OBLG
OBLG
DES
OBLIGATIONS
INTRODUCTION GENERALE
C’est à l’issue de ces interrogations que l’on peut décliner la démarche qui va servir de support
à l’étude de ce cours.
1 - La définition de l’obligation
L’Obligation est un lien de droit en vertu duquel une personne que l’on appelle créancier
peut exiger d’une autre que l’on appelle débiteur, l’exécution d’une prestation déterminée. Le
créancier, c’est le sujet actif ; le débiteur c’est le sujet passif : ce à quoi il est tenu, c’est l’objet de
la prestation. En droit, un débiteur ne peut être tenu que de trois (3) variétés d’obligations : soit il est
tenu de faire une certaine chose – on dit obligation de faire -, soit il est tenu de ne pas faire une
quelque chose – on dit obligation de ne pas faire -, soit enfin il est tenu de transférer la propriété
d’une chose – on dit obligation de donner.
Il n’existe pas d’autre obligation à laquelle un débiteur peut être soumis. Sous réserve de cette
précision, l’obligation est encore appelée Droit Personnel parce qu’elle met nécessairement en face
deux (2) personnes, l’une étant le sujet actif et l’autre un sujet passif. C’est pourquoi on l’oppose au
Droit Réel qui met en face une personne et une chose. On peut donc définir le Droit des Obligations
comme l’ensemble des règles qui régissent les rapports personnels patrimoniaux entre sujets de droit.
Ce droit des obligations revêt une importance toute particulière.
Cette importance est double. Elle est en effet à la fois théorique et pratique.
L’importance pratique : Le Droit des Obligations se vit au quotidien. Il ne se passe pas en effet
un seul jour sans que l’on n’accomplisse un acte qui relève du Droit des Obligations. A cet égard, le
Droit des Obligations est concret et pratique.
L’étude des sources signifie qu’il faut rechercher les origines de l’institution ou de la notion
qui est en cause. En l’occurrence, cela consiste ici à se demander comment ou pourquoi on est devenu
créancier ou débiteur. En droit, la réponse est double : si on est créancier ou débiteur c’est soit parce
qu’on l’a voulu en manifestant une volonté dans ce sens – l’obligation est donc conventionnelle -, soit
parce que la loi l’a imposé indépendamment de toute manifestation de volonté – l’obligation est donc
légale. A partir de là, il faut signaler que, quelle que soit l’origine de l’obligation, celle-ci est soumise à
un ensemble de règles communes que l’on appelle le Régime Général des Obligations.
On sait maintenant que l’obligation est soit volontaire, soit légale. Donc si l’on devient débiteur
ou créancier, c’est soit parce qu’on l’a voulu, soit parce que cela a été imposé par la loi.
Ici, on est devenu créancier ou débiteur parce qu’on l’a voulu : on a manifesté une volonté dans
ce sens. C’est l’acte juridique, c’est la convention, c’est une manifestation de volonté génératrice
d’effets de droit. Mais tous les actes juridiques ne peuvent pas produire de tels effets d’abord parce
qu’ils sont très nombreux, ce qui nécessite une présentation de leur physionomie, ensuite parce que
cela suppose la réunion de certaines conditions de formation et c’est seulement après que les actes
juridiques produisent leurs effets. Et il arrive même souvent qu’il y ait des difficultés d’exécution ou
qu’il n’y ait pas d’exécution du tout.
Il faut commencer par faire une précision sémantique, une précision terminologique relative à
la distinction entre la convention et le contrat.
Le contrat est un accord de volonté générateur d’obligations, créateur d’obligations. Il ne peut
que créer des effets de droit.
La convention quant à elle, peut non seulement créer, mais modifier ou éteindre des effets de
droit. Par conséquent, on peut dire que tout contrat est une convention, mais que toute convention
n’est pas un contrat. Cependant, par commodité de langage on prend pour synonyme convention et
contrat : le langage courant les assimile.
Sous réserve de cette précision, il existe une variété de contrats ; d’où la nécessité d’opérer
une classification pour mieux les identifier. Tous les contrats sont cependant soumis à un principe
fondamental, c’est le Principe de l’Autonomie de la Volonté.
On peut tenter deux séries de classifications : l’une est principale, l’autre constitue un autre
type de classification.
Il existe ici plusieurs catégories de contrats que l’on peut regrouper en les opposant. Il s’agit
respectivement des contrats consensuels et des contrats solennels ; des contrats unilatéraux et des
contrats synallagmatiques ou bilatéraux. Il y a aussi les contrats commutatifs et les contrats
aléatoires, les contrats instantanés et les contrats successifs, les contrats de gré à gré et les contrats
d’adhésion.
Le contrat est dit consensuel lorsqu’il est valablement formé dès le seul échange de
consentement. C’est ce que l’on appelle le consensualisme. La plupart des contrats sont des contrats
consensuels. C’est cela le principe. En revanche, le contrat est solennel lorsque sa validité est soumise
en plus au respect d’une formalité particulière sans laquelle le contrat est nul. On dit que la formalité
est requise ad validitatem ou ad solemnitatem.
