ALFRED SCHNITTKE
Quatuor et Quintette avec piano Quartet & Quintet with piano
Trio à cordes String Trio
Couverture | Cover Art:
Guido Molinari : Triangulaire Rouge-Orange (1974)
© Succession Guido Molinari / SODRAC (2012) QUATUOR MOLINARI
Louise Bessette piAnO
ACD2 2669 ATMA Classique
AlfReD SCHNITTKE
[1934-1998]
QUATUOR AVEC PIANO | piAnO QuARtet [1988] 7:24
1 Allegro
TRIO À CORDES | StRinG tRiO [1985] 24:05
2 I. Moderato 13:01
3 II. Adagio 11:04
QUINTETTE AVEC PIANO | piAnO Quintet [1972-76] 28:00
4 I. Moderato 6:57
5 II. In Tempo di Valse 5:49
6 III. Andante 6:34
7 IV. Lento 4:44
8 V. Moderato pastorale 3:56
QuAtuOR MOLINARI
Olga Ranzenhofer pReMieR viOlOn | FIRST VIOLIN [ plAGeS | TRACKS 4-8 ]
Frédéric Bednarz DeuxièMe viOlOn | SECOND VIOLIN [ 1-8 ]
Frédéric Lambert AltO | VIOLA [ 1-8 ]
Pierre-Alain Bouvrette viOlOnCelle | CELLO [ 1-8 ]
Marcin Swoboda AltO | VIOLA [ 4-8 ]
Louise Bessette piAnO [ 1, 4-8 ]
uinze ans après sa mort, Alfred Schnittke reste une Alfred Schnittke fait ses études musicales à engels puis à vienne, où il découvre
Q sorte d’énigme pour bien des musiciens et des
mélomanes. Doit-on le considérer comme un
Russe ou comme un Allemand ? Quelle place occupe-t-il
Mahler, Schoenberg, Berg et Webern, et surtout à Moscou, dont il fréquente le
Conservatoire de 1953 à 1961 avant d’y enseigner pendant une dizaine d’années.
Grand admirateur de Chostakovitch et de prokofiev, il s’intéresse à Stravinski dont on
dans la musique du xxe siècle, et quel est son héritage commence à jouer la musique en u.R.S.S., et approfondit sa connaissance du séria-
musical? lisme viennois.
l’appartenance de Schnittke à la Russie relève de Dès le début des années 1960, Schnittke, jugé « non officiel » et trop occidental,
l’histoire : couronnée impératrice de Russie en 1762, notamment en raison de ses affinités avec le dodécaphonisme, est mis à l’écart par
Catherine ii, d’origine allemande, avait encouragé ses l’union des compositeurs. toutefois, le public l’apprécie grâce à ses nombreuses
compatriotes à s’installer dans certains territoires russes, musiques de film, et les plus grands virtuoses de son pays le font connaître à l’étran-
notamment sur les bords de la volga. en 1924, cette colo- ger. Après un purgatoire d’une vingtaine d’années, il sera internationalement
AlfReD nisation incita lénine à créer une « République socialiste
soviétique autonome des Allemands de la volga ». C’est à
considéré comme le successeur de Chostakovitch et l’un des piliers de la nouvelle
musique soviétique, aux côtés d’edison Denisov et de Sofia Goubaïdoulina.
SCHNITTKE engels, capitale de cette enclave germanique de l’u.R.S.S., en juillet 1985, Schnittke est frappé par la première d’une série d’hémorragies céré-
située au sud-est de Moscou, que naquit en 1934 Alfred brales, mais parvient à défier les limites que lui impose la maladie. Cinq ans plus tard,
Schnittke, d’une mère catholique et d’un père juif, tous on lui offre un poste de professeur de composition à Hambourg, où il déménage et
deux d’origine allemande. « Comme mes ancêtres alle- meurt en 1998, à 63 ans.
