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Le document présente le Réseau Numérique à Intégration de Services (RNIS), une infrastructure numérique développée par France Télécom depuis les années 1970 pour moderniser les télécommunications. Le RNIS permet de relier divers utilisateurs et de supporter une large gamme d'applications, offrant des services de communication de haute qualité grâce à la numérisation des signaux. Il est également le résultat d'efforts de normalisation internationale pour intégrer différents services auparavant gérés par des réseaux indépendants.

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Le document présente le Réseau Numérique à Intégration de Services (RNIS), une infrastructure numérique développée par France Télécom depuis les années 1970 pour moderniser les télécommunications. Le RNIS permet de relier divers utilisateurs et de supporter une large gamme d'applications, offrant des services de communication de haute qualité grâce à la numérisation des signaux. Il est également le résultat d'efforts de normalisation internationale pour intégrer différents services auparavant gérés par des réseaux indépendants.

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Réseau numérique à intégration

de services (RNIS)

par Roger FREY


Ingénieur au Centre National d’Études des Télécommunications (France Télécom - CNET).

1. Numérisation............................................................................................. TE 7 470 - 2
2. Définition.................................................................................................... — 2
3. Normalisation............................................................................................ — 2
4. Raccordement des usagers ................................................................... — 2
5. Modélisation.............................................................................................. — 3
6. Services ...................................................................................................... — 4
7. Applications .............................................................................................. — 9
8. Aspects réseau ......................................................................................... — 9
9. Protocoles d’accès .................................................................................. — 10
10. Installations d’usagers ........................................................................... — 11
11. Équipements terminaux ......................................................................... — 13
12. Évolutions du RNIS en France .............................................................. — 14
13. Conclusion ................................................................................................. — 14
Références bibliographiques ......................................................................... — 14

ès le début des années 1970, la France a décidé de fonder la modernisation


D et l’extension de son réseau téléphonique sur des techniques numériques.
Cette décision a permis de bâtir un réseau qui aujourd’hui est un des plus numé-
risés du monde.
Grâce à la numérisation de son réseau, France Télécom est en mesure depuis
de nombreuses années d’offrir de nouveaux services. Ceux-ci sont concentrés
notamment autour d’une infrastructure normalisée à l’international : le
RNIS (réseau numérique à intégration de services), en anglais ISDN (Integrated
Services Digital Network). En France, cette offre porte le nom commercial de
Numéris. Numéris ne fait qu’employer l’infrastructure du téléphone dont il uti-
lise la numérisation et il est souvent présenté comme une « rampe d’accès aux
autoroutes de l’information » (par exemple, accès numérique à 64 ou 128 kbit/s
au réseau Internet).

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RÉSEAU NUMÉRIQUE À INTÉGRATION DE SERVICES (RNIS) _____________________________________________________________________________________

1. Numérisation À l’arrivée, ces signaux peuvent être reconvertis en un signal ana-


logique identique au signal de départ. Puisque seuls des « zéros »
ou des « uns » sont véhiculés d’un point à l’autre et qu’ils sont les
Depuis les inventions de Bell (1847-1922) et de Hughes seuls reconnus à l’arrivée, les perturbations et les affaiblissements
(1831-1900), les principes de transmission de la parole par voie télé- en ligne n’influencent pas la communication qui est d’une qualité
phonique n’avaient pas évolué. Les techniques numériques qui irréprochable. Les signaux numériques en effet ne présentent pas
avaient été élaborées mathématiquement depuis plus d’un les parasites et les bruits de fond que l’on retrouve souvent dans les
demi-siècle ont, grâce aux évolutions de la technologie des transmissions par des moyens analogiques.
semi-conducteurs (transistors et circuits intégrés), été appliquées
dans le domaine des télécommunications.
La numérisation d’un signal audible est basée sur l’application de
la loi Shannon (1933). Cela consiste à analyser périodiquement
2. Définition
l’amplitude du signal à transmettre. La périodicité de cet échan-
tillonnage est fixée à une valeur au moins égale au double de la fré- Les caractéristiques principales du RNIS peuvent se résumer
quence maximale à numériser. En téléphonie, les fréquences ainsi : le RNIS est un réseau dont la vocation est de relier entre eux
vocales s’étendent de 300 à 3 400 Hz. L’échantillonnage est effectué divers utilisateurs, terminaux, réseaux, etc. Il est numérique, ce qui
toutes les 125 µs, soit à 8 000 Hz. L’amplitude du support, mesurée signifie que le concept de numérisation (§ 1) est la base même de ce
chaque 125 µs est chiffrée et convertie en un nombre binaire de réseau. Il intègre des services, c’est-à-dire, qu’il supporte une large
8 bits. Ce sont ces éléments de 8 bits qui sont transmis successive- gamme d’applications téléphoniques et non téléphoniques ayant
ment sur la ligne sous la forme de signaux d’une valeur « zéro » ou toutes un point commun : l’information à transmettre est numéri-
« un ». Comme les 8 bits sont répétés 8 000 fois par seconde, on que ou peut être numérisée, ce qui est le cas de données, de la voix
arrive donc à un débit de 64 000 bit/s (64 kbit/s). et des images. Mais le RNIS n’est pas uniquement un moyen de
transmettre des informations diverses de façon rapide et précise. Il
représente aussi la prochaine génération des services partout dans
Depuis la fin des années 1970, la modernisation du réseau le monde, pour toutes les formes de télécommunications, y compris
français de télécommunications a consisté à numériser les artè- la voix [1], [2] et [3].
res de transmission et les centres de commutation. Elle a permis
l’éclosion de services nouveaux qui traitent, transportent, diffu- La définition du RNIS s’appuie sur trois éléments fondamen-
sent la voix, les données, le texte et les images et répondent de taux :
façon toujours plus fine aux besoins différenciés de la clientèle. — la connexité numérique pour le transfert des informations ;
Ces services nécessitent généralement autant de raccorde- — la connexité de signalisation en mode message ;
ments indépendants (raccordement téléphonique, télex, X.25...), — la polyvalence de l’accès d’usager vis-à-vis des services de
chacun possédant ses propres caractéristiques, avec tous les télécommunications.
problèmes de comptabilité, de sécurité et de coût que cela peut
impliquer.
Une réflexion au niveau international s’est donc engagée pour
définir un réseau qui intègre ces différents services, jusqu’alors
assurés par des réseaux indépendants. L’intégration s’appuie sur 3. Normalisation
la numérisation complète du réseau, étendue à la ligne d’abonné
et son installation. Les travaux entrepris ont conduit l’UIT-T Dès le milieu des années 1980, les travaux entrepris au sein des
(Union Internationale des Télécommunications ) et l’ETSI (Euro- organismes internationaux de normalisation ont abouti à la publica-
pean Telecommunications Standards Institute ) à éditer des nor- tion des premières recommandations consacrées au RNIS.
mes de portée internationale définissant les concepts du réseau
numérique à intégration de services (RNIS). Afin de couvrir l’ensemble des aspects inhérents au RNIS et de
Cette réflexion s’est concrétisée très tôt en France par la réali- permettre une évolution de chacun d’entre eux, une organisation en
sation d’un réseau RNIS. Le 21 décembre 1987 en effet, France six sous-ensembles ou séries de recommandations a été adoptée
Télécom ouvrait le premier réseau commercial RNIS du monde selon la présentation indiquée ci-après :
et à la fin de 1990, l’offre commerciale était généralisée à — description générale, terminologie et méthodes de modélisa-
l’ensemble du territoire. Dans un même temps, les premières tion (série I.100) ;
interconnexions internationales étaient ouvertes. — aspects services (série I.200) ;
On parle aujourd’hui en Europe du service Euro-RNIS. Ce ser- — aspects réseaux (série I.300) ;
vice Euro-RNIS est un service qui présente deux caractéristiques — interfaces usager-réseau RNIS (série I.400) ;
essentielles : — interfaces entre réseaux (série I.500) ;
— il fonctionne sur un standard européen qui assure l’inter- — principes de maintenance (série I.600).
fonctionnement des différents services dans plus d’une trentaine La structure retenue s’appuie sur le principe de découplage, via
de pays d’Europe et du monde ; l’interface usager-réseau, du domaine « service vu de l’usager » du
— il n’est pas un réseau indépendant, isolé dans le monde domaine « réseau ».
« haute technologie », mais il est intégré dans le réseau télépho-
nique numérique, dont il fait partie.
Souvent décrié, le développement du RNIS a paru longtemps
problématique. Une progression hésitante, des applications un
peu éparses, une tarification souvent dissuasive ont retardé son
4. Raccordement des usagers
développement.
Aujourd’hui, 11 ans après son lancement, le RNIS resurgit, le
mouvement s’accélère, les applications se multiplient dans tous 4.1 Caractéristiques de l’interface
les domaines, les liaisons et réseaux s’ouvrent à l’international. usager-réseau
La technologie RNIS permet de nos jours l’utilisation de toute
une gamme de nouvelles applications qui reposent sur la trans- Le raccordement des usagers au réseau public RNIS recouvre
mission haute vitesse : l’accès à l’Internet, le télétravail, la visio- l’ensemble des moyens mis en œuvre depuis le terminal jusqu’au
conférence, le télé-enseignement, la radiodiffusion, etc. commutateur public d’abonné.