La formalité en question peut être un écrit – acte authentique ou acte sous seing privé - ; il
peut aussi s’agir de témoignage ou d’un simple geste.
Le contrat est dit unilatéral lorsqu’une seule personne est tenue d’obligation. Exemple : le
contrat de prêt, le contrat de dépôt.
A l’opposé, le contrat est dit synallagmatique ou bilatéral lorsque les obligations des parties
sont réciproques, sont interdépendantes, chaque partie étant à la fois créancière et débitrice de
l’autre. La plupart des contrats sont des contrats synallagmatiques.
L’intérêt de la distinction est relatif à la preuve : les contrats unilatéraux doivent respecter
la formalité du « Bon Pour », c’est-à-dire que la personne qui s’engage doit écrire de sa main l’objet de
son obligation en toutes lettres et en tous chiffres ; par contre, s’il s’agit d’un contrat synallagmatique,
c’est la formalité du « double » qu’il faut respecter c’est-à-dire que le contrat doit être établi en
autant d’exemplaires qu’il y a de parties intéressées afin que chaque partie puisse en établir la preuve
le cas échéant.
Le contrat est dit commutatif lorsque dès sa conclusion chaque partie peut apprécier
objectivement les avantages que lui procure le contrat.
En revanche, dans le contrat aléatoire, l’appréciation des avantages générés par le contrat
dépend de la survenance d’un événement incertain : c’est l’aléa.
L’intérêt c’est que dans le contrat aléatoire, aucune des parties ne peut demander l’annulation
du contrat au motif que les prestations respectives sont déséquilibrées : on dit que « l‘aléa chasse la
lésion »
Le contrat est dit instantané lorsque son exécution se fait sur le champ, en un trait de temps,
de façon instantanée.
A l’opposé, le contrat est dit successif lorsque son exécution s’étale dans le temps. Exemple :
le contrat de bail, le contrat de travail…
L’intérêt de la distinction s’apprécie par rapport à l’inexécution. La sanction de cette
inexécution c’est la Résolution s’il s’agit d’un contrat instantané, et la Résiliation s’il s’agit d’un contrat
successif. La différence n’est pas simplement terminologique. En effet la résolution rétroagit tandis
que la résiliation est une rupture qui ne produit d’effets que pour l’avenir.
Le contrat de gré à gré est celui dans lequel les parties ont la liberté de discuter, de négocier
tous les éléments du contrat jusqu’à arriver à un accord. L’essentiel des contrats sont des contrats de
gré à gré.
En revanche, dans le contrat d’adhésion, les termes du contrat sont généralement pré rédigés
par l’une des parties et l’autre partie ne peut qu’y adhérer sans avoir la possibilité de les négocier :
soit elle les accepte telles quelles et le contrat est conclu, soit elle ne les accepte pas et alors il n’y a
pas de contrat.
Le contrat nommé est celui qui a un nom prévu et réglementé par la loi.
Le contrat est innommé tout simplement parce qu’il est apparu postérieurement à la
réglementation des différents et principaux contrats. Généralement, il s’agit de contrats créés par la
pratique.
Le contrat individuel, c’est le modèle, le standard. En principe, les contrats sont individuels, ils
ne lient que les parties qui les ont conclus.
Mais il y a des exceptions avec les contrats collectifs, c’est-à-dire des contrats qui peuvent
s’appliquer même à des personnes qui ne les ont pas conclus. L’exemple typique, c’est la convention
collective de travail (conclue par l’employeur et les syndicats, elle s’applique même au travailleur non
syndiqué)
Il y a enfin les groupes de contrats qui sont constitués par un ensemble de contrats concourant
au même but, à la même finalité. On les appelle aussi des chaînes de contrats ou des ensembles
contractuels. L’intérêt de cette qualification c’est de soumettre tous ces contrats à une même
réglementation. Exemple : Un individu contracte avec un architecte, celui-ci prend un entrepreneur qui
prend à son tour des ouvriers, et les ouvriers, des manœuvres. En cas de problème de qualité, n’importe
quel maillon de la chaîne peut saisir l’élément responsable même sans avoir directement contracté avec
lui.
Tous les contrats, quels qu’ils soient, sont imprégnés de ce principe. Il faut, par voie de
conséquence, savoir ce qu’il signifie avant de se prononcer sur sa remise en cause.
Il s’agit d’un principe polysémique, c’est-à-dire à plusieurs sens. Il signifie d’abord la liberté
de contracter ou de ne pas contracter ; cela signifie ensuite la liberté de discuter tous les éléments
du contrat, d’en déterminer le contenu ; cela signifie par ailleurs qu’en matière contractuelle, c’est la
volonté et elle seule qui détermine la physionomie du contrat : les parties peuvent tout faire dès
l’instant qu’elles en manifestent la volonté ; c’est elle qui règne et qui gouverne. On n’a pas besoin du
législateur, la volonté est souveraine, elle est autonome. C’est ce principe qui irradie, qui éclaire tout
le droit des contrats. Mais il n’est pas absolu, c’est ce qui explique sa remise en cause.
