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Exercices sur les structures algébriques

Le document traite des structures algébriques, en particulier des lois de composition interne, des groupes, des sous-groupes, et des anneaux. Il présente une série d'exercices qui explorent des concepts tels que l'associativité, la commutativité, les éléments réguliers, et les morphismes de groupes. Chaque exercice demande des démonstrations ou des conditions spécifiques relatives aux propriétés algébriques des ensembles donnés.

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Exercices sur les structures algébriques

Le document traite des structures algébriques, en particulier des lois de composition interne, des groupes, des sous-groupes, et des anneaux. Il présente une série d'exercices qui explorent des concepts tels que l'associativité, la commutativité, les éléments réguliers, et les morphismes de groupes. Chaque exercice demande des démonstrations ou des conditions spécifiques relatives aux propriétés algébriques des ensembles donnés.

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TD 15 : STRUCTURES ALGÉBRIQUES

▶ Lois de composition interne

EXERCICE 15.1 Soit (𝐸, ≼) un ensemble totalement ordonné. Alors pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , max(𝑥, 𝑦) est bien défini. PD
On définit ainsi une loi de composition interne, notée max sur 𝐸.
1. Montrer que la loi max est associative et commutative.
2. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que (𝐸, max) possède un élément neutre.
3. Lorsque cette condition est vérifiée, quels sont les éléments inversibles de 𝐸 ?

EXERCICE 15.2 Éléments réguliers AD


Soit 𝐸 un ensemble muni d’une loi de composition interne ★, associative, et possédant un élément neutre 𝑒. Un élément
𝑥 ∈ 𝐸 est dit régulier à gauche si ∀(𝑦, 𝑧) ∈ 𝐸 2 , 𝑥 ∗𝑦 = 𝑥 ∗𝑧 ⇒ 𝑦 = 𝑧 et régulier à droite si ∀(𝑦, 𝑧) ∈ 𝐸 2, 𝑦 ∗𝑥 = 𝑧 ∗𝑥 ⇒ 𝑦 = 𝑧.
1. Quels sont les éléments réguliers (à droite ou à gauche) de (Z, ×) ?
2. Soit 𝐴 un ensemble. Montrer que dans (F(𝐴, 𝐴), ◦), un élément 𝑓 est régulier à droite si et seulement si 𝑓 est
surjective. Donner une condition nécessaire et suffisante pour que 𝑓 soit régulier à gauche.

▶ Groupes

EXERCICE 15.3 On définit une loi de composition interne ★ sur R par : ∀(𝑥, 𝑦) ∈ R2, 𝑥 ★ 𝑦 = 3 𝑥 3 + 𝑦 3 .
√︁
PD
Montrer que (R, ★) est un groupe abélien.

EXERCICE 15.4 Soit 𝐸 un ensemble muni d’une loi de composition interne associative ★, possédant un élément neutre F
𝑒, et telle que ∀𝑥 ∈ 𝐸, 𝑥 ★ 𝑥 = 𝑒.
Prouver que (𝐸, ★) est un groupe commutatif.

EXERCICE 15.5 Centre d’un groupe PD


Soit 𝐺 un groupe. On appelle centre de 𝐺 l’ensemble Z (𝐺) = {𝑥 ∈ 𝐺, ∀𝑦 ∈ 𝐺, 𝑥𝑦 = 𝑦𝑥 } des éléments commutant avec
tous les éléments de 𝐺. Montrer que Z (𝐺) est un sous-groupe de 𝐺. À quelle condition a-t-on Z (𝐺) = 𝐺 ?

EXERCICE 15.6 Divers sous-groupes PD


Dans chacun des cas suivants, déterminer si 𝐻 est ou non un sous-groupe de 𝐺.
La loi de composition de 𝐺 n’est volontairement pas précisée, et je vous laisse le soin de deviner de laquelle il est question, sachant
qu’à chaque fois il s’agit de la seule loi de groupe que vous connaissiez sur 𝐺.
Ø
1. 𝐺 = C∗ , 𝐻 = U𝑛 tous les coefficients sont dans Z.
𝑛∈N∗
4. 𝐺 = 𝐺𝐿𝑛 (R), 𝐻 l’ensemble des matrices trian-
2. 𝐺 = M𝑛 (C), 𝐻 l’ensemble des matrices triangulaires gulaires supérieures dont les coefficients diagonaux
supérieures de 𝐺. valent 1.
3. 𝐺 = 𝐺𝐿2 (R), 𝐻 l’ensemble des éléments de 𝐺 dont 5. 𝐺 = 𝔖𝑛 , 𝐻 = {𝜎 ∈ 𝔖𝑛 | 𝜎 (1) = 2}

EXERCICE 15.7 Donner les tables de multiplication de U4 et U2 × U2 . Prouver alors que ces deux groupes ne sont pas AD
isomorphes (c’est-à-dire qu’il n’existe pas d’isomorphisme entre ces groupes), bien que de même cardinal.

EXERCICE 15.8 Soit 𝐺 un groupe non réduit à un élément tel que pour tout 𝑔 ∈ 𝐺, 𝑔2 = 𝑒. D
1. Montrer que tout élément est égal à son propre inverse. En déduire que 𝐺 est abélien.
2. Montrer que 𝐺 possède au moins un sous-groupe de cardinal 2.
3. On suppose que 𝐺 contient au moins trois éléments. Soit 𝐻 un sous-groupe fini de 𝐺, différent de {𝑒} ou de 𝐺, et
soit 𝑔 ∈ 𝐺 \ 𝐻 . On pose alors 𝑔𝐻 = {𝑔ℎ, ℎ ∈ 𝐻 }.
(a) Montrer que 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 est un sous-groupe de cardinal 2|𝐻 |.
(b) Montrer que si 𝐺 est fini, alors son cardinal est une puissance de 2.

EXERCICE 15.9 Un cas particulier du théorème de Lagrange AD


Soit 𝐺 un groupe commutatif fini, de cardinal 𝑛.
1. Soit 𝑔 ∈ 𝐺. Montrer que 𝑥 ↦→ 𝑔𝑥 est une bijection de 𝐺 sur lui-même.
Ö
2. Soit 𝑔 ∈ 𝐺. En calculant de deux manières le produit (𝑔𝑥), montrer que 𝑔𝑛 = 1𝐺 .
𝑥 ∈𝐺
3. Déterminer tous les sous-groupes finis de (C∗, ×).

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EXERCICE 15.10 Union de sous-groupes AD

1. Donner un exemple de deux sous-groupes de (R∗, ×) dont l’union n’est pas un sous-groupe.
2. Soit 𝐺 un groupe, 𝐻 et 𝐾 deux sous-groupes de 𝐺. Montrer que 𝐻 ∪ 𝐾 est un sous-groupe si et seulement si 𝐻 ⊂ 𝐾
ou 𝐾 ⊂ 𝐻 .
Ø
3. Soit (𝐻𝑛 )𝑛∈N une suite croissante de sous-groupes de 𝐺. Montrer que 𝐻𝑛 est un sous-groupe de 𝐺.
𝑛∈N

EXERCICE 15.11 Opérations sur les sous-groupes AD


Soit 𝐺 un groupe, 𝐻 et 𝐾 deux sous-groupes de 𝐺. On note 𝐻𝐾 = {ℎ · 𝑘, (ℎ, 𝑘) ∈ 𝐻 × 𝐾 }
1. Montrer que 𝐻 ∩ 𝐾 est un sous-groupe de 𝐺.
2. Si 𝐺 est abélien, montrer que 𝐻𝐾 est un sous-groupe de 𝐺.
3. (★) Prouver que 𝐻𝐾 est un sous-groupe de 𝐺 si et seulement si 𝐻𝐾 = 𝐾𝐻 .
EXERCICE 15.12 Dans cet exercice, on note 𝐺 l’ensemble des similitudes directes du plan, qu’on assimile à l’ensemble AD
des fonctions 𝑓 : C → C telles qu’il existe (𝑎, 𝑏) ∈ C∗ × C tels que ∀𝑧 ∈ C, 𝑓 (𝑧) = 𝑎𝑧 + 𝑏.
1. Montrer que (𝐺, ◦) est un groupe, et qu’il n’est pas abélien.
2. Soit 𝑧 0 ∈ C. On pose 𝐺𝑧0 = {𝑔 ∈ 𝐺 | 𝑔(𝑧 0 ) = 𝑧 0 }.
Montrer que 𝐺𝑧0 est un sous-groupe de 𝐺, isomorphe à C∗ . Est-il abélien ?
EXERCICE 15.13
Ö Soit 𝐺 un groupe abélien fini avec un seul élément 𝑓 d’ordre 2 (c’est-à-dire tel que 𝑓 2 = 𝑒 et 𝑓 ≠ 𝑒). PD
Montrer que 𝑔 = 𝑓.
𝑔∈𝐺

EXERCICE 15.14 Soit 𝐺 un groupe, et soit 𝑥 ∈ 𝐺. On dit que 𝑥 est d’ordre fini s’il existe 𝑛 ∈ N∗ tel que 𝑥 𝑛 = 𝑒𝐺 . AD
1. Montrer que si 𝐺 est abélien, et que 𝑥 et 𝑦 sont d’ordre fini, alors 𝑥𝑦 est encore d’ordre fini.
2. Le résultat de la question précédente reste-t-il vrai si 𝐺 n’est plus abélien ?
EXERCICE 15.15 Conjugaison dans un groupe AD
𝐺 −→ 𝐺
Soit 𝐺 un groupe. Pour 𝑎 ∈ 𝐺, on pose 𝜏𝑎 : .
𝑔 ↦−→ 𝑎𝑔𝑎 −1
1. Montrer que 𝜏𝑎 est un morphisme bijectif de 𝐺 dans lui-même (on parle alors d’automorphisme).
2. On pose C(𝐺) = {𝜏𝑎 , 𝑎 ∈ 𝐺 }. Montrer qu’il s’agit d’un sous-groupe de (𝔖(𝐺), ◦).
3. Montrer que l’application 𝜑 : 𝐺 → 𝔖(𝐺) qui à 𝑎 ∈ 𝐺 associe 𝜏𝑎 est un morphisme de groupes. Quel est son noyau ?
EXERCICE 15.16 Soit 𝑓 : 𝐺 1 → 𝐺 2 un morphisme de groupes. PD
1. Prouver que pour tout sous-groupe 𝐻 1 de 𝐺 1 , 𝑓 (𝐻 1 ) est un sous-groupe de 𝐺 2 .
2. Prouver que pour tout sous-groupe 𝐻 2 de 𝐺 2 , 𝑓 −1 (𝐻 2 ) est un sous-groupe de 𝐺 1 . En déduire que Ker 𝑓 est un
sous-groupe de 𝐺 1 .

U𝑚𝑛 −→ U𝑚 × U𝑛
EXERCICE 15.17 Soient 𝑚, 𝑛 ∈ N∗ . On note alors 𝑓 : 𝑧 ↦−→ (𝑧𝑛 , 𝑧𝑚 )
. AD
1. Montrer que 𝑓 est un morphisme de groupes.
2. Déterminer un entier 𝑘 tel que Ker 𝑓 = U𝑘 .
3. Déterminer une condition nécessaire et suffisante pour que 𝑓 soit un isomorphisme.
EXERCICE 15.18 Déterminer tous les morphismes de groupe de (Z, +) dans (Z, +). De (Q, +) dans (Z, +). AD
EXERCICE 15.19 Soit (𝐺, ∗) un groupe, et soit 𝐴 une partie non vide finie de 𝐺, stable par ∗. Prouver que 𝐴 est un D
sous-groupe de 𝐺.
EXERCICE 15.20 Soit 𝐺 un groupe possédant exactement deux sous-groupes. D
Montrer qu’il existe 𝑥 ∈ 𝐺 tel que 𝐺 = ⟨𝑥⟩, que 𝐺 est fini, et que son cardinal est premier.

▶ Anneaux, corps
h√ i n √ o
EXERCICE 15.21 Montrer que Z 2 = 𝑥 + 𝑦 2, (𝑥, 𝑦) ∈ Z2 est un anneau. AD
√  n √ o
Prouver que Q 2 = 𝑥 + 𝑦 2, (𝑥, 𝑦) ∈ Q2 est un corps.
√ √
Plus généralement, prouver que pour tout 𝑑 ∈ N∗ , Q( 𝑛) = {𝑎 + ℎ 𝑑, (𝑎, 𝑏) ∈ Q2 } est un corps. Donner une condition

nécessaire et suffisante pour que Q( 𝑑) = Q.

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EXERCICE 15.22 Soit 𝔻 l’ensemble des nombres décimaux. Montrer que (𝔻, +, ×) est un anneau. Est-ce un corps ? F
EXERCICE 15.23 Produit direct d’anneaux PD
Soient (𝐴, +𝐴 , ×𝐴 ) et (𝐵, +𝐵 , ×𝐵 ) deux anneaux. On munit 𝐴 × 𝐵 de deux lois de composition ⊕ et ⊗ définies par :

(𝑎, 𝑏) ⊕ (𝑎 ′, 𝑏 ′ ) = (𝑎 +𝐴 𝑎 ′, 𝑏 +𝐵 𝑏 ′ ) et (𝑎, 𝑏) ⊗ (𝑎 ′, 𝑏 ′ ) = (𝑎 ×𝐴 𝑎 ′, 𝑏 ×𝐵 𝑏 ′ ).