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Les spécifications des interfaces usager-réseau font appel aux ■ L’interface à débit primaire peut être utilisée soit en interface T,
notions de canal, structure d’interface et capacités d’accès, sur la soit en interface S, mais avec un seul terminal [ordinateur derrière
base d’un nombre limité de types de canaux et de structures d’inter- un PABX (Private Automatic Branche eXange ), par exemple].
faces. Nota : aux États-Unis et au Japon, l’interface à débit primaire peut comporter
23 canaux B au lieu de 30 canaux B comme stipulé précédemment.

4.2 Canaux ■ La structure de l’accès de base est donc 2B + D, pour un


débit total utile de 144 kbit/s.
■ La structure de l’accès primaire est donc 30B + D (23B + D),
Le RNIS comporte plusieurs types de canaux :
pour un débit total utile 1 984 (1 536) kbit/s.
— le canal B est un canal bidirectionnel à 64 kbit/s, commuté en
mode circuit (cela signifie qu’un canal est attribué à un terminal et
un seul pour la durée de sa communication), qui peut être utilisé
pour transporter tout type d’information ;
— le canal D est un canal bidirectionnel à 16 ou 64 kbit/s fonction-
nant en mode message qui est partagé entre tous les terminaux en
5. Modélisation
configuration multipoint et apte à transporter la signalisation et des
données d’usager à faible débit ou à caractère sporadique (télécom-
mande, télémesures, alarmes...) ; 5.1 Modèle de référence OSI
— les canaux H sont des canaux à n × 64 kbit/s ayant des caracté-
ristiques identiques à celles du canal B. L’intégration des services implique la mise en œuvre de différents
L’UIT-T a identifié : H0 à 384 kbit/s et H1 comportant deux options types de connexion dans le réseau et en conséquence l’utilisation
de débit : 1 536 kbit/s (H11) ou 1 929 kbit/s (H12). Ces canaux sont d’une signalisation complexe. La description et la spécification de
prévus pour des services tels que la visioconférence. Ils ne sont pas fonctions aussi variées supposent une démarche rigoureuse faisant
pris en compte par les normes de l’ETSI. appel à des méthodes et à des outils de modélisation adaptés.
La normalisation du RNIS s’appuie notamment sur le modèle de
référence pour l’interconnexion des systèmes ouverts (OSI Open
System Interconnection ), mais aussi sur des méthodes de caractéri-
4.3 Interfaces sation développées de façon spécifique.
Le modèle de référence comprend :
Le nombre d’interfaces usager-réseau est de deux : l’interface à — la définition des concepts et de la terminologie à utiliser pour
débit de base supportant 2 canaux B et 1 canal D à 16 kbit/s et l’inter- décrire les communications entre systèmes ouverts ;
face à débit primaire supportant 30 canaux B et 1 canal D à 64 kbit/s. — la décomposition de ces communications en sept couches
Ces interfaces sont polyvalentes dans le sens où chacune d’entre fonctionnelles auxquelles correspondent sept couches de proto-
elles est apte, dans la limite de son débit propre, à fournir l’ensem- coles ;
ble des services offerts par le réseau. — la description fonctionnelle globale de chacune des sept
■ L’interface à débit de base, aussi appelée interface S de terminal, couches ;
se situe aux points de références S et T (figure 1). Le niveau physi- — certains choix de base pour des domaines d’application réels.
que de l’interface (fonctions de couche 1) fait l’objet d’une spécifica- Élaboré initialement par l’ISO (International Organization for
tion particulière. Cette interface peut être utilisée en topologie point Standardization ), le modèle OSI organise les différentes fonctions
à point (interface T ou interface S limitée à un seul terminal) et en nécessaires pour réaliser des échanges entre systèmes de commu-
topologie multipoint pouvant aller jusqu’à théoriquement 8 termi- nication en sept sous-ensembles fonctionnels appelés couches et
naux. Le raccordement du terminal sur le bus se fait par un connec- numérotés de 1 à 7. Les couches 1 à 3 sont appelées les couches
teur à 8 plots (ISO DIS 8877). basses et les couches 4 à 7 sont appelées les couches hautes.

Domaine Domaine
privé public

Accès de base : 144 kbit/s


Réseau
Interfaces R S T U V téléphonique • 2 canaux B (64 kbit/s)
Connexion
commuté • 1 canal D (16 kbit/s)
circuits
Terminal
Accès à débit primaire : 1 984 kbit/s
existant
Adaptateur Connexion
TNA TNR TL TC Transpac
paquets • 30 canaux B (64 kbit/s)
Terminal • 1 canal D (16 kbit/s)
RNIS
PABX Ligne numérique PABX autocommutateur privé (Private
d'abonné Commande
Réseau Automatic Branche, eXchange)
CCITT n° 7 TC terminal de commutation
TL terminal de ligne
Commutateur d'abonnés TNA terminaison numérique d'abonnés
TNR terminaison numérique de réseau

Figure 1 – Accès d’usagers RNIS

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Étape 1

Phase 1.1 : Définition et description


en langage clair du service Caractérisation du
service du point de
vue de l'usager
Phase 1.2 : Description statique Phase 1.3 : Description dynamique du
du service au moyen d'attributs service par des moyens graphiques

Étape 2

Phase 2.1 : Obtention d'un


modèle fonctionnel

Phase 2.2 : Phase 2.3 : Phase 2.4 :


Organigrammes Diagrammes LDS Actions des entités
d'information pour entités fonctionnelles
fonctionnelles
Possibilités
Phase 2.5 : Attribution des entités fonctionnelles à des emplacements physiques du réseau

Étape 3

Phase 3.2 : Nœuds de communication


Phase 3.1 : Protocoles et formats
et de service

LDS : Langage de Description et de Spécification.


