Exercices sur les structures algébriques
Exercices sur les structures algébriques
EXERCICE 15.1 Soit (𝐸, ≼) un ensemble totalement ordonné. Alors pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , max(𝑥, 𝑦) est bien défini. PD
On définit ainsi une loi de composition interne, notée max sur 𝐸.
1. Montrer que la loi max est associative et commutative.
2. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que (𝐸, max) possède un élément neutre.
3. Lorsque cette condition est vérifiée, quels sont les éléments inversibles de 𝐸 ?
▶ Groupes
EXERCICE 15.3 On définit une loi de composition interne ★ sur R par : ∀(𝑥, 𝑦) ∈ R2, 𝑥 ★ 𝑦 = 3 𝑥 3 + 𝑦 3 .
√︁
PD
Montrer que (R, ★) est un groupe abélien.
EXERCICE 15.4 Soit 𝐸 un ensemble muni d’une loi de composition interne associative ★, possédant un élément neutre F
𝑒, et telle que ∀𝑥 ∈ 𝐸, 𝑥 ★ 𝑥 = 𝑒.
Prouver que (𝐸, ★) est un groupe commutatif.
EXERCICE 15.7 Donner les tables de multiplication de U4 et U2 × U2 . Prouver alors que ces deux groupes ne sont pas AD
isomorphes (c’est-à-dire qu’il n’existe pas d’isomorphisme entre ces groupes), bien que de même cardinal.
EXERCICE 15.8 Soit 𝐺 un groupe non réduit à un élément tel que pour tout 𝑔 ∈ 𝐺, 𝑔2 = 𝑒. D
1. Montrer que tout élément est égal à son propre inverse. En déduire que 𝐺 est abélien.
2. Montrer que 𝐺 possède au moins un sous-groupe de cardinal 2.
3. On suppose que 𝐺 contient au moins trois éléments. Soit 𝐻 un sous-groupe fini de 𝐺, différent de {𝑒} ou de 𝐺, et
soit 𝑔 ∈ 𝐺 \ 𝐻 . On pose alors 𝑔𝐻 = {𝑔ℎ, ℎ ∈ 𝐻 }.
(a) Montrer que 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 est un sous-groupe de cardinal 2|𝐻 |.
(b) Montrer que si 𝐺 est fini, alors son cardinal est une puissance de 2.
1. Donner un exemple de deux sous-groupes de (R∗, ×) dont l’union n’est pas un sous-groupe.
2. Soit 𝐺 un groupe, 𝐻 et 𝐾 deux sous-groupes de 𝐺. Montrer que 𝐻 ∪ 𝐾 est un sous-groupe si et seulement si 𝐻 ⊂ 𝐾
ou 𝐾 ⊂ 𝐻 .
Ø
3. Soit (𝐻𝑛 )𝑛∈N une suite croissante de sous-groupes de 𝐺. Montrer que 𝐻𝑛 est un sous-groupe de 𝐺.
𝑛∈N
EXERCICE 15.14 Soit 𝐺 un groupe, et soit 𝑥 ∈ 𝐺. On dit que 𝑥 est d’ordre fini s’il existe 𝑛 ∈ N∗ tel que 𝑥 𝑛 = 𝑒𝐺 . AD
1. Montrer que si 𝐺 est abélien, et que 𝑥 et 𝑦 sont d’ordre fini, alors 𝑥𝑦 est encore d’ordre fini.
2. Le résultat de la question précédente reste-t-il vrai si 𝐺 n’est plus abélien ?
EXERCICE 15.15 Conjugaison dans un groupe AD
𝐺 −→ 𝐺
Soit 𝐺 un groupe. Pour 𝑎 ∈ 𝐺, on pose 𝜏𝑎 : .
𝑔 ↦−→ 𝑎𝑔𝑎 −1
1. Montrer que 𝜏𝑎 est un morphisme bijectif de 𝐺 dans lui-même (on parle alors d’automorphisme).
2. On pose C(𝐺) = {𝜏𝑎 , 𝑎 ∈ 𝐺 }. Montrer qu’il s’agit d’un sous-groupe de (𝔖(𝐺), ◦).
3. Montrer que l’application 𝜑 : 𝐺 → 𝔖(𝐺) qui à 𝑎 ∈ 𝐺 associe 𝜏𝑎 est un morphisme de groupes. Quel est son noyau ?
EXERCICE 15.16 Soit 𝑓 : 𝐺 1 → 𝐺 2 un morphisme de groupes. PD
1. Prouver que pour tout sous-groupe 𝐻 1 de 𝐺 1 , 𝑓 (𝐻 1 ) est un sous-groupe de 𝐺 2 .
2. Prouver que pour tout sous-groupe 𝐻 2 de 𝐺 2 , 𝑓 −1 (𝐻 2 ) est un sous-groupe de 𝐺 1 . En déduire que Ker 𝑓 est un
sous-groupe de 𝐺 1 .