Montrer que (𝐴 × 𝐵, ⊕, ⊗) est un anneau, commutatif si 𝐴 et 𝐵 le sont. Cet anneau est-il intègre ?

EXERCICE 15.24 Parmi les ensembles suivants, lesquels sont des sous-anneaux de RN , l’anneau des suites réelles ? PD

1. l’ensemble des suites de limite nulle 5. l’ensemble des suites bornées


2. l’ensemble des suites croissantes 6. l’ensemble des suites (𝑢𝑛 ) telles que lim 𝑢𝑛 = +∞
𝑛→+∞
3. l’ensemble des suites convergentes 7. l’ensemble des suites stationnaires
4. l’ensemble des suites divergentes 8. l’ensemble des suites nulles à partir d’un certain rang

EXERCICE 15.25 Soient 𝑘, K deux corps, et soit 𝑓 : 𝑘 → K un morphisme d’anneaux. Montrer que 𝑓 est injectif. F
EXERCICE 15.26 Soit (𝐴, +, ×) un anneau commutatif. Pour 𝑎 ∈ 𝐴, on appelle racine carrée de 𝑎 tout élément dont le AD
carré vaut 𝑎.
1. Prouver que si 𝐴 est intègre, alors tout élément de 𝐴 admet au plus deux racines carrées.
2. En revanche, prouver que dans (F(R, R), +, ×), la fonction constante 𝑥 ↦→ 1 possède une infinité de racines carrées.

EXERCICE 15.27 Soit 𝐴 un anneau commutatif et 𝐸 un ensemble non vide. À quelle condition F(𝐸, 𝐴) est-il intègre ? PD
EXERCICE 15.28 Soit (𝐴, +, ×) un anneau. Un élément 𝑎 ∈ 𝐴 est dit nilpotent s’il existe 𝑛 ∈ N tel que 𝑎𝑛 = 0𝐴 .
1. Soient 𝑥, 𝑦 deux éléments nilpotents de 𝐴, qui commutent. Montrer que 𝑥𝑦 et 𝑥 + 𝑦 sont nilpotents.
2. Montrer que si 𝑥 ∈ 𝐴 est nilpotent, alors 1𝐴 − 𝑥 ∈ 𝐴 × .
EXERCICE 15.29 Montrer qu’un anneau intègre fini est un corps. D
EXERCICE 15.30 Idéaux premiers (D’après oral ENS) TD
Soit 𝐴 un anneau commutatif non nul. On appelle idéal de 𝐴 tout sous-groupe 𝐼 de (𝐴, +) tel que ∀(𝑎, 𝑥) ∈ 𝐴 × 𝐼, 𝑎𝑥 ∈ 𝐼 .
1. Montrer que pour tout 𝑥 ∈ 𝐴, 𝑥𝐴 = {𝑎𝑥, 𝑎 ∈ 𝐴} est un idéal de 𝐴.
2. Un idéal 𝐼 est dit maximal si tout idéal de 𝐴, différent de 𝐴, et qui contient 𝐼 est égal à 𝐼 lui-même.
Et un idéal 𝐼 différent de 𝐴 est dit premier si ∀(𝑎, 𝑏) ∈ 𝐴2, 𝑎𝑏 ∈ 𝐼 ⇒ 𝑎 ∈ 𝐼 ou 𝑏 ∈ 𝐼 .
(a) Montrer qu’un idéal 𝐼 est maximal si et seulement si pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 \ 𝐼 , 𝐼 + 𝑥𝐴 = 𝐴 (où 𝐼 + 𝑎𝐴 est l’ensemble
des éléments qui s’écrivent comme somme d’un élément de 𝐼 et d’un élément de 𝑎𝐴).
(b) Prouver qu’un idéal maximal est premier.
3. Montrer que 𝐴 est un corps si et seulement si tout idéal de 𝐴 autre que 𝐴 est premier.
EXERCICE 15.31 Endomorphismes de l’anneau R. AD
Soit 𝑓 : R → R un morphisme d’anneaux.
1. Montrer que 𝑓 |Q = idQ .
2. Prouver que 𝑓 est croissant.
3. En déduire que 𝑓 = idR .

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CORRECTION 1

CORRECTION DES EXERCICES DU TD 15


SOLUTION DE L’EXERCICE 15.1
1. C’est trivial.
2. Supposons que 𝐸 contienne un élément neutre 𝑒 pour max. Alors, pour tout 𝑥 ∈ 𝐸,
max(𝑥, 𝑒) = 𝑥, et donc 𝑒 ≼ 𝑥.
Donc un élément neutre est forcément un minorant de 𝐸, et étant dans 𝐸, c’est le plus petit
élément de 𝐸.
Inversement, si 𝐸 possède un plus petit élément 𝑒, alors pour tout 𝑥 ∈ 𝐸, max(𝑥, 𝑒) = 𝑥, et
donc 𝑒 est élément neutre.
Ainsi, (𝐸, max) possède un élément neutre si et seulement si il possède un plus petit élément.
3. L’élément neutre est bien entendu inversible, égal à son propre inverse.
Soit 𝑥 ∈ 𝐸 un élément inversible. Alors il existe 𝑦 ∈ 𝐸 tel que max(𝑥, 𝑦) = 𝑒.
Donc soit 𝑥 = 𝑒, soit 𝑦 = 𝑒.
Mais si 𝑦 = 𝑒, alors 𝑦 est l’inverse de 𝑥, et donc 𝑥 = 𝑦 −1 = 𝑒 −1 = 𝑒.
Donc 𝑒 est l’unique élément inversible de 𝐸.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.2


1. Notons que Z étant commutatif, les éléments réguliers à droite et réguliers à gauche sont
les mêmes.
Supposons donc que 𝑥 soit régulier, et soient 𝑦, 𝑧 ∈ Z tels que 𝑥𝑦 = 𝑥𝑧.
Alors 𝑥 (𝑦 − 𝑧) = 0. Et donc soit 𝑥 = 0, soit 𝑦 − 𝑧 = 0 ⇔ 𝑦 = 𝑧.
Il est clair que 0 n’est pas régulier car 0 · 1 = 0 · 2. Donc tout élément non nul de Z est
régulier.
2. Supposons que 𝑓 soit surjective, et soient 𝑔, ℎ ∈ F(𝐴, 𝐴) telles que 𝑔 ◦ 𝑓 = ℎ ◦ 𝑓 .
Soit alors 𝑦 ∈ 𝐴. Par surjectivité de 𝑓 , il existe 𝑥 ∈ 𝐴 tel que 𝑦 = 𝑓 (𝑥).
Et alors 𝑔(𝑦) = 𝑔(𝑓 (𝑥)) = ℎ(𝑓 (𝑥)) = ℎ(𝑦). Ceci étant vrai quel que soit 𝑦 ∈ 𝐴, on en déduit
que 𝑔 = ℎ, donc que 𝑓 est régulier à droite.

Autrement dit
En revanche, si 𝑓 n’est pas surjective, alors il existe 𝑦 ∈ 𝐴 qui ne possède pas d’anté-
On suppose que 𝑔 (𝑥 ) = ℎ (𝑥 )
cédent par 𝑓 . Et alors deux fonctions 𝑔 et ℎ qui diffèrent uniquement en 𝑦 vérifient pour tout 𝑥 ≠ 𝑦 et que
∀𝑥 ∈ 𝐴, 𝑔(𝑓 (𝑥)) = ℎ(𝑓 (𝑥)) car 𝑓 (𝑥) ≠ 𝑦. 𝑔 (𝑦) ≠ ℎ (𝑦).
Pourtant ℎ ≠ 𝑔 par hypothèse, donc 𝑓 n’est pas régulier à droite.

Si 𝑓 est injective, soient alors 𝑔 et ℎ deux fonctions telles que 𝑓 ◦ 𝑔 = 𝑓 ◦ ℎ.


Alors pour tout 𝑥 ∈ 𝐴, 𝑓 (𝑔(𝑥)) = 𝑓 (ℎ(𝑥)), et donc 𝑔(𝑥) = ℎ(𝑥). Donc 𝑔 = ℎ : 𝑓 est régulier
à gauche.
Inversement, soit 𝑓 une fonction régulière à gauche pour la composition, et soient 𝑥 1, 𝑥 2 ∈ 𝐴
tels que 𝑓 (𝑥 1 ) = 𝑓 (𝑥 2 ).
Soient alors 𝑔 et ℎ les fonctions constantes égales respectivement à 𝑥 1 et 𝑥 2 .
On a donc 𝑓 ◦ 𝑔 = 𝑓 ◦ ℎ. Et donc 𝑔 = ℎ, de sorte que 𝑥 1 = 𝑥 2 .

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.3


Commençons par prouver l’associativité de la loi ★ : soient 𝑥, 𝑦, 𝑧 trois réels. Alors
√︄
√︃  3 √︃
3 3 3
𝑥 ★ (𝑦 ★ 𝑧) = 𝑥3 + 𝑦 +𝑧 3 = 3 𝑥 3 + 𝑦3 + 𝑧3 .

Et d’autre part,
√︄
√︃ 3 √︃
3 3 3
(𝑥 ★ 𝑦) ★ 𝑧 = 𝑥 + 𝑦 3 + 𝑧 3 = 3 𝑥 3 + 𝑦 3 + 𝑧 3 = 𝑥 ★ (𝑦 ★ 𝑧).

Donc ★ est une loi de composition associative.


Notons qu’elle est clairement commutative, puisque la somme dans R est commutative, et
donc 𝑥 3 + 𝑦 3 = 𝑦 3 + 𝑥 3 .

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2 TD 15
√3
0 est l’élément neutre pour ★, puisque pour tout 𝑥 ∈ R, 𝑥 ★ 0 = 𝑥 3 = 𝑥. Et par commuta-
tivité, 0 ★ 𝑥 = 𝑥 ★ 0 = 𝑥. Remarque
Enfin, tout élément admet bien un inverse, qui est −𝑥, puisque Bien que l’élément neutre
soit le même que celui du
√︁3 √︁3 √3 groupe (R, +), et que l’in-
𝑥 ★ (−𝑥) = 𝑥 3 + (−𝑥) 3 = 𝑥 3 − 𝑥 3 = 0 = 0.
verse d’un élément 𝑥 soit
également le même que dans
Et par commutativité, (−𝑥) ★ 𝑥 = 0. (R, +), il ne s’agit pas du
Ainsi, (R, ★) est bien un groupe. même groupe, car en géné-
ral,
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.4 𝑥 ★ 𝑦 ≠ 𝑥 + 𝑦.
Il s’agit donc de prouver que tout élément est inversible, ainsi que la commutativité de ★.
Par exemple
Mais puisque pour tout 𝑥 ∈ 𝐸, 𝑥 ★ 𝑥 = 𝑒, 𝑥 est inversible, égal à son propre inverse. √3
Donc (𝐸, ★) est un groupe. 1 ★ 1 = 2 ≠ 2 = 1 + 1.
Et pour (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐸 2 , on a 𝑥 ★ 𝑦 = (𝑥 ★ 𝑦) −1 = 𝑦 −1 ★ 𝑥 −1 = 𝑦 ★ 𝑥.
Donc ★ est commutative.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.5


Pour tout 𝑥 ∈ 𝐺, 𝑒𝑥 = 𝑥𝑒 = 𝑥, donc 𝑒 ∈ Z (𝐺).
Soit 𝑔 ∈ Z (𝐺), et soit 𝑥 ∈ 𝐺. Alors 𝑔𝑥 −1 = 𝑥 −1𝑔, et donc en passant à l’inverse, 𝑥𝑔 −1 = 𝑔 −1𝑥,
de sorte que 𝑥 et 𝑔 −1 commutent. Ceci étant vrai pour tout 𝑥 ∈ 𝐺, 𝑔 −1 ∈ Z (𝐺).
Enfin, si 𝑔, ℎ ∈ Z (𝐺), alors pour tout 𝑥 ∈ 𝐺,

𝑔ℎ𝑥 = 𝑔(ℎ𝑥) = 𝑔(𝑥ℎ) = (𝑔𝑥)ℎ = 𝑥𝑔ℎ.

Donc 𝑔ℎ et 𝑥 commutent, de sorte que 𝑔ℎ ∈ Z (𝐺).


Et donc nous avons bien vérifié les quatre points caractérisant un sous-groupe, Z (𝐺) est
un sous-groupe de 𝐺.
On a alors Z (𝐺) = 𝐺 si et seulement si

∀𝑔 ∈ 𝐺, 𝑔 ∈ Z (𝐺) ⇔ ∀(𝑔, ℎ) ∈ 𝐺 2, ℎ𝑔 = 𝑔ℎ.