Il y a d’abord une première limite, c’est l’Ordre Public : la liberté individuelle ne peut primer
l’intérêt général. Par conséquent tous les contrats sont tenus de se conformer à l’ordre public.
La deuxième limite c’est que le principe de l’autonomie de la volonté présuppose que les parties
au contrat sont dans une situation égalitaire, ce que dément le contrat d’adhésion. C’est pourquoi on a
estimé que le législateur devait intervenir toutes les fois que le contrat se trouvait fortement
déséquilibré au détriment de l’une des parties. On a pu écrire à cet égard : «Entre le fort et le faible,
c’est la volonté qui opprime et c’est la loi qui libère » pour justifier l’intervention du législateur en
matière contractuelle. Finalement, le principe de l’autonomie de la volonté doit être apprécié sous ce
double regard : celui de la liberté dans la limite du tolérable, du permis juridiquement.
Le contrat est un accord de volonté générateur d’obligations, créateur d’effets de droits. Mais
pour que le contrat puisse produire de tels effets, encore faudrait-il qu’il remplisse certaines
conditions. Il suffit que l’une quelconque de ces conditions soit violée pour que le contrat devienne
irrégulier et sanctionné en tant que tel.
Tous les contrats quels qu’ils soient sont soumis à quatre conditions de fond, mais parfois il
arrive que le contrat soit assujetti à une condition de forme.
A/ Le Consentement
C’est la condition fondamentale de tout contrat. Aux termes de la loi, il n’est point de contrat
sans consentement valablement exprimé. L’étude du consentement renvoie à trois aspects : d’abord
comment il se manifeste, ensuite quels sont ses éléments, enfin quels sont les caractères que doit
revêtir le consentement.
1 – Les Manifestations du Consentement
b- Comment consentir ?
Le consentement susceptible de créer un contrat doit être exprimé. Il ne peut rester dans le
fort interne de l’individu. L’expression du consentement peut être ostensible notamment par l’écrit,
par la parole ou par le geste. C’est le Consentement Exprès. Mais il peut aussi être tacite, implicite,
c’est-à-dire se déduire des circonstances, de l’attitude, du comportement des parties. La question est
celle de savoir si le simple silence observé par une personne peut équivaloir à un consentement.
Contrairement au langage courant, en Droit « Qui ne dit mot ne consent pas », c’est-à-dire
que le silence n’a aucune valeur juridique, il ne peut être considéré comme un consentement. Tel est le
principe en la matière, mais il est assorti d’exceptions c’est-à-dire des hypothèses dans lesquelles le
silence est considéré comme un consentement. Il y en a trois :
1ère Hypothèse : C’est lorsqu’il existait entre les parties des relations d’affaires
antérieures.
2ème Hypothèse : C’est lorsque les usages professionnels l’ont prévu.
3ème Hypothèse : C’est lorsque l’offre de contracter a été faite dans le seul intérêt du
destinataire.
Sous réserve de ces trois exceptions, le silence n’a aucune valeur juridique.
En réalité le consentement c’est la conjonction, c’est la rencontre entre deux éléments que
sont l’offre et l’acceptation.
a- L’Offre.
On l’appelle aussi Pollicitation. C’est une déclaration unilatérale de volonté par laquelle une
personne exprime son intention de conclure un contrat déterminé à des conditions déterminées. Cette
offre de contracter doit être précise, c’est-à-dire qu’elle doit comporter tous les éléments qui
permettent d’identifier le contrat envisagé. L’offre doit être ferme et non équivoque. Elle peut être
expresse ou tacite. Elle peut être faite à personnes déterminées ou adressée au public. L’offre doit
être assortie d’un délai exprès ou implicite de rétraction. Tant que le délai n’est pas expiré, le
pollicitant ne peut retirer son offre. Mais en cas de décès ou d’incapacité ultérieure, l’offre devient
caduque si elle n’avait pas encore été acceptée.
b- L’Acceptation
C’est la réponse positive apportée à l’offre de contracter. Elle doit être identique à tous points
de vue à l’offre, sinon il s’agit d’une contre-proposition, d’une contre-offre. L’acceptation doit par
ailleurs être sans équivoque et sans réserve. Elle peut être expresse ou tacite et c’est quand
l’acceptation rencontre l’offre que se conclut le contrat. En principe, cela ne pose aucune difficulté
lorsque les deux contractants sont l’un en face de l’autre. Le contrat se forme alors dès l’échange de
consentement. La difficulté provient de ce que l’on appelle le contrat entre absents ou encore le
contrat par correspondance.
