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Cours D'analyse

Le document traite des ensembles de nombres réels, en commençant par les entiers naturels (N), puis les entiers relatifs (Z), les nombres rationnels (Q) et enfin les nombres réels (R). Il décrit les propriétés algébriques de ces ensembles, notamment les structures de groupe, d'anneau et de corps, ainsi que les concepts de valeur absolue et de bornes. Des exemples illustrent les concepts mathématiques, y compris les relations d'ordre et les majorants/minorants.

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Le document traite des ensembles de nombres réels, en commençant par les entiers naturels (N), puis les entiers relatifs (Z), les nombres rationnels (Q) et enfin les nombres réels (R). Il décrit les propriétés algébriques de ces ensembles, notamment les structures de groupe, d'anneau et de corps, ainsi que les concepts de valeur absolue et de bornes. Des exemples illustrent les concepts mathématiques, y compris les relations d'ordre et les majorants/minorants.

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Table des matières


Chapitre 1

LES NOMBRES REELS

Ce support est inspiré du cours de P C1 de Monsieur Mamadou Thiam[?]

1.1 L’ensemble N
N est l’ensemble des entiers naturels 0, 1, 2, 3, 4, 5, ...,.
Dans N , tout entier n a un successeur n + 1 ; Tout entier n différent de 0 admet un
prédécesseur n − 1.
L’insuffisance de N vient de l’impossibilité d’y résoudre une équation de la forme
x + 7 = 3 i.e. de pouvoir effectuer toutes les soustractions.
Etant donné deux entiers naturels a et b nous savons calculer la somme a + b (a et b
sont les termes de cette somme) et le produit a × b (a et b sont les facteurs de ce
produit) qui sont encore des entiers naturels.

1.2 L’ensemble Z
Z est l’ensemble des entiers relatifs ... −3, −2, −1, 0, 1, 2, ...
Tout entier relatif possède un successeur et un prédécesseur. L’ensemble Z contient
bien l’ensemble N.
Dans Z, tout entier a admet un opposé −a. Il est cependant impossible de résoudre
dans Z une équation comme 3x + 5 = 0 , i.e. d’y effectuer toutes les divisions.
Pour pallier à cette impossibilité, on a construit Q.

1.3 L’ensemble Q
p
Q est l’ensemble des nombres rationnels , c’est à dire des nombres de la forme
q
où q est un entier strictement positif et p un entier relatif.
8 8m
Les fractions et d’une façon générale où m est un entier non nul quelconque
15 15m
8
représentant le même nombre rationnel. On préférera la forme que l’on appelle forme
15
irréductible ; le numérateur et le dénominateur étant premiers entre eux.
L’addition de deux rationnels est définie par :
p p0 pq 0 + qp0
+ 0 =
q q qq 0
et la multiplication est définie par
p p0 p.p0
× 0 = 0.
q q qq
1359
L’écriture 1, 359 représente aussi un nombre rationnel, à savoir . On sait que
1000
1 89
= 0, 3333.... une calculatrice montre que = 0, 357 142 857 142 857... ou le groupe
3 14
142857 se répète indéfiniment. Nous pouvons donc caractériser les nombres rationnels par
leur développement décimal :
Q est exactement l’ensemble des nombres dont le développement décimal est périodique à
partir d’un certain rang .
Il est impossible de résoudre dans Q l’équation x2 − 2 = 0.
Démonstration. Voir [?]
Pour le voir, on peut raisonner par l’ absurde en supposant qu’il existe une fraction
p
irréductible dont le carré est égal à 2, c’est à dire telle que p2 = 2q 2 .
q
Alors p est paire parce que p2 est paire, donc il existe un entier n tel que p = 2n.
La relation p2 = 2q 2 devient 2n2 = q 2 et le même raisonnement montre que q aussi est
paire.
p
"La fraction est irréductible, p et q sont tous les deux paires" est une contradiction.
q

Pourtant lorsque l’on trace la courbe représentative de la fonction


x 7→ x2 − 2, on voit bien qu’elle traverse l’axe des abscisses ! ! !
1

0
−2 −1 0 1 2
−1

−2

Les mathématiciens ont donc construit l’ensemble R , pour combler ces lacunes.

1.4 L’ensemble R
R est un ensemble beaucoup "plus gros" que Q.
Il est formé des nombres rationnels et des nombres irrationnels , ceux qui n’appar-
tiennent pas à Q.
Un nombre irrationnel a un développement décimal illimité et non périodique.
Exemple 1.1. : les nombres suivants
√ √
π = 3, 14159......, 3 = 1, 73205, .... e = 2, 712 81828 . . . , 2 = 1, 4142 135 . . . .

sont irrationnels

1.5 Structures algébriques de Z , Q , R


1.5.1 Groupe additif
Que ce soit dans Z , Q ou R, l’addition possède les propriétés suivantes :
Pour tous a, b, c de chacun de ces trois ensembles on a :

a+b =b+a commutativité


a + (b + c) = (a + b) + c associativité
a+0 =0+a=a 0 est élément neutre
a + (−a) =0 existence d’un opposé

On dit que l’addition donne une structure de groupe commutatif, à chacun des en-
sembles Z , Q et R.

1.5.2 Anneau
La multiplication possède les propriétés suivantes dans Z , et R : pour tous a, b, c de
chacun de ces trois ensembles on a
a×b =b×a commutativité
a × (b × c) = (a × b) × c associativité
a×1 =1×a=a 1 est élément neutre
a × (b + c) =a×b+a×c distributivité par rapport à l’addition

On dit que l’addition et la multiplication confèrent à Z , Q et R une structure d’anneau


commutatif .

1.5.3 Corps
Dans Q et R la multiplication possède une propriété supplémentaire : tout élément x
1
diffèrent de 0 admet un inverse (le nombre ). L’ensemble Q∗ , i.e. Q privé de 0 ainsi
x
que R∗ sont des groupes multiplicatifs : la multiplication est commutative, associative, 1
est élément neutre et tout élément (forcément non nul) admet un inverse.
On dit que l’addition et la multiplication confèrent à Q et R une structure de corps
commutatif.
Dans la suite du cours nous emploierons souvent la terminologie " le corps des réels "
pour désigner R.
1.5.4 Relation d’ordre
La relation d’inégalité 00 ≤ 00 est une relation d’ordre dans chacun des ensembles
de nombres N , Z , Q et R.
Cela signifie qu’elle vérifie pour tous x, y, z dans chacun de ces ensembles les propriétés
suivantes.

∗ réflexivité x≤x
∗ antisymétrie x ≤ y et y ≤ x =⇒ x = y
∗ transitivité x ≤ y et y ≤ z =⇒ x ≤ z

De plus deux nombres x et y sont toujours comparables : on a toujours soit x ≤ y soit


y ≤ x. On dit que la relatioln ≤ est une relation d’ordre total .
On dira que Q et R sont des corps totalement ordonnés.

1.6 Les valeurs absolues


Rappelons que la valeur absolue d’un réel x notée |x| désigne celui des deux
nombres x et − x qui est positif ; c’est aussi le plus grand des deux nombres x et − x,
cest pour cela q’elle est souvent notée max(−x, x) :

|x| = x si x est positif


|x| = −x si x est négatif
|0| = 0
La valeur absolue permet d’exprimer de façon condensée certains encadrements.

Exemple 1.2.

1. Soient x un réel et ρ un réel positif.


|x| < ρ ⇔ −ρ < x < ρ ⇔ x ∈] − ρ, ρ[

2. Plus généralement, soient x et x0 deux réels et ρ un réel positif.

|x − x0 | < ρ ⇔ x0 − ρ < x < x0 + ρ ⇔ x ∈]x0 − ρ , x0 + ρ[


√ √
3. Simplifier la fonction f (x) = x2 + 2x + 1 + x2 − 6x + 9. On reconnaît dans un
premier temps p p
f (x) = (x + 1)2 + (x − 3)2 = |x + 1| + |x − 3|
Le tableau suivant donne précisément l’expression de f (x) suivant les intervalles (voir la
définition ?? de "intervalle") où se trouve x.

x |−∞ −1 3 +∞
|x + 1| | −x − 1 | x+1 | x+1
|x − 3| | −x + 3 | −x + 3 | x−3
f (x) | −2x + 2 | 4 | 2x − 2.
Propriétés 1.1.
La valeur absolue possède les propriétés suivantes ∀x, y, z ∈ R.
i) |x| = 0 ⇐⇒ x = 0
ii) |xy| = |x| |y|
iii) |x + y| ≤ |x| + |y|; c’est l’inégalité triangulaire
iv) |x| − |y| ≤ |x − y|

Démonstration.
i) : |x| = max{x, −x} = 0 ⇐⇒ x = 0.
ii) : |xy| = |x||y|. vérification immédiate selon les signes de x et y.
iii) : • Si x et y sont ≥ 0, alors x + y est ≥ 0 donc
|x + y| = x + y = |x| + |y|
• Si x et y sont ≤ 0, alors x + y est ≤ 0 donc
|x + y| = −(x + y) = −x − y = |x| + |y|
• Si x et y sont de signe contraire, par exemple x ≤ 0 et y ≥ 0, on va distinguer deux
cas :
Cas a. x + y ≥ 0. Alors |x + y| = x + y = −|x| + |y| ≤ |y| ≤ |x| + |y|
Cas b. x + y ≤ 0. Alors |x + y| = −x − y = |x| − |y| ≤ |x| ≤ |x| + |y|.
iv) On va utiliser l’inégalité triangulaire.
|x| = |(x − y) + y| ≤ |x − y| + |y|
|x| − |y| ≤ |x − y| (1)
De même
|y| ≤ |y − x| + |x| =⇒ |y| − |x| ≤ |y − x|
autrement dit
−|y − x| ≤ |x| − |y| (2)
On déduit de (1) et (2) que :
−|y − x| ≤ |x| − |y| ≤ |x − y|
c’est à dire d’après 1 de l’exemple ?? avec ρ = |x − y| :
|x| − |y| ≤ |x − y|
1.7 Majorants, minorants, bornes supérieure et infé-
rieure
Définition 1.1. Soit E une partie non vide de R. On dit que E est :
1. majorée s’il existe M ∈ R tel que x ≤ M pour tout élément x de E. on dit alors
que M est un majorant de E.
2. minorée s’il existe m ∈ E tel que x ≥ m pour tout élément x de E ; on dit alors
que m est un minorant de E.
3. bornée si elle est à la fois majorée et minorée.
Exemple 1.3.
1. Un intervalle (voir la définition ?? de "intervalle") d’extrémités réelles a et b est
majoré. Les majorants sont les réels supérieurs ou égaux à b.
Il est aussi minoré par a ou tout réel plus petit que a.
2. N n’est pas une partie majorée de R , mais elle est minorée.
 n
1
3. L’ensemble des réels de la forme 1 + où n est entier non nul est majorée par
n
3 puisque d’après la formule du binôme :
 n n  p
1
X
p 1
1+ n = Cn
p=0
n
n
X n! 1
=
p=0
p!(n − p)! np

n! n(n − 1) . . . (n − p + 1)
Or la fraction r = p
est ≤ à 1. En effet r = et chacun
(n − p)!n np
des p facteurs du numérateur est ≤ n.
 n X n
1 1
On en déduit que 1 + n ≤ .
p=0
p!
Remarquons maintenant que pour tout entier p ≥ 2 on a p! ≥ 2p−1 . En effet p! =
1.2.3 . . . p et chacun des p − 1 facteurs 2, 3, . . . , p est supérieur à 2
 n n
1
X 1
Donc 1 + n ≤1+1+ p−1
(1).
p=2
2
n
X 1
Le réel p−1
est la somme des n − 1 premiers termes de la progression géométrique
p=2
2
 n−1
1
1−  n−1
1 1 1 2 1
de raison et de premier terme . Ce réel vaut donc = 1− ; il
2 2 2 1 2
1−
 n 2
1
est ≤ 1 et (1) entraîne 1+ n
≤ 3.
1
4. L’ensemble E des réels de la forme 1 − ou n est un entier non nul est majorée
n
par 1 et aussi par 20.
Dire que 20 est un majorant apporte peu d’information sur E car il y a un " grand
trou " entre 1 et 20.
Cette remarque sur ce dernier exemple est fondamentale : une partie E majorée de R
admet une infinité de majorants, puisque tout nombre plus grand qu’un majorant est lui
- même un majorant de E.
On se pose la question suivante : " parmi tous les majorants de E , y en a t - il un
plus intéressant que les autres ? Intéressant signifie "tout près de E” , c’est à dire "plus
petit que tous les autres majorants".
De même, si E est minorée, admet - il un minorant plus intéressant que les autres ? i.e
maintenant plus grand que tous les autres minorants.
Définition 1.2. Soit E une partie non vide de R ; on dit que E a :
1. Une borne supérieure s’il existe un plus petit majorant de E , c’est à dire si
l’ensemble des majorants est non vide et a un plus petit élément ; notée sup E.
2. Une borne inférieure s’il existe un plus grand minorant de E , c’est à dire si
l’ensemble des minorants est non vide et a un plus grand élément notée inf E.
Propriétés 1.2 (Caractéristiques des bornes supérieure et inférieure).
Soit E une partie non vide de R.

∀x ∈ E , x ≤ M
M = sup E ⇐⇒
 ∀ε > 0 , ∃x0 ∈ E tel que M − ε < x0
∀x ∈ E , x ≥ m
m = inf E ⇐⇒
∀ε > 0 , ∃x0 ∈ E tel que x0 < m + ε
On admettra le théorème suivant :
Théorème 1.1. Toute partie non vide et majorée de R admet une borne supérieure.
Corollaire 1.1. Toute partie minorée non vide de R admet une borne inférieure.

Démonstration. Si E est une partie de R minorée non vide, −E = −x, x ∈ E
(ensemble des opposés des éléments de E) est une partie majorée non vide, il suffit de lui
appliquer le théorème.
Théorème 1.2 (R est un corps archimédien ).
Si a > 0 et b ∈ R, il existe un entier n > 0 tel que na > b.
Démonstration. On raisonne par l’absurde, en supposant que la conclusion n’est pas vé-
rifiée pour un couple a et b c’est à dire ∀n ∈ N, na ≤ b.
La partie X = {na/n ∈ N∗ } de R est alors non vide et majorée par b ; soit s sa
borne supérieure. Alors le réel s − a étant < s ne peut être un majorant de X c’est à dire
il existe un entier m > 0 tel que ma > s − a. Mais alors (m + 1) a > s , ce qui contredit
le fait que s majore X.
Théorème 1.3 (Q est dense dans R).
Si a et b sont des réels tels que a < b , il existe un rationnel r tel que a < r < b.

Démonstration.
• Si a et b sont de signe contraire, on prend r = 0.
• Supposons 0 ≤ a < b
Comme b − a > 0 et que R est archimédien, il existe un entier q > 0 tel que
q(b − a) > 1 (1)
Puisqu’un rationnel se met sous la forme p/q ; pour répondre au problème posé, il
suffit de trouver un entier p tel que :
qa < p < qb.
La relation (1) s’écrit aussi qb − qa > 1 c’est à dire que la distance de qa à qb est
strictement supérieure à 1. Donc on "voit" intuitivement qu’entre ces deux réels il y a un
entier.
pour trouver un tel entier p, on utilise de nouveau le fait que R est archimédien : il
existe k0 tel que k0 > qa.
Alors, l’ensemble X = {n ∈ N : qa < n} (des entiers > à qa) est une partie non vide
(il contient k0 ) de N.
Comme toute partie non vide de N a un plus petit élément, X a un plus petit élément
p.
p appartient à X entraîne qa < p (2).
La relation p> qa ≥ 0, montre que p − 1 est aussi dans N

p = min X 
p−1∈N ⇒p−1∈ / X ⇔ p − 1 ≤ qa ⇔ p ≤ qa + 1 < qb (3)
p−1<p

De (2) et (3) on tire qa < p < qb.


• Si a < b ≤ 0, alors 0 ≤ −b < −a et d’après ce qui vient d’être dit, il existe un
rationnel r tel que −b < r < −a c’est à dire a < −r < b
On en déduit que tout intervalle (voir la définition ?? de "intervalle") ouvert non vide
de R contient une infinité de rationnels.

Exercice 1.1. En utilisant un irrationnel x strictement positif et le théorème ??, montrer


que tout intervalle ouvert non vide de R contient une infinité d’irrationnels.

1.8 Topologie de R
1.8.1 Intervalles
Définition 1.3 (Intervalle ). Un intervalle de R est une partie de R qui, lorsqu’elle
contient deux réels x et y, contient tout nombre compris entre x et y. Autrement dit :

I est un intervalle ⇔ ∀x, y, z ∈ R, (x ∈ I, y ∈ I et x ≤ z ≤ y) ⇒ (z ∈ I)


Un intervalle de R est de l’un des types suivants :
segment : [a, b] = {x ∈ R/a ≤ x ≤ b}
intervalle ouvert borné : ]a, b[= {x ∈ R/a < x < b}
intervalle semi - ouvert borné : [a, b[ ou ]a, b]
intervalle minoré, non majoré : ]a, +∞[= {x ∈ R/a < x} ou [a, +∞[.
intervalle majoré, non minoré : ] − ∞, b] ou ] − ∞, b[
intervalle ni majoré, ni minoré : ] − ∞, +∞[= R
intervalle fermé : R, ou ] − ∞, b] , ou [a, +∞[ ou [a, b] ou φ
intervalle ouvert : R ou ] − ∞, b[ ou ou ]a, +∞[ ou ]a, b[ ou φ

1.8.2 Voisinage
Définition 1.4. On appelle voisinage d’un réel x0 , toute partie de R , qui contient
un intervalle ouvert ]x0 − α , x0 + α[ de centre x0 et de rayon α > 0.
Exemple 1.4.
1. R est voisinage de chacun de ses points.
2. Un intervalle ouvert non vide est voisinage de chacun de ses points.
3. Un intervalle fermé [a, b], a et b appartenant à R n’est voisinage ni de a , ni de b.
La notion de voisinage est utilisée dans la détermination des limites et des problèmes
de convergence.

1.8.3 Point adhérent


On dit qu’un pint a de R est adhérent à une partie A de R si et seulement si tout
voisinage V de a , rencontre A c’est à dire V ∩ A 6= φ.

1.8.4 Point d’accumulation


On dit qu’un point a de R est un point d’accumulation de A ⊆ R si et seulement
si tout voisinage V de a rencontre A \ {a} c’est à dire il existe b ∈ R , autre que a tel
que b ∈ V ∩ A ou V ∩ A \ {a} =6 φ.
Remarque 1.1. Un point d’accumulation de A est un point adhérent à A.
Si A =]0, 1] ∪ {2}.
1 est un point adhérent à A et 1 un point d’accumulation tout voisinage V de 1 contient
1 =⇒ V ∩ A 6= φ car 1 ∈ V ∩ A tout voisinage V de 1 contient un intervalle ]1 − ε, 1 + ε[
ε ε
avec ε > 0 et b = 1 − ∈ V ∩ A et 1 − 6= 1 donc 1 est un point d’accumulation de A.
2 2
Par contre un point adhérent de A n’est pas nécessairement un d’accumulation de A.
En effet, le voisinage V =]1, 5; 2, 5[ de 2 vérifie : V ∩ A = {2} ce qui implique que 2
n’est pas un point d’accumulation de A , mais 2 est un point adhérent.
Théorème admis.
Théorème 1.4 (de Bolzano Weierstrass). Toute partie de R infinie et bornée admet un
point d’accumulation.
1.9 Exercices
Exercice 1.1. Que pensez - vous des affirmations suivantes ?
√ √ √ √
1. 2. 3 , 2 + 3 sont des nombres irrationnels.
√ √ √ √
2. 2. 3 , 2 + 3 sont des nombres algébriques c’est à dire racines d’une équation
polynômiale à coefficients rationnels.

3. Tous les nombres réels irrationnels sont algébriques.

4. La somme de deux nombres irrationnels positifs distincts est un nombre irrationnel.

5. La racine carré d’un nombre irrationnel est un nombre irrationnel.

Exercice 1.2.

1. Représenter graphiquement la fonction x 7−→ |x + 1| − |x| + |x − 1|

2. Si 0 < a < b alors a2 < ab < b2 . Quelles inégalités obtient - on pour a < b < 0 ?

3. a et b étant deux réels, montrer que :


1 1
max (a, b) = [a + b + |a − b|] , min(a, b) = 2
[a + b − |a − b|]
2
|a| + |b| |a| − |b|
max (|a|, |b|) = + ,
2 2
max(−a, −b) = − min(a, b)

Exercice 1.3. Déterminer l’ensemble des majorants et l’ensemble des minorants, les
bornes supérieure et inférieure des parties suivantes de R.

(−1)n
   
1 ∗ ∗
1 − /n ∈ N , 1 + /n ∈ N
n n
   
3n − 1 1 1 2
/n ∈ N , + / (m, n) ∈ N . .
2n + 3 m n
Exercice 1.4.

1. Soient A et B deux parties de R , on pose :

A + B = {a + b/a ∈ A et b ∈ B} , A  B = {ab /a ∈ A , b ∈ B}

• Déterminer A + B , A  B , A ∪ B , A ∩ B pour A =]1, 3[∪{6} , B = [2, 4].


• Quels sont les sup et les inf des ensembles A + B , A  B , A ∪ B , A ∩ B appartiennent
- ils à ces ensembles ?

2. Soient A , B , C trois parties non vides de R.


a. On suppose que A est majorée et que B est inclus dans A. Montrer que B est
majorée et que sup B ≤ sup A.
3. On suppose que A ∩ C est non vide et que A et C sont bornées. Montrer que A ∩ C
est bornée et que

sup (inf A , inf C) ≤ inf (A ∩ C) ≤ sup(A ∩ C) ≤ inf (sup A , sup C).

On suppose que pour tout élément a de A et tout élément b de B , on a a ≤ b. Montrer


que sup A ≤ inf B.
4. On suppose que A et B sont bornées. Montrer que A + B est bornée et que

inf(A + B) = inf A + inf B et sup(A + B) = sup A + sup B.

Exercice 1.5. Soit A l’ensemble des nombres réels qui s’écrivent


2p2 − 3q
2
, (p, q) ∈ N2 0 < p < q.
p +q
1. Prouver que A est une partie bornée de R
2. Déterminer inf A et sup A.
Exercice 1.6.
1. Démontrer que pour tout a > −1 et pour tout n ∈ N∗ que
(1 + a)n ≥ 1 + na.
√ √ √ √
2. a. Montrer que n ∈ N∗ n + 1 − n < 2√1 n < n − n − 1
 10.000 
1X 1
b. En déduire que √ .
2 k=1 k
Exercice 1.7. Montrer que :
1) ∀x, y ∈ R (x ≤ y =⇒ E(x) ≤ E(y))
2) ∀x, y ∈ R E(x + y) − E(x) − E(y) ∈ {0, 1}
3) ∀x, y ∈ R , ∀a ∈ Z E(x + a) = E(x) + a.
Exercice 1.8.
1. [2, 4[ est -il un voisinage de 3, 2. ]2, 4[ est -il voisinage de chacun de ses points ?
2. ]1, 2[∪{3} est - il voisinage de 1, 3, 4 ?
3. Soit A ⊆ R , montrer que tout point de A est adhérent à A.
4. Montrer que −3 est adhérent à A =] − 3, 0[∪]2, 3] ∪ {4}
−3 est - il un point d’accumulation de A ? 4 est - il un point d’accumulation de A.
5. On désigne par Ā l’ensemble des points de R adhérents à une partie A de R. Déter-
miner Ā dans les cas suivants :
A =]2, 3[∪[5, 6[∪{8}
A = Q.
Chapitre 2

SUITES NUMERIQUES

2.1 Généralités
Définition 2.1. On appelle suite de nombres réels ou suite numérique toute ap-
plication u de N (ou d’une partie de N) dans R. En général, on écrit n 7−→ un , (un )n∈N
ou simplement (un ) au lieu de u(n). un s’appelle le terme général de la suite.
Exemple 2.1.
1
, un = cosn , un = n1/n .
un =
n
On peut aussi définir une suite par une relation de récurrence : on donne les premiers
termes de la suite et on exprime comment trouver les suivants en fonction des précédents.
Par exemple : u0 = 1 et un+1 = 3un définit une suite numérique,
v0 = 1, v1 = 1 et vn+1 = vn + vn−1 aussi (Suite de Fibbonacci ), mais
w0 = 1 , wn+2 = wn+1 − wn non. (essayez de calculer w1 !!)

2.1.1 Suites extraites


Définition 2.2. Soit (un )n∈N une suite numérique, on dira que (vn )n∈N est une suite
extraite de (un )n∈N si pour tout n ∈ N vn = uϕ(n) où ϕ est application strictement
croissante de N dans N.
Exemple 2.2.
1. La suite vn = +1 est extraite de la suite un = (−1)n , en effet , on a vn = u2n (la
fonction ϕ correspondante est donnée par ϕ(k) = 2k.
 
π
2. Les termes de la suite un = sin n sont
2
0, 1, 0, −1, 0, 1, 0, −1, . . .
La suite (−1)n est extraite de cette suite puisque (−1)n = u2n+1 .
De même, les suites
0, 1, 0, 1, 0, 1, 0, 1, . . . et 0, 0, 0, 1, 0, 0, 0, −1, 0, 0, 0, 1, 0, 0, 0, −1, . . .
sont aussi extraites de la suite (un ).
3. En revanche, la suite dont les termes sont,

1, 1/3 , 1/2 , 1/5 , 1/4 , 1/7 , 1/6 , . . .

n’est pas extraite de la suite (1/n) (On n’a pas extrait les termes " dans l’ordre ").
4. De façon générale, si (un ) est une suite quelconque a et b des entiers naturels avec
a > 0 , la suite (uan+b ) est extraite de (un ) (la fonction ϕ correspondante est donnée par :
ϕ(k) = ak + b). C’est par exemple le cas pour les suites un+7 , (u2n ) , (u2n+1 ) et (u3n ).

2.1.2 Suite bornée


Définition 2.3. On dit qu’une suite (un ) est majorée , (respec. ou minorée , ou borné
) si l’ensemble u(N) = {un /n ∈ N} de ses valeurs est majorée (respec. ou minorée, ou
borné).
Par exemple pour que la suite soit bornée, il faut et il suffit qu’il existe un réel M tel
que l’on ait |un | ≤ M pour tout entier n, ou ce qui revient à dire pour tout entier n assez
grand.

2.1.3 Suite monotone


On dira qu’une suite (un ) est croissante si un+1 ≥ un pour tout n , décroissante
si un+1 ≤ un pour tout n. Une suite est dite monotone si elle est soit croissante, soit
décroissante.
Exemples
1 - Soit r un rationnel (nr ) est croissante pour r ≥ 0 , décroissante pour r ≤ 0.
1
2 - est décroissant
n
3 - 2n + 3 est croissant
4 - Soit a un réel fixe ; pour a ≥ 0 , la suite (an /n!) est décroissant " à partir d’un certain
rang ? (plus précisément, pour n ≥ a). Elle n’est pas monotone pour a < 0.

2.2 Opérations sur les suites


Soient (un ) et (vn ) deux suites numériques. La somme des suites (un ) et (vn ) est la
suite de terme général un + vn . On note

(un )n∈N + (vn )n∈N = (un + vn )n∈N .

Le produit des suites (un )n∈N et (vn )n∈N est la suite de terme général un .vn . On note
(un )(vn ) = (un .vn )n∈N
Le produit λ(un )n∈N d’une suite (un )n∈N par un scalire λ est la suite de terme général
λ.un
On note λ(un )n∈N = (λun )n∈N .

(un )n∈N un
Le rapport est la suite de terme général (avec vn 6= 0) ∀n ∈ N.
(vn )n∈N vn
L’ensemble des suites numériques muni de l’addition et de la multiplication externe par
un réel est un espace vectoriel sur R.
La multiplication interne des suites est associative, commutative, possède un élément
neutre elle est distributive par rapport à l’addition. Ces propriétés confèrent à l’ensemble
des suites muni de l’addition et de la multiplication interne une structure d’anneau com-
mutatif unitaire.

2.3 Convergence
On dit qu’une suite tend (ou converge) vers une limite ` si, pour tout réel ε > 0 , il
existe un entier n0 tel que pour tout n ≥ n0 on ait |un − `| < ε. On note lim un = `
n−→∞
où un −→ `.
On remarquera que la condition |un − `| < ε est équivalente aux inégalités ` − ε < un <
` + ε qui sont parfois pratiques à utiliser.
Si la suite (un ) n’est pas convergente, on dit qu’elle est divergente.
Trouver la nature d’une suite consiste à détermine si elle st convergente ou divergente.
Exemples
1
1 - lim = 0. En effet puisque R est archimédien, il est toujours possible de trouver un
n
1 1
entier p tel que p > et on aura < ε si l’on prend n > p.
ε n
2 - La suite constante un = a converge vers a.
3 - Une suite quelconque n’est pas nécessairement convergente par exemple les suites :
un = (−1)n , un = cosn, un = n2 .

2.4 Quelques propriétés des suites convergentes


Théorème 2.1. La limite d’une suite si elle existe est unique.
Preuve
Supposons que (un ) tende vers ` et `0 . Soit ε > 0. Il existe des entiers n0 et n00 tels que

n ≥ n0 =⇒ |un − `| < ε/2 , n > n00 =⇒ |un − `0 | < ε/2 ,

pour n ≥ n0 et n > n00 ou à la fois les deux inégalités précédentes, donc


ε ε
|` − `0 | ≤ |` − un | + |un − `0 | < + = ε.
2 2
Comme ε est un nombre > 0 , arbitraire, on ne peut avoir |` − `0 | > 0 donc ` = `0 .
Proposition 2.1. Une suite numérique convergente est bornée
Preuve
Soit ` la limite. Il existe un entier n0 tel que n ≥ n0 =⇒ |un − `| < 1 ; donc n ≥ n0 =⇒
|un | ≤ |`| + 1.
Soit A = sup{|u1 | , |u2 | , ... , |un−0+1 |, |`| + 1}. On a |un | < A pour tout n.
Remarque 2.1. La réciproque est fausse, la suite (un ) = (−1)n est bornée et pas conver-
gente.

2.5 Opérations sur les suites convergentes


Théorème 2.2. Si la suite (un ) converge vers ` et si la suite (vn ) converge vers `0 , la
suite (un + vn ) converge vers ` + `0 .
Preuve
En effet
|(un + vn ) − (` + `0 )| = |un − ` + vn − `0 | ≤ |un − `| + |vn − `0 |e
Comme un tend vers ` et vn vers `0 : ∀ε > 0.
ε
∃n1 tel que |un − `| < 2
pour n ≥ n1

ε
∃n2 tel que |vn − `0 | < pour n ≥ n2
2

Si n0 = max(n1 , n2 ) :
ε ε
n ≥ n0 =⇒ |un + vn − (` + `0 )| < + = ε. et la somme un + vn tend vers ` + `0 .
2 2
Théorème 2.3. Si la suite (un ) converge vers ` et si la suite (vn ) converge vers `0 , la
suite (un vn ) converge vers le produit ``0 .
Preuve
Considérons les deux différences un = un − ` , vn = vn − `0 . Nous pouvons écrire

un vn − ``0 = (un + `)(vn + `0 ) − ``0 = un vn + `Vn

La suite (vn ) étant convergente, est bornée : |vn | < A.


Posons B = max{A , `}. Il vient alors :

|un .vn − ``0 | ≤ B(|Un | + |Vn |).