Soit encore si et seulement si 𝐺 est abélien.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.6


1 (qui est l’élément ∗
1. Ø neutre de C ) est dans tous les U𝑛 , donc dans leur union.
Soient 𝑥, 𝑦 ∈
𝑛∈N∗
U𝑛 .
A Danger !
Alors il existe 𝑛 ∈ N∗ tel que 𝑥 𝑛 = 1 et il existe 𝑝 ∈ N∗ tel que 𝑦 𝑝 = 1. 𝑛 et 𝑝 n’ont aucune raison
Mais alors (𝑥𝑦)𝑛𝑝 = 𝑥 𝑛𝑝 𝑦𝑛𝑝 = (𝑥 𝑛 ) 𝑝 (𝑦 𝑝 )𝑛 = 1𝑝 1𝑛 = 1. d’être égaux.
Donc 𝑥𝑦 ∈ 𝐻 .  𝑛
∗ 1 1
De plus, si 𝑥 ∈ 𝐻 , alors il existe 𝑛 ∈ N tel que 𝑥 = 1, et donc
𝑛 = 1, donc ∈ U𝑛 ⊂ 𝐻 .
𝑥 𝑥
Ainsi, 𝐻 est un sous-groupe de 𝐺.
2. La matrice nulle est dans 𝐻 .
1 Ici, M (C) est bien muni
La somme1 de deux matrices triangulaires supérieures est encore triangulaire supérieure. 𝑛
Et si 𝑀 ∈ 𝐻 , alors −𝑀 (qui est l’inverse de 𝑀 pour l’addition) est encore dans 𝐻 . de la somme.
Donc 𝐻 est un sous-groupe de M𝑛 (C).
   
2 0 1/2 0 Remarque
3. est dans 𝐻 , mais son inverse, n’est pas dans 𝐻 , donc 𝐻 n’est pas un
0 1 0 1
Si on ajoute la condition que
sous-groupe de 𝐺. det 𝐴 = ±1, alors 𝐻 devient
4. La matrice 𝐼𝑛 est dans 𝐻 . un sous-groupe de 𝐺.
Le produit de deux matrices de 𝐻 est dans 𝐻 .
Et si 𝑀 ∈ 𝐻 , alors son inverse est triangulaire supérieure, et ses coefficients diagonaux sont
les inverses de ceux de 𝑀, donc valent tous 1.
Donc 𝑀 −1 ∈ 𝐻 : 𝐻 est un sous-groupe de 𝐺.
5. id(1) = 1 ≠ 2, donc id, qui est l’élément neutre de 𝔖𝑛 n’est pas dans 𝐻 : 𝐻 n’est pas un
sous-groupe de 𝐺.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.7

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2024-2025 M. VIENNEY


CORRECTION 3

Pour U4 = {1, −1, 𝑖, −𝑖}, il n’y a pas de difficulté :

× 1 −1 𝑖 −𝑖
1 1 −1 𝑖 −𝑖
−1 −1 1 −𝑖 𝑖
𝑖 𝑖 −𝑖 −1 1
−𝑖 −𝑖 𝑖 1 −1

Puisque U2 = {−1, 1}, le groupe U2 ×U2 contient 4 éléments : (1, 1), (−1, −1), (1, −1), (−1, 1),
et on a alors
× (1, 1) (−1, −1) (−1, 1) (1, −1)
(1, 1) (1, 1) (−1, −1) (−1, 1) (1, −1)
(−1, −1) (−1, −1) (1, 1) (1, −1) (−1, 1)
(−1, 1) (−1, 1) (1, −1) (1, 1) (−1, −1)
(1, −1) (1, −1) (−1, 1) (−1, −1) (1, 1)
En particulier, pour tout 𝑥 dans U2 × U2 , on a 𝑥 2 = (1, 1) l’élément neutre.
Supposons par l’absurde qu’il existe un isomorphisme 𝜑 : U2 × U2 → U4 . Rappel
Alors pour tout 𝑦  ∈ U4 , il existe un unique 𝑥 ∈ U2 × U2 tel que 𝑦 = 𝜑 (𝑥). Et alors
Un morphisme envoie tou-
𝑦 2 = 𝜑 (𝑥) 2 = 𝜑 𝑥 2 = 𝜑 ((1, 1)) = 1. jours l’élément neutre sur
Autrement dit, le carré de tout élément de U4 est égal à 1. Ceci est manifestement faux, l’élément neutre.
puisque 𝑖 2 = −1 ≠ 1.
Par conséquent, il n’existe pas d’isomorphisme de U2 × U2 → U4 .
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.8
1. Pour tout 𝑥 ∈ 𝐺, 𝑥𝑥 = 𝑥 2 = 𝑒, et donc 𝑥 −1 = 𝑥.
2. Soient 𝑥, 𝑦 ∈ 𝐺. Alors 𝑥𝑦 = (𝑥𝑦) −1 . Mais (𝑥𝑦) −1 = 𝑦 −1𝑥 −1 , qui par la question précédente
vaut 𝑦𝑥. Et donc 𝑥𝑦 = 𝑦𝑥, si bien que 𝐺 est abélien.
3. Il existe 𝑥 ∈ 𝐺 tel que 𝑥 ≠ 𝑒. Et alors {𝑒, 𝑥 } est un sous-groupe de 𝐺, de cardinal 2.
4.a. Notons qu’un tel sous-groupe 𝐻 existe par la question précédente.
Puisque 𝑒 ∈ 𝐻 , 𝑒 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 .
Soient 𝑔1, 𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 . Soit 𝑔1 ∈ 𝐻 , soit il existe ℎ 1 ∈ 𝐻 tel que 𝑔1 = 𝑔ℎ 1 .
De même, soit 𝑔2 ∈ 𝐻 , soit il existe ℎ 2 ∈ 𝐻 tel que 𝑔2 = 𝑔ℎ 2 .

Montrons que 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 est stable par produit, puisque tout élément étant égal à son
propre inverse, on aura donc, 𝑔1𝑔2−1 = 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 .

▶ Si 𝑔1, 𝑔2 ∈ 𝐻 . Alors 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 par définition d’un sous-groupe.


▶ Si 𝑔1 ∈ 𝐻 et 𝑔2 ∉ 𝐻 . Alors 𝑔1𝑔2 = 𝑔1𝑔ℎ 2 = 𝑔 (𝑔1ℎ 2 ) ∈ 𝑔𝐻 ⊂ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 .
| {z }
∈𝐻
▶ Si 𝑔1 ∉ 𝐻 et 𝑔2 ∈ 𝐻 . Alors 𝑔1𝑔2 = 𝑔 (ℎ 1𝑔2 ) .
| {z }
∈𝐻
▶ Si 𝑔1 ∉ 𝐻 et 𝑔2 ∉ 𝐻 . Alors 𝑔1𝑔2 = 𝑔ℎ 1𝑔ℎ 2 = 𝑔2ℎ 1ℎ 2 = ℎ 1ℎ 2 ∈ 𝐻 ⊂ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 .
Donc nous avons bien prouvé que pour tout 𝑔1, 𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 , 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 , qui est donc
un sous-groupe de 𝐺.
Puisque la translation à gauche par 𝑔 est bijective, ℎ ↦→ 𝑔ℎ est une bijection de 𝐻 sur 𝑔𝐻 ,
qui a donc même cardinal que 𝐻 .
Par ailleurs, 𝐻 et 𝑔𝐻 sont disjoints. En effet, supposons par l’absurde qu’il existe 𝑥 ∈ 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 .
Alors 𝑥 ∈ 𝐻 et il existe ℎ ∈ 𝐻 tel que 𝑥 = 𝑔ℎ. Et alors 𝑔 = 𝑥ℎ −1 ∈ 𝐻 , ce qui est absurde
puisqu’on a supposé 𝑔 ∉ 𝐻 .
Donc 𝐻 ∪ 𝑔𝐻 est de cardial Card(𝐻 ) + Card(𝑔𝐻 ) = 2Card(𝐻 ).
4.b. Supposons par l’absurde que Card(𝐺) ne soit pas une puissance de 2.
Soit alors 𝐻 1 un sous-groupe de 𝐺 de cardinal 2. Alors 𝐻 1 ≠ 𝐺, et donc il existe 𝑔1 ∈ 𝐺 \ 𝐻 1 .
Donc 𝐻 2 = 𝐻 1 ∪ 𝑔1𝐻 1 est un sous-groupe de 𝐺 de cardinal 4.
Mais alors 𝐻 2 ≠ 𝐺 puisque 𝐺 n’est pas de cardial 4. Donc il existe 𝑔2 ∈ 𝐺 \ 𝐻 2 . Et alors
𝐻 3 = 𝐻 2 ∪ 𝑔2𝐻 2 est un sous-groupe de 𝐺 de cardinal 8.
Mais 𝐻 3 n’est pas égal à 𝐺, etc.
On construit donc par récurrence une suite de sous-groupes (𝐻𝑘 )𝑘 ⩾1 tels que 𝐻𝑘 soit de
cardinal 2𝑘 .

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4 TD 15

Mais si 𝑘 est suffisamment grand, 2𝑘 > Card(𝐺), ce qui est absurde.


Donc Card(𝐺) est nécessairement une puissance de 2.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.9
1. Notons 𝑓𝑔 : 𝑥 ↦→ 𝑔𝑥, et 𝑓𝑔 −1 : 𝑥 ↦→ 𝑔 −1𝑥. Alors, pour tout 𝑥 ∈ 𝐺,
   −1 
𝑓𝑔 ◦ 𝑓𝑔 −1 (𝑥) = 𝑔(𝑔 −1𝑥) = 𝑥 et de même 𝑓 𝑔 ◦ 𝑓𝑔 (𝑥) = 𝑔 −1 (𝑔𝑥) = 𝑥 .

Donc non seulement 𝑓𝑔 est bijective, mais en plus, nous savons que son inverse est 𝑓𝑔 −1 .
Explication
2. D’une part, 𝑓𝑔 étant bijective, on a, avec le changement de variable 𝑦 = 𝑔𝑥,
La bijectivité nous dit que
Ö Ö les 𝑔𝑥, quant 𝑥 parcourt 𝐺,
(𝑔𝑥) = 𝑦. prennent une et une seule
𝑥 ∈𝐺 𝑦 ∈𝐺 fois chaque valeur dans 𝐺.
Et donc le produit des 𝑔𝑥 est
D’autre part, 𝐺 étant commutatif, on a le même que le produit des
Ö Ö 𝑥, 𝑥 ∈ 𝐺.
(𝑔𝑥) = 𝑔𝑛 𝑥. Remarquons au passage que
𝑔∈𝐺 𝑥 ∈𝐺 cette notation produit n’a de
sens que parce que le groupe
est commutatif, sans cela, on
Détaillons un poil ce calcul pour bien voir où l’hypothèse de commutativité est indispen-
ne saurait pas dans quel ordre
sable : notons 𝐺 = {𝑔1, 𝑔2, . . . , 𝑔𝑛 }. Alors a lieu le produit.
Ö 𝑛
Ö
(𝑔𝑥) = (𝑔𝑥𝑖 )
𝑥 ∈𝐺 𝑖=1
= (𝑔𝑥 1 ) (𝑔𝑥 2 ) · · · (𝑔𝑥𝑛 ) = 𝑔𝑥 1𝑔𝑥 2 · · · 𝑔𝑥𝑛 L’associativité nous permet
de nous passer des paren-
= 𝑔𝑔𝑥 1𝑥 2𝑔𝑥 3 · · · 𝑔𝑥𝑛 thèses.
La commutativité sert ici :
= · · · = 𝑔 · · · 𝑔 (𝑥 1𝑥 2 · · · 𝑥𝑛 )
|{z} on peut permuter l’ordre de
deux facteurs.
𝑛 fois
Ö
𝑛
=𝑔 𝑥.
𝑥 ∈𝐺
Ö
En notant 𝐴 = 𝑥, on a donc 𝑔𝑛 𝐴 = 𝐴, et donc en multipliant à droite par 𝐴 −1 , 𝑔𝑛 = 1𝐺 .
𝑥 ∈𝐺
3. D’après la question précédente, un sous-groupe de cardinal 𝑛 de (C∗, ×), qui sera forcément
commutatif car (C∗, ×) l’est, est formé d’éléments 𝑧 tels que 𝑧𝑛 = 1.
Par conséquent, il est formé de racines 𝑛 èmes de l’unité.
Autrement dit, si 𝐺 est un sous-groupe de (C∗, ×) de cardinal 𝑛, alors 𝐺 ⊂ U𝑛 .
Mais U𝑛 est lui-même de cardinal 𝑛, et donc 𝐺 = U𝑛 .
Donc pour tout 𝑛 ∈ N∗ , (C∗, ×) possède un unique sous-groupe de cardinal 𝑛, qui est U𝑛 .
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.10
1. {−1, 1} et R+∗ sont deux sous-groupes de R∗ , dont l’union n’est clairement pas un sous-
groupe par exemple car elle contient −1, elle contient 2, mais ne contient pas leur produit.
2. Il est évident que si 𝐻 ⊂ 𝐾, alors 𝐻 ∪ 𝐾 = 𝐾 est un sous-groupe de 𝐺, et de même si 𝐾 ⊂ 𝐻 .

