individuelles
(par exemple : 40 cas de Rougeole chez les enfants de 0 à 4 ans) ;
- calculer le nombre total de cas pour la période de temps ou la caractéristique individuelle
étudiée (dans cet exemple, 78 cas de Rougeole notifiés) ;
- diviser le nombre total de cas notifiés dans chaque tranche d’âge par le nombre total de cas
notifiés toutes tranches d’âge confondues (par exemple : pour la tranche d’âge de 0 à 4 ans,
diviser 40 par 78. Résultat : 0,51) ;
- multiplier le résultat par 100 pour obtenir le pourcentage (0,51x 100=51%).
Nombre de cas proportion de cas notifiés dans
Tranche d’âge
notifiés chaque tranche d’âge (%)

0-4 ans 40 51

5-14 ans 9 12

Plus de 15 ans 1 1

Age inconnu 28 36

Total 78 100

101
[Link]. Calculer les taux d’attaque
Le taux d’attaque mesure la morbidité ou la vitesse de propagation d’une maladie, affection
prioritaire ou évènement de Santé Publique dans une population à risque. Un taux d’attaque
décrit le risque de contracter la maladie pendant une période déterminée, telle que la durée
d’une épidémie. Le taux d’attaque est défini comme la fréquence d’occurrence d’un évènement
(comme un nouveau cas de maladie) au sein d’une population à risque sur une période
déterminée, et il est généralement calculé dans un scénario d’épidémie. Il est exprimé par le
nombre de personnes à risque ; par exemple : 4,5/100 000 personnes.

𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑣𝑒𝑎𝑢𝑥 𝑐𝑎𝑠 𝑝𝑒𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑝é𝑟𝑖𝑜𝑑𝑒 𝑑é𝑡𝑒𝑟𝑚𝑖𝑛é𝑒


𝑥 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 (𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑒 100 𝑜𝑢 1000)
𝑇𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 à 𝑟𝑖𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑎𝑢 𝑑é𝑏𝑢𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝é𝑟𝑖𝑜𝑑𝑒

Exemple :

16 cas de choléra dans un village comptant 800 habitants au cours du mois de juillet 2020.

Taux d’attaque = 16/800 = 0,02


0,02 x 100 = 2,0, autrement dit, 2 cas pour 100 personnes = 2 %
Lors d’une épidémie, ce paramètre devra être actualisé régulièrement (souvent tous les jours)
pour voir si l’information reçue change les hypothèses sur les causes de l’épidémie.

[Link]. Calculer le taux de létalité


Le taux de létalité permet de :
- savoir si un cas est identifié et rapidement pris en charge ;
- déceler tout problème de prise en charge des cas, une fois la maladie diagnostiquée ;
- identifier un agent pathogène plus virulent, émergent ou chimiorésistant ;
- mettre en évidence l’absence de soins médicaux ou leur mauvaise qualité ;
- comparer la qualité de la prise en charge entre différentes régions et DS ;
- évaluer les comportements de recours aux soins ;
- identifier des conditions prédisposant aux formes graves de la maladie (par exemple : déficit
immunitaire).
Les programmes de Santé Publique peuvent réduire les taux de létalité en assurant une détection
précoce des cas et une prise en charge de bonne qualité. Certaines recommandations relatives
à la lutte contre des maladies spécifiques s’appuient sur la réduction du taux de létalité pour
mesurer l’efficacité de la riposte à une épidémie.

102
Pour calculer le taux de létalité, il faut :
- calculer le nombre total de décès (utilisons l’exemple précédent de la Rougeole : 5 décès
toutes tranches d’âge confondues) ;
- diviser le nombre total de décès (5) par le nombre total de cas notifiés (78) : 5 ÷ 78 = 0,06 ;
- multiplier le résultat par 100 : 0,06 x 100 = 6%.

Nombre de Nombre de Taux de


Tranche d’âge
cas notifiés décès létalité (%)

0-4 ans 40 4 10

5-14 ans 9 1 11

Plus de 15 ans 1 0 0

Age inconnu 28 0 0

Total 78 5 6

NB : Voir les directives spécifiques aux maladies, Section 9, concernant les recommandations
relatives aux principales variables à comparer pour chaque maladie.

3.4. Analyser les résultats en fonction des seuils pour décider


des actions de Santé Publique
Les seuils représentent des marqueurs indiquant à partir de quel moment il faut intervenir. Ils
facilitent la surveillance et aident les responsables de programme à répondre à la question :
“Quand intervenir et comment ?”
Les seuils sont déterminés d’après les informations provenant de deux sources différentes :
• l’analyse de la situation répondant aux questions suivantes : qui est à risque pour la
maladie ? quels sont les risques? à quel moment intervenir pour éviter la propagation
de l’épidémie ? quelles sont les mesures à mettre en œuvre ? et où est-ce que les cas
surviennent le plus souvent ?
• les recommandations internationales formulées par des experts techniques et les
spécialistes des programmes de lutte contre les maladies.
Ce document traite de deux types de seuils : le seuil d’alerte et le seuil épidémique (ou seuil
d’intervention). Pour certaines maladies ou affections, aucun seuil n’est établi, néanmoins, le
problème doit être notifié et des mesures doivent être prises.
Le seuil d’alerte indique au personnel de santé et à l’équipe de surveillance qu’il est nécessaire
d’approfondir les investigations. Selon la maladie ou l’affection, le seuil d’alerte peut être
atteint dès la notification d’un seul cas suspect (comme pour une maladie à potentiel
épidémique ou faisant l’objet de mesures d’élimination ou d’éradication), ou lorsqu’on observe

103
dans les rapports hebdomadaires ou mensuelles une augmentation de cas inexpliquée ou une
morbidité inhabituelle sur une certaine période de temps donnée.
Le seuil épidémique ou seuil d’intervention déclenche une riposte. Il témoigne de l’existence
de données particulières ou d’un résultat d’investigation indiquant la nécessité d’une
intervention allant bien au-delà d’une simple confirmation ou d’un éclaircissement du
problème. Il peut s’agir de :
- transmettre la confirmation par le laboratoire aux formations sanitaires concernées,
- mettre en place une riposte d’urgence (par exemple, la vaccination) ;
- mener une campagne de sensibilisation auprès de la communauté ;
- améliorer la prévention et le contrôle de l’infection dans les formations sanitaires.

En fonction des résultats de la surveillance, on peut proposer plusieurs seuils d’intervention.


Pour les maladies peu fréquentes ou faisant l’objet de mesures d’éradication, la détection d’un
seul cas suggère une épidémie. En effet, dans de telles circonstances, la survenue d’un cas est
inhabituelle et constitue donc un évènement de Santé Publique grave, car ces maladies rares ou
ciblées pour l’éradication présentent un potentiel de propagation rapide ou des taux de létalité
élevés.

Dans d’autres situations, il faudra un certain nombre de cas pour déclencher une riposte. Par
exemple, dans les pays de la ceinture de la méningite y compris le Cameroun, le seuil d’alerte
est fixé à 10 cas pour 30 000 à 100 000 habitants par semaine et à moins de 30 000 habitants
pour 5 cas présumés en une semaine ou le doublement du nombre de cas en trois semaines (au
moins deux cas par semaine) et le seuil d’alerte est fixé à 3 cas présumés pour 30 000 à 100
000 habitants par semaine et à moins de 30 000 habitants pour trois cas suspects par semaine
ou une incidence en comparaison avec les précédentes années non-épidémiques
(Source : Relevé épidémiologique hebdomadaire n° 51/52, 577-588, 19 décembre 2014
([Link]

Le seuil épidémique pour le paludisme dans certains pays est fixé au 3ème quartile de cas
confirmés de paludisme au cours des cinq dernières années ; le seuil d’alerte au deuxième
quartile/médiane de cas confirmés de paludisme.

En pratique, le niveau national est chargé de communiquer les seuils d’intervention pour les
maladies prioritaires à tous les sites de notification du système de santé. Ce qui facilite
l’utilisation des données de surveillance pour prendre des mesures à tous les niveaux où elles
sont collectées. Ces seuils d’intervention sont périodiquement évalués et révisés au niveau

104
national ou international, selon les tendances observées des maladies, des affections prioritaires
ou des évènements de Santé Publique faisant l’objet d’une surveillance.

La Section 11 présente les seuils d’intervention suggérés pour des maladies prioritaires et
évènements.

3.5. Tirer les conclusions des résultats de l’analyse pour


générer des informations
Après l’analyse des données, il est important de générer des informations pertinentes pour la
prise de décision. Pour ce faire, il faut :
- collecter ou présenter systématiquement (chaque semaine, chaque mois ou chaque
trimestre) les graphiques, cartes et tableaux, et rencontrer l’équipe de DS ou les parties
prenantes concernées pour examiner les résultats de l’analyse et discuter des conclusions ;
- examiner systématiquement les conclusions suivant le plan d’analyse du DS (voir annexe
3a), s’il existe ;
- corréler votre analyse avec d’autres sources de données, notamment celles provenant des
animaux (animaux domestiques ou sauvages) ou de l’environnement pour une bonne
interprétation de vos conclusions. Par exemple, si vous avez diagnostiqué des cas de rage
humaine, il est important d’obtenir des informations auprès du secteur de la santé animale
sur l’état d’éventuelles investigations sur les morsures, les animaux placés en observation
ou les chiens vaccinés ;
- prendre en compte la qualité des données dans l’interprétation des résultats, par exemple :
• les données manquantes (exhaustivité par mois, par évènement) ;
• les incohérences (entre les données liées – validation) ;
• les erreurs de calcul (dans la corrélation ou l’agrégation) ;
• les fluctuations évidentes (augmentation ou chute brutale par mois, par évènement).

Dans un système où la SIMR électronique est mise sur pied, il est important de disposer d’outils
pour améliorer la qualité des données, notamment :
- la validation de la saisie des données ;
- les valeurs maximales et minimales ;
- les règles de validation ; tout au moins, examiner les conclusions pour :
- vérifier si la situation s’améliore ou pas,
• comparer les données collectées aux données attendues,
• envisager une possible explication de la hausse apparente du nombre de cas.
• le nombre de formations sanitaires qui communiquent des données a-t-il varié ?

105
• les procédures de notification ou le système de surveillance a-t-il évolué ?
• la définition de cas utilisée pour détecter la maladie ou l’affection a-t-elle changé ?
• la hausse ou la baisse est-elle saisonnière ?
• y a-t-il eu une évolution des programmes de dépistage ou de traitement, des actions de
proximité ou des activités de promotion de la santé susceptibles d’augmenter le nombre
de personnes qui recourent aux soins?
• y a-t-il récemment eu immigration ou émigration dans la région ou une augmentation
du nombre de réfugiés ?
• y a-t-il un changement de la qualité des services proposés dans la FOSA (par exemple,
les files d’attentes sont moins longues, le personnel de santé est plus serviable, les
médicaments sont disponibles, des frais de consultations sont imposés) ?
• y a-t-il eu une hausse ou une amélioration des procédures de test ou de diagnostic en
laboratoire ?
• le public est-il mieux sensibilisé sur la maladie ? Par exemple, une campagne de
vaccination de masse et la sensibilisation sur une maladie particulière entraineront une
hausse du nombre de cas vus dans la formation sanitaire.
• des cas accumulés sont-ils notifiés alors qu’ils auraient dû être notifiés plus tôt ?

3.6. Synthétiser et utiliser les résultats de l’analyse pour


améliorer les actions de Santé Publique
A partir des résultats de la surveillance, préparer une synthèse concise, axée sur l’action, et la
communiquer à toutes les parties intéressées qui ont besoin de cette information. Utiliser des
tableaux, des graphiques et des cartes pour présenter les résultats, en faire une description claire
et concise, les interpréter, faire des commentaires et formuler des recommandations.

Formuler les conclusions tirées des résultats de l’analyse des données de surveillance et les
utiliser pour :

• mener une investigation afin de déterminer les raisons de l’augmentation ou baisse du


nombre de cas ;
• collaborer avec les programmes spécifiques de lutte contre la maladie pour intensifier
la surveillance lorsqu’un seuil d’alerte est franchi ;
• mobiliser les dirigeants politiques et la communauté afin d’obtenir davantage de
ressources, si l’augmentation du nombre de cas est liée au manque de moyens.

106
L’échange d’informations constitue un volet important de la surveillance ainsi qu’un puissant
mécanisme de coordination, dans la mesure où elle motive le personnel qui envoie les
notifications et instaure un esprit de partenariat grâce à la transparence affichée. Il est donc
important de partager les résultats de l’analyse et de fournir des feedback en temps utile. Cf
Section 7 et 8 de ce document pour des informations et des exemples relatifs à la
communication et le feedback.

107
3.7. Annexes à la Section 3
ANNEXE 3A Elaborer un plan pour l’analyse régulière des données de surveillance

ANNEXE 3B Comment réaliser un graphique manuellement

108
ANNEXE 3A : Elaborer un plan pour l’analyse systématique des données de surveillance

Un plan d’analyse des données de surveillance doit comporter les tableaux, cartes et
graphiques.
1. Evaluer la complétude et la promptitude de notification. Une première étape essentielle de
l’analyse des données de surveillance consiste à contrôler si les rapports de surveillance
sont reçus à temps et si tous les sites de notification ont bien transmis leurs rapports. Cela
permet à l’équipe de surveillance du district , région ou niveau central d’identifier les zones
silencieuses (zones où des évènements sanitaires peuvent survenir sans être notifiés) ou les
sites de notification qui ont besoin d’aide pour transmettre leurs rapports. Cette étape
permet de savoir si les données sont assez représentatives du niveau concerné.
2. Calculer pour chaque district de santé ou région des totaux hebdomadaires (ou mensuels).
Mettre à jour le nombre de cas et de décès notifiés sur toute l’année. Cette synthèse
d’information permet de décrire plus facilement ce qui s’est passé dans la période de
notification donnée.
3. Calculer les cumuls des cas, des décès et des taux de létalité, depuis le début de la période
de notification.
4. Utiliser les variables géographiques (hôpitaux, lieu de résidence, site de notification,
voisinages, village, etc.) pour étudier la répartition des cas en fonction du lieu. Cette
information facilitera l’identification des zones à risque.
5. Analyser les tendances, au moins pour les maladies prioritaires dans le district de santé.
Suivre les variations des nombres de cas, de décès et des taux de létalité pour identifier
toute augmentation ou profil inhabituel de la maladie.
6. Valider et analyser la qualité des données. Mettre en place une équipe de validation des
données à tous les niveaux. Des réunions doivent se tenir régulièrement pour analyser les
rapports de surveillance en fonction des delais requis. La cohérence de toutes les
notifications envoyées avec les diverses sources doit être vérifiée.

Dans la page suivante figure un exemple de plan d’analyse des données de surveillance.

109
Exemple d’un plan d’analyse pour le choléra dans un pays A, 2010
Répartition en fonction du temps
Issue Nombre total des cas Taux de létalité
Semaine d’apparition
Vivant (A) Décès (B) C = (A + B) (B/C) X 100
26 16 7 23 30
27 92 5 97 5
28 87 1 88 1
29 19 2 21 10
32 11 0 11 0
33 9 2 11 18
Total 234 17 251 7
Répartition en fonction du lieu
Issue Nombre total des cas Taux de létalité
District
Vivant (A) Décès (B) C= (A + B) (B/C) X 100
District 1 1 0 1 0
District 2 86 6 92 7
District 3 147 11 158 7
Total 234 17 251 7
Taux d’attaque pour 100 000
District Population (A) Cas (B)
(B /A) X 100 000
District 1 179 888 92 51
District 2 78 524 158 201
Répartition en fonction de caractéristiques individuelles
Issue Nombre total des cas Taux de létalité
Tranche d’âge
Vivant (A) Décès (B) C= A+B (B/C) X 100
0-4 ans 35 2 37 5
05-9 ans 50 5 55 9
10-14 ans 28 2 30 7
15-19 ans 23 0 23 0
20-24 ans 27 1 28 4
25-29 ans 24 2 26 8
30-34 ans 11 1 12 8
35-39 ans 6 2 8 25
40 + ans 30 2 32 6
Total 234 17 251 7
Issue
Sexe Nombre total des cas Taux de létalité
Décès Vivant
Féminin 114 8 122 7
Masculin 120 9 129 7
Total 234 17 251 7

110
ANNEXE 3B Comment réaliser un graphique manuellement

Réalisation d’un graphique

1. Choisir l’information que l’on souhaite indiquer sur le graphique.

Donner un titre en temps, lieu et personne décrivant ce que contiendra le graphique (par
2. exemple, répartition mensuelle de cas et de décès imputables au paludisme accompagné d’une
grave anémie chez des patients hospitalisés au CHU, année 2019).

Déterminer l’étendue des nombres à inscrire sur l’axe vertical (Y).


 Prendre 0 comme plus bas chiffre
3.  Inscrire les nombres dans l’ordre croissant, jusqu’au nombre supérieur au nombre
de cas
 Choisir un intervalle si les nombres portés sur l’axe vertical sont élevés.

4. Donner un titre à l’axe vertical en expliquant ce que les nombres représentent.

Donner un titre à l’axe horizontal (X) et y porter les unités de temps. L’axe horizontal est divisé
5. en unités de temps équivalentes. On commence généralement par le début d’une l’épidémie ou
d’une période calendaire (semaine, mois ou année).

6. Tracer des barres de même largeur.

Indiquer le nombre de cas sur la courbe linéaire ou l’histogramme. Pour chaque unité de temps
sur l’axe horizontal, faire correspondre le nombre de cas repéré sur l’axe vertical. Remplir un
carré par cas ou pour un certain nombre de cas, dans la colonne correspondant au jour où le
patient a été vu en consultation. Si l’on choisit de tracer une courbe, plutôt que des barres ou
7.
des carrés, tracer une croix ou un point à l’endroit où se croisent les lignes horizontale et
verticale. Relier les croix ou les points entre eux pour représenter la tendance à la hausse ou à
la baisse au cours du temps. Indiquer les décès en utilisant un type de ligne différente ou une
couleur différente.

111
PARTIE III
Section 4 : Investiguer les suspicions d’épidémies et autres
évènements de Santé Publique

Cette section décrit comment :


• Décider du moment de l’investigation d’une épidémie ou
autre évènement de Santé Publique suite à leur notification
• Enregistrer les notifications d’épidémies, d’évènements
sanitaires et de rumeurs
• Vérifier l’information notifiée
• Préparer l’investigation
• Confirmer l’épidémie ou l’évènement de Santé Publique
• Prendre des mesures de riposte immédiates
Analyser les résultats de l’investigation pour déterminer l’origine
du problème sanitaire

112
Cette section propose les actions à mener dans le cadre de l’investigation d’une épidémie .Une
épidémie est l’augmentation brusque ou anormale du nombre de cas d’une maladie ou d’un
évènement de santé par rapport à ce qui est attendu au sein d’une population dans une zone
géographique pendant une periode donnée. Lorsqu’une épidémie suspecte ou tout autre
évènement de Santé Publique est détecté et notifié, plusieurs actions doivent être menées au
moment de l’investigation (voir figure 4.1.). Même si ces actions sont classées par ordre de
priorité, elles ne sont pas toujours menées de façon consécutive. Il est important de connaître
ces actions afin de mener une investigation appropriée, en utilisant le bon sens et la logique
pour déterminer à quel moment, à quelle fréquence et dans quelle mesure ces différentes actions
devraient être menées dans le cadre d’une véritable investigation. Ces actions peuvent être
également menées pour enquêter sur d’autres évènements de Santé Publique au niveau du
district tels que la flambée constatée des maladies chroniques ou non transmissibles.

Les résultats d’une investigation qui vise une épidémie ou autre évènement de Santé Publique
consistent en l’identification et l’évaluation de personnes exposées à une maladie infectieuse
ou affectées par un évènement de Santé Publique inhabituel.

4.1. Mener une investigation et confirmer les suspicions


d’épidémie ou autres évènements de Santé Publique
Les résultats d’une investigation d’une épidémie ou autre évènement de Santé Publique
consistent en l’identification et l’évaluation de personnes exposées à une maladie infectieuse
ou affectées par un évènement de Santé Publique inhabituel.

Elle a pour but:

• de vérifier l’existence de l’épidémie ou l’évènement de Santé Publique et les risques;


• d’identifier et traiter les cas additionnels qui n’ont pas été signalés ou reconnus;
• de collecter les données et les échantillons pour les laboratoires afin de confirmer le
diagnostic;
• d’identifier la source de l’affection ou la cause de l’épidémie;
• de décrire l’épidémie en fonction du temps, du lieu et de la personne (caractéristiques
individuelles);
• de décrire comment la maladie est transmise et les populations à risque;
• d’identifier les activités de riposte appropriées pour lutter contre l’épidémie ou
l’évènement de Santé Publique;

113
• de renforcer les activités de lutte contre l’épidémie afin d’éviter la survenue d’une
nouvelle épidémie.

Figure 12. Les étapes d’une investigation

114
4.2. Décider d’investiguer une suspicion d’épidémie ou un
évènement de Santé Publique notifié
La responsabilité d’investiguer les épidémies suspectes revient prioritairement aux Districts de
Santé (DS) à travers leurs Equipes d’Intervention et d’Investigation Rapides (EIIR). Par
conséquent ces directives s’adressent spécialement aux DS chargés de l’organisation de
l’investigation avec l’appui du niveau régional et national. Toutefois, les FOSA et la
communauté (ASC, structures de dialogue) participent à cette investigation.

La décision de mener une investigation peut être prise dans plusieurs conditions :

- le District de Santé reçoit la notification d’un seul cas suspect de maladie à déclaration
immédiate (en effet, certaines maladies sont particulièrement dangereuses car elles
peuvent se transmettre rapidement ou entraîner des taux de létalité élevés si les cas ne
sont pas traités rapidement ; ainsi, un seul cas suspect peut justifier la notification au
niveau supérieur, une investigation et le déclenchement de l’intervention)
- on constate une augmentation inhabituelle du nombre de cas ou de décès au cours de
l’analyse systématique des données ;
- les seuils d’alerte ou épidémique ont été atteints pour des maladies prioritaires données
- une maladie émergente ou réémergente a été identifiée le laboratoire;
- l’information sur un évènement inattendu ou inhabituel est rapportée quelque soit la
source (autorité administrative, politique, religieuse, traditionnelle, les médias, les
réseaux sociaux etc) ;
- les communautés ou les médias sociaux rapportent des rumeurs de décès ou un grand
nombre de cas en-dehors des établissements de soins;
- une série groupée de décès dont la cause est inexpliquée ou inhabituelle (par exemple,
un adulte décède suite à une diarrhée sanglante, une série de maladies chez les
personnels de santé, une série groupée de décès d’animaux domestiques ou sauvages;
par exemple, la mort très répandue d’oiseaux par suite de la grippe aviaire, la mort parmi
le bétail par suite de contact avec l’anthrax, l’avortement inhabituel parmi les animaux
du bétail).

Lorsqu’une de ces conditions précitées est remplie, le personnel de santé devra rapidement
mener une investigation et traiter les personnes atteintes. Il se préparera également à
appliquer des mesures de riposte plus larges en matière de Santé Publique. Les seuils
d’alerte et d’intervention sont décrits dans la Section 11. Les districts de santé doivent

115
mener des investigations des évènements suspects au plus tard 48 heures après leur
notification.

4.3. Enregistrer les notifications d’épidémies, d’évènements


de Santé Publique et des rumeurs
Il convient d’utiliser des formulaires de notification, d’épidémies, d’évènements de Santé
Publique et de rumeurs envoyées au district et de s’assurer que ces notifications sont suivies
d’actions et de résolutions. L’enregistrement de ces données facilitera la collecte des
informations qui permettent d’évaluer la promptitude et la complétude des investigations sur
les épidémies et du processus de riposte.

Un modèle de formulaire de notification d’épidémies figure en Annexe 4A de cette section.


Les données de ce formulaire doivent etre incorporées sur la courbe de suivi des tendances des
maladies prioritaires élaborée par les districts de santé.

Dans la mesure du possible, les alertes aux épidémies devraient être enregistrées et traitées au
moyen de systèmes électroniques de gestion des évènements de Santé Publique (voir section
9).

4.4. Vérifier l’information notifiée


Dans la mesure où l’investigation des épidémies et des évènements de Santé Publique nécessite
des ressources humaines, logistiques et financières conséquentes, il convient de vérifier
rapidement si l’information est exacte et correspond bien à une flambée épidémique, afin
d’assurer une bonne gestion des ressources.

Pour vérifier l’information, il faut prendre en compte les facteurs suivants :

• la source d’information (par exemple, la source de la rumeur est-elle fiable? le rapport


provient-il d’une formation sanitaire ?) ;
• la gravité de la maladie ou de l’évènement et l’utilisation de définitions de cas standards
lors de la notification ;
• le nombre de cas et de décès notifiés ;
• l’âge et le sexe des cas et des décès rapportés ;
• le mode de transmission du pathogène présumé et le risque de propagation ;
• des considérations politiques et géographiques ;
• l’importance de maintenir de bonnes relations avec les partenaires et la communauté ;

116
• les ressources disponibles ;
• la distinction entre un évènement de portée nationale ou internationale.

À la lumière des facteurs précités, il peut apparaître que la situation nécessite une riposte plus
urgente que celle initialement prévue. Ainsi, la notification des cas suspects de fièvre
hémorragique virale est traitée de façon plus urgente que la notification des maladies moins
virulentes à cause du taux de mortalité élevé et du risque de transmission et de propagation
rapides.

Indépendamment de tous ces facteurs, toutes les présomptions d’épidémies ou


d’évènements de Santé Publique (notamment ceux qui sont à déclaration immédiate)
doivent être notifiées par les formations sanitaires dans un délai de 24 à 48 heures.

4.5. Mobiliser l’Equipe d’Intervention et d’Investigation


Rapide (EIIR) dans les situations d’urgence de Santé
Publique
L’EIIR est une équipe technique, multidisciplinaire qui intervient dans la mobilisation et le
déploiement rapide pour mener la riposte sur le terrain à une épidémie ou évènement de Santé
Publique suspects ou confirmés. Il s’agira de fournir à l’EIIR, l’information et les données
appropriées sur l’évènement, ou la maladie présumée afin de savoir dans quel sens orienter
l’investigation et quelles seront les précautions à prendre. Si la maladie est connue, l’équipe
devra accorder une attention particulière aux symptômes, à la définition des cas, aux modes de
transmission, aux tests de diagnostic, et aux mesures de lutte contre la maladie.

Cette équipe doit etre formée, et préte à etre déployée devant toutes urgences de santé Publique.
Le point focal surveillance du district de santé et tout autre personnel de santé ayant été identifié
et formé peuvent faire partie de cette équipe.

Remarque : vérifier et mettre à jour périodiquement le statut vaccinal du personnel


participant aux activités d’investigation et de riposte aux maladies infectieuses.

Il est souhaitable de tenir une base de données sur les personnels de santé qualifiés, qui
pourraient être mobilisés rapidement pour remplir les fonctions suivantes. Mettre sur pied un
roster des urgences.

a) Coordination ;
b) Surveillance ;
c) Confirmation en laboratoire ;

117
d) Gestion des cas cliniques;
e) Prévention et lutte contre les infections (PCI) ;
f) Santé environnementale et assainissement ;
g) Mobilisation sociale et communication sur les risques ;
h) Logistique.

En cas de ressources limitées, on pourrait faire appel aux experts capables de remplir plus d’une
fonction au sein des EIIR.

Remarque : Dans ce texte, les intitulés de fonctions désignent les fonctions elles-mêmes et non
les personnes qui en sont titulaires. Il faut par conséquent entendre, selon le cas : Un/Une (etc.)

L’EIIR devrait être idéalement composée de :

- Un épidémiologiste;
- Un clinicien;
- Un biologiste (technicien de laboratoire);
- Un psychologue/mobilisateur;
- Un hygiéniste;
- Un chauffeur.

La désignation des autres membres de l’équipe sera basée sur les caractéristiques spécifiques
de l’épidémie ou évènement de Santé Publique.

Par exemple :

- Expert des produits chimiques ou de la technologie nucléaire voire des denrées alimentaires
et produits pharmaceutiques dans les cas d’empoisonnement présumé imputable aux
métaux lourds
- Expert du secteur de l’eau dans le cas d’une épidémie de choléra
- Expert en santé animale ou environmentale
- Anthropologue/Expert en mobilisation sociale
- Gestionnaire de données
- Expert en prévention et lutte contre les infections
- Expertise scientifique nécessaire en fonction du type d’évènement.

118
Il faudra ensuite :

- définir avec l’EIIR les objectifs de l’investigation, de façon à collecter les informations
essentielles à la mise en place de mesures de riposte appropriées et pertinentes.
- discuter des acteurs et parties prenantes qui seront impliqués, au niveau de la communauté
pour l’investigation et la riposte à l’épidémie ou aux situations d’urgences de Santé
Publique et ce dans le cadre de la politique nationale.
- utiliser les directives et procédures opérationnelles standards (POS) correspondant à la
maladie ou à l’affection prioritaire, faisant l’objet de l’investigation (par exemple, type de
prélèvements pour les analyses de laboratoire, directives pour la gestion des cas,
formulaires pour l’investigation sur les cas, listes linéaires).
NB : Le District de Santé (DS) devrait disposer d’un plan de mobilisation des EIIR
(noms, adresses, numéros de téléphone, lieu d’affectation et planning de roulement).

4.5.1. Préciser les tâches et rôles respectifs des membres de l’EIIR

Chaque membre de l’équipe devra être informé des tâches qu’il doit accomplir durant
l’investigation et des fonctions qu’il doit assumer. Ainsi :

- l’ épidémiologiste est responsable de la coordination de l’équipe ;

- le clinicien assure l’évaluation et la prise en charge des cas ;

- le biologiste (technicien de laboratoire) assure le diagnostic de laboratoire ;

- le psychologue/mobilisateur assure l’accompagnement psycho-social des cas, famille et


communauté et la communication de risques ;

- l’ hygiéniste s’occupe de la Prévention et du Contrôle des Infections ;

- le chauffeur assure le transport de l’équipe et équipements

Toutefois, dans les conditions où les ressources ne nous permettent pas de mobiliser toutes ces
personnes ; une personne peut remplir plusieurs fonctions.

4.5.2. Définir les lignes hiérarchiques et la stratégie de communication

Il convient d’établir un plan de communication pour les équipes. Pour ce faire, on préparera un
diagramme indiquant les différents niveaux hiérarchiques et la manière dont l’information doit

119
circuler aussi bien au sein de l’équipe chargée de l’investigation qu’entre le District et les autres
niveaux, y compris le niveau communautaire. Il s’agit de définir, par exemple, qui va
communiquer avec le MINSANTE, les médias et la communauté. On définira les méthodes de
communication et la fréquence des communiqués à l’intention des autorités tout au long de
l’épidémie. On envisagera notamment la diffusion de mises à jour quotidiennes par
radiotéléphone, téléphone portable, télécopie, courrier électronique ou audioconférences. Sur
le diagramme, on indiquera les niveaux de responsabilité et le rôle de chaque membre de
l’équipe. En ce qui concerne le personnel non sanitaire, son rôle et la manière dont il sera
supervisé doivent être également définis.

Il est essentiel de mettre en place des procédures pour communiquer avec la communauté et les
principaux partenaires afin d’échanger avec eux les informations importantes concernant
l’identification des risques associés à l’épidémie ou à l’évènement de Santé Publique et les
mesures de riposte.

4.5.3. Déterminer le lieu de l’investigation

Après avoir examiné les informations disponibles sur la maladie suspectée, y compris son mode
de transmission et les facteurs de risque, on définira les limites géographiques et la population
cible de l’investigation. Les recherches débuteront dans la zone la plus touchée.

Il y aura lieu de contacter les formations sanitaires voisines pour savoir s’ils ont eu à traiter des
cas semblables ou une augmentation du nombre de cas avec la même symptomatologie. Il faut
faire participer la communauté et le personnel de la formation sanitaire locale à la planification
et à la réalisation de l’investigation. Ecouter et chercher des informations sur les coutumes, la
culture et les habitudes de la population locale qui pourraient compromettre le succès de
l’investigation.

4.5.4. Obtenir les autorisations nécessaires

Il est important d’obtenir les autorisations et permissions nécessaires pour réaliser


l’investigation et de respecter les normes éthiques à tous les niveaux. Il faut obtenir non
seulement les autorisations officielles, mais aussi l’accord des personnalités locales influentes
dans la communauté.

120
4.5.5. Mettre au point les formulaires et méthodes pour la collecte des
données et le prélèvement des échantillons (si nécessaire)

Il faut choisir les variables pour l’identification, l’enregistrement et l’analyse des données
relatives à la maladie faisant l’objet de l’investigation. Une sélection de formulaires
d’investigation comportant les principales variables mentionnées est annexée à cette section.
Le Cameroun dispose aussi d’un ensemble d’outils d’investigation qui contient plusieurs
formulaires d’investigation pour des maladies prioritaires prédéfinies. Selon les responsabilités
du personnel, il est important de savoir :

• élaborer un masque de liste linéaire qui sera utilisée plus tard pour faire la synthèse des
variables devant servir à l’analyse des données en fonction des caractéristiques temporelles,
spatiales et individuelles ;
• élaborer les formulaires de laboratoire appropriés, préparer l’étiquettage des échantillons
en prenant soin d’utiliser un numéro d’identification unique pour chaque cas;
• préparer (et mettre à jour si besoin) une courbe épidémique ;
• préparer un outil permettant la géolocalisation des cas et des décès ;
• préparer des tableaux d’analyse par facteur de risque, par tranche d’âge, par sexe, par statut
vaccinal, etc…

4.5.6. Organiser les déplacements et autres aspects logistiques

Il faut organiser les déplacements à destination et en provenance du site de l’investigation, ainsi


que les voyages effectués dans le cadre de l’investigation. Vérifier également que le transport
des échantillons prélevés vers les laboratoires appropriés a été prévu avant le départ de l’équipe.
D’autres logistiques tels que le matériel médical, les vaccins et l’équipement de protection
individuelle doivent être également prévus.

4.5.7. Rassembler le matériel nécessaire aux prélèvements pour les


examens de laboratoire

Les Districts peuvent disposer d’une trousse d’intervention contenant des outils et des
équipements à l’usage des investigateurs (notamment du matériel de laboratoire).

Si cette trousse n’est pas disponible ou s’il s’agit d’un évènement inhabituel, consulter les
directives des programmes spécifiques aux maladies et contacter les spécialistes des activités
de laboratoire pour déterminer les normes relatives aux intrants de laboratoire destinées au

121
prélèvement, au conditionnement et au transport des échantillons requis (se référer à l’Annexe
4B).

L’utilisation des Equipements de Protection Individuelle (EPI) et de matériel de désinfection


est fortement recommandée (se référer à l’Annexe 4C).

En ce qui concerne l’équipement de laboratoire, il convient de se référer aux directives relatives


aux différentes maladies figurant dans la Section 11.

4.6. Vérifier et confirmer l’épidémie ou l’évènement de Santé


Publique
4.6.1. Rechercher les antécédents cliniques et épidémiologiques

Examiner le ou les patient(s) pour vérifier si les signes et les symptômes qu’ils présentent
correspondent à la définition de cas. Poser les questions au patient ou à un membre de la famille
pouvant répondre en son nom. Par exemple :

• identification (nom, âge, sexe, profession)


• où habitez-vous ?
• quand les symptômes sont-ils apparus ?
• y a-t-il d’autres personnes malades chez vous, à l’école, au travail, au village, dans le
quartier ?
• avez-vous voyagé récemment ? si oui, où ?
• où avez-vous séjourné pendant la période précédant le début de la maladie (semaine/jour)
(lieu de résidence au moment de l’infection) ?quelqu’un vous a-t-il rendu visite récemment?
• qui s’est occupé de vous lorsque vous avez commencé à vous sentir malade ? avez-vous été
récemment en contact avec des volailles, des oiseaux ou des animaux malades ou morts
(pour les zoonoses) ?
• avez-vous été en contact avec une personne malade ou bien un cadavre ?
• quelqu’un est-il décédé récemment dans la communauté où vous vivez ?
• avez-vous assisté aux funérailles ? (quel rôle y avez-vous joué ?)
• quels vaccins avez-vous reçus récemment (pour les manifestations post-vaccinales
indésirables) ?

122
4.6.2. Faire des prélèvements et obtenir les résultats des examens de
laboratoire pour confirmer le diagnostic

Si la maladie peut être confirmée par des analyses de laboratoire, se référer aux indications
figurant dans la section 11 pour déterminer le test diagnostique et le prélèvement à effectuer.
Les exigences spécifiques de laboratoire indiquent également comment collecter, conserver et
transporter les échantillons prélevés et le nombre d’échantillons à recueillir pour confirmer
l’épidémie. Voir à l’annexe 4H comment emballer les échantillons en utilisant la technique de
triple emballage. Ȧ noter que pour certaines pathologies, des prélèvements additionnels
d’échantillons alimentaires et environnementaux pourraient être nécessaires pour établir le
diagnostic et s’assurer que ces échantillons sont prélevés. Exemple : échantillons d’eau pour
les cas d’épidémie de choléra et échantillons d’aliments pour les foyers de toxi-infection
alimentaire.

Examiner les résultats des tests diagnostiques avec l’équipe chargée de l’investigation, les
cliniciens et les techniciens du laboratoire. Les résultats des tests concordent-ils avec les
résultats des examens cliniques ? Pour clarifier certains points concernant les résultats des
examens de laboratoire, il est possible de demander une assistance complémentaire auprès des
directeurs de programmes ou des experts techniques du niveau national.

4.6.3. Définir le cas et rechercher les cas additionnels y compris leurs


contacts

Une fois que les premiers cas ont été cliniquement ou biologiquement confirmés et que le
traitement a commencé, il convient de rechercher activement des cas additionnels.

4.6.4. Définir un cas

Une fois qu’une épidémie est confirmée et que le diagnostic est connu, il est essentiel de définir
ce qui constitue un cas. Dans la section 11, une liste des définitions de cas standard pour la
plupart des maladies prioritaires est disponible. Toutefois, d’autres détails peuvent être ajoutés
dans les définitions de cas d’épidémies spécifiques, à savoir la zone géographique, la
participation à un évènement ou le voyage dans un lieu donné.

Dans certaines circonstances, une nouvelle pathologie (émergente ou réémergente) non


répertoriée à la section 11 pourrait apparaître ; dans ce cas, il faudra élaborer une définition de
cas opérationnelle. Les éléments communs d’une définition de cas comportent des informations

123
sur les symptômes, la date d’apparition des symptômes, les résultats des analyses de laboratoire
et les caractéristiques individuelles de la personne, du lieu et du temps.

4.6.5. Définir un contact

Il est également important d’établir une définition des contacts surtout lors d’une épidémie liée
à une maladie contagieuse (pouvant être transmise d’une personne à une autre). Cette définition
sera très utile pour lister l’ensemble des contacts qui seront par la suite suivis.

4.6.6. Rechercher les cas additionnels

Une fois que les premiers cas ont été cliniquement confirmés et que le traitement a commencé,
il convient de rechercher activement d’autres cas dans la communauté et partout ailleurs.

[Link]. Rechercher les cas suspects et les décès dans les registres des
formations sanitaires

Dans les formations sanitaires ayant notifié des cas, on cherchera dans les registres si d’autres
cas et d’autres décès ont été consignés, en essayant de retrouver les patients qui auraient pu
présenter des signes et des symptômes identiques ou similaires à la maladie ou à l’affection
faisant l’objet de l’investigation. Demander au personnel de santé de rechercher les cas
semblables dans les formations sanitaires voisines. L’équipe d’investigation s’emploiera à
rechercher activement les cas dans les formations sanitaires voisines. L’annexe 4D, en fin de
section, donne des indications pour l’examen des registres.

[Link]. Rechercher les personnes en contact avec les cas suspects et les décès
dans la communauté

L’équipe procèdera à l’identification des zones à risque où les patients ont vécu, travaillé ou
voyagé, notamment pour les cérémonies, le tourisme, les visites des zoos, les zones de chasse
ou d’élévage d’animaux,... Elle discutera également avec les sources d’information au sein de
la communauté, notamment les pharmaciens, les maîtres d’école, les environnementalistes, les
vétérinaires (pour s’informer de la situation de la santé animale), les fermiers, les leaders
communautaires (ministres de culte, les chefs traditionnels…) et les responsables
administratifs.

Le choix des zones où s’effectuera la recherche dépend de la maladie, de son mode de


transmission et des facteurs de risque liés à l’analyse temporelle, spatiale et aux caractéristiques
individuelles ainsi que des résultats de la revue des régistres. On effectuera des visites dans ces

124
lieux et on interrogera les personnes ayant eu des contacts, ou susceptibles d’en avoir eu avec
le cas. Il faudra également :

- demander si elles-mêmes ou une de leurs connaissances n’auraient pas été atteintes d’une
maladie ou d’une affection semblable à celle qui fait actuellement l’objet de
l’investigation ;
- vérifier si une autre personne vivant dans une zone proche de celle où réside le cas a été
malade et a présenté des signes ou symptômes correspondant à la définition de cas ;
- demander s’il y a eu récemment des décès. si oui, chercher à savoir les signes et symptômes
qu’ont présenté les personnes décédées ;
- se renseigner sur les personnes qui se sont occupées des personnes décedées lorsqu’elles
étaient malades et de leurs dépouilles avant et pendant l’inhumation ;
- collecter les informations qui contribueront à décrire l’ampleur et l’étendue géographique
de l’épidémie ou l’évènement de Santé Publique ;
- transférer les cas nouvellement identifiés vers la formation sanitaire la plus proche pour
traitement.
Voir en Annexes 4E et 4F de cette section, les exemples de formulaires servant à enregistrer
et à suivre les contacts dans le cadre de la recherche de cas additionnel.

4.6.7. Isoler et traiter les cas selon les besoins

En se basant sur la définition de cas décider de l’isolement. Il s’agit d’une mesure importante
pour limiter la propagation de la maladie. A cet effet, il faudra :

- rendre accessible les formations sanitaires et autres lieux identifiés pour l’isolement et
la prise en charge des cas avec un personnel dédié. En fonction de la maladie présumée,
l’isolement immédiat pourrait être requis pour protéger le personnel, les patients et les
membres de la communauté ;
- veiller à ce que les cas en isolement aient accès à de l’eau potable et aux installations
sanitaires. Selon les directives concernant la prise en charge des cas ;
- renforcer la Prévention et Contrôle des Infections (en isolant le malade si nécessaire) et
améliorer la prise en charge des cas à domicile ou en formation sanitaire, en donnant
des conseils, en apportant une assistance et en fournissant du matériel ainsi que des
algorithmes aux formations sanitaires ;
- prendre les précautions qui s’imposent avec tous les patients dans l’établissement de
soins et dans la communauté, surtout en cas d’épidémie de maladie transmissible par
contact avec les objets contaminés et les liquides biologiques.
125
4.7. Établir une liste linéaire et enregistrer l’information sur
d’autres cas
4.7.1. Etablir une liste linéaire

Pour chaque nouveau cas consigné dans le registre de la formation sanitaire ou retrouvé au
cours de la recherche active dans la communauté qui correspond à la définition de cas de la
maladie faisant l’objet de la surveillance, il convient d’enregistrer l’information recueillie soit
sur un formulaire de notification individuelle, soit sur une liste linéaire ou autre formulaire
indiqué. Inclure les coordonnées géographiques si possible. Le registre permettra de conserver
les données primaires utiles pour les cas déjà connus ou les cas qui seront identifiés au fil du
temps (voir l’annexe 4E pour un exemple de registre.) Enregistrer tous les contacts sur la fiche
de listage des contacts et la fiche de suivi des contacts. Veiller à suivre quotidiennement les
signes et les symptômes de la maladie au cours de la période indiquée (voir les annexes 4F et
4G)

Enregistrer l’information pour tous les cas sur une « fiche de notification » (voir le modèle à
l’annexe 2A) Pour chaque cas, enregistrer au moins les informations suivantes :

- nom et adresse du cas, village/quartier où il vit et ses coordonnées complètes. S’il n’a pas
une adresse précise, enregistrer des informations permettant de le contacter au cas où l’on
aurait besoin de renseignements complémentaires ou pour lui communiquer les résultats
des analyses de laboratoire et de l’investigation ;
- situation du cas: est-il décédé ou vivant? S’il est décédé, enregistrer la date de décès ;
- âge et sexe du cas: cette information servira à décrire les caractéristiques de la population
affectée par la maladie;
- date de début des symptômes et date à laquelle le cas a été vu pour la première fois dans la
formation sanitaire;
- informations relatives aux principaux facteurs de risque, par exemple statut vaccinal du cas
si la maladie faisant l’objet de l’investigation est évitable par la vaccination, ou bien sa
fonction si l’on soupçonne que l’épidémie vise les personnes exerçant une fonction
particulière;
- nom et fonction de la personne ayant transmis l’information: pour certaines maladies il
existe des formulaires individuels d’investigation plus détaillés, qui demandent certaines
informations particulières. Les modèles de ces formulaires pour l’investigation sur des
maladies spécifiques figurent aux annexes de la section 11 ;

126
- formulaire d’investigation du cas à remplir pour tout nouveau cas (voir l’annexe 2A) et
enregistrer les détails sur le formulaire individuel (annexe 4E)

NB : Si le cas est décédé, faire une autopsie verbale. L’autopsie verbale est la méthode de
collecte d’informations sur les symptômes et les circonstances de décès du cas afin de
déterminer les causes de sa mort. Elle est également une technique de recueil et d’utilisation de
l’information autour de la personne décédée pour reconstituer les évènements ayant précédé
son décès et en déduire les causes.

La liste linéaire pourrait servir de bordereau d’envoi au laboratoire lorsqu’on a plus de cinq cas
à prélever. L’expédition des échantillons sera alors groupée.

4.7.2 Enregistrer les informations sur les cas contacts


Définition du Suivi des contacts :

Il s’agit d’un processus qui consiste à identifier et à suivre toute personne ayant été exposée à
un malade ou toute autre source de contamination pendant une période définie afin de pouvoir
identifier les premiers signes

Le suivi des contacts est défini comme l’identification et le suivi des personnes qui répondent
à la définition des contacts pour une période définie*. C’est une composante importante,
essentielle dans le contrôle d’une épidémie car elle contribue fortement à la détection précoce
des cas.

Le suivi des contacts se fait à partir du dernier jour de contact avec le malade et se termine en
fonction de la période maximale d’incubation (par exemple 21 jours pour Ebola et 14 jours
pour Covid-19).

Listage des contacts

Un contact est toute personne qui a été exposée à un cas confirmé ou probable d’une maladie
transmissible, infectieuse ou toute autre source de contamination.

Un bon suivi des contacts se fait à partir de l’identification de toute personne ayant été en
contact avec le cas source au cours de l’investigation.

L’équipe d’investigation doit établir une liste préalable des contacts à partir de l’entretien avec
le cas suspect et avec les personnes qui le côtoient au quotidien. L’équipe d’investigation doit
dresser une carte de l’itinéraire du cas pendant une période précédant l’apparition des
symptômes ; cette période varie en fonction des maladies (prenant en compte l’infectiosité),
jusqu’au moment de la mise en quarantaine ou de l’isolement formel du cas.

127
Enregistrement des contacts

A chaque étape du parcours, les contacts du cas doivent être répertoriés avec leurs adresses de
résidence, leur numéro de téléphone et le type de contact qu’ils ont eus avec le cas. Parmi les
contacts à recenser à l’avance figurent les membres de la famille, les proches, les amis, les
personnes qui ont soigné le cas ou qui en étaient proches géographiquement, y compris les
agents de santé, les voisins et les compagnons de voyage.

Les contacts sont enregistrés sur la liste de contacts et la liste de suivi des contacts. Une carte
de l’itinéraire (fiche mapping du cas) des contacts doit être élaborée.

4.8. Analyser les données relatives à l’épidémie


Les méthodes d’analyse des données relatives à l’épidémie sont les mêmes que celles
préconisées pour l’analyse des données de routine dans la section 3. Les données
épidémiologiques sont analysées plusieurs fois au cours de l’épidémie.

Lors de l’analyse initiale, récapituler la situation concernant l’épidémie ou l’évènement de


Santé Publique et chercher des indices sur les endroits où sévissent et progressent l’épidémie
ou l’évènement de Santé Publique, leur source (par exemple un puit ou des funérailles) et les
personnes à risque (par exemple, les jeunes enfants, les réfugiés, les personnes vivant en zone
rurale, etc). Présenter les données en tenant compte du temps, du lieu et des caractéristiques
individuelles (voir la section 3) de la manière suivante :

- tracer la courbe épidémique représentant l’évolution de la maladie ;


- représenter les cas sur une carte détaillée ;
- dresser des tableaux contenant les principales caractéristiques des cas (en comparant, par
exemple, les tranches d’âge et le statut vaccinal, la répartition par sexe, l’incidence des cas
selon le type de profession, etc.) ;
- calculer les taux de létalité (se référer aux procédures décrites dans la section 3) ;
- calculer également les taux d’attaque (se référer aux procédures décrites dans la section 3),
en plus du calcul des taux de létalité dans les situations d’épidémie.

4.8.1. Interpréter les résultats de l’analyse

En identifiant les facteurs de risque potentiels liés à l’épidémie, reprendre les résultats de
l’analyse en cherchant, par exemple, à répondre aux questions suivantes :

- quel est l’agent pathogène responsable de l’épidémie?

128
- quelle est la source de l’infection?
- quel est le mode de transmission ?
- quelles mesures ont été prises pour endiguer l’épidémie et quel est le résultat ?

I. Interpréter les résultats de l’analyse en fonction du temps

Examiner l’histogramme. La forme de la courbe épidémique permet d’identifier quand a eu


lieu l’exposition à l’agent responsable de la maladie, la source de l’infection et la période
d’incubation.

• Si la courbe s’infléchit brusquement de façon ascendante, puis redescende tout aussi


rapidement, l’exposition à l’agent causal a probablement duré peu de temps. Il est probable
que les cas aient une source commune d’infection.
• Si l’exposition à la source commune a duré plus longtemps, la courbe épidémique a plus de
chance d’être en plateau, plutôt que de présenter un pic.
• Si la maladie résulte d’une transmission interhumaine, la courbe présente une série de pics
de plus en plus élevés, séparés par des périodes correspondant à la durée de l’incubation.
• Vous trouverez ci-après quelques exemples de courbes épidémiques et leur interprétation
possible.

Figure 13:Types de courbes épidémiques et propagation

129
II. Interpréter les résultats de l’analyse en fonction du lieu

Utiliser la carte pour:

• décrire l’étendue géographique du problème et identifier les zones à risque;


• identifier et décrire les groupes de cas ou les profils de transmission ou d’exposition.
Selon l’agent qui aura contribué à l’extension de cette épidémie, préciser la proximité des
cas par rapport aux sources probables de l’infection.

III. Interpréter les résultats de l’analyse en fonction des caractéristiques individuelles

Les informations provenant de l’analyse des cas individuels sont essentielles pour planifier la
riposte à l’épidémie parce qu’elles décrivent de façon plus précise le(s) groupe(s) à risque pour
la maladie ou l’affection en question. Par exemple, si des cas de fièvre jaune se sont produits
chez des sujets de moins de 15 ans, la riposte consistant à vacciner devra cibler les enfants de
cette tranche d’âge.

On trouvera ci-après une analyse de données en fonction des caractéristiques individuelles


(âge), qui montre comment les résultats pourraient servir à planifier les interventions. Le
tableau ci-après présente les taux les plus élevés de maladie chez les personnes de 15 ans et
plus.

Tableau 7: Taux d’attaque de choléra par tranche d’âge, Mankhowkwe Camp, Malawo, mars-mai
1988

Source : Reproduit avec l’autorisation de l’éditeur,Moren et al., 1991

IV. Analyser les données et formuler une hypothèse


a) Faire une analyse descriptive des données (temps, lieu et personne).
• À partir des observations recueillies dans l’analyse descriptive, on peut construire une
hypothèse sur les causes des tendances observées et les facteurs qui augmentent le
risque pour une épidémie donnée. Par exemple, dans le tableau 4.1 ci-dessus, on
pourrait émettre l’hypothèse que plus le patient est âgé, plus il risque de tomber malade.
On pourrait par conséquent déterminer si l’âge est associé à la maladie.

130
• Se baser sur une analyse descriptive, formuler une hypothèse pour déterminer l’ampleur
d’une épidémie.
b) Vérifier une hypothèse et, grâce au processus d’épidémiologie analytique, répondre aux
questions de savoir comment et pourquoi la population a été affectée.

V. Vérifier et confirmer l’hypothèse avec une étude analytique


a) Choisir le type d’étude appropriée sur la base de l’épidémiologie descriptive et de la
situation.
b) Obtenir les ressources nécessaires pour effectuer l’analyse et l’étude.
c) Tirer les conclusions de l’étude et, si nécessaire, confirmer l’hypothèse.

Différents modèles d’études peuvent être utilisés pour mener des études analytiques. Celles-ci
comprennent des études cas-temoins, des études de cohorte et des études expérimentales.
L’Annexe 4I donne un exemple d’étude analytique (étude cas-temoins) visant à vérifier
l’hypothèse. Se référer à la bibliographie pour plus d’indications sur la manière de concevoir
des modèles d’études analytiques.

4.9. Établissement de rapports et communication des


résultats de l’investigation
Tous les rapports (préliminaires, intérimaires et finaux) doivent toujours être diffusés, même si
aucun facteur de risque déterminant n’a été identifié pour une épidémie donnée. Préparez
également des rapports de situation (SitReps) de l’épidémie en question et distribuer aux parties
prenantes concernées. La section 7 décrit les différents canaux de communication en cas
d’épidémie.

Si les facteurs de risque sont déjà connus, formuler des conclusions et recommandations par
rapport à l’épidémie :

a) situation confirmée: il s’agit bien d’une épidémie ou d’un évènement de Santé Publique;
b) population affectée et à risque;
c) causes possibles de l’épidémie ou l’évènement de Santé Publique, résultats de
laboratoire, source de l’infection, mode de transmission, taux d’attaque, taux de létalité
et facteurs de risque possibles;
d) mesures déjà mises en place pour endiguer l’épidémie;
e) recommandations: des investigations ou études complémentaires pourraient être
recommandées pour maîtriser la situation.

131
L’Equipe d’Investigation et Intervention Rapide du District doit alors préparer immédiatement
un rapport d’investigation sur la flambée épidémique. Ce rapport d’investigation détaillé doit
être distribué immédiatement à la formation sanitaire où l’épidémie s’est déclarée, ainsi qu’au
district, à la région, au niveau central et à l’OMS.

Voir à l’annexe 7A de la section 7 un modèle de plan pour la rédaction du rapport


d’investigation.

Pour comprendre la propagation de la maladie, il faut décrire les profils de transmission en


commençant par les sources probables de l’infection. De plus, les profils de transmission
permettent de comprendre la contribution des différents environnements à la propagation de
l’épidémie dans une zone géographique donnée, et sont donc essentiels pour réguler la
transmission de l’infection et adopter des mesures pour endiguer l’épidémie. La reconstruction
d’une chaîne de transmission ou des profils de transmission est possible à condition de tirer
l’information d’une liste prioritaire et d’examiner la chronologie des dates de l’infection ou le
contact avec d’autres cas, des investigations sur le terrain et d’une évaluation rapide des risques.
Les profils de transmission sont très importants car ils facilitent l’investigation sur les voies de
transmission dans une zone géographique donnée, ainsi que la planification des interventions.
Les profils de transmission doivent être mis à jour régulièrement et si un nouveau groupe de
cas apparaît dans n’importe quelle partie du district, il faudra poser des questions pour savoir
s’il existe un lien quelconque. Voir à l’annexe 4J un exemple de description des profils de
transmission.

4.10. Mettre en place des mesures de prévention et de lutte


contre les épidémies
Une fois l’épidémie identifiée, les mesures de prévention et de lutte s’imposent pour
interrompre la transmission de la maladie et limiter l’exposition à la source de l’infection. Si
un agent pathogène ou une autre source présumée de l’épidémie sont identifiés, ces mesures
doivent viser des agents, des sources ou des réservoirs d’infection spécifiques. La section 11
fournit une description de certaines mesures de lutte contre chaque maladie prioritaire et la
bibliographie à toutes fins utiles.

Les mesures mises en place de prévention et de lutte contre les épidémies visent à :

a) identifier la source de l’infection ;

b) interrompre la transmission secondaire ;

132
c) endiguer les futures épidémies.

REMARQUE :

• Les mesures de prévention et de lutte contre les épidémies devraient être mises en place en
premier lieu dès le début de l’investigation et devraient s’appliquer en même temps que
d’autres étapes de l’investigation. Souvent, des mesures non spécifiques peuvent être mises
en place quels que soient le type de maladie ou la source.
• Un engagement multisectoriel est essentiel tout au long de la riposte surtout au niveau
communautaire et avec d’autres parties prenantes non liées à la santé qui pourraient jouer
un rôle crucial dans la gestion d’épidémies particulières. Par exemple, pour faire respecter
la réglementation, il faudra peut-être solliciter l’assistance du Ministère de l’Administration
Territoriale, de la Délégation Générale de la Sureté Nationale.
• À un moment donné au cours de l’épidémie, la riposte de Santé Publique pourrait inclure
les essais à effectuer sur de nouvelles contre-mesures potentielles, notamment les vaccins
et des substances thérapeutiques. Ainsi, la recherche biomédicale peut être considérée
comme un aspect important, mais distinct de la riposte. Les efforts de Santé Publique
doivent toujours être au premier plan de la riposte globale à l’épidémie. La recherche doit
s’effectuer sur une base scientifique solide et respecter des normes éthiques pour aboutir le
plus rapidement possible à des conclusions définitives quant à l’efficacité et à la sécurité.
Dans de telles situations, il incombe à l’autorité centrale de consulter les comités d’éthique
au niveau local pour qu’ils fournissent des directives utiles pour des principes analogues en
cas d’épidémie

4.11. Effectuer une évaluation pour déterminer si l’évènement


constitue une potentielle urgence de Santé Publique de portée
internationale (USPPI)
L’équipe d’investigation désignée doit entamer le plus tôt possible l’évaluation des risques afin
de répondre aux questions suivantes :

• L’épidémie a-t-elle un impact grave sur la Santé Publique ?


• L’épidémie est-elle inhabituelle ou inattendue ?
• Existe-t-il un risque significatif de propagation de portée internationale ?
• Existe-t-il un risque significatif de restrictions du commerce ou de voyages
internationaux ?

133
On peut faire appel à l’autorité centrale pour participer à l’évaluation du risque qui permettra
de déterminer si l’évènement constitue une potentielle Urgence de Santé Publique de Portée
Internationale (USPPI), ce qui justifierait sa notification (se référer à l’Instrument de Décision
du RSI 2005 sur le site [Link]

4.12. Maintenir et renforcer la surveillance


Les autorités centrale et régionale devraient rester en contact avec le District pour recevoir
des mises à jour quotidiennes (cas, décès, nombre d’admis dans les formations sanitaires,
nombre de personnes ayant pris congé, zones affectées, etc) jusqu’à la fin de l’épidémie. Il
faudra :

- s’assurer que le même mécanisme SIMR est utilisé pour améliorer la surveillance des
épidémies et que le système est suffisamment flexible pour permettre l’adaptation
d’autres variables à collecter au moyen du système déjà existant. Cela évitera les
signalements parallèles qui peuvent créer une confusion sur l’évolution de l’épidémie ;
- rendre compte périodiquement de l’état d’avancement de la riposte et préparer des
rapports de situation quotidiens pouvant être utilisés pour l’évaluation de la riposte ;
- mettre à jour les listes linéaires, effectuer une analyse des données en fonction du temps,
du lieu et de la personne ;
- surveiller l’efficacité de l’activité de riposte en cas d’épidémie.

Il est important d’intensifier la surveillance au cours de l’investigation avec les Districts


avoisinants pour s’assurer que l’épidémie ne se propage pas à un autre District, de partager des
informations et de planifier des activités conjointes de surveillance et de riposte. Les Districts
avoisinants peuvent également envisager la mise en place de comités transfrontaliers de
surveillance des maladies et de riposte, de manière à partager les données de surveillance, les
informations épidémiologiques et autres informations connexes au cours de l’épidémie.

4.13. Effectuer une évaluation régulière des risques après la


confirmation de l’épidémie
Dès que l’épidémie est confirmée, il faut procéder à une évaluation régulière à chaque stade de
l’épidémie afin d’orienter et cibler les interventions. L’évaluation des risques consiste à :

a) évaluer la prédisposition de la population aux maladies et la possibilité de propagation


de l’épidémie tant dans les zones affectées que dans les zones avoisinantes ;
b) évaluer le risque de transmission ultérieure, de morbidité et de mortalité.

134
À cette fin, les facteurs à prendre en compte sont :

- les caractéristiques démographiques telles que la taille, la densité, le mouvement et la


diversité
- le taux de mortalité chez les moins de cinq ans ;
- la période de l’année (en tenant compte des risques d’épidémie saisonnière) et les plans
pour toutes festivités ou autre évènement social susceptible d’accroître la possibilité de
propagation ;
- l’accès aux services de santé, etc.

L’évaluation des risques doit se répéter à mesure que de nouvelles informations deviennent
disponibles. Elle peut également se faire selon un calendrier régulier. Pour certains évènements
de Santé Publique, différentes équipes d’évaluation des risques pourraient collaborer pour
recueillir les informations afin d’avoir une idée précise du risque (par exemple, la gravité
clinique, la dynamique de la transmission et les mesures pour endiguer l’épidémie). Ȧ la fin de
l’épidémie, toutes les évaluations de risques devraient être examinées. L’analyse systématique
des évaluations de risques bien documentées permet d’identifier les domaines dans lesquels des
améliorations pourraient être apportées quant à la gestion des évènements aigus de Santé
Publique.

135
4.14. Annexes à la section 4
Annexe 4A Registre du district des présomptions et rumeurs d’épidémies
Annexe 4B Liste de vérification des fournitures de laboratoire nécessaires aux investigations
Annexe 4C Liste des équipements de protection individuelle recommandés
Annexe 4D Comment réaliser l’examen des registres
Annexe 4E Listes des échantillons
Annexe 4F Fiches d’enregistrement (listage des contacts)
Annexe 4G Formulaire de suivi individuel des contacts
Annexe 4H Types de triple emballage des échantillons pendant une épidémie
Annexe 4I Exemple d’une étude analytique pour vérifier l’hypothèse
Annexe 4J Exemple de profil de transmission

136
ANNEXE 4A. Registre de rumeurs du District de Santé
Enregistrer les informations fournies verbalement ou par écrit sur les épidémies présumées, les rumeurs ou les événements inexpliqués provenant des
établissements de soins, de la communauté ou des médias sociaux. Enregistrer les mesures prises et les activités de riposte mises en œuvre.
Source de Date
rumeurs de
Nombre Date de Date du Date de Date de
(Médias, Nombre Date de Date de Résultat de Date de prise Date Commentaires
Maladie ou de notification dépassement consultation Traitement notification Nom &
téléphones, de cas Lieu notification l'investigation l'investigation debut de en de la et
évènement décès du cas du seuil du cas index reÇu de signature
réseaux notifiés au District par le DS par le DS l'épidemie charge riposte observations
notifiés index épidémique à la FOSA l'épidémie
sociaux, du cas
communauté) index

137
ANNEXE 4B. Liste de vérification des fournitures de laboratoire nécessaires aux
investigations
Pour des précautions de sécurité standard lors du prélèvement et de la manipulation des échantillons
_____ Savon pour se laver les mains
_____Eau de Javel pour désinfecter
_____Équipement de protection individuelle (gants, masques, blouses, etc.)
_____ Triple emballage et réfrigérant pour le transport des prélèvements
_____Boites de sécurité pour la collecte des fournitures et équipements contaminés
_____Équipement (poste de sécurité microbiologique)
Pour le prélèvement des échantillons destinés aux examens de laboratoire
Sang Liquide céphalo-rachidien (LCR)
_____ Aiguilles stériles, différentes tailles _____ Anesthésie locale
_____ Seringues stériles _____ Aiguilles et seringues pour anesthésie
_____ Récipients vide _____ Désinfectant antiseptique pour la peau
_____ Tubes pour sérum _____ Tubes sec et portoir
_____ Désinfectant antiseptique pour la peau _____ Boîte de lames pour
_____ Garrots microscope
_____ Tubes sec pour transport _____ Milieu de transport Trans-Isolate
_____Milieux de transport (Cary-Blair, Trans-Isolate,VTM) _____ Kit Latex
Frottis sanguins (paludisme) _____ Coloration de Gram
• Lancette stérile ou à usage unique _____ Kit May Grunwald Giemsa
• Lames et lamelles de verre
Selles
• Boîtes de lames _____ Pots à selles
Echantillons respiratoires _____ Ecouvillons rectaux
_____ Milieu de transport Cary-Blair
_____ Ecouvillons
_____ Milieu de transport pour virus Peste
_____ Kit pour coloration de Gram
_____ Test de diagnostic rapide (dipstix AgF1)
_____ Milieu de transport Cary-Blair
Si la FOSA est équipée d’une centrifugeuse
_____ Pipette stérile et poire
_____Tube stérile en verre ou en plastique, ou flacon avec bouchon à vis
Pour le conditionnement et l’acheminement de l’échantillon
____ Porte-échantillon avec accumulateurs congelés
_____ Mousse pour amortir les chocs pendant le transport
_____ Etiquettes pour l’expédition au laboratoire
_____ Etiquettes ‘Conserver au réfrigérateur’ à apposer sur l’emballage
_____ Formulaire d’investigation et ou fiche de laboratoire servant de bordereau d’expédition
_____ Marqueurs indélébiles ou stylo pour indiquer sur les tubes l’identification du patient (si assigné par le district)
Réactifs et fournitures pour le diagnostic
_____Réactifs
_____Milieu de transport (MacConkey, gélose de sang)
____ Autres
Équipement de protection individuelle (EPI) adapté (pour toutes les maladies à potentiel épidémique ou pandémique
comme les fièvres hémorragiques virales, la grippe aviaire, etc.)

Tout cas de fièvre nécessite d’effectuer un Test de Diagnostic Rapide du paludisme.

138
ANNEXE 4C. Liste des équipements de protection individuelle (EPI) Recommandés
Les équipements de protection suivants devront être mis à la disposition de tout le personnel
enquêtant sur un cas suspect de maladie hautement contagieuse ; exemple, la fièvre
hémorragique virale, la grippe aviaire, etc. (Voir la bibliographie pour les directives et choisir
les EPI à la fin de la section.) Ces équipements doivent être fournis par l’autorité sanitaire de
la région ou du DS au cas où les kits EPI seraient inadéquats. Les EPI devraient être disponibles
dans les régions ou districts identifiés comme étant une zone à haut risque de survenue de ces
maladies spécifiques. Voir l’annexe 5A pour le reste du matériel dont on peut avoir besoin
dans le cadre de la riposte à une épidémie suspecte.

Composition de l’EPI Kit d’hygiène de l’OMS

1 blouse chirurgicale 100 blouses chirurgicales

1 combinaison 100 combinaisons

1 coiffe 100 coiffes

2 paires de lunettes de protection 50 paires de lunettes de protection

1 paire de gants en caoutchouc 100 paires

1 masque N95 200 pièces

1 surbottes* 0

1 boîte de 50 paires de gants d’examen 800 paires de gants d’examen

1 tablier en plastique réutilisable 20 pièces

1 paire de bottes en caoutchouc 20 paires de bottes en caoutchouc

1 pulvérisateur à main 2 pulvérisateurs de 1,5 litre chacun

1 pulvérisateur à dos 1 pulvérisateurs à dos de 10-12 litres

Porte-échantillon

Rouleau de scotch 3 rouleaux

Antibuée pour lunettes de protection 3 bouteilles

Eau de javel

N.B: -Il est nécessaire de disponibiliser/Prépositionner les EPI par type de maladie ou
affection à fort potentiel épidémique (Maladie à Virus Ebola, COVID-19, grippe aviaire,
etc.) dans les régions et les DS
-Il est possible d’acheter localement l’eau de javel; il faut également acheter des sacs ziploc
pour la gestion des déchets des EPI.
* Non essentiel

139
ANNEXE 4D. Comment réaliser la revue des registres
1. Contexte
La revue des registres consiste à collecter les informations relatives aux cas admis dans la
FOSA pendant une période donnée. Les informations recueillies serviront à déterminer
l’origine de l’épidémie, la recherche des cas manqués ou de l’augmentation du nombre de cas.
On examinera :
• Les registres d’accueil et d’urgence
• Les registres de consultation
• les registres des services d’hospitalisation, ;
• les registres des grands hôpitaux de référence ou des centres hospitaliers universitaires
dotés de services de pédiatrie, qui reçoivent les patients référés par les autres FOSA ;
• les registres des FOSA environnantes desservant les zones reculées et les populations à
haut risque (par exemple, groupes nomades, réfugiés) ou des régions n’ayant pas de
services de soins réguliers.

2. Expliquer le but de la revue des registres au personnel de la FOSA


Expliquer aux responsables de la FOSA l’objectif de cette revue des registres. Les informations
recueillies vont aider le DS et la FOSA à déterminer l’action la plus appropriée pour limiter le
risque de propagation de l’épidémie et empêcher ainsi l’apparition de nouveaux cas. Insister
sur le fait que cette activité n’est pas destinée à évaluer la performance des personnels de santé,
mais à collecter des informations.

3. Organiser la procédure de revue des registres


Convenir d’une période pendant laquelle le personnel chargé des registres sera disponible pour
prêter son assistance ou répondre aux questions.

4. Identifier les sources d’information


Au cours de la visite, selon la maladie, l’affection ou l’évènement de santé publique faisant
l’objet de l’enquête, vérifier les registres hospitaliers des services de pédiatrie et de
consultations externes. Le registre hospitalier du service pédiatrique constitue une excellente
source d’information, car il comporte la liste de tous les enfants admis dans cette unité. Les
rapports récapitulatifs annuels ne sont pas toujours précis et les registres des services de
consultation externe ne reprennent souvent que des diagnostics présomptifs.
Passer en revue le système et les procédures utilisés par les personnels de santé pour noter dans
les registres les informations concernant le diagnostic. Vérifier que les données nécessaires
pour l’enquête sur un cas suspect sont disponibles. Le registre doit au moins comporter les
éléments suivants :
• nom, âge, sexe et adresse du patient ;
• signes et symptômes ;
• date du début des symptômes et le devenir (par exemple, date de décès, le cas échéant) ;
statut vaccinal, si la maladie le justifie.

140
Si la FOSA n’a pas conservé un minimum d’informations, il faudra voir avec les responsables
comment améliorer l’enregistrement des données.

5. Effectuer la revue des registres au jour et à l’heure fixés


Il faut se rendre dans les services sélectionnés au moment convenu. Au cours de la visite,
rechercher dans les registres, les cas et les décès qui répondent à la définition des cas de la
maladie investiguée. Ces cas et décès devront répondre à la définition standardisée de cas
suspects. Déterminer ensuite si les cas suspectés ont fait l’objet d’une investigation et ont été
notifiés conformément aux directives nationales.

6. Reporter sur une liste linéaire les cas suspects identifiés


Enregistrer l’information concernant les cas suspects. Cette information sera utilisée lors des
activités d’investigation des cas.

7. Faire un feedback au personnel des FOSA


Examiner avec le responsable de la FOSA les résultats de la revue des registres. Par la même
occasion, étudier avec le personnel de la FOSA tous les aspects de la prise en charge des
patients atteints de la maladie concernée. Souligner l’importance de la notification immédiate
et de l’investigation des cas comme outils de prévention pour les maladies et affections
prioritaires. Saisir l’occasion pour insister sur l’importance de la prévention et lutte contre les
infections et de l’utilisation d’un minimum d’EPI.

8. Notifier tous les cas suspects au niveau supérieur


Notifier les cas suspects conformément aux procédures locales. Faire une investigation plus
approfondie sur les cas, afin de déterminer les facteurs de risque de maladie. Elaborer une
riposte appropriée au cas par cas.

141
ANNEXE 4E. Liste linéaire
Nb : -La liste linéaire se fait en fonction des signes et symptômes majeurs de la maladie suspectée
- Cette liste linéaire peut être revue selon la maladie ou l’affection suspectée (COVID-19, Choléra, Monkey-Pox, MVE, Meningite, MEV, etc…)

Signes/ Prélèvem Résultat Devenir


Sexe Date de Signes/ Signes Hospital Lieu Facteur FOSA
N Nom & Village ou Age (en Date de début des ent de Traitem (décès,
SE DS AS Profession consultation Symptôm /Symptô Symptôm isation d’hospit s de ayant
° prénom quartier années) (M/F) symptômes effectué laborato ent reçu sortie,
à la FOSA es 1 mes 2 es 3 (O/N) alisation risque notifié
(O/N) ire évadé

142
ANNEXE 4F. Fiche d’enregistrement/Listage des contacts
Fiche d’enregistrement des contacts1________________________________________________________________________________
Patient Nom_____________________________________ Nombre de cas__________________________________________________
Village/quartier __________________________ Chef ou responsable communautaire ________________________________________
District/Ville ________________________________________ Région _____________________________________________________
Date d’apparition des symptômes _______________________ Hospitalisation/Notification dans la communauté __________________
Si hospitalisé, adresse de l’hôpital __________________________________Date de l’hospitalisation : ___________________________
Personnel de santé Types de Contact Date du
Relation avec le Sexe Contact Chef de Chef de Date du dernier
Nom Prénoms (Oui/Non) , Si oui, Âge (années) Village/ quartier District/Ville (1, 2 ou 3, faire une dernier Première visite Résultat
patient (M/F) téléphonique ménage communauté suivi
indiquer FOSA ? liste) contact

1Sont considérées comme contacts les personnes qui :


1. Ont dormi dans la même maison que le cas ;
2. Ont eu des contacts physiques directs avec le cas (vivant ou décédé),
3. Ont touché son linge ou ses liquides biologiques ;
4. Ont mangé ou touché un animal malade ou mort.

143
ANNEXE 4G. Formulaire de localisation des contacts (suivi)
Formulaire de suivi des contacts – par l’équipe du village ……………………………………… Nom du volontaire.................................................
Chef du village ……………………………………………………………ou responsable communautaire.........................................................................
District/Ville......................................................................................... Région .......................................................................................
Date du premier jour de suivi : ____/____/____________
Nom et prénom Téléphone Date du
Symptômes à Date du dernier jour de suivi : ____/____/_____________
ID du cas du contact à Age Sexe du contact dernier
suivre
suivre à suivre contact 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Symptôme 1
Symptôme 2
Symptôme 3
Symptôme 4
Symptôme 5
Symptôme 6
Symptôme 7
Symptôme 8
Symptôme 9
Symptôme 10
Autres
Prélèvement
‘oui/non)
Nb : -Le nombre de jours du suivi du contact dépend de la maladie et de la date du dernier contact avec le cas
- Ce formulaire de suivi de contact peut être revue selon la maladie ou l’affection (MVE, COVID-19, MEV, etc…)
Indicatif: X=présence de signes 0=absence de signes - = non vu

144
ANNEXE 4H. Types de triple emballage des échantillons pendant une épidémie

Source: [Link]

145
ANNEXE 4I. Exemple d’une étude analytique pour vérifier l’hypothèse
Dans le cadre d’une étude de cas visant à déterminer les expositions potentielles au choléra
en République centrafricaine, l’analyse comparative non ajustée indique que les personnes
qui mangeaient des feuilles de manioc froides (l’un des aliments de base dans la région
(rapport de cotes (OR) = 3,07 avec un intervalle de confiance à 95 % = 1,155; 8,163]; P = 0,020)
étaient plus à même d’avoir le choléra. Cette hypothèse était très plausible à P <0,05.
Intervalle de
Facteurs de risque Rapport de cote P valeurs
confiance à 95 %

Boire l’eau du fleuve Oubangui 1,16 [0,415 ; 3,239] 0,983

Boire l’eau vendue dans la rue 0,25 [0,027 ; 2,421] 0,422

Manger des feuilles de manioc froides 3,07 [1,155 ; 8,163] 0,020

Manger des feuilles de manioc chaudes 0,57 [0,090 ; 3,669] 0,900

Assister aux funérailles à partir de septembre 2011 0,56 [0,192 ; 1,643] 0,627

Se laver les mains après avoir utilisé les toilettes 0,85 [0,295 ; 2,493] 0,395

Ne pas manger chez soi 0,66 [0,259 ; 1,713] 0,206

Manger de la viande séchée 0,45 [0,184 ; 1,208] 0,062

Manger de la viande crue 0,41 [0,143 ; 1,228] 0,060

Manger du poisson fumé chaud 0,83 [0,328 ; 2,111] 0,354

Manger du poisson fumé froid 0,89 [0,360 ; 2,235] 0,410

Se laver les mains avant de manger 1,05 [0,318 ; 3,512] 0,466

Extrait tiré du site consulté


[Link]

146
ANNEXE 4J. Un exemple de profil de transmission
Prenons le scénario suivant, qui décrit une flambée de maladie respiratoire, pour laquelle
l’équipe d’investigation disposait d’informations sur 13 cas.

a) Le premier cas était un étudiant universitaire âgé de 25 ans, présentant les premiers
symptômes le 21 mars 2012. Il a été admis à l’hôpital public de Zarqa le 4 avril 2012 après
une semaine de toux, de fièvre et d’essoufflement. Une pneumonie et une péricardite
ont été diagnostiquées chez le patient, et il a été rapidement transféré à l’unité de soins
coronariens. Alors que son état s’aggravait, il a été transféré à l’hôpital Prince Hamzah
pour la suite du traitement ; le lendemain, il a été intubé aux soins intensifs et est décédé
le 25 avril 2012. L’équipe d’investigation a appris que pendant sa maladie, le patient était
en contact étroit avec sa mère (qui n’avait pas signalé de maladie) et deux agents de santé
(cas 2 et 3). Sa maladie a ensuite été confirmée en laboratoire comme étant le nouveau
coronavirus (3).
b) Le deuxième cas était un infirmier âgé de 30 ans de l’unité de soins intensifs de
l’hôpital de Zarqa. Ses symptômes ont débuté vers le 29 mars 2012. Il n’avait pas voyagé
ni été en contact avec des animaux au cours des 10 jours ayant précédé sa maladie, même
s’il a été en contact fréquent avec le premier cas survenu dans l’unité de soins intensifs.
Le 8 avril, le cas 2 a été admis aux soins intensifs de Zarqa avec essoufflement et
pneumonie. Il a ensuite été libéré sans séquelles de l’hôpital islamique le 23 avril. Le
patient était en contact étroit avec deux membres de sa famille, dont sa mère (cas 13) et
un homme qui n’a pas été malade (qui était également le frère du cas 3) (3)
c) Le cas 3 était une infirmière de l’hôpital de Zarqa, âgée de 40 ans, dont la maladie avait
été confirmée par un laboratoire après son décès. Ses symptômes ont commencé le 2
avril 2012 et elle a été admise à l’unité de soins intensifs de l’hôpital de Zarqa après avoir
contracté une pneumonie 7 jours plus tard. Elle a ensuite été transférée aux soins
intensifs de l’hôpital islamique où elle est décédée le 19 avril. Au cours de sa maladie, elle
était en contact direct avec 4 membres de sa famille, dont un autre frère tombé malade
10 jours après l’exposition (cas 9) et trois autres non affectés. Un mois avant sa maladie,
sa sœur était venue d’Arabie saoudite (3).
d) Le cas 4 était un médecin de sexe masculin âgé de 65 ans dont les symptômes de fièvre
et de fatigue ont débuté le 2 avril 2012 et se sont transformés en pneumonie. Le médecin
a choisi de rester à la maison pendant sa maladie et s’est rapidement rétabli. Il n’avait
pas voyagé ni été en contact avec des animaux dans les 10 jours précédant sa maladie.
Les membres de sa famille n’ont signalé aucune maladie (3).
e) Les cas 5 à 13 se sont produits au cours de la deuxième phase de l’épidémie, avec
l’apparition des symptômes entre le 11 et le 26 avril 2012. Tous sauf le cas 13, qui était la
mère du cas 2, ont eu un contact direct avec un ou deux des cas confirmés en laboratoire.
Aucun des personnels de santé n’a voyagé ni de contact avec des animaux. Ils ont signalé
qu’ils utilisaient uniquement des gants pour soigner les patients afin d’éviter de les
stigmatiser.

147
En se basant sur ces informations et sur une liste, un profil de transmission peut être conçu
comme suit :

Note: Extrait de «Scénarios d’études de cas de santé publique utilisés pour la formation de professionnels de la santé
publique. Études de cas développées dans le cadre de l’accord CDC/AFENET.» Transformer la surveillance de la santé
publique. (pages :
sous presse). Lieu: Elsevier

148
4.15. Références
1. Ministry of Health Liberia, National Technical Guidelines for Integrated Disease
Surveillance and Response, June 2016
2. Government of Sierra Leone. Ministry of Health and Sanitation. Technical Guidelines
for IDSR. April 2015
3. Détection précoce, évaluation et réponse lors d’une urgence de santé publique : mise en
œuvre de l’alerte précoce et réponse notamment la surveillance fondée sur les événements.
WHO/HSE/GCR/LYO/2014.4
4. Guide pour la surveillance fondée sur les événements. Région du Pacifique occidental
5. Un guide pour la mise en place d’un programme de surveillance et de lutte contre la
maladie sur la base communautaire. OMS, Groupe de prévention et de lutte contre les
maladies, 2014
6. République-Unie de Tanzanie, Ministry of Health and Social Welfare, National IDSR
guidelines, 2nd edition 2011
7. FETP Basic Course Curriculum (Modèle de la Tanzanie)
8. L’OMS met à jour ses directives relatives aux équipements de protection individuelle
pour la riposte au virus Ebola
9. Guide pour la sélection et l’utilisation des équipements de protection individuelle dans
les services de soins de santé. [Link]
10. [Link]/topics/disease_outbreaks/en/
11. OMS. Relevé épidémiologique hebdomadaire N° 51/52, 577-588, 19 décembre
2014 ([Link]
12. Modèles d’études épidémiologiques
[Link]

149
Section 5 : Se préparer à riposter aux épidémies et autres
évènements sanitaires

Cette section décrit comment :

• créer le Comité de Gestion des Urgences de Santé Publique


(CGUSP)
• mettre en place un Centre des Opérations d’Urgences de Santé
Publique (COUSP) ;
• constituer une Equipe d’Intervention et d’Investigation Rapide
(EIIR) ;
• élaborer un plan de préparation et de réponse aux épidémies et
urgences sanitaires ;
• constituer des stocks de réserve de médicaments, de vaccins, de
réactifs et de fournitures ;
• cartographier les risques d’épidémie et autres évènements
sanitaires.

150
Une Urgence de Santé Publique, épidémie ou évènement sanitaire, exige une riposte
immédiate.

Le District de Santé, les autorités régionale et nationale doivent donc être préparés à détecter
et à répondre à une telle situation ; c’est l’une de leurs missions essentielles. Pour cela, il faut
identifier les principaux membres du comité de gestion des urgences sanitaires, cartographier
les zones à risque et les ressources disponibles, estimer les besoins nécessaires et les combler.
Si tout ceci a été fait à l’avance, le système de santé sera capable de réagir promptement et
efficacement, pour minimiser les risques de décès et handicaps provoqués par les situations
d’urgence.

Cette section décrit les différentes étapes pour organiser les activités de préparation qui
doivent être mises en place dans le cadre du système de santé et qui pourront être guidées par
un plan de préparation et de réponse aux urgences. Cette section définit les rôles et
responsabilités des Comités de Gestion des Urgences de Santé Publique et des EIIR à tous
les niveaux de la pyramide sanitaire.

5.1. Créer un Comité de Gestion des Urgences de Santé


Publique
Les comités de gestion des urgences de Santé Publique (CGUSP) devraient être mis en place à
tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Ces comités de coordination, composés de membres
techniques et non techniques du secteur de la santé et des autres secteurs, devraient opérer à
leurs niveaux respectifs pour planifier et surveiller la mise en œuvre des plans d’urgence de
Santé Publique. Le CGUSP a pour rôle d’élaborer et de superviser la mise en œuvre de
stratégies, des plans d’action et des procédures de préparation aux situations d’urgence.

Ce comité donne des directives pour la mise en œuvre et le fonctionnement des COUSP, assure
la mobilisation des fonds et la supervision de ses opérations. C’est la structure stratégique de
gestion des urgences de Santé Publique.

5.1.1. Identifier les fonctions du Comité de Gestion des Urgences de Santé


Publique
Le CGUSP3 doit se réunir pour définir la stratégie globale de préparation et de réponse aux
situations d’urgence de Santé Publique à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Une fois ce

3
Les comités de gestion des urgences sanitaires doivent correspondre selon le cas aux comités d’arrondissement
ou départementaux de lutte contre les épidémies lorsque le district chevauche un ou plusieurs arrondissements

151
plan établi, le comité doit le réviser régulièrement et le mettre à jour en fonction de l’évolution
des évènements de Santé Publique. Les principales fonctions du CGUSP sont les suivantes :
- assurer la coordination de la gestion globale des activités de réponse ;
- coordonne l’élaboration un plan de préparation et de réponse globales
- fait le suivi et l’évaluation de la capacité de réponse en cas d’urgence de Santé
Publique ;
- établir la stratégie de communication et d’engagement communautaire ;
- mobiliser les ressources pour la prévention et le contrôle des situations d’urgence, avec
notamment la fourniture du matériel nécessaire à la riposte et à la communication ;
- mettre en place un mécanisme de suivi de l’utilisation des ressources avant, pendant et
après la situation d’urgence ;
- organiser régulièrement des exercices de simulation sur la gestion des situations
d’urgence à tous les niveaux de la pyramide sanitaire y compris dans la communauté ;
- coordonner la revue après action et prévoir la communication des résultats aux
populations affectées.

5.1.2. Identifier les membres du CGUSP


Le CGUSP doit être constitué des représentants des secteurs public, privé, des Partenaires
techniques et financiers, de la société civile et des Organisations Non Gouvernementales
(ONG).

Membres issus du secteur public au niveau du District de Santé :

• autorités administratives, Préfet/Sous-Préfet (Président) ;


• un responsable départemental /arrondissement du Ministère chargé de la défense
(gendarmerie, sapeurs-pompiers) ;
• un responsable départemental /arrondissement des forces de maintien de l’ordre ;
• l’autorité municipale (maire) ;
• le chef de district de santé;
• le responsable de la formation sanitaire de référence ;
• le responsable du laboratoire de la formation sanitaire de référence ;
• le chef de Bureau Partenariat ;
• un technicien de génie sanitaire ;
• un responsable départemental /arrondissement des ministères sectoriels de la santé etc.
• des membres issus d’organisations non gouvernementales menant des actions de Santé
Publique (ONG, OSC, OBC) ;

152
• un représentant des tradi-praticiens ;
• un représentant des structures de dialogue (COSA/COSADI)

Membres issus du secteur privé :

• un représentant des formations sanitaires privées ;


• un représentant des pharmaciens d’officine ;
• un Représentant d’institution de Recherche ;
• un Représentant de la Communauté des opérateurs économiques .

En cas de besoin, le Président du comité pourra faire appel à toute autre compétence jugée
nécessaire pour la gestion des urgences.

Dans le cadre de ses missions, le CGUSP est assisté par un Comité Technique.

5.1.3. Se réunir régulièrement avant et pendant les évènements sanitaires


En l’absence d’épidémie, le CGUSP doit :

- se réunir pour examiner les tendances des maladies et les mises à jour des étapes de
préparation adoptées;
- examiner le niveau de préparation au début de chaque saison épidémique (avant la
période d’augmentation des cas de méningite, par exemple) ;
- partager les conclusions et les recommandations issues de ces réunions avec les
autorités à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ;
- organiser des exercices de simulation pour tester les plans d’action.

Le COUSP, s’il est déjà créé servira de centre de coordination de ces activités.

Lors de la riposte à une épidémie ou à une situation d’urgence, le CGUSP doit :

- se réunir dès que l’épidémie ou l’évènement est identifié ;


- effectuer une analyse de la situation et déterminer le niveau de l’évènement ;
- activer le Système de gestion des Incidents et désigner le gestionnaire de l’Incident ;
- évaluer les besoins et, si nécessaire, demander l’assistance des EIIR ;
- se réunir quotidiennement au début de l’épidémie, puis chaque semaine pendant toute
la durée de la riposte, ou selon les besoins ;
- analyser régulièrement les résultats de la riposte y compris la situation des stocks et
prendre les mesures nécessaires pour améliorer les actions de lutte contre l’épidémie ;
- documenter les actions de riposte et en informer le niveau supérieur.

153
5.2. Rendre opérationnel le Centre des Opérations d’Urgences
de Santé Publique (COUSP)
5.2.1. Qu’est qu’un COUSP ?
Le COUSP est un cadre physique ou virtuel créé pour la coordination des informations et des
ressources afin de soutenir les activités de gestion des incidents dans le domaine de la Santé
Publique. Cette structure est un élément indispensable du dispositif de gestion des Urgences de
Santé Publique.

Le cadre de l’OMS pour un Centre des Opérations d’Urgences de Santé Publique


([Link] a été
élaboré pour accompagner les différents Etats dans ce processus. Au Cameroun, cette instance
s’appelle le Centre de Coordination des Opérations d’Urgences de Santé Publique (CCOUSP).
Cette structure a été mise en place par l’arrêté N 51/PM du 12 mai 2020 portant mise en place
du Centre de Coordination des Opérations d’Urgences de Santé Publique.

Pour être pleinement fonctionnel dans le cadre de son appui à la préparation et à la riposte aux
urgences, le CCOUSP devra développer les éléments essentiels suivants :

• les plans et procédures;


• le système d’information permettant de prendre des décisions en connaissance de cause,
la technologie et les infrastructures de télécommunication nécessaires pour une
communication en temps voulu ;
• les ressources humaines qualifiées.

Figure 14: Eléments essentiels d’un COUSP

154
Le CCOUSP doit :

- assurer la mise en œuvre des plans de riposte aux Urgences de Santé Publique ;
- élaborer , mettre en œuvre et actualiser le programme des exercices de simulation pour
la préparation de la riposte aux urgences de Santé Publique;
- préparer le système d’alerte, veille sanitaire et de réponse ;
- assurer la disponibilité immédiate des ressources nécessaires aux interventions
d’urgence de Santé Publique ;
- assurer le renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la gestion des urgences
de Santé Publique
- élaborer, diffuser et mettre en œuvre les procédures opérationnelles standardisées de
gestion sanitaire des urgences de Santé Publique ;
- veiller à l’approvisionnement d’urgence en matériel médico sanitaire ;
- assurer la liaison avec la protection civile en cas d’urgence de Santé Publique.
- servir de cadre de concertation et de coordination entre les acteurs nationaux et
internationaux impliqués dans la gestion des urgences de Santé Publique

Si les ressources sont disponibles, les régions et les DS devront disposer de CCOUSP dotés
d’installations de base.

Il est important d’élaborer/finaliser le plan des opérations d’urgences qui va définir comment
le CCOUSP va fonctionner et ses différentes interactions avec les acteurs intervenants dans les
urgences de Santé Publique. Il faut aussi un plan stratégique du CCOUSP qui va décrire la
vision du pays s’agissant de l’opérationnalisation des CCOUSP.

Pour une gestion optimale des situations d’urgence, le MINSANTE a adopté utilise le Système
de Gestion des Incidents (SGI) qui constitue le gold-standard en matière de gestion des
urgences de Santé Publique.

5.2.2. Qu’est-ce que le Système de Gestion de l’Incident (SGI) ?


Le SGI est une approche standardisée de gestion et de coordination de la réponse aux
évènements de Santé Publique par les parties prenantes impliquées dans la réponse. Cette
approche entièrement évolutive et adaptable permet d’offrir une assistance en matière de Santé
Publique. En outre le SGI décrit les rôles et responsabilités spécifiques des intervenants dans
un évènement de Santé Publique, et fournit un cadre multisectoriel permettant de travailler
ensemble et dans la transparence.

155
Dans le SGI, chaque personne se voit attribuer un rôle spécifique et suit une structure de
commandement définie. Le système peut être doté d’équipes supplémentaires d’experts en la
matière, d’analystes, de logisticiens et de personnel d’appui, en fonction de la situation. Ce
système est modulaire en fonction des besoins de la situation (voir Cadre de l’OMS pour une
Centre d’Opérations d’Urgence Santé Publique).

Les fonctions essentielles dans le SGI sont :

- la gestion pour la coordination globale de la réponse


- les opérations pour la mise en œuvre des activités tactiques liées à la réponse
- la planification pour la planification, suivi-évaluation des activités, la gestion des données
et la formation
- la logistique pour l’acquisition et le déploiement des ressources
- l’administration et les finances pour le suivi des dépenses, des paiements, et des services
administratifs

Figure 15:Les fonctions du SGI


La fonction gestion est assurée par un Gestionnaire de l’Incident comprend la liaison, la santé
et la sécurité ainsi que l’information publique. Les autres fonctions sont assurées par des
sections au sein desquelles on retrouve de nombreuses unités. Au cours de la gestion d’un
incident, toutes les fonctions doivent être prises en compte, mais il est possible de se passer de
certaines sections.

5.2.3. Quels sont les modes de fonctionnement d’un COUSP ?


Il existe 3 modes de fonctionnement d’un COUSP :

• Mode veille : mode pendant lequel le COUSP fonctionne avec un minimum de personnel
afin de mener les activités de routine telles que la Surveillance Fondée sur les Evènements.
En effet, le personnel de veille fait le triage des informations afin d’identifier les
déclencheurs (Informations Critiques Requises) qui peuvent aboutir à une activation.

156
• Mode alerte : mode pendant lequel le COUSP assure le suivi intensif d’un évènement, en
vue d’une éventuelle activation du SGI. L’EIIR peut être déployée sur le terrain pour une
évaluation approfondie de la [Link]ès souvent, le mode alerte implique une
augmentation de l’effectif du personnel et des activités. Ce mode aboutit généralement à
l’activation du SGI après la réunion d’évaluation préliminaire.
• Mode réponse : mode pendant lequel le COUSP oriente toutes ses activités de riposte vers
un incident ou évènement de Santé Publique spécifique. Le mode réponse requiert une
augmentation considérable du personnel et des activités ; le personnel est mobilisé dans
différentes administrations pour occuper les postes fonctionnels du SGI. C’est à ce mode
que le Gestionnaire de l’Incident et un plan d’action de l’incident est élaboré.

Il est important de signaler que le COUSP reste permanemment en mode veille.

5.3. Constituer une Equipe d’Intervention et d’Investigation


Rapide (EIIR)
L’Equipe d’Intervention et d’Investigation Rapide est une équipe technique multidisciplinaire
toujours disponible et prête à être mobilisée/déployée rapidement en cas d’urgence.

5.3.1. Définir les rôles et responsabilités de l’Equipe d’Investigation et


d’Intervention Rapide (EIIR)
Les rôles et responsabilités des EIIR sont :

• investiguer les rumeurs, les épidémies notifiées et autres urgences de Santé Publique ;
• proposer au CGUSP des stratégies appropriées et des mesures de lutte, notamment des
activités de communication autour des risques ;
• mettre en œuvre des interventions proposées dans le plan ;
• préparer des rapports d’investigation ;
• superviser, suivre et évaluer les activités ;
• participer aux activités du comité de gestion des urgences sanitaires ;
• participer à l’évaluation finale de la riposte.
• participer à des exercices de simulation.

157
5.3.2. Identifier les membres de l’Equipe d’Intervention et d’Investigation
Rapide
L’équipe d’Intervention et d’Investigation Rapide doit être composée de :

• Un épidémiologiste, ou un agent de Santé Publique ou un gestionnaire de données ;


• Un spécialiste de laboratoire ;
• Un clinicien selon l’évènement,
• Un spécialiste en santé environnementale ou en hygiène et assainissement ;
• Un vétérinaire ou un spécialiste de la faune sauvage ;
• Un expert en mobilisation sociale
• Et toute autre personne ressource, selon la disponibilité du personnel technique et du
type d’évènement constituant une urgence (infectiologue, administrateur, expert en
risque chimique ou industrielle, enquêteur, …).

5.4. Elaborer un plan de préparation et de réponse aux


épidémies et urgences sanitaires
L’objectif de ce plan consiste à renforcer les capacités du COUSP, aux différents niveaux de la
pyramide sanitaire, à réagir rapidement, dès la détection d’une épidémie ou autre évènement
de Santé Publique.

Ce plan doit :

- s’appuyer sur les évaluations complètes des risques et préciser les ressources
disponibles dédiées à la préparation et à la riposte aux épidémies ;
- tenir compte des maladies à potentiel épidémique à tous les niveaux ;
- fournir des estimations concernant la population à risque pour les maladies à potentiel
épidémique et autres urgences sanitaires ;
- indiquer clairement le laboratoire de référence chargé de la confirmation pour chaque
épidémie suspectée;
- estimer les besoins en médicaments, vaccins et fournitures, pour chaque maladie à
potentiel épidémique et urgences sanitaires susceptibles de survenir ;
- prévoir des exercices de simulation avant sa mise en œuvre ;
- inclure les procédures opérationnelles standardisées (POS) de renforcement des
capacités;
- intégrer la recherche opérationnelle sur les déterminants de santé .

158
Le plan de préparation doit intégrer les éléments suivants :

- une cartographie des risques et de vulnérabilité ;


- un plan de communication : définir des étapes de communication autour des risques, en
particulier à travers la mobilisation sociale ;
- les mesures d’intervention selon le type et le stade de l’évènement de Santé Publique ;
- les capacités de laboratoire : prélèvement, conditionnement, acheminement, analyse et
confinement des échantillons, diffusion des résultats ;
- Les directives de prise en charge psychologique, préhospitalière et hospitalière des
patients (traitement antimicrobien ou autres selon les besoins) ;
- les directives de PCI: identification des besoins et pré positionnement du matériel
(médicaments prophylactiques pré et post-exposition, décontaminants , désinfectants
ou autres selon le besoin) ;
- les stratégies de vaccination le cas échéant
- les mesures de contrôle rapide et mesures supplémentaires en cas d’échec
- les stratégies de renforcement des capacités des acteurs de terrain (formation, réunions
de sensibilisation et exercices de simulation)
- les indicateurs de suivi/évaluation de la réponse à l’épidémie ou à l’évènement de Santé
Publique ;
- Le mécanisme de mobilisation des ressources et les procédures de réallocation des
ressources pour soutenir la réponse.

5.5. Constituer des stocks de réserve de médicaments, de


vaccins, d’intrants et autres fournitures
Les épidémies et autres urgences de Santé Publique exigent une mobilisation rapide des
ressources (médicaments, vaccins, intrants et autres fournitures). Il est donc prudent d’établir
et de pré positionner des stocks de matériels avant la survenue d’une urgence.

Suite à l’évaluation des risques sanitaires, les DS doivent prévoir des stocks de médicaments,
vaccins, réactifs et fournitures permettant une prise en charge rapide des premiers cas, sans
attendre l’arrivée de l’aide des niveaux supérieurs. Ces stocks doivent être régulièrement et
soigneusement contrôlés, afin d’éviter les gaspillages, les ruptures de stocks et l’arrivée à
expiration. Les annexes en fin de cette section donnent des exemples d’outils permettant la
gestion de ces stocks.

159
Le contenu des stocks de réserve dépend de la nature des maladies à potentiel épidémique dans
le DS et des urgences de Santé Publique identifiées. L’évaluation des risques va donc permettre
de dresser une liste des matériels qui doivent être stockés au niveau du DS. On trouvera en
Annexe 5A une proposition de liste.

5.6. Gérer les stocks destinés à la réponse aux évènements de


Santé Publique
La gestion des stocks destinés à la réponse doit suivre les étapes ci-après :

- entretenir un approvisionnement fiable en fournitures et en matériels permettant de faire


face à tout évènement Santé Publique ;
- utiliser une check-list comme celle proposée en annexe 5b, afin de répertorier les stocks
des intrants et autres fournitures utilisables lors de la riposte ;
- s’assurer que les fournitures sont bien conservées et prêtes à être utilisées
périodiquement, par exemple tous les 3 mois ;
- estimer les fournitures nécessaires à la riposte, inventorier celles qui sont disponibles et
se procurer celles qui manquent, selon le niveau ;
- dresser la liste de ce dont on a besoin pour les activités de surveillance, les analyses de
laboratoire et la riposte aux maladies prioritaires et évènements de santé.
a. Formulaires
b. Fournitures, réactifs de laboratoires et autres intrants
c. Matériels de prise en charge des patients et d’intervention sur le terrain
d. Equipement de protection personnelle
- Faire un inventaire et noter la quantité de chaque article disponible.
- Compléter et mettre à jour régulièrement une fiche d’état du stock pour chaque article.
- Vérifier les dates d’expiration et emballer, expédier, stocker et disposer les fournitures
et les matériels conformément aux bonnes pratiques logistiques.
- Pour chaque article, définir la quantité minimale ou indispensable dont il faut disposer
pour les activités d’investigation ou de riposte. Tenir compte des capacités logistiques
et de la cartographie des risques pour définir ces quantités minimales.
- Contrôler l’état des stocks par rapport aux quantités minimales établies.
- Indiquer régulièrement l’état des stocks disponibles pour les évènements de Santé
Publique. Un exemple de fiche SIMR de mouvements et d’état du stock figure en
Annexe 5C.

160
5.7. Cartographier les risques d’évènements de Santé Publique
Les activités de préparation doivent être continues et régulièrement mises à jour. Elles
englobent l’évaluation des risques susceptibles d’affecter la santé de la population (dans la
zone géographique desservie par le DS) et peuvent ainsi concerner les sources d’eau
potable, les variations saisonnières, les mouvements des populations, les conditions
d’hygiène et assainissement, les risques d’émanation de gaz, les inondations, les élevages
domestiques, les glissements de terrain, les mauvaises méthodes de conservation des
aliments, etc.

Une fois tous les deux à trois ans par exemple, il faut mettre à jour la carte des risques ainsi
que l’analyse de la vulnérabilité. Il s’agit de renseignements utiles, eu égard aux fournitures,
moyens de transport et autres ressources nécessaires à la riposte.

La cartographie des risques doit s’étendre à tous les risques de Santé Publique spécifiés par
le RSI (2005), y compris les risques chimiques, zoonotiques, radiologiques et nucléaires.

161
5.8. Annexes à la Section 5

ANNEXE 5A Principales fournitures à stocker pour la riposte aux épidémies

ANNEXE 5B Rapport de situation du stock

ANNEXE 5C Fiche SIMR de mouvements et d’état du stock

ANNEXE 5D Mission du comité chargé de l’élaboration du plan de préparation et


de riposte aux épidémies

162
ANNEXE 5A Principales fournitures à stocker pour la riposte aux épidémies
Principales fournitures à stocker pour la riposte aux épidémies
Désinfectants,
Médicaments insecticdes et Fournitures Vaccins Équipement
rodenticides
Vaccins contre la méningite AC,
ACW135/ A, C, Y, W135, vaccin
Seringues
Ceftriaxone Désinfectants antiméningococcique conjugué PPE
autobloquantes
(MACV), vaccins
antiméningocciques conjugués
Vaccins contre le choléra Housses mortuaires
Ciprofloxacine 2 % Chlore Sérum antitétanique Seaux
Diazépam Eau de javel Moustiquaires Vaccin anti amaril Kit de camping
Équipement de
Doxycycline Hypochlorite de calcium protection individuelle Immunoglobuline antirabique Bougies
(voir annexe 4C)
Fournitures de
Autres vaccins, par exemple, vaccin
Médicaments de confort Crésol laboratoire (voir Ordinateur
contre la grippe
Annexe 4B)
Erythromycine Hypochlorite de sodium Conteneurs
Sondes nasogastriques
Pesticides 2,7 mm de diamètre, 38 Articles de cuisine
cm
Sondes nasogastriques
Cyperméthrine 5,3 mm de diamètre, 50 Diésel
cm
Sels de réhydratation orale Malathion Aiguilles et seringues Lampe frontale
Kit pour injections
Paracétamol Perméthrine intraveineuses GPS
(différentes tailles)
Pénicilline V Rodenticides Cuillères Lampe à kérosène
Pulvérisateurs (pompe
Liquides de réhydration: Brodifacom Lab: voir annexe 4b
et brumisateur)
Ribavirine Bromadione Lampes
Ringer lactate Cartes
Oseltamivir Kérosène
Téléphones
Feuilles plastifiées
Groupe électrogène
Radio
Pulvérisateur
NB: Une liste détaillée figure en annexe 4B

163
ANNEXE 5B Fiche de stock
Surveillance, préparation et riposte aux événements de santé publique :
Fiche de stock
Année :

Date d’évaluation (jour/mois/année) :

Période couverte par le rapport :

Site de l’évaluation:

Aire de Santé :

District :

Région :

Pays :

Balance
Stock initial Observations,
Quantité Stock Quantité (solde de
Article au début de décisions et
reçue total sortie stock
l’inventaire recommandations
disponible)

Titre, nom et fonction du responsable :

164
ANNEXE 5C. Fiche SIMR de mouvements et d’état du stock
ANNEXE 5D. Mission du comité chargé de l’élaboration du plan de préparation et de
riposte aux épidémies
Tâches Membres désignés au sein du comité

Structures de coordination désignées, y compris des comités

Cadre organisationnel des principaux acteurs et partenaires soutenant des


activités de santé (humaine, animale, environnementale, etc.), ainsi que des rôles
et des responsabilités
Épidémiologie et activités de surveillance, y compris la gestion de l’information sur
la santé

Définir les rôles et responsabilités des membres lors d’une épidémie


Développer la cartographie des risques
Mettre en place la chaine d’approvisionnement et de distribution en situation
d’urgence
Étapes pour mener à bien une stratégie de communication sur les risques, y
compris la mobilisation sociale
Actions opérationnelles en fonction des phases attendues de l’épidémie
Collecte, manipulation, transport, traitement et gestion de l’information sur les
échantillons de laboratoire
Gestion de cas, y compris traitements (antiviraux, antimicrobiens,
décontamination, désinfection ou autres, selon les indications), lutte contre les
infections, installations d’isolement, gestion d’un évènement entrainant un
lourd bilan humain
Traitement prophylactique avant et après et l’exposition à une infection

Stratégies de vaccination
Activités de confinement rapides et méthodes supplémentaires en cas d’échec du
confinement rapide
Soutien psychosocial pour toutes les personnes affectées, notamment les
membres de la communauté et les intervenants
Communication sur les risques et mobilisation sociale
Renforcement des capacités, y compris formation requise, réunions de
sensibilisation et simulation
Logistique, y compris les listes de fournitures

Environnement, eau et assainissement


Décontamination des patients et de l’environnement, y compris la gestion des
cadavres
Surveillance de l’épidémie ou de l’événement de santé publique

Mobilisation de ressources et procédures pour la réaffectation ou la mobilisation


des ressources en appui à la riposte
5.9. Référence
1. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2012 (WHO/HSE/GAR/ARO/2012.1;
[Link] consulté en
juin 2017).
2. Operational guidance on rapid risk assessment methodology. Stockholm: ECDC; 2011
([Link]
dology_Guidance.pdf, consulté en juin 2017).
3. Procédures opérationnelles standard, Observatoire africain de la Santé (AFRO SHOC).
Programme de surveillance et de riposte aux maladies Groupe de prévention et de lutte
contre les maladies, décembre 2014
4. Stratégie régionale africaine de l’OMS pour la sécurité sanitaire et les situations d’urgence
2016– 2020
SECTION 6 : RIPOSTE AUX ÉPIDÉMIES ET AUTRES
ÉVÈNEMENTS DE SANTÉ PUBLIQUE

Cette section décrit comment :

 Réunir le comité de gestion des urgences sanitaires


du District de Santé et choisir le mode de riposte
 Mobiliser les Equipes d’Ivestigation et
d’Intervention Rapide
 Mener les activités de riposte
 Transmettre régulièrement les rapports sur les les
évènements de Santé Publique
 Documenter la riposte
6.1. Aperçu sur la riposte aux épidémies et autres évènements
de Santé Publique
La surveillance intégrée et la riposte aux maladies consistent à utiliser les données pour des
interventions ou des actions de Santé Publique adéquates. Cette section décrit les différentes
étapes des interventions de riposte à suivre pour notifier une flambée de maladie et activer les
structures de riposte, mener une riposte de Santé Publique et donner des indications générales
pour les actions immédiates à mener en réponse aux principales causes de maladie, de décès et
de handicap. Les directives de l’OMS pour la riposte à des évènements de Santé Publique
d’origine chimique, biologique, radiologique et nucléaire sont annexées à la fin de cette section.

Lorsqu’une flambée de maladie, un évènement ou une situation grave de Santé Publique est
détecté, il faut mener une investigation pour en déterminer les causes, comme indiqué à la
section 4. Les résultats de l’investigation orienteront la riposte. Dans le cadre des programmes
de prévention et de lutte contre les maladies, les actions d’intervention menées sont pour la
plupart couronnées de succès : les campagnes de vaccination de masse quand il s’agit de
maladies évitables par la vaccination, le renforcement de l’aide alimentaire et de l’appui
nutritionnel pour les enfants souffrant de malnutrition, l’administration de médicaments contre
le paludisme, d’antibiotiques ou d’antiviraux, selon la maladie. Pour être efficaces, ces actions
doivent :

- être menées avec la participation de la communauté ;


- comporter un volet éducatif ;
- viser à changer les comportements dans la communauté.

Il est également important d’assurer une coordination efficace des activités de riposte, étant
donné que de nombreux acteurs ou parties prenantes seront impliqués dans ces activités. Il est
tout aussi important d’identifier à l’avance tous ces acteurs ou parties prenantes, y compris leurs
domaines d’activité, leurs rôles et responsabilités, en vue d’une riposte coordonnée lors d’une
épidémie ou de tout autre évènement de Santé Publique. Il s’agit là du rôle du Comité de
Gestion des Urgences de Santé Publique (défini à la section 5).

Quelle que soit la riposte spécifique recommandée, les niveaux central, intermédiaire
(Délégation Régionale de la Santé Publique) et opérationnel (District de Santé) doivent jouer
un rôle crucial dans le choix et la mise en œuvre de la riposte recommandée afin de préserver
la santé et le bien-être des communautés.

D’après le Règlement Sanitaire International (RSI, 2005), les Districts de Santé doivent être
impliqués dans la riposte aux évènements de Santé Publique d’origine infectieuse, zoonotique,
chimique, radiologique, nucléaire ou de sécurité alimentaire, et autres évènements d’origine
inconnue s’ils sont détectés.

6.2. Notifier une épidémie et activer les structures de riposte


6.2.1. Déclarer une épidémie et notifier à l’OMS
Une fois qu’un seuil épidémique est atteint au niveau du DS, le chef du District de Santé doit
en informer la Région, puis le niveau Central. Au niveau Central, le Point Focal National (PFN)
du RSI déterminera, sur la base de l’Instrument de Décision de l’annexe 2 du RSI, s’il s’agit
d’une potentielle Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI). Le PFN RSI
informera le Bureau régional de l’OMS. Ils alerteront ensuite les Districts de Santé proches
(Régions, le cas échéant) de l’épidémie pour s’assurer de la coordination des efforts de riposte.
Une fois la confirmation du diagnostic de laboratoire, le Ministre en charge de la Santé Publique
peut déclarer l’épidémie.

6.2.2. Activer les structures de riposte


Confère section 5

6.2.3. Tenir la réunion du comité de gestion des évènements d’urgence


de Santé Publique au niveau du DS
Lorsqu’une épidémie ou tout autre évènement de Santé Publique est confirmé, le président du
Comité de Gestion des Urgences de Santé Publique (autorité administrative locale) doit
convoquer une réunion pour évaluer les risques, mettre en place le dispositif de riposte et
décider de l’activation éventuelle du Système de Gestion des Incidents (SGI). (Voir à la section
5). Ensuite, il convient de suivre les étapes suivantes :

a) mobiliser les fonds pour la riposte à l’épidémie ou à l’évènement de Santé Publique ;


b) alerter les DS voisins à l’intérieur et à l’extérieur du pays sur l’épidémie. S’ils signalent une
épidémie similaire, coordonner les efforts de riposte avec eux. S’il existe déjà un cadre de
surveillance et de riposte transfrontalières avec un pays voisin, informer le DS voisin de ce
pays. Dans le cas contraire, le PFN RSI doit communiquer avec le PFN voisin pour
l’informer de l’évènement de Santé Publique. Cela facilitera la coordination de la riposte et
limitera la propagation de la maladie au-delà de la zone affectée ;
c) attribuer des responsabilités claires pour chacune des activités de riposte spécifiques pour
diriger le comité technique. (voir la section 5) ;
d) donner à l’équipe de riposte du DS et au personnel des Formations Sanitaires (FOSA)
concernées des indications ou une formation, mettre à leur disposition le stock de
fournitures nécessaire ;
e) passer en revue les ressources disponibles comme indiqué dans le plan de préparation et
déterminer s’il faut des ressources supplémentaires. Prendre en compte par exemple :
i. les ressources humaines qui peuvent être mobilisées pour gérer l’épidémie;
ii. les financements disponibles pour soutenir les activités de riposte;
iii. les ressources matérielles ; par exemple, véhicules et carburant, téléphones ;
f) demander des stocks d’urgence constitués de : Equipements de Protection Individuelle
(EPI), matériel de désinfection, les médicaments et autres fournitures médicales
nécessaires, tels que des kits de transport d’échantillons…
g) prévoir un laboratoire pour le diagnostic en vue de la confirmation des agents pathogènes
responsables des épidémies. Si le DS n’a pas la capacité de collecter, conditionner et
acheminer les échantillons en toute sécurité, il faut contacter le laboratoire de référence
pour obtenir de l’aide. Si l’acheminement de l’échantillon vers le laboratoire de référence
est difficile, il faut envisager l’utilisation des kits de diagnostic rapide ou tout autre système
de diagnostic au point de traitement, s’ils sont disponibles ;
h) mobiliser les moyens logistiques (déplacements de l’EIIR, hébergement, communication,
autres équipements essentiels) pour les DS et la communauté ;
i) si l’approvisionnement n’est pas possible localement :
i. contacter le niveau régional et éventuellement le niveau central pour leur
demander un appui ;
ii. collaborer avec d’autres services, organisations non gouvernementales ou
pharmacies/laboratoires privés de la région ;
iii. identifier les produits de substitution pratiques et bon marché.
6.2.4. Mettre en œuvre la réponse du secteur santé : Activer le Système
de Gestion des Incidents (SGI)
En 2014, l’OMS a recommandé aux pays membres la mise en place de Centres des Opérations
d’Urgence de Santé Publique. Le Cameroun a mis en place le CCOUSP et aadopté le modèle
SGI pour la gestion des Urgences de Santé Publiqueau niveau national. Il est aussi prévu la
mise en place des démembrements du CCOUSP aux niveaux intermédiaire (DRSP) et
opérationnel (DS) pour la mise en œuvre des activités de réponse.

Lorsqu’une épidémie ou tout autre évènement de Santé Publique est suspecté dans un DS, le
SGI est mis en alerte et une fois confirmé, une évaluation préliminaire de la situation permettra
de ressortir les Informations Critiques Requises (ICR) afin d’apprécier la situation. A l’issue
de cette évaluation, l’activation du SGI peut être décidée par l’autorité compétente. Le niveau
d’activation du SGI est choisi en fonction de critères bien définis (confère POS sur l’activation
du COUSP). En fonction de l’ampleur de la situation, le SGI régional ou central pourrait être
activé.

Une fois le SGI activé :

- un Gestionnaire de l’Incident est désigné en fonction de ses compétences sur le type


d’évènement et de ses capacités à mobiliser les ressources diverses pour la gestion de
l’évènement ;
- les responsables des bureaux, les chefs de Sections, les chefs d’Unités ainsi que les
membres des différentes équipes sont identifiés et formellement désignés;
- le Gestionnaire de l’Incident définit les objectifs de la réponse et la période opérationnelle ;
ous la coordination du chef de la section planification, le Plan d’Action de l’Incident (PAI)
est élaboré et comporte les éléments suivants :
o les objectifs de la réponse et la période opérationnelle ;
o la liste des responsables de l’équipe de réponse et l’organigramme ;
o l’hypothèse de planification ;
o les axes stratégiques, actions et activités prioritaires de la période opérationnelle ;
o les ICR ;
o les facteurs pouvant déclencher une modification du niveau de réponse ;
o la fréquence des réunions de coordination de la réponse ;
o les parties prenantes et partenaires de la réponse ;
o la fréquence d’élaboration des rapports de situation ;
o les considérations sur la santé et la sécurité de l’environnement…

Lorsque les objectifs de la réponse sont atteints, le Gestionnaire de l’Incident décide de la


désactivation du SGI.
6.3. Mobiliser les EIIR pour une action immédiate dans les
situations d’urgence de Santé Publique
Les EIIR sont des équipes pluridisciplinaires prêtes à intervenir 24h/24, 7j/7. Elles sont
membres de la section opération et sont la main ouvrière de la riposte. De ce fait, les EIIR
doivent avoir été identifiées et formées pendant la phase de préparation à la riposte afin
d’assurer la maitrise des concepts de base des interventions. La composition d’une EIIR dépend
du type d’affection ou de l’évènement, de son ampleur et des moyens disponibles pour le
déploiement. Se référer à la Section 5 de ce guide pour les recommandations concernant la
composition des EIIR, leurs rôles et leurs responsabilités ainsi que lesPOS de leur déploiement.

6.4. Identifier et mener les activités appropriées de riposte aux


épidémies et autres évènements de Santé Publique
L’analyse des résultats de l’investigation et l’interprétation des données fournies par l’EIIR
permettront de sélectionner les activités de riposte appropriées, afin d’endiguer l’épidémie ou
autre évènement de Santé Publique confirmé. Quelles que soient les causes spécifiques de
l’épidémie ou de l’évènement de Santé Publique, la réussite de la riposte dépend de l’efficacité
du système de gestion de l’information sanitaire et de la mise en œuvre de stratégies de riposte
au sein du SGI. Les stratégies de riposte sont choisies par le Gestionnaire de l’Incident sur la
base des résultats de l’analyse de risque effectuée et des priorités du CGUSP. Ces stratégies
varient en fonction du type d’évènement de Santé Publique et sont matérialisées dans le Plan
d’Action de l’Incident (PAI). Globalement les axes stratégiques de réponse sont :

a) la coordination générale ;
b) la gestion des cas, la Prévention et Contrôle des Infections (PCI) ;
c) la logistique et la gestion de la chaîne d’approvisionnement ;
d) la surveillance de laboratoire ou le diagnostic et l’épidémiologie ;
e) la mobilisation sociale et la communication sur les risques ;
f) la vaccination réactive ;
g) l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) ;
h) la lutte contre les vecteurs pathogènes.

Se référer à la section 11 et aux directives nationales spécifiques à une maladie pour


sélectionner les activités de riposte, notamment :

- des mesures testées pour prévenir les décès ou les handicaps évitables dus à des causes
spécifiques ;
- un ensemble d’activités permettant de contrôler le problème à court terme et de réduire le
risque de persistance de la transmission à long terme grâce à des activités de prévention ;
- la participation de la communauté, des FOSA et du personnel du DS ;
- la participation d’autres parties prenantes clés appartenant à des organisations privées, des
entités commerciales, des guérisseurs traditionnels, des associations de vendeurs de denrées
alimentaires et d’autres personnes capables d’influencer les activités de riposte.

6.4.1. Renforcer la prise en charge des cas et la Prévention et Contrôle


des Infections (PCI)
Il s’agit de prendre des mesures pour aider à améliorer les pratiques cliniques dans le District
de Santé. Voir les recommandations, en annexe 6A et à la section 11 pour le traitement des cas
de différentes maladies pendant une épidémie et autres évènements de Santé Publique. Il s’agit,
notamment de :

a) former et outiller le personnel de santé au niveau des DS pour appliquer ces mesures ;
b) s’assurer que les cliniciens reçoivent bien les résultats de la confirmation du laboratoire,
si nécessaire ;
c) veiller à ce que le personnel de santé enregistre tous les patients dans un registre
standard facilement identifiable et sur une liste linéaire ;
d) assurer la mise en œuvre des plans de gestion d’afflux massif de patients préalablement
élaborés dans la phase pré-épidémique par les responsables de chaque FOSA ;
e) fournir des Procédures Opérationnelles Standards de la PCI conformes aux directives ;
f) mettre en œuvre les mesures de PCI visant à réduire les risques, à savoir :
i. mettre en place un service de tri et d’isolement pour les maladies contagieuses
(Ebola, choléra, SRAS, etc.). Voir à l’annexe 6H un plan pour le centre de
traitement du choléra ;
ii. s’assurer que le personnel de santé bénéficie des mesures de sécurité et de
protection individuelle contre les maladies infectieuses ;
iii. veiller à la mise en place de pratiques sûres et à la protection du personnel non
soignant (personnel d’appui, agents de sécurité, personnel d’entretien, personnel
administratif) ;
iv. évaluer et s’assurer du respect des normes WASH dans les FOSA ;
v. superviser le traitement des EPI et autres matériels souillés ;
vi. assurer le respect des normes de biosécurité et de bio-sûreté pour la
manipulation des animaux (fermes, marchés, etc.) ;
g) veiller à ce que les médicaments et les intrants de prise en charge nécessaires soient
disponibles ;
h) s’assurer que les protocoles de traitement appropriés sont disponibles.
6.4.2. mettre à jour les POS pour le système de référence et de contre référence des
[Link] les capacités du personnel de riposte

Il faut donner au personnel de riposte la possibilité de s’informer et de mettre à jour ses


connaissances concernant les définitions de cas de maladie ou autre évènement de Santé
Publique, les procédures de gestion de cas, le processus de notification et les données à fournir.
Il est essentiel que les membres de l’EIIR disposent d’Equipements de Protection Individuelle
et connaissent les pratiques de PCI. En cas de survenue d’une maladie nécessitant une
vaccination, il faut vérifier que les membres de l’EIIR ont leur vaccin à jour.

Pour renforcer les capacités du personnel de santé et de l’EIIR :

a) donner des indications claires et concises aux personnels participant aux actions de
riposte ;
b) choisir les thèmes à traiter lors des formations. Il faut mettre l’accent sur la prise en
charge des cas et sur la PCI et ce, conformément aux recommandations spécifiques à
cette maladie ; par exemple :
- algorithmes de prise en charge des cas ;
- amélioration des précautions standards (utilisation d’eau propre, élimination des
objets tranchants) ;
- mesures barrières (utilisation des EPI, etc) ;
- mesures d’isolement ;
- enterrement digne et sécurisé;
- élimination des carcasses d’animaux en toute sécurité ;
- autres thèmes jugés nécessaires comme les compétences en matière de
counseling, etc.
c) orienter et former :
- orienter ou réorienter la formation de tous les acteurs de la chaîne de réponse en
fonction des priorités et de l’évènement ;
- en situation d’urgence, on manque souvent de temps pour une formation
conventionnelle. On donnera donc une formation sur le tas, en fonction des
besoins, en s’assurant que les facilitateurs pourront suivre les apprenants lors de
la pratique ;
- évaluer la performance des apprenants et vérifier les compétences, si nécessaire.

6.4.3. Renforcer la surveillance durant les activités de riposte


Lors de la riposte à une épidémie, le personnel de santé de toutes les Formations Sanitaires doit
rester vigilant quant à la surveillance de la maladie ou des évènements de Santé Publique, en
gardant le contact avec l’Agent de Santé Communautaire ou toute personne désignée comme
point focal de la communauté. Par exemple, les membres des EIIR et le personnel de santé
affectés dans les Formations Sanitaires doivent :
a) rechercher d’autres personnes ayant contracté la maladie en question et les orienter vers
les Formations Sanitaires agréées, les centres de traitement ou, si nécessaire, mettre le
ménage en quarantaine et prendre en charge le patient à domicile, en veillant à ce qu’il
ait accès à la nourriture, à l’eau, aux produits de première nécessité (savon, chlore, bois
de chauffage, médicaments, serviettes hygiéniques, etc.) ;
b) échanger à temps les informations de laboratoire avec l’équipe ;
c) mettre à jour les listes linéaires, analyser les données en fonction du temps-lieu-
personne ;
d) surveiller l’efficacité des activités de riposte à l’épidémie ;
e) produire un rapport journalier au début de l’épidémie ; au fur et à mesure que l’épidémie
progresse, l’équipe de gestion du DS pourra décider d’en modifier la fréquence ;
f) rechercher activement les contacts et faire leur suivi si nécessaire (se référer à la section
4 qui traite de la définition et de la recherche d’autres cas.)

6.4.4. Renforcer la surveillance avec les Districts de Santé voisins


Pendant les activités de riposte, il est important de collaborer étroitement avec les DS voisins
pour limiter la propagation de l’épidémie. Il faut partager les informations et planifier
conjointement les activités de surveillance et de riposte.

Il est tout aussi important de mettre en place des comités transfrontaliers de surveillance et de
riposte aux maladies, qui serviront de plateforme pour le partage des données de surveillance,
des informations épidémiologiques et autres informations connexes au cours de l’épidémie. Le
comité devrait être composé de membres des deux DS voisins, à savoir :

a) le point focal surveillance ;


b) le responsable des services de laboratoire ;
c) le responsable de l’hygiène et de l’assainissement ;
d) le responsable de la santé environnementale ;
e) le responsable des Formations Sanitaires ;
f) le responsable de la santé animale ;
g) les agents de l’émiimmigration de la zone ;
h) le responsable des Forces de Maintien de l’Ordre (FMO).

En fonction du type d’évènement, d’autres membres peuvent également intégrer le comité.

Le comité transfrontalier se réunira dès qu’une urgence de Santé Publique est identifiée (puis
toutes les semaines ou toutes les deux semaines) etcontinuera de tenir des réunions
trimestrielles de routine au cours de la période inter épidémique. Ceci dans le but d’examiner
les tendances en termes de maladies, d’autres systèmes d’alerte précoce et le niveau de
préparation des DS.
6.4.5. Faire participer la communauté aux activités de riposte
Les Agents de Santé Communautaire (voir la définition à la section Introduction) peuvent être
les premiers à intervenir et prendre des mesures afin de rendre la situation la plus rassurante
possible pour la communauté. Certaines des actions à mener sont les suivantes :

a) impliquer et informer les responsables communautaires en leur fournissant des informations


sur la situation et les actions pouvant être menées pour atténuer la situation ;
b) fournir les premiers secours et informer le personnel soignant ;
c) tenir les personnes loin d’une zone « à risque » (source d’eau potentiellement contaminée)
;
d) isoler avec respect toute personne présentant les symptômes d’une maladie potentiellement
infectieuse en accordant une attention particulière aux sensibilités culturelles ;
e) mettre les animaux en quarantaine, fermer les marchés, etc. ;
f) éduquer la communauté sur les actions spécifiques qu’elle peut prendre pour se protéger ;
g) s’engager dans la promotion de la PCI et de l’hygiène en coordonnant tous les efforts visant
à rendre disponibles les matériaux/infrastructures pour la PCI et l’hygiène ;
h) identifier les canaux locaux efficaces pour la transmission des informations à la
communauté ;
i) organiser des campagnes de porte-à-porte avec des personnes de confiance pour atteindre
chaque foyer de la zone affectée afin d’enrayer la propagation de la maladie et d’encourager
les personnes ayant été exposées à l’évènement ou qui sont suspectes, à se présenter
spontanément à l’hôpital pour obtenir des traitements appropriés.
j) faire participer les membres de la communauté non seulement en tant qu’acteurs à même
de résoudre les problèmes, mais également en tant que bénéficiaires.

6.4.6. Informer et éduquer la communauté


La communication efficace sur les risques est un des éléments essentiels de la gestion des
évènements de Santé Publique. Il s’agit d’une activité transversale qui peut avoir un impact sur
d’autres aspects techniques de la riposte, tels que le WASH, la vaccination, la surveillance à
base communautaire, etc. Il est également essentiel de créer un climat de confiance entre les
premiers intervenants et la communauté. Lorsqu’un risque réel ou potentiel menace la santé de
la population, il se peut que les options de traitement soient limitées, que l’organisation de la
riposte prenne du temps et que les ressources soient insuffisantes. Par conséquent, le partage
des directives est un moyen efficace de gestion de ce risque dans le domaine de la Santé
Publique.

Il faut tenir le public informé pour apaiser ses craintes et encourager sa collaboration dans le
cadre des activités de riposte. De plus, il faut développer des messages éducatifs destinés à la
communauté, pour l’informer des symptômes permettant de reconnaître la maladie, de prévenir
sa transmission et de savoir à quel moment il faut consulter les services de soins pour un
traitement. Ces activités de communication avec la communauté doivent débuter dès
l’identification de l’épidémie ou de l’évènement de Santé Publique. Il faut également identifier
les groupes communautaires, les ONG locales ou les équipes de sensibilisation pouvant aider à
recueillir des informations et à relayer les messages. Il faut s’assurer de la cohérence du contenu
des messages entre tous les messagers (chefs communautaires, personnel de santé, chefs
religieux, etc.).

Les éléments suivants doivent être pris en compte pour une communication efficace sur les
risques :

a) décider de ce qu’il faut communiquer en se référant aux recommandations spécifiques à


chaque maladie à la section 11. Il faut veiller à inclure les informations suivantes :
- signes et symptômes de la maladie ;
- moyen de traitement de la maladie à domicile, si un traitement à domicile est
recommandé, et mode de préparation des produits désinfectants ;
- comportements préventifs faciles à appliquer et susceptibles d’empêcher la
transmission de la maladie ;
- moments opportuns pour se rendre à la FOSA pour un bilan ou un traitement ;
- recommandations concernant la vaccination, le cas échéant.

Dans le même temps, il faut continuer la collecte d’informations nécessaires pour confirmer et
gérer les rumeurs qui circulent.

b) déterminer la manière de formuler le message. Il faut s’assurer que les messages :


- utilisent la terminologie locale ;
- sont culturellement appropriés ;
- sont clairs et concis ;
- s’appuient sur les traditions locales ;
- prennent en compte les croyances relatives à la maladie.