U𝑚𝑛 −→ U𝑚 × U𝑛
EXERCICE 15.17 Soient 𝑚, 𝑛 ∈ N∗ . On note alors 𝑓 : 𝑧 ↦−→ (𝑧𝑛 , 𝑧𝑚 )
. AD
1. Montrer que 𝑓 est un morphisme de groupes.
2. Déterminer un entier 𝑘 tel que Ker 𝑓 = U𝑘 .
3. Déterminer une condition nécessaire et suffisante pour que 𝑓 soit un isomorphisme.
EXERCICE 15.18 Déterminer tous les morphismes de groupe de (Z, +) dans (Z, +). De (Q, +) dans (Z, +). AD
EXERCICE 15.19 Soit (𝐺, ∗) un groupe, et soit 𝐴 une partie non vide finie de 𝐺, stable par ∗. Prouver que 𝐴 est un D
sous-groupe de 𝐺.
EXERCICE 15.20 Soit 𝐺 un groupe possédant exactement deux sous-groupes. D
Montrer qu’il existe 𝑥 ∈ 𝐺 tel que 𝐺 = ⟨𝑥⟩, que 𝐺 est fini, et que son cardinal est premier.
▶ Anneaux, corps
h√ i n √ o
EXERCICE 15.21 Montrer que Z 2 = 𝑥 + 𝑦 2, (𝑥, 𝑦) ∈ Z2 est un anneau. AD
√ n √ o
Prouver que Q 2 = 𝑥 + 𝑦 2, (𝑥, 𝑦) ∈ Q2 est un corps.
√ √
Plus généralement, prouver que pour tout 𝑑 ∈ N∗ , Q( 𝑛) = {𝑎 + ℎ 𝑑, (𝑎, 𝑏) ∈ Q2 } est un corps. Donner une condition
√
nécessaire et suffisante pour que Q( 𝑑) = Q.
(𝑎, 𝑏) ⊕ (𝑎 ′, 𝑏 ′ ) = (𝑎 +𝐴 𝑎 ′, 𝑏 +𝐵 𝑏 ′ ) et (𝑎, 𝑏) ⊗ (𝑎 ′, 𝑏 ′ ) = (𝑎 ×𝐴 𝑎 ′, 𝑏 ×𝐵 𝑏 ′ ).
Montrer que (𝐴 × 𝐵, ⊕, ⊗) est un anneau, commutatif si 𝐴 et 𝐵 le sont. Cet anneau est-il intègre ?
EXERCICE 15.24 Parmi les ensembles suivants, lesquels sont des sous-anneaux de RN , l’anneau des suites réelles ? PD
EXERCICE 15.25 Soient 𝑘, K deux corps, et soit 𝑓 : 𝑘 → K un morphisme d’anneaux. Montrer que 𝑓 est injectif. F
EXERCICE 15.26 Soit (𝐴, +, ×) un anneau commutatif. Pour 𝑎 ∈ 𝐴, on appelle racine carrée de 𝑎 tout élément dont le AD
carré vaut 𝑎.
1. Prouver que si 𝐴 est intègre, alors tout élément de 𝐴 admet au plus deux racines carrées.
2. En revanche, prouver que dans (F(R, R), +, ×), la fonction constante 𝑥 ↦→ 1 possède une infinité de racines carrées.
EXERCICE 15.27 Soit 𝐴 un anneau commutatif et 𝐸 un ensemble non vide. À quelle condition F(𝐸, 𝐴) est-il intègre ? PD
EXERCICE 15.28 Soit (𝐴, +, ×) un anneau. Un élément 𝑎 ∈ 𝐴 est dit nilpotent s’il existe 𝑛 ∈ N tel que 𝑎𝑛 = 0𝐴 .
1. Soient 𝑥, 𝑦 deux éléments nilpotents de 𝐴, qui commutent. Montrer que 𝑥𝑦 et 𝑥 + 𝑦 sont nilpotents.
2. Montrer que si 𝑥 ∈ 𝐴 est nilpotent, alors 1𝐴 − 𝑥 ∈ 𝐴 × .
EXERCICE 15.29 Montrer qu’un anneau intègre fini est un corps. D
EXERCICE 15.30 Idéaux premiers (D’après oral ENS) TD
Soit 𝐴 un anneau commutatif non nul. On appelle idéal de 𝐴 tout sous-groupe 𝐼 de (𝐴, +) tel que ∀(𝑎, 𝑥) ∈ 𝐴 × 𝐼, 𝑎𝑥 ∈ 𝐼 .
