Introduction Generale
Introduction Generale
Contexte et problématique
Son objectif est évolué en dépendant des faits économiques dans les pays en
développement. Cependant, dans un premier temps, l’APD est orientée pour améliorer la
croissance économique, par le biais de l’industrialisation et de la promotion industrielle. Dans
les années 1965 à 1980, elle est réorientée sur le développement social et rural. A partir de
l’année 2000, l’objectif est réorienté vers la réduction de la moitié du taux de la pauvreté
mondiale en 2015, dans le cadre du programme Objectif du Millénaire pour le
Développement (OMD). En 2015, ces objectifs ont été remplacés par les Objectifs de
Développement Durable (ODD). C’est un ensemble de 17 objectifs universels adoptés par les
Nations Unies pour guider les actions de développement jusqu’en 2030. Son but est de couvrir
un spectre plus large de défis mondiaux, incluant la lutte contre les inégalités, le chargement
climatique et la promotion de la paix et de la justice.
1
La question qui se pose est de savoir, quel est l’impact de l’aide sur la pauvreté à
Madagascar ?
Objectif de l'étude
Hypothèses
Méthodologie
Après le traitement des données, il sera question de faire les analyses de résultats des
modèles économétriques qui permettront de tirer une conclusion et faire des
recommandations.
Le travail s'est articulé autour de deux parties comme suit : dans la première partie,
nous allons présenter les fondements théoriques de l’aide et de la pauvreté. Dans la deuxième
partie, nous analysons l’impact entre l’aide et la pauvreté à Madagascar.
2
PARTIE I : CADRE THEORIQUE
Dans cette première partie, nous débuterons notre analyse par les aspects théoriques du
fondement théorique de l’aide publique au développement, ensuite, nous présentons revu de la
littérature de l’efficacité de l’aide publique sur la réduction de la pauvreté et enfin, nous
présentons les fondements théoriques de la pauvreté.
3
CHAPITRE I : FONDEMENTS THÉORIQUES DE L'AIDE AU DÉVELOPPEMENT
I.1.1- Définition
En d’autres termes, le CAD de l’OCDE définit l’APD comme “des prêts ou dons
accordés aux pays et territoires figurant dans la liste des bénéficiaires de l'APD établie par le
CAD et aux organisations multilatérales, par le secteur public, à des conditions financières
libérables, dans le but principalement de faciliter le développement économique et
d'améliorer les conditions de vie dans les pays en voie de développement “ (CAD, 1960)
Pour olivier Charnoz et Jean Michel Severino, l’aide au développement est « une
activité par laquelle des Pays font transiter vers d’autres des ressources publiques en vue de
contribuer à leur développement » (CHARNOZ Olivier, 2007) .
Robert J-Berg définit aussi l’aide publique au développement comme suit : « L’APD
est une subvention ou prêts accordés par le secteur public, avec comme objectif principal la
promotion du développement » (OCDE, Rapport sur la coopération pour le développement
2003, 2004) .
En définitive, cette définition retient pour l’essentiel quatre conditions pour qualifier
un transfert de ressources d'APD. (Charnoz O et Severino 2007)
4
Son origine : une dépense publique émane des pays membres du CAD
Pour Thomas Coutrot et Michel Husson, l’APD ou l’aide se définit comme des « dons
ou prêts à des conditions financières privilégiées accordés par des organismes publics des
pays de l’OCDE ou de l’OPEP.
Ainsi, l’APD est considérée comme d’investissement pour l’avenir pour les pays
donateurs puisqu’elle permet d’ouvrir de nouvelles marches, de réduire la pauvreté, de
promouvoir le développement durable et de poursuivre une politique extérieure en mettant en
avant une image généreuse d’eux-mêmes.
5
l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires
» (Nations-Unies 1948).
Au début des années 1960, le comité d'aide au développement (CAD) fut créé au sein
de l'OCDE. Il marque une étape importante dans l’institutionnalisation de l'APD. Pendant
toute cette période, l'aide favorise la reconstruction économique et le développement au profit
d'intérêt politico-stratégique supérieur : les intérêts des pays donneurs seront d'autant mieux
servis que les bénéficiaires se développeront de façon soutenue. Cette vision politique et
quantitative de l'aide atteint vite ses limites dans les années 1970. La croissance dans les pays
pauvres ne décolle pas, chômage et la pauvreté s'accroît.
Une troisième tendance apparait dans les années 1980. En effet, sous l'effet de la crise
pétrolière des années 70, un grand nombre des pays en développement sont confrontés à une
importance crise de la dette. C'est pourquoi, il avait naissance de PAS, à partir des années
1980, instauré par les institutions de Bretton-Woods pour aider ces pays à faire face au
remboursement de leur dette (cercle vicieux de dette). Le PAS a pour objectif : stabilité
économique et développement. Au début des années 1990, le PAS enregistré des échecs car
elle alourdi les dettes.
Au début des années 2000, le sommet du Millénaire réorienté l'aide vers la réduction
de la pauvreté et conduit à la création des Objectifs du Millénaire pour le Développement
(OMD) ; s’inscrit dans un contrat de huit objectifs précis (PNUD, Les Objectifs du Millénaire
pour le développement disponible sur :
http://www.undp.org/content/undp/fr/home/sdgoverview/mdg_goals.html) :
6
Le sommet de Monterrey, en mars 2002 confirme l'engagement des pays donneurs à
accroître leurs efforts et celui des pays bénéficiaires à améliorer leur gouvernance. Les
sommets de G8 où des conseils de l’union européenne ont tous depuis repris ces thèmes et
confirmé ces engagements, rivalisant d'initiatives sur la réduction de dettes et l'aide à
l'Afrique.
D’une manière générale, il existe deux types d’aide, à savoir l’aide bilatérale et l’aide
multilatérale.
7
Aide Bilatérale
ETAT
ETATS
PAUVRE
RICHES
Aide Multilatérale
Organisation
ETATS RICHES
international
(BAD,BM,FMI,.. ETATS RICH
)
. L’aide bilatérale s’agit de l’aide provient d’un pays X, transférer vers un pays Y. Les
donateurs de l’aide bilatérale sont souvent les pays membres de l’OCDE et les pays riches
comme : les Etats-Unis, France, Japon, Angleterre, Allemagne, etc…
. L’aide multilatérale est une ressource provenant par les IFI, telle que la Banque
Mondiale, le FMI, l’ONU et l’Union européenne.