NB : il faut vérifier la véracité des messages provenant de sources similaires avant leur
diffusion. Des exemples de messages d’éducation communautaire se trouvent à la fin de cette
section (annexe 6F).

c) Choisir les moyens de communication appropriés et disponibles dans le DS. Par exemple :
- les moyens de communication de masse (radio, télévision, journaux) ;
- les réunions avec le personnel de santé, la communauté, les chefs religieux, les
leaders d’opinion et responsables politiques ;
- le matériel pédagogique et de communication (affiches, brochures) ;
- les présentations multimédias (films, vidéos, ou diapositives commentées) dans les
marchés, dans les centres de santé, les écoles, auprès des groupes de femmes, autres
associations communautaires, organismes prestataires de services, et dans les
centres religieux ;
- les médias sociaux (Facebook, Twitter, WhatsApp, etc.) ;
- les troupes théâtrales/groupes de théâtre communautaires ;
- les systèmes de sonorisation ;
- les sites web d’entreprise/d’institutions ;
- les abonnements e-mail/SMS.
d) transmettre les messages d’éducation sanitaire aux groupes communautaires et aux
organismes prestataires de services en leur demandant de les diffuser lors de leurs réunions ;
e) transmettre les messages d’éducation sanitaire aux responsables communautaires de
confiance et respectés en leur demandant de les diffuser au sein de la communauté.
- une personne désignée par le Ministère de la Santé devrait servir de porte-parole. Il
faut communiquer aux médias le nom du porte-parole et préciser que toutes les
informations relatives à l’épidémie seront transmises par cette personne.
- Il faut communiquer les informations aux médias uniquement par l’intermédiaire
du porte-parole pour que la communauté reçoive des informations claires et
cohérentes.
f) les chefs des DS et les Délégués Régionaux de Santé Publique doivent rencontrer
régulièrement les responsables locaux pour communiquer sur :
- des informations fréquentes et actualisées sur l’épidémie et la riposte ;
- des messages de santé clairs et simples à l’intention des médias ;
- des instructions claires du COUSP aux médias concernant les messages et
informations d’éducation sanitaire.

6.4.7. Mener une campagne de vaccination de masse


Il faut collaborer avec le responsable du Programme Elargi de Vaccination (PEV) pour mener
une campagne de vaccination de masse, si nécessaire. Un microplan pour la campagne de
vaccination de masse doit être élaboré ou mis à jour dans les plus brefs délais. En effet, la
promptitude est essentielle pour les vaccinations d’urgence, compte tenu des délais nécessaires
pour l’approvisionnement et la distribution des vaccins.

Déterminer la population cible à vacciner sur la base du profil épidémiologique dressé à l’issue
de l’enquête épidémiologique (consulter les normes et standards du PEV au sujet des
recommandations spécifiques à l’administration des vaccins).

Deux fiches de travail intitulées « Planification d’une campagne de vaccination de masse » et


« Évaluation des stocks de vaccins pour les activités de vaccination » se trouvent à la fin de
cette section, respectivement aux annexes 6C et 6D. L’annexe 6E décrit les pratiques de
vaccination recommandées pour les campagnes de vaccination.

6.4.8. Améliorer l’accès à l’eau potable

Les récipients d’eau potable peuvent être des vecteurs de propagation des épidémies,
notamment le choléra, la typhoïde, les maladies à shigella, et les hépatites A et E. Il faut
s’assurer que la communauté dispose d’un approvisionnement suffisant en eau potable pour la
consommation et autres usages. Le tableau ci-dessous présente les besoins quotidiens en eau
par personne en situation non épidémique. En période d’épidémie, en particulier lors des
épidémies de maladies diarrhéiques, les besoins en eau sont beaucoup plus importants.

Tableau 8: Besoins quotidiens en eau par personne

Besoins quotidiens en eau par personne*

Situation non
Lors d’une épidémie de maladies diarrhéiques
épidémique

A domicile 20 litres par jour 50 litres

Dans un établissement 50 litres dans les services d’hospitalisation, 100


40 à 60 litres par jour
de soins litres en chirurgie, 10 litres en cuisine

*Santé des réfugiés. Une approche des situations d’urgence. Médecins sans Frontières, 1997. MacMillan.

L’eau potable comprend :

a) l’eau chlorée canalisée ;


b) l’eau de boisson saine obtenue par chloration au point d’utilisation ;
c) l’eau provenant de sources protégées (tels que des puits fermés avec un couvercle, l’eau de
pluie collectée dans un récipient propre) ;
d) l’eau bouillie provenant de n’importe quelle source.

Si pendant une situation d’urgence, aucune source d’eau potable locale n’est disponible, il est
nécessaire de faire venir de l’eau de l’extérieur. Pour s’assurer que les familles disposent d’eau
potable à domicile (même si la source est sûre), procéder comme suit :

a) éduquer la communauté sur la façon de conserver l’eau potable à domicile. Se référer à


l’annexe 6F pour des exemples de messages destinés à la communauté et des indications
pour la conservation et la purification de l’eau potable à domicile ;
b) donner des récipients conçus pour prévenir la contamination de l’eau. Par exemple, des pots
avec des ouvertures étroites dans lesquelles les utilisateurs ne peuvent pas contaminer l’eau
en introduisant la main ;
c) s’assurer que les points d’élimination des déchets, y compris les matières fécales, soient
situés à au moins 30 mètres des sources d’eau.
6.4.9. Assurer l’élimination des déchets potentiellement infectieux dans
la communauté

Il faut assurer une élimination sûre des excréments humains afin d’éviter les infections
secondaires dues au contact avec des substances contaminées :

a) affecter des équipes à l’inspection des zones locales en vue de l’élimination des déchets
humains et animaux. Les pratiques sûres incluent l’élimination des matières fécales dans
une latrine ou leur enfouissement dans le sol à une distance de plus de 10 mètres de la
source d’eau ;
b) informer la communauté s’il s’avère que les pratiques utilisées, telles que la défécation à
l’air libre, comportent des risqueset faire construire des latrines adaptées aux conditions
locales avec la coopération de la communauté ;
c) mener des activités d’éducation communautaire efficace sur les pratiques d’hygiène et
d’assainissement.

6.4.10. Améliorer les pratiques de manipulation des aliments

On s’assurera qu’à domicile, dans les restaurants, dans les magasins de vente d’aliments et dans
les usines, les aliments sont manipulés en toute sécurité. Se référer aux normes et procédures
nationales établies pour la manipulation et la transformation des aliments.

Pour assurer une bonne hygiène alimentaire, il convient de prendre les mesures suivantes :
a) organiser des sessions d’éducation communautaire sur les pratiques d’hygiène alimentaire
à l’intention du grand public et des acteurs de l’industrie alimentaire ;
b) inspecter les restaurants, les vendeurs de denrées alimentaires, les usines de
conditionnement d’aliments et autres sites pour évaluer les pratiques de manipulation des
aliments, en attachant une attention particulière à l’hygiène telles que le lavage des mains,
la propreté et le respect des normes nationales ;
c) fermer les restaurants, les lieux de vente ou les usines si l’inspection révèle des pratiques
non sécurisées de manipulation des aliments ;
d) renforcer si nécessaire les contrôles nationaux pour la sécurité alimentaire.

6.4.11. Réduire l’exposition aux risques infectieux ou environnementaux

Il faut prendre des mesures pour réduire l’exposition aux risques ou aux facteurs contribuant à
l’épidémie ou à l’évènement de Santé Publique. Il peut s’agir d’agents chimiques, physiques
ou biologiques. Les exigences techniques pour réduire l’exposition seront déterminées en
fonction de la politique nationale et en collaboration avec ceux qui ont de l’expérience dans ces
domaines. Ainsi, l’exposition aux métaux lourds (par exemple, le plomb) associée à la
profession ou à une pollution industrielle nécessitera une coordination entre plusieurs
ministères et partenaires. L’éducation et les actions visant à modifier les habitudes peuvent
aider la communauté à adopter des comportements permettant de limiter l’exposition à des
produits chimiques et autres risques.

Pour les maladies à transmission vectorielle, il faut travailler avec des experts, tel qu’un
entomologiste, pour identifier les interventions appropriées permettant de réduire l’exposition
aux vecteurs (par exemple, le moustique Anophèle). Il faut également travailler avec le
programme de lutte contre le paludisme au niveau du District de Santé pour :

a) promouvoir la pulvérisation intra-domiciliaire ;


b) sensibiliser la communauté à l’utilisation appropriée des moustiquaires et à la prévention
des piqûres de moustique du crépuscule à l’aube ;
c) promouvoir l’utilisation de moustiquaires imprégnées et d’autres produits traités avec un
insecticide disponible localement (moustiquaires de lit, couvertures, vêtements, draps,
rideaux, etc.) ;
d) encourager la propreté de l’environnement (par exemple, drainer l’eau stagnante, nettoyer
les buissons, etc.).

Il faut promouvoir la prévention des maladies transmises par les rongeurs (qui peuvent être
infestés de puces porteuses de la peste) en aidant les habitants du District de Santé à réduire
leur exposition à ces animaux. . Il faut travailler avec le responsable de la lutte antivectorielle
du DS pour encourager la communauté à :

a) éviter le contact avec l’urine, les excréments et autres sécrétions des rongeurs ;
b) couvrir les aliments et l’eau conservés à domicile afin d’éviter toute contamination par les
rongeurs ;
c) garder la maison et la cuisine propres et en ordre afin d’éviter que les rongeurs ne viennent
y nicher ;
d) utiliser de manière appropriée les produits chimiques (insecticides, rodenticides, larvicides,
etc.) et les pièges, en fonction des conditions environnementales et entomologiques ;
e) éduquer la communauté sur la protection individuelle pour réduire l’exposition.
6.4.12. Assurer la manipulation et l’enterrement digne et sécurisée des
dépouilles mortuaires

La gestion des corps est essentielle pour lutter contre la propagation des maladies infectieuses.
Les fièvres hémorragiques virales, le choléra, la COVID-19 et les décès inexpliqués dans des
circonstances suspectes exigent une manipulation minutieuse des dépouilles mortuaires. A cet
effet, il est important de s’assurer que les dépouilles sont manipulés de manière sûre et dans la
dignité par un personnel qualifié. Par ailleurs, la désinfection ou la décontamination
systématique des lieux où ont séjournés les victimes s’impose en s’appuyant sur les directives
nationales pour la désinfection et la décontamination.

Les inhumations sécurisées et dignes peuvent être effectuées dans des lieux dédiés ou à la
discrétion des familles. En cas d’une flambée de maladie infectieuse, le Comité de Gestion des
Urgences de Santé Publique (CGUSP) peut élaborer des directives spécifiques pour
l’inhumation en toute sécurité et dans la dignité. Ces directives pourront être adaptées à
l’évolution de l’épidémie.

6.4.13. Assurer la logistique et l’approvisionnement appropriés et


adéquats

Une équipe chargée uniquement de la logistique est indispensable pour les activités de riposte
à une épidémie. Pendant l’épidémie, il est nécessaire de :

- contrôler l’efficacité du système logistique et d’approvisionnement en matériels essentiels ;


- faire une planification logistique pour s’assurer que le transport est utilisé de la manière la
plus efficace ;
- surveiller la fiabilité de la communication entre les équipes au cours de l’épidémie et
vérifier s’il faut du matériel supplémentaire (par exemple, des forfaits de communication) ;
- rendre disponible le matériel nécessaire qui permettra aux équipes de mener à bien les
actions de riposte.

Le suivi et évaluation de la gestion de l’épidémie ou de l’évènement de Santé Publique est


cruciale pour adapter la réponse à leur évolution. Les résultats de l’évaluation seront inclus
dans un compte rendu soumis aux autorités supérieures et aux responsables communautaires.

Par exemple, on peut assurer un suivi continu :

a) des tendances de la maladie de façon à pouvoir évaluer l’efficacité des mesures de


riposte, la propagation de l’épidémie et les facteurs de risque ;
b) de l’efficacité de la réponse (taux de létalité, incidence) ;
c) de la mise en place de la riposte (couverture du programme, réunions du comité de
gestion de l’épidémie, etc.)
d) de la disponibilité et de l’utilisation de ressources, fournitures et équipements
nécessaires ;
e) de l’acceptabilité des efforts de riposte par la communauté ;
f) de la soumission, sur une base régulière, de rapports sur les stocks de fournitures sorties
dans les situations d’urgence de Santé Publique.

Les comptes rendus de situation jouent un rôle important dans l’évaluation de la riposte et
l’élaboration du rapport final. Un modèle de rapport suggéré figure en Annexe 7A, Section 7.
La Section 8 décrit les étapes de supervision et d’évaluation de la riposte.

6.5. Documenter la riposte


Au cours et à la fin d’une épidémie, l’équipe de coordination du Système de Commandement
de l’Incident (SCI) du District de Santé doit :

a) recueillir tous les documents, y compris les rapports des réunions, les comptes rendus
d’activités ou de procédures ; les rapports d’investigation ; les rapports d’évaluation, ainsi
que tous autres documents pertinents ;
b) préparer une page de garde listant tous les documents mentionnés ci-dessus ;
c) documenter les leçons apprises tirées et les améliorations recommandées et, en
conséquence, mettre à jour le plan d’urgence de préparation et de riposte du pays, le plan
spécifique à un évènement/une maladie et d’autres Procédures Opérationnelles Standards
(POS) et outils pertinents, le cas échéant la Revue Après Action (RAA).

Ce dossier constituera une source de données essentielle pour évaluer la riposte. La Section 8
décrit comment contrôler et évaluer les activités de la SIMR.
6.6. Annexes à la Section 6
Annexe 6A Traiter les patients pendant l’épidémie
Annexe 6B Préparer des solutions désinfectantes à partir de produits ménagers usuels
Annexe 6C Planifier une campagne de vaccination d’urgence
Annexe 6D Évaluer les stocks de vaccins pour les activités de vaccination
Annexe 6E Pratiques de vaccination recommandées
Annexe 6F Modèles de messages éducatifs à l’intention de la communauté
• Lavage des mains
• Manipulation sécurisée des aliments
• Élimination sécurisée des déchets d’origine humaine
• Salubrité et conservation de l’eau de boisson
• Pratiques funéraires sécurisées
• Réduire l’exposition aux moustiques
Annexe 6G Communication en période d’épidémie
Annexe 6H Principales mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI)
• Enfiler et enlever
• Guide pour le lavage des mains

• Guide pour la mise en place de centres de traitement du choléra


(CTC)
Annexe 6I Riposte aux événements chimiques et radionucléaires
Annexe 6A. Traiter les patients pendant l’épidémie
Utiliser les médicaments et traitements appropriés pour soigner les patients lors d’une
épidémie. Ci-dessous figurent les traitements recommandés pour les épidémies de :

a) choléra;
b) dysenterie;
c) rougeole; et
d) méningite bactérienne.
Note : Pour des directives de traitement détaillées concernant ces maladies et d’autres maladies
prioritaires, veuillez vous reporter aux directives spécifiques.

1. Traitement du choléra en situation épidémique


Dans : WHO guidelines for management of the patient with cholera, WHO/CDD/SER/91.15 et
The New Emergency Health Kit 98, WHO/DAP/98.10

a) Évaluer le niveau de déshydratation du patient. Voir le guide d’évaluation ci- dessous.


b) Rehydrater selon le plan de traitement approprié (voir la page suivante)
c) Recueillir des échantillons de selles chez les cinq premiers cas suspects de choléra
d) Donner une antibiothérapie par voie orale aux patients qui présentent une déshydratation
sévère.
Évaluer le niveau de déshydratation du patient
• Évaluer l’état général du patient. Est-il léthargique ou inconscient ? agité et irritable ?
• A-t-il les yeux enfoncés ?
• Offrir à boire au patient. Est-il : incapable de boire, ou boit-il difficilement, boit-il avec avidité, a-t-il soif ?
• Pincer la peau de l’abdomen du patient. Revient-elle en place très lentement (plus de 2 secondes) ? Ou lentement ?

Déterminer si le patient souffre ou non de déshydratation, sévère ou modérée, et lui donner des liquides
selon le plan de traitement
Si au moins deux des signes suivants sont présents :
• Léthargie ou inconscience DÉSHYDRATATION SÉVÈRE*
• Yeux enfoncés
Administrer des liquides de réhydratation per os et
• Incapacité ou difficulté à boire
parentérale (Plan C)
• Retour très lent de la peau après le pincement
* Chez les adultes et les enfants de plus de 5 ans, l’absence de pouls radial et l’hypotension sont des signes supplémentaires de déshydratation sévère.

Si deux des signes suivants sont présents :


• Agitation, irritabilité DÉSHYDRATATION MODÉRÉE
• Yeux enfoncés
Administrer des liquides de réhydratation per os et
• Boit avec avidité, soif intense
parentérale (Plan B)
• Retour lent de la peau après pincement

S’il n’y a pas suffisamment de signes pour classer le patient dans la PAS DE DÉSHYDRATATION
catégorie déshydratation modérée ou sévère
Administrer les liquides de rehydratation per os,
hospitalisation non nécessaire, mais isoler le malade.
(Plan A)
Plan C : Thérapie par voie intraveineuse pour la déshydratation sévère

a) Une déshydratation sévère est une urgence médicale et les patients doivent être traités de toute
urgence. Les secondes peuvent faire la différence.
b) Les patients souffrant de déshydratation sévère devraient recevoir une réhydratation
intraveineuse (IV) immédiatement.
c) Dès que le patient peut boire, donner également la solution de SRO 5 ml / kg / heure
simultanément.
d) Le Ringer lactate est le premier choix parmi tous les liquides intraveineux. Si le Ringer lactate
n’est pas disponible, d’autres solutions peuvent constituer une option :
i. Solution saline normale ;
ii. 5 % de glucose dans une solution saline normale ;
iii. sérum physiologique du choléra (contenant Na +, 133; K +, 20; Cl-, 98; acétate, 48 m mol /
L).
e) Une solution de glucose à 5 % (dextrose) n’est pas recommandée.
f) Donner un total de 100 ml/kg de solution de Ringer lactate divisée en deux phases, comme indiqué ci-
dessous :
Age Première phase Seconde phase Total

< 1 an 30 ml/kg en 1 heure 70ml/kg en 5 heures 100 ml/kg en 6 heures

≥ 1 an et adultes 30 ml/kg en 30 min 70 ml/kg en 2 ½ heures 100 ml/kg en 3 heures

a) Plus d’une voie intraveineuse (IV) peut être nécessaire pour administrer le premier
traitement par bolus.
b) Lorsque la réhydratation par voie intraveineuse (IV) n’est pas possible et que le
patient ne peut pas boire, la solution de SRO peut être administrée par sonde
nasogastrique.
NB : Ne pas utiliser de sonde nasogastrique chez les patients inconscients ou
qui vomissent.
c) Mesurer le débit de fluide et ajouter des volumes équivalents à la quantité décrite
pour le traitement initial.
d) Surveiller le patient de près et effectuer une réévaluation fréquente (toutes les 15 à
30 minutes).
e) Si l’état du patient ne s’améliore pas (signes de deshydratation), continuer la
réhydratation parentérale en augmentant le débit. 200 ml/kg ou plus peuvent être
nécessaires au cours des 24 premières heures de traitement.
f) Après 6 heures (nourrissons) ou 3 heures (patients plus âgés), effectuer une
réévaluation complète. Passer à la solution de SRO si l’hydratation est améliorée et
si le patient peut boire.

Complications - Un œdème pulmonaire peut survenir si un excès de liquide intraveineux a été


administré ; insuffisance rénale si trop peu de solution intraveineuse est administrée ; et
hypoglycémie et hypokaliémie chez les enfants atteints de malnutrition réhydratés avec du
lactate de Ringer lactate uniquement. La réhydratation doit être surveillée de près par le
personnel médical.
Traitement antibiotique
g) Le laboratoire devrait impliqué pour déterminer les profils de résistance de la souche au
début et pendant l’épidémie et adapter le traitement en conséquence.
h) Des antibiotiques ne devraient être administrés que dans des cas graves, afin de réduire la
durée des symptômes et le potentiel de transmission de l’agent pathogène.
i) Les antibiotiques sont administrés dès que le patient est capable de prendre des
médicaments par voie orale (une fois que les vomissements ont cessé) :
i. Doxycycline : une dose unique (300 mg pour les adultes ; 2-4 mg / kg pour un enfant
âgé de 1 à 14 ans) est l’antibiotique de choix pour tous les patients, y compris les
femmes enceintes.
ii. ii) En cas de résistance à la doxycycline, utilisez l’azithromycine (1 g par voie orale
en dose unique pour les adultes et 20 mg / kg (max 1 g)) par voie orale en dose
unique pour les enfants de moins de 12 ans
Première ligne Ligne qaternative

Adultes (y compris les femmes


Doxycycline 300 mg en dose unique Azithromycine PO 1g en dose unique
enceintes)

Enfants < 12 ans Doxycycline 2-4 mg/kg dose unique Azithromycine PO 20mg/kg dose unique

Supplémentation en zinc pour les enfants


La supplémentation en zinc dans la prise en charge des enfants de 6 mois à 5 ans atteints de diarrhée aqueuse réduit la fréquence et la
gravité de l’épisode, ainsi que la fréquence des diarrhées ultérieures. Si possible, une supplémentation (20 mg de zinc par jour) doit être
initiée immédiatement.

Plan B : Réhydratation orale chez les patients souffrant de déshydratation modérée

a) Les patients présentant des signes de déshydratation doivent être admis au CTC / CTU.
b) Traitement initial, administrer une SRO en fonction du poids du patient (75 ml / kg au cours
des 4 premières heures).
c) Les patients atteints de choléra présentant certains signes de déshydratation n’ont pas besoin
de liquide de remplacement par voie intraveineuse, mais ils doivent faire l’objet d’une
surveillance étroite pendant les 4 premières heures :
i. Si à tout moment des signes de déshydratation grave apparaissent, passer
immédiatement au Plan de traitement C.
ii. S’il reste des signes de déshydratation après les 4 premières heures, répéter le plan
de traitement B pendant 4 heures et réévaluer.
iii. S’il n’y a aucun signe de déshydratation après les 4 premières heures de traitement,
les patients peuvent être renvoyés chez eux avec les mêmes instructions que celles
décrites ci-dessus sous le Plan de traitement A.
d) Si le patient vomit en prenant un liquide, attendre 10 minutes. Permettre ensuite au patient
de recommencer à manger, mais plus lentement.
e) Continuer à surveiller le patient et à remplacer le liquide jusqu’à l’arrêt de la diarrhée.
f) Lorsque le patient est prêt à quitter la FOSA, lui prodiguer des conseils sur le traitement de
la diarrhée à domicile.
g) Consulter les directives de la PCIME sur le traitement des enfants de moins de 5 ans et les
directives nationales pour plus d’informations sur le traitement de la diarrhée aqueuse aiguë
et du choléra confirmé.
Plan A. Réhydratation orale chez les patients ne présentant aucun signe de
déshydratation

a) Les patients ne présentant aucun signe de déshydratation doivent être traités avec une
Solution de Réhydratation Orale (SRO).
b) Il n’est pas nécessaire d’admettre les patients ne présentant aucun signe de déshydratation
à la CTU / CTC. Ils peuvent être traités avec des SRO à domicile, dans des centres de
traitement de l’urgence ou dans la zone de consultation externe de la FOSA.
c) Si le patient est vu dans la FOSA, le garder sous observation pendant 2 à 4 heures pour
s’assurer qu’il tolère la SRO.
d) Pendant l’observation et avant le retour à la maison, donner des instructions claires pour les
soins. Conseiller aux patients ou aux soignants de continuer à administrer la SRO après
chaque selle liquide et de revenir immédiatement si l’état de santé se détériore
(vomissements répétés, augmentation de la fréquence des selles ou si le patient boit ou
mange mal)
e) Les SRO doivent être préparés avec de l’eau potable (bouillie ou traitée avec un produit à
base de chlore ou d’eau de Javel domestique). Ils ne devraient pas être conservés plus de
24 heures (renouveler chaque jour).
f) Les SRO devraient être administrés régulièrement, en petites quantités. Si un patient vomit
des SRO, ralentir l’administration de ces dernières, puis les augmenter lentement à nouveau
lorsque les vomissements cessent.
g) Les patients devraient boire des SRO après chaque selle liquide pour rester hydratés jusqu’à
ce que la diarrhée cesse.
h) Les patients devraient boire les quantités suivantes de SRO après chaque selle liquide :
Age Quantité de SRO

<2 ans 50–100 ml

2–9 ans 100–200 ml

≥10 ans Autant que voulu

Sortie de l’hôpital

a) Envisager la sortie si le patient :


• ne présente aucun signe de déshydratation ;
• est capable de prendre des SRO sans vomissements ;
• n’a pas fait de selles liquides pendant 4 heures ;
• est capable de marcher sans aide ;
• peut uriner ;
• a été informé de la date de son retour à l’hôpital/CTC.
b) Avant la sortie de l’hôpital, donner aux patients et à leurs soignants des SRO et des
instructions sur la manière de les apprêter.
c) Informer le patient, les membres de sa famille et les soignants des précautions à prendre et
des instructions à suivre au niveau du ménage :
• Pour les enfants, continuer d’allaiter les nourrissons et les jeunes enfants.
• Boire et utiliser de l’eau potable.
• Se laver les mains fréquemment, notamment après avoir utilisé les toilettes (y compris
après avoir aidé un enfant) et avant de préparer et de manger de la nourriture. Si l’on
soigne un patient, se laver toujours les mains après avoir assuré les soins et après avoir
remis des objets souillés tels que des vêtements ou du linge de maison.
• Cuire les aliments à point et les manger encore chauds.
• Enlever et laver, avec la solution de chlore appropriée (0,02 %), toute literie ou tout
vêtement ayant pu entrer en contact avec des selles diarrhéiques. Si le chlore n’est pas
disponible, la literie et les vêtements des patients peuvent être désinfectés en les remuant
pendant 5 minutes dans de l’eau bouillante, en les séchant à la lumière directe du soleil
ou en les lavant avec du savon et en les séchant à fond à la lumière du soleil
• Utiliser des toilettes à chasse d’eau ou une fosse septique approuvée ; doubler le sac des
matériaux souillés lors de la mise à la poubelle.
• Utiliser n’importe quel désinfectant domestique ou une solution d’eau de Javel diluée
au 1/10 (une partie d’eau de javel pour 9 parties d’eau) pour nettoyer toute zone
susceptible d’entrer en contact avec des matières fécales, dès que possible après qu’elle
ait été souillée.
• Si un membre de la famille développe une diarrhée aqueuse aiguë, administrer une SRO
et solliciter immédiatement des soins de santé.
• Lorsque des personnes d’un ménage sont atteintes du choléra, il faut éviter de partager
les repas ou boisson de ce ménage avec des personnes extérieures.
• Les visiteurs peuvent être autorisés si la personne malade veut de la compagnie ;
cependant ils doivent également observer les recommandations d’hygiène des mains.
• Informer les patients sur les soins à domicile avant qu’ils ne quittent la FOSA, en leur
indiquant les signes de danger et le moment opportun pour y revenir. Les patients
doivent reprendre le traitement s’ils développent l’un des symptômes suivants :
o augmentation de la fréquence de selles liquides;
o difficulté à boire et à manger ;
o soif importante ;
o vomissements répétés ;
o fièvre ;
o présence de sang dans les selles.
(a) Donner un antibiotique oral approprié pour les épidémies de diarrhée sanguinolante
à Shigella dysentariae type

ACIDE NALIDIXIQUE CIPROFLOXACINE COTRIMOXAZOLE


# Quatre fois par jour # Deux fois par jour (triméthoprime + sulphaméthoxazole)
pendant 5 jours pendant 5 jours # Deux fois par jour pendant 5 jours
COMPRIMÉ ADULTE 80
COMPRIMÉ PÉDIATRIQUE SIROP 40 mg triméthoprime
mg
POIDS COMPRIMÉ 250 mg COMPRIMÉ 250 mg 20 mg triméthoprime + 100 + 200 mg sulphaméthoxazole
Triméthoprime + 400
mg sulphaméthoxazole pour 5 ml
mg sulphaméthoxazole
Dose enfant
3–5 kg ¼ ¼ ¼ 2 5 ml
6–9 kg ½ ½ ½ 2 5 ml

10–14 kg 1 1 1 3 7,5 ml

15–19 kg 1 1 1 3 7,5 ml

20–29 kg 2 2 1 6 15 ml

COMPRIMÉ 160 mg
Dose adulte COMPRIMÉ 250 mg COMPRIMÉ 250 mg
TMP +800 mg SMX
4 comprimés 4 comprimés 2 comprimés
Source : WHO Guidelines for the control of epidemics due to S. dysentariae type 1. OMS Genève, 1995

Donner de la vitamine A aux enfants atteints de rougeole


a) Donner la première capsule dans la FOSA.
b) Remettre la 2ème capsule à la mère pour qu’elle l’administre à l’enfant le lendemain à domicile.

Capsules de Vitamine A
ÂGE
200 000 IU 100 000 UI 50 000 UI

Jusqu’à 6 mois ½ 1 capsule


capsule

De 6 mois à 12 mois ½ capsule 1 capsule 2 capsules

De 12 mois à 5 ans 1 capsule 2 capsules 4 capsules


D’après: Guide OMS pour la préparation et la riposte aux flambées épidémiques de rougeole OMS/CDS/CSR/ISR/99.1

(b) Donner l’antibiotique approprié aux patients atteints de méningite bactérienne


pendant et en dehors d’une épidémie
Managing meningitis epidemics in Africa: A quick reference guide for health authorities and health-care workers
Revised 2015, WHO/HSE/GAR/ERI/2010.4. Rev.
Meningitis outbreak response in sub-Saharan Africa. WHO guideline, WHO/HSE/PED/CED/14.5
Weekly Epidemiological Record No 51/52, 577-588, 19 December 2014 ([Link] )
Standard Operating Procedures for Surveillance of Meningitis, Preparedness and Response to Epidemics in
Africa, WHO document.
WHO/AFRO/FRH October 2018, Brazzaville
1. Admission du patient dans la FOSA pour le diagnostic et le traitement.
2. Après la ponction lombaire et acheminement du LCR au laboratoire, traiter chaque nouveau
patient suspecté de méningite avec des antibiotiques dans les meilleurs délais, la ceftriaxone
est le traitement de première intention de la méningite bactérienne (protocoles de traitement
dans le tableau ci-dessous).
3. S’assurer que tout enfant de moins de 2 ans ou tout patient présentant des symptômes graves
est admis dans le centre de santé pour y être hospitalisé et ajuster le traitement si nécessaire.
4. L’isolement du malade n’est pas nécessaire. Donner un traitement symptomatique et
simplifier la prise en charge des cas.
Protocoles de traitement de la méningite bactérienne durant les épidémies en Afrique
Âge
(sans confirmation de laboratoire)

Chez les enfants de 0 à 2 mois Ceftriaxone 100 mg / kg / jour, IM ou IV, une fois par jour pendant 7 jours

Ceftriaxone 100 mg / kg / jour une fois par jour (maximum 2 g), IM ou IV, pendant 5
Chez les enfants de plus de 2 mois
jours
Chez les enfants de plus de 14 ans et
les adultes Ceftriaxone 2g / jour une fois par jour, IM ou IV, pendant 5 jours

Remarque : En dehors des épidémies, la durée du traitement doit être de 7 à 10 jours pour tous les âges

Prophylaxie pour les contacts domestiques

Les antibiotiques sont recommandés en tant que mesure prophylactique pour les contacts
domestiques de tout âge en périodes non épidémiques, mais pas pendant les épidémies. La
ciprofloxacine est l’agent prophylactique préféré, la ceftriaxone étant une autre option lorsque
la ciprofloxacine est contre-indiquée.
Annexe 6B. Préparer des solutions désinfectantes à partir de produits ménagers usuels
Dans le cadre de la riposte à une épidémie de maladie transmise par contact direct avec des
liquides biologiques infectieux (sang, urine, selles, sperme et crachats par exemple), on peut
utiliser un système peu coûteux à partir d’eau de javel.
Le tableau ci-dessous décrit comment préparer des solutions chlorées à 1:10 et 1:100 à partir
de l’eau de javel et d’autres produits chlorés de ménage.

Pour préparer une solution à 1:100 servant à désinfecter:


Pour préparer une solution à 1:10
• les mains gantées
servant à désinfecter
• les mains et la peau nues
• les excrétions
Produit chloré à utiliser • les sols
• les cadavres
• les vêtements
• les éclaboussures de liquides
• les équipements
biologiques infectieux
• la literie

100 ml pour 10 litres d’eau ou 1 litre de solution


Eau de javel à 5 % de chlore actif 1 litre d’eau de javel pour 10 litres d’eau
désinfectante à 1/10 pour 9 litres d’eau

Hypochlorite de calcium (HTH) en


7 grammes ou ½ cuillérée à soupe pour 1
poudre ou en granulés (70% de chlore 7 grammes ou 1/2 cuillerée à soupe pour 10 litres d’eau
litre d’eau
actif)
Eau de javel concentrée (30 % de chlore 16 grammes ou 1 cuillérée à soupe pour 1
16 grammes ou 1 cuillerée à soupe pour 10 litres d’eau
actif) litre d’eau

Pour désinfecter les vêtements :


• Désinfecter rapidement et à fond les effets personnels du patient et son environnement
immédiat à l’aide de l’un des désinfectants suivants :
• Poudre de chaux chlorée
• Solution chlorée à 1 %
• Solution de phénol à 1-2 %
• Désinfecter rapidement et à fond les vêtements du patient :
• Faire bouillir ou laisser tremper dans une solution désinfectante
• Laver les vêtements au savon et à l’eau
• Laisser sécher au soleil
• Laver les ustensiles à l’eau bouillante ou avec une solution désinfectante
• Ne pas laver les articles contaminés dans les rivières ou les mares utilisées pour l’eau de
boisson ou près d’un puits.
Annexe 6C. Planifier une riposte d’urgence
1. Examiner avec les agents de santé la nécessité de planifier les campagnes de vaccination et
préciser la population visée par la vaccination.
2. Évaluer les quantités nécessaires de vaccins, de diluants et de matériels de vaccination :
seringues stériles, aiguilles stériles, boîtes isothermes, porte-vaccins et boîtes de sûreté.
a) Travailler en collaboration avec le Programme Elargi de Vaccination, le bureau pays de
l’OMS et les bureaux de l’UNICEF afin de prendre les dispositions appropriées pour la
fourniture des vaccins et fournitures nécessaires.
b) Une liste des vaccins pré qualifiés par l’OMS est disponible à l’adresse suivante :
[Link]
Si un pays a déjà un CCI, s’assurer qu’il y a discussion et accord sur le type de vaccin
à administrer, à qui l’administrer et sur la méthodologie à utiliser.
c) Contacter le niveau national pour obtenir les vaccins. S’il n’y a pas de stock national de
réserve, le responsable national du PEV demandera à l’OMS un approvisionnement
d’urgence.
3. Choisir les sites de vaccination et informer la communauté.
a) Identifier les sites de vaccination avec le programme PEV ou le programme de lutte
contre les maladies de votre district.
b) Identifier les FOSA qui pourront prendre part à l’activité de vaccination.
c) Identifier, si besoin, une équipe mobile de vaccination.
d) Déterminer les zones difficilement accessibles (camp temporaire de travailleurs par
exemple) et former une équipe mobile de vaccination pour les atteindre.
e) Contacter les FOSA et organiser l’activité sur les sites de vaccination.
f) Vérifier que les capacités de stockage (chaine du froid) et de transport jusqu’au site de
vaccination sont suffisantes pour gérer des quantités de vaccin supplémentaires.
4. Elaborer une microplanification complète pour la Riposte. Un micro plan est le plan
opérationnel d’une campagne au niveau DS. S’assurer que le plan comporte au moins les
éléments suivants :
a) Estimation du nombre d’équipes de vaccination nécessaires et de leur composition,
notamment les rôles et responsabilités des membres de l’équipe, ainsi que le nombre de
superviseurs ;
b) Liste des superviseurs par niveau de la pyramide sanitaire ;
c) Itinéraire des équipes et superviseurs,
d) Cartographie des partenaires y compris les partenaires locaux ; tels que les ONG, les
organisations confessionnelles et civiques, etc pour une bonne coordination
e) Cartes de la zone ciblée ;
f) Exigences et maintenance de la chaîne du froid ;
g) Plan de répartition de la logistique ;
h) Plans d’élimination des déchets de la campagne de riposte ;
i) Plan de mobilisation sociale élaboré avec la participation des leaders de la communauté
engagés
j) Calendrier de formation ;
k) Prévisions budgétaires pour les différentes composantes de la campagne de riposte,
notamment la formation et la planification avant la mise en œuvre et l’élimination des
déchets après la mise en œuvre.
5. Former les équipes de vaccinateurs. Pour 100 à 150 personnes à vacciner sur le site, il faut
prévoir:
a) Un à deux vaccinateurs pour effectuer les vaccinations ;
b) Une personne chargée de l’enregistrement sur les cartes de vaccination ;
c) Des agents de santé communautaires s’ils sont déjà disponibles ou un bénévole de la
communauté identifié pour vérifier l’âge et le statut vaccinal.
6. En collaboration avec l’équipe du PEV, organiser, à l’intention des vaccinateurs, des cours
de recyclage sur les pratiques de vaccination recommandées. S’assurer que les instructions
sont données pour l’utilisation de techniques d’injection sûres.
7. Mobiliser la communauté. Informer le public de la campagne de vaccination d’urgence tout
en s’assurant que :
a) Un plan de communication clair comprenant des informations faciles à comprendre sur
la nécessité de la campagne est disponible ;
b) Les groupes cibles sont clairement définis pour la campagne ;
c) Un calendrier clair est disponible ;
d) Il existe un mécanisme dans le plan de communication permettant d’identifier et de
traiter rapidement les rumeurs pouvant survenir pendant la campagne ;
e) Un point de contact unique, connaissant bien la communication en situation de risque
et la culture locale est identifié ;
f) Un plan clair de surveillance des effets indésirables (MAPI) est disponible.
8. Organiser le transport du personnel jusqu’au site de vaccination.
a) Prévoir le transport des équipes jusqu’au site et son retour.
b) Réserver des véhicules et prévoir le carburant et autres frais.
c) Évaluer le coût des per diem et organiser l’hébergement si le site est situé en dehors du
lieu d’affectation habituel des agents de santé.
9. Contrôler l’ensemble du processus de campagne et le nombre de vaccins administrés.
a) Recueillir les fiches de synthèse quotidiennes des équipes.
b) Calculer la quantité des stocks restants et des fournitures nécessaires pour le lendemain.
c) Veiller à ce que le nombre estimé d’individus vaccinés fasse l’objet d’un contrôle
quotidien et d’un suivi par rapport à la population cible.
d) Des plans de visite de suivi devraient être préparés pour les individus manqués, sur la
base des informations figurant sur les fiches de pointage/synthèses.
e) Documenter tous les ménages/personnes manquants qui devraient faire l’objet d’un
suivi les jours suivants.
f) Examiner l’équipe disponible sur le site et, si nécessaire, réaffecter / déployer les
équipes sur d’autres sites en fonction de la charge de travail.
g) Organiser de brèves séances de restitution à la fin de chaque journée avec les équipes
de vaccination et apporter les corrections nécessaires à mi-parcours.
NB : Un guide rapide des problèmes courants des Activités de Vaccination Supplementaire
(AVS) et des solutions rapides est disponible à l’adresse suivante :
[Link]
[Link]

10. Donner des instructions pour l’utilisation de techniques d’injection sûres. Examiner, avec
les agents de santé, la nécessité de planifier des campagnes de riposte vaccinale.
Annexe 6D Évaluer les stocks de vaccins
Épidémie: ___________________________Date de confirmation ______________________
Population cible : _____enfants de 0 à 5 ans
_____enfants de 9 mois à 14 ans ;
_____enfants et adultes de 0 à 30 ans ;
_____ femmes en âge de procréer ayant entre 15 et 45 ans ;
_____population totale, enfants et adultes
1. Taille de la population cible à vacciner. Si l’on ne veut vacciner qu’une partie de la
population, estimer la taille cette population. Multiplier le nombre total d’habitants par le
pourcentage d’enfants ou d’adultes dans la population cible. Si l’on ne connaît pas
exactement la distribution par âge dans la zone géographique, on pourra utiliser les
estimations suivantes :
• enfants de 0 à 5 ans 20 %
• enfants de 9 mois à 14 ans 45 %
• enfants et adultes de 1 à 30 ans 70 %
• femmes en âge de procréer de 15 à 45 ans 20 %
NB : Les estimations ci-dessus varient selon les régions
2. Déterminer le nombre de doses à administrer par cible et inscrire le chiffre ci-dessous
sous la rubrique ‘Nombre de doses recommandées’.
3. Pertes. Prévoir 20 % de pertes. Multiplier la taille de la population cible (étape 1) par le
nombre de doses recommandées, puis par 1,20.
________________ X __________________ x 1.20 = __________________________
Taille de la population
Nombre de doses recommandées Pertes Nombre de doses nécessaires, pertes comprises
cible

NB : Il est recommandé que le facteur de perte de 20 % ne soit utilisé qu’au niveau national
pour estimer les besoins en vaccins au cours d’une épidémie. Utiliser un facteur de perte de 15
% aux niveaux sous-national et du district et 10 % au niveau de la formation sanitaire.
4. Prévoir un stock tampon correspondant à 25 % des besoins. Multiplier le nombre estimé de
doses, pertes comprises, par 1,25 pour obtenir une estimation du nombre de doses
nécessaires.
____________________ x 1.25 = __________________________________
facteur de
Nombre de doses contingence Nombre total de doses nécessaires, pertes comprises
NB : Il est recommandé que le stock de réserve ne soit conservé qu’au niveau national.
Cependant, si un niveau régional dispose de la capacité adéquate de stockage de vaccins, il peut
également conserver un stock d’urgence.
5. Pour obtenir le nombre total de vaccins à commander, diviser le nombre total de doses
nécessaires par le nombre de doses contenues dans un flacon. (L’étiquette porte
généralement cette mention : 1 dose, deux doses, cinq doses, dix doses ou vingt doses).
=
÷
______________________ _____________________ _____________________________________

Nombre total de doses estimé Nombre de doses par flacons Nombre de doses nécessaires, pertes comprises

6. Si le vaccin doit être dilué, multiplier le nombre de millilitres de diluant par flacon, par le
nombre total de flacons nécessaires.
=
X
______________________ _____________________ _____________________________________

Quantité totale de diluants à commander par


Diluant nécessaire Nombre total de flacons
floacons

7. Estimer le nombre de seringues autobloquantes nécessaires à la vaccination. La quantité de


seringues autobloquantes à commander est la même que le nombre de doses estimées (étape
4).
8. Estimer également le nombre de seringues de dilution, lors de la préparation du vaccin.
D’après : Field Guide for Supplementary Activities Aimed at Achieving Polio Eradication,
Organisation mondiale de la santé, Genève 1997. District guidelines for yellow fever
surveillance, Division of Emerging and other communicable disease surveillance and
control, Organisation mondiale de la santé, Genève 1998.
9. Estimer le nombre de boîtes de sécurité nécessaires.
Annexe 6E. Pratiques de vaccination recommandées

En collaboration avec l’équipe du PEV, organiser un cours de recyclage à l’intention des


équipes de vaccinateurs chargés de la vaccination d’urgence. S’assurer que ces équipes savent
au moins :

1. Reconstituer correctement le vaccin :


a) Déterminer la quantité de diluant nécessaire pour reconstituer le vaccin lyophilisé.
b) Utiliser à chaque fois une seringue de dilution pour un flacon.
c) A l’aide de la seringue de dilution, aspirer le diluant et l’injecter dans le flacon
contenant le vaccin à progressivement, pour bien mélanger le vaccin
reconstitué.
2. Pour protéger le vaccin de la chaleur, conserver les vaccins dans le porte.
3. Sur le terrain, poser le flacon de vaccin reconstitué dans le coussinet en mousse du porte
vaccin.
4. Suivre la politique de flacons multi doses, le cas échéant; par exemple pour la
rougeole(détruire le flacon reconstitué après 6h) et la polio (détruire le flacon après 28
jours).
5. Noter la dose injectée sur la carte de vaccination de chacune des personnes vaccinées,
si la politique nationale stipule que les personnes vaccinées doivent être munies d’une
carte.
6. Rassembler les données permettant de contrôler l’activité. Par exemple, enregistrer sur
une fiche de pointage le nombre de doses administrées de manière à pouvoir calculer la
couverture vaccinale de la campagne.
7. Rappeler aux agents de santé qu’ils peuvent contracter des maladies transmises par le
sang, suite aux piqûres accidentelles avec les aiguilles. Relire les pratiques sécurisées
de manipulation et d’élimination des instruments tranchants et des aiguilles.
8. A la fin de la vaccination, organiser l’élimination sécurisée du matériel utilisé pour les
injections. Ce matériel peut être brûlé ou enterré selon les directives d’élimination des
déchets médicaux.
Annexe 6F. Modèles de messages essentiels à l’intention de la communauté

Améliorer le lavage des mains

Le moyen le plus efficace d’éviter la transmission de certains microbes responsables de


maladies infectieuses est probablement de se laver les mains à l’eau coulante et propre et au
savon. Il est donc important d’encourager les familles à se laver les mains, en particulier après
être allé à la selle, après avoir lavé un enfant qui est allé à la selle, après s’être débarrassé des
selles d’un enfant, avant de préparer ou de manipuler des aliments et avant de manger.

Pour le stockage, il faut séparer, l’eau de boisson de l’eau utilisée pour le lavage. En cas
d’épidémie, il faut fournir du savon à ceux qui n’en ont pas. S’il n’y a pas de savon, utiliser de
la cendre ou de la terre. Après s’être lavé les mains, ne pas les essuyer avec un linge sale. Les
faire sécher à l’air.

Message :
ÊTES-VOUS PROTÉGÉ CONTRE LA DYSENTERIE (diarrhée sanguinolante)?

En vous lavant les mains, vous vous protégez vous-même et vous protégez les autres contre la
maladie.

Toujours se laver les mains :

• Après être allé à la selle


• Après avoir nettoyé un enfant qui vient d’aller à la selle
• Après s’être débarrassé des selles d’un enfant
• Avant et après le repas
• Avant de préparer ou de manipuler de la nourriture

Message :
AVEZ-VOUS CE QU’IL FAUT POUR VOUS LAVER LES MAINS ?

• De l’eau propre et du savon (ou si vous n’avez pas de savon, vous pouvez
utiliser des cendres ou de la terre pour vous laver les mains)
• Une serviette propre pour vous essuyer.
• Sécher vos mains à l’air libre

Manipulation sécurisée des aliments

Encourager les pratiques de sécurité sanitaire des aliments :


• Bien se laver les mains au savon avant de préparer la nourriture.
• Laver soigneusement les fruits et les légumes verts avec de l’eau coulante et propre
avant de les consommer.
• Bien cuire les aliments.
• Consommer les aliments quand ils sont encore chauds ou les réchauffer avant de
manger.
• Laver tous les ustensiles de cuisine et de service à l’eau propre après utilisation.
• Garder les aliments cuits et les ustensiles propres séparés des aliments non cuits et des
ustensiles qui peuvent être contaminés.
• Couvrir les aliments pour les protéger.
Message :
PRÉPAREZ-VOUS LA NOURRITURE EN TOUTE SÉCURITÉ?

La cuisson tue les germes

• bien cuire la viande, le poisson et les légumes.
• Faire
• Manipulation
• Manger sécurisée
la viande, le poisson deslégumes
et les aliments
cuits quand ils sont encore chauds.

La propreté protège contre la maladie

• Bien se laver les mains avant de préparer ou de servir la nourriture.

• Laver les plats et ustensiles de cuisine à l’eau propre et au savon.

• Laver soigneusement les planches à découper à l’eau propre et au savon.

L’épluchage protège contre la maladie

• Manger uniquement des fruits fraîchement pelés (bananes et oranges par exemple).

IL FAUT ÊTRE PROPRE : FAIRE CUIRE, PELER OU JETER .

Cinq clés pour des aliments plus sûrs


• Respecter la propreté
• Séparer les aliments crus et les aliments cuits
• Faire bien cuire les aliments
• Conserver la nourriture à la température indiquée
• Utiliser de l’eau saine et des produits crus sains
Élimination sécurisée des déchets d’origine humaine

L’élimination sécurisée des déchets d’origine humaine est toujours prioritaire, surtout pendant
les épidémies de maladies diarrhéiques. Il faut construire les latrines adaptées aux conditions
locales, avec la coopération de la communauté.

Messages à l’adresse de la communauté :

• Tout le monde, même les enfants, doit utiliser correctement les latrines.
• Jeter les excréments des enfants dans les latrines avec une pelle ou les enterrer dans un
trou.
• Eviter de déféquer à l’air libre ou à proximité de la source d’approvisionnement en eau.
Lors des grands rassemblements publics, notamment à l’occasion de foires, de funérailles ou
de festivals religieux, on s’assurera que l’élimination des déjections ne présente pas de risque
pour la santé. S’il n’y a pas de latrines, il faut définir une aire à cet effet et fournir une pelle
pour y enterrer les excréments.
Message :
ÊTES-VOUS PROTÉGÉ CONTRE LA DYSENTERIE (diarrhée sanguinolante) ? UTILISEZ-VOUS DES TOILETTES
OU DES LATRINES ?

Les germes responsables de la dysenterie vivent dans les matières fécales. Même une personne en bonne
santé peut être porteuse des germes de la dysenterie.

• Utilisez toujours des toilettes ou des latrines. Si vous n’en avez pas, il faut en construire.
• Tenez les toilettes ou les latrines propres.
• Lavez-vous toujours les mains avec du savon (ou des cendres) et de l’eau coulante et propre après
avoir utilisé les toilettes ou les latrines.

IL FAUT ÊTRE PROPRE : UTILISEZ DES TOILETTES OU DES LATRINES

Salubrité et conservation de l’eau de boisson

Approvisionnement et conservation de l’eau potable dans la communauté


1. Eau courante : Pour être potable et saine, l’eau courante doit être correctement traitée au
chlore. Pour éviter que l’eau de la nappe phréatique contaminée pénètre dans les conduites,
réparer les joints endommagés (fuites) et maintenir une pression constante dans le système
2. Puits fermé : Les margelles (bordures) de puits doivent être équipées d’un radier
d’écoulement ainsi que d’une poulie, d’un treuil ou d’une pompe.
3. Par camion : Si l’eau disponible localement risque d’être contaminée, l’eau de boisson peut
être apportée par camions citernes ou transportée dans des bidons si elle est correctement
chlorée et si le ravitaillement peut être assuré de façon régulière. Mais cette forme
d’approvisionnement est onéreuse et difficile à maintenir ; on la considère donc comme une
mesure à court terme, en attendant le rétablissement de l’approvisionnement local.
Stockage et traitement de l’eau de boisson au domicile
Lorsque la qualité de l’eau de boisson est incertaine, il faut la chlorer ou la faire bouillir.
Pour éviter la contamination de l’eau, les familles doivent conserver l’eau de boisson dans
l’un des récipients suivants :
1. Récipients couverts, nettoyés quotidiennement et gardés hors de la portée des enfants
et des animaux. L’eau en est extraite à l’aide d’une louche à manche longue réservée à
cet usage.
2. Récipients à bec étroit dont l’ouverture est trop petite pour que l’on puisse y passer la
main. L’eau en est extraite par versage ou à l’aide d’un robinet.
L’eau utilisée pour la toilette, la lessive ou d’autres usages que la boisson n’a pas besoin
d’être traitée et doit être conservée à part.
Pratiques funéraires sécurisées
Les liquides biologiques des personnes décédées de choléra ou de fièvre hémorragique virale
restent infectieux. Aussi faut-il être extrêmement prudent lors de la préparation du corps de
défunts dont on suspecte qu’ils sont morts du choléra ou de fièvre hémorragique virale.
Encourager les pratiques et rituels d’inhumation sécurisés
Réduire l’exposition aux vecteurs (moustiques)
La lutte anti-vectorielle (moustiques) est l’intervention principale pour la réduction de la
transmission du paludisme. Elle peut permettre d’abaisser la transmission d’un niveau très
élevé à un niveau proche de zéro. Dans les zones de forte transmission, la lutte anti-vectorielle
(moustiques) permet de réduire significativement le taux de mortalité infantile et maternelle.
La protection individuelle contre les piqûres de moustiques représente la première ligne de
défense contre le paludisme.
Message :
ÊTES-VOUS PROTÉGÉ CONTRE LES PIQÛRES DE MOUSTIQUES ?
Quand cela est possible :

• Eviter de sortir entre le crépuscule et l'aube, période propice aux piqûres de moustiques
• Porter des vêtements à manches longues et un pantalon long à l'extérieur la nuit, et éviter les couleurs
sombres qui attirent les moustiques

• Appliquer un répulsif sur la peau découverte (si produit disponible),


• Installer des grillages aux fenêtres et aux portes si possible.
• Imprégner d'insecticide les moustiquaires se trouvant au-dessus des lits
• Utiliser un spray anti-moustiques ou un diffuseur d'insecticide (si disponible)
• La transmission du paludisme peut être rapidement réduite par l'utilisation des pulvérisations intra
domiciliaires à effet rémanent. Cette méthode est efficace durant 3 à 12 mois, selon l'insecticide utilisé et
la surface traitée.
Annexe 6G. Communication en période d’épidémie
Introduction
Suite à la confirmation et à la vérification de l’évènement, les DS et les régions devront prendre
contact avec les autorités nationales pour discuter avec elles et recevoir des indications
concernant les messages communs à fournir aux médias.
Depuis la première annonce et tout au long de l’épidémie, la communication au niveau du
district doit s’aligner sur les messages clés élaborés au niveau national, en concertation avec
l’équipe de terrain, ce qui permettra de fournir des informations cohérentes et de parler un même
langage.
Même si la communication est coordonnée par les autorités nationales, les médias prendront
néanmoins contact avec les autorités sanitaires locales pour obtenir des informations de
première main, directement à la source.
Par ailleurs, le Directeur de l’Hôpital de District devra participer à la communication et apporter
son expertise scientifique pour justifier les mesures de riposte à l’épidémie
Actions au niveau du district de santé
• Identifier un ou des porte-parole au niveau du district (politique et technique) ;
• Rester en contact avec les autorités nationales pour leur fournir des informations de
première main (émanant de la communauté locale, des médias et des parties concernées au
niveau local) ;
• Rester en contact avec les autorités nationales qui transmettront des indications et des
réponses aux questions les plus fréquemment posées pour alimenter les médias locaux ;
• Être disponible pour répondre aux demandes d’interviews des médias locaux et leur fournir
des informations exactes, transparentes et actualisées, accompagnées de messages clés
clairement exprimés, suivant les directives du niveau national ;
• Organiser des points presse pour fournir régulièrement des informations aux médias locaux,
suivant les directives nationales ;
• Développer et entretenir de bonnes relations avec les médias locaux pour délivrer à la
population des messages exacts, clairs et en temps utile ;
• Utiliser le matériel élaboré au niveau national comportant des messages clairs et cohérents,
pour donner des conseils à la population ;
• Identifier les canaux de communication locaux pour diffuser l’information à la population ;
• Rencontrer régulièrement les responsables locaux pour diffuser correctement les messages
de prévention et de surveillance à la population ;
• Organiser des campagnes de prévention porte-à-porte pour atteindre les zones rurales
reculées et promouvoir la prévention et la surveillance, suivant les directives nationales.

• Adapter les messages à la communauté vivant dans les zones d’ombre (communication)
Annexe 6H. Guide des mesures de prévention et de contrôle des infections

Lavage des mains


But : Protéger le patient, le personnel et les soignants contre les infections croisées

Responsabilité : Cliniciens, praticiens en santé environnementale, soignants

Étapes du lavage des mains

• Les mains sont soigneusement lavées pendant au moins 10 à 15 secondes avec du


savon (ordinaire ou antimicrobien) et de l’eau courante propre (robinet ou vidage).
• Enlevez les bijoux (bagues, bracelets) et les montres avant de vous laver les mains,
assurez-vous que les ongles sont coupés courts (ne portez pas d’ongles artificiels),
retroussez les manches jusqu’au coude.
• Mouiller les mains et les poignets en gardant les mains plus basses que les coudes
(pour que l’eau coule au bout des doigts et éviter toute contamination des bras).
• Appliquez du savon (ordinaire ou antimicrobien ou de la cendre) et faites bien
mousser.
• Utilisez des mouvements circulaires fermes pour laver les mains jusqu’aux poignets,
en couvrant toutes les zones, y compris les paumes, le dos des mains, les doigts, entre
les doigts et le côté latéral du cinquième doigt et les poignets Frottez pendant au
moins 10 à 15 secondes.
• Répétez le processus si les mains sont très sales. Nettoyer sous les ongles.
• Rincez-vous soigneusement les mains en maintenant les mains plus basses que les
avant-bras. Si l’eau courante n’est pas disponible, utilisez des récipients appropriés.
• Ne plongez pas vos mains dans une cuvette pour vous rincer, au risque de les
contaminer à nouveau. Récupérez l’eau utilisée dans un bassin et versez-la dans un
évier, un drain ou des toilettes.
• Séchez-vous soigneusement les mains avec un essuie-tout ou des serviettes en papier
jetables, une serviette sèche ou séchez-les à l’air libre. Jetez la serviette usagée dans
un récipient approprié sans toucher le couvercle. Utilisez une serviette en papier, une
serviette propre ou votre coude/pied pour fermer le robinet afin d’éviter une nouvelle
contamination.

Différents types de désinfection antiseptique :


Utilisation d’antiseptiques, de gels pour les mains ou de tampons imbibés d’alcool pour
l’antisepsie des mains :
• Appliquez le produit dans la paume de la main. Le volume nécessaire pour une
application varie selon les produits.
• Frottez-vous les mains, en couvrant toute la surface des mains et des doigts, jusqu’à ce
que vos mains soient sèches.
• Ne pas rincer.
Note :
- En cas de salissure visible des mains, il convient de les laver au savon et à l’eau avant
d’utiliser des gels pour mains sans eau ou des tampons imbibés d’alcool.
- Au cas où le savon n’est pas disponible, les cendres peuvent être utilisées pour se laver les
mains
Techniques d’hygiène des mains
Il s’agit d’un processus qui élimine mécaniquement la saleté et les débris de la peau et réduit le
nombre de microorganismes transitoires. Se laver les mains avec du savon ordinaire et de l’eau
propre est aussi efficace pour se laver les mains et éliminer les microorganismes transitoires
que le lavage avec des savons antimicrobiens et provoque moins l’irritation de la peau.
Étapes:

• Bien mouiller les mains.


• Appliquez un agent de lavage des mains (savon
liquide) ; un agent antiseptique n’est pas
nécessaire.
• Frottez vigoureusement toutes les zones des
mains et des doigts pendant 10 à 15 secondes
(astuce : 10 respirations moyennes), en portant
une attention particulière aux ongles et à la zone
entre les doigts.
• Rincez-vous soigneusement les mains avec de
l’eau courante de robinet ou du seau.
• Sécher les mains avec une serviette en papier ou
une serviette propre et sèche ou les sécher à l’air
libre.
• Utilisez une serviette en papier ou une serviette
propre et sèche pour couper l’eau s’il n’y a pas
de commande au pied ou de fermeture
automatique.
NB:

- Si vous utilisez des morceaux de savon, fournissez des petits morceaux et des porte-savons
qui laissent passer de l’eau.
- Utilisez de l’eau courante et évitez de tremper les mains dans une cuvette contenant de l’eau
stagnante ; même avec l’ajout d’un agent antiseptique, les microorganismes peuvent
survivre et se multiplier dans ces solutions.
- N’ajoutez pas du savon à un distributeur de savon liquide partiellement vide. Cette pratique
de « remplissage » des distributeurs peut entraîner une contamination bactérienne du savon.
- Lorsque les distributeurs de savon sont réutilisés, ils doivent être soigneusement nettoyés
avant leur remplissage.
- Lorsqu’il n’y a pas d’eau courante disponible, utilisez un seau avec un robinet qui peut être
ouvert pour se faire mousser les mains et rallumé pour le rinçage, ou utilisez un seau.
- L’eau usée doit être collectée dans une cuvette et versée dans une latrine en l’absence de
drain.
Conseils pour enfiler et enlever les EPI
Étapes à suivre pour porter un EPI OMS y compris une combinaison
1. Enlevez tous les objets
personnels (bijoux,
montres, téléphones
portables, stylos, etc.).
2. Mettez la combinaison
et les bottes en
caoutchouc * dans le
vestiaire.
3. Rendez-vous vers la
zone propre à l’entrée
de l’unité d’isolement.
4. Prenez l’EPI au
préalable. Choisissez
la bonne combinaison.
5. Mettez l’équipement
de protection
individuelle selon les
conseils et sous la
supervision d’un
collègue.
6. Effectuez l’hygiène
des mains.
7. Mettez des gants
intérieurs (examen,
nitrile).
8. Enfilez une
combinaison.
9. Trou pour le pouce (ou
le majeur) dans la
manche ou la boucle
du pouce.
10. Mettez le masque.
11. Mettez une protection
du visage (visière ou
lunettes de protection).
12. Mettez un couvre-tête : bonnet ou capuchon chirurgical.
13. Mettez un tablier imperméable jetable.
14. Mettez des gants extérieurs (examen, nitrile) sur la manche.
15. Contrôlez en vous regardant dans un miroir.
16. Contrôlez le collègue et écrivez le nom / la profession / le temps d’entrée.
Étapes à suivre pour enlever un EPI y compris la blouse
1. Retirez toujours les EPI sur les
conseils et sous la supervision d’un
observateur qualifié (collègue).
2. Entrez dans la zone de
décontamination en passant par le
bac à chlore.
3. Effectuez l’hygiène des mains sur
les mains gantées (0,5 % de
chlore).
4. Enlevez le tablier en prenant soin
d’éviter de contaminer vos mains
en le décollant.
5. Effectuez l’hygiène des mains sur
les mains gantées (0,5 % de
chlore).
6. Retirez la capuche ou le bonnet en
prenant soin de ne pas contaminer
votre visage.
7. Effectuez l’hygiène des mains sur
les mains gantées (0,5 % de
chlore).
8. Retirez la combinaison et la paire
de gants externe.
9. Inclinez la tête en arrière pour
atteindre la fermeture éclair,
ouvrez la fermeture éclair
complètement sans toucher la peau
ou en évitant les boursouflures,
retirez la combinaison de haut en
bas.
10. Après avoir libéré les épaules,
retirez les gants extérieurs tout en
tirant les bras hors des manches.
11. Avec les gants intérieurs, enroulez
la combinaison, de la taille vers le
bas et de l’intérieur de la combinaison vers le haut des bottes.
12. Utilisez une botte pour retirer la combinaison de l’autre botte et inversement, puis éloignez-vous de la
combinaison et jetez-la en toute sécurité.
13. Effectuez l’hygiène des mains sur les mains gantées (0,5 % de chlore)
14. Retirez les lunettes de protection ou la visière faciale à partir de l’arrière de la tête (gardez les yeux fermés
15. Effectuez l’hygiène des mains sur les mains gantées (0,5 % de chlore).
16. Enlevez le masque à partir de l’arrière de la tête (gardez les yeux fermés).
17. Effectuez l’hygiène des mains sur les mains gantées (0,5 % de chlore).
18. Enlevez les gants intérieurs de manière appropriée et jetez-les en toute sécurité
19. Décontaminez les bottes de manière appropriée et rendez-vous en marchant dans la zone à risque en contre
bas pas à pas et effectuer l’hygiène des mains (0,05 % de chlore)
Mise en place d’un camp/unité d’isolement du choléra/centre de traitement du choléra
(CTC)
Gestion du site
Les recommandations sont différentes en fonction des situations/circonstances.
En milieu urbain et dans les camps des réfugiés :
Mettre en place des CTC + plusieurs points de réhydratation orale (PRO)
L’idéal serait que le CTC soit situé à l’intérieur des locaux de l’hôpital existant, mais soient
clairement séparés et isolés des autres services pour éviter la propagation de l’infection aux
patients ne souffrant pas de choléra. Si les locaux de l’hôpital ne conviennent pas, un autre site
doit être trouvé. En milieu urbain ou dans un camp, il est préférable d’avoir un seul CTC et
plusieurs PRO plutôt que de créer plusieurs CTC, ce qui accroît les sources potentielles
d’infection. Lorsque les zones touchées sont trop éloignées du CTC, l’accès peut devenir un
problème. Des ambulances peuvent être fournies pour l’acheminement des malades vers
d’autres FOSA, ou bien une UTC peut être établie en tant que structure intermédiaire.
L’utilisation de taxis/bus est déconseillée, étant donné le risque élevé de contamination
pendant le voyage.
En milieu rural :
Mettre en place des unités de traitement du choléra (UTC)
L’UTC doit être située à l’intérieur ou à proximité de la FOSA. Si cela n’est pas possible,
d’autres structures existantes peuvent être utilisées. Les UTC peuvent paralyser les services de
santé de routine, dans la mesure où la prise en charge appropriée des cas nécessite l’intervention
de nombreux agents de santé, et où d’autres services de santé peuvent pâtir d’une pénurie de
personnel. Dans les zones éloignées de toute installation de traitement, il peut être possible de
décentraliser l’UTC au niveau des villages touchés.
Points de réhydratation orale (PRO)
Les points de réhydratation orale ont deux objectifs : traiter les patients, sélectionner les patients
gravement déshydratés et les orienter vers les CTC / UTC. Ceci permet de réduire la pression
sur les CTC ou UTC surchargés. Ceux-ci peuvent être décentralisés au niveau de la
communauté. Pour lui permettre d’atteindre les objectifs fixés, l’agent de santé communautaire
doit recevoir une formation rapide et être régulièrement approvisionné en intrants.
Conception d’un CTC
Critères de sélection
Lors de la mise en place d’un centre de traitement du choléra, les éléments suivants doivent
être pris en compte pour le choix du site :
• Proximité de la zone touchée ;
• Accès facile pour les patients et les intrants;
• Protection contre le vent (il devrait y avoir des brise-vents) ;
• Espace suffisant (capacité d’accueil);
• Compatibilité avec les structures et activités existantes environnantes ;
• Disponibilité d’un approvisionnement adéquat en eau potable / salubre à proximité de
manière à éviter toute contamination ;
• Bon drainage du site ;
• Mise à disposition d’installations de gestion des déchets (déchets cliniques et
généraux) ;
• Disponibilité de latrines et douches (temporaires) ;
• Prise de dispositions pour l’extension du CTC (d’après les estimations de
l’épidémiologiste).

Mise en place d’un camp de traitement du choléra


• Lors de la mise en place d’un camp de traitement du choléra, vous pouvez utiliser un
bâtiment existant ou installer des tentes.
• Il est important de prendre en compte la sécurité des patients et la ventilation, dans la mesure
où les températures élevées contribuent à la déshydratation des patients.
• Le camp de traitement du choléra doit fonctionner 24 heures sur 24, indépendamment des
autres établissements de santé, et par conséquent, le personnel nécessaire doit être recruté
ou redéployé.
• Le camp doit être approvisionné en matériel médical nécessaire, destiné spécifiquement au
centre.
• Une enceinte de balise ou une autre forme d’écran acceptable devrait être prévue autour du
camp de traitement du choléra.
• Les différents postes de travail doivent être clairement étiquetés et les sens d’orientation
indiquées.
• Le CTC doit être un « système fermé » où la contamination pourrait être introduite par les
patients et devrait être enrayée à l’intérieur de la structure. En aucun cas la contamination
ne doit en résulter (du fait des patients, de l’eau, des matériels, des déchets solides et
liquides, etc.).

Règles générales pour une bonne organisation :


• Mouvement nécessaire strict pour le personnel et les patients
• Chaque zone est un « cadre fermé »
• Désinfection systématique entre les zones
• Discipline et contrôle mutuel pour le patient, le personnel soignant et le personnel en
matière d’hygiène.
Un bon contrôle des infections signifie que tout ce qui sort est exempt de contamination.

Le diagramme ci-dessous montre le plan du centre de traitement du choléra.

1. Triage et orientation
a) Les patients sont examinés par un médecin pour dépistage. S’il s’agit du choléra,
les patients sont admis ; sinon ils sont adressés à une FOSA normal.
b) Les patients sont admis avec un préposé (soignant) si nécessaire.
c) Les patients admis sont inscrits sur la liste linéaire (choléra).
d) Un bain de pieds devrait être prévu à l’entrée.
e) Les toilettes et l’eau devraient être facilement accessibles aux patients.
f) Une zone de désinfection doit être prévue pour les véhicules et le matériel
contaminés utilisés pour les patients.
g) Des tables, des chaises, des réservoirs d’eau munis de robinets et des bacs à
ordures devraient être fournis dans ces zones.
h) Fournir de l’eau potable.
i) Mettre en place un coin réservé au PRO.
2. Zone des admissions
a) Les patients souffrant de déshydratation sévère et/ou de vomissements repétés doivent être
hospitalisés pour une réhydratation immédiate.
b) Chaque patient est allongé sur un lit pour malade du choléra avec un seau destiné à la
collecte des selles sous le trou du lit et un seau à côté du lit dans lequel le patient peut vomir.
Ce qui suit devrait être mis en place ou fourni dans la zone d’admission :
• Chambres / tentes séparées pour les hommes et les femmes, si possible ;
• Chambres séparées pour les enfants, les femmes âgées et les femmes enceintes, dans la
mesure où le risque d’avortement augmente avec le choléra ;
• Des installations de bain de pied et de lavage des mains (avec des désinfectants) à
l’entrée ;
• La prise de dispositions pour la désinfection du linge et des vêtements souillés ;
• L’accès aux latrines et aux installations de lavage (avec désinfectant) ou aux douches si
possible) pour les patients ;
• Des tables et chaises pour le personnel ;
• Des bacs à déchets;
c) Les patients devraient être examinés par le personnel médical et classés en fonction de leur
statut.

3. Zone de convalescence/rétablissement
a) La zone de convalescence ou de rétablissement est destinée à la réhydratation orale après
hospitalisation lorsque la surveillance est moindre. Les patients peuvent s’allonger sur des
nattes ou s’asseoir sur des bancs, comme dans la zone d’observation.

b) Les patients qui ne vomissent plus ou ne souffrent plus de diarrhée et qui, par conséquent,
font l’objet d’une moindre attention médicale, peuvent être placés dans ce service.

c) Des chambres / tentes séparées devraient être prévues pour les hommes et les femmes.
Annexe 6I. Riposte aux événements d’origine chimique et radionucléaire
Riposte aux événements radiologiques
Si un accident est suspecté :
• Prévenir toute ingestion accidentelle de contamination (par exemple, porter des
gants, ne pas fumer, ni manger) ;
• Prendre des mesures de sauvetage et fournir les premiers soins pour les blessures
graves immédiatement, avant de procéder à la surveillance radiologique ;
• Éloigner les personnes de toute source d’exposition potentielle (à 10 m au moins
du public) ;
• Prendre des dispositions pour le transport des personnes gravement blessées vers
un centre médical local ;
• Enveloppez-les dans une couverture pour contrôler la propagation de la
contamination ; indiquez aux personnes transportant les victimes et à la FOSA
réceptrice que la personne pourrait être contaminée ; aussi, informez le personnel
soignant que le risque pour ceux qui traitent un tel patient est élevé tout en veillant
à éviter toute absorption involontaire de contamination ;
• Identifier et enregistrer les personnes potentiellement exposées/contaminées;
recueillir des informations qui pourraient être utiles pour reconstituer leur état de
santé, y compris les symptômes cliniques et la description des événements;
• Rendre compte aux autorités compétentes pour orientations. En cas de blessure
moins grave, restez dans la zone en attendant qu’elle fasse l’objet d’une prise en
charge.

Riposter au seuil d’intervention

Si un accident est confirmé :


• Réévaluer et examiner les mesures de protection à moyen et à long terme, telles
que les restrictions imposées à la chaîne alimentaire, avec les ministères et
organismes concernés;
• Fournir à la population des informations utiles, opportunes, véridiques, cohérentes
et appropriées sur les effets potentiels de l’urgence sur la santé, en se référant aux
connaissances existantes ;
• Procéder à un examen clinique et radiologique détaillé des personnes touchées ;
• communiquer rapidement au public l’évolution de la situation ;
• Établir et maintenir un programme de surveillance de l’évènement ;
• Ouvrir un registre des personnes qui doivent faire l’objet d’une observation et d’un
suivi à long terme ;
• Fonder l’inscription dans le registre sur des critères objectifs indiquant un potentiel
d’augmentation de l’incidence du cancer induit par la radiation ;
• Commencer la surveillance de tout groupe à risque identifié, par exemple,
dépistage de l’affection thyroïdienne chez les enfants d’une zone touchée par la
libération d’iode radioactif ;
• Aider les pouvoirs publics à planifier un retour à la vie normale pour la population
touchée.
Contamination externe

Utiliser la surveillance de la contamination instrumentale. Utilisez des cotons tiges pour la


peau, les narines, les conduits auditifs, les plaies ou tout objet contaminé. Chaque écouvillon
doit être placé dans une éprouvette étiquetée pour le comptage.

Contamination interne

Utiliser des méthodes de détection instrumentales telles que l’anthroporadiométrie, la gamma-


caméra, la numération de la thyroïde. Les radionucléides peuvent être dans le sang ou être
excrétés dans les faèces ou l’urine. Les excréments doivent être placés dans des récipients
appropriés et les échantillons de sang dans des éprouvettes pour numération.

Procédures de décontamination

• Matériels : eau tiède, savon ou détergent ordinaire, brosse douce, éponges, feuilles
de plastique, ruban adhésif, serviettes, feuilles, comprimés ou solution d’iode.
• Priorité procédurale : enlever tous les vêtements et les mettre dans des sacs en
plastique. Prenez d’abord des mesures de sauvetage. Identifiez les zones
contaminées, marquez-les clairement et couvrez-les jusqu’à ce que la
décontamination intervienne. Commencez par décontaminer les plaies lorsqu’elles
sont présentes et passez à la zone la plus contaminée du corps.

Contamination locale :

• Couvrir la zone non contaminée avec une feuille de plastique et des morceaux de
ruban adhésif. Mouiller la zone contaminée, frotter doucement avec du savon et
bien rincer. Répéter le cycle et observer les changements d’activité. Un cycle ne
devrait pas durer plus de 2 à 3 min. Éviter de frotter vigoureusement. Une solution
d’isotopes stables peut faciliter le processus.
• Pour les plaies, irriguer à maintes reprises avec une solution saline normale. Un
débridement chirurgical pourrait être envisagé dans certains cas. Les yeux et les
oreilles peuvent être irrigués doucement avec une solution saline isotonique.

Contamination étendue :

• Faire prendre la douche à ceux qui ne sont pas gravement blessés. Le bain peut être
fait sur la table d’opération ou sur la civière pour les personnes gravement blessées.
• Il convient également de respecter le cycle : mouiller – frotter – rincer.

Inhalation : Irriguer le nasopharynx et la bouche.

Ingestion : Administrer la cathartique pour les matériaux insolubles. Administrer des


diurétiques en forçant des fluides pour les contaminants solubles.
Mesures prophylactiques
• Couvrir la zone non contaminée avec une feuille de plastique et des morceaux de
ruban adhésif.
• Répéter le lavage après avoir laissé la peau se reposer.

Traitement
• L’érythème et la desquamation sèche peuvent faire l’objet de traitements
symptomatiques. Des lotions ou des sprays contenant de l’hydrocortisone peuvent
être utilisés pour soulager les symptômes associés à un érythème grave
accompagné d’un œdème. Pour traiter la desquamation humide, des pansements
quotidiens et un bain de la peau affectée dans des solutions antiseptiques sont utiles.
Des crèmes antibiotiques peuvent également être utilisées.
• En cas d’ulcération, il est recommandé d’isoler le membre dans un environnement
stérile ou de panser et de laver quotidiennement l’ulcère dans une solution
antiseptique. Des analgésiques ou des opioïdes plus forts peuvent être nécessaires.
En cas d’infection secondaire soupçonnée ou vérifiée, une antibiothérapie topique
ou systémique doit être envisagée.
• Pour la nécrose, seul le traitement chirurgical est efficace. La toilette chirurgicale
est indiquée. L’excision d’une nécrose profonde suivie d’une greffe de peau ou
d’autres types de greffe peut être pratiquée lorsque cela est indiqué.
• Les indications d’amputation comprennent des lésions très graves avec destruction
des tissus sous-jacents, notamment des lésions vasculaires, des douleurs rebelles et
un manque de contrôle des infections.

Résultat attendu
L’activité des radionucléides n’est plus détectable ou bien diminue.

Riposte aux événements/attaques chimiques


Composantes des services médicaux et de secours :
• Équipes de recherche et de secours ;
• Équipes médicales d’urgence utilisées pour les urgences quotidiennes (médecins,
infirmières, psychologues, secouristes, ambulances…) ;
• Services médicaux sur le terrain (équipes et postes médicaux sur le terrain) ;
• Plans et procédures d’intervention d’urgence médicale ;
• Personnel et équipements visant à renforcer les ressources disponibles pour les
urgences quotidiennes ;
• Service de transport pour les évacuations médicales ;
• Hôpitaux avec des unités pour blessés et des services chirurgicaux.

Sur le site de l’urgence :


• Opérer aussi près que possible (mais à distance de sécurité) du site d’urgence ;
• Collaborer étroitement avec différentes équipes de secours (génie, pompiers,
groupes de décontamination et de secours humains) ;
• Veiller à ce que tous les secouristes mettent des EPI appropriés ;
• Évaluer la situation pour déterminer qu’il n’y a pas de danger imminent ;
• Les équipes de secours doivent localiser les victimes et les tirer du danger ;
• L’équipe de secours doit procéder à une évaluation médicale de base pour identifier
et prendre en charge les affections mettant la vie en danger. Pour cela, elle doit
évaluer :
 les voies respiratoires
 la respiration
 la circulation sanguine ;
• L’équipe de secours doit fournir les premiers soins et consigner les détails des
premiers secours avant de transmettre les victimes aux équipes médicales de
terrain ;
• Mettre en place un/des postes médicaux sur le terrain ;
• Attribuer une catégorie de triage aux victimes en fonction de l’évaluation
médicale :
• Initier le traitement approprié ;
• Préparer les blessés à l’évacuation vers l’hôpital en fonction de la catégorie de
triage ;
• Poursuivre l’enregistrement des victimes ;
• Assurer la surveillance des victimes en attente d’évacuation ;
• Être en liaison avec le service de transport des victimes ;
• Évacuer les blessés vers les FOSA appropriées, en fonction de leur état de gravité ;
• Assurer la continuité des soins médicaux pour les blessés tout au long de la chaîne,
du site d’urgence à l’hôpital ;
• Fournir des informations aux FOSA d’accueil tout au long de la chaîne, du site des
urgences à l’hôpital ;
• Traiter les blessures mineures qui ne nécessitent pas une hospitalisation.
• Octroyer des crédits de communication à l’équipe d’urgence

Services hospitaliers :
• Préparer l’accueil des blessés ;
• Procéder à une évaluation médicale pour identifier et prendre en charge les
affections mettant la vie en danger ;
• Attribuer une catégorie de triage sur la base des évaluations ;
• fournir un traitement approprié en fonction des priorités de triage et des ressources
hospitalières disponibles ;
• poursuivre l’enregistrement des victimes ;
• Procéder à des interventions chirurgicales si nécessaire ;
• Dispenser des soins postopératoires et libérer les blessés.
• Reférer les cas compliqués dans une FOSA si nécessaire
Reconnaître et diagnostiquer les effets sur la santé des produits chimiques lors
d’événements chimiques
Type d’agent Nom de l’agent Caractéristiques uniques Effets initiaux
Myosis (micro pupille)
Vision floue/obscurcie
Maux de tête
Sarin cylohexyl Nausée, vomissements
Myosis (micro pupille)
Sarin (GB) Diarrhée
Sécrétions abondantes
Nerf Soman (GD) Sécrétions abondantes
Contraction/fasciculation
Tabun (GA) Transpiration
musculaire
VX Contraction/fasciculation
musculaire
Difficulté à respirer
Crises épileptiques
Chlorure de cyanogène Gelure possible
Cyanure d’hydrogène Confusion
Nausée
Asphyxiant/Arsine de Peau rouge cerise possible Le patient peut avoir le souffle
sang Cyanose possible coupé, ressemblant à une
asphyxie mais avec un début
plus brutal Crise épileptique
avant la mort
Le chlore est jaune verdâtre Irritation des yeux et de la peau
Chlore
avec une odeur piquante Irritation des voies respiratoires
Étouffement/Trouble Chlorure d’hydrogène Le gaz phosgène sent le foin ou Dyspnée, toux
pulmonaire Oxyde d’azote l’herbe fraîchement coupés Gorge irritée
Phosgène Gelure possible Oppression thoracique
Œdème pulmonaire possible
Décontaminer immédiatement La moutarde a une période de
latence asymptomatique
la peau; rincer les yeux avec de
Moutarde/Soufre Il n’y a pas d’antidote ou de
l’eau ou une solution saline
Moutarde (HD, H) traitement pour la moutarde
normale pendant 10-15 Le lewisite provoque une douleur
Ampoules/Vésicant Moutarde (gaz)
minutes; en cas de difficultés brûlante immédiate, des
Ypérite à l’azote
respiratoires, donner de ampoules plus tard
Lewisite (L)
l’oxygène et des soins de L’antidote spécifique British Anti
soutien Lewisite (BAL) peut diminuer les
effets systémiques du Lewisite
Peut causer la mort
Sécheresse de la bouche et de la
Peut apparaître comme une peau
intoxication massive à la drogue Tachycardie initiale
avec un comportement Altération de la conscience,
Incapacitant/modification élastique, des hallucinations délire, déni de maladie,
Agent 15/BZ
du comportement distinctes et de la confusion belligérance
Hyperthermie Hyperthermie
Mydriase (dilatation des Ataxie (manque de coordination)
paupières) Hallucinations
Mydriase (dilatation des
paupières)
Décontamination et traitement

Autre considération pour le


Type d’agent Décontamination Accès aux premiers secours
patient
Enlevez les vêtements
immédiatement. Le début des symptômes du
Laver doucement la peau avec Atropine avant d’autres contact cutané avec les
du savon et de l’eau mesures formes liquides peut être
Nerf
Ne pas abraser la peau Chlorure de pralidoxime retardé Une administration
Pour les yeux, rincer à grande (2PAM) d’antidote répétée peut être
eau ou avec une solution nécessaire
saline normale
Enlevez immédiatement les
Traitement rapide à l’oxygène
vêtements - si vous n’avez pas L’arsine et le chlorure de
Asphyxiant/Arsine de Pour le cyanure, utilisez des
de gelure cyanogène peuvent causer un
sang antidotes (nitrite de sodium,
Doux lavage de la peau avec œdème pulmonaire retardé
puis thiosulfate de sodium).
du savon et de l’eau
Air frais
Repos forcé
Enlevez les vêtements
Á moitié debout
immédiatement.
Si des signes de détresse Peut causer un œdème
Laver doucement la peau avec
respiratoire sont présents, de pulmonaire retardé, même
Étouffement/Trouble du savon et de l’eau
l’oxygène avec ou sans après une période sans
pulmonaire Ne pas abraser la peau
pression positive des voies symptômes dont la durée varie
Pour les yeux, rincer à grande
respiratoires peut être en fonction de la quantité
eau ou avec une solution
nécessaire
saline normale
Autre thérapie de soutien au
besoin
Œdème pulmonaire possible La
La décontamination moutarde a une période de
immédiate est essentielle latence asymptomatique, il n’y a
pour minimiser les dommages pas d’antidote pour la moutarde
Enlevez les vêtements Décontaminer immédiatement Le Lewisite provoque une
immédiatement. la peau, rincer les yeux avec de douleur brûlante immédiate,
Ampoules/Vésicant Laver doucement la peau avec l’eau ou une solution saline des ampoules plus tard
du savon et de l’eau normale pendant 10 à 15 Un antidote spécifique British
Ne pas abraser la peau minutes Anti-Lewisite (BAL) peut
Pour les yeux, rincer à grande diminuer les effets
eau ou avec une solution systémiques du Lewisite
saline normale L’oxine phosgène provoque une
douleur immédiate
L’hyperthermie et
l’automutilation sont des risques
Enlevez les vêtements lourds cibles
Enlevez les vêtements Évaluer l’état mental Difficile à détecter car il s’agit
immédiatement. Utilisez des moyens de
Incapacitant/modification d’une substance inodore et non
Laver doucement la peau avec contention au besoin
du comportement irritante
du savon et de l’eau Surveiller attentivement
Arythmies graves possibles
Ne pas abraser la peau la température centrale
Un antidote spécifique
Soins de soutien
(physostigime) peut être
disponible
Recommandation d’antidotes après exposition au cyanure

Patient Doux (Conscient) Grave (inconscient) Autre traitement

Enfant Les antidotes Nitrite de sodium:) .120,33 ml / kg, sans En cas d’hypotension
peuvent ne pas être dépasser 10 ml de solution à 3 %. Voie orthostatique induite par les
nécessaires intraveineuse lente, pas moins de 5 minutes, ou nitrites de sodium, une
plus lentement si l’hypotension se développe perfusion de solution saline
normale et une position
Thiosulfate de sodium :
couchée sont
1,65 ml / kg de solution à
recommandées.
25 % par voie intraveineuse pendant 10 à 20
minutes Si le patient est toujours
apnéique après
Adulte Les antidotes Nitrite de sodium : 10 à 20 ml de solution à 3 % l’administration d’antidote,
peuvent ne pas être par voie intraveineuse lente, pas moins de 5 envisager le bicarbonate de
nécessaires minutes, ou plus lentement si l’hypotension se sodium pour une acidose
développe sévère.

Thiosulfate de sodium : 50 ml de solution à 25 %


par voie intraveineuse pendant 10 à 20 minutes

Note:
1. Les victimes dont les vêtements ou la peau sont contaminés par du liquide ou une solution d’acide cyanhydrique peuvent
contaminer en second lieu le personnel d’intervention par contact direct ou par l’intermédiaire de vapeurs dégageant de
l’air
2. Évitez tout contact cutané avec les victimes contaminées par le cyanure ou avec le contenu gastrique des victimes qui
auraient pu ingérer des matières contenant du cyanure.
3. Les victimes exposées uniquement à l’acide cyanhydrique ne posent aucun risque de contamination aux sauveteurs. Si le
patient est victime d’une récente inhalation de fumée (peut présenter des taux élevés de carboxyhémoglobine), on ne peut
lui administrer que du thiosulfate de sodium.
4. Si le nitrite de sodium n’est pas disponible, administrer le nitrite d’amyle par inhalation à partir d’ampoules broyables.
5. Disponible dans le kit Pasadena Cyanide Antidote, anciennement Kit Lilly Cyanide
6.7. Références
1. Emergency Response Framework. World Health Organization. 2nd Edition
2. Republic of Kenya, Ministry of Public Health and Sanitation. Integrated Disease Surveillance and Response. Technical
Guidelines.2nd Edition, 2012
3. Ministry of Health Liberia, National Technical Guidelines for Integrated Disease Surveillance and Response, June 2016
4. Government of Sierra Leone. Ministry of Health and Sanitation. Community-based surveillance training manual 2016
5. Government of Sierra Leone. Ministry of Health and Sanitation. Technical Guidelines for IDSR. April,2015
6. United Republic of Tanzania. Ministry of Health, Community Health, Gender, Elderly and Children, National Guidelines
for Prevention and Control of Cholera. 2nd Edition, 2011.
7. Uganda IDSR Training Modules and Training PPT for IDSR. 2017
8. International Health Regulations and Chemical events © World Health Organization 2015.
9. Cholera Task Force on Cholera Control. Cholera Outbreak Response Field Manual. Draft Working, 2018
10. Meningitis outbreak response in sub-Saharan Africa. WHO guideline, WHO/HSE/PED/CED/14.5
11. Weekly Epidemiological Record No 51/52, 577-588, 19 December 2014 ([Link] )
12. Standard Operating Procedures for Surveillance of Meningitis, Preparedness and Response to Epidemics in Africa, WHO
document. WHO/AFRO/FRH October 2018, Brazzaville
13. Managing meningitis epidemics in Africa: A quick reference guide for health authorities and health-care workers Revised
2015, WHO/HSE/GAR/ERI/2010.4. Rev.1
14. Standard Operating Procedures for Surveillance of Meningitis, Preparedness and Response to Epidemics in Africa, WHO
document. WHO/AFRO/FRH October 2018, Brazzaville
SECTION 7 : COMMUNICATION SUR LES RISQUES

Cette section décrit comment :

 Comment communiquer dans le cadre de la SIMR;


 Les principes clés pour une communication
efficace ;
 Comment créer un environnement propice pour
une communication efficace avec les populations
à risque ;
 Comment communiquer avant, pendant et après
l’épidémie.
La communication sur les risques est un élément essentiel de la préparation et de la riposte aux
catastrophes et aux situations d’urgence et constitue l’une des capacités essentielles du
Règlement Sanitaire International de 2005 (RSI, 2005). La communication sur les risques est
un échange bidirectionnel d’informations, de perceptions et de conseils entre évaluateurs de
risques, gestionnaires de risques et divers groupes de la société sur la probabilité et les
conséquences des dommages résultant de l’évènement (OMS, 2005). Son objectif ultime est de
faire en sorte que chaque personne à risque puisse prendre des décisions en connaissance de
cause pour atténuer les effets de la menace (danger), telle qu’une épidémie, et prendre des
mesures de protection et de prévention. La communication sur les risques utilise un ensemble
de stratégies et de tactiques de communication et d’engagement, notamment (mais pas
exclusivement) la communication médiatique, les médias sociaux, les campagnes de
sensibilisation de masse, la promotion de la santé, l’engagement des parties prenantes, la
mobilisation sociale et l’engagement communautaire. Le 21ème siècle est marqué par une
croissance exponentielle des voyages, des échanges commerciaux, des migrations, ainsi que
par une révolution technologique de la communication qui a élargi l’accès à une variété de
moyens de communication et d’information. Le public et les communautés sont exposés à une
variété de médias dynamiques et en évolution rapide, formels et informels, de médias sociaux
et de réseaux sociaux complexes qui influent sur la manière dont le risque est communiqué,
perçu et mis en œuvre. Les dernières bases factuelles montrent que la pratique de la
communication sur les risques est une tâche complexe constituant une intervention de Santé
Publique essentielle dans toute riposte aux flambées épidémiques, pandémies et autres urgences
de Santé Publique. Il est donc important que la communication sur les risques soit conduite
efficacement, de manière à promouvoir l’objectif principal de la Santé Publique qui est
d’endiguer rapidement les épidémies et de prévenir les décès évitables et les maladies, en
provoquant le moins de perturbations possible sur le plan socio-économique. Au cours des
épidémies et des pandémies, ainsi que des crises humanitaires et des catastrophes naturelles,
une communication efficace sur les risques permet aux personnes les plus exposées de
comprendre et d’adopter des comportements de protection. Elle permet aux autorités et experts
de prendre en compte et de répondre aux préoccupations et aux besoins des personnes, et de
prodiguer des conseils pertinents, fiables et acceptables. La présente section décrit comment
organiser la communication sur les risques avant, pendant et après une épidémie. Une
communication efficace permet aux personnes à risque d’acquérir les connaissances dont elles
ont besoin pour prendre des décisions éclairées en vue de se prémunir contre la maladie, les
affections prioritaires ou évènement de Santé Publique. Elle fournit également aux décideurs
des informations récapitulatives, en particulier sur la riposte aux épidémies, leur permettant
d’examiner la manière dont les ressources ont été utilisées pour circonscrire l’évènement.

7.1. Communication sur les risques dans le cadre de la SIMR


La stratégie de Surveillance Intégrée de la Maladie et Riposte (SIMR) est une approche
permettant d’améliorer la surveillance de la Santé Publique et la riposte aux maladies,
affections et évènements prioritaires aux niveaux de la communauté, des Formations Sanitaires,
des Districts de Santé et au niveau national. Étant donné que la SIMR peut potentiellement
garantir la fourniture fiable d’informations au niveau national en vue de satisfaire aux exigences
du RSI, la communication sur les risques devrait être incluse dans toutes les fonctions et
activités essentielles de la SIMR, en particulier la détection, la collecte d’échantillons, la
notification, l’analyse et l’interprétation, ainsi que la rétro-information, la riposte et la
préparation. Les fonctions et activités essentielles de la SIMR pour chaque niveau du système
de santé sont bien illustrées dans la section Introduction. Une communication efficace sur les
risques est donc nécessaire pour atteindre les objectifs de la stratégie SIMR. Si la
communication sur les risques est bien planifiée et intégrée dans la stratégie SIMR, elle peut
améliorer la prise de décision et l’adoption des comportements souhaités par les communautés,
tout en contribuant à la prévention, au contrôle et à la riposte aux maladies prioritaires et autres
évènements de Santé Publique. Cette communication doit être soigneusement planifiée, mise
en œuvre et correctement intégrée aux activités et opérations de gestion des urgences aux
niveaux de la communauté, du DS, de la région et au niveau national afin de soutenir toutes les
fonctions essentielles de la SIMR et les activités connexes.

7.1.1. Avantages de la communication sur les risques


La communication sur les risques améliore la prise de décision, l’observance du traitement et
les comportements requis pour les actions préventives. Elle favorise également la transparence,
la délégation de tâches et renforce la confiance avec les individus, les leaders communautaires,
les professionnels de santé et les décideurs. Lorsque la communication sur les risques est
correctement menée, elle promeut le principal objectif de Santé Publique qui est d’endiguer
rapidement les épidémies, en évitant ainsi les décès, les maladies évitables et en perturbant le
moins possible les activités socio-économiques. Pendant les épidémies, les pandémies, les
crises humanitaires et les catastrophes naturelles, une communication efficace sur les risques
permet aux personnes les plus exposées de comprendre et d’adopter des comportements de
protection. Elle permet aux autorités et aux experts de prendre en compte les préoccupations et
besoins de la population, d’y répondre et d’offrir des conseils pertinents, fiables et acceptables.

Il est essentiel que la communication sur les risques ne vise pas uniquement la riposte à une
épidémie ; les plans de communication sur les risques devraient inclure les activités menées
avant, pendant et après l’épidémie. Lorsque la communauté fait face à une menace réelle ou
potentielle pour la santé, l’organisation des interventions directes peut prendre du temps et les
ressources peuvent être limitées. Par conséquent, le fait de communiquer des conseils et
orientations est souvent le premier et le plus important outil de Santé Publique dans la gestion
d’un risque. La communication proactive sur les risques encourage la communauté et les
prestataires de services à adopter des comportements de protection lorsqu’ils sont liés à des
systèmes et des services qui fonctionnent. Elle facilite la surveillance renforcée de la maladie,
réduit la confusion et minimise les problèmes de communication, les rumeurs et la
désinformation liés au mode de transmission et aux moyens de prévention d’une maladie, ainsi
que les mesures de protection dont l’efficacité a été prouvée. Elle permet une meilleure
utilisation des ressources, qui est essentielle à une riposte efficace (OMS, 2008).

7.1.2. Publics cibles de la communication sur les risques


Les publics cibles comprennent :
• la communauté : toutes les personnes risquant de contracter une maladie ou ayant besoin
de services de santé dans le contexte d’un évènement de Santé Publique ;
• les prestataires de soins de santé et premiers intervenants (secouristes) ;
• les Formations Sanitaires et personnel de santé ;
• les points focaux surveillance ;
• le personnel de laboratoire ;
• les points d’entrée ;
• le personnel des compagnies aériennes ;
• les agents d’immigration ;
• les voyageurs ;
• les parties prenantes (décideurs, Ministère de la Santé Publique et Ministères partenaires,
organisations de santé maternelle et infantile, partenaires, organisations communautaires,
etc.)
• les médias en tant que canal pour atteindre ces publics ;
• les écoles et lieux de travail ;
• les autorités traditionnelles et religieuses.

7.1.3. Engagement communautaire dans la préparation et la riposte aux


urgences de Santé Publique
L’engagement communautaire est crucial pour la communication sur les risques. L’engagement
communautaire est le processus de collaboration avec et à travers des personnes liées par leur
proximité géographique, un intérêt commun ou des situations similaires pour se pencher sur
des problèmes qui affectent leur bien-être. Il est souvent utilisé comme méthode active de mise
en œuvre du changement. Lors de la communication sur les risques, l’accent est mis sur la
construction et le maintien des relations basées sur la confiance.

L’établissement d’un engagement communautaire comporte les étapes suivantes :


a) l’élaboration des objectifs ;
b) l’identification des différents acteurs;
c) la définition des stratégies d’implication ;
d) la priorisation des activités ;
e) la conception d’un plan de mise en œuvre ; et
f) le suivi-évaluation des progrès.

L’engagement effectif de la communauté vous permet de :


a) connaître la communauté (ses problèmes et besoins) ;
b) comprendre les croyances, attitudes et pratiques existantes en matière de santé ;
c) écouter la communauté attentivement ;
d) analyser la dynamique communautaire ; et
e) impliquer la communauté dans tous les aspects de la riposte, dès la phase de
planification.

7.1.4. Approches en matière de communication sur les risques


Les composantes nécessaires pour une communication efficace sur les risques en situation
d’urgence incluent :
a) éducation pour la santé ;
b) mobilisation sociale;
c) implication de la communauté ;
d) médias et médias sociaux ;
e) communication en situation d’épidémie ;
f) communication de crise ;
g) élaboration des messages (Information, éducation et communication (IEC) et
communication pour le changement de comportement (CCC)) ;
h) surveillance et gestion des rumeurs ;
i) plaidoyer.

7.1.5. Modèle de communication intégrée sur les risques


La communication sur les risques étant une activité complexe qui implique différents acteurs,
il est crucial d’adopter une approche intégrée. Les éléments clés de la communication intégrée
sur les risques en situation d’urgence sont présentés dans la Figure 1. Ce modèle permet de
concevoir et de mettre en œuvre avec succès une stratégie de communication efficace. Il
souligne la nécessité d’une approche empreinte de collaboration entre différents publics cibles
à tous les niveaux.

Figure 16:Modèle intégré pour une communication sur les risques en situation d’urgence

7.2. Principes clés pour une communication efficace


Il existe cinq principes clés pour une communication efficace, à savoir :
7.2.1. Construire et maintenir la confiance
La construction et le maintien de la confiance constituent sans doute la fonction la plus
importante d’une communication efficace en cas d’épidémie ou évènement de Santé Publique
et devraient comprendre :

a) des informations opportunes et transparentes sur la nature de la menace ;


b) la riposte à l’évènement ; et
c) des conseils concrets sur les mesures de protection que les populations peuvent prendre
pour améliorer l’efficacité personnelle, combinés à des services opérationnels.

Ceci crée la confiance dans la riposte entre la communauté et les équipes de riposte et augmente
la probabilité qu’elles suivent les conseils donnés.

La confiance est maintenant considérée comme la condition la plus importante pour une
communication efficace sur les risques.

Selon les dernières données disponibles, la communication sur les risques en situation
d’urgence de Santé Publique devrait inclure une véritable participation de la population, en
tenant compte de trois éléments clés, à savoir :
a) la compréhension du contexte spécifique, des préoccupations, des croyances, des pratiques
et traditions de la population concernée en vue de développer des informations et des
explications scientifiques et logistiques qui répondent aux préoccupations de la
communauté (expertise en sciences sociales) ;
b) la fourniture de conseils compréhensibles et fiables que les populations sont susceptibles
de suivre pour sauver des vies et contenir l’épidémie dans les plus brefs délais; ces conseils
sont prodigués dans leurs propres langues, adaptés à leurs niveaux d’éducation, à leur
situation de handicap ou d’indigence éventuelle et à leurs préférences (par exemple, orales
ou visuelles) et diffusés par leurs canaux et interlocuteurs préférés (Communication Inter
Personnelle) ;
c) l’engagement communautaire significatif et la participation des représentants ou messagers
de confiance de la communauté.

La communication sur les risques doit comprendre des informations opportunes, transparentes, compréhensibles,
transmises à la population affectée et à risque sur :

1. la nature du risque sanitaire qu’elle court ;


2. la riposte qui est en train d’être organisée ;
3. ce qu’elle peut faire pour se protéger elle-même ainsi que ses proches.

La confiance est donc cruciale pour toutes les interventions de Santé Publique et, en cette
période marquée par la surabondance d’informations, elle apparaît comme l’élément essentiel
d’une communication efficace sur les risques (c’est-à-dire qu’il est essentiel que les avis des
experts soient pris en compte par les principales parties prenantes et les populations affectées
et à risque). La communication sur les risques devrait donc viser à construire, à maintenir ou
rétablir la confiance de la communauté aux acteurs de la riposte.
Les dernières données disponibles sur les épidémies du 21ème siècle révèlent que pour renforcer
la confiance, les activités de communication sur les risques doivent :
a) être intégrées aux services opérationnels et accessibles ;
b) être transparentes et opportunes ;
c) être faciles à comprendre par les populations cibles (c’est-à-dire, dans leurs formats oraux
ou visuels préférés; dans leurs propres langues ou dialectes; et adaptées à leur niveau
d’éducation, à leurs cultures, leur situation de handicap ou d’indigence éventuelle) ;
d) reconnaître et communiquer l’incertitude (ni trop rassurer, ni spéculer ; plutôt communiquer
fréquemment afin que l’évolution de l’évènement et la compréhension de la communauté
soient transparentes et ne détruisent pas la confiance) ;
e) êtres liées à l’auto-efficacité (les gens peuvent-ils vraiment faire ce que vous leur
demandez? Ont-ils l’aptitude, les équipements, les services et le niveau d’éducation
nécessaires pour adopter nos mesures édictées?) ;
f) être diffusées en utilisant divers canaux, plateformes et méthodes ;
g) identifier, impliquer les personnes auxquelles la communauté fait confiance et collaborer
avec elles lors de la prise de décisions (et pas seulement pour la diffusion d’informations).

Les interventions et toute communication concernant la communauté sont ainsi adaptées au


contexte et la communauté se les approprie.

7.2.2. Communication en temps réel et transparence


Dans la plupart des cas, la réaction de la communauté face à une épidémie ou un évènement de
Santé Publique dépend de la manière dont les premières communications sont faites. Ceci
signifie qu’un évènement ou une menace de Santé Publique doit être annoncé dès qu’il survient,
même lorsque les informations sont incomplètes ou évoluent rapidement. Ceci implique que
communiquer sur l’incertitude est la pierre angulaire de la communication sur les risques.

La communication par les autorités, les acteurs de la riposte ou de première ligne doit inclure :

a) des informations sur les incertitudes liées au risque, à l’évènement et aux interventions ;
b) des informations indiquant ce qui est connu et inconnu à chaque instant donné ;
c) un engagement et un suivi visant à tenir la communauté fréquemment informée sur
l’évolution de la situation incertaine ;
d) l’ensemble des plateformes, mécanismes et interlocuteurs de confiance pour garantir
l’accès aux informations cohérentes et coordonnées par les parties prenantes, y compris la
population.

7.2.3. Écouter, comprendre et respecter les préoccupations de la


communauté
La compréhension des perceptions, préoccupations, craintes et attentes de la communauté est
aussi essentielle pour la communication sur les risques, que la compréhension des pratiques et
comportements à risque. La compréhension des communautés doit débuter avant et se
poursuivre pendant une urgence. Il existe plusieurs manières d’améliorer la prise de conscience
des préoccupations de la communauté et comprendre les contextes qui déterminent
l’acceptation et la prise en compte réelle des mesures correctives ou préventives par ces
derniers.

Il s’agit notamment des enquêtes ou mini-enquêtes sur les Connaissances, Attitudes et Pratiques
(CAP), des visites à domicile, des discussions de groupe, des entretiens avec des informateurs
clés, du retour d’information des parties prenantes, de la veille médiatique, etc. L’utilisation de
ces méthodes et autres approches en sciences sociales permet de mener des interventions et
fournir des conseils en matière de santé, sur la base des données factuelles.

7.2.4. Planification préalable de la communication sur les risques


La communication sur les risques est plus efficace lorsqu’elle est intégrée à la préparation aux
urgences de Santé Publique, à l’analyse des risques et à la riposte (gestion des risques). Ceci
signifie qu’un plan de communication sur les risques doit être élaboré pendant la phase de
préparation. La planification de la communication sur les risques doit se faire avant et constituer
un processus continu axé sur la préparation, la prévention et la riposte. Elle doit être
participative, adaptée au contexte des groupes affectés, tenir compte des besoins des parties
prenantes et du retour d’information de ces groupes. Le Règlement Sanitaire International 2005
(RSI, 2005) recommande à tous les gouvernements de développer leurs capacités nationales en
matière de détection, d’alerte et de riposte en cas d’urgence de Santé Publique. Une des
capacités essentielles est la communication sur les risques. En conséquence, la planification de
la communication sur les risques doit inclure les systèmes nécessaires (stratégies, plans, POS
et mécanismes aux niveaux national, régional et du District) ; la coordination des partenaires,
des secteurs et des parties prenantes ; la capacité d’une communication publique rapide et
efficace dans les langues et les canaux préférés de la population ; la capacité de suivre et de
gérer rapidement les préoccupations, perceptions, rumeurs et la désinformation et la
communication pour l’engagement des communautés affectées et à risque.

7.2.5. Assurer l’équité dans la communication sur les risques


Tous les citoyens ont le droit de recevoir afin de s’approprier les informations sur les risques
ou menaces pour leur santé, notamment les mesures à prendre. Malheureusement, la majeure
partie de la population est exclue de la communication de routine sur les menaces pour la santé.

La communication sur les risques doit donc garantir un partage équitable des informations avec
la communauté et éviter l’exclusion des groupes vulnérables de l’action sanitaire. Ceci signifie
qu’il convient de prêter attention à la portée de la communication, en utilisant des canaux et
des interlocuteurs crédibles ; en évitant le jargon ou le langage technique ; en utilisant les
langues locales des populations ; en adaptant les messages aux niveaux de compréhension,
d’éducation ou aux situations de handicap ou d’indigence éventuelles des populations ; et en
veillant à ce que les actions promues puissent être appliquées de manière réaliste. Une attention
particulière doit être accordée à l’analyse des dynamiques de pouvoir dans les communautés et
à la prise de mesures spéciales en direction des groupes les plus difficiles à atteindre (les
femmes, minorités, personnes âgées, jeunes, personnes en situation de handicap, personnes
indigentes, migrants, réfugiés, etc.).
7.3. Créer un environnement propice pour une communication
efficace avec les populations à risque
La création d’un environnement propice à la communication efficace sur les risques nécessite :

a) la mise en place des systèmes et structures de communication sur les risques aux niveaux
du District, de la région et national
i. s’ils ne sont pas disponibles, créer des comités ou des structures de communication
multisectoriels à tous les niveaux (voir l’Annexe 5E pour des exemples de membres
du sous-comité de la communication et leurs rôles). Les TDR peuvent être élargis
en tenant compte des phases pré-épidémique, épidémique et post-épidémique en lien
avec chaque fonction (Voir l’Annexe 7F pour une liste plus complète des parties
prenantes possibles) ;
ii. passer en revue les structures et mécanismes de communication sur les risques
existants.
b) s’assurer que le système de communication implique les leaders communautaires, au vu de
leur grande influence exercée au sein de la communauté. Une évaluation rapide peut être
réalisée pour apprécier le cadre de la communication sur les risques, notamment :
i. en procédant à une évaluation pour identifier les besoins en communication sur les
risques en fonction du profil de risque ;
ii. en élaborant une cartographie et en mettant au point une base de données des parties
prenantes de la communication sur les risques à tous les niveaux ; et
iii. en élaborant une cartographie des ressources en matière de communication sur les
risques ;
c) réaliser une cartographie des langues locales ; religions ; moyens ou canaux de
communication et interlocuteurs (sources) crédibles en matière de communication ; ainsi
que des pratiques traditionnelles à risque et utiliser toutes ces informations pour élaborer
des stratégies et plans de communication adaptés sur les risques ;
d) si aucun interlocuteur n’est disponible aux niveaux du District et de la région, identifier un
porte-parole des pouvoirs publics et s’assurer qu’il/elle soit formé(e) aux procédures de
communication publique ;
e) outre le personnel chargé de la communication sur les risques, tous les acteurs de première
ligne doivent suivre une formation de base en communication sur les risques (surveillance,
recherche de contacts, prise en charge des cas, mobilisation sociale, engagement
communautaire, équipes d’inhumation, personnel de santé, volontaires…) ;
f) élaborer un plan de communication sur les risques pour les urgences de Santé Publique aux
niveaux des Districts, des régions et national et veiller à ce que toutes les parties prenantes
reçoivent des orientations sur les procédures de communication sur les risques ;
g) concevoir une plateforme de coordination ainsi que des mécanismes de communication
interne et avec les partenaires pour impliquer toutes les parties prenantes, y compris les
médias et les réseaux de radio communautaires, et définir les rôles et responsabilités ;
h) disposer de budgets détaillés et plaider fermement en faveur de la mobilisation des
ressources et de la collaboration multisectorielle pour la mise en œuvre des activités de
communication sur les risques, et pour les urgences de Santé Publique à tous les niveaux ;
i) créer un système d’écoute dynamique et de gestion des rumeurs.
(Voir Annexe 7E pour la liste de contrôle de suivi de la communication sur les risques)
7.4. Communiquer avant, pendant et après l’épidémie
7.4.1. Communication sur les risques en phase pré-épidémique ou de
routine
Une grande partie des activités de communication devrait être mise en œuvre dans la phase pré-
épidémique ou pré-urgence afin d’assurer une meilleure préparation. Les responsables des
activités de communication devraient tirer parti de l’absence d’une urgence pour renforcer la
capacité de communication nationale et élaborer des plans et des outils de communication qui
permettront au pays d’atteindre un niveau élevé de préparation en matière de communication.
La phase pré-urgence devrait également servir à élaborer les messages et matériels de
communication nécessaires et à promouvoir la pratique de comportements de prévention des
risques.

Avant une épidémie ou autre évènement de Santé Publique, il convient de prendre les
précautions suivantes :

- veiller à ce que le sous-comité du CGUSP chargé de la communication sur les risques se


réunisse au moins une fois par mois ou par trimestre pour :
o examiner le plan de communication sur les risques, ainsi que le matériel et la
logistique requis;
o élaborer, pré-tester, produire et diffuser les outils de communication appropriés
adaptés aux risques de Santé Publique identifiés ;
o organiser la formation des ressources humaines en communication sur les risques.
- s’assurer que le mécanisme de coordination de la communication est fonctionnel avec des
TDR clairs et des rôles et responsabilités bien définis pour chaque entité ;
- organiser des rencontres périodiques avec les parties prenantes qui seront impliquées dans
la communication sur les risques pour la prévention et la préparation ou la riposte au cas où
un évènement ou une urgence surviendrait. Il s’agit notamment des médias de district,
régionaux ou nationaux ; des radios communautaires ; de la société civile ; et des parties
prenantes d’autres secteurs, comme le secteur de la santé animale et environnementale ;
- passer en revue les interventions de communication sur les urgences antérieures, afin de
tirer des enseignements, de s’inspirer des pratiques couronnées de succès et d’éviter les
pratiques négatives ;
- recueillir et analyser des données épidémiologiques et sociales sur les catastrophes et
épidémies périodiques : les saisons d’apparition de maladies courantes ; les communautés
et populations à risque ; ainsi que les canaux de communication accessibles et crédibles ;
- renforcer les capacités de communication en cas d’épidémie, identifier et former des porte-
parole ;
- alerter toutes les entités concernées et les informer de leur rôle en cas d’épidémie ;
- s’assurer que les messages et outils sont élaborés, pré-testés et prêts pour production et
diffusion ;
- s’assurer que tous les modules de formation, les directives et les listes de contrôle de suivi
sont élaborés et mis à jour ;
- élaborer et partager les Procédures Opérationnelles Standards (POS) pour la mobilisation
sociale et l’engagement communautaire ;
- assurer l’intégration de la communication sur les risques dans le plan global de préparation
et de réponse aux urgences de Santé Publique ;
- identifier et préparer la base de données des parties prenantes et des partenaires, tels que :
les groupes ou organisations de jeunes ou de femmes ; les écoles ; les institutions
religieuses ; les OSC ; les groupes de théâtre, ainsi que d’autres groupes communautaires
qui peuvent diffuser des messages au niveau communautaire et les impliquer dans les
activités de préparation ;
- identifier tous les canaux de communication disponibles pour diffuser le message et évaluer
la portée et la crédibilité de ces canaux ;
- produire un « kit de riposte » comprenant les questions les plus fréquemment posées, des
dossiers de presse, un manuel de formation, des outils de micro-planification, des listes et
outils de contrôle, des modèles de plan de communication et des messages et outils clés
pour distribution rapide. Ce kit est destiné aux acteurs de la communication à tous les
niveaux ;
- établir des lignes de communication avec les médias (journalistes, stations de radio et
télévision, presse écrite, bloggeurs) ; les former et leur fournir des informations
régulièrement ;
- organiser des activités avec des troupes de théâtre, des musiciens et des artistes
communautaires traditionnels ;
- identifier et former des Agents de Santé Communautaires, des leaders communautaires, des
autorités religieuses, des personnalités influentes, des groupes de femmes, des groupes de
jeunes et d’autres mobilisateurs sociaux pour la Communication pour le Développement de
(C4D) et la communication sur les risques ;
- identifier les mécanismes de communication avec les populations difficiles à atteindre et
vulnérables (personnes âgées, personnes handicapées, enfants, nomades, personnes en
situation d’insécurité) et avec les communautés isolées pour s’assurer qu’elles ont accès
aux informations et à l’assistance en matière de protection de la santé ;
- définir les canaux de communication qui peuvent être utilisés pour atteindre les groupes
vulnérables ;
- diffuser des messages décrivant les mesures prises par le gouvernement pour protéger la
communauté et les professionnels de la santé, sensibiliser les populations aux menaces
imminentes pour la santé, aux comportements et mesures de prévention qu’ils peuvent
prendre pour réduire les risques. Ceci peut se faire par le biais des médias de masse, tels
que les radios communautaires locales, les communications officielles, les groupes de
théâtre communautaires, la télévision, la presse écrite et les médias sociaux (Facebook,
Twitter, etc.) ;
- mener des activités pour l’engagement communautaire, construire et maintenir des relations
de confiance entre les autorités et les communautés par le biais de la formation, du dialogue,
des concertations et du renforcement des capacités. Il convient de relever qu’un engagement
communautaire efficace repose sur des relations de confiance entre les responsables et les
communautés. Il est donc important de saisir toutes les occasions possibles pour renforcer
ces relations pendant les périodes où l’on n’est pas confronté à des urgences de Santé
Publique ;
- utiliser l’éducation permanente en matière de santé, la promotion de la santé et d’autres
moyens pour créer, tester et renforcer la confiance dans les systèmes. Les interlocuteurs
peuvent être utilisés pour la communication sur les risques en situation d’urgence ;
- prendre des dispositions pour ouvrir une ligne téléphonique d’urgence, immédiatement
fonctionnelle, lorsque la situation d’urgence survient ;
- mettre en place une équipe de veille médiatique, chargée de suivre les informations et les
médias sociaux ainsi que les comportements et pratiques liés à la situation d’urgence ;
- maintenir et mettre à jour une liste des organes de presse ;
- élaborer des plans pour l’observation de routine des rumeurs et de la désinformation.

7.4.2. Pendant la riposte à l’épidémie


Pendant la riposte à l’épidémie et lorsqu’il existe un risque réel ou potentiel pour la santé, les
options de traitement peuvent être limitées, les interventions directes peuvent prendre du temps
à s’organiser et les ressources peuvent être limitées. Par conséquent, la fourniture de conseils
et orientations est souvent l’outil de Santé Publique le plus important dans la gestion du risque.
La communication sur les risques vise principalement à contrôler l’épidémie et à atténuer les
perturbations dans la société, en communiquant avec la communauté de manière à construire,
maintenir ou rétablir la confiance. Une communication proactive encourage la population à
adopter des comportements de protection, facilite la surveillance accrue de la maladie, réduit
la confusion et la peur et permet une meilleure utilisation des ressources nécessaires à une
riposte efficace. Elle montre également que les autorités sanitaires contrôlent la situation et se
préoccupent de la population. Par conséquent, elle renforce la confiance entre ces autorités et
la communauté en général.

Les populations ont un droit fondamental à l’information et à la participation. Outre les objectifs
de Santé Publique, les populations ont le droit d’être informées des actions de protection et
aussi de participer et de déterminer des interventions acceptables pour elles.

La figure ci-après illustre une courbe épidémique montrant l’importance de la communication


proactive.

Figure 17: Courbe épidémique montrant l’importance de la communication proactive


La zone jaune représente le nombre de cas qui pourraient être évités grâce aux actions de riposte
rapide à la menace.

La flèche bleue indique le point où la communication proactive joue un rôle crucial pour
soutenir une riposte aussi rapide. En alertant la population et les partenaires sur un risque de
maladie infectieuse, la surveillance des cas potentiels augmente, des comportements de
protection sont adoptés, la confusion est limitée et les ressources de communication sont plus
susceptibles d’être ciblées. Une communication efficace peut contribuer à limiter la
propagation d’une maladie et finalement à sauver des vies. Elle minimise également les
dommages causés aux sociétés et aux économies et peut aider les communautés à se remettre
plus rapidement d’un évènement ou une urgence de Santé Publique.

[Link]. Identifier et coordonner les partenaires et autres parties prenantes


lors d’une épidémie
Les épidémies créent généralement la peur dans la communauté. L’implication des différentes
parties prenantes se traduit parfois par un manque de coordination et par le chevauchement des
efforts. La fourniture d’informations opportunes et précises par le biais d’un mécanisme bien
coordonné est importante.

La coordination interne de la communication entre les parties prenantes nationales est cruciale
en situation d’urgence. Le sous-comité chargé de la communication sur les risques et de la
mobilisation sociale décrit à la section 5, veille à ce qu’un système de communication interne
soit mis en place entre les parties prenantes nationales afin de garantir le partage d’informations
en temps voulu vers les différents secteurs gouvernementaux.

La coordination des partenaires est un autre élément essentiel lors des épidémies et de la riposte
aux évènements. Elle vise à favoriser l’appropriation, la participation effective des différents
acteurs et l’utilisation rationnelle des ressources (Voir l’Annexe 7F, concernant les partenaires
et les parties prenantes potentiels susceptibles d’être impliqués). Elle permet d’établir des
structures de communication systématique entre les professionnels de la santé, la communauté
et les partenaires. Elle contribue à s’assurer que ce lien vital est disponible et fonctionnel en
situation d’urgence. Le plan de communication du District, de la région ou du pays doit prendre
en compte la coordination des partenaires.

La coordination permet de s’assurer que les messages qui parviennent à la population sont
cohérents et ne sont ni contradictoires ni déroutants ; elle favorise ainsi la confiance et la
probabilité que les conseils d’experts soient suivis. Le Comité de gestion des urgences de Santé
Publique, à travers le Centre de Coordination des opérations d’urgences de Santé Publique
(CCOUSP) veille à ce que les communications soient cohérentes et reflètent les données
analysées, que l’objectif des activités de communication soit transparent, précis et prenne en
compte les expériences et les attentes de la communauté concernant l’épidémie.

Il faut distinguer la communication à l’intention des experts et celle destinée aux autres parties
prenantes de la réponse qui exige une description et des explications plus simples. Ces derniers
notamment les médias, la société civile et la population en général auront besoin de produits et
de messages ciblés et adaptés. Ceci signifie qu’il est essentiel de segmenter et de cibler
minutieusement les publics et d’adapter les matériels, messages et mécanismes à chaque
groupe.

[Link]. Communiquer avec la communauté affectée et les parties prenantes


La communication avec les communautés affectées et les parties prenantes, notamment les
médias, est essentielle lors de la riposte à une épidémie ou à un évènement de Santé Publique.
Ainsi, la mise en place de structures et de processus de communication de routine entre les
partenaires de la santé et de la communauté contribue à rendre disponible et fonctionnel ce lien
vital lors d’une urgence de Santé Publique. Il existe différentes options de communication tels
que les communiqués et conférences de presse, les messages télévisés et radiophoniques, les
réunions (personnel de santé, leaders communautaires, autorités religieuses, leaders d’opinion
et responsables politiques), le matériel éducatif et de communication (affiches, dépliants), les
présentations multimédias (films, vidéos ou diaporamas commentés) dans les marchés, les
centres de santé, les écoles, les groupes de femmes et autres groupes communautaires et
organisations des services , les centres religieux, les médias communautaires locaux, les médias
sociaux (Facebook, Twitter, WhatsApp, etc.), les SMS, le téléphone, les messages portés, les
troupes de théâtre ou groupes récréatifs communautaires ; les visites de sites ; les télécopies,
les mises à jour par courrier électronique et les échanges de supports de communication par le
biais de comités décisionnels plus formels.

Quel que soit le mécanisme, l’accent doit être mis sur une communication transparente et fiable
tenant compte des expériences de la communauté.
Lors de l’élaboration des messages, il faut prendre en compte les points suivants :

• s’assurer que les messages sont clairs et compréhensibles par la communauté : Qu’est-
ce qui se passe ? Pourquoi et comment cela se passe ? Quelles menaces pour la santé existent
ou sont susceptibles de survenir ? Que doit faire la communauté ? Où les populations
peuvent-elles obtenir des services ou des informations ? Quelles assurances peuvent être
données ? Les messages sont-ils rédigés dans un langage compréhensible et adapté au
niveau de compréhension du public ?
Il ressort des recherches que le risque ne doit pas être expliqué dans un langage technique.

• prendre en compte les facteurs suivants lors de la diffusion des messages : quel est votre
public cible ? Que voulez-vous que votre public cible fasse après avoir entendu le message
? Le public cible bénéficie-t-il d’un environnement favorable pour suivre les conseils qui
lui sont prodigués ? Existe-t-il des services fonctionnels et accessibles permettant au public
cible de suivre ces conseils ?
• promouvoir le dialogue : s’assurer qu’il existe une communication ou un échange
bidirectionnel ; écouter les préoccupations de la communauté et y répondre de manière
appropriée plutôt que de se contenter simplement d’informer ;
• faire preuve d’empathie et de compassion : faites-vous preuve d’empathie ? Êtes-vous
insensible ? Êtes-vous respectueux ?
• fournir des messages harmonisés et cohérents : veiller à ce que des messages cohérents
parviennent à la communauté malgré la diversité des partenaires impliqués dans la diffusion
de l’information. Utiliser des aides mémoires ou autres outils pour conserver le même
modèle et la même cohérence dans l’élaboration des messages ; ce qui permettrait aux
partenaires de les adapter aux différents contextes et publics cibles. Les messages sont-ils
cohérents quel que soit l’auteur ? Les messages incohérents ou contradictoires créent de la
confusion et détruisent la confiance des populations dans la riposte et vis-à-vis des
autorités ;
• mettre en place un mécanisme permettant de collecter en permanence des données
factuelles sur l’évènement de Santé Publique ;
• mettre à jour les messages destinés au public et les partager avec les parties prenantes
impliquées dans la diffusion des informations ;
• veiller à la pertinence des informations : communiquer les données et informations qui
illustrent au mieux la situation, en tenant compte des préoccupations de la communauté.
Utiliser des exemples auxquels la communauté peut s’identifier.

NB : prendre en compte les messages pré-testés utilisés dans les situations similaires avant leur
diffusion.
En cas de rumeurs, y remédier rapidement et corriger les inexactitudes, et particulièrement au
sein de la communauté spécifique où elles se produisent. Mettre en place un système de gestion
des rumeurs. Les rumeurs répandues peuvent être contrées par des déclarations publiques ou
des conférences de presse ou à travers la fourniture d’informations complètes.

Lorsque nous communiquons, nous devons construire, maintenir ou rétablir la confiance et


être aussi courtois que possible ; partager des informations sur la santé avec les leaders
communautaires crédibles et leur demander de les transmettre à la communauté. Seules des
personnes crédibles et habilitées doivent communiquer en période de crise.

Les responsables sanitaires du District et de la région devraient régulièrement rencontrer les


leaders locaux pour leur fournir :

- des informations régulières et actualisées sur l’épidémie et la riposte ;


- des messages relatifs à la santé clairs et simples pour les médias ;
- des instructions claires leur indiquant de ne communiquer aux médias que des messages
d’information et d’éducation pour la santé fournis par le Comité de Gestion des Urgences
de Santé Publique.

[Link]. Distribuer les outils de communication et élaborer des fiches


récapitulatives ou aide-mémoires
Les fiches récapitulatives ou aide-mémoires sont des résumés succincts de 1 à 2 pages. Ils sont
préparés par le personnel de santé à destination du grand public et traitent d’un seul sujet ou
d’un seul message. Par exemple, un aide-mémoire traitant d’une épidémie de diarrhée sanglante
(shigellose) dans un District de Santé, peut contenir les informations suivantes : origine de la
diarrhée sanglante, mode de transmission, moyens de prévention de l’infection et informations
actualisées sur le nombre de cas et de décès. Les aide-mémoires peuvent être diffusés par voie
d’affichage ou partagés sous forme physique ou numérique aux membres de la communauté
lors des campagnes de sensibilisation.
Si possible, il faut convertir ces aide-mémoires en fichiers audio (enregistrements audio courts
sur téléphone), en scripts ou en fichiers visuels (affiches). Celles-ci peuvent être utilisées en
fonction du public cible (communication orale, visuelle, écrite ou illustrée). Voir l’exemple ci-
joint à l’annexe 7A. Il faut aussi distribuer tout autre outil de communication élaboré, en
s’assurant qu’ils ont été pré-testés pour une bonne compréhension.

[Link]. Élaborer et diffuser des rapports de situation sur les épidémies ou


évènements de Santé Publique
Le niveau central ou régional publie un rapport de situation (SITREP) qui décrit l’épidémie et
ses tendances. Ces rapports de situation sont destinés à un public plus large que le personnel de
santé d’un District ou de l’Aire de Santé concernée. Ils sont généralement brefs (2 à 8 pages)
et sont présentés par les autorités administratives, les parlementaires et autres décideurs. Ils
constituent ainsi un excellent outil de plaidoyer afin d’atteindre les partenaires techniques et
financiers et les donateurs.
Ces rapports contiennent au moins :

a) un tableau récapitulatif indiquant les données actualisées sur les cas et les décès dus aux
maladies prioritaires ;
b) un commentaire ou message sur une maladie ou un évènement de Santé Publique donné ;
c) les données de sciences sociales pertinentes relatives aux pratiques, comportements et
autres facteurs à risque.

Dès réception du rapport de situation national sur la Santé Publique aux niveaux régional ou du
District de Santé, il faut : l’afficher de telle sorte que tout le monde puisse le voir, faire des
copies, les distribuer au personnel de santé, présenter une copie du rapport lors de la visite de
supervision afin de démontrer aux agents de santé l’utilité des données qu’ils transmettent dans
la gestion d’une épidémie. (Voir annexe 7C sur le modèle d’élaboration d’un rapport de
situation).

[Link]. Communiquer avec les médias


Les médias exercent une influence majeure et doivent être considérés comme un partenaire
dans la communication sur les risques. Toutefois, ils sont souvent associés à des partis
politiques ou à des intérêts privés et peuvent donc avoir des préjugés. Ils sont également
capables de rechercher et rendre compte des préoccupations de la communauté, de faire du
sensationnel sans toujours se fonder sur des faits et données factuelles. Par conséquent, il est
essentiel de rencontrer régulièrement les médias, de les informer sur les risques prioritaires et
les systèmes d’intervention et de leur fournir les informations appropriées de manière à
instaurer avec eux une relation de confiance et de respect.

Les médias assurent une plus large diffusion des messages à la radio, la télé ou sur d’autres
canaux appropriés.

Dans le plan de communication sur les risques, il faut déterminer comment annoncer la nouvelle
de l’épidémie, puis tenir les médias régulièrement informés. Les communiqués de presse et les
points de presse sont souvent des outils appropriés pour communiquer avec les médias.
Si la situation d’urgence est complexe, il est utile d’organiser un atelier avec les médias ciblés
pour assurer la diffusion des informations correctes, étant donné que la plupart des journalistes
ne sont formés ni en médecine, ni en Santé Publique. En outre, il est bon d’élaborer et de
produire des dossiers de presse pour les médias comprenant, entre autres, des fiches
récapitulatives ou aide-mémoires et des messages destinés à la communauté sur les maladies et
évènements prioritaires. Avant l’épidémie, il faut prendre attache avec les médias et identifier
les principaux organes de presse avec lesquels il faudra travailler lors d’une épidémie.

Avant une urgence de Santé Publique, il convient également d’identifier les modalités de
dédouanement des produits destinés aux médias et d’évaluer les points suivants :

- assurer un accès rapide et fréquent à des experts, officiels et porte-paroles qui s’exprimeront
avec autorité et de manière crédible sur le problème en question ;
- dispenser aux porte-paroles une formation sur la communication publique ;
- s’assurer que les porte-parole peuvent s’exprimer en langage de profane, expliquer
clairement les idées et les termes scientifiques, éviter d’utiliser le jargon scientifique et
illustrer les informations fournies avec des histoires ou exemples faciles à comprendre. Des
points de discussion comportant les informations les plus récentes pourraient être utilisés,
avec des messages aussi simples que possible ;
- s’assurer que les porte-paroles identifiés sont capables de communiquer clairement
l’incertitude liée à un évènement en évolution et de l’admettre lorsqu’ils n’ont pas de
réponses. Les définitions de cas et les supports de communication destinés à la communauté
aideront le porte-parole à transmettre des messages corrects ;
- répondre rapidement aux appels des journalistes afin de leur montrer la considération qui
leur est témoignée ;
- leur fournir des informations précises et claires ;
- donner des informations et accorder des interviews exclusives, afin de présenter un point
de vue différent ou une autre perspective ;
- proposer des reportages ;
- mettre à leur disposition des documents (écrits, audio, visuels ou audiovisuels) clairs et
faciles à utiliser.

NB : il faut communiquer les informations aux médias uniquement par l’intermédiaire du porte-
parole, afin de s’assurer que la communauté reçoit des informations claires et cohérentes et
scruter les médias au quotidien pour voir comment l’épidémie est rapportée ou commentée.