Figure 2 – Méthode de description des services

Les couches sont les suivantes : Trois étapes principales sont introduites :
— couche 7 ou couche application : elle définit les mécanismes — l’étape 1 donne la description du service du point de vue de
communs aux applications et la signification des informations l’usager ;
échangées ; — l’étape 2 présente la mise en œuvre globale dans le réseau : à
— couche 6 ou couche présentation : elle définit la syntaxe des l’interface usager-réseau et à l’intérieur du réseau entre les diffé-
informations échangées ; rents équipements ;
— couche 5 ou couche session : elle définit l’organisation des — l’étape 3 donne la description des fonctions des équipements
échanges et la structuration du dialogue entre applications ; du réseau ainsi que les spécifications détaillées de protocoles à
— couche 4 ou couche transport : elle assure le contrôle de bout l’accès et dans le réseau.
en bout du transfert des informations à travers le réseau ;
— couche 3 ou couche réseau : elle assure l’établissement et la Cette méthode (figure 2) est structurante non seulement pour ce
rupture des communications ainsi que l’acheminement et le routage qui concerne la présentation et la production des spécifications,
des informations au travers des réseaux ; mais aussi pour l’organisation des travaux.
— couche 2 ou couche liaison : elle permet le transfert des infor-
mations sur les lignes de communication ;
— couche 1 ou couche physique : traite des aspects physiques du
raccordement des terminaux aux lignes de communication : interfa-
ces mécaniques, électriques et protocoles d’échanges des éléments 6. Services
binaires (pour les transmissions numériques).
Le modèle OSI introduit également trois notions essentielles :
— les Points d’Accès Service (SAP Service Access Point) qui iden-
tifient les interfaces entre couches adjacentes à l’intérieur d’un 6.1 Classification des services
équipement ;
— les primitives qui constituent la base de dialogue entre cou- On appelle services de télécommunications les possibilités mises
ches adjacentes à l’intérieur d’un équipement ; à la disposition des usagers d’un réseau de télécommunications.
— les protocoles qui définissent le dialogue entre couches de Le RNIS comporte un ensemble de possibilités fonctionnelles qui
même niveau de deux équipements en communication. permettent d’offrir aux usagers qui lui sont raccordés une série de
services de télécommunications :
— les services supports ;
5.2 Méthode de description — les téléservices ;
La méthode de description offre un cadre commun pour caracté- — les compléments de services.
riser les services. Elle montre comment il est possible, à partir de la Les services supports et téléservices sont offerts seuls en tant que
définition des services, de spécifier les protocoles et les ressources services de base alors que les compléments de service accompa-
du réseau. gnent obligatoirement l’un des deux précédents (figure 3).

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6.2 Services supports


Réseau Un service support est un service de transfert d’information offert
Terminal
par le RNIS à l’interface entre le terminal et le réseau. Il correspond
à la fourniture des possibilités réseau relatives aux couches inférieu-
Applications : res, c’est-à-dire aux couches basses (1 à 3) du modèle OSI.
conversation ; Services support
télé-enseignement ; circuits, paquets Pour caractériser les services supports, 13 attributs ont été identi-
télé-achat ; Téléservices fiés (tableau 1). Les attributs 1 à 4, qualifiés d’attributs dominants,
etc. Téléphonie, télécopie, vidéotex … définissent des catégories de services supports. Les catégories iden-
tifiées distinguent le mode circuit (64 kbit/s sans restriction, parole
Compléments de services et audiofréquence) du mode paquet (communication virtuelle).
Les catégories des services support en mode circuit considérées
7 7 comme essentielles et utilisées actuellement en France sont :
6 6 — mode circuit à 64 kbit/s, pour la parole ;
5 5 — mode circuit à 64 kbit/s, pour audiofréquences à 3,1 kHz ;
4 4
Téléservices — mode circuit à 64 kbit/s, sans restriction ;
— mode circuit à 64 kbit/s, sans restriction avec tonalité et
3 3
Services annonce (7 kHz audio).
support 2 2
1 1 Transférer de l’information en mode circuit signifie qu’un circuit
physique a été établi entre deux extrémités ; cela veut dire que le
chemin est établi en permanence du début de la communication
Figure 3 – Services supports et téléservices jusqu’à la fin de celle-ci.

Tableau 1 – Attributs des services support du RNIS


Valeurs possibles des attributs Attributs

Transfert d’informations
Circuits Paquets Mode de transfert
64 kbit/s 2 × 64 kbit/s 384 kbit/s 1 536 kbit/s 1 920 kbit/s Autres valeurs en étude Débit de transfert
Audio- Audio- Audio-
Information numérique Parole fréquence fréquence fréquence Vidéo Possibilités de transfert
sans restriction 3,1 kHz 7 kHz 15 kHz
Intégrité Intégrité de l’unité de données non ISIT CDD Structure
à 8 kHz de service structuré
à la demande réservé permanent Établissement de communication
point à point multipoint diffusion Configuration de communication
unidirectionnel bidirectionnel symétrique bidirectionnel asymétrique Symétrie
Attributs d’accès
D(16) D(64) B H0 H11 H12 Canal et débit d’accès

6
I.430/I.431 I.461 I.462 I.463 I.465 Couche 1
Protocoles
I.440/I.441 I.462 X.25 Couche 2 d’accès pour
la signalisation
I.450/I.451 I.461 I.462 X.25 I.463 Couche 3

6
I.430/I.431 I.460 I.461 I.462 I.463 I.465 G.711 Couche 1
Protocoles
I.440/I.441 HDLC LAP B X.75 SLP X.25 LAP B Couche 2 d’accès pour
l’information
ISO 8208 X.25 PLP Couche 3
Attributs généraux
— Compléments de service
— Qualité de service
En cours d’études
— Interfonctionnements
— Aspects opérationnels et commer-
ciaux
CDD Contraintes de délai différentiel.
HDLC Commande de haut niveau pour liaison de données.
LAP B Protocole de liaison de données de type B.
PLP Protocole de couche paquet.
SLP Protocole de liaison unique.
ISIT Intégrité de séquencement des intervalles de temps.