1. Montrer que pour tout 𝑥 ∈ 𝐴, 𝑥𝐴 = {𝑎𝑥, 𝑎 ∈ 𝐴} est un idéal de 𝐴.
2. Un idéal 𝐼 est dit maximal si tout idéal de 𝐴, différent de 𝐴, et qui contient 𝐼 est égal à 𝐼 lui-même.
Et un idéal 𝐼 différent de 𝐴 est dit premier si ∀(𝑎, 𝑏) ∈ 𝐴2, 𝑎𝑏 ∈ 𝐼 ⇒ 𝑎 ∈ 𝐼 ou 𝑏 ∈ 𝐼 .
(a) Montrer qu’un idéal 𝐼 est maximal si et seulement si pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 \ 𝐼 , 𝐼 + 𝑥𝐴 = 𝐴 (où 𝐼 + 𝑎𝐴 est l’ensemble
des éléments qui s’écrivent comme somme d’un élément de 𝐼 et d’un élément de 𝑎𝐴).
(b) Prouver qu’un idéal maximal est premier.
3. Montrer que 𝐴 est un corps si et seulement si tout idéal de 𝐴 autre que 𝐴 est premier.
EXERCICE 15.31 Endomorphismes de l’anneau R. AD
Soit 𝑓 : R → R un morphisme d’anneaux.
1. Montrer que 𝑓 |Q = idQ .
2. Prouver que 𝑓 est croissant.
3. En déduire que 𝑓 = idR .
Autrement dit
En revanche, si 𝑓 n’est pas surjective, alors il existe 𝑦 ∈ 𝐴 qui ne possède pas d’anté-
On suppose que 𝑔 (𝑥 ) = ℎ (𝑥 )
cédent par 𝑓 . Et alors deux fonctions 𝑔 et ℎ qui diffèrent uniquement en 𝑦 vérifient pour tout 𝑥 ≠ 𝑦 et que
∀𝑥 ∈ 𝐴, 𝑔(𝑓 (𝑥)) = ℎ(𝑓 (𝑥)) car 𝑓 (𝑥) ≠ 𝑦. 𝑔 (𝑦) ≠ ℎ (𝑦).
Pourtant ℎ ≠ 𝑔 par hypothèse, donc 𝑓 n’est pas régulier à droite.
Et d’autre part,
√︄
√︃ 3 √︃
3 3 3
(𝑥 ★ 𝑦) ★ 𝑧 = 𝑥 + 𝑦 3 + 𝑧 3 = 3 𝑥 3 + 𝑦 3 + 𝑧 3 = 𝑥 ★ (𝑦 ★ 𝑧).
× 1 −1 𝑖 −𝑖
1 1 −1 𝑖 −𝑖
−1 −1 1 −𝑖 𝑖
𝑖 𝑖 −𝑖 −1 1
−𝑖 −𝑖 𝑖 1 −1
Puisque U2 = {−1, 1}, le groupe U2 ×U2 contient 4 éléments : (1, 1), (−1, −1), (1, −1), (−1, 1),
et on a alors
× (1, 1) (−1, −1) (−1, 1) (1, −1)
(1, 1) (1, 1) (−1, −1) (−1, 1) (1, −1)
(−1, −1) (−1, −1) (1, 1) (1, −1) (−1, 1)
(−1, 1) (−1, 1) (1, −1) (1, 1) (−1, −1)
(1, −1) (1, −1) (−1, 1) (−1, −1) (1, 1)
En particulier, pour tout 𝑥 dans U2 × U2 , on a 𝑥 2 = (1, 1) l’élément neutre.
Supposons par l’absurde qu’il existe un isomorphisme 𝜑 : U2 × U2 → U4 . Rappel
Alors pour tout 𝑦 ∈ U4 , il existe un unique 𝑥 ∈ U2 × U2 tel que 𝑦 = 𝜑 (𝑥). Et alors
Un morphisme envoie tou-
𝑦 2 = 𝜑 (𝑥) 2 = 𝜑 𝑥 2 = 𝜑 ((1, 1)) = 1. jours l’élément neutre sur
Autrement dit, le carré de tout élément de U4 est égal à 1. Ceci est manifestement faux, l’élément neutre.
puisque 𝑖 2 = −1 ≠ 1.
