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Sujet

La philosophie oscille entre l'interrogation de nos certitudes et la quête d'apaisement, jouant un rôle critique qui peut troubler l'esprit tout en offrant des voies vers la sérénité. Elle incite à examiner les fondements de nos croyances, comme le montre la méthode socratique, tout en proposant des outils pour mieux vivre, notamment à travers les réflexions stoïciennes et épicuriennes. Ainsi, la philosophie ne se limite pas à déstabiliser, mais cherche également à établir un équilibre entre le doute et la sagesse, favorisant une compréhension plus profonde de soi et du monde.

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La philosophie oscille entre l'interrogation de nos certitudes et la quête d'apaisement, jouant un rôle critique qui peut troubler l'esprit tout en offrant des voies vers la sérénité. Elle incite à examiner les fondements de nos croyances, comme le montre la méthode socratique, tout en proposant des outils pour mieux vivre, notamment à travers les réflexions stoïciennes et épicuriennes. Ainsi, la philosophie ne se limite pas à déstabiliser, mais cherche également à établir un équilibre entre le doute et la sagesse, favorisant une compréhension plus profonde de soi et du monde.

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SUJET : La philosophie a-t-elle pour vocation de nous apaiser ou d’interroger nos

certitudes ?
Proposition de correction par M. DIENE
Introduction

Depuis ses origines, la philosophie se présente comme une activité de réflexion rationnelle qui
a la capacité d’interroger les fondements de nos croyances et à proposer des méthodes et des
outils pour mieux vivre. Elle s’inscrit ainsi dans une tension permanente entre la remise en
question des vérités évidentes et la quête de sens et de sérénité pour mieux comprendre la
réalité. Cette ambivalence du rôle de la philosophie pousse à demander si le but de la
philosophie est de nous rassurer ou bien de nous enfoncer dans l’incertitude en questionnant
nos vérités évidentes. Dès lors la problématique de la posture de la philosophie dans la vie de
l’être humain s’impose : la philosophie est-elle une activité qui apporte une sérénité ou une
réflexion qui déstabilise l’esprit de l’homme ? Pour répondre à cette question, nous
examinerons tout d’abord en quoi la philosophie trouble nos certitudes, avant de montrer
qu’elle peut aussi offrir des voies d’apaisement. Nous conclurons en interrogeant
l’articulation possible entre ces deux dimensions.
La philosophie est une discipline qui tente d’interroger les certitudes, c’est-à-dire les vérités
qui semblent détenir un caractère sûr et certain.
La philosophie se distingue par sa capacité à interroger les évidences et à déconstruire les
idées reçues. En effet, la réflexion philosophique est une démarche critique qui ne cherche pas
à conforter les individus dans leurs croyances, mais à les inciter à examiner les fondements
mêmes de ces croyances. Cette fonction critique s’illustre dès l’Antiquité avec Socrate, dont
la méthode repose sur le questionnement systématique. À travers l'ironie et le dialogue, il
poussait ses interlocuteurs à reconnaître leur ignorance, condition nécessaire pour accéder à
une véritable connaissance. Ainsi, lorsqu’il affirme : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais
rien », il ne s’agit pas d’une résignation au non-savoir, mais d’une invitation à la réflexion et
à l’exploration intellectuelle. La philosophie, en ce sens, ne procure pas de réponses
immédiates mais aiguise le sens du doute, rendant l’esprit plus critique et plus libre. Ce rôle
perturbateur de la philosophie donne à celle-ci la capacité de déconstruire toute illusion qui
enfreint la recherche. C’est dans ce sens que le philosophe est souvent perçu comme celui qui
incarne le doute et l’incertitude.
En outre, l’exercice du doute constitue un outil efficace pour ébranler toutes formes de
vérités et de croyances qui désirent s’échapper à la critique. Des philosophes comme
Descartes ont radicalisé cette démarche critique. Dans son Discours de la méthode, il
préconise le doute méthodique, qui consiste à suspendre tout jugement pour ne conserver que
des idées claires et distinctes : « Pour examiner la vérité, il faut, une fois dans sa vie,
mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut. » Ce processus peut être déstabilisant,
car il oblige à renoncer à des croyances confortables pour reconstruire un savoir fondé sur la
raison.

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Ainsi, la philosophie a une fonction essentielle d’interrogation des certitudes, parfois
inconfortable mais nécessaire pour élargir notre compréhension du monde. Cependant, même
si cette remise en question peut troubler, elle ouvre également la voie à une forme
d’apaisement, que nous examinerons à présent.