Supposons à présent que 𝐻 ⊄ 𝐾 et 𝐾 ⊄ 𝐻 .


Il existe alors ℎ ∈ 𝐻 tel que ℎ ∉ 𝐾, et il existe 𝑘 ∈ 𝐾 tel que 𝑘 ∉ 𝐻 .
Considérons de tels ℎ et 𝑘.
Si on avait ℎ ∪ 𝑘 ∈ 𝐻 , alors il viendrait 𝑘 = ℎ −1 (ℎ𝑘) ∈ 𝐻 car ℎ ∈ 𝐻 et ℎ𝑘 ∈ 𝐾. C’est absurde
car 𝑘 ∉ 𝐻 , et donc ℎ𝑘 ∉ 𝐻 . Et de même, si on avait ℎ𝑘 ∈ 𝐾, alors ℎ = (ℎ𝑘)𝑘 −1 ∈ 𝐾, ce qui
est absurde.
2 Notons que ℎ et 𝑘 sont tous
Donc nous avons prouvé que ℎ𝑘 ∉ 𝐻 ∪ 𝐾, si bien que 𝐻 ∪ 𝐾 n’est pas stable par produit2 .
deux dans 𝐻 ∪ 𝐾.

Ainsi, si 𝐻 ∪ 𝐾 est un sous-groupe de 𝐺, alors soit 𝐻 ⊂ 𝐾, soit 𝐾 ⊂ 𝐻 . L’implication


réciproque ayant déjà été prouvée, on a bien l’équivalence souhaitée.
3 Partielle.
3. Notons que la croissance de la suite (𝐻𝑛 ) s’entend par rapport à la relation d’ordre3 donnée
par l’inclusion.
Donc pour tout 𝑛 ∈ N, 𝐻𝑛 ⊂ 𝐻𝑛+1 .

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CORRECTION 5
Ø
Puisque 𝐻 0 est un sous-groupe de 𝐺, 𝑒 ∈ 𝐻 0 ⊂ 𝐻𝑛 .
Ø 𝑛∈N
Soient 𝑥, 𝑦 ∈ 𝐻𝑛 , et soient 𝑛 0, 𝑛 1 tels que 𝑥 ∈ 𝐻𝑛0 , 𝑦 ∈ 𝐻𝑛1 .
𝑛∈N
Soit alors 𝑘 = max(𝑛 0, 𝑛 1 ). Puisque 𝑛 0 ⩽ 𝑘, 𝐻𝑛0 ⊂ 𝐻𝑘 et de même, 𝐻𝑛1 ⊂
Ø𝐻𝑘 .
Donc 𝑥, 𝑦 ∈ 𝐻𝑛 , si bien que par stabilité de 𝐻𝑛 par produit, 𝑥𝑦 ∈ 𝐻𝑘 ⊂ 𝐻𝑛 .
Ø 𝑛∈N
Et donc 𝐻𝑛 est stable par produit.
𝑛∈N
Ø Ø
Enfin, 𝑥 −1 ∈ 𝐻𝑛 0 ⊂ 𝐻𝑛 , et donc 𝐻𝑛 est stable par inverse.
𝑛∈N 𝑛∈N
C’est donc un sous-groupe de 𝐺.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.11


1. C’est du cours, mais reprouvons-le tout de même :
▶𝑒𝐺 ∈ 𝐻 car 𝐻 est un sous-groupe, et de même, 𝑒𝐺 ∈ 𝐾. Donc 𝑒𝐺 ∈ 𝐻 ∩ 𝐾.
▶soient 𝑔1, 𝑔2 ∈ 𝐻 ∩ 𝐾. Alors 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 car 𝐻 est un sous-groupe, et de même, 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐾,
donc 𝑔1𝑔2 ∈ 𝐻 ∩ 𝐾 : 𝐻 ∩ 𝐾 est stable par produit.
▶enfin, si 𝑔 ∈ 𝐻 ∩ 𝐾, alors 𝑔 −1 ∈ 𝐻 , puisque 𝐻 est un sous-groupe, et de même 𝑔 −1 ∈ 𝐾,
donc 𝑔 −1 ∈ 𝐻 ∩ 𝐾.
Et donc 𝐻 ∩ 𝐾 est un sous-groupe de 𝐺.
2. Si l’un des deux sous-groupes est inclus dans l’autre, alors il est évident que 𝐻 ∪ 𝐾 est un
4 Puisqu’il est égal soit à 𝐻
sous-groupe4 .
Inversement supposons que 𝐻 ∪ 𝐾 soit un sous-groupe de 𝐺, et supposons que 𝐻 ⊄ 𝐾 et soit à 𝐾.
𝐾 ⊄ 𝐻.
Alors il existe ℎ ∈ 𝐻 \ 𝐾 et il existe 𝑘 ∈ 𝐾 \ 𝐻 . Rédaction 
Attention aux quantifica-
Alors ℎ𝑘 ∈ 𝐻 ∪ 𝐾.
teurs : il existe un élément
▶ Si ℎ𝑘 ∈ 𝐻 : alors ℎ −1 ∈ 𝐻 et donc 𝑘 = ℎ −1 (ℎ𝑘) ∈ 𝐻 , ce qui est absurde. dans 𝐻 pas dans 𝐾, mais ce
▶ Si ℎ𝑘 ∈ 𝐾 : alors 𝑘 −1 ∈ 𝐾 et donc ℎ = (ℎ𝑘)𝑘 −1 ∈ 𝐾, ce qui est absurde. n’est pas le cas de tous les
Dans tous les cas, on aboutit à une contradiction, et donc 𝐻 ∪ 𝐾 sous-groupe de 𝐺 implique éléments de 𝐻 (ne serait-ce
𝐻 ⊂ 𝐾 ou 𝐾 ⊂ 𝐻 . que parce que 𝑒𝐺 est dans 𝐻
et dans 𝐾).
3. Déjà, 𝑒𝐺 = 𝑒𝐺 𝑒𝐺 ∈ 𝐻𝐾.
|{z} |{z}
∈𝐻 ∈𝐾
Soient 𝑥, 𝑦 ∈ 𝐻𝐾. Alors il existe (ℎ, ℎ ′ ) ∈ 𝐻 2 et (𝑘, 𝑘 ′ ) ∈ 𝐾 2 tels que 𝑥 = ℎ𝑘 et 𝑦 = ℎ ′𝑘 ′ .
Et alors 𝑥𝑦 = (ℎ𝑘) (ℎ ′𝑘 ′ ) = ℎ𝑘ℎ ′𝑘 ′ = ℎℎ ′𝑘𝑘 ′ = ℎℎ ′ 𝑘𝑘 ′ ∈ 𝐻𝐾.
|{z} |{z}
∈𝐻 ∈𝐾
Et avec les mêmes notations, 𝑥 −1 = (ℎ𝑘) −1 = 𝑘 −1ℎ −1 = ℎ −1 𝑘 −1 ∈ 𝐻𝐾.
|{z} |{z}
∈𝐻 ∈𝐾
Donc 𝐻𝐾 est un sous-groupe de 𝐺.
4. Supposons que 𝐾𝐻 = 𝐻𝐾. Prouvons qu’alors 𝐻𝐾 est un sous-groupe de 𝐺.
Il contient évidemment 𝑒𝐺 = 𝑒𝐺 · 𝑒𝐺 .
Soient 𝑥, 𝑦 ∈ 𝐻𝐾. Alors il existe ℎ 1, ℎ 2 ∈ 𝐻 et 𝑘 1, 𝑘 2 ∈ 𝐾 tels que 𝑥 = ℎ 1𝑘 1 et 𝑦 = ℎ 2𝑘 2 .
Et alors 𝑥𝑦 −1 = (ℎ 1𝑘 1 ) (ℎ 2𝑘 2 ) −1 = ℎ 1𝑘 1𝑘 2−1ℎ 2−1 .
Mais (𝑘 1𝑘 2−1 )ℎ 2−1 ∈ 𝐾𝐻 = 𝐻𝐾. Donc il existe ℎ ∈ 𝐻 et 𝑘 ∈ 𝐾 tels que (𝑘 1𝑘 2−1 )ℎ 2−1 = ℎ𝑘.
Et alors 𝑥𝑦 −1 = ℎ 1ℎ𝑘 = (ℎ 1ℎ)𝑘 ∈ 𝐻𝐾. Donc 𝐻𝐾 est un sous-groupe de 𝐺.

Inversement, supposons que 𝐻𝐾 soit un sous-groupe de 𝐺.


Alors 𝐾 ⊂ 𝐻𝐾 (puisque ℎ ∈ 𝐻 s’écrit ℎ · 𝑒𝐺 ) et 𝐻 ⊂ 𝐻𝐾, par stabilité de 𝐻𝐾 par produit,
𝐾𝐻 ⊂ 𝐻𝐾. Inversement, soit 𝑥 ∈ 𝐻𝐾. Alors 𝑥 −1 ∈ 𝐻𝐾. Et donc il existe ℎ ∈ 𝐻 et 𝑘 ∈ 𝐾 tels
que 𝑥 −1 = ℎ𝑘, de sorte que 𝑥 = 𝑘 −1ℎ −1 ∈ 𝐾𝐻 . Donc 𝐾𝐻 = 𝐻𝐾.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.12 Rappel


1. Puisque les similitudes directes sont des bijections de C dans C, nous allons prouver que 𝐺 Il a été prouvé en cours que
est un sous-groupe du groupe 𝔖(C) des bijections de C dans C. l’ensemble des permutations
𝐺 contient évidemment idC : 𝑧 ↦→ 𝑧. d’un ensemble est un groupe
pour la composition.
Il est évident que la composée de deux similitudes directes est encore une similitude
directe, donc 𝐺 est stable par produit. Et si 𝑓 : 𝑧 ↦→ 𝑎𝑧 + 𝑏 est une similitude directe, alors

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6 TD 15

𝑧 −𝑏
𝑓 −1 : 𝑧 ↦→ est également une similitude directe.
𝑎
Donc 𝐺 est stable par passage à l’inverse, et donc est un sous-groupe de (𝔖(C), ◦).
Il ne s’agit pas d’un groupe abélien, par exemple car 𝑓 : 𝑧 ↦→ −𝑧 et 𝑔 : 𝑧 ↦→ 𝑧 + 1 ne
commutent pas :
𝑓 ◦ 𝑔 : 𝑧 ↦→ −𝑧 − 1 et 𝑔 ◦ 𝑓 : 𝑧 ↦→ −𝑧 − 1.
2. Donc 𝐺𝑧0 est l’ensemble des similitudes qui ont 𝑧 0 pour point fixe.
C’est bien le cas de l’identité, si 𝑓 et 𝑔 ont 𝑧 0 pour point fixe, alors 𝑔(𝑧 0 ) = 𝑧 0 ⇔ 𝑔 −1 (𝑧 0 ) = 𝑧 0 ,
si bien que (𝑓 ◦ 𝑔 −1 ) (𝑧 0 ) = 𝑓 (𝑧 0 ) = 𝑧 0 et donc 𝑓 ◦ 𝑔 −1 ∈ 𝐺𝑧0 .
Ainsi, 𝐺𝑧0 est un sous-groupe de 𝐺.
C∗ −→ 𝐺𝑧0
Soit alors 𝜑 : .
𝛼 ↦−→ 𝑧 ↦→ 𝛼 (𝑧 − 𝑧 0 ) + 𝑧 0
Nous savons que toute similitude directe qui possède 𝑧 0 comme point fixe est de la forme
𝑧 ↦→ 𝑟𝑒 𝑖𝜃 (𝑧 − 𝑧 0 ) + 𝑧 0 où 𝑟 est le rapport et 𝜃 l’angle de la similitude.
Donc 𝜑 est surjective, et même bijective puisque l’écriture d’une similitude sous la forme
𝑧 ↦→ 𝑎𝑧 + 𝑏 est unique.
Reste donc à voir qu’ils s’agit d’un morphisme de groupes.
Soient 𝛼 1, 𝛼 2 ∈ C∗ . Notons 𝑓1 = 𝜑 (𝛼 1 ) : 𝑧 ↦→ 𝛼 1 (𝑧−𝑧 0 )+𝑧 0 et 𝑓2 = 𝜑 (𝛼 2 ) : 𝑧 ↦→ 𝛼 2 (𝑧−𝑧 0 )+𝑧 0 .
Alors 𝑓1 ◦ 𝑓2 est une fonction affine, qui possède 𝑧 0 comme point fixe (car il est point fixe Alternative
de 𝑧 1 et de 𝑧 2 ), et qui possède 𝛼 1𝛼 2 comme coefficient dominant. Si vous n’êtes pas convaincu,
Donc pour tout 𝑧 ∈ C, (𝑓1 ◦ 𝑓2 ) (𝑧) = 𝛼 1𝛼 2 (𝑧 − 𝑧 0 ) + 𝑧 0 , c’est donc 𝜑 (𝛼 1𝛼 2 ). faire le calcul !