Par conséquent, il n’existe pas d’isomorphisme de U2 × U2 → U4 .
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.8
1. Pour tout 𝑥 ∈ 𝐺, 𝑥𝑥 = 𝑥 2 = 𝑒, et donc 𝑥 −1 = 𝑥.
2. Soient 𝑥, 𝑦 ∈ 𝐺. Alors 𝑥𝑦 = (𝑥𝑦) −1 . Mais (𝑥𝑦) −1 = 𝑦 −1𝑥 −1 , qui par la question précédente
vaut 𝑦𝑥. Et donc 𝑥𝑦 = 𝑦𝑥, si bien que 𝐺 est abélien.
3. Il existe 𝑥 ∈ 𝐺 tel que 𝑥 ≠ 𝑒. Et alors {𝑒, 𝑥 } est un sous-groupe de 𝐺, de cardinal 2.
4.a. Notons qu’un tel sous-groupe 𝐻 existe par la question précédente.
Puisque 𝑒 ∈ 𝐻 , 𝑒 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 .
Soient 𝑔1, 𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 . Soit 𝑔1 ∈ 𝐻 , soit il existe ℎ 1 ∈ 𝐻 tel que 𝑔1 = 𝑔ℎ 1 .
De même, soit 𝑔2 ∈ 𝐻 , soit il existe ℎ 2 ∈ 𝐻 tel que 𝑔2 = 𝑔ℎ 2 .
Montrons que 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 est stable par produit, puisque tout élément étant égal à son
propre inverse, on aura donc, 𝑔1𝑔2−1 = 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 .
Donc non seulement 𝑓𝑔 est bijective, mais en plus, nous savons que son inverse est 𝑓𝑔 −1 .
Explication
2. D’une part, 𝑓𝑔 étant bijective, on a, avec le changement de variable 𝑦 = 𝑔𝑥,
La bijectivité nous dit que
Ö Ö les 𝑔𝑥, quant 𝑥 parcourt 𝐺,
(𝑔𝑥) = 𝑦. prennent une et une seule
𝑥 ∈𝐺 𝑦 ∈𝐺 fois chaque valeur dans 𝐺.
Et donc le produit des 𝑔𝑥 est
D’autre part, 𝐺 étant commutatif, on a le même que le produit des
Ö Ö 𝑥, 𝑥 ∈ 𝐺.
(𝑔𝑥) = 𝑔𝑛 𝑥. Remarquons au passage que
𝑔∈𝐺 𝑥 ∈𝐺 cette notation produit n’a de
sens que parce que le groupe
est commutatif, sans cela, on
Détaillons un poil ce calcul pour bien voir où l’hypothèse de commutativité est indispen-
ne saurait pas dans quel ordre
sable : notons 𝐺 = {𝑔1, 𝑔2, . . . , 𝑔𝑛 }. Alors a lieu le produit.
Ö 𝑛
Ö
(𝑔𝑥) = (𝑔𝑥𝑖 )
𝑥 ∈𝐺 𝑖=1
= (𝑔𝑥 1 ) (𝑔𝑥 2 ) · · · (𝑔𝑥𝑛 ) = 𝑔𝑥 1𝑔𝑥 2 · · · 𝑔𝑥𝑛 L’associativité nous permet
de nous passer des paren-
= 𝑔𝑔𝑥 1𝑥 2𝑔𝑥 3 · · · 𝑔𝑥𝑛 thèses.
La commutativité sert ici :
= · · · = 𝑔 · · · 𝑔 (𝑥 1𝑥 2 · · · 𝑥𝑛 )
|{z} on peut permuter l’ordre de
deux facteurs.
𝑛 fois
Ö
𝑛
=𝑔 𝑥.
𝑥 ∈𝐺
Ö
En notant 𝐴 = 𝑥, on a donc 𝑔𝑛 𝐴 = 𝐴, et donc en multipliant à droite par 𝐴 −1 , 𝑔𝑛 = 1𝐺 .
𝑥 ∈𝐺
3. D’après la question précédente, un sous-groupe de cardinal 𝑛 de (C∗, ×), qui sera forcément
commutatif car (C∗, ×) l’est, est formé d’éléments 𝑧 tels que 𝑧𝑛 = 1.
Par conséquent, il est formé de racines 𝑛 èmes de l’unité.
Autrement dit, si 𝐺 est un sous-groupe de (C∗, ×) de cardinal 𝑛, alors 𝐺 ⊂ U𝑛 .