mands, je vis en Russie, je peux parler et écrire en russe Ce mystique souvent pessimiste, qui se disait « né au mauvais endroit », n’a pas cher-
bien mieux qu’en allemand, mais je ne suis pas Russe », ché, à travers sa musique, « à réagir contre un système rigide », mais plutôt « à agir
a-t-il confié à son biographe, Alexander ivashkin. en 1941, comme si le système n’existait pas du tout ». tout en puisant dans le passé et en explo-
tandis que les troupes d’Hitler commençaient à envahir rant les nombreuses facettes esthétiques de son temps, il s’est forgé un langage
la Russie, Staline abrogea le statut de la République auto- personnel « polystylistique », utilisant un collage de citations thématiques de diverses
nome, et seule la religion paternelle évita à la famille époques. en presque un demi-siècle, Schnittke a composé plus de 250 œuvres, allant
Schnittke d’être déportée. Même s’il était très attiré par la de l’opéra à la musique de chambre, en passant par 66 musiques de film et neuf sym-
foi orthodoxe et par ses chants, c’est au catholicisme qu’il phonies. Sa musique de chambre comprend une dizaine de titres dont quatre quatuors
se convertit en 1982, affirmant : « ma moitié juive ne me à cordes, ainsi que les trois œuvres figurant sur ce disque. Composées entre 1972 et
laisse pas en paix : je ne connais aucune des trois langues 1988, ces dernières appartiennent à sa période de maturité, alors qu’il est encore en
juives, mais j’ai l’air d’un vrai juif. » Russie, et se situent avant et après les attaques cérébrales qui le laisseront diminué.
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QUATUOR pOuR piAnO, viOlOn, AltO et viOlOnCelle
entre 1876 et 1878, durant ses années d’études au Conservatoire de vienne, Gustav loin d’être festif, son hommage à Berg semble plutôt déplorer la mort précoce
Mahler (1860-1911) a composé trois œuvres de musique de chambre. Seuls un mou- du compositeur de Wozzeck, disparu à l’âge 50 ans. D’où la profonde nostalgie et l’at-
vement de quatuor avec piano et les esquisses d’un Scherzo pour la même formation, mosphère parfois funèbre qui se dégagent de cette œuvre dont les deux mouvements
du jeune homme de seize ans, sont parvenus jusqu’à nous. en 1988, Schnittke, grand citent, sous forme de choral, un Kyrie orthodoxe (« Gospodi pomilouyé »).
admirateur de Mahler, partit de ces esquisses pour son propre Quatuor et se servit du tour à tour tonal et atonal, le premier mouvement s’apparente à un menuet dont le
même thème dans le deuxième mouvement de sa Symphonie n° 5. Son œuvre est thème principal de six notes pourrait être une allusion au classique Happy Birthday to
dédiée au violoniste ukrainien Oleh (Oleg) Krysa, un des créateurs du Trio. you . Son élégance et son intimité mozartiennes se marient au lyrisme expressionniste
Recomposition plutôt que pastiche, le Quatuor avec piano de Schnittke baigne dans et aux mélodies d’intervalles chers à Berg. une section rythmique, plus tourmentée et
une atmosphère hybride, dans laquelle une limpidité schubertienne et le thème récitée, rompt temporairement ce charme. peu à peu, le thème initial reprend dou-
mahlérien cohabitent avec les caractéristiques propres à Schnittke : des clusters de loureusement sa place, dans un esprit mahlérien.
piano et des glissandi des cordes, l’exploitation des registres extrêmes des instruments l’ombre de Schubert plane sur le second mouvement, un poignant Adagio, plus
et un contrepoint éparpillé dans l’espace sonore. peu à peu, les tensions harmoniques tonal, qui repose sur le matériau thématique du Moderato. une sonnerie rappelant
s’accumulent et explosent dans un paroxysme désespéré, qui résonnera durant quatre l’hommage aux morts, émerge mystérieusement des notes harmoniques du violon-
mesures. le dernier mot revient respectueusement au mélancolique thème de Mahler. celle. peu à peu, les principaux motifs entendus précédemment s’enchaînent et se
TRIO à CORDeS
désagrègent pour laisser la place au thème principal, qui s’évapore à son tour.