La philosophie s’inscrit dans une quête d’apaisement et de tranquillité en vue de réconforter


l’être humain.
Loin d’être une activité qui a l’unique but de déconstruire tout le savoir humain, la
philosophie se présente comme une discipline méthodique par laquelle l’homme passe pour
accéder au bonheur. En effet, la philosophie depuis ses origines vise à apporter une forme de
sérénité en aidant l’être humain à comprendre la réalité afin de mieux vivre. Cette vocation est
particulièrement évidente chez les philosophes de l’Antiquité. Les stoïciens, comme Épictète
et Sénèque, ont développé des réflexions destinées à procurer une paix intérieure face aux
vicissitudes de l’existence. Ces stoïciens considèrent que la philosophie est un art de vivre,
destiné à nous enseigner comment affronter les épreuves de l’existence avec calme et
résilience. Sénèque, dans ses Lettres à Lucilius, affirme que la sagesse consiste à « être en
paix avec soi-même et à ne pas se troubler des choses qui ne dépendent pas de nous. »
Cette réflexion repose sur une distinction fondamentale entre ce qui est en notre pouvoir (nos
jugements, nos actions) et ce qui ne l’est pas (les événements extérieurs, les réactions des
autres). En apprenant à concentrer notre attention sur ce que nous pouvons contrôler, la
philosophie stoïcienne nous libère des angoisses inutiles et nous procure un apaisement
durable, même face à l’adversité.
Mais l’accès au bonheur, c’est-à-dire l’accès à l’absence de douleur et de trouble de l’âme, qui
hante l’esprit humain, ne peut être réalisé qu’en se débarrasser des futilités de la vie. Cette
démarche des stoïciens pour accéder au bonheur et à la tranquillité de l’âme serait plus facile
si l’homme arrive à identifier les principales voies d’accès.
En plus la philosophie constitue la voie par laquelle l’homme passe pour identifier tout ce
qui obstrue la vie. En fait, l’acte de philosopher procure à l’individu un esprit de discernement
entre ce qui engendre le bonheur, c’est-à-dire l’absence de douleur(aponie) et la sérénité de
l’âme(ataraxie) et ce qui cause de troubles et d’inquiétudes. Dans ce sens Épicure propose une
autre voie d’apaisement en identifiant les sources principales du bonheur. Dans sa Lettre à
Ménécée, il écrit :« La philosophie est une activité qui, par des discours et des
raisonnements, procure la vie heureuse. » Il distingue ainsi les désirs en trois catégories :
les désirs non-naturels et non-nécessaires, les désirs naturels et non-nécessaires et les désirs
naturels et nécessaires. Ces derniers constituent pour Épicure la voie du bien être
Ainsi, la réflexion philosophique permet de relativiser nos inquiétudes et de concentrer nos
efforts sur ce qui est véritablement essentiel. La philosophie n'est donc pas uniquement
critique : elle propose des outils pour vivre de manière plus sereine et libre, en nous aidant à
mieux comprendre nos désirs et nos peurs. Mais ces deux dimensions, critique et apaisante, ne
s’opposent-elles pas ?

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La philosophie oscille entre trouble et apaisement.
La philosophie, dans sa vocation, semble osciller entre deux fonctions fondamentales :
troubler et apaiser. Elle ne se limite pas à installer l’incertitude et l’inquiétude dans l’esprit de
l’homme, elle cherche pour la même occasion à élever l’homme dans une vie meilleure où
celui-ci sera maître de lui-même. En effet, l’interrogation des certitudes, bien
qu’inconfortable, est souvent un préalable nécessaire à l’apaisement. Car pour accéder à la
vérité, c’est-à-dire au sommet de la réalité il faut, par la critique, se débarrasser des
incertitudes. Nietzsche, par exemple, souligne cette tension productive dans Le Crépuscule
des idoles : « Ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude. » Selon lui, les
certitudes rigides empêchent de penser librement et génèrent des illusions destructrices. En les
déconstruisant, la philosophie libère l’esprit, ouvrant ainsi la voie à une forme
d’épanouissement.
En outre la philosophie passe par la dialectique de l’apaisement et de la critique pour libérer
l’esprit humain. En fait, la philosophie n’est pas une discipline étrangère à la contradiction.
Au contraire c’est par la contradiction et l’opposition des états et des actes qu’elle arrive au
sommet de sa recherche. Hegel, dans sa dialectique, montre le processus de dépassement des
contradictions (thèse, antithèse, synthèse) est au cœur de la démarche philosophique. La
philosophie nous trouble pour mieux nous conduire à une vérité plus élevée, source de
réconciliation avec nous-mêmes et avec le monde.
Ainsi, la vocation de la philosophie réside dans cet équilibre entre la déstabilisation et
l’apaisement : elle nous pousse à dépasser nos illusions pour accéder à une compréhension
plus profonde et, par-là à une forme de sérénité. La philosophie oscille entre trouble et
apaisement, mais ces deux dimensions ne s’opposent pas : elles se complètent et
s’enrichissent mutuellement. En nous libérant des illusions, des peurs irrationnelles et des
dogmes, la philosophie ouvre la voie à l’ataraxie, cet état de sérénité recherché par Épicure,
ou à l’harmonie intérieure prônée par les stoïciens.

Au terme de cette réflexion il apparait clairement que la philosophie ne peut être réduite à
une seule vocation : elle est à la fois un outil d’apaisement et une force d’interrogation. Ces
deux dimensions sont interdépendantes, car interroger nos certitudes peut nous mener à une
paix plus authentique, tandis que la quête d’un apaisement durable passe souvent par une
réflexion critique. Si la philosophie trouble, c’est pour mieux apaiser, en tant que pratique de
la pensée, elle nous invite ainsi à osciller entre ces deux pôles, construisant un équilibre entre
la sérénité et le questionnement. Ne serait-ce pas finalement cette tension entre le doute et la
sagesse qui fait toute la richesse de la démarche philosophique ?

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