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En France, les « mode circuit à 64 kbit/s, sans restriction » et Bien que la prestation du RNIS en matière de fonctions réseau soit
« mode circuit à 64 kbit/s, sans restriction avec tonalité et annonce » généralement limitée aux fonctions concernant les couches infé-
sont encore appelés CCBT (circuit commuté dans le canal B transpa- rieures, les fonctions des couches supérieures étant généralement
rent). Ce service support CCBT consiste en la fourniture d’un canal à localisées dans le terminal, un ensemble de téléservices devant être
64 kbit/s, en mode circuit avec connexité numérique de bout en bout assuré par un RNIS a pu être spécifié. Il s’agit, par exemple, du télé-
et transparence totale du réseau sans aucun traitement sur l’infor- phone, de la télécopie, du télétex et encore du vidéotex. Les téléser-
mation. Les « mode circuit à 64 kbit/s, pour la parole » et « mode cir- vices sont eux aussi caractérisés par des attributs qui, au-delà des
cuit à 64 kbit/s, pour audiofréquence à 3,1 kHz » sont encore appelés attributs relatifs aux couches inférieures, comportent des attributs
CCBNT (circuits commutés en canal B non transparent). Ce service des couches supérieures (4 à 7) du modèle OSI (tableau 2).
support CCBNT n’offre pas obligatoirement la connexité numérique L’offre des téléservices ne suppose pas, à priori, de fonctions par-
de bout en bout. Cela veut dire qu’il peut y avoir des passages ticulières dans les équipements de commutation du réseau RNIS.
numérique/analogique à l’intérieur du réseau. C’est un canal qui Elle suppose par contre le développement de terminaux et dans cer-
n’est pas transparent, car la bande passante téléphonique est limi- tains cas d’équipements mettant en œuvre des fonctions particu-
tée à 3,1 kHz lors d’un passage sur un tronçon analogique. lières (par exemple des points d’accès) dans le réseau ou encore le
La catégorie des services support en mode paquet, considérée développement de services particuliers.
comme essentielle et utilisée actuellement en France est le mode
paquet de type de communication virtuelle ou circuit virtuel perma- ■ Téléphone
nent (sur canal B ou sur canal D). La téléphonie offerte par le RNIS est différente de celle du service
Dans le cas du mode paquet, l’information est découpée en blocs, téléphonique sur réseau téléphonique commuté par certains de ses
les paquets. Ceux-ci sont véhiculés dans le réseau sur des artères aspects. Elle est notamment enrichie par les compléments de ser-
avec les paquets d’autres utilisateurs. La ressource communicante vice applicables au service support téléphonique. Par ailleurs, les
est partagée entre plusieurs utilisateurs. Les paquets d’une commu- échanges de signalisation entre les terminaux et le RNIS sont possi-
nication sont routés au travers des commutateurs après avoir établi bles en permanence sur le canal D de l’accès. Le service support uti-
un chemin virtuel. lisé est le mode circuit 64 kbit/s, pour la parole.
Sans préjuger des applications mises en œuvre par les utilisa- Ce téléservice est accessible par un terminal téléphonique RNIS à
teurs des différentes catégories de service support RNIS, chacune l’interface S ou éventuellement par un terminal analogique via un
de ces catégories hérite des propriétés qui ont fait la force et la fai- adaptateur audiofréquences/S (A/S).
blesse du réseau spécialisé (lorsqu’il existe) qu’elle vise à remplacer
à l’accès RNIS : ■ Télécopie groupe 3
— le réseau téléphonique pour la catégorie « mode circuit à Ce téléservice permet à deux abonnés d’échanger, par une com-
64 kbit/s, parole ou audiofréquence » ; munication téléphonique, des documents en format A4 entre deux
— le réseau à commutation de circuits au débit de 64 kbit/s pour terminaux compatibles. Le service support utilisé est le « mode cir-
la catégorie « mode circuit à 64 kbit/s, sans restriction » ; cuit à 64 kbit/s, pour audiofréquences (3,1 kHz audio) ».
— le réseau à commutation de paquets pour la catégorie Les échanges se font au travers de modems 9 600, 4 800 ou
« mode paquet de type communication virtuelle ou circuit virtuel 2 400 bit/s via un adaptateur audiofréquence/S (A/S).
permanent ».
■ Télécopie groupe 4
Ce téléservice permet le transfert de télécopies au format A4 à
6.3 Téléservices grande vitesse, le service support utilisé étant « mode circuit à
64 kbit/s, sans restriction ».
Un téléservice est un service offert à l’usager et comprend en Le groupe 4 introduit des améliorations sensibles sur la qualité
conséquence les fonctions relatives à l’ensemble des couches 1 à 7 : des documents transmis. Le document transmis peut comporter
couches inférieures (1 à 3) et couches supérieures (4 à 7) du modèle des zones de texte et des zones graphiques. De plus, une page de
OSI. format A4 se transmet en moins de 10 secondes en moyenne.

Tableau 2 – Attributs des téléservices du RNIS


Valeurs possibles des attributs Attributs de service

Attributs de transfert des


Voir description des services support (tableau 1)
informations et attributs d’accès
Texte
Téléphonie Texte Télécopie Télécopie Vidéotex Vidéotex Télex Type d’information d’usager
Télétex Groupe IV
mode mixte
X.224 T.70 Autres Protocole de couche 4
X.225 T.62 Autres Protocole de couche 5
Série T.400 G.711 T.61 T.6 T.100 Autres Protocole de couche 6
200 ppi(1) 240 ppi 300 ppi 400 ppi Autres Résolution (optionnel)
Alphamosaïque Géométrique Photographique Autres Mode graphique (optionnelle)
T.60 Série T.500 Autres Protocole de couche 7
À l’étude Attributs généraux
(1) ppi : éléments image par pouce.

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Ce téléservice est accessible par des terminaux de télécopie ■ Portabilité


groupe 4 raccordés à l’interface S ou via un adaptateur X.21/S. Cer-
Elle permet à l’utilisateur de suspendre une communication en
tains d’entre eux fonctionnent également en télécopieur groupe 3.
cours sur un terminal et de la reprendre par la suite, dans les 3 min,
Un télécopieur de groupe 4 peut être compatible avec un téléco-
soit sur le même terminal non déplacé, soit sur le même terminal
pieur du groupe 3 s’il intègre un modem en plus de l’interface
déplacé de son installation ou encore sur un autre terminal de la
numérique.
même installation. Une seule opération est possible à un instant
donné par accès. Le correspondant n’est pas informé de cette situa-
■ Télétex
tion par le réseau.
Le téléservice télétex assure un service de courrier électronique
pour les documents dactylographiés. Il constitue la prolongation ■ Identification d’appel
réseau des services de traitement de texte. Il offre un service auto-
matisé fondé sur transfert d’informations de mémoire à mémoire. Elle permet à un usager demandé de connaître l’identité de l’usa-
ger demandeur sous la forme du numéro de désignation RNIS
Le support utilisé est pour l’instant le mode circuit à 64 kbit/s, complété éventuellement par un numéro supplémentaire fourni par
pour audiofréquences (3,1 kHz audio), l’échange se faisant au tra- l’usager demandeur et une sous-adresse.
vers de modems 2 400 bit/s.
Ce téléservice est accessible par des terminaux au label télétex ■ Non-identification d’appel
raccordés à l’interface S via un adaptateur audiofréquence/S (A/S). Elle permet à un usager demandé d’interdire la délivrance à ses
correspondants de l’identité de la ligne appelante (numéro de l’ins-
■ Vidéotex tallation et la sous-adresse).
Le téléservice vidéotex permet le dialogue entre un terminal
vidéotex et des serveurs ou banques d’informations. Le RNIS est uti- ■ Sous-adresse
lisé comme réseau d’accès. L’établissement d’une communication
Elle permet à un usager demandeur de sélectionner une entité à
nécessite une numérotation spécifique (en France 3614, 3615,...)
l’intérieur de l’installation terminale du demandé en complétant le
suivie de l’appel du service par mnémonique.
le numéro demandé par des chiffres complémentaires de
Le service support utilisé est le mode circuit à 64 kbit/s, pour sous-adresse. Cette information est transportée de façon transpa-
audiofréquences (3,1 kHz audio), les informations sont échangées rente par le réseau.
au travers d’un modem.
Ce téléservice est par exemple accessible en France par un ■ Appel en instance
terminal Minitel raccordé à l’interface S via un adaptateur audio- Il permet à un usager en communication d’être prévenu d’un nou-
fréquences/S (A/S). vel appel. Il peut alors prendre le nouvel appel en libérant la
■ D’autres téléservices viennent d’êtres définis récemment par les communication en cours ou en la mettant en garde.
organismes de normalisation. Il s’agit des téléservices audiovisuel,
■ Signalisation d’usager à usager
vidéoconférence, conférence audiographique, application transfert
de fichier, service multimédia. Elle permet à un usager RNIS d’échanger des champs d’informa-
Le téléservice télex (information de nature textuelle) tend lui par tion lors de l’établissement ou de la libération de la communication
contre à disparaître au profit du télétex. (service 1), en phase de sonnerie (service 2) ou en phase de conver-
sation (service 3). Les services 2 et 3 ne sont pas offerts actuelle-
ment en France.