ε
La convergence de un vers ` permet de choisir n1 tel que n > n1 entraîne |Un | < .
2B
De même la convergence de (vn ) vers `0 permet de choisir n2 tel que n > n2 entraîne
ε
|Vn | < .
2B
où ε est un nombre positif donné.
La suite (un vn ) tend donc vers le produit ``0 .
Corollaire 2.1. Si la suite (un ) tend vers ` et si α est un nombre réel, la suite αun tend
vers α`.
Preuve
Il suffit, dans le théorème 2, de prendre pour suite (vn ) la suite constante vn = α qui
converge vers α.
1
Théorème 2.4. Si la suite (vn ) converge vers ` 6= 0 , la suite wn = converge vers
vn
1
.
`
Preuve
Formons
1 1 1 ` − vn
|wn − | = | − | = (2.1)
` vn ` |`||vn |
Nous allons minorer le dénominateur par un nombre positif. Supposons par exemple,
` > 0 ; la suite (vn ) ayant pour limite ` , à ε = 2` nous pouvons associer n1 ∈ N tel
`
que n ≥ n1 entraine |vn − `| < , donc
2
` ` ` 3
− < vn − ` < où < vn < `.
2 2 2 2
`
donc |vn | > .
2
Le cas où ` < 0 se traite de la même manière. Dans les deux cas, il existe n1 ∈ N tel
`
que n ≥ n1 entraîne |vn | > .
2
1 2
Nous en déduisons : < ,
un `
et en portant dans la relation (1) :
1 ` − vn
wn − <2 .
` `2
Comme (vn ) converge vers ` , nous pouvons trouver un entier n2 tel que n ≥ n2 entraîne
|`|2
|vn − `| < ε si n0 = max{n1 , n2 } , nous aurons donc :
2
1 2 |`|2
n > n0 =⇒ |wn − | < 2 ε = ε.
` |`| 2
1 1
La suite ( ) converge donc vers .
vn `
 
0 un
Corollaire 2.2. Si (un ) converge vers ` et si (vn ) converge vers ` 6= 0 , la suite vn

`
converge vers .
`0
Preuve
un 1 1
On écrit, en effet, = un × et on applique le théorème 3 à la suite , puis le
vn vn vn
théorème 2 au produit.
Exemples  
n−3
1 - La suite tend vers 0. On ne peut pas appliquer directement le corollaire
n2 + 1
précédent, puisque ni le numérateur, ni le dénominateur ne converge.
L’astuce est de remarquer que :
1 3
n−3 − 3
= n n
n2 + 1 1
1+ 2
n
(On a divisé
  numérateur et dénominatteur par n2 ).  
1 3
La suite tend vers 0 ; il en est de même de la suite , donc aussi la suite
 n  n2 
1 3 1
− 2 . On démontre de la même facon que la suite 1 + 2 tend vers 1. On peut
n n n
maintenant appliquer le corollaire ; la suite quotient tend vers 0/1 = 0.
2n3 − 5n 2
2 - La suite 3
tend vers . Pour la même raison, on ne peut pas appliquer
7n − 2n + 5 7
le corollaire. On utilise la même astuce : en divisant numérateur et dénominateur par n3 ,
on obtient :
5
2n3 − 5n 2n3 − 5n 2− 2
= n
7n3 − 2n + 5 7n3 − 2n + 5 2 5
7− 2 + 3
n n
 Si P et Q
3 - Ces exemples se généralisent à la situation suivante.  sont des polynômes tels
que le degré de P est inférieur à celui de la suite P (n)/Q(n) tend vers 0 si le degré
de P est strictement inférieur à celui de Q et vers le quotient des coefficients dominants
de P et de Q si les degrés sont les mêmes.
Supposons ` strictement négatif. Comme un −→ ` pour ε = |`| 2
, ∃n0 ∈ N tel que

|`| |`| |`|


∀n ∈ N, n ≥ n0 =⇒ |un − `| < =⇒ − < un − ` <
2 2 2
|`| |`| ` `
=⇒ ` − < un < ` + =⇒ un < ` − =⇒ un < < 0
2 2 2 2
c’est à dire un < 0 ce qui est absurde, donc ` ≥ 0.
b) On applique a) à la suite

(vn − un ) , vn − un ≥ 0 =⇒ lim (vn − un ) = `0 − ` ≥ 0 =⇒ ` ≤ `0 .


n−→∞

Remarque 2.2. La limite d’une suite à termes négatifs, si elle existe, est négative

Théorème 2.5. Toute suite extraite d’une suite convergente, converge vers la même limite

Preuve
Soient (un ) une suite convergente et (vk ) une suite extraite de (un ) (avec vk = unk ).
Soit ε > 0 , comme (un ) est convergente, on peut trouver un entier n0
tel que |un − `| < ε , si k > n0 , alors nk > k > n0 , de sorte |unk − `| < ε c’est à dire
|vk − `| < ε. On a montré que la suite (vk ) converge vers `.
Remarque 2.3. Le théorème est souvent utilisé, pour montrer qu’une suite est diver-
gente : si deux suites extraites d’une suite donnée convergent vers des limites différentes,
cette suite diverge. On peut montrer ainsi facilement que la suite ((−1)n ) diverge : la suite
((−1)2n ) converge vers 1 et la suite extraite (−1)2n+1 vers −1 ; il y a des suites extraites
de limites différentes,
  de sorte que la suite diverge.
 
1 1
- La suite est extraite de la suite . Elle converge donc vers 0.
2n + 1 n

2.6 Théorème de convergence


1 - Suite monotone bornée

Théorème 2.6. Une suite croissante majorée (un ) de nombres réels a une limite finie,
qui coincide avec la borne supérieure de l’ensemble des un .

Preuve
D’après 2.4.2 l’ensemble des un admet une borne supérieure `. Soit ε > 0. Il existe un n0
tel que un−0 > ` − ε pour n ≥ n0 on a :

` − ε < un−0 < un ≤ ` donc |un − `| < ε.

Ceci prouve le théorème.


En changeant un en un , on en déduit.

Théorème 2.7. Une suite décroissante minorée (un ) de nombres réels a une limite finie,
qui coincide avec la borne inférieure de l’ensemble des un .

Corollaire 2.3. (Théorème de Bolzano - Weierstrass) Soit (un ) une suite bornée de
nombres réels. On peut extraire une suite convergente.

Preuve
Soit I l’ensemble des entiers i tels que ui majore ui+1 , ui+2 , ui+3 , .... Si I est infini,
soient i1 , i2 , i3 , ... les entiers de I rangés dans l’ordre croissant ; on a ui1 ≥ ui2 ≥ ui3 ...
d’après la définition de I donc la suite (ui1 , ui2 , ui3 , ...) , qui est par ailleurs bornée,
a une limite finie. Si I est fini, il existe un entier j1 , strictement plus grand que tous les
entiers de I ; puisque j1 ∈ / I , il existe un entier j2 > j1 tels que uj2 > uj1 tel que
uj3 > uj2 , etc ;
La suite uj3 > uj2 , etc ;
La suite (uj1 , uj2 , ...) , qui est par ailleurs bornée a une limite finie.
2 - Suites adjacentes

Définition 2.4. Deux suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont dites adjacentes si :
a) l’une est croissante, l’autre décroissante.
b) lim (vn − un ) = 0.
n−→∞

Théorème 2.8. Deux suites adjacentes convergent vers la même limite.


Preuve
Supposons (un ) ↑ et (vn ) ↓ l’hypothèse a) de la définition entraîne que la suite (vn − un )
est décroissante ; sa limite étant 0 , entraîne que 0 est la borne inférieure de l’ensemble de
ses termes. Ceux - ci sont en particulier positifs : pour tout n, ona un ≤ vn .
Comme (vn ) est décroissante, on a un ≤ v0 de sorte que la suite (un ), croissante est
majorée par v0 ; elle converge vers une limite `. On montre de facon analogue que la suite
décroissante (vn ) est minorée par u0 . Ce qui entraîne qu’elle converge vers une limite fini
`0 . La condition b) de la définition entraîne ` = `0 .
Exemple
n
X 1
On vérifie que les suites un = et vn = un + n!1 sont adjacentes ; en effet
k=0
k!

1
un+1 − un = > 0 =⇒ (un ) ↑
(n + 1)!
1 1 2 1 1−n
vn+1 − vn = un+1 − un + − = − = ≤0
(n + 1)! n! (n + 1)! n! n + 1!
=⇒ (vn ) ↓ et
1
lim (vn − un ) = lim = 0.
n−→0 n!
Elles convergent vers la même limite.
Théorème 2.9. (Critère des gendarmes) Soient (un ) , (vn ) , (wn ) trois suites vérifiant :
a) ∀n ∈ N , un ≤ vn ≤ wn .
b) lim un = lim wn = `. Alors lim vn = `.
n−→∞ n−→∞ n−→∞

Preuve

lim un = ` =⇒ ∀ε > 0 ∃n1 ∈ N tel que n ≥ n1


n−→∞

=⇒ |un − `| < ε ⇐⇒ −ε < un − ` < ε


lim wn = ` =⇒ ∀ε > 0 ∃n2 ∈ N tel que n ≥ n2 =⇒ −ε < wn − ` < ε
n−→∞
=⇒ Pour n > n0 = sup{n1 , n2 } on a − ε < un − ` ≤ vn − ` ≤ wn − ` < ε
=⇒ ∀ε > 0 ∃n0 tel que n ≥ n0 =⇒ |vn − `| < ε.
=⇒ (vn ) converge vers ` quand n −→ ∞.
3 - Suite de Cauchy
Définition 2.5. Une suite numérique (un )n∈N est une suite de Cauchy si :

∀ε > 0 , ∃n0 ∈ N tel que ∀(p, q) ∈ N2

(p ≥ n0 et q ≥ n0 ) =⇒ |up − uq | < ε.
Cette définition ressemble beaucoup à celle d’une suite convergente ; la grande diffé-
rence est que l’on n’y mentionne pas de limite. Le résultat suivant fait de cette notion un
moyen de montrer la convergence d’une suite sans connaître sa limite à priori.
Théorème 2.10. Pour qu’une suite numérique soit convergente vers une limite finie, il
faut et il suffit qu’elle soit une suite de Cauchy.
Remarque 2.4. Le théorème est faux si on est dans le corps Q des nombres rationnels :
il existe des suites de Cauchy dont tous les termes sont rationnels et qui ne convergent
pas dans Q.
Preuve du théorème
Il s’agit de montrer d’une part que toute suite convergente est de Cauchy,d’autre part que
toute suite de Cauchy est convergente.
Soient donc (un ) une suite convergeant vers un réel ` et ε strictement positif. Il existe un
entier n0 tel que, pour tout entier p ≥ n0 , et q ≥ n0 on ait
ε ε
|up − `| < et |uq − `| < de sorte que
2 2
ε ε
|up − uq | ≤ |up − `| + |` − uq | < + = ε.
2 2
Ce qui montre que (un ) est une suite de Cauchy.
Soit maintenant (un ) une suite de Cauchy ; il s’agit de montrer que qu’elle est convergente.
Montrons d’abord qu’elle est bornée. On procède comme pour montrer que les suites
convergentes sont bornées. On choisit un ε arbitraire, par exemple ε = 1. Il existe un entier
n0 tels que, pour tous entiers m et n plus grand que n0 , on ait |um −un | < 1 ; en particulier
|um − un−0 | < 1 pour m ≥ n0 . Donc, toujours pour m ≥ n0 , un−0 − 1 < um < un−0 + 1
et max{u0 , ..., un−0 , un−0 + 1} est un majorant de un (de facon analogue on a un
minorant).
En particulier, on peut définir des suites par

vn = inf {um } et wn = sup {um }.


m≥n m≥n

Elles encadrent (un ) puisqu’évidemment vn ≤ un ≤ wn , et la suite (vn ) est croissante


tandis que (wn ) est décroissante. Montrons qu’elles sont adjacentes : la propriété de Cau-
chy nous assure que, pour tout ε > 0 , il existe un entier n00 tel que, pour tous entiers
ε
m et n plus grand que n00 |um − un | < , soit encore
2
ε ε
un − < vn < un +
2 2
pour n ≥ n00 , d’où
  
ε ε ε
0 ≤ wn − vn < un + − un − ) = 2 < ε.
3 3 3
On a ainsi montré que la suite (wn −un ) tend vers 0. Les suites (vn ) et (wn ) sont adjacents
donc convergent vers la même limite, donc aussi la suite (un ).
Exemple
Pour tout réel x tel que |x| < 1 , la suite (un )n>0 définie par
x2 xn
un = x + + ... +
2 n
est de Cauchy ; on a pour tous entiers q > p.

xp+1 xp+2 xq
|uq − up | = | + + ... +
p+1 p+2 q 
q−p
|x|p+1

p+1 p−1 p+1 1 − |x|
≤ |x| (1 + |x| + ... + |x| ) = |x| ≤
1 − |x| 1 − |x|

4 - Limites infinies

Définition 2.6. On dit qu’une suite (un ) de nombres réels tend vers +∞ (en abrégeant,
un −→ +∞) si, pour tout nombre réel A , il existe un entier n0 tel que n ≥ n0 =⇒ un > A
on écrit lim un = +∞.
n−→+∞
On définit de manière analogue les suites tendant vers −∞.
• Si un −→ +∞ et si vn tend vers une limite finie en +∞ alors
un + vn −→ +∞. Plus généralement, si un −→ +∞ et si les vn sont minorés par un
nombre µ , alors un + vn −→ +∞. Il existe un entier n0 tel que : n ≥ n0 =⇒ un > A − µ.
Alors, pour n ≥ n0 , on a

un + vn > A − µ + vn > A − µ + µ = A

donc un + vn −→ +∞.
• Mais, si un −→ +∞ et vn −→ −∞, on ne peut rien dire à priori de un + vn .

Exemple
1 1
1 - un = n , vn = −n + . Alors un + vn = −→ 0
n n
2 - un = n2 , vn = −n. Alors un + vn = n2 − n = n(n − 1) −→ +∞
3 - un = n , vn = −n2 . Alors un + vn = n − n2 = −n(n − 1) −→ −∞
Si un −→ +∞ et vn −→ −∞ , et si l’on étudie un + vn , on dit qu’on a une forme
indéterminée +∞ − ∞.
• Si vn −→ +∞ , et si un tend vers un nombre strictement positif ou vers +∞ , alors
un vn −→ +∞.
En effet, il existe un nombre µ > 0 tel que vn ≥ µ à partir d’un certain rang n0 (c’est
a
évident si vn −→ +∞ ; si vn tend vers un nombre a > 0, on a |vn − a| < pour n assez
2
grand.
A
Soit A un nombre réel. Il existe un entier n00 tel que n ≥ n00 =⇒ un > .
µ
Alors, pour n ≥ sup(n0 , n00 ) on a

A
un vn > µ = A donc un vn −→ +∞
µ
En changeant vn en −vn , on voit que si un −→ +∞ , si vn tend vers un nombre
strictement négatif ou vers −∞ ,
• Mais si un −→ +∞ et vn −→ 0 , on ne peut rien dire à priori de un vn .
Exemples
1
1 - un = n , vn = . Alors un vn = 1 −→ 1.
n
1
2 - un = n2 , vn = . Alors un vn = n −→ +∞
n
1 1
3 - un = n , vn = 2 . Alors un vn = −→ 0.
n n
On dit qu’on a une forme indéterminée 0.∞.
1
• Si un −→ ±∞ , on a −→ 0. En effet, soit ε > 0. Il existe un entier n0 tel que :
un
1 1
n ≥ n0 =⇒ |un | > =⇒ | | < ε
ε un
d’où le résultat.
On voit de facon analogue que si un −→ 0 et si par exemple un > 0 pour tout n , alors
1
−→ +∞.
un
un 1
Ecrivant = un × , on voit que connaissant les limites de un et vn on peut décider
vn vn
un 1
de la limite de , sauf si l’un des deux facteurs un , tend vers zéro et l’autre vers
vn vn
0 ∞
±∞ , ceci conduit aux formes indéterminées , .
0 ∞
• Soit (un ) une suite croissante. Si elle est majorée, on a vu qu’elle a une limite finie,
égale à sa borne supérieure. Si elle n’est pas majorée, il est clair que un −→ +∞.
5 - Suites récurrentes
Soit f : D ⊆ R −→ R. On appelle suite récurrente une suite (un ) définie par la donnée
u1 ∈ D et de la relation : ∀n ∈ N : un = f (un−1 ).
On supposera f (D) ⊆ D (un est donc définie).
Monotonie
L’étude de la monotonie de la suite revient à celle de la fonction f. On vérifie facilement
par récurrence en utilisant un+1 − un = f (un ) − f (un−1 ) que
- si f est croissante, (un ) est monotone, croissante si f (u1 ) − u1 ≥ 0 et décroissante si
f (u1 ) − u1 ≤ 0 ;
- si f est décroissante, un+1 − un est alternativement positif et négatif. Posons g = f ◦ f ;
la fonction g est croissante. Les suites (u2n ) et (u2n+1 ) définies par

u2n+2 = f (f (u2n )) = g(u2n ) u2 = f (u1 )

u2n+1 = f (f (u2n−1 )) = g(u2n−1 ) , u1 donné

sont donc toutes deux monotones et varie en sens inverse, puisque g(u1 )−u1 = f (f (u1 ))−
u1 et
g(f (u1 )) − f (u1 ) = f (f (f (u1 )) − f (u1 )
ont des signes opposés.
Convergence
Supposons f monotone et continue sur D. Si la suite (un ) converge vers ` ∈ D , cette
limite vérifie ` = f (`).
La recherche de la limite se ramène donc à l’étude de l’équation ` = f (`) à l’inconnue
` ∈ D. Cette équation fournit les seules limites éventuelles de la suite. Il en résulte que si
cette équation n’a pas de racine, la suite n’a pas de limite et que si au contraire il existe
un ou plusieurs nombres `0 tels que `0 = f (`0 ) , le problème revient à examiner si (un )
admet pour limite l’un de ces nombres `0 .
Exemple √
Etudier la suite définie par : un+1 = un + 2 , u0 = a ≥ 0. On a

f (x) = x + 2 , D = [−2, +∞[ et f (D) ⊆ R.

La fonction f étant continue et√ strictement croissante sur D , la suite (un ) est donc définie
et monotone. De plus sing( a + 2 − a) = sign(2 − a) et l’équation ` = f (`) admet
l’unique racine 2. On en déduit que :
- si a < 2 : la suite est croissante et majorée par 2
- si a = 2 : un = 2 , la suite constante
- si a > 2 : la suite est décroissante et minorée par 2.
EXERCICES
Exercice 1
Etudier les suites suivantes et déterminer la limite si elle existe.
2n2 + 1 2 2 2
a) un = 2 ; b)un = 1 +2 n+...+n
3
n + 3n + 1
p
c) un = (n + α)(n + β) (α et β étant des réels positifs).
n
n x
d) un = xn ; e)un = (x ∈ R)
n!
1 1 1
f) un = + + .. +
1.2 2.3 n(n + 1)
1 + 3 + 5 + .. + (2n − 1) 2n + 1
g) un = −
n+1 2
Exercice 2
Pour chacun des énoncés suivants, indiquer avec une brève justification, s’il est vrai quelles
que soient les suites de réels U = (un )n∈N et V = (vn )n∈N .
E1 si U est croissante et majorée, elle converge,

E2 si U est croissante et convergente, elle est majorée

E3 si U est majorée et convergente, elle est croissante

E4 si U est décroissante et positive, elle converge

E5 si U est décroissante et positive, elle converge vers 0

E6 si U est croissante et non majorée, elle diverge

E7 si U est non croissante et non majorée, elle diverge

E8 si U et V sont convergentes, U + V et U V sont convergents

E9 si U et V sont divergentes, U + V est divergente

E10 si U et V sont divergentes, U + V est convergente.

E11 si U converge et si V diverge, U + V diverge.

E12 si U converge et si V diverge, U.V diverge

E13 si U est croissante et bornée ; et si V est décroissante et bornée, U V converge.

E14 si U est non bornée, U V diverge

E15 si U tend vers 0, U V tend vers 0.


Exercice 3

a) Soit (un )n∈N∗ une suite numérique qui converge vers 0. Montrer que la suite (vn )n∈N∗ définie
par :
u1 + u2 + ... + un
vn = converge vers 0.
n
b) même question en remplacant 0 par un nombre réel quelconque `.
c) Soit (xn )n∈N∗ une suite numérique etsoitα ∈ R. Montrer que
xn
1) si lim (xn+1 − xn ) = α alors lim = α.
n−→∞
  n−→∞ n
xn x1 + x2 + ... + xn α
2) si lim = α alors im 2
=
n−→∞ n n  2
xn α
3) si lim (xn − 2xn+1 + xn+2 ) = α , alors lim 2
=
n−→∞ n−→∞ n 2
d) Etudier la suite (un )n∈N∗ définie par :
n
1 1 1 X 1
un = + + ... + 2 =
n 2n n k=1
k.n

Exercice 4
Etudier le critère de CAUCHY pour étudier la nature de la suite :
sin1 sin2 sinn
un = + 2 + ... + n
3 3 3
Exercice 5
n
X 1
a) Montrer, en utilisant le critère de CAUCHY, que la suite un = est divergente.
k=1
k
b) On considère une suite (xn ) numérique telle que |xn+1 − xn | ≤ k|xn − xn−1 | pour tout
n ≥ 1.
Montrer à l’aide du critère de CAUCHY, que (xn ) est convergente lorsque 0 ≤ k < 1.
Exercice 6
3
On considère la suite (un )n∈N définie par u0 = et, pour tout
2
n , un+1 = u2n − 2un + 2
1) Montrer que pour tout n , un ∈]1, 2[.
2) Montrer que la suite (un )n∈N est strictement monotone.
3) Montrer qu’elle est convergente
4) Déterminer sa limite.
Exercice 7  
un+1
Soit (un )n∈N une suite de réels strictement positifs. On suppose que la suite
un
converge vers une limite ` ∈ R.
a) Montrer que si ` < 1 , la suite (un ) converge et donner sa limite,
b) Montrer que si ` > 1 , la suite (un ) tend vers +∞ lorsque n tend vers +∞.
c) Que se passe - t - il si ` = 1 ?
Exercice 8
1! + 2! + 3! + ... + n!
un = n ≥ 1.
(n + 1)!
1) Calculer un − un−1
2) Etudier la convergence de la suite (un )
2
3) Montrer que ∀n ∈ N∗ , 0 < un < En déduire lim un
(n + 1). n−→∞
Exercice 9
Soit (un ) une suite numérique.
a) Montrer que si (u2n ) et (u2n+1 ) convergent vers ` ∈ R (un ) converge aussi vers `.
b) Montrer que si (u2n ) , (u3n ) et (u2n+1 ) convergent, (un ) converge.
c) Est - il vrai qu’une suite (un ) converge si pour tout nombre premier p , (upn ) converge ?
Exercice 10
Soient (un ) et (vn ) les suites de premier terme respectif a et b (0 < a < b) et de terme
général donné par :
un + vn √
un+1 = et vn = un vn+1
2
a) Montrer que (un ) et (vn ) sont adjacentes et que leurs valeurs appartiennent à [a, b] ,
b−a
b) Montrer que pour tout n , |vn − un | ≤ n .
2
Conséquence ?
Exercice 11
Soit la suite (un )n≥0 donnée par u0 = 1 , u1 = 2 et par la relation de récurrence
n ≥ 2 , un = un−1 + un−2 √ . n+1
1) Montrer que un > ( 2) ∀n > et en déduire la nature de la suite (un )n≥0 .
2) Montrer que pour tout n ≥ 1 , u2n − un−1 un+1 = (−1)n+1
un
3) On pose vn = ; montrer que les suites (v2p )p≥1 et (v2p+1 )p≥0 sont adjacentes.
un−1
En déduire la convergence de la suite (vn )n ≥ 1
Exercice 12
Soit (un )n≥0 la suite donnée par
5
u0 =
2
4
un+1 = 1 + pour n ≥ 0
1 + un
a) Montrer que un est bien défini pour n ≥ 1 ,
b) pour p ∈ N , on pose vp = u2p , wp = u2p+1 .
Montrer qu’il existe une fonction f telle que

vp+1 = f (up ) et wp+1 = f (wp ).

Etudier les variations de f._ c) Montrer que les suites (vp ) et (wp ) sont monotones.
d) Montrer que les suites (vp ) et (wp ) sont convergentes et donner leurs limites.
e) En déduire que (un ) converge.
chapitre 3

Chapitre 3

FONCTION, LIMITE ET
CONTINUITE

3.1 Rappels
3.1.1 Fonction numérique d’une variable réelle
Définition 3.1. On appelle fonction numérique d’une variable réelle toute appli-
cation d’une partie E de R dans R.
f : E −→ R
On notera l’application E est l’ensemble de définition de f .
x 7−→ f (x)

3.1.2 Fonctions bornées, Fonctions monotones


Soit f : E −→
 R une fonction numérique de variable réelle. L’ensemble de toutes les
valeurs de f est f (x), x ∈ E ; il est noté f (E).
On dira que
- f est majorée si l’ensemble f (E) est majoré
- f est minorée si l’ensemble f (E) est minoré
- f est bornée si l’ensemble f (E) est borné.

Lorsque l’ensemble f (E) est majoré, il a une borne supérieure ; cette borne supérieure
est alors appelée borne supérieure de f et est notée supf (x), sup f (E), supf (x) ou
x∈E E
simplement sup f si aucune confusion n’est à craindre
De même, lorsque l’ensemble f (E) est minoré, il a une borne inférieure ; cette borne
inférieure est alors appelée borne inférieure de f et est notée inf f (x), inf f (E), inf f (x)
x∈E E
ou simplement inf f si aucune confusion n’est à craindre

Limite d’une fonction


Définition 3.2. On dit qu’une fonction f définie au voisinage de x0 , sauf peut être en
x0 , a une limite ` en x0 si :
∀ε > 0 , ∃η > 0 , tel que pour tout nombre x 6= x0 vérifiant |x − x0 | < η, on ait
|f (x) − `| < ε.
On note lim f (x) = ` , ou f −→ ` quand x −→ x0 .
x−→x0

lim f (x) = ` ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃η > 0 [0 < |x − x0 | < η] =⇒ |f (x) − `| < ε].


x−→x0

C’est un problème d’existence comportant une donnée ε est une inconnue η. La solution
n’est pas unique car tout η 0 , vérifiant 0 < η < η, convient aussi, il suffira de trouver un
η.
Exemples
a) La fonction x 7−→ 5x − 7 a pour limite −2 quand x tend vers 1. En effet,
ε
|f (x) − (−2)| = |f (x) + 2| = |5x − 5| < ε ⇐⇒ |r − 1| <
5
ε ε
d’où ∀ε > , ∃η = tel que |x − 1| < =⇒ |f (x) − (−2)| < ε.
5 5

sinx
b) La fonction f (x) = définie sur R\{0} tend vers 1 lorsque x −→ 0.
x
On peut noter que la limite en x0 est indépendante f (x0 ) qui peut exister ou non ; même
si f (x0 ) existe, il peut être différent de ` = lim f (x).
x−→x0
Soit g la fonction définie par
sinx
(
si x 6= 0
g(x) = x
3 si x = 0
On a lim g(x) = 1 et g(0) 6= 1.
x−→o
Pour montrer que f n’admet pas pour limite ` quand x −→ x0 , il suffit de prendre la
négation de la définition :
f ne tend pas vers ` quand x tend vers x0
∃x[0 < |x − x0 | < η et [f (x) − `| ≥ ε]
⇐⇒ ∃ε > 0 , ∀η > 0 , ∃x [0 < |x − x0 | < η et |f (x) − `| ≥ ε]

3.1.3 Limite à droite, limite à gauche


On dit que f a une limite à droite (resp à gauche) au point x0 si
∀ε > 0 , ∃η > 0 , ∀x : x0 < x < x0 + η

(resp x0 − η < x < x0 ) =⇒ |f (x) − `| < ε


On notera
lim f (x) = lim f (x) = f (x0 + 0)
x−→x0 x−→x0 ,x>x0

(resp lim f (x) = f (x0 − 0)


x−→x0 −0
Si la limite existe, il est évident que la limite à droite et la limite à gauche existent et sont
égales à cette limite. Réciproquement, si f (x0 + 0) et f (x0 − 0) existent et sont égales, la
limite existe et elle est égale à cette valeur commune.
Exemples
|x|
1) f (x) = , x ∈ R∗
x
x
si x > 0 f (x) = = 1 et lim+ f (x) = 1
x x−→0
−x
si x < 0 f (x) = = −1 et lim− f (x) = −1
x x−→0

2) E(x) est la partie entière de x ∈ R

lim E(x) = 1 , lim E(x) = o.


x−→1+ x−→1−

3.1.4 Quelques propriétés


Théorème 3.1. (Unicité de la limite) Si f admet une limite ` au point x0 , cette limite
est unique.

Preuve
Supposons que la fonction f, définie au voisinage V de x0 (sauf peut être en x0 ), admette
deux limites ` et `0 au point x0 .
Soit ε > 0 , alors

∃η1 > 0, ∀x ∈ V [0 < |x − x0 | < η1 =⇒ |f (x) − `| < ε/2]

∃η2 , ∀x ∈ V [0 < |x − x0 | < η2 =⇒ |f (x) − `0 | < ε/2

en posant η = inf {n1 , n2 }.

∀x ∈ V ; 0 < |x − x0 | < η =⇒ |` − `0 | ≤ |f (x) − `| + |f (x) − `0 | < ε

=⇒ ` = `0

Proposition 3.1. Si lim f (x) = ` , il existe un intervalle de centre x0 sur lequel f est
x−→x0
bornée.
Preuve

∀ε > 0 ∃η > 0 tel que x0 − η < x < x0 + η =⇒ ` − ε < f (x) < ` + ε.

Proposition 3.2. Soit f : [a, b] −→ R et x0 ∈ [a, b]. Les deux propriétés suivantes sont
équivalentes :
1) lim f (x) = `.
x−→x0
2) Quelle que soit la suite (un ) , un ∈ [a, b] telle que un 6= x0 et lim un = x0 . On a
n−→∞

lim f (un ) = `.
n−→+∞

Preuve
Supposons que l’on ait la propriété 1).
Soit ε > 0 ; ∃η > 0 tel que ∀x ∈ [a, b] : 0 < |x − x0 | < η =⇒ |f (x) − `| < ε.
Soit (un ) une suite quelconque telle que un ∈ [a, b], un 6= x0 et
lim un = x0 . Au nombre η trouvé, correspond un entier n0 , tel que
n−→∞

∀n ≥ n0 : 0|un − x0 | < η , d’où


n ≥ n0 : |f (un ) − `| < ε d’où 1) =⇒ 2)

Supposons que l’on ait la propriété 2) et que la propriété 1) soit fausse. Il existe alors un
ε > 0 tel que dans chacun
  des intervalles
1 1
x0 − n , x 0 + n n = 0, 1, 2, ..., on peut trouver un point un distinct de x0 et
2 2
appartenant à [a, b] tel que
∀n : |f (un ) − `| ≥ ε.
Ainsi, la suite (un ) converge vers x0 , tandis que la suite (f (un )) ne converge pas vers `,
en contradiction avec 2). Donc 2) =⇒ 1 d’où 1) ⇐⇒ 2).

3.1.5 Opérations sur les limites


1 - Si
lim f (x) = ` et lim g(x) = `0
n−→x0 n−→x0

alors
lim (f + g)(x) = ` + `0 ; lim (λf (x)) = λ`, λ ∈ R ;
n−→x0 n−→x0

f (x) `
lim |f (x)| = ` et lim = si g(x) 6= 0 et `0 6= 0.
n−→x0 n−→x0 g(x) `
Preuve
Analogue à celle correspondante sur les suites, compte tenu du théorème précédent.
2 - Passage à la limite dans les inégalités

Théorème 3.2. Si f (x) ≥ 0 au voisinage de x0 et si lim f (x) = ` alors ` ≥ 0.


n−→x0

Preuve
Avec les hypothèses du théorème, supposons ` < 0. En prenant ε = − 2` > 0 on peut
trouver η > 0 tel que
|x − x0 | ≤ η =⇒ |f (x) − `| < ε
` `
c’est à dire ` − ε < f (x) < ` + ε < 0 (car ` + ε = ` − = < 0) c’est à dire f (x) < 0
2 2
ce qui entraîne à l’hypothèse donc ` ≥ 0.