L’intérêt du contrat entre absents, c’est de déterminer quand est-ce que le contrat est conclu
et quel est le lieu de conclusion parce que ce lieu généralement peut avoir une influence sur le tribunal
compétent. Le problème du contrat par correspondance a suscité en Droit Français à la fois une
controverse doctrinale et une contrariété jurisprudentielle. D’abord les thèses en présence, il y en a
deux qui sont opposés.
La première c’est la thèse de l’expédition ou de l’émission en vertu de laquelle le contrat est conclu
au moment où l’acceptant aura émis son intention de le conclure.
La deuxième est la thèse de la réception ou de l’information selon laquelle le contrat est conclu
lorsque l’offrant a eu connaissance de l’acceptation. Cette controverse doctrinale a été amplifiée par
des décisions jurisprudentielles contrariantes. En effet, dans un premier temps, la Jurisprudence
admettait la théorie de l’émission, dans un second temps celle de la réception pour finalement donner
aux juges un pouvoir souverain d’appréciation.
En Droit Sénégalais, la solution n’est guère satisfaisante même si elle a un support textuel, le
Code des Obligations Civiles et Commerciales (COCC) dans son article 82. Ce texte assimile le contrat
par correspondance au contrat entre personnes présentes et consacre en même temps la Théorie de
l’Emission et celle de la Réception dans ses deux alinéas. Donc ce texte consacre une fausse solution.
Comment alors remédier à la détermination du moment de conclusion du contrat entre absents ?
En Droit International tout comme au sein de l’OHADA d’ailleurs, on a fait une option, un parti-
pris en faveur de la théorie de la réception.
3 – L’Intégrité du Consentement
Le consentement doit non seulement exister et être exprimé, mais il faut aussi qu’il ne soit pas
altéré par un vice. Les vices qui peuvent entacher le consentement sont l’erreur, le dol et la violence.
Il ne faut donc pas que le consentement soit donné à la suite d’une erreur, ou qu’il soit surpris par dol,
ou qu’il soit extorqué par la violence.
a- L’Erreur
C’est une fausse représentation de la réalité. Exemple on croyait acheter de l’or alors qu’on a
acheté du bronze. Donc on s’est trompé en consentant. Mais l’erreur qui peut vicier le consentement
doit avoir été déterminante, c’est-à-dire que sans elle, on n’aurait pas consenti. Par ailleurs, il faut que
l’erreur soit entrée dans le champ contractuel, c’est-à-dire qu’elle ait pu être connue par l’autre partie.
En troisième lieu, peu importe que l’erreur soit de fait ou de droit. Mais il ne faudrait pas qu’il s’agisse
d’une erreur inexcusable qui ne peut être commise que par un imbécile.
Nota : En droit, l’imbécile est le majeur qui a l’âge d’un enfant.
b- Le Dol
Ce sont des manœuvres, des artifices et mises en scène pour amener le contractant à
consentir. Donc avec le dol, on a été trompé contrairement à l’erreur où on s’est trompé. Il y a dans le
dol deux éléments : un élément matériel – ce sont les manœuvres utilisées -, et un élément intentionnel
ou psychologique – c’est l’intention de tromper. Mais aujourd’hui on considère que le mensonge peut
être constitutif de dol comme le simple silence gardé sur un élément du contrat qui aurait pu influencer
sur le consentement. C’est ce que l’on appelle le Silence dolosif ou la Réticence dolosive. Il faut
cependant que le dol ait été déterminant c’est-à-dire qu’il ait poussé la personne à consentir. Si tel est
le cas, le consentement est vicié pour dol.
c- La Violence
C’est la contrainte exercée sur une personne pour l’amener à consentir malgré elle. Il peut
s’agir d’une menace physique ou morale. Il faut que cette violence ait été déterminante, mais il ne faut
pas qu’il s’agisse d’une violence légitime comme la menace d’exercer un droit ou la simple crainte
révérencielle.
B/ L’Objet et la Cause
1 – L’Objet
L’objet c’est ce sur quoi porte le contrat. Il doit d’abord exister même s’il est possible de faire
un contrat sur une chose future. L’objet doit en outre être déterminé ou déterminable dans sa quotité
et dans sa quantité. Il doit aussi être possible, il doit être licite et il ne doit pas être contraire à
l’ordre public et aux bonnes mœurs. Il peut se poser une difficulté qui est relative à la lésion c’est-à-
dire le déséquilibre qui peut exister entre les prestations des parties. Mais sur ce point, il y a une
solution de principe : c’est que « la lésion en elle même n’est pas une cause d’annulation » sauf lorsque
la loi le prévoit, notamment en matière d’incapacité ou de partage.
2 – La Cause
La cause, c’est le pourquoi du contrat. C’est le motif qui a déterminé les parties à contracter.
Cette cause, elle aussi doit exister, mais elle n’a pas besoin d’être révélée. Il appartient à celui qui
conteste son existence d’en apporter la preuve parce qu’il existe ce que l’on appelle la « catégorie des
actes abstraits ».