Il faut également intégrer les médias sociaux dans la veille médiatique. Si vous avez le
sentiment que des messages erronés sont diffusés, il faut élaborer une stratégie pour remédier
à cette désinformation.

[Link]. Communiquer avec les professionnels de santé


Durant la riposte, il faut :

• communiquer régulièrement avec les professionnels de santé en leur fournissant des


informations correctes sur l’épidémie. Il convient de communiquer avec le personnel de
santé, à différents niveaux de la pyramide sanitaire, sur les données transmises (y compris
les données manquantes), les résultats d’analyse de ces données et les mesures prises pour
faire face au potentiel évènement de Santé Publique déclaré. La communication peut
également inclure la fourniture aux professionnels de santé concernés de tout rapport
portant sur la riposte à une épidémie ou à un évènement de Santé Publique, pour référence
future ;
• veiller à ce que les professionnels de santé fournissent des informations correctes sur le
nombre de cas et de décès survenus, la prise en charge des cas ou sur toute autre intervention
liée à la riposte ;
• encourager les professionnels de santé à toujours disposer des informations actualisées, en
temps réel, pendant un évènement ou une urgence de Santé Publique, en recourant à des
sources fiables telles que les plateformes du Ministère de la Santé Publique, de l’OMS
([Link] ) sur les maladies à potentiel épidémique courantes, réémergentes et
émergentes et la communication sur les risques.

De plus en plus, lors des ripostes d’urgence en cas d’épidémie, l’OMS dispense, en temps réel,
une formation en ligne, hors ligne ou en présentiel, afin de mettre à jour les connaissances des
professionnels de santé et des équipes d’intervention. Ce qui leur permet d’actualiser leurs
connaissances ou d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences.

7.4.3. Riposte post-épidémique

[Link]. Préparer un rapport de riposte à l’épidémie ou à l’évènement de


Santé Publique
Après une riposte à une épidémie ou à un évènement de Santé Publique, le personnel du District
de Santé qui a mené l’investigation doit rédiger un rapport qui vise à documenter la manière
dont le problème a été identifié, étudié et la réponse apportée, le résultat obtenu, les décisions
prises et les recommandations faites. Il convient de s’assurer que la Formation Sanitaire qui a
signalé les premiers cas reçoive un exemplaire du rapport. (Voir les annexes 7B et 7D pour des
exemples de formats recommandés).

[Link]. Évaluer les leçons apprises afin de renforcer la riposte aux


éventuelles urgences de Santé Publique similaires
Afin de renforcer la riposte aux urgences de Santé Publique dans le futur, il faut évaluer :

a) l’efficacité de l’équipe de communication à chaque phase et dans chaque domaine ;


b) l’efficacité des réunions ;
c) l’efficacité du flux interne de communications ;
d) la veille médiatique ;
e) la réaction des différents types de médias ;
f) les produits et résultats de la communication sur les risques et l’engagement
communautaire.

[Link]. Evaluation périodique du plan de communication sur les risques


Pour évaluer le plan de communication sur les risques, il faut :

- procéder à des simulations pour tester le plan de communication sur les risques afin de
détecter d’éventuelles faiblesses ou lacunes à corriger avant une urgence ;
- réviser le plan sur la base des leçons apprises de l’exercice de simulation, de la RAA ou
d’une autre évaluation effectuée.
L’OMS propose des exercices de simulation prêts à l’emploi sous forme électronique et sous
une autre forme, disponibles sur le site [Link]
7.5. Annexes de la Section 7
Annexe 7A Modèle de fiche recapitulative ou aide-mémoire
Annexe 7B Modèle pour la rédaction du rapport de district sur l’épidémie
Annexe 7C Modèle pour l’élaboration du rapport de situation sur l’événement de santé publique
Annexe 7D Échantillon de rapport d’investigation sur l’épidémie
Annexe 7E Questionnaire sur le suivi des principales capacités pour le RSI en matière de
communication sur les risques
Annexe 7F Liste des parties prenantes et des partenaires concernés par la communication sur les
risques
Annexe 7A Modèle de fiche récapitulative ou aide-mémoire
Virus de la grippe A
Informations générales sur les infections par le virus de la grippe A chez l’homme
(Référence [Link]
Les virus de la grippe A H7 sont un groupe de virus de la grippe qui circulent normalement
parmi les oiseaux. Le virus grippal A (H7N9) est un sous-groupe du plus grand groupe de virus
H7. Bien que certains virus H7 (H7N2, H7N3 et H7N7) aient parfois infecté l’homme, aucune
infection humaine par le virus H7N9 n’a été signalée jusqu’à ce que des informations récentes
émanant de Chine en font cas.

Quels sont les principaux symptômes d’une infection humaine par le virus de la grippe A
(H7N9)?

Jusqu’à présent, la plupart des patients infectés ont eu une pneumonie grave. Les symptômes
sont notamment la toux et l’essoufflement. Toutefois, les informations concernant l’ensemble
des maladies qui peuvent être provoquées par le virus de la grippe A (H7N9) sont encore
limitées.

Pourquoi ce virus infecte-t-il l’homme maintenant ?

Nous n’avons pas encore la réponse à cette question, car nous ne connaissons pas la source
d’exposition à ces infections humaines. Cependant, l’analyse des gènes de ces virus suggère
que, bien qu’ils aient évolué à partir de virus aviaires (oiseaux), ils montrent des signes
d’adaptation à la croissance chez les mammifères. Ces adaptations incluent une capacité à se
lier aux cellules de mammifères et à se développer à des températures proches de la température
corporelle normale des mammifères (inférieure à celle des oiseaux).

Que sait-on des précédentes infections humaines par le virus de la grippe H7 dans le
monde ?

De 1996 à 2012, des infections humaines à virus H7 (H7N2, H7N3 et H7N7) ont été signalées
aux Pays-Bas, en Italie, au Canada, aux États-Unis d’Amérique, au Mexique et au Royaume-
Uni. La plupart de ces infections sont survenues en association avec des épidémies de volaille.
Les infections ont principalement entraîné une conjonctivite et des symptômes bénins des voies
respiratoires supérieures, à l’exception d’un décès survenu aux Pays-Bas. Jusqu’à présent,
aucune infection humaine par le virus de la grippe H7 n’a été signalée en Chine.
Le virus de la grippe A (H7N9) est-il différent des virus de la grippe A (H1N1) et A (H5N1) ?

Oui. Les trois virus sont des virus de la grippe A, mais ils sont distincts les uns des autres.
H7N9 et H5N1 sont considérés comme des virus de la grippe animale infectant parfois
l’homme. Les virus H1N1 comprennent ceux qui infectent généralement l’homme et ceux qui
infectent généralement les animaux.

Comment l’homme est-il infecté par le virus de la grippe A (H7N9) ?

Certains des cas confirmés étaient en contact avec des animaux ou avec un environnement
animal. Le virus a été trouvé chez un pigeon dans un marché à Shanghai. On ne sait pas encore
comment les hommes ont été infectés. La possibilité d’une transmission d’un animal à l’homme
fait l’objet d’une investigation, de même que la possibilité d’une transmission homme à
homme.

Comment prévenir l’infection par le virus grippal A (H7N9) ?

Bien que la source d’infection et le mode de transmission soient incertains, il est prudent de
suivre des pratiques d’hygiène de base pour prévenir l’infection. Il s’agit notamment des
mesures d’hygiène des mains, d’hygiène respiratoire et des mesures de sécurité alimentaire.
Hygiène des mains : Lavez-vous les mains avant, pendant et après la préparation de la
nourriture ; avant de manger; après avoir utilisé les toilettes; après avoir manipulé des animaux
ou des déchets d’animaux; quand vos mains sont sales; et après avoir prodigué des soins lorsque
quelqu’un est malade chez vous. L’hygiène des mains empêchera également la transmission
des infections à vous-même (après avoir touché des surfaces contaminées) et dans les hôpitaux
aux patients, aux agents de santé et autres. Lavez-vous les mains avec du savon et de l’eau
courante lorsqu’elles sont manifestement sales ; si elles ne sont pas manifestement sales, lavez-
vous les mains à l’eau et au savon ou bien utilisez un nettoyant pour mains à base d’alcool.

Hygiène respiratoire : couvrez-vous la bouche et le nez avec un masque médical, un mouchoir


en papier ou une manche ou le coude fléchi lorsque vous toussez ou éternuez ; jetez le mouchoir
en papier utilisé dans une poubelle fermée immédiatement après usage ; effectuez l’hygiène
des mains après le contact avec les sécrétions respiratoires.

Peut-on, sans risque, manger de la viande ; c’est-à-dire des produits de la volaille et du porc ?

Les virus de la grippe ne sont pas transmis par la consommation d’aliments bien cuits, parce
que les virus de la grippe sont inactivés à des températures normales utilisées pour la cuisson
(de sorte que les aliments atteignent les 70 ° C – dans toutes ses parties « bien chaudes », pas
de parties « roses »). Manger de la viande bien préparée et cuite, y compris de la volaille et du
gibier ne présente aucun risque. Les animaux malades et ceux qui sont morts de maladies ne
doivent pas être consommés. Dans les zones touchées par des épidémies, les produits à base de
viande peuvent être consommés en toute sécurité à condition que ces produits soient
correctement manipulés et cuits lors de la préparation de la nourriture. La consommation de
viande crue et des plats sangnants est une pratique à haut risque et devrait être découragée.

Peut-on sans risque visiter des marchés d’animaux vivants et des fermes dans des zones où des
cas humains ont été enregistrés ?

Lorsque l’on visite des marchés d’animaux vivants, éviter tout contact direct avec des animaux
vivants et les surfaces en contact avec des animaux. Si vous vivez dans une ferme et élevez des
animaux pour la nourriture, tels que des porcs et de la volaille, veillez à éloigner les enfants des
animaux malades et morts ; maintenir les espèces animales séparées autant que possible ; et
signaler immédiatement aux autorités locales tout cas d’animaux malades ou morts. Les
animaux malades ou morts ne doivent pas être abattus et préparés pour consommation.

Existe-t-il un vaccin contre le virus de la grippe A (H7N9) ?

Aucun vaccin pour la prévention des infections par le virus de la grippe A (H7N9) n’est
actuellement disponible. Toutefois, des virus ont déjà été isolés et caractérisés à partir des
premiers cas. La première étape dans la mise au point d’un vaccin est la sélection des virus
candidats susceptibles d’être incorporés dans un vaccin. L’OMS, en collaboration avec ses
partenaires, continuera de caractériser les virus disponibles de la grippe A (H7N9) afin
d’identifier les meilleurs virus candidats. Ces virus candidats au vaccin peuvent ensuite être
utilisés pour la fabrication de vaccins si cette étape devient nécessaire.

Existe-t-il un traitement contre l’infection par le virus de la grippe A (H7N9) ?

Des tests de laboratoire menés en Chine ont montré que les virus de la grippe A (H7N9) étaient
sensibles aux médicaments antigrippaux connus sous le nom d’inhibiteurs de la neuraminidase
(oseltamivir et zanamivir). Lorsque ces médicaments sont administrés au début de la maladie,
ils se sont révélés efficaces contre le virus de la grippe saisonnière et l’infection par le virus de
la grippe A (H5N1). Toutefois, à ce jour, il n’existe aucune expérience concernant l’utilisation
de ces médicaments pour le traitement de l’infection au H7N9.

La population en général est-elle exposée au virus de la grippe A (H7N9) ?

Nous n’avons pas encore assez d’informations sur ces infections pour déterminer s’il existe un
risque sérieux de propagation dans la communauté. Cette possibilité fait déjà l’objet
d’investigations épidémiologiques.
Les agents de santé sont-ils exposés au virus de la grippe A (H7N9) ?

Les agents de santé sont souvent en contact avec des patients atteints de maladies infectieuses.
Par conséquent, l’OMS recommande que des mesures appropriées de prévention et de contrôle
des infections soient systématiquement appliquées dans les FOSAFOSA et que l’état de santé
des personnels de santé soit étroitement surveillé. Parallèlement aux précautions habituelles,
les agents de santé s’occupant des personnes soupçonnées d’avoir une infection au virus de la
grippe A (H7N9) ou dont l’infection est confirmée, doivent prendre des précautions
supplémentaires.

Ce virus de la grippe constitue-t-il une menace pandémique ?

Tout virus grippal animal qui peut infecter l’homme est un risque théorique susceptible de
provoquer une pandémie. Toutefois, on ignore si le virus grippal A (H7N9) peut effectivement
causer une pandémie. On a constaté que d’autres virus de la grippe animale qui infectent
occasionnellement des êtres humains n’ont pas fini par causer une pandémie.

Prévenir l’infection humaine par les virus de la grippe aviaire A

Le meilleur moyen de prévenir l’infection par le virus grippal aviaire A est d’éviter les sources
d’exposition. La plupart des infections humaines par le virus grippal aviaire A sont survenues
après un contact direct ou étroit avec de la volaille infectée.

La vaccination antigrippale saisonnière n’empêchera pas l’infection par le virus grippal aviaire
A, mais peut réduire le risque de co-infection par les virus grippaux A humains et aviaires.

Etant donné que de rares épisodes de transmission limitée et irrégulière du virus de l’HPAI
H5N1, d’homme à homme, ont été signalés, les gens doivent éviter les patients souffrant
d’infections suspectées ou confirmées par le virus de l’IAHP H5N1. Le personnel de santé qui
prend en charge des patients souffrant d’infections suspectées ou confirmées par le virus de
l’IAHP H5N1, doit porter les équipements de protection individuelle recommandés et respecter
les mesures de contrôle des infections recommandées (précautions contre les infections
standard, par gouttelette, par contact, par voie aérogène).
Annexe 7B. Modèle pour la rédaction du rapport de district sur l’épidémie

Titre/Description (notamment maladie/affection faisant l’objet de l’investigation)


__________________________________________________________________________
Période ____________ Lieu (village, quartier, district, région) ______________________
Résumé exécutif :_____________________________________________________________
___________________________________________________________________________
___________________________________________________________________________
___________________________________________________________________________

I. Introduction :
• Contexte
• Raisons de l’enquête (importance en santé publique, seuil atteint, etc.)
• Investigation et préparation à l’épidémie
II. Méthodes :
• Dates d’investigation
• Site(s) d’investigation (FOSA, villages, autres)
• Recherche des cas (indiquer ce qui a été fait concernant la recherche des cas, exemple,
examen des registres médicaux, enquête de proximité, alerte des autres FOSA, autres)
• Echantillons de laboratoire prélevés
• Description de la riposte et de l’intervention (préciser les dates)
• Traitement des données
III. Résultats :
• Date et lieu du premier cas détecté (ou cas index)
• Date et coordonnées de l’FOSA ou le premier cas a été vu par le système de santé
• Résultats de la recherche supplémentaire de cas
• Analyses de laboratoire et résultats
• Description des principales caractéristiques de l’analyse des résultats en temps, du lieu et
personnes
• Résultats détaillés en fonction du temps (courbe EPI), du lieu (carte) et des caractéristiques
individuelles (tableaux), et fichiers informatiques
• Résultats de la riposte et preuve de son impact
IV. Auto-évaluation de la promptitude et de la qualité de la préparation, de la détection, de
l’investigation et de la riposte à l’épidémie :
Préparation à l’épidémie
Indicateur Oui Non
Les médicaments et les fournitures étaient-ils disponibles dès l’apparition de l’épidémie ?
Les agents de santé disposaient-ils de protocoles de traitement ?
Le comité de district de gestion des urgences sanitaires s’est-il réuni régulièrement dans
le cadre de la préparation aux épidémies
Détection de l’épidémie
Indicateur Date 1 Date 2 Intervalle
Intervalle entre l’apparition du cas index (ou l’apparition d’un groupe de
cas inhabituel au niveau de la communauté) [date 1] et l’arrivée du
premier cas à la FOSA [date 2]
(Objectif :<3 jours) (objectif : <3 jours)
Intervalle entre le moment où le premier cas a été vu à la FOSA (ou date
à laquelle le seuil épidémique a été franchi à la FOSA) [date 1] et la
notification à l’équipe sanitaire du district [date 2] (objectif : dans les
24 heures)
Intervalle cumulatif entre l’apparition du cas index (ou l’apparition d’un
groupe de cas inhabituel au niveau de la communauté) [date 1] et la
notification au district [date 2] (Objectif : <7 jours)
Investigation de l’épidémie
Indicateur Oui Non
Les formulaires/listes linéaires de cas ont-ils été remplis ?
Des échantillons ont-ils été prélevés pour le laboratoire (en cas de besoin) ?
Indicateur Date 1 Date 2 Intervalle
Intervalle entre la notification au district [date 1] et l’investigation sur le
terrain [date 2] (Objectif : dans les 48 heures)
Intervalle entre l’envoi des échantillons au laboratoire [date 1] et la
réception des résultats par le district [date 2]
(Objectif : 3 à 7 jours, selon le type d’analyse)
Riposte à l’épidémie
Indicateur Date 1 Date 2 Intervalle
Intervalle entre la notification de l’épidémie au district [date 1] et la
réponse concrète du district [date 2]
(Objectif : dans les 48 heures après la notification)
Evaluation et retour d’information :
Indicateur Date 1 Date 2 Intervalle
Intervalle entre la fin de l’épidémie [date 1] et la finalisation du
rapportsur l’épidémie et l’envoi des fiches/listes linéaires de cas au
niveau national [date 2] (objectif : 2 semaines)
Indicateur Oui Non
Le comité de gestion des urgences sanitaires s’est-il réuni pour examiner les résultats de
l’investigation ?
Les établissements de soins et la population ont-ils reçu un retour d’information ?
V. Evaluation des autres aspects de la riposte :

VI. Interprétations, discussion et conclusions :

VII. Actions de santé publique recommandées :

Les commenter aux différents niveaux : communauté, établissements de soins, district,


partenaires, province et niveau national.

Président du Comité de district de gestion des urgences sanitaires :

Nom____________________________________________ Signature______________________

Médecin chef du District :_________________________________________________________

Nom____________________________________________ Signature______________________

Date du rapport :__________________________________


Annexe 7C. Modèle pour la rédaction du rapport de situation de l’événement de santé
publique

District __________ Semaine épidémiologique _______Fin de la semaine (date)___________


I. Situation épidémiologique : Semaine (insérer ici le numéro de la semaine et la date)
______________________
Tableau 1. Situation épidémiologique : Semaine_________

Commentaires:
Nous contacter :

II. Récapitulatif de la situation épidémiologique (insérer ici les semaines notifiées)


Tableau 2. Situation épidémiologique : Semaines____

Commentaires:
Nous contacter :

III. Graphiques (Cette partie donne une représentation graphique des données)

IV. Tendances de l’épidémie


Annexe 7D. Modèle de rapport d’investigation d’une épidémie

INVESTIGATION DE L’ÉPIDÉMIE D’ANTHRAX DANS LA RÉGION DU


KILIMANJARO, DÉCEMBRE 2015–JANVIER 2016

1. INTRODUCTION

L’anthrax est une maladie aiguë, provoquée par Bacillus anthracis, bactérie sporulée Gram positif en
forme de bâtonnets. La maladie affecte généralement les herbivores sauvages et domestiques. Les êtres
humains et les carnivores sont des hôtes connexes. Parmi les trois formes d’épidémie chez l’homme
figurent : la forme cutanée, la forme respiratoire et la forme gastro-intestinale. La maladie peut être
transmise par l’intestin (ingestion), les voies respiratoires (inhalation) et la peau (cutanée) à partir de
tissus animaux infectés et de personnes infectées.

L’estimation mondiale de la charge de morbidité n’est pas bien connue ; cependant des épidémies
occasionnelles surviennent (OMS, 2005).

Une épidémie d’anthrax à Marangu, DC de Moshi, dans la Région du Kilimanjaro, a été signalée au
Ministère de la Santé et du Bien-être social par le responsable médical régional du Kilimanjaro. Par
conséquent, il était nécessaire de mener une investigation pour déterminer ce qui se passait dans le
district affecté.

Objectifs de l’investigation de l’épidémie


Les objectifs de l’investigation étaient les suivants :

a) confirmer et déterminer l’ampleur de l’épidémie en recherchant activement les cas ;


b) caractériser l’épidémie en termes de temps, lieu et personnes ;
c) identifier la source de l’infection en collectant des échantillons animaux et des échantillons
cliniques ;
d) générer et tester les hypothèses des flambées ; et
e) formuler des recommandations et aider les équipes de district dans la riposte et le contrôle de la
flambée épidémique.

Hypothèses de l’épidémie d’anthrax dans le district rural de Moshi


• Le dépeçage d’une vache morte par infection à l’anthrax est associé au fait que l’homme a contracté
la maladie.
• La manipulation / consommation de viande provenant d’une vache morte tuée par l’anthrax est
associée au fait que l’homme contracte la maladie.
2. MÉTHODOLOGIE

Il s’agissait d’une étude transversale portant sur des patients présentant des signes et des symptômes
de l’anthrax qui avaient été admis dans un établissement de santé ou consultés à domicile. Une
recherche active de cas dans la communauté a été effectuée pour identifier les cas. Des échantillons
cliniques ont été prélevés et acheminés au laboratoire pour confirmation.
Zone d’étude : L’épidémie présumée d’anthrax est survenue dans les villages de Rauya, dans le
district de MaranguMashariki, et de Mae Juu, dans le district de Siha; les deux
districts sont situés dans la région du Kilimandjaro en Tanzanie.

Lieux visités
Nous avons identifié les domiciles des cas qui ont sollicité un traitement auprès des établissements de
santé de Marangu et Siha, avec l’aide du Responsable régional de la santé du Kilimanjaro, des
responsables de la santé de district (Moshi DC et Siha), des responsables vétérinaires de district (Siha
et Moshi DC) et des leaders communautaires. Nous avons visité les deux villages les plus affectés,
c’est-à-dire Mae Juu et Rauya.

Période d’étude : l’investigation de l’épidémie a eu lieu du 8 au 14 janvier 2015

Définition de cas utilisée :

Définition de cas : Les définitions de cas standard utilisées pour identifier les cas étaient :
S’IL Y A UNE ÉPIDÉMIE D’ANTHRAX : Tout résident de Marangu présentant une
Cas d’anthrax suspecté maladie clinique et ayant un lien épidémiologique avec un cas animal confirmé ou suspecté
ou un produit animal contaminé à partir du 12 décembre 2015

Tout résident de Marangu présentant des ulcères cutanés se développant dans les deux
Définition des cas semaines suivant le contact avec un animal malade ou mort, confirmé comme ayant
d’anthrax probables l’anthrax ou mourant de maladies inconnues depuis le 12 décembre 2015

Définition des cas Un cas suspecté ou probable dans lequel des tests de laboratoire ont confirmé la présence
d’anthrax confirmés du Bacillus anthracis par coloration de Gram, culture ou PCR

Méthodes de collecte des données


Des questionnaires semi-structurés ont été utilisés pour recueillir des informations auprès des patients
et de leurs familles. Lorsque le patient n’était pas disponible ou ne pouvait pas s’exprimer, on faisait
appel à un mandataire bien informé.

3. CONSTATS

Village de Rauya, DC de Moshi, Région du Kilimanjaro


Le cas indicateur s’est présenté au dispensaire de Rauya le 6/12/2015. Le cas indicateur
(ErastoKingstone) était un homme âgé de 39 ans, vivant dans le village de Rauya, dans le quartier de
MaranguMashariki. Le cas indicateur était le fils du propriétaire de la vache morte. (Cette famille avait
une vache et une chèvre). La flambée serait survenue après l’abattage de la vache morte. Il a été noté
que la vache est morte le 3/12/2015. La famille n’a pas notifié l’agent vétérinaire pour inspection. La
vache a été dépecée à domicile par Erasto avec l’aide d’un voisin appelé Elibariki, qui a également
distribué la viande à des proches et à des voisins. La peau de vache a été donnée aux chiens. Le
lendemain (12/12/2015), le cas indicateur ouvrait la tête de la vache morte lorsqu’il s’est piqué
accidentellement un doigt avec un os de vache. Le 6/12/2015, le cas indicateur avait un doigt enflé (le
doigt piqué). Le 7/12/2015, la chèvre est morte et a été dépecée par le cas indicateur. La viande de
chèvre a été consommée uniquement par les membres de la famille. Le 8/12/2015, le cas indicateur
s’est rendu compte que la main piquée était enflée et il a été transporté à l’hôpital de Marangu RC.
Suspectant que le patient était atteint de l’anthrax, le médecin lui a administré de l’amoxiline pendant
cinq jours ainsi que des analgésiques. Après quelques jours, sentant que son état ne s’améliorait pas,
le patient est reparti à l’hôpital le 12/12/2015 et s’est présenté avec membre supérieur droit et une
poitrine enflés et sa poitrine avait une escarre. L’hôpital en charge l’a adressé à l’hôpital luthérien de
Marangu, qui l’a adressé, à son tour, à l’hôpital KCMC.

Photo 1 : Une photo montrant une lésion sur la main du cas indicateur dans le village de Rauya, Moshi, Région du Kilimanjaro

Village de Mae Juu, District de Siha, Région du Kilimanjaro


Le premier cas dans le district de Siha a été signalé le 17/12/2015. C’était un homme de 25 ans vivant
dans le village de Mae Juu dans le district de Siha. Ce cas a été transporté inconscient à l’établissement
de santé de Siha; il avait des ampoules et des lésions aux bras. Il a été impliqué dans la vente de la
viande d’une vache morte qui avait été abattue.

La communauté a été informée d’une flambée d’anthrax le 22/12/2015. Elle a également été informée
que ceux de ses membres qui auraient pu entrer en contact avec la viande infectée ou qui l’auraient
consommé, devaient se rendre à l’hôpital. Du 23/12/2015 au 28/12/2015, 760 personnes au total se
sont présentées à l’hôpital et ont toutes été traitées avec la doxycycline (7 jours) ou l’amoxiline (5
jours)

Dans le district de Siha, quatre vaches mortes ont été identifiées. L’équipe a pu retrouver trois vaches
mortes, abattues et dont la viande a été vendue dans l’une des boucheries. Elle a également constaté
que la viande n’avait pas été inspectée par le vétérinaire. Un ménage a fait inspecter sa vache, mais
l’on s’est rendu compte que la personne qui avait inspecté la vache était un inséminateur artificiel qui
ne savait pas comment inspecter les vaches et n’était pas un vétérinaire.

Un total de 904 contacts liés à la viande infectée ont été obtenus (68 étaient liés à la vache morte dans
le village de Rauya, DC de Moshi et un total de 836 contacts ont été obtenus dans le district de Siha).
Sur un total de 904 contacts, 23 sujets répondaient à la définition de cas standard et aucun décès n’avait
été rapporté. L’âge médian des cas était de 36 ans, le plus jeune étant âgé de 1 an et le plus âgé de 98
ans. La tranche d’âge des 10 à 19 ans représentait 29,1 % des cas. Les autres caractéristiques
sociodémographiques des contacts et des cas sont présentées dans les tableaux 1 et 2 ci-dessous
Tableau 1. Caractéristiques générales des sujets d’étude de l’épidémie d’anthrax dans la Région
du Kilimanjaro
Variable Nombre Pourcentage 95 % CI
Sexe
Masculin 427 47,2 44,0, 50,6
Féminin 477 52,8 49,4, 56.0
Activité
Paysan 128 14,1 11,9, 16,5
Emploi formel 138 15,3 13,0, 17,8
Chômeur 85 9,4 7,6, 11,6
Étudiant 314 34,8 31,7, 38,0
Berger 113 12,5 10,5, 14,9
Autres 126 14,0 11,8, 16,4
Niveau d’éducation
Sans instruction 91 10 8,1, 12,2
Enseignement primaire 480 53,2 49,8, 56,4
Enseignement secondaire 237 26,2 23,4, 29,3
Enseignement supérieur 96 10,6 8,7, 12,9
Tranche d’âge
0 à 9 ans 157 17,5 15,1, 20,2
10 à 19 ans 233 26,1 23,2, 29,1
20 à 29 ans 108 12,1 10,1, 14,4
30 à 39 ans 80 9,0 7,2, 11,1
40 à 49 ans 111 12,4 10,4, 14,8
50 à 59 ans 83 9,3 7,5, 11,4
60 et plus 122 13,6 11,5, 16,1
Lieu de résidence
Village Mae Juu, District de Siha 836 92.5 90,5, 94,1
Village Rauya, DC Moshi 68 7.5 5,9, 9,5
Les autres sont notamment ceux qui n’étaient pas disponibles physiquement pour l’entretien concernant les enfants de moins de cinq
ans.
Tableau 2. Répartition sociodémographique des cas d’anthrax dans la
Région du Kilimanjaro, Janvier 2016
Variable Nombre Pourcentage 95 % CI

Sexe

Masculin 13 60,9 34,0, 90,6

Féminin 8 39,1 9,9, 65,1

Activité

Paysan 4 17,4 1,9, 36,5

Chômeur 6 26 7,6, 41,6

Étudiant 5 21,7 6,7, 48,0

Berger 8 34,9 10,5, 54,9

Niveau d’éducation

Sans éducation 2 8,7 1,1 22,2

Enseignement primaire 11 47,9 29,8 66,4

Enseignement secondaire 4 17,4 3,4 39,3

Enseignement supérieur 6 26,1 8,7 42,9

Tranche d’âge

0 à 9 ans 2 8,7 2,1 20,2

10 à 19 ans 5 21,7 6,2 49,1

20 à 29 ans 6 26,1 10,1 44,4

50 à 59 ans 4 26,1 7,5 41,4

60 et plus 6 17,4 3,5 36,1

Lieu de résidence

Village Mae Juu, District de Siha 19 82,6 65,5 99,1

Village Rauya, DC de Moshi 4 17,4 1,9 39,5

Tableau 3. Classification des cas, épidémie de l’anthrax, Région du Kilimanjaro, janvier 2016
Classification des cas Nombre Pourcentage

1 Suspectés 10 43,5

2 Probables 11 47,8

3 Confirmés 2 8,7
Figure 1 : Courbe épidémique, épidémie de l’anthrax, Région du Kilimanjaro, janvier 2016

La courbe épidémique montre que la première vache est morte dans le village de Rauya le
3/12/2015 et que le premier cas humain impliqué dans le dépeçage de la vache morte a présenté
des symptômes le 6/12/2015. Le pic de l’épidémie a été le 22/12/2015. Le dernier cas a été
signalé le 28/12/2015. Parmi toutes les expositions potentielles indiquées dans le tableau 4 ci-
dessous, le dépeçage et la manipulation de la viande étaient associés de manière significative à
un risque accru de contracter la maladie.

Tableau 4. Exposition potentielle au risque de contracter l’anthrax dans la Région du


Kilimanjaro, janvier 2016
Ratio de prévalence 95 % CI Valeur P

1 Impliqué dans le dépeçage de la vache 5 1,2 23,5 0,01

2 Impliqué dans la manipulation de la viande 3,2 0,9 11,3 0,02

3 Contact avec une vache, une chèvre morte 2 0,7 10,5 0,2
(enfouissement)

4 Consommation de viande 7,6 2,2 18,9 0,07

5 Contact avec d’autres produits d’origine animale 1,7 0,3 15,6 0,6
(peau, lait)

Caractérisation de la maladie
La période entre l’exposition de la vache morte et l’apparition des symptômes allait de 2 à 15
jours avec une moyenne de 7,6 jours. Parmi les 23 patients infectés par l’anthrax, trois (13 %)
ont été hospitalisés. Le taux d’infectiosité était de 23/904 (2,5 %). La fièvre, comme le montre
la figure 2 ci-dessous, était le symptôme le plus courant.
Autres constats
a) L’équipe nationale a travaillé main dans la main avec des vétérinaires qui ont affirmé
qu’il y avait beaucoup de bovins non vaccinés. Par conséquent, la couverture vaccinale
est assez faible ; peu de vaches du village ont été vaccinées. La communauté a indiqué
qu’elle ne pouvait pas payer les frais de vaccination de 2 000 shillings kényans par vache
et de 1 000 shillings par chèvre.
b) La communauté n’était pas bien informée sur l’anthrax et sur la manière de manipuler les
animaux malades et mourants.

Mesures prises
• Mise en quarantaine de la viande et des produits carnés imposés dans les zones affectées.
• Vaccination des vaches contre l’anthrax et ciblée sur les quartiers affectés.
• L’éducation de la communauté par le biais de réunions de village, d’églises, de
mosquées et d’écoles. Les leaders de la communauté étaient présents pour s’adresser à
la population.
• Tous les cas de lésions cutanées présentés à l’hôpital ont été traités et une prophylaxie
a été administrée à tous les contacts identifiés : doxycycline (7 jours) ou amoxiline (5
jours).
• Les responsables de la DVO, de la DHO et du Ministère de la Santé et du Bien-être
social ont tenu une réunion commune au fur et à mesure que de nouvelles discussions
avaient lieu sur différentes interventions.
• Désinfection des étables et des sites d’abattage à l’aide de la poudre de calcaire.

4. PROBLÈMES
• La couverture vaccinale était assez faible ; peu de vaches dans les villages ont été
vaccinées, en raison des pénuries de vaccins.
• La communauté n’était pas bien informée sur l’anthrax et sur la manière de manipuler les
animaux malades et mourants.
• Il n’y a pas de lien étroit entre RMO/DMO et DVO sauf en cas d’apparition de flambées
zoonotiques.
5. RECOMMANDATIONS
• Le secteur vétérinaire devrait intensifier ses programmes de vaccination en augmentant la
couverture et en fournissant régulièrement et à temps des vaccins pour le bétail, en
particulier contre les zoonoses à potentiel épidémique.
• La communauté devrait être bien informée sur l’anthrax et sur les autres zoonoses ainsi
que sur la manière de manipuler les animaux malades et mourants.
• Il devrait exister un lien étroit entre RMO/DMO et DVO dans la prise en charge des
maladies zoonotiques. Ceci favorisera l’approche « Une Santé ».
• Les tests diagnostiques préliminaires pour les animaux devraient être le point de départ
avant toute autre chose. Ces tests fourniront la clé pour identifier l’évènement.

6. CONCLUSION
L’épidémie d’anthrax dans la Région du Kilimandjaro a été établie suite à la confirmation
en laboratoire de cas humains et animaux. Tous les cas étaient liés aux vaches mortes, ce
qui en faisait la cause principale de l’épidémie. Le dépeçage des vaches mortes et la
manipulation de leur viande étaient les principaux facteurs de risque de transmission de la
maladie à l’homme. L’épidémie a été déclarée terminée le 14 janvier 2016.
Annexe 7E. Principales capacités du RSI pour le suivi de la communication sur les risques

Questionnaire sur le suivi des principales capacités pour le RSI : Communication sur les risques
1. Les partenaires et parties prenantes en matière de communication sur les risques ont-ils été identifiés ?

2. Un plan de communication sur les risques a-t-il été élaboré ?

3. Le plan de communication des risques a-t-il été mis en œuvre ou testé par le biais d’un exercice réel de
simulation ou d’urgence et mis à jour au cours des 12 derniers mois ?
4. Des politiques, procédures opérationnelles standardisées (POS) ou directives ont-elles été élaborées sur
l’autorisation B et la divulgation des informations en période d’urgence sanitaire ?
5. Les sources d’information régulièrement mises à jour sont-elles accessibles aux médias et au public pour
la diffusion des informations ?C
6. Y-a-t-il des supports d’IEC (information, éducation et communication) accessibles et pertinents adaptés
aux besoins de la population ?D
7. Au cours des trois dernières urgences nationales ou internationales de santé publique, les populations
et les partenaires ont-ils été informés d’un risque réel ou potentiel dans les 24 heures suivant la
confirmation ?
8. Une évaluation de la communication en santé publique a-t-elle été effectuée après les urgences, pour
vérifier l’opportunité, la transparence et la pertinence des communications ?
9. Les résultats des évaluations des efforts de communication sur les risques lors d’une urgence de santé
publique ont-ils été partagés avec la communauté mondiale ?
Notes :
A. Le plan comprend un inventaire des partenaires, des points focaux, des parties prenantes en matière de
communication et de leurs capacités dans le pays.
B. Les procédures sont en place pour que le personnel scientifique, technique et de communication donne
un avis, avant que des informations ne soient divulguées lors des événements de santé publique.
C. Ceci peut comprendre un site Web / une page Web (niveau national), des réunions communautaires, des
émissions de radio à l’échelle nationale, le cas échéant, etc.
D. Les points de vue et les perceptions des individus, des partenaires et des communautés affectés par les
urgences de santé publique devraient être systématiquement pris en compte ; ceci inclut les groupes
vulnérables, minoritaires, défavorisés ou autres populations à risque.
E. La transparence implique ici ouverture, communication et responsabilité, c’est-à-dire que toutes les
informations sur les risques pour la santé publique sont ouvertes et librement disponibles.
Annexe 7F Liste des parties prenantes et des partenaires en matière de communication
sur les risques

• Ministère de la Santé Publique


• Ministère de l’Education de Base
• Ministère des Enseignements Secondaires
• Ministère de l’Enseignement Supérieur
• Ministère de l’Agriculture et du Développement rural
• Ministère de la Décentralisation et du Développement local
• Ministère de l’Eau et de l’Energie
• Ministère de la Communication
• Ministère des Transports
• Ministère des Forêts et de la Faune
• Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable
• Ministère du Tourisme et des Loisirs
• Division de l’Aviation Civile
• Direction de la Protection Civile
• Institut de Recherche Agricole pour le Développement
• Ministère du Travail et de la Prévoyance Sociale
• Corps National des Sapeurs Pompiers
• Hôpitaux
• Laboratoires
• Service de police
• Fabricants de médicaments
• Fournisseurs de médicaments (CENAME)
• Organisation des Nations Unies : OMS/ Fonds International de secours à l’enfance
(UNICEF), ONUSIDA
• Centre africains de Prévention et de Contrôle des Maladies
• Centre américains de Prévention et de Contrôle des Maladies
• Médecins Sans Frontières (MSF)
• Croix Rouge
• Organisation Non Gouvernementales
• Associations médicales
7.6. Références
1. Ministry of Health Liberia, National Technical Guidelines for Integrated Disease
Surveillance and Response, June 2016
2. The United Republic of Tanzania, Ministry of Health and Social Welfare, National DSR
guidelines, 2nd edition 2011
3. The United Republic of Tanzania, National Communication Guidelines for Public Health
risks and emergencies, 2016
4. World Health Organization Outbreak Communication Planning Guide, 2008 Edition
5. Tanzania Field Epidemiology and Laboratory Training Program (Residents Outbreak
reports)
6. Communication for behavioural impact (COMBI)
7. [Link]
8. Effective Media Communication during Public Health Emergencies
9. [Link]
10. Outbreak Communication. Best practices for communicating with the public during an
outbreak
11. [Link]
12. WHO outbreak communication planning guide
13. [Link]
PARTIE IV

SECTION 8
SUPERVISER, SUIVRE, ÉVALUER ET FAIRE LA
RÉTRO-INFORMATION POUR AMÉLIORER LA
SURVEILLANCE ET LA RIPOSTE

Cette section décrit comment :


• Identifier les objectifs et les indicateurs de SIMR ;

• Suivre la qualité des activités de surveillance au


niveau du DS;

• Superviser les acteurs de surveillance et de riposte ;

• Evaluer le système de surveillance et de riposte ;

• Prendre des mesures visant à améliorer la

surveillance et la riposte.
Le suivi du système de surveillance et de riposte fait référence au monitoring systématique et
continu des activités de surveillance planifiées (par exemple, la transmission rapide des
rapports). L’évaluation quant à elle est périodique (hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle ou
annuelle) et détermine dans quelle mesure les objectifs de surveillance et de riposte ont été
atteints. Le suivi et l’évaluation permettent de comprendre si le système est efficace.
L’évaluation régulière de l’information, par exemple à la fin d’une année donnée, permet de
déterminer si les objectifs de surveillance et de riposte ont été atteints et si les résultats obtenus
ont la qualité escomptée.

La supervision, quant à elle, permet aux superviseurs et aux acteurs de surveillance de travailler
ensemble pour examiner les progrès accomplis, identifier les problèmes, déterminer les causes
des problèmes et proposer des solutions concrètes. Il est établi qu’une supervision et une rétro-
information régulières contribuent à améliorer les résultats du système de surveillance et de
riposte.

8.1. Suivre, évaluer et améliorer la surveillance et la riposte


La supervision des acteurs de surveillance consiste à :

- suivre de façon systématique et continue les activités de surveillance (par exemple,


vérifier si les rapports sont reçus dans les délais) ;
- identifier les problèmes et accompagner les acteurs dans la résolution de ceux ci.

L’évaluation périodique (par exemple annuelle) permet de vérifier si les objectifs de la


surveillance et de la riposte ont été atteints. La supervision et l’évaluation servent à améliorer
la surveillance et la riposte.

Le suivi continu de la SIMR permet notamment :

a) de suivre l’avancement de la mise en œuvre des activités planifiées et de s’assurer que les
objectifs fixés seront atteints dans les délais ;
b) de suivre les progrès dans l’amélioration des indicateurs ciblés de la qualité et des attributs
du système, comme la promptitude dans l’action et la complétude des rapports ;
c) d’identifier les problèmes rencontrés et apporter promptement des solutions realistes et
réalisables ;
d) de s’assurer que toutes les parties prenantes soient responsables et rendent compte des
activités qui leur sont dévolues ;
e) de s’assurer que les acteurs concernés recoivent une rétro-information sur les performances
de mise en œuvre des activités de surveillance et de riposte.

L’évaluation du système de surveillance permet :


a) de s’assurer que le système de surveillance atteint les objectifs pour lesquels il a été mis en
place ;
b) de documenter l’état (niveau de performance) du système de surveillance et l’évolution des
résultats ;
c) de générer des données factuelles sur la base desquelles les objectifs de la surveillance, la
stratégie de mise en œuvre et les activités planifiées peuvent être modifiés ;
d) de planifier l’allocation des ressources ;
e) de documenter les facteurs de réussite et d’échec du système ;
f) de formuler des recommandations spécifiques pour améliorer le système.

La rétro-information après l’activité de supervision permet :

a) de renforcer la participation du personnel de santé au système de surveillance ;


b) de motiver ceux qui produisent les données, ce qui entraine une amélioration des
performances de notification ;
c) d’améliorer la qualité des données fournies par ceux qui les collectent ;
d) de renforcer les interventions de Santé Publique planifiées ;
e) de compléter la planification des interventions appropriées ;
f) de renforcer la communication et le travail d’équipe.

La section 3 du présent guide décrit comment chaque mois, le personnel de santé en charge
de la surveillance au niveau de la formation sanitaire et du DS effectue la revue et analyse les
données rapportées durant le mois. Des conclusions sont tirées sur les aspects suivants :

a) la promptitude et la complétude de notification ;

b) la qualité des interventions de prévention et de lutte menées ; afin que les DS apportent les
solutions appropriées dès que des problèmes sont détectés.

La même information peut être utilisée pendant la supervision pour le suivi systématique et
l’évaluation périodique de :
a) la promptitude dans la notification des maladies, affections prioritaires ou évènements de
Santé Publique à notification immédiate ;
b) les investigations sur les épidémies et les actions de riposte ;
c) la transmission des données de routine agregées.

Lorsque des problèmes sont identifiés dans le système de surveillance et de riposte, des mesures
doivent être prises pour le renforcer. En fournissant une rétro-information aux acteurs de la
surveillance sur la mise en œuvre des mesures correctrices, il est plus qu’évident que les effets
des résultats escomptés seront visibles. Par exemple, les données mensuelles peuvent être
utilisées pour faire une évaluation annuelle, et les questions suivantes peuvent être posées dans
le cadre de cette évaluation :
• les objectifs de surveillance des activités menées sont-ils atteints ?
• les données de surveillance ont-elles été utilisées pour prendre une mesure de Santé
Publique ?
• les activités de surveillance, de laboratoire et de riposte ont-elles impacté l’issue des
évènements de santé dans le DS ?

8.2. Identifier les objectifs et les indicateurs de la SIMR


L’utilisation des indicateurs permet d’évaluer les performances d’une activité ou d’un
programme particulier. Les résultats obtenus sont comparés à l’ensemble des pratiques de
qualité standard recommandées et, grâce à cette méthode, il est également possible de mesurer
les progrès réalisés pour l’atteinte de l’objectif général d’un programme. Par exemple, un DS
peut s’être fixé comme objectif de 100% de complétude dans les notifications pendant une
période donnée. Un indicateur peut être choisi pour mesurer la proportion ou le pourcentage
des formations sanitaires qui notifient. Le résultat est ensuite comparé à l’objectif recherché et
servira à évaluer les progrès réalisés et, par conséquent, la qualité du service ou de l’activité.

Il convient d’utiliser des indicateurs qui correspondent aux objectifs nationaux ou à des projets
spécifiques visant à améliorer les activités de la SIMR au sein du DS. De même, il faut
sélectionner les indicateurs les plus adaptés à la stratégie d’amélioration de la surveillance
adoptée par le DS pour l’année en cours et les plus aptes à fournir des informations utiles à ce
dernier.

Ci-dessous figurent quelques exemples d’indicateurs :

• Indicateurs servant à mesurer la qualité du système de surveillance en général : Pour


évaluer la promptitude et la complétude de la notification, sélectionner comme indicateur
le pourcentage de Formations Sanitaires qui ont notifié régulièrement et dans les délais.
• Indicateurs servant à mesurer la qualité de la surveillance pour les maladies ou les
évènements de Santé Publique particuliers : Pour suivre par exemple la réponse aux
épidémies de méningite, sélectionner comme indicateur le pourcentage de DS dans lesquels
des foyers épidémiques de méningite ont été détectés c’est-à-dire, où le seuil épidémique a
été atteint, et dont les cas ont été confirmés au laboratoire.

Il est parfois nécessaire d’ajouter d’autres indicateurs pour mesurer l’impact des interventions
de Santé Publique.

Les Annexes 8A et 8B présentent des exemples d’indicateurs ainsi qu’un diagramme


permettant de suivre les principaux indicateurs au niveau des Formations Sanitaires. Les
principaux indicateurs au niveau du DS sont présentés en Annexes 8C et 8D, au niveau de la
région en Annexe 8E, et au niveau central en Annexe 8F.

Indicateurs de performance des principales fonctions de la SIMR


Proportion de Formations Sanitaires transmettant les rapports de surveillance hebdomadaires (ou mensuels)
1.
dans le délai au DS
Proportion de DS transmettant les rapports de surveillance hebdomadaires (ou mensuels) dans le délai au niveau
2.
régional
Proportion de notifications envoyées au DS à l’aide de formulaires individuels ou de listes linéaires, pour les
3.
maladies faisant l’objet de mesures d’élimination, d’éradication ou d’une surveillance au cas par cas
Proportion d’épidémies suspectées concernant les maladies à potentiel épidémique, notifiées au niveau régional
4.
dans les 2 jours suivant l’atteinte du seuil épidémique
Proportion de DS disposant d’une analyse actualisée des tendances (courbe ou histogramme) pour les maladies
5.
prioritaires sélectionnées
6. Proportion de rapports d’investigation des épidémies incluant une analyse des données individuelles des cas
7. Proportion d’épidémies ayant fait l’objet d’une investigation avec des résultats de laboratoire
8. Proportion d’épidémies confirmées ayant donné lieu à des mesures de riposte recommandées au niveau national
9. Taux de létalité pour chaque maladie à potentiel épidémique notifiée
10. Taux d’attaque pour chaque épidémie d’une maladie prioritaire
Nombre d’épidémies détectées au niveau national n’ayant pas été identifiées au niveau du DS pendant l’année
11.
écoulée
12. Proportion de DS rapportant des données de laboratoire pour les maladies sous surveillance
Proportion de laboratoires de district ayant été supervisés au moins une fois et dont la supervision a donné lieu
13.
à un rapport écrit par le niveau régional ou national durant l’année écoulée
Proportion de régions transmettant l’analyse mensuelle des données de laboratoire au laboratoire national de
14.
référence
Indicateurs de performance des principales fonctions pour l’application du RSI (2005)

1. Proportion de FOSA répondant aux exigences de prévention et de lutte contre les infections

2. Proportion de DS disposant d’une cartographie des risques sanitaires et des ressources

3. Proportion de DS transmettant des informations provenant de la surveillance des évènements

4. Proportion de DS ayant reçu de leurs autorités nationales les lois ou les outils nécessaires à l’application du RSI

5. Proportion de DS disposant des mécanismes de coordination des secteurs concernés par l’application du RSI

8.2.1. Sélectionner les données pour le calcul des indicateurs

Après avoir défini les indicateurs appropriés, il convient de spécifier le numérateur et le


dénominateur à utiliser. Par exemple, le DS souhaite que toutes les Formations Sanitaires
tracent des courbes de tendance d’un certain nombre de maladies prioritaires. Le numérateur et
le dénominateur sont définis comme suit :

Indicateur : Proportion de formations sanitaires dans le DS qui disposent de courbes de


tendance des maladies prioritaires

Numérateur : Nombre de formations sanitaires qui disposent de courbes de tendance des


maladies prioritaires.

Dénominateur : Nombre total de formations sanitaires que compte le DS.

8.2.2. Vérifier la disponibilité des sources de données

Chaque niveau s’assure que le niveau qu’il supervise dispose des sources de données décrites
ci-après. Ainsi, le niveau national disposera des données provenant des niveaux opérationnels
et intermédiaires pour mener les activités de suivi requises.

Tableau 9: Types de sources de données à différents niveaux

Niveau
Source des données
Formation sanitaire District de Santé Régional National

Courbe de suivi des indicateurs


X X X X
(Exemples de diagrammes en Annexe de cette Section)
Registre des consultations externes X

Registre d’hospitalisation X

Formulaires de notification des formations sanitaires X

Formulaires individuels de notification des cas et/ou


X X X X
listes linéaires

Rapport mensuel d’activités (RMA) X X X

Rapport d’investigation sur les épidémies X X X X

Registre d’épidémies suspectes et des rumeurs X X X X

Rapports de supervision émanant du DS ou de la région X X X X

Rapports de laboratoire reçus X X X X

Documents et outils SFE X X X X


8.3. Suivre les fonctions essentielles de la SIMR au niveau district
Les indicateurs des fonctions essentielles de la SIMR mesurent les processus et les réalisations
du système de surveillance. Dans la partie « Introduction », les fonctions essentielles de
surveillance ont été décrites et l’on peut donc se référer au tableau des fonctions de surveillance.
Cette sous-section décrit les principaux indicateurs au niveau des DS, en ce qui concerne les
fonctions essentielles. Ici, les fonctions essentielles sont brièvement décrites, mais elles sont
présentées de façon plus détaillée dans l’annexe 8A-D, où les indicateurs de chaque fonction
de base sont définis.

Les fonctions essentielles sont les suivantes :

a) Identifier les cas et les évènements de Santé Publique


i) L’identification des cas peut s’effectuer dans les structures sanitaires formelles
(publiques, privées et confessionnelles) ou des structures communautaires. Il est
important pour la détection des cas et des épidémies d’avoir des définitions de cas
ainsi qu’un système de vérification des signaux efficace. Une fois qu’un cas a été
identifié, il doit être consigné dans un registre (registre des consultations externes
ou des hospitalisations, registre des cas cliniques, etc.). C’est à partir de ces
registres que le personnel de santé extrait les données de la SIMR pour les maladies
prioritaires.
ii) Des indicateurs doivent être définis pour suivre cette fonction de surveillance
essentielle. Ces indicateurs pourraient être les suivants:
- La proportion de formations sanitaires ayant des registres normalisés
d’enregistrement des maladies. Une évaluation plus poussée peut aussi être
réalisée pour examiner la validité et la qualité de l’information enregistrée
ainsi que les facteurs qui agissent sur la fonction d’enregistrement.
- La proportion de formations sanitaires utilisant les définitions standards de
cas pour identifier les cas de maladies prioritaires visées par la SIMR.

b) Notifier les cas et les évènements


i) La notification désigne le processus par lequel les données de surveillance se
transmettent à travers le système de surveillance, de leur point de production au
niveau immédiatement supérieur.
ii) Elle désigne aussi le fait de rapporter toute épidémie suspectée ou confirmée et
toute Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI) en vertu du RSI,
à l’aide de l’instrument de décision présenté dans la section 2.
iii) Il peut exister différents systèmes de notification qui dépendront du type de
données et d’informations notifiées, du but et de l’urgence de transmettre ces
données/informations et du lieu où se fait la notification.

iv) Il est crucial de transmettre les données en temps réel pour que la promptitude dans
la détection de l’épidémie et la riposte empêche toute propagation de la flambée.
Cela étant, les Formations Sanitaires doivent tout mettre en œuvre pour transmettre
leurs rapports dans les délais, tel que prescrit par les directives nationales.
v) Des exemples d’indicateurs pour cette fonction de surveillance peuvent être :
- La proportion de rapports de surveillance complets transmis à temps au DS ;
- La proportion de cas de maladie ciblée pour l’élimination ou l’éradication et de
toute autre maladie sous surveillance, notifiés à l’aide des formulaires de cas ou
de listes linéaires.

c) Analyser et interpréter les données


i) L’analyse des données est le processus systématique par lequel les données sont
examinées pour en extraire l’information pertinente pour le décideur.
ii) Les données de surveillance doivent être analysées de façon systématique et les
informations extraites doivent être interprétées pour être utilisées de manière
prompte dans les interventions de Santé Publique.
iii) Les capacités d’analyse et d’interprétation des données de routine doivent être
développées et renforcées pour la gestion des données épidémiologiques et de
laboratoire.
iv) Des exemples d’indicateurs pouvant être utilisés pour évaluer ces analyses sont :
- la proportion de maladies prioritaires pour lesquelles un graphique linéaire
existe ;
- la proportion de DS qui rapportent les données de laboratoire concernant
des maladies sous surveillance.

d) Investiguer et confirmer les suspicions de cas ou d’épidémie


i) La confirmation des cas ou des épidémies dépend de la capacité du système de
surveillance et des laboratoires en la matière.
ii) La capacité de confirmation des cas est renforcée par de meilleurs systèmes de
références, les réseaux et les partenariats. Cela suppose de pouvoir assurer
convenablement le prélèvement, le conditionnement et l’acheminement des
échantillons.
iii) Les mécanismes internes et externes de contrôle de la qualité jouent un rôle
important dans la confirmation des cas ; ils permettent de veiller à la validité et la
fiabilité des résultats des tests.
Des exemples d’indicateurs de suivi de cette fonction essentielle peuvent être :
- la proportion de suspicions de flambée de maladies à potentiel
épidémique déclarées au niveau du DS dans les 24 heures suivant le
franchissement du seuil épidémique ;
- la proportion d’épidémies ayant fait l’objet des investigations et pour
lesquelles l’on dispose des résultats de laboratoire.
e) Se préparer
i) La préparation face aux épidémies désigne le niveau de préparation ponctuel
permettant d’affronter une éventuelle flambée. Elle suppose les éléments suivants :
l’élaboration de plans de préparation et riposte ; la constitution des stocks
d’urgence ; l’identification d’installations d’isolement ; et la mise en réserve des
ressources pour la riposte à l’épidémie.
ii) Des exemples d’indicateurs pouvant être utilisés pour contrôler l’état de
préparation sont les suivants :
- La proportion de formations sanitaires ayant stocké les articles essentiels
(EPI, kits de prélèvement des échantillons, formulaires d’investigation
des cas, kits thérapeutiques, etc.) pour une éventuelle riposte.
- La proportion de DS ayant élaboré des plans de préparation aux situations
d’urgence et de riposte.
f) Riposter
i) Les systèmes de surveillance de la Santé Publique sont d’autant plus utiles qu’ils
fournissent des données qui étayent des interventions de Santé Publique et les
activités de riposte appropriées. La capacité de réaction aux épidémies et menaces
émergentes de Santé Publique détectées doit être évaluée dans le cadre d’un
système d’alerte précoce. Cette évaluation peut être réalisée à la suite d’activités
importantes de riposte et de contrôle d’une épidémie, afin de documenter la qualité
et l’impact de l’intervention de Santé Publique et des activités de lutte s’y
rapportant.
ii) Des exemples d’indicateurs de suivi de la riposte sont :
- La proportion de DS comptant des comités intersectoriels opérationnels de
préparation et de riposte aux situations d’urgence de Santé Publique.
- La proportion de DS ayant des EIIR opérationnelles.
- Le taux de létalité de la maladie à potentiel épidémique notifiée.
g) Rétro-informer
i) La rétro-information est un processus de réaction aux effets ou au résultat d’une
intervention qui permet de modifier l’intervention suivante. C’est une fonction
importante dans tout système de surveillance. Le point 8.5.2 de la présente section
décrit en détail les modes de retour d’information qui peuvent être utilisés pour
améliorer la mise en œuvre de la SIMR.
ii) Des exemples d’indicateurs de retour d’information sont :
- La proportion de DS produisant régulièrement des bulletins
épidémiologiques.
- La proportion de bulletins ou de rapports de rétro-information produits au
niveau national (lors de l’évaluation du retour d’information du niveau
national vers les niveaux inférieurs).
- La proportion de formations sanitaires ayant reçu au moins une visite de
supervision dans le cadre de l’appui technique à la SIMR au cours du
trimestre précédent.
REMARQUE : certes, tous les indicateurs des fonctions essentielles de la SIMR sont
importants, mais le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique mesurera la performance
globale des fonctions essentielles de la SIMR dans les pays à l’aide des 14 principaux
indicateurs de performance décrits à l’annexe 8I.
8.4. Suivre la qualité des activités de la SIMR au niveau du DS
La qualité du système de surveillance se définit par des caractéristiques telles que :

a) la complétude;
b) la promptitude ;
c) l’utilité ;
d) la sensibilité ;
e) la valeur prédictive positive ;
f) la spécificité ;
g) la représentativité ;
h) la simplicité ;
i) la flexibilité ;
j) l’acceptabilité ;
k) la fiabilité.
La qualité du système de surveillance doit être évaluée à l’aide de ces indicateurs.

Les caractéristiques de la surveillance peuvent être évaluées par des méthodes quantitatives et
qualitatives. Certains des outils qui peuvent être utilisés pour évaluer les systèmes de
surveillance de façon complète sont :

- la version actualisée du Bulletin hebdomadaire de morbidité et de mortalité ;


- les directives actualisées pour l’évaluation des systèmes de surveillance de la Santé
Publique, produits par les Centers for Disease Control and Prevention (des États-Unis
d’Amérique) ;
- le cadre d’évaluation des systèmes de surveillance de la Santé Publique pour la
détection rapide des épidémies (CDC, 2001).

Le programme de formation en épidémiologie de terrain devrait aider à évaluer les systèmes de


surveillance et de riposte dans le cadre de la SIMR ainsi que d’autres systèmes de surveillance
des maladies.

8.4.1. Suivre la promptitude et la complétude des rapports mensuels


Les taux de promptitude et de complétude à chacun des niveaux sont les principaux indicateurs
de qualité du système de notification. Il est plus facile de détecter les problèmes et d’intervenir
rapidement si les rapports sont envoyés et reçus à temps. L’indicateur de complétude détermine
si toutes les unités qui envoient des rapports ont communiqué leurs données comme prévu. Si
les rapports parviennent en retard ou ne sont pas transmis, l’information agrégée pour le DS ne
sera pas exacte. Des épidémies peuvent alors passer inaperçu et l’on manquera l’occasion
d’intervenir en réponse aux problèmes sanitaires.

[Link]. Promptitude
La mesure la plus importante en matière de promptitude est de savoir si les données ont été
transmises à temps pour que les investigations soient menées et des mesures de contrôle initiées.
La promptitude dans la transmission des rapports doit être mesurée par rapport aux normes
définies par chaque pays, conformément aux délais fixés par le Bureau régional de l’OMS pour
l’Afrique. Les aspects importants concernant les délais de transmission de rapport dans un
système de surveillance d’une maladie transmissible sont les suivants :

- la promptitude de la notification immédiate, c’est-à-dire dans un délai de 24 heures ;


- la promptitude des rapports hebdomadaires, données saisies dans le DHIS 2 au plus tard le
lundi de la semaine suivante ;
- la promptitude des rapports mensuels, données saisies dans le DHIS 2 au plus tard le 05 du
mois suivant.

a) Suivre et évaluer la détection et la notification des maladies ou évènements à


déclaration immédiate
Il s’agit de suivre la capacité du système à détecter les maladies ou les évènements à déclaration
immédiate et d’évaluer l’intervalle entre l’apparition de la maladie chez le cas index identifié
et le moment où ce cas a été vu dans une formation sanitaire. Un délai trop long peut affecter
gravement le pronostic des patients et favoriser la propagation de l’épidémie.

Pour les maladies à déclaration immédiate, il convient aussi de suivre le délai entre l’apparition
de la maladie et la notification à la formation sanitaire par la communauté (objectif : dans les
48 heures), le délai dans la transmission de la notification au DS par la formation sanitaire
(objectif : dans les 24 heures) et le temps écoulé entre le moment où le seuil est atteint et celui
où des mesures de riposte sont initiées (objectif : dans les 48 heures).

b) Suivre la promptitude de la notification hebdomadaire et mensuelle


Pour évaluer la promptitude de la notification, il convient de suivre de manière systématique la
réception des notifications. A cet effet, il est conseillé d’utiliser au niveau du district un outil
de suivi, par exemple un registre des notifications reçues ou une base de données informatique.
Un modèle de formulaire pour vérifier la promptitude des notifications figure en Annexe 8G à
la fin de cette section.

En enregistrant et en examinant systématiquement les dates de réception des rapports, on peut


facilement évaluer toutes les semaines et tous les mois, l’efficacité du système lors de l’analyse
des données de la surveillance de routine et au cas par cas. On peut, par exemple, utiliser le
registre des notifications reçues pour :

• déterminer le nombre de sites ayant transmis des rapports de notification pendant une
semaine épidémiologique ou un mois donné ;
• identifier les sites qui ont transmis leur rapport ;
• évaluer le nombre de rapports transmis à temps, pendant une période de temps selon les
directives nationales.
Veiller à diffuser les délais à chaque niveau pour un suivi efficace.

[Link]. Complétude
La complétude dans le contexte de la surveillance peut revêtir plusieurs dimensions et englober
les éléments suivants :

a) La complétude des sites de notification transmettant des rapports de surveillance


La complétude des sites de notification fait référence à la proportion de sites ayant transmis des
rapports de surveillance, quel que soit le moment de leur communication. Mesurer la
complétude des sites de notification pour chacun des rapports de surveillance peut :

i. permettre l’analyse des tendances en termes de complétude des notifications pour


chaque rapport de surveillance sur une période donnée ; et aider à déterminer la
performance de chaque site ;
ii. déclencher une investigation sur la base de la mauvaise performance et éventuellement
aider à trouver des solutions pour améliorer cette performance.

b) Complétude dans la notification des cas


La complétude dans la notification des cas correspond à l’adéquation entre le nombre de cas
notifiés et le nombre réel de cas. On la détermine par exemple en comparant le nombre de cas
notifiées au niveau supérieur (au cours d’une période donnée) avec le nombre de cas noté dans
le registre des malades sur la même période.

c) Complétude des données de la surveillance


La complétude des données de la surveillance correspond à l’adéquation entre les données
attendues et celles qui sont reçues. Les questions ci-après sont utiles pour déterminer la
complétude des données de la surveillance et ses répercussions sur les interventions de Santé
Publique :

i. toutes les données sur chaque variable requise dans une fiche de surveillance sont-elles
collectées, enregistrées, validées et compilées ?
ii. sinon, quelles sont les variables qui ne font pas l’objet d’une collecte systématique et
quels sont les problèmes que pose leur collecte ?
iii. quelle est l’incidence de l’absence de certaines données sur la qualité des données de
surveillance ?
iv. comment ce problème peut-il être résolu ?

8.4.2. Identifier les problèmes et prendre des mesures en conséquence


Si le suivi révèle qu’une formation sanitaire ou autre site n’a pas transmis de notification ou l’a
transmise en retard, il est recommandé de contacter le responsable de la surveillance au sein de
la formation sanitaire ou du site. Déterminer la cause du problème et les actions correctrices en
collaboration avec le personnel compétent. Vérifier, par exemple, si le personnel de santé
dispose d’un stock de formulaires de notification suffisant ou de moyens de communication
(SMS, téléphone ou internet). Il est possible que le personnel nouvellement recruté dans la
formation sanitaire ne connaisse pas la procédure de notification, que le personnel ne reçoive
aucune rétro-information après l’envoi des notifications ou qu’il ne dispose pas des ressources
lui permettant de prendre les mesures qui s’imposent suite à la rétro-information.

Il convient d’élaborer des stratégies visant à améliorer la situation, en collaboration avec le site
de notification. Expliquer que le DS peut aider plus efficacement le personnel de santé à
planifier les ripostes et à les mettre en œuvre si l’information est complète. Par exemple, si le
manque de ressources est un problème, le DS pourra s’appuyer sur les informations fournies
dans les notifications pour sensibiliser les niveaux supérieurs de la pyramide sanitaire.
8.4.3. Transmettre aux niveaux supérieurs des informations sur la
promptitude et complétude des notifications
Lors de l’envoi des rapports de routine concernant le nombre de cas recensés au niveau régional
ou national, il faut inclure les données relatives à la promptitude et à la complétude pour
permettre aux divers échelons du système de santé d’avoir une vision plus claire de la situation
et d’évaluer la qualité des données transmises. Par exemple, si le rapport soumis au niveau
central stipule que deux cas de Rougeole ont été détectés au cours du mois, il convient de
mentionner le nombre de formations sanitaires ayant fait une notification pendant cette période.
Pour les autres niveaux qui vont évaluer les données, il est important de savoir si ces deux cas
proviennent de notification émanant de 20% ou de 100% des sites de notification.

8.4.4. Suivre les autres attributs permettant de mesurer la qualité du système


de surveillance
D’autres attributs pertinents sont présentés dans le tableau ci-dessous et peuvent être utilisés
pour mesurer la qualité des systèmes de surveillance lors d’évaluations périodiques (Tableau
8.2). Voir la liste complète des caractéristiques dans le cadre actualisé d’évaluation des
systèmes de surveillance.
Tableau 10: Récapitulatif des autres attributs servant à l’évaluation de la qualité des
systèmes de surveillance
Attributs Définition Exemples de questions pouvant être posées dans l’évaluation

Utilité Indique si le système de surveillance a pu Le système, c’est-à-dire le système d’alerte précoce, est-il capable de
contribuer aux initiatives de prévention et détecter promptement les épidémies ?
de lutte, ou s’il a aidé à mesurer la
Exemple : Un système utile doit montrer au fil du temps qu’une
performance.
certaine intervention menée a eu les effets escomptés. Dans un
Exemple : Utilité des données de la programme de lutte contre le paludisme, les données chronologiques
surveillance dans un système d’alerte recueillies peuvent montrer si la moustiquaire imprégnée à longue
rapide durée d’action a permis de réduire l’incidence du paludisme chez les
enfants de moins de cinq ans.

Simplicité La simplicité renvoie à la structure du Le système est-il simple ?


système et à sa facilité d’exécution aussi
Ex. la définition de cas standard est-elle simple ?
bien du point de vue de l’utilisateur final
que des utilisateurs aux niveaux supérieurs. Comporte-t-il plusieurs structures de notification ?

Exemple : Un personnel de santé doit-il notifier au district de santé


ainsi qu’un autre programme vertical pour la même maladie ?

Acceptabilité L’acceptabilité du système indique la Quel est le taux de participation des sites de surveillance ?
volonté du personnel chargé de la
surveillance d’utiliser le système, et celle Quel est le taux de complétude des rapports ?
des utilisateurs finaux d’accepter et Exemple : le nombre de FOSA transmettant leurs rapports dans les
d’utiliser les données générées par le délais
système
Représentativité La représentativité indique dans quelle Le système couvre-t-il toutes les zones géographiques pour s’assurer
proportion les cas notifiés reflètent que tous les cas sont bien pris en compte ?
l’incidence et la répartition de l’ensemble
NB : Un bon système doit pouvoir couvrir toute la population y
des cas au sein de la population.
compris les personnes marginalisées ou population spéciale.

Qualité des données La qualité des données renvoie à la Pour juger de la complétude, il suffirait de regarder le pourcentage de
complétude et la validité des données « Ne sais pas » ou de « vides » renseignées sur les outils de surveillance
enregistrées dans le système de
surveillance. NB : La validité dépend de la qualité des données. Les systèmes sujets
aux erreurs et les données fréquemment mal mesurées peuvent
empêcher la détection de tendances inhabituelles.

Pour en savoir plus sur les autres attributs mentionnés plus haut mais non traitées ici, voir Centers for Disease Control and Prevention
(CDC) (2001). Updated guideline for evaluating public health surveillance systems. MMWR: 50 (RR-13); 1–35

8.5. Suivre la qualité des activités de surveillance au niveau


communautaire
8.5.1. Suivre la mise en œuvre de la surveillance fondée sur les évènements
Il est important de suivre la mise en œuvre de la SFE ainsi que de la SFI dans les DS et régions.
Les ASC participant à la mise en œuvre de la SFE doivent comprendre les avantages et savoir
que leur contribution est précieuse et permet d’améliorer et renforcer le système de détection
précoce et de riposte rapide pour mieux servir leur communauté.

Le feedback des ASC et des autres membres de la communauté sur la mise en œuvre de la SFE
est un élément clé pour contextualiser cette surveillance, comprendre et améliorer la qualité des
données collectées. Un système doit être défini dès la mise en place de cette surveillance pour
recueillir les informations et feedback de la communauté et des ASC, et l’une ou plusieurs des
approches ci-après peuvent être adoptées :
- tenue régulière de réunions communautaires publiques au cours desquelles tous les
problèmes sont notés et résolus ;
- organisation des discussions de groupe avec les ASC et les leaders communautaires ;
- mise à disposition des boîtes à suggestions ou plaintes des membres de la communauté ;
- désignation d’un ou de plusieurs représentants de la communauté pour recueillir les
réactions et les plaintes ;
- développement de la plateforme de communication via les téléphones mobiles, pouvant
être utilisée par les ASC pour fournir la rétro-information.

Il existe des outils de collecte (définition des signaux) et de transmission (tableaux de bord,
registre de signaux, base de données SFE) des signaux captés dans la communauté. Il est
conseillé d’amener l’ASC à s’approprier ses données en les analysant et en ressortant les
épidémies et évènements survenus, ceux n’ayant pas bénéficié d’une alerte ainsi que les
mesures correctrices à mettre en œuvre.
Le tableau ci-dessous présente des exemples d’indicateurs appliqués à la SFE.
Tableau 11 : Exemples d’indicateurs appliqués à la surveillance fondée sur les évènements
Un signal/alerte est une information Rapports de la
Nombre de Nombre de signaux
officieuse sur une maladie, une affection ou surveillance
signaux détectés par ASC
un évènement, importante pour la Santé communautaire /
détectés ou PFS FOSA
Publique et qui peut être vraie ou imaginaire Carnet de bord
Numérateur : le nombre d’alertes
auxquelles on a répondu à temps.
Proportion Dénominateur : Nombre total d’alertes Nombre d’alertes
d’alertes détectées par Point Focal de la surveillance auxquelles des
Rapports de la
auxquelles des communautaire NB : répondre aux alertes réponses ont été
surveillance
réponses ont s’entend de la visite de l’établissement de apportées dans un
communautaire et
été apportées soins le plus proche pour l’investigation des délai de 24 heures à
rapports sur les
dans un délai cas, la prise en charge des cas, la promotion 48 heures divisé par
interventions
de 24 heures à de la santé, la sensibilisation de la le nombre total
48 heures communauté et la distribution de matériel (la d’alertes générées
définition doit correspondre au plan
d’intervention)
Proportion de Nombre total de Rapports de la
signaux qui vrais évènements surveillance
sont Nombre de vrais évènements détectés détectés divisé par communautaire et
transformés le nombre total de rapports sur les
en évènements signaux captés interventions

8.6. Superviser les acteurs de surveillance et riposte


La supervision a pour but d’améliorer la performance. Il ne s’agit pas d’une inspection au
contraire, la supervision vise à maintenir la bonne qualité des services plutôt que de chercher à
sanctionner. Pour que le système fonctionne bien, les superviseurs et les professionnels de la
santé doivent collaborer afin de mesurer les progrès accomplis, identifier les problèmes,
déterminer la cause des difficultés et proposer des solutions réalistes.

8.6.1. Préparer les descriptions de postes pour le personnel de la


surveillance
Les descriptions de poste et les procédures opérationnelles standards constituent la base de la
supervision et de l’évaluation des performances. Il est important d’examiner celles qui
concernent le personnel de santé ayant un rôle à jouer dans le système de surveillance et de
riposte afin de vérifier si les informations suivantes y figurent :

• les tâches de surveillance à accomplir ;


• l’autorité dont dépend le personnel impliqué dans la surveillance et la riposte ;
• le champ d’intervention défini ainsi que les procédures opérationnelles standards qui sont
appliquées.

8.6.2. Préparer un plan de supervision


Les objectifs de la surveillance et de la riposte doivent être incorporés dans le plan général de
supervision. Par exemple :
- déterminer la fréquence à laquelle il faudra suivre la performance du personnel de santé, un
DS devra organiser des visites de supervision selon les directives nationales (chaque FOSA
visitée au moins une fois le mois);
- demander aux superviseurs de planifier annuellement les supervisions qu’ils ont à effectuer
dans les formations sanitaires et dans tous les sites communautaires qui leur transmettent
des rapports de notification ;
- s’assurer de la disponibilité des moyens de transport pour les activités de supervision et de
surveillance, par exemple, coordonner les déplacements ou la logistique des visites de
supervision avec les missions prévues pour d’autres programmes ou activités ;
- inclure dans la supervision des acteurs de la surveillance du DS d’autres sites de
notification, notamment les Centres de Santé Intégrés (CSI), les Centres Médicaux
d’Arrondissement (CMA), les Hôpitaux de District (HD), les Hôpitaux Régionaux (HR),
les Hôpitaux Centraux (HC) et assimilés, les Hôpitaux Généraux (HG) y compris les
formations sanitaires privées et les sites de notification communautaires.

8.6.3. Préparer une check-list (grille de supervision) pour la supervision


Chaque formation sanitaire est confrontée à des problèmes et à des priorités qui lui sont propres
et qui exigent des solutions et des corrections spécifiques. Pour inciter le personnel des
formations sanitaires à apporter les améliorations requises, il convient d’élaborer une check-
list graduée qui guidera la visite de supervision (voir Annexe 8H un exemple de check-list).
Les points qui y figurent sont choisis d’après ce qui a déjà été accompli dans la formation
sanitaire. Lorsque ce dernier a atteint un objectif (par exemple, l’utilisation cohérente des
définitions standards de cas), on veillera, avec le personnel, à passer au point ou à l’indicateur
de contrôle de performance suivant, (par exemple, l’utilisation des seuils d’intervention). Il
conviendra alors de modifier en conséquence la check-list. Celle-ci permettra aux personnels
de santé, lors des visites suivantes, de suivre leurs activités et d’évaluer les progrès qu’ils auront
réalisés dans l’amélioration du système.

Lors de la supervision, utiliser également une check-list pour voir si le personnel de santé
applique correctement les fonctions de surveillance recommandées. A titre d’exemple, le
responsable de la surveillance au niveau du DS devra vérifier, lors de la visite de supervision
des sites, les fonctions suivantes :
Identification et Examiner le registre de consultation pour voir si les diagnostics
(signes et symptômes) correspondent aux définitions de cas.
Enregistrement des cas
Vérifier que le registre est bien tracé et que toutes les colonnes du
registre ont été correctement remplies.

Confirmation des cas Comparer le nombre de cas de maladies prioritaires consignés dans
les registres des laboratoires avec le nombre de cas vus à la formation
sanitaire pendant la même période. Comparer, par exemple pour le
paludisme, le nombre de frottis positifs avec le nombre de cas
hospitalisés.

Notification Demander la copie des dernières notifications portant sur la période


la plus récente. Comparer le nombre de cas de maladies prioritaires
notifiés avec le chiffre mentionné dans le registre.
Comparer la date à laquelle la notification des cas a été envoyée avec
la date recommandée pour l’envoi du rapport

Vérifier les rapports pour s’assurer qu’ils sont complets, exacts et


conformes

Examen et analyse des Vérifier si les courbes de tendances sont établies pour les maladies
données prioritaires. Demander à voir le plan d’analyse des données de la
formation sanitaire.
Vérifier si les tendances relatives aux maladies sélectionnées sont à
jour

Préparation Vérifier les stocks des médicaments, fournitures et équipements de


protection individuelle (EPI) pour s’assurer qu’ils sont en qualité et
en quantité suffisante

Remarque – On trouvera en Annexe 8H à la fin de cette section un modèle de check-list pour


la supervision. Les questions à poser durant la visite de supervision pourront être adaptées ou
modifiées pour correspondre aux problèmes particuliers et aux progrès accomplis dans la mise
en œuvre du système de surveillance intégrée au sein de la formation sanitaire et des sites de
notification communautaire.

8.6.4. Effectuer les visites de supervision


Pendant les visites de supervision programmées périodiquement dans le DS, il faut vérifier que:

- les fournitures nécessaires (formulaires, guide…), les directives et les définitions de cas
standardisées sont bien disponibles ;
- le personnel de santé sait comment identifier les cas suspects de maladies prioritaires vus
dans leur formation sanitaire en utilisant les définitions de cas standardisées ;
- les maladies prioritaires sont enregistrées dans le registre des cas conformément à la
définition de cas ;
- les données sont analysées dans la Formation Sanitaire ou au DS afin d’identifier les seuils
d’alerte et/ou d’intervention aussi bien pour les maladies prioritaires notifiées
systématiquement (maladies importantes pour la Santé Publique) que pour les maladies
faisant l’objet d’une surveillance au cas par cas (maladies à potentiel épidémique ou faisant
l’objet de mesures d’éradication ou d’élimination) ;
- les notifications de maladies pour lesquelles un seul cas constitue une suspicion d’épidémie
déclenchent rapidement une investigation ;
- des mesures de riposte sont prises après confirmation de l’épidémie ou identification des
problèmes sanitaires suite à une notification de routine ;
- les activités de riposte font l’objet d’une évaluation et la formation sanitaire prend des
mesures pour améliorer les activités de surveillance et la préparation à la riposte aux
épidémies.

Lors de la visite, ne pas oublier de :


- faire un débriefing aux responsables des structures et aux agents de santé. Il faut leur
signaler ce qui marche bien et ce qui ne marche pas, leur donner également une rétro-
information sur la manière dont les données communiquées antérieurement ont servi à
détecter les épidémies et prendre des mesures visant à réduire la morbidité, la mortalité et
les handicaps dans le DS. Si des améliorations sont nécessaires, il faut examiner les
solutions avec le personnel ;
- fournir si besoin une formation sur site (au poste de travail), en cas de problème identifié.
Par exemple, lors de la revue des registres, le superviseur remarque qu’au cours de la
synthèse des données, les taux de létalité n’ont pas été calculés correctement. Il va
rencontrer le personnel chargé de ces calculs et leur montrer la démarche à suivre ;
- donner suite aux demandes d’assistance, notamment en ce qui concerne les équipements ou
autres fournitures destinés aux interventions d’urgence ;
- si la solution à un problème particulier avait été identifiée lors d’une visite précédente,
vérifier que la solution a été correctement appliquée, si les problèmes persistent, trouver
une autre solution si nécessaire ;
- s’assurer que le(s) superviseur(s) et le(s) supervisé(s) signent le registre de supervision et
indiquer les dates auxquelles la supervision a eu lieu ;
- elaborer avec le personnel un plan de résolution des problèmes identifiés (en particulier
ceux qui n’ont pas été résolus pendant la supervision) tel qu’illustré ci-dessous :

Problèmes Causes Activités Indicateurs de Responsables Délai


correctrices suivi d’exécution

8.6.5. Rédiger et partager un rapport de supervision


Dans le rapport, il faut mentionner les points forts, les points à améliorer, les bonnes pratiques,
les progrès constatés au cours de la visite et les recommandations. Il faut préciser également
les interventions planifiées avec le personnel de santé et les demandes éventuelles de ressources
complémentaires et mentionner les problèmes particuliers.

Il faut partager le rapport de supervision à tous les acteurs ayant pris part à la supervision ainsi
qu’au niveau hierarchique supérieur et l’archiver.

8.6.6. Profiter des visites de supervision pour améliorer les activités de


surveillance dans le DS
Les visites de supervision régionale ou nationale sont l’occasion de discuter et d’améliorer la
lutte contre les maladies dans le DS. Par exemple, à l’occasion d’une supervision d’un
responsable régional ou national du programme de lutte contre le paludisme, il pourra discuter
avec les responsables du DS des raisons pour lesquelles la mortalité spécifique du paludisme
n’a pas diminué dans les FOSA. Par la suite, des discussions devront être menées pour identifier
les ressources additionnelles ou autres mesures que le programme de lutte contre le paludisme
pourrait apporter afin de résoudre les problèmes identifiés.
8.7. Fournir la rétro-information
Dans la plupart des cas, les formations sanitaires et les DS communiquent comme prévu les
données de la surveillance au niveau hiérarchique supérieur. Lorsque les responsables au
niveau du DS, régional ou national reçoivent ces données, ils doivent répondre aux formations
sanitaires qui les transmettent. La rétro-information vise à raffermir la volonté des agents de
santé à participer au système de surveillance. Elle vise aussi à communiquer sur certaines
maladies et sur les réalisations des projets de prévention et de lutte contre les maladies dans la
zone. Le retour d’information est qualifié de « bienveillant » lorsqu’il reconnaît et renforce la
bonne performance et il est « correctif » lorsqu’un changement d’attitude et des améliorations
sont nécessaires. Il renforce aussi la communication et le travail d’équipe. Le retour
d’information doit être à la fois vertical et horizontal et cibler différentes audiences en fonction
des niveaux du système de santé. Une rétro-information efficace doit être :

a) précise pour s’assurer que les destinataires comprennent de quoi il est question ;
b) fondée sur le rapport soumis ou les évènements et les activités tels qu’observés sur le
terrain ;
c) transmise le plus tôt possible, après réception du rapport ou la visite sur le terrain, pour
que les destinataires se rappellent les activités qui doivent être poursuivies ou corrigées.

Si la formation sanitaire ne reçoit pas d’informations du niveau hiérarchique supérieur sur la


manière dont les données ont été utilisées ou ce qu’elles signifiaient, le personnel de santé peut
penser que ses rapports ne sont pas importants. Par conséquent, les rapports subséquents
peuvent ne pas être fiables, parce que le personnel de santé ne saura pas si les informations
communiquées aux autres niveaux sont importantes ou nécessaires. Ces agents de santé peuvent
peut-être bien comprendre la situation sanitaire à leur propre niveau, mais manquer des
informations nécessaires pour appréhender la situation au niveau du DS, régional ou national.
Au niveau communautaire, la communication implique de forger des relations, de
communiquer et de coordonner avec les autres principaux informateurs communautaires, les
personnes ressources et les réseaux formels et informels existants pour la diffusion de
l’information et les rapports.

Le retour d’information peut être écrit, par exemple sous forme de lettre/bulletin d’information,
de courriels, de messages WhatsApp, de SMS ou de support officiel d’information périodique
comme les publications ; il peut être oral, par le biais d’appels téléphoniques ou de réunions
périodiques. Bien que la présente section traite particulièrement du retour d’information au
niveau du DS, l’analyse est aussi valable au niveau national et de la formation sanitaire. Le
retour d’information peut aussi être donné dans le cadre de la supervision formative, par le DS
aux FOSA, ou par la région aux DS, ou par le niveau national aux DS et aux régions. La
supervision peut porter sur l’exécution des programmes de santé et le retour d’information peut
être donné durant ces visites de supervision.

a) Élaborer et diffuser des bulletins épidémiologiques systématiques

Les maladies notifiables dans le cadre de la SIMR doivent aussi faire l’objet d’un retour
d’information périodique, et cela au moyen de bulletins épidémiologiques hebdomadaires,
mensuels ou trimestriels. Les bulletins donnent des informations sur les profils des maladies et
la réalisation des objectifs des programmes dans le pays. Ils sont généralement brefs et sont
importants pour informer les décideurs politiques, les législateurs, les partenaires de
développement, le personnel technique des programmes et les acteurs concernés. Ils
contiennent au minimum les informations suivantes :

i. un tableau récapitulatif indiquant le nombre de cas et de décès signalés, à date, pour


chaque maladie prioritaire ;
ii. un commentaire ou un message sur une maladie ou un sujet donné ;
iii. toute information sociale, économique ou culturelle pertinente ou des données
contextuelles qui peuvent véritablement renseigner sur un évènement.

L’annexe 8H présente des exemples de bulletin épidémiologique.

b) Préparer des fiches d’information sommaires

Une fiche d’information sommaire est un rapport présentant des données ainsi que leur
interprétation sous forme de tableau ou graphique. À titre d’exemple :

i. lors d’une réunion du personnel ou durant une visite de supervision, faire un rapport
oral ou commenter les données communiquées par la formation sanitaire au cours d’une
période donnée ;
ii. présenter les données dans un tableau. Rencontrer le personnel de santé et lui présenter
les données. Discuter ensemble des conclusions qui peuvent être tirées de ces données.
Penser aux conclusions concernant l’établissement de soins, mais aussi le District de
Santé en général ;
iii. préparer une simple feuille avec un tableau simple qui montre comment des données
rapportées pour une période donnée sont différentes de celles communiquées pour une
autre période ou population cible. Par exemple, montrer le nombre de cas de diarrhée
accompagnée de déshydratation chez les enfants âgés de moins de 5 ans sur une période
l’année précédente, et le comparer avec la période correspondante dans l’année en
cours, après qu’un projet d’eau potable a été mis en œuvre dans une zone à haut risque
; utiliser les fiches sommaires pour accompagner les demandes adressées aux niveaux
supérieurs pour des fonds, des fournitures et des ressources supplémentaires.

c) Rédiger des lettres d’information du DS

Une lettre d’information du DS est destinée à donner des comptes rendus plus brefs que dans
un bulletin d’information plus détaillé. La lettre d’information du DS est utile pour informer et
motiver le personnel de santé. Le lectorat cible d’une lettre d’information pourrait être le
personnel de santé dans le DS. La lettre d’information peut avoir 2 à 4 pages et être un simple
texte saisi sur un ordinateur ou une machine à écrire.

Les articles suivants peuvent figurer dans une lettre d’information :

i. le récapitulatif des données nationales ou du DS sur une maladie prioritaire donnée ;


ii. le compte rendu des progrès vers un objectif spécifique de Santé Publique ;
iii. le compte rendu de réalisations particulières dans le domaine de la Santé Publique par
un agent de santé ou un groupe d’agents de santé ;
iv. la description d’activités ou d’évènements spéciaux (par exemple, le changement du
jour de marché).

8.8. Evaluer la performance du système de surveillance et de


riposte
Le but est d’évaluer l’efficacité du système de surveillance et de riposte en termes de
complétude des données, de promptitude des données, de préparation, de gestion des cas, de
performance globale et d’utilisation des indicateurs pour identifier les problèmes ou les
domaines susceptibles d’être améliorés. Ainsi, une évaluation complète devrait porter sur le
système de surveillance et le plan de mise en œuvre de la SIMR, s’il est disponible.
L’évaluation du système de surveillance devrait :

a) déterminer dans quelle mesure les réalisations et résultats souhaités sont atteints ;
b) expliquer les réalisations, les disparités et les échecs ;
c) décrire la qualité du système et montrer tout changement dans sa mise en œuvre ;
d) montrer dans quelle mesure les objectifs généraux de la surveillance sont atteints.

On sélectionnera les indicateurs correspondant aux priorités et aux objectifs annuels du district
de santé en fonction du stade de développement de la surveillance.

S’il existe déjà un plan de mise en œuvre de la SIMR contenant des objectifs clairement définis,
alors il est indiqué de réaliser des évaluations à mi-parcours et en fin de parcours. Sinon, les
systèmes de surveillance devraient être évalués tous les 2, 3 ou 5 ans.

8.8.1. Les principales étapes de l’évaluation


Les objectifs définis doivent être spécifique, mesurables, réalisables et limité dans le temps.

[Link]. L’élaboration d’indicateurs d’évaluation


Des indicateurs doivent être établis pour chaque objectif de l’évaluation et cadrer, autant que
possible, avec les indicateurs de suivi.

[Link]. Le développement de méthodes et d’outils d’évaluation


À la lumière de ces indicateurs, un protocole d’évaluation doit être élaboré, décrivant le
processus d’évaluation, les méthodes, le groupe cible, les sources des données, les méthodes
de collecte des données et le plan d’analyse et d’utilisation des données.
[Link]. La désignation des personnes devant mener l’évaluation
Pendant la planification il faut identifier les évaluateurs en fonction du type de l’évaluation, de
sa portée, de son objet et des ressources disponibles. Le type de l’évaluation, est conditionné
par les évaluateurs choisis :

- Une autoévaluation : les évaluateurs sont membres du système évalué (personnel du


district de santé…) ;
- Une évaluation externe : les évaluateurs sont externes au système évalué (personnels
d’autres structures, partenaires/bailleurs de fonds…)
- Une évaluation conjointe : les evaluateurs sont à la fois membres du système évalué
Pour garantir l’objectivité et la transparence pendant le processus d’évaluation les trois types
d’évaluation doivent pouvoir être menées de façon périodique.

[Link]. La réalisation de l’évaluation


a) Compiler et organiser les données de la surveillance

Le District de Santé doit compiler les données de surveillance reçues de toutes les Formations
Sanitaires situées dans le DS et soumettre le rapport au niveau régional. La transmission du
rapport ne doit pas être retardée pour cause de réception tardive des rapports de certaines
formations sanitaires. Il faut soumettre tous les rapports reçus à temps. Les rapports en retard
pourront être transmis quand ils arriveront. Il est recommandé de suivre les Formations
Sanitaires qui n’ont pas envoyé de rapport ou qui l’envoient régulièrement en retard.

Il est important d’aider les Formations Sanitaires à résoudre les problèmes qui pourraient les
retarder dans la transmission de leurs notifications récapitulatives. Il faut informer
régulièrement les structures sanitaires des résultats de l’indicateur. La rétro-information est un
outil positif pour inciter le personnel de santé à fournir des informations dans le délai et à
participer au système de surveillance.

La Délégation Régionale de Santé Publique devra compiler les données de surveillance


reçues de tous les DS de la région et soumettre le rapport au niveau national. La transmission
du rapport ne devra pas être retardée dans l’attente des rapports en retard. Les rapports reçus
dans le délai doivent être aussitôt compilés et transmis. Les rapports reçus tardivement pourront
être envoyés séparément.

Le niveau Central devra compiler les données de surveillance reçues de toutes les régions et
rechercher si des épidémies sont passées inaperçues au niveau du DS. Il devra assurer un suivi
dans les zones dont les rapports ne sont pas fiables ou qui n’envoient pas de rapports. Il donnera
un appui à la région pour assister les DS dans l’évaluation de leurs indicateurs de performance
et dans la mise en œuvre de mesures correctrices. Enfin, il devra apporter une rétro-information
à tous les niveaux.

Chaque niveau utilisera un diagramme (modèle présenté plus loin) pour suivre la performance
de ses propres indicateurs et informera le personnel des résultats en faisant état des succès
(forces) afin d’aider le personnel de santé à continuer de progresser. En cas de problème,
identifier avec lui la cause et les moyens de le résoudre. Il faut demander au besoin de l’aide
ou des ressources supplémentaires au niveau supérieur.

Réunir les informations provenant de différentes sources :

- les objectifs de l’année en cours figurant dans le plan annuel du DS, pour améliorer la
surveillance et la riposte ;
- les notifications récapitulatives hebdomadaires et mensuelles des cas et des décès
transmises au district, les cartes détaillées et autres résultats d’analyse obtenus par le DS ;
- tous les résultats des investigations ou des études spécifiques réalisées dans le district au
cours de l’année écoulée ;
- les formulaires individuels d’investigation des cas et les rapports des activités de riposte
menées dans le DS ;
- les informations récapitulatives émanant de la communauté et du personnel de santé.

b) Analyser les données

Lors de l’évaluation des données récapitulatives pour l’année écoulée, déterminer les points
suivants :

- les rapports étaient-ils complets, précis et transmis dans les délais ?


- quels ont été, pendant l’année écoulée, les changements de tendance significatifs pour la
maladie ou les évènements sanitaires ? en cas de recrudescence, le problème a-t-il été
identifié ?
- si des cas supplémentaires continuent d’être enregistrés, quelle est leur cause ? où
surviennent-ils?
- des mesures ponctuelles et appropriées ont-elles été prises en réponse aux données de
surveillance?
- les visites de supervision ont-elles eu lieu comme prévu ? le travail de suivi a-t-il été réalisé
comme prévu ?
- la communauté a-t-elle le sentiment que les activités de riposte ont été un succès?
- des mesures ont-elles été prises pour répondre aux requêtes ou suggestions du personnel de
santé concernant les services ou la surveillance?
- des mesures appropriées ont-elles été prises pour prévenir la survenue d’évènements
similaires ?

c) Identifier les problèmes et leurs causes

Si, du fait de certains problèmes, le district n’a pas atteint un des objectifs fixés ou si un des
indicateurs montre qu’il n’a pas atteint le niveau de performance souhaité, rechercher la cause
de l’écart entre le résultat attendu et le résultat obtenu. Si un problème est décelé, discuter avec
l’équipe de district et le personnel de la formation sanitaire pour en déterminer l’origine et
l’endiguer.

8.8.2. Actualiser le plan visant à améliorer la surveillance et la riposte


Il faut incorporer au programme du district les activités qui marchent bien et qu’il convient de
poursuivre. Il faut mentionner également les solutions pratiques envisagées en fonction des
résultats de l’évaluation concernant l’année écoulée. Il faut programmer l’application des
solutions. Par exemple :

- décrire la nouvelle activité et ses objectifs ;


- désigner le personnel chargé de réaliser l’activité ;
- élaborer un calendrier pour cette activité et établir la séquence logique des interventions ;
- déterminer la logistique nécessaire pour la nouvelle activité (équipement, personnel,
transport, attribution des ressources) ;
- estimer le coût de l’activité.

8.8.3. Fournir une rétro-information aux formations sanitaires et leur


partager une copie du rapport sur l’évaluation
Il convient de transmettre aux formations sanitaires et autres parties intéressées au sein du
district un rapport et une rétro-information sur l’évaluation. Dans le rapport d’évaluation
mentionner :

- les objectifs fixés ;


- les résultats obtenus ;
- les raisons probables des écarts éventuels entre les projections et les résultats ;
- les solutions recommandées et par ordre de priorité, les activités destinées à améliorer la
surveillance et la riposte dans le DS.
Annexes à la Section 8

Annexe 8A Indicateurs de base de la SIMR au niveau de la formation sanitaire


Annexe 8B Indicateurs de base de la SIMR au niveau district
Annexe 8C Indicateurs de base de la SIMR au niveau régional
Annexe 8D Indicateurs de base de la SIMR au niveau national
Annexe 8E Tableau de suivi des résultats des indicateurs de la SIMR au niveau de la
formation sanitaire
Annexe 8F Tableau de suivi des résultats des indicateurs de la SIMR au niveau district,
régional
Annexe 8G Formulaire type d’enregistrement de la promptitude et complétude des
rapports hebdomadaires adressés par la formation sanitaire au niveau district
Annexe 8H Liste de contrôle pour la supervision des activités de surveillance et de riposte
à la formation sanitaire
Annexe 8I Modèle de bulletin de santé publique hebdomadaire et mensuel
Annexe 8J Indicateurs du suivi de la mise en œuvre des fonctions de base de la SIMR
ANNEXE 8A Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau de la formation sanitaire

Fonction de À quel moment le


Indicateur Objet Numérateur Dénominateur Source de l’information Cible
base de la SIMR faire

Liste de contrôle pour


Disponibilité des définitions Identifier et renseigner
la personne
de cas standard et des fiches correctement les NA NA NA Trimestriel
responsable de la
ou registres de SIMR cas/événements
formation sanitaire

Identification -Entretiens
Existence d’un mécanisme Mesurer la capacité
-Registre des suspicions
pour détecter des événements du système à
d’épidémie et des alertes
de santé public inhabituels ou détecter des NA NA NA Mensuel
de la formation sanitaire
émanant de sources événements
-Plateformes électroniques
inhabituels inhabituels
sur les événements

La pratique dans les FOSA Le nombre de Le nombre de Tableau de suivi de la


La proportion de rapports de en ce qui concerne la rapports de rapports de soumission des rapports à
surveillance complet et soumission à temps des surveillance complet surveillance attendus temps 4 80 % Mensuel
transmis à temps au district rapports de surveillance transmis à temps au de la formation Plateformes de notification
au niveau supérieur district sanitaire électroniques

Notification La proportion de cas de Mesurer la


maladies ciblées pour communication des
Le nombre de cas de
l’élimination et l’éradication données de la Le nombre total de cas
maladies visées par la Résume des
et de toute autre maladie surveillance contenant de maladies visées par
surveillance signalés au Rapports et les 80 % Mensuel
visée par la surveillance, des informations la surveillance apparus
moyen de formulaires listes linéaires
déclarés à l’aide des détaillées à utiliser pour à la formation sanitaire
ou des listes linéaires
formulaires des cas ou des des analyses plus
listes linéaires . poussées
-Liste de contrôle des
activités de la
Le nombre de
personne
La proportion de maladies maladies
Mesurer la pratique et la responsable dans la
Analyse et prioritaires pour lesquelles prioritaires pour Le nombre total de
capacité d’analyse des formation sanitaire 80 % Trimestriel
interprétation un graphique linéaire lesquelles un maladies prioritaires
données de la surveillance -Les resumés des
existe. graphique linéaire
rapports de la
existe.
formation sanitaire
sur la SIMR
-Liste de contrôle des
activités de la
Le nombre de
personne
La proportion de maladies maladies
Mesurer la pratique et la responsable dans la
prioritaires pour prioritaires pour Le nombre total de
capacité d’analyse des formation sanitaire 80 % Trimestriel
lesquelles une carte de lesquelles une maladies prioritaires
données de la surveillance -Les resumés des
distribution existe. carte de
rapports de la
distribution existe.
Analyse et formation sanitaire
interprétation sur la SIMR
Le nombre de
La proportion de maladies
Éléments attestant maladies
prioritaires pour lesquelles il
l’analyse et prioritaires pour
existe une analyse des Le nombre total de
l’interprétation lesquelles il existe Registre du laboratoire 80 % Trimestriel
données de laboratoire (au cas maladies prioritaires
systématiques des une analyse des
où la formation sanitaire a un
données de laboratoire données de
laboratoire)
laboratoire
Le nombre de
La proportion de suspicions de
Le nombre total de
suspicions de flambée de flambée de
suspicions de
maladie à potentiel maladies à
flambée de Registre des
épidémique et d’autres Mesurer la détection potentiel
maladies suspicions
événements de santé rapide et la épidémique
à potentiel d’épidémie et des 80 % Mensuel
publique déclarés au notification à temps déclarées au
épidémique alertes de la
niveau district dans les 24 des épidémies niveau district
dans la formation sanitaire
heures suivant le dans les 24
formation
franchissement du seuil heures suivant le
sanitaire
épidémique franchissement
Investigation et du seuil d’alerte
confirmation des Le nombre de cas
suspicions suspects pour
La proportion d’échantillons de
d’épidémies Mesurer la capacité à lesquels des
cas suspects transmis dans les Le nombre total de cas
envoyer les prélèvements à échantillons ont été Registre du laboratoire 80 % Hebdomadaire
24 heures suivant leur suspects
temps envoyés dans un
prélèvement**
délai de
24 heures
Mesurer le Le nombre de
La proportion de
fonctionnement du prélèvements de cas
prélèvements de cas suspects Le nombre total
réseau de transmission suspects pour lesquels -Les bordereaux de
pour lesquels les résultats de d’échantillons de
des échantillons ainsi les résultats de transmission 80 % Hebdomadaire
laboratoire sont communiqués cas suspects
que le fonctionnement laboratoire sont -les registres du laboratoire
dans un délai de traitement envoyés
du laboratoire de renvoyés dans les
acceptable
référence délais
Disponibilité du matériels Mesurer l’état de Registre de stock de la
Préparation pour une riposte en situation préparation d’une NA NA formation sanitaire ou NA Mensuel
d’urgence (voir le kit)*** formation sanitaire fiche de stock
Disponibilité d’un plan de Mesurer l’état de
préparation et de riposte à préparation de la NA NA Plans de travail annuels Annuel
toutes les situations d’urgence formation sanitaire
Présence d’un comité de
gestion des urgences de santé Mesurer la capacité
Rapports des réunions du
publique fonctionnel (basé sur de riposte au niveau
NA NA comité et les fiches de Trimestriel
les effectifs de la formation de la formation
présence
sanitaire et du contexte sanitaire
national)
Mesurer les activités de Le nombre de cas
Le taux de létalité de Le nombre de décès
riposte (sollicitation des mêmes Dépend
chaque maladie à potentiel liés à chaque maladie Rapports systématiques et
précoce de prise en maladies à de la Mensuel
épidémique (MAPE) à potentiel investigation sur l’épidémie
charge et qualité des potentiel maladie
signalée épidémique
services de soins de santé) épidémique
Le taux d’attaque pour Le nombre de Dépend
Mesurer les activités de Rapports systématiques et
chaque maladie à potentiel nouveaux cas Population à risque de la Mensuel
riposte investigation sur l’épidémie
épidémique déclarée détectés maladie
Existence de mesures de
Observation (délimitation
Riposte prévention et de lutte contre Mesurer la capacité à
de la zone de triage,
les infections dans tous les prévenir les infections NA NA Mensuel
affiches pour le lavage des
FOSA, notamment d’une zone nosocomiales
mains etc)
de triage
Mesurer la capacité à
Disponibilité d’une installation
prendre en charge
d’isolement dans tous les NA NA Observation Trimestriel
efficacement les malades
hôpitaux
hautement infectieux
Le nombre de
personnel de santé
La proportion de personnel de
formés dans la
santé formés dans la
Mesurer la capacité à prévention et la lutte
prévention et la lutte contre Le nombre total devant
prévenir les infections contre les infections Rapport de formation 80 % Trimestriel
les infections au cours des 12 être formé
nosocomiales au cours des 12
derniers mois dans la
derniers mois dans
formation sanitaire
une formation
sanitaire donné
Séance de rétroinformation de Mesurer la mobilisation Rapports de
la communauté au moins une continue de la NA NA rétroinformation de la Trimestriel
fois tous les trimestres communauté communauté
Nombre de
Rétroinformation Nombre de bulletins
La proportion de bulletins bulletins ou de
ou de rapports de
ou de rapports de Présence d’un dispositif de rapports de
rétroinformation Observation Trimestriel
rétroinformation reçus du rétroinformation rétroinformation
attendus du niveau
niveau supérieur reçus du niveau
supérieur
supérieur
*** kit d’urgence : ex. gants, solutions intraveineuses, masques, tabliers, bottes, désinfectants, kits de prélèvements,
ANNEXE 8B Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau district
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
Le nombre de formation Liste de contrôle pour la
La proportion des formations sanitaires Identifier et renseigner Le nombre total des
sanitaire ayant une personne responsable à la 100% Trimestriel
ayant une définition de cas standard correctement les cas/événements formations sanitaires
définition de cas standard formation sanitaire
Identification Le nombre des formations
La proportion des formations
Mesurer la capacité du sanitaires communiquant les
sanitaires communiquant des Le nombre total des Résumé des rapports et
système à détecter des informations grâce à la 80% Mensuel
informations grâce à la surveillance FOSA rapports de supervision
événements inhabituels surveillance fondées sur les
fondées sur les événements
événements
La proportion FOSA, dont les hôpitaux Liste de contrôle pour la
Mesurer la disponibilité des Le nombre de FOSA dotés de
(de référence/spécialisés) dotés de personne responsable
registres et des fiches de registres et de fiches de Le nombre total FOSA 100% Trimestriel
registres standardisés et de fiches de dans la formation
SIMR SIMR
SIMR sanitaire
La proportion FOSA, dont les hôpitaux Le nombre de FOSA Le nombre total FOSA
Mesurer la promptitude de la Tableau de suivi de la
(de référence/spécialisés) qui soumettent ayant soumis à temps les que
transmission des rapports de transmission des rapports en 80% Mensuel
les rapports de SIMR à temps au district rapports de surveillance compte le district
surveillance temps voulu
au district
Le nombre de cas de
maladie ciblée pour Résumé des rapports et des
Notification La proportion de cas de maladie ciblée Mesurer la communication des
l’élimination et l’éradication Le nombre total de listes linéaires pour les
pour l’élimination et l’éradication et de données de la surveillance
et de toute autre maladie cas de maladies visées maladies ciblées pour
toute autre maladie visée par la contenant des informations 80% Trimestriel
visée par la surveillance, par la surveillance l’élimination et l’éradication
surveillance, déclarés à l’aide des détaillées à utiliser pour des
déclarés à l’aide des apparus dans le district et pour toute autre maladie
formulaires des cas ou des listes linéaires analyses plus poussées
formulaires des cas ou des visée par la surveillance
listes linéaires
Mesurer les taux des rapports par Le nombre de FOSA Tableau de suivi de la
La proportion des FOSA soumettant leurs Le nombre total des
les FOSA ayant soumis leur transmission des rapports à 100% Mensuel
rapports de SIMR à temps FOSA
rapport à temps temps 7
Mesurer la pratique et la capacité Le nombre de FOSA Trimestriel
de l’équipe de la formation disposant d’une analyse des Le nombre total de -Rapport de supervision
Analyse et La proportion des FOSA disposant
sanitaire à détecter les tendances tendances à jour pour FOSA que -Outils d’analyse des données 80%
interprétation d’une analyse des tendances à jour
des suspicions d’éventuelles certaines maladies compte le district de la formation sanitaire
épidémies prioritaires
Le nombre des FOSA disposant des Éléments attestant l’analyse et Le nombre des FOSA Le nombre total des
données d’analyse de laboratoire l’interprétation systématiques des disposant d’une analyse des FOSA que
actuelles en vue de l’analyse des données de laboratoire données de laboratoire pour compte le district Registre du laboratoire 80% Trimestriel
maladies prioritaires (le cas échéant) certaines maladies
prioritaires
La proportion de maladies prioritaires Le nombre de maladies Le nombre total de
Mesurer la pratique et la capacité -Tableau de bord de
pour lesquelles existe un graphique choisies (au moins le maladies choisies ayant 80% Trimestriel
d’analyse des données de la suivi des indicateurs
linéaire à jour. paludisme et la méningite un graphique linéaire
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
surveillance de l’équipe cadre du bactérienne dans les (au moins le paludisme
district districts présentant un et la méningite
risque élevé de méningite) bactérienne si le district
pour lesquelles un présente un risque
graphique linéaire est élevé de méningite)
disponible et à jour.
Le nombre de suspicions de Le nombre total de
Investigation et La proportion de suspicions de flambée Mesurer l’utilisation des données flambée de maladies à suspicions de flambée -Registre des suspicions
confirmation des de maladie à potentiel épidémique et des seuils pour la détection potentiel épidémique de maladies à potentiel d’épidémies et des rumeurs
suspicions déclarées au niveau du district dans les rapide des épidémies et la notifiées à la région dans les épidémique dans -Cahier d’analyse du district 80% Trimestriel
d’épidémies 24 heures suivant le franchissement du notification 24 heures suivant le le district ou autre outil d’analyse
seuil d’alerte à temps franchissement du seuil systématique
d’alerte
Le nombre total de -Rapport d’investigation ;
rapports -Carte
La proportion de rapports Le nombre de rapports
Mesurer la disponibilité de d’investigation sur des -Courbe épidémique ;
d’investigation sur des épidémies qui d’investigation sur des
variables supplémentaires pour épidémies rédigés -Tableau d’analyse des 80% Trimestriel
comportent des données analysées sur épidémies qui comportent
des analyses plus poussées dans le district individus ;
les cas des données sur les cas
-Listes lineaires ou fiches de
notification des cas
Le nombre d’épidémies Le nombre total
Mesurer la capacité des -Registre des suspicions
Le pourcentage d’épidémies ayant fait ayant fait l’objet d’épidémies
laboratoires à confirmer les d’épidémies et des rumeurs ;
l’objet d’investigation pour lesquelles les d’investigation pour ayant fait l’objet d’
diagnostics et leur -Rapports de laboratoire ; 80% Trimestriel
résultats du laboratoire sont disponibles lesquelles les résultats du investigation survenues
participation aux activités de - Rapports d’ investigation sur
dans un délai de 7 jours laboratoire sont disponibles au cours d’une période
surveillance les épidémies
dans un délai prescrit donnée
Le nombre d’épidémies -Registre des suspicions
La proportion d’épidémies confirmées Le nombre
confirmées pour lesquelles d’épidémies et d’alertes ; -
pour lesquelles une intervention de Mesurer la capacité des d’épidémies
une riposte est Rapports d’investigation sur 80% Trimestriel
santé publique est recommandée au districts à riposter aux épidémies confirmées dans
recommandée au niveau les épidémies ;
niveau national le district
national -Rapports de supervision
La proportion de prélèvements dans le Mesurer la capacité à envoyer les Le nombre de suspicions Le nombre de
cas d’une suspicion d’épidémie prélèvements à temps d’épidémies pour lesquelles prélèvements
transportés dans un délai de 24 heures les prélèvements ont été suspicions d’épidémies Registre du laboratoire 80% Trimestriel
envoyés à temps (dans un
délai de 24 heures)
Présence d’un comité de gestion des
Mesurer l’état de préparation du -Rapports des réunions;
Préparation situations d’urgence de santé publique NA NA Annuel
district -plans de travail annuels
au niveau du district
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
Le nombre de formations
La proportion de FOSA dotés de plans de Mesurer l’état de sanitaires ayant des plans de
Le nombre total de
préparation aux situations d’urgence et préparation des formations préparation aux situations Plans de travail annuels Annuel
FOSA
d’organisation des secours sanitaires d’urgence et d’organisation
des secours
Disponibilité d’un plan de préparation et
Mesurer l’état de préparation du
de riposte aux situations d’urgence au NA NA Plans de travail annuels Annuel
district
niveau district
Existence de fonds pour la riposte aux
Mesurer l’état de
situations d’urgence (ou d’une ligne
préparation des formations NA NA Plans de travail annuels Annuel
budgétaire pour des fonds consacrés aux
sanitaires
situations d’urgence)
La proportion de FOSA ayant connu une
rupture des stocks de médicaments et de Mesurer l’état de Le nombre de FOSA ayant
Le nombre total de Registre de stock et fiche de
fournitures lors de la dernière épidémie préparation des formations connu des ruptures de Trimestriel
FOSA stock de la formation sanitaire
(définir le cadre temporel, par exemple 3, sanitaires stocks
6, 12 mois)
Mesurer l’état de Le nombre
La proportion des FOSA ayant des stocks Le nombre total de Registre de stock et fiche de
préparation des formations de formations sanitaires Trimestriel
d’urgence pour une période de 3 à 6 mois FOSA stock de la formation sanitaire
sanitaires ayant des stocks d’urgence
La proportion de FOSA disposant de Mesurer la capacité de Le nombre de FOSA
Le nombre total de Registre de stock et fiche de
réactifs pour les diagnostics de préparation des formations disposant de réactifs Trimestriel
FOSA stock de la formation sanitaire
laboratoire sanitaires pour les laboratoires
Le nombre de FOSA
La proportion de FOSA disposant de
Mesurer la capacité de disposant de moyens de Le nombre total de Registre de stock et fiche de
fournitures pour le prélèvement et le Trimestriel
préparation de FOSA prélèvement et de FOSA stock de la formation sanitaire
transport des échantillons
transport des échantillons
La proportion de laboratoires pour Le nombre de
lesquels il existe des rapports de laboratoires qui réalisent
Mesurer la capacité de Le nombre total de Rapports du contrôle de la
performance sur l’assurance qualité systématiquement un Trimestriel
préparation de la FOSA laboratoires qualité
evaluation de performance
sur l’assurance qualité
Présence d’un comité fonctionnel de
Mesurer la capacité de riposte au
Riposte gestion des situations d’urgence de santé NA NA Rapports des réunions Trimestriel
niveau du district
publique
La proportion de FOSA dotés d’un comité Mesurer la capacité de Le nombre de FOSA dotés
Le nombre total de Rapports des réunions des
fonctionnel de gestion des situations riposte au niveau des d’un comité fonctionnel Trimestriel
FOSA formations sanitaires
d’urgence de santé publique formations sanitaires
Disponibilité d’une équipe Mesurer la capacité de
Note de service désignants les
d’intervention rapide en situation riposte au niveau des NA NA Trimestriel
EIRs
d’urgence de santé publique formations sanitaires
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
Le nombre de décès dus à Le nombre de cas dus Resumé des rapports et Dépend
Le taux de létalité lié à chaque maladie à Mesurer la qualité de la prise en
chacune des maladies à aux mêmes maladies à rapport d’investigation sur de la Mensuel
potentiel épidémique signalée charge
potentiel épidémique potentiel épidémique l’épidémie maladie
-Données démographiques
Le nombre de nouveaux
Permet d’identifier la du district ;
cas d’une maladie à Le nombre de Dépend
Le taux d’attaque pour chaque épidémie population à risque et de -Rapport d’investigation sur
potentiel épidémique personnes à risque de la
d’une maladie prioritaire mesurer l’efficacité de l’épidémie sur la base des
apparus durant une durant l’épidémie maladie
l’intervention listes lineaires ou des
épidémie
formulaires sur les cas
Le nombre total de
La proportion d’épidémies ou Le nombre de suspicions de
suspicions de flambée Registre des suspicions
d’événements de santé publique Mesurer la détection rapide et la flambée de maladies à
de maladies à potentiel d’épidémie et des alertes de 80% Trimestriel
ayant donné lieu à une riposte au notification à temps des épidémies potentiel épidémique ayant
épidémique ou la formation sanitaire
cours des 12 derniers mois donné lieu à une riposte
d’événements
Le nombre de FOSA ayant -Resumé des rapports;
La proportion de FOSA ayant mis en Mesurer la pratique et la
déclaré avoir mis en place Le nombre total de -Rapports de supervision ;
place des dispositifs de prévention et de capacité des FOSA à appliquer
des dispositifs de FOSA que -Examen des pratiques en Annuel
lutte contre les infections, notamment des dispositifs de lutte contre
prévention et de lutte compte le district matière de prévention et de
un pavillon ou une unité d’isolement les infections
contre les infections lutte contre les infections
Disponibilité des
Présence d’un dispositif de
rapports/lettres/bulletins de NA NA Observation Trimestriel
rétroinformation
rétroinformation
Le nombre total de
Rétro information Le nombre de rapports rapports ou de bulletins
La proportion de bulletins ou de rapports ou de bulletins ou de ou toute forme de
Présence d’un dispositif de
de rétroinformation envoyés documents effectivement document de Observation Trimestriel
rétroinformation
au niveau inférieur envoyés au niveau rétroinformation censés
inférieur et reçus être envoyés aux
niveaux inférieurs
ANNEXE 8C Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau régional
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
La proportion des districts dotés de Identifier et renseigner
Le nombre de districts dotés
guides de la SIMR qui orientent correctement les Le nombre total de districts Fiche de décharge 100% Trimestriel
de guides
l’identification des cas cas/événements
Identification Le nombre de districts
La proportion des districts Mesurer la capacité du
communiquant les
communiquant les informations grâce système à détecter des -Resumé des rapports
informations au moyen de Le nombre total de districts 80% Mensuel
au dispositif de surveillance fondée événements -Rapports de supervision
méthodes de surveillance
sur des événements inhabituels
fondée des événements
Mesurer la capacité de la
Le nombre d’événements notés dans région à détecter des
Registre régional de
le registre de consignation des événements inhabituels NA NA Trimestriel
consignation des rumeurs
rumeurs signalés par des sources
officieuses
La proportion des districts dotés d’un Le nombre de districts dotés
mécanisme de validation Mesurer la validation d’un mécanisme de
Le nombre total de districts Rapports de revues
systématique des données systématique des données validation systématique des
données
La proportion de rapports de Mesurer la pratique en ce Le nombre total de
Le nombre de districts ayant -Tableau de bord de suivi
surveillance mensuels soumis à temps qui concerne la districts qui adressent des
soumis à temps les rapports 80% Trimestriel
par le district à la région au cours des communication à temps des rapports au niveau -Resumé des rapports
de SIMR à la région
3 derniers mois données de la surveillance régional
La proportion de maladies ciblées pour Le nombre de cas de maladie
Notification Mesurer la communication
l’élimination et l’éradication et de ciblée pour l’élimination et Le nombre total de
des données de la
toute autre maladie visée par la l’éradication et de toute maladies ciblées pour
surveillance contenant des Resumé des rapports ou
surveillance, déclarées à l’aide de autre maladie visée par la l’élimination, l’éradication 80% Trimestriel
informations détaillées à des listes lineaires de cas
formulaires des cas ou des listes surveillance déclarés à l’aide et toute autre maladie visée
utiliser pour des analyses
lineaires des formulaires des cas ou par la surveillance des cas
plus poussées
des listes lineaires
La proportion de districts disposant Le nombre de maladies
Mesurer la pratique et la
Analyse et d’un graphique linéaire à jour pour prioritaires pour lesquelles -Rapports de supervision ;
capacité d’analyse des Le nombre total de districts 80% Trimestriel
interprétation certaines maladies prioritaires existe un graphique linéaire à -Cahier d’analyse du district
données de la surveillance
jour dans les districts
La proportion de districts disposant Le nombre de maladies
d’une carte de distribution actuelle des Mesurer la pratique et la prioritaires pour lesquelles
-Rapports de supervision ;
cas de certaines maladies prioritaires capacité d’analyse des une carte de distribution Le nombre total de districts 80% Trimestriel
-Cahier d’analyse du district
données de la surveillance actuelle existe dans les
districts
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
La proportion de districts qui Mesurer si les districts Le nombre de laboratoire dans Le nombre total de -Rapports de supervision ;
rapportent les données de laboratoire collectent et communiquent les district ayant communiqué laboratoires dans le districts -Cahier d’analyse du district
concernant des maladies visées par la les données de laboratoire des données mensuelles au
surveillance au niveau supérieur niveau supérieur
La proportion de suspicions de Le nombre de suspicions de
flambée de maladies à potentiel flambée de maladies à
Le nombre total de -Registre des suspicions
Investigation et épidémique déclarées au niveau Mesurer la détection potentiel épidémique
suspicions de flambée d’épidémie et des alertes
confirmation des national dans les 24 heures suivant le rapide et la notification des déclarées au niveau national 80% Trimestriel
de maladies à potentiel
cas suspects franchissement du seuil épidémique épidémies à temps dans les 24 heures suivant le -Resume des rapports
épidémique
franchissement du seuil
épidémique
Le nombre de rapports d’
Mesurer la disponibilité de
investigation sur les épidémies
La proportion de rapports variables supplémentaires
qui comportent une courbe Le nombre total de rapports -Rapports d’ investigation
d’investigation sur des épidémies qui pour des analyses plus
épidémique, la cartographie, d’ investigation sur les 80% Trimestriel
comportent des données analysées des poussées, notamment des -Resumé des rapports
les tableaux individuels et les épidémies
cas possibles facteurs de risque
formulaires ou fiches
associés
descriptives des cas
-Rapports d’investigation
Mesurer la capacité des sur des épidémies
La proportion d’épidémies ayant fait Le nombre d’épidémies ayant
laboratoires à confirmer les Le nombre total d’épidémies -Rapports de laboratoire
l’objet d’investigation pour lesquelles fait l’objet d’investigation pour
diagnostics et leur ayant fait l’objet 80% Trimestriel
l’on dispose des résultats de lesquelles l’on dispose des -Resumé des rapports
participation aux activités de d’investigation
laboratoire résultats de laboratoire -Registre des épidémies et
surveillance
des rumeurs
Le nombre d’épidémies -Registre des suspicions
La proportion d’épidémies d’épidémies et des alertes
Mesurer la capacité de confirmées pour lesquelles
confirmées pour lesquelles une Le nombre total d’épidémies
la région à riposter aux une intervention de santé -Rapports d’investigation 80%
intervention de santé publique est confirmées
épidémies publique est recommandée au sur des épidémies
recommandée au niveau national
niveau national -Rapports de supervision
La proportion de laboratoires
Le nombre de laboratoires -Document de politique
effectuant des tests et
Mesurer la capacité de communiquant les résultats de Le nombre total de nationale des laboratoires
communiquant des rapports de façon Trimestriel
préparation la résistance aux laboratoires
systématique sur la résistance aux -Registre de laboratoire
antimicrobiens
antimicrobiens
Présence d’un comité de coordination
et de gestion des situations d’urgence
Mesurer la préparation -Rapports des réunions ;
Préparation de santé publique fonctionnel (centre NA NA Semestriel
régionale -Plans de travail annuels
d’opérations d’urgence) au niveau
régional
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
La proportion de districts dotés d’un Mesurer la préparation Le nombre de districts dotés Le nombre total de districts Rapports de supervision Trimestriel
comité fonctionnel de gestion des régionale d’un comité fonctionnel de
situations d’urgence de santé publique gestion des situations
d’urgence de santé publique
La proportion de districts ayant Le nombre de districts
élaboré des plans de préparation aux ayant un plan de
Mesurer l’état de
situations d’urgence et de riposte préparation aux situations Le nombre total de districts Rapports de supervision Annuelle
préparation des districts
d’urgence et d’organisation
des secours
La proportion de districts disposant Mesurer la pratique et la Le nombre de districts ayant Rapports sur l’évaluation et
d’une cartographie des risques capacité du district à indiqué avoir cartographié les la cartographie des risques
Le nombre total de districts 80% Annuel
pour la santé publique et des cartographier les ressources risques pour la santé et rapports sur la
ressources disponibles et les risques publique et les ressources cartographie des ressources
La proportion de districts
Le nombre de districts
disposant de fonds pour la Mesurer l’état de
disposant de budgets/d’une Le nombre total de districts Plans de travail annuels Annuel
préparation aux situations préparation du district
ligne budgétaire
d’urgence et la riposte
La proportion de districts disposant de
stocks d’urgence, notamment de
Mesurer l’état de Le nombre de districts ayant Registre de stock ou fiche de
matériel de laboratoire pour une Le nombre total de districts 80% Trimestriel
préparation du district des stocks d’urgence stock du district/de la région
période de
3 à 6 mois
La proportion de laboratoires de
Le nombre de laboratoires de
district pour lesquels il existe des Rapports évaluation de
Mesurer la capacité de district qui ont réalisent
rapports de performance sur Le nombre total de districts performance sur l’assurance Trimestriel
préparation un évaluation de performance
l’assurance qualité qualité
sur l’assurance qualité

-Rapports de supervision ;
-Procès-verbaux des
La proportion de districts dotés d’un Mesurer la capacité de
Le nombre de districts dotés Le nombre de réunions du comité de
Riposte comité fonctionnel de gestion des riposte au niveau Trimestriel
d’un comité fonctionnel districts/régions gestion des situations
situations d’urgence de santé publique district/régional
d’urgence de santé
publique
La proportion de districts comptant Mesurer la capacité de Le nombre de districts -Rapports de supervision ;
des équipes d’intervention rapide préparation des régions et dotés d’équipes -Procès-verbaux des
Le nombre total de districts Trimestriel
(EIRs) dans les situations d’urgence des districts aux situations d’intervention rapide réunions de l’équipe
de santé publique efficaces d’urgence performantes d’intervention rapide
Fonction de base À quel moment le
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur La source de l’information Cible
de la SIMR faire
-Données démographiques
Le nombre de nouveaux
Permet d’identifier la du district ;
cas d’une maladie à Dépend
Le taux d’attaque pour chaque population à risque et Le nombre de personnes à -Rapport d’investigation sur
potentiel épidémique de la
épidémie d’une maladie prioritaire de mesurer l’efficacité risque durant l’épidémie l’épidémie sur la base des
apparus durant une maladie
de l’intervention listes lineaires ou des
épidémie
formulaires sur les cas
Le nombre de décès dus à Le nombre total de cas dus à
Mesurer la qualité de la -Resumé des rapports et Dépend
Le taux de létalité de chaque maladie à chacune des maladies à la même maladie à potentiel
prise en charge et la -Rapport d’investigation sur de la
potentiel épidémique signalée potentiel épidémique épidémique durant une
réponse à l’épidémie l’épidémie maladie
durant une épidémie épidémie
Le nombre total de
Le nombre de suspicions de
suspicions de flambée de
La proportion d’épidémies ou flambée de maladies à
Mesurer la détection maladies à potentiel Registre des suspicions
d’événements de santé publique potentiel épidémique ayant
rapide et la notification des épidémique ou d’épidémie et des alertes 80%
ayant donné lieu à une riposte au donné lieu à une intervention
épidémies à temps d’événements ayant donné des formations sanitaires
cours des 12 derniers mois au cours des 12 derniers
lieu à une intervention au
mois
cours des 12 derniers mois
La proportion FOSA ayant mis en place Mesurer la pratique et la Le nombre de FOSA ayant
des dispositifs de prévention et de capacité des FOSA à déclaré avoir mis en place des Rapports sommaires
Le nombre total de FOSA
lutte contre les infections appliquer des mesures dispositifs de prévention et systématiques et 80% Annuel
dans la région
de lutte contre les de lutte contre les infections rapports de supervision n
infections
La présence d’un
La proportion de districts ayant des
mécanisme de Le nombre de districts ayant
Rétro information bulletins/lettres/notes synthétiques Le nombre total de districts Rapports de supervision
rétroinformation dans la un bulletin épidémiologique
épidémiologiques
région et les districts
ANNEXE 8D Indicateurs du suivi des fonctions de base de la SIMR au niveau national
Fonction de base La source de À quel moment
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur Cible
de la SIMR l’information le faire
Le pourcentage des districts dotés de Identifier et renseigner Le nombre total de
Le nombre de districts dotés
guides de la SIMR permettant correctement les l’ensemble des districts Liste des districts 100% Annuel
de guides
d’identifier les cas cas/événements
Le nombre de districts
Identification La proportion de districts communiquant les
Mesurer la capacité du Résumé des rapports
communiquant les informations informations au moyen de Le nombre total de
système à détecter des et rapports de 80% Semestriel
grâce au dispositif de surveillance méthodes de surveillance l’ensemble des districts
événements inhabituels supervision
fondées sur les événements fondées sur les
événements
Mesurer la capacité du
Le nombre d’événements notés dans niveau national à détecter Registre national des
NA NA Semestriel
le registre de consignation des alertes des événements inhabituels alertes
par des sources officieuses
La proportion de districts dotés Le nombre de districts Le nombre total de
Mesurer la capacité de
d’un mécanisme de validation dotés d’un mécanisme de l’ensemble des districts
validation systématique des Rapports nationaux Semestriel
systématique des données validation systématique
donnée
des données
Mesurer la pratique en ce qui
Le nombre de formations
Le nombre de formations sanitaires concerne la communication à Formulaires de
sanitaires qui soumettent Le nombre de
Notification qui soumettent à temps les rapports temps des données de la notification et rapport 80% Mensuel
les rapports à temps au districts
de SIMR au district surveillance au district par les synthétique
district
formations sanitaires
Mesurer la pratique en Le nombre total de
La proportion de rapports de
ce qui concerne la Le nombre de régions ayant régions qui adressent des
surveillance mensuels soumis à Tableau de suivi ; Résumé
communication à temps soumis à temps les rapports rapports au niveau 80% Semestriel
temps par la région au niveau des rapports
des données de la de SIMR au niveau national national
national au cours des 3 derniers mois
surveillance
Le nombre de cas de maladie Le nombre de maladies
La proportion de cas de maladie Mesurer la communication
ciblée pour l’élimination et ciblées pour l’élimination,
ciblée pour l’élimination et des données de la
l’éradication et de toute l’éradication et toute autre Résumé des rapports
l’éradication et de toute autre surveillance contenant des
autre maladie visée par la maladie visée par la systématiques et les 80% Trimestriel
maladie visée par la surveillance, informations détaillées à
surveillance, déclarés à l’aide surveillance des cas listes linéaires des cas
déclarés à l’aide des formulaires utiliser pour des analyses
des formulaires des cas ou
des cas ou des listes linéaires plus poussées
des listes linéaire
Le nombre de maladies
La proportion de districts Mesurer la pratique et la Rapports de
prioritaires pour
Analyse et disposant d’un graphique capacité d’analyse des Le nombre de supervision ;
lesquelles un graphique 80% Semestriel
interprétation linéaire à jour pour certaines données de la districts Cahier d’analyse du
linéaire existant à jour
maladies prioritaires surveillance district
dans les districts
Fonction de base La source de À quel moment
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur Cible
de la SIMR l’information le faire
La proportion de Le nombre de laboratoires
laboratoires régionaux Mesurer la qualité de régionaux qui
communiquant les l’analyse des données des communiquent leurs Le nombre total de Laboratoire national de
Mensuel
données d’analyse de laboratoires des districts au analyses tous les mois au laboratoires régionaux santé publique
laboratoire au niveau niveau régional laboratoire national de
national santé publique
La proportion de districts qui Mesurer si les districts Le nombre de laboratoire Le nombre total de Registre national des Mensuel
rapportent les données de collectent et communiquent Des districts ayant aboratoires dans les rapports reçus
laboratoire concernant des maladies les données de laboratoire au communiqué des données districts
visées par la surveillance niveau supérieur mensuelles au niveau
supérieur
Le nombre de suspicions
Investigation et La proportion de suspicions de de flambée de maladies à
confirmation des Le nombre total de Registre des suspicions
flambée de maladies à potentiel Mesurer la détection rapide et potentiel épidémique
suspicions suspicions de flambée d’épidémies et des
épidémique déclarées au niveau la notification à temps des déclarées au niveau 80% Mensuel
d’épidémies de maladies à alertes ;
national dans les 2 jours suivant le épidémies national dans les 2 jours
potentiel épidémique Résumé des rapports
franchissement du seuil d’alerte suivant le franchissement
du seuil d’alerte
Le nombre de rapports
d’investigation sur les
Mesurer la disponibilité de épidémies qui
La proportion de rapports variables supplémentaires comportent une courbe
Le nombre de rapports
d’investigation sur des épidémies pour des analyses plus épidémique, la Rapports d’investigation;
d’investigation sur les 80% Mensuel
qui comportent des données poussées, notamment des cartographie, les Résumé des rapports
tableaux épidémies
analysées des cas possibles facteurs de risque
associés individuels et les
formulaires ou des listes
linéaires cas
Rapports d’investigation
Mesurer la capacité des Le nombre d’épidémies
La proportion d’épidémies ayant Le nombre sur les épidémies ; rapports
laboratoires à confirmer les ayant fait l’objet
fait l’objet d’investigation pour d’épidémies ayant de laboratoire ;
diagnostics et leur d’investigation pour 80% Mensuel
lesquelles l’on dispose des fait l’objet Résumé des rapports
participation aux activités de lesquelles l’on dispose des
résultats de laboratoire d’investigation Registre des épidémies et
surveillance résultats de laboratoire
des rumeurs
Le nombre d’épidémies Registre des suspicions
La proportion d’épidémies
Mesurer la capacité de la confirmées pour lesquelles d’épidémies et d’alertes ;
confirmées pour lesquelles une Le nombre d’épidémies
région à riposter aux une intervention de santé Rapports d’investigation sur 80%
intervention de santé publique est confirmées les épidémies ;
épidémies publique est recommandée
recommandée au niveau national Rapports de supervision
au niveau national
Vérifier la capacité de Le nombre Le nombre total Formulaires des districts
Le nombre d’épidémies
l’ensemble du système de d’épidémies d’épidémies signalée Résumé des rapports Zéro Semestriel
détectées au niveau national,
santé à détecter les détectées par le par district Rapports de supervision ;
Fonction de base La source de À quel moment
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur Cible
de la SIMR l’information le faire
mais passées inaperçues au épidémies, et montrer que le niveau régional ou Cahier d’analyse des districts
niveau district niveau national vérifie si les national à partir de ;
districts observent les l’analyse des Rapports de surveillance
tendances données des types
districts
Présence d’une coordination
fonctionnelle du comité de
gestion des situations Mesurer la préparation au Rapports des réunions ;
Se préparer NA NA Annuel
d’urgence de santé publique niveau national plans de travail annuels
(centre d’opérations
d’urgence) au niveau national
La proportion de régions disposant Le nombre de régions
d’un disposant d’un mécanisme
Le nombre total de
mécanisme/comité de coordination Mesurer la préparation au ou comité fonctionnel de
fonctionnel pour les l’ensemble des Rapports de supervision Trimestriel
niveau régional coordination lors des
épidémies/situations d’urgence de régions
situations d’urgence de
santé publique santé publique
La proportion de régions disposant Le nombre de régions ayant
Le nombre total de
d’un plans de préparation aux Mesurer l’état de préparation un plan de préparation aux
l’ensemble des Rapports de supervision Annuel
situations d’urgence et des régions situations d’urgence et
régions
d’organisation des secours d’organisation des secours
Le nombre total de
La proportion de régions Le nombre de régions
Mesurer la pratique et la régions ciblées en ce Rapports sur
disposant d’une ayant indiqué avoir
capacité des régions à qui concerne les l’évaluation et la
cartographie des risques cartographié les risques 80% Annuel
cartographier les ressources risques pour la santé cartographie des
pour la santé publique et des pour la santé publique et
disponibles et les risques publique et les risques
ressources les ressources
ressources
La proportion de régions disposant Le nombre de régions Le nombre de
Mesurer l’état de préparation
de fonds pour la préparation aux disposant de budgets/d’une l’ensemble des Plans de travail annuels Annuel
des régions
situations d’urgence et la riposte ligne budgétaire régions
La proportion de régions
disposant de stocks d’urgence, Le nombre de régions Le nombre de
Mesurer l’état de préparation Registre de stock du
notamment de matériel de ayant des stocks l’ensemble des 80% Trimestriel
des régions district/de la région
laboratoire pour une période de 3 d’urgence régions
à 6 mois
La proportion des laboratoires Le nombre de Le nombre de
régionaux aux quelle il existe le Mesurer la capacité de laboratoires régionaux qui laboratoires Rapports sur l’assurance
Trimestriel
rapport de performance sur préparation ont réalisent un examen régionaux qualité
l’assurance qualité sur l’assurance qualité
Fonction de base La source de À quel moment
Indicateur Objet Numérateur Dénominateur Cible
de la SIMR l’information le faire
La proportion de régions ayant
mis sur pied un comité Le nombre de régions
Mesurer la capacité de riposte Le nombre de Note de service de création
Riposter fonctionnel de gestion des ayant créé un comité Annuel
au niveau régional régions du comité
situations d’urgence de santé fonctionnel
publique
La proportion de régions disposant Mesurer la capacité de Le nombre de régions ayant
Le nombre total des Note de service de création
d’une équipe d’intervention rapide préparation au niveau une équipe d’intervention Annuel
régions du comité
fonctionnel régional rapide
Données démographiques du
Le nombre de nouveaux
Permet d’identifier la district ;
cas d’une maladie à Le nombre de Dépend
Le taux d’attaque pour chaque population à risque et de Rapport d’investigation sur
potentiel épidémique personnes à risque de la
épidémie d’une maladie prioritaire mesurer l’efficacité de l’épidémie sur la base des
apparus durant une durant l’épidémie maladie
l’intervention listes linéaires ou des
épidémie
formulaires sur les cas
Le nombre de décès Le nombre de cas dus Rapports
Dépend
Le taux de létalité de chaque maladie Mesurer la qualité de la prise dus à chacune des aux mêmes maladies à systématiques et
de la Mensuel
à potentiel épidémique signalée en charge maladies à potentiel potentiel épidémique d’investigation sur
maladie
épidémique l’épidémie
La proportion d’épidémies ou Le nombre de suspicions Le nombre total de
d’événements de santé publique Mesurer la détection rapide et de flambée de maladies suspicions de flambée Registre des suspicions
ayant donné lieu à une riposte au la notification à temps des à potentiel épidémique de maladies à d’épidémie et des alertes de 80% Annuel
cours des épidémies ayant donné lieu à une potentiel épidémique la formation sanitaire
12 derniers mois riposte ou d’événements
Le nombre des formations
Mesurer la pratique et la
La proportion des formations sanitaires ayant déclaré
capacité des formations Le nombre total des
sanitaires ayant mis en place des avoir mis en place des Résumé des rapports
sanitaires à appliquer des formations sanitaires 80% Annuel
dispositifs de prévention et de lutte dispositifs de prévention et Rapports de supervision
mesures de lutte contre les dans le pays
contre les infections de lutte contre les
infections
infections enregistrés
La proportion de régions ayant des Le nombre de régions
Présence d’un dispositif de Le nombre total des
Rétro informer bulletins/lettres/notes sommaires ayant un bulletin Rapports de supervision Annuel
rétro information régions
épidémiologiques épidémiologique
ANNEXE 8E Tableau de suivi des résultats des indicateurs de la SIMR au niveau de la
formation sanitaire
Instructions :Veuillez utiliser ce tableau pour suivre les résultats de la Formation Sanitaire en
ce qui concerne ces indicateurs qui sont liés à la mise en œuvre de la SIMR par l’établissement.
Chaque mois, synthétiser et compiler les données sommaires de la formation sanitaire sur les
maladies prioritaires. Communiquer les données sommaires au niveau district en temps voulu.
Noter les résultats des indicateurs dans ce tableau. Soumettre ce tableau au responsable de la
supervision au niveau district durant une visite à FOSA, ou le présenter lors de la réunion
trimestrielle du district.
Indicateur Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
Disponibilité des définitions standards de cas et des fiches ou
registres de SIMR
Existence d’un mécanisme pour détecter des événements de
santé publique ou inhabituels renseignés par des sources
inhabituelles
Le pourcentage des rapports de surveillance exhaustifs transmis
en temps voulu au district
Le pourcentage des cas des maladies ciblées par la surveillance
qui ont été notifiées au district au moyen des formulaires ou des
fiches descriptives des cas
Le pourcentages des maladies prioritaires pour lesquelles un
graphique linéaire actuel existe
Le pourcentage des maladies prioritaires pour lesquelles il existe
une analyse à jour des données de laboratoire
Disponibilité d’un plan de préparation et de riposte aux
situations d’urgence
Disponibilité du matériel pour le prélèvement et le transport des
échantillons
Disponibilité des stocks d’urgence
Le pourcentage de suspicions de flambées de maladies à
potentiel épidémique déclarées au niveau district dans les 24
heures suivant le franchissement du seuil épidémique
Le pourcentage des prélèvements des cas d’une suspicion
d’épidémie transportés à temps pour les examens de laboratoire
Disponibilité d’un comité de préparation aux épidémies
fonctionnel
Le taux de létalité de chaque maladie à potentiel épidémique
signalée
Le pourcentage des suspicions de flambée de maladies à
potentiel épidémique déclarées au niveau district dans les 24
heures suivant le franchissement du seuil épidémique
Disponibilité d’une zone d’isolement
Le taux d’attaque de chaque maladie à potentiel épidémique
déclarée
Disponibilité des rapports de rétro information à la communauté
Le nombre de bulletins ou de rapports de rétro information reçus
du prochain niveau supérieur
Répondre par OUI ou par NON pour chacun des éléments de la check-list
Les rapports de surveillance étaient-ils soumis à temps ?
Les graphiques des tendances sont-ils à jour ?
Si OUI, avez-vous noté une évolution dans les tendances ?
Si OUI, le seuil a-t-il été franchi ?
Si OUI, avez-vous pris des dispositions pour alerter le district ?
ANNEXE 8F Tableau de suivi des indicateurs de performance de la SIMR aux niveaux
district et régional
District : ____________________ Région : ____________________ Année : ____________________
Indicateurs Jan Fév Mar Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
Le pourcentage de FOSA disposant de définitions de cas standard
Le pourcentage des districts ou régions communiquant les
informations grâce au dispositif de surveillance des événements
Le nombre de formations sanitaires dans le district dotés de
registres standardisés et de fiches de SIMR
Le nombre d’événements notés dans le registre des rumeurs du
district
Le pourcentage des formations sanitaires qui soumettent à temps
les rapports de SIMR au district
Le pourcentage des cas de maladie ciblée pour l’élimination et
l’éradication et de toute autre maladie visée par la surveillance,
déclarés à l’aide des formulaires des cas ou de listes linéaires
Le pourcentage d’hôpitaux soumettant leurs rapports de SIMR à
temps
Le pourcentage des maladies prioritaires pour lesquelles existe un
graphique linéaire à jour
Le pourcentage des formations sanitaires disposant d’une analyse
actuelle des tendances
Le pourcentage des formations sanitaires ayant des données
d’analyse de laboratoire actuelles issues de l’analyse des maladies
prioritaires
Le pourcentage des suspicions de flambée de maladies à potentiel
épidémique déclarées au niveau régional ou provincial dans les 24
heures suivant le franchissement du seuil épidémique
Le pourcentage de rapports d’enquêtes sur des épidémies qui
comportent des données analysées des cas
Le pourcentage des épidémies ayant fait l’objet d’enquêtes pour
lesquelles l’on dispose des résultats de laboratoire
Le pourcentage d’épidémies confirmées pour lesquelles une
intervention de santé publique est recommandée au niveau national
Le pourcentage des prélèvements des cas d’une suspicion
d’épidémie transportés à temps (dans les 24H) vers les laboratoires
Existence d’un comité de gestion des situations d’urgence de santé
publique fonctionnel
Pourcentage des formations sanitaires dotées de plans de
préparation aux situations d’urgence et d’organisation des secours
Disponibilité d’un plan de préparation et de riposte aux situations
d’urgence au niveau district
Le pourcentage des formations sanitaires disposant d’un comité de
préparation aux épidémies performant
Disponibilité d’une équipe d’intervention rapide en situation
d’urgence de santé publique
Taux de létalité de chaque maladie à potentiel épidémique signalée
Taux d’attaque pour chaque épidémie d’une maladie prioritaire
Le pourcentage d’épidémies ou d’événements de santé publique
ayant donné lieu à une riposte à temps au cours des 12 derniers
mois
Le pourcentage d’hôpitaux dotés de zone d’isolement
Disponibilité des rapports/lettres/bulletins de rétro information
Le pourcentage de bulletins ou de rapports de rétro-information
envoyés au niveau inférieur
Note : Veuillez calculer le pourcentage réel pour chaque cellule
ANNEXE 8G Formulaire type d’enregistrement de la promptitude et la
complétude des rapports hebdomadaires des formations sanitaires vers le niveau
district
Pays : ____________________ Région : ____________________ District : ____________________
FOSA : _______________________________________ Année : ____________________

Légende
T = parvenu à temps
R = parvenu en retard
N = rapport non parvenu

Nom de la formation sanitaire S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 Sn

FOSA 1

FOSA 2

FOSA 3

FOSA 4

FOSA 5

FOSA 6

Nombre total de rapports attendus (N)

Nombre total des rapports reçus à temps (T)

Nombre total des rapports reçus en retard (R)

Nombre total de rapports non reçus (NP)

Promptitude des rapports = 100 * T / N

Complétude des rapports = 100 * (N-NP) / N

* La complétude et la promptitude sont exprimées en pourcentage (%). Lorsque le système de


surveillance est efficace, les taux de promptitude et de complétude devraient se rapprocher de 100
%. Ce tableau permet de suivre les progrès de ces deux indicateurs dans le district afin que des
mesures puissent être prises pour améliorer la promptitude de chacune des formations sanitaires dans
le district
ANNEXE 8H Liste de contrôle pour le suivi des activités de SIMR dans la formation sanitaire
Formation sanitaire :_________________________________Date de la supervision :__________________________________
COMMENTAIRE
ACTIVITÉ QUESTION DE SUPERVISION RÉPONSE (La cause du problème)
Collecte des données 1. À quelle fréquence collectez-vous les informations auprès de la
pour l’identification communauté au sujet de notification de cas ou de décès suspects dus à
des cas suspects dans une maladie ou une affection prioritaire ?
les formations
sanitaires
1. Les diagnostics des cas de maladies prioritaires sont-ils consignés dans le Oui [ ] Non[ ]
Enregistrement des cas
registre de la FOSA suivant la définition de cas standard ?
1. Le personnel de santé utilise-t-il une définition de cas standard pour Oui [ ] Non [ ]
notifier les suspicions de cas ou d’épidémies ?
Notification 2. Enregistrez-vous les informations sur les maladies à notification immédiate Oui [ ] Non [ ]
sur un formulaire ou une liste linéaire?