Et donc 𝑓 est un morphisme de groupes, c’est donc un isomorphisme de groupes.


SOLUTION DE L’EXERCICE 15.14
1. Si 𝐺 est abélien, alors les puissances de 𝑥 et de 𝑦 commutent.
Donc en particulier, si 𝑛, 𝑝 sont deux entiers strictement positifs tels que 𝑥 𝑛 = 𝑦 𝑝 = 𝑒𝐺 ,
alors (𝑥𝑦)𝑛𝑝 = 𝑥 𝑛𝑝 𝑦𝑛𝑝 = (𝑥 𝑛 ) 𝑝 (𝑦 𝑝 )𝑛 = 𝑒𝐺 .
Et donc 𝑥𝑦 est d’ordre fini.
2. Le résultat n’est plus vrai si 𝐺 n’est pas abélien. Par exemple, dans le groupe des similitudes
5 Voir l’exercice précédent.
directes du plan5 , une rotation d’angle 𝜋 est d’ordre fini, puisqu’élevée au carré, elle est
égale à l’identité.
En revanche, la composée de deux rotations d’angle 𝜋, de centre distincts est une translation
de vecteur non nul.
En effet, si 𝛼 ≠ 𝛽 sont deux complexes, si 𝑓 : 𝑧 ↦→ −𝑧 + 𝛼 et 𝑔 : 𝑧 ↦→ −𝑧 + 𝛽 sont deux
rotations d’angle 𝜋, alors 𝑔 ◦ 𝑓 : 𝑧 ↦→ 𝑧 + (𝛽 − 𝛼).
Or, une translation 𝜏 de vecteur non nul 𝑢® n’est jamais d’ordre fini puisque pour tout
6 Passer par les complexes si
𝑛 ∈ N∗ , 𝜏 𝑛 est6 la translation de vecteur 𝑛𝑢® ≠ 0.
®
vous avez besoin de vous en
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.15 convaincre.
1. Soient (𝑔, ℎ) ∈ 𝐺 2 . Alors

𝜏𝑎 (𝑔)𝜏𝑎 (ℎ) = 𝑎𝑔𝑎 −1𝑎ℎ𝑎 −1 = 𝑎𝑔ℎ𝑎 −1 = 𝜏𝑎 (ℎ).

Donc 𝜏𝑎 est un morphisme de 𝐺 dans lui-même.


Pour montrer la bijectivité , il y a deux options :
▶soit prouver injectivité et surjectivité
Méthode
▶soit exhiber la bijection réciproque si on la voit. Pour prouver l’injectivité
Ici, la seconde option est de loin la plus facile, puisque pour tout 𝑔 ∈ 𝐺, d’un morphisme, il suffit de
prouver que son noyau est
(𝜏𝑎 −1 ◦ 𝜏𝑎 ) (𝑔) = 𝑎 −1𝜏𝑎 (𝑔)𝑎 = 𝑎 −1𝑎𝑔𝑎 −1𝑎 = 𝑔 = id𝐺 (𝑔). réduit à l’élément neutre.
Et puisqu’on a toujours
Et de même, 𝜏𝑎 ◦ 𝜏𝑎 −1 = id, donc 𝜏𝑎 −1 est la bijection réciproque de 𝜏𝑎 . {𝑒𝐺 } ⊂ Ker 𝜑, il suffit de
prouver l’inclusion réci-
proque, c’est à dire
Prouvons tout de même injectivité et surjectivité.
𝑥 ∈ Ker 𝜑 ⇒ 𝑥 = 𝑒𝐺 .
Pour l’injectivité, soit 𝑔 ∈ Ker 𝜏𝑎 .
Remarque
Alors 𝑎𝑔𝑎 −1 = 𝑒 ⇔ 𝑎𝑔 = 𝑒𝑎 ⇔ 𝑔 = 𝑒.
Notons que nous venons de
Donc 𝜏𝑎 est injectif.
trouver l’unique antécédent
de 𝑦, et donc la bijection
Soit à présent 𝑦 ∈ 𝐺. Alors 𝑦 = 𝑎(𝑎 −1𝑦𝑎)𝑎 −1 = 𝜏𝑎 𝑎 −1𝑦𝑎 , et donc 𝜏𝑎 est surjectif.

réciproque de 𝜏𝑎 .
On en déduit donc que 𝜏𝑎 est bijectif.

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CORRECTION 7

2. Nous venons de prouver que les 𝜏𝑎 sont des éléments de 𝔖(𝐺), car bijectifs.
On a 𝜏𝑒 = id𝐺 ∈ C(𝐺).
Et pour (𝑎, 𝑏) ∈ 𝐺 2 et 𝑔 ∈ 𝐺, on a
      −1
𝜏𝑎 ◦ 𝜏𝑏−1 (𝑔) = (𝜏𝑎 ◦ 𝜏𝑏 −1 ) (𝑔) = 𝜏𝑎 𝑏 −1𝑔𝑏 = 𝑎𝑏 −1𝑔 𝑎𝑏 −1 (𝑔).

Et donc 𝜏𝑎 ◦ 𝜏𝑏 −1 = 𝜏𝑎𝑏 −1 ∈ C(𝐺).


Ainsi, C(𝐺) est bien un sous-groupe de (𝔖(𝐺), ◦).
3. Le calcul réalisé à l’instant prouve que pour (𝑎, 𝑏) ∈ 𝐺 2 , 𝜏𝑎 ◦ 𝜏𝑏 = 𝜏𝑎𝑏 , soit encore que
𝜑 (𝑎𝑏) = 𝜑 (𝑎) ◦ 𝜑 (𝑏), et donc 𝜑 est un morphisme de groupes.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.16
1. Soit 𝐻 1 un sous-groupe de 𝐺 1 , et soient 𝑦1, 𝑦2 ∈ 𝑓 (𝐻 1 ). Alors il existe deux éléments
𝑥 1, 𝑥 2 ∈ 𝐻 1 tels que 𝑦1 = 𝑓 (𝑥 1 ) et 𝑦2 = 𝑓 (𝑥 2 ).
Et alors 𝑦1𝑦2−1 = 𝑓 (𝑥 1 ) 𝑓 (𝑥 2 ) −1 = 𝑓 (𝑥 1𝑥 2−1 ). Puisque 𝐻 1 est un sous-groupe de 𝐺 1 , 𝑥 1𝑥 2−1 ∈
𝐻 1 et donc 𝑦1𝑦2−1 ∈ 𝑓 (𝐻 1 ), de sorte que 𝑓 (𝐻 1 ) est un sous-groupe de 𝐺 2 .
2. Soit 𝐻 2 un sous-groupe de 𝐺 2 , et soient 𝑥 1, 𝑥 2 ∈ 𝑓 −1 (𝐻 2 ).
Alors 𝑓 (𝑥 1 ) ∈ 𝐻 2 et 𝑓 (𝑥 2 ) ∈ 𝐻 2 .
Donc 𝑓 (𝑥 1𝑥 2−1 ) = 𝑓 (𝑥 1 ) 𝑓 (𝑥 2 ) −1 ∈ 𝐻 2 , de sorte que 𝑥 1𝑥 2−1 ∈ 𝑓 −1 (𝐻 2 ).
Donc 𝑓 −1 (𝐻 2 ) est un sous-groupe de 𝐺 2 .

En particulier, Ker 𝑓 = 𝑓 −1 {𝑒𝐺 2 } , et {𝑒𝐺 2 } est un sous-groupe de 𝐺 2 , donc Ker 𝑓 est un



sous-groupe de 𝐺 1 .
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.17
1. Commençons par noter que si 𝑧 ∈ U𝑚𝑛 , alors (𝑧𝑛 )𝑚 = 𝑧𝑚𝑛 = 1, si bien que 𝑧𝑛 ∈ U𝑚 . Et de
même, 𝑧𝑚 ∈ U𝑛 , donc la définition de 𝑓 est correcte.
Soient alors 𝑧 1, 𝑧 2 ∈ U𝑚𝑛 . On a alors Remarque
𝑚 Les deux derniers produits
𝑓 (𝑧 1𝑧 2 ) = ((𝑧 1𝑧 2 )𝑛 , (𝑧 1𝑧 2 )𝑚 ) = 𝑧𝑛1 𝑧𝑛2 , 𝑧𝑚 𝑛 𝑚 𝑛 𝑚
1 𝑧 2 == (𝑧 1 , 𝑧 1 ) (𝑧 2 , 𝑧 2 ) = 𝑓 (𝑧 1 ) 𝑓 (𝑧 2 ). ont lieu dans le produit direct
U𝑚 × U𝑛 .
2. Soit 𝑧 ∈ U𝑚𝑛 . Alors 𝑧 ∈ Ker(𝑓 ) ⇔ 𝑓 (𝑧) = (1, 1) ⇔ 𝑧𝑛 = 𝑧𝑚 = 1.
Ainsi, Ker 𝑓 = U𝑛 ∩ U𝑚 .

Notons alors 𝑑 le pgcd de 𝑚 et 𝑛, de sorte que 𝑑 divise à la fois 𝑚 et 𝑛.


𝑚
Alors si 𝑧 ∈ U𝑑 , on a 𝑧𝑚 = 𝑧𝑑 𝑑 = 1 et de même 𝑧𝑛 = 1.
Ainsi, U𝑑 ⊂ U𝑚 ∩ U𝑛 .
D’autre part, par Bézout, il existe 𝑢, 𝑣 ∈ Z tels que 𝑚𝑢 + 𝑛𝑣 = 𝑑.
Et alors si 𝑧 ∈ U𝑚 ∩ U𝑛 , alors 𝑧𝑑 = 𝑧𝑚𝑢+𝑛𝑣 = (𝑧𝑚 )𝑢 (𝑧𝑛 ) 𝑣 = 1, et donc U𝑚 ∩ U𝑛 ⊂ U𝑑 .
Par double inclusion, Ker 𝑓 = U𝑚 ∩ U𝑛 = U𝑑 .
Cardinal
3. Par la question précédente, 𝑓 est injective si et seulement si Ker 𝑓 = {1}, donc si et seule-
C’est un résultat qui sera
ment si U𝑑 = {1}, soit si et seulement si 𝑚 et 𝑛 sont premiers entre eux. prouvé plus tard, et qu’on
Donc déjà, si 𝑓 est un isomorphisme, alors 𝑚 et 𝑛 sont premiers entre eux. formalisera en temps voulu.
Mais il doit être assez intuitif
pour l’instant : si 𝑓 : 𝐸 → 𝐹
Et inversement, si 𝑚 et 𝑛 sont premiers entre eux, alors 𝑓 est injective. Et de plus puisque
est une injection entre deux
U𝑚𝑛 et U𝑚 × U𝑛 sont tous deux de cardinal 𝑚𝑛, 𝑓 est bijective, donc est un isomorphisme. ensembles finis de même
cardinal, alors 𝑓 prend au
Si on veut éviter cet argument de cardinal, il est également possible de prouver «à la main» maximum une fois chaque
que 𝑓 est surjective.   valeur, et donc doit prendre
toutes les valeurs. Autrement
2𝑖𝜋
Notons alors 𝜁 = exp 𝑚𝑛 . dit doit être surjective (et
 𝑘  donc bijective).
Alors U𝑚𝑛 = 𝜁 , 𝑘 ∈ Z , U𝑚 = 𝜁 𝑛𝑘 , 𝑘 ∈ Z et U𝑛 = {𝜁 𝑚𝑘 , 𝑘 ∈ Z}.
Soit donc (𝑧 1, 𝑧 2 ) ∈ U𝑛 × U𝑚 , et soient 𝑎, 𝑏 ∈ Z tels que 𝑧 1 = 𝜁 𝑛𝑎 et 𝑧 2 = 𝜁 𝑚𝑏 .
7 Qui existent par le théo-
Partons alors de deux entiers7 𝑢, 𝑣 tels que 1 = 𝑚𝑢 + 𝑛𝑣, et soit 𝑘 = 𝑏𝑚𝑢 + 𝑎𝑛𝑣. Alors 𝑘 ≡ 𝑎𝑛𝑣
[𝑚], et puisque 1 = 𝑚𝑢 + 𝑛𝑣, 𝑛𝑣 ≡ 1 [𝑚], si bien que 𝑎𝑛𝑣 ≡ 𝑎 [𝑚]. rème de Bézout.
𝑛
Donc 𝜁 𝑘 = (𝜁 𝑎 )𝑛 = 𝜁 𝑛𝑎 = 𝑧 1 .
𝑚
Et de même, 𝜁 𝑘 = 𝜁 𝑚𝑏 = 𝑧 2 .