6.4 Compléments de service ■ Sélection directe à l’arrivée (SDA)


Elle permet à un appelant d’accéder directement à un usager situé
Un complément de service correspond à une prestation addition- dans un PABX RNIS sans intervention d’un opérateur.
nelle qui modifie ou complète les fonctions d’un service de télécom-
munication de base. Cette prestation additionnelle s’applique aux ■ Sélection du terminal
services supports et aux téléservices. Elle concerne principalement
les facultés et le confort de mise en œuvre des services. Elle permet d’affecter plusieurs numéros à un accès RNIS. La dif-
férence principale avec la SDA tient au fait que les numéros affectés
La description d’un complément de service comprend les rubri- ne consomment pas une tranche du plan de numérotage, ils peu-
ques suivantes : vent être en nombre à priori quelconque, et pas nécessairement
— description fonctionnelle ; contigus.
— champ d’application ;
— relation avec les autres compléments de services ; ■ Indication du coût
— impact sur l’installation d’abonné ;
Elle permet d’informer l’utilisateur d’une communication de la
— activation du complément de service ;
progression significative du coût relatif à cette communication, cela
— portée du complément de service.
en mode cumulatif.
La définition et la description complète des compléments de ser-
Les unités de taxe concernées sont celles calculées par le réseau,
vice concernent les services du type identification des appels (sélec-
cependant les taxes liées à certains compléments de service ne sont
tion directe à l’arrivée, identification d’appel, non-identification
pas transmises.
d’appel, sous-adresse...), offre d’appel (renvoi d’appel incondition-
nel, renvoi du terminal, renvoi d’appel sur non-réponse, appel en
■ Coût total
instance, mise en garde, rappel automatique sur abonné occupé...),
usagers multiples (appel à trois, conférence...), communauté d’inté- Il permet d’aviser le demandeur d‘une communication, à la fin de
rêt (groupe fermé d’usagers...), taxation (information de coût en celle-ci, du nombre total d’unités de taxe calculé par le réseau.
cours d’appel, information de coût en fin d’appel...), transfert
d’informations additionnel (signalisation d’usager à usager). ■ Renvoi d’appel inconditionnel
Certains compléments de services sont systématiquement four- Il permet à un usager de demander au réseau de transférer tout
nis avec l’abonnement de base. Pour les autres, un abonnement ou appel entrant, ou bien les appels relatifs à un service particulier, quel
une tarification supplémentaire est prévu. que soit l’état de son accès.

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■ Renvoi d’appel sur occupation ■ Des compléments de service qui n’ont pas été normalisés ou sont
en cours de normalisation par l’UIT-T et l’ETSI sont également dis-
Il permet à un usager de demander au réseau de transférer tout
ponible aujourd’hui sur le réseau RNIS de France Télécom. On peut
appel entrant, ou bien les appels relatifs à un service particulier,
citer :
lorsque le réseau le considère comme occupé (la définition de
l’occupation est un concept relativement complexe sur le réseau — l’accès essentiel : il consiste à attribuer à un raccordement
RNIS et est précisée dans la Recommandation I.221 de l’UIT-T). d’abonné une discrimination pour le trafic départ. Toutes les tentati-
ves d’appels sont traitées en priorité par le commutateur de ratta-
■ Renvoi d’appel sur non-réponse chement et le réseau en cas de surcharge ou de fonctionnement
dégradé ;
Ce complément de service est comparable au précédent, le renvoi — le service restreint : ce service permet de restreindre les appels
étant effectué par le réseau à l’issue d’une temporisation d’attente départ émis sur un accès en fonction de la numérotation composée.
de réponse. Les types de restriction sont : local, de voisinage, métropolitain ;
— la spécialisation des canaux : avec ce complément de service,
■ Renvoi de terminal
un certain nombre de canaux sont réservés pour le trafic départ et
Il permet à un usager de faire réacheminer les appels destinés à pour le trafic d’arrivée ;
son terminal vers une adresse transmise au réseau public dans la — l’accès non taxé : il permet de ne pas taxer les appels destinés
réponse, en l’occurrence le refus, à la présentation d’appel. à un abonné ainsi discriminé ;
— la facturation détaillée : elle permet à un abonné d’obtenir un
■ Rappel automatique sur abonné occupé détail de facturation. Le montant du trafic est différencié notamment
Il permet à un usager appelé de demander au réseau d’informer en fonction du service support utilisé.
l’appelant lorsque l’usager appelé deviendra libre.