Corollaire 3.1. f (x) ≤ g(x) =⇒ lim f (x) ≤ lim g(x) si ces limites existent).
n−→x0 n−→x0

Preuve

(g − f )(x) = g(x) − f (x) ≥ 0 =⇒ lim (g(x) − f (x)) ≥ 0


n−→x0
=⇒ lim g(x) ≥ lim f (x)
n−→x0 n−→x0

Corollaire 3.2. Si g(x) ≤ f (x) ≤ h(x) sur un voisinage de x0 ∈ R et si

lim g(x) = lim h(x) = ` alors lim f (x) = `.


n−→x0 n−→x0 n−→x0

Preuve

g(x) ≤ f (x) ≤ h(x) =⇒ lim g(x) ≤ lim f (x) ≤ lim f (x)


n−→x0 n−→x0 n−→x0
=⇒ ` < lim f (x) ≤ ` lim f (x) = `
n−→x0 n−→x0

3 - Limite d’une fonction composée


Soient f et g deux fonctions. On suppose que

lim f (x) = b , lim g(x) = `.


x−→a x−→b

Alors
lim g(f (x)) = `.
x−→a

Preuve
Soit ε > 0. Il existe η1 > 0 tel que |y − b| < η1 =⇒ |g(y) − `| < ε.
Il existe η > 0 tel que |x − a| < η =⇒ |f (x) − b| < η1 . Alors

|x − a| < η =⇒ |f (x) − b| < η1 =⇒ |g(f (x)) − `| < ε.


4 - Critère de Cauchy

Théorème 3.3. Soit f une fonction définie dans un intervalle contenant a, sauf éven-
tuellement en . Pour que f (x) ait une limite quand x tens vers a , il faut et il suffit que
la condition suivante soit vérifiée ; pour tout ε , il existe η > 0 tel que

x 6= a , x0 6= a , |x − a| < η , |x0 − a| < η =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε.

Preuve
1 - Supposons lim f (x) = `. Soit ε > 0. Il existe η > 0 tel que
n−→a

ε
|x − a| < η =⇒ |f (x) − `| < .
2
Alors si |x − a| < η , |x0 − a| < η , on a
ε ε
|f (x) − `| <, | f (x0 ) − `| < . d’où
2 2
ε ε
|f (x) − f (x0 ) < + = ε.
2 2
2 - Supposons la condition de l’énoncé satisfaite.
Soit ε > 0. Il existe η > 0 tel que

|x − a| < η , |x0 − a| < η =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε. (3.1)


1
Soit N un entier > 0 tel que N
< η. Alors

1 1
m, n ≥ N =⇒ |(a + ) − a| < η , |(a + ) − a| < η
m m
1 1
=⇒ |f (a + ) − f (a + )| < ε.
m n
1
la suite f (a + ) étant de Cauchy a une limite ` quand n −→ +∞. Si |x − a| < η on
n
a, d’après (3.1)
1
|f (x) − f (a + )| < ε
n
pour n ≥ N. On obtient |f (x) − `| < ε.
Ce qui prouve que f (x) tend vers ` quand x −→ a. D’où le théorème.

Remarque 3.1. - Le critère de Cauchy permet de prouver que f (x) a une limite finie
sans connaître à l’avance la valeur de la limite.
- Si la fonction f admet une limite quand x −→ a
On a remarqué que f est bornée pour |x − a| assez petit. La réciproque n’est pas vraie.
Toutefois :

Théorème 3.4. Soit f une fonction définie dans un intervalle ]a0 , a[ croissante et majo-
rée. Alors f a une limite quand x −→ a par valeurs < a, limite égale à la borne supérieure
de f dans ]a0 , a[.
Preuve
On sait que l’ensemble des valeurs de f étant borné dans ]a0 , a[ admet une borne supérieure
`.
Soit ε > 0. Il existe une valeur f (b) de la fonction dans ]a0 , a[ telle que, f (b) > ` − ε.
Posons η = a − b , on a aη > 0. D’autre part
a − η < f (b) ≤ b ≤ x < a =⇒
` − ε < f (b) ≤ f (x) < ` =⇒ |f (x) − `| < ε.
Donc lim f (x) = ` =⇒ |f (x) = `.
x−→a,x<a

3.1.6 Limites infinies


On dit que la fonction f tend vers +∞ quand x tend vers a, si pour tout nombre réel
A, il existe
η > 0 tel que |x − a| < η =⇒ f (x) > A.
On écrit lim f (x) = +∞.
x−→a
On définit de manière analogue une fonction tend vers −∞. Notons que si f est croissante
dans ]a, a0 [ , alors f admet une limite quand x −→ a , si f est majorée et f tend vers +∞
si elle n’est pas majorée.
Si lim f (x) = ±∞, on dit que f (x) est un infiniment grand quand x −→ a.
x−→a
Si lim f (x) = 0 , on dit que f est infiniment petit quand x −→ a.
x−→a

3.1.7 Comparaison de fonctions


1 - Equivalence :
Soient f et g deux fonctions réelles. On dit que f et g sont équivalentes quand x tend
vers x0 , s’il existe une fonctin h, définie pour |x − x0 | suffisamment petit, telle que
f (x) = g(x)  h(x) , avec h(x) −→ 1 quand x −→ x0 .
On écrit alors f ∼ g (x → x0 ).
2 - Exemples
1 - On a sinx ∼ x (x −→ 0)
sinx
En effet, posons h(x) = et h(0) = 1. Alors sinx = xh(x) pour tout x, et l’on
x
sait que lim h(x) = 1.
x−→0
2 - Soit P (x) = an xn + an−1 xn−1 + ... + a1 x + a0 (ou an 6= 0) un polynôme de degré n.
On a :
P (x) ∼ an xn (x −→ ±∞)
En effet, pour x 6= 0 , on a
 
n an−1 1 an−2 1 a 1
P (x) = an x 1 + + + ... +
an x an x 2 an x n
et la parenthèse tend vers 1 quand x −→ +∞.
Théorème 3.5. La relation f ∼ g (x −→ x0 ) est une relation d’équivalence.

Preuve
Il est clair que f ∼ f.
Si f ∼ g, on a g ∼ f. Car, si f = g  h avec h −→ 1 on a h 6= 0 pour |x − x0 | assez petit ;
d’autre part g = f h−1 et h−1 −→ 1−1 = 1.
Si f ∼ g et g ∼ h, on a f ∼ h. Car, si f = gk et g = hk 0 avec
k −→ 1, k 0 −→ 1, on a f = hk 0 k, et k 0 k −→ 1.1 = 1.

Théorème 3.6. Si f et g ont une même limite a quand x −→ x0 , et si a est non nul,
alors f ∼ g quand x −→ x0 .
Preuve
f a
En posant h = , on a h −→ = 1 et f = gh.
g a
Remarque 3.2. Le théorème serait en défaut si l’on ne faisait pas l’hypothèse a 6= 0, :
par exemple.
f
Si f (x) = x, g(x) = x2 , x −→ 0, on a f −→ 0 et g −→ 0 et pourtant | | −→ +∞.
g
f f1
Théorème 3.7. Si f ∼ f1 et g ∼ g1 quand x −→ x0 , alors f  g ∼ f1 g1 et ∼ .
g g1
Preuve
Soit f = f1 h , g = g1 k avec h −→ 1, k −→ 1. On a
f f1 h h
f  g = f1 g1 (hk), = et hk −→ 1, −→ 1.
g g1 k k
Exemples :
1 - tgx = sinx
cosx
∼ x
1
quand x −→ 0 donc

tgx ∼ x (x −→ 0)
Attention
Si f ∼ f1 et g ∼ g1 quand x −→ x0 , on n’a pas en général f + g ∼ f1 + g1 , ni
f − g ∼ f1 − g1 .
Exemples
1 + x2
1 - Quand x −→ 0, on a x + x2 ∼ x + x3 , car x + x3 = (x + x2 ) . D’autre part,
1+x
x ∼ x. Mais (x + x2 ) − x = x2 n’est pas équivalent à
(x + x3 ) − x = x3 .
2 - Quand x −→ 0, on a cosx ∼ 1, 1 ∼ 1, mais 1 − cosx n’est pas équivalent à 1 − 1 = 0.
3 - Partie principale d’un infiniment petit
Rappelons que f (x) est dit un infiment petit quand x −→ x0 si f (x) −→ 0 quand
x −→ x0 .
On peut toujours se ramener au cas si la variable tend vers zéro en posant x − x0 =
1
x0 ou = x0 si x −→ +∞ . Nous étudierons désormais le cas où x −→ 0.

x
Théorème 3.8. Soit f (x) inifiniment petit quand x −→ 0. Si quand x −→ 0, on a
f (x) ∼ axn (ou a 6= 0), a et n sont déterminés de manière unique par f (x).
axn
Supposons f (x) ∼ bxp , où b 6= 0. Alors axn ∼ bxp , donc −→ 1 quand
bxp
x −→ 0.
a n−p
Si n > p, ceci s’écrit x −→ 1 quand x −→ 0, ce qui est absurde.
b
a 1
Si n < p, ceci s’écrit −→ 1 ce qui est également absurde. Donc n = p. Alors
b xp−n
a
−→ 1, donc a = b.
b
Définition 3.3. Si f (x) ∼ axn quand x −→ 0, on dit que axn est la partie principale
de f (x), et que f (x) est un indéfiniment petit d’ordre n.

Exemples
Quand x −→ 0, sinx est un infiniment petit de partie principale x, d’ordre 1 ; 1 − cosx
x2
est un infiniment petit de partie principale , d’ordre 2 ; x3 est un infiniment de partie
2
principale x3 , d’ordre 3.
Extension
4 - Les Notations de Landau 0 et O
Soient deux fonctions f, g définie au voisinage de x0 . On dit que f est négligeable devant
g s’il existe une fonction h, définie pour |x − x0 | assez petit, telle que :

f (x) = g(x) h(x) , h(x) −→ 0 quand x −→ x0 .

S’il en ait ainsi, on écrit f = 0(g)(x −→ x0 ).


f
Si g(x) 6= 0 pour |x − x0 | assez petit, la définition précédente signifie −→ 0 quand
g
x −→ x0 .
Exemples
1 - Si n, n0 sont des entiers tels que n > n0 , on a
0
xn = 0(xn ) quand x −→ 0̄

2 - `n = 0(x) quand x −→ +∞.

Définition 3.4. Soient deux fonctions f et g définie au voisinage de x0 . On écrit f =


O(g) (x −→ x0 ) s’il existe une fonction h définie pour |x − x0 | assez petit, telle que
f (x) = g(x)h(x), , h est bornée.
f
Si g(x) 6= 0 pour |x − x0 | assez petit, la définition précédente signifie que est bornée
g
pour |x − x0 | assez petit.
3.2 Fonctions continues
3.2.1 Fonction continue en x0
Définition 3.5. On dit que la fonction f est continue au point x0 lorsqu’elle est définie
au voisinage de x0 et lim f (x) = f (x0 ).. Ce qui signifie :
x−→x0

∀ε > 0 , ∃α > 0 tel que |x − x0 | < α =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε


La continuité en x0 signifie donc trois choses_ - f est définie en x0 ._ -f admet une limite
en x0 .
- cette limite est égale à f (x0 ).

3.2.2 Exemple
1
Montrons que la fonction définie sur R∗ par f (x) = sin est continue en tout point
x
x0 non nul. Nous nous placons en un x0 > 0.
p−q p+q
La formule sinp − sinq = 2sin cos et les inégalités
2 2
|sinu| ≤ |u| et |cosu| ≤ 1
permettent d’obtenir la majoration
1 1 |x − x0 |
|f (x)| − f (x0 )| ≤ | − | = , x0 6= 0,
x x0 |x||x0 |
x0 3x0
on peut se limiter à prendre x dans l’intervalle ] , [ , pour avoir x 6= 0. Il en
2 2
1 2 1 1
résulte que sur cet intervalle est majorée par ‘ et que − est plus petit que
|x| x0 x x0
2
|x − x0 |.
x20
x0 3x0
Dans l’intervalle ] , [ , nous avons donc
2 2
2
f (x) − f (x0 ) ≤ 2 x − x0 .
x0
1
Si nous imposons |x− x0 | < εx20 , alors nous avons |f (x) − f (x0 )| < ε. Le nombre α
2
trouvé dépend de ε et du point x0 .

3.2.3 Discontinuité
Si la fonction f n’est pas continue en x0 , on dit que x0 est un point de discontinuité
de f, ou bien que f présente une discontinuité en x0 .
00
" f n’est pas continue en x0 s’écrit :
∃ε > 0 ∀α > 0 tel que (|x − x0 | < α et |f − f (x0 )| ≥ ε)
Par exemple la fonction partie entière est continue en chaque point x0 n’appartenant pas
à Z et présente une discontinuité en chaque point de Z.
3.2.4 Propriétés fondamentales
Ce sont des corollaires des propriétés analogues énoncées dans le paragraphe sur les
limites et nous ne redonnons pas les démonstrations.
1 - Si f est continue en x0 , alors elle est bornée au voisinage de x0 .
2 - Si f est continue en x0 et que f (x) est strictment positif (respectivement strictement
négatif), alors il existe un intervalle ]x0 − α, x0 + α[ où f est strictement positive (respec-
tivement strictement négatif)._ 3 - Si f et g sont continues en x0 , alors la somme f + g
et le produit f × g sont continues en x0 .
f
-Si g(x0 ) st non nul, le quotient est défin au voisinage de x0 et est continue en x0 ._ 4
g
- Si f est continue en x0 et si g est continue en f (x0 ), alors la composée g ◦ f est définie
au voisinage de x0 et est continue en x0 .

3.2.5 Prolongement par continuité


Si f est définie au voisinage de x0 , mais non définie en x0 , et admettant une limite
` quand x tend vers x0 . On dit que f est prolongeable par continuité au point x0 , le
prolongement de f par continuité est la fonction notée f¯ définie par

f¯(x) = f (x) si x 6= x0 et f¯(x0 ) = `.

On peut noter souvent f¯ par f.


Exemple 1
sinx
Soit f (x) = pour x 6= 0 ; comme l’on sait que f tend vers 1 quand x tend vers 0,
x
on peut poser f (0) = 1 et obtenir ainsi une fonction définie continue sur R tout entier.
Exemple 2
1 − e−x
Soit la fonction f définie par f (x) = si x < 0 et par
x
`n(1 + x)
f (x) = si x > 0 on a lim+ f (x) = 1 donc lim f (x) = 1.
x x−→0 x−→0
On prolonge f par continuité en posant f (0) = 1.

3.2.6 Continuité à droite, à gauche


Définition 3.6. La fonction f est continue à droite de x0 quand elle est définie sur un
intervalle [x0 , x0 + η[ et que lim f (x) = f (x0 ).
x−→x0 ,x>x0

Définition 3.7. La fonction f est continue à gauche de x0 quand elle est définie sur un
intervalle ]x0 − η, x0 ] et que lim f (x) = f (x0 ).
x−→x0 ,x<x0

Théorème 3.9. Une fonction f est contineu en x0 si et seulement si elle est continue à
droite et à gauche de x0 .

Preuve
Résulte immédiatement des définitions.
Exemple 1 :
La fonction partie entière est continue à droite de tout nombre entier p ∈ Z.
E(p) = p , lim E(x) = p − 1 , lim E(x) = p.
x−→p− x−→p+

Exemple 2 :
Soit la fonction f définie sur ] − ∞, +∞[ par
`nx
f (x) = sur ]1, +∞[ et par f (x) = ex−1 sur ] − ∞, 1].
x−1
On a
lim f (x) = lim+ f (x) = f (1) ;
x−→1− x−→1
la fonction f est donc continue à droite et à gauche de 1, elle est continue en x0 = 1.
Exercice :
Etudier la continuité à droite et à gauche de la fonction f définie par
 
1
f (0) = 1 et f (x) = xE
x
pour x 6= 0. Elle - elle continue en 0 ? Faire un dessin du graphe de la fonction.

3.2.7 Fonction continue sur un intervalle


- On dit que f est continue sur un intervalle ouvert I lorsqu’elle est continue en chaque
point x0 ∈ I.
- On dit que f est continue sur un intervalle fermé [a, b] lorsqu’elle est continue en chaque
point de ]a, b[ , continue à droite de a et continue à gauche de b.
Exemple au 3 - 2 - 2
On a vu que f (x) = sin x1 est continue sur chacun des intervalles ] − ∞, 0[ et ]0, +∞[.
Exercice p
Démontrer que la fonction f (x) = |x| est continue en tout point de ] − ∞, +∞[. On
traitera séparément le cas x0 = 0.

3.2.8 Fonction continue sur un segment


Soient [a, b] un intervalle fermé borné de R , et f une fonction réelle continue dans
[a, b]. Alors f est bornée et atteint dans [a, b] ses bornes supérieure et inférieure.
Preuve
Supposons f non bornée. Pour tout entier n > 0, il existe un point xn de [a, b] tel
que |f (xn )| ≥ n , (xn ) étant bornée d’après le théorème de Bolzno Weierstrass. On en
extraire une sous suite (xnk ) convergente qui tend vers x on a a ≤ x ≤ b. Alors la suite
f (xnk ) tend vers f (x) (puisque f est continue), donc bornée. Or ceci est absurde puisque
|f (xnk )| > nk . Donc f est bornée.
Posons M = sup f (x). Pour tout entier n > 0, il existe un point yn de [a, b] tel que
x∈[a,b]

1
M− ≤ f (yn ) ≤ M.
n
Il existe une suite (ynk ) extraite de (yn ) qui converge vers y ; on a a ≤ y ≤ b. Alors la
suite f (ynk ) tend vers f (y). Mais cette suite tend vers M. Donc f (y) = M.
On démontre de même que f atteint sa borne inférieure
Remarque 3.3. Dans le théorème, il faut prendre garde qu’une petite modification des
hypothèses peut faire que la conclusion devienne inexacte :
a - L’hypothèse intervalle fermé est indispensable. Par exemple la fonction f (x) = x,
définie dans [0, 1[ est continue et bornée (m = 0, M = 1). Elle atteint sa borne inférieure
0 (pour x = 0) mais elle n’atteint pas sa borne supérieure 1.
b - Pour 0 < x ≤ 1, posons f (x) = x1 ; et posons f (0) = 0. La fonction f est définie sur
l’intervalle [0, 1] qui est fermé, borné, mais f est non bornée. Cela tient à ce que f n’est
pas continue en 0.
Théorème 3.10. Soient [a, b] un intervalle fermé borné de R, f une fonction réelle
continue dans [a, b] , µ un nombre compris entre f (a) et f (b). Alors f prend dans [a, b]
la valeur µ.
Preuve
Supposons par exemple f (a) ≤ f (b). Soit E l’ensemble des points x de [a, b] tels que
f (x) ≤ µ. Alors a ∈ E , donc E 6= ∅. L’ensemble E est majoré par b. Donc il admet
une borne supérieure c. On a c ≥ a. Puisque c’est un majorant de E et c ≤ b puisque
c’est le plus petit majorant de E. On va montrer que f (c) = µ.
Supposons d’abord f (c) < µ. Alors c < b. Posons
α = µ − f (c) > 0. Puisque f est continue en c, il existe c0 dans ]c, b[ tels que l’on ait
f (c0 ) − f (c) < α d’où f (c0 ) < µ. Alors c0 ∈ E, donc c n’est pas un majorant de E , ce
qui est absurde.
Supposons f (c) > µ. Alors c > a. Posons β = f (c) − µ > 0.
Puisque f est continue en c, il existe c00 ∈]a, c[ tel que l’on ait f (c00 ) − f (c) > −β (c’est
à dire f (x) > µ) dans tout l’intervalle [c00 , c]. Donc c00 majore E, donc c n’est pas le plus
petit majorant de E, ce qui est absurde. On a donc bien f (c) = µ.
Corollaire 3.3. (Théorème des valeurs intermédiaires) Soient [a, b] un intervalle fermé
borné de R , f une fonction réelle continue dans [a, b]. On pose

M = sup f (x) , m = inf f (x)


x∈[a,b] x∈[a,b]

Alors f prend toute valeur de l’intervalle [m, M ].


Preuve
D’après le théorème 1 il existe c et d éléments de [a, b] tel que m = f (c) et M = f (d) la
restriction de f à [c, d] vérifie les hypothèses du théorème 2 donc tout nombre µ compris
entre f (x) et f (d) c’est à dire entre m et M est prise par f.
Corollaire 3.4. Soit f une fonction continue sur [a, b]. Si f (a) et f (b) sont de signes
contraires, alors il existe un point c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
Corollaire 3.5. Soit I un intervalle et f : I −→ R une fonction continue. Alors f (I)
(ensemble des valeurs de f ) est un intervalle.
Preuve
Soit y1 , y2 ∈ f (I). D’après le théorème 2, tout y , y1 < y < y2 , est une valeur de f. Il
en résulte que [y1 , y2 ] ⊂ f (I) donc f (I) est un intervalle.
Ce théorème signifie que si f est une fonction continue sur un intervalle I (quelle que soit
la nature de l’intervalle), alors l’ensemble des valeurs f (x) est aussi un intervalle.
Preuve
f (a) et f (b) de signes contraires alors 0 est compris entre f (a) et f (b) donc il existe
c ∈ [a, b] tel que f (c) = 0.

3.2.9 Continuité uniforme d’une fonction sur un intervalle


Définition 3.8. Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle I. On dit que f est
uniformément continue dans I si pour tout ε > 0, il existe η > 0 tel que

|x − x0 | < η , x ∈ I , x0 ∈ I =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε.

On peut remarquer que la continuité uniforme est une propriété de la fonction sur
tout intervalle alors que la continuité peut être définie en un point. On notera aussi que
le nombre η associé à ε ne dépend que de ε, alors que pour la continuité en x0 , η dépend
de ε mais aussi de x0 .
Toute fonction uniformément continue est continue (en fixant x0 = x0 ).
La réciproque est fausse : prenons f (x) = x2 pour tout x réel. La fonction f est continue
dans R. On va voir que f n’est pas uniformément continue dans R ; raisonnons par
l’absurde : supposons f uniformément continue. En prenant ε = 1, il existe η > 0 tel
que
|x0 − x00 )| < η =⇒ |x02 − x00 | < 1.
1 1 η η
Prenons x0 = , x00 = + . On a |x0 − x00 | = 2
< η et
η η 2

02 002 1 1 η2 η2
|x − x | = | 2 − ( 2 + + 1)) = 1 + > 1.
η η 4 2
ce qui est absurde.

Théorème 3.11. Une fonction continue sur un intervalle fermé [a, b] est uniformément
continue sur cet intervalle.

Raisonnons par l’absurde. Supposons f continue et non uniformément continue sur


1
[a, b]. Posons ηn = . Il existe ε > 0 et deux suites (x0n ), (x00n ) dans [a, b] tels que :
n
1
∀n ∈ N : |x0n − x00n | < et |f (x0n ) − f (x00n )| ≥ ε ≥ 0.
n
D’après le théorème de Bolzano - Weierstrass, on peut extraire de la suite (x0n ) une suite
(x0nk ) convergente.
Soit y = lim x0nk .
k−→∞
Comme lim (x0nk − x00nk ) = 0 , on a lim x00nk = y.
k−→∞ k−→∞

∀k ∈ N : a ≤ x0nk ≤ b , on a a ≤ y ≤ b

la fonction f étant continue en y , on a

lim f (x0nk ) = lim f (x00nk == f (y)


k−→∞ k−→∞

Or, ceci est impossible car

∀k ∈ N : |f (x0nk ) − f (x00nk )| ≥ ε > 0.

Ce qui démontre le théorème.

3.2.10 Fonction réciproque d’une fonction continue strictement


monotone
I - Généralités, rappels
1 - Application injective, surjective, bijective
Rappelons qu’une application f d’un ensemble E dans un ensemble F est dite injective
lorsque deux éléments distincts de E ont des images distinctes dans F ; cela revient à dire
que pour tous x et x0 de E l’égalité f (x) = f (x0 ) implique x = x0 .
L’application f est dite surjective lorsque tout élément de l’ensemble d’arrivée F est
l’image d’au moins un élément de E.
Enfin on dit que f est bijective de E sur F lorsque f est à la fois injective et surjective,
c’est à dire lorsque tout élément de F est l’image d’un et d’un seul élément de E par f.
2 - Applicatin réciproque
Si f est une bijection de E sur F, on peut définir une application de F sur E de la facon
suivante :
A tout élément y de F on associe l’unique élément x de E tel que y = f (x). Cette
application est une bijection de F sur E, appelée application réciproque de f et notée
f −1 .
3 - Le but de notre étude
Nous nous intéressons particulièrement aux fonctions définies continues sur un intervalle
puisque l’image continue d’un intervalle est encore un intervalle.
Nous allons donc étudier à quelle condition une fonction définie continue sur un intervalle
I est une bijection de I sur l’intervalle J = f (I) et voir quelles seront les propriétés de
la fonction réciproque f −1 . Le seul problème qui se pose est l’injectivité de I sur f (I). f
est surjectif
Nous avons aussi que les courbes représentatives de f et de f −1 sont symétriques par
rapport à la première bissectrice.
II - Théorème de la fonction réciproque

Théorème 3.12. Une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I est
une bijection de I sur l’intervalle image f (I) ; l’application réciproque f −1 est continue
et est aussi, de même monotonie que f.

Le théorème ne précise pas la nature (ouvert, fermé, borné, ...) de l’intervalle de départ.
L’intervalle image f (I) peut éventuellement ne pas être borné.
Exemple :
1
La fonction f définie par f (x) = 1−x est une bijection de [0, 1[ sur [1, +∞[. La fonction
−1 1
réciproque est f (x) = 1 − x définie sur [1, +∞[ à valeurs dans [0, 1[.
Preuve du théorème
1 - f est bijective : si x et y sont deux points distincts de I, avec par exemple x < y,
on a f (x) < f (y) (si f est croissante) ou f (x) > f (y) (si f est décroissante) avec
une inégalité stricte. Donc x 6= y =⇒ f (x) 6= f (y), ce qui signifie que la fonction f est
injective puisque deux points distincts ont deux images distinctes.
Par définition tout point de f (I) est image d’au moins un point de I, et donc ici d’un
seul : la fonction f est une bijection de I sur f (I).
2 - monotonie :
- Supposons f croissante :
Soient u, v deux éléments de f (I), avec u < v.
Soient x = f −1 (u), y = f −1 (v). On a u = f (x), v = f (y).
Si l’on a y ≤ x on en déduit f (y) ≤ f (x), c’est à dira v ≤ u contrairement à
l’hypothèse. Donc x < y c’est à dire f −1 (u) < f −1 (u). Donc g strictement croissante.
- le cas f décroissante se traite de facon analogue.
3 - f −1 est continue : nous allons faire la démonstration dans le cas où f croissante.
Rappelons d’ailleurs que le théorème des valeurs intermédiaires nous assure que f (I) est
un intervalle.
Nous allons montrer que f −1 est continue en chaque point de f (I). Soit y0 un point de
f (I) : il existe un point unique x0 de I tel que y0 = f (x0 ), soit x0 = f −1 (y0 ).
Soit ε un réel donné : nous cherchons un réel positif α tel que

y0 − α < y < y0 + α =⇒ f −1 (y0 ) − ε < f −1 (y) < f −1 (y0 ) + ε

c’est à dire
f (x0 ) − α < y < f (x0 ) + α =⇒ x0 − ε < f −1 (y < x0 + ε.
Posons
y1 = f (x0 − ε) et y2 = f (x0 + ε) :
- Comme f est croissante, l’image par f de tout nombre x compris entre x0 − ε et x0 + ε
est comprise entre y1 et y2 .
- Comme f est conitnue, l’image de l’intervalle fermé, borné [x0 −ε, x0 +ε] est un intervalle
fermé, borné contenant [y1 , y2 ].
Il en résulte que l’image par f du segment [x0 − ε, x0 + ε]est exactement le segment
[y1 , y2 ], ce qui signifie que l’image de l’intervalle ouvert ]x0 − ε, x0 + ε[ est exactement
l’intervalle ouvert ]y1 , y2 [.
Ce qui signifie que l’image par f −1 de tout nombre compris entre y1 et y2 est dans l’in-
tervalle ]x0 − ε, x0 + ε[.
Prenons simplement un α inférieur à y0 − y1 et à y2 − y0 de facon que ]y0 − α, y0 + α[⊂
]y1 , y2 [ : tout nombre y situé dans ]y0 − α, y0 + α[ s’envoie par f −1 dans ]x0 − ε, x0 + ε[ ,
ce qui signifie que f −1 est continue en y0 .
III - Application : fonctions réciproques des fonctions circulaires
1 - Fonctions Arcsinus

Définition 3.9. La fonction sinus est définie continue sur R à valeurs dans le segment
[−1, +1] mais elle n’est pas strictement
 monotone. Cependant sinus est continue et stric-
π π
tement croissante du segment − , sur [−1, +1].
2 2
Elle y a admet une fonction réciproque.
  Donc il existe une fonction réciproque, définie
π π
dans [−1, +1] à valeurs dans − , + continue et strictement croissante. Elle se note
2 2
Arcsin.

 
π π
Arcsin : [−1, +1] −→ − ,
2 2
x 7−→ y = Arcsinx.
donc  
π π
y = Arcsinx ⇐⇒ x = siny et − ≤ y ≤ + +
2 2
2 - Le graphe s’obtient par symétrie
 par rapport
 à la première bissection à partir du
π π
graphe de la fonction x 7−→ sinx − ≤ x ≤ +
2 2

3 - valeurs remarquables
 √  √ 
π − 3 π − 2 π
Arcsin(−1) = − , Arcsin − = − , Arcsin =− ,
  2 2 2 2 4
1 π
Arcsin − = − ; Arcsin0 = 0
2 6
√ √
1 π 2 π 3 π
Arcsin = , Arcsin = , Arcsin = ,
2 6 2 4 2 3
π
Arcsin 1 = .
2
2 - Fonction Arc cosinus
1 - La restriction de la fonction cosinus à l’intervalle [0, π] , est continue et strictement
croissante. Elle admet une fonction réciproque, définie dans [−1, +1] continue et stricte-
ment décroissantede π à 0. Cette fonction se note Arcosinus
Arcos : [−1, +1] −→ [0, π]
x 7−→ Arccosx

y = Arcosx ⇐⇒ {x = cosy et 0 ≤ y ≤ π}
2 - Graphe de la fonction

3 - Valeurs remarquables
 √   √ 
3 5π 2 π
Arccos(−1) = π , Arccos − = 6
, Arccos − =3
2 2 4
  √
1 π π 2 π
Arccos − = 2 , Arccos 0 = , Arccos =
2 3 2 2 4

3 π
Arccos = , Arccos 1 = 0.
2 6
3 - Fonction Arctangente
 
π π
La restriction de la fonction tangente à l’intervalle − , + est continue et strictement
2 2
croissante. Elle admet une fonction réciproque définie dans R continue et strictement
π π
croissante de − à + , cette fonction se note Arctangente.
2 2
 
π π
Arctg :] − ∞, +∞[ −→ − , +
2 2
x 7−→ Arctgx.
 
π π
y = Arctgx ⇐⇒ x = tgy et − ≤ y ≤ +
2 2
2 - Graphe de la fonction

3 - Valeurs remarquables
 √ 

 
π π 3 π
Arctg − 3 = − ; Arctg(−1) = − , Arg − =− ,
3√ 4 3 6
3 π π
Arctg 0 = 0 , Arctg = , Arctg1 =
√ 3 6 4
π
Arctg 3 = .
3
EXERCICES

Exercice 1
Calculer les limites suivantes (si elles existent).
√ x−3 x−3
1) lim x2 + 1 − x ; lim ; lim .
x−→±∞ x−→±∞ x2 − 3x x−→3 x2 − 3x
r
xsinx tgx − sinx
2) lim lim ;
x−→0 1 − cosx x−→0 x3
sin2x + 1 − cosx tg 2 x
lim ; lim √
x−→0 x2 x−→0 1 − cosx

sin3x 1 1
3) lim ; lim √ − √
π 1 − 2cosx x−→0 x x + x2
x−→
3 √

 
x − x2 − x + 1 2
4) lim √ ; lim x4 + x − 2 − (x − 1
x−→±∞ 2x − 4x2 + x x−→±∞
p √ √ √ r
1 − 2 − 4 − 3x x − sinx x− e x3 + 3x
5) lim r ; lim ; lim ; lim −
x−→1 q x−→0 tg3x − 3x x−→e `nx − 1 x−→+∞ x−1
1
1 − 2 − 3−2x
cosx − sinx
3 ; lim
π `n(tgx)
x−→
4 √
√ √  1+x−1
6) lim x+1− x ; lim √
3
;
x−→+∞ x−→0 1 + x − 1

(On fera le changement de variable 1 + x = y 6 ).


