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Groupes G1

Le document présente le module Algèbre 3, centré sur les structures de groupes, avec des définitions, des exemples et des propriétés des groupes et sous-groupes. Il aborde des concepts fondamentaux tels que les groupes abéliens, les sous-groupes, et les applications de groupes, ainsi que des résultats théoriques comme le théorème sur les sous-groupes de Z. Ce module est destiné aux étudiants de l'Université Cadi Ayyad pour l'année universitaire 2024/2025.

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Le document présente le module Algèbre 3, centré sur les structures de groupes, avec des définitions, des exemples et des propriétés des groupes et sous-groupes. Il aborde des concepts fondamentaux tels que les groupes abéliens, les sous-groupes, et les applications de groupes, ainsi que des résultats théoriques comme le théorème sur les sous-groupes de Z. Ce module est destiné aux étudiants de l'Université Cadi Ayyad pour l'année universitaire 2024/2025.

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Module Algèbre 3 L.

Izelgue

Université Cadi Ayyad Année universitaire 2024/2025


Faculté des Sciences - Semlalia
Département de Mathématiques Mat3 : Semestre S3

Module : Algèbre 3 par : L. Izelgue

Chapitre 1
STRUCTURES DE GROUPES

I Séance du 10 /09/2024

1. Groupes : Définition - Exemples

Définition 1.1.
Soient G un ensemble non vide et ∗ une loi de composition interne dans G.
1. On dit que (G, ∗) est un groupe si :
- ∗ est associative :
pour tout x, y, z ∈ G, (x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
- ∗ admet un élément neutre :
∃ eG ∈ G tel que ∀x ∈ G, x ∗ eG = x et eG ∗ x = x.
- Tout élément de G admet un symétrique :
∀ x ∈ G ∃ z ∈ G tel que x ∗ z = eG et z ∗ x = eG ,
(on dit que z est le symétrique ou l’inverse de x et on le note z = x−1 )
I Si de plus la loi ∗ est commutative : pour tout x, y ∈ G, x∗y = y∗x,
on dit alors que que (G, ∗) est un groupe abélien (ou commutatif).

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Module Algèbre 3 L. Izelgue

Exemple 1.1. Les groupes classiques

1. Les groupes abéliens triviaux ({0}, +). et ({1}, ·).


2. (R∗ , ×) est un groupe abélien, où × est la multiplication usuelle. Pour
le voir : soient x, y, z ∈ R∗ ,
- x × y ∈ R∗ , la loi est interne dans R∗ .
- x × (y × z) = (x × y) × z, c’est l’associativité de la multiplication des
nombres réels.
- 1 est l’élément neutre pour la loi ×.
En effet 1 × x = x et x × 1 = x, pour tout x ∈ R∗ .
- x × x1 = x1 × x = 1, donc tout élément x ∈ R∗ est inversible et x1 est
l’inverse de x.
- Ainsi, (R∗ , ×) est un groupe.
- Puisque pour tout x, y ∈ R∗ , on a x × y = y × x, alors (R∗ , ×) est un
groupe abélien.
3. De la même manière, on montre que : (Q∗ , ×), (C∗ , ×) sont des groupes
abéliens.

4. D’autre part, (Z, +) est un groupe abélien, où + est l’addition usuelle


des entiers.
En effet, soient x, y ∈ Z, alors x + y ∈ Z.
- ∀x, y, z ∈ Z on a x + (y + z) = (x + y) + z.
- 0 est l’élément neutre pour + dans Z. En effet,
∀ x ∈ Z, 0 + x = x et x + 0 = x.
- Le symétrique d’un élément x ∈ Z est son opposé −x, car
x + (−x) = 0 et −x + x = 0.
De plus
- ∀x, y ∈ Z, x + y = y + x, donc (Z, +) est un groupe abélien.
5. Vérifier de même que : (Q, +), (R, +), (C, +) sont des groupes abéliens.
6. Soit A (R) = {fa,b | a, b ∈ R, avec a 6= 0}, où fa,b : R → R, x 7→ ax + b.
I (A (R), ◦) est un groupe pour la composition des applications.
En effet, Nous avons :
 A (R) 6= ∅, car idR : R → R ; x 7→ x, coïncide avec f1,0 ∈ A (R).
 Pour a, b, c, d ∈ R ; a 6= 0 et c 6= 0, on a fa,b ◦ fc,d = fac,ad+b ∈ A (R).
Donc ◦ est une loi de composition interne.
 D’autre part, fa,b ◦ f1,0 = f1,0 ◦ fa,b = fa,b . Ainsi, idR = f1,0 est
l’élément neutre de (A (R), ◦).

 fa,b ◦ f 1 , −b = f1,0 et f 1 , −b ◦ fa,b = f1,0 donc fa,b est inversible et son


a a a a
inverse est f 1 , −b .
a a
Il en résulte que (A (R), ◦) est un groupe.
. (A (R), ◦) n’est pas abélien : car f2,1 : x 7→ 2x − 1 et f3,0 : x 7→ 3x
sont dans (A (R) avec f2,−1 ◦ f3,0 = f6,−1 et f3,0 ◦ f2,−1 = f6,−3 . Ainsi,
f2,−1 ◦ f3,0 6= f3,0 ◦ f2,−1 .
Attention !
• (N, +), (N, ·), (Z, ·), (C, ·), (R, ·) et (Q, ·) ne 2sont pas des groupes : Pourquoi ?
Module Algèbre 3 L. Izelgue

Exemple 1.2.