1. Tracez-vous le nombre de cas et de décès pour chaque maladie Oui [ ] Non [ ]


prioritaire sur un graphique ? (Demander à voir le cahier d’analyse de
Analyse et interprétation la formation sanitaire. Vérifier que les lignes des tendances sont Oui [ ] Non [ ]
actualisées.)
2. Tracez-vous la distribution des cas sur une carte ?
1. Lorsqu’une maladie à potentiel épidémique est suspectée, cela est-il Oui [ ] Non [ ]
immédiatement notifié au bureau du district ?
Nombre de résultats obtenus :
2. Pour les cas des maladies prioritaires nécessitant des tests de
Enquête et confirmation des laboratoire vus depuis la dernière visite de supervision, combien
disposent-ils de résultats de laboratoire ? Nombre de cas attendus vus
cas et des épidémies
:
signalés 3. Les fournitures appropriées sont-elles disponibles ou mises en réserve
pour le prélèvement d’échantillons durant une situation d’urgence ? Oui Non
Puis-je voir ces fournitures ?
COMMENTAIRE
ACTIVITÉ QUESTION DE SUPERVISION RÉPONSE
(La cause du problème)
1. Les fournitures appropriées sont-elles disponibles pour riposter à
un cas ou une épidémie confirmée (par exemple, le matériel de
vaccination et les vaccins, les SRO, les antibiotiques, etc.) ?
2. Veuillez me montrer les fournitures qui serviraient à exécuter une
intervention recommandée.
Riposte
3. Qui est le coordonnateur des situations d’épidémie dans la formation Désignation :
sanitaire?
À quelle fréquence communiquez-vous des informations et dispensez- Formation suivie :
4.
vous des formations en riposte aux épidémies et aux urgences de santé
publique ?
1. À quelle fréquence communiquez-vous des informations à la L’indiquer
communauté ? Oui [ ] Non [ ]
Rétro information
2. Avez-vous reçu le dernier bulletin de santé publique du
niveau supérieur
Évaluation et 1. Les 3 derniers rapports mensuels ont-ils été envoyés au district ? Oui [ ]Non [ ]
amélioration du Oui [ ] Non [ ]
système 2. Les 3 derniers rapports mensuels systématiques ont-ils été envoyés à
temps

1. Quelles précautions prend systématiquement le personnel Niveau minimum de précautions


de santé (y compris le personnel de laboratoire) avec tous les standard :
Préparation à l’épidémie malades quel que soit leur statut infectieux ? Comment les fournitures sont
2. Comment estimez-vous la quantité de fournitures à mettre en réserve estimées :
pour les situations d’urgence ?
ANNEXE 8I Modèle de bulletin de santé publique hebdomadaire et mensuel

310
Modèle de bulletin de santé publique mensuel

311
312
Annexe 8J : Indicateurs du suivi de la mise en œuvre des fonctions de base de la
surveillance intégrée de la maladie et de la riposte

1. Le pourcentage des FOSA qui soumettent à temps les rapports de surveillance hebdomadaires
(ou mensuels) de SIMR au district.
2. Le pourcentage des districts qui soumettent à temps les rapports de surveillance hebdomadaires
(ou mensuels) au niveau supérieur immédiat.
3. Le pourcentage de cas de maladie ciblée pour l’élimination et l’éradication et de toute autre
maladie visée par la surveillance, déclarés au district à l’aide des formulaires des cas ou de fiches
descriptives.
4. Le pourcentage des suspicions de flambée de maladies à potentiel épidémique déclarées au
niveau immédiatement supérieur dans les 24 heures suivant le franchissement du seuil
épidémique.
5. Le pourcentage des établissements de soins disposant d’une analyse actuelle des tendances
(graphique linéaire ou histogramme) pour certaines maladies prioritaires.
6. Le pourcentage des districts disposant d’une analyse actuelle des tendances (graphique linéaire
ou histogramme) pour certaines maladies prioritaires.
7. Le pourcentage des rapports d’enquêtes sur des épidémies qui comportent des données
analysées des cas.
8. Le pourcentage d’épidémies ayant fait l’objet d’enquêtes pour lesquelles les résultats de
laboratoire sont disponibles dans un délai de sept jours.
9. Le pourcentage d’épidémies confirmées pour lesquelles une intervention de santé publique est
recommandée au niveau national dans les 24 heures à 48 heures suivant la notification (cible >80
%).
10. Le taux de létalité de chaque maladie à potentiel épidémique signalée.
11. Le taux d’attaque pour chaque épidémie d’une maladie prioritaire.
12. Le nombre d’épidémies détectées au niveau national, mais passées inaperçues au niveau district
l’année précédente.
13. Le pourcentage des laboratoires choisis qui produisent des rapports mensuels sur les données de
laboratoire des maladies prioritaires visées par la surveillance.
14. Le pourcentage des laboratoires de district qui ont reçu au moins une visite de supervision suivie
d’un retour d’information écrit du niveau régional ou national durant l’année écoulée.
Normes d’intervention dans un délai de 24 heures à 48 heures
1. Faire une première évaluation ou analyse rapide de la situation.
2. Informer l’OMS de l’épidémie ou l’événement de santé publique.
3. Activer les structures nationales de riposte aux situations d’urgence et assigner les fonctions
essentielles.
4. Lancer les activités de riposte en appliquant une approche par pilier.
5. Convoquer la première réunion de coordination intersectorielle d’urgence.
6. Élaborer une première stratégie de riposte, des objectifs et un plan d’action.
7. Publier un premier rapport de situation interne (sitrep).

313
8.9. Références
1. Le comité d’examen du RSI sur les deuxièmes prolongations concernant la mise en place
de capacités nationales de santé publique et sur l’exécution du RSI (WHA 68/22 Add.1).
2. Principes directeurs de la surveillance communautaire, mars 2017 (Fédération
internationale des Sociétés de la Croix rouge et du Croissant rouge)
3. Résultats des principaux indicateurs de performance de WHE-SIMR. Juin 2017.
4. « Détection précoce, évaluation et réponse lors d’une urgence de santé publique : Mise en
œuvre de l’alerte précoce et réponse notamment la surveillance fondée sur les événements
». WHO/HSE/GCR/LYO/2014.4.
5. Public Health Surveillance: A Tool for Targeting and Monitoring Interventions, Peter
Nsubuga, Mark E. White, Stephen B. Thacker, Mark A. Anderson, Stephen B. Blount,
Claire V. Broome, Tom M. Chiller, Victoria Espitia, Rubina Imtiaz, Dan Sosin, Donna F.
Stroup, Robert V. Tauxe, Maya Vijayaraghavan, and Murray Trostle. Disease Control
Priorities in Developing Countries. 2nd edition.
6. Communicable disease surveillance and response systems. A guide to planning.
WHO/CDS/EPR/LYO/2006.1.

314
SECTION 9 SURVEILLANCE ÉLECTRONIQUE
INTÉGRÉE DE LA MALADIE ET LA RIPOSTE (SIMR
ÉLECTRONIQUE)

Cette section décrit comment :

 Intégrer la SIMR électronique dans le SNIS

 Elaborer et mettre en place une SIMR électronique

 S’approprier les rôles et responsabilités en SIMR


électronique à tous les niveaux de la pyramide
sanitaire

315
La SIMR électronique est l’application d’outils électroniques aux principes de la SIMR pour
faciliter la prévention, la prédiction, la détection, la notification et la riposte aux maladies,
affections prioritaires et évènements de Santé Publique. Elle s’appuie sur :

a) Des systèmes d’information standardisés interopérables et interconnectés administrés dans


le contexte national ;
b) La collecte, l’analyse et la notification rapides ainsi que l’utilisation des données sur les
maladies, affections prioritaires ou évènements de Santé Publique en temps réel pour des
interventions appropriées.

Le recours aux outils papiers pour mettre en œuvre la SIMR s’est avéré une stratégie
déterminante dans le renforcement de la surveillance dans la Région Africaine depuis l’adoption
de la SIMR en 1998. Avec l’adoption du RSI (2005) qui exige des pays qu’ils renforcent leur
capacité de surveillance des maladies et la riposte, le recours aux outils électroniques pour
intensifier la surveillance en temps réel peut améliorer la promptitude dans la détection des
épidémies et autres évènements de Santé Publique.

Au cours des dernières années, les innovations technologiques et analytiques sont apparues
comme des outils qui peuvent être utilisés pour faciliter la transmission rapide des informations
sur la surveillance en Santé Publique, ce qui permettrait donc de détecter précocement les
épidémies ou d’autres évènements de Santé Publique et d’y répondre. L’application d’outils
électroniques dans le secteur de la santé peut permettre de produire des données validées en
temps réel pour la surveillance, les investigations et la riposte rapide aux épidémies et autres
évènements de Santé Publique. La SIMR électronique ouvre de nouvelles perspectives en vue
de renforcer les capacités du RSI (2005) dans le pays.

9.1. La SIMR électronique dans le cadre du Système national


d’informations sanitaires (SNIS)

Le SNIS facilite la collecte systématique des données permettant une planification, une gestion
et une prise des décisions dans la prestation des services de santé. Ces systèmes recueillent les
données de routine sur les maladies, les affections prioritaires et les évènements de Santé
Publique, ainsi que d’autres données administratives et sur la prestation des services. La
première source de ces données est le registre des consultations externes ou des hospitalisations
de la formation sanitaire. Dans la Région Africaine, la plateforme la plus utilisée est le logiciel

316
District Health Information System version 2 (DHIS2) qui couvre plus de 30 pays. Il est utilisé
dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

La SIMR électronique est une composante du SNIS et tire ses données des registres des
consultations externes, des registres de laboratoire, des registres d’hospitalisations et des
dossiers médicaux. La plateforme de la SIMR électronique dispose d’un mécanisme actif de
collecte en temps réel des données sur les maladies, affections prioritaires et évènements de
Santé Publique. Les données sont communiquées immédiatement, toutes les semaines ou tous
les mois.

Par la lettre circulaire N°D36-59/L/MINSANTE/SG/CIS du 22 novembre 2017 adressée aux


toutes les structures de santé du niveau central au niveau périphérique, le Cameroun à travers
le Ministre de la Santé Publique a défini de nouvelles exigences en matière de gestion de
l’information sanitaire et a choisi le DHIS2 ([Link]), comme plateforme
électronique national de collecte et de transmission des données sanitaires. Toutes les
directions, projets et programmes s’arriment donc à ce nouvel outil en intégrant leurs données
dans ce système qui sert d’entrepôt national des données sanitaires.

9.2. La SIMR électronique dans le contexte de la santé


numérique ou santé numérique

En 2013, la Région africaine a adopté une résolution sur la santé numérique (AFR/RC60/R3)
portant sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour la
santé et les domaines connexes, notamment la surveillance. Les actions recommandées par cette
résolution comprennent entre autres l’élaboration de politiques, de stratégies, de normes
nationales et de mécanismes de gouvernance appropriés, ainsi que l’élaboration des plans
stratégiques et des cadres opérationnels à long terme pour le renforcement des capacités en
santé numérique dans les pays.

La santé numérique englobe toute une série de services et de systèmes comprenant :

• l’informatique médicale;
• la télémédecine, qui désigne la transmission des services ou informations relatifs à la santé
au moyen de l’infrastructure des télécommunications ;
• la formation à distance (e-learning) dans laquelle les technologies sont mises au service de
l’éducation en dehors du cadre formel de la salle de cours et ;

317
• m-health, qui est un terme générique appliqué à l’utilisation de la téléphonie mobile ou
d’autres technologies sans fil dans le domaine de la santé.

Les États Membres ont réitéré leur position lors de la 71ème Assemblée mondiale de la Santé,
en convenant unanimement que les solutions numériques pour la santé devraient compléter et
renforcer les modèles actuels de prestation des services de santé. Ils ont donc adopté une
nouvelle résolution sur la santé numérique, qui souligne l’importance d’appuyer les stratégies
nationales, d’investir dans la santé numérique, (notamment par les politiques publiques, les
normes, les capacités, l’interopérabilité, la confidentialité, la sécurité …) et d’assurer la viabilité
et l’appropriation par les pays.

La santé numérique permet une utilisation rentable et sécurisée des TIC en santé et dans les
domaines connexes. La santé numérique, tel que définie par la « Broadband Commission for
sustainable development», est un terme générique qui englobe l’ensemble des concepts et
activités alliant la santé et les TIC. Cela va de la fourniture de l’information sanitaire en utilisant
les TIC pour améliorer les services de Santé Publique, à l’utilisation des systèmes d’information
sanitaire pour recueillir, stocker, gérer ou communiquer l’information sur l’état de santé des
patients ou les activités des formations sanitaires. Les TIC sont définies comme des outils qui
facilitent la communication ainsi que le traitement et la transmission de l’information par voie
électronique, ce qui englobe un large éventail d’outils comme la radio, la télévision, les
téléphones (fixes et mobiles), les ordinateurs et l’Internet.

La SIMR électronique, qui fait partie de la santé numérique, est l’une des principales
innovations s’inscrivant dans la mise en œuvre des recommandations du Comité Régional de
l’OMS pour l’Afrique sur l’utilisation des TIC, élément essentiel devant permettre aux pays de
satisfaire aux exigences du RSI (2005). La standardisation des outils électroniques et le
maintien de l’infrastructure dans l’ensemble de la Région faciliteront la création et le partage
des profils nationaux et régionaux des maladies, affections prioritaires et évènements de Santé
Publique.

9.3. Justification de la SIMR électronique

Les limites que connaissent les dispositifs actuels de collecte et de transmission des données de
la SIMR sont imputables au fait que de nombreux pays ont toujours recours à des procédures
manuelles et à des méthodes utilisant les supports papiers. Transmettre les données à temps est
un challenge, le personnel de santé devant parcourir de longues distances dans des zones

318
d’accès difficiles pour remettre leurs rapports. De ce fait, les informations sont reçues en retard
et ne permettent pas d’intervenir à temps, particulièrement lorsqu’une épidémie est suspectée.

La SIMR électronique vise à faciliter la tâche à tous ceux qui travaillent dans le système de
santé en améliorant la surveillance des maladies à l’aide d’outils électroniques. Cela renforce
les capacités de surveillance et de riposte, tout en réduisant à terme la morbidité et la mortalité
dues aux maladies à potentiel épidémique ainsi qu’à d’autres évènements de Santé Publique.

La SIMR électronique est donc susceptible d’améliorer les éléments suivants :


- la promptitude et la complétude de transmission des rapports ;
- la détection précoce, l’investigation et la riposte rapide aux épidémies et autres évènements
de Santé Publique ;
- la saisie manuelle des données qui est souvent sujette à des erreurs ;
- le partage systématique de l’information à tous les niveaux et aux secteurs apparentés;
- la combinaison de différentes sources de données ;
- l’archivage des données ;
- l’utilisation, l’analyse et l’interprétation des données.

De nombreuses initiatives et résolutions régionales et mondiales récentes ont reconnu que les
technologies numériques pouvaient accompagner la mise en œuvre des Objectifs de
Développement Durable (ODD), et particulièrement soutenir les systèmes de santé dans tous
les pays dans les domaines de la prévention des maladies et la promotion de la santé. Ainsi, la
SIMR électronique est en cohérence avec les principaux cadres ci-après adoptés :
- Surveillance Intégrée de la Maladie et la Riposte (AFR/RC/48.8) ;
- RSI (2005) (WHA58.3) ;
- Stratégie régionale pour la sécurité sanitaire et les situations d’urgence (AFRO/RC66/6) ;
- Résolution et décision sur la santé numérique (WHA58.28) ;
- Santé numérique (WHA71.7).

319
9.4. Avantages de la SIMR électronique

La SIMR électronique fournit l’information en temps réel pour des actions immédiates. Les
avantages que peut présenter la SIMR électronique sont :

a) Détection et alerte précoces

Grâce à la SIMR électronique, le délai de détection des épidémies peut être améliorée, parce
que les informations sont plus rapidement recueillies et dans certains cas, le moment et le lieu
de l’épidémie peuvent être prédits avec plus ou moins d’exactitude, ce qui donne la possibilité
de la prévenir et de riposter (voir l’étude réalisée par la CDC. 2008b. Potential effects of
electronic laboratory reporting on improving timeliness of infectious disease notification—
Florida, 2002– 2006. Morbidity and Mortality Weekly Report 57(49):1325–1328.
[Link] ).

b) Promptitude de la notification

Les outils de la SIMR électronique permettent la communication rapide et en temps réel des
données, des niveaux inférieurs vers les niveaux supérieurs pour des interventions de Santé
Publique appropriées.

c) Standardisation des données

La standardisation des outils dans la SIMR électronique permet que la collecte des données soit
plus cohérente et complète, ce qui facilite l’échange des données et les comparaisons entre les
formations sanitaires.

d) Meilleures transmission et gestion des données, incluant l’archivage

- Une des principales contraintes liées aux données sur support papier est la nécessité de
compiler les rapports de différentes sources et de communiquer des rapports aux niveaux
supérieurs à des intervalles réguliers et à différents niveaux administratifs. En plus,
l’archivage et le transport des données peuvent s’avérer difficiles, avec un risque
d’endommager et de perdre des données.
- Grâce à la SIMR électronique, la transmission des données est plus rapide et les données
sont aussi organisées dans un format plus accessible, pour une utilisation et une
interprétation plus facile.

320
e) Interopérabilité et partage des données

La SIMR électronique permet à différentes entités d’échanger et d’utiliser l’information de


façon transversale, particulièrement lorsque les normes et le circuit d’information ont été bien
mis en place, de façon à permettre l’interopérabilité avec d’autres systèmes d’information.

f) Transmission et analyse automatisée, amélioration de la qualité des


données

- Avec la transmission des rapports sur support papier, il existe un risque d’omettre des
informations importantes lors de la notification au niveau supérieur ;
- La SIMR électronique réduit le nombre d’erreurs de saisie et facilite l’automatisation de
l’analyse des données, ce qui allège considérablement la tâche au personnel de santé.

g) Contribution à la qualité de la réponse et au suivi-évaluation

La SIMR électronique fournit une plateforme de stockage et d’analyse automatique des données
des formations sanitaires, ce qui améliore le suivi et l’évaluation des différentes interventions
de Santé Publique. Par exemple, les études réalisées par Valenciano et coll., 2003 ; Pinto et
coll., 2005 ont montré que la simple mise en place d’un système automatisé de notification à
l’aide des seuils définis par chaque pays pour les maladies prioritaires se traduit par une
amélioration des tendances en matière de suivi et de la prédictibilité des épidémies en l’espace
de quelques semaines après l’installation du système.

h) Réduction des coûts

La SIMR électronique permet la détection précoce des flambées épidémiques, ce qui, en effet,
peut contribuer à réduire globalement les coûts élevés associés à la gestion des épidémies et
autres urgences de Santé Publique.

9.5. Principes clés de la mise en place de la SIMR électronique

Les principes directeurs ci-après doivent guider la mise en place de la SIMR électronique :

a) Utilisation de l’infrastructure existante : autant que faire se peut, la SIMR électronique


doit s’appuyer sur le cadre et les systèmes existants, tels que la SIMR sur support papier, le

321
système d’information existant, le logiciel DHIS 2, etc. Cela permet aux utilisateurs de plus
facilement s’adapter et d’avoir une transition harmonieuse. Au cas où une infrastructure
existe déjà, l’introduction de la SIMR électronique pourrait ne pas nécessiter d’adaptation
qui pourrait s’avérer coûteuse.
b) Standardisation : la standardisation des données et des outils électroniques favorisera
l’uniformité dans la collecte et la compilation des données. Elle facilite la comparaison entre
les différents niveaux de la pyramide sanitaire et entre les pays.
c) Intégration : la SIMR électronique doit être mise en œuvre selon le principe d’intégration
de la SIMR. Cela pourrait signifier l’intégration de différents systèmes d’information et
sources de données d’autres programmes de santé (par exemple, le paludisme, le PEV, le
cancer, les maladies non transmissibles, le VIH/Sida, etc.) dans une plateforme commune
ou un entrepôt de données.
d) Interopérabilité : c’est la capacité de plusieurs systèmes informatiques et applications
logicielles à communiquer entre eux, à échanger des données et à utiliser les informations
échangées. Lors de la conception de la SIMR électronique, il est important que les normes
et le circuit de l’information soient facilement interopérables avec d’autres systèmes
d’information.
e) Collaboration multisectorielle : il est essentiel de collaborer avec les acteurs tels que les
compagnies de télécommunications. Cette collaboration peut prendre la forme de
dérogations, de responsabilité sociale des entreprises et d’exonérations fiscales partielles,
etc. Une collaboration efficace pourrait accélérer le lancement et l’expansion de la SIMR
électronique. La collaboration avec d’autres secteurs comme celui de la santé animale et de
l’environnement est tout aussi importante, parce qu’elle favorisera l’utilisation efficace de
ressources limitées, la mobilisation efficace et rapide des capacités des différents secteurs
pour une meilleure prévention et lutte contre les maladies.
f) Approche en temps quasi-réel : tout doit être mis en œuvre pour assurer la communication
en temps réel de l’information sur les évènements sous surveillance dans la SIMR
électronique. Il s’agit d’un objectif à long terme et les pays doivent aller progressivement,
avec une phase de planification et une phase de développement.
g) Une Santé : l’approche « Une santé » est une démarche innovante dans laquelle plusieurs
disciplines collaborent sur la santé, à la fois humaine, animale et environnementale. Si on
considère que la majorité des infections émergentes et réémergentes sont très souvent des
zoonoses, responsables des grandes flambées épidémiques de ces dernières années, il est
important de surveiller les maladies qui touchent à la fois les hommes et les animaux.

322
h) Sécurisation des données : la protection de l’information est un aspect essentiel de tout
système d’information sanitaire. La sécurisation des données permet de s’assurer que seules
les personnes autorisées, celles qui doivent prendre des décisions ont accès à l’information.
Elle introduit aussi une dimension éthique dans la manipulation des données. Il faut veiller
à mettre en place des processus qui protègent la vie privée des patients.
i) Convivialité du système : en principe, le système doit être suffisamment simple pour que
le personnel de santé à tous les niveaux puisse l’utiliser. Il doit être facile de s’y connecter,
d’y saisir des données ou d’en recevoir des informations. Il doit aussi pouvoir s’adapter aux
éventuels changements des profils des maladies, affections prioritaires et évènements de
Santé Publique.

9.6. Elaboration et mise en œuvre de la SIMR électronique

La mise au point de la SIMR électronique doit être soigneusement planifiée, avec l’implication
de toutes les parties prenantes. Le système doit tenir compte des capacités et des besoins du
pays et un plan de mobilisation des ressources doit être préalablement élaboré avant de se lancer
dans cette entreprise. Les aspects les plus importants à prendre en compte dans ce processus
d’élaboration et de mise en œuvre sont présentés ci-dessous. D’autres aspects pourront être
considérés en fonction du pays. Les pays, pour leur part, doivent s’engager sur la voie de la
SIMR électronique après une évaluation des coûts, des avantages et des options en matière de
faisabilité du système.

9.6.1. Processus de mise en place de la SIMR électronique

a) Mobiliser les parties prenantes et créer des groupes de travail techniques


- Le succès de la SIMR électronique nécessite une appropriation par toutes les parties
prenantes.
- Lors de la mise en place de la SIMR électronique, le département en charge de la
surveillance doit travailler avec celui en charge du système d’information sanitaire. Ces
deux entités doivent rassembler tous les intervenants que compte le pays pour former un
groupe de travail technique qui se chargera de la coordination de la mise en œuvre de la
SIMR électronique.
- La SIMR électronique peut nécessiter de mobiliser des compétences dans les TIC auprès
d’autres administrations, en particulier celles en charge des TIC. Le ministère en charge de
la Santé Publique doit collaborer avec le ministère et les agences en charge des TIC pour
assurer une couverture suffisante et une bonne gouvernance de la santé numérique.

323
Au Cameroun, ce groupe de travail technique a été mis en place par arrêté N°1899/MINSANTE
du 21 août 2020 portant création, organisation et fonctionnement du Comité interministériel
chargé du suivi de la mise en œuvre du plan stratégique national de santé numérique 2020-2024
du Cameroun.

Les membres de ce groupe de travail technique sont :

- Ministère de la Santé Publique ;


- Ministère des Postes et Télécommunication ;
- Ministère de l’Enseignement Supérieur ;
- Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire ;
- Ministère des Finances ;
- Ministère de la Communication ;
- Délégation Générale à la Sûreté Nationale ;
- Société Camerounaise d’Informatique Médicale ;
- Comité National de Lutte contre le Sida ;
- Bureau National de l’Etat Civil ;
- Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication ;
- Agence de Régulation des Télécommunications.

Ce Comité est chargé :

- de définir les principales orientations de l’implémentation du plan susmentionné ;


- d’assurer la mobilisation des ressources nationales et internationales pour le
financement de l’offre des services de santé numérique ;
- de valider les plans d’action annuels ;
- de suivre et évaluer la mise en œuvre des interventions de santé numérique
conformément au plan d’action annuel ;
- de valider les plans de passage à échelle ;
- de proposer les stratégies et mécanismes de pérennisation des interventions de santé
numérique ;
- de mettre en œuvre toute autre mission à lui confiée par le Ministre en charge de la Santé
Publique.
b) Évaluer le niveau de mise en oeuvre de la SIMR

324
La SIMR doit être évaluée à tous les niveaux, y compris l’engagement politique de mettre les
TIC au cœur de toute démarche de développement et de transformation sociale. Le ministère
en charge de la Santé Publique fait le suivi de la mise en œuvre des activités de surveillance des
maladies à travers la DLMEP et doit faire de la surveillance électronique des maladies une
priorité. La désignation d’un Point Focal surveillance (PFS) au niveau du DS est un facteur
essentiel pour la réussite de la mise en œuvre de la SIMR électronique.

c) Déterminer les capacités et les besoins du pays


i. L’évaluation des capacités et des besoins en infrastructure d’un pays est une étape clé du
processus de mise en place d’un système électronique. Le Comité interministériel chargé
de la mise en œuvre de la santé numérique au Cameroun doit évaluer les capacités, les
infrastructures, les ressources et les besoins du pays pour la mise en œuvre efficiente de la
santé numérique. L’OMS a développé un outil standardisé d’évaluation de la surveillance
électronique qui peut aussi être utilisé.
ii. Couverture du réseau

L’évaluation de la capacité du réseau est importante pour déterminer le type de système qui
peut être mis en place. La couverture des réseaux mobile et Internet est un élément fondamental
à prendre en compte.

- Téléphonie mobile : nombre de prestataires ; coût du sms ; coût de l’appel ; couverture


dans toutes les régions du pays ; nombre de prestataires par consommateur ; systèmes
d’exploitation (Android/iOS) ;
- Internet : nombre de fournisseurs d’accès ; coût d’abonnement ; débit ; couverture dans
toutes les régions du pays ; connectivité aux niveaux national, régional et district ;
- Étudier des solutions alternatives d’extension de la connectivité, comme l’exploitation
des « espaces vides » entre les zones de couverture des stations de télévision, la
connectivité internet grâce aux ballons, aux drônes ou aux satellites en orbite basse,
autant d’approches qui permettraient d’étendre la couverture aux zones enclavées ou
d’accès difficile. Certaines de ces solutions peuvent être mises en œuvre grâce à des
partenariats public-privé.
iii. Fourniture d’énergie électrique
- La disponibilité de l’énergie électrique est un facteur clé du succès de la SIMR
électronique. Une source d’énergie fiable adaptée aux besoins du système doit être
disponible au point de mise en œuvre et à tous les niveaux.

325
- Les pays doivent identifier les sources d’énergie existantes et potentielles pour chaque
niveau de la pyramide sanitaire et dans toutes les zones géographiques. Par exemple, le
raccordement au réseau électrique ; un générateur électrique constamment
approvisionné en carburant ; un générateur électrique fonctionnel mais sans provision
de carburant ; un générateur peu constant ou du carburant irrégulier ; des accumulateurs
d’énergie ou l’énergie solaire.
- Les pays peuvent en outre envisager d’autres options pour garantir une source d’énergie
fiable. Ainsi, des panneaux solaires pourraient être installés dans des ministères clés, en
privilégiant ceux qui sont responsables de la gestion des données critiques dans les
situations d’urgence, et dans des formations sanitaires au niveau du district.
iv. Équipements pour la saisie, la gestion et l’analyse des données
- Les équipements constituent une composante essentielle de la SIMR électronique. Il est
donc important d’évaluer les équipements disponibles à tous les niveaux de la pyramide
sanitaire. Si les équipements ne sont pas disponibles, il convient d’identifier le type
d’équipements à utiliser et recourir aux solutions alternatives.
- Il convient aussi de considérer le cycle de vie des équipements et élaborer un plan de
maintenance ou renouvellement, le cas échéant.
v. Matériel informatique
- L’hébergement des données peut se faire dans des serveurs « en ligne » (entretien plus
facile mais paiement mensuel ou annuel) ou dans des serveurs physiques (ce qui
nécessite d’avoir une pièce climatisée, alimentée par une source d’énergie constante et
disposant d’une connexion internet à haut débit) ; les coûts potentiels de démarrage, de
fonctionnement et de maintenance doivent être pris en compte ;
- Définir le type et le nombre d’ordinateurs requis. Noter que les ordinateurs de bureau
sont moins chers, mais ils ont besoin d’une source d’énergie ; les ordinateurs portables
et les tablettes sont plus pratiques mais coûteux ;
- Définir les caractéristiques minimums requises des appareils mobiles à utiliser,
notamment les smartphones ;
- Evaluer le taux de pénétration de la téléphonie mobile et de l’internet.
- S’assurer de la disponibilité en énergie électrique et des sources d’énergie alternatives.
vi. Logiciels
- Elaborer une cartographie des logiciels utilisés pour les activités de surveillance ;
- Faire une évaluation de l’usage des logiciels libres ou des logiciels commerciaux
adaptés aux besoins ;

326
- Développer des cadres de collaboration avec des développeurs d’applications pour la
mise au point de logiciels flexibles et facilement adaptables ;
- Mettre en place un bon système de sauvegarde des données.
vii. Ressources humaines – capacités techniques
- Le pays devrait disposer d’un pool de développeurs d’applications pouvant intervenir
sur les systèmes d’exploitation libre. L’idéal serait que ceux-ci soient des personnels de
l’État ;
- Le personnel dédié à l’utilisation du système électronique doit avoir des compétences
en bureautique/informatique ;
- Il est nécessaire de former et de renforcer les capacités, au fil des évolutions
technologiques (formation continue).

d) Partenariats
i. Des partenariats public-privé avec les opérateurs des télécommunications doivent être
envisagés pour soutenir la SIMR électronique, en collaboration avec les ministères et les
agences en charge des TIC et des télécommunications ;
ii. Il faut s’assurer que de tels partenariats soient possibles pour la mise en œuvre de la SIMR
électronique.

e) Déterminer la portée de mise en œuvre de la SIMR électronique, y compris l’approche


« Une santé »
i. Sur la base des évaluations préalables, le pays doit déterminer le champ d’application de la
SIMR électronique (notification d’alertes, notification au cas par cas, rapports de routine
hebdomadaires ou mensuels, gestion des épidémies et autres urgences de Santé Publique).
Le pays peut commencer par une approche qui correspond à ses besoins et capacités actuels
et plus tard l’etendre à d’autres aspects.
ii. Le pays doit estimer les coûts de mise en place du système, les coûts d’exploitation, les
coûts récurrents et identifier les potentiels investisseurs.
f) Elaborer le plan de mise en oeuvre de la SIMR électronique
i. Élaborer un plan stratégique de mise en œuvre de la SIMR intégrant la SIMR électronique ;
ii. Élaborer un plan opérationnel (calendriers, coûts, responsabilités) ;
iii. Mettre en œuvre progressivement ce plan incluant la formation des acteurs ;
iv. Suivre et évaluer la mise en œuvre du plan.

Le Cameroun a élaboré un plan stratégique national de santé numérique 2020-2024.

327
9.6.2. Éléments à prendre en compte pour la réussite de la mise en œuvre
de la SIMR électronique
Les éléments ci-après sont essentiels pour une mise en œuvre réussie de la SIMR électronique
dans le pays.

a) Intégration des laboratoires


- Le système doit intégrer les données de laboratoire ou être capable de le faire dans le futur ;
b) Confidentialité des données et usage d’un identifiant unique (numéro d’identification)
- Les données individuelles des patients doivent être conservées dans un serveur sécurisé ;
- L’accès aux données doit être contrôlé au moyen des droits d’accès conférés aux
utilisateurs.
c) Politiques de sécurité des données et accord de respect des règles par les utilisateurs
- Les procédures d’accès aux données doivent être claires et connues de tous ;
- Des sauvegardes des données en locale et en ligne doivent être planifiées ;
- Les appareils physiques de stockage des données doivent être sécurisés.
d) Maintenance informatique
- Les mises à jour des logiciels, l’entretien ou le remplacement des matériels et la
maintenance du serveur doivent être pris en compte, dans le cas d’un système interne.
e) Pérennisation des acquis
- Pour un accompagnement permanent de la mise en œuvre de la SIMR électronique, une
base financière pérenne doit être constituée pour supporter les charges d’exploitation et les
coûts ponctuels liés par exemple à l’entretien du matériel, à la formation du personnel, aux
frais de connectivité et à la production des documents destinés à l’utilisateur final ;
- des capacités locales doivent exister pour l’entretien des logiciels et des matériels ;
- des ressources suffisantes doivent être disponibles pour supporter les infrastructures
opérationnelles ;
- des ressources suffisantes doivent être disponibles pour l’achat des équipements tels que les
appareils mobiles et les ordinateurs et pour couvrir tous les coûts de fonctionnement ;
- des ressources doivent être mobilisées pour le renforcement des capacités ;
- la SIMR électronique doit s’arrimer au Plan stratégique national santé numérique ;
- Toutes les parties prenantes (notamment le secteur public, le secteur privé et les partenaires
techniques et financiers) doivent être associés de la conception à la mise en œuvre du
système ;

328
- Un plaidoyer doit être mené pour l’allocation des ressources financières ainsi qu’un appel
à des solutions innovantes, consistant par exemple à mettre à contribution le secteur privé,
via les prestataires des télécommunications.
f) Interopérabilité
- Idéalement, les systèmes d’information devraient être capable d’échanger les données et
informations. Par exemple le secteur de la santé animale et d’autres secteurs pertinents.

9.6.3. Outils pouvant servir à la SIMR électronique


Il existe plusieurs systèmes de collecte et d’agrégation des données au Cameroun. La
fonctionnalité desdits systèmes est présentée dans le tableau ci-dessous. L’utilisation des
logiciels commerciaux exigent de disposer d’un budget pour l’achat des licences
d’exploitation ; il faut aussi négocier avec les fournisseurs pour que ceux-ci offrent des versions
améliorées ou adaptées. Il est important de noter qu’exploitation libre ne signifie pas « gratuité
», car il existe toujours des coûts de mise en œuvre et d’adaptation au contexte et aux besoins
du pays.

FONCTIONNALITÉ DES SYSTÈMES EXISTANTS

Application Résumé Statut actuel Statut de SOP

Systèmes basés sur la communauté et les FOSA

Système de dossiers médicaux


1. OpenMRS-EMR électroniques basé sur OpenMRS appelé
Planification de 10
(Dossier médicaux Bahmni, configuré localement pour les Aucun
sites encore
Electroniques) données au niveau du patient du système
de santé camerounais

Version électronique des registres de Fonctionnelle dans la


2. DAMA (Gestion de santé GRC construite dans le langage de zone PEPFAR, Aucun
données de Patient) programmation Microsoft C # .NETqui
génère des rapports pour MOH et PEPFAR 154 sites

3. BLIS (Système Logiciel de laboratoire pour les résultats Fonctionnel dans 10


Documentation en
d’information de de laboratoire électronique et l’assurance laboratoires de
cours avec C4G
laboratoire de base) qualité volume élevé

Dimagi / Commcare est utilisé pour SOP en place pour


l’enregistrement des bénéficiaires et la la collecte et
4. N-SAMBA/ gestion des cas ; collecte de données sur Pilote fonctionnel l’analyse de
CommCare les smartphones / tablettes vers un dans 8 centres données, et non
pour leur
serveur non-matérialisé utilisation

329
Logiciel basé sur Java / Linux nécessitant Fonctionnel dans la
Guide de formation
5. VINDATA une connexion LAN pour la gestion des zone PEPFAR, 29 sites
mais aucun SOP
médicaments et des stocks de VIH volumineux

Systèmes d’information nationaux / sous-nationaux

Rapports Web au niveau régional sur le


Mise en échelle dans
6. OSP-SIDA nombre de pharmacies / fournitures dans Aucun
les 10 régions
les établissements

Mise en échelle dans


Logiciel Web qui permet la compilation et
tous les districts, Guide de collecte des
7. DHIS 2-CIS l’analyse d’indicateurs de la santé aux
environ 6 000 données en vigueur.
niveaux du district, de la région et du pays.
installations

Logiciel Web du NACC permettant de Mise en échelle dans Un guide de


compiler et d’analyser les indicateurs du VIH tous les districts, l’utilisateur existe
8. DHIS 2 -NACC
aux niveaux du district, de la région et du environ 6 000 mais n’est pas utilisé
pays installations à grande échelle

9.7. Utiliser la SIMR électronique dans les fonctions


essentielles de la surveillance

Le succès de la mise en œuvre de la SIMR électronique dans le domaine de la Santé Publique


dépend de nombreux facteurs, notamment : la compréhension de la portée d’application et du
cadre opérationnel, l’utilisation des outils adéquats et le renforcement des capacités locales.
L’approche « Une santé » offre l’opportunité de créer des systèmes de notification électroniques
interopérables et interconnectés entre la santé humaine et animale.

Le recours à des outils électroniques pour évaluer et garantir la qualité des données fait aussi
partie de la stratégie de suivi et évaluation des fonctions de la SIMR, qui peut être utilisée pour
l’amélioration continue de la qualité des données. Ces outils permettent de déceler des erreurs,
des incohérences et autres anomalies susceptibles d’entacher la fiabilité, l’exactitude, la
précision et l’exhaustivité des données.

La mise en place d’une plateforme électronique peut faciliter la mise en œuvre des activités de
la SIMR décrites plus haut dans le document. Il s’agit de:

a) la notification en temps réel (SFI et SFE), voir à la partie « Introduction » ;


b) la notification des alertes (notification au niveau de la communauté et de la formation
sanitaire), voir la section 2 ;
c) la notification au cas par cas, voir la section 2 ;

330
d) la transmission des rapports de routine (données agrégées) hebdomadaires et mensuels (voir
la section 2 ; la figure 9.1 ci-dessous) décrit le circuit de remontée des données dans DHIS
2;
e) la gestion des épidémies ou autres évènements de Santé Publique, voir les sections 4 et 6 ;
f) l’investigation des cas, voir la section 6 ;
g) la recherche et le suivi des contacts, voir la section 6 ;
h) la logistique et la gestion de la chaîne d’approvisionnement, voir la section 6 ;
i) la liste linéaire en temps réel, voir les sections 4 et 6 ;
j) la gestion des évènements de Santé Publique (description du danger, caractérisation,
évaluation des risques et résultats), voir la section 6 ;
k) les documents d’information, par exemple les rapports de situation (Sitrep), bulletins
épidémiologiques, etc., voir la section 7 ;
l) la supervision formative, voir la section 8 ;
m) le suivi-évaluation et la revue de la qualité des données, voir la section 8.

331
CIS, DLMEP, ONSP, etc…

Figure 18:Circuit d’information dans DHIS

9.8. Rôles et responsabilités à différents niveaux dans un


contexte de notification en temps réel et de gestion d’une
épidémie ou d’une situation d’urgence
Quelques rôles et responsabilités à différents niveaux dans le cadre de la SIMR électronique
sont présentés ci-dessous.

a) Au niveau de la communauté
- Détecter et notifier les signaux/alertes relatifs aux évènements de Santé Publique, par
exemple en utilisant des numéros verts ;
- Donner suite aux messages d’alerte envoyés par les autorités sanitaires.
b) Au niveau de la formation sanitaire
- Détecter et notifier immédiatement les maladies, affections prioritaires et évènements de
Santé Publique nécessitant des interventions immédiates ;
- Transmettre les rapports de routine hebdomadaires et mensuels ;
- Faire le suivi des rumeurs rapportées par la communauté ;
- Investiguer et répondre aux maladies, affections prioritaires et évènements de Santé
Publique, suivant les recommandations dans leur zone de compétence ;
- Veiller à la compatibilité de l’appareil mobile avec la SIMR électronique ;

332
- Assurer la maintenance et s’approprier l’appareil mobile et les autres outils.
c) Au niveau du District de Santé
- Former les personnels sur la SIMR électronique ;
- Gérer les accès à la SIMR électronique ;
- Vérifier les évènements notifiés par les formations sanitaires et approuver leur transmission
aux niveaux supérieurs ;
- Alerter les autres structures et autorités, au sujet des évènements à l’intérieur du Districts
de Santé ;
- Réagir aux rapports des établissements de soins sur les évènements ;
- Faire le point aux établissements de soins et aux autorités sur les progrès de la riposte ;
- Former, encadrer et superviser le personnel de santé ;
- Mobiliser les ressources pour promouvoir une mise en œuvre efficace de la SIMR
électronique ;
- Assurer la disponibilité et la compatibilité du matériel des TIC avec la SIMR électronique ;
d) Au niveau régional
- Former et superviser ;
- Collaborer avec le niveau central pour la mise en place et la mise à jour des outils
électroniques ;
- Faire le feed-back et alerter les districts de santé.
e) Au niveau central
- Assurer la maintenance du serveur ;
- Développer et mettre à jour les outils électroniques ;
- Gérer le système de SIMR électronique ainsi que les perturbations ;
- Assurer l’administration du système (gérer les utilisateurs) ;
- Former et superviser les acteurs de la surveillance ;
- Fournir la rétro information ;
- Assurer la coordination des partenaires et des intervenants ;
- Assurer l’interconnexion et l’interopérabilité avec les différentes plateformes ;
- Assurer le suivi des alertes ;
- Faire le plaidoyer auprès des décideurs et mobiliser les ressources pour la pérennité du
système ;
- Assurer la sécurité et la confidentialité des données ;
- Superviser l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie nationale de santé numérique;

333
- Aligner les investissements de la SIMR électronique avec les activités planifiées dans le
plan stratégique national de santé numérique ;
- Établir une architecture nationale de santé numérique en tenant compte des composantes
réutilisables ;
- Améliorer la gouvernance du système.
f) L’OMS et d’autres institutions régionales (Union africaine, Communauté Economique et
Monétaire de l’Afrique Centrale, etc.)
- Faciliter la création d’une plateforme formelle pour le partage de l’information et des
données entre les pays ;
- Fournir une assistance technique aux États Membres ;
- Diffuser les bonnes pratiques et faciliter l’échange d’expertise ;

9.9. Supervision, suivi et évaluation


Le développement et la mise en œuvre de la SIMR électronique demande un suivi permanent.
Le fonctionnement du système peut être évalué en examinant les aspects suivants :

a) l’acceptabilité ou la volonté de participer, c’est-à-dire le nombre de personnes qui accèdent


au système et l’utilisent correctement ;
b) l’accessibilité : le système est-il accessible depuis l’emplacement du site de notification
Dans certaines zones où le téléphone mobile est utilisé pour la SIMR électronique,
l’accessibilité est un aspect important et elle peut empêcher une prompte notification des
maladies ;
c) la qualité et la complétude des données : rechercher toute erreur dans les données ;
d) la promptitude dans la transmission des données ;
e) la flexibilité, la portabilité et la stabilité du système et
f) le coût.

Pour améliorer l’utilisation des données au niveau du service, les utilisateurs doivent être
encouragés à utiliser le système et à faire des rétro-informations régulières vers les niveaux
inférieurs ; la circulation de l’information ne doit pas être unilatérale.

D’autres indicateurs de performance du système incluent des principaux indicateurs de suivi de


la surveillance de la SIMR (voir la section 8). La grille de supervision de la SIMR doit être
utilisée pendant les visites de supervision, tout en tenant compte des besoins intégrés des autres
équipes, dans l’esprit d’une supervision conjointe. La grille de supervision doit être mise à jour
pour intégrer la SIMR électronique et être incorporée dans la plateforme de la SIMR
électronique. L’évaluation globale de la SIMR électronique et son interopérabilité avec le SNIS

334
et la santé numérique, doit être réalisée périodiquement, en faisant appel à une combinaison
d’expertises internes et externes.

335
9.10. Références
1. Meeting report of the 3rd Meeting on African Surveillance Informatics Governance Board
(ASIGB), WHO internal report. 16–18 July 2015, Cape Town, South Africa.
2. eSurveillance in the context of Integrated Disease Surveillance and Response in the WHO African
Region: An essential platform for priority diseases, conditions and events surveillance and
response. WHO technical report. World Health Organization, Regional Office for Africa, 2015.
3. Solutions en matière de cybersanté dans la Région africaine : Contexte actuel et perspectives.
Résolution AFR/RC60/R3, du 8 septembre 2010.
4. WHO, ITU. WHO National eHealth Strategy Toolkit. 2012.
5. CDC’s Vision for Public Health Surveillance in the 21st Century. MMWR, July 27.2012
(Suppl./Vol.61).
6. Alexey V. Burdakov*, Andrey O. Ukharov and Thomas G. Wahl. One Health Surveillance with
Electronic Integrated Disease Surveillance System. ISDS 2012 Conference Abstracts.
7. Jean-Paul Chretien and Sheri H Lewis. Electronic public health surveillance in developing settings:
meeting summary. BMC Proc. 2008; 2(Suppl 3): S1.
8. Integrated Disease Surveillance Quarterly Bulletin (2nd quarter data valid to 30 June 2015).
9. Mobile phone-based mHealth approaches for public health surveillance in sub-Saharan Africa: a
systematic review. Brinkel J, Krämer A, Krumkamp R, May J. Int J Environ Res Public Health.
2014 Nov 12;11(11):11559-82.
10. [Link]
11. USAID’s digital health website.
12. Asia Development Bank – digital health terms.
13. WHO digital health classifications – visualizes and describes use cases, actors.
14. WHO Digital Health Atlas – inventory of digital health systems, projects, etc.
15. Pinto A, Saeed M, El Sakka H, Rashford A, Colombo A, Valenciano M, et al. Setting up an early
warning system for epidemic-prone diseases in Darfur: A participative approach. Disasters 2005;
29:310-22.
16. Valenciano M, Bergeri I, Jankovic D, Milic N, Parlic M, Coulombier D. Strengthening early
warning function of surveillance in the Republic of Serbia: Lessons learned after a year of
implementation. Euro Surveill 2004; 9:24-6.
17. Valenciano M, Coulombier D, Lopes Cardozo B, Colombo A, Alla MJ, Samson S, et al. Challenges
for communicable disease surveillance and control in Southern Iraq, April-June 2003. JAMA 2003;
290:654-8.
18. CDC MMWR on Framework for evaluating public health surveillance systems.
19. Plan stratégique national de santé numérique 2020 – 2024, MINSANTE, Cameroun
20. Arrêté N° 1899 MINSANTE du 21 août 2020 portant création, organisation et fonctionnement du
Comité interministériel chargé du suivi de la mise en œuvre du plan stratégique national de santé
numérique 2020-2024 du Cameroun
21. Lettre circulaire N°D36-59/L/MINSANTE/SG/CIS du 22 novembre 2017

336
PARTIE V
SECTION 10 : ADAPTER LA SIMR AUX SITUATIONS
D’URGENCE OU AUX SYSTEMES DE SANTE
FRAGILES

Cette section décrit :

 Les étapes de mise en la SIMR en situation d’urgence

 Les differents acteurs à impliquer

 La structure et les outils à utiliser

337
Dans les zones où elles surviennent, les urgences humanitaires ont des implications majeures
pour les populations et pour leurs systèmes de surveillance des services des maladies (OMS,
2012). Les situations d’urgence entraînent généralement le déplacement de populations vers
des zones encombrées où l’accès aux besoins de base tels que l’eau, la nourriture, le logement
et autres services sociaux est limité. Ces conditions augmentent le risque de décès lié aux
maladies épidémiques et endémiques courantes.

Par conséquent, la surveillance épidémiologique et la riposte en cas d’épidémie constituent une


priorité lors des urgences de Santé Publique pour les populations touchées. En raison de la
perturbation des services de santé et des autres services sociaux pendant les situations
d’urgence, la SIMR de routine doit être adaptée au contexte pour répondre aux besoins de la
surveillance épidémiologique et de riposte.

L’adaptation devrait certes s’appuyer sur la stratégie, les structures, les outils, les directives et
les ressources de la SIMR, mais être suffisamment souple pour répondre aux besoins de la
surveillance et d’intervention des populations touchées dans les situations d’urgence. Toutes
ces actions devraient respecter la structure et les principes du système national existant de la
SIMR.

Cette section présente les principes clés de la mise en œuvre de la SIMR dans des situations
d’urgence humanitaire complexes. Il s’agira d’améliorer les fonctions essentielles de la SIMR
afin d’assurer la détection précoce, l’évaluation et l’intervention en cas d’évènements aigus de
Santé Publique. Pour une description plus détaillée, veuillez consulter le document de l’OMS
sur la détection précoce, l’évaluation et la réponse en cas d’évènements de Santé Publique aigus
« mise en œuvre de l’alerte précoce et réponse notamment la surveillance fondée sur les
évènements, (OMS, 2014) ».

10.1. Système d’information sanitaire en situation d’urgence


Les crises aiguës et prolongées, les conflits et les catastrophes ont des effets majeurs immédiats
et à long terme sur la santé de la population et peuvent perturber le fonctionnement général du
système de santé. Dans de telles situations, le système d’information sanitaire peut ne pas être
performant et doit donc être adapté pour répondre adéquatement aux besoins d’information en
matière de surveillance. Les conflits armés, la famine, les catastrophes naturelles et d’autres
situations d’urgence majeure sont des exemples d’urgences humanitaires de ce type.

338
Principales définitions des termes utilisés dans les situations d’urgence
humanitaire
a) Catastrophe
Rupture grave du fonctionnement d’une communauté ou d’une société impliquant d’importants
impacts et pertes humaines, matérielles, économiques ou environnementales que la
communauté ou la société affectée ne peut surmonter avec ses seules ressources (Stratégie
internationale de prévention des catastrophes [SIPC], 2009). Une catastrophe est également
définie comme une situation ou un évènement qui dépasse les capacités locales et nécessite une
assistance nationale ou internationale supplémentaire (Center for Research on Environmental
Decisions [CRED, ReliefWeb, 2008).

b) Situation d’urgence humanitaire


Situation où les besoins humains fondamentaux d’une population sont menacés et nécessitent
donc des mesures extraordinaires et une action urgente (ReliefWeb, 2008).

c) Situation d’urgence complexe


Une crise humanitaire dans un pays, une région ou une société où il y a une dégradation totale
ou importante de l’autorité à la suite de conflits internes ou externes. Cette situation nécessite
une réponse internationale qui va au-delà du mandat ou de la capacité d’une seule agence ou du
programme national en cours des Nations Unies (ReliefWeb, 2008).

10.2. Alerte précoce et riposte


L’alerte précoce est un mécanisme organisé pour détecter, dès que possible, tout fait anormal
ou tout écart par rapport à la fréquence généralement observée d’une maladie, d’une affection
ou d’un évènement. Il s’appuie sur un réseau de personnes issues des formations sanitaires ou
cliniques mobiles fonctionnels dont la responsabilité est de collecter, d’étudier, de signaler,
d’analyser et de diffuser les informations du terrain au niveau central pour une action
appropriée. « mise en œuvre de l’alerte précoce et réponse notamment la surveillance fondée
sur les évènements, (OMS, 2014) ».

10.2.1. Pourquoi est-elle nécessaire ?


Les besoins de surveillance renforcée pendant les urgences humanitaires exigent que des
systèmes de surveillance soient en place pour la collecte, la compilation, l’analyse et
l’interprétation systématiques des données, ainsi que pour la diffusion de l’information ; ce qui
permet de faciliter les interventions de Santé Publique pour prévenir une morbidité, une

339
mortalité et une incapacité excessives (OMS, 2009). Par conséquent, pendant la phase aiguë
d’une urgence humanitaire, la SIMR devrait être modifiée dès que possible pour se concentrer
sur les problèmes de santé prioritaires pendant la phase d’urgence. La SIMR adaptée devrait
être axée sur les maladies, les affections ou les évènements dans une situation d’urgence donnée
et devrait être suffisamment souple pour répondre à d’autres priorités émergentes en matière de
Santé Publique (OMS, 2009).

Dans les situations d’urgence, les populations sont plus vulnérables à la morbidité, à la mortalité
et à l’invalidité résultant de maladies endémiques et de maladies à potentiel épidémique. Ainsi,
la SIMR devrait être améliorée dans les 3 à 10 jours suivant le classement d’une situation en
urgence de santé publique pour faciliter la détection précoce et la riposte rapides aux épidémies
et autres évènements de Santé Publique (OMS, 2009). En fin de compte, cela contribuera à
l’objectif global de réduction de la mortalité, de la morbidité et de l’invalidité évitables pendant
les crises humanitaires (OMS, 2009b).

10.2.2. Quels sont les objectifs de l’adaptation de la SIMR à une situation


d’urgence ?
L’objectif principal est de détecter et de combattre rapidement les évènements de santé publique
aigus de toute origine, en accordant une attention particulière aux risques sanitaires prioritaires.
La finalité est d’accroître la sensibilité de la détection, la qualité de l’évaluation des risques
ainsi que la rapidité et l’efficacité de la réponse aux risques aigus pour la santé publique afin de
réduire au minimum les conséquences négatives sur la santé des populations affectées.

Les objectifs spécifiques sont les suivants :

a) Détecter rapidement les évènements de Santé Publique aigus et les risques pour la santé ;
b) Assurer la notification immédiate d’informations émanant des niveaux local et
intermédiaire ainsi que de toute source identifiée vers le niveau national ;
c) Vérifier l’information initiale (c’est-à-dire le signal ou rumeur) ;
d) Expliquer la nature de l’évènement au moyen de l’investigation, de la caractérisation et de
la confirmation étiologique ;
e) Procéder à une évaluation pour déterminer le niveau de risque posé par l’évènement
détecté ;
f) Mettre en place des mécanismes d’alerte immédiate partant du niveau national ou
intermédiaire au niveau local ;

340
g) Veiller à ce qu’une investigation soit menée rapidement, selon le besoin, et mettre en œuvre
des mesures appropriées d’atténuation et de lutte, comme l’exige l’évaluation continue des
risques ;
h) Alerter les parties prenantes nationales/internationales et assurer la
communication/coordination avec ces dernières.

10.2.3. Composantes essentielles


Pendant les crises humanitaires, toutes les formations sanitaires et les cliniques mobiles
fonctionnelles, y compris celles des camps de déplacés internes qui fournissent des soins
curatifs, des interventions de prévention des maladies et de promotion de la santé devraient être
incluses dans le réseau de la SIMR pour renforcer la sensibilité du système (OMS, 2009).

Selon l’ampleur de la crise, le réseau de surveillance peut comprendre des cliniques financées
par les pouvoirs publics ou des partenaires. (OMS, 2012).

Pour assurer l’efficacité, les processus de collecte et d’analyse des données doivent être
systématisés et formalisés. Le système de renseignement sur les épidémies doit s’appuyer sur
les deux principaux systèmes de détection des évènements de la SIMR, à savoir : la surveillance
fondée sur les indicateurs (rapports immédiats et hebdomadaires des données agrégées par les
formations sanitaires) et la surveillance fondée sur les évènements, qui est la collecte, le suivi,
l’évaluation et l’interprétation organisés d’informations ponctuelles, principalement non
structurées, concernant des évènements ou risques sanitaires. Ces systèmes complémentaires
augmentent la sensibilité de la SIMR afin d’assurer la détection et la vérification rapide des
épidémies, ainsi qu’un suivi efficace des profils de morbidité (OMS, 2012).

10.3. Mise en œuvre de la SIMR dans les situations


d’urgence humanitaire
10.3.1. Évaluation rapide de la situation
Pendant la phase aiguë de l’urgence, il est utile de procéder à une évaluation systématique du
risque d’évènements aigus de santé publique. Il s’agit d’évaluer à la fois la probabilité qu’une
maladie survienne et son impact éventuel. L’évaluation permet d’identifier les maladies à
potentiel épidémique susceptibles de provoquer la morbidité et la mortalité les plus élevées dans
la population touchée, et de déterminer la portée géographique de la surveillance. Une
priorisation de ces maladies à potentiel épidémique sera faite et des définitions des signaux
élaborés sur la base de ces maladies prioritaires.

341
Une évaluation de l’état de l’infrastructure de surveillance clé est également effectuée,
notamment la capacité de surveillance existante, l’identification des besoins en ressources pour
la mise en œuvre de la SIMR, dont le personnel possédant les compétences requises, le soutien
des laboratoires et le transport du matériel de communication et de technologies de
l’information. L’évaluation devrait être fondée sur la recherche d’un consensus, l’analyse des
données existantes, la création de groupes de travail et la réalisation d’entretiens approfondis,
en cas de besoin. Elle devrait être fondée sur une approche tous risques et être révisée au fur et
à mesure de l’évolution de la situation d’urgence, afin de tenir compte des changements
intervenus.

10.3.2. Analyse des gaps


L’analyse des gaps devrait être effectuée en complément de l’analyse de la situation et de
l’évaluation du système de surveillance. Elle vise à évaluer les besoins et l’environnement
spécifiques et à passer en revue les forces, les faiblesses, les menaces et les opportunités autour
du système national de surveillance existant afin d’identifier les ressources disponibles pour
renforcer la SIMR. L’analyse des gaps n’exige pas la réalisation d’une nouvelle évaluation
formelle ou d’une évaluation formelle supplémentaire. Les résultats des évaluations
précédentes du système de surveillance peuvent être réutilisés. Dans les cas où toutes les
informations nécessaires ne sont pas disponibles, la mise en place de groupes de discussion ou
la réalisation d’entretiens approfondis avec les parties prenantes à tous les niveaux du système
de surveillance pourraient être envisagées.

10.3.3. Définition des priorités


Pour garantir l’utilisation la plus efficace possible des ressources, la stratégie devrait être fondée
sur un exercice d’établissement des priorités, sur les résultats de l’analyse des gaps et sur la liste
des évènements de santé publique à surveiller. Pour chaque maladie, affection ou évènement
choisi, les objectifs de surveillance doivent être précisés en fonction du contexte du pays. Les
objectifs dépendront des caractéristiques de la maladie, de l’affection ou de l’évènement (p. ex.
taux d’attaque, morbidité et mortalité, milieu), du mode de transmission (p. ex. de personne à
personne, épidémies ponctuelles, exposition à des substances toxiques) et de la nature des
interventions de Santé Publique nécessaires pour endiguer la propagation.

342
10.3.4. Élaboration d’un plan d’action pour la mise en œuvre de la
SIMR
Une fois l’exercice d’établissement des priorités terminé et toutes les sources potentielles
d’information répertoriées, un plan d’action (plan d’implémentation) devrait être élaboré et mis
en œuvre aux niveaux national, intermédiaire et local. Le plan d’action devrait être bien intégré
au système national de SIMR, y compris le suivi et l’évaluation.

10.3.5. Mise en place d’un mécanisme de coordination


Une structure de coordination (Centre de Coordination des Opérations d’Urgences de Santé
Publique « CCOUSP ») devrait être mise en place selon le modèle aux niveaux national et
régional pour servir de point d’entrée unique pour la notification, l’analyse et le triage de
l’information, la vérification des signaux, l’évaluation des risques, ainsi que l’investigation et
la réponse en cas d’évènements graves de santé publique.

10.4. Différents acteurs œuvrant au renforcement de la


SIMR pour améliorer l’alerte précoce et la riposte
Dans les situations d’urgence aiguës ou complexes où la capacité du système central et
périphérique de SIMR au sein du ministère de la santé est très limitée, les rôles et responsabilités
des divers acteurs peuvent devoir être renforcés.

10.4.1. Niveau central/national (DLMEP)


La coordination générale de la collecte, de la saisie, de l’analyse et de la diffusion des données
pendant les crises humanitaires devrait être assurée par l’unité de SIMR au sein du Ministère
de la Santé Publique (MINSANTE) avec l’appui de ses partenaires, et transmise si nécessaire,
au centre de coordination des opérations d’urgences de Santé Publique (CCOUSP). Le
CCOUSP soutient les activités de coordination et d’intervention dans les régions et districts
touchés. Toutefois, lors de crises aiguës ou de situations d’urgence complexes où la capacité de
la SDLEP est très limitée, le CCOUSP est activé et un gestionnaire de l’incident (généralement
un épidémiologiste ou un expert de la Santé Publique ayant une expérience de la surveillance
et de la lutte contre les maladies en situation d’urgence) est désigné pour gérer la phase aiguë
de la crise. Les fonctions du gestionnaire de l’incident seront guidées par l’évaluation rapide
initiale et devraient inclure les tâches suivantes, sans toutefois s’y limiter :

a) Assurer un contrôle technique spécialisé ;

343
b) Coordonner la supervision des activités de surveillance et de riposte aux épidémies dans les
zones touchées par la crise ;
c) Assurer la coordination du personnel de santé et des partenaires en vue d’une surveillance
efficace des maladies et d’une intervention efficace en cas d’épidémie ou de problèmes de
Santé Publique au sein des populations touchées par une crise ;
d) Aider les districts/régions à investiguer les épidémies ou les problèmes de Santé Publique
et à y faire face, notamment en réorientant le personnel de la SIMR ;
e) Analyser régulièrement les tendances épidémiologiques et produire régulièrement des
bulletins de surveillance et des rapports de situation ;
f) Prêter une assistance pour signaler et notifier les maladies, affections et évènements
prioritaires.
g) Appuyer l’évaluation de la réponse.

10.4.2. Au niveau du district


Les points focaux actuels de la SIMR au niveau du district devraient coordonner les activités
de surveillance et d’intervention au sein des populations touchées par une crise. Toutefois, lors
de crises aiguës ou de situations d’urgence complexes où les capacités des points focaux de
surveillance au niveau du district sont limitées, la Délégation Régionale de la Santé Publique
(DRSP) en étroite collaboration avec les partenaires et sectorielles, devrait activer leur Centre
Régional des Opérations d’Urgence (CROU) et désigner un gestionnaire d’incident pour :
a) Coordonner la surveillance des maladies et la riposte en cas d’épidémie au sein des
populations touchées par une crise ;
b) Veiller à ce que les maladies, affections et évènements prioritaires liés à la crise soient
signalés en temps voulu :
c) Effectuer des analyses des tendances et fournir des informations en retour aux
établissements de santé et aux cliniques ;
d) Mener une enquête initiale sur les épidémies et les incidents de Santé Publique.
e) Répondre aux épidémies et aux urgences de Santé Publique en collaboration avec le
ministère de la santé publique, les partenaires et les FOSA locaux.

10.4.3. Formations sanitaires


Tous les points focaux identifiés en service dans des formations sanitaires offrant des services
curatifs, préventifs et de promotion de la santé devraient mettre en œuvre ce qui suit :

a) Détecter, documenter et notifier les maladies, affections et évènements prioritaires.

344
b) Appuyer les activités d’investigation préliminaire, les enquêtes sur les épidémies et les
évènements de Santé Publique.
c) Prendre des mesures de Santé Publique et de riposte en cas d’épidémie, avec l’appui des
points focaux surveillance au niveau de la communauté, du district et au niveau national.

10.4.4. Communauté
Les membres de la communauté et les agents de santé communautaires aident à la détection et
à la notification des signaux au niveau supérieur à l’aide des outils de notification adaptés
notamment les téléphones dotés de l’application EWARS. Ils participent également aux
activités de sensibilisation dela communauté et des informateurs clés ainsi qu’aux enquêtes de
terrain.

10.5. Structures et outils clés à mettre en place en cas de


crise aigue
10.5.1. Liste des maladies/affections/évènements
Pendant la phase aiguë d’une crise humanitaire, une évaluation rapide des risques devrait être
entreprise pour identifier les maladies, les affections et les évènements qui constituent une
menace pour la population. Ces maladies devraient être classées par ordre de priorité en plus de
la liste nationale des priorités de la SIMR. Lors de l’établissement de la liste des autres maladies,
affections et évènements prioritaires, les critères d’inclusion devraient tenir compte des
directives de l’OMS concernant l’inclusion d’un évènement dans un système de surveillance
(OMS, 2012), à savoir :

a) Maladies à potentiel épidémique


b) Maladies évitables par la vaccination en raison de l’interruption de la vaccination dans la
plupart des situations d’urgence.
c) Capacité à causer une morbidité grave ou la mort.
d) Exigences en matière de surveillance internationale (RSI, 2005).
e) Disponibilité de mesures de prévention et de lutte.
f) Disponibilité de définitions de cas fiables, significatifs et de tests de laboratoire simples, le
cas échéant.

Il est essentiel que les cliniciens enregistrent le diagnostic le plus important par cas et que seules
les nouvelles consultations soient comptées et non les consultations de suivi.

Les sources de données sur les nouveaux cas sont les suivantes :

345
a) les registres de consultation externe ;
b) les registres d’hospitalisation ;
c) les registres de laboratoire ;
d) les cliniques mobiles dans la communauté ou agents de santé communautaire identifiés dans
la communauté
e) les cliniques pour personnes déplacées internes et réfugiés ;
f) Autres sources d’information basées sur l’évènement de Santé Publique.

10.5.2. Définitions de cas ou signaux


Pour les maladies, affections et évènements figurant déjà sur la liste des maladies prioritaires
de la SIMR, les définitions de cas ou signaux existantes devraient être utilisées. Des définitions
de cas sensibles (signaux) qui augmentent les chances de détecter de nouvelles épidémies
devraient être élaborées pour les maladies, affections, évènements et syndromes
supplémentaires identifiés dans le cadre de l’évaluation des risques. Ces définitions de cas
devraient être simples, normalisées et harmonisées avec les définitions nationales de cas de la
SIMR.

10.5.3. Appui aux laboratoires


Des kits de tests de diagnostic rapide approuvés par l’OMS pour des maladies telles que le
paludisme, le choléra, la méningite et les hépatites A et E sont essentiels pour un traitement
rapide et la prise de décision en cas d’épidémie.

La confirmation en laboratoire est plus importante pour les épidémies suspectes au sein des
populations touchées par une crise et les mesures suivantes devraient être mises en place pour
faciliter les enquêtes rapides sur les nouvelles épidémies :
a) des stocks suffisants de kits de prélèvement d’échantillons ou de modes opératoires
normalisés et de kits de détection des flambées épidémiques au niveau local ;
b) la chaîne du froid et les modalités d’expédition qui sont liées au réseau national de transport
des échantillons ;
c) les laboratoires mobiles ou de terrain qui sont mis en place pour répondre aux besoins des
populations touchées par une crise en matière d’analyses de routine et d’analyses de
laboratoire en cas d’épidémie ;
d) les laboratoires existants aux niveaux national et régional qui ont été renforcés pour
répondre aux besoins supplémentaires des populations touchées par une crise ;

346
e) les laboratoires de référence (nationaux et internationaux) devraient être identifiés pour
faciliter la confirmation en laboratoire, les tests de sensibilité aux antibiotiques et le contrôle
de la qualité ;
f) les formulaires SIMR d’investigation des cas et l’analyse en laboratoire pour la notification
de données de laboratoire ;
g) l’harmonisation des rapports de laboratoire entre les systèmes de surveillance et les
systèmes de laboratoire en vue d’une diffusion rapide des résultats.

10.5.4. Méthodes de collecte des données


Les données doivent être recueillies auprès de sources telles que les formations sanitaires, les
agents de santé communautaires (ASC) et autres informateurs clés, à partir des signaux captés.
Selon le cas de figure, l’enregistrement des données se fera dans les plateformes électroniques
DHIS2 ou EWARS. Les ASC doivent respecter les normes suivantes :

a) le respect des définitions des signaux lors de la collecte de données sur la maladie,
l’affection ou l’évènement de Santé Publique ;
b) Chaque signal doit être enregistré et notifié une seule fois ;

Les outils de détection et collecte des données incluent :


a) Le cahier de bord de l’ASC pour l’enregistrement des signaux captés ;
b) Les affiches avec les listes descriptives de signaux ;
c) Les formulaires spécifiques encodés dans la plateforme électronique EWARS ;
d) Les téléphones avec l’application EWARS installée

10.5.5. Méthodes de notification et de transmission des données


Les crises humanitaires ont tendance à perturber les plateformes nationales de surveillance des
maladies existantes pour la transmission des données. De la même manière, les populations
touchées par une crise peuvent avoir des besoins de Santé Publique supplémentaires par rapport
à ceux envisagés par la SIMR de routine. Il faudrait faire preuve de souplesse pour mettre à jour
les outils de notification existants de la SIMR afin de mieux saisir les maladies, les affections
et les évènements propres aux populations touchées par une crise. Par conséquent, la plateforme
électronique utilisée devrait être mise à jour pour prendre en compte ces maladies, affections et
évènements de Santé Publique supplémentaires.

Les plateformes de notification devraient prévoir les délais de déclaration suivants :

a) Notification immédiate des signaux/alertes de maladies à potentiel épidémique ;

347
b) Notification quotidienne des données agrégées ou au cas par cas sur les maladies, les
affections et les évènements prioritaires pendant la phase aiguë de la crise et après la
confirmation d’une nouvelle épidémie ;
c) Notification hebdomadaire de données agrégées sur les maladies prioritaires ;
d) Mise à jour régulière de la liste descriptive des décès en communauté et en milieu
hospitalier.

10.5.6. Analyse et interprétation des données


Les principes d’analyse des données utilisés dans le cadre de la SIMR de routine devraient être
appliqués pour les populations touchées par une crise. L’analyse des données agrégées est donc
effectuée pour documenter et décrire les tendances de la maladie et le franchissement des seuils.
Les données sont également utilisées pour calculer les rapports et les taux.

Avant d’entreprendre toute analyse, il faut valider et nettoyer les données pour déceler les
variables manquantes, les données aberrantes et les doublons. L’analyse d’une base de données
comprend une analyse descriptive des cas et des décès selon les aspects de temps, de lieu et de
personne.

Parmi les indicateurs de morbidité dans les populations touchées par une crise figurent :

a) Le nombre absolu de cas et de décès par maladie prioritaire ;


b) L’incidence de la maladie (nouveaux cas par semaine divisés par la population totale)
avec un graphique montrant les tendances des dernières semaines. Ces données peuvent
être désagrégées selon le lieu et les caractéristiques de la personne ;
c) La morbidité proportionnelle (nouveaux cas de maladie en une semaine divisés par les
nouvelles consultations de la semaine) ;
d) Taux de létalité - la proportion de cas qui meurent d’une maladie spécifique ;
e) Le taux d’attaque pendant les épidémies est l’incidence cumulative d’une maladie
épidémique dans une population sur une période donnée.

Les indicateurs de mortalité dans les populations touchées par une crise

Il est essentiel que les taux de mortalité soient surveillés pour les populations touchées par une
crise afin de s’assurer que les taux dépassant le seuil d’urgence établi sont détectés et traités
rapidement.

a) Le taux brut de mortalité est le rapport du nombre de décès sur la population totale pour une
période donnée dans un territoire donné. Exprimé en nombre de décès pour 10 000

348
habitants, est calculé en divisant le nombre de décès par la population présente pendant la
période considérée et le nombre total de jours pendant lesquels les décès ont été signalés.
b) Le taux de mortalité des moins de 5 ans, exprimé en nombre de décès pour 10 000 décès
par jour, est calculé en divisant le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans par le
nombre d’enfants de moins de 5 ans présents pendant la période considérée et le nombre
total de jours pendant lesquels ces décès ont été déclarés.

Les plateformes électroniques existantes (EWARS, DHIS-2) offrent l’avantage d’analyses


automatisées pour les données de routine et les données sur les cas d’épidémies, ce qui permet
de gagner du temps et de s’assurer que les données analysées sont disponibles en temps réel
pour éclairer la surveillance des maladies et les décisions d’intervention en cas d’épidémies à
tous les niveaux.

10.5.7. Retro-information et diffusion des informations


Le retour d’information est essentiel pour assurer la pleine participation des intervenants. Ces
informations permettent d’éclairer les efforts de lutte contre les maladies. Les fournisseurs
d’information doivent être cités dans les commentaires. Des résumés, des bulletins et des
présentations hebdomadaires des activités de surveillance devraient être présentés et examinés
au cours des rencontres suivantes :

a) Réunions hebdomadaires de coordination de la SIMR au sein de la Direction en charge de


la Maladie (DLMEP).
b) Réunions des clusters Santé et Eau, Hygiène et Assainissement (WASH) et autres groupes
pertinents.
c) Autres réunions pertinentes sur la lutte contre la maladie.
d) Élargissement du champ d’action de toutes les structures de notification et de toutes les
parties prenantes afin d’éclairer les décisions sur les interventions de Santé Publique
e) Durant les épidémies, des rapports de situation réguliers devraient être communiqués à
toutes les parties prenantes.

Les plateformes électroniques existantes offrent l’avantage de produire automatiquement des


bulletins de surveillance des maladies et des bulletins épidémiques ou des rapports de situation
sur l’état de la surveillance des maladies et les décisions d’intervention en cas d’épidémie à tous
les niveaux.

349
10.5.8. Fonctions d’appui à la surveillance au sein des populations
touchées par une crise
Afin d’optimiser le fonctionnement de la surveillance des maladies et la réponse aux épidémies
au sein des populations touchées par une crise, il est essentiel que les guides techniques de la
SIMR soient adaptées et appliquées pour améliorer l’accès aux éléments suivants :

a) Guide technique en matière de surveillance et de riposte aux épidémies à tous les niveaux.
b) Formation des agents de santé, des personnes ou points focaux chargés de la surveillance et
des équipes d’intervention rapide aux fonctions de surveillance, y compris la préparation
aux flambées épidémiques, les enquêtes et les interventions.
c) Appui à la communication (ordinateurs, téléphones, crédit de communication et connexion
Internet) en fonction du contexte local et des besoins de surveillance.
d) Supervision et appui réguliers pour renforcer les fonctions de surveillance à tous les
niveaux.
e) Évaluation périodique visant à améliorer les performances du système de surveillance (voir
le cadre d’évaluation des systèmes de surveillance).

10.5.9. Préparation en cas d’épidémies


La préparation aux flambées épidémiques est primordiale étant donné le risque accru
d’épidémies dans les populations touchées par une crise. Les efforts de préparation devraient,
dans la mesure du possible, être intégrés dans le cadre national existant de la SIMR aux niveaux
national et infranational, le Ministère de la Santé Publique pilotant les efforts avec l’appui de
l’OMS et de ses partenaires. Cependant, dans les situations d’urgence aiguës ou complexes où
les capacités du Ministère de la Santé Publique sont fortement compromises ou diminuées,
l’OMS, en collaboration avec les partenaires du groupe sectoriel Santé, devrait prendre
l’initiative d’améliorer la préparation aux épidémies (OMS, 2012). Les principaux efforts de
préparation des interventions à mener auprès des populations touchées par les crises devraient
porter sur les points suivants :
a) Renforcer les équipes multisectorielles existantes de lutte contre les épidémies ou en
constituer de nouvelles aux niveaux national et infranational, les rôles et responsabilités de
chaque membre de l’équipe étant définis à l’avance.
b) Mettre à jour les plans existants de prévention et de riposte aux épidémies ou en élaborer de
nouveaux qui tiennent compte des risques propres aux populations touchées par une crise.
c) Élaborer ou actualiser (si nécessaire) des formulaires standards pour les listes descriptives
en vue de recueillir des données lors d’une flambée épidémique.

350
d) Élaborer et distribuer des protocoles de traitement normalisés pour les maladies de premier
plan et des stratégies de formation du personnel.
e) Calculer, dans la mesure du possible, les taux d’attaque des maladies à potentiel
épidémique.
f) Constituer des réserves de fournitures essentielles pour la prise en charge afin de déclencher
la lutte contre les flambées (par exemple, sels de réhydratation orale, liquides intraveineux,
matériel de vaccination, équipement de protection individuelle, moyens de transport des
échantillons, fournitures pour la purification de l’eau, désinfectants, pompes de
pulvérisation et brochures d’information sur les mesures préventives destinées au personnel
sanitaire ou à la communauté).
g) S’approvisionner en matériel de prélèvement d’échantillons en laboratoire pour les
maladies prioritaires et identifier un laboratoire compétent pour la confirmation des cas.
h) Recenser des sites potentiels en vue de l’isolement et du traitement adéquat des patients, ou
de l’accueil de malades en cas de hausse du nombre de cas (par exemple, un centre de
traitement du choléra, centres de prise en charge de la Covid-19, Salles de prise en charge
de la rougeole).
i) Mettre en œuvre des mesures de prévention pertinentes fondées sur l’évaluation des risques
de maladies (par exemple, vaccination contre la rougeole et le choléra, pulvérisation intra-
domiciliaire et distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée pour
prévenir des flambées épidémiques de rougeole, choléra et paludisme).
j) Intensifier les efforts de préparation et de riposte/ mettre en place des équipes d’intervention
rapide aux points d’entrée.

[Link]. Seuils d’alerte et d’épidémie

Les seuils suivants sont utilisés pour les populations touchées par une crise :

a) Évaluer la gravité de la crise humanitaire sur la base du taux brut de mortalité et du taux de
mortalité des moins de 5 ans.
i. Le seuil du taux brut de mortalité devrait être inférieur à 1 décès pour 10 000 personnes
par jour.
ii. Le seuil du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans devrait être inférieur à 2
décès pour 10 000 personnes par jour.
b) Servir de système d’alerte permettant de détecter de possibles flambées épidémiques sur la
base du doublement de l’incidence hebdomadaire par rapport à la moyenne hebdomadaire
des deux ou trois semaines précédentes.

351
c) Détection d’un cas de maladie à potentiel épidémique (MAPE) grave comme la rougeole,
la poliomyélite, le choléra, les fièvres hémorragiques virales (FHV) ou la méningite, sur la
base des seuils d’alerte et d’action de la SIMR spécifiques aux populations touchées par la
crise.

Une fois les seuils dépassés, des vérifications, des enquêtes et des mesures d’intervention
devraient être mises en place rapidement afin de prévenir tout nouveau cas et décès.

[Link]. Vérification des signaux/alertes

Pour réduire au minimum la morbidité et la mortalité, la vérification du signal/alerte devrait


commencer une fois qu’il est reçu par les points focaux de surveillance des différents niveaux
(OMS, 2012). La vérification peut se faire par téléphone ou sur site et peut comprendre la
collecte d’informations sur les aspects suivants :

a) Cas fondés sur des définitions types de cas/signaux.


b) Signes et symptômes (envisager des diagnostics différentiels).
c) Date d’apparition des symptômes du premier et du dernier cas détecté.
d) Lieu et date de consultation ou d’admission dans l’établissement de santé.
e) Âge, sexe et statut vaccinal des patients, le cas échéant.
f) Lieu de résidence lors de l’apparition de la maladie/signal.
g) Lieu de survenance des cas (données au niveau de la communauté)
h) Lien épidémiologique entre les cas (Corrélation géographique, personnelle et
temporelle).
i) Enquêtes rapides en laboratoire sur des échantillons prélevés des cas suspects.
j) Résultats (décès, la prise en charge, infection du personnel de santé.

10.5.10. Investiguer les épidémies


L’investigation des épidémies consiste à en déterminer la cause et les personnes à risque afin
que des mesures de lutte soient mises en œuvre. L’objectif principal de l’investigation d’une
flambée épidémique est de circonscrire l’épidémie et de réduire ainsi la morbidité et la
mortalité. L’investigation devrait commencer dès qu’une alerte est donnée après vérification

Dans les situations d’urgence aiguës et complexes, des équipes spécialisées et formées seront
désignées pour entreprendre les investigations, qui devront suivant les lignes directrices de la
SIMR en matière d’investigation des épidémies, adaptées pour répondre aux besoins
particuliers des populations touchées par une crise.

352
10.5.11. Riposte aux épidémies
La riposte aux épidémies devrait se faire suivant le cadre national existant de la SIMR aux
niveaux national et opérationnel. Toutefois, dans les situations d’urgence aiguës ou complexes
où les capacités du Ministère de la Santé Publique sont fortement compromises ou diminuées,
l’OMS, en collaboration avec les partenaires du groupe de responsabilité sectorielle Santé,
devrait prendre la tête de la coordination et de la mise en œuvre des activités de riposte aux
épidémies.

Les risques supplémentaires auxquels sont exposées les populations touchées par une crise
nécessiteront le renforcement des équipes multisectorielles existantes de lutte contre les
épidémies ou la formation de nouvelles équipes multisectorielles aux niveaux national et
opérationnel, les rôles et responsabilités de chaque membre de l’équipe étant définis comme
indiqué dans les directives pour la riposte aux épidémies de la SIMR. Le groupe organique santé
et eau, hygiène et assainissement (WASH) et les groupes organiques partenaires devraient
appuyer les activités de riposte aux épidémies au sein des populations touchées par une crise.

10.6. Stratégie de réhabilitation


Pendant la phase de réhabilitation à la suite de la crise, le ministère en charge de la Santé devra
collaborer avec l’OMS et ses partenaires pour remettre en place toutes les structures ainsi que
les points focaux de la SIMR au sein des populations touchées par une crise. Les pays devraient
procéder à une évaluation pour déterminer ce qui s’est passé, pourquoi cela s’est produit et
consigner les enseignements tirés et les lacunes recensées afin d’étayer les recommandations
visant à prévenir de nouveaux cas.

353
10.7. Références
1. ReliefWeb. (2008). Glossary of Humanitarian terms. Retrieved from
[Link]
2. OMS. (2009a). Surveillance/EWARN in Emergencies. Retrieved from
[Link]
ance_morbidity.pdf
3. OMS. (2009b). OMS | Health Cluster Guide. Retrieved April 13, 2018, from
[Link]
4. OMS. (2012). OMS | Outbreak surveillance and response in humanitarian emergencies.
Retrieved April 13, 2018, from
[Link]
/en/
5. [Link]
[Link]?sequence=1 , released in 2014

354
PARTIE VI
SECTION 11 : RÉSUMÉ DES DIRECTIVES
RELATIVES À DES MALADIES ET AFFECTIONS
PRIORITAIRES SPÉCIFIQUES

Cette section donne des directives spécifiques à chaque maladie


prioritaires et évènement sanitaires, savoir :

• Identifier les buts et les objectifs de la surveillance


• Identifier les données de surveillance à analyser et à
interpréter
• Prendre des mesures quand des seuils d’alerte et
d’intervention pour des maladies spécifiques sont atteints
• Savoir utiliser les outils et les résultats de laboratoire

355
Cette section dresse un tableau récapitulatif des directives relatives à chaque maladie, affection
et évènement prioritaire ciblé pour la surveillance par le Bureau régional de l’Organisation
mondiale de la Santé pour l’Afrique (OMS-AFRO). Cette section donne des directives
spécifiques à chaque maladie, évènement et affection prioritaire pour :

• prendre des mesures quand des seuils d’alerte et d’intervention sont franchis ;
• identifier les buts et les objectifs de la surveillance ;
• analyser et interpréter les données de surveillance ;
• savoir utiliser le livret d’analyse ou la base de données du district ;
• proposer des définitions de cas standardisées pour la notification des maladies, évènements
et affections prioritaires .

En adaptant ces directives, chaque pays établi une liste des maladies, affections et évènements
prioritaires en fonction de la situation épidémiologique locale. La liste des maladies prioritaires
peut varier d’un pays à l’autre, en fonction des politiques et des ressources nationales.

Cette section est destinée uniquement à proposer un système de référence rapide. Pour plus
d’informations, se reporter aux références listées dans le récapitulatif. Le tableau ci-dessous
explique la façon dont les informations sont présentées.

356
Maladie prioritaire ou évènement ciblé dans le cadre de la SIMR au Cameroun
Présentation
Dans cette partie, on trouvera des informations générales sur :
 Les maladies ou évènements, les agents responsables, les zones géographiques affectées et divers autres
renseignements épidémiologiques.
 Les modes de transmission : interhumaine, contact non protégé avec des liquides biologiques infectieux ou des
matériels contaminés, intervention d’un vecteur, etc.
 La raison pour laquelle les maladies ou évènements sont prioritaires en matière de surveillance. Par exemple, parce
qu’ils sont responsables de taux élevés de mortalité, de morbidité et d’invalidité au Cameroun.
 Les facteurs de risques généraux et spécifiques dans le pays.
 Les informations complémentaires pouvant être utiles aux équipes cadres de districts.
But de la surveillance
Cette partie présente la façon dont les données de surveillance peuvent être exploitées pour prendre des mesures de riposte
appropriées
Définition standard de cas
Cas suspect : définition permettant d’identifier les cas suspects ou de suspecter une épidémie.
Cas probable : définition s’adressant à un cas suspect ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé ou une
épidémie.
Cas confirmé : définition permettant de classer un cas comme confirmé par des tests diagnostiques de laboratoire.
Répondre au seuil d’alerte
Certaines maladies, affections ou évènements ont des seuils spécifiques, définis par les programmes de lutte, à partir
desquels il convient d’alerter la FOSA ou le DS de l’existence d’un éventuel problème.
Pour les maladies à potentiel épidémique et celles faisant l’objet de mesures d’éradication ou d’élimination, ou pour des
évènements sanitaires de portée internationale, la détection d’un seul cas constitue une suspicion d’épidémie et exige
une notification immédiate, suivie du traitement du patient, du prélèvement d’échantillons pour confirmation par le
laboratoire, et d’une investigation du cas afin d’identifier les facteurs de risque et d’éventuelles mesures d’intervention à
mettre en œuvre.
Pour les autres maladies prioritaires importantes en termes de Santé Publique, on suspectera une épidémie ou un
évènement, si on constate une concentration, une morbidité ou une augmentation inhabituelle du nombre de cas, par
rapport aux périodes antérieures. Ces observations doivent déclencher une investigation sur l’origine de ces évènements
inhabituels. Si une confirmation par le laboratoire est indiquée, il convient de prélever des échantillons.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Pour les maladies à potentiel épidémique et celles faisant l’objet de mesures d’éradication ou d’élimination, ou pour des
évènements sanitaires de portée internationale, la confirmation d’un cas doit déclencher des mesures de riposte : activité
de vaccination en urgence, amélioration de l’accès à l’eau potable, campagnes d’éducation de la population et
amélioration de la prise en charge des cas.
Pour les autres maladies prioritaires, importantes en Santé Publique, la confirmation d’une épidémie doit donner lieu à
une réponse appropriée : amélioration des couvertures vaccinales spécifiques ; renforcement de la prise en charge des
cas ; information, éducation et communication en matière de prévention et de lutte contre la maladie ; etc.
Analyser et interpréter les données
Cette partie comporte des informations d’ordre général sur les données minimum à recueillir, analyser et interpréter. Elle
indique également les points essentiels à prendre en compte pour l’interprétation de ces données et les éléments
spécifiques importants pour leur analyse (temps, lieu, caractéristiques individuelles).
Confirmation au laboratoire
Cette partie donne des directives pour la confirmation au laboratoire, notamment : les tests diagnostiques appropriés, les
méthodes de prélèvement, de conservation et de transport des échantillons requis pour cette confirmation, ainsi que des
informations concernant les résultats de laboratoire.
Références
Pour plus d’information, des références appropriées sont indiquées pour chaque maladie. La plupart sont disponibles sur
le site internet de l’OMS.

357
Syndrome de fièvre hémorragique aiguë
Présentation
Le syndrome de fièvre hémorragique aiguë peut être dû aux virus Ebola et Marburg (filoviridae), à la fièvre de Lassa
(arenaviridae), à la fièvre de la Vallée du Rift, à la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (bunyaviridae), à la dengue
hémorragique, à la fièvre jaune, et à d’autres maladies bactériennes, rickettsiales ou virales à tendance épidémique.
Tous les cas de syndrome de fièvre hémorragique aiguë, isolés ou groupés, doivent être immédiatement notifiés,
sans attendre l’identification de l’agent responsable.
But de la surveillance
Détecter au plus tôt les cas et les épidémies de syndrome hémorragique de fièvre aiguë, enquêter rapidement et vérifier
sans délai, en laboratoire, l’étiologie de tous les Cas suspects. Investiguer tous les Cas suspects, avec repérage des
contacts. Pendant les épidémies, la plupart des patients infectés ne manifestant pas de symptômes hémorragiques, il
convient d’utiliser une définition de cas spécifique selon la maladie suspectée ou confirmée (exemple : définitions de cas
pour Ebola-Marburg, pour la fièvre de Crimée-Congo, la fièvre de Lassa, la dengue hémorragique et la fièvre jaune).
Définition standard de cas
Cas suspect : apparition brutale d’une fièvre qui dure moins de trois semaines chez un malade gravement atteint ou une
personne décédée ET deux des signes suivants : hémorragie ou purpura ; épistaxis (saignement de nez) ; hématémèse
(vomissement de sang) ; hémoptysie (présence de sang dans les crachats) ; sang dans les selles ; autres manifestations
hémorragiques sans facteur de prédisposition connu aux phénomènes hémorragiques OU suspicion clinique de l’une des
maladies virales.
Cas probable : cas suspect ayant un lien épidémiologique avec des cas confirmés ou une épidémie, mais les
prélèvements ne sont pas disponibles ou sont attendus

Cas confirmé : cas suspect confirmé par le laboratoire.

Remarque : lors d’épidémies, les définitions de cas sont susceptibles d’être modifiées pour correspondre à l’évènement
local. Il convient de noter que la plupart des cas peuvent ne pas présenter des manifestations hémorragiques au cours des
épidémies, et qu’il est crucial de procéder à un examen approprié des antécédents.
Répondre au seuil d’alerte

358
S’il y a un seul cas suspect
• Notifier immédiatement aux autorités compétentes les données relatives au cas.
• Isoler le cas suspect des autres patients ou de la population et suivre des procédures strictes de prévention des
infections. Renforcer les précautions standard dans tout le milieu médical et au sein des communautés.
• Traiter et prendre en charge le patient en lui dispensant des soins de confort.
• Prélever les échantillons appropriés tout en observant des procédures de lutte anti-infectieuse strictes pour confirmer le
cas.
• Remplir un formulaire de demande de laboratoire, procéder au triple emballage des prélèvements (voir les procédures
opérationelles standardisées (POS) détaillés relatifs au triple emballage) et marquer correctement les contenants afin
d’avertir d’un risque potentiel pour la biosécurité en laboratoire.
• Assurer la recherche et le suivi des contacts du cas et faire une recherche active de cas supplémentaires (voir les POS
détaillés relatifs à la recherche et au suivi des contacts).
• Commencer ou améliorer la notification et la surveillance des décès, ainsi que les procédures de dépistage de la fièvre
et des symptômes liés à la maladie hémorragique virale.

359
Syndrome de fièvre hémorragique aiguë
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Si un seul cas est confirmé


 Maintenir des mesures strictes de lutte contre les infections virales* de maladie hémorragique pendant toute
la durée de l’épidémie.
 Mobiliser la communauté pour la détection et la prise en charge rapides des cas ; éduquer la communauté
sur le mode de transmission de la maladie et comment lutter contre l’infection lors des soins à domicile et
des sépultures et enterrements. Envisager des stratégies de réduction des contacts sociaux.
 Assurer le suivi des contacts du cas et rechercher activement d’autres cas qui pourraient ne pas s’être
présentés aux services médicaux.
 Demander l’assistance des autres niveaux, selon les besoins.
 Installer une unité d’isolement ou un centre de traitement pour s’occuper des cas supplémentaires qui
pourraient se présenter au centre de soins, et s’assurer que des mesures de lutte contre les infections strictes
sont prises pour éviter la transmission dans les services médicaux.
 Isoler les Cas suspects et traiter les affections plus courantes présentant des symptômes similaires, telles
que le paludisme, la typhoïde, le typhus du pou, la fièvre récurrente ou la leptospirose. S’assurer de créer
une barrière entre les Cas suspects et les cas confirmés.
 Apporter un soutien psychosocial à la famille, à la communauté et au personnel.
 Envisager la mise en quarantaine des contacts à haut risque et leur apporter un soutien à domicile pendant
la période d’incubation, et assurer le suivi quotidien de leurs déplacements.
 Des vaccins candidats prometteurs contre certaines maladies hémorragiques virales sont en cours de
développement et pourraient s’avérer utiles en cas d’épidémie dans le cadre d’une vaccination en anneau et
pour les travailleurs de la santé.
 Traiter prudemment les symptômes qui pourraient se présenter ; les cas graves nécessitent des soins
complémentaires intensifs ; en cas de déshydratation, veiller à remplacer le liquide perdu par des breuvages
contenant des électrolytes.
 Une série d’options thérapeutiques potentielles constituées des produits sanguins, des immunothérapies et
des pharmacothérapies est en cours d’évaluation.
Analyser et interpréter les données
Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement les informations relatives aux cas et aux décès.
Analyser la répartition en fonction de l’âge et du sexe. Évaluer les facteurs de risque et organiser les actions
de lutte contre la maladie en conséquence.
Temps : faire le graphique des cas et des décès par jour/semaine. Tracer une courbe épidémique pendant les
épidémies.
Lieu : cartographier les lieux d’habitation et de travail des cas. Si vous disposez d’un gadget GPS, cela vous
permettra de mieux déterminer l’emplacement exact des cas et d’identifier les contacts.

360
Confirmation en laboratoire Syndrome de fièvre hémorragique aiguë
Tests diagnostiques Les cas confirmés en laboratoire doivent confirmer la présence de l’antigène du virus, soit par
détection de l’ARN du virus par amplification génique associant la polymérisation en chaîne en
temps réel à la transcriptase inverse (RT-PCR), soit par recherche d’IgM dirigées contre les virus
des fièvres Ebola, Marburg, Crimée-Congo, Lassa ou du Nil occidental
Prélèvements Pour l’ELISA : sang total, sérum ou plasma
Pour la RT-PCR : sang total ou caillot, sérum/plasma ou tissu
Pour l’immunohistochimie : prélèvement de peau ou de tissu des cas décédés
Remarque : les tests de diagnostic rapide (TDR) peuvent théoriquement être effectués dans
n’importe quel FOSA et sans équipement supplémentaire ; toutefois, le recours au TDR peut
conduire à la fois à des faux positifs et à des faux négatifs. Un test diagnostique basé sur les acides
nucléiques (amplification génique, par exemple) tel que GeneXpert doit être effectué pour
confirmer le résultat du TDR. Des directives récentes de l’OMS indiquent que les TDR basés sur
la détection d’antigènes spécifiques aux maladies hémorragiques virales ne sont d’aucune utilité
dans la prise en charge systématique de ces affections lorsque l’amplification génique est
disponible. Cependant, ils peuvent être utilisés sur des sites dépourvus d’infrastructures de
laboratoire et lorsqu’il est impossible d’acheminer rapidement les prélèvements vers un laboratoire
de diagnostic, à condition de bien comprendre leurs avantages et leurs limites.

Quand réaliser les Prélever des échantillons chez tous les cas suspects.
prélèvements Tous les cas doivent faire l’objet d’une enquête, avec repérage des contacts. Des échantillons
sanguins et des échantillons cliniques appropriés doivent être prélevés pour confirmer un
diagnostic le plus rapidement possible.
Comment MANIPULER ET TRANSPORTER LES PRÉLÈVEMENTS DE CAS SUSPECTS DE
préparer, SYNDROME DE FIÈVRE HÉMORRAGIQUE AIGUË AVEC UNE EXTRÊME PRUDENCE.
conserver et PORTER DES VÊTEMENTS APPROPRIES ET UN ÉQUIPEMENT DE PROTECTION
transporter les INDIVIDUELLE COMPLET.
prélèvements Pour l’ELISA ou la PCR
 Réfrigérer le sérum ou le caillot.
 Congeler les échantillons de tissu pour l’isolement du virus (-20°C ou températures plus
basses).
Pour l’immunohistochimie
 Fixer les prélèvements cutanés dans du formol. Ils peuvent ensuite être conservés jusqu’à
6 semaines. Les prélèvements ne sont plus infectieux, une fois fixés dans le formol.
 Conserver à température ambiante. Les prélèvements fixés dans le formol peuvent être
transportés à température ambiante.

Résultats Les services diagnostiques des maladies hémorragiques virales ne sont pas toujours disponibles. Il
faut généralement prévoir des arrangements. Contacter l’autorité nationale compétente ou l’OMS.

Références

361
 Interim Infection Control Recommendations for Care of Patients with Suspected or Confirmed Filovirus
(Ebola, Marburg) Haemorrhagic Fever. BDP/EPR/WHO. Genève, mars 2008.
 Organisation mondiale de la Santé (1998). Contrôle de l’infection en cas de fièvre hémorragique virale en milieu
hospitalier africain. OMS/EMC
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance WHO/CDS/CSR/ISR/99.2
 Guide OMS pour la préparation et la riposte aux épidémies : Fièvre hémorragique à virus Ebola (FHE).
WHO/EMC/DIS/97.7.
 Contrôle de l’infection en cas de fièvre hémorragique virale en milieu hospitalier africain WHO/EMC/ESR/98.2
 Viral Infections of Humans; Epidemiology and Control. 1989. Evans, A.S. (ed). Plenum Medical Book
Company, New York

362
Hépatite virale aiguë et chronique
Présentation
Hépatite virale A et hépatite virale E
 Les virus entériques des hépatites A et E sont un problème de Santé Publique dans le monde entier.
 Des sources fréquentes d’épidémie ont été associées à l’eau contaminée et à une contamination par le biais de
personnes infectées manipulant les aliments.
 Les hépatites A et E sont généralement des infections virales autolimitantes, dont le taux de létalité est faible
(0,1 à 0,3 %). Le risque d’hépatite E fulminante est particulièrement élevé chez les femmes au 3ème trimestre
de la grossesse.
 Les virus de l’hépatite A et E sont tous deux transmis par voie oro-fécale.
 Les mesures de prévention et de lutte contre les hépatites A et E consistent à assurer l’approvisionnement
adéquat en eau potable et à améliorer les pratiques sanitaires et les mesures d’hygiène pour éliminer la
contamination fécale de l’eau et des aliments.
Hépatite virale B et hépatite virale C
 Selon des estimations, 257 millions de personnes sont porteuses du virus de l’hépatite B et 71 millions du virus
de l’hépatite C, dans le monde.
 Les hépatites aiguës B et C peuvent être anictériques et donc non reconnues, mais les flambées aiguës sont rares.
 On observe une infection chronique et de graves séquelles pour l’hépatite B – on estime que 15 % à 25 % des
personnes souffrant d’une infection chronique mourront prématurément d’une cirrhose ou d’un carcinome
hépatocellulaire. L’infection chronique est également fréquente dans l’hépatite C – 5 % à 20 % des patients
infectés par le virus de l’hépatite C risquent de développer une cirrhose. Le risque de carcinome hépatocellulaire
chez les personnes atteintes de cirrhose occasionnée par l’hépatite C est de 2 à 4 % par an.
 L’hépatite B se transmet par exposition percutanée et permuqueuse au sang et autres liquides biologiques
infectés. Dans la plupart des pays de forte endémie pour le virus de l’hépatite B, les infections surviennent le
plus souvent chez le nourrisson et le jeune enfant, ou par transmission périnatale de la mère à l’enfant. D’autres
principaux modes de transmission comprennent l’exposition nosocomiale (transfusions, pratiques d’injection
non sécurisées), le partage d’aiguilles et de seringues chez les toxicomanes, le partage d’articles personnels dans
le foyer (utilisation commune de rasoirs et de brosses à dents, par exemple) et les rapports sexuels avec une
personne infectée.
 L’hépatite C se transmet par exposition parentérale au sang ou aux dérivés plasmatiques. Les plus fortes
concentrations de virus sont détectées dans le sang. Dans le monde, les principales causes d’infection par le
virus de l’hépatite C sont liées aux transfusions de sang non contrôlé et à la réutilisation d’aiguilles et de
seringues mal stérilisées.
 Les mesures de prévention et de lutte contre les hépatites B et C reposent sur la sécurité des transfusions et des
injections, et sur la vaccination (hépatite B). Le dépistage et le traitement précoce constituent des modes
efficaces de prévention secondaire.
 Pour s’attaquer à la charge croissante des hépatites virales, les États Membres de la Région africaine ont
adopté en 2016 le document intitulé « Prévention, soins et traitement de l’hépatite virale dans la Région
africaine : cadre d’action 2016-2020 ».
Il n’existe pas de traitement spécifique des hépatites virales aiguës.

363
Hépatites virales aiguës et chroniques
But de la surveillance
Hépatite virale aiguë

 Détecter les épidémies d’hépatite.


 Identifier les zones géographiques ou les populations à risque afin de cibler les mesures de prévention et de
lutte.
 Estimer la charge de morbidité.
 S’il n’est pas possible d’assurer une surveillance dans tout le pays, la surveillance de zones géographiques ou
d’hôpitaux sentinelles peut apporter des informations utiles concernant les sources potentielles d’infection.
Hépatite virale chronique

 Estimer le fardeau de l’hépatite virale B et C chronique.


 Mesurer l’impact des mesures de lutte et de traitement sur la réduction de la mortalité. À cet effet, des
données relatives aux personnes atteintes d’un carcinome hépatocellulaire ou d’une cirrhose sont
recueillies.
Définitions de cas d’hépatites virales
I) Hépatite virale aiguë
Cas suspect : toute personne souffrant d’une maladie aiguë avec apparition discrète et présentant des signes ou des
symptômes :
i) de maladie infectieuse aiguë (fièvre, malaise, fatigue, par exemple) et ii) de dommages au foie (anorexie, nausées,
jaunisse, urines foncées, sensibilité du quadrant supérieur droit), ET/OU
iii) Une augmentation du taux d’alanine aminotransférase (ALT) supérieure à dix fois la limite supérieure des valeurs
normales.
Cas confirmé : cas suspect confirmé en laboratoire par des biomarqueurs spécifiques au virus :

 Hépatite A aiguë : détection de l’IgM anti-VHA ou de l’ARN du virus de l’hépatite A.


 Hépatite B aiguë : détection de l’antigène de surface du virus de l’hépatite B (HBsAg) ET présence de
l’antigène core du virus de l’hépatite B (anti-HBc) classe IgM, détection de l’ADN du virus de l’hépatite B.
 Hépatite C aiguë : présence de l’ARN du virus de l’hépatite C (charge virale), présence de l’antigène core du
virus de l’hépatite C (si disponible) et détection d’IgM anti-VHC. Absence de marqueurs de l’hépatite A aiguë
(IgM anti-VHA) et de l’hépatite E (IgM anti-VHE).
 Hépatite D aiguë : détection d’antigène HBsAg (ou présence d’IgM anti-HBc) et présence d’anticorps anti-
VHD (habituellement l’IgM), et détection de l’ARN du virus de l’hépatite virale D (l’infection par le VHD
survient SEULEMENT en tant qu’infection ou surinfection de l’hépatite B).
 Hépatite E aiguë : présence d’IgM anti-HEV.

II) Définitions de cas d’hépatite virale chronique (VHB et VHC)

Hépatite B chronique

 La persistance de l’antigène HbsAg pendant plus de 6 mois après l’infection aiguë indique une infection
chronique par le virus de l’hépatite B.

364
 Recherche positive d’antigène HBsAg et d’anticorps anti-HBc (habituellement IgG) chez les personnes
asymptomatiques ou les patients atteints d’une maladie hépatique chronique et/ou d’une tumeur hépatique indique
une infection chronique par le virus de l’hépatite B.
Hépatite C chronique

 Recherche positive de l’ARN du virus de l’hépatite C chez une personne présentant des anticorps anti-VHC
(habituellement IgG).
 Présence de l’ARN du virus de l’hépatite C OU recherche positive de l’antigène core du virus de l’hépatite C.
N.B. : la détection d’anticorps (présence d’anticorps anti-VHC) ne permet pas de faire la différence entre une infection
aiguë, une infection chronique et une infection antérieure.
Surveillance en vue de la détection des hépatites B et C chroniques
 Effectuer des tests de séroprévalence des antigènes HBsAg et des anticorps anti-VHC au sein de la
population générale et chez tous les patients présentant une maladie chronique du foie ;
 Il peut notamment s’agir :
o d’approches de dépistage auprès de la population générale faisant appel aux possibilités ou aux
programmes de dépistage communautaires ou dans les FOSA existants, notamment les cliniques
prénatales et les établissements de prise en charge du VIH et de la tuberculose.
o d’enquêtes périodiques sur la séroprévalence au sein de la population générale au moyen de marqueurs
sérologiques de l’hépatite virale B et C.
o des patients qui se présentent dans des FOSAavec une maladie chronique ou une tumeur du foie.
Répondre au seuil d’alerte
S’il y a des cas suspects d’hépatite

 Notifier aux autorités compétentes l’information au cas par cas (le formulaire de notification au cas par cas
est disponible en annexe).
 Prélever des échantillons et les envoyer au laboratoire pour identifier l’étiologie de la maladie.
 Selon les nécessités, traiter et prendre en charge les patients en leur dispensant des soins de confort.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si des cas d’hépatite sont confirmés
 Déterminer le mode de transmission.
 Identifier la population exposée au risque d’infection.
 Éliminer la(les) source(s) courante(s) d’infection.
 Mettre en place les mesures de prévention et de lutte appropriées.
 Les patients souffrant d’hépatite virale chronique devraient être orientés vers des centres tertiaires ou
spécialisés, ou vers des centres désignés pour le traitement, les soins et le suivi.
Analyser et interpréter les données

365
Temps : analyser les cas suspects et confirmés par semaine et par mois. Faire un graphique des cas et des décès par
semaine et par mois.

Tracer une courbe épidémique pendant les épidémies.

Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas.

Caractéristiques individuelles : analyser les données en fonction de l’âge et du sexe. Évaluer les facteurs de risque
pour planifier et suivre les mesures de prévention et de lutte. Calculer le taux d’incidence des cas d’hépatite virale
aiguë et le taux de prévalence des cas d’hépatite virale B et C chronique, ainsi que le taux de mortalité des cas.

366
Hépatites virales aiguës et chroniques
Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques
Hépatite A : recherche positive d’IgM anti-VHA
Hépatite B : recherche positive des antigènes de surface du VHB (HbsAg) ou des IgM anti-
HBc
Hépatite C : recherche positive d’anticorps anti-VHC
Hépatite D : recherche positive des HBsAg (ou des IgM anti-HBc) plus recherche positive
des anticorps anti-VHD (seulement s’il y a co-infection ou surinfection de
l’hépatite B)
Hépatite E : recherche positive des IgM anti-VHE et/ou des IgG anti-VHE

Prélèvements Sang total, sérum ou selles (pour les virus des hépatites A et E)
Quand réaliser les Effectuer des prélèvements chez le cas suspect.
prélèvements
Les IgM anti-VHA sont décelables 5 à 10 jours après l’exposition.
Les HBsAg sont détectables dans le sérum plusieurs semaines avant l’apparition des
symptômes, et des jours, des semaines ou des mois après. Ils persistent lors des infections
chroniques. Les IgM anti-HBc disparaissent généralement au bout de six mois.
Comment préparer, Appliquer les précautions universelles pour minimiser tout risque d’exposition aux objets
conserver et contondants et aux liquides biologiques.
transporter les
 Prélever 5 à 10 ml de sang veineux.
prélèvements
 Laisser le caillot se rétracter à température ambiante, pendant 30 à 60 minutes, ou
centrifuger pour séparer le sérum des globules rouges.
 Verser aseptiquement le sérum dans des tubes stériles avec capuchons à vis.
 Conserver les sérums à 4 °C.
 Pour une conservation supérieure à 5 jours, les prélèvements doivent être congelés à
-20 °C.
Transporter les échantillons de sérum dans un emballage approprié pour éviter tout risque de
casse ou de fuite.

Résultats Les résultats sont généralement disponibles un à trois jours après réception des prélèvements
par le laboratoire.

367
Hépatites virales aiguës et chroniques
Test de laboratoire pour l’hépatite virale chronique
I) Hépatite virale B chronique
Premières analyses de base en laboratoire
Les tests de laboratoire suivants doivent être demandés après un examen approfondi des antécédents et un examen
physique des individus chez lesquels l’antigène HBsAg a été détecté.
a. Déterminer la chronicité : persistance de l’antigène HbsAg pendant plus de six mois après l’infection aiguë ou
présence d’une maladie chronique ou d’une tumeur du foie.
b. Déterminer le statut de l’antigène HBe et de l’anticorps anti-HBe : antigène HBe et anticorps anti-HBe.
c. Établir l’activité inflammatoire : tests de la fonction hépatique.
d. Déterminer le niveau de virémie – charge virale : ADN du virus de l’hépatite B.
e. Rechercher la présence d’une maladie chronique du foie ou d’autres complications par un examen clinique des
stigmates d’une maladie chronique du foie, une échographie abdominale, un profil de coagulation, ou une
numération globulaire complète.
f. Dépister d’autres co-infections : anticorps anti-VHC, VIH, VHD (dans les régions d’endémie).
g. Enquête complémentaire : détermination du taux d’urée sanguine et de créatinine dans le sang.
h. Envisager une biopsie du foie ou un fibroscan si nécessaire.
II) Hépatite virale C chronique
Enquêtes initiales sur les patients infectés par le VHC
a. Le test de dépistage du VHC est un test de recherche de l’anticorps anti-VHC. Contrairement au test de dépistage
du VHB, un test de dépistage du VHC (de l’anticorps anti-VHC) positif ne signifie pas qu’il existe une infection
active. De plus, le test de dépistage du VHC donne souvent plusieurs résultats faussement positifs.
b. Les étapes suivantes doivent être suivies pour définir si une infection est active :
o confirmer le test de dépistage de l’anticorps anti-VHC au moyen du test ELISA
o confirmer que l’infection est active au moyen d’un test de détection de l’ARN ; la détection de l’ARN
du VHC confirme que l’infection est active ; si l’ARN est indétectable, aucun autre test n’est indiqué.
Ce résultat indique une infection antérieure ou un test sérologique faussement positif.
o d’autres tests de dépistage pour les cas de recherche positive de l’ARN comprennent : le test de la
fonction hépatique, l’échographie abdominale, le génotypage viral, la numération globulaire, l’urée et
les électrolytes sanguins, et la créatinine.
o dépister les co-infections (VIH, VHB).
o évaluer le degré d’inflammation et de fibrose en effectuant le test suivant :
 score APRI (indice de rapport aspartate aminotransférase/plaquette).
 score Fib-4 (le score utilise une combinaison d’âge, de nombre de plaquettes, d’aspartate
aminotransférase (AST) et d’alanine aminotransférase (ALT) pour obtenir le score).
 Fibroscan.
La biopsie du foie constitue la méthode de référence (Gold standard).

368
Hépatites virales aiguës et chroniques
Références
 Stratégies recommandées par l’OMS contre les maladies transmissibles – prévention et lutte ;
WHO/CDS/CPE/SMT/2001.13
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance
WHO/CDS/CSR/ISR/99.2
 OMS Aide-mémoire No 328, Hépatite A, révisé en mai 2008. OMS Aide-mémoire No 204,
Hépatite B, révisé en août
 OMS Aide-mémoire no 204, Hépatite B, révisé en août
 OMS Aide-mémoire no 2008 164, Hépatite C.
 OMS Aide-mémoire no 280, Hépatite E, révisé en janvier 2005.
 Organisation mondiale de la Santé [Link]
 Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis [Link]
 Control of Communicable Diseases Manual, 18e édition
 Organisation mondiale de la Santé. Lignes directrices pour la prévention, les soins et le traitement en faveur des
personnes atteintes d’une infection à hépatite B chronique. Genève, mars 2015
 Organisation mondiale de la Santé. Lignes directrices pour le dépistage, les soins et le traitement des personnes
ayant une infection chronique avec le virus de l’hépatite C. Genève, avril 2016
 Rapport mondial de l’OMS sur l’hépatite, 2017
 WHO Guidelines on hepatitis B and C testing, February 2017

369
Manifestations postvaccinales indésirables (MAPI)
Présentation
La surveillance des MAPI sert de mécanisme d’assurance qualité pour les programmes nationaux de vaccination
et, dans la plupart des pays, elle doit être continuellement renforcée. Il existe cinq causes possibles des MAPI : 1)
une réaction réelle du produit ; 2) un défaut du produit ; 3) une erreur de vaccination ; 4) une réaction au vaccin
qui est liée au stress ; et 5) un problème de santé fortuit. Il est important d’identifier et de fournir des soins aux
patients présentant des MAPI. Les MAPI graves doivent également faire l’objet d’une enquête approfondie pour
en déterminer la cause.
But de la surveillance
Surveiller l’innocuité des vaccins et de la vaccination après l’homologation et répondre aux préoccupations en
matière de sécurité.
Définition standard de cas
La manifestation postvaccinale indésirable renvoie à tout évènement médical fâcheux qui survient après la
vaccination et qui n’a pas nécessairement un lien de cause à effet avec l’administration du vaccin. L’évènement
indésirable peut être tout signe défavorable ou non intentionnel, tout résultat anormal de laboratoire, un symptôme
ou une maladie.
Réaction aux MAPI mineures
Si un cas est identifié
 Soigner le patient.
 Informer les parents et la communauté que la MAPI peut survenir après l’administration d’un vaccin.
 Répondre aux rumeurs ou aux demandes de renseignements du public.
 Remplir le formulaire individuel d’investigation de cas.
Réaction aux MAPI graves

Une MAPI est considérée comme grave si elle provoque la mort, met la vie en danger, nécessite une
hospitalisation ou une prolongation de l’hospitalisation existante, entraîne une invalidité ou une incapacité
persistante ou importante, provoque une anomalie ou une malformation congénitale, ou nécessite une
intervention pour prévenir une déficience ou des dommages permanents.
 Soigner le patient.
 Informer les parents et la communauté que la MAPI peut survenir après l’administration d’un vaccin.
 Répondre aux rumeurs ou aux demandes de renseignements du public.
 Remplir le formulaire de notification des cas et l’envoyer immédiatement afin d’initier une enquête.
 Si un problème lié à un produit ou à une erreur d’immunisation est décelé, prendre des mesures
correctives pour éviter qu’une autre MAPI survienne pour la même raison.
Analyser et interpréter les données
Déterminer la cause de cet évènement. Se méfier de la psychose de groupe quand des écoliers ou des individus
plus âgés sont concernés en même temps.