√ √
1 + sinx − 1 − sinx x2 − (a + 1)x + a
lim ; lim .
x−→0 x x−→a x 3 − a3
Exercice 2
Montrer en utilisant la définition de la continuité d’une fonction en point que :
a) La fonction f (x) = x3 est continue en 0 et en 1 ;
1
b) La fonction f (x) = est continue.
x
Exercice 3
Dessiner le graphe et déterminer le domaine de définition et les points de discontinuité
des fonctions suivantes. Peut - on les prolonger par continuité ?
f1 (x) = E(x) (partie entière de x).

|x|
f2 (x) =
x
1
f3 (x) = sin
x
1
f4 (x) = xsin
x
sinx
f5 (x) =
x

f6 (x) = E(x) + E(2 − x)


 
1
f7 (x) = 1 − xE
x
p
f8 (x) = x − E(x)
p
f9 (x) = E(x) + x − E(x)

f10 (x) = E(x) + (x − E(x))2


 √
sup( 1 − x2 , x) pour − 1 < x ≤ 1
f11 =
x pour x < −1 ou x > 1

Exercice 4
Soient f et g deux fonctions continues, montrer que la fonction h définie par
h(x) = sup(f (x), g(x)) est continue.

Exercice 5
a) Soit f une fonction réelle définie sur R, vérifiant : ∃k > 0 , ∀(x, y) ∈ R2 .
|f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|. Montrer que f est uniformément continue.
(Une telle fonction est dite lipschitzienne de rapport k).
b) Montrer que la fonction sinus est uniformément continue sur R.
Exercice 6
On définit une fonction de R dans R par
x3 x(1−x)
f (x) = e ) si x 6= 1.
x−1
Quelles sont les limites de f à droite et à gauche de 1? Peut - on prolonger f par continuité.
Exercice 7
Soit f : [0, 1] −→ [0, 1] une fonction continue A = {x ∈ [0, 1]/f (x) ≥ x}. Soit a = sup A
montrer que f (a) = a.
Exercice 8
Soit f une fonction de R dans R continue en 0 et telle que

∀x , ∀y [f (x + y) = f (x) + f (y)]

a) Montrer que f est continue partout


b) Soit n ∈ N ; exprimer f (n) en fonction de f (1).
c) Montre que (∀x ∈ Q)(f (x)) = xf (1))
d) Montrer que ∀x ∈ R) f (x) = xf (1)
Exercice 9
Définir les réciproques des fonctions suivantes
x
f (x) = 1 + x3 ; f (x) =
 1 + |x|
x si x ∈ Q
f (x) =
−x si x ∈ R − Q

Exercice 10
Soit f la fonction définie sur R par


 x si x < 1




x2 si x 1 ≤ x ≤ 4

f (x) =

 √
8 x si x > 4




Tracer la courbe représentative de f ; montrer que f est une fonction continue strictement
croissante de R sur lui - même.
Donner les formules définissent f −1 et tracer son graphe.
Exercice 11 p
On considère f (x) = E(x) + x − E(x)
a) Comparer f (x + 1) et f (x)
b) Montrer que f est continue sur R.
c) Construire la courbe représentative de f.
Chapitre 4

DERIVATION

4.1 Dérivée en un point , interprétation géométrique


Définition 4.1. Soit f une fonction numérique définie au voisinage de x0 , on dit que f
f (x) − f (x0 )
est dérivable au point x0 lorsque le taux d’accroissement admet une limite
x − x0
quand x tend vers x0 .
df
Cette limite s’appelle dérivée de f en x0 et se note f 0 (x0 ), ou (x0 ) :
dx
f (x) − f (x0 )
f 0 (x0 ) = lim
x−→x0 x − x0
Exemples
1) La fonction f : R −→ R définie par f (x) = ax + b est dérivable sur R on a :

f (x) − f (x0 ) (ax + b) − ax0 + b) a(x − x0 )


= = = a.
x − x0 x − x0 x − x0
La limite de cette expression quand x tend vers x0 est

a: f 0 (x0 ) = a =⇒ f 0 (x) = a pour tout x ∈ R.

2) La fonction f : R −→ R définie par f (x) = x2 est dérivable sur R , pour tout


x0 ∈ R.
f (x) − f (x0 ) x2 − x20
lim = lim = (x + x0 ) = 2x0
x−→x0 x − x0 x−→x0 x − x0

donc f 0 (x) = 2x.


1
3) La fonction f : R∗ −→ R définie par f (x) = est dérivable sur R∗ en effet pour
x
tout x0 ∈ R∗
1 1

f (x) − f (x0 ) x x0 x0 − x
lim = lim = lim =
x−→x0 x − x0 x−→x0 x − x0 x−→x0 xx0 (x − x0 )
1 1
lim − 2
donc f 0 (x) = − 2
x−→x0 x0 x

4) La fonction f :]0, +∞[−→ R définie par f (x) = x est dérivable sur ]0, +∞[. On a :
√ √
f (x) − f (x0 ) 2 − x0 1
lim = lim = lim √ √
x−→x0 x − x0 x−→x0 x − x0 x−→x0 x + x0
1 1
= √ f 0 (x) = √
2 x0 2 x
5) La fonction f : R −→ R définie par f (x) = sinx est dérivable sur R en effet pour
tout x0 réel, on a
2sin x−x
  
sin x − sin x0 2
0
x + x0
lim = lim cos
x−→x0 x − x0 x−→x0 x − x0 2
= cos x0 donc f 0 (x) = cosx
Autre notation : très souvent on pose x − x0 = h, quantité qui tend vers 0 quand x
tend vers x0 ;
f (x) − f (x0 ) f (x0 + h) − f (x0 )
s’écrit alors et l’on a
x − x0 h
f (x0 + h) − f (x0 )
f 0 (x0 ) = lim
h−→0 h

4.1.1 Interprétation géométrique


Considérons la courbe représentative de f et la droite passant par le point M0 (x0 , f (x0 ))
f (x) − f (x0 )
et le point M (x, f (x)); la pente de cette droite est égale à , c’est à dire
x − x0
égale au taux d’accroissement de f entre x et x0 .
Dire que ce taux d’accroissement a une limite finie quand x tend vers x0 signifie que la
droite M M0 admet une position limite M0 T non parallèle à y 0 oy quand le point M tend
vers le point M0 sur la courbe. Cette position " limite " a pour pente le nombre f 0 (x0 )
et s’appelle la tangente à la courbe au point x0 .

L’équation de la tangente en M0 à la courbe représentative de f est


y − f (x0 ) = f 0 (x0 )(x − x0 )
4.1.2 Interprétation cinématique
Considérons une particule qui se déplace sur un axe et dont l’abscisse à l’instant t
s(t) − s(t0 )
est s(t). Le rapport représente la vitesse moyenne de la particule entre les
t − t0
instants t0 et t.
Si s est dérivable en t0 ,
s(t) − s(t0 )
s0 (t0 ) = lim
t−→t0 t − t0
est la vitesse instantanée de la particule à l’instant t0 . 4) Développement limité à l’ordre 1
f (x0 + h) − f (x)
Dire que le taux d’accroissement admet une limite finie A lorsque h
h
tend vers 0 signifie qu’au voisinage de 0 la fonction ε définie par

f (x0 + h) − f (x0 )
ε(h) = −A
h
tend vers 0 quand h tend vers 0. On peut énoncer le résultat suivant.

Théorème 4.1. Une fonction f dérivable en x0 est continue en x0 .

Preuve
D’après le théorème précédent, f (x0 + h) = f (x0 ) + hA + hε(h) donc
 
lim f (x0 + h) = lim f (x0 ) + hA + hε(h) = f (x0 ).
h−→0 h−→0

Remarque 4.1. La réciproque est fausse : une fonction peut être continue en un en un
point x0 sans être dérivable en ce point.
Par exemple, la fonction f (x) = |x| est continue en tout point mais n’est pas dérivable
en x0 = 0.

6) Fonction dérivable sur un intervalle

Définition 4.2. On dit qu’une fonction f, définie sur l’intervalle ouvert I,est dérivable
sur I lorsqu’elle est dérivable en tout point de I.
df
La fonction f 0 , ou , qui à x associe le nombre f 0 (x) est appelée fonction dérivée de
dx
f sur l’intervalle I.

4.2 Dérivée à droite, à gauche


f (x) − f (x0 )
Définition 4.3. Si le taux d’accroissement admet une limite quand x
x − x0
tend vers x0 par valeurs supérieures (respectivement par valeurs inférieures), on dit que
la fonction f est dérivable à droite (respectivement à gauche) de x0 .
Notation

f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 )


fg0 (x0 ) = lim et fd0 (x0 ) = lim
h−→x0 ,x<x0 x − x0 h−→x0 ,x<x0 x − x0
Exemple

Soit f (x) = x3 + x2 , fonction définie sur ] − 1, +∞[. √
f (x) − f (0) |x| 1 + x
Le taux d’accroissement de f en 0 est = , quantité qui tend
x−0 x
vers 1 quand x −→ 0 par valeurs supérieures, tend vers −1 quand x −→ 0 par valeurs
inférieures. La fonction f admet en 0 une dérivée à droite égale à +1 et une dérivée à
gauche égale à −1.

La courbe admet donc à l’origine une demi - tangente à droite de pente +1 et une demi
- tangente à gauche de pente −1. On dit que l’on a un point anguleux.
f (x) − f (−1) |x|
Le taux d’accroissement de f en −1 est =√ , quantité qui tend vers
x+1 1+x
+∞ quand x tend vers −1 par valeurs supérieures ; la courbe admet au point x0 = −1
une demi - tangente "verticale."
Cet exemple montre qu’une fonction peut admettre une dérivée à droite et une dérivée
à gauche en un point x0 , sans que ces deux nombres soient égaux ; on a alors un point
anguleux et la fonction n’est pas dérivable en ce point.

Théorème 4.2. Une fonction est dérivable en un point x0 si elle admet une dérivée à
droite et une dérivée à gauche en ce point et que ces deux nombres sont égaux.

Preuve

f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 )


lim = lim = lim
x−→x0 , x>x0 x − x0 x−→x0 , x<x0 x − x0 x−→x0 x − x0
⇐⇒ fd0 (x0 ) = fg0 (x0 ) = f 0 (x0 ).

4.3 Règles de dérivation


Comme pour la convergence des suites, ou la continuité des fonctions, il est rare dans
la pratique que l’on revienne à la définition pour montrer qu’une fonction est dérivable.
On utilise les résultats généraux ci - dessus.
Si f et g sont deux fonctions dérivables en x0 et λ un nombre réel donné, alors la s omme
f + g , le produit f  g et λf sont dérivables en x0 et

(f + g)0 (x0 ) = f 0 (x0 ) + g 0 (x0 )

(f  g)0 (x0 ) = f 0 (x0 )g(x0 ) + f (x0 )  g 0 (x0 )

(λf )0 (x0 ) = λf 0 (x0 )

De plus si g(x0 ) est différent de 0, alors le quotient f /g est défini au voisinage de x0 et


0 en x0 0 avec
est dérivable
f (x0 )g(x0 ) − f (x0 )g 0 (x0 )
d) f /g (x0 ) = .
g 2 (x0 )
f 0 (x0 )
En particulier la dérivée de 1/f en x0 est égale à − 2 .
f (x0 )
Preuve
On a
(f + g)(x) − (f + g)(x0 ) f (x) − f (x0 ) g(x) − g(x0 )
a) = +
x − x0 x − x0 x − x0
En posant à la limite quand x tend vers x0 on a

(f + g)0 (x0 ) = f 0 (x0 ) + g 0 (x0 )


(f g)(x) − (f.g)(x0 ) f (x) − f (x0 ) g(x) − g(x0 )
b) = g(x) + f (x0 )
x x − x0 x − x0
En faisant tendre x vers x0 dans les deux membres

(f  g)0 (x0 ) = f 0 (x0 )g(x0 ) + f (x0 )g 0 (x0 )


f (x) f (x0 )

g(x) g(x0 ) f (x)g(x0 ) − f (x0 )g(x0 )
c) = =
x − x0 (x − x0 )g(x)g(x0 )
 
1 f (x)−f (x0 ) g(x) − g(x0 )
x−x0
− f (x0 ) en passant à la limite quand x tend vers
g(x)g(x0 ) x − x0
x0 on a  0
f f 0 (x0 )g(x0 ) − f (x0 )g 0 (x0 )
(x0 ) =
g x − x0
On en déduit que  0
1 f 0 (x0 )
(x0 ) = −  2
f f (x0 )

4.3.1 Dérivée d’une fonction composée


Théorème 4.3. Si la fonction f est dérivable en x0 et si la fonction g est dérivable en
f (x0 ) , alors la fonction composée g ◦ f est dérivable en x0 et l’on a :

(g ◦ f )0 (x0 ) = g 0 [f (x0 )] × f 0 (x0 ).


Preuve
La dérivabilité de f esn x0 et celle de g en f (x0 ) signifient qu’il existe deux fonctions ε0
et ε00 définies au voisinage de 0, nulles et continues en 0 telles que
f (x0 + h) = f (x0 ) + hf 0 (x0 ) + hε0 (h)
g(f (x0 ) + k) = g[f (x0 )] + kg 0 (f (x0 )) + kε00 (k).
On calcule alors
g[f (x0 + h)] = g[f (x0 ) + hf 0 (x0 ) + hε0 (h)] en posant
k(h) = hf 0 (x0 ) + αhε0 (h) :
g[f (x0 + h)] = g[f (x0 )] + g 0 [f (x0 )] × (hf 0 (x0 ) + hε0 (h))
+(hf 0 (x0 ) + hε0 (h)) × ε00 (hf 0 (x0 ) + hε0 (h)) soit
g[f (x0 + h)] = g[f (x0 )] + h × g 0 [f (x0 )] f 0 (x0 )+
[ε0 (h)g 0 [f (x0 )] + (f 0 (x0 ) + ε0 (h))ε00 (hf 0 (x0 ) + hε0 (h)]
| {z }
ε(h)

L’écriture
g[f (x0 + h)] = g[f (x0 )]hg 0 [f (x0 )]f 0 (x0 ) + hε(h)
est ainsi le développement limité à l’ordre 1 de la fonction g ◦ f au voisinage de x0 , ce qui
permet d’affirmer que la fonction g ◦ f est dérivable en x0 , de dérivée g 0 [f (x0 )] × f 0 (x0 ).

4.3.2 Dérivée d’une fonction réciproque


Soit f une fonction continue strictement monotone sur un interalle I. Soit f −1 la
fonction réciproque, définie dans l’intervalle J = f (I).
Théorème 4.4. Si f est dérivable en x0 , et si f 0 (x0 ) 6= 0 , alors f −1 est dérivable au
point y0 = f (x0 ) et lm’on a
1
(f −1 )0 (y0 ) = 0
f (x0 )
Preuve
Soit y 6= y0 , un point de J. Soit x = f −1 (y) , qui est distincts de x0 et appartient à I.
On a −1
f −1 (y) − f f (y0 ) x − x0 1
= = .
y − y0 f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 )
x − x0
Quand y −→ y0 , x = f (y) tend vers x0 = f (y0 ) parce que f −1 est continue en y0 .
−1 −1

f (x) − f (x0 )
Alors −→ f 0 (x0 ) d’où la proposition.
x − x0
f (x) − f (x0 )
Remarque 4.2. Supposons f 0 (x0 ) = 0. Si par exemple f est croissante, −→
x − x0
f −1 (y) − f −1 (y0 )
0 par valeurs > 0 , donc −→ +∞. De même si f est décroissante
y − y0
f −1 (y) − f −1 (y0 )
−→ +∞.
y − y0
4.3.3 Dérivées des fonctions réciproques des fonctions circulaires
 
π π
1 - Soit Arcsin : [−1, +1] −→ − , + on a
2 2
1 1
(Arcsinn x)0 = 0
= or
(sin y) cosy
π π
sin y = x et − ≤ y ≤ + .
2 2
1
(Arcsin x)0 = √
1 − x2
2 - Soit Arccos : [−1, +1] −→ [0, +π] on a
1 1
(Arcos x)0 = 0
=
(cos y) sin y

cosy = x et 0 ≤ y ≤ +π donc siny = 1 − x2
1
Arccosx)0 = − √
1 − x2
 
π π
3 - Soit Arctg : − , + −→ R
2 2
On a
1 1
(Arctgx)0 = 0
= .
(tgy) (1 + tg 2 y
1
(Arctgx)0 =
1 + x2

4.3.4 Dérivées successives, formule de Leibnitz


Définition 4.4. Si la fonction f est dérivable en tout point de l’intervalle I , on définit
la fonction dérivée f 0 sur cet intervalle en associant à tout point de I le nombre dérivé de
f en ce point. Si cette fonction f 0 est elle même dérivable sur I , On définit la fonction
dérivée seconde f 00 et ainsi de suite. On définit par récurrence la dérivée d’ordre n + 1
comme étant la dérivée de la dérivée d’ordre n.
(n) dn f
La dérivée d’ordre n se note f ou .
dxn
1 - Exemples
 
0 π
1) Soit f (x) = sin x ; on sait que f (x) = cosx = sin x + .
2
L’application répétée du théorème de dérivation des fonctions composées montre que sin x
est dérivable autant de fois que l’on veut et que
 
(n) nπ
sin (x) = sin x + .
2
2) Soit f (x) = xn où n est un entier naturel. On sait que
f 0 (x) = nxn−1 , ...., f (p) (x) = n(n − 1)(n − 2)..., (n − p + 1)xn−p pour 1 ≤ p ≤ n).
4.4 Formule de Leibnitz
Soient f et g deux fonctions n fois dérivables. On a :

(f g)(n) = f (n) g + Cn1 f (n−1) g 0 + ... + Cnp f (n−p) g(p) + ... + Cnn−1 f g (n−1) + f g (n)

Pour n = 1 , la formule donne (f  g)0 = f 0 g + f g 0 .


Supposons la formule vraie jusqu’au rang n. On a

(f  g)(n+1) = [(f  g)(n) ]0 = f n+1 g + f (n) g 0 + Cn1 f (n) g 0

+Cn1 f (n−1) g 0 + ... + Cnp−1 f (n−p+2) g (p−1) + Cnp−1 f (n−p+1 g (p) +

Cnp f (n−p+1) g (p) + Cnp f (n−p+2 + ... + f g (n+1)

Il suffit de regrouper deux à deux les termes présentant les mêmes ordres de dérivation :

(f  g)(n+1 = f (n+1) g + (Cno + Cn1 ) f (n) g 0 + ... + (Cnp−1 + Cnp ) f (n+1−p) g (p) + ...f  g (n+1)

et d’utiliser la formule
p p−1
Cnp = Cn−1 + Cn−1 .
Exemple
La dérivée d’ordre n de la fonction x2 (f (x) est égale à

x2 f (n) + 2nx f (n−1) + n(n − 1) f (n−2) .

3) Fonction de classe C k .

Définition 4.5. Une fonction dont la dérivée est continue est dite de classe C 1 ; une
fonction deux fois dérivable dont la dérivée seconde est continue est dite de classe C 2 , ...,
une fonction k fois dérivable et dont la dérivée d’ordre k est continue est dite de classe
Ck.
Une fonction indéfiniment dérivable est dite de classe C ∞ .
Exemples
1
∗ La fonction définie par f (x) = x2 sin pour x 6= 0. et f (0) = 0 est dérivable en
x
f (x) − f (0) 1
tout point, y compris en x = 0 puisque = xsin tend vers 0 quad x
x−0 x
tend vers 0.
Cependant, elle n’est pas de classe C 1 sur R puisque la dérivée première, définie par
f 0 (0) = 0 et par
1 1
f 0 (x) = 2x sin − cos pour x 6= 0
x x
1
n’est pas continue en 0 ( lim f 0 (x) n’existe pas, car le terme cos . n’admet pas de limite
x−→0 x
en 0).
1
* - La fonction définie par f (x) = x4 sin pour x 6= 0 et f (0) = 0 , est de classe C 1
x
avec
1 1
f 0 (0) = 0 et f 0 (x) = 4x3 sin − x2 cos si x 6= 0
x x
Cette dérivée est continue sur R tout entier. Elle est dérivable sur R∗ avec
1 1 1
f 00 (x) = 12x2 sin − 6xcos + sin pour x 6= 0.
x x x
Cependant la fonction f 00 n’est pas continue en x = 0 , puisque
1 1 1
f 00 (x) = 12x2 sin − 6xcos + sin
x x x
n’admet pas de limite quand x tend vers 0.

4.5 THEOREMES DE ROLLE ET DES ACCROISSE-


MENTS FINIS
Théorème 4.5. de ROLLE Soit f une fonction continue sur le segment [a, b] et dérivale
sur l’intervalle ouvert ]a, b[ telle que f (a) = f (b). Alors il existe au moins un point c
compris strictement entre a et b tel que f (c) = 0.

Interprétation géométrique
Ce théorème exprime qu’il existe au moins un point de l’intervalle ouvert ]a, b[ où la
courbe représentative de f admet une tangente horizontale.

Preuve
Le théorème est évident si la fonction f est constante sur [a, b] puisque la dérivée est alors
identiquement nulle sur ]a, b[.
Supposons maintenant que la fonction f n’est pas constante sur [a, b]. L’image par f du
segment [a, b] est un segment [m, M ] , ce que l’on peut exprimer en disant qu’il existe au
moins un point de [a, b] où f atteint son minimum m et (au moins) un point de [a, b] où
f atteint son maximum M.
Comme f n’est pas constante, les nombres m et M ne sont pas égaux ; ceci signifie que
l’une des valeurs m ou M est distincte de la valeur commune f (a) = f (b).
Supposons par exemple que le maximum M est défférent de f (a).
Il existe au moins un point c de ]a, b[ tel que f (c) = M (ce point ne peut pas être a ou
b puisque f (a) = f (b) est différent de M ). La fonction f est donc dérivable au point C ,
et en particulier elle est définie à droite et à gauche de c.
f (x) − f (c)
Le taux d’accroissement θ(x) = a un numérateur toujours négatif puisque
x−c
f (c) = M est le maximum de f sur [a, b].
Quand x < c le dénominateur est encore négatif et le taux d’accroissement est donc
positif. Quand x tend vers c par valeurs inférieures, θ(x) tend vers f 0 (c) ≥ 0.
Quand x > c le dénominateur est positif et le taux d’accroissement est alors négatif. Par
passage à la limite, la dérivée f 0 (c) ≤ 0. Finalement f 0 (c) = 0.

Remarque 4.3. Si l’une ou encore l’autre des hypothèses du théorème n’est pas vérifiée,
celui - ci peut tomber en défaut comme le montrent les contre exemples suivants :
Contre - exemple 1 : f [0, 1] −→ R

f (x) = x où f (0) 6= f (1).


Contre exemple 2 : la fonction f (x) = |x| est continue sur [−1, +1] et dérivable sur
] − 1, +0[ mais n’est pas dérivable en 0 ; elle vérifie bien f (−1) = f (+1) , mais il n’y a
aucun point de ] − 1, +1[ où f 0 s’annule.
Contre exemple 3 : La fonction doit être continue à droite de a et à gauche de b.
Prenons la fonction f définie sur [0, 1] par : f (0) = 1 et f (x) = x lorsque 0 < x ≤ 1.
On a bien une fonction dérivable sur ]0, 1[ telle que f (0) = f (1) mais il n’existe aucun
point de ]0, 1[ telle que f (0) = f (1) mais il n’existe aucun point de ]0, 1[ où la dérivée
s’annule ; la fonction n’est pas continue à droite de 0 (elle n’est donc pas continue sur
[0, 1]).

2 - Théorème des Accroissements finis

Théorème 4.6. Soit f une fonction définie, continue sur le segment [a, b] dérivable sur
l’intervalle ouvert ]a, b[ , il existe au moins un point c strictement compris entre a et b
tel que
f (b) − f (a) = (b − a) f 0 (c).

Interprétation géométrique
f (b) − f (a)
Le rapport représente la pente de droite joignant les points A(a, f (a))
b−a
et B(b, f (b)) de la courbe représentative de f. Comme f 0 (c) représente la pente de la
tangente à la courbe au point C(c, f (c)) , le théorème des accroissements finis signifie
géométriquement qu’il existe un point C de la courbe où la tangente est parallèle à la
droite AB :
La démonstration s’effectue en appliquant le théorème de Rolle à la fonction
f (b) − f (a)
g(x) = f (x) − (x − a)
b−a
qui vérifie bien les hypothèses désirées : g est continue sur
[a, b] avec g(a) = g(b) et elle est dérivable sur ]a, b[ avec
f (b) − f (a)
g 0 (x) = f 0 (x) − .
b−a
D’après le théorème de Rolle, il existe au moins un point c de ]a, b[ tel que g 0 (c) = 0 ce
f (b) − f (a)
qui signifie f 0 (c) = .
b−a
Application à l’étude du sens de variation d’une fonction sur un intervalle
Soit f une fonction définie et continue sur une intervalle I et dérivable sur I.
a) f est une fonction constante sur I si et seulement si f 0 (x) = 0 quel que soit x ∈ I.
b) f est une fonction croissante sur I si et seulement si f 0 (x) ≥ 0 quel que soit x ∈ I.
c) f est une fonction décroissante sur I si et seulement si si f 0 (x) ≤ 0 quel que soit x
élément de ]a, b[.
Preuve
f (x) − f (x0 )
a) • Si f est constante, son taux d’accroissement au point x0 ∈ I est nulle
x − x0
pour tout x ∈ I par passage à la limite quand x tend vers x0 . On a f 0 (x0 ) = 0 , ∀x0 ∈ I.
• Réciproquement supposons f 0 identiquement nulle ; soit x0 ∈ I et x un point quelconque
de I distinct de x0 . La formule des accroissements finis sur le segment [x0 , x] affirme qu’il
existe c ∈]x0 , x[ tel que :

f (x) − f (x0 ) = (x − x0 ) f 0 (c) = 0

puisque f 0 est identiquement nulle la fonction est donc constante puisque f (x) = f (x0 ) ∀x ∈
I.
b) Supposons f croissante et soit x0 ∈ I ∀x ∈ I. on a :
f (x) − f (x0 ) f (x) − f (x0 )
≥ 0 donc0f (x0 ) = lim ≥0
x − x0 x−→x0 x − x0
Réciproquement si f 0 (x) ≥ 0 ∀x ∈ I.
f (x1 ) − f (x2 )
Soit x1 et x2 deux éléments de I d’après la formule des accroissements finis =
x1 − x2
f 0 (c) ≥ 0 , x1 < c < x2 , ce qui prouve que f est croissante.
c) Posons g = −f on a f est décroissante si et seulement si g est croissante si et
seulement si g 0 (x) = −f 0 (x) > 0 pour tout x ∈ I si et seulement si f 0 (x) < 0 ∀x ∈ I.
Application au Calcul d’erreur
Soit f : R −→ R la fonction définie par f (x) = 2x2 + 1.
On adopte pour valeur approchée de f (1, 0 0 1) la valeur f (1). Trouver une majoration
de l’erreur absolue commise. On a :

f (1 , 0 0 1) − f (1) = (1, 0 0 1 − 1) f 0 (c) avec 1 < c < 1, 0 01


1
donc |f (1, 0 0 1) − f (1)| = |f 0 (c)|. Cherchons une majoration de |f 0 (c)|. Cherchons
1000
une majoration de |f 0 (c)| ; on a :
f 0 (x) = 4x donc
|f 0 (x)| < 4 × (1, 001) ∀x ∈]1; 1, 001[.
1
On déduit que : |f (1, 001) − f (1)| < × 4 × (1, 001).
1000
Comme f (1) = 3 , on a : f (1, 001) ∈]2, 995999 ; 3, 004001[.
Inégalité des accroissements finis
Supposons que sur l’intervalle ]a, b[ la dérivée f 0 soit bornée par une constante M. (i.e.
|f 0 (x)| ≤ M ) alors pour tout x et y de [a, b] nous avons

|f (x) − f (y)| < M |x − y|.

4.6 Fonctions Hyperboliques Directes et Réciproques


4.6.1 Fonctions sinus et cosinus hyperboliques
Définition 4.6. On appelle sinus et cosinus hyperbolique les deux fonctions définies sur
R par les formules :
ex − e−x ex + e−x
shx = et chx =
2 2
Ce sont deux fonctions définies continues indéfiniment dérivables sur R. On a les relations

chx + shx = ex et chx − shx = e−x .

3 - Variations
Puisque la dérivée de sh est égale à ch, fonction toujours positive, la fonction sh est
croissante sur R.
Elle s’annule pour x = 0 et est positive sur ]0, +∞[ et négative sur ] − ∞, 0[. De facon
évidente nous avons

lim shx = +∞ et lim shx = −∞ ,


x−→+∞ x−→−∞

ce qui signifie que Sh est une bijection de R sur lui- même.


Il en résulte que la fonction ch, dont la dérivée est Sh , est décroissante sur ] − ∞, 0[ et
croissante sur ]0, +∞[. Elle possède un minimum égal à 1 pour x = 0 et nous avons :
lim chx = +∞. La fonction ch est une bijection de [0, +∞[ sur [1, +∞[.
x−→±∞
4 - Analogie avec les fonctions trigonométriques
Les formules de définition de chx et Shx sont à rapprocher des formules d’Euler
eix − e−ix eix + e−ix
sin x = et cos x = .
2i 2i
On peut démontrer facilement les formules d’addition suivantes :
ch (a + b) = cha a ch b + sh a sh b
ch (a - b) = ch a ch b - sh a sh b
sh (a + b) = sh a ch b + sh b ch a
sh (a - b) = sh a ch b - sh b ch a
2 - Fonction tangente hyperbolique
On appelle tangente hyperbolique la fonction définie sur R par
Sh x
th x = .
ch x
th est une fonction impaire, continue et indéfiniment dérivable sur R. Sa dérivée est égale
ch2 x − Sh2 x 1
à 2
= 2 = 1 − th2 x. La fonction th est donc une fonction croissante. Par
ch x ch x
ailleurs nous pouvons aussi écrire
e2x − 1 1 − e−2x
th x = = .
e2x + 1 1 + e−2x
Ce qui montre que th x tend vers 1 quand x tend vers +∞. On en conclut donc que th
est une bijection croissante de R sur ] − 1, +1[.

La courbe présente deux asymptotes horizontales.


