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Tuteur :Papa Mbariane Mbengue « technicien génie civil »
TEL :773363526 /755231608/765071220
Leçon 3 : LA CHINE DE 1945 AUX ANNEES 1990
Introduction
Le renversement de la dynastie impériale mandchoue des Qing au pouvoir en Chine
depuis 1644 a été l’aboutissement d’une révolution moderne : la révolution de 1911.
Avec la proclamation de la République, la page de la Chine impériale est tournée. La
nouvelle période qui s’ouvre est marquée par les désillusions de la révolution de 1911,
par une série de guerres civiles (1927-1937 ; 1945-1949), par une volonté de
construction du socialisme dans la nouvelle République populaire de Chine (1949-
1976). A partir de 1977, avec Deng Xiaoping puis Jiang Zemin, la Chine adopte une
nouvelle politique économique axée sur la modernisation, la libéralisation et une plus
grande ouverture aux pays industriels capitalistes.
I. La deuxième guerre civile (1945-1949 et la victoire des
communistes
Après la capitulation japonaise du 2 septembre 1945, la guerre civile reprend entre les
nationalistes de Tchang Kaï Chek soutenus par les Etats-Unis et les communistes de
Mao Zedong soutenus par l’Union soviétique. Ce conflit dévaste la Chine de 1945 à
1949.
Les troupes communistes victorieuses s’emparent du pouvoir le 1er octobre 1949 et les
nationalistes se réfugient dans l’île de Formose pour y créer la République de Chine
nationaliste (Chine Taiwan).
II. L’évolution de la Chine de 1949 à 1976
En 1949, la Chine est déjà un pays très peuplé (500 millions d’habitants en 1949), très
pauvre et très divisé qu’il faut reconstruire.
1. La reconstruction économique (1949-1952)
Pour mettre le pays en marche, le Parti communiste chinois (PCC) adopte trois mesures
principales :
- la réforme agraire du 28 juin 1950 qui détruit le système de propriété
traditionnelle et permet aux paysans pauvres de disposer de terres ;
- la réforme de l’industrie par la nationalisation d’entreprises appartenant aux
grandes familles capitalistes liées au Kuo Min Tang (Guomindang) et aux capitalistes
étrangers ;
- les mesures politiques, sociales et culturelles : lois sur le mariage du 30 avril
1950 visant l’émancipation de la femme, effort de scolarisation grâce à la réforme de la
langue, campagne pour la conversion des intellectuels au marxismeléninisme.
Les paysans disposent des lois de terres. L’industrie lourde principalement basée en
Mandchourie est contrôlée par l’Etat. Le prestige extérieur de la Chine est au plus haut
après l’intervention chinoise dans la guerre de Corée. Les responsables chinois
prennent alors des mesures radicales afin de mettre en place le régime socialiste.
2. La mise en place du régime socialiste (1953-1957)
Cette période est marquée par l’adoption de trois grandes mesures :
- le 1er Plan quinquennal (1953-1958), qui donne la priorité à l’industrie lourde
pour stimuler la production industrielle et désenclaver la Chine intérieure ;
- la réforme agraire de 1955 qui met en place une agriculture de type collectiviste
sur le modèle soviétique ;
- la Nouvelle Constitution adoptée en 1954, qui présente beaucoup de
ressemblances avec celle de l’URSS et garantit les libertés fondamentales (liberté
d’opinion, liberté d’expression, liberté d’affichage à travers les dazibaos).
Toutefois des restrictions à ces droits montrent bien les limites imposées aux libertés.
Par exemple, la campagne des "Cent Fleurs" ("déstalinisation à la chinoise") initiée en
1956 est suspendue l’année suivante. Le pouvoir de Mao est sévèrement critiqué. Ce
dernier rompt avec l’URSS et répond par le "Grand bond en avant".
3. Le "Grand bond en avant" (1958-1961)
Les objectifs du "Grand bond en avant" sont définis dans le 2e Plan quinquennal de
1958.
Il est question, selon Mao, d’accélérer le rythme de la production par une mobilisation
des masses pour atteindre 250 % de croissance dans la production céréalière et doubler
la production d’acier en un an. 26 000 communes populaires de 5 000 familles chacune
sont créées ainsi que 2 millions de petits hauts-fourneaux.