QUINTETTE AveC piAnO
nettement moins populaire au xixe siècle que le trio avec piano ou le quatuor à
cordes, le trio pour cordes (violon, alto et violoncelle) a inspiré quelques compositeurs Succédant à sa Symphonie n° 1, qui lui vaudra en 1974 les foudres de l’union des
du xxe siècle, dont Anton Webern (1927) et Arnold Schoenberg (1946). Composé Compositeurs soviétiques, le Quintette pour piano et cordes de Schnittke fut com-
quelques mois avant sa première hémorragie cérébrale, le trio de Schnittke est une mencé en 1972, à la suite de la mort subite de sa mère, Maria vogel. Après le premier
commande de la Société Alban Berg de vienne destinée à commémorer en 1985 le mouvement, le compositeur se trouva confronté à plusieurs blocages et ne termina
centenaire de la naissance du compositeur autrichien. Sept ans plus tard, Schnittke son quintette qu’en 1976, alors que son style avait considérablement évolué. Cette
en réalisa une version pour piano, violon et violoncelle. œuvre dépouillée et pleine d’intériorité marque donc un tournant chez Schnittke,
Ce Trio pour cordes a offert à Schnittke une belle occasion de renouer avec les belles affecté à la fois par l’isolement dans lequel le confine son art face aux autorités, par le
années viennoises de sa jeunesse. à l’éditeur Balínt András varga, il avait confié les deuil familial et aussi par la mort, en 1975, de Chostakovitch. en 1978, suite aux sug-
fortes impressions qui avaient marqué son séjour dans la capitale autrichienne, gestions du chef d’orchestre Guennadi Rozhdestvensky, Schnittke en réalisa une
notamment, selon ses propos : « un certain son Mozart-Schubert que j’ai porté en moi version orchestrale, appelée In Memoriam.
durant des décennies ».
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le quintette de Schnittke est en quelque sorte l’héritier de celui que Chostakovitch ifteen years after his death, Alfred Schnittke
avait composé en 1940. Ses cinq mouvements, dont plusieurs sont enchaînés, créent
une sorte de Requiem instrumental dominé par un thème cyclique de cinq notes (do
dièse, ré, do dièse , si dièse, do dièse) et par l’imitation caractéristique des cloches
f remains something of an enigma to many musi-
cians and music lovers. Should he be considered
Russian or German? What is his place in 20th-century
d’églises russes. Ces thrènes ou lamentations instrumentales regorgent de canons et music? What is his musical legacy?
de contrepoints rythmiques, de nuances et d’effets sonores, exploitant notamment History tells us that Schnittke belonged to Russia.
des trilles en quarts de ton et des clusters rappelant ceux de Krzysztof penderecki. When Catherine ii, who was of German origin, was
un douloureux solo du piano, expose le thème principal du premier mouvement. crowned emperor of Russia, she encouraged her com-
Repris par les cordes, il deviendra une lente procession funèbre baignée de pleurs, patriots to settle on Russian soil, especially on the
tandis que le piano sonne le glas dans les deux extrêmes de son registre. banks of the volga. it was from this colony that, in
le deuxième mouvement est curieusement une valse viennoise qui égraine les 1924, lenin created the volga German Autonomous
notes si bémol, la, do, si bécarre correspondant au nom de Bach. De plus en plus dra- Soviet Republic. Alfred Schnittke was born in 1934 in
matique, la danse, à laquelle se joignent des rappels du Moderato initial, adopte peu the capital of this German enclave in the uSSR, in
à peu un ton grinçant, qui pourrait être un hommage à Chostakovitch. elle débouche engels, a city located south-east of Moscow. His
sur un Andante expressif, dont le glas persistant (un lancinant si bémol auquel répon- mother was a Catholic and his father a Jew. Both were
dent un la et un si bécarre) et le thème cyclique reprennent l’atmosphère poignante of German origin. He told his biographer Alexander
du premier mouvement. plus lugubre encore, le Lento joue sur les contrastes de tim- ivashkin: “i live in Russia like my German ancestors, i
bres et exacerbe les cloches et le brouillage sonore des cordes. can speak and write Russian much better than Ger-
le Moderato pastorale en ré bémol majeur est un ostinato du piano qui fait délica- man, but i am not Russian.” in 1941, when Hitler’s
tement tinter à la main droite les premières notes harmoniques de ré bémol (ré bémol, troops began their invasion of Russia, Stalin abolished
la bémol, ré bémol). à cette passacaille naïve et champêtre, répétée 14 fois, se super- the Autonomous Republic, and it was only its paternal
posent, aux cordes, des rappels de la valse, des notes « B.A.C.H. » et du thème cyclique. religion that prevented the Schnittke family from
Ce cortège s’estompe délicatement jusqu’à l’extinction complète de l’ostinato. being exiled. though attracted by the Orthodox reli-
gion and its chants, Schnittke converted to Catholicism
IRÈNE BRISSON in 1982, affirming that “my Jewish half leaves me no
peace: i don’t know any of the three Jewish languages,
but i look like a real Jew.”