Et ainsi, 𝑓 𝜁 𝑘 = (𝑧 1, 𝑧 2 ), si bien que 𝑓 est surjectif.

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8 TD 15

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.18


Soit 𝜑 : Z → Z un morphisme de groupes. Alors 𝜑 (0) = 0.
Notons 𝑘 = 𝜑 (1). Alors 𝜑 (2) = 𝜑 (1 + 1) = 𝜑 (1) + 𝜑 (1) = 𝑘 + 𝑘 = 2𝑘.
Puis 𝜑 (3) = 𝜑 (2 + 1) = 𝜑 (2) + 𝜑 (1) = 2𝑘 + 𝑘 = 3𝑘.
Une récurrence facile prouve alors que pour tout 𝑛 ∈ N, 𝜑 (𝑛) = 𝑛𝑘.
Et pour 𝑛 ∈ Z négatif, 𝜑 (𝑛) = −𝜑 (−𝑛), où −𝑛 ∈ N et donc 𝜑 (𝑛) = −(−𝑛𝑘) = 𝑛𝑘.
Inversement, il est facile de constater que pour 𝑘 ∈ Z fixé, 𝜑 : 𝑛 ↦→ 𝑛𝑘 est bien un
morphisme de (Z, +) dans lui-même car

∀(𝑝, 𝑞) ∈ Z2, 𝜑 (𝑝 + 𝑞) = (𝑝 + 𝑞)𝑘 = 𝑝𝑘 + 𝑞𝑘 = 𝜑 (𝑝) + 𝜑 (𝑞).

Donc les morphismes de (Z, +) dans lui-même sont les 𝑛 ↦→ 𝑘𝑛, 𝑘 ∈ Z.

Soit à présent 𝜑 : Q → Z un morphisme.  𝑟  Soit alors 𝑟𝑟 ∈ Q non


 𝑟 nul,
 et soit 𝑛 ∈ N.
𝑟 𝑟 𝑟
Alors 𝜑 (𝑟 ) = 𝜑 + +···+ =𝜑 +···+𝜑 = 𝑛𝜑 .
𝑟  𝑛 𝑛 𝑛 𝑛 𝑛 𝑛
Or, 𝜑 (𝑟 ), 𝜑 et 𝑛 sont tous des entiers, donc 𝑛 divise 𝜑 (𝑟 ), et ce quel que soit 𝑛 ∈ N.
𝑛
Le seul entier étant divisible par tous les autres est 0, et donc 𝜑 (𝑟 ) = 0 pour tout 𝑟 ∈ Q : 𝜑
est le morphisme nul.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.19 " Attention !
Soit 𝑎 ∈ 𝐴. Puisque 𝐴 est stable par ∗, pour tout 𝑛 ∈ N∗ , 𝑎 𝑛
∈ 𝐴. On ne sait pas encore si
𝑎 0 = 𝑒𝐺 est dans 𝐴.
Mais 𝐴 étant fini, ces puissances ne sauraient être toutes distinctes : il existe deux entiers
distincts 𝑛 et 𝑝 tels que 𝑎𝑛 = 𝑎𝑝 .
Quitte à échanger 𝑛 et 𝑝, supposons que 𝑝 > 𝑛. Alors 𝑎𝑛 = 𝑎𝑝 ⇔ 𝑎𝑝 −𝑛 = 𝑒𝐺 .
Donc déjà, 𝑒𝐺 ∈ 𝐴 car 𝑝 − 𝑛 ∈ N∗ . Et donc {𝑎𝑘 , 𝑘 ∈ N} ⊂ 𝐴.
De plus, 𝑎 ∗ 𝑎𝑝 −𝑛−1 = 𝑒𝐺 , de sorte que 𝑎𝑝 −𝑛−1 = 𝑎 −1 .
Or, 𝑝 − 𝑛 − 1 ⩾ 0, donc 𝑎 −1 ∈ 𝐴.
Ainsi, nous avons prouvé que 𝐴 contient l’élément neutre, et est stable par passage à
l’inverse : si 𝑎 ∈ 𝐴, alors 𝑎 −1 ∈ 𝐴.
Puisque 𝐴 est de plus stable par ∗, il s’agit d’un sous-groupe de 𝐺.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.20
Notons 𝑒 le neutre de 𝐺. Alors 𝐺 ≠ {𝑒}, car sinon 𝐺 serait l’unique sous-groupe de 𝐺.
Donc 𝐺 et {𝑒} sont deux sous-groupes distincts de 𝐺, qui sont donc nécessairement les Remarque
deux seuls sous-groupes de 𝐺. Nous avons prouvé mieux
Soit 𝑔 ∈ 𝐺 \ {𝑒}, de sorte que ⟨𝑔⟩ ≠ {𝑒}. que ce qui était demandé :
Alors ⟨𝑔⟩ est un sous-groupe de 𝐺, donc nécessairement égal à 𝐺. non seulement il existe 𝑔 ∈ 𝐺
tel que 𝐺 = ⟨𝑔⟩, mais en plus
tout élément 𝑔 différent de 𝑒
Notons que ⟨𝑥⟩ étant toujours un sous-groupe abélien de 𝐺 (car deux puissances de 𝑔 possède cette propriété.
commutent entre elles), ceci prouve que 𝐺 est un groupe abélien.

Soit donc 𝑔 ∈ 𝐺 \ {𝑒} fixé, de sorte que 𝐺 = ⟨𝑔⟩ = {𝑔𝑛 , 𝑛 ∈ Z}.


Si 𝑔2 = 𝑒, alors 𝐺 = {𝑒, 𝑔} est fini, de cardinal 2.
Sinon, ⟨𝑔2 ⟩ est un sous-groupe de 𝐺, différent de {𝑒}, donc encore égal à 𝐺 tout entier.
Donc en particulier, il existe 𝑘 ∈ Z tel que 𝑔 = 𝑔2𝑘 , et alors 𝑔2𝑘 −1 = 𝑒.
Quitte à changer 𝑔 en 𝑔 −1 , supposons que 2𝑘 − 1 > 0.
Alors pour tout 𝑛 ∈ Z, si 𝑛 = (2𝑘 − 1)𝑞 + 𝑟 est la division euclidienne de 𝑛 par 2𝑘 − 1, avec
0 ⩽ 𝑟 ⩽ 2𝑘 − 2, il vient 𝑔𝑛 = 𝑔𝑞 (2𝑘 −1)+𝑟 = 𝑔2𝑘 −1 𝑔𝑟 = 𝑔𝑟 .
𝑞
Et donc ⟨𝑔⟩ = {𝑔𝑟 , 𝑟 ∈ ⟦0, 2𝑘 − 2⟧} est fini, de cardinal au plus égal à 2𝑘 − 2.

Notons 𝑝 = Card(𝐺). Alors pour tout 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝 − 1⟧, ⟨𝑔𝑘 ⟩ est un sous-groupe de 𝐺, donc
soit égal à {𝑒}, soit égal à 𝐺.
Si ⟨𝑔𝑘 ⟩ = {𝑒}, alors 𝑔𝑘 = 𝑒. Mais alors comme précédemment, 𝐺 = {𝑔𝑟 , 0 ⩽ 𝑟 < 𝑘 } est de
cardinal inférieur ou égal à 𝑘 et donc de cardinal inférieur strict à 𝑝, ce qui est absurde.
Prouvons que 𝑔𝑝 = 𝑒. En effet, les éléments 𝑒, 𝑔, . . . , 𝑔𝑝 −1 sont deux à deux distincts, car si
on avait 𝑔𝑘 = 𝑔ℓ avec 0 ⩽ 𝑘 ⩽ ℓ < 𝑝, alors 𝑔ℓ −𝑘 = 𝑒, avec ℓ − 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝 − 1⟧, et nous venons
de prouver que ceci est impossible.
Donc 𝐺 = {𝑒, 𝑔, 𝑔2, . . . , 𝑔𝑝 −1 }. Et puisque 𝑔𝑝 ∈ 𝐺, il existe 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑝 − 1⟧ tel que 𝑔𝑝 = 𝑔𝑘 .
Et encore une fois, si on avait 𝑘 ≠ 0, alors 𝑔𝑝 −𝑘 = 𝑒, avec 𝑝 − 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝 − 1⟧.
Donc on a bien 𝑔𝑝 = 𝑒.

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CORRECTION 9

Supposons que 𝑝 ne soit pas premier, et soient 𝑎, 𝑏 ∈ N tels que 𝑝 = 𝑎𝑏, avec 𝑎 > 1 et 𝑏 > 1.
Alors (𝑔𝑎 )𝑏 = 𝑔𝑎𝑏 = 𝑔𝑝 = 𝑒, et donc ⟨𝑔𝑎 ⟩ = {𝑒, 𝑔𝑎 , . . . , 𝑔𝑎 (𝑏 −1) } est un sous-groupe de 𝐺 de
cardinal 𝑏, donc qui n’est égal ni à {𝑒} ni à 𝐺.
C’est absurde puisque 𝐺 ne possède que deux sous-groupes. Et donc 𝑝 est premier.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.21


h i √ √ h√ i 2
Il est clair que 1 ∈ Z 2 car 1 = 1 + 0 2. Soient (𝑥, 𝑦) ∈ Z 2 . Alors il existe quatre
√ √
entiers 𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑 tels que 𝑥 = 𝑎 + 𝑏 2 et 𝑦h= 𝑐 i+ 𝑑 2.
√ √
Et donc 𝑥 − 𝑦 = 𝑎 − 𝑐 + (𝑏 − 𝑑) 2 ∈ Z 2 .
|{z} | {z } Méthode
∈Z ∈Z Pour montrer qu’un en-
√ h√ i
semble est muni d’une struc-
De même, 𝑥𝑦 = 𝑎𝑐 + 2𝑏𝑑 + (𝑎𝑑 + 𝑏𝑐) 2 ∈ Z 2 .
| {z } | {z } ture d’anneau, toujours com-
∈Z ∈Z
mencer par se demander s’il
h√ i ne pourrait pas s’agir d’un
Donc Z 2 est un sous-anneau de (R, +, ×), et en particulier est un anneau. sous-anneau d’un ensemble
√  déjà connu.
Les mêmes types de calculs, en remplaçant Z par Q prouvent que Q 2 est un anneau. En effet, il y a bien moins
√  de propriétés à prouver pour
De plus, soit 𝑥 un élément non nul de Q 2 . un sous-anneau que pour un
√ anneau.
Alors il existe deux rationnels 𝑎 et 𝑏 tels que 𝑥 = 𝑎 + 𝑏 2.
Et alors l’inverse8 de 𝑥 8 Dans le corps R.

1 1 𝑎 −𝑏 2 𝑎 𝑏 √ √ 
= √ = 2 = − 2 ∈ Q 2 .
𝑥 𝑎 + 𝑏 2 𝑎 − 2𝑏 2 𝑎 2 − 2𝑏 2 𝑎 2 − 2𝑏 2
√ 
Et donc tout élément non nul est inversible : Q 2 est bien un corps.

Le même raisonnement prouve que pour 𝑑 ∈ N∗ , Q( 𝑑) est un sous-anneau de R dans
lequel tout élément est inversible., et donc est un corps.
√ √
Si Q( 𝑑) = Q, alors 𝑑 ∈ Q. Il est alors classique que ceci est le cas si et seulement si

𝑑 ∈ N, c’est-à-dire si et seulement si 𝑑 est un carré parfait.

Et inversement, si 𝑑 est un carré parfait, alors il est facile de voir que Q( 𝑑) = Q.

SOLUTION DE L’EXERCICE
 15.22 
𝑛
Rappelons que 𝔻 = , (𝑛, 𝑘) ∈ Z × N .
10𝑘
Nous allons prouver qu’il s’agit d’un sous-anneau de Q.
1
On a 1 = 0 ∈ 𝔻.
10
Soient 𝑥, 𝑦 deux nombre décimaux. Alors il existe des (𝑘 1, 𝑘 2 ) ∈ Z2 et (𝑛 1, 𝑛 2 ) ∈ N2 tels
𝑘1 𝑘2
que 𝑥 = 𝑛 et 𝑦 = 𝑛 . Et alors
10 1 10 2
𝑘1 𝑘2 10𝑛2 𝑘 1 − 10𝑛1 𝑘 2
𝑥 −𝑦 = − = ∈ 𝔻.
10𝑛1 10𝑛2 10𝑛1 +𝑛2
𝑘 1𝑘 2
Et de même, 𝑥𝑦 = ∈ 𝔻.
10𝑛1 +𝑛2
Donc il s’agit d’un sous-anneau de Q.
1
Il ne s’agit pas d’un corps, car bien que 3 ∈ 𝔻,
n’est pas décimal, puisque les diviseurs
3
premiers du dénominateur d’un nombre décimal ne peuvent qu’être 2 et/ou 5.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.23


Ici, pas question de prouver qu’il s’agit d’un sous-anneau de quelque chose déjà connu, il
va donc tout falloir reprouver.
Avec tout de même une bonne nouvelle : il a déjà été prouvé en cours que (𝐴 × 𝐵, ⊕) est
9 C’est celui que nous avons
un groupe9 , abélien car 𝐴 et 𝐵 le sont.
Il reste donc à prouver que ⊗ est associative, qu’elle possède un élément neutre (qui est appelé produit direct de 𝐴 et
𝐵.
(1𝐴 , 1𝐵 )), et qu’elle est distributive par rapport à ⊕.