En conclusion, tous les contrats quels qu’ils soient, sont tenus de se conformer à ces quatre
conditions de fond, mais parfois, il arrive aussi que le contrat soit soumis à un certain formalisme.
En principe, le contrat, pour être valable, n’a pas besoin de respecter une certaine formalité.
C’est le Principe du Consensualisme. L’exception c’est que certains contrats doivent nécessairement
observer une certaine forme en l’absence de laquelle le contrat est nul. C’est le Formalisme de Validité
par opposition au Formalisme d’Efficacité.
1 – Le Formalisme d’Efficacité
C’est un formalisme qui est exigé mais dont l’irrespect n’a pas d’incidence sur la validité du
contrat, mais plutôt sur son efficacité. Il y a trois séries de formalismes qui vont dans ce sens. C’est
d’abord le Formalisme Probatoire c’est-à-dire le formalisme de preuve. Ex : Tout contrat dont l’objet
est égal ou supérieur à 20 000FCFA doit être constaté par écrit. La deuxième série c’est le Formalisme
de Publicité dont la finalité est d’informer les tiers pour rendre opposable le contrat. Ex : L’inscription
de l’hypothèque. La troisième série est le Formalisme d’Enregistrement qui est une formalité fiscale
qui permet de « donner date certaine » à un acte sous seing privé.
Nota : L’acte inscrit par un officier public donne date certaine c’est-à-dire erga omnes aux actes sous
seing privé car cet agent est assermenté et ce qu’il dit ou écrit est vrai jusqu’à preuve d’inscription en
faut. La preuve incombe à celui qui conteste la certitude de l’acte, il engage sa responsabilité pénale.
2 – Le Formalisme de Validité
C’est un formalisme exigé à peine de nullité du contrat c’est-à-dire qu’en son absence, le
contrat n’existe pas juridiquement. Donc c’est une cinquième condition de validité du contrat. On dit
que la formalité est requise à titre de validité et c’est en cela qu’elle constitue une exception au
principe du consensualisme. Ex : Toute transaction immobilière doit faire l’objet d’un acte authentique
délivré par un officier public assermenté.
En conclusion, le contrat est un accord de volonté générateur d’obligations s’il remplit les conditions
définies par la loi. A défaut, il est irrégulier et est sanctionné en tant que tel.
Lorsque l’une quelconque des conditions sus énumérées n’a pas été respectée, le contrat n’est
pas valable. Il est sanctionné par la nullité qui est une sanction radicale en ce sens que le contrat est
anéanti comme s’il n’avait jamais existé. C’est le Principe de la Rétroactivité. Mais au préalable,
faudrait-il mettre en œuvre la nullité ?
C’est l’anéantissement total du contrat comme s’il n’avait jamais existé. Si le contrat n’avait
pas encore été exécuté, il ne le sera jamais plus et s’il y avait déjà exécution, les parties sont tenues
de restituer ce qu’elles ont reçu. C’est ce que l’on appelle l’effet rétroactif de la nullité. Les parties
doivent être mises dans l’état où elles se trouvaient avant la conclusion de leur contrat irrégulier. C’est
ce que l’on appelle le Statu Quo Ante. Mais la restitution n’est pas absolue. Parfois elle est atténuée
ou elle est écartée. C’est notamment le cas lorsque la nullité est prononcée pour incapacité parce que
la loi décide que l’incapable n’est tenu à restitution que dans la limite de son enrichissement. C’est aussi
le cas lorsque la nullité a été prononcée pour immoralité du contrat. Dans ce cas en effet, on applique
la règle selon laquelle « Nul ne peut se prévaloir de sa turpitude ». En d’autres termes, on ne peut pas
invoquer sa propre immoralité pour obtenir restitution. Finalement, il faut retenir que le contrat nul
est anéanti et entraîne des effets rétroactifs à moins que cette rétroactivité ne soit tempérée, qu’elle
ne soit atténuée ou écartée. Mais si le contrat est valable, à partir de ce moment, il va développer ses
effets.
Chapitre 3 : Les Effets du Contrat
Lorsque le contrat est régulièrement formé, il doit être exécuté par les parties. Mais on doit
aussi envisager la situation des tiers par rapport au contrat.
Les parties à un contrat régulièrement formé sont tenues d’exécuter leurs engagements. C’est
le Principe de la Force Obligatoire du contrat. Mais l’exécution du contrat peut être assortie de
certaines modalités.
Paragraphe 1 : La Force Obligatoire du Contrat
Elle trouve son siège dans l’article 96 du COCC aux termes duquel « le contrat légalement
formé crée entre les parties un lien irrévocable ». Cela signifie plusieurs choses :
En premier lieu, cela veut dire que les parties sont tenues de respecter leurs engagements
jusqu’à leur terme. Aucune d’elle ne peut rompre le contrat ou le modifier de façon unilatérale. « Ce
que la volonté commune a fait, seule la volonté commune peut le défaire ».