8
En, effet, chaque trois an le comité d’aide au développement établit la liste des pays
bénéficiaires de l’aide. Le CAD classé les pays bénéficiaires de l’aide, en fonction de leur
taux de pauvreté. Les principaux pays bénéficiaires de l’aide sont :
Par ailleurs, en ce qui concerne les conditions d’octroi, les pays bénéficiaires doivent
respecter des engagements envers les pays donateurs. Les conditionnalités des aides sont :
l’ouverture vers l’extérieur, instauration de l’économie de marche, assainissement des
services publics et de système financier, promesse de bonne gouvernance, respecter des
équilibres macroéconomiques et limitation stricte du rôle de l’Etat dans le secteur
économique.
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CHAPITRE II : REVUE DE LA LITTERATURE DE L’EFFICACITE DE L’AIDE AU
DEVELOPPEMENT EN TERMES DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
A la fin des années 90, l’aide publique a pour objectif de réduire la pauvreté. Ainsi, la
perspective de la réalisation des OMD, l’analyse de Coller et Dollar (2001-2002) veulent
chercher des critères qui maximisent l’impact de l’aide à la réduction de la pauvreté. Ils
défendent alors l’idée que la réduction de la pauvreté serait maximisée par une allocation
fondée sur la performance économique et la qualité des instituions des receveurs. La réduction
de la pauvreté est progressivement devenue l’objectif majeur de l’aide et de la réforme des
politiques. Cependant, plusieurs auteurs ont donné de preuves son impact sur la croissance
économique, à savoir si l’aide contribue à la croissance et que la croissance contribue a la
réduction de la pauvreté. Ce raisonnement repose sur l’hypothèse que l’aide n’a pas effet
direct sur la pauvreté et que l’effet passe essentiellement par la croissance. De plus Coller et
Dollar construisent un modèle d’allocation d’aide dont l’objectif est de maximiser la
réduction de la pauvreté. Dans laquelle, soulignent que : pour maximiser la réduction de la
pauvreté, l’aide devrait être alloué aux pays ayant de graves problèmes de pauvreté et de
bonnes politiques économiques. Pour atteindre à cet objectif, Coller et Dollar doivent mesurer
l’effet marginale de l’aide sur la croissance et l’effet de la croissance sur la réduction e la
pauvreté. Alors, ils ne proposent pas que l’effet marginal d l’aide sur la croissance procédée à
la détermination d’une allocation d’aide maximisant la réduction de la pauvreté. De plus, ils
mesurent la pauvreté par la proposition de la population vivante avec moins de 2$ par jour, et
par l’élasticité de la pauvreté par rapport à la croissance.
En effet, l’analyse de Burnside et Dollar fait nombreuses critiques, ainsi que certains
auteurs ont identifié autres facteurs naturels et structurels pouvant aussi influencer l’impact de
l’aide. La vulnérabilité structurelle de pays bénéficiers et son impact sur l’efficacité sont
analyses dans Guillaumont et chauvet (2001). Eux aussi proposent un modèle aide-croissance
de type Burnside et Dollar augmenté et proposent à son estimation économétrique. La
vulnérabilité structurelle est en fonction de chocs confrontés dans un pays, mais aussi de leurs
sensibilités à ces chocs. Il existe deux types de chocs : les commerciaux et les climatiques
(causés par exemple, par la sécheresse, des innovations et des cyclones). Les chocs
commerciaux sont classés en deux catégories, à savoir, les chocs à long termes et les chocs à
cours termes.
10
II.3- Efficacité de l'aide publique au développement sur la réduction de la
pauvreté
Depuis plus de 40 ans la communauté internationale mené une analyse sur l'efficacité
de l'aide en matière de développement économique et social des pays bénéficiaires.
Cependant, plusieurs sont les auteurs qui effectuent une analyse de l’impact de l’aide sur la
réduction de la pauvreté. Certains auteurs affirment que : d’un part, l’aide a un impact positif
sur la réduction de la pauvreté, d’autre part l’aide contribue négativement à la pauvreté et
enfin, les autres chercheurs qui affirment que des conditions sont nécessaires pour que l’aide
atteigne son objectif.
Burnside & Dollar (2000), par leur célèbre théorie dans « Aid, Policies, and
Growth » a démontré que l'APD stimule la croissance dans les pays avec de solides politiques
économiques, ce qui contribue à la réduction de la pauvreté.
Dans son ouvrage, Collier & Dollar (2001, 2002) ont indiqué que l'APD, lorsqu’elle
est ciblée sur des secteurs comme la santé et l'éducation, peut significativement réduire la
pauvreté.
Gomanee et al. (2005) ont suggéré que l'APD améliore des indicateurs de bien-être,
comme la mortalité infantile et l’accès à l'eau potable.
Par ailleurs, Patrick Guillaumont et Chauvet ont affirmé que l'aide contracyclique aide
à stabiliser les économies des pays vulnérables aux chocs externes, limitant ainsi les risques
de pauvreté accrue.
Easterly (2006) a suggéré que l’aide peut être efficace si elle est adaptée aux contextes
locaux, gérée de manière décentralisée et en collaboration avec les communautés
bénéficiaires.
11
Aid », a critiqué l’APD pour avoir créé une dépendance économique, ralentissant le
développement autonome des pays bénéficiaires (Moyo, 2009).
Par ailleurs, Easterly (2006), dans son livre « The White Man’s Burden », a expliqué
que l’APD, sans mécanismes de transparence, peut renforcer les gouvernements inefficaces et
corrompus, exacerbant la pauvreté.
Dans son œuvre, « Politics and the Effectiveness of Foreign Aid », Boone (1996) a
souligné que l’APD mal gérée peut générer des distorsions économiques, telles que l’inflation
et une mauvaise allocation des ressources.