370
Références

▪ Global Manual on Surveillance of Adverse Events Following Immunization
[Link]
▪ Definition and application of terms for vaccine pharmacovigilance. Report of CIOMS/WHO Working
Group on Vaccine Pharmacovigilance. Geneva, Council for International Organizations of Medical
Sciences, 2012

371
Fièvre charbonneuse (Anthrax)
Présentation
 L’anthrax est une zoonose largement répandue, provoquée par Bacillus anthracis, une bactérie sporulée Gram
positif en forme de bâtonnets. Cette zoonose est transmise à l’homme à partir du bétail (bœufs, moutons,
chèvres, buffles, cochons et autres) ou du gibier, par contact direct avec les animaux ou indirect avec leurs
produits dérivés.
 La période d’incubation dure un à sept jours, mais elle peut être plus longue (jusqu’à deux à trois semaines pour
la forme cutanée de l’anthrax et jusqu’à sept semaines pour la forme pulmonaire). Les personnes exposées au
risque professionnel incluent ceux qui manipulent les carcasses infectées et ceux qui travaillent dans le
traitement des os, des peaux, de la laine et autres produits animaux. Des personnes peuvent également être
contaminées en manipulant ou en consommant de la viande d’animaux malades ou morts de la maladie. Il a
également été rapporté que la maladie pouvait être transmise des animaux infectés à l’homme par l’intermédiaire
de piqûres de mouches. Toutefois, on ne sait pas si ce mode de transmission est efficace et fréquent.
 L’anthrax humain représente un sérieux problème de Santé Publique dans plusieurs pays et peut provoquer des
épidémies explosives (en particulier, la forme gastro-intestinale contractée par ingestion de viande contaminée).
Bien que le risque pour la forme pulmonaire de l’anthrax (par inhalation) soit essentiellement professionnel, la
menace d’une guerre biologique ne doit pas être négligée. L’anthrax a des conséquences sérieuses sur le
commerce des produits animaux.
 La lutte contre l’anthrax repose sur sa prévention dans le bétail. Les programmes uniquement basés sur la
prévention chez l’homme sont onéreux et à priori peu efficaces, excepté pour les individus professionnellement
exposés.
 Il existe un vaccin efficace pour les personnes professionnellement exposées, de même que pour le bétail,
notamment pour les troupeaux continuellement exposés à une végétation et à des sols contaminés.
But de la surveillance
 Détecter les épidémies.
 Superviser les programmes de prévention et de lutte.
Définition standard de cas
Cas suspect
Toute personne manifestant brutalement les symptômes d’une des formes cliniques de la maladie :
(e) Forme cutanée : toute personne présentant une lésion cutanée évoluant sur une période de 1 à 6 jours,
passant d’une papule à une vésicule, puis se transformant en escarre noirâtre, systématiquement
accompagnée d’un œdème plus ou moins étendu.
(f) Forme gastro-intestinale : toute personne souffrant de troubles abdominaux caractérisés par des nausées,
des vomissements, une anorexie, et suivis de fièvre.
(g) Forme respiratoire (inhalation) : toute personne présentant un bref prodrome évoquant une maladie
respiratoire virale aiguë, suivi de l’apparition rapide d’hypoxie, de dyspnée et d’une forte fièvre, avec un
élargissement du médiastin visible à la radiographie.
(h) Forme méningée : toute personne présentant une forte fièvre d’apparition brutale, pouvant être
accompagnée de convulsions, d’une perte de conscience, de signes et symptômes méningés ; forme
fréquemment observée dans les infections systémiques, mais qui peut aussi ne manifester aucun autre
symptôme clinique de l’anthrax.
ET ayant un lien épidémiologique avec des cas suspect ou confirmés chez l’animal ou avec des produits
contaminés d’origine animale.

372
Cas confirmé
Cas cliniquement compatible avec les formes cutanée, respiratoire, gastro-intestinale, confirmé en laboratoire par :
(c) Isolement de B. anthracis à partir du tissu ou du site affectés ; ou
(d) Mise en évidence de la présence de B. anthracis à l’aide d’au moins deux tests diagnostiques.
Remarque : il n’est pas toujours possible de mettre en évidence la présence de B. anthracis dans les prélèvements
cliniques, lorsque le malade a été traité avec des agents antimicrobiens.
Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas suspect


 Notifier immédiatement aux autorités compétentes (secteurs de la Santé Publique et de la santé animale)
l’information relative au cas.
 Appliquer les mesures barrières standard pour toutes les formes de la maladie. Utiliser un équipement et des
vêtements de protection (gants, blouses, masques faciaux), ainsi qu’une protection respiratoire s’il y a des
risques d’aérosols. Désinfecter et couvrir toute coupure ou écorchure, avant d’enfiler les EPI.
 Nettoyer l’environnement à l’eau de javel (désinfection).
 Prendre en charge le patient en lui dispensant des soins de support, ainsi qu’un traitement antibiotique
[pénicilline V, pénicilline procaïne (cas sans complications), ou pénicilline G (cas graves)].
 Faire des prélèvements de façon sécurisée pour confirmation du cas par le laboratoire.
 Mener des investigations conjointes (secteurs de la Santé Publique et de la santé animale) des cas et des décès.
 Vacciner les animaux exportés/importés.
 Chez l’homme, on envisagera une vaccination préventive sélective en cas d’exposition professionnelle. Il est
important d’examiner profondément les antécédents pour déterminer s’il existe une exposition professionnelle,
car une administration inutile d’antibiotiques pourrait entraîner une résistance aux antimicrobiens.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si un seul cas est confirmé
 Les mesures standardisées de lutte contre les infections sont suffisantes et doivent être appliquées pour la prise en
charge des patients.
 On fera tout particulièrement attention aux gouttes de liquides organiques qui doivent être traitées par les
méthodes habituelles de nettoyage et de décontamination appliquées aux liquides biologiques. Ceci doit être fait
rapidement et soigneusement, car les microorganismes restant sur les surfaces peuvent produire des spores
infectieuses.
 Comme c’est l’usage, il convient d’utiliser un équipement protecteur dans les situations où il y a risque
d’aspersion ou d’inoculation accidentelle. Tout incident doit être immédiatement notifié.
 Mobiliser la communauté pour la détection et le traitement rapides des cas.
 Enterrer ou incinérer correctement les corps (humains et animaux).
 Mener des actions éducatives dans la communauté concernant la description du cas confirmé, le mode de
transmission de la maladie et l’application des mesures de lutte contre l’infection lors des soins à domicile.
 Rechercher activement les cas supplémentaires qui pourraient ne pas s’être présentés aux services de soins
(personnes âgées ou jeunes enfants, par exemple) et donner des informations sur la prévention à domicile et
quand il faut consulter les services de santé.
Demander l’assistance des autres niveaux, selon les besoins.

373
Analyser et interpréter les données
Temps : faire des graphiques du nombre de cas suspects/probables/confirmés par date.
Lieu : cartographier les cas animaux et humains, suspects et confirmés par zone géographique (district).
Caractéristiques individuelles : faire un tableau indiquant le nombre de cas suspects
/probables/confirmés par date, par tranche d’âge et par sexe.

Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques Isolement de Bacillus anthracis à partir d’un prélèvement (sang, lésions, sécrétions).
Observation de B. anthracis lors de l’examen microscopique de frottis colorés (liquide
vésiculaire, sang, liquide céphalorachidien, liquide pleural, selles). Sérologie positive
(ELISA, Western blot, détection de toxine, chromatographie, test anticorps fluorescent).
Détection de l’acide nucléique par amplification génique.
Prélèvements Forme cutanée
1. Pour les lésions vésiculaires, deux prélèvements de liquide vésiculaire à partir de
vésicules intactes (non ouvertes) à l’aide de coton-tige stériles.
2. Pour les escarres, les bords doivent être soulevés et deux échantillons prélevés en faisant
pivoter un coton-tige sous les bords.
3. Pour les ulcères, il faut prélever l’échantillon à la base de la lésion avec un coton-tige
imbibé de sérum physiologique.
Les échantillons de sang destinés à la culture bactériologique doivent être prélevés
avant tout traitement antibiotique, si le patient manifeste des symptômes
systémiques.
4. Chez tous les patients présentant une lésion diagnostiquée comme un anthrax cutané,
une biopsie doit être prélevée sur toute la hauteur de la papule ou de la vésicule, en
englobant du tissu cutané adjacent. Elle sera plongée dans le formol pour
l’histopathologie.
6. Chez les patients n’ayant pas encore commencé l’antibiothérapie ou seulement depuis
moins de 24 heures, faire une deuxième biopsie.
7. Prélever les sérums de phase aiguë et de phase convalescente pour la sérologie.
Forme gastro-intestinale
1. Prélèvement sanguin avant antibiothérapie pour la culture.
2. Ascites pour la culture et la PCR.
3. Selles ou écouvillonnage rectal pour la culture et la PCR.
4. Prélèvement d’une lésion oropharyngée, si présente, pour la culture et la PCR.
5. Prélever les sérums de phase aiguë et de phase convalescente pour la sérologie.
6. Biopsies tissulaires chez les cas décédés pour l’histopathologie.
Forme pulmonaire (inhalation)
1. Prélèvement sanguin avant antibiothérapie pour la culture.
2. Liquide pleural, si présent, pour la culture et la PCR.
3. Liquide céphalorachidien chez les patients manifestant des signes méningés, pour la
culture et la PCR.
374
Anthrax (humain)
4. Biopsies bronchiques/pleurales pour l’immunohistochimie.
5. Sérums de phase aiguë et de phase convalescente pour la sérologie.
6. Biopsies tissulaires chez les cas décédés pour l’histopathologie.
Quand réaliser les Faire des prélèvements chez tout patient manifestant les symptômes d’une infection
prélèvements cutanée à Bacillus anthracis.

Remarque : il n’est pas toujours possible de mettre en évidence la présence de


B. anthracis dans les prélèvements cliniques, lorsque le malade a été traité avec des
agents antimicrobiens.

Il est plus facile d’observer la présence du microorganisme dans des échantillons


prélevés au stade vésiculaire.

Les échantillons cliniques destinés à la culture du microorganisme doivent être


prélevés avant tout traitement antimicrobien. Faire une PCR sur les prélèvements, si la
technique est disponible dans les laboratoires de référence.

Attention : B. anthracis a un potentiel infectieux élevé.


Comment préparer, Stade vésiculaire : prélever du liquide à partir de vésicules intactes à l’aide de coton-
conserver et transporter tige stériles.
les prélèvements Stade de l’escarre : sans ôter l’escarre, insérer un coton-tige sous le bord et le faire
pivoter pour prélever du matériel de la lésion. L’échantillon ne se conserve pas plus de
24 heures et doit être transporté au laboratoire en deux heures maximum, à
température ambiante.
Selles : prélever 5 à 10 g dans un récipient propre, stérile, hermétiquement fermé et
étanche. L’échantillon ne se conserve pas plus de 24 heures à 4 °C et doit être
acheminé en une heure maximum à température ambiante.
Sang : prélever selon les modalités de l’établissement pour les méthodes habituelles
d’hémocultures. Prélever 10 ml de sang sur EDTA pour la PCR. L’acheminer en deux
heures maximum, à température ambiante.
Crachat : prélever des échantillons d’expectoration dans un récipient stérile et
étanche. L’échantillon ne se conserve pas plus de 24 heures à 4 °C et doit être
acheminé en deux heures maximum à température ambiante.
Résultats Les services diagnostiques pour l’anthrax ne sont pas toujours disponibles. Il faut
généralement prévoir des arrangements. Contacter l’autorité nationale compétente
ou l’OMS.

375
Références

 Organisation mondiale de la Santé. Anthrax in humans and animals. Genève, 2008. (Disponible
sur [Link] AnthraxGuidelines2008/en/[Link]
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance WHO/CDS/CSR/ISR/99.2
 Stratégies recommandées par l’OMS contre les maladies transmissibles – prévention et
lutte, WHO/CDS/CPE/SMT/2001.13
 2003 WHO Manual for Laboratory Diagnosis of Anthrax
([Link] Section58/[Link])
 Anthrax Information for Health Care Providers, CDC ([Link]
[Link])
 Recommended Specimens for Microbiology and Pathology for Diagnosis: Inhalation, Cutaneous, and
Gastrointestinal Anthrax, CDC
([Link] [Link])

376
Méningite bactérienne
Présentation
 Neisseria meningitidis, Haemophilus influenzae type b (Hib), et Streptococcus pneumoniae sont responsables de
la majorité de tous les cas de méningite bactérienne et de 90 % des méningites bactériennes chez les enfants.
 La méningite à méningocoques est la principale forme de méningite bactérienne responsable d’épidémies. Elle
reste un défi de Santé Publique majeur dans la ceinture africaine de la méningite, zone géographique s’étendant
du Sénégal à l’Éthiopie. Dans ces pays, d’importantes flambées épidémiques peuvent se déclarer pendant la
saison sèche (de novembre à mai). En dehors de la ceinture de la méningite, de petites épidémies peuvent se
déclarer toute l’année.
 Les épidémies dans la ceinture de la méningite étaient traditionnellement associées au sérogroupe A de Neisseria
meningitidis avant l’introduction du vaccin conjugué contre le méningocoque A (MenAfriVac) dans les pays de
la ceinture de la méningite dès 2010. Le vaccin conjugué contre le méningocoque A est immunogène chez les
nourrissons et les adultes et confère une protection à long terme. Ce vaccin a considérablement réduit la circulation
du méningocoque A et éliminé les épidémies de méningite causée par ce méningocoque.
 Des épidémies imputables à d’autres sérogroupes continuent de se produire : depuis 2013, des épidémies majeures
dues au méningocoque du sérogroupe C sont survenues au Nigéria et au Niger. De 2016 à 2018, des épidémies
mixtes majeures de Neisseria meningitidis de sérogroupe W et de Streptococcus pneumoniae ont été signalées au
Ghana. En 2016 et en 2017, le Togo a signalé des épidémies liées au méningocoque de sérogroupe W. En outre,
en 2006, le Burkina et le Niger ont signalé une épidémie due méningocoque de sérogroupe X.
 La maladie se transmet par voie aérienne d’une personne à l’autre par de grosses gouttelettes de sécrétions
rhinopharyngées d’individus infectés.
 La période d’incubation dure de deux à dix jours.
 Les taux d’attaque les plus élevés sont observés chez les enfants de moins de 15 ans. Les taux de létalité sont
généralement compris entre 8 et 15 % chez les malades traités, et supérieurs à 70 % en l’absence de traitement.
De nombreux survivants garderont des séquelles à long terme, notamment des retards mentaux, la perte de l’ouïe
et de l’usage des membres.
 La ceftriaxone est le médicament de choix pour le traitement de la méningite lors des épidémies, car elle est efficace
contre les agents pathogènes prédominants de la maladie. En outre, la résistance antimicrobienne à la ceftriaxone
n’a pas encore été détectée en Afrique.
 Lors d’épidémies dans la ceinture de la méningite, l’antibioprophylaxie n’est pas recommandée.
 La riposte actuelle aux épidémies de méningite consiste à organiser des campagnes réactives de vaccination de
masse avec les vaccins polysaccharidiques bivalent (A et C) ou trivalent/quadrivalent (A, C, W/A, C, Y W), dès
que possible après la déclaration de l’épidémie. Ces vaccins polysaccharidiques ne protègent pas les très jeunes
enfants (moins de deux ans) et n’offrent qu’une protection sur trois ans.

But de la surveillance

 Détecter rapidement les épidémies de méningite et confirmer leur étiologie.


 Exploiter les données de surveillance pour organiser les approvisionnements en vaccins et médicaments, et prendre
des mesures supplémentaires de prévention et de lutte.
 Évaluer et suivre la propagation et l’évolution de l’épidémie, ainsi que l’efficacité des mesures de lutte.
 Surveiller la situation pendant toute l’année, notamment les changements de sérogroupes.
 Suivre la sensibilité aux antibiotiques.

377
Définition standard de cas de Méningite bactérienne

Cas suspect
Toute personne présentant une forte fièvre d’apparition brutale (température rectale >38,5ºC ou axillaire >38,0ºC) et
l’un des signes suivants : raideur de la nuque, altérations de la conscience ou autres signes méningés, y compris un
bombement de la fontanelle chez les nourrissons.
Cas probable
Tout cas suspect présentant un liquide céphalorachidien (LCR) trouble ou purulent à l’examen macroscopique ; ou
présentant un nombre de leucocytes dans le LCR > 10 cellules/mm3 ou avec des bactéries identifiées par une coloration
de Gram dans le LCR ; ou détection de l’antigène (par exemple, par test d’agglutination au latex) dans le LCR.
Chez les nourrissons : numération des leucocytes >100 cellules/mm3 dans le LCR ; ou numération des leucocytes
compris entre 10 et 100 cellules/mm3 dans le LCR : taux de protéine élevé (>100 mg/dl) ou taux de glucose réduit
(<40 mg/dl).
Cas confirmé
Tout cas suspect ou probable confirmé en laboratoire par la culture ou l’identification (notamment par amplification
génique) d’un agent pathogène bactérien (Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae de
type b) dans le LCR ou dans le sang.
Répondre au seuil d’alerte

Seuil d’alerte
Pour les populations de 30 000 à 100 000 habitants, un taux d’attaque de trois cas pour 100 000 habitants par
semaine (minimum de deux cas en une semaine).
 Pour les populations de moins de 30 000 habitants : deux cas en une semaine ou une augmentation du nombre
de cas comparé à la même période des années précédentes non épidémiques.
Répondre au seuil d’alerte
 Informer le niveau supérieur du système de santé.
 Enregistrer les cas sur une liste descriptive.
 Investiguer les cas et demander leur confirmation par le laboratoire.
 Traiter tous les Cas suspects avec les antibiotiques appropriés, conformément au protocole national.
 Intensifier la surveillance pour rechercher d’autres cas dans la région.
 Préparer une riposte éventuelle.
 Se préparer à mener une campagne de vaccination de masse.

378
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Seuil épidémique
 Pour les populations de 30 000 à 100 000 habitants : 10 cas pour 100 000 habitants, par semaine.
 Pour les populations de moins de 30 000 habitants : cinq cas en une semaine** ou le doublement du nombre de
cas sur une période de trois semaines.

*Pour les districts comptant plus de 100 000 habitants, il est recommandé de calculer les taux d’attaque par sous-
districts comptant entre 30 000 et 100 000 habitants.
**Dans des situations spéciales telles que des rassemblements de masse de personnes déplacées réfugiées ou au sein
des institutions fermées, deux cas confirmés en une semaine devraient déclencher une vaccination de masse.
Réponse au seuil épidémique

▪ Procéder à une vaccination de masse dans les quatre semaines suivant le franchissement du seuil épidémique***
▪ Mobiliser la communauté pour permettre une détection et un traitement rapide des cas et améliorer la couverture
vaccinale pendant les campagnes de vaccination de masse.
▪ Poursuivre le recueil, la transmission et l’analyse des données.
▪ Continuer à prélever régulièrement, chaque semaine, 5 à 10 échantillons de LCR, pendant toute la durée de la
saison épidémique, dans tous les districts touchés, afin de détecter toute éventuelle modification de sérogroupe.
Distribuer les médicaments aux centres de santé.
▪ Traiter tous les cas suspects avec les antibiotiques appropriés, conformément au protocole national.
***Si une région voisine d’une population ciblée pour la vaccination est considérée comme étant à risque (cas
enregistrés au début de la saison sèche, absence de campagne de vaccination pertinente récente, forte densité de
population), elle doit être incluse dans un programme de vaccination.

Analyser et interpréter les données


▪ Temps : pendant la saison épidémique, dans les pays de la ceinture africaine de la méningite, faire le graphique
des cas et des décès hebdomadaires. Sinon, représenter sur un graphique les tendances mensuelles des cas et des
décès. Tracer la courbe épidémique des cas liés aux épidémies.
▪ Lieu : lors des épidémies (pas dans les situations d’endémie), cartographier les lieux d’habitation des cas et
estimer la distance qui les sépare de la FOSA la plus proche.
▪ Caractéristiques individuelles : faire le total des cas sporadiques et des cas liés aux épidémies. Analyser leur
répartition en fonction de l’âge. Objectif fixé pour le taux de létalité : < 10 %

379
Méningite bactérienne
Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques Examen microscopique du LCR pour la présence de diplocoques Gram négatif

Culture et isolement de N. meningitidis Streptococcus pneumoniae, et Haemophilus


influenzae de type b à partir du LCR ou du sang

RT-PCR (laboratoire national de référence)

Prélèvements Liquide céphalorachidien


Remarque : le LCR est le prélèvement de choix pour la mise en culture et l’examen
microscopique de N. meningitidis. S’il ne peut être prélevé, faire un prélèvement de sang
(10 ml chez les adultes, 1 à 5 ml chez les enfants) pour la mise en culture.

Quand réaliser les


prélèvements Faire des prélèvements chez 5 à 10 cas, une fois que le seuil d’alerte ou épidémique est
atteint (voir « Méningite », Section 8.0).

Comment préparer, ▪ Préparer le patient et recueillir aseptiquement le LCR dans des tubes à essai avec
conserver et transporter capuchons.
les prélèvements
▪ Remplir un tube sec (culture) et un cryotube (PCR).
▪ Si le tube sec ne peut pas arriver au laboratoire dans les deux heures, inoculer 1 ml
de LCR dans un flacon préchauffé de milieu Trans-isolate.
▪ Incuber entre 36 °C et 37 °C (température corporelle).
▪ Ne jamais réfrigérer les échantillons qui seront mis en culture.
Résultats Conserver le LCR destiné à l’examen microscopique et à l’analyse biologique dans la
Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae, et Haemophilus influenzae b.
seringue de prélèvement (remettre le capuchon). Réfrigérer la seringue et l’envoyer au
Neisseria meningitidis sont des microorganismes délicats dont l’isolement est coûteux et
laboratoire dès que possible.
difficile. Ils exigent d’excellentes techniques de prélèvement et de traitement des
échantillons, ainsi que des milieux et des antisérums onéreux.
Il faut faire le sérotypage et l’antibiogramme des isolats de N. meningitidis ou Neisseria
meningitidis des premiers prélèvements de cas sporadiques ou liés à une épidémie, pour
déterminer le traitement approprié.
Le milieu Trans-Isolate est stable. Il peut être conservé à 4 ºC pendant deux ans après sa
préparation. À 4 °C, la phase liquide prend un aspect gélatineux, mais se reliquéfie à
température ambiante. Les flacons de Trans-Isolate non utilisés doivent être
hermétiquement fermés. Ne pas utiliser si le milieu liquide change de teinte (jaunissement
ou opacification) ou si le milieu sur gélose sèche ou se rétracte.

380
Références

 Organisation mondiale de la Santé. Contrôle des épidémies de méningite en Afrique Guide de référence
rapide à l’intention des autorités sanitaires et des soignants (révisé en 2015)
WHO/HSE/GAR/ERI/2010.4. Rev.1
 Relevé épidémiologique hebdomadaire n° 51/52, 577-588, 19 décembre 2014 ([Link]
 Meningitis outbreak response in sub-Saharan Africa. WHO guideline, WHO/HSE/PED/CED/14.5
 Organisation mondiale de la Santé. Procédures opérationnelles standard pour la surveillance, la
préparation et la riposte aux épidémies de méningite en Afrique, document OMS. OMS-AFRO/FRH.
Brazzaville, octobre 2018.
 Organisation mondiale de la Santé. Techniques de laboratoire pour le diagnostic des méningites à
Neisseria meningitidis, Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae. document OMS
WHO/CDS/EDC/99.7. Genève.
 Meningitis outbreak response in sub-Saharan Africa. WHO guideline, WHO/HSE/PED/CED/14.5
 Relevé épidémiologique hebdomadaire n° 51/52, 577-588, 19 décembre 2014 ([Link]
 Organisation mondiale de la Santé. Procédures opérationnelles standard pour la surveillance, la
préparation et la riposte aux épidémies de méningite en Afrique, document OMS. OMS-AFRO/FRH.
Brazzaville, octobre 2018.
 Organisation mondiale de la Santé. Contrôle des épidémies de méningite en Afrique Guide de référence
rapide à l’intention des autorités sanitaires et des soignants (révisé en 2015)
WHO/HSE/GAR/ERI/2010.4. Rev.1
 Organisation mondiale de la Santé. Procédures opérationnelles standard pour la surveillance, la
préparation et la riposte aux épidémies de méningite en Afrique, document OMS. OMS-AFRO/FRH.
Brazzaville, octobre 2018.

381
Ulcère de Buruli (infection à Mycobacterium ulcerans)
Présentation
 Infection cutanée provoquée par Mycobacterium ulcerans (un bacille acido-alcoolorésistant - BAR).
 La maladie se manifeste principalement par des lésions cutanées (nodules, plaques et ulcères) qui peuvent
se compliquer par une atteinte des os et des articulations. Les autres organes, comme les yeux, sont
rarement touchés.
 Dissémination dans les régions intertropicales, dans les sols humides ou les zones marécageuses, les forêts
et les exploitations minières en surface.
 Les patients sont classés en trois catégories :
o Catégorie I : patient présentant une seule lésion cutanée de moins de cinq centimètres de diamètre
(lésion précoce).
o Catégorie II : patient présentant une seule lésion cutanée de 5 à 15 cm de diamètre.
o Catégorie III : patient présentant une seule lésion cutanée de plus de 15 cm de diamètre ou de multiples
lésions ou une lésion située en un site critique (visage, tête et cou, torse, périnée, parties génitales, lésion
touchant les articulations).
 La prise en charge des cas d’ulcère de Buruli s’est fortement améliorée depuis l’utilisation d’antibiotiques
(rifampicine et streptomycine) recommandés par l’OMS en 2004. Depuis 2017, les antibiotiques oraux
combinés complets (rifampicine et clarithromycine) sont maintenant recommandés pour le traitement des
cas d’ulcères. Une intervention chirurgicale est toujours nécessaire pour les cas tardifs (catégorie III). Le
nombre cumulé des cas enregistrés dans la Région africaine de l’OMS, qui est la plus touchée (avec 95 %
des cas mondiaux), était d’environ 90 000 en 2017.
 Le mode de transmission de l’infection reste inconnu. M ulcerans pourrait pénétrer dans la peau par le
biais d’une piqûre d’insecte (mouches d’eau), de micro-lésions ou de petites plaies.
 La confirmation du diagnostic se fait par PCR, recherche des BAAR par coloration de Zielh-Nielsen,
culture ou histologie. Des échantillons de lésion sont prélevés à l’aide d’un coton-tige, par aspiration à
l’aiguille fine ou par biopsie en cas de chirurgie. De nouveaux tests diagnostiques basés sur la présence de
mycolactone, une toxine libérée par M ulcerans dans les lésions, sont en cours de développement.
But de la surveillance
 Déterminer la répartition géographique de la maladie pour localiser les régions et districts d’endémie et se
concentrer sur la détection précoce des cas, leur bonne prise en charge avec les antibiotiques recommandés
par l’OMS, et la prévention des handicaps.
Définition standard de cas
Cas suspect : toute personne présentant un nodule cutané, une plaque ou un ulcère indolore, qui réside ou qui
s’est rendue dans une région d’endémie pour l’ulcère de Buruli.
Cas confirmé : Cas suspect confirmé par au moins un des tests de laboratoire (présence de bacilles acido-
alcoolorésistants confirmée par coloration de Zielh-Neelsen, PCR, culture ou histologie). Confirmation de la
présence de mycolactone dans les lésions cutanées.

382
Répondre au seuil d’alerte
S’il y a un seul cas suspect
 Notifier le cas suspect à l’autorité compétente du système de santé.
Au niveau de FOSA :

 Effectuer un prélèvement pour confirmation par le laboratoire (à l’aide d’un coton-tige ou par aspiration à
l’aiguille fine).
 Commencer à panser la plaie et donner un traitement antibiotique : Rifampicine : dose orale de
10 mg/kg/jour pendant huit semaines (56 jours).
 Clarithromycine : dose orale de 7,5 mg/kg deux fois par jour pendant huit semaines (56 jours).
 Envoyer les patients de catégorie III vers un hôpital ou un centre de référence.
 Remplir le formulaire de notification de cas (UB 01 ou UB 02) en précisant les coordonnées GPS du village
d’où vient le patient et transmettre ces informations aux niveaux sanitaires national, régional et du district.
Rechercher d’autres cas dans le village d’origine du cas confirmé d’ulcère de Buruli.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Non applicable pour l’ulcère de Buruli

Analyser et interpréter les données

Temps : faire le graphique du nombre de cas par année de diagnostic ; faire le graphique du nombre cumulé de
cas.

Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas et colorier les districts d’endémie pour la maladie.

Caractéristiques individuelles : compter les nouveaux cas détectés chaque mois par catégorie de patients
(catégorie I, II ou III). Analyser les données en fonction de l’âge, des handicaps et des résultats du traitement (cas
totalement guéris sans limitation de mouvement ou d’amputation, cas guéris avec invalidité, rechute après
l’antibiothérapie recommandée).

383
Ulcère de Buruli (infection à Mycobacterium ulcerans)
Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques
Recherche de Mycobacterium ulcerans : frottis ou biopsies envoyés au laboratoire pour
confirmation par :
 Coloration de Ziehl-Neelsen pour les bacilles acido-résistants
 Culture
 PCR
 Histopathologie
 Détection de mycolactone dans la lésion (nouveau)

Prélèvements Frottis
Aspirations à l’aiguille fine
Biopsie
Quand réaliser les
prélèvements Des prélèvements doivent être effectués chez tout cas suspect présentant les symptômes
cliniques de la maladie (nodule, plaque, ulcère, ostéomyélite, etc.).
Les prélèvements doivent être effectués avant toute administration d’antibiotique. Un autre
prélèvement sera réalisé à la fin du traitement (au cas où celui-ci ne serait pas efficace ou
que la chirurgie soit conseillée).

Comment préparer,
conserver et
transporter les Il est important d’éviter toute contamination croisée entre les prélèvements.
prélèvements Matériel : coton-tige et récipients secs.
Types de prélèvements : formes non ulcéreuses, formes ulcéreuses, os. Conserver à 4 °C

Résultats

L’ulcère de Buruli est généralement diagnostiqué par l’examen clinique et par la


recherche de bacilles acido-résistants (BAAR) sur des frottis préparés à partir d’ulcères
infectés et de biopsies. Il peut également être diagnostiqué par amplification génique.
M ulcerans peut être cultivé dans un laboratoire de référence sur le milieu de culture
employé pour M. tuberculosis.
Le bacille pousse très lentement, et il faut généralement plusieurs semaines pour voir
apparaître des colonies.
Les services diagnostiques pour l’ulcère de Buruli ne sont pas toujours disponibles.
Contacter l’autorité nationale compétente ou l’OMS.

384
Références
 Résolution WHA 57.1 sur la surveillance et la lutte contre l’infection à Mycobacterium ulcerans (Ulcère de
Buruli). 57e Assemblée mondiale de l’OMS, Genève, 17-22 mai 2004 ; Résolutions et décisions, annexes.
Genève, OMS ; 2004 (WHA57/2004/REC/1: 1-2)
 Organisation mondiale de la Santé. Recommandations provisoires pour certains antibiotiques dans la prise
en charge de l’infection à Mycobacterium ulcerans (Ulcère de Buruli)WHO/CDS/CPE/GBUI/2004.10, Genève,
2005.
 Ulcère de Buruli : Ulcère de Buruli : première réunion d’examen du programme pour l’Afrique de l’Ouest –
Rapport récapitulatif. Organisation mondiale de la Santé. Relevé épidémiologique hebdomadaire, 6; 2009 :
43-48
 Control of Communicable Diseases Manual, 18e édition
 District Laboratory Practice in Tropical Countries, Cambridge
 Ulcère de Buruli : prise en charge de l’infection à Mycobacterium ulcerans

385
Chikungunya
Présentation
 La fièvre Chikungunya est une maladie virale transmise par les piqûres de moustiques infectés. La maladie
ressemble à la dengue. Elle se caractérise par des douleurs articulaires sévères, parfois persistantes (arthrite), de
la fièvre et une éruption cutanée. Rarement mortelle, cette maladie répandue entraîne cependant une morbidité
et des pertes économiques substantielles.
 Le mot « chikungunya » est un mot Swahili qui signifie « marcher courbé », en référence à la position courbée
qu’adoptent les malades souffrant de violentes douleurs articulaires, caractéristiques de la maladie. Des
épidémies de fièvre, d’éruption cutanée et d’arthrite, similaires aux symptômes de la fièvre Chikungunya, ont
été signalées dès 1779. Toutefois, ce n’est qu’en 1952-1953 que le virus a été isolé pour la première fois chez
l’homme et le moustique, lors d’une flambée épidémique en Tanzanie.
 Historiquement parlant, la fièvre Chikungunya présente des profils épidémiologiques intéressants, dans la
mesure où les principales épidémies apparaissent puis disparaissent de façon cyclique, habituellement avec un
intervalle inter-épidémique de 7 à 8 ans, allant parfois jusqu’à 20 ans. Après une longue période d’absence, des
épidémies sont ainsi réapparues en Indonésie, en 1999 ; elles n’ont quasiment pas connu d’interruption depuis
2004.
But de la surveillance
 Détecter rapidement les cas sporadiques et les épidémies de Chikungunya, et demander confirmation par le
laboratoire.
 Identifier les régions à risque élevé afin d’améliorer la prévention des épidémies en prenant les mesures
nécessaires pour éviter les piqûres de moustique et éliminer les sites de reproduction des moustiques.
Définition standard de cas

386
i. Cas clinique aigu
a. Critère clinique : Fièvre >38,5 °C (101,3 °F) et douleurs articulairesa (habituellement incapacitantesb)
d’apparition brutale ET
b. Critère épidémiologique : personne résidant dans une zone de transmission locale de la fièvre
Chikungunya ou ayant visité une telle zone au cours des 15 derniers jours (Cas suspect pour la
surveillance épidémiologique) OU
c. Critère de laboratoire : confirmation par le laboratoire : amplification génique, sérologie ou culture
virale (cas confirmé pour la surveillance épidémiologique).
ii. Cas atypique
Cas clinique de Chikungunya confirmé en laboratoire accompagné d’autres manifestations : neurologiques,
cardiologiques, dermatologiques, ophtalmologiques, hépatiques, rénales, respiratoires, hématologiques, etc.
iii. Cas aigu sévère
Cas clinique de Chikungunya confirmé en laboratoire présentant un dysfonctionnement d’au moins un
organe ou système qui menace la vie et nécessite une hospitalisation.
iv. Cas chroniques suspect et confirmés
Cas chronique suspect : personne ayant déjà reçu un diagnostic clinique de Chikungunya 12 semaines après
l’apparition des symptômes et présentant au moins une des manifestations articulaires suivantes : douleur,
rigidité ou œdème, qui survient de façon continue ou récurrente.
Cas chronique confirmé : chaque cas chronique confirmé par un test positif en laboratoire
a) Habituellement accompagné d’exanthème, de myalgie, de maux de dos, de maux de tête et,
occasionnellement, de vomissements et de diarrhée (groupe d’âge pédiatrique).
b) b. Chez les enfants de moins de trois ans, la douleur articulaire s’exprime par des pleurs inconsolables,
de l’irritabilité, un refus de bouger ou de marcher.

Répondre au seuil d’alerte


S’il y a des cas de Chikungunya suspects
 Notifier l’information au niveau supérieur, au cas par cas.
 Effectuer de prélèvements pour confirmer les cas.
 Mener une enquête afin de déterminer les facteurs de risque pour la transmission.
 Prendre en charge les cas et les traiter avec de l’acétaminophène ou du paracétamol pour soulager la fièvre et
des anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

387
Si des cas de Chikungunya sont confirmés

 Du repos et un traitement symptomatique à base d’anti-inflammatoires pour atténuer les douleurs et la


fièvre, sont généralement suffisants. Des douleurs articulaires persistantes pourront nécessiter
l’utilisation d’analgésiques et d’une thérapie inflammatoire sur long terme.
 La prévention repose essentiellement sur les mesures prises pour éviter les piqûres de moustique et
éliminer les sites de reproduction des moustiques.
Pour éviter les piqûres de moustique :

 Porter des vêtements à manches longues et des tuniques longues pour protéger les membres.
 Utiliser des répulsifs anti-moustiques.
 Utiliser des moustiquaires – pour protéger les bébés, les personnes âgées et autres, qui peuvent se
reposer pendant la journée. Il est possible d’améliorer l’efficacité des moustiquaires en les traitant
au perméthrine (insecticide pyréthroïde). Des rideaux (en tissu ou en bambou) traités avec cet
insecticide peuvent être accrochés aux portes et aux fenêtres pour repousser ou tuer les moustiques.
 Les moustiques s’infectent en piquant des personnes souffrant de Chikungunya. Les moustiquaires et
les serpentins anti-moustiques empêcheront les moustiques de piquer les malades et de propager
ensuite l’infection.

Analyser et interpréter les données


Temps : faire un graphique des cas et des décès par semaine. Tracer une courbe épidémique pendant les
épidémies.
Lieu : cartographier précisément les lieux d’habitation des cas.

Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement, au cas par cas, les informations


relatives aux cas et aux décès. Transmettre des totaux récapitulatifs chaque mois.

Pendant la flambée épidémique, compter les cas et les décès par semaine. Analyser leur répartition en fonction
de l’âge. Évaluer les facteurs de risque pour améliorer la prévention des épidémies.

388
Confirmation en laboratoire Chikungunya
Tests
Tests sérologiques : ils montrent une augmentation des titres d’anticorps dirigés contre le virus
diagnostiques
Chikungunya. Isolement du virus à partir du sang de patient en phase aiguë, par inoculation
chez des souriceaux nouveau-nés, sur des cultures de cellules de moustiques ou de cellules
souches. Détection du virus par immunofluorescence ou RT-PCR (polymérisation en chaîne
en temps réel à la transcriptase inverse).

Prélèvements Sérum
Effectuer le prélèvement chez le(s) premier(s) cas suspect(s). Les cas suspects de Chikungunya
sont généralement groupés.
Prélever des échantillons représentatifs sur les cas suspects. Si l’épidémie est confirmée, faire
davantage de prélèvements et collecter également des moustiques dans les habitations affectées.
Type de prélèvement
Quand réaliser
les prélèvements - Sérum de phase aiguë (prélevé entre zéro et 10 jours après l’apparition de la maladie).
- Sérum de phase convalescente (prélevé entre 7 et 21 jours après l’apparition de la maladie).
Quand réaliser les prélèvements :
Lorsque le patient se présente à l’établissement ; prélever un deuxième échantillon pendant la
convalescence. Dans un délai de 7 à 21 jours après l’apparition de la maladie.
Le transport des échantillons doit être effectué conformément aux directives OMS relatives au
transport sécurisé des substances infectieuses et des échantillons de diagnostic (OMS, 1997).
Pour l’ELISA
Comment
 Le sérum doit être conservé entre 2 et 8 °C, s’il est analysé dans les 24 heures. Le congeler
préparer, à -80 ºC pour le conserver plus longtemps.
conserver et
transporter les Pour l’isolement du virus ou la RT-PCR
prélèvements  Congeler à -20 ºC pour l’entreposage à court terme ou à -70 ºC, ou transporter dans un
emballage cryogénique.
Transporter les échantillons de moustiques dans des emballages cryogéniques. Concentrer les
analyses sur les espèces Aedes.
Les services diagnostiques pour le Chikungunya ne sont pas toujours disponibles. Contacter
l’autorité nationale compétente ou l’OMS. Les échantillons doivent être envoyés aux
laboratoires de référence de l’OMS, notamment aux laboratoires du KEMRI.
Résultats
 Les résultats préliminaires de laboratoire sont disponibles en 24 heures.
Les résultats de confirmation sont prêts dans la semaine suivant la réception des
échantillons par le laboratoire.
Références

389
 Relevé épidémiologique hebdomadaire n° 1, 2005, 80, 1-8; http//[Link]/wer
 Organisation mondiale de la Santé [Link]
 United States, Centers for Disease Control [Link]
 Sergon et al. Seroprevalence of Chikungunya Virus (CHIKV) Infection on Lamu Island, Kenya, Octobre 2004.
Am J Trop Med Hyg. 2008 Feb;78(2):333-337
 Powers et al. Evolutionary relationships and systematics of the alphaviruses. J Virol. 2001
Nov;75(21):10118-31

390
Choléra
Présentation
 Maladie aiguë, caractérisée par des diarrhées liquides profuses, provoquée par les sérogroupes O1 ou O139 de
Vibrio cholerae. La maladie est transmise essentiellement par voie oro-fécale, en consommant de l’eau ou des
aliments contaminés.
 Le choléra provoque chaque année plus de 100 000 décès. Il peut être à l’origine d’épidémies d’évolution rapide
ou de pandémies. Dans les régions d’endémie, surviennent parfois des cas sporadiques (moins de 5 % de tous les
cas de diarrhée non liés aux épidémies) et de petites épidémies.
 La période d’incubation peut varier de quelques heures à cinq jours ; elle dure généralement deux à trois jours.
 Depuis le milieu des années 1980, on observe une résurgence du choléra en Afrique, où l’on comptait 80 % du
total mondial des cas de choléra en 1999. La plupart des cas se déclarent entre janvier et avril. En 2016, 38 pays
dans le monde ont signalé un total de 132 121 cas. Parmi les cas signalés dans le monde, 54 % provenaient
d’Afrique, 13 % d’Asie et 32 % d’Hispaniola. Des cas importés ont été signalés dans neuf pays.
 Le choléra peut provoquer une déshydratation grave en quelques heures seulement. Chez les patients non traités
souffrant d’une grave déshydratation, le taux de létalité peut dépasser les 50 %. Ce taux est inférieur à 1 % quand
les malades viennent consulter les services de santé et reçoivent un traitement approprié. Au moins 90 % des cas
de choléra sont bénins et ne sont pas diagnostiqués.
 Facteurs de risque : consommation d’eau ou d’aliments contaminés tels que les produits de la mer et les fruits de
mer crus, pêchés dans les estuaires ; manque d’accès permanent à l’eau potable et à des aliments sains ;
participation à de grands rassemblements tels que les cérémonies de mariage ou les enterrements ; contact avec
des personnes décédées du choléra.
 D’autres diarrhées entériques peuvent provoquer des diarrhées liquides, surtout chez les enfants de moins de
cinq ans. Voir le récapitulatif des directives relatives aux Diarrhées accompagnées de déshydratation.
But de la surveillance
 Détecter et répondre rapidement et correctement aux cas et aux flambées épidémiques de diarrhée liquide. Pour
confirmer une épidémie, prélever des échantillons de selles et les transporter en milieu Cary-Blair.
 Notifier immédiatement les cas et les décès au cas par cas, dès qu’une épidémie est suspectée.
Définition standard de cas
Cas suspect : dans les zones où une épidémie de choléra n’a pas été déclarée : Tout patient âgé de deux ans et plus
présentant une diarrhée aqueuse aiguë et une déshydratation sévère, ou mourant d’une diarrhée aqueuse aiguë.

Dans les zones où une épidémie de choléra est déclarée : toute personne présentant ou mourant d’une diarrhée
aqueuse aiguë.

Cas confirmé : un cas suspect à Vibrio cholerae de souche O1 ou O139 confirmé par culture ou par amplification
génique et, dans les pays où le choléra n’est pas présent ou a été éliminé, la souche O1 ou O139 de Vibrio cholerae est
toxigène.

Répondre au seuil d’alerte

391
S’il y a un seul cas suspect
 Notifier immédiatement aux autorités compétentes l’information relative au cas.
 Prendre en charge et traiter le cas conformément aux directives nationales.
 Appliquer des mesures strictes de lavage des mains et d’isolement.
 Procéder à une investigation au cas par cas pour identifier des cas similaires qui n’auraient pas été encore
notifiés.
 Recueillir des échantillons de selles chez cinq malades, dans les cinq jours qui suivent l’apparition de la diarrhée
liquide aiguë, et avant administration du traitement antibiotique. Consulter les directives de laboratoire pour
savoir comment préparer, conserver et transporter les prélèvements.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si un cas suspect est confirmé
 Installer un centre de traitement dans la localité où le cas est apparu. Traiter le cas sur place plutôt que de
l’envoyer dans un centre permanent situé ailleurs.
 Établir une liste descriptive des cas suspects et confirmés et s’assurer que les résultats de laboratoire sont
rattachés aux cas analysés.
 Renforcer la prise en charge du patient, notamment le traitement.
 Mobiliser la communauté le plus tôt possible pour permettre la détection et le traitement rapides des cas.
Enquêter sur la salubrité de l’eau consommée.
 Collaborer avec les dirigeants de la communauté pour limiter les grands rassemblements de personnes à
l’occasion des enterrements, de cérémonies ou pour d’autres raisons, surtout pendant une épidémie. Établir
des règlements, si nécessaire.
 Réduire le nombre de cas sporadiques et ceux liés aux épidémies, en assurant un accès permanent à l’eau
potable. Promouvoir une bonne préparation des aliments (surtout des produits de la mer, des légumes et des
fruits).
 Promouvoir l’évacuation sécurisée des déchets d’origine humaine.
 Assurer une collaboration adéquate avec divers secteurs, y compris les secteurs de l’eau et de l’assainissement,
pour veiller à ce que les interventions appropriées soient menées.
 Le vaccin contre le choléra est disponible, mais son utilisation doit s’accompagner de stratégies visant à
améliorer l’eau et l’assainissement.

Analyser et interpréter les données


Temps : faire un graphique des cas et des décès hebdomadaires et tracer une courbe épidémique pendant les
épidémies. Notifier immédiatement les données relatives à chaque cas. Transmettre également un récapitulatif
mensuel des informations pour la surveillance systématique.

Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas.

Caractéristiques individuelles : faire le total hebdomadaire des cas et décès, qu’ils soient sporadiques ou liés
aux épidémies. Analyser leur répartition en fonction de l’âge et des sources d’eau de boisson. Évaluer les facteurs de
risque pour améliorer la lutte contre les cas sporadiques et les flambées épidémiques.

392
Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques : Isoler V. cholerae à partir d’une coproculture et déterminer s’il s’agit du sérogroupe O1 à l’aide
d’un antisérum polyvalent pour V. cholerae O1. Si souhaité, confirmer l’identification avec les antisérums Inaba et
Ogawa.
Si l’échantillon n’est pas sérotypable, envisager V. cholerae O139 (voir note dans la colonne Résultats).

Prélèvements Selles liquides ou écouvillonnage rectal.

Quand réaliser les prélèvements


Pour chaque nouvelle zone géographique affectée par une épidémie de choléra, la confirmation en laboratoire est
nécessaire. Prélever un échantillon de selles du premier cas suspect de choléra. S’il y a plus d’un cas suspect, faire
des prélèvements jusqu’à l’obtention d’échantillons de 5 à 10 cas. Prélever des échantillons chez les patients
correspondant à la définition de cas et dont les symptômes se sont manifestés dans les cinq derniers jours, et avant
administration d’un traitement antibiotique.

Ne pas retarder le traitement des patients souffrant de déshydratation. Les échantillons de selles peuvent être
prélevés après le début du traitement de réhydratation (sels de réhydratation orale ou perfusion).
Si possible, faire des prélèvements chez 5 à 10 cas suspects, toutes les 1 à 2 semaines, afin de suivre l’évolution de
l’épidémie, les changements de sérogroupes et les profils de sensibilité de V. cholerae aux antibiotiques.

Comment  Placer le prélèvement (selles ou écouvillonnage rectal) dans un récipient propre, étanche, et
préparer, le transporter au laboratoire dans les deux heures.
conserver et  Si le transport dure plus de deux heures, placer un coton-tige imprégné de selles dans un
transporter les milieu de transport Cary-Blair.
prélèvements
Si on ne dispose pas de milieu de transport Cary-Blair et si l’échantillon n’atteindra pas le
laboratoire en moins de deux heures : conserver l’échantillon entre 4 °C et 8 °C.

 Éviter que l’échantillon sèche. Ajouter une petite quantité de solution saline à 0,85 %, si
nécessaire.
 Pour le transport, utiliser un récipient étanche et étiqueté.
 Transporter le récipient dans une glacière entre 4 ºC et 8 ºC.

393
Résultats : tests  Les laboratoires ne peuvent pas tous réaliser les tests diagnostiques pour le choléra.
diagnostiques  Les résultats de la coproculture sont obtenus entre deux et quatre jours après réception de
pour le choléra en l’échantillon au laboratoire.
laboratoire
 Le milieu de transport Cary-Blair est stable et peut être utilisé pendant au moins un an après
sa date de préparation. Il ne nécessite pas de réfrigération, s’il est conservé de façon stérile
dans des récipients hermétiquement fermés. Toutefois, il ne faut pas l’utiliser s’il change de
teinte (vire au jaune) ou s’il diminue de volume (ménisque concave).
 Le sérogroupe O139 n’a pas été signalé en Afrique et a seulement été notifié dans
quelques endroits d’Asie du Sud-ouest.
La détermination des sérotypes Ogawa ou Inaba n’est pas nécessaire sur le plan clinique. Elle
n’est pas non plus nécessaire si les résultats obtenus avec des sérums polyvalents sont clairement
positifs.

Références
 Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra. Ending Cholera. A Global Roadmap to 2030. Date de
publication : 3 octobre 2017
 Organisation mondiale de la Santé. Management of the patient with cholera. Genève, 1992. WHO/CDD/SER/91.15
Rev1.
 Organisation mondiale de la Santé. Préparation et réponse aux épidémies de maladies diarrhéiques : formation et
pratique. Guide du modérateur et manuel du participant. Genève, 1997. WHO/EMC/DIS/97.3 et
WHO/EMC/DIS/97.4
 Méthodes de laboratoire pour le diagnostic de la dysenterie épidémique et du choléra. CDC/OMS, 1999 CDC,
Atlanta, GA, États-Unis

394
Dengue
Englobant la dengue hémorragique (DH) et la dengue avec syndrome de choc (DSC)
Présentation

 La dengue est une fièvre d’origine virale provoquée par un arbovirus transmis par les moustiques Aedes
(Ae. aegypti et Ae. albopiticus). Il existe quatre types d’arbovirus responsables de la dengue, sérologiquement
différents, mais étroitement apparentés : virus de la dengue (VDEN) 1, 2, 3 et 4 de la famille des Flaviviridae.
 La dengue est une maladie émergente qui s’est propagée dans le monde au cours des 30 dernières années, à
cause de changements en matière d’écologie humaine. Elle sévit dans les régions tropicales et subtropicales de
la planète, avec une prédilection pour les zones urbaines et semi-urbaines. Lors des épidémies de dengue, les
taux d’infection parmi les individus n’ayant encore jamais été exposés au virus se situent souvent entre 40 % et
50 %, mais peuvent atteindre 80 % à 90 %.
 La dengue est une maladie grave, de type grippal, qui touche les nourrissons, les enfants en bas âge et les
adultes, mais dont l’issue est rarement fatale. Toutefois, la dengue hémorragique est une complication
potentiellement mortelle, devenue une cause majeure d’hospitalisation et de décès chez les enfants en Asie.
Des observations indiquent qu’une infection séquentielle par différents sérotypes de virus de la dengue
augmente le risque de complications pouvant entraîner un syndrome de choc (DCS) et le décès.
 Les épidémies de dengue, en Afrique, sont le plus souvent liées à la forme classique de la maladie causée par
les VDEN-1 et VDEN-2, sans mortalité associée. La première épidémie importante à VDEN-3, en Afrique, a
été documentée au Mozambique en 1984-1985. Pendant cette épidémie, la plupart des malades ont souffert
d’infections secondaires et deux décès ont été imputés à la dengue hémorragique et à un syndrome de choc. En
2008, on a observé une co-circulation du virus de la fièvre jaune et du VDEN-3 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Cependant, aucun cas de dengue grave ou de décès associé n’a été observé.
 Il n’existe pas de traitement spécifique de la dengue, mais une prise en charge médicale adaptée permet
souvent de sauver la vie des malades atteints de la forme hémorragique.
 Les personnes infectées sont les principaux porteurs et reproducteurs du virus, car elles servent de source de
contamination pour les moustiques Aedes aegypti qui ne sont pas encore infectés, entretenant ainsi le cycle de
transmission urbain de la dengue. Le virus circule dans le sang des individus infectés pendant deux à sept jours,
période pendant laquelle se manifestent les épisodes fébriles. On a observé en Afrique occidentale un cycle de
transmission selvatique au cours duquel VDEN-2 a été détecté chez des singes. Il n’y a aucune observation en
faveur d’une transmission interhumaine.
 À ce jour, le seul moyen de prévenir ou de combattre la transmission du virus de la dengue consiste à lutter
contre les moustiques vecteurs. Cette lutte antivectorielle repose sur la gestion du milieu et sur des méthodes
chimiques.

But de la surveillance
 Suivre les Cas suspects et enquêter sur les groupes de Cas suspects, dans les régions où se rencontrent les
moustiques Ae. aegypti et Ae. Albopiticus.

Définition standard de cas

Cas suspect de dengue : toute personne présentant une maladie fébrile aiguë d’une durée comprise entre 2 et 7 jours,
s’accompagnant d’au moins deux des symptômes suivants : céphalées, douleur rétro-orbitale, myalgie, arthralgie,
éruption cutanée, manifestations hémorragiques, leucopénie.

395
Cas confirmé de dengue : Cas suspect confirmé par le laboratoire (sérologie positive des IgM, augmentation des
titres d’IgG, détection du virus par PCR ou isolement).
Dengue hémorragique : Cas suspect ou confirmé de dengue présentant des tendances hémorragiques mises en
évidence par au moins un des éléments suivants : test positif du tourniquet ; pétéchies, ecchymoses ou purpura ;
hémorragies des muqueuses, du tube digestif, des sites d’injections ou d’autres localisations ; hématémèse ou méléna ;
thrombocytopénie (100 000 plaquettes ou moins par mm3) et signe de fuite plasmatique due à l’augmentation de la
perméabilité vasculaire, se manifestant par au moins un des signes suivants : augmentation d’au moins 20 % au-dessus
de la moyenne de l’hématocrite ajusté sur l’âge et le sexe ; baisse de l’hématocrite de 20 % par rapport à la moyenne
après traitement de compensation volumique ; signes de fuite plasmatique (épanchements pleuraux, ascites,
hypoprotéinémie).
Dengue avec syndrome de choc : tous les critères ci-dessus, plus des signes de défaillance circulatoire, se manifestant
par un pouls rapide et faible, une pression artérielle différentielle pincée (≤ 20 mm Hg) ou une hypotension selon
l’âge, une peau froide et moite et un état mental altéré.

Répondre au seuil d’alerte


S’il y a un seul cas suspect
 Notifier l’information au niveau supérieur, au cas par cas.
 Rechercher activement de nouveaux cas.
 Effectuer des prélèvements pour confirmer les cas.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Si un seul cas est confirmé


 Notifier immédiatement au niveau supérieur l’information relative au cas et établir la liste descriptive ou un registre
des cas suspects.
 Rechercher activement de nouveaux cas.
 Effectuer des prélèvements pour confirmer les cas et s’assurer que les résultats de laboratoire sont rattachés aux
cas analysés.
 Enquêter dans la communauté pour déterminer l’importance de la population des moustiques vecteurs,
identifier les habitats les plus propices à leur reproduction, promouvoir et mettre en place des plans pour les
éliminer, les contrôler ou les traiter avec les larvicides appropriés.
 Sensibiliser la population et promouvoir les gestes essentiels qui permettront d’enlever, de détruire ou de
contrôler les habitats des larves du moustique vecteur.
 Prendre en charge les malades en leur dispensant des soins de support. Appliquer les précautions standard de
lutte contre l’infection. Utiliser des moustiquaires pour éviter que des moustiques ne viennent piquer les malades.

Envoyer les cas suspects de dengue hémorragique ou avec syndrome de choc vers des niveaux de soins plus élevés.
Analyser et interpréter les données
Temps : faire le graphique des cas et des décès par semaine ou par mois. Tracer une courbe épidémique pendant les
épidémies.

Lieu : cartographier précisément les lieux d’habitation et de travail des cas.

Caractéristiques individuelles : calculer le taux de létalité. Analyser la répartition en fonction de l’âge et du sexe.
Calculer les % de cas de dengue hémorragique/avec syndrome de choc, et les pourcentages de cas hospitalisés.
396
397
Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques Sérologie positive des IgM et IgG.
Détection de séquences virales génomiques par amplification génique.
Isolement du virus de la dengue sur culture cellulaire.
Détection des antigènes viraux dans les sérums de phase aiguë, quand les résultats de la PCR ou
de l’isolement sont négatifs.
Détection d’antigènes viraux dans des biopsies post-mortem, par immunohistochimie ou
immunofluorescence ou dans les échantillons de sérum par immunoenzymologie (EIA).
Remarque : il existe plusieurs techniques de diagnostic de l’infection par le virus de la dengue.
Le test ELISA appliqué à la détection des IgM est le test de base du diagnostic sérologique.
Prélèvements ELISA : sang total, sérum ou plasma de phase aiguë (0 à 5 jours) et de convalescence (six jours
ou plus), en fonction de chaque cas.
PCR : sang total ou caillot sanguin, sérum/plasma ou tissu prélevé de préférence
pendant la phase aiguë de la maladie (0 à 5 jours)
Des échantillons doivent être prélevés pour faire le diagnostic d’un décès présumé attribué à la
dengue : un échantillon de sang pour tenter une PCR, l’isolement du virus et sa sérologie. En
cas d’autopsie, prélever le sang du cœur.
Quand réaliser les Effectuer le prélèvement chez le premier cas suspect.
prélèvements S’il y a plus d’un cas suspect, faire des prélèvements jusqu’à l’obtention d’échantillons de 5 à
10 cas.
Type de prélèvement
 Sang de phase aiguë (prélevé entre 0 à 5 jours après l’apparition des symptômes)
 Sérum de phase convalescente (prélevé au moins six jours après l’apparition de la
maladie).
Quand réaliser le prélèvement:
 Prélever un deuxième échantillon pendant la convalescence. Dans un délai de 6 à 21 jours
après l’apparition de la maladie.
Le diagnostic par le laboratoire des cas mortels est indispensable à la compréhension des
facteurs de risque des formes graves de la dengue.
Confirmation en laboratoire
Comment préparer, Le transport des échantillons doit être effectué conformément aux directives OMS relatives
conserver et au transport sécurisé des substances infectieuses et des échantillons de diagnostic.
transporter les Pour l’ELISA ou la PCR
prélèvements  Réfrigérer le sérum ou le caillot. Pour la conservation à long terme, congeler à -20 °C.
 Congeler (à -20°C ou à température plus basse) les prélèvements tissulaires destinés à
l’isolement du virus.
Si une autopsie a été pratiquée et qu’aucun tissu frais n’est disponible, on pourra utiliser les
tissus fixés dans le formol pour des analyses immunohistochimiques.
Résultats Les services diagnostiques pour la dengue et la dengue hémorragique ne sont pas
toujours disponibles. Il faut généralement prévoir des arrangements. Contacter l’autorité
nationale compétente ou l’OMS.
Références

398
 Organisation mondiale de la Santé. Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance
(WHO/CDS/CSR/ISR/99.2). Genève.
 Dengue: Clinical and Public Health Aspects, CDC

399
Diabète
Présentation
 Le diabète sucré (Diabetes mellitus) est une maladie chronique largement répandue, qui apparaît lorsque le
pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline ou quand l’organisme n’utilise pas correctement l’insuline qu’il
produit. Le diabète peut être à l’origine de graves problèmes de santé, notamment des cardiopathies, la cécité, une
insuffisance rénale et l’amputation des extrémités des membres inférieurs.
 La forme la plus fréquente, le diabète de type 2, représente plus de 85 % des cas. Il existe d’autres formes de
diabète moins fréquentes, telles que le diabète de type 1 (10 % des cas), des diabètes spécifiques (secondaires) et
le diabète gestationnel (5 % des cas).
 Les facteurs de risque pour cette maladie sont bien connus. Il s’agit de facteurs non modifiables tels que l’âge
(plus de 45 ans), les antécédents familiaux et l’insulino-résistance pendant la grossesse. Il existe également des
facteurs modifiables comme l’obésité, le manque d’activité physique et une consommation d’alcool excessive.
 En 2000, le taux de prévalence du diabète au niveau mondial était estimé à 2,8 %, avec des projections à 4,8 %
d’ici 2030. Si aucune mesure n’est prise pour renverser cette tendance, le nombre total de diabétiques passera de
171 millions en 2000 à 366 millions en 2030. On estime aujourd’hui à plus d’un million le nombre de décès
dans le monde pour cause de diabète.
 Le diabète n’est plus considéré comme une maladie rare en Afrique. De récentes estimations basées sur
l’approche STEP-wise de l’OMS pour le contrôle des facteurs de risque des maladies non transmissibles
indiquent un taux de prévalence du diabète compris entre 1 % et 20 %. Dans certains pays comme l’île Maurice,
ce taux atteint les 20 %.
 Les taux d’amputation des membres inférieurs varient entre 1,4 % et 6,7 %. Dans certains pays d’Afrique,
le taux de mortalité est supérieur à 40 pour 10 000 habitants.
 En Afrique, parmi les efforts entrepris pour renforcer la lutte contre le diabète, on peut citer l’adoption en 2000
de résolutions sur les maladies non transmissibles, la stratégie de lutte contre les maladies cardiovasculaires en
2005, et la stratégie contre le diabète en 2007. L’Organisation mondiale de la Santé et la Fédération internationale
du Diabète (FID) mènent également des actions conjointes de sensibilisation au diabète, en Afrique.
But de la surveillance

 Estimer l’ampleur de la maladie.


 Suivre les tendances et les facteurs de risque.
 Identifier les populations à plus haut risque (ex. : tranches d’âge, milieux urbain ou rural).
 Suivre les activités des programmes de prévention et de lutte.

Définition standard de cas

Nouveau cas suspect


Toute personne présentant l’un des symptômes suivants :
 soif intense (polydipsie) ;
 faim constante (polyphagie) ;
 miction fréquente (polyurie).
Nouveau cas confirmé
Toute personne présentant une glycémie à jeun de 6,1 mmol/L (110 mg/dl) ou une glycémie veineuse de ≥ 7 mmol/L
(126 mg/dl) ou une glycémie capillaire ≥
Toute personne présentant après le repas une glycémie à jeun ≥ 11,1 mmol/L ou une glycémie veineuse ≥
11,1 mmol/L (200 mg/dl) ou une glycémie capillaire (mg/dl)
*Notifier seulement le premier diagnostic confirmé par le laboratoire

400
Diabète
Action de Santé Publique recommandée
Pour les diabétiques
 Traiter les cas confirmés selon les protocoles standardisés de prise en charge des cas (WHOPEN).

Prévention au niveau du district


 Mettre en place un programme intégré de prévention et de lutte contre les maladies non-transmissibles, avec un
accent particulier sur le diabète, englobant des activités d’éducation et de sensibilisation de la communauté,
conduites en accord avec les programmes nationaux de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles.
Ces activités comprennent des stratégies multisectorielles et des plans d’action concernant le régime alimentaire, le
poids et l’activité physique.
 Instaurer des mesures médicales préventives et des interventions thérapeutiques en s’appuyant sur les directives
fondées sur les faits (dépistage des patients à haut risque, par exemple).

Analyser et interpréter les données

Temps : faire un graphique du nombre de cas par trimestre pour analyser les tendances.
Lieu : comparer les tendances du district avec les tendances nationales et régionales.
Caractéristiques individuelles : analyser la répartition des cas en fonction de l’âge et d’autres facteurs
démographiques. *Les données relatives aux maladies non transmissibles sont analysées pour des tendances à
long terme.

Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques
Mesure du glucose dans le sang capillaire à l’aide d’une bandelette réactive et d’un lecteur de
glycémie
Mesure du glucose dans le plasma à l’aide d’un test colorimétrique à la glucose-oxidase
Définition des cas en laboratoire (voir section 8.0)

Prélèvements Plasma
Sang capillaire
Quand réaliser les Les mesures de la glycémie doivent être faites au bon moment.
prélèvements Prélèvement à jeun : l’adulte doit être à jeun depuis au moins 10 heures. Pour l’enfant, ce
temps est réduit à six heures.
Prélèvement post-prandial : deux heures après un repas.
Comment préparer, L’échantillon doit être analysé sur place dès que possible (dans les deux heures suivant son
conserver et prélèvement).
transporter les
prélèvements
Résultats Les résultats sont prêts en quelques heures.

401
Références

 Maladies non transmissibles : Une stratégie pour la Région africaine de l’OMS (AFR/RC50/10)
 Maladies cardiovasculaires dans la région africaine : situation actuelle et perspectives
(document AFR/RC55/12)
 Prévention et contrôle du diabète : une stratégie pour la région africaine
(document AFR/RC57/7)
 Manuel de l’approche STEPS de l’OMS : [Link]
 Gojka R et al, Global prevalence of diabetes, Diabetes Care 27(5): 1047–1053, 2004
 IDF, Diabetes Atlas, 2nd Edition, Brussels, International Diabetes Federation, 2003
 OMS, Prévention des maladies chroniques : un investissement vital, Genève, 2005
 Organisation mondiale de la Santé. The burden of mortality attributable to diabetes. Genève,
2004.
 OMS-PEN : Protocols for health promotion, prevention and management of NCDs at primary
care level [Link]
[Link]
 District Laboratory Practice in Tropical Countries, Cambridge

402
Diarrhée sanglante (dysenterie à Shigella dysenteria)
Présentation
 Shigella dysenteriae type 1 (Sd1) est la cause la plus fréquente des infections entériques et se transmet
d’une personne à l’autre par voie oro-fécale.
 Sd1 peut être à l’origine d’importantes épidémies de diarrhée sanglante (dysenterie bacillaire), avec
jusqu’à 30 % des populations infectées. Le taux de mortalité peut atteindre 20 % parmi les jeunes enfants
et les personnes âgées souffrant d’une grave déshydratation.
 La période d’incubation est de un à quatre jours.
 Sur le plan clinique, la maladie se caractérise par une forte fièvre et une diarrhée sanglante. Elle peut
également s’accompagner de symptômes et de signes systémiques, ainsi que de déshydratation, surtout
chez les jeunes enfants.
 Facteurs de risque : endroits surpeuplés ne disposant pas d’eau potable et de système d’assainissement
correct (exemple : camps de réfugiés et populations victimes de la famine).
 Sd1 est très souvent résistante à de nombreux antibiotiques, y compris à la triméthoprime-
sulfaméthoxazole.
 Les E. coli entérohémorragiques et entéroinvasifs, et d’autres bactéries ou parasites tels que Entamoeba
histolytica, peuvent aussi provoquer des diarrhées sanglantes.
But de la surveillance
 Détecter et répondre rapidement aux épidémies de dysenterie bacillaire.
 Améliorer le pourcentage de cas confirmés par le laboratoire et évaluer la proportion pour laquelle la
présence de Sd1 a été vérifiée.
 Déterminer le profil de sensibilité aux antibiotiques des microorganismes isolés (surtout Sd1), à la fois
dans le cadre de la surveillance régulière et pendant les épidémies.
Définition standard de cas
Cas suspect
Toute personne souffrant de douleurs abdominales et de diarrhée avec présence de sang visible dans les selles.
Cas confirmé
Cas suspect avec coproculture positive pour Shigella dysenteriae 1.
Répondre au seuil d’alerte
Si on constate une augmentation du nombre de cas ou de décès sur une certaine période de temps
 Signaler l’augmentation au niveau supérieur du système de santé.
 Traiter les cas suspects par réhydratation orale et antibiothérapie, en tenant compte des résultats récents de
l’antibiogramme, s’ils existent.
 Obtenir un échantillon de selles ou faire un prélèvement rectal pour confirmer l’épidémie de dysenterie à
Sd1.
 Faire une investigation des cas pour déterminer les facteurs de risque favorisant la transmission de la
maladie.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

403
Si l’épidémie suspectée est confirmée
 Rechercher d’autres cas dans la localité des cas confirmés. Établir la liste descriptive ou tenir un registre
des cas suspects.
 Renforcer la prise en charge et le traitement des cas.
 Mobiliser la communauté pour une détection précoce et un traitement rapide des cas.
 Identifier les populations à risque grâce aux données de temps, de lieu et individuelles.
 Réduire le nombre de cas sporadiques et ceux liés aux épidémies, en encourageant le lavage des mains au
savon ou avec de la cendre et de l’eau, après avoir été à la selle et avant toute manipulation d’aliments.
 Améliorer l’accès à l’eau potable (approvisionnement et conditions de stockage), renforcer l’utilisation de
latrines et les systèmes d’évacuation sécurisée des déchets d’origine humaine.
 Assurer une collaboration adéquate avec divers secteurs, y compris les secteurs de l’eau et de
l’assainissement, pour veiller à ce que les interventions appropriées soient menées.

Analyser et interpréter les données


Temps : faire un graphique des tendances mensuelles des cas et des décès. Tracer la courbe épidémique des cas
liés aux épidémies.
Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : dénombrer les cas et les décès chaque mois. Pendant une épidémie,
dénombrer les cas chaque semaine. Analyser régulièrement la répartition des cas et des décès en
fonction de l’âge. Évaluer les facteurs de risque pour améliorer la prévention et la lutte contre la
maladie sporadique et les épidémies.
Confirmation en laboratoire Diarrhée sanglante (dysenterie à Shigella dysenteria)
Tests
diagnostiques Isolement de Shigella dysenteriae type 1 par coproculture pour confirmer une épidémie à
Sd1. Si la présence de Sd1 est confirmée, réaliser un antibiogramme avec les produits
appropriés.

Prélèvements
Selles ou écouvillonnage rectal.

404
Quand réaliser Pour chaque nouvelle zone géographique affectée par une épidémie de choléra, la
les confirmation en laboratoire est nécessaire.
prélèvements Dès qu’une épidémie est suspectée, faire des prélèvements jusqu’à obtention d’échantillons
de selles de 5 à 10 patients souffrant de diarrhée sanglante :
 dans les quatre jours suivant l’apparition des symptômes ; et
 avant de commencer une antibiothérapie.
De préférence, recueillir les selles dans un récipient propre et sec. Attention à ne pas
contaminer l’échantillon avec de l’urine. À l’aide d’un écouvillon, prélever les portions
de selles présentant du sang ou du mucus.
Si le prélèvement de selles n’est pas possible, procéder à un écouvillonnage rectal à l’aide
d’un coton-tige propre.

405
Diarrhée sanglante (dysenterie à Shigella dysenteria)
Comment
préparer, Placer l’échantillon de selles ou l’écouvillonnage rectal dans un milieu de transport Cary-
conserver et Blair. Transporter l’échantillon réfrigéré au laboratoire.
transporter les En l’absence de Cary-Blair, expédier l’échantillon de selles au laboratoire dans les deux
prélèvements heures suivant son prélèvement dans un récipient propre, sec et bien fermé. La quantité de
Shigella diminue fortement au bout de 24 heures, dans les prélèvements qui ne sont pas
conservés en milieu Cary-Blair.
S’il faut conserver les prélèvements plus longtemps, cela est possible entre 4 °C et 8 °C,
mais on ne doit pas les congeler.

Résultats Les résultats de la coproculture sont généralement disponibles deux à quatre jours après
réception du prélèvement par le laboratoire. Les isolats de Sd1 doivent être caractérisés
par leur sensibilité aux antibiotiques.
Après confirmation des 5 à 10 premiers cas d’une épidémie, effectuer des prélèvements
seulement chez un petit nombre de cas, jusqu’à ce que l’épidémie soit terminée, afin de
suivre l’évolution de l’épidémie et les profils de sensibilité aux antibiotiques qui
orienteront le traitement de référence.
Consulter les directives spécifiques aux maladies, Section 11.0, pour plus d’informations
concernant le potentiel épidémique de Sd 1.

Références
 Guidelines for the control of epidemics due to Shigella dysenteriae type 1. WHO/CDR/95.4
 Safe Water Systems for the Developing World: A Handbook for Implementing Household-based Water
Treatment and Safe Storage Projects. Department of Health & Human Services. Centers for Disease
Control and Prevention. Atlanta. 2000.
 Méthodes de laboratoire pour le diagnostic de la dysenterie épidémique et du choléra. CDC/OMS, 1999
CDC, Atlanta, GA, États-Unis

406
Diarrhée avec déshydratation chez les enfants de moins de cinq ans
Présentation
 La diarrhée accompagnée de déshydratation chez les enfants de moins de cinq ans est due à des infections
de l’appareil gastro-intestinal par des virus (surtout des Rotavirus), des bactéries (E. Coli, Salmonellae,
shigellae, Campylobacter, Yersinia, et autres), et par des parasites (Giardia, Entamoeba, cryptosporidia et
cyclospora). La transmission de ces maladies se fait par voie oro-fécale, par le biais notamment de la
consommation d’eau ou d’aliments contaminés.
 Dans de nombreux pays africains, les maladies diarrhéiques représentent la deuxième cause principale de
mortalité chez les enfants de moins de cinq ans, avec plus de trois millions de décès par an.
 Selon les différents agents pathogènes, on observe des profils épidémiologiques variés (par exemple, la
saisonnalité).
 L’OMS et l’UNICEF plaident pour que chaque équipe de district utilise la stratégie de prise en charge
intégrée des maladies de l’enfant (PCIME), afin de réduire la morbidité et la mortalité liées aux diarrhées de
l’enfance.
But de la surveillance
 Détecter rapidement les épidémies de diarrhée. La confirmation par le laboratoire permet de confirmer une
épidémie liée à un pathogène particulier, mais n’est pas nécessaire pour la surveillance systématique des
diarrhées accompagnées de déshydratation.
 Suivre les profils d’antibiorésistance pendant les épidémies d’origine bactérienne.
Définition standard de cas
Cas suspect
Production d’au moins trois selles molles ou liquides au cours des dernières 24 heures, avec ou sans
déshydratation et :

Déshydratation modérée – au moins deux des signes suivants : agitation, irritabilité, yeux enfoncés, soif,
peau qui se détend lentement après pincement, OU
Déshydratation grave – au moins deux des signes suivants : léthargie ou perte de connaissance, yeux
enfoncés, incapacité ou difficulté à boire, peau qui se détend très lentement après pincement.

Cas confirmé
Cas suspect confirmé par coproculture révélant la présence d’un agent entéropathogène connu. Remarque :
la confirmation par le laboratoire de l’agent pathogène spécifique à l’origine de l’épidémie n’est pas
systématiquement recommandée à des fins de surveillance.

Répondre au seuil d’alerte


Si on constate une augmentation du nombre de cas ou de décès sur une certaine période de temps
 Signaler l’augmentation au niveau suivant.
 Rechercher la cause de cette augmentation et identifier le problème.
 S’assurer que les cas sont pris en charge conformément aux directives de la PCIME.
 Encourager le traitement à domicile par réhydratation orale.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


407
Si le nombre de cas ou de décès double par rapport à la même période des années précédentes
 Évaluer l’application des directives de la PCIME par les agents de santé pour la prise en charge des cas, et
améliorer les performances en matière de classification des cas de diarrhée accompagnée de déshydratation
chez les enfants de moins de cinq ans.
 Former les mères au traitement à domicile par réhydratation orale.
 Éduquer la communauté sur l’importance de faire bouillir et de chlorer l’eau, les procédés de stockage de
l’eau potable et la préparation des aliments.

Analyser et interpréter les données


Temps : faire un graphique des cas et des décès pour pouvoir comparer avec la même période des années
précédentes. Faire des graphiques représentant les cas non hospitalisés de diarrhée s’accompagnant d’une légère
déshydratation ou d’une déshydratation grave. Tracer une courbe épidémique lors des épidémies.

Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas.

Caractéristiques individuelles : notifier les totaux mensuels des cas de diarrhée avec déshydratation légère
et aussi des cas de diarrhée avec déshydratation grave non hospitalisés. Notifier également le total mensuel des
cas et des décès de patients hospitalisés, dus à la diarrhée accompagnée de déshydratation grave.
Confirmation en laboratoire
La coproculture peut être utilisée pour confirmer d’éventuelles épidémies provoquées par des agents
spécifiques, mais n’est pas nécessaire pour la définition de cas.
Références
 Management of childhood illness: Clinical skills training course for first level health facilities.
Organisation mondiale de la Santé. WHO/CDR/95.14
 Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant : une initiative OMS/UNICEF Bulletin de
l’Organisation mondiale de la Santé. Vol. 75, 1997, Supplément 1, 1997. ISBN 92 4 068750 5

408
Dracunculose (maladie du ver de Guinée)
Présentation

 La dracunculose, plus connue sous le nom de maladie du ver de Guinée, est provoquée par un gros nématode,
parasite incapacitant qui émerge de la peau des personnes infectées.
 Connue depuis l’antiquité, cette maladie inflige une douleur atroce aux personnes atteintes et provoque
habituellement une incapacité temporaire, laissant de nombreux patients avec des conséquences
socioéconomiques regrettables. Elle se transmet par l’ingestion d’eau contenant un crustacé (le cyclops) infesté
par une forme immature du nématode (larve). Le cyclops vit dans les eaux stagnantes (marais, puits
traditionnels peu profonds), en région rurale. La femelle libère ses œufs à travers la peau de l’hôte au contact de
l’eau. L’incubation dure généralement de 10 à 14 mois. Il n’existe aucun traitement ou vaccin contre cette
maladie.
 Grâce aux stratégies efficaces de lutte contre la maladie menées par les pays d’endémie et une coalition
internationale de partenaires, la dracunculose est sur le point d’être éradiquée. En 2017, seulement 30 cas de ver
de Guinée étaient notifiés à l’OMS, dans le monde, contre 892 000 en 1989, soit une réduction de 99,99 %.
 En 1989, la maladie était endémique dans 204 pays : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République
centrafricaine, Côte d’Ivoire, Tchad, Ghana, Éthiopie, Inde, Pakistan, Kenya, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria,
Soudan, Sénégal, Togo, Ouganda et Yémen.
 L’Afrique reste le seul continent touché, cinq pays ayant signalé une infection due à une transmission indigène
du parasite chez l’homme ou l’animal en 2018 : Angola, Tchad, Éthiopie, Mali et Soudan du Sud.
 Depuis 2012, de nouveaux vers provenant d’animaux, principalement de chiens et, dans quelques cas, de chats
et de babouins, ont été signalés dans certains des pays d’endémie restants et confirmés par le Centre
collaborateur de l’OMS aux CDC pour l’éradication de la dracunculose, Dracunculus medinensis, en
laboratoire. Par conséquent, l’éradication de la dracunculose, qui reposait auparavant sur l’interruption de la
transmission chez l’humain, comprendra désormais l’interruption de la transmission chez les hôtes humains et
animaux2.

But de la surveillance

4 Depuis 2011, date à laquelle le Soudan a été divisé en deux parties, le nombre de pays est passé à 21. Puis avec la déclaration et la confirmation d’un cas autochtone
en Angola en 2018, le nombre de pays est maintenant de 22, dont 18 dans la Région africaine de l’OMS.
2
Lors de sa réunion de février 2018, la Commission internationale indépendante pour la certification de l’éradication de la dracunculose (CICED) a révisé les
définitions opérationnelles de l’élimination et de l’éradication de la dracunculose comme suit :
• Élimination : absence confirmée de maladie clinique (interruption de la transmission de Dracunculus medinensis chez l’homme et l’animal) pendant trois ans ou
plus à partir d’un pays présentant un risque tellement faible de réintroduction du parasite que les mesures préventives pourraient être réduites au strict minimum.
• Éradication : absence confirmée de manifestations cliniques (interruption de la transmission de Dracunculus medinensis chez l’homme et l’animal) pendant trois
ans ou plus au niveau mondial.

409
 Détection active et confinement des cas au niveau communautaire, et notification immédiate au centre de
santé et aux autorités compétentes au niveau du district sanitaire, régional et national. Par la suite, des
rapports hebdomadaires et mensuels sur les cas devraient être présentés au niveau supérieur.
 Dans les zones où la transmission locale du ver de Guinée a été interrompue, poursuivre activement les
recherches de cas dans les zones à haut risque et assurer un suivi et une enquête rapides sur toutes les
rumeurs au sujet de dracunculose (dans les 24 heures suivant la notification) signalées par le système national
de surveillance et/ou directement par les membres des communautés.
 Signaler tous les cas importés aux pays ou aux régions d’origine en vue d’une enquête de suivi visant à retracer
la source de l’infection afin que d’autres mesures puissent être prises.
 Intégrer la surveillance de la dracunculose dans les systèmes nationaux de surveillance et continuer à notifier
immédiatement les cas sur une base hebdomadaire ou mensuelle, ou suivant les prescriptions du système
national de notification.
 Utiliser les possibilités offertes par d’autres activités de santé communautaires (par exemple, campagnes de
vaccination contre la poliomyélite et d’autres vaccinations, cartographie des maladies tropicales négligées,
administration massive de médicaments, distribution de moustiquaires imprégnées et d’autres produits de
santé) pour effectuer une recherche active des cas de dracunculose et documenter les résultats.
 Poursuivre la publicité sur les récompenses à recevoir pour la notification des cas de dracunculose.
 Documenter systématiquement et stocker correctement les informations et les données sur la surveillance du
ver de Guinée, afin qu’elles puissent servir de données probantes pour une certification future et au-delà,
jusqu’à ce que l’éradication mondiale soit déclarée

Définition standard de cas de Dracunculose


Rumeur
 Informations sur l’apparition d’un cas de dracunculose, quelle qu’en soit la source de l’information.
Cas suspect
 Toute personne présentant une lésion cutanée accompagnée de démangeaisons ou de cloques, et vivant dans
une région d’endémie ou des zones à risque pour le ver de Guinée, avec émergence d’un ver.
Cas confirmé
 Personne présentant une lésion cutanée avec émergence d’un ver de Guinée, et lorsque le laboratoire
confirme que le ver porté est le D. medinensis. Cette personne est considérée comme un cas une seule
fois au cours de l’année civile, lorsque le premier ver émerge. Les échantillons de vers doivent être
prélevés sur chaque patient pour confirmation en laboratoire et envoyés aux Centers for Disease Control
and Prevention des États-Unis. Tous les cas devraient être surveillés au moins deux fois par mois pendant
le reste de l’année civile afin de détecter rapidement l’émergence possible d’autres vers de Guinée.

410
Répondre au seuil d’alerte
En tant que maladie à éradiquer, toute rumeur ou tout cas suspect de dracunculose est une urgence.
 Suivre et enquêter sur toute rumeur de dracunculose (dans les 24 heures suivant la notification), en utilisant
les directives du programme national et les formulaires recommandés par l’OMS, afin de déterminer s’il y a
ou non un cas suspect nécessitant un suivi, une surveillance et un prélèvement d’échantillons
supplémentaires pour analyse en laboratoire.
S’il y a un seul cas suspect
 Notifier le cas conformément aux directives du programme national pour l’éradication de la dracunculose.
 Traiter la plaie (s’il y en a) pour minimiser l’incapacité associée aux lésions douloureuses des jambes.
 Prélever et conserver les échantillons de tout ver émergé dans une solution contenant 70 % d’alcool,
conformément aux directives nationales de l’OMS pour la manipulation des échantillons, et les envoyer au
bureau de pays de l’OMS pour transmission ultérieure au Centre collaborateur de l’OMS aux CDC, pour
analyse en laboratoire.
 Faire l’investigation du cas pour confirmer les facteurs de risque et évaluer la source et le fardeau de
l’infection.
 Améliorer l’accès à l’eau potable conformément aux directives nationales.

Analyser et interpréter les données


Temps : établir un graphique des cas par mois.
Lieu : cartographier l’emplacement des localités où des cas ont été signalés.
Caractéristiques individuelles : compter le nombre de cas par mois et analyser leur répartition en fonction de
l’âge. Utiliser les données pour prévoir les interventions. Adresser un rapport mensuel aux niveaux supérieurs.

Confirmation en laboratoire

Le diagnostic de dracunculose est généralement établi, lorsqu’on voit l’extrémité antérieure du ver femelle
émerger d’une lésion cutanée (quand la cloque se rompt). Les normes actuelles du programme exigent que le ver
qui émerge soit envoyé au laboratoire pour confirmation qu’il s’agit bien de D. medinensis. Plusieurs autres vers
émergeant de la peau peuvent imiter le ver de Guinée, notamment en cas d’onchocercose et de sparganose, et
devraient être différenciés du D. medinensis par confirmation en laboratoire. Prélever et conserver les
échantillons de tout ver émergé conformément aux directives nationales de l’OMS pour la manipulation des
échantillons, et les envoyer au bureau de pays de l’OMS pour transmission ultérieure au Centre collaborateur de
l’OMS aux CDC, pour analyse en laboratoire (obligatoire).

411
Références

 Organisation mondiale de la Santé. Dracunculose ou Ver de Guinée. Genève, WHO/CDS/CEE/DRA/99.2,


1999, et Relevé épidémiologique hebdomadaire, n° 37, septembre 2003
 Control of Communicable Diseases Manual, 18e édition
 District Laboratory Practice in Tropical Countries, Cambridge
 Éradication de la dracunculose : ([Link]
 Relevés épidémiologiques hebdomadaires, 2018, 93, 33–44([Link]
 Rapports des réunions du Groupe spécial international pour l’éradication des maladies (ITFDE)
([Link]
 Rapport de la réunion de la Commission internationale indépendante pour la certification de l’éradication de
la dracunculose (CICED), février 2018.

412
Maladie à virus Ebola ou Marburg
Présentation
Les virus Ebola et Marburg sont des filovirus.

Près de 3000 cas de fièvre Ebola avec plus de 1900 décès ont été documentés, depuis que le virus Ebola a été
découvert en 1976. Les principales épidémies de fièvre Ebola se sont déclarées au Soudan, en République
démocratique du Congo (RDC), en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Ouganda et au Congo.

Plus de 500 cas de fièvre de Marburg, dont plus de 400 mortels, ont été enregistrés lors d’épidémies en République
démocratique du Congo (1998-2000), en Angola (2004-2005) et en Ouganda (trois cas en 2007).

Ces deux virus se transmettent par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides
biologiques de sujets infectés. On a également signalé la transmission du virus Ebola à l’homme lors de la
manipulation de chimpanzés, de gorilles et d’antilopes des bois infectés (vivants ou morts).

Des études écologiques sont en cours pour identifier les réservoirs naturels des virus Ebola et Marburg. D’après les
observations, il semble que les chauves-souris soient impliquées.

Les épidémies peuvent prendre une ampleur dramatique dans les structures de soins, si les précautions ou mesures
barrières de lutte contre l’infection ne sont pas correctement appliquées.

La période d’incubation dure de deux à 21 jours pour les virus Ebola et Marburg.

Entre 20 % et 80 % des patients présentent des manifestations hémorragiques, selon la souche virale Ebola ou
Marburg. Plus la maladie progresse, plus les patients deviennent contagieux.

Des taux de létalité élevés ont été rapportés lors des épidémies de fièvres Ebola (25 % à 90 %) et Marburg (25 % à
80 %).

Il n’existe pas de traitement spécifique pour ces maladies. Les cas graves nécessitent des soins intensifs, dans la
mesure où les malades souvent déshydratés ont besoin d’une réhydratation par perfusion intraveineuse ou par voie
orale avec des solutions d’électrolytes.

Les contacts étroits avec un patient gravement malade, à l’occasion des soins à domicile ou à l’hôpital, et certaines
pratiques funéraires sont des sources habituelles d’infection. La transmission par le biais de matériel d’injection
contaminé ou de blessures accidentelles avec une aiguille contaminée est associée à des formes plus graves de la
maladie. L’infection peut également se propager par contact avec les vêtements ou les draps de lit souillés d’un
malade.

But de la surveillance
Détecter au plus tôt les cas et les épidémies, investiguer rapidement et vérifier sans délai, en laboratoire, l’étiologie
de tous les cas suspects.

Investiguer tous les cas suspects, avec repérage et suivi des contacts.

Pendant les épidémies, la plupart des patients ne manifestant pas de symptômes hémorragiques, il convient d’utiliser
une définition de cas spécifique, selon la maladie suspectée ou confirmée.

Soutenir les efforts de prévention tels que l’éloignement social et la vaccination.

Surveiller les décès, évaluer la propagation de la maladie (chaînes de transmission) et des décès.

Orienter le soutien et les soins aux survivants

413
Définition standard de cas : Maladies à virus Ebola ou Marburg

Surveillance de routine :

Cas suspect : Toute personne souffrant d’une forte fièvre qui ne répond à aucun traitement des causes
habituelles de fièvre dans la région, et qui présente au moins l’un des signes suivants : diarrhée sanglante,
hémorragie gingivale, hémorragies cutanées (purpura), injection des conjonctives et présence de sang dans les
urines.
Cas confirmé : Cas suspect confirmé par le laboratoire (sérologie positive des IgM, réaction en chaîne par
polymérase avec transcriptase (PCR) positive ou isolement du virus), ou ayant un lien épidémiologique avec
des cas confirmés ou une épidémie.

Surveillance communautaire :

Cas d’alerte en communauté :


a. maladie avec apparition de fièvre et aucune réponse au traitement des causes habituelles de fièvre
dans la région ;
OU
b. au moins un des signes suivants : hémorragie, diarrhée sanglante, présence de sang dans les urines ;
OU
c. tout décès soudain.

Mesures à prendre : Si un cas d’alerte (vivant ou mort) est identifié, le signaler à une équipe de surveillance ou au
centre de santé le plus proche.

Cette définition de « cas d’alerte » pour la maladie à virus Ebola ou Marburg a été élaborée à l’intention de la
communauté ou des bénévoles de la communauté. On peut l’utiliser aux fins de la surveillance communautaire
pendant la phase pré-épidémique et pendant l’épidémie.

Remarque : Au cours d’une épidémie, les définitions de cas sont susceptibles d’être adaptées au(x) nouveau(x)
tableau(x) clinique(s) ou aux différents modes de transmission liés à l’évènement local.

En cas d’épidémie, les définitions standards de cas ci-après peuvent orienter la détection appropriée des cas :

Cas suspect : Toute personne, vivante ou décédée, souffrant ou ayant souffert d’une forte fièvre soudaine et ayant
été en contact avec : – un Cas suspect, probable ou confirmé de maladie à virus Ebola ou Marburg ; – un animal mort
ou malade (pour cause d’infection par le virus Ebola) – une mine (pour cause d’infection par le virus Marburg) OU

Toute personne qui présente une forte fièvre soudaine et au moins trois des symptômes suivants : – céphalées –
léthargie – anorexie ou perte d’appétit – douleurs musculaires ou articulaires – douleurs abdominales – difficulté à
avaler – vomissements – difficulté à respirer – diarrhée – hoquet ; OU

Toute personne ayant des saignements inexplicables ; OU

Tout décès inexplicable ; OU

414
Toute personne (vivante ou décédée) souffrant ou ayant souffert d’une forte fièvre soudaine et ayant été en contact
avec : un animal mort ou malade (pour cause d’infection par le virus Ebola) ; une mine (pour cause d’infection par le
virus Marburg).

Définition standard de cas : Maladies à virus Ebola ou Marburg


Remarque : Pendant les épidémies, la plupart des patients infectés ne présentent pas de symptômes
hémorragiques ; par conséquent, la définition de cas pour les cas suspects ou confirmés ne l’inclut pas.
Cas probable :
Tout cas suspect évalué par un clinicien ;

OU

Tout cas suspect décédé (où il n’a pas été possible de prélever des échantillons pour confirmation en laboratoire)
ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé.

Remarque : En cas de prélèvements en temps utile d’échantillons de laboratoire pendant la maladie, les catégories
précédentes sont reclassées comme cas « confirmés en laboratoire » et « non cas ».

Cas confirmé en laboratoire : Tout Cas suspect ou probable dont le résultat de laboratoire est positif pour la
présence du virus. Les cas confirmés en laboratoire doivent être testés positifs pour le virus, soit par détection de
l’acide ribonucléique (ARN) du virus par réaction en chaîne par polymérase avec transcriptase inverse (RT-PCR), soit
par détection des anticorps IgM dirigés contre le virus Marburg ou Ebola.

 Non cas : Tout cas suspect ou probable ayant des résultats de laboratoire négatifs. Le « non-cas » n’a montré aucun
anticorps spécifique ni d’ARN ou antigène spécifique détectable.

Répondre au seuil d’alerte : Maladies à virus Ebola ou Marburg


Si un seul cas est suspecté :
Si un seul cas est suspecté :
 porter immédiatement (par téléphone ou SMS contenant des renseignements tirés d’un formulaire
générique d’enquête sur les cas) à l’attention des autorités compétentes toute information ayant trait à un
cas ;
 faire des prélèvements pour confirmer le(s) cas. Renseigner soigneusement le formulaire de demande de
prélèvements et marquer les contenants pour avertir le laboratoire des risques ;
 les cas suspects devraient être isolés des autres patients et des techniques de mesures barrières strictes
doivent être appliquées. Éliminer l’exposition aux liquides corporels et porter l’équipement de protection
individuelle contre la fièvre hémorragique virale ;
 les précautions standard devraient être améliorées dans l’ensemble des milieux de soins de santé ;
 assurer un suivi des contacts du cas (à l’aide du formulaire d’enquête) et faire une recherche active des cas
supplémentaires. Démarrer le repérage des contacts (voir les formulaires de repérage des contacts).
Commencer ou améliorer la déclaration et la surveillance des décès

415
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention : Maladies à virus Ebola ou Marburg
Si un seul cas est confirmé :

 informer les autorités du niveau supérieur et l’OMS ;


 maintenir des mesures strictes de lutte contre les infections virales de fièvre hémorragique pendant toute la
durée de l’épidémie (voir les lignes directrices distinctes sur la prévention et le contrôle des infections) ;
 mobiliser la communauté pour la détection et la prise en charge rapides des cas et éduquer la communauté sur
le mode de transmission de la maladie et comment lutter contre l’infection lors des soins à domicile et des
sépultures ;
 assurer le suivi des contacts du cas et rechercher activement d’autres cas qui pourraient ne pas s’être
présentés aux services médicaux ;
 assurer un soutien psychosocial à la famille, à la communauté et au personnel ;
 commencer les procédures de dépistage de la fièvre et des symptômes de type fièvre hémorragique virale à
l’entrée des établissements de soins de santé en vous lavant les mains ;
 demander l’assistance des autres niveaux, selon les besoins ;
 installer une unité d’isolement pour s’occuper des cas supplémentaires qui pourraient se présenter au centre
de soins. S’assurer qu’il y a une barrière entre les Cas suspects et les cas confirmés dans une unité d’isolement ;
 mettre en quarantaine les contacts à haut risque tout en leur assurant un soutien à domicile pendant la
période d’incubation. Les contacts à faible risque faisant l’objet d’un suivi quotidien devraient être encouragés
à limiter leurs déplacements ;
 commencer la surveillance et le dépistage des cadavres, y compris : toute personne âgée de cinq ans ou plus,
qui décède dans les 14 jours suivant l’apparition des symptômes d’une cause indéterminée, OU les mort-nés) ;
 traiter les symptômes similaires qui accompagnent la maladie, en particulier le paludisme, la typhoïde, la
fièvre, le typhus transmis par les poux, la fièvre récurrente ou la leptospirose ;
 mettre en œuvre des mesures de prévention et de lutte contre les infections et éviter la transmission
nosocomiale par une mise en œuvre stricte des mesures barrières. En l’absence de mesures barrières, éviter
toute intervention invasive (par exemple, prélèvement de sang, injections, pose de cathéters de perfusion ou
de sondes nasogastriques) et enfiler au moins une couche de gants pour tout contact direct avec le patient ; le
double gantage est conseillé pendant les interventions invasives (par exemple, la chirurgie) qui présentent un
risque accru d’exposition au sang ;
 il n’existe aucun traitement spécifique pour l’une ou l’autre de ces maladies. Les cas graves nécessitent des
soins de soutien intensifs, car les patients sont souvent déshydratés et ont besoin de liquides intraveineux ou
d’une réhydratation orale avec des solutions d’électrolytes.
 En ce qui concerne la maladie à virus Ebola, une gamme de traitements potentiels, y compris des produits
sanguins, des immunothérapies et des pharmacothérapies, sont en cours d’évaluation.

Analyser et interpréter les données : maladies à virus Ebola ou Marburg


Caractéristiques individuelles : Transmettre immédiatement, au cas par cas, les informations relatives aux
cas et aux décès. Analyser leur répartition en fonction de l’âge et du sexe. Évaluer les facteurs de risque et
organiser des actions de lutte contre la maladie en conséquence.
Temps : Faire un graphique des cas et des décès par jour ou par semaine. Tracer une courbe épidémique pendant
l’épidémie.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des cas.

416
Confirmation en laboratoire : Maladies à virus Ebola ou Marburg
Tests de diagnostic Les cas confirmés en laboratoire doivent être testés positifs pour l’antigène du virus
Ebola ou Marburg, soit par détection de l’ARN du virus par réaction en chaîne par
polymérase avec transcriptase inverse (RT-PCR), soit par détection des anticorps
IgM dirigés contre le virus Ebola ou Marburg.
Prélèvements Pour l’ELISA : sang total, sérum ou plasma

Pour la RT-PCR : sang total ou caillot sanguin, sérum ou plasma ou tissu


Pour l’immunohistochimie : peau ou prélèvements tissulaires des cas décédés.
NB : Les tests de diagnostic rapide peuvent théoriquement être effectués dans
n’importe quel établissement de soins et sans équipement supplémentaire, mais
l’utilisation d’un test de diagnostic rapide peut produire des résultats de test aussi
bien faux positifs que faux négatifs. Un test de diagnostic basé sur l’acide
nucléique (par exemple, PCR), tel que GeneXpert, doit être utilisé pour confirmer le
résultat du test de diagnostic rapide. Des directives récentes de l’OMS font valoir que
les tests de diagnostic rapide de détection des antigènes pour les maladies
hémorragiques virales (VHD) ne jouent aucun rôle dans la prise en charge
systématique de ces maladies dans les milieux où le test PCR est disponible. Toutefois,
ils peuvent être utiles dans des environnements sans infrastructure de laboratoire et
où les prélèvements ne peuvent être acheminés rapidement à un laboratoire de
diagnostic, si leurs avantages et leurs limites sont bien compris.
Quand réaliser les Faire des prélèvements chez le premier cas suspect.
prélèvements Si l’on dénombre plus d’un cas suspect, faire des prélèvements jusqu’à obtention
d’échantillons de cinq à 10 cas suspects.
Comment préparer, MANIPULER ET TRANSPORTER LES ÉCHANTILLONS DE PATIENTS PRÉSENTANT UNE
conserver et transporter FIÈVRE HÉMORRAGIQUE VIRALE PRÉSUMÉE AVEC UNE EXTRÊME PRUDENCE. PORTER
les prélèvements DES VÊTEMENTS PROTECTEURS ET APPLIQUER LES PRÉCAUTIONS BARRIÈRES.
Pour l’ELISA ou la PCR :
 Réfrigérer le sérum ou le caillot.
 Congeler (à -20 °C ou à une température plus basse) les échantillons de tissus pour
l’isolement du virus
Pour l’immunohistochimie :
 fixer les prélèvements de peau dans le formol. Ils peuvent être ainsi
conservés jusqu’à six semaines, à température ambiante. Une fois fixés dans
le formol, les prélèvements ne sont plus infectieux ;
 transporter les prélèvements fixés dans le formol à température ambiante.

417
Confirmation en laboratoire Maladies à virus Ebola ou Marburg

Résultats Les services de diagnostic pour les fièvres hémorragiques virales ne sont pas toujours
disponibles. Il faut généralement prévoir des arrangements. Contacter l’autorité
nationale compétente ou l’OMS.

Références
 Directives provisoires de l’OMS – Recommandations concernant les définitions de cas pour les
maladies à virus Ebola et Marburg. 9 août 2014.
 Interim Infection Control Recommendations for Care of Patients with Suspected or Confirmed
Filovirus (Ebola, Marburg) Hemorrhagic Fever. BDP/EPR/WHO, Genève mars 2008.
 Lutte contre l’infection provoquée par les fièvres hémorragiques virales dans le contexte des soins de
santé en Afrique, OMS, 1998. OMS/ECM.
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance WHO/CDS/CSR/ISR/99.2
 OMS Aide-mémoire n°103, Fièvre hémorragique Ebola, révisée en décembre 2008
 OMS Aide-mémoire sur la fièvre hémorragique de Marburg, révisée en juillet 2008
 Interim Infection Control Recommendations for Care of Patients with Suspected or Confirmed
Filovirus (Ebola, Marburg) Haemorrhagic Fever. BDP/EPR/OMS, Genève, mars 2008.
 Directives recommandées par l’OMS pour la préparation et la riposte en cas d’épidémie : fièvre
hémorragique Ebola (FHE). WO/EMC/DIS/97.7.
 Fièvre hémorragique dengue : diagnostic, traitement, prévention et contrôle. 2D édition. Genève :
Organisation mondiale de la Santé. 1997.

418
Épilepsie
Présentation
 L’épilepsie se définit par au moins deux crises épileptiques récurrentes, avec apparition brutale de signes
anormaux pouvant être d’ordre moteur, tonique, sensitif, sensoriel, neuro-végétatif ou psycho-
comportemental. Ces symptômes peuvent être ou non associés à une perte de connaissance. Cette
affection peut survenir à tout âge.
 L’épilepsie est la conséquence la plus fréquente de perturbations des cellules cérébrales qui entraînent un
excès de décharges électriques au niveau d’un groupe de neurones. Les crises d’épilepsie peuvent être
partielles ou généralisées, selon que la perturbation affecte seulement quelques groupes de cellules ou
plusieurs.
 On parle de convulsions ou d’attaque quand les crises s’accompagnent de contractions musculaires. Les
convulsions peuvent apparaître à n’importe quel âge. Toutes les convulsions ne sont pas systématiquement
synonymes de crise d’épilepsie.
 L’épilepsie est répandue en Afrique. Son taux de prévalence varie de 2,2 à 58 pour 1000. Des études dans
cinq pays d’Afrique subsaharienne ont montré une incidence comprise entre 64 et
156 pour 100 000 personnes/an.
 Cette incidence élevée pourrait être la conséquence de facteurs de prédisposition, comme l’insuffisance des
soins périnataux, les traumatismes crâniens, la consanguinité.
 Il existe également de nombreux facteurs étiologiques liés aux maladies transmissibles (paludisme,
tuberculose, méningite, neurocysticercose et VIH), non transmissibles (hypertension, diabète, alcoolisme
et toxicomanie), à la médiocrité des infrastructures médicales, à la mauvaise santé en général et à un
faible niveau de vie. L’incompréhension du fait de croyances religieuses, la stigmatisation et l’exclusion des
personnes souffrant d’épilepsie ne facilitent pas l’accès à des soins appropriés.
 Le risque de mortalité augmente de façon significative chez les épileptiques, surtout quand la maladie est
détectée tardivement à cause du manque de personnel soignant qualifié, capable de diagnostiquer et de
traiter les troubles neurologiques.
 Chez les épileptiques, les causes de décès et de blessures sont d’abord liées au status epilepticus (notamment
en cas d’arrêt brutal du traitement), aux brûlures et aux noyades.

Selon des estimations, 80 % des personnes souffrant d’épilepsie, dans les pays en développement, ne reçoivent pas
de traitement ou ne sont souvent même pas identifiées. Même si le diagnostic étiologique des épileptiques est plus
difficile dans les pays en développement par manque de moyens d’investigation, il est cependant possible de
diagnostiquer bon nombre d’entre eux sur la base de simples connaissances médicales et épidémiologiques.

419
Définition standard de cas de Épilepsie

Cas suspect : Toute personne ayant fait une crise d’épilepsie.


Nouveau cas suspect : Notifier seulement le premier diagnostic du cas à la FOSA.
Cas confirmé :
Toute personne ayant fait au moins deux crises récurrentes d’épilepsie. Toute réponse positive au traitement
avec un antiépileptique renforce l’hypothèse d’un cas confirmé. Les crises d’épilepsie peuvent durer de
30 secondes à trois minutes. Lorsqu’elles se succèdent sans interruption, elles peuvent conduire au status
epilepticus.
Répondre au seuil d’alerte
Cas suspect
 Tout le personnel de santé doit rechercher les signes avant-coureurs de l’épilepsie. Le diagnostic doit
s’appuyer sur des entretiens (description aussi précise que possible du type de crise) et sur un examen
médical.
 Une fois le diagnostic établi, rechercher les causes sous-jacentes et les causes associées. Rechercher des
augmentations anormales du nombre de cas et, si nécessaire, proposer des mesures environnementales.
Cas confirmé
 Il faut immédiatement administrer un traitement, en commençant par de faibles doses d’antiépileptiques pour
les augmenter progressivement jusqu’à obtenir un état stable. En cas de difficulté à maîtriser la crise, augmenter
la dose ou essayer un autre antiépileptique, envoyer le patient vers un niveau de soins plus élevé.
 Il convient d’orienter le patient vers un niveau de soins plus élevé, si les crises continuent en dépit du traitement
pharmacologique ou si la première crise survient chez un adulte de 30 ans ou plus.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Tous les cas : Au niveau de la communauté, mener des activités d’information et d’éducation sur l’épilepsie et les
facteurs de risque.
Analyser et interpréter les données
Caractéristiques individuelles : Analyser la répartition des cas par sexe et par âge (par tranche d’âge au-delà de
l’âge de six ans).
Temps : Tracer la courbe des cas par trimestre.
Lieu : Cartographier la répartition des cas par zone d’habitation.

420
Confirmation en laboratoire : Épilepsie
Tests de diagnostic  Glycémie au hasard (sang capillaire et sang veineux), dosage des électrolytes
pour exclure d’autres affections telles que le diabète et les pathologies rénales.
 Faire des examens médicaux appropriés pour exclure d’autres affections telles
que le paludisme cérébral, la méningite, la toxoplasmose, les calcifications
cérébrales suite à une tuberculose (tuberculome cérébral), les maladies
parasitaires et autres.
Prélèvements Sang et liquide céphalorachidien
Quand réaliser les Glucose – Prélèvement pendant l’admission d’urgence du patient (glycémie au
prélèvements hasard)
Prélèvement ultérieur pour confirmation (glycémie à jeun)
Comment préparer,
Appliquer les précautions universelles pour minimiser les risques d’exposition aux
conserver et transporter
instruments contondants et aux liquides biologiques.
les prélèvements
Résultats Les résultats sont généralement disponibles une à trois heures après l’arrivée des
échantillons au laboratoire.
Références :
 OMS, Epilepsy in the WHO African Region: Bridging the Gap, Bureau régional de l’OMS pour
l’Afrique, Congo, 2004.
 OMS, Epilepsy: a manual for medical and clinical officers in Africa, Organisation mondiale de la
Santé, Genève 2002.

421
Maladies d’origine alimentaire
Présentation

 Les maladies d’origine alimentaire sont provoquées par toute une variété de pathogènes bactériens, viraux,
parasitaires et fongiques, ou par leurs toxines qui pénètrent dans l’organisme via l’ingestion d’eau ou
d’aliments contaminés. En plus des maladies telles que le choléra et la shigellose (traitées dans ce guide), la
surveillance des maladies d’origine alimentaire peut révéler d’autres causes, telles que les salmonelles, le
virus de l’hépatite A ou une contamination chimique.
 On parle de maladie d’origine alimentaire quand deux personnes au moins ont consommé les mêmes
aliments ou la même boisson et qu’elles manifestent ensuite des symptômes similaires dans le même laps
de temps.
 La plupart des personnes souffrant d’une maladie d’origine alimentaire ne consultent pas les services de
soins, si bien que les cas et les flambées de maladies d’origine alimentaire ne sont habituellement jamais
reconnus et échappent à la notification.
 Les premiers symptômes se manifestent souvent au niveau gastro-intestinal, par des nausées, des
vomissements, des crampes abdominales et des diarrhées.
 Les épidémies de maladies d’origine alimentaire peuvent être localisées et affecter seulement deux
personnes ayant consommé un même repas ou un même produit. Elles peuvent aussi être importantes et
géographiquement étendues, quand un aliment est contaminé avant sa distribution et qu’il est largement
consommé par beaucoup de personnes dans de nombreuses régions.
 La surveillance des maladies d’origine alimentaire permet de contrôler la salubrité des aliments et de
cibler les actions de promotion de la santé auprès de ceux qui manipulent les aliments pour de
meilleures pratiques alimentaires et une meilleure hygiène individuelle.
But de la surveillance
 Identifier rapidement tout groupe de cas inhabituel de maladie potentiellement transmise par
l’alimentation, qui pourrait nécessiter une enquête de Santé Publique ou une riposte.
 Évaluer l’ampleur des maladies d’origine alimentaire.
 Identifier les aliments ou les pratiques alimentaires à risque.
 Surveiller les facteurs de risque pour cibler les interventions de Santé Publique et les actions de promotion
de la santé sur des aliments et des pratiques alimentaires spécifiques.

422
Définition standard de cas : Maladies d’origine alimentaire
Une maladie d’origine alimentaire est suspectée quand deux personnes au moins ayant consommé le
même aliment ou la même boisson présentent des symptômes similaires.
La définition de cas d’une maladie d’origine alimentaire dépend de l’agent spécifique qui la provoque (par
exemple : choléra, hépatite A, salmonellose, shigellose).
Une maladie d’origine alimentaire est confirmée quand le laboratoire confirme la présence d’un agent
particulier dans une source commune d’aliment ou de boisson.
Répondre au seuil d’alerte
Si deux personnes au moins sont malades et qu’elles ont consommé un aliment provenant d’une même
source :
 notifier immédiatement les cas suspects au niveau supérieur du système de santé ;
 faire des prélèvements chez les malades et recueillir des échantillons des boissons et des aliments suspectés
pour confirmation en laboratoire ;
 traiter les cas suspects.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si une flambée de maladie d’origine alimentaire est confirmée :
 rechercher d’autres cas dans la localité des cas confirmés ;
 renforcer la prise en charge et le traitement des cas ;
 sensibiliser la communauté à la détection précoce et au traitement rapide des cas ;
 identifier les groupes à haut risque ;
 éliminer du menu des restaurants ou des étagères des épiceries et supermarchés, les denrées alimentaires
pour lesquelles on a pu obtenir des preuves mettant en cause leur salubrité ;
 lancer une investigation approfondie des chaînes alimentaires qui pourraient être associées à la flambée ;
 réduire les cas sporadiques et les flambées de maladie d’origine alimentaire en promouvant le lavage des
mains au savon et à l’eau après être allé aux toilettes et avant de manipuler les aliments et de prendre les
repas ; en renforçant l’accès à l’eau potable, l’utilisation des latrines et de systèmes d’évacuation sécurisée
des déchets humains ;
 intensifier les activités de promotion de la santé en matière de salubrité des aliments à l’aide du manuel de
l’OMS, Cinq clés pour des aliments plus sûrs (voir référence ci-dessous), et du système d’Analyse des risques
et points critiques (HACCP) ;
 intensifier les activités d’inspection.

423
Analyser et interpréter les données
 Temps : Faire un graphique des tendances mensuelles des cas et des décès ; tracer la courbe épidémique lors
d’une flambée de maladie d’origine alimentaire.
 Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des cas et des décès.
 Caractéristiques individuelles : Dénombrer les cas et les décès chaque mois. Pendant une flambée,
dénombrer les cas chaque semaine.
 Revoir régulièrement les données cliniques et les résultats de laboratoire des analyses réalisées sur les
prélèvements de cas et sur les aliments, afin d’identifier des cas groupés dans le temps, dans l’espace
ou selon des caractéristiques individuelles. Enquêter sur toute flambée de maladie d’origine
alimentaire suspectée d’après les données.
 Enquêter sur toutes les flambées suspectées de maladies d’origine alimentaire.
Référence
 WHO Foodborne disease outbreaks: Guidelines for investigation and
control
[Link]
k_guidelines.pdf

424
Hypertension artérielle
Présentation
 L’hypertension ou l’hypertension artérielle (HTA) est une affection chronique dans laquelle la pression
sanguine artérielle est élevée. On distingue l’hypertension primaire (majoritaire) et l’hypertension
secondaire. L’hypertension « primaire » correspond à une élévation de la pression artérielle sans cause
médicale décelable. L’hypertension « secondaire » résulte de pathologies affectant les artères, le cœur,
le système endocrinien ou les reins.
 L’hypertension représente un important facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires (infarctus et
accidents vasculaires cérébraux). Selon le Rapport 2001 sur la santé dans le monde, les décès dus aux
maladies cardiovasculaires sont en augmentation dans la Région africaine, où ils représentaient 9,2 % du
total des décès, en 2000. Les taux de prévalence varient de 25 % à 35 % chez les adultes de 25 à 64 ans.
 L’hypertension affecte environ un milliard de personnes dans le monde et l’on estime à plus de 20 millions
le nombre de personnes affectées en Afrique.
 L’âge, le manque d’activité physique, l’obésité et une alimentation riche en sel et en matières grasses sont
les principaux facteurs de risque pour l’hypertension. Les consommations d’alcool et de tabac sont
également des facteurs de risque.
 Des changements de mode de vie peuvent réduire la pression artérielle : perte de poids chez les individus
en surpoids ou obèses, diminution de la consommation de sel et de graisses dans l’alimentation, hausse de
la consommation de fruits frais et de légumes, hausse de l’activité physique et réduction de la
consommation de tabac et d’alcool.
But de la surveillance
 Faire de la prévention secondaire grâce à la détection précoce de l’hypertension et à un traitement
standardisé.
 Estimer la charge de morbidité et réduire les facteurs de risque identifiés.
 Suivre les activités de prévention et de lutte contre l’hypertension.
Définition standard de cas
Nouveau cas suspect à la première visite :
Toute personne ayant une tension artérielle au repos (mesure réalisée sur trois lectures en moyenne, à cinq
minutes d’intervalle) ≥140 mm Hg pour la pression systolique, ou ≥90 mm Hg pour la pression diastolique.
Cas confirmé :
Toute personne qui, à deux reprises au moins, présente une tension artérielle au
repos (trois lectures) ≥140 mm Hg pour la pression systolique, ou ≥90 mm Hg pour la pression diastolique.

* Notifier seulement le premier cas diagnostiqué dans la FOSA.

425
Action de Santé Publique recommandée
 Faire la promotion de la santé pour les maladies non transmissibles, en particulier l’hypertension, avec
notamment des actions éducatives auprès de la communauté concernant les changements de comportement
et l’adoption de modes de vie plus sains.
 Promouvoir les interventions de prévention secondaire et les mesures thérapeutiques dans les structures de
soins, conformément aux directives nationales.
Analyser et interpréter les données
Temps : Faire le graphique des cas par trimestre pour analyser les tendances.
Lieu : Comparer les tendances dans le district avec les tendances régionale et nationale.
Caractéristiques individuelles : Analyser la répartition des cas en fonction de l’âge et d’autres facteurs
démographiques.
* Les données relatives aux maladies non transmissibles sont souvent analysées pour des tendances à long terme.
Confirmation en laboratoire
Le diagnostic est clinique.
Références
 WHO, Atlas of heart disease and stroke, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2004.
 Maladies non transmissibles : stratégie de la Région africaine, AFR/RC50/10
 Maladies cardiovasculaires dans la Région africaine : situation actuelle et perspectives, AFR/RC55/12
 [Link]
 [Link] infobase/[Link]
 WHO CVD-risk management package for low-and medium resource settings.
 « The Seventh Report of the Joint National Committee on Prevention, Detection, Evaluation, and Treatment of
High Blood Pressure » U.S. Department of health and Human Services, National Institutes of Health, National
Heart, Lung, and Blood Institute, NIH Publication No. 03-5233, décembre 2003
 Handbook of Hypertension, Vol 20. Éditeur; C.J. Bulpitt, 2000
 [Link]

426
Grippe causée par un nouveau sous-type
Présentation
 Une pandémie grippale survient lorsqu’un nouveau virus grippal A émerge et se transmet efficacement et
durablement d’une personne à l’autre, au sein de populations faiblement immunisées contre ce virus. Des
pandémies grippales se sont déclarées en 1918, 1957 et 1968. On estime que celle de 1918 a tué entre
40 millions et 50 millions de personnes. On prévoit qu’une pandémie de même ampleur pourrait faire
62 millions de morts, dont 96 % dans les pays en développement.
 La grippe causée par un nouveau sous-type a été signalée dans : i) les infections humaines par le virus
A(H5N1) HPAI en 1997 ; ii) la pandémie de grippe A (H1N1) en 2009 ; et iii) les infections humaines par le
virus A(H7N9) en 2013. D’autres virus de la grippe aviaire ont entraîné des infections humaines sporadiques,
notamment les virus A(H7N7) et A(H9N2). Certains pays ont également signalé des infections humaines
sporadiques par des virus de la grippe porcine, en particulier les sous-types A(H1) et A(H3).
 Le succès de l’atténuation ou de la lutte contre la grippe pandémique est déterminé par la détection
précoce d’une transmission interhumaine soutenue d’un nouveau virus grippal de type A. Les pays ont été
encouragés, dans le cadre de la planification de la préparation à une pandémie, à améliorer la surveillance
pour : i) détecter l’apparition d’une nouvelle maladie ; ii) caractériser la maladie (épidémiologie,
manifestations cliniques, gravité) ; et iii) suivre son évolution et prendre des mesures de contrôle.
 En vertu du Règlement Sanitaire International – RSI (2005), un État-partie doit immédiatement informer
l’OMS de tout cas confirmé en laboratoire d’une infection humaine récente causée par un virus grippal
de type A susceptible de provoquer une pandémie. Aucune donnée probante de maladie n’est requise
pour ce rapport.

But de la surveillance
 Détecter et investiguer toute première observation d’une transmission interhumaine durable d’un virus
grippal à potentiel pandémique.
 Étudier les premiers cas de pandémie grippale se déclarant dans un pays, afin de caractériser la nouvelle
maladie, notamment ses caractéristiques cliniques, ses facteurs de risque et ses particularités
épidémiologiques et virologiques.
 Suivre l’évolution de la pandémie à l’intérieur du pays, mais aussi au plan régional et mondial.

427
Définition standard de cas: Grippe causée par un nouveau sous-type
1- Pour les infections par d’autres virus de la grippe non-saisonnière, les définitions de cas doivent être adaptées à
la situation. Les définitions de cas ci-après sont proposées en vue d’une adaptation ultérieure :

 Cas suspect : Fièvre (température >38 °C) et [toux ou essoufflement ou difficulté à respirer] avec apparition
des symptômes au cours des 10 derniers jours chez une personne ayant subi une ou plusieurs des expositions
épidémiologiques suivantes au cours des deux semaines précédant l’apparition des symptômes dans [Zone X]
depuis/pendant [date Y/date Y à Zb]. Les différents types d’expositions sont ;
 contact étroit (à moins d’un mètre) avec une personne qui est un cas suspect, probable ou
confirmé ;
 exposition à des animaux ou à leurs restes ou à des environnements souillés par leurs déjections
dans une zone où des cas d’infections de grippe non-saisonnière chez les animaux ou les
humains ont été présumés ou confirmés au cours du mois dernier ;
 consommation de produits d’origine animale crus ou pas assez cuits dans une région où des cas
d’infection grippale chez des animaux ou des humains ont été présumés ou confirmés au cours
du mois dernier ;
 contact étroit avec un animal infecté par la grippe confirmé ;
 manipulation d’échantillons présumés contenir le virus de la grippe non saisonnière en
laboratoire ou dans un autre environnement
 Cas probable :
Tout cas suspect avec soit :
 confirmation positive en laboratoire de l’infection par le virus de la grippe A, mais données
probantes de laboratoire insuffisantes pour le sous-type ; soit
 une personne mourant d’une maladie respiratoire aiguë inexpliquée qui est considérée comme
étant liée épidémiologiquement à un cas probable ou confirmé de grippe non saisonnière chez un
être humain.
 Cas confirmé : Confirmation en laboratoire d’une infection récented par le virus de la grippe non saisonnière
chez une personne.
 Cas rejeté : Un cas suspect ou probable avec un test négatif du virus de la grippe non saisonnière.
b
Lorsqu’un cas a été confirmé, fixer la date de début à au moins 28 jours (deux périodes d’incubation
maximales) avant le début du premier cas confirmé.
c
Dont les résultats des tests de dépistage du virus de la grippe non saisonnière sont acceptés par l’OMS à titre
de confirmation.
d
Une infection est considérée comme récente si elle a été confirmée par des résultats positifs de l’amplification
en chaîne par polymérase (PCR), de l’isolement du virus ou de tests sérologiques aigus et convalescents couplés.
Un titre d’anticorps dans un seul sérum n’est souvent pas suffisant pour confirmer une infection récente et
devrait être évalué en fonction des définitions de cas valides de l’OMS pour les infections humaines avec des
sous-types spécifiques de la grippe A.

2- Pour certains sous-types de grippe zoonotique, il existe des définitions de cas spécifiques telles que
pour le H5N1 et le H7N9.
 Lien vers les définitions de cas de H5N1 par l’OMS :
[Link]
 Lien vers les définitions de cas de H7N9 par l’OMS :
[Link]
3- Définition de cas par le RSI de la grippe humaine causée par un nouveau sous-type
 On considère qu’un virus grippal de type A est susceptible de provoquer une pandémie si le virus a démontré
sa capacité à infecter un être humain et si le gène de l’hémagglutinine (ou la protéine) n’est pas une variante
ou une forme de ceux-ci ayant subi une mutation, c’est-à-dire A/H1 ou A/H3, circulant largement parmi la
428
population humaine. Une infection est considérée comme récente si elle a été confirmée par des résultats
positifs de l’amplification en chaîne par polymérase (PCR), de l’isolement du virus ou de tests sérologiques
aigus et convalescents couplés. Un titre d’anticorps dans un seul sérum n’est souvent pas suffisant pour
confirmer une infection récente et devrait être évalué en fonction des définitions de cas valides de l’OMS pour
les infections humaines avec des sous-types spécifiques de la grippe A.
Répondre au seuil d’alerte : Grippe causée par un nouveau sous-type
Répondre à un cas suspect de grippe humaine causée par un nouveau sous-type ou à un évènement inhabituel
d’infection respiratoire aiguë sévère :
Déclencheurs d’enquête
Voici des exemples de déclencheurs :
 maladie respiratoire chez l’homme qui est associée à une exposition récente à des animaux ;
 groupes1 d’infection respiratoires aiguë sevère2 (IRAS) ou de pneumonie dans les familles, sur les lieux de travail
ou dans les réseaux sociaux ;
 infection grave des voies respiratoires survenant chez un travailleur de la santé qui s’occupe de patients atteints
de maladies respiratoires ;
 infection grave des voies respiratoires ou pneumonie chez les voyageurs en provenance de pays ou de régions
touché(e)s par de nouvelles infections respiratoires aiguës ;
 infection grave des voies respiratoires survenant chez un agent de laboratoire ou un chercheur qui manipule de
nouveaux agents pathogènes de la grippe et d’autres agents pathogènes respiratoires émergents ;
 nombre plus élevé que prévu d’hospitalisations ou de décès dus à des maladies respiratoires ;
 la détection en laboratoire d’une infection humaine par un virus de la grippe non saisonnière ou un nouvel
agent pathogène respiratoire ;
 des changements brusques et inexpliqués des tendances de l’apparition des maladies respiratoires ou des
résultats cliniques observés au niveau des activités de surveillance systématique ; et
 des niveaux inhabituellement élevés de ventes de produits pharmaceutiques utilisés pour traiter les maladies
respiratoires inexplicables par les tendances connues ou prévues de la maladie.

1
Un « groupe » se définit comme un ensemble d’au moins deux personnes qui présentent des symptômes
au cours d’une même période de 14 jours et qui sont associées à un milieu particulier, comme une salle
de classe, un lieu de travail, un ménage, une famille élargie, un hôpital, un autre établissement résidentiel,
une caserne militaire ou un camp d’activités récréatives.
2
Une infection grave des voies respiratoires (SARI) est une infection respiratoire aiguë avec des antécédents de
fièvre ou de fièvre mesurée de ≥38 °C accompagnée de toux, dont l’apparition des symptômes a eu lieu au cours
des 10 derniers jours et qui nécessite une hospitalisation.

Étapes clés d’une enquête : Grippe causée par un nouveau sous-type


 Préparer l’enquête :
- constituer une équipe d’enquête pluridisciplinaire ;
- informer les autorités compétentes ;
- recueillir des informations et des fournitures.
 Enquêter sur les premiers cas signalés.
 Protéger les enquêteurs.
 Élaborer des définitions de cas.
 Trouver d’autres cas :
- identifier et suivre les contacts des cas ;
- rechercher des cas actifs.
429
 Renforcer la surveillance.
 Faire des prélèvements.
 Entreprendre des enquêtes sur la santé animale et l’environnement.
 Gérer et analyser les données (temps, lieu, caractéristiques individuelles).
 Se pencher sur certaines questions de Santé Publique qui peuvent nécessiter la réalisation d’études
complémentaires.
 Mettre en œuvre des mesures d’intervention et de contrôle :
- prendre en charge les malades ;
- empêcher toute transmission ultérieure ;
- prévenir et contrôler les infections ;
- communiquer le risque ;
- surveiller l’évènement et la riposte.
 Faire rapport et informer :
- faire rapport sur les résultats de l’enquête ;
- Informer les autorités de Santé Publique locales, infranationales et nationales.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si un seul cas de grippe humaine causée par un nouveau sous-type est confirmé ou si une autre maladie
respiratoire aiguë à potentiel épidémique ou pandémique est confirmée :
 prendre en charge les malades ;
 empêcher toute autre transmission ;
 prévenir et contrôler les infections ;
 communiquer le risque ;
 surveiller l’évènement et la riposte : un évènement est considéré comme contenu si la surveillance active
dans la population à risque n’a pas donné lieu à de nouveaux cas pendant deux fois la période
d’incubation présumée pour cette maladie.
Pour plus de détails, voir le Protocole de l’OMS pour l’étude de la grippe non saisonnière et d’autres maladies
respiratoires aiguës émergentes, 2018.
[Link]

430
Analyser et interpréter les données : Grippe causée par un nouveau sous-type
1-Gérer les données
 utiliser une liste linéare ; et
 établir des procédures pour la l’enregistrement et la validation des données.

2-Analyser les données


Temps : Tracer une courbe épidémique, avec le nombre de cas par semaine sur l’axe des ordonnées, et la date ou
l’heure d’apparition de la maladie sur l’axe des abscisses. Construire des courbes épidémiques secondaires par statut
de classification des cas (cas suspects, probables et confirmés), statut de décès, types d’exposition, etc.
Ces courbes peuvent fournir des informations sur l’ampleur de l’évènement, les schémas de propagation et
d’exposition, la tendance temporelle de l’évènement, la période d’incubation de la maladie, le type d’exposition, les
valeurs aberrantes, l’impact des interventions mises en œuvre.
Lieu : Les cas devraient être cartographiés par emplacement géographique ; par exemple, par village, par domicile ou
par emplacement dans une FOSA. Les cartes peuvent être locales, régionales ou nationales, selon la répartition
géographique de l’évènement.
L’interprétation visuelle des cartes peut fournir d’importants indices étiologiques, identifier les regroupements et
fournir des détails sur l’étendue géographique de la propagation de la maladie. Deux types de cartes doivent être
utilisés :
- carte à points – utiliser des cartes à point pour évaluer le mode de propagation probable (cas regroupés,
dispersion des cas, etc.) ;
- carte de la région – utiliser les cartes de la région pour tenir compte de la population sous-jacente à cet
endroit (ce qui permet de comparer directement les taux d’incidence entre les sites, les régions, etc.).
Caractéristiques individuelles :
Pour cerner le spectre clinique et la dynamique de la maladie, il est nécessaire d’analyser :
• les paramètres épidémiologiques et cliniques des cas ;
• les taux d’attaque selon l’âge, le sexe, la profession et les antécédents d’exposition ; et
• pour les paramètres cliniques, le niveau de gravité de la maladie, y compris la proportion de cas de
pneumonie, de cas nécessitant une hospitalisation, d’hospitalisations à l’unité de soins intensifs et la
proportion de cas décédés.

Pour plus de détails, voir le Protocole de l’OMS pour l’étude de la grippe non saisonnière et d’autres maladies
respiratoires aiguës émergentes, 2018
[Link]

431
Détection et confirmation en laboratoire
1-Prélèvement et manipulation des échantillons
La liste d’échantillons à prélever pour vérifier la présence d’agents pathogènes des maladies respiratoires comprend :
le crachat, le lavage broncho-alvéolaire, l’aspiration trachéale, l’aspiration nasopharyngée, le lavage nasal, les frottis
nasal et pharyngeal, le prélèvement nasopharyngé, les tissus provenant de biopsie ou d’autopsie, y compris des
poumons, du sérum, de sang complet et des urines. Tous ces types de prélèvements doivent être conservés à 4 °C et
expédiés au laboratoire national de référence pour la grippe. Si le test de dépistage de la grippe doit être effectué
dans un délai de 48 heures, les prélèvements doivent être conservés à 4 °C, et conservés à -70 °C si le test est prévu
dans un délai de plus de 48 heures. Lorsque l’étiologie de l’évènement est inconnue, il est utile de prélever divers
échantillons lorsque cela est possible, afin de maximiser les possibilités de détection et de caractérisation.
2-Test des prélèvements
Diverses techniques de laboratoire peuvent être utilisées pour identifier les infections par le virus de la grippe
humaine :
1) détection de l’ARN spécifique de la grippe par réaction en chaîne par polymérase avec transcriptase
inverse (RT-PCR) ;
2) isolement en culture cellulaire ;
3) détection directe de l’antigène (faible sensibilité).
Si l’on soupçonne la grippe d’être l’agent causal, un protocole spécifique propose un algorithme de test en laboratoire
avec RT-PCR (cf. références).
Détection et confirmation en laboratoire
Références
Protocole de l’OMS pour l’étude de la grippe non saisonnière et d’autres maladies respiratoires aiguës émergentes, 2018
OMS Aide-mémoire sur la grippe aviaire et autres zoonoses, 2018
WHO Guidance for Surveillance during an Influenza Pandemic, Mise à jour 2017
Résumé de l’OMS des principales informations pratiques à l’intention des pays touchés par des foyers de grippe A(H5N1)
et d’autres sous-types de grippe aviaire, 2016
Prévention des infections respiratoires aiguës prédisposées aux épidémies et aux pandémies et lutte contre celles-ci dans
les Directives de l’OMS en matière de soins de santé, 2014
Manuel de l’OMS pour le diagnostic de laboratoire et la surveillance virologique de la grippe, 2011
Directives opérationnelles de l’OMS sur le partage des virus grippaux présentant un potentiel de pandémie
humaine (IVPP) dans le cadre de la préparation à une pandémie de grippe (PIP)
Directives opérationnelles de l’OMS sur le partage des virus de la grippe saisonnière avec les Centres collaborateurs (CC)
de l’OMS dans le cadre du Système mondial de surveillance de la grippe et de riposte (GISRS)
WHO Standard guidance for the clinical management of influenza infections, publication prévue en 2019.
Les Centres collaborateurs de l’OMS pour les contacts en cas de grippe se trouvent sur le site Web de l’OMS, lien :
[Link]
Laboratoires de référence de l’OMS pour le diagnostic des contacts en cas d’infection par le virus de la grippe A/H5 :
[Link]
Page consacrée à la rubrique santé de l’OMS sur la grippe : ([Link]

432
Syndrome grippal
Présentation
 Les infections respiratoires sont une cause importante de morbidité et de mortalité dans le monde. La
mortalité est particulièrement élevée chez les nourrissons, les enfants et les personnes âgées. Toutefois, la
charge de morbidité n’est pas très bien caractérisée en Afrique.
 Streptococcus pneumonia, Haemophilus influenzae type b (Hib), Staphylococcus aureus et d’autres espèces
bactériennes, le Virus respiratoire syncytial (RSV), le virus de la rougeole, les virus parainfluenza humains de
type 1, 2 et 3 (VPI-1, VPI-2 et VPI-3) et le virus de la grippe, sont les agents pathogènes les plus fréquents,
responsables des infections respiratoires.
 Une meilleure compréhension de l’épidémiologie et de la saisonnalité des infections respiratoires en Afrique
est essentielle pour optimiser les stratégies de Santé Publique visant à les prévenir et à les
combattre (exemple : vaccins, antiviraux pour la prophylaxie et le traitement, lutte contre l’infection).
 La menace d’infections respiratoires causées par de nouveaux organismes présentant un potentiel épidémique
ou pandémique justifie une préparation et des précautions particulières.
 La surveillance des infections respiratoires, principalement les infections virales, s’appuie sur la définition de
cas du syndrome grippal.
But de la surveillance
 Décrire le caractère saisonnier de la grippe.
 Signaler le début et la fin de la saison de grippe.
 Établir les niveaux de base ou moyens de la grippe et des maladies graves liées à la grippe.
 Décrire les virus en circulation.
 Identifier les types et sous-types de virus circulant localement et leur relation avec les tendances mondiales et
régionales.
 Surveiller la sensibilité aux antiviraux.
 Identifier et surveiller les groupes à haut risque de maladies graves et de complications dues à l’infection.
 Aider à comprendre la relation entre les souches virales et la gravité de la maladie.
 Produire des données sur la grippe qui peuvent être utilisées pour estimer le fardeau de la grippe.
 Détecter les évènements inhabituels et inattendus.
Définition standard de cas
Une infection respiratoire aiguë avec :
 une fièvre mesurée à une température ≥ 38 ºC ;
 une toux ;
 avec apparition des symptômes au cours des 10 derniers jours.
Répondre au seuil d’alerte
Veuillez consulter le Protocole de l’OMS pour l’étude de la grippe non-saisonnière et d’autres maladies
respiratoires aiguës émergentes, 2018, s’il y a un évènement inhabituel d’infection respiratoire (groupes
d’infections respiratoires aiguës ou d’infections respiratoires atypiques, groupe de décès, par exemple).
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Veuillez consulter le Protocole de l’OMS pour l’étude de la grippe non saisonnière et d’autres maladies
respiratoires aiguës émergentes, 2018, si l’on suspecte un seul cas de maladie respiratoire aiguë à tendance
pandémique.