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10 TD 15

Prouvons juste ce dernier point, en traitant par exemple le cas de la distributivité à gauche :
soient (𝑥𝐴 , 𝑥 𝐵 ), (𝑦𝐴 , 𝑦𝐵 ) et (𝑧𝐴 , 𝑧𝐵 ) trois éléments de 𝐴 × 𝐵. Alors

(𝑥𝐴 , 𝑥 𝐵 ) ⊗ ((𝑦𝐴 , 𝑦𝐵 ) ⊗ (𝑧𝐴 , 𝑧𝐵 )) = (𝑥𝐴 , 𝑥 𝐵 ) ⊗ ((𝑦𝐴 +𝐴 𝑧𝐴 , 𝑦𝐵 +𝐵 𝑧𝐵 ))


= (𝑥𝐴 ×𝐴 (𝑦𝐴 +𝐴 𝑧𝐴 ), 𝑥 𝐵 ×𝐵 (𝑦𝐵 +𝐵 𝑧𝐵 ))
= (𝑥𝐴 ×𝐴 𝑦𝐴 +𝐴 𝑥𝐴 ×𝐴 𝑧𝐴 , 𝑥 𝐵 ×𝐵 𝑦𝐵 +𝐵 𝑥 𝐵 ×𝐵 𝑧𝐵 ) ×𝐴 est ditributive par rapport
à +𝐴 , et idem dans 𝐵.
= (𝑥𝐴 ×𝐴 𝑦𝐴 , 𝑥 𝐵 ×𝐵 𝑦𝐵 ) ⊕ (𝑥𝐴 ×𝐴 𝑧𝐴 , 𝑥 𝐵 ×𝐵 𝑧𝐵 )
= ((𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) ⊗ (𝑥 𝐵 , 𝑦𝐵 )) ⊕ ((𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) ⊗ (𝑧𝐴 , 𝑧𝐵 )) .

On prouverait de même la distributivité à droite.


Bref, 𝐴 × 𝐵 est un anneau, et il est facile de constater qu’il est commutatif si 𝐴 et 𝐵 le sont,
et même qu’il s’agit là d’une condition nécessaire et suffisante.
En revanche, même si 𝐴 et 𝐵 sont intègres, dès que 𝐴 et 𝐵 sont non nuls, on a 𝐴 × 𝐵 qui
n’est pas intègre.
En effet, pour 𝑎 ∈ 𝐴 \ {01 } et 𝑏 ∈ 𝐵 \ {0𝐵 }, (𝑎, 0𝐵 ) ⊗ (0𝐴 , 𝑏) = (0𝐴 , 0𝐵 ), sans qu’aucun des
deux facteurs ne soit nul.

Enfin, si 𝐴 est nul, alors tout élément de 𝐴 × 𝐵 est de la forme (0𝐴 , 𝑏), avec 𝑏 ∈ 𝐵.
Donc si 𝐵 est intègre, alors (0𝐴 , 𝑏 1 ) ⊗ (0𝐴 , 𝑏 2 ) = (0𝐴 , 0𝐵 ) ⇔ 𝑏 1𝑏 2 = 0𝐵 ⇔ 𝑏 1 = 0𝐵 ou 𝑏 2 =
0𝐵 .
Donc 𝐴 × 𝐵 est intègre.
En revanche, si 𝐵 n’est pas intègre, et que 𝑎, 𝑏 sont deux diviseurs de zéro tels que 𝑎𝑏 = 0𝐵 ,
alors (0𝐴 , 𝑎) ⊗ (0𝐴 , 𝑏) = (0𝐴 , 0𝐵 ), et donc (0𝐴 , 𝑎) est un diviseur de zéro dans 𝐴 × 𝐵, qui
n’est donc pas intègre.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.24
1. Non, car la suite constante égale à 1 n’est pas dedans.
2. Non, car l’opposée d’une suite strictement croissante n’est plus croissante.
3. Oui.
4. Non : la suite nulle n’est pas divergente.
5. Oui : la suite constante égale à 1 est bornée.
Et si (𝑢𝑛 ) et (𝑣𝑛 ) sont deux suites bornées, soient 𝐾1, 𝐾2 ∈ R tels que ∀𝑛 ∈ N, |𝑢𝑛 | ⩽ 𝐾1 et
|𝑣𝑛 | ⩽ 𝐾2 .
Alors pour tout 𝑛 ∈ N, |𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 | ⩽ |𝑢𝑛 | + |𝑣𝑛 | ⩽ 𝐾1 + 𝐾2 .
Et de même, |𝑢𝑛 𝑣𝑛 | ⩽ 𝐾1 𝐾2 .
Donc (𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 ) et (𝑢𝑛 𝑣𝑛 ) sont bornées.
6. Non : l’opposé d’une suite qui tend vers +∞ tend vers −∞.
10 Puisque constante.
7. Oui : la suite constante égale à 1 est stationnaire10 .
Si (𝑢𝑛 ) et (𝑣𝑛 ) sont stationnaires, alors il existe 𝑛 0 ∈ N et 𝑛 1 ∈ N tels que 𝑛 ⩾ 𝑛 0 ⇒ 𝑢𝑛 = 𝑢𝑛0
et 𝑛 ⩾ 𝑛 1 ⇒ 𝑣𝑛 = 𝑣𝑛1 .
Mais alors pour 𝑛 ⩾ max(𝑛 0, 𝑛 1 ), on a 𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 = 𝑢𝑛0 − 𝑣𝑛1 , et donc (𝑢𝑛 − 𝑣𝑛 ) est stationnaire.
De même, pour 𝑛 ⩾ max(𝑛 0, 𝑛 1 ), 𝑢𝑛 𝑣𝑛 = 𝑢𝑛0 𝑣𝑛1 .
Donc on a bien un sous-anneau de RN .
8. Non, la suite constante égale à 1 n’est pas dedans.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.25
Puisqu’un morphisme d’anneaux est en particulier un morphisme de groupes additifs, il
est injectif si et seulement si son noyau ne contient que 0𝑘 . Rappel
Un morphisme d’anneaux 𝑓 :
Mais si 𝑥 ∈ 𝑘 \ {0𝑘 }, alors 𝑥 est inversible, et donc 𝑓 (𝑥) est inversible d’inverse 𝑓 (𝑥) −1 , et 𝐴 → 𝐵 envoie les inversibles
en particulier 𝑓 (𝑥) ≠ 0. On en déduit que 𝑥 ∉ Ker 𝑓 . de 𝐴 sur des inversibles de 𝐵.
Et donc Ker 𝑓 ⊂ {0𝑘 }. L’inclusion réciproque étant triviale, on a donc Ker 𝑓 = {0𝑘 }, et
donc 𝑓 est injectif.
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.26
1. Supposons 𝐴 intègre, et soit 𝑎 ∈ 𝐴 possédant une racine carrée 𝑏 : 𝑎 = 𝑏 2 .
Si 𝑐 est une racine carrée de 𝑎, on a donc 𝑐 2 = 𝑏 2 ⇔ 𝑐 2 − 𝑏 2 = 0𝐴 . 11 Et là, l’hypothèse que 𝐴 est
Soit encore11 , (𝑐 − 𝑏) (𝑐 + 𝑏) = 0𝐴 . commutatif est importante.
Puisque 𝐴 est intègre, on a donc 𝑐 − 𝑏 = 0𝐴 ou 𝑐 + 𝑏 = 0𝐴 , et donc 𝑐 = 𝑏 ou 𝑐 = −𝑏.

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CORRECTION 11

Donc 𝑎 possède au plus deux racines carrées.

Bien entendu, vous connaissez bien l’anneau intègre R : nous ne venons pas de dire que
tout élément de 𝐴 possède exactement deux racines carrées, mais bien au plus deux.
(
1 si 𝑥 ⩽ 𝑎
2. Pour 𝑎 ∈ R, la fonction définie par 𝑓𝑎 (𝑥) = est telle que 𝑓𝑎 × 𝑓𝑎 = 1̃, et donc
−1 si 𝑥 > 𝑎
est une racine carrée de 1̃.
Et donc, cette dernière possède une infinité de racines carrées.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.27


Nous allons prouver que F(𝐸, 𝐴) est intègre si et seulement si 𝐸 est un singleton et que 𝐴
est intègre.
Si 𝐸 = {𝑥 } est un singleton et que 𝐴 est intègre, soient alors 𝑓 , 𝑔 ∈ F(𝐸, 𝐴) telles que
𝑓 ×𝑔 =e 0, la fonction nulle.
Alors 𝑓 (𝑥)𝑔(𝑥) = 0𝐴 , et donc par intégrité de 𝐴, 𝑓 (𝑥) = 0𝐴 ou 𝑔(𝑥) = 0𝐴 .
12 Qui est le neutre additif de
Mais alors 𝑓 est la fonction nulle12 , ou 𝑔 est la fonction nulle. Donc F(𝐸, 𝐴) est intègre.
F(𝐸, 𝐴).
En revanche, si Card(𝐸) ⩾ 2, alors soient 𝑥, 𝑦 deux éléments distincts de F(𝐸, 𝐴). Alors les
𝐸 −→ 𝐴 ( 𝐸 −→ 𝐴 (
fonctions 𝑓 : 1𝐴 si 𝑡 = 𝑥 et 𝑔 : 1𝐴 si 𝑡 = 𝑦 sont non nulles
𝑡 ↦−→ 𝑡 ↦−→
0𝐴 sinon 0𝐴 sinon
mais vérifient 𝑓 × 𝑔 = 0.
e
Donc F(𝐸, 𝐴) n’est pas intègre.

Et si 𝐴 n’est pas intègre, soient alors 𝑥, 𝑦 deux diviseurs de zéro tels que 𝑥𝑦 = 0𝐴 . Alors les
fonctions constantes égales respectivement à 𝑥 et 𝑦 ne sont pas nulles, mais leur produit
l’est, donc sont des diviseurs de zéro.

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.28


1. Notons 𝑛 et 𝑝 deux entiers tels que 𝑥 𝑛 = 𝑦 𝑝 = 0𝐴 .
Puisque 𝑥 et 𝑦 commutent, (𝑥𝑦)𝑛 = 𝑥 𝑛𝑦𝑛 = 0𝐴𝑦𝑛 = 0𝐴 . Et donc 𝑥𝑦 est nilpotent.

13 Et là aussi, l’hypothèse
Par la formule du binôme de Newton13 , on a
que 𝑥 et 𝑦 commutent est
𝑛+𝑝   indispensable.
∑︁ 𝑛+𝑝
(𝑥 + 𝑦)𝑛+𝑝 = 𝑥 𝑘 𝑦𝑛+𝑝 −𝑘
𝑘
𝑘=0
𝑛   𝑛+𝑝  
∑︁ 𝑛+𝑝 ∑︁
𝑘 𝑛+𝑝 −𝑘 𝑛 + 𝑝 𝑘 𝑛+𝑝 −𝑘
= 𝑥 𝑦 + 𝑥 𝑦
𝑘 𝑘
𝑘=0 𝑘=𝑛+1
𝑛+𝑝 
Détails
𝑛   
∑︁ 𝑛+𝑝 𝑘 ∑︁ 𝑛+𝑝 Si 𝑘 ⩽ 𝑛, 𝑛 + 𝑝 − 𝑘 ⩾ 𝑝, et
= 𝑥 0𝐴 + 0𝐴𝑦𝑛+𝑝 −𝑘 = 0𝐴 . donc 𝑦𝑛+𝑝 −𝑘 = 0𝐴 .
𝑘 𝑘
𝑘=0 𝑘=𝑛+1 Et si 𝑘 ⩾ 𝑛, 𝑥 𝑘 = 0𝐴 .

Et donc 𝑥 + 𝑦 est nilpotent.


2. Soit 𝑛 ∈ N tel que 𝑥 𝑛 = 0𝐴 . Alors, 1𝐴 = 1𝐴 − 𝑥 𝑛 = 1𝑛𝐴 − 𝑥 𝑛 , et donc, par la troisième identité
remarquable généralisée, qui s’applique puisque 1𝐴 et 𝑥 commutent,

𝑛−1 𝑛−1
!
∑︁ ∑︁
1𝐴 = (1𝐴 − 𝑥) 𝑥𝑘 = 𝑥 𝑘 (1𝐴 − 𝑥).
𝑘=0 𝑘=0

𝑛−1
∑︁
Par conséquent, 1𝐴 − 𝑥 est inversible, d’inverse 𝑥𝑘 .
𝑘=0

SOLUTION DE L’EXERCICE 15.29 Rappel


Soit (𝐴, +, ×) un anneau intègre de cardinal 𝑛. Par définition, un anneau
Pour prouver que 𝐴 est un corps, il suffit de prouver que tout élément non nul de 𝐴 admet intègre est commutatif et
un inverse. n’est pas l’anneau nul.
Soit donc 𝑥 ≠ 0𝐴 .