3 - Fonctions Hyperboliques Réciproques
Ces fonctions sont intéressantes par les primitives qu’elles apportent.
1) Fonction Argsh
On a vu que la fonction Sh est une bijection croissante de R sur lui - même :
Définition 4.7. On appelle Argument sinus hyperbolique et on note Argsh la fonction
réciproque de la fonction sinus hyperbolique :
∀x ∈ R , y = Argshx ⇐⇒ x = shy.
ey − e−y
Cette fonction se calcule facilement : l’équation x = Shy = se met sous la forme
2
(ey )2 − 2xey − 1 = 0, équation du
√ second degré dont la résolution (il y a une seule racine
y
positive) nous donne e = x + 1 + x2 et donc

∀x ∈ R Argshx = `n(x + x2 + 1 .
Le théorème de la dérivation des fonctions réciproques nous affirme que Argsh est déri-
vable en tout point puisque la fonction Sh est dérivable en tout point et que sa dérivée
ne s’annule jamais ; nous avons ainsi
1
(Arg Sh)0 (x) = .
Ch(Arg Shx)
Sachant que Ch2 (Argshx) − Sh2 (Argshx) = 1 et que par√définition
Sh(Argshx) = x , nous en déduisons que Ch(Argshx) = x2 + 1 donc
d 1
(Argshx) = √
dx x2 + 1

2) Fonction ArgCh
On a vu que la fonction ch est une bijection croissante de [0, +∞[ sur [1, +∞[.
Définition 4.8. On appelle Argument cosinus hyperbolique et on note Argch la fonction
réciproque de la fonction ch , définie sur [1, +∞[ par
∀x ≥ 1 , y = ArgChx ⇐⇒ x = Chy et y > 0
ey + e−y
Cette fonction se calcule facilement : l’équation x = chy = se met sous la
2 √
forme : (ey )2 − 2x ey + 1 = 0 , équation du second degré nous donne ey = x + 1 + x2
qui est la racine plus grande que 1 puisque y > 0 on doit avoir ey > 1 et donc
p
∀x ≥ 1 Argchx = `n(x + x2 − 1)
Le théorème de dérivation des fonctions réciproques nous dit que Argch est dérivable en
tout x strictement supérieur à 1 puisque la fonction ch est dérivable en tout point et que
sa dérivée ne s’annule que pour x = 0 ; nous avons ainsi
1
(Argch)0 (x) = .
sh(Argchx)
Sachant que ch2 (Argchx) − sh2 (Argchx) = 1 et que√par définition
ch(Argchx) = x , nous en déduisons sh(Argchx) = x2 − 1 ce qui fournit
d 1
Argchx = √ .
dx x2 − 1

La courbe possède une demi tangente verticale à droite de x = 1.


3 - Fonction Argth
On a vu que la fonction th est une bijection croissante de R sur ] − 1, +1[:
Définition 4.9. On appelle Argument tangente hyperbolique et on note Argth la fonction
réciproque de la fonction th, fonction définie sur ] − 1, +1[ par :

y = Argthx ⇐⇒ x = thy

e2y − 1 1+x
L’équation x = thy = ey
se résoud en e2y = et donc
e +1 1−x
1 1+x
∀−1<x<1 Argthx = `n
2 1−x
Le calcul de la dérivée se fait à partir de cette formule

d 1
Argthx =
dx 1 − x2

La courbe possède deux asymptotes verticales en x = −1 et x = +1.


EXERCICES

Exercice 1 :
p suivantes sont - elles dérivables en 0.
Les fonctions
a) f (x) = |x| b)f (x) = (x)
1
c) f (x) = |x|3 f (x) = x2 sin si x 6= 0 et f (0) = 0.
x
Exercice 2
Après avoir précisé, l’ensemble de dérivabilité de f. Calculer f 0 |x)|
1 - f (x) = `n `nx ; 2 − f (x) = `nsinx ;
3 - f (x) = esinx ; 4 − f (x) = e`n(cosx) ; √
5 - f (x) = e`n|cosx|
r ; 6 − f (x) = `n(x + x2 + a2 )
x+1
7 - f (x) = `n ; 8 − f (x) = x(6x) ;
x−1
9 - f (x) = (x6 )x ; 10 − f (x) = |x2 − 9|
1
11 - f (x) = Arctgx + Arctg . Quelle conclusion en tirez - vous ?
x
Exercice 3
−1
a) Montrer que la fonction définie par f (x) = e |x| si x 6= 0 et par f (0) = 0 est
indéfiniment dérivable en 0 et que pour tout n f (n) (0) = 0.
1
b) Soit g : R −→ R définie par g(0) = 0 et g(x) = x2 sin si x 6= 0. Montrer que g est
x
dérivable en tout point. Est - ce que g 0 (x) a une limite quand x −→ 0?
Exercice 4
a) Soient x0 ∈ R et f : R −→ R une fonction dérivable en x0 . Montrer que

f (x0 + h) − f (x0 − h)
lim = 2f 0 (x0 ).
h−→0 h
f (x0 + h) − f (x0 − h)
Montrer que lim = 2f 0 (x0 ) peut exister sans que f soit dérivable
h−→0 h
en x0 .
f (2x) − f (x)
b) Soit f :] − 1, +1[−→ R une application continue en 0 telle que possède
x
une limite finie en 0. Montrer que f est dérivable en 0.
Exercice 5
Soit f :]0, +∞[−→ R une fonction définie par f (x) = x2 + 2`nx.
a) Montrer que f est une bijection
1
b) On pose g = f −1 . Calculer g 0 (1) puis déterminer t et x tels que g 0 (t) = et
5
f (x) = t.
Exercice 6
a) Montrer que la fonction f définie par f (x) = x − x3 satisfait au théorème de Rolle sur
les intervalles fermés [−1, 0] et [0, 1].
Déterminer les valeurs correspondantes
p de c.
b) La fonction f (x) = (x − √
3 2
2) prend aux extrémités de l’intervalle fermé [0, 4] des
valeurs égales f (0) = f (4) = 3 4. Peut - on lui appliquer le théorème de Rolle sur cet
intervalle ?
Exercice 7
Les conditions du théorème de Rolle sont - elles vérifiées pour la fonction f (x) = tgx sur
[0, π] ?
a) Soit f (x) = x(x + 1)(x + 2)(x + 3). Montrer que l’équation f 0 (x) = 0 admet 3 racines
réelles.
b) Montrer que l’équation ex = 1 + x n’admet pas d’autre racine que x = 0.
c) Vérifier que les conditions du théorème des accroissements finis sont satisfaites pour
f (x) = x − x3 sur [−2, +1] , valeur
√ de c?
3
d) Même question pour f (x) = x4 sin[−1, +1].
Exercice 7
Quelle est la valeur de θ dans la formule des accroissements finis

f (x + h) − f (x) = hf 0 (x + θh)

appliquée aux fonctions :


f (x) = ax2 + bx + c
f (x) = ax + b + eαx .
Exercice 9
On considère une fonction f continue ayant des dérivées premières et secondes dans l’in-
tervalle [a, b] , et vérifiant f (a) = f (b) = 0.
Soit c ∈]a, b[. On pose

f (c)
ϕ(x) = (x − a)(x − b) .
(c − a)(c − b)

Montrer par application du théorème de Rolle aux fonctions

x 7−→ f (x) − ϕ(x) et x 7−→ f 0 (x) − ϕ0 (x).

qu’il existe une valeur γ de l’intervalle ]a, b[ telle que :

f 00 (γ)
f (c) = (c − a)(c − b) .
2

Exercice 10
Montrer que si une fonction continue admet une dérivée continue au voisinage du point
x0 , on a  
f (x1 ) − f (x2 )
lim = f 0 (x0 ).
x1 −→x0 , x2 −→x0 x1 − x2
Exercice 11
On considère deux fonctions f et g définies et continues sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ ,
les deux dérivées s’annulent simultanément.
On pose
f (b) − f (a)
A= .
g(b) − g(a)
a) Montrer que ϕ(x) = f (x) − f (a) − A[g(x) − g(a)] satisfait au théorème de Rolle.
Exercice 12
4
1) On pose α = Arctg , β = Arctg2 et γ = Arctg18. En calculant les tangentes
7
respectives de α + β et γ , trouver une relation qui lie ces deux nombres.
2) Montrer que Arctg1 + Arctg2 + Arctg3 = π.
4 1
3) Arctg = 2Arctg
5 2
Exercice 13 √
- Comparer les fonctions Arcsin 1 − x2 et Arccosx.
- En utilisant les définitions des fonctions réciproques
- En utilisation les dérivées
Exercice 14
x+a
Comparer Arctgx + Arctga et Arctg :
1 − ax
On pourra comparer les dérivées des deux membres, mais en faisant très attention au
domaine de validité de validité du calcul.
Exercice 15   
π
1) Etudier la fonction f (x) = Arcsin cos 3x + et tracer son graphe
√ 1 − ax
 
x + 1 − x2
2) Soit f (x) = Arcsin √ .
2
Trouver le domaine de définition de f et donner une expression simplifiée de f (x) en
fonction de Arcosx. Effectuer la représentation ou graphique.
Exercice 16
On considère les fonctions
2x
f (x) = Arctg
1−
2
√ x2 √
x 3 − 2x − 3
g(x) = Arctg √
x2 + 2x 3 − 1
2x
h(x) = Arcsin
1 + x2
a - Donner le domaine de définition de chacune d’elle
b - En calculant les dérivées respectives, établir des relations simples entre ces fonctions
et Arctgx
c - effectuer le tracé des courbes représentatives.
Indiquer les éventuels points anguleux et préciser les demi - tangentes en ces points.
Chapitre 5

APPROXIMATION POLYNOMIALE
DES FONCTIONS D’UNE VARIABLE
FORMULE DE TAYLOR -
DEVELOPPEMENT LIMITE

5.1 Rappels
5.1.1 Polynômes à coefficients réels
Définition 5.1. • On appelle monôme de degré n (entier) et de coefficient a (réel) l’ap-
plication : x 7−→ axn .
• On appelle polynôme une somme de monômes.
• On appelle degré du polynôme le degré du monôme de plus haut degré.

Tout polynôme est de la forme


n
X
n n−1
P (x) = an x + an−1 x + ... + a1 x + a0 = ak x k
k=0

deg(P ) = n si an 6= 0.

5.1.2 Dérivations successives


Considérons une fonction définie sur un intervalle I ouvert de R et a ∈ I.
Si f est dérivable sur un voisinage V de a , V =]a − ε , a + ε[ alors on peut définir une
fonction f 0 sur V et étudier l’existence de la dérivée de f 0 au point a , qui sera notée
f 00 (a).
De même si f est dérivable sur I tout entier, on peut définir la fonction f 0 sur I et étudier
l’existence de la fonction dérivée de f 0 sur I , qui sera notée f 00 .
Plus généralement :
Définition 5.2. Soit n ∈ N∗ , f : I ⊆ R −→ R (I ouvert) et a ∈ I.
i) On dit que f est n fois dérivable en a , si f est (n − 1) fois dérivable sur un voisinage
de a et si la fonction dérivée d’ordre (n − 1) est dérivable sur I.
Notation : f (0) = f , f (1) = f 0 , f (2) = f 00 , ..., f (n) dérivée nième .

Définition 5.3. (Notion de classe) Soit n ∈ N , on dit qu’une fonction f définie sur un
intervalle I est de classe C n sur I si f est n fois dérivable sur I et si f (n) est continue sur
I , on note f ∈ C n (I).
Remarque 5.1. f ∈ C ∞ (I) ⇐⇒ f est infiniment dérivable sur I et toutes ses dérivées
sont continues sur I.

5.2 Introduction à la formule de Taylor


Une fonction f continue sur un intervalle [a, b] et dérivable sur ]a, b[ peut s’écrire au
voisinage de x0 ∈]a, b[
f (x) = f (x0 ) + (x − x0 ) f 0 (x0 ) + R(x) avec
R(x) = (x − x0 ) ε(x) et lim ε(x) = 0 , cela
x−→x0

revient à dire que f peut être approximée par le polynôme de degré 1 : x 7−→ f 0 (x0 ) +
(x − x0 ) f 0 (x0 ).
L’erreur commise tendant vers zéro lorsque x −→ x0 .
La formule de Taylor généralise ce résultat en montrant que les fonctions n fois dérivables
peuvent être approximées (dans un voisinage de x0 ) par des polynômes de degré n. Plus
exactement
(x − x0 ) 0 (x − x0 )2 00 (x − x0 )n (n)
f (x) = f (x0 ) + f (x0 ) + f (x0 ) + ... + f (x0 ) + Rn (x)
1! 2! n!
où le polynôme Pn de degré n en (x − x0 ) :
(x − x0 ) 0 (x − x0 )n (n)
Pn (x) = f (x0 ) + f (x0 ) + ... + f (x0 )
1! n!
approxime f avec un degré de précision égal à Rn (x) , l’erreur Rn (x) est appelé reste
d’ordre n.

5.3 Formule de TAYLOR - LAGRANGE


Théorème 5.1. Soit f : [a, b] −→ R une fonction telle que f ∈ C n [a, b] , f (n) dérivable
dans ]a, b[.
Alors ∀x , x0 ∈ [a, b] , x 6= x0 il existe c strictement compris entre x0 et x tel que :
(x − x0 ) 0 (x − x0 )2 00 (x − x0 )n (n) (x − x0 )n+1 (n+1)
f (x) = f (x0 )+ f (x0 )+ f (x0 )+...+ f (x0 )+ f (C)
1! 2! n! (n + 1)!
Preuve
Cette formule généralise le théorème des accroissements finis (cas n = 0) et se démontre
à l’aide du théorème de Rolle. Posons
(x − t) 0 (x − t)2 00 (x − t)n (n)
ϕ(t) = f (x) − [f (t) + f (t) + f (t) + ... + f (t) + λ(x − t)n+1 ]
1! 2! n!
où λ est un paramètre réel tel que ϕ(x0 ) = ϕ(x) = 0.
Cette fonction est continue, dérivable sur [a, b] puisque toutes les dérivées successives
f 0 , f 00 , ..., f (n) sont dérivables elles - mêmes, nous avons
f 0 (t) (x − t) 00
ϕ0 (t) = −f 0 (t) + − (x − t)f 00 (t) + 2 f (t)
1 t
(x − t)2 000 3(x − t)2 000 (x − t)p−1 (p)
− f (t) + f (t) − .... − !f (t)
2! 3! (p − 1)
p(x − t)p−1 (p) (x − t)n (n+1)
+ f (t) − ... − f (t) + (n + 1)λ(x − t)n .
p! n!
finalement il reste seulement
(x − t)n (n+1)
ϕ0 (t) = − f (t) + (n + 1)λ(x − t)n
n!
puisque les autres termes s’annulent deux à deux.
Comme ϕ(x0 ) = ϕ(x) = 0 , nous pouvons appliquer le théorème de Rolle à la fonction ϕ
entre x0 et x ; il existe un nombre c compris strictement entre x0 et x tel que ϕ0 (c) = 0
d’après l’expression de la dérivée de ϕ0 cela signifie
f (n+1)(c)
λ=
(n + 1)!
Terminologie
L partie polynômiale :
(x − x0 ) 0 (x − x0 )2 00 (x − x0 )n (n)
f (x0 ) + f (x0 ) + f (x0 ) + ... + f (x0 )
1! 2! n!
est le polynôme de Taylor de f à l’ordre n.
(x − x0 )(n+1) (n+1)
Le terme complémentaire f (c) est le reste de Lagrange.
(n + 1)!
Noter que dans la formule de Taylor - Lagrange à l’ordre n le reste est d’ordre n + 1.
2 - Nouvelle écriture
a - Posons x = x0 + h et écrivons c = x0 + θh. avec 0 < Θ < 1 , la formule devient
h2 0 hn hn+1
f (x0 + h) = f (x0 ) + hf (x0 ) + f (x0 ) + ... + f (n) (x0 ) + f (x0 + θh)
2! n! (n + 1)!
b - Si x0 = 0 posons h = x. On obtient la formule de MAC - LAURIN :
x 0 x2 xn xn+1 (n+1)
f (x) = f (x0 ) + f (0) + f 00 (0) + ... + f (n) (0) + f (θx)
1! 2! n! (n + 1)
3 - Formule de TAYLOR - YOUNG Soit f une fonction n fois dérivable sur un
intervalle ouvert I de R , alors ∀x0 ∈ I , h ∈ R , tels que x0 et x0 + h ∈ I , on a :

h 0 h2 hn
f (x0 + h) = f (x0 ) + f (x0 ) + f 00 (x0 ) + ... + f (n) (x0 ) + hn ε(h)
1! 2! n!
avec lim ε(h) = 0.
h−→0
5 - Exemples
i) Formule de Mac - Laurin à l’ordre 4 de f (x) = ex .

x2 x3 x4 x5 θx
ex = 1 + x + + + + e , 0 < θ < 1.
2! 3! 4 5!
ii) Formule de Taylor - Lagrange à l’ordre 2 pour `nx au point 1 :

(x − 1)2 (x − 1)3 1
`nx = (x − 1) − + ×
2 3 [1 + θ(x − 1)]3

5.4 Développement de Taylor des fonctions usuelles


L’application de la formule de Taylor - Young aux fonctions usuelles conduit en posant
x0 = 0 et h = x aux formules suivantes :

x2 xn
ex = 1 + + ... + + xn ε(x)
2 n!

x2 xn
`n(1 + x) = x − + ... + (−1)n−1 + xn ε(x)
2 n
x2 xn
(1 + x)α = 1 + αx + α(α − 1) + .... + α(α − 1)...(α − n + 1) + xn ε(x)
2! n!
en faisant α = −1 dans la dernière formule on a :

1
= 1 − x + x2 + ... + (−1)n xn + xn ε(x)
1+x

x3 x5 x2n+1
sinx = x − + + ... + (−1)n + x2n+1 ε(x)
3! 5! (2n + 1)!

x2 x5 x2n
cosx = 1 − + + ... + (−1)n + x2n ε(x)
2! 5! (2n)!
5.5 Développements limités - Opérations sur les déve-
loppements limités
Définition 5.4. Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle I contenant x0 (sauf
peut - être en x0 ) et n ∈ N.
On dit que f admet un développement limité d’ordre n au voisinage de x0 si l’on peut
écrire :

(1)f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + ... + an (x − x0 )n + (x − x0 )n ε(x)

avec
lim −→ ε(x) = 0.
x−→x0

* La fonction f peut ne pas être définie en x0 .


* La fonction ε est prolongeable par continuité en x0 en posant ε(x0 ) = 0 elle est donc
définie sur I0
* On note d.`. un développement limité
* Le polynôme Pn (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + ... + an (x − x0 )n est la partie
régulière du développement limité.
* Le terme (x − x0 )n ε(x) est le terme complémentaire ou reste.

Théorème 5.2. Soit f admettant un d.`. d’ordre n au voisinage de x0 avec n ≥ 1 : avec


les notations de la formule (1)).
i) Si f est définie en x0 on a f (x0 ) = a0 et f est continue en x0 .
ii) Si f n’est pas définie en x0 , on la prolonge par continuité en posant f (x0 ) = a0 .
iii) f (ou la fonction prolongée) est dérivable en x0 et f 0 (x0 ) = a1 .

Preuve
i) On fait x = x0 dans l’expression de f (x) et on obtient f (x0 ) = a0 .
ii) On fait tendre x vers x0 dans chaque membre de (1) d’où
lim f (x) = a0 .
x−→x0
iii) On a

f (x) − f (x0 ) f (x) − a0


= = a1 + a2 (x − x0 ) + ... + an (x − x0 )n−1 + (x − x0 )n−1 ε(x)
x − x0 x − x0
en faisant tendre x vers x0 on a le résultat.

Théorème 5.3. Si f admet un développement limité d’ordre n au voisinage de x0 , alors


ce développement est unique.

Preuve :
Supposons que l’on puisse écrire pour tout x 6= x0 appartenant à I (intervalle de centre
x0 ).

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + ... + an (x − x0 )n + (x − x0 )n ε1 (x) avec lim ε1 (x) = 0.


x−→x0
f (x) = b0 + b1 (x − x0 ) + ... + bn (x − x0 )n + (x − x0 )n ε2 (x) avec lim ε2 (x) = 0
x−→x0

On a alors pour tout x ∈ I\{x0 }.

(a0 − b0 )(a1 − b1 )(x − x0 ) + ... + (an − bn )(x − x0 )n = (x − x0 )n (ε2 (x) − ε1 (x)).


En calculant la limite au point x0 , on a a0 − b0 = 0.
On a alors pour tout x ∈ I , x 6= x0 .

(a1 − b1 )(x − x0 ) + (a2 − b2 )(x − x0 )2 + ... + (an − bn )(x − x0 )n = (x − x0 )n [ε2 (x) − ε1 (x)]

soit

(a1 − b1 ) + (a2 − b2 )(x − x0 ) + ... + (an − bn )(x − x0 )n = (x − x0 )n−1 [ε2 (x) − ε1 (x)].

En prenant de nouveau la limite au point x0 , on obtient a1 = b1 . En poursuivant


l’opérateur on obient pour tout x 6= x0 an − bn = ε2 (x) − ε1 (x).
D’où an − bn = lim [ε2 (x) − ε1 (x)] = 0.
x−→x0
donc an = b n et ε2 (x) = ε1 (x).

Corollaire 5.1. Si une fonction paire (resp. impaire) admet un développement limité au
voisinage de 0 , sa partie régulière est un polynôme pair (resp. impair).

Preuve
Supposons f paire. En égalant les développements limités de f (x) et f (−x)

f (x) = a0 + a1 x + ... + an xn + xn ε(x) = a0 − a1 x + ... + (−1)n an xn + (−1)n ε(−x)

il résulte de l’unicité du développement limité ai = (−1)i ai , a ≤ i ≤ n et ε(x) =


(−1)n ε(−x) pour x 6= 0.
Tous les coefficients dont l’indice est impair : a1 , a3 , ..., a2k+1 , ... , sont donc nuls.
De même si f est impaire, il résulte de f (x) = −f (−x) ete de l’unicité du dévelop-
pement limité que les coefficients a0 , a2 , ..., a2k , ... donc l’indice est pair sont nuls. Le
développement limité de f s’écrit donc

f (x) = a0 + a2 x2 + ... + a2n x2n + x2n ε(x) si f est paire


f (x) = a1 x + ... + a2n + x2n+1 + x2n+1 ε(x) si f est impaire

Corollaire 5.2. Si f admet un développement de Taylor à l’ordre n au voisinage de x0


alors ce développement est le développement limité d’ordre n de f au voisinage de x0 .
sinx
La réciproque est fausse, f (x) = qui n’admet pas de développement de Taylor
x
au voisinage de 0 admet un développement limité au voisinage de 0.
Ce corollaire nous fournit les développements limités des fonctions usuelles au voisinage
de 0.
x x2 xn
ex = 1 + + + ... + + xn ε(x)
1! 2! n!
x2 xn
`n(1 + x) = x − + ... + (−1)n−1 + xn ε(x)
2 n
x2 xn
(1 + x)α = 1 + αx + α(α − 1) + ... + α(α − 1)...(α − n + 1) + xn ε(x)
2! n!
1
= 1 − x + x2 + ... + (−1)n xn + xn ε(x)
1+x

x3 x5 x2n+1
sinx = x − + + .. + (−1)n + x2n+1 ε(x)
3! 5! (2n + 1

x2 x4 x2n
cosx = 1 − + + ... + (−1)n + x2n ε(x)
2! 4! (2n)!
avec lim ε(x) = 0.
x−→0

Remarque 5.2. Développement limité au voisinage de l’infini : pour développer une


1
fonction au voisinage de l’infini on pose x = et l’on est ramené au voisinage de 0
X
pour X.

5.5.1 Propriété de troncature


f admet un d.`. d’ordre n dont la partie régulière est a0 +a1 x+...+an xn ) et p ≤ n alors
f admet au voisinage de 0 un d.`. d’odre p dont la partie régulière est a0 + a1 x + ... + ap xp
Nous noterons troncp (Pn (x)) la troncature à l’ordre p d’un polynôme de degré n(p ≤ n).

5.6 Opérations sur les développements limités


Théorème 5.4. (combinaison linéaire et produit) Si f et g admettent un d.`. au même
ordre n (au voisinage de 0.

f (x) = Pn (x) + xn ε1 (x), g(x) = Qn (x) + xn ε2 (x),

* La partie régulière du d.`. de (λf + µg) est λPn (x) + µQn (x).
* La partie régulière du d.`. de (f  g) est troncn (Pn (x)  Qn (x)).

Exemple 1
ex + e−x
Trouver le développement limité à l’ordre 4 de la fonction x 7−→ au voisinage
2
de 0.
x x2 x3 x4
ex = 1 + + + + + x4 ε1 (x) avec lim ε1 (x) = 0
1! 2! 3! 4! x−→
2 3 4
x x x x
e−x = 1 − + − + + x4 x4 ε2 (x) avec lim ε2 (x) = 0
1! 2! 3! 4! x−→
donc
ex + e−x x2 x4
=1+ + + x4 ε(x) où ε(x) = ε1 (x) + ε2 (x).
2 2! 4!
Par conséquent
lim ε(x) = lim ε1 + lim ε2 (x) = 0.
x−→ x−→ x−→

Donc
x2 x4 ex + e−x
1+ + + x4 ε(x) est le d.`. à l’ordre 4 au voisinage de 0 de .
2! 4! 2
Exemple 2
Trouver le d.`. à l’ordre 3 au voisinage de 0 de la fonction :
ex ex 1
x −→ on a = ex . .
1−x 1−x 1−x

x x x2 x3
e =1+ + + + x3 ε1 (x) avec lim ε1 (x) = 0
1! 2! 3! x−→

1
= (1 − x)−1 = 1 + x + x2 + x3 + x3 ε2 (x) avec lim ε2 (x) = 0.
1−x x−→

x2 x 3
  
x 1 3 2 3
e = 1+x+ + + x ε1 (x) 1 + x + x + x ε2 (x)
1−x 2 3
x2 x3
= tronc3 (1 + x + + )(1 + x + x2 ) + x3 ε(x) =
2 6
5 8
1 + 2x + x2 + x3 + x3 ε(x)
2 3
le développement limité cherché est
ex 5 8
= 1 + 2x + x2 + x3 + x3 ε(x)
1−x 2 3
Théorème 5.5. (Composition) Soient f et g admettant au voisinage de 0 des d.`. d’ordre
n tels que :

f (u) = Pn (u) + un ε1 (u) , g(x) = Qn (x) + xn ε2 (x) et g(0) = 0

et g(0) = 0 alors (◦g) admet un d.`. au voisinage de et d’ordre n , dont la partie


régulière est troncn (Pn (x).Qn (x)).
(On a remplacé u dans Pn (u) par Qn (x)).

Exemple
Trouver le d.`. à l’ordre 4 au voisinage de 0 de la de la fonction
x 7−→ f (x) = `n(cosx). Posons u(x) = cosx. Quand x tend vers zéro u tend vers 1 pour
cela posons V = u − 1,

V2
`n(u) = `n(1 + V ) = V − + V 2 ε1 (V ).
2
Mais V = cos x - 1 admet au voisinage de 0, le d.`. :
x2 x4
V =− + + x4 ε2 (x).
2 24
Remplacons V par son développement dans l’expression de `n(1 + V ) , nous obtenons :
x2 x4 1
 2
x4

x
`n(1 + V ) = − + − − + + x4 ε3 (x)
2 24 2 2 24
c’est à dire
x2 x4
`n cosx = `n(1 + V ) = − − + x4 ε(x).
2 12
Théorème 5.6. (Quotient) La partie régulière du développement limité à l’ordre n du
quotient f /g de deux fonctions est le quotient à l’ordre n dans la division suivant les
puissances croissantes de la partie régulière de f à l’ordre n par la partie régulière de g à
l’ordre n.
Exemple
Trouver le d.`. de tgx à l’ordre 5 de
sinx
tgx = .
cosx
Avec
x3 x5
sin x = x − + + x5 ε1 (x) avec lim ε1 (x) = 0
3! 5! x−→0
2 4
x x
cos x = 1 − + + x5 ε2 (x) avec lim ε2 (x) = 0
2 4! x−→0

Effectuons la division suivant les puissances croissantes à l’ordre 5 de la partie régulière


du d.`. à l’ordre 5 du numérateur par la partie régulière à l’ordre 5 du dénominateur on a

x2 x4
x x 5 1− +
x− + 2 24
6 12 x3 2
x+ +
3 15x5
x3 x5
−x + −
2 24
x 3 x5
0+ − 30
3
5 x7
− x6 −
72
2 x7
0 + x5 −
15 12
2 5 2x7
− x +
15 30
donc
x3 x5 x2 x4 x3 2x5
    
x− + = 1− + x+ + + x6 R(x)
6 120 2 24 3 15
où x6 R(x) est le reste dans la division suivant les puissances croissantes. On a
x3 2x5
  
5 5
sinx − x ε1 (x) = cos x − x ε2 (x) x + + + x6 R(x) + xε1 (x)
3 15
sinx x3 2x5
tgx = =x+ + + x6 R(x) + xε1 (x)
cosx 3 15
x3 2x5
tgx = x + + + x5 ε(x)
3 15
Théorème 5.7. "Primitivation" Si f est dérivable sur un intervalle ouvert contenant 0
et si f 0 admet au voisinage de 0 un d.`. d’ordre n − 1 :
f 0 (x) = a0 + a1 x + ... + an−1 xn−1 + xn−1 ε(x).
Alors f admet au voisinage de 0 un d.`. d’ordre n obtenu en prenant la primitive terme
à terme :
a1 an − 1 n
f (x) = f (0) + a0 x + x2 + ... + x + xn ε(x).
2 n
Exemple Trouver le d.`. à l’ordre n au voisinage de 0 de f (x) = `n(1 + x) on a
1
f 0 (x) = = 1 − x + x2 + ... + (−1)n−1 xn−1 + xn−1 ε(x).
1+x
avec lim ε(x) = 0.
x−→0

x2 x3 n−1 x
n
`n(1 + x) = x − + + ... + (−1) + xn ε(x).
2 3 n
n
Théorème 5.8. (Dérivation) Si f est de classe C sur un ouvert I contenant 0 , alors
on peut obtenir le d.`. d’ordre (n − 1) de f en dérivant terme à terme le d.`. de f.
Dans la suite nous adoptons les règles opératoires suivantes :
si lim ε(x) = 0
x−→0
λε(x) = ε(x), ε(x) ε(x) = ε(x) , ε(ε(x)) = ε(x)
ε(x) + ε(x) = ε(x) , ε(x) − ε(x) = ε(x), ε(λx) = ε(x).

5.7 APPLICATIONS DIVERSES


5.7.1 Etude de certaines inégalités
(On utilise la formule de Taylor - Lagrange)
Exercice
∗ x x2
Montrer que ∀x ∈ R+ , e > 1 + x + .
2
La fonction f définie par f (x) = ex est C ∞ (R) , elle vérifie donc les hypothèses de la
formule de Taylor - Lagrange sur R. La formule de Taylor - Lagrange à l’ordre 2 donne :
x2 x3 c
ex = 1 + x +
+ e avec 0 < c < x
2 6
or ∀c ∈ R on a e > 0 d’où l’inégalité cherchée puisque x > 0.
5.7.2 Recherche de limites
sin 5x
1 - Trouver la limite de lorsque x tend vers 0. Quand x tend vers 0 on a la
1 − e3x
0
forme .
0
Développons à l’ordre 1 le numérateur et le dénominateur, on a :

sin 5x 5x + xε1 (x) 5x + xε1 (x) 5 + ε1 (x)


3x
= ε2 (x) = =
1−e 1 − (1 + 3x + x −3x − xε2 (x) −3 − ε2 (x)

donc
sin 5x
lim = −5/3.
x−→0 1 − e3x
1/x
ax + b x

2 - Déterminer lim a > 0 , b > 0.
x−→0 2
On a
1/x 1 ax + b x 
ax + b x

`n
F (x) = = ex 2 et ax = ex`n a
et bx = ex`n b .
2

En utilisant un d.`. d’ordre 1 pour la fonction exponentielle, il vient :

eu = 1 + u + uε(u) d’où ex`n a


= 1 + x`na + xε(x)

ex`nb = 1 + x`nb + x ε(x).