1. Soit E 6= ∅ un ensemble et (G, +) un groupe abélien. Alors l’ensemble


F (E, G) des applications de E dans G muni de la loi “+ ”définie par :
∀ x ∈ E, (f + g)(x) = f (x) + g(x) est un groupe abélien.
2. Soient E un ensemble fini non vide et B(E) l’ensemble des bijections de
E dans E. Alors (B(E), ◦) est un groupe non abélien, en général.
En effet,
- “◦”est une loi interne dans B(E), qui est associative,
- l’application idE : E −→ E, x 7−→ x est élément neutre de
B(E) ; (cela montre aussi que B(E) 6= ∅).
- Tout élément f ∈ B(E) est bijective, donc l’application ré-
ciproque f −1 existe et vérifie f ◦ f −1 = f −1 ◦ f = idE . Ainsi,
∀ f ∈ B(E)), f admet un inverse.
Par conséquent, (B(E), ◦) est un groupe. On l’appelle, le groupe
des permutations de E.

Remarque 1.1.

1. Soient (G, ∗) un groupe, g ∈ G et n ∈ N.


Par convention : g 0 = eG et pour n 6= 0, g n = g ∗ g n−1 et g −n =
(g −1 )n .
Ainsi, pour n 6= 0, on a g n = g ∗ g ∗ · · · ∗ g .
| {z }
n fois
2. Pour les puissances n-ième, l’écriture dépend de la nature de la loi
interne. Par example :
— Pour la loi de multiplication "·" : ∀n ∈ N∗ : g n = g · . . . · g =
gg . . . g en omettant la loi ·.
| {z }
n fois
— Pour la loi d’addition "+" : ∀n ∈ N∗ : g n = g + g + . . . + g ,
| {z }
n fois
dans ce cas on écrit ng au lieu de g n . Ainsi, ng = g + g + . . . + g.
— Pour la composition des applications, pour f une application :
f 0 = id et ∀n ∈ N∗ , f n = f ◦ f ◦ ... ◦ f
| {z }
n fois

Lemme 1.1.
Soit (G, ∗) un groupe. Alors,
(a) L’élément neutre de G est unique.
(b) Pour tout x ∈ G, le symétrique de x, pour ∗, est unique.
(c) pour tout x, y ∈ G, (x ∗ y)−1 = y −1 ∗ x−1 .

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Module Algèbre 3 L. Izelgue

Propriétés
1. On appelle translation, à gauche, tout application :
Tg : G −→ G, x 7−→ Tg (x) = g ∗ x
C’est une bijection ayant pour réciproque la translation Tg−1 .
2. L’application γ : G −→ G, x 7−→ γ(x) = x−1 est une bijection.
En effet : pour tout x, y ∈ G, γ(x) = γ(y) entraîne x−1 =
y −1 et donc x ∗ x−1 = x ∗ y −1 . D’où, eG = x ∗ y −1 et par
suite y = (x ∗ y −1 ) ∗ y, i.e., x = y et γ est injective.
D’autre part, si y ∈ G (arrivée), en prenant x = y −1 on
trouve γ(x) = (y −1 )−1 = y et donc γ est aussi surjective ;
c’est donc une bijection.

2. Sous-Groupes

Définition 2.1.
Soient (G, ∗) un groupe et H ⊆ G, H 6= ∅.
On dit que H est un sous-groupe de G et on note H ≤ G si :
(i) ∀x, y ∈ H on a x ∗ y ∈ H,
(ii) (H, ∗) est un groupe.
Caractérisation :
Les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) H est un sous-groupe de G ;
(ii) eG ∈ H, et ∀x, y ∈ H, x ∗ y ∈ H, et x−1 ∈ H ;
(iii) eG ∈ H, et ∀x, y ∈ H x ∗ y −1 ∈ H.

Exemple 2.1.

(1) Si (G, ∗) est un groupe, alors ({eg }, ∗) et (G, ∗) sont deux sous-groupes
de G, appelés les sous-groupes triviaux de G. Un sous-groupe de G
qui n’est pas trivial est dit un sous-groupe propre de G.
(2) (Z, +) est un sous-groupe de (Q, +) qui est à son tour un sous-groupe
de (R, +). (R, +) est aussi un sous-groupe de (C, +).
(3) (Q∗ , ·) ≤ (R∗ , ·) ≤ (C∗ , ·).
(4) U = {z ∈ C | |z| = 1} ≤ (C∗ , ·).

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Proposition 2.1.