■ Identification des appels malveillants


6.5 Mode paquet
Elle permet à un usager demandé de faire identifier le demandeur
par le réseau public dans le cas d’un appel malveillant. Pour des raisons historiques tenant à l’origine du RNIS, les pre-
miers services support normalisés ont été les services support en
■ Mise en garde mode circuit, les services de transfert de données en mode paquet
Elle permet à un usager d’interrompre temporairement une s’appuyant, quant à eux, sur l’existence de réseaux spécialisés.
communication en cours, puis de la reprendre. C’est là un moyen de Pour ces derniers, deux étapes se sont dégagées : la première se
libérer une ressource pour accepter un appel en instance. veut pragmatique et vise à sauvegarder l’existant (Recommanda-
tion X.25) ; la seconde au contraire a pour objectif la définition d’un
■ Appel à trois service support en mode paquet spécifique RNIS.
Il permet à un usager qui a, sur le même terminal, une communi- La description des caractéristiques essentielles de la deuxième
cation en cours et une communication mise en garde, de passer en étape a été effectuée fin 1988. Cette étape s’appuie sur une procé-
conférence à trois. dure de commande des appels fondée sur le protocole D. Elle iden-
tifie plusieurs types de services support à partir des fonctions
■ Appel de conférence exécutées dans le réseau en phase de transfert des données.
Il permet à un usager d’entrer en communication simultanément Pour cela, elle prend en compte la séparation des fonctions de la
avec plusieurs autres usagers, ceux-ci pouvant par là même couche 2 (LAP D) en fonctions de base (niveau 2.1) et en fonctions
communiquer entre eux. Ce complément de service n’est pas supérieures (niveau 2.2).
actuellement offert par France Télécom. Les solutions retenues pour l’accès aux services en mode paquet
prennent en compte les besoins des utilisateurs, la structure des
■ Transfert appel par appel réseaux existants, le savoir-faire de l’exploitant et des constructeurs
Il permet à un usager, en phase de communication, de transférer d’équipements de commutation et les délais d’introduction des
l’appel en cours vers un tiers, l’usager effectuant le transfert pou- services.
vant être l’appelant ou l’appelé de la communication originelle. Plutôt que de développer de nouveaux commutateurs RNIS, inté-
grant commutation de circuits et commutation de paquets, France
■ Identification de la ligne connectée Télécom a choisi de développer des équipements d’interface entre
Elle permet à un usager appelant de connaître le numéro RNIS (y les commutateurs RNIS et les commutateurs du réseau de paquet
compris son éventuelle sous-adresse) du destinataire (final, en cas (exemple Transpac).
de renvoi) de la communication. Ce complément de service n’est Deux étapes fonctionnelles ont été distinguées. La première
pas actuellement offert par France Télécom. consiste à offrir un service de commutation de paquets sur canal B.
La seconde permet depuis fin 1991, un service de commutation de
■ Non-identification de la ligne connectée paquets sur canal D.
Ce complément de service est complémentaire du précédent. Il L’accès au réseau de paquet par le canal B à 64 kbit/s est adapté
permet à l’usager demandé de garder secrète son identité. Il n’est aux applications à fort trafic et faible durée d’utilisation. L’accès se
pas actuellement offert par France Télécom. fait par une liaison commutée à 64 kbit/s, établie et rompue en fonc-
tion des besoins et facturée au temps d’utilisation, indépendam-
■ Groupe fermé d’usagers ment de la distance.
Il permet à des usagers de constituer un groupe communicant L’accès direct au réseau de paquet par le canal D à un débit limité
possédant des restrictions d’accès, totales ou partielles. Il n’est pas à 9 600 bit/s optimise le coût d’accès pour les terminaux qui suppor-
actuellement offert par France Télécom. tent des applications à faible trafic pour une longue durée d’utilisa-
tion. À la demande de l’usager RNIS l’exploitant du réseau public et
■ D’autres compléments de service sont en cours d’étude à l’UIT-T du réseau de paquet établissent une ou plusieurs liaisons logiques
et à l’ETSI. On peut citer par exemple, le rappel automatique sur permanentes (LLP) jouant chacune le rôle d’une liaison spécialisée
non-réponse, le service restreint commandé, la commande à dis- (au maximum 4 dans le cas de l’accès de base et 16 dans le cas de
tance. l’accès primaire) vers le service paquet X.25.

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7. Applications 8.2 Signalisation par canal sémaphore


Le principe de la signalisation par canal sémaphore repose sur le
Les qualités fondamentales du RNIS que sont la notion d’intégra- transfert des informations de commande sur une liaison de données
tion de services et le débit de 64 kbit/s permettent d’envisager de commune à plusieurs circuits (figure 5). La signalisation sémaphore
nombreuses applications professionnelles telles que : se situe au confluent des évolutions de la communication fondée
— accès à Internet ; sur la commande à programme enregistré et de la transmission de
données dont elle applique les principes (modèle ISO).
— transfert de fichiers à grande vitesse ;
— raccordement de réseaux locaux ; Le système associé est constitué de deux grands ensembles de
fonctions : le sous-système de transport de messages (SSTM) et les
— télétravail (ou travail à domicile) ; sous-systèmes utilisateurs (SSU). L’introduction dans le réseau de la
— vidéoconférence ; signalisation sémaphore CCITT no 7 (Comité Consultatif Internatio-
— accès à un réseau local ou à un ordinateur central éloigné ; nal Télégraphique et Téléphonique) a constitué une étape essen-
— ligne spécialisée de secours ; tielle qui a permis le développement du RNIS. L’enrichissement
fonctionnel qui accompagne la mise en œuvre des services RNIS
— kiosques multimédias ;
concerne le SSU, qui peut être soit un SSU enrichi (ex. SSUTR2 en
— surveillance vidéo-électronique ; France actuellement), soit un SSU RNIS (SSUR).
— télécopie numérique ;
— accès aux fonctions téléphoniques perfectionnées ;
— échanges de données informatisées... 8.3 Interfonctionnement entre réseaux
Sachant que, pendant une période transitoire qui pourra être rela-
tivement longue, le RNIS devra interfonctionner avec les autres
réseaux, le besoin de spécifier les caractéristiques d’interfonction-
8. Aspects réseau nement (configurations de référence d’interfonctionnement, para-
mètres) a été reconnu.
Des scénarios d’interfonctionnement entre le RNIS et le réseau
téléphonique commuté, les réseaux publics de données en mode
8.1 Caractéristiques fonctionnelles circuit et en mode paquet et entre RNIS ont été bâtis.

Les principales caractéristiques retenues pour la définition du


RNIS du point de vue du concepteur du réseau concernent les prin- 8.4 Maintenance
cipes d’architecture fonctionnelle (figure 4), le modèle de référence
des protocoles, les principes relatifs à l’architecture du RNIS et les La définition des aspects généraux et les principes relatifs à la
configurations de référence associées, les fonctions d’adressage et maintenance des installations et des accès d’abonnés au RNIS a été
le plan de numérotage, les principes de sélection des terminaux, les étudiée, ainsi que l’application des principes de maintenance pour
mécanismes d’acheminement, les types de connexion et enfin les chaque type d’accès d’abonnés (au débit de base et au débit pri-
objectifs de performance. maire) et pour les installations d’abonnés.

RNIS

Fonctions de
Interface standard niveaux supérieurs
d'accès d'usager
au RNIS

Commutation de
S/T circuits S/T

Accès Accès Terminal


Terminal au au ou
réseau Commutation de réseau serveur
paquets

Signalisation par
canal sémaphore
Signalisation
usager-réseau

Signalisation
usager-usager

S / T : interface usager-réseau

Figure 4 – Architecture fonctionnelle du RNIS

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8.5 Mécanismes d’adressage


Réseau de signalisation Les règles d’adressage relatives au RNIS font l’objet de recom-
SERVEUR mandations à l’UIT-T (I.330 et I.331). Le RNIS étant l’évolution natu-
relle du réseau téléphonique, son plan de numérotage est fondé sur
PS PTS PS le plan téléphonique (figure 6).
PTS
L’adresse RNIS comprend les éléments suivants :
PS
PS PTS — l’indicatif de pays ;
PTS
— l’indicatif national de destination ;
— le numéro d’abonné RNIS ;
— la sous-adresse RNIS.
Pour un abonné téléphonique, il est donc possible de devenir
abonné RNIS, tout en conservant son précédent numéro dans
CAA CAA l’annuaire téléphonique.
CT CT

CT
CAA CAA
Réseau de transport des informations
9. Protocoles d’accès
CAA centre à autonomie d'acheminement
CT
PS
centre de transit
point sémaphore
9.1 Objectif
PTS point transfert sémaphore
Les protocoles RNIS étendent le concept de signalisation par
canal sémaphore jusqu’aux équipements terminaux des installa-
Figure 5 – Réseau de signalisation par canal sémaphore tions d’abonnés. Le canal D de l’accès usager-réseau transporte la
signalisation relative aux canaux B du même accès.
La signalisation mise en œuvre entre l’usager et le réseau permet
l’établissement des connexions nécessaires au transfert des infor-
mations entre usagers et la réalisation des compléments de service.
Parmi ces compléments de service, la signalisation d’usager à usa-
ger offre un moyen supplémentaire de transfert d’informations
40 chiffres maxi.
entre usagers.