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12 TD 15

𝐴 −→ 𝐴
Alors l’application 𝑓 : est injective.
𝑦 ↦−→ 𝑥𝑦
En effet, si 𝑓 (𝑦1 ) = 𝑓 (𝑦2 ), alors

𝑥𝑦1 = 𝑥𝑦2 ⇔ 𝑥𝑦1 − 𝑥𝑦2 = 0 ⇔ 𝑥 (𝑦1 − 𝑦2 ) = 0𝐴 .

Mais 𝐴 étant intègre, et 𝑥 étant non nul, il vient nécessairement 𝑦1 − 𝑦2 = 0𝐴 ⇔ 𝑦1 = 𝑦2 .


14 Ce résultat plutôt intuitif
Or, 𝐴 étant de cardinal fini, 𝑓 est injective si et seulement si elle est bijective14 .
En particulier, 1𝐴 admet un antécédent par 𝑓 : il existe 𝑦 ∈ 𝐴 tel que 𝑥𝑦 = 1𝐴 . Puisque 𝐴 sera prouvé bien plus tard.
est commutatif, on a alors 𝑦𝑥 = 1𝐴 , et donc 𝑦 est l’inverse de 𝑥.
Par conséquent, tout élément non nul de 𝐴 est inversible : 𝐴 est un corps.

Alternative : soit 𝑥 ∈ 𝐴 \ {0𝐴 }. Puisque 𝐴 est fini, les 𝑥 𝑘 , 𝑘 ∈ N ne peuvent pas être deux
à deux distincts.

Et donc il existe 𝑘 < 𝑘 ′ deux entiers distincts tels que 𝑥 𝑘 = 𝑥 𝑘 .
′ ′
Soit encore 𝑥 𝑘 − 𝑥 𝑘 = 0𝐴 ⇔ 𝑥 𝑘 1𝐴 − 𝑥 𝑘 −𝑘 = 0𝐴 .

Puisque 𝐴 est intègre et 𝑥 non nul, 𝑥 𝑘 ≠ 0𝐴 , si bien que
′ −𝑘 ′ −𝑘 ′ −𝑘 −1
1𝐴 − 𝑥 𝑘 = 0𝐴 ⇔ 𝑥 𝑘 = 1𝐴 ⇔ 𝑥𝑥 𝑘 = 1𝐴 .

Donc 𝑥 est inversible, et 𝑥 −1 = 𝑥 . 𝑘 ′ −𝑘 −1

Et tout élément non nul de 𝐴 étant inversible, 𝐴 est un corps.


SOLUTION DE L’EXERCICE 15.30
1. Soit 𝑥 ∈ 𝐴. Alors 0𝐴 = 𝑥0𝐴 ∈ 𝑥𝐴, qui est donc non vide.
Soient 𝑥𝑢, 𝑥𝑣 deux éléments de 𝑥𝐴. Alors 𝑥𝑢 − 𝑥𝑣 = 𝑥 (𝑢 − 𝑣), qui est un élément de 𝑥𝐴.
Donc déjà 𝑥𝐴 est un sous-groupe de (𝐴, +).
Si 𝑢 ∈ 𝑥𝐴, alors il existe 𝑣 ∈ 𝐴 tel que 𝑢 = 𝑥𝑣. Et alors pour 𝑦 ∈ 𝐴, 𝑦𝑢 = 𝑦𝑥𝑣 = 𝑥 (𝑦𝑣) ∈ 𝑥𝐴.
Donc 𝑥𝐴 est un idéal de 𝐴.
2.a. Il s’agit de remarquer que si 𝐼 et 𝐽 sont deux idéaux, alors 𝐼 + 𝐽 = {𝑥 + 𝑦, (𝑥, 𝑦) ∈ 𝐼 × 𝐽 } est
encore un idéal de 𝐴.
En effet, si 𝑥 + 𝑦 et 𝑥 ′ + 𝑦 ′ sont deux éléments de 𝐼 + 𝐽 , avec (𝑥, 𝑥 ′ ) ∈ 𝐼 2 et (𝑦, 𝑦 ′ ) ∈ 𝐽 2 , alors

(𝑥 + 𝑦) − (𝑥 ′ + 𝑦 ′ ) = (𝑥 − 𝑥 ′ ) + (𝑦 − 𝑦 ′ ) ∈ 𝐼 + 𝐽

car 𝐼 et 𝐽 sont des sous-groupes.


Et pour 𝑎 ∈ 𝐴, et 𝑥 + 𝑦 ∈ 𝐼 + 𝐽 , on a 𝑎𝑥 ∈ 𝐼 car 𝐼 est un idéal et de même 𝑎𝑦 ∈ 𝐽 , donc
𝑎(𝑥 + 𝑦) = 𝑎𝑥 + 𝑎𝑦 ∈ 𝐼 + 𝐽 .
Donc 𝐼 + 𝐽 est un idéal de 𝐴.

Soit donc 𝐼 un idéal maximal, et soit 𝑥 ∈ 𝐴 \ 𝐼 . Alors 𝐼 + 𝑥𝐴 est un idéal de 𝐴, qui contient
𝐼 , et qui contient même strictement 𝐼 , puisqu’il contient 𝑥, qui n’est pas dans 𝐼 .
Par maximalité de 𝐼 , ceci signifie donc que 𝐼 + 𝑥𝐴 = 𝐴.

Et inversement, supposons que pour tout 𝑥 ∈ 𝐴 \ 𝐼 , 𝐼 + 𝑥𝐴 = 𝐴.


Soit alors 𝐽 un idéal de 𝐴, différent de 𝐴, et contenant 𝐼 . Supposons que 𝐽 ≠ 𝐼 . Alors il
existe 𝑥 ∈ 𝐽 \ 𝐼 , pour lequel 𝐼 + 𝑥𝐴 = 𝐴.
Mais 𝐼 + 𝑥𝐴 ⊂ 𝐽 , donc 𝐴 ⊂ 𝐽 , et donc 𝐽 = 𝐴.
Ceci est absurde, et donc c’est que 𝐽 = 𝐼 , ce qui prouve que 𝐼 est maximal.
2.b. Soit 𝐼 un idéal maximal, et soient (𝑎, 𝑏) ∈ 𝐴2 tels que 𝑎𝑏 ∈ 𝐼 . Supposons que 𝑎 ∉ 𝐼 .
Alors 𝐼 + 𝑎𝐴 = 𝐴 par la question précédente.
Et donc en particulier, 1 ∈ 𝐴, et donc il existe 𝑥 ∈ 𝐼 et 𝑦 ∈ 𝐴 tels que 𝑥 + 𝑎𝑦 = 1. Après
multiplication par 𝑏, on a donc 𝑏𝑥 + 𝑏𝑎𝑦 = 𝑏.
Mais 𝑥 ∈ 𝐼 , donc 𝑏𝑥 ∈ 𝐼 , par définition d’un idéal. Et 𝑎𝑏 ∈ 𝐼 , donc 𝑦𝑎𝑏 ∈ 𝐼 .
15 Rappelons que c’est un
Et, donc par stabilité de 𝐼 pour la somme15 , 𝑏 = 𝑏𝑥 + 𝑎𝑏𝑦 ∈ 𝐼 .
On prouve de la même manière que si 𝑎𝑏 ∈ 𝐼 et 𝑏 ∉ 𝐼 , alors 𝑎 ∈ 𝐼 . sous-groupe de (𝐴, +).
Et donc 𝐼 est bien un idéal premier de 𝐴.
3. Supposons que 𝐴 soit un corps, et soit 𝐼 un idéal de 𝐴.
Si 𝐼 = {0}, alors 𝐼 est premier car 𝐴 est intègre : 𝑎𝑏 = 0 ⇒ 𝑎 = 0 ou 𝑏 = 0.
En revanche, si 𝐼 ≠ {0}, alors il existe 𝑥 ∈ 𝐼 non nul.

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CORRECTION 13
Remarque
Et donc 1 = 𝑥𝑥 −1 ∈ 𝐼 . Et donc pour tout 𝑎 ∈ 𝐴, 𝑎 × 1 = 𝑎 ∈ 𝐼 . Et ainsi, 𝐼 = 𝐴.
Nous venons au passage
Or, il est évident que 𝐴 est premier. de prouver qu’un idéal qui
contient 1 est nécessairement
Inversement, supposons que tout idéal de 𝐴 autre que 𝐴 soit premier. 𝐴 tout entier.
Puisque {0} est un idéal, il est premier, et donc 𝐴 est intègre.
Soit 𝑎 ∈ 𝐴. Alors l’idéal 𝑎 2𝐴 est alors soit égal à 𝐴 tout entier, soit premier.
Dans le premier cas, cela signifie qu’il existe 𝑏 ∈ 𝐴 tel que 𝑎 2𝑏 = 1, et donc 𝑎 est inversible.
Dans le second cas, puisque 𝑎 2 ∈ 𝐼 , 𝑎 ∈ 𝐼 (ou 𝑎 ∈ 𝐼 ). Et donc il existe 𝑏 ∈ 𝐼 tel que
𝑎 2𝑏 = 𝑎 ⇔ 𝑎 (𝑎𝑏 − 1) = 0.
Puisque 𝐴 est intègre, si 𝑎 ≠ 0, alors 𝑎𝑏 = 1, et donc 𝑎 est inversible.
Par conséquent, tout élément non nul de 𝐴 est inversible : 𝐴 est un corps.
Détails
SOLUTION DE L’EXERCICE 15.31 Sans récurrence, ceci tient au
fait que pour un morphisme
1. Par définition, 𝑓 (1) = 1. de groupes, pour tout 𝑥 et
Et donc pour tout 𝑛 ∈ Z, 𝑓 (𝑛) = 𝑛𝑓 (1) = 𝑛. pour tout 𝑛 ∈ Z, 𝑓 (𝑥 𝑛 ) =
Soit alors 𝑞 ∈ Q, avec 𝑝 ∈ Z et 𝑞 ∈ N∗ . Alors
𝑝 𝑓 (𝑥 ) 𝑛 .
Ici le groupe est un groupe
additif, et donc on note 𝑛 · 1
1 1
     
𝑝 𝑓 (𝑝) 𝑝 au lieu de 1𝑛 .
𝑓 =𝑓 𝑝 = 𝑓 (𝑝) 𝑓 = = .
𝑞 𝑞 𝑞 𝑓 (𝑞) 𝑞

Et donc pour tout 𝑟 ∈ Q, 𝑓 (𝑟 ) = 𝑟 , si bien que 𝑓 |Q = idQ .


2. Soient 𝑥, 𝑦 ∈ R tels que 𝑥 ⩽ 𝑦.
On souhaite alors prouver que 𝑓 (𝑥) ⩽ 𝑓 (𝑦).
Mais puisque 𝑓 est un morphisme,

𝑓 (𝑥) ⩽ 𝑓 (𝑦) ⇔ 0 ⩽ 𝑓 (𝑦) − 𝑓 (𝑥) ⇔ 0 ⩽ 𝑓 (𝑦 − 𝑥).



Puisque 𝑦 − 𝑥 ⩾ 0, 𝑦 − 𝑥 = 𝑦 − 𝑥 2 , et donc
√  √ 2
𝑓 (𝑦 − 𝑥) = 𝑓 𝑦 − 𝑥 2 = 𝑓 𝑦 − 𝑥 ⩾ 0.

Et donc on a bien 𝑓 (𝑦 − 𝑥) ⩾ 0 et donc 𝑓 (𝑥) ⩽ 𝑓 (𝑦).


Ainsi, 𝑓 est croissant. Détails
3. Soit 𝑥 ∈ R. Alors il existe deux suites (𝑎𝑛 ), (𝑏𝑛 ) de rationnels, convergeant toutes deux vers Il suffit de prendre 𝑎𝑛 (resp.
𝑥, telles que pour tout 𝑛 ∈ N, 𝑎𝑛 ⩽ 𝑥 ⩽ 𝑏𝑛 . 𝑏𝑛 ) l’approximation décimale
Et alors par croissance de 𝑓 , pour tout 𝑛 ∈ N, 𝑓 (𝑎𝑛 ) ⩽ 𝑓 (𝑥) ⩽ 𝑓 (𝑏𝑛 ), si bien que par la par défaut (resp. par excès) de
𝑥 à 10 −𝑛 près.
question 1, 𝑎𝑛 ⩽ 𝑓 (𝑥) ⩽ 𝑏𝑛 .
Par passage à la limite, 𝑥 ⩽ 𝑓 (𝑥) ⩽ 𝑥, et donc 𝑓 (𝑥) = 𝑥.
Ainsi, pour tout 𝑥 ∈ R, 𝑓 (𝑥) = 𝑥, et donc 𝑓 = idR .

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