Par suite
ax + b x x
= 1 + (`na + `nb) + x ε(x).
2 2
Posons  
`na + `nb
X= x on a X −→ 0 quand x −→ 0
2
`n(1 + X) = X + Xε(X) donc
 x
a + bx
  
1
`n = `n(ab) + xε(x)
2 2
1/x

 x
x a + bx
La fonction x 7−→ e étant continue, on en déduit lim = ab.
 x 2
1 1
3 - Trouver lim 1 + pour nous ramener au voisinage de 0 posons x = .
x−→+∞ x X
On a  x
1
1+ = (1 + X)1/X = e1/X `n(1+X) .
X
On a
X2
 
1 1 2 X
`n(1 + X) = X− + X ε(X) = 1 − + X ε(X)
X X 2 2
donc
 x X
1 1− +X ε(X)
lim 1 + = lim e 2 = e.
x
x `nx
4 - Trouver lim 2 ,
x−→1 x − 1
0
pour x = 1 on a la forme indéterminée . On se ramène au voisinage de zéro par le
0
changement de variable u = x − 1 donc
x`nx (1 + u)`n(1 + u) (1 + u)`n(1 + u) (1 + u)(u + uε(u))
2
= 2
= =
x −1 (1 + u) − 1 u(2 + u) u(2 + u)
(1 + u)(1 + ε(u))
=
2+u
x `nx (1 + u)(1 + ε(u)) 1
lim 2
= lim = .
x−→1 x − 1 u−→0 2+u 2
2
5.7.3 Développement limité à l’ordre 4 de (x2 +1)ex+x au voisinage
de zéro
1ère méthode : Produit de développements limités
x2 x4
ex = 1 + x + + + x4 ε(x)
2 6
x2 2 x4
e =1+x + + x4 ε(x)
2
x2 x3 x4 x4
 
x+x2 x x2 4 2 4
e =e e = 1+x+ + + + x ε(x) 1 + x + + x ε(x) =
2 6 24 2
x4 x 2 x4 x4
1 + x2 + + x4 ε(x) + x + x3 + x4 ε(x) + + + x4 ε(x) = + x4 ε(x)
2 2 2 24
3x2 7x3 25x4
=1+x+ + + + x4 ε(x).
2 6 24
2ème méthode : (Composition de d.`.)

2 (x + x2 )2 (x + x2 )3 (x + x2 )4
ex+x = 1 + (x + x2 ) + + + + x4 ε(x)
2 6 24
x2 + 2x3 + x4 x3 + 3x4
= 1 + x + x2 + + + x4 /24 + x4 ε(x)
2 6
3x2 7x3 25x4
=1+x+ + + x4 ε(x).
2 6 24
On fait maintenant le produit de ce développement par (1 + x2 ) en inclinant dans le reste
les termes de degré supérieur à 4 , on obtient :
3x2 7x3 25x4
 
2 x+x2 2 4
(1 + x )e = (1 + x ) 1 + x + + + + x ε(x)
2 6 24
3x2 7x3 25x4 4 3x4
=1+x+ + + x + x2 + x3 + + x4 ε(x)
2 6 24 2
5x2 13x3 61x4 4
=1+x+ + + + x ε(x)
2 6 24
5.7.4 Etude d’une fonction au voisinage d’un point
Soit à étudier la fonction ( x
f (x) =
1 − ex
f (0) = −1
x
Faisons le d.`. à l’ordre 2 de au voisinage de 0.
1 − ex
x x x
= 2 3
= 2
1 − ex x x x x x3
1+ + + + x3 ε(x) −x − − + x3 ε(x)
1! 2! 3! 2 6
1
= la division suivant les puissances croissantes donne :
x x2
−1 − − + x2 ε(x)
2 6
x x2
−1 − −
1 2 6
x x2
−1 + −
2 12
x x2
−1 − −
2 6
x x2
− −
2 6
x x2
+
2 4
0 x2 /12
x x2
On peut donc écrire f (x) = −1 + − + x2 ε(x).
2 12
x
La courbe représentative de f est donc tangente en x = 0 à la droite d’équation y = −1.
2
x2
La partie principale de f (x) − y au voisinage de x = 0 est égale à − < 0.
12
La courbe est donc située au dessus de sa tangente.
Principe général
On écrit le d.`. d’ordre 2 (en général) de f au voisinage du point x0 (on s’arrête en fait
au premier terme non nul de degré > 1).

f (x) = a0 + a1 (x − x0 )
| {z }
y=a0 +a1 (x−x0 ) est l’équation de la tangente en x0

+ ap (x − x0 )p
| {z }
le signe de ce terme donne la position de la courbe par rapport à la tangente
+(x − x0 )p ε(x − x0 ).
5 - Etude des branches infinies
Lorsque lim f (x) = ±∞.
x−→±∞

3
Soit à étudier la fonction f (x) = 6x2 − x3 au voisinage de l’infini.
1
On va se ramener au voisinage de zéro par le changement de variable x = on a alors
X
r   1/3
6 1 1 1
= − (1 − 6X)1/3
3
F (X) = 2
− 3 = − 3 (1 − 6X)
X X X X
or
1
1 ( − 1)
(1 + (−6X))1/3 = 1 + (−6X) + 3 (−6X)2 + X 2 ε(X)
3 2
On a utilisé le d.` à l’ordre 2 de (1 + u)α on en déduit que :
1 1
F (X) = − (1 − 2X − 4X 2 + X 2 ε(X)) = − + 2 + 4X + X ε(X)
X X
4 1 1
donc f (x) = −x + 2 + + ε .
x x x
La partie principiale est négative au voisinage de −∞.
La courbe est donc située au-dessous de l’aysmptote oblique, cette partie principale est
positive au voisinage de +∞.
La courbe est donc située au-dessus de l’asymptote oblique.
Principe général
On recherche un d.` de f (x) au voisinage de l’infini sous la forme (si cela est possible)
c 1 1
f (x) = ax + b + p−1 + p−1 ε en général p = 2.
x x x
La courbe d’équation y = f (x) admet une asymptote oblique d’équation y = ax + b. La
c
position de la courbe par rapport à cette asymptote est donnée par le signe de p−1 .
x
Remarque 5.3. Si le d.` de f (x) comporte des puissances de x supérieures à 2, on a
alors une courbe asymptote et non une droite.
Sens de variation
On étudie en général le signe de la dérivée f 0 (x). Pour cette étude il peut être nécessaire
de calculer f ”(x) pour avoir les variations de f 0 (x) et donc son signe.
(On utilisera une fonction auxiliaire).
Sur chaque intervalle où f 0 ne s’annule pas, le signe de f 0 (x) est constant. Dans les cas
non évidents il suffit de calculer f 0 (x0 ) pour un x0 particulier du sous-intervalle (ceci si f 0
est continue).
Dresser le tableau de variation.
Limites aux bornes de l’ensemble d’étude
Cas particulier : x0 borne x0 fini.
Si lim f (x) = f fini alors
x→x0
1) prolonger f par continuité.
2) étudier la dérivabilité à gauche ou à droite de f en x0 .
Branches infinies
a) - 1er cas
x0 fini lim f (x) = ±∞ ou lim+ f (x) = ±∞ ou lim− f (x) = ±∞.
x→x0 x→x0 x→x0
La droite d’équation x = x0 est une asymptote verticale à la courbe représentative de f .
b) - 2ème cas
a fini et lim f (x) = a.
x→x0

La droite d’équation y = a est une asymptote verticale à la courbe représentative de f .


c) - 3ème cas
lim f (x) = ±∞.
x→x0

Définition 1
Soient f et g deux fonctions réelles définies au voisinage de +∞ (resp. −∞), Cf et Cg
leur représentation graphique dans un repère R, on dit que Cf et Cg sont asymptotes
relativement à +∞ (resp. −∞) si et seulement si lim [f (x) − g(x)] = 0 (resp lim
x→+∞ x−→−∞
[f(x) - g(x)] = 0]).
Cas particulier g(x) = ax + b (droite asymptote oblique si a 6= 0).
Définition 2
Même hypothèse que la définition 1.
f (x)
i) Si lim = +∞ on dit que Cf admet une branche parabolique dans la direction
x→+∞ x
de l’axe Oy.
f (x)
ii) Si lim = a ∈ R et lim |f (x) − ax| = +∞ on dit que Cf admet une branche
x→+∞ x
parabolique de direction asymptotique la droite d’équation y = ax.
Recherche pratique d’une asymptotique oblique
On recherche un d.l. d’ordre 2 en général de f (x) au voisinage de l’infini.
Représentation graphique
* Tracer un repère (O,~i, ~j).
* Placer les points remarquables figurant dans le tableau de variations avec leur tangente
éventuellement demi-tangente.
* Placer les droites asymptotes (ou courbes asymptotes) éventuelles.
Compléter la représentation graphique suivant les indications de 1.
EXERCICES
1 - Soit f la fonction définie par :

f (x) = x ln(x) + x.

1. Ecrire la formule de Taylor-Lagrange au voisinage de x0 = 1 à l’ordre 1, 2, 3.


2. Représenter sur un même graphique les trois approximations polynomiales trouvées
au 1).
3. Placer le graphe f par rapport aux graphes précédents.
2 - A l’aide de la formule de Taylor-Lagrange montrer les inégalités.
x2 x2 x3
x− < ln (1 + x) < x − + ∀x > 0.
2 2 3
Application :
Trouver un encadrement aux deux valeurs ln2 et ln (1, 0, 1).
√ ln x
3 - Donner le d.l. au voisinage de x0 = 1 à l’ordre 3 de f (x) = x et g(x) = .
x2
1. En appliquant directement la formule de Taylor-Young.
2. En utilisant des d.l. connues et les opérations sur les d.l.
4 - Soit P (x) = 3x4 − 5x3 + 2x2 + 7.
a) Donner le d.l. à l’ordre 10 de ce polynôme au voisinage de O.
b) Donner le d.l. à l’ordre 10 de ce polynôme au voisinage de 1.
5 - Donner le développement limité à l’ordre indiqué, au voisinage de 0 ces fonctions
suivantes :
f (x) = 2sin x − cos x ordre4
2
ln(1 + x )
f (x) = xex − ordre 5
x
√ 1
f (x) = 4 + x − ordre 3
12 + x
f (x) = (x2 − 1) ex ordre 6
sin x
f (x) = ordre 4
1 − x2
f (x) = (x2 + 1)√1/x ordre 3
f (x) = (sin x) 1 + x ordre 3
f (x) = e2sin x ordre 3
f (x) = ex ln(1 + x2 ) ordre 5
f (x) = Arctg x ordre 5
2x
f (x) = xe − (x + 1) ln (x − 1) ordre 5
f (x) = ecos x ordre 3
6 - Donner le développement limité à l’ordre 5 au voisinage des points indiqués :
a) f (x) = x ln (1 + x + x2 ) x=0
2
b) f (x) = (x − 1) ln (x − x + 1) x = 1
c) f (x) = x e1/x x = +∞
2−x
d) f (x) = x=1
x
7 - Déterminer les limites suivantes :
x−1
ex − 1 √
   
lim (1 + x) 1/x
; lim ln ; lim x − x2 − 1 ; lim e x + 1
x→0 x→0 x x→∞ x→∞

√√
1/x x x x sin x (1 − ex )(1 − cosx )
lim (x − 2) ; lim [x − (sin x) ] ; lim ; lim
x→∞ x→0 x→0 x (2 + x) x→0 x3 + x4
l + x1 x2 − sin2 x √ √
 
2 3 3
lim x−x ln ; ; lim 2 ; lim+ ln (x) lim (x−1) ; ; lim x3 + x2 − x3 − x2 .
x→∞ x x→0 x sin x x→1 x→±∞

8 - Etudier les branches infinies des courbes suivantes du plan rapporté à un repère
orthonormé 0,~i, ~j). On déterminera la position des asymptotes par rapport à ces courbes.

x+1 x+1
a) y = x2 ln b) y = .
x x

9 - Soit f (x) la fonction de même signe que x vérifiant [f (x)]2 = ex − 1.


1. Déterminer le développement limité d’ordre 4 au voisinage de 0 de [f (x)]2 .
2. En déduire le développement limité d’ordre 3 au voisinage de 0 de f (x). (0n utilisera
le développement limité d’ordre 2, au voisinage de 0, de .
3. Donner l’équation de la tangente de f en (0, 0) ainsi que la position de la courbe
par rapport à la tangente au voisinage de (0, 0).

2 f (x) − x
4. Caculer lim .
x→0 x2
10 - Etudier au voisinage de (±∞) déterminer l’asymptote à la courbe représentative de
la fonction ainsi que la position de la courbe par rapport à l’asymptote des fonctions f
ainsi définies.
x+1 x−1
x 2 x2
a) f (x) = (x − 2) e b) f (x) = (x + 1) e

11 - Etudier et construire le graphe r des fonctions f ainsi définies :


√ x3 − 1
f (x) = x2 `n x ; f (x) =
rx
√ 1+x
f (x) = x x2 − 2x ; f (x) = x
r 1−x
1 x x3 .
f (x) = (x − 2 − ) e ; f (x) =
x x−2
x
f (x) = (x + 2) e1/x ; f (x) =
1
1 + ex
12 - Soit f une fonction réelle définie sur R∗ . Construire le graphe de f sachant que :
 2 
x − x − 3
1. f 0 (x) = e1/x .
x2
2. Lorsque x tend vers 0, f (x) = −3e1/x .
 
5 1 1
3. Lorsque |x| tend vers +∞, f (x) = x − 2 − + ε où
  2x x x
1
lim ε = 0− .
|x|→+∞ x
13 - Soit f une fonction réelle continue sur ] − ∞, 0[∪]1, +∞[.
Construire le graphe derf sachant que :
1 x
* f (x) = (2x − 3) .
2 (x − 1)3
1
* Lorsque x tend vers f ∗ , f (x) ∼ √ .
√x − 1
* Lorsque x tend vers 0, f (x) ∼ −x3 .   
1 1 1 1 1
* Lorsque x tend vers ±∞ f (x) = |x| 1 + 2x + 2 + 2 ε où lim ε = 0.
8x x x x→±∞ x
14 - a) Etudier la fonction f définie par :
1
f (x) = .
|x − 1|

Tracer son graphe.


b) Etudier la fonction définie par :
1
h(x) = e |x − 1| .

Etudier ses branches infinies. Tracer le graphe de h.


15 - Calculer une valeur approchée de sin 0, 1 en appliquant à la fonction sin x la formule
de Taylor à l’ordre 4.
16 - Montrer que pour tout nombre réel x > 0, on a :
√ x x2 x3
0< 1+x−1− + <
2 8 16

(On appliquera la formule de Taylor à la fonction x → 1 + x sur l’intervalle [0, x] à des
ordres appropriés).
17 - a) Trouver
 lalimite , lorsque x tend vers +∞ de la fonction f définie par f (x) =
1
x − x2 Log 1 + .
x
b) Soit f (x) une fonction dérivable jusqu’à l’ordre 2. Montrer que dans la formule des
1
accroissements finis f (a + h) = f (a) + hf (a + h), la limite de θ, lorsque h → 0, est en
2
tout point où f ”(a) 6= 0.
18 - Soit f une fonction définie et dérivable jusqu’à l’ordre 5 dans le segment [a − h, a + h].
On suppose que f (5) est continue sur ce segment. On considère la fonction g définie dans
t
[−h, h] par g(t) = f (a + t) − f (a − t) − {f 0 (a + t) + 4f 0 (a) + f 0 (a − t)}.
3
−t (4)
Calculer g(0), g 0 (0), g”(0) et montrer que g 000 (t) = [f (a + t) − f (4) (a − t)]. Utiliser le
3
théorème de Taylor et la formule des accroissements finis pour montrer qu’il existe −µ et
θ avec 0 < θ < 1, −1 < µ < 1 tels que
−θ2 t5 (5)
g(t) = f (a + µθt) sur [−h, h]. En déduire qu’il existe une constante M telle que
9
|g(t)| ≤ M |t|5 pourtoutt ∈ [−h, h].

19 - En√utilisant la formule de Taylor à l’ordre


√ 1 entre a = 8 et b = 9 pour la fonction
3
f (x) = x, trouver une valeur approchée de 9 et majorer l’erreur commise.
3

20 - Donner le développement limité au voisinage de 0 des fonctions suivantes (l’ordre est


indiqué entre parenthèses) :

x2 Arc sin x
(4) ; √ ; (5)
sin2 x 1 − x2
 
Arctgx
Log ; (6) exp(cos x) ; (5)
x
21 - Soient a un nombre réel strictement positif, f une fonction réelle définie et continue
sur [−a, a], deux fois dérivable sur ] − a, a[. On suppose de plus que f (0) = 0 et que f ” est
2 2
bornée sur ]−a, a[. Montrer que la suite (un ), défnie par un = f (− 2 )+f (− 2 )+...+f ( nn2 )
n n
1
pour n > , est convergente et trouver sa limite.
a n
X n(n + 1)(2n + 1)
(Noter que µ2 = ).
µ=1
6
22 - Soient a un nombre réel strictement positif, f une application de [−a, a] dans R.
On suppose que f est deux fois dérivable sur [−a, a] et que |f (t)| ≤ M, |f ”(t)| ≤ N pour
M t 2 + a2
tout t ∈ [−a, a]. Montrer que |f 0 (t) ≤ +( )N.
a 2a
23 - a) Trouver un développement limité à l’ordre 2 au voisinage de x infini de la fonction

3

3
y = x3 + x2 − x3 − x2 .

b) Trouver un développement limité à l’ordre 4 au voisinage de x = 1 de la fonction :

y = (Log x)/x2 .

c) Déterminer le nombre réel λ tel que la fonction f définie par


√ √
3
f (x) = x2 − x + 1 + x3 + λx2 + 1

admette 0 pour limite lorsque x tend vers −∞ ; trouver alors un équivalent de f au voi-
sinage de −∞.
24 - On considère les fonctions f, g définies sur [0, ∞[ par f (x) = x2 ex Log(1 + x1 pour
x > 0 ; f (0) = 0 et g(x) = ex3 Log(1 + x1 pour x > 0 ; g(0) = 0.
a) Montrer que f et g sont continues et dérivables ;
b) Montrer que pour tout y 6= 0, ey > y +1. En déduire que pour tout x > 0, f (x) > g(x).
c) Calculer lim (f (x) − g(x)).
x→∞
25 - Donner le développement limité à l’ordre 3, au voisinage d’un point x0 , de l’intervalle
ouvert ]0, π[, de la fonction f définie par f (x) = Log sin x.
π
En déduire le développement limité à l’ordre 3 de f au voisinage du point .
2
26 - Trouver la limite, quand x → 0, x 6= 0, des fonctions suivantes :
√ √
x sin x (1 − cos x)Arc sin x
(a) ; (b)
2(2 + x) x tg 2 x

(1 − ex )(1 − cosx) x Log(1 + x)


(c) ; (d)
x3 + x4 (Arctg x)2

Arc tg x − x x Log x
(e) ; (f ) , a>0
sin x − x Log(1 + ax)

1
(g) (1 + sin x) x ; (h) (tg x)x

  1
1 1
(i) − cos x ; (j) x x Log x.
1 + x2 x2
1 1
27 - Trouver un infiniment petit équivalent à th( ) − quand x est infiniment grand
x ch x
et positif. √
1 − x2
28 - Déterminer la constante K de facon que la fonction y = (Arc sin x + K)
x
admette une limite finie quand x tend vers zéro.
Trouver cette limite et donner un développement limité de y à l’ordre 2.
29 - Calculer le reste Rn dans le développement limité à l’ordre n de chacune des fonctions
suivantes :
1 1
(a) f (x) = ; (b) g(x) = .
1+x 1 + x2
30 - Soient a un nombre réel, u un nombre réel strictement positif. Soit f une fonction
réelle définie, continue et n + 1 fois continûment dérivable sur le segment [a − u, a + u].
On suppose que f (n+1) (a) 6= 0. Pour tout entier p vérifiant 0 ≤ p ≤ n, on écrit la formule
de Taylor sous la forme

hp (p) hp+1
f (a + h) = (f a) + hf 0 (a) + ... + f (a) + (a + hθp+1 (h)),
p! p+1

où 0 < θp+1 (h) < 1.


1
(a) On suppose que f (p+1) (a) 6= 0. Montrer que lim θp (h) = ;
h→0 p+1
(b) On suppose que f (p+1) (a) = 0.
Soit r le plus petit entier tel que f (p+r) (a) 6= 0.
Montrer que
1
r! p!
lim θp (h) = ( )r .
h→0 (r + p)!
31 - Ecrire le développement de Taylor-Lagrange à l’ordre n des fonctions suivantefs :

(a) f (x) = ex ; (b) g(x) = Log(1 + x).

Trouver (i) la valeur de e2 avec trois décimales exactes et (ii) la valeur de Log 0, 9 avec
cinq décimales exactes.
r le développement limité jusqu’à l’ordre 3 de la fonction f définie par f (x) =
32 - Donner
1+x
Arc tg au voisinage de +∞.
2+x
33 - Déterminer les parties principales au voisinage de 0 des fonctions suivantes définies
pour x > 0 :
√ √
√ √ √ x− x
(a) f (x) = sin x − sh x ; (b) g(x) = x − tg x ; (c) h(x) = p
4 4
.
3
sin x − tg 2 x
34 - Calculer le développement limité, à l’ordre 5, au voisinage de 0, de la fonction

f (x) = sh(Log(1 + x)).

35 - Déterminer les nombres réels a et b de manière que la fonction f , définie par


x + ax
f (x) = sin x − , soit au voisinage de 0 un infiniment petit d’ordre aussi élevé
1 + bx2
que possible ; trouver alors sa partie principale.
36 - Calculer : a
x − ax
(i) lim (a > 0)
a→0 Arc tg x − Arc tg a
 
a x a 1
(ii) lim {(1 + ) − e } cot g .
|x|→∞ x x
37 - Trouver, lorsque x tend vers 0, l’ordre et la partie principale de la fonction

f (x) = 1 − cos x + Log cos x.

38 - Montrer, en utilisant la formule de Taylor, que si les fonctions f et g possèdent au


point a des dérivées continues jusqu’à l’ordre n et si

f (a) = f 0 (a) = ... = f (n−1) (a) = 0


g(a) = g 0 (a) = ... = g (n−1) (a) = 0 , g (n) (a) 6= 0,
f (x) f (n) (a)
alors lim = (n) .
x→a g(x) g  (a)   
x − sin 1
En déduire que lim ; lim cot g x − .
x→0 x sin x x→0 x
39 - Donner un équivalent au voisinage de +∞ de la fonction f définie par
√ √
q
f (x) = x( x2 + x4 + 1 − x 2).
40 - Donner un développement limité généralisé au voisinga de 0 des fonctions suivantes :
cos x
(a) f (x) = cotg x ; (b) g(x) =
Log(1 + x).
1
41 - Montrer que la fonction f (x) = Log(ch x) admet un développement limité, au
x
voisinage de +∞, d’ordre n. En déduire qu’il en est de même de la fonction g(x) =
1
exp( Log(ch x)) et calculer ce développement.
x
42 - Ecrire la série de Taylor au voisinage de 0 de chacune des fonctions suivantes et
indiquer dans chaque cas le rayon de convergence de la série entière obtenue :

(a) (1 + x) Log(1 + x) ; (b) (1 + x)e−x (c) Ch3 x.


43 - Trouver les développements limités au voisinage de x = a, pour les fonctions suivantes,
aux ordres indiqués :
 
1
(i) Arc sin x (3) (ii) Log sin x (3) (iii) Arc cos ; (2).
x

44 - Soient λ un nombre réel, α, β les deux racines de l’équation

x2 − 2λx + 1 = 0.

Calculer en fonction de α et β des coefficients de la série de Taylor au voisinage de 0


1
de la fonction 2 et trouver le rayon de convergence de la série entière ainsi
x − 2λx + 1
obtenue.
x2
0 - Montrer que cosx > 1 − pour x ∈ R∗ .
2!
x2 x4
1 - Montrer que cosx < 1 − + pour x ∈ R∗ .
2! 4!
1
2 - Montrer que cos(1 + cosx) < Log2 − x2 pour |x| < π et x 6= 0.
  4
π
3 - Montrer que pour x ∈ 0 on a sin x < sh x.
2
x2
4 - Montrer que Log(1 + x) > x − pour x > 0.
2!
5 - Soit f définie continue et 2 fois dérivable .
On suppose que |f (x)| < 1 et |f ”(x)| < 1 pour tout x.
Montrer que |f 0 (x)| < 2 pour tout x.
6 - Développer le polynôme P (x) = x3 − 8x2 + 5x − 3 suivant les puissances croissantes
de (x − 2).
De même avec P (x) = x3 − 16x2 − 83x − 140.
Cas général : Soit P (x) un polynôme de degré n développer P (x) suivant les puissances
croissantes de x − a).
7 - Calculer le coefficient θ(h) de la formule des accroissements finis f (x + h) = f (x) +
h f 0 (x + h θ(h)) pour la fonction f (x) = ex .
Montrer qu’il est indépendant de x (mais il dépend de h) et calculer sa limite pour h → 0.
M ême problème avec f (x) = a + bx + c eαx
x
” ” f (x) = x √+ 1 + e .
” ” f (x) = x (ici θ indépendamment de x)
x3
8 - Montrer que pour x > 0 on a sin x > x − .
6
x3
9 - Montrer que pour x > 0 on a tg x > x + .
3
Formule de Taylor Mc Laurin : majoration du reste
0 - Montrer que dans le développement de Mc Laurin de la fonction y = ex le reste Rn
xn+1 ex
est inférieur à pour x > 0.
(n + 1)!
En déduire la valeur de ex avec 3 décimales exactes sachant que e < 3.
1 - Montrer que le reste Rn de Mc Laurin de y = Log(1+x) est en valeur absolue inférieure
|x|n+1
à pour −1 < x < 0.
(n + 1)(1 + x)n+1
En déduire Log0, 9 avec 5 décimales exactes.
2 - Jusqu’à quel ordre faut-il pousser le développement
  de Taylor pour avoir Log(1 + x)
1
avec un précision de 10−4 pour tout x ∈ 0 ; ?
2
Développements limités
3 - Développement limité à l’ordre 4 et au voisinage de 0 de :
x 1
1 `n(1 + x) x √
; ; x ; 1 + sin x ; 2cos x
; e cos x ; (1 + x) x .
cos x 1+x e −1
4 - Développements limités à l’ordre 3 au voisinage de .
5 - Développements limités à l’ordre 3 au voisinage de x0 ∈]0, π[ de log sin x. Cas
π
particuliers x0 = .
2
6 - Développement limité de y = Log x2
x
à l’ordre 4 au voisinage de de 1.
x π
7 - Développements limités de y = sin2 à l’ordre 4 au voisinage de de .
2 3
8 - Développements limités au voisinage de a à l’ordre 3, 4 ou 5 de y = sin x ; y =
1
cos x ; y = Arcsin x ; y = Arccos .
x
π x
9 - Développements limités à l’ordre 2 au voisinage de de y = ex sin .
2 3
Développements limités généralisés au voisinage de ∞
0 - Développements limités généralisés de cotgx au voisinage de 0.
1 - Développements limités au voisinage de `∞ et à l’ordre 7 de y = Arctgx.
1
2 - Développements limités généralisés au voisinage de `∞ et jusqu’au terme en 2 de
x
x3 + 2
.
x−1
3 - Développements limités généralisés jusqu’à l’ordre 3 et au voisinage de 0 de f (x) =
cos x
.
Log(1 + x
1 √
4 - Développements limités jusqu’au terme en 2 et au voisinage de ∞ de x4 + x2 + 2 −
x
x2 .
x+1
5 - Développements limités au voisinage de ∞ à l’ordre 3 de Arctg .
x+2
ème
6 - Développements limites au 2 ordre et au voisinage de ∞ de
√3
√3
f ((x) = x3 + x2 − x3 − x2 .

x3 − 2x2 + 2x + 2
7 - Développements limités au voisinage de ∞ de y = et à l’ordre 3.
x−1
8 - Développements limités généralisés au voisinage de ∞ de

y = x3 3 x − 1 − x10/3 .
1
9 - Développements limités généralisés au voisinage de l’origine de .
sin2 x
1
10 - Développements limités généralisés à l’ordre 3 au voisinage de ±∞ de y = x2 Arctg .
1+x
11 - Développements limités de th x1 au voisinage de ∞ à l’ordre 3.
sin x
12 - Montrer que n’admet pas de développement limité au voisinage de ∞.
x
x
De même pour e et pour th x.
1
De même pour e x avec x au voisinage de 0.
De même √pour Log x au voisinage de ∞ comme au voisinage de 0.
De même √x n’a pas de développement limité au voisinage de 0 ni au voisinage de .
De même 1 − x2 pas de DL pour x → 1.
13 - Pour calculer le développement de Logx au voisinage au point a on propose la mé-
thode suivante : sachant que de :

h2 h3 h4 n2
Log(1 + h) = h − + − + ... + (−1)n−1 + hn ε(h).
2 3 4 n
On tire :
(x − 1)2 (x − 1)3 (x − 1)4 (x − 1)n
Log x = (x−1)− + − +...+(−1)n−1 +(x−1)n ε(x−1)
2 3 4 n
au voisinage de 1.
On aurait donc au voisinage de a :

(x − a)2 (x − a)n
Log x = (x − a) − + − − − + (−1)n + (x − a)n ε(x − a).
2 n
Préciser en quoi cette méthode est mauvaise.
14 - Dans l’équation ax2 + bx + c = 0 on suppose a très petit.
Montrer que l’une des racines admet un développement limité en tant que fonction de a,
pour a au voisinage de 0 et que l’autre racine admet un développement limité généralisé.
Que se passe-t-il alors pour les racines lorsque a → 0.
Limites qui nécessitent pour leur calcul d’usage des développements limités
15 - Montrer que :

eh − 1)
x − Arcsinx 1 1 1 1 Log( ) 1
lim = − ; lim 2 − = − ; lim h = ;
x→0 (sin x) 3 6 x→0 x 2
sin x 3 h→0 h 2

eArctgx − eArcsinx tgnx − ntgx


lim (2 cosx − ex )Logx = 1 ; lim = 1 ; lim =2;
x→0 x→0 Arctgx − Arcsinx x→0 nsinx − sinnx

1 2 1 x3/2 − 1 + (x − 1)3/2 3
lim cotg 2 x − = − ; lim − cotg x = 0 ; lim = −
x→0 x2 3 x→0 x x→1 (x2 − 1)3/2 − x + 1 2
esin x − etgx e 1 1 1 − x + Logx
lim ; lim x − = − ; lim √ = −1
x→0 sinx − tgx x→1 e − e x−1 2 x→1 1 − 2x − x2
  
π Log sinx 2 1 1
limπ x tg x − = −1 ; limπ = 2 ; lim x − x Log 1 − =
x→ 2 2cosx x→ 2 (π − 2x)2 x→±∞ x 2
1 x2
   
1 1 1 1 2
lim x2 Log cos + sin2 = 0 ; lim − =
x→±∞ x 2 x x→0 x tx x tg x 3
cos x + ch x − 2 1 1 1 2 sin2x + 2sin2 x − tg2x
lim = ; lim − = ; lim = −4.
x→0 x4 12 x→0 sin2 x sh2 x 3 x→0 cosx − cos2
16 - Montrer que :
  32  x  x
tgx x 1 1 1 1
lim = e ; lim th − = 1 ; lim th − =0
x→0 x x→0 x ch x x→±∞ x ch x
 1  x  
1 1 x 1 e 1 x 2 1
lim th − = 1 ; lim x 1+ −ex = − ; lim x(1+ ) −e x Log(1+ ) = 0 ;
x→+∞ x ch x x→∞ x 2 x→∞ x x
   x
1 1 1 3 1 e
lim x(1 + )x − e x Log(1 + ) = +∞ ; lim x2 1 + − ex Log(1+ x ) =
x→∞ x x x→∞ x 8
Logx  
(1 + x) x − x 1 1 2
lim = − ; lim (1 + sin x) x − (cos x) x2 =0
x→0 x2 Log x 2 x→0
 
1 − x1 2 1
lim (1 + sin x) − (cos x) x = .
x→0 x 2e
Exercices supplémentaires :
17 - Développement limité à l’ordre 3 au voisinage de π3 de sinx.
18 - Développement limité de cos3 x, sin3 x au voisinage de x0 .
19 - La fonction f : [−a, +a] −→ R est définie continue et dérivable jusqu’à l’ordre 4.
Soit la fonction θ : [−a, +a] −→]0, 1[ définie par la formule des accroissements finis :

f (x) − f (0) = x f 0 (θ(x)).