Ainsi, cette variable POL est introduite dans cette équation ayant pour variable
dépendante « CROISSANCE » :
12
II.4.2- Le modèle de Collier et Dollar (2001-2002)
ga = β3 + 2β4A + β5P
Et enfin, la valeur optimale d’aide reçue par le pays i est alors donnée par :
Parmi les auteurs qui avancent que des conditions sont nécessaires pour que l’aide
atteigne son objectif, on peut citer l’analyse de Burnside et Dollar (1997-2000) qui a constitué
la base des recommandations de la banque mondiale. Burnside et Dollar ont fait ressortir la
conclusion qu’une aide a un impact positif sur la réduction de la pauvreté lorsqu’elle est
allouée uniquement dans les pays qui adoptaient des bons politiques macroéconomiques
(politiques économiques). Cette affirmation résulte d'un travail économétrique dans lequel des
équations de croissance sont estimées en incluant une variable d'aide en interaction avec un
indicateur de politique économique (BURNSIDE, « Aid, Policies, and Growth »., 2000).
Par ailleurs, Collier et Dollar (2001-2002), veulent chercher des critères qui
maximisent l’impact de l’aide à la réduction de la pauvreté. Ils défendent alors l’idée que la
réduction de la pauvreté serait maximisée par une allocation fondée sur la performance
économique et la qualité des institutions des pays receveurs (COLLER).
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Pour Guillaumont et Chauvet, ont introduit l’idée que l’aide doit être adaptée en
fonction de la vulnérabilité économique des pays. Selon eux, les pays les plus vulnérables aux
chocs extérieurs (comme les crises financières mondiales, les fluctuations des prix des
matières premières ou les catastrophes naturelles) devraient recevoir une aide ciblée pour
réduire leur vulnérabilité et favoriser un développement durable (Chauvet, 1999).
William Easterly (Easterly, Mars 2006) est un critique virulent des approches
traditionnelles de l’aide. Dans son livre « The White Man’s Burden », il a soutenu que l’aide
internationale, lorsqu’elle est mal gérée et imposée de manière top-down (imposée par des
bailleurs de fonds extérieurs), échoue à réduire la pauvreté. Il plaide pour des approches plus
locales et décentralisées, où l’aide est mieux ciblée et où les initiatives locales sont valorisées.
14
CHAPITRE III : FONDEMNTS THEORIQUES DE LA PAUVRETÉ
Les deux institutions phares dans la lutte contre la pauvreté sont la Banque Mondiale
et le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). Les causes de la
pauvreté demeurent les points communs qui relient ces deux institutions. Cependant, elles se
divergent quant à leur définition et à leur qualification. Voici les trois notions avancées selon
le PNUD en ce qui concerne la notion de la pauvreté :
La pauvreté monétaire n’est pas officiellement définie par le PNUD, mais celle-ci
l’évoque. Sa préoccupation est la mise en évidence de la pauvreté humaine tout au long de son
analyse. Celle-ci est liée à la notion de développement humain inspiré des travaux
d’Amartya Sen (Prix Nobel d’Economie – 1998) : le développement humain représente
l’élargissement des possibilités et des choix offerts aux individus. D’où une approche
15
multidimensionnelle est privilégiée par le PNUD où la pauvreté humaine est définie comme
étant :
« La négation des opportunités et des perspectives fondamentales sur lesquelles repose tout
développement humain : vivre une vie longue, saine, constructive, et jouir d’un niveau de vie décent,
ainsi que de la liberté, de la dignité, du respect de soi-même et d’autrui »
1
Darwinisme sociale : désigne l’application de la théorie de la sélection naturelle, en principe réservée au
monde animal, mais également à la société humaine.
16
monétaires afin de mesurer les besoins nutritionnels, vestimentaires et de logement. Ce qui
mènera à de longs débats et analyses au fur et à mesure du temps au sujet de ce phénomène.
Peter Townsend4 entreprend dans les années 1970 une approche relativiste de la
pauvreté. Pour lui : « Les individus, familles ou groupes de la population peuvent être considérés en
état de pauvreté quand ils manquent des ressources nécessaires pour obtenir l'alimentation type, la
participation aux activités, et pour avoir les conditions de vie et les commodités qui sont
habituellement ou sont au moins largement encouragées ou approuvées dans les sociétés auxquelles
ils appartiennent. Leurs ressources sont si significativement inférieures à celles qui sont déterminées
par la moyenne individuelle ou familiale qu'ils sont, de fait, exclus des modes de vie courants, des
habitudes et des activités ».
John Rawls à travers son livre « Théorie de la Justice » (Rawls, 1971) avance une
définition philosophique de la pauvreté en s’intéressant sur ce qu’il estime comme les biens
premiers, en d’autres termes, les droits de base, la liberté de choix. Il pense définir la pauvreté
telle une situation considérée comme inacceptable c’est-à-dire injuste, dans une société
donnée et ce sur un plan économique et social. Contrairement aux welfaristes qui estiment que
la base de l’arrangement social réside sur la solitude de la justice ou de l’équité.
17
La seconde approche de Sen est l’approche multidimensionnelle des « Capabilités »
(cf. différentes approches de la pauvreté). Il y estime que la pauvreté doit prendre en compte
les facteurs du « bien-être ». Amartya Sen démontre à travers ses analyses que la pauvreté ne
doit pas être considérée seulement comme une insuffisance de revenus monétaires. Il est
nécessaire, pour lui, de prendre en compte la condition physique des personnes et ses
accomplissements personnels. Sa phrase « la valeur du niveau de vie a tout à voir avec la vie,
non pas avec la possession des biens » résume parfaitement cette idée.
Martin Ravallion décrit la pauvreté à travers les ressources, plus précisément sur la «
satisfaction » par les ressources. Dans ses travaux « Comparaisons de la Pauvreté » (Martin
Ravallion, 1996.) , il définit la pauvreté dans une société :
Selon cette approche le bien-être résulte d’une insuffisance des ressources monétaires
qui entraîne une consommation insuffisante. Elle s’appuie soit sur le revenu, soit sur la
18
consommation traduite en valeur monétaire. Cette approche est dominante et la plus utilisée
par les institutions internationales, notamment la Banque Mondiale.
Cette approche fait sortir deux principes essentiels : le premier est que les individus
sont les seuls à savoir ce qui est dans leur intérêts. Dans cette optique, ils ont donc des
préférences différentes. Le second est que l’Etat doit limiter ses interventions dans l’économie
en mettant mettre l’accent sur des politiques réduisant la pauvreté. Cependant ces politiques
doivent être basées sur l’augmentation de la productivité, de et par conséquence du revenu.