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QUARTET fOR piAnO, viOlin, viOlA, AnD CellO
Alfred Schnittke studied music first in engels; then in vienna, where he discovered Between 1876 and 1878, the years in which he was studying at the vienna Conser-
Mahler, Schoenberg, Berg, and Webern; and especially in Moscow, where he was at vatory, Gustav Mahler (1860-1911) composed three works of chamber music. All that
the Conservatory as a student between 1953 and 1961, and as a teacher during the has come down to us of these works by the 16-year old composer are one movement
following ten or so years. A great admirer of Shostakovich and of prokofiev, he was of a piano quartet and sketches for a scherzo, also for piano quartet. in 1988, Schnit-
also interested in Stravinsky, whose music was just beginning to be played in the tke, a great admirer of Mahler, based his own piano Quartet on these sketches and
uSSR, and delved deeply into viennese serialism. used their theme in his fifth Symphony. He dedicated the Quartet to the ukrainian
the union of Soviet Composers deemed Schnittke too western, mostly because of violinist Oleh (Oleg) Krysa, one of the musicians who had premiered his trio.
his fondness for dodecaphony; beginning in the 1960s he was classified as “unofficial.” A fresh composition rather than a pastiche, Schnittke’s piano quartet is steeped in a
His numerous film scores were popular with the public, however, and the greatest hybrid atmosphere. Schubertian limpidity and the Mahlerian theme cohabit with
Russian virtuosos played his works outside the country. After 20 years in purgatory, Schnittke’s own characteristic gestures: piano clusters, string glissandi, the use of
he became known internationally as Shostakovich’s successor and, alongside edison extreme instrumental registers, and counterpoint scattered through sonic space. lit-
Denisov and Sofia Gubadulina, as one of the pillars of the new Soviet music. tle by little, harmonic tensions grow until they explode in a desperate paroxysm. After
in July 1985, Schnittke was struck by the first of a series of strokes, but he managed four measures in which this explosion resonates, the last word, respectfully, is given
to overcome the limits imposed by illness. five years later he was offered the position to Mahler’s melancholy theme.
of professor of composition at Hamburg, where he moved, and where he died in 1998
StRinG TRIO
at the age of 63.
this often gloomy mystic, who described himself as being “born in the wrong place,”
did not strive in his music “to react against a rigid system,” but rather “to act as if the
system just didn’t exist.” Drawing inspiration from the past and exploring the many Markedly less popular in the 19th century than the piano trio or the string quartet,
esthetic currents of his day, he forged the personal language he called “polystylistic,” the string trio (violin, viola, cello) inspired several 20th-century composers, including
in which he used a collage of thematic quotes from various eras. the more than 250 Anton Webern (1927) and Arnold Schoenberg (1946). Schnittke’s string trio, composed
works that Schnittke composed during a career lasting almost half a century range several months before his first stroke, was commissioned by the Alban Berg Society
from opera to chamber music and include 66 film scores and 9 symphonies. His cham- of vienna to commemorate the 1985 centenary of the Austrian composer’s birth.