Analyser et interpréter les données

433
Temps : Fréquence des rapports : Les données épidémiologiques et virologiques recueillies sur les sites sentinelles
devraient être analysées chaque semaine. Faire un graphique des cas chaque semaine. Tracer une courbe
épidémique sur toute l’année et décrire les tendances de transmission et les changements dans le niveau d’activité
respiratoire par rapport à la(aux) semaine(s), année(s) antérieure(s)
Lieu : Cartographier les cas par emplacement géographique ; par exemple, par village, par domicile ou par site dans un
établissement de soins de santé.
Caractéristiques individuelles : Pour les patients atteints d’un syndrome grippal qui ont subi un test de dépistage des
virus grippaux, les données minimales à recueillir et à analyser pour chaque patient, surtout en cas de prélèvement
d’un échantillon, sont les suivantes : identificateur unique (pour établir un lien entre les données de laboratoire et les
données épidémiologiques), sexe, âge, antécédents de fièvre et température corporelle au moment de la
présentation, date d’apparition des symptômes, date de prélèvement des échantillons, utilisation d’antiviraux pour la
maladie actuelle au moment du prélèvement de l’échantillon, état de grossesse, présence de maladie(s) chronique(s)
préexistante(s) (maladies respiratoires chroniques, asthme, diabète, maladie cardiaque chronique, affection
neurologique ou neuromusculaire chronique, troubles hématologiques, VIH). Les données sur le syndrome grippal
peuvent être regroupées par groupe d’âge pour faciliter l’analyse et la production de rapports. Les principaux
groupes d’âge recommandés pour la déclaration sont : les tranches de 0 à <2 ans, de 2 à <5 ans, de 5 à <15 ans, de
15 à <50 ans, de 50 à <65 ans et ≥ 65 ans.
Pour les données de laboratoire, il est recommandé, au minimum, de recueillir les données ci-après :
• nombre de prélèvements testés pour la grippe au cours de la semaine ;
• proportion de prélèvements positifs pour le syndrome grippal ;
• types et sous-types de virus détectés durant la semaine ;
• résultats des tests de résistance aux antiviraux (le cas échéant).

Pour finir, les indicateurs ou données agrégées suivants devraient être recueillis et rapportés à partir de chaque site
sentinelle :
1. le nombre de nouveaux cas de syndrome grippal sur lesquels des échantillons ont été prélevés au cours de
la semaine, regroupés par groupe d’âge standard, et la proportion de chacun d’entre eux qui ont été
dépistés positifs pour la grippe ;
2. le nombre total de nouveaux cas de syndrome grippal déclarés au cours de la semaine, regroupés par
groupe d’âge standard (y compris les cas qui n’ont pas fait l’objet de tests ou pour lesquels on n’a pas
recueilli de données détaillées) ;
3. le nombre total de nouvelles visites de patients externes durant la semaine dans les cliniques externes où
l’on effectue la surveillance du syndrome grippal ou la population desservie par le site sentinelle,
idéalement regroupées selon les groupes d’âge recommandés ;
4. la proportion de cas présentant chacune des maladies chroniques préexistantes pour les cas du syndrome
grippal dépistés positifs pour la grippe.
Vous trouverez de plus amples informations techniques sur le rôle du laboratoire sur le site Web ci-après :
 Normes mondiales de surveillance épidémiologique de l’OMS pour la grippe, 2014.
[Link]

434
Test en laboratoire
1- Pour le virus de la grippe :
 les prélèvements peuvent être positifs sept jours ou plus après le début de la maladie, mais la capacité de détecter
le virus baisse considérablement après cinq à sept jours, selon le test utilisé ;
 la réaction en chaîne par polymérase avec transcriptase inverse (RT-PCR) est la méthode la plus sensible pour
détecter le virus de la grippe et est le test de surveillance de la grippe recommandé pour la plupart des
laboratoires ;
 une culture virale est également nécessaire sur au moins un sous-ensemble de prélèvements afin de permettre une
caractérisation antigénique et génétique détaillée du virus ;
 on devrait envisager d’effectuer des tests de résistance aux antiviraux chez les patients à risque élevé si le
laboratoire en a la capacité, en plus de prélever un échantillon chez les patients qui ne sont pas à risque élevé.
Vous trouverez de plus amples informations techniques sur le rôle du laboratoire sur les sites Web ci-après :
 Normes mondiales de surveillance épidémiologique de l’OMS pour la grippe, 2014.
[Link]
 Manuel de l’OMS pour le diagnostic de laboratoire et la surveillance virologique de la grippe, 2011.
[Link]
2- Pour les autres virus et pathogènes, veuillez consulter les directives spécifiques de l’OMS concernant les agents
pathogènes.
Références
 Normes mondiales de surveillance épidémiologique de la grippe de l’OMS, 2014.
 AFR generic protocol for influenza sentinel surveillance 2015 [Link]
national-influenza-sentinel-surveillance
 Protocole d’enquête sur les épidémies de maladies respiratoires aiguës d’étiologie inconnue
[Link]
 OMS Aide-mémoire sur la grippe saisonnière, 2018
 Protocole de l’OMS pour l’étude de la grippe non saisonnière et d’autres maladies respiratoires aiguës
émergentes, 2018
 Prévention des infections respiratoires aiguës prédisposées aux épidémies et aux pandémies et lutte contre
celles-ci dans les Directives de l’OMS en matière de soins de santé, 2014
 Manuel de l’OMS pour le diagnostic de laboratoire et la surveillance virologique de la grippe, 2011
 Directives opérationnelles de l’OMS sur le partage des virus de la grippe saisonnière avec les Centres
collaborateurs (CC) de l’OMS dans le cadre du Système mondial de surveillance de la grippe et riposte (GISRS)
 Directives opérationnelles de l’OMS sur le partage des virus grippaux présentant un potentiel de pandémie
humaine (IVPP) dans le cadre de la préparation à une pandémie de grippe (PIP)
 WHO Standard guidance for the clinical management of influenza infections, publication prévue en 2019.
 Page consacrée à la rubrique santé de l’OMS sur la grippe : ([Link]

435
Traumatismes (dus aux accidents de la circulation)
Présentation
 Un traumatisme est un dommage physique causé à une personne lorsque son corps a été soumis de façon
soudaine ou brève à des niveaux d’énergie dépassant son seuil de tolérance physiologique. Il peut également
s’agir d’une déficience fonctionnelle, conséquence d’une privation d’un ou de plusieurs éléments vitaux (eau,
air, chaleur). L’énergie à l’origine du traumatisme peut être mécanique, électrique, thermique, radiations
ionisantes ou chimique. Les traumatismes sont répartis en deux groupes : les traumatismes intentionnels et non
intentionnels.
 Les traumatismes représentent 10 % des décès dans le monde. Ce sont 5,8 millions de personnes qui meurent
chaque année des suites d’un traumatisme. De tous les systèmes auxquels les gens ont affaire
quotidiennement, celui des transports routiers est le plus complexe et le plus dangereux.
 Les accidents de la circulation provoquent des traumatismes non intentionnels.
 Un accident de la circulation (collision avec un véhicule à moteur, accident de voiture) survient quand un
véhicule entre en collision avec un autre véhicule, un piéton, un animal, des débris sur la route ou tout autre
obstacle géographique ou architectural. Les accidents de la circulation peuvent provoquer des traumatismes,
des dommages matériels et des décès.
 On estime à près de 1,2 million le nombre de personnes dans le monde qui meurent chaque année dans les
accidents de la circulation, et les blessés pourraient être au nombre de 50 millions.
 Les accidents de la circulation constituent un problème de Santé Publique mondial majeur, mais négligé,
dont la prévention durable et efficace nécessite des efforts concertés.
 Les accidents de la circulation restent l’une des principales causes de décès chez les individus de cinq à 44 ans et
la première cause de décès chez les 15-29 ans. La majorité de ces décès touchent actuellement des « usagers de
la route vulnérables » – piétons, cyclistes et motocyclistes.
 En l’absence d’efforts redoublés et de nouvelles initiatives, le nombre total des décès et des traumatismes
imputables aux accidents de la circulation devrait augmenter de quelques 67 % d’ici 2020 dans le monde, et de
83 % dans les pays à faible revenu et à revenu moyen.
 La Région africaine a le taux de mortalité le plus élevé, attribuée aux accidents de la circulation, avec 32 pour
100 000 habitants.
Il est possible de prévenir les traumatismes liés aux accidents de la circulation et d’obtenir des réductions significatives
des nombres de blessés et de décès par la mise en place de mesures visant à lutter contre les facteurs de
risque (vitesse excessive et inappropriée, conduite en état d’ébriété, défaut du port de la ceinture de sécurité et
d’utilisation des dispositifs de retenue pour enfants, défaut de port du casque pour les cyclistes)

But de la surveillance
 Estimer et surveiller l’incidence des traumatismes résultant des accidents de la circulation et leurs
conséquences.
 Identifier les facteurs de risque et les endroits à risque pour orienter les politiques et les programmes de
prévention.
 Évaluer les programmes destinés à prévenir les traumatismes résultant des accidents de la circulation.
 Établir des seuils d’alerte en matière de mortalité, afin de permettre au personnel des structures de soins de
revoir et d’adapter les services et les soins dispensés aux blessés.
 Établir des seuils d’alerte en matière d’incidence et suivre les tendances, afin de permettre au personnel de
santé districal d’informer les parties intéressées.

Définition standard de cas

436
Traumatisme dû à un accident de la circulation : toute personne souffrant d’un traumatisme suite à un accident de
la circulation, vue en consultation pour la première fois.
Décès dû à un accident de la circulation : toute personne tuée sur le coup ou décédée dans les 30 jours, suite à un
accident de la circulation.

Répondre au seuil d’alerte


 Promouvoir la prévention primaire en appuyant les mesures visant à lutter contre les facteurs de risque.
 Examiner et contrôler les services et les soins dispensés aux blessés.
 Revoir les dispositions pour la prise en charge des victimes en grand nombre.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
 Intensifier la mise en application des mesures visant à lutter contre les facteurs de risque.
 Activer le système de prise en charge des victimes en grand nombre.
Analyser et interpréter les données
Caractéristiques individuelles : Analyser la répartition des cas en fonction du sexe, de l’âge et d’autres facteurs
démographiques.
Temps : Représenter sur un graphique les chiffres mensuels des blessés et des décès, établir des
courbes sur l’année pour décrire les tendances.
Lieu : Cartographier l’emplacement des cas et identifier les endroits à risque élevé.
Confirmation en laboratoire
Examen radiologique du blessé – quand il le faut.
Références
 Rapport sur la santé dans le monde, 2004, OMS
 OMS- 2010 Rapport de situation sur la sécurité routière en Afrique, 2010, OMS
 2004 Peden, M. ; et al (eds), World Report on Road Traffic Injury Prevention, 2004, OMS
 Holder Y., Peden M., Krug E. et al (eds), Injury Surveillance Guidelines, 2001, Genève OMS
 Harvey A, (Ed). Systèmes de données, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2010

437
Fièvres hémorragiques de Lassa et de Crimée-Congo
Présentation
 La fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC) est provoquée par un virus appartenant à la famille des
Bunyaviridae et la fièvre de Lassa par un virus de la famille des Arenaviridae.
 La FHCC est endémique dans certaines régions d’Afrique et des épidémies ont été notifiées en Ouganda, en
Mauritanie et en Afrique du Sud. Chaque année, la Mauritanie notifie quelques cas. L’Afrique du Sud a notifié
165 cas confirmés en laboratoire, entre 1981 et mars 2006.
 On sait que la fièvre de Lassa est endémique en Guinée, au Libéria, au Nigéria et en Sierra Leone, mais elle est
sans doute également présente dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. D’après certaines études, il y aurait en
Afrique de l’Ouest entre 300 000 et 500 000 cas par an, dont 5000 mortels.
 La FHCC se transmet à l’homme soit par piqûre de tique, soit par contact direct avec des tissus animaux
contaminés, immédiatement après l’abattage.
 Le réservoir animal du virus de Lassa est un rongeur du genre Mastomys. L’infection ne le rend pas malade,
mais il peut excréter le virus (urine et déjections). En général, l’homme s’infecte par le biais d’aérosols ou d’un
contact direct avec les excréta des rongeurs infectés. Le virus peut également se transmettre entre humains
lors du contact direct avec du sang, des sécrétions rhinopharyngées, des urines, des fèces ou d’autres liquides
biologiques d’une personne atteinte.
 La transmission interhumaine des fièvres de Crimée-Congo et de Lassa s’est déjà produite dans des FOSA, après
exposition au sang ou à des sécrétions de patients infectés.
 La durée d’incubation pour la FHCC suite à une piqûre de tique est en général d’un à trois jours (maximum
neuf jours). Elle est de cinq à six jours (maximum 13 jours) après contact avec du sang ou des tissus. La période
d’incubation pour la fièvre de Lassa dure de six à 21 jours.
 L’apparition des symptômes de FHCC est brutale : fièvre, myalgie et autres signes et symptômes. Le taux de
létalité est compris entre 3 % et 30 %.
 Dans 80 % des cas environ, l’infection humaine par le virus de Lassa est bénigne ou asymptomatique. Les 20 %
restants présentent une atteinte grave de plusieurs organes. Chez les patients symptomatiques, la maladie se
manifeste progressivement par de la fièvre, un état de faiblesse généralisée et une sensation de malaise. La fièvre
de Lassa est difficile à distinguer de nombreuses autres maladies fébriles, comme le paludisme, les shigelloses, les
fièvres typhoïdes, la fièvre jaune et autres fièvres hémorragiques virales. Le taux de létalité global est compris
entre 1 % et 15 % chez les patients hospitalisés.
 La prise en charge des cas de FHCC repose principalement sur un traitement de soutien à visée générale. Il est
indispensable d’assurer un suivi intensif pour le remplacement du volume et des constituants sanguins. On a
utilisé la ribavirine, médicament antiviral, pour traiter les cas établis de FHCC. Il semble que les formulations
orale et intraveineuse soient aussi efficaces l’une que l’autre. La ribavirine est également efficace pour le
traitement de la fièvre de Lassa, si elle est administrée au tout début de l’évolution clinique de la maladie.
But de la surveillance : Fièvres hémorragiques de Lassa et de Crimée-Congo
 Détecter au plus tôt les cas et les épidémies de fièvres hémorragiques, enquêter rapidement et vérifier sans délai, en
laboratoire, l’étiologie de tous les cas suspects.
 Investiguer tous les cas suspects, avec repérage des contacts.
 Évaluer et suivre la propagation et l’évolution des épidémies, ainsi que l’efficacité des mesures de lutte.
Définition standard de cas
Cas suspect de FHCC : Toute personne présentant une fièvre d’apparition brutale, un malaise, une faiblesse généralisée,
une irritabilité, des céphalées, de vives douleurs dans les membres et la région lombaire, et une anorexie marquée.
Congestion précoce du visage et du thorax, conjonctives injectées, énanthème hémorragique du voile du palais, de la
luette et du pharynx, et très souvent éruption constituée de fines pétéchies s’étendant du thorax et de l’abdomen à tout
le reste du corps avec, parfois, de grandes surfaces purpuriques.
438
Cas confirmé de FHCC : Cas suspect confirmé en laboratoire (sérologie positive des IgM, PCR positive, isolement du
virus ou séroconversion IgG par ELISA ou IFA) ou ayant un lien épidémiologique avec des cas confirmés ou une
épidémie.
Cas suspect de fièvre de Lassa : Toute personne présentant une maladie qui s’installe progressivement avec au moins
une des manifestations suivantes : malaise, fièvre, céphalées, maux de gorge, toux, nausées, vomissements, diarrhée,
myalgie, douleurs thoraciques, perte de l’audition ; et ayant des antécédents de contact avec des excréta de rongeurs
ou avec un cas confirmé de fièvre de Lassa.
Cas confirmé de fièvre de Lassa : Cas suspect confirmé en laboratoire (sérologie positive des IgM, PCR positive,
isolement du virus) ou ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé en laboratoire.
Répondre au seuil d’alerte
Si un seul cas est présumé :
 notifier immédiatement aux niveaux appropriés l’information relative au cas ;
 isoler les Cas suspects des autres patients et appliquer strictement les techniques de soins en isolement ;
 renforcer les précautions standard de lutte contre l’infection dans tout le milieu médical ;
 traiter et prendre en charge le patient en lui dispensant des soins de soutien ;
 faire des prélèvements pour confirmation du(des) cas ;
 assurer le suivi des contacts du cas et rechercher activement d’autres cas.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si un seul cas est confirmé :
 maintenir les mesures strictes de lutte contre l’infection* pendant toute la durée de l’épidémie ;
 mobiliser la communauté pour une détection et une prise en charge rapides des cas et mener des actions
communautaires éducatives sur la transmission de la maladie et les moyens de lutte contre l’infection lors des soins à
domicile. Pour la FHCC, informer la population sur le mode de transmission par les tiques. Pour la fièvre de Lassa,
intensifier les mesures de lutte contre les rongeurs ;
 rechercher activement d’autres cas ;
 demander l’assistance des autres niveaux, selon les besoins ;
 créer une unité d’isolement pour s’occuper des cas supplémentaires qui pourraient se présenter à FOSA.
Analyser et interpréter les données : Fièvres hémorragiques de Lassa et de Crimée-Congo
 Caractéristiques individuelles : Transmettre immédiatement, au cas par cas, l’information relative aux cas et aux
décès. Analyser la répartition en fonction de l’âge et du sexe. Évaluer les facteurs de risque et organiser les actions de
lutte contre la maladie en conséquence.
 Temps : Faire un graphique des cas et des décès par jour ou par semaine. Tracer une courbe épidémique pendant les
épidémies.
 Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des cas.
Confirmation en laboratoire
Tests de diagnostic Présence d’anticorps IgM contre la FHCC, ou la fièvre de Lassa
Prélèvements Pour l’ELISA :
Sang total, sérum ou plasma
Pour la PCR :
Sang total ou caillot sanguin, sérum ou plasma ou tissu
Pour l’immunohistochimie : Prélèvements de peau ou de tissus des cas décédés
Quand réaliser les Faire des prélèvements chez le premier cas suspect.
prélèvements S’il y a plus d’un cas suspect, faire des prélèvements jusqu’à obtention d’échantillons de cinq à
10 cas suspects.

439
Comment préparer, MANIPULER ET TRANSPORTER LES ÉCHANTILLONS DE PATIENTS PRÉSENTANT UNE FIÈVRE
conserver et HÉMORRAGIQUE VIRALE PRÉSUMÉE AVEC UNE EXTRÊME PRUDENCE. PORTER DES EPI ET
transporter les APPLIQUER LES PRÉCAUTIONS BARRIÈRES.
prélèvements Pour l’ELISA ou la PCR :
 réfrigérer le sérum ou le caillot ;
 congeler (à -20 °C ou à une température plus basse) les prélèvements de tissus pour
l’isolement du virus.
Pour l’immunohistochimie :
 fixer les prélèvements de peau dans le formol. Les échantillons peuvent ainsi être
conservés jusqu’à six semaines. Une fois fixés dans le formol, les échantillons ne sont
plus infectieux ;
 les échantillons fixés dans le formol peuvent être conservés et transportés à
température ambiante.
Résultats Les services de diagnostic des fièvres hémorragiques virales ne sont pas toujours disponibles.
Il faut généralement prendre des dispositions anticipées à cet effet. Contacter l’autorité
nationale compétente ou l’OMS.

Références : Fièvres hémorragiques de Lassa et de Crimée-Congo


 Interim Infection Control Recommendations for Care of Patients with Suspected or Confirmed
Filovirus (Ebola, Marburg) Hemorrhagic Fever. BDP/EPR/WHO, 2008.
 Contrôle de l’infection en cas de fièvre hémorragique virale en milieu hospitalier africain. OMS, 1998.
WHO/EMC
 Ergonul O. Crimean-Congo haemorrhagic fever. Lancet Infect Dis 2006; 6:203-14.
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance WHO/CDS/CSR/ISR/99.2
 OMS Aide-mémoire n°208 : Fièvre hémorragique de Crimée-Congo, révisé novembre 2001
 OMS Aide-mémoire n°179 : Fièvre de Lassa, révisé en avril 2005

440
Lèpre
Présentation
 La lèpre est une maladie chronique mycobatérienne qui affecte la peau, les nerfs périphériques et les
muqueuses des voies aériennes supérieures. Elle se transmet essentiellement par voie aérienne à partir des
sécrétions nasales de malades infectés par le bacille de Hansen (Mycobacterium leprae), mais aussi par
inoculation dans une lésion cutanée. La lèpre est endémique dans plusieurs régions tropicales à travers le
monde, notamment en Afrique.
 Selon la présence de signes cutanés et nerveux, on distingue deux groupes de malades :
o les malades multibacillaires (MB) présentant plus de cinq tâches cutanées et plusieurs épaississements nerveux ;
o les malades paucibacillaires (PB) présentant une à cinq tâche(s) cutanée(s) et un seul épaississement nerveux.
 La lutte contre la lèpre s’est considérablement améliorée grâce à la polychimiothérapie (PCT) recommandée par
l’OMS. La PCT associant deux ou trois médicaments (rifampicine, clofaximine et dapsone) est en effet très
efficace dans le traitement de la lèpre. Fin 1999, la prévalence de la maladie dans les pays africains était de
1,6 cas pour 10 000 habitants, avec près de 70 000 cas enregistrés. Dix-sept ans plus tard, soit fin 2016, ce taux
de prévalence a été réduit à 0,25 cas pour 10 000 habitants et moins de 25 000 cas ont été enregistrés.
 La période d’incubation dure de six mois à 20 ans ou plus. L’infection est probablement fréquente, mais la maladie
clinique est rare, même parmi les contacts les plus proches des malades. Les malades multibacillaires sont très
contagieux. Cependant, le caractère infectieux décroit rapidement, dès le début de la PCT. La maladie présente
parfois des complications (névrites et réactions lépreuses) entraînant des déficiences et des infirmités au niveau
des mains, des pieds et des yeux.
 Historiquement, la lèpre était synonyme d’exclusion sociale et avait d’importantes conséquences
psychosociales. Cette stigmatisation sociale persiste encore dans certains pays d’Afrique.
 Certaines maladies cutanées, comme le pytiriasis versicolor, les mycoses, le vitiligo, la sclérodermie, le
psoriasis, le lupus érythémateux disséminé et la maladie de Von Recklinghausen peuvent être confondues
avec la lèpre.
But de la surveillance
 Suivre les tendances nationales vers l’objectif d’élimination de la lèpre, défini comme la réduction du taux de
prévalence à moins d’un nouveau cas présentant des infirmités de niveau deux pour 1 000 000 d’habitants.
 Surveiller constamment la résistance du bacille de Hansen aux médicaments utilisés pour la PCT.
 La lèpre étant sur le point d’être éliminée, compléter la surveillance de routine par des activités de surveillance au
sein de la communauté, y compris la recherche active de cas parmi les contacts familiaux des malades de la lèpre,
en particulier pendant l’administration de médicaments de masse ou les campagnes de vaccination.
Définition standard de cas
Cas suspect :
Personne présentant au moins l’un des trois signes essentiels de la lèpre : lésion cutanée hypo-pigmentée ou rougeâtre,
perte ou diminution de la sensibilité cutanée, épaississement du nerf périphérique.
Cas confirmé : Personne présentant au moins deux signes essentiels de la lèpre et qui n’a pas encore terminé la
polychimiothérapie (PCT).

Répondre au seuil d’alerte : Lèpre


Si un seul cas est suspect :

 notifier le cas suspect au niveau approprié du système de santé ;

441
 enquêter sur le cas pour rechercher les facteurs de risque ;
 commencer une prise en charge appropriée :
-- malades multibacillaires (MB) : traitement pendant 12 mois avec une PCT combinant trois
médicaments (12 plaquettes de MB à prendre pendant 18 mois).

-- malades paucibacillaires (PB) : traitement pendant six mois avec une PCT combinant deux médicaments (six
plaquettes de PB à prendre pendant neuf mois)

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Si un cas suspect est confirmé :

 examiner les malades à la recherche de signes cutanés et nerveux, à l’occasion de chaque consultation
médicale, pour diagnostiquer et soigner les réactions et les déficiences causées par la lèpre ;
 déterminer les facteurs de risque d’interruption du traitement (par exemple, approvisionnements
insuffisants en PCT dans la structure de soins, accès difficile aux villages où résident les malades, etc.).
Donner aux malades incapables de se rendre tous les mois dans un centre de soins, une quantité de
plaquettes suffisante pour le traitement complet ;
 identifier toute augmentation ou diminution rapide du nombre de nouveaux cas sur une période donnée.
Évaluer la qualité de la surveillance dans les régions où l’on soupçonne une sous-notification ou une sur-
notification. Contrôler la distribution des médicaments de PCT.
Analyser et interpréter les données

Temps : Faire un graphique des cas, précisant les dates de diagnostic et de début du traitement.

Lieu : Cartographier les cas en fonction de leur lieu d’habitation et de la classification de la maladie (MB ou PB)

Caractéristiques individuelles : Faire le décompte mensuel des nouveaux cas détectés, selon le type de lèpre (malades
multibacillaires ou malades paucibacillaires). Analyser leur répartition en fonction de l’âge, du degré d’invalidité et des
résultats du traitement (guérison, défaillance, rechute).

Confirmation en laboratoire

La surveillance de la lèpre ne nécessite pas de confirmation systématique en laboratoire.

Références

 Stratégie mondiale contre la lèpre pour la période 2016-2020 (SEA-GLP-2016.2)


 Normes de surveillance recommandées par l’OMS OMS/CDS/CSR/ISR/99.2

442
Filariose lymphatique
Présentation
 La filariose lymphatique est la deuxième cause mondiale majeure d’invalidité permanente ou prolongée. Sur les
120 millions de personnes affectées dans 80 pays, plus de 40 millions sont gravement handicapées par la maladie.
Le risque d’infection menace 20 % de la population mondiale. Environ un tiers des personnes infectées vivent en
Inde, un autre tiers en Afrique, et le reste dans les Amériques, en Asie et dans le Pacifique. En 1997, la
Résolution WHA50.29 a appelé à l’élimination de la filariose lymphatique en tant que problème de Santé Publique
mondial. La stratégie adoptée repose sur :
o la réduction de la transmission sous un seuil auquel de nouvelles infections cessent d’apparaître ;
o la prise en compte des problèmes associés à la prévention et à la lutte contre les handicaps.
 Agents responsables : en Afrique, seuls les filaires Wuchereria bancrofti, Brugia malayi et Brugia timori sont en
cause.
 Modes de transmission : la maladie est transmise par différentes espèces de moustiques. Les vers parasites
filiformes s’installent dans le système lymphatique humain, où ils produisent des millions de microfilaires
immatures qui circulent dans le sang. Les microfilaires apparaissent dans le sang périphérique trois à six mois
après l’infection pour Brugia malayi, six à 12 mois après pour Wuchereria bancrofti, très souvent avec une
périodicité nocturne. Quand un moustique pique une personne infectée, il ingère des microfilaires qui se
développent dans son organisme pour atteindre le stade infectant au bout de deux semaines environ.
 Tableau clinique :
o l’infection peut ne pas avoir de manifestations cliniques extérieures (même si le laboratoire confirme
des atteintes lymphatiques et rénales). Elle peut également se manifester par un ou plusieurs
symptômes aigus (fièvre, enflures localisées, poumon éosinophile tropical, lymphangite).
 Complications chroniques :
o lymphoedème ou éléphantiasis des membres ;
o lésions des organes génitaux (notamment, hydrocèle chez l’homme) ;
o lésions rénales (notamment, chylurie) et lésions du système lymphatique.
But de la surveillance
Il existe actuellement trois options de surveillance selon la situation locale :

1. notification mensuelle régulière des données récapitulatives concernant les cas suspects et confirmés du
niveau périphérique au niveau intermédiaire et à l’autorité centrale ;
2. enquêtes conduites dans des populations sentinelles (standardisées et périodiques) ;
3. recherche active des cas lors d’enquêtes dans des groupes de population choisis ou lors d’enquêtes de
masse. Au niveau international : notification annuelle de l’autorité centrale à l’OMS (pour un nombre limité
de pays).
Définition standard de cas
Cas suspect :
Personne présentant des signes cliniques d’hydrocèle ou de lymphoedème, et résidant dans une zone d’endémie,
après exclusion de toute autre cause.
Cas confirmé :
Personne avec un diagnostic de laboratoire positif : microfilarémie sur un frottis sanguin, antigènes filaires ou
échographie positive.

Répondre au seuil d’alerte : Filariose lymphatique


 confirmer la prévalence de l’infection au sein de la communauté par des enquêtes.
443
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Prise en charge des cas
Des mesures d’hygiène des parties du corps affectées (et quand c’est nécessaire, des traitements antibiotiques
et antifongiques) peuvent diminuer le risque d’adénolymphangite :
 laver les parties affectées au savon et à l’eau, deux fois par jour ;
 surélever le membre atteint pendant la nuit ;
 faire travailler les membres pour stimuler la circulation lymphatique ;
 garder les ongles courts et propres ;
 porter des chaussures confortables ;
 utiliser des crèmes antiseptiques ou antibiotiques pour soigner les petites plaies ou écorchures, ou dans
certains cas graves, utiliser des antibiotiques systémiques.
Pour le traitement des individus porteurs de microfilaires, il convient de suivre le protocole recommandé par le pays :
 dans les régions où il n’y a ni onchocercose, ni loase : une dose unique de 6 microgramme par kilogramme de
citrate de diéthyl carbamazine (DEC) ;
 dans les régions où l’onchocercose est exclue, mais pas la loase : décision clinique individuelle.
La stratégie actuelle de lutte contre la filariose s’appuie essentiellement sur des mesures antiparasitaires. Pour
interrompre la transmission, il faut traiter la population à risque toute entière. Pour ce faire, on donnera une dose
annuelle de médicaments comme suit :

Régions d’endémie pour l’onchocercose :

 400 microgrammes (mg) d’albendazole + 150 microgrammes d’ivermectine par kilogramme (kg) de poids
corporel, une fois par an, pendant quatre à six ans.
Régions sans onchocercose :

 6 mg de diéthylcarbamazine par kg de poids corporel + 400 mg d’albendazole, une fois par an ; ou


 sel de cuisine enrichi en diéthylcarbamazine pour un usage quotidien, pendant au moins six à 12 mois.
REMARQUE : dans les régions également touchées par la loase (forêt pluviale d’Afrique subsaharienne), on ne peut
pas envisager d’interventions de masse systématique (sauf si l’onchocercose représente un grave problème de Santé
Publique), à cause du risque d’effets secondaires graves chez les patients fortement infectés par le loa loa (environ
un pour 10 000 traitements).

Il est essentiel d’éduquer la population sur l’importance de bien respecter le traitement, lors de la
chimiothérapie de masse. En ce qui concerne la filariose lymphatique, il n’est pas nécessaire d’impulser des
efforts spécifiques de lutte antivectorielle. Ces efforts doivent faire partie des programmes de lutte
antivectorielle déjà existants, telles que les opérations de lutte contre les vecteurs du paludisme.

444
Analyser et interpréter les données
 Cartographier la répartition des cas de filariose lymphatique et identifier les unités de mise en œuvre qui
exigeront une administration de masse de médicaments.
 Analyser la couverture médicamenteuse des unités de mise en œuvre.
 Évaluer la diminution des indices parasitologiques de microfilarémie, avant de commencer l’administration de
masse de médicaments et après au moins quatre tournées d’administration de masse de médicaments, jusqu’à
ce que soient atteints les critères de 1 % de microfilarémie dans la population et de moins de 0,1 % d’antigénémie
chez les enfants en âge d’aller à l’école.
Tests de diagnostic  Frottis sanguin à partir d’un prélèvement nocturne
Test de l’antigène de la filariose
Prélèvements Frottis sanguin
Sang
Quand réaliser les La nuit entre 22 h 00 et 2 h 00 du matin
prélèvements À tout moment de la journée
Comment préparer, Déposer trois gouttes de sang sur une lame de verre et les étaler de façon à faire trois
conserver et lignes. Après fixation à la chaleur, faire une coloration de Giemsa et observer sous
transporter les microscope. L’antigène est testé soit par un test immunochromatographique (ICT) sur
échantillons carte rapide soit par un test ELISA en laboratoire.
Résultats Résultat positif en cas d’observation microscopique de microfilaires de W.
bancrofti. Résultat positif en cas de détection d’antigènes de microfilaires.

Références
 OMS. Suivi et évaluation épidémiologique du programme d’élimination de la filariose lymphatique au
niveau des unités d’exécution WHO/CDS/CPE/CEE/2005.50
 OMS. Filariose lymphatique. WHO/CDS/CPE/SMT/2001.7
[Link]
 OMS. Module de formation sur la filariose lymphatique pour les distributeurs de médicaments (dans les
pays où l’onchocercose n’est pas coendémique). WHO/CDS/CPE/CEE/2000.10 (parties 1 et 2)
 OMS. Le programme d’élimination de la filariose lymphatique - éléments essentiels pour le personnel
médical (dans les pays où l’onchocercose est co-endémique). WHO/CDS/CPE/CEE/2000.11 (parties 1 et 2)
 OMS. Module de formation sur la filariose lymphatique pour les distributeurs de médicaments (dans les
pays où l’onchocercose n’est pas coendémique). WHO/CDS/CPE/CEE/2000.12
 OMS. Le programme d’élimination de la filariose lymphatique - éléments essentiels pour le personnel
médical (dans les pays où l’onchocercose est co-endémique). WHO/CDS/CPE/CEE/2000.13
 OMS. Le programme d’élimination de la filariose lymphatique - éléments essentiels pour le personnel
médical (dans les pays où l’onchocercose est co-endémique). WHO/CDS/CPE/CEE/2000.15
 OMS. Le programme d’élimination de la filariose lymphatique - éléments essentiels pour le personnel
médical (dans les pays où l’onchocercose est co-endémique). WHO//CDS/CPE/CEE/2000.16 Webpage:
[Link]/lymphatic_filariasis

445
Paludisme
Présentation
 Le paludisme est une maladie tropicale et endémique avec la fièvre comme symptôme pricipale. Il fait suite à la piqûre
par un moustique anophèle femelle infecté qui transmet le parasite. Cinq espèces de parasites causent le paludisme chez
l’homme, à savoir : le Plasmodium falciparum (le plus courant), le P. ovale, le P. vivax, le P. malariae et le P. knowlesi.
Les infections palustres graves sont généralement dues au P. falciparum, qui peut entraîner une maladie grave.
 Le paludisme est l’une des principales causes de morbidité et de mortalité dans de nombreux pays africains. Dans la
plupart des régions d’Afrique, la transmission du paludisme est très saisonnière. Dans les zones de forte transmission, le
paludisme est principalement une maladie des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes. Toutefois, certains
pays ont connu une réduction spectaculaire de la transmission du paludisme et, dans ces pays, il est devenu une maladie
qui touche tous les groupes d’âge et des épidémies sont susceptibles de se produire.
 La période d’incubation, depuis la piqûre de moustique jusqu’à l’apparition des symptômes, varie de sept à 30 jours.
Elle peut être plus longue, notamment avec les espèces autres que le P. falciparum.
But de la surveillance
 Détecter rapidement les épidémies de paludisme dans les zones de forte transmission et détecter rapidement les
épidémies dans les zones enclines aux épidémies ou dans les zones abritant une forte population à risque.
Définition standard de cas
Paludisme simple : Le paludisme simple à P. falciparum est très variable et à des symptômes semblables à ceux de
nombreuses autres maladies. Bien que la fièvre soit fréquente, elle est souvent intermittente et peut même être absente dans
certains cas. La fièvre est généralement irrégulière au début et généralement associée à des frissons. Les frissons solennels
sont inhabituels s’agissant du paludisme aigu à falciparum. Le patient se plaint souvent de fièvre, de céphalées, de maux et
douleurs ailleurs dans le corps et parfois de douleurs abdominales et de diarrhée. Chez un jeune enfant, on peut observer de
l’irritabilité, un refus de manger et des vomissements. À l’examen physique, la fièvre peut être le seul signe. Chez certains
patients, le foie et la rate sont palpables. Ce tableau clinique est habituellement impossible à distinguer cliniquement de celui
de la grippe et d’une variété d’autres causes courantes de fièvre. Si la maladie n’est pas diagnostiquée et traitée rapidement,
un patient atteint de paludisme à falciparum peut voir son état se dégrader rapidement. Par conséquent, toute personne vivant
dans une région à risque de paludisme ayant de la fièvre ou des antécédents de fièvre au cours des 24 heures précédentes,
sans signes de paludisme grave, qui présente un résultat positif au test de diagnostic rapide ou à l’examen au microscope,
devrait être considérée comme un cas de paludisme simple (Remarque : L’OMS recommande actuellement que tous les
cas de paludisme soient confirmés par un test de diagnostic rapide ou un examen au microscope).

Paludisme grave : Le paludisme grave se définit par des signes cliniques ou de laboratoire de dysfonctionnement
d’organes vitaux. Presque tous les décès dus au paludisme grave résultent d’infections à P. falciparum. Des définitions
strictes du paludisme grave ont été publiées à des fins épidémiologiques et de recherche, mais, dans la pratique, il devrait
y avoir un seuil bas pour commencer un traitement parentéral chez tout patient à propos duquel un agent de santé
s’inquiète. Même si certaines des mesures de laboratoire ne sont pas disponibles immédiatement, cela ne devrait pas
retarder le début du traitement intensif. Un aperçu général des caractéristiques du paludisme grave comprend :
 l’altération de la conscience (y compris un coma léthargique) ;
 la prostration, c’est-à-dire une faiblesse généralisée qui empêche le patient de s’asseoir, de se tenir debout ou de
marcher sans aide ;
 les convulsions multiples : plus de deux épisodes en 24 heures ;
 la respiration profonde et la détresse respiratoire (respiration acidotique) ;
 l’œdème pulmonaire aigu et le syndrome de détresse respiratoire aiguë ;
 le collapsus circulatoire ou choc, la tension artérielle systolique : < 80 mm Hg chez les adultes et < 50 mm Hg chez
les enfants ;
 une lésion rénale aiguë ;
 la jaunisse clinique et les signes d’autres dysfonctionnements d’organes vitaux ; et des saignements anormaux.

446
Remarque : Ces manifestations peuvent survenir isolément ou, plus couramment, en association chez le même patient.

Patient hospitalisé présentant une parasitémie à P. falciparum (formes asexuées) confirmée en laboratoire, s’accompagnant
des signes et symptômes de la forme grave de la maladie (dysfonctionnement des organes vitaux diagnostiqué par le
laboratoire).
Répondre au seuil d’alerte
S’il y a une augmentation inhabituelle du nombre de cas de paludisme ou de décès par rapport à la même période, au
cours des années précédentes non épidémiques :
 signaler les suspicions d’épidémie au niveau supérieur ;
 traiter les cas avec des médicaments antipaludiques appropriés conformément aux directives thérapeutiques
nationales ;
 enquêter sur la cause de l’augmentation du nombre de cas ;
 s’assurer que les cas chez les enfants âgés de deux mois à cinq ans sont pris en charge conformément aux directives
du Programme de prise en charge des maladies de l’enfant (PCIME) ;
 mener des activités d’éducation communautaire afin de détecter rapidement les cas et d’assurer l’accès aux
établissements de santé.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si le nombre de nouveaux cas dépasse la limite supérieure du nombre de cas observés à la même période, au cours
des années précédentes non épidémiques :
 évaluer et améliorer, si besoin, les stratégies de prévention, telles que l’utilisation de moustiquaires imprégnées
d’insecticides (MII) et les pulvérisations d’insecticides à effets rémanent à l’intérieur des habitations (IRS) pour tous
ceux qui sont exposés au paludisme ;
 assurer une prise en charge appropriée des cas ;
 veiller à garantir la disponibilité adéquate de fournitures et de médicaments dans les établissements de santé.
Analyser et interpréter les données
Temps : Faire le graphique du nombre de cas par mois ou par semaine. Tracer une courbe épidémique pendant les
épidémies.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des nouveaux cas et des décès.
Caractéristiques individuelles : Compter le nombre de nouveaux cas de paludisme et de décès par mois, et analyser leur
répartition en fonction de l’âge et de la période d’apparition de la maladie.

447
Confirmation en laboratoire : Paludisme
Tests de diagnostic  Examen microscopique : présence de parasites du paludisme dans les frottis sanguins des
Cas suspects.
 Test de diagnostic rapide du paludisme : présence de l’antigène du paludisme.
Prélèvements Sang
En général, faire le prélèvement à l’aide de vaccinostyles à tout âge ou avec d’autres
méthodes agréées pour le prélèvement sanguin chez les très jeunes enfants.
Quand réaliser les Pour le frottis sanguin : préparer un frottis pour tous les Cas suspects hospitalisés, ou
prélèvements conformément aux directives nationales de prise en charge des cas de paludisme.
Comment préparer, Frottis sanguin :
conserver et transporter  recueillir le sang directement sur des lames de microscopes propres et correctement
les prélèvements étiquetées ; préparer des frottis minces et des gouttes épaisses ;
 bien laisser sécher les frottis ;
 utiliser la technique de coloration appropriée ;
 conserver les lames colorées et parfaitement séchées à température ambiante, en
prenant soin de ne pas les exposer à la lumière directe.
Pour le test de diagnostic rapide :
 faire les prélèvements et réaliser le test en suivant les instructions du fabricant.
Résultats Les résultats de la goutte épaisse et du frottis mince peuvent être obtenus le jour même du
prélèvement.
L’examen microscopique des lames pour le paludisme peut également révéler la présence
d’autres parasites sanguins.
Le résultat du test de diagnostic rapide est immédiat.
Remarque : En milieu hospitalier, faire un dosage d’hémoglobine pour confirmer
l’anémie grave chez les enfants âgés de deux mois à cinq ans.
Références
 Malaria epidemics: Detection and control, forecasting and prevention. Genève. Organisation mondiale de la
Santé. WHO/MAL/98.1084.
 « Basic Laboratory Methods in Medical Parasitology » OMS, Genève, 1991.

448
Paludisme : suite…

Remarque : Déterminer un seuil endémique :

Dans les zones où le paludisme est endémique, le Programme national de lutte contre le paludisme peut aider les DS et
les FOSA à déterminer des seuils appropriés leur permettant de détecter d’éventuelles épidémies. En l’absence d’un seuil
défini par le programme national, on pourra utiliser la méthode suivante pour déterminer le seuil de détection d’une
épidémie de paludisme. Le seuil est déterminé à l’aide de la moyenne et du 3ème quartile d’une période donnée (par
exemple, des données mensuelles ou hebdomadaires sur cinq ans d’une FOSA ou d’un DS) :

1. relever le nombre de cas mensuels ou hebdomadaires de paludisme dans une structure de soins ou un DS
spécifiques, au cours des cinq dernières années ;
2. déterminer la moyenne pour chaque mois ou chaque semaine (par exemple, chaque mois de janvier pendant les
cinq dernières années). Classer par ordre croissant les données mensuelles ou hebdomadaires pour chacune des
cinq années. Identifier le nombre qui se trouve au milieu de chaque série mensuelle ou hebdomadaire au cours
des cinq dernières années. Ce nombre correspond à la médiane. Répéter ce processus pour chaque mois ou
chaque semaine, pendant les cinq années ;
3. déterminer le 3ème quartile de chaque série mensuelle ou hebdomadaire, en identifiant le quatrième nombre
le plus élevé dans chaque série, en partant du bas (dans la mesure où les données sont classées par ordre
croissant). Le 3ème quartile représente la limite supérieure du nombre normal de cas de paludisme attendu ;
4. matérialiser sur un diagramme le 3ème quartile de chaque série de données mensuelle ou hebdomadaire,
au cours de ces cinq années, et relier les points. La ligne obtenue représente la limite supérieure du nombre
normal de cas attendu ;
5. matérialiser sur un diagramme la moyenne de chaque série de données mensuelle ou hebdomadaire, au cours
des cinq ans, et relier les points. La ligne obtenue représente la limite inférieure du nombre de cas attendu ;
6. la zone entre les deux lignes (entre la médiane et le 3ème quartile) représente la « normale ». Si le nombre de cas
de paludisme actuellement observé se situe entre les deux lignes, le nombre de nouveaux cas pour ce mois ou
cette semaine est considéré comme « normal ». Si le nombre est supérieur au 3ème quartile (limite supérieure),
c’est une indication d’une éventuelle épidémie de paludisme.
Remarque : Pour assurer une détection précoce des épidémies de paludisme et les combattre, il est préférable
d’utiliser les données hebdomadaires de la surveillance dans les zones géographiques à tendance épidémique.

Dans les zones en phase de pré-élimination ou d’élimination du paludisme, un seul cas de paludisme transmis
localement devrait donner lieu à des interventions proactives, y compris la recherche active de cas dans la
localité d’origine du cas.
Source : Programme régional OMS/AFRO de lutte contre le paludisme

449
Malnutrition
Présentation
 Dans le monde, la sous-alimentation des femmes et des enfants reste la cause sous-jacente de 3,5 millions
de décès. Elle représente notamment 35 % de la charge de morbidité chez les enfants de moins de cinq
ans. On compte 23 pays africains parmi les 40 pays dans lesquels la prévalence du déficit staturo-pondéral
atteint 40 % ou plus.
 La malnutrition sévère peut être une cause directe de décès, mais aussi une cause indirecte, dans la
mesure où elle augmente de façon dramatique le taux de mortalité chez les enfants souffrant de maladies
infantiles courantes, comme la diarrhée ou la pneumonie.
 En dépit de ces faits, le poids de la mortalité infantile pour cause de malnutrition sévère est rarement à
l’ordre du jour de la santé internationale, et peu de pays, même dans les zones de prévalence élevée,
disposent de politiques nationales permettant d’aborder ce problème de façon entière.
 Les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et celles qui allaitent sont les plus vulnérables.
Le mauvais état nutritionnel et la mauvaise alimentation des femmes enceintes peuvent contribuer à la
naissance de nouveau-nés de faible poids (poids mesuré immédiatement après la naissance). Un
nouveau-né pesant moins de 2500 grammes (2,5 kilogrammes ou 5,5 livres) est considéré comme un
nouveau-né de faible poids. Ce faible poids de naissance est un déterminant majeur de la mortalité, de
la morbidité et des handicaps du nourrisson et de l’enfant. Il a également un impact sur la santé de
l’adulte.
 Les principales causes de malnutrition englobent les conditions socioéconomiques, le manque d’accès à
l’eau potable et aux systèmes d’assainissement, la mauvaise éducation nutritionnelle des mères
concernant l’alimentation du nourrisson et des enfants en bas âge, ainsi que les infections répétées
 Les programmes destinés à éradiquer la malnutrition reposent sur la sécurité alimentaire,
l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement, la promotion des pratiques d’alimentation des
nourrissons et des enfants en bas âge, les programmes de supplémentation en micronutriments, la prise
en charge des cas graves de malnutrition au sein des communautés et dans les structures de soins, la prise
en charge des infections, en particulier des maladies diarrhéiques.
 De nombreuses études sporadiques sont organisées, mais à ce jour, la surveillance de la nutrition est
très peu appliquée et ne permet pas de prendre des mesures pour la prévention et la prise en charge
de la malnutrition.
But de la surveillance
 Alerte précoce et identification du problème.
 Prise de décision et planification des actions.
 Gestion et évaluation des programmes.
 Vérification de l’efficacité des mesures de Santé Publique visant à remédier aux causes de
l’insuffisance pondérale à la naissance et de la malnutrition chez les enfants et les femmes
enceintes.

450
Définition standard de cas : Malnutrition
Insuffisance pondérale à la naissance :
Nouveau-né d’un poids de naissance inférieur à 2500 grammes (ou 5,5 livres)
Malnutrition chez les enfants :
- enfants de moins de cinq ans en insuffisance pondérale (indice poids-taille : ZScore poids pour âge<-2) ;
- enfants de 6 à 59 mois ayant un périmètre brachial <11,5 centimètres (risque de mortalité élevé) ;
- œdèmes bilatéraux des extrémités.
Malnutrition chez les femmes enceintes :
Femmes enceintes donnant naissance à des bébés de faible poids < 2,5 kilogrammes (le mauvais état
nutritionnel et le mauvais état de santé des mères permettent de prévoir quels sont les groupes de population
susceptibles de tirer profit d’une amélioration des soins prénataux pour les femmes et des soins néonataux pour
les nourrissons).
Répondre au seuil d’alerte
Si plus de 20 % des enfants souffrent d’insuffisance pondérale :
Le programme doit mettre l’accent sur :
 le soutien à l’allaitement maternel ;
 l’éducation nutritionnelle ;
 les compléments alimentaires pour les enfants et les mères ;
 la prévention et le traitement des diarrhées ;
 la prévention et le traitement de la malnutrition sévère ;
 le soutien socioéconomique.

Dès la détection d’un cas avec un périmètre brachial < 11,5 centimètres (cm) ou dès l’identification d’un
œdème bilatéral :

Alerter, faire des examens complémentaires et orienter l’enfant vers un programme d’alimentation
thérapeutique.
Si 15 % ou plus des enfants de faible poids de naissance pèsent moins de 2,5 kilogrammes :

Cibler les interventions de façon à améliorer les soins prénataux pour les femmes et les soins néonataux pour
les nourrissons, notamment les soins nutritionnels (campagnes anti-tabac et anti-alcool, soins nutritionnels
pour les femmes avant et pendant la période prénatale et pendant l’allaitement, prophylaxie contre le
paludisme, structures de soins pour les nouveau-nés, etc.) pour les femmes qui risquent de souffrir de
complications pendant la grossesse et l’accouchement, et traiter les nouveau-nés, afin de prévenir la
morbidité et la mortalité.

451
Analyser et interpréter les données
Temps : Faire un graphique du nombre de cas mensuels pour analyser
les tendances, et du nombre de cas hebdomadaires dans les situations
d’urgence.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation et des communautés enregistrant des cas.
Caractéristiques individuelles : Compter les cas mensuels ou hebdomadaires et analyser leur répartition en
fonction de l’âge et du sexe.
Confirmation en laboratoire
La surveillance ne nécessite pas confirmation systématique en laboratoire.
Références
 Black R.E. et al. Maternal and child undernutrition: global and regional exposures and health
consequences. Lancet 2008; 371: 243 – 260.
 Gross R, Webb P, Wasting time for wasted children: severe child undernutrition must be
resolved in nonemergency settings. Lancet 2006; 367: 1209-1211.
 Physical status: the use and interpretation of [Link] of a WHO Expert
[Link] Technical Report Series, 1995, No 854: 81, 128-130, 198-208.
 Normes de croissance OMS et identification de la malnutrition aiguë sévère chez l’enfant.
Déclaration commune de l’Organisation mondiale de la Santé et du Fond des Nations unies
pour l’Enfance

452
Décès maternels
Présentation
 Les décès maternels incluent les décès liés à la maternité qui surviennent pendant ou en fin de grossesse,
lors de l’accouchement, et dans les six semaines (42 jours) après l’accouchement ou la fin de la
grossesse. (Remarque : Les décès dus à des causes accidentelles ou fortuites ne sont pas considérés comme
des décès maternels)
 Généralement, environ 80 % des décès maternels sont provoqués par des hémorragies graves (le plus
souvent après l’accouchement), des infections (aussitôt après l’accouchement pour la plupart), des
troubles hypertensifs durant la grossesse (éclampsie) et un travail dystocique. Les complications après
un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions comptent pour 13 % des décès maternels.
 Dans les pays en développement, la mortalité maternelle reste trop élevée, avec plus de
500 000 femmes qui meurent chaque année du fait de complications pendant la grossesse et
l’accouchement. Environ la moitié de ces décès se produisent en Afrique subsaharienne où le risque
de décès maternel sur la durée de vie est d’une femme sur 22, contre une femme sur 8000 dans les
pays industrialisés.
 Les hémorragies sont la première cause de mortalité maternelle en Afrique subsaharienne, avec
un risque particulièrement élevé pour les accouchements sans assistance, surtout dans les zones
rurales où le transport jusqu’aux structures de soins pose problème.
 L’établissement de rapports sur les objectifs du développement durable (ODD) en 2030 exige une
surveillance active et le comptage des décès maternels. Le rapport n’est plus proportionné comme il
l’était dans les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) (Réduire la mortalité maternelle
de 75 %), mais les pays feront plutôt état d’un chiffre réel – en ce sens qu’aucun pays ne devrait avoir
un taux de mortalité maternelle (TMM) >70 décès pour 100 000 naissances vivantes.
 L’examen des progrès accomplis dans la réalisation du cinquième objectif du millénaire pour le
développement indique que la plupart des pays africains n’ont pas été en mesure d’atteindre cet
OMD en 2015. Des actions intensives et des investissements accrus sont nécessaires pour
améliorer la couverture et la qualité des services de soins de santé maternelle et il est essentiel
de s’attaquer aux problèmes et aux facteurs qui contribuent à ces décès si nous entendons
atteindre les OMD.

But de la surveillance
 Surveillance active en vue d’une identification et d’une déclaration améliorées et précises des décès
maternels au niveau des communautés et des établissements de santé.
 Estimer et surveiller les taux de mortalité maternelle.
 Identifier les facteurs de risque et les zones géographiques à risque élevé de mortalité maternelle, afin de
guider les orientations des programmes.
 Évaluer les programmes destinés à réduire la mortalité maternelle.
Définition standard de cas
Décès d’une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après son terme, quelle que
soit la durée ou la localisation de la grossesse, pour une cause quelconque liée ou aggravée par la grossesse ou
sa prise en charge, mais qui est n’est ni accidentelle, ni fortuite.
Répondre au seuil d’alerte
• Après avoir déterminé que le décès d’une femme est survenu pendant la grossesse ou dans les 42 jours après
son terme, la notification initiale du décès présumé devrait être faite immédiatement (dans un délai de
24 heures), par les moyens les plus rapides possibles.
• Chaque décès maternel revêt une importance significative, ce qui place le seuil d’alerte à UN (1).
453
• La FOSA doit contacter l’autorité du DS et fournir des informations sur le formulaire d’alerte de cas de la
Surveillance intégrée de la maladie et la riposte (SIMR). De plus, le comité d’examen des décès maternels de la
FOSA est tenu d’examiner le cas dans les sept jours.
• La notification initiale doit être suivie d’un rapport écrit à l’aide d’un formulaire de revue du décès maternel,
qui doit être partagé avec le coordinateur de la revue des décès maternels aux niveaux districal ou régional.
• La revue des décès maternels devrait être anonyme et sans lien ; et l’on ne devrait pas utiliser les rapports à
des fins disciplinaires en cas de litige.
• La notification initiale devrait être suivie d’un rapport écrit au moyen d’un formulaire de revue des décès
maternels ou d’un formulaire d’enquête sur les cas.
Action de Santé Publique recommandée
 En matière de santé génésique, tout décès d’une femme devrait faire l’objet d’une enquête afin d’écarter
l’hypothèse d’une grossesse et d’établir ainsi s’il s’agit d’un décès maternel ou non.
 La surveillance des décès maternels ne devrait pas être effectuée uniquement dans les salles
d’accouchement, mais aussi dans la communauté et dans toutes les zones de services où les femmes sont
vues ou meurent.
 Surveiller les tendances et réagir à tout décès maternel sur la base des recommandations découlant de
l’examen des décès maternels.
 Accroître la disponibilité et l’utilisation des soins prénatals et de l’assistance qualifiée à l’accouchement.
 Mettre en œuvre des interventions essentielles à fort impact fondées sur des données probantes pour la santé
maternelle.
 Éduquer les communautés et les faire participer à la préparation aux situations d’urgence et à la préparation
aux complications, y compris les interventions nutritionnelles et diététiques fondées sur des données
probantes pour une grossesse et un accouchement sans risque.
 S’attaquer aux normes et pratiques socioculturelles qui ont un impact négatif sur la santé maternelle.
 Assurer une couverture des soins obstétricaux d’urgence de >80 % avec les fonctions de signal recommandées
selon le niveau de soins.
Analyser et interpréter les données
Temps : Représenter les cas sur un graphique et tracer une courbe épidémique sur toute l’année afin d’identifier
les tendances.
Lieu : Cartographier l’emplacement des cas et analyser leur répartition géographique.
Caractéristiques individuelles : Analyser la répartition des cas en fonction de l’âge et d’autres facteurs
démographiques.
Confirmation en laboratoire
La surveillance ne nécessite pas de confirmation systématique en laboratoire.
Références
OMS. Mortalité maternelle : [Link] pregnancy safer/topics/maternal
mortality/en/[Link]; ICD MM;
[Link]
30EDE6605FFAEDF4?sequence=1
Guide technique de l’OMS pour la surveillance des décès maternels et l’action ; guide du MEBC
UNICEF : [Link]

454
Rougeole
Présentation

 La rougeole est une maladie éruptive fébrile, due à un virus de la famille des Paramyxoviridae (Morbillivirus)
qui se transmet par voie aérienne, d’une personne à l’autre, par les gouttelettes respiratoires en suspension
dans l’air. Dans de nombreux pays africains, la rougeole est la quatrième cause majeure de mortalité chez
les enfants de moins de 5 ans.
 La période d’incubation dure de 7 à 18 jours, entre l’exposition et l’apparition de la fièvre.
 Chez les enfants souffrant de malnutrition et d’une déficience en vitamine A, l’infection par le virus de la
rougeole peut provoquer une maladie grave due au virus lui-même et aux surinfections bactériennes, en
particulier la pneumonie ; les cas graves sont une minorité.
 La rougeole est l’une des maladies humaines les plus contagieuses. D’importantes épidémies se
déclarent chaque année dans les régions où la couverture vaccinale est faible et où il y a une forte
concentration de personnes n’ayant jamais été infectées ou vaccinées. L’incidence réelle de la
rougeole est de loin supérieure aux cas notifiés.
 Les facteurs de risque incluent notamment la faible couverture vaccinale (<85 à 90 %) qui permet la
concentration d’un grand nombre de personnes fortement susceptibles de contracter la rougeole. Les
épidémies de rougeole peuvent être explosives dans les régions à forte densité démographique.
 D’autres maladies virales, telles que la rubéole, peuvent contribuer ou provoquer des épidémies similaires à
celles de la rougeole.

But de la surveillance
 Détecter rapidement les flambées de maladie éruptive fébrile :
dans la Région africaine de l’OMS, conformément à l’objectif régional d’élimination de la rougeole : notification
immédiate, au cas par cas, des cas suspects de maladie éruptive fébrile et des décès imputables à une maladie
éruptive fébrile ; confirmation par le laboratoire (généralement, sérologie IgM) de tous les cas suspects.

Définition standard de cas


Cas suspect : toute personne présentant de la fièvre, une éruption généralisée maculopapulaire (non vésiculaire)
et de la toux ou un rhume ou une conjonctivite (yeux rouges), ou toute personne chez laquelle un médecin
soupçonne une rougeole.

Cas confirmé : Cas suspect confirmé par le laboratoire (sérologie positive des IgM) ou ayant un lien
épidémiologique avec des cas confirmés ou une flambée épidémique.
Répondre au seuil d’alerte
S’il y a suspiscion de flambée :
 notifier le cas suspect au niveau supérieur ;
 effectuer des prélèvements sanguins pour confirmer la flambée épidémique ;
 traiter les cas avec des sels de réhydratation orale, de la vitamine A et des antibiotiques pour prévenir
les surinfections bactériennes. Si possible, prendre des précautions aériennes ;
 enquêter sur le cas ou la flambée épidémique pour en identifier les causes.

455
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
S’il y a confirmation de flambée épidémique :
 améliorer la couverture vaccinale systématique dans le cadre du PEV, et organiser des activités de
vaccination supplémentaires dans les zones à faible couverture vaccinale ;
 mobiliser au plus tôt la communauté pour permettre la détection et le traitement rapides des cas ;
 donner de la vitamine A :
 dose 1 : immédiatement, dose 2 : le lendemain
 âge : 0 à 6 mois = 50,000 UI, 7 à 11 mois = 100,000 IU ; 12 mois et plus =200,000 UI

Analyser et interpréter les données


Temps : établir le graphique des cas et des décès hebdomadaires. Tracer la courbe épidémique des cas liés aux à la
flambée.
Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : faire le décompte total des cas et analyser leur répartition en fonction de la tranche
d’âge et du statut vaccinal.

Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques : recherche d’IgM dirigés contre le virus de la rougeole.
Prélèvements : sérum
Sang total, liquide gingival, frottis de gorge

Quand réaliser les prélèvements


 Prélever entre le 3ième et le 28Hème jour après le début de l’éruption.
 Faire des prélèvements sanguins chez les 5 premiers cas suspects de rougeole, quand le nombre de cas
dépasse le seuil épidémique de la rougeole (généralement, plus de 5 cas par mois, dans un district).
 Dans les pays qui se sont fixé pour objectif l’élimination de la rougeole :
 Faire un prélèvement pour chaque cas suspect de rougeole.
 Prélever un échantillon de sérum pour la recherche d’anticorps, à la première occasion ou dès la
première consultation dans FOSA.

456
Comment préparer, conserver et transporter les prélèvements
 Chez les enfants, prélever 1 à 5 ml de sang veineux, selon la taille de l’enfant. Effectuer le prélèvement
dans un tube à essai, un tube capillaire ou un microrécipient.
 Séparer le sérum des globules rouges. Laisser le caillot sanguin se rétracter à température ambiante
pendant 30 à 60 minutes. Centrifuger à 2 000 tours/minutes pendant 1 020 minutes et verser le sérum
dans un tube en verre propre.
 En l’absence de centrifugeuse, mettre l’échantillon au réfrigérateur pour la nuit (4 à 6 heures) jusqu’à
ce que le caillot se rétracte. Le lendemain matin, verser le sérum dans un tube propre.
 En l’absence de centrifugeuse et de réfrigérateur, incliner l’échantillon pendant au moins 60 minutes
(sans qu’il ne soit secoué ni transporté dans un véhicule). Verser le sérum dans un tube propre.
 Conserver les sérums à 4 °C.
 Transporter les échantillons de sérum dans un emballage approprié afin d’éviter tout risque de casse ou
de fuite pendant le transport.
Résultats : les échantillons devraient être livrés au laboratoire dans les 3 jours qui suivent leur prélèvement. Les résultats
sont généralement disponibles au bout de 7 jours.

Si 2 cas suspects de rougeole sur 5 sont confirmés par le laboratoire, la flambée épidémique est confirmée.

Éviter de secouer les prélèvements sanguins avant que le sérum ait été séparé.

Pour éviter toute prolifération bactérienne, verser le sérum dans un tube en verre propre. Il n’est pas nécessaire
que le tube soit stérile, il suffit qu’il soit propre.

Transporter les échantillons de sérum dans un porte‐vaccins du PEV réfrigéré entre 4 ºC et 8 ºC afin d’éviter toute
prolifération bactérienne. S’il n’y a pas de possibilité de réfrigération, le sérum pourra être conservé pendant 3 jours
minimum, dans un tube propre.

Références
 « Response to measles outbreaks in measles mortality reduction settings »
[Link]
 WHO–recommended standards for surveillance of selected vaccine-preventable diseases (2018).
[Link]
ntable_11_Measles_R1.pdf?ua=1
 Organisation mondiale de la Santé. Bureau régional pour l’Afrique. African Regional guidelines for
measles and rubella surveillance - Revised, avril 2015.
[Link]
3

457
Syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS)
Présentation
 Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) est une maladie respiratoire virale due à un
nouveau coronavirus (Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient - MERS‐CoV) détecté
pour la première fois en 2012 en Arabie saoudite.
 Les coronavirus constituent une vaste famille de virus pouvant provoquer des maladies diverses, allant
du rhume banal au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
 Parmi les symptômes habituels du MERS figurent la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. La
présence d’une pneumonie est fréquente, mais pas systématique. Des symptômes gastro-
intestinaux, dont la diarrhée, ont également été signalés. Certains cas confirmés en laboratoire
d’infection par le MERS-CoV sont notifiés comme asymptomatiques, ce qui signifie qu’ils ne
présentent pas de symptômes cliniques tout en donnant un résultat positif à un test de laboratoire
mettant le MERS en évidence. La plupart de ces cas asymptomatiques ont été détectés à la suite
d’une recherche très active de contacts d’un confirmé en laboratoire.
 Environ 35 % des cas notifiés d’infection par le MERS-CoV ont abouti au décès du patient.

 Le dromadaire constitue le principal hôte réservoir du virus et les humains sont infectés par contact
direct ou indirect non protégé avec des dromadaires infectés. Toutefois, le rôle précis que jouent ces
animaux dans la transmission du virus et le(s) mode(s) exact(s) de transmission ne sont pas connus.
 Le virus ne semble pas se propager aisément d’une personne à l’autre, à moins d’un contact étroit
avec une personne infectée, par exemple lorsque des soins sont prodigués sans protection à un
patient. Des flambées liées aux soins de santé se sont produites dans plusieurs pays, les plus
importantes ayant été observées en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en République de
Corée.
 Approximativement la moitié des cas humains de MERS sont attribués à des infections
interhumaines.

But de la surveillance
 Détecter les premiers cas d’infection par le MERS-CoV et tout signe de transmission interhumaine
prolongée
 Déterminer les zones géographiques à risque d’infection par le virus
Définition standard de cas
[Link]
Les personnes suivantes devraient faire l’objet d’une investigation et d’un test de dépistage du MERS-CoV
(extrait de Surveillance de l’infection humaine par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-
Orient (MERS-CoV)
1. Personne présentant une infection respiratoire aiguë, avec des antécédents de fièvre et de toux, et des
signes de maladie du parenchyme pulmonaire (par exemple, pneumonie ou syndrome de détresse
respiratoire aiguë), sur la base de données cliniques ou radiologiques, qui nécessite une hospitalisation,
sans autre étiologie expliquant pleinement le tableau clinique5 (les cliniciens devraient également
envisager l’éventualité d’un tableau atypique chez les patients immunodéprimés) ;
ET répondant à l’un des critères suivants :

5 Les tests à réaliser devraient suivre les lignes directrices locales pour la prise en charge de la pneumonie acquise dans la
communauté. Les autres étiologies peuvent être Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae de type b, Legionella pneumophila, d’autres
pneumonies bactériennes primaires reconnues, la grippe et le virus respiratoire syncytial.

458
a. la personne réside au Moyen-Orient6, en particulier là où des infections humaines ont été signalées, et
dans des pays où l’on sait que le MERS-CoV circule chez le dromadaire ;
b. le patient fait partie d’un foyer7 de cas de maladie respiratoire aiguë qui s’est déclaré dans les 14 jours
précédents, quels que soient le lieu de résidence ou les antécédents de voyages ;
c. le patient est un agent de santé ayant travaillé dans un environnement où des patients atteints
d’infection respiratoire aiguë sévère ont été soignés, quels que soient le lieu de résidence ou les
antécédents de voyages ;
d. la personne présente une évolution clinique inhabituelle ou inattendue, notamment une aggravation
soudaine de son état malgré un traitement approprié, quel que soit le lieu de résidence ou les
antécédents de voyages, même si une autre étiologie a été identifiée et explique pleinement le
tableau clinique.
2. Personne présentant une infection respiratoire aiguë, avec des antécédents de fièvre et de toux, et des
indications de maladie du parenchyme pulmonaire (par exemple, pneumonie ou syndrome de détresse
respiratoire aiguë), sur la base de données cliniques ou radiologiques, et qui a voyagé dans les 14 jours
précédant l’apparition de la maladie au Moyen-Orient2 ou dans des pays où l’on sait que le MERS-CoV
circule chez le dromadaire ou dans lesquels des infections humaines ont récemment été signalées.
3. Personne présentant une maladie respiratoire aiguë, quelle qu’en soit la sévérité, qui, dans les 14 jours
précédant le début de la maladie, s’est trouvée dans l’une des situations d’exposition suivantes (note :
voir la section « Recommandations de dépistage dans des foyers associés à des FOSA») :
a. contact physique étroit8 avec un cas confirmé ou probable d’infection par le MERS-CoV au moment où
celui-ci était malade ;
b. établissement de santé dans un pays où l’on a signalé des infections par le MERS-CoV associées à
l’hôpital ;
c. contact direct avec un dromadaire ou consommation ou exposition à des produits camelins (viande
crue, lait non pasteurisé, urine) dans des pays où l’on sait que le MERS-CoV circule dans les
populations de dromadaires ou dans lesquels des infections humaines se sont produites à la suite
d’une transmission zoonotique supposée.
4. Les pays du Moyen-Orient2 sont également fortement encouragés à envisager l’ajout du dépistage du
MERS-CoV aux algorithmes de dépistage actuels, dans le cadre d’une surveillance sentinelle
systématique des maladies respiratoires, et des groupes d’experts en diagnostic pour la pneumonie.

Les définitions de cas pour le MERS-CoV peuvent être consultées à l’adresse


[Link]
Définition de cas confirmé
Personne présentant une infection par le MERS-CoV confirmée en laboratoire1 quels que soient les signes
cliniques et les symptômes.

6 Pour consulter une carte du Moyen-Orient, voir : [Link]


7 Un « foyer » est défini comme un groupe de deux personnes ou plus chez lesquelles les symptômes sont apparus au cours de la même période de
14 jours et qui sont associées à un environnement spécifique (salle de classe, lieu de travail, ménage, famille élargie, hôpital, autre établissement
résidentiel, casernes militaires ou camps de vacances).
8 Un « contact étroit » est défini comme :
- une exposition liée aux soins de santé, notamment en prodiguant directement des soins à des patients infectés par le MERS‐CoV, en travaillant
avec des agents de santé infectés par le virus, en rendant visite à des personnes infectées par le virus ou en se trouvant dans leur environnement
immédiat ;
- le fait de travailler à proximité immédiate ou de partager la même salle de classe que des patients infectés par le virus MERS-CoV ;
- le fait de voyager avec un patient infecté par le MERS-CoV quel que soit le moyen de transport ;
- le fait de vivre sous le même toit qu’un patient infecté par le MERS‐CoV.

Le lien épidémiologique peut être intervenu dans une période de 14 jours avant ou après l’apparition de la maladie chez le cas en question.
459
Définition de cas probable
 Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile, présentant des signes cliniques,
radiologiques ou histopathologiques de parenchyme pulmonaire (pneumonie ou syndrome de
détresse respiratoire aigu, par exemple) ET
ayant un lien épidémiologique direct2 avec un cas confirmé de MERS-CoV ET
pour laquelle le test de dépistage du MERS-CoV n’est pas disponible, est négatif sur un seul
échantillon inapproprié3 ou se révèle non concluant4.
 Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile, présentant des signes cliniques,
radiologiques ou histopathologiques de parenchyme pulmonaire (pneumonie ou syndrome de
détresse respiratoire aigu, par exemple) qui ne peuvent pas être pleinement expliqués par toute
autre étiologie ET
résidant ou ayant séjourné au Moyen-Orient, ou dans des pays où l’on sait que le MERS-CoV circule
chez le dromadaire ou dans lesquels des infections chez l’homme se sont récemment produites ET
pour laquelle le test de dépistage du MERS-CoV se révèle non concluant4.
 Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile, quelle qu’en soit la gravité ET
ayant un lien épidémiologique direct2 avec un cas confirmé de MERS-CoV ET
pour laquelle le test de dépistage du MERS-CoV se révèle non concluant4.
Notes
1. Un cas peut être confirmé en laboratoire par détection de l’acide nucléique viral ou par épreuve
sérologique. La présence de l’acide nucléique viral est confirmée si le résultat de l’amplification génique
après transcription inverse (RT-PCR) est positif pour au moins deux cibles génomiques spécifiques ou bien
pour une seule cible avec séquençage d’une seconde cible. Un cas est confirmé par épreuve sérologique si
celle-ci révèle une séroconversion dans deux échantillons, idéalement prélevés à 14 jours d’intervalle au
minimum, au moyen d’un test ELISA ou IFA et d’une épreuve de neutralisation.
Néanmoins, il conviendra de consulter les recommandations provisoires pour le dépistage en laboratoire
du MERS-CoV pour prendre connaissance des critères les plus récents de confirmation en laboratoire
([Link]
2. L’existence d’un lien épidémiologique direct avec un cas confirmé de MERS-CoV peut supposer :
 une exposition associée aux soins médicaux, notamment quand on prodigue directement des soins
à des patients infectés par le MERS-CoV, quand on travaille avec des agents de santé infectés par le
virus, quand on rend visite à des personnes infectées par le virus ou quand on se trouve dans leur
environnement immédiat ;
 le fait de travailler à proximité immédiate ou de partager la même salle de classe que des
personnes infectées par le virus MERS-CoV ;
 le fait de voyager avec des personnes infectées par le virus MERS-CoV quel que soit le moyen de
transport ;
 le fait de vivre sous le même toit qu’une personne infectée par le virus MERS-CoV ;
 le lien épidémiologique peut être intervenu dans une période de 14 jours avant ou après
l’apparition de la maladie chez le cas en question.
3. Un échantillon inapproprié peut être un écouvillon nasopharyngé non accompagné d’un autre
échantillon provenant des voies respiratoires inférieures, un échantillon ayant fait l’objet d’une
manipulation incorrecte, un échantillon jugé de mauvaise qualité par le laboratoire d’analyses ou un
échantillon prélevé trop tardivement au cours de la maladie.
4. Un test non concluant peut être :
 un test de dépistage positif réalisé par amplification génique après transcription inverse pour une
seule cible sans autre confirmation ;
460
 la mise en évidence d’une séroréactivité dans un seul échantillon sérique de patient convalescent,
idéalement prélevé au moins 14 jours après l’exposition, au moyen d’un test ELISA ou IFA et d’une
épreuve de neutralisation, en l’absence de confirmation moléculaire sur des échantillons prélevés
dans les voies respiratoires.
 Test non concluant : les patients dont le test de dépistage initial est non concluant devraient subir
un test virologique et sérologique supplémentaire pour déterminer s’ils peuvent être classés
comme des cas confirmés de MERS-CoV. Il est fortement conseillé de prélever et analyser plusieurs
échantillons provenant des voies respiratoires inférieures du patient tels que des expectorations,
un aspirat endotrachéal ou des fluides de lavage broncho-alvéolaire. Si ces patients ne présentent
aucun signe ou symptôme d’infection des voies respiratoires inférieures et si l’on ne dispose pas
d’échantillon provenant de ces voies ou si le prélèvement de tels échantillons n’est pas
cliniquement indiqué, il convient de recueillir des échantillons par écouvillonnage nasopharyngé et
rhinopharyngé. Si l’analyse initiale de l’échantillon nasopharyngé est négative chez un patient
fortement suspecté d’infection par le MERS-CoV, il faudra réaliser un nouveau test sur un
échantillon provenant de ses voies respiratoires inférieures ou bien sur un deuxième échantillon
nasopharyngé et sur un échantillon oropharyngé supplémentaire si les prélèvements au niveau des
voies respiratoires inférieures sont impossibles, ainsi que sur des sérums de phase aiguë et de
phase de convalescence appariés. D’autres types d’échantillons cliniques pourraient également
être envisagés pour des analyses moléculaires si nécessaire, notamment le sang/sérum, l’urine et
les selles. Ceux-ci comportent généralement des titres de virus plus faibles que les échantillons
prélevés dans les voies respiratoires, mais ont été utilisés pour confirmer des cas lorsque les autres
échantillons étaient inadéquats ou impossibles à obtenir. Les laboratoires qui obtiennent des
résultats d’analyses de PCR discordants et ont une expérience limitée en matière de détection du
MERS-CoV devraient envisager de renvoyer leurs échantillons à des laboratoires plus expérimentés
pour confirmation.
Consulter le formulaire de notification de cas de l’OMS (disponible en anglais et en français)
Répondre à une alerte
En cas de suspicion d’un cas unique/d’un foyer ou d’une flambée :
 Tous les agents de santé qui prélèvent des échantillons chez des patients chez qui l’infection par le
MERS-CoV est présumée ou confirmée doivent porter un équipement de protection individuelle
approprié, et
 les précautions standard et celles contre les infections par gouttelettes sont suffisantes lors
du prélèvement d’échantillons biologiques de patients présumés ;
 des précautions supplémentaires sont nécessaires lorsque des procédures générant des
aérosols sont appliquées sur un patient.
 Toutes les personnes intervenant dans la collecte et le transport d’échantillons devraient être
formées aux pratiques de manipulation sans danger et aux procédures de décontamination des
déversements.
 L’OMS demande que les cas probables et confirmés soient signalés dans les 24 heures suivant la
classification, par l’intermédiaire du point de contact régional pour le Règlement sanitaire
international, au bureau régional de l’OMS compétent.

 Enterrer ou incinérer (le cas échéant) les cadavres (humains) de façon convenable et respectueuse
 Assurer l’éducation de la communauté sur le cas confirmé, le mode de transmission de la maladie
et la lutte contre l’infection à domicile (voir
[Link]

461
 Des mesures pour identifier des cas supplémentaires au-delà des contacts proches sont essentielles
à la prévention et à la lutte contre l’infection, et à la détermination de l’étendue totale de la
transmission au sein de la communauté. La recherche active de cas dans la zone sous investigation
devrait être axée sur :
 les patients admis dans des FOSA de la communauté où le cas confirmé de MERS-CoV a été
découvert. Il faudra envisager un dépistage du MERS-CoV chez tous les patients se trouvant
à l’hôpital et présentant avec une IRAS inexpliquée.
 les prestataires de soins de santé dans la communauté ; les agents de santé devraient être
interrogés sur les cas récents de pneumonie inexpliquée et informés qu’ils doivent signaler
immédiatement tout patient présentant des signes et des symptômes qui correspondent à
la définition de cas établie aux fins de l’investigation, présentée à la section 3.4.1. Les
patients correspondant à la définition de cas devraient subir un test de dépistage de
l’infection par le MERS-CoV ;
 les patients récemment décédés des suites d’une maladie inexpliquée correspondant à la
définition de cas établie aux fins d’investigation devraient subir un test de dépistage de
l’infection par le MERS-CoV si des échantillons cliniques appropriés sont disponibles.
 Les contacts proches des cas confirmés ou probables devraient être identifiés et surveillés afin de
détecter l’apparition de symptômes respiratoires durant les 14 jours suivant la dernière exposition
au cas confirmé ou présumé, au cours desquels le cas était symptomatique. Tout contact qui tombe
malade au cours de cette période devrait faire l’objet d’un test de dépistage du MERS-CoV. Si
possible, tous les contacts, en particulier les agents de santé et les autres contacts hospitaliers,
indépendamment de l’apparition de symptômes, devraient faire l’objet d’un test de dépistage du
MERS-CoV.
 Demander une aide supplémentaire au niveau national, le cas échéant.
Analyser et interpréter les données
 Temps : graphique du nombre de cas suspects/probables/confirmés par date (courbe épidémique).
 Lieu : carte des cas humains et animaux probables et confirmés par zone géographique (district)
 Caractéristiques individuelles : tableau indiquant le nombre de cas suspects/probables/confirmés
par date, âge et sexe
Confirmation en laboratoire
Cette section contient des lignes directrices sur la confirmation en laboratoire, concernant
notamment : les tests de diagnostic pertinents, les méthodes de prélèvement, de conservation et
de transport des échantillons nécessaires à la confirmation en laboratoire, ainsi que les
informations sur les résultats des analyses de laboratoire.
Lignes directrices relatives au dépistage en laboratoire du MERS-CoV
[Link]
laboratory/en/[Link]
Recommandations pour le prélèvement d’échantillons
Les échantillons prélevés dans les voies respiratoires inférieures ont une valeur diagnostique supérieure à
ceux prélevés dans les voies respiratoires supérieures pour détecter une infection par le MERS-CoV. Des
échantillons prélevés dans les voies respiratoires supérieures ont généré des résultats négatifs chez
certains contacts symptomatiques proches de cas confirmés, qui ont par la suite développé une pneumonie
et se sont révélés positifs à l’issue de tests effectués sur des échantillons prélevés dans les voies
respiratoires inférieures. Dans la mesure du possible, l’OMS conseille fortement de prélever et d’analyser
des échantillons provenant des voies respiratoires inférieures, tels que des expectorations, un aspirat
endotrachéal ou des liquides de lavage broncho-alvéolaire. Si les patients ne présentent aucun signe ni
symptôme de maladie des voies respiratoires inférieures et que le prélèvement d’échantillons des voies
inférieures n’est pas possible ou n’est pas cliniquement indiqué, il convient de prélever des échantillons

462
dans les voies respiratoires supérieures tels qu’un aspirat nasopharyngé ou des écouvillons nasopharyngés
et oropharyngés combinés.
Si le test initial se révèle négatif chez un patient fortement suspecté d’être infecté par le MERS-CoV, il
faudrait effectuer de nouveaux prélèvements sur plusieurs sites des voies respiratoires chez ce patient. Il
convient de prélever également des sérums en phase aiguë et en phase de convalescence appariés afin de
détecter les anticorps. La présence du virus dans les liquides biologiques tels que le sang, l’urine et les
selles a également été démontrée, mais généralement à des titres inférieurs à ceux rencontrés dans les
voies respiratoires. Ce type d’échantillons peut être prélevé en l’absence d’échantillons des voies
respiratoires de bonne qualité ou pour suivre la présence du virus dans les différents compartiments de
l’organisme.
Tableau 1. Échantillons à prélever chez des patients symptomatiques et chez des contacts
asymptomatiques
Patient Test Type d’échantillon Moment où Conservation Remarques
l’échantillon et transport
doit être
prélevé
Symptomatique Test Voies respiratoires À l’arrivée du Si Suivre la
d’amplification inférieures patient l’échantillon règlementation
des acides - expectorations Pour peut être nationale
nucléiques - aspirat confirmer la expédié au internationale
(TAAN) - lavage clairance du laboratoire pour les
Voies respiratoires virus, le en moins de expéditions à
supérieures prélèvement 72 heures, le l’intérieur du
- écouvillons d’échantillons conserver et pays et les
nasopharyngés doit être le lignes
- et oropharyngés répété jusqu’à transporter à directrices de
- lavage
ce que les 4 °C. l’OMS pour le
nasopharyngé/aspirat
résultats Si transport
nasopharyngé
soient l’expédition international
négatifs pour de d’échantillons,
2 échantillons l’échantillon notamment le
consécutifs au recours aux
laboratoire systèmes de
nécessite triple
plus de emballage
72 heures, le
conserver à -
80 °C et le
transporter
dans de la
neige
carbonique
ou de l’azote
liquide.

463
Symptomatique Sérologie Sérum pour une Des Comme Comme
épreuve sérologique. échantillons indiqué ci- indiqué ci-
appariés sont dessus, la dessus.
Uniquement si le TAAN nécessaires conservation
n’est pas disponible pour et
confirmer les l’expédition
résultats de à -20 °C
l’analyse de étant
l’échantillon suffisantes.
initial prélevé
au cours de la
première
semaine de la
maladie et du
second
échantillon
idéalement
prélevé 2 à 3
semaines plus
tard.
Si l’on ne peut
prélever
qu’un seul
échantillon, le
prélèvement
doit être
effectué au
moins 3 à
4 semaines
après
l’apparition
des
symptômes
pour
diagnostiquer
un cas
probable.
Contact TAAN Écouvillons Dans les Comme Comme
asymptomatique nasopharyngés et 14 jours indiqué ci- indiqué ci-
(en particulier en oropharyngés ; suivant le dessus pour dessus.
cas de flambées échantillons prélevés dernier le TAAN.
liées à une au niveau des voies contact
structure de respiratoires consigné.
soins ou dans inférieures si possible.

464
d’autres Sérologie Sérum Sérum initial Comme Comme
situations de prélevé le indiqué ci- indiqué ci-
flambées où les plus tôt dessus pour dessus.
contacts sont possible dans la sérologie.
intenses) Il n’est les 14 jours
pas recommandé suivant le
de faire subir un contact et
test de dépistage sérum en
à des personnes phase de
non associées à convalescence
des flambées. prélevé 2 à 3
semaines
après le
contact.
Si l’on ne peut
prélever
qu’un seul
échantillon,
effectuer le
prélèvement
au moins 3 à 4
semaines
après le
dernier
contact
consigné.

Voir la référence pour l’algorithme détaillé.

Référence
Surveillance (lien (anglais))
Ligne directrice de l’OMS.
 Définitions de cas pour la notification des cas confirmés MERS-CoV à l’OMS (lien)
 Surveillance de l’infection humaine par le MERS-CoV (lien)
 Investigation of cases of human infection with MERS-CoV (lien)
 Questionnaire pour l’entretien initial avec les cas de MERS-CoV (lien)
 Formulaire récapitulatif pour une notification rapide des cas probables ou confirmés
d’infection par le MERS-CoV à l’OMS (lien)
 The latest WHO MERS-CoV global summary and risk assessment and archives (lien)
Outils d’investigation
 Cross-sectional seroprevalence study of MERS-CoV infection in presumed high-risk
populations (lien)
 Case-control study to assess potential risk factors related to human illness caused by MERS-
CoV (lien)
 Assessment of potential risk factors of infection of MERS-CoV among health care personnel in
a health care setting (lien)
 Seroepidemiological investigation of contacts of MERS-CoV patients (lien)

465
 Le point sur la transmission du MERS-CoV de l’animal à l’homme et recommandations
provisoires pour les groupes à risque
Laboratoire
 Ligne directrice de l’OMS ; Dépistage en laboratoire du coronavirus du syndrome
respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) (lien)
Prise en charge des cas et prévention et lutte contre l’infection
 Ligne directrice de l’OMS. Prise en charge clinique des infections respiratoires aiguës
sévères lorsqu’une infection par le MERS-CoV est soupçonnée (lien)
 Home care for patients with MERS-CoV infection presenting with mild symptoms and
management of contacts Infection prevention and control during health care for probable or
confirmed cases of MERS-CoV infection (lien)
 Prise en charge des sujets asymptomatiques avec un résultat positif au test RT-PCR de
dépistage du MERS-CoV (lien)
Autres ressources
 Infection prevention and control of epidemic-and pandemic prone acute respiratory
infections in health care
 Natural ventilation for infection control in health-care settings (lien)
 Mesures préventives (affiches et vidéos) du Bureau régional de la Méditerranée orientale de
l’OMS à l’intention du grand public, des agents de santé et des candidats aux pélérinages
hajj et umrah
Voyages
 Ligne directrice de l’OMS : Travel advice on MERS-CoV for pilgrimages et Considerations
for mass gathering events and MERS-CoV (lien)

466
Orthopoxvirose simienne (Variole du Singe)
Présentation

 L’orthopoxvirose simienne, ou variole du singe, est une zoonose virale rare dont les symptômes
ressemblent en moins grave à ceux que l’on observait dans le passé chez les sujets humains atteints
de variole (aujourd’hui éradiquée). C’est généralement une maladie spontanément résolutive dont le
taux de létalité peut tout de même atteindre les 10 %, en particulier chez les enfants.
 L’orthopoxvirose simienne survient principalement dans les forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest et
d’Afrique centrale. Son principal réservoir animal est inconnu, mais elle a été détectée chez divers
mammifères, notamment les rongeurs et les singes. Les espèces animales chez qui la présence de
signes d’orthopoxvirus simien a été décelée incluent Cricetomys gambianus (le cricétome des
savanes ou encore rat gambien), différentes espèces d’écureuil du genre Funisciurus et Heliosciurus,
Graphiurus kelleni (loir africain) et diverses espèces de primates non humains.
 Les communautés vivant dans les régions de forêts tropicales humides d’Afrique de l’Ouest et
d’Afrique centrale doivent être éduquées pour les amener à éviter les contacts directs avec les
animaux, en particulier les espèces sauvages. Les efforts de prévention de la transmission dans les
régions d’endémie devraient mettre l’accent sur le fait de bien faire cuire tous les produits d’origine
animale (sang, viande) avant de les consommer.
 La transmission interhumaine est limitée (aucune preuve que ce mode de transmission seul peut
entretenir l’orthopoxvirose simienne chez les populations humaines) et se fait par contact prolongé
avec des gouttelettes respiratoires et par contact avec des lésions ou des fluides biologiques contenant
le virus. Les membres du ménage et les agents de santé sont les plus exposés au risque de flambée
épidémique.
 L’orthopoxvirose simienne est une maladie émergente devenue la forme d’orthopoxvirose la plus
répandue depuis l’éradication mondiale de la variole déclarée par l’Assemblée mondiale de la Santé
en 1980. Ceci est en partie dû au fait que le vaccin antivariolique qui offrait une protection croisée
contre d’autres orthopoxvirus avait été stoppé à l’époque, ce qui signifie que les personnes plus
jeunes n’ont plus l’immunité conférée par le vaccin.
 L’orthopoxvirose simienne humaine a été identifiée pour la première fois chez l’homme en 1970 en
République démocratique du Congo, qui reste le pays qui notifie systématiquement le plus grand
nombre de cas (plus de 1 000) par an depuis 2005. La Sierra Leone, le Libéria, la Côte d’Ivoire, le
Nigéria, le Cameroun, le Gabon, la République du Congo, la République centrafricaine et le Soudan
(dans une région qui se situe maintenant au Soudan du Sud) ont également signalé des cas humains,
depuis 1070. Depuis fin 2016, de plus en plus de cas d’orthopoxvirose simienne ont été signalés dans
des pays qui n’en avaient pas vu depuis 40 ans.
 La reconnaissance clinique, en particulier le diagnostic différentiel par rapport à d’autres maladies
provoquant des éruptions cutanées et la fièvre, comme la varicelle, ainsi que le diagnostic en
laboratoire et la prévention demeurent des défis majeurs dans les zones d’endémie. Deux clades ou
sous-types distincts ont été identifiés. On pense que l’infection par une souche ouest-africaine de
l’orthopoxvirus simien provoque une infection moins grave, moins de décès et un taux de
transmission interhumaine plus faible en comparaison avec les flambées impliquant des souches
d’Afrique centrale.
 La période d’incubation de l’orthopoxvirose simienne est de 6 à 16 jours (fourchette de 5 à 21 jours).
L’infection peut être divisée en deux périodes : 1) la période d’invasion (0 à 5 jours) caractérisée par
de la fièvre, des céphalées intenses, des adénopathies (gonflement des ganglions lymphatiques), des
maux de dos, des myalgies (douleurs musculaires) et une asthénie intense (manque d’énergie) ; et
2) la période d’éruption cutanée (1 à 3 jours après l’apparition de la fièvre), au cours de laquelle les

467
différentes phases de l’éruption apparaissent, commençant souvent sur le visage puis se propageant
vers d’autres parties du corps.
 L’adénopathie est le symptôme le plus distinctif de l’orthopoxvirose simienne. Le visage (dans 95 %
des cas), ainsi que la paume des mains et la plante des pieds (75 %) sont les plus touchés par l’éruption
cutanée. Les éruptions cutanées évoluent, passant des maculo-papules (lésions à base plate) à des
vésicules (petites ampoules remplies de liquide) et à des pustules, suivies de croûtes, survenant environ
dans les 10 jours. Il peut s’écouler trois semaines avant que les croûtes ne disparaissent totalement.
 La varicelle, que l’on confond souvent avec l’orthopoxvirose, se distingue de cette dernière et de la
variole par ses lésions beaucoup plus superficielles, leur présence prédominante sur le tronc plutôt que
sur la face et les extrémités et leur évolution en plusieurs poussées dans la même zone. En ce qui
concerne la varicelle, la fièvre et l’éruption surviennent simultanément et évoluent plus rapidement, le
décès constituant une complication rare. Une co-infection avec les virus de la varicelle et
l’orthopoxvirus simien a été signalée. Cependant, la fréquence de ce phénomène, la relation et l’impact
entre la pathogenèse et l’épidémiologie des virus ne sont pas clairs.
But de la surveillance

 Détecter les cas suspects d’orthopoxvirose et y riposter immédiatement.

Définition standard de cas


Cas suspect : un accès fébrile aigu > 38,3 °C (101 °F), des céphalées intenses, des adénopathies, des douleurs au
dos, des myalgies et une asthénie intense, suivis un à trois jours plus tard par une éruption cutanée se développant
progressivement, commençant souvent sur le visage (plus dense) et se propageant ensuite sur d’autres parties du
corps, y compris la plante des pieds et les paumes des mains.
Cas probable : cas correspondant à la définition de cas clinique, non confirmé par un laboratoire, mais
ayant un lien épidémiologique avec un cas probable ou confirmé.
Cas confirmé : cas cliniquement compatible, confirmé par le laboratoire.
Diagnostic différentiel : les autres causes des symptômes cliniques à envisager incluent d’autres maladies à éruption
cutanée, telles que la variole, la varicelle, la rougeole, les infections bactériennes de la peau, la gale, la syphilis et les
allergies médicamenteuses.

Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas suspect :

 notifier immédiatement aux niveaux appropriés l’information relative au cas ;


 veiller à ce que le patient soit isolé, prendre les mesures de prévention de la transmission par voie aérienne, et
si possible, permettre au personnel de santé vacciné contre la variole s’occuper des patients ;
 traiter et prendre en charge le patient en lui dispensant des soins de support et assurer la prise en charge des
symptômes ;
 recueillir et transporter les prélèvements (de préférence écouvillon prélevé sur la zone d’éruption) dans des
conditions sécurisées strictes pour confirmer le cas.
 communiquer sur les risques, la mobilisation communautaire, la recherche des contacts et la prise en charge de
ces derniers ;
 assurer la surveillance des cas pour identifier des cas supplémentaires ;

468
 envoyer une notification à l’OMS.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si un seul cas est confirmé :
 maintenir des mesures strictes de lutte contre l’infection pendant toute la durée de la flambée ;
 mobiliser la communauté pour une détection précoce de la maladie et un traitement rapide ;
 mener une action éducative au sein de la communauté sur le cas confirmé de variole, le mode de
transmission de la maladie et comment lutter contre l’infection dans les lieux d’habitation et lors de
funérailles ;
 rechercher activement d’autres cas ;
 demander une aide supplémentaire aux niveaux national et international.

Analyser et interpréter les données

Temps : établir un graphique des cas et des décès quotidiens/hebdomadaires/mensuels. Tracer une courbe
épidémique.
Temps : cartographier les lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement, au cas par cas, l’information relative aux cas et aux
décès. Durant la flambée, compter et notifier le nombre de cas et de décès (y compris les cas suspects et les cas
confirmés). Analyser leur répartition en fonction de l’âge et du sexe. Évaluer immédiatement les facteurs de risque
(contact avec des animaux sauvages ou avec un autre cas confirmé).
Confirmation en laboratoire : Orthopoxvirose simienne
Tests diagnostiques Identification de l’ADN de l’orthopoxvirus par réaction en chaîne par polymérase (PCR) à
partir d’un prélèvement clinique – technique privilégiée Ou

Remarque : uniquement dans les laboratoires de niveau C ou D.


Prélèvements Prélèvements optimaux : écouvillons vésiculaires d’exsudat ou de croûte de lésion pouvant
se présenter sous les formes suivantes : 1) biopsies* 2) croûtes* 3) liquide vésiculaire*
4) lésion cutanée (dessus de la lésion) 5) pustules*

Échantillons de sang/sérum – principalement pour le test sérologique, car la virémie est de


courte durée. Nécessitent des dates et des informations détaillées sur le cas et la maladie
pour une interprétation appropriée

Remarque : il peut être difficile de prélever du sang chez des personnes présentant une
éruption grave et très dense, car la peau peut se détacher. Il peut être nécessaire d’utiliser
une ligne centrale s’il s’avère trop difficile de prélever du sang périphérique.

* Prélèvements préférables pour le diagnostic de maladie aiguë durant la phase d’éruption


Quand réaliser les
prélèvements
Une suspicion de cas d’orthopoxvirose représente une urgence médicale et sanitaire.
Effectuer les prélèvements chez tout Cas suspect, le plus tôt possible, pour obtenir les
différents types d’échantillons recommandés.

469
Confirmation en laboratoire
Comment préparer, Les pratiques classiques de prélèvement conviennent également pour obtenir des échantillons de
conserver et lésions causées par les orthopoxvirus. Il convient de porter un équipement de protection
transporter les individuelle, notamment des gants et de désinfecter préalablement la peau au site de
prélèvements prélèvement. Si l’on utilise de l’alcool, il est important de bien laisser sécher avant d’effectuer le
prélèvement.

Biopsies :
Placer aseptiquement deux à quatre portions du tissu prélevé dans un récipient stérile, sec,
étanche et supportant la congélation. Conservation entre -20 °C et -70 °C. Pour le transport, les
échantillons peuvent être conservés à 4 °C pendant environ 6 heures.
Remarque : pour l’expédition, emballer les biopsies de la lésion non fixées au formol sur
glace sèche ; laisser les biopsies fixées dans le formol à température ambiante. Ne pas
congeler les biopsies fixées dans le formol.

Croûtes :
Placer aseptiquement les croûtes/portions du tissu prélevé dans un récipient stérile, sec,
étanche et supportant la congélation. Pas de milieu de transport viral. Conservation entre -
20 °C et -70 °C. Pour le transport, les échantillons peuvent être conservés à 4 °C pendant
environ 6 heures.

Liquide vésiculaire :
Prélever le liquide vésiculaire de chacune des lésions à l’aide de cotons-tiges stériles
différents. Vérifier que le prélèvement comporte des cellules provenant de la base de
chacune des vésicules. Conservation entre -20 °C et -70 °C. Pour le transport, les échantillons
peuvent être conservés à 4 °C pendant environ 6 heures. Pas de milieu de transport viral.

Sang :
Prélever 10 ml de sang dans un tube en plastique à bouchon marbré, ou dans un tube en
plastique avec gel séparateur de sérum à bouchon jaune.
Remarque : il faut obtenir une autorisation pour pouvoir expédier à un laboratoire de référence
des prélèvements cliniques provenant d’un malade susceptible d’avoir l’orthopoxvirose.

Résultats Les services diagnostiques de l’orthopoxvirose sont disponibles actuellement au CPC,


CREMER et CRESAR.

Référence

WHO Fact Sheet, Monkeypox. [Link]

470
Tétanos neonatal
Présentation
 La maladie est provoquée par une toxine neurotrope, élaborée par Clostridium tetani, bactérie anaérobie
sporulée vivant dans le sol. La maladie est contractée lorsque des spores pénètrent dans l’organisme à
travers une plaie (injections, section du cordon ombilical) ou des lésions cutanées.
 Bien que les adultes puissent être touchés, le tétanos affecte surtout les nouveau-nés. Dans les pays où la
couverture vaccinale maternelle contre le tétanos s’est améliorée, l’incidence du tétanos néonatal a
diminué sensiblement. La Région africaine de l’OMS entend éliminer le tétanos maternel et néonatal,
comptant ramener les taux d’incidence de cette maladie à moins de 1 cas pour 1 000 naissances vivantes.
 La période d’incubation dure de 3 à 21 jours, avec une moyenne de 6 jours environ.
 Facteurs de risque : au moment de la naissance, section du cordon ombilical pratiquée dans de
mauvaises conditions d’hygiène. Absence d’anticorps protecteurs chez les mères n’ayant pas été
totalement vaccinées.

But de la surveillance
 Détecter immédiatement les cas de tétanos néonatal pour obtenir leur confirmation et éviter des cas
supplémentaires, en vaccinant au moins les femmes enceintes résidant dans le voisinage du cas confirmé.
 Identifier les zones géographiques à risque et y organiser des campagnes de vaccination contre le tétanos à
l’intention des femmes en âge de procréer.

Définition standard de cas


Cas suspect :
Tétanos néonatal -- Tout nouveau-né capable de pleurer et de prendre le sein normalement pendant les
2 premiers jours de sa vie, et qui, entre le 3ième et le 28Hème jour, ne peut plus téter normalement, devient raide
et/ou a des convulsions.
Tétanos non néonatal -- Toute personne âgée de plus de 28 jours présentant l’apparition aiguë des signes
suivants : contracture des muscles de la mâchoire, spasmes soutenus des muscles faciaux, ou spasmes
musculaires généralisés.
Cas confirmé :
La confirmation en laboratoire n’est conseillée.
Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas suspect :


 notifier immédiatement au niveau supérieur l’information relative au cas ;
 mener des investigations afin de déterminer le risque de transmission ;
 traiter et prendre en charge les cas, conformément aux recommandations nationales, généralement en
dispensant des soins de support, si possible, dans une unité de soins intensifs. Les mesures d’isolement
ne sont pas nécessaires.

471
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si un cas suspect à la suite d’investigations :
 vacciner la mère du cas et les autres femmes enceintes vivant dans la même localité, avec au moins 2
doses d’anatoxine tétanique ;
 organiser dans la localité des activités de vaccination supplémentaires à l’intention de toutes les femmes en
âge de procréer ;
 améliorer la couverture vaccinale systématique dans le cadre du PEV et des activités du programme de
vaccination maternelle ;
 éduquer les accoucheuses et les femmes en âge de procréer sur l’importance de bonnes conditions
d’hygiène, lors de la section et des soins du cordon ombilical. Multiplier le nombre d’accoucheuses
compétentes.

Analyser et interpréter les données


Temps : établir un graphique des cas et des décès par mois.
Lieu : cartographier les lieux d’habitation où des cas se sont déclarés et la localisation des accoucheuses.
Caractéristiques individuelles : dénombrer les cas et les décès mensuels. Analyser chaque cas de tétanos néonatal
par district, caractéristiques maternelles (âge, parité), lieu d’accouchement et pratiques de soins du cordon
ombilical.

Confirmation en laboratoire : Tétanos néonatal

La confirmation en laboratoire n’est pas nécessaire.

Référence

WHO–recommended standards for surveillance of selected vaccine-preventable diseases. WHO/V&B/03.01


[Link]

472
Nouveaux cas de VIH/SIDA
Présentation
 Le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) est une infection qui touche les lymphocytes humains
(globules blancs) et d’autres organes. Il est provoqué par un rétrovirus, le virus de l’immunodéficience humaine
(VIH). Le VIH se transmet d’une personne à une autre, à l’occasion de rapports sexuels non protégés, de piqûres
d’aiguilles contaminées, de transfusions sanguines, par voies transplacentaire ou transvaginale, lors de
l’allaitement, ou à l’occasion de contact direct avec des liquides biologiques de personnes infectées.
 Le SIDA apparaît dans les derniers stades de l’infection par le VIH, suite à un affaiblissement du système
immunitaire, avec des taux réduits de lymphocytes T et une baisse de leur activité. L’atteinte des organes vitaux
par le VIH et de nombreuses infections opportunistes aboutissent au décès, si la multiplication virale n’est pas
interrompue par des médicaments capables de tuer le virus (thérapie antirétrovirale). Lorsque l’infection
évolue vers la maladie, les symptômes sont généralement dus à l’incapacité du système immunitaire à résister
aux autres infections dites opportunistes. Il peut s’agir de tuberculose, de pneumonie bactérienne, de
septicémie, de candidoses oropharyngées, de diarrhée chronique, d’infections cutanées chroniques, d’herpès
récidivant, etc.
 Vingt-six millions d’Africains, soit près d’un adulte sur dix âgés de 15 à 49 ans, vivent avec le VIH/SIDA. L’impact
de l’épidémie est déjà mesurable à travers la forte augmentation des taux de morbidité et de mortalité chez
les adultes et chez les enfants. Le VIH/SIDA est aujourd’hui la principale cause de mortalité adulte dans la
Région africaine.
 La période d’incubation est d’environ 1 à 3 mois, entre le moment de l’infection et le moment où des anticorps
anti-VIH peuvent être détectés par des techniques de laboratoire. Il s’écoule généralement de 7 à 9 ans entre
l’infection par le VIH et l’apparition du SIDA.
 Facteurs de risque : les populations les plus à risque de contracter le VIH sont les professionnels du sexe
souffrant ou non d’autres infections sexuellement transmissibles (IST). Certaines IST pourraient favoriser le
risque de transmission du VIH. Les consommateurs de drogue par voie intraveineuse, les personnes
recevant des produits sanguins non testés et les nouveau-nés de mères porteuses du VIH représentent
également des populations à risque.
 La tuberculose, la ionhmaniose viscérale, la trypanosomiase et d’autres infections bactériennes,
parasitaires et virales, subaiguës ou chroniques peuvent provoquer des syndromes similaires.

But de la surveillance
 Suivre l’impact des interventions contre le VIH/SIDA, en étudiant l’évolution de l’incidence et de la
prévalence des infections à VIH, du SIDA et des IST par le biais de sites sentinelles, d’enquêtes et d’études
spéciales (conformément aux directives pour la surveillance de deuxième génération du VIH/SIDA).
 Estimer la charge du VIH/SIDA dans le district, en se fondant sur les informations recueillies auprès des
populations sentinelles pour le VIH et comptabiliser ainsi chaque nouveau cas de SIDA.
 Surveiller l’épidémiologie locale des IST en tant que cofacteurs possibles de la transmission du VIH.
 Surveiller l’épidémiologie locale des infections opportunistes, notamment celle de la tuberculose.
 Améliorer le pourcentage de cas suspects de VIH/SIDA confirmés par un test sérologique.
 Améliorer le dépistage du VIH/SIDA.
Définition standard de nouveaux cas de VIH/SIDA
Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique recommande aux pays d’utiliser les définitions de cas VIH/SIDA de
Bangui ou d’Abidjan. Un test ELISA positif confirmant l’infection à VIH, doublé d’un test rapide de confirmation du
résultat positif, suffit à définir un cas épidémiologique d’infection par le VIH.

473
Mesures de Santé Publique
 Surveiller les IST et les infections opportunistes, notamment la tuberculose, comme cofacteurs possibles de
l’infection à VIH.
 Améliorer le pourcentage de cas suspects de VIH/SIDA confirmés par un test sérologique.
 Suivre l’utilisation de préservatifs par les professionnels du sexe.
 Dispenser des services de conseils et de dépistage volontaire au niveau local et au niveau du district.
 Le traitement des cas individuels par des antirétroviraux n’est pas encore très répandu dans la plupart des pays
africains. Le diagnostic et le traitement rapides des infections opportunistes associées au SIDA peuvent
prolonger l’espérance de vie, mais cet aspect n’a pas fait l’objet d’une évaluation générale dans les pays en
développement.
 Promouvoir l’utilisation du préservatif, surtout parmi les individus à risque.
 Traiter les IST, en particulier la syphilis, le chancre mou et autres ulcérations génitales.
 Mobiliser les donneurs de sang bénévoles et promouvoir une utilisation appropriée du sang.
 Promouvoir les bonnes pratiques de lutte contre les infections dans les structures de soins du district.
 Éduquer les patients et leurs partenaires sexuels afin qu’ils s’abstiennent de donner du sang, des tissus, du
sperme ou du lait maternel.

Analyser et interpréter les données


Temps : dénombrer les nouveaux cas de VIH/SIDA et les notifier mensuellement. Faire l’analyse du nombre de cas
confirmés par test sérologique. À la fin de l’année, faire le bilan du nombre total de cas et y incorporer les
tendances de la sérosurveillance du VIH, les données de la surveillance des IST et les résultats d’études
spéciales (études sociocomportementales, sensibilité aux agents antimicrobiens, etc.)

Confirmation en laboratoire : nouveaux cas de VIH/SIDA


Tests diagnostiques
Adultes et enfants de 18 mois ou plus :
Le diagnostic de l’infection à VIH s’appuie sur :
-. la recherche positive d’anticorps anti-VIH (test rapide ou épreuve immunoenzymatique).
Le résultat sera confirmé par un second test de recherche d’anticorps anti-VIH (test
rapide ou épreuve immunoenzymatique) s’appuyant sur différents antigènes ou
différentes techniques opératoires ; ET/OU
- le résultat positif du test virologique de détection du VIH ou de ses constituants (ARN-
VIH, ADN-VIH ou test ultrasensible de détection de l’antigène p24 du VIH), confirmé
par un second test virologique sur un prélèvement distinct.
Enfants de moins de 18 mois :
Le diagnostic de l’infection à VIH repose sur le résultat positif du test virologique de
détection du VIH ou de ses constituants (ARN-VIH, ADN-VIH ou test ultrasensible de
détection de l’antigène p24 du VIH), confirmé par un second test virologique sur un
échantillon distinct, prélevé plus de 4 semaines après la naissance.
La recherche d’anticorps anti-VIH n’est pas recommandée pour le diagnostic définitif ou le
diagnostic de confirmation d’une infection à VIH chez les enfants de moins de 18 mois.

Prélèvements Sérum

474
Quand réaliser les Réaliser les prélèvements conformément à la stratégie du programme national de
prélèvements lutte contre VIH/SIDA pour l’échantillonnage clinique et épidémiologique.
Comment préparer, Prendre des mesures de précautions universelles pour minimiser tout risque
conserver et d’exposition aux objets pointus ou tranchants ou aux liquides biologiques. ELISA :
transporter les Prélever 10 ml de sang veineux.
prélèvements  Laisser le caillot sanguin se rétracter à température ambiante pendant 30 à
60 minutes ou centrifuger pour séparer le sérum des globules rouges.
 Verser aseptiquement le sérum dans des tubes stériles à capuchon vissant.
 Conserver les sérums à 4 °C.
Transporter les échantillons de sérum dans un emballage adéquat pour éviter toute casse ou
fuite.
Résultats Les tests du VIH sont rigoureusement réglementés et la diffusion de l’information y relative
est soumise à des contrôles stricts. Les résultats sont généralement disponibles une
semaine après l’arrivée des échantillons au laboratoire.
Référence
 Principes directeurs applicables à la surveillance des infections sexuellement transmissibles. Genève. ONUSIDA
et Organisation mondiale de la Santé. WHO/CDS/CSR/EDC/99.3. UNAIDS/99.33E
 WHO Case definitions of HIV for surveillance and revised clinical staging and immunological classification of
HIV-Related disease in adults and children
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance. WHO/CDS/CSR/ISR/99.2
 Lignes directrices pour la surveillance de deuxième génération de l’infection à VIH : une mise à jour : connaître
son épidémie, OMS et ONUSIDA, WHO/CDS/CSR/ISR/2000.5
 Consultation on technical and operational recommendations for clinical laboratory testing harmonization and
standardization, janvier 2008, WHO, CDC

475
Noma
Présentation
 Le noma (cancrum oris, stomatitis gangrenosa) est une infection bactérienne opportuniste affectant les enfants
âgés de 1 à 4 ans, caractérisée par une gangrène orofaciale à propagation rapide, qui se développe à partir d’une
inflammation gingivale.
 Le noma résulte d’interactions complexes entre plusieurs facteurs de risque : mauvaises conditions d’hygiène,
malnutrition, maladies récurrentes et immunité affaiblie. La rougeole, le paludisme, les diarrhées sévères et la
gingivite ulcéro-nécrosante font partie des maladies qui précèdent fréquemment le noma.
 Le noma se rencontre partout dans le monde, mais il est plus fréquent en Afrique subsaharienne. Selon des
estimations de l’OMS, datant de 1998, 140 000 enfants contractent le noma chaque année et 79 % d’entre eux
décèdent de la maladie et des complications associées.
 En Afrique, c’est dans les pays frontaliers du désert du Sahara que le taux de prévalence du noma est le plus élevé,
avec une incidence annuelle de 25 000, selon les estimations d’un récent rapport. Toutefois, le noma se rencontre
partout où les populations vivent dans des conditions d’extrême pauvreté.
 La détection précoce des cas de noma et leur traitement rapide avec des antibiotiques sont essentiels pour
prévenir de graves mutilations défigurantes ou la mort. Dans la phase aiguë de la maladie, l’administration de
fortes doses de pénicilline permet d’éviter les décès. Toutefois, seule une chirurgie coûteuse permet de traiter
les défigurations.
 La prévention doit être axée sur l’éducation et la sensibilisation à la maladie, une meilleure alimentation,
l’amélioration des conditions d’hygiène, la promotion de l’allaitement maternel exclusif pendant les 3 à
6 premiers mois de la vie, l’accès aux soins prénataux, et les vaccinations contre les maladies infantiles courantes.
 Les caractéristiques cliniques du noma sont notamment l’irritation de la bouche, l’halitose prononcée (mauvaise
haleine), le mauvais goût, la sensibilité accrue des lèvres ou des joues, la lymphadénopathie cervicale,
l’écoulement buccal nauséabond et purulent, l’œdème et la teinte bleu-noir de la peau dans la région atteinte.
 Les agents de santé devraient savoir reconnaître les facteurs de risque du noma :
 important retard de croissance dans les 6 premiers mois de la vie
 signes de malnutrition et mauvaises habitudes alimentaires
 diarrhée persistante
 ulcérations de la bouche chez les enfants dans les régions à haut risque
 mauvaise haleine frappante
But de la surveillance
 Détecter et traiter rapidement les cas.
 Identifier les communautés et les familles à risque.
 Estimer l’incidence de la maladie et identifier les facteurs de risque.
Définition standard de cas
Nouveau cas suspect :
Tout enfant présentant un ulcère buccal et d’autres signes d’alerte, tels que malnutrition, mauvaise hygiène,
récente maladie (rougeole, diarrhée persistante, ou paludisme).
Nouveau cas confirmé :
Toute personne présentant une affection gangréneuse débutant par un ulcère de la muqueuse gingivale qui
s’étend rapidement de la bouche au visage, en détruisant les tissus mous et durs.

476
Mesures de Santé Publique recommandées

Lorsqu’un cas suspect est détecté :


 traiter le cas avec des antibiotiques recommandés au niveau national ;
 mener des activités de promotion de la santé dans la communauté pour :
o sensibiliser au noma au sein de la communauté et des foyers
o améliorer les conditions d’hygiène environnementale et individuelle
o écarter le bétail des zones d’habitation
o pratiquer l’allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de la vie
o améliorer l’alimentation et les techniques de préparation des aliments
 accroître la couverture vaccinale dans le district
 améliorer l’accès aux sources d’eau potable dans les communautés à risque
 former le personnel de Santé Publique au repérage précoce des lésions buccales susceptibles d’évoluer en noma.

Analyser et interpréter les données


Temps : surveiller le nombre de cas détectés à temps pour recevoir un traitement standard. Suivre les cas dans le
temps, afin d’estimer la charge de morbidité et de déterminer les tendances.
Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas et analyser leur répartition géographique.
Caractéristiques individuelles : analyser la répartition des cas en fonction de l’âge et d’autres facteurs démographiques.

Confirmation en laboratoire
La surveillance ne nécessite pas de confirmation systématique par le laboratoire.

Référence

 Enwonwu, C. (2006). Noma--the ulcer of extreme poverty. New England Journal of Medicine, The 354(3) : 221-
224
 Enwonwu, C., W. Falkler, et al. (2006). Noma (cancrum oris). The Lancet 368(9530) : 147-156.
 Fieger, A., K. Marck, et al. (2003). An estimation of the incidence of noma in north-west Nigeria. Tropical
medicine & international health 8(5) : 402-407.
 Enwonwu, C. O. (1995). Noma: a neglected scourge of children in sub-Saharan Africa. Bulletin of the World
Health Organization 73(4) : 541-545.
 Enwonwu, C. O., W. A. Falkler, et al. (1999). Pathogenesis of cancrum oris (noma): confounding interactions of
malnutrition with infection. The American journal of tropical medicine and hygiene 60(2) : 223-232.

477
Onchocercose
Présentation

 Infection filarienne de la peau et de l’œil provoquée par Onchocerca volvulus, transmise par la piqûre
de mouches noires femelles du genre Simulium.
 La quasi-totalité des 18 millions de personnes qui seraient infectées dans le monde (dont 250 000 ont perdu
la vue) résident dans 26 pays africains. L’onchocercose est la deuxième cause infectieuse majeure de cécité
dans le monde. Elle provoque également des problèmes cutanés débilitants, entraînant de fortes baisses de
productivité dans les régions d’endémie. Des villages entiers se sont réinstallés loin des terres fertiles, proches
des rivières où les simulies se reproduisent.
 La période d’incubation dure plusieurs années, voire des décennies, dans la mesure où la maladie se
manifeste uniquement à la suite d’infections répétées. La forme clinique de la maladie est donc rare
chez les enfants, même dans les zones d’endémie.
 D’autres filaires (par exemple, Loa loa et Mansonella), ainsi que d’autres maladies chroniques de la peau
et des yeux, peuvent provoquer des manifestations cliniques similaires.

But de la surveillance
 Détecter précocement l’infection, afin de réduire la reprise de la transmission du parasite dans les
régions où il a été éradiqué (zones couvertes par le Programme de lutte contre l’onchocercose).
 Assurer une surveillance périodique dans des villages sentinelles : dépistage à l’aide de la
diéthylcarbamazine (DEC) ; en cas de réaction positive à la DEC, confirmation par l’examen
microscopique d’une biopsie cutanée de chaque cas suspect.

Définition standard de cas


Cas suspect : Dans une zone d’endémie, toute personne présentant des nodules fibreux dans les tissus sous-
cutanés.
Cas confirmé : Cas suspect confirmé au laboratoire par la présence d’un ou plusieurs des éléments
suivants : des microfilaires dans des biopsies cutanées, des vers adultes dans les nodules excisés, ou
des manifestations oculaires caractéristiques (observation sous lampe à fente de microfilaires dans
la cornée, la chambre antérieure de l’œil ou l’humeur vitrée).
Répondre au seuil d’alerte
Si un cas suspect est détecté :
 notifier le cas selon les directives nationales
 prélever des échantillons pour confirmer le cas
 entreprendre une investigation sur le cas pour en déterminer la cause
 traiter le cas selon les directives nationales.

478
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si un cas suspect est confirmé :
 mener une investigation sur les mouvements de populations pour identifier les origines de l’infection et
lancer des activités de lutte ;
 mener des activités de lutte antivectorielle, conformément aux directives du Programme de lutte contre
l’onchocercose ;
 administrer des traitements de masse périodiques à l’ivermectine dans les régions où l’onchocercose a été
endémique au cours des dix dernières années ;
 rechercher activement les cas par le biais d’enquêtes au sein des populations et de prélèvements de peau.

Analyser et interpréter les données


Temps : établir le graphique des cas trimestriellement.
Lieu : cartographier la répartition des lieux d’habitation et de travail des malades.
Caractéristiques individuelles : chaque trimestre, dénombrer les cas et analyser leur répartition en fonction de
l’âge.
Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques Examen microscopique.
Au moins un des critères de laboratoire suivants pour la confirmation :
- présence de microfilaires dans les biopsies cutanées exsangues prélevées sur la crête
iliaque.
- présence de vers adultes dans les nodules excisés
- présence de manifestations oculaires caractéristiques, comme l’observation sous
lampe à fente de microfilaires dans la cornée, la chambre antérieure de l’œil ou l’humeur
vitrée.
Prélèvements Biopsie cutanée exsangue provenant de :
- ponctions de nodules
- crêtes iliaques
- zone de l’omoplate
Quand réaliser les Prélever les biopsies cutanées exsangues et ponctionner les nodules des Cas suspects
prélèvements après administration de diéthylcarbamazine.
Comment préparer, Placer l’échantillon dans un tube usuel. Ajouter quelques gouttes de solution
conserver et physiologique. Bien refermer le tube avant de le transporter au laboratoire. Le
transporter les transport s’effectue à température ambiante.
prélèvements

Résultats Les résultats sont prêts dans la journée.

Référence

 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance. Deuxième édition. WHO/CDS/CSR/ISR/99.2

479
Décès périnatals (mortinaissances et décès néonatals)
Présentation
La Stratégie mondiale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent et ses trois objectifs, à savoir
survivre, s’épanouir et transformer, fixent des cibles pour les 15 prochaines années que les États Membres
ont adoptées et se sont engagés à atteindre. Il s’agit notamment de ramener la mortalité néonatale à moins
de 12 décès pour 1 000 naissances et les mortinaissances à moins de 12 pour 1 000 naissances totales,
conformément au plan d’action multipartites baptisé « Chaque nouveau-né – projet de plan d’action pour
mettre fin aux décès évitables » (ENAP), qui comprend deux objectifs : mettre fin aux décès évitables de
nouveau-nés et aux mortinaissances.

Il y a dans le monde 2,7 millions de décès néonatals chaque année, dont un million dans la Région africaine.
Trois causes principales de décès néonatals représentent environ 80 % des décès : asphyxie à la naissance,
prématurité et infections néonatales. De même, on compte environ 2,6 millions de mortinaissances
annuelles dans le monde, dont 98 % dans les pays en développement. Environ la moitié des mortinaissances
surviennent pendant la période intrapartum, ce qui en fait la principale période de risque. Les causes de la
mortinatalité peuvent être une conséquence de l’état maternel et de maladies telles que la prééclampsie,
l’obésité, le diabète, le paludisme, la syphilis et le VIH. Il n’existe cependant pas d’estimations mondiales
disponibles sur les causes de la mortinatalité.

Le taux de mortalité néonatale a été réduit de 38 % dans la Région africaine pendant la période des OMD.
Cette réduction a toutefois été beaucoup plus lente que celle de la mortalité des moins de 5 ans, qui était de
54 %. Pour atteindre la cible des ODD concernant la réduction des mortinaissances et des décès néonatals, il
faudra réduire jusqu’à sept fois les taux actuels de mortalité néonatale et de mortinatalité dans la Région
africaine. Il faudra aussi relever les défis actuels d’une prestation efficace de services de haute qualité à
l’intention des mères et des nouveau-nés, mais également renforcer les systèmes d’information sanitaire
afin d’avoir une bonne idée du nombre réel de décès et des causes de décès.

Le manque d’informations sur le nombre exact et les causes des décès est l’un des principaux problèmes à
résoudre en matière de mortinatalité et de mortalité néonatale. Pourtant, la majorité des mortinaissances
et des décès néonatals peuvent être évités grâce à des interventions de qualité clairement ciblées menées
par des agents de santé qualifiés. Pour combler ces lacunes, il est nécessaire d’investir dans l’enregistrement
des naissances et des décès par le biais de la surveillance et de la riposte, parallèlement à l’examen périnatal
et à la prise de mesures.

Le principal objectif est d’éliminer les mortinaissances et les décès néonatals évitables en menant les
actions suivantes :

 compter chaque mortinaissance et chaque décès néonatal grâce à l’identification et la notification


actives au niveau de la communauté et des FOSAafin de permettre une évaluation de l’ampleur
réelle de la mortinatalité et de la mortalité néonatale et de l’impact des mesures prises pour les
réduire ;
 déterminer les causes sous-jacentes, les facteurs contributifs et les zones à haut risque de
mortinatalité et de décès néonatals pour orienter efficacement les mesures immédiates et à long
terme et éclairer les décisions des programmes visant à réduire ces décès.

480
Définition standard de cas : décès périnataux (mortinaissances et décès néonatals)

Le décès périnatal comprend le décès d’un bébé âgé d’au moins 28 semaines de gestation et/ou de 1 000 g
de poids et le décès prématuré du nouveau-né (les sept premiers jours après la naissance).

Une mortinaissance est définie comme tout décès avant la naissance d’un bébé ne présentant aucun signe
de vie à la naissance et pesant au moins 1 000 g de poids à la naissance et/ou âgé d’au moins 28 semaines
de gestation et de 35 cm de longueur.

Le décès néonatal précoce est défini comme tout décès d’un nouveau-né vivant survenant avant les
7 premiers jours complets de la vie. Le jour 1 est considéré cliniquement comme le premier jour de la vie.

La mort néonatale tardive est définie comme tout décès de nouveau-né vivant survenant entre 8 et 28 jours
après la naissance.

Répondre au seuil d’alerte

Après avoir déterminé qu’un décès périnatal est survenu, la notification initiale doit être faite
immédiatement (dans les 24 heures), par le moyen le plus rapide possible.
La FOSA doit contacter l’autorité du district et fournir des informations sur le formulaire d’alerte de cas pour
la SIMR. En outre, la FOSA ou le comité d’examen du décès périnatal de district est tenu d’examiner le cas
dans les sept (7) jours suivant le décès.
L’examen des décès périnataux devrait être anonyme.
Il devrait être relié à l’état de santé de la mère le cas échéant.
Les rapports ne devraient pas être utilisés à des fins de poursuites disciplinaires.

481
Mesures de Santé Publique recommandées

 Dans de nombreux pays à faible revenu, il n’est pas possible d’examiner tous les décès périnatals en
raison de leur nombre élevé et de la capacité limitée en ressources humaines et en temps.
Cependant, il est important de déterminer précisément et de bien classer les causes de ces décès.
 Certains décès périnatals doivent être examinés et étudiés pour en déterminer la cause.
 La surveillance des décès périnatals devrait être menée non seulement dans les salles de travail, mais
également dans la communauté et dans toutes les zones de service où ils se surviennent.
 La réponse à tout décès périnatal se fonde sur les recommandations de l’examen des décès
périnatals.
 Les résultats de l’examen du décès périnatal considéré devraient conduire à la prise de mesures
visant à éviter des décès similaires en identifiant les insuffisances qui devraient être comblées au
niveau des politiques, dans les FOSA et au sein des communautés.
 Les analyses mensuelles, trimestrielles ou semestrielles des données agrégées dans les FOSA de
grande envergure et au niveau du district peuvent conduire à l’adoption d’une approche plus
complète pour traiter un problème particulier dans plusieurs établissements ou communautés ou
un problème dans des zones géographiques particulières où ces décès surviennent en plus grand
nombre. Ces analyses devraient être effectuées parallèlement à celles concernant les décès
maternels par le comité de revue des décès maternels et périnatals et des mesures visant à les
prévenir

Analyser et interpréter les données : Décès périnataux (mortinaissances et décès néonatals)


Indicateurs de l’ampleur
Nombre de mortinaissances
Nombre de décès néonatals précoces
Causes de mortinatalité
Causes des décès néonatals précoces
Pourcentage de mortinaissances et de décès néonatals dus à des facteurs évitables
Analyse descriptive par personne, lieu et temps
Âge gestationnel au moment du décès
Statut socioéconomique de la famille, niveaux d’éducation des parents
Heure et date du décès, jour de la semaine ou week-end.
Établir un graphique représentant les cas afin de dessiner une annuelle permettant de voir l’évolution de la
situation
Lieu où vivait la famille ou où les femmes sont décédées
Analyser la répartition des cas
Lieu de naissance - établissement de santé ou communauté
Confirmation en laboratoire

La surveillance ne nécessite pas de confirmation systématique par le laboratoire.

Comité de revue

482
Ce comité devrait être le même que celui des décès maternels et il peut être rebaptisé comité de revue des
décès maternels et périnatals et des mesures visant à les prévenir.

Référence

 WHO Every Newborn Action Plan [Link]


 WHO Application of ICD-10 to deaths during the perinatal period: ICD- PM ; 2016 ;
[Link]
 ICD 10 PM : [Link]
[Link]?sequence=1

483
Peste bubonique
Présentation
 Infection bactérienne systémique zoonotique provoquée par Yersinia pestis (bacille de la
peste) généralement transmis à l’homme par les rongeurs et leurs puces.
 Principales formes de la maladie : bubonique, pulmonaire et septicémique. D’importantes
épidémies peuvent se déclarer tant en milieu urbain que rural. Si elle n’est pas traitée, la peste
bubonique peut se muer en peste pneumonique ou septicémique.
 La transmission interhumaine n’intervient que dans le cas de la peste pneumonique, à travers
des gouttelettes infectieuses.
 La période d’incubation dure de 2 à 6 jours.
 En l’absence de traitement, le taux de létalité peut dépasser 50 à 60 % pour la peste bubonique
et approcher les 100 % pour la peste pneumonique ou septicémique. Cependant, il est
généralement inférieur à 1 % avec un traitement approprié.
Facteur de risque : exposition à des populations infectées de rongeurs sauvages ou domestiques et à
leurs puces.

But de la surveillance
 Détecter rapidement les épidémies de peste, y compris les cas
buboniques, étant donné qu’un seul cas peut être à l’origine d’une flambée.
Définition de cas standardisée

Cas suspect de peste bubonique :


– gonflement très douloureux des ganglions lymphatiques – bubons
Et
– fièvre (ou antécédents de fièvre) ou au moins trois des signes suivants : céphalées, frissons ou
asthénie généralisée ou sévère
et
– caractéristiques épidémiologiques constantes, telles qu’exposition à des animaux infectés et/ou
signes de piqûre de puces et/ou résidence ou séjour dans une zone connue pour être endémique
au cours des 10 derniers jours.