Cette approche met en évidence l’identification des besoins collectifs à tous les êtres
humains nécessaires pour atteindre une certaine qualité de vie. Ces besoins sont ceux de base
tels que l’éducation, la santé, l’hygiène, l’assainissement, l’eau potable et l’habitat.
Effectivement, la considération d’une personne pauvre se fait en tenant compte de la non-
satisfaction de ses besoins de base par rapport à un certain standard de vie. La définition
même des besoins de base est l’un des inconvénients de cette approche puisque la pauvreté
reste assez relative.
5
Utilité : Selon la théorie économique néoclassique, un agent économique totalement rationnel a pour objectif financier de
maximiser son utilité, c'est-à-dire sa « jouissance » immédiate ou potentielle
6
Préférences : Un agent économique rationnel cherche à maximiser sa satisfaction, qui est l’expression de ses préférences
(choix différents), en fonction des contraintes qui pèsent sur lui.
19
Il s’agit d’une méthode consistant à analyser une source homogène, par exemple : des
enquêtes ponctuelles auprès des ménages, pour identifier les individus étant privés
conjointement de certains biens et services nécessaires pour assurer un niveau de vie « normal
». Suite à ces enquêtes, la construction d’un score relatif fait bâtir par rapport à ces privations
pour chaque unité statistique. Les miséreux ont un nombre de privations récurrentes et fixes.
Le souci avec cette approche reste dans la définition de ces biens et services nécessaires et la
fixation d’un score minimale.
Les capacités d’un individu sont déterminées par ses potentialités. Elles correspondent
à « des dotations en capital social, capital humain, capital physique et capital économique,
ainsi que par ses opportunités. Celles-ci sont conditionnées par l’environnement propre à
l’individu. Ce dernier déterminera ses choix possibles, c’est-à-dire les contraintes de
fonctionnement.
Les fonctionnements sont des accomplissements tandis que les capacités peignent la
liberté de choisir parmi les différents fonctionnements. Une personne qui n’a pas les capacités
d’atteindre un certain sous-ensemble de fonctionnements est pauvre. En finalité, la privation
de cette fonctionnalité est la base de la considération de la pauvreté.
La pauvreté subjective : c’est une pauvreté consistant à évaluer les perceptions des
ménages. Ces derniers ont été soumis à des enquêtes et répondent à des questions relatives à
leur situation. Par exemple : le fait de pouvoir épargner, ou de devoir se servir de ces réserves,
ou de disposer de la somme minimale nécessaire pour « joindre les deux bouts ». Cette
démarche permet de savoir comment les besoins des ménages jugent nécessaires et comment
20
sont ceux, qui à leur avis, sont un signe de pauvreté. Cette approche comporte des
inconvénients car les questions avancées exigent des appropriations au contexte.
III.2-Mésures axiomatiques
Mesurer la pauvreté exige l’adoption au préalable d’un ensemble des propriétés, qui
implique une conceptualisation de la pauvreté. Nous présentons dans cette section, les
axiomes qui sous-tendent les mesures de la pauvreté et les indices qui en sont dérivées.
Effectivement, les axiomes sont divisés en trois grandes catégories à savoir les axiomes
d’invariance, les axiomes de dominance, les axiomes de sous-groupe.
Selon Foster (Foster, 2006), les axiomes de mesure de la pauvreté peuvent être
utilement regroupés sous trois catégories : les axiomes d’invariance, les axiomes de
dominance et les axiomes dits de sous-groupes. Cette approche axiomatique de mesure de la
21
pauvreté développée progressivement dans la littérature par Sen (Sen, An Ordinal Approch to
measurement of poverty, 1976), Foster, Greer et Thorbecke (1984), Shorrocks (Shorrocks,
1995), permet à l’utilisateur de mesurer la pauvreté en précisant la signification qu’il donne à
la pauvreté et à son évolution. Dans tout ce qui suit nous utiliserons deux fonctions pour
donner une illustration mathématique des notions utilisées. Soient les fonctions P (y ; z) et P
(x ; z) mesurant les proportions de pauvres pour deux niveaux d’attribut x et y, et z constitue
le seuil de pauvreté.
a- L’incidence de la pauvreté
Quand nous voulons mesurer la pauvreté d’une population donnée, l’incidence est le
premier indice. C’est un indice simple à calculer servant à évaluer la fréquence ou l’étendue
de la pauvreté. Il est la proportion des individus pauvres dans la globalité de la population
donnée.
q
H (y, z) = f1
n
Voici le rapport du nombre des individus pauvres vis-à-vis du nombre total des
individus (la population). La borne inférieure de cet indice est égale à 0. Ce qui veut dire que
lorsque (q = 0), il n’y a pas d’individus pauvres dans la population donnée. Et atteint sa borne
supérieure (q = 1) lorsque toute la population est pauvre. Néanmoins, l’indice H ne considère
pas l’intensité de la pauvreté. En d’autres termes, sur l’écart des individus pauvres vis-à-vis
22
du seuil de pauvreté. En conséquence, le gouvernement ne pourra pas cibler en premier lieu
les personnes les plus pauvres s’il se base sur cet indice pour lutter contre la pauvreté. Sen
(1984) ajoute que l’indice ne satisfait pas le principe de transfert du revenu entre les
personnes pauvres et les personnes riches.
b- L’intensité de la pauvreté :
L’intensité de la pauvreté “poverty gap ratio“ ou “income gap ratio“ en anglais est un
indice permettant d’apprécier l’éloignement du niveau de la vie de la population pauvre du
seuil de la pauvreté. Par conséquent, nous déterminons cette différence entre seuil de la
pauvreté et revenu déterminant dans cette étude le niveau de la vie de personnes. Cette
différence sera notée dans tout ce qui suit g i = (z - yi) /z. L’intensité de la pauvreté notée par I,
est la moyenne de cet écart au seuil de pauvreté :
q
I (z, y) =
∑ gi f2,1
i=1
q
q
I (y, z) =
∑ (z− yi) f2,2
i=1
qz
La formule nous donne aussi le prix pour éradiquer la pauvreté dans un pays donné qui
est de µ (y ,z) c’est-à-dire la quantité théorique des transferts de liquidités destinés aux
personnes pauvres pour leur permettre de sortir de la pauvreté.