ber music comprises a dozen works which include four string quartets as well as the Seven years later, Schnittke made a version of the trio for piano, violin, and cello.
three works featured on this disc. the latter are works of his mature period; he com- the String trio gave Schnittke a fine occasion to revive the wonderful viennese years
posed them between 1972 and 1988, when he still lived in Russia, and when strokes of his youth. in describing to the publisher Balínt András varga the indelible impres-
were undermining his health. sions made on him during his stay in the Austrian capital, Schnittke remembered “a
certain Mozart-Schubert sound that i’ve carried with me for decades.” far from being
festive, his homage to Berg seems to mourn the precocious death—at the age of 50—
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of the composer of Wozzeck. the trio, whose two movements cite, in the form of a Schnittke’s quintet is a kind of heir to the one Shostakovich had composed in 1940.
chorale, an orthodox Kyrie (Gospodi pomilouyé), is profoundly nostalgic and almost its five movements, several of which are linked together, create a sort of instrumental
funereal in mood. Requiem dominated by a cyclic theme of five notes (C sharp, D, C sharp, B sharp, C
tonal and atonal in turn, the first movement resembles a minuet whose six-note sharp) and by the imitations such as typically sounded by Russian church bells. these
main theme could be an allusion to the classic “Happy Birthday to You.” its Mozartian threnodies or instrumental lamentations are full of canons and rhythmic counterpoint,
elegance and intimacy is combined with the kind of expressionist lyricism and inter- of nuances and sonic effects, and, in particular, they employ quarter-tone trills and
vallic melodies that Berg loved. A rhythmic section, more tormented and clearly tone clusters reminiscent of Krzysztof penderecki.
enunciated, temporarily breaks the spell. then, in the spirit of Mahler, little by little, A dolorous piano solo states the first movement’s main theme. Reprised by the
the sad initial theme returns. strings, it becomes a slow and tearful funeral procession, while the piano tolls the bells
Schubert casts his shadow on the second movement, a poignant Adagio, more in the two extremes of its register.
tonal, which is based on the thematic material of the Moderato. the cello’s mysteri- the second movement is, curiously, a viennese waltz picked out, one by one, on the
ous-sounding harmonic tones remind us of the homage to the dead. little by little the notes that (in German musical usage) correspond to the letters of Bach’s name: B flat,
main motifs that have been heard before return, one after the other, and then disin- A, C, and B natural. the dance grows more dramatic, and then, joined by reminders of
tegrate, leaving only the main theme to evaporate when its turn comes. the initial Moderato, slowly adopts a darkly humorous tone, possibly in homage to
Shostakovich. it ends in an expressive Andante whose persistent tolling (a haunting
piAnO QUINTET
B flat to which an A and a B natural reply) and cyclic theme recreate the poignant
atmosphere of the first movement. playing with timbral contrasts and emphasizing
the bell sounds and the blurred string sounds, the lento is yet more lugubrious.
After writing his Symphony no. 1 — which, in 1974, drew an angry response from the D major Moderato pastorale is an ostinato for piano, with the right hand deli-
the union of Soviet Composers — Schnittke began his Quintet for piano and strings cately chiming the first harmonic of D flat (D flat, A flat, D flat). Superimposed on this
in 1972, following the sudden death of his mother, Maria vogel. After finishing the first naive and pastoral passacaille, repeated 14 times, the strings play both their recollec-
movement, the composer found himself blocked, and did not complete the quintet tions of the waltz on the notes that spell out Bach’s name and the cyclic theme. this
until 1976, when his style had considerably evolved. this bare and introspective work funeral procession fades away until the ostinato has fallen into total silence.
marks a turning point for Schnittke, who was affected by the isolation to which the
authorities had confined him and his art, by family grief, and by the death, in 1975, of I RÈNE B RISSON
Shostakovich. in 1978, following the suggestions of the conductor Guennadi t RAnSlAteD BY S eAn M C C utCHeOn
Rozhdestvensky, Schnittke made an orchestral version of the quintet, which he called
In Memoriam.