Cas confirmé de peste bubonique :


Tout cas suspect confirmé par l’isolement de Yersinia pestis dans le sang ou par aspiration de bubons,
ou par une séroconversion spécifique ou un test de diagnostic rapide détectant l’antigène F1 dans des
zones d’endémie.

Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas présumé :


 Notifier au niveau supérieur l’information relative au cas.
 Faire des prélèvements (sang ou ponction) pour confirmer le cas;
 Isoler le patient en cas de soupçon de peste pneumonique tout en prenant des précautions
contre la propagation de la bactérie par voie aérienne (le patient et le personnel qui s’occupe
de lui doivent porter un masque approprié) ;
 Entreprendre une investigation sur le cas pour, notamment en identifiant tous les contacts
connus et en déterminant les antécédents d’exposition ;

484
 Commencer le traitement dès que le patient est suspecté avec de la gentamicine et des
fluoroquinolones –lévofloxacine, ciprofloxacine, moxifloxacine), du chloramphénicol, de la
doxycycline
 La durée du traitement est de 10 à 14 jours, ou jusqu’à 2 jours après la fin de la fièvre ;
 Il est important de traiter rapidement les patients afin de prévenir la peste pneumonique ou
septicémique qui entraine un plus grand nombre de décès.
 Des doses plus faibles sont recommandées pour les enfants et les femmes enceintes. Tous les
antibiotiques recommandés contre la peste ont des contre-indications relatives pour une
utilisation chez les enfants et les femmes enceintes, mais leur utilisation est justifiée dans des
situations ou la vie est en danger.

Répondre au seuil d’intervention


Si le cas présumé est confirmé :
 isoler le patient atteint de peste bubonique tout en prenant des précautions contre la
propagation de la bactérie par voie aérienne (le patient et le personnel qui s’occupe de lui
doivent porter un masque approprié) jusqu’à au moins 48 heures d’antibiothérapie appropriée.
Respecter les normes de prévention et lutte contre l’infection ;
 mobiliser la communauté pour permettre la détection et le traitement rapides des cas ;
 identifier les groupes de population à haut risque grâce à une analyse des personnes, du lieu
et du temps ;
 réduire le nombre de cas sporadiques et liés aux flambées, en améliorant la lutte contre les
rongeurs (évacuer les ordures, les restes de nourriture et détruire les endroits où se réfugient
les rats), en se protégeant contre les piqûres de puces à l’aide de répulsifs sur la peau ou les
vêtements, et en luttant contre les puces (en particulier, dans les habitations, les ports et les
aéroports) ;
 diffuser des supports de communication de sensibilisation et de réduction des risques

Analyser et interpréter les données


Temps : établir le graphique de l’évolution mensuelle des cas, des décès et de l’issue du traitement.
Tracer la courbe épidémique des cas liés aux à la flambée.
Lieu : cartographier l’emplacement des lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement, au cas par cas, l’information relative aux
cas et aux décès pour la surveillance de routine. Faire le décompte hebdomadaire des cas et des décès
pendant les flambées. Analyser leur répartition en fonction de l’âge et déterminer les facteurs de
risque pour améliorer la lutte contre la maladie sporadique et les flambées.
Confirmation en laboratoire : Peste bubonique
Tests Isolement de Yersinia pestis dans le sang ou les crachats. Séroconversion
diagnostiques spécifique à Yersinia pestis pour la détection de l’antigène F1 dans le sérum.
Culture (étalon-or) ; ou PCR ET test de diagnostic rapide pour détecter l’antigène F1
(seuls des cliniciens correctement formés peuvent réaliser le test sur des cas
présumés selon le diagnostic clinique et doivent être en mesure d’obtenir) un
prélèvement adéquat ; ou séroconversion ou augmentation du titre de l’anticorps
IgG de 4 à 15 d

Prélèvements Sang, crachat ou prélèvements d’autopsie pour la culture et sang pour les
épreuves sérologiques

485
Quand réaliser Faire des prélèvements chez tous les cas présumés de peste, si possible avant
les l’administration des antibiotiques. Cependant, le traitement ne doit pas être
prélèvements retardé et doit faire l’objet d’un bon suivi pour contrôler les effets indésirables
graves.
Le sérum devrait être prélevé dans les 5 jours suivant l’apparition de la maladie puis
une nouvelle fois après 2 à 3 semaines.
Comment  Les prélèvements devraient être réalisés au moyen de techniques aseptiques.
préparer, Les prélèvements destinés à la mise en culture devraient être envoyés au
conserver et laboratoire en milieu de transport Cary Blair. Les échantillons non préservés
transporter les doivent parvenir au laboratoire le jour même.
prélèvements  Les prélèvements liquides (ponctions) doivent être absorbés sur un
coton-tige stérile qui sera placé dans un milieu de transport Cary-Blair.
Réfrigérer.
 Si la durée du transport excède 24 heures et
que l’on ne dispose pas de milieu de transport Cary Blair, congeler les
prélèvements avant de les expédier avec des pains de glace.
Résultats Un test de diagnostic rapide (TDR) peut être effectué sur place par des cliniciens
bien formés.
Les prélèvements cliniques ne devraient être envoyés qu’à un laboratoire aux
capacités établies en matière de diagnostic de la peste ou à un centre
collaborateur de l’OMS pour la peste.
Les résultats de la culture seront obtenus 5 jours ouvrables après la réception
des prélèvements par le laboratoire.
L’antibiothérapie devrait commencer dès que possible. Chez les patients atteints
de la peste, les anticorps contre l’antigène F1 de Yersinia pestis apparaissent 7 à
10 jours après le début de la maladie.
Références

 Plague Manual : Epidemiology, Distribution, Surveillance and Control/Manuel de la Peste :


épidémiologie, répartition, surveillance et lutte. WHO/CDS/CSR/EDC/99.2
 Laboratory Manual of Plague Diagnostic tests. CDC/WHO publication, 2000, Atlanta, GA
[Link]
[Link]

486
Peste pneumonique
Présentation
 Infection bactérienne systémique zoonotique provoquée par Yersinia pestis (bacille de la
peste) généralement transmis à l’homme par les rongeurs et leurs puces.
 Principales formes de la maladie : bubonique, pulmonaire et septicémique. D’importantes
épidémies peuvent se déclarer tant en milieu urbain que rural. Si elle n’est pas traitée, la peste
bubonique peut se muer en peste pneumonique ou septicémique.
 La transmission interhumaine n’intervient que dans le cas de la peste pneumonique, à travers
des gouttelettes infectieuses.
 La période d’incubation dure de 2 à 6 jours.
 En l’absence de traitement, le taux de létalité peut dépasser 50 à 60 % pour la peste bubonique
et approcher les 100 % pour la peste pneumonique ou septicémique. Cependant, il est
généralement inférieur à 1 % avec un traitement approprié.
Facteur de risque : exposition à des populations infectées de rongeurs sauvages ou domestiques et à
leurs puces.

But de la surveillance
 Détecter rapidement les épidémies de peste, y compris les cas buboniques, étant donné
qu’un seul cas peut être à l’origine d’une flambée.
Définition de cas standardisée

Cas présumé de peste bubonique :


– gonflement très douloureux des ganglions lymphatiques – bubons
Et
– fièvre (ou antécédents de fièvre) ou au moins trois des signes suivants : céphalées, frissons ou
asthénie généralisée ou sévère
et
– caractéristiques épidémiologiques constantes, telles qu’exposition à des animaux infectés et/ou
signes de piqûre de puces et/ou résidence ou séjour dans une zone connue pour être endémique
au cours des 10 derniers jours.
Cas confirmé de peste bubonique :
Tout cas présumé confirmer par l’isolement de Yersinia pestis dans le sang ou par aspiration de bubons,
ou par une séroconversion spécifique ou un test de diagnostic rapide détectant l’antigène F1 dans des
zones d’endémie.

Répondre au seuil d’alerte


S’il y a un seul cas présumé :
 Notifier au niveau supérieur l’information relative au cas. Isoler le patient en cas de soupçon
de peste pneumonique tout en prenant des précautions contre la propagation de la bacterie
par voie aérienne (le patient et le personnel qui s’occupe de lui doivent porter un masque
approprié) ;
 Prélever des échantillons (crachat, sang) pour confirmer le cas ;
 Entreprendre une investigation sur le cas pour, notamment en identifiant tous les contacts
connus et en déterminant les antécédents d’exposition ;
 Commencer le traitement dès que le patient est suspecté avec de la gentamicine et des
fluoroquinolones –lévofloxacine, ciprofloxacine, moxifloxacine), du chloramphénicol, de la
doxycycline
 La durée du traitement est de 10 à 14 jours, ou jusqu’à 2 jours après la fin de la fièvre ;
487
 Il est important de traiter rapidement les patients afin de prévenir la peste pneumonique ou
septicémique qui entraine un plus grand nombre de décès. Des doses plus faibles sont
recommandées pour les enfants et les femmes enceintes. Tous les antibiotiques recommandés
contre la peste ont des contre-indications relatives pour une utilisation chez les enfants et les
femmes enceintes, mais leur utilisation est justifiée dans des situations ou la vie est en danger.
Cas présumé de peste pneumonique :
- Toute personne de tout âge présentant une toux de moins de 5 jours accompagnée de l’un des
signes suivants :
Crachâts striés de sang ou dyspnée ou douleur à la poitrine
Et fièvre (ou antécédents de fièvre) ou au moins trois des signes suivants : céphalées ou frissons ou
asthénie généralisée ou sévère
Et
Contexte épidémiologique (contact avec un cas présumé ou confirmé de peste pneumonique, etc.)

Décès des suites de peste présumées :


Toute personne décédée subitement sans cause apparente, mais ayant un lien épidémiologique établi
avec la peste et sans prélèvement biologique

Cas probable de peste :


Tout cas présumé de peste vivant ou décédé ayant subi le test de diagnostic rapide (TDR) dirigé contre
l’antigène F1
Ou
Test de PCR positif seul
Cas confirmé de peste pneumonique :
Tout cas présumé de peste chez qui Yersinia pestis a été isolé par culture
Ou
Cas présumé de peste dont le test de diagnostic rapide (TDR) dirigé contre l’antigène F1 est positif
et test PCR positif
Ou

Séroconversion ou augmentation du titre de l’anticorps IgG de 4 à 15 d

IMPORTANT : Un cas dont le test de diagnostic rapide (TDR) dirigé contre l’antigène F1 est positif seul
n’est pas un cas confirmé. Les tests de culture et de PCR doivent être effectués dans un établissement
approprié.

Répondre au seuil d’intervention


Si le cas présumé est confirmé :
 isoler le patient atteint de peste pneumonique tout en prenant des précautions contre la
propagation de la bactérie par voie aérienne (le patient et le personnel qui s’occupe de lui
doivent porter un masque approprié) jusqu’à au moins 48 heures d’antibiothérapie appropriée.
Respecter les normes de prévention et lutte contre l’infection ;
 mobiliser la communauté pour permettre la détection et le traitement rapides des cas ;
 identifier les groupes de population à haut risque grâce à une analyse des personnes, du lieu
et du temps ;
 réduire le nombre de cas sporadiques et liés aux flambées, en améliorant la lutte contre les
rongeurs (évacuer les ordures, les restes de nourriture et détruire les endroits où se réfugient
les rats), en se protégeant contre les piqûres de puces à l’aide de répulsifs sur la peau ou les

488
vêtements, et en luttant contre les puces (en particulier, dans les habitations, les ports et les
aéroports) ;
 diffuser des supports de communication de sensibilisation et de réduction des risques

Analyser et interpréter les données


Temps : établir le graphique de l’évolution mensuelle des cas, des décès et de l’issue du traitement.
Tracer la courbe épidémique des cas liés aux à la flambée.
Lieu : cartographier l’emplacement des lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement, au cas par cas, l’information relative aux
cas et aux décès pour la surveillance de routine. Faire le décompte hebdomadaire des cas et des décès
pendant les flambées. Analyser leur répartition en fonction de l’âge et déterminer les facteurs de
risque pour améliorer la lutte contre la maladie sporadique et les flambées.
Confirmation en laboratoire : Peste pneumonique
Tests Isolement de Yersinia pestis dans le sang ou les crachats. Séroconversion
diagnostiques spécifique à Yersinia pestis pour la détection de l’antigène F1 dans le sérum.
Culture (étalon-or) ; ou PCR ET test de diagnostic rapide pour détecter l’antigène F1
(seuls des cliniciens correctement formés peuvent réaliser le test sur des cas
présumés selon le diagnostic clinique et doivent être en mesure d’obtenir) un
prélèvement adéquat ; ou séroconversion ou augmentation du titre de l’anticorps
IgG de 4 à 15 d

Prélèvements Sang, crachat ou prélèvements d’autopsie pour la culture et sang pour les
épreuves sérologiques

Quand réaliser Faire des prélèvements chez tous les cas présumés de peste, si possible avant
les l’administration des antibiotiques. Cependant, le traitement ne doit pas être
prélèvements retardé et doit faire l’objet d’un bon suivi pour contrôler les effets indésirables
graves.
Le sérum devrait être prélevé dans les 5 jours suivant l’apparition de la maladie puis
une nouvelle fois après 2 à 3 semaines.
Comment  Les prélèvements devraient être réalisés au moyen de techniques aseptiques.
préparer, Les prélèvements destinés à la mise en culture devraient être envoyés au
conserver et laboratoire en milieu de transport Cary Blair. Les échantillons non préservés
transporter les doivent parvenir au laboratoire le jour même.
prélèvements  Si la durée du transport excède 24 heures et
que l’on ne dispose pas de milieu de transport Cary Blair, congeler les
prélèvements avant de les expédier avec des pains de glace.
Résultats Les prélèvements cliniques ne devraient être envoyés qu’à un laboratoire aux
capacités établies en matière de diagnostic de la peste ou à un centre
collaborateur de l’OMS pour la peste.
Les résultats de la culture seront obtenus 5 jours ouvrables après la réception
des prélèvements par le laboratoire.
L’antibiothérapie devrait commencer dès que possible. Chez les patients atteints
de la peste, les anticorps contre l’antigène F1 de Yersinia pestis apparaissent 7 à
10 jours après le début de la maladie.
Références

489
 Plague Manual : Epidemiology, Distribution, Surveillance and Control/Manuel de la Peste :
épidémiologie, répartition, surveillance et lutte. WHO/CDS/CSR/EDC/99.2
 Laboratory Manual of Plague Diagnostic tests. CDC/WHO publication, 2000, Atlanta, GA
 [Link]
[Link]

490
Poliomyélite (Paralysie Flasque Aiguë)
Présentation

 Les poliovirus (genre Enterovirus) de sérotypes 1, 2 et 3 sont transmis d’un individu à l’autre par voie
oro-fécale.
 La période d’incubation dure de 7 à 14 jours pour les cas paralytiques et varie de 3 à 35 jours environ.
Les personnes immunodéprimées peuvent excréter le virus pendant plusieurs années.
 Généralement asymptomatique, l’infection peut cependant provoquer un syndrome fébrile avec ou sans
méningite. Moins de 5 % des infections se soldent par une paralysie, souvent d’une seule jambe.
 L’infection touche presque exclusivement les enfants. L’un ou l’autre des 3 sérotypes de poliovirus
peut être à l’origine de l’infection. L’immunité est spécifique du type sérologique et dure toute la vie.
 Bien qu’elle ne soit pas mortelle, la poliomyélite paralytique a des conséquences sociales et
économiques dévastatrices pour les individus affectés.
 Le Programme d’éradication de la poliomyélite a pratiquement interrompu la transmission du poliovirus
sauvage dans le monde, grâce à l’utilisation du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO).
 Les régions à faible couverture vaccinale pourraient permettre la transmission actuelle du poliovirus sauvage.
 D’autres maladies neurologiques peuvent être à l’origine d’une Paralysie Flasque Aiguë (PFA), par exemple le
syndrome de Guillain-Barré et la myélite transverse.

But de la surveillance
 Notifier immédiatement chaque cas de poliomyélite. Faire une notification récapitulative
hebdomadaire des cas pour la surveillance systématique et pendant les flambées.
 Détecter les cas de Paralysie Flasque Aiguë (PFA) et obtenir confirmation par le laboratoire de l’étiologie
de tous les cas suspects. Obtenir au moins 2 échantillons de selles dans les 14 jours qui suivent le début
de la paralysie pour l’isolement du virus.
 La surveillance de la PFA sert à détecter tous les cas véritables de poliomyélite paralytique. L’objectif de
performance de la surveillance, permettant de certifier l’éradication de la poliomyélite, a été fixé à 1 cas
de PFA par an pour 100 000 personnes de moins de 15 ans.
 L’objectif ultime de la surveillance de la PFA est l’éradication du poliovirus.

Définition standard de cas


Cas suspect : tout enfant de moins de 15 ans présentant une PFA ou toute personne souffrant de paralysie,
quel que soit son âge, chez laquelle le médecin soupçonne une poliomyélite.
Cas confirmé : Cas suspect confirmé par l’isolement du virus dans les selles

491
Répondre au seuil d’alerte : poliomyélite (Paralysie Flasque Aiguë)

S’il y a un seul cas suspect :


 notifier immédiatement le cas suspect suivant les lignes directrices du programme national d’éradication
de la poliomyélite ;
 procéder à des investigations sur chaque cas. Tenir compte des antécédents de vaccination du patient ;
 collecter deux échantillons de selles. Collecter le premier échantillon lorsque le cas est sous
investigation. Recueillir le second échantillon du même patient 24 à 48 heures plus tard. Voir les lignes
directrices de laboratoire pour les détails concernant la préparation, la conservation et le transport des
prélèvements ;
 obtenir les données virologiques du laboratoire de référence pour confirmer une poliomyélite causée par
un poliovirus sauvage ou par un poliovirus paralytique associé au vaccin (PPAV).

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si un cas suspect est confirmé :
 Si un poliovirus sauvage a été isolé des prélèvements de selles, consulter les lignes directrices du
programme national d’éradication de la poliomyélite pour prendre connaissance des mesures
recommandées. Le niveau national décidera des mesures à entreprendre. Celles-ci peuvent inclure :
 l’identification des raisons pour lesquelles chaque cas non vacciné n’a pas bénéficié de la
vaccination, et remédier ensuite aux défaillances ainsi repérées ;
 l’organisation immédiate de campagnes de « vaccination porte-à-porte » dans le voisinage du cas ;
 des enquêtes pour déterminer les régions à faible couverture VPO dans le cadre des activités de
routine du PEV, et améliorer la couverture vaccinale systématique par le VPO et d’autres
antigènes du PEV.
 l’organisation vaccination porte-à-porte dans le cadre de campagnes de vaccination supplémentaires
à l’occasion des Journées Nationales de Vaccination (JNV) ou des Journées Locales de Vaccination
(JLV) ; la concentration des activités de vaccination supplémentaires dans les régions à faible
couverture vaccinale pour le PEV.

Analyser et interpréter les données


Temps : établir un graphique hebdomadaire des cas ou un graphique par date d’apparition de la maladie.
Calculer le pourcentage de cas suspects notifiés dans les 48 heures et le pourcentage de cas suspects
confirmés en laboratoire.
Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas. Mener des investigations approfondies sur les
circonstances de transmission du poliovirus dans chaque cas. Examiner la possibilité d’autres zones
potentielles de transmission.
Caractéristiques individuelles : faire le décompte des cas. Analyser leur répartition selon l’âge et le nombre de doses
de vaccin reçues. Évaluer les facteurs de risque de faible couverture vaccinale.

492
Confirmation en laboratoire : Poliomyélite (paralysie flasque aiguë)
Tests diagnostiques Isolement du poliovirus à partir
des selles.
Prélèvements Selles.
Remarque : si aucun échantillon
de selles n’a été recueilli,
Quand réaliser les réexaminer
Recueillir le patient de
un échantillon au selles
bout de chaque cas suspect de PFA.
prélèvements de 60 jours
Recueillir pour confirmer
le premier échantillonlede selles au cours de l’investigation sur le
cas. diagnostic clinique de
poliomyélite
Recueillir un deuxième (PFA). de selles du même patient, 24 à 48 heures plus
échantillon
tard.

Comment préparer,  Placer le prélèvement de selles dans un récipient propre, étanche et correctement
conserver et étiqueté.
transporter les  Le placer immédiatement au réfrigérateur ou dans une glacière ne servant pas
prélèvements au stockage de vaccins ou de médicaments.
 Acheminer le prélèvement de façon qu’il parvienne au laboratoire pour
poliomyélite désigné dans un délai de 72 heures.
En cas de retard et s’il n’est pas possible d’acheminer le prélèvement dans un délai de
72 heures, le congeler à -20 °C ou à une température plus basses et l’expédier dans
de la carboglace ou avec des pains de glace congelés aux mêmes températures.

Résultats Les résultats confirmés sont généralement disponibles au bout de 21 jours


après réception de l’échantillon par le laboratoire.
En cas de détection d’un poliovirus, le programme national décidera des
mesures de riposte appropriées.

Références

 Field Guide for Supplementary Activities Aimed at Achieving Polio Eradication. Organisation mondiale de la
Santé.
 WHO global action plan for laboratory containment of wild polio viruses. WHO/V&B/99.32, Genève, 1999
 Manual for the virological investigation of polio, WHO/EPI/GEN/97.01, Genève, 2004
 Supplement to the Manual for the virological investigation of Polio. WHO/EPI 2007

493
Rage humaine
Présentation

 La rage est une zoonose (maladie transmise à l’homme par les animaux) virale.
Le virus de la rage infecte les animaux domestiques et sauvages et se transmet à l’homme par contact avec la
salive d’animaux infectés (lors de morsures ou d’égratignures).
 Le virus de la rage infecte le système nerveux central, provoquant une inflammation de l’encéphale et, à
terme, la mort. Chez l’homme, la maladie se manifeste au départ par de la fièvre, des céphalées, un état de
malaise ou de faiblesse généralisé. Avec l’évolution de la maladie, d’autres symptômes apparaissent :
insomnie, anxiété, confusion, paralysie légère ou partielle, excitation, hallucinations, salivation excessive,
difficulté à déglutir et hydrophobie.
 Chez les personnes non vaccinées, la rage est presque toujours mortelle en l’absence de prophylaxie post-
exposition administrée avant l’apparition des symptômes. La mort intervient généralement dans les jours
qui suivent l’apparition des symptômes neurologiques.
 Les chiens sont responsables de la plupart des cas mortels de rage humaine (environ 97 %) dans le monde.
Ils sont le principal vecteur du virus, en Afrique.
 Selon les estimations de l’OMS, environ 55 000 personnes meurent chaque année de la rage dans le monde,
dont 24 000 en Afrique.
 Les personnes les plus exposées à la rage sont celles qui vivent en milieu rural. Environ 30 à 60 % des victimes
de morsures de chien (principal mode de transmission du virus) sont des enfants de moins de 15 ans. Ils jouent
souvent avec des animaux et ne signalent pas forcément des morsures ou des égratignures.
 La lutte contre la rage canine et l’accès à une prophylaxie post-exposition peuvent considérablement alléger
le fardeau de la rage dans les populations humaines.
 Il est essentiel de disposer de tests de diagnostic rapide et précis de la rage chez l’homme et les animaux,
pour pouvoir administrer à temps une prophylaxie post-exposition. En l’espace de quelques heures, un test
de diagnostic de laboratoire peut déterminer si un animal a la rage ou non, et renseigner le personnel médical.

But de la surveillance
 Détecter rapidement les cas et les flambées de rage et apporter une riposte rapide et appropriée.
 Déterminer les zones à risque.
 Estimer la charge de morbidité que représente la rage.
 Notifier immédiatement les cas et faire des notifications récapitulatives mensuelles systématiques.
Définition standard de cas
Cas suspect : toute personne présentant au moins l’un des signes suivants : céphalées, douleurs cervicales,
nausées, fièvre, hydrophobie, anxiété, agitation, sensations de picotement anormales ou douleurs à un site de
morsure, lorsqu’un contact avec un animal enragé est suspecté.
Cas confirmé : Cas suspect confirmé par le laboratoire

494
Mesures de Santé Publique recommandées : Rage (humaine)

S’il y a un seul cas :

 prophylaxie post-exposition pour éviter la maladie ;


 isolement du patient si la rage se manifeste, afin d’éviter la contamination d’autres personnes ;
 vaccination des contacts du patient si la maladie se manifeste ;
 vaccination des populations canines et félines locales pour prévenir les flambées.
Mesures préventives générales :

 sensibilisation de la communauté à la rage ;


 campagnes de vaccination des animaux domestiques et sauvages dans les zones à risque ;
 maintien d’une surveillance active de la rage chez les animaux.

Analyser et interpréter les données

Temps : établir le graphique du nombre de cas par mois.


Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas et des lieux d’exposition à des animaux.
Caractéristiques individuelles : analyser la répartition des cas en fonction de l’âge, de l’exposition à des
animaux et des circonstances de l’infection. Évaluer les facteurs de risque pour améliorer la lutte antirabique.

Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques

Détection des antigènes du virus de la rage par immunofluorescence (IF)


directe dans les prélèvements cliniques, de préférence du tissu cérébral
(prélevé post-mortem)
 Détection des antigènes viraux par IF sur des biopsies cutanées ou des biopsies
de la cornée (prélevées intra vitam).
 IF positive après inoculation de tissu cérébral, de salive ou de LCR dans des
cultures cellulaires, des souris ou des souriceaux.
 Titre des anticorps antirabiques neutralisants détectable dans le LCR
d’une personne non vaccinée.
 Identification des antigènes viraux par PCR sur des tissus fixés prélevés post-
mortem ou dans un prélèvement clinique (tissu cérébral, peau, cornée ou
salive).
 Isolement du virus de la rage à partir de prélèvements cliniques et
confirmation de la présence d’antigènes viraux par IF directe.

495
Prélèvements  Tissu cérébral (prélevé post-mortem)
 Biopsie cutanée (généralement prélevée sur la nuque)
 Cornée
 Salive
 LCR
 Tête de l’animal présumé enragé (chien)

Quand réaliser les


prélèvements

Dès qu’une personne est mordue par un animal domestique qui semble malade ou
par un animal sauvage, il faut le plus s’inquiéter du risque d’infection rabique.
Immédiatement après la morsure, il n’existe aucun test permettant de savoir si le
virus de la rage a été transmis à la personne. L’animal doit donc être examiné pour
déterminer si la personne mordue doit recevoir ou non un traitement. Si possible,
tout animal sauvage qui a mordu quelqu’un doit être abattu afin de pouvoir examiner
son cerveau.
Si une personne ayant été mordue par un animal devient de plus en plus confuse et
agitée ou si elle manifeste des signes de paralysie, le diagnostic est probablement
celui de la rage. À ce stade, des tests permettent de détecter le virus de la rage.
Prélèvements post-mortem : dans les 4 à 6 heures qui suivent le décès du patient, dès
qu’un animal suspecté meurt ou est abattu.

Comment préparer, Appliquer les consignes de sécurité lors de la manipulation du virus de la rage, afin
conserver et d’éviter toute infection.
transporter les Décapiter l’animal présumé enragé, envelopper la tête complètement de façon que le
prélèvements sang ne suinte pas. Quand c’est possible, se faire assister d’un vétérinaire pour
recueillir et conserver les prélèvements.
Les échantillons doivent être envoyés à un laboratoire de référence pour le virus de la
rage.

Résultats

Le traitement post-exposition doit être administré sans attendre les résultats du


diagnostic de laboratoire, d’autant que ce dernier peut être retardé pour toute une
série de raisons. Le laboratoire de référence donne des résultats sous 1 à 2 jours.

496
Références : rage (humaine)

 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance. WHO/CDS/CSF/ISR/99.2


 Laboratory techniques in rabies, Fourth Edition, WHO, edited by F-X. Meslin et al.
 Organisation mondiale de la Santé, Principaux faits sur la rage. [Link]
room/fact-sheets/detail/rabies
 Council of State and Position Statement. Territorial Epidemiologists (CSTE). National
Surveillance for Human Rabies. CSTE 09-ID-70. Atlanta : CSTE ; juin 2009. Disponible à
l’adresse : [Link]

 Center for Disease Control and Prevention (CDC). Human Rabies Prevention — United States,
2008 :
 Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices. MMWR 2008;
57(RR03):1–26, 28. Disponible à l’adresse : [Link]
 Bleck TP, Rupprecht CE. Chapter 160 – Rhabdoviruses. Dans : Mandell GL, Bennett JE, Dolin R,
éditeurs. Principles and Practice of Infectious Diseases, 6th edition. Philadelphie : Churchill
Livingstone ; 2005

497
Fièvre de la Vallée du Rift (FVR)
Présentation
 La fièvre de la Vallée du Rift (FVR) est une zoonose virale touchant principalement les animaux, mais pouvant
aussi parfois affecter l’homme. Le virus appartient au genre des Phlebovirus, l’un des 5 genres de la famille des
Bunyaviridae. La maladie se déclare fréquemment après de fortes pluies et des inondations. Elle a été identifiée
pour la première fois, en 1930, dans la Vallée du Rift, une province du Kenya. Elle a ensuite été signalée toujours
au Kenya, après les inondations dues au phénomène El Niño de 1997/1998 et, plus récemment, entre 2006 et
2007. La Tanzanie et l’Afrique du Sud ont aussi été affectées en 2007 et 2010, respectivement. D’autres flambées
de FVR ont été notifiées en Somalie, en Égypte, en Arabie Saoudite et au Yémen.
 La FVR se transmet à l’homme principalement par contact direct avec des animaux infectés (moutons, bovins,
chèvres, chameaux), lors de la manipulation de viande et de liquides biologiques et lors de la consommation de
lait cru. À l’occasion d’épizooties (épidémies chez l’animal) de FVR établies, les hommes peuvent également
être contaminés par suite des piqûres de moustiques infectés ou autres insectes.
 La période d’incubation de la FVR varie de 2 à 6 jours. Les symptômes cliniques de la maladie incluent
notamment syndrome grippal avec accès brusque de fièvre, céphalées, myalgies et maux de dos. Ces symptômes
durent généralement 4 à 7 jours. La plupart des personnes infectées se rétablissent d’elles-mêmes. Toutefois,
une petite proportion (environ 1 %) développe des complications, telles que le vomissement de sang, le
saignement nasal et la présence de sang dans les selles. Il existe d’autres formes graves de la maladie : la forme
oculaire et la méningo-encéphalite. Parce que les symptômes de la FVR sont variés et non spécifiques, il est
souvent difficile d’établir le diagnostic clinique, en particulier au début de la maladie. Il est difficile de distinguer
la fièvre de la Vallée du Rift des autres fièvres hémorragiques virales et de bien d’autres maladies fébriles, y
compris le paludisme, la shigellose, la fièvre typhoïde et la fièvre jaune.
 En l’absence de traitement spécifique de la FVR, la prise en charge des cas consiste essentiellement à dispenser
de soins de support. Il est important de détecter les cas le plus tôt possible et de les prendre en charge rapidement.
La lutte contre la FVR humaine passe par la lutte contre la maladie animale grâce à un programme de vaccination
durable, et par la limitation des contacts entre l’homme et l’animal. L’utilisation de moustiquaires imprégnées
d’insecticides et de répulsifs anti-moustiques réduit également les risques d’infection humaine. En plus des
souffrances et des décès qu’elle provoque chez l’homme, la FVR a également d’importantes conséquences
économiques pour l’industrie du bétail. En situation de flambée, la maladie se manifestant par un syndrome
fébrile non hémorragique, des analyses de laboratoire doivent être envisagées chez les personnes présentant des
symptômes bénins évoquant une maladie virale.
 Notification immédiate obligatoire à l’OMS, conformément au RSI (annexe 2)

498
Définition standard de cas Fièvre de la Vallée du Rift (FVR)
Cas suspect :
Stade précoce de la maladie :
 Maladie fébrile aiguë (température axillaire >37,5 ºC ou orale >38,0 ºC) qui dure plus de 48 heures, qui
ne répond pas aux traitements antibiotiques ou antipaludéens, et qui est associée à :
 un contact direct avec un animal malade ou mort ou avec ses produits ET/OU :
 un récent voyage (au cours de la semaine précédente) ou la résidence dans une région où, après de
fortes pluies, les taux de mortalité ou d’avortement du bétail sont élevés, et où l’activité du virus de
la FVR est suspectée/confirmée ET/OU :
 l’apparition brusque d’au moins un des signes suivants : épuisement, maux de dos, douleurs
musculaires, céphalées (souvent violentes), sensibilité à la lumière, nausées/vomissements ET/OU :
 nausées/vomissements, diarrhée OU douleurs abdominales associés à au
moins d’un des signes suivants : - teint pâle (ou Hb < 8 gm/dL)
- faible taux de plaquettes (thrombocytopénie) qui se traduit par de petites hémorragies de la peau
et des muqueuses (pétéchies) (ou taux de plaquettes < 100x109 / dL)
- signes d’insuffisance rénale (œdème, miction réduite) (ou créatinine > 150 mol/L) ET/OU :
- saignements cutanés, saignements aux sites de piqûre, saignements des muqueuses ou du nez,
saignements gastro-intestinaux et saignement vaginal inhabituel ET/OU :
- ictère (taux de transaminases 3 fois plus élevé que la normale)
Stades tardifs de la maladie ou complications (2 à 3 semaines après l’apparition des premiers symptômes) :
 Patients ayant souffert au cours du mois précédent d’un syndrome grippal répondant à des
critères cliniques, et qui développent en plus :
 des troubles du SNC évoquant une méningo-encéphalite ET/OU :
 une perte inexpliquée de l’acuité visuelle OU
 un décès inexpliqué à la suite de l’apparition brutale d’un syndrome grippal aigu accompagné
d’hémorragies, d’une méningo-encéphalite ou d’une perte de l’acuité visuelle dans le mois
précédent.
Cas confirmé : tout patient chez qui, après dépistage clinique, le test ELISA IgM anti-FVR (apparition
caractéristique des anticorps entre 4 et 6 jours après le début des symptômes) ou les tests de réaction en chaîne
par polymérase avec transcriptase quantitative inverse (RT-PCR) sont positifs.

499
Répondre au seuil d’alerte : Fièvre de la Vallée du
Rift (FVR)

S’il y a un seul cas suspect :


 notifier immédiatement aux niveaux appropriés l’information relative au cas ;
 renforcer les précautions standard usuelles dans tout le milieu médical ;
 traiter et prendre en charge le patient en lui dispensant des soins de support ;
 prélever des échantillons dans des
conditions sécurisées pour confirmation
du cas.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Si un seul cas est confirmé :


 mobiliser la communauté pour une détection précoce de la maladie et un traitement rapide ;
 établir une liste descriptive/un registre des cas ;
 mener une action éducative au sein de la communauté sur le cas confirmé de FVR, le mode de
transmission de la maladie et comment éviter le contact avec des tissus d’animaux infectés et les piqûres de
moustique ;
 donner des informations sur la prévention à domicile et quand aller consulter les services de santé ;
 administrer un traitement de support à tous les cas identifiés ;
 demander une aide supplémentaire au niveau national, le cas échéant ;
 collaborer avec les spécialistes en santé animale pour rechercher et consigner par écrit les cas parmi les
populations animales également.

Analyser et interpréter les données


Temps : établir un graphique des cas et des décès par mois. Tracer une courbe épidémique en situation de flambée
épidémique.

Lieu : cartographier précisément les lieux d’habitation et de travail des cas.

Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement, au cas par cas, l’information relative aux cas et aux décès.
Durant l’épidémie, compter et notifier le nombre de cas et de décès. Analyser leur répartition en fonction
de l’âge et du sexe. Déterminer immédiatement les facteurs de risque et envisager une demande
d’assistance pour intensifier la lutte contre l’épidémie.

500
Confirmation en laboratoire : Fièvre de la Vallée du Rift (FVR)
Tests diagnostiques Plusieurs techniques différentes permettent d’établir le diagnostic de FVR aiguë. Les tests
sérologiques comme ELISA permettent de confirmer la présence d’anticorps IgM spécifiques
dirigés contre le virus. Le virus lui-même peut être détecté dans le sang pendant la phase
précoce de la maladie ou dans les tissus post-mortem, grâce à diverses techniques, notamment
par ELISA, RT-PCR, multiplication du virus (sur cultures cellulaires) et immunohistochimie sur
des tissus fixés dans le formol.
La détection des IgG par ELISA permet un diagnostic rétrospectif.
Les mêmes tests peuvent servir au diagnostic chez l’animal.

Prélèvements ELISA (sérologie) :


 Sang total
 Sérum ou plasma
 Sang total ou caillot sanguin
 Tissus (frais congelés)
RT-PCR – Isolement du virus :
 Sang
 Sérum ou plasma
 ƒBiopsie hépatique chez les cas
mortels
 Anatomopathologie
 Biopsies chez les cas décédés
 Prélèvements identiques chez l’animal

Quand réaliser Faire des prélèvements chez le premier Cas suspect.


les S’il y a plus d’un Cas suspect, effectuer des prélèvements jusqu’à obtention d’échantillons de
prélèvements 5 à 10 Cas suspects.

501
Comment préparer, Le personnel de laboratoire est à risque. Les prélèvements de cas humains présumés de
conserver et FVR, à des fins de diagnostic, doivent être manipulés par un personnel qualifié et analysés
transporter les dans des laboratoires correctement équipés.
prélèvements ELISA/PCR/ISOLEMENT :
 Préparation et conservation (congeler ou réfrigérer/à température la plus basse possible)
 Expédition : congelés dans de la carboglace ou avec des pains de glace ou les deux à la
fois.
Remarque : en l’absence de carboglace ou de pains de glace, les prélèvements pourront être
acheminés à température ambiante et donner encore des résultats valides dans la plupart des
cas.
Immunohistochimie :
 Préparation et conservation : fixer les tissus dans le formol (conservation possible jusqu’à
6 semaines).
 Expédition : à température ambiante (ne pas
congeler). Mêmes conditions de préparation, de
conservation et de transport pour les prélèvements
Résultats animaux.
Les services diagnostiques de la FVR ne sont pas systématiquement disponibles. Ils
nécessitent généralement des arrangements préalables. Contacter l’autorité nationale
compétente ou l’OMS. Contacter les services vétérinaires nationaux pour le diagnostic
animal.

Références

 Contrôle de l’infection en cas de fièvre hémorragique virale en milieu hospitalier africain, OMS/EMC, OMS, 1998.
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance. WHO/CDS/CSR/ISR/99.2
 Fact sheet Nº207, Revised September 2007.
 Contrôle de l’infection en cas de fièvre hémorragique virale en milieu hospitalier africain / CDC (annexes 11-12)

502
COVID-19 et autres Infections Respiratoires Aiguës Sévères (IRAS)
Présentation

 Les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) sont une cause importante de morbidité et de
mortalité en Afrique. Selon les estimations, en fin décembre 2017, 290 000 à 650 000 décès sont associés à
la grippe saisonnière chaque année. Les taux de mortalité sont particulièrement élevés chez les enfants, les
personnes âgées et les patients souffrant de maladies chroniques.
 Une meilleure compréhension de l’épidémiologie et de la saisonnalité des IRAS en Afrique est
essentielle à l’optimisation des stratégies de Santé Publique pour les prévenir et lutter contre elles (vaccins
et médicaments antiviraux pour la prophylaxie et le traitement, lutte contre l’infection).
 La menace d’IRAS dues à de nouveaux organismes à potentiel épidémique ou pandémique justifie des
mesures particulières et une préparation spéciale. Les évènements de maladies respiratoires susceptibles
de constituer une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale1 incluent : la grippe humaine
provoquée par un nouveau sous-type, coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV),
la maladie due au SARS CoV-2 (COVID-19), la peste pneumonique, le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère
(SRAS), et les IRAS provoquées par de nouveaux agents capables de causer de vastes flambées avec des
taux élevés de morbidité et de mortalité.

But de la surveillance

 Détecter à temps une morbidité et une mortalité inhabituellement élevées, causées par des pathogènes
respiratoires connus ou non, capables de provoquer des épidémies à grande échelle ou des pandémies.
 Déterminer et suivre l’évolution de la morbidité et de la mortalité imputables aux IRAS.

Définition standard de cas

Infection respiratoire aiguë accompagnée de :


 antécédents de fièvre ou fièvre mesurée à ≥ 38 ºC ;
 et toux ;
 avec apparition au cours des 10 derniers jours ;
 et nécessitant une hospitalisation.

Répondre au seuil d’alerte


Prière de se reférer au WHO protocol to investigate non-seasonal influenza and other emerging acute respiratory
diseases, 2018 en cas d’évènement inhabituel (foyer d’infections respiratoires or d’infections respiratoires
atypiques, foyer de décès, par exemple) d’infection respiratoire.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Prière de se reférer au WHO protocol to investigate non-seasonal influenza and other emerging acute
respiratory diseases, 2018 si un cas unique de maladie respiratoire aiguë susceptible de provoquer une
pandémie est suspecté.

503
Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS)
Présentation

 Le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) a été reconnu comme menace mondiale pour la première
fois en 2003, lorsqu’une propagation internationale de l’infection a provoqué 8 098 cas de SRAS, dont 774
mortels, dans 26 pays.
 La transmission nosocomiale du SARS-CoV fut une caractéristique frappante de la flambée épidémique de
SRAS.
 La majorité des cas étaient adultes. Selon des estimations, le taux de létalité du SRAS va de 0 % à plus de
50 %, en fonction de la tranche d’âge affectée et du site de notification, avec un taux brut mondial se
situant aux alentours de 9,6 %.
 La période d’incubation dure de 2 à 10 jours, avec une durée moyenne de 5 jours. Les patients
commencent par manifester les symptômes d’un prodrome d’allure grippale, avec notamment de la
fièvre, un état de malaise, des myalgies, des céphalées et des raideurs. Une toux (d’abord sèche), une
dyspnée et des diarrhées peuvent parfois se manifester dès la première semaine, mais ces symptômes
sont plus fréquents pendant la deuxième semaine de la maladie. Les cas graves souffrent rapidement de
détresse respiratoire progressive. Non moins de 70 % des patients souffrent de diarrhées.
 La transmission a lieu essentiellement au cours de la deuxième semaine de la maladie.
 Le coronavirus responsable du SRAS (SARS-CoV 1 & 2) serait un virus animal qui aurait récemment
franchi la barrière de l’espèce pour infecter l’homme.
 En période interépidémique, tous les pays doivent rester vigilants dans l’éventualité d’une récurrence du
SRAS et maintenir leur capacité à détecter et à riposter à une éventuelle réapparition du SRAS.
 Notification immédiate à l’OMS exigée par le RSI (annexe 2 du RSI).

But de la surveillance

 Détection précoce et investigation sur les individus présentant les symptômes cliniques d’une infection par
le SARS-CoV.

Définition standard de cas

Un Cas suspect de SRAS est toute personne présentant :


1. un antécédent de poussée fébrile, ou une fièvre consignée par écrit ≥ 38 °C ET
2. au moins un symptôme d’affection des voies respiratoires inférieures (toux,
difficulté à respirer, souffle court) ET
3. présence à la radiographie thoracique d’infiltrations pulmonaires compatibles avec une pneumonie ou
un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA), ou résultats d’autopsie compatibles avec une pneumonie
ou un SDRA sans cause identifiable ET
4. aucun autre diagnostic ne permet d’expliquer totalement la maladie.
Cas confirmé de SRAS : personne ayant des résultats positifs pour l’infection à coronavirus (SARS-CoV) avec les
tests recommandés par l’OMS.

504
Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)
Répondre au cas suspect

 Notifier immédiatement aux niveaux appropriés l’information relative au cas.


 Appliquer immédiatement les mesures de lutte contre l’infection pour les maladies respiratoires
aiguës à tendance épidémique/pandémique et renforcer les précautions standard dans tout
l’environnement médical.
 Traiter et prendre en charge le patient, conformément aux directives nationales.
 Effectuer des prélèvements chez le patient-cas et ses contacts asymptomatiques et faire faire des analyses
de laboratoire.
 Examiner les antécédents médicaux et d’exposition du patient, pendant les 2 à 10 jours précédant
l’apparition de la maladie.
 Identifier et suivre les contacts proches du patient-cas.
 Rechercher activement d’autres cas.
 Accélérer le processus de diagnostic. (L’OMS apportera son assistance à l’investigation des alertes
de SRAS, le cas échéant, en facilitant notamment l’accès aux services de laboratoire).

Répondre au seuil d’alerte

La réponse à une alerte au SRAS est identique à la réponse au cas suspect (voir ci-dessus). ALERTE AU SRAS :
1) Un individu présentant des signes cliniques de SRAS ET un risque épidémiologique d’infection par le SARS-CoV
dans les 10 jours précédant l’apparition des symptômes OU
2) Deux agents de santé ou plus présentant des signes cliniques de SRAS dans la même unité de soins et dont
l’apparition des symptômes s’est produite sur un même laps de temps d’une dizaine de jours OU
Trois personnes ou plus (agents de santé et/ou patients et/ou visiteurs) présentant des signes cliniques de
SRAS, avec apparition des symptômes sur un même laps de temps d’une dizaine de jours, et ayant un lien
épidémiologique avec FOSA.

Analyser et interpréter les données


Temps : établir un graphique des cas et des décès quotidiens/hebdomadaires/mensuels. Tracer une
courbe épidémique en situation de flambée épidémique.
Temps : cartographier précisément les lieux d’habitation et de travail des cas.
Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement, au cas par cas, l’information relative aux cas
et aux décès. Durant la flambée, compter et notifier le nombre de cas et de décès. Analyser leur répartition en
fonction de l’âge et du sexe. Évaluer immédiatement les facteurs de risque.

505
Confirmation en laboratoire : Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS)

Tests diagnostiques
Confirmation de la présence du SRAS-CoV par PCR :
(Remarque : les analyses satisfont aux critères du diagnostic en laboratoire du SRAS et
incluent presque toujours deux tests différents ou plus ou la même épreuve à deux
occasions ou plus au cours de la maladie ou à partir de sites cliniques différents)
 Au moins 2 prélèvements cliniques différents (par exemple, prélèvement
rhinopharyngé et selles) OU
 Même type de prélèvement récolté sur 2 jours ou plus au cours de la maladie
(par exemple, 2 aspirats rhinopharyngés successifs ou plus) OU
 Nouvel extrait du prélèvement clinique original testé positif par 2 dosages
différents ou en répétant la PCR à chaque fois.
ELISA ou Immunofluorescence pour la séroconversion :
 recherche d’anticorps négative sur le sérum de phase aiguë, suivie d’une
recherche positive sur le sérum de phase convalescente OU
 multiplication par au moins 4 du titre d’anticorps entre le sérum de phase aiguë et
le sérum de phase convalescente testés simultanément.
Isolement du virus : isolement du SARS-Cov sur cultures cellulaires à partir de n’importe
quel prélèvement ; plus confirmation par un test PCR réalisé selon une méthode validée.

Prélèvements
Lavage/aspiration rhinopharyngé : prélèvement de choix pour les virus respiratoires.
Écouvillonnages rhinopharyngés ou oropharyngés
Selles
Sérum

Quand réaliser les


prélèvements
Les prélèvements dans l’appareil respiratoire peuvent être effectués à tout moment, mais
la phase aiguë de la maladie constitue le meilleur moment.
Pour les échantillons sanguins appariés, le moment du prélèvement est très important.
 Prélever un échantillon de phase aiguë à l’occasion du premier contact avec le
patient, puis au 7ième, 14ième, 28Hème et 90ième jour après l’apparition des
symptômes, quand c’est possible.
 Faire un prélèvement après guérison, si le prélèvement de phase convalescente n’est
pas possible.

506
Comment préparer,
conserver et  Il convient de manipuler les prélèvements cliniques de SRAS en respectant les
transporter les pratiques de sécurité biologique appropriées, pour éviter toute contamination
prélèvements dans le laboratoire et la propagation de la maladie aux contacts proches.
 Les prélèvements cliniques sur le patient devront être effectués par un personnel
qualifié.
Lavage/aspirat rhinopharyngé : patient en position assise, tête légèrement inclinée en
arrière. Instiller 1,5 ml de solution stérile saline non bactériostatique (pH 7,0) dans l’une
des narines. Rincer un tuyau ou un cathéter en plastique (tube extracteur de mucus, par
exemple) avec 2-3 ml de solution saline. Insérer le tuyau dans la narine parallèlement au
palais. Aspirer les sécrétions rhinopharyngées. Répéter l’opération dans l’autre narine.
Recueillir les prélèvements dans un tube stérile ou dans le tube extracteur de mucus.
Retirer les tuyaux et s’en débarrasser dans leur emballage plastique.
Écouvillonnages rhinopharyngés ou oropharyngés : utiliser uniquement des écouvillons
stériles en Dacron ou rayon avec tige en plastique. Placer immédiatement chaque
écouvillon dans un tube contenant un milieu de transport viral.
Prélèvement de sérum : prélever 5 à 10 ml de sang total dans un tube séparateur de
sérum. Laisser coaguler le sang.
Prélèvements respiratoires/selles/sang/sérum : réfrigérer immédiatement (4 °C). Si le
transport/l’expédition se fait à l’international ou plus de 5 jours après le prélèvement du
dernier échantillon, congeler les échantillons à -20 °C (sérum), -20/-70 °C (prélèvements
respiratoires) et les expédier si possible dans de la carboglace.
Tissus des principaux organes (fixés dans le formol). Conserver et expédier à température
ambiante les tissus fixés.

Résultats
Les services diagnostiques du SRAS ne sont pas systématiquement disponibles. Ils
nécessitent généralement des arrangements préalables. Contacter l’autorité nationale
compétente ou l’OMS. En cas de forte suspicion de SRAS, l’OMS aidera les pays à contacter
un laboratoire de référence, si nécessaire.

Référence

 WHO Guidelines for the Global Surveillance of SARS, Updated Recommendations, Octobre 2004
 Prévenir et combattre les maladies respiratoires aiguës à tendance épidémique ou pandémique
dans le cadre des soins. Remommandations provisoires de l’OMS, juin 2007.
WHO/CDS/EPR/2007.6.
 Recours aux méthodes de laboratoire pour le diagnostic de SRAS, OMS.
 Directives OMS de sécurité biologique pour la prise en charge des échantillons de SRAS.
 A practical Guide for SARS laboratories: from samples collection to shipment. WHO, 29 décembre 2003.

507
Pneumonie grave chez les enfants de moins de 5 ans
Présentation

 Infection des voies respiratoires basses provoquée par des bactéries ou des virus, transmis d’une
personne à l’autre par le biais de gouttelettes de sécrétions respiratoires aérosolisées. Streptococcus
pneumoniae (pneumocoque) et Haemophilus influenzae type b (Hib) sont les principales bactéries
responsables des pneumonies chez les enfants.
 Les infections respiratoires aiguës (IRA) et la pneumonie représentent la première cause de mortalité
chez les enfants de moins de 5 ans.
 La période d’incubation dure généralement moins de 7 jours, selon l’étiologie.
 L’OMS et l’UNICEF recommandent l’application de la stratégie de Prise en Charge Intégrée des Maladies de
l’Enfance (PCIME) pour réduire la morbidité et la mortalité infantile dues aux pneumonies. Il a été
démontré qu’un traitement antimicrobien rapide réduit la mortalité.
 On observe une résistance croissante du pneumocoque et du Hib aux β-lactamines (ex. :
ampicilline), aux sulfamides (ex. : triméthoprime-sulfaméthoxazole) et à d’autres agents
antimicrobiens.
 Des virus, comme le virus syncytial respiratoire (VSR) peuvent également provoquer des IRA et des
pneumonies.

But de la surveillance

 Identifier au plus tôt les cas et les épidémies de pneumonie à l’aide des définitions cliniques.
 Assurer le suivi régulier et en période de flambée épidémique de la résistance antimicrobienne.
 Réduire l’incidence des cas de pneumonie grave par rapport aux cas de pneumonie simple pour
contrôler la qualité des interventions.

Définition standard de cas


Définition (PCIME) du cas clinique de pneumonie :
Enfant présentant une toux ou des difficultés à respirer et :
 Fréquence respiratoire ≥ à 50/minute chez l’enfant de 2 mois à 1 an
 Fréquence respiratoire ≥ 40/minute chez l’enfant de 1 à 5 ans.
(Remarque : dans le cadre de la PCIME, un nourrisson de 0 à 2 mois présentant une toux et une
respiration rapide est classé comme un cas de « grave infection bactérienne » et orienté sur
un examen plus poussé.)
Définition (PCIME) du cas clinique de pneumonie grave : un enfant présentant une toux ou des difficultés à
respirer et tout signe général de danger, ou un tirage souscostal ou stridor chez l’enfant au repos. Signes
généraux de danger chez les enfants de 2 mois à 5 ans : incapacité à boire ou à prendre le sein, vomissements
persistants, convulsions, léthargie ou perte de connaissance.
Cas confirmé : la confirmation d’une pneumonie par radiographie ou en laboratoire n’est pas toujours possible
dans la plupart des districts.

508
Pneumonie grave chez les enfants de moins de 5 ans
Répondre au seuil d’alerte

Si le nombre de cas ou de décès augmente sur une période donnée :


 - notifier le problème au niveau supérieur ;
 - rechercher les raisons de cette augmentation et identifier le problème ;
 - veiller à ce que tous les cas soient pris en charge conformément aux directives de la PCIME ;
 - traiter les cas de façon appropriée à l’aide des antimicrobiens recommandés.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si le nombre de cas et de décès double par rapport au nombre habituellement observé pour la même
période, les années précédentes :
 évaluer l’application des directives de la PCIME par les agents de santé pour examiner, classer et
traiter les enfants atteints de pneumonie simple et de pneumonie grave ;
 identifier les populations à risque, grâce à l’analyse de la répartition des cas en fonction des caractéristiques
temporelles, spatiales et individuelles ;
 éduquer la communauté concernant le moment à partir duquel il faut consulter les services médicaux pour
une pneumonie.

Analyser et interpréter les données


Temps : rechercher, mois par mois, les augmentations inattendues ou inhabituelles de cas. Établir un
graphique des cas et des décès par mois. Tracer la courbe épidémique des cas liés aux à la flambée. Inscrire les
données sur le graphique, mois par mois, et les comparer avec celles des précédentes périodes.
Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : dénombrer, chaque mois, les cas de pneumonie simple et de pneumonie
grave. Dénombrer les décès dus aux pneumonies. Analyser la répartition en fonction de l’âge
.
Confirmation en laboratoire

La surveillance ne nécessite pas de confirmation systématique par le laboratoire.

Référence

 Prise en charge intégrée des maladies de l’enfance. Organisation mondiale de la Santé. WHO/CDR/95.14.1

509
Infections Sexuellement Transmissibles
Présentation
 Les infections humaines des appareils génito-urinaires et de reproduction se transmettent par contact
sexuel (infections sexuellement transmissibles, IST). Les pathogènes les plus courants responsables
d’écoulement urétral chez l’homme sont a) Neisseria gonorrhoea (gonocoque) et b) Chlamydia
trachomatis. Les causes les plus fréquentes de l’ulcère génital chez l’homme et chez la femme sont
a) l’agent de la syphilis (Treponema pallidum), le virus de l’herpès simplex (VHS1 ou 2) et Haemophilus
ducreyi (chancre).
 Les IST sont endémiques dans la plupart des pays du monde, notamment en Afrique. Les IST multiples
simultanées sont fréquentes (par exemple, gonorrhée plus Chlamydia). Leur prévalence peut être plus
élevée dans les régions touchées par le VIH dont elles pourraient faciliter la transmission. Les IST peuvent
être primaires ou résulter d’écoulements urétraux répétés.
 Les IST représentent une cause majeure d’avortement, de bébés mort-nés, de prématurité et
d’infections congénitales. Elles peuvent provoquer une maladie inflammatoire pelvienne (MIP), cause
importante de stérilité.
 Les périodes d’incubation durent de 2 à 7 jours pour Neisseria gonorrhoea, de 7 à 14 jours (ou plus) pour
Chlamydiae, entre 10 jours et 12 semaines (généralement autour de 3 semaines) pour la syphilis, et de 3 à
14 jours pour le chancre.
 Les IST sont plus faciles à diagnostiquer chez les hommes, dans la mesure où les signes cliniques de
l’infection sont plus visibles.

But de la surveillance
 Détecter et traiter rapidement les IST pour réduire les taux de transmission. L’intensification des efforts pour
diagnostiquer la syphilis latente pourrait prévenir des invalidités importantes.
 Améliorer le traitement immédiat et efficace des IST à l’aide de simples algorithmes basés sur une approche
syndromique du diagnostic chez les cas indices et les partenaires.
 Suivre en laboratoire la sensibilité aux antimicrobiens et modifier les directives nationales de traitement en
conséquence.
 Comparer les données de surveillance à la fois pour les IST et le VIH/SIDA, dans la mesure où les IST
pourraient indiquer une coprésence du VIH.

Définition standard de cas


Ulcère génital (non vésiculaire) :
Cas suspect : tout homme présentant un ulcère de la verge, du scrotum ou du rectum, avec ou sans adénopathie
inguinale, ou toute femme présentant un ulcère des lèvres, du vagin ou du rectum, avec ou sans adénopathie
inguinale.
Cas confirmé : tout cas suspect confirmé par un test de laboratoire.
Écoulement urétral :
Cas suspect : tout homme présentant un écoulement urétral avec ou sans dysurie.
Cas confirmé : syndrome d’écoulement urétral : Cas suspect confirmé par un test de laboratoire (par ex. : coloration
de Gram mettant en évidence la présence de diplocoques intracellulaires à Gram négatifs).

510
Infections Sexuellement Transmissibles
Mesures de Santé Publique
 Recherche active des cas dans des groupes cibles particuliers.
 Activités de prévention primaire, telles que promotion des comportements sexuels sans danger
et fourniture de préservatifs.
 Utilisation d’algorithmes pour la détection et le traitement des IST et amélioration de leur
application par les agents de santé. Et amélioration des pratiques des agents de santé grâce à des
algorithmes.
 Intégration des services de prévention et de soins des IST aux services de soins de santé maternelle et
infantile et de planning familial.
 Services spécifiques de prévention et de soins des IST, efficaces et bien acceptés des populations
identifiées comme vulnérables pour la transmission des IST.
 Promotion d’un recours rapide aux services de santé en cas d’IST.

Analyser et interpréter les données


Temps : établir un graphique des cas, chaque trimestre.
Lieu : aucune recommandation concernant l’étude du lieu.
Caractéristiques individuelles : chaque trimestre, dénombrer les cas et analyser leur répartition en
fonction de l’âge.

Confirmation en laboratoire
La surveillance ne nécessite pas de confirmation systématique par le laboratoire.

Référence

 Principes directeurs applicables à la surveillance des infections sexuellement transmissibles. Genève.


ONUSIDA et Organisation mondiale de la Santé. WHO/CDS/CSR/EDC/99.3. UNAIDS/99.33E

511
Variole
REMARQUE : La variole a été éradiquée dans le monde en 1980 et aucun cas humain n’a été signalé depuis 1977.
Les informations fournies dans cette section visent à former les professionnels de la Santé Publique à la
détection de la réémergence de cette maladie et à la différentiation entre la variole et des maladies similaires.

Présentation
 La variole est une maladie contagieuse aiguë causée par Variola virus, du genre Orthopoxvirus, de la famille
des Proxviridae. Les autres virus de ce genre qui peuvent causer la maladie chez l’homme sont notamment
virus de la variole bovine, le virus de la variole du chameau et l’orthopoxvirus simien ou virus de la variole du
singe. L’orthopoxvirus simien est à l’origine des infections humaines les plus récentes.
 Le taux de létalité de la variole était de 30 %. En 1967, au moment où l’OMS a lancé la campagne
d’éradication, on enregistrait chaque année 10 à 15 millions de cas dont 2 millions de décès à travers le
monde.
 L’éradication mondiale de la variole a été certifiée en décembre 1979 par une commission composée de
scientifiques éminents, puis déclarée par l’Assemblée Mondiale de la Santé en 1980.
 La période d’incubation dure de 12 à 17 jours incubation (fourchette de 7 à 17) durant lesquels on n’observe
aucun signe d’excrétion virale, autrement dit, le sujet n’est pas infectieux. Au cours de cette période, la
personne infectée semble et se sent en bonne santé et n’est pas contagieuse.
 L’incubation est suivie par l’apparition brutale d'une forte fièvre et de symptômes tels que malaise, céphalées,
mal de dos, nausées et vomissements. Deux à trois jours plus tard, la température chute et le patient se sent
un peu mieux, alors que l’éruption caractéristique apparaît, d’abord sur le visage, les mains et les avant-bras,
puis quelques jours plus tard sur le tronc. Les lésions se développent aussi au niveau des muqueuses du nez et
de la bouche, et s’ulcèrent très rapidement après leur formation, libérant de grandes quantités de virus dans
la bouche et la gorge. La distribution centrifuge des lésions, prédominant sur la face et les extrémités plutôt
que sur le tronc, est un signe diagnostique caractéristique de la variole qui, pour un œil exercé, est évocatrice
du diagnostic. Les lésions évoluent, passant du stade de macules à celui de papules, puis de vésicules et de
pustules. Dans une zone donnée, toutes les lésions évoluent simultanément. De 8 à 14 jours après l’apparition
des symptômes, les pustules forment des croûtes qui laissent, après guérison, des cicatrices déprimées et
dépigmentées.
 La variole existait sous deux formes principales : majeure et mineure (cette dernière étant moins courante).
L’évolution de la variole mineure était plus bénigne, avec un taux de létalité inférieur à 1 %. Le taux de létalité
de la variole majeure se situait autour de 30 %. Il existait par ailleurs deux formes rares de variole : la forme
hémorragique et la forme maligne. Dans la première, toujours mortelle, l’éruption s’accompagnait
d’hémorragies au niveau des muqueuses et de la peau. La variole maligne se caractérisait par des lésions qui
n’atteignaient pas le stade des pustules, mais restaient molles et plates. Elle était pratiquement toujours
mortelle.
 La varicelle, que l’on confond souvent avec la variole, se distingue de cette dernière par ses lésions beaucoup
plus superficielles, leur présence prédominante sur le tronc plus tôt que sur la face et les extrémités et leur
évolution en plusieurs poussées dans la même zone. En ce qui concerne la varicelle, la fièvre et l’éruption
surviennent simultanément et évoluent plus rapidement, le décès constituant une complication rare.
 Avant l’éradication de la variole, les infections par l’orthopoxvirus simien avaient été signalées pour la première
fois chez les humains en 1970 et ont pu être diagnostiquées par erreur comme étant de la variole en raison
des similarités dans la présentation cutanée et leur évolution. La variole et l’orthopoxvirose humaine
présentent des caractéristiques cliniques similaires ; toutefois, les patients souffrant de variole ne développent
pas de lymphadénopathie, un signe clinique majeur de l’orthopoxvirose. La progression de la maladie au cours
de la période d’incubation, de la phase pré-éruptive et de la phase éruptive est également similaire pour les
512
deux maladies. L’orthopoxvirose humaine est moins virulente avec un taux de létalité moins élevé (jusqu’à
10 %) comparé à celui de la variole (jusqu’à 30 %).
 La transmission de la variole est interhumaine et se produit après le début de la fièvre, à travers des aérosols
et de fines gouttelettes présentes dans l’air, lors de contacts directs et assez prolongés avec une personne
infectée, notamment lorsqu’elle tousse. La maladie peut également se transmettre par le linge contaminé
(vêtements et draps), mais le risque d’infection est alors bien plus faible.
 La fréquence de la contamination est maximale après contact direct avec un patient, une fois que la fièvre s’est
installée et pendant la première semaine de l’éruption, le virus étant alors libéré par les voies respiratoires. Les
milieux les plus à risque sont les lieux d’habitation et les FOSA abritant des cas actifs, mais la propagation au
sein de la communauté est faible du fait que les personnes malades restent clouées au lit.
 En l’absence d’immunité induite par la vaccination, les êtres humains semblent universellement sensibles à
l’infection par le virus de la variole. Depuis qu’il a été mis fin à la vaccination contre la variole dans le monde
en 1980, la plupart de la population âgée de moins de 40 ans n’est pas immunisée et l’immunité des groupes
de personnes plus âgées diminue.
 L’OMS conserve des stocks d’urgence de vaccins antivarioliques à déployer en cas de réapparition de
la variole afin de contenir la flambée. Les premiers intervenants sont prioritaires pour recevoir le
vaccin. Le vaccin administré jusqu’à 4 jours après l’exposition au virus, et avant l’apparition de
l’éruption, confère une immunité protectrice et peut prévenir l’infection ou atténuer la gravité de la
maladie.
 Le RSI (2005) exige formellement la notification immédiate de la survenue de cas de variole à l’OMS. Le risque
d’émergence de la variole est extrêmement faible étant donné que les stocks mondiaux de virus de la variole
sont conservés par deux laboratoires haute sécurité en Russie et aux États-Unis et que la maladie n’a pas de
réservoir animal.

But de la surveillance
Détecter les cas éventuels de variole et riposter immédiatement à une éventuelle réémergence de la variole ou à
tout cas suspect.

513
Définition standard de cas Variole

Cas suspect : apparition brutale d’une forte fièvre > 38,3 °C (101 °F), suivie d’une éruption caractéristique
(macules, vésicules, pustules, plaques),à répartition centrifuge au même stade de développement sans autre
cause apparente.
Cas probable : Cas correspondant à la définition de cas clinique, non confirmé par un laboratoire, mais
ayant un lien épidémiologique avec un cas probable ou confirmé.
Cas confirmé : Cas cliniquement compatible, confirmé par le laboratoire.
Répondre au seuil d’alerte : Variole

S’il y a un seul cas suspect :


 notifier immédiatement aux niveaux appropriés l’information relative au cas ;
 veiller à ce que le patient soit isolé et que le personnel qui s’occupe de lui soit vacciné contre la variole ;
 mettre en application les mesures de prévention de la transmission par voie aérienne ;
 traiter et prendre en charge le patient en lui dispensant des soins de support ; (L’agent antiviral utilisé pour le
traitement de la variole, tecovirimat, a été approuvé en juillet 2018)
 recueillir et transporter les prélèvements (de préférence écouvillon prélevé sur la zone d’éruption) dans des
conditions sécurisées strictes pour confirmer le cas ;
 procéder à la recherche des contacts et à leur prise en charge ;
 assurer la surveillance des cas pour identifier des cas supplémentaires ;
 envoyer une notification à l’OMS.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si un seul cas est confirmé :
 maintenir des mesures strictes de lutte contre l’infection pendant toute la durée de la flambée ;
 mobiliser la communauté pour une détection précoce de la maladie et un traitement rapide ;
 mener une action éducative au sein de la communauté sur le cas confirmé de variole, le mode de
transmission de la maladie et comment lutter contre l’infection dans les lieux d’habitation et lors de
funérailles ;
 rechercher activement d’autres cas ;
 demander une aide supplémentaire aux niveaux national et international ;
 établir une unité d’isolement pour prendre en charge les cas supplémentaires susceptibles d’être admis dans la
FOSA.

Analyser et interpréter les données

 Temps : établir un graphique des cas et des décès quotidiens/hebdomadaires/mensuels. Tracer une courbe
épidémique.
 Lieu : cartographier les lieux d’habitation des cas.
 Caractéristiques individuelles : transmettre immédiatement, au cas par cas, l’information relative aux cas et
aux décès. Durant la flambée, compter et notifier le nombre de cas et de décès. Analyser leur répartition en
fonction de l’âge et du sexe. Évaluer immédiatement les facteurs de risque (contact avec un autre cas confirmé).

514
Variole
Confirmation en laboratoire
Tests Isolement du virus de la variole à partir d’un prélèvement clinique
diagnostiques Ou
Identification de l’ADN du virus de la variole par réaction en chaîne par polymérase (PCR) à
partir d’un prélèvement clinique
Remarque : Uniquement dans les laboratoires de niveau C ou D.

Prélèvements Biopsies* Croûtes* Liquide vésiculaire* Lésion cutanée (dessus de la lésion)*


Pustules*
Prélèvements de sang
Remarque : il peut être difficile de prélever du sang chez des personnes présentant une
éruption grave et très dense, car la peau peut se détacher. Il peut être nécessaire d’utiliser
une ligne centrale s’il s’avère trop difficile de prélever du sang périphérique.
* Prélèvements préférables pour le diagnostic de maladie aiguë durant la phase d’éruption

Quand réaliser les Une suspicion de cas de variole représente une urgence médicale et sanitaire. Effectuer
prélèvements les prélèvements chez tout cas suspect, quand c’est possible, pour obtenir les différents
types d’échantillons recommandés.

515
Comment Les pratiques classiques de prélèvement conviennent également pour obtenir des
préparer, échantillons de lésions causées par les orthopoxvirus. Il convient de porter un Equipement
conserver et de Protection Individuelle, notamment des gants et de désinfecter préalablement la peau
transporter les au site de prélèvement. Si l’on utilise de l’alcool, il est important de bien laisser sécher
prélèvements avant d’effectuer le prélèvement.
Biopsies : placer aseptiquement deux à quatre portions du tissu prélevé dans un récipient
stérile, étanche et supportant la congélation. Conservation entre -20 °C et -70 °C. Pour le
transport, les échantillons peuvent être conservés à 4 °C pendant environ 6 heures.
Remarque : pour l’expédition, emballer les biopsies de la lésion non fixées au formol
sur glace sèche ; laisser les biopsies fixées dans le formol à température ambiante. Ne
pas congeler les biopsies fixées dans le formol.
Croûtes : placer aseptiquement les croûtes/portions du tissu prélevé dans un récipient stérile,
étanche et supportant la congélation. Conservation entre -20 °C et -70 °C. Pour le transport,
les échantillons peuvent être conservés à 4 °C pendant environ 6 heures.
Liquide vésiculaire : prélever le liquide vésiculaire de chacune des lésions à l’aide de cotons-
tiges stériles différents. Vérifier que le prélèvement comporte des cellules provenant de la
base de chacune des vésicules. Conservation entre -20 °C et -70 °C. Pour le transport, les
échantillons peuvent être conservés à 4 °C pendant environ 6 heures.

Sang : prélever 10 cc de sang dans un tube en plastique à bouchon marbré, ou dans un


tube en plastique avec gel séparateur de sérum à bouchon jaune.

Remarque : il faut obtenir une autorisation pour pouvoir expédier à un laboratoire de référence
des prélèvements cliniques provenant d’un malade susceptible d’avoir la variole.

Résultats Les services diagnostiques de la variole ne sont pas systématiquement disponibles. Ils
nécessitent généralement des arrangements préalables. Contacter l’autorité nationale
compétente ou l’OMS.

Référence
WHO Fact Sheet, Smallpox. [Link]

516
Trachome
Présentation

 Le trachome est la principale cause de cécité évitable dans le monde. Il est dû à l’infection par la bactérie
Chlamydia [Link] est possible aussi bien de traiter le trachome que de le prévenir.
 L’infection débute souvent durant la petite enfance et peut devenir chronique. Si elle n’est pas traitée,
l’infection peut causer une bascule du bord de la paupière vers l’intérieur de l’œil ; de ce fait, les cils frottent
sur l’œil, ce qui entraîne une douleur intense et la formation de cicatrices sur la cornée, aboutissant
finalement à une cécité irréversible, généralement entre 30 et 40 ans.
 Le trachome se transmet par contact personnel direct avec les sécrétions oculaires de la personne infectée,
quand on partage des serviettes ou des vêtements, et par les mouches qui se sont posées sur les yeux ou le
nez de personnes infectées.
 L’OMS estime à 6 millions environ le nombre annuel de cas de cécité dus au trachome et à 11 millions le
nombre annuel de cas de trachomes dans le monde. La prévalence de maladie active chez les enfants varie
de 10 à 14 % dans certains pays africains.
 L’infection concerne en premier lieu les jeunes enfants, la cécité survenant plus tard dans la vie. Le risque de
souffrir de trichiasis, l’inflexion des cils vers l’œil qui peut entraîner la cécité, est trois fois plus élevé chez les
femmes que chez les hommes. Le risque de trachome est associé au manque d’hygiène, à l’absence de
latrines, au manque de sources d’eau propre et à la présence de mouches.
 La prévention primaire de cette infection passe par l’amélioration des conditions sanitaires, la réduction des
sites de ponte des mouches et le nettoyage du visage des enfants (avec de l’eau propre). La formation de
cicatrices sur la cornée et l’évolution vers la cécité peuvent être inversées par un geste chirurgical simple,
réalisable sur place, et qui consiste à renverser les cils.

But de la surveillance
 Prévention de la cécité par la détection précoce.
 Identification des zones à haut risque et des tendances épidémiologiques.
 Estimation du poids de la maladie.
 Surveillance des programmes de lutte contre la maladie.

Définition standard de cas


Cas suspect :
Tout patient ayant les yeux rouges et se plaignant de douleurs et de démangeaisons oculaires.
Cas confirmé :
Cas suspect chez qui l’examen des yeux confirme un des stades de l’infection par Chlamydia trachomatis
d’après le Système OMS de Codage simplifié du Trachome. (Voir les références ci-après).

517
Intervention de Santé Publique recommandée : Trachome

Pour lutter contre le trachome, l’Organisation ondiale de la Santé a élaboré une stratégie comportant un
ensemble d’interventions, connue sous l’acronyme CHANCE : Chirurgie, Antibiotiques, Nettoyage du visage,
Changement environnemental.
La lutte efficace contre le trachome comporte quatre principales composantes :
 Chirurgie des cils pour ceux dont le risque de cécité immédiate est élevé.
 Antibiotiques pour traiter le trachome et réduire le réservoir d’infection dans la communauté.
 Promotion du nettoyage du visage et d’une meilleure hygiène pour réduire la transmission.
 Amélioration de l’environnement, notamment l’approvisionnement en eau et l’assainissement des
habitations.
Analyser et interpréter les données
Temps : Suivre l’évolution de l’épidémiologie dans le temps.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des cas et analyser leur distribution.
Caractéristiques individuelles : Analyser la distribution des cas en fonction de l’âge et d’autres facteurs
démographiques.
Confirmation en laboratoire
La confirmation systématique en laboratoire n’est pas nécessaire pour la surveillance.
Test diagnostique Détection de l’antigène spécifique. Recherche de séquences génomiques et
techniques de culture tissulaire. Occasionnellement, examen microscopique direct,
dans les cellules épithéliales des frottis colorés au Giemsa ou à l’iode.
Prélèvements Échantillons conjonctivaux
Comment préparer, Après avoir anesthésié la conjonctive avec des gouttes oculaires anesthésiques,
conserver et transporter éliminer les sécrétions à l’aide d’un papier filtre et, avec une spatule à bout fin et
les prélèvements émoussé, gratter l’ensemble de la conjonctive. Étaler l’échantillon sur une lame.
Laisser sécher à l’air et dès que la préparation est sèche, fixer au méthanol pendant
2 à 3 minutes si on doit colorer la préparation au Giemsa.
Résultats En dehors des laboratoires spécialisés, la plupart des infections oculaires sont
diagnostiquées cliniquement (voir l’annexe 8 sur la Définition standard de cas pour les
cas confirmés) ou immunologiquement.
Références : Trachome
- WHO Trachoma Page - Page dédiée au trachome [Link]
- Organisation mondiale de la Santé. Lutte contre le trachome : Guide pour les gestionnaires de
programmes. Genève : Organisation mondiale de la Santé, 2006.
[Link]
- Organisation mondiale de la Santé. L’appui communautaire en faveur de la lutte contre le trachome.
Genève : Organisation mondiale de la Santé, 1993. [Link]
- Organisation mondiale de la Santé. Prise en charge du trachome à l’échelon des soins de santé primaires.
Genève : Organisation mondiale de la Santé, 1993.
[Link]
- Organisation mondiale de la Santé. Protocole d’enquête épidémiologique du trachome. Genève :
Organisation mondiale de la Santé, 1993.
[Link]
- CDC Trachome [Link]
- The Carter Center [Link]

518
Trypanosomiase
Présentation

 La trypanosomiase est une infection du sang, des vaisseaux lymphatiques et du système nerveux central.
La trypanosomiase africaine (connue également sous le nom de maladie du sommeil) est due à des
parasites protozoaires Trypanosoma burcei rhodesiense et T. b. gambiense, transmis par la piqûre d’une
glossine (mouche tsé-tsé) infectée.
 La trypanosomiase est endémique dans plus

 de 30 pays d’Afrique occidentale, centrale et orientale. Elle sévit sous forme hautement épidémique en
République démocratique du Congo (RDC), en Angola et dans les zones de conflits, 80 % de la population
pouvant être infectée dans certains villages. Le bétail constitue le principal réservoir de Trypanosoma
brucei rhodesiense, et les humains le principal réservoir de T. b. gambiense.
 La période d’incubation est généralement de quelques jours à quelques semaines pour T. b. rhodesiense,
et de plusieurs mois, voire plusieurs années pour T. b. gambiense. En l’absence de traitement, ces deux
formes sont généralement fatales.
 Les stratégies de lutte contre la trypanosomiase comprennent la surveillance de la population et du bétail
pour traiter les sujets infectés et réduire le réservoir animal, et la lutte antivectorielle dirigée contre
l’habitat de la mouche tsé-tsé (par exemple l’arrachage des buissons et des herbes hautes près des villages
et l’utilisation d’insecticides résiduels).
 La tuberculose, le paludisme, la méningite bactérienne, le VIH/SIDA ainsi que d’autres infections du système
nerveux central ou systémiques peuvent donner les mêmes symptômes cliniques.

But de la surveillance
 Augmenter le pourcentage de cas confirmés par des méthodes de laboratoire.
 Faire une recherche active des cas dans les zones d’endémie, au moyen d’enquêtes de population et de
dépistage sérologique.
 Surveiller les zones indemnes de trypanosomiase en effectuant un dépistage chez les humains et le bétail.

Définition standard de cas


Cas suspect :
Stade précoce : apparition d’un chancre douloureux débutant par une papule qui évolue ensuite en
nodule au site de piqûre par la mouche tsé-tsé. La personne peut souffrir de fièvre, de céphalées
intenses, d’insomnie, d’une lymphadénopathie indolore, d’anémie, d’un œdème local et d’une
éruption.
Stade tardif : cachexie, somnolence et signes d’atteinte du système
nerveux central.
Cas confirmé :
Cas suspect confirmé par test d’agglutination sur carte (CATT pour card agglutination
trypanosomal test) ou isolement de trypanosomes dans le sang, les ganglions lymphatiques
ou le liquide céphalorachidien.

519
Répondre au seuil d’alerte
Si l’on observe une augmentation du nombre de cas ou de décès sur une période donnée :
▪ Notifier le problème conformément aux directives nationales.
▪ Traiter tous les cas suspects et confirmés en appliquant la thérapeutique appropriée dans un milieu
surveillé étroitement.
▪ Effectuer des prélèvements pour confirmation en laboratoire.
▪ Rechercher la cause de cette augmentation du nombre de cas pour identifier les lacunes dans les
activités de prévention.

520
Trypanosomiase
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si le nombre de cas ou de décès atteint le double du nombre habituel pour la même période :
▪ Évaluer les activités de prévention dans la zone géographique autour des cas et prendre les mesures
indiquées pour les améliorer.
▪ Rechercher activement les cas si en zone d’endémie.
▪ Mener les activités de lutte antivectorielle prescrites par les directives nationales.
Analyser et interpréter les données
Temps : Faire des graphiques trimestriels du nombre de cas.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : Compter le nombre de cas par mois et analyser leur répartition par âge.
Confirmation en laboratoire
Test diagnostique
Cas suspect :
Sérologie : test d’agglutination sur carte
Cas confirmé :
Parasitologie : détection (au microscope) de trypanosomes dans le sang, les
ganglions lymphatiques ou le liquide céphalorachidien.

Prélèvements Sang total


Ponctions des ganglions lymphatiques
Liquide céphalorachidien
Quand réaliser les
prélèvements Sur des malades suspects présentant de la fièvre dans les zones d’endémie
Sur tous les patients présentant de la fièvre et pouvant avoir été en contact avec des
mouches tsé-tsé

Comment préparer, Pour les lames :


conserver et transporter Placer les lames dans une boîte de rangement pour lames, fermée correctement.
les prélèvements Conserver à température ambiante dans un endroit sans poussière. En l’absence
d’une boîte de rangement appropriée, envelopper les lames dans du papier doux (par
exemple, papier filtre, serviettes, papier toilette.)
Résultats Pour les flacons ayant une fonction anticoagulante, voir avec le laboratoire de
Les résultats devraient être disponibles le jour même.
référence.

Références

 Control and Surveillance of African Trypanosomiasis. Report of a WHO Expert Committee, Geneva, World
Health Organization, 1998 (WHO Technical Report Series, No. 881).
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance WHO/CDS/CSR/ISR/99.2

521
Tuberculose
Présentation
 Infection des poumons et d’autres organes généralement par Mycobacterium tuberculosis, à transmission
interhumaine, par les gouttelettes émises lors de la toux, des éternuements ou des crachats. Cliniquement, la
forme pulmonaire de la maladie est plus courante que les formes extra-pulmonaires. Les principaux
symptômes de la tuberculose (TB) pulmonaire sont les suivants : toux chronique, perte de poids, fièvre,
inappétence et sueurs nocturnes.
 La tuberculose est une des principales causes de maladie d’origine infectieuse et de décès, avec plus de
8 millions de nouveaux cas et 3 millions de décès chaque année dans le monde. L’Afrique compte 1,6 million
de ces nouveaux cas et plus de 600 000 cas chaque année. Par ailleurs, on estime que 30 à 50 % des nouveaux
cas de TB détectés sont associés au VIH et que 40 % des décès causés par le SIDA sont dus à la tuberculose. Le
risque de décès dû à la TB est plus élevé chez les sujets atteints du VIH/SIDA, de malnutrition et d’autres
maladies entraînant un déficit immunitaire, chez les sujets très jeunes et les sujets très âgés.
 La pandémie mondiale de VIH est la principale cause de l’augmentation du nombre des cas de TB, en
particulier dans les pays africains.
 La période d’incubation est de 1 à 3 mois environ.
 L’OMS recommande la stratégie DOTS, qui consiste en une thérapie de courte durée sous supervision directe,
ce qui permet d’optimiser l’observance du traitement et son efficacité et de réduire l’apparition de souches
résistantes. La stratégie DOTS a été adoptée par au moins 40 des 46 États Membres de la Région africaine. La
lutte contre la TB a été couronnée de succès plus ou moins importants, selon que l’on dispose de ressources
et d’incitations suffisantes pour le diagnostic, le traitement et le suivi des patients.
 Les pneumonies bactériennes, le paludisme, la trypanosomiase, le VIH/SIDA et diverses autres infections
bactériennes, parasitaires et virales peuvent donner des syndromes cliniques similaires, avec fièvre, toux,
fatigue et perte de poids, ou peuvent accélérer l’évolution de la TB chez un individu déjà infecté. L’ingestion
de lait de vache non pasteurisé peut entraîner l’infection de sites extra-pulmonaires (M. bovis).

But de la surveillance
Identifier précocement les personnes souffrant de maladie pulmonaire d’origine infectieuse, de façon à
augmenter leurs chances d’amélioration clinique et à réduire la transmission de la tuberculose.
Augmenter le pourcentage de cas de tuberculose confirmés par microscopie

522
Définition standard de cas : Tuberculose
Cas suspect :
Toute personne toussant depuis au moins 3 semaines.
Cas confirmé :
TB pulmonaire à frottis positf : a) malade présumé avec au moins 2 frottis d’expectoration positifs pour les
bacilles acido-alcoolorésistants (BAAR), ou b) un frottis d’expectoration positif pour la présence de BAAR à
l’examen microscopique et des anomalies radiologiques évocatrices d’une TB pulmonaire active
conformément au diagnostic du médecin traitant, ou c) un frottis d’expectoration positif pour la présence
de BAAR à l’examen microscopique et un prélèvement d’expectoration positif pour la culture de BAAR.
TB pulmonaire à frottis négatif : malade remplissant les critères suivants : a) deux échantillons
d’expectoration, prélevés à au moins 2 semaines d’intervalle, négatifs pour la présence de BAAR à l’examen
microscopique, anomalies radiologiques évocatrices d’une TB pulmonaire et absence de réponse clinique
malgré une semaine de traitement avec des antibiotiques à large spectre, décision prise par un médecin de
donner un traitement antituberculeux complet, ou b) patient remplissant les critères suivants : gravement
malade, au moins deux échantillons d’expectoration négatifs pour la présence de BAAR à l’examen
microscopique, anomalies radiologiques évocatrices d’une TB pulmonaire étendue (interstitielle et miliaire),
décision prise par un médecin de donner un traitement antituberculeux complet, ou c) patient dont les frottis
d’expectoration initiaux étaient négatifs, mais pour lequel on a tout de même fait une culture qui s’est avérée
positive.

Répondre au seuil d’alerte

Si l’on observe une augmentation du nombre de cas ou de décès sur une période donnée :
▪ Notifier le problème à l’échelon supérieur, ou conformément aux directives nationales.
▪ Traiter les cas individuels sous observation directe (DOTS), notamment en faisant appel à un observateur qui
aide au traitement.
▪ Quand c’est possible, isoler les personnes malades en appliquant les bonnes pratiques de lutte contre
les infections respiratoires, surtout si l’on soupçonne une tuberculose multirésistante.
▪ Rechercher la cause de l’augmentation du nombre de cas, et notamment évaluer la performance du
programme DOTS dans la zone concernée.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Si le nombre de cas ou de décès atteint le double du nombre habituel pour la même période :
▪ Évaluer la performance des agents de santé dans la détection et le traitement de la tuberculose pulmonaire à
crachats positifs et améliorer les pratiques selon les besoins.
▪ Évaluer le programme DOTS et prendre des mesures pour apporter les améliorations nécessaires.
▪ Effectuer des tests de sensibilité antimicrobienne pour établir les profils de résistance.

Analyser et interpréter les données


Temps : Faire le graphique du nombre de cas et de décès mensuels.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation et de travail des cas.
Caractéristiques individuelles : Compter le nombre de cas et de décès par mois. Analyser la répartition par
âge et par sexe tous les trimestres.

523
Confirmation en laboratoire: Tuberculose
Test diagnostique Microscopie : présence de bacilles acido-résistants dans les frottis colorés au Ziehl
Neelsen Culture et identification
Test de sensibilité aux médicaments : on parle de résistance aux anti-tuberculeux
quand une souche d’un isolat de Mycobacterium tuberculosis est résistante à un ou
plusieurs agents antimicrobiens, selon les tests de sensibilité effectués conformément
aux méthodes recommandées au niveau international.
Multirésistance (MDR) =Résistance à l’isoniazide et à la rifampicine ;
Ultrarésistance (XDR)= Résistance à l’isoniazide et à la rifampicine (MDR), plus à la
fluoroquinolone et à un agent injectable de seconde ligne.

Prélèvements Crachats, produits


d’expectoration
venant du plus
profond des
poumons Aspiration
bronchique

Quand réaliser les Recueillir le crachat (et non la salive) pour l’examen direct des lames par
prélèvements microscopie ; examiner au moins deux échantillons colorés prélevés à des jours
différents.
Comment préparer, L’échantillon devra être examiné dans la FOSA où s’est effectué le prélèvement.
conserver et Les cultures de bacille tuberculeux doivent être placées dans des récipients
transporter les étanches, enveloppés de coton. Transport au laboratoire de référence dans un
prélèvements récipient imperméable.

Résultats Lecture quotidienne des lames en microscopie. La quantification des mycobactéries


observées est notifiée de différentes façons. Se référer aux critères utilisés par le
laboratoire effectuant l’examen.
Culture : pendant 6 à 8 semaines
Résistance aux anti-tuberculeux : le laboratoire national de référence doit être associé à
un laboratoire supranational de référence avec lequel il effectuera des échanges de
souches pour assurer le contrôle de qualité.

Références
 Traitement de la tuberculose : Principes à l’intention des Programmes nationaux. WHO/TB/97.230
 Policy Statement of Prevention Therapy Against TB in People Living with HIV, WHO/TB/98.255
 Laboratory Services in Tuberculosis Control, Parts I, II and III. WHO publications WHO/TB/98.258
 Tuberculose : Lignes directrices relatives à la surveillance de la pharmacorésistance. Quatrième édition.
WHO/HTM/TB/2009.422

524
Typhoïde (fièvre)
Présentation

 La fièvre typhoïde est une maladie bactérienne causée par Salmonella typhi. Les symptômes apparaissent
généralement 1 à 3 semaines après l’exposition, et peuvent être modérés à sévères. Ils se caractérisent par
une fièvre élevée, des malaises, des maux de tête, une constipation ou une diarrhée, des taches roses sur la
poitrine, ainsi qu’une splénomégalie et une hépatomégalie. À la suite de la maladie aiguë, les patients
peuvent devenir porteurs sains.
 La fièvre typhoïde reste un problème de Santé Publique grave à travers le monde, avec 16 millions à
33 millions de cas et 500 000 à 600 000 décès chaque année, selon les estimations. (Fournir des données
plus récentes sur les dernières années)
 Dans pratiquement toutes les zones d’endémie, l’incidence de la fièvre typhoïde la plus élevée se retrouve
chez les enfants de 5 à 19 ans. La maladie est presque exclusivement transmise par l’ingestion d’aliments ou
d’eau contaminés par les selles ou l’urine de sujets infectés, malades ou porteurs sains.
 L’eau polluée est la source la plus fréquente de transmission de la typhoïde. Les coquillages ramassés près
des égouts, les légumes fertilisés avec du fumier et mangés crus, le lait et les produits laitiers contaminés
apparaissent aussi comme une source d’infection.
 La fièvre typhoïde a été pratiquement éliminée dans la plupart des pays industrialisés grâce à de meilleures
installations sanitaires. La plupart des cas diagnostiqués dans les pays développés sont importés des pays
d’endémie.
 Les personnes infectées peuvent transmettre la maladie tant qu’elles hébergent la bactérie ; la plupart sont
contagieuses avant et durant la première semaine de convalescence, mais 10 % des patients non traités
libèrent des bactéries pendant encore 3 mois.
 La fièvre typhoïde se traite aux antibiotiques. Mais la résistance aux antibiotiques courants est très
répandue. Les porteurs sains doivent être interdits de manipuler des aliments.

But de la surveillance

Déceler rapidement les cas sporadiques et les épidémies de fièvre typhoïde et les confirmer en laboratoire.
Identifier les zones et les populations à risque de façon à améliorer la prévention de la maladie par des
mesures d’hygiène.

Définition standard de cas


Cas suspect : Apparition progressive d’une fièvre persistante s’intensifiant, accompagnée de frissons,
de malaises, de céphalées, de maux de gorge, de toux, et parfois, de douleurs abdominales et de constipation ou
de diarrhée.
Cas confirmé : Cas suspect confirmé par isolement de Salmonella typhi dans le sang, la moelle osseuse, les
fluides intestinaux ou les selles.

525
Typhoïde (fièvre)
Répondre au seuil d’alerte

S’il y a des cas suspects de fièvre typhoïde :


 Organiser l’examen en laboratoire des selles ou de prélèvements rectaux des cas suspects, surtout dans les
situations où l’on soupçonne une transmission alimentaire ou par l’eau.
 Notifier et investiguer toutes les épidémies présumées de typhoïde. Rechercher le cas ou le porteur à
la source de l’infection et le vecteur (eau ou aliment) qui transmet l’infection.
 Traiter les sujets atteints de fièvre typhoïde avec des antibiotiques. Pour les formes graves, administrer un
traitement symptomatique, par exemple hydratation orale ou intraveineuse, utilisation d’antipyrétiques et
nutrition appropriée.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Si les cas de fièvre typhoïde sont confirmés


 Dresser une liste descriptive ou tenir un registre des cas
 Identifier les zones ou les populations à haut risque, ainsi que la ou les source(s) et mode(s) de
transmission de façon à prévenir et contrôler la maladie.
 Mener des programmes d’éducation pour la santé en matière d’hygiène personnelle, avec des messages
simples sur l’eau potable, la préparation de la nourriture, l’hygiène et le lavage des mains.
 Collaborer avec les autorités compétentes pour aider la ou les population(s) touchée(s) à s’approvisionner
en eau saine et à disposer de systèmes d’assainissement adéquats. Chlorer les eaux suspectes. L’eau de
boisson doit être systématiquement chlorée ou bouillie avant d’être consommée.
 Plus de 90 % des patients peuvent être traités à la maison avec des antibiotiques oraux, des soins fiables et
un suivi médical en cas de complications ou d’insensibilité au traitement. Les patients souffrant de
vomissements persistants, de diarrhée sévère ou de distension abdominale doivent être hospitalisés pour
recevoir une antibiothérapie par voie parentérale.

Analyser et interpréter les données

Temps : Faire le graphique du nombre hebdomadaire de cas et de décès. Tracer une courbe épidémique durant
les flambées.
Lieu : Cartographier de façon précise les lieux d’habitation des cas.
Caractéristiques individuelles : Communiquer sans délai les informations sur chacun des cas ou des décès.
Rapporter tous les mois les totaux récapitulatifs.
Durant l’épidémie, dénombrer les cas et les décès hebdomadaires.
Les analyser par âge.
Évaluer les facteurs de risque pour améliorer la prévention des épidémies.

526
Confirmation en laboratoire : Typhoïde (fièvre)
Test diagnostique
Culture :
Isolement de Salmonella spp. à partir des selles (coproculture)
ou du sang (hémoculture) Ne pas utiliser le test WIDAL pour
établir un diagnostic.

Prélèvements Sang
Selles

Quand réaliser les


prélèvements Effectuer les prélèvements de préférence avant l’administration des antibiotiques.

Comment préparer, 5 à 10 ml de sang dans un flacon d’hémoculture. Selles


conserver et transporter dans un récipient.
les prélèvements Conserver les échantillons à 4-8°C ou à température ambiante loin des sources
de chaleur et à l’abri du soleil.

Résultats Hémoculture : 4 jours à 2 semaines


Coproculture : 3-4 jours.

Références

 The Diagnosis, Treatment and Prevention of Typhoid Fever; WHO/V&B/03.07


 Relevé épidémiologique hebdomadaire ; N° 1, 2005, 80, 1-8; http//[Link]/wer
 Normes recommandées par l’OMS pour la surveillance WHO/CDS/CSR/ISR/99.2

527
Regroupement d’évènements de Santé Publique ou de décès
inexpliqués
Présentation
 Bon nombre des évènements de Santé Publique qui ont marqué l’histoire sont apparus localement
sous forme de flambée épidémique et se sont propagés à la faveur des déplacements, leurs causes
restant inconnues jusqu’à ce qu’une explication soit finalement trouvée. Un système de Santé
Publique efficace se caractérise par sa volonté de donner l’alerte sur des évènements incertains et
préoccupants.
 La nature même de ces évènements ne permet pas de les décrire avec précision, mais des cas de
figure ont été utilisés pour illustrer les aspects pouvant susciter des inquiétudes. Le Règlement
sanitaire international (RSI) contient un « instrument de décision » qui prescrit des lignes directrices
aux États Membres de l’OMS (voir la Section 2 de ces lignes directrices). Une réponse affirmative à
deux des quatre questions ci-après signifie qu’un évènement peut constituer une Urgence de Santé
Publique de Portée Internationale que l’État Membre doit notifier à l’OMS : Les répercussions de
l’évènement sur la Santé Publique sont-elles graves ? L’évènement est-il inhabituel ou inattendu ?
Y a-t-il un risque important de propagation internationale ? Y a-t-il un risque important de
restrictions aux voyages et aux échanges internationaux ?
 La notification d’une possible épidémie ou d’un évènement inhabituel peut émaner de différentes
sources, à savoir :
- l’analyse systématique des données de surveillance (par exemple, le rapport systématique
fait état d’un accroissement inattendu du nombre de cas d’une maladie notifiable)
- un professionnel de la santé (médecin, infirmier/infirmière ou agent de santé
communautaire, technicien de santé environnementale) qui signale un regroupement de
patients souffrant d’une certaine maladie dans son établissement de soins ou dans la
communauté
- le chef d’une communauté qui remarque un évènement de santé inhabituel parmi ses
populations et le rapporte aux autorités
 Pour que ce type d’évènements continuent d’être notifiés par les acteurs concernés à l’échelon
local, les intervenants aux niveaux district ou régional et national doivent être prêts à les écouter
et accorder du crédit à leurs rapports. La capacité du système à répondre à ces alertes garantit la
continuité des rapports et le maintien de la vigilance.
 Une analyse a mis en lumière les principaux obstacles ci-après à la notification des évènements de
Santé Publique de portée internationale :
 La méconnaissance du processus de notification par les cliniciens, qui ignorent par exemple quelles
sont les maladies notifiables et les informations qu’il faut communiquer. L’on note généralement
une confusion quant à savoir qui de l’hôpital ou du laboratoire doit faire la notification, et aussi si
la confirmation en laboratoire doit précéder la notification.
 Une mauvaise compréhension de l’utilisation qui est faite des informations émanant des
notifications et le sentiment que la notification des maladies est un exercice inutile.
 De nombreux personnes sondées ont relevé pour les déplorer les répercussions négatives réelles
ou perçues associées à la notification, comme la charge de travail supplémentaire, les demandes
importunes d’informations, l’attention des médias, les jugements, les sanctions ou les critiques.
 Les stratégies ci-après visent à renforcer l’exhaustivité de la notification des maladies notifiables et
des évènements de Santé Publique au sens du RSI :
 Donner aux professionnels de première ligne des informations claires sur les points
suivants :

528
- Pourquoi notifier des évènements de santé inhabituels ?
- Quels sont les évènements notifiables ?
- Comment notifier un évènement de santé inhabituel ?
 Qu’advient-il après la notification ?
 Renforcer la capacité à poser des questions et à obtenir des réponses sans délai entre les
cliniciens et d’autres partenaires clés pour favoriser une plus grande exhaustivité des
notifications, par exemple en ouvrant l’accès des plateformes de notification aux
professionnels de Santé Publique pendant les situations d’urgence et en mettant en place
un numéro vert pour les notifications.
 Des descentes sur le terrain ou des conférences téléphoniques plus fréquentes peuvent
aussi s’avérer utiles.
 Le retour d’information vers les cliniciens et d’autres intervenants dans la chaîne de
notification, montrant que des actions préventives sont menées à la suite de leur
notification, permet de souligner l’importance d’une notification opportune et complète.
Informer en retour ceux qui font les notifications pourrait renforcer la confiance et la
transparence dans l’échange d’informations sur des évènements de santé inhabituels,
améliorer la perception de la manière dont sont utilisées les informations communiquées
et mettre en évidence les conséquences d’un défaut de notification.
 Le dispositif de surveillance repose sur de bonnes relations personnelles ou sur la
connaissance des individus impliqués dans le processus de notification. Encourager le
développement des relations interpersonnelles.
 Comment sont gérées les informations communiquées :
 Les points focaux RSI installés dans les pays contactent leurs homologues des bureaux
régionaux de l’OMS. Les bureaux régionaux saisissent les données épidémiologiques et
d’autres informations indispensables pour l’analyse et la gestion des risques dans le
système de gestion des évènements de Santé Publique dans lequel sont stockées les
informations qui sont par la suite rendues disponibles. Le retour d’information vers les pays
à travers les points focaux nationaux RSI boucle le processus de notification et, si un pays a
besoin d’assistance dans la riposte à l’épidémie, une demande est adressée à cet effet à
l’OMS.
 Cette directive récente de l’OMS/AFRO met l’accent sur les évènements de Santé Publique
dont l’étiologie est inconnue au départ, c’est-à-dire des évènements de Santé Publique dont
la cause n’a pas encore été déterminée. Elle recommande pour ce type d’évènement
l’approche « Une Santé », qui préconise que le ministère de la Santé collabore étroitement
avec d’autres ministères et partenaires intersectoriels pour renforcer le travail d’équipe et
améliorer l’efficacité de la préparation, de la riposte et du suivi-évaluation.

But de la surveillance

 C’est au niveau national que l’on évalue l’éventuelle portée internationale d’un évènement, à
la lumière de l’annexe 2 du RSI (2005) et non le niveau infra-national.
 Dans cette définition d’un « évènement » ou du décès, l’accent est mis sur la sensibilité pour
faciliter la notification et minimiser les retards, en insistant sur le fait qu’une éventuelle fausse
alerte ne devrait pas donner lieu à des conséquences négatives.
 Détecter les cas.

529
 Transmettre immédiatement les informations sur tous les cas. Notification récapitulative
hebdomadaire des cas pour la surveillance systématique et les épidémies.

Regroupement d’évènements de Santé Publique ou de décès inexpliqués


Définition standard de cas
Ces évènements ne sont pas définis de façon détaillée ou standardisée pour le moment. Deux types
d’évènements ont été retenus dans le RSI 2005 pour donner les lignes directrices de la fonction de
surveillance et permettre la détection précoce et la riposte.
 Les décès inexpliqués
 Les regroupements de maladies
Déclencheurs communautaires d’alerte
Regroupement de problèmes de santé inconnus. Tout problème de santé dont l’origine vous est
inconnue, touchant plusieurs individus ou animaux dans la même communauté.
Par exemple :
 Une flambée ou un regroupement : Un groupe d’individus malades (ou décédés), présentant des
symptômes similaires dans le même lieu (communauté, école ou établissement de soins) au même
moment
 Tout décès ou regroupement de décès inhabituels : deux personnes ou plus meurent de cause
inconnue après avoir souffert des mêmes symptômes dans le même lieu (village, école ou
établissement de soins) au même moment
 Un groupe d’individus tombe malade ou affiche toute autre réaction inhabituelle après avoir
consommé les mêmes aliments ou bu à la même source d’eau
 Toute personne malade présentant des symptômes jamais vus auparavant ou pas vus depuis très
longtemps (une maladie infectieuse émergente est suspectée, par exemple)
 Un ou plusieurs membre(s) de la communauté est ou sont malades au moment où des animaux sont
malades ou meurent dans leur village
 Maladie ou décès d’animaux de cause inconnue

FOSA
La définition proposée pour les évènements devant être notifiés par les cliniciens et les FOSA est la
suivante : « Toute flambée de maladie, OU toute maladie inhabituelle potentiellement importante pour
la Santé Publique, OU tout syndrome infectieux ou pseudo infectieux jugé inhabituel par le clinicien sur
la base de sa fréquence, des circonstances de son apparition, de ses manifestations cliniques ou de sa
gravité ».

Tout syndrome infectieux ou pseudo infectieux jugé inhabituel par le clinicien au regard des éléments
suivants :
 La fréquence - par exemple, un accroissement important, soudain et inexpliqué du nombre de
patients, particulièrement en dehors de la saison normale.
 Les circonstances de l’apparition - par exemple, de nombreux patients venant de la même localité
ou participant à des activités similaires.

530
 Les manifestations cliniques - par exemple, la dégradation rapide de la santé d’un patient sans
mesure avec les symptômes apparents ou le diagnostic.
 La gravité - par exemple., un certain nombre de patients insensibles aux traitements.
 Un patient en contact avec des animaux (sauvages ou domestiques) qui présente des
manifestations cliniques inhabituelles.

Regroupement d’évènements de Santé Publique ou de décès inexpliqués


Définition standard de cas
La définition proposée pour les évènements devant être notifiés par les laboratoires est la suivante :
 « Toute situation jugée inhabituelle en relation avec des prélèvements reçus (fréquence,
circonstances de l’apparition ou manifestation clinique) OU des résultats d’analyses (nombre
inattendu de la même espèce/sous-espèce, du type/sous-type de souche ou du profil de
résistance antimicrobienne, ou diagnostic impossible/incertain) ».
Répondre au seuil d’alerte
S’il y a un seul décès ou un regroupement de décès ou de maladies inexpliqués présumés :
 Signaler le ou les Cas suspect(s) immédiatement au moyen du formulaire d’alerte de la SIMR
 Démarrer la surveillance active
 Mener une enquête sur chaque cas
 Notifier les évènements regroupés potentiellement préoccupants en indiquant les
caractéristiques individuelles, le lieu ou le temps.
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention
Si le cas est validé à l’échelon du DS, les mesures à prendre sont décidées au niveau régional ou central.
Il peut s’agir notamment des mesures de riposte ci-dessous concernant les flambées systématiques
jusqu’à la possible participation d’une équipe d’intervention rapide dans les situations d’urgence de
Santé Publique. Voir la Section 6 des lignes directrices de la SIMR.
 Mettre en œuvre les mesures de lutte anti-infectieuse en appliquant les précautions standard vis-
à-vis des cas et des agents de santé.
 Assurer la sécurité et la dignité des inhumations
 Si les animaux sont aussi concernés, communiquer et assurer la coordination avec le responsable
local de l’élevage ou un responsable du ministère de l’Agriculture
Analyser et interpréter les données
Temps : Déterminer le moment (date) de l’apparition de la maladie ou des symptômes et du décès.

Lieu : Localiser sur une carte les familles et les communautés auxquelles appartiennent les cas. Dans
chaque cas, enquêter sérieusement sur les circonstances et les possibles voies de transmission. Étudier
l’éventualité que d’autres zones soient touchées. Rechercher des associations environnementales.
Déterminer si des déplacements ont eu lieu. Localiser les cas sur une carte et rechercher des
regroupements ou des liens entre l’emplacement des cas et l’évènement de Santé Publique investigué.

Caractéristiques individuelles : Dénombrer les cas et suivre les facteurs démographiques. Analyser la
répartition par âge, les liens avec la profession exercée et les expositions récentes. Évaluer les facteurs
de risque.
Confirmation en laboratoire

531
Le diagnostic des évènement de Santé Publique de portée internationale, notamment les décès
inexpliqués et les regroupements de maladies, est posé sur la base de leur apparition ou après examen
d’autres options plus familières. Aucun test précis ne peut être fait.

Regroupement d’évènements de Santé Publique ou de décès inexpliqués


Références

 MacDonald et al : Detection of events of public health importance under the international health
regulations: a toolkit to improve reporting of unusual events by frontline healthcare workers. BMC
Public Health 2011. 11:713.
 Règlement sanitaire international 2005 [Link] 2nd edition.
ISBN : 9789241580410
 Public health events of initially unknown aetiology: A framework for preparedness and response in
the African Region. Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, 2014. ISBN : 978 929 023 2476
(classification NLM : WA 105)

532
Fièvre du Nil occidental
Présentation
 La fièvre du Nil occidental est une maladie fébrile résultant de l’infection par un arbovirus de la famille
des Flaviviridae, transmis par les moustiques. C’est une zoonose transmise à l’homme et aux animaux
par les oiseaux. La sérologie suggère que l’infection est présente sur pratiquement tout le continent
africain. La fièvre du Nil occidental a très probablement émergé en Afrique et on la trouve maintenant
partout dans le monde. Des épidémies se produisent chez les humains, les oiseaux et les chevaux.
 Dans la plupart des cas, la maladie est bénigne et peut passer inaperçue des systèmes de santé. Les
patients qui viennent consulter présentent généralement des symptômes pseudo-grippaux, par exemple de
la fièvre, des maux de tête et des douleurs. Parfois, les patients se présentent avec une éruption cutanée
sur le cou, le tronc, les bras ou les jambes.
 La maladie peut frapper n’importe qui à n’importe quel âge. Néanmoins, les sujets de plus de 50 ans et
ceux qui ont subi une transplantation d’organe risquent plus de développer une forme grave de la
maladie.
 Les cas très graves se caractérisent par des signes d’encéphalite, de méningo-encéphalite ou de
méningite. Les symptômes sont notamment une fièvre élevée, des maux de tête, une raideur de la nuque,
une baisse de la vigilance, des tremblements, des convulsions, une paralysie flasque et le coma.
 Le taux de létalité chez les patients atteints de la forme neurologique se situe entre 4 et 14 %, mais peut
atteindre 29 % chez les sujets âgés.
 On peut prévenir la fièvre du Nil occidental en évitant les piqûres de moustiques surtout à la tombée de la
nuit quand les moustiques sont le plus actifs. On peut réduire l’exposition aux moustiques en utilisant des
produits répulsifs, en portant des manches longues et des pantalons, en restant à l’intérieur et en asséchant
les sites de reproduction comme les flaques d’eau stagnante.
 La confirmation du diagnostic de fièvre du Nil occidental chez les patients présentant des symptômes
cliniques nécessite la mise en évidence d’anticorps de type IgM dans le liquide céphalorachidien et le
sérum.
 Il n’existe aucun traitement spécifique de la fièvre du Nil occidental ; les patients atteints d’une forme
grave doivent être hospitalisés pour recevoir des soins et un traitement symptomatique.

But de la surveillance

▪ Identifier les facteurs de risque pour l’infection et déterminer les populations à haut risque pour cibler
les activités de prévention.
▪ Identifier les zones géographiques pour cibler la prévention et la lutte contre la maladie.
▪ Identifier les cas graves pour les faire hospitaliser.

Définition standard de cas


Cas suspect :
Malade hospitalisé pour une encéphalite d’origine inconnue
Cas confirmé :
Confirmation de la fièvre du Nil occidental par des tests diagnostiques de laboratoire qui identifient les IgM dirigées
contre le virus West nile.

533
Fièvre du Nil occidental
Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas suspect :


 Transmettre immédiatement les informations sur ce cas aux autorités compétentes.
 Prendre en charge le patient et lui administrer un traitement symptomatique.
 Effectuer des prélèvements dans des conditions sécurisées pour confirmer le cas.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

S’il y a un seul cas confirmé :


 Prendre en charge le patient et lui administrer un traitement symptomatique.
 Mobiliser et éduquer la population pour qu’elle adopte des comportements visant à réduire les risques,
par exemple en se protégeant des piqûres de moustiques et en détruisant les sites de ponte
 Informer la communauté sur la façon dont le virus du Nil occidental se transmet et la façon d’éviter
l’infection

Analyser et interpréter les données


Temps : Tracer une courbe épidémique durant l’épidémie.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation et de travail des cas.
Caractéristiques individuelles : Communiquer sans délai les informations sur tous les cas et les décès.
Durant une épidémie, compter et notifier les cas et les décès. Analyser la répartition par âge et par sexe. Évaluer
immédiatement les facteurs de risque et envisager de demander de l’aide pour mieux combattre l’épidémie.

534
Confirmation en laboratoire : Fièvre du Nil occidental
Test diagnostique
Recherche d’anticorps de type IgM contre le virus de la fièvre du Nil occidental

Prélèvements

Pour le test ELISA :


Sang total, sérum ou plasma
Pour la PCR :
Sang total ou caillot, sérum/plasma ou tissu
Pour l’immunohistochimie : Échantillons de peau ou de tissu des cas décédés.

Quand réaliser les


prélèvements
Réaliser des prélèvements sur le premier cas suspect.
S’il y a plus d’un cas suspect, effectuer des prélèvements jusqu’à l’obtention
d’échantillons de 5 à 10 Cas suspects.

Comment préparer,
conserver et
transporter les
prélèvements
MANIPULER ET TRANSPORTER LES PRÉLÈVEMENTS DE CAS SUSPECTS DE FIÈVRE
HÉMORRAGIQUE VIRALE AVEC UNE EXTRÊME PRUDENCE. PORTER DES
EQUIPEMENTS DE PROTECTION INDIVIDUELLE ET APPLIQUER DES MESURES
BARRIÈRES.
Pour l’ELISA ou la PCR :
 Réfrigérer le sérum ou le caillot
 Congeler les échantillons de tissu pour l’isolement du virus (-20°C ou températures plus
basses)
Pour l’immunohistochimie :
 Fixer les prélèvements cutanés dans du formol. Ils peuvent ensuite être
conservés jusqu’à 6 semaines. Les prélèvements ne sont plus infectieux une
fois fixés dans le formol.
Conserver à température ambiante. Les prélèvements fixés dans le formol peuvent être
transportés à température ambiante.

Résultats
Les services diagnostiques des fièvres hémorragiques virales ne sont pas toujours
disponibles. Ils nécessitent généralement que des dispositions soient prises au
préalable. Contacter l’autorité nationale compétente ou l’OMS.

535
Références : Fièvre du Nil occidental

Global Alert and Response; West Nile Fever epidemic updates


[Link] nile fever/en/
Pedro N. A and Boris Szyfres. Zoonoses and Communicable Diseases Common to Man and Animals. Third edition,
Volume II. Chlamydioses, Rickettsioses and Viroses, Part II: Viroses Pages 372-376. Pan American Health
Organization, WHO
Epidemic/Epizootic West Nile Virus in the United States: Guidelines for Surveillance, Prevention and
Control. [Link]
Infection Control for Viral Haemorrhagic Fevers in the African Health Care Setting WHO/EMC/ESR/98.2
Evans, A.S. (ed). Viral Infections of Humans; Epidemiology and Control. 1989. Plenum Medical Book Company,
New York
Evans, A.S. (ed). Viral Infections of Humans; Epidemiology and Control. 1989. Plenum Medical Book Company,
New York

536
Pian et syphilis endémique ou bejel
Présentation

▪ Des tréponématoses endémiques sont répertoriées dans la région africaine de l’OMS, notamment deux
maladies tropicales négligées causées par deux sous-espèces différentes de Treponema pallidum
(T.p.) : le pian, causé par T.p. pertenue et le bejel, causé par T.p. pallidum.
▪ Le pian se manifeste au départ par un papillome grouillant de bactéries (pian primaire). Le papillome est
une manifestation typique et le diagnostic clinique est simple. En l’absence de traitement, le
papillome finit par former un ulcère. Le papillome et les ulcères sont très contagieux et ils peuvent se
transmettre rapidement à d’autres personnes s’ils ne sont pas soignés. Il existe d’autres formes
cliniques du pian, pas très infectieuses. Outre le papillome et les ulcères, le pian et le bejel présentent
d’autres formes de lésions allant des macules, papules, nodules, plaques, au pian secondaire qui
survient des semaines, voire des mois, après l’infection primaire. Il se manifeste par de multiples
lésions épaisses jaunâtres ou des douleurs et un gonflement des os longs et des doigts (dactylite).
▪ Le pian se développe dans les zones inter-tropicales, humides et chaudes comme les forêts équatoriales et
leurs alentours, tandis que le bejel apparaît dans la plupart des régions sèches et arides comme la
bande sahélienne.
▪ Les enfants âgés de 2 à 14 ans représentent le groupe le plus touché, particulièrement dans les écoles où
des épidémies de pian et de bejel ont été observées.
▪ Le traitement du pian, initialement basé sur une dose unique de pénicilline à longue durée d’action
(benzathine pénicilline), s’est beaucoup amélioré grâce à la confirmation en 2010 de l’efficacité de
l’azithromycine administrée en dose unique pour guérir le pian. À la suite de cette confirmation,
l’OMS a élaboré une stratégie d’éradication du pian, baptisée « La stratégie de Morges », du nom de
la ville non loin de Genève dans laquelle la stratégie fut préparée en 2012. Cette stratégie
d’éradication repose essentiellement sur l’administration de masse de l’azythromycine aux
communautés à risque et la couverture d’au moins 90 % des populations ciblées.
▪ La transmission se fait par contact direct avec les lésions cutanées ou des objets déjà contaminés par les
lésions primaires (papillomes et ulcères).
▪ Le diagnostic est confirmé par des tests rapides duels tréponémiques et non tréponémiques, un test de la
syphilis qui n’est pas spécifique au pian suivi d’un test DPP (plateforme à double voie), spécifique
pour T.p. pertenue. Ces tests rapides peuvent être réalisés sur le terrain et permettent de détecter
les infections récentes et anciennes.

But de la surveillance
 L’échéance pour l’éradication du pian était fixée à 2020, l’éradication étant entendue comme
l’interruption de toute transmission (zéro nouveau cas de pian) dans le monde. La surveillance a pour
objet :
▪ d’assurer la détection de tout nouveau cas de pian dans une région donnée en vue de l’application
de la stratégie d’éradication, et
▪ après l’arrêt de la transmission, de poursuivre la recherche active des cas pendant au moins trois
ans afin de certifier l’éradication de la maladie.

537
Définition standard de cas

Cas suspect : toute personne ayant résidé dans une zone endémique (passée ou actuelle) présentant à
l’ examen clinique des lésions actives (visibles) du pian.
Cas confirmé : tout Cas suspect dont les tests sérologiques sont positifs (test rapide tréponémique pour la
syphilis confirmé par un test DPP)
Cas importé : toute personne présentant à l’examen clinique des lésions actives confirmées par des tests
sérologiques dans une zone où le pian n’est pas endémique
Cas indice : premier cas de pian détecté dans une communauté
Contact d’un cas : Toute personne ayant des contacts étroits et fréquents avec le sujet infecté. Dans le cadre de
l’éradication du pian, les contacts sont les membres de la famille, les camarades de classe ou camarades de jeu
proches désignés par le cas

538
Pian et syphilis endémique ou bejel
Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas suspect :


 Signaler le cas suspect à l’échelon pertinent du système de santé (FOSA périphérique ou DS) pour
confirmation sérologique et exclusion de l’hypothèse de l’importation.

Si le cas suspect n’est pas confirmé :


Poursuivre la surveillance pendant une période de trois ans après l’interruption de la transmission
Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

S’il y a un seul cas confirmé et que l’hypothèse de l’importation est exclue :


La zone est confirmée comme endémique et la stratégie d’éradication est appliquée
S’il y a un seul cas confirmé et qu’il s’agit d’un cas importé :
Soigner le cas et les contacts qu’il aura désignés et reprendre la surveillance post-élimination de la
transmission pendant une nouvelle période de trois ans.

Analyser et interpréter les données


Temps : Faire un graphique des cas par année de diagnostic, un graphique du nombre cumulé de cas.
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des cas et indiquer les DS d’endémie par des nuances de couleur.
Caractéristiques individuelles : Compter les cas nouvellement détectés qui ont été soignés et le nombre de
contacts identifiés et soignés. Estimer le nombre de personnes dans les communautés ou les districts
d’endémie et calculer le taux de couverture du traitement par administration de masse de
l’azithromycine (au moins 90 %)

Confirmation en laboratoire

Test diagnostique Test rapide de la syphilis positif confirmé par un test DPP (plateforme à double voie)
positif
 PCR
 Histopathologie

Prélèvements  Échantillons sanguins prélevés sur le bout du doigt pour les tests sérologiques
 Écouvillonnage du papillome et des ulcérations pour la PCR
 Biopsie des lésions pour l’histopathologie
Quand réaliser les Les prélèvements doivent être effectués sur des cas suspects présentant des
prélèvements symptômes cliniques (papillome et ulcères principalement)

539
Comment préparer, Au moment des prélèvements pour la PCR, il est important d’éviter toute
conserver et contamination entre les échantillons.
transporter les Matériel : Écouvillons secs et récipients
prélèvements Types de prélèvement : écouvillonnage du papillome et des ulcères, conservé à une
température de 4 C
Résultats Test rapide de la syphilis positif et test DPP positif
PCR positif pour le Treponema pallidum pertenue en ce qui concerne le pian, ou pour
le Treponema pallium pallidum en ce qui concerne le bejel
Présence d’agents pathogènes dans les prélèvements histopathologiques

540
Pian et syphilis endémique ou bejel
Références
 Global epidemiology of yaws: systematic review.
Mitjà O, Marks M, Konan DJ et al. Lancet. 2015 Jun;3(6):e324-31. doi: 10.1016/S2214-109X(15)00011-X.
[Link]

 Haemophilus ducreyi as a cause of skin ulcers in children from a yaws-endemic area of Papua New Guinea:
a prospective cohort study.
Mitja O, Lukehart SA, Pokowas G, et al. Lancet Global Health 2014; 2: e235-241
[Link]

 Sensitivity and specificity of a rapid point-of-care test for active yaws: a comparative study.
Ayove T, Houniei W, Wangnapi R et al. Lancet global health 2014; 2 (7): e415-e421
[Link]

 Molecular differentiation of Treponema pallidum subspecies in skin ulceration clinically suspected as yaws
in Vanuatu using real-time multiplex PCR and serological methods.
Chi KH, Danavall D, Taleo F, Pillay A, Ye T, Nachamkin E, et al. Am J Trop Med Hyg. 2015 Jan;92(1):134-8.
doi: 10.4269/ajtmh.14-0459. Epub 2014 Nov 17.
[Link]

 Mass Treatment with Single-Dose Azithromycin for [Link]/> Mitjà O, Houinei W, Moses Penias, Kapa A,
Paru R, Hays R et al. New England Journal of Medicine. 2015;372-8.
[Link]

 Challenges and key research questions for yaws: eradication.


Marks M, Mitjà O, Vestergaard LS, Pillay A, Knauf S, Chen CY et al. Lancet Infect Dis. 2015 October ; 15(10):
1220–1225. doi:10.1016/S1473-3099(15)00136-X
[Link]

 Eradicating successfully yaws from India: The strategy & global lessons.
Jai P. Narain, S.K. Jain, D. Bora, and S. Venkatesh. Indian J Med Res. 2015 May; 141(5): 608–613. doi:
10.4103/0971-5916.159542
[Link]

 Eradication of yaws – The Morges Strategy Weekly Epidemiological Record, 20, 2012, 87: 189-200

541
Fièvre jaune
Présentation

 Le virus de la fièvre jaune est un virus à ARN appartenant au genre Flavivirus et proche des virus du Nil occidental,
de l’encéphalite de Saint-Louis et de l’encéphalite japonaise. C’est un virus à transmission interhumaine, par
l’intermédiaire de moustiques domestiques appartenant à l’espèce Aedes (épidémies urbaines) ou transmis aux
humains à partir du réservoir constitué par les primates, par l’intermédiaire de moustiques appartenant à des
espèces sylvatiques (cycle sylvatique).
 De grandes épidémies se produisent tous les 3 à 10 ans dans les villages ou les villes en l’absence de vaccination
de masse. Des cas sporadiques surviennent régulièrement dans les zones d’endémie. L’on assiste à une
résurgence de la maladie en Afrique depuis le milieu des années 1980. L’incidence réelle est largement
supérieure aux cas déclarés.
 La période d’incubation est de 3 à 6 jours après piqûre d’un moustique infecté. Environ 15 % des infections
évoluent en maladie fébrile et jaunisse.
 Seule une minorité des cas sont graves, mais le taux de létalité se situe entre 25 et 50 % chez les patients
présentant un syndrome hémorragique avec jaunisse et maladie rénale.
 Facteurs de risque : cas sporadiques souvent liés à la profession ou la localisation du village à proximité de forêts
hébergeant de nombreux singes. Aussi les personnes non vaccinées.
 La notification internationale doit être faite à l’OMS dans les 24 heures.
 Les autres fièvres hémorragiques virales (FHV) et d’autres maladies parasitaires, virales ou bactériennes comme
le paludisme, la dengue, le Chikungunya, la leptospirose, les hépatites A à E, les infections par le virus d’Epstein-
Barr, le virus du Nil occidental, la fièvre Q, l’anthrax, les rickettsies, etc., et certaines intoxications peuvent
ressembler à la fièvre jaune.
 Il est possible de prévenir l’infection et la maladie par la vaccination. L’efficacité vaccinale est > 95 % et la durée
de l’immunité est à vie.

But de la surveillance

 Confirmer le diagnostic de fièvre jaune et exclure les autres étiologies possibles de fièvre accompagnée de
jaunisse
 Fournir des informations permettant de prendre des mesures de lutte appropriées
 Identifier les populations à risque de fièvre jaune
 Suivre l’épidémiologie de la maladie et l’impact des mesures de lutte
 Soutenir la recherche opérationnelle et l’innovation

542
Définition standard de cas : Fièvre jaune

Cas suspect :

Toute personne présentant une brutale montée de fièvre, avec apparition d’un ictère dans les 14 jours suivant
l’apparition des premiers symptômes.

Cas probable : cas suspect

ET

Un des éléments suivants :

▪ Lien épidémiologique avec un cas confirmé ou une flambée épidémique


▪ Histopathologie du foie post-mortem positive

Cas confirmé : cas probable

ET

Un des éléments suivants :

▪ Détection d’IgM antiamariles spécifiques*


▪ Détection de titres d’IgM et/ou IgG contre la fièvre jaune 4 fois plus élevés entre le sérum de phase aiguë et
le sérum de phase convalescente
▪ Détection d’anticorps neutralisants spécifiques* du virus amaril

*Spécifiques signifie que les tests de recherche d’anticorps (IgM ou anticorps neutralisants) contre les autres flavivirus
prévalents sont négatifs. Cette analyse doit comporter des tests IgM au moins pour les virus de la dengue et du
Nil occidental et éventuellement pour d’autres flavivirus en fonction de l’épidémiologie locale.

OU

Un des éléments suivants :

▪ Détection de séquences génomiques du virus amaril dans le sang ou les organes par PCR
▪ Détection immunohistochimique d’antigènes du virus amaril dans le sang, le foie ou d’autres organes
Isolement du virus amaril

543
Confirmation en laboratoire : Fièvre jaune

Test diagnostique
ELISA pour mettre en évidence la présence d’anticorps spécifiques de la fièvre jaune de type
IgM et IgG.
Il faudra exclure la dengue, le virus du Nil occidental et les autres flavivirus répandus localement
pour confirmer la fièvre jaune.
PCR, séroneutralisation spécifique du virus de la fièvre jaune, isolement du virus ou
histopathologie.

Prélèvements
Sérum durant la phase aiguë et la phase de convalescence de la maladie ;

En cas de décès, prélèvement post-mortem de foie.

Quand réaliser les


prélèvements Dans les 14 jours suivant l’apparition des premiers symptômes.
Prélever des échantillons sur au moins les 10 premiers cas suspects de fièvre jaune. Prélever des
échantillons sur les derniers cas (d’après les courbes épidémiques) pour déterminer la fin de
l’épidémie.

Comment préparer, Recueillir 10 ml de sang veineux pour les adultes ; 1 à 5 ml pour les enfants, dans un tube
conserver et capillaire, un micro-récipient ou, si nécessaire, dans un tube à essai standard en verre.
transporter les Séparer les cellules sanguines du sérum :
prélèvements  Laisser le caillot se rétracter pendant 30 à 60 minutes à température ambiante.
Centrifuger à 2000 tpm pendant 10 à 20 minutes et verser le sérum surnageant dans un
tube de verre propre.
 En l’absence de centrifugeuse, placer l’échantillon dans le réfrigérateur pour la nuit (4 à
6 heures) jusqu’à ce que le caillot se rétracte. Recueillir le sérum le lendemain matin.
 En l’absence de centrifugeuse et de réfrigérateur, laisser le tube de sang incliné pendant
au moins 60 minutes (ne pas agiter et ne pas le transporter dans un véhicule). À l’aide
d’une pipette, verser le sérum dans un tube étiqueté pour le transport et la conservation.
Conserver le sérum à 4°C.
Transporter les échantillons de sérum en utilisant l’emballage approprié pour éviter la casse ou
les fuites durant le transport. Éviter si possible les tubes de verre pour l’expédition et le
transport.
Les échantillons doivent arriver au laboratoire dans les 3 jours suivant leur prélèvement.
Éviter d’agiter l’échantillon avant d’avoir recueilli le sérum.
Pour prévenir la croissance bactérienne, s’assurer que le sérum est placé dans un tube à essai
propre. Ce tube n’a pas besoin d’être stérile – il suffit qu’il soit propre.
Transporter le sérum dans un porte-vaccins du PEV, à 4°C-8°C pour prévenir la croissance des
bactéries (jusqu’à 7 jours). S’il ne peut être réfrigéré, le sérum conservé
dans un tube propre sera encore valable pendant au moins 3 jours.

544
Résultats Le laboratoire devra rendre les résultats dans les 7 jours suivant la réception de l’échantillon.

Références : Fièvre jaune

 WHO–recommended standards for surveillance of selected vaccine-preventable diseases. WHO/V&B/03.01


[Link]
 Fièvre jaune. 1998. WHO/EPI/Gen/98.11
 Recommendation of Expert Meeting on Yellow Fever Surveillance and Response in Africa. Brazzaville, Congo, 13-15
octobre 2010

545
Maladie à virus Zika
Présentation

 Le virus Zika est un flavivirus transmis principalement par des moustiques infectés, essentiellement du genre
Aedes aegypti, mais aussi Aedes albopictus, ceux-là même qui transmettent la dengue, le chikungunya et la
fièvre jaune.
 Le virus Zika peut aussi se transmettre in-utero de la mère au fœtus, par voie sexuelle, transfusion sanguine et
transplantation d’organe.
 Les infections à virus Zika sont généralement asymptomatiques. Lorsqu’ils apparaissent, les symptômes ont
tendance à être bénins et comportent une fièvre modérée, des éruptions cutanées, de la conjonctivite, et des
douleurs musculaires et articulaires qui disparaissent au bout de 2 à 7 jours. Il n’existe aucun traitement
spécifique contre la maladie autre que symptomatique, le sujet atteint devant prendre les médicaments
courants contre la fièvre, se reposer et boire suffisamment.
 L’infection à virus Zika pendant la grossesse peut provoquer un accouchement prématuré, la perte du fœtus,
la mortinaissance et des malformations congénitales comme la microcéphalie, la spasticité, des anomalies
visuelles, des calcifications du cortex et d’autres manifestations du syndrome associé à l’infection congénitale
à virus Zika.
 Le virus Zika est aussi associé à une augmentation du risque du syndrome de Guillain-Barré, ainsi que d’autres
complications neurologiques nécessitant une prise en charge médicale étroite et éventuellement des soins
intensifs et la ventilation mécanique.

Contexte
Le virus Zika a été identifié pour la première en 1947 chez un singe rhésus de la forêt de Zika en Ouganda. En 1952, il
est identifié pour la première fois chez l’homme en Ouganda et en Tanzanie. Au cours des décennies qui ont suivi, le
virus Zika a été à l’origine de cas rares et sporadiques de maladie en Afrique et en Asie, se manifestant généralement
par une fièvre, une éruption cutanée, un état de malaise et d’autres symptômes modérés.

Les premières épidémies sont signalées en 2007 dans les îles Yap (États fédérés de Micronésie) et en 2013, en Polynésie
française. Le virus s’est par la suite propagé vers d’autres îles du Pacifique, notamment la Nouvelle-Calédonie, les Îles
Cook, l’Île de Pâques (Chili), les Fidji, les Samoa, les Îles Salomon et Vanuatu. Le virus Zika n’était pas réputé causer des
maladies graves jusqu’à l’épidémie de 2013-2014 en Polynésie française, quand un accroissement de l’incidence du
syndrome de Guillain-Barré est signalé pour la première fois.