Sen (Sen A. , 1976) peint deux étapes principales pour mesurer la pauvreté dans un
cadre unidimensionnel à savoir l’identification des individus pauvres dans la population totale
et l’agrégation qui consiste à construire une mesure numérique synthétique. En suivant le
23
concept de Sen afin d’identifier les pauvres dans un cadre unidimensionnel, Alkire et Foster
(SABINA alkire, 2011) présentent le calcul d’un ensemble des paramètres. Ceux-ci sont
inspirés de la traditionnelle mesure unidimensionnelle de Foster Greer and Thorbecke (FGT).
Celle-ci sera développée le comme suit :
q α
1 Z−Gi
pα = ∑
n i=1
(
Z
) , avec α >0 f 3,1
Où α = 0, 1, 2, ..., est un paramètre reflétant le poids relatif des plus pauvres parmi les
pauvres dans le calcul de l'indice. Ainsi, l'interprétation de l'indice dépend de la valeur de a.
Considérons d’abord les vecteurs suivants à partir d’une seule dimension. Le revenu y
et un seuil de pauvreté z correspondent au niveau minimum sous lequel une personne est
considérée pauvre, si ce seuil est souvent supposé être absolu.
Alors tout simplement le taux de la pauvreté à calculer sera mesuré par le paramètre .
Po= µ (go) qui n’est autre que la moyenne du vecteur de privation, revient à diviser le nombre
des personnes pauvres par le nombre total des personnes. Si α = 0, l'indice devient tout
simplement la proportion de la population classifiée comme pauvre :
q
PO= =H f3,2
n
24
taux de la pauvreté n’évolue pas dans le même sens, c’est-à-dire qu’il ne tient pas compte de
la décomposition, pour cela nous aurons besoin d’autres mesures.
Si α = 1, l'indice ne tient pas seulement compte du nombre des pauvres, mais aussi de
la profondeur de la pauvreté elle-même. Cet indice peut être écrit comme suit :
( gz )=H × I
q
p1=∑ i
f3,3
i=1
( )
q 2
gi
p2=∑ f3,4
i=1 z
Sen7 a fait valoir que la pauvreté devrait comporter un volet privation absolue (telle
que représentée par l'écart moyen gi ; et une composante de la privation relative (donnée par
le poids). Par conséquent, on pourrait faire valoir que gi est également composé d'éléments
absolus et relatifs.
7
The Foster-Greer-Thorbecke Poverty Measures: par James Foster (2010), The George Washington University
and OPHI, Oxford
25
et lui ont donné une certaine crédibilité. Cependant, les propriétés vérifiées par p2et le reste
de la classe FGT qui le distinguent de son prédécesseur et lui ont donné une plus large
applicabilité.
Quand nous parlons des indices axiomatiques, il faut tenir compte qu’il existe différents types,
notamment l’indice de Foster GREER et de THORBECKE (FGT), l’indice d’Amartya SEN, l’indice
de KAKWANI (Kakwani, 1980),et l’indice de THON.
26
Dans cette seconde partie, premièrement nous présenterons le profil du pays.
Deuxièmement, nous exposerons la situation générale de l'aide reçue à Madagascar.
Finalement, nous analyserons la modélisation économétrique de l’impact de l’aide au
développement sur la pauvreté à Madagascar.
27
Source : Carte géographique de Madagascar disponible sur https://wwww.unicef.org
(Madagascar, 2011)
28
Sources : EPM 1993, 1997,1999, 2005, 2010, WEO – FMI (le taux de croissance pour
l’année 2010 est une estimation)
Ces crises ont souvent entraîné une forte perte d'emplois formels, une augmentation du
coût de la vie, un ralentissement des activités des entreprises, ainsi que l'arrêt ou la réduction
des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Les crises
politiques ont eu des effets directs et indirects sur les droits de la population, particulièrement
les plus vulnérables, comme les enfants. À court terme, elles ont accentué la pauvreté et la
vulnérabilité des ménages, la communauté internationale ayant suspendu ses aides
extérieures. À long terme, les programmes de développement ont été compromis à chaque
crise. L'enseignement a été perturbé, avec des écoles fermées pendant les périodes
d'insécurité, et les services de santé ont limité leurs activités. On a également observé une
montée de l'insécurité, des coupures de routes, une pénurie de produits essentiels comme le
carburant, les médicaments et d'autres intrants nécessaires à l'économie, ainsi qu'une
diminution des soins médicaux. Ces différentes crises politiques, dont celle de 2009, ont
entraîné un désordre économique et social, aggravant la pauvreté et la vulnérabilité de la
population.
En 2010, le pays était classé 135e sur 169, avec un indice de développement humain
(IDH) de 0,435. Ces chocs ont contribué à l’émergence d’une nouvelle catégorie de pauvres
en milieu urbain, notamment à Antananarivo, caractérisée par des déficits importants, en
particulier dans les domaines de l’alimentation, du revenu, de l’emploi et de la sécurité.
29
Les crises de 1991, 2002 et 2009 ont fait chuter respectivement le taux de croissance
économique de -6,3%, -12,4% et -3,7%. Il est important de noter que les résultats de 2009
sont le fruit de la crise politique interne et de la crise financière mondiale qui a touché le
pays.La crise de 2009 a particulièrement marqué une perte importante d'emplois, en raison de
la destruction ou de la faillite des unités de production et des entreprises. Les femmes ont été
particulièrement touchées par cette situation, avec une baisse de 10 points de pourcentage du
taux d'emploi entre 2008 et 20108. Le secteur du tourisme a également subi des réductions
d’emplois ou de salaires.
8
Source McRAM Mai 2010 Nations Unies Madagascar
9
Source SOWC 2010, Madagascar at a Glance
30
En 1990, le taux de fécondité moyen était de 6,2 enfants par femme, tandis qu'en 2008,
ce chiffre est passé à 4,8, selon l'Enquête Démographique et de Santé (EDS) 2008-2009.Cette
même enquête révèle que la fécondité à Madagascar est relativement précoce, avec 150
naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 19 ans. Ce taux augmente rapidement pour
atteindre son pic avec 245 naissances pour 1 000 femmes entre 20 et 24 ans. Par la suite, il
reste élevé à 189 naissances pour 1 000 femmes de 30 à 34 ans, avant de diminuer
progressivement après 35 ans.