Mais U𝑛 est lui-même de cardinal 𝑛, et donc 𝐺 = U𝑛 .
Donc pour tout 𝑛 ∈ N∗ , (C∗, ×) possède un unique sous-groupe de cardinal 𝑛, qui est U𝑛 .
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.10
1. {−1, 1} et R+∗ sont deux sous-groupes de R∗ , dont l’union n’est clairement pas un sous-
groupe par exemple car elle contient −1, elle contient 2, mais ne contient pas leur produit.
2. Il est évident que si 𝐻 ⊂ 𝐾, alors 𝐻 ∪ 𝐾 = 𝐾 est un sous-groupe de 𝐺, et de même si 𝐾 ⊂ 𝐻 .
𝑧 −𝑏
𝑓 −1 : 𝑧 ↦→ est également une similitude directe.
𝑎
Donc 𝐺 est stable par passage à l’inverse, et donc est un sous-groupe de (𝔖(C), ◦).
Il ne s’agit pas d’un groupe abélien, par exemple car 𝑓 : 𝑧 ↦→ −𝑧 et 𝑔 : 𝑧 ↦→ 𝑧 + 1 ne
commutent pas :
𝑓 ◦ 𝑔 : 𝑧 ↦→ −𝑧 − 1 et 𝑔 ◦ 𝑓 : 𝑧 ↦→ −𝑧 − 1.
2. Donc 𝐺𝑧0 est l’ensemble des similitudes qui ont 𝑧 0 pour point fixe.
C’est bien le cas de l’identité, si 𝑓 et 𝑔 ont 𝑧 0 pour point fixe, alors 𝑔(𝑧 0 ) = 𝑧 0 ⇔ 𝑔 −1 (𝑧 0 ) = 𝑧 0 ,
si bien que (𝑓 ◦ 𝑔 −1 ) (𝑧 0 ) = 𝑓 (𝑧 0 ) = 𝑧 0 et donc 𝑓 ◦ 𝑔 −1 ∈ 𝐺𝑧0 .
Ainsi, 𝐺𝑧0 est un sous-groupe de 𝐺.
C∗ −→ 𝐺𝑧0
Soit alors 𝜑 : .
𝛼 ↦−→ 𝑧 ↦→ 𝛼 (𝑧 − 𝑧 0 ) + 𝑧 0
Nous savons que toute similitude directe qui possède 𝑧 0 comme point fixe est de la forme
𝑧 ↦→ 𝑟𝑒 𝑖𝜃 (𝑧 − 𝑧 0 ) + 𝑧 0 où 𝑟 est le rapport et 𝜃 l’angle de la similitude.
Donc 𝜑 est surjective, et même bijective puisque l’écriture d’une similitude sous la forme
𝑧 ↦→ 𝑎𝑧 + 𝑏 est unique.
Reste donc à voir qu’ils s’agit d’un morphisme de groupes.
Soient 𝛼 1, 𝛼 2 ∈ C∗ . Notons 𝑓1 = 𝜑 (𝛼 1 ) : 𝑧 ↦→ 𝛼 1 (𝑧−𝑧 0 )+𝑧 0 et 𝑓2 = 𝜑 (𝛼 2 ) : 𝑧 ↦→ 𝛼 2 (𝑧−𝑧 0 )+𝑧 0 .
Alors 𝑓1 ◦ 𝑓2 est une fonction affine, qui possède 𝑧 0 comme point fixe (car il est point fixe Alternative
de 𝑧 1 et de 𝑧 2 ), et qui possède 𝛼 1𝛼 2 comme coefficient dominant. Si vous n’êtes pas convaincu,
Donc pour tout 𝑧 ∈ C, (𝑓1 ◦ 𝑓2 ) (𝑧) = 𝛼 1𝛼 2 (𝑧 − 𝑧 0 ) + 𝑧 0 , c’est donc 𝜑 (𝛼 1𝛼 2 ). faire le calcul !
2. Nous venons de prouver que les 𝜏𝑎 sont des éléments de 𝔖(𝐺), car bijectifs.
On a 𝜏𝑒 = id𝐺 ∈ C(𝐺).
Et pour (𝑎, 𝑏) ∈ 𝐺 2 et 𝑔 ∈ 𝐺, on a
−1
𝜏𝑎 ◦ 𝜏𝑏−1 (𝑔) = (𝜏𝑎 ◦ 𝜏𝑏 −1 ) (𝑔) = 𝜏𝑎 𝑏 −1𝑔𝑏 = 𝑎𝑏 −1𝑔 𝑎𝑏 −1 (𝑔).