Mais il y a des atténuations à ce principe de la force obligatoire du contrat parce qu’il y a des
hypothèses dans lesquelles le contrat peut être rompu de façon unilatérale. C’est notamment le cas
dans les contrats qui sont marqués par la confiance, des contrats qui sont généralement intuitu
personae c’est-à-dire conclu en considération de la personne du contractant. Exemple : le contrat de
mandat qui peut être rompu à tout moment, c’est ce que l’on appelle la Révocation Ad Nutum.
La deuxième exception c’est dans les contrats à durée indéterminée parce qu’on permet à
chaque partie dans ce cas de pouvoir y mettre fin de façon unilatérale. C’est ce que l’on appelle le Droit
de Résiliation Unilatéral parce que le droit réprouve, interdit que l’on puisse s’engager à vie, à
perpétuité, cela étant contraire à la liberté individuelle.
En dehors de ces deux hypothèses, le contrat légalement formé est « la loi des parties » qui
sont tenues de respecter leurs engagements jusqu’au bout. Mais encore faudrait-il savoir qui est partie
soumise à la force obligatoire du contrat. Il y a plusieurs catégories de parties au contrat.
Il y a d’abord les personnes qui, elles-mêmes ont conclu le contrat en leur nom et pour leur
compte.
Il existe ensuite les personnes qui se sont fait représentées parce que le représentant agit
au nom et pour le compte du représenté.
Il y a enfin les ayant cause universels et les ayant cause à titre universel c’est-à-dire
respectivement ceux qui ont vocation à recueillir la totalité du patrimoine et ceux qui ont vocation de
recueillir une fraction de ce patrimoine.
C’est à l’égard de tous ces gens là que le contrat crée un lien irrévocable. Mais l’exécution du
contrat peut être assortie de certaines modalités.
1 – Le Terme.
Il s’agit d’un événement futur et de réalisation certaine dont on fait dépendre l’exigibilité de
l’obligation ou son exécution.
Dans le premier cas, on parle de Terme Suspensif. Ex : Je vous prête 100 000, vous me
rembourserez le 12 janvier 2006 (le 12 janvier est futur et certain).
Dans le second cas, on parle de Terme Extinctif. Ex : Vous louez une chambre du 1er Janvier
au 31 Mars, en fin mars, le contrat est terminé (le 31 mars est futur et extinctif).
2 – La Condition.
Il s’agit d’un événement futur mais de réalisation incertaine dont on fait dépendre la naissance
de l’obligation ou sa disparition.
Dans le premier cas, on parle de Condition Suspensive. Ex : Je vous vend mon ouvrage si je
réussis à mon examen ( la réussite est un événement futur et incertain).
Dans le second cas on parle de Condition Résolutoire. Ex : Je vous donne ma maison si je meurs
sans enfant. Le bénéficiaire devient automatiquement propriétaire parce que l’obligation existe déjà.
Si la condition se réalise, c’est-à-dire si le donateur meurt sans enfant, le donataire est définitivement
propriétaire. Par contre si le donateur a un enfant avant son décès, la donation est annulée comme si
elle n’a jamais existé. Donc le donataire est obligé de restituer la maison. C’est la condition résolutoire.
Mais toutes les conditions ne sont pas valables.
Il y a d’abord la Condition purement Potestative, c’est celle qui dépend exclusivement de la
volonté du débiteur. Elle n’est pas valable. Ex : Je vous rembourserai le prêt que vous m’avez accordé
quand je voudrai (cela n’a aucune valeur juridique)
Il y a ensuite la Condition Casuelle. C’est celle qui dépend du hasard et elle est valable. Ex : Je
vous donne un million si je gagne au loto.
Il y a également la Condition Mixte. Ex : Je vous vend mon véhicule si je suis affecté à Thiès
(mon affectation dépend de ma demande mais aussi de l’acceptation d’autrui).
Il y a enfin la Condition impossible, illicite ou immorale. Elle n’est pas valable. Ex : Je vous
donne cinq millions si vous décrochez la lune ou si vous m’apportez cinq kilogrammes de cocaïne.
Le contrat ne laisse pas insensibles les tiers qui sont soumis à un principe inverse, le Principe
de la Relativité des Conventions ou de l’Effet Relatif du Contrat. Mais ce principe connaît des
exceptions.
On appelle Effet Relatif du Contrat le fait qu’un tiers ne puisse devenir ni créancier, ni
débiteur en vertu d’un contrat qu’il n’a pas conclu. Mais cela signifie aussi que le contrat est opposable
aux tiers et par les tiers.
D’abord le contrat est opposable aux tiers dans la mesure où même les tiers sont tenus de
respecter l’existence d’un contrat auquel ils n’ont pas participé parce que le contrat en tant que tel
constitue une situation de fait objective que tout le monde est tenu de respecter au risque de voir sa
responsabilité engagée.
Il y a ensuite l’opposabilité du contrat par les tiers. Dans ce cas, ce sont les tiers qui invoquent
l’existence d’un contrat pour en tirer profit.