Madagascar est un pays les plus pauvres du monde. L'économie est largement basée
sur l'agriculture, les exploitations minières, la pêche et l'industrie de textile.
Malgré sa richesse en ressources naturelles, Madagascar figure parmi les pays les plus
pauvres du monde. L'instabilité politique, la faiblesse des institutions et la médiocrité de la
gouvernance nuisent à sa croissance. Après une période de déclin économique entre 2009 et
2013, une légère reprise est constatée depuis 2014. Le secteur minier est resté vigoureux, la
production agricole s'est lentement remise de l'invasion de criquets de 2013 et le tourisme
s'est redressé. La croissance économique atteint 4,2% en 2016 mais reste insuffisant.
L'économie de Madagascar repose essentiellement sur l'agriculture (Banque Mondiale, 2016).
Madagascar est maintenant classée dans les pays la plus pauvre de la planète. Avec
son PIB 9,991 milliards USD, son RNB est de 35,9 milliards dollars PPA, taux de croissance
du PIB 4,2% variation annuelle, RNB/hab. est de 1440 dollars PPA, PIB/hab. : 401,32 USD
(Banque Mondiale, 2016). Selon, l’estimation de l’INSTAT, le taux de croissance
économique de Madagascar est améliorée entre 2009-2014, puisque en 2009, le taux de
croissance passant de -4,1%, à 0,3% en 2010, de 1,5% en 2011, à 3% en 2012 et de 2,4% en
2013, à 3,3% en 2014.
31
PIB (Croissance annuelle -4,1 0,5 0,5 2,9 5,1
en %, prix constant)
Quelle que soit la définition de la pauvreté retenue, Madagascar figure parmi les pays
les plus pauvres au monde. Les indicateurs macroéconomiques montrent que le pays s’est
globalement appauvri au cours des quarante dernières années. Pour la population malgache, il
devient de plus en plus difficile de faire face aux conflits politiques internes. En effet, 61 % de
la population vit avec moins d'un dollar par jour et 85 % avec moins de deux dollars. À
Antananarivo, près de 40 % des ménages ont des revenus mensuels inférieurs à 50 $.
Cependant, malgré ces progrès, Madagascar est retombé dans le groupe des pays à
développement humain faible en 2010, avec un IDH de 0,435.
Le tableau ci-dessous indique l’évolution de l’IDH pendant les dix dernières années.
32
Tableau 2 : Évolution des dix dernières années de l’IDH
Année 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2008 2010
IDH 0,462 0,493 0,468 0,469 0,499 0,509 0,533 0,571 0,435
Rang 135 147 149 150 146 143 143 145(*) 135(**
)
Le taux d'investissement durant cette période semble insuffisant (en moyenne 14,6%)
pour tirer une croissance économique élevée mais l'échec du développement économique et
social du pays provient surtout de l'instabilité politique qui a entraîné une transformation
perpétuelle du modèle de développement. En 2014, avec la signature de transformation avec
les partenaires de développement de la grande île et le retour de bailleurs de fonds
traditionnels sont parmi les événements marquant dans cette année.
Le tableau ci-dessous indique l’évolution des parts des secteurs dans le PIB.
33
200 34,0 13,4 52,6
3
34
Dans Le présent chapitre, on va analyser le volume de l'aide reçue chaque année, leur
type de financement et leur allocation respectif.
En effet, entre 2009 et 2010, les décaissements sur les emprunts sont augmentés de
23,4%. Cette augmentation concerne notamment les prêts de la Banque Mondiale sur les
grands Projets, comme le PSDR qui s'est repris en 2010 après avoir été suspendus en 2009, et
de certains prêts de la BAD. Les subventions ont aussi été renforcées en 2010 : 45,8 millions
USD de plus qu'en 2009.
35
Subvention 278841
Bilatéraux 125032
Multilatéraux 153809
Emprunt 108945
Bilatéraux 6550
Multilatéraux 102395
Total 387786
La baisse de l'aide totale enregistrée entre 2011 et 2012 s'explique en grande partie par
une diminution importante des subventions provenant des partenaires habituels (-16,4%). Ce
recul n'a malheureusement pas pu être compensé par des décaissements sur les emprunts
contractés auprès des PTF multilatéraux habituels qui n'ont connu qu'une augmentation de
6,5% pendant la même période.
Tableau 6 : Analyse de l'APD selon le type de financement entre 2013 à 2014 (en milliers
USD)
En Nature 5
En 2013, les aides des PTF sont constituées à 63,8% de subvention et à 30,3%
d'emprunts. Les détails par types de partenaires habituels se résument comme suit :
L'analyse de l'APD selon le type de financement, entre 2012 et 2013, montre une
hausse des décaissements effectifs. Cette hausse a été portée par un accroissement des
subventions (+23,8%) et des emprunts (+32,1%) et ce malgré la baisse des autres modalités :
fonds de contrevaleur (-23,1%), financement en nature (-25,1%) et assistance technique (-
9%).
37
- Assistance technique : 3% de l'aide avec une augmentation de 38,2%
- Fonds de contre-valeurs : une importance baisse de 92,5%, soit le passage d'1 millions USD
en 2013 à 91 milles USD en 2014. Sa part dans la totalité de l'aide est faible.
Tableau 7 : Répartition de l'APD reçue par Madagascar en 2009-2014 (en milliers USD)
38
Partenaires technique et 2009 2010 2011 2012 2013 2014
financiers
Inde 24360 0 0 0 0 0
39
Source : Ministère de l'Économie et de L'industrie, septembre 2010, Rapport sur la
coopération au développement 2009-2010 Madagascar, "Situation Générale de l'Aide
extérieure et coordination de l'aide dans le secteur Développement Rural", p.7-9-19
En 2010, l'aide multilatérale est dominée par la banque mondiale qui a changé sa
politique vis-à-vis de la situation de crise en reprenant les décaissements sur les grands projets
qui avaient été suspendus. L'aide de la banque mondiale en 2010 a plus que doublé, comparé à
2009, pour arriver à plus de 96 millions USD, contre 35,5 millions USD en 2009. Les
Nations-Unies, toutes agences confondues, se placent en deuxième position avec un
décaissement effectif de plus de 83,4 millions USD en 2010, contre 72,4 millions USD en
2009. L'Union européenne qui a occupé une place très importante dans la coopération au
développement à Madagascar, particulièrement dans les infrastructures, a réduit son aide,
passant de 55,6 millions USD à 36,4 millions USD entre 2009 et 2010. Le Fonds Mondial
conserve une place de plu es plus importante parmi les multilatéraux, surtout pendant cette
période de crise ; à lui seul, il a décaissé 61,6 millions USD, exclusivement dans le secteur
santé.