Notons 𝑝 = Card(𝐺). Alors pour tout 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝 − 1⟧, ⟨𝑔𝑘 ⟩ est un sous-groupe de 𝐺, donc
soit égal à {𝑒}, soit égal à 𝐺.
Si ⟨𝑔𝑘 ⟩ = {𝑒}, alors 𝑔𝑘 = 𝑒. Mais alors comme précédemment, 𝐺 = {𝑔𝑟 , 0 ⩽ 𝑟 < 𝑘 } est de
cardinal inférieur ou égal à 𝑘 et donc de cardinal inférieur strict à 𝑝, ce qui est absurde.
Prouvons que 𝑔𝑝 = 𝑒. En effet, les éléments 𝑒, 𝑔, . . . , 𝑔𝑝 −1 sont deux à deux distincts, car si
on avait 𝑔𝑘 = 𝑔ℓ avec 0 ⩽ 𝑘 ⩽ ℓ < 𝑝, alors 𝑔ℓ −𝑘 = 𝑒, avec ℓ − 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝 − 1⟧, et nous venons
de prouver que ceci est impossible.
Donc 𝐺 = {𝑒, 𝑔, 𝑔2, . . . , 𝑔𝑝 −1 }. Et puisque 𝑔𝑝 ∈ 𝐺, il existe 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑝 − 1⟧ tel que 𝑔𝑝 = 𝑔𝑘 .
Et encore une fois, si on avait 𝑘 ≠ 0, alors 𝑔𝑝 −𝑘 = 𝑒, avec 𝑝 − 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝 − 1⟧.
Donc on a bien 𝑔𝑝 = 𝑒.
Supposons que 𝑝 ne soit pas premier, et soient 𝑎, 𝑏 ∈ N tels que 𝑝 = 𝑎𝑏, avec 𝑎 > 1 et 𝑏 > 1.
Alors (𝑔𝑎 )𝑏 = 𝑔𝑎𝑏 = 𝑔𝑝 = 𝑒, et donc ⟨𝑔𝑎 ⟩ = {𝑒, 𝑔𝑎 , . . . , 𝑔𝑎 (𝑏 −1) } est un sous-groupe de 𝐺 de
cardinal 𝑏, donc qui n’est égal ni à {𝑒} ni à 𝐺.
C’est absurde puisque 𝐺 ne possède que deux sous-groupes. Et donc 𝑝 est premier.
SOLUTION DE L’EXERCICE
15.22
𝑛
Rappelons que 𝔻 = , (𝑛, 𝑘) ∈ Z × N .
10𝑘
Nous allons prouver qu’il s’agit d’un sous-anneau de Q.
1
On a 1 = 0 ∈ 𝔻.
10
Soient 𝑥, 𝑦 deux nombre décimaux. Alors il existe des (𝑘 1, 𝑘 2 ) ∈ Z2 et (𝑛 1, 𝑛 2 ) ∈ N2 tels
𝑘1 𝑘2
que 𝑥 = 𝑛 et 𝑦 = 𝑛 . Et alors
10 1 10 2
𝑘1 𝑘2 10𝑛2 𝑘 1 − 10𝑛1 𝑘 2
𝑥 −𝑦 = − = ∈ 𝔻.
10𝑛1 10𝑛2 10𝑛1 +𝑛2
𝑘 1𝑘 2
Et de même, 𝑥𝑦 = ∈ 𝔻.
10𝑛1 +𝑛2
Donc il s’agit d’un sous-anneau de Q.
1
Il ne s’agit pas d’un corps, car bien que 3 ∈ 𝔻,
n’est pas décimal, puisque les diviseurs
3
premiers du dénominateur d’un nombre décimal ne peuvent qu’être 2 et/ou 5.
Prouvons juste ce dernier point, en traitant par exemple le cas de la distributivité à gauche :
soient (𝑥𝐴 , 𝑥 𝐵 ), (𝑦𝐴 , 𝑦𝐵 ) et (𝑧𝐴 , 𝑧𝐵 ) trois éléments de 𝐴 × 𝐵. Alors
Enfin, si 𝐴 est nul, alors tout élément de 𝐴 × 𝐵 est de la forme (0𝐴 , 𝑏), avec 𝑏 ∈ 𝐵.
Donc si 𝐵 est intègre, alors (0𝐴 , 𝑏 1 ) ⊗ (0𝐴 , 𝑏 2 ) = (0𝐴 , 0𝐵 ) ⇔ 𝑏 1𝑏 2 = 0𝐵 ⇔ 𝑏 1 = 0𝐵 ou 𝑏 2 =
0𝐵 .