Il faut maintenant identifier qui sont les tiers soumis au principe de la relativité des
conventions.
Il y a d’abord ceux que l’on appelle les Tiers Absolus ou encore Penitus Extranei. Ce sont les
personnes qui sont totalement étrangères au contrat et que le contrat laisse totalement indifférentes.
C’est à l’égard de ces tiers absolus que le principe de la relativité des conventions joue en plein temps,
c’est-à-dire qu’un tiers absolu ne peut être ni créancier, ni débiteur en vertu d’un contrat qu’il n’a pas
conclu.
Il y a ensuite d’autres catégories de tiers plus ou moins intéressés. Ce sont les Créanciers
Chirographaires et les ayant cause à titre particulier.
Les Créanciers Chirographaires : Ce sont des créanciers qui n’ont d’autre garantie que le
patrimoine de leur débiteur. Donc ils sont intéressés par la consistance de ce patrimoine. Si le débiteur
utilise des actes frauduleux pour échapper au paiement, la loi permet au créancier chirographaire de
faire annuler de tels actes frauduleux accomplis par le débiteur. C’est ce que l’on appelle l’Action
Paulienne. De même, le créancier chirographaire peut agir contre le débiteur de son débiteur
négligeant ou passif. C’est ce que l’on appelle l’Action Oblique.
Mais il y a aussi la situation des ayant cause à titre particulier qui, en principe devraient être
soumis au principe de la relativité des conventions. Mais la loi a prévu des dérogations ponctuelles
notamment en matière de bail lorsque l’immeuble loué a été transmis. Dans ce cas, le nouvel acquéreur
propriétaire de l’immeuble est tenu de maintenir dans les lieux le locataire. En matière de Droit du
Travail, il en va aussi de même lorsqu’il y a cession d’entreprise. Le nouvel acquéreur est tenu de
maintenir les contrats de travail en cours conclus par son prédécesseur.
En Réalité, il n’y a qu’une seule exception : c’est la Stipulation pour Autrui parce que la Promesse de
Porte-Fort est une fausse exception.
C’est une convention par laquelle une personne, le Porte-Fort, s’engage auprès de son
contractant qu’un tiers ratifiera le contrat. Il y a deux hypothèses :
1ère hypothèse : Le tiers ratifie le contrat : il n’est plus alors tiers, il devient partie.
2ème hypothèse : Le tiers refuse de ratifier le contrat : il demeure tiers et seul le Porte-Fort
reste engagé vis à vis de son contractant.
Quel que soit l’aspect sous lequel on l’étudie dans ses deux formes, la promesse de porte-fort
ne constitue en aucune façon une exception à la relativité des conventions ; ce qui n’est pas le cas de
la stipulation pour autrui.
La stipulation pour autrui est une convention par laquelle une personne, le promettant, s’engage
auprès de son contractant d’exécuter une prestation déterminée au profit d’un tiers qu’on appelle
Tiers Bénéficiaire. A partir de la conclusion du contrat, le tiers bénéficiaire devient le créancier direct
du promettant. Son droit naît du contrat et ce droit devient irrévocable dès l’instant qu’il a accepté la
stipulation faite à son profit. Mais tant qu’il n’a pas accepté, le stipulant peut révoquer la stipulation
et désigner un autre tiers bénéficiaire le cas échéant. Les droits du tiers bénéficiaire sont censés lui
appartenir dès l’origine. Par voie de conséquence, ni les héritiers, ni les créanciers du stipulant ne
peuvent avoir de prétention sur les droits du tiers bénéficiaire. Et il n’est pas nécessaire que le tiers
bénéficiaire soit au courant de la stipulation faite à son profit. Il n’est pas non plus nécessaire que ce
tiers bénéficiaire existe au moment de la conclusion du contrat. Mais le promettant peut opposer au
tiers bénéficiaire toutes les exceptions qu’il aurait pu opposer au stipulant. Enfin, il faut souligner que
la stipulation pour autrui est une convention. En tant que telle, elle doit respecter toutes les conditions
de validité des contrats. Sous réserve de cette précision, il reste que le tiers bénéficiaire est devenu
créancier du promettant alors qu’il n’a pas conclu de contrat. C’est en cela que la stipulation pour autrui
constitue la seule exception à la relativité des conventions.
Nota : L’exemple type est la souscription d’une police d’assurance vie par un parent pour son enfant
déjà né ou même encore en gestation.
En conclusion, la stipulation pour autrui constitue donc l’exception en ce sens où un créancier
devient créancier tout en conservant sa qualité de tiers, ce qui n’est pas conforme à la relativité des
conventions.
Il arrive parfois que le contrat légalement formé rencontre dans son exécution quelques
difficultés qui peuvent entraîner sa paralysie. En schématisant, on peut dire qu’il y a deux séries de
difficultés d’exécution : la première série est d’ordre intellectuel, la seconde est d’ordre économique.