L’épidémie de l’infection à virus Zika de la Région des Amériques a débuté au Brésil en 2015 ; en juillet de cette année-
là, le Brésil signale une association entre l’infection à virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré et, quelques mois plus
tard, une association entre l’infection à virus Zika et la microcéphalie.

Depuis 2015, des épidémies de maladies à virus Zika ont été enregistrées en Afrique, aux Amériques, en Asie et au
Pacifique ; à ce jour, 86 pays et territoires ont confirmé la présence de la maladie transmise par des moustiques.
Depuis 2017, la transmission du virus Zika a régressé dans les Amériques, même si l’on observe des périodes de
résurgence intermittentes.

Jusqu’en 2015, seuls quelques cas sporadiques d’infection à virus Zika étaient signalés dans la Région africaine. Depuis
lors, des épidémies de maladies à virus ont été déclarées à Cabo Verde, en Guinée Bissau et en Angola.

Il existe deux souches du virus Zika connues comme les souches africaine et asiatique. La souche asiatique a été
associée aux épidémies survenues au Pacifique et aux Amériques. Elle a aussi été identifiée dans l’épidémie de Cabo
Verde et en Angola. En Angola, un regroupement de microcéphalies a été signalé en 2017-2018, et l’introduction de
546
la souche asiatique épidémique (brésilienne) a été confirmée, notamment chez des enfants nés avec une
microcéphalie. À ce jour, la microcéphalie a été identifiée uniquement après une infection à la souche asiatique. L’on
dispose de peu d’informations sur le spectre des maladies et des risques pour la grossesse associés à la souche
africaine.

Les moustiques du genre Aedes qui transmettent le Zika, la dengue, la fièvre jaune et le chikungunya piquent
généralement pendant la journée. Aedes sp. gîte dans les petites flaques d’eau au milieu des détritus, dans les pneus
usés, les pots de fleurs et des ustensiles de stockage de l’eau à l’air libre. Les efforts de prévention de la transmission
privilégient l’élimination de ces zones de ponte autour des habitations et à proximité d’autres zones de transmission
interhumaine comme aux alentours des écoles et des lieux de travail. Les autres stratégies de prévention préconisent
notamment des mesures de protection individuelle comme le port de vêtements protecteurs, l’application de répulsifs
et la pose d’écrans protecteurs sur les fenêtres et les portes.

But de la surveillance

▪ La surveillance vise à développer, renforcer et mettre en œuvre à tous les niveaux de la pyramide, des systèmes
de surveillance intégrée de la maladie à virus Zika, des complications qui en découlent, ainsi que d’autres
arboviroses et leurs vecteurs, dans le but de fournir des informations épidémiologiques et entomologiques
actuelles et précises destinées à orienter la riposte.
▪ Les systèmes de surveillance existants doivent être renforcés pour assurer la détection précoce et la notification
du virus Zika et de regroupements inhabituels de troubles neurologiques ou d’anomalies congénitales.
▪ Il est important de notifier à temps tout évènement pouvant être relié au virus Zika, en particulier tout
évènement associé à des troubles neurologiques et des malformations néonatales, par les canaux existants,
notamment le RSI.
▪ La mise en place et le renforcement de la surveillance syndromique ou des évènements de santé doivent être
encouragés, en visant éventuellement des groupes spécifiques, comme les femmes enceintes au moyen des
soins pré- et post-natals, des systèmes de surveillance sentinelle des malformations congénitales et du
syndrome de Guillain-Barré et des systèmes existants de surveillance en laboratoire de maladies spécifiques
(rougeole et polio par exemple) pour faciliter la détection de l’infection à virus Zika et les troubles associés. La
similarité des profils de transmission vectorielle et épidémiologique de la dengue, du Zika, et du chikungunya
commande une surveillance intégrée de ces arboviroses.

Définition standard de cas

Cas suspect :
Toute personne souffrant d’une éruption cutanée et/ou de fièvre et présentant au moins un des signes ou symptômes
suivants :
 Arthralgie ; ou
 Arthrite ; ou
 Conjonctivite (non purulente/hyperémique)
Cas probable :
Cas suspect chez lequel sont détectés des anticorps IgM contre le virus Zika et un lien épidémiologique est établi (sans
preuve d’une infection à d’autres flavivirus)

Cas confirmé :
Toute personne dont la récente infection au virus Zika est confirmée en laboratoire :

547
 Détection de l’ARN ou de l’antigène du virus Zika dans le sérum ou d’autres prélèvements (salive, urine, tissus,
sang total par exemple) ; ou
 Détection d’anticorps IgM contre le virus Zika et PRNT90 pour le virus Zika avec titre ≥20 et ratio du titre PRNT90
pour le virus Zika ≥ 4 par rapport à d’autres flavivirus ; et exclusion d’autres flavivirus.

Ces définitions de cas peuvent être modifiées à mesure que de nouvelles informations sont disponibles.

Riposte à la maladie à virus Zika

S’il y a des cas suspects de virus Zika :


▪ Signaler sans délai les cas suspects à l’échelon immédiatement supérieur à l’aide du formulaire de
notification des cas.
▪ Effectuer des prélèvements pour la confirmation en laboratoire des cas.
▪ Rechercher activement d’autres cas.
▪ Renforcer la surveillance des évènements de santé pour détecter l’apparition de regroupements de cas
présentant une éruption cutanée et une fièvre d’étiologie inconnue.
▪ Mener une enquête pour établir les facteurs de risque pour la transmission.
▪ Prendre en charge les cas et leur administrer un traitement symptomatique.
S’il y a des cas confirmés de virus Zika :
Coordination et direction
▪ Élaborer un plan national d’intervention afin de prévenir la transmission du virus Zika et combattre la
maladie.
▪ Renforcer le Système de Gestion des Incidents pour consolider la coordination [y compris le centre
d’opérations d’urgence (EOC)] afin d’y intégrer la préparation à la riposte contre le Zika, la dengue, le
chikungunya et la fièvre jaune.
▪ Collaborer activement avec d’autres secteurs (environnement, agriculture, tourisme) pour répondre au
virus Zika par une démarche intersectorielle (approche « Une Santé »).

Surveillance, gestion des données et laboratoire


▪ Notifier l’OMS par l’intermédiaire du ministère de la Santé en se servant de l’instrument de décision du RSI.
▪ Renforcer la surveillance de la maladie à virus Zika et des affections qui peuvent lui être associées, comme
la microcéphalie, le syndrome associé à l’infection congénitale à virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré.
▪ Renforcer la surveillance dans les lieux de soins pré- et post-natals pour contrôler de possibles infections et
complications congénitales.
▪ Rechercher activement d’autres cas.
▪ Veiller à la notification rapide et en temps voulu de la maladie à virus Zika, ainsi qu’au partage d’information
y relatives à l’aide des outils de SIMR ou du RSI.
▪ Veiller à prélever, transporter et conserver correctement les échantillons destinés aux tests diagnostiques
en laboratoire.
▪ Mener des évaluations communautaires pour déterminer la quantité de moustiques vecteurs de maladie,
identifier les gîtes larvaires les plus productifs, encourager la préparation et mettre en œuvre des plans
appropriés de lutte antivectorielle.
▪ Signaler tout accroissement inhabituel observé de l’incidence des malformations neurologiques
congénitales, notamment la microcéphalie chez des nouveau-nés et des issues défavorables de la grossesse
non expliquées par d’autres causes, aux autorités sanitaires compétentes à l’aide du cadre de la SIMR.

548
Lutte antivectorielle et protection individuelle : Maladie à virus Zika
▪ Intensification des efforts visant à réduire les populations de moustiques, notamment par l’élimination des
potentiels sites de ponte (par exemple en faisant disparaître les sites de dépôt d’ordures et d’eau stagnante
autour des maisons, en recouvrant les récipients de stockage de l’eau et en appliquant des larvicides) et des
méthodes d’éradication des moustiques adultes.
▪ Promotion des mesures de protection individuelle comme le port de vêtements protecteurs de couleur pâle
(manches longues et pantalons), l’emploi des répulsifs et des barrières physiques comme les écrans, la
fermeture des portes et des fenêtres, et dormir sous des moustiquaires y compris dans la journée quand
les moustiques du genre Aedes sont le plus actif.
▪ Tous les opérateurs et autres personnes participant à la lutte antivectorielle, par l’application des larvicides
et la pulvérisation résiduelle dans les maisons, doivent recevoir des outils de protection, notamment des
équipements de protection individuelle.

Mobilisation sociale, participation communautaire et communication


▪ Préparer des messages de sensibilisation aux risques pour répondre aux préoccupations des populations,
renforcer la participation communautaire, améliorer la notification et veiller à l’application des mesures de
lutte antivectorielle et de protection individuelle dans le but de réduire les contacts avec le vecteur.
▪ Donner aux femmes en âge de procréer et plus particulièrement aux femmes enceintes les informations et
le matériel nécessaires sur la planification familiale et la réduction des risques d’exposition.
▪ Fournir des services de soutien clinique et psychosocial aux enfants et aux familles touchés.

Prévention de la transmission et prise en charge des cas


▪ Collaborer avec les agents de santé communautaires afin de les sensibiliser à la maladie et aux risques et
renforcer leurs capacités
▪ Renforcer les mesures préventives à l’intention des femmes enceintes par des interventions ciblées
(notamment dans les établissements de soins de santé prénatals, post-natals et néonatals primaires).
▪ Les femmes enceintes qui pensent avoir été exposées au virus Zika peuvent consulter leurs prestataires de
soins pour un test en laboratoire de l’infection à virus Zika, une échographie et un suivi étroit le long de la
grossesse, durant le travail, l’accouchement et la période post-natale.
▪ Après l’accouchement, le périmètre crânien de tous les nourrissons doit être mesurés et les bébés examinés
pour détecter de possibles malformations congénitales, notamment la microcéphalie, les anomalies
visuelles, la spasticité et d’autres anomalies liées au syndrome associé à l’infection congénitale à virus Zika.
[Link]
▪ Le Zika peut se transmettre par le sang et les produits sanguins. Les mesures de précaution déjà préconisées
pour assurer la sécurité des dons de sang, des transfusions et la prévention des pathogènes transmissibles
par le sang doivent être suivies.
▪ Le Zika peut être transmis par voie sexuelle. Les hommes et les femmes doivent être conseillés sur les
pratiques sexuelles sans risque ; des préservatifs et toute la gamme des méthodes contraceptives doivent
leur être offerts.
▪ S’assurer que les femmes enceintes ayant été exposées au virus Zika soient conseillées et surveillées pour
une issue favorable de la grossesse sur la base des meilleures informations, pratiques et politiques
nationales disponibles.
▪ Orienter les cas les plus graves présentant des complications vers des services d’hospitalisation.

Recherche opérationnelle
▪ Évaluer les méthodes pour une surveillance pratique et durable de la transmission du virus Zika, y compris
des stratégies de surveillance intégrée des arbovirus.
549
▪ Mener des études, notamment de cas-témoins, pour enquêter sur l’issue de la maladie chez les enfants
exposés in-utero à l’infection à virus Zika.
▪ Encourager la recherche dans le domaine des vaccins, des médicaments, des diagnostics, de la biologie des
vecteurs et des méthodes appropriées de lutte contre les moustiques.
▪ La surveillance entomologique des moustiques du genre Aedes est utilisée à des fins de recherche
opérationnelle pour détecter des changements dans la distribution géographique et pour suivre et évaluer
les programmes de lutte, obtenir des mesures relatives de la population des vecteurs dans le temps et
faciliter la prise en temps utile de décisions pertinentes sur les actions à mener. Un échantillonnage des
moustiques Aedes, des nymphes et des pontes doit être réalisé.
▪ Dans le cadre de la surveillance entomologique, la résistance aux insecticides dans la population de Aedes
doit être contrôlée sur le terrain pour identifier et sélectionner les insecticides appropriés.

NB : Application d’interventions stratégiques dans des contextes nationaux différents :


▪ Les interventions décrites seront préparées et appliquées en fonction du contexte de chaque pays. Dans les
pays où l’on observe la propagation du virus Zika et les complications connexes, il conviendra d’appliquer
la palette complète des stratégies : renforcement de la surveillance, participation communautaire, mesures
de lutte antivectorielle et de protection individuelle, soins aux personnes présentant des complications,
recherche en Santé Publique pour mieux comprendre les risques et évaluer les mesures d’atténuation.
▪ Dans les pays où l’on observe déjà la transmission généralisée du Zika ou la présence des vecteurs du genre
Aedes, la surveillance doit être renforcée, les communautés mobilisées, les mesures de lutte antivectorielle
et de protection individuelle renforcées.
▪ Pour tous les autres pays, il s’agira essentiellement de communiquer sur les risques pour le public liés aux
échanges internationaux et aux déplacements. Le Tableau 1 ci-après décrit l’application des stratégies dans
les différents contextes nationaux.
Tableau 1 : Application des stratégies selon le contexte national
Contexte du pays Mobiliser les Surveiller la Contrôler la Prendre en Investiguer
communautés transmission transmission charge les les risques
Sensibiliser du virus Zika et prévenir complications associés
aux risques et la maladie l’exposition associées au
virus Zika
Aedes + virus Zika +
complications associées

Aedes + virus Zika

Aedes

Autre :

550
Analyse et interprétation des données

Temps : Developper des graphiques hebdomadaires des cas d’infection à virus Zika, du syndrome de Guillain-Barré et de
décès, par date d’apparition des symptômes. Construire des graphiques de microcéphalie et du syndrome associé à
l’infection congénitale à virus Zika par date de naissance. Construire une courbe épidémique durant l’épidémie.

Lieu : Cartographier de façon précise les lieux d’habitation et de travail des cas.

Caractéristiques individuelles : Communiquer les informations sur chaque cas, y compris les complications, les
hospitalisations et les décès associés au virus Zika. Analyser la répartition par âge et par sexe et les taux des
complications associées. Évaluer les facteurs de risque afin d’améliorer la prévention des épidémies et de mieux
comprendre le taux des complications neurologiques chez les sujets infectés par le virus Zika.

NB : Analyse entomologique
Dans les zones touchées et à risque élevé, cartographier les populations de moustique infectées et non infectées, les
sites de ponte et les lieux d’habitation des cas

Confirmation en laboratoire
Tests diagnostiques  Test d’amplification des acides nucléiques
 Sérologie pour la détection des anticorps IgM
 Séroneutralisation par réduction de plages de lyse (PRNT)
Prélèvements  PCR : recueillir du sérum, du sang total ou de l’urine dans un tube
sec dans les 7 jours suivant l’apparition des premiers symptômes
 Sérologie (IgM) : recueillir du sérum ou du sang total dans un
tube sec > 7 jours après l’apparition des premiers symptômes. Si
c’est possible, un prélèvement sera effectué sur un malade
convalescent au moins 2 à 3 semaines après le premier
prélèvement pour la recherche d’anticorps
Comment préparer, conserver et Les prélèvements doivent être transportés suivant les lignes directrices de l’OMS
transporter les prélèvements sur la sécurité du transport des substances infectieuses et des prélèvements à but
diagnostique.
 Conserver dans un lieu froid (2-8 °C) si l’analyse sera effectuée dans les
48 heures suivant le prélèvement.
 Si l’analyse sera effectuée >48 heures, séparer et congeler le sérum à -20°C et
le conserver jusqu’à 7 jours.
 Si le stockage >7 jours, les échantillons de sérum doivent être conservés à -70
°C.
 Tous les types de prélèvement peuvent être conservés au froid à -20oC
jusqu’à 7 jours ou à -70oC si >7 jours. Les échantillons peuvent être conservés
pendant de longues périodes.
 Il faut éviter de congeler et de décongeler les prélèvements à plusieurs
reprises.
 La température doit être contrôlée et notée régulièrement pour réduire les
risques de variation.
Les moustiques Aedes destinés aux analyses en laboratoire doivent être congelés
et transportés dans un milieu sec selon les protocoles normalisés.

551
Résultats Les services diagnostiques du virus Zika ne sont pas toujours disponibles.
Contacter les autorités nationales compétentes ou l’OMS pour connaître le
laboratoire de référence désigné dans le réseau OMS de laboratoires pour les
agents pathogènes émergents et dangereux.
Références
 Note d’information aux représentants de l’OMS sur la prévention du virus Zika et la riposte dans la Rrégion africaine
de l’OMS, février 2016
 Microcephaly/Zika virus disease talking points, 2 February 2016.
 WHO statement on the first meeting of the International Health Regulations (2005) (IHR (2005) Emergency
Committee on Zika virus and observed increase in neurological disorders and neonatal malformations
 The 2010 IDSR second edition; [Link]
surveillance/features/2775-technical-guidelines-for-integrated-disease-surveillance-and-response-in-the-african-
[Link]
 Zika virus Fact sheet, Updated July 2018; [Link]
 Laboratory testing for Zika virus infection: interim guidance, March 2016.
[Link]

552
Drépanocytose
Présentation
 La drépanocytose est l’une des maladies génétiques les plus répandues dans le monde. Selon les
dernières estimations, plus de 300 000 enfants naîtraient chaque année avec cette maladie. La grande
majorité des personnes atteintes vivent sur le continent africain. La mortalité infantile y est très élevée.
Plus de 80% des enfants atteints meurent avant l’âge de 5 ans. Toutes les tranches d’âge sont touchées
et les jeunes de 10 à 29 ans représentent 89,2% des malades.
 Au Cameroun, la prévalence du trait drépanocytaire est de 20% soit une population d’environ 3,5 millions.
Les homozygotes représentent environ 2%, soit 350 000 sujets considérés comme des malades
chroniques. Sur le total des électrophorèses réalisées au Centre Pasteur du Cameroun (CPC) en 2004, le
trait drépanocytaire représente 25,79% (749/2907) des échantillons reçus dont 8,43% de formes
homozygotes.
 Une enquête plus récente réalisée en 2007 par la DLMEP/ MINSANTE sur la prévalence du trait
drépanocytaire a plutôt révélé que, sur 12897 électrophorèses faites dans les formations sanitaires et les
laboratoires du pays : l’hémoglobine SS a été retrouvé chez 6% de personnes soit 769 cas; les formes
hétérozygotes (HbAS) retrouvées chez 21% d’individus soit 2738 cas ; et l’hémoglobine normale (HbAA)
chez 93390 personnes soit 73% de l’échantillon. Ces chiffres démontrent que cette maladie est bien
présente au Cameroun à des proportions élevées.
 Quant au poids socioéconomique, les sujets anémiques « SS » ont une scolarité perturbée, du fait de leur
morbidité excessive, et les fréquents séjours en milieu hospitalier compromettent leur éducation. Les
jeunes adolescents et adultes « SS » se retrouvent souvent sans aucune qualification ou ont des difficultés
à trouver et garder longtemps un emploi.

But de la surveillance
 Détecter le plus tôt possible les cas de Drépanocytose pour une bonne prise en charge de ces cas (prise en
charge globale), une sensibilisation du malade et de son entourage ;
 Décrire et suivre les groupes vulnérables c'est-à-dire ceux qui présentent un risque élevé de contracter les
complications de la maladie ;
 Prendre en charge précocement les cas dépistés pour réduire les taux de morbidité et de mortalité
associés à cette affection ;
 Faire la cartographie des cas par niveau de soins.

Définition standard de cas de « nouveau cas de drépanocytose »


Cas suspect

Tout enfant d’au moins 6 mois présentant un épisode de crises douloureuses aigues situées dans les membres
inférieures, supérieures ou dans le ventre dans un contexte afébrile et n’ayant aucun antécédent de
traumatismes. Cette douleur peut etre associée ou non à un ictère ou une anémie.

Cas confirmé
Présence d’Hémoglobine « SC, SD ou S Béta thalassémie » à l’électrophorèse d’hémoglobine sérique

553
Drépanocytose
Répondre au seuil d’alerte
s’il y a un cas suspect de drépanocytose
 Faire une anamnèse familiale pour rechercher activement des cas similaires (Antécédents cliniques chez les
collatéraux ;
 Rechercher les Antécédents personnels de transfusion sanguine ou de crises douloureuses chez le suspect
ou chez les collatéraux ;
 Administrer une première dose d’Antalgiques pour calmer la douleur.

S’il y a un cas confirmé


 Traiter le malade en se conformant au protocole national de prise en charge de drépanocytose en vigueur
pour le niveau de soins concerné ;
 Assurer le soutien psychologique à la famille.

Analyser et interpréter les données

Temps : Faire un graphique des tendances mensuelles des cas et des décès ;
Lieu : Cartographier les lieux d’habitation des cas.

Caractéristiques individuelles :
 Analyser la répartition des cas en fonction de l’âge et du sexe ;
 Evaluer les facteurs de risque pour améliorer la prévention et la lutte contre la maladie.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention


Au niveau de la communauté et de la famille, mener des activités d’information et d’éducation sur la
drépanocytose et les moyens de prévention de cette pathologie.
Confirmation au laboratoire
L’électrophorèse de l’hémoglobine doit être utilisée pour confirmer d’éventuels cas.
Références

 Plan Stratégique National Multisectoriel Intégré de lutte contre les Maladies Chroniques Non Transmissibles
(MCNT).

554
Helminthiases intestinales
Présentation

 Les Helminthiases Intestinales sont des maladies parasitaires causées par des vers ronds ou nématodes qui
vivent dans l’intestin de l’homme. Les plus répandues de ces infections sont : l’Ascaridiase (causée par
l’Ascaris), la Trichocéphalose (causée par le Trichocéphale), l’Ankylostomiase (causée par l’Ankylostome).
 Tout comme pour la bilharziose, le cycle de la contamination est simple : l’individu parasité contamine le
sol et les végétaux en déféquant dans la nature et d’autres personnes s’infectent en consommant les
aliments souillés ou en marchant pieds nus (dans le cas de l’Ankylostomiase).
 Les Helminthiases Intestinales sont des maladies communes en effet, plus de 10 millions de camerounais
sont parasités par les vers et le groupe vulnérable le plus touché est constitué des enfants d’âge scolaire (5
à 14 ans).
 Les conséquences chez l’enfant sont: le retard de croissance, la baisse du développement intellectuel,
l'anémie, l'augmentation du risque d’infection par d’autres germes.
 Facteurs de risque : c’est une maladie causée par le non respect des règles d’hygiène : aliments souillés,
mains sales etc…
 Il est possible de prévenir cette infection par le respect des règles d’hygiène à savoir se laver les mains à
l’eau propre et au savon avant et après chaque repas , en évitant de marcher les pieds nus; traiter les
personnes infectées.

But de la surveillance

 Eviter l’extension de la maladie dans les zones à risque.

 Fournir une cartographie des différentes zones permettant de prendre des mesures de lutte appropriées.

 Identifier les populations les plus à risque d’Helminthiases Intestinales.

 Suivre l’impact des mesures de lutte.

 Soutenir la recherche opérationnelle et l’innovation.

Définition standard de cas

Cas suspect : Dans le cas des Helminthiases Intestinales c’est toute personne présentant des diarrhées fréquentes
et des douleurs abdominales.

Cas confirmé : Cas suspect avec examen de selles dans lesquelles on retrouve des œufs ou de formes adultes
d’helminthes (Ascaris, Trichocéphale, Ankylostome)

Répondre au seuil d’alerte

555
Helminthiases intestinales

S’il y a un seul cas ou groupe de cas suspects ou probables

▪ Prélever des échantillons de selles pour confirmation en laboratoire.


▪ Etablir le diagnostic et prodiguer au(x) patient(s) un traitement
▪ Renforcer la surveillance en vue d’éviter l’extension de la transmission.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Outre la réponse au seuil d’alerte, si un seul cas est confirmé :

▪ Initier une enquête dans les zones de vie et aux alentours du cas confirmé.
▪ Faire un déparasitage systématique des enfants d’âge scolaire et des populations à risques au cas où la
prévalence est supérieure à 10%.
▪ Promouvoir l’hygiène et l’assainissement dans les dites zones et y initier la mobilisation sociale.

Analyser et interpréter les données

Temps : Faire la courbe mensuelle des différents cas. Tracer une courbe épidémique (pour suivre l’évolution
mensuelle).

Lieu : Cartographier précisément les lieux d’habitation et de travail des cas.

Caractéristiques individuelles : Transmettre immédiatement les informations relatives aux cas. Evaluer les
facteurs de risque pour améliorer la prévention.

Confirmation en laboratoire

Prélèvements Prélèvement de selles

Quand réaliser les prélèvements Dès l’apparition des premiers symptômes

Comment préparer, conserver et Recueillir une quantité de selles correspondant à 3 carreaux de sucre minimum
transporter les prélèvements Transporter les échantillons de selles en utilisant l’emballage approprié (un pot
à selles propre) pour éviter leur contamination.

Résultats Le laboratoire devra rendre les résultats quelques heures suivant la réception
de l’échantillon.

556
Helminthiases intestinales
Références

Katz, N., Chaves, A., Pelligrino, J., 1972. A simple device for quantitative stool thick-smear technique in
schistosomiasis mansoni. Rev. Inst. Med. Trop. Sao Paulo 14, 397–400.

World Health Organization, 1991. Basic Laboratory Methods in Medical Parasitology. World Health
Organization, Geneva.

World Health Organization, 2002. Prevention and Control of Schistosomiasis and Soil-transmitted
Helminthiasis. WHO Technical Series Report 912. WHO, Geneva.

WHO (2000). Normes recommandées par l'OMS pour la Surveillance. WHO/CDS/CSR/ISR/99.2. Deuxième édition -
juin 2000

557
Schistosomiase (Bilharziose)
Présentation

 La Schistosomiase est une maladie parasitaire causée par des vers appelés schistosomes qui vivent dans
les veines autour de la vessie ou de l’intestin. Il existe deux grands types : la bilharziose urinaire et la
bilharziose intestinales.

 Le cycle de la contamination est simple : l’individu infecté contamine l’eau douce avec les urines ou les
selles, dans l’eau les œufs éclosent et libèrent des miracidiums qui pénètrent chez les mollusques
vecteurs lesquels à leur tour émettent des cercaires qui infecteront plus tard les individus en contact avec
l’eau.

 Les conséquences chez l’enfant sont: retard de croissance, baisse du développement intellectuel, anémie,
augmentation du risque d’infection par d’autres germes.

 Facteurs de risque : C’est une maladie liée aux différents comportements de vie par exemple la baignade
ou la lessive dans les rivières, lacs, etc., la pêche dans les eaux douces et la culture dans les zones
marécageuses.

 Il est possible de prévenir cette infection par l’utilisation systématiquement des latrines respectant les
normes d’hygiène ; éviter de marcher pieds nus et porter des gants et des bottes dans les zones
marécageuses ; traiter les personnes infectée

But de la surveillance

 Eviter l’extension de la maladie dans les zones à risque.

 Fournir une cartographie des différentes zones permettant de prendre des mesures de lutte appropriées.

 Identifier les populations et les zones à risque de bilharziose

 Suivre l’impact des mesures de lutte.

 Soutenir la recherche opérationnelle et l’innovation.

Définition standard de cas

Schistomiase intestinale

Cas suspect : Toute personne ayant du sang dans les urines AVEC OU SANS difficulté à uriner (dysurie) ou
douleurs abdominales

Cas confirmé : cas suspect avec présence des œufs de schistosome dans les selles

Schistomiase urinaire

Cas suspect : toute personne présentant des douleurs abdominales avec présence de sang dans les urines

Cas confirmé : cas suspect avec présence des œufs de schistosome dans les urines

Répondre au seuil d’alerte

558
Schistosomiase (Bilharziose)

S’il y a un seul cas ou groupe de cas suspect ou probables

 Prélever des échantillons de selles pour confirmation en laboratoire.

 Etablir le diagnostic et prodiguer au(x) patient(s) un traitement

 Renforcer la surveillance en vue d’éviter l’extension de la transmission.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Outre la réponse au seuil d’alerte, si un seul cas est confirmé :

 Initier une enquête dans les zones de vie et aux alentours du cas confirmé.

 Faire un déparasitage systématique des enfants d’âge scolaire et des populations à risques au cas où la
prévalence est supérieure à 10%.

 Promouvoir l’hygiène et l’assainissement dans les dites zones et y initier la mobilisation sociale.

Analyser et interpréter les données

Temps : Faire la courbe mensuelle des différents cas. Tracer une courbe épidémique (pour suivre l’évolution
mensuelle).

Lieu : Cartographier précisément les lieux d’habitation et de travail des cas.

Caractéristiques individuelles : Transmettre immédiatement les informations relatives aux cas. Evaluer les
facteurs de risque pour améliorer la prévention.

Confirmation en laboratoire

Prélèvements Prélèvement de selles

Quand réaliser les prélèvements Dès l’apparition des premiers symptômes

Comment préparer, conserver Recueillir une quantité de selles correspondant à 3 carreaux de sucre
et transporter les prélèvements minimum

Transporter les échantillons de selles en utilisant l’emballage approprié (un


pot à selles propre) pour éviter leur contamination.

Résultats Le laboratoire devra rendre les résultats quelques heures suivant la réception
de l’échantillon.

559
Schistosomiase (Bilharziose)
Références

Katz, N., Chaves, A., Pelligrino, J., 1972. A simple device for quantitative stool thick-smear technique in
schistosomiasis mansoni. Rev. Inst. Med. Trop. Sao Paulo 14, 397–400.

World Health Organization, 1991. Basic Laboratory Methods in Medical Parasitology. World Health Organization,
Geneva.

World Health Organization, 2002. Prevention and Control of Schistosomiasis and Soil-transmitted Helminthiasis.
WHO Technical Series Report 912. WHO, Geneva.

WHO (2000). Normes recommandées par l'OMS pour la Surveillance. WHO/CDS/CSR/ISR/99.2. Deuxième édition -
juin 2000

560
Morsure de serpent et autres envenimations
Présentation
 Les morsures de serpents constituent un problème de Santé Publique négligé dans de nombreux
pays des régions tropicales et subtropicales. Chaque année, il se produit 5,4 millions de morsures de
serpents entraînant de 1,8 à 2,7 millions de cas d’envenimement (intoxication par une morsure de
serpent). On compte entre 81 410 et 137 880 décès et environ 3 fois plus d’amputations et
d’incapacités définitives chaque année.
 La plupart des cas surviennent en Afrique, en Asie et en Amérique latine. En Asie, jusqu’à 2 millions
de personnes sont mordues par des serpents venimeux chaque année tandis qu’en Afrique, on
estime entre 435 000 et 580 000 le nombre de morsures nécessitant un traitement.
 En 2015, le Cameroun a commencé à notifier hebdomadairement les cas de morsure de serpent dans
les FOSA . En 2018, la Société camerounaise d'épidémiologie a signalé plus de 3 000 victimes
annuelles de morsures de serpent et un taux de létalité de 2,5 %. Cependant, cette estimation est
basée sur des données fournies par les hôpitaux, excluant les victimes qui ne pouvaient pas consulter
ou qui sont mortes avant d'atteindre un établissement de santé.
 Les femmes, les enfants et les agriculteurs dans les communautés rurales pauvres sont le plus
souvent victimes d’une envenimation.
 Au Cameroun, 150 espèces de serpents ont été identifiées, dont plus de 20 % sont potentiellement
dangereuses pour l'homme. La partie septentrionale du pays abrite de vipères des tapis (Echis
ocellatus), une espèce mortelle. Le climat équatorial humide du centre du Cameroun abrite
différentes vipères cytotoxiques et hémotoxiques (Bitis gabonica, Bitis nasicornis et Atheris
squamigera), dont les venins induisent une destruction tissulaire locale pouvant conduire à la
nécrose et à l'amputation, ou rendent le sang non-coagulable, entraînant un choc hémorragique. Les
élapidés endémiques de cette partie du pays sont des cobras et des mambas neurotoxiques (par
exemple Naja melanoleuca et Dendroaspis jamesoni), dont les venins provoquent une paralysie
flasque des nerfs crâniens, s'étendant rapidement vers les muscles respiratoires. Les élapidés
comprennent également des cobras non-neurotoxiques, cytotoxiques et cracheurs (par exemple
Naja nigricollis). Les serpents qui provoquent des symptômes cytotoxiques plus modérés et locaux
comprennent les aspics fouisseurs (Atractaspis spp), certains colubridae (Crotaphopeltis spp) et les
petites vipères (Causus spp.).
 Les morsures de serpents venimeux provoquent des urgences médicales. Elles peuvent entraîner des
paralysies sévères susceptibles de bloquer la respiration, des troubles sanguins pouvant aboutir à
des hémorragies fatales, des insuffisances rénales irréversibles et des destructions tissulaires locales
sévères susceptibles de provoquer des incapacités définitives et l’amputation d’un membre. En
raison d'une masse corporelle plus faible, leurs conséquences sont plus sévères chez l’enfant que
chez l’adulte.
 Contrairement à ce qui se passe pour de nombreux autres états pathologiques graves, il existe un
traitement très efficace aux envenimations lié aux morsures de serpents. On peut éviter la plupart
des décès et des conséquences sérieuses en généralisant la disponibilité des sérums antivenimeux.
Des sérums de qualité sont le seul traitement efficace pour éviter ou supprimer la plupart des effets
toxiques des morsures de serpents. Ils sont inscrits dans la Liste modèle OMS des médicaments
essentiels et ils devraient faire partie du minimum de soins de santé primaires à prodiguer en cas de
morsure.

561
 La disponibilité et l'accessibilité de ces anti-venins, ainsi que la sensibilisation des communautés et
des personnels de santé aux méthodes de prévention primaire, sont les meilleurs moyens de limiter
les conséquences graves et les décès dus aux morsures de serpent.
 Après une morsure de serpent, suivez ces étapes :

- éloignez-vous immédiatement de la zone où la morsure s'est produite ;


- enlevez tout ce qui est serré autour de la partie du corps mordue pour éviter les dommages en
cas de gonflement ;
- rassurez la victime, car la plupart des morsures de serpent venimeux ne provoquent pas une
mort immédiate ;
- immobilisez complètement la personne et transportez-la dans une FOSA dès que possible ;
- appliquez une pression sur le site de la morsure à l'aide d'un tampon (cela peut être appropriée
dans certains cas) ;
- évitez les méthodes traditionnelles de premiers secours ou les médicaments à base de plantes ;
- administrez un antalgique en cas de douleur ;
- placez la personne en position latérale de sécurité ;
- surveillez attentivement les voies respiratoires et la respiration et soyez prêt à réanimer si
nécessaire.

But de la surveillance

 Réduire la morbidité et la mortalité liées aux morsure de serpent

 Fournir une cartographie des différentes zones à risque

 Identifier les populations les plus à risque de morsure de serpent.

 Suivre l’impact des mesures de lutte.

 Soutenir la recherche opérationnelle et l’innovation.

Définition standard de cas

Cas suspect : Toute personne ayant eu un contact direct avec un serpent (éventuellement capturé ou
photographié si possible) et qui présente des marques cutanées compatibles avec des traces de crochets ou
qui a subi une projection de venin
Cas confirmé : Tout cas suspect présentant l'un des syndromes suivants :

 cytotoxiques (œdème progressif…)


 neurotoxiques (déficit neurologique, hypersalivation, hypersudation, insuffisance respiratoire…)
 hémotoxiques (saignement spontané, trouble de la coagulation…).

562
Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas ou groupe de cas suspects

 Etablir le diagnostic clinique et prodiguer les soins au(x) patient(s)

 Renforcer la surveillance en vue d’éviter d’autres morsures.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Outre la réponse au seuil d’alerte, si un seul cas est confirmé :

 Initier une enquête dans les zones de vie et aux alentours du cas confirmé.

 Faire la sensibilisation des populations à risque

 Promouvoir l’hygiène et l’assainissement dans les dites zones

 Constituer un stock d’anti-venin au sein du DS

Analyser et interpréter les données

Temps : Faire la courbe mensuelle des différents cas (pour suivre l’évolution mensuelle).

Lieu : Cartographier précisément les lieux d’habitation et de travail des cas.

Caractéristiques individuelles : Transmettre immédiatement les informations relatives aux cas. Evaluer
les facteurs de risque pour améliorer la prévention.
Confirmation en laboratoire

Le diagnostic des envenimations liées aux morsures de serpents est essentiellement clinique.

Références

Morsure des serpents venimeux: faits majeurs. [Link]


sheets/detail/snakebite-envenoming

Morsures de serpent [Link]

Cameroon Society of Epidemiology (CaSE), C.M.o.P.H.a.C.S.o.E., bulletin epidemiologique regional de


l’Extrême-Nord. 2018

Gonwouo Nono Legrand, Lebreton Matthew, Chirio Laurent, Dzikouk G. Biogeographical distribution of snakes
in Cameroon: The case of venomous snakes (PDF Download Available). ResearchGate

Warrell David A. Guidelines for the management of snake-bites. WHO Library Cataloguing-in-Publication data;
2010

563
Leishmaniose
Présentation
 La leishmaniose humaine est une infection parasitaire a transmission vectorielle causée par
une infection du sang par un protozoaire intracellulaire du genre leishmania lorsqu'un être
humain est mordu par une mouche des sables (phlebotominae) infectee. Elle est considerée
comme l'une des principales maladies tropicales negligées avec 1 million nouveaux cas par an,
et on a signalé qu'elle était la troisième plus grave des MTN apres la maladie du sommeil et la
maladie de chagas).
 La leishmaniose humaine est endémique principalement dans les régions tropicales et
subtropicales, avec environ 94 % des nouveaux cas de leishmaniose viscerale survenant en
inde, au soudan, au Bresil, au Sud-soudan et en Ethiopie seulement, d'autres pays d'Afrique de
l'Est comme le Kenya connaissant des épidemies recurrentes.
 Cette maladie touche beacoup plus des personnes les plus pauvres de la planète et est associée
à la malnutrition, aux déplacements de population (refugiés, déplacés internes), aux mauvaises
conditions de logement, à un système immunitaire affaibli et au manque de ressources
financières.
 La leishmaniose est liée à des changements environnementaux tels que la déforestation, la
construction de barrages, les systèmes d'irrigation et l'urbanisation. Les animaux de compagnie
comme les chiens sont des vecteurs importants.
 La maladie peut se presenter cliniquement comme :
- la leishmaniose viscérale (lv), également appelée kala-azar, est mortelle si elle n'est pas
traitée dans plus de 95 % des cas. Elle se caractérise par des accès de fièvre irréguliers, une
perte de poids, une hypertrophie de la rate et du foie et une anémie. Elle reste l'une des
principales maladies parasitaires à potentiel épidémique et de mortalité.
- la leishmaniose cutanée (lc) est la forme la plus courante de leishmaniose et provoque des
lésions cutanées, principalement des ulcères, sur les parties exposées du corps, laissant des
cicatrices à vie et un handicap ou une stigmatisation grave. On estime qu'entre 600 000 et
1 million de nouveaux cas surviennent chaque année dans le monde.
- la leishmaniose mucocutanée entraîne une destruction partielle ou totale des muqueuses
du nez, de la bouche et de la gorge.

 la leishmaniose est une maladie traitable et curable, qui necessite un système


immunocompetent car les médicaments ne parviennent pas à éliminer le parasite de
l'organisme, d'ou le risque de rechute en cas d'immunosuppression. Tous les patients
diagnostiqués comme atteints de leishmaniose viscerale necessitent un traitement rapide et
complet.
 les principales stratégies de prévention sont les suivantes :
- un diagnostic précoce et un traitement rapide et efficace réduisent la prévalence de la
maladie et préviennent les handicaps et les décès.
- la lutte contre les vecteurs contribue à réduire ou à interrompre la transmission des
maladies en diminuant le nombre de phlébotomes. Les méthodes de lutte comprennent la
pulvérisation d'insecticide, l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide, la
gestion de l'environnement et la protection individuelle.
- une surveillance efficace de la maladie est importante pour suivre et agir rapidement
pendant les épidémies et les situations où le taux de létalité des cas traités est élevé.

564
- la lutte contre les hôtes réservoirs animaux est complexe et doit être adaptée à la situation
locale.
- mobilisation sociale et renforcement des partenariats - la mobilisation et l'éducation de la
communauté au moyen d'interventions efficaces visant à modifier les comportements
doivent toujours être adaptées au niveau local.
But de la surveillance

▪ Augmenter le pourcentage de cas confirmés par des méthodes de laboratoire.


▪ Fournir une cartographie des différentes zones à risque
▪ Faire une recherche active des cas dans les zones d’endémie, au moyen d’enquêtes de
population et de dépistage sérologique.
▪ Surveiller les zones indemnes de leishmaniose en effectuant un dépistage chez les humains et
les chiens.
Définition standard de cas

Une hospitalisation ou une consultation médicale ambulatoire avec l'un des diagnostics déterminants
de la leishmaniose ;

ou

un dossier sur un évènement médical à signaler concernant la leishmaniose

Répondre au seuil d’alerte

S’il y a un seul cas ou groupe de cas suspects

 etablir le diagnostic clinique et prodiguer les soins au(x) patient(s) ;

 renforcer la surveillance pour eviter un outbreak.

Répondre au seuil épidémique ou d’intervention

Outre la réponse au seuil d’alerte, si un seul cas est confirmé :

 initier une enquête dans les milieux de vie et aux alentours (humains et animaux domestiques
surtout les chiens) du cas confirmé ;

 faire la sensibilisation de la population;

 promouvoir l’hygiène et l’assainissement dans les dites zones ;

 renforcer la capacité de laboratoires au niveau du district pour la confirmation rapide de cas


suspects.

Analyser et interpréter les données

Temps : Faire la courbe mensuelle des différents cas (pour suivre l’évolution mensuelle).

Lieu : Cartographier précisément les lieux d’habitation.

Caractéristiques individuelles : Transmettre immédiatement les informations relatives aux cas.


Evaluer les facteurs de risque pour améliorer la prévention.

Confirmation en laboratoire
565
Le diagnostic de laboratoire se fait par l'identification des amastigotes dans les lésions sur les films
colorés au Giemsa sous le microscope.
Les échantillons sont ensuite collectés et isolés pour la confirmation moléculaire par PCR
Références
1. WHO | Epidemiological situation (2019). Available at:
[Link] (Accessed: 6 December 2019).
2. WHO Leishmaniasis Fact Sheets(2020). Available at:
[Link]
3. Tabbabi, A. (2019) ‘Review of leishmaniasis in the middle east and North
Africa’, African Health Sciences. Makerere University, Medical School, 19(1),
pp. 1329–1337. doi: 10.4314/ahs.v19i1.4.

566
Annexes à la Section 11

Les annexes donnent des exemples de formulaires spécifiques pour les différents programmes. Certains
servent à documenter les résultats initiaux tandis que les autres sont conçus pour les investigations en
profondeur. Se référer aux programmes de surveillance du pays pour obtenir les formulaires appropriés.

ANNEXE 11A Manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI) – Formulaire d’investigation


ANNEXE 11B Paralysie flasque aiguë – Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11C Choléra - Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11D Dracunculose – Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11E Décès maternel - Formulaire de notification
ANNEXE 11F Décès périnatal - Formulaire de notification
ANNEXE 11G Rougeole – Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11H Méningite et arbre décisionnel pour le choix du vaccin dans une campagne de vaccination
réactive - Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11I Tétanos néonatal – Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11J Maladies respiratoires (y compris la grippe) - Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11K Tuberculose (MDR et XDR) - Formulaire individuel de notification
ANNEXE 11L Fièvre hémorragique virale – Formulaire individuel de notification
ANNEXE 11 M Hépatite virale aiguë ou chronique - Formulaire individuel d’investigation
ANNEXE 11N Liste descriptive d’une épidémie pour la SIMR
ANNEXE 11O Formulaires de listing des contacts
ANNEXE 11P Signaux communautaire – Carnet de bord
ANNEXE 11Q Surveillance fondée sur les évènements – Registre des signaux

567
ANNEXE 11A Manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI) – Formulaire d’investigation

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix – Travail – Patrie Peace – Work - Fatherland
---------- -------------------
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
---------- ------------------

FICHE D’INVESTIGATION MAPI


(Uniquement en cas de MAPI graves  Décès / Incapacité permanente / Hospitalisation / Grappe)
(dans une grappe utiliser une fiche pour chaque cas)
Section A - Informations de base
Code d’identification du cas
Date de l’investigation : __ __ / __ __ / __ __ __ __
Nom du responsable de l’investigation :
Date de finalisation de cette fiche : __ __ / __ __ / __ __
Titre/Fonction :
N° de téléphone fixe : +237 __ __ __ __ __ __ __ __
e-mail:
N° de portable:
Nom du patient
Date de naissance (JJ/MM/AAAA) : __ __ / __ __ / __ __ Sexe:  M  F
OU Age au moment du déclenchement (JJ/MM/AAAA) : __ __ / __ __ / __ __ OU Tranche d’âge :  < 1 an  15 ans  >5 ans
Adresse complète et précise du patient (ou d’un voisin populaire) :

Nom du
Dose
vaccin/diluant Heure de Date de péremption
Date de vaccination (ex. 1ere, 2Dme, N° de lot
administrés au vaccination
etc.)
patient
Vaccin Vaccin
Diluant Diluant
Vaccin Vaccin
Diluant Diluant
Vaccin Vaccin
Diluant Diluant
Vaccin Vaccin
Diluant Diluant
Vaccin Vaccin
Diluant Diluant
Adresse du Lieu de vaccination :
 Public  Privé  Campagne de masse  Stratégie avancée/ mobile  Autre (préciser) _________

Date du premier symptôme (JJ/MM/AAAA) : __ __ / __ __ / __ __ Heure du 1er symptôme (hh/mm) : __ / __


Date d’hospitalisation (JJ/MM/AAAA) : __ __ / __ __ / __ __
Date de la première notification à l’autorité sanitaire (JJ/MM/AAAA) : __ __ / __ __ / __ __

568
Statut à la date de l’investigation (): Décès  Incapacité  En voie de guérison  Guérison complète  Inconnu

En cas de décès, date et heure du décès (JJ/MM/AAAA) : __ __ / __ __ / __ __ __ __ (hh/mm) : __ __ / __ __


Autopsie réalisée ? ()  Oui (date)_______________  Non  Prévue le (date)_____________ heure__________
Joindre le rapport (le cas échéant)

569
Section B – Informations sur le patient avant la vaccination
Paramètre Résultat Si oui, préciser
Antécédents d’évènement similaire en dehors de vaccination Oui Non Inc
Manifestations indésirables après une vaccination antérieure Oui Non Inc
Antécédent d’allergie à un vaccin, à un médicament ou à un aliment Oui Non Inc
Maladie préexistante (30 jours) / pathologie congénitale Oui Non Inc
Antécédents d’hospitalisation au cours des 30 derniers jours
Oui Non Inc
(indiquez le motif)
Patient actuellement sous traitement ? (Si oui, nom du médicament
Oui Non Inc
indication, schéma thérapeutique & dates de traitement)
Antécédents familiaux d’une maladie ou d’une allergie (en rapport
Oui Non Inc
avec la MAPI)
Si femme en âge de procréer :
 Actuellement enceinte ?  Oui (semaines) ______________________  Non  Inconnu
 Actuellement allaitante ?  Oui  Non
Dans le cas de nourrissons
Naissance :  à terme  avant terme  après terme Poids à la naissance: ___________g
Accouchement :  Normal  Césarienne  Assisté (forceps, aspiration…)  avec complications ______________________

Section C - Détails du premier examen** du cas de MAPI grave


Source d’information :  Examen par l’investigateur  Documents  Autre__________________________
 Autopsie verbale (préciser la source) _____________________________________________________________________________
Nom de la personne qui a examiné/traité le patient en premier : ____________________________________________________________
Nom des autres personnes ayant traité le patient : ______________________________________________________________________
Autres sources ayant fourni des informations (préciser): _________________________________________________________________
Histoire de la maladie (être précis sur la chronologie des signes et symptômes) :

Nom et coordonnées de la personne ayant rempli ce formulaire avec les Fonction: Date/heure
données cliniques détaillées:

Si le patient a bénéficié d’une prise en charge médicale  joindre les copies de tous les documents ((y compris la fiche de notification de
cas, le dossier d’hôpital avec les résultats des examens cliniques, biologiques et d’imagerie, les carnets de santé et ordonnances délivrés
dans tous les centres de santé où est passé le patient et le rapport d’autopsie le cas échéant)) et écrire ici uniquement les informations qui
ne sont pas disponibles dans lesdits documents
Si le patient n’a pas bénéficié d’une prise en charge médicale – renseigner les antécédents, examiner le patient et écrire vos
observations (ajouter des feuilles additionnelles si nécessaire)

570
Préciser sur la base les arguments positifs et négatifs,
Diagnostic présomptif :
Diagnostic final :
Section D - Informations détaillées sur les vaccins fournis sur site en rapport avec les MAPI le jour correspondant
Nombre de personnes Nom du
vaccinées pour chaque vaccin
antigène sur le site de
la séance de Nombres
vaccination. Joindre le de doses
registre le cas échéant
a) Nombre de personnes ayant reçu le vaccin provenant du flacon/de l’ampoule concerné
b) Nombre de personnes vaccinées avec le vaccin concerné pendant la même séance
c) Nombre de personnes vaccinées avec le vaccin concerné portant le même numéro de lot dans d’autres
lieux. Préciser les lieux : _____________
d) Quand le patient a-t-il été vacciné ?
 Pendant les premières vaccinations de la séance  Pendant les dernières vaccinations de la séance  Inconnu
Dans le cas de flacons multi doses, le vaccin a-t-il été administré
 Parmi les premières doses provenant du flacon ?  Parmi les dernières doses ?  inconnu
e) Y a-t-il eu une erreur de prescription ou une non-observance des expliquer
Oui Non
recommandations pour l’utilisation de ce vaccin?
f) Sur la base de votre investigation, pensez-vous que le vaccin (les Oui Non expliquer
composants) administré(s) aurai(en)t pu ne pas être stérile(s)? Non évaluable
g) Sur la base de votre investigation, pensez-vous que l’état physique du expliquer
Oui Non
vaccin (ex. coloration turbidité, présence de substances étrangères etc.)
Non évaluable
était anormal au moment de son administration?
h) Sur la base de votre investigation, pensez-vous qu’une erreur dans la expliquer
reconstitution/la préparation du vaccin a été commise par le vaccinateur Oui Non
(par exemple produit erroné, diluant erroné, mélange inapproprié, Non évaluable
remplissage de la seringue inapproprié etc.)?
i) Sur la base de votre investigation, pensez-vous qu’il y a eu une erreur dans expliquer
Oui Non
la manipulation du vaccin (par exemple rupture de la chaîne de froid
Non évaluable
pendant le transport, le stockage et/ou la séance de vaccination etc.)?
j) Sur la base de votre investigation, pensez-vous que le vaccin n’a pas été expliquer
Oui Non
administré correctement (par exemple dose incorrecte, site ou voie
Non évaluable
d’administration incorrecte, pratique d’injection incorrecte etc.)?
k) Ce cas fait-il partie d’une grappe ? Oui Non Inc
i. Si oui, combien d’autres cas ont été détectés dans la grappe ?
a. Tous les cas dans la grappe ont-ils reçu le vaccin du même flacon ? Oui Non Inc
b. Si non, nombre de flacons utilisés dans la grappe (saisir les informations séparément)

Section E - Pratiques de vaccination à l’(aux) endroit(s) où le vaccin concerné a été utilisé


(Remplir cette section en interrogeant et/ou en observant la façon de procéder)

571
Seringues et aiguilles utilisées:
 Des aiguilles autobloquantes sont-elles utilisées pour la vaccination ? Oui Non Inc
Si non, préciser le type de seringues utilisées:  Verre  Jetable  Jetable recyclées  Autre ___________________________
Reconstitution: (remplir uniquement si pertinent, sinon cocher SO (sans objet)
 Procédure de reconstitution Statut
Même seringue utilisée pour la reconstitution de plusieurs flacons du même vaccin ? Oui Non Inc
Même seringue utilisée pour la reconstitution de plusieurs flacons de différents vaccins ? Oui Non Inc
Seringues différentes pour la reconstitution de chaque flacon de vaccin ? Oui Non Inc
Seringues différentes pour la reconstitution à chaque vaccination ? Oui Non Inc
 Les vaccins et les diluants utilisés sont-ils les mêmes que ceux qui sont recommandés par le fabricant ? Oui Non Inc
Autres observations

Section F - Chaîne du froid et transport


(Remplir cette section en interrogeant et/ou en observant la façon de procéder)
Dernier point de stockage du vaccin:
 La température du réfrigérateur utilisé pour le stockage du vaccin est-elle surveillée ? Oui Non
o Si oui, un écart supérieur à 2-8°C a-t-il été constaté après que le vaccin y a été placé ? Oui Non
o Si oui, fournir séparément des données de surveillance
 La procédure correcte pour le stockage des vaccins, des diluants et des seringues a-t-elle été suivie? Oui Non Inc
 Y avait-il d’autres choses (autres que des vaccins et diluants du PEV) stockées dans le réfrigérateur ou
Oui Non Inc
le congélateur ?
 Y avait-il des vaccins reconstitués partiellement utilisés dans le réfrigérateur ? Oui Non Inc
 Y avait-il des vaccins inutilisables (périmés, avariés, sans étiquette, pastille de contrôle (PCV) au stade
Oui Non Inc
inutilisable, congelés) dans le réfrigérateur ?
 Des diluants inutilisables (périmés, avariés, différents de ceux préconisés par le fabricant, flacons fêlés,
Oui Non Inc
souillés) étaient-ils conservés ?
Autres observations

Transport des vaccins:


 Type de porte-vaccins utilisé ?
 Le porte-vaccin a-t-il été envoyé au site de vaccination le jour où a eu lieu la vaccination ? Oui Non Inc
 Le porte-vaccin a-t-il été renvoyé depuis le site de vaccination le jour où a eu lieu la vaccination ? Oui Non Inc
 Un emballage isotherme a-t-il été utilisé ? Oui Non Inc
Autres observations

Section G - Investigation auprès de la communauté


(Veuillez-vous rendre sur place et interroger les parents/autres)
Des événements similaires ont-ils été notifiés au même moment dans la même localité ? Oui Non Inconnu
Si oui, décrivez :

572
Si oui, combien d’évènements/d’épisodes ?

Parmi les personnes affectées, combien sont :


 Vaccinées : _____________________________ (préciser les antigènes et lieux de vaccination sur une feuille additionnelle)
 Non vaccinées : __________________________
 Inconnu : ________________________________

Autres commentaires :

Section H - Autres résultats/observations/commentaires

573
ANNEXE 11B Paralysie flasque aiguë – Formulaire individuel d’investigation

574
ANNEXE 11C Choléra – Fiche de notification individuelle

575
Partie B : Formulaire d’investigation d’une épidémie de choléra

576
577
578
ANNEXE 11D Dracunculose – Formulaire individuel d’investigation
[NOM DU PAYS] PROGRAMME D’ÉRADICATION DE LA DRACUNCULOSE

FORMULAIRE
No Epid :_ _ _-_ _ _ -_ _ _-_ _-_ ___ INDIVIDUEL D’INVESTIGATION
À remplir en trois exemplaires
PAYS-RÉGION-DISTRICT-ANNÉE-CAS
I. Informations sur la notification et l’investigation

Village
notificateur :___________________________Zone :_______________________District :_____________________________Régi
on : ________________________________

Date de notification : (jj/mm/aaaa)___/___/______ Notifié par :_____________________Fonction :____________________


II. Informations sur le patient et son lieu de résidence

Nom :_________________________________ Nom du père/du logeur :_______________________________________

Âge :_________Sexe:___________Profession :________________Ethnie :___________

Adresse permanente : Village :_________________________________ Zone :______________________________

Sous-district :_________________________ District :________________________Région :______________________

Milieu : Urbain/Rural_________________________________Points de repère :______________________________________

III. Lieu de résidence durant les 10 à 14 derniers mois si différent de celui indiqué ci-dessus.

Village :_________________________________ Zone :_____________________Sous-district :___________________

District :________________________Région :______________________Pays :______________________

IV. Voyages effectués par le patient durant les 10 à 14 derniers mois

Date départ : Date arrivée : Village : Sous-district District :


Région :

__________ ___________ ___________________ _________________ ____________________ __________________

__________ ___________ ___________________ _________________ ____________________ __________________

__________ ___________ ___________________ _________________ ____________________ __________________

__________ ___________ ___________________ _________________ ____________________ __________________

Sources d’eau auxquelles le patient aurait pu se contaminer – donner des détails précis sur sa localisation et les indications GPS :

Nom Latitude Longitude Type Source Cocher en cas de


traitement

à l’abate et dater

V. Signes et symptômes

Quel a été le premier signe/le premier symptôme avant l’apparition du ver? Cloque/Démangeaison/Tuméfaction/Autres,
Préciser_______________

VI. Classification finale du cas

Classification finale :__________________ (1-cas local 2-cas importé 3- pas un cas lié au ver de Guinée)

Si la maladie n’est pas due au ver de Guinée, préciser le diagnostic


final :______________________________________________
579
S’il s’agit d’un cas IMPORTÉ, indiquer le type d’importation : LOCAL/INTERNATIONAL. S’il s’agit d’un cas importé.
No Epid :_ _ _-_ _ _ -_ _ _-_ _-_ _ _ _
À remplir en trois exemplaires
PAYS-RÉGION-DISTRICT-ANNÉE-CAS

VII. Mesures de confinement du cas et registre de la dracunculose

Le patient a-t-il reçu une éducation sanitaire : OUI/NON Le patient est-il entré dans une source d’eau : OUI/NON

Lieu de prise en charge : Pays/Domicile/Centre de soins/Hôpital

Nom de la structure de soins/Centres de soins/Autres centres si le patient a été hospitalisé :________________________________

Date d’admission : ___/____/______ ` Date de sortie : ___/____/______

[Link]. Localisation du ver Date de détection du ver Date d’apparition Date de confirmation Date d’expulsion Pansement
Extrait

du ver de Guinée par le superviseur : Complète du ver normal

_____ ________________ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______

_____ ________________ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______

_____ ________________ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______

_____ ________________ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______

_____ ________________ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______ ___/____/______

VIII. manipulation des échantillons

Un échantillon (de ver) a-t-il été pris et conservé dans de l’alcool? OUI/NON Si non,
pourquoi?_________________________________

Date d’envoi à la région :______________________ Reçu par : ______________________Date de réception


par :_______________________

Date d’envoi au niveau national : ____________________Reçu par : ______________________Date de réception


par :_______________________

Réservé à l’usage du Secrétariat national :

A-t-il été envoyé pour confirmation? Oui/Non Date d’envoi : ___________________________Envoyé


à :__________________________________

Date de réception des résultats____________________


IX. Autres informations

Utilisation d’un filtre en tissu : OUI/NON Fréquence de remplacement des filtres 1-rarement ; 2-parfois ; 3-
toujours ; 4-jamais

Remarques :____________________________________________________________________________________________________
Personne qui a rempli le présent formulaire :

________________________________ ______________ _____________ _________


NOM FONCTION No PORTABLE SIGNATURE

Responsable de la lutte contre la maladie ou de la surveillance : 580


ANNEXE 11E Décès maternel - Formulaires de notification

RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix-Travail-Patrie Peace-Work-Fatherland
------------ -------------
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
--------------- ------------
SECRETARIAT GENERAL SECRETARIAT GENERAL
------------ --------------
DIRECTION DE LA SANTE FAMILIALE DEPARTMENT OF FAMILY HEALTH

FICHE D’INVESTIGATION DES DECES MATERNELS


Région de : _______________ District de santé de : _____________ Aire de Santé de : _______________

Numéro d’Identification Unique du Cas ___ /____ /____ / _____ /______

INSTRUCTIONS :
1. Ce formulaire doit être rempli pour tout décès des femmes relatif à la grossesse, à l’accouchement et jusqu’à
42 jours après l’accouchement, y compris les Avortements et les grossesses extra-utérines.
2. Le formulaire doit être rempli en 3 exemplaires : Un exemplaire reste dans la FOSA (archive du service, comité
de revue et surveillance) et les autres exemplaires transmis au comité SDMPR du district de santé abritant la
FOSA et par voie hiérarchique (SSD, DRSP, DSF). Le directeur de la FOSA est chargé de ces envois sous forme
électronique et/ou papier (Hebdomadaire, lundi).
3. Ces formulaires sont confidentiels et anonymes.
SECTION 1 : IDENTIFICATION

1.1 Age
1.2 Résidence : Rurale Urbaine
1.3 Profession
1.4 Statut Matrimonial
1.5 Niveau d’instruction Non scolarisée Primaire Secondaire Tertiaire
1.6 Profession :
1.7 Profession de l’époux/partenaire :

SECTION 2 : DECES

2. 1 Lieu de Formation Type Publique


Sanitaire Confessionnelle Communauté
Survenance de Structure
Privée
Nom de la Formation Sanitaire :
2.2 Moment Pendant la grossesse Pendant
du Décès l’accouchement Post-partum
Après Avortement /GEU Nombre de jour après Après GEU
l’accouchement
2.3 Transfert Oui 2.4 Date et l’heure d’arrivé à l’hôpital

581
Non
2.5 Date et l’heure de Survenance
2.6 Si référée, provenance : _______________ durée et moyen de transport : __________________________________

2.7 Etat à Stable Critique Décédée


l’arrivée

Section 3 : Évolution de la grossesse et soins


3.1
Antécédents Toutes les Toutes les Nombre total des Décédés Mortinaissances Décès Avortements
Obstétricaux grossesses naissances naissances néonatales Spontané
(Gravida) (Parité) vivantes
Provoque
3.2 Type de grossesse Simple Gémellaire Triple ou plus
3.3 Nombre de 4 ou plus 3 2 Aucune
consultations prénatals 1 visite

3.4 Prophylaxie TPI 3+ TPI 2 TP Pas


antipaludique I1 reçu
3.5 Vaccination VAT 2+ VAT 1 Pas reçu Ne sait pas
antitétanique
3.6 Sérologie VIH séronégative séropositive Pas effectué Ne sait pas
3.6.1 Action en cas de séropositivité TARV (oui/non) si oui, spécifier Pas effectué
le protocole
3.7 Dépistage de la syphilis Négatif Positif Pas effectué Ne sait pas
3.8 Groupe Sanguine 3.9 Electrophorèse
Rhésus d’Hémoglobine
3.10 La patiente a-t-elle été malade pendant la Si oui, de quoi souffrait-elle ? ______________________
grossesse ? date ______________________________________________
3.11 Soufrait elle de Paludisme (Oui /Non) 3.12 Souffrait-elle d’hypertension (Oui /Non)
3.13 Souffrait-elle de diabète (Oui /Non) 3.14 Souffrait-elle d’anémie (Oui /Non)
3.15 Souffrait-elle d’une présentation anormale du 3.16 A-t-elle précédemment subi une
fœtus (Oui /Non) césarienne (Oui /Non) combien ?
Année(s) :

Section 4 : Accouchement, Puerperium et Renseignements néonatales

4.1 Lieu de l’accouchement FOSA Domicile Route Ne sait


pas
4.2 Qui a assisté la défunte Obstétricien Sage-Femme Autre,
pendant l’accouchement ? -Gynécologue Médecin préciser
Infirmier(e) Aides- Accoucheuse
Soignants traditionnelle
4.3 Combien de temps (heures) le travail a-t-il duré ?
4.4 Mode d’accouchement voie basse non Voie basse assistée Césarienne
assisté par ventouse/forceps
4.5 Début du travail Spontané Provoqué Césarienne avant le
début
4.6 Age gestationnel en semaines/mois au moment de l’accouchement ou du décès
si non-accouchée

582
4.7 Issue de la Enfant vivant Est-il toujours en vie ?
grossesse
Est-il décédé dans les 28 jours suivant sa naissance ?

Décédé après 28 jours de vie ?

Mort-né Avortement spontané Grossesse extra-


Provoqué utérine
4.8 La personne décédé a-t-elle été référée à Oui Non Ne sait pas
un quelconque centré de santé ou hôpital ?
4.8.1 Si oui, combien de temps cela a-t-il pris pour s’y rendre ? (heures)

Section 5 : PRISE EN CHARGE DE LA FEMME A L’ARRIVEE DANS LA FS D’ACCUEIL


5.1 Délai de la prise en Moins de 30 mn 30 à 60 mn 61 à 120 mn >120 min
charge à la FS
5.2 Soins reçus à l’arrivée dans la FS :
Antibiotiques injectables Anticonvulsivants injectables (Valium, Sulfate de magnésie)
Ocytocine en perfusion Misoprostol : Intra vaginal Intra rectal Oral
Curetage Extraction de produits retenus dans l’utérus (AMIU)
Oxygène Anesthésie générale, rachidienne, péridurale, locale
Hystérectomie Laparotomie
Aspiration manuelle intra-utérine Antipaludéens autres
Accouchement normal par voie basse Délivrance manuelle
Accouchement instrumental par voie basse Réanimation du Nouveau-né
Césarienne antihypertenseur
Prise en charge d’une maladie intercurrente (préciser) _________________________________
En cas d’accouchement
Utilisation du partogramme Oui Non
Pratique de la GATPA Oui Non
Surveillance du post-partum :
Pendant 2F en salle Oui Non
d’accouchement
Pendant 6h en suites de Oui Non
couches
Chirurgie indiquée Oui Non
Si non, Médicaments non Chirurgien/anesthésiste non disponible
disponibles
Bloc opératoire non disponible Bloc opératoire non fonctionnel
Transfusion sanguine Oui (effectué) Non
Non indiquée Sang requis non disponible
Autres soins à préciser : _____________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________
5.3 Cause du décès maternel

Eclampsie Hémorragie Infections


CIVD Dystocie mécanique Avortement compliqué
Paludisme VIH Anémie
Rupture utérine
Autres :
_________________________________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________

583
ANNEXE 11F Décès périnatal - Formulaire de notification des synthèses hebdomadaires

RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix-Travail-Patrie Peace-Work-Fatherland
------------ -------------
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
--------------- ------------
SECRETARIAT GENERAL SECRETARIAT GENERAL
------------ --------------
DIRECTION DE LA SANTE FAMILIALE DEPARTMENT OF FAMILY HEALTH

FORMULAIRE D’INVESTIGATION DES MORTINAISSANCES ET DES DECES PERINATALS


Région _______________ District_____________ Aire de Santé _______________

Numéro d’Identification Unique du Cas ___ /____ /____ / _____ /______

INSTRUCTIONS :
1. Ce formulaire doit être rempli pour tout décès des nouveau-nés de la naissance à 28Iours de vie.
2. A chaque décès périnatal l’équipe des soins se réunit dans les 48H pour analyser le cas et remplir le formulaire
3. Le formulaire doit être rempli en 2 exemplaires. Un exemplaire reste dans la FS (archive du service, comité de
revue et surveillance) et un autre exemplaire transmis par voie hiérarchique (SSD, DRSP, DSF). Le directeur de la
FOSA est chargé de ces envois sous forme électronique et/ou papier (Hebdomadaire, lundi).
4. Ces formulaires sont confidentiels et anonymes.
PREMIERE PARTIE :
A remplir par le major ou le chef d’équipe DU SERVICE DE NEONATOLOGIE OU DE PEDIATRIE de la formation sanitaire où est survenu
le décès du nouveau-né

SECTION 1 : DECES

2. 1 Lieu de Formation Type Publique


Survenance Sanitaire Confessionnelle Communauté
de Structure
Privée
Nom de la Formation Sanitaire :
2.2 Type de Décès Mortinaissance Premier 7 jours de vie Mortinaissance,
Ante-partum (décès néonatal précoce) moment inconnu
Mortinaissance 8èmeau 28ème jours de vie
Per-partum (décès néonatal tardif)
1.3 Date et l’heure du décès
1.4 Transfert Oui 1.4.1 Date et l’heure d’arrivé à l’hôpital :

Non

1.5 Si référée, provenance : _______________ durée de transfert___________________ moyen de transfert du nouveau-né :


___________

584
Accompagnant : Personnel soignant Famille Autre, préciser

1.6 Etat à l’arrivée Stable Critique Décédée

SECTION 2 : Évolution de la grossesse et soins


1.1 Age de la mère
1.2 Résidence de la mère : Rurale Urbaine
1.3 Profession de la mère
1.4 Statut Matrimonial de la mère
1.5 Niveau d’instruction de la Non scolarisée Primaire Secondaire Tertiaire
mère
1.6 Profession de la mère
1.7 Profession de l’époux/partenaire :

1.8
Antécédents Toutes les Toutes les Nombre total des Décédés Mortinaissances Décès Avortements
Obstétricaux grossesses naissances naissances néonatales Spontané
(Gravida) (Parité) vivantes
Provoque
1.9 Type de grossesse Simple Gémellaire Triple ou plus
1.10 Nombre de 4 ou plus 3 2 Aucune
consultations prénatals 1 visite

1.11 Prophylaxie TPI 3+ TPI 2 TPI 1 Pas


antipaludique reçu
1.12 Vaccination VAT 2+ VAT 1 Pas reçu Ne sait pas
antitétanique
1.13 Sérologie VIH séronégative séropositive Pas effectué Ne sait pas
1.13.1 Action en cas de séropositivité NVP TARV Pas effectué
1.14 Dépistage de la syphilis Négatif Positif Pas effectué Ne sait pas
1.15 Groupe Sanguine 3.9 Electrophorèse
Rhésus d’Hémoglobine
1.16 La mère a-t-elle été malade pendant la grossesse ? Si oui, de quoi souffrait-elle ? ______________________
______________________________________________
1.17 Soufrait elle de Paludisme (Oui /Non) 1.18 Souffrait-elle d’hypertension (Oui /Non)
1.19 Souffrait-elle de diabète (Oui /Non) 1.20 Souffrait-elle d’anémie (Oui /Non)
1.21 Souffrait-elle d’une présentation anormale du 1.22 A-t-elle précédemment subi une
fœtus (Oui /Non) césarienne (Oui /Non)

Section 3 : Travail et Naissance


3.1 Date des dernières règles : : Ne sait pas
3.2 Date de la naissance : :
3.2.1 Heure de la naissance
3.3 Age gestationnel (en semaines) Ne sait pas
3.3.1 Méthode de Date certaine des Date incertaine des dernières règles
détermination dernières règles
Echographie précoce Echographie tardive
3.4 Personnel présent à Sage- Infirmière Médecin Accoucheuse Perso
l’accouchement femme traditionnelle
nne
Ne sait pas

585
3.5 Début du travail Spontané Provoqué Césarienne Ne sait pas
avant le début
3.6 Bruits de cœur à l’admission Non Oui Ne sait pas
Fréquence
3.7 Utilisation d’un Non Oui Ne sait pas
partogramme
3.8 Mode d’accouchement Normal Normal assisté Césarienne Ne sait pas
3.9 Sexe de l’enfant Masculin Féminin
3.10 Poids de la naissance (g) ≥2500 g 1500 – 2499 g 1000 – 1499 g ˂ 1000 g
Faible poids Très faible Poids
poids extrêmement
faible
3.11 Taille de l’enfant (cm) ≥ 35 cm ˂ 35 cm

Section 4 : PRISE EN CHARGE DU NOUVEAU-NE A L’ARRIVEE DANS LA FOSA D’ACCUEIL

4.1 Délai de la prise en charge à la FS ˂ 30 min. 30 - 60 min. ˃60 min.

4.2 Le nouveau-né a-t-il respiré ou crié à la Oui Non


naissance ?

4.3 Score d’Apgar 1 min.= 5 min.= 10min


4.4 Réanimation Pas requise Masque et ballon
Pas pratiquée Autre, préciser ____
4.4.1 Lieu de la réanimation matériel utilisé
4.4.2 Durée de la réanimation(en minute) évolution
4.4.3 Qualification des personnels ayant réanimé
4.5 Soins reçus à l’arrivée dans la FS :
Prévention de Libération des voies aériennes Oxygénothérapie/ventilation
l’hypothermie
Anticonvulsivants Antibiotiques injectables Voie veineuse
injectables (phénobarbital,
diazépam)
4.6 Soins maternels kangourou pour les prématurés Oui Non Ne sait pas
et les faibles poids de naissance ?

4.7 Type d’alimentation Lait maternel Substitut de lait maternel Autres

4.8 Mise en place d’une sonde oro gastrique ou Oui N


nasogastrique o
4.9 Soins du cordon ombilical Non 4.10 Non
Oui Photothérapie Oui

A-t-on appliqué des produits Oui Non Si oui, préciser le nom du produit
sur le cordon ?
4.11 Exsanguino-transfusion Oui Non 4.12Transfusion Indiquée Oui
sanguine Non
Effectuée Oui
Non
Si non effectuée, raisons :

4.13 Prise en charge d’une maladie intercurrente (préciser) :

586
4.14 Visite post-natale connue ? Oui n
o
n
4.15 Visite post-natale effectuée (date) Oui
Non
4.16 Affection Chirurgicale néonatale indiquée? Oui Non
4.16.1 Délai du diagnostic Naissance Nombre de jour de vie
??
4.16.2 Opération réalisée ? Oui N Si non pourquoi ?

Non Bloc opératoire non fonctionnel


Moyens financiers
4.17 Malformation reconnaissable à la naissance ? Oui Non
Si oui, préciser la malformation ou l’organe atteint
Autres affections ?
_____________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________

Autres soins à préciser : _____________________________________________________________________________


_________________________________________________________________________________________________
_________________________________________________________________________________________________
4.18 Cause de décès
1- Complications de la prématurité
2-Infections septicémie pneumonie méningite Autre, préciser le cas
néonatales, etc. échéant

diarrhée tétanos syphilis

3- Faible poids de naissance


4- Asphyxie périnatale et néonatale
5- Affection congénitales (type ou organe)
6- Urgence chirurgicale néonatale
7- Infections nosocomiales
8- Autres :

NB : Annexer les copies du Partogramme et fiches de surveillance

ANNEXE 11G Rougeole – Formulaire individuel d’investigation

587
Ministère de la Santé Publique OMS Centre Pasteur du Cameroun

FORMULAIRE DE NOTIFICATION DES CAS DE ROUGEOLE


NOTIFICATION OBLIGATOIRE
Prière de remplir toutes les cases

Utilisation
officielle _________ _________ _________ ________ ________ Reçu le
seulement N0. EPID pays Région District Santé Année Nbre cas ___________
IDENTIFICATION
District de Santé : ______________________ Région : ________________ Nom de la Formation
Sanitaire la plus
proche________
Village/Quartier __________________ Ville : ________________ Urbaine / Rurale
1 = Urbaine
2 = Rurale
Nom du patient : _______________________________ Nom du Père / Mère ____________________________________
Adresse du patient____________________________________________________________________
Date de naissance du patient : _____/_____/______ Age : ________________ Sexe M/F

NOTIFICATION
Date cas vu à la formation
Sanitaire Date de la
_______/______/___________ notification au District ______/_____/_______

HISTORIQUE DE LA MALADIE
Date de début Evolution du malade Nbre de dose
De l’éruption (rash) ___/_____/______ 1 = Oui, décédé valide du vaccin ______/______/____
2 = Non, vivant antirougeoleux Date de la dernière vaccination
9 = Inconnu antirougeoleuse
Quelles sont les trois (03) dernières structures sanitaires ou tradipraticiens visités par le malade (nom et localisation)?
1 : ………………………………………………………; 2 :………………………..……………………….; 3 :…………………………………………………

ECHANTILLON DE SANG (PLASMA)

Date de prélèvement _____/____/____ Date d’expédition du prélèvement _______/_______/________


Vers le labo

Date de réception au labo _____/____/____ Date de réception des ______/______/_____


CPC Résultats au PEV

Résultats de IgM Résultat de IgM Autres résultats


1 = Positif 1 = Positif
Indirect de Rougeole 2 = Négatif Rubéole 2 = Négatif _______________
3 = Indéterminé 3 = Indéterminé

CLASSIFICATION 1 = Cas confirmé par labo ou lien épidémiologique avec un autre cas confirmé
FINALE DU CAS 2 = Clinique (compatible/suspect). Test de labo non réalisés
3 = Exclu

Date d’expédition des résultats du labo


Au clinicien/district qui a envoyé le sang _______/_______/_______

INVESTIGATION DANS LA COMMUNAUTE


Source de l’infection identifiée : 1 = Oui
2 = Non

Si le test de confirmation IgM de rougeole positif 1 = Oui


Investigation communautaire faite ? 2 = Non

Si oui, décrire le résultat de l’investigation : __________________________________________________________

INFORMATION SUR LA PERSONNE QUI A NOTIFIE


Nom ______________________________________Titre ____________________________________

Unité : ______________________________Adresse ___________________________Tél : __________________


588
Cas Détecté en premier par : Personnel de santé ; Tradipraticien /Lieu de Prière; Relais communautaire ;
Autres :…………………..
589
ANNEXE 11H Méningite bactérienne - formulaire individuel d’investigation et arbre décisionnel

Méningite bactérienne - Formulaire individuel d’investigation


MINISTÈRE DE LA SANTÉ Nom du pays
I CAS GÉNÉRIQUE-FORMULAIRE DE NOTIFICATION
Formation sanitaire : _______________________ Aire de santé :________________________________District de
santé : ___________________ Région : __________________

□ Choléra □ Maladie 2 ...... □ Méningite □ Autre (veuillez préciser) :_______________

NUMÉRO EPID : / _ _ _ / _ _ _ / _ _ _ / _ _ / _ _ _ / _ _ _ _ /
(À remplir au niveau du district) Pays Région District de santé Année Maladie
o
N de cas.
IDENTIFICATION DU PATIENT
Nom du patient : ___________________________ Prénom(s) du patient : ______________________________

Date de naissance : ____/____/______


ou âge en années : ____ ou âge en mois (si <12 mois) ____ ou âge en jours (si<1 mois) ____

Sexe : □ Féminin □ Masculin Profession (saisir enfant si <5 ans) : __________________________________________


Lieu de résidence du patient
District de santé de résidence : ______________ Ville/Village : ______________ Quartier/Zone : _________ □ Urbaine
/ □ Rurale
Nom du père/de la mère/du responsable légal : _______________________No téléphone du père ou du responsable
légal _____________

Date de la consultation : _____ / ____ / _____ Date de début des symptômes : ____ / ____ / _____
□ hospitalisé/en observation □ Ambulatoire
Issue : □ Guéri □ Décédé □ Sous traitement □ Inconnue
PATIENT VACCINÉ : □ OUI □ NON □ INCONNU
S’il ne s’agit pas d’un cas de méningite :

Type de vaccin : _______________ Nombre de doses : ____ □ Date du dernier vaccin inconnue : ___ / ___ / ____
Si cas présumé de méningite, vaccins reçus : Source des informations relatives à la vaccination :
MenAC □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
MenACW □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
MenACWY □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
Conjugué A □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
PCV13- 1 □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
PCV13- 2 □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue

590
PCV13-3 □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
Hib 1 □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
Hib 2 □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
Hib 3 □ Oui, Date : ____ / ____ / ______ □ Non □ □ carnet □ registre de vaccination □ verbale □
Inconnu Inconnue
ÉCHANTILLONS PRÉLEVÉS : □ OUI □ NON (Note : SI LA RÉPONSE EST NON, remplir le formulaire et l’envoyer au CISSE
du district)
SI LA RÉPONSE EST NON : Pourquoi : □ Absence de kit □ État du patient □ Autre : ____________________

SI LA RÉPONSE EST OUI :


Date du prélèvement de l’échantillon : ____/ ____/ ______ Heure du prélèvement : / __/__/ HH__/ __/ Min
Source de l’échantillon : □ Selles □ Sang □ LCR □ Autre : ______________________________________
Aspect de l’échantillon : Liquide céphalorachidien (LCR) : □ Clair □ Trouble □ Hématique □ Xanthochromique □
Citrine □ Opaque □ Purulent
Selles : □ Aqueuses □ Glaireuses □ Glairo-sanglantes □ Sanglantes

Date et heure de l’inoculation dans le milieu de transport : le___/ ____/ ______ à /__/__/HH __/__/ Min
Échantillon(s) envoyé(s) au laboratoire : □ Oui □ Non Si la réponse est non, pourquoi?
__________________________________
Conditionnement : □ Tube sec □ Trans-Isolate □ Cryotube □ Cary blair □ Autre : ____________________________
TDR pratiqué : □ Choléra □ Méningite □ Autre (veuillez préciser) : _________________ Résultats :
___________________

Date d’envoi de l’échantillon au laboratoire : ____/ ____/ ______ Nom du laboratoire : ____________________

Date de notification au niveau supérieur : __/ __/ __ Personne ayant renseigné le formulaire : ___________________
Tél : _______

Date d’envoi du formulaire au District de santé : ____/ ____/ ______Date de réception du formulaire par le
District de santé: ____/ ____/ ______
Date d’envoi du formulaire à la Région : ____/ ____/ ______Date de réception du formulaire par la Région : __/
___/ ____
Date d’envoi du formulaire au niveau central : ____/ ____/ ______

LABORATOIRE : __________________________________________________
Date de réception : ____/ ____/ ____ Heure : ____/ H ____/ Min No. dans le registre du laboratoire :
___________________
Échantillon(s) reçu(s) : □ Tube sec □ Trans-Isolate □ Cryotube □ Cary blair □ Autre (veuillez préciser) :
___________________
Conditions de transport de l’échantillon/des échantillons : □ Adéquates □ Non adéquates
Aspect de l’échantillon : Liquide céphalorachidien (LCR) : □ Clair □ Trouble □ Hématique □ Xanthochromique □ Citrine
□ Opaque □ Purulent
Selles : □ Aqueuses □ Glaireuses □ Glairo-sanglantes □ Sanglantes
Type d’analyses réalisées : □ Cytologie □ État frais □ Gram □ Latex □ TDR □ Autre (veuillez préciser) : ______________
591
Cytologie : Leucocytes / ___/ ___/ ___/ ___/ ___/ mm3 PN / ___/ ___/% LYMPH / ___/ ___/%
Gram : □ DGP □DGN □BGP □ BGN □ Autres agents pathogènes □ Négatif
TDR pratiqué : □ Choléra □ Méningite □ Autre (veuillez préciser) : ____________ Résultats :
_______________________
Latex : □ NmA □ NmC □ NmW/Y □ NmB □ S. pneumoniae □ Hib □ Négatif
Autre analyse (veuillez en préciser le type et les résultats obtenus) :
_____________________________________________________________________
Date d’envoi des échantillons au laboratoire de référence : ____/ ____/ ______
LABORATOIRE RÉGIONAL DE : ____________________________________________________
Date de réception : ____/ ____/ ____ Heure : ____/ H ____/ Min No. dans le registre du laboratoire :
__________________
Échantillon(s) reçu(s) : □ Tube sec □ Trans-Isolate □ Cryotube □ Cary blair □ Autre (veuillez préciser) :
_________________
Conditions de transport de l’échantillon/des échantillons : □ Adéquates □ Non adéquates
Aspect de l’échantillon : Liquide céphalorachidien (LCR) : □ Clair □ Trouble □ Hématique □ Xanthochromique □ Citrine
□ Opaque □ Purulent
Selles : □ Aqueuses □ Glaireuses □ Glairo-sanglantes □ Sanglantes

Type d’analyses réalisées : □ Cytologie □ État frais □ Gram □ Latex □ TDR □ Autre (veuillez préciser) :
______________
Cytologie : Leucocytes / ___/ ___/ ___/ ___/ ___/ mm3 PN / ___/ ___/% LYMPH / ___/ ___/%
Gram : □ DGP □DGN □BGP □ BGN □ Autres agents pathogènes □ Négatif
TDR pratiqué : □ Choléra □ Méningite □ Autre (veuillez préciser) :____________ Résultats :
_______________________
Latex : □ NmA □ NmC □ NmW/Y □ NmB □ S. pneumoniae □ Hib □ Négatif
Culture : □ NmA □ NmC □ NmW □ NmB □ NmX □ Nm Indeterminé □ {ut11 }S. Pneumoniae
□ Hib □ H. influenzae Indeterminé □ StrepB □ Autres agents pathogènes (veuillez préciser) :
________________________
□ Contaminé □ Négatif
Autre analyse (veuillez en préciser le type et les résultats obtenus) :
_____________________________________________________________________

Antibiogramme : Ceftriaxone : □ Sensible □ Résistant □


Intermédiaire Non effectué
Pénicilline G : □ Sensible □ Résistant □ Intermédiaire □ Non effectué
Oxacilline : □ Sensible □ Résistant □ Intermédiaire □ Non effectué
Autre ______________: □ Sensible □ Résistant □ Intermédiaire □ Non effectué
Date d’envoi des échantillons au laboratoire de référence : ____/ ____/ ______
LABORATOIRE DE RÉFÉRENCE : ___________________________________________________
Date de réception : __/ ___/ ___ Heure : ___H ___ No. EPID sur le tube? □ OUI □ NON No. Dans le registre du
laboratoire : _______
Échantillon(s) reçu(s) : □ Tube sec □ Trans-Isolate □ Cryotube □ Cary blair □ Autre (veuillez préciser) :
___________________
Conditions de transport de l’échantillon/des échantillons : □ Adéquates □ Non adéquates

592
Aspect de l’échantillon : Liquide céphalorachidien (LCR) : □ Clair □ Trouble □ Hématique □ Xanthochromique □ Citrine
□ Opaque □ Purulent
Selles : □ Aqueuses □ Glaireuses □ Glairo-sanglantes □ Sanglantes
Type d’analyses réalisées : □ Cytologie □ État frais □ Gram □ Latex □ TDR/bandelette réactive □ Autre (veuillez
préciser) : ______________
Cytologie : Leucocytes / ___/ ___/ ___/ ___/ ___/ mm3 PN / ___/ ___/% LYMPH / ___/ ___/%
Gram : □ DGP □DGN □BGP □ BGN □ Autres agents pathogènes □ Négatif
Résultats du test de diagnostic rapide (TDR/bandelette réactive) : □ NmA □ NmC □ NmW □ NmY □ Négatif
Latex : □ NmA □ NmC □ NmW/Y □ NmB □ S. pneumoniae □ Hib □ Négatif
Culture : □ NmA □ NmC □ NmW □ NmB □ NmX □ Nm Indeterminé □ {ut11 }S. Pneumoniae
□ Hib □ H. influenzae Indeterminé □ StrepB □ Autres agents pathogènes (veuillez
préciser) :___________________
□ Contaminé □ Négatif
PCR : date de la PCR : ____/ ____/ ______ Type de PCR : □ En temps réel □ Conventionnelle
□ NmA □ NmC □ NmW □ NmY □ NmB □ NmX □ Nm Indeterminé □ S. pneumoniae
□ Hib □ H. influenzae Indeterminé □ StrepB □ Autres agents pathogènes (veuillez
préciser) :___________________
□ Contaminé □ Négatif
Sérotype : / ____/ ____/ Autre analyse (veuillez en préciser le type et les résultats obtenus) :
____________________________________________

Résultat de laboratoire final :


□ NmA □ NmC □ NmW □ NmY □ NmB □ NmX □ Nm Indeterminé □ S. pneumoniae
□ Hib □ H. influenzae Indeterminé □ StrepB □ Autres agents pathogènes (veuillez préciser) :
___________

Antibiogramme : Ceftriaxone : □ Sensible □ Résistant □


Intermédiaire Non effectué
Pénicilline G : □ Sensible □ Résistant □ Intermédiaire □ Non effectué
Oxacilline : □ Sensible □ Résistant □ Intermédiaire □ Non effectué
Autre ______________: □ Sensible □ Résistant □ Intermédiaire □ Non effectué
Observations :
_____________________________________________________________________________________
Date d’envoi des résultats au département chargé de la surveillance au ministère de la Santé : ___/ ____/ ____

593
Arbre décisionnel pour le choix du vaccin antiméningococcique dans une campagne de vaccination réactive

594
ANNEXE 11I Tétanos néonatal – Formulaire individuel d’investigation

595
Ministère de la Santé Publique OMS Centre Pasteur du Cameroun

FORMULAIRE D’ENQUETE DES CAS DE TETANOS NEONATAL


NOTIFICATION OBLIGATOIRE. PRIERE DE REMPLIR CETTE FICHE POUR CHAQUE CAS

A REMPLIR AU Numéro
NIVEAU CENTRAL EPID __________ _____________ __________ ________ _______ Reçu le ________/ ________/_____
Pays Province District Année Début N° cas

IDENTIFICATION
Nom de la formation
District : _________________ Province : _________________________ Sanitaire la plus proche : __________________________
Adresse : ______________________ Village : ______________________________________ Ville : _____________________________________
Nom(s) du malade : ___________________________________________Mère : ____________________________________________________

Sexe : M = masculin
F = féminin Père : _________________________________________
______________________________________________________________________________________________________________________
NOTIFICATION / ENQUETE
Cas notifié Date de Date de
Par : _____________________________ notification ____________________ l’enquête : _____________________________________

ANTECEDENTS VACCINAUX DE LA MERE


Mère vaccinée avec le VAT : 1=0
2=N Nombre Statut vaccinal 1=à jour
1=0 9=Inconnu de doses _____/______/_____ de la mère lors de 2=non à jour
Carte ? 2=N Date de la dernière dose l’accouchement 9=inconnu
9=Inc
NAISSANCE DE L’ENFANT
1=hôpital Cordon coupé avec une
Date de naissance :_____/______/______ Lieu de 2=centre de santé lame de rasoir stérile
Naissance 3=domicile, personne formée
4=domicile, personne non formée Cordon coupé avec tout
5=domicile, pas d’AT autre instrument
9=inconnu
la mère a-t-elle reçu des soins prénataux 1=O Pansement du cordon
2=N
9=Inconnu
Où ? ______________________________________ Nom de l’hôpital : ___________________________

Combien de visites ? Accouchement pratiqué Accouchement 1. ___________________


Par médecin/infirmier pratiqué par AT ? 2. ___________________
Sage-femme 1=0 2=N 9=Inconnu 1=0 2=N 9=Inc 3.____________________
Nom de AT/Sage-femme ________________________________________

ANTECEDENTS CLINIQUES Enfant normal à la 1=0 Raideur ? Enfant


Naissance 2=N décédé 1=0 2=n 9= Inc
9=Inc
Date de début Enfant a bien crié et têté 1=0 Spasmes ou
De symptômes _____/____/_____ les 2 premiers jours 2=N convulsions ?
9=Inc
Age au début de A-t-il stoppé de têter 1=0 Position Age au moment
La maladie (jours) ensuite ? 2=N opisthotonos du décès (jours)
9=Inc 1=0 2=N 3=Inc

Quelles sont les trois (03) dernières structures sanitaires ou tradipraticiens visités par le malade (nom et localisation)?
1 : ………………………………………………………; 2 :………………………..……………………….; 3 :…………………………………………………
TRAITEMENT Date d’admission ________/_______/_____
Hospitalisé 1=0 Numéro du dossier clinique : ________________ Hôpital (Adresse) : _________________________________
2=N
9=Inc
COMMENTAIRES
______________________________________________________________________________________________________________________
______________________________________________________________________________________________________________________

CLASSIFICATION FINALE DU CAS Tétanos Néonatal 1= O 2= N 9= Inconnu

ENQUETEUR
Nom : __________________________________________________________Titre ___________________________________________________
Unité : ____________________________Adresse : _______________________________Tél : __________________Signature________________
Cas Détecté en premier par : Personnel de santé ; Tradipraticien /Lieu de Prière; Relais communautaire ;
Autres :…………………..

REPONSE MISE EN ŒUVRE Date de réponse : ________/________/_________


La mère du cas de TN a-t-elle reçu une dose protective de 1=0 2=N 9=Inc
VAT durant les 3 mois suivant la déclaration du cas Détails de réponse : ____________________________
Activités supplémentaires de vaccination 1=0 2=N 9=Inc
Dans la localité où le cas est survenu 596
PRIERE D’ENVOYER UNE COPIE DU FORMULAIRE REMPLI IMMEDIATEMENT A __________________________________________________________________

SI VOUS DESIREZ AVOIR DES INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES, VEUILLEZ VOUS ADRESSER A ________________________________________________
INSTRUCTIONS POUR REMPLIR LE FORMULAIRE D’ENQUETE DE CAS DE TETANOS NEONATAL

Ces instructions sont données pour aider l’infirmier, le médecin au remplissage.

N° EPID : le remplissage est réservé au Niveau Central


IDENTIFICATION : remplissage fait par l’enquêteur
-
- District : marquer le nom du District de santé dans lequel réside le cas de TN
- Province : marquer le nom de province administrative
- Nom de la formation sanitaire la plus proche : marquer le nom de la formation sanitaire la plus proche du lieu de résidence du malade
- Nom du village/quartier : lieu de résidence du malade
- Adresse du malade : adresse du malade ou celle des parents permettant de le joindre dans la communauté (B.P., Téléphone, ou autres moyens)
- Village : nom de la ville où réside le malade.
- Nom de la ville : nom de la ville où réside le malade.
- Nom du Malade : marquer le nom et prénom du malade
- Mère : Nom de la mère du cas
- Sexe : marquer dans le carré M, si masculin, F si féminin
- Père : Marquer le nom du père du cas

NOTIFICATION/ENQUETE

- Cas notifie par :Nom de la personne qui a notifié le cas au service de santé de district.
- Date de Notification : date à laquelle le cas a été notifié au service de santé de district (jour, mois, année)
- Date de l’Enquête : date à laquelle le personnel de santé en charge du cas a investigué le cas.
ANTECEDENTS VACCINAUX DE LA MERE

- Mère vaccinée avec le VAT : Marquer le numéro correspondant.

- Nombre de doses : Marquer le nombre des doses VAT.

-Date de la dernière dose : Marquer la date à la quelle elle a reçu la dernière dose

-Statut vaccinal de la mère lors de l’accouchement :Marquer le numéro correspondant

NAISSANCE DE L’ENFANT :

Date de naissance : Marquer la date de naissance de l’enfant (jour, mois, année)

Lieu de naissance : Marquer le numéro correspondant

Cordon coupé avec une lame de rasoir stérile : Marquer un croix dans case correspondant

Cordon coupé avec tout d’autre instrument : Marquer un croix dans case correspondant

Pansement du cordon: Marquer un croix dans case correspondant

La mère a-t-elle reçu des soins prénataux : Marquer le numéro correspondant

Où : Marquer où la mère a reçu les soins prénataux .

Nom de l’hôpital : Marquer le nom de l’hôpital

Combien de visite : Marquer combien des visites prénataux

Accouchement pratiqué par médecin/infirmier/sage femme : Marquer le numéro correspondant

Accouchement pratiqué par AT :Marquer le numéro correspondant

Nom de AT /sage femme : Marquer le nom

ANTECEDENTS CLINIQUES

Date de début de symptoms : Marquer la date (jour, mois, année)

Age au début de la maladie (jours) :Marquer l’age de l’enfant au début de la maladie

597
Enfant normal à la Naissance : Marquer le numéro correspondant

Enfant a bien crié et tété les 2 premiers jours : Marquer le numéro correspondant

A-il- stoppé de téter ensuite : Marquer le numéro correspondant

Raideur : Marquer le numéro correspondant

Spasmes ou convulsions ? Marquer le numéro correspondant

Position opisthotonos : Marquer le numéro correspondant

Enfant décédé : Marquer le numéro correspondant

Age au moment du décès (jours) Marquer l’age au moment du décès.

Enfant normal à la Naissance :

TRAITEMENT
Date d’admission : Marquer la date d’admission du cas (jour, mois, année)
Hospitalisé : Marquer le numéro correspondant
Numéro du dossier clinique : Marquer le numéro du dossier clinique
Hôpital/adresse : Marquer le nom et l’adresse de l’hôpital

COMMENTAIRES : Marquer quelques commentaires concernant le cas

CLASSIFICATION FINAL DU CAS : Marquer le numéro correspondant

ENQUETEUR :
Nom : Marquer le nom de l’enquêteur
Marquer le titre, unité, l’adresse et le numéro du téléphone de l’enquêteur.

ANNEXE 11 J Maladies respiratoires (y compris la grippe) - Formulaire de notification et d’investigation


de la COVID-19 au Cameroun

FORMULAIRE DE NOTIFICATION ET D’INVESTIGATION DES CAS DE « COVID-19 » AU CAMEROUN

EPI ID : CO-CMR-/__/__/__/-/__/__/__/- /__/__/__/__/__/ Date de remplissage : ___/____/20__/


Code Région (3) Code district (3) Numéro d’ordre (5)
Région : _________ District : __________________ Aire de santé : __________________ Lieu : ___________________________
1. Données socio-démographiques
Statut du cas : Vivant Décédé si décédé, date de décès /______/________/20______/
Nom et prénom du cas : _________________________________________________________________________
Sexe : M F Âge : ____ Années Mois Date de naissance : /______/_______/________/
Pays de résidence : ___________________ Ville : ____________________ Nationalité : _________________
Tél. : ______________________ Profession : ____________________ Professionnel de santé : Oui Non
2. Signes et symptômes
Asymptomatique Date de début des symptômes /______/_______/20_____/
Fièvre (t°≥38 °C) Oui Non NSP Éruption cutanée Oui Non NSP
Frissons Oui Non NSP Conjonctivite Oui Non NSP
Toux Oui Non NSP Essoufflement Oui Non NSP
Mal de gorge Oui Non NSP Douleurs musculaires Oui Non NSP
Écoulement nasal Oui Non NSP Difficultés à respirer Oui Non NSP
598
Vomissements Oui Non NSP Céphalées Oui Non NSP
Diarrhée Oui Non NSP Perte de saveur Oui Non NSP
Perte de l’odorat Oui Non NSP Fatigue intense Oui Non NSP
Autres, préciser __________________________________________
3. Comorbidités
Cancer Oui Non NSP VIH Oui Non NSP
Diabète Oui Non NSP Maladie cardiaque Oui Non NSP
HTA Oui Non NSP Insuffisance rénale Oui Non NSP
Obésité Oui Non NSP Drépanocytaire Oui Non NSP
Maladie pulmonaire chronique Oui Non NSP
Une aménorrhée/grossesse
Oui Non NSP si oui préciser le trimestre : _________________
(uniquement pour le sexe féminin)
Autres préciser : _____________________________
4. Antécédents
Avez-vous reçu le vaccin contre la COVID-19 ? Oui Non Si oui date de vaccination : _____/________/20_____
Nom du vaccin reçu :_________________________________ Nombre de doses reçu :_______
Avez-vous déjà été diagnostiqué positif COVID-19 ? Oui Non, Si oui avez-vous été déclaré guéri ? Oui Non
5. Examen
Nature du test : TDR Ag  TDR Ac  PCR
Type de prélèvement : Nasopharyngé Autres Date de prélèvement : _________/___________/___________
Indication du prélèvement : Volontaire Contrôle  Autres
Résultats : Présence de SARS Cov-Ag Absence SARS Cov-Ag Indéterminé
Conclusion : Positif Négatif Indéterminé
Manipulateur :___________________________________________________________________________
Téléphone du manipulateur : _______________________________________________________________

Noms de(s) l’investigateur(s) : ___________________________________________________________________


Numéro de téléphone : _________________________________________________________________________
Adresses email : ______________________________________________________________________________

599
600
FICHE DE LISTAGE DES CONTACTS D’UN CAS DE COVID-19 AU CAMEROUN

.
Date de remplissage Date de réception de la Fiche remplie par (nom et prénom) : Tél :
___/___/___ fiche ___/___/___ …………………………………………. ……………………….
Identification du cas
EPI ID : CO-CMR-/___/___/___/-/___/___/___/- . Statut du cas :  Probable  Confirmé  Décédé 
/___/___/___/___/___/ vivant
Code région (3) Code district (3) Numéro d’ordre Date du dernier contact ________/_________/_________
(5)

Identification des sujets contacts


Lien Village/Quartier Aire de District de Types de Circ
age sexe
No Nom Prénom Profession Téléphone avec le (avec santé de santé de de
(ans) (M/F)
cas précisions) résidence résidence contact*

601
10

11

12

13
Nom ______________________________________ Prénom ________________________________ Village/Quartier de
résidence du cas__________________________
AS de résidence du cas ___________________________ DS de résidence du cas __________________________ Région de
résidence du cas_____________________________

* Type de contact : 1 ayant eu un contact (rayon d’un mètre) avec un cas confirmé, 2 = habitant le même ménage, 3 = personnel ayant fourni les soins per
espace ouvert

** Circonstances de contact : 1=Maison/ ménage ; 2= Hôpital / soins de santé ; 3=Lieu de travail ; 4=Groupe de visite ; 5=Autre, précisez

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland
------------------ --------------------
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
------------------ ---------------------

Nom du traceur
Formulaire de suivi individuel des contacts Identifiant équipe
(à remplir par les traceurs)
Nom du superviseur

Identifiant cas source (EPI ID) : CO-CMR-/___/___/___/-/___/___/___/-/___/___/___/___/___/


Code région (3) Code district (3) Numéro d’ordre (5)

Quartier/village : …………………………….…………… Aire de santé : …………………………………… District :


…………………………………… Région : …………………………………………………………

Nom et téléphone chef du quartier/village : ……………………………….…………………………………………… Identifiant


contact : ……………………………………
Nom et prénom contact : …………………………………… Âge : ………………… Sexe : ………………… Téléphone :
…………………………………… Adresse : ……………………………………………..

Date de dernier contact avec le cas (JJ/mm/aaaa) : _____/ _____/ 2020

Date du premier jour de suivi (JJ/mm/aaaa) : _____/ _____/ 2020 Date prévisionnelle du dernier
jour de suivi (JJ/mm/aaaa) : _____/_____/ 2020
Jour de suivi 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Température
Toux

602
Asthénie
Difficultés respiratoires
Douleurs musculaires
Diarrhées
Céphalées
Maux de gorges
Yeux rouges
Écoulement nasal
Autres
Prélèvement (oui/non)
Statut du contact

Indications statut contact : x = vu 0 = non vu 1 = devenu suspect 2 = décédé D=


déplacé RS = refus de suivi R = recyclé
Indications symptômes à suivre : OUI = présence de signes NON = absence de signes

603
ANNEXE 11K Tuberculose (MDR et XDR) - Formulaire individuel de notification (EN plus de TB, IST, Hépatite, VIH)

Formulaire individuel de notification de cas de tuberculose multirésistante et ultrarésistante

Pays : Année :

Trimestre : Mois : Résultats des tests de sensibilité aux médicaments


(S=Sensible ; R=Résistant ; I=Intermédiaire ; U=Inconnu)

Identifia Sexe Âge Date Type de Site Type Statut Stat H R E Z S T A K C C O L M G G P E C PA Autre
nt du (F/ (en du Notificat TB de cas du ut h m m m f f f f f f t t s S (veuillez
cas M) ann Diagno ion (Pul de TB patien VIH x x x x x x o o préciser)
(année ées) stic (TB mon (Nouve t (Sous (posi
de (jj/mm/ MDR- aire au traite tif
détectio aaaa) * ou ou /Rechu ment /nég
n-code TB XDR- extra te /pas atif
du pays- **) Pulm /Après sous /Inc
numéro onair défaut traite onn
dans le e) /Après ment u)
registre échec /Incon
de la du 1er nu)
tubercul traite
ose) ment
/Après
échec
du re-
traite
ment
/Transf
éré à
/Autre
)

604
* TB multirésistante = résistance au moins à l’isoniazide et à la rifampicine
**TB ultrarésistante = TB MDR avec, en plus : résistance aux fluoroquinolones (par exemple Ciprofloxacine, Oxfloxacine, etc), et résistance à au moins
l’un des trois anti-TB injectables de seconde ligne (Capréomycine, Kanamycine et Amikacine).
Médicaments de première ligne : H = Isoniazide R = Rifampicine E = Ethambutol Z = Pyrazinamide S = Streptomycine Th =
Médicaments de seconde ligne : Am=Amikacine Km=Kanamycine Cm=Capréomycine Cfx=Ciprofloxacine Ofx=Ofloxacin Lfx=Levofloxacine
Thioacétazone
Mfx=Moxifloxacine Gfx=Gatifloxacine Pto=Protionamide Eto=Ethionamide Cs=Cyclosérine PAS=acide P-aminosalicylique

605
ANNEXE 11L Fièvre hémorragique virale – Formulaire individuel de notification (Version à jour)

Fièvre hémorragique virale


Formulaire SIMR de notification
Variables/Questions Réponses

1 Jour de détection (jj/mm/aaaa)

2 Lieu de détection (Formation sanitaire)

Identification du patient (année-semaine-pays-Région-


3
district-site de notification-n°)
4 Nom de famille du patient

5 Prénom(s) du patient
6 Âge (années)

7 Sexe (F/M)

8 Nombre de personnes dans la même habitation

9 Nombre d’autres contacts

10 Adresse de résidence du patient


11 Village/Ville

12 Quartier

13 District

14 Région

15 Pays
16 Date début des symptômes (jj/mm/aaaa)
17 Symptômes et signes cliniques observés
Le patient a-t-il été exposé à des facteurs de risque
18
connus pour cette maladie ? (Oui/Non)
19 Si oui, préciser le(s) facteur(s) de risque

20 Résultats de laboratoire
Classification finale (non-cas, présumé, probable,
21 confirmé par laboratoire, confirmé par lien
épidémiologique, en attente)
22 Issue de la maladie (décès, guéri, inconnue)

23 Date du dernier contact de suivi (jj/mm/aaaa)

24 Autres notes et observations

606
25 Date de dernière mise à jour du formulaire (jj/mm/aaaa)

607
Fièvre hémorragique virale – Formulaire individuel d’investigation

Date de détection du cas / _ /___ Identifiant du cas


Ce cas a été notifié par (cocher la bonne réponse et préciser) Date de réception : ___/___/___
Équipe mobile __________________________ Formation sanitaire : Pays :
_________________________Autres : __________________________
Formulaire rempli par (prénom et nom) :_________________________
Information fournie par (prénom et nom)
Lien familial avec le patient
Identité du patient
Nom :_________________________Prénoms :______________________________________
Pour les jeunes enfants, fils/fille de (nom du père) ____________________________
Date de naissance : ___/___/___ Âge (années)________ Sexe M/F_______
Adresse permanente : Chef de famille (prénom et nom) ________________________
Village/Quartier ____________ Pays ________________GPS lat____________long______
Nationalité : ______________ Groupe ethnique __________________
Profession (cocher la bonne réponse)
Agent de santé, Nom de la FOSA______________ DS_________________ Qualité :___________
Mineur Femme au foyer Chasseur/commerce de gibier Fermier
Écolier/Étudiant Enfant Autre_________________________
Statut du patient
Statut du patient au moment de la détection : Vivant Décédé
Si décédé, préciser la date du décès : ___/___/___
Lieu du décès : Communauté, nom du village/quartier:______________________
FOSA :__________________AS___________________DS :__________________________
Historique de la maladie
Date de début des symptômes : __/___/___
Nom du village/quartier où le patient est tombé malade : _________________AS :____________DS :__________
Le patient a-t-il voyagé durant sa maladie : Oui Non NSP
Si oui, indiquer les lieux :_____________________________________________
Le patient présente-t-il ou a-t-il présenté les symptômes suivants (cocher les cases correspondantes)
Maux de tête : Oui Non NSP Éruption cutanée Oui Non NSP
Vomissements/Nausées Oui Non
Non NSP Saignements aux points Oui Non NSP
Anorexie/Perte d’appétit Oui Non
Non
NSP NSP Saignement
d’injection des gencives Oui Non NSP
Diarrhée Oui Non
Non
NSP NSP Saignements oculaires Oui Non NSP
Fatigue intense Oui Non
Non
NSP NSP Selles noires ou
(yeux rouges) Oui Non NSP
Douleurs abdominales Oui Non
Non
NSP NSP Vomissements
sanglantes sanglants Oui Non NSP
Douleurs musculaires ou articulaires Oui Non
Non
NSP NSP Saignements du nez Oui Non NSP
Difficulté à avaler Oui Non
Non
NSP NSP Saignements vaginaux Oui Non NSP
Difficulté à respirer Oui Non
NSP NSP Hoquet Oui Non NSP
Fièvre Oui Non NSP

Risques d’exposition
 Le patient a-t-il été hospitalisé ou a-t-il rendu visite à quelqu’un dans une FOSA au cours des trois semaines
précédant le début de sa maladie ? Oui Non NSP ; Si oui, dans quelle FOSA :________________
Entre (dates)___/___/__ et__/___/______
 Le patient a-t-il consulté ou rendu visite à un guérisseur durant les trois semaines précédant le début de sa maladie
ou durant sa maladie? Oui Non NSP ; Si oui, où ?________________________et quand ? __/___/20____
 Le patient a-t-il reçu un traitement traditionnel? Oui Non NSP
608
Si oui, lequel__________________________________________________________________________________
 Le patient a-t-il participé à des funérailles au cours des trois semaines précédant le début de sa maladie? Oui
Non NSP
 Le patient a-t-il voyagé au cours des trois semaines précédant le début de sa maladie? Oui Non
NSP. Si oui, où?______________________________et quand ? ___/___/20____
 Le patient a-t-il eu des contacts avec un cas présumé connu/identifié au cours des trois semaines précédant le début
des symptômes? Oui Non NSP ; Si oui, Nom du cas présumé :________________________________________
 Lors du contact, le cas suspect était-il : Vivant décédé. Si décédé, date du décès : ___/___/20___
Le patient a-t-il eu un contact avec un animal sauvage (primate ou autre) retrouvé mort ou malade dans la brousse,
ou avec un animal au comportement anormal, au cours des trois semaines précédant le début de sa maladie? Oui
Non NSP ; Si oui, quel type d’animal __________________ Lieu____________________ date ___/___/20___
Les prélèvements ont-ils été effectués ? Oui Non NSP ; Si oui, quels prélèvement ? sang Urine
Salive Biopsie de peau ; Date du prélèvement ___/___/20___
 Le patient a-t-il été envoyé dans une FOSA? Oui Non
 Le patient a-t-il été admis dans un service d’isolement ? Oui Non
Si Oui, dans quelle FOSA ?______________________________ Date d’hospitalisation ___/___/20____

609
ANNEXE 11M Hépatite virale aiguë ou chronique - Formulaire individuel d’investigation (Voir Dr Mbella)

Hépatite virale aiguë ou chronique - Formulaire individuel d’investigation


N° Variable/Description Réponse
Informations générales – identification
1 Numéro Epid (ex. Code pays-RRR-DDD-YY-NNN) Code pays- _ _ _ - _ _ _ - _ _ - _ _ _
2 Coordonnées GPS : Latitude ; Longitude
3 Région
4 District de santé
5 Nom de la FOSA
6 Code du patient
7 Date de consultation (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/
8 Date de notification (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/
9 Nom de famille du patient
10
11 Nom de la mère/du père/ du responsable légal si enfant ≤12 ans
12 Date de naissance (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/
13 Pays de naissance
14 Âge (années, mois, jours révolus) Années Mois Jours
15 Sexe : M=Masculin F=Féminin
16a Lieu de résidence (Village/quartier)
16b Numéro de téléphone
16c Profession
16d Lieu de travail
17 Zone urbaine/rurale

18
19 District de résidence
20
21 Pays de résidence
Caractéristiques cliniques et contexte des analyses
22 Diagnostic clinique Aigu Chronique
23 Phase aiguë Oui Non
24 Si phase aiguë, date du début (premiers symptômes)
25 (jj/mm/aaaa)
Si phase chronique, répondre à 25a et 25b ci-après.
25a Tests systématiques (dépistage) Oui Non
25b Dépistage maladie chronique du foie( ex. cirrhose et/ou tumeur Oui Non
27 du foie)
Hospitalisé ou ambulatoire?
28 Si hospitalisé, date d’hospitalisation (jj/mm/aaaa)

610
Hépatite virale aiguë ou chronique - Formulaire individuel d’investigation
N° Variable/Description Réponse
29 Signes cliniques et symptômes Ictère : Oui Non
Autres :

Diagnostic et traitements antérieurs


30a Infection chronique au virus HB déjà diagnostiquée Oui Non Inconnu
30b Infection chronique au virus HC déjà diagnostiquée Oui Non Inconnu
31a Patient sous traitement antiviral spécifique contre l’hépatite B Oui Non Inconnu
31 b Patient sous traitement antiviral spécifique contre l’hépatite C Oui Non Inconnu
Historique de la vaccination contre l’hépatite
32 Le patient a-t-il déjà reçu ne serait-ce qu’une dose de vaccin Oui (_____doses) Non
contre l’hépatite A?
33a Le patient a-t-il reçu de la dose de naissance du vaccin contre Oui (_____doses) Non
l’hépatite B?
33b Le patient a-t-il déjà reçu ne serait-ce qu’une dose de vaccin Oui (_____doses) Non
contre l’hépatite B?
34 Le patient a-t-il déjà reçu ne serait-ce qu’une dose de vaccin Oui (_____doses) Non
contre l’hépatite E?
35 Date du dernier vaccin reçu (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/
Risques généraux d’exposition
36 Le patient est-il un agent de santé exposé au contact avec le Oui Non Inconnu
sang des patients soignés?
37 Le patient a-t-il des relations homosexuelles? Oui Non Inconnu
38 Le patient suit-il une hémodialyse chronique? Oui Non Inconnu
39 Le patient s’injecte-t-il des drogues à usage récréatif? Oui Non Inconnu
40 Le patient est-il concerné par une épidémie déclarée, identifiée? Oui Non Inconnu
Expositions possibles dans les 2 à 6 semaines précédant la maladie (hépatite aiguë uniquement)
41 Le patient a-t-il eu des contacts avec des personnes présentant Oui Non Inconnu
des symptômes similaires?
42 Le patient a-t-il bu de l’eau d’un puits ou de toute autre source Oui Non Inconnu
pas saine?
43 Le patient a-t-il mangé des aliments pas sains, comme des Oui Non Inconnu
crustacés crus
44 Le patient fait-il partie des enfants ou des encadreurs d’une Oui Non Inconnu
45 crèche?
Le patient s’est-il rendu dans une zone à forte endémie Oui Non Inconnu
d’hépatite A?
Expositions possibles dans les 1 à 6 mois précédant la maladie (hépatite aiguë uniquement)
46 Le patient a-t-il été injecté dans un établissement de soins? Oui Non Inconnu
47 Le patient a-t-il été hospitalisé? Oui Non Inconnu
48 Le patient a-t-il été opéré? Oui Non Inconnu
49 Le patient a-t-il reçu une transfusion sanguine? Oui Non Inconnu
50 Le patient a-t-il consulté un dentiste? Oui Non Inconnu
51 Y a-t-il eu un contact sexuel avec une personne souffrant de Oui Non Inconnu
l’hépatite B?
611
Hépatite virale aiguë ou chronique - Formulaire individuel d’investigation
N° Variable/Description Réponse
52 Y a-t-il eu un contact domestique avec une personne souffrant Oui Non Inconnu
de l’hépatite B?
53 Y a-t-il eu des rapports sexuels non protégés avec un ou des Oui Non Inconnu
54 partenaire(s) inhabituel(s)?
Piercing, tatouages? Oui Non Inconnu
55a Issue (1=Vivant; 2=Décédé; 3=Inconnu)
55b Si décédé, Date du décès (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/
56 Classification finale (1= Confirmé par le laboratoire ;
2=Confirmé par lien épidémiologique ;
3=Exclu (résultat lab négatif) ;
4= En attente (cas présumé dont les résultats de laboratoire sont
57 Date d’envoi du formulaire au district (jj/mm/aaaa)
attendus) /__ __/__ __/__ __ __ __/
58 Date de réception du formulaire par le district (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/

Personne ayant renseigné le formulaire :


Nom, titre,
59
No tél. Courriel Signature
Nom du responsable de l’établissement de soins, no tél., Courriel

Hépatite virale - Formulaire de notification au laboratoire


Partie I. L’agent de santé doit remplir le présent formulaire et en envoyer une copie au laboratoire en même temps
que le prélèvement
Variable Réponse
1 Date du prélèvement (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/
2 Date d’envoi du prélèvement au laboratoire (jj/mm/aaaa) /__ __/__ __/__ __ __ __/
3 Type de prélèvement (veuillez préciser)

4 Date de réception du prélèvement par le laboratoire /__ __/__ __/__ __ __ __/


(jj/mm/aaaa)
5 Numéro Epid (ex. GHA-GAR-DDD-YY-NNN) ** GHA- _ _ _ - _ _ _ - _ _ - _ _ _
6 Nom(s) du patient

7 Sexe : (M=Masculin F=Féminin)

8 Âge (années, mois, jours révolus) Années Mois Jours


9
L’expéditeur de l’échantillon : Nom, titre,
No tél., courriel

Partie II. Le responsable du laboratoire doit renseigner cette partie et retourner le formulaire au district et au clinicien

Nom et adresse du laboratoire

10 État de l’échantillon 1=adéquat (bon)


2=Pas adéquat (mauvais)

612
Hépatite virale aiguë ou chronique - Formulaire individuel d’investigation
N° Variable/Description Réponse
11 Résultats de laboratoire : Anticorps IgM virus HA Pos Nég
Hépatite A : Anticorps IgM du virus HA Inconnu
Hépatite B : Ag HB ou anticorps IgM HB Anticorps IgM HB Pos Nég Inconnu
Hépatite C : Anticorps virus HC Ag HB Pos Nég Inconnu
Hépatite D : Ag HB ou anticorps IgM HB plus anticorps virus HD Anticorps virus HC Pos Nég
Hépatite E : Anticorps IgM virus HE et/ou IgG contre virus HE Inconnu
ARN virus HC Pos Nég Inconnu
Ag capsidique HC Pos Nég Inconnu
Génotype virus HC
Anticorps IgM virus HE Pos Nég
Inconnu

12 Autres résultats de laboratoire


13 Date d’envoi des résultats par le laboratoire au clinicien /__ __/__ __/__ __ __ __/
(jj/mm/aaaa)
14 Date d’envoi des résultats par le laboratoire au district /__ __/__ __/__ __ __ __/
(jj/mm/aaaa)
15 Date de réception des résultats de laboratoire par le district /__ __/__ __/__ __ __ __/
(jj/mm/aaaa)
16 Nom du personnel du laboratoire ayant renseigné le formulaire
Téléphone
Signature
Courriel
Date

613
ANNEXE 11N Liste descriptive d’une épidémie pour la SIMR
Une liste descriptive rend compte des principales informations sur chaque cas déclaré aux fins d’analyse et d’action.
Décrire chaque cas et les informations y relatives permet de produire les données indispensables pour évaluer les
caractéristiques des cas et orienter les activités de riposte. C’est un outil important qui permet de rassembler les
informations et de les analyser rapidement.

Durant une épidémie, la liste descriptive doit être dressée et utilisée comme le principal instrument de collecte des
données. Les colonnes de la liste descriptive pour la SIMR doivent être modifiées en fonction de la situation. Les
informations relatives à chaque cas déclaré doivent être portées sur une seule colonne. Ce formulaire doit être
systématiquement intégré dans les bases de données systématiquement communiquées dans le cadre de la SIMR afin
de faciliter l’analyse globale et la notification quotidienne et hebdomadaire à l’échelon supérieur. (Pour modèle de liste
linéaire voir annexes4E de la section4)

614
ANNEXE 11 O Formulaires de listing des contacts

ANNEXE 11P Signaux communautaire – Carnet de bord

Instructions : Le présent formulaire doit être renseigné par l’agent de santé communautaire (CBS) et transmis
immédiatement à la formation sanitaire la plus proche/au point focal de la surveillance de l’aire de santé.

615
616
RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
Paix-Travail-Patrie Peace-Work-Fatherland
***** *****
MINISTÈRE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
*****
Carnet de Bord de l’Agent de Santé Communautaires
Informations Générales

Nom ASC : _____________________________________________ Téléphone :_______________

Aire de Santé : _________________________________Téléphone PFS de l’AS : ________________

Tout décès :

 d’une femme âgée entre 10 et 50 ans


 d’un enfant âgé de moins d’un mois
Toute personne présentant :

 de la fièvre et une éruption cutanée


Toute personne :

 présentant une faiblesse soudaine d’un ou plusieurs membre(s) ;


 présentant un épisode de trois selles liquides ou plus dans une même journée et/ou décès à la suite de
plusieurs selles liquides ;
 présentant de la fièvre accompagnée de vomissements, de selles liquides et de saignements inexpliqués
(du nez, de la bouche, de la peau ou des yeux, ou présence de sang dans les urines ou les selles) ou
décédée
 qui a été mordue par un chien, chat, scorpion, singe ou un serpent
Deux ou plusieurs personnes présentant deux ou plusieurs signes/symptômes similaires et issues de la même
communauté, de la même école ou du même lieu de travail en l’espace d’une semaine

Un groupe (3 ou plus) de morts d’animaux inexpliquées (p. ex., 3 poulets) en l’espace d’une semaine

Tout événement qui présente un risque pour la santé publique, notamment des catastrophes naturelles, ou des
symptômes rarement observés

617
Instructions

Quand vous détectez un ou plusieurs signaux de communauté, on doivent communiquer le signal immédiatement
au Point Focal de l’Aire de Santé par téléphone, par message SMS ou en personne. Les information necessaires
pour communiquer sont:

 Date du début du signal


 Date et heure de détection du signal
 Description du signal
 Localisation du signal

618
619
ANNEXE 11Q Surveillance Fondée sur les Evènements - Registre des signaux
Ce registre récapitule tous les signaux registrés au cours de la semaine. Il est renseigné par le chef de l’aire de sante ou le chef de la FOSA leadeur et transmis
tous les semaines au point focal surveillance du district

620
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623
ANNEXE 11R : Formulaires de notification des manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI)

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix – Travail - Patrie Peace – Work - Fatherland
---------- -------------------
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
---------- ------------------

FICHE DE NOTIFICATION DES EVENEMENTS INDESIRABLES SUSCEPTIBLE(S) D’ETRE DU(S) A UN MEDICAMENT


OU TOUT AUTRE PRODUIT DE SANTE
À retourner au Centre de Pharmacovigilance et à la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires
Tél. : xxx ; Flotte : xxx

E-mail : pharmacovigilance_cam@[Link]; [Link]@[Link]


Fiche n° ...........................

Patient Si nouveau né, Produit pris :


Nom : ………………………………………………….. Prénom : …………………………………….. par le patient : /____/
Par l’allaitement : /____/
Sexe : F M Age : /___/ année /___/ mois Poids : /________/ Taille : /_______/
Par la mère pendant la grossesse : /____/
Adresse (Tél.) : …………………. Région :…………………DS :……………………FS :……………… (préciser le trimestre) : /____/

Antécédents/facteurs favorisants : Grossesse /___/ Alcoolisme /___/ Hépatopathie /___/ Allergie /___/ Néphropathie /___/ Tabagisme /___/
Autres (préciser) …………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

PRODUITS SUSPECTS/ASSOCIES (y compris vaccins, solvants et plantes médicinales) :

N° Nom Fabricant N° de Lot Date de péremption Voie d’adminis Posologie Indication/ Durée traitement
tration Motif de Date de début Date de fin
Traitement
1

Un ou plusieurs produits ont-ils été arrêtés : Oui /___/ Non /___/ Pas d’information /___/ Un ou plusieurs produits ont-ils été réintroduits ? Oui /___/ Non /___/ Pas d’information /___/
Si oui le(s) quel(s) :
La réaction a-t-elle disparu après l’arrêt ? Oui /___/ Non /___/ Pas d’information /___/ Si oui, la réaction a-t-elle réapparu ? Oui /___/ Non /___/ Pas d’information /___/

Evénement(s) indésirables (s) :


Nature et description de l’évènement ……. ;…………………..……………………………………………………………………. ………………………………. …
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..
Date de prise/vaccination : /____/____/____/ Date d’apparition : /____/____/____/
Sinon délai d’apparition après la prise/vaccination : Minutes /____/ Heures /____/ Jours /____/ Mois /____/
GRAVITE EVOLUTION
/____/ Hospitalisation ou prolongation d’hospitalisation /____/ Guérison sans séquelle
/____/ Incapacité ou invalidité permanente /____/ Décès dû à l’effet
/____/ Mise en jeu du pronostic vital /____/ Décès sans rapport avec l’effet
/____/ Décès /____/ Sujet non encore rétabli
/____/ Guérison avec séquelle
/____/ Décès auquel l’effet a pu contribuer
/____/ Inconnu

Traitement reçu : ………………………………………………………………………………………………………………………………………………….


…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. …..

Pour tout produit : préciser le lieu d’acquisition Pharmacie /____/ Formation Sanitaire /____/ Rue /____/ autres /____/

Pour les vaccins : préciser : le lieu de la vaccination /_______________________________/ le site d’injection (ex : Bras gauche = BG) /________________/

624
Pour les plantes médicinales : préciser la partie utilisée racine /____/ écorce /____/ feuille /____/ fleur /____/

NOTIFICATEUR :

Nom et Prénom : ……………………………………………………………………………………………………………………..………………………………


/___/ Médecin /___/ Pharmacien /___/ Dentiste /___/ Sage-femme /___/ Infirmier Autres (à préciser) : …………………………………………………………
Spécialité (à préciser)…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Téléphone : …………………………………………. Email : ……………………………………………………………… Date : ………………………………
Signature et cachet :

REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON


Paix – Travail – Patrie Peace – Work – Fatherland
--------------- ---------------
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE MINISTRY OF PUBLIC HEALTH
------------------ ------------------
SECRETARIAT GENERAL SECRETARIAT GENERAL
------------- -------------
DIRECTION DE LA SANTE FAMILIALE DIRECTORATE OF FAMILY HEALTH
------------------- -------------------
PROGRAMME ELARGI DE VACCINATION EXPANDED PROGRAMME ON IMMUNIZATION

GROUPE TECHNIQUE CENTRAL CENTRAL TECHNICAL GROUP


------------------ ------------------
CAMPAGNE DE VACCINATION PREVENTIVE CONTRE LA ROUGEOLE

Fiche d’investigation des Manifestations Adverses Post Immunisation (MAPI) sévères


Remplir cette page récapitulative à la fin de l’enquête ; la classer avec le(s) fiche(s) de notification de MAPI

Numéro notification: …………………………………………………………………………(Numéro du registre de consultation)


Diagnostic présomptif :………………………………………………………………………………………………………..
Date de l’investigation : ………..../…...……./…………(JJ/MM/AA)
Lieu(x) de l’investigation :………………………………… ………………………………………………………………….…..

DONNEES DEMOGRAPHIQUES
Nom: Prénom(s):
Age :………Ans…………Mois Sexe :  F
………………………………… ……………………………  M
Région ………………………….District: …………………… FS :…………………………………………………………
Village/quartier: ………………….……………………………. Adresse/Tel:………………………………………………
Date de la vaccination : Fabricant et lot Vaccin : Fabricant et lot solvant : Date début MAPI :
______/_______/________ ……………………………… ………………………………. _____/_____/________

TYPE DE MAPI SEVERE (COCHEZ)


 Encéphalopathie  Insuffisance respiratoire  Choc/réaction anaphylactique
 Convulsions fébriles  Saignement  Autres :………………………………………….
 Septicémie  Insuffisance cardiaque
 Syndrome de Guillain Barré  Décès

625
1. Antécédents médicaux :……………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………………………………

2. Examen clinique :………………..…………………………………………………………………………………………….


………………..…………………………………………………...………………………………………………………………………
……………..…………………………………………...…………………………………………………………………………………
……………………………………………….……………………………………………………………………………………………
……………………………………….……………………………………………………………………………………………………
……………………………….……………………………………………………………………
3. Résultats des examens complémentaires
Tests généraux pratiqués Tests spécifiques réalisés :
………………………………………………………….……………….…………………………………………………….…….…….
……………………………………………………………..……………………………………………………………………….……..
……………………………………………………………..………………………………………………………………………………
…………………………………………………………….…………… …………………………………………………………………
……………………………………………………………………… ……………………………………………………………..

4. Résultats des examens/analyses biologiques réalisés avant l’investigation :


…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….…………………………………………
……………………………………………………………………………………….…………………………
5. Etat du patient:  Vivant  Comateux  Guéri Evadé  Décédé Date :___/___/___(JJ/MM/AAAA)

6. Traitement(s) reçu(s) avant l’investigation :


…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………….…………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..…………………

626
7. Prélèvements biologiques/vaccins/consommables et date d’expédition

Date de prélèvement Heure de prélèvement Date d’expédition :


 Sang 1 .………/………/……… (JJ/MM/AA) ……....….h..............min ………/………/………
 Sang 2 .………/………/……… (JJ/MM/ AA) ……....….h..............min ………/………/………
 LCR 1 .………/………/……… (JJ/MM/ AA) ……....….h..............min ………/………/………
 LCR 2 .………/………/……… (JJ/MM/ AA ) ……....….h..............min ………/………/………
 Urine 1 .………/………/……… (JJ/MM/ AA ) ……....….h..............min ………/………/………
 Urines 2 .………/………/……… (JJ/MM/ AA) ……....….h..............min ………/………/………
 Selles 1 .………/………/……… (JJ/MM/ AA ) ……....….h..............min ………/………/………
 Selles 2 .………/………/……… (JJ/MM/ AA) ……....….h..............min ………/………/………
Tissus : ………………………………………Date :……/………/…… Heure : ……....….h...............min
…………………………………… ….Date :……/………/…… Heure : ……....….h...............min
………………………………………. Date :……/………/…… Heure : ……....….h...............min
 Vaccin, Lot : ……………………………….Date :……/………/…… Heure : ……....….h...............min
 Solvant, Lot : ………………………………Date ….../………/…….. Heure : ……....….h...............min
8. Conclusions de l’investigation du cas (compte tenu des informations disponibles après l’investigation
Diagnostic:
…………….……………………………………………………………………….………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………
Pour l’équipe d’investigation :
(Nom, Prénom (s) et signature)
A REMPLIR PAR LE COMITE D’EXPERTS MAPI
9. Classification :
 Non  Oui Si Oui préciser le degré d’imputabilité
 MAPI liée au vaccin
 Suspect  Probable  Confirmé
 MAPI programmatique  Non  Oui Si Oui préciser la raison (cochez)
 Chaîne de froid défectueuse  Erreur de reconstitution du vaccin
 Technique incorrecte d’injection  Pratiques non stériles
 MAPI par coïncidence  Non  Oui
 Autres Causes de MAPI  Non  Oui
 MAPI Indéterminé  Non  Oui
Pour le comité d’Experts : (Nom, Prénom (s) et signature)

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ANNEXE 11S : Aide-Mémoire sur l’investigation des manifestations post-vaccinales indésirables

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