Indicatif Indicatif Numéro Sous-adresse


de pays national de d'abonné RNIS
9.2 Structuration des protocoles
destination RNIS
Pour réaliser ces objectifs, les protocoles sur le canal D sont struc-
Numéro RNIS national turés en trois niveaux (ou couches) (figure 7) selon le modèle ISO :
4 chiffres dans les — le niveau « physique » (niveau 1) de l’interface usager-réseau
premières phases est défini aux interfaces S et T des accès de base et des accès
Numéro RNIS international
en France
primaires ;
Adresse RNIS — le niveau « liaison » (niveau 2) assure la transmission des tra-
mes entre deux entités situées de part et d’autre des interfaces S
ou T ;
— le niveau « réseau » (niveau 3) assure la commande et super-
Figure 6 – Fonctions d’adressage et plan de numérotage vise les appels.

TERMINAL Réseau (ou TNA) TERMINAL

7 7

6 Protocoles des couches supérieures 6

5 5

4 4
Protocole D Protocole D
3 3 3
LAP D LAP D
2 2 2
Accès physique Accès physique
1 1 1

Figure 7 – Structure en couches


des protocoles d’accès

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9.3 LAP D — gestion des primitives de service à l’interface avec les couches
adjacentes ;
— traitement des messages de niveau 3 et commande avec les
Le protocole de niveau 2 ou encore LAP D (Link Access Protocol fonctions de commande d’appel et de gestion des ressources ;
on the D channel ) permet des échanges de trames sécurisés entre — gestion des temporisateurs relative au protocole ou au traite-
les différents équipements assurant les fonctions de la couche 2 ment de l’appel ;
[terminaux, adaptateurs de terminaux, TNA (terminaison numéri- — gestion des ressources nécessaires (canaux, circuits, réfé-
que d’abonné), commutateurs]. rences d’appels...) ;
— contrôle et fourniture des services de base et compléments de
Le LAP D réalise les fonctions suivantes :
services demandés par les usagers.
— la délimitation par fanions, l’alignement et la transparence des
trames transportées ; Deux options sont actuellement identifiées pour la commande
— le multiplexage de plusieurs liaisons de données sur le même des compléments de service : la procédure du type stimulus et la
canal D ; procédure fonctionnelle :
— le maintien en séquence des trames lorsqu’elles sont numéro- — dans le cas de la procédure stimulus, les informations compo-
tées ; sées par l’abonné (chiffres, touches de fonction...) sont insérées
— la détection des erreurs de transmission, de formatage et de dans des éléments d’informations spécifiques et émises vers le
fonctionnement ; réseau. Le terminal ignore le type de demande, seul le réseau
— la correction des erreurs de transmission par répétition des analyse ces informations et détermine le traitement à réaliser ;
trames erronées ; — pour ce qui concerne la procédure fonctionnelle, le terminal a
— la notification à l’entité de gestion des erreurs qui ne peuvent connaissance de la demande de l’abonné et il insère dans un élé-
pas être corrigées ; ment d’information commun à différents compléments de service le
— le contrôle du flux. type de demande effectué par l’abonné, puis il émet cette indication
vers le réseau dans un message spécifique.
Ces fonctions sont conformes aux principes HDLC (High-level
Data Link Control ) définis par l’ISO. Le protocole fonctionnel utilisé pour la mise en œuvre des
compléments de service nécessite un niveau applicatif normalisé.
Le champ adresse du LAP D est constitué de deux octets ; le pre-
mier octet contient principalement le SAPI (Service Access Point
Identifier / identification du point d’accès aux services) et le second
le TEI (Terminal End-point Identifier, identification de l’extrémité ter-
minale). Ces deux éléments permettent de multiplexer plusieurs
LAP dans un même canal D ; le SAPI permet l’aiguillage de la trame 10. Installations d’usagers
vers l’entité de niveau 3 intéressée (processeur de signalisation,
commutateur de paquet ou entité de gestion) ; le TEI permet
d’adresser sur un bus passif un terminal particulier. 10.1 Typologie des installations
Les trames de niveau 2 sont de trois types : trames non numéro-
tées, trames de supervision, trames d’information. La distinction se Actuellement la configuration des installations d’usagers peut
fait au niveau du champ de commande du LAP D. prendre plusieurs formes. Il existe en effet deux grandes classes de
commutateurs privés : ceux de petite capacité (moins de 100 postes)
et ceux de moyenne et grosse capacité (100 postes et plus).
Le protocole de niveau 2 est fondé sur HDLC avec deux parti-
cularités.
a ) Le canal D peut transporter :
— des trames de signalisation ; 10.2 Petites installations
— des trames de données ;
— des trames de gestion... La plupart des installations de la première classe ne sont pas
Ces trames sont identifiées par un SAPI (identificateur de numériques et cette situation amène à constituer une nouvelle
point d’accès service) dans le champ adresse. gamme raccordée par un ou plusieurs accès de base au RNIS.
b ) Le protocole D est multipoint : le terminal concerné par
une trame est identifié par un TEI (identificateur de terminal)
dans le champ adresse. 10.3 Bus passif
L’installation la plus simple est celle d’un bus passif ou accès de
base isolé ne comportant pas d’équipement intermédiaire entre les
9.4 Protocole de commande des appels : terminaux et la terminaison numérique de réseau. Elle autorise la
protocole D connexion simultanée de huit terminaux (cinq en France) et est plus
particulièrement destinée aux petits établissements ou encore à la
Le protocole de commande des appels, généralement appelé pro- desserte de un à deux bureaux.
tocole D, constitue le protocole de niveau 3 (couche réseau). Sa
richesse et son évolutivité lui permettent de gérer de nombreux ser-
vices et compléments de service et de s’adapter aux évolutions de la 10.4 Commutateurs RNIS
demande.
Le dialogue entre l’usager et le réseau s’effectue par échanges de L‘utilisation d’un équipement intermédiaire ou commutateur
messages de longueur variable. Il permet de commander les appels conduit à distinguer deux configurations :
de base, c’est-à-dire la communication proprement dite, et les — le commutateur à accès de base isolé (figure 8a ) supportant
compléments de service. un bus passif sur lequel plusieurs terminaux (cinq en France) peu-
Pour gérer la commande des appels et des connexions et assurer vent être connectés qui permet la communication interne entre ter-
la supervision du transfert des messages ainsi que la détection minaux ainsi que le traitement de la sélection directe à l’arrivée et la
des anomalies, le protocole D fait appel aux fonctions suivantes : centralisation éventuelle d’autres services ;

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— le commutateur RNIS dont le raccordement au réseau peut constructeurs ainsi que des terminaux informatiques pour interfa-
s’effectuer par un groupement d’accès au débit de base n(2B + D) ou ces V.24, V.35 et X.21. Leur évolution vers le RNIS est naturelle.
par accès au débit primaire (30B + D) (figure 8b ) : pour la desserte
Dans un premier temps, les interfaces citées subsistent et cohabi-
interne de l’installation d’usager, il peut présenter les bus à interface
tent avec les interfaces RNIS normalisées. Ces dernières sont utili-
S RNIS (étoile de bus) mais aussi des interfaces téléphoniques
sées plutôt pour des terminaux dits intelligents : interface S0 pour
dédiées ou encore informatiques. Ces commutateurs gèrent les
micro-ordinateur et S2 pour les ordinateurs, les serveurs ou encore
compléments de services offerts par le réseau public ainsi que des
les réseaux locaux d’entreprise. Le PABX RNIS joue dans ce
compléments de services offerts uniquement en interne à l’installa-
contexte un rôle fédérateur (figure 9).
tion. Certains d’entre eux intègrent même des fonctions de traite-
ment des services en mode paquet.