La nouvelle stratégie invite la Chine à « marcher sur ses deux jambes » mas le
"Grand bond en avant" connaît un cuisant échec. En conséquence, la tendance de Liu
Shaoqi, favorable à la recherche du progrès économique, connaît une ascension
fulgurante dans la vie politique.
Le régime communiste vacille. Mao est mis en minorité au sein du Parti communiste
chinois. Il doit abandonner la présidence du Parti à Liu Shaoqi. Mais il contre-attaque
et lance la "Grande révolution culturelle prolétarienne".
4. La "Grande révolution culturelle prolétarienne" de 1966 et ses
prolongements
Dernière grande initiative du « Grand Timonier », cette révolution a pour objectif
officiel de combattre de révisionnisme. En réalité, à travers la "Grande révolution
culturelle prolétarienne", Mao cherche à éliminer ses principaux adversaires dont Liu
Shaoqi et Deng Xiaoping et à récupérer le pouvoir perdu. Elle se traduit par de violentes
attaques contre les cadres du PCC et les intellectuels, la répression féroce effectuée par
les "Gardes rouges" contre les dirigeants opposés, la publication du Petit Livre Rouge
(sorte de « Bible » de la révolution culturelle qui développe le culte de la personnalité)
et, enfin, la création de comités révolutionnaires ouvriers dans toutes les grandes
entreprises. Le bilan économique et humain de la "Grande révolution culturelle
prolétarienne" est lourd (2 millions de victimes).
Cependant, à partir de 1969, la Chine entre dans une période de reconstruction et
accède à la scène internationale. Elle devient membre permanent du Conseil de
sécurité de l’ONU en 1971 et reçoit le président américain Richard M. Nixon en visite
officielle à Pékin en février 1972. La fin de la "Grande révolution culturelle
prolétarienne" est officiellement annoncée en 1977, un an après la mort de Zhou Enlai
(8 janvier 1976) et de Mao (9 septembre 1976). Cette année 1977 arque la défaite des
radicaux maoïstes (la "Bande des Quatre" dont la femme de Mao Jiang Qing) et le
rétablissement de Deng Xiaoping à la tête du Parti et de l’Etat.
III. L’après Mao ou l’ouverture sur l’extérieur
A partir de 1977, la politique des "Quatre modernisations" (idée de Zhou Enlai de
moderniser l’agriculture, l’industrie, la recherche et la Défense nationale) devient la
doctrine officielle. Le "Grand bond en avant" est considéré comme un "Grand bond en
arrière". Entre 1977 et 1982, l’agriculture est pratiquement décollectivisée. Les
communes populaires disparaissent. L’industrie lourde reste entre les mains de l’Etat
mais l’autonomie des entreprises est renforcée et les prix libérés. L’entreprise privée
est autorisée dans les industries de consommation. L’économie s’ouvre de plus en plus
sur l’extérieur : la Chine entre au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque
mondiale en 1980. Des Zones économiques spéciales (ZES) sont créées à partir de 1978
sur le littoral pour attirer les investissements étrangers.
Sur le plan politique, la Chine entretient des relations officielles avec les Etats-Unis, le
Japon et l’URSS. Les actes de Mao sont critiqués mais sa pensée politique est
intouchable, c’est-à-dire que les changements politiques sont limités. Le massacre de
la place Tian’anmen (3-4 juin 1989, « Printemps de Pékin ») contre les étudiants et les
intellectuels qui réclamaient plus de démocratie, montre que les libertés
fondamentales sont souvent bafouées (plus de 700 morts). Lors du XIVe Congrès du
PCC (octobre 1992), la politique d’économie socialiste de marché est lancée. En 1993,
la Chine devient le 2e pôle d’investissements derrière les Etats-Unis.
Conclusion
Pays longtemps replié sur lui-même, la Chine s’est engagée dans la voie socialiste pour
se développer. Après la mort de Mao Zedong, Deng Xiaoping développe un socialisme
pragmatique et apparaît comme le précurseur de la "perestroïka" à la chinoise.
Cependant des limites sont imposées à la restructuration du modèle chinois. Aussi le
peuple réclame-t-il avec insistance une "cinquième modernisation" : la démocratie.