Donc 𝐴 × 𝐵 est intègre.
En revanche, si 𝐵 n’est pas intègre, et que 𝑎, 𝑏 sont deux diviseurs de zéro tels que 𝑎𝑏 = 0𝐵 ,
alors (0𝐴 , 𝑎) ⊗ (0𝐴 , 𝑏) = (0𝐴 , 0𝐵 ), et donc (0𝐴 , 𝑎) est un diviseur de zéro dans 𝐴 × 𝐵, qui
n’est donc pas intègre.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.24
1. Non, car la suite constante égale à 1 n’est pas dedans.
2. Non, car l’opposée d’une suite strictement croissante n’est plus croissante.
3. Oui.
4. Non : la suite nulle n’est pas divergente.
5. Oui : la suite constante égale à 1 est bornée.
Et si (𝑢𝑛 ) et (𝑣𝑛 ) sont deux suites bornées, soient 𝐾1, 𝐾2 ∈ R tels que ∀𝑛 ∈ N, |𝑢𝑛 | ⩽ 𝐾1 et
|𝑣𝑛 | ⩽ 𝐾2 .
Alors pour tout 𝑛 ∈ N, |𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 | ⩽ |𝑢𝑛 | + |𝑣𝑛 | ⩽ 𝐾1 + 𝐾2 .
Et de même, |𝑢𝑛 𝑣𝑛 | ⩽ 𝐾1 𝐾2 .
Donc (𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 ) et (𝑢𝑛 𝑣𝑛 ) sont bornées.
6. Non : l’opposé d’une suite qui tend vers +∞ tend vers −∞.
10 Puisque constante.
7. Oui : la suite constante égale à 1 est stationnaire10 .
Si (𝑢𝑛 ) et (𝑣𝑛 ) sont stationnaires, alors il existe 𝑛 0 ∈ N et 𝑛 1 ∈ N tels que 𝑛 ⩾ 𝑛 0 ⇒ 𝑢𝑛 = 𝑢𝑛0
et 𝑛 ⩾ 𝑛 1 ⇒ 𝑣𝑛 = 𝑣𝑛1 .
Mais alors pour 𝑛 ⩾ max(𝑛 0, 𝑛 1 ), on a 𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 = 𝑢𝑛0 − 𝑣𝑛1 , et donc (𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 ) est stationnaire.
De même, pour 𝑛 ⩾ max(𝑛 0, 𝑛 1 ), 𝑢𝑛 𝑣𝑛 = 𝑢𝑛0 𝑣𝑛1 .
Donc on a bien un sous-anneau de RN .
8. Non, la suite constante égale à 1 n’est pas dedans.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.25
Puisqu’un morphisme d’anneaux est en particulier un morphisme de groupes additifs, il
est injectif si et seulement si son noyau ne contient que 0𝑘 . Rappel
Un morphisme d’anneaux 𝑓 :
Mais si 𝑥 ∈ 𝑘 \ {0𝑘 }, alors 𝑥 est inversible, et donc 𝑓 (𝑥) est inversible d’inverse 𝑓 (𝑥) −1 , et 𝐴 → 𝐵 envoie les inversibles
en particulier 𝑓 (𝑥) ≠ 0. On en déduit que 𝑥 ∉ Ker 𝑓 . de 𝐴 sur des inversibles de 𝐵.
Et donc Ker 𝑓 ⊂ {0𝑘 }. L’inclusion réciproque étant triviale, on a donc Ker 𝑓 = {0𝑘 }, et
donc 𝑓 est injectif.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.26
1. Supposons 𝐴 intègre, et soit 𝑎 ∈ 𝐴 possédant une racine carrée 𝑏 : 𝑎 = 𝑏 2 .
Si 𝑐 est une racine carrée de 𝑎, on a donc 𝑐 2 = 𝑏 2 ⇔ 𝑐 2 − 𝑏 2 = 0𝐴 . 11 Et là, l’hypothèse que 𝐴 est
Soit encore11 , (𝑐 − 𝑏) (𝑐 + 𝑏) = 0𝐴 . commutatif est importante.
Puisque 𝐴 est intègre, on a donc 𝑐 − 𝑏 = 0𝐴 ou 𝑐 + 𝑏 = 0𝐴 , et donc 𝑐 = 𝑏 ou 𝑐 = −𝑏.
Bien entendu, vous connaissez bien l’anneau intègre R : nous ne venons pas de dire que
tout élément de 𝐴 possède exactement deux racines carrées, mais bien au plus deux.