Donner un développement limité de θ à l’ordre 3 au voisinage de 0.


20 - (1) - On considère la fonction définie par x −→ Log(1 + x) montrer en lui appliquant
la formule des accroissements finis sur l’intervalle [0, x] x > 0 qu’il existe un nombre
1 1
θ ∈]0, 1[ tel que θ = − + .
x Log(1 + x)
1 1
(2) - On considère la fonction θ(x) = − + écrire le développement limité à
x Log(1 + x)
l’ordre 2 de cette fonction au voisinage de x = 0. Déterminer les valeurs de a, b, c pour que
θ(x) − a − bx − cx2 soit un infiniment petit d’ordre 3 en x. Calculer la partie principale
x
de Log(1 + x) − x étant l’infiniment petit principal.
1 + ax
21 - Soit le développement de Mac Laurin de ex à l’ordre n :

x xn xn+1
ex = 1 + +−−−−+ + ecn (x) avec cn (x) ∈]0, x[.
1! n! (n + 1)!

Si x = 1 on pose cn = cn (1).
Montrer que lim cn = 0.
n→∞
Usage des développements limités pour l’étude locale des fonctions
22 - Comportement à l’infini des fonctions suivantes :
x 1 1
x2
y = (x − 1) e x − 1 ; y = e x ; y = (x − λ) e x ; y = Log(ch x)
x+1
1
2 1 √ √
3
y = x Arctg ; ; y = (x + 1) e x ; y = x = x2 − 1 ; y = x3 − 1.
x+1
23 - Comportement au voisinage de 0 des fonctions suivantes :

x 1 Log(1 + x) x 1 1
y= ; y= ; y= ; y= x ; y= 2− .
sin x cos x 1+x e −1 x sin2 x
24 - Comportement au voisinage de 1 du polynôme

P (x) = 1 − (n + 1) xn + n xn+1 .

FONCTIONS USUELLES

cos x − cos 2x
1 - Justifier (avec les moyens tout simples du lycée) si l’expresion admet
sin2 x
ou non une limite quand x tend vers zéro ; si oui, laquelle ?
a+b
2 - Etablir que la formule Arc tg a + Arc tg b = Arc tg est valide si et seulement
1 − ab
si ab < 1.
3 - Résoudre les équations en x suivantes :
π
a) Arc sin x − Arc cos x = 2 Arc tg 2x −
2
π
b) Arc tg 2x + Arc gt x = .
4
4 5
c) Arc sin + Arc sin = Arc sin x.
5 13
d) Sin[2 arc cos (ctg(2 Arc tg x))] = 0.

4 - Montrer que :
1 1 1 π
a) Arc tg + Arc tg + Arc tg =
2 5 8 4
1 1 π
b) 4 Arc tg − Arc tg = .
5 239 4
1 4
c) 2 Arc tg + Arc tg .
2 3
5 - Simplifier les expressions suivantes : √
a) y = Arc cos(sin x) ; b) y = Arc tg(√ 1 + x2 − x)
1 − x2 1 − x2
c) y = Arc cos( ) ; d) y = Arc tg( ).
1 + x2 x
6 - Calculer les dérivées des fonctions suivantes :

ex − e−x
r
1 − cos x
a) f (x) = Arc tg ; b) f (x) = Arc tg
1 + cos x r2
√ 1−x
c) f (x) = 1 − x2 Arc sin x − x ; d) f (x = Arc tg .
1+x
7 - Etudier les variations et tracer le graphe des fonctions suivantes :
a) f (x) = Arc sin (sin 2x)
2x
b) f (x) = Arc tg ( ) − 2Arc tg x
1 − x2
3x − x3
c) f (x) = Arc tg ( 2
) (comparer avec g(x) = 3 Arc tg x)
1−√3x
2 x √
d) f (x) = Arc sin( ) (comparer avec g(x) = 2 arc tg x).
1+x
8 - Simplifier les expressions suivantes :
−Ch(Log x) + Sh(Log x) x2 − 1
a) y = ; y = Arg th ( ).
x x+ 1
1
9 - Calculer y = 2 Ch x − Sh x pour x = Log 3.
2
10 - Montrer que les identités :

a) 2 Arc tg(th x) = Arc tg(Sh 2x)


1 π π .
b) Arg th(sin x) = Arg Ch( ) si − < x <
cos x 2 2
1
11 - Résoudre 2 Arg Sh x + Arg th = Arg Ch 2.
2
12 - Calculer les expressions

Cn = Ch x + Ch 2x + ... + Ch nx

Sn = Sh x + Sh 2x + ... + Sh nx.
(Indication : calculer Cn + Sn et Cn − Sn ).
13 - Calculer les dérivées des fonctions suivantes :
√ x
a) f (x) = Log Sh x ; b) f (x) = Arg th x ; c) f (x) = Arg th(tg ).
2
x2 − 1
Exprimer à l’aide de la fonction Log la fonction f (x) = Arg th( ).
x2 + 1
14 - Etude de la fonction f (x) − |th x|Sh2x .

1. Trouver l’ensemble de définition de f . Peut-on prolonger la fonction f à R tout


entier par continuité ?
Si oui, la fonction prolongée est-elle dérivable partout ?
2. Calculer la dérivée de f ; étudier son signe.
3. Etudier la limite de f quand x → +∞, et quand x → −∞.
4. Dresser le tableau de variation de f . Tracer la courbe d’équation
y = f (x).
1 ex − 1
15 - Etude des variations de la fonction f (x) = Log .
x x
1. Montrer que f est définie sur les intervalles ] − ∞, 0[ et ]0, +∞[ et qu’elle y est
continue et dérivable.
1
2. Calculer la dérivée de f , et la mettre sous la forme f 0 (x) = 2 g(x). Montrer que
x
0
Sh2 ( x2 ) − ( x2 )2
g (x) = .
x.Sh2 ( x2 )
3. Montrer que ∀u ∈ R Sh2 u ≥ u2 .
En déduire le signe de g 0 , et les variations de g.
ex − 1
4. Calculer lim . En déduire lim g(x).
x→0 x x→0
5. Montrer que f est croissante sur chacun des intervalles ] − ∞, 0[ et ]0, +∞[.
1
16 - Etude de la courbe y = au voisinage de x = 0 ; on précisera les limites à
1 − e1/x
gauche et à droite, et les demi-tangentes éventuelles.
17 - Montrer que la fonction f définie par

f (x) = x Log(sin2 x) si x 6= 0
est continue en 0.
f (0) = 0
2x Log |x|
18 - Etudier si la fonction f (x)−1−x− admet des prolongements par continuité
x+1
en 0 et en (−1).
19 - Calculer les dérivées des fonctions suivantes :
q
a) f (x) = Log 1+sin x
1−sin x
b) f (x) = Log(Log x)
c) f (x) = ex Log sin x d) f (x) = xLog x
e) f (x) = Arc cos (Log x) f ) f (x) = xArc sin x
x
g) f (x) = f (x) = x(e )
20 - A l’aide de la formule de Leibnitz, calculer les dérivées d’ordre n des fonctions
f (x) = ex cos x et g(x) = [Link] .
21 - Etudier les variations et tracer le graphe des fonctions :
a) f (x) = Log sin x b) f (x) = (x − 1) Log( 1−x
1+x
)
x 2
c) f (x) = d) f (x) = e(x−1)/x
Logx
e) f (x) = x1/x
22 -
1. Etudier suivant les valeurs de x le signe de
x 2x + 1
g(x) = Log( )+ .
x+1 x(x + 1)
(x)x+1
2. Soit la fonction f (x) = . Donner son intervalle de définition et calculer f 0 .
(x + 1)x
Dresser le tableau de variation de f .
f (x)
3. Calculer la limite de quand x → 0 et quand x → +∞.
x
23 - Soit fλ la fonction numérique, dépendant du paramètre réel λ, définie par fλ (x) =
λ
x(x ) = exλ Log x .
1. Etude de fλ aux bornes de son ensemble de définition, suivant les valeurs de λ.
2. Variations de fλ .
3. Montrer que les extrema des graphes Cλ de fλ se trouvant sur une
Chapitre 6

Equations Différentielles

6.1 Définitions et généralités


- On appelle équation différentielle une équation où interviennent une fonction incon-
nue y(x) de la variable réelle x et ses dérivées y 0 , y 00 , etc... ainsi qu’éventuellement la
variable x elle - même
y 0 = 3y + 5x
yy 0 + x = 1
y 00 = 5x0 y 0 − 7xy 2 .
sont des équations différentielles. Toutes ces équations peuvent s’écrire
F (x, y, y 0 , ..., y (n) ) = 0 , où F est une fonction de plusieurs variables.
- Solution d’une équation différentielle
On dit qu’une fonction ϕ définie sur un intervalle I de R est solution de l’équation diffé-
rentielle F (x, y, ..., y (n) ) = 0 si
• elle est n fois dérivable sur l’intervalle I
• et si elle vérifie, pour tout réel x de l’intervalle I ,
F (x, ϕ(x), ϕ0 (x), ..., ϕ(n) (x)) = 0.
Exemple : la fonction ϕ(x) = 2x − 1 définie sur R est une solution de l’équation
y 0 + 2y − 4x = 0.
En général une équation différentielle possède une infinité de solutions.

6.1.1 Ordre d’une équation différentielle


On dit qu’une équation différentielle est du premier ordre si elle ne fait intervenir que
x, y et sa dérivée première y 0 , ainsi
y0 + y = ex
0 2
y +y +y =0
y 0 − xy =0
sont du premier ordre.
On dit qu’une équation différentielle est du second ordre si elle fait intervenir x, y, y 0 et y 00 .
Ainsi l’équation différentielle x2 y 00 + xy 0 − y = 0 est du second ordre.
6.2 Equations différentielles linéaires du premier ordre
On appelle équation différentielle du premier ordre linéaire une équation de la forme :

a(x)y 0 + b(x)y = c(x) (6.1)

où a(x), b(x), c(x) sont des fonctions de x. Le premier membre est linéaire en y et y 0 .
Lorsque c(x) = 0 , l’équation est dite linéaire et homogène.
L’équation (6.1) peut se ramener sous la forme

y 0 = B(x)y + C(x) (6.2)

tandis que l’équation homogène associée s’écrit :

y 0 = B(x)y (6.3)

1 - Intégration de l’équation homogène


L’équation (6.3) peut s’écrire :

dy
= B(x) dx, d’où en intégrant :
y Z
Ln|y| = B(x) dx + K = F (x) + K ,
et y = CeF (x) = Cy1 (x)

Les solution de l’équation (6.3) sont de la forme :

y = Cy1 (x) (6.4)

où y1 (x) est une solution particulière non nulle, que l’on peut déterminer.
2 - Intégration de l’équation avec second membre
Posons : y = uy1 , où y1 (x) est la solution de l’équation homogène qui vient d’être
y
déterminée sous la forme eF (x) ; la fonction u est donc définie par u(x) = . Ce
y1
changement de fonction revient à remplacer dans l’expression (6.4) , la constante c par une
fonction variable u(x) , d’où le nom de variation de la constante donné à cette méthode.
Calculons :
y 0 = u0 y1 + uy10 ,
d’où, en remplacant dans l’équation (6.2) :

u0 y1 + uy10 = B(x)yy1 + C(x).

Mais on a :
y10 = B(x)y1 ,
puisque y1 est solution de l’équation homogène. Il reste donc :

C(x)
u0 y1 = C(x) ou u0 = .
y1
Intégrons Z
C(x)
u= dx + k = G(x) + K = G(x) + K.
y1
La solution générale s’en déduit en multipliant par :
y1 : y = y1 (x)G(x) + Ky1 (x).
Exemple :
Intégrer l’équation différentielle :

xy 0 − 2y = x3
a) L’équation homogène est :
xy 0 − 2y = 0.
En séparant les variables, on a :
y0 2
= , d’où y = Cx2
y x
b) Posons : y = ux2 on a :
y 0 = u0 x2 + 2xu et, en remplacant dans l’équation donnée :
u0 x3 + 2x2 u − 2ux2 = x3 ,
c’est à dire :
u0 x3 = x3 et u0 = 1 , u = x + K.
Finallement, la solution générale s’écrit :
y = x3 + Cx2 .
Exercice : Intégrer l’équation différentielle :
y 0 − 2xy + 2xy 2 = 0.
Cette équation n’est pas linéaire, mais elle le devient en prenant pour nouvelle fonction
1
inconnue u = . En effet :
y
1 u0
y= ; y0 = − 2
u u
d’où :
u0 2x 2x
− 2 − − + − 2 = 0 soit
u u u
u0 + 2u.x = 2x
qui est une équation linéaire en u et u0 . On trouve :
2 2
ex + K ex + K
u= et y = .
ex2 ex2 + K
1
Une équation linéaire en u = est dite équation de Bernoulli.
y
Théorème 6.1. La solution générale de l’équation (6.2) s’obtient en ajoutant à une solu-
tion particulière la solution générale Ky1 (x) de l’équation homogène sans second membre
(3).
6.3 Equations différentielles du second ordre ay 00 + by 0 +
cy = f (x) (1)
1 - Intégration de l’équation homogène associée au cas particulier b = 0.
c
L’équation est de la forme : ay 00 + cy = 0 , a 6= 0 équivaut à y 00 + y = 0.
a
c
Nous étudierons plusieurs cas suivant le signe de .
a
c 2
1.1 - = ω > 0.
a
L’équation s’écrit :
y 00 + ω 2 y = 0 (6.5)
On vérifie immédiatement que :

y1 (x) = cos(ωx) , sin(ωx)

sont deux solutions particulières, puisque comme l’équation est linéaire et homogène, que :

y = C1 cos(ωx) + C2 sin(ωx)

est une solution dépendant de deux paramètres arbitraire C1 et C2 . Réciproquement, nous


pouvons montrer que toute solution de l’équation (6.2) est de cette forme.
Considérons une solution quelconque y. Les équatons :
uy1 + vy2 = y
uy10 + vy20 = y 0

déterminent u et v, car le déterminant de ce système d’équations linéaires en u et v a


pour valeur :
y1 y2 cos ωx sin ωx
0 0 = = ω 6= 0.
y1 y2 −ω sin ωx ω cos ωx
Or, en dérivant ces équations, nous avons :
y 0 = u0 y1 + v 0 y2 + uy10 + vy20

y 00 = u0 y100 + v 0 y20 + 4y100 + vy200

En remplacant uy10 + vy20 par y 0 , la première de ces deux relations entraîne :

u0 y1 + v 0 y2 = 0.

Dans la deuxième, remplacons y 00 , y100 , y200 par


−ω 2 y, −ω 2 y1 , −ω 2 y2 respectivement ; on obtient
−ω 2 y = u0 y10 + v 0 y20 − ω 2 (uy1 + vy2 ), compte tenu de
y = uy1 + vy2 , u0 y10 + v 0 y20 = 0. Nous obtenons donc les deux équations :

u0 y1 + v 0 y2 = 0

u01 y10 + v 0 y20 = 0


dont le déterminant n’est pas nul, ce qui entraîne

u0 = 0 , v 0 = 0 d’où : u = C1 , v = C2 .

Toutes les solutions de l’équation différentielle y 00 + ω 2 y = 0 , sont données par :

y = C1 cos ωx + C2 sin ωx.

Cette solution peut se mettre sous une autre forme en remarquant que :

C1 = r cos θ , C2 = r sin θ.

La soluition générale s’écrit alors :

y = r[cos(ω x) cos θ + sin(ωx) sin θ] ,

d’où
y = r cos(ω x − θ) .
c
1-2 = −ω 2 < 0.
a
L’équation différentielle s’écrit :
y 00 − ω 2 y = 0. (6.6)
On vérifie immédiatement que :

y1 (x) = ch(ωx) , y2 (x) = sh(ωx)

sont deux solutions particulières, puis, comme l’équation est linéaire et homogène, que la
combinaison linéaire :
y = C1 ch(ωx) + C2 sh(ωx)
est une solution. Nous obtenons ainsi une intégrale dépendant de deux paramètre C1 et
C2 .
Réciproquement toute solution de l’équation (6.3) est de cette forme : la démonstration
est analogue à celle donnée par l’équation (6.2).
eωx + e−ωx
Si l’on pose : ch(ωx) = .
2
eωx − e−ωx
sh(ωx) = la solution générale peut encore s’écrire :
2

y = λeωx + µe−ωx

λ et µ étant deux nouvelles constantes arbitraire.


c
1.3 - = 0.
a
L’équation s’écrit : y 00 = 0 , et sa solution générale est : y = λx + µ .
2 - Intégration de l’équation linéaire et homogène

ay 00 + by + cy = 0. Cas général.
Considérons l’équation différentielle :

ay 00 + by 0 + cy = 0 , a 6= 0 (6.7)

Considérons la fonction u définie par :

y = u eαx est une constante. On a :


y 0 = αu eαx + u0 eαx
y 000 = α2 u eαx + 2αu0 eαx + u00 eαx

Portons ces valeurs dans l’équation (6.4) ; il vient

[au00 + (2aα + b)u0 + (aα2 + bα + c)u] eαx = 0

et comme eαx 6= 0 , u est solution de l’équation différentielle linéaire et homogène

au00 + (2aα + b)u0 + (aα2 + bα + c)u = 0

Pour nous ramener aux cas étudiés au 6.3.1 nous disposons de la constante α de manière
à annuler le coefficient de u0 , soit
b
α=− .
2a
La discussion porte alors sur le signe de :

aα2 + bα + c 4ac − b2
= .
a 4a2
b2 − 4ac est le discriminant de l’équation en r :
ar2 + br + c = 0 qui est appelée équation caractéristique.
4ac − b2
2.1 - = ω 2 > 0.
4a2
L’équation caractéristique a deux racines complexes conjuguées qui sont :

b + i 4ac − b2
r1 = − = α + iω
√2a .
b − i 4ac − b2
r2 = − = α − iω
2a
Les solutions de l’équation en u sont donc :

u = λ cosωx + µ sinωx

d’où y = u eαx
y = (λ cos ωx + µ sin ωx) eαx
ou encore
y = ρ cos(ωx − θ) eαx .
4ac − b2
2.2 - = −ω 2 < 0.
4a2
L’équation caractéristique a deux racines réelles qui sont :

b + b2 − 4ac
r1 = − =α+ω
√2a .
b − b2 − 4ac
r2 = − =α−ω
2a
Les solutions de l’équation en u sont alors :

u = λ eωx + µ e−ωx

et celles de l’équation en y = u eαx

y = λ e(α+ω)x + µ e(α−ω)x ou encore

y = λ er1x + µ er2x .
2.3 - 4ac − b2 = 0.
b
L’équation caractéristique a une racine double r1 = r2 = − = α.
2a
Les solution de l’équation différentielle en u sont : u = λx + µ
et celles de l’équation différentielle en y ;

y = (λx + µ) eαx .

Résumons

Théorème 6.2. Les solutions de l’équation différentielle linéaire et homogène :

ay 00 + by + cy = 0,

sont données, en fonction des racines r1 et r2 de l’équation caractéristique :

ar2 + br + c = 0 ,

par le tableau suivant :

r1 et r2 réelleset distinctes =⇒ y = λ er1x + µ er2x


r1 = α − iω
=⇒ y = [λ cos(ωx)] + µsin(ωx)] eαx
r2 = α − iω
r1 = r2 = α =⇒ y = (λx + µ) eαx

Exemples
Intégrer les équations différentielles
i) y 00 + y 0 − 6y = 0.
L’équation caractéristique a pour racines r1 = 2, r2 = −3. La solution générale est donc :

y = C1 e2x + C2 e−3x .
ii) y 00 + 2y 0 + 2y = 0.
L’équation caractéristique r2 + 2r + 2 a pour racines r1 = −1 + i r2 = −1 − i. La
solution générale est donc :

y = (C1 cos x + C2 sin x) e−x .

iii) y 00 − 2y 0 + y = 0.
L’équation caractéristique r2 − 2r + 1 = 0 a pour racines r1 = r2 = 1. La solution
générale est donc :
y = (C1 x + C2 ) ex .
3 - Equations différentielles du second ordre ay 00 + by 0 + cy = f (x)
1 - Reprenons l’équation différentielle

ay 00 + by 0 + cy = f (x) (6.8)

où a, b, c sont des constantes. Nous venons de voir d’après ce qui précède comment
intégrer l’équation homogène associée :

ay 00 + by 0 + cy = 0.

Supposons comme une solution particulière y1 (x) de l’équation (6.8) et posons :

y = y1 (x) + Z(x)

on a
y 0 = y10 + Z 0 , y 00 = y100 + Z 00 ,
et en portant dans l’équation (6.8) :

az 00 + bz 0 + cz + ay100 + by10 + cy1 = f (x).

Mais par hypothèse : ay100 + by10 + cy1 = f (x).


La fonction vérifie donc la relation :

aZ 00 + bZ 0 + cZ = 0

c’est à dire qu’elle est solution de l’équation homogène (6.2). Réciproquement si Z est
solution de l’équation (6.2), y = Z + y1 est solution de l’équation (6.1), d’où

Théorème 6.3. L’intégrale générale de l’équation linéaire (6.1) s’obtient en ajoutant à


une intégrale particulière y1 de cette équation l’intégrale générale de l’équation linéaire
homogène associée (6.2).
Nous allons donner des méthodes permettant d’obtenir des intégrales particulières dans
quelques cas simples concernant la fonction f (x).

2 - f (x) est un polynôme P (x) de degré n.


i) y 00 − y 0 − 2y = 2x2 .
L’équation r2 − r − 2 admet les racines −1 et 2.
Les solutions de l’équation homogène associée sont donc

A e−x + B e2x .

Nous cherchons pour y1 (x) un polynôme du second degré

y = ax2 + bx + c , y 0 = 2ax + b , y 00 = 2a.

En remplacant dans l’équation, on trouve

−2ax2 + (−2a − 2b)x + 2a − b − 2c = 2x2

d’où
−3
a = −1 , b = 1, c = ,
2
et la solution particulière est
−3
y1 (x) = −x2 + x + .
2
3
La solution générale est donc y = Ae−x + B e2x − x2 + x − .
2
ii) y 00 + y 0 = x2 .
Si l’on prend pour y un polynôme du second degré, y 00 + y 0 est un polynôme du premier
degré seulement. Nous chercherons donc une solution particulière qui soit un polynôme
du troisième degré y = ax3 + bx2 + cx + d , on a :

y 0 = 3ax2 + 2bx + c
y 00 = 6ax + 2b d’où
y 00 + y 0 = 3ax2 + (6a + 2b)x + 2b + c = x2

1
qui donne a = , b = −1 , c = 2 ; d quelconque, prenons d = 0. On a ainsi la
3
solution particulière :
x3
y1 = − x2 + 2x.
3
Les solutions de l’équation homogène associée étant A + B e−x . La solution générale est
donc
x3
y = A + B e−x + − x2 + 2x.
3
00 3
y + x = 0.
x5
y1 = − est la solution particulière et la solution générale est :
20
x5
y = Ax + B − .
120
Théorème 6.4. Si f (x) est un polynôme de degré n , il y a une solution particulière
y1 (x) qui est un polynôme de degré au moins égal à n.
3 - Si f (x) est la forme K erx , avec ar2 + br + c 6= 0.
On cherche une solution particulière de la forme d erx .

Exemple : Cherchons les solutions de l’équation y 00 − y 0 − 2y = e3x . Les solutions de


l’équation homogène associée sont A e−x + B e2x . Comme 3 n’est pas racine du polynôme
r2 − r − 2, cherchons une solution sous la forme y = a e3x . On a alors

y 0 = 3ae3x et y 00 = 9a e3x .

En remplacant dans l’équation, on trouve


1
(9a − 3a − 2a) e3x = e3x d’où a = .
4
La solution générale est donc
1 3x
y = A e−x + B e2x + e .
4
- Si f (x) est de la forme K erx avec ar2 +br+c = 0. On cherche une solution particulière
de la forme dx erx ou de la forme dx2 erx si r est racine double.
Exemple : Cherchons les solutions de l’équation y 00 − y 0 − 2y = e2x . Les solutions de
l’équation homogène associées sont A e−x + B e2x .
Comme 2 est racine simple du polynôme r2 − r − 2, on cherche une solution de la forme
y = (ax + b) e2x . Puisque b e2x est solution de l’équation homogène, on peut chercher
une solution particulière sous la forme ax e2x . On a

y 0 = (2ax + a) e2x et y 00 = (4ax + 4a) e2x .


1
Il vient a = et la solution générale est
3
x
y = A e−x + + B e2x .

3
• Si f (x) est de la forme p(x) erx , où p(x) est un polynôme de degré n.
On cherche une solution particulière de la forme q(x) erx , où q(x) est un polynôme de
degré n si ar2 + br + c 6= 0 , et de degré n + 1 si ar2 + br + c = 0 (ou même de degré
n + 2 si r est racine double).
Exemple : Cherchons les solutions de l’équation

y 00 − y 0 − 2y = x ex .

Les solutions de l’équation homogène associée sont A e−x + B e2x . Comme 1 n’est pas
racine du polynôme r2 − r − 2 , on cherche une solution sous la forme y = (ax + b) ex
on a
y 0 = (ax + a + b) ex et y 00 = (ax + 2a + b) ex .
1
En remplacant, on trouve (−2ax + a − 2b) ex = x ex , donc a = − et
2
1
b=− .
4
x 1 x
La solution générale est A e−x + B e2x − + e .
2 4
4 - Si f (x) est de la forme A cos rx + B sin rx.
On cherche une solution de la forme C cos rx + D sin rx.
(ou x(C cos rx + D sin rx) si cos rx est solution de l’équation homogène).
Exemple : Cherchons les solutions de l’équation

y 00 − y 0 − 2y = sin 2x (6.9)

Les solutions de l’équation homogène associées sont A e−x + B e2x . On cherche une
solution particulière sous la forme

y = a cos 2x + b sin 2x

on a
y 0 = 2b cos 2x − 2a sin 2x et y 00 = −4a cos 2x − 4b sin 2x.
En remplacant dans (1) , on trouve

(−6a − 2b) cos 2x + (−6b + 2a) sin 2x = sin 2x donc 3a + b = 0 et − 6b + 2a = 1,


1 3
soit a = et − .
20 20
La solution générale est
1 3
A e−x + B e2x + cos 2x − sin 2x.
20 20
5 - Si f (x) est la somme de plusieurs fonctions f1 (x), ..., fp (x) qui sont chacune d’un
des types ci - dessus.
On cherche pour i ∈ {1, 2, ..., p} une solution particulière si (x) de chacune des équations

ay 00 + by 0 + cy = f` (x).

La fonction s(x) = s1 (x) + ... + sp (x) sera solution de ay 00 + by 0 + cy = f (x).

6.4 Applications
6.4.1 Etude du mouvement oscillatoire amorti
Comme exemple d’application des équations différentielles du second ordre, nous al-
lons traiter en détail un problème d’origine mécanique. Etudions le mouvement d’un point
M mobile sur un axe Ox et soumis aux deux forces suivantes :
1˚) Une force d’attraction de la part du point O , proportionnelle à la distance et re-
−−→ −−−→
présentée par le vecteur : M F1 = −mbOM où désigne la masse de M, b le coefficient
d’attraction qui est positif.
2˚) Une force d’amortissement (freinage, rappel) de sens opposé au vecteur vitesse et pro-
portionnelle à la vitesse. Elle est représentée par le vecteur :
−−→
M F2 = −maV~ , où a est le coefficient d’amortissement positif.
D’après le principe fondamental de la dynamique du point :
−−→ −−→ −−→
M F = M F1 + M F2 = mF~ ,
~Γ étant le vecteur accélération du point M. Nous obtenons ainsi l’équation :
−−−→
m~Γ = −maV~ − mbOM ,

et, en prenant les mesures algébriques des vecteurs sur Ox :

mx00 = −max0 − mbx.

Ou encore :
x00 + ax0 + bx = 0
Le mouvement est donc défini par une équation différentielle du second ordre à coefficients
constants a et b. Nous allons le discuter en distinguant les cas suivants :
α. a = 0 (amortissement nul).
L’équation différentielle s’écrit alors :

x00 + bx = 0,

et, en posant b = ω 2 , elle a pour solution générale :

x = A cos(ωt) + B sin(ωt).

La vitesse est donnée par :

x0 = −Aω sin(ωt) + Bω cos ωt).

L’intégrale particulière correspondant aux conditions initiales t = 0, x = x0 , x00 = v0 ,


est définie par :
x0 = A , v0 = x00 = Bω,
d’où l’équation du mouvement :
v0
x = x0 cos(ωt) + sin(ωt).
ω
C’est l’équation d’un mouvement oscillatoire qui peut encore être mis sous la forme :

x = r cos(ωt − ϕ),
r
v02 x0 v0
r= x20 + 2
, cos , sin ϕ = .
ω r ωr

Son amplitude est r , sa période T = .
ω
2
β. a − 4b > 0 (grand amortissement).
L’équation caractéristique :
r2 + ar + b = 0,
admet deux racines réelles r1 et r2 . L’équation du mouvement est :

x = A er1 t + B er2 t ,

et la vitesse est donnée par :

x0 = Ar1 er1 t + Br2 er2 t + B.

Les conditions initiales : t = 0 , x = x0 , x00 = v0 , imposent :

x0 = A + B , v0 = Ar1 + Br2 ,

et déterminent les constantes A et B :


r2 x0 − v0 −r1 x0 + v0
A= , B= .
r2 − r1 r2 − r1
Pour la suite de la discussion, nous gardons les constantes A et B.
La vitesse x0 s’annule pour :
Br2
Ar1 er1 t + Br2 er2 t = 0 ou e(r1 −r2 )t = − ,
Ar1
Br2
ce qui n’est possible que si − > 0 ; si nous remarquons que r1 et r2 sont négatifs,
Ar1
puisque r1 + r2 = −a et r1 r2 = b , cette condition s’écrit AB < 0 ; elle est donc attachée
aux conditions initiales. Nous obtenons ainsi la discussion suivante :
1˚) AB > 0. La vitesse ne s’annule pas ; L’étude du mouvement est donnée par le tableau
de variation suivant (en supposant x0 > 0) :

t 0 +∞
x x0 & 0
x0 −

Le point M est lancé en M0 avec une vitesse v0 négative et il se dirige vers O qu’il atteint
au bout d’un temps infini.
2˚) AB < 0. La vitesse
 peut
 s’annuler (une seule fois) à condition que la valeur trouvée :
1 Br2
t1 = Log − soit positive. Nous supposerons encore x0 > 0 et nous
r2 − r1 Ar1
désignerons x(t1 ) par x1 . Nous obtenons les tableaux de variations suivants :

t 0 t1 +∞
x x0 % x1 > 0 & 0
x0 + 0 -
Ce sont les deux seuls cas possibles : dans le deuxième cas, en effet, x1 ne peut être
positif, puisque la fonction x(t) croˆde x1 à 0 quand t varie de t1 à +∞.
Dans chacun de ces cas, on a schématisé le mouvement du point M sur Ox ;
dans le premier cas, M se déplace vers la droite à partir de M0 , rebrousse chemin en M1
et se dirige vers O qu’il n’atteint qu’au bout d’un temps infini ; dans le deuxième, M se
dirige vers la gauche, traverse O pour aller en M1 et revient ensuite vers O qu’il atteint
asymptotiquement.
En résumé, on peut dire que, dans le cas d’un amortissement élevé (a2 − 4b > 0), le
mouvement présente au plus une oscillation, le point se dirigeant finalement vers O pour
l’atteindre au bout d’un temps infini. La force d’amortissement est alors suffisamment
grande pour s’opposer efficacement à la forme d’attraction du point O.
γ a2 − 4b < 0 (amortissement faible).
Posons 4b − a2 = ω 2 ; l’équation caractéristique r2 + ar = b = 0 a des racines complexes
a
r = − ± iω. La solution générale s’exprime par :
2
at
x = A e− 2 cos(ωt − ϕ).
Les constantes A et ϕ peuvent être déterminées au moyen des conditions initiales.
x s’annule une infinité de fois, aux dates déterminées par :
π
ωt − ϕ = + kπ.
2

Si nous donnons à t les deux valeurs t et t + , le cosinus prend la même valeur ; mais
ω
2π  at
at − a2 t+ aπ
l’exponentielle prend les deux valeurs e− 2 et e −
ω = e ω e 2 . Quand on change t
2π aπ
en t + , x est donc multiplié par e− 2 .
ω

La valeur T = s’appelle la pseudo - période du mouvement. Enfin la valeur de x est
at
ω at
égale à A e− 2 chaque fois que cos(ωt−ϕ) vaut 1, et à −A e− 2 pour cos(ωt−ϕ) = −1.
On déduit de ces renseignements l’allure du diagramme.
Il en résulte que le mouvement présente, comme dans le cas de l’amortissement nul, une
infinité d’oscillations ; mais celles - ci ont une amplitude de plus en plus faible qui tend
vers 0 quand t augmente indéfiniment.
δ. a2 − 4b = 0.
a
L’équation caractéristique admet une racine double r1 = r2 = − et la solution générale
2
a pour expression :
at
x = e 2 (At + B).
La vitesse est donnée par :
at a − at
x0 = A e − 2 − e 2 (At + B).
2
Les conditions initiales : t0 = 0 , x0 , v0 imposent :
a
x0 = B x00 = v0 = A − B.
2
Supposons, par exemple, B = 0 et étudions le mouvement :
at
x = v0 t e − 2

dont la vitesse est :  


0 − at at
x = v0 e 2 1−− .
2
d’où le tableau de variation et le diagramme :

1 0 2/a +∞
x + 0 -
2v0
x 0 % & 0
ae
Le point M part donc de O, se dirige vers la droite, rebrousse chemin en M1 et revient
asymptotiquement vers le point O.
On voit ainsi, en conclusion, comment les résultats mathématiques sur la résolution d’une
équation différentielle du second ordre permettent la discussion d’un problème d’origine
mécanique ou physique. Ces résultats doivent ensuite être interprétés dans le langage
propre au phénomène étudié pour en permettre une description satisfaisante.