10.6 Câblage des installations


10.5 PABX
Le câblage des installations fait l’objet de règles strictes de
Les PABX de moyenne et grosse capacité (100 postes et plus) construction. Ces règles consistent principalement à maintenir des
offrent une gamme étendue de services. Ils bénéficient des possibi- distances minimales entre le câble de l’installation et les sources de
lités de raccordement au réseau public via les accès au débit pri- perturbation éventuelles : énergie, tubes fluorescents, machines
maire. industrielles, et à utiliser dans certains cas des câbles avec écran.
En interne à l’installation, ils desservent des terminaux analo- Le câblage téléphonique existant peut, s’il est de bonne qualité,
giques, des terminaux numériques évolués et spécifiques aux servir de support aux extensions RNIS.

S S T
Accès
COMMUTATEUR TNR de base

S S

a à accès de base isolé

S.0

C S.0 n bus
O interface S
M
Groupement M
d'accès de base U S.2
ou T
accès primaire A
T
E
U
R
Autres
interfaces

b à accès au débit primaire

S.0 dénomination ECMA de l'interface S


TNR terminaison numérique de réseau
Figure 8 – Commutateurs RNIS

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Terminal
informatique

V.24, X.25, X.21 …


Terminal
informatique

Micro-
ordinateur

S.2
T.2
PABX RNIS
Interface
Téléphone spécifique
RNIS
Z
Terminal
informatique S.2
Régie

S.2 Ordinateur

Passerelle

Ordinateur
Réseau local

Imprimante Serveur

S.0 dénomination ECMA de l'interface S (144 kbit/s)


S.2 interface S.2 (2 Mbit/s)

Figure 9 – Rôle intégrateur du PABX RNIS

11. Équipements terminaux Les adaptateurs proposés ici ne sont pas exhaustifs. Ils couvrent
les besoins les plus courants des utilisateurs professionnels et réali-
sent les adaptations suivantes :
— AT A/S (audiofréquence/S) pour les modems, les téléphones
11.1 Téléphone RNIS analogiques, les télécopieurs groupe 3 connectables sur réseau télé-
phonique commuté ;
Plusieurs types de téléphones numériques (TTN) ont été dévelop- — AT X21/S pour les terminaux à 56 et 64 kbit/s et à interface
pés. Suivant les modèles, ces téléphones peuvent offrir des facilités X.21 ; l’interface X.21 est une interface standardisée par l’UIT-T pour
additionnelles s’appuyant sur des fonctions spécifiques au RNIS et l’accès aux réseaux publics de données synchrones à commutation
donnent un confort d’utilisation nettement supérieur à celui offert de circuit ;
par les postes analogiques classiques. — AT V24/S pour les terminaux informatiques synchrones et
asynchrones à interface V.24. L’adaptateur V24/S offert par France
Les terminaux téléphoniques RNIS peuvent être considérés Télécom s’appuie sur la recommandation ECMA (European Compu-
comme des postes haut de gamme. Selon le cas, ils disposent d’un
ter Manufacturer Association ) et il est destiné aux applications de
dispositif de visualisation à cristaux liquides, de touches de fonc- type commuté ou non, à appel/réponse manuel ou automatique ;
tion, de touches programmables, d’un clavier alphanumérique, de
— AT X25/S pour les terminaux en mode paquet et à interface
touches d’appel direct, d’un haut-parleur, d’un dispositif main libre ;
X.25 ;
ils peuvent aussi offrir des facilités de programmation : annuaire
— AT V35/S pour les terminaux à 56 et 64 kbit/s de données syn-
personnel, journal des appels, envoi et réception de messages
chrones rapides destinés à être connectés à des liaisons spéciali-
alphanumériques, gestion de mots de passe, etc. Une gamme sées et à interface V35.
complète allant du plus simple au plus sophistiqué est aujourd’hui
disponible sur le marché international. En matière d’alimentation, l’adaptateur puise son énergie sur le
secteur.

11.2 Adaptateurs de terminaux


11.3 Cartes pour micro-ordinateurs
Les adaptateurs (AT) permettent de raccorder les terminaux non De plus en plus répandu dans les bureaux, polyvalent, le
RNIS existant chez l’usager. Ils évitent ainsi aux usagers RNIS micro-ordinateur a été très tôt considéré comme le terminal RNIS
d’avoir à changer ces équipements. type.

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En lui ajoutant des cartes d’interface S, on lui permet de s’ouvrir à Le déploiement de la VN6, va permettre d’offrir sur les commuta-
une variété d’applications conduisant à une utilisation multimédia teurs de troisième génération un nouveau mode d’accès qui sera
fondée sur une intégration de différentes fonctions : télécopie, totalement compatible avec la norme européenne ETSI et qui est
téléphonie,... appelé provisoirement Euro-Numéris2. Puisque cette nouvelle
De nombreux constructeurs ont développé et commercialisent de norme ne remplace pas Euro-Numéris, il n’y a donc aucune obliga-
telles cartes. tion pour les clients à basculer vers elle avant plusieurs années.
L’avantage essentiel de ce nouvel accès est de permettre le raccor-
dement des terminaux européens.
11.4 Autres terminaux L’offre Euro-Numéris2 sera très proche de l’offre actuelle, mais
elle sera enrichie progressivement au cours des VN successives,
On se reportera aux téléservices correspondants. On peut citer alors que l’accès Euro-Numéris actuel restera « figé ».
par exemple : les terminaux de l’écrit, les terminaux de l’image, les
terminaux téléaction, les terminaux multimédia et multiservice, etc.

13. Conclusion
12. Évolutions du RNIS
en France Le RNIS décrit dans cet article est dit à bande étroite. Il ouvre la
voie à de nouveaux modes de communication mêlant la voix et les
données. On dénombrait début 1999, des RNIS opérationnels dans
En France, le RNIS se développe à partir de paliers fonctionnels plus de cent pays à travers le monde. L’Euro-RNIS (Euro-ISDN en
successifs des commutateurs du réseau public. Le contenu spécifi- anglais) occupe une part de plus en plus prépondérante, puisque
que au RNIS est appelé version numérique (VNx , x indiquant le une trentaine d’opérateurs du monde entier adhèrent aujourd’hui
numéro de version). Chaque palier comporte des enrichissements au IMING, le groupement des opérateurs et des industriels signatai-
matériels et logiciels. res du Memorandum of Understanding (MoU) pour une implémen-
Actuellement le seul mode d’accès commercialisé en France est le tation organisée de l’Euro-RNIS. Il ne s’agit cependant là que d’une
mode Euro-Numéris qui a été inauguré avec la VN4. Ce mode sera première étape dans l’évolution des services. Conçu dans la pers-
maintenu sur les VN suivantes et sur tous les commutateurs pective de futurs services à plus haut débit, le RNIS à large bande
jusqu’au remplacement des commutateurs de deuxième géné- permettra également d’enrichir encore les modes de communica-
ration. tion antérieurs.

Références bibliographiques

[1] DICINET (G.). – Le RNIS Techniques et atouts. [2] BOCKER (P.). – ISDN - Concept, Methods, Sys- [3] GRIFFITHS (J.M.). – ISDN explained. BT, 1992.
Collection Technique et scientifique des Télé- tems. Springer-Verlag, 1992.
communications. Masson, 1990.

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