Soient H1 , H2 deux sous-groupes d’un groupe (G, ∗). Alors :


1. H1 ∩ H2 est un sous-groupe de G.
2. H1 ∪ H2 est un sous-groupe de G si, et seulement si, H1 et H2 sont
comparables pour l’inclusion.
De même si (Hi )i∈I est une famille quelconque de de sous-groupes de G, alors
T
i∈I Hi est un sous-groupe de G.

Définition 2.2.
Soit G un groupe et A 6= ∅ une partie de G.
Le sous-groupe de G engendré par A est le plus petit sous-groupe de G
qui contient A. On le note hAi.
C’est aussi l’intersection de tous
\ les sous-groupes de G contenant A.
C’est-à-dire : hAi = H
H≤G;A⊆H
Si A = {g1 , g2 , . . . , gn } est un ensemble fini, on note hAi = hg1 , g2 , . . . , gn i.

Écriture des éléments de hAi : Pour hAi = hg1 , g2 , . . . , gn i,


r r r
Un élément x ∈ hAi, s’écrit : x = gi1i1 ∗ gi2i2 ∗ . . . ∗ gimim , où gi1 , gi2 , . . . , gim ∈ A et
ri1 , ri2 , . . . , rim ∈ Z.
− Pour hAi = hgi et pour tout x ∈ hAi, il existe n ∈ Z tel que

x = gn = g ∗ g ∗ · · · ∗ g .
| {z }
n f ois

Ainsi pour la loi multiplicative :


hgi = {g n | n ∈ Z} = {· · · , g −3 , g −2 , g −1 , eG , g, g 2 , g 3 , · · · }

Pour la loi d’addition :


hgi = {ng | n ∈ Z} = {· · · , −3g, −2g, −g, 0, g, 2g, 3g, · · · }

Définition 2.3.
Un groupe G est dit monogène s’il peut-être est engendré par un seul
élément g ∈ G : c’est-à-dire, il existe g ∈ G tel que G = hgi.

Théorème 2.1.
Soit H un sous-groupe de Z, alors il existe n ∈ N ∩ H tel que H = nZ.

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Démonstration.
Soit H un tel sous-groupe, si H = {0}, alors H = 0Z.
Sinon, puisque H sous-groupe, alors, x ∈ H entraîne que son symétrique (ou opposé)
−x ∈ H. Ainsi, H ∩ N∗ 6= ∅ et par suite il admet un plus petit élément n.
Maintenant, soit x ∈ H avec x > 0, par division euclidienne de x par n, il existe
q, r ∈ Z tels que x = qn + r, avec 0 ≤ r < n.
D’autre part, x ∈ H et qn = n |
+ n +{z· · · + n}, est dans H, donc r = x − nq ∈ H. Or
q fois
r < n, et n est le plus petit entier positif 6= 0 dans H, nécessairement, r = 0 et par
suite x = nq ∈ nZ.
Si, x < 0, alors son symétrique −x ∈ H et −x > 0, d’après ce qui précède, il existe
q ∈ Z tel que −x = nq, ainsi x = −(−x) = −(qn) = (−q)n ∈ nZ. D’où, H ⊆ nZ.
Pour l’inclusion inverse : soit nq ∈ nZ, si q > 0 alors nq = n
|
+ n +{z· · · + n}, est dans
q fois
H car n ∈ H. Si q < 0, alors −q > 0, et donc −nq ∈ H. Or H est un sous-groupe,
alors qn = −(−qn) ∈ H. D’où, nZ ⊆ H et par suite H = nZ. 

3. Notion d’ordre

Définition 3.1.
• Un groupe fini est un groupe de cardinal fini : c’est à dire formé d’un
nombre fini d’éléments. Dans ce cas ont dit que G est d’ordre fini.

∀n ∈ N∗ , le groupe symétrique Sn est un groupe fini de cardinal n!.

• Un groupe avec une infinité d’élément est dit un groupe infini.

(Z, +), (Q, +), (R, +), (C, +), (Q∗ , ·), (R∗ , ·), (C∗ , ·) sont tous des groupes
infinis

• On dit qu’un groupe G est d’ordre n ∈ N∗ si G est de cardinal n. On écrit,


| G |= n.

∀n ∈ N∗ on a | Sn |= n!.

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Définition 3.2.
• Soit (G, ∗) un groupe d’élément neutre eG . Soit x un élément de G.
. On dit que x est d’ordre infini, si ∀n ∈ N∗ ; xn 6= eG .

∀x ∈ Z∗ , x est d’ordre infini dans (Z, +)

. On dit que x est d’ordre fini, si ∃n ∈ N∗ ; xn = eG .


Dans ce cas : on appelle ordre de x le plus petit entier n > 0, tel que xn = eG .
On écrit : or(x) = n

 ∀x ∈ Z∗ , x est d’ordre infini dans (Z, +)


 Dans (Q∗ , ·), (R∗ , ·), (C∗ , ·), −1 est d’ordre 2, i.e., or(−1) = 2.
 Soit (G, ∗) un groupe quelconque, l’élément neutre eG est d’ordre
fini. C’est l’unique élément de G qui est d’ordre 1.

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