EXERCICES
1˚) D’après la loi de Newton, la vitesse de refroidissement d’un corps quelconque dans l’air
est proportionnelle à la différence des températures du corPs et du milieu. La température
de l’air étant de 20˚C, le corps se refroidit de 100˚C à 60˚C en l’espace de 20 minutes. On
demande en combien de temps sa température tombera à 30˚C.
On admet que l’équation du problème est :
dT
= k(T − 20).
dt
2˚) On considère un entonnoir conique d’angle au sommet d = 60˚et de hauteur 10cm. Au
bout de quel temps T l’entonnoir serra-t-il vide, sachant que l’eau fuit par une ouverture
de 0, 5cm2 dans le fond ?
On admet que l’équation du problème est
π p
(h + 0, 7)2 dh = −0, 3 2gh dt
3
où h = hauteur d’eau dans l’entonnoir.
3˚) La vitesse de désintégration du radium est directement proportionnelle à sa masse de
l’instant considéré. Déterminer la loi de variation de la masse du radium en fonction du
temps, sachant qu’à l’instant t = 0 la masse était m0 .
On admet que l’équation du problème est
dm
= −km où k = constante, k > 0
dt
déterminer la période de désintégration du radium c’est à dire le laps de temps pendant
lequel se désintègre la moitié de la masse initiale du radium. On admet que k = 0, 000436
si l’unité de temps est l’année.
4˚) On laisse tomber un corps de masse m d’une certaine hauteur. On demande d’établir
la loi de variation de la vitesse en chute v si le corps éprouve une résistance de freinage
de la part de l’air proportionnelle à la vitesse (le coefficient de proportionnalité étant k).
On admet l’équation du problème :
dv
m= = mg − kv
dt
à l’instant initial de corps à la vitesse v0 .
N.B : On examinera le cas où la résistance de l’air est négligeable i.e. kx0 = 0.
Exercices

I - Intégrer les équations différentielles suivantes :


dy
1) + y = ex
dx
dy
2) x − 3y = x2
dx
dy sin x
3) x + 3y =
dx x2
dy
4) (x − 1)2 + 4(x − 1)2 y = x + 1.
dx
5) chx dy + (y shx + ex )dx = 0
6) (1 + x2 )y 0 + xy − 2x = 0
7) x(x − 1)y 0 − (2x − 1)y + x2 = 0
8) y 0 + y tgx = sin 2x
9) 2xy 0 + y = xn
10) y 0 + y = xy 2
11) y 0 + 2xy = 1 (exprimer sous forme d’une intégrale la solution qui s’annule pour
x = 0.
II - A l’aide de changements de fonctions simples, ramener les équations différentielles
suivantes aux types étudiés dans le cours et les intégrer :
a) 2(1 + x)yy 0 + 2x − 3x2 + y 2 = 0
b) y 0 = (x + y − 1)2
III - Intégrer les équaitons suivantes :
1) y 00 − 2y 0 + 4y = 0
2) y 00 + y 0 + y = 0
d2 x dx
3) 2 − 4 + 4x = 0
dy dy
2
dy dy
4) 2
+ 6 + 10y = 0
dx dx
d2 y dy
5) − 2 + 4y = 0
dx2 dx
d2 y dy
6) 2
− 10 + 16y = 0
dx dy
d3 y d2 y dy
7) −3 2 + =0
dx3 dx dx
d2 y
8) + ω 2 x = 0.
dt2
IV - Intégrer les équations différentielles :
1) y 00 − 7y 0 + 12y = x
2) s00 − a2 s = t + 1
3) y 00 + y 0 − 2y = 8 sin2x
4) y 00 − y = 5x + 2
5) s00 − 2as0 + a2 s = et (a 6= 1)
6) y 00 + 6y 0 + 5y = e2x + 6 e3x
7) y 00 + 9y = 6 e3x
8) y 00 − 4y = emx
9) y 00 − 4y 0 + 4y = x e3x
10) y 00 + y 0 + y = cos βx.
(pour 8) , 9) et 10) trouver, dans chaque cas, la solution qui, pour x = 0, s’annule ainsi
que sa dérivée).
V - Intégrer l’équation différentielle

d2 y dy
2
+ 2 + y = e−x sin2 x ,
dx dx
π
VI - ϕ étant un angle donné, 0 < ϕ < π et ϕ 6= , trouver la solution de l’équation :
2
y 00 − 2y 0 cosϕ + y = 2 sinx cos ϕ (6.10)

qui, pour x = 0 , s’annule ainsi que sa dérivée.


π
Que devient cette solution quand ϕ tend vers 0 , π ou ? Comparer avec la solution cor-
2
respondante de l’équation obtenue en donnant à ϕ , dans (6.10), successivement chacune
de ces valeurs.
VII - a) Dans l’équation :

d2 y dy
(1 − x2 ) 2
− x + n2 y = 0 , −1 < x < 1
dx dx
effectuer le changement de variable défini par x = cos t. Déterminer la fonction z(t) =
y(costk) et en déduire la solution générale de l’équation donnée.
b) Intégrer la même équation pour x > 1.
VIII - Intégrer les équations différentielles
a) y 00 + y = tgx
1
b) y 00 + 2y 0 − 3y = 2x .
e +1
Chapitre 7

INTEGRALE DE RIEMANN

7.1 Définition de l’Intégrale


7.1.1 Subdivision de [a, b] on suppose a < b
.

Définition 7.1. Etant donné un intervalle fermé borné [a, b] de R, on appelle sub-
division de [a, b] un ensemble D = {x0 , x1 , x2 , ..., xn−1 , xn } avec x0 = a, xn = b et
xk < xk+1 ∀k, 0 ≤ k ≤ n − 1.
On appelle module de la subdivision et on note δ(D) la longueur du plus grand des
intervalles ]xk−1 , xk [
δ(D) = sup (xk − xk−1 ).
1≤i≤n

7.1.2 Sommes de Riemann


Soit f une fonction
X réelle définie et continue sur [a, b] et D une subdivision de [a, b].
On pose σ(D) = f (yk )(xk − xk−1 ) où yk ∈ [xk−1 , xk ].
k=1n
σ(D) est appelée somme de Riemann de f , associée à D.

Remarque
σ(D) dépend des points arbitraires yk choisis dans les intervalles [xk−1 , xk ] et n’est donc
pas définie de facon unique par la donnée de f et D.
La fonction f étant continue sur [a, b] est donc bornée sur chaque intervalle [xk−1 , xk ]
c’est-à-dire il existe deux réels mk et Mk tels que :

∀yk ∈ [xk−1 , xk ] mk ≤ f (yk ) ≤ Mk (1).


X X
Posons s(D) = mk (xk − xk−1 et S(D) = Mk (xk − xk−1 .
k=1n k=1n
s(D) et S(D) sont appelées sommes de Darboux inférieure et supérieure associées à D. Comme
les bornés mk et Mk sont atteintes par f , les sommes de Darboux sont des sommes de
Riemann particulières.
S(D)est l’aire algébrique de la surface s(D)est l’aire algébrique de la surface
limitée par le graphe d’une fonction en limitée par le graphe d’une fonction en
escalier supérieure ou égale à f escalier inférieure ou égale àf

Une somme de Riemann quelconque σ(D) est également représentée par une somme
d’aires de rectangles.

Théorème 7.1. : (à admettre)


Si f est une fonction continue sur [a, b] alors, avec les notations précédentes lorsque
δ(D) −→ 0 toutes les sommes de Riemann tendent vers une limite commune indépen-
dante de D et des points arbitraires yi choisis dans chacun des intervalles.

7.1.3 Définition de l’intégrale


(Définition 2 On appelle intégrale de f sur [a, b] (f continue) la limite commune des
sommes de Riemann qui est notée
Z b
f (x)dx = lim σ(D).
a δ(D)→0

Elle mesure l’aire algébrique limitée par le graphe de la fonction f , l’axe Ox et les droites
d’équations x = a et x = b.

Remarque
Z b :
f (x)dx est un nombre réel.
a
Dans cette écriture la variable x est "muette" :
Z b Z b Z b
on a f (x)dx = f (t)dt = f (u)du....
a a a

Corollaire du Théorème 1 et de la définition 2 :


Soit f une fonction définie continue sur [a, b]. Alors on a :
n−1 Z b
b−a X b−a
1) lim f (a + k )= f (x)dx
n→∞ n n a
k=0
n Z b
b−a X b−a
2) lim f (a + k )= f (x)dx.
n→∞ n n a
k=1
• Preuve (pour 2) : Prenons une subdivision régulière de [a, b] en n parties égales, on
a alors :
b−a b−a
∀k ∈ [[1, n]] xk − xk−1 = et δ(D) =
n n
b−a
et prenons la somme de Riemann correspondant à yk = xk = a + k
n
on a alors :
n n
X b−a b−a b−a X b−a
σ(D) = f (a + k )= f (a + k ).
k=1
n n n k=1 n

On applique le théorème 1 et la définition 2 en remarquant que lim δ(D) revient à écrire


σ(D)→0
lim σ(D).
n→∞
• pour 1 même chose en prenant yk = xk−1 .
n n n−1
X b−a b − aX b − aX
σ(D) = f (xk−1 ) = f (xk−1 ) = f (xk ).
k=1
n n k=1 n k=1

Ce corollaire a pour application la détermination de la limite de certaines suites (qu’il


faut reconnaître comme des sommes de Riemann) et le calcul approché des intégrales.

7.1.4 Intégrale des fonctions continues par morceaux sur [a, b]


Nous allons prolonger la notion d’intégrale à une classe plus vaste de fonctions, celles
des fonctions continues par morceaux (voir déf p. Chap III).

Définition 7.2. Soit f une fonction continue par morceaux sur [a, b].
On considère la subdivision {a0 , a1 , ..., an } telle que a0 = a, an = b, {a1 , ..., an−1 } est
l’ensemble des points de discontinuité de la restriction de f à ]a, b[.
Pour tout k ∈ [[0, n − 1]], on note fk la restriction de f à ]ak , ak+1 [ et on prolonge fk en
une fonction continue sur [ak , ak+1 ] notée f˜k en posant f˜k (ak ) = lim+ f (x) et f˜k (ak+1 =
x→ak
lim f (x).
x→a−
k+1

On définit alors l’intégrale de f sur [a, b] par


Z b n−1 Z
X ak+1
f (x) dx = f˜k (x) dx.
a k=0 ak

Définition 7.3. Si f est continue ou continue par morceaux sur [a, b] on dira que f est
intégrable sur [a, b].

7.1.5 Propriétés de l’intégrale


Tous les résultats qui suivent s’obtiennent par passage à la limite dans les sommes de
Riemann pour les fonctions continues et restent valables pour les fonctions continues par
morceaux.
1 - Extension de la définition
Z a
P 1 Si f définie en a, f (x) dx = 0
a
Z b Z a
P 2 Si a > b f (x)dx = − f (x) dx .
a b

2 - Relation de Chasles
Si f intégrable sur I fermé, borné, quels que soient a ∈ I, b ∈ I, c ∈ I
Z b Z c Z b
P3 f (x)dx = f (x) dx + f (x) dx.
a a c

Cette formule facile à vérifier si c ∈ [a, b] reste vraie dans tous les cas grâce aux pro-
priétés P 1 − P 2.
3 - Linéarité de l’intégrale
Si f et g sont intégrables sur [a, b], alors pour tous réels λ et µ la fonction λf + µg est
intégrable sur [a, b] et on a :
Z b Z b Z b
P4 (λf (x) + µg)(x))dx = λ f (x) dx + µ g(x) dx, ∀(λ, µ) ∈ R2 .
a a a

Remarque :
Si les fonctions f et g sont intégrables sur [a, b], alors la fonction f g est intégrable sur
[a, b], Mais
Z b Z b Z b
f (x) × g(x) dx 6= f (x) dx × g(x) dx.
a a a

4 - Intégration et ordre on suppose a ≤ b (sinon résultats non valables) :


Z b Z b
P 5 Si f ≤ g sur [a, b] alors f (x) dx ≤ g(x) dx .
a a
Z b
en particulier si f ≥ 0 sur [a, b] alors f (x) dx ≥ 0.
a
Z b Z b
P 6 Sif est intégrable sur[a, b]alors[f ]est intégrable sur[a, b]et l’on a| f (x)dx| ≤ |f (x)|dx .
a a

7.1.6 Lien entre Intégrale et Primitive


1) - Définition d’une primitive (définition 5)
Soit f définie sur un intervalle I = [a, b] de R. F définie sur I est primitive de f si :
i) F est continue sur I.
ii) F est dérivable sur ]a, b[
iii) F 0 = f sur ]a, b[.
question facile Si f possède une primitive sur I cette primitive est-elle unique?

question très difficile Quelles sont les fonctions définies sur un intervalle I,
qui possèdent au moins une primitive sur I?
question souvent difficile Si on sait que f admet une primitive sur I, comment calculer
une primitive de f?
Réponses : a) Si f admet une primitive F sur I, alors elle en admet une infinité qui se
déduisent de F par addition d’une fonction constante sur I.
b) Le Théorème de Darboux ci-dessous, fournit une réponse partielle, qui nous suffira
dans les applications.
c) Le paragraphe IV donnera quelques lumières sur cette question.
2) - Théorème de Darboux (Th. 2)
T oute fonction continue sur un intervalleI, possède au moins une primitive sur I .

Tableau des primitives usuelles

Fonction
Primitive
xa+1
xa (a 6= 1)
a+1
1/x `n(|x|)
ex ex
ax
ax a > 1
`n(a)
sin x −cos x
cos x sin x
tan x −`n(|cos x|)
1
Arctan(x)
1 + x2
Le théorème de Darboux asure l’existence d’une primitive pour une fonction continue
sur [a, b]. Cependant il est parfois impossible d’exprimer une telle primitive à l’aide des
fonctions "usuelles". par exemple, on ne sait pas exhiber la primitive de fonctions aussi
−x
−x2 sinx e
simples que e , , qui sont continues sur leur domaine de définition.
x x
En mathématiques il est beaucoup plus facile de "dériver" que de "primitiver".
3) - Intégrale de fonctions continues, fonction de la borne supérieure
Théorème 3 (Résultat fondamental)
Soit f une fonctionZdéfinie et continue sur un intervalle fermé borné I et a ∈ I.
x
Si on pose F (x) = f (t) dt pour tout x ∈ I
a
alors F est une primitive de f sur I. (c’est-à-dire F 0 (x) = f (x) !) et F (a) = 0.
Notations et terminologie :
Z b
• f (x) dx représente un nombre réel et s’appelle intégrale définie de f sur [a, b].
a
Z x
• f (t) dt représente la primitive de f (sur un certain intervalle) qui s’annulle en a.
a
Z donc une fonction de la variable x.
C’est
• f (x) dx représente l’ensemble des primitives de f (sur les intervalles où f est continue)
et est parfois appelée intégrale indéfinie de f .
Exemple 1 :
Z e
1
dx = [`n|x|]e1 = 1 (voir Th. 4).
Z1 x x
dt
= `n x pour x > 0
1 t
1
Z ne peut être < 0 car alors 0 ∈ [x, 1] et la fonction t 7→
(x t
ne serait pas définie sur [x, 1]).
dx
= `n|x| + c avec x ∈ R∗ etc ∈ R.
x

7.1.7 Calcul d’Intégrales


1) - Au moyen d’une primitive (Théorème 4)
Soit f définie continue sur [a, b] et a 6= b. Si F est une primitive de f sur [a, b] alors
Z b
 b
f (x) dx = F (b) − F (a) = F (x) a .
a
Preuve :
Soit G la primitive de f sur [a, b] qui s’annule en a.
Z b
D’après le théorème 3 on a G(b) = f (t) dt.
a
Si F est une primitive quelconque de f sur [a, b], on a pour tout x ∈ [a, b] F (x) = G(x) + c
donc G(x) = F (x) − c
or F (a) = G(a) + c donc c = F (a) puisque G(a) = 0
Z b
et G(b) = F (b) − c = F (b) − F (a) d’où F (b) − F (a) = f (t)dt.
Z b a

Autrement dit, le nombre f (x)dx est indépendant de la primitive choisie.


a
Exemple 2 :
Z 1
dx  1 π
2
= Arctan x 0 = .
0 1+x 4
2) Intégration par parties
Théorème 5
u et v étant deux fonctions admettent des dérivées continues sur [a, b], on a
Z b Z b Z b
0 0
u(x)v (x)dx = [u(x)v(x)]ba − v(x)u (x)dx = u(b)v(b) − u(a)v(a) − v(x)u0 (x)dx.
a a a

Remarque pour une intégrale indéfinie


Z Z
u(x)v (x)dx = u(x)v(x) − v(x)u0 (x)dx.
0
Preuve
uv est une primitive de u0 v + uv 0 sur [a, b]. Comme toutes les fonctions sont continues sur
[a, b], on a :
Z b
[u0 (x)v(x) + u(x)v 0 (x)]dx = [u(x)v(x)]a = u(b)v(b) − u(a)v(a)
a

d’où le résultat par linéaiqrité de l’intégrale.


Exemple 3
Z 1
a) Calcul de I = xex dx ; on pose u(x) = x, v 0 (x) = ex ⇒ v(x) = ex et u0 (x) = 1
0
Z 1
x 1
I = [xe ]0 − ex dx = [xex − ex ]10 = [ex (x − 1)]10 = 1
0
Z
b) plus généralement si Pn désigne un polynôme de degré n, on a Pn (x)ex dx = Qn (x) ex +
c, o Qn est un polynôme de degré n.
On peut ainsi calculer une primitive de Pn (x) ex en procédant par coefficients indétermi-
nés.
Remarque : Comment choisir u(x) et v 0 (x) ?
En principe on choisit pour v 0 (x) une fonction facile à intégrer. Lorsqu’une seule des deux
fonctions est dans ce cas, le choix est simple, sinon il faut parfois essayer les deux possi-
bilités.
L’objectif est toujours d’obtenir une nouvelle intégrale plus facile à calculer que l’intégrale
initiale. On peut également utiliser cette méthode lorsqu’une seule fonction extérieure. On
choisit alors v 0 (x) = 1.
Exemple 4 :
Z ( 1
u(x) = `n(x) u0 (x) =
I= `n(x)dx on pose x
v 0 (x) = 1 v(x) = v
donc
Z Z
x
`n(x)dx = x `n(x) − dx = x `n x − x + c ∀x ∈ R∗+ c ∈ R.
x
3) Changement de variable dans une intégrale
Afin de mieux comprendre ce qui se passe, nous nous limiterons à des changements de
variables monotones, quitte à fractionner l’intervalle d’intégration si nécessaire.
Théorème 6
Si g est une fonction strictement monotone de clase C 1 sur [a, b] et si f est une fonction
continue sur g([a, b]), alors :
Z 1 Z g(b)
0
f (g(x)) g (x) dx = f (u) du.
0 g(a)

• C’est-à-dire si F (x) peut s’écrire sous la forme f (g(x))  g 0 (x) on calcule l’intégrale
Z b
F (x) dx en posant u = g(x).
a
• Preuve : Puisque g est suppose strictement monotone on a g([a, b]) = [g(a), g(b)] si g
est décroissante. D’après les hypothèses, la fonction f est donc continue sur [g(a), g(b)]
(ou [g(b), g(a)]) et l’intégrale qui figure au deuxième membre est bien définie. De plus f of
est continue sur [a, b] et comme g 0 ∈ c1 [a, b] il en résulte que (f og) × g 0 est continue sur
[a, b] ce qui assure l’existence de l’intégrale du 1er membre.
Soit ϕ une primitive de f sur [g(a), g(b)] (ϕ existe puisque f continue) alors
Z g(b)  g(b)
f (u)du = ϕ(u) = ϕ(g(b)) − ϕ(g(a)).
g(a) g(a)

Posons h = ϕog alors h ∈ C 1 [a, b] (ϕ est de classe C 1 par définition) et ∀x ∈ [a, b] h0 (x) =
ϕ0 (g(x)) × g 0 (x) = f (g(x)) × g 0 (x).
Par suite
Z b Z b
0
b
h0 (x)dx = h(x) a = ϕ[g(b)] − ϕ[g(a)].

f (g(x)) × g (x)dx =
a a
d’où l’égalité des deux intégrales.
Z π/3 Z π/3
sinx
Exemple 5 : I = tan xdx = dx.
π/6 π/6 cosx
On remarque que sin x = −(cosx)0 d’où l’idée de poser  u =g(x) = cos x.
π π
La fonction g est bien strictement décroissante sur , et du = sinxdx d’où I =
6 3
1/2 √
Z 1/2 √
 
du 1 3
√ − u = −`n|u| √ = −`n( 2 + `n( 2 ) = `n( 3).
3/2 3/2
Dans cet exemple les fonctions g et f du théorème 6 sont à peut près évidentes (f (u) =
1
− ), mais il n’en est pas toujours ainsi.
u
On procède alors "mécaniquement" en calculant du comme une différentielle (du =
F (x)
g 0 (x) dx) et en cherchant à exprimer 0 en fonction de u = g(x) (F (x) est la fonction
g (x)
à intégrer). Z 1
x−1 √
Exemple 6 : Calculer I = √ dx en posant u = x + 1.
0 x+1
1 1
on a du = √ dx et √ dx = 2(x − 1) du
2 x+1 2 x+1
or u2 = x + 1 d’où x − 1 = u2 − 2 et finalement :
Z √2 Z √2 √2

 2
u 2
I= 2(u2 − 2) du = 2 2(u2 − 2) du = 2 − 2u = (5 − 4 2).
1 1 3 1 3

Pour être tout à fait complet, il faut vérifier que l’application x 7→ x + 1 est bien
strictement monotone, continue sur [0, 1] ce qui est le cas.
Théorème 7 :
Si f est une fonction continue sur [a, b] et g une fonction strictement monotone, de classe
C 1 , réalisant une bijection de [g −1 (a), g −1 (b)] sur [a, b], alors :
Z b Z g−1 (b)
f (x) dx = f (g(u)) g 0 (u) du.
a g −1 (a)
Preuve : On pose α = g −1 (a) et β = g −1 (b) et on applique le Théorème 6 à l’intégrale
du deuxième membre.
Cette fois, pour calculer l’intégrale du 1er membre on a fait le changement d variable
x = g(u).
L’élément différentiel dx est remplacé par g 0 (u) du et se comporte comme une différentielle
(justification de la rotation Zà postériori).
4 √

Exemple 7 : Calculer I = e x dx en posant x = u2 = g(u) c’est-à-dire x = |u|
2 √ −1

la fonction g vérifie les hypothèses du théorème 7 sur [ 2, 2] et g (u) = u − dx = 2u du

Z 2 Z 2 √
et I = √ e|u| × 2u du = 2 √ u eu du car u > 0 et I = 2[e2 − e 2 ( 2 − 1)] d’après ex 3
2 2
p. 95.
√ pu calculer I en appliquant le théorème 6 et en faisant le changement de
On aurait aussi
variable u = t. Z
b
→ • Pour calculer f (x) dx à l’aide d’un changement de variable on appliquera sui-
a
vant les cas le Théorème 6 ou le Théorème 7.
Il n’est pas toujours facile de "sentir" le changement de variable à effectuer. Il existe pour
cela certaines règles (qui ne sont pas au programme) et par conséquent dans les exemples
non évidentes les changements de variable seront donnés .
Pour vous aider à acquérir cette technique, résumons la méthode dans le tableau suivant :
EXERCICES
Intégrale simple
Exercice 1 : Introduction
On se propose de calculer les aires définies de la facon suivante : Pour cela, diviser [0, 1]

en p parties égales et encadrer les aires cherchées par des sommes d’aires de rectangles et
passer à la limite lorsque n → ∞.

Exercice 2 : Calculer les intégrales suivantes (calcul direct au moyen d’une primitive) :
Z 3 Z 2  Z Z 3
1 x
x|x| dx, x− √ dx, a dx, (a > 0), E(x) dx
−1 1 x −1
Z Z 1 Z 1 
x x dx 9 1/9
e (e + 2) dx, dx, x −x x2 dx
0 x + 1 0
Z 5 Z 3  x
e si x < 0
(|x − 1| + |x − 2| + ... + |x − 5|) dx , f (x) oùf (x) = −x
0 −2 e si x ≥ 0
Z 2  Z 4 
0 si x ∈
/ [−1, 1] 0 si x < 0
g(x) dx où g(x) = h(x) où h(x) = .
−2 1 − x2 si x ∈ [−1, 1] −2 ex si x ≥ 0
Exercice 3 : Calculer les limites suivantes :
n−1 n−1
X 1 X n 1α + ... + nα
∗ lim ; lim ; lim α > 0.
n→∞
k=0
n+k n→∞
k=0
n + k2
2 n→∞ nα+1
Exercice
Z 4 : Calculer
Z 2 les intégrales
Z suivantes
Z 1en utilisant l’intégration par parties :
x e−x dx, x ln(x) dx, ln(x) dx, (3x2 + 4x) ex dx,
Z 1 1
Z 2 Z π/2 −1
(x − 1) ex+2 dx, ln2 (x) dx, ex sinx dx,
Z0 π/2 1 Z 1 0 Z 1
ln(x) x+1
cosx ln(1 + cosx) dx, 9
dx, dx.
0 1 x 0 ex
Exercice 5 : Calculer les intégrales suivantes à l’aide d’un changement de variable :
Z 1 Z 1 Z 1 2x
2 2 5/2 3 1/9 2 e dx
x (1 − x ) xdx ; (x − 4x + 1) (3x − 4) dx ; x 2
0 0 0 (e + 3)
2 √ √
Z Z Z 3
2 x dx
x e dx ; 2
; x x − 1 dx (u = x − 1)
1 x (ln(x) + 1) 2
Z 1 Z π/2
x3 dx 1 x
√ ; dx t = tg )
0 2−x 2
0 1 + sinx 2
Z 1 x 27
z − e−x
Z
x
x −x
dx ; 2 5/3
dx poser x = t3 .
0 e + e 8 x − x
Exercice 6 : Calculer les intégrales suivantes (méthode non indiquée) :
Z 2   Z π/2 Z Z 1
2 1 2 3 p dx
x ln dx, sin x cos x dx, x ln(x) dx, √
1 x 0 0 5x + 2
Z Z Z
xn (1 − xn ) dx , (cos3 x sinx + sin3 x cosx) dx , ex cos2 x dx
2 2 √
x5 − 3x2 + 4
Z Z Z
2 dx
dx ; x (1 − x) dx , dx ,
1 x2 1 x2 − 5x + 4
1 a b
(détermminer a, b réels tels que = + .)
− 5x + 4 x2x−4 x+1
Exercice 7 : Soit f définie, continue sur [a, b].
Z b Z b
1) Montrer f (x) dx = f (a + b − x) dx.
a Z π/2 a Z π/2
sinx cosx
2) On considère I = dx et J = dx.
0 sinx + cosx 0 sinx + cosx
a) Montrer que I = J
b) Calculer I + J.
c) En déduire I et J.(Remarquer que le calcul de I et J
s’obtiennentZ sans utiliser de primitive.
π
xsinx
Exercice 8 : I = 2
dx.
0 1 + cos x Z π
π sinx
En utilisant le changement de variable u = π − x, montrer que 2 I = dx.
0 1 + cos2 x
En déduire la valeurZ de I.
1
Exercice 9 : In = (x2 − 1)n dx.
−1
1) Calculer I0 , I1 .
2) Etablir une relation de récurrence entre In et In−1 (x2 = x2 − 1 + 1).
3) Ecrire en Pascal une fonction intégrale (n : intégrer) : real ; qui retourne la valeur de
In (n ≥ 0).
4) A l’aide de la formule deZ 2) exprimer In en fonction de n.
1
Exercice 10 : B(n, m) = xn (1 − x)m dx n ∈ N, m ∈ N.
0
1) Calculer B(0, 0) et B(m + n, 0).
2) Etablir une relation de récurrence entre B(n, m) et B(n + 1, m + 1) en déduire ∀k 1 ≤
k ≤ m B(m + n − k, k) en fonction de B(m + n − k + 1, k + 1).
3) Ecrire en Pascal une fonction retournant la valeur de B(n, m).
4) Calculer explicitement en fonction de n et m, la valeur de B(n, m).
Exercice 11 : Montrer que les fonctions suivantes sont dérivables sur leur domaine de
définition et calculerZ f 0 (x).
x
t
a) ∀x > 0 f (x) = dt.
2Z `t
2x t
e
b) ∀x ∈ R∗ f (x) = dt.
Z x t
x+1
2
c) ∀x ∈ R f (x) = et dt.
x
Exercice 12 : On se propose de calculer une valeur approchée de
Z 1 −x2
e
I= dx.
0 1+x
1) En utilisant la formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 1, puis à l’ordre 2, montrer que
−x x2
∀x ∈ [0, 1] 1 − x ≤ e ≤ 1 − x + .
2
2) Montrer que ∀x ∈ [0, 1]
2
e−x x4
1−x≤ ≤1−x+ (1).
1+x 2(1 + x)

x4 1
3) a) Montrer que ∀x ∈ [0, 1] = x 3 − x2 + x − 1 + .
1+x 1+x
b) Déduire alors de (1) un encadrement de I. Z 1
Exercice 13 : Pour tout entier naturel n, on note : In = e1−x xn dx.
0
Etude de la suite (In )n∈N .
1 - Montrer que la suite (In ) est convergente et déterminer sa limite.
(utiliser un encadrement de In ).
2 - Relation de récurrence vérifiée par In .
a. Calculer I0 .
b. Montrer que pour tout entier naturel n :

In+1 = −1 + (n + 1) In . (7.1)

c. A l’aide de l’égalité (1).


Montrer que pour tout entier naturel n non nul :
1
0 < In ≤ . (7.2)
n
Bibliographie

[1] [Link], Cours de PC1, 1999


[2] [Link] Cours de MP1, 1999.

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