(
1 si 𝑥 ⩽ 𝑎
2. Pour 𝑎 ∈ R, la fonction définie par 𝑓𝑎 (𝑥) = est telle que 𝑓𝑎 × 𝑓𝑎 = 1̃, et donc
−1 si 𝑥 > 𝑎
est une racine carrée de 1̃.
Et donc, cette dernière possède une infinité de racines carrées.
Et si 𝐴 n’est pas intègre, soient alors 𝑥, 𝑦 deux diviseurs de zéro tels que 𝑥𝑦 = 0𝐴 . Alors les
fonctions constantes égales respectivement à 𝑥 et 𝑦 ne sont pas nulles, mais leur produit
l’est, donc sont des diviseurs de zéro.
13 Et là aussi, l’hypothèse
Par la formule du binôme de Newton13 , on a
que 𝑥 et 𝑦 commutent est
𝑛+𝑝 indispensable.
∑︁ 𝑛+𝑝
(𝑥 + 𝑦)𝑛+𝑝 = 𝑥 𝑘 𝑦𝑛+𝑝 −𝑘
𝑘
𝑘=0
𝑛 𝑛+𝑝
∑︁ 𝑛+𝑝 ∑︁
𝑘 𝑛+𝑝 −𝑘 𝑛 + 𝑝 𝑘 𝑛+𝑝 −𝑘
= 𝑥 𝑦 + 𝑥 𝑦
𝑘 𝑘
𝑘=0 𝑘=𝑛+1
𝑛+𝑝
Détails
𝑛
∑︁ 𝑛+𝑝 𝑘 ∑︁ 𝑛+𝑝 Si 𝑘 ⩽ 𝑛, 𝑛 + 𝑝 − 𝑘 ⩾ 𝑝, et
= 𝑥 0𝐴 + 0𝐴𝑦𝑛+𝑝 −𝑘 = 0𝐴 . donc 𝑦𝑛+𝑝 −𝑘 = 0𝐴 .
𝑘 𝑘
𝑘=0 𝑘=𝑛+1 Et si 𝑘 ⩾ 𝑛, 𝑥 𝑘 = 0𝐴 .
𝑛−1 𝑛−1
!
∑︁ ∑︁
1𝐴 = (1𝐴 − 𝑥) 𝑥𝑘 = 𝑥 𝑘 (1𝐴 − 𝑥).
𝑘=0 𝑘=0
𝑛−1
∑︁
Par conséquent, 1𝐴 − 𝑥 est inversible, d’inverse 𝑥𝑘 .
𝑘=0
𝐴 −→ 𝐴
Alors l’application 𝑓 : est injective.
𝑦 ↦−→ 𝑥𝑦
En effet, si 𝑓 (𝑦1 ) = 𝑓 (𝑦2 ), alors
Alternative : soit 𝑥 ∈ 𝐴 \ {0𝐴 }. Puisque 𝐴 est fini, les 𝑥 𝑘 , 𝑘 ∈ N ne peuvent pas être deux
à deux distincts.
′
Et donc il existe 𝑘 < 𝑘 ′ deux entiers distincts tels que 𝑥 𝑘 = 𝑥 𝑘 .
′ ′
Soit encore 𝑥 𝑘 − 𝑥 𝑘 = 0𝐴 ⇔ 𝑥 𝑘 1𝐴 − 𝑥 𝑘 −𝑘 = 0𝐴 .
Puisque 𝐴 est intègre et 𝑥 non nul, 𝑥 𝑘 ≠ 0𝐴 , si bien que
′ −𝑘 ′ −𝑘 ′ −𝑘 −1
1𝐴 − 𝑥 𝑘 = 0𝐴 ⇔ 𝑥 𝑘 = 1𝐴 ⇔ 𝑥𝑥 𝑘 = 1𝐴 .
(𝑥 + 𝑦) − (𝑥 ′ + 𝑦 ′ ) = (𝑥 − 𝑥 ′ ) + (𝑦 − 𝑦 ′ ) ∈ 𝐼 + 𝐽
Soit donc 𝐼 un idéal maximal, et soit 𝑥 ∈ 𝐴 \ 𝐼 . Alors 𝐼 + 𝑥𝐴 est un idéal de 𝐴, qui contient
𝐼 , et qui contient même strictement 𝐼 , puisqu’il contient 𝑥, qui n’est pas dans 𝐼 .
Par maximalité de 𝐼 , ceci signifie donc que 𝐼 + 𝑥𝐴 = 𝐴.