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QuAtuOR en cclamé par le public et par la critique musicale nternationally acclaimed by the public and the critics since
RéSiDenCe Au
COnSeRvAtOiRe
De MuSiQue De
A internationale depuis sa fondation en 1997, le
Quatuor Molinari se consacre au riche répertoire
pour quatuor à cordes des xxe et xxie siècles, commande
i its foundation in 1997, the Molinari Quartet has given itself
the mandate to perform works from the 20th and 21st cen-
turies repertoire for string quartet, to commission new works
MOntRéAl des œuvres nouvelles aux compositeurs et initie des ren- and to initiate discussions between musicians, artists and the
contres entre les musiciens, les artistes et le public. public.
photo : elizabeth Delage
Récipiendaire de quatorze prix Opus décernés par Recipient of fourteen Opus prizes awarded by the Quebec
le Conseil québécois de la musique pour souligner l’ex- Music Council to underline musical excellence on the
cellence de la musique de concert, le Quatuor Molinari Quebec concert stage, the Molinari Quartet is described by
est qualifié par la critique canadienne d’ensemble the critics as an “essential” and “prodigious” ensemble, even
« essentiel » et « prodigieux », voire de « pendant canadien “Canada’s answer to the Kronos or Arditti Quartet”.
aux quatuors Kronos et Arditti ». in addition to many Canadian works, the Molinari Quartet’s
en plus de nombreuses œuvres canadiennes, le réper- repertoire includes among others, quartets by Bartók, Berg,
Q u At u O R toire du Quatuor Molinari comprend entre autres, des Britten, Corigliano, Debussy, Dutilleux, Glass, Gubaidulina,
MOLINARI œuvres de Bartók, Berg, Britten, Chostakovitch, Debussy,
Dutilleux, Glass, Kurtág, ligeti, lutosławski, Martinů,
Kurtág, ligeti, lutosławski, Martinů, penderecki, prokofiev,
Ravel, Rihm, Schnittke, Schoenberg, Shostakovich and
penderecki, prokofiev, Ravel, Rihm, Schoenberg, Webern.
Schnittke et Webern. the Molinari Quartet was heard twice as soloist with the
le Quatuor Molinari a été soliste avec l’Orchestre Montreal Symphony Orchestra under Charles Dutoit and was
symphonique de Montréal sous la direction de Charles invited to perform in numerous concert series and festivals
Dutoit à deux reprises et invité à de nombreux festivals et throughout Canada, the united States, Mexico and europe.
sociétés de concerts au Canada, aux etats-unis, au in September 2011, the Molinari Quartet released its
Mexique et en europe. recording of Alfred Schnittke’s string quartets and has
lancé en septembre 2011 sous étiquette AtMA, son CD received rave revues from, among others, The Strad (January
de l’intégrale des quatuors de Schnittke reçoit les éloges 2012) and Gramophone (editor’s Choice, february 2012).
unanimes de la critique internationale entre autres dans launched in October 2001, the Molinari Quartet interna-
les revues The Strad et Gramophone. tional Competition for Composition has had an enormous
QuARtet in Créé en octobre 2001, le Concours international de success. Over its five editions it has received over 650 new
ReSiDenCe At tHe composition du Quatuor Molinari connaît un immense quartet scores from 65 countries.
COnSeRvAtORY Of succès avec la réception de plus de 650 partitions iné-
MuSiC Of MOntReAl dites venant de 65 pays lors des 5 premières éditions. [Link]
14 15
usicienne polyvalente et pianiste de haute versatile musician and a piano wizard, louise Bessette
M voltige, louise Bessette est une artiste recherchée
sur les scènes d’europe, d’Amérique et d’Asie.
elle a réalisé une vingtaine d’enregistrements chaleureu-
A is much in demand as a concert artist in europe,
America, and Asia. Critics have warmly praised her 20
recordings. She premiers works specially written for her and
sement accueillis par la critique. elle crée des œuvres is invited to perform at large international festivals.
