République Démocratique du Congo
Ministère de l’enseignement supérieur & Universitaire
UNIVERSITE DE MAZENOD
FACULTE DE SCIENCES ECONOMIQUES
Filière : Economie Rurale et de Développement
3145, AV. KASA-VUBU (KINTAMBO)
B.P. 8251-KINSHASA
T.P DE DROIT DE L’ENVIRONNEMENT
« LECTURE ET COMMENTAIRE
D’UN INSTRUMENT JURIDIQUE
DU DROIT DE L’ENVIRONNEMENT »
Présenté par :
BOLONGA LIKOPA Antoine
Promotion : M2
Prof : NZOVU
Année Académique 2024-2025
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INTRODUCTION GENERALE
En République Démocratique du Congo (RDC), la loi n°11/009
du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection
de l’environnement vise à répondre aux multiples défis
environnementaux auxquels le pays fait face. Ces défis incluent la
déforestation massive, l’exploitation non durable des ressources
naturelles, la pollution des cours d’eau et l’urbanisation désordonnée. La
loi met en avant des principes fondamentaux comme le droit à un
environnement sain, la participation citoyenne, et la gestion durable des
écosystèmes. Elle établit également un cadre institutionnel clair pour la
mise en œuvre des politiques environnementales, tout en définissant des
mécanismes de financement et des sanctions contre les violations. En
contexte congolais les pressions sur l’environnement augmentent en
raison.
Résumé par chapitre adapté à la réalité congolaise
Chapitre 1 : Disposition Générales (Art 1-14)
Ce chapitre établit les principes fondamentaux du droit à un
environnement sain, la gestion durable des ressources et la participation
des citoyens aux décisions environnementales. En RDC, ces principes se
heurtent à des défis comme l’ignorance des lois par les populations et
l’absence d’application stricte par les autorités.
Exemple : Dans les zones forestières comme la province de l’Equateur, la
coupe illégale de bois persiste malgré les campagnes de sensibilisation,
faute d’une application rigoureuse de ce chapitre.
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Chapitre 2 : Cadre Institutionnel (art. 15-18)
Le texte confie la gestion environnementale à des institutions
comme le ministère de l’Environnement, souvent limitées par le manque
de moyens humains et financiers. La coordination entre les structures
nationales et provinciales reste un défi majeur dans la mise en œuvre
des politiques environnementales.
Exemple : Le ministère de l’Environnement a eu du mal à faire respecter
les mesures de reboisement dans les provinces du Kongo-Central et du
Katanga, en raison de l’insuffisance de moyens techniques.
Chapitre 3 : Mécanismes Procéduraux (Art. 19-24)
La loi impose des études d’impact environnemental (EIE) pour
tous les grands projets, mais en RDC, ces études sont parfois négligées
ou réalisées sans transparence. Le manque d’expertise locale et la
pression des entreprises réduisent l’efficacité de ces mécanismes.
Exemple : Dans le cas de l’exploitation minière artisanale à Kolwezi,
plusieurs projets se sont déroulés sans études d’impact claires,
entraînant une pollution des sols et des cours d’eau.
Chapitre 4 : Mécanismes de Financement (Art. 25-26)
Ce chapitre prévoit des fonds pour la protection de
l’environnement. Cependant, en RDC, ces fonds sont souvent mal gérés
ou détournés, et leur mise à disposition est insuffisante pour couvrir les
besoins réels.
Exemple : Le fonds forestier National peine à soutenir les projets de
reboisement en raison d’un financement limité et de détournements
récurrentes.
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Chapitre 5 : Gestion et Conservation des Ressources Naturelles (Art.
27-36)
Ce chapitre promeut une gestion durable des ressources
naturelles. En RDC, l’exploitation illégale des forêts, des minerais et de la
faune constitue une menace constante, exacerbée par l’absence de
contrôle effectif dans les zones reculées
Exemple : Dans le Parc des Virunga, bien que des efforts de
conservation soient déployés, les activités illégales comme le
braconnage et l’exploitation du bois restent problématiques en raison de
l’insécurité dans la région.
Chapitre 6 : Prévention des Risques, Pollution et Nuisance
(Art. 37-67)
Ce chapitre impose des mesures pour réduire la pollution et la
nuisance. En RDC, les villes comme Kinshasa font face à des problèmes
criants de gestion des déchets et de pollution des cours d’eau, faute
d’infrastructures adéquates.
Exemple : à Kinshasa, la pollution de la rivière N’djili par les déchets
plastiques et chimiques persiste, malgré l’existence de cadre légal.
Chapitre 7 : Responsabilité Civile (Art. 68-70)
La loi responsabilise les auteurs de dommages
environnementaux, mais en RDC, ces mesures sont rarement appliquées
en raison de la corruption et du manque de suivi judiciaire.
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Exemple : Les compagnies minières opérant dans le Katanga sont
souvent accusées de polluer les rivières sans être tenues responsables ni
contraintes de réparer les dégâts.
Chapitre 8 : Infraction et Peines (Art. 71-84)
Ce chapitre prévoit des sanctions pour les infractions
environnementales. En RDC, les sanctions ne sont pas toujours
dissuasives, et les responsables, souvent influents, échappent à la justice.
Exemple : Des braconnages arrêtés dans le Parc National de Garamba
ont été relâchés après des arrangements informels, compromettant les
efforts de conservation.
Chapitre 9 : Dispositions Transitoires et Finales (Art. 85-89)
Ce chapitre encadre la transition vers l’application des nouvelles
dispositions. En RDC, la mise en œuvre de la loi reste incomplète, avec
des retards dans l’adoption des textes d’application et des résistances
institutionnelles.
Exemple : Plusieurs provinces n’ont pas encore mis en place de
structures locales pour appliquer la loi, freinant son efficacité sur le
terrain.
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Conclusion
La loi n°11/009 du 9 juillet 2011 représente une avancée
juridique importante pour la RDC, un pays doté de vastes richesses
naturelles mais confronté à des défis environnementaux multiples. Son
efficacité est toutefois limitée par des facteurs tels que la corruption, le
manque de moyens financiers et techniques, et une faible sensibilisation
des populations. Pour que cette loi atteigne ses objectifs, il est essentiel
d’améliorer la gouvernance environnementale, d’intensifier les efforts de
sensibilisation et de mobiliser davantage de ressources. Une coopération
renforcée entre le gouvernement, les partenaires internationaux et les
communautés locales est également nécessaire. En surmontant ces défis,
la RDC pourrait non seulement préserver son environnement mais aussi
contribuer de manière significative la lutte mondiale contre le
changement climatique, tout en garantissant un avenir durable à ses
citoyens.
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