Il peut arriver que le contrat soit mal rédigé, qu’il soit équivoque, ambigu, obscur ou imprécis
à telle enseigne que chaque partie en a une lecture, une compréhension différente. Donc les parties ne
s’entendent pas sur ce que le contrat veut dire. Comment alors sortir de cette situation.
Il faut interpréter le contrat, et l’organe qui est habilité à le faire, c’est le Juge, mais il n’a
pas une liberté absolue dans sa mission d’interprétation. En effet, la loi a mis à sa disposition des
méthodes d’interprétation.
- La première méthode consiste pour le Juge à rechercher quelle est la commune intention des
parties. Pour ce faire, le Juge doit essayer de découvrir quel est l’esprit du contrat parce que sa lettre
fait défaut, est équivoque.
- La deuxième méthode, c’est celle par laquelle le Juge va s’appuyer sur l’équité, la bonne foi
et les usages pour savoir ce que le contrat veut dire.
Lorsque aucune de ces deux méthodes n’est opérationnelle, alors le Juge va interpréter le
contrat en faveur du débiteur. C’est ce que l’on appelle l’interprétation in favorem. C’est parce que le
Droit considère qu’il appartient au créancier de veiller à ses intérêts. Si le contrat est ambigu, c’est
que le créancier n’a pas été vigilant. Il doit supporter les risques de cette négligence. L’ambiguïté du
contrat profite donc au débiteur, si les méthodes objective et subjective ne permettent pas
d’interpréter le contrat. Mais la décision d’interprétation faite par le Juge est soumise à un double
contrôle par la Cour de Cassation.
En premier lieu, la Cour de Cassation va vérifier si les juges n’ont pas dénaturé le contrat en
interprétant des clauses claires et précises. La dénaturation est un motif de cassation, c’est-à-dire
que la Cour Suprême va annuler la décision qui a dénaturé le contrat.
Le second contrôle est un contrôle de qualification, c’est-à-dire que la Cour Suprême va
vérifier si les juges ont mal qualifié le contrat. La fausse qualification est un motif de cassation.
Lorsque le contrat n’est pas exécuté, c’est qu’il y a atteinte à sa force obligatoire. La question
est alors de savoir quelle est la réaction du Droit face à cette pathologie contractuelle ?
Il faut distinguer selon que l’inexécution du contrat est consécutive à un cas de force majeure
ou selon que l’inexécution est imputable à l’une des parties.
L’hypothèse ici, c’est celle dans laquelle le contrat ne peut plus être exécuté, parce qu’un
événement imprévisible, irrésistible et insurmontable a empêché cette exécution qui devient
impossible.
Quelle est la partie qui va supporter les risques de cette inexécution due à un cas de
force majeure ?
Exemple 1 : Un étudiant loue une chambre pour l’année académique, l’immeuble loué est détruit par un
incendie au mois de janvier. Que devient le contrat de bail ?
Exemple 2 : Une personne achète un poste téléviseur chez son voisin, mais le poste implose avant qu’elle
n’en prenne livraison alors qu’elle avait déjà payé. Que devient le contrat de vente ?
La réponse varie en fonction des obligations qui sont contenues dans le contrat.
Ici, l’un des contractants ne s’exécute pas. La question est de savoir ce que peut faire l’autre
contractant. Le Droit a mis à sa disposition plusieurs moyens pour lutter contre la défaillance de son
co-contractant.
En premier lieu, il est possible d’invoquer l’Exception d’Inexécution, c’est-à-dire que l’autre
partie refuse de s’exécuter tant que son contractant ne s’est pas exécuté. Mais cela n’est possible que
dans les contrats synallagmatiques parce que l’on sait que dans ce genre de contrats, l’obligation de
chaque partie est dépendante de celle de l’autre. Ce sont des obligations réciproques. L’exception
d’inexécution est une forme de justice privée parce qu’il n’est pas besoin de saisir le Juge. Mais c’est
une situation qui ne peut être que provisoire et qui entraîne la paralysie de l’exécution du contrat.
La deuxième possibilité offerte au contractant, c’est ce que l’on appelle l’Exécution Forcée.
L’exécution forcée sera étudiée plus tard notamment dans la deuxième partie.
La troisième possibilité, c’est de Demander des Dommages et Intérêts pour le préjudice subi
du fait de l’inexécution. C’est alors un problème de Responsabilité Civile qui va être étudié plus tard.
Enfin, la quatrième et dernière possibilité, c’est de demander au Juge de rompre le contrat,
c’est ce que l’on appelle la Résolution Judiciaire du contrat. Mais ce n’est pas parce qu’elle est
demandée qu’elle va être prononcée, parce que le Juge bénéficie d’un pouvoir d’appréciation. Il va en
effet vérifier si le manquement, si l’inexécution justifie la rupture du contrat. Par ailleurs, les parties
peuvent prévoir que dans telles circonstances, le contrat sera résolu de plein droit, de façon
automatique. Lorsque le contrat est résolu, il produit les mêmes effets que la nullité, c’est-à-dire qu’il
rétroagit.