écrites spécialement pour elle et est l’invitée des grands in January 2010, she won Opus prizes in the categories
festivals internationaux. “performer of the Year” and “Musical event of the Year” for the
en janvier 2010, elle a obtenu les prix Opus « interprète 2008 event Automne Messiaen. in January 2012 she was
de l’année », et « événement musical de l’année » pour awarded an Opus prize in the category “Record of the Year,
photo : Robert etcheverry
l’Automne Messiaen 2008, et en janvier 2012, le prix Opus Modern and Contemporary Music” for Serge Arcuri –
« Disque de l’année – Musiques moderne, contempo- Migrations (AtMA Classique). As well, she won an Opus prize
lOuiSe raine » pour l’enregistrement Serge Arcuri – Migrations in the category “Soloist of the Year” in 1996-1997 for her
BESSETTE (AtMA Classique). Mentionnons aussi le prix Opus
« Soliste de l’année » 1996-1997, pour son récital consa-
recital dedicated to Olivier Messiaen’s Vingt Regards sur
l’Enfant-Jésus.
piAnO
cré aux Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus d’Olivier Messiaen. louise Bessette has received many honors and prizes mark-
premier prix au Concours de musique national ing the importance of her musical contributions. these
eckhardt-Gramatté (1981), premier prix au Concours include: first prize, eckhardt-Gramatté national Music
international de Musique Contemporaine (Saint- Competition (1981); first prize, Concours international de
Germain-en-laye, 1986), premier prix au Concours Musique Contemporaine (Saint-Germain-en-laye, 1986); first
international Gaudeamus (Rotterdam, 1989), femme de prize, international Gaudeamus interpreters Competition
l’Année au Salon de la femme de Montréal (catégorie (Rotterdam, 1989); femme de l’Année at the Salon de la
Arts, 1989), prix Québec- flandre (1991), Membre de femme de Montréal (Arts category, 1989); prix Québec-
l’Ordre du Canada (2001), Officier de l’Ordre national du flandre (1991); Member of the Order of Canada (2001);
Québec (2005), Ambassadrice du Centre de Musique Officier de l’Ordre national du Québec (2005), and Canadian
Canadienne (2009), louise Bessette cumule les distinc- Music Centre Ambassador (2009). She has been a professor
tions honorifiques, soulignant ainsi l’importance de son of piano at the Conservatoire de musique de Montréal since
apport musical. Depuis 1996, elle est titulaire d’une classe 1996.
de piano au Conservatoire de musique de Montréal.
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PARUS CHEZ ATMA pReviOuS ReleASeS
Couverture | Cover Art:
R. MURRAY SCHAFER R. MURRAY SCHAFER Guido Molinari : Triangulaire Rouge-Orange (1974)
Quatuors à cordes 1-7 8e Quatuor à cordes
© Succession Guido Molinari / SODRAC (2012)
ACD2 2188-89 theseus • Beauty and the Beast
ACD2 2201
nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par
l’entremise du ministère du patrimoine canadien (fonds de la musique du Canada).
We acknowledge the financial support of the Government of Canada through the
Department of Canadian Heritage (Canada Music Fund).
Réalisation | Produced by: Johanne Goyette
ingénieur du son et montage | Sound Engineer and Editing: Carlos Prieto
Salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal, (Québec), Canada et
salle pierre-Mercure du Centre pierre-péladeau, Montréal.
CONCOURS MOLINARI ALFRED SCHNITTKE Juin 2010 et avril 2012 | June 2010 and April 2012
2001-2006 Quatuors à cordes Graphisme | Graphic design: Diane Lagacé
ACD2 2286 / 2323 / 2368 ACD2 2634 Responsable du livret | Booklet Editor: Michel Ferland
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