Entre 2010 et 2011, alors que l'aide versé par les PTF a été réduite dans l'ensemble, on
constate une tendance inverse pour les Nations-Unies, la BAD, l'OPEP ainsi que le japon, la
suisse et surtout l'Allemagne. La Nations-Unies a vu son aide augmentée de 18,4% ;
atteignant 98,8 millions USD en 2011, la BAD de près de 34% pour atteindre 23,7 millions
USD et l'OPEP qui a pratiquement doublé son aide : passé de 7,4 à 14,1 millions USD. La
suisse que, à la fin de son principal programme (SAHA), a déboursé près de 9 millions USD
en 2011, contre 2,6 millions USD en 2010.
En 2013, la plus grande partie de l'APD provient des partenaires multilatéraux, qui
représentent 63,4% de son volume total. Les aides bilatérales occupent la deuxième place, à
raison de 29,9% de l'APD. Les principaux partenaires multilatéraux soient dans l'ordre la BM,
l'Union européenne et Nations-Unies. Il faut souligner le doublement des décaissements
40
réalisés par l'Union européenne en 2013 par rapport à 2012 dans le cadre des projets en appui
direct aux populations ; ainsi que les fortes hausses enregistrées par le BAD (+82,7%), la
GAVI (+70,2%) et la BM (+36,2%) et les contributions de la BADEA, des Nations-Unies et
de l'OPEP ont respectivement diminué de 67%, de 18% et de 16,7%.
L'apport des partenaires bilatéraux s'élève à 147,4 millions USD, soit 25% de l'aide
globale en 2014, opérant dans 174 projets. La subvention constitue 87,6% de ce volume. Sa
tendance est à la baisse avec une variation de -3,1% entre 2013 et 2014. Par ailleurs, les
agences multilatérales ont financé 236 projets, pour un montant de 448,5 millions USD, soit
75% du montant d'aide décaissé en 2014.
41
CHAPITRE III : MODELISATION ECONOMETRIQUE DE L’IMPACT DE L’AIDE
AU DEVELOPPEMENT SUR LA PAUVRETE A MADAGASCAR
En général, l’efficacité est définie comme une comparaison entre les résultats obtenus
et ceux que l’on peut observer. Parmi de nombreux modèles, le modèle de Burnside et Dollar
(1997-2000) est la première. A part cela, Collier et Dollar (2001, 2002) et celui de). Le
premier modèle consiste surtout à trouver l’efficacité de l’aide en matière de croissance : le
rôle des politiques économiques. Le second modèle avait analysé que l’aide permettait de
stimuler la croissance à travers de l’augmentation de l’épargne et du stock de capital. Le
modèle consiste à trouver les effets directs de l’APD sur la croissance économique. Le
modèle cherche l’efficacité de l’aide pour la réduction de la pauvreté. Tous les résultats de
l’efficacité de l’aide menés par les auteures sont des théories quantitatives. Dans ce chapitre,
nous allons mener une étude quantitative concernant de l’efficacité de l’aide en termes de
réduction de la pauvreté.
Dans cette section, Nous cherchons à mettre en avant une relation de dépendante entre
les variables Y et X. Y est celle que l’on cherche à expliquer (à prédire), on parle de variable
endogène (dépendante) ; X est la variable explicative (prédictive), on parle de variable
exogène (indépendante). C’est-à dire qu’on examine la corrélation entre l’APD et L’IDH.
Avant cela, nous allons représenter le modèle linéaire simple qui sera présenter en Excel, un
graphique de l’évolution de l’aide et de l’IDH afin d’en monter une relation
Yi=aXi + b + μi
42
de spécifications, l’approximation par la linéarité, résumer le rôle des variables explicatives,
etc.
Avec :
a et b= paramètres du modèle ;
n=nombre d’observations
-Hypothèses
43
Dans cette analyse ; soit Yi : indice du développement humain (IDH) et Xi : aide au
développement reçu à Madagascar c’est à dire que l’indice du développement humain (IDH)
est la variable dépendante et l’aide publique au développement (APD) est lui de la variable
indépendante.
IDHi=a×APDi+ μi
Nous prendrons en compte les deux variables qui constituent le modèle c’est-à-dire
l’IDH et l’APD nette reçu/tète sur une période de 11 ans de 2010-2021. Les informations sur
ces deux variables sont tirées : des données de la Banque Mondiale et sur : https://.
fr.countryeconomy.com. A partir e cette analyse, Nous allons vérifier les hypothèses que
l'APD améliore le bien-être de la population malgache et aussi que si l’aide a un impact
positif sur la pauvreté à Madagascar.
44
Source: WDI Banque Mondiale et https://.fr.countryeconomy.com
0.495
0.49
0.485
0.48
10 15 20 25 30 35 40 45 50
APD
A partir de ce graphique, on peut observer que les deux variables évoluent d’une manière à
l’autre. L’APD s’évolue selon le temps à Madagascar, si l’APD augmente, l’IDH aussi augmente. Par
rapport en 2010, on a contesté que l’aide a été diminuée jusqu’à 2012. L’APD diminue et puis depuis
2013, l’APD est augmentée jusqu’à 2018. A partir du 2019-2020, y’a eu une chute notable due à
l’impact de la pandémie malgré des efforts d’urgence. Tandisque l’IDH, pendant ces dix derniers
années (2010-2019) y’avait eu une augmentation mais faiblement. En 2019-2020, la pauvreté
s’est aggravée en raison des effets économiques et sociaux de la pandémie, malgré un aide
réorienté vers les actions humaines et d’urgences. On constante que les deux variables sont
positivement corrélées.
45
Modèle 1 : MCO, utilisant les observations 2010-2021 (T =12)
IDHi=0,0002APDi+0,4951
III.2.2-Test de Normalité
46
Pour la normalité, les tests de Doornik-Hansen, du Lilliefors et de Jarque-Bera et
Shapiro-Wilk permettent de conclure que la somme carrée du résidu est normalement
distribuée. En effet, on note pour chacun de ces tro tests des probabilités toutes supérieures à
5%. Tous ces tests concourent à la validation du modèle estimé.
III.3.1-Interpretation économétrique
R²=0,119, on peut conclure que le modèle n’est pas bon car la valeur le R² est plus
proche de 0 (c’est-à-dire plus faible).
Comme a=0,0002 est positif cela signifie que la variable APD explique
significativement la variable IDH. Si l’APD augmente, l’IDH aussi augmente.
On remarque que les résultats obtenus sur GRETL et ceux apportés par Excel sont
identiques. La valeur positive du coefficient a=0,0002, signifie que la variable APD explique
significativement la variable IDH, cela veut dire que IDH, dans le cas de Madagascar, est
influencé positivement par l’augmentation des allocations d’APD. Autrement dit, une
augmentation d’une unité (augmentation de 100%) de l’APD nette entraine une augmentation
de 0,0002 unités (0,02%) d’IDH. Cela fait que l’APD améliore le bien-être de la population
47
malgache. Mais l’augmentation de l’aide mène aussi un impact positif sur la pauvreté à
Madagascar.
A Madagascar, la réduction de la pauvreté est déterminée par une seule variable. C’est
ainsi que l’augmentation de deux ans de l’aide au développement explique positivement et
significativement sur l’IDH. Cet impact positif et significatif de l’APD est conforme aux
conclusions de Coller et Dollar (2002). Il traduirait une bonne utilisation de l’aide reçue. Cette
dernière s’apparente aux investissements qui ne deviennent rentables que dans le temps.
La Santé publique : Renforcer les systèmes de santé, en mettant l’accent sur la lutte
contre la malnutrition, les campagnes de vaccination et les soins destinés aux mères et aux
enfants, contribue à améliorer les conditions de vie des plus vulnérables.
48
La Gouvernance et institutions : Enfin, pour garantir l’efficacité de l’APD, il est
essentiel de soutenir des réformes axées sur la lutte contre la corruption, le renforcement de la
transparence et l’encouragement à la participation citoyenne.
III.3-RECOMMANDATION
Les fonds alloués ne sont pas toujours utilisés efficacement en raison de la corruption
et de la mauvaise gestion. Plusieurs rapports soulignent des détournements ou l’allocation
inadéquate des ressources. (Mauvaise gouvernance et corruption).
Une grande partie des projets financés par l’APD ne fait pas l’objet de suivi et
d’évaluation efficaces, ce qui réduit leur impact. Par Conséquence certains projets échouent
faute d’une vision à long terme. (Absence de suivi et d’évaluation rigoureuse).
Les bailleurs de fonds imposent parfois des conditions qui ne tiennent pas compte des
réalités locales. Cela peut entraîner une inadéquation entre les besoins réels et les actions
mises en œuvre (Imposition de conditions par les donateurs).
Une approche participative, impliquant les communautés locales dans toutes les
phases des projets, renforcerait la pertinence et favoriserait leur appropriation par les
bénéficiaires. De plus, il est nécessaire de promouvoir des projets durables et adaptés au
contexte local, comme le soutien à l’agriculture résiliente et aux énergies renouvelables, tout
en diversifiant les financements grâce aux partenariats public-privé (PPP) et aux
investissements internationaux. L’évaluation régulière des projets, avec des indicateurs
mesurables et des audits transparents, assurerait une meilleure gestion et un impact accru. La
49
coopération avec les pays voisins sur des projets transfrontaliers, tels que l’énergie et la
gestion des ressources naturelles, contribuerait également à réduire les coûts et à optimiser les
ressources.
Enfin, des investissements dans les infrastructures rurales, l’éducation et la santé sont
essentiels pour améliorer les conditions de vie, particulièrement dans les zones reculées. Il est
aussi crucial de renforcer la résilience climatique à travers des initiatives comme les systèmes
d’alerte précoce et l’agriculture intelligente. Le développement de l’agriculture durable et le
soutien aux industries locales, notamment le textile et le tourisme durable, permettraient de
diversifier l’économie, de créer des emplois et de réduire la pauvreté.
Pour que Madagascar ait un impact positif de l’aide sur la pauvreté, il doit attendre des
réformes institutionnelles, une stabilité politique et un alignement stratégique entre l’APD et
les besoins locaux.
50
CONCLUSION
En somme, à la première révolution industrielle, le concept de pauvreté est évolué.
Nombreux sont les auteurs qui cherchent les facteurs qui stimulent la pauvreté.
51
constitués par tous les apports de ressources qui sont fournis aux pays et territoires sur la
liste des bénéficiaires de l’APD, ou à des institutions multilatérales ». D’une manière
générale, les pays donateurs de l’aide sont subdivises en deux groupes, à savoir : bilatérale et
multilatérale. Le CAD proposé que les pays en développement sont des pays bénéficiaires de
l’aide ; mais la condition d’octroi, ces pays doivent respecter des conditions. Concernant,
l’analyse de l’efficacité de l’aide, on peut regrouper les auteurs en trois groupes. Le premier et
les auteurs défendent que l’aide ait un impact positif pour réduire la pauvreté. Le deuxième
groupe concerne les auteurs contre l’aide. Et enfin, les auteurs qui avancent que l’aide
nécessite des conditions pour être efficace afin d’atteindre son objectif. Depuis
l’indépendance, Madagascar a bénéficié de l’aide au développement. Mais actuellement, elle
reste encore parmi les pays les plus pauvres du monde, malgré ses richesses en ressources
naturelles. Son économie est basée essentiellement sur l’éducation et la santé. L’aide extérieur
est le seul moyen efficace pour stimule (Banque Mondiale ( Cntrobiteurs: DAVID Dollar et
LANT Prittchett), 1998) sa réduction de la pauvreté. Pour la période de 2010-2021, on assiste
à une hausse significative des aides reçu de Madagascar. Ceci, nous avons collecté des
données sur les aides reçues par Madagascar de 2010 à 2021, et ensuite ces données nous ont
servi de base pour des calculs, afin de tirer les conclusions que l‘APD a un impact positif
économiquement sur la pauvreté à Madagascar.
52
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54
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consulté 16